﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="84"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauL’information économique et positive, autrementAvril 2015 - n°19 - 3,90 € - ecoreseau.frLESCHAMPIONS DUIls ont réussi...L’auto-entrepreneuriat, première étape vers la création d’entrepriseComprendre, Entreprendre, InnoverCROWDFUNDINGCes 7 start-up qui ont trouvé fortune sur internetCRISE FINANCIÈREFaut-il réformer le système monétaire international ?L’analyse de Jacques de Larosière, Michel Pébereau et Jean-Claude TrichetL’ENTREPRENEUR DU MOISLA GALAXIE D’ELON MUSKLOI MACRONCe qui va changer (ou pas)Interview croisée4 RÉSEAUXLA NATION START-UPD AIDES AUX CRÉATEURSSE LIVRENTDÉCRYPTAGE : LA RÉALITÉ AUGMENTÉE - RÉSEAUX & INFLUENCE : LES DINERS DU SIÈCLEALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MADEcoRéseauISRAEL 2.0]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19EDiToriAlLes barbares et les caillouxQuel est le point commun entre le dirigeant de BlaBlaCar Frédéric Mazzella, le fondateur de la start-up PhageX qui imagine les antibiotiques du futur Xa- vier Duportet, le cofondateur de la plateforme de crowdfunding KissKiss- BankBank vincent ricordeau, l’administrateur général des données publiques de la France Henri verdier ? Tous sont membres du fameux collectif des « Barbares ». ils ont entre 30 et 45 ans et bousculent le système... Créateurs de start-up, artistes, chercheurs, innovateurs, développeurs informatiques, généticiens, profils aty- piques... ils aspirent à bousculer les conservatismes et à inventer les solutions qui remettront le pays en marche. Selon eux, la révolution numérique a débuté il y a plus de 25 ans mais les Etats, les grandes entreprises et les autres institutions ne s’y sont toujours pas adaptés. Des esprits libres, des innovateurs qui s’emparent des nouvelles possibilités scientifiques et techniques pour en faire quelque chose d’iné- dit, parce qu’ils viennent de l’extérieur, parce qu’ils ne se soucient pas des conven- tions habituelles. Public hétérogène certes, mais partageant une même volonté de décloisonnement. ils ont leurs troupes comme ces champions du crowdfunding (cf. A la Une) qui ont pris les nouveaux chemins de traverse du financement, ou ces auto-entrepreneurs devenus chefs d’entreprise (cf. Créer aujourd’hui) ; ils ont leurs lieux symboliques, comme la Paillasse (cf. En immersion), ce fablab où les biolo- gistes, mathématiciens, généticiens et entrepreneurs se côtoient. ils ont leurs gou-rous, comme cet entrepreneur milliardaire un peu dingue qu’est Elon Musk (cf. Electron libre). Un collectif, une armée, une religion ? Un peu de tout ça, face à des adversaires, sans surprise, assez nombreux. Ceux qui s’accrochent comme des moules sur leur rocher au paradigme ancien – celui de la société de production cen- tralisée et des corporatismes en tous genres – n’ont pas dit leur dernier mot. En té- moigne encore la récente déclaration de Nicolas Sarkozy – pour de basses raisons électorales – à propos du « caillou dans sa chaussure », ce statut d’auto-entrepreneurqui constitu.alors précisément que tout a été mis en place durant son quinquennat, quand tout le monde avait déjà négocié autour d’une table... la ligne de front se dessine partout entre les partisans de l’immobilisme, et ceux qui ont en commun de vouloir créer un électrochoc collectif en prenant individuellement leur destin en main. Peut-être constituent-ils une future force politique ? il importe en tout cas de choisir son camp dès aujourd’hui, y compris lorsqu’on est un media. Un autre point commun à tous ceux qui ont été cités ? Avoir été interrogés dans les colonnes d’EcoRéseau depuis deux ans...erait une injustice face à celui d’artisan soumis à plus de contraintes –Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefLE CHAT by Philippe Geluck6 Avril 2015]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frPAnoRAmA 8-21 RétrospectiveSoMMAirEla sécurité aérienne, il y a 50 ans 8 Baromètre de l'optimisme 10STRATégiE & innovATion numéRiquE 50-59 Baromètre de l'innovation 50Les rendez-vous EcoRéseaules vrais débuts de la "réalité augmentée" 52le Dicoréseau® 12Haute résolutionGrand angle- Cybersécurité: le dynamisme des TPE et PME françaises 54 - le Big Data révolutionne la relation client 56- réformes du système monétaire international 14 - 3 figures de la finance évoquent un nouveau système monétaire 16Business storyRégions & TerritoireslDr Médical, spécialiste mondial des implants du râchis 58Montpellier la surdouée ?18 20 21Regard digitalHexagoneHenri verdier, administrateur général des données de la France 59Eclairage sur la loi MacronRH & FoRmATion 60-70 Réseaux & InfluencesInternationalisraël, pourquoi la nation start-up ?les dîners du Siècle 60 Observatoire 62DécryptageCLub EnTREPREndRE22-49Carrières & TalentsBaromètre & Tendances A la Une22 24- Formation continue aux métiers d'ingénieurs 64 - l'efficacité des écoles de milieu de tableau 68Ces start-up championnes du crowdfundingART dE vivRE & PATRimoinE 71-82Interview croisée :réseau Entreprendre, France Active, BGE réseau et Moovjee au service des start-upLa Sélection culturelle L’Air du tempsEn immersion28303132333438 40 4471 7273 74 7677 78- l'innovation dans les banques privées- Bien choisir son conseiller en gestion de patrimoine indépendant 81la Paillasse, un laboratoire très ouvertle running, bien plus qu'une mode?Electron libreL’Art du tempsElon Musk, en partance pour Mars- Evasion & Bien-Être- vins & Spiritueux- Mode, accessoires, horlogerie et joaillerieLeçons de mauxles tribulations de reza Malekzadeh dans la Silicon valleyL’Air du tempsProspectiveAutomobile : au banc d'essais :Ford Mondeo versus volkswagen Passatles jouets en 2050Créer aujourd’huiBaromètre Finance & InvestissementsDe l'auto-entreprise à la création d'entreprise. Portraits...PatrimoineBusiness guides80 82- la prévention chez les mutuelles et assurances santé- Cadeaux d'affaires : 5 clés pour mieux choisir- Flottes automobiles et technologie: les enjeux de la voiture connectéeRegard sémantiquen°19www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frFondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe FlamandChroniqueurs : Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans, Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Aude Abback-Mazoué, Jean-Marie Benoist, CharlesCohen, JacquesDonnay,JulienFournier,GeoffroyFramery,ValérieFroger, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Stéphanie Polette, Catherine Quignon, Olivier Remy, Lucie Tanneau, Pierre TiessenDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceEcoRéseau est édité parLMediaRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Avril 20157]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19PANorAMA Rétrospective - La sécurité aérienneAllo papa tango charly...Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.En 2015, des avions s’écrasent encore. Parfois dans un laps de temps court, ce qui permet d’invoquer la très scientifique loi des séries. Mais qu’on ne s’y trompe pas. l’aviation n’a plus rien à voir avec ce qu’elle était il y a 50 ans. Notamment sur un point : la sécurité, qui frôle aujourd’hui la perfection.«Ice puits sombre, et en re- montent, et disent qu’ils n’ont rien rencontré. Il faut que cet homme descende au cœur le plus intime de la nuit, dans son épaisseur, et sans même cette petite lampe de mineur, qui n’éclaire que les mains ou l’aile, mais écarte d’une largeur d’épaules l’in- connu. » Comme le tradui- sent avec brio ces quelques lignes de Saint-Exupéry dans vol de Nuit en 1931, l’aviation ne cessera jamais de transporter dans ses soutes une part de mystère. Un mélange de peurs plus ou moins explicables, plus ou moins recevables, entre triangle des Bermudes, mé- connaissances techniques, ou simplement méfiance vis-à-vis d’un élément où l’homme ne sera jamais qu’un convive sans carton d’invitation.Des craintes que l’actualité ne cesse périodiquement de raviver. le 28 décembre 2014, c’est le crash de l’A320 de la compagnie malaisienne Air Asia qui réveille les craintes en en- tourant ce drame d’un halo de mystère. le 20 octobre 2014, la disparition de Chris- tophe de Margerie, et plus récemment celles de Camille Muffat et Florence Artaud rappellent que personne n’est à l’abri d’une catas- trophe aérienne.Pourtant, sous l’écume mé- diatique se trouve au- jourd’hui un moyen de trans- port qui n’a jamais été aussi sûr et aussi technologique- ment affûté. Selon l’Asso- ciation du transport aérien internationale (iATA), l’an- née 2014 a ainsi été l’une des plus sûres de l’histoire, avec un accident par tranche8 Avril 2015l faut que les hommes soient descendus dansde 4,4 millions de vols. Cette même année, pour en- viron trois milliards de pas- sagers transportés à travers le monde, on a comptabi- lisé... 694 décès. C’est direanalyse Germain Chambost.feu, sourit l’expert. Pour tester leur résistance, on réalisait des essais au canon à poulets ! On faisait tourner le réacteur au sol, et on lui envoyait des carcasses desont aujourd’hui exclusive- ment des appareils datant d’ilya20ou30ans.la généralisation des radars a aussi permis un gain ex- traordinaire en matière dedes appareils. Au-dessus de certaines zones géogra- phiques, les données étaient tellement peu fiables que les pilotes se donnaient leur position oralement grâce à une fréquence radio dé- diée. »Dans les années 60, les vols longs-courriers indiquaient sur leur plan de vol un aé- rodrome plus proche de leur point de départ, et leur vé-L'endroit le plus sûr après mon canapéCette technologie au sol a conduit à une automatisation croissante des appareils. Au- jourd’hui, dès 300 pieds (100 mètres), c’est le pilote automatique qui prend les rênes de la machine, jusqu’à l’atterrissage – qui peut par- fois lui aussi s’effectuer en automatique... Une bonne chose, au vu de la fiabilité du matériel, et un bon moyen d’éviter les erreurs humaines. Mais la médaille a un revers. Germain Cham- bost : « On sait aujourd’hui, notamment grâce aux tra- vaux de Claude Lelaie*, qu’un pilote qui vole 80 heures par mois aura fait, en tout, quatre heures de pilotage manuel réel dans l’année ! C’est une situation qui inquiète de plus en plus la Federal Aviation Admi- nistration (FAA), qui consi- dère aujourd’hui que cer- tains pilotes ne sont plus capables de se poser sur certains aérodromes. » Une situation que le succès des compagnies low-cost ne de-les progrès immenses ef- fectués en matière de sécu- rité.« Tout a changé depuis les années 60 dans l’aviation, affirme Germain Chambost, ancien pilote, spécialisé dans l’aéronautique et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, dont La promesse de l’envol, prévu pour juin 2015 aux éditions Transboréal. A cette époque, l’avion de- meure un objet de luxe pour grands chefs d’entreprise, vedettes du sport ou du ci- néma. » Autre transforma- tion aussi, la capacité bien moindre des avions d’alors. le Boeing 747, capable d’accueillir jusqu’à 500 pas- sagers, n’effectue ses pre- miers vols qu’en 1969. Au- jourd’hui, certains avions peuvent transporter jusque 900 personnes... « Un autre élément marquant des pro- grès effectués, ce sont les distances franchissables,ritable destination en dé- routement. Un Paris-Los Angeles allait par exemple annoncer un atterrissage à Detroit, et si tout se passait bien, qu’il n’y avait pas de vents contraires ou d’autres éléments susceptibles de le retarder, il poursuivait sa route vers Los Angeles. Celapoulets... Il faut comprendre que le risque principal d’alors, c’était la panne de moteur au décollage, au moment où celui-ci est sol- licité à pleine puissance. C’était d’ailleurs sur ce point précis que résidait en grande partie l’entraînement des pilotes. » Aujourd’hui,sécurité. Aujourd’hui, n’im- porte quel coucou est sur- veillé en permanence, y compris au dessus des dé- serts ou des océans grâce au GPS. Aussi, la position de chaque avion est-elle connue en permanence par les autres appareils, et ce avec une précision telle queger. « ChezPour tester la résistance des réacteurs, on réalisait des essais au canon à poulets !vraitpasarran. Ryanair, certains membres d’équipage sont passés co- pilotes après seulement 150 heures de vol. C’est scan- daleux, s’indigne l’expert. Comme si on envoyait un jeune conducteur seul sur l’autoroute après 15 heures de conduite. »en dit long des limites en termes de distances fran- chissables. Aujourd’hui, de tels trajets s’effectuent d’un trait sans aucun problème. » Ce qui a permis ces avan- cées, c’est d’abord l’amé- lioration du matériel. Et en premier lieu, des réacteurs. « Au milieu du siècle dernier, il n’était pas rare qu’un pi- lote soit obligé de faire demi- tour car son réacteur prenaiton laisse les poulets tran- quilles et c’est un travail sur les matériaux qui offre une extraordinaire résistance aux réacteurs, avec notam- ment une partie en céra- mique dans la zone la plus exposée à la chaleur. ré- sultat : une fiabilité des réac- teurs très très proche des 100%. Pour le spécialiste, les avions qui rencontrent des problèmes mécaniquesla distance verticale entre chaque avion en vol a été réduite ces dernières années de 2000 pieds (600 mètres) à 1000 pieds (300 mètres). « Dans les années 50-60, les radars n’existaient guère qu’en Europe et en Amé- rique du Nord, rappelle Ger- main Chambost. Pour les traversées transatlantiques, il était impossible d’établir une surveillance continue* Ancien pilote de chasse et de ligne, pilote d’essai, ancien directeur des essais en vol et directeur de la sécurité des vols chez AirbusOlivier Faure]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 10 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, 1 format week-endPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 380120215]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19PANorAMA Le baromètre de l’optimismeLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...L'optimisme est une forme de courage qui Le verbatim donne confiance aux autres et mène au succès4 La bonne nouvelle ici et maintenant voilà qui devrait avoir un effet d'entraînement certain sur l'économie mondiale. l'an dernier, les Etats-Unis affichaient une croissance de 2,4% en 2014 en dépit d'un ralentissement au quatrième trimestre. outre-Atlantique, les créations d'emplois sont au plus haut depuis 15 ans. Près de 250000 emplois sont créés en moyenne chaque mois. le taux de chômage est tombé à 5,6%, soit 0,2 points de moins par rapport au mois de novembre. la bonne santé de la loco- motive mondiale est notamment liée à la hausse de la consommation et à la baisse du prix de l'essence.à retenir...Robert Baden-Powell - (militaire britannique, fondateur du scoutisme)Des chiffres et des lettres agréablesEn % 520135,9% 1,1%C'est le rang européen de la France en ma- 2 tière de dépôts de dossiers de demande de brevet. D'après ses dernières statistiques, l'Office européen des brevets (OEB) a reçu l'an dernier 274000 dossiers du monde en- tier, soit une progression de 3,1% par rapport à 2013. L'Hexagone figure parmi les pays les plus dynamiques avec 13000 demandes, soit une augmentation de 4% (contre 1,2% en moyenne en Europe). Au niveau mondial, la France se situe en sixième position derrière les Etats-Unis, leLe graphique encourageant 2,50 -2,5520124 Pour rêver très loinMarre des piles usagées dont vous ne savez plus quoi faire ? Assez des batteries trop longues à recharger ? voici qui de- vrait vous redonner le sourire. la société chinoise Aquacell a lancé la pile éponyme qui a pour particularité de se rechar- ger en cinq minutes... dans l'eau ! il suffit de dévisser l'embout de la batterie et de la tremper quelques instants pour la régé- nérer. Puis de la refermer, l'essuyer et la replacer dans l'appa- reil. Autre avantage : ces piles, qui peuvent se conserver indéfiniment, contiennent beaucoup moins de produits toxiques et de métaux lourds que les piles classiques. Elles sont donc plus faciles à recycler et moins polluantes.l’onde positiveJapon, l’Allemagne, la Chine et la Corée.Néanmoins, pour l'essentiel, ne comptez ni sur l'un ni sur l'autre. vous risqueriez d'attendre longtemps.Après une difficulté ou un échec, il vous est sans doute arrivé de vous dire, comme beau- coup : « Je n'ai vraiment pas de chance ». Cela n'a aucun sens. Au jeu comme dans la vie, il n'y a pas de chance, il n'y a que du rythme, par exemple jouer peu lorsqu'on perd et gros quand on gagne.les ménages français retrouveraient-ils le sourire ? Selon l'insee, la reprise tant attendue en France semble en vue après trois années de stagnation économique. Cela expliquerait une amélioration de deux points de la confiance des ménages au mois de février. l'indice de confiance s'établit à 92 (la moyenne de long terme étant de 100), soit son plus haut niveau depuis mai 2012.D'une façon générale, en particulier dans la vie professionnelle, on ne l'emporte jamais tout le temps et on ne perd jamais systématiquement. En fait, les personnes que l'on dit généralement chanceuses vont à la rencontre de ce que Ma- chiavel appelait la bonne fortune. Elles pren- nent des initiatives, multiplient les contacts, s'inscrivent dans un réseau ou le développent. Dès lors, elles accroissent la capacité de trouver l'âme sœur, un emploi, un appartement, etc. C'est l'énergie et non une hypothétique chance qui donne le rythme. C'est la virtus au sens an- tique, la volonté, l'esprit de conquête, aller de l'avant, mouiller sa chemise.À la base du rythme, figure ce précepte sim- ple : rien ne va jamais aussi bien qu'on le croit, rien ne va jamais aussi mal qu'on le pense. En toutes circonstances, l'optimiste reste lu- cide. il ne baisse pas la garde. il sait que rien n'est jamais gagné d'avance, que tout se mérite. il sait, lorsque vous êtes trop sûr de vous, qu'il y aura souvent quelqu'un pour vous donner un coup derrière la tête, afin de vous apprendre à la baisser. Mais, plus encore – combien de fois l'ai-je vécu ? – il n'oublie pas que rien n'est ja- mais perdu. on peut d'autant plus gagner que la situation semble perdue. C'est le moment de se concentrer, de mobiliser toutes ses forces, d'accélérer le tempo.rarement une plaisanterie de cour d'école n'aura rapporté autant d'argent à son auteur. Mathew Carpenter, un jeune australien de 22 ans, a fait le buzz en quelques semaines grâce à son site shi- pyourenemiesglitter.com. Un projet pourtant lancé pendant les vacances comme une simple blague. Mis en ligne début janvier, Ship your enemies glitter (littéralement : envoyez des paillettes à vos ennemis), comme son nom l'indique, propose aux internautes d'envoyer anonymement, à la personne de leur choix, une enveloppe remplie de paillettes envahissantes dont il est difficile de se débarrasser. Une méthode efficace et bon marché (9,99 dollars) destinée à pourrir la journée d'une personne que l'on déteste.Pression médiatique, centaines d'enveloppes à remplir et à envoyer... pour le jeune Australien, la plaisanterie prend une tournure inattendue et dif- ficilement gérable. le 16 janvier, soit moins d'une semaine après la mise en ligne du site, il décide de le mettre en vente sur le site d'enchères Flippa avec une mise de départ de 1 dollar. l'affaire est adjugée 40 jours plus tard pour un montant de 85000 dollars. il faut dire que Mathew Carpenter a su trouver les arguments de vente, précisant dans l'annonce que, malgré l'apparition de clones « mal conçus », son site restait « le leader sur ce marché ».Avec cette vertu on se désespère naturellement moins d'une contrariété. on garde confiance. on reste optimiste. on analyse les raisons des difficultés pour contourner l'obstacle ou saisir l'opportunité suivante.C'est le challenge ultime, sans filet, le temps de la réaction ultra rapide.le rythme et l'énergie vitale constituent de bien meilleures garanties de succès que le hasard et la chance.Seulement voilà, l'idée fait le buzz, relayée par des sites d'information et des forums de discussion. En quatre petits jours, le site génère 2,5 millions de visites. Mathew Carpenter reçoit rapidement 2000 commandes des internautes.En entrepreneur, certes dépassé, mais avisé, le jeune Australien s'est engagé dans son annonce à ne pas lancer un site concurrent au cours des trois prochaines années. il promet aussi de former le repreneur de Ship your enemies glitter pendant trente jours afin d'assurer une bonne transition. Ce dernier est resté anonyme.l'essentiel est de ne jamais se démobiliser et encore moins de croire que la chance est tou- jours avec vous.10Avril 2015par Thierry Saussez Fondateur du printempsCocorico ! la France reste la première destination touristique mondiale selon les chiffres de l'or- ganisation mondiale du tourisme. l'an passé, on a dénombré plus de 1,1 milliard de touristes in- ternationaux dans le monde. l'Hexagone a attiré 84,7 millions d'entre eux. En nombre de touristes étrangers, la France devance encore largement ses challengers : les Etats-Unis et l'Espagne.de l’optimismerenault renoue avec l'embauche. le constructeur, qui a triplé son bénéfice net en 2014, a annoncé le recrutement de 1000 salariés en CDi en France cette année. il tient donc sa promesse, conformément à l'engagement pris en mars 2013 avec les syndicats du groupe. Ce dernier prévoyait des efforts de compétitivité de la part des salariés ainsi que 7500 départs non remplacés. Une stratégie qui a visiblement porté ses fruits.Comptez sur le rythme, pas sur la chanceon peut gloser indéfiniment sur la différence entre le hasard et la chance, les causes fortuites et les probabilités.Nul doute qu’un heureux hasard ou une chance inouïe peut produire, notamment dans le jeu, un résultat inespéré.il vous est sans doute arrivé, comme à moi, une aventure assez classique. vous présentez un projet, une proposition. Tout se passe mer- veilleusement bien. Et rapidement. votre in- terlocuteur va regarder cela de près. À la sortie vous criez « Yes ! ». Comme si c'était gagné d'avance. Pourtant il ne se passera rien. l'ex- plication est simple. votre interlocuteur n'est pas motivé mais il n'a nulle envie de vous contrarier ni de perdre son temps en discus- sions pour un projet qu'il n'a pas l'intention de mettre en œuvre. À l'inverse, bien des propo- sitions que l'on peut croire vouées à l'échec, tant l'approche de votre interlocuteur semble négative, aboutissent finalement à des résultats positifs. la critique peut être source d'implica- tion.la Fnac a bel et bien trouvé son positionnement. En mauvaise posture il y a peu, l'enseigne reprise en main il y a cinq ans par Alexandre Bompard a su opérer sa transformation. Alors que la fréquentation et les ventes s'essoufflaient, la baisse du chiffre d'affaires a été enrayée en 2014. Dans le même temps, le résultat opérationnel du groupe a progressé de 7,4% et le résultat net de 179% ! Un redressement lié notamment au développement d'une offre « multicanal » et d'une di- versification de l'offre (petit électroménager, arts de la table...).C'est une inversion de ten-dance qui, espérons-le, seradurable. Selon les derniers chif-fres de la Coface, le nombre dedéfaillances d'entreprises a reculé de 2,9% l'an dernier en France. Il s'agit de la première baisse enregistrée depuis l'année 2011. Rappelons en effet que les défaillances avaient progressé de 1,1% en 2012 et de 5,9% en 2013, véritable « année noire » pour les entreprises françaises. L'an der- nier, celles-ci ont profité d'une inflation modérée, de la baisse des taux d'intérêts et de la stabilisation des marges.-2,9 %2014Des brèves qui donnent le “smile” le matin...La belle histoire du mois : Une blague potache qui se vend 85 000 dollars]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[La santé, c’est trop important pour être compliqué.SANTÉ PRÉVOYANCE ÉPARGNE - RETRAITE 95% DES ENTREPRISES ADHÉRENTES SONT PRÊTESÀ NOUS RECOMMANDER.Nos conseillers Harmonie Mutuelle vous accompagnent jour après jour dans le suivi et le pilotage de votre contrat, quelle que soit la taille de votre entreprise. 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Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.15 de France : indicatif de l’ambulance sur laquelle il ne faut pas tirer.AFP : Abr. Agence Fausse Presse selon Martin Bouygues.CAC : Exp. Ex : « Cac je fasse, c’est jamais assez bien ».Départementales : N.f.pl. Sorte de The voice national, mais dont on connaît malheureusement la chanson.Draghi : Super Mario de l’EuropeEclipse : N.f. Moment de grâce pour les pickpocketsEcoRection : N.f. Plaisir de lire Ecoréseau.Euro : N.m. Etat de plénitude ou de satisfaction. Ex. « Même si la conjoncture est difficile, je suis très euro en ce moment ».Free : N.m. Syn. de bazar. Ex : « Avec Free, c’est vraiment le box-on entre opérateurs ».Gallet : N.m. objet de décoration absent du bureau du nouveau PDG de radio France, pas assez chic.Gbagbo : 1. Mauvaise action. Ex : « Simone, ce qu’elle a fait en Côte d’Ivoire, c’est Gbagbo (pas beau), du coup elle en a pris pour 20 ans ». 2. Bateau en difficulté. Ex. « Le Gbagbo prend l’eau ».Habitat : N.p. Société qui espère se redresser en vendant des canapés en ma- rinièresIran : Exp. exprimant un lien de cause à effet. Ex : « Si l’arbitre se trompe, Iran Zlatan tout rouge de colère »Likoud : 1. Argent cash circulant en israël ou dans le Sentier. Ex. « Tu payes en likoud aujourd’hui ? ». 2. Expression : s’entraider. Ex : « Maintenant qu’on a voté pour Netanyahu, il va falloir se serrer Likoud ».Monnaie : N. m. Partie du visage. Ex. Zlatan à Depardieu : « Si si, je t’assure, mon-naie est plus grand que le tien ».Mossoul : du verbe Mossouler qui signifie fatiguer, ennuyer. Ex : « Mossoul ces terroristes de Daesh», aurait dit Charb.Nikkei : v. Se faire avoir. Ex : « Avec le plan d’action de la BCE, je crains en- core que l’on se fasse Nikkei »PSG : Abr. Equipe qui chante le blues.Ramer : Exp. : Avoir du mal. Ex : « Boko Haram-er pour voler la vedette àl’Ei ».Syrie : v. Ex : « Syrie encore, je lui en colle une ».TF1 : Chaine de l’audiovisuel français qui fait chuter ses programmes. Timbuktu : N.p. Cousin mauritanien de Tim BurtonVous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.12Avril 2015]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19PANorAMA Grand Angle - Réformes du système monétaire internationalL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueQui veut la peau du billet vert ?la crise financière nous pousse-t-elle à réformer le système monétaire international ? l’Académie des sciences morales et politiques a ouvert le débat dans un colloque organisé début mars. Ecoréseau s’y associe en campant les 5 grands1- qui CRéE LA monnAiE ?Notre monnaie ne tombe pas du ciel, elle est créée par notre système bancaire lors d’un acte de crédit. Avant le crédit, elle n’existe pas. on explique au- jourd’hui dans les cours de gestion que le crédit fait le dépôt et non l’inverse. « Ulti- mement et de toutes les façons, la devise vient de la banque centrale. C’est elle qui finance tout », explique Jean-Baptiste Bersac, qui travaille sous la direction du professeur Jacques Sapir à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, auteur de L’irrésistible ascen- sion de la devise (ilv éditions). les banques centrales sont des inventions étatiques destinées à créer et injecter des liquidités dans le pays, comme des euros, des dollars ou des francs. le plus souvent, ces opérations sont destinées à financer la puissance publique. Dans laplupart des pays développés, ces monnaies sont légales et obligatoires. « Notre devise ac- tuelle est la principale monnaie acceptée en paiement au Trésor de son Etat, à commencer par le paiement des taxes. C’est pour cette raison que nombre de personnes sur le territoire ont « confiance » en la valeur de cette monnaie : elle est in- dispensable au paiement des impôts, eux-mêmes obliga-pièces ou objets en or et en ar- gent, sel, blé, troc, quand il ne s’agissait pas d’hommes (es- clavage), de bêtes ou de butins issus des trésors religieux. les modes et les besoins variaient selon les régions. Si l’Etat dé- finissait des unités monétaires (la livre tournoi, etc.), sa devise n’était pas légale et obligatoire. Au 19e siècle encore, « la grande masse des moyens de paiement métalliques et com-question de la liberté monétaire : ne peut-on laisser davantage les populations et les agents économiques choisir les mon- naies d’échange dont elles ont besoin ?enjeux auxquels devront répondre décideurs et régulateurs dans les années qui viennent.Le privilège exorbitant conféré au dollar ne garantit pas la stabilité du système monétaire international2- EST-iL bESoin d’unE monnAiE- éTALon ?la réponse n’est pas évidente au regard de la liberté moné- taire relative qui régnaittoires », explique Jean-Baptiste Bersac. il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, jusqu’à ré- cemment, les sociétés humaines utilisaient simultanément dif- férents modes de paiement pour solder leurs comptes :L’évènement du 2 marsmerciaux échappe à l’emprise de l’Etat », affirme le professeur Patrice Baubeau, auteur d’une thèse sur Les cathédrales de papier ou la foi dans le crédit (bibliothèque universitaire de Nanterre). voilà qui pose lajusqu’au XiXème siècle, et qui n’a pas entravé le développe- ment des sociétés. Néanmoins, un étalon monétaire unificateur est souvent nécessaire pour faciliter les échanges. « L’éta- lon-or a été le système moné- taire international le plus achevé, affirme l’ancien di- recteur du Fonds monétaire international de 1978 à 1987, Jacques de larosière. Il était un système de discipline col- lective partagée. L’étalon-or avait empêché les gouverne- ments de financer leurs dé- penses par l’inflation. » Chaque billet émis par un Etat était en effet échangeable contre son or, ce qui le forçait ainsi à limiter sa propre création de devises. Cependant, la course aux armements et l’ex- plosion des financements qu’elle suppose dans la pre-Vision américaine du grand mécano monétaire mondial...« Recréer un système monétaire international »L’Académie des sciences morales et poli- tiques souhaite peser dans la réflexion pour définir les nouveaux objectifs du Développe- ment durable des Nations Unies. Elle a donc organisé une conférence sur les moyens de changer le système monétaire. Des interve- nants experts se ainsi rendus à l’Institut de France qui regroupe les cinq académies dont un membre éminent, le philosophe Jean Baechler a déclaré qu’ « une contrainte s’im- pose aux acteurs comme une donnée objec- tive et impérieuse de leurs calculs stratégiques, favorisant l’exercice de la li- berté, la réduction de l’incertitude, le contrôle de l’exubérance et la prévention de la pa- nique ». Dès lors Jacques de Larosière, Michel Pébereau et Jean-Claude Trichet ont réalisé une synthèse de leurs travaux communs, quisera portée aux Nations Unies. Ils ont imaginé un nouveau cadre international visant à as- sainir les pratiques des Etats, des banques et des traders, sous l’œil bienveillant de Chantal Delsol, présidente de l’Académie des sciences morales et politiques. Pourquoi un tel débat en ces lieux ? Créée en 1795, l’Académie a pour vocation l’étude de l’homme et de sa vie en société, dans le but d’en perfectionner l’organisation grâce à une meilleure compréhension des règles qui la gouvernent.sur le marché des changes », constate Jacques de larosière, et ce système a tendance à provoquer des déficits struc- turels chez les uns, des excé- dents structurels chez les autres. Mais un étalon existe : le dollar américain. En dépit du caractère flottant des devises, il demeure la première mon- naie mondiale pour les échanges. Ainsi, par exemple, un pays qui ne possède pas de dollars aura toutes les peines du monde à acheter du pétrole à l’étranger.ses 20 millions de morts, le Japon connait la terreur d’Hi- roshima et de Nagasaki, la Chine ou le Brésil n’ont pas encore émergé... les Etats- Unis imposent alors le dollar comme devise-étalon à Bret- ton Woods : seule la monnaie américaine est convertible en or, et toutes les autres devises mondiales ne sont convertibles qu’en dollar. le monde entier a donc besoin de dollars. Si, en 1971, Washington fait dé- faut sur ses obligations en or et suspend la convertibilité inventée à Bretton Woods, le dollar demeure. Tous les pays du monde possèdent des dol- lars et s’en servent notamment pour acheter des matières pre- mières.èmemière moitié du XX siècle,3- PouRquoi LE doL- LAR dominE-T-iL LES éCHAngES inTERnA- TionAux ?14Avril 2015Matthieu Camozzicouplée à l’apparition d’un Etat-providence de fait, mar- queront la fin du régime. Au- jourd’hui, l’or ne constitue plus un étalon. le marché des changes se charge de définir au jour le jour une nouvelle parité entre les différentes de- vises étatiques mondiales. on dit qu’elles sont « flottantes » entre elles. Cependant, « l’im- portateur doit se procurer la monnaie du pays exportateurC’est l’histoire d’un pays sorti intact de deux Guerres mon- diales et qui est momentané- ment devenu l’usine et le gre- nier du monde. C’est l’histoire d’un pays qui a récupéré les deux tiers de l’or mondial en 1945 grâce à ses exportations. En 1945, l’Europe est en ruines, l’Union soviétique – qui a vaincu les puissances de l’Axe (le front de l’Est concentrait les deux tiers des troupes allemandes) – enterrel’avantage que confère ce monopole aux Etats-Unis est gigantesque : « Les dollars ne sont pas d’utilité à Bonn, à Tokyo ou à Paris. Le même jour [où ils ont été reçus], ils sont reprêtés sur le marché monétaire à New-York [en vue d’en obtenir une rémunéra- tion] », note Jean-Baptiste Bersac. résultat : le gouver- nement et l’économie améri- cains sont de fait financés par]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frGrand Angle - Réformes du système monétaire international PANorAMAl’étranger. Et ce recyclage des dollars donne aux Etats-Unis une force de frappe financière exceptionnelle, qui sert ses in- térêts particuliers. A titre d’exemple, les encours sous gestion de Blackrock, le plus grand fonds d’actions au monde, sont deux fois supé- rieurs à la totalité de la capi- talisation des entreprises du CAC 40, et il les rachète petit à petit... Difficile de rivaliser4- un SySTèmE d’éCHAngE ALTERnATiF PEuT-iL voiR LE jouR ?ganisation centrale qui dis- poserait d’un dispositif de sanctions ». Mais qui contrô- lerait une entité supranationale aussi puissante ?poussé les taux d’intérêts du pays à des niveaux élevés afin de rapprocher le franc du mark, un effort nécessaire de cohé- sion monétaire avant la fusion des monnaies germaniques et françaises dans l’euro. la zone de la Trilatérale – Etats-Unis, Japon, zone euro – connaitra- t-elle le même sort, avec l’ai- mable attention du dominant américain ? En clair, verra-t- on dans les prochaines années la création d’une monnaie commune « occidentale », qui écraserait le marché des changes mondial ? Mystère... Si les deux auditeurs confir- ment que Washington n’est pas prêt à lâcher sa domination monétaire, ils ne disent mot des efforts de la Chine et de la russie pour sortir du sys- tème dollar. le premier opère ainsi une politique très vo- lontariste pour attirer les ca- pitaux mondiaux vers le yuan : ouverture à Hong Kong d’un marché obligataire en yuan pour les entreprises étrangères, accumulation d’or afin de dé- passer les réserves américaines et donner davantage confiance dans le yuan, etc. Moscou a quant à lui répondu vigou- reusement aux sanctions fi- nancières lancées par Wash- ington pour priver la russie de dollars. En avril dernier, le président de la grande banque vTB annonçait que la priorité actuelle du système bancaire et du gouvernement russes était de « passer im- médiatement au rouble dans les opérations extérieures ». En août, le producteur Gaz-Travaux soumis aux Nations UniesRéconcilier éthique et finance,exercice arduLes éditions Hermann parrainent cette manifestation de l’Académie des sciences morales et politiques parce qu’elles en publient les travaux, mais aussi parce que son P-Dg, Ar- thur Cohen, a présidé les travaux de la commission visant à améliorer l’éthique des acteurs financiers, à laquelle ont ac- tivement participé Jean Baechler, Jacques de Larosière et Jean-Claude Trichet ainsi que 750.000 professionnels dans le monde et des centaines de chercheurs. Ces réflexions ont débouché sur le rapport « Ethique et Finance - Recherche de solutions pratiques pour l’assainissement des comporte- ments financiers et la définition en 2015 des futurs Objectifs pour le Développement des Nations Unies », remis aux Na- tions Unies en juin 2014: «Il s’agit avant tout d’un lobbying intellectuel [...] Le rapport propose des mesures directement applicables par les banques (privées, d’investissement et de détail) et qui n'engendrent pas pour elles de coûts supplé- mentaires. Nos recommandations ne sont nullement mar- quées idéologiquement et transcendent les normes contingentes en vigueur dans certaines zones géogra- phiques. L'éthique, telle que nous la concevons, bénéficie certes aux citoyens consommateurs de produits et services financiers, mais aussi aux professionnels eux-mêmes. Le pro- chain rapport sera spécifique aux banques de détail et à leurs opérations courantes », explique cet éditeur-philo- sophe qui assure que « le secteur financier ne peut que s'en- richir des apports de la pensée normative ». Celui qui a été introduit par la Cifa, ONG qui a un pouvoir consultatif aux Nations Unies, s’est engagé à porter le rapport, ainsi que les propositions formulées le 2 mars, à la 3e Conférence Inter- nationale sur le Financement du Développement organisée par les Nations Unies en juillet 2015 à Addis Abéba.Matthieu Camozzide Bâle suggère que le montant de fonds propres soit ramené dans notre cas à 1 euro en 2019, soit une multiplication par cinq. Autre innovation ma- jeure, les banques vont être te- nues de posséder des liquidités suffisantes pour faire face aux retraits de leurs clients durant 30 jours. Pour respecter ces nouvelles réglementations, dont certains détails sont encore en discussion, les banques devront sans doute réduire considéra- blement les prêts qu’elles ac- cordent dans l’économie, s’in- quiète Michel Pébereau. C’est toute la structure du marché de la dette qui pourrait se re- tourner, et provoquer une ré- cession déflationniste. lesil ne semble faire aucun doute, au vu des interventions de Jacques de larosière et de Jean-Claude Trichet, qu’une partie de l’élite financière mon- diale souhaite diversifier le système monétaire mondial. « Il est peu probable que la première puissance écono-Quoi qu’il en soit, les deux fi- nanciers jugent un tel montage peu probable dans le contexte de domination américaine ac- tuelle. Alors ? « Il faut trouver une politique plus réaliste pour le moment. Il serait par exemple possible de développer le Droit de tirage spécial du FMI », avance Jean-Claude Trichet. Un Droit de tirage spécial (DTS) composé des six plus grandes devises mondiales, où le yuan chinois devrait faire une « entrée probablement proche ». le DTS est une unité de compte émise par le FMi, mais elle n’est pas une devise. Elle pourrait être utilisée pour effectuer des opérations de compensation entre les dif- férents systèmes bancaires na- tionaux pour tout ce qui a trait au commerce international. « Jean-Claude Trichet confirme ici que le privilège exorbitant conféré au dollar ne garantit pas la stabilité du système mo- nétaire international. Son idée directrice est de créer une monnaie d’ancrage. Il choisit les DTS mais c’est à mon avis un leurre, une manière de dire qu’il faut une autre monnaie que le dollar », analyse Chris- tian Eugène, ancien chef du service de l’endettement à la Banque de France.financièrement, à moins d’une volonté politique forte. l’avantage que confère le dollar aux Etats-Unis est usé jusqu’à plus soif à Washington : en 2014, la justice fédérale amé- ricaine a infligé de très lourdes amendes à des banques étran-mique mondiale accepte la mise en place d’un système monétaire avec des contraintes extérieures », concède Jacques de larosière, mais selon lui le monde « va évoluer vers un système oligo-polaire ». « Le passage du format G10Durant le colloque, Jean- Claude Trichet a lancé une autre information, qui pourrait constituer un début de piste :5- LES SySTèmES bAnCAiRES oCCidEn- TAux SonT-iLS à bouT dE SouFFLE ?Toutes les banques centrales importantes ont désormais la même définition de la stabilité des prix. Première étape à la création« Nous ne sommes pas après la crise mais dans la crise », affirme Jean-Claude Trichet. Et celle-ci pourrait durer, s’in- quiète Michel Pébereau, ancien président de BNP Paribas. En effet, la crise financière a poussé les Etats à réglementer davan- tage les banques commerciales. «LeG20aconfiéàdeuxco- mités d’expert le soin de for- muler des recommandations pour éviter de nouvelles crises », note Michel Pébereau. l’un deux, le comité de Bâle, sou- haite renforcer l’ensemble de la structure de crédit des banques, « mais c’est ici le métier même de prêteur de la banque qui est mis en cause (... ) ; ces dispositifs risquent de peser sur la croissance éco- nomique ». Explications : jusqu’à récemment, quand une banque prêtait 10 euros – ou plus exactement créait 10 euros lors d’un prêt – elle ne devait posséder que 20 centimes de capitaux en propre. or, le comitégères (dont 8,9 milliards de dollars à BNP Paribas) pour avoir passé des contrats en dollars avec des pays sous em- bargo comme l’iran. Comment l’iran pourra-t-il vendre son pétrole si on ne lui fournit plus de dollars ? Dans le landernau financier mondial, ces évène- ments semblent avoir fait l’effet d’un choc. Durant le colloque, Jacques de larosière et Jean- Claude Trichet ont insisté sur le fait que « le privilège exor- bitant du dollar demeure ». le temps ne manquait pourtant pas pour mettre en place des alternatives : ce monopole dure depuis 44 ans...au format G20 me semble très important pour le système fi- nancier mondial », affirme quant à lui Jean-Claude Trichet. venant de l’ancien directeur du FMi et de l’actuel président pour l’Europe de la puissante organisation atlantiste Trila- térale, ces affirmations sont à relever. Comment faire ? les deux hommes évoquent un institut d’émission mondial qui émettrait une devise mon- diale « vraiment représenta- tive » pour ajuster les balances des paiements entre les grandes puissances économiques. Jacques de larosière appelle ainsi de ses vœux à une « or-« Toutes les banques centrales importantes [ndlr : celles de la zone dite occidentale : Etats- Unis, zone Euro, Grande-Bre- tagne, Japon] ont désormais la même définition de la sta- bilité des prix. C’est un phé- nomène passé inaperçu mais qui est très important. » Ces objectifs monétaires contrai- gnants, adoptés en 2012 aux Etats-Unis ou en 2013 au Ja- pon, ressemblent furieusement à ce qui a été appliqué en Eu- rope dans les années 90 dans le but de créer l’euro. Jean- Claude Trichet sait de quoi il parle : alors président de la Banque de France, il avaitprom recevait ses premiers roubles suite à des exportations de gaz en Europe. En sep- tembre, durant le G20, le mi- nistre russe des Finances exhortait les pays émergents à se passer du dollar dans leur commerce extérieur. Et ces derniers mois, le président Poutine signait pas moins de quatre accords – avec la Chine, la Turquie, l’inde et l’Egypte – visant à échanger leurs pro- pres devises nationales afin de se passer du dollar dans leurs échanges extérieurs. la guerre monétaire est définiti- vement déclarée...quiers mondiaux end’une monnaie commune ?grands ban.sont-ils conscients ? on s’étonne en tous cas de voir Michel Pé- bereau louer les qualités de l’or, l’ancienne monnaie mon- diale, ou détailler le fonction- nement du bitcoin, une devise complémentaire lancée sur le réseau internet il y a quelques années...Ludovic GreilingAvril 201515Œ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19PANorAMA Grand Angle - 3 figures de la finance évoquent un nouveau système monétaireles 3 sages parlent© Jean-Loup ChaumetQ« Des bienfaits d’un changement »Jacques de larosière, Michel Pébereau et Jean-Claude Trichet se sont exprimés à l’institut de France le 2 mars 2015, au nom de l’Académie des sciences morales et politiques sur un éventuel nouveau système monétaire mondial. Evénement éclairant dont EcoRéseau est partenaire. Propos recueillis par Arthur Cohenl’ex-directeur du FMi et ex-Gouverneur de la Banque de France Jacques de larosière expose les avantages indéniables qu’il y aurait à recréerun système monétaire international. il en va d’une croissance pérenne.uels qu’en soient ses principes et ses Tout système monétaire international a aussi modalités de fonctionnement, un sys- un effet harmonisateur des politiques monétaires : tème monétaire international est un l’existence d’une valeur-étalon, quelle qu’elle« la création de monnaie [comme] un outil de croissance ». il faudrait de plus que les grands pays coordonnent leur politique économique et monétaire et que les principales banques centrales collaborent davantage. C’est pourquoi,corps de règles cohérentes auquel la quasi- soit, exerce « une pression unificatrice sur lesaméricaine n’a pas eu d’autre choix, en août 1971, que d’abandonner la convertibilité en or du dollar, amenant, dès 1973, toutes les devises à flotter (sans parité fixe ni stable).totalité des États accepte de se soumettre. Un tel système peut reposer sur la conversion fixe© Jean-Loup Chaumetdes monnaies en une valeur-étalon, sur une parité fixe entre plusieurs monnaies et une monnaie de référence, ou sur une parité stable entre les devises nationales et un panier de de- vises ; mais quelle que soit sa forme, tout système monétaire comporte de nombreux avantages dont le plus évident est de stabiliserpolitiques monétaires de chaque État appar- tenant au système », observe Jacques de laro- sière. Par exemple, en proscrivant des situations de déficits courants prolongés, un système monétaire interdit aux décideurs nationaux d’instrumentaliser leur politique monétaire au profit de leurs objectifs économiques et les force à adopter des politiques monétaires et économiques compatibles.Faut-il conclure de l’échec successif de ces deux systèmes qu’il faille renoncer aux nom- breux avantages qu’offre un véritable système monétaire international ? Certainement pas, affirme avec audace l’ancien Directeur général du FMi qui, réaliste, considère que « les condi- tions pour réparer le système monétaire inter- national ne sont pas réunies aujourd’hui ». En effet, pour rétablir un ordre international, il faudrait au préalable que les États acceptent de réduire leur endettement et cessent de concevoirévoluePour ce faire, il faudrait au préalable que les États cessent de concevoir la création de monnaie comme un outil de croissancel’étalon-or, qui a prévalu durant toute la deuxième moitié du XiXe siècle et jusqu’en 1914, est l’exemple le plus achevé de système monétaire international : la convertibilité en or des monnaies induisait la fixité de leur parité et, de facto, un certain équilibre. Grâce à ce système, pendant plus de 50 ans, l’inflation a été maîtrisée (0,5% en moyenne) et la croissance satisfaisante (le PiB/habitant a augmenté sur toute la période davantage qu’entre 1972 et aujourd’hui). la valeur or ne pouvant être émise arbitrairement, les États n’étaient pas maîtres de décider de leur change. Bien sûr, « ce système était loin d’être parfait : son asy- métrie avantageait les pays créditeurs et obligeait les débiteurs à reconstituer rapidement leurs réserves d’or », concède le haut fonc- tionnaire. Toutefois ce n’est pas cette imperfection qui en explique l’effondrement, mais l’ampleur de l’effort de guerre et des dépenses militaires qui a placé les pays belligérants devant la né-il semble vraisemblable que le monde. lentement vers « un système oligopolaire » dans lequel de plus en plus de devises (le dollar, l’euro, la livre sterling, le yen, mais aussi le renminbi et d’autres) compteront. Mais c’est aussi pourquoi il est capital de contrer cette tendance chaotique et de recréer un véritable système monétaire international, dont la mise en œuvre favorisera une croissance mondiale stable, pérenne et équilibrée.le marché des devises. Cette stabilité rassure les acteurs – publics et privés – qui éprouvent moins le besoin de se garantir contre les risques de change et réduit en conséquence la fantaisie des concepteurs de produits structurés dont un très grand nombre est proposé pour prémunir les acquéreurs contre l’évolution inattendue des cours d’une ou plusieurs devises par rapport aux autres. limitant de fait la complexité parfois excessive de certains produits structurés, tout véritable système monétaire a l’immense avantage de clarifier et d’assainir le marché.cessité de recourir massivement à l’emprunt, et donc à interrompre la convertibilité en or de leur monnaie. C’est d’ailleurs ce même méca- nisme de l’endettement causé par l’explosion des déficits publics et privés qui a aussi causé l’échec de cet autre grand système monétaire international, mis en place par les accords de Bretton Woods et dans lequel l’étalon n’était plus l’or mais le dollar (devise elle-même convertible en or). Face aux dépenses nécessaires pour soutenir l’effort de guerre au vietnam et une politique sociale progressiste, l’administration16Avril 2015]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frGrand Angle - 3 figures de la finance évoquent un nouveau système monétaire PANorAMA « Un changement également souhaitable pour les acteurs financiers privés »Même au niveau micro-économique, l’institution d’un nouvel ordre monétaire international est souhaitable et préférable à des règlementations mal conçues, selon Michel Pébereau, ex-dirigeant de BNP Paribas.S© Jean-Loup Chaumettenir 2,5 fois plus de fonds propres qu’auparavant.Selon l’ex-banquier, cette tendance politique au renforcement régle- mentaire pèse lourdement sur la croissance économique et tout particulière- ment en Europe : la volonté affichée de l’UE de devenir « la zone où la solidité de l’industrie bancaire est la mieux assurée dans le monde » oblige les banques à réduire leurs encours et à augmenter les prix du crédit, ce qui impacte évidemment la crois- sance. l’ancien P-Dg de BNP Paribas déplore donc « un manque de discernement évident dans l’application des nouvelles réglemen- tations » qui, au-delà de réduire les marges du secteur bancaire, risquent de fragiliser l’économie européenne. la situation française est « encore plus délicate » car le modèleUn manque de discernement transparaît dans l’application des nouvelles réglementationsfinanciers doivent progressivement mettre en œuvre les accords Bâle iii. Ces accords préconisent de nouveaux ratios pour limiter les volumes de risque que peut prendre une banque en fonction de ses fonds propres, et imposent l’exercice salutaire et régulier de « stress tests » pour vérifier la santé des ins- titutions bancaires. Au total, pour un même volume d’activités, les banques eu- ropéennes doivent aujourd’hui dé-de la banque universelle y est fort répandu et le nouveau ratio sur les encours à longs termes menace l’usage des dépôts dans les opérations d’allocation de crédit.dans lequel le FMI jouerait un rôle déter- minant, s’avère nécessaire ». le FMi devrait continuer à promouvoir la coopération mo- nétaire internationale et la stabilité des taux de change, à prévenir les crises et les déséquilibres, à prêter des capitaux pour aider les États en difficulté ; mais il devrait endosser un rôle supplémentaire de contrôleEn somme, les réactions politiques ci-dessus énoncées, qui confirment une tendance au renforcement réglementaire, ne sont pas les mieux adaptées pour soutenir l’économiemacro-prudentiel de la sta- bilité des taux de change (pour lequel il a déjà une expertise). Autrement dit, « le FMI doit devenir l’Au- torité compétente pour éva- luer et alerter sur les risquesuite à la crise de 2007-2008, les poli- tiques ont renforcé la réglementation du secteur financier, jugé responsable.rus par les politiques monétaires na-le G20 s’est activé pour limiter l’ampleur de la récession ; le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (créé en 1974) et le Conseil de stabilité financière (créé en 2009) ont été amenés à faire de nouvelles préconisations pour maîtriser le risque systémique. Paral- lèlement, de nombreux États ont modifié leur dispositif législatif (Dodd Franck Act aux Etats-Unis, Banking reform Bill au royaume Uni...). Dans l’Union européenne, où l’Autorité bancaire européenne et l’Union bancaire ont été instituées, les établissementsmondiale. Pour preuve, elles obligent les banques centrales, pour relancer la croissance et soutenir l’emploi, à mener des politiques non conventionnelles de facilité monétaire (quantitative easing) – dont on devrait plutôt se méfier car elles permettent la persistance de graves déséquilibres et la constitution de bulles.encou.tionales ». Ce nouveau rôle confié à l’orga- nisation internationale lui conférerait la puissance nécessaire pour inciter les banques centrales à coopérer davantage entre elles et limiterait considérablement la tentation, pour les pays à se lancer dans une guerre des changes, dommageable aux échanges internationaux et donc à la croissance mon- diale.À l’encontre de cette tendance à l’augmen- tation excessive des réglementations dont la mise en œuvre se révèle selon lui, contraire aux effets recherchés, Michel Pébereau plaide pour une solution globale plus équi- librée : « Un ordre monétaire international,D« DTS, rôle élargi du FMI... des solutions existent »Pour Jean-Claude Trichet, ex-directeur de la BCE, le système monétaire actuel est responsable, en partie,de la recréation d’un système monétaire international n’est donc pas seulement financier, économique et politique ; il est aussiphilosophique,etlehaut fonctionnaire reprend l’inter- rogation du philosophe Jean Baechler : « Comment éviter la corruption de la liberté en licence ? »Il serait souhaitable de recréer une monnaie de réserve internationale, émise par une institution indépendante, comme le suggérait Keynesdonc inadapté pour répondre aux nouvelles situations de crise que peuvent affronter la finance et l’économie mondiales ». Ce système souffre de nombreux défauts dont les plus patents sont son déséquilibre et son asymétrie. Ainsi la monnaie, qui sert de facto de référence (le dollar), reste-t-elle volatile et émise par une administration qui mène une politique monétaire souvent en contradiction avec sa fonction de fournisseur des liquidités mondiales,entrevoit«deuxmoyensréalistes» pour améliorer le système inter- national : d’abord, il conviendrait de renforcer les Droits de tirages spéciaux (DTS). Emis depuis 1969 par le FMi, le DTS (constitué par un panier des quatre devises que sont le dollar, la livre sterling, l’euro et le yen) représente une créance virtuelle susceptible d’être© Jean-Loup Chaumetil aussi faire entrer en son sein le renminbi pour qu’il soit pleinement représentatif ? Mais un instrument seul, aussi pertinent soit- il, ne suffit pas : il importe encore de confier au FMi le rôle de fixer à l’avance les cours pivots corrects des devises desquels les banques centrales ne pourraient s’éloigner qu’avec mesure et modération : cette pression exercée sur les grands émetteurs de monnaies assurerait indéniablement la cohésion de l’ensemble du système monétaire international, et limiterait le risque de corruption de la liberté monétairedes abus de la crise. Des outils de régulation sont pourtant à portée de main.epuis le démantèlement du système banquiers centraux) à adopter une attitude favorisant par là la constitution de dangereuses de Bretton Woods, « nous ne sommes nonchalante ; et enfin, les progrès de la bulles monétaires. Évidemment, pour corriger plus dans un système de change fixe, science et de la technologie (surtout des tech- cela, il serait souhaitable de recréer une mon-mais ajustable : les monnaies sont (trop) li- nologies de l’information et de la communi- naie de réserve internationale, émise par une brement convertibles », affirme l’ex-Gouver- cation) qui ont renforcé l’interconnexion entre institution indépendante comme le suggéraient neur de la Banque de France. or, rappelle-t- les acteurs et propagé immédiatement sur Keynes ou François rachline ; mais cette il, tout le problème est là : l’absence de toutes les places un phénomène de panique solution exigerait un improbable accord po- contrainte internationale a engendré des excès mondiale. Mais il est indéniable que le système litique. Dès lors, pour restaurer la stabilité du en tous genres et des erreurs notoires. l’enjeu monétaire actuel s’avère « trop permissif et système de façon durable, Jean-Claude TrichetCertes, le laxisme de l’ordre monétaire inter- national en vigueur depuis 1973 n’explique pas à lui seul la crise de 2007-2008, et d’autres raisons doivent être mentionnées : l’excès d’endettement public et privé (qui a touché la quasi-totalité des pays avancés) ; la générali- sation d’un sentiment de confiance, fondé sur des théories erronées comme l’hypothèse de l’efficience du marché, qui a conduit tous les acteurs du secteur financier (y compris leséchangée et constitue un moyen efficace de réguler les taux de change. le DTS est donc une bonne monnaie, un instrument d’échange, de compte et un système de valeur. or, au- jourd’hui, l’encours total des DTS est extrê- mement modeste. il faudrait donc progresser dans l’usage des DTS. la communauté in- ternationale devrait peut-être se doter d’un système de compensation internationale pour en faciliter l’usage. Peut-être le DTS devrait-.des Etats en licence.Avril 201517]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19PANorAMA Régions & Territoires - MontpellierEcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Surdouée, vraiment ?d'une métropole ou d'une région2« Montpellier, la surdouée »(1)... la capitale du languedoc-roussillon – longtemps le fief du PS Georges Frêche – figure dans le peloton de tête des agglomérations françaises les plus attractives. Même si le mur du chômage plombe le décor.012 ou l’année de la consécration pour Montpellier. Alors quelque 470 000 habitants, contre 300 000, 25 ans plus tôt. Selon de Paris, « la surdouée » paie lourdement le tribut de son succèsque le Montpellier Hérault Sport Club est sacré champion un scénario de l’insee de 2012, l’agglomération montpelliéraine et souffre désormais – a.utre conséquence de son attractivité –de France (une première pour ce club de ligue 1), le New- devrait accueillir 100 000 habitants de plus d’ici à 15 ans. d’un réseau de transports souvent inadapté à sa démographie. York Times retient la capitale du languedoc-roussillon comme revers de cette médaille : un taux de chômage vertigineux, à lacune que Montpellier entend « vite combler », assure le vice-l’une des 45 villes à visiter dans le monde... la même année, l’hebdomadaire Challenges plaçait la ville au deuxième rang des territoires les plus dynamiques de l’Hexagone. « Ses atouts sont indéniables et les signaux sont positifs », reconnaît aisément Chantal Marion, vice-présidente déléguée au développement économique de la nouvelle métropole montpelliéraine. les premiers de ses atouts ? « Son attractivité et sa jeunesse ». Montpellier, classée huitième de France par la population, « est en effet poussée par sa croissance démographique, l’une des plus fortes du pays ». Son agglomération comptait fin 2014plus de 14%. « Dans le classement des métropoles, Montpellier est à la fois première et dernière... », relève Chantal Marion. la « surdouée » collectionne les palmarès : celui de la première ville de France, selon un classement de L’Express en 2010, pour l’offre de soins, deuxième pour son dynamisme économique, troisième pour son cadre de vie... mais aussi plus mauvaise élève pour l’emploi. le rythme soutenu de création d’emplois ne suffit pas en effet à combler les besoins de la population montpelliéraine et ceux des nouveaux arrivants. C’est ainsi. Avec ses 300 jours d’ensoleillement par an, le tout à trois heuresprésident de la métropole. Avec la ligne TGv Montpellier- Perpignan (qui s’inscrira dans le projet de liaison rapide Paris- Madrid), mais aussi avec le dédoublement de l’autoroute A9 à la périphérie sud-est de la ville, qui devrait permettre à l’horizon 2017 de « désengorger l’immense trafic, en période estivale no- tamment ». Chaque jour, cette autoroute ne supporte pas moins de 100 000 véhicules...Pierre TiessenuEntreprises... Terre promise ?Pour créer sa boîte, viser Montpellier... Une chose est sûre : le bassin local affiche l’un des taux de création d’entreprises (17%) les plus élevés du Sud-Est. la plupart des sociétés créées n’ont certes pas ou peu de salariés, restent fragiles et, pour celles qui survivent, « peinent à franchir le cap de la TPE », comme le relevait un récent article du quotidien Les Echos. Mais au moins sont-elles nombreuses (près de 2000 en 2013). « Une dynamique très forte malgré un cruel manque d’industries sur le territoire », relève Jean-Christophe Arguillère, président du conseil d’administration de Montpellier Business School (2883 étudiants). Un handicap, renforcé par un taux de chômage très élevé, que nous avons su en quelque sorte transformer en opportunité. » Car de plus en plus de jeunes en recherche d’emploi, décomplexés, « sautent le pas » et créent leur boite.« Dans le domaine des télécoms par exemple ou de l’informatique, cettetendance est très nette », complète Jean-Christophe Arguillère.Et avec le label French Tech que Montpellier a arraché fin2014, « cette dynamique locale ne peut qu’être renforcée,affirme-t-il. Ce label donne une visibilité naturelle auterritoire, de même que le passage au statut de métropoleet la validation du LabEx « Entreprendre », mené parl’Université de Montpellier ».Complémentarité(1) Surnom donné à sa ville par Georges FrêcheMontpellier/Toulouseou rivalité ?uBIC, incubateur haut de gammeNom de code BiC, pour Business innovation Center. le porte-drapeau régional en matière d’accompagnement de start-up (plus de 500accompagnées en 25 ans d’existence)... Cet incubateur, qui affiche un taux de pérennité des structures accompagnées de près de 90% à trois ans, vient d’être classé par UBi index, dans le Top 10 des meilleurs incubateurs au monde (et le seul Français !). Pour établir ce classement, l’UBi index a comparé plus de 300 incubateurs émanant de 67 pays de tous les continents. Techsia, AwoX (cf. Ecoréseau 16), MedTech (cf. EcoRéseau 18), intrasense, Aquafadas et Teads... Autant de structures qui ont eu recours au BiC, dirigé par Catherine Pommier. les sociétés accompagnées toujours en activité totalisent plus de 4500 emplois et affichent un chiffre d’affaires de près de 600 millions d’euros.Alors que se dessinent (sur le papier en- core) les contours de la future super ré- gion – regroupant languedoc-roussillon et Midi-Pyrénées – les deux métropoles de ce vaste territoire de plus de 70 000 ki- lomètres carrés défendent leurs positions.Duel serré... à fleurets mouchetés (pour le moment). « Il n’y a aucune ambiguïté ni combat caché sur ce dossier, balaie André Deljarry, président la CCi de Montpellier. Nous sommes, avec Toulouse, sur un travail d’union des forces ; il n’est pas question d’une guerre des métropoles. » Néanmoins, au pays d’oc et alentours, la question taraude plus d’un édile : qui de Toulouse ou de Montpellier sera désignée capitale du grand Sud-Est, future région qu’André Deljarry propose de baptiser « Pyrénées- Méditerranée » ? Et même si l’on évoque de part et d’autre des synergies en cours et « des collaborations fructueuses » pour la naissance de la nouvelle col- lectivité régionale en janvier 2016, la question n’est pas anodine. il y a en effet localement gros à jouer. Car naturellement, Toulouse – terre d’Airbus abritant près de 450 000 habitants, dont 70 000 travaillent dans l’aéronautique – fait figure de locomotive ré- gionale quand Montpellier – 260 000 habitants – tire son dynamisme des secteurs pharmaceutique et in- formatique. A Montpellier, beaucoup espèrent un match ex-aequo. Comment ? « En répartissant équi- tablement les futures compétences régionales entre ces villes placées aux extrémités est/ouest du terri- toire », espère le président de la CCi. Même refrain pour Philippe Saurel, le maire de Montpellier, qui plaide pour une région à deux métropoles fortes.uCoûteuse Métropole « 3M »Montpellier, version 2015... C’est avant tout une nouvelle métropole, baptisée « 3M » pour Montpellier Méditerranée Métropole... « Un formidable projet au service de l’attractivité du territoire », veut croire Chantal Marion, vice- présidente déléguée au développement économique de cette méga structure qui regroupe 31 communes. Mais aussi « un sujet sensible » comme l’évoquait en début d’année le Midi Libre. Avec le transfert de nouvelles compétences des communes vers la Métropole, les premières conséquences se font en effet déjà sentir. Et le quotidien local d’évoquer pour lesdites communes l’inévitable perte de recettes de fonctionnement. Dans les faits, alors que la plupart des communes percevaient ces attributions de compensation jusqu’en 2014, « il faut désormais qu’elles s’habituent, par le truchement de la perte de nombreuses compétences, à verser des sommes à la Métropole. Au global, pour les 31 communes du périmètre, quand elles ont perçu presque 7M€ en 2014, elles vont devoir reverser près de 55M€ en 2015 ! ».uLes cépages (bio) de la fortunel’agronomie, en premier lieu la viticulture... l’un des trois piliers de développement qui figurent sur la feuille de route de la métropole, avec celui de la santé et de la cité intelligente. « Nous sommes le premier vignoble au monde en surface d’exploitation et volume de production, nous devons capitaliser sur l’œnotourisme. » André Deljarry, président la CCi de Montpellier, plaide pour la mise en place d’une « vraie route des vins, mettant en valeur le patrimoine et l’artisanat régional ». Pour aider, le languedoc-roussillon joue à fond la carte « bio ». Avec près de 10% de la surface viticole convertie en culture biologique, la région est le leader français de la filière organique. Quelque 1234 exploitations viticoles de la région travaillent ainsi bio sur plus de 20000 hectares (plus de 30% du vignoble bio français est en languedoc-roussillon).18Avril 2015montpellier]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19PANorAMA Hexagone - Loi MacronDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,la loi au MacronscopeAlors que la « loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques », dite aussi loi Macron,afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)poursuit son chemin entre les Assemblées, EcoRéseau tente d’en éclaircir les enjeux et de présenter ses protagonistes. SES objECTiFS ET SES SouTiEnS Par Aymeric Marolleau LES 6 FAmiLLES dES oPPoSAnTSEn octobre 2014, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron défendait devant la presse son projet de loi. Selon lui, il devait combattre les « trois maladies françaises » : la défiance, la complexité et le corporatisme. il ambitionnait aussi de « lever les blocages de l’économie française ».Dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche, 30 économistes, chefs d’en- treprise et intellectuels ont soutenu la loi pour « faire repartir la machine ». Selon eux, « trop de réformes (...) ont été re- poussées depuis trop longtemps ». « Nous récusons catégoriquement l’idée selon la- quelle certaines avancées ne méritent pas d’être appliquées parce qu’elles seraient trop timides. (...) Nous n’avons pas le droit de refuser de faire les pas qui vontla loi Macron se range dans la catégorie des lois « fourre-tout », aux côtés de la loi dite « Tepa » de 2007 (loi sur le Travail, l’emploi et le pouvoir d’achat) et de la loi de Modernisation de l’économie de 2008. Elle ne contient pas de grandes réformes structurelles, mais une série de mesures décousues, parmi lesquelles :la loi Macron a donné lieu à une âpre bataille de lobbies et à de nombreux cal- culs politiques. C’est peut-être pour cette raison qu’elle ne contient pas de grandes révolutions.réunis dans le collectif « vive la gauche », ils ont notamment protesté contre la li- béralisation du travail dominical et la ré- forme des plans sociaux. Ces députés ont menacé de ne pas voter le texte, pré- cipitant le choix du recours au 49-3 par Manuel valls.- Les professions réglementées : notaires, pharmaciens, dentistes, huissiers, avocats sont descendus dans la rue à plusieurs reprises.- Les auto-écoles ont mené une opération escargot en février dans plusieurs villes de France.- Les syndicats : le 26 janvier, jour de l’ouverture de l’examen du projet de loi à l’Assemblée, CGT, Fo et FSU ont battu le pavé parisien, au côté du Syndicat de la magistrature et du Syndicat des avocats de France.- La Presse et les ONG s’opposent fin janvier à l’instauration d’un secret des affaires dans le Code du commerce, au motif de protéger les entreprises de l’es- pionnage économique. la disposition sera retirée du projet de loi.Son ConTEnud’être adoptée, elle a tout de même reçu le soutien de l’UDi et du Front de gauche. 234 députés l’ont vo- tée, alors que 289 voix étaient requises.dans la bonne direction, quand bien même nous aimerions qu’ils soient plus grands ou plus rapides. » Parmi les signataires, le directeur général délégué de BNP Paribas François villeroy de Galhau, le P-Dg de vente-privée Jacques-Antoine Granjon, l’économiste Philippe Aghion ou encore l’écrivain Erik orsenna.Emmanuel Macron a trouvé des soutiens au-delà de son camp. Plusieurs députés de l’opposition ont en effet affirmé leur intention de voter son texte, comme Frédéric lefebvre et Hervé Mariton pour l’UMP, ou Jean-Christophe Fromantin pour l’UDi.- L’opposition : même si l’UMP et l’UDi auraient pu signer des deux mains la plu- part des dispositions contenues dans la loi Macron, il était hors de question de faire des cadeaux au gouvernement, à quelques encablures des élections dépar- tementales. l’UMP a ainsi déposé une motion de censure contre Manuel valls en février. Si elle n’avait aucune chance4 Assouplissement du travail dominical4 réduction des délais du permis de conduire4 libéralisation du transport par autocar4 Simplification des conditions d’installation des professions© DR- Les « frondeurs », soit une trentaine de députés PS représen- tant son aile gauche, emmenés par Benoît Hamon et soutenus par Martine Aubry.juridiques et médicales4 Modification des règles relatives aux plans sociaux4 Distribution d’actions gratuites dans les start-up4 réforme des Prud’hommes4 Epargne salariale4 Procédures collectives4 Cession d’actifs par l’Etat4 Mise en place d’une carte d’identité virtuelle pour les entreprises 4 Amélioration de la gouvernance des autoroutesCALEndRiER15 octobre 2014 : Emmanuel Macron présente son projet de loi pour « déverrouiller l’économie française »10 décembre : présentation en conseil des ministres26 janvier 2015 : premier jour d’examen à l’Assemblée17 février : Manuel valls recourt à l’article 49-3 pour faire passer la loi à l’Assemblée 19 février : rejet de la motion de censure17 mars : début de l’examen en commission au SénatFaux amis, vraies punchlinesFrançois Hollande, sur France Inter : « La loi Macron, ce n’est pas la loi du siècle »Jacques Attali, au Sénat : « C’est une loi utile, elle déverrouille certains secteurs, mais elle va être votée à l’été, appliquée fin 2016 et on commencera déjà à la ré- former après l’élection présidentielle ! J’y attache une importance toute relativelouis Gallois : « Ce n’est pas une loi ré- volutionnaire » mais elle est de nature à « restaurer la confiance »3 questions à Laurent Grandguillaume, député (PS) de Côte-d’Or et rapporteurChiffresdu volet simplification de la loi Macron.200« Des dispositifs complémentaires sont déjà à l’œuvre »articlesQuel est le sens de cette loi ?ne s’y attaque pas seulement par une seule entrée.Ses résultats n’interviendront pas avant long- temps ?Elle pourra tirer l’activité rapidement, d’autant plus que d’autres dispositifs complémentaires sont déjà à l’œuvre, comme l’accord compétiti- vité-emploi et plusieurs mesures de simplification, comme le principe de non-rétroactivité fiscale.82C’est un élément de la dynamique engagée depuis un an et demi par le gouvernement, qui repose sur trois piliers : le pacte de compétitivité, le choc de simplification, et la loi Macron.heures en commission spécialeElle est accusée d’être un fourre-toutheures en séance publique à l’AssembléeS’il n’y avait pas eu assez de dispositions, on aurait dit qu’elle n’était pas assez ambitieuse. Je préfère qu’il y en ait beaucoup, et de bonnes,3 03411120Avril 2015que le contraire. l’économie est plurielle, onamendements déposés]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frInternational - Le mystère des start-up israéliennes PANorAMA Focus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,U ne de plus... Moo- vit, l’application d’entraide dans les transports en commun, qui s’appuie sur la communauté d’utilisateurs et les données publiques pour proposer des parcours optimisés, vient de lancer sa déclinaison nantaise. la solution israé- lienne couvre 12 villes et revendique 500 000 utili- sateurs en France ; et 15 millions dans le monde ! Un exemple parmi d’autres des success stories de jeunes pousses made in Israel. Ce n’est pas Google, qui a ra- cheté plus d’un milliard d’euros l’application de na- vigation communautaire Waze, qui dira le contraire. Comment ce petit pays d’à peine plus de 60 ans, peuplé de sept millions d’habitants, peut-il générer plus de start- up que le royaume-Uni ou le Japon ? le livre de Dan Senor, conseiller en poli- tique étrangère auprès du gouvernement américain, et de Saul Singer, ancien édi- torialiste au Jerusalem Post, explique que les causes sont multiples et complexes. is- raël ne serait pas « seule- ment un pays, mais un état d’esprit »(1). Source d’ins- piration pour les décideurs français, à l’image d’Em- manuel Macron participant le 14 avril au dîner annuel de la Chambre de commerceComment ce petit pays moyen-oriental est-il devenu la « nation start up » ? Ses bonnes pratiques ne pourraient-elles être dupliquées ?Shalom 2.0choisi en toute subjectivitétectés par l’armée, qui les avaient mis durant trois ans dans un laboratoire face à des problématiques civiles, et non forcément d’arme- ment », note Didier Tran- chier, serial entrepreneur, fondateur d’iT Capital, fonds d’amorçage pour start- up technologiques. Une bonne transition entre l’uni- versité et l’entreprise. Quand Tsahal cherche à développer un moustique espion, il en- courage de jeunes cher- cheurs à développer la mi- niaturisation des caméras ; lesquels peuvent un peu plus tard créer une société de pilules intelligentes, do- tées de mini-caméras... Au- tre exemple, les israéliens sont particulièrement per- formants sur le traitement du signal dans les techno- logies à la fois civile et mi- litaire. ils sont capables d’analyser le taux d’agres- sivité d’une conversation. Et ces technologies sont maintenant utilisées dans le télémarketing...constate Didier Tranchier, qui est aussi directeur de l’executive MBA en digital de Mines Telecom. les étu- diants sont influencés, comme le souligne Henri Cukierman : « Il est courant que des jeunes ayant une idée dans un laboratoire de R&D développent leur start- up, accordant 50% du ca- pital à l’université. Il im- porte de multiplier les voyages d’étudiants et ob- servations de ces pratiques dont nous avons beaucoup à apprendre. »Faire éclore de jeunes pousses dans le sable, tout un art...les membres de la com- munauté juive à l’étranger sont incités à mettre de l’ar- gent dans les projets qui se montent en israël. « Il est toujours étonnant de consta- ter que les start-up sont créées dans ce petit pays, sans clients là-bas, sur une intuition. La diaspora sert de relais, ce ne sont pas seulement des fonds qui sont fournis, mais également conseils et informations, promotion et aide à la com- mercialisation », note Didier Tranchier. Ce n’est pas pour rien qu’il existe plus de so- ciétés israéliennes cotées au Nasdaq que d’euro- péennes. Henri Cukierman nuance cette force des ré- seaux:«Ilyatroisàquatre fois plus d’argent levé dans le capital venture qu’en France. Les capitaux sont certes souvent américains,gens à se lancer et à être ouverts au changement. is- raël est un des seuls pays développés à ne pas avoir vraiment souffert de la crise, avec 1,8% de croissance. Mais ce n’est pas tout. il existe une certaine foi dans le progrès, et l’échec n’est pas aussi mal vu qu’en France. « Le jeune qui sortdée au mouvement et à la mobilité de pensée se rap- procherait plutôt de la men- talité américaine. « Ici on n’attend pas forcément qu’une société ait atteint sa maturité commerciale pour la vendre. De même les autorités n’ont pas hésité à vendre l’« Office of the Chief Scientist », fonds quiniveau démographique. il existe donc une quasi-obli- gation de favoriser les cel- lules grises et l’adoption des technologies. l’armée joue un rôle de ressources humaines, de détection et d’incubation, recrutant des ingénieurs extrêmement brillants dans les unités les plus en pointe et formantunivERSiTéSEn 1922, Albert Einstein qui visitait le Technion avait prophétisé qu’« Israël ne pourra survivre qu’en dé- veloppant la connaissancediASPoRAFrance-israël ?Le jeune qui sort de l’université, monte une start-up puis met la clé sous la porte, a suivi la meilleure des business schools !mEnTALiTéde l’université, monte une start-up puis met la clé sous la porte est perçu d’un très bon œil, parce qu’il a suivi la meilleure des business schools : il s’est confronté au terrain, a eu affaire aux banquiers, fournisseurs, clients... », remarque Henri Cukierman, Président de la Chambre de commerce France-israël, selon qui le principe de précaution ne siérait pas à la culture is- raélienne. la valeur accor-jouait le rôle de Bpifrance pour les start-up, afin de redémarrer d’autres pro- jets. »et la technologie ». Au- jourd’hui encore il se classe parmi les meilleurs en in- formatique ou biotechno- logies, décloisonne les cur- sus et assume le rôle de pé- pinière. Encouragés par l’ad- ministration, près de la moi- tié des professeurs ont créé une start-up ! « Les profes- seurs sont incités à évoluer dans l’écosystème externe, pour devenir des stars et ainsi attirer élèves et capi- taux par leur nom »,pas forcémentSi les Google, Yahoo!, intel, Microsoft, etc., ont installé des laboratoires de r&D à Tel Aviv ou Haïfa dans la « Silicon Waddy », c’est évidemment parce qu’ils savent que l’Etat hébreu consacre 6% de son PiB à la r&D, et qu’ « il affiche le plus fort taux d’ingénieurs par habitant », rappelait ré- cemment Nicole Guedj, la présidente de la Fondation France-israël. la croissance de 3-5% affichée aide lesTSAHALdes jeunes recrues à l’in- telligence numérique. les gradés viennent exposer leurs besoins sur les campus, notamment celui du Tech- nion à Haïfa, la fameuse université scientifique créée avant même la naissance de l’État d’israël par le mouvement sioniste pour assurer le développement de la nation qu’il voulait bâtir. « A chaque fois les créateurs israéliens que j’ai rencontrés avaient été dé-mais ce n’est.lié aux relations politiques et à la diaspora. Les mariées sont souvent mignonnes ». Une combinaison de fac- teurs bien spécifique, due à l’histoire et la politique. Mais qui, sous certains as- pects, pourrait bien inspirer en France...on a longtemps parlé du complexe militaro-industriel aux Etats-Unis, qui irriguait la sphère économique privée par ses commandes, ses in- vestissements... la situation est différente en israël, petit pays menacé moins dyna- mique que ses voisins au(*)Israël, la nation start-up, éd. Maxima, 2014 (réédition)Julien TarbyAvril 201521]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}EGIS RAIL (GROUPE CAISSE DES DÉPÔTS)Olivier BouvartMonsieur Olivier Bouvart est promu directeur général d'Egis Rail, à ce poste depuis mars 2015, en remplacement de Monsieur Hubert Magnon-Pujo. Olivier Bouvart , 49 ans, Ecole supérieure de commerce et d'administration des entreprises de Grenoble, a réalisé le parcours suivant :n 2009-2015 : Egis Rail (groupe Egis), directeur général délégué.n 2007-2009 : Egis Rail, société issue de la fusion de Scetauroute et Se- maly, développement.n 2004-2007 : Semaly, directeur général adjoint.n 1996-2004 : Semaly, directeur administratif et financier.n 1994-1996 : Scetauroute (groupe Egis), responsable administratif et fi- nancier.} NOVEDIAKarine FillionMadame Karine Fillion est nommée directeur général de Novedia, à ce poste depuis janvier 2015, en remplacement de Monsieur Laurent Moisson. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Eric Perrier, directeur gé- néral du groupe Viseo.Karine Fillion , 40 ans, Kedge Business School, a réalisé le parcours suivant : n 2008-2014 : Wunderman, directeur conseil puis directeur général (2011). n 2005-2008 : DDB Piment, directeur conseil.} SHORTLINKSSabine KeinborgMadame Sabine Keinborg est nommée directeur général de Shortlinks, à ce poste depuis février 2015, en remplacement de Monsieur Luc Meyer. Elle est ainsi chargée de déployer l'expertise Consumer Brand Experts du groupe Team Créatif, sur des campagnes de communication publicitaires, digitales et opérationnelles.Sabine Keinborg a réalisé le parcours suivant :n 1991-2015 : A successivement fondé les sociétés Conquista, Expertease (1994) et Roseshocking (2008).n 1990-1991 : En poste chez Ted Bates.n 1988-1990 : Début de carrière chez CLM.}VIVARTE (GROUPE VIVARTE)Massimiliano MessinaMonsieur Massimiliano Messina est nommé directeur général opérations de Vivarte, à ce poste depuis mars 2015, en remplacement de Monsieur Pierre Trotot.Massimiliano Messina , doctorat d'économie de l'université Catholique du Sacré Coeur de Milan, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2015 : General Motors (à Zurich), directeur financier de Chevrolet et Cadillac Europe.n 2007-2012 : Delphi, directeur financier pour la région Europe, Moyen- Orient et Afrique.n 2004-2007 : Carrier (à Paris), responsable du contrôle de gestion Europe, Moyen-Orient et Afrique d'une division.n 1999-2004 : Sara Lee, responsable de l'audit interne (à Paris), responsa- ble du contrôle de gestion puis directeur financier de la branche Textile (à Rome).n 1996-1999 : Deloitte & Touche (à Milan), début de carrière dans l'audit.}SCALED RISKHervé BonazziMonsieur Hervé Bonazzi est nommé président de Scaled Risk, à ce poste depuis janvier 2015.Hervé Bonazzi , 39 ans, Supélec (2000), a réalisé le parcours suivant :n 2007-NC : Finaxys, cofondateur.n 2002-2004 : Orange (suite à l'acquision de Purplecast), DRM product manager.n 1999-2002 : Purplecast, cofondateur.}OENEO (GROUPE OENEO)Fida Bou ChabkéMadame Fida Bou Chabké est nommée directeur général de Boisé-Vivelys, à compter mars 2015. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur François Morinière, directeur général. Filiale à 100% d'Oeneo depuis août 2014, Boisé-Vivelys est spécialisée dans le conseil et le développement de solutions technologiques innovantes pour optimiser l'élaboration du vin. A ce titre, elle rejoint le comité exécutif du groupe Oeneo.Fida Bou Chabké , HEC, a réalisé le parcours suivant :n 2008-2015 : En poste chez McKinsey & Company.n 2003-2008 : Société générale, en poste au sein de l'inspection générale puis en salle des marchés (2007).VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làLe Baromètre de l'optimisme n'a pas le monopole des bonnes nouvelles. Ainsi retrouverez-vous ci-des- sous quelques raisons de croire en un avenir économique plus radieux. D'autant que les sommes al- louées à l'investissement témoignent, si ce n'est d'un regain de croissance, d'une envie farouche d'aller de l'avant. EcoRéseau vous résume les dernières tendances en matière de financement des start-up et des PME, sans omettre quelques faits saillants de l'actualité mensuelle : la grogne des indépendants, les atermoiements législatifs de la loi Hamon et le partenariat inédit entre la PJ et le Medef !u Cisco System et l'Etat main dans la main pour booster la French Techd’affaires de 10 à 40 millions d’euros tout en jouissant d’une certaine indépendance à l’égard des groupes plus importants. Source : Bpifrancel’Etat n’est pas un excellent vrP qu’en Egypte, comme l’atteste le dernier accord signé entre Paris et un géant des télécom. Cisco System et l’Etatu Les Business Angels voient 2015 avec optimismefrançais ont signé en février un partenariat pour injecter un nouvel investissement de 100 millions de dollars en faveur de la French Tech. Ce nouvel investissement se donne pour mission d’accompagner l’innovation numérique, notamment sous les angles de l’enseignement, de la recherche et de la formation. la somme investie sera dédiée notamment à la formation professionnelle centrée sur les métiers des réseaux numériques, avec un objectif de formation de 200000 personnes sur trois ans selon le communiqué de Matignon. le partenariat vise ainsi à construire plusieurs chaires d’excellence qui renforceraient les synergies entre les milieux académiques et industriels dans des domaines de la cyber- sécurité, des réseaux intelligents et de la smart city. l’entente menée par l’entreprise spécialiste des télécom entre en écho avec sa stratégie de diversification dans le data, l’internet et le cloud face à une concurrence féroce en particulier dans les pays émergents.BFM Business et France Angels ont communiqué en ce début d’année leur troisième baromètre sur l’activité des business angels à travers les différents réseaux qui organisent la profession. 305 business angels ont été interrogés fin janvier (du 19 au 23) avec un taux de réponse de 76,5% équivalent à 58 réseaux sur 76 interrogés. De cette étude, il ressort que l’activité des réseaux s’est intensifiée, qu’il s’agisse de recrutement de nouveaux business angels (+41,4% pour la période de juin à décembre 2014) ou du traitement de demandes de financement dans un semestre ; 48,3% des dossiers sont jugés comme étant de meilleure qualité. Malgré cette vigueur, l’activité des business angels a connu une baisse en volume et en valeur vers la fin d’année 2014. l’année 2015 augure néanmoins d’un regain de confiance qui s’expliquerait par une meilleure visibilité des actions gouvernementales et les effets de la loi rectificative de finances 2014 autorisant la déréglementation des sociétés d’investissement des business angels.uAxa s’entiche durablement des start-up Déjà partenaire en juin 2014 de Paris région lab pour la création d’un nouvel incubateur, Axa démontre une fois de plus son appétence pour les start-up par l’annonce de la création d’un fonds capital-risque de 200 millions d’euros appelé « Axa Strategic ventures ». Quatre domaines seront visés : l’assurance, la gestion d’actifs, la technologie financière et les industries de services de santé. Ce nouveau fonds se greffe sur Axa Seed Factory, de 10 millions, destiné davantage à l’amorçage des start-up. Cinq projets français ont déjà bénéficié de ce nouveau fonds : Flyr international, ClimateSecure, Fundshop, Particeep et Widmee.Prévision 2015 : du mieux pour les business angelsuPlan « accélérateur PME », c’est parti ! Sélectionnées par la Direction générale des entreprises, 68 PME sont accompagnées depuis le 5 mars par l’Etat et Bpifrance avec comme objectif de devenir des Entreprises de taille intermédiaire (ETi) d’ici deux ans. S’il y a autant de secteurs que d’entreprises retenues, un profil médian se détache pour les happy few : une moyenne de 105 salariés, un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros et une croissance de l’ordre de 34% de n-3 à l’année du programme fraîchement lancé. Selon le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, le programme souhaite pallier le point faible de la puissance française qui possède trois fois moins d’ETi que l’Allemagne, par exemple. Chaque entreprise sera suivie de près grâce à la réalisation d’un diagnostic individuel « 360° » et d’un plan d’actions, tous deuxorchestrésparlaDGE,lesDireccte,Bpifrance,Business France et Pacte PME. Ce dispositif ambitieux s’inscrit dans la lignée d’un groupe de travail chargé de sélectionner 40 PME dans une stratégie d’accélération et de croissance, lorsque le ministère était sous l’égide d’Arnaud Montebourg. Une prochaine session de recrutement se déroulera en automne 2015 pour des entreprises présentant un chiffreSources : France Angels, fédération des réseaux de Business AngelsuGDFSuezsemetàincuberDans la même veine que l’assureur Axa, GDF-Suez, spécialiste de l’énergie, a créé au début du mois de mars son incubateur en partenariat avec Paris & Co. Un quinté de start- up aura le privilège d’être accompagné par l’entreprise cotée au CAC ainsi que par d’autres partenaires de renom. le but ? Construire de nouvelles offres dans le domaine de la maîtrise de l’énergie dans les villes. Définitivement dans l’air du temps, le développement de ces jeunes pousses d’entreprises spécialisées dans les smart grids : entre autres, Datapole, Energiency, Partnering 3.0, Sharette et Smart impulse, etc., bénéficieront d’un fonds d’investissement de 143 millions d’euros, le « GDF Suez New ventures », pour les différents tours de table.Source : GDF-Suez22 Avril 2015uSiliconValley,sofrenchy?l’annonce a été faite au début du mois de mars. Huit entreprises vont partir à la conquête de l’ouest. Bpifrance et Business France lancent pour la seconde fois huit start-up du numérique en immersion pour une durée de dix semaines dans la Silicon valley. Tout en profitant de la force des réseaux des deux instances à l’initiative du programme, les huit]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances ClUB ENTrEPrENDrEchanceuses dont Giroptic, Squadrone System, Jarvis, Evercontact, Sensiolobas – seront encadrées par des mentors tricolores installés durablement en Californie. Ce baptême californien permettra aux entreprises de prospecter pour des clients ou construire des partenariats en vue de s’établir sur le marché américain. Une opération qui a connu un succès dans six cas sur huit pour l’édition précédente selon BpiFrance.Source : Bpifranceu Financement alternatif : une pratique mainstream ?réalisée par le centre de finances alternatives de l’University of Cambridge Judge Business School et le cabinet EY, l’étude intitulée « Moving Mainstream » soutient que l’activité du financement alternatif a connu un boom de 144% l’an passé avec un marché s’évaluant à 3 milliards d’euros. la France, médaille d’argent de ce palmarès européen avec 154 millions – contre 2,3 milliards pour le seul royaume-Uni – met donc de plus en plus à l’honneur le prêt à la consommation (peer-to-peer lending) en tant que premier type de financement, loin devant les dons ou souscriptions avec contrepartie et les apports en fonds propre avec participation au capital des entreprises (crowdinvesting). Corrélativement, le prêt rémunéré à l’égard des PME, quant à lui, connaît une belle progression. Secteur d’activité en constante évolution, la finance alternative est cependant dominée en France par deux acteurs principaux : Prêt d’Union pour les particuliers et Unilend pour les PME. A l’échelle continentale, 385 millions auraient profité à 10000 jeunes pousses d’entreprises. la croissance rapide de cette diversification des sources de financement pourrait mécaniquement inciter les investisseurs institutionnels à accélérer les traditionnels tours de table.Source : University of Cambridgeu 23e baromètre KPMG-CGPME : une inquiétude des PME àrelativiser 400 entreprises de 10 à 500 salariés ont été interrogées sur leurs besoins en matière de financement et d’accès au crédit durant le mois de janvier. le climat n’est toujours pas à l’embellie. D’autant que d’après cette étude 87% des entreprises signifient leur crainte à l’égard de l’économie française. Toutefois, les chiffres évoquent un recul du pessimisme. le taux d’entreprises « tout à fait inquiètes » baisse de 16 points. Dans ce contexte plutôt morose, une PME sur deux (52%) déclare une baisse du chiffre d’affaires tandis quedeux chefs d’entreprise sur trois expriment des besoins de financement. Plus précisément, les besoins de trésorerie se font particulièrement sentir dans les entités de 100 à 499 salariés, alors que le souhait d’investir rencontre davantage d’adeptes parmi les entreprises de 50 à 99 salariés. Notons enfin que l’étude souligne des besoins en crédit pour des acquisitions de développement en hausse pour 33% des sondés, soit 10% de plus qu’en septembre 2014 !cession de l’entreprise dans un délai minimum de deux mois, pourraient visiblement rester lettre morte. la faute au mécontentement des chefs d’entreprise qui pousserait Emmanuel Macron à amender son texte pour supprimer lesdits articles considérés comme polémiques. Wait & see...Source : CGPMEuLes petits patrons dans la rueCe 9 mars, des milliers d’indépendants ont défilé dans les rues de la capitale entre le Sénat et l’Assemblée nationale. Un énième ras le bol contre le régime social des indépendants (rSi) vécu comme un véritable harcèlement. l’appel à la mobilisation entendait dénoncer le « génocide » commis par ladite caisse de sécurité sociale. Parmi les principaux griefs à l’égard de l’organisme social, les dysfonctionnements mais surtout le montant des cotisations sont vécus comme une aberration. l’association, « Sauvons notre entreprise », menace de bloquer d’ici trois mois toutes les caisses régionales du rSi si rien n’est entrepris pour alléger le quotidien, tout en exigeant un moratoire sur le paiement des cotisations. l’association devrait être reçue prochainement par le gouvernement.uLa PJ et le Medef, unis contre la fraudeDu jamais vu encore ! la Direction centrale de la Police judiciaire etl’organisation patronale ont signé le 10 mars un partenariat pour luttercontre la criminalité internationale et en particulier les arnaques auxvirements que subissent massivement les entreprises. l’accord prévoitun effort de sensibilisation dans les entreprises, la PJ informant sur les nouveaux types de larcins et les démarches à entreprendre le cas échéant. Des échanges d’informations entre adhérents du Medef et services de la police sont également prévus. Une manière de lutter notamment contre la « fraude au président » pratique qui se résume à exiger urgemment un virement international légitimé par un déplacement professionnel du président de l’entreprise. Source : MedefuMacron plus fort que Hamon ?Bien qu’adoptés en première lecture sans recours au maintenant célèbre 49-3, les articles 19 et 20 de la loi Hamon, sur l’obligation d’information des salariés dans le cas d’un projet deAvril 2015 23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE A la Une - Start-up qui ont excellé en financement participatifL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,les champions du crowdfundingen rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatEle financement participatif devient monnaie courante pour les jeunes pousses high-tech. illustration avec ces sept exemples français et américains qui ont su enthousiasmer les foules et battre des records.n ce mois de juillet de cloud personnel en seu- co-fondateur de Squadrone. communauté autour du pro- passent parfois les 10 mil- ter, car elle domine le pay- 2013, Séverin Mar- lement 12 heures. En tout, Pour Séverin Marcombes, duit, qui va agir comme un lions de dollars. sage mondial du finance- combes et Gawen la jeune pousse a réuni 1,2 de lima, « c’est accélérateur et Nous avons ainsi sélec- ment participatif. JugezArab, deux jeunes diplômés million de dollars, ce qui au moins un garde- tionné la montre connectée vous-mêmes : depuis sade l’Ecole centrale d’élec- tronique, se frottent les yeux et peinent à croire les chif- fres qui défilent sur leurs écrans, où les dollars s’ac- cumulent. Deux jours avant de donner le top départ de leur campagne de finance- ment participatif, un doute avait assailli les fondateurs de lima : était-il judicieux de se lancer juste avant le 14 juillet, alors que la com- munauté des geeks français s’apprêtait à chausser les espadrilles pour prendre la route des plages ? Pour li- miter les risques, ils pren- nent la précaution d’allonger la durée de la campagne de 30 à 60 jours et se conten- tent d’un objectif de 69000 dollars, tout juste de quoi lancer la production. Des précautions qui deviennent vite superflues, puisque ces 69000 dollars ont été in- vestis dans leur petit boîtierQuand les fans s’investissentLe crowdfunding ne sert pas qu’à financer des start-up dans les nouvelles technologies. C’est un modèle qu’affectionnent aussi les projets culturels, qui contournent ainsi les systèmes de financement traditionnels en se faisant porter par leurs communautés de fans.Au printemps 2013, les producteurs toulonnais de la web- série geek Noob se tournent vers la plateforme Ulule pour financer leur film. Ce qui devait être une modeste production de 35000 euros – l’objectif initial est atteint en 15 heures – est devenu une trilogie au budget de 680000 euros, financée par près de 12000 aficionados. La première saison avaitL’anecdote...en fit la première société française à atteindre cette performance sur la plate- forme américaine Kickstar- ter.Pebble (10,3 millions de dollars), la console de jeu ouya (8,6 millions) et l’im- probable glacière multi-création en 2009, la société New-Yorkaise a levé 1,5 milliards de dollars – un demi-milliard rien qu’en 2014 – auprès de huit mil- lions d’investisseurs – des « backers » dans son jargon – pour soutenir 78000 pro- jets. il existe bien des sites made in France, comme KissKissBankBank ou Ulule, tous deux lancés à Paris en 2010, mais les start- up de l’Hexagone privilé-Faire financer son projet par une foule d’inter- nautes anonymes ? Si l’idée paraissait gen- timent utopique voici quelques années, elle est désormais presque devenue un passage obligé pourfonction The Coolest Cooler (13,3 millions). Pour la France, nous avons retenu lima (1,2 million), l’HEXo+ de Squadrone (1,3 mil- lion) et la 360Cam de Giroptic (1,4 million), dont le re- cord de levée de fonds par une start- up française sur Kickstarter a été battu en mars par le boîtier d’impression Prynt, qui transforme votre smart- phone en polaroïd. Ce bout de plastique dopé à la tech- nologie a en effet réuni plus de 1,6 million de dol-les start-up des nou- velles technologies.Et une alternative cré- dible aux acteurs tra- ditionnels du finance- ment, comme les banques et les business angels. C’est qu’elle présente bien des avantages : « Cela permet de valider très vite son mar- ché et d’engranger des pré- commandes pour rassurer d’éventuels investisseurs », témoigne Matthieu Giraud,gient souvent l’aînée . ricaine. « C’est la plate- forme de la Silicon Valley, justifie Séverin Marcombes de lima. En s’y présentant, nous montrons à tout le sec- teur que nous sommes les premiers sur le marché, et nous évitons ainsi de nous faire voler la place. »Aymeric MarolleauLa France championne d’Europe- 1,3 million de Français ont déjà financé un projet sur une plateforme de crowdfunding depuis 2008. Leur contribution moyenne : 4470 euros pour l’investissement en capital, 561 euros pour le prêt rémunéré (crowdlending), 60 euros pour le don avec ou sans contrepartie.- 152 millions d’euros collectés en 2014 en France (78,3 millions en 2013), ce qui fait des Français les champions d’Europe du crowdfunding.- Sommes moyennes collectées par projet :376 733 euros pour l’investissement en capital, 65 448 euros pour le prêt rémunéré, 3000 euros pour le don avec ou sans contrepartie.Source : Baromètre 2014 du financement participa- tif, réalisé par le cabinet de conseil CompinnoVautantune levée defonds qu’une cam-pagne de communication. stories ne manquent pas, Cela permet de créer une puisque les projets y dé-Culturefou ». Etats- Unis, les successAuxlars.Ne vous étonnez pas si tous ces projets ont été portés sur la plateforme Kickstar-amé-ChiffresPotato SaladEn juillet 2014, Zack Brown a eu un petit creux. Mais plutôt que de commander une pizza, il a soumis sur Kickstarter un pro- jet de « Potato salad » – salade de patates – pour réunir les 10 dollars nécessaires à sa confection. En reprenant les codes de la plateforme – vidéo inspirante, discours inspiré, contreparties croissantes – l’américain s’est mis la Toile et les médias dans la poche. Sa parodie de crowdfunding a levé 55000 dollars en un mois. Le jeune cordon bleu n’a bien sûr pas oublié de re- mercier ses fans : « Merci de m’aider à vivre mon rêve ».coûté 1000 euros à l’équipe, qui a dévoilé la première partie de sa trilogie en janvier dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, le créateur de la série Veronica Mars a utilisé la même ficelle pour porter son héroïne au cinéma. En 31 jours, ses fans lui ont apporté 5,7 millions d’euros.La formule plaît aussi aux éditeurs de jeux vidéos. En 2013, InXile Entertainement a levé 4,19 millions de dollars sur Kickstarter pour son jeu Torment. Après avoir levé 2,1 millions de dollars sur la plateforme New-Yorkaise en novembre 2012, le jeu StarCitizen a poursuivi la souscription sur son propre site Internet, afin d’étendre son univers. En janvier 2015, il avait rassemblé la coquette somme de 70 millions de dollars.24Avril 2015Œ]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[séminairesévénementsVotre événement sur-mesure dans un établissement d’exceptionRelais Spa Paris-Roissy CDGUne équipe de professionnels à votre écoute pour que votre événement soit une belle réussite.RELAIS SPA Paris-Roissy Charles de Gaulle *****8, allée du Verger – 95700 ROISSY EN FRANCE Tel. +33 (0)1 39 94 70 70Fax : +33 (0)1 39 94 70 80meeting@re-apparthotels.comDes services hauts de gamme et un accueil chaleureuxPlus de 1000m2 de salons modulables (équipés et aménagés à votre gré)465 chambres Premium, Executive et Junior Suite Spa Nuxe® de 750m2 avec hammam, sauna, piscine... 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Un an plus tôt, l’ingénieux Américain avait lancé une glacière similaire sans parvenir à réunir les fonds suffisants. « C’est une bonne idée, avait-il alors expliqué, amer, mais le marché a parlé. » le Géo Trouvetou de l’oregon n’en est pourtant pas resté là. Convaincu du potentiel de son invention, ryan Grepper s’aide des données acquises lors de sa première campagne et change le design pour un look rétro. le produitAude Abback-MazouéLevée : 8,6 M$Objectif : 950000 $ Soutiens : 63416 personnesMalgré le succès de sa glacière, ryan Grepper a su garder la tête froide. l’inventeur de la « Coolest Cooler » n’imaginait certainement pas quelques années plus tôt, alors qu’il était encore visiteur médical, que sa créature at- teindrait des records sur Kickstarter. Avec plus de 13 millions de dollars de fonds levés à l’été 2014, “la plus cool des glacières” a supplanté la montre Pebble. C’est qu’elle a plus d’un tour dans son bac. Fini les boîtes réfrigérantes de l’âge de glace qui se contentaient de refroidir. En plus de rafraîchir boissons et aliments, le petit frigidaire sur roulettes diffuse de la musique grâce à ses enceintes Bluetooth, mélange des cocktails avec son blender intégré, recharge les batteries de téléphone, décapsule, éclaire, bref, est le compagnon idéal des pique-niques les plus cool. Bien sûr, les contributeurs qui ont cru au projet seront récompensés à hauteur de leur investissement. les plus généreux recevront l’aide de ryan Grepper en personne pour organiser des pique-niques avec ladite glacière. CertainsPEBBLEséduit alors très vite de nombreux investisseurs, les médias relèvent le succès fulgurant, ce qui attire de nouveaux bailleurs. En attendant la commercialisation prévue dans l’année, ryan Grepper distille aujourd’hui des conseils aux inventeurs tentés de se lancer dans des projets innovants via sa société Blueprint.Levée : 10,3 M$Objectif : 100000 $ Soutiens : 68929 personnesOUYAEn mai 2012, Pebble a fait l’événement en étant le premier projet à dépasser la barre des 10 millions de dollars sur Kickstarter. Depuis, la start-up a certes été dépassée par la Coolest Cooler, mais elle aPRYNTpassionnés. En théorie.Car la console n’a pas tenu toutesses promesses. Sitôt livrée, sitôtcritiquée. offre de jeux limitée,problèmes techniques et interfacepeu soignée ont provoqué unegrande déception chez les 65000contributeurs qui avaient cru auprojet.le petit appareil de 300 grammes n’aura même pas le droit de parader au salon E3, la grand-messe du jeu vidéo. les or- ganisateurs de l’événement, hostiles au cube de jeux, ont condamné ses créateurs à exposer leur produit sur le parking du salon. Une déconvenue dont la console ne se remettra pas. Elle n’est aujourd’hui commercialisée que sur quelques sites en ligne. ouya aïe aïe...Mais l’infortune de la microconsole ne doit pas faire oublier la bonne santé des jeux vidéo sur Kickstarter. En 2012, les projets liés au gaming ont généré un total de 83 millions de dollars, faisant du secteur le plus juteux, et de loin, sur le site américain de financement participatif. Et sur les 2796 projets du genre qui ont été portés par le site, 911 ont vu leur finan- cement aboutir.repris la tête en mars en se tournant de nouveau vers sa com- munauté pour financer sa nouvelle génération de montres connectées, nommée Pebble Time. Dotée d’un écran couleur, d’une plus grande autonomie et d’une nouvelle interface, elle avait dépassé les 15 millions de dollars début mars, 20 jours avant la fin de sa campagne.Son nom résonne comme un cri de guerre. ouya, la console de jeux low-cost, a fait une arrivée fracassante sur Kickstarter le 9 juillet 2012. la petite console, à peine plus grande que deux paquets de cigarettes, a recueilli en un mois plus de 8,5 millions de dollars, dont 2,5 millions en seulement 24 heures. la campagne de levée de fonds lancée par sa créatrice amé- ricaine, Julie Uhrman, n’espérait que 950000 dollars pour fi- nancer le projet.Son succès s’explique par le fait qu’elle a créé la première montre connectée, la Pebble Watch, bien avant les géants Samsung, Sony ou Apple. De juillet 2013, date de son lan- cement, à décembre 2014, l’entreprise a écoulé un million d’exemplaires de sa smart watch, vendue entre 100 et 200A.MLevée : 1,5 M$Objectif : 50000 $ Soutiens : 9023 personnesC’est en manipulant le Polaroïd d’un ami au début del’année 2014 que Clément Perrot et David Zhang, tous deux diplômés de l’Ecole Poly- technique et de Berkley, aux Etats-Unis, ont eu l’idée de dépoussiérer l’objet mythique. Après plusieurs mois de travail, leur étui en plastique embarque assez de technologie pour transformer un smartphone en appareil photo à développement instantané. Pour en financer la fabrication à grande échelle, ils se sont tournés vers Kickstarter fin janvier 2015, avec l’objectif de lever 50000 dollars. Début mars, c’est plus de 1,5 million de dollars qu’ils avaient finalement recueillis, devenant ainsi le projet français le plus financé sur la plateforme américaine. les coques Prynt devraient débarquer sur le marché à partir d’octobre 2015, pour environ 140 euros, plus 5 euros les dix feuilles de papier pré-encrées. la start-up, basée à Paris et San Francisco, compte aujourd’hui six personnes, dont les compétences couvrent l’ingénierie, le design et le marketing.A.Mles raisons d’un tel succès ? la console, qui fonctionne sur Android, promet un système free to play (comprenez dont les jeux en ligne sont gratuits) au prix modique de 99 dollars. Mieux, la console a été conçue par les développeurs pour que les créateurs de jeux amateurs puissent facilement accéder au système et y développer de nouveaux jeux. Un projet in- novant qui a de quoi séduire lesdollars.26 Avril 2015A.A-M]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frHEXO+ (SQUADRONE)A la Une - Start-up qui ont excellé en financement participatif ClUB ENTrEPrENDrELevée : 1,3 M$Objectif : 50000 $ Soutiens : 2336 personnes360CAM (GIROPTIC)Levée : 1,4 M$Objectif : 150000 $ Soutiens : 3916 personnesEn juin dernier, ledrone HEXo+ a réussi avec succès son décollage sur Kickstarter, réunissant 550000 euros dès les trois premiers jours. Plus de 2000 personnes ont soutenu l’engin volant, capable de suivre sans pilote un sportif grâce aux capteurs de son smart- phone (GPS, accéléromètre, boussole, baromètre) ou de réaliser des mouvements présélectionnés. le produit créé par la start-up grenobloise Squa- drone est le caméraman idéal pour les sportifs de l’extrême, dont les vidéos font le buzz sur internet. la jeune pousse compte d’ailleurs le triple cham- pion du monde de snowboard freeride Xavier Delerue parmi ses fondateurs.l’histoire de Squadrone a débuté en novembre 2013 au pied des montagnes, à l’occasion d’un Startup Weekend à Grenoble. le projet, « pitché » sous le nom de code « Adronaline » et lauréat du Prix Spécial du Jury, y a réuni une équipe aux compétences complémentaires : business design, développement de logiciels, marketing, commu- nication... Dans la foulée, elle bénéficie de l’aide du fonds d’amorçage Startup Maker, afin de pré- parer sa campagne Kickstarter : « C’est un travail à temps plein, qui a nécessité trois à quatre mois de travail », explique Matthieu Giraud, co-fon- dateur de Squadrone. Pourquoi avoir opté pour le financement participatif ? « Le développement du drone nécessite des ressources importantes, le crowdfunding a permis de valider très vite qu’il existait un marché. » Autre avantage : cela a permis à la jeune pousse de construire une communauté autour d’HEXo+, qui lui a donné de précieux indices pour définir la meilleure so- lution possible. la société, qui compte 11 salariés, cherche à lever au moins 3 millions d’euros pour accélérer la mise sur le marché, puisqu’elle espère livrer ses internautes-investisseurs entre septembre et Noël.A.Mconsacrent entièrement à la conception du produit et à la préparation de leur campagne de crowdfunding à partir de l’été 2012. Neuf mois plus tard, ils dé- voilent sur Kickstarter leur boîtier lima, qui permet d’unifier la mémoire de tous ses appareils, quels que soient leur marque, leur taille et leur systèmeGiroptic n’est pas à proprement parler une “jeune” pousse, puisqu’elle a été fondée en 2008. Mais elle s’est d’abord consacrée au marché professionnel, avec ses solutions de prises de vue à 360° pour les agents immobiliers. C’est pour faire le grand saut du BtoB au Business to Consumer que la société lilloise s’est tournée vers le crowdfunding. Au printemps 2014, elle a ainsi présenté sur Kickstarter la première caméra grand public capable de filmer à 360° en HD. « Attaquer ce marché nécessitait d’importants besoins de financement, pour fabriquer le hardware et réaliser unbon marketing », explique le co-fondateur richard ollier. la somme réunie par la société lui a permis de mettre en place une ligne de production, de ficeler son marketing et de combler des retards de paie- ment. Mais ce n’est qu’unepremière étape : « Cela permet surtout de convaincre des investisseurs pour lever davantage de fonds. Mais c’est un pistolet à un coup : si la campagne avait été un échec, nous aurions eu du mal à faire valoir nos arguments », remarque le diplômé d’HEi lille. Son prochain objectif : structurer la société, qui est passée de 10 à 17 salariés en quatre mois et devrait en compter une trentaine d’ici la fin de l’année. Et développer une image à la GoPro, pour inonder les marchés américains et japonais – Giroptic ne réalise que 5% de son chiffre d’affaires dansl’Hexagone.LIMAA.MLevée : 1,2 M$Objectif : 69000 $ Soutiens : 12840 personnesCela faisait un moment que l’idée d’un cloud personnel trottait dans la tête de Séverin Marcombes et Gawen Arab. les deux diplômés de l’Ecole Centrale d’Electronique y ont pensé pour la première fois en 2008, alors qu’ils travaillaient sur l’internetd’exploitation.la campagne de financement dépasse leurs espérances, réunissant 1,2 millions d’euros en deux mois. De quoi « valider l’existence du marché et lancer la production. Auparavant, les investisseurs traditionnels que nous sollicitions nous disaient de revenir les voir lorsqu’on aurait vendu 1000 unités », se souvient le co-fondateur. Mais ce succès est à double tranchant : lorsque le développement de son produit rencontre des difficultés et accuse des retards, lima s’attire les critiques parfois virulentes de certains investis- seurs-internautes. Aujourd’hui, Séverin Marcombes se montre confiant : « Depuis décembre, nous livrons les premiers backers pour tester la solution, leurs retours sont bons ». la société de 20 personnes, qui a levé 2,5 millions de dollars auprès de Partech ven- tures en juin 2014, se donne jusqu’à septembre pour lancer la commercialisation de son boîtier.des objets : « Il nous pa- raissait incroyable de ne pas pouvoir faire fonc- tionner simplement deux ordinateurs ensemble, même côte à côte. Les fa- bricants d’informatiqueveulent enfermer leurs clients dans leur univers, raconte Séverin Marcombes. Nous nous sommes dit que quelqu’un allait s’attaquer au problème. » Trois ans s’écoulent, et comme aucune solution n’arrive sur le marché, les deux compères décident de s’en charger eux-mêmes. ils travaillent sur le logiciel à partir de 2011, puis seA.MAvril 2015 27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Interview croisée - Réseaux d’accompagnement des entrepreneursDes accoucheurs aux développeursCes réseaux qui détectent, forment, financent et suivent les entrepreneurs doivent désormais les aider à se développer...Quelles évolutions observez-vous au fil des années dans la création d’entreprise ?diplômés et pas forcément décrocheurs, pour les inciter. 10% des 5800 créateurs que nous aidons viennent déjà des quartiers. Nous assistons aussi à une renaissance des coopératives. il y a 20 ans les coopératives ouvrières fleu- raient le XiXe siècle ; au- jourd’hui de plus en plus de sociétés sont reprises par leurs ouvriers. De même l’émergence de la financeDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerDP : Premièrement l’inno- vation, pas forcément dis- ruptive, n’a jamais été autant au centre des préoccupa- tions. Et la technologie ap- partient plus au processus de création. Cela change la na- ture des gens que nous croi- sons, toujours plus diplômés,La co-construction est privilégiée, quand il y a 15 ans nous fuyions les équipes de créateurs David Pouyanneet leurs attentes en matière d’accompagnement. Deuxièmement la co- construction et le collabora- tif sont privilégiés aujourd’hui quand nous fuyions les équipes de créa- teurs – « sources de pro- blèmes»–ilya15ans. Troisièmement des phéno- mènes de modes surviennent dans la création : au début des années 2000 la bulle in- ternet a évidemment créé des vocations sur le Net, puis il y a eu les services à la per- sonne. Nous vivons au- jourd’hui l’ère des applications mobiles.participative est une bonne nouvelle pour les projets d’ESS que nous soutenons. Enfin nous assistons à une renaissance des territoires ruraux et périurbains dyna- misés par des entrepreneurs (commerces, boulangeries, coiffeurs...).©Patrick ALVES PHOTOGRAPHYmiliaux, beaucoup de temps et d’énergie... et le brin d’in- conscience nécessaire pour se lancer !Quel est le positionnement des différents grands réseaux d’accompagnement ? DP : Pôle Emploi, les collec- tivités territoriales apportent du soutien et de l’aide. il faut aussi compter les acteurs fi- nanciers, comme Bpifrance, CDC... Existent bien sûr les réseaux consulaires qui ont un rôle de formation – aidant par exemple l’artisan en herbe à obtenir un diplôme – et d’aiguillage vers nos structures. il y a aussi les ré- seaux associatifs – dont les cinq principaux sont BGE réseau, réseau Entrepren- dre, France Active, initiative France et l’Adie. BGE ré-©DRreprésentant chacun en po- tentiel 13 emplois, accompa- gnant avec nos membres des entreprises à fort potentiel de croissance. Nous accordons des prêts d’honneur de 30000 euros en moyenne,CS : le profil du public que nous soutenons s’est trans- formé, passant de travail- leurs sociaux à l’expérience personnelle forte – mais sans vraie connaissance du mana- gement – à des diplômés d’universités et grandes écoles. Nous ressentons aussi sur le terrain que les jeunes sont de plus en plus tentés par la création d’entre- prise. or les études montrent que 37% d’entre eux ont envie de se lancer, mais que seulement 6% passent à l’acte. Notre but est donc aussi d’aller voir les jeunes dans les quartiers populaires,GS : la moitié du public au- quel nous nous adressons est la génération Y, qui n’a plus les mêmes préoccupations que la précédente. les jeunes accordent plus d’im- portance à leur qualité et rythme de vie, étant prêts à gagner moins d’argent s’ils sont plus libres. De même ils sont plus tournés vers le nu- mérique en ce qui concerne l’apprentissage, besoin au- quel nous répondons avec notre bureau virtuel. Ces créateurs sont désormais tournés vers la collaboration. Nous organisons donc des speed meetings, forums, ate- liers : un de nos experts donne par exemple des conseils sur les réponses aux appels d’offres publics.seau intervient plutôt en amont de la création, for- mant et s’occupant des rela- tions avec les organismes sociaux... l’Adie, qui est une banque, se tourne plutôt vers les gens qui sont en dif- ficulté sociale et apporte son aide par microcrédits et prêts rémunérés. France Active fi- nance et garantit dans l’éco- nomie sociale et solidaire. initiative France accom- pagne et finance des créa- teurs/repreneurs qui ont un effet masse en volume mais un faible potentiel en termes d’emploi : 96% créent seule- ment leur emploi. ils traitent 7000 dossiers, chacun syno- nyme de 1,8 emploi en moyenne. réseau Entre- prendre garde les grands principes édictés par son fondateur, André Mulliez : nous traitons 900 dossiers,entrepreneur turc fondant une société maraîchère près de Montpellier, avoir discuté avec un frère et une sœur sans emploi créant une so- ciété d’ambulance, j’ai com- pris que la spécificité de28 Avril 2015CS : Après être allé sur le terrain, avoir rencontré unDR : les jeunes prennent conscience qu’entreprendre au démarrage de leur vie professionnelle est en réalité une période favorable : en- core peu d’engagements fa-mais dont l’effet de levier est de 20. Cela signifie que les lauréats peuvent obtenir 600000 euros auprès d’ac- teurs financiers qui se fient à la sélection de réseau Entre- prendre.France Active était de soute- nir des chômeurs-créateurs (5800 l’an dernier), tout en accompagnant et finançant des acteurs de l’ESS (asso- ciations, coopératives, entre- prises solidaires, soit 1100 l’année dernière). Nous cou- vrons toute l’ESS, des pe-David Pouyanne,est depuis 2011 le 4e président du Réseau Entreprendre, fort de 80 implantations, 160 salariés,et 5 000 membres bénévoles accompagnateursqui paient chacun une cotisationde 2 000 euros en moyenne.Christian Sautter,ex-ministre de l’Economie sous Lionel Jospin,est président depuis 2000 de France Active, réseau spécialisé dans l’Economie sociale et solidaire (ESS), qui, après 26 ans d’existence est fort de 550 salariés et 2 000 bénévoles.En 2014 il a créé ou consolidé 33 000 emplois37% des jeunes veulent entreprendre, seulement 6% passent à l’acte. Notre but est d’aller les convaincre Christian Sautter]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frInterview croisée - Réseaux d’accompagnement des entrepreneurs ClUB ENTrEPrENDrEtites associations aux gros acteurs comme le groupe d’économie circulaire vita- mine T. Nous travaillons avec les banques, avons un rôle d’expertise, labellisant, nous portant caution et rem- boursant la moitié voire plus en cas d’échec. l’Adie aide des chômeurs, nous soute- nons des femmes entrepre- neurs comme initiativefinancier comme initiative France ou l’Adie : nous fai- sons de l’accompagnement et de la formation. Ceux que nous soutenons, qui sont en majorité des demandeurs d’emploi, acquièrent les bases de gestion pour se lan- cer. Nous travaillons avec les prescripteurs que sont Pôle Emploi, les missions locales de réinsertion, les banques...transféré aux régions. Au ni- veau local les départements, régions, fonds de formation professionnelle, ainsi que les grandes entreprises – pour des raisons d’essaimage et d’intrapreneuriat – s’intéres- sent à ce que l’on fait et nous soutiennent.compagner des dirigeants de sociétés à fort potentiel de croissance, donc au mi- nimum 1 million de CA pour dix salariés, et en moyenne 3-4 millions de CA pour 20 à 50 salariés. la formule a été étendue au ni- veau national. le Moovjee quant à lui accompagne les jeunes qui créent pendant ou dès la fin des études, parsystème non marchand qui accompagne le développe- ment des entreprises créées. il s’agit de passer, pour l’en- trepreneur quadra qui a huit salariés et une équipe effi- cace, des caps, culturels, so- ciaux, économiques afin de passer à 30 salariés en cinq ans, en mettant en place un projet stratégique pour trou- ver des fonds et instaurer une nouvelle gouvernance. Notre fonds de 3 millions d’euros permet, en partena- riat avec Bpifrance, d’ac- corder des prêts-croissance réseau Entreprendre. Autre sujet auquel les réseaux de- vront s’atteler, l’accompa- gnement des entreprises en difficulté par des pairs, avant qu’il ne soit trop tard. 95% des sociétés qui tom-GS : il nous faut aller plus avant pour convaincre les acteurs privés et publics de nous soutenir. C’est seule- ment conjointement avec les autres réseaux que nous y parviendrons. la coopéra- tion est de plus en plus forte. Par exemple nous avons la même cible avec France Active, mais sommes complémentaires : nous nous occupons du volet formation quand eux se positionnent sur le finan- cement. Nous aidons les créateurs à s’équiper et les aiguillons par la suite. Tous ensembles nous savons dé- tecter, former, financer, mettre en réseau et mainte- nant suivre les chefs d’en- treprise. Autre grand enjeu, la formation profession-DR : l’APCE est une plate- forme destinée aux porteurs de projets et aux réseauxIl faut plus de coopération entre les réseaux, à condition qu’ils soient positionnés précisément pour être complémentaires Dominique Restino©David DELAPORTEFrance. Nous sommes com- plémentaires de BGE ré- seau. l’Adie et initiative France sont présentes à notre conseil d’administration. les querelles de chapelle entre les réseaux ne peuvent avoiret menons des actions volon- taristes, allant chercher des créateurs là où ils se trou- vent, notamment dans plus de 400 quartiers. Cœur de cité est une émanation du fa- meux concours Talents, BG©DRd’accompagnement, pour- vue d’une formidable base d’informations (11 millions de visiteurs sur le site). Mal- gré son rôle d’orientation, elle n’est plus un opérateur de l’Etat depuis 2013. Ar- naud Montebourg et Fleur Pellerin m’ont confié la mission de mener à bien le plan 2014-2017 sans l’ar- gent de l’Etat. Nous tra- vaillons avec les territoires, orientant sur des réseaux selon le profil. l’institut du mentorat ne conseille pas, il aide à se poser les bonnes questions. lorsque j’ai monté la structure en 2006 à l’échelle de l’Île-de- France, je suis allé chercher des mentors qui avaient connu une forte croissance, comme Dan Serfaty chez viadeo ou Bernard Bouri- geaud chez Atos, afin d’ac-l’entremise du mentorat. Nos grands rendez-vous comme le prix Moovjee-in- novons ensemble visent à montrer les exemples dignes d’être suivis. J’ai rencontré en 2013 le Prési- dent à l’Elysée, pour que l’Etat signe la charte du mentorat entrepreneurial. le statut d’étudiant entre- preneur est une de nos an- ciennes revendications.Quels sont les nouveaux enjeux auxquels sont confrontés les réseaux ? DP : C’est un constat qui a été fait aux Assises de l’en- trepreneuriat. la France présente un système d’ac- compagnement performant dans la création et la reprise d’entreprise. Mais l’enjeu des dix prochaines années sera de développer un éco-bent en redressement judi- ciaire sont liquidées par la suite. Cela doit changer. CS : il nous faut nous pré- parer à ce que les finances publiques, qui assurent 70% de nos frais de fonctionne- ment aujourd’hui, stagnent ou baissent à l’avenir. or en 2014 nous avons affiché une croissance de 5%, et nous comptons atteindre le rythme de 8%. Ce qui signi- fie qu’il nous faut nous tourner un peu plus vers le mécénat, les banques, la fi- nance participative qui as- suraient 30% de notre financement jusqu’à main- tenant. Car l’aide au déve- loppement des structures doit monter en puissance. Nous les mettons dans les bras d’une banque dès le dé- part, et 69% d’entre elles continuent avec l’établisse- ment trois ans après leur création. les petites asso- ciations profitent de notre « label » pour entretenir avec leur banque de bonnes relations. Nous participons périodiquement à de nou- veaux programmes d’inves- tissement de plus grosses entreprises solidaires, comme vitamine T par exemple.nelle. il y avait le DiF, au- jourd’hui le certificat de parcours. il faut que la créa- tion d’entreprise soit ins- crite comme action certifiante, afin que les gens puissent utiliser leurs fonds pour se former à la création. Enfin nous avons lancé avec MyMajorCompany, la plateforme de financement participatif, mapetiteentre- prise.com liée à l’entrepre- neuriat, qui sera un grand enjeu à l’avenir.Grégory Sagez,est président de BGE Réseau et DG des Hauts de France, plus grosse entité du réseau dans le Nord Pas de Calais. BGE Réseau existe depuis 1979, compte 900 conseillers-salariés et 750 administrateurs bénévoles, 50 associations locales, 466 lieux d’accueil, accompagne 17 000 entreprisespar an pour 28 500 emploisLes grandes entreprises, pour l’essaimage et l’intrapreneu- riat, s’intéressent à ce que l’on fait et nous soutiennent Grégory SagezDR : Depuis 10-15 ans la création a évolué, elle s’est professionnalisée, avec une segmentation devenue né- cessaire, et surtout des frais de fonctionnement qui doi- vent être couverts par le partenariat. Face à la rareté des ressources, il faut bien- sûr plus de coopération entre les réseaux, à condi-GS : Notre mission princi- pale est de démocratiser l’entrepreneuriat. Notre spé- cificité est de ne pas aborder la problématique par le côtéJulien TarbyDominique Restino,est président de l’APCE (42 personnes), plateforme d’information et d’orientation des entrepreneurs et réseaux, président fondateur du Moovjee qui accompagne les jeunes entrepreneurs. Il a fondé l’Institut du mentorat entrepreneurial, a créé à 24 ans sa première société d’inte- rim spécialisé qui a atteint les 100 collaborateurs et 35 millions d’euros de CA, et est délégué du président de la CCI Paris-Île-de-France.Avril 2015 29tion-lieu : tous ensemble nous ac- compagnons et finançons seulement 40000 créa- teurs...Bus se rend dans tous ces en- droits. le taux de pérennité à trois ans de ceux que nous aidons est de 69%. Notre ré- seau national est financé par la CDC, le ministère de l’Emploi et l’Europe. Nous nous appuyons sur le dispo- sitif NACrE qui va êtretion qu’ils soient posi. nés précisément pour être complémentaires. Si tout le monde veut tout faire, ce n’est pas une bonne chose. Enfin il nous faut aider les entreprises à grandir. Selon une étude de E&Y, et une autre de Sage, le mentorat est devenu nécessaire.]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE En immersion - La Paillasse, un Fablab très ouvertDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)d’innover.Dompteurs de gènes dans un garage...SE TouRnER vERS dES bESoinS d’AvEniRAu bas d’un long escalier, changement d’atmosphère. les bureaux, les dossiers, laissent place à de l’élec- tronique, du matériel de bio- logie. D’anciennes caves sont devenues le ventre de la Paillasse où grouille une myriade d’expérimentations, de tests. Dans un espace reculé se trouve le Hall- Couture qui mène des ré- flexions sur les textiles connectés, les biomatériaux utilisables pour les vête- ments du futur. Plus loin, des travaux portent sur une bactérie qui synthétise un pigment bleu à partir duquel il est possible de fabriquer une encre biodégradable. Encore quelques pas, et voici une capsule géante qui semble tout droit sortie d’un scénario de science- fiction. « C’est un caisson d’isolation sensorielle. Un cocon dans lequel on peut flotter et profiter d’une sen- sation d’apesanteur », ex- plique Maïté Breger, co- fondatrice de la start-up Meiso qui développe ce pro-« Silence, on invente ! »Nichée au cœur de Paris, la Paillasse décloisonne, innove, met les sciences à portée de tous,A vant même de pousser la porte, le lieu étonne. « Sacré projet. – ils ne man- quent pas d’idées », conver- sent deux étudiants près de l’entrée principale. Quelques curieux en sortent. D’autres arrivent, comme Jérôme, un dessinateur industriel. « Je travaille sur le logiciel Au- tocad depuis de longues an- nées pour une entreprise. Je cherche de nouvelles pistes pour me relancer dif- féremment », confie-t-il. il ne le sait pas encore, mais a frappé à la bonne porte. la Paillasse est un labora- toire ouvert qui permet aux communautés créatives de prototyper à moindre coût et déployer des innovations de tous genres. Dans le pro- longement du comptoir de l’accueil, une immense salle permet de recevoir les mem- bres. Autour des tables épar- pillées, des généticiens, des informaticiens, des des- igners, échangent, propo- sent, confrontent les points de vue. Des profils parfois très opposés, mais animés par un même élan : le goûtEmbRouiLLAmini FERTiLEle but est de croiser les compétences d’étudiants, de chercheurs, de jeunes entrepreneurs au service de l’innovation et de la création d’emplois, en formant des « labs » autour de théma- tiques comme la biopro- duction, l’épidémiologie, les textiles intelligents, les drones, l’intelligence arti- ficielle ou encore les sciences cognitives. « L’idée est de se nourrir de la plu- ridisciplinarité de la société. En facilitant l’accessibilité aux moyens de production scientifiques et techniques, nous accélérons la réalisa- tion de projets profession- nels ou amateurs sélection- nés par notre association30 Avril 2015mais se refuse à déposer un brevet... reportageest à inventer en France.prototype est en passe d’être activé. « De nombreux cen- tres de soins et instituts se montrent déjà intéressés », se réjouit Maïté Breger. les sous-sols créatifs de la Paillasse conduisent aussi aux projets de Flylab, une start-up qui fabrique des drones en impression 3D. Un autre travail concerne la mise au point d’un écho- graphe portatif low-cost dont l’impact social peut être majeur en matière de santé mère-enfant dans les pays en voie de développe- ment. Adrien Clavairoly a le sourire. l’association vient de signer un partena- riat avec l’entreprise phar- maceutique roche qui cher- chait une équipe pour mener une étude épidémiologique sur le cancer, à partir de données qui ont été libérées par la Sécurité sociale. Avec l’appui de data scientists, le but est de tirer du sens des informations des bases de données au sujet des dé- penses publiques dans ce domaine. « Nous nous po- sitionnons également comme une plateforme de services pour des entreprises à la recherche de compé- tences, afin de répondre à un besoin particulier. Ce volet figure dans notre mo- dèle de rentabilité », indique Adrien Clavairoly. Actuellement, la Paillasse est financée par les espaces de coworking mis à dispo- sition, l’hébergement d’évé- nements traitant du Big Data, de l’intelligence artificielle, de la génétique, ou encoreafin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financierssur des critères d’impact sociétal ou d’intérêt scien- tifique », explique Adrien Clavairoly, cofondateur et trésorier de la Paillasse. Cette vulgarisation des sciences passe par la réali- sation d’ateliers pratiques sur ce qu’est la génétique, ou l’agriculture urbaine par exemple. Pendant que des visiteurs viennent simple- ment s’informer, des pas- sionnés passent la porte, un projet sous le bras. « On trouve toutes sortes d’ini- tiatives. Certaines sont très avancés, d’autres à un stade embryonnaire », poursuit-il.open source. Celles-ci sont documentées en ligne pour permettre à tout le monde de se réapproprier la tech- nologie, l’améliorer, la par- tager. « Nous sommes fo-d’emblée 50000 à 100000 dollars. En cas de piratage, une armée d’avocats est né- cessaire pour faire valoir ses droits. « Cette machi- nerie est très intéressanteAutour des tables éparpillées, des généticiens, des informaticiens, des designers échangent, proposent, confrontent les points de vue...par l’organ.rences et par les subventions accordées par la ville de Pa- ris et la région Île-de-France. Mais l’association entend surtout passer à la vitesse supérieure et cherche des mécènes, des sponsors, ca- pables de l’accompagner sur la durée...« Pour autant, nous ne de- mandons pas aux nouveaux arrivants de libérer toutes leurs innovations de ma- nière inconsidérée », ajoute le cofondateur du lieu.la règle d’or de tous les projets est de libérer un maximum de données enMathieu Neucalisés sur l’échange des pour les industriels, mais jet. le principe consiste à connaissances et l’accessi- plus souvent un frein pour remplir le caisson de 1000 bilité des techniques de pro- les jeunes entrepreneurs. » litres d’eau et 500 kilos de duction. Rien n’est breveté. la Paillasse cherche à dé- sel, afin de pouvoir flotter Nous voyons le brevet montrer que l’open source deux fois plus facilement comme un frein à l’innova- n’empêche pas un modèle que dans la mer Morte. tion plus qu’un système de de rentabilité. il existe des l’isolation est également protection », souligne licences open source pour phonique. il en résulte des Adrien Clavairoly. Déposer ce qui est logiciel, mais bienfaits sur le sommeil, un brevet peut vite coûter pour ce qui est matériel tout des vertus anti-stress. leisation de confé-]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frElectron libre - Elon Musk ClUB ENTrEPrENDrE Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprisel’entrepreneur qui voulait visiter Marsévolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelleA En 15 ans, Elon Musk a fait fortune sur le Net, ravitaillé la station spatiale internationale et créé une voiture de sport tout-électrique. Demain, il prévoit de révolutionner le transport longue distance,de connecter l’humanité à internet et de coloniser Mars.43 ans, Elon Musk n’a de TED, Chris Anderson, le Devenu citoyen américain, il pas chômé : il a déjà moteur de son ambition : intègre Stanford pour suivre un cofondé un service de « Quand j’étais à l’université, doctorat en physique énergé-Ses rêves fous...paiement en ligne qui a donné je me demandais quels étaient tique. En 1999, il cofonde la Celui que d’aucuns décrivent comme un génie visionnaire a encore deuxdes sueurs froides aux banques, un fabricant de panneaux so- laires, un constructeur de voi- tures électriques, bouleversé l’industrie spatiale et inspiré le Tony Stark d’iron Man au ci- néma. Surtout, il a eu l’honneur d’un épisode des Simpsons. Et le richissime homme d’affaires, dont la fortune est évaluée à 8,8 milliards de dollars, n’a pas l’intention de s’arrêter là. Ses prochains projets ? révolution- ner les transports longue dis- tance et coloniser la planète Mars. rien que ça. Début 2013, il expliquait à l’administrateurSpaceXles problèmes les plus suscep- tibles d’affecter le futur du monde ou de l’humanité ». Elon Musk est né en Afrique du Sud en 1971. À l’adoles- cence, l’entrepreneur précoce crée un jeu qui lui rapporte quelques centaines de dollars. À 17 ans, il quitte son pays natal pour le Canada, d’où sa mère est originaire, afin d’échapper au service militaire dans un pays qui pratique l’Apartheid. À partir de 1992, il étudie la physique et le com- merce à la Wharton School de l’université de Pennsylvanie.banque en ligne X.com, un em- ou trois idées révolutionnaires dans ses cartons. Premièrement, l’hyperloop,bryon de PayPal, qu’eBay achè- tera en 2002 pour 1,5 milliard de dollars. Musk en tire un petit pactole qui lui permettra de réaliser ses rêves. « Il n’est pasun moyen de transport électromagnétique ultrarapide : une capsule lancée dans un tube de quelques mètres de diamètre rempli d’air à haute pression pour annuler toute friction avec les parois. De quoi relier San Francisco à Los Angeles en 30 minutes. Plutôt que de porter le projet entièrement lui- même, le milliardaire surchargé a opté pour l’open innovation, en faisant appel à des contributeurs internautes, entreprises et chercheurs. Il a déjà lancé la construction d’une piste de test au Texas pour accueillir les prototypes des étudiants et des entreprises. Deuxième marotte : coloniser la planète Mars. En 2013, il expliquait vouloir « résoudre un problème crucial pour l’humanité, devenir une civilisation de voyageurs de l’es- pace. (...) SpaceX ou une combinaison de gouvernements a besoin d’établir une base sur une autre planète – Mars est la seule option réaliste – afin que nous soyons une vraie espèce multi-planètes. » Troisièmement, Elon Musk rêve de connecter la planète entière à Internet, en mettant sur orbite une flottille de satellites low-cost. Serait-ce pour l’y aider que Google a ré- cemment investi une fortune dans SpaceX ?oir fait fortune surle seul à av.Internet à cette période. Mais Elon Musk est un bâtisseur qui construit pour l’avenir en s’ap- puyant sur sa vision, ses valeurs et sa volonté », éclaire André- Yves Portnoff, directeur de l’ob- servatoire de la révolution de l’intelligence à Futuribles in- ternational.Aymeric MarolleauTeslaSolarCityMars 2006. la scène se passe au Salon Satellite, qui réunit à Washington les pontes de l’industrie spatiale. À l’occasion d’une conférence, un Elon Musk décon- tracté prend la parole et lance à une audience condes- cendante : « Salut à tous, je m’appelle Elon Musk. Je suis le fondateur de SpaceX. Dans cinq ans, vous êtes morts ». Si sa prophétie ne s’est pas réalisée, force estle fan de vitesse, qui a crashé une Mclaren F1 d’un million de dollars non assurée, s’est lancé dans la construction de voitures électriques avec Tesla Motors en 2003. Si son premier modèle, un roadster commercialisé depuis 2008, a surtout visé les grandes fortunes et les stars d’Hollywood, l’ambition de la marque est d’entrer dans le garage de Monsieur Tout-le-monde. De fait, « les premiers modèles luxueux financent l’élargissement progressif de la gamme », analyse André-Yves Portnoff. le Model S, premium, est arrivé en concessions en 2012. En juin 2014, l’entrepreneur atypique a une nouvelle fois créé la sensation en ouvrant les brevets de sa société. il déploie en outre un réseau serré de bornes de recharges : 2000 ont déjà été installées dans le monde. Ces choix révèlent son intention d’imposer sesEn 2013, Elon Musk se confiait à Chris Anderson : « Le problème de l’énergie renouvelable est le plus gros problème que nous de- vrons résoudre durant ce siècle ». il s’y est attelé en 2006, en créant l’installateur de panneaux solaires SolarCity avec ses cousins, Peteret lyndon rive. l’entrepreneur semble confiant : « Dans 18 ans, nous verrons plus d’électricité venir du soleil que de n’importe quelle autre source d’énergie ». Aujourd’hui, SolarCity est l’un des principaux acteurs du marché aux Etats-Unis. En septembre der- nier, la société a annoncé la création de la plus grande usine de panneaux photovoltaïques, dans l’Etat de New-York.de constater que le fabricant de fusées créé en 2002 a réussi sa mise sur orbite grâce à une stratégie low-cost.Sa trajectoire n’a pourtant pas été parfaite : « Nous avons failli échouer, nous sommes passés très près de la catas- trophe, mais nous avons réussi à surpasser cela en 2008 », se souvient l’entrepreneur, en ré- férence aux problèmes finan- ciers traversés par la société, sauvée de justesse par la NASA, qui noue avec elle un contrat de 1,6 milliard de dollars pourstandards aux autres constructeurs, en se rendant indispensable. Tesla s’apprête aussi à construire dans le Nevada une usine géante de batteries, qui doublera la production mondiale de batteries lithium-ion lorsqu’elle ouvrira ses portes en 2017. outre le marché automobile, elle per- mettra à l’entrepreneurravitailler la Station spatiale internationale (iSS). Pour réduire drastiquement ses coûts, SpaceX ambi- tionne de créer des fusées réutilisables. À l’occasion d’un lancement début février, elle a tenté la récupération de l’étage principal de sa fusée Falcon 9. Un semi- échec, ou une semi-réussite, si l’on se fie au Tweet de Musk : « La fusée à bien atterri dans l’océan, à dix mètres de sa cible et bien verticale. Bonne probabilité d’un futur atterrissage réussi avec un temps clé- ment. »visionnaire de développer le marché du stockage d’élec- tricité. Au bénéfice de SolarCity : « Il crée intelligemment des synergies entre ses entreprises », observe André- Yves Portnoff.Avril 2015 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Leçons de maux - Reza Malekzadeh, hauts et bas dans la Silicon ValleyApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,«Jreza Malekzadeh, au- jourd’hui responsable bu- siness de Cumulus Net- works à San Fransisco. Mon diplôme HEC en poche en 1995, j’ai souhaité revenir travailler dans une start- up de technologie dans la- quelle j’avais fait un stage. Peu de temps après mon embauche, elle a fermé ses portes. C’était un 24 dé- cembre et j’avais jusqu’à la fin de mon visa, soit 30 jours, pour trouver un nou- vel emploi. » C’était au mo- ment où les start-up de la nouvelle économie allaient de mal en pis. le système américain, dans ses ex- trêmes, fabriquait des for- tunes tout autant qu’il lais- sait les collaborateurs sur le carreau. « J’ai surtout été surpris par les réactions des personnes employées dans cette start-up qui, comme moi, étaient licen- ciées. Chacun était touché mais tous se disaient « Cela n’a pas marché, tant pis. Un autre job nous attend ailleurs. » Leur réaction était agréable à entendre et à vivre, même si la pres- sion était plus forte pour moi. J’avais 30 jours pour m’en sortir ! »vraiment le cas aux Etats- Unis. Pourtant, quelques anciens, installés outre-Al- tantique, m’ont donné de précieux contacts. » Premier challenge relevé : il dégote un emploi en moins de 30 jours... NetCarta lui confie le poste de chef de produits junior pour les logiciels de cartographies qu’elle déve- loppe. « La croissance de cette entreprise était inté- ressante, car ses produits avaient la bonne techno, au bon moment. » Une analyse que le jeune professionnel concède après avoir vécuEn PHASE AvEC LE mARCHéUne faillite, un rachat par une major, reza Malekda- zeh connaît les deux facettes du rêve américain et affine sa perception du business.’ai commencé ma carrière par un échec, lanceconfie-t-il. Dans les do- maines très technologiques, la notion de marché est pri- mordiale. Une entreprise peut échouer parce qu’elle a raison trop tôt, et du coup est en avance sur son mar-avions levé des fonds et réussi à vendre l’ensemble, se souvient le dirigeant. Pourtant, au début de la crise, les entreprises sont réticentes à se lancer dans un investissement consé-une aventure profession- nelle. « Je suis généralement le premier non-ingénieur à rejoindre une entreprise, expose le spécialiste du mar- keting. C’était le cas chez VMware, Nimbula (rachetée par Oracle) ou dernièrement chez Cumulus Networks. J’arrive quand la R&D est terminée, que la techno est prête et qu’il faut la trans- former en un produit à ven- dre. Les bonnes réflexions portent ainsi sur la maturité du projet par rapport au marché visé et la qualité des équipes que l’on rejoint. Car on ne peut changer ni les hommes, ni le marché. » En revanche, trouver des business models adaptés et des services différenciants est la religion de reza Ma- lekdazeh. « J’ai vu de su- perbes technologies se plan- ter, car la technologie en soi n’est pas un élément différenciant. »le rêve américainqui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenirl’entrepreneur reza Malekzadeh, revient sur ses succès et surtout ses échecs dans la Silicon valley. Terriblement instructif.HEC ? inConnuE Aux uSle brillant étudiant, tout droit sorti d’HEC après son MBA Marketing et corpo- rate strategy, n’était pas pré- paré à un tel revers. l’échec n’entrait pas dans les pro- grammes de l’école destinée à former les grands déci- deurs de demain. il adopte le positivisme ambiant et se met en quête d’un nou- veau challenge. « HEC était, à l’époque, inconnue dans la Silicon Valley, avance reza Malekzadeh. Si en France, le réseau est plutôt fort, ce n’était encore pasPREmiER non-ingéniEuRSa principale leçon apprise aux Etats-Unis ? « Si le produit va à l’encontre du marché, c’est toujours le marché qui gagne. Pas le produit. Ce n’est pas la meilleure technologie qui connaît le succès, mais celle qui résout le problème du client au bon moment. » Ce sont désormais ces critères que le Français de Californie scrute pour s’engager dansDe rebonds en apprentis- sages, reza Malekdazeh a trouvé, en Californie, le bon terrain de jeu. « J’ai essayé de revenir en Europe quand mon entreprise a été rache- tée par Cisco Systems. Mais dans mon domaine du soft- ware et des nouvelles tech- nologies, je n’ai pas trouvé le même niveau de R&D qu’en Californie. » l’état d’esprit y est aussi très dif- férent. « Si on commence sa carrière en France par un dépôt de bilan, la suite est plus compliquée. Aux32 Avril 2015« Quand tu vas dans la Silicon Valley mon gars, attends-toi aussi à tomber... »Etats-.dont chacun parle très ou- vertement et plutôt que l’ac- cabler, on lui demande ce qu’il en a retenu. » Trans- former l’échec en opportu- nité et en bonne expérience fait décidément partie inté- grante de la culture améri- caine.l’échec de la première en- treprise qui l’a embauché. « J’ai tout de suite beaucoup réfléchi sur les causes de l’échec de cette start-up,NetCarta qui était dans le bon timing. A tel point qu’elle a été rachetée par Microsoft un an après mon arrivée. »pose des solutions en sécu- rité informatique. « Nous avions développé une tech- nologie hardware et soft- ware pour laquelle nousStéphanie PoletteCe n’est pas la meilleure technologie qui connaît le succès, mais celle qui résout le problème du client au bon momentché et mal positionnée. C’était le cas de la première start-up pour laquelle j’ai travaillé. Mais pas celui deUne expérience qu’il met au service de son propre projet en 2003. il co-fonde Twingo Systems qui pro-quent, même si notre idée était bonne. Nous avons dû faire un choix difficile : jeter toute la partie hard- ware pour ne nous concen- trer que sur la commercia- lisation du software. La pro- position de valeur a été ré- duite, marketée et commer- cialisée. Nous avons trouvé des clients mais surtout un acquéreur. » Cisco Systems a racheté Twingo Systems début 2004. reza Malek- dazeh intègre alors les rangs de Cisco Systems pour deux ans, fort d’une nouvelle ex- périence sur le positionne- ment marketing et techno- logique d’une solution. « Les produits de Twingo Systems étaient au départ inadaptés au marché de l’époque. Il a fallut les re- positionner rapidement. Dans ce cas-là, les décisions doivent être rapides et prag- matiques. » l’essence même des start-up dont l’agilité leur permet d’être en phase directe avec le marché.Unis, c’est un sujet]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.fr24 déCEmbRE 2050le higt tech côtoie le traditionnel, et se mêlera même avec...les trois parents du petit lior sont décidément très inquiets, s’interrogeant même sur l’éventualité de le passer en e-learning complet, sans présentiel à l’école. il faut dire que le jeune garçon, jugé étrange, s’est petit à petit marginalisé dans la classe. Alors que la pensée technocritique semblait avoir disparu depuis belle lurette, lior pourrait très bien in- carner une résurgence de ce mouvement, tant ses goûts de suranné et de loisirs d’an- tan sont en contradiction avec son époque. Alors que ses camarades passent leur temps libre à jouer avec des drones ou des nano-robots, lui n’a d’yeux que pour les jouets du passé, simples ob- jets dépouillés en matériaux anciens, plastique, bois ou coton, sans aucun capteur ni connexion. Figurines et pe- luches, vestiges d’un temps révolu constituent ses prin- cipales demandes pour Noël, et l’enfant parisien, au lieu de passer des heures heu-reuses dans le cinéma mul-tisensoriel de son quartier,de se perdre dans les mondesvirtuels de ses magic glassesou de s’éduquer et passerdu temps en compagnie deson robot de compagnie etde ses amis, fait le pied degrue devant le musée desjouets et des arts forains.Dès l’ouverture il paye avecdes pièces (!) – ne possédantpas de smartphone ou deportefeuille électronique –,ignore les hologrammes ex-plicatifs et s’en va admirerdurant des heures les petitesvoitures, camions de pom-pier, hélicoptères téléguidés...qui comblaient jadis sesaïeuls en bas âge. les parentsne cessent de s’inquiéter de- Kiki, Barbie ou autres Gi pas encore un géant mondialmouvement de main ou via des commandes sur smart- phone. Ce n’est que plus tard qu’il a été question de les diriger par la voix, puis par la pensée. Puis encore plus tard ils sont vraiment devenus autonomes, tenant des conversations, étant connectés à internet et doués d’intelligence artificielle, re- connaissant l’humeur de leur interlocuteur au son de sa voix. C’est aussi à cette date que dans les allées du salon international du jouet – le Toy Fair à Nuremberg –, un nouveau concept de jeux pointait le bout de son nez : les fameux « jouets vidéo », réussissant le mariage du bois et du plastique avec ce que les nouvelles technolo- gies proposaient de mieux. les smart toys, se composant d’un jouet physique équipé d’une connexion sans fil et d’une interface de jeu vir- tuelle – la plupart du temps une application mobile – ont révolutionné le secteur et les habitudes des enfants. les jeux de plateaux virtuels ontfait basculer dans une réalité augmentée plus que sédui- sante. les puces s’accrochant à n’importe quelle figurine ont tout chamboulé. relié à un smartphone ou à un ordi- nateur, l’écran a vite fait of- fice de plateau de jeu sur le- quel des parties de jeux vidéo ont interagi avec des pions réels. l’imbrication entre le réel et le virtuel n’a fait que croître depuis lors... Mais la source de l’appréhension parentale est à rechercher ailleurs : à cette époque les jouets étaient très marqués au niveau des genres, garçons et filles détenaient des objets très distincts. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, l’omni-Prospective - Jouets en 2050 ClUB ENTrEPrENDrE Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,vant ce petit bonhomme qui,Joe qui constituaient son du divertissement enfantin,nce de la technologiee-Joujouxpuis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésle secteur suit les innovations du monde des adultes, évoluant aussi vite que le traineau du Père Noël.Mini-drone autonome et ultra connecté de forme vintage....les récits de l’un de ses jouets réels, tangibles. A cette grands-pères sur les jouets époque Parrot, qui n’étaitprése.aidant. le voir revenir à des loisirs très stéréotypés alarme donc ses parents, qui appré- hendent son développement vers l’âge adulte, craignant une affirmation trop impor- tante, voire belliqueuse et machiste, du moi mascu- lin...Julien TarbyLes smart toys révolutionnent le secteur et les habitudes des enfantschose qui ne se fait plus de- puis longtemps, passe de longs moments à rêvasser seul, sans l’aide d’aucune technologie, se remémorantmonde en 2015. lior se pas- sionne pour les marques lego, Playmobil, Hasbro ou encore Barbie d’antan, lorsqu’ils créaient encore deslançait seulement ses mini- drones rolling Spider et Jum- ping Sumo. les fabricants dévoilaient des robots qui se laissaient guider d’un simpleMona Zegaï est sociologue à l’université Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis,travaillant sur la différenciation des genres dans les jouets et les catalogues dans le temps :« La séparation des genres est plus importante que par le passé »Quelle évolution dans la segmentation par genre connaissent les jouets ?les anciens catalogues attestent qu’on marquait beau- coup moins les genres dans les années 70 et 80, contrairement aux années 90 et 2000 où la segmentation a été poussée à l’extrême. les raisons du changement ? Tout d’abord les catalogues ne sont pas forcément le reflet de la réalité : ainsi les médecins sont toujours représentés en hommes, alors que dans le monde réel ils sont à 42% des femmes. Mais aussi parce qu’aupa- ravant les sexes étaient très marqués dans la société, il n’était pas nécessaire de les souligner dans les cata- logues. Aujourd’hui beaucoup de prés carrés sont remis en cause, l’égalité des sexes est un idéal présent chez beaucoup d’individus. la féministe Suzan Faludi évoque un retour de bâton antiféministe après une pé- riode d’émancipation. Dans les années 80 la sophisti- cation du marketing a aussi complexifié les catalogues, le public a plus été ciblé. Enfin les licences se sontdéveloppées : les Cars, Hello Kitty... ont joué à fond la carte des genres.Les technologies ne vont-elles pas supprimer les marqueurs de genre ?Dans le cadre de mes travaux je me suis fait embaucher comme vendeuse dans le rayon multimédia de Toys’r’Us ; j’ai pu constater que même dans ce domaine tout était marqué, avec des couleurs bien par- ticulières pour les lecteurs MP3, les tablettes tactiles... Même les jouets éducatifs font compter les robes de princesses aux filles ou les camions de pompiers aux garçons. Mais des voix s’élèvent aujourd’hui pour contrer cette tendance, comme le rapport de Najat val- laud-Belkacem, des actions féministes devant les ma- gasins ou des pétitions online. Bien malin qui sait quelEst-on dans l’exagération en matière d’innovations technologiques ?Non. le secteur est beaucoup plus complexe qu’il n’en a l’air. Certes la mondialisation a une grande influence et les grossistes font simplement leur marché en Asie du Sud-Est dans la plupart des cas. les grands fabricants et distributeurs dominent le marché. Mais il y a encore de la place pour de petits acteurs locaux, car une demande, es- sentiellement de la part de milieux favorisés, se manifeste pour des jouets artisanaux, trouvés dans la petite boutique de quartier, qui doivent apporter aux enfants. le traditionnel a encore toute sa place. En parallèle les tablettes tactiles pour enfants ont connu une croissance des ventes sans précédent parce que les parents en avaient marre que leur progéniture se servent des leurs. l’innovation pour les enfants suit celle des adultes et les ruptures sont multiples. la dernière nouveauté est que les jouets ultra-classiquescamp l’emportera.et technologiques se mélangent désormais.Propos recueillis par J.T.Avril 2015 33]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Auto-entrepreneurs qui ont réussi et changé de statut La création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.Auto-entrepre- neurs, vous sou- haitez grandir plus vite, plus loin ? Sans doute est-il temps de pas- ser la vitesse supérieure en créant votre entreprise ! Car si le régime d’auto- entrepreneur, souple et peu contraignant, permet pour certains de tester une idée, un concept ou générer des revenus complémentaires, il constitue aussi, bien sou- vent, l’antichambre à la vraie création d’entreprise. D’autant que la sortie d’un tel statut est, dans certains cas, un passage obligé ! « Déjà, pour les auto-entre- preneurs à succès dont le chiffre d’affaires dépasse, in fine, les seuils autorisés, à savoir 89600 euros pour les activités de vente de marchandises, de fourni- ture de logement, etc., ou celui de 34600 euros pour les autres prestations de services et les professions libérales », indique Fran- çois Hurel, président de l’Union des auto-entrepre- neurs (UAE), dont 30% des membres environ dé- cident chaque année « de quitter ce cocon rassurant pour nager dans le grand bain ». Au-delà du dépas-Mais comment bien négocier le virage ? réponses.Passez la seconde !D'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.Certains utilisent l’auto-entrepreneuriat comme un tremplin vers la création d'entreprise.sement des seuils, d’autres facteurs peuvent inciter les auto-entrepreneurs à fran- chir un tel cap. Comme profiter d’une meilleure protection de leur patri- moine personnel. « En ef- fet, la nouvelle entreprise n’est plus enregistrée sous le nom du créateur, ce qui évite tout risque de saisie des biens personnels en cas de faillite », note va- lérie lemière, conseillère en création d’entreprise pour le réseau BGE Nor-L’auto-entrepreneuriat, chrysalide de la création d’entreprise ?mandie. Sans oublier un plus vous projetez d’en autre leitmotiv, et pas des avoir – plus la création moindres : la volonté de d’une société sera avanta-experts s’accordent géné- ralement sur la nécessité d’articuler votre projet au- tour de quelques éléments clés, comme la récurrenceEt ils se conjuguent plus que jamais au pluriel : « Tout d’abord les CCI, qui sont le point d’entréestatut d’auto-entrepreneur réside dans l’impossibilité de déduire les charges de fonctionnement et de ré- cupérer la TVA, autant de freins levés dès que l’on quitte ce régime », rappelle le président.sion fine de l’évolution de son activité à moyen terme », recommande valérie le- mière. De quoi vous per- mettre de cadrer votre ré- flexion, en vous posant en amont les questions clés essentielles pour réussir une telle transformation :en création d’entreprise. »développer son activité par le biais d’investissements ou d’embauches. « Et pour cause : l’autre limite dugeuse. « D’où la nécessité d’établir un prévisionnel, mieux encore, un business plan, afin d’avoir une vi-activité et diversifier votre clientèle ? Quid des be- soins financiers propres à ce développement ? lesTRouvER LE bon Timingvous l’aurez compris, plus vous avez de charges – ouToute structure qui grossit, et change in fine de statut, se doit de créer de nouvelles relations avec son partenaire bancaireavez-vous validé votre bu- siness model ? Comment allez-vous booster votrede votre portefeuille client, la rentabilité de votre ac- tivité sur le long terme et le caractère 100% innovant de votre produit ou service. Si tous ces signaux sont au vert, alors c’est le mo- ment de passer la seconde ! « Trouver le timing adé- quat n’est toutefois pas aisé, reconnaît valérie le- mière, d’où la nécessité de s’appuyer sur l’exper- tise d’organismes dédiésnuméro un pour les por- teurs de projets, indique François Hurel, auxquels s’ajoutent les boutiques de gestion ou encore les experts comptables œu- vrant dans les centres des impôts ou recommandés par les conseils régio- naux. » Sans oublier les plateformes d’initiatives locales, collaborant en par- tenariat avec les collecti- vités territoriales et lesYoann Wenger, Co-fondateur de Sansnom Sa ligne de tee-shirts s’exporte au Japonsant avec des petites collections. Pour payer les factures des fournisseurs, nous avons demandé à nos parents de nous avancer 2000 euros. les bénéfices issus des ventes ont à chaque fois été réinvestis dans l’entreprise. Cela nous a permis de proposer une vraie collection en 2013, composée de 500 pièces. Notre travail a été remarqué, notamment à la Fashion Week, et nous avons commencé à étendre le réseau de distribution au niveau na- tional.Qu’est-ce qui vous a poussé à évo- luer vers le statut de SARL en 2014 ? le début de la reconnaissance ! Mais pas seulement. Comme l’auto-entreprise a été créée à mon nom, romain étaitinexistant dans l’affaire. il fallait rééqui- librer les rôles en nous associant à parts égales. Nous avions également un pro- blème de crédibilité face aux fournisseurs, notamment étrangers. Depuis quelques mois, nous travaillons avec des magasins japonais qui vendent nos produits. il était temps de nous structurer et de nous organiser pour passer la vitesse supérieure. Aujourd’hui, nous cherchons des locaux, mais aussi des capitaux pour financer notre prochaine collection, qui proposera des vêtements techniques de sport. Nous poursuivons toutefois nos études car rien n’est jamais gagné : nous nous donnons trois ans pour réussir.Valérie FrogerComment vous est venue l’idée de créer votre marque de vêtements Sansnom ?Un peu par hasard, comme ça au feeling. lorsque j’avais 16 ans, j’avais un petit boulot dans une boutique de vêtements à lyon et je m’intéressais au milieu de la mode et de la photo. J’ai commencé par créer deux tee-shirts avec des repro- ductions de graphes, en m’inspirant du streetwear et de la culture skate. le patron de la boutique a adoré, et avec romain Sabatier, mon ami et associé, nous avons lancé une première série de34 Avril 2015100 tee-shirts. Tout a été vendu en l’es- pace en quelques semaines.Pourquoi avez-vous choisi l’auto-entrepreneuriat ?Nous étions encore lycéens, sans argent, ni expérience mais nous souhaitions un cadre légal pour vendre nos articles. C’est important vis-à-vis des fournisseurs et des clients. l’auto-entrepreneuriat s’est imposé de lui-même, par sa simplicité. Je me suis inscrit en 2011. Pendant deux ans, nous avons continué comme ça, en bricolant un peu et surtout en nous amu-Œ]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Auto-entrepreneurs qui ont réussi et changé de statutPhilippe Carrez, président de Subocéana Plongée dans le grand bain en 3Dpour me consacrer à plein temps au pro- jet. » Philippe Carrez multiplie les contacts, parcourt les salons, développe de nouveaux outils et remporte plusieurs concours à la création d’entreprise. rapidement, il atteint le plafond de chiffre d’affaires de 32000 euros (ndlr : 32900 euros au- jourd’hui) et se heurte aux limites du ré- gime. « J’ai été confronté à un problème de crédibilité face à mes concurrents et j’ai eu besoin d’inclure la TVA dans mes factures client. » En 2011, conseillé par un avocat, il bascule en Société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) avec un capital de 10000 euros, pourmoitié financé grâce à un concours. « Sur les marchés innovants, c’est la forme ju- ridique la mieux adaptée pour lever des fonds. » Car la petite start-up, lancée avec 3 francs 6 sous, doit aujourd’hui fi- nancer une croissance exponentielle. Avec sept embauches en deux ans et un chiffre d’affaires prévisionnel de 600 000 euros en 2016, Philippe Carrez a changé de casquette. « Je joue dans la cour des grands maintenant, avec les préoccupa- tions d’un vrai chef d’entreprise... » Pro- chaine étape : lever 300 000 euros auprès d’investisseurs privés.VFla Bretagne, la mer et... l’auto-entre- preneuriat ! voilà le tiercé gagnant de Philippe Carrez, fondateur de Subocéana dans les Côtes-d’Armor. En 2009, ce fana de plongée profite de la création du régime pour réaliser son vieux rêve : proposer des visites virtuelles des fonds marins. « Je voulais tester mon idée sans prendre trop de risques. Et surtout éviter le casse-tête des démarches administra- tives. » Par précaution, il conserve sonposte d’ingénieur aux 4/5e et commence à bidouiller dans son garage. Modélisation en 3D, simulateur de plongée, logiciels de réalité augmentée... les travaux du Géo Trouvetou breton font vite le buzz. ils tapent d’ailleurs dans l’œil de la fédé- ration américaine de plongée, Professional Association of Diving instructors (PADi), qui lui passe commande d’un logiciel de simulation. « Avec ce premier contrat, j’ai commencé à y croire. J’ai démissionnéJ’aime ma boîtepar Sophie de menthonGuillaume Le Grand, co-fondateur de Towt (Trans Oceanic Wind Transport) il relance le transport de marchandises à la voilePrésidente d'ETHiC lPrésidente de SDME Membre du CESEQue se passe-t-il lorsqu’un analyste de données « oil and gas » chez Bloomberg se passionne pour le déve- loppement durable ? il crée un pipeline écolo ? il invente un procédé de récupération d’énergie éolienne ? rien de tout ça ! Guillaume le Grand, « voileux » depuis sa tendre enfance, a remis au goût du jour le transport de marchandises à la voile sur des vieux gréements. « C’est un peu fou comme projet mais face à l’épuisement du pétrole, le transport maritime re- présente la seule alternative d’avenir. » En 2011, conforté par les résultats d’une étude de marché confiée à des étudiants de l’ESC Clermont-Ferrand, il devient auto-entrepreneur et crée ToWT. « J’ai perçu ce statut comme un tremplin. Je voulais y aller douce- ment et évoluer pas à pas avant de faire le grand saut. » les premiers clients – des coopératives agricoles, des producteurs de vins, des magasins bio... – mordent à l’hameçon et les premières traversées commencent. Sur les côtes françaises mais aussi à l’étranger avecdes transatlantiques. « Nous faisons voyager du café, des fèves de cacao, du rhum, des fruits... Tous les pro- duits que nous affrétons sont labélisés « transportés à la voile ». En trois ans, nous avons effectué 38 traversées, ce qui représente une économie de 220 tonnes de Co2 ». Flirtant dangereusement avec les plafonds de chiffre d’affaires, Guillaume le Grand choisit de passer en SArl en juillet 2014. Un chan- gement de cap indispensable. Notamment pour financer la construction d’un bateau. « Jusqu’à maintenant, nous louions des voiliers à des propriétaires. La pro- chaine étape sera de lever des fonds pour construire un trois mâts capable de charger 1000 tonnes de mar- chandises. » En attendant, la société fait son bonhomme de chemin : elle a intégré la pépinière Sévellec au sein du technopôle Brest iroise et a embauché deux salariés. Quant à son capitaine, il espère quadrupler le chiffre d’affaires d’ici deux ans.VFnécessite de lourds investissements. Je le savais et je m’étais bien renseigné. » il fait le tour des aides finan- cières et décroche 65000 euros de prêts d’honneur auprès d’initiative France, de réseau Entreprendre et de Michelin Développement. « Le fait que le dossier soit validé par des professionnels de la création m’a aidé à convaincre les banques. » résultat : une ligne de crédit de 80000 euros supplémentaires. Et une en- treprise avec une offre diversifiée allant de la prestation de service à la fabrication. Cosmetosource a réalisé 95000 euros de chiffre d’affaires en 2014 et embauché trois personnes. Michael Klein ne compte pas s’arrêter là : un troisième étage de la fusée est à l’étude avec la création d’une nouvelle société, orientée sur les aspects médicaux de la cosmétique. Pas question d’auto-entre- preneuriat cette fois-ci. « Ce sera une société, de type SAS, pour lever des fonds et accueillir des investisseurs » précise Michael Klein, en créateur désormais averti.VFAdoptez la FiSH Philosophy !a FISH! Philosophy, inspirée de l’expérience du marché aux poissons de Pike Place à Seattle, permet de transformer le mal être en bien-être pour ranimerl’énergie, la créativité et l’enthousiasme qui sommeillent en nous. Elle étudie notre potentiel en tant qu’être humain à pouvoir changer le cours des choses par nous-mêmes. Pour adopter cet état d’esprit, d’abord, aimez ce que vous faites : c’est avant tout tenter de rendre une activité rébar- bative la plus stimulante possible. on ne choisit pas tou- jours son métier mais on peut toujours choisir comment l’exercer. là est la clé du succès !Michael Klein, gérant de CosmetosourceDix mois de test avant de créer son labo de cosmétiquesEnfin, effectuez une réflexion personnelle sur ce qui pour- rait vous permettre de vous sentir heureux au travail et à y prendre du plaisir.la FISH! Philosophy permet de renforcer les liens au sein de l’équipe avec laquelle vous travaillez, avec vos clients ou simplement les gens que vous aimez. C’est donc en dé- veloppant ce savoir-être que vous parviendrez à trouver le bien-être. En effet, pour faire la différence et prospérer dans cette nouvelle ère, il est nécessaire de maîtriser des qualités jugées auparavant frivoles : l’empathie, la joie, l’inventivité et la recherche de sens.le parcours est sans faute, propre, net et carré. Après dix ans de salariat en laboratoire pharmaceutique, Michael Klein décide de se mettre à son compte en 2013. Sa feuille de route est toute tracée : commencer par du conseil aux industriels cosmétiques (certification, procédure de mise sur le marché, réglementation) avant d’évoluer vers la création d’un laboratoire de fabrication de compléments alimentaires et de soins du corps. « J’avais besoin de valider le projet, de vérifier s’il gé- nérerait du chiffre d’affaires et de tester la réaction des clients sans pour autant prendre trop de risques. » il opte pour le régime de l’auto-entrepreneur et contacte une poignée de prospects issus de son carnet d’adresses. « L’activité a tout de suite décollé et en moins de 10 mois, j’ai dépassé le plafond de chiffre d’affaires. » Fin du premier round. Début de la seconde manche. Michael Klein transforme l’auto-entreprise en SArl début 2014, avec la ferme intention de mener à bien son projet de départ. « La création d’un laboratoireUne combinaison de circonstances externes et de volonté interne peut ramener cette recherche de sens à la surface : la fameuse FISH! Philosophy ! Toutes ces aptitudes mè- nent au bien-être, à créer ses propres opportunités et pous- sent donc à ENTrEPrENDrE SA viE car entreprendre n’est pas exclusif aux créateurs d’entreprises, de sociétés. Entreprendre est l’acte d’oser réaliser ce qui nous pas- sionne. C’est en entreprenant que l’on devient entrepre- neur.Si vous avez tout compris sur la FISH! Philosophy, alors vous n’hésiterez pas à célébrer « J’aime ma Boîte » le jeudi 1er Oc- tobre 2015. www.jaimemaboite.com36 Avril 2015]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frUn accompagnement d’autant plus nécessaire, qu’il vous aidera, notam- ment, à choisir le statut juridique le plus adapté à votre situation. Car une alternative se pose alors à vous : conserver le statut d’entreprise individuelle (Ei), en optant pour un régime réel simplifié, ou bien créer une société (SArl, SA, SAS,...). « Nos membres sont gé- néralement aussi nom- breux à s’orienter vers l’une ou l’autre solution », indique François Hurel. Dans le premier cas – le plus aisé à mettre en œu- vre – « l’intéressé reste un entrepreneur indivi- duel, son numéro Siret étant ainsi conservé. En revanche le régime d’im- position change : les charges sociales, désor- mais déductibles, sont cal- culées différemment d’une année sur l’autre, sans oublier la possibilité d’amortir les investisse- ments matériels en inté- grant désormais la récu- pération de la TVA dans sa comptabilité », détaille valérie lemière. Dans le second cas, vous pouvez vous associer ou faire en- trer des investisseurs au capital. Selon la structure choisie, votre responsabi- lité financière et juridique, votre couverture sociale ou encore votre régime fiscal différeront large- ment. « En cas de création de société, il convient de procéder à moult forma- lités. Tout d’abord, effec- tuer la radiation de l’en- treprise individuelle, le régime d’auto-entrepre- neur étant rattaché à ce statut. Et surtout imma- triculer la nouvelle so- ciété », développe Fran-votre activité et vos éven- tuels actifs corporels et incorporels vers la nou- velle entreprise, sans ou- blier de certifier vos ap- ports en nature. Pour vous faire accompagner lors de la préparation d’un tel chantier, n’hésitez pas à faire appel – au-delà de l’expert-comptable – à l’Urssaf, ou tout réseau d’accompagnement. « Car l’entrepreneur va vérita- blement basculer dans un tout nouvel univers admi- nistratif et comptable, avec par exemple, un bilan annuel à effectuer. En amont, il devra ainsi veil- ler à remettre à jour l’en- semble de ses déclarations fiscales, contrats, factures, etc., souligne valérie le- mière. D’où l’intérêt, pour faciliter un tel change- ment, d’attendre le 1er jan- vier de l’année suivante, plutôt que de perturber l’exercice comptable de l’année en cours. » Un tel changement de régime sera aussi l’occasion de doper votre crédibilité au- près des banques et des partenaires. « Car toute structure qui grossit, et change in fine de statut, se doit de créer de nou- velles relations avec son partenaire bancaire, ana- lyse valérie lemière, ne serait-ce qu’en profitant d’une telle opportunité pour se refinancer en mon- tant des dossiers de prêts. » on l’aura compris, exit donc les pratiques d’au- tofinancement souvent lé- gion chez les auto-entre- preneurs ! « L’entreprise nouvellement créée est désormais tenue de géné- rer du chiffre, sa priorité est donc le développement de son business, ce quiCharles CohenCréer aujourd’hui - Auto-entrepreneurs qui ont réussi et changé de statut ClUB ENTrEPrENDrECCi, permettant l’accom- pagnement de A à Z des entrepreneurs. Du mon- tage du projet au suivi en post-création, en passant par le parrainage et l’octroi de prêts d’honneur, sans intérêts ni garanties (taux 0%). vous y trouverez donc un panel d’outils à votre disposition : forma- tions en management, conseils fiscaux et juri- diques, aides à l’obtention de prêts bancaires...çois Hurel, en rappelant la nécessité de déposer sa demande d’immatricula-suppose le recours à moult solutions de financement pour embaucher, investiraccompagner dès l’élabo- ration du business plan. Mais également après. Und’activité, combien de commerciaux dois-je em- baucher et comment lesles auto-entrepreneurs qui veulent prendre leur envol affichent-ils vraiment un tel niveau de maturité ? « Ce n’est pas toujours leL’alternative ? Conserver le statut d'entreprise individuelle (EI), en optant pour un régime réel simplifié, ou créerune société (SARL, SA, SAS,...)cas, rec.liste, même si une cible nous intéresse parmi ce public : les auto-entrepre- neurs qui se sont initiale- ment appuyés sur un tel régime souple et accessi- ble pour bel et bien tester in fine leur future entre- prise. »onnaît la spécia-Ei ou SARL ?tant un écueil : se retrou- entrepreneurs ayant certes Quels dépôts de brevets doPER SA ver avec une trésorerie un projet déjà bien ficelé, indispensables ? Etc. », CRédibiLiTé négative ! », complète mais soucieux d’obtenir illustre Hélène Griveaud Une fois la structure choi- cette dernière. C’est dire des conseils plus opéra- directrice de réseau En- sie, il importe de transférer la nécessité de vous faire tionnels : sur tel secteur treprendre Auvergne. Toustion auprès du Centre de dans de nouveaux équi- créneau sur lequel surfe trouver ? Quid des assu- formalités des entreprises pements, financer ses le réseau Entreprendre : rances nécessaires si je (CFE). stocks, et ce, tout en évi- « Nous accompagnons les me lance dans la chimie ?Avril 2015 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Business guides - La prévention chez les mutuelles et assurances santéDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantAssureurs aux petits soinsQEn matière de santé, la prévention est encore réduite à portion congrue en France. Mais mutuelles et assurances se(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsui l’eût cru ? Après un réveillent et prennent les entrepreneurs et salariés par la main... un impact intéressant sur lesaccident cardiaque, rien salariés. Ils nous ont accom-38 Avril 2015de tel que le retour au pagnés dans l’animation d’un travail. C’est un médecin qui atelier sur les bienfaits de l’ac-le dit, en l’occurrence le Dr. Marie-Claire d’Agnosa-Boiteux (Le Quotidien du Médecin, 5 juin 2012). De quoi tordre le cou à l’idée reçue que dans ces cas, seule l’inactivité gé- nérale est à prescrire. lorsque le cœur le permet, on recom- mande au patient de reprendre son activité professionnelle un mois après la sortie de l’unité de soins intensifs. Dans la pra- tique, seulement 70% d’entre eux sont de retour chez leur employeur dans les trois mois qui suivent l’événement, les blocages psychologiques, so- cio-économiques et profession- nels étant les raisons principales de ce décalage. Heureusement, l’information, la prévention et les bons ré- flexes qui préservent la santé s’imposent peu à peu dans les entreprises comme un remède dans l’intérêt de tous, boule- versant les pratiques et les idées. Mais la route est longue. « La protection sociale et les démarches de santé ne sont pas la préoccupation centrale au sein des directions d’entre- prise. Et lorsque des offres sont mises en place, le volet préventif n’est pas la priorité », constate Alexis de Saint-Albin, directeur du développement international au sein du spé- cialiste de la protection sociale Humanis. l’institut de re- cherche et de documentation en économie de la santé (irDES) et la Direction de la recherche, des études, de l’éva- luation et des statistiques (DrEES) estiment les dépenses de prévention à 6,5% des dé- penses totales de santé. Des efforts intéressants mais qui restent bien insuffisants pour réduire drastiquement certains coûts.« Pourquoi ma mutuelle n’a-t-elle pas pensé à renforcer en prévention les vis de mon étagère ? »tivité sportive. Désormais, nous organisons chaque année une semaine de la sécurité, avec des thématiques variables mais un objectif commun : prévenir des risques sanitaires », pour- suit Stéphanie rebillard. l’accompagnement par les as- sureurs en termes de prévention prend des formes toujours plus variées, parfois proches du sur- mesure, entre volonté de sen- sibilisation de l’un et attentes de l’autre. Chez l’équipementier automobile inergy, c’est une véritable relation au long cours qui s’instaure avec Harmonie Mutuelle. « La mutuelle nous propose des articles relatifs à la santé, que nous diffusons dans nos journaux d’entreprise. Une campagne d’affichage a par ailleurs été mise à notre disposition dans le but d’in- former les salariés sur les coûts des soins, indique vincent Dus- sac, directeur des ressources humaines chez inergy. L’idée était de mettre l’accent sur l’importance de demander des devis aux professionnels de santé, de clarifier les choses au sujet des tarifs en vigueur qui peuvent être un frein aux démarches. Un autre volet a porté sur le diabète. A l’occa- sion d’un atelier sur ce fléau, des tests de dépistage ont été pratiqués et des conseils sur l’hygiène de vie prodigués. » les directions des entreprises sont de plus en plus invitées à se mettre à l’écoute du contexte personnel de leurs salariés, dont les conséquences s’ex-ConSCiEnCE PLuS AigüE dES déSAgRémEnTSSelon l’assureur Malakoff Mé-depuis 2001, quelle que soit leur taille. Pourtant, seulement 56% d’entre elles l’avaient réa- lisé en 2014. Parmi celles-ci, 68% l’actualisent régulièrement et 50% instaurent des plans d’action.occasionnant une cessation d’activité. Plus grave : la durée de ces arrêts de travail est en hausse constante au fil des an- nées. Plusieurs études ont révélé les bénéfices d’un exercice physique régulier sur les lom- balgies. Un message que l’as- sureur santé Harmonie Mutuelle s’efforce également de faire passer. « Leur expertise a euprime.voire tragiquement, au sein de leur vie professionnelle. 20% du personnel des entreprises françaises souffrirait par exem- ple d’une maladie chronique. Un fléau en constante aggra- vation, et qui peut singulière- ment compliquer le quoti- dien.déric, actuellement, un salarié sur trois est arrêté au moins une fois dans l’année pour une durée moyenne de 12 jours. « La situation évolue. Les di- rigeants prennent conscience de la nécessité de prendre ces questions à bras le corps, de combattre les problèmes avant qu’ils ne surviennent », re- marque Alexis de Saint-Albin. le Document unique (DU), dans lequel doivent être for- malisés les efforts des entre- prises en la matière, est obli- gatoire dans toutes les sociétésils représentent pas de moins de 85% de l’ensemble des ma- ladies professionnelles. Plus de 40000 personnes souffrant de TMS sont indemnisées par l’Assurance maladie chaque année pour un coût de 900 millions d’euros. Freudenberg Joints Elastomères est une en- treprise qui fabrique des joints étanches pour le secteur auto- mobile. Une forte majorité de ses salariés sont des ouvriers soumis à des gestes répétitifs dans leur travail quotidien, source de problèmes sanitairesl’entreprise et à mettre en place des actions correctives. Nous travaillons pour cela avec des ergonomes. »Les troubles musculo-squelettiques représentent 85% de l’ensemble des maladiesBon nombre de ces missions concernent les troubles mus- culo-squelettiques (TMS) qui font figure de mal du siècle.Mathieu Neuprofessionnelles...récurrents. « Nous participons à un programme sur les TMS, avec le concours de la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT), explique Stéphanie rebillard, responsable des ressources hu- maines au sein de la société. Il s’étale sur trois ans, de 2014 à 2017, et vise à identifier les raisons de ces troubles dansnt souvent tardivement,RôLE d’ACComPAgnEmEnT dES muTuELLESAu classement des pathologies les plus répandues dans les en- treprises, les lombalgies figurent également en bonne place. Elles sont à l’origine d’environ 176000 accidents de travail avec arrêt, soit 25% de l’en- semble des accidents de travailCahier pratique n°1 - Mutuelles santé]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Business guides - Cadeaux d’affairesSurprise anticipéeEntre les dernières modes et les indéboulonnables, le marché des cadeaux d’affaires brille par sa diversité... Quelques éclairages pour trier le bon « gift » de la vraie camelote... Jacques DonnayMots-cléschose de convenable. Un coffret de trois macarons Ladurée va produire son effet sans être hors de prix », souligne Nathalie Cozette, directrice d’omyagué.adressent un cadeau d’affaires à un étran- ger, il est conseillé de redoubler de vigi- lance et de s’informer sur les usages du pays. En Amérique latine, la pratique est couramment admise, alors que dans les pays anglo-saxons, vous pourriez éveiller des soupçons de corruption. le choix du cadeau d’affaires est, en re- vanche, plus simple car la french touch séduit à coup sûr.1 2 3Le Made in France Le cadeau écologique Le cadeau solidaireEnTRE30ET65€PAR PERSonnEFaire appel au haut de gamme, c’est aussi s’inscrire dans la tendance actuelle du « faire moins mais faire mieux ». Aujourd’hui, on privilégie la qualité. Ce critère se classe d’ailleurs dans le top 3 des critères de sélection : prix (61%), qualité (49%), originalité (45%). Côté prix, 38% des entreprises interrogées par omyagué annoncent un budget com- pris entre 30 et 65€ HT par personne et 28% un budget inférieur à 30€ HT par personne. En misant sur l’originalité, l’entreprise souhaite se différencier et marquer les esprits. Une démarche pas toujours facile et surtout à risques. C’est sans doute pour cette raison que les ca- tégories de produits des cadeaux d’affaires restent classiques. les produits gastro- nomiques, les champagnes et vins, les accessoires de bureau, les accessoires de mode, la maroquinerie et la bagagerie, et les produits high-tech composent ainsi le quinté de tête. « Les cadeaux high- tech, le made in France et les produits gourmands restent très demandés », confirme Nathalie Cozette. Tous ces pro- duits seront, dans leur écrasante majorité, personnalisés au nom de l’entreprise qui offre le cadeau.D4 Le cadeau technologique5 Coffret cadeau... personnaliséun CLiEnT CoûTE 5 FoiS moinS CHER à FidéLiSER qu’à ConquéRiR...Pour faire votre choix, deux salons spé- cialisés sont organisés chaque année : le salon omyagué et Affaire de cadeaux. « En décembre dernier, nous avons créé une conciergerie du cadeau d’affaires pour conseiller et orienter nos clients. Nous leur apportons notre expertise en leur soumettant des marques et des pro- duits qui peuvent répondre à leurs be- soins », ajoute la directrice d’omyagué. N’oubliez pas que quelques règles fiscales s’appliquent aux cadeaux d’affaires : une charge déductible du bénéfice im- posable, un seuil de récupération de la TvA fixé à 65€ TTC par année et desti- nataire, et une taxation des cadeaux d’af- faires.estiné à un partenaire, qu’il soit quatre secteurs se distinguent cependant : client, prospect ou fournisseur, banque/finance/assurance (17%), com- pour le remercier et le fidéliser, munication/culture (14%), commerce/dis-ou destiné à un collaborateur méritant tribution/négoce (10%) et services (10%).pour le motiver, le récompenser ou mar-quer un événement, le cadeau d’affairesest une pratique largement répandue,qui obéit à quelques règles et même cer-taines modes. Gare à l’impair qui porteraitpréjudice à l’image de l’entreprise etpourrait compromettre une relation.D’après l’étude 2014 du spécialisteomyagué, les principaux objectifs ducadeau d’affaires sont de stimuler et mo-tiver les partenaires et collaborateurs(45%), remercier d’un geste commercial(42%), fidéliser et entretenir l’amitié(41%), célébrer Noël ou Nouvel An(27%), marquer un moment fort de l’en-treprise comme un anniversaire ou undépart à la retraite (25%). Si les entreprisesadeptes des cadeaux d’affaires évoluentdans des secteurs d’activité très variés, budget, il est possible de faire quelque Pour les entreprises exportatrices quiAutre constat, la forte proportion de grands comptes au détriment des TPE, PME et ETi. Pourtant, contrairement à une idée reçue, les cadeaux d’affaires sont accessibles à la plupart des entreprises en raison de la politique de prix déve- loppée par les fournisseurs, y compris dans le haut de gamme.Fiction : la valse-hésitation de Paul Dubois Conversation fictive entre Paul Dubois, dirigeant d’une PME de 30 personnes, et luc Caillot, directeur des achats.Pour viser juste avec un cadeau d’affaires, il faut s’adapter à sa cible et donc si pos- sible connaître son âge, ses loisirs et ses goûts. ou alors offrir des cadeaux de grandes marques qui sont des valeurs sûres, synonymes de raffinement. En se tournant vers ces marques de luxe, l’en- treprise s’approprie en partie leur image et témoigne de l’estime portée au desti- nataire du cadeau. « Même avec un petitEt si vous vous interrogez encore sur le bien-fondé des cadeaux d’affaires, sachez qu’il est cinq fois moins cher de fidéliser un client que d’en conquérir un nou- veau...« Nous allons clôturer notre exercice sur un chiffre d’affaires équivalent au précédent exercice. Ça n’a pas été facile, mais nous nous sommes maintenus grâce au soutien de notre client principal. Je voudrais remercier le directeur, Philippe Bras, de sa fidélité. Qu’en pensez- vous luc ?environnementale ? 2Ce type de démarche me parle, mais ça ne conviendra pas à M. Bras qui n’adhère pas vraiment à ce qu’il nomme lui-même le « greenwashing ».Nous pourrions peut-être opter pour un cadeau solidaire qui se rapproche de nos valeurs ? 3C’est une option intéressante. Sinon, orientons-nous vers un produit high-tech ?oui, le multimédia est tendance et utile, mais je crois que M. Bras est bien équipé en tablette tactile, étui iPad ou smartphone. 4Ne pourrions-nous pas trouver une offre qui lui laisse le choix, même si c’est plus impersonnel ? 5Je vais étudier ce qu’il existe dans ce domaine.oui, faites une rapide étude de marché et revenez me voir avec quelques propositions. Je vous remercie. Je n’aurais jamais pensé qu’il puisse être si difficile de trouver un cadeau d’affaires !C’est une excellente idée. Avez-vous déjà réfléchi au cadeau que nous pourrions faire ?Je sais qu’il aime changer de montre régulièrement. Nous pourrions peut-être nous tourner vers un fournisseur en Asie pour bénéficier d’un tarif abordable ?Cela me paraît être une fausse bonne idée. Sur ce type de produit, mieux vaut miser sur la qualité, car il en va de notre image. imaginez que la montre tombe en panne au bout d’un mois !Hum, vous avez raison, mais nous risquons d’être hors budget avec du made in France 1 . Que suggérez-vous ? Pourquoi pas un cadeau équitable associé à une initiativeToute l’année certains à l’imagination fertile s’entraînent à en recevoir...40 Avril 2015Cahier pratique n°2 - Cadeaux d’affairesŒ]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Business guides - Cadeaux d’affaires 2les fournisseurs de cadeaux d’affaires sont pléthoriques et le choix des produits est tout aussi vaste. voici cinq grandes familles deLE CAdEAu éCoLogiquE1cadeaux d’affaires dans l’air du temps... LE mAdE in FRAnCEincontournable il y a quelques années, le cadeau « écolo » fait aujourd’hui moins recette, mais reste une valeur sûre en montrant le côté citoyen et engagé de l’entreprise. A côté des sacs de voyage et autres vins estampillés bios, d’autres initiatives vertes émergent.le cadeau made in France est la grande tendance du moment. Avec la crise, le chômage, les difficultés écono- miques, choisir un produit français, c’est aussi faire acte de patriotisme économique. Et comme l’heure est à la qualité du produit plus qu’à la quantité, le made in France se démarque.offrir des chocolats issus du commerce équitable tout en permettant la plantation d’un cacaoyer en Equateur, c’est valorisant ! Grâce à un code imprimé sur chaque cadeau, le bénéficiaire plante son arbre sur la forêt numérique de l’entreprise qui le lui offre, avant que l’arbre ne soit réellement planté, sur lereforest’Action, spécialiste de la reforestation en France et dans le monde, permet aux entreprises d’agir concrètement en faveur de l’environnement à travers une démarche originale. A chaque cadeau est associée la plantation d’un arbre en France ou dans le monde. « Nos cadeaux séduisent de plus en plus d’en- treprises qui veulent mettre du sens dans leurs achats », affirme Stéphane Hallaire, fondateur et dirigeant de reforest’Action.terrain, dans l’H3LE CAdEAu SoLidAiREexagone, au Pérou, en inde...Une tendance que nuance vanessa Gabiller, co-gérante d’Avenir Communication : « Le made in France, avec un bon rapport qualité/prix, fonctionne bien ; mais le made in France trop cher ne passe pas. Nous proposons de la fa- brication française sur de l’horlogerie, de la coutellerie, des accessoires de bureau ou des paniers gastronomiques. En revanche, nous ne sommes pas en mesure de présenter du made in France à prix accessible sur des parapluies par exemple ».Faire plaisir et en retirer un avantage fiscal, c’est possible. Certains spécialistes du cadeau d’affaires travaillent avec des entreprises adaptées (EA) et des établissements et services d’aide par le travail (ESAT) qui emploient des personnes handicapées.Avenir Communication fait figure de précurseur dans ce domaine car l’entreprise s’est positionnée sur ce créneau dès 2009-2010. « Le made in France plaît surtout aux comités d’entreprise qui veulent promouvoir l’emploi français et aux grands groupes qui représentent l’image de la France », complète vanessa Gabiller.« Nous collaborons avec des ESAT qui fabriquent directement certains produits que nous vendons et nous collaborons aussi avec des ESAT qui peuvent conditionner les produits à expédier », explique romain Darmagnac, responsable d’exploitation d’Andikado. l’entreprise propose essentiel- lement des coffrets gourmands composés de terrines, foies gras, vins, chocolats, etc., produits par les ESAT partenaires. « Notre gamme de prix varie de 25 à 90 € », précise romain Darmagnac.4Presque un classique mais toujours apprécié, le cadeau technologique a l’avantage de plaire aussi bien aux femmes qu’aux hommes, de toucher toutes les tranches d’âge et d’être utile. Mais une tablette tactile ou un smartphone peut manquer d’originalité.Un investissement plus que rentable puisque l’entreprise fait plaisir à son client, s’inscrit dans une démarche solidaire d’insertion professionnelle et remplit en partie son obligation d’employer des personnes handicapées à hauteur de 6% de ses effectifs. « Si l’entreprise n’emploie pas de personnes handicapées, c’est une manière de remplir partiellement son obligation et donc de réduire sa contribution à l’Agefiph », souligne le responsable d’Andikado.LE CAdEAu TECHnoLogiquEDans la palette des objets connectés mis en avant au Consumer Electronic Show de las vegas en janvier dernier, la technologie « wearable » se dé- marque. les objets technologiques portatifs, que l’on a en permanence sur soi, suscitent l’engouement. Une mode qui n’est pas passée inaperçue chez Décathlon Pro qui met en avant les bracelets connectés dans son offre de cadeaux d’affaires. « Surfant sur la vague high-tech et santé/bien- être, le bracelet connecté mesure en continu l’activité du porteur. Ce produit plus que prometteur s’adapte à tout le monde, est simple d’utilisation et pratique », analyse Thomas Selles, chargé d’opération marketing de Décathlon Pro. Pour une cible jeune et aventurière, les caméras sportives pour filmer ses exploits au ski ou sous l’eau fonctionnement également très bien.5CoFFRET CAdEAu... PERSonnALiSéPlus abordables que le bracelet connecté et la caméra et plus originales que la clé USB, les batteries ont également la cote. « Au côté des produits de la Coupe du Monde de Rugby 2015, la grande nouveauté cette année ce sont les powerbank. Ce nouvel accessoire permet de ne plus être à court de batterie sur tous les appareils mobiles du quotidien », confirme vanessa Gabiller d’Avenir Communication.Pour pallier ce désagrément et éviter la banalisation, il faut alors miser sur le packaging et re-personnaliser le cadeau. « Nous proposons un coffret stylisé avec le logo et une carte de l’entreprise pour produire un vrai impact. Notre gamme de coffrets varie de 52,90 € à 589 € », décrit Yolande large, fondatrice de liberty&Co qui expédie plus d’un million de cadeaux par an. les coffrets les plus haut de gamme contiennent même une bouteille de champagne.En donnant la liberté de choisir, peu de risque de se tromper. le coffret cadeau qui permet d’accéder à un large choix paraît donc idéal. Cadeau utile avec l’électroménager ou cadeau plaisir avec un massage ou un baptême de pilotage, la vitrine de cadeaux offre une plus grande garantie de succès. Mais c’est aussi une option plus impersonnelle pour laquelle l’entreprise qui offre s’est moins investie.Gain de temps et certitude de faire plaisir sont les deux atouts majeurs de l’offre packagée.42 Avril 2015Cahier pratique n°2 - Cadeaux d’affaires]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[Cadeaux d’affffairesFaites plaisir à tous,même à ceux qui sont loin.80 COFFRETS LIVRÉS EN FRANCE ET EN EUROPE*Pour vous conseiller : 480 Magasins et sur www.nicolas.com Renseignements au 01.41.73.55.69 ou nicolas-direct@nicolas.com*Sous 48h/72h en France, et sous 4 à 8 jours en Europe.L’ ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION.FidélisationStimulation-IncentiveSéminaire et CE...]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Business guides - Flottes auto et technologie44 Avril 2015giques. Ainsi, assiste-t-on à des rapprochements entre pro- fessionnels d’obédiences di- verses. Du flirt timide des premières collaborations au mariage de raison que consti- tue l’open Automotive Al-Nvidia y a démontré l’effi- cacité de deux puces conçues pour analyser les données captées par des caméras em- barquées. Un prélude néces- saire à la voiture autonome où tout est analysé : détectiontacle dont les sièges peuvent pivoter pour former un salon roulant. la location de li- mousines a de quoi s’inquiéter à l’avenir... le géant des té- lécom français orange est ainsi fournisseur de carte SiMÊtre à tout instant connecté. Si cet objec- tif a depuis quelques annéesmis«lapuce»à l’oreille des constructeurs au- tomobiles, leur marche vers le progrès technologique ré- sulte principalement de l’avè- nement des smartphones. En parallèle du chantier d’aveniret la connectivité pour toujours plus de services côté usagers.Fantasmes embarquésComment réconcilier le téléphone et la voiture ? la réponse par l’éléctronique embarquéeles dernières avancées tech- nologiques déjà dans les usages et les enjeux de l’ave- nir proche. Décodage.liance, il n’y a eu que quelques pas à faire. l’enti- chement des constructeurs pour les géants du high-tech accouche doucement mais sû- rement d’une techno-mobile à la croisée des fantasmes de la voiture intelligente et au- tonome et du pragmatisme des véhicules actuels confron-piétons et véhicules, analyse des feux, évitement de tra- versées impromptues de dahus et d’obstacles en tout genre... Côté constructeurs, Mercedes ou Audi, pour ne citer qu’eux, ont présenté leur voiture au- tonome : le modèle A7 a ainsi couvert une distance de 900 kilomètres sans embûches.pour la tablette r-link et vient de déployer en avant- première la 4G au sein des sites de recherche et d’expé- rimentations de renault. « L’objectif ? Permettre aux équipes des deux partenaires de tester en situation réelle les usages permis par le très haut débit mobile tels que les très attendus bureau virtuel, cloud gaming et même visio- conférence. Une première ex- périmentation est en cours sur le prototype NEXT TWO (voiture autonome) développé sur base Renault ZOE », pré- cise Johnny Jorge, responsable contenus et projets Auto-mo- bile chez orange Business Services. l’arrivée de la 4G améliore donc les débits et offre une plus grande richesse en terme de contenus (radio, musique, podcast). Mais pas seulement. Développé par Toyota, Alcatel lucent, At- lantics record et QNX Soft- ware Systems, le lTE Connected Car via le « ng Connect Program » ambi- tionne par ailleurs de déve- lopper la voiture de demain à partir de cette technologie et d’ouvrir de nouveaux sys- tèmes de services qui com- prendraient un réseau intelli- gent relié à tous les capteurs de la voiture, capable de pro- poser des services inédits en fonction de la géolocalisation du véhicule ou de l’état d’es- prit des passagers, et ce à l’aide d’une caméra embar- quée et de deux écrans tactiles haute définition. Aussi, les annonces faites en mars au Mobile World Congress de Barcelone, notamment sur la 5G, ouvrent-elles de nouvelles perspectives, notamment sur la communication de véhicule à véhicule ou de véhicule vers infrastructures. « Demain, nos voitures interagiront entre elles pour nous prévenir d’un danger, ou avec les feux tri- colores pour fluidifier le tra- fic », continue Johnny Jorge. imaginez-vous, dans quelques années, vous insérer sur la place de l’Etoile sans prier pour votre salut parce que votre véhicule préviendra sonFAnTASmES AvAnT- gARdiSTESSi les allures de la voiture de demain restent encore floues – les voitures carrées des an-J’attends ma voiture partie faire des coursesque constitue le changement énergétique de nos véhicules, l’informatique embarquée et la connectivité des voitures caractérisent l’autre levier majeur des évolutions de cette industrie. le champ des pos- sibles semble infini : voiture autonome, salons voire bu- reaux roulants, cloud gaming et relations « machine to ma- chine » pour un trafic plus aisé, capteurs pour l’état de fatigue du conducteur... Au regard de ces dernières évo- lutions, nous ne serons bientôt plus chauffeurs. En attendant, EcoRéseau garde les pieds sur terre et les yeux rivés vers l’avenir en vous propo- sant une analyse croisée entrenées 80-90 ayant laissé leur place aux formes plus arron- dies des voitures actuelles –, leur intérieur se précise da- vantage au regard des der- nières avancées technolo-tés à leur inéluctable transition énergétique. En atteste la ses- sion 2015 du CES (Consumer Electronic Show) de las ve- gas, vitrine mondiale des usages à venir. la sociétél’équipementier tricolore va- leo a aussi fait une démons- tration sur route ouverte. la marque Mercedes a présenté son concept car, le F015 pour les puristes, doté d’un habi-S’insérer enfin sur la place de l'Etoile sans prier pour son salut parce que son véhicule prévient son environnement et les autres conducteursCahier pratique n°3 - Flottes auto]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[VOLVO XC 90ÉLU «VOITURE LA PLUS CONNECTÉE DE L’ANNÉE»PROFITEZ DE NOTRE OFFRE SPÉCIALE DE PRÉ-LANCEMENTXC90 T8 TWIN ENGINE AWD - HYBRIDE RECHARGEABLE ESSENCE 7 PLACES - BOITE GEARTRONIC 8 - INSCRIPTION LUXE - FULL OPTION 400 CH - 59 GR CO2/KM - 2.7L/100KM - BONUS 3 300 EU - TVS 148 EULLD+GARANTIE+ASSITANCE244+ENTRTIENRS TTC**MODE 7 PLACESBOITE AUTOMATIQUE01 44 30 82 30 01 46 43 14 40 01 56 47 06 60 01 39 17 12 00 01 39 20 17 17 01 30 50 67 00 01 34 79 92 92ANTI COLLISION56, AVENUE DE VERSAILLES 58, AVENUE CHARLES DE GAULLE 86, AVENUE DE L’EUROPE 8, ROUTE DE ST GERMAIN 45/47, RUE DES CHANTIERS ZA PARIWEST - 8, RUE ALFRED KASTLER ZI LES CLOSEAUX - 1, RUE DES GAMELINES75 PARIS 1692 NEUILLY92 LA GAR ENNE78 PORT MARLY78 VERSAILLES78 MAUREPAS78 BUCHELAY/MANTESS/2ESERVICE VENTE AUX DIPLOMATES ET EXPAT : 01 44 30 82 21 / SERVICE FLOTTES-ENTREPRISES LLD GCV : 01 56 47 06 60* Offre de Location Longue Durée sans option d’achat portant sur un véhicule Volvo XC90 T8 Geartronic 8 Inscription Luxe avec option peinture métallisée, sur la base du tarif au 01/10/2014. Souscrite pour une durée de 48 mois et un kilométrage de 80 000 km avec un 1er loyer de 3 222,12 EUR TTC suivi de 47 loyers de 1 219,82 EUR TTC incluant nécessairement les prestations entretien - assistance, gestion des pertes totales. Carte grise non incluse. Bonus 3 300 EUR non inclus. Offre valable dans le réseau Actena auprès de Volvo Car Fleet Services jusqu’au 30/04/2015, sauf modifications du tarif constructeur, des taux financiers directeurs ou de la réglementation en vigueur et notamment de la réglementation fiscale (variation du taux de TVA, etc...). Offre réservée aux professionnels, régie par les conditions générales de location longue durée et des services optionnels disponibles auprès de TEMSYS et sous réserve d’acceptation du dossier par TEMSYS.SA au capital de 66 000 000 EUR, siège social : 15, allée de l’Europe - 92110 Clichy, RCS NANTERRE 351 867 692. Société de courtage d’assurances - Garantie financière et assurance de responsabilité civile professionnelle conformes aux articles L512-6 et L512-7 du code des assurances N° ORIAS 07 026 677. Consommation Euromix Volvo XC90 T8 Geartronic8 : 2,7L/100km – CO2 rejeté : 59gr/kmpendant 4 ans - loyer mensuel 1220 EUO]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ClUB ENTrEPrENDrE Business guides - Flottes auto et technologieenvironnement et les autres conducteurs. le meilleur reste à venir. volvo œuvre ainsi à convertir ses futurs véhicules aux paramètres mobiles pour mutualiser les contenus et in- former les conducteurs d’une place de parking vacante ou d’un ralentissement à plu- sieurs kilomètres de distance du véhicule. Nous assistons aux balbutiements du crowd- sourcing à partir des données du véhicule.tra de gagner en réactivité en matière de système intelli- gent d’urgence, d’info-diver- tissement ou d’info trafic en temps réel. Le mois de mai sera aussi l’occasion de lancer notre ConnectedDrive Store pour gagner en souplesse et permettre aux clients d’ache- ter après coup les services auxquels n’auraient pas sous- crit à l’achat de la voiture neuve. » Pour chaque constructeur, la connectivité induit aussi de nouveaux ser- vices de diagnostic à distance et de mise à jour des logiciels embarqués. lendemain de soi- rée trop arrosée ou itinéraire inconnu dans une ville pen- dant votre excursion juillet- tiste, peu importe. l’applica- tion sur smartphone pour la Tesla Model S développée par orange, par exemple, se connecte à la voiture pour la localiser puis vérifie le ver- rouillage des portes, le niveau de charge du véhicule ou en- core démarre la climatisation. Toutefois, professionnels des télécommunications et constructeurs ne voient pas toujours ces évolutions tech- niques sous le même angle. Et les points de vue divergent. l’élan des géants de la data ne peut se passer sans le consentement des télécom qui assurent la qualité de la bande passante. Un climat d’affaires qui oscille entre la complé- mentarité et la concurrence. De même, si l’avenir de l’au- tomobile dépend de sa capa- cité à se connecter, force est d’admettre que les construc- teurs ne conçoivent pas toutes ces avancées avec le même enthousiasme que leurs parte- naires informatiques. «Nos ser- vices connectés se concentrent aujourd’hui sur l’information technique au vu des volumes de données en jeu, le haut débit 4G ou 5G n’est pas en-quid dES ConCRéTiSATionSEn 2015 ?Mais qu’en est t-il de la voi- ture de M. Tout-le-monde ? Car l’on ne conduit jamais de concept-car pour aller au boulot. « Pour Orange, les concept cars que nous expo- sons lors du Mondial de l’Au- tomobile de Paris ont plus une vocation de vitrine, afin de mettre en scène les produits et services que nous commer- cialisons. Tout en apportant du rêve, nous montrons qu’il est aujourd’hui possible d’avoir une voiture connec- tée », illustre Johnny Jorge. les progrès en la matière bou- leversent déjà les usages. BMW, par exemple, a déjà bien entamé la marche vers la voiture intelligente. En si- tuation réelle, certains modèles sont capables de réaliser un créneau automatiquement. De même pour volkswagen. l’in- telligence artificielle prend progressivement la place du conducteur tandis que celui- ci devient un passager pouvant faire une autre activité durant son trajet. «Début mars, nous avons commencé à intégrer sur certains modèles les pre- mières cartes SIM 4G dans notre offre BMW Connected- Drive, précise vincent Costet, Chef de produit chez BMW. Ce montage en usine permet-Voiture autonome avec option messe dans l'habitaclecore nécessaire », explique Julien Gabbay, responsable marketing et communication au département des Services Connectés PSA Peugeot Ci- troën. les progrès en matièrecise : « Un boîtier d’appel d’urgence est installé en usine dans les voitures. Il perçoit un éventuel choc et alerte un centre d’appels qui envoie des secours si nécessaire. Ce boî-des applications: « On peut aussi utiliser les réseaux so- ciaux mais avec des accès res- treints sur certaines fonction- nalités. Pour Facebook ou Twitter, il n’est pas possibleDemain, nos voitures interagiront entre elles pour nous prévenir d'un danger ou avec les feux tricolores, pour fluidifier le traficde connectivité soulèvent aussi des enjeux de sécurité qui in- terrogent directement les au- torités européennes. Comme le bien-être du conducteur par exemple. Julien Gabbay pré-tier est connecté au réseau électronique de la voiture et comprend une carte SIM ainsi qu’un récepteur GPS. » Et vincent Costet de compléter sur la sécurisationde poster sur son mur un texte qui n’est pas déjà enregistré dans les messages prédéfinis par l’utilisateur dans son pa- ramétrage de l’application. » Ailleurs, les efforts pour48 Avril 2015Cahier pratique n°3 - Flottes auto]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frBusiness guides - Flottes auto et technologie ClUB ENTrEPrENDrEconducteur et des passa- amélioration des compor- nels de l’assurance plan- grâce aux progrès de la té- gers. Pour les entreprises, tements au volant pour l’en- chent sur des offres sur lématique. Coyote, Tom la technologie est un argu- semble des particuliers est mesure dont les tenants dé- Tom ou encore Alphabet ment de vente. « La finition d’ailleurs le prochain chan- pendraient de l’utilisation Telematics se disputent laLes forfaits d’assurance pourraient coller au plus près des pratiques grâce aux progrès de la télématique et des Coyote,rances. Un rapport gagnant- gagnant à ne pas négliger pour les gestionnaires deTom Tom ou encore Alphabet Telematicsparc.Carils’ag. faire baisser par un autre levier les coûts d’exploita- tion en prouvant que la si- nistralité baisse au sein d’un parc. la bonne conduite des chauffeurs pourrait à terme faire baisser les primes d’assurance. Et ainsi impacter le TCo.irait deexécutive, dédiée aux pro- fessionnels, inclut l’offre BMW Connected Drive, car il s’agit d’un véritable élément différenciant au moment du choix du véhi- cule dans la problématique des flottes », note vincent Costet. il s’agirait égale- ment de rendre le véhicule continuellement conscient de son environnement tout en relayant l’ensemble de ces données aux autres conducteurs et aux ges- tionnaires de parc. orange Business Services est ainsi partenaire de PSA Peugeot Citroën. lancée en avril 2014, cette solution de ges- tion de flotte sur toute la gamme de véhicules repose sur l’intégration d’un boî- tier autonome télématique, connecté au réseau interne de données des voitures (BUS CAN). Elle présente ainsi l’avantage de remon- ter automatiquement des données précises et fiables issues des calculateurs du véhicule tels que le kilo- métrage exact, les consom- mations réelles, les alertes mécaniques, le niveau de carburant. Cette solution permet également de trans- mettre les heures d’utili- sation et la géolocalisation de la flotte. « Les gestion- naires nourrissent de fortes attentes pour réduire les coûts de maintenance. Cette baisse des coûts passe par les alertes au conduc- teur pour signifier une ré- vision, l’optimisation des tournées par la géolocali- sation, l’éco-conduite, etc. Nos solutions d’eco-driving permettent d’ailleurs un suivi de la consommation, ainsi que des actions de formation pour permettre au conducteur de réduire sa consommation », ajoute Hugues de laage de Meux, responsable ventes Sociétés réseau Peugeot France. l’élargissement de cettetier de PSA. Autre enjeu enfin, celui de l’améliora- tion des prestations assu- rantielles. les profession-réelle du véhicule. En d’au- tres termes, les forfaits pourraient ainsi coller au plus près des pratiquescoupe du gâteau en tant que médiateurs d’informa- tions entre le véhicule et les compagnies d’assu-Geoffroy Frameryconnecter le smartphone au véhicule sous l’impulsion du Car Connectivity Consortium permettent de dupliquer certaines appli- cations du smartphone sur son tableau de bord en res- pectant certaines contraintes technologiques et légales. Cette technologie « Mir- rorlink » est aujourd’hui adoptée par 85 construc- teurs. Toujours en matière de sécurité, les institutions européennes se sont d’ail- leurs emparées de la ques- tion avec l’initiative « eCall » qui rendra pro- chainement obligatoire les services d’appel et de lo- calisation automatique. Un enjeu fort pour les opéra- teurs téléphoniques. l’autre question posée face à ces avancées technologiques concernera, comme chaque industrie intégrant le Big data, la sécurité et l’exploi- tation des données véhi- cules.FACiLiTER LE TRAvAiL dES gESTionnAiRESDu point de vue des pro- fessionnels, être connecté ne signifie pas seulement améliorer l’expérience duAvril 2015 49]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Le baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de rupturesLe carnet desnominationsen partenariat avec}CITRIX FRANCEGilles AzoulayMonsieur Gilles Azoulay est nommé country manager France de Citrix, à ce poste depuis février 2015. Il est ainsi chargé de renforcer la position de Citrix dans l'Hexagone à l'heure où les entreprises s'engagent dans un processus de transformation numérique et adoptent de nouveaux modes opérationnels mettant en oeuvre des solutions de mobilité, de vir- tualisation et des services Cloud. Il est ainsi responsable de la croissance et du dévelop- pement des opérations de Citrix en France, et reporte à Monsieur Eric Kline, vice-président pour l'Europe de l'Ouest.Gilles Azoulay , 53 ans, master of sciences in international business management de l'uni- versité de Surrey (1991), DUT d'életronique de l'IUT Ville d'Avray (1983), a réalisé le par- cours suivant :n 2009-2014 : Pegasystems, directeur régional Europe de l'Ouestn 2008-2009 : Invention Machine, directeur marketing Europe.n 2006-2007 : IBM Software Group, directeur marketing.n 1998-2006 : Ascential Software, directeur opérations, ventes et marketing Europe. n 1997-1998 : Leonard's Logic, responsable commercial.n 1995-1997 : USoft, responsable commercial.n 1985-1995 : Unisys, marketing manager Europe.n 1983-NC : Avions Marcel Dassault, ingénieur.Innover, ce n’est pas avoir une nouvelle idée mais arrêter d’avoir une vieille idéeEdwin Herbert Land, inventeur et scientifique américainLe monde ne sera plus jamais comme avant...Le verbatim à retenir...}MICROSTRATEGY FRANCEJean-Pascal AncelinMonsieur Jean-Pascal Ancelin est promu vice-président Europe du Nord de MicroStrategy, à ce poste depuis février 2015. Il est ainsi en charge de la France, des Pays-Bas, de la Bel- gique et des pays Nordiques.Jean-Pascal Ancelin , 53 ans, a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : MicroStrategy France, directeur général.n 2005-2010 : Information Builders, directeur commercial pour la France, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse romande.n 2003-2005 : Business Objects, directeur commercial en charge des opérations France, membre du comité de direction.n 2002-2003 : Cognos, directeur commercial France.n 2000-2002 : Cognos, responsable des ventes.n 1998-1999 : Cognos, chargé de promouvoir la suite Cognos et de développer le réseau de partenaires.n 1993-1997 : Compuware France, ingénieur d'affaires grands comptes sur les secteurs de la banque et de l'assurance.n 1989-1993 : Ares, ingénieur d'affaires, chargé du lancement du produit Arcole RH. n 1984-1989 : Genlog - Marben, notamment responsable des ventes.Un aspirateur à particules dans les parcs de PékinLe designer hollandais Daan Roosegaarde a pour projet de rendre les parcs urbains chi- nois plus respirables. Alarmé par le brouillard de pollution recouvrant Pékin – à cause notamment de l’utilisation du charbon comme principale source d’énergie –, il a conçu, avec l’aide d’experts, un système d’aspiration des particules fines à l’échelle d’un parc municipal. Le dispositifgénère un champ d’ions qui magnétisent puis aspirent les particules trop fines pour être filtrées.Générer de l’énergie et de l’eauavec des excréments humainsL’Omniprocessor a été soutenu et présenté récemment par Bill Gates en personne. La ma-chine, développée par l’entreprise d’ingénierie environnementale américaine Janicki Bioenergy, gé- nère de l’eau potable, de l’électricité et des cendres à partir de déjections humaines. Le principe estsimple : elle récolte des déchets humains, des boues d’épuration et des excréments depuis un tapisroulant qui les achemine vers un four à haute température. Elle les chauffe et récolte la vapeur qui s’en dégage.Celle-ci est ensuite filtrée et « transformée » en eau potable. De plus, la boue séchée n’est pas jetée mais brûlée afin que sa fumée alimente un générateur d’électricité. La machine s’autoalimente grâce à la combustion.Four à micro-ondes / grill / cuiseur-vapeur / cocotte-minuteLa start-up Goji Food Solutions a mis au point le premier four à micro-ondes multifonction. Grâce à une technologie de transfert d’énergie initialement destinée aux services de santé, et à des capteurs qui régu-lent les ondes en fonction des besoins de chaque aliment, le petit bijou électroménager exécute les mêmes tâches qu’un four traditionnel, un cuiseur-vapeur, un grill, une cocotte-minute et des plaques de cuisson.}THALES COMMUNICATIONS & SECURITY (GROUPE THALES)Arnaud LacazeMonsieur Arnaud Lacaze est promu vice-président offres et démonstrations activité Ra- diocommunications de Thales Communications & Security, à ce poste depuis mars 2015. Il est ainsi en charge de la direction des offres pour les produits et solutions de radio- communications (terre, air et mer) de Thales.Arnaud Lacaze , 40 ans, Polytechnique (2007), ENSPT (2000), DEA en science politique de l'université Paris-I (2000), Arts et Métiers ParisTech (1997), a réalisé le parcours suivant:n 2012-2015 : Thales, vice-président audit interne.n 2008-2011 : Ministère du Budget, des Comptes publics et de la réforme de l'Etat, chef de service projets.n 2005-2008 : Direction générale des douanes, directeur de projet.n 2003-2005 : Inspection générale des finances, inspecteur des finances.n 2000-2003 : Ministère de l'Intérieur, sous-préfet.n 1997-1998 : La Poste, ingénieur de production.}AKAMAI TECHNOLOGIESFlorence Antonio-HoppenotMadame Florence Antonio-Hoppenot est nommée regional manager, channel sales Sou- thern Europe d'Akamai Technologies, à ce poste depuis janvier 2015.}ORANGE (GROUPE ORANGE)Véronique FontaineMadame Véronique Fontaine est promue directeur des relations avec les collectivités du Gard au sein de la Direction régionale Languedoc Roussillon d'Orange, à ce poste depuis février 2015. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Salomon Botton, délégué régional Languedoc-Roussillon. Elle est l'interlocuteur du groupe auprès des maires, élus communautaires, départementaux, régionaux, parlementaires et institutionnels du Gard. Véronique Fontaine occupait dernièrement le poste de directeur de la formation pour la France pour le groupe Orange.L’innovation autrement}ALCATEL-LUCENT FRANCE (GROUPE ALCATEL-LUCENT)Thierry BasseMonsieur Thierry Basse est nommé directeur commercial d'EINEA d'Alcatel-Lucent France, à ce poste depuis mars 2015. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Philippe Masselin, président d'EINEA.Thierry Basse occupait dernièrement le poste de directeur commercial chez Cofidur EMS.« L’art naît dans la contrainte et meurt de liberté », répétait Michel-Ange. Un précepte scrupuleusement suivi à Banga- lore ou Shanghai en passant par Mexico ou Nairobi... et maintenant dans les pays développés. Les « frugal innovators » se frottent aux barrières de l’accessi-bilité difficile, pénuries de talents, ressources éner- gétiques hasardeuses, contrefaçon et surtout pouvoir d’achat encore balbutiant de la popula- tion du « bottom of the pyramid » (BOP) des re- venus. Ils prennent donc les besoins des pauvres comme point de départ et travaillent « à recu- lons ». Au lieu d’ajouter classiquement des ca- ractéristiques, ils démontent les produits pour aller à l’essentiel, et les remodèlent selon les besoins de ces clients d’un nouveau genre.Par une telle approche les identités-mêmesde la voiture ou du yaourt peuvent être révisées. Certesdes économies sont réalisées dans les process et les « input », mais il ne s’agit pas seulement de couper les coûts jusqu’à l’os. La démarche n’est pas seulement low cost, elle intègre de l’innovation pour coller aux multiples attentes de ces milliards de personnes qui ne sont pas encore consom-matrices, avec des produits robustes, pérennes, faciles d’uti- lisation, pourvus parfois des technologies les plus récentes. Navi Radjou, Français d’origine indienne basé dans la Silicon Valley, consultant en innovation qui a été speaker au TEDglobal en 2014, s’était illustré par le passé en écrivant un livre best seller « Jugaad Innovation : redevenons Ingénieux ! » (éd. Diateino, 2013), pour évoquer cette démarche originaire d’Inde. Entrepreneurs, grandes entreprises et institutions avaient montré de l’intérêt à l’époque. Gageons que son nouveau livre, « L’innovation frugale : comment faire mieux avec moins » (éd.Diateino, 2015) va rencontrer le même succès, parce qu’il dé- crit comment 50 entreprises des pays développés apprennent à travailler plus vite, mieux et moins cher grâce à cinq facteurs : la consommation colla- borative, l’économie circulaire, les Makers, le déve- loppement durable et le numérique. De quoi inspirer bon nombre de chefs d’entreprise puisque les bonnes pratiques de Renault, Auchan, Accor, SNCF, American Express, Ford, Ge-neral Electric, Pearson, Unilever... sont passées à la loupe.MC}RED HATJean-Christophe MorisseauMonsieur Jean-Christophe Morisseau est nommé EMEA storage solutions sales director de Red Hat, à ce poste depuis mars 2015. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Michel Isnard, vice-président SEMEA.Jean-Christophe Morisseau , 46 ans, executive MBA (2001) et maîtrise économie appli- quée (1991) de l'université Paris-Dauphine, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Dell EMEA, director storage solution and programs.n 2011-2012 : Dell EMEA, director solution sales Western Europe.n 2010-2011 : Dell Asia Pacific & Japan, director SMB APJ entreprise solution sales. n 2008-2010 : Dell Asia Pacific & Japan, director Dell-EMC APJ alliance.n 2002-2008 : Dell France, global account director - Axa.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?50 Avril 2015Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !L’innovATion FRugALE PASSE LA viTESSEFaites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[n°19Le vaste sujet de la recharge de téléphoneFaire revivre son mobile sans chargeur à brancher dans la prise... Une magie qui devient réalité. Panorama des diffé- rentes sources d’énergie sans fil à l’étude...www.ecoreseau.fr-Par induction :La rupture du moisLe baromètre de l’innovation STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Dates & Events : ça cogite dur...4 31 mars-2 avril 2015 : salon professionnel du transport professionnelSITL – Intralogistics Europe 2015 – Transport Next Generation :Seule l'innovation porteuse de valeur ajoutée permettra aux métiers du transport et de la logistique de relever les défis de la transition énergétique. SITL Paris et Intralogistics Europe, autour des Rail Freight Meetings et de l'espace Transport Next Generation, se mobilisent autour de cet enjeu, d’autant plus que Paris est en 2015 la Capitale mondiale de la lutte contre les changements climatiques avec la tenue de la conférence COP21. Deux séances plénières sont à retenir : l'une sur le thème "Les transports et la logistique face au défi du changement climatique, quelle contribution de la supply chain à la COP21 ?", campant les défis de la filière avec l'intervention de personnalités politiques, économiques et du monde associa- tif reconnues pour leur expertise. L’autre sur le thème "Quel fret ferroviaire demain en France ?", ouvrant la Journée Euro- péenne du Fret Ferroviaire, et soulignant avec force le rôle du rail dans les logistiques durables.4 Jusqu’au 24 mai 2015 : Le musée de la contrefaçon prolonge son exposition « Ces emballages qui changent nos vies : innovation vs contrefaçon », dans le 16ème à Paris Cet évènement temporaire à succès retrace chronologiquement l’évolution de l’emballage de 1940 à aujourd’hui. Dans un esprit ludique, autour de repères socio-culturels, cette exposition met en lumière le rôle de l’emballage dans notre vie quoti- dienne et son influence sur nos modes de consommation et notre gestuelle pour tendre vers plus de praticité, de sécurité, d’accompagnement de la mobilité. De la boîte Cachou Lajaunie en passant par le premier mascara Helena Rubinstein, le petit pot Blédina, jusqu’aux emballages comestibles ou encore aux QR Codes, l’exposition présente chaque innovation de rupture avec une mise en scène très actuelle réalisée par l’agence Dragon Rouge.il suffit de laisser le téléphone sur le socle adéquat. A l’oc- casion du Mobile World Congress de Barcelone, ikea a présenté un mobilier et des objets de décoration qui jouent ce rôle grâce au système de transfert d’énergie sans fil Qi. Bien sûr les tables, lampes et bureaux doivent être branchés à une source d’énergie.-Par dynamo :Ceux qui préfèrent le vélo à la marche pourraient, dans le futur, connecter la roue de leur bicyclette à un smartphone, sur le principe de la dynamo. Cela n’a échappé à personne, les gens peuvent désormais recharger leur téléphone portable dans certaines gares en France...-Par mouvements du corps :la marche du détenteur du téléphone peut faire bouger de petits générateurs. Bionic Power a donc conçu un bracelet à enrouler autour de son genou. Destiné aux militaires, il pourrait charger jusqu'à quatre téléphones en une heure de marche.4 1, 2, 3 juillet 2015 : Innorobot à LyonEvènement dédié aux robots et aux innovations technologiques disruptives. Les fabricants de robots, start-up, sociétés d’hardware et software qui gravitent autour, les laboratoires de recherche peuvent nouer des partenariats internationaux, mais aussi donner un aperçu de ce que sera le monde de demain en compagnie de ces machines humanisées...-Par chaleur corporelle :Strategy reviewl’organisme génère une chaleur susceptible d'être utilisée pour provoquer un changement de température, lui-même générateur d'énergie. Des sacs de couchage ou des poches arrière de pantalons équipés d'un chargeur de téléphone, sont développés par orange et vodafone. lové pendant huit heures dans la poche, le téléphone devrait permettre de converser pendant 24 minutes, selon l'opérateur britan- nique.par Pascal junghans Enseignant à l'international - University of Monaco et à l'université de Troyes - Membre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.-Par chaleur d'une tasse de café :Epiphany a lancé sur Kickstarter un dessous de verre qui collecte de l’énergie au contact de la boisson. Avec le chargeur développé par Epiphany, le téléphone doit rester sous la tasse de café pendant plus de deux heures pour être complètement rechargé.Quant Bercy veut former les dirigeants à devenir dirigeants...-Par énergie solaire :Eront-elles les PME ? De quoi s’agit-il ? D’abord un constat qui date d’au moins 50 ans : les PME fran- çaises sont trop petites pour affronter avec quelques chances de réussite le marché internatio- nal. Et un modèle : les fameuses PME allemandes, qui dopent les exportations d’outre-rhin. Com- ment transformer nos PME en Entreprises de taille intermédiaires (ETi), au chiffre d’affaire de 10 à 40 millions ? A Bercy, on s’est retroussé les manches et on a pondu un mirifique plan. il se ré- sume en un mot : la formation. Parce qu’en France tout commence et tout finit par la formation ; 68 patrons de PME, sélectionné le 6 mars, seront ainsi formés durant deux années. Comme s’ils ne connaissaient pas leur affaire de dirigeant. C’est se moquer du monde !il aurait été plus efficace d’aider ces dirigeants à détecter à l’avance, par des dispositifs de veille et d’anticipation, les marchés porteurs à l’étranger.En 2009, Samsung a lancé le téléphone Blue Earth, équipé de capteurs solaires. on comptait alors une heure d'exposition pour dix minutes de conversation.ncore une fois des bonnes intentions. Elles feront se rengorger les fonctionnaires de Bercy qui les ont concoctées. Mais servi-De tels dispositifs sont de fait réservés aux grandes entreprises. Bpifrance aurait pu aussi prendre des parts dans des start-up novatrices. Cela avait été réalisé par le passé, lorsque les pouvoirs publics, pour sauver le champion de la carte à puce Gem- plus, s’étaient mobilisé et avaient créé Gemalto, aujourd’hui leader mondial des solutions de sécu- rité. Un beau succès initié, à l’époque, par les ser- vices de l’intelligence économique. Aujourd’hui, où sont ces services ? il serait également bon que les services de Bercy lisent les notes des spécia- listes du renseignement économique qui les pré- viennent des approches de grands groupes auprès de PME, pépites de technologie, qui proposent à leurs dirigeants de les aider à grandir. Plusieurs start-up, ces derniers temps, ont ainsi passé des « deals » avec Facebook, Yahoo ou Google, qui leurs offraient de belles possibilités de croissance plus alléchantes en tout cas que celles des bureau- crates de Bercy.-Par l’urine :Des scientifiques britanniques à Bristol ont rendu cette technologie de plus en plus efficiente. Et un chargeur Po- werTrekk, commercialisé par une start-up américaine, équipé d'une cartouche à hydrogène qui réagit chimiquement à l’urine et dégage de l'énergie, donc de l'électricité transmise au smartphone via port USB.-Par ondes :Une jeune américaine de 25 ans a mis au point une techno- logie, proche du WiFi, qui permet de convertir l'électricité en son, puis en ultrasons. Ensuite, les ultrasons sont reconvertis en électricité, ce qui permet de recharger la batterie du smartphone. la start-up que Meredith Perry a fondée, uBeam, a mis au point un capteur de cinq millimètres d'épaisseur qui capte l'électricité, et un récepteur tout aussi fin, qui permet au smartphone de recevoir les ultrasons et de les convertir en énergie.Matthieu CamozziAvril 2015 51]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Décryptage - Réalité augmentéeL'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueAjout virtuel bien réelS les marques expérimentent peu à peu la réalité augmentée dans une optique de captation de leurs « cibles » et de service d’aide à la décision. reste à coller aux attentes...es smartglasses der- design interactif. La RA per- nier cri fièrement ins- met de créer ou de renforcer tallées sur le nez, ce lien affectif, car ces ex-François remonte le boule- périences apportent devard d’un pas leste et assuré. Ce matin, il est d’excellente humeur : dans deux jours débutera la Coupe du monde de football 2022. Tout en marchant, il active le mo- dule StopPub de ses lu- nettes. Comme par magie, les AugmentedAds, des pan- neaux publicitaires virtuels qui commençaient à s’affi- cher dans son champ de vi- sion au moment où il passait devant, disparaissent. il a dit à ses amis avoir couplé ce module à l’application « Tableaux impression- nistes » développée par l’Association numérique des musées nationaux, qui per- met d’afficher un panel d’œuvres de Monet à la place de ces courts films vantant les mérites du nou- veau dentifrice Colgogyl au goût papaye-eucalyptus ou d’un nettoyant pour lentilles de contact de réalité aug- mentée. la vérité, c’est qu’il a en fait installé l’application Playmates of the 1990’s commercialisée par Playboy. Mais chut, il tient à sa ré- putation. Pure science-fic- tion, cette petite scène ? Pour le moment, oui. Mais tout, dans ce récit, est po- tentiellement réalisable. la réalité augmentée (rA), cette technologie consistant à superposer à la réalité des données numériques et vir- tuelles en temps réel, n’en est qu’à ses débuts : certes, le concept existe depuis près d’un demi-siècle, mais c’est seulement ces dernières an- nées que tout s’est accéléré. le développement de l’iPhone et du réseau qui l’accompagne ont permis, depuis 2010, de démocra- tiser l’accès à la technologie et donc de multiplier les expérimentations. C’est ce qui a en outre permis de la faire connaître auprès du52 Avril 2015Mes smartglasses m’aident à mieux comprendre les sentiments de ma boss lorsque je lui parle...l’émotion. » BMW, Heine- ken, Chocapic ou encore Häagen Dasz ont également mené des campagnes mar- keting utilisant cet outil de manière efficace pour par- venir à capter le client po- tentiel et à le fidéliser. oasis, également, via son opération « oasis Fruit Show » (réa- lisée par illegal Factory), a permis à ses clients dans une quinzaine d’hypermar- chés de danser en compa- gnie des « fruits avatars » de la marque. « L’opération était relayée massivement sur la page Facebook d’Oa- sis et a été parfaitement réussie puisque, sur les lieux de mise en avant, les ventes ont été multipliées par qua- tre », se réjouit Jean-Bernard Debreux. Mais c’est sur la notion d’aide à la décision que la réalité augmentée semble la plus intéressante pour les marques, et c’est dans cet axe qu’elle devrait continuer à se développer dans les années à venir. Dans un univers de plus en plus dématérialisé, où l’achat sur internet est de- venu un réflexe, avec des gammes de produits de plus en plus larges et potentiel- lement personnalisables, le choix est difficile à faire pour le client. Dans ce type de vente, la visualisation du produit s’avère souvent pauvre, se limitant dans bien des cas à quelques photos sous différents angles, sans possibilité de voir la taille réelle. « La réalité augmen- tée, dans ce contexte, peut permettre aux entreprises de montrer à leurs clients leurs produits dans l’envi- ronnement réel afin de dis- siper les hésitations qu’ils auraient pu avoir quant à la taille ou à la façon dont l’objet s’intégrera », précise Jean-François Chianetta, co-grand public tandis que la baisse des coûts du matériel, dans le même temps, dy- namisait la progression des usages professionnels (for- mation, contrôle...). Utilisée dans des domaines aussi différents que la logistique, le médical, les musées, la formation, l’art, les jeux vi- déo, l’immobilier ou encore les cabinets d’architectes, la réalité augmentée peut (et pourra) également être particulièrement intéressante pour les marques. « Elle est une aubaine pour créer un dispositif omni-canal, plus encore avec l’accrois- sement de la puissance de calcul des devices mobiles et des simplifications tech- nologiques liées », confirme Jean-Bernard Debreux, di- recteur général de la société illegal Factory, spécialisée dans le marketing digital.diFFéREnCiATion ET AidE Au CHoixA des degrés divers, les marques commencent à le comprendre. Depuis quelques années, des expé- rimentations voient le jour et laissent deviner un futur intéressant. Tout d’abord dans une optique de com-points de contact et de connivence avec l’utilisa- teur. l’opération « Unbe- lievable » menée en 2014 par Pepsi Max est à ce sujet un exemple frappant de street marketing réussi. Un abribus londonien avait été temporairement équipé d’un panneau d’affichage numé-en raison de l’absence de possibilité d’interaction – faisait alors se produire des événements surréalistes : arrivée d’un tigre, monstre sortant du sol, invasion d’ex- tra-terrestres... sous le regard médusé, effrayé puis amusé des « victimes » de la su- percherie. « C’est une cam-L'intérêt du dispositif se situe dans l'interaction qu'il crée entre la marque et le client, dans le fait de l'inviter à manipuler le meuble, le maquillage, le bijou...munication publicitaire – secteur dans lequel le besoin de différenciation se fait nettement ressentir. Une campagne utilisant effica- cement la réalité augmentée permettra de « créer le buzz » et de marquer les esprits, en favorisant lesrique et retransmettait ins- tantanément, grâce à une caméra, ce qu’il se passait de l’autre côté. les passants croyaient donc l’abribus transparent. le système de réalité augmentée – bien que certains spécialistes re- chignent à l’appeler ainsipagne extrêmement intéres- sante en matière de visibi- lité, de viralisation et de renforcement du rapport af- fectif à la marque, analyse Anita lassudrie, directrice de projets digitaux chez So loon, une agence créative de réalité augmentée et de]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frDécryptage - Réalité augmentée STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUEfondateur et directeur gé- néral de la startup Augment, à l’origine d’une application mobile permettant de vi- sualiser des modèles 3D en réalité augmentée. Avec, à terme, un raccourcissement des délais de décision et une facilitation de la vente.de son poignet puis de le présenter devant le capteur photo de son ordinateur ou de son smartphone. le mo- dèle de montre sélectionné viendra alors se placer en taille réelle sur l’image du bracelet d’essai. les maî-un impact réel sur le pro- cessus d’achat et s’avère plus efficace que les outils traditionnels de marketing, elle peine à faire son trou au sein de la stratégie des marques. Beaucoup d’entre elles restent frileuses et pré-ter la notion de service évo- quée précédemment. Pour avoir une vraie répercussion, l’expérience doit être rapide, facile à comprendre et ne pas se limiter à un gadget. « Pour passer au cap su- périeur, il faudra des exem-riques, les lunettes pour- raient être la prochaine in- terface : « Concrètement, elles permettraient de faire des choses similaires au smartphone, mais sans avoir à le sortir et à le garder en main. Il y a encore du che-des marques dans la vie des utilisateurs. l’immersion dans la réalité virtuelle de- viendrait totale. la publicité et le marketing pourraient notamment en tirer profit. Mais attention aux abus.dES RéALiSATionS ToujouRS PLuS nombREuSESEn partenariat avec Aug- ment, l’oréal utilise par exemple cet outil pour mon- trer de manière claire, in- tuitive et ludique aux coif- feurs que ses représentants visitent la façon dont les présentoirs pourraient s’in- tégrer dans leur salon. ikea, de son côté, propose une application smartphone et tablette permettant de vi- sualiser, à la bonne échelle, des meubles en 3D en les faisant apparaître directe- ment là où l’on se trouve. l’application Makeup Ge- nius de l’oréal se présente également comme un si- mulateur de maquillage per- mettant de tester virtuelle- ment les produits de l’en- seigne. l’intérêt du dispo- sitif se situe donc aussi dans l’interaction qu’il crée entre la marque et le client, dans le fait de l’inviter à mani- puler l’objet, de jouer avec. A la clé de ces différentes initiatives, une image de marque innovante pour l’en- treprise et un réel service pour le consommateur. C’est bien cette notion d’aide au choix qui a également été à l’origine du projet d’essai en ligne à taille réelle de montres mis en place il y a quelques semaines par Mode-in-Motion, société française de e-commerce spécialisée dans la vente en ligne de bijoux et de mon- tres. Ses clients lui expli- quaient que le principal frein à l’achat sur internet était de ne pas pouvoir tester les produits ? Christophe la- grange, directeur de la cy- ber-enseigne, s’est alors dit que la réalité augmentée pourrait être une réponse convaincante. Deux ans de réflexion et de travail plus tard, un millier de modèles ont été digitalisés et sont désormais « testables » sur son site. Pour cela, il suffit à l’utilisateur d’imprimer un bracelet d’essai téléchar- geable, de l’attacher autourIl faut aller au-delà de l’effet « wahou » pour faire durer la magie, et aller sur la notion de serviceLE CouP à jouER dES mARquESD’autres évolutions sont en- visagées. Pour les magasins notamment. D’une part, elle pourrait permettre de ras- sembler des données sur les consommateurs, de « per- sonnaliser » et contextualiser ainsi la relation marque / client en utilisant la rA pour afficher ces données. Par exemple, en entrant dans un magasin en portant les smartglasses, le client pour- rait être guidé en réalité augmentée jusqu’à son rayon préféré et orienté vers sa taille. D’autre part, si les magasins ont déjà tendance à se transformer en show- rooms, la rA pourrait aller encore plus loin et déplacer le magasin chez le client. « Plutôt que d’aller dans une boutique de vêtements pour acheter un pantalon, la conseillère pourrait venir virtuellement chez moi, me donner indications et avis directement dans mon sa- lon », imagine Grégory Maubon. De là à savoir quels secteurs tireront plus facilement leur épingle du jeu... l’immobilier devrait également être bien placé, l’importance des achats en question justifiant la mise en place de campagnes coû- teuses, et des initiatives al- lant dans ce sens ayant déjà été menées (par exemple avec une application mobile permettant de connaître ins- tantanément le prix au m2 de l’endroit où l’on se trouve). le champ des pos- sibles est immense. Cer- taines expérimentations lais- sent entrevoir la possibilité de l’utiliser sur d’autres sens que la vue. Par exemple pour le toucher. imaginonstres-mots d’une opération de ce type pour Christophe lagrange ? Pédagogie et utilité. les marques ne doi- vent pas oublier que la rA est un outil, et non pas une fin en soi. « Les clients sont pragmatiques : ils veulent essayer les montres. Il faut proposer un service clair et intuitif, penser avant tout aux usages. Car nous au- rions beau avoir la meil- leure technologie du monde, si ce n’est pas adopté par le consommateur, cela nefèrent les canaux qu’elles connaissent, plus rassurants et faciles à mettre en œuvre ; « c’est la peur de l’in- connu », synthétise en sou- riant Anita lassudrie. « C’est aussi parce que le développement d’un projet de ce type demande du temps, des ressources et a donc un certain coût, com- plète Guillaume Kuntz, fon- dateur du cabinet Agelios Conseil, spécialisé dans les nouvelles technologies mo- biles. L’équation écono-ples rencontrant du succès auprès d’une large au- dience, avec des chiffres précis car ce sont ces élé- ments qui motiveront les décideurs », explique Jean- François Chianetta. or le taux de retour sur investis- sement est encore dur à me- surer et les facteurs à pren- dre en compte nombreux. Dans ce contexte, l’intérêt et les enjeux pour les marques sont clairs, mais les futurs usages encore dif- ficiles à distinguer précisé-min à faire pour que les smartglasses se développent mais elles pourraient per- mettre à la réalité augmen- tée d’être beaucoup plus diffusée. » Quand ils se pla- cent dans la position de prospectivistes, les acteurs du secteur restent prudents, préférant pressentir des ten- dances qu’imaginer des usages précis. Une, en par- ticulier, fait l’unanimité : de plus en plus fluide et in- tégrée, la réalité augmentée fera, dans les années à venir,« Oh non pas ça ! Pas juste le monde réel ! Nooooonnn ! »mique n’est pas toujours évidente. » Enfin, trop de projets se sont pour le mo- ment cantonnés aux notions de base du marketing, sous- utilisant le potentiel de la technologie. or ce type d’usage ne convaincra pas la«cible»surlelong terme : après un effet « wa- hou », elle passera à autre chose – ce que permet d’évi-partie du quotidien. « La démocratisation des smart- glasses nous plongerait dans un mix entre réalité et monde virtuel complexe : quand on verrait un objet, on ne saurait plus immé- diatement s’il est réel ou non », analyse Jean-François Chianetta. Une évolution qui pourrait entraîner une implication encore plus fortesert à rien. » S’il se fait, par souci stratégique, peu disert sur ses futurs projets liés à la réalité augmentée, le directeur de Mode-in- Motion semble décidé à poursuivre l’expérience.ibilité, pour un sitevERS un FuTuR AugmEnTé ?Si plusieurs études montrent que la réalité augmentée ament. la réalité augmentée entre dans une phase de transition encore incertaine. Tout dépendra de l’évolution de la technologie (capteurs de profondeur, innovations de Magic leap...) et des supports (téléphones, lu- nettes, lentilles, casques...). Pour Grégory Maubon, consultant expert en réalité augmentée et usages numé-la poss.de e-commerce, de faire « ressentir » la matière d’un canapé à ses clients... ou pour l’odorat. Qui n’aimerait pas être réveillé tous les matins par l’odeur du pain tout juste sorti du four, même recréée artificielle- ment ?Julien FournierAvril 2015 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Haute résolution - Cybersécurité Focus sur un sujet high tech dans l'air du temps«Le marché de la cybersécurité en France estdes systèmes critiques – ce qui implique les mêmes qualités pour l’entreprise. Compte tenu de l’aspect stra- tégique du domaine, l’Etat a lancé par le passé quelques dispositifs pour soutenir le secteur, via par exemple oseo ou un fonds unique multi- ministériel. il existe de façon similaire quelques pro- grammes européens de fi- nancement, mais le tout n’est pas suffisant.de taille suffisante, qui pro- poseraient une offre cohé- rente soutenue par des in- dustriels tout en restant agiles. Une autre solution est de conclure un partenariat avec un intégrateur disposant déjà d’une couverture mondiale. Car si le service est indis- pensable, il est difficile à as- surer par une PME. Mais cette dernière peut se conten- ter de fournir la solution, et l’intégrateur fait le reste.Petite entreprise doit devenir grandeDans un marché mondialement porteur, PME et TPE hexagonales du domaine font preuve de dynamisme. reste à passer à la vitesse supérieure, vite...très fragmenté, porté par beaucoup de TPE et de PME », décrit Thomas Fil- laud, responsable du bureau Politique industrielle de l’ANSSi, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information. En effet en 2012, le nombre d’entreprises du secteur était estimé entre 400et800!Etsilacyber- sécurité recouvre beaucoup de fonctionnalités (firewall, antivirus, protections de réseaux, gestion de l’identité, transactions, etc.), l’offre couvre, de façon globale, les besoins. Autrement dit, ce n’est pas l’expertise qui fait défaut. En revanche, il est compliqué pour une ETi du secteur de dépasser un certain stade de maturité. il existe des success stories, comme openTrust, Steria, Gemalto, Athos-Bull, Stormshield... mais elles sont encore rares par rapport au vivier de jeunes pousses. Particulière- ment parce que la taille du marché français limite le po- tentiel de développement. or grandir est essentiel : deux critères importants pour les clients sont la stabilité et la pérennité des solutions – la cyber sécurité concerneSegmentation du secteurMutation permanenteL’arrivée des technologies connectées a provoqué une vraie révolution dans le domaine de la cybersécurité. « La sécurité comporte trois volets : la prévention, la protection, et la réponse, rappelle Philippe Courtot, CEO de Qualys. Et les trois ont été influencés par l’évolution des technologies. » Il faut en effet s’adapter aux infrastructures protégées. Et au- jourd’hui, cela veut dire Cloud, multi-device connecté au Net en permanence... et traitement en temps réel. Ce qui signifie que la solution doit elle aussi opérer en mode Cloud, pour obtenir la vitesse nécessaire. Ce qui va de pair avec une autre tendance forte du marché : les clients demandent plus de la gestion de service que des solutions logicielles. Du coup, les grands acteurs du secteur sont à la recherche de briques leur permettant de construire une offre complète. Le marché n’a pas fini de se bouleverser.54 Avril 2015il existe un plan Cybersécu- rité, piloté par l’ANSSi, qui fait partie des plans pour la réindustrialisation du terri- toire introduits par le gou- vernement. les perspectives de croissance du secteur sont prometteuses. Ce plan repose sur trois axes : « Le premier est l’amélioration de l’offre, qui doit répondre aux besoins des entreprises, résume Tho- mas Fillaud. Le deuxième est d’exploiter l’expertise déjà présente pour faire ga- gner des parts de marché en Europe aux acteurs français ; et le troisième est la consti- tution d’un véritable écosys- tème, incluant l’accès au fi- nancement, pour favoriser l’émergence d’ETI. »L’APPEL dE L’inTERnATionAL Deux éléments apparaissent rapidement comme essen- tiels : la spécialisation et l’exportation. « Dans un mar- ché qui demande une grande réactivité, la verticalité a du sens. Il est normal qu’il y ait de nombreux acteurs et que ce soient des PME », estime Jean-Yves Faurois, membre du Comité de Direction d’openTrust et Directeur des Managed Ser- vices chez openTrust, éditeur de logiciels de gestion d’iden- tité et de sécurisation de transactions et de documents. la petite taille permet de conserver une agilité indis- pensable. Mais il est difficile pour une société de cinq per- sonnes, dont trois ingénieurs fondateurs, d’aller explorer« J’ai une crampe... Allez grandis, quoi ! »Une possibilité est de suivre les traces de Qualys, qui est née en France mais s’est très tôt dans son développement installée au Etats-Unis. Ces derniers attirent pour trois raisons : la sensibilité au sujet y est plus forte, le fi- nancement est plus facile à obtenir, et la taille du marché largement suffisante pour un fort développement. « Le marché européen, en com- paraison, est trop frag- menté », souligne Philippe Courtot. les contraintes lé- gislatives des 27 pays mem-estime Philippe Courtot, bres sont loin d’être alignées. cru au modèle de l’acquisi- CEo de Qualys, un des lea- Quelques accords sont en tion par des groupes. Et des der mondiaux de la cyber- préparation, notamment sur entreprises comme Thalès, sécurité, qui fournit des so- le Cloud computing ou la Airbus, ou orange Business lutions Cloud pour la sécu- signature électronique, mais Security ont réalisé des ac- rité et l’analyse des réseaux on est encore loin d’une vé- quisitions. Mais les résultats iT. Cela permet de proposer ritable harmonisation ; ne sont pas toujours au ren- son offre à l’étranger plus l’avantage étant que les dez-vous : cela empêche facilement. » mêmes problèmes se posent l’émergence de quelques ETi,au-delà des frontières fran- çaises. Pour autant, « aller à l’international semble une étape incontournable, estime Jean-Yves Faurois. Le mar- ché national n’est pas suffi- sant pour permettre de se développer pleinement, et il existe toujours le risque d’une contraction ». Être positionné à l’international est, dans ce sens, un gage de sécurité pour les clients et les inves-aux acteurs étrangers sou- haitant s’implanter. Malgré ses complexités, l’Europe offre un terrain d’expansion prometteur. Notamment l’axe franco-allemand : « Les deux pays partagent de plus en plus une vision commune de la cybersécurité », souligne Thomas Fillaud.il reste une dernière piste pour contourner le problème de la taille : « S’allier entre PME, pour construire une offre packagée, couvrant tous les besoins d’un client », dé- crit Jean-Yves Faurois. Un type de solution de plus en plus prisé. Une stratégie qui ressemble à ce que font déjà les PME allemandes. il en existe une du genre, récente, en France : Hexatrust, dont openTrust est l’un des mem- bres fondateurs. les solutions proposées sont complètes et interopérables. l’initiative remporte un franc succès d’estime, et crée des oppor- tunités de rencontres et de dialogues, au fil des salonstisseurs. C’est pourquoi « il est essentiel pour une jeune société d’adopter une ar- chitecture de type Cloud,TRouvER dES PARTEnAiRESPour résoudre ces problèmes d’échelle, il est donc indis- pensable de se trouver des partenaires. on a beaucoupDans ce domaine grandir est essentiel car deux critères sont cruciaux pour les clients : stabilité et pérennité des solutions.et autres manifestations.Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frSTrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUECommuniquéAvril 2015 55]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Haute résolution - La relation Client revisitée par le Big Data le consommateur enfin roilAujourd’hui mobile, présent sur le Web comme en magasins, avide de vivre une expérience, le client doit être remis au cœur de la stratégie omni-canal. Et les data générées vaudront de l’or...es canaux de com- cile. De surcroît, lors de « omni » ne veut pas dire ExPLoiTER LES munication se sont toutes ces interactions, le qu’il faut occuper tous les donnéESmultipliés ces der- client veut de la cohé- média existants : la perti- En retour de tous ces ef-nières années grâce à la rence : mail, courrier, ré- nence prime. Car au- forts, les entreprises ré-technologie. le consom- mateur les a adoptés très vite – plus vite que les entreprises – et ce faisant, a complètement modifié son comportement. « En une quinzaine d’années, on est passé d’un mode de contact et de relation avec les consommateurs simple, cadré, et identifié, à une multiplicité d’outils et de modes d’interac- tions », décrit valérie Alas- luquetas, directrice géné- rale de Ginger, un institut d’études marketing et de sondages d’opinion. Main- tenant surinformé, habitué à la rapidité du Web et à sa fluidité, il est exigeant et n’hésite pas à commu- niquer sur une marque en utilisant de multiples sup- ports – et grâce à internet, son audience est poten- tiellement immense. Non content de se parler entre eux, « les consommateurs veulent s’adresser aux marques, souligne Romain Chaumais, co-Fondateur et directeur des opérations d’Ysance, agence conseil en technologie digitale. Et ils veulent des réponses et de la réactivité. » le parcours de vente s’est considéra-blement com-seaux sociaux, call center, etc., doivent former un tout. il ne comprend plus que les différents canaux de communication fonc- tion-nent en silos séparés.jourd’hui, la bataille est quotidienne pour attirer l’attention d’un consom- mateur exposé à une sur- abondance d’offre. Mieux vaut se concentrer sur ce qui apporte une différence à l’expérience client.cupèrent une matière brute inestimable : les données sur leurs clients. Et la quantité générée au- jourd’hui est impression- nante. « Il existe indénia- blement un vrai enjeu au- tour des données, explique Benoît Enée, Solutions Consulting Director chez Experian Marketing Ser- vices, spécialiste du trai- tement de l’information. On en récupère beaucoup, et il faut les travailler pour leur apporter de l’in- telligence. » Autrement dit, les contextualiser, les comprendre, en tirer des idées et les mettre en œu-plexifié : il commence par main, peut-être suivie d’unune étude sur le Web, puis retourune visite en magasin le comparaison des prix et téléphone portable à la d’une commande à domi-Canal du mobileÀ la clé : une véritable personnalisation de l’ex- périence. l’individualisa- tion, la customisation, de- viennent des enjeux de tous les instants. le clientchez soi, d’uneomni-CAnALDotés de ses nouveaux pouvoirs et exigences, le consommateur trouve en- fin la place qui lui est pro- mise depuis les débuts du capitalisme : le centre. ré- pondre à ses attentes de- mande de le mettre au cœur de la stratégie. « Il faut transformer son mar- keting, son CRM, son pro- cessus de vente, pourRéoRgAniSATion inTERnEUne transformation de cette envergure ne peut pas se faire sans une ré- organisation interne. Pre- mier défi à relever : le di- gital n’est plus un domaine séparé, réservé au marke- ting : il est partout. Du coup, il doit être maîtriséNous réalisons aujourd’hui de la typologie de trajectoires d’achats, ce qui nous permet de déterminer quel rôle attribuerà chaque canalA cause du multi-canal et du big data, il y a un avant et un après relation client...l’adapter à cet univers », explique romain Chau- mais.Maintenant, on parle d’ex- périence client et non plus de relation client – ce qui traduit le fait que le cycle de vie doit être cohérent, de l’offre aux services. « Le multi-canal n’est plus source d’avantage concur- rentiel, il faut réinventer l’expérience client, sou- ligne régine vanheems, Professeur des Universités iAE, lyon 3 et co-direc- trice de l’observatoire du cross-canal et du com- merce connecté (o4C). » D’où le vocabulaire qui apparaît dans les salons, comme celui de la straté- gie et relation client qui se tient en avril à Paris : on parle de stratégie cross- canal, voire omni-canal – omni non pas dans le sens d’omniscient (quoique), mais de totalité. les ca- naux sont gérés ensemble, pour former un tout co- hérent.partout, y compris dans les magasins : ceux-ci peu- vent proposer des produits en fonction de l’historique du client, dire ce qu’il y a de disponible, se transfor- mer en showrooms... les possibilités sont multiples. il faut par ailleurs que cette nouvelle organisation soit aussi agile que possi- ble, car s’adapter rapide- ment est essentiel. Mais s’il ne faut pas traîner, il est inutile de vouloir se lancer sur tous les canaux simultanément. Y aller progressivementfacilitera l’adoption de la nouveauté, aussi bien en interne que chez le client. Du coup, « avant de rajouter de nou- veaux canaux, mieux vaut observer ses clients, faire un diagnostic de leurs at- tentes et de leur compor- tement, estime valérie Alasluquetas. Cela permet de cibler ses actions, et de dégager les axes stra- tégiques qui guideront la transformation. »vre sur les plateformes ad hoc. le tout de manière automatisée de préférence. Du coup, il faut une orga- nisation et une solution hardware adaptée. « Nous réalisons aujourd’hui de la typologie de trajectoires d’achat, explique Régine Vanheems. Ce qui nous permet de déterminer quel rôle attribuer à chaque canal. »Point d’entrée ou de sortie de la relation clientParmi tous les nouveaux canaux de communication, le mobile devient le plus important. Il faut dire qu’il est en permanence dans la poche, et offre des capacités de géolocalisation et d’interactions en temps réel multiples. Il peut être le point d’entrée d’une relation avec un client, mais également le point de sortie : on peut aller jusqu’à la vente. Et surtout, il est de plus en plus utilisé. « Sur les 27 à 30 millions de mobinautes qui utilisent vraiment Internet sur leur téléphone, environ 40% consultent et comparent des produits, vérifient des prix... », souligne Benoît Enée, Solutions Consulting Director chez Experian Marketing Services.Malgré tous ces avantages, le mobile a ses limites. Les consommateurs continueront d’avoir besoin d’une connexion physique avec une grande majorité de produits (typiquement les meubles et les vêtements). De plus, le mobile atteint déjà une de ses limites : les notifications envahissent les téléphones, comme le spam l’a fait pour le mail. Du coup, les interactions en mode « push » ne pourront très probablement seulement être celles que le consommateur aura lui-même autorisées – ce qui signifie qu’il faut l’avoir convaincu par ailleurs que la démarche vaut le coup.56 Avril 2015ant d’êtreattendmainten. reconnu au moins par ses marques favorites. C’est en quelque sorte la version 2.0 de l’habitué : après tout, qui n’aime pas entrer dans une boutique, se faire saluer par le patron, et se voir proposer un « comme d’habitude » ?Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Business Story - LDR Médical, de Troyes aux Etats-Unis Retour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxDe Troyes au NasdaqFondée il y a 15 ans par trois passionnés, la PME auboise, spécialiste des implants du rachis,l e mal du siècle. Dou- loureux pour les pa- tients, le mal de dos est aussi une promesse d’in- novation pour ceux qui ima- ginent des solutions pour le soulager. Christope lavigne, Hervé Dinville et Patrick ri- chard s’y sont essayés il y a 15 ans. Passionnés par la co- lonne vertébrale, les trois spé- cialistes travaillent déjà dans le secteur des implants ra- chidiens, et décident alors de créer une entreprise qui porte leurs initiales, lDr Médical. l’histoire commence un peu avant l’an 2000 avec une idée : développer des pro- thèses du rachis plus mobiles. ils ne vont pas seulement les améliorer, ils vont les révo- lutionner. À cette époque, ilsdésormais cotée au Nasdaq compte aujourd’hui plus de 300 salariés. récit.ne le savent pas encore.tique sont souvent plus ouverts aux innovations, impossible de faire entrer sur le territoire un produit sans l’approbation de la très puissante Food and Drug Administration (FDA, Agence américaine des pro- duits alimentaires et médica- menteux). l’étude clinique qui permettra de décrocher le sésame pour la première prothèse de disque cervicale à deux niveaux commence donc pour lDr. 600 patients sont opérés et suivis scienti- fiquement. les sous-traitants français sont encore plus stric- tement contrôlés. « Leurs exi- gences sont beaucoup plus grandes que les normes eu- ropéennes », souligne Éric vigneron qui accueille les re- présentants de la FDA à plu- sieurs reprises sur le site de fabrication des implants à Troyes (Aube). les investis- seurs aubois et champarden- nais ne suffisent plus. le groupe rothschild, qui s’était également intéressé au projet, non plus. Pour soutenir le dossier d’homologation, l’en- treprise lève un capital de 25 millions de dollars auprès d’un capital risqueur califor- nien. Un pari qui aboutit en août 2013 : la FDA approuve le produit. la Mobi-C devient alors la première prothèse de disques cervicaux à plus d’un niveau implantable sur le sol américain. l’ascension est programmée. Quelques mois plus tard, en octobre, lDr fait son entrée à la Bourse américaine, à 15$ l’action. le cours de la petite française au Nasdaq s’envole de 29% dès la première journée. le chiffre d’affaire de lDr avoi- sine alors les 112 M$. En 2014, il atteint « 141 M$ », en hausse de « 26,6% » selon le dernier communiqué du groupe.un nouveau siège social, plus grand, est en construction en banlieue de Troyes et les in- génieurs r&D travaillent sur les implants de demain, encore plus faciles à poser. Pourtant, les produits ne sont toujours pas remboursés en France. « Les études américaines montrent que le produit LDR est deux fois plus rentable que les autres, car le patient se remet plus vite, consomme moins de médicaments, et consulte moins de spécialistes, mais en France, on continue de rembourser les anciennes méthodes car les gens ont très peur de prendre des dé- cisions innovantes qui pour- raient engager leur respon- sabilité », avance Thierry Du- four. Une dizaine d’hôpitaux en France, dont celui d’or- léans où il exerce, ont choisi d’investir dans les produits lDr. « Il est scientifiquement prouvé que le patient va mieux, il est donc normal que LDR cartonne aux États- Unis : les Américains ont beaucoup de défauts, mais ils savent compter ! Ils ont compris que ces produits ont de l’avance », tranche le neu- rochirurgien, qui parcourt dés- ormais le monde pour former les spécialistes de nombreux pays à la pose de ces roY- T, Mobidisc, Easyspine, C- Plate et autres implants que l’on espère ne jamais voir de près. « C’est tellement sympa de dire à un patient « je vais vous guérir », cela n’existe pas ailleurs », se réjouit le chirurgien, qui perçoit chez les fondateurs un esprit « meil-PREmiERS TâTonnEmEnTS« La première fois que Patrick Richard est allé voir un chi- rurgien en lui présentant le projet, celui-ci lui a répondu, « vous êtes fou » », raconte Éric vigneron, qui a vite re- joint les trois fondateurs en tant que directeur général ad- joint. la pose d’implants à proximité de la colonne ver- tébrale ou de la moelle épi- nière est en effet toujours ris- quée. Pourtant, ils n’aban- donnent pas et s’entourent de chirurgiens pour concevoir un produit adapté à leurs at- tentes. En 2002, la PME troyenne édite sa première facture. la prothèse dévelop- pée par lDr permet désor- mais au chirurgien d’intervenir sur les cervicales sans devoir les « fusionner », en restaurant leur mobilité. « Les propriétés biomécaniques de leurs im- plants ont été faites en tenant compte de la nature », détaille Thierry Dufour. le neuro- chirurgien du centre hospita- lier régional d’orléans, col- laborateur de lDr sur la par- tie clinique, fut le premier au monde à poser une prothèse lDr Médical. « Ce n’est plus le patient qui s’adapte à58 Avril 2015« Quelque chose me dit que je vais bientôt faire connaissance avec les produits LDR... »la prothèse, mais bien la pro- thèse qui s’adapte au patient : ils ont réussi à comprendre cela et à inventer une prothèse maligne », se réjouit-il. « Nous avons beaucoup réfléchi à lales implants en forme de « boule » des années 60, ce sont désormais deux plateaux en chrome-cobalt qui entou- rent un noyau en polyéthylène. le plateau s’appuie sur leRêvE AméRiCAinLes études américaines montrent que le produit LDR est deux fois plus rentable que les autres, car le patient se remet plus vitece ». Au-Forte de cette innovation, lDr voit plus grand. Chris- tophe lavigne déménage à Austin (Texas) pour tenter de pénétrer le marché américain,leur ouvrier de Fran. jourd’hui, l’entreprise compte huit entités (USA, Chine, Brésil, Allemagne, Belgique, Espagne et Corée du Sud) et plus de 300 salariés à travers le monde. 200000 patients, dans 36 pays du globe, vivent aujourd’hui avec ces prothèses conçues en France.“visserie” pour obtenir des produits qui conviennent aux os plus ou moins durs des patients », décrit Éric vigne- ron dans une intervention à la technopole de Troyes. Fininoyau et garde toute sa mo- bilité. Une « soudure » qui permet au patient de retrouver des postures que le mal de dos lui empêchait d’adopter.le terrain de jeu des géants Johnson & Johnson et Med- tronic. « C’est le premier marché mondial », expliquent alors les fondateurs. Mais, si les chirurgiens outre-Atlan-FAiRE ACCEPTER L’innovATion« Une année fructueuse », commente Christophe la- vigne dans le même com- muniqué. Pendant ce temps,Lucie Tanneau]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frRegard digital - Henri Verdier, « Chief data officer » de la France STrATÉGiE & iNNovATioN NUMÉriQUE Entretien avec une figure clé de la transformation numérique« Un Etat souverain se doit de garantir l’open data »En charge de l’ouverture des données publiques, Henri verdier(1) nous a reçus dans son bureau à Bercy pour nous faire partager sa vision d’une France qui doit construire son propre récit en matière d’open data...Quel est l’intérêt d’ouvrir les données publiques aux citoyens et aux entreprises ? D’abord il existe une vraie tradition de transparence dé- mocratique en France. Tout le monde est supposé avoir la possibilité de demander des comptes à l’administra- tion, sur le nombre de fonc- tionnaires, les statistiques de la délinquance ou de la fraude fiscale... le concept d’open data n’a pas été in- venté par Barack obama en 2008 ! les rapports de la Cour des Comptes sont ou- verts à tout le monde depuis 1850. Et puis les donnéesl’emplacement sur data.gouv.fr. les gens rouleront en véhi- cule électrique s’ils savent où ils peuvent le recharger. Enfin, une telle action aug- mente l’efficience de l’insti- tution qu’est l’Etat. C’est une garantie d’aide à la déci- sion et de modèles appre- nants.En quoi consiste au juste votre rôle ?la mission Etalab fait partie du Secrétariat général pour la modernisation de l’action pu- blique (SGMAP). Ce service du Premier ministre est chargé de stimuler la démo- cratie et l’économie en ou-nombreux – médicaux, fis- caux, bancaires et de vie pri- vée en général. il importe de bien placer le curseur pour chaque public. Et puis bien sûr il nous faut traiter et ex- ploiter ces informations. Nous avons donc embauché de nouveaux profils de data scientists.Êtes-vous plutôt suiveurs ou pionniers en la matière ?l’open Knowledge Founda- tion, qui évalue 185 pays sur la base de dix critères, classe la France 3e. Nous avons adhéré à l’open Govern- ment partnership trois anscalculs algorithmiques. on arrivera un jour à évaluer avec une quasi-certitude la proba- bilité de la récidive. Souhai- tons-nous que les libérations anticipées dépendent d’une machine ? Si on le fait c’est la porte ouverte à un monde déshumanisé ; si on ne le fait pas on laisse une marge d’er- reur dommageable pour la société. Un débat soutenu doit avoir lieu comme cela a été le cas pour la bioéthique. il importe de sortir de la sim- ple efficience et de s’inscrire dans le projet collectif. on ne demande pas seulement à l’Etat d’être efficace, celui- ci a aussi un rôle à jouer dans le bien-être, la dignité des personnes, le vivre-ensem- ble...Ville intelligente, gestion intelligente de l’énergie, domotique, médecine personnalisée connaîtront de grandes disruptionsComment entrevoyez- vous le futur à moyen terme avec des données toujours plus ouvertes ? la ville intelligente, la mai- son intelligente, la gestion intelligente de l’énergie (smart grid), la médecine personnalisée sont autant de champs où des disruptions sont annoncées par des en- trepreneurs s’emparant des données. l’Etat ne se désen- gage pas, mais facilite le contexte pour ces entrepre- neurs qui représentent l’ave- nir en matière de traitement, de bonne utilisation de ces données et de services. « Ilsont avant tout du savoir la-tent, source d’innovation.Nous avons un rôle de sti-mulus économique à jouer ;injecter de la ressource dansun écosystème d’innovationest très positif. les donnéesn’ont de valeur que si l’ons’en sert. Autre raison, l’in-formation est parfois néces-saire à l’émergence d’unnouveau marché. Par exem-ple, depuis le 1er janvier2015, l’Ademe accorde desaides à ceux qui construisentet installent une borne de re-charge électrique si et seule- gouvernance de la donnée,« L’open data, c’est aussi s’assurer que nous avons des gens autour de nous et des idées de rechange »ment si ceux-ci renseignentcar les secrets légaux sontne sert à rien de tire. pousse de riz pour la faire pousser, mais il sert de sar- cler autour », dit le proverbe chinois. Grâce au Cir, à FranchTech, Bpifrance, ses labos et grandes communau- tés opensource... la France est en train de redevenir un grand pays d’entrepreneurs.vrant les données publiques au plus grand nombre. Son périmètre s’est élargi à l’open government, c’est-à- dire l’ouverture des process de décision, la coopération, l’habitude de rendre des comptes, d’utiliser des logi- ciels libres, de faciliter l’open innovation... Puis elle a rempli le rôle de chief data officer, cette nouvelle fonction qu’on rencontre dans les entreprises et grandes villes américaines. Elle doit faciliter une bonneaprès sa création. Mais nous avons été les premiers, en septembre 2014, à nous doter d’un chief data officer. les Etats-Unis ont embrayé en février 2015 et les Anglais y songent sérieusement.N’existe-t-il pas le risque de brader des richesses de l’Etat ?il existe peut-être un risque. Mais l’Etat n’est pas une en- treprise, nous fabriquons des externalités économiques (influencer positivement la situation d’autres agents économiques comme les en- treprises, NDLR), nous œu- vrons pour l’intérêt général. les effets économiques sont difficiles à évaluer, mais la valeur sociale créée excède probablement un éventuel manque à gagner en PiB. Et je vous garantis que l’utilisa- tion des données par l’Etat, au service de son améliora- tion, lui rapportera bien plus que ce qu’il aurait gagné en les vendant. Mais surtout il est essentiel de définir une politique active de la don- née. Si nous ne le faisons pas, si nous sanctuarisonsnos informations, nous ra- tons la « commoditization » et nous allons dépendre des autres, ce qui n’est pas ac- ceptable par un Etat souve- rain. Songeons par exemple qu’Apple fabrique des infor- mations sur la santé grâce à des données qui ne viennent pas de notre système de soin (exemple : nombre de pas grâce aux applications smartphones). le risque est que le géant américain déve- loppe une intelligence supé- rieure à notre système de soin. Nous courons toujours le risque de nous mettre mal- gré nous sous la coupe d’une autre plateforme. il importe de prendre les choses en main, de devenir une vraie plateforme. l’Etat français est comme un kayak : s’il va plus vite que le courant il va où il veut, s’il va moins vite il ne peut être maîtrisé, est porté dans tous les sens et s’échoue. Nous devons poser notre stratégie. Enfin si l’on réfléchit bien il est es-sentiel de constituer tout un écosystème autour du vais- seau amiral. Si Nokia a été tué par le smartphone, c’est parce qu’il n’avait pas un écosystème de développeurs d’applications autour de lui, c’est parce qu’il ne disposait pas d’une idée de rechange. Si la société avait été pré- sente dans la Silicon valley, elle n’aurait pas sombré. Ga- rantir l’open data, c’est aussi s’assurer que nous avons des gens autour de nous.Les dangers d’atteinte à la vie privée et de gouvernement des algorithmes ne sont-ils pas à redouter ?il existe des méthodes qui empêchent de remonter à un individu précis quand on croise les données, et des garde-fous doivent être éta- blis. En outre un débat doit s’ouvrir sur les décisions toujours plus nombreuses qui touchent à la démocratie et qui sont prises à partir der sur laProfil dans les grandes lignesDu business à l’administrationHenri Verdier, né en 1968 à Toulouse, est un entrepreneur, ancien président du pôle de compétitivité Cap Digital, di- recteur d'Etalab, le service du Premier ministre chargé de l'ouverture des données publiques depuis 2013. Il a de plus été nommé Administrateur général des données (AGD) en septembre 2014. Ce prospectiviste blogueur, passionné par la révolution numérique en cours, est devenu le chef d’orchestre de la politique gouvernementale en matière de partage des données publiques. Un poste inédit mais prometteur...(1) « L’âge de la multitude : entreprendre et gouverner après la révolution numé- rique » par Henri Verdier et Nicolas Colin, éd. Armand Colin, 2ème éd. Avril 2015Julien TarbyAvril 2015 59]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19rH & ForMATioN Réseaux et influence - Les dîners du SiècleDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingA table !l e point commun en- tre Nicolas Sarkozy, Martine Aubry, Da- vid Pujadas, l’historien Pierre rosanvallon ou encore le chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus ? Tous se sont assis au moins une fois aux tables du Siècle. raillé comme étant « le spectre » – le syndicat du crime en- nemi juré de James Bond – par les Guignols de l’info ou vilipendé par le reportage sur « les nouveaux chiens de garde » réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Ker- goat, le Siècle regroupe au- jourd’hui plus de 700 mem- bres qui forment notre élite. Plus qu’une peinture suran- née de l’oligarchie contem- poraine, sa vie associative entend faire rencontrer les meilleurs de chaque camp politique et de chaque facette du pouvoir pour des éclai- rages mutuels. Ne prétendant pas être un cénacle enfermé dans sa tour d’ivoire, le Siè- cle fait surtout sauter de nombreux verrous lors de ces repas où la séparation des pouvoirs est floue et les contours de l’élite difficiles à circonscrire. Décryptage.EcoRéseau vous convie dans cette antichambre du pouvoir.par Gérard Worms, ancienmée et les intellectuels qui y ont désormais une plus grande place.Constamment décriés, les dîners du Siècle perdurent. Secrets et quasi-impénétrables pour les non initiés, ces rassemblements mensuels de nos élites fascinent autant qu'ils consternent.président du Conseil d’Ad- ministration de 1999 à 2001, lors d’un entretien avec l’his- torienne. la soirée se termine généralement vers 22h45. raisonnable, même si un « after » au bar est prévu pour jouer les prolongations !CommEnTS’y inTRoduiRE ?le Siècle se donne égale- ment pour mission d’être un tremplin pour les talents dont l’origine sociale et le par- cours ne leur permettent pas de « réseauter » dans les antichambres du pouvoir. Malgré des intentions loua- bles, le système de coopta- tion reste hyper-select dans une association où l’on ne peut pas s’introduire soi- même. les membres sont élus par leurs pairs par scrutin à bulletin secret, après deux séries de votes. Dans ses tra- vaux de recherche, Anne- Marie Fugier reprend les pro- pos de Gérard Worms : « Ce n’est pas l’Académie Fran- çaise mais la procédure est lourde. Il suffit que l’un d’en- tre nous dise : « Vraiment, je ne crois pas que celui-là puisse siéger parmi nous » pour que nous suspendions l’examen en cours ». Un tri sélectif qui se caractérise aussi par la volonté de ras- sembler des profils amenés à connaître un avenir brillant. la suite n’est pas non plus aisée. le nouveau convié sera finement observé lors de son premier repas. Last but not least, si la personne incarne l’esprit de l’institu- tion, cette dernière aura le privilège d’être invitée à plu- sieurs reprises. « Ce n’est qu’à l’issue d’un an de pré- sence et d’au moins quatre dîners que le Conseil d’ad- ministration peut statuer sur une éventuelle admission comme membre actif », sou-SoRTiR dE LA PoLiTiquE PoLiTiCiEnnEAu XiXe siècle, les femmes fréquentaient les salons ; les hommes, les cercles, les res- taurants et les cafés. Si au- jourd’hui, les sociabilités se sont entremêlées pour ne plus cantonner la femme de bonne famille à son rôle de ménagère et de metteur en scène de la vie sociale, les fondements et les missions de ces dîners rassemblant les élites demeurent. l’esprit de salon tombé en désuétude dès avant la fin de la Seconde guerre mondiale, le constat de cloisonnement de la so- ciété politique avec notam- ment la société civile s’est rapidement fait sentir au sein des élites. « Opérer ce dé-quid dE L’oRgAniSATion ? organisés à l’origine au do- micile de Bérard-Quélin, si- tué cité vaneau, les dîners« Quel verre pour le vin ? Un couteau pour le foie gras ? Oh je suis mal... »unE SoCiéTé APoLiTiquE ET« A-CommERCiALE » le processus de cooptation perdure aussi depuis sa créa- tion. il s’agit d’avoir une juste représentation des mi- lieux professionnels et des sensibilités politiques. A deux exceptions près : les com- munistes se sont vu interdire l’accès à ces rassemblements jusque 1981, date qui fait écho également à l’arrivée de la gauche à l’Elysée. les « frontalement nationalistes », eux, restent encore au- jourd’hui au banc des refou- lés. « L’association ne se veut ni de gauche, ni de droite mais essentiellement répu- blicaine. Elle a le souci de servir la qualité du débat ci- vique et de soutenir le système parlementaire », complète Anne Martin-Fugier. Tout comme le Siècle ne souhaite pas provoquer de rencontres prétextes à des contacts com-cloisonnement a été l’objet principal de la création du Siècle, analyse l’historienne Anne Martin-Fugier, spé- cialiste de la sociabilité des élites. Les créateurs ont voulu établir un lieu de ren- contre entre hommes poli- tiques, hommes d’affaires et autres composantes de la société civile comme les in- tellectuels, universitaires, mondes de l’art ou de la science. » A l’origine de l’association, Georges Bé-Chauveau, à l’occasion du passage au XXie siècle. Aujourd’hui, ces réunions divisent encore. Aréopage de comploteurs ou lieu de rencontre inter-disciplinaire ? A vous de voir, le « Siècle leak » ayant déjà eu lieu en 2010*.mensuels en 2015 et ont lieu le quatrième mardi du mois. l’apéritif, de 20h à 21h, reste le moment décisif pour bénéficier de l’effet coupe- fil et s’introduire dans un moment d’échanges, régis par une règle tacite, faits d’amabilités et de services dont les dires ne seront ex- ploités hors les murs qui ac- cueillent l’association. « La table idéale réunit un diri- geant d’entreprise, un ban- quier, un haut fonctionnaire,La table idéale réunit un chef d'entreprise, un banquier, un magistrat, un membre de cabinet ministériel, un politique, un journaliste, un artiste et un intellectuel.(*) le site Cryptome.org, à la manière de Wikileaks, a publié la liste complète des invités du Siècle du 27 jan- vier 2010.Geoffroy Framery60Avril 2015l’économie et dans l’univers des médias », comme le mentionnait la brochure commandée par le Conseil d’Administration de l’asso- ciation à l’historienne AgnèsParis, dans les locaux du Cercle de l’Union interalliée. Dans la formule, peu de choses ont évolué quant à l’organisation de l’associa- tion : les dîners sont toujourssations de style café de com- merce (sic), où il n’y a pas de valeur ajoutée et à l’in- verse, faire parler les gens du secteur qu’ils connaissent bien », selon les propos tenusl’ostracisassion a perduré pendant 34 ans, de 1949 à 1983... Depuis lors, outre des femmes de pouvoir, l’asso- ciation étend ses entrées à l’Eglise, la magistrature, l’ar-rard-Quélin, également fon- du Siècle ont ensuite démé- un magistrat, un membre de merciaux. Notons également dateur de l’agence Société nagé à plusieurs reprises : cabinet ministériel, un poli- que l’association n’a pas non générale de presse, ambi- boulevard Saint-Germain, tique, un journaliste et un plus souhaité accueillir en tionnait à sa création en 1944 face au Palais Bourbon, puis artiste ou un acteur de la son sein de femmes à partir de « satisfaire les besoins à l’Automobile Club de vie intellectuelle », dépeint de 1949. Une raison pour la- d’informations spécifiques France, place de la Concorde Anne Martin-Fugier. la soi- quelle, robert Badinter, an- de ceux qui détiennent le pour désormais avoir lieu, rée continuera alors à table cien garde des Sceaux, a fait pouvoir de décision au sein depuis peu, au 33 rue du avec une règle du jeu à res- partie de la courte liste des de l’Etat, dans le monde de Faubourg Saint-Honoré, à pecter : « Eviter les conver- démissionnaires du Siècle.ligne l’historienne.]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19rH & ForMATioN ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu Outre de nouveaux diplômes, des chaires inédites et la création de nouvelles filières, EcoReseau revient ce mois-ci sur la place des femmes dans les programmes MBA, l'accélération de l'internationalisation des écoles et le classement des forma-Les femmes et le business : les disparités chez les prétendantes au MBAPour la journée des femmes du 8 mars, TopMBA.com croise ses études sur la veille des prétendants aux MBA et l’étude QS sur les 200 meilleurs écoles de commerce dans le monde. Plusieurs faits saillants ressortent de l’analyse de ces deux types de data : Seuls, 4,8% des 500 CEo les plus fortunés sont des femmes avec une augmentation de 4% l’année dernière. Quid des candidates au MBA et leur proportion au sein des business schools ? la réponse par les chiffres :tions BBA 2015.Premier MS pour l’ESTACASpécialisé dans les transports et la mobilité, l’Estaca ouvrira les portes de son premier Mastère spécialisé (MS) en « Air operations & Maintenance » à compter de la rentrée 2015. l’ouverture de cette nouvelle formation correspond au boom du trafic aérien – on prévoit un doublement d’ici 20 ans – dû à l’essor de nouveaux appareils sur le mar- ché dans le secteur de la Mro (Maintenance, repair & overhaul, littéralement « ré- vision »). le but du MS revient à donner à ses participants des compétences managériales et techniques, une connaissance aiguë des différentes activités de la Mro tout en maîtrisant le cadre réglementaire. 30 places sont prévues pour cette première promotion qui exige un Bac+5 et une forte appétence pour la culture aéronautique. (Frais de scolarité : 12000 euros)-Top 10 des écoles dotées du pourcentage le plus élevé de femmes pour le MBAINSA Rennes et l’ENSAI au service du Data Scientismle nouveau partenariat entre l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse de l’in- formation (ENSAi) et l’institut national de sciences appliquées de rennes (iNSA) aboutit à la création d’un nouveau double diplôme qui permet un double mouvement d’étudiants au sein des deux entités. De chaque côté, les étudiants de troisième année pourront intégrer la deuxième année du cycle ingénieur de l’autre école pour valider leur titre d’ingénieur data scientist et commencer à combler les besoins croissants de recrutement dans le domaine de la data.NB : Dans ce contexte, 67% des femmes réalisent un MBA pour améliorer leurs pers- pectives de carrière et 33% le font pour une hausse de salaire contre 35,1% des hommes.Source : TopMBA.com62Avril 2015La gouvernance et la création collective au cœur de Mines Pa- risTechSoutenue, entre autres, par veolia, Bpifrance le lab, Artélia et le collège des Bernar- dins, la nouvelle chaire « théorie de l’entreprise, modèles de gouvernance et création collective » a vu le jour au mois de février pour une durée de cinq ans. Cette nouvelle chaire entend développer la recherche fondamentale pour stimuler l’innovation, la croissance et la création de valeurs partagées. Quatre axes déclinent le programme : nouvelle théorie de l’entreprise, liens entre investissements, organisation et croissance, création collective et régimes de solidarité ainsi que nouvelles gouvernances et contrats collectifs créateurs.Nouvelle filière pour Grenoble INP-Ense3 (écoles ingénieurs énergie eau environnement)répondant aux enjeux liés à la transition énergétique et aux besoins des secteurs in- dustriels en pleine croissance tels que la production efficiente d’électricité et de chaleur ou la distribution intelligente, la filière ingénierie de la production et de la fourniture d’énergie par apprentissage a été créée en partenariat avec l’iTii Dauphiné vivarais (instituts des techniques d’ingénieur de l’industrie). ouverte à des profils diplômés d’un Bac+2 à dominante physique ou encore génie électrique, la formation, dispensée sur trois ans, souhaite doter ses étudiants de fortes compétences techniques et de com- pétences qui leur permettent de piloter tout le cycle de vie d’une installation d’un équi- pement.]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frTop 20 2014-2015 en management internationalObservatoire rH & ForMATioNces nouvelles structures, dont l’ouverture est programmée pour cette année et 2016, et de son réseau existant, MediaSchool Group clame sa domination en tant que premier groupe français d’éducation, indépendant de tout fonds d’investissement ou d’institu- tions financières, spécialisé dans les métiers de la communication, des médias, du jour- nalisme et du digital en France.Kedge : création d’un Institut franco-chinois du Management des Arts et du DesignDans le cadre de la visite d’Etat du Premier ministre français en Chine, Kedge et l’Aca- démie Centrale des Beaux-Arts de Chine (Central China Academy of Fine Arts – CAFA) ont signé fin janvier une convention cadre de coopération qui prévoit la création d’un institut franco-chinois du Management des Arts et du Design. Dans ce cadre inédit de coopération transdisciplinaire, cet institut ambitionne de créer de nouveaux parcours pédagogiques dispensés en Chine et en France à destination des étudiants et des cadres de haut niveau. A terme, l’institut souhaite aussi fédérer des universités notamment françaises spécialisées dans les domaines de la protection du patrimoine, la muséologie, le management et l’économie. Par ce partenariat, Kedge confirme sa prévalence dans le monde du management des Arts et des industries culturelles et créatives et duplique son premier institut franco-chinois créé en 2010 et dédié aux sciences sociales.Chaque année, SMBG, cabinet conseil en orientation, marque du groupe Eduniversal, classe les meilleurs diplômes à Bac+3 et les bachelors des grandes écoles selon des critères de notoriété de formation, de salaires de sortie et de retour de satisfaction des étudiants. voici le palmarès :Source : SMBGL’ISC Paris met du trèfle dans ses diplômesDans une optique d’internationalisation des parcours et de différenciation surtout, l’iSC Paris avec le concours du Griffith College de Dublin lance en exclusivité un bachelor qui permet à ses récipiendaires de bénéficier d’un diplôme international à vocation gé- néraliste, un Bachelor of Honor in Business Studies. outre les années Bac+2 et Bac+3 menées en terre irlandaise, le parcours se distingue également des autres bachelors par sa composante internationale qui autorise à ses participants de se présenter aux admis- sions des Grandes écoles via la passerelle « international admission », chemin de tra- verse vers l’excellence où la concurrence demeure moins forte que les voies classiques.Renforcement des relations franco-canadiennesC’est reparti pour cinq ans entre l’Université de technologie de Compiègne (UTC) et l’Ecole Polytechnique de Montréal. Ce nouvel update entre les deux écoles accélère les échanges étudiants avec la possibilité pour les « équivalent Bac+4 » de Montréal d’entrer directement en deuxième année de master à l’UTC. Même mouvement possi- ble entre les « cinquième année» génie chimique et le cursus picard en génie agro-in- dustriel. Dans le sens France-Canada, les étudiants français ayant validé leur Bac+4, peuvent réaliser un projet de fin d’études pour une durée de six mois ou réaliser un PhD (doctorat) à PolY-MTl.Nouveaux bébés pour MediaSchool GroupMediaSchool Group (iEJ, iMM MediaSchool, MediaSchool ProDUCTioNS,ECS, #SUPDEWEB) lancent à Nice et Shanghai leur offre ECS et #SUPDEWEB. Fort deAvril 2015« If you think education is expansive, try ignorance »la cherté des programmes exécutifs ne serait qu’un faux débat. Dans le cadre de l’Exe- cutive MBA « leading innovation in a digital World » de Mines-Telecom Business School, s’est tenue une Master Class unique afin de faire l’expérience de ce programme de haut vol. Une manière de découvrir concrètement le cursus en rencontrant ses par- ticipants et ses professeurs et de comprendre, entre autres, les enjeux des prix de for- mation. l’événement est organisé en partenariat avec ed21, association accélératrice de projets innovants, souhaitant développer une « Silicon valley de l’Education ». source : Mines-Telecom Business School63]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19rH & ForMATioN Carrières & Talents - Formation continue aux métiers d’ingénieursAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesFabrique de caméléonsSles écoles souhaitent toujours constituer des ingénieurs-managers, mais aussi des créateurs, des designers voire même des philosophes. Ce qui oblige à une sophistication de la formation continue.’il lit aujourd’hui le à 45 ans, l’actuel participant l’obtention d’un MS décidé génieur-manager. Cela va Prince de Machiavel, d’un Exec-MBA cultive-t-il par son employeur et ses der- bien plus loin...Analyse.Nicolas l., ingénieur toujours le sentiment d’être nières participations à desdans le secteur énergétique, un éternel étudiant. Des dé- MooC dédiés à l’entrepre- RESPonSAbiLiTéne le fait pas pour son simple loisir. inscrit dans un Exe- cutive MBA, il sera rapide- ment interrogé prochainement sur les transferts possibles entre politique et management à l’échelle d’une ETi. Une vraie plaie pour Nicolas, ha- bitué à des concepts normatifs au sein de son bureau d’études, loin des sciences humaines et de leurs incerti- tudes. Mais, une nécessité au demeurant pour combiner ses compétences techniques à une vision stratégique de l’entreprise à l’heure de sa promotion en interne. Aussijeuners à la cafétéria de l’école de commerce en pas- sant par l’odeur rance carac- téristique d’une journée de réflexion en amphithéâtre, le cadre dynamique réinvente au quotidien ses madeleines de Proust estudiantines. Après une formation initiale menée dans une grande école dont il était sorti major de pro- motion en 1993, Nicolas pen- sait à tort que ladite formation et son réseau d’anciens se suffiraient à eux-mêmes pour mener sa carrière à son terme. Mais sa récente spécialisation dans les Smarts Grids parneuriat pour ourdir une échap- patoire à la vie salariale le ramènent inlassablement à cirer le banc des écoles. Ni- colas, comme tant d’autres, a donc épousé un mode de vie qui cristallise les liens entre les différents acteurs de l’enseignement supérieur, afin de pourvoir les entre- prises en profils scientifiques hybrides, à la croisée des sciences humaines, du ma- nagement et de l’innovation technologique. En 2015, fini de cantonner la formation continue des scientifiques à la double-casquette de l’in-SoCiéTALE ET TECHnoLogiquEdES éCoLESla carte d’identité de l’ingé- nieur évolue au gré de ses progressions de carrière. les programmes et les formations également. Au cœur des mu- tations inhérentes aux grandes écoles, la responsabilité so- ciale et sociétale des futurs scientifiques, techniciens ou ingénieurs, elle aussi, entre progressivement sur le devant de la scène. En ce sens, l’école et l’université sont autant de leviers d’aménagement du territoire à l’échelle du dé- partement ou de la région, voire même du pays. il im- porte ainsi à chaque école d’aborder des problématiques transversales pour une dura- bilité des modes de vie- trans- ports, énergie, ville durable, bâtiment, santé,...- et d’anti- ciper l’émergence de nou- veaux métiers et secteurs dont les enjeux sont à peine effleurés aujourd’hui, à l’image des médecins tech- nologues, des professionsLe nouvel ingénieur construit, gère, crée, prend les choses en main... sans tomber dans la caricature...ple, tous les formats existent. De la gratuité d’un MooC aux MS, tous les choix sont permis en matière de spé- cialisation à ces nouveaux métiers. outre la formule di- plômante en cours du soir dispensée par le CNAM (cen- tre national des arts et métiers) accessible à des profils bac + 5, l’ENSAE-ENSAi pro- pose, par exemple, un certi- ficat de formation de 12 joursnières de les penser. De ce constat émerge un nouvel impératif éducatif qui renforce les liens entre écoles d’ingé- nieurs et leurs consoeurs, les iAE (institut d’administration des entreprises), les univer- sités de sciences humaines et sociales ou encore les ins- tituts de sciences politiques. « Les métiers de l’ingénierie et leurs modes d’intervention subissent des évolutions ra-Les formations scientifiques intensifient leur efforts pour conférer à leurs étudiants une agilité intellectuelle64Avril 2015liées aux smarts grids, aux mégadonnées, aux interac- tions entre les sciences dures, les arts, la culture et la tech- nologie audiovisuelle. oui, l’énumération donne un peu le tournis. « Les nouveaux métiers qui émergent sur le marché, à l’image des data- scientists, ou des ingénieurs- designers, attestent de la re- cherche d’expertises inno- vantes, souhaitée par les en- treprises », complète romain Doutre, Manager Division ingénieurs chez robert Wal- ters France. Pour le traitement des mégadonnées par exem-pour la somme de 5 500 eu- ros. Télécom Evolution, or- ganisme de formation conti- nue du réseau télécom, pro- pose, lui, une formation de 25 jours – 10 600 euros. Quant à GEM, l’école pro- pose un MS de 15 mois pour les titulaires d’un bac + 4 avec 3 ans d’expériences ou d’un bac + 5. Cette com- plexité des enjeux exige des écoles qu’elles accélèrent leurs échanges avec d’autres acteurs de l’enseignement et de l’économie. or, les muta- tions socio-techniques évo- luent aussi vite que les ma-pides et conçoivent des si- tuations d’activités plus que des dispositifs techniques. Ces situations intègrent des solutions techniques mais aussi des prescriptions or- ganisationnelles et sociétales, des schémas d’usage, voire une idéologie particulière de la technique, comme l’allo- cation des rôles entre l’homme et la machine par exemple », détaille Alain Storck, directeur de l’UTC (Université technologique de Compiègne). Au-delà du ba- gage généraliste et des pré- requis techniques et mana-]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Formation continue aux métiers d’ingénieurs rH & ForMATioNgériaux, les formations scien- tifiques intensifient donc leurs efforts pour conférer aux pro- fessionnels une agilité intel- lectuelle qui s’opère dans le prolongement de leur forma- tion initiale à coup de doubles diplômes spécialisés, de nou- veaux partenariats et du ren- forcement du savoir-faire scientifique. Elle s’exprime aussi dans la volonté de faire« Les volumes, les spécialités schools et écoles d’ingénieur. et les destinations restent, l’EPF et ESC Troyes vien- bon an mal an, les mêmes. nent de créer un cursus com- On constate cependant une mun, un Msc « innovation,pas seulement encourager l’entrepreneuriat en recourant au partenariat. Elles ambi- tionnent de cultiver cette ap-l’innovation et l’entrepreneu- riat ont la part belle dès la deuxième année à Polytech- nique. il s’agit dans ce cas de figure de réaliser un projet scientifique et/ou technolo- gique, l’exploiter et le valo- riser. « L’entrepreneuriat a de plus en plus de réso- nance à l’X », affirme Frank Pacard. D’ailleurs, un bâti- ment dédié devrait bientôt voir le jour. l’annonce offi- cielle ne devrait pas tarder. Selon toute vraisemblance, il devrait s’agir de bien plus qu’un incubateur ou d’un ac- célérateur. De même, l’EN-STA ParisTech a remodelé ses dispositifs pédagogiques de formation à l’innovation en mettant en place depuis peu son dispositif FiME (For- mation à l’innovation au ma- nagement et à l’entrepreneu- riat). Sur la scène de l’ensei- gnement supérieur, une chose est sûre, la création d’entre- prise n’est plus le seul fait des écoles de commerce.Les écoles se gardent aujourd'hui de tomber dans l'écueil utilitariste des formationsdemande croissante pour al- ler en master à l’étranger. Le choix des thématiques reste large mais l’énergie, les nouvelles technologies, les mathématiques appliquées et la mécanique connaissent dans une certaine mesure une plus grande ferveur », souligne Frank Pacard, di- recteur de l’enseignement et de la recherche à Polytech- nique. les métiers de l’al- gorithme, ou ceux liés à l’ex- ploitation des données et des statistiques, connaissent éga- lement un vif essor. En 2015, le curseur de la double-com- pétences bouge et exige de nos ingénieurs d’être multi- techniques. l’iNP Grenoble, lui, crée dorénavant des pro- grammes de formations ini- tiale et continue qui mixent les compétences dans les smart grids et dans l’infor- matique. « Les projets de croisement de champs disci- plinaires sont d’actualité. Qu’il s’agisse de probléma- tiques liées à l’environnement et à la gestion de flux de données, ou encore du génie électrique et de l’informa- tique. Les nouvelles forma- tions ont aujourd’hui ten- dance à élargir le champs disciplinaire technologique pour avoir une posture multi- compétences, qui peut être aussi des sciences de l’ingé- nieur et du management », analyse Jean-Marc Dedulle, directeur de la formation continue dans l’établissement grenoblois.création et entrepreneuriat ». idem à lyon avec le pro- gramme iDEA qui mixe l’in- novation, les arts et le design mis en place conjointement par Centrale et l’EM lyon. Mais les écoles ne souhaitentpétence pour le transfert tech- nologique et la création dans leurs propres murs, de ma- nière indépendante, et s’af- firmer comme acteur à part entière de ce levier de crois- sance économique. Ce faisant,LE SCiEnTiFiquE ET LE PHiLoSoPHE« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », affirmait déjà rabelais aubouger les contours pédago- giques et d’aller plus loin que l’ingénieur-manager. « La demande des industriels est parfois en décalage avec ces formations très généra- listes : le secteur est avant tout en recherche d’expertises techniques afin de faire la différence par l’innovation et la R&D sur le plan inter- national », met en garde ro- main Doutre.L’ingéniEuR, néCESSAiRE TRAiT d’union EnTRE dEux diSCiPLinES SCiEnTi- FiquES ?le crescendo des savoir-faire passe par un effort de spé- cialisation. A Polytechnique, la 4e année l’est déjà. les in- teractions sont nombreuses avec les Ponts, l’Ecole na- tionale supérieure de tech- niques avancées (ENSTA), l’institut supérieur d’aéro- nautique et de l’espace (iSAE), les Mines ou encore Télécom par exemple, his- toriquement appelées écoles d’application pour maintenant s’appeler écoles partenaires. les relations s’accélèrent également sous l’égide de ParisTech, autorisant par la proximité plus de synergies en matière de recherche, d’in- novation et de formation.« L’ingéniEuR- CRéATEuR »« Il faut développer l’inno- vation-entrepreneuriat et par- tir de l’esprit bâtisseur in- trinsèque aux ingénieurs pour tendre vers l’esprit entrepre- neur, innovant, créateur d’en- treprises, d’emplois et d’ac- tivités et faire de l’innovation le moteur principal de la for- mation scientifique et tech- nologique », s’exclame Alain Storck, président de l’UTC. les rapprochements sont nombreux entre businessAvril 201565Œ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19rH & ForMATioNCarrières & Talents - Formation continue aux métiers d’ingénieursXvie siècle, pour la bonne éducation de Gargantua. Se rapprochant ainsi de l’utopie éducative de Thélème chère à rabelais, les écoles se gar- dent aujourd’hui de tomber dans l’écueil utilitariste des formations. D’autant qu’elles ne veulent pas cantonner la certification des ingénieurs aux seuls besoins à court terme du monde de l’emploi. « Le cursus de tronc commun HuTech (Humanités et Tech- nologie), porté par le dépar- tement “Technologie et Sciences de l’Homme” de l’UTC, vise à réconcilier science, ingénierie, techno- logie et sciences humaines et sociales », explique Alain Storck. l’ingénieur doit donc être humaniste et philosophe, apte à intégrer les enjeux so- ciétaux et écologiques à la fois dans ses choix technolo- giques mais aussi dans son mode de management et dans ses prises de décision. Par prolongement, les sciences humaines irriguent ainsi chaque segment de la for- mation continue des écoles. A l’image du MS Génie in- dustriel de l’iNSA lyon, où l’économie expérimentale et l’économie comportementale contribuent grandement à faire évoluer le curriculum des for- mations dédiées au génie in- dustriel. les ponts avec les sciences humaines se déve- loppent. l’enseignement ac- tuel des humanités s’inspire aussi de l’esprit du « Grand Tour », qui, dans la lettre, consistait en une sorte de rite initiatique achevant l’éduca- tion de la noblesse au Xviie siècle. Certes, il ne s’agirait plus comme à l’époque de parfaire l’éducation des aris-... quand l’ancien ingénieur reste dans son rôle initial et se laisse porter... sans tomber dans lanager division ingénieurs chez robert Walters France. l’image de cette double com- pétence serait-elle sur le point de vaciller ? Au regard des taux d’insertion de la dernière étude APEC, on ne mesure d’ailleurs pas de différence fondamentale entre un ingé- nieur titré d’une double com- pétence et celui « seulement » doté de son diplôme principal. « La double compétence va améliorer les conditions d’em- ploi, le type de fonction oc- cupée et le niveau de salaires dans les combinaisons de for- mation : ingénieur et IAE, ou mastère spécialisé. Mais il ne faut pas penser qu’aux grandes écoles. Depuis la crise, les recruteurs vont na- turellement privilégier une connaissance secteur plus poussée », explique Pierre lamblin, directeur du dépar- tement Etudes et recherche de l’APEC. Malgré tout, les écoles continuent de recruter des ingénieurs envoyés par les entreprises pour sortir de la technique et quelques an- nées à faire de la r&D. En réponse, les nouvelles for- mations souhaitent ainsi adop- ter une double posture à la fois réceptrice des enseigne- ments liés aux SHS et au management mais aussi tour- nés vers une dimension tech- nique en adéquation avec les avancées technologiques. le département formation conti- nue de Grenoble iNP propose ainsi une nouvelle formation portée par Grenoble iNP et GEM, la formation « Manager technique » avec en options la micro-électronique et l’ef- ficacité des systèmes éner- gétiques. « Ce diplôme est né de l’évolution de nos deux parcours “passage cadre”, Formatech et Midep qui connaît sa dernière promotion cette année, remarque Jean- Marc Dedulle. On a fait évo- luer notre maquette pédago- gique pour que celui-ci puisse être reconnu niveau 1 au RNCP. C’est une formation à l’interface des sciences de l’ingénieur et du management. Ce diplôme intéresse non seu- lement les grands comptes tels qu’Areva, Schneider ou ST Microelectronics, mais aussi les PME pour faire évo- luer leurs salariés techni- ciens vers un statut cadre. » Et Gérard Drouet, directeur des MS et des Msc à Toulouse Business School, d’illustrer: « Les profils ingénieurs conti-nuent beaucoup de nous sol- liciter sur les compétences managériales, marketing et commerciales. Le MS mana- gement de l’innovation se compose presque à 100% de scientifiques, dont 60% d’in- génieurs ». il ne s’agit donc pas seulement d’ajouter une ligne sur son Cv avec l’école « qui-va-bien ». les profils techniques sont aussi extrê- mement prisés dans la finance. « Dans les domaines de l’in- génierie financière, on exige des compétences mathéma- tiques très poussées. Notre partenariat avec l’INSA nous a ainsi permis de renforcer notre vivier pour ce type de formation », poursuit Gérard Drouet. rappelons enfin que les MBA (Master of business administration) ont été créés pour les profils scientifiques ou techniques en mal de ma- nagement. la véritable ques- tion n’est pas tant de se de- mander si la double compé- tence, ingénieur-manager vaut le coup. il s’agirait plutôt de se questionner sur les motifs qui poussent à le faire et sur la période pour l’accomplir. « 60% de nos participants à l’Executive MBA et 50% des étudiants de l’AMP (Adavan- ced Management Program) ont un background scienti- fique. Formaliser son regard business s’exacerbe vraiment au moment de rejoindre un COMEX. Mais quel que soit le programme, les entreprises veulent transformer leurs ca- dres. Ces formations permet- tent ainsi de réapprendre un mindset différent aux parti- cipants », précise Chantal Poty. Cette nouvelle compé- tence sera mieux valorisée après une première expérience solide. « Souvent, certains ingénieurs font un MBA pour changer de job et de société. Or, il vaut mieux valider son MBA durant son évolution au sein d’une même société et justifier ensuite d’une ex- périence associée au sein de cette même entité, avant d’en-caricature toujours...tocrates par le voyage et de parcourir le monde pour conserver son rang. Mais les séjours à l’étranger sont tou- jours autant d’occasions d’ap- prendre à être à l’aise dans des contextes sociaux et cul- turels divers. « La quatrième année spécifique à l’X est toujours l’occasion pour ses participants de partir en école de commerce. L’objectif pour nous, c’est de confronter les élèves à une culture différente. Nous invitons les élèves àment lorsque les profils scien- tifiques sont amenés à épouser une carrière de gestionnaire : « Parce qu’il grandit dans l’entreprise, l’ingénieur se doit d’intégrer une vision de marché. En particulier lorsque ces opportunités de carrière l’amènent à rejoin- dre un comex, explique Chan- tal Poty, directrice des pro- grammes exécutifs à l’EM lyon. On ne l’attend plus seulement sur son expérience technique et cela demeureingéniEuR-mAnA- gER : unE doubLE CASquETTE PASSéE dE modE ?La création d'entreprises n'est plus le seul fait des écoles de commerceDans ces conditions, il est légitime de revenir sur la principale liaison des relations écoles d’ingénieurs et business schools : la fameuse double compétence ingénieur-mana- ger. « Une tendance de fond est à l’œuvre depuis une quinzaine d’années : les écoles d’ingénieurs dévelop- pent des parcours très orientésprivilégier certaines destina- tions : le Brésil par exemple. Côté élèves c’est encore ti- mide, mais les entreprises de- mandent de plus en plus d’in- génieurs confrontés à d’autres cultures et pas seulement la culture anglo-saxonne », il- lustre Frank Pacard. Cette question du multiculturalisme d’affaires resurgit inévitable-une nécessité pour un di- plômé ingénieur de changer de point de vue. Qu’il s’agisse de nos programmes en marketing international ou en stratégie internationale par exemple, les profils scien- tifiques viennent y chercher à un moment de leur carrière une ouverture à la compé- tence managériale. »vers le management général et l’entrepreneuriat, avec en toile de fond l’idée que les ingénieurs sont po- tentiellement de futurs chefs de service. On forme donc des profils se caractérisant par une forte agilité intellec- tuelle, aux dépens parfois des compétences techniques », nuance romain Doutre, ma-Programme innovantLa Coding Academy pour combler la pénurie de développeursLa France manque de plusieurs dizaines de milliers de déve- loppeurs. Et l’innovation ne se cantonne pas qu’aux seules start-up. Ionis Education Group et Epitech, école de l’innovation et de l’expertise numérique, viennent ainsi d’annoncer la naissance de leur dernier rejeton : la Coding Academy. Visi- blement il n’y pas que l’école 42 pour redistribuer les cartes dans la formation au digital. Nouvelle approche académique pour former des profils à l’innovation, la Coding Acamedy lancera sa première session, « Code & Go » de 30 à 50 per- sonnes de la mi-avril à la fin août. « Le digital est au cœur de toutes les mutations et les logiciels sont là pour y jouer un rôle d’accélérateur. La Coding Academy ambitionne de répondre aux questions liées à l’apprentissage du numérique, à la transmission des compétences et à la transformationdes profils éloignés de l’informatique qui n’ont pas l’opportunité de s’engager dans des cursus longs », présente Emmanuel Carli, DG d’Epitech. Le nouveau programme entend répondre aux besoins des entreprises en développeurs opérationnels. « On est parti du constat que l’enseignement intensif dans des technologies spécifiques, les “bootcamps”, n’est pas la bonne manière de faire car le monde du numérique est dés- ormais open source et worlwide tout en évoluant H24, 7j/7 ! D’où notre volonté de nous éloigner de tout technocentrisme. » Le programme se subdivise en trois axes d’apprentissage : les fondations (programmation langage C, méthodologie) le back-office (Introduction Serveur, autres langages, frameworks et plateformes) et front-end avec Java, jQuery et AngularJS.un changement devisager.structure, conclut romain Doutre. Le candidat pourra ainsi prouver non seulement la mise en pratique de ses compétences acquises durant le MBA, mais en plus sa fi- délité à une entreprise qui lui aura permis de le faire. »Geoffroy Framery66Avril 2015]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19rH & ForMATioN Carrières & Talents - Des Ecoles généralistes moins connues mais efficaces «Chut,onforme!»Ces établissements sont plus discrets que les stars des Ecoles de commerce. Mais n’en tirent pas moins leur épingle du jeu, formant aussi les dirigeants de demain. Enquête.hacun connaît les que soit le cursus », indique monde de l’entreprise : des d’embauche des étudiants Marc : « 73 entreprises ont contre mauvaise fortune bon grandes écoles de Matthieu lévy-Hardy, di- stages d’insertion profes- de l’ESGF (finance et répondu présentes à notre cœur : plus petites, moins commerce comme recteur des relations exté- sionnelle et des “missions”, comptabilité) à l’issue de Forum Ecoles-Entreprises réputées, elles misent da-HEC, l’ESSEC, l’ESCP- rieures du groupe. Même c’est-à-dire des projets com- leur stage de fin d’études : cette année, contre une cin- vantage sur leur réseau.Europe ou l’EdHEC, qui ont bâti leur réputation en France en recrutant sur concours la crème des élèves sortant des classes préparatoires après deux années de travail acharné. Mais il existe un autre type d’écoles, moins renommées certes, mais qui bénéficient depuis quelques années d’une aura croissante auprès des étudiants et des recru- teurs. Pas toujours recon- nues par la Conférence des grandes écoles (CGE), cer- taines recrutent après prépas tandis que d’autres ciblent les « postbac ». Elles ont un point commun, celui d’afficher de bons résultats, tant professionnels qu’aca- démiques.discours à l’idrac à lyon qui recrute uniquement post- bac. « Nous sommes enga- gés dans une pédagogiemandés par des sociétés. résultat : les employeurs sont en général satisfaits des stages effectués chez56% transforment leur stage en premier emploi dans la même entreprise. Signe qu’encore étudiants,quantaine l’an dernier ».l’attachement des anciens à leur école est fort, ils veu- lent que leur diplôme existe. « Lorsque j’entame un pro- cessus de recrutement, je convoque en premier lieu les candidats qui sortent de mon école. Il ne faut pas se voiler la face : les HEC embauchent les HEC, les anciens de l’ISC embau- chent les ISC », explique Marie. Exemple marquant de cette solidarité : l’EDC (École des dirigeants et créa- teurs d’entreprise) a été ra- chetée en 1995 par 240 an- ciens élèves, tous chefs d’entreprise. l’activité après l’école est donc aussi très forte, puisque la plupart des offres de stage sont propo- sées par des anciens élèves, qui participent aussi au fi- nancement de l’école via la taxe d’apprentissage. Pour séduire les recruteurs, ces écoles misent aussi sur la volonté de ceux-ci de di- versifier leurs effectifs : « Les diplômés des écoles de milieu de tableau sont moins conformistes que ceux des grandes écoles du haut du tableau, ils osent da- vantage mettre les pieds dans le plat, tester de nou- velles idées », assure Marie. De plus, moins formatés à devenir rapidement des tops managers dans des multi- nationales, ils sont peut- être davantage prêts à s’in- vestir dans une PME, « à commencer un peu plus bas dans l’échelle, quitte à gra- vir progressivement les échelons et rattraper parfois ceux qui sont issus des grandes parisiennes », ajoute Marie.le nombre de sociétés pré- sentes à ces rencontres est essentiel pour ces Ecoles,PRêT à L’EmPLoiPour se distinguer des grandes écoles plus connues, elles misent sur- tout sur la proximité avec les entreprises et la profes- sionnalisation de leurs élèves. Ainsi, à l’ESG, école qui recrute sur concours postbac comme à bac+3 et bac+4, l’accent est résolu- ment mis sur l’entreprise. « Nos programmes, du Ba- chelor au Mastère et MBA, sont jalonnés de stages en entreprise. Ainsi à la sortie de l’école, nos étudiants sont quasi-opérationnels. Par ailleurs, autant les grandes écoles type HEC ou ESSEC insistent sur l’académique, autant nous mettons l’accent sur la pra- tique afin d’offrir à nos élèves, non seulement le savoir, mais aussi un vrai savoir-faire », explique Marie-Anne Marc, respon- sable marketing et commer- cial du pôle ESG. Une stra- tégie également suivie par l’iSG, une école qui recrute après prépas, appartenant au groupe ionis : « L’en- semble de notre corps pro- fessoral pratique la péda- gogie par le projet, quelMême bagages intellectuels et outils business que les autres, juste un peu plus discrets...par l’action et, dès la pre- mière année, tous nos étu- diants doivent réaliser des projets réels. Ensuite, nous passons beaucoup de temps à accompagner chacun de nos étudiants pour qu’il puisse comprendre ce que lui a apporté chacune de ses expériences, qui sont ensuite compilées dans un “Portfolio de compé- tences”. Notre mission est de l’aider à comprendre en quoi chaque stage, chaque expérience, chaque expé- rimentation vécue est un élément pédagogique dont il doit tirer parti », explique Elodie Petey, responsable évènementiel et communi- cation de l’idrac. A l’ESG, les étudiants sont priés de réaliser deux types d’acti- vité en lien direct avec leeux par les étudiants, et sont prompts à les embau- cher. « Nous réalisons une enquête auprès de chaque entreprise ayant reçu un étudiant, et les retours sont positifs à 99% », assure deils répondent aux attentes de l’entreprise », complète Marie-Anne Marc. Globa- lement, les établissements- révèlent que la banque, l’as- surance et le conseil sont de gros recruteurs, mais lescar les rH les considérent comme des rendez-vous pri- vilégiés pour chasser les meilleurs éléments. « C’est lors d’un forum Ecoles-En- treprises que j’ai trouvé mon premier emploi »,L’attachement des anciens à leur Ecole est fort, ils veulent que leur diplôme existe68Avril 2015L’imPoRTAnCEdu RéSEAuPreuve du succès de ces écoles : les entreprises se pressent chaque année plus nombreuses aux forums de ces écoles, comme le confirme Marie-Anneson côté Elodie Petey. « En perspectives s’élargissent confirme Marie, diplôméeembauchant nos étudiants, les entreprises s’assurent de la qualité de leur for- mation, comme l’atteste pour la plupart la déli- vrance d’un titre RNCP de niveau I, et de leur opéra- tionnalité rapide grâce à une pédagogie basée sur la mise en pratique. Ce que prouve par exemple le tauxdans le secteur des achats ou de la distribution.de l’iSC, une école pari- sienne qui recrute post pré- pas. Aujourd’hui cadre dans une grande enseigne de bri- colage, cette dernière se rend chaque année à plu- sieurs forums, dont celui de son ancienne école, pour recruter à son tour des sta- giaires et des salariés. A cet égard, ces écoles font aussiL’AnCRAgE RégionALAutre atout de ces étu- diants : leur ancrage ré- gional. Ces écoles de com- merce sont souvent implan- tées dans de nombreuses villes et permettent ainsi à nombre d’étudiants de tisser]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Des Ecoles généralistes moins connues mais efficaces rH & ForMATioN« Certains de nos élèves, arrivés en bachelor après un BTS, misent souvent ensuite sur un MBA à la recherche de formations spécialisées où dans cer- taines filières tous les cours sont anglais », té- moigne Amandine Bebi. Dans cette perspective, les MBA se multiplient au sein des écoles. l’iSC Bu- siness School propose ainsi 18 MBA, en marketing, management, finance mais aussi en art, culture et luxe. « Suivre un pro- gramme MBA est un choixdes liens avec les entre- prises de la région. Ainsi, le groupe ESG est installé à Paris, mais aussi Bor- deaux, Toulouse, Montpel- lier, Aix en Provence et rennes. « En province, l’essentiel des recruteurs est constitué de PME lo- cales, habituellement pas assez valorisées par les grandes écoles. Le but, c’est de proposer à ces structures moyennes leurs futurs managers de qua- lité », précise Marie-Anne Marc. De même, l’inseec est implantée à Bordeaux, Paris et Chambéry. « Nos élèves de Bordeaux et Chambéry sont très appré- ciés des entreprises locales. Opérationnels à l’issue de leur formation, ils ont aussi l’avantage de connaître la région et s’intègrent plus facilement que des candi- dats vivants à l’autre bout de la France », confirme Amandine Bebi, directrice de la communication du Groupe inseec.de France, font également partie des parcours. « Les programmes qui accueil- lent des étudiants étrangerscherche, de pédagogie, de relations avec les entre- prises et de recrutement peuvent se targuer de pos-tion. « Cette accréditation n’est pas le moteur de no- tre communication. Tou- tefois, dans un monde deprises », explique Matthieu lévy-Hardy.Ces Ecoles présentes dans plusieurs villes sont appréciés des entreprises locales en Province, car les jeunes diplômés sont opérationnels et connaissent la régiondE SPéCiALiTéS PoinTuESPour tirer leur épingle du jeu, les écoles de com- merce misent également sur une offre de plus en plus pointue. A l’inseec, les étudiants peuvent opter pour des masters en fi- nance, en marketing ou en management afin de se lancer dans un MBA en- core plus spécialisé. l’école propose ainsi un MBA en vins et spiritueux.sont intéressants pour les étudiants français, qui bai- gnent aussi dans un contexte multiculturel », souligne Amandine Bebi. « Plus que jamais une ex- périence internationale est indispensable à chaque élève de grande école. Pour cette raison, l’ISG offre ainsi à ses étudiants la possibilité d’effectuer un ou deux semestres en échange académique, dans un ou plusieurs de nos 114 universités partenaires, im- plantées dans 39 pays », se félicite Matthieu lévy- Hardy. Par ailleurs dans beaucoup d’écoles de com- merce, la moitié du temps de formation est effectué à l’étranger et certains éta- blissements dispensent leur cursus uniquement en an- glais. « A l’ISG nous pro- posons à nos élèves du programme Grande Ecole de suivre les cours en an- glais dans le cadre de l’In- ternational Track. Ce dis- positif offre également des opportunités de double-di- plôme avec des universités au Royaume Uni, USA, Canada, Australie et Nou- velle Zélande », complète Matthieu lévy-Hardy. Pour briller au niveau in- ternational, les écoles de commerce se sont par ail- leurs engagées dans une véritable course aux ac- créditations ! Délivrées par des organismes indépen- dants après une procédure d’audit pouvant prendre plusieurs années, l’Euro- péenne EQUiS et l’Amé- ricaine AACSB représen- tent le Graal et la consé- cration pour nos business schools. Elles leur permet- tent d’attirer toujours plus d’étudiants et de nouer des partenariats à l’étranger avec des établissements prestigieux. À raison : au niveau mondial, seules les écoles les plus perfor- mantes en matière de re-séder ces labels très sélects. Membre de l’AACSB de- puis 2009, l’iSG est ac- tuellement engagée dans un processus d’accrédita-plus en plus normé, être labélisé permet de recueil- lir plus facilement la confiance des étudiants mais aussi des entre-un CuRSuS TouRné vERS LE mondEle parcours des étudiants se doit d’être tourné vers le monde. Aussi, de nom- breuses écoles de com- merce ont orienté leur offre vers l’international en in- sistant tout d’abord sur la maîtrise de l’anglais. « Tout au long de son cursus, l’étudiant peut choisir de réaliser des Business Ses- sions sur nos campus à l’étranger, notamment à Londres », souligne Aman- dine Bebi de l’inseec. Par ailleurs, les établissements incitent fortement les élèves à réaliser un stage, voire plusieurs à l’étranger. « Dans chacun de nos pro- grammes, il existe un par- cours européen au cours duquel les étudiants peu- vent suivre leur deuxième année en anglais sur nos campus en Espagne (San- tander et Barcelone), Ir- lande (Dublin et Cork) ou République tchèque (Brno). De plus, l’IDRAC propose 95 destinations en écoles partenaires à l’internatio- nal », détaille Elodie Petey. Ainsi, les échanges aca- démiques longs, d’un se- mestre à une année com- plète avec des universités étrangères, et la possibilité de réaliser des stages horsAvril 201569Œ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19rH & ForMATioN Carrières & Talents - Des Ecoles généralistes moins connues mais efficacesEurope. « Confrontés à un marché du travail atone, nos élèves mesurent leursprétentions salariales pour trouver un emploi », confirme Elodie Petey. Ef- fectivement, les rémuné- rations moyennes des jeunes diplômés n’ontjudicieux pour qui veut ac- la marque qui s’érige en chelle. la marque sauratableau : les salaires à la sortie. Selon le site internet de l’Etudiant, le salaire d’embauche d’uncessé de baisser depuis deux ans. D’après l’en- quête annuelle de la Confé- rence des grandes écoles (CGE) publiée en juin der- nier, le salaire annuel hors primes atteint 32862 euros bruts pour la promotion sortie en 2013, écoles de commerce et d’ingénieurs confondues, contre 33376 euros pour celle partie en 2011, soit une baisse de 1,5% en deux ans. « Concernant le cursus Bachelor, la fourchette va- rie de 25000 à 28000 eu- ros. Pour nos bac +5, c’est plutôt 28/32000 euros », précise Elodie Petey. En clair, les employeurs necélérer, relancer ouorienter sa carrière. C’est apporte le plus souvent la étudiants, mais c’est elleré- meilleur indicateur. Elle certes drainer les meilleurs Les employeurs ne font pas de cadeaux. Il fautélève sortant d’une formation bac +5 de l’ESG dépasse les 32000 euros par an (33000 pour l’in- seec de Cham- béry, 35000 eurosdire que la situation actuelle leur est profitablel’occasion d’acquérir de nouvelles connaissances et de se forger un domaine de compétences fortes et reconnues », explique Charles Berger, directeur du programme MBA de l’iSC Paris. Attention ce- pendant, l’offre française est en revanche très hété- rogène en qualité. Car si le prestige du diplôme amène de plus en plus d’établissements à proposer ce cursus destiné aux ca- dres d’élite, tous n’attei- gnent cependant par le ni- veau attendu. Dans un mar- ché banalisé où se côtoient des offres portant la même étiquette, où quasiment au- cune régulation – officielle ou non – vient en contrôler la qualité, à l’exception de l’américain Amba, c’est fi- nalement la notoriété degarantie d’un réseau d’an- ciens, part non négligeable des actifs dans lesquels l’élève investit. Ce net- working est même devenu une part décisive des cursus spécialisés comme le Wine & Spiritsqui justifiera aussi, à la sortie, la présence de nom- breux DrH intéressés par cette écurie deMBA decadre à forts po- tentiels.s de cadeaux. il faut70Avril 2015Passer par l’une de ces écoles est parfois la garantie de sauter des étapes...font pa.dire que la situation ac- tuelle leur est profitable. En effet, avec un taux de chômage avoisinant les 10%, difficile de faire la fine bouche lors d’une pre- mière embauche, que l’école soit médiatisée ou non...Kedge Business School, l’EMBA Développement durable et responsabilité sociale des organisations à l’EM Strasbourg, le MBA tourisme de l’ESC la  ro-dES SALAiRES d’EmbAuCHE ATTRACTiFSDernier atout de ces écoles de commerce de milieu depour l’idrac). A titre de comparaison, la rémuné- ration moyenne d’un lau- réat d’HEC ou de l’ESSEC est de plus de 40000 euros, et de 41000 pour l’ESCPPierre-Jean Lepagnot]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frLa Sélection culturelleArT DE vivrE & PATriMoiNEChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneLivres / BDn La Porte du secret, de Christel NoirAlbert Camus, dans son Mythe de Sisyphe, disait de l’hommequ’il devenait un étranger au monde dès lors que ce dernierétait dénué d’enchantements et d’illusions. C’est peut-être pourlutter contre ce constat qui nous accable que Christel Noir nousdistille beaucoup d’espoir et d’optimisme dans son dernier ou-vrage : La Porte du secret. Au milieu des Tristan et Yseult oudes Roméo et Juliette, le thème central de l’œuvre demeure unlieu commun de la Littérature : Les amours impossibles, cettefois-ci, entre Marie, libraire de son état et Josh, scénariste franco-américain. Dans son traitement, l’ouvrage fait partie deces livres qui, une fois arrivés à leur terme, vous procurent unsourire aux lèvres et l’envie de croire à la diète faite d’amour et d’eau fraîche.La Porte du secret, roman aux Editions Héloïse d’Ormesson, 320 pages, 19 eurosn 50 bonnes raisons de choisir l'optimisme,de Thierry Saussez (Éd. Saint-Simon)Le conseiller en communication Thierry Saussez (chroniqueur pour EcoRéseau) a décidément enfilé le heaume et saisi la lance pour pourfendre non pas des moulins à vent mais la sinistrose. Le créateur du Printemps de l'optimisme, à qui l'on doit aussi un Manifeste de l'optimisme (Ed. Plon) et Les 101 mots de l'opti- misme (Ed. Archibooks) publie en effet 50 bonnes raisons de choi- sir l'optimisme aux Éditions Saint-Simon, truffé de conseils simples et concrets pour cultiver les pensées et les émotions po- sitives. Le secret du bonheur et de la réussite ?n Exposition « Souvenirs de Syrie » du 10 mars au 30 avril 2015,Bibliothèque Buffon à Paris« Souvenirs de Syrie », avec des photographies d’une époque révolue, présente une image très différente de celle véhiculée actuellement par les médias dans l’espoir de susciter chez le spectateur une prise de conscience du drame que vivent le pays et ses habitants.Le photographe Alain Homsi présente ainsi deux séries de prises de vue : celle réalisée à Damas - lieu de son en- fance - et celle réalisée sur d’autres sites dont Alep, se- conde ville du pays. Loin de toutes considérations politiques, c’est avant tout une immense nostalgie qui se dégage de ses images. Cette impression est d’autant plus frappante lorsqu’on sait qu’il n’a pu retourner dans son pays depuis 2011.Les clichés sont en vente à l’occasion de cette exposition,dont tous les bénéfices seront reversés au profit de la cause des enfants syriens victimes des événements dramatiques actuels.Infos pratiques : Visite du mardi au vendredi de 13h à 19h et le samedi de 10h à 18h (entrée libre) - Bibliothèque Buffon (15 Bis rue Buffon - 75005 Paris) - Site web : http://homsi.frn L’Esprit et la MainInédit ! Dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art, le Mobilier national, institution multiséculaire, vous propose de découvrir ses coulisses par la présentation originale de ses ateliers de restauration. L’occasion pour Olivier Roller, en parallèle de cette exposition, d’investir le Salon carré en mode carte blanche. L’artiste y dévoile une tapisserie photographique. Singulier. Appelée « l’Etat du monde - la tapisserie comme allégorie du pouvoir », la composition prend la forme d’un immense fil discontinu dans l’état d’esprit de la Manufacture des Gobelins. Une rencontre entre l’art et le politique où s’entremêlent les différences pour produire un tout ondulatoire et homogène.« L’ESPRIT ET LA MAIN », exposition du 27/03 au 26/07, Galerie des Gobelins, 42 rue des Gobelins, 75013 Parisn Munch, de Steffen Kverneland (Nouveau Monde Graphic, 2013) En une BD virtuose de près de 300 pages, l’ar-tiste norvégien Steffen Kverneland raconte lavie passionnante de son compatriote, le pein-tre Edvard Munch (1863-1944), père du Cri, deLa Madone ou de L’Enfant malade. Il a fallusept longues années à l’auteur pour parvenir àmettre la touche finale à son ouvrage, car il n’apas choisi la facilité. D’abord parce qu’il a mul-tiplié les styles, adaptant son coup de crayonau moment du récit : là du réalisme, ici du cu-bisme, ailleurs de l’expressionnisme, mais ausside la photographie lorsqu’il se met lui-mêmeen scène, du croquis, de la caricature... Une pa-lette qui fait honneur au précurseur de l’ex-pressionnisme. Ensuite, comme Kvernelandl’explique dès les premières pages entre deuxgorgées d’aquavit, parce qu’il s’est imposé pourrègle de laisser parler les sources : « mon ma-nuscrit sera un collage de citations à la lettre ! (...) L’intégralité du texte devra se composer de citations authentiques. Il est strictement interdit de les modifier ou d’en écrire soi-même. » Puisant dans les journaux, les correspondances, les notes et les peintures des protagonistes de l’époque, l’ouvrage donne au lecteur l’impres- sion de partager des instants de la vie interlope et sous absinthe des artistes scan- dinaves et germaniques du tournant du XXème siècle : Munch bien sûr, mais aussi le tourmenté Strindberg, Adolf Paul, Przybyszewski, ou encore l’anarchiste norvé- gien Hans Jaeger.éatren IDEM, Collectif Les Sans Cou, mise en scène par Igor Mendjisky En guise d'introduction un conte pour enfants sous forme d'épanadiplose: "Pourquoi bébé ours blanc ne se sent-il pas ours blanc?" Derrière la "captation bénévole", le jeune collectif "Les Sans Cou" nous emmène sur les chemins sinueux de l'identité de Julien Bernard alias Gaspard Kasper, père de famille, mari aimant, terroriste, apatride amné- sique, présentateur loufoque, j'en passe. Le point de départ de l' intrigue ? Une prise d'otages dans un théâtre où le protagoniste, alors comédien venu voir un spectacle, subit la violence de l'attentat jusqu'à en perdre la mémoire. S'entremêlent ensuite plusieurs temporalités et une multitude de fils narratifs au service du questionnement du spec- tateur: La recherche désespérée de la femme de Julien Bernard qui sans sa moitié perd de son identité. La construction psychologique de la fille du personnage principal qui ne peut totalement s'épanouir en l'absence du père. Le père enfin, caméléon perdu et balloté entre les lambeaux de chair de son passé et le présent dénué de sens. Les in- trigues posent la question de l'identité par trois entrées: celles de l'individu, du groupe et celle de l'artiste. L'ensemble est rythmé. Les changements de personnages joués par les mêmes acteurs aussi. Les ambiances évoluent sans crier gare et nous déstabilisent en déchirant le voile des apparences Dans sa mise en scène, Igor Mendjisky prend ainsi un malin plaisir à multiplier les mises en abîme pour nous questionner sur le théâtre de nos existences et sur le théâtre en tant que tel. Presque de manière épistémologique. On passe du comique au tragique. Du décalé à l'émotion qui vous empoigne. Bref, on se trompe. On se fait balader. On cherche du sens. On rit aussi. En particulier pendant les saynètes du club des supershéros et de la chorale gospel. Et ça fonctionne. Le dénoue- ment se fait attendre et l'on nourrit le sentiment très plaisant de se sentir impliqué dans la pièce. Les comédiens, d'ailleurs, n'y vont pas par quatre chemins et se font plaisir. Chant, déplacements chorégraphiés, guitare, déguisements, mise en scène parfois bur- lesques. Tout est mis en oeuvre pour se questionner sur notre intime nature et nos ac- tions dans un espace-temps donné: Sommes nous fait d'un terreau inamovible sur lequel se superpose des couches d'expériences? Ou peut-on faire du passé table rase et renaître tel le phénix? Pour répondre à ces enjeux, la troupe détourne les codes du théâtre et se moquent de tout. Un moment à la croisée des genres, une tragi-comédie contemporaine, création originale pour le théâtre de l'Idéal، preuve manifeste de la vigueur du collectif Les Sans Cou accrocs aux improvisations et aux écritures de plateau. A voir!IDEM, 3h avec entracte.24/03 à Clamart, 01/04 à Beauvais, 11 aril à Tremblay-en-France, 14/04 à Châ- tenay-Malabry, du 12/11 au 13/12 à la Cartoucherie de Paris.ExpoAvril 201571]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ArT DE vivrE & PATriMoiNE L’Air du temps - La tendance lourde du runningEtude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsCours toujours !Entre quête de perte de poids, détox’ mentale et affirmation de soi... Qu’est-ce qui les fait tous courir ?il y eut le mythe grec Phidippidès portant son message de Marathon à Athènes, la sensation éthiopienne Abebe Bikila remportant les Jo de rome en 1960, puis, dans les an- nées 70 la création des grandes épreuves du genre à New-York, Berlin, Pa- ris... Autant d’actes fonda- teurs – un peu plus impor- tants en tout cas que les footing de Bill Clinton ou Nicolas Sarkozy – pour la course à pied. on aurait pu en rester là. oui, mais non. Certes, les quais de Seine, de Saône ou de Garonne ne possèdent pas la renom- mée de Central Park, mais le coureur à pied est devenu un runner et la vague a pris une ampleur considérable ces dernières années...connaît bien les pavés pa- risiens et incarne cette ten- dance. « J’ai commencé le sport sur le tard, à 18 ans. Natation, karaté, danse, puis du ski et raquettes quand je suis partie au Canada... Courir ? J’ai toujours pensé que c’était le truc le plusle côté sublimation reste prégnant : on fait son pre- mier 5km, son premier 10km, son premier semi... », analyse Stéphane George, directeur de New Balance France. le nombre de run- ners augmente, le nombre de courses et d’inscrits aussi.un défi pour un semi-ma- rathon. J’ai d’abord appris à courir, c’est-à-dire à ne pas le faire n’importe com- ment, à trouver un rythme, à économiser mes forces, puis, tout s’est enchaîné. » Une référence de 3h19 au marathon, avant de mettrecompétences égales, une chef comptable maratho- nienneilyapeu.»leso- ciologue Patrick Mignot, chercheur au laboratoire de sociologie du sport de l’institut national des sports et de l’éducation physique, précise (1) : « La populationeux, sont davantage identi- fiés. Marie Gaymard le re- connaît : « La course ap- pelle la course et les runners sont amenés à en consom- mer. J’ai moi-même com- mencé très fort par trois entraînements par semaine. En fait, il faut courir, mais surtout ne pas en abuser. » Un phénomène de surme- nage classique dans le sport qui a un nom, comme le rappelle Jean-Philippe Al- laire : « La bigorexie est un écueil très connu du milieu, notamment chez les débu- tants ». reste que ce véri- table phénomène sociétal, encouragé par les messages de prévention autour du manger-bouger face à la sé- dentarisation et à la mal- bouffe, a encore de beaux jours devant lui. D’autant que le quantified self qui permet de mesurer, d’ana- lyser et de partager ses per- formances, exacerbe la ten- dance. Car, le runner est un consommateur. « Notre activité textile et accessoires est passée de 10 à 25% du CA en cinq ans », confirme Stéphane George. New Ba- lance est restée en retrait, se contentant d’un partena- riat avec Garmin. Mais Nike, reebok, Asics, Mi- zuno ou autre Brooks frap- pent fort sur les objets connectés. le bon vieux Polar et son podomètre des années 90 ont vu débarquer depuis quelques mois bra- celets, montres, trackers etvAguE SoCiéTALESelon une étude publiée en 2014 par la Fédération fran- çaise d’athlétisme et Kantar Media, ils seraient 7,8 mil- lions à courir régulièrement, près de deux millions à chausser les baskets au moins une fois par semaine. Autant que ça ? « Ce sont des chiffres difficiles à vé- rifier, estime Jean-Philippe Allaire, l’un des organisa- teurs des mythiques 20km de Paris qui fêteront leur 37e édition à l’automne pro- chain. Ce qui est sûr, c’est que depuis cinq ans, la pro- portion de néo-pratiquants qui a rejoint les pelotons a évolué de manière massive. Leur profil ? Pas forcément des sportifs de la première heure, mais des gens qui ont entamé une pratique santé, à la fois pour se sentir mieux dans leur corps et pour évacuer le stress. La moyenne d’âge de ceux qui fréquentent notre course (plafonnée à 30000 inscrits chaque année, NDLR), elle, a diminué. Surtout, la pro- portion de femmes est pas- séede20à30%aucours des cinq dernières années. » Marie Gaymard, 30 ans,« Et dire que certains courent près du périph’... »chiant de la terre ! J’ai été obligée de m’y mettre quand j’ai voulu passer les tests d’effort pour entrer dans l’armée de l’air. Je ne suis pas devenue militaire. La course, en revanche, j’y ai pris goût. Désormais, elle structure mes journées, ex- plique la jeune femme qui arpente avec appétit bitume et chemins depuis trois ans, au point de devenir une blo- gueuse respectée via hot- steppers.fr. Ce qui me plaît ?dès 2008 le cap sur le trail – « après avoir eu le senti- ment de plafonner sur route » – dont l’Ultra Trail du Mont-Blanc, course phare du genre. Un sport porteur de valeurs, aux yeux des autres, y compris dans le milieu de l’entreprise, comme le relève ce cadre sup’ qui disputera le Mara- thon des Sables début avril : « Le runner et à plus forte raison le marathonien ouse tourne en majorité vers le 10km. Et n’oublions pas non plus qu’il y a, dans cette pratique, une réap- propriation des espaces ur- bains. »Certaines d’entre elles sont bouclées quatre ou cinq mois à l’avance.EFFET Commu-nAuTé indéniAbLEles réseaux sociaux agissentcomme un levier exponen-tiel et font de ce sport indi-viduel une discipline demoins en moins solitaire etde plus en plus communau-taire, où les gens s’organi-sent en groupe. liberté, fa-cilité, plaisir de s’entretenir le trailer, incarnent l’effort,déFERLAnTE dES objETS ConnECTéS les limites du phénomène ? Elles sont difficiles à dé- terminer, d’autant que l’une des grands forces du milieu est sa capacité à se réin- venter quasiment en per- manence : course sur route, course nature et trails, mais aussi Mud Day (challenge d’environ 13 kilomètres avec plus de 20 obstacles inspirés des parcours du combattant), Boost Battle (affrontement entre coureurs de différents quartiers), et autre Color run (course de 5 kilomètres la plus colorée du monde)... les risques d’une pratique assez addic- tive avec la libération des endorphines, la fameuse hormone du plaisir sportif,body analyzers en to. genres, ou encore textile connecté comme chez Un- der Armour, sans oublier les milliers d’Apps où les géants, Nike en tête, se sont rendus indispensables. Connecté oK, mais atten- tion à regarder devant pour éviter le running... gag !Le runner incarne l’effort, quelque chose d’exemplaire dans l’imaginaire collectifusUn plaisir qui arrive très vite sans avoir besoin d’être très fort. Se prouver que l’on peut faire un 10km, puis battre son temps, et s’aimer mieux... » Des ur- ban runners identifiés comme la cible « Metropo- litan » chez New Balance, dont le running est dans l’ADN. « Pour beaucoup,de façon simple, progression rapide... Autant de clés du succès. « J’ai tout de suite trouvé un nouveau terrain de jeu », témoigne Bertrand lellouche, directeur finan- cier de New Balance France de 46 ans, tombé dans la course à pied en 2002 après un long parcours sportif. Je me suis fait embarquer dansquelque chose d’exemplaire dans l’imaginaire collectif. Un peu comme celui qui porte la ceinture noire de judo ou de karaté. Cela pose une personnalité, induit de la détermination, un goût de l’effort, de l’endurance, une résistance à la pres- sion... C’est d’ailleurs sur ce point que j’ai recruté, à(*) rFi, Emission « 7 mil- liards de voisins » du 23 octobre 2014Olivier Remy72Avril 2015]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frArT DE vivrE & PATriMoiNESélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéEvasionEscapade Normande pour un we prolongé....L'Auberge de la source est un hôtel de charme situé à 3 km du pittoresque port maritime d'Honfleur, dans le joli village de Barneville-la-Bertran. Sa dé- coration campagne chic et sa situation dans un écrin de verdure en font un lieu de déconnexion totale. De plus, vous pourrez y découvrir la cuisine de Yannick Bernouin, formé dans un restaurant étoilé et profiter de l'atmo- sphère cocooning de la salle de restaurant en dînant au coin de la cheminée. Le chef dispense également des cours de cuisine tous les jeudi. Enfin, si vous voulez vous détendre, choisissez un massage avec des produits élaborés à base de pommes et de lait...www.auberge-de-la-source.frPoursuivez votre escapade jusqu'aux Manoirs de Tourgéville, bel établissement quatre étoiles, composé d'une bâtisse principale avec une architecture typique et de cinq charmants manoirs normands dans un cadre verdoyant, situé à quelques kilomètres seulement des planches de Deauville. Vous bénéficierez du calme absolu en pleine campagne en utilisant les VTT mis à disposition. Ou profitez du Spa qui propose des prestations d'un très bon rapport qualité /prix. Un vrai Havre de paix pour se détendre le temps d'un we...www.lesmanoirstourgeville.comL’Hôtel Vernet, 100 ans déjà, et pourtant si contemporainUn immeuble parisien dans le plus pur style haussmannien, un lieu qui a traversé les siècles, une adresse idéalement située entre le triangle d’or et la place de l’Etoile... l’hôtel Vernet célèbre sa centième année. Aujourd’hui propriété de Bessé Signature, l’hôtel Vernet impose sa différence par une architecture intérieure signée François Champsaur. Dès l’entrée, la noblesse des matières plonge le visiteur dans l’émotion du luxe, tandis que les couleurs, les lignes épurées du mobilier et les œuvres d’art, lui apportent légèreté et raffinement. Lumineux et chatoyant, le bar offre une atmosphère à la fois intime et légère comme les bulles d’un grand Champagne. C’est un lieu de vie et de rencontres distillant une ambiance feutréeL’Art du tempsLe Château de Cocove, idéal pourvos séminaires !Proche du littoral et de Calais, le Château de Cocove vous accueille dans une demeure historique. Cet hôtel 4 étoiles du XVIIIème siècle est le lieu idéal pour vivre un week- end romantique, profiter d'un sé- jour gastronomique entre amis oudonner une réception festive en famille. Entièrement rénovés, ses 22 chambres au charme authentique ainsi que 3 pavillons indépendants sont à votre disposition. Donnez du caractère à vos séminaires dans un cadre authentique. Vous disposerez de salles modulables, entièrement équipées avec écran, vidéoprojecteurs, télévision, accès internet... et une vue sur le parc ! Lors de vos séjours d'études ou séminaires rési- dentiels, profitez de la tranquillité des salles rénovées ainsi que de l'ex- cellente cuisine du Chef Patrick Hittos.www.hotelspreference.comou hypnotique, sage ou dissipée. Sous la monumentale verrière signée Gustave Eiffel, le restaurant de l’hôtel Vernet est voué au plaisir des sens. Le décor des chambres est dominé par le bois, avec un parquet en chêne ; le décor inspire une sensation de chaleur et d’apaisement, loin de l’animation parisienne pourtant toute proche.www.hotelvernet.comSoins gourmands au Château Saint JustLe spa Just Relax magni-fie les bienfaits des fruitset légumes avec la cos-méto-food fondée parOlivier Coumes, Managerdu spa, qui connaît parcœur les vertus de multi-ples fruits, légumes,épices et autres produits naturels, concocte des soins cos- métiques à partir d’ingrédients frais et de saison qu’il marie avec des huiles. Pour remédier au problème d’aller- gies à des produits cosmétiques, ce biologiste de forma- tion, a cherché à exploiter les bienfaits d’ingrédients naturels en cosmétique. Résultat des courses, une étroite collaboration entre le Spa manager et le Chef de cuisine pour des soins pensés telles des recettes de cuisine. Les produits qui constituent le soin sont magnifiés sur un pla- teau avec les aliments entiers, tranchés et mixés ou cen- trifugés, pour que le client puisse admirer comme il se doit son soin. C’est juste avant le soin, qu’Olivier Coumes mixte les produits pour éviter toute oxydation moléculaire. Ren- dez-vous dans l’une des deux cabines du spa, pour un fes- tival de sensations et un pur moment de détente !www.chateausaintjust.comBien -ÊtreVichy prend soin de vous à MontpellierOuvert depuis mai 2014, VICHY SPA HOTEL**** Montpellier Juvignac vous accueille en lisière du Golf International de Fontcaude. Découvrez la cuisine méditerranéenne, puis profitez du spa de 2600 m2 et de ses installations der- nière génération. S’appuyant sur l’expertise mondialement reconnue de lacélèbre station thermale de Vichy, l’équipe d’experts vous accueille tous les jours. Soins de dernière génération (Cryothérapie, Iyashi Dôme...), soins Signa-ture hérités du savoir-faire de la célèbre station thermale ou soins experts SkinCeuticals, tout ici est fait pour redonner à votre corps et à l’esprit l’énergie dont vous avez besoin. Le Spa est accessible aux personnes à mobilité réduite.www.vichyspahotel.com www.hotelspreference.comDu soin très sur-mesure chez Guerlain !Inauguré en 1939, l’Institut Guerlain, au 68, avenue des Champs-Élysées est une adresse mythique. L’Institut aujourd’hui se réinvente et crée les Soins Sur Mesure Guerlain. Jamais le soin n’est allé aussi loin dans son approche globale et dans l’infinie personnalisation de ses protocoles. Vous découvrirez des massages esthétiques inédits, audacieuse fusion des gestes traditionnels des plus grands praticiens asiatiques et occiden- taux et de la Science Guerlain. De la toute première minute au rituel defin, votre accompagnement est entièrement personnalisé. Dénouer les tensions, reprendre conscience de soi, retrouver une superbe énergie... votre Experte Beauté vous emmènerabien au-delà du soin.www.guerlain.com/fr/fr-fr/institut-68-celAvril 201573]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ArT DE vivrE & PATriMoiNE L’Art du tempsVins & SpiritueuxPauillac Château Grand Cru Puy DucasseTrois grandes parcelles situées sur les meilleurs terroirs Pauillac, Grand Cru Classé en 1855 de Pauillac forment le vignoble de ce Grand Cru Classé. On doit cette configuration originale à son fondateur, Pierre Ducasse, éminent avocat qui, par rachat et héritage, su rassembler sous un même nom ce splendide vi- gnoble au XVIIIème siècle. A sa mort en 1797, son fils, Pierre, se retrouve, pour la seule commune de Pauillac, à la tête d’une exploitation de soixante hectares dont près des deux tiers sontplantés en vignes, nommée Ducasse-Grand-Puy-Artigues-Arnaud. Le domaine fut classé en 1855 sous le nom d’Artigues Arnaud. Grâce à une vendange soignée et à un élevage sur mesure, le Cabernet Sauvignon et le Merlot offrent ici des vins réputés pour leur complexité aromatique, typiques des meilleurs Pauillac, leur belle structure et leur aptitude au vieillissement. Découvrez l'assemblage 2014: 62% Cabernet Sau- vignon / 38% Merlot.www.cagrandscrus.comChâteau Montlandrie 2012CASTILLON Côtes de BordeauxL’incontournable Château Montlandrie qui domine la ville de Castillon en Gironde est la fierté de Denis DURANTOU. Le mer- lot et les cabernets franc et sauvignon sur cette colline d’argile et calcaire sont à l’origine d’un vin unique. La robe intense et profonde-nuances violines, le nez avec une dominante mure- cassis-griotte- un boisé discret annoncent une richesse tan- nique en bouche parfaitement enrobée qui procure d’agréables sensations. Le Château Montlandrie , Castillon Côtes de Bor- deaux millésime 2012 est à découvrir et attendre au moins trois ans.Distributeur : denis@durantou.comUne cuvée Emotion digne de ce nomLa bouteille de ce Crémant de Limoux Rosé 2012 AOP ravit déjà au premier re- gard. Les cépages Chardonnay,Chenin, Mauzac et Pinot confortent notre première im-pression, celle d’un grand Cré- mant, parfait pour des occasions festives remplies d’émotion. Sa robe rosée bril- lante aux reflets vifs dévoile des notes de fruits rouges et de fleurs du printemps, sa bouche fraîche et gour- mande allie élégance et fruit. A servir à 7-8°C en apéritif ou au dessert.www.antech- limoux.comPique-nique chez un vigneron en Alsace !Chaque année, près de 100 vignerons indépen-dants alsaciens invitent leurs clients, leurs amiset tous ceux qui le souhaitent à une journée conviviale.Les visiteurs apportent leur pique-nique, le vigneron offre les vins. Il accueille pour parler de son mé- tier et de ses vins. Les balades dans les vignes et visite de caves ainsi que les dégustations commentées sont évidemment les points essentiels de la journée. Certains annoncent aussi des concerts, un conteur, une visite guidée du village ou d’un monument, des chasses au trésor, des expositions, des ateliers pour petits et grands...La prochaine édition aura lieu les 23, 24 et 25 mai 2015 et la liste des participants est connue en mars. La réservation se fait directement chez le vigneron. La participation est gratuite, dans la limite des places dispo- nibles.www.route-des-vins-alsace.comOffrez la cuvée d’exception Grande Sendrée !Pour cette cuvée hors-norme, il fallait un écrin à la mesure de son raffinement. Émergeant des profondeurs des caves de la Maison Drappier, à Urville, un flacon datant du XVIIIe siècle. Aujourd’hui, il lui offre un élégant coffret, réalisé dans un carton 100 % recyclable provenant de forêts certifiées « conduite écologique » afin de réduire l’impact carbone. De couleur terre brune, il est décoré des mêmes arabesques en or à chaud qui distinguent l’étiquette de ce grand champagne. La cuvée Grande Sendrée doit son nom à une parcelle recouverte de cendres après l’incendie qui ravagea Urville en 1836 et à la faute d’orthographe commise par la personne chargée de la consigner sur le cadastre. Composé de 55 % pinot noir et 45 % chardonnay, le champagne Grande Sendrée Drappier, parfaitement équili- bré, privilégie puissance et complexité pour une plus haute expression. Le coffret Cuvée Champagne Grande Sendrée Drappier, millésime 2006 est vendu chez de nombreux cavistes en France, à Lavinia à Paris et à la boutique Drappier à Urville.www.champagne-drappier.comCôte des Roses, à offrir telun bouquetCette cuvée Côte des Roses célèbre l’Art de Vivre Méditerranéen. Son appellation Lan- guedoc s’étend le long du littoral méditerra- néen, de la frontière espagnole jusqu’à Nîmes. Sa bouteille est inédite au fond en forme de rose, créée par une jeune designer de l’Ecole Boulle. C’est un vin qui s’offre comme un bouquet de Rose ! La particu- larité de ces vinifications réside dans l’at- tention portée à la couleur et à la pureté aromatique des vins. La mise en bouteillea lieu assez précocement afin de préser-ver le caractère frais et fruité des vins. Lenez offre des arômes de fruits rouges, decassis et de groseille. Des notes floralesde rose et des notes d’agrumes, pample- mousse complètent cette palette. Finale fraîche sur des notes de bonbon anglais. Servir à 10°C en apé- ritif ou avec des crustacés et mets subtilement épi- cés.www.gerard-bertrand.comFocus sur EuroCave, leader de la conservation etdu service du vinLe groupe EuroCave, leader de laconservation et du service du vin,confirme une stratégie de développe-ment gagnante en affichant des résul-tats 2014 prometteurs. La PME lyonnaise, qui joue la carte du savoir-faire « made in France », gagne des points sur les marchés internationaux, particulièrement sur le segment haut de gamme, et assoit son exigence qualitative en enga- geant des investissements pointus dans la R&D et le marke- ting digital. Avec plus de 75% de ses parts de marché à l’exportation, EuroCave rayonne aujourd’hui dans plus de 90 pays. EuroCave reste le leader incontesté sur le segment haut de gamme des caves à vin. En 2014 sur le marché des particu- liers, l’introduction de nouvelles caves – Révélation et Pure – résulte de cette stratégie tournée vers l’excellence, qui signe le savoir-faire de la marque. Parallèlement, la mise en marché du Wine Art a permis d’investir le marché en développement du service du vin « bouteille ouverte ».www.eurocave.com74Avril 2015]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19Zegna se porte à toute heureErmenegildo Zegna nous présente sa nouvelle collection homme printemps/été 2015 et nous offre un dressing estival street et classe. « Affirmez votre style 24 h/24, 7 jours sur 7 ». L’adage de la campagne publicitaire printemps-été 2015, so- brement baptisée Z Zegna, ne laisse pas de place à l’hésitation. Le styliste italien,lui, ne philosophe pas, mais libère les contraintes des pro- tocoles vestimentaires, en proposant une garde-robe po- lyvalente, fonctionnelle, quasi universelle, qui devrait régler le problème. Des coupes sobres et minimalistes, des couleurs neutres en duo noir & blanc, ponctuelle- ment troublées par des touches plus vives qui viennent casser un look un brin trop austère. La combinaison par- faite, le concept du deux poids/deux mesures, la nuance entre l’excentricité et le classique. La polyvalence jour/soir/nuit. Vous, en somme. Pluriels.www.zegna.com/frLe Lanvin TildaCe nouveau modèle présent sur la collection Défilé Eté 2015 reprend les codes d'un petit sac de jour. Tendance mini et colorée, il emprunte son abé- cédaire aux volumes souples des sacs Lanvin et se pare d'agneau façon lézard rose des bois, python doré ou veau noir. Structuré autour d'une chaîne maille portée épaule, le cuir se plisse en accordéon rehaussé d'œillets en métal or. Signé d'or Lanvin. Rejoué dans un modèle avec rabat, à porter à l'épaule ou en bandoulière, et décliné dans les mêmes peaux, il se sou- ligne d'une longue bride en cuir. Veau noir, bleu Lanvin, agneau façon lézard rose des bois ou alligator ivoire habillent selon l'envie ce nouveausac de saison.www.lanvin.comHorlogerie & JoaillerieArT DE vivrE & PATriMoiNE L’Art du tempsMode & AccessoiresVoir l’Arc-en-ciel en PolaroidLes verres polarisés originaux datent de 1937. Depuis Pola- roid a fait de l’arc-en-ciel sa marque de fabrique. La collection de ce printemps-été 2015 est vive en couleur avec l’arc-en- ciel symbolique de Polaroid sur la branche. Existe en bleu, vert, jaune, orange, fuchsia et cristal soulignés par les verres à effet miroir Polaroid UltrasightTM. Les lunettes de soleil polarisées premium de la marque offrent une vision sans éblouissement, des couleurs naturelles, une fatigue des yeux réduite et bien sûr une protection UV 100%.www.polaroideyewear.comSpontini, quand l’Italie séduit ParisSpontini est une marque française de vêtements tendances, chics et épurés, qui existe depuis 1967. Les collections sont élaborées et fabriquées en Italie. Pourquoi ? Afin de préserver ce petit plus qui fait tout l’ADN de cette marque, en conser- vant des relations très proches avec la grande tra- dition de la mode italienne et ses fabuleux créateurs. Quels que soient les âges, les vêtementsSpontini permettent, en toutes circonstances, d’être en phase avec soi-même et avec l’air du temps. Les coupes parfaitement ajustées permettent d’affirmer son identité et son look de façon simple et élégante, et d’exprimer ainsi sa véri- table personnalité. Après la création de plusieurs boutiques dans l’hexagone et en Corse, Spontini est aussi présent sur internet avec une e- boutique.www.spontini.frTime in motion, Au Paradis des montresConnaissez- vous Time in Motion, cette boutique idéalement placée dansle Triangle d’Or spécialisée dans la vente de montres de prestige et de collection ? Que vous souhaitiez faire l’acquisition d’une pièce de luxe, que vous soyez collec- tionneur ou que vous ambitionnez de vous constituer un patrimoine, vous serez comblés par Rolex, Patek Philippe, Oméga, Breitling, Jaeger Lecoultre, Aude- mars Piguet, IWC, Breguet, Tag Heuer... Vous trouverez la montre de vos rêves, qu’elle soit de ville, pour la plongée ou le sport, simple ou avec complications.www.timeinmotion.frPleins feux sur l’Admiral’s Cup Legend LadyCette montre féminine est une pièce maî- tresse de la collection Admiral’s Cup, da- tant de 1960 et mettant à l’honneur la passion de son fondateur René Bannwart, la voile et les régates. La Legend Lady contemporaine a tout pour plaire. Elle est désormais proposée avec différentes ver- sions de cadrans afin de ravir une clientèle féminine plus exigeante. Les fanions nau- tiques placés directement sur un joli ca- dran nacre continuent àséduire. Un bracelet alliga- tor blanc est une somp- tueuse manière de compléter l’allure de cet objet joaillier. Et bien évi- demment, toutes les mon- tres de la collection sont étanches à 5 atmosphères, soit l’équivalent de 50 mètres.ww.corum.chLa montre Saint-Honoré plaît aux Gazelles !SAINT HONORÉ présente sa nouvelle montre Opéra « RAGTIME », créée spécialement pour l’édition 2015 du Rallye Aïcha des Gazelles au Maroc. Ce modèle mêle audacieusement un design raffiné à l’éclat de la céramique blanche. On y retrouve le logo de la course, une tête de ga- zelle de couleur orange joliment stylisée sur un cadran nacré. Sur le ca- dran, le chiffre « 25 » positionné à 5h évoque le 25ème anniversaire du Rallye. Il n’y pas de doute, la montre Opéra céramique Ragtime incarne les valeurs essentielles de cette course : esprit sportif, dépassement de soi, par- tage et entraide, sans oublier l’élégance puisque, rappelons-le, le Rallye Aïcha des Ga- zelles est exclusivement féminin.www.sainthonore.comLa 4 N se réinvente tout en transparenceLa marque 4N annonce le lancement de la 4N Sapphire Planet en édition limitée. Cette saison, le créateur Fran- çois Quentin a souhaité valoriser, à travers la transpa- rence, le mouvement mécanique à remontage manuel qui délivre 237h de réserve de marche et pouvoir y admirer ungrandnombredes514composantstoutes décoréesà la main. François Quentin a travaillé en étroite collabora- tion avec le FashionLab 3D de Dassault Systèmes pourélaborer ce nouveau modèle. La 4N Sapphire Planet est produite une édition li- mitée à 3 exemplaires, personnalisables par la couleur et les marquages de la glace intermédiaire.www.4-n.fr76Avril 2015]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frPour autant la Ford Mondeo ne part pas complètement battue. D’abord parce que c’est sans doute l’une des plus belles familiales actuelles sur le marché, à la fois élégante, statutaire et sportive. Une fois n’est pas coutume, la berline (disponible en cinq portes avec hayon ou quatre portes avec coffre pour le modèle hybride) et le break font jeu égal en la matière.batteries), cette hybride non rechargeable offre de belles performances « électriques » avec une autonomie réelle permettant de rouler propre à faible vitesse en parcoursDe face elle arbore avec fierté la calandre désormais emblématique de la marque, très fortement inspirée de celles d’Aston Martin, surplombée par un capot bombé et nervuré qui donne une impression de puissance. De profil en version quatre ou cinq portes elle conjugue les pleins et les déliés, les galbes et les nervures, dans une remarquableun litreModèles essayés : Ford Mondeo 2,0 litres TDCI 150 ch, Titanium, 5 portes et SW (tarifs à partir de 31700 euros) ; 1 litre EcoBoost 5 portes (tarifs n.c.), Hybride 4 portes (tarifs à partir de 33700 euros). Tarif gamme essence à partir de 28 500 euros (le moteur 1 litre EcoBoost n’est pas encore commercialisé), tarifs gamme diesel à partir de 29500 euros, tarif Mondeo Hybrid à partir de 33700 euros.Dans l’habitacle la planche de bordfait un sort au dessin asiatico-coréen pseudo moderne, habitueldans les autres modèles de lamarque, pour revenir à desvaleurs sûres du classicisme.Pas de fioritures, de jeu dematières ou de couleurs. lasobriété domine avec une bellefinition et de l’espace. l’un des modèles essayés disposait de sièges en cuir blanc très chics. l’ergonomie des commandes est plutôt bonne même si le grand écran tactile est peu réactif. Heureusement Ford ne sacrifie pas à la mode du sans bouton (désormais chère à PSA) et conserve par exemple des commandes spécifiques pour la climatisation. Bien utile en conduisant. Côté affichage, les informations de l’ordinateur de bord sont un peu petites et on regrette l’absence de tachymètre digital et d’affichage tête haute. Côté équipement la dotation de cette grande routière (4,87 mètres, 9 cm de plus que la version précédente) très confortable est particulièrement généreuse avec notamment un régulateur de vitesse adaptatif, des pharesersion quatre portesL’Art du temps - L’actualité automobile ArT DE vivrE & PATriMoiNE ESSAIS & TENDANCESlla nouvelle Ford Mondeo prend ses marquesPar Philippe Flamande moins que l’on puisse dire, c’est harmonie. le dessin est fort, avec une ligne led adaptatifs et automatiques, le maintien surtout couplé à la boite automatique à que la nouvelle Ford Mondeo n’est de caisse soulignée par le pli de carrosserie dans la voie, la détection des angles morts, double embrayage Powershift. A noter que pas particulièrement véloce puisqu’il qui court de l’aile avant à l’aile arrière, ce le stationnement automatique, le freinage ce bloc diesel existe également en 180lui aura fallu trois ans pour venir des Etats- qui lui donne une belle assurance. l’arrière automatique anti collision, la fermeture et chevaux et sera proposé dès cet été en 210Unis. Présentée au salon de Detroit en janvier 2012 et commercialisée outre- Atlantique sous le nom de Fusion, la quatrième génération de Mondeo a en effet souffert de la réorganisation industrielle de Ford en Europe, liée à la fermeture des usines de Genk (Belgique), Southampton et Dagenham (Angleterre) et au transfert de la production de la berline familiale à valence, en Espagne. Finalement c’est au salon de Francfort, en Allemagne, que la Mondeo a fait son entrée sur la scène automobile européenne pour une commercialisation en France en janvier dernier. Face à elle la nouvelle Passat de volkswagen (lire ci-dessous) qui vient d’être sacrée voiture de l’année. la bataille s’annonce rude.avec ses feux à cheval sur l’aile et le hayon (ou coffre) reprend les canons des modèles précédents avec, en finition titanium, une double sortie d’échappement chromée désormais courante sur les modèles premium.le démarrage sans clef, etc.Fierté de la marque, le système « Sync 2 » de commande vocale facilite la prise en charge des fonctionnalités (navigation, téléphone, musique,climatisation...)en conduisant. Malheu-reusement il n’est pas dénué debugs (inutilisable sur un des quatremodèles essayés), même s’il se révèle effectivement plutôt réactif en bonnes conditions de fonctionnement.Un moteur EcoBoostchevaux. Si l’on préfère l’essence, Ford propose ses moteurs Ecoboost 1,5 litres 160 chevaux, 2 litres 240 chevaux et surtout le petit trois cylindres 1 litre 125 chevaux qui fait une nouvelle fois la preuve de sa vitalité en dépit du poids à déplacer. SiRetour du classicismecette mécanique « révolutionnaire » manque de couple et de souplesse elle s’en tire avec tous les honneurs. reste la version hybride commercialisée en France d’entrée de jeu. Disponible uniquementSur le plan mécanique la Mondeo tient ses promesses. le moteur 2 litres diesel de 150 chevaux est un peu balourd (surtout comparé à celui de sa rivale volkswagen) mais il n’en est pas moins agréable à conduireLa volkswagen Passat sur la dernière marche du podiume n v.à coffre (pour cause d’encombrement desurbain.Huitième génération et toujours en haut de l’affiche. la preuve, la nouvelle Passat cru 2015 vient de se voir sacrée meilleure voiture de l’année. la récompense est méritée même si comme toujours avec ce prix, l’affirmation peut paraître un tant soit peu exagérée. la berline familiale de volkswagen apparue sur le marché en 1973 et vendue depuis à quelque 22 millions d’exemplaires est indéniablement une des trois ou quatre meilleures voitures de sa catégorie, exempte quasiment de tout reproche. laSpacieuse, confortable, la Passat nouveau millésime décline avec majesté les atouts génétiques de sa marque : ergonomie, sobriété, équipement, innovation. Pour preuve le magnifique écran digital hérité de l’Audi TT en lieu et place des compteurs sur le modèle 2.0 TDi biturbo 240 ch DSG7 quatre roues motrices Carat Edition. Une voiture qui joue dans la cour des reines de sa catégorie à un prix royal (50000 euros !).ligne très classique a été remise au goût du jour avec une magnifique calandre aplatie qui englobe les phares led. le dessin est plus angulaire que par le passé, reprenant les codes esthétiques qui ont cours outre-rhin chez BMW ou surtout chez le cousin Audi.représenter le gros des ventes. Cette version de milieu de gamme est époustouflante d’un point de vue mécanique avec un moteur nerveux et puissant (notamment en position sport du système « driving mode selection » qui permet de choisir son mode de conduite) et une boite 7 vitesses un peu dure, remarquable de précision et d’agrément. Et si l’on opte pour la finition Carat qui offre un degré d’équipement supérieur, on peut se mettre au volant d’une familiale haut de gamme pour un peu moins de 40000 euros. Un choix judicieux.Modèles essayés : Passat SW Carat Edition 2.0 TDI 240 ch 4roues motrices DSG7 (tarifs à partir de 49330 euros), Passat Confortline 2.0 TDI 150 ch (tarifs à partir de 32810 euros). Tarifs modèles essence à partir de 25350 euros, tarifs modèles diesel à partir de 28290 euros.Mais la performance du constructeur allemand vient surtout de sa capacité à proposer dans un créneau, disons, plus accessible, un véhicule tout aussi séduisant. C’est le cas avec la Passat Confortline 2.0 TDi 150 ch qui devraitAvril 201577]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ArT DE vivrE & PATriMoiNE Baromètre Finance & InvestissementsBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulieruLES bonS PLAnS du moiSAlban Gautier, directeur de la nue-propriété chez Fidexi, qui dit constater un attrait croissant et une forte hausse de la de- mande spontanée. « Le produit est de plus en plus connu car il répond aux attentes des investisseurs, refroidis par la pression fiscale et les aléas de la gestion locative. De plus, la nue-propriété est un produit qui ne fait pas appel aux lois d’exception ou aux avantages fiscaux distribués par l’Etat. C’est un produit stable, d’ave- nir, répondant parfaite- ment aux besoins des investisseurs souhaitant investir dans la pierre sans contrainte. De par la sécurité qu’il confère, on a l’habitude de comparer ce placement à un coffre- fort. » Un produit qui peut séduire une clientèle large, souligne-t-il : « Il peut convenir aux investisseurs qui souhaitent développer leur patrimoine sans alourdir leur fiscalité, à ceux qui souhaitent acqué-rir un patrimoine impor- tant avec une enveloppe moindre, à ceux qui possè- dent déjà des revenus fon- ciers et souhaitent se diversifier, ou encore à ceux qui envisagent une donation. »« Pour des raisons de confort, je ne veux que des actifs qui prennent de la valeur »SCPI : baisse du rendement mais collecte recordle taux de distribution sur la valeur de marché a connu une légère baisse en 2014, tombant à 5,08% contre 5,15% l’année pré- cédente selon les chiffres de l’ASPiM. Une ten- dance qui s’explique à la fois par un retrait de 0,81% des revenus distri- bués et par une progres- sion de 0,54% du prix moyen des parts. Malgré cette baisse, l’engoue- ment des Français pour les SCPi ne s’est pas dé- menti l’an dernier : l’an- née 2014 a marqué un nouveau record historique pour cette classe d’actifs, qui a attiré au total près de 3 milliards d’euros deNue-propriété : comment acheter à moitié prix ?De plus en plus de particu- liers souhaitant investir dans la pierre sans avoir besoin de revenus immé-diats s’intéressent de près à l’achat en nue-propriété. Et pour cause, ce type de placement combine trois avantages de taille : ab- sence de gestion, absence de risque locatif, et ab-sence de fiscalité pendant la durée du démembre- ment. Ce, en plus de la dé- cote : pour l’investisseur, acheter un logement en nue-propriété revient à payer55à60%desava-leur en pleine propriété. A la fin de la période pen- dant laquelle il a cédé l’usufruit, l’acquéreur de- vient plein propriétaire. « La nue-propriété se dé- mocratise », confirme38 EUR36 EUR34 EUR32 EUR30 EUR 28 EUR26 EUR24 EUR 22 EUR20 EUR 18 EUR 16 EURAvril MaiJuinJuillet Août Sept OctNov DecJanFev MarsLA SPéCuLATion du moiSPierre et Vacances : plein soleil pour le titre ?Gilbert Dupont a relevé sa recommandation sur Pierre et Vacances à Acheter avec un objectif de cours de 30,7 euros contre 28,6 euros auparavant. Le broker dit continuer d'avoir des incertitudes sur les fondamentaux du groupe (problématique de la baisse du stock géré dans les résidences de tourisme, question du levier opérationnel à moyen terme, interrogation sur l'évolution de la gouvernance...) « Mais suite à la baisse significative depuis le dernier point haut (37,5 le 6 juin 2014), nous estimons que le risk/reward est désormais plus attractif sur la valeur », ajoute-t-il.78Avril 2015]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frBaromètre Finance & Investissements ArT DE vivrE & PATriMoiNEcollecte nette. Un chiffre qui marque une hausse de 16,6% par rapport à l’an- née précédente. Cette em- bellie concerne tout particulièrement les SCPi diversifiées (+120%) et les SCPi spécialisées (+103%). Au 31 décem- bre, la capitalisation des SCPi atteignait un niveau de près de 33 milliards d’euros. Pour rappel, le volume sous gestion était de 19 milliards il y a cinq ans et de 11,5 milliards à fin 2004. Pour Patrick de lataillade, président del’ASPiM, « les résultats remarquables obtenus par les SCPI en 2014 témoi- gnent à la fois de leur ma- turité et de la complémentarité de l’of- fre des placements régu- lés en immobilier. Aussi bien les SCPI que les OPCI répondent aux be- soins variés des investis- seurs, particuliers et professionnels. »de financement d’un achat immobilier continue de perdre de l’altitude, navi- gant de plus bas en plus bas. Selon les derniers chiffres de l’observatoire Crédit logement/CSA, les taux moyens (hors assu- rances et coût des sûretés) sont ressortis à 2,21% en février contre 2,29% en janvier et 2,38% en dé- cembre. Du jamais vu. Selon un communiqué de l’observatoire, cette ten- dance « s’appuie à la fois sur la baisse du coût des ressources et sur la vo-lonté des banques de sou- tenir les marchés immobi- liers ». Quelles qu’en soient les causes, la baisse touche aussi bien le mar- ché du neuf (où les taux ressortent à 2,23% en fé- vrier en moyenne) que l’ancien (2,19%) et les tra- vaux (2,23%). Cette baisse, qui s’accompagne d’un affaissement des prix, devrait permettre aux particuliers d’investir dans la pierre dans des condi- tions optimales avec un pouvoir d’achat accru...Le coin des analystesu Actions asiatiques : Pictet AM voit desopportunités en Inde et en ChinePour Pictet AM, l’optimisme des investisseurs face à la pers- pective d’une nouvelle vague de réformes économiques en Asie est justifié, en particulier pour la Chine et l’Inde. Le ges- tionnaire évoque un « alignement de planètes ». En Inde, la nomination de l’allié des milieux d’affaires Narendra Modi au poste de Premier ministre change la donne dans ce pays, selon le gestionnaire d’actifs. Pictet AM remarque qu’il a déjà appliqué un certain nombre de réformes positives, notam- ment la refonte de la législation du travail et la réduction des subventions pétrolières. « Nous sommes particulièrement in- téressés par les opportunités d’investissement liées aux plans d’expansion urbaine de Modi, remarque Avo Ora, senior In- vestment Manager chez Pictet. Son objectif consistant à amé- liorer et à développer les centres urbains du pays exigera une contribution considérable de la part du secteur financier in- dien, qui sera le pourvoyeur et le distributeur des capitaux nécessaires. Nous avons donc constitué des positions dans quelques banques indiennes. » Pictet AM s’intéresse égale- ment au marché chinois des capitaux, qui fait l’objet d’im- portantes réformes. « Le potentiel de développement est certainement considérable, sachant que la capitalisation boursière du marché chinois est anormalement faible par rap- port au niveau des dépôts bancaires intérieurs », écrit-il.u Pour JPMorgan AM, les marchés émer-gents restent un souci« Bien qu’ils aient progressé ce mois-ci, les marchés émer- gents restent à la traîne », observe JPMorgan Asset Mana- gement dans une note d’analyse. Selon lui, la croissance économique de ces marchés reste dans l’ensemble faible par rapport à sa tendance à long terme, avec peu d’espoirs d’amélioration à court terme. « Bien que la remontée des prix du pétrole devrait globalement avoir un effet bénéfique, cer- taines économies émergentes subissent des pressions en rai- son de la baisse antérieure », observe-t-il. Selon lui, l’assouplissement des politiques monétaires devrait apporter un mieux, de nombreuses banques centrales des pays émer- gents se trouvant désormais en mode de réduction des taux. En Chine, « les premiers pas en direction d’une politique plus souple ne font néanmoins que compenser l’effet de l’appré- ciation antérieure de la devise et des sorties de capitaux, les conditions monétaires restant dans l’ensemble plutôt strictes », observe-t-il toutefois.u Natixis AM confiant sur l'économie de lazone euroPour Natixis AM, la dynamique de la zone euro devrait enfin s’améliorer cette année. La baisse de l’euro renforcera la com- pétitivité des produits et créera une impulsion robuste sur l’activité, anticipe le gestionnaire d’actifs. Il cite par ailleurs la baisse du prix du pétrole qui améliorera les marges des en- treprises et le pouvoir d’achat des ménages. « Le maintien de taux d’intérêt très bas se traduira par une plus grande pré- férence pour le présent et une dépense plus importante au- jourd’hui plutôt que demain », écrit-il dans une note d’analyse. Sur le front des USA, l’économie américaine est sur une trajectoire robuste, estime Natixis AM. « L’accélération de l’activité observée depuis le printemps 2014 a été moindre sur la fin de l’année, mais les chiffres de créations d’emplois ont été forts, y compris en janvier 2015. » L’analyste se dit en revanche « préoccupé » par le profil de l’économie chinoise. En effet, les indicateurs conjoncturels montrent que sur la fin de l’année 2014 et sur le mois de janvier 2015, l’activité a continué à ralentir. Elle souffre selon lui d’une absence de dy- namique interne forte qui résulte des mutations de cette éco- nomie qui limitent sa capacité à converger vers une tendance plus stable. « A court terme, cela se traduit par un net ralen- tissement de l’inflation et la nécessité d’un soutien via la po- litique économique », écrit-il.Crédit immobilier : des taux toujours plus basMois après mois, le coûtAvril 201579]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ArT DE vivrE & PATriMoiNE Patrimoine - Banques privéesFocus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsinnover malgré toutA rtistes, avocats, hommes d’af- faires, médecins... les clients de la banque HSBC, dont les noms ont été révélés début février, n’ont pas seulement cédé aux sirènes de l’évasion fiscale. ils ont d’abord bien souvent été conquis par la relation-client privilégiée offerte par les banques pri- vées par rapport aux banques de détail. « Nos banquiers privés gèrent en- tre 150 et 200 foyers fis- caux, sont disponibles à des horaires élargis, par mail ou par téléphone, et consacrent 70% de leur em- ploi du temps au déplace- ment chez leurs clients pa- trimoniaux, cadres diri- geants ou chefs d’entre- prise », décrit Clément le léap, directeur du marché clientèle privée de la banqueles banques privées doivent inventer des produits encore plus sophistiqués.Le banquier privé n’aime que les flèches qui pointent vers le haut...Palatine.un PRESTigEà REgAgnERMais en dépit d’une clien- tèle fortunée, ce secteur peine aujourd’hui à main- tenir son aura d’antan. En cause : les différentes af- faires des dernières années (HSBC, UBS, etc.) qui ont entaché sa réputation. « Les banques privées sont af- fectées par l’effritement de l’image de la banque en général auprès du grand public, indique Daniel Pion, associé chez Deloitte, res- ponsable du secteur ban- caire. Mais cette consé- quence négative touche au- tant la banque de détail que la banque privée ». Ces scandales, mais surtout l’inflation réglementaire qu’ils ont contribué à créer, ont surtout pesé sur les marges de l’activité ces der- nières années. Depuis les premières révélations de l’affaire HSBC en 2008, l’ensemble des banques pri- vées a ainsi mis en place d’importantes mesures in- ternes pour renforcer leurs procédures de formation, de contrôle, d’audit et de conformité, et redorer ainsi leur blason dans l’opinion. Des coûts difficiles à ab- sorber dans un environne- ment très concurrentiel (cf. encadré) et pénalisé par la lente décrue des rendements de l’assurance vie, qui re- présente encore plus de lagénéral de Swisslife Banque Privée. Cette si- tuation les contraint éga- lement à se montrer inno- vantes pour se différencier, capter l’intérêt du client et retrouver des marges. » Ainsi, les récentes accusa- tions d’évasion fiscale à l’encontre de certains éta- blissements n’ont pas pro- voqué d’attentisme en ma- tière de produits et de pres- tations. Au contraire, les banques privées redoublent aujourd’hui de créativité pour s’adapter aux constantes évolutions ré- glementaires. « Les outils d’optimisation fiscale évo- luent constamment car les lois changent tous les ans, explique Clément le Léap. À chaque nouveau produit émis, nous veillons à obtenir un rescrit de l’administra- tion fiscale afin de valider son avantage fiscal et éviter tout effet rétroactif. » Des évolutions auxquelles même l’antique contrat d’assu- rance-vie devra bientôt se soumettre, avec la commer- cialisation prochaine des nouveaux contrats Euro- croissance et vie généra- tion ! Ces promesses de rendement passeront néan- moins par une sécurité moindre. « Nous observons une tendance inévitable vers le marché des actions, seul capable de proposer encore du rendement à l’avenir, pointe Tanguy Polet. Les start-up mais aussi les en- treprises à taille humaine, de proximité, ou dans des secteurs de niche comme les nouvelles technologies ou la santé, sont au- jourd’hui privilégiées par nos clients, de même que certains investissements plus exotiques, dans le vin, l’art ou les montres, qui se sont démocratisés. » Une prise de risque devenue iné- vitable dans un environne- ment de plus en plus trans-Pierre Havezleurs services sont réputés ultra-personnalisés. Mais dans un marché où les marges s’amenuisent,SuR-mESuRE ConTRE PRêT-à- PoRTERCes établissements dérou- lent ainsi le tapis rouge à une clientèle haut de gamme, en lui donnant ac- cès à des experts juridiques,fiscaux ou patrimoniaux, ainsi qu’à des gammes de produits à la fois plus va- riées et pointues, offrant des solutions sur-mesureadaptées au patrimoine ou à la situation professionnelle et familiale de leur client. Private equity, produits structurés, Girardin, contrats de capitalisation, etc. « En cas de transmission ou de succession, le banquier peut mettre en place, avec le concours d’un ingénieur patrimonial, un pacte Du- treil par exemple », préciseseront pas plus élevés en banque privée, mais en re- vanche, ils peuvent aug- menter avec le niveau de personnalisation du contrat, en fonction de l’allocation d’actif et du niveau de risque défini par le client », indique Clément le léap. la rémunération de la banque privée reste ainsi davantage liée au volumeAtomisation du marchéEtablissements et clientèles diversifiésL’une des particularités du marché de la banque privée en France se trouve dans son extrême atomisation. « Le premier acteur français, BNP Paribas private banking, ne représente que 5% du marché français, observe Daniel Pion. Il côtoie de très nombreux acteurs de types différents : banque de détail classique, filiale d’un groupe bancaire, parfois même en concurrence avec son propre réseau, CGPI, société de gestion de portefeuille, assureur, family office, etc. »Ces établissements haut de gamme s’adressent à différents niveaux de clientèle, généralement segmentés en quatre catégories :- mass affluent ou gestion patrimoniale (de 100000 à 500000 euros d’actifs confiés)- gestion privée (de 500000 euros à 3 millions)- gestion de fortune (de 3 à 15 millions d’euros d’actifs confiés)- family office (plus de 15 millions d’euros).À chaque nouveau produit émis, nous veillons à obtenir un rescrit de l'administration fiscale afin de valider son avantage fiscal et éviter tout effet rétroactif.80Avril 2015Clément le léap. des encours sous gestion moitié des placements des Bien entendu, ces presta- qu’au prix de facturation clients de banque privée. tions personnalisées pré- des produits proposés. D’où « La diminution de la ren- sentent un coût non négli- des seuils minimums d’ac- tabilité de l’activité des geable, même si ce dernier tifs très élevés à confier à banques privées va entraî- varie selon les contrats et ces établissements avant ner une concentration très les classes d’actifs choisies. d’accéder à leurs services : probable de ses acteurs, « Les frais de gestion d’un souvent autour de 750000 afin de réaliser davantage contrat d’assurance vie à 1 million d’euros. d’économies d’échelle, ana- classique en fonds euro ne lyse Tanguy Polet, directeurparent.]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°19www.ecoreseau.frPatrimoine - Le paysage diversifié des CGPI ArT DE vivrE & PATriMoiNE l’oiseau rarelTrès facile de trouver un conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Plus ardu de dénicher le conseiller idoine,qui saura nous comprendre à la perfection...es Conseillers en ges- sociations imposent à leurs de temps à consacrer à leurs tion de patrimoine membres une formation clients. « D’expérience, je indépendants (CGPi) continue et les contrôlent sur dirais que les conseillers etse sont fortement développés le terrain », détaille David leurs clients doivent se res-ces dernières années, passant de 1850 en 2007, à un peu plus de 3000 à la fin de l’an- née dernière. ils doivent en grande partie leur succès aux banques qui ont quelque peu tardé à développer des ser- vices spécifiques pour leur clientèle aisée. A l’image des banquiers privés, ces conseil- lers gèrent une partie des ac- tifs de leurs clients, tout en leur prodiguant des conseils pour optimiser leur patri- moine. A la différence des banquiers toutefois, les CGPi ne sont pas dépositaires des fonds gérés. intermédiaires, ils ont la mission de proposer à leurs clients les meilleurs produits et placements auprès des établissements financiers.Avant de confier une partie de ses économies, l’épargnant doit s’assurer que le CGPi est agréé. « Pour conseiller des produits financiers, il faut disposer du statut de conseilsembler. la relation entre un conseiller et son client revêt avant tout une dimension hu- maine. En règle générale, ils ont le même niveau d’études, partagent les mêmes centres d’intérêt, sont exposés aux mêmes problématiques pa- trimoniales. Pour cette raison une grande partie de notre clientèle est issue du bouche- à-oreille, de relations », ex- plique François-Xavier le- gendre. Un point de vue partagé par Hervé de la Tour d’Artaise, président d’A2PF : « la démarche à suivre est la même que lorsque l’on re- cherche un médecin ou un notaire : on se renseigne au- près de ses amis, de ses rela- tions. Je crois beaucoup « au bouche à oreille » ». Enfin, faut-il accorder sa confiance à une petite structure ou unCharlet, président de l’Ana-cofi Pour avoir le droit deproposer des produits ban-caires, le CGPi doit posséderle statut « d’intermédiaire enopérations bancaires » (ioB).la plupart des CGPi détien-nent également une carte de« courtier en assurances » etcertains une carte d’agentimmobilier, afin d’intervenirdans les transactions. Face àcette jungle de sigles, Guyraymond Cohen recom-mande d’examiner attentive-ment lors de la prise decontact, le fameux DEr (pour« document d’entrée en re-lation »), qui récapitule lenuméro oriAS et ses statuts.« Mais pour les vérifier, jeconseille de toujours consulterle site internet de l’oriAS(organisme pour le registreunique des intermédiaires endiPLômES Assurance, Banque et Fi- domaine, l’immobilier parETRE ATTEnTiF Aux STATuTS ETMieux vaut parfois aller au-delà des apparences pour bien connaître son futur CGPI...nance). on y trouve en effet obligatoirement tous les CGPi. le DEr vous permet de juger du degré d’indé- pendance du CGPi, car il doit indiquer par exemple siexemple, aura tendance à re- commander à son client d’in- vestir dans cette classe d’actifs en toute bonne foi sans se préoccuper de savoir s’il existe une solution mieuxgrand ca.pour un CGPi indépendant, le particulier fait le choix de la proximité et du contact. En revanche, si sa préférence va à une structure plus im- portante, le nombre de conseillers devient un critère important », conclut David Charlet.Les conseillers et leurs clients doivent en général se ressembler, avec les mêmes niveaux d’études, centres d’intérêts, problématiques patrimonialesPierre-Jean Lepagnotchercher les conseillers les plus aptes à répondre à leurs besoins, sachant qu’il existe des gestionnaires de patri- moine adaptés à chaque type de clientèle. « Par exemple la clientèle de Dauphine Pa- trimoine est constituée de chefs d’entreprise, de cadres dirigeants et de contribuables soumis à l’iSF ; les conseillers connaissent très bien les pro-blématiques et les enjeux de cette clientèle. Si en revanche la recherche des clients portait sur l’expatriation ou sur de la prévoyance, il leur faudrait choisir un autre CGPi. » la disponibilité constitue éga- lement un critère d’impor- tance dans le choix d’un conseiller. Bien souvent, dans un réseau bancaire, les conseillers n’ont pas assezForum de la CIFAbinet ? « En optanten investissement financier (CiF) », rappelle Guy ray- mond Cohen, vice-président de l’ANACoFi (association nationale des conseils finan- ciers). Ce statut, qui garantit un casier judiciaire vierge et un niveau de compétence, oblige le conseiller à adhérer à une association profession- nelle reconnue par l’Autorité des marchés financiers (ANACoFi-CiF, CNCGP, CNCiF, etc.). Ces associations vérifient les contrats d’assu- rance responsabilité civile. Si un expert n’a pas suivi la procédure pour protéger le client épargnant, la respon- sabilité des dommages pour- rait être à sa charge et à celle de son assurance. « les as-un fournisseur de produit est actionnaire du CGPi et avec quels produits financiers il a des accords de distribution », complète Guy raymond Co- hen.adaptée aux besoins de son client. C’est le même raison- nement pour un conseiller bancaire qui ne dispose que de l’offre produits de sa banque. on comprend que la liberté de choix du conseil- ler rend ses recommandations plus pertinentes. » De même, le CGPi doit absolument être indépendant, c’est-à-dire ne pas être affilié à un réseau bancaire ou un promoteur, sinon, le jugement est biaisé. « Quoi qu’il dise, ce CGPi sera enclin à proposer en priorité non pas les meilleurs produits, mais ceux de son partenaire », avertit Antoine Tranchimand, associé chez K&P Finance. les épargnants ont intérêt, en amont, à re-Monaco, capitale du conseil financierDu 22 au 24 avril prochains se retrouveront au XIIIe Forum de la CIFA (Convention of In- dependent Financial Advisors) à Monaco plus de 70 fédérations professionnelles internationales et associations professionnelles nationales représentant les conseillers fi- nanciers. Créée en 2001, la CIFA est une ONG spécialisée dans la réforme du système financier pour remettre la finance au service des épargnants. Elle milite pour une meilleure régulation internationale et une réglementation plus juste, plus équitable et plus efficace. Bénéficiant d’un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), elle est accréditée auprès de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). Au regard de la situation macroéconomique et politique de la plupart des pays occidentaux, les spécialistes du monde entier, membres d’ONG, économistes, chercheurs, avocats, banquiers... mais aussi journalistes, plancheront autour d’un thème au cœur de l’actualité cette année : « Dettes publiques, déficits budgétaires, fiscalité débridée, qui va payer ? ». Les pouvoirs publics, par exemple, ont-ils eu raison de donner la priorité à l’endettement après 2008 ? La CIFA s’interrogera sur la possibilité de faire coïncider capitalisme entrepreneurial et solidaire, ou encore mettra en lumière le rôle des femmes dans la finance mondiale. Pour élargir la perspective du Forum, Matthieu Ricard, moine bouddhiste, photographe et auteur, expliquera dans quelle mesure l’altruisme est compatible avec les systèmes éco-viSion gLobALE ET diSPonibiLiTéUne fois le filtre réglementaire passé, encore faut-il bien sé- lectionner son CGPi. Pour François-Xavier legendre, gérant de Dauphine patri- moine, « un bon conseiller doit avant tout être un géné- raliste qui dispose d’une vi- sion globale, tant sur les so- lutions disponibles que sur l’environnement fiscal et pa- trimonial. A contrario, un conseiller spécialisé dans unnomiques modernes.Avril 201581]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°19ArT DE vivrE & PATriMoiNE Regard sémantiqueDepuis huit ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, verbes, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées à la galerie Verneuil Saints-Pères à Paris.Dico d’époqueLa mémoire des motsparjeanne bordeauFondatrice de l’institut dela qualité d’expression Pacte© Jean-paul GoffardPacte... quelle éthique ?Nom du tableau : Implosion, Jane Bee inCERTiTudES ET RéALiTéPendant que les uns essaient la simplification ou le pacte de responsabilité, les autres s’éloignent en costume de so- cialistes affligés et de frondeurs. on lutte contre les mo- nopoles. on parle de réformer le territoire, mais aucune grande histoire ne se raconte... Même si le président tente des réponses.Pacte relève du consensus, il recherche la réconci- liation, l’alliance. le trouble naît d’un balancement de sens entre éthique et accord immoral. Pacte irradie d’un implicite sombre car le terme autorise souvent de « pactiser avec l’ennemi » ou pire, de « pactiser avec le diable ».En 2014, aucun des plus grands analystes politiques, dans la série « Hollande au pouvoir », n’aurait pu prévoir la suite.Se sont déployés, côté droite, des jeux de duos : Sarko- Juppé, Juppé-Fillon, Jouyet-Fillon, autant d’unions dési- rées ou imposées... Du coup, Sarko le retour s’avère plus compliqué que prévu et la droite devient cette famille fra- tricide qui se déchire sur fond d’affaires qui sonnent « scandale » : Bygmalion et Jouyet.Tsunami politique, écologique et idéologiqueA la croisée du bien et du mal, pactiser suppose une forme de transaction et de concertation qui ne conduit pas à une décision franche et claire. Aussi certains médias accusent-ils le président de queillisme1. les tergiversations de la iiième et ivème république seraient-elles de retour ?Mais, côté gauche, les casseroles sont partagées : Aquilino Morelle, Thévenoud ... Et le pouvoir tente de s’organiser. Valls est le co-président et entame sa Valls 2. Ségolène en- dosse la panoplie de “vice-présidente”. Exit Valérie ! Dans la série amoureuse du Président, un nouveau personnage, Julie !Un Tsunami bleu déferle lors des scrutins municipaux et européens. Mais le Tsunami n’est pas que dans les urnes, il vient des océans avec les migrants et les clandestins. il surgit d’ici et d’ailleurs avec le djihad. Djihad 2.0, Daech et les otages décapités sont les mots lourds de cette année signée chaos, sans fil d’Ariane, et jamais le président n’a été aussi impopulaire.De pacte à pointNéoprésidence, frondeurs et réformesles clivages se répandent. Divisions et blocs contre blocs autour des sujets les plus divers, des taxis à la théorie du genre... Et dans l’univers politique, les Français recher- chent un sens désespérément.Nos éditorialistes se querellent autour de la néoprésidence. Avec l’arrivée de Macron à Bercy, l’horizon sera-t-il celui du virage social libéral ? Qui favorisera le rendez-vous avec la reprise et la croissance ? obsessions sémantiques du président actuel lorsque Sarkozy scandait pouvoir d’achat et travail.Aux extrémités du tableau, étrange télescopage du passé et du présent : la Première Guerre mondiale fait écho à la guerre sainte des années 2000. Etrange prémonition ! le prélude à une violence amplifiée quand on parle d’empire islamique ?Clivages et télescopageSynonyme de non choix, pacte est dans l’air du temps. Sa présence intrusive dessine une époque prudente, en quête de repères, collaborative, qui récuse l’autorité, influencée par les Etats-Unis qui traitent tant de sujets par le contrat.les mots prennent la force de ceux qui les portent. Ce qui manque à pacte, c’est l’énergie et la vo- lonté de trancher, de se prononcer. Trancher ne si- gnifie-t-il pas : « Cut it short » ?1 on le soupçonne parfois d’être l’héritier d’Henri Queille, ce ministre et président du Conseil de la iiième et ivème république devenu le symbole du compromis en politique.1977, Raymond Barre, 2005, Christine Lagarde, 2014, Hollande. En son temps, chacun a proposé le sien : pourquoi le mot pacte hante-t-il ainsi le monde politique ?Le pacte est un contratPar son étymologie, par son histoire, pacte oscille entre le monde de la paix et celui de la guerre. Dans l’ambiance de colère confuse qui règne en France, a fortiori quand le « pacte de responsabilité » est au cœur de l’actualité, raconter le mot est intéressant.Pacte politiqueDans le Contrat social, rousseau fut le premier à conjuguer pacte avec politique.Avril 2015PRoCHAin numéRo LE jEudi 30 AvRiL 201582]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>