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n°19
ClUB ENTrEPrENDrE A la Une - Start-up qui ont excellé en financement participatif
L'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,
les champions du crowdfunding
en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriat
Ele financement participatif devient monnaie courante pour les jeunes pousses high-tech. illustration avec ces sept exemples français et américains qui ont su enthousiasmer les foules et battre des records.
n ce mois de juillet de cloud personnel en seu- co-fondateur de Squadrone. communauté autour du pro- passent parfois les 10 mil- ter, car elle domine le pay- 2013, Séverin Mar- lement 12 heures. En tout, Pour Séverin Marcombes, duit, qui va agir comme un lions de dollars. sage mondial du finance- combes et Gawen la jeune pousse a réuni 1,2 de lima, « c’est accélérateur et Nous avons ainsi sélec- ment participatif. Jugez
Arab, deux jeunes diplômés million de dollars, ce qui au moins un garde- tionné la montre connectée vous-mêmes : depuis sa
de l’Ecole centrale d’élec- tronique, se frottent les yeux et peinent à croire les chif- fres qui défilent sur leurs écrans, où les dollars s’ac- cumulent. Deux jours avant de donner le top départ de leur campagne de finance- ment participatif, un doute avait assailli les fondateurs de lima : était-il judicieux de se lancer juste avant le 14 juillet, alors que la com- munauté des geeks français s’apprêtait à chausser les espadrilles pour prendre la route des plages ? Pour li- miter les risques, ils pren- nent la précaution d’allonger la durée de la campagne de 30 à 60 jours et se conten- tent d’un objectif de 69000 dollars, tout juste de quoi lancer la production. Des précautions qui deviennent vite superflues, puisque ces 69000 dollars ont été in- vestis dans leur petit boîtier
Quand les fans s’investissent
Le crowdfunding ne sert pas qu’à financer des start-up dans les nouvelles technologies. C’est un modèle qu’affectionnent aussi les projets culturels, qui contournent ainsi les systèmes de financement traditionnels en se faisant porter par leurs communautés de fans.
Au printemps 2013, les producteurs toulonnais de la web- série geek Noob se tournent vers la plateforme Ulule pour financer leur film. Ce qui devait être une modeste production de 35000 euros – l’objectif initial est atteint en 15 heures – est devenu une trilogie au budget de 680000 euros, financée par près de 12000 aficionados. La première saison avait
L’anecdote...
en fit la première société française à atteindre cette performance sur la plate- forme américaine Kickstar- ter.
Pebble (10,3 millions de dollars), la console de jeu ouya (8,6 millions) et l’im- probable glacière multi-
création en 2009, la société New-Yorkaise a levé 1,5 milliards de dollars – un demi-milliard rien qu’en 2014 – auprès de huit mil- lions d’investisseurs – des « backers » dans son jargon – pour soutenir 78000 pro- jets. il existe bien des sites made in France, comme KissKissBankBank ou Ulule, tous deux lancés à Paris en 2010, mais les start- up de l’Hexagone privilé-
Faire financer son projet par une foule d’inter- nautes anonymes ? Si l’idée paraissait gen- timent utopique voici quelques années, elle est désormais presque devenue un passage obligé pour
fonction The Coolest Cooler (13,3 millions). Pour la France, nous avons retenu lima (1,2 million), l’HEXo+ de Squadrone (1,3 mil- lion) et la 360Cam de Giroptic (1,4 million), dont le re- cord de levée de fonds par une start- up française sur Kickstarter a été battu en mars par le boîtier d’impression Prynt, qui transforme votre smart- phone en polaroïd. Ce bout de plastique dopé à la tech- nologie a en effet réuni plus de 1,6 million de dol-
les start-up des nou- velles technologies.
Et une alternative cré- dible aux acteurs tra- ditionnels du finance- ment, comme les banques et les business angels. C’est qu’elle présente bien des avantages : « Cela permet de valider très vite son mar- ché et d’engranger des pré- commandes pour rassurer d’éventuels investisseurs », témoigne Matthieu Giraud,
gient souvent l’aînée . ricaine. « C’est la plate- forme de la Silicon Valley, justifie Séverin Marcombes de lima. En s’y présentant, nous montrons à tout le sec- teur que nous sommes les premiers sur le marché, et nous évitons ainsi de nous faire voler la place. »
Aymeric Marolleau
La France championne d’Europe
- 1,3 million de Français ont déjà financé un projet sur une plateforme de crowdfunding depuis 2008. Leur contribution moyenne : 4470 euros pour l’investissement en capital, 561 euros pour le prêt rémunéré (crowdlending), 60 euros pour le don avec ou sans contrepartie.
- 152 millions d’euros collectés en 2014 en France (78,3 millions en 2013), ce qui fait des Français les champions d’Europe du crowdfunding.
- Sommes moyennes collectées par projet :
376 733 euros pour l’investissement en capital, 65 448 euros pour le prêt rémunéré, 3000 euros pour le don avec ou sans contrepartie.
Source : Baromètre 2014 du financement participa- tif, réalisé par le cabinet de conseil CompinnoV
autant
une levée de
fonds qu’une cam-
pagne de communication. stories ne manquent pas, Cela permet de créer une puisque les projets y dé-
Culture
fou ». Etats- Unis, les success
Aux
lars.
Ne vous étonnez pas si tous ces projets ont été portés sur la plateforme Kickstar-
amé-
Chiffres
Potato Salad
En juillet 2014, Zack Brown a eu un petit creux. Mais plutôt que de commander une pizza, il a soumis sur Kickstarter un pro- jet de « Potato salad » – salade de patates – pour réunir les 10 dollars nécessaires à sa confection. En reprenant les codes de la plateforme – vidéo inspirante, discours inspiré, contreparties croissantes – l’américain s’est mis la Toile et les médias dans la poche. Sa parodie de crowdfunding a levé 55000 dollars en un mois. Le jeune cordon bleu n’a bien sûr pas oublié de re- mercier ses fans : « Merci de m’aider à vivre mon rêve ».
coûté 1000 euros à l’équipe, qui a dévoilé la première partie de sa trilogie en janvier dernier. De l’autre côté de l’Atlantique, le créateur de la série Veronica Mars a utilisé la même ficelle pour porter son héroïne au cinéma. En 31 jours, ses fans lui ont apporté 5,7 millions d’euros.
La formule plaît aussi aux éditeurs de jeux vidéos. En 2013, InXile Entertainement a levé 4,19 millions de dollars sur Kickstarter pour son jeu Torment. Après avoir levé 2,1 millions de dollars sur la plateforme New-Yorkaise en novembre 2012, le jeu StarCitizen a poursuivi la souscription sur son propre site Internet, afin d’étendre son univers. En janvier 2015, il avait rassemblé la coquette somme de 70 millions de dollars.
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Avril 2015
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