﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="92"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauL’information économique et positive, autrementMai 2015 - n°20 - 3,90 € - ecoreseau.frLE PRINCIPE DE PRÉCAUTIONFREIN À L’ENTREPRENEURIAT OU AGITATEURD'INNOVATION ?ALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MADECONOMIE, POLITIQUE, PHILOSOPHIE...POURQUOI NOS AINÉS INFLUENCENT LE DÉBAT PUBLICL’ENTREPRENEUR DU MOISLOUIS HAINCOURTDEALER DE COQUES EN HERBELes analyses de Michel Rocard, Jacques Séguéla, Michel Serres...DIGITAL DETOXFaut-il fuir la technologie ?LE SCEPTICISME FRANÇAIS !Pourquoi c’était PASmieux avantAnimation & effets spéciauxLES SECRETS DE LAFRENCH TOUCHComprendre, Entreprendre, InnoverTechnopoles & IncubateursTrouver un associé ouunpartenaireEcoRéseauRÉSEAUX & INFLUENCE : LE CLUB DES CENT - L'AIR DU TEMPS : LES COLLECTIONNEURS ATYPIQUES]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20EDitoRiaLL’exception françaiseLa France, terre d’innovation ? En tout cas, la question mérite d’être posée.Si le principe de précaution est souvent décrié et se révèle parfois être un obstacle à l’entrepreneuriat, il n’en nécessite pas moins une adaptation, et donc pourquoi pas des innovations. Encore faut-il placer le curseur au bon endroit et cesser d’apprendre à fuir le risque plutôt que d’apprendre à l’affronter avec méthode. C’est pourquoi EcoRéseau a souhaité soutenir le débat pour vous permettre de mieux appréhender les problématiques et les enjeux en la matière.aussi, à l’occasion de notre 20ème édition (déjà !), nous avons souhaité mettre en exergue les savoir-faire français. Selon une étude de la banque Palatine auprès de 300 chefs d’entreprises, 40% d’entre eux estiment d’ailleurs que les sociétés hexagonales sont compétitives à l’international. Vous avez dit malade la France ? Là aussi, tout est une question de point de vue. De verre à moitié vide ou à moitié plein. De notre côté, nous soutenons la deuxième option.a propos, nous réaffirmons que nous n’avons pas nécessairement besoin de regarder au-delà de nos frontières. De l’école des Gobelins, entre autres fabrique à talents pour une French Touch mondialement reconnue, à nos autres grandes écoles où tant d’entreprises y font leur marché, de nos terroirs viticoles gérésavec passion et mis en lumière sur les plus grandes tables jusqu’aux cercles les plus fermés tel le Club des Cent, notre pays regorge de talents et d’exceptions. Ce n’est pas notre (jeune) entrepreneur du mois, Louis Haincourt, qui nous contredira. Pas plus que certains de nos octo- et nonagénaires, dont l’expérience et l’influence servent le débat public encore aujourd’hui.20Faut-il in fine cultiver une sorte de scepticisme à la française ? Chez EcoRéseau, nous avons fait notre choix. Non, ce n’était pas forcément mieux avant...Jean-Baptiste Leprince Julien TarbyFondateur & directeur de la publication Rédacteur en chefPour vous donner encore un peu plus d’appétit et en clin d’œil à notre.ème numéro, arrêtons-nous quelques instants sur la signification de ce numéro plein de promesse. Symbole du changement et de l’amélioration, ce nombre annonce généralement une évolution heureuse. il est également une aide pour solutionner un problème qui freinerait notre progression, stimule l’intuition ou encore permettrait de développer le sens des responsabilités. Ses effets bénéfiques, car il y en a paraît-il, suivent volontiers après un effort en guise de récompense.LE CHAT by Philippe Geluck2 Mai 2015]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frPANORAMA 4-21 RétrospectiveSoMMaiRELe scepticisme des intellectuels français depuis 50 ans 4 Baromètre de l'optimisme 6STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 56-67 Baromètre de l'innovation 56Les rendez-vous EcoRéseauSecteur de l'animation et des effets visuels 58Le DicoRéseau® 8Haute résolutionGrand angle- Lutte technologique contre la contrefaçon 60 - Convaincre fournisseurs et clients de la facture électronique 62Les octo- et nonagénaires sur la scène publique 10Business storyRégions & TerritoiresJCDecaux, de la start-up au groupe international 64 (interview exclusive de Jean-Charles Decaux)Caen, Le Havre et Rouen, le pack normand 16Regard digitalHexagonealice Zagury, Pdg et co-fondatrice de l'accélérateur theFamily 6668-7768 7072 7678-907879 8084 8688 90Les mouvements technocritiques 18InternationalRH & FORMATIONLe supercroissance mongole pose question 20CLUB ENTREPRENDRE 22-55Réseaux & InfluencesDécryptageBaromètre & Tendances A la UneObservatoire22 24 30L'école des Gobelins, la French touch de l'animation visuelle 32Carrières & TalentsLe principe de précaution et les entrepreneurs- L'innovation pédagogique dans les écoles - Le diplôme bachelor dans les écolesInterview croiséeViticulteurs-entrepreneurs du BordelaisART DE VIVRE & PATRIMOINEEn immersionLa Sélection culturelle L’Air du tempsLe Club des CentElectron libreLouis Haincourt, entrepreneur précoce 34Les collectionneurs atypiquesLeçons de mauxCédric Giorgi et les soucis de la start-up Cookening 36L’Art du tempsL’actualité automobile : Essais & tendancesProspectiveLe futur de la Chine 37Créer aujourd’huiBaromètre Finance & Investissements Patrimoine- trouver son associé grâce à la structure d'accompagnement 38 - L'utilisation du crédit bail 42Subtilités du dispositif GirardinBusiness guides- Les offres ViP des Palais des Congrès 46 - La LLD en période de croissance 51Regard sémantiqueN°20www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe FlamandChroniqueurs : Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Aude Abback-Mazoué, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Jacques Donnay, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Léonidas Kalogeropoulos, Pierre Havez, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Stéphanie Polette, Olivier Remy, Pierre Tiessen, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Mai 20153]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20PaNoRaMa Rétrospective - Intellectuels pessimistesapocalypse nowDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Depuis 1 an se succèdent les parutions anxiogènes. Nos intellectuels ne nous apprennent plus l’espoir, ils nous enseignent la peur. Crise des temps ou maladie récurrente d’une corporation qui se doit d’être sceptique pour être considérée ? Les 2, mon général.«Soumission ; Que reste-t-il de l’Occi-intellectuels, c’est la guerre atomique. Raymond Aron, Jean-Paul Sartre, Albert Camus cultivent cette crainte, qu’ils prennent très au sérieux. Mais on ne peuttrand Russell fonderont même le Tribunal Russell, un tribunal d’opinion sensé assimiler les guerres amé- ricaines à de véritables crimes contre l’Humanité. »des inégalités.Quoi qu’il en soit, on le voit, les débats dans les an- nées 60 concernent quasi- ment exclusivement les en- jeux extérieurs. Rien de bienoptimiste. il est surtout porté par des personnalités de droite. « A l’opposé des craintes de certains à gauche, il existe une vraie confiance dans la sociétéJacques attali – existe dans chaque camp pour annoncer le pire. au point qu’on peut s’interroger sur le rôle de vigie des intellectuels, qui, finalement, annoncent le bien quand tout va bien, et prédisent le pire quand tout va mal. C’est un peu le dis- cours que tient le penseur américain Noam Chomsky à propos de ses petits ca- marades dans son ouvrage « Comprendre le pouvoir », paruen2005:«Ilyaletra- vail intellectuel, que beau- coup de gens font ; et puis il y a ce qu’on appelle la « vie intellectuelle », qui est un métier particulier, qui ne requiert pas spécia- lement de penser – en fait, il vaut peut-être mieux ne pas trop penser – et c’est cela qu’on appelle être un intellectuel respecté. (... ) Ces gens-là sont appelés « intellectuels », mais il s’agit en réalité plutôt d’une sorte de prêtrise séculière, dont la tâche est de soutenir les vérités doctrinales de la société. » Les intellectuels non pas prescripteurs d’opi- nion mais simples suiveurs consensuels ? Une thèse qui expliquerait le pessimisme ambiant, dicté par la réalité socio-économique. Mais un pessimisme qui, si l’on en croit Raymond aron, peut aussiavoirdubon:«Sila tolérance naît du doute, qu’on enseigne à douter des modèles et des utopies, à récuser les prophètes de sa- lut, les annonciateurs de catastrophes. Appelons de nos vœux la venue des scep- tiques s’ils doivent éteindredent ? » ; « Le Suicide fran- çais»;«LaFrancequi tombe » ; « L’identité mal- heureuse ; Comment s’en sortir ? » ; « France, état d’urgence » ; « Décivilisa- tion »... Ne nous étonnons plus si les Français sont les plus importants consomma- teurs de Prozac dans le monde. Peut-être fréquen- tent-ils trop le rayon « ac- tualités » de leurs librairies. Car ces constats et doulou- reuses questions ne sont pas les titres de films catas- trophes ou de romans pure- ment fictionnels. Non, ils sont le fruit de la pensée de certains de nos plus brillants, ou en tout cas de nos plus médiatiques intellectuels : Michel Houellebecq, Régis Debray, Eric Zemmour, Ni- colas Baverez, alain Fin- kielkraut, Jean-François Kahn, Christian Saint- Etienne, Renaud Camus. autant de penseurs qui an- noncent dans les médias, leurs ouvrages et sans doute leurs amphis, la fin de la France, la fin de l’occident, la fin des haricots. Bien sûr, Madame la marquise, tout ne va pas très bien. Mais dans quelle mesure ce pes- simisme n’est-il pas une posture, voire un argument de vente pour une intelli- gentsia qui fait depuis long- temps ses choux gras des prédictions catastrophes ? Car même au cœur des trente Glorieuses, avec un chômage quasiment nul et une croissance autour de 4%, les intellectuels du mo- ment font le job pour plom- ber le moral des Français. « Dans les années 50, note Christophe Charle*, profes- seur d’histoire contempo- raine à l’université Paris 1 Sorbonne, l’obsession desParis dans 20 ans selon nos intellectuelsguère les blâmer, puisqu’à plusieurs reprises, comme au moment de la crise des fusées de Cuba en 1962, on passe très près du conflit ouvert. » toutefois, jamais le couperet ne tombera... La décennie 1960, marquée par une détente des relationsParallèlement, un autre dis- cours voit le jour : celui de la dénonciation des inéga- lités croissantes au niveau planétaire, entre une Europe et une amérique toujours plus prospères et un « tiers- Monde » toujours plus à la traîne. Résultat : un discourssurprenant puisqu’en France, tout semble aller pour le mieux... Pour autant, à gauche, commence à poin- dre un discours de contes- tation de la société de consommation à l’intérieur des frontières. Dans le même temps on commence à en-de consommation, affirme l’historien. Un intellectuel comme Jean Fourastié, par exemple, va faire preuve d’un immense optimisme et d’une grande foi dans le progrès technique. D’autres aussi affichent leur opti- misme. C’est le cas d’Alfred Sauvy, qui affirmera les bienfaits de la démographie française contre l’avis de nombre de ses contempo- rains. »Dans les années 60, les discours anxiogènes portent surtout sur les enjeux internationauxDe tous ces discours, les- quels ont le plus d’au- dience ? assurément, ceux qui promettent des lende- mains qui chantent. La preuve : la politique de dé- veloppement économique et de foi dans le progrès menée par Georges Pompi- dou. aujourd’hui, la ques- tion ne se pose même pas tant le consensus – à peine fendillé par l’inusablele fanatisme. » .4 Mai 2015guerre du Vietnam, qu’ils érigeront en modèle de conflit impérialiste, explique Christophe Charle. En 1966, Sartre et le britannique Ber-De leur côté, les intellectuels de droite fustigent cette vi- sion maoïste des choses, eux pour qui l’avenir promet une réduction progressivetrance », explique Chris- tophe Charle. Mais globa- lement, concernant la situa- tion intérieure, le discours dominant se veut nettementEst-ouest, verra les penseurs de culpabilisation de l’oc- tendre les prémices du dis- hexagonaux agiter d’autres cident, qui fonde sa puis- cours écologiste. « C’est chiffons rouges. « Les in- sance sur la domination des René Dumont qui va com- tellectuels de gauche vont pays pauvres. « La projec- mencer à critiquer l’usage se mettre à critiquer très tion du schéma marxiste sur extensif des pesticides de lourdement d’autres types les relations internatio- même que les méfaits de de conflits, notamment la nales », résume l’historien. l’industrialisation à ou-* - La dérégulation culturelle. Essai d'histoire des cultures en Europe au XiXème siècle, ed. PUF, avril 2015Olivier Faure]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[C’EST BIEN FAIT POUR MOIDES OFFRES À LA CARTE POUR UN VOYAGE D’AFFAIRES SUR MESUREUN VASTE RÉSEAUAVEC DES VOLS À PARTIR DE 49€ TTC ALLER SIMPLE HORS FRAIS DE SERVICE.LA FLEXIBILITÉ MAXIMALE AVEC DES BILLETS MODIFIABLESET REMBOURSABLES SANS FRAIS*.BUSINESSLE CONFORTET LES ATTENTIONS EXCLUSIVES TOUT AU LONG DU VOYAGE.France is in the air : La France est dans l’air.Offres valables sur les vols opérés par Air France de/vers l’Europe, l’Afrique du Nord et Israël.AIRFRANCE.FR* Si le prix du nouveau billet est supérieur, un réajustement tarifaire sera effectué mais aucun frais de modification ne sera appliqué.]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°204 La bonne nouvelle ici et maintenant Enfin, la reprise s'accélère dans la zone euro, avec des répercussions sur le front de l'emploi. ainsi, le chômage est tombé à 11,3% en février, son plus bas niveau depuis mai 2012. Si la situation reste toutefois disparate selon les pays, cette bonne nouvelle se conjugue avec une ré- vision à la hausse des prévisions économiques de la Commission européenne. Celle-ci vise désormais une croissance de 1,3% cette année et de 1,9% en 2016, contre 0,8% en 2014. Et pour la première fois depuis 2008, le PiB est attendu en hausse dans l'ensemble des pays de l'UE.4 Pour rêver très loinDes voitures qui roulent sans essence ni diesel, ça existe ! C'est le cas de la Quant e-sport limousine de la société Nano Flowcell, un bolide suisse qui fonctionne avec une batterie tournant à l'eau de mer, grâce à un procédé d'oxy- doréduction. Ce prototype – une grande limousine équi- pée de portes papillon – présenté au dernier salon de Genève a une autonomie de 600 kilomètres et peut passer de 0 à 100 km/h en 2,8 secondes. Reste à savoir quand monsieur tout-le-monde pourra prétendre en acquérir une et à quel prix...PaNoRaMa Le baromètre de l’optimismeLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...Le succès c’est tomber sept fois, Le verbatim se relever huit.à retenir...Proverbe asiatiqueDes chiffres et des lettres agréablesLe graphique encourageantA la question « Les entreprisesfrançaises sont-elles suffisam-ment compétitives à l'interna-tional ? », 40% des chefsd'entreprise interrogés répondent « oui » contre 32% seulement en juin 2014 et 24% en avril 2013. C'est ce que révèle une étude de la Banque Pa- latine menée auprès de 300 dirigeants. C'est donc bien le retour du prin- temps pour les chefs d'entreprise français. L'étude montre que ce regain d'optimisme s'inscrit dans la durée et que les indicateurs d'activité et de confiance sont au plus haut depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.14 C'est, en milliards d'euros, le montant des financements mobilisés en 2014 par la Banque publique d'investisse- ment (BPI). L'an passé, les financements accordés aux entreprises ont progressé de 29% par rapport à 2013, et les crédits garan- tis de 17%. A ces 14 milliards, il faut ajouter 1 milliard d'euros consacré à l'innovation, ainsi que 8 milliards mobilisés pour garantir des prêts auprès de banques privées. La BPI compte ac- tuellement 80000 clients actifs, dont un grandL’onde positivenombre d'entreprises de taille intermédiaire.La révolution française s’est faite contre les nantis. Le marxisme et la lutte des classes imprègnent encore certains de nos compor- tements sociaux. Nous sommes volontiers envieux et jaloux.Nous noircissons, nous aussi, le monde qui nous entoure pour mieux apprécier, au fond, notre bonheur personnel. Comme di- sait à peu près Jules Renard : ça n’est pas le tout d’aller bien, mieux vaut que les autres aillent mal.avec ses baskets et son sweat à capuche d'ado, dif- ficile de voir en Jordan Casey, 15 ans, l'un des speakers les plus courus de la scène web interna- tionale. Et pourtant, ce jeune irlandais est déjà in- tervenu dans une cinquantaine de conférences à travers le monde (Cannes lions, European pirate summit, Gamecity7, the smartphone and tablet games summit, tEDxYoUtH New Dehli...). Mieux, des médias tels que CNN, la BBC, El Pais, le Wall-Street Journal ou le New-York Times ont déjà tiré le portrait du garçon. Une notoriété médiatique à faire rougir un patron du CaC 40. il aurait même conseillé la Commission européenne en matière de politique numérique. Bref, la classe. Car derrière ces taches de rousseur se cache l'un des plus jeunes entrepreneurs d'Europe. Ce passionné de programmation informatique a débuté sa carrière de business-boy à l'âge de 13 ans en créant Casey games, une start-up qui conçoit des jeux pour iPhone, dont le déjà célèbre « alien ball vs humans » qui a cartonné sur la plateforme irlandaise d'apple.Histoire de ne pas s'arrêter là, le jeune Jordan a créé à l'été 2013 teachware, une appli web destinée à aider les enseignants à gérer les informations concernant leurs classes (notes, absences...). Le garçon envisage de fusionner les deux structures basées à Waterford, dans la maison familiale. toutefois, afin d'obtenir son certificat d'études, Jordan a décidé ces derniers temps de ne passer plus qu'une heure par jour à la gestion de ses entre- prises. Mais c'est pour mieux s'y consacrer pleinement dès que son emploi du temps le lui permettra. L'avenir de Jordan semble plutôt bien se dessiner. En effet, au cours de ses nombreuses interventions à travers le monde, le jeune homme s'est attiré la sympathie de pointures du secteur, tels que le co- fondateur de twitter, Jack Dorsey ou le développeur Markus Perrson, père du célèbre jeu vidéo Minecraft. Nul doute que ces prestigieux parrains sauront conforter le jeune irlandais dans ses ambitions.Yann PetiteauxLe rapport à l’Etat, si puissant dans notre histoire – nous sommes un État-Nation –, nous conduit à tout attendre de lui afin qu’il nous accompagne du berceau au cercueil. il n’en fait jamais assez... ou toujours trop lorsqu’il prélève l’impôt. Nous ne sommes jamais vraiment contents.Ne soyons pas dupes de nos paradoxes. N’en faisons pas une contradiction. Le défi n’est pas d’inventer un monde plus beau, de manquer de réalisme. La lucidité c’est de regarder la réalité en face, dans toutes ses dimensions. L’optimisme c’est orienter notre regard, aussi, vers ce qui va bien, ce qui est réjouissant, source d’espoir. Chaque jour montent du terrain des initia- tives, des inventions, des solutions. Elles sont le fait de traceurs, d’innovateurs, d’en- trepreneurs, de « faiseux » plus que de « di- seux ».Notre système éducatif basé sur une diffu- sion immuable des savoirs développe moins que d’autres, notamment dans les pays scandinaves ou anglo-saxons, l’auto- nomie individuelle, l’initiative, la créativité, la capacité d’adaptation notamment aux nouvelles technologies, c’est-à-dire au monde nouveau. Notre esprit critique s’en trouve, certes, très développé mais l’esprit d’entreprendre infiniment moins.Chaque jour vous avez des possibilités in- finies de vous émerveiller devant le regard d’un enfant, un rayon de soleil, un monu- ment, un paysage, le sourire d’une per- sonne, une bonne nouvelle... sans parler de ce bonheur matinal de vous lever en vie pour cette aventure quotidienne et inouïe.Cette spectaculaire défiance française apar Thierry Saussez Fondateur du printempsCela devrait rassurer Bruxelles ! Le déficit public de la France se révèle bien moins élevé qu'on ne l'imaginait, selon les chiffres publiés par l'insee fin mars. En effet, celui-ci s'établit à 4% du PiB au lieu des 4,4% prévus initialement. L'objectif pour l'année 2015 est de le ramener à 3,8%.Le climat des affaires reprend des couleurs. après trois mois de stabilité, l'indicateur de l'insee relatif au moral des chefs d'entreprise a augmenté de 2 points (de 94 à 96) au mois de mars. Le commerce est particulièrement optimiste (+3 points), une meilleure performance que dans les services (+1 point) ou le bâtiment (stable). Le contexte de recul des taux d'intérêt et des prix du pétrole n'y sont sans doute pas pour rien.Le CaC 40 tutoie à nouveau les sommets. Sur le dernier trimestre, la Bourse de Paris a enregistré sa meilleure performance depuis plus de cinq ans (septembre 2009, pour être exact). Le CaC 40 a terminé le trimestre à 5033,64 points. Le volume d'affaires de 4,5 Mds d’euros est supérieur à la moyenne annuelle (4,2 Mds d’euros). au total, il a progressé de près de 18% depuis le 1er janvier.attention, signes positifs ! après une stagnation en 2013, le pouvoir d'achat des ménages a progressé de 1,1% en 2014 alors que les dépenses de consommation ont augmenté de 0,6% sur la même période (source insee). Du côté des entreprises, les exportations ont bondi de 2,9% l'an dernier après une hausse de 2,4% en 2013.La belle histoire du mois : Jordan Casey, self-made teenager du WebEn % 4030 20 10 0Juin 2014Mars 2015Avril 201324%32 %40 %Des brèves qui donnent le “smile” le matin...de l’optimismeL’une des clés de l’optimisme est la capacité à orienter son regard et à mobiliser son attention sur ce qui est beau, positif, ce qui fonctionne.Cela n’est pas si simple dans un univers très anxiogène où les mauvaises nouvelles se succèdent spécialement en période de crise. il y a bien des raisons historiques et cultu- relles qui expliquent la défiance française qui fait de nous, collectivement, le peuple le plus pessimiste du monde.Sachez orienter votre regardil a fallu attendre Jean-Paul ii pour que la religion catholique reconnaisse l’économie de marché et la place de l’argent dans la so- ciété. Longtemps, l’argent était sale lorsqu’il n’était pas donné et l’usurier ex- communié. Notre rapport à l’argent reste complexe.également des raisons contemporaines : les médias anxiogènes et les experts qui vous promettent toujours le pire.il serait néanmoins simpliste, face à ce constat, de fuir nos responsabilités indivi- duelles. Les experts n’ont pas toujours tort de nous alerter, les médias sont comme la langue d’Esope, le pire et le meilleur. L’audience c’est vous, c’est moi, c’est nous. Les mauvaises nouvelles nous attirent da- vantage que les bonnes. Nous sommes fas- cinés par les catastrophes, les faits divers atroces, les échecs, les déceptions, les sta- tistiques négatives. Nous nous comportons comme le lapin pris par les phares.6Mai 2015]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20PaNoRaMaLes rendez-vous EcoRéseauLe DicoRéseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : Actualités, football, guerre, médias, chanson, rugby, politique, people, etc.En guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Booba : n.p. petit ourson devenu méchantClermont : expression auvergnate. Ex : « c’est Clermont pas toulon qui vaMistral perdant : titre de la dernière chanson de François Hollande Montebourg: 1. n.p Spécialiste déco et non d'éco comme on croyait... 2. n.p.encore gagner cette année »Debouzze : film d’animation qui n’a pas pluancien ministre qui ne manque désormais plus de talan PS : Parti politique qui aime bien se prendre des DroitesRadio France : Equipe nationale de bowling, qui perd souvent la boule et fait "strike"...Rocard : boisson d’antan remise au goût du jour. Ex. : « un Rocard sinon rien »Séguéla : slogan actualisé. Ex. : « Séguéla, c’est plus fort que toi » Tron : n.p. Homme politique qui après sa revanche des DépartementalesDuflo : 1. expr. de compliment pour un rappeur. "tu chantes pas mal, t'as Duflo". 2. Duflot : Femme fontaineFekir : n.p. Joueur très Nabil de ses piedsFestival de Cannes : Rassemblement d'octo- et nonagénaires boîteuxGafa : avertir : Ex : Fait Gafa tes données dit BruxellesGallet : n.p. Propriétaire d’un bureau qui sentait le palissandre, et qui sent maintenant le sapinGollnisch. Exp. Expression de joie des sympathisants frontistes les soirs de victoire électorale. Ex : "J'ai la gollnisch".Goodluck : n.p. Président sortant nigérian qui a manqué de chance Griezmann : ours teinté de blond, cousin français du grizzliHillary : Se moquer : Ex : Quand elle a annoncé à son mari sa candidature il a ri, ClintonLettre a France : écrit de Michel Polnareff réclamant 1 million Maradona : np. personnalité un peu trop libre dans sa tête (Diego).prend son piedVarane : produit pour chaussures. Ex. "Raphael, pense à mettre du Varane sur tes chaussures avant de partir"Yemen : expression de domination. Ex : Fernondo alonso : "quand ye suis en forme, Yemen la course"Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.8Mai 2015]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20PaNoRaMa Grand Angle - Les octo-et nonagénaires sur la scène médiatiqueL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueoctos poussentLa présence des anciens sur la scène publique questionne. Quelles sont les raisons sociétales de leur (ré)émergence ?C« De grandes figures, dans une société troublée et portée sur la vitesse, qui s’avèrent rassurantes et structurantes »’est par une candi- si chère à Jacques Brel. Jacques Delors, Robert Ba- des années 30 et 40, les dature spontanée Marginale qui s’est trompée dinter, Jean d’ormesson, trente Glorieuses et les an- que Barbara Bes- d’époque, ou figure pion- Michel Serres, Michel Ro- nées de crise, sont toujourscomplexes, mais en disent long sur le rapport au temps et la valorisation du savoir de la société moderne. En- quête.MONTÉE EN PUISSANCECertains s’affranchissent donc des diktats du jeunisme et de la gérontophobie am- biante pour troquer leur canne pour un bâton de pè- lerin, s’en allant prouver dans leurs domaines de pré- dilection que, bien sûr que si, la valeur peut attendre le nombre des années. ils ont souvent retrouvé après une période d’éclipse comme une seconde jeu- nesse, à hauteur de leur écho dans la société. ainsi qui veut tirer les leçons de la crise de l’euro et s’inscrire dans une perspective histo- rique interrogera-t-il certai- nement Jacques Delors, Hel- mut Schmidt ou Valéry Gis- card d’Estaing. Lequel s’étonne encore du succès de son dernier livre(1) : « Je pensais qu’il n’allait pas du tout se vendre et qu’il n’était qu’un délire de vieil homme. Au contraire les gens souhaitaient connaître ma vision, mes ambitions pour redessiner l’Europe ». De même la pensée “com- plexe” d’Edgar Morin a été remise au premier plan et son auteur invité à l’Elysée pour expliciter sa “politique de civilisation”. Quant à Michel Rocard, il a été un temps choisi pour invento- rier avec alain Juppé leskind est devenue designer- nière annonciatrice d’un card, etc., qui ont brillé plus écoutés. Pour leur ex-consultante pour ideo, une start-up de la Silicon Valley imaginant des produits pour personnes âgées. Rien de bien inhabituel pour cette cadre dynamique, si ce n’est sonâge...ellea91ans! Celle qui instille sa touche personnelle dans des déam- bulateurs plus pratiques ou des espaces en préfabriqués faisant vivre les personnes âgées près de leur famille détonne au milieu des hips- ters geeks de sa société. Son téléphone portable très simple qui marche à la voix comme son écran d’ordi- nateur plus large semblent bien loin de « la pendule d’argent qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit je t’attends... »changement sociétal ? Les sociétés occidentales, pour- tant habituées à faire preuve de jeunisme et à cacher ce quatrième âge qu’elles ne sauraient voir, sont-elles sur le point de changer ? ou peut-être celui-ci s’im- pose-t-il de lui-même dans les entreprises, la politique, l’économie, la culture, le jeu sociétal moderne ? C’est un fait, ceux qui sont nés avant 1930 ou quelques an- nées plus tard sont de plus en plus nombreux à rester sur la scène publique. Phé- nomène assez récent, alors qu’il y a bien longtemps qu’on célèbre au Japon les “trésors nationaux”. Les Edgard Morin, Simone Veil, Valéry Giscard d’Estaing,dans leurs domaines res- périence ? Leur sagesse ? pectifs, ont connu le drame Les raisons semblent plusTraitement des personnes âgéesSparte ou Athènes ?Dans la cité de Sparte, antique et cruelle, la loi enjoignait de jeter les vieillards considérés comme inutiles par la société dans un gouffre appelé le Kaiadas. Au contraire à Athènes, les gens déclaraient leur respect aux vieillards considérés comme des “vieux sages” et placés sur un piédestal. La société moderne est-elle plutôt spartiate ou athénienne ? La question mérite d’être posée, « car si les medias valorisent jusqu’à l’outrance ces quelques figures de proue du grand âge, beaucoup d’autres sont enfermés, oubliés dans des éta- blissements dont ils ne ressortent pas », précise Michel Billé, sociologue spécialiste de la vieillesse et de la transformation des structures familiales. De nombreux professionnels du secteur, notamment du côté d’AD-PA (association des directeursau service des personnes âgées), s’accordent à dire que70% des établissements d’hébergement connaissent des in- suffisances graves, des manques de moyens, des manquements dans la formation des personnels, et sont donc susceptibles de développer des pratiques de maltraitance passive. Le rapport que la société entretient avec la vieillesse est donc plus complexe qu’il n’y paraît. Il est même paradoxal. La va- lorisation des années de quelques-uns nous permet de ne pas voir la dévalorisation du grand âge du plus grand nombre. Ce qui conduit Michel Billé à prédire que ce phénomène d’émergence des octos et nonas sur la scène publique restera tout de même limité à l’avenir. « Car la vérité est que nous souhaitons avant tout nous reconnaître en eux. S’ils sont plus de 400, cela ne sera plus possible », tranche le sociologue.MC10Mai 2015]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frGrand Angle - Les octo-et nonagénaires sur la scène médiatique PaNoRaMa GenresOù sont les femmes ?Michel Rocardhomme politique (PS) et conférencier de 85 ansfâcheries de la nature. Dans ce monde en perte de repères, ils ont besoin de comprendre.En tant que sage, quel message particulier tenez-vous à faire passer ?Les journalistes ne s’intéressent pas au long terme car il n’est pas porteur de choc affectif. Et pourtant ce mé- canisme de réduction de la vision nous aveugle. a l’approche de la CoP 21 (Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris qui se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015, NDLR), j’aimerais que nous ouvrions le débat sur le fond, sur le « comment-faire ? ». avec la crise, nous avons renoncé à parler d’écologie, et quand nous en parlons, nous en parlons mal. Nous manquons d’avis sur l’écologie. Mais pas seulement dans ce domaine. Le ralentissement de la croissance, le dé- vergondage spéculatif financier mé- riteraient aussi que nous écoutions davantage les savants, universitaires« Cette image de sage m’amuse »© DRJamais la chanson de Patrick Juvet n’a autant sonné juste. Les Marguerite Yourcenar, Fran- çoise Giroud ou Jacqueline de Romilly ont clairement été des exceptions par le passé, et Simone Veil semble bien seule aujourd’hui. « La plupart du temps ce sont des hommes qui ont la vedette dans les medias alors que les femmes vivent plus longtemps ; la sagesse des femmes de cet âge est de s’occuper de leur famille en toute discrétion », déplore Michel Billé, sociologue spécialiste de lavieillesse et de la transformation des structures familiales. « Nous sommes encore dans les générations de femmes qui n’ont pas toujours eu de vie professionnelle », remarque l’homme de pub Jacques Séguéla, selon qui les hommes vieillissent mieux médiatiquement : « Il existe une forme de cruauté de la société qui attend beaucoup de la beauté des femmes. Or quand celle-ci se fane avec les années, l’attention qui leur est portée décroit ».Comment percevez-vous cetteaura gagnée avec les années ?Cette image de sage m’amuse. Elle est principalement due à mon âge et liée au fait que je n’ai plus d’activité politique. Je n’ai pas l’impression pourtant que l’on m’écoute plus qu’avant. D’ailleurs, mon activité d’ambassadeur pour la France aux pôles arctique et antarctique m’éloigne un peu de la scène média- tique. La sagesse que l’on me prête vient aussi du fait que j’ai toujours été libre au cours de ma carrière poli- tique. La position de subversion que j’ai souvent occupée peut apporter, je crois, un éclairage différent.Ressentez-vous toujours le besoin de transmettre ?J’ai eu maintes fois l’occasion de le faire. Notamment ces dernières années à travers les cinq ou six livres que j’ai pu écrire en l’espace de cinq ans. Je ne ressens pas particulièrement le besoin de transmettre mais j’ai l’im- pression qu’il y a une importante de- mande de savoir. L’essentiel des êtres humains ne comprend pas le monde dans lequel il vit. Les hommes sont confrontés à la crise économique, au ralentissement de la croissance et auxet chercheurs.l’âge moyen de la naissance des petits enfants, 60 ans pour la sécurité sociale, 50 ans pour le marketing qui décrypte les premières mo- difications des comporte- ments de consommation, 45 ans pour l’entreprise... Les plus de 85 ans étaient 600 000 en 1980, ils sont 1,8 million aujourd’hui et seront 4,8 millions en 2050. De par leur nombre crois- sant, les anciens font plus lever les têtes. « Les medias savent qu’ils constituent bien souvent le gros desbataillons de lecteurs ou d’auditeurs, les politiques comprennent qu’ils se dé- placent plus pour aller voter et que donc leur influence dépasse la réalité de leur part dans la population », remarque Serge Guérin, so- ciologue professeur à Paris School of Business (PSB), auteur de nombreux ou- vrages sur le sujet(4), qui perçoit un changement de regard : « Les sujets qui parlent d’eux ne sont plus seulement noirs comme la dépendance ou la maltrai-MCtance, on commence à vrai- ment évoquer les opportu- nités de la silver economy et le dynamisme des octos/nonas ». Et puis cette élite grisonnante fait recette « parce que les vieux veulent voir des vieux », note Jacques Séguéla, cofonda- teur de RSCG devenu Ha- vas. En outre ce quatrième âge est plus en forme que par le passé, et donc plus à même de se manifester. « Si le cœur et les muscles vieil- lissent inexorablement, les neurones non ! », rappelait(2)gnez-vous , vendu à prèsChaque année en France nous gagnons un trimestre d’espérance de vie et les progrès de la médecine per- mettent d’entrevoir un vé- ritable bond en avant, comme le rappelait le co- fondateur de Doctissimo etinvestissements d’avenir fi-nancés par le grand emprunt.C’est aussi lui qui a co-créé en mars 2012, avec denombreux intellectuels etpersonnalités publiques dela société civile et politique,le collectif Roosevelt quiprésente des propositions ciologue, spécialiste de la président de DNavisionphilosophe et écrivain de 94 ansde 200 000 exemplaires en moins de deux mois. « Ils font figure de référence dans leur domaine, ils n’ont plus besoin d’“avoir” de l’auto- rité, ils “font” autorité », précise Michel Billé, so-L’hyperactifGare à ceux qui voudraient le suivre. Car Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, est partout à la fois. il n’y a qu’à taper son nom dans un moteur de recherche pour s’en laisser convaincre. a l’aube de ses 94 printemps, le philosophe, sociologue, anthropologue et directeur de recherche émérite au CNRS, n’en finit plus de répondre aux nombreuses sollicitations. Entre deux conférences, un article de blog sur Médiapart et une tribune dans Le Monde, ce twittos compulsif prend encore le temps de délivrer chaque jour une pensée en 140 signes à ses quelque 32564 abonnés. Mise en garde, maxime, cri d’alarme, pensée philosophique, l’ancien résistant se soucie peu du support, pourvu qu’il y ait la sagesse. Pacifiste et humaniste, l’intellectuel ancré à gauche a arpenté le monde dans tous les sens, et surtout en amérique latine, pour y enseigner la pensée complexe, un concept philosophique sur la connaissance dont il est à l’origine. Récemment, le théoricien de la connaissance a même donné son nom au lycée d’excellence de Douai. Et l’actualité de cette figure française ne s’arrête pas là. « Cinéphile et cinéphage », comme il le rappelle avec amusement, celui qui a passé sa vie à observer l’humain dans la vie et les films sera bientôt le héros du sien. Dans le documentaire, « Edgar Morin, Chronique d’un regard », sorti en salles le 29 avril, l’auteur de La Méthode se livre avec bonheur sur son œuvre. Le sourire rieur du vieux sage français n’a pas fini d’enchanter la philosophie...A. A-MCe quatrième âge est plus en forme que par le passé, et donc plus à même de se manifesterPropos recueillis par Aude Abback-Mazoué© DREdgar Morin,visant à lutter contre le chô- mage endémique et élaborer une nouvelle société. Mais le meilleur exemple reste Stéphane Hessel, résistant de la première heure pen- dant la Seconde Guerre mondiale et ancien ambas- sadeur de France auprès des Nations unies, qui a connu un succès d’édition phéno- ménal en 2010 avec Indi-vieillesse et de la transfor- mation des structures fami- liales(3).Laurent alexandre dans EcoRéseau n°18. La notion d’âge devient toute relative. aujourd’hui il est même difficile de dire à quel âge on devient senior : 70 ans pour la médecine puisque c’est l’âge moyen du pre- mier accident de santé sé- rieux, 65 ans pour air France, la Caisse de retraite ou la famille puisque c’estCATÉGORIE TOUJOURS PLUS« VOYANTE »La doyenne de l’humanité, la Japonaise Misao okawa, vient de décéder à l’âge de 117 ans, et laisse derrière elle un fils de... 91 ans.Mai 201511Œ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20PaNoRaMa Grand Angle - Les octo-et nonagénaires sur la scène médiatiqueMichel Rocard. « Celui qui a 80 ans aujourd’hui est celui qui avait 60 ans il y a un siècle, grâce à l’amé- lioration des soins médi- caux, des hygiènes de vie et de la chirurgie esthé- tique », observe Jacques Séguéla. Pour le fameux fils de pub, la Gauche a commis une bêtise sans nom en fixant la retraite à 60 ans – « pour des raisons de financement des retraites bien sûr, mais surtout pour l’arrêt neuronal d’un peuple que cette décision a occa- sionné ». ils sont malgré tout toujours plus nombreux à ne renoncer à rien, malgré les incitations à “lâcher prise” dans leurs domaines respectifs, à ouvrir une qua- trième “séquence de vie”. Et ils trouvent un écho...« Un quatrième âge qui est maintenant là où on ne l’attend pas toujours... »le monde des experts : « Les medias comptent sur ces derniers pour apporter du contenu en plus des faits. S’ils ont seulement 30 ans, ce ne sera pas crédible, même s’ils sont plus com- pétents ! » C’est aussi l’époque de crise et d’an- goisses qui les réhabilite, car les plus que seniors re- présentent une part d’his- toire plus simple, plus po- sitive et rassurent donc ceux qui ont peur de l’avenir. « Ils ont souvent fait leurs preuves en étant révolution- naires, iconoclastes, mo- dernes, puis au cours de leur vie ont cherché le consensus, se sont pacifiés. C’est ce qui nous plaît, alors que nous vivons dans une société de violence et de conflits », évoque Serge Guérin, qui cite le cas d’alain Juppé, même si ce dernier, avec ses 69 ans, ne peut encore prétendre ap-L’EXPÉRIENCE AU-DELÀ DU SAVOIR Leur point commun ? L’ac- tion. on ne recherche plus cette fameuse sagesse chezjourd’hui nous faisons confiance à ceux qui ont fait, qui peuvent transmettre, pas aux vieux philosophes dans leur grotte », appuie Serge Guérin. ils sont por- teurs d’un message qui noussont acteurs leur vie », sou- tient Michel Billé, selon qui cette caractéristique fait la différence aujourd’hui. « Autrefois le rapport était le même qu’en Afrique, un vieillard qui mourrait étaitdes cicatrices, le privilège de l’âge est d’avoir vécu. Je ne parle pas d’expérience professionnelle, mais d’ap- prentissage des situationsde vie. Les octos et nonas vont à l’essentiel parce qu’ils savent faire le tri », déclare Jacques Séguéla, selon qui nous vivons dansAujourd’hui on fait confiance à ceux qui ont fait, qui peuvent transmettre, pas aux vieux philosophes dans leur grotteJacques Séguélales anciens, que l’on assi- miledeplusenplusàdela résignation. « La référence aux vieux Sages est plus fantasmée que réelle. Au-parle. « Ils sont avant tout des hommes qui bougent – même s’ils ne font que par- ler. Les Paul Bocuse, Pierre Soulages, Michel BouquetListe non exhaustiveune bibliothèque qui brûlait. Aujourd’hui tout est en ligne. » Leur aura viendrait essentiellement de leur ex- périence. « Les vieux ont« Les échecs passés, une richesse »ArtGuy Bedos (81 ans)Paul Bocuse (89 ans) Albert Uderzo (88 ans) Charles Aznavour (91 ans) Michel Galabru (93 ans) Robert Hossein (88 ans) Jean Rochefort (85 ans) Jean-Louis Trintignant (85 ans) Pierre Soulages (96 ans) Michel Bouquet (90 ans) Roman Polanski (82 ans) ...PublicitéJacques Séguéla (81 ans)EcritPhilippe Tesson (87 ans) Alain Decaux (90 ans) Jean d’Ormesson (90 ans) Max Gallo (83 ans) Jean Daniel (95 ans) ...PhilosophieEdgar Morin (94 ans) Michel Serres (85 ans) ...LuxePierre Cardin (93 ans) Pierre Bergé (85 ans)PolitiqueValéry Giscard d'Estaing (89 ans) Jacques Delors (90 ans) Bernadette Chirac (82 ans) Edouard Balladur (86 ans) Jean Tiberi (80 ans) Michel Rocard (85 ans) Jacques Chirac (83 ans) Jean-Marie Le Pen (86 ans) Simone Veil (88 ans) Robert Badinter (87 ans) Charles Pasqua (88 ans) Roland Dumas (93 ans)...Qu’est-ce qu’une vieillesse réussie selon vous ?Elle l’est quand la générosité est de mise : il importe d’être généreux de son temps – je reçois au moins deux jeunes par jour pour qu’ils me parlent de leur volonté de faire de la publicité ou de la communication par exemple –, ne pas être avare de transmission de son savoir – j’ai encore écrit deux livres cette année, je vais arriver à 30 – afin d’aiguiller et de mettre en garde. Mes 50 conférences par an et mes cours dans les Grandes Ecoles pour- suivent le même but. Enfin il est es- sentiel d’être généreux de sa curiosité.tiver d’emblée.de l’autre – partenaire comme ami.cofondateur de RSCG devenu Havas, filsdepubde81ansLes octo-et nonagénaires sont beaucoup plus nombreuxqu’on ne le croit sur la scène publique...Même si souvent ils ont pris du recul par rapport à leur activité initiale, leurs petites dé- clarations, leurs opinions, comptent encore et agitent les medias. Ils incarnent des concepts et des idées d’antan, mais la société leur donne toute légitimité pour s’exprimer sur celles d’aujourd’hui.© DRQuelles sont les vertus de la vieil- lesse dans notre société moderne ? Je pense qu’elle en a trois : première- ment la liberté, car nous n’avons plus de comptes à rendre qu’à nous-mêmes, nous abolissons les complexes de su- périorité comme d’infériorité. Deuxiè- mement c’est une certaine efficacité acquise grâce aux échecs ; car rien n’est plus cruel et formateur à la fois. troisièmement c’est aussi l’amour, car c’est l’âge de l’acceptation totaleil faut la faire partager. Nous vivons dans un monde où la jeunesse se replie, se révèle curieuse sur le Net mais se ferme dans les rapports hu- mains. Je constate tous les jours que les jeunes, malgré la multiplicité des outils, ont du mal à communiquer.Existe-il des pièges dans lesquels ne pas tomber ?Le jeunisme en fait partie. Le risque de devenir un vieux beau est une réalité. A contrario je crois qu’il faut se garder de tomber dans le « vieil- lisme » teinté de pessimisme et de conservatisme. Enfin il importe de se méfier de la peur de la fuite du temps. Comme dans les œuvres d’ovide, cette peur de la mort peut rétrécir les jours. La vieillesse commence vraiment quand les regrets prennent le pas sur les rêves. il importe de savourer chaque seconde et de profiter de cette période d’accalmie, sans pour autant se retirer. alors chaque jour devient un gain de temps. « Vieux c’est mieux », ai-je coutume de dire. Mieux vaut le posi-12Mai 2015......Propos recueillis par J.T.Œ]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[La santé, c’est trop important pour être compliqué.SANTÉ PRÉVOYANCE ÉPARGNE - RETRAITE 95% DES ENTREPRISES ADHÉRENTES SONT PRÊTESÀ NOUS RECOMMANDER.Nos conseillers Harmonie Mutuelle vous accompagnent jour après jour dans le suivi et le pilotage de votre contrat, quelle que soit la taille de votre entreprise. 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Ces person- nalités n’ont plus d’ambi- tion, sont réputées neutres et indépendantes, ce qui les rend champions de l’intérêt commun. « Giscard fait unMichel Serresphilosophe, historien des sciences, écrivain de 85 ansLe secret de la vieillesse est peut-être de savoir passer la main tout en restant dans la place© DR« Je suis sage-femme, répond le philosophe avec malice quand on lui demande s’il est un sage. Comme l’expliquait Socrate en son temps, je suis un accou- cheur au sens premier du terme, mon métier consiste à aider le monde à naître... La mission n’est pas toujours simple », reconnaît l’académicien, dans un sourire. a près de 85 ans, l’historien des sciences, diplômé de l’Ecole navale et de Normale Sup, continue d’observer, comprendre et décrypter le monde en pleine mutation. Pour le professeur qui a vécu la Seconde Guerre mondiale et Mai 68, les grandes révolutions de notre époque sont ailleurs. « Les mathématiques et la physique dans les années 50, et plus tard la biologie et la biochimie dans les années 80, ont profondément modifié notre société. L’accoucheur que je suis est là pour expliquer aux enfants inquiets le monde nouveau dans lequel ils vivent. » Car cet agenais qui a vécu 35 ans dans laSilicon Valley a fait du bouleversement numérique sa spécialité. Un domaine qui passionne autant qu’il interpelle. L’auteur de l’essai à succès Petite Poucette, du nom de la jeune génération qui envoie des SMS à tour de pouce, avoue ne pas répondre aux très nom- breuses sollicitations. « Certes, je reçois de nombreux appels d’universitaires et de journalistes, mais les demandes les plus fréquentes viennent de profes- sionnels moins attendus. Des architectes ou des chefs d’entreprise me demandent très souvent conseil pour organiser un espace, par exemple. » Faute de temps ou d’envie, le vieux sage au regard bleu ciel n’est pas plus pressé de surfer sur les réseaux sociaux, même s’il en connaît très bien les usages. Michel Serres préfère de loin prendre de la hauteur. Un sage homme.« Je suis un accoucheur d’idées »les anciens réintroduiraient dans le débat public la di- mension de continuité qui manque à la société pour s’ancrer dans l’histoire, se remettre en perspective. ils nous aideraient à savoir d’où nous venons pour mieux appréhender le futur.clin d’œil lorsqu’il prend la parole, il parle de liberté. Du coup sa parole a plus de poids », remarque Michel Billé.LIBERTÉ, HUMANITÉ ET TEMPS RASSURANTSDans une société d’accélé- ration permanente des rythmes de vie, ces figures d’exception remplissent une sorte de fonction atempo- relle et rassurante. « Au- jourd’hui nous valorisons ce qui ne dure pas, la société de l’instant cherche à abolir le délai, l’attente, à obtenir l’information en temps réel, ce qui revient quelque part à une “déréalisation ” du temps, puisqu’on ne se sou- cie plus que du présent, oc- cultant le passé et le futur. Nous perdons nos repères d’histoire, et du coup ces grands personnages sont des contre-valeurs dans cette société, ils sont sur- valorisés parce qu’ils ras- surent, sont structurants », précise Michel Billé. En puisant dans leurs propres parcours de vie souvent ex- ceptionnels, ils rehaussent l’exigence individuelle et collective du vivre ensem- ble, s’imposent assurément comme modèles. ils rassu- rent aussi parce qu’ils ne dépendent plus que d’eux- mêmes et font preuve de détachement et désintéres- sement, qualités rares dans une société dominée par la quête du bénéfice personnel et des plans de carrière. « Je n’ai pas l’impression que l’on m’écoute plus qu’avant.GRANDES AIDES POTENTIELLESCes élites grises ouvrent un chemin nouveau dans les allées du pouvoir, celui de la recommandation et duA. A-Mvieillesse est peut-être de savoir passer la main tout en restant dans la place », évoque celui pour qui Vin- cent Bolloré a repoussé chez Havas l’âge maximum des administrateurs à 90 ans. L’équilibre semble bien de rigueur, car il y aurait aussi un danger à trop écouter ces éminences grises, celui de renforcer la frilosité pro-Photo en voie de disparition ?conseil. Réchauffement cli- matique, manipulations gé- nétiques... Les défis socié- taux s’annoncent décisifs et peu propices aux réponses manichéennes. Dès lors aller chercher des solutions d’avenir en regardant dans le rétroviseur du passé peut s’avérer payant. Même dansles entreprises, environne- ments plus hostiles au poids des années où les seniors sont souvent considérés comme des variables d’ajus- tement, le besoin de per- sonnes expérimentées se fait paradoxalement sentir. Des anciens ont su long- temps se maintenir à la têtede sociétés : Dassault, De- caux, Bernheim, Perdriel, Bonduel, Bellon, Fabre, Ser- vier, Bongrain... Le binôme d’un ancien président du conseil de surveillance et d’un plus jeune, plutôt lié à l’opérationnel, semble faire des émules, comme l’indique Jacques Séguéla :« Le vieux est la mémoire, le vécu de l’entreprise, quand le jeune s’occupe de l’opérationnel et possède l’énergie nécessaire pour insuffler de nouvelles dy- namiques. Combien d’en- treprises meurent parce que le patron ne sait pas céder sa place ? Le secret de la2 Indignez-vous ! - Pour une insurrection pacifique par Stéphane Hessel, éd. Indigène, 2010pre aux sociétés v. santes. Mais il y aurait aussi un manque à ne pas les prendre en considération car ils sont une richesse pour la société et les entre- prises. aux yeux de Barbara Beskind, l’âge aide à penser “hors du cadre” et à être “plus soi-même”...1 Europa : la dernière chance de l’Europe, de Valéry Gis- card d’Estaing, éd. Xo, 20143 La société malade d’Alz- heimer par Michel Billé, éd. érès, 20144Silver Generation par Serge Guérin, éd. Michalon, 2015ieillis-14Mai 2015Julien Tarby]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.fruNormandy Techils croisent tous les doigts. « Nous avons fait en mars le pari d’une candidature commune Caen-Le Havre- Rouen ; c’est déjà une réussite. A trois nous sommes plus forts », relève Joël Bruneau. Et le maire UMP de Caen de reconnaître que sur d’autres dossiers, la dynamique et la complémentarité entre les trois ag- glomérations manque. « Nous n’avons pas pris tout à fait les bonnes habitudes. » Mais pour la nouvelle labellisation French tech, le pack Normand a donc décidé de serrer les rangs. initialement pourtant, « Rouen et Caen avaient fait le pari d’une candida- ture solo », comme le rappelle le quotidien Ouest- France. Sur ce dossier, la future « Normandie réunifiée » joue gros : l’obtention espérée du label « Métropoles French tech » marquerait en effet la re- connaissance de l’excellence normande en matière de numérique. Réponse dans quelques mois.uCargo culteRégions & Territoires - Caen, Le Havre, Rouen PaNoRaMauUniversités & Grandes ÉcolesLa locomotive caennaiseLes années post-bac ? C’est à Caen que nombre de jeunes Normands ambitionnent généralement de les passer. D’abord pour son pouvoir d’attraction : la préfecture du Calvados compte en effet plus de 27000 étudiants (contre 26500 à Rouen et moins de 10000 au Havre !). Mais aussi (ceci expliquant cela) par l’offre et la qualité des formations disponibles. « Caen est à l’évidence le pôle historique de la région. Son université essaime sur Rouen, Le Havre, et même Le Mans », analyse Jean-Guy Bernard, directeur général EM Normandie (plus de 3000 étudiants – formations continues et initiales confondues – répartis sur les campus de Caen, Le Havre, Deauville et... oxford). « Caen est une université pluridisciplinaire, reconnue notamment pour ses formations solides dans l’imagerie médicale, la neu- rologie ou encore son pôle TES (transactions économiques sécurisées). » Rien d’étonnant donc à ce que la ville abrite les bureaux de la nouvelle communauté des universités et d’établissements (Comue) de Caen, Rouen, Le Havre, créée en début d’année. « Nous avons un potentiel d’innovation supérieur à la moyenne », confirme le premier magistrat caennais. Et de saluer les « complémentarités au sein de cette nouvelle Comue ». Les trois universités, mais aussi les deux écoles d’ingénieurs ENSi-Caen et iNSa-Rouen et l’École supérieure d’architecture de Normandie à Rouen ont ainsi décidé d’un rapprochement. Lequel a permis de formaliser trois pôles d’excellence sur l’ensemble du territoire : les énergies, avec « Énergies, propulsion, matière, matériaux » ; la santé, avec « innovations diagnos- tiques et thérapeutiques » ; et les sciences humaines, avec « Numérique, Culture, Mémoire, Patrimoine ».Hôtel & SPA Séminaires & Restaurant... A 1h de Pariswww.manoirdesurville.com82 Rue Bernard Petel 27400 SURVILLETél. +33 (0)7 61 61 44 55 contact@manoirdesurville.comNom de code : GPMH, pour Grand Port Maritime du Havre. Un géant qui couvre 10000 hectares, emploie sur place 1200 personnes (et génère indirectement selon l’iNSEE quelque 32000 emplois, soit 22% de l’emploi dans le bassin du Havre) ; un mastodonte classé 5e en tonnage des grands ports européens du nord, derrière Rotterdam, Hambourg, anvers et ams- terdam. ici, ce sont 2,5 millions EVP (équivalent vingt pieds) de marchandises qui chaque année transitent. « Nous avons décroché en 2011, 2012 et 2014 l’Award du meilleur port européen délivré par Cargo News Asia », complète, pour ÉcoRéseau, son directeur et président du directoire Hervé Martel. « Nous sortons d’une grand période de réformes compliquée qui s’est étalée de 1992 à 2008 mais qui a permis, je le crois, de renforcer la productivité et la fiabilité du port du Havre, mais aussi celui de Rouen et de la capitale », estime cet ingénieur des Ponts et Chaussées, ex-direc- teur des Ports de Paris. De fait, la récente création du GiE Haropa – regroupant les trois ports de l’axe Seine – offre désormais « toutes les conditions réunies pour nous développer sur une nouvelle offre commune et systémique jusqu’à Paris », estime-t-il. « Nous devons travailler ensemble à l’amélioration des services et au développement du transport multimodal. Notre ambition est que Le Havre – qui offre des conditions nautiques exceptionnelles avec 17 mètres de profon- deur – soit l’architecte de ce service global. »uL’or blanc normandLa Normandie est une terre assurément industrielle. En Haute Normandie, l'industrie produisait ainsi en 2012, 22% de la valeur ajoutée régionale, soit sept points de plus que l'ensemble du pays. Néanmoins les griffes de la désindustrialisation continuent de mar- quer sévèrement le territoire : fermeture de Moulinex en 2000, contexte de crise chez les raffineurs, etc. Mais la Normandie est aussi, avec la Bretagne voisine, le plus important producteur agroalimentaire fran- çais (plus de 20% du PiB local) ; une première place, à l’heure de la mondialisation, qui vaut de l’or. Pas étonnant qu’en 2013, le cantonais Biostime s’invite au capital de la coopérative laitière normande, isigny Sainte-Mère. accord qui rappelle celui que signait un an plus tôt l’autre géant chinois Synutra avec l’usine bretonne de poudre de lait Sodiaal...Mai 201517]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20PaNoRaMa Hexagone - Les technocritiquesDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,Critique de la techno pureafin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)Ctechnosceptiques, technocritiques, digital detox... Petit tour d’horizon d’un mouvement protéiforme et hétéroclite qui a le mérite de s’attaquer à une question peu posée...onnaissez-vous le rand, chercheur et coordinateur Le but de l’association est de terme de « nomopho- national de l’association tech- se retrouver autour des ques- bie»?Lemotestré- nologos. Le but est que les tions, de les discuter, sans re-cent, commence à apparaître idées et réflexions essaiment. produire la machine que l’ondans des publications médi- cales, et désigne la peur de ne pas avoir son portable (c’est en fait la contraction de no mobile phobia). Des études de plus en plus nombreuses démontrent que certains souf- frent d’une véritable addiction à leur mobile, et des pro- grammes de désintoxication commencent à apparaître... on pourrait y voir, également, le début d’une prise de conscience de la part du grand public que la technologie, qui domine notre société actuelle, n’est pas nécessairement la panacée qu’on nous présente. Ce n’est sans doute pas un hasard si des voix critiquant la technologie, reléguées d’or- dinaire à l’arrière-plan, com- mencent à se faire entendre. Pourtant, la technocritique (pour reprendre le terme utilisé par François Jarrige, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bourgogne, et auteur no- tamment de Techno-critiques, du refus des machines à la contestation des techno- sciences, qui propose une vi- sion historique du mouve- ment) n’est pas neuve : l’in- novation a, au cours de l’His-PenseursQuelques incontournables pour mieux comprendre la technocritique• Jacques Ellul, professeur d'histoire du droit, sociologue, théologien protestant et libertaire français. Ayant eu une grande influence sur la technocritique actuelle.• Ivan Illich, penseur autrichien, qui a notamment développé le concept de contre-productivité : une institution devient son propre obstacle au delà d’un seuil critique.• Fabrice Flipo, philosophe français des sciences et techniques ; • Alain Gras, sociologue et écologiste français ;• Hannah Arendt, philosophe allemande ;• Günther Anders, penseur et essayiste autrichien ;• Bernard Charbonneau, penseur français ;• Lewis Mumford, historien américain, spécialisé dans l’histoire de la technologie et de la science ;• Martin Heidegger, philosophe allemand.C’est pourquoi nous favori- sons, comme actions, des pro- jections, des rencontres, la parution d’écrits... Je ne crois pas au militantisme vindica- tif. »critique. Nous voulons éviter la hiérarchie. » technologos rassemble ainsi plusieurs an- tennes locales, qui fonction- nent plus ou moins indépen- damment les unes des autres.« Cette fois c’est la bonne, je pars élever des chèvres dans le Vercors... »La plupart des technocritiques se considèrent comme des lanceurs d’alerte, plutôt que des révolutionnaires. Et de fait, la majorité d’entre eux sont partisans de la plume : il existe ainsi plusieurs maisons d’éditions et collections qui se concentrent sur le sujet, comme L’Échappée, la Pas de Côté, la Lenteur, l’Ency- clopédie des nuisances... « Ce n’est pas juste un mouvement intellectuel et philosophique, un plaisir d’historiens : il existe un vrai problème – et cela traverse les clivages po- litiques et les classes so- ciales », souligne Philippe Bihouix, ingénieur et auteur de L’âge des low-tech. on trouve de tout chez les tech- nocritiques : des écolos, des professeurs, des économistes,RAISON PLUTÔT QUE RÉVOLUTIONSi les motivations diffèrent, les technocritiques s’accordent sur un point : l’omniprésence de la technologie – qui en fait plus un environnement qu’un outil – a des consé- quences aussi bien sociales qu’humaines et environne- mentales, que nous choisissons d’ignorer à notre plus grand péril. Et il faut bien dire que les arguments font mouche. Par exemple, « la question du chômage technologique de masse commence à émer- ger, explique François Jarrige. Jusqu’à maintenant, les em- plois détruits par les avancées technologiques étaient recréés ailleurs ; mais aujourd’hui, le numérique détruit des em- plois réputés comme non-des- tructibles. » Une réalité pour l’instant absente des débats, alors que le chômage est une des préoccupations majeures actuellement. La technique devient une fin en soi, et pour les technocritiques, si l’on ne change pas notre façon de faire, on va droit dans le mur – « et au lieu d’appuyer sur le frein, on appuie sur l’ac- célérateur », souligne Philippe Bihouix. Face à ces arguments,toire, plus souvent été sujet à méfiance qu’à enthousiasme, aussi bien de la part d’intel- lectuels que d’ouvriers. Le luddisme, issu d’une révolte d’ouvriers du textile dans l’angleterre de 1812, qui détruisirent les machines dans leur manufacture, a laissé des traces. aujourd’hui, la tech- nocritique peut être aussi bien contestataire que constructive –oulesdeuxàlafois.cas pour la majorité des tech- nocritiques. « La question n’est pas tant la technique en elle-même que le sacré trans- féré à la technique », souligne Joël Decarsin, fondateur de l’association technologos, ci- tant le philosophe-théologien Jacques Ellul – un nom qui revient souvent dans les débats. « On peut distinguer, à mon sens, trois raisons qui motivent la critique de la technologie,ont du mal à se faire entendre aujourd’hui – ou être pris au sérieux : la mouvance est hé- téroclite, et ne s’est pas orga- nisée de façon cohérente. il existe ainsi de nombreux grou- puscules, souvent à l’échelle d’une ville ou d’une région, qui agissent pour la plupart sur des intérêts locaux, comme Faut pas pucer (nom porté maintenant par quelques groupes), qui a pour origineDIVERSITÉ DES DISCOURSSi pour certains, parmi les plus radicaux, la technologie est l’ennemi, ce n’est pas leLa question du chômage technologique de masse commence à émergerexplique François Jarrige. La première est la question sociale : comment est-ce que la technologie transforme la société et, par extension, l’Homme ? La deuxième est la question politique et cul- turelle : elle englobe les no- tions de surveillance, de la place du privé et du public, des données personnali- sées... Enfin, la troisième est environnementale : la technologie a un coût envi- ronnemental élevé, qui ne doit pas être ignoré. Mais au final, peu de groupes abordent la question de la technique de façon globale. » C’est l’une des raisons qui fait que les technocritiquesdes problématiques agricoles – notamment le puçage RFiD des animaux, d’où le nom. Parmi les plus connus : Pièce et Main d’œuvre – un collectif grenoblois, qui agit anony- mement, et est probablement le plus « spectaculaire » grâce à une stratégie de perturbation (leur coup d’éclat reste l’ou- verture du complexe scienti- fique Minatec dédié aux nou- velles technologies) –, et tech- nologos, fondée en 2012 par Joël Decarsin, peintre et acti- viste, qui voulait « fonder un mouvement militant ». Mais il n’y a pas d’action « coup de poing » au programme. « Je ne crois pas à la révolu- tion, souligne Vincent Lami-des infirmières, des scienti- fiques, des ingénieurs, des agriculteurs, des artistes... La proportion des backgrounds scientifiques est d’ailleurs im- portante, ce qui s’explique ai- sément : la technique est d’au- tant plus séductrice qu’on ne la comprend pas.de la nomophobiePour compliquer encore les choses, il n’y a pas nécessai- rement d’homogénéité des positions à l’intérieur même d’un bon nombre de mouve- ments. « Chez Technologos, chacun ne parle qu’en son nom, il n’y a pas de position globale définie pour l’ensem- ble de l’association, explique Vincent Lamirand. Notre point commun est notre manifeste.et à l’heure.et de l’arrivée de l’apple Watch, qui nous fournit un écran de plus (et donc proba- blement une addiction de plus), il est temps d’avoir un débat de fond sur ce que la technologie fait à notre société – et, à travers elle, à l’Homme.18Mai 2015Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20PaNoRaMa International - MongolieFocus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,Yourtes à forte croissancechoisi en toute subjectivitéDPlus grands taux de croissance au monde, puis fléchissement. La Mongolie, cas d’école de la fameuse malédiction des ressources naturelles ? La vérité est plus complexe...u haut des 105 mè- cherche de nouvelles autours de cette extrac- cours internationaux semble et demande moins de char- est russe », rappelle antoine tres de la tour Blue sources d’uranium, au-delà tion », décrit antoine Maire, donc totale : « Le ralentis- bon comme en 2014, c’est Maire. Et les investissements Sky – le plus haut des classiques gisements du chercheur au Centre d’étude sement est dû en premier toute la Mongolie qui trem- étrangers se sont récemmentgratte-ciel d’oulan-Bator, Niger, du Canada ou du Ka- et de recherche internatio- lieu à la chute du cours des ble. effondrés à cause d’une dé-semblable à une voile de bateau bleu azur –, le visi- teur distingue avec surprise une boutique Louis Vuitton et les immeubles résidentiels modernes, qui ont remplacé les mornes bâtiments ad- ministratifs de style stali- nien. au loin, le début des steppes verdoyantes tradi- tionnelles. La Mongolie, bouddhiste et chamanique, aux hivers continentaux re- doutables, dont la plus faible densité au monde confine au désert, joue bien souvent les grandes oubliées des sphères diplomatiques et économiques. « Le dernier émissaire français à s’être présenté ici l’a fait durant le règne de Saint-Louis », affirmait fin 2014 l’homo- logue de Laurent Fabius, notre ministre des affaires étrangères alors en visite au Pays du Ciel Bleu. alors que diable va donc faire EcoRéseau dans cette yackière ? L’observateur peut aussi voir, entre le cen- tre moderne et la nature au loin, les districts de « gers », ces quartiers informels com- posés des traditionnelles yourtes rondes, reliées par des routes de terre. Chaque année, 40000 nomades abandonnent leur style de vie séculaire pour s’y ins- taller, dans l’espoir de cueil- lir quelques fruits de la pros- périté hors norme du pays. Ces dernières années, les descendants de Gengis Kahn ont en effet enregistré les plus forts taux de crois- sance de la planète, excédant les 10%, atteignant même 17,5% en 2011, « plafon- nant » à 9,1% en 2014...zakhstan. « De même pournale (CERi) à Sciences-Po.matières premières, puis àgradation d’image. Le Par- lement a en effet démis de ses fonctions le Premier mi- nistre Norov altankhuyag en novembre 2014, pour cause de corruption. Pourtant, l’alternance politique est une réalité, et le pays une vraie démocratie. « Plusieurs ré- seaux gravitent autour du pouvoir. Il n’y a pas un homme fort comme au Ka- zakhstan, et nous assistons juste à des règlements de compte internes », affirme antoine Maire. C’est surtout la tentative de renégocier le contrat concernant le finan- cement d’oyu tolgoï avec le géant minier Rio tinto qui a déplu. D’autant que la multinationale s’est livrée à une communication agressive à l’égard du gouvernement. « De plus, le texte de loi sur les investissements étrangers dans les zones stratégiques n’a pas été validé, mais le mal a été fait, nombre d’in- vestisseurs internationaux se sont détournés », ajoute an- toine Maire. Une situation dangereuse. « La Mongolie a été le second pays à devenir socialiste en 1921, passant directement du féodalisme au socialisme, sans avoir développé une base indus- trielle entre temps. La tran- sition des années 1990 a donc été terriblement difficile, le pays a perdu un tiers de sonPIB,etamis15ansà retrouver ce niveau », retrace antoine Maire. Les inves- tissements internationauxProblème de voisinage ? Il suffit de déplacer la maison...les métaux stratégiques, dont la Mongolie est bien pourvue », observe Nicolas Mazzucchi, chercheur as- socié à l’institut de relations internationales et straté- giques (iris). Et le géo-éco- nomiste, qui étudie les re- lations de pouvoir en lien avec les matières premières et l’énergie, de citer le gi- sement de cuivre et d’or d’oyu tolgoï, au sud dul’effondrement de la mon- naie nationale, le Tugrik », résume antoine Maire. Les économistes évoquent bien souvent la malédiction des matières premières au sujet de certains pays du Golfe ou du Venezuela. Les Etats bénéficient de ressources considérables qui ne pro- viennent pas des recettes fiscales et font donc moins d’efforts pour développerNŒUD GORDIEN DIPLOMATIQUEMais le pays est surtout aux prises avec un problème géo- politique de premier ordre : son enclavement entre la Russie et la Chine, qui le rend dépendant des deux géants et des taxes de transit. La stratégie du troisième voi- sin au niveau diplomatique est aussi celle du « troisième tiers » en économie. La Mon-Sans compter les investis- sements étrangers, notam- ment de Chine, qui déve- loppent les infrastructures.TROP DE DÉPENDANCESMais 40% des trois millions d’habitants vivent encore sous le seuil de pauvreté, ce qui exclut la demande intérieure comme relai de développement. L’agricul-La stratégie du « troisième tiers », pour éviter l’alternative Chine/Russie, pourrait bien profiter aux entreprises françaisesentiels pourGRISES MINES RAYONNANTESavec le retour à la mode du nucléaire, les géants de l’énergie se lancent à la re-désert de Gobi, qui pourrait contribuer à 30% du PiB. « Les investissements ini- tiaux sont certes colossaux, à 4,6 milliards de dollars, quand le PIB est de 10 mil- liards. Mais la croissance suit, générée par la vente du minerai, les machines et les services développésture représente encore 41% du PiB, et l’industrie à peine 15%. Le décollage de l’éco- nomie repose uniquement sur les mines. « Le pays souffre du mal hollandais : il n’y a pas de secteur pro- ductif national », soutient Nicolas Mazzucchi. La dé- pendance à la variation desdes secteurs d’avenir (le contre-exemple parfait res- tant la Norvège). L’autre grande dépendance, qui s’est petit à petit instaurée, est à rechercher du côté de la de- mande chinoise, qui acca- pare 90% de la production minière mongole. Quand l’Empire du Milieu éternuegolie se tourne vers les oc- cidentaux, pour que ses échanges avec les trois parties se répartissent équitablement. « Plus facile à dire qu’à faire, sachant que 87% des exportations sont tournées vers la Chine et 42% des importations en proviennent. Et 100% du pétrole importésont donc ess.sortir de cette impasse. Une bonne nouvelle pour les in- dustriels français. La centrale thermique de GDF Suez à oulan-Bator ou la mine d’uranium d’areva, dans le sud, ne sont peut-être que les premiers projets d’une longue série...20Mai 2015Julien Tarby]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}ENTREPRISES ET MÉDIASMonsieur Jacques-Emmanuel SaulnierMonsieur Jacques-Emmanuel Saulnier est nommé président d'Entreprises et Médias, à ce poste depuis avril 2015, en remplacement de Madame Marie-Hélène Boidin-Du- brule. Jacques-Emmanuel Saulnier, 47 ans, IEP Grenoble (1997), a réalisé le parcours suivant :n Depuis2011:Total,directeurdelacommunication.n 2001-2011:Areva,directeurdelacommunicationetporte-paroledugroupe.n 1999-2001:Cogema(aujourd'huifilialedugroupeAreva),chargédemissionauprèsdu président du groupe.n 1998-1999 : Alcatel, directeur des relations institutionnelles et chargé de missionauprès du viceprésident exécutif du groupe.n 1996-1998:Cabinetduministredel'EconomieetdesFinances,chefadjoint.n 1993-1996:CabinetduministredelaCommunication,mairedeGrenoble,chargé} MEDEFMonsieur Thibault LanxadeMonsieur Thibault Lanxade est nommé vice-président du MEDEF, en charge des TPE- PME, à ce poste depuis avril 2015. Thibault Lanxade, 44 ans, master stratégie et pilotage des opérations qualité, supply chain, achats ESCP Europe (1996), a réalisé le parcours suivant :n Depuis2014:AlgoLinked,codirecteur.n 2009-2013:Aqoba,président-directeurgénéral.n 2004-2008:Gazinox,président-directeurgénéral.n 2004-2004:Butagaz,chargédemissionàladirectiondelastratégie.n 1998-2004 : ESR (Europe Service Restauration, groupe Shell), secrétaire généralde la coordination du cabinet du ministre et du cabinet du maire de Grenoble. n 1992-1993:CabinetdumairedeGrenoble,chefdecabinet.puis directeur des opérations (2000).n 1996-1998:Shell,chefdesecteur.n 1995-1996:Sociétégénérale,débutdecarrièrecommeresponsabled'agence.}OFI INVESTMENT SOLUTIONSMonsieur Vincent RibuotMonsieur Vincent Ribuot est promu directeur général d'OFI InvestmentSolutions, à ce poste depuis mars 2015, en remplacement de Monsieur Michaël Fay. Vincent Ribuot, 51 ans, MBA de finances internationales de Lubin School of Business (à New York, 1987), IPAG (1986), a réalisé le parcours suivant :n Depuis2012:OFIAssetManagement,directeurmarketingetstratégiedugroupe. n 2003-2012:UMR,directeurdesinvestissements.n 1988-2003:Fonctionsdetrader,successivementchezCCF,ABNAmroetenfinBar-clays Capital.}OFI INVESTMENT SOLUTIONSMonsieur Vincent RibuotMonsieur Vincent Ribuot est promu directeur général d'OFI InvestmentSolutions, à ce poste depuis mars 2015, en remplacement de Monsieur Michaël Fay. Vincent Ribuot, 51 ans, MBA de finances internationales de Lubin School of Business (à New York, 1987), IPAG (1986), a réalisé le parcours suivant :n Depuis2012:OFIAssetManagement,directeurmarketingetstratégiedugroupe. n 2003-2012:UMR,directeurdesinvestissements.n 1988-2003:Fonctionsdetrader,successivementchezCCF,ABNAmroetenfinBar-clays Capital.} THALESMadame Isabelle SimonMadame Isabelle Simon est nommée secrétaire général du groupe Thales,à ce poste depuis avril 2015, en remplacement de Monsieur Philippe Logak. A ce titre, elle devient membre du comité exécutif. Isabelle Simon, 44 ans, membre du Barreau de Paris et de New York, Harvard Law School (1997), DEA droit anglais et nord-améri- cain des affaires de l'université Paris-I (1994), DESS fiscalité internationale de l'université Paris-XI (1994), HEC (1993), IEP Paris (1991), a réalisé le parcours suivant :n 2011-2013:SociétédesBainsdeMer(SBM),directeurgénéraladjoint,enchargenotamment des opérations de développement, du juridique, de l'immobilier, dumarketing et des ventes, et de la communication.n 2009-2011:PublicisGroupe,seniorvice-présidentenchargedesdépartementsFu-sions-Acquisitions et Juridique, de la stratégie de développement externe et du suivides participations non-alignées.n 2003-2009 : Goldman Sachs, executive director, banquier conseil de la divisionBanque d'investissement.n 1995-2002:ClearyGottliebSteen&Hamilton,débutdecarrièrecommeavocat,àParis et à New York.}FRANCE ANGELSMonsieur Tanguy de la FouchardièreNomination, le 20 avril 2015 - Monsieur Tanguy de la Fouchardière est promu président de France Angels, à ce poste depuis avril 2015, en remplacement de Monsieur Jean- Louis Brunet. Il est ainsi en charge du développement, de l'organisation et de la repré- sentation des réseaux de Business Angels en France. Il occupait dernièrement le poste de vice-président exécutif de France Angels.Tanguy de la Fouchardière, ENSIMAG, licence sciences économiques, a réalisé le par- cours suivant :n EridaniaBéghin-Say,chiefinformationofficer.n Euler,directeurinformatique.n GSI,cadredirigeant.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làPour rester résolument positif, EcoRéseau met ce mois-ci l'humour à l'honneur et se fait l'écho d'une étude sur le rire dans les TPE et d'une plateforme parodique de pitch dénonçant les abus de langage dans les startup. Des bonnes nouvelles aussi côté moral des patrons et de l'égalité hommes-femmes dans les entreprises. Et pour ne pas bouder notre optimisme, Eco- Réseau revient pour vous sur une initiative originale et innovante menée par le Medef dans les banlieues. Bonne lecture!uLeprêtàlacréationd’entrepriseestmort Non ce n’est pas le poisson d’avril de Bpifrance. Depuis le 1er avril, le prêt à la création d’entreprise a été supprimé au profit d’un nouveau dispositif de garanties. Qualifié de trop coûteux en raison notamment du nombre de défaillances d’entreprises bénéficiaires, le prêt d’aide accordait an- nuellement à plus de 10000 entreprises une somme variant de 2000€ à 7000€. Sans caution personnelle, ni garanties, l’enveloppe pouvait atteindre jusque 45000 € avec le cofi- nancement des banques partenaires à Bpifrance. Désormais, Bpifrance se portera garant des prêts accordés par les banques aux créations de moins de trois ans. avec ce nouveau système d’aides, le plafond est rehaussé à 200 000 euros, la banque publique pouvant garantir jusque 70% du prêt. Le but : donner des reins plus solides et plus de visibilité aux jeunes entreprises désireuses d’investir ou nécessitant un besoin en fonds de roulement. Cette nouvelle mesure entend également séduire plus d’entreprises par des démarches administratives simplifiées pour les tPE et PME candidates.uEgalitéfemmes-hommes:lesentreprisesfran-çaisesenprogrès?Les talons aiguilles péda- leraient encore dans la se- moule. C’est ce que pourrait laisser penser l’annonce faite le 26 mars par le ministère des affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes – soit le jour de22 Mai 2015l’Equal Pay Day. En d’autres termes, les femmes doivent travailler environ trois mois de plus pour atteindre la ré- munération moyenne annuelle des hommes. Malgré cet écart de fait, les femmes rattrapent plus rapidement leur retard en France que partout ailleurs en Europe : -1,7% en France, de 16,9% en 2008 à 15,2% en 2013, contre -0,9%, de 17, 3% à 16,4 % dans la zone communautaire. Des sta- tistiques encourageantes qui s’accompagnent aussi de l’at- teinte d’un seuil de 30% de femmes siégeant dans les conseils d’administration des grandes entreprises (+3 points en un an). Fin mars fut aussi l’occasion pour le mi- nistère des affaires sociales de souligner, pour non-respect des obligations en matière d’égalité, la mise en demeure de 1356 entreprises et une sanction pour 45 autres. Pour favoriser l’égalité professionnelle et salariale, les entreprises doivent ainsi négocier un accord ou présenter un plan d’actions sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale ou encore d’interdiction d’être candidates aux marchés publics. En parallèle, le gouver- nement continue sa promotion de l’entrepreneuriat féminin et vise un taux de 40% de femmes-entrepreneures d’ici 2017, contre 30% en 2013. L’ensemble des mesures vise à lutter contre les causes profondes de ces inégalités à l’œuvre dans les entreprises pour la population féminine : temps partiel subi, carrières interrompues par la parentalité, plafond de verre, discrimination et non mixité des mé- tiers,...Source : BpifrancePubliée en mars, la dernière étude « Growing the digital business » menée par accenture tend à démontrer que la combinaison de plusieurs technologies digitales amènerait cinq profits principaux pour les décideurs ayant répondu au sondage : pour 48% d’entre eux, cela se traduirait par de nouvelles opportunités de revenus. 46% évoqueraient une augmentation de la production, une plus grande rapidité de service et une hausse de l’engagement client. Enfin, 45% des seniors managers y verraient une manière d’être plus réactifs aux questions des consommateurs et un biais inédit pour pénétrer de nouveaux marchés. En termes de stratégie, 34% des décideurs mentionnent d’ailleurs l’analyse des datas comme leur première prio- rité.La prochaine session aura lieu à l’automne ; le Medef am- bitionnant d’accélérer la mise en place de ses accompa- gnements à compter de l’année prochaine. outre une plus grande connexion entre les associations de quartiers et les réseaux d’accompagnement à la création, le Medef souhaite aussi développer le financement participatif. En atteste le lancement à la prochaine rentrée scolaire en aquitaine d’une plateforme d’equity crowdfunding en marque blanche censée se décliner à d’autres régions en cas de succès. Source : MedefMéthodologie : 1925 salariés seniors d’entreprises au chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard de dollars représentant neuf industries ont été interrogés de décembre 2014 à janvier 2015 dans 15 pays.u Le « chômeur-créateur » taclé !Fin mars, la réforme des droits re-chargeables a abouti à un rabotage de l’aRCE (aide à la reprise et à la création d’entreprise) de 50 à 45% des droits restants à percevoir. ini- tialement, l’aRCE permet aux de- mandeurs d’emplois de bénéficier d’une enveloppe allant jusqu’à 50% de leurs droits sous six mois si et seulement si le créateur renonçait à l’autre moitié des droits lui étant due. Cette mesure a fait l’effet d’unSource : Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmesu Les jeunes de quartiers, du Pôle-Em- ploi à l’entrepreneuriat ?u Les décideurs conscients des enjeux de la transformation numériqueLes jeunes, pas toujours bien vus ? alors que penser de ceux des quartiers... Pour sortir des clichés qui ostracisent cette part de la population, le Medef a choisi de retrousser ses manches pour lutter activement contre le déterminisme social et géographique et les préjugés. Le 31 mars fut donc l’occasion pour l’organisation patronale et l’association « agir pour réussir » de mettre sur le devant de la scène leur première promotion d’entrepreneurs. issus pour la plupart de Cergy-Pontoise, une quinzaine de jeunes ont ainsi bénéficié d’une formation à la création de deux mois afin, entre autres, d’échafauder un business plan et de commencer à tisser la toile de leur réseau professionnel. Parmi cette poignée juvénile, trois jeunes ont officiellement lancé leur activité au mois d’avril.tollé, en particulier chez la Fédération des auto-entrepreneurs.Source : Growing the digital business Accenture mobility re- search 2015]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances CLUB ENtREPRENDREu La TPE : petit mais costaudNe dit-on pas qu’il n’y pas que la taille qui compte ? a en croire la dernière publication de l’iNSEE, l’adage pourrait se vérifier en quelques chiffres clés pour les tPE (très petites entreprises, de moins de dix salariés dégageant un Ca inférieur à 2 millions). Leur poids sur l’emploi et l’économie ne serait donc pas négligeable : il y aurait 2,1 millions de très petites entreprises en France qui représenteraient un salarié sur cinq pour 477 milliards d’euros de Ca. Notons également que 55% d’entre elles n’emploient aucun salarié. Elles représentent 9% du PiB national et pèsent 3% de l’export des entreprises privées.Source:INSEEu Du pitch potache pour dénoncer les abusDébut mars, un générateur d’un nouveau genre voyait le jour. Se grimant aux couleurs de la French tech, le site, créé par de jeunes start-uppers, entendait dénoncer avec humour les abus de langages et de communication des Rastignac de la start-up qui haranguent journalistes et investisseurs à coup de « Etsy des photographes », de « Bon coin des rendez- vous médicaux », de « airbnb du vélo » ou encore de « Blablacar de la garde d’enfants ». Contre ces associations incongrues voulant buzzer le monde ou duper l’investisseur, les créateurs du site détournent non sans légèreté ces start-up qui n’en sont pas vraiment, avides de tours de table et d’aides en tous genres, en utilisant un générateur de pitch. Ce qui aboutit à des résultats vraiment cocasses. Extrait : « La start-up que nous sommes en train de monter est le BlablaCar de la garde d’enfants pour les 15-18. Nous lancerons notre exit plan dès que nous aurons touché notre crédit impôt recherche. »u L’humour à l’honneur dans les TPE ?Rire ne prolongerait pas seulement l’espérance de vie. C’est en toutcas ce que révèle le dernier Baromètre Petite Entreprise.net mis en ligne début avril. Si 67% des créateurs et dirigeants interrogés évoquent l’humour comme une qualité importante, voire très importante, seuls 3% d’entre eux n’ont pas vraiment cure de muscler leurs zygomatiques au travail. Pourtant l’étude va dans le sens des fameux réquisitoires de Desproges. Effectivement, « on ne peut pas rire de tout avec tout le monde ». Dans cette même veine, les statistiques montrent qu’il n’est pas toujours à propos de trop rire(52% pensent qu’il faut s’esclaffer rarement ou de temps en temps) avec n’importe qui : les clients et les fournisseurs seraient à 64% récipiendaires des intérieurs d’emballages Carambar tandis que seuls 22% des interrogés considèrent pouvoir deviser avec humour avec leurs collaborateurs et salariés.u La France, championne de la RSED’après une étude réalisée par la médiation inter-entreprises dé-pendant du ministère des Finances et EcoVadis, PME spécialiséedans le développement de solutions sur les achats responsables,la France serait championne du monde en matière de Responsabilitésociale des entreprises (RSE). Ces résultats compilés à partir de12000 entreprises de l’oCDE et des BRiCS (Brésil, Russie,inde, Chine, afrique du Sud) ont mis en exergue les pratiques des acteurs économiques en fonctions de critères tels que l’environnement, le social, l’éthique des affaires, les achats res- ponsables... avec un score de 43,8 sur 100, la France devance la moyenne des pays de l’oCDE (42,3%) et les entreprises originaires des BRiCS (15,4%). Ces chiffres illustrent que la RSE n’est pas que dans l’air du temps. il s’agit désormais d’une exigence réelle en France. En témoigne la récente adoption par l’assemblée nationale d’un texte instaurant un « devoir de vigilance ».u Vers un printemps des patrons ?opinionway et Banque Palatine interrogent chaque mois patrons de PME et d’Eti pour faire ressortir leur humeur mensuelle quant à la conjoncture. Pour cette 45e édition, l’observatoire témoigne d’une tendance déjà à l’œuvre en février. L’indice de confiance des dirigeants augmente encore en ce mois avec 73%, soit 3% de plus que le mois dernier. Pa- rallèlement, la confiance en l’économie française connaît un taux record depuis trois ans avec 33%. L’humeur est donc à l’optimisme. D’autant que 86% des dirigeants projettent de maintenir, voire d’augmenter leur chiffre d’affaires en 2015.u Le gouvernement réaffirme son soutien pour les PME et ETI annoncé lors des assises du financement en septembre dernier, François Hollande a confirmé la création d’un fonds de soutien financier d’un demi-milliard d’euros pour les Eti et les PME résidant en France. abondé par des assureurs publics comme privés et des banques, le fonds Novi serait opérationnel dès la fin du mois d’avril pour les entreprises dégageant un Ca de 30 à 200 millions d’euros.Mai 2015 23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE A la Une - Principe de précautionL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,L’épouvantailen rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatNombreux sont ceux qui accusent le principe de précaution, introduit dans la Constitution en 2005, de freiner pêle-mêle El’activité économique, l’innovation, voire le progrès. Mais si l’abus de réglementations venait plutôt d’un manquede dialogue et de pédagogie, auprès d’une opinion publique encore échaudée par les affaires sanitaires des dernières décennies ? Et pourquoi ne pas en faire un avantage compétitif ?n février 2005, partisans des oGM –, les nisait, à l’occasion de ses tions autrement, cipe de précaution, il tions et les prises de risque Jacques Chirac in- laboratoires pharmaceu- journées de l’économie, 2009), du philo- serait notamment des entreprises. Entre le troduisait le prin- tiques, les producteurs un débat sur le thème sophe et ancien nuisible à l’esprit bon sens de son fondementcipe de précaution dans la d’énergie avec le gaz de « Faut-il en finir avec le penseur du Me- d’entreprise. et les excès de son inter-Constitution. a l’époque, schiste, ou encore l’indus- ce choix présidentiel avait trie balbutiante des nano- secoué la France de débats technologies, sont vent- passionnés entre ses ad- debout contre lui. Com-Le principe de précaution serait un frein à l’innovation et au progrèsversaires et ses partisans. Dix ans plus tard, la hache de guerre n’est toujours pas enterrée et les deux camps continuent de s’écharper à intervalles ré- guliers à coups de col- loques, de livres et de tri- bunes médiatiques. Ses op- posants se recrutent dans de nombreuses sphères : intellectuels, chefs d’en- treprise, politiques... De grands lobbies, comme le nucléaire, les biotechno- logies – en particulier lesprincipe de précaution ? ». En août dernier, le SYN- NoV (Syndicat de l’inno- vation) et l’entreprise oS- MoS organisaient une ta- ble ronde sur le thème « Principe de précaution, levier ou frein à l’innova- tion ». En mai, c’est l’or- ganisation patronale Ethic qui organisera un colloque sur le sujet.def François ainsi, selon Ewald ; L’in- David Layani, quiétant fondateurprétation, il s’est installé dans l’esprit des chefs d’entreprise comme un risque supplémentaire dans leurs prises de déci- sions. » Le principe de précaution aurait aussi dé- tourné bien des Français du risque : « En gagnant progressivement toute la société, il a endommagé notre capacité collectiveLe principe de précaution a d’abord été pensé par le philo- sophe allemand Hans Jonas, qui publia en 1979 Le principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologique. Dans la mesure où l’homme est capable de s’autodétruire, il doit faire preuve d’une sagesse technologique, pour s’assurer que toute éventualité apocalyptique soit exclue avant d’utiliser une technique. Il a eu une influence dans la bioéthique et l’éthique de l’environnement.C’est dans les années 1990 que le principe de précaution fait son entrée dans le droit international, notamment dans la déclaration du sommet de Rio, en 1992, et dans le traité européen de Maastricht. Son article 174 prévoit en effet une protection pour l’environnement « fondée sur les principes de précaution et d’action préventive ».Il fait son entrée dans la loi française le 2 février 1995,avec la Loi Barnier, qui définissait « le principe de précaution, selon lequel l’absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l’adoption de mesures effectives et pro- portionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l’environnement à un coût écono- miquement acceptable ».Introduit dans la Constitution française en 2005, le principe de précaution figure dans l’article 5 de la Charte de l’envi- ronnement : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’envi- ronnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attri- butions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluationdes risques et à l’adoption de mesures provisoires et pro- portionnées afin de parer à la réalisation du dommage. » La Fabrique de l’industrie en fait la traduction : « En tant que principe de droit, il oblige les pouvoirs publics, lorsque des incertitudes empêchent d’apprécier les bénéfices et les risques d’une décision, à prendre des mesures provisoires et proportionnées aux risques suspectés et à agir pour mieux évaluer ceux-ci. Le régulateur doit ainsi éviter que l’environnement soit mis en danger par des acteurs contre qui il serait difficile de se retourner en cas de dommage. » Le think tank a aussi rappelé que l’inscription du principe de précaution dans la Constitution était un acte symbolique de Jacques Chirac visant à démontrer sa sensibilité aux préoccupations environnementales, et celle des pouvoirs publics aux exigences de sécurité des Français.24 Mai 2015ment expliquer un tel rejet Et qu’en pensent les en- trepreneurs ?il existe aussi une litté- rature abondante. Pas encore de quoi rem- plir la BnF, maisà accepter et appréhender le risque. Notre préfé- rence collective tend à une existence asep- tisée. Nous appre- nons à fuir le risque, à l’enca- drer juridique- ment, plutôt qu’à apprendre à le calculer et l’affronter avec agilité », considère David Layani. En 2012, le président du MEDEF Rhône-alpes Ber- nard Gaud accusait avec fougue le principe de pré-QUI EN VEUTAU PRINCIPE DE PRÉCAUTION ?Une rapide revue de presse suffit à vérifier le malaise tenace autour du principe introduit dans la Consti- tution. on ne compte plus le nombre d’évènements organisés pour en faire le procès. En 2012, le ME- DEF Rhône-alpes orga-tout de même. Quelques exem-ples : La peur est au-dessus de nosmoyens, Pour enfinir avec le principe de précaution (éditions Plon), de l’économiste de la santé Jean de Kervasdoué ; Aux risques d’innover : Les entreprises face au prin- cipe de précaution (édi-(PUF, 2014), de Gérald Bronner.principe de précaution tel qu’il s’est imposé au- jourd’hui nous ralentit col- lectivement. Son existence constitutionnelle nourrit souvent des débats qui stigmatisent les innova-Chronologieprincipe de pré- c a u - tiondu groupe o n e - point, « LeUN FREIN À L’INNOVATIONET AU PROGRÈS ? Pour les opposants au prin-1979-2005 : de l’idée à la Constitution]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frA la Une - Principe de précaution CLUB ENtREPRENDREcaution de nuire à l’inno- vation : « Les postures idéologiques sur le prin- cipe de précaution et l’ins- trumentalisation de la peur faussent le débat et anni-santé, il faut bien sûr de l’encadrement et des pro- cédures qui garantissent la qualité des produits et la sécurité des patients. Plutôt que de nier lesrelancer la machine du pro- grès dans notre pays. Plu- sieurs incursions législa- tives ont déjà été tentées. Par exemple en mai 2014, par le sénateur UMP de lafesseur de droit à l’uni- versité Paris i Panthéon- Sorbonne, se prononçait contre l’inscription d’un principe d’innovation dans la Constitution :CRISE DE CONFIANCELa Fabrique de l’industrie, think tank indépendant pré-« davantage que l’usage juridique de ce principe, c’est son invocation abu- sive par des groupes qui contestent certaines tech- nologies, nouvelles ou non, ou son application mal- adroite qui peuvent être source de perturbations pour les entreprises. »Les citoyens ont perdu confiance dans les institutions chargées de les protéger« Il existe déjà dans notre droit la liberté d’en- treprendre etsidé par Louis Gal- lois, a publié en 2014 une note, in- titulée « Précau- tion et compé- titivité : deux exigences compati- bles ? ». De son ana- lyse dehilent de facto tout progrès technique et toute capacité d’innovation dans notre pays. Il faut nécessaire- ment réintroduire de la science dans nos décisions, sous peine de revenir au Moyen Âge ! » Michel Gi- nestet, président de Pfizer France, se montre plus me- suré : « Dans le domaine du médicament, s’il est mal interprété et appliqué de manière excessive, le principe de précaution est un frein à l’innovation. Par exemple, oublier que tout médicament a des ef- fets secondaires risque d’empêcher la recherche et le développement en la matière. Mais dans ce do- maine sensible qu’est laCes dernières décennies, plusieurs affaires de santé publique, souvent mal gérées, ont particulièrement marqué l’opinion et dégradé sa confiance dans les institutions chargées d’assurer la sécurité des personnes et de l’environnement. L’introduction du principe de précaution est une tentative pour restaurer cette confiance.risques propres aux médi- caments, nous les suivons en permanence. »a l’occasion d’une table ronde du SYNNoV, l’avo- cate anne Bourdu, vice- président du Parti Libéral Démocrate, pointait les as- pects juridiques négatifs du principe de précaution. Selon elle, il participerait à l’existence des 400000 normes que compte la France et serait source d’insécurité juridique.Manche Jean Bizet. Son texte de loi, adopté en pre- mière lecture par le Sénat, visait à inscrire le principe d’innovation au même ni- veau que le principe de précaution, pour en faire un levier au progrès tech- nologique, plutôt qu’un frein. En novembre 2014, c’est le député Eric Woerth qui déposait une loi constitution- nelle pour instaurerà leurUN PRINCIPE D’INNOVATION ? Pour contrecarrer le prin- cipe de précaution, ses op- posants ont imaginé poser face à lui un « principe d’innovation », supposéun « principe d’in- novation respon- sable » dans la Charte de l’en- vironnement.teurs ou des citoyens ainsi que d’une perte de confiance envers les institutions char- gées d’assurer leur protection ». Une perte de confiance qui s’expliquerait par les scan- dales sanitaires qui ont frappé la France ces dernières décennies, de l’amiante au Mediator,a l’occasiond’une conférence sur le principe de précaution, Maryse Deguergue, pro-la liberté de recherche, veillons d’abordLe souci viendrait avant tout d’un manque de confiance et de dialogue, puisque des auditions de son groupe de travail, il est ressorti que « le pro- blème venait moins du principe de précaution lui- même que d’une exigence de sécurité de plus en plus affirmée des consomma-bonne application avant de vouloir ajouter du droit au droit ».Affaire sanitairesl’impact du principe de précaution sur la compé- titivité, elle déduit queComment l’opinion publique a perdu confianceLes mensonges fumeux de l’industrie du tabac :L’industrie du tabac a longtemps nié les effets nocifs de la cigarette, en particulier son implication dans le déclenchement de cancers. Cette attitude a sans doute nourri la défiance du public vis-à-vis du discours des entreprises. Comment faire encore confiance à leur communication après plusieurs décennies d’un mensonge aux conséquences sanitaires aussi graves ?L’affaire du sang-contaminé, un scandale d’Etat :La première crise sanitaire française, l’affaire du sang contaminé, a secoué plusieurs pays dans les années 1980 et 1990, dont le Canada et les Etats-Unis. Malgré les inquiétudes d’associations de patients et d’hémophiles, les autorités sanitaires en France nièrent longtemps le danger de la transfusion sanguine. Celle-ci ne sera réglementée qu’au milieu de l’année 1985. Ce n’est qu’en avril 1991 que la journaliste anne-Marie Casteret, au prix d’une longue investigation, dévoilera enfin la vérité : des lots de sang contaminés, certains par le virus du SiDa, ont été sciemment distribués à des malades hémophiles lors de transfusions en 1985. Plusieurs milliers de personnes ont été infectées par des maladies, et plusieurs centaines ont été contaminées par le virus du SiDa.Ce scandale d’Etat a donné lieu à plusieurs procès, dont celui, en 1999, de trois anciens ministres. Si Laurent Fabius et Georgina Dufoix ont été relaxés, Edmond Hervé a été condamné pour manquement à une obligation de sécurité ou de prudence, mais dispensé de peine.Mai 2015 25Œ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE A la Une - Principe de précautionen passant par la crise de la vache folle (voir enca- dré). Et le lobbying de cer- tains industriels à l’encon- tre du principe de précau- tion, parfois excessif, ne semble pas de nature à rassurer l’opinion. « Notre espèce est arrivée à un stade où elle est capable de s’autodétruire. Le prin- cipe de précaution est l’une des règles qui évitent que la recherche du profit nuise à la santé des popu- lations », rappelle l’éco- nomiste Julien Bayou, porte-parole d’Europe Eco- logie-Les Verts. Pour lui, « les attaques au principe de précaution sont des attaques déguisées au droit de l’environne- ment ».principe de précaution. Et la Fabrique de l’industrie pointe que « son invoca- tion par la jurispru- dence reste prudentemais l’inquiétude exprimée par des citoyens ou des consommateurs devantles individus et l’activité économique, et coûteuses pour les entreprises.Pour autant, la France fe- rait-elle figure d’exception, comme l’assurent nombredustriels ont développé di- vers dispositifs de dia- logues qui leur permettent de mieux prendre en compte les préoccupations de leurs interlocuteurs, deavantage compétitif aux entreprises qui y répondent mieux que leurs concur- rentes. Une réglementation exigeante peut même par- fois évincer des concur-26 Mai 2015et limitée ». Mais le même think tank regrette qu’il soit« souvent évo-certaines technolo- gies et l’écho mé- diatique de cette inquiétude dans le grand pu- blic qui poussent les poli- tiques ou l’ad- mi-Le principe de précaution est l’une des règles qui évitent que la recherche du profit nuise à la santé des populationsqué à mauvais escient, soit par des groupes mili- tantsd’opposants au principe de précaution ? Certes, la tolérance aux oGM y est très limitée, mais elle est plutôt tolérante sur le nu-montrer leur maîtrise des risques et de restaurer la confiance des parties pre- nantes ». a l’instar du groupe Fives, spécialisé dans l’ingénierie indus- trielle, qui a organisé pour son bicentenaire une « Conférence des ci- toyens », afin d’associer le grand public à la ré- flexion sur l’avenir de l’in- dustrie en France. ou en- core BaSF, qui a mis en place un groupe de dia- logue autour des nanoma- tériaux, pour inviter toutes ses parties prenantes à s’exprimer.rents moins crédibles ». C’est ainsi que l’entreprise DuPont a milité pour la signature du protocole de Montréal, qui imposait le remplacement des gaz et aérosols contenant des chlorofluorocarbones (CFC), car elle produisait justement des fluides fri- gorigènes capables de les remplacer. « Dans de nou- velles industries, commeLA LOI ETL’ESPRITDE LA LOIau final,quelles ontété les consé-quences de l’introduction du principe de précaution dans la Constitution ? Du point de vue du droit, il n’a pas fait de grands dégâts dans l’énergie innovante du pays, puisqu’aucune loi n’a été déclarée inconsti- tutionnelle sur la base ducléaire, le tabac ou les particules diesel. La comparaison avec l’allemagne montre que même un pays pourtant sou- cieux de la compétitivité de son in- dustrie a décidé de sortir du nucléaire.a voituresou-haitant s’opposer à l’usage d’une technologie ou d’un produit, soit par des déci- deurs politiques et admi- nistratifs désireux de se protéger contre toute mise en cause. Ce n’est pas le principe de précaution au sens juridique du terme,nistration à produire des règles qui sont pour les industriels une source de contraintes et de coûts. » ainsi, pour le think tank, c’est l’inquiétude du public qui serait responsable d’une accumulation de rè- gles contraignantes pourAVANTAGE COMPÉTITIFLes entreprises peuvent- elles tourner à leur avan- tage les exigences de pré- caution du public ? oui, répond La Fabrique de l’industrie : « Certains in-Mieux encore, selon la note de la Fabrique de l’in- dustrie, « l’exigence de la société de voir réduire les risques liés à la production et à la consommation peut aussi être une source d’in- novation et conférer unle recyclage ou l. électrique, des gains de productivité considérables peuvent être trouvés, bien plus que dans les techno- logies matures du siècle dernier », assure Julien Bayou. ou quand le prin- cipe de précaution devient une opportunité.Le scandale de l’amiante a donné lieu à plusieurs procès. Notamment celui de Martine aubry, qui a été mise en examen en novembre 2012 pour homicides et blessures involontaires sur les salariés de l’usine Ferodo-Valeo de Condé-sur-Noiseau, dans le Calvados, en raison des fonctions qu’elle occupait au ministère du travail de 1984 à 1987. En avril dernier, la cour d’appel de Paris l’a définitivement mise hors de cause.Aymeric MarolleauLe scandale de l’amiante :Lorsqu’il est question du principe de précaution, c’est l’amiante qui revient le plus souvent pour justifier sa mise en place. Ses nombreuses propriétés – résistance à la chaleur, au feu, à la tension, ou encore son pouvoir absorbant – ont valu au matériau l’intérêt des industriels dès la fin du XiXe siècle. Mais, du fait de sa toxicité, l’inhalation de ses fibres est à l’origine de nombreuses maladies graves – asbestose, cancers broncho-pulmonaires, cancers de la plèvre, des voies digestives. Bien que ses effets nocifs soient connus depuis la fin du XiXe siècle, il n’a été interdit en France qu’en 1997. Selon l’iNRS, « les maladies liées à l’amiante représentent aujourd’hui la deuxième cause de maladies professionnelles et la première cause de décès liés au travail (hors accidents du travail) ».La crise de la vache-folle :Cette crise, qui éclate en 1996, a grandement influencé le développement du concept de principe de précaution en santé publique. Quelles sont ses causes ? L’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), qui a affecté entre 1986 et les années 2000 190000 bovins au Royaume-Uni, a été causée par l’utilisation de farines animales dans l’alimentation des bovins. En 1996, les scientifiques se sont aperçus de la possibilité de transmission de cette maladie à l’homme, via la consommation de viande bovine. a ce jour, 204 personnes ont été victimes de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. En France, elle a provoqué la mort de 27 personnes. L’information judiciaire lancée en 1997 à l’encontre de responsables d’usine de fabrication d’aliments pour bétail a abouti à un non-lieu en 2014.Œ]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[VOUSCRÉEZVOTREˆBOITE ?NOUS VOUS ACCOM PAGN ONS !SALON DES ENTREPRENEURS 2 ET 3 JUIN 2015 CENTREDES CONGRÈS LYONCONCEPTION-CRÉATION / // CRÉDIT PHOTO / COLLECTIF ITEM - BERTRAND GAUDILLÈRE1 RÉSEAU, 200 EXPERTS RÉUNIS DANS 46 STRUCTURES SPÉCIALISTES DE LA CRÉATION, REPRISE, TRANSMISSION D’ENTREPRISE.BÉNÉDICTE CURANEST FONDATRICE ET GÉRANTE DE L'ENTREPRISERECETTES & CABAS.@CREER_A_LYON WWW.LYON-VILLE-ENTREPRENEURIAT.ORG]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE A la Une - Principe de précaution - Des alternatives ? L’heure des choix«SD’autres orientations existent pour se prémunir des dégâts irréversibles sur les générations futures, comme le principe de responsabilité. Explicationsi Moïse avait appliqué le principe de pré-de codifier », soutient Jean- Marc Daniel. Le principe de précaution consiste à in- terdire toute action suscep- tible de nuire aux généra- tions futures. Mais bien sou- vent on n’en connaît pas les effets, comme dans le cas des oGM ou des nano- technologies. « C’est toute la différence que les éco- nomistes font entre le risque et l’incertitude. Pour le pre- mier il est possible de pro- babiliser le danger, dans la seconde c’est impossible. or le progrès signifie la plupart du temps l’incerti- tude ! avec une telle ap- proche, Christophe Colomb ne serait jamais parti à la recherche d’une nouvelle route vers les indes », sou- tient celui qui est aussi éco- nomiste à l’institut de l’en- treprise.débats de la Cité. D’où les accusations de déconnexion entre les décideurs - in- fluencés par un groupe mi-une assurance tout risque, peut-être mal appliqué, mal interprété et utilisé à des fins autres que l’intérêt gé-plaques, lors de la vache folle, lors du nuage de cen- dres du volcan islandais. Les décideurs, obnubilésinterdite que lorsqu’elle pré- sente un risque irréversible pour les populations ou l’en- vironnement – deuxième- ment qu’on oblige à faire une comparaison entre les avantages que l’interdiction peut procurer et les risques qu’elle fait courir.caution, nous serions encore en Egypte devant la mer Rouge »... Cette déclaration du Grand rabbin Haïm Korsia, aussi humoristique soit-elle, montre que ce prin- cipe ne fait pas l’unanimité. « La plupart des gens sont pour l’idée de précaution, mais restent contre le prin- cipe de précaution trans- formé en loi, considérant qu’introduire un systéma- tisme de la notion est anti- économique et sclérosant », révèle Jean-Marc Daniel, économiste professeur à l’ESCP Europe.PRINCIPE DE RESPONSABILITÉLes économistes préfèrent bien souvent adopter une vision basée sur les exter- nalités, jugeant qu’il faut faire payer les détériorations qu’on fait subir à la nature et aux générations futures. « L’Europe du Nord est à la pointe en la matière, tentant toujours plus de canaliser ces externalités par le levier fiscal. Vous polluez plus du fait de votre industrie ou de l’ancienneté de votre maté- riel, vous payez plus », ex- plique Jean-Marc Daniel. La logique parait de prime abord plus fonctionnelle sur le plan économique qu’une interdiction pure et simple d’emblée. « Pour tout risque la réponse naturelle est le mécanisme d’assurance, y compris à l’échelle de l’in- dividu. ainsi celui qui fume, et qui le fait en connaissance de cause, cotiserait plus. Les entreprises chimiques comme les fabricants d’oGM seraient obligés de s’assurer, pour assumer fi- nancièrement les externalités éventuelles. il s’agit d’as- sumer les conséquences né- fastes, si elles surviennent. Selon Jacques attali, cette situation donnerait trop de pourvoir aux assureurs. Mais c’est un autre débat », ex- plique Jean-Marc Daniel. Le calcul assurantiel estLES DANGERS D’UNE CODIFICATION EXTRÊMEDans les activités dange- reuses, avec des métiers à risques, les industries ont petit à petit développé d’elles-mêmes des précau- tions, à l’exemple symbo- lique d’époque du petit ca- nari que les mineurs des- cendaient dans la mine, et qui en s’arrêtant de chanter prévenait de la présence d’hydrogène et donc du coup de grisou à venir. Des procédures de sécurité sont petit à petit mises en place quand il y a danger. « Mais pour certaines activités, le danger n’est pas encore me- surable, il est donc malvenuPeut-être plus adepte du principe de responsabilité que du principe de précaution...UN IMPACTNOTOIRE SURLES MENTALITÉS Cette inscription à la consti- tution est aussi le signe d’une certaine perte de croyance en la science, quand la France était à la fin du XiXème siècle ré- putée pour sa foi en la chose scientifique. il est d’ailleurs troublant de constater qu’il n’y a pas de ministre ingé- nieur, quand ils étaient tou- jours quelques-uns dans les gouvernements de la iiième République à participer auxnoritaire -, et les scienti- fiques. « Beaucoup d’en- trepreneurs sont allergiques à ce principe parce qu’il va à l’encontre de leur menta- lité, qui consiste avant toutnéral. Des décisions préci- pitées et irrationnelles ont déjà été prises, avant que des études poussés soient menées sur les effets se- condaires et surtout sur lespar l’évocation d’un risque possible et l’émotion sus- citée dans l’opinion pu- blique préfèrent ne interdire d’emblée. Une option fran- çaise que Jacques attali aLe calcul assurantiel est rendu d’autant plus aisé avec le Big Data, l’incertitude devient de plus en plus un risque qu’on peut probabiliserà prendre des risques », pré- cise Sophie de Menthon. Mais surtout ce principe de précaution, qui n’est pasconséquences de l’interdic- tion, lors de la vaccination contre l’hépatite B accusée de provoquer la sclérose enjugé « suicidaire » dans son rapport sur la croissance. Une étude prouve par exem- ple que le remplacement des canalisations en plomb, qui, dans la majorité des cas, n’avaient aucun rapport avec le saturnisme en raison d’une couche calcaire qui isolait l’eau du plomb, a eu des effets négatifs : les nou- velles canalisations ne dis- posent pas des mêmes effets bactériostatiques. Les sommes ainsi dépensées n’apportent aucune assu- rance significative à moyen terme de bénéfices sanitaires attendus par le remplace- ment. Dans son rapport, Jacques attali précise que 2 éléments devraient être ajoutés à ce principe : pre- mièrement qu’une activité ou innovation ne puisse êtreColloque du mouvement patronal EthicClimatologues, généticiens, capitaines d’industrie... vont discuter de ce fameux principe de précaution le 12 mai à l’espace Electra (Paris 7ème),dans un colloque auquel s’associe EcoRéseau.t plus aisé avecLa manifestation n’est pas à charge, et les avis des intervenants ne sont pas unanimes sur le sujet. « Il est fort à parier qu’Alain Madelin sera beaucoup plus virulent que Corinne Lepage dans sa critique du principe de précaution. L’avocate et femme politique est d’ailleurs pour ce principe garde-fou, utile dans les OGM ou le gaz de schiste où des abus peuvent être commis, et où la part d’inconnu est importante, mais elle pense qu’il a été dévoyé », illustre Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic.-La première partie de l’évènement sera consacrée au principe de précaution comme frein, voire obstacle à l’in-28 Mai 2015novation. Bisphénol A, OGM, Gaz de schiste, arrêt de la vac- cination de l’hépatite B... Les sujets de discussion ne manquent pas.-La deuxième partie consistera à s’interroger sur un possible dévoiement du concept, dans un contexte d’Etat trop omniprésent et d’émotion médiatique d’une société à l’affut des erreurs et dysfonctionnements.-La troisième, plus large, mettra l’accent sur la crise de défiance généralisée. Jean Paul Delevoye, le président du CESE, va d’ailleurs conclure par un discours sur les peurs collectives.rendu d’autan.le Big Data. L’afflux nou- veau d’informations et de statistiques fait de plus en plus reculer l’incertitude, pour la transformer en risque qu’il est possible de proba- biliser. Mais cette approche conduirait la société à faire des choix...Matthieu Camozzi]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[TOUT POUR VOTRE BUREAU SUR bruneau.fr30 000produitslivraisonen 24h20 €htde réduction dès 99 €ht d’achats chez Bruneau* PrécisezlecodeFi5420 lorsdevotrecommande*Offre réservée aux professionnels. Remise de 20€ht valable pour toute commande dès 99€ht d’achats, non cessible, utilisable une seule fois jusqu’au 31/05/2015, non cumulable avec une autre offre. L’usage même partiel de cette réduction ne peut donner droit à une compensation monétaireet n’exclut pas la participation forfaitaire aux frais de livraison.FOURNITURES DE BUREAUMOBILIER DE BUREAUJM BRUNEAU SASU au capital de 7 136 400€ RCS EVRY 343 958 138. 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Et pour cause : mes ancê- tres, irlandais, installés côté rive gauche du bordelais, dans le Médoc, ont acheté le domaine de Châteaude leur propriété familiale datant du 19e siècle. Rencontre.Langoa en... 1821, et Châ- teau Leoville Barton cinq ans plus tard. Respective- ment 3e et 2e grands crus classés en 1855 sur l’ap- pellation Saint-Julien. Déjà à l’époque, ma famille fai- sait aussi du négoce, et ce, depuis 1725. Une seconde activité alors essentielle économiquement puisque les étrangers qui possé- daient des terres avaient pour obligation, à leur mort, de les restituer à la couronne, sans rien pouvoir laisser à leurs descendants. Heureusement, cette légis- lation a prit fin après la Révolution. D’ailleurs, j’assume toujours au- jourd’hui cette double cas- quette de viticulteur et né- gociant. Car si l’affaire de négoce familiale fut, in fine, vendue après la Se- conde Guerre mondiale, mon père anthony Barton en ouvrit une autre en 1968, et j’en ai donc la charge aujourd’hui.lement en reprenant en 1983 la propriété. au-delà de l’exploitation d’un tel domaine, j’ai lancé en 1995 une affaire de négoce pro- pre à commercialiser les vins des propriétés voi- sines. Un moyen de générer des gains complémentaires, tout en faisant connaître le Pomerol auprès d’un pu- blic plus large.Comment qualifiez-vous votre stratégie de développement ? LBS : Nous vendons éga- lement une grosse partie de notre récolte en primeur, en passant par des négo- ciants. Difficile de savoir exactement où finissent nos bouteilles, mais la plu- part sont vendues à l’étran- ger : Etats-Unis, Chine, angleterre... C’est le cas également pour mon acti- vité de négoce, où l’inter- national s’impose comme un débouché incontourna- ble. Car en France, les stra- tégies de revente s’avèrent plus complexes, avec des circuits de distribution plus éclatés et localisés. Nous veillons donc à faire des vins correspondant aussi bien à notre style qu’à notre45 euros pour le Château Leoville Barton).DD : Rappelons déjà qu’un préalable s’impose lorsqu’on entreprend dans le vin : la patience. Car s’il faut in- vestir dès le départ des sommes considérables pour valoriser sa propriété, le retour sur investissement intervient en général dix ans après les premiers frais engagés lors de la planta- tion d’une vigne ! toute stratégie de développement doit donc s’inscrire sur le long terme. En tant qu’en- trepreneur « de passage » dans la longue vie de ma propriété, un seul leitmotiv m’anime : assurer la trans- mission de mon exploita- tion dans les meilleures conditions. Et ce, en veil- lant à préserver notre marque de fabrique : pro- duire le meilleur vin tout en respectant la singularité de notre terroir et l’origi- nalité de nos saveurs. Car entreprendre dans le vin, c’est aussi composer avec certaines contraintes ! au- delà des réglementations classiques relatives à la production de boissons ali- mentaires, qui plus est, al- coolisées (règles d’étique-©Guy Charneauarrière-grand-père créa le château l’Église-Clinet, dans le terroir du Pomerol, en assemblant plusieurs petites parcelles du Clos de l’Église et du domaine de Clinet que ma famille exploitait depuis plus d’un siècle. Je suis donc devenu viticulteur assez naturel-modèle d’export, à savoir des produits alliant finesse et élégance largement ap- préciés par le public an- glo-saxon. Et ce, tout en essayant de contenir les prix de nos bouteilles pour qu’ils soient « buvables » à table (environ 35 euros pour le Château Langoa ettage, etc.), il faut compter les obliga- tions propres à chaque appellation, lors de la production de raisin (densité, cé- pages, rendements...), la vinification, l’éle- vage et la mise en bouteille. Pour réussir dans une telle activité, l’accompagnement d’un juriste est es- sentiel. Et plus encore dans le Bordelais, où le développement de nouveaux châteaux est très encadré. tout comme leur commer- cialisation ! Et pour cause : au lieu de ven- dre nos vins en direct auprès des particu- liers, ils transitent par des négociants, via « la place de Bor- deaux », le circuit de distribution le plus réputé de la région.Lilian Barton-Sartorius, propriétaire des châteaux Langoa et Léoville BartonEn 1978, alors âgée de 22 ans, Lilian rejoint son père dans l’affaire de négoce Les Vins Fins Anthony Barton. Depuis lors, ils se répartissent les responsabilités : Lilian gère l’activité de négoce, où l’a rejointe son mari, Michel Sartorius, et Anthony s’occupe des vignobles. Lilian tend aujourd’hui à prendre une part de plus en plus active dans la gestion des châteaux Langoa et Léoville Barton.En Californie, l’œnotourisme est déjà légion. Il s’agit d’un relais de croissance à ne pas sous-estimerLilian Barton-SartoriusDD : Le métier de viticul- teur s’est transmis de gé- nération en génération dans ma famille, originaire du Libournais, situé côté rive droite du Bordelais. En ef- fet, en 1882, mon arrière-L’autre spécificité de cette vente est qu’elle a lieu de manière anticipée, alors que les vins n’ont pas ter- miné leur élevage, d’où son nom de « vente en primeur », étalée entre mars et juin. Soit six mois après la récolte. Des cycles courts qui favorisent le zéro stock. au final, les négociants se chargent de commercialiser nos vins à travers le monde, aux par- ticuliers, restaurateurs, ca- vistes et importateurs. Car, rappelons le, 95 % de notrebusiness est tourné vers l’international. Cet export « de combat » est essentiel tant la France reste un mar- ché fermé avec des ache- teurs privilégiant les petits producteurs de leur réseau.Diversifier son business dans un tel secteur est loin d’être une mince affaire...LBS : Effectivement, la diversification est un enjeu essentiel. ainsi, au-delà de nos châteaux, nous ven- dons des vins de marquedans le cadre de notre ac- tivité de négoce. Derniè- rement, nous avons lancé la marque La Croix Barton. Cette gamme complète nous permet de cibler une clientèle plus large via des vins moins onéreux pro- venant d’autres vignobles. Ce qui favorise la diversi- fication de notre activité sans avoir à supporter l’ac- quisition d’autres do- maines. Même si nous n’excluons pas le rachat de propriétés. La preuve : en 2011, nous avons relevé30 Mai 2015]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frInterview croisée - Viticulteurs entrepreneurs CLUB ENtREPRENDREun véritable défi familial en acquérant le Château Mauvesin Barton, avec comme appellation d’ori- gine contrôlée le Moulis, vendu autour de 15 euros. DD : Plus que jamais ! Car pour un viticulteur comme moi, soucieux de produire des vins haut de gamme, la croissance passe d’abord par le développement de nouveaux châteaux borde- lais, et donc l’acquisition de propriétés. Un partimarque Saintem. De quoi permettre de bâtir une gamme très complète avec des vins plus accessibles en bouche et également en termes de prix (Les Cru- zelles et le Montlandrie coûtent autour de 20 euros). Via la diffusion de signa- tures diverses, l’objectif est bien de valoriser notre petite production (moins de 200000 bouteilles par an) pour amener le consom- mateur vers nos produitsvignobles, loin s’en faut !tamment durant la cam- pagne des primeurs.donne largement cette ac- tivité.révision à la baisse de nos prix. La crise économique a certainement eu un im- pact, même si d’autres fac- teurs ont joué à plein : un millésime moins porteur, une météo morose... Cette année, il y a un léger mieux, les ventes repartent, mais pour avoir de meilleures perspectives sur le long terme, un coup de pouce du gouvernement serait le bienvenu. or, nos respon- sables politiques soutien- nent peu les viticulteurs. En privilégiant les asso- ciations anti-alcool, ils ont tendance à mettre le vin et les alcools durs dans le même panier ! C’est re- grettable, d’autant que la loi Evin n’avait déjà pas été de bon augure. Nous essayons donc d’anticiper au maximum pour éviter les gros coups durs. ParmiPeut-on entreprendre de manière « moderne » dans le vin, en misant par exemple sur l’œnotourisme ? LBS : oui, l’œnotourisme fait partie de nos pistes de développement. Dans un sens, nous pratiquons déjà cette activité depuis des années. au-delà des pri- meurs qui viennent au prin- temps déguster nos vins,Êtes-vous satisfait(e) de l’image véhiculée par vos produits ?LBS : oui, clairement. En termes d’image, nous sommes même très gâtés car pour nos clients, le vin est un plaisir, plus encore, une passion. Non seulement Bordeaux est l’un des plus grands vignobles de vins fins au monde, mais les crus du Médoc s’imposent parmi les plus recherchés. La fidélité de notre clientèle prouve largement son in- térêt constant pour l’élé-Comment définiriez- vous votre style de management ?LBS : il s’appuie largement sur la délégation. C’est es- sentiel au vu de l’impor- tance de ma production – près de 500 000 bouteilles paran–etlatailledemes effectifs : plus de 50 per- sonnes dans les exploita- tions et cinq autres pour le négoce. Etant souvent en déplacement à l’étranger, Etats-Unis, Chine, Japon, Europe, pour la promotion de nos vins lors de dégus- tations, salons, etc., il est d’autant plus important que je puisse m’appuyer sur desnous recevons de plus en plus de tou- ristes, durant l’été ou les vendanges, désireux de décou- vrir notre exploita- tion et goûter nos produits. Pour l’ins- tant, ces visites sont gratuites, mais nous envisageons à terme de les facturer. Cer- taines propriétés voi- sines ont déjà fran- chi le cap en faisant payer les visiteurs. En Californie, l’œnotourisme est déjà légion, donc oui, il s’agit d’un re- lais de croissance à ne pas sous-estimer. Encore faut-il réflé- chir à l’organisation ad hoc tout en veil- lant à préserver le caractère familial de notre propriété. La réflexion est donc aujourd’hui engance de nos produits. DD : Dans le milieu du vin, avoir une image qua- litative est essentiel. Mais à notre charge de l’amé- liorer dans le temps, ne serait-ce que pour renfor-équipes de confiance.DD : Dans une structure comme la notre, très fami- liale, avec une équipe de©DRDD : on dit couramment que pour faire une petite fortune dans le vin en France, il faut en investir une très grosse ! Les pers- pectives d’avenir ne sont donc pas très réjouissantes, tant les coûts de production sont élevés dans notre pays. Planter une vigne coûte même plus cher que le fon- cier ! a ce rythme, les phé- nomènes de concentration ne feront que s’accélérer davantage. Même siDenis Durantou,propriétaire du château l’Eglise-ClinetDepuis plus de 30 ans, Denis Durantou dirige avec soin la propriété familiale au cœur du Pomerol, l'une des appellations les plus prestigieuses de la rive droite du Bordelais. Le terroir argilo-graveleux pentu et bien drainé est très propice au Merlot et au Cabernet Franc. Cultivées en lutte raisonnée, ces vignes don- nent naissance à l’un des plus beaux Pomerol, proche du château Petrus.adopté en 2004 avec l’achat du Château Les Cruzelles où est également produit La Chenade (aoC : La- lande-de-Pomerol). Pour doper davantage ma pro- duction, je me suis aussi tourné vers d’autres appel- lations que le Pomerol, dont les 700 hectares sont déjà divisés entre 140 proprié- taires ! En investissant par exemple dans le terroir des Côtes de Castillon via l’achat en 2009 du Château Montlandrie. ou encore à Saint-Emilion, avec lacomplexes et sophistiqués, à l’instar de l’Eglise-Clinet. Cette démarche de séduc- tion est d’autant plus es- sentielle pour être en phase avec les modes de consom- mation actuels. Comme boire davantage de vin en- tre les repas ou consommer les vins jeunes plus rapi- dement. Ce qui nous conduit à produire des vins moins âpres, avec des ta- nins plus enrobés. Cela étant, ma stratégie de di- versification ne repose pas uniquement sur l’achat decours.DD : L’œnotourisme ne figure pas dans nos projets. Je pense qu’il s’agit d’un autre métier. L’idée n’est pas de miser sur des acti- vités périphériques telles que le tourisme ou l’hô- tellerie – fussent-elles dans l’univers du vin – qui me détourneraient de l’essen- tiel. Je préfère me concen- trer uniquement sur mon cœur de business, la pro- duction de vin. Ce qui ne m’empêche pas de bien ac- cueillir nos visiteurs, no-ques viticulteurs se dé-cer le caractère dynamique de notre propriété fami- liale impliquée à tous les niveaux. Car en effet, si nous demandons à nos clients de la curiosité, ils nous demandent aussi d’être curieux en retour, en nous intéressant à d’au- tres domaines que le vin. D’où la nécessité d’être créatifs en intégrant le vin dans le domaine de l’art, un univers qui passionne bon nombre de clients. Ce lien, nous le matéria- lisons de diverses façons. Déjà par l’implication de ma compagne, Marie Reil- hac, artiste peintre, dans l’affaire familiale. Elle a notamment travaillé sur une communication gra- phique et décalée au tra- vers de flyers, supports publicitaires, cartes de vœux, ou encore la réali- sation chaque année de nouveaux tableaux pour notre salle de dégustation. Enfin, nous avons lancé, il y a trois ans, un nouveau site web très visuel. Ce- lui-ci fait la part belle à des photos insolites prises par des professionnels. Etant moi-même pas- sionné par cet art, je coor-moins de dix personnes, je privilégie un management de proximité. Nous es- sayons de tout partager, aussi bien les plaisirs que les maux du vin ! C’est donc d’abord un travail col- lectif : nous passons énor- mément de temps ensemble, à échanger, goûter tous les produits, etc. Le métier de viticulteur est complexe au quotidien ; il faut être at- tentif à tous les paramètres pour avoir un bon équilibre entre l’alcool, l’acidité et l’enveloppe aromatique. au-delà de la production, reste encore la commercia- lisation, l’anticipation des attentes des clients, etc. C’est dire la nécessité de s’entourer de bons conseils pour bien mener sa barque ! Quoi qu’il en soit c’est moins la passion que la ri- gueur et la précision qui dictent notre quotidien.nos voisins, certains ont dû – par manque de prévi- sion – revendre leur pro- priété. D’ailleurs, à Saint- Julien, presque toutes les propriétés ont été vendues depuis les années 50. Moi, j’ai pour ambition de trans- mettre les miennes à mes deux enfants.Pour faire une petite fortune dans le vin en France,il faut en investir une très grosse! Denis DurantouQuid des perspectivesquel.veloppent encore à Bor- deaux, beaucoup de pro- ductions vont disparaître. En attendant, j’investis dans d’autres secteurs que le vin, avec pour objectif que celui-ci ne représente pas plus de 50% de mes reve- nus.d’avenir pour l’entre- preneuriat dans le vin en France ?LBS : Elles ne sont pas vraiment florissantes. L’an- née dernière a été sombre, avec une diminution de no- tre chiffre d’affaires et unePropos recueillis par Charles CohenMai 2015 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE En immersion - Les Gobelins, école d’animationDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)tremplin pour Hollywood ?afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersVL'école des Gobelins est pour beaucoup dans cette « french touch » de l’animation et des effets spéciaux visuels. Visite guidée...endredi après-midi, poir de travailler pour les néma d’animation, qui ne putation de faire du très comme la série de films parler d’élèves couteaux- boulevard Saint- studios les plus réputés, en recrute que 25 élèves par beau avec des coûts restant réalisée par des étudiants suisses. Les enseignants Marcel à Paris. Une France comme à l’étranger. promotion... arthur, lunettes raisonnables. » sur le thème du parfum La préfèrent évoquer des pro-poignée d’élèves fument en Dreamworks, Electronic rondes et bracelet brésilien, RÉPONDRE AUXBESOINS DES ENTREPRISESL’école se distingue aussi par un taux d’insertion hors norme. aucune des forma-Petite Robe Noire de Guer- fils en t : une profondes’abritant de la pluie devant l’entrée de l’école des Go- belins. Certains ont les traits tirés par la fatigue, mais tous parlent avec passion de leurs travaux. Pierre est en dernière année, et tra- vaille sur son film de fin d’études. « Ce projet mo- bilise tout mon temps, c’est assez stressant », reconnaît le jeune homme, qui a été admis à l’école après un DMa d’animation. « C’est un travail réalisé en groupe, très similaire à ce que nous serons amenés à réaliser dans une vraie production », détaille Clémence, elle aussi étudiante en dernière année de la filière cinéma d’animation.arts, Disney, Pixar, ou en- core Sony... Et pour cause : l’école entretient une rela- tion privilégiée avec ces studios, qui sont membres des jurys de fin d’études etfait partie des heureux élus. il se souvient de la prépa- ration intense qu’il a suivie : « J’ai passé un an à bosser à fond, non-stop. Je suivais une classe prépa aux écoleslain, dévoilée en février der- nier. La collaboration avec les entreprises passe aussi par la mise à disposition de certains matériels dont dis- pose l’école, comme le la- boratoire ergodesign : une vraie caverne d’ali-Baba en matière de technologie de pointe. Matériel d’eye- tracking, casques encépha- lographiques... dans cette petite pièce située en sous- sol, on trouve tous les ins- truments nécessaires pour analyser la trajectoire du regard, savoir où l’œil s’at- tarde, si le spectateur com- prend le message rapide- ment... Des données qui re- présentent une véritable mine d’or dans le monde de la publicité. La location de ce matériel à des pro- fessionnels et l’expertise des équipes permettent aux Gobelins de financer le dé- veloppement de l’école. « Comme beaucoup d’autres écoles, nos ressources his- toriques tendent à se tarir, nous devons donc en trouver d’autres », explique arnaud Lacaze, enseignant-forma- teur et responsable de Pro- Lab, l’incubateur de projets de l’école.compétence métier, et une capacité à travailler trans- versalement. L’une des clés de l’école pour accéder à l’emploi, c’est aussi l’al- ternance, qui est l’un des piliers de l’enseignement dans la plupart des forma- tions dispensées aux Go- belins : les élèves passent trois jours en cours et deux jours en entreprise. « C’est ce qui permet à nos étu- diants de vraiment appli- quer au sein de l’entreprise ce qu’ils ont appris en cours », note Moïra Mar- guin. Un point noir dans ce beau tableau : la préca- rité des contrats obtenus, souvent des CDD d’usage. « Même dans les grands studios, lorsque le film est terminé, le contrat s’ar- rête », soupire Moïra Mar- guin. Les diplômés doivent aussi être toujours plus no- mades. « Les productions ont souvent lieu en fonction des mesures incitatives mises en place par les dif- férents gouvernements, comme des crédits d’im- pôt », souligne Cécile Blon-DANS LA COUR DESGRANDSa l’intérieur de l’école, c’estl’effervescence. Dans lasalle réservée auxdeuxièmes années, les étu-diants planchent sur les vir-gules visuelles du festivald’annecy (15 au 20 juin)dans une ambiance stu-dieuse. Répartis par groupesde cinq, ils ont pour objectif ciens élèves présents dans mouvement... » Si les géants alors, quelle est la recettede réaliser des films de 45 secondes. « Les années pré- cédentes, c’était un peu plus court, mais nous allons y arriver. Je pense que nousles grands studios – comme Kristof Serrand, directeur de l’animation à Dream- Works et ancien des Gobe- lins – est aussi un atout ca-de l’animation made in USA courtisent les étudiants des Gobelins, c’est aussi parce que l’école représente le nec plus ultra de la « frenchdu succès ? « Notre raison d’être, c’est vraiment de ré- pondre aux besoins des en- treprises, de travailler en partenariat avec elles »,PRÉPARER LES ÉTUDIANTS À L’INSTABILITÉDU MÉTIERDepuis quelques années, l’école des Gobelins s’est fixé pour nouvel objectif de répondre à la conver- gence des médias. « Au- jourd’hui, un photographe doit savoir faire de la vi- déo ; un motion designer doit savoir faire de l’ani- mation et de la vidéo, voire même écrire un scénario. Il y a quelques années, c’était impensable », re- marque arnaud Lacaze. Pas question pour autant dedel, respon.national de l’école. Fuite des talents ? Non pour Cé- cile Blondel : « Nos étu- diants partent, reviennent, repartent... Ils vont là où se trouvent les projets, mais rares sont ceux qui aban- donnent définitivement la France. »« Laissez-moi deviner : vous rêvez de travailler pour Georges Lucas, non ? »participent avec elle à des événements comme le speed-recruiting d’annecy. L’important réseau d’an-d’animation à Sèvres. Il faut un niveau très rigoureux en matière de perspective, de volumes, de perception dutions de l’école n’est en dessous du seuil de 80%, et les filières de l’animation sont proches du 100%. Maissable de l’inter-Matériel d'eye-tracking, casques encéphalographiques... des instruments pour analyser la trajectoire du regard et savoir si le spectateur a comprisAntoine Pietriallons y arriver », espère Frédéric Nagorny, ensei- gnant au département ci- néma d’animation, un peu inquiet tout de même de l’avancement des travaux. Entrer dans l’une des for- mations dispensées par les Gobelins, c’est souvent l’es-32 Mai 2015pital. Mais comme dans toute école d’exception, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. L’an dernier, ce sont plus de 600 étudiants qui se sont pressés au cours d’entrée de la formation phare de l’école, celle qui prépare aux métiers du ci-touch », cette animation à la française extrêmement prisée outre-atlantique. « Il existe cette réputation de l’excellence française, ré- sume Cécile Blondel, res- ponsable de l’international pour l’école. Mais nous de- vons aussi soigner notre ré-explique Moïra Marguin, la responsable du Département Cinéma d’animation de l’école, rappelant au passage que l’école fait partie de la CCi de Paris. Nombre de projets pédagogiques sont d’ailleurs l’occasion de nouer des partenariats,Infos pratiquesFrais de scolarité : de 6 500 à 9 900 euros par an en fonction des cursus Adresse :73 Boulevard Saint-Marcel, 75013 ParisSite web :http://www.gobelins.fr/]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Electron libre - Entrepreneur précoceDans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entrepriseCoques en stockévolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelleLouis Haincourt a prouvé sa précocité entrepreneuriale en créant une boîte à 16 ans. Quatre ans plus tard, il développe Dealer de Coque en parallèle de ses études.a 15 ans, alors que les statuts de son entreprise, ses camarades ré- en avril 2011. Pas sans visaient leur brevet, peines : « Créer sa boîtePREMIÈRES RÉCOMPENSES Heureusement, les pre- mières récompenses n’ont pas tardé à tomber. D’abord parce que le pianiste s’est découvert une passion poursance prometteuse. En 2014, Dealer de Coque a réalisé un chiffre d’affaires de 120 000 euros, et vise 150 000 euros en 2015. De quoi dégager un salaire confortable pour l’étudiantCette année, l’étudiant caen- nais a aussi rejoint l’incu- bateur de l’EM Normandie, l’insiDE (institut du déve- loppement de l’innovation et du développement de l’entrepreneuriat). Un coachqualité, et d’être plus effi- cace dans l’expédition ». a partir du plastique importé, il imprime les coques à l’aide des six machines – imprimantes 3D, presses – installées chez lui. La fa- brication demande quatre à dix minutes. Les coques personnalisées sont ainsi envoyées dans les 24 heures après leur commande. En outre, « dès qu’un fabricant lance un nouveau téléphone sur le marché, je suis plus réactif que mes concur- rents », explique le « dea- ler ». il a aussi fait le choix d’étendre le nombre de ses références de téléphones, même si certaines lui coû- tent plus qu’elles ne lui rap- portent, afin de ne pas per- dre de clients au profit de ses concurrents. C’est aussi lui qui, depuis le début de l’aventure, gère le suivi des client : « Cela me permet de les connaître et de créer une relation humaine avec eux, ce qui est assez rare pour un site Internet ».Louis Haincourt faisait ses premiers pas dans l’entre- preneuriat. C’était en 2010 et presque par hasard : pour ne pas abimer son iPhone 3G, le jeune homme, qui rêvait alors de devenir jour- naliste, se met en quête d’une coque. il commence par faire le tour des maga- sins, mais son argent de poche ne lui permet pas de s’offrir les premiers prix du marché, de 20 à 30 euros le bout de plastique. Sur in- ternet, même constat après une rapide recherche : au- cune offre bon marché. alors il fouille dans les re- coins du Net, avec des re- quêtes en anglais dans les moteurs de recherche. au détour d’une page, il finit par découvrir un lot de 100 pièces, made in China, pour une centaine d’euros. Le collégien tente le coup. il conserve dix coques de cou- leurs différentes pour lui- même, et vend le reste à des copains de classe et sur Le Bon Coin pour une poi- gnée d’euros. très vite, l’en- trepreneur précoce tombe en rupture de stock et devant l’insistance de ses cama- rades, se décide à repasser une commande en Chine, en envoyant ses propres dessins pour personnaliser les coques. Puis une autre, et encore une...avant la majorité est un parcours du combattant. J’ai profité d’un flou juri- dique, mais cela ne pouvait"Hé Dealer de Coque, t'as pas une dose pour mon smartphone ?"où se voie le jeune homme dans dix ans ? « C’est diffi- cile à dire, peut-être que les téléphones auront été remplacés par des montres ou des lunettes connectées. Mais j’espère encore être mon propre patron, ou avoir la possibilité d’innover et de créer pour le compte d’une entreprise, en ayant beaucoup de liberté. » a plus court terme, il envisage d’acquérir un camion pour imprimer des coques sur les marchés cet été, afin « de ne pas avoir de baissese faire que sous le statut de l’EIRL, et j’ai dû atten- dre deux mois et demi avant que ma demande soit vali- dée, alors que cela se fait normalement dans la jour- née », se souvient Louis Haincourt. Comme il lui était aussi impossible de créer un compte profes- sionnel avant l’âge du per- mis de conduire, il a dû se contenter d’un compte per- sonnel. Et à chaque signa- ture de contrats, l’un de ses parents devait être présent à ses côtés. Pour les entre- preneurs précoces, difficile de couper le cordon. Celui qui vient d’embaucher son premier employé découvre aussi les contraintes de la viedepatron:«Unsitede e-commerce ne peut pas fermer, donc je ne peux pas prendre plus de quatre jours de vacances de suite ».l’entrepreneuriat : « J’aime développer un projet de A à Z, ainsi que l’indépen- dance et l’autonomie que cela procure ». Ensuite, parce que les médias s’em- parent de son histoire et laqui peut ainsi voyager et payer ses frais de scolarité. En effet, une fois son bac en poche, Louis Haincourt rejoint les bancs d’une école de commerce, l’EM Nor- mandie, afin de parfaire sesde l’école l’accompagne et le conseille sur tous les as- pects de la création d’en- treprise : développement, levée de fonds... L’incuba- teur lui offre aussi dix cré- dits d’une heure pour ren-LYCÉEN- ENTREPRENEUR Bientôt, il apparaît plus pra- tique de créer un site mar- chand pour écouler son stock, plutôt que de ren- contrer personnellement chaque acheteur après la première approche sur Le Bon Coin. Ses 16 ans ré- volus, le Versaillais décide d’officialiser les choses, en se rendant à la Chambre de commerce et d’industrie des Yvelines pour déposerCréer sa boîte avant la majorité relève du parcours du combattant34 Mai 2015relaient largement. a la grande surprise du principal intéressé : « Je trouvais cela étrange, car je n’avais pas le sentiment d’avoir créé quelque chose d’exception- nel ». Cette communication gratuite lui permet d’en- granger les commandes et de développer son affaire sans avoir à taper à la porte d’un banquier. Par l’auto- financement et en réinves- tissant les bénéfices, la petite entreprise connaît une crois-connaissances du métier. Sa deuxième année d’études toucheàsafin:«Mêmesi je maîtrisais déjà certains des domaines enseignés, Dealer de Coque me per- mettait de mettre très vite les cours en pratique ». Conscient qu’un client coûte plus cher à conquérir qu’à fidéliser, il a ainsi pu amé- liorer son service client, afin de résoudre plus effi- cacement les problèmes de livraison ou de casse.contrer des professionnels. il a ainsi pu échanger avec un expert comptable et un spécialiste des sites mar- chands en Normandie.dans cette périodeMADE IN FRANCEd’activité .compliquée », et espère dé- velopper une activité de conseil en développement de sites marchands. il faut reconnaître qu’il est bien placé pour : malgré ses 20 ans, il compte déjà cinq ans d’expérience dans le domaine.L’apprenti homme d’affaires analyse les points forts de son entreprise, dont l’es- sentiel des produits est fa- briqué en France, contrai- rement à la plupart de ses concurrents : « Cela permet d’avoir un contrôle sur laAymeric Marolleau]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Leçons de maux - Cédric Giorgi, fondateur de CookeningApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,«Léchec », analyse Cédric Giorgi, 31 ans, qui a cédé son entreprise à VizEat en février 2015. Le concept a été un succès auprès du grand public. Près de 1000 repas ont été organisés depuis le lancement du site en mai 2013 et les notes de satisfac- tion des internautes ayant par- ticipé à un repas s’élèvent à une moyenne de 4,8/5. « La qualité était incontestable. En revanche, nous ne sommes pas parvenus à en faire le AirBnB des repas à la maison. L’entreprise aurait pu conti- nuer avec un bon petit busi- ness mais nous n’avons pas réussi à développer des vo-’aventure Coo- kening a été un succès et unlumes importants », analyse le cofondateur. Car ce qui in- téresse le jeune homme et le motive dans sa vie profes- sionnelle, c’est le modèle start-up, avec toute l’adréna- line qui lui est associée. « Une start-up n’est pas une TPE, argumente Cédric Giorgi. Elle va dans l’inconnu et est en recherche permanente de nou- veaux modèles écono- miques. » Et pour cela, il faut de l’argent. Un parcours du combattant qui a tourné court pour le dirigeant et ses deux associés.notamment lors des tentatives de levées de fonds. « Dès le lancement du site en mai 2013, nous prenons contact avec des fonds d’investisse- ments parisiens et européens, se souvient Cédric Giorgi. Ce type de financeurs est pri- vilégié car nous savions que le modèle était un pari. C’était quitte ou double : le business explosait ou pas. » ingénieur de formation également doté d’un master en marketing et communication, Cédric Giorgi évolue depuis quelques années dans le milieu des start-up. Et forcément dans celui des fonds d’investissement. « Grâce à mon parcours per- sonnel, de nombreux rendez- vous sont décrochés avec des fonds. C’est à ce moment queà Paris, ne nous permettaient pas d’accepter ce type de fonc- tionnement. Et puis lever 300000 euros n’était pas suf- fisant. Nous avons tout arrêté. » Les trois jeunes hommes pas- sent en mode observation de la concurrence. Entre temps, le technicien quitte le projet. Les développements informa- tiques sont en berne. Rien ne semble bouger du côté du marché. « Les différentes op- tions sont mises sur la table. La plus intéressante pour conti- nuer d’animer la communauté et poursuivre les développe- ments était de céder le site. » Le partenaire adéquat s’avère être VizEat, « qui a réussi à trouver des financements en Grande-Bretagne et qui a la même vision que la nôtre ». Cookening est cédée en février 2015.Cette mayonnaise qui n’a pas prisqui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenirMettre en relation cuisiniers amateurs et gastronomes pour partager un bon repas. Le concept de Cookening, imaginé par Cédric Giorgi, avait tout pour réussir. Et pourtant...MAUVAIS TIMINGL’échec en cuisine... Nombreux sont ceux qui l’ont déjà vécu !la frustration naît. Notre idée est sexy et séduit car elle s’inspire du modèle AirBnB qui cartonne. L’équipe, com- posée d’un technicien, d’un designer et d’un marketeur, rassure. Toutes les compé- tences sont internalisées. Le concept a été lancé et séduit le grand public. Les cligno- tants sont au vert. » Pourtant, pas un sou ne sera levé. « Aucun fonds n’a sou- haité investir. » Cédric Giorgi évoque une mauvaise gestion du timing. « La prise de contact s’est faite juste avant l’été. Beaucoup de fonds ont reporté les entretiens à sep- tembre. C’était trop long pour nos situations personnelles. » Les trois associés qui ont in- vesti quelques euros chacun et principalement leur temps et leur talent arrivaient en fin de droits à Pôle Emploi. autre écueil selon Cédric Giorgi, aujourd’hui salarié de l’entreprise toulousaine Sig- fox qui propose une connec- tivité cellulaire mondiale pour l’internet des objets, « les er- reurs d’exécution ». « Nous nous sommes beaucoup concentrés sur de potentiels partenariats qui n’ont jamais abouti alors que nous aurions dû nous occuper de multiplier les clients et d’être sur le ter- rain. Le manque d’efficacité a été évident. » Enfin, une donnée que les trois associésavec beaucoup de recul, le jeune entrepreneur a analysé son parcours et a clairement identifié les causes de l’échec,n’ont pas pu fournir aux in- vestisseurs : la taille du mar- ché. « Les financiers français ne sont pas câblés pour la prise de risque s’ils n’ont pas de renseignements sur la taille du marché, un facteur de suc- cès déterminant pour ces par- tenaires. Nous n’avons pas réussi à qualifier ce potentiel et à les rassurer. »36 Mai 2015Les 500 000 € d’amorçage, qui devaient appeler d’autres levées de fonds, n’ont jamais été récoltés.GRAND HUIT ÉMOTIONNEL aujourd’hui chargé d’animer l’écosystème des développeurs et des entrepreneurs autour de Sigfox, Cédric Giorgi a conservé son âme de start-up- per. « Cette expérience de Cookening nous a permis, à mes associés et à moi, de re- bondir pour intégrer les plus grandes start-up du moment. Après l’expérience Sigfox, c’est sûr, je créerai à nouveau une jeune pousse. Je le ferai quand ce sera le bon moment. » L’occasion de revivre ce « grand huit émotionnel » qui ponctue la vie d’un entrepre- neur, notamment lors de la cession de l’entreprise. « Certes, nous n’avons pas fait de Coo- kening le leader mondial queDIRE NON AUX BALes dirigeants revoient leurs prétentions à la baisse. « Nous nous orientons alors vers un amorçage classique pour 300000 €. » Même résultat. Les discussions s’engagent ensuite avec des business an- gels en janvier 2014. « La meilleure décision que nous ayons prise a été de faire une pause dans nos recherches de financement, raconte Cédric Giorgi. Avec mes associés, nous avons analysé ce que nous demandaient les business angels qui avaient des objectifs bien différents de ceux des fonds d’investissement. Ils ré- clamaient de revoir notre bu- siness model pour parvenir à une rentabilité en six mois, que nous ne nous payions pas les six premiers mois et que nous passions ensuite au Smic. Nos situations personnelles,maginé, mais ellenous avions i.a été vendue. L’histoire se finit bien. Nous avons fait notre chemin, et aussi notre deuil. Etonnamment plus rapidement que notre entourage, relate Cédric Giorgi. Il nous a fallu rassurer nos proches. » Une agilité d’esprit des plus pro- metteuses...Stéphanie Polette]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frProspective - Le futur de la Chine CLUB ENtREPRENDRE Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,2025 ? Qu’à cela ne tienne, pour remédier à l’essouffle-développant et en industria- lisant l’ouest du pays. Surtout,vers la demande intérieure etce qui resteL’Empire contre-attaquepuis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésLCertaines cassandres promettent les pires difficultés à la Chine, entre crises environnementales et fin de la main-d’œuvre bon marché. L’Empire du Milieu déjouera-t-il ces mauvais pronostics ?a carcasse métallique se souvient comment la Chine référence. D’abord dans un est couverte de pous- a déjoué tous les pronostics panier de monnaies mon- sière et rongée par la les plus pessimistes pour de- diales, avant de faire le mé-rouille. En tentant de gravir venir la première puissance nage autour d’elle. Deuxiè-la pente du cratère, à son rythme laborieux et concentré, le robot a dû perdre son équi- libre et basculer sur le flanc. Sans espoir de se redresser, il est resté dans cette position, tel un insecte desséché. trois de ses roues, comme des yeux immobiles, scrutent les étoiles depuis quelques décennies. Ses instruments de mesure, ses circuits et ses panneaux solaires ont flanché l’un après l’autre. Hang Yu balaie d’un gant les grains rougeâtres qui recouvrent une inscription et déchiffre : « Spirit ». tout en redressant le premier Mars Rover mis en service par les américains au début du siècle, avec un soudain sentiment de fierté emprunt de revanche, le premier homme à fouler la Planète Rouge songe aux décennies que son pays vient de traverser. Le taïkonautemondiale.on lui promettait une apoca-lypse environnementale ? Ellea dompté la pollution de sesusines et voitures en devenantun champion des énergiespropres et des transports dé-carbonés. La démocratisationde la voiture à hydrogène ?C’est elle. Les centrales so-laires spatiales ? Encore laChine, et de rien la planète !Les économistes étrangersprédisaient la fin de la main-d’œuvre bon marché pour la fin des années 2010, en progressivement sa croissancemement, en se rapprochant de ses partenaires commer- ciaux, grâce à l’ouverture de la route maritime autour du Pôle Nord, fonte des glaces oblige, et à des travaux pha- raoniques. Elle a notamment creusé au Nicaragua un canal de 200 kilomètres au-dessus du canal de Panama, et re- couvert l’antique route de la Soie de lignes de chemin de fer et d’autoroutes flambant neuves.La Chine attend son heureLa Chine a réorienté sa croissance vers la demande intérieurela production debiens de qualité, pour ne plus dépendreclasse moyenne a connu un essor formidable, entraînant un boom de la consommation, tandis que le Made in China s’offrait des titres de noblesse sur les marchés occidentaux. Sortie gagnante de la crise financière de 2007, elle a su faire bon usage de ses gigan- tesques réserves de dollars. Premièrement, en imposant le Yuan comme monnaie deHang Yu charge.du Mars Rover sur le module de transport, en prenant soin de ne pas oublier les antennes tombées au sol. il se demande s’il pourra l’embarquer dans la navette de retour : cela ferait un joli cadeau pour l’oncle Sam, en souvenir de sa gloire passée.ment de l’exode rural, l’Em-dès le début des années 2010, le géant asiatique avait prévu le coup d’après, en orientantpire du Milieuconquête du « Far West » àa connusade la seuleproduits bas-de-gamme. Laexportation deAymeric Marolleaunancement et à sa taille, elle sera leader mondial dans de nombreux secteurs : nanotechnologies, informatique, agri- culture... Elle pourrait aussi être un modèle environnemental d’ici dix à 15 ans.Mais il est difficile de savoir ce qu’elle sera sur le plan politique, même si au niveau local la démocratie progresse et que les Chinois gagnent de plus en plus de libertés indivi- duelles. L’éducation de la population sera une clé du progrès politique.Quelles seront ses volontés diplomatiques ?Elle n’a aucune intention de conquérir le monde. La Chine a toujours opté pour une politique pacifique et multilatérale, elle respecte l’état de droit et la non-ingérence. Elle a tout intérêt à investir sur tous les continents pour des raisons économiques, notamment pour fidéliser ses futurs consom- mateurs.Quels objectifs pour l’espace ?C’est un outil de soft power très important pour la Chine. Elle prévoit un vol habité vers la lune en 2020. Ce sera un premier pas pour aller ensuite visiter la planète Mars.Pierre Picquart, docteur en géopolitique et en géographie humaine de l’Université Paris-VIII, est spécialiste de la Chine.Il a notamment publié La Chine dans vingt ans et le reste du monde (Ed Favre, 2011).« Un possible modèle environnemental dans dix ans ! »Quel a été le rôle de l’exode rural et de la main- d’œuvre illimitée dans la croissance de la Chine ? Cela a joué un rôle important dans la croissance de la Chine au cours des trois dernières décennies, car l’arrivée des po- pulations rurales sur la côte a permis aux entreprises demaintenir des salaires faibles et une forte productivité.Cet exode rural est-il en train de s’essouffler ?Certes, depuis une quinzaine d’années, le coût de la main- d’œuvre a été multiplié par dix, car les employés communiquent entre eux, n’hésitent pas à changer d’entreprise pour trouver de meilleurs salaires, et parce que les autorités luttent contre les disparités de revenus. Mais comme les salaires sont partis de très bas, ils restent compétitifs par rapport aux pays développés.Un rapport du FMI prévoit la fin de la main-d’œu- vre illimitée pour 2025 au plus tard.Si la Chine avait suivi les recommandations économiques du FMI, elle ne serait pas aujourd’hui en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Elle a suivi son propre modèle de développement, organisé et planifié. Saréserve de main-d’œuvre reste très importante, en particulier dans l’ouest du pays, que le gouvernement doit encore « conquérir » en modernisant l’agriculture, en industrialisant les régions, en construisant des aéroports et des autoroutes. C’est un nouvel Eldorado pour les entreprises.En outre, le Parti Communiste Chinois et le président Xi Jinping ont récemment mis l’accent sur une croissance durable, qui vise davantage la qualité et l’innovation que la production de biens et services à tout va. C’est un tournant majeur pour l’économie chinoise, qui va connaître une croissance moins forte mais plus durable, et lui permettre de dépasser les problèmes de qualité et de pollution. Elle espère aussi développer sa croissance interne par l’augmentation du niveau de vie de sa population.A quoi pourrait ressembler la Chinedans 20 ans ?Ce devrait être une Chine plus juste, plus équitable, où lescadres de vie seront beaucoup plus favorables qu’aujourd’hui, grâce à une grande attention portée à l’environnement, à l’aménagement du territoire, et à la diversification des activités économiques. Grâce à ses nouvelles capacités de fi-Mai 2015 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Créer aujourd’hui - Structures d’accompagnementLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.Grenoble n’a rien d’une mégapole dont l’économie rayonne sur les cinq conti- nents. Pourtant, en 2013, la ville nichée au cœur des val- lées alpines a tutoyé le som- met de l’Everest : elle s’est retrouvée au 5e rang mondial des destinations les plus inno- vantes dans le classement an- nuel publié par le magazine Forbes. 957 brevets avaient alors été déposés, soit près de la moitié de l’ensemble de la région Rhône-alpes. Entre 2013 et 2023, les responsa- bles municipaux prévoient la création de 400 start-up. Une belle ambition pour une ville de 150 000 habitants. L’éco- système ultra-favorable mis sur pied, conçu pour que les entreprises soient de vrais coqs en pâte, n’est sans doute pas étranger à cette consécra- tion. L’une des marques de fabrique locales est l’accom- pagnement des sociétés à tous les stades de leur vie, dès le plus jeune âge. Pour les projets encore dans l’œuf, GRaVit (Grenoble alpes Valorisation et innovation technologique) aide à la ma- turation des idées issues de la recherche afin de leur donner une valeur commerciale. au moment des premiers pas, GRaiN (Grenoble alpes in- cubation) prend le relais et apporte son savoir-faire pour le développement d’une stra- tégie de conquête de marché. Puis c’est au tour de PE- taLE (Pépinière technolo- gie alpine d’Entreprises) d’intervenir pour le volet de recherche de financement et de partenaires.38 Mai 2015ter les projets d’entreprise et leurs défis. L’idée de soutenir les sociétés par des réponses adaptées à leur âge a fait naî- tre des initiatives précieuses dans de nombreux territoires, à l’image du département des alpes-Maritimes. La pépi- nière d’entreprises innova- Grasse est l’une des structures phares localement. Elle se voit davantage comme un simple rouage dans une mécanique globale que comme un acteur indé- pendant de référence pour une entreprise. « Notre parti pris est de ne pas se limiter à l’accompagnement à la créa- tion, mais de faciliter égale- ment le développement de la société, d’accélérer celui-ci. Nous sommes un maillon d’une chaîne dans laquelle se trouvent d’autres acteurs es- sentiels comme l’université de chimie voisine ou Business Accelerator 06 dont la mis- sion est d’amplifier l’essor des projets à fort potentiel », explique Richard Rios, direc- teur du développement éco- nomique pour la Communauté du Pays de Grasse.nées dans les bras d’innova- Grasse, et voilà les entre- prises lancées vers le succès. La société Ecoat, qui conçoit des résines végétales desti- nées à la fabrication de pein- tures plus écologiques, a quitté la structure il y a quelques mois, après quatre ans d’accompagnement. Elle poursuit désormais son déve- loppement industriel, profi-RFiD, des technologies NFC, ou encore de la robotique. « Après 23 mois de présence au sein de cette structure, les sociétés innovantes peuvent continuer à profiter de l’aide locale au sein de l’hôtel d’en- treprise de Gardanne. Au- delà de l’hébergement, l’intérêt réside surtout dans les accompagnements, l’émulation entre les entre-tion innovante pour le traite- ment des rides et ridules. Un savoir-faire qui se situe à l’in- tersection de trois domaines : la micro-électronique, les sciences médicales, la chimie des molécules. Sa configura- tion et son besoin d’exper- tises croisées rend son implantation au sein d’inno- vaGrasse d’autant plus perti- nente. « La structure se trouve dans un bassin très centré sur cette thématique de la chimie spécialisée. Nous y avons eu accès à des conditions spécifiques, des équipements de laboratoire particuliers. Un environne- ment vraiment très précieux pour notre développement », explique le président de la so- ciété. L’accompagnement proposé lui a également gran- dement facilité les contacts avec des partenaires institu- tionnels, des structures de fi- nancement, et même de grandes entreprises qui sont par la suite devenues clientes. Dans le cas de FeeliGreen, l’émulation atteint son pa- roxysme. « Sur les 20 start- up présentes à InnovaGrasse, nous avons signé des contrats avec six d’entre elles, pour des solutions logicielles parplus des intérêts mutuels qui émergent dans ce type de centre, on y trouve un accès facilité à une variété d’événe- ments, d’ateliers ou de confé- rences sur des thématiques proches des activités des uns et des autres. N’oublions pas que les pépinières et les cen- tres d’affaires accueillent souvent des entreprises ayant des profils voisins ou complé- mentaires », précise-t-il.Cocons à succèsD'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.trouver un associé, dénicher un partenaire... tout est possible dans les incubateurs, pépinières, technopoles et autres accélérateurs qui n’ont qu’un but : créer l’écosystème de la réussite...65 à 70% des entreprises hé- bergées au sein d’innova-tant de débuts plus que réussis. Elle emploie 13 per- sonnes dont neuf chercheurs et réalise un chiffre d’affairesCertains projets ont quelques synergies à trouver au sein de ces structures...prises d’un même secteur qui partagent leur savoir-faire, leurs expériences. Une so- ciété peut ainsi trouver desLa main tendue de ces struc- tures concerne aussi le volet financier. « Nous disposons d’un outil de financement particulier : un dispositif d’amorçage destiné à soute- nir la dernière étape de la création, parallèlement à la prise en charge par un incu- bateur. Il s’agit d’une aide importante pour la réalisa- tion de prototypes par exem- ple », indique isabelle Corbin. Des tours de table sont également organisés pour l’élaboration de partena- riats financiers, industriels, ou avec des laboratoires. L’im- portance des rencontres avec le milieu académique ne doit pas être sous-estimée. « C’est souvent comme cela que tout commence. C’est à la suite d’une visite de la pépinière par un professeur universi- taire que nous avons intégré InnovaGrasse », témoigne Christophe Bianchi. Bon nombre de sociétés d’innova- grasse ont vocation à intégrer le pôle d’activité arôma- Grasse qui leur donne l’occa- sion de grandir de façon importante, pendant plusieurs années.Sur les 20 start-ups présentes à InnovaGrasse, nous avons des contrats avec 6 d’entre elles. Notre société progresse trois à quatre fois plus vite que dans une configuration classiqueCOUPS DE POUCE POUR TOUSaux quatre coins de l’Hexa- gone, le Pia (Programme d’investissements d’avenir), initiée en 2010, est à l’origine de nombreux développe- ments de ce type, grâce à son enveloppe globale de 47 mil- liards d’euros. De quoi facili-Dans les Bouches-du-Rhône, le pays d’aix et ses environs propose lui aussi des struc- tures où les entreprises béné- ficient de partenaires de travail précieux dans leurs parcours. La pépinière de Meyreuil héberge des jeunes pousses aux activités inno- vantes dans les domaines de la micro-électronique, de laUN TUTEUR À CHAQUE NIVEAU DE DÉVELOPPEMENT Christophe Bianchi est le pré- sident fondateur de Feeli- Green, une société qui commercialise des patchs de régénération cellulaire par électro-stimulation, une solu-Grasse sont positionnées sur la filière Parfum-arômes- Cosmétiques-Biotechnolo- gies. Le tiers restant oeuvrant généralement dans les tech- nologies de l’information et de la communication. « Nous collaborons activement avec l’incubateur Paca Est qui se situe en amont. Bon nombre de projets ayant été en matu- ration là-bas se retrouvent ensuite au sein de nos murs », se réjouit Richard Rios. 18 mois dans la couveuse de Paca Est, trois à quatre an-de 1,8 million d’euros. « Ecoat fait partie des socié- tés qui affolent les comp- teurs », se félicite Richard Rios.interlocuteurs précieux dans son entourage proche, à tous les stades de son jeune déve- loppement », indique isabelle Corbin, directrice de Pays d’aix Développement.exemple », indique Chris- tophe Bianchi. En consé- quence, il estime que son projet de société progresse trois à quatre fois plus vite que dans une configuration classique dans l’industrie. anthony Gutman, directeur de Remix, une société spécia- lisée dans les services de co- working, salue l’esprit constructif d’entraide et de collaboration qui existe de plus en plus souvent dans les structures hébergeant de jeunes entrepreneurs. « EnLes débuts d’un projet entre- preneurial sont souvent déli- cats et méritent bien de pareils traitements de faveur. Mais les offres d’accompa- gnement existantes destinées à trouver des partenaires de travail ne ciblent pas seule- ment les premières années des entreprises. En Basse- Normandie, le dispositif FFWD (Fast Forward) Nor- mandie a vu le jour fin 2014Œ]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Créer aujourd’hui - Structures d’accompagnementpour aider des sociétés ma- tures à fort potentiel à passer un pallier. « Il ne s’agit pas d’un énième accélérateur de start-up, mais d’un tremplin ayant vocation à intervenir plus en aval, pour que les projets accèdent à un stade de développement supplé- mentaire », souligne alexan- dre Wahl, directeur de la Miriade, l’agence de déve- loppement économique et de l’innovation de la région. Le dispositif s’étale sur 36 se- maines. Pendant 12 pre- mières semaines, dix entreprises ont été sélection- nées sur des critères finan- ciers et de potentiel de croissance. Les heureuses élues ont ensuite débuté un programme d’accélération au cours des 12 semaines sui- vantes. Une enveloppe de 60 000 euros, apportée par la Financière du Cèdre et le Crédit agricole, partenaires de l’opération, a alors été fournie, ainsi qu’un accom- pagnement technique, comp- table, juridique, et les services d’un mentor. a l’issue de cette deuxième étape se tient un Fast Forward Day visant à présenter les entreprises accé- lérées à des investisseurs po- tentiels et des clients. « Une dernière période de 12 se- maines permet en quelque sorte de transformer l’essai, en accompagnant les sociétés sur la voie du succès par unsuivi adapté », indique alexandre Wahl. L’initiative est destinée à être renouvelée chaque année.innovation-Entrepreneurs (FiE) de l’institut d’optique, un dispositif qui forme les élèves ingénieurs à innover et à entreprendre dans le secteur de la photonique. L’une des particularités du territoire francilien est de disposer d’un écosystème industriel impor- tant, en plus de l’écosystème académique et de recherche. Une manière de conserver la valeur ajoutée innovante au sein de la région et de s’assu- rer qu’elle profite à la dyna- mique économique locale.Bentz, directeur opérationnel de Bourges technopole. au cours de l’été 2015 sera inau- guré un centre d’affaires qui pourra accueillir des entre- prises aussi bien en incuba- tion qu’en pépinière. Le territoire met par ailleurs à disposition quelque 200 hec- tares de foncier pour les en- treprises désireuses de s’implanter. La Communauté d’agglomération de Bourges offre aussi la possibilité de faire bénéficier les entreprises de subventions qui consti- tuent une déclinaison des aides régionales. Ces der- nières sont plafonnées à 30000 euros. « Notre ambi- tion dans l’avenir à court terme est de faire venir da- vantage d’entreprises an- crées dans les filières phares du territoire : le bâtiment in- novant, la prévention du risque, mais aussi le numé- rique dont le potentiel s’arti- cule autour du cluster AGHIR (Autonomie Géron- tologie Handicap Innovation Recherche) et la Silver éco- nomie », décrit Erik Bentz. La Communauté d’agglomé- ration de Mont-de-Marsan est elle aussi en grande muta- tion. Le territoire est large- ment tourné vers l’agroalimentaire, les procé- dés innovants du secteur, mais aussi vers la filière Bois, le département landais étant l’un des plus boisés de l’Hexagone. Pour répondre au potentiel de ce domaine, des outils spécifiques ont été élaborés comme la plate- forme Xylomat, conçue pour les entreprises en recherche de partenaires et solutions re- latives au bois. Cette dernière est liée au pôle de compétiti- vité local Xylofutur. Le sec- teur du logiciel libre représente l’un des potentiels importants localement, comme d’autres activités pro- metteuses relatives aux nou- velles technologies. Début 2014, une pépinière d’entre- prises a démarré son activité.MÊLER RECHERCHE ET INDUSTRIELes structures d’accompa- gnement se multiplient dans les régions, avec dans les es- prits une priorité essentielle : créer un écosystème collabo- ratif, le contexte idéal pour que les entreprises ne man- quent de rien. « Un incuba- teur doit permettre de conserver des emplois et sur- tout d’en créer à long terme. C’est la préoccupation cen- trale à l’heure actuelle, ce qui explique ce mouvement géné- ral de l’économie », estime Nicolas Hazard, président du Comptoir, un incubateur ou- vert depuis un an à Paris et qui vise avant tout à créer des emplois locaux durables.« Salut Jean ! Salut Georges ! A nous deux nous allons conquérir le monde... »centres R&D de grands groupes comme thalès ou Kraft Food sont quelques unes des organisations de ré- férence dans ce domaine.ACTIONS FORTES DES TERRITOIRESLes développements de ce type ne sont pas près d’arriver à leur terme. Le département de l’Essonne voit les choses en grand. il met actuellement en place le projet iPHE (in- cubateur Pépinière Hôtel d’Entreprises), dont l’objet est de fournir sur un même lieu d’ici 2020 des accompa- gnements et une mutualisa- tion de solutions sur le très long terme. il s’agit d’un vaste programme immobilier de 10000 mètres carrés des- tiné à accueillir des entre- prises. Le projet vise à apporter des espaces techno- logiques mutualisés dotées d’équipements techniques particuliers comme des salles blanches. il va du stade de l’incubation de projets à celui de l’hôtel d’activités en pas- sant par la pépinière. L’iPHE hébergera quelque 250 entre- prises innovantes qui seront liées aux Réseaux théma- tiques de recherche avancée (RtRa) et aux activités des pôles de compétitivité lo- caux. Les nanotechnologies seront largement représen- tées.La région Île-de-France re- gorge de structures pour im- merger les entreprises auUn terreau fertile pour les jeunes entreprises. Celles-ci peuvent par exemple profiter du fameux bâtiment « 503 » du campus d’orsay, qui metUn incubateur doit permettre de conserver des emplois et surtout d’en créer à long termecœur de l’innovation. La pré- sence du CEa (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), de l’in- cubateur technologique incu- balliance, ou encore desL’optique, l’opto-électro- nique, et plus largement les technologies de l’information et de la communication, figu- rent parmi les activités phares des développements locaux.à disposition du matériel technique pour les start-up comme des imprimantes 3D, utilisables pour la réalisation rapide de prototypes. Le lieu abrite par ailleurs la FilièreCas d’écoleTechnopole de l’Aube : le pari gagné des entreprisesElle paraît déjà loin, l’image d’un territoire voué à la gri- saille économique, déserté par une industrie du textile en souffrance. Aujourd’hui, l’Aube est souvent synonyme de start-up, de sciences, de technologies d’avenir. Et la tech- nopole du département a fortement contribué à hisser ce nouvel étendard. Avec ses 70 hectares renfermant une pé- pinière, un hôtel d’entreprise, deux hôtels de bureaux, elle fait figure de tremplin pour de nombreuses sociétés à fort potentiel. L’exemple le plus illustre est peut-être celui de LDR Medical, spécialisée dans la fabrication d’implants chi- rurgicaux, née au sein de la structure en 2000, désormais implantée aux Etats-Unis et cotée au Nasdaq.Les quelque 50 entreprises et organismes hébergés ont, semble-t-il, de bonnes raisons de rester. 50% des sociétés locataires ont plus de cinq ans d’existence, ce qui atteste de la pertinence et de la viabilité des projets. La proximité de l’UTT (Université de technologie de Troyes), la création du Young Entrepreneur Center (Yec), l’incubateur étudiant, font partie des éléments essentiels qui nourrissent l’attrac- tivité des lieux. Une synergie forte existe également avec le Groupe ESC Troyes. En témoigne le partenariat récent entre la technopole, l’école d’ingénieurs EPF et l’ESC qui a donné naissance au Master of Science « Innovation,40 Mai 2015Création et Entrepreneuriat », une nouvelle formation uni- versitaire qui croise ingénierie, design et management. Une technopole comme celle de l’Aube, c’est aussi un gain de visibilité parfois décisif pour un projet entrepreneurial. Okénite Animation, une société spécialisée dans l’image 3D, est née à Paris et a été contactée dès ses débuts par le Conseil général pour rejoindre le site alors qu’elle venait de remporter deux prix nationaux. A l’issue d’une soirée de présentation de son offre dans l’Aube devant un par- terre d’importantes entreprises, les contrats se sont d’em- blée enchaînés pour la jeune structure. Nul doute que d’autres success stories sont à venir. L’une des plus impor- tantes pourrait concerner le jeune spécialiste du stockage de l’électricité Levisys qui a récemment quitté la région parisienne pour s’installer dans l’hôtel d’entreprise de la technopole, où six personnes sont employées à la R&D. La structure est spécialisée dans la conception de volants d’inertie à sustentation passive. Une technologie d’avenir permettant la régulation de la production d’électricité, dont le potentiel a convaincu le département de l’Aube. Ce dernier lui construit actuellement un bâtiment de 4000 mètres carrés sur le parc technopolitain en vue d’une en- trée en production d’usine prévue pour 2016...D’autres territoires déploient des réponses analogues pour mettre le potentiel des entre- prises dans des conditions propices à son expression. autrefois connue comme un territoire de référence dans le secteur de l’armement et de la mécanique, la région de Bourges retrouve actuellement des couleurs et s’illustre par des développements concen- trés sur l’efficacité énergé- tique et de la gestion du risque au sens large. « L’im- plantation récente de Recti- cel, une grande entreprise productrice d’isolants inno- vants pour le secteur du bâti- ment, témoigne de cette tendance », indique ErikLa Fabrik » quiil s’agit de «.accueille de jeunes entre- prises innovantes en matière d’open source, d’écotechno- logies, de design industriel et d’industrie de l’image. Elle est située dans le parc techno- logique«SoWatt!»etest également dotée d’espaces de co-working.Mathieu Neu]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Créer aujourd’hui - Crédit-bail et taux basLouée soit la locationV ous êtes fraîche- ment installé(e) dans votre centre d’imagerie médicale flam- bant neuf, des diplômes plein les poches, de l’am- bition plein la tête. Une petite radiographie de l’état du marché, notam- ment du cabinet concur- rent situé à deux rues, et vous voilà rapidement face à une conclusion qui fait grincer les dents : pour se démarquer, il faut acquérir le scanner de dernière gé- nération qui défraye la chronique, un concentré de technologie numérique à laquelle n’échappe au- cune anomalie du corps humain. Problème : si l’appareil miracle rendra les patients stupéfaits, il provoquera aussi les yeux ronds du banquier avec son coût qui flirte avec le million d’euros. N’hésitez plus. Le crédit-bail est fait pour vous. C’est même le moment idéal, si l’on en croit les spécialistes de la question. « Les taux n’ont jamais été aussi bas. Une petite structure qui doit financer des équipements très chers, d’un coût uni- taire avoisinant un million d’euros par exemple, peut envisager un taux autour de 1,5%. C’est inédit », assure Jean-François Ger- vais, directeur général ad-« Une industrie pas si capitalistique finalement. Rien n’est à moi pour l’instant ! »tent un durcissement des conditions de prêt pour développer leurs activités. Les années 2000 se sont caractérisées par une bonne croissance du re- cours au crédit-bail, de l’ordre de 30% sur la pé- riode 2000-2008. S’en est suivie une période d’ato- nie pendant laquelle la crise économique n’inci- tait pas vraiment à conclure des financements de plusieurs années. Mais le leasing revient désor- mais sur le devant de la scène. « Il faut noter la bonne performance de 2014 : +2,8%, avec une production qui s’établit à 10,4 milliards d’euros. C’est une solution qui re- trouve des couleurs », re- lève Eugénie aurange, di- rectrice du développe- ment, du marketing et de la communication chez Crédit agricole Leasing & Factoring.Le crédit-bail est une formule en vogue pour le financement de matériels et équipements. avec une faiblesse sans précédent des taux d’intérêt, il s’avère être un outil essentiel. Focus.joint de BNP Paribas Lea- sing Solutions.Bien sûr, tous les acteurs ne peuvent pas prétendre à des conditions de ce type. En moyenne, les taux pratiqués titillent les 4%. ils dépendent naturelle- ment des matériels concer- nés. Pour les produits chers qui vieillissent bien, un contrat à 2,5 ou 3% est tout à fait possible. a l’inverse, dans le cas d’unvéhicule utilitaire à 10000 tourneront davantage au- euros, les négociations se tour de la durée du cré- clôtureront aux alentours dit. » La baisse globaledes taux d’intérêt explique l’attractivité redorée de la formule.UNE AUBAINEPOUR CONTOUR- NER LES CIRCUITS CLASSIQUESLa solution présente d’au- tant plus d’attrait que l’obtention de crédits clas- siques pour financer l’in- vestissement ne coule tou- jours pas de source. Un baromètre ifop publié en mai 2014 pour la CGPME et KPMG indique même que 75% des PME consta-toutes les entreprises peu- vent en théorie être inté- ressées, quels que soient la taille ou le secteur. « Nous travaillons étroi- tement avec des acteurs comme Canon pour les équipements informatiques ou John Deere pour le matériel agricole », ex- plique Eugénie aurange. Des domaines où la solu- tion est avantageuse et fré-+2,8% en 2014... Voilà une solution qui retrouve des couleurs !J’aime ma boîte Cpar Sophie ’est prouvé, la présence d’ani-Lâchez les chiens !de 6%. « Mais il s’agit là d’un maximum », précise Jean-François Gervais qui ajoute que « les débatsde MenthonPrésidente d'EtHiC Présidente de SDME Membre du CESErait un impact très positif sur les salariés !42 Mai 2015maux sur le lieu de travail au-Management. Le professeur Randolph Barker, de la Virginia Commonwealth University souligne que « les différences en terme de stress ressenti par les em- ployés entre les jours où les chiens étaient présents et les jours où ils ne l’étaient pas ont été étonnantes ». D’après cette même étude, il a été révélé que le contact avec les chiens faisait que « les salariés étaient dans l’ensemble bien plus satisfaits dans leur travail que la moyenne dans leur secteur ».d’interactions entre collègues, en en- courageant la communication. a ce sujet, une opération intitulée « Em- menez votre chien au travail », orga- nisée depuis une dizaine d’années par Pet Sitters international, illustre bien l’importance de la présence de nos amis à quatre pattes dans notre vie professionnelle !En effet, selon diverses études, la pré- sence d’animaux de compagnie, et en particulier les chiens, faciliterait le bien-être et la performance au travail. Elle participerait non seulement à di- minuer le stress des salariés, à mieux apprécier leur journée de travail et améliorer leur satisfaction, mais aussi à s’engager plus fortement dans leurs tâches quotidiennes. C’est ce que dé- voile l’enquête parue dans l’Interna- tional Journal of Workplace HealthL’étude met également en avant le fait que la présence du meilleur ami de l’homme au bureau entraîne davantagealors, qu’attendez-vous ? L’événement « J’aime ma boîte » est l’occasion idéale pour emmener votre boule de poil au bureau... Essayez, vous ne vi- vrez plus jamais votre journée de travail de la même façon !Œ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[[LEASING & FACTORING][8]www.ca-leasingfactoring.comCrédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre - Crédit photo : Getty Images - 04:2015]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Créer aujourd’hui - Crédit-bail et taux basquemment utilisée. Les énergies renouvelables et l’économie durable sont de mieux en mieux repré- sentées parmi les secteurs où ce type de financement s’impose. « Les parcs pho- tovoltaïques, les fermes éoliennes, les projets de méthanisation occupent une place importante dans les nouveaux contrats si- gnés », constate la direc- trice. Les entreprises de la filière comme la Com- pagnie du Vent sont clientes, tout comme les agriculteurs et les collec- tivités locales qui partici- pent largement à la relance du marché. « On observe depuis 2010-2011 une forte tendance des acteurs publics à recourir au cré- dit-bail. Le gouvernement alloue de moins en moins de fonds pour des inves- tissements. Cette solution apparaît donc comme une alternative adaptée. Désor- mais, le leasing ne concerne plus seulement les hôpitaux, mais aussi les municipalités, les conseils généraux, les mi- nistères, pour toutes sortes d’équipements », souligne Ralph Crockett, directeur commercial chez GE Ca- pital Equipement Finance.veut que le montant à payer pour devenir pro- priétaire à l’issue du contrat se résume à une valeur symbolique, sou- vent de l’ordre de 1 euro. Une formule d’autant plus intéressante pour les ma- tériels qui vieillissent bien. Dans le contexte ac- tuel d’accès difficile aux crédits bancaires clas- siques, elle prend vite des allures de remède miracle. Mais mieux vaut se ren- seigner sur la pertinence d’y recourir et de devenir propriétaire après plu- sieurs années. « Un ca- mion garde une valeur importante au bout de cinq ans. Un photoco- pieur, non », illustre Ralph Crockett. D’autres points de vigilance sont indispensables lorsqu’ap- proche le moment de la souscription. Le piège classique : un dirigeant finance un crédit-bail sur dix ans et se retrouve, au bout de trois ans, devant la nécessité de renouveler son parc informatique. Un nouvel achat à assumer parallèlement aux loyers à débourser. Le crédit- bail peut alors vite deve- nir un important frein, alors qu’il devait initia- lement faciliter la pro- gression des projets de l’entreprise. « La solution correspond à une straté- gie de sécurisation forte de l’activité. Mais encoreLe leasing, une solution qui évite de faire des investissements douloureux...44 Mai 2015QUELQUES MESURES DE PRUDENCE S’IMPOSENTLe principe du crédit-bailfaut-il se projeter effica- cement dans l’avenir et veiller à négocier des du- rées de crédit optimales », estime Vincent Saada, fondateur d’access Crédit Pro, spécialisée dans le courtage en financement d’entreprise.Emitech Group est un centre d’essai spécialisé dans les tests et certifi- cations de produits mé- caniques et électroniques. Pour valider la fiabilité et l’efficacité des équi- pements auprès de PSa, airbus et ses autresTraitement des fumées, de l’eau, recyclage, production énergétique... Les initiatives vertes sont dans l’air du temps et à l’origine de nombreux investissements matériels tout à fait adaptés au crédit-bail. Pour répondre à cette catégorie particulière de besoins, les Sociétés de financement des économies d’énergie (Sofergie) ont vu le jour. Une opération de leasing estampillée « Sofergie » vise à financer la totalité d’un projet de développement durable, incluant l’acquisition de terrains, bâtiments, équipements et installations dès que la préservation environnementale ou énergétique est en jeu. Concrètement, les investissements peuvent concerner des systèmes de chauffage, des produits éoliens, des unités d’incinération, ou encore des équipements destinés à nourrir les espaces verts. Tous les types d’en- treprises et toutes collectivités peuvent y prétendre. Pour être éligibles, les investissements doivent répondre à l’un des quatre objectifs suivants : utiliser de la chaleur, éco- nomiser l’énergie, développer des énergies renouvelables, traiter des déchets de toute nature.Le crédit-bail des Sofergie fait figure de dispositif innovant en raison de conditions d’application très atypiques. Les entreprises bénéficient d’un régime fiscal particulier dont profitent ces sociétés de financement. Les loyers pratiqués peuvent être flexibles, aussi bien dans le montant que dans la durée. Ils s’adaptent aux besoins réels des clients et à la nature complexe des investissements. L’immobilier peut par ailleurs être amorti sur la même durée que le mobilier, c’est-à-dire sur sept à dix ans au lieu de 20 ans. Une possibilité qui n’existe pas avec le crédit-bail classique. Il est également envisageable d’intégrer dans les montages de préfinancement des subventions des incitations fiscales, ainsi que le recours au Fonds de garantie des investissements de maîtrise de l’énergie (Fogime). Enfin, le volet le plus étonnant est sans doute la mise à disposition de l’entreprise cliente du savoir-faire d’équipes spécialisées, prodiguant des conseils aussi bien techniques que juridiques. Un véritable crédit-bail enveloppé dans du velours...SofergieUn crédit-bail pour projets verts]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Crédit-bail et taux bas CLUB ENtREPRENDREde ces besoins importants, lioration des perspectives légier l’usage plus que une acquisition au terme nous continuerons à gar- économiques, avec une la propriété pour disposer du contrat, ce qui est un der un œil sur le crédit- reprise des investisse- d’un matériel toujours peu en décalage avecUne petite structure qui doit financer des équipements très chers, d’un coût unitaire avoisinant un million d’euros par exemple,si les contours exacts de cette réforme ne sont pas encore connus. « Pour lesbail, son évolution, les taux qu’il propose », poursuit le dirigeant.peut envisager un taux de 1,5 % !ux normes IFRS, la nouvelle règle pourrait impliquer l’apparition au bilan du locataire des actifs du crédit-bail. Difficile de dire pour l’instant si le recours à cette solution en sera affecté », expliqueL’USAGE PLUTÔT QUE LA PROPRIÉTÉ Parmi les motivations des clients du crédit-bail fi- gure aussi la volonté de diversifier son porte- feuille. « Il est rare qu’on dispose uniquement d’un crédit de ce type », té- moigne Jean-François Gervais. S’il est adapté à certains achats, d’autres options sont parfois pré- férables. « Le choix dé- pend de la nature des in- vestissements à réaliser », estime Matthieu Cognet. Le leasing s’apparente également à un finance- ment à 100%, là où la plupart des autres crédits demandent un apport per- sonnel de départ de l’or- dre de 30% de l’investis- sement total. autre élé- ment qui fait pencher la balance : l’opération ne figure pas dans le bilan, ce qui est loin d’être un détail. Cette absence si- gnifie qu’aucun endette- ment lié à l’acquisition d’un actif n’apparaît. En d’autres mots, la voie est libre pour souscrire un éventuel crédit supplé- mentaire. La cerise sur le gâteau, en ces temps éco- nomiques encore tendus, est peut-être le volet fis- cal, puisque les loyers constituent autant de charges déductibles du ré- sultat de l’entreprise. En étant connues à l’avance, ces charges ont l’avantage de permettre à l’entrepre- neur d’anticiper et de lis- ser ses dépenses dans le temps. S’y ajoute égale- ment l’atout de la sécurité grâce aux loyers fixes dé- pourvus de mauvaises sur- prises en termes de va- riations de taux.ments des entreprises, permet d’envisager un plus fort recours au lea- sing. Ensuite, c’est un fi- nancement qui est en phase avec l’air du temps. La tendance est à privi-plus performant », in- dique Eugénie aurange. Une évolution indéniable, « comme en témoigne le succès de Blablacar. A ceci près que le leasing implique tout de mêmecette philosophie de l’usage », relativise Ralph Crockett. a plus court terme, une nouvelle norme comptable pourrait changer la comptabilisa- tion du crédit-bail, mêmeJean-François Gervais.entreprises soumises a.clients, cet arbitre de l’in- dustrie utilise des ma- chines très spéciales, des appareils de mesure de toutes sortes, chers et d’une durée de vie longue. Le profil idéal pour être client du crédit-bail. L’en- treprise existe depuis une trentaine d’années, mais n’utilise le leasing pour ces équipements coûteux que depuis peu. « Il y a onze ans, nous avons re- couru au crédit-bail im- mobilier, en vue de l’ac- quisition de notre siège social. D’autres crédits- baux immobiliers ont suivi, et ce n’est qu’en- suite que l’idée de finan- cer les matériels de cette manière s’est concréti- sée », explique Matthieu Cognet, P-Dg de la so- ciété. La solution semble convenir au groupe. L’an passé, quelque 600000 euros de nouveaux contrats ont été souscrits. « Nous avons une crois- sance à deux chiffres chaque année. Nous dé- pensons annuellement 15% de notre chiffre d’af- faires pour l’acquisition de matériels. Compte tenua en croire les spécia- listes, le succès du cré- dit-bail n’est pas prêt de se tarir. « D’abord, l’amé-Mai 2015 45Mathieu Neu]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRENDRE Business guides - Espaces de congrèsDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantLes Palais des Congrès sortent le grand jeu Dans un contexte économique morose, les centres de congrès misent sur leur proximité avec Paris,(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsMots-clésnium. Les séminaires et conventions sont faits pour cela et il est difficile de les remplacer par d’autres moyens. Les gens ont besoin de se voir, en chair et en os. On peut donc penser que si la demande et les niveaux de dépense des grandes entreprises et des PME/PMI se présentent en « yo- yo », il y aura encore durant longtemps des réunions professionnelles. » Lieux privilégiés des grandes réunions, les centres de congrès permettent aux entreprises de s’informer et de débattre. a cet égard, la France peut se targuer d’être la première destination euro- péenne en matière d’équipements pour l’accueil de grandes manifestations, avec près de 120 centres de congrès – soit 147000 places au total –, 2000 structures d’une capacité d’au moins 200 participants, 15 palais des congrès de plus de 4000 places, et 80 parcs d’exposition ! Les centres de congrès ne sont pas les seuls à tirer bénéfice des grandes manifestations, puisque toute la filière touristique et écono- mique de la région profite de leursPierre-Jean Lepagnotretombées. L’enjeu stratégique est énorme, c’est pourquoi les villes ri- valisent d’atouts pour séduire les or- ganisateurs d’évènements. Bien sûr, toutes ne partent pas avec les mêmes armes. ainsi, Paris et sa région misent sur des propositions très diverses, avec une vingtaine de sites dédiés. a côté de la capitale, des métropoles très dynamiques tentent de tirer leur épingle du jeu en misant sur leurs points forts : le charme de la destina- tion, leur proximité avec Paris, une offre hôtelière dense et surtout, des prix significativement moins élevés que dans la capitale. Pour autant, aucun Palais des Congrès de région ne peut prétendre emporter un marché sans justifier d’une offre technique haut-de-gamme. après le prix, l’accès internet très haut débit et la qualité du son-lumière constituent en effet les principaux critères de sélection des entreprises à la recherche de sites susceptibles d’assurer à leurs meetingsle confort de leur site et une offre technologique innovante.Le prix, premier critère de sélection Le temps, c’est de l’argentHavres de travail1 2 34 L’atout charme5 L’hôtellerie, facteur de séduction6 La technologie, élément différenciantM7 Une offre responsable8 L’essor du « all inclusive ».algré la place que les nou- « contacts » directs. « Même en période velles technologies, les vi- de crise ou de post-crise, elles ont sioconférences, Skype et au- besoin de réunir leurs troupes, leurstres Facetime occupent aujourd’hui revendeurs, leurs concessionnaires, dans la communication, les entreprises leurs clients, rappelle Mark Watkins, et associations ont toujours besoin de président-fondateur de Coach om-un succès éclatant.JFiction:Unséminaire,çaseprépare eune chargé de communication dans une choisi un site à une petite centaine de kilomètresreusement pas là. Les salariés invités se rendirent rapidement compte de la faiblesse, voire de l’inexistence, d’un réseau wi-fi digne de ce nom 6 . Le désert technologique se poursuivit jusque dans la salle de l’événement, où l’offre son et lumière s’apparentait davantage à celle d’une boom de classe primaire qu’à un meeting de campagne américaine. Dans ce contexte, le séminaire ne laissa pas un souvenir impérissable aux invités comme à Lionel. Responsable direct de la médiocrité de l’évènement, quelle ne fut pas sa surprise de se voir reprocher par une partie des commerciaux, rapidement soutenue par la direction, son manque d’esprit civiquePME industrielle derégion parisienne, du siège de l’entreprise, se disant qu’il réduisait Lionel a accueilli avec enthousiasme le ainsi les coûts de transport, un enjeu de taille challenge que sa direction venait de lui confier : pour les entreprises en ces temps de contrôleorganiser de a à Z le meeting annuel des com- merciaux de l’entreprise. L’enjeu ? Réunir deux jours durant plus de 200 salariés pour féliciter les uns, mais surtout pour raviver la flamme commerciale des autres, dans un environnement économique pour le moins difficile. Malheu- reusement, dans cette entreprise familiale guère habituée à ce genre d’évènement, le trentenaire a vite compris que sa mission ne serait pas de tout repos. Première obstacle : le timing. Pour le patron, fidèle à son exigence qui fait trembler ses collaborateurs, le congrès devait se tenir dès le mois suivant. En trois semaines seulement, difficile de faire des miracles, se lamente Lio- nel.des coûts exacerbé 2 .Plus problématique, compte tenu des délais, le jeune chargé de communication s’est vu refuser le Palais des Congrès de la région, réservé, comme chaque année, par la convention locale des pharmaciens. Résultat, Lionel s’est rabattu sur le seul hôtel daignant les accueillir, lui et ses 200 commerciaux 3 . Un mauvais choix pour les acteurs du séminaire, qui auraient préféré un cadre autrement plus agréable et dé- paysant que la salle de conférence surannée de cet hôtel de province 4 .D’autant que, dans la précipitation, Lionel n’a pas étudié avec suffisamment d’attention la ca- pacité hôtelière du site 5 . Certes, les 200 cham- bres existent... Mais réparties dans cinq hôtels de la ville. on a vu mieux pour simplifier l’or- ganisation et ranimer l’esprit d’équipe des sala- riés !Les déboires de Lionel ne s’arrêtèrent malheu-7 . a l’issue du séminaire en effet, personne ne put estimer « l’impact négatif de l’évènement sur la planète ». aucune mesure de l’empreinte carbone à l’horizon, et encore moins de solutions pour la compenser... Un comble pour le leader français de la gestion des déchets. La prochaine fois, il optera pour un service « all inclusive » certes un peu plus cher, mais tellement plus re- posant 8 .alors que les acteurs du secteur du tourisme d’affaires s’accordent à dire que le prix est devenu le principal critère de sélection des sites1 , il semble compliqué de faire jouer la concur- rence. Par manque de temps, Lionel a finalement46 Mai 2015Cahier pratique n°1 - Espaces de congrèsŒ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20Dans une conjoncture morose où le prix des voyages en train ou en avion évolue significativement plus vite que les bénéfices, les sociétés se sont lancées dans une chasse aux économies de transport dans les voyages d’affaires. Pour preuve, selon Coach omnium, les entreprises établies en France restent davantage sur le territoire afin de faire des économies et de réduire les distances d’acheminement vers les lieux de séminaires et de conventions. Une tendance dont compte bien profiter les Palais des Congrès proches de Paris et bien desservis. « Deauville n’est qu’à deux heures de Paris et ses aéroports, en voiture comme en train », rappelle Jacques Belin, directeur général du Centre international de Deauville (CiD). Pour expliquer l’intérêt des sociétés pour artois Expos, Pierre Marie Porte, son directeur, rappelle lui aussi ainsi que le site, à arras, « est très bien situé géographiquement, quasiment à équidistance de Paris et Bruxelles, et proche de Londres ». Selon Éric Montant, de la Cité des Congrès de Nantes, l’accès rapide au Palais des Congrès est un élément clef pour les organisateurs : « L’un des principaux atouts de La Cité des Congrès de Nantes est sa si- tuation géographique : la ville est à deux heures de Paris en TGV, et La Cité fait face à la gare. Chez nous, les entreprises économisent le coût des navettes susceptibles de transporter les participants d’un point à un autre ».CLUB ENtREPRENDRE Business guides - Espaces de congrès 1 LE PRIX, PREMIER CRITÈRE DE SÉLECTION« Si dans les faits, les effets de la crise économique ne sont plus une surprise, les organisateurs de manifestations professionnelles fonctionnent presque au jour le jour, sans vraie anticipation. Ils peuvent entreprendre sans préavis un regain de commandes de manifestations, ou encore décider de geler, voire de réduire les dépenses, au dernier moment », constate Mark Watkins, de Coach omnium. Dans ce contexte, le prix est devenu ces dernières années le premier critère de sélection des entreprises à la recherche d’un Palais des Congrès susceptible d’accueillir leur événement, comme le confirme Éric Montant, directeur du développement de La Cité des Congrès de Nantes : « Pour des raisons de budget, les entreprises entament plus tardivement qu’auparavant les démarches d’organisation d’un événement. Aujourd’hui, le facteur prix constitue l’élément primordial, devant l’offre hôtelière et les services de transports, ce n’était pas le cas auparavant ». Qu’importe le charme du site donc, ce que regrette Chantal Cutoli, directrice du Palais des Congrès d’ajaccio : « Les entreprises sont de plus en plus regardantes sur les prix des prestations, il est clair que le budget alloué aux séminaires s’est contracté ces dernières années ». Des observations confirmées par la dernière étude Coach omnium sur le marché du MiCE. Selon le cabinet de conseil, les en- treprises établies en France ont dépensé en 2014 un volume global estimé de 8,1 milliards d’euros pour le tourisme d’affaires, soit une baisse de 5,2% par rapport à 2013. Une austérité qui devrait profiter aux Palais des Congrès de2 LE TEMPS, C’EST DE L’ARGENTrovince, dont les prestations sont globalement 30% moins chères qu’à Paris, selon les spécialistes interrogés.p3Les hôtels n’ont plus la cote, en tant que lieuxHAVRES DE TRAVAILliens entre salariés et entre salariés et dirigeants, cette organisation recueille un vif succès », ex- plique Pierre Marie Porte. Enfin, les Palais des Congrès ajustent leurs propositions à l’évolution de la demande des entreprises, comme l’explique Éric Montant : « Concernant le format des évé- nements, je constate un réel changement. Les entreprises recherchent désormais de la proximité, pour resserrer les liens entre, par exemple, l’équipe dirigeante et les salariés. Dans ce cadre, elles privilégient de plus en plus une ins- tallation de type cabaret, c’est à dire des groupes de tables rondes de six à huit couverts en demi- lune plutôt qu’un bureau sur estrade face au public ».L’HÔTELLERIE, FACTEUR DE SÉDUCTIONL’offre hôtelière est étudiée avec soin par les entreprises à la recherche d’un lieu pour un évènement. Sur ce point, certains sites peuvent être pénalisés : « Nous ne pouvons proposer l’unité de lieu, qui est pourtant souvent recherchée par les organisateurs. La ville compte bien sûr beaucoup d’hôtels, mais de petite taille. Pour les gros séminaires, nous sommes donc contraints d’éparpiller les invités dans plusieurs lieux d’hébergement. Pour autant, Ajaccio reste une petite ville où la majorité des trajets peuvent se faire à pied », reconnaît la directrice du Palais des Congrès de Corse du Sud. L’unité de lieu constitue un facteur clef. « Nos installations sont concentrées dans un périmètre très rapproché. Ainsi, il suffit de traverser la rue pour se rendre du CID à l’hôtel ou au casino, explique Jacques Belin. Mieux, un tunnel permet de relier le CID à l’hôtel Normandy et au casino. L’unité de lieu est très recherchée et appréciée par les sociétés qui cherchent à gagner du temps en se passant des transports en navette. » Un constat partagé par Éric Montant. Dans cette optique d’optimisation du temps, « Nantes bénéficie d’une offre hôtelière très vaste, avec 8643 chambres d’hôtels dont plus de 1100 di- rectement accessibles à pied », précise le dirigeant.de séminaire, auprès des entreprises. Selon Coach omnium, ils ont été bien moins sollicités en 2014 qu’en 2013. La raison principale ? Le manque de personnalité des grandes salles dans ces hôtels. A contrario, les Palais des Congrès rivalisent d’efforts pour offrir un cadre de travail agréable aux sociétés. « Nous misons également sur le confort et l’esthétique du site. Ouverte en 1992, La Cité de Nantes est principalement faite de bois et de baies vitrées, ce qui lui confère une atmosphère très chaleureuse. Les entreprises ne souhaitent plus s’enfermer des heures, voire desdes Congrès se sont mis à la page pour offrir des formats innovants d’évènements, à l’image d’ar- tois Expos : « Nous proposons un auditorium de 1000 places rétractables, ce qui nous permet d’ajuster la jauge en fonction du nombre d’invités. De plus, depuis l’an dernier, cet auditorium peut pivoter à 360 degrés, un service que nous sommes les seuls à offrir en France. Les entre- prises ont été emballées par cette prestation qui transforme un séminaire en un show à l’améri- caine. Nous pouvons mettre en place des agen- cements originaux, avec par exemple deux tribunes dans la même salle, pour renforcer le caractère interactif et vivant de l’évènement. A4jours, dans des salles désuètes ou sombres »,explique Éric Montant. Par ailleurs, les Palais l’heure où les entreprises cherchen5L’ATOUT CHARMEt à tisser desPour remporter des contrats, les Palais des Congrès insistent sur l’attrait touristique de leur site. Chantal Cutoli n’en fait pas mystère : « Le Palais des Congrès d’Ajaccio est situé dans le centre-ville, sur le port de plaisance, à proximité immédiate des restaurants et des commerces. Cela séduit bon nombre d’entreprises désireuses d’organiser un événement dans un cadre agréable et dépaysant ». Un constat partagé par Jacques Belin : « Deauville reste une destination exotique, la plage n’est qu’à une centaine de mètres du CID et des restaurants ». La beauté du site est également un atout du Palais des Congrès d’antibes Juan-les-Pins : « Le charme de la ville n’est bien sûr pas notre principal argument de vente, mais il est clair que les clients en repérage ne sont pas insensibles à la douceur du climat et à la vue sur mer », reconnaît Jean-Pierre Derail, directeur de l’exploitation. Si Bourges ne mise pas sur la vue sur mer, la commune du Cher compte sur le charme de la ville et sa proximité avec Paris : « Les clients qui dépassent la sphère régionale sont ceux qui recherchent un cadre agréable à moins de deux heures de la ca- pitale. Notre situation géographique centrale est à cet égard un réel atout », assure Patrick Ponchon, directeur Jeanne & Louis Productions, gestionnaire des Rives d’auron. La ville compte par ailleurs sur la notoriété de son festival musical, Le Printemps de Bourges, pour attirer les séminaires : « Sa réputation est un plus pour notre activité. Bien sûr, on ne nous choisit pas uniquement grâce au festival, mais il apporte une image de jeunesse, de dynamisme et de fraicheur qui séduit certaines entreprises », affirme le dirigeant. De son côté, Pierre-Marie Porte, d’artois Expo, mise sur l’accessibilité de son site pour tirer son épingle du jeu. « Les organisateurs apprécient la possibilité offerte aux participants d’un évènement de s’y rendre en voiture. Le parking de 1000 places est accolé au Palais des Congrès, un luxe que l’essentiel des autres Palais ne connaissent pas », assure le dirigeant.48 Mai 2015Cahier pratique n°1 - Espaces de congrèsŒ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENt6REPRENDRE Business guides - Espaces de congrès7LA TECHNOLOGIE, ÉLÉMENT DIFFÉRENCIANTPour survivre dans un univers concurrentiel, les Palais des Congrès ont compris l’importance de l’innovation. Engagée dans une politique de valorisation, d’animation et de dévelop- pement économique, la ville d’antibes Juan-les-Pins a décidé de construire un nouveau Palais des Congrès, en lieu et place de l’ancienne structure devenue obsolète. outre l’esthétique du site, imaginée par l’architecte parisien Jean-Jacques ory, le nouveau Palais bénéficie de la technologie la plus poussée : « Pouvoir offrir à nos clients le meilleur de la technologie actuelle est un vrai plus », reconnait Jean-Pierre Derail. Pour Eric Montant, c’est effectivement un atout majeur : « La Cité peut également compter sur une offre technique haut-de- gamme complètement internalisée. Si tous nos clients n’ont pas besoin pour leur événement de notre service PiP (Picture in Picture), qui permet via un seul vidéoprojecteur la diffusion de plusieurs sources simultanées, ou d’un éclairage scénique personnalisé, ils sont rassurés de savoir qu’une offre innovanteexiste et qu’elle est intégralement pilotée par nos équipes. A UNE OFFREleurs yeux, c’est un gage de qualité, de fiabilité et de sérieux différenciant. » Le CiD de Deauville a bien compris lui aussi tout l’avantage que le site pouvait tirer de l’innovation, comme le souligne Jacques Belin : « Les entreprises sont désormais très regardantes sur l’aspect technique et innovant des prestations. Ainsi, elles demandent à être connectées en per- manence. Dans ce cadre, nous avons équipé le CID de 750 prises très haut débit, reliées à la fibre optique de la communauté de commune. De même, les organisateurs sont de plus en soucieux de la qualité du son. Accueillant chaque année le festival du cinéma américain, le CID est également à la pointe avec un son conférence en KARAL L Acoustics. Le CID est par ailleurs le premier centre de congrès en France à équiper son auditorium de la technologie DOLBY ATMOS. Cette prestation représente une vraie révolution qui est très appréciée des en- treprises. »RESPONSABLELes responsables des Palais des Congrès disent constater un intérêt croissant des clients pour le développement dura- ble. Les entreprises aiment en effet donner du sens à leur événement : « Elles souhaitent par exemple qu’on leur serve des mets cuisinés selon les traditions locales. Elles sont attentives à la gestion des dé- chets et à l’empreinte carbone. A cet effet, La Cité livre sys- tématiquement, dès le premier devis, une approche carbone par personne et s’est dotée d’outils et de compétences permettant d’anticiper, de me- surer et de compenser son im- pact carbone, détaille Éric Montant. A cet égard, nous avons été précurseurs, il y a une dizaine d’années. Résultat, La Cité fait partie des premiers Palais des Congrès certifiés ISO 9001, notés ISO 26000 niveau confirmé et Charte Qualité et Développement Du- rable de France Congrès. » De son côté, le Palais des Congrès d’antibes Juan-les- Pins a été construit avec la volonté de conservation et d’optimisation des espaces verts. La façade a été partiel- lement végétalisée et surtout, le bâtiment obéit à la logique de construction bioclimatique (réduction de la consommation énergétique).8En retardant les démarches d’organisation d’un événement, les entreprises se laissent mécaniquement moins de temps pour gérer elles-mêmes son bon déroulement. Face à cette nouvelle donne, les Palais des Congrès s’organisent. ils proposent tous, gracieusement ou non, d’accom- pagner activement les entreprises dans leurs démarches. ainsi, à ajaccio, « l’équipe du Palais assure pour chaque projet de programmation, à titre gracieux, une interface systématique visant à ga- rantir à ses clients la faisabilité opéra- tionnelle et qualitative de leurs événe- ments en Corse, conformément à l’éten- due de leurs besoins », indique Chantal Cutoli. De son côté, artois Expos propose un service all inclusive « qui est de plus en demandé », assure Jean-Marie Porte. a Bourges aussi, on est prêt à mettre les petits plats dans les grands, comme le précise Patrick Ponchon : « Sur le côté logistique, s’il est difficile de généraliser, il me semble toutefois que les clients re- cherchent de plus en plus des prestations clefs en main. Dans cette perspective, nous pouvons à la demande nous occuper du traiteur, du son, etc. »L’ESSOR DU« ALL INCLUSIVE »50 Mai 2015Cahier pratique n°1 - Espaces de congrès]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frBusiness guides - Flotte automobile - Tendances CLUB ENtREPRENDRE Bientôt tous loueurs ?Porté par des tendances telles que la géolocalisation, l’électrification ou l’infotainment, la location longue duréeMots-clés poursuit sa route sur des pentes ascendantes.Geoffroy Framery1 2 3Généraliste vs premium : moins cher ?Le double effet kiss cool de la géolocalisation Rouler vert et électrifier les usagesment, les entreprises enregistrent à l’inverse une hausse de 1,6% sur les immatriculations Véhicule par- ticulier (VP) et Véhicule utilitaire (VU) avec 189723 unités au total. Mieux encore : les loueurs longue durée ont mis sur les routes 117266 véhicules, ce qui représente une hausse de 14,4%. Les chiffres pour l’année 2014 sont donc encourageants pour les professionnels de la longue durée. Pour mieux nous situer, le parc se constituait de 1,2 millions de véhicules en 2012. « La LLD continue de croître. Les derniers chiffres évoquent un parc de 1,5 mil- lions de véhicule en LLD, affirmetation, la vie d’un véhicule lie beau- coup de métiers et signifie de nom- breuses factures à gérer. C’est com- plexe et chronophage. Externaliser, c’est schématiquement avoir une seule facture à payer sans se soucier de la gestion. » Le succès de la for- mule se confirme. De là à pousser le scénario de la location jusqu’à son extrême et envisager que toutes les entreprises ne soient plus pro- priétaires de leur véhicules, il y a un pas que les experts ne se risquent pas à franchir. « Le scénario du tout- location n’est pas réaliste au regard de la typologie des entreprises et de la variété du mode de gestion deP4 A qui s'adresser ?5 L’avis d’André Gallin, président de la CNPAassé le plat de résistance du repas dominical, votre tonton ou votre frère – celui un peupierre et d’un bon cru, l’automobile, sauf rares exceptions, ne se bonifie pas avec le temps. ajoutez à cela le fait que la génération Y – autrement dit nos jeunes cadres dynamiquesparc. Les entreprises veulent gar- der la liberté sur le moyen de dé- tention du véhicule », juge ainsi David Schotkosky, directeur ventes et du réseau toyota France. Ledégarni qui sort des blagues d’un goût douteux – peut aussi, selon ses humeurs, s’improviser expert en voi- tures. Du haut de sa maîtrise quin- quagénaire de la question, combien de fois vous a-t-il asséné la remarque suivante : « Une voiture, dès le pre- mier tour de clé, elle perd 30% de sa valeur. Achète pas neuf, prends une bonne occas’ ou fait du leasing pour changer facilement de ba- gnole » ? Derrière ce conseil avisé dont vous vous seriez bien passé, se cache malgré tout un peu de bon sens. a contre-courant de la bonne– n’érige plus la voiture comme signe ostentatoire de réussite so- ciale, et vous obtenez un glisse- ment des offres de leasing de l’en- treprise vers le particulier, preuve du succès de la formule. Signe des temps, la location plaît. Et la location longue durée plaît encore plus. ainsi, le marché du véhicule neuf a connu un repli de 3,6% au dernier trimestre 2014 par rapport aux chiffres de l’année précédente, avec 556340 im- matriculations. Malgré ce fléchisse-La LLD continue de croître.Fiction : Comment sortir la tête de l'eau ?Quelles décisions Nicolas, olivier et aurélie vont-ils prendre pour accompagner la croissance de leur société ?Jean-François Chanal, directeur gé- néral d’aLD automotive et président du Syndicat national des loueurs des véhicules de longue durée (SNLVLD). L’externalisation du parc a fait son chemin et son succès s’ex- plique d’abord par la très forte sim- plification qu’implique son recours : de l’achat à la revente, en passant par l’entretien et les coûts d’exploi-professionnel ajoute cependant que « la part globale de la location tendra toujours à augmenter, d’autant que les TPE commencent à s’y inté- resser ». Reste encore à convaincre les PME, toujours frileuses, ou lesnon-initiées. Pas facile ?En pleine reconversion professionnelle, Nicolas, olivier et aurélie, pas encore trentenaires, se lancent dans l’entrepreneuriat et fondent leur société de tourisme et d’événementiel afin de du- pliquer l’œnotourisme au patrimoine brassicole. avec un concept neuf, leur boîte démarre sur les chapeaux de roues. Se pose alors pour la première fois la question de leur parc automobile, d’autant que les trois acolytes hésitent et valsent entre le recours à leur(s) véhicule(s) de société, à un trans- porteur, ou à un loueur professionnel. Dans cette jeune tPE, Nicolas, nommé directeur administratif et financier s’empresse d’acheter de nouveaux véhicules. Erreur, compte tenu de l’usage du parc ! Nicolas s’arrache désormais les cheveux à entasser des factures de carburant, appeler les compagnies d’assurances et chercher des véhicules moins gourmands pour ses collaborateurs, tout en ayant recours à des loueurs courte et moyenne durée pour les usages saisonniers 5 . Mais c’est sans compter sur la débrouillardise du jeune directeur. Mieux avisé, celui-ci prend rendez-vous chez l’undes experts français de la gestion de parc. Un choix d’autant plus heureux que l’expert ne dépend ni de la filiale d’un loueur, ni de celle d’un constructeur. Les conseils avisés du professionnel permettent alors à la jeune pousse de se réinsérer aisément sur l’autoroute du succès, sans boite de vitesse qui craque, ni de doubles classeurs de fac- tures qui s’amoncellent dans ses bureaux. De sé- minaires en séminaires, la jeune SaRL connaît un développement exponentiel. Si bien que cinq années plus tard, les trois associés se retrouvent vite débordés par les événements. Croulant sous les devis, aurélie se charge de l’ouverture des franchises en Belgique et au Royaume-Uni, tandis qu’olivier sillonne le pays pour décliner son casino de la bière dans toutes les métropoles. Entre deux campagnes de recrutement, Nicolas décide d’externaliser totalement la gestion de sa flotte automobile. Reste à trouver le temps d’établir une car policy pour coller aux besoins de ses em- ployés tout en s’enquérant du bon interlocuteurà l’international. Conquérant, le dynamique trio continue d’exploser son chiffre d’affaires. Désormais dans la force de l’âge qui caractérise les quadra- génaires, Nicolas apprécie la sous-cape d’un cigare cubain, olivier achète par caisses de la Côte- Rôtie et aurélie roule dans un SUV BMW aux vitres teintées. Craquage d’hommes ou de femmes d’affaires me direz-vous ? Pas sûr ! Surtout en matière de voiture 1 . L’époque du premier opel Vivaro semble bien lointaine. Et Nicolas, entre deux bouffées de cigare, de penser à l’électrification d’une partie de sa flotte 3 pour que ses commer- ciaux sédentaires se déplacent aisément dans chaque métropole. il songe aussi à récompenser rapidement ses meilleurs éléments d’un avantage en nature qui sera équipé des dernières avancées en géolocalisation et en infotainment 2 . Plus de nid de poules sur le terrain de la gestion de leur parc, ni de gravier dans la mécanique d’affaires de nos trois chefs d’entreprise... tout roule pour4 compte tenu du développement de leur sociétécette belle PME.Mai 2015 51Cahier pratique n°2 - Flotte automobileŒ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20CLUB ENtREPRE1NDRE Business guides - Flotte automobile - TendancesGÉNÉRALISTE VS PREMIUM : MOINS CHER ?Pour deux véhicules du même segment, un loueur national, voulant garder l’anonymat, témoigne : une Renault Mégane Diesel Finition Business coûte à l’achat environ 25000 euros, sur le même segment, une Volvo V40 pour une puissance légèrement supérieure, également dans une finition business affichera un coût de 29000 euros. a partir de ce prix catalogue, les loyers, définis pour trois ans ou 90000 kilomètres, seront respectivement de 431 euros/mois pour le modèle de chez Renault et de 446 euros/ mois pour celui de chez Volvo. Cette quasi-équivalence de loyer entre ces deux véhicules s’explique principalement par la fameuse notion de valeur résiduelle du véhicule, qui sera dans ce cas de figure de 30% pour la Mégane et de 47% pour la Volvo. Plus le véhicule d’occasion est bien côté, plus ses loyers calculés en fonction de cette valeur seront bas. autrement dit, rouler en Volvo ne vous coûtera que 540 euros de plus sur trois ans, bien que l’écart de prix soit de 4000 euros au départ. ajoutez à cela la tVS indexée sur les émissions de Co2, la consommation du véhicule, etc. « Il faut ajouter que les constructeurs Premium tels que BMW sont des motoristes historiques. Leur savoir-faire en la matière leur donne aussi une longueur d’avance sur les taux d’émission de CO2. Sur le principe de calcul du TCO, le coût d’exploitation d’un véhicule Premium est aussi compétitif que le véhicule à segment équivalent d’un constructeur généraliste », complète Marcel Pierron, responsable cellule flottes, sociétés, partenariat et protocole de JFC Duffort Business.2Le plus dur pour un gestionnaire: choisir des véhicules propres, chics et adaptés aux usagesLE DOUBLE EFFET KISS COOL DE LA GÉOLOCALISATIONau-delà du prestige de la marque, l’électronique est le principal levier de valorisation d’un véhicule et rentre de plus en plus en ligne de compte dans sa valeur résiduelle. Les partenariats entre constructeurs et professionnels de la géolocalisation foisonnent. tom tom avec Fiat ou encore Coyote et toyota aboutissent à des équipements hybrides entre le divertissement et la navigation. on arrive à des so- lutions d’infotainment, notamment dans les lignes business destinées à apporter davantage de confort et de ludique au récipiendaire du véhicule. L’exploitation de ces outils profite par ailleurs au gestionnaire de parc en matière d’analyse des données et de comportements routiers. Mais les écueils sont nombreux : comment contrôler sans trop fliquer ? Mais surtout que faire de ces données ? « Auparavant, nous avions déjà des informations qui remontaient, avec la carte carburant ou l’entretien du véhicule. Mais aujourd’hui, beaucoup plus d’informations, de natures différentes, re- montent. Que fait-on de ces éléments indiscrets que nous révèlent les voitures ? Pour l’instant, nous sommes dans la phase d’élaboration du traitement de ces données. Nous sommes en concertation avec la CNIL pour trouver un moyen optimal de gestion tout en respectant la vie privée », explique Jean-François Chanal.54 Mai 2015Cahier pratique n°2 - Flotte automobile]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frBusiness guides - Flotte automobile - Tendances CLUB ENtREPRENDRE 3 ÉLECTRIFIER ET LES USAGESComminiquéROULER VERT ETil est délicat d’établir une car policy. Si le choix du véhicule incombe à chaque entreprise, encore faut-il faire correspondre le modèle au terrain et à la fiscalité en vigueur. Cela explique le succès de cer- taines motorisations : « En termes de ventes sociétés, la motorisation hybride nous démarque des autres constructeurs », avance David Schotkovski. ailleurs, et plutôt dans les parcs d’activité et les grandes villes, les usages s’électrifient. « On a un peu mis la charrue avant les bœufs en promouvant le véhicule électrique avant le développement d’un réseau pour le recharger », explique andré Gallin. Et Jean-François Chanal d’ajouter : « Mais le bonus électrique reste incitatif dans un contexte où les entreprises ne souhai- tent pas dépenser plus pour un véhicule propre. Cette mesure aide donc à diffuser les usages électriques, mais il faut bien garder à l’esprit que de nombreux rouleurs n’y sont pas éligibles, en particulier ceux qui font 30000km/an. »4S’il existe des professionnels régionauxde la location, force est de constater que« 80% du marché est détenu par huitgrands loueurs », explique Jean-FrançoisChanal. Mais les constructeurs ne sontpas en reste : Renault, opel ou encoretoyota, pour ne citer qu’eux, possèdentleurs concessionnaires dédiés. « Notreoffre Toyota Lease Grands Comptes estune alternative en parallèle des grandsloueurs, car elle permet d’intensifier lachaîne de valeur en proposant, en plusd’un véhicule, des services financiers, del’assurance et des offres », expose DavidSchotkovski. 5 Deux grandes possibilités s’offrent ainsiA QUI S'ADRESSER ?au gestionnaire au moment d’opter pour la location : recourir à un grand loueur, filiale d’un groupe bancaire, ou s’adresser à un constructeur via l’un de ses conces- sionnaires. Le choix de l’interlocuteur dépendra aussi du rayonnement du loueur. Exit le professionnel de la location si son positionnement est trop restreint. D’ail- leurs, seule une poignée d’acteurs peuvent se targuer d’un rayon d’action international. Dernière chausse-trappe à éviter, le choix d’un loueur ne sera pas exclusif. En choisir deux, pas plus, permet un benchmark de qualité tout en faisant jouer la concur- rence.ANDRÉ GALLIN, PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DES LOUEURS DE VOITURES AU CNPA, LIVRE SON AVIS SUR LA LOCATION COURTE DURÉE« On aime toujours la voiture, mais on s’en détache et on l’utilise dans des pratiques multimodales. Ce qui change pour la courte durée, c’est son offre qui se dématérialise complètement. Le professionnel n’a plus besoin de se déplacer ni de passer par un intermédiaire pour louer. En courte durée, ce qui se développe, c’est bien l’acte de location, qui devient immatériel. Aujourd’hui, c’est avec mon smartphone que je réserve un véhicule, je connais le numéro de parking et la place. L’auto-partage surfe sur cette tendance, notamment pour le marché intra-urbain et électrique. »Mai 2015 55]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUELe carnet desnominationsen partenariat avec}SUEZ ENVIRONNEMENTMonsieur Raphaël DanteMonsieur Raphaël Dante est promu IT business partner de Suez Environnement, à ce poste depuis janvier 2015.Raphaël Dante, 34 ans, BTS informatique industrielle (2002), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Suez Environnement, responsable des systèmes d'infor-mation.n 2005-2012 : SITA Méditerranée, responsable des systèmes d'informa-tion.n 2003-2005 : ASC2I, technicien informatique.n 2002-2003 : Causse-Walon, préparateur automobile.} SAGEMMonsieur Renaud BlechMonsieur Renaud Blech est nommé directeur des systèmes d'information de Sagem, à ce poste depuis janvier 2015.Renaud Blech, 48 ans, Mines ParisTech (1992), Polytechnique (1987), a réalisé le parcours suivant :n 2009-2014 : Alstom Power, vice president supply chain & achats, activitéNucléaire.n 2000-2009 : Alstom, directeur des systèmes d'information.n 1996-2000 : Bestfoods, chef de projet Organisation et gestion indus-trielle, puis responsable des études informatiques Industrie.n 1992-1996 : Michelin, responsable du service de gestion de produc-tion.} ECONOCOMMonsieur Christophe MerckensMonsieur Christophe Merckens est nommé directeur des systèmes d'information du groupe Econocom, à ce poste depuis mars 2015. Il est ainsi en charge de la définition et de la mise en oeuvre de la politique et du schéma directeur informatique du groupe, de l'amélioration du service aux clients internes, et de l'animation des équipes de la DSI. A ce titre, il est membre du comité de direction.Christophe Merckens, 49 ans, master MIAGE de l'université Paris-X (2007), BTS comptabilité et gestion de l'ENGE Paris (1988), a réalisé le parcours suivant :n 2007-2015 : Devoteam, directeur des systèmes d'information dugroupe.n 2007-2007 : Lanvin, directeur des systèmes d'information, manager detransition.n 2005-2006 : Orangina-Schweppes, directeur de projet EU.n 2002-2005 : Dupont Photomask, directeur des systèmes d'information.}GDF SUEZMonsieur Yves Le GélardMonsieur Yves Le Gélard est nommé directeur des systèmes d'information du groupe GDF Suez, à ce poste depuis mars 2015, en remplacement de Madame Véronique Durand-Charlot. A ce titre, il est membre du comité exécutif.Yves Le Gélard, 55 ans, HEC (1981), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : SAP, directeur des activités de conseil et de projets en Eu-rope.n 2010-2012 : Fujitsu America (à New York), directeur général adjoint. n 2009-2010 : Fujitsu (à Tokyo), directeur des comptes mondiaux dugroupe.n 2008-2009 : Fujitsu, directeur général Europe continentale.n 2006-2008 : Fujitsu (à Londres), responsable du programme d'acquisi-tions en Europe.n 2003-2006 : Capgemini, directeur général Outsourcing.n 2000-2003 : Capgemini, directeur commercial du groupen 1994-2000 : Capgemini, directeur général de la division Infogérance n 1990-1992 : IBM, directeur de cabinet du président France.n 1983-1990 : IBM, début de carrière à différents postes techniques etLe baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de rupturesLe verbatim à retenir...L’originalité n’est rien qu’une judicieuse imitationVoltaireLe monde ne sera plus jamais comme avant...Un arbre à vent pour fabriquer de l’électricitéLa start-up française NewWind a développé un appareil en forme d’arbre permettant de générer de l’électricité à partir du vent naturel qui passe dans ses "feuilles". Ces der- nières agissent comme des mini-éoliennes produisant en moyenne 2500kW/h, soit environ la consom-mation d'une famille de quatre personnes. L'Arbre à Vent a été conçu (durant trois ans !) pour durer plus de 25 ans et pour résister aux tempêtes. Il sera commercialisé en 2016 pour les collectivités au prix de 29500 euros, mais d’autres modèles sont en préparation pour les particuliers, pouvant à terme per- mettre de fournir en énergie des sites non raccordés au réseau électrique.L’oreillette connectée pour ne pas s’endormir au volantDeux ingénieurs de Philadelphie ont mis au point Vigo, une oreillette qui traque en temps réel la baisse de vigilance. Dotée d’un capteur infrarouge et d’un accéléromètre, Vigo ana-lyse en permanence les mouvements du corps et les clignotements des yeux. Dès que le système anticipe un relâchement, le porteur est prévenu par une vibration ou une sonnerie. Connecté ausmartphone, l’objet permet aussi, grâce à un microphone intégré, de répondre à des appels télépho- niques, et de consulter ses données sur une application dédiée.Le robot-cuistotLa société Moley Robotics est en train de mettre au point des modules de cuisine entièrement roboti- sés. Équipés de deux bras artificiels capables de reproduire les faits et gestes des grands chefs, ces modules pro-mettent de cuisiner 2000 recettes différentes. Plusieurs grands cuisiniers enregistreront les mouvements nécessaires, qui seront ensuite transformés en algorithmes avant d’être réinterprétés par le chef-robot. Une commercialisation est prévue pour 2017.Xavier Duportet, 27 ans, vient d’être nommé innovateur français de l’année (de moins de 35 ans) par la prestigieuse Technology Review du MIT. L’occasion pour EcoRéseau de revenir sur ce personnage de rupturecommerciaux.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?56 Mai 2015Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Le patron et cofondateur d’Eligo Bioscience, une start-up hébergée à l’institut Pasteur à Paris, a été récompensé pour avoir développé avec son équipe des techniques génétiques avancées permettant de créer des antibiotiques capables de cibler certaines bactéries en épargnant le reste de la flore bactérienne. « Les antibiotiques actuels sont des armes de destruction massive, qui détruisent tout. Nous voulons procéder par frappes chirurgicales, afin de préserver les bactéries qui sont utiles », déclarait-il récemment dans nos colonnes. Ses travaux ont été publiés dans la revue scientifique Nature et remarqués par le gouvernement français, qui a fait de sa start-up l’une des lauréates (avec 57 autres) du concours mondial d’innovation. Pourquoi EcoRéseau met en valeur cet étudiant d’agroParistech, d’HEC et du Mit ? Parce qu’il ne se contente pas d’être un scientifique avisé dans son domaine, mais cherche à changer le monde avec son association Hello tomorrow.Sa mission ? accélérer le passage des technologies de la- boratoire aux produits commerciaux. Le but est donc de faire sauter les cloisons entre science, technologie et business, mais aussi entre les diverses disciplines – biotech, technologie de l'information, science des données, télécoms, robotique... –, qui fonctionnent trop en silo. Le concours européen de start-up et la méga-conférence de la convergence à la Cité des Sciences visent à décloisonner les univers. « C’est à Boston, sur le campus du Mit, que je me suis aperçu des bienfaits de ces rencontres entre chercheurs et entrepreneurs », se souvient ce visage de la Frenchtech. Le succès a été tel que les sponsors du CaC 40 ont accouru : orange, airbus, total, axa, Michelin, Saint- Gobain... Hello tomorrow s'est dotée d'une équipe perma- nente pour créer des antennes dans chaque ville du monde intéressée.La rupture du moisScientifique, entrepreneur, décloisonneurFaites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[n°20Luc de Brabandère(1), senior advisor chez BCG, consultant en innovation, distingue les deux concepts et donne sa vision de la vraie rupturewww.ecoreseau.frLe baromètre de l’innovationStRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Strategy reviewL’innovation autrement«AU-DELÀ DE L’INNOVATION, LA CRÉATIVITÉ »par« Pourquoi l’iPod n’est pas né chez Sony, qui avait déjà inventé le baladeur et qui avait des budgets de R&D en milliards ? Pourquoi PayPal n’est pas sorti de Visa ou Mastercard ? Youtube chez tF1 ou la BBC ? Comment ces acteurs ont-ils pu rater de telles occasions ? J’ai dû animer plus de 1500 brainstor- mings, et je me suis aperçu qu’il y en avait très peu où une nouvelle idée était née. J’ai plutôt des souvenirs de brainstormings dans lesquels une vieille idée ou une idée existante, tout à coup, a pris du sens. L’essentiel des idées est bel et bien déjà présent. il importe de faire la différence entre l’innovation et la créativité. L’innovation est la capacité d’un groupe à changer la réalité des choses. La créativité est la capacité d’un individu à changer sa manière de voir les choses. il peut y avoir innovation sans créativité, quand par exemple la société copie une autre pour offrir un nouveau produit/service. il peut y avoir créativité sans innovation, quand les gens d’une société s’inventent un nouveau cadre de pensée, changent leur perception, mais ne concrétisent pas le changement par un produit ou un service.Pascal JunghansLe plus dur reste quand même d’inventer un nouveau cadre de pensée. Quand Bic passe du stylo une couleur au stylo quatre couleurs, c'est une innovation sur le marché de l'écriture, mais qui ne change pas fon- damentalement le modèle sous-jacent de l'entreprise Bic. La vraie rup- ture, celle qui nourrit la croissance, est venue d'une nouvelle vision du monde. Lorsque Bic a décidé que son métier n'était pas seulement les stylos jetables, mais l'univers des objets en plastique jetables, tout changé : Bic s'est mis à produire des briquets et des rasoirs. L'inno- vation, c'est faire mieux en restant dans le même business model ; la créativité, c'est quand on se met à penser un système neuf, un nou- veau modèle. Dans le mot business model, c'est le deuxième terme qui reste le plus important. »Une loi éthique et pratiqueEnseignant à l'international - University of Monaco et à l'université de troyes Membre du conseil scientifique du Conseil supé- rieur de la formation et de la recherche stratégique.1- "La Bonne idée existe ! Cinq étapes essentielles pour la trouver", de Luc de Brabandère, éd. Eyrolles, 2013Matthieu CamozziDates & Events : ça cogite dur...4 19 et 21 mai 2015 : Assises Nationales desEnergies Marines Renouvelables à NantesCette demi-journée de colloque, labellisée COP21, sera l’occasion d’évoquer, en présence de 50 experts interna- tionaux, les conditions qui permettront à la France de conforter sa place parmi les pays leaders en matière d’énergies marines renouvelables. Notre pays a en effet la possibilité, en rassemblant les conditions nécessaires à la baisse des coûts de production, et à la structuration d’une filière industrielle française, de bénéficier de re- tombées économiques et de création d’emplois à la hauteur de cette ambition.4 24-25 juin 2015 : Innovative City à NiceCet événement est majeur en Europe dans le domaine des villes innovantes, connectées et durables. Au pro- gramme brassage des métiers, des idées et des initiatives, création et développement d’écosystèmes d’affaires pour la réalisation de projets, témoignages et échanges d’expériences. L’intelligence des réseaux physiques est devenue une réalité. Ce sont maintenant les applications et les usages, aux nœuds des différents réseaux, qui donnent un avantage concurrentiel et dynamisent les territoires. Des applications et services adaptés aux ci- toyens, maitrisés par la collectivité, sécuriseront et fidéliseront les usagers tout en développant une nouvelle économie « servicielle ». L’expérience de la smart city se révèle au travers d’applications quotidiennes : les « City Apps », signature de l’édition 2015.4 1,2,3 juillet 2015 : Innorobot à LyonEvènement dédié aux robots et aux innovations technologiques disruptives. Les fabricants de robots, start-up, sociétés d’hardware et software qui gravitent autour, les laboratoires de recherche, etc., peuvent nouer des par- tenariats internationaux mais aussi donner un aperçu de ce que sera le monde de demain en compagnie de ces machines humanisées....Les députés ont adopté en première lecture la proposi- tion de loi, déposée par le groupe socialiste, sur la créa- tion d’un devoir de vigilance des sociétés-mères vis-à-vis de leurs filiales et de leurs sous-traitants à l’étranger. En clair, les entreprises employant plus de 5000 salariés en France (ou 10000 dans le monde) de- vront s’assurer que leurs filiales et sous-traitants res- pectent les droits fondamentaux humains et environnementaux définis par l’oCDE, même si ces droits ne figurent pas dans les lois des pays concernés. a l’origine de cette proposition de loi, le drame de Rana Plaza au Bangladesh, en 2013. 1138 ouvriers du textile ont été tués et plus de 2000 autres blessés en raison de conditions de sécurité dramatiques dans des ateliers travaillant pour des marques occidentales bien connues.Une proposition de loi vise à obliger les entreprises à s’assurer de l’éthique de leurs sous-traitants à l’étranger. Voici pourquoi ce texte est nécessaire.Les réactions sont évidemment convenues. Le Medef exprime son inquiétude. a gauche, on se félicite de cette loi. a droite, on incrimine l’insécurité juridique. Et curieusement, on dénonce un texte franco-français. Ce qui est vraiment faux. Des législations équivalentes existent dans plusieurs pays occidentaux, dont notam- ment le Royaume-Uni, même si outre-Manche la loi vise uniquement la corruption.Mais au-delà de la loi, les observateurs et spécialistes du commerce international le savent bien, les entre- prises anglo-saxonnes, les plus modestes, notamment dans les secteurs des produits grand public comme le textile, réalisent systématiquement des enquêtes très pointues sur leurs sous-traitants pour vérifier si les ate- liers respectent des normes de sécurité suffisantes ou si des enfants y travaillent. il y a certainement de belles intentions éthiques derrière tout cela. Mais surtout un intérêt bien compris : éviter la violente campagne dé- truisant le capital image patiemment construit. La pro- position de loi française n’est donc qu’une adaptation aux réalités internationales, évitant des déconvenues aux entreprises hexagonales qui devront, via un plan de vigilance, mener des enquêtes de terrain pour s’as- surer du respect des obligations. Le détail de la loi et surtout des décrets d’application devrait être connu dans quelques semaines.Mai 2015 57]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Décryptage - Secteur de l’animation et des effets visuels L'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueFrench touch animéea Reconnuetconvoité,lesavoir-fairefrançaisenmatièred'animationetd'effetsspéciauxestrécompensé et apprécié dans le monde entier. Retour sur les raisons du succès.la base, ils vou- le projet Mr. Hublot de Lau- la société de production système de soutien et d’en- quel a notamment travaillé en Allemagne, en Grande- laient juste un rent Witz et alexandre Es- d’animation 2D et 3D et cadrement efficace (CNC, le studio teamto) en sont Bretagne ou en Italie. Et menu KFC avant pigares qui remporte à son d’effets spéciaux numériques collectivités territoriales, des exemples récents. Le réciproquement. » Mais side reprendre leur service. tour l’oscar du meilleur chaînes de télévision, co- box-office et la façon dont la France parvient à faireMais pour ces deux flics à l’allure de Bibendums Mi- chelin, le destin en a voulu autrement. Un appel radio, un coup d’œil dans le rétro et l’évidence : le repas, ce sera pour une autre fois. Car un dangereux psycho- pathe, sosie de Ronald McDonald, a été repéré dans le coin et fuit à leur ap- proche. Une course-pour- suite puis une fusillade s’en- gagent dans les rues de Los angeles aux décors recréés à partir de logos publicitaires connus... En 2010, le court- métrage d’animation Logo- rama(1) jouait ainsi durant 16 insolentes petites minutes avec les codes du thriller et de la pub dans une fiction au rythme endiablé. Né de la collaboration entrecourt-métrage d’animation. Depuis 2008, toujours dans cette catégorie, Oktapodi, Dimanche ou encore Ma- dagascar, carnet de voyage ont égalementles œuvres d’animation créées et pro- duites en France par- viennent à circuler dans le monde té- moignent de ce suc- cès. « Bien que nous disposions de peu de chiffres, nous savons instinc- tivement que l’animation française s’ex- porte bien, in- dique Patrick Eveno, directeur du Festival inter- national d’anima- tion d’annecy. Encore plus que les récompenses, c’est un signal fort de l’excellence hexa- gonale dans ce domaine. » Et ce malgré l’aspect limité et aléatoire du marché na- tional et européen : « Il n’y a pas véritablement de mar- ché européen, regrette Pa- trick Eveno. Un film qui fonctionne bien en France ne marchera pas forcément10 réussites du cinémad'animation français à voir ou à revoirAstérix et Cléopâtre (1968), de René Goscinny et Albert Uderzo. La Planète sauvage (1973), de René Laloux.Le Roi et l'oiseau (1980), de Paul Grimault.Kirikou et la sorcière (1998), de Michel Ocelot.Les Triplettes de Belleville (2003), de Sylvain Chomet.La Prophétie des grenouilles (2003), de Jacques-Rémy Girerd. Persepolis (2007), de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi. L'Illusionniste (2010), de Sylvain Chomet.Moi, moche et méchant 1 (2010) et 2 (2013), de Pierre Coffin et Chris Renaud.Ernest et Célestine (2012), de Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner.le studio H5 et lasociété spécialiséedans la créationd’effets visuels numériques Mi-kros image, ceprojet franco-fran-çais allait alors connaître un par-cours pavé d’or : prix Kodak à la Semaine dela Critique du Festival de Cannes 2009, puis oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2010 et enfin César du meilleur court- métrage en 2011. Excusezles effets visuels sont sou- vent nominés et récompen- sés dans diverses compéti- tions internationales, comme par exemple aux Visual Ef-Cube Creative, à l’ori- gine des séries animées Kae- loo et Piggy Tales. On re- trouve cette réussite dans tous les secteurs de notre activité, aussi bien dans lapro- ductions...) ayant nourri la mise en place d’un système ver- tueux permettant à l’ani- mation française de se dé- ployer et d’installer une in- dustrie solide. S’il reste dif- ficile, dans le domaine du cinéma, de faire sa placePAS SEULEMENTUNE QUALITÉ TECHNIQUECertaines sociétés consti- tuent à ce sujet des réussites remarquables. « Les pro- ducteurs les plus importants, à Hollywood, n’hésitent pas à confier aux meilleurs stu- dios français la création de leurs images, se réjouit Lio- nel Fages. On peut citer par exemple le succès duété nommés, de même que L’Illu- sionniste, Une Viede chat ou Ernestet Célestinepour l’oscar du meilleur film d’ani- mation. au- delà des os- cars, les so- ciétés et ar- tistes spé- cialisésdansLa faculté de donner vie à tous les personnages, des plus gentils...circuler ses œuvres, c’est avant tout son savoir-faire qui est recherché et s’ex- porte facilement. « A tel point que nous aimerions parfois bien que ce savoir- faire brille moins aisément à l’étranger, et que nous puissions importer davan- tage de projets », sourit Ju- lien Meesters, directeur gé- néral adjoint de la société Mikros image ayant œuvré aussi bien sur des publicités (Canal +...), des films d’ani- mation (Astérix et le do- maine des dieux...) que sur les effets visuels de longs- métrages (De rouille et d’os...). Un œil attentif et avisé repérera ainsi souvent des noms français aux gé- nériques des films à effets internationaux.Le studio Illumination Mac Guff basé à Paris, filiale du groupe Universal, a fabriqué 97% du long-métrage d'animation 3D Moi, moche et méchant 2, qui a réalisé 1 milliard de dollarsdu peu. Heureux hasard ? Coup de chance isolé ? Pas du tout. L’animation fran- çaise se porte bien, voire très bien, et se retrouve ré- gulièrement sous le feu des projecteurs. En 2014, quatre ans après Logorama, c’est58 Mai 2015fects Society awards. « Sec- teur d’excellence », « Réus- site totale »... Les superlatifs sont de sortie pour qualifier cette situation. « Ce n’est pas du tout à nuancer, confirme sans hésitation Lionel Fages, président decréation, la composition, la production que la post-pro- duction. »aux côtés des majors hol- lywoodiennes disposant de budgets infiniment plus conséquents, l’animation française, petit à petit, fait son nid et prend des parts de marché à l’international – Minuscule et Gus (sur le-BONNEUTILISATION DE LA MONDIALISATION Une réussite étayée par un]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frple les Fin- landaisdrière.de Rovio Entertainment à faire appel à Cube Creative lorsqu’ils veulent décliner leur jeu vidéo Angry Birds en série animée ? ou qui explique la réputation du cinéma d’animation hexa- gonal ? il ne trouve pas sa source dans des capacités d’innovation supérieures, mais plutôt dans une « french touch » de l’ani- mation, presque un état d’es- prit à la fois d’auteurs et dedustrielle ». « Nous sommes moins normés que les Amé- ricains, avec davantage de diversité et d’inventivité dans l’esthétique, les sujets et les approches, poursuit le directeur du Festival d’annecy. Et en même temps, nous avons su in- dustrialiser, professionna- liser ce secteur, avec de la méthodologie, de la R&D et ce qu’il faut pour que les œuvres puissent voyagerpublic n’étant pas extensible à l’infini.Elle attire d’ailleurs de nom- breux étudiants étrangers, qui apprennent le français pour venir y étudier ! » Forte d’un attachement ar- tistique et d’une riche his- toire cinématographique, la France a ainsi su transmettre ce savoir, former à de nou- veaux métiers et ainsi ne pas dilapider l’héritage. a tel point que les studios an- glais et américains n’hésitent pas à piocher allègrementtechniciens. « Cette singu- larité est complexe, observe Patrick Eveno. Elle est le fruit d’un héritage culturel et graphique propre à notre pays, et d’une approche très littéraire du cinéma. » De là à parler d’un cinéma d’animation d’auteur, il n’y a qu’un pas que les profes- sionnels interrogés n’hési- tent pas à franchir, tout en insistant sur le fait que ce- lui-ci n’est pas pour autant déconnecté des réalités éco- nomiques et du marché. Undans le monde. » Pour Pa- trick Eveno, le grand chan- gement a eu lieu suite au succès commercial de Ki- rikou et la sorcière, de Mi- chel ocelot, en 1998. Et d’ajouter que le nombre de projets ne cesse d’augmen- ter : en 2013, huit ou neuf films entraient en production en France, soit deux fois plus que quelques années plus tôt – ce qui laisse crain- dre une potentielle satura- tion du marché dans les an- nées à venir, ces œuvrestation à un niveau mondial de l’animation française. « Historiquement, deux des meilleures écoles, les Go- belins et Supinfocom, se si- tuent en France, et elles ont ouvert la voie à beaucoup d’autres au cours de ces 10 dernières années, précise Guillaume Cassuto, auteur et designer graphique tra- vaillant depuis plusieurs an- nées à Londres. Partout dans le monde, il existe bien sûr d’autres excellentes écoles, mais le nombre etdans ce foisonnant vivier... aux plus méchantsDécryptage - Secteur de l’animation et des effets visuels StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUEstudio Illumination Mac Guff, basé à Paris, qui en tant que filiale du groupe Universal a fabriqué 97% du long-métrage d’anima- tion 3D Moi, moche et mé- chant 2. » avec, outre la réussite visuelle que l’on sait, un box-office interna- tional d’un milliard de dol- lars. La preuve que le pays possède les graphistes, les infrastructures et l’expé- rience pour faire non seu- lement de beaux films d’ani- mation... mais également des films qui marchent ! Mais comment définir ce savoir-faire français si convoité ? Celui qui pousse par exem-dosage assez subtil, en somme, entre une approche esthétique et « insortant souvent aux mêmes périodes (vacances sco- laires) et lela diversité des formations disponibles sur notre terri- toire sont à relever. » Un enseignement dans lequel sont très impliqués les pro- fessionnels, permettant à cet apprentissage de ne pas être seulement théorique ou tech- nique mais bien connecté aux besoins du marché et des entreprises. « L’offre de formation à l’animation en France est extrêmement riche et diversifiée (anima- tion 2D et 3D, conception, effets spéciaux, réalisation,Trois questions à Guillaume Cassuto, auteur et designer graphique diplômé de Supinfocom et travaillant actuellement à Londres pour la chaîne Cartoon Network.« Des efforts à faire dans le prise de risque »Les studios d’animation anglais et américains ont la réputation d’engager beaucoup de jeunes diplômés français...Lorsque je suis arrivé sur le marché de l’emploi, une blague récurrente consistait à dire que si les Français faisaient grève, l’industrie des effets spéciaux et de l’animation s’ar- rêterait net ! C’était évidemment exagéré, mais cela partait d’une certaine réalité : dans la première boîte pour laquelle j’ai travaillé à Londres, un tiers de l’effectif était français. Pour la production sur laquelle je travaille actuellement, bien que l’on rencontre des nationalités très diverses, la part de Français a été estimée à 40%. Dans les effets spéciaux pour le film, ce chiffre va cependant avoir tendance à être plus bas, principalement en raison du caractère technique de ces métiers : on trouvera plus fréquemment des autodidactes, ou des gens qui ont reçu des formations privées très techniques, et ce partout dans le monde. C’est dans les postes plus créatifs, avec un fort engagement visuel, que l’on va, il me semble, trouver plus de gens quiont reçu une formation artistique en France.Pourquoi avoir choisi de partir travailler en An- gleterre ?Lorsque je suis sorti de Supinfocom, en 2007, je souhaitais allier mon entrée dans la vie active à une expérience enri- chissante sur le plan personnel. La culture anglaise m’attirait et je voyais le fait de vivre à l’étranger comme un vrai plus, tant au niveau de l’épanouissement personnel que de la carrière professionnelle. Par ailleurs, je trouvais les projets des studios anglais plus excitants, souvent plus osés... J’avais cependant obtenu des entretiens en France avant de faire mon choix. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils m’ont conforté dans ma volonté de m’expatrier : l’accueil que j’ai reçu était maladroit, souvent très critique vis-à-vis de la compétition. Même quand on ne me proposait pas de poste, on me conseillait de ne pas aller voir ailleurs. C’était une mentalité très étrange. Les Anglais, eux, savent très bien que les talents tournent : plus vous devenez bon, plus vous pourrez bénéficier à leur entreprise dans un futur potentiel. C’est cet esprit qui peut manquer en France. On voit la réussite avec un œil méfiant, et on oublie parfois que l’amélioration globale peut profiter à tout lemonde.Manque-t-il autre chose à la France pour retenir « ses » talents ?Au-delà de cette question d’état d’esprit, il y a indéniablement un déficit créatif en France, comparé aux pays anglo- saxons, qui pousse les « talents » français à s’exporter. Il est assez dur à expliquer. Il me semble qu’il faut chercher du côté du « rayonnement », du marché potentiel. Sauf exception rare, une œuvre en français se limite au public francophone. Les retours sur investissement sont donc beaucoup plus serrés, avec pour conséquence un manque de prise de risques, qui est regrettable mais compréhensible. Si l’on prend l’exemple de la série animée, la France se limite quasi-exclusivement à des adaptations ou à des refontes de séries à succès. Les créations originales qui voient le jour sur nos chaînes sont très rares. Pourtant, chaque année, on voit des propositions excitantes lors desrencontres professionnelles.Cette singularité est complexe, fruit d'un héritage culturel et graphique propre à notre pays, et d'une approche très littéraire du cinémaFORMATION CONNECTÉE AU MARCHÉLe savoir-faire n’étant pas inné, la formation reste un moment essentiel. or, en France, celle-ci est, d’un avis unanime, d’une qualité exceptionnelle. C’est même la raison majeure expliquant le rayonnement et la répu-écriture...), détaille annick teninge, directrice de l’école du film d’ani- mation La Pou-de jeunes talents (cf. enc. dré). Une situation qui cha- grine certains, mais réjouit les autres. Car environ 500 jeunes diplômés sortent chaque année des écoles françaises ; or le marché national n’est pas en mesure d’absorber un tel nombre de nouveaux professionnels.Julien FournierLogorama peut être visionné ici :a-Mai 2015 59]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Haute résolution - Lutte contre la contrefaçon Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsLa techno contre les escrocsVVignettes, puces et gravures qui protègent les produits laissent petit à petit la place à une technologie indétectable, inaltérable et infalsifiable. Enquête...éritable fléau pour principaux pays d’origine de se protéger et de contrô- vilégiée dépend notamment parfumerie-cosmétique et en un code d’identification l’économie, la de la contrefaçon, mais d’au- ler leur marché par un éti- de la taille du produit et de intéresse également les sec- digital unique », explique contrefaçon repré- tres acteurs arrivent peu à quetage spécifique ou par sa valeur marchande, donc teurs de la pharmacie, des Herlé Carn, directeur de lasente un manque à gagner peu sur ce marché, notam- la mise en œuvre de procé- du coût consenti par l’en- vins et spiritueux, de l’au- protection des marquesde 300 Mds d’euros par an, dont 6 Mds rien que pour la France, selon les chiffres de l’Union des Fabricants (UNiFaB). Egalement sy- nonyme de pillage du sa- voir-faire, la contrefaçon en- traîne des suppressions d’emplois : chaque année, 200 000 emplois seraient détruits en Europe, dont 38 000 en France. Certaines entreprises, notamment les PME, ne résistent pas et disparaissent tout simple- ment.ment les pays d’Europe cen- trale et d’Europe de l’Est, ainsi que les Etats-Unis ! Sans oublier le monde virtuel d’internet, canal de distri- bution le plus important pour la contrefaçon. En 2014, lesdés d’identification sécuri- sés. « Lutter contre la contrefaçon consiste à dé- velopper des solutions pour maîtriser son marché, car tant qu’il y aura des ache- teurs pour des articlestreprise pour le protéger », précise Delphine Sarfati- Sobreira.Mais en matière de lutte contre la contrefaçon, un leader historique du secteur pourrait bien avoir trouvétomobile...d’arjowiggins Solutions. Cette technologie ne né- cessite donc aucun ajout pour sécuriser le produit. « La protection n’est pas une impression, mais elle est liée à la matière, ce qui la rend impossible à contre- faire. La zone de référence sur l’étui n’est pas locali- sable et résiste à toute at- taque, de type frottement, trempage, agression chi- mique... », confirme Herlé Carn.Perte de chiffre d’affaires, d’image et de notoriété, de budget pour la R&D ou la publicité... Le préjudice est énorme et rien ne semble pouvoir ralentir le phéno- mène. En 2014, les douanes françaises ont saisi 8,8 mil- lions de faux produits, soit 1,2 million de contrefaçons supplémentaires par rapport à 2013. Le tiercé de tête des produits les plus contre- faits se compose des médi- caments (2,5 millions), des vêtements (1,5 million) et des accessoires (600000). Les chaussures, les jeux/jouets/articles de sport, téléphones mobiles, produits alimentaires, produits de soins corporels, équipements électriques / électroniques et informatiques, et les CD/DVD/logiciels complè- tent la liste des produits les plus contrefaits.La fin des arnaques estivales classiques dans les marchés du sud ?outre les groupes de la par- fumerie-cosmétique, qui ont déjà recours à cette tech- nologie, mais qui préfèrent rester discrets, de nombreux autres clients auraient d’ores et déjà montré un vif intérêt pour ce procédé. « Notre technologie est simple d’ins- tallation sur les lignes de production, industriellement fiable, économique, avec un faible encombrement et sans incidence sur les ca- dences de production. C’est un véritable atout pour lut- ter contre les marchés pa- rallèles », vante Herlé Carn, convaincu du potentiel de Signoptic et de son avenir prometteur.MONDIALISATION OBLIGEL’amende de 300000 € et les trois ans de prison en- courus pour délit de contre- façon ne découragent pas les fraudeurs souvent basés bien loin de l’Hexagone. L’asie du Sud-Est (Chine et Corée), le bassin médi- terranéen (turquie, Maroc, tunisie) ainsi que l’italie et l’Espagne constituent lesdouanes ont réalisé plus de 1,5 million de saisies au fret express, à savoir les mar- chandises issues de com- mandes de particuliers sur le Web. Ces derniers, qui s’exposent à la confiscation de la marchandise et au paie- ment d’une amende doua- nière, n’ont pas toujours conscience de mettre en dan- ger leur sécurité et leur santé avec ces produits.contrefaits, il y aura des contrefacteurs », résume Delphine Sarfati-Sobreira, directrice générale de l’Uni- fab. tout un florilège de solutions, visibles ou invi-la solution miracle. arjo- wiggins Solutions, filiale d’arjowiggins qui fabrique les papiers des billets de banque de 140 pays et les papiers des documents depar la matière. L’étui en papier-carton du produit à protéger est similaire à une empreinte digitale, car le chaos des fibres de papier est unique. Sur la chaîneDans la lutte anti-contre- façon, l’UNiFaB sensibilise les professionnels comme les particuliers, notamment à travers son Musée de la contrefaçon. a compter du 25 juin 2015, ce musée ac- cueillera une exposition dé- diée à la traçabilité et àLa protection Signoptic n’est pas une impression, mais elle est liée à la matière, ce qui la rend impossible à contrefairesibles, existe pour informer sécurité, a lancé une solu- de production, la composi- le consommateur ou per- tion d’authentification et tion fibreuse est calculée mettre aux entreprises de d’identification baptisée Si- et enregistrée individuelle- contrôler leurs produits : gnoptic. Cette technologie ment pour chaque produit vignettes, puces, QR-codes, innovante a déjà séduit les par une caméra. Cette si- encres... « La solution pri- plus grandes marques de gnature va être convertielutteEMPREINTE DIGITALE DU PRODUIT« Signoptic procède à une sécurisation des produits60 Mai 2015L’AUTHENTIFICATION DES PUCES, VIGNETTES, QR-CODES, ENCRES... Face à l’ampleur du phé- nomène, les entreprises n’ont pas d’autre choix quel’authentification. « La. anti-contrefaçon n’est pas bien ancrée dans la culture française, contrairement à la culture anglo-saxonne. L’une de nos missions est d’informer et d’éduquer pour lutter plus efficace- ment », conclut la directrice générale de l’Unifab.Jacques Donnay]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Haute résolution - Convaincre de la facture électronique Convertir clients et fournisseursU Pour profiter au mieux de tous les bénéfices de la facture électronique, il faut que toute la chaîne s’y mette. Quelques arguments à faire entendre aux autres maillons...n des freins qui pè- européens avant la France biles ont été les premiers sent sur le marché – a décidé de s’impliquer. à adopter la facturation des factures élec- « L’ordonnance du 26 juin électronique, et ce, dès lestroniques est qu’on ne passe 2014 rend obligatoire l’uti- années 70, en utilisant le pas seul à la dématérialisa- lisation de factures élec- système EDi. Pourtant, ce- tion des factures. C’est pos- tronique pour tous ses four- lui-ci est complexe à mettre sible : cela revient plus ou nisseurs – et cela inclut en place : il demande d’ins- moins à installer une Ges- toutes les administrations, taller une liaison informa- tion électronique des do- les collectivités... », ex- tique spécifique à chaqueLe gain de temps sur le délai de traitement se traduit en gain de temps sur les délais de paiementcuments dans l’entreprise (GED), ce qui est intéres- sant en soi, mais la facture électronique offre beaucoup d’avantages supplémen- taires. Mais pour en profiter, encore faut-il que la per- sonne émettant la facture ou la recevant, selon les cas, passe elle aussi au for- mat numérique. Certes, « l’état actuel du marché laisse espérer que dans quelques années, on n’aura plus besoin de convaincre ses partenaires de passer à la facture électronique », estime Patrice Schuller, di- recteur marketing et com- mercial de Cegedim e-bu- siness, spécialisé dans la dématérialisation des flux de gestion. D’autant que l’État – comme d’autre paysplique Morgane Quéran, responsable marketing et communication Clear’ in- voice chez accelya, spé- cialistes de la facture élec- tronique. Cela représente plus de 70 000 fournisseurs et clients, et plus de 95 mil- lions de factures par an qui seront passées à la déma- térialisation d’ici 2020 (cela commence dès 2017 pour les grandes entreprises). Les discussions devraient être alors plus faciles. Mais en attendant cette date, com- ment convaincre ses parte- naires de passer au numé- rique ?couple facturant-facturé. La méthode utilisée pour y arriver a le mérite de l’efficacité : jouer sur les rapports de force et les dif- férences de taille. Mais cette stratégie – qui reste la plus efficace – n’est évi- demment pas disponible pour tout le monde. De fa- çon un peu similaire, si le destinataire de la facture est un client, la méthode la plus simple reste ce qui est appelé l’opt-out : au- trement dit, on envoie la facture électronique, avec des explications au moins pour la première fois, et on donne la possibilité, si le client le désire, de re- passer à la facture papier. Si aucune de ces solutions « imposée » n’est dispo-Il existe peut-être d’autres moyens pour les faire bas- culer dans la facture élec- tronique...travail en interne pour dé- finir ses objectifs, conseille Morgane Quéran. Par exemple émettre ou recevoir une facture électronique ? Ce sont deux projets bien distincts. » La même ana- lyse servira également à déterminer qui seront les partenaires clés – ceux qui représentent suffisamment pour que le projet de dé- matérialisation soit rentable et qui sont bien disposés–paret l’autre sur l’archivage des messageries, le programme Valeurs immatérielles transmises aux archives pour mémoire (VitaM) a été officiellement lancé le 9 mars dernier par la Direction interminis- térielle des systèmes d’information et de communication de l’État (DiSiC) afin de construire une solution unique pour les besoins d’archivage des ministères. Dans un premier temps ce programme s’adresse à trois ministères directement concernés par les problématiques d’archi- vage et plus particulièrement d’archivageaprès l’inauguration début 2013 du nou- veau centre des archives nationales à Pier- refitte, « il manquait une brique d’archivage numérique des données », avance Hervé Lemoine, directeur des ar- chives de France qui reconnaît par ail- leurs avoir peut-être un peu trop attendu. VitaM consiste ainsi à mettre au point un backoffice qui assurera des fonctions d’indexation, de gestion des métadon- nées, de stockage, de pérennisation des fi- chiers et bien sûr de recherche. DéveloppéPrésident de FediSaLa livraison des premiers modules est prévue à l’été 2016 pour une finalisation de la version de production mi 2017, le tout avec une enveloppe budgétaire de 15 millions d’euros.62 Mai 2015RAPPORT DE FORCE OU CONCERTATION La grande distribution et les constructeurs automo-Mais ce n’est pas parce qu’il s’agit de concertation qu’on peut se permettre d’arriver les mains vides. « Il faut d’abord mener un« Il faut les convaincre que le projet est gagnant – ga- gnant : il sert les intérêts des 2 parties », souligne Emmanuel olivier, DG d’Esker, qui propose des solutions d’automatisation des processus documen- taires et de dématérialisa- tion des documents de ges- tion. Pour cela, heureuse- ment, les arguments ne manquent pas.Dématique® & NGouvernanceEnfin de la mémoire pour les ministèresé en 2011, et après deux PoCs, l’un sur les outils de gestion de contenu et de travail collaboratifdéfinitif, à savoir : la Défense, les affaires étrangères et la Culture. a terme, il s’agit d’un socle réutilisable par toute l’admi- nistration.en open source, VitaM fournira des in- terfaces (aPi) ouvertes. Chaque ministère conservera ses processus métier propres et devra donc gérer l’intégration de la so- lution dans ses applications voire l’adap- ter en fonction de ses besoins.nible, une concertation peut fonctionner, mais elle risque de considérablement rallonger la durée du projet. Cela suppose également l’existence de relations suf- fisamment fortes entre les différentes parties pre- nantes.et se concerter avec eux.Jean-Marc RietschDe fait, si VitaM vise à mutualiser le socle logiciel et à harmoniser les pratiques d’archivage, les ministères continueront à conserver leurs documents sur leurs infra- structures !]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frDES AVANTAGES ÉPROUVÉSPasser à la facture électro- nique offre des avantages objectifs de plusieurs na- tures. Par exemple, les éco- nomies réalisées en affran- chissement, frais d’émissionmise en place. Un autre type de gain joue sur la ra- pidité, la sécurité et la fia- bilité de l’envoi, compara- tivement au courrier clas- sique. il est ainsi possible de s’assurer qu’un mail a bien été ouvert, par exemple, et cela sans surcoût. Les délais de traitement du do- cument, et les erreurs, sont également réduits. Certaines plateformes contrôlent le contenu de la facture, la présence de toutes les don- nées qui doivent y figurer par exemple, et s’il y a un problème, l’émetteur est prévenu et peut le corriger tout de suite. Enfin, « le gain de temps sur le délai de traitement se traduit en gain de temps sur les délais de paiement », souligne Pa- trice Schuller. Un élément particulièrement intéressant pour les petites entreprises. Ce ne sont pas les seuls avantages, mais la plupart des autres ont trait à la na- ture digitale du document, pas au fait qu’il s’agit d’une facture, comme la gestion des duplicatas, l’archivage légal des factures électro- niques, l’accès à un coffre- fort...jourd’hui, pour la plupart, charte d’interopérabilité avec signature électronique, Les initiatives européennes interopérables. Ce n’était avec 25 opérateurs il y a et EDi dans une même so- se multiplient en matière pas le cas il y a encore moins de deux ans », sou- lution. il reste tout de même de formatage, mais leur ap-Haute résolution - Convaincre de la facture électronique StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUECe n’était pas le cas il y a encore quelques années. Heureusement, les systèmes sont désormais interopérables .quelques années ; heureu- ligne Morgane Quéran. il un problème. « Une facture plication est encore minime. sement, la plupart des édi- est maintenant possible, représente une transaction Paradoxalement, ce sont teurs ont effectué des efforts avec un seul prestataire, économique : cela peut plutôt les grandes entreprises en ce sens, parfois sous la d’adresser tous ses clients, concerner beaucoup de que cela devrait affecter, demande (ou la pression) même si ceux-ci s’étaient choses, et les formats sont leurs factures étant souvent de leurs clients. Par exem- déjà équipés d’un autre sys- à l’avenant, rappelle Em- les plus complexes.et mise sous enveloppe sont un gain financier aisément évaluable et qui prend effet immédiatement après laLégislation pour les TPE/PMELa piste d’audit, solution d’avenirParmi les évolutions de la facture électronique qui vont faciliter son adoption, la piste d’audit est celle qui intéresse le plus les PME et TPE. Elle légalise l’envoi d’un PDF simple, accepté comme document fiscal, à condition que l’émetteur puisse justifier à la demande que la facture re- présente un vrai échange économique – d’où le nom de piste d’audit. En pratique, cela veut dire pouvoir produire le bon de commande, le bon de livraison, les éventuels mails... C’est une bonne nouvelle pour beaucoup de TPE, qui gardaient déjà tous ces documents pour leur comptabilité et envoyaient déjà des PDF de toute façon.Le seul problème avec cette mesure, c’est qu’elle est récente – elle date de 2013 – et donc que son application est encore floue. Il n’existe pas encore de jurisprudence claire, ce qui constitue un vrai frein, mais les exigences ne devraient pas dépasser celles d’un contrôle fiscal.Si le PDF simple suffit aux TPE, les PME peuvent, elles, passer au format hybride qui est en train de se populariser – un PDF accompagné d’un fichier de données, ce qui permet de ne pas avoir à traiter manuellement la facture. Il existe également des solutions pour extraire des données d’un fichier simple. Et enfin, les portails, qui se généralisent, offrent le double avantage de transmettre un flux de données et de garder la trace de tous les échanges afférents à la facture, constituant par là-même l’essentielL’INTEROPÉRABILITÉDernier argument de poids : les systèmes sont au-ple, « les grandes surfaces tème. De plus, on peut mé- manuel olivier. Il va falloiralimentaires ont créé une langer PDF simple, facture gérer cette complexité. » Jean-Marie Benoistde la piste d’audit.Mai 2015 63]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Business Story - JCDecauxRetour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxL’affichage de la gagneJCDecaux fait partie de ces champions planétaires discrets qui, malgré l’ampleur de leur réussite et leur histoire, gardent un esprit entrepreneurial et innovant. Les secrets de la réussite selon Jean-Charles Decaux...société débute dans la com- mercialisation de panneaux d’affichage qualitatifs au bord des routes nationales. Mais une loi de 1964, qui interdit la publicité sur le réseau routier et ne la tolère que dans les agglomérations, vient ruiner son business contrairement à ses grands concurrents Dauphin, avenir ou Giraudy bien implantés dans les entrées de villes. Devant se réinventer, notre fondateur imagine le concept de mobilier urbain publici- taire. il s’agit de fournir aux villes des équipements – des abribus dans un premier temps – de les entretenir gratuitement, avec comme contrepartie la commercia- lisation de la publicité. Eco- système tripartite original profitant à la collectivité locale, à l’annonceur et au citoyen-contribuable puisqu’il n’y a pas de dé- pense publique. C’est l’in- vention d’un nouveau busi- ness modèle. De 1964 à 1975, la société est une start- up qui s’internationalise en Belgique et au Portugal. De 1970 à 1975, elle devient PME, puis de 1975 à 1980 Eti. En 1981, nous avons affiché notre ambition de devenir un grand groupe de medias européens dans la communication extérieure. S’en sont ensuivies dix an- nées de conquête de l’Europe du Nord par mon frère Jean- François. Comme nous ne voulions pas nous diluer, nous n’avons pas eu recours à la dette, les cash-flows ont financé les pays les uns après les autres.Avez-vous poursuivi cette conquête ?Je suis entré dans le groupe à 21 ans en octobre 1989. Le « deal » familial était de ne pas travailler en France puisque c’était le territoire de notre père. J’ai donc com- mencé en Europe du Sud (Jean-Claude Decaux a transmis la direction de l’en-treprise en 2000 à ses deux fils, Jean-Charles et Jean- François, NDLR). Nous avons décidé de rester concentrés sur la communi- cation extérieure, mais de nous étendre géographique-de transports comme les aé- roports, métros, gares... Cette activité, qui réalisait alors 100 millions d’euros de Ca, représente 1 milliard en 2015 ! Cette opération a néanmoins été vécue comme un choc en interne, car nousavons une politique d’inté- ressement et de participation motivante (1,5 mois de salaire en plus). Ce système de ré- munération est cohérent car chacun est partie prenante des résultats de l’entreprise.atouts. Les nôtres sont notre capacité d’innovation et notre vitesse de réaction. L’admi- nistration ne doit ni ne peut tout faire. Son rôle est de lancer des projets. Je ne suis pas un affreux libéral en di- sant cela, c’est un sage prin-ment, notam- ment en asie et aux Etats- Unis. Nous avonsDes concurrents sérieux se dessinent dans la publicité, les Google-Amazon-Facebook-Apple(GAFA) notamment© Gilles Dacquin« Une décision cruciale a été prise tous les 10 ans et a fait la différence. Il s’agit à chaque fois de ne pas rater le virage »Comment définiriez-vous l’ADN du groupe ? C’est l’histoire d’un fonda- teur, Jean-Claude Decaux, qui est visionnaire et qui a une telle soif d’indépen- dance, chevillée au corps, que seul l’entrepreneuriat peut lui convenir. il n’a en poche que le Brevet. Sa fa- mille est modeste, ses parents étaient propriétaires d’un magasin de chaussures à Beauvais. a 18 ans, il décide de se lancer. outre cet esprit d’entreprise, il y a la volonté farouche de partir à la conquête de la France puis de l’international même si mon père ne parlait pas de langues étrangères, et le re- grettait. Enfin je dirais l’envie d’attirer les talents ; lesquels n’étaient pas intéressés par une start-up au démarrage de l’entreprise. « Je le voyais dans leurs yeux », se remé-avions longtemps combattu le grand format. Notre cul- ture devait évoluer.La taille est-elle un obstacle ou un atout ? Présente dans plus de 60 pays, 3700 villes, 140 aéroports, 1000 centres commerciaux, l’entreprise, n°1 mondial de la communication extérieure, le Groupe emploie 11900 sa- lariés, dont 3500 en France, où toute la R&D est réalisée. Le mobilier urbain représente 45% de notre Ca, les lieux de transport 38%, l’affichage grand format 16%. Nous avons doublé le Ca du Groupe entre 2000 et 2014 et sommes leader sur tous les continents, sauf aux Etats- Unis où nous sommes en quatrième position. Se déve- lopper est primordial pour relever les enjeux à venir que sont la transformation digitale de notre univers et la conso- lidation de notre marché. Ce secteur est en effet très capi- talistique : il faut un investis- sement de 2 euros de Capex pour obtenir 1 euro de Ca. En outre des concurrents sé- rieux se dessinent, les Goo- gle-amazon-Facebook-apple (GaFa). Dans un marché de la publicité qui est, en France, une eau stagnante depuis 2007, de nouveaux acteurs émergent. Nous nous devons d’être le groupe le plus inno- vant dans tous les lieux de contact physiques : centres urbains, gares, aéroports...Comment se gère la différence de culture avec les collectivités ? Chacun doit savoir rester à sa place avec ses proprescipe de politique publique à mon avis. Plus de réalisations pourraient être confiées au secteur privé, afin de baisser les taxes et impôts.Comment per- pétuez-vous cette soif d’innovation ? Elle est inhé-Êtes-vous optimiste quant au modèle français ?Les entreprises de grande taille sont pleinement entrées dans la mondialisation mais ce n’est pas encore le cas d’un certain nombre d’Eti. avec un marché du travail trop rigide, tout dirigeant d’entreprise hésite à embau- cher. D’où le chômage des jeunes, des seniors et les problèmes de formation qui sont récurrents depuis 30 ans. il suffirait de quelques réformes structurelles portant sur le marché du travail, l’investissement productif, la dépense publique, pour que notre pays ne soit plus l’homme malade de l’Eu- rope, mais au contraire un de ses leaders. Les jeunes Français ont envie d’entre-rente à la société et à son concept de mobilier urbain pu- blicitaire. Nous pos- sédons un bureau d’études intégré. Ecrans digitaux, écrans interactifs « Live touch », vé- los en libre-service à assistance élec- trique portative, etc., sont les preuves d’une vitalité que nous maintenonsmore mon père.partage avec chacun notre souci du dé- tail et de la propretéprendre, et c’est formida. Chez JCDecaux, nous conti- nuons de revendiquer notre origine nationale, même si le modèle français se cherche. L’Hexagone est cré- dible en matière d’entrepre- neuriat et d’innovation de par son histoire, ses habitants, son tissu d’entreprises.Comment résumeriez- vous l’histoire du Groupe ?Une décision cruciale a été prise tous les dix ans et a fait la différence. il s’agit à chaque fois de ne pas rater le virage, car la fausse route est très difficile à quitter. La64 Mai 2015racheté avenir en 1999 ; les medias ont parlé de « re- vanche » de mon père, mais le but était surtout de monter en puissance dans les lieuxqui est à la fois l’image de l’entreprise et un vecteur d’adhésion fort. Nous essayons aussi de privilégier les rémunérations indivi- duelles, y compris pour les personnels de terrain. NousPropos recueillis par Julien Tarby et Léonidas Kalogeropoulosgrâce à une culture forte et à un mana- gement incitatif in- sufflé aux collabo- rateurs de 100 na- tionalités différentes. Quand je vais en Chine ou au Japon, je rencontre les équipes de terrain, je visite les dépôts de véhicules... Jeble.]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20StRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUE Regard digital - Alice Zagury, Pdg et co-fondatrice de TheFamily Entretien avec une figure clé de la transformation numérique« Les grands groupes doivent cesserQuelle est la spécificité de The Family ? Une éducation et des faci- lités, contre 1% du capital. au programme rencontres avec des entrepreneurs en pleine ascension, des VC... Nous les soutenons dans le passage du problème à un produit, à l’aide de work- shops collectifs et d’accom- pagnements online. Puis le produit est transformé en traction. L’accompagne- ment est alors customisé, en face-à-face (office hours). Enfin, quand la trac-après avoir dirigé Le Camping, cette fonceuse de 31 ans, qui dirige l'accélérateur de start-up theFamily, ignore la langue de bois sur le numérique. La preuve.tions personnalisées et des coachs tels que Mark Zuckerberg ou Jerry Yang, choisissant la crème des projets pour les mener en trois mois devant des in- vestisseurs. Cette approche est pertinente quand il y a plus d’argent que de projets, ce qui n’est pas le cas ici. Nous sélectionnons des pro- jets qui ne ressemblent pas à grand-chose, les gens peu- vent commencer à -10, du moment que leur rythme de progression est soutenu. Nous aimons particulière-à coder à 12 ans, a vendu deux boîtes avant d’en avoir 18. il a ensuite monté Hy- pios, échec commercial mais succès d’estime. il a levé 3 millions auprès de 90 investisseurs. il était jeune, a commis des erreurs et a fini par se faire éjecter. Ensuite, il est resté un temps dans la Silicon Valley et a pris des tickets dans di- verses start-up. Quand il est arrivé au Camping, il avait 25 ans et son mentorat était efficace. Nicolas Col- lin, énarque, inspecteur deslérées. Nous avons été sur- pris du succès de la formule et de la diversité des ins- crits : d’anciens banquiers comme des lycéens de 17 ans. L’esprit d’entreprise et de collaboration du numé- rique est une réalité. Est- ce que ce mouvement va influencer grands groupes et pouvoirs publics ? Rien n’est moins sûr. Des grands groupes sont conscients du changement mais adoptent la politique de l’autruche. D’autres, plus intelligents, adoptent trois types de com- portements : les premiers nouent des partenariats avec des incubateurs ou des ac- célérateurs, afin de faire du « tourisme digital », de ver- ser de l’argent, de venir une fois par trimestre en équipe pour écouter des pitchs et applaudir, mais sans avoir compris grand- chose de ce monde en émer- gence. Les deuxièmes s’adonnent au corporate venture, mais rares sont les start-up, une fois qu’elles sont absorbées, à perdurer. Les troisièmes développent des incubateurs coporate, mais les jeunes pousses qui en émergent avec succès manquent. La chose est pos- sible, Nestlé l’a réalisé avec Nespresso, mais il importe de trouver des profils d’en- trepreneurs et de créer un espace complètement dé- corrélé de la grande struc- ture, sa stratégie et ses jeux politiques. Chez nous Ni-le “tourisme digital” »Ce qui compte avant tout ? Faciliter réseau, argent, rythme de croissance et pallierle ralentissement de l’écosystèmetion a permis de créer un business model reproduc- tible, nous recherchons les meilleurs experts et orga- nisons des sessions spé- ciales qui peuvent durer plusieurs jours.Il s’agit donc d’un accé- lérateur comme Y Combinator ?Pas tout à fait. Y Combi- nator, créé en 2005 dans la Silicon Valley par Paul Gra- ham, a appris à des start- up comme airbnb ou Drop- box à grandir par un pro- gramme intensif de forma-ment les fondateurs qui sont leur propre client parce qu’ils répondent à un besoin qu’ils ont ressenti. Frédéric Mazella, fondateur de Bla- blacar n’a-t-il pas mis au point son concept lors d’un voyage en train ? Nous n’offrons pas de bureaux. Ce qui compte avant tout est le réseau et l’argent, et le rythme de croissance.Qui sont les autres co-fondateurs ?J’ai rencontré oussama amar alors qu’il était de passage à Paris. il a apprisFinances, expert du numé- rique et auteur d’un rapport sur la fiscalité du numé- rique, fait le lien avec le gouvernement et les grands groupes.Vous êtes-vous inspirée de solutions éprouvées à l’étranger ?Je n’étais pas ingénieur ou entrepreneur à la base, il me fallait observer ce qui se faisait. J’étais déjà beau- coup allée aux Etats-Unis. J’ai aussi visité nombre de hackerspaces, laboratoires, notamment en Hongrie et en allemagne, et rencontré diverses communautés. a Copenhague, où le premier accélérateur a vu le jour en Europe, alex Farset m’a permis de vivre une se-lité. the Family a ainsi pour but d’être un sas de respiration, qui prend en charge les interactions avec des avocats, comptables, graphistes, designers adap- tés au monde des start-up, pour pallier le ralentisse- ment de l’écosystème. Par exemple nous avons mis au point un contrat avec lequel n’importe quel en- trepreneur peut lever des fonds immédiatement, sans attendre que le tour de table soit « closé ». C’est une nouvelle culture que nous tentons d’insuffler. tout ce qui a été pensé par l’Etat pour accompagner l’inno- vation l’a été en fonction d’une petite entreprise, pas une start-up qui recherche son business model.Quel est votre rapport à l’échec ?on entend beaucoup qu’il ne faut pas avoir peur de l’échec. Cette phrase est souvent mal comprise. auxEtats-Unis personne n’est fier d’avoir essuyé un re- vers ; mais il importe de rendre cette peur de l’échec créatrice. C’est en fait une capacité à faire des expé- riences, à ne pas hésiter à recommencer à zéro... En France on a encore du mal à se lancer depuis les petites classes, les vieux schémas et l’élitisme ont la vie dure et empêchent bien souvent de laisser les porteurs tester les choses et se faire leur propre idée. il ne faut d’ail- leurs pas que les aînés – ceux qui ont créé en 2005 – se montrent paternalistes et croient avoir tout vu, dans la mesure où les business models évoluent très vite.Êtes-vous optimiste quant à l’adoption d’une culture digitale dans le pays ? Koudetat est un de nos dis- positifs où nous mettons en ligne le parcours péda- gogique des start-up accé-BioSpécialiste de l’écosystèmeNée en 1984, Alice Zagury est diplômée de l’EM-Lyon. En 2008, elle rejoint Silicon Sentier pour monter l’incubateur art et technologie du 104. Cette fille d’un psychiatre expert auprès des tribunaux, qui intervient en milieu carcéral et dans des affaires de tueurs en série, voyage à travers l’Europe à la découverte des différents écosystèmes digitaux innovants. En 2010, elle lance le premier accélérateur français, Le Camping par Silicon Sentier. Quatre saisons, 36 start-up et 18 levées de fonds plus tard, elle décide decofonder The Family.66 Mai 2015colas Collin.club « Les barbares atta- quent », destiné aux grands groupes, afin qu’ils rentrent dans une vraie prise de risque. il faut bien sûr de l’argent, mais aussi une cul- ture de test, d’essai/erreur sur une problématique édic- tée au début.Propos recueillis par Julien Tarbymaine en immersion.s’occupe duPourquoi évoquez-vous une toxicité de l’écosys- tème en France ?Les meilleurs éléments sont souvent contraints de partir parce qu’ils ne peuvent se développer. Les complica- tions administratives et ban- quières sont encore une réa-]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frStRatÉGiE & iNNoVatioN NUMÉRiQUEMai 2015 67]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20RH & FoRMatioN Réseaux et influence - Le Club des Cent, amoureux de la grande cuisineDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingPalais impériaux«Jfaire greffer une queue de panthère ni entrer au Club des Cent. » Un aveu d’im- puissance qui serait signé Sarah Bernhardt. De fait, plus que de droit du reste, un siècle après les propos de La Divine, ce sont tou- jours ces messieurs qui pos- sèdent leur rond de serviette à l’une des sociétés les plus fermées du petit cercle des grands clubs privés. Cent puissants et pas un de plus, les autres étant stagiaires jusqu’à ce qu’une place se libère, comme à l’académie Française... Eux ? Des po- litiques (Xavier Darcos, Jean-Pierre Raffarin...), des journalistes (dont un Ber- nard Pivot très actif mais aussi l’incontournable Phi- lippe Bouvard), des écri- vains (Erik orsenna), voire des hommes de spectacle (Pierre arditi), mais aussi et surtout quelques-uns des patrons les plus embléma- tiques du CaC40 et des ca- pitaines d’industrie incon- tournables : le Dg. de GDF Suez Jean-François Cirelli, Eric Frachon, Jean-Louis Beffa, Robert Peugeot, étaient aux côtés de Daniel Bouton (ex-patron de la So- ciété Générale), Claude Bé- béar (président d’honneur d’aXa), Eric de Rothschild et Martin Bouygues, Jean- René Fourtou, le Prince al- bert ii de Monaco, sans ou- blier quelques professeurs de médecine, et même un prêtre aussi. Du solide. Leur point commun ? La four- chette ! Plus que centenaire, ce club fondé en 1912 – contemporain en cela du Guide Michelin (1900) – par le journaliste politique et dreyfusard Louis Forest, a été lancé sur ces bases, comme en témoigne la lettre de recrutement adressée aux premiers membres : « Un club de touristes automo- biles sérieux, batteurs de routes émérites qui tiennenton s’y presse depuis plus d’un siècle... pour se mettre à table ! LeClubdesCentesttoujoursaussisecretqueprestigieux...tout est permis dans le ca- dre de cette courtoisie na- turelle qui exclut tout excès. » Si la parole est rabelai- sienne, le business y est forcément évoqué. « Il est probable que ce club joue un certain rôle dans son genre, comme le Club des Amateurs de Cigare, de ce- lui des Croqueurs de Cho- colat ou des Amis des Bis- trots Parisiens, estime dans son ouvrage À table, la vie intrépide d’un gourmet re- doutable, Claude Lebey, l’un de ses membres, à l’origine de la création des trois derniers cercles. Il est très discret et très efficace. Ses 100 membres appar- tiennent tous à des profes- sions qui jouent un rôle important dans la société française. Il y règne, mal- gré les différences d’âge (le plus jeune est le chef d’orchestre Bruno Manto- vani, 37 ans, le plus âgé le journaliste Jean Ferriot, 93 ans, NDLR), une ambiance très particulière à tel point que l’un d’entre nous a dit que le Club des Cent est le seul où l’on pouvait se faire des amis d’enfance à n’im- porte quel âge (...) Le re- crutement s’est par ailleurs élargi, les qualités hu- maines primant sur la réus- site sociale. Et Jean Solanet a continué la politique d’ouverture de son prédé- cesseur. » Si un Centiste est membre à vie – bien que le manque d’assiduité puisse conduire à l’exclu- sion comme cela est arrivé à l’acteur Christian Clavier – et qu’un fils peut succé- der à son père, ce think tank de la bonne bouffe a aussi à son actif l’inscrip- tion du repas français au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2010. Hommes d’envergure et tambouille, oui, mais à la seule condition qu’elleOlivier Remy’ai deux re- grets : n’avoir jamais pu me« Cela multiplié par 100... La cuisine est brillante... »par-dessus tout à ne pas s’embêter dans la vie (...) Nous voulons avoir la liste complète des seules bonnes auberges, des seules bonnes boîtes bien françaises où l’on mange de très bonnes choses sur de la vaisselle propre et avec du linge bien blanc. »chacun doit toutefois s’ac- quitter de son addition. Les agapes se sont longtemps déroulées chez Maxim’s, leur QG, un peu moins dés- ormais, le club fréquentant aussi l’ambroisie de Ber- nard Pacaud ou l’apicius de Jean-Pierre Vigato, deux des chefs Centistes où fi- gurent aussi Paul Bocuse, alain Passard ou Joël Ro- buchon. Les seuls à échap- per au grand oral du club. Son rite d’intronisation sin- gulier est immuable et sur-toujours en activité, et qu’il faut s’acquitter d’une coti- sation annuelle de 1000 €, bourgeois de province ou patrons du CaC perchés en haut de la Défense se trou- vent parfois bien dépourvus quand l’épreuve survient. Dividendes, particules ou rosettes, ne pèsent en effet pas bien lourd devant la poularde de Bresse, le filet de sole poché, le canard de Challans et autre homard Vendôme. Une commission de réception de 18 membresculinaire polysémique.ENTRÉE ARDUEC’est à table que l’on gou- verne, dit-on... Qu’en est- il à celle des Centistes ? « La sensation du plaisir est un état si fragile. Et les repas fixent l’amitié », défend, avec le sens de la formule, Jean Solanet, ex- pert immobilier et président du Club depuis quelques années. Un président ho- noraire de la chambre des experts FNaiM pour le moins discret sur la com- munication du cénacle qui confiait à nos confères de La Libre Belgique il y a quelques mois qu’au club, tradition ne rime pas avec rigidité. « Chacun se tutoie, s’apostrophe, s’assoit où il veut, interrompt un ca- marade sans présenter la moindre excuse et com- mence à manger sans at- tendre ses voisins quand on lui apporte un plat à consommer chaud. En bref,103 ans plus tard, ce club de l’entre-soi réunit une quarantaine de ses membres tous les jeudis à 12h30 –Une commission de 18 membres passe au crible les connaissances culinaires et œnologiques du candidat.LOBBYING68Mai 2015dite l’heure du chef – tout terriblement redouté. passe en effet au crible les jusqu’à 14h30 précises à Car, si le règlement exige connaissances culinaires et l’initiative de l’un d’entre qu’il faut être parrainé par œnologiques des candidats deux et ce à tour de rôle. deux membres qui assurent dont un sur dix est recalé. Un « brigadier » éphémère votre honorabilité et votre Pas un énarque ou un nor- qui a la haute responsabilité goût pour les choses ex- malien qui ne tremble de- de contenter ses amis gas- quises, qu’il ne faut pas vant les cépages, les accords tronomes accomplis, dont avoir plus de 65 ans et être mets et vin et le vocabulairesoit bonne.]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20autant de domaines d’activités et d'entreprises en odeur de sainteté pour cette année 2015. Par ailleurs, la grande distribution et les télécom pâtissent cette année d'une certaine désaffection. Google fait aussi partie de ces entreprises en perte de vitesse notamment chez les anciens diplômés, même si son recul, somme toute relatif, ne l'éjecte pas en dehors du top 5.RH & FoRMatioN ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu L'heure est à la nouveauté, à l'inédit : EcoRéseau revient ce mois-ci sur la création d'écoles, de campus et de formations pion- niers dans leur spécialité. En sus, un tableau en complément de notre dossier innovation pédagogique sur les MBA Online.Création de la première Ecole de management des vins du Sud-OuestRafraîchir l'image parfois pleine de clichés sur les vins français. Professionnaliser un secteur d'activité multiséculaire qui subit les affres du numérique. Former les 5000 professionnels concernés sur ses aspects marketing, commercial, managérial, e-business et de gestion. Voici les ambitions que nourrit l'Ecole de management des vins du Sud-ouest (EMVSo), nouvelle venue sur la scène de la forma- tion continue et initiale grâce au partenariat noué entre l'interprofession des vins du Sud-ouest (iVSo) et toulouse Business School (tBS). La nouvelle école entend ainsi répondre par des parcours sur mesure aux attentes des professionnels du secteur de la région, du pays voire même aux acteurs in- ternationaux des vins et spiritueux. Cours professionnalisants à l'appui, l'EMVSo cible donc les commerciaux et forces de vente autour de thématiques tournées vers le e-marketing ou le CRM adapté au monde viticole ; les professionnels de la distribution notamment par le biais d'une formation de dégustateur professionnel ; et enfin les prescripteurs internationaux grâce au « Wine & Business Learning Expedition ». De son côté, tBS proposera son portefeuille de formations diplômantes dé- veloppé dans ce secteur : bachelor en management et commercialisation du vin, Badge ou encore MS Marketing et commercialisation des vins et spiritueux.Source : UniversumTop 10 des employeurs idéaux 2015 pour les étudiants en écoles en école de commerce :Top 10 des employeurs idéaux pour les étudiants ingénieurs1LVMH2L'Oréal Group3Google4Apple5Canal +6Nestlé7Danone8Coca-Cola Entreprise9Air France10Ernst&Young1Airbus Group2Google3Thales4Dassault Aviation5Safran6EDF7Total8Vinci9Apple10MicrosoftLes entreprises pour lesquelles les étudiants se pâmentSortie du dernier classement Universum sur les entreprises les plus convoitées par les étudiants de grandes écoles. Classement qui illustre d'ailleurs que rien n'est gravé dans le marbre même si le top 5 chez les ingénieurs ou les étudiants en commerce ne varie pas au regard du classement 2014. Notons aussi que LVMH demeure en tête de ce ranking pour la 10e année consécutive. En dépit de ces inamovibles entreprises, on souligne une forte progression pour Daimler tandis que les autres constructeurs connaissent une baisse de leur cote de popularité. Du mouvement aussi dans le monde de la finance où l'on observe les Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley gagner 12 places alors que les cabinets d'audit séduisent moins les foules étudiantes. Ce classement s'expliquerait par un phénomène de vase communicant entre ces différents métiers. Parrot, leader dans la conception de drones, DCNS, spécialisé dans la construction navale et militaire, et le secteur de la bière, sontNouvelle filière pour l’IESEG et AdeccoQui entend création de formation dit corollairement nouvelles opportunités de recrutement. Dans ce cas de figure, il s'agirait pour l'iESEG School of Management de former aux postes d'ingénieurs commerciaux et d'affaires, de consultants en recrutement, de commerciaux grands comptes, de res- ponsables de vente pour augmenter le vivier dans lequel peut puiser le groupe adecco. Sous la for- mule d'un contrat de professionnalisation, ce nouveau master en deux ans ouvrira ses portes à la prochaine rentrée de septembre.70Mai 2015Nouveaux campus à l’étranger pour Sup de Luxe et l’IDRAC Business School- octobre 2015 annonce la création de cursus communs entre le groupe Sawi Suisse Romande (centre suisse d'enseignement du marketing, de la publicité, de la communication et de laCréation d'un MS pionnier en Géo Business IntelligenceStatistique à retenir : quatre données sur cinq auraient une composante géographique. Leur traitement joue ainsi un rôle déterminant dans la performance des acteurs économiques et dans l'aménagement du territoire. Dans l'air du management des connaissances, le programme DeSigeo, MS en Géo Bu- siness intelligence ambitionne de former les cadres à de nouveaux outils d'aide à la décision à l'image de l'utilisation de la géo-information (coordonnées GPS, adresses postales, trafic routier, données socio-économiques et démographiques, etc.). S'adressant à des profils informatiques expérimentés en géomatique et divers domaines appliqués mais aussi aux titulaires d'un Bac+5, la formation se déroulera à compter d'octobre 2015 en formule part-time sur les trois sites des organismes à l'origine de cette nouvelle formation : le CNaM (Centre national des arts & Métiers) de Paris, l'ENSG (l'Ecole nationale des sciences géographiques) et l'Ecole des Ponts Paristech.ENSTA ParisTech et Polytechnique : rapprochement en cours...approuvés par les conseils d'administration des deux écoles, le projet d'association entre l'ENSta et l'X vise à construire un ensemble cohérent en enseignement, en recherche et en fonctionnement. Dans la dynamique de l'Université Paris-Saclay dont les deux écoles sont fondatrices, cette convention d'en- tente établit une stratégie commune bien que les deux protagonistes gardent leur autonomie juridique. au menu, formation, recherche, propriété intellectuelle et international formeront autant de chantiers majeurs dans ce cadre partenarial. Bien évidemment, l'accent sera mis sur l'accélération de la création de doubles diplômes entre les deux entités. Côté recherche, de nouveaux laboratoires communs en robotique et en ingénierie des systèmes verront le jour. De même qu'un regroupement géographique autour de la mécanique est pour l'instant à l'étude. Enfin, cette convention d'association souhaite no- tamment intensifier la visibilité mondiale des établissements ainsi que leur recrutement international et mobilité sortante.]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°20vente) et Sup de Luxe du groupe EDC (groupe privé d'édu- cation détenu par des chefs d'entreprise) dans les domaines du marketing du luxe. Cette nouvelle association passe par la création d'une antenne de Sup de Luxe à Genève.www.ecoreseau.fr- Déjà doté de trois campus associés à Cork (irlande), Santan- der (Espagne), et Brno (République tchèque), l'iDRaC Bu- siness School poursuit son déploiement à l'étranger avec un nouveau partenariat signé fin février, synonyme d'un nouveau campus associé avec l'international School of Business de Du- blin. Cette nouvelle ouverture répond à la demande grandis- sante du parcours européen intervenant en deuxième année du bachelor dans un souci d'immersion et de maintien de groupe de formation de taille humaine.Les potaches rongent leur frein en ce printemps déjà bien entamé augurant d'apéritifs anisés, de parties de boules et de grillades enfumant le jardin ou le balcon. C'est l'heure des révisions. Pour dépasser cette frustration saisonnière et se préparer au mieux à l'échéance des examens, trois étudiants ont lancés Studizen, première plate-forme proposant l'achat et la vente de contenus pédagogiques : Besoin du partiel du major de promo, ou du cours d'économie du vendredi matin ? Le site Studizen permet ainsi aux étudiants de fixer eux-même le prix de vente de leur contenu selon des critères de qualité. Une manière pour ilan, Yohann et Michel, les trois instigateurs, de créer une solution pour trouver facilement du contenu pour chaque apprenant approprié à tout type de cursus malgré l'im- mensité d'internet.Ce nouveau partenariat est aussi l'occasion d'annoncer la no- mination de Jean Charroin -actuel directeur d'audencia Nantes et directeur adjoint d'audencia Group jusqu'à la fin du mois de mai - en tant que directeur général du groupe iDRaC à compter du 1er juin.Classement des meilleurs MBA Online :la France n'y croit pas ?EcoRéseau s'intéresse ce mois-ci à l'innovation pédagogique. Si l'un de ses grands enjeux demeure la place du virtuel face au pré- sentiel, force est de reconnaître que le classement ci-après illustre clairement la position des écoles face à ce sujet délicat. L'absence des business schools hexagonales de ce ranking s'expliquerait no- tamment par la volonté des meilleures de ne pas s'investir dans ce type de formation. Exception faite de quelques établissements tels que l'audencia qui se classe 15e avec son euro MBa ou encore de l'ESCEM, située hors de ce classement.Source: QS TopMBAClassement des meilleurs MBA OnlineBesoin de revaloriser votre CV ? Pourquoi ne pas tenter Fac For Pro...Bien sûr, il n'y a pas que les grandes écoles sur le segment de la formation continue. Fac For Pro, institut de formation pro- fessionnelle de Paris, fait partie de ces organismes destinés aux étudiants en fin de cursus et aux salariés éprouvant des difficultés d'insertion ou ressentant des envies de reconversion. Comme pommade de formation sur les angoisses de carrière, l'institut met l'accent sur la transversalité et le décloisonnement des savoirs via notamment des formations à distance et promeut également des parcours à l'étranger si cette ligne manque au CV. Habilité par le rectorat de Paris, le panel des formations couvre l'ensemble des compétences exigées dans le monde de l'entreprise : marketing, langues, commerce in- ternational, droit de l'entreprise, vente et négoce et bien d'autres encore... Les prix oscillent entre 550 euros pour la formule Pro et 2490 euros pour la formule international Plus. Une opportunité originale de plus dans le monde de la formation continue qui concilie accompagnement personnalisé,Observatoire RH & FoRMatioN flexibilité et prix aux exigences des formations qualifiantes etprofessionnalisantes.Studizen au secours des étudiantsRAN GECOLEPAYS1IE BUSINESS SCHOOL, IE UNIVERSITYESPAGNE2WARWICK BUSINESS SCHOOLROYAUME-UNIS3KELLEY SCHOOL OF BUSINESS, INDIANA UNIVERSITYETATS-UNIS4MANCHESTER BUSINESS SCHOOL, THE UNIVERSITY OF MANCHESTERROYAUME-UNIS5THUNDERBIRD SCHOOL OF GLOBAL MANAGEMENTETATS-UNIS6FOX SCHOOL OF BUSINESS AND MANAGEMENT, TEMPLE UNIVERSITYETATS-UNIS7OXFORD BROOKES UNIVERSITY BUSINESS SCHOOLROYAUME-UNIS8THE OPEN UNIVERSITY BUSINESS SCHOOL, THE OPEN UNIVERSITYROYAUME-UNIS9THE UNIVERSITY OF TEXAS AT DALLAS NAVEEN JINDAL SCHOOL OF MANAGEMENTETATS-UNIS10DREXEL LEBOWETATS-UNIS11DURHAM UNIVERSITY BUSINESS SCHOOLROYAUME-UNIS12GRADUATE SCHOOL OF BUSINESS, UNIVERSITY OF STRATHCLYDEROYAUME-UNIS13GEORGE WASHINGTON UNIVERSITY - SCHOOL OF BUSINESSETATS-UNIS14GRADUATE SCHOOL OF BUSINESS, FLORIDA INTERNATIONAL UNIVERSITYETATS-UNIS15EURO MBA*PAYS-BAS, FRANCE, ESPAGNE, POLOGNE, ALLEMAGNE* le programme est proposé par un consortium de 6 écoles et uni- versités européennes dont l'IAE d'Aix en Provence et l'Audencia Nantes.Mai 201571]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20RH & FoRMatioNCarrières & Talents - L’innovation pédagogiqueAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesL ’innovation n’est pas seulement une question de moyens technologiques et de sensi- bilisation à la technique. il s’agit également d’intégrer au curriculum des grandes écoles des matières neuves utiles à l’insertion des ap- prenants. Ces efforts de sen- sibilisation et d’actualisation des connaissances et des compétences seront dans certains cas de figure la clé de voûte de l’innovationL'école du futur Comment enseigne-t-on actuellement de manière innovante ?des grandes écoles.nitive souhaite ainsi iden- tifier les forces et faiblesses de l’apprenant en la matière pour l’aider dans ses choix de parcours », précise Jean- Michel Blanquer. toutefois le but n’est pas de faire des formations le menu attrape- touriste d’un restaurant du sud de la France en saison estivale. Des choix person- nalisables et multiples certes, mais un choix ai- guillé qui permettra au final de valider un socle de connaissances et de com- pétences. « Au bout de l’in- dividualisation des par- cours, l’étudiant doit dé- montrer qu’il a obtenu le portefeuille de compétences requis en nous expliquant la sélection faite sur les électifs, séjours, spéciali- sations, et son intégration dans différents projets. Ses choix devront justifier l’at- teinte de compétences pré- définies, attendues en fin de cursus », pondère Valérie Claude-Gaudillat, directrice de l’institut pour l’innova- tion à l’audencia.INNOVATION DE CONTENUSC’est ce qui explique, entre autres, pourquoi la France est championne du monde de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE, cf. baromètre entreprendre). Les écoles ont d’ailleurs compris leur rôle à jouer en tant que prescriptrices. « Notre positionnement consiste en une formation de personnes capables d’exercer un leadership res- ponsable, dotées d’une forte capacité d’autonomie tout en cultivant un esprit de co-construction. Pour ce faire, nous privilégions l’ex- périentiel et le blended lear- ning. Le distanciel permet ainsi de rendre le présentiel plus qualitatif », détaille Marie-Laure Massue, di- rectrice du teaching & Lear- ning Center à Neoma. Même tendance à l’auden- cia où la formule du MBa est fortement teintée RSE depuis sa création. autre face immergée de l’iceberg de l’innovation, la démo- cratisation des théories pé- dagogiques anglo-saxonnes de « l’action-learning » ou du « learning by doing » conduisent au décloisonne- ment des écoles avec le monde non connoté busi- ness qui les entoure.Ce décloisonnement s’opère sous différents biais : les écoles vont s’ouvrir à d’au- tres manières de penser, partir à la rencontre de dis-Des cours plus RSE, car plus proches de la nature...ciplines qui n’ont a priori aucun rapport avec leur cœur de métier, ou encou- rager l’esprit d’entrepren- dre. Cette tendance de fond aboutit à d’autres manières d’enseigner : comprendre et agir en leader pendant un stage d’immersion au sein d’un corps d’armée malgré son inscription encommun avec l’interlocu- teur pour résoudre un pro- blème, illustre Julien Boh- danowiscz, directeur des études chargé du cycle in- génieurs Civils aux Mines Paristech. Nous incitons aussi nos étudiants, via des projets communs, à côtoyer le milieu des arts et des médias. Les « projetsteurs de leur formation. « On veut leur faire comprendre qu’ils sont les bâtisseurs de la société de demain. Dans le cadre de l’imagi- nation Week, les étudiants, sur proposition du corps enseignant, votent donc pour l’élaboration de nou- veaux cours. Au terme des différents allers-retours en-sèdent à la fois une dimen- sion interactive dans leur élaboration, mais seront aussi synonymes d’une meil- leure implication tout en étant reliés aux dernières avancées de la recherche. C’est une première mon- diale. »DE NOUVEAUX TUYAUXQuoi qu’on en dise, l’inno- vation pédagogique reste parfois un moyen comme un autre de ruser auprès des apprenants et de séduire pour se démarquer. Cer- taines manières de faire per- mettent ainsi de gagner en implication, en interaction et donc en efficacité d’ap- prentissage. Méthode ré- pandue dans les formats en- treprise, le « funny lear- ning » continue sa percée dans la formation initiale par exemple. « Cela se ca- ractérise par des méthodes qui sortent du cours ma- gistral moins légitime dans la formation continue, tout en s’appuyant sur les neu- rosciences pour déterminer les mécanismes d’appren- tissage. C’est une pédagogie par le détour qui recourt aujourd’hui, par exemple, à des jeux en ligne ou enNotre projet de carte cognitive souhaite identifier les forces et faiblesses de l'apprenant pour l'aider dans ses choix de parcoursVERS LA FORMATIONSUR MESUREFantasme des professeurs du primaire et du secon- daire, le progrès passerait par une personnalisation presque totale des parcours. Une différenciation péda- gogique rendue plus effec- tive par la technologie nu- mérique. La future carte cognitive des soft skills de l’ESSEC va dans ce sens. « L’innovation se traduit par notre volonté de mieux évaluer les étudiants en pa- ramétrant les soft skills. Notre projet de carte cog-72Mai 2015école de commerce, par exemple. Mais ce n’est pas tout ! « Nous posons par exemple des sujets dits « controverses » où tout le monde peut avoir raison sur un problème donné, mais selon un point de vue différent. Le but est alors de trouver le référentielrisques » sont, quant à eux, l’occasion d’amener nos étudiants vers des problèmes ouverts. Le but est d’entre- prendre, qu’il s’agisse de monter une start-up ou de fonder un projet humani- taire. » D’autres écoles vont encore plus loin en faisant des étudiants les co-concep-tre le corps enseignant et les étudiants, six thèmes ont été retenus, se réjouit Jean- Michel Blanquer, directeur général de l’ESSEC. Lancés en septembre prochain, ces cours, déclinés ensuite en SPOC (Small Private On- line Courses, pour un nom- bre réduit d’étudiants), pos-Œ]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 10 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, 1 format week-endPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 380120215]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20RH & FoRMatioN Carrières & Talents - L’innovation pédagogiqueface à face », note William Hurst, directeur de la for- mation continue à l’auden- cia. L’enjeu de l’innovation pourrait donc se résumer à trouver la pédagogie idoine pour dispenser un nouveau savoir à un public cible. aussi, l’arrivée des « Mil- lennials », cette nouvelle génération connectée avant même de savoir parler, im-« Il y a quelques mois, cer- tains me prenaient pour un fou furieux. J’expliquais que bientôt un DRH aurait à faire le choix entre un candidat diplômé et un can- didat bardé de certifications obtenues par validation de MOOCs portés par de grandes marques. Au- jourd’hui, on vient me de- mander ce qui fait la diffé-en faire des programmes novateurs tant dans le contenu que dans la manière de les dispenser.tions pionnières en 3D en partenariat avec Centrale, le Strate College et Dassault Systèmes. « Dans ces bâti- ments modulables, se ren- contrent des profils aux com- pétences et aux cultures dif- férentes. On y crée des se- rious games, des contenus vidéo, des études de cas. La technologie 3D vient ici sti- muler la pédagogie », ex- plique Jean-Michel Blanquer.temps peu conciliable avec les formations classiques. » Et Vincent Van Peteghem, responsable de l’innovation pédagogique à l’EDHEC, de compléter : « Les nou- velles technologies amènent de nouvelles façons d’en- seigner telles que la classe inversée où le professeur devient davantage un tuteur et un coach plus qu’un en- seignant dans son acceptionêtre bouleversée par des ac- teurs d’un autre genre. Même si les géants de la data et du contenu livresque n’ont pas encore atteint le firmament des formations de nos écoles, il n’empêche que ces entre- prises globalisées pourraient clairement piétiner leurs plates-bandes à en croire le directeur de GEM Jean-Fran- çois Fiorina, dont le blog éponyme se fait l’écho des derniers questionnements en la matière : « Amazon dis- pose de la plus grande base de données livresques de la planète. En faire une base de connaissances mondiales, négociée avec les éditeurs et les autres partenaires, ca- pables de personnaliser une offre selon les besoins des lecteurs ou de l’apprenant, ouvre des perspectives sans limites. » Commencez la mixture avec un chapitre sur le e-marketing, puis ajoutez deux pages sur la vie de Steve Jobs, saupoudrez de trois autres au sujet de la fondation Bill Gates. Enfin assaisonnez de quelques maximes de Ghandi pour l’inspiration. Servez aux ouailles étudiantes affamées le « hors d’œuvre » péda- gogique pendant qu’il est encore chaud ! Pour Google, l’atout est d’un autre regis- tre : « Eléments essentiels d’analyse des comporte- ments et des choix, l’ensem- ble des données personna- lisent et poussent actuelle- ment, de manière automa- tique et très efficace, des in- formations, des offres deDans le cadre de l'Imagination Week, les étudiants élaborent de nouveaux coursOUVRIR LA BOÎTE DE PANDORE DE LA PÉDAGOGIELe fablab et la technologie 3D deviennent à l’école de commerce ce que la barbe et les pantalons feu de plan- cher sont aux hipsters. Lesplique-t-elle une autre ma- nière d’enseigner en phase avec les usages technolo- giques de son époque. En particulier à l’heure, où les MooC, les SPoC, les « Learning Pills » – de l’EDHEC pour ses alumni –, les MBa online et l’en- semble des plateformes nu- mériques font du monde, plus qu’un ensemble de des- tinations business prisées pour les étudiants, un cam- pus connecté. il est d’ail- leurs possible aujourd’hui d’accéder en ligne et gra- tuitement à certains cours de MBa dispensés par la crème mondiale de l’ensei- gnement. Pour les curieux, surfez sur les pages Face- book de ces prestigieuses écoles. Par ailleurs, d’autres enjeux découlent de ces technologies. Comme celui de la pertinence de ces for- mations numériques au mo- ment de passer les premiers tamis d’une direction RH.rence entre les deux pro- fils », remarque Jean-Fran- çois Fiorina. Et Christophe Roquilly, doyen du corps professoral de la recherche à l’EDHEC, de nuancer : « Est-ce que les entreprises sont prêtes à s’engager uni- quement sur du virtuel ? Pour l’instant les avis di- vergent ». D’autant que le succès des MooCs est en- core incertain. La question divise, mais une chose est sûre : pour aller plus loin dans l’innovation, les porte- paroles s’accordent sur le nécessaire besoin de bien situer l’innovation sur la chaîne de valeur éducative. Cette dernière se définit en plusieurs étapes : la construction de savoirs- contenus que l’on rend ac- cessibles par une pédagogie appropriée puis leur diffu- sion à différents publics ci- bles. L’effort à mener se si- tue donc au niveau de l’in- génierie des formations pourCas d’écoleRègle capitale pour le prof dans un Mooc : toujours faire ses interventions devant une biblio- thèque, pour avoir l’air plus intelligent...Iseg Marketing & Communication Schooltechnologies. « Au début des années 1990, l’Alliance Mer- cure, qui regroupait plusieurs grandes écoles de commerce, s’est vite rendu compte qu’un contenu multimédia de qua- lité coûtait plus cher que du présentiel classique, se rap- pelle Christophe Roquilliy. Notre idée de la pédagogie revient à utiliser le numé- rique et le virtuel de façon vertueuse et qualitative. Au- jourd’hui, notre offre en pur e-learning s’adresse aux per- sonnes souffrant de pro- blèmes de mobilité ou aux sportifs de haut niveau en raison de leur emploi dud’intelligence collaborative. Phénomène à l’œuvre dans nos séminaires open inno- vation par exemple. »service ou de la publicité... Pourquoi pas des offres de formation ? », questionne Jean-François Fiorina. En attendant ce cataclysme nu-Pas d'incubateur ni de "∏Lab" pour les écoles ISEG. Mais ce réseau parisien adapte certains dénominateurs communs de l'in- novation pédagogique, inhérente aux meil- leures écoles, aux exigences des recruteurs. « Outre les aspects technologiques, l'im- portant est la manière avec laquelle nous travaillons pour nous adapter à la génération Z. C'est une génération qui apprécie de pouvoir gérer plusieurs activités en même temps, et d’avoir un certain sentiment de liberté et de choix. Les outils numériques actuels nous permettent ainsi de faire de la pédagogie augmentée. Le "blended lear- ning", lui, permet une acquisition des connaissances tout en menant en parallèledes projets sur des cas réels d'entreprise. Ceci permet d'aller plus loin qu'en présentiel. Enfin, le volet sur-mesure prend de plus en plus d'importance dans le cursus de nos étudiants : proposer des parcours différen- ciants avec une très grande flexibilité/agilité, c'est ce sur quoi nos écoles travaillent, d'autant qu'elles s'adaptent en permanence aux mutations des métiers de la commu- nication et du marketing – sans perdre de vue que nous formons des profils devant être rapidement opérationnels », analyse Valérie Dmitrovic directrice nationale ISEG Marketing &Communication School.G.FGOOGLE VERSUS HEC, BIENTÔT ? Google et amazon futures concurrentes du Mit et de HEC ? aussi difficile soit-il d’y croire, la concurrence qu’induit les progrès du nu- mérique ne viendra pas seu- lement des prestigieuses écoles rivales historiques, étrangères, ou de jeunes pousses hybrides en devenir. La constellation que forment nos grandes écoles peut ainsier-écoles dédient progressive- ment des bâtiments ouverts à l’innovation pédagogique. Et pas seulement des fablabs. Les écoles se mettent aussi à incuber l’innovation pé- dagogique. a l’ESSEC, le Knowledge Lab planche ac- tuellement sur des simula-a l’EDHEC, le « ∏Lab », prononcé « Pi Lab » souhaite plus que concilier le distan- ciel et le présentiel via son incubateur pédagogique tout en ayant une réflexion rai- sonnée sur les nouvellesclassique. Mais il ne faut pas perdre de vue l’objectif final : la technologie n’est qu’un moyen pour améliorer l’expérience de formation afin de développer une pos- ture de questionnement etMéthode répandue dans les formats entreprise, le « funny learning » continue sa percée dans la formation initialemérique, les écoles s’int. rogent sur le positionnement de ces mastodontes de l’in- ternet : opérateurs de l’édu- cation ou fournisseur des plateformes pour aider les écoles à optimiser/cibler leurs offres, toucher de nouveaux publics, réduire leurs coûts ? Rien n’est moins sûr...Geoffroy Framery74Mai 2015]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20RH & FoRMatioN Carrières & Talents - Le diplôme bachelorEn quête de lisibilitéLapparu il y a moins de dix ans, le bachelor s’est imposé dans l’esprit des jeunes. Et celui des PME recruteuses ?e marché de la dié- contours et le contenu. nagement (GEM), membre tétique se porte C’est ce qui ressort d’un de la Conférence des bien. Fort des sondage, réalisé par l’iFoP, grandes écoles, et par ail-marques Gerlinéa, Gerblé, à la demande d’atout+3 – leurs expert du bachelor.ou bien encore Céréal, le groupe Nutrition et Santé affiche un taux de crois- sance de 13% en 2014. D’où des recrutements ré- guliers pour ce groupe de 1200 salariés. ainsi, un chef de produit et un chef de secteur sont actuellement recherchés pour le segment de la nutrition des sportifs, isostar. En un mois, près d’une vingtaine de CV ont passé le filtre du cabinet de recrutement. Des ba- chelors sont dans le lot ? Peut-être. ils n’ont pas re- tenu l’attention d’Emma- nuel de La teysonnière, brand activation manager France et international, en charge du recrutement. « Ce cursus est un entre-deux, souligne-t-il. Pas vraiment opérationnel, pas suffisam- ment en tout cas pour oc- cuper un poste commercial, et pas suffisamment élevé non plus pour un emploi dans le marketing. C’est encore nébuleux. »un regroupement d’écoles de commerce dispensant cette formation et proposant un concours d’entrée com- mun – auprès de plus de 400 patrons d’entreprise. Parmi les 80% déclarant connaître le bachelor, un sur deux ne lui affecte pas le bon nombre d’années d’études. Soit trop ou trop peu. Seuls 16% savent le situer sur l’échiquier de l’enseignement supérieur. Si le sondage date de fin 2012, le constat perdure. « Le monde économique est en peine pour identifier ce cursus, note Guy Gas- coin, directeur de l’Ecole atlantique de commerce (EaC), spécialisée sur l’of- fre bachelor et filiale d’au- dencia. Ce constat prend toute son acuité pour les dirigeants de PME et PMI. » La marge de pro- gression est importante.« Je veux éclaircir un point sur votre CV : « bachelor » ? Vous avez fait l’émission le Bachelor ? »D’autres parlent de « fourre-tout ». Et ce constat vaut aussi pour le contenu. Le bachelor de l’ESC Pau est spécialisé sur le management et la relation client. Celui de l’iPaG business school traite de commerce et stra- tégies digitales. Et son offre s’étoffera à la rentrée pro- chaine avec un bachelor comptabilité et communi- cation. L’ESC La Rochelle résume à elle seule la di- versité de ces programmes. Elle en compte trois : un dédié au tourisme, un – dispensé dans la langue de Shakespeare – axé sur l’in- ternational, et un généra- liste. Ressources humaines, marketing, droit, achat, sciences de gestion, négo- ciations... Les fondamen- taux composent le cœur du programme, associés à des périodes de stage nom- breuses, voire même à une année de césure ou à l’al- ternance. Pour parodier un slogan publicitaire, « il a tout du... programme grande école », mais la classe préparatoire et les concepts en moins.tout comme Emmanuel de La teysonnière, pas moins de 20% des recruteurs igno- rent ce qu’est le bachelor, en méconnaissant lesUN FORMAT MALLÉABLE« C’est quoi un bache- lor ? » Yann Estevenon, étudiant en deuxième année à l’Ecole atlantique de com- merce (EaC), est habituéLe monde économique est en peine pour identifier ce cursusà la question. Elle arrive très tôt dans les entretiens lors de ses recherches de stage. « Je dois trouver desC’est la version française. La V.o, calquée sur le mo- dèle nord-américain, est en quatre ans. on parle alorsbien encore SKEMa se sont alignées sur ce mo- dèle.« Avec le bachelor, on asynonymes comme licence ou bac+3 pour bien situer ma formation. » Ce format en trois ans est très répandu.de BBa, pour Bachelor in Business Administration. L’EDHEC, l’EM Lyon, l’ESSEC, l’iNSEEC outout et son contraire. » Ces propos, on les doit à Jean- François Fiorina, à la tête de Grenoble Ecole de ma-LexiqueSe repérer dans ce labyrinthe de l’enseignement supérieur n’est pas aisé. Et c’est encore plus compliqué avec les ba- chelors, en raison même du peu d’ancienneté de ce cursus. D’où un point de vocabulaire pour en recruter en toute connaissance de cause.Visa : cette distinction est l’apanage des écoles de com- merce de premier plan. Ou plus exactement de leurs di- plômes. Qu’est-ce que cela signifie ? Un diplôme visé a reçu un satisfecit de l’Etat, via la Commission d’évaluation des formations et des diplômes de gestion (CEFDG). C’est un gage de sérieux. Même si leur réputation n’est plus à faire – c’est le cas des ESSEC, EDHEC ou bien encore SKEMA... – ces établissements aiment revendiquer cette cocarde ministérielle. 30 programmes de bachelor sont aujourd’hui visés. L’intérêt pour le recruteur ? Avec les fusions, absorptions, changements de nom, le paysagedes écoles de commerce évolue, brouille un peu les pistes. Aussi, le visa constitue-t-il un critère essentiel pour se repérer. Jean-François Fiorina, à la tête de Grenoble Ecole de management (GEM), dit de lui que « c’est le juge de paix ». Mais, deux promotions doivent avoir été mises sur le marché pour en faire la demande. Soit six ans d’attente avant de prétendre au Saint-Graal !Titre du Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) : appendice du ministère chargé de l’Emploi, le RNCP intervient dans le domaine de la formation. Toutes les formations. Son tamis pour les évaluer ? Les compétences, et non le nombre d’années d’études, avec à la clé des niveaux de 3 à 1. Qui met en avant cette distinction ? Celles qui n’ont pas le visa, précisément. Claire Souvigné, directrice de l’INSEEC Bachelor, commente : « la compétence n’attendpas le nombre des années ! ».Accréditation : les grandes écoles n’ont que ce mot à la bouche. A grands coups de communiqués, elles annoncent leurs nouvelles accréditations, leurs attributions comme leurs renouvellements. Qu’elles s’appellent Equis pour l’européenne, AMBA ou AACSB pour les anglo-saxonnes, ces distinctions sont délivrées, non pas à un programme, mais à l’établissement. Et si le bachelor a vocation à produire des cadres intermédiaires, directement opéra- tionnels, les accréditations soulignent l’excellence acadé- mique et l’ouverture à l’international. Une distorsion que dénoncent les responsables des écoles de milieu de tableau, qui n’en ont pas. « Ce mode de fonctionnement est en total décalage avec ce qui se pratique à l’étranger, note encore Claire Souvigné. Encore un exemple de l’ex- ception culturelle française », déplore-t-elle.76 Mai 2015Un verbiage dans le monde des bachelors]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Le diplôme bachelor RH & FoRMatioNUN MARCHÉEN PLEINE CROISSANCECombien de bachelors compte-t-on ? « J’aimerais bien le savoir », répond du tac-au-tac Christian Chenel, délégué général du concours atout+3, et par ailleurs directeur des pro- grammes et de la scolarité de Novancia, bref un in- terlocuteur situé au cœur du système. « Les écoles de commerce font feu de tout bois. N’importe qui peut ouvrir un bachelor », analyse-t-il. aujourd’hui, aucun interlocuteur n’est en mesure de fournir une réponse quant au nombre de bachelors. Certains avancent le chiffre de 50, d’autres 100... voire da- vantage... L’idée à retenir ? Né – pour la plupart – dans les années 2000 dans les écoles de commerce de mi- lieu voire de bas de clas- sement, ce cursus connaît une forte croissance depuis deux ou trois ans. Un exem- ple:àl’ESCdeLaRo- chelle, l’un de ses trois programmes – le bachelor business – a vu ses effectifs grimper de 20%, les deux autres restant stables. Et Lucile ouvrard, en charge de ces programmes, précise « que la capacité d’accueil à La Rochelle peut encore s’accroitre probablement jusqu’à 2000 étudiants ». ils sont 1650 aujourd’hui. Par ailleurs, une antenne ouvrira ses portes à an- goulême, à la rentrée 2015, pour capter cette demande exponentielle. autre école et même constat : Novan- cia, école parisienne dé- pendant de la Chambre de commerce et d’industrie (CCi), constate une pro-gretter : « Les entreprises regardent rarement les ca- pacités techniques d’un étu- diant ou d’un jeune di- plômé ».parence. Mais le risquen’est-il pas au contraire devoir le millefeuille des dis-tinctions s’épaissir davan-tage encore ? aussi, « the »critère reste, pour JoëlleSchmalholtz-Malka, res-ponsable de ces cursus àl’iPaG Paris, les partena-riats avec les entreprises.Et de citer le tout prochainbachelor comptabilité etcommunication, mis sur les PME. « Depuis deux point même de voir leurschelor gagne du terrain sur les catalogues des petites et des grandes écoles.roulé, la trame générale...ESSEC intègrent une en- treprise de moins de 500 salariés. Ces jeunes-là ont la réputation d’être direc- tement opérationnels, des collaborateurs de terrain. « Ils n’hésitent pas à mettre les mains dans le cam- bouis », commente Didier Werhi, de l’EM Strasbourg. Pour Jean-François Fiorina, « le succès est patent. AuLE POIDSDE LA MARQUE Hugues Levecq a de la chance. Et il le sait. il est aux commandes d’un ba-Le bachelor n’est donc pas à une contradiction près. Ce terme est une « appel- lation commerciale », rap-« Les diplômés comme les entreprises ont tout à ga- gner de cette proximité pé- dagogique. »LE MIDDLE MANAGEMENTPOUR CIBLE60% des diplômés frais émoulus de l’iNSEEC dé- crochent un emploi dansLa moitié des diplômés du BBA ESSEC intègrent une entreprise de moins« Major de la promo du bachelor, expériences pointues à l’étran- ger... Non, non, rien n’est exagéré... »chelor vieux de 40 ans, programme phare de l’Ecole des praticiens du commerce international (EPSCi), rebaptisé BBa ESSEC, du nom de la mai- son mère. « On n’a pas besoin de faire une expli- cation de texte, confirme- t-il. C’est un énorme avan- tage. Quand les recruteurs voient les deux sigles ac- colés, ils sont rassurés. ES- SEC est synonyme de qua- lité. » En l’absence d’idée précise sur le bachelor, l’ef- fet marque est prédominant. « Les candidats jouent surdévolus a.inversion dans la hiérarchie des cursus se profilerait ! Une appellation commer- ciale devancerait le nec plus ultra des études supérieures. Ces propos ont de quoi agi- ter la société française, tel- lement attachée aux di- plômes !pelle le ministère de l’En- seignement supérieur, et en rien un diplôme. Sur le par- chemin des tout jeunes di- plômés, on peut lire « Bac+3 en... » autant s’y plier pour les écoles, sinon le sceau de l’Etat – à savoir le visa – n’est pas accordé.Ces jeunes-là ont la réputation d’être directement opérationnels, des collaborateurs de terrainVERS PLUS DE LISIBILITÉ ?Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. Le visa et le titre du Répertoire na- tional des certifications pro- fessionnelles (cf. encadré) ne satisfont pas tous les ac-pied avec le concours du conseil supérieur de l’ordre national des experts-comp- tables. D’ici cinq ans, 50000 postes seraient à pourvoir, avec des évolutions pro- fessionnelles en perspective. Joëlle Schmalholtz-Malka, comme les autres respon- sables de filières, lancent d’ailleurs un appel pour une plus grande implication des patrons de PME. Elles peuvent influencer les ma- tières au programme, le dé-de 500 salariésou trois ans, les grands groupes ont arrêté de re- cruter, constate Claire Sou- vigné, directrice de l’iN- SEEC Bachelor. Et comme les grandes écoles plan- chent sur des cas L’Oréal ou d’autres noms du même acabit, bien éloignés des préoccupations des PME, les petites écoles ont un rôle à jouer pour former et pourvoir les postes du mid- dle management. » La moi- tié des diplômés du BBasalaires aux Etats-Unis et en Allemagne dépasser ceuxux masters. » UneMurielle Wolskigression de 10 à 15% de ses effectifs. L’Ecole su- périeure de commerce et de marketing iStEC a déjà diplômé deux promotions, de 150 étudiants chacune. L’iPaG s’apprête à sortir la première. Et audencia a repris à son compte le ba- chelor, proposé par l’Ecole atlantique de commerce (aEC). Le phénomène ba-le nom de l’école, constate augustin Jaclin, jeune en- trepreneur et cofondateur de Lemon tri, société de services pour l’amélioration du tri sélectif et du recy- clage, qui recouvre des cur- sus parfois bien différents. A juste titre, c’est ce que nous allons regarder en premier. » Et Guy Gascoin, à la tête de l’EaC de re-teurs, écoles, étudiants ou entreprises. aussi, depuis plusieurs mois, plusieurs responsables de bachelors, avec le réseau atout+3 en tête, militent-ils auprès du ministère de l’Enseigne- ment supérieur pour obtenir un grade de licence. Une sorte d’équivalence. Chris- tian Chenel voit là une ré- ponse au besoin de trans-Mai 201577]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneExpon Tatoueurs, tatouesA travers les âges et le monde, l'exposition « Tatoueurs, tatoués » retrace l'histoire de cet ornement ancré au plus profond des chairs. Des peuples amérindiens et Maori en passant par les acteurs du théâtre Kabuki ou les marginaux français du premier XXe siè- cle, l'exposition passe en revue les enjeux inhérents à la pratique : masques de combat,signes de contestation, ornements mystiques, etc. La diversité des supports est d'ailleurs au service de la diversité du propos : écrits théoriques, instruments de tatoueurs à travers les âges, mains mo- mifiées, imitations en latex du corps humain ultra réalistes, sup- ports vidéo, tableaux, gravures, costumes... Notons à l'occasion que l'exposition peut choquer les plus jeunes, photos de Yakuzas nus et bouts d'épiderme vieux d'un siècle à l'appui. Bref « Tatoueurs, Ta- toués » plaît par sa pédagogie et sa scénographie didactique. Et même à ceux à qui il manquerait une ancre de bateau ou un « I Love you Maman » sur l'épaule. En fil rouge, la salle, dédiée à cette forme d'art à part entière, illustre dans un mouvement d'aller-retour his-torique comment le tatouage fut primitivement signe d'intégration pour devenir une expression de la marginalité et du voyou combattues par les autorités – qu'il s'agisse d'institutions religieuses ou politiques – avant de redevenir un art démocratisé dans chacun des continents, grâce notamment aux voyageurs et explorateurs qui ont remis au goût du jour cette forme d'expression corporelle primitive pour en dépasser les codes. Musée du quai Branly - Paris. Jusqu'au 18 octobre 2015n Les maîtres de la sculpture - Côte d'IvoireSénoufo, Lobi, Dan ou Baoulé... Partez à la découverte de tous lespeuples de Côte d'Ivoire et de ses régions limitrophes le temps d'unevisite au Musée des arts primaires, rassemblant 200 œuvres sculp-tées aux XIXe et XXe siècles. L'exposition vous plonge dans la vied'artistes méconnus aux sobriquets étonnants, tels que le Maîtredes jolis seins ou celui des grandes mains, pour sortir la sculptureafricaine de son image artisanale et de nos préjugés en la matière.Aussi, les différentes installations se consacrent-elles à la manièrede concevoir ces objets d'arts et à leurs usages durant la période co-loniale : masques rituels, objets d'art gratifiant un haut dignitaire, porte-bonheur, mo- bilier décoratif... Plusieurs vidéos viennent inscrire la fabrication dans un contexte créatif juste saisissant : les artistes à même le sol, munis d'outils rudimentaires s'adon- nent au martelage de la feuille d'or ou à la technique de la cire perdue pour mouler du métal avec une finesse qui n'a rien à envier à leurs homologues occidentaux de l'époque. Pour finir, l'exposition vous plonge dans des installations d'artistes contemporains, dits de la génération des artistes africains « transnationaux », comme legs à la créativité des sculpteurs d'Afrique de l'Ouest. Une exposition à voir pour sortir de notre ethnocen- trisme et ainsi arguer que l'Afrique est bel et bien rentrée dans l'Histoire.Musée du Quai Branly – jusqu'au 26 juilletn L'usage des formesLa nature est inhumaine. Face à ce postulat, les hommes ont façonné outils et instru- ments en tant que médiateurs entre eux et le monde dans lequel ils évoluent. Au croi-sement de l'artisanat d'art et de la création artistique à part entière, l'exposition interroge le rapport de l'homme à l'outil, le rapport de l'homme à la nature. En ce sens, l'outil ne saurait se résumer à un simple prolongement de l'homme utile à peser, me- surer, couper, quantifier, extraire de l'information,... Le question- nement de l'exposition passe par le détournement des objets pour dépasser leur condition utilitariste : A l'image de la représentation absurde d'un fusil à kangourous dont le canon épouse les formes d'une sinusoïde pour suivre l'animal dans ses moindres rebonds. Tordu ! Idem avec le marteau au manche torsadé qui, de fait, ne peut plus remplir son usage « d'exo-corps » dont la préhension et l'ergonomie permettent l'usage habituel. Mais les différentes ins-tallations ne sont pas uniquement dédiées à la décontextualisation des objets. La fin de l'exposition se concentre sur les dimensions magique et symbolique telles que les usages du compas : instrument d'écolier, de navigation, d'architecture certes, mais signe de rattachement de la franc-maçonnerie et des compagnons du devoir. En définitive, une exposition à comprendre comme une clé d'entrée des courants philosophiques fai- sant du travail de l'homme, la négation de la-sa?- nature et l'accès à la culture.Paris, Palais de Tokyo - Jusqu'au 17 mai 2015Livresn Dear White People, de Justin SimienDear White People est un OFNI, un objet filmique nonidentifié. Car le premier film de Justin Simien, ancienattaché de presse de 31 ans, n’entre pas dans les codesactuels d’Hollywood : castings de stars, scénarios pré-fabriqués et franchises de super-héros. Et pour cause,Dear White People s’est appuyé sur le crowdfunding, àhauteur de 40000 euros, pour se lancer. Interrogé parLibération, Justien Simien précise : « Le système n’estpas fait pour encourager les minorités à raconter leurhistoire, y compris les femmes. Hollywood rattrapelentement son retard. Les exécutants doivent rendredes comptes, engranger des bénéfices, le système definancement exclut ce genre de films : ils nous disentdroit dans les yeux qu’ils ne veulent pas de longs mé-trages avec un casting qui ne s’adresse pas à un publicinternational. Il n’y a pas non plus d’aides financières pour inciter au changement. » Alors que des actes xénophobes secouent régulièrement l’Amérique post-raciale de Ba- rack Obama, cette satire grinçante du milieu estudiantin explore la blackness et ses questionnements parfois contradictoires – lutte, imitation des codes Wasps, commu- nautarisme... Le tout avec une réalisation clipesque originale et décalée. Dear White People a remporté un prix du jury au festival du film de Sundance 2014.n Mangement, par Frédéric Rey-Millet« Les nouvelles règles du jeu pour redonner le sourireaux managers ». Derrière un sous-titre alléchant, Fré-déric et Isabelle Rey-Millet, nous livre un écrit résolu-ment optimiste qui se concentre notamment sur leseffets vertueux du bien-être au travail. Loin de notrecouple d'auteurs,l 'idée de partir dans une haranguebien pensante sur le management hors du temps et dela réalité. Au contraire. L'ouvrage se veut pragmatiqueet prend la forme d'un guide d'incitations, un préalablelittéraire avant le passage à l'acte. Frédéric Rey Millet,serial entrepreneur et cofondateur d'EthiKonsulting,cabinet de conseil en innovation managériale et Isa-belle Rey-Millet, directrice du département Manage-ment d'EthiKonsulting témoignent de leur expériencemanagériale à l'heure ou conduire et animer une équiperevient davantage à adopter une posture face à elle dansun contexte où les modèles hiérarchiques oppressants vacillent. Pour ce faire, les deux auteurs proposent 8 clés d'entrée pour optimiser ses techniques managériales dont no- tamment l'observation de ses équipes et les apprentissages que l'on peut en tirer, les manières de réduire le hiatus entre intention et action ou encore l'appropriation d'outils pour l'aide à la décision.Frédéric Rey-Millet, Isabelle Rey-Millet, Management Game, Editions Leduc, 2015. 24€/320 pagesn Et pendant ce temps, les patrons se marrent !!Ancien énarque, PDG de Coface pendant 19 ans, ancien directeur au ministère des Fi- nances et directeur général international révolu d'Aérospatiale, François David fait par- tie de ces patrons qui ont côtoyé pléthore d'autres grands patrons, de la PME aux entreprises du CAC. Son dernier livre illustré par la très prometteuse Lulu d'Ardis ne cache pas sa seule ambition qui capitalise toute l'expérience de l'auteur engrangée sur le savoir vivre des dirigeants. Celle de donner aux patrons quelques conseils pour ap- prendre à relativiser et faire preuve d'humour en toute situation. Premier livre de la collection « Insolences », ce missel de sarcasmes reprend sous la forme d'un abécédaire, les grandes questions et thèmes qui jalonnent le quotidien du décisionnaire. Un livre à la fois grinçant et léger fourmillant de mille et une blague... Au cas où vous souhaite- riez détendre l'atmosphère au début d'un comité d'administration.Lulu d'Ardis, François David, Et pendant ce temps, les patrons se marrent !! Jacques Marie Laffont Editeur, 2015, 11,90€/176 pages78Mai 2015]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frL’Air du temps - Collectionneurs atypiques aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsChasseurs de perles... raresF Les collectionneurs ne sont pas plus nombreux ni plus farfelus qu'avant. Leurs marottes évoluent simplement au gré des modes. Dernière tendance : la pop’ culture et les objets de la vie quotidienne...inies les collections ra- pièces. « Les collectionneurs tionnelles de montres, sont dorénavant plus présents de bouteilles de vin, sur Internet que dans les foires.de timbres, et de tous ces Ou alors ils comparent si-objets trop facilement échan- geables, qui relèvent davantage du support d’investissement que de l’incontrôlable pulsion ! La mode serait aujourd’hui aux accumulations inutiles et décalées. Rien de bien nou- veau pourtant, au contraire. « On peut plutôt se demander si il n’y a pas paradoxalement un retour aux origines des collections, juge ainsi Serge Chaumier, professeur à l’Uni- versité d’artois, qui s’est in- téressé aux collectionneurs et à leurs liens avec la création de certains musées. Sans re- monter jusqu’à Alexandrie, les cabinets de curiosités aux XVIe et XVIIe siècles cher- chaient déjà à impressionner par l’exotisme d’objets issus de cultures éloignées, comme des masques africains ou des plumes amérindiennes, et jusqu’à l’étrange : tétralogie, monstres, chimères... » Ce n’est qu’au XiXe siècle que les collections se sont ratio- nalisées pour devenir des ob- jets d’études culturelles ou scientifiques (peintures ita- liennes, papillons, etc.). Les mises en séries actuelles re- noueraient donc avec la di- versité et l’originalité des dé- buts. Nous accumulons les pin’s, comme nos aïeuls les livres rares !multanément les prix sur leur smartphone, observe ainsi Da- vid Liaudet. Cela a fonda- mentalement changé le mar- ché car beaucoup préfèrent vendre leurs objets à meilleur prix sur eBay ou Le Bon Coin. »Le choix d’entasser des aspi- rateurs, des nains de jardin ou des poupées Barbie (Johnny Depp serait incollable sur le sujet...) interpelle néan- moins. Pourquoi tant de col- lectionneurs se tournent-ils vers ces objets apparemment anodins ? « Chaque catégorie sociale développe ses propres collections : art militaire ou objets historiques dans cer- tains milieux par exemple, observe Serge Chaumier. Or, aujourd’hui, la culture s’étend à des domaines de plus engraphiques (tel cet ancien des- sinateur de chez Michelin), ou des poteaux électriques, David Liaudet, enseignant en art imprimé à l’école des Beaux-arts du Mans, possède entre 8000 et 9000 cartes pos- tales d’architecture des trente Glorieuses. « Pendant très longtemps j’ai ramassé par humour ou par décalage ces cartes postales ennuyeuses dont personne ne voulait, dans des brocantes ou des vide- greniers, mais sans me consi- dérer comme un collection- neur, raconte-t-il. Aujourd’huiphiques. « Plus que la simple satisfaction de posséder une image, le but de cette collection est de remettre sur le devant de la scène un document oublié comme la carte postale, pré- cise-t-il. Elle est devenue une partie intégrante de mon tra- vail artistique, à laquelle je consacre trois heures minimum de recherche par jour. »cartes postales recherchées par David Liaudet, qui s’échangent généralement au- tour d’un euro, voire jusqu’à 3 ou 4 euros pour certaines pièces particulières. D’autres objets de collection, d’apparence banale, attirent néanmoins les collectionneurs par leur valeur spéculative. C’est notamment le cas des figurines de tintin. « Au-delà de certaines pièces grand pu- blic, la plupart de nos figurines en plomb numérotées s’adres- sent à des collectionneurs avertis, indique Marie-Chris-bat tous les records lors de ventes aux enchères à Paris, poursuit-elle. L’aspect spécu- latif incite les anciens collec- tionneurs à continuer et motive souvent les plus jeunes à se lancer. »de la personne, . Chaumier. Cette « perversité » est ainsi mise au profit d’une passion de façon positive. Mais attention, car elle peut aussi parfois se révéler né- gative dans la logique d’un tueur en série ou d’un Don Juan, qui collectionnent à leur manière ! »« Névrosée ? Noonnnnn.... »mon regard sur ma collection a beaucoup changé, car elle est devenue un lieu d’appren- tissage du regard et de l’ar- chitecture. »Pourtant, même si certains usages changent, les collec- tionneurs de tout et de rien ont toujours existé, évoluant au gré des modes. « Certains collectionneurs changent to- talement d’objets et beaucoup conservent plusieurs collec- tions en parallèle, constate Serge Chaumier. D’autres changent encore de support tout en restant dans le même thème, en s’intéressant par exemple aux armes, puis aux costumes militaires. » Les vi- nyles, qui s’écoulaient par bacs entiers pour quelques francs il y a encore 15 ans, ont aujourd’hui remplacé les fers à repasser, moulins à café et autres dés à coudre, pourtant très recherchés à l’époque ! D’autres objets disparaissent également des vide-greniers, comme les vieux papiers, les illustrations des années 60 ou les vieux numéros de Paris Match ou du Chasseur fran- çais...plus larges : culture populaire, objets du quotidien, que s’ap- proprient les couches inter- médiaires. »dont les moyens économiques sont aussi plus importants. « Les collections prestigieuses nécessitent parfois de l’argent, car la rareté a toujours un prix, nuance Serge Chaumier. Mais au départ, les collections d’objets triviaux, comme les représentations de chats ou les images pieuses par exem- ple, ne coûtent pas grand- chose. » ainsi en est-il destine Berthezene, de l’espace tintin à Montpellier. Ils vien- nent ainsi de toute la France, mais aussi de Belgique ou de Suisse, pour acheter certaines pièces rares. » Dans son ma- gasin, une grande fusée d’un mètre quatorze s’est récem- ment vendue 1450 euros. « Tintin est l’univers le plus collectionné de la bande-des- sinée, c’est aussi celui quiPOP’ COLLECTIONSLes vinyles, qui s’écoulaient par bacs entiers pour quelques francs il y a 15 ans, ont aujourd’hui remplacé les fersà repasser, moulins à café et autres dés à coudre...À une époque où n’importe quel objet peut devenir le cen- tre d’une collection, ce choix doit pourtant rester mûrement réfléchi ! « L’envie de collec- tionner relève de l’enfance, et correspond souvent à un stade dans le développementCelles-ci s’emparent ainsi d’objets contemporains qui n’intéressent encore que peu de passionnés, pour débuter une collection originale. alors que certains de ses congénères empilent les cartes postales représentant des cartes géo-Ce centre d’intérêt spécifique lui a permis de rencontrer des architectes, des historiens et des documentaristes, de par- ticiper à des colloques et des séminaires, et de découvrir de nouveaux fonds photogra-LE PRIX À PAYERCes passions sont en outre devenues de plus en plus fa- ciles à assouvir. En plus des salons spécialisés, vide-gre- niers et autres clubs, internet facilite aujourd’hui la re- cherche et démultiplie les op- portunités d’échanger desCes petites lubies semblent d’abord toucher les hommes, davantage attirés par la notion de possession, certes, maisPierre HavezEFFETS DE MODEpointe SergeMai 201579]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20John Dalia, du glamour sobre et élégant !John Dalia évolue dans le cœur des quartiers mode de Paris et af- fûte son style et sa vision dans le secteur de l’optique. Ce styliste pense joaillerie et matériaux haut de gamme. Du dessin à la fabri- cation de ses modèles, ses maîtres-mots sont l’élégance, l’exigence et l’exclusivité. Chaque modèle est fabriqué de façon artisanale, en édition limitée et le tout made in France. Les lunettes sont fa- briquées à partir de matériaux haut de gamme : - la face est enacétate - les branches sont en titane plaquées or 24 carats, 5 microns - Or rose, or jaune, or blanc et or noir - Verres organiques et antireflets. Certains de ses modèles solaires sont disponibles en optique. En photo le modèle Romy, en hommage à l’ac- trice hors norme qui est à l’honneur du Festival de Cannes cette année.www.johndalia.comaRt DE ViVRE & PatRiMoiNE L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéUne grande variété decostumes chez WicketPour ce printemps-été, Wicket dévoile plus de 25 costumes en 2 ou 3 pièces en coupe anglaise traditionnelle ou plus dé- contracté en coupe italienne avec un prix moyen aux alen- tours des 600€ pour un costume en montage semi traditionnel. En complément de sa gamme de costumes, Wicket propose plus de 15 ensembles vestes / pantalons. Sur la photo, un costume en laine Super 130 à motifs Prince deGalles bleu nuit, la veste est demi-doublée à 2 boutons avec de vraies bouton- nières aux manches et avec surpiqures au col, le pantalon est en coupe slim.www.wicket.frCrockett & Jones lance des modèles pour lui comme pour elle !Mocassins, ghillies, bottines à élastiques, cuir lisse beige ou veau ve-lours bleu marine : cette saison encore, la Maison signe une collection raffinée à l’esprit british. L'em- blématique Chukka se pare d’un lumineux veau velours jaguar, surlignée cette fois de coutures beiges discrètement contrastées. Les Cranford, low boots sixties très rock, s’assagissent dans leur tenue ton sur ton : la puissance du « all black » et le naturel du coloris « écureuil ». Le modèle Durham fait son entrée dans la collection pour une élégance décontractée à la ville comme à la campagne. Les modèles Ghillies (photo) se portent merveilleusement bien, à deux ! Ghillie à bout golf perforé et fleuri. Fabriqué en cuir patiné beige, lacets à pampilles ivoires. Semelles cuir. Gamme Main Linewww.crockettandjones.comMode & AccessoiresRinascimento rèvèle la vraie Femme en vous !Cette belle marque italienne dans laquelle voustrouverez un style bien à vous, du chic, de l'élé-gance, du rétro, du rock, du glamour qui faitrêver... Des collections pour les femmes mo-dernes, à l'aise dans leurs talons et qui revendi-quent leur féminité! Des tissus de qualité aux magnifiques imprimés qui mettent en valeur les silhouettes et qui incitent incontestable- ment à l'admiration...La collection de ce printemps-été est très gra- phique, noir et blanche. Une nouvelle vision, plus contemporaine pour une femme qui reste jeune et très attractive !www.rinascimento.comBien -ÊtreSoin & minceur au Charme d’orientLe nouveau Spa parisien Charme d’Orient s’est fraichement installé au 18 boulevard du Temple dans le 11ème arrondissement à Paris. Un lieu qui reflète l’histoire et l’image de la marque avec une boutique, plusieurs cabines de soins, un hammam niché dans une ancienne cave voûtée et un centre deformation pour les partenaires professionnels Charme d’Orient. Bulle beauté d’exception, ce Spa crée par Yamina Zerroug invite à l’évasion avec des protocoles de soins et produits inspirés des rituels de beauté tradition- nels orientaux.www.charmedorient.frDiet expert, résolument gourmetCes plats revisités par un chef étoilé dans un programme d’amincis- sement allient gastronomie et efficacité. Diet Expert est une mé- thode d’amincissement personnalisée haut de gamme, basée sur leprincipe d’association entre des plats riches en protéines et une alimentation tradition- nelle, alliée au suivi minutieux d’une diététicienne. « Le programme Gourmet » mis au point en collaboration avec le chef étoilé Marc Meurin et les équipes Diet Expert propo- sent des plats minceur d’une qualité gustative incomparable.80Mai 2015www.diet-expert.fr]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°20Oris Calobra, clin d’œilaux oldtimersOris présente deux garde-temps Calobra en série limitée inspirés de la compétition auto-mobile. La Maison revient sur l’île de Majorquecette année en qualité de sponsor principal du «Oris Rallye Clásico ». Les deux garde-temps Oris Calobra enédition limitée sont inspirés par les instruments de bord des sportives datant des années 60 et 70. L’une des étapes les plus mémorables du « Oris Rallye Clásico » passe par la région de Calobra dont le village côtier n’est accessible que par la célèbre route de montagne tortueuse au possible, elle compte nombre de virages spectaculaires, dont l’incroyable « Nus de sa Corbata » (le noeud de cravate). La Oris Calobra Chronograph Limited Edition II et la Oris Calobra Day Date Limited Edition II portent toutes deux un dessin gravé du « Nus de sa Corbata » sur le fond de boîtier.www.oris.chMessika, Skinny diamond collectionCette collection aborde la création au- tour du diamant sans complexe, avec impertinence et lé- gèreté d’esprit. La monture disparait, les pièces sont évidées, ajourées ou trouées. Les fils de diamants créent des figures légères et aériennes. Des innovations tech- niques qui visent à faire disparaître les entraves entre le diamant et la peau, pour un contact sensuel avec le bijou. Fluidité des formes, courbes du mouvement, les créations Messika rendent hommage à la grâce des femmes. Chaque pièce est pensée et conçue avec un souci de confort pour accompagner les femmes dans leur liberté de mouvement. De la pureté inconditionnelle du dia- mant, à l’épure des créations qui le magnifient. Messika recherche toujours la ligne essentielle.www.messika.comBaija réveille tous vos sens etvous fait voyager...loin !Baija élabore des collections de soin de la peau et des compositions parfumées aux univers olfactifs exclusifs et aux ingrédients naturels singuliers. Au gré de ses créa-tions, Baija joue la partition de souve- nirs tendres et atta- chants pour révéler toutes les vertus aromacologiquesdes plantes. Parce que tout n’est qu’émotion... chaque parfum, chaque texture créent ou naissent d’une sensa- tion... ils racontent leurs histoires et nous renvoient à la nôtre. Fabriqués en France, ces douceurs sont élaborées selon une charte de formulation rigoureuse garante d’une grande qualité. Soucieux de respecter le principe de pré- caution, les ingrédients d’origine naturelle sont privilé- giés et les formules sont sans parabènes ni phénoxyéthanol. Passez une nuit à Pondichéry si le Lotus et le Gimgembre titillent vos sens, préférez Moana pour ses fleurs de tiaré, jouez la carte du French pompon avec la rose litchi, évadez-vous à Syracuse pour respirer les fleurs d’oranger, partez en croisière Céladon ou encore soyez à la mode orientale comme au hammam !www.ecoreseau.frL’Art du temps aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE Horlogerie & JoaillerieL’AquaSphere de TechnoMarine, très up to date !Parce que TechnoMarine a toujours puisé son inspiration à Saint-Tropez, cette ville mythique a lar- gement contribué à créer les codes et le style de ses montres. Porter une TechnoMarine est depuis toujours un signe d’appartenance à la hype society tropézienne. TechnoMarine, c’est l’alliance de la qualité suisse et de l’audace. On se souvient du premier chro- nographe de plongée en silicone serti de diamants. La combinaison des deux avait fait l’effet d’une bombe dans le petit monde, plutôt conservateur, de l’horlogerie. Ces 15 dernières années, TechnoMarine a confirmé cette dimension hors norme, conjuguant pour chacun de ses modèles, esprit non conventionnel et design dé- calé. L’AquaSphere jouit d’un design insolite, de composants traditionnels et pré-cieux (diamants et perles de culture) avec des éléments modernes (comme le silicone et l’acier).www.technomarine.comMai 201581]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20Philipponnat émerveille avecson premier 100% pinotaRt DE ViVRE & PatRiMoiNE L’Art du tempsVins & SpiritueuxOptez pour un Rosé Château Ollieux Romanis !Ce domaine familial, historique est maîtrisé dans le moindre détail. Telle une noirmarque, il a su s’imposer dans le monde entier. Ce sont 66 hectares classés en Cru Boutenac, des vignes âgées de plus de 65 ans pour le carignan, de plus de 30 ans pour le grenache et de plus de 20 ans pour le mourvèdre et la syrah. Les Corbières Château Ollieux Romanis sont profonds, ils offrent un large volume en bouche sou- tenu par des tanins veloutés. La plupart des vins sont élevés en cuves pour donner la pleine expression du terroir. Le choix des assemblages, par cépage et par cuve, détermine le profil de chaque vin. Le bois est adopté uniquement pour trois cuvées issues de jus concentrés qui nécessitent ce type d’élevage pour « dompter » leur belle matière. Ils prennent forme après une scrupuleuse sélection à la parcelle et en cuve,et sont proposés à la vente uniquement lorsqu’ils sont mûrs. Pour certains, il faut attendre au moins 4 ans. Nous avons ici un Corbières rosé Classique Château Ollieux Romanis : 70 % grenache gris, 25 % cinsault, 5 % mourvèdre. Une matière douce, agréablement fruitée, de la fraîcheur et du mordant en bouche.www.chateaulesollieux.comBouchard & fils, une créativité qui traverse les âges !Depuis 1731, Bouchard Père & Fils travaille avec pas- sion pour exprimer l’authenticité des terroirs de Bour- gogne. En alliant tradition et innovation, la Maisonmet toujours plus en valeur la singularité des parcelles et des millésimes qui se succèdent, avec la volonté de faire de ses références de vraies œuvres d’art, chacune avec leur personnalité propre. A travers le monde, elle accom- pagne les évènements marquants pour éveiller les plus belles émotions gus- tatives et créations culinaires et ravir les amateurs de grands vins.www.bouchard-pereetfils.comCe Blanc de Noirs 2008 est la démonstration magistrale de la maîtrise de l’assemblage et de la vinification du Pinot Noir. Un vieillissement d’au moins cinq à sept ans est né- cessaire pour obtenir la plus grande complexité du vin et faire ressortir les arômes secondaires et tertiaires. A l'oeuil, cette cuvée nous ravit par son Or moyen, ses bulles fines et crémeuses et son cordon persistant. Au nez l'’ex- pression authentique du Pinot Noir avec des notes épi-cées et poivrées se mêle au miel de fleurs d’acacia. La bouche est ample et minérale et exprime la vinosité et le fruit propres au Pinot Noir. Parfait avec des volailles, gibiers à plumes, ter- rines et foies gras. Servir frais, autour de 8 à 9°C à l’apéritif, et de 10 à 12°C au moment du repas.www.philipponnat.comSaint-Pourçain, petit-frère de « La Ficelle »Saint-Pourçain Blanc Premier 2014 est un « Descendant » de la fameuse Ficelle, et accompagne depuis le millésime 1999, la sortie de son aînée. Assemblage 70 % chardonnay, 30 % tressallier. Vinification par cépage et par terroir, pressurage pneumatique à l’abri de l’air, fermentation alcoolique de 12 à 20 jours en cuve inox à 18°/20°C, élevage 2 mois en cuves inox sur lies fines. A la dégustation, l’at- taque franche et fraîche met en avant les arômes de fleurs blanches et de poire. Servir à une température de 10°C sur des fruits de mer, un carpaccio de fruits de poissons, des sushis, une andouillette.www.vignerons-saintpourcain.comL’atelier B-winemaker, devenez vigneron d’un jour !Passionnés de vins exigeants et curieux, le Luxury Wine Tourism a pensé à vous en ouvrant les portes de l’univers fascinant de la créa- tion du vin. Apprivoisez et appréciez des cépages d’exception, découvrez l’art d’assembler un vin et créez votre propre bouteille. L’ate- lier B-winemaker du Château Pape Clément vous propose de vous glisser dans la peau d’un apprenti producteur de vin et de concevoir votre perle rare. Les étapes : apprentissage des techniques de dégustation, dégustation et maîtrise des qualités des mono cépages, as- semblage personnalisé comprenant jusqu’à neuf compositions possibles, mise en bouteille du vin, conception de l’étiquette personna- lisée sur logiciel, dégustation des vins du Château. Durée : 2h30 – visite comprise, précédent l‘atelier. Atelier proposé autour du vin Clémentin rouge ou Château Pape Clément rouge. Bernard Magrez Luxury Wine Tourism – Créateur d’émotionswww.luxurywinetourism.frLe Trisara, primé à Phuket !Deux mains ne suffiront pas pour compter toutes les qualités de cet établissement magique situé à seulement 15 minutes de l’aéroport international de Phuket. 48 villas composent cet hôtel, elles possèdent toutes une piscine privée à débordement, et chacune d'entre elle offre une vue imprenable sur la mer. L'hôtel propose également des Villas Résidentielles de 2 à 6 chambres également face à l'océan profitent du personnel et d’un cuisinier du Trisara. Le Deck de 1000 mètres carrés en teck s’étire le long de la plage de sable blanc et peut accueillir mariages, réunions, dîners privés... Le Spa Trisara de 1500 mètres carrés offre six cabines de soins de 100 mètres carrés chacune ; le must est de se faire chouchouter avec le « Royale Trisara 6 hands massage », une combinaison unique de massage thaï traditionnel, massage sué- dois et acupression, et cela par trois thérapeutes. Agrémentez votre séjour de yoga etde méditation en front de mer, un havre de tranquillité bordé de cocotiers !trisara.com/EvasionLe Palm Hôtel & Spa soucieux de la natureLe Palm Hôtel & Spa est désormais porteur du trèsprestigieux Ecolabel européen. Il est le premierhôtel de l'île de La Réunion et plus largement desdépartements d'Outre-Mer à obtenir cette certifi-cation, la plus exigeante du marché européen. Ou-vert en 2007, le Palm hôtel & Spa***** a obtenusa 5e étoile en décembre 2012, entrant ainsi dansle club très fermé des 300 hôtels 5 étoiles deFrance. Tout proche de Saint-Pierre, à Petite-Ile,dans le Sud sauvage de l'île de La Réunion, au plusprès des Cirques, Pitons et Remparts, merveilles naturelles classées «Patrimoine mon- dial de l'Humanité» par l'UNESCO, le Palm Hôtel & Spa ***** appartient à cette nou- velle génération d'hôtels haut de gamme qui allient confort design et luxe discret en plus d'une ambiance 100% zen.www.palm.re82Mai 2015]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE L’Art du temps - L’actualité automobileHyundai nourrit de nouvelles ambitions avec la i20Dessinée par un Français (olivier Dena- mur), produite en turquie dans l’usine de izmit, la nouvelle compacte de Hyundai est bien peu asiatique. Normal, sa mission première est de conquérir des parts du marché européen des citadines polyva- lentes, les fameuses stars du segment B : Renault Clio, Citroën DS3 et C3, Peugeot 207 et autres VolkswagenConfortable, spacieuse, la i20 bénéficie d’un équipe- ment conforme aux standards duannoncée du nouveau bloc es- sence 1 litre suralimenté qui devrait délivrer 120 che- vaux. Et ce n’est là qu’une des nouveautés promises par Hyun- dai, qui renouvelle sa gamme à marche forcée, avec pas moins d’une vingtaine de nouveaux mo- dèles ou de mo- dèles restylisés attendus d’ici deux ans. a com- mencer par le re- tour du SUV tucson, qui rempla- cera cet été le i35X. au programme également un coup de jeu- nesse à la très classieuse Genesis (la ber- line haut de gamme de la marque), au coupé Veloster, aux berlines i30 et i40 etPolo ou Mercedes Classe a.La nouvelle sud-coréenne quivise les 100000 ventes par an apour cela de solides argumentsà faire valoir. a commencer parsa ligne (soyons chauvins), à lafois discrète et élégante. Les vo-lumes sont bien équilibrés avecun long capot, une ligne de toitabaissée et un profil aérodyna-mique. La face avant bénéficie d’une tri- ple grille de calandre encadrée par de larges phares soulignés par une ligne de diodes du meilleur effet. Mais c’est sur- tout dans l’habitacle que la i20 marque des points avec pour maître-mot l’harmo- nie des couleurs et des formes. La planche de bord est bicolore, avec une teinte as- sortie à celle de la carrosserie et aux sièges. Les détails sont soignés (inserts chromés), l’ergonomie des commandes parfaite et l’ambiance classique et cosy.avec,selon le niveau definition, un toit panoramique en verre et ouvrant et les différents systèmes courants d’aide à la conduite (en série ou en op- tion).En revanche, sur le plan mécanique, les choses se gâtent. Essayée avec le moteur essence 1,2 litre de 84ch et le bloc diesel 1,4 litre de 90ch la i20 se montre toutaussi pla- cide. C’est un des dé- fauts récur- rents de Hyundai de produire des moteurs plutôt ternes, et cette ancienne génération mécanique, qui équipait déjà la génération précédente du modèle, ne convainc toujours pas. D’au- tant que la boîte manuelle six vitesses mal guidée se montre peu précise. on attend donc avec d’autant plus d’intérêt l’arrivéeau SUV SantaFe.Ça reste indéniablement la star de sa catégorie. Un SUV aux allures de sportive et qui se conduit comme telle, doté d’une tenue de route exceptionnelle, pro- curant à son pilote un plaisir de conduite inégalé pour ce type de véhicule. Du coup, audi n’a rien changé ou presque sur cette nouvelle génération. Vendu à plus de 400000 exemplaires depuis son ap- parition en 2011, le Q3 se contente d’un léger lifting extérieur : nouvelle calandre à effet 3D qui préfigureboîte manuelle à six rap- ports ferme et précise. Un grand bonheur au volant. Seuls pointsmarché,L’Audi Q3 persiste et signeles nouvelles faces avant de la gamme « Q », nou- veaux pare-chocs, projecteurs redessinés désormais équipés de série de la technologie au xénon plus, avec des feux de jour à LED (les projecteurs full LED son disponibles en option avec les clignotants à affichage dynamique dans les feux arrière à LED).a l’intérieur, aucun changement. Du coup, la planche de bord, le petit écran GPS et les compteurs traditionnels accusent leur âge, surtout comparé aux systèmes dernier cri qui équipent désormais les vé- hicules du groupe (écran tactile, compteurs digi- taux...). Mais l’ensemble conserve toutefois son ergonomie irréprochable et sa très grande qualité de finition. En prime, des bonus d’équipements, comme l’active lane assist (qui remet la voiture dans sa voieen jouant sur la direction) ou le système audi Connect (interface internet).Modèles esayés : Hyundai i20 1,2 Mpi 84 ch, Creative (tarifs à partir de 18300 euros). Tarifs gamme essence à partir de 12500 euros, gamme diesel à partir de 20300 euros.Sous le capot, des moteurs essence et diesel qui ga- gnent en puissance tout en étant plus économes et moins polluants. Essayé avec le bloc 2 litres turbo- diesel de 150 chevaux déjà apprécié sous le capot de la nouvelle Passat, le Q3 se montre épatant de ner- vosité et de flegme, à la fois tonique, souple, réactif, admirablement servi par lanoirs : l’espace un peu étriqué de l’ha- bitacle, et les ta- rifs, comme toujours chez audi, surdimen- sionnés.84Mai 2015]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[n°20Kia Sportage : montée en gammeEn attendant un Sportage nouvelle génération bénéfi- ciant de la nouvelle plateforme qui sera inaugurée pro- chainement avec le cousin tucson de Hyundai, le SUV vedette de Kia poursuit sa route avec efficacité. Ce best-seller du constructeur coréen a bénéficié l’anpassé d’un léger “restylage”, marqué surtout par l’ap- parition de la calandre à nid d’abeilles caractéristique du grand frère Kia Sorento et de feux arrière à LED. L’habitacle n’a quasiment pas évolué et l’ambiance reste un peu tristounette. En revanche, les qualités qui font du Sportage un succès commercial demeurent : espace intérieur, très bonne position de conduite grâceModèle essayé : Audi Q3 2.0 TDI ultra 150 Ambiente (tarifs à partir de 34150 euros). Tarifs gamme essence à partir de 31000 euros, gammes diesel à partir de 31200 euros.www.ecoreseau.frL’Art du temps - L’actualité automobile aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE ESSAIS & TENDANCESà d’excellents sièges, confort des suspensions, niveau d’équipement. Comme pour la nouvelle i20 de Hyun- dai (lire ci-contre) le principal reproche que l’on peut faire au Sportage est la relative placidité de son mo- teur 1,7 litre turbodiesel un peu trop plan-plan. a noter que cette motorisation de 115 chevaux, tout comme le moteur essence 1,6 litre 135ch, ne sont dis- ponibles qu’en version deux roues motrices, quiPar Philippe Flamandconstitue toutefois le gros des ventes de ce type de vé- hicules aujourd’hui.Modèle essayé : Kia Sportage 1.7 CRDI 115 Active, tarifs à partir de 27450 euros. Tarifs gamme essence à partir de 22450 euros et gamme diesel à partir de 25050 euros.Mai 201585]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE Baromètre Finance & InvestissementsBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierÉthique & FinanceuLES BONS PLANS DU MOISparLe marché mondial de l’art vole de re-cords en records. Selon artprice.com, cesont 15,2 milliards de dollars de ventesd’œuvres d’art qui ont été réalisées en2014. Du jamais vu. Ce chiffre afficheune hausse insolente de 26% par rapportà 2013. Sur les dix dernières années, lemarché a explosé de 300%. Et encore, cechiffre ne concerne que les ventes aux en-chères : il exclut les ventes personnellesou par le biais des galeries, ainsi que ledesign, les arts premiers ou encore les an-tiquités... En France, cette classe d’actifsest soutenue notamment par une fiscalitéparticulièrement avantageuse. toutd’abord, les montants investis dans uneœuvre d’art sortent intégralement du pa-trimoine taxable, sans limite de plafonds.Par ailleurs, lors de la cession, le contri-buable a le choix entre la taxation forfai-taire (4,5% du prix de vente) et le régimegénéral qui impose la plus-value à hauteur de 34,5% (19% auxquels s’ajoutent 15,5% de prélèvements sociaux). Mais dès la deuxième année de détention, le propriétaire bénéficie d’un abattement de 10% par année de possession. au bout de la 12e année, les œuvres d’art sont donc entièrement exonérées de plus-values. a noter par ailleurs que le régime fiscal des entreprises leur permet de défiscaliser l’intégralité du prix d’acquisition de l’œuvre d’art. La loi leur permet de déduire pendant cinq ans 20% par an du prix d’acquisition à la condition que les œuvres acquises soient réalisées par des artistes vivants. La déduction ainsi effectuée au titre de chaque exercice ne peut être supérieure à 5% du chiffre d’affaires de l’année, et l’entreprise doit exposer les œuvres pendant cinq ans dans un « lieu accessible au public ». Une définition qui n’inclut pas les bureaux individuels.Marché de l’art : 2014, année de tous les recordsdLau secteur financierArthur CohenUne œuvre très réaliste, concernant le marché de l’art actuellement...Président Directeur général es éditions Hermann,Philosophe spécialisé dans lesquestions éthiques appliquéeses nouvelles technologies financières (communé- ment dénommées fintech) bouleversent le secteur financier. Les fabricants de smartphones (Samsung,apple), les opérateurs téléphoniques (orange, Vodafone) et certains grands acteurs du Web (amazon, Google, Fa- cebook...) lancent progressivement des applications ou des objets connectés proposant, entre autres services, de nouveaux moyens de paiement. Certains vont jusqu’à substituer aux devises officielles (comme le dollar) des monnaies complémentaires dont l’usage est circonscrit à un périmètre étroit (l’amazon Coin n’est valable que sur le site de e-commerce), tandis que d’autres valident des paiements avec des valeurs non garanties par les États (comme le Bitcoin).Immobilier neuf : payez moins de TVA en zones ANRUCes avancées technologiques ne vont pas sans poser de problème : en marge des réglementations en vigueur et des domaines de compétence et de surveillance des au- torités, la plupart des fintech n’offrent pas à leurs usagers la sécurité réglementaire requise pour les transactions va- lidées par l’intermédiaire du système bancaire traditionnel ou des systèmes monétaires étatiques. En contrepartie, ces transactions, qui allègent les frais bancaires, s’avèrent beaucoup moins onéreuses pour le particulier et pour le commerçant. Certaines fintech, véritablement disruptives, permettent même à la population non bancarisée d’accé- der à tous les services bancaires en se passant des banques de détail (comme orange Money, qui compte déjà plus de 12 millions de clients répartis sur l’ouest du continent africain). À l’échelle de la planète, l’économie induite par cette possible désintermédiation serait colossale, et la ten- tation de ne plus avoir recours aux banques pourrait se faire pressante. À condition toutefois que les régulateurs se penchent sérieusement sur ces nouveaux opérateurs fi- nanciers et leurs activités. Le récent livre de Philippe Her- lin (« Apple, Bitcoin, Paypal, Google : la fin des banques », Eyrolles) évoque avec intelligence ces pro- blématiques et souligne l’enjeu qu’elles représentent pour les établissements bancaires : s’ils veulent préserver leur rôle d’intermédiaire dans les transactions financières et, à terme, dans la gestion des comptes courants, ils doivent réagir rapidement. Le paiement par carte bancaire rap- porte aux seules banques françaises quelque 2,7 milliards d’euros chaque année. on comprend mieux alors le choix stratégique du groupe BPCE d’autoriser, grâce à un par- tenariat passé fin 2014 avec twitter, des virements par simple tweet. ou celui de la Société Générale et de BNP Paribas (via son aPPLi KiX) qui ont lancé chacune leur application de paiement sans contact grâce au téléphone mobile. autant dire que les modèles des institutions ban- caires sont déjà en train d’évoluer, au rythme des chan- gements d’habitude et d’usage des consommateurs de produits et services financiers. Le monde de la finance est au début d’une période de profonde mutation dont l’impact sera très fort sur l’économie mondiale et sur notre rapport à l’argent au quotidien.Le saviez-vous ? Les nouveaux propriétaires qui acquièrent un logement neuf dans des zones dites « aNRU » (agence na- tionale pour la rénovation urbaine) peuvent bénéficier d’une tVa réduite. Ces zones bénéficient d’un taux de tVa de 5,5%LA SPÉCULATION DU MOISNextradio TV : un potentiel explosif pour la star de la TNT ?26 EUR24 EUR22 EUR20 EUR18 EURMai JuinJuillet Août SeptOct Nov DecJan 15Fev Mar Avr86Mai 2015Nextradio TV a annoncé début avril le rachat de la chaîne Numéro 23 pour 88,3 millions d'euros. Pour Gilbert Dupont, il s'agit d'une acquisition stratégique qui renforce l'offre de programmes du groupe. Le broker recommande d'accumuler avec un objectif de cours de 32 euros. De son côté, Oddo recommande la valeur à l'achat avec un objectif de 31 euros, même si l'acquisition de Numéro 23 s'est faite à un prix « relativement élevé » selon le broker.]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[n°20www.ecoreseau.frBaromètre Finance & Investissements aRt DE ViVRE & PatRiMoiNEau lieu de 20% normalement. Environ 400 zones ont été iden- tifiées par l’agence : elles sont déterminées en fonction du besoin de revitalisation d’un quartier. La liste complète est disponible sur le site officiel de l’aNRU (www.anru.fr). Pour pouvoir bénéficier de cet avantage, il faut répondre à des conditions précises : être une personne physique et utiliser le logement comme résidence principale. Le bien doit par ail- leurs se trouver à l’intérieur du périmètre aNRU ou à moins de 300 mètres. Enfin, il est impératif de respecter un plafond de ressources fixé par l’administration fiscale. Celui-ci est de 33216 euros pour une personne seule à Paris et communes li- mitrophes, de 33225 euros dans le reste de l’Île-de-France et de 29014 euros en province. Pour un couple, le plafond passe à 49643 euros à Paris et en Île-de-France, et à 38564 euros en Province. a noter que les ressources prises en compte sont celles de l’année N-2 et qu’elles correspondent au revenu im- posable après abattement. Le prix de vente est lui aussi sujet à des conditions : 4073 euros par m2 de surface utile en zone a par exemple. Le bénéfice de la tVa réduite peut s’ajouter au prêt à taux zéro +.Financement participatif : tout le monde s’y metau niveau mondial, les sites de crowdfunding, ou finance- ment participatif, ont collecté 16,2 milliards de dollars dans le monde en 2014 selon le cabinet américain Massolution ; un chiffre en hausse de 167%. En France, ce sont 152 mil- lions d’euros qui ont été collectés l’an dernier, avec là aussi une croissance fulgurante puisque les sommes récoltées ont pratiquement doublé. Dans l’Hexagone, le crowdlending (prêt de fonds) représente la plus grosse part du gâteau avec 58% de la somme globale, suivi par les dons (25%) avec ou sans contrepartie, puis l’equity (17%), qui permet aux parti- culiers de devenir actionnaires d’une entreprise. tous les ex- perts prédisent une hausse continue de ce marché dans l’Hexagone comme au niveau mondial, d’autant plus qu’une loi, entrée en vigueur en octobre dernier, a posé les bases lé- gales du crowdfunding en France. L’arrivée prévue cette année du géant KickStarter, leader incontesté du marché au niveau mondial, pourrait aussi dynamiser ce dernier... et faire de l’ombre aux plateformes made in France.Le coin des analystesu CPR AM attend une respiration desmarchés actions2015 sera-t-elle l’année des actions ? Les premiers mois le laissent croire, avec une hausse généralisée de cette classe d’actifs, remarque CPR AM dans une note. En moins de trois mois, les actions mondiales ont ainsi gagné plus de 15% en euros, observe-t-il. Une situation qui pousse l’analyste à se demander quel potentiel de hausse demeure. « Si pour l’ins- tant la marée montante profite à tous, nous sommes convaincus que des écarts de performance devraient appa- raître », écrit-il, soulignant que « les dynamiques et le mo- mentum économique à l’œuvre sont très différents, notamment entre les Etats-Unis et la zone euro ». CPR AM indique qu’il a réduit son exposition à la classe d’actifs dans son ensemble : « Nous attendons une respiration après cette envolée des marchés », explique-t-il. Il continue par ailleurs à effectuer graduellement une réallocation des actions amé- ricaines vers les européennes. « Cette politique marque donc notre retour sur le marché actions européen, que nous avions complètement désinvesti à l’été 2014. » Sur l’obli- gataire, la zone euro est également au cœur de ses place- ments, avec une prédilection pour les maturités longues.u Pour Pictet WM, le climat propice pour-rait se maintenir en EuropeUn vent d’optimisme souffle sur l’Europe : telle est l’analyse de Pictet Wealth Management. Après huit ans d’une crise qui semblait interminable, les marchés actions s’affichent en hausse, l’optimisme est de retour et la consommation re- prend, selon la société de gestion. « Les spectres qui han- taient les marchés financiers ne semblent plus effrayer personne ; fi de l’éclatement de l’euro, de la déflation ou du risque de « japanisation ». Même le risque de défaut ou de sortie de la zone euro de la Grèce semble susciter une in- différence quasi-générale », écrit Jean-Pierre Durante, res- ponsable de la recherche sur les marchés financiers chez Pictet Wealth Management. Celui-ci évoque l’ « alignement des planètes » particulièrement favorable de ces derniers mois : amélioration des fondamentaux du secteur privé, ef- fondrement du prix du pétrole, dépréciation de l’euro... « Enfin, élément clef, la BCE a finalement adopté le com- portement adéquat face au risque de déflation en annon- çant un programme d’assouplissement quantitatif (QE) substantiel et crédible », ajoute l’analyste. Ces développe- ments ont créé un environnement particulièrement favora- ble aux actions. Pour Pictet WM, ce climat propice pourrait se maintenir du fait que le QE ne fait que commencer.u CM-CIC revoit à la hausse ses prévisionsde croissance en zone euro« L’amélioration de la conjoncture européenne se confirme, et renforce notre conviction que la croissance va continuer d’accélérer dans les trimestres à venir » : telle est l’opinion de CM-CIC Securities. Selon l’entreprise d’investissement, la spirale vertueuse de croissance en zone euro s’enclenche même un peu plus rapidement qu’escompté. Celle-ci repose sur des chiffres de consommation privée très bien orientés, observés dans tous les grands pays de la zone euro, souligne l’analyste. Par ailleurs, les octrois de crédit au secteur privé accélèrent, laissant présager une reprise progressive de l’in- vestissement, ajoute-t-il. Des éléments qui ont conduit CM- CIC à revoir sa prévision de croissance pour l’ensemble de la zone euro de 1,3 à 1,5% cette année et de 1,7% à 1,8% en 2016. En revanche, il constate une confirmation du ra- lentissement de la croissance dans la plupart des pays émer- gents. « En fixant sa cible de croissance à 7% cette année, Pékin exclut tout stimulus de grande envergure et réitère sa volonté de poursuivre les réformes, quitte à sacrifier unepartie de la croissance », observe-t-il.Mai 201587]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE Patrimoine - Optimisation fiscale par le GirardinFocus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsa manier avec précautionEpargné par la chasse aux niches fiscales, le dispositif Girardin reste l’un des mécanismes de défiscalisation les plus attractifs. Mais pas sans risques.Vi o s i n v e s t i s s e m e n t s t e n t e n t d e p r e n d r e l e s o l e i lnsubmersible Girardin. d’impôts étalées dans leattention toutefois : l’ensem- ble des réductions d’impôt accordées aux contribuables qui investissent dans les îles ne peut pas dépasser, au choix, soit un plafond de 30600  euros pour 2015 ou, sur option, 11 % du revenu imposable du foyer. De plus, les investissements dans les DRoM-CoM (ex DoM- toM) sont concernés par le plafonnement des niches fis- cales (18000  euros en Gi- rardin). il faut donc faire ses comptes.faillite de l’exploitant, le bien acquis risque d’être inex- ploité, un motif de requali- fication par Bercy. De même, le vol de l’outil de production, dans un chantier par exemple, entraîne mécaniquement la requalification de l’opération, puisque le bien n’est plus exploité.teur. Dans ce cas, vous serez responsable et solidaire des dettes de la société. » Pour limiter les risques, Frédéric tripier ne travaille qu’avec un monteur ayant lancé un fonds de garantie susceptible de couvrir la totalité de l’avan- tage fiscal.ou d’entreprises directement dans des investissements in- dustriels, immobiliers (so- ciaux pour l’essentiel), éner- gétiques, agricoles avec des niveaux de rentabilité pro- portionnels aux risques en- courus », résume Jean-Mi- chel Maraval.Produit de défiscalisa- temps, le dispositif Girardintion pure, ce dispositif, permet, lui, une réduction qui sert à financer du matériel massive sur une année seu-productif ou du logement social en outre-mer français en contrepartie de réductions d’impôt, n’a pas été modifié par la loi de finances 2015. Face à la fragilité persistante de l’économie ultramarine, le gouvernement n’a pas suivi les préconisations de la Cour des Comptes, qui stigmatise régulièrement la faible efficacité de la défis- calisation en outre-mer au regard de son coût. Un point de vue réfuté par Jean-Michel Maraval, directeur général de Starinvest : « Ce dispositif reste un soutien d’une rare efficacité pour le financement ou le préfinancement de biens productifs en Outre-mer, per- mettant de pallier aux pro- blématiques inhérentes à ces territoires : éloignement géo- graphique, contraintes mé- téorologiques, proximité avec des pays à bas coûts de main d’œuvre... »lement.Qui concerne-t-il ? En priorité les contribuables qui n’ont pas eu le temps de mettre en place une stratégie de défis- calisation en amont et qui n’ont plus d’autres choix en fin d’année. Le Girardin est également intéressant pour les contribuables à qui il reste une part à défiscaliser, après avoir utilisé les autres produits disponibles. Par ce biais, ils calibrent leur ver- sement au centime près pour effacer leur reliquat d’im- pôt.Concrètement, deux choix s’offrent au contribuable : le financement d’un appareil productif, ou celui d’un lo- gement social. Si le fonc- tionnement des deux volets est semblable, la rentabilité diffère. En règle générale, celle du Girardin industriel est un peu plus élevée : de l’ordre de 18% à 20%, contre 12 % à 16 % pour le Girardin social, selon les projets. Un investisseur qui souhaite, par exemple, défiscaliser 100 000  euros, devra ap- porter entre 89 285  euros et 86 207  euros en Girardin social, contre « seulement » 83 333 et 82 645  euros en Girardin industriel.LE LOGEMENT SOCIAL À PRIVILÉGIERa l’heure du choix, les conseillers en gestion de pa- trimoine recommandent unePour Frédéric tripier, conseil en gestion de patrimoine chez Fiducée Gestion Privée, il est essentiel de s’assurer de la fiabilité de l’opérateur qui monte et gère le dossier Gi- rardin, en se posant de bonnes questions : « Est-il solvable ? Dispose-t-il d’une assu- rance responsabilité civile professionnelle ? L’opération est-elle couverte par des ga- ranties bancaires ? Par ail-aujourd’hui, l’essentiel des opérations de défiscalisation dans les DRoM-CoM concerne le Girardin social, jugé bien plus sûr. Le risque porte en effet uniquement sur la qualité du bailleur. or, un bailleur social fait très rarement, voire jamais faillite. Et au pire, son activité sera reprise par un autre bailleur, ce qui assure la continuité du dispositif. Grâce au Gi- rardin social, de nombreuxBERCY TRAÎNEDES PIEDSDerrière ce tableau quasi- idyllique se cache pourtant une réalité plus contrastée qui suscite l’agacement des professionnels : « Ce dispo- sitif n’échappe pas au double discours ambiant, à savoir politique d’une part, prônant le développement d’investis- sements productifs, préalable incontournable au retour de la croissance, et administratif d’autre part, en se heurtant à des blocages forts de la part de la Direction générale des Finances publiques en charge de la délivrance des agréments fiscaux », révèleLe Girardin social, plus sûr, attire l’essentiel des investisseursPLUS FORT QUE LE PINELBonne nouvelle pour les en- treprises locales, ce statu quo l’est aussi pour les contri- buables métropolitains. alors que le dispositif d’investis- sement locatif « Duflot-Pi- nel » offre des réductionsJean-Michel Marava.« Le coup de colère de la Fédération des entreprises d’Outre-mer (Fedom) début avril, estimant à 600 millions d’euros le montant des in- vestissements bloqués à Bercy en est un indicateur sérieux et inquiétant », conclut le dirigeant.plus grande prudence concer- nant le volet industriel, car si le taux de défiscalisation est séduisant, la visibilité est faible. Le succès de l’opéra- tion porte sur les épaules du monteur et de l’entreprise qui reçoit les fonds. Les biens acquis – par exemple des tracteurs, machines agricoles, parts de yacht de plaisance, etc. – doivent être utilisés pendant cinq ans. En cas deleurs, attention à la structure de la société qui mène l’opé- ration. Souvent, dans de tels montages, les investisseurs deviennent associés d’une société en nom collectif (c’est cette société qui réalise l’in- vestissement). La qualité d’as- socié confère en effet des obligations en matière de responsabilité, ce qui peut être lourd de conséquences en cas de faillite de l’opéra-logements sociaux ont été construits ces cinq dernières années en outre-mer. Le dis- positif a permis de financer de nombreuses opérations, et ainsi répondre partielle- ment à des besoins très élevés en logement social, tout en soutenant le secteur de la construction. « Côté inves- tisseur, il permet d’orienter une épargne « fiscale » en provenance de particuliersl.Pierre-Jean Lepagnot88Mai 2015]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°20aRt DE ViVRE & PatRiMoiNE Regard sémantiqueDepuis huit ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, verbes, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées à la galerie Verneuil Saints-Pères à Paris.La mémoire des motsEMBAUCHE-MOI !Nomdutableau: “Embauche-moi!”,RessourcesHumaines,2014.JaneBeeDico d’époqueintelligence Collective© Jean-paul Goffard«Embauche-moi» : comment ne pas «liker» l’entreprise quand le chômage est à marée mon- tante ?«Embauche-moi», un message adressé au DRHau «DRH», on demande de conduire une mis- sion parfois «impossible». Cette mission, «ré- humaniser l’entreprise».Comment y parvenir ? avec plus de «parité sa- lariale» ? avec une «Egalité, Parité» ! Cette «parité» neutralisera-t-elle des clichés comme, «les femmes plus chères» ?Le DRH est en première ligne, le salarié aussi. il est «proactif». Pour réveiller son talent, il peut désormais compter sur son «open manager». Un manager à l’écoute et facilitateur qui révèle même les «talents numériques» des uns et des autres !Intelligence collective vs réalitéSi «l’intelligence collective» transforme la vie au travail et si «le chasseur de tête» est connecté, cela ne change pas la réalité... «temps partiel», «pénibilité» sont certains des compo- sants du «malaise social». Un «malaise» qui a des aspects juridiques : les délais de procédures devant les «prud’hommes» font l’objet de dé- bats.«Malaise» encore et «pression» sur les hommes. Les «tensions» accentuent ce sentiment d’un monde du travail en conflit. on rêve d’une mise à jour du «Code du travail».Un autre «malaise» se fait jour. il est politique. «Chômeurs : les contrôles», le tabou est brisé par François Rebsamen, ministre du travail. Un tabou qui n’en est peut-être plus un puisque «hausse» et «chômage» se tutoient chaque jour.«Reclassements» vient compléter ce tableau de la précarité. 2014, c’est encore l’année de la «déprime sociale» !Modèle social français à bout de souffle ?Quel est l’avenir du «modèle social français»? Que penser de la politique «d’aides sociales»? Comme dirait Yves Calvi : «C dans l’air» !La «déprime sociale» guérie par l’enthousiasme et la jeunesse de la «génération participation»? Peut-être. Dans ce tableau sur le travail, les mots lumière seraient «l’école augmentée», les «MooC», « l’open manager», les «talents nu- mériques» et «l’intelligence collective».Dans ce brouhaha social, à ceux qui semblent supplier «embauche-moi !», le numérique ré- pond présent, et prépare une révolution du mar- ché du travail.parGrâce aux réseaux sociaux internes, l’entreprise devient collaborative. Mais la technologie possède ses li- mites.En effet, d’après le Mit, ce n’est pas la somme des intelligences indivi- duelles qui fait l’intelligence d’un groupe, c’est le fait que chacun pos- sède le sens de l’autre. L’intelligence relationnelle serait-elle la plus pré- cieuse ?Jeanne BordeauLes fourmisDes pionniers imaginent la mise en ligne de tous les savoirs.Avec le Net, cela devient un sujet opérationnel continu.c’est « une intelligence partout dis- tribuée », « sans cesse valorisée », « coordonnée en temps réel ». Elle conduit à mobiliser toutes les com- pétences.Le collaboratifFondatrice de l’institut deCes insectes font de l’intelligence collective. Des milliers de fourmis se complètent pour ne faire plus qu’une et résoudre un problème.L’entreprisela qualité d’expressionintelligence est dérivée du latin «in- tellegere» (comprendre). En entre- prise, avec un collectif, cela signifie comme l’évoque Jean Michel Pe- nalva : « La capacité d’un groupe à se poser des questions et à chercher des réponses ensemble ».Mai 2015PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 28 MAI 2015L’humainPour l’homo numericus, désormais, explique le philosophe Pierre Lévy,90]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 190 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !DINNER & SHOW AT 7PM FROM €190 SHOW AT 9PM & 11PM FROM €77WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2015 - Moulin Rouge® - 1-1028499]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[Mercedes Classe A299 €A partir deTTC/mois* sans apportEntretien et garantie 3 ans inclusMercedes-Benz Paris Filiale de Mercedes-Benz France 01 76 21 48 09 www.paris.mercedes.frMercedes-Benz Boulogne - 32 bis, route de la Reine - 92 Boulogne Mercedes-Benz Colombes - 116, av. 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