﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="92"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauL’information économique et positive, autrementComprendre, Entreprendre, InnoverMars 2015 - n°18 - 3,90 € - ecoreseau.frau livret AÉCONOMIE SANTÉLA RÉVOLUTIONEnquête sur les start up qui transforment la sociétéExCLusif L’entrepreneur du moisConvaincre et séduire des investisseursIls ont bluffé le CES 2015 à Las VegasCes Français qui ont osé à l’étrangerà la rencontre du Cyclo PlombierLEVÉEDE FONDSGÉNÉRATION FRENCH TECHCRÉER AUJOURD’HUIPlacements & investissementsLes alternativesDÉCRYPTAGE : LA MAISON CONNECTÉE - RÉSEAUX & INFLUENCE : LES CERCLES RELIGIEUXALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MADEcoRéseau]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18EDITOrIaLEloge de la complexitéLe cas de Christophe rocca-serra (cf. baromètre de l’innovation), dirigeant de Tallano Technologie, est emblématique de ce qui changera notre société et sauvera la France. Cet entrepreneur issu du monde de la finance a mis au point un aspirateur à poussière fonctionnant à l’aide d’une dynamo, afin de supprimer le problème des particules fines rejetées lors du freinage des automo- bilistes... Tout simplement ! Les constructeurs automobiles n’avaient jamais résolu le problème parce qu’ils considéraient que ce désagrément était un mal nécessaire. aujourd’hui tous les secteurs semblent avoir besoin d’entrepreneurs issus de divers horizons, pensant « out of the box », apportant dans leurs besaces des idées neuves pour répondre aux problématiques, trouver de nouveaux leviers et créer de jeunes pousses. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour lever les difficultés auxquelles sont confrontées les grandes sociétés, les laboratoires de r&D, ou même l’Etat. Ce sont eux qui inventent de nouveaux usages collaboratifs pour répondre au problème des ressources qui s’épuisent (cf. Frédéric Mazzella, fondateur de Blablacar dans regard digital), ont l’audace d’ « essaimer » dans des domaines inattendus (cf. le cyclo-plombier en électron libre) ou dans des zones géographiques éloignées (cf. les Français qui osent à l’étranger dans créer aujourd’hui). C’est pourquoi l’initiative individuelle qu’en- courage Ecoréseau de ses vœux à longueur de pages est essentielle. D’aucuns craignent la trop grande liberté de ces individualités qui justement ne se posent pas de limites. Ils redoutent ces entrepreneurs qui inventent la maison intelligente en maniant les données personnelles de M. ToutleMonde (cf. la maison connectée dans le décryptage), ces blouses-blanches qui passent de la paillasse aux start- up et accomplissent des miracles en génétique, bio-impression ou data de santé(cf. La santé du futur dans le Grand angle)... Tout cela sous le prétexte que le domaine auquel ils s’attaquent est sensible et complexe. Les ayatollahs du principe de précaution crient au loup et brocardent instamment les images ef- frayantes de savants fous triturant les gènes humains de manière insensée, jouant avec le transhumanisme, l’eugénisme, la quête d’immortalité coûte que coûte (cf .prospective) et finalement le feu. Mais ne doit-on pas plutôt engager le débat et poser des limites au lieu d’interdire ? La recherche du risque zéro est devenue une exigence, générant par là-même des résistances au changement et àl’innovation. La complexité fait pourtant partie de la vie. Oui l’éthique e. est délicate à définir, oui s’interroger sur l’euthanasie revient à réfléchir à notre conception de la vie et de la mort (cf. Hexagone), oui il n’est « pas facile » d’être Président et de mener à bien des réformes... Mais est-ce que cela signifie pour autant que rien ne doit être entrepris, que la politique de l’autruche doit être scrupuleusement appliquée ? Et si nous aiguillions les énergies au lieu de les annihiler ? La prise de risque est la condition de la créativité et du génie sous toutes ses formes. Elle est nécessaire à la science, à l’entreprise qui souhaite survivre et se démarquer, à la société de demain, que nous prévoyons dynamique, maîtrisée, belle, à condition de se plonger dans la complexité. Et vous ?Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefn santéLE CHAT by Philippe Geluck4 Mars 2015]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frPANORAMA 6-23 Rétrospective- Flottes automobiles : Choisir son véhicule en 2015sOMMaIrE50La laïcité il y a 50 ans 6 Baromètre de l'optimisme 8STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE52-64Les rendez-vous EcoRéseauBaromètre de l'innovation Décryptage54Le Dicoréseau® 10La maison connectée de demain5658 60Regard sur l'actualitéHaute résolutionMichel Cymès, médecin, animateur, entrepreneur 12- La disparition des claviers et souris - Le fantasme du zéro papierGrand angleBusiness storyLes start-up révolutionnent la santé 13Carmat, histoire d'un cœur artificielRégions & Territoires62 Frédéric Mazella, les raisons de croire en l'économie collaborative 64Le dynamisme économique du sillon alpin 20Regard digitalHexagoneRH & FORMATION 65-72 Réseaux & InfluencesDébat sur l'euthanasie 22InternationalLa zone de libre-échange Europe /Etats-Unis en question 23CLUB ENTREPRENDRE 24-51 Baromètre & Tendances 24Les réseaux confessionnels 65 Observatoire 66Tendance- Ms et Msc, 30 ans d'innovation 68 - L'impact réel des MBa 72Le portage salarial vu par Patrick Levy-Waitz 26ART DE VIVRE & PATRIMOINE 78-90 La Sélection culturelle 78A la Uneregards croisés Entrepreneurs / Investisseurs 28Interview croisée :Carrières & TalentsGyroptic et smart me up, champions françaisde la French Tech à Las Vegas 30L’Air du tempsEn immersionLe dernier cri pour l'Horlogerie masculine 79accenture et ses locaux du futur 32L’Art du tempsElectron libre- Horlogerie et joaillerie 80 - Mode, accessoires & Evasion 82 - Vins & spiritueux 84Elian alluin, inventeur de la cyclo-plomberie 34Leçons de mauxL’Air du tempsNicolas Doucerain, une deuxième chance pour solic 36automobile : au banc d'essais : Mercedes Class,Nissan X-Trail, Volvo V40 Cross Country, Fiat 500 L,Peugeot 508 allure 86ProspectiveL'immortalité en 2100 ? 37Créer aujourd’huiBaromètre Finance & Investissements 87 Patrimoine- L'entrepreneuriat français à l'étranger 38Business guidesLes alternatives au livret a 88 Regard sémantique 90- L'affacturage et ses subtilités 42 - Immobilier d'entreprise : trouver ponctuellement des bureauxou des lieux de séminaires 44N°18www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe Flamand Chroniqueurs : Jeanne Bordeau, Marc Drillech, Pascal Junghans,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Anne Diradourian, Jacques Donnay, Geoffroy Framery, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Stéphanie Polette, Catherine Quignon, Olivier Remy, Pierre TiessenDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Mars 20155]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMa Rétrospective - LaïcitéLaïque, on like ?Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.La laïcité est, depuis quelques semaines, dans l’œil du cyclone et des fusils mitrailleurs. attaquée, elle l’est depuis bien longtemps. C’est en 1959 avec la loi Debré que ses racines ont subi le premier coup de canif.Depuis, le roseau plie mais ne rompt pas. Jusqu’à quand ?«Lsible, laïque, démocratique et sociale. » ainsi com- mence le premier article de notre Constitution. C’est dire à quel point le principe de laïcité consti- tue un pilier majeur de notre société et de son mode de fonctionnement. Et pourtant : les églises sonnent le dimanche, on sert du poisson à la cantine le vendredi, et France 2 propose depuis des années la messe en alternative à l’inénarrable Téléfoot de TF1. Dans le même temps, lorsqu’une poignée de fous de Dieu tente, à grand renfort de Kalachnikov, de nous obliger à respecter un Dieu auquel personne n’est obligé de croire, mé- dias, intellectuels et res- ponsables politiques rappellent cette bonne vieille laïcité à notre bon souvenir. Bref, on patauge un peu.« Dans les années 60, les choses sont beaucoup plus lisibles, tranche Patrick Cabanel, professeur d’his- toire contemporaine à l’Université de Toulouse, spécialiste des religions et de la laïcité. La France est alors beaucoup plus tradi- tionnelle. C’est un peu Don Camillo et Peppone : d’un côté, une France de droite catholique, de l’au- tre, une France de gauche laïque. Chacun à sa charte fondatrice, en l’occur- rence la loi de 1905 pour les laïcs. » Pour l’histo- rien, cette dualité rappelle le modèle des piliers que l’on retrouve dans les so- ciétés bi-confessionnelles. Chacun naît dans une so- ciété construite verticale- ment sur deux colonnes – le catholicisme et le pro-6 Mars 2015a France est une Répu- blique indivi-testantisme, par exemple – , la laïcité et le catholi- cisme pour le sujet qui nous concerne. Toute laphobe, elle est, si l’on peut accepter ce néologisme, « islamismophobe ». Le catholicisme, comme l’is-des espaces dans lesquels la religion a le droit de s’épanouir et d’autres dans lesquels elle ne doit pas intervenir.dans la désacralisation progressive à partir des années 1960-1970 de toutes les formes d’auto- rité : religieuse, morale, familiale... a cela s’ajoute la libération sexuelle ou encore la banalisation du divorce. « La laïcité elle- même s’est alors séculari- sée, note l’historien. Pour ses partisans, il s’agissait d’une valeur suprême. D’une attitude de fidèles vis-à-vis de la laïcité, les gens ont glissé vers une attitude de consomma- teurs. » autre processus à prendre en compte, en réaction au précédent, ce que le politologue spécia- liste de l’islam Gilles Kepel a appelé la « re- vanche de Dieu », c’est-à- dire la volonté des religions de regagner le terrain fraîchement perdu. Parfait exemple de ce changement de cap : l’ac- tion évangélisatrice affi- chée et assumée par Jean-Paul II tout au long de son pontificat. Difficile également de ne pas évo- quer le rôle de l’enracine- ment de l’islam en France. « On ne parle plus alors dans les années 80 d’un islam installé furtivement, explique l’historien, mais d’un islam ancré définiti- vement sur le sol français. Ce que l’on appelle l’is-puis les années 1980, a connu un vif retour des mémoires. Mémoire de la shoah, mémoire coloniale, mémoire de l’esclavage. autant d’éléments qui l’ont rendue moins sûre de son Histoire. au point d’ébranler le dogme laïc jusque dans son berceau : la gauche. « Une partie de la gauche se montre au- jourd’hui assez critique envers la laïcité, remarque Patrick Cabanel. Une gauche qui est tentée d’affir- mer que la laïcité représente une forme d’intolérance par rapport au multicultura- lisme, et que celle-ci ne se- rait finalement que le visage propre de la haine de l’islam. »La laïcité en quête de repèresCela n’empêche paschaque camp de défendreses intérêts d’alors. ainsi,les « cathos » inventent-ilsle terme de « laïcisme ».But de l’opération ? Lais-ser penser que sous cou-vert de constructionjuridique, la laïcité est enfait une idéologie antireli-gieuse. Mais l’enjeu prin-cipal n’est pas tantderrière les pupitres desorateurs que derrière celuides élèves. Pour PatrickCabanel, « le lieu où toutse joue alors, c’est l’école.La droite tente depuislongtemps de reconquérirce territoire perdu, en ob-tenant le financement desécoles catholiques parl’argent public. Et elle yparvient en 1959 avec laloi Debré. Il s’agit d’unevraie défaite pour la laï-cité. » Une défaite qui seconfirmera 25 ans plustard lorsque le projet deréforme savary ne par-viendra pas à revenir surcet état de fait. Mais là en-core, selon l’historien, ilfaut davantage voir danscette affaire une volontédu camp catholique depréserver ses intérêts qued’enfoncer volontairementcité. Le cléricalisme, un coin dans l’édifice laïc. lam de France. Cela aautant d’éléments qui ont accouché d’une France beaucoup moins lisible qu’il y a 50 ans. au- jourd’hui, les bobos de gauche manipulent la carte scolaire pour mettre leurs enfants dans le lycée privé de la ville d’à côté et le Front National se pose en défenseur de la laïcité. Un brouillage qui crée des interstices dans le puzzle de la laïcité, dans lesquels cherchent à s’engouffrer les religions. Les autorités juives et musulmanes ne demandent-elles pas à bé- néficier, elles aussi, d’écoles sous contrat ? Lesvie du sujet sera ensuite régie par rapport à son « camp » d’origine, sans jamais en sortir.lam, sont des religions, et à ce titre, sont parfaite- ment respectées par la laï-sont-Pour autant, cette schizo- phrénie entraîne-t-elle le rejet systématique du camp adverse ? « Non, af- firme Patrick Cabanel. Ja- mais la laïcité ne se montre antireligieuse. An- ticléricale, oui. La diffé- rence entre ces deux termes est primordiale, et elle n’est pas sans rappe- ler ce que l’on connaît au- jourd’hui avec l’islam. La laïcité n’est pas islamo-comme l’islamisme, sont des idéologies politico-re-Cette imperméabilité « ca- thos »/laïcs a volé en éclatajouté un acteur supplé- mentaire à la question decantines scolaires ne. elles pas sommées par cer- tains de demander des menus sans porc ? La question du port du voile intégral dans les lieux pu- blics ne revient-elle pas régulièrement dans le débat d’idées ? Jusqu’ici, le roseau a tenu bon.Dans les années 60, d’un côté une France laïque, de l’autre une France catholigieuses qui veulent orga- niser la société en fonction de dogmes religieux. » On touche ici au principe même de laïcité : la sépa- ration. séparation entreà partir des années 1980. Pourquoi les eaux des deux fleuves se sont-elles subitement mélangées ? Plusieurs raisons à cela. La première est à chercherla laïcité et contribué à complexifier encore un peu plus le paysage. » Mais les raisons du brouil- lage actuel ne sont pas que religieuses. La France, de-Olivier Faure]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°184 La bonne nouvelle ici et maintenant Les baisses conjointes du prix du pétrole et de celui de l'euro devraient favoriser le retour de la croissance en France et en Europe. ainsi, le recul du prix du baril de pé- trole va réduire considérablement la facture énergétique (5 milliards d'euros de moins en 2014 selon Coe-rexecode). De son côté, la baisse de la monnaie unique européenne va favoriser la compétitivité-prix des entreprises exportatrices et leur permettre d'écouler plus facilement leurs produits.4 Pour rêver très loina l'instar des américains, des russes et des Chinois, les Européens sont désormais capables de ramener sans dom- mage un véhicule spatial. après une tentative avortée en novembre dernier, la mini-navette IXV a amerri en plein Pacifique, le 11 février dernier. Capable de lancer des fu- sées et de faire atterrir un robot sur une comète, le Vieux Continent ne maîtrisait pas, jusqu'à présent, la technologie permettant de ramener sur Terre un engin spatial. Pour- tant, l'enjeu est de taille : ce savoir-faire de pointe permet- trait en effet de transporter des astronautes, voire de rapporter des échantillons de planètes ou d'astéroïdes.PaNOraMa Le baromètre de l’optimismeLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...Le verbatim La joie est en tout, il faut savoir l'extraireà retenir...Des chiffres et des lettres agréables1 C'est, en milliard de bouteilles, la hausse de consommation annuelle de vin prévue pour les cinq prochaines années (source International Wine and Spirits Research).ConfuciusAinsi, en 2018, celle-ci s'élèvera à plus de 32 milliards de bouteilles. C'est essentiellement le marché des Etats-Unis qui va tirer les ventes (+ 11,3% entre 2014 et 2018, selon la même étude). La France, premier produc- teur mondial de vin, devrait bien tirer profit de cette dynamique. Champagne !2014 20152016L’onde positiveDes brèves qui donnent le “smile” le matin...par Thierry Saussez Fondateur du printempsCa y est, la France a réussi à vendre son rafale ! 24 unités de l'avion de combat du groupe Dassault, ainsi qu'une frégate multimission et des missiles vont être achetés par l'Egypte pour un montant de plus de 5 milliards d'euros. Du jamais vu pour l'industriel français qui conclut ainsi son premier contrat à l'export avec le rafale, son fleuron souvent qualifié « d'invendable ».de l’optimismeselon le bilan annuel de la Fevad (fédération e-commerce et vente à distance), le commerce en ligne a progressé de 11% en 2014 et devrait poursuivre sur ce rythme en 2015. Une croissance dix fois plus rapide que celle du commerce traditionnel. Le e-commerce pèse désormais en France 57 milliards d'euros, contre 8,4 en 2005. On estime que l'Hexagone compte 34 millions de « cyberacheteurs » qui effectuent en moyenne 20 achats par an.Àl’exception de la montée d’adrénaline comme signal d’alerte dé- clenchant une action, la peur est le plus généralement un refuge du pessimisme, un obstacle volontaire que l’on place devant soi. D’après les enquêtes, nos vraies peurs sont d’ordre intime. Elles concer- nent la maladie, la mort et plus encore la crainte qu’il arrive quelque chose à nos enfants ou nos proches.Dans son dernier recensement, la Direction générale de l'aviation civile (DGaC) comptabilise une soixantaine de constructeurs et plus de 1200 opérateurs de drones en France. L'Hexagone se positionne ainsi comme le leader mondial du secteur. Un coup d'avance rendu possible par l'adoption dès 2012 d'un cadre réglementaire relatif à l'usage des drones. On estime à 46 millions d'euros le poids de la filière en France en 2014.N'ayez pas peurNos peurs collectives sont virtuelles et innombrables : la pollution, le ré- chauffement climatique, les inondations, les incendies, les tremblements de terre, le terrorisme, les virus... et même la neige.On retrouve ici la différentiation entre notre univers personnel avec seu- lement quelques peurs ou phantasmes et la dimension collective dans la- quelle nous chargeons la barque comme pour évacuer le stress personnel. La preuve : il faudrait appliquer systématiquement le principe de précau- tion à la plupart des grands défis de la planète mais l’ignorer dans notre vie quotidienne. Dans ce cadre, nous préférons minimiser le risque au profit de l’usage quotidien du téléphone portable, de l’ordinateur, de la voiture, de la moto, de la télévision.Cela risque peut-être de vous surprendre, mais la France se hisse en 2014 au quatrième rang mondial en matière d'e-gouvernement, selon une enquête réalisée tous les deux ans par l'ONU. L'Hexagone se classe en la matière en tête des pays européens, devant les Pays-Bas (5e place), le royaume-Uni (8e) et la Finlande (10e). Mieux encore, la France se classe à la première place mondiale en ce qui concerne les services publics en ligne ! Une performance qui s'explique, selon l'ONU, par l'amélioration de la qualité des services, la forte intégration des sites gouvernementaux et l'incitation à la consultation des services publics par les citoyens.Deux de ces peurs collectives montent dans une société en crise, la peur de perdre et celle du déclassement. Nous sommes attachés aux avantages tenus pour irrémédiablement acquis, aux dignités permanentes. Lorsqu’on nous tend la perche des sondages, nous sommes nombreux à exprimer la crainte de rétrograder professionnellement, de perdre notre emploi, voire de finir sDF.mis à l'honneur dans les médias. Il fait notamment leJTdeM6.Commercialisée au prix de 35 euros, la Gamebuino est basée sur une technologie open source. Une spécificité qui en fait tout son charme, puisqu'elle permet aux utilisateurs de programmer leurs propres jeux et de les échanger avec une communauté de gamers. aurélien rodot continue de travailler à l'amélioration de sa console en mettant au point divers accessoires (vibreur, accéléromètre...).L’optimiste fera remarquer que si l’on a peur de perdre, c’est que l’on a quelque chose à perdre et que si l’on craint de tomber, c’est que l’on n’est pas par terre.À bien y réfléchir, ces peurs collectives nous soudent, elles font lien. Nous les partageons. Disons même qu’elles nous rassurent. Mieux, elles nous offrent une solidarité de façade avec ceux, individus comme peuples, qui affrontent, eux, de véritables épreuves.Face au succès, l'élève ingénieur garde son sang- froid. Certes il a dû se créer un statut d'autoentre- preneur pour commercialiser sa console, mais pour lui, tout cela n'est « qu'un projet parmi tant d'autres ». aurélien rodot mène en effet de front sa cinquième année à l'Enise (spécialité génie sensoriel), un master en bio-ingénierie à l'école des Mines de saint- Etienne et un contrat pro dans le secteur de la robo- tique. Il envisage de poursuivre avec un doctorat.Elles correspondent bien à notre côté «enfants gâtés». J’aime beaucoup cette déclaration de l’écrivain indien Gurcharan Das : « Parfois, j’imagine un peu la France comme un gros chat rassasié, confortablement assoupi auprès du feu. Il faut avoir un peu faim pour savourer le bonheur ». Nous avons des peurs, des craintes, des angoisses. Un conseil : ne cher- chez pas systématiquement à les fuir ou à les oublier. Elles risqueraient fort de s’incruster. Laissez-les s’installer, faites-en le tour, isolez-les. Puis concentrez-vous sur quelqu’un ou quelque chose de positif. Le résultat ne devrait pas se faire attendre.8Mars 2015Le graphique encourageantEn % 21Enfin, elle revient ! La crois-sance devrait être un peumeilleure que prévu cetteannée dans la zone euro. Leschiffres publiés par la Com-mission européenne en ce début d'année ont en effet été revus à la hausse : 1,3% de croissance en 2015 (contre 1,1% prévu à l'automne) et 1,9% en 2016 (contre 1,7% à l'automne). Dans ce contexte, la France devrait voir sa situation s'améliorer, passant de 0,4% de crois- sance en 2014 à 1% cette année et 1,8% en 2016.0,4%1 %1,8 %La belle histoire du mois : Un étudiant cartonne avec sa console de jeux rétroGamebuino. Ce nom vous est peut-être déjà familier si vous êtes un geek né dans les années 80 et incon- ditionnel des jeux vidéo « à l'ancienne ». Il s'agit de celui de la console de jeux portable low-cost et rétro mise au point par un étudiant stéphanois. aurélien rodot, 22 ans, élève à l'Ecole nationale d'ingénieurs de saint-Etienne (Enise), est un petit génie du bricolage. au cours de l'été 2013, au lieu de glander sur le canapé, ce passionné de jeux vidéo met au point sa propre console. Pour financer le lancement d'une petite série, il engage au mois de mars suivant une campagne de crowdfunding via la plateforme Indiegogo. sans grandes ambitions, il se fixe un objectif de 3141 euros de fonds (en référence aux décimales du nombre Pi) et en récolte plus de 33000 ! « Durant la campagne, j'ai vendu 1000 exemplaires, et 500 supplémentaires depuis la création d'une boutique en ligne au mois d'octobre », précise l'étudiant. Le buzz est alors assuré : en l'espace de quelques semaines, le jeune homme est]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[ALIMENTÉE PAR L’ÉNERGIE SOLAIRETISSOT T-TOUCH EXPERT SOLAR. MONTRE TACTILE ALIMENTÉE PAR L’ÉNERGIE SOLAIRE OFFRANT 20 FONCTIONS DONT LE BAROMÈTRE, L’ ALTIMÈTRE ET LA BOUSSOLE. INNOVATEURS PAR TRADITION.TISSOTSHOP.COMBOUTIQUES TISSOT76, AVENUE DES CHAMPS-ELYSÉES – 75 008 PARIS LES 4 TEMPS, NIVEAU 2 – 92 092 PARIS LA DÉFENSEATELIER HORLOGER TISSOT, GALERIE DES ARCADES, 76, AVENUE DES CHAMPS-ELYSÉES – 75 008 PARIS***MONTRES SUISSES DE LÉGENDE DEPUIS 1853]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMaLes rendez-vous EcoRéseauLe Dicoréseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : Coupe du monde de Handball, procès du Carlton, Actualités, Grèce, People, Politique, etc.Bettencourt : n.p. Personnage célèbre qui en aura vu des Woerth et des pas mûres.CAN : n.p. Compétition africaine de foot où à la fin c’est la Côte d’Ivoire qui Ghana.Copé : v. se voir infliger quelque chose, subir une punition. Ex : « J’ai Copé d’une grosse amende pour abus de confiance »Dodo : n.m. action de se coucher à plusieurs.DSK : n.p. Concurrent de KFC car c’est un « big mac ».Encourir : v. risquer une sanction à cause de ses actes. Ex : « Rocan-court une lourde peine de prison pour complicité de recel »Faire un carlton : exp. Tirer sur une cible, sur une ou plusieurs personnes. Ex. « Je vais encore faire un carlton à la partie fine de ce soir »En guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Martinez : n.p. Le nouveau traiteur intraitable de la CGT.Motion : Formule magique utilisée par le druide Vallsix pour faire passer laAbdel Fattah Al-Sissi : n.p. Pigeon égyptien qui vole désormais en rafale. Handball : n.m. sport très simple qui se joue à sept contre sept durant deuxloi Macronix. approuvé par les Hollandix.Navarro : n.p. Faux flic (syn. : Hanin-posteur).Bernard Petit : n.p. ancien flic et petit cousin de Bernard MinetQatar : 1. exp. signifiant le regret : « Après le foot, le hand... on devrait ar- rêter le sport. » « Tu as raison mieux vaut Qatar que jamais ». 2. préf. Qui si- gnifie avoir des troubles de la vision. Ex. « Depuis ma qatar-acte, je ne sais plus si mes joueurs sont bien nés ici »Saumur : n.p. Nom connu pour son école de cavalerie depuis le procès du Carlton.Sheikh : 1. v. s’agiter (“sheikh your body”) ou se faire violence (“sheikh ton booty”). 2. exp. Marché conclu. « sheikh man ». 3. n.m. Personne moyen- orientale douée d’un pouvoir aphrodisiaque. Ex : « Les joueurs de l’équipe de handball du Qatar sont venus des quatre coins de la planète par amour du Sheikh » (chèque)Syriza : exp. Marque d’un idéal irréalisable, d’une utopie. Ex : « Syriza en avait, ça serait mon oncle »Tsipras : Vœu de Merkel : « Que Tsi-pras pas l’été ! »Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.périodes de 30 minutes, et où ce sont les Français qui gagnent à la fin.Gad : exp. (franc-comtoise) Injonction à observer une scène. Ex : « Gad moi-ça, il part en Suisse avec de l’argent caché dans les poches » Grèce : n.f. surpoids dont tout le monde veut se débarrasser.Jean-Luc Lahaye : n.p. Chanteur à midinette, qui n’aurait jamais pu tourner avec Brigitte, trop âgée.Jean-Marie Le Pen : n.p. Tête brulée d’extrême droite.10Mars 2015]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMa Regard sur l’actualité - Michel CymesDans chaque numéro une personnalité inattendue (artiste, philosophe, sportif, personnalité médiatique,...) parle de sa carrière et« Personnalisation du diagnostic, impact garanti ! »porte son regard personnel sur l'actualité.Médecin, animateur TV et radio, mais aussi entrepreneur. Michel Cymes lance Betterise, une plateforme numérique desanté ultra personnalisée, car lui aussi a sa petite idée sur les soins de demain...parcours (médecin, entrepreneur, homme de télévision...) ? C’est un mélange d’envies et de hasards. J’ai eu la chance de faire des rencontres inté- ressantes, qui m’ont permis d’aller plus loin dans mes envies. D’autres n’ont pas eu ce coup de pouce du des- tin. Pascal Delannoy a su me faire confiance chez France Info, c’est lui qui m’a mis le pied à l’étrier. Jean-Marie Cavada m’a beaucoup trans- mis et m’a évité de faire despourra mieux le suivre et le surveiller.Cette notion de surveillance n’est-elle pas un peu effrayante justement ?Les nouvelles générations sont prêtes à se fier un peu plus aux données et aux ap- pareils qui les récoltent. Ce qui ne doit pas empêcher d’être extrêmement vigilantpas par jour, comme recom- mandé, nous réduisons le risque d’avoir une maladie cardio-vasculaire. Betterise aide à atteindre les objectifs.Comment imaginez-vous l’hôpital du futur ? Compte-tenu des difficultés financières du système de santé et du prix d’une journée dans un établissement, il est évident que beaucoup plusnons pour des prodiges au- jourd’hui deviendra normal demain, que des organes pourront être changés par exemple. Mais il subsistera selon moi un facteur limitant, qui est le cerveau. Celui-ci n’est pas seulement une ac- cumulation de neurones. Les choses sont beaucoup plus compliquées, on le connaît encore très mal. alzheimer et Parkinson ne sont pas gué-La perception qu’ont les gens de la santé évolue-t-elle ?Ils se tiennent beaucoup plus informés que par le passé, et prennent enfin conscience de l’intérêt de la prévention. La raison ? Ils subissaient par le passé les messages impersonnels et moralisateurs comme « il ne faut pas fu- mer»,«ilnefautpasboire» du ministère de la santé, et devaient admettre que faire du sport empêchait de grossir, donc d’accumuler des graisses, donc limitait les ac- cidents cardiovasculaires. sans démonstration tangible, certains se disaient que mal- gré les comportements à risque ils pouvaient passer au travers des mailles du filet. Mais aujourd’hui nous sommes capables de person- naliser le diagnostic en leur disant qu’ils ont tant de pré- dispositions au cancer dupoumon et que s’ils persistent à fumer, ils auront neuf risques sur dix d’avoir un cancer. Etonnamment cela a plus d’impact ! Nous pouvons leur démontrer que des gestes qu’ils modifient légèrement au quotidien augmentent ra- dicalement leur espérance de vie et surtout améliorent leur santé sur les dernières années. Les données scientifiques prouvent ce que l’activité physique apporte à chaque organe. Nous sommes ca- pables de démontrer que l’ac- tivité sportive oxygène mieux le cerveau et donc diminue les risques d’alzheimer. Les objets connectés ajoutent des données et donnent des ob- jectifs, ce qui devient ludique. Les data deviendront toujours plus importantes pour le mé- decin, qui saura quand le pa- tient est tombé dans un som- meil profond, quand il a moins fait de sport... IlBioLe médecin de demain devra être beaucoup plus « geek » qu’aujourd’hui, mais il restera au centre de tout le systèmebêtises.« L’immortalité ? Non. Le cerveau sera un facteur limitant »Je suis médec.un point c’est tout. Les chro- niques et émissions que j’anime découlent de ce mé- tier, que j’exerce encore avec bonheur. J’évite de donner mon avis sur des sujets qui ne sont pas médicaux, et uti- lise ma célébrité à des fins humanitaires.sur la manipulation des don- nées. Mon obsession est le secret médical. Le système ne peut fonctionner que si les data sont exploitées dans le cadre d’une politique de santé. avec notre plateforme Betterise nous sommes très vigilants, il ne s’agit pas de vendre des données, ou d’en divulguer. Personne n’aura accès aux données person- nelles des autres. si une en- treprise décide de s’y abonner, elle pourra savoir combien de ses salariés dorment mal ou sont stressés, mais ne connaîtra jamais à leurs noms. Cela lui permettra d’adapter sa façon de gérer le person- nel.Quel est au juste le rôle de Betterise ?Il s’agit d’une sorte de ma- jordome de la santé, un al- gorithme qui permet de per- sonnaliser les conseils mé- dicaux. Les internautes ré- pondent à quatre ou cinq questions pour permettre à l’algorithme de les connaître. Ensuite, au fil des connexions, ils recevront des conseils santé à la carte. L’OMs parle d’une augmentation de 60% des maladies liées au style de vie au cours des dix der- nières années. La moitié des salariés sont sédentaires. Donc si nous marchons 6000de soins seront administrés au domicile des patients. Ceux-ci seront reliés par in- formatique à des centrales qui les feront hospitaliser quand leurs données seront alarmantes. Ils seront en contact avec des praticiens qui leur transmettront des conseils dans le cadre de la chirurgie ambulatoire. Le mé- decin de demain devra cer- tainement être beaucoup plus geek qu’aujourd’hui, mais il restera au centre de tout le système, car la rela- tion interhumaine médecin/patient est primor- diale.Croyez-vous en cette immortalité annoncée par certains ?Je connais bien le Dr Lau- rent alexandre. Il est très intelligent et a le sens de la formule mais je ne pense pas que celui qui vivra 1000 ans est déjà parmi nous. Ceux qui naissent au- jourd’hui profiteront indé- niablement, dans 90 ans, d’avancées médicales for- midables. Il y a peu, le can- cer des testicules était mortel un ou deux ans après le diagnostic dans 95% des cas. aujourd’hui, ce même cancer est guéri dans 95% des cas. Il est donc fort à parier que ce que nous pre-rissables. Les seuls progrès notables dans ce domaine sont attendus au niveau du diagnostic. si demain on me dit que j’ai de fortes chances de contracter alzheimer dans sept ans, je ne vois pas ce que cela va m’apporter concrètement...Comment expliquez-vous la diversité de votreNe vous arrive-t-il pas de vous perdre entre vos différentes casquettes ?in et je le reste,Julien TarbyCoup de pouce de l’humour carabinMichel Cymes est un médecin et chirurgien spécialisé en ORL de 57 ans, devenu une figure du PAF grâce à sa verve et son humour naturel. De France Info où il présente une chronique médicale à partir de 1990, ce Parisien d’origine passe à la petite lucarne pour présenter des émissions mé- dicales destinées au grand public qui battent rapidement tous les records d'audience, tels « Le Magazine de la Santé » et « Allô Docteurs ». Michel Cymes n'en délaisse pas pour autant les ondes. Il anime jusqu'en 2008 une émission hebdomadaire sur Europe 1 intitulée « Comment ça va bien... merci », et depuis avril 2011, chaque matin sur RTL, exerce son ironie acérée dans une chronique intitulée « Ça va déjà mieux », de la Mutuelle Générale. Depuis 2009, toujours avec la complicité de Marina Carrère d'Encausse dont les fous rires sont restés célèbres, Michel Cymes est également aux commandes du site web Bonjour, docteur. Père de trois garçons, âgés de 17, 15 et 4 ans, il continue d'assurer des consultations aux urgences de l'Hôpital eu- ropéen Georges-Pompidou, à Paris. Ce petit-fils de Juifs po- lonais arrivés en France en 1922, puis tués à Auschwitz durant la guerre, est l'un des membres fondateurs de l'as- sociation humanitaire La Chaîne de l'espoir.12Mars 2015]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frGrand Angle - La santé de demain PaNOraMa L'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueQuoi de neuf, docteur ?Les grandes révolutions ont commencé dans la santé, en attestent les huit start-up biotechs présentées, esquissant la manière de se soigner dans le futur...Dossier réalisé par Philippe Flamand, Aymeric Marolleau et Julien TarbyL’arrivée de données génomiques massives constituera la pierre angulaire du dossier médical de chacunProfils des révolutionnaires de la santéUne place pour les entrepreneurs ?Les révolutions explicitées semblent impliquer une mé- decine très capitalistique, qui deviendra l’apanage des grands groupes. Ainsi, selon le Dr Laurent Alexandre, fon- dateur de Doctissimo ou DNAvision, « des bases de don- nées de milliards de personnes seront nécessaires pour développer des algorithmes performants. C’est pourquoi les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) sont bien placés dans cette course qui s’amorce en matière de data management ». Mais l’ingénierie du vivant implique aussi bien les multinationales que les start-up biotech, voire les entrepreneurs particuliers nommés les « biohackers ». Ces adeptes de la biologie de garage qui font de l’opens- cience et du partage des connaissances le moyen de se réapproprier la manipulation du vivant. Le « biohacker- space » La Paillasse, laboratoire communautaire, a d’ail- leurs ouvert ses portes rue Saint-Denis à Paris et a déjà donné lieu à la création d’une start-up dans l’encre bio- logique. A chaque nouvelle révolution un écosystème se met en place, avec des acteurs de taille inégale et de bu- siness models différents. « Prenons la bio-impression : il existe trois technologies d’impression de cellules. Celle par extrusion ne nécessite pas trop d’utilisation de bre- vets et ne présente donc pas beaucoup de barrières à l’entrée. En revanche la technique par laser, plus précise, sur laquelle nous travaillons, nécessite l’utilisation de bre- vets et un savoir-faire. De gros investissements sont à réa- liser », illustre Fabien Guillemot, chercheur de l’Inserm à Bordeaux, cofondateur de la start-up en bio-impression Poietis. De plus dans ce secteur des acteurs vont se dé- velopper sur le développement de machines, d’autres la création de tissus organiques, d’autres encore sur l’utili- sation de tissus. De quoi donner des idées à de nombreux entrepreneurs isolés.Le Dr Lefèvre accé- lère sur son robot de couloir pour at-CHAPITRE 1en train de se réaliser. Les TIC se révèlent en effet une aide précieuse pour les pa- tients et les praticiens, amé- liorant le quotidien de tous. Mais le véritable tsunami provient des NBIC (nano- technologies, biotechnolo-reprogrammation de cel- lules cardiaques, Biomup et ses implants chirurgi- caux résorbables), et sur- tout de la manipulation du génome (cf. Cellectis et ses copier-coller de gènes, PhageX et la nouvelle gé-teindre au plus vite l’étage ingénierie du vivant. Il évite de percuter un patient âgé de 148 ans non loin du ser- vice thérapie génique, puis croise le Dr Giraud, chef du service de bio-impres- sion, spécialisé en cartilages, muscles et organes... Hello ! On se réveille ! Vous n’êtes pas assoupi(e) sur le canapé, devant une vieille série B de science fiction. Changer votre aDN, interfacer vos cellules et neurones avec des compo- sants électroniques, créer des organes... ne seront plus des opérations si uto- pistes. L’histoire est en marche, quelques pages en ont d’ailleurs déjà été écrites. La preuve...QUAND NOUS SORTIRONSDE NOS SILOS...II y a encore quelques an- nées, les rêveurs un peu dingues évoquaient un pa- cemaker envoyant instan-Les NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) ouvrent une ère de bricolage du vivanttanément au médecin des informations détaillées sur l’état de santé de son patient, ou d’un malade atteint d’un cancer à Mumbai bénéfi- ciant de l’expertise des can- cérologues les plus réputés au monde... Ils se voyaient souvent traités de fous, et faisaient mine d'ignorer les sourires en coin, alors que leurs prédictions sont déjàgies, informatique et sciences cognitives) qui ou- vrent une ère de bricolage du vivant : dans le domaine des prothèses et de l’élec- tronique médicale (cf. Pixium Vision et ses im- plants rétiniens, Carmat et son cœur artificiel en busi- ness story), de la régénéra- tion tissulaire (cf. Cardio3Biosciences et sanération d’antibiotiques). autant d’avancées toni- truantes qui doivent être mises bout à bout pour se poser les bonnes questions. Le Dr Laurent alexandre, chirurgien urologue et neu- robiologiste, serial entre- preneur, en vient par exem- ple à entrevoir à terme « la mort de la mort » (1), qui suppose de changerMars 201513Œ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMa Grand Angle - La santé de demainl’homme, que la nature a génétiquement programmé pour vivre 125 ans. À peine plus qu'un corbeau. si ce diplômé de l’ENa et HEC, président de la biotech DNa Vision spécialisée dans le séquençage de l’aDN, pro- voque avec une prédiction si « transhumaniste » – l’uti- lisation de la science et des techniques pour améliorer les caractéristiques phy- siques et mentales de l’homme –, c’est bien parce qu’il souhaite générer une réflexion plus transversale sur le nouveau monde qui s’ouvre. Beaucoup de cher- cheurs-entrepreneurs restent enfermés dans leurs spé- cialités et n’ont aucune idée de la manière dont toutes ces disciplines interagiront. « La prospective dans un domaine aussi complexe est toujours hasardeuse, c’est un peu comme interroger les spécialistes des freins, puis des réacteurs et des cockpits... pour esquisser l’aéronautique du futur. Souvenons-nous qu’en 1989, 100% des chercheurs en génétique étaient per- suadés que nous ne sau- rions jamais séquencer« A l’avenir un module “Big Data” sera ajouté à la formation des étudiants en médecine », Laurent Alexandre, chirur- gien neurobiologiste fondateur de Doctissimosouches humaines. Une réussite qui a ouvert la voie à l’impression d’organes humains complets : artères, muscle, pancréas ou cor- nées, etc., peuvent être ré- parés par ce moyen. Nombre de laboratoires académiques planchent sur le sujet depuis seulement deux ou trois ans et à part Organovo, le poids lourd de la filière, seules une quinzaine de petites so- ciétés ont émergé. « L’ins- titut Gartner montre bien que le nombre et la teneur des publications sont ceux d’une technologie encore naissante. Mais nous pou- vons dès maintenant réflé- chir à des patchs de micro- tissus implantés », révèle Fabien Guillemot, chercheur de l’Inserm, cofondateur de la start-up en bio-impression Poietis. Pour lui, le champ des possibles est ouvert, no- tamment en matière de gref- fons : « Grâce à la puis-l’ADN... Mais elle est es-sentielle », illustre le fon-dateur du site Doctissimo.Le recensement des rupturesles plus extrêmes permet DES TISSUSde théoriser la médecine Impossible par exemple de demain, et donc la so- d’occulter l’impression 3Dde tissus vivants, même si nous n’en sommes qu’aux balbutiements. En 2013, une équipe de chercheurs de l’université Heriot-Watt d’Edimbourg est parvenue à imprimer des cellulesBiomup et ses implants chirurgicaux résorbableschimie et de génétique à Paris-VI qui a suivi un post-doc à la Harvard Me- dical school de Boston, ne cesse d’étonner en proclamant que la re- programmation d’un génome, végé- tal, animal ou humain est (presque) devenu un jeu d’enfant... Concrète- ment, les ciseaux permettent un cou- per-coller des gènes avec une précision moléculaire. La société est donc à la tête d’un nombre impres- sionnant de projets dans le domaine de l’agriculture, de la biologie et de la thérapeutique. Les activités vontciété qui l’accompagnera.Cellectis, champion de l'ingénierie du génomeCHAPITRE 2LA RÉGÉNÉRATIONandré Choulika a cofondé sa société en 1999 sur un transfert de technologie de l’Institut Pasteur, introdui- sant des méganucléases, sortes de « ciseaux molécu- laires » permettant de modifier l’aDN d’une cellule de façon ciblée. a 50 ans, cet ancien étudiant de bio-« Les matériaux utilisés pour réparer le corps humain sont de trois types : métallique, plastique ou biologique. Les deux premiers ne se résorbent pas à la différence du troisième qui peut être métabolisé par le corps et disparaître. » sylvain Picot résume facilement tout l’intérêt médical des produits de sa société Biomup à l’ère de la médecine regénérative. En 2005, alors jeune diplômé de l’INsa de Lyon, il crée avec Pa- tricia Forest, également ingénieure biochimiste et le docteurChristian Gagneux, leur enseignant, une start-up pour « valoriser la re- cherche publique dans le domaine des colla- gènes ». Ces protéines présentes dans les tissus humains et animaux, qui servent de substrat au dé- veloppement des cellules, mais que l’on ne sait pas fabriquer de façon artifi- cielle. Le savoir-faire de Biomup réside dans la technologie de purifica- tion du collagène animalde la production de cellules pour l’industrie pharma- ceutique au développement de thérapies cellulaires contre les cancers ou le diabète, en passant par la mise au point de biocarburants ou de plantes modifiées. Les partenaires ? Total, Limagrain, Monsanto, Bayer, les Instituts nationaux de la santé américains (NIH)... Cellectis combat aussi la leucémie en développant l’immunothérapie adoptive, qui isole des lympho- cytes T de sujets sains et les modifie génétiquement pour qu’ils s’attaquent spécifiquement aux cellules cancéreuses de malades. L’époque où andré Choulika est entré à l’Institut Pasteur, en 1988, pour étudier le génome des levures, est bien lointaine. Mais c’est là qu’il a découvert les méganucléases, qui se révèlent de redoutables scalpels moléculaires. Dans les années à venir tout sera séquencé. La société cotée de l’an- cien président de France Biotech, l’association fran- çaise des biotechnologies, ne manquera pas de clients.et la production d’implants chirurgicaux résorbables pour ré- parer le tissu cardiaque, favoriser la cicatrisation, réaliser des substituts osseux, stopper les saignements. En l’espace de dix ans la jeune pousse lyonnaise s’est bien développée. Elle em- ploie aujourd’hui 55 personnes, a créé l’an passé deux filiales commerciales aux Etats-Unis et en allemagne et a réalisé 3,2 millions d’euros de Ca en 2014. PFJT14Mars 2015Œ]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[SANTÉ PRÉVOYANCEÉPARGNE - RETRAITELa santé des salariés, c’est la santé des entreprises.Avec Harmonie Mutuelle, le monde de la santé rejoint celui de l’entreprise. Bénéficiez de l’expertise de spécialistes de la protection sociale et du 1er réseau national d’opticiens et d’audioprothésistes partenaires. Nos solutions s’adaptent à chaque entreprise quelle que soit sa taille. Nos conseillers vous accompagnent dans le suivi et le pilotage de votre contrat afin de mieux en maîtriser le coût.Harmonie Mutuelle, spécialiste de la protection sociale en entreprise, 1re mutuelle santé de France.Mutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité, n° Siren 538 518 473.]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18Cardio3 Biosciences et la reprogrammation de cellules cardiaquesLa société bruxelloise, née en 2004, est spécialisée dans les thérapies régénératives en cas d’insuffisance car- diaque, lorsque le cœur n’arrive plus à pomper suffisam- ment de sang dans l’organisme pour répondre à ses besoins. Elle utilise la reprogrammation cellulaire, révo- lutionnaire parce qu’elle n’est pas seulement un palliatifPaNOraMa Grand Angle - La santé de demain Enterome, explorateur de la flore intestinaleL’étude du microbiote intestinal – cette co- lonie de quelque 100000 milliards de bac- téries qui peuplent notre intestin – est sans doute l’une des avancées majeures de la médecine contemporaine. Le séquençage du génome de ces bactéries a mis en lu- mière leur rôle dans les déséquilibres mé- taboliques et neurologiques du corps humain et ouvert la voie au traitement de maladies comme le diabète de type 2, l’obésité, la sclérose en plaques ou la ma- ladie de Crohn (maladie inflammatoire chronique intestinale). L’un des pères de cette nouvelle discipline est Dusko Ehr-comme la pharmacie. « Notre approche est re- constructive, nous créons du nouveau mus- cle cardiaque. Pour ce faire, nous utilisons des cellules programmées pour devenir des cellules cardiaques. Elles sont prélevées sur la moelle osseuse, sont repro- grammées avec des fac- teurs de croissance spécifiques puis réinjec- tées », explique le P-Dglich, chercheur à l’INra. sa rencontre avec Pierre Belichard et Isabelle de Cré- moux (présidente du fonds d’investissement seventure) donne naissance en 2012 à Enterome, une start-up parisienne qui joue d’ores et déjà dans la cour des grands. « J’ai réalisé une grande partie de ma carrière dans l’industrie pharmaceutique aux Etats Unis, au Canada et en France, explique Pierre Belichard, 54 ans, di- recteur général d’Enterome. C’est là que j’ai croisé Isabelle de Crémoux. Quant à Dusko Ehrlich il a révolutionné le monde de la science en nous aidant à com- prendre les corrélations qui existent entre la carte d’identité du microbiote intes- tinal de chaque individu et certaines maladies. » Enterome s’intéresse en particulier à l’obésité et à la maladie de Crohn, liée à un dérèglement du système immunitaire, qui ne reconnaît plus les bactéries de son microbiote intestinal et les détruit. La jeune pousse travaille à la mise au point de tests de diagnostic et de médicaments en partenariat avec l’INra et avec de grands laboratoires pharma- ceutiques.fondateur Christian Homsy. C’est le corps lui-même qui est utilisé pour se réparer. « Celui-ci a bien souvent des ressources, mais celles-ci se trouvent dépassées par la maladie. Nous lui redonnons cette capacité », vulgarise l’entrepreneur, selon qui l’aventure ne fait que débuter. « Nous commençons seulement à comprendre les méca- nismes cellulaires grâce à des technologies plus pous- sées. » Cet ancien médecin dans l’industrie aspire à devenir un acteur incontournable en matière de thérapie cellulaire. Cardio3 Biosciences a ainsi étendu son ap- proche à l’oncologie.sance et la précision infor- matiques, nous sommes ca- pables de créer des tissus sur-mesure, aussi bien sur la forme extérieure que dans l’architecture intérieure au niveau des cellules. » son système d’impression laser de matière vivante s’an- nonce prometteur – en 2010, son équipe a réussi à im- primer des cellules osseusessi les trois techniques de bio impression – par bio- extrusion, par jet d’encre et par laser –, se perfec- tionnent de jour en jour, Fabien Guillemot ne croit pas encore à l’élaboration d’un organe complexe comme le rein. D’autres se montrent très ambitieux en la matière. Interrogé par le magazine Wired, stuart K.JTPFPhageX et la nouvelle génération d’antibiotiquesArtères, muscle, pancréas, cornée peuvent être réparés avec des cellules souches médicamentspréserver celles qui sontutiles. » C’est ainsi que Xa-vier Duportet, 27 ans, co-fon-dateur de PhageX, présenteson projet d’antibiotique in-telligent. « Grâce aux étudessur le microbiome, on sait au-jourd’hui que toutes les bac-téries ne sont paspathogènes, certaines sontimpliquées dans le maintiend’une bonne santé. » ainsi,pour enlever les mauvaisesbactéries sans toucher auxbonnes, PhageX développedes antibiotiques de préci-sion, capables de séquencerle génome des bactéries pour trier le bon grain de l’ivraie. Leur petit nom ? « Les éligobiotiques, du latin choisir, sélectionner. » Ces antibiotiques d’un genre nouveau pourraient empêcher un phénomène qui préoccupe les médecins : la montée de la résis- tance aux antibiotiques. s’ils ont été l’une desdes systèmes de défense. « La résistance aux antibiotiques pourrait causer dix millions de morts dans le monde à l’horizon 2050 », alerte Xa- vier Duportet. PhageX, créée en mai 2014, est le résultat des recherches menées par ses cofondateurs : Xavier Du- portet, pendant sa thèse au MIT de Boston, et David Bickard, pendant son post- doc à la rockefeller Univer- sity de New York. Ce dernier dirige aujourd’hui le labora- toire de biologie synthétique de l’Institut Pasteur, où Pha- geX est installée. La biotechd’une souris. Le principe ? On prélève des cellules vi- vantes pour les cultiver in vitro puis les placer dans un liquide, afin d’obtenir de l’encre cellulaire que l’on verse dans des car- touches. « Grâce à l’im- primante 3D, on dispose ensuite cette matière comme on le souhaite pour produire des tissus », vulgarise le chercheur Bordelais. Des essais cliniques sont déjà en cours au Japon en ce qui concerne le cartilage. Mêmecherche à l’université de Louisville (Kentucky), an- nonce pour la prochaine dé- cennie l’impression d’un cœur entier, fonctionnel, en moins de trois heures. Un simple prélèvement sur le patient permettrait de dé- marrer l’impression...a valu aux jeunes chercheurs une flopée de prix, comme aEF docteurs-entrepreneurs, le concours « En émergence » de Bpifrance et, surtout, le Concours mondial d’innovation 2030, dont la dota- tion de 200000 euros leur a permis d’embaucher leurs deux premiers docteurs.CHAPITRE 3LA MAGIEDES GÈNESLes nouvelles « géniales » s’enchaînent à la vitesse de l’éclair, à tel point qu’il estAM« Les antibiotiques actuels sont des armes de des- truction massive, qui s’attaquent à toutes les bac- téries sans distinction. Nous voulons procéder par frappes chirurgicales, afin degrandes avancées médicales du XXe siècle, leur uti- lisation massive – notamment dans les élevages ani- maux – a conduit certaines bactéries à développerdirectement sur le crâne Williams, directeur de re-16Mars 2015Œ]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMa Grand Angle - La santé de demainValneva révolutionne la fabrication des vaccins grâce aux cellules souchesDepuis 60 ans un grand nombre de vaccins – grippe, oreillons, fièvre jaune – sont fabriqués à partir d’œufs de poule. Cela implique que des centaines de millions d’œufs sont utilisés chaque année par l’industrie phar- maceutique. Un modèle qui, s’il a fait ses preuves et a été considérablement perfectionné, présente des dé- fauts, comme l’explique Franck Grimaud, le directeur général de Valneva : « Surviennent régulièrement des problèmes de contamination des œufs, qui entraînent le rejet de certains lots. Parfois, c’est l’usine elle- même qui est contaminée. Et cette méthode est gour- mande en travail humain. » au début des années 1990, l’INra et l’INsErM en France, et le North Carolina Institute aux Etats-Unis, ont mené des recherches sur les cellules souches embryonnaires du canard, qui leur ont permis de mettre au point un procédé de fabrica- tion du vaccin qui offre une alternative aux œufs de poule : la lignée cellulaire EB66. C’est ce procédé qui a été développé et est aujourd’hui commercialisé par l’entreprise lyonnaise Valneva : « Dans des cuves de 100 à 10000 litres, nos cellules croissent dans un mi- lieu de culture adapté. On y injecte des virus, comme la rougeole, la grippe ou les oreillons, puis nos cellulesvont se multiplier en des mil-liards d’exemplaires afin de gé-nérer des milliards de copies duvirus. Puis, le virus est extrait,inactivé, et mélangé à une sorted’huile qui donne le vaccin »,vulgarise Franck Grimaud.L’industrie pharmaceutique seprépare donc à passer graduel-lement d’un système agricole àun procédé totalement contrôlé,fermé et sécurisé. « Deux à troisnouveaux vaccins devraient êtreenregistrés en 2015 », énonce ledirigeant. La société de biotech-nologie, née de la fusion en2013 de Vivalis sa et IntercellaG, compte 400 personnesdans ses bureaux français, autri-chiens, suédois et écossais. Elle réalise 80 millions d’euros de Ca en année pleine, et investit 20 à 35 mil- lions d’euros par en recherche et développement cli- nique de nouveaux vaccins.AMmême difficile de savoir où nous en sommes exactement et ce que nous pouvons es- pérer des « ingénieurs du vivant ». La démocratisation du séquençage de l’aDN a en fait eu des conséquences incalculables pour l’huma- nité. alors que décoder le premier génome humain dé- codé a nécessité 15 ans de recherches et 2,7 milliardsune manne colossale. De- puis 2000 les labos utilisent les technologies de biocon- version (et plus seulement la chimie) pour fabriquer des médicaments, des vac- cins, des anticorps. Ils uti- lisent les thérapies géniques – qui devraient se banaliser d’ici10à15ans–oucel- lulaires pour soigner des maladies comme le diabète,conçoit ainsi des antibio- tiques intelligents qui sé- lectionnent les bactéries à éliminer.les prédispositions des pa- tients, il sera possible de les responsabiliser. « Au XXe siècle il s’agissait d’éviter l’apparition de la maladie,pondant » au traitement, sont les premières étapes du pas- sage d’une médecine prêt- à-porter à une médecine sur- mesure. aux Etats-Unis, sous l’égide de la Food and Drug administration (FDa), 300 médicaments sont associés à des biomarqueurs et des tests Compagnon. Ce seraitaussi l’avènement du « pay for performance » dans le système français. En effet, « Le fabricant du médica- ment passerait devant l’au- torité de santé, obtiendrait le remboursement selon ce qu’il annonce, puis au bout de trois ans repasserait de- vant une commission qui dis-Nous serons bientôt tous séquencés, et pourrons donc être traités en fonctionLe géant californien entrevoit aussi le même genre de futur pour la santé. Il suffit de tracer les sommes qu’il a versées pour une flopée de bio- techs. 425 millions de dollars rien qu’en 2014, rap- porte le Wall Street Journal :CHAPITRE 4eau XXI , il s’agira d’éviterDATA ET MÉDECINE PERSONNALISÉENous serons donc bientôt tous séquencés, ce qui pour- rait signifier être traités en fonction de notre aDN pro-l’apparition du malade ! Mieux vaut s’y préparer dès maintenant, en ne ratant pas le tsunami des data qui échoue déjà sur nos rivages pour des probléma- tiques de sécurité ou de ré- ticence au changement de la part de l’administration », prévoit celui qui est aussi directeur de la Fondation gé- nérale de santé, qui soutient le don de cellules souches de sang de cordon et promeut la recherche en thérapie cel- lulaire. Le spécialiste évoque la fin des traitements à grande échelle pour une population supposée homogène. Place aux doses personnalisées, en fonction du métabolisme et du patrimoine génétique dechacun. Les thérapies ciblées, associées à des tests Com- pagnon déterminant si le pro- fil de la personne est « ré-Google veut vous rendre éternelde dollars, le séquençage ne prend plus aujourd’hui que quelques heures et ne coûte que 1000 dollars. Les spécialistes tablent sur qua- tre heures et 50 dollars dans un proche avenir. Et ceux qui ne faisaient qu’observer il y a encore quelques an- nées se sont mis à manipuler de l’aDN, ce qui a ouvert la boîte de Pandore des fan- tasmes et appétits en tous genres de la part des cher- cheurs et des entreprises. La recherche contre le can- cer comme les OGM à des- tination des pays les moins avancés sont concernés. Les laboratoires mais aussi les IBM, apple et autre Google mettent leurs deniers dans la génétique, pressentantde notre ADN propreCalico : fondée par Google, la biotech cherche rien moins qu’un remède contre le vieillissement. si seulement.Flatiron : 130 M$ pour cette base de données contre le cancer.IPierian : 22 M$ pour soutenir les cellules souches pluripotentes contre alzheimer. DNAnexus : 15 M$ pour aider cette société cali-la maladie d’alzheimer ou la leucémie. Transgène évo- lue dans l’immunothérapie, concevant des virus intelli- gents contre les cancers du poumon et du foie, qui s’at- taquent aux cellules ma- lades. Cellectis (cf. encadré) fabrique pour les labos des cellules immunitaires gé- nétiquement modifiées. La biologie de synthèse, consis- tant à transformer des mi- cro-organismes en usines cellulaires, a tout bouleversé à partir de 2003. On n’a plus manipulé un gène à la fois, on a introduit dans un organisme vivant (levure, bactérie) de nouvelles fonc- tions, comme produire des molécules thérapeutiques par exemple. PhageXpre. La médecine personna- lisée est pour demain, car l'arrivée de données géno- miques massive constituera la pierre angulaire du dossier médical de chacun. M Tout- le-monde pourra consulter ses données médicales en temps réel, partout et à tout moment. « Une société amé- ricaine donne déjà les pro- babilités de développer telle ou telle maladie en compa- rant par rapport à la moyenne », illustre avec en- thousiasme Grégory Katz, professeur à l’Essec, titulaire de la chaire Innovation thé- rapeutique à l’EssEC. La prévention, qui représente 7% des dépenses de santé en France, pourrait donc bien être décuplée. En identifiantfornienne à dresser votre profil génétique à l’aide du Big data. Adimab : 14 M$ pour les an- ticorps thérapeutiques.Rani Therapeutics : 10 M$ pour une pilule d’insuline in- telligente.Foundation Medicine : Diag- nostic des cancers par le Big data.Predilitics : Outils d’analyse de données pour les assureurs.18Mars 2015Baseline Study : Projet made in Google pour pré- venir le déclenchement des maladies graves.]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[n°18Pixium Vision et son implant rétinien pour personnes atteintes de cécitéBernard Gilly n’en n’estpas à son coup d’essai. En2009 il vendait à sanofiune biotech spécialiséedans l’ophtalmologie,Fovéa, pour 390 millionsd’euros. Mais cette fois-ciles avancées que PixiumVision laisse entrevoirsont sans commune me-sure, apportant une solu-tion aux patients victimesde rétinopathie pigmen-taire, une pathologie quiprovoque la cécité ettouche entre 15000 et20000 personnes chaqueannée, en Europe et aux Etats-Unis. « Nous allons pou- voir nous engager sur le marché de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, une pathologie bien plus répan- due, puisqu’elle touche près de 400000 personnes par an », ajoute celui qui a déjà levé 25 millions d’euros et entre en Bourse. Mais surtout la pépite se place sur le terrain de la neuro-modulation. « Nous commençons seulement à connaître le système nerveux central, à comprendre les signaux que les neurones s’échangent. Le XXe siècle a été celui de la cardiologie, le XXIe sera celui du cerveau », prophétise le chercheur entrepre- neur aidé par une technologie de plus en plus puissante, notamment dans la finesse de l’imagerie médicale per- mettant de voir in vivo la réponse d’un neurone à une cellule de la rétine. « La rétine est la voie d’entrée la plus simple. Les cellules sensorielles déclenchent nos réponses. D’autres équipes travaillent sur les cellules olfactives, auditives, gustatives... », explique celui qui a aussi cofondé Gensight, qui utilise la thérapie gé- nique pour traiter de maladies rétiniennes.www.ecoreseau.frGrand Angle - La santé de demain PaNOraMa Medtech et son robot d’assistance enneurochirurgieMais pourquoi donc Bertin Nahum, qui dirige une start-up de Montpellier, s’est-il classé quatrième entre- preneur le plus révolutionnaire au monde derrière les Jobs, Zuckerberg et Cameron dans le magazine scien- tifique Discovery series en septembre 2012 ? Peut-être parce que l’assistance robotique à la neurochirurgie va exploser, à 3 milliards aujourd’hui dans le monde, sû- rement à 20 dans cinq ans. En 2007, ce Béninois d’ori- gine, qui est né au sénégal et a grandi en France, passé par l’Institut national des sciences appliquées à Lyon, a mis au point rosa, un robot capable d’assister un chi- rurgien lors d’une intervention sur le cerveau. « Grâce à cette machine, l’opérateur peut atteindre avec pré- cision une zone du cerveau ; et au lieu d’effectuerl’opération à main levée, c’est le bras du robot qui va agir pour poser une élec- trode ou réaliser la ponction d’une tu- meur. » La liste des hôpitaux qui en sont équipés dans le monde – en allemagne, Etats-Unis, Chine, Moyen Orient... – ne cesse de s’allonger. « Les robots vont aider à relever les challenges modernes de ce domaine : l’inflation du nombre de patients, la pénurie de personnel de soins, l’exigence accrue et la moindre to- lérance à l’égard de l’aléa. La chirurgie doit toujours se montrer moins invasive, avec des incisions toujours plus ré- duites. » La médecine cherchera à l’ave- nir à réduire les effets collatéraux (temps de récupération, infections, esthétique). « Nous allons brûler, désactiver par des champs magnétiques, ionisants... pour toujours plus éviter d’ouvrir le corps. Les capsules intelligentes seront utiles. Les robots aussi... », prévoit l’entrepre- neur. JTposerait cette fois de data. Et selon le pourcentage de réussites et de rechutes, le taux de remboursement serait maintenu ou diminué », ima- gine Grégory Katz. Cette montagne de données à venir est en tout cas un terrain de jeu colossal pour les presta-JTtaires de services qui les ana- lyseront. Certains se posi- tionnent déjà dans la santé digitale, à l’instar de la start- up française Betterise. Cette plateforme de bien-être, co- fondée entre autres par Chris- tophe Brun, Paul-Louis Bel- letante et Michel Cymes,mesure et analyse le com- portement des utilisateurs via tous les supports digitaux (le mobile, le fixe, la télé connectée et les objets connectés) pour leur proposer des conseils ultra-personna- lisés et contextualisés. « Nous délivrons des infos, desconseils personnalisés sur treize thématiques de santé/bien être. Nous ai- guillons nos utilisateurs, par exemple, sur l’alimentation de la semaine ou les aver- tissons des conditions exté- rieures comme les pics de pollution ou les évènementsautour d'eux », relate Chris- tophe Brun. L’algorithme prend déjà en compte 500 critères par utilisateur, sur sa situation, son contexte, ses habitudes, ses goûts... Celui qui aspire à rester en forme et à modifier ses ha- bitudes trouve là un véritablelot de débats et de limites à poser, avec au bout de l’en- chaînement les effrayants transhumanisme et eugé- nisme. « Il ne faut pas subir la philosophie californienne et les thèses de l’institut de la singularité. Le débat doit être posé et une législation européenne, voire française doit être mise en place », in- siste Fabien Guillemot. Mieux vaut y penser main- tenant, car l’état d’esprit et d’avancement de ces entre- preneurs nous apprennentHôpital du futurDessine-moi la chambre de demaincoach santé qui peut aussi fournir des conseils plus curatifs à ceux qui rentrent à la maison après une hos- pitalisation, dans le cadre de la chirurgie ambulatoire ou de la maternité. au tra- vers de tous ces dévelop- pements, on devine une vo- lonté de changer les com- portements, mais aussi le destin biologique et géné- tique. « Aujourd’hui, lorsque nous vieillissons d’une année, nous ne nous rapprochons de notre mort que de neuf mois », constate déjà Laurent alexandre. Ce qui suscite évidemment sone beau-Les travaux des designers, praticiens et chercheurs esquis- sent petit à petit les plans. Sans surprise les high tech ont une large place ; tout sera fait pour que le patient soit plus autonome, et surtout reste moins longtemps. Au CHRU de Lille, la salle hybride Discovery IGS 730, mise au point par Healthcare General Electric, combine robotique et tech- niques d’imageries les plus avancées. Le lit est modulable en table d’intervention. Des programmes de rétablissement rapide post-opératoires sont exercés pour faciliter la sortie. La tablette à disposition, pour accéder au dossier médical numérisé, les applications, mais aussi objets connectés et jeux thérapeutiques doivent aider le patient à s’autonomi-ser. Des entreprises du Clubster Santé d’Eurasanté ont aussi imaginé le « silver concept », un nouvel environnement de vie et de soin pour les personnes âgées dépendantes. Mo- dulaire et personnalisable, la chambre futuriste de l’Ehpad évolue en fonction des besoins de son occupant grâce à des parois coulissantes et à du mobilier adaptable pour faciliter la mobilité des personnes âgées. Sans oublier le sol détec- teur de chutes. Des équipements numériques optimisent la communication entre les résidents, soignants et aidants. Le fauteuil roulant ne se déplace pas avec les bras mais en avançant les pieds.JTque la réalité est allé. coup plus loin que ce que les séries B de sciences fic- tion osaient à peine imagi- ner...(1)«Lamortdelamort– Comment la technomédecine va bouleverser l’humanité », éd. JC Lattès, 2011.Julien TarbyMars 201519]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMa Régions & Territoires - Le sillon alpinEcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Que la montagne est belled'une métropole ou d'une régionLe sillon alpin – qui court de annemasse à Valence –, une réalité avant tout géographique... Mais aussi un long corridor industriel et des territoires qui se cherchent des synergies et, dixit, « un destin commun ». Focus.«E tre plus fort pour peser en France et en Eu- rope »... Voici en substance le mot d’ordre – en forme d’accroche marketing – que cherchent à afficher les communautés d’agglomération du sillon alpin, réunies sous association Pôle métropolitain depuis deux ans... Un bassin de près de 1,2 millions d’habitants, 70 0000 emplois et 90 000 étudiants... Un long ruban qui s’étire sur plus de 300 kilomètres de la grande banlieue ge- nevoise aux portes du Midi, à Valence... Objectifs de ce Pôle métropolitain : « s’imposer comme un pôle stratège (outil de réflexion), médiateur (parler d’une même voix dans le dialogue avec la Région, l’Etat, l’Europe) etpromoteur (être visible à l’échelle européenne) ». ambitieux. De fait, « ce pôle est une réalité, qui a aujourd’hui besoin politiquement d’être renforcé », reconnaît Christian Dupessey, maire d’annemasse, selon qui le sillon alpin « est une dy- namique parmi d’autres ». Comme l’est, dit-il, l’axe Haute- savoie/suisse ou la (re)construction régionale avec rhône- alpes/auvergne. Mais une chose est certaine, ce corridor qui transperce les alpes abrite de jolis trésors : pôles de compétitivité à vocation mondiale, fleurons industriels et atouts touristiques indéniables. La seule Haute-savoie a ainsi enregistré près de 34 millions de nuitées en 2014 et affiche un solde migratoire positif de près de 12 000habitants/an. « Nous affichons par ailleurs une balance commerciale positive de 265 millions d’euros », s’enorgueillit Guy Métral, président de la CCI de Haute-savoie. reste, sur le territoire, des disparités économiques fortes... L’écart de taux de chômage entre la Haute-savoie et la Drôme par exemple est de plus de quatre points. « Mais ce taux de chômage reste, sur l’ensemble du sillon, globalement en dessous de la moyenne nationale », précise le même Guy Métral. Et d’insister sur une attractivité économique multi- sectorielle (industrie lourde, nanotechnologies, énergie, agro-alimentaire, etc.), « indéniable ».Pierre Tiessenu Valence, la délaissée ?Le pays valentinois. Une situation (géographique) excep- tionnelle. Une agglomération placée au carrefour du grand sud-Est, entre Lyon, Marseille et Grenoble, et plus loin l’Italie... avec Paris en ligne de mire, à moins de 2h30 en TGV. Et pourtant. « On ne comprend pas com- ment une ville avantagée par un tel positionnement ait pu manquer autant d’opportunités », se désole Jacques Bon- nemayre, vice-président au développement économique de la Communauté de communes Valence-romans-sud rhône-alpes (Vrsra). « En effet, on n’est relativement peu concerné par ce qui se passe en PACA et également peu poussé par la dynamique du sillon alpin », juge-t-il. Et de tacler gentiment, dans un sourire, l’action de pré- cédents responsables locaux qui « ont sans doute manqué de réalisme ». De fait, et ce malgré des filières reconnues (agroalimentaire avec le label « premier verger de France », la sous-traitance industrielle, l’avionique avec Thalès, etc.), le territoire valentinois manque d’une nou- velle dynamique entrepreneuriale. « Les plus gros em- ployeurs sont le Conseil général et la ville de Valence... », précise Jacques Bonnemayre. L’influence (économique) de la savoie, de l’Isère et de la suisse ? « Honnêtement, on ne la sent pas vraiment. On ressent plus l’effet de Lyon que du sillon. » Néanmoins, la ville cherche à se connecter aux terres alpines. Elle est notam- ment classée pôle universitaire décentralisé de Grenoble, abritant ainsi quelque 10 000 étudiants (sur un total de 65000 habitants). « Cela nous fait exister et nous permet de conserver le lien », estime l’élu. Et d’espérer que l’ac- tion commune au sein de la Vrsra génère rapidement d’autres résultats plus marqués.La plaie des alpesTransportLe rail alpin rime au mieux avec TEr quand le réseau routier du territoire, de l’avis de la plupart des édiles locaux, reste insuffisamment équipé en voies rapides...1992. L’année « du désenclavement » de Valence et de son agglomération. « Tout a alors changé », se souvient Jacques Bonnemayre, vice-président au développement économique de la Communauté de communes Valence romans sud rhône-alpes. Car cette année-là, l’a49 est apparue dans le paysage drômois ; une bande de bitume de 60 kilomètres qui, depuis romans-sur-Isère, trans- perce le nord du département pour rejoindre l’échangeur de Voreppe, puis Grenoble. « Auparavant, la seule solu- tion pour rejoindre au plus court le sillon alpin était d’emprunter une départementale... ». L’enfer des trans- porteurs routiers. Tout est-il vert depuis 1992 aux portes du Vercors ? « Ce n’est évidemment pas si simple. Il manque une dynamique au réseau routier et ferroviaire pour faire de ce sillon alpin un vrai territoire connecté. » Et ce alors que l’a7 et les LGV Méditerranée placent la même ville de Valence à une heure seulement de Mar- seille ou de Lyon. « Nous sommes globalement isolés géographiquement du reste du sillon », tranche Jacques Bonnemayre. Même son de cloche à la frontière suisse. « Le transport ? Définitivement le point faible de toutesles villes du territoire », commente Christian Dupessey, premier magistrat d’annemasse. Et d’admettre qu’il est toujours plus rapide, depuis sa ville, de rejoindre en train Lyon plutôt que Grenoble... « Un vrai handicap. Le ré- seau ferroviaire et routier donnent pourtant une cohésion à un territoire », affirme-t-il, saluant le projet de rEr transfrontalier (baptisé CEVa), qui reliera en 2019 Ge- nève à annemasse toutes les 20 minutes. « Et reliera en- suite la ville au reste du sillon, via Annecy et Saint Gervais. » Un projet de 1,8 milliard d’euros (financé aux trois-quarts par la suisse). Le nombre de voyageurs en transit à annemasse devrait passer chaque année de 300000 actuellement à plus de quatre millions... « Bien mais toujours pas à la hauteur des enjeux, relève quant à lui Guy Metral, président de la CCI de Haute-sa- voie. Le sillon alpin, c’est en effet la région Rhône-Alpes et demain Rhône-Alpes-Auvergne. Il faut prendre en compte cette nouvelle relation avec Clermont-Ferrand. Or, nous nous sentons loin, très loin... »PT20Mars 2015]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Le sillon alpin PaNOraMau Chambéry, au cœur du sillon alpin« Il y a 150 ans, la Savoie était rattachée à la France. Au- jourd’hui, Chambéry, préfecture bordée par deux voisines poids lourds, Lyon et Grenoble, doit lutter contre un faible taux de croissance de sa population : seulement 0,37%, contre 0,7% pour la moyenne nationale », résumait il y a tout juste cinq ans un supplément éco rhône-alpes de l’Ex- press. Et de citer, pour parvenir à garder le cap de la crois- sance, une politique locale de mise en valeur de secteurs dits d’avenir grâce notamment à l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) hébergé sur place et « au technopôle Savoie Technolac (3000 salariés, dont 700 enseignants cher- cheurs) ». aujourd’hui, les défis restent les mêmes. La ville- métropole compte par ailleurs sur la ligne ferroviaire Lyon-Turin, via Chambéry – projet contesté mais qui pour- rait entrer en service, si les travaux sont validés, à l’horizon 2025/2030. L’agglomération, naturellement et fortement an- crée dans le sillon alpin, pourrait alors jouer un rôle de pivot régional.u Grenoble, terre d’innovationLe paradis pour laborantin. Car avec son centre du CEa et quantité de multinationales spécialisés dans l’industrie numérique, les biotechs et les nouvelles technologies de l’énergie, Grenoble – désormais « ville verte », placée sous la férule de son nouveau maire écolo Eric Piolle – est l’un des premiers bassins d’emploi en France dans la recherche. La capitale des alpes s’est de fait hissée en 2013 à la 5e place des villes les plus innovantes au monde, d’après un dernier classement de la revue américaine Forbes. La ville est ainsi le 1er pôle de recherche publique du pays après l’Île-de-France – on y recense 220 laboratoires publics, compte près de 25 000 chercheurs, 62 000 étudiants et quatre pôles de compétitivité. Nouvelle métropole, Grenoble vient par ailleurs de recevoir le précieux label French Tech. Une labellisation dont l’objectif est d’identifier, rappelle le Dauphiné Libéré, « des écosystèmes dynamiques en France, de les encourager, de les mettre en réseau pour former un collectif national autour de l’écosystème parisien et francilien et de les accompagner pour leur expansion internationale ». reste que le territoire grenoblois, certes attractif, souffre comme l’ensemble du sillon alpin d’un problème d’accessibilité depuis Paris (plus de trois heuresde train) et peine à garder ses start-up qui préfèrent parfois rejoindre Lyon, mieux connectée. « Il faut mettre en place une vision du territoire pour les 20 prochaines années et surtout, raisonner en englobant l’ensemble de la région », confiait l’an dernier à Eco- Réseau, Jean Vaylet, président de la CCI locale. a bon entendeur.u Annecy ou les Alpes haut-de-gamme La « Rome des Alpes », ainsi que la préfecture de Haute- savoie est parfois surnommée, est-elle une belle endor- mie ? Une destination pour « gros portefeuilles », comme l’évoquait en 2013 l’hebdomadaire local, L’Essor sa- voyard ? Et de résumer : « Annecy a toujours fait partie des villes où le prix du mètre carré se situe dans les four- chettes les plus hautes, s’alignant parfois sur les tarifs pra- tiqués dans la capitale. Son lac, son cadre de vie et les équipements proposés expliquent parfois ces prix exorbi- tants ». Il n’empêche, la ville – classé 2e destination tou- ristique en rhône-alpes après Lyon – veut aussi jouer collectif avec le reste du sillon. « S’isoler serait de toute façon une erreur pour Annecy », relève le président la CCI du département. Et de rappeler que le bassin annecien re- groupe plusieurs pôles d’excellence – en lien avec l’en- semble du territoire – dont la mécatronique, qui génère localement quelque 20 000 emplois.u Annemasse, dans l’ombre de Genève Un gros bourg. Une population active estimée à 18 000 ha- bitants, dont près de 10 000 prennent quotidiennement la route de la suisse voisine et de Genève en particulier, à moins de dix kilomètres. annemasse, une ville française donc, portée par une Confédération helvétique au PIB par habitant (plus de 80 000 dollars/an) deux fois supérieur au même PIB français. « Le rapport de revenus est parfois de trois ou quatre selon qu’un annemassien travaille de tel ou tel côté de la frontière », précise Christian Dupessey, maire de la ville. Mais au moins, se réjouit-il, proximité oblige avec Genève, « nous sommes une des rares régions qui crée de l’emploi ». Et de reconnaître que sa ville s’associe plus na- turellement à ce territoire dynamique plus qu’au sud du sillon alpin. « Nous sommes en train de nous constituer un nouveau Pôle métropolitain autour du Grand Genève » ; une agglomération transfrontalière d’un million d’habitants regroupant le canton de Genève, le district de Nyon et une partie de la Haute-savoie. « Nous sommes le point d’équili- bre de la partie nord du sillon alpin et estimons être en ca- pacité de parler d’égal à égal avec Lyon », analyse l’élu, en place depuis 2008. revers de cette proximité avec la « lo- comotive genevoise » : le prix local du foncier qui atteint plus de 3000 euros le mètre carré en moyenne (autant qu’à Lyon et deux fois plus qu’à Valence, à l’autre bout du sillon).Mars 201521]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18PaNOraMa Hexagone - L’euthanasie en débatDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,Droit de mortafin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)si un projet de loi du parti EELV visant à légaliser le suicide assisté vient d’être rejeté par le Parlement, « la sédation pro- fonde » pourrait être officiellement autorisée au printemps sur proposition des députés alain Claeys et Jean Léonetti.EcoRéseau revient sur un débat ravivé par l’affaire Vincent Lambert.Propos recueillis par Ludovic GreilingJean-L*La législation actuelle autorise-t-elle l’euthanasie ?Oui car, sous prétexte de lutter contre ce qu’on appelait auparavant « l’acharnement thérapeutique », la loi Léonetti de 2005 en- tend lutter contre ce qu’on nomme désormaisLa pratique de la sédation non létale – à savoir endormir une personne pour l’em- pêcher de souffrir mais sans provoquer sa mort – existe et il n’y a pas besoin de loi pour l’encadrer. Mais surtout, la nouvelle loi ne va que compléter l’ancienne qui sub- sistera et qui permettra toujours de provoqueruc romero« l’obstinationpermet d’arrêterun traitement jugéinutile, dispropor-tionné ou qui apour seul effet lemaintien artificielde la vie. Or, fautede définitionclaire, on peut au-jourd’hui provo-quer la mort d’unepersonne qui nedemande rien, quin’est ni malade ni en fin de vie, mais qui encombre. C’est ce qu’a montré avec éclat l’affaire Vincent Lambert, lequel avait été victime d’un accident de la route en 2008. Depuis, il est sorti du coma artificiel dans lequel on l’avait plongé. Il s’endort et se réveille, il digère normalement, il n’est branché à aucune machine, mais on évalue difficilement son niveau de conscience. Pourtant, sans aucune directive laissée par ce patient, sur les simples dires contradic- toires de son épouse, et contre l’avis de ses parents, son médecin avait arrêté son ali- mentation aidée (elle a été rétablie après 31 jours, NDLr), en se fondant sur la loi Léonetti de 2005.La légalisation de la « sédation profonde » proposée par le rapport Claeys-Léonetti ne pourrait-elle clarifier la situation ?Ex-secrétaire général de l’UMP,Unesociétéquiselamortd’uneper- sonne qui est hors d’état d’exprimer sa volonté. La nou- velle loi va l’élargir en prévoyant une « sédation pro- fonde et terminale jusqu’au décès ».déraisonnable » quiaujourd’hui conseiller régional apparenté PS, militant de la mouvancedébarrassedeceuxLGBT et du mariage homosexuel, il préside depuis 2007 l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD).malades incurables ? aujourd’hui, 90% des suicides se font de manière violente. Ne serait-il pas préférable d’accompagner les gens, qui sont souvent en fin de vie ?dont elle ne veutplusn’estplusciviliséeVous dites que leslois actuelles sont sujettes à interprétations et dérives.Que propose la loi Claeys-Léonetti ?Pourquoi ne pas autoriser le suicide as- sisté, comme cela a été fait aux Pays-Bas ou en Belgique ?Les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté parlent de « mourir dans la dignité », mais il faudrait commencer par aider les gens à vivre dans la dignité. Les personnes qui demandent l’euthanasie le font soit pour ne plus souffrir, soit parce qu’ils ont l’impression d’être un poids pour leur famille et pour la société. Or, de nos jours, la médecine peut soulager ou supprimer la totalité des souffrances, notamment en soins palliatifs. Mourir dignement ne signifie-t- il pas être entouré, accompagné, trouver réponse aux questions existentielles qui se posent au moment de la mort, plutôt que de supprimer le patient ? Une société qui se débarrasse de ceux dont elle ne veutLes deux points présentés comme les plus grandes avancées concernent un droit à la sédation quasi-létale pour les malades en phase terminale, et l’obli- gation faite aux médecins de suivre les directives anticipées laissées par les pa- tients qui souhaitent mourir. Mais en fait, le médecin pourra décider s’il existe une urgence vitale ou non pour le patient, et il pourra également juger si les direc- tives sont « inappropriées » ou pas. On reste dans la lo-En Belgique ou aux Pays-Bas, la loi sur l’euthanasie, qui concernait ini- tialement les malades incurables, a été étendue au suicide assisté. Des dé- pressifs ou des enfants de dix ans ont été euthanasiés. N’existe-t-il pas ungique de la loiLéonetti de2005. C’est unprojet fait pardes médecinspour des méde-cins et non pourles patients. Jepense que leprojet de loi ac-tuellement en discussion sera changé au travers d’amendements.plus n’est plus civilisée.L’euthanasie existedéjà,bien que de manière hypocriterisque de déra- page ? C’est méconnaître le cadre législatif extrêmement strict qui règne dans ces pays et la situation des patients, qui vivent le plus sou- vent d’énormes souffrances. Ilexiste plusieurs étapes pour l’euthanasie d’un enfant. Par exemple, différents mé- decins s’assurent de son souhait et l’ac- cord des parents est obligatoire. De toute évidence, il faudra un jour étendre l’euthanasie en France. Je ne vois pas pourquoi elle serait interdite aux per- sonnes de moins de 18 ans et autorisée au-dessus. L’euthanasie est une garantie. Certaines personnes à qui on annonce une maladie incurable ne vivent que quelques jours, d’autres dix ans. Il faut qu’ils aient le choix de mourir de manière encadrée s’ils le souhaitent.Jérôme TriompheN’existe-t-il pas un risque à légaliser la mise à mort d’autrui ? L’euthanasie existe déjà, bien que de manière hypocrite. La loi Léonetti de 2005 (qui est aujourd’hui intégrée au code de la santé, NDLr) accepte dans les cas de soins palliatifs l’arrêt de la prise de nourriture à la demande du pa- tient, mais aussi une sédation pour lui faire perdre conscience et éviter ainsi des souffrances. autant faire une vraie loi sur l’euthanasie qui pose des condi- tions strictes ! Et pourquoi s’arrêter auxMars 2015Avocat à la Cour, défenseur des parents de Vincent Lambert opposés à son euthanasie,22*il a plaidé l’affaire devant la Cour euro- péenne des droits de l’homme, dont ladécision pourrait faire jurisprudence dans l’ensemble de l’UE.©©DDrr]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frInternational - Projet de zone de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis PaNOraMa Focus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,Du 2 au 6 février der- nier se tenait à Bruxelles le hui- tième tour de négociation de l’accord commercial en- tre l’Union européenne et les Etats-Unis : le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP). D’ici fin 2015, les deux partenaires espèrent créer la zone de libre échange la plus importante de l’histoire, portant sur 45,5% du PIB mondial et un tiers du com- merce de la planète. Ob- jectif : stimuler les échanges internationaux pour soutenir la croissance sans grever les finances publiques.aux réglementations tech- niques et de sécurité. L’UE espère aussi que l’ac- cord conduira les Etats-Unis à ouvrir leurs marchés pu- blics aux entreprises euro- péennes, alors qu’ils sontdéputés eux-mêmes n’ont qu’un accès très restreint aux discussions. En outre, 11 pays se sont opposés à la diffusion du mandat de négociation qu’ils ont ac- cordé à la Commission eu-fendre le TTIP. selon elle, il ferait gagner 119 millions d’euros par an à l’Europe, soit 0,5% de revenus sup- plémentaires. L’économiste Thomas Porcher, professeur à l’EsG ManagementTroisièmement, les oppo- sants à Tafta craignent que l’harmonisation des normes sociales, sanitaires et envi- ronnementales se fasse par le bas. En effet, comme de nombreux secteurs sont concernés par l’accord, cela pourrait toucher les normes sanitaires pour l’alimenta- tion et la sécurité, la pro- tection de l’environnement, le contrôle de l’impact car- bone ou encore la protection des données numériques personnelles. Pour Thomas Porcher, « le risque est grand que l’on s’ajuste aux normes du pus fort. Or, dans de nombreux secteurs, l’Eu- rope ne dispose pas de poids lourds pour se mesurer aux Etats-Unis : dans l’électro- nique, six des plus grandes entreprises mondiales sont américaines, aucune euro- péenne. Dans l’informa- tique, les trois premiers ac- teurs sont américains. Dans la grande distribution, les Etats-Unis trustent les sept premières places. » Un né- gociateur de la Commission nuance le risque : « il n’y a pas de volonté d’unifier les préférences américaines et européennes. Les différences de choix de société, de va-y a couramment recours.Le Traité de la discordechoisi en toute subjectivitéDéni de démocratie, harmonisation des normes par le bas, prise de pouvoir des multinationales : les critiques pleuvent sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement.« On enlève aux pays un peu de leur souveraineté », regrette Thomas Porcher. La Commission s’en défend, en faisant valoir qu’elle n’a pas inventé ces arbitrages, puisqu’en Europe, 1400 ac- cords bilatéraux de protec- tion des investissements ont déjà été noués par les Etats membres.QUE CONTIENDRA L’ACCORD ? Compte-tenu de la confi- dentialité qui l’entoure, im- possible d’en connaître le contenu exact. Mais, sur les bases des traités récemment signés par l’Europe avec d’autres partenaires, comme la Corée du sud et le Ca- nada, et des confidences des négociateurs, il est pos- sible de s’en faire une idée. Il vise d’abord à abolir les barrières au commerce entre les deux côtés de l’atlan- tique. Cela implique les droits de douane, bien sûr, mais ils sont déjà très fai- bles : 5,2% en moyenne pour l’Union européenne, 3,5% pour les Etats-Unis, selon la Commission euro- péenne. La principale nou- veauté résidera dans l’abais- sement des « barrières non tarifaires », qui constituent aujourd’hui les principales entraves au commerce, en rapprochant les réglemen- tations et les normes. Les entreprises européennes es- pèrent ainsi réduire les coûts de mise en conformité pour faire traverser l’océan à leurs produits. Par exemple, 20% du coût d’une voiture fabriquée en Europe et ven- due aux Etats-Unis provient de sa mise en conformitéLa plus grande zone de libre-échange de l’histoire est sur les rails.ropéenne. Le mandat n’a été déclassifié par le Conseil de l’Union européenne qu’en octobre 2014, à l’ini- tiative de l’Italie, qui en as- surait la présidence tour- nante. La Commission est aussi accusée d’atteintes à la démocratie. En effet,COURSE AUX VALEURSDerrière ces négociations se jouent des enjeux géo- politiques plus vastes. alors que les négociations multi- latérales de l’OMC sont dans l’impasse, les négo- ciations bilatérales ont lar- gement pris le relai partout dans le monde. L’Union eu- ropéenne a ainsi récemment noué des accords avec la Corée du sud et le Canada. « Avec le TTIP, l’Europe et les Etats-Unis veulent s’as- socier contre les pays émer- gents, afin d’atteindre un poids suffisant pour leur imposer leurs normes », dé- crypte Thomas Porcher. En décembre, un lobbyiste bruxellois décrivait ainsi la situation : « Nous sommes engagés dans une compéti-aujourd’hui réservés aux entreprises américaines. Il s’agira donc de convaincre Washington d’abandonner son Buy American Act pour un Buy Transatlantic Act plus collectif.school, et co-auteur de l’ou- vrage « Tafta : l’accord du plus fort », conteste cette vision : « Les projections optimistes sur les accords de libre-échange se réalisent rarement. Par exemple, en 1988, le rapport Cecchini assurait que la création duLe TTIP (Tafta en anglais) devrait également mettre en place un mécanisme de rè- glement des différends entre investisseurs et Etats, comme c’est le cas de nom- breux traités de libre- échange signés par l’Europe avec ses partenaires. Ce type de mécanisme confère plus de pouvoirs aux entre- prises face aux Etats, en leur permettant d’attaquer ces derniers devant un tri- bunal arbitral international.L’Europe et les Etats-Unis veulent s’associer contre les pays émergents, afin d’atteindre un poids suffisant pour leurimposer leurs normestion pour la convergence de la réglementation au ni- veau mondial. Qui réussiraQUELLESCRITIQUES ?Les opposants aux négo- ciations autour du Traité Transatlantique ont fait va- loir quatre grandes critiques. Premièrement, ils dénoncent l’opacité des négociations, notamment parce que lesLa deuxième critique porte sur les études mises en avant par la Commission pour dé-àimpo. Culturellement, nous sommes plus proches des Etats-Unis que de l’Asie. Mieux vaut donc se mettre d’accord avec les Etats- Unis, plutôt que la Chine nous impose à terme ses standards. » La course est lancée.après qu’une pétition a ras- semblé plus d’un million de voix, comme l’exigent les traités, l’initiative ci- toyenne européenne « stop TTIP » a été lancée en juillet 2014. Elle aurait dû conduire la Commission à présenter une proposition législative pour stopper les négociations, mais Bruxelles l’a rejetée.marché unique en Europe procurerait une croissance de 6,5% par an et entraî- nerait la création de mil- lions d’emplois... Il n’en a rien été ». La Commission est d’ailleurs contredite par certaines études, comme celle du chercheur Jeronimo Capaldo, de l’université de Tufts, aux Etats-Unis, qui annonce des pertes nettes en termes de PIB, des baisses de salaires et des destructions d’emploi.leurs, de préférences col- lectives, vont perdurer. La Commission ne ratifierait pas un texte qui nierait ces différences ». Quatrièmement, le méca- nisme de règlement des dif- férends pourrait réduire le pouvoir politique des ci- toyens au profit des entre- prises. Ces dernières pour- raient en effet empêcher l’adoption de lois qui leur sont défavorables, à l’instar de l’industrie du tabac, quiser ses normes ?Aymeric MarolleauMars 201523]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}DANONE EAUX FRANCEMADAME VÉRONIQUE PENCHIENATIVéronique Penchienati est promue directeur général d'Evian Volvic World au sein de Danone Eaux, à ce poste depuis janvier 2015. Elle est ainsi en charge de la stratégie des marques Evian, Volvic, Badoit et La Salvetat, et de leur fabrication et commercialisation sur l'ensemble des marchés européens et inter- nationaux. Evian Volvic World est une global business unit au sein de la division Eaux du groupe Danone. Elle comprend les équipes Marketing centrales des marques (Acceleration units), les marchés (pays) où elles sont commercialisées ainsi que les fonctions opérations (usines, supply chain et achats) et les fonc- tions support centralisées (Finances, Qualité, Corporate affairs).Véronique Penchienati , 48 ans, Rouen Business School (1989), a réalisé le parcours suivant :n 2008-2014 : Danone Eaux France, directeur général.n 2004-2008 : Danone Produits frais France, directeur général marketing.n 2003-2004:DanoneProduitslaitiersfraisFrance,directeurmarketing.n 2001-2003 : Danone, directeur marque globale au sein de la direction Marketing du pôle Biscuits.n 1999-2001 : Danone, directeur marketing de LU France.n 1990-1999 : Procter & Gamble, début de carrière à différentes responsabilités en marketing au seinde la division Health & Beauty.}PERNOD RICARDMONSIEUR ALEXANDRE RICARDAlexandre Ricard est promu président-directeur général du groupe Pernod Ricard, à ce poste depuis février 2015. Suite à la démission de Madame Danièle Ricard de ses fonctions de président du conseil d'administration et d'administrateur de la société, et à l'arrivée à échéance du mandat de directeur gé- néral de Monsieur Pierre Pringuet, ce dernier conservant ses fonctions de vice-président du conseil, ce dernier a en effet, sur recommandation du comité des nominations et de la gouvernance, pris la décision de réunir de nouveau les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général. Alexandre Ricard , 43 ans, Master Grande Ecole ESCP Europe (1995), MBA finance entrepreneurship de la Wharton Business School, MA in international studies de l'université de Pennsylvanie, a réalisé le par- cours suivant :n 2012-2015 : Pernod Ricard, directeur général délégué, administrateur.n 2011-2012 : Pernod Ricard, directeur général adjoint en charge du réseau de distribution.n 2008-2011 : Irish Distillers (groupe Pernod Ricard, à Dublin), président-directeur général.n 2006-2008 : Pernod Ricard Asia Duty Free (à Hong-Kong), directeur général.n 2004-2006 : Irish Distillers (à Dublin), directeur administratif et financier.n 2003-2004 : Pernod Ricard, en poste au sein du département Audit et Développement.n NC-2003 : En poste chez Morgan Stanley à Londres.n En poste chez Andersen Consulting à Paris.n Début de carrière auprès de la Banque Indosuez à Milan.}CAPGEMINI CONSULTING EUROPEMONSIEUR CYRIL GARCIACyril Garcia est promu directeur général monde de Capgemini Consulting, à ce poste depuis janvier 2015, en remplacement de Monsieur Xavier Hochet. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Paul Hermelin, présidentdirecteur général de Capgemini. A ce titre, il rejoint le comité exécutif du groupe dont il avait été membre lorsqu'il était directeur de la stratégie.Cyril Garcia , 49 ans, IEP Paris (1989), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015 : Capgemini Consulting, directeur général France et Espagne.n 2010-2013 : Capgemini, directeur de la stratégie.n 2003-2010 : Capgemini Consulting, notamment responsable du développement commercial enFrance.n 2002-2003 : Cap Gemini Ernst & Young (aujourd'hui Capgemini), directeur associé et responsable dusecteur public.n 1997-2002 : Gemini Consulting France, directeur de projet, suite à l'acquisition de Bossard Consultantspar Cap Gemini.n 1993-1997 : Bossard Consultants, chargé de nombreux projets de transformation d'entreprises oud'organismes publics dans les secteurs desservices, des utilities et des médias.n 1991-1993 : Cabinet du ministre de l'Industrie, Dominique Strauss-Kahn, début de carrière commeconseiller.} PATHÉMONSIEUR MARC LACANMarc Lacan est promu directeur général du groupe Pathé, à ce poste depuis février 2015.Marc Lacan , 53 ans, ENA (1989), ENS, IEP Paris (1984), a réalisé le parcours suivant :n Depuis2010:PathéFilms(ex-PathéDistributionetPathéProduction),directeurgénéral.n 2006-2014 : Pathé, directeur général adjoint, également directeur général de Pathé Distribution etPathé Production.n 2006-2010 : Pathé, directeur général de Pathé Distribution et Pathé Production.n 1997-2006 : Pathé, directeur du développement.n 1996-1997 : Conseiller technique au cabinet du ministre de l'Economie, Jean Arthuis, et au cabinet}CARAT FRANCEMONSIEUR PIERRE KANENGIESERPierre Kanengieser est promu directeur général adjoint de Carat France, à ce poste depuis février 2015, en remplacement de Madame Laurence Venereau. Il est sous la responsabilité directe de Madame Vé- ronique Morael-Thuillier, directeur général. Il est ainsi chargé de piloter des comptes internationaux, pi- lotés depuis la France et d'encadrer une partie des équipes Conseil Carat. A ce titre, il intègre le comité de direction aux côtés de Laurent Douard et Laurence Behr, tous deux directeurs généraux adjoints. Pierre Kanengieser , Reims Management School, a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015 : Carat France, directeur associé en charge de comptes globaux.n 2011-2013 : iProspect, directeur associé en charge de la cellule Conseil digital dédiée aux clients Carat. n NC-2011 : Isobar, directeur commercial.n 2005-NC : En poste au sein de Carat Interactive.n 2003-2005 : Début de carrière chez AOL Advertising.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?du ministre délégué au Budget, AlainLamassoure.n 1994-1995 : Aerospatiale, directeur juridique adjoint.n 1989-1994 : Ministère des Finances, début de carrière notamment au sein du service Législation fiscale.Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làEcoRéseau revient ce mois-ci sur les nombreux changements annoncés en matière de financement, tant d'un point de vue des mentalités avec des Français prêts à croire au crowdfunding, que du point de vue des aides publiques, Bpifrance et la Caisse des Dépôts encourageant de concert l'innovation, la jeunesse et la femme entrepreneur. Retour également sur les évolutions du statut d'auto-entrepre- neur, les attentes de la génération Z et notre confiance dans les organisations politiques, profession- nelles et confessionnelles.uL'auto-entreprise, un statut qui perd deu La Caisse des Dépôts encourage les femmes entrepreneuresson attrait ?La baisse des cotisations sociales serait l'arbre qui cache la forêt : -0,8% pour les activités commerciales, -1,7% pour les prestations de services, -0,4% pour les activités libérales. Des mesures incitatives sur leDans le cadre du plan favorisant l'entrepreneuriat du « sexe faible » datant de 2013 et échafaudé par la Caisse des Dépôts, Pascale Boistard, secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, a signé début février un nouvel accord afin d'aller encore plus loin dans l'entrepreneuriat au féminin.papier mais qui, toutefois, ne doivent pas cacher l'arrivée de nouvelles charges ajoutées au fil des ans : à l'image, de la Cotisation foncière des entreprises (CFE), de la Contri- bution à la formation professionnelle (CFP), de la Taxe pour frais de chambre (TCF) relative à la loi Macron. On évoque une hausse de 11% supplémentaire pour un auto- entrepreneur ayant une activité d'achat-revente par rapport au même régime en 2009. En définitive, le statut d'auto- entrepreneur a certes gagné en simplification, mais a perdu en rentabilité.L'objectif ? atteindre 40% de femmes entrepreneures d'ici 2017 grâce à plusieurs mesures dont, entre autres, le renforcement de la visi- bilité des voies de finance- ments disponibles, la création d'un prix national de l'en-uLe crowdfunding sous tous les angles- Les Français et le crowdfundingPresque un Français sur deux se sentirait pousser l'âme d'un investisseur pour les TPE/PME via une plate-forme de crowdfunding. selon une étude (*) réalisée par l'institut Think pour Lendoplis, le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables et le salon des Entrepreneurs, deux tiers des Français connaîtraient ce modèle de financement, mais seuls 7% auraient prêté ou investi par le biais d'une de ces plateformes. Des chiffres qui pourraient connaître une forte croissance en raison de la nouvelle législation qui accorde depuis le 1er janvier une déduction d'impôt sur le revenu à hauteur de 18% du montant de l'in- vestissement, suite à la suppression de deux mesures qui limitaient les ayant-droit à la réduction d'impôt : celle qui encadrait le nombre d'actionnaires d'une holding à 49, et une autre visant l'embauche d'au moins deux salariés, l'année suivant l'investissement.trepreneuriat féminin et la mise en exergue des trophées et récompenses déjà existants. rappelons que ce plan de développement a permis en 2014 de financer 1863 créations d'entreprise, notamment par le biais de ses volets d'accompagnement et de financement grâce au fonds de garantie à l'initiative des femmes.47% des Français se disent donc prêts à se lancer dans le financement participatif pour une somme moyenne de 3166 euros par an, ce qui aboutit à une somme de 75 mil- liards pour ces nouvelles voies de financement. Quel tiercé pour cette course à l'investissement ? Les entreprises de proximité, les projets caritatifs, sociaux ou solidaires et le développement de business à fort potentiel de croissance seraient les trois catégories qui concentreraient l'essentiel des attentions financières.selon le baromètre OpinionWay/Moovjee 2015, réalisé à l'occasion du salon des Entrepreneurs, 34% des jeunes interrogés souhaiteraient entreprendre, contre 25% pour l'ensemble de la population. Dans ce tiers de potentiels entrepreneurs, 66% voudraient le faire avant 30 ans. soit 11% de plus par rapport à 2013. Dans ce sondage, l'entre- preneuriat est vécu pour nos jeunes avant tout comme un moyen d'agir sur le développement économique (52%) puis comme un remède anti-crise (19%) et enfin comme un moyen de faire rayonner la France à l'international (17%). Côté soutiens, les jeunes sondés évoquent l'entourage et l’expérience des aînés (chefs d'entreprise et experts) comme principale ressource. Enfin, les deux représentations chez les jeunes ressortant de cette étude font du chef d'en- treprise avant tout un gestionnaire (47%) et un preneur de risques (45%) dans l'imaginaire des personnes question- nées.Source : Moovjeeu Les jeunes : un réservoir d'activités et de création d'emplois, vraiment ?- Les entrepreneurs et le crowdfundingu Génération Z : entre start-up et passions Publiée en janvier et réalisée par BNP Paribas et Boson Project, « la grande In- vaZion » (*) rend compte de la génération Z et de ses attentes quant à l'entreprise. Par Z, les responsables de l'enquête ont voulu entendre les jeunes nés à partir de 1995 qui désormais sont aux portes de l'entreprise et vont faire leurs premières armes professionnelles. L'étude révèle une vraie filiation entre les générations Y et Z. Côté entrepreneuriat, 47% d'entre-eux souhaiteraient être créateurs en raison d'un manque d'identification aux modèles actuels d'entreprise. Dans 53% des cas, la génération Z ambitionne d'être son propre patron. En par-D'après la même étude (*), si 76% des dirigeants de TPE- PME affirment connaître le crowdfunding et 41% se dé- clarent bon connaisseurs en la matière, seuls 3% ont déjà collecté des fonds via une plateforme de financement participatif et 33% des dirigeants se disent prêts à financer leur développement via une plateforme de prêts ré- munérés.(*) sondage réalisé à l’occasion du 22e salon des Entre- preneurs de Paris auprès de 1016 Français et 317 TPE- PME du 9 au 15 décembre.Source : Moovjeeallèle, 84,5% opteront pour un métier par passion.(*) 3213 jeunes entre 15 et 20 ans ont répondu à l'enquête dont 66% d'étudiants et 27% de lycéens à 27%.Source : bnpparibas.com24 Mars 2015]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.fru Quel niveau de confiance pour quelle organisation ?OpinionWay pour le Cevipof (centre de recherches politiques de sciences Po) a récemment publié la sixième vague de son étude : « En quoi les Français ont-ils confiance aujourd'hui ? »*. au jeu des comparaisons, notons que les Français ont presque le plus confiance en les PME, avec 82% d'avis favorables, contre 47% pour les grandes entreprises privées. a observer également, la méfiance dans les médias ou les politiques...(*)La vague 6, menée du 5 au 15 décembre 2014 et publiée en janvier, a été menée auprès de 1864 personnes représentatives de la populationsource : wikipmeBaromètre & Tendances CLUB ENTrEPrENDrE- autre changement, le plafond accordé dans le cadre du prêt d'amorçage est doublé et passe à 300 000 euros dans le cas où la banque publique intervient avec le concours d'un Conseil régional. Notons que ce prêt d'amorçage s'adresse aux structures bénéficiant d'une subvention dans le cadre du concours national d'aide à la création d'entreprises et de technologies innovantes. Etalé sur huit ans maximum, le prêt entend couvrir les besoins de trésorerie dans la phase de recherche de levée de fonds.- La Bourse French Tech évolue aussi. autrefois destinée à financer les innovations non technologiques de PME de moins de un an, la Bourse French Tech voit ses contours s'élargir. L'aide publique entend à partir de cette année soutenir les innovations technologiques. autre bonne nouvelle, sa dotation s'élève à 16 millions contre 10 l'année dernière grâce à un partenariat mené avec l'Institut national de la propriété intellectuelle (INPI). Les modalités d'accès demeurent les mêmes, avec la nécessité de candidater auprès d'une direction régionale de Bpifrance. Les dépenses liées à un projet innovant seront couvertes à hauteur de 70% et plafonnées à 30000 euros.u Data et Analytics, les tendances pour 2015 dans les entreprises Janvier est aussi l'occasion pour Deloitte de publier son étude sur les grandes tendances en matière d’exploitation de data dans les entreprises. Parmi les faits saillants de l'étude, l'ex- périmentation du Big data est devenue un enjeu fort, car perçu comme un outil à la création de valeur ou d'aide à la prise de décision pour les entreprises. De même, l'expansion de l'analytics se confirmera cette année parce que l'on constate concomitamment une démoc- ratisation des besoins d'exploitation des données à des fins d'analyse, exprimés par les directions métiers, notamment pour la prévision, mais aussi une évolution spectaculaire des outils technologiques. D'autres tendances fortes se développeront selon le cabinet : la mise en place d'une gouvernance des données en France, l'ouverture des données (partager pour créer de la valeur) et la monétisation des données accouchant de nouveaux modèles économiques.Source : deloitte-france.fru Bpifrance : Nouvelle photographie des aides en 2015- Mort annoncée du Prêt à la création d'entreprise (PCE) après 15 ans d'existence pour cette année. Variant de 2000 à 7000 euros, le prêt à la création d'entreprise ne sera bientôt plus. Produit en manque de vitesse, son déclin s'explique aussi par la concurrence d'autres dispositifs de soutien à l'image du Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise (NaCrE) géré par le ministère du Travail et la Caisse des Dépôts. Les efforts de Bpifrance s'orienteront désormais vers le renforcement de fonds de garantie. Le plafond accordé pour certains prêts utiles, entre autres, à des investissements matériels et immatériels, BFr et achat de fonds de commerce a été rehaussé à 200 000 contre 100 000 euros avant cette mesure. L'objectif avoué revient à épauler davantage de projets ambitieux en apportant aux banques une nouvelle sécurité.Mars 2015 25]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Baromètre & Tendances - Focus sur le portage salarial« Une autre façon de travailler »Patrick Levy-Waitz, président du Groupe ITG, dresse les contours du portage salarial, manière de travailler atypique quiQue représente cette forme d’organisation ? Cette configuration permet au travailleur de développer son activité comme salarié d’une entreprise organisée pour gérer l’autonomie im- portante des professionnels qui la rejoignent. Le portage salarial est une sous-caté- gorie du marché de l’emploi qui concerne entre 25000 et 30000 personnes en France. En progression constante de 5 à 10% par an, il concerne tous les types de métiers : ressources hu- maines, finances, marke-Quel est le profil des salariés qui sont ainsi« portés ? »Le portage salarial regroupe deux types de population. D’un côté, des seniors qui subissent le chômage et pour qui le portage salarial permet de maintenir une activité et un revenu ; de l’autre, des jeunes qui font le choix du portage salarial et pour qui ce statut consti- tue une autre façon de tra-pourrait bien faire de nombreux nouveaux émules.tion de confiance et la soli- dité financière et juridique de la structure sont donc des éléments clés. Je re- commande d’ailleurs d’étu- dier le bilan de la société de portage avant de s’en-soutenons également la pla- teforme www.missioneo.fr qui recense des missions et facilite la mise en relation entre les entreprises et les consultants-experts. Le site propose en moyenne 12000La mutation du monde du travail est peu étudiée. Nous avons pour objectifs de pro- blématiser différemment les questions pour ne pas être dans une logique de conflit et de fonder nos analysesL’auto-entreprise et le portage salarial s’adressent à des publics différents. Le premier sert à ceux qui cherchent un complément de rémunérationting...gager. La société de portage doit apporter une qualité de services satisfaisante et pro- poser un accompagnement. Une structure de portage ne doit pas juste faire du sa- laire, elle a l’obligation d’ac- compagner et de former les personnes portées.ITG a-t-il développé différents services dans ce sens ?Nous avons en effet établi plusieurs processus d’infor- mations et d’accompagne- ment. Nous avons ainsi créé des clubs professionnels par métier pour favoriser les contacts ; nous avons éga- lement mis en place des ateliers pour échanger les bonnes pratiques... En par- tenariat avec CrossKnow- ledge, nous avons lancé l’an dernier une académie de formation en ligne avec 10000 modules accessibles pour nos consultants. Nousoffres. ITG investit donc pour créer les conditions de la réussite de ses consul- tants. Nous rassemblons au- jourd’hui plus de 3200 consultants par an et réali- sons un peu plus de 71 M€ de Ca, devant nos princi- paux challengers qui affi- chent respectivement 30 et 40M€deCa.Vous êtes intéressé par les questions liées à l’emploi et vous avez créé une fondation pour réfléchir à ces sujets. Qu’en attendez-vous ? La Fondation ITG est née, il y a deux ans, de la volonté d’ouvrir une réflexion sur le monde du travail. C’est un think-tank qui réunit, outre ITG, les Groupes alixio et IGs, la CFDT Ca- dres, l’UGICT-CGT Cadres, le cabinet d’avocats Bar- thélémy et le spécialiste du e-learning CrossKnowledge.et propositions en partant des besoins des personnes.Sur quelles thématiques avez-vous déjà travaillé ?En 2013, nous avons réalisé une enquête sur une troi- sième voie entre salariat et entrepreneuriat. L’an der- nier, nous nous sommes penchés sur les transitions professionnelles, avec pour ambition de mieux accom- pagner les personnes lorsvailler.Entrepreneur mûr pour la légèreté du portage...des périodes de tra. C’est un immense chantier pour lequel nous avons for- mulé 62 propositions, dont la portabilité des droits tout au long de la vie profes- sionnelle. Cette année, nous allons nous intéresser au rapport entre temps de vie et temps de travail.L’auto-entreprise est-elle en concurrence avec le portage salarial ? Lors de la mise en place de ce statut, nous avons ressenti une baisse sérieuse d’activité qui s’est estompée car l’auto-entreprise et le por-tage salarial s’adressent à des publics différents. Un auto-entrepreneur gagne en moyenne 4 000 € par an avec cette activité, cherchant un complément de rému- nération, alors qu’un porté tire sa rémunération de son activité de portage salarial.Chez ITG, la rémunération moyenne est comprise entre 30000 et 32000 € par an.Quel est le rôle d’une entreprise de portage salarial ?La personne en portage nous confie son argent. La rela-Propos recueillis par Jacques Donnaynsition.JuridiqueVéritable ovni pour le droit du travail français, le portage salarial bénéficiera bientôt d’une législation solide. Une avancée historique, également signe d’une reconnaissance d’une autre façon de travailler. C’est un vide juridique de près de 20 ans que le Gouvernement s’apprête à combler dans les prochaines semaines en fixant par ordonnance les principes du portage salarial. Défini par la Loi de Mo- dernisation du travail de 2008, puis par l’accord de juin 2010 signé par les partenaires sociaux, le portage salarial a ensuite vu le Gouvernement procéder à une extension de l’accord paritaire de 2010 pour préciser ses contours et clarifier son encadrement. Néanmoins, le cadre ainsidéfini a explosé avec l’annulation de l’accord, suite àune démarche du syndicat Force Ouvrière et au motif que le législateur s’est défaussé sur les partenaires sociaux et n’a pas défini le cadre juridique du portage salarial.Le gouvernement devrait remédier à ce vide juridique d’ici le printemps et prendre une ordonnance qui posera les principes du portage salarial. « Le portage salarial est un modèle hybride entre salariat et autonomie. A ce titre, c’est un système compliqué pour le droit français, car il implique une subordination juridique du salarié, d’un point de vue technique, mais pas managérial », explique Patrick Levy-Waitz, président du Groupe ITG, leader du portage salarial en France. D’autre part, les partenairessociaux ont toujours fait preuve d’une certaine méfiance vis-à-vis du portage salarial, de crainte que les entreprises soient tentées d’externaliser sous cette forme, plutôt que d’embaucher les compétences dont elles ont besoin. Ces doutes et cette absence de règles devraient donc être bientôt levés. Les principales mesures de l’ordonnance fixant le cadre du portage salarial sont d’ores et déjà connues : une personne autonome avec une expertise et une qualification, une rémunération minimum d’environ 2 400 € brut par mois, des obligations pour les entreprises de portage... La législation va enfin définir les contours d’un statut dont le succès ne se dément pas.26 Mars 2015Le portage salarial se dote enfin d’un cadre]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE A la Une - Regards croisés Entrepreneurs / InvestisseursL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,« Faites-moi confiance... »en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatLBusiness angels, fonds de capital-investissement et plateforme de crowdfunding sont pléthore, mais emporter leur adhésion est une autre paire de manches. Cours de séduction pour entrepreneur en quête de fonds.ever des fonds ? lecté pas moins de 12 mil- vraiment un rôle de facili- commencez par bien bench- business angels, d’anciens faut en plus le séduire ! Voilà un casse-tête lions d’euros au profit de tateur, en intervenant bien marker les portefeuilles des entrepreneurs qui investis- Etape clé de la démarche : de taille auquel plus 33 start-up et PME, la plu- souvent en appui avec un différents fonds, ainsi que sent directement leurs fonds le premier entretien avecd’un entrepreneur doit faire part réalisant un chiffre fonds privé. Plus encore, leur taux de réussite et propres. En France, on en ce dernier, qui doit être pré-face ! Et pour cause : alors que la soif de capitaux ne cesse d’augmenter, crise économique oblige, la re- cherche du bon investisseur constitue bien souvent un vrai parcours du combattant. Entre prêts bancaires, aides publiques, business angels, recours aux sociétés de ca- pital-développement, etc., rien d’étonnant à ce que, vous aussi, vous en perdiez votre latin. Car en effet, face à la frilosité croissante des banques – notamment depuis l’adoption des ac- cords Bâle III renforçant les exigences de fonds pro- pres des prêteurs – les por- teurs de projets sont de plus en plus nombreux à s’aven- turer vers d’autres alterna- tives. a commencer par le crowdfunding (« finance- ment par la foule ») qui a de plus en plus le vent en poupe à l’heure d’Internet. Le principe ? Permettre à des particuliers appréciant un projet de mettre la main au porte-monnaie afin de le voir se concrétiser. Mais encore faut-il savoir faire son choix parmi la pléiade de plateformes existantes. Car certaines fonctionnent selon une logique de don/contre-don, à l’instar de KissKissBankBank, tan- dis que d’autres surfent da- vantage sur le « crowdlen- ding » permettant de sous- crire un prêt auprès de par- ticuliers moyennant le paie- ment de taux d’intérêt. sans oublier celles qui font des internautes de véritables ac- tionnaires de sociétés en quête de fonds propres, telles que Wiseed ou anaxago. Début février, des spécialistes s’étaient réunis au salon des Entrepreneurs de Paris pour une table ronde sur ce thème. « En deux ans, nous avons col-28 Mars 2015d’affaires entre 100000 eu- ros et 5 millions d’euros», indique lors du salon Joa- chim Dupont, cofondateur de la plateforme de finan- cement participatif anaxago.nous accompagnons les d’échec dans chaque secteur. compte « pas moins de Plus l’entrepreneur est réactif et transparent,paré avec soin, surtout si vous le rencontrez pour la première fois. « Sur près de 1000 dossiers reçus chaque année, nous ne ren- controns in fine qu’environ 150 candidats. Un moment crucial où tous les éléments sur la société son passés au crible, le business plan en tête, sans oublier les comptes de l’entreprise. Parfois, nous allons jusqu’à sonder les propres clients de celle-ci », témoigne Ni- colas Tcherdakoff, directeur associé d’auriga Partners, société de capital-investis- sement. Et stéphanie Du- chenois de compléter : « Nous sommes toujours preneurs du maximum d’in- formations fournies par la société, même si celle-ci vient tout juste de se lancer. Car plus l’entrepreneur est réactif et transparent, plus il montre sa volonté d’être accompagné ». Un degré d’implication qui rassurera l’investisseur en face de vous, surtout s’il s’agit d’un business angel, injectant ses deniers personnels dans vo- tre projet. Certains n’hési- teront d’ailleurs pas à se montrer intrusifs, affichant ainsi leur souhait de ne pas être uniquement des finan- ceurs mais aussi des ac- compagnateurs prodiguant à la fois conseils et savoir- faire.autre acteur incontournable proposant un arsenal de so- lutions pour aider les start- up à financer leur dévelop- pement : Bpifrance, la banque publique d’inves-plus il montre sa volonté d’être accompagnéPRÊT D’AMORÇAGEPME soucieuses d’intégrer des investisseurs dans leur capital», souligne Do- minique Caignart directeur réseau Île-de-France Bpifrance, également présent lors de la table- ronde. Lever des fonds pri-D’autant que la plupart d’en- tre eux sont généralistes, même si certains ont une stratégie sectorielle, comme les corporate venture, créés par de grands groupes in- dustriels pour financer leur propre filière. Plus encore,4 300, répartis dans les 80 réseaux de business angels du territoire, rappelle sté- phanie Duchenois, Business angel et administratrice du réseau Paris Business an- gels, mais sur les 8 000 dossiers reçus chaque année« Bon ça c’est mon idée, ça c’est vous qui me filez de l’argent, et ça c’est tout le monde qui est content. Voilà voilà voilà... »EXECUTIVE SUMMARYQuoi qu’il en soit, pour réussir à convaincre vos in- vestisseurs le jour J, un pré- requis s’impose : savoir va- loriser tous les atouts de votre projet son caractère innovant, ambitieux...... « L’entrepreneur doit vrai- ment faire valoir une vision, et surtout une capacité à se projeter dans une stra-tissement. Dans sa boite à outils figure notamment le prêt amorçage visant à aider les PME innovantes de moins de cinq ans à dé- clencher leur première levée de fonds. L’aide financière varie entre 50000 et 500000 euros. « Bpifrance occupevés, oui, mais encore faut- il bien appréhender, en amont, le marché complexe du private equity (fort d’en- viron 200 sociétés de capi- tal-investissement) s’adres- sant à toutes les entreprises, quelle que soit leur maturité. Pour cibler votre recherche,chiffrez les ressources dont vous avez besoin au regard de votre stade de dévelop- pement. Car les sociétés d’investissement misant sur de petits montants sont loin d’être légion. aussi, pour les projets naissants, mieux vaut privilégier d’abord lespar l’ensemble des réseaux, seuls 400 sont in fine sé- lectionnés ».BUSINESS ANGEL INTRUSIFSVous l’avez compris : au- delà de l’identification du bon investisseur, il vous]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frA la Une - Regards croisés Entrepreneurs / Investisseurs CLUB ENTrEPrENDrEtégie concrète avec un vé- ritable déploiement opér- tionnel », note Joachim Du- pont. Et pour donner envie aux investisseurs de partager votre aventure entrepreneu- riale, appuyez-vous sur une présentation attractive. a savoir, un « executive sum- mary » de quelques pages, synthétisant clairement votre projet. Plus encore, n’hésitez pas à dynamiser une telle démonstration en vous ap- puyant sur des flyers de type PowerPoint valorisant les chiffres clés. Plus les supports seront attractifs (animés par des visuels, etc.), plus vous captiverez l’investisseur. Mais gare à ne pas en dire trop pour ne pas vous éparpiller ! Un pitch idéal doit aller à l’es- sentiel sans perdre vos in- terlocuteurs avec des détails. Ce sens de la pédagogie est d’autant plus essentiel si vous avez en face de vous des investisseurs particuliers (business angel, crowdfun- ding, etc.) peu experts de votre secteur d’activité. Être clair, intelligible et convaincant, oui, mais tout en gardant les pieds sur Terre ! « Nous sommes par- ticulièrement convaincus par les porteurs de projet ayant conscience de leurs limites », avertit stéphanie Duchenois. D’où la néces- sité de jouer la carte de la franchise en n’éludant au- cune zone d’ombre ! Faire un focus sur vos forces et faiblesses sera d’autant plus apprécié si vous avez d’ores et déjà envisagé des pistes concrètes d’amélioration. autant dire qu’il vous faut connaître votre dossier sur le bout des doigts ! En bé- tonnant en amont votre pré- paration, mais aussi en vous entraînant à l’oral, ne se- rait-ce que pour anticiper les questions et objections qui seront posées le jour J.son actif et un projet ciblant une clientèle peu fidélisable (les femmes enceintes). « Pour lancer ma boite, j’ai donc dû jouer la carte du pragmatisme, en m’ap- puyant d’abord sur le love money. Pendant 18 mois, l’entreprise a fonctionné avec un capital de 30000 euros seulement, indique l’entrepreneuse. Grâce à ce développement initial de la marque et du business mod- el, j’ai pu ensuite susciter l’intérêt des investisseurs, business angels, Bpifrance, etc., en m’appuyant notam- ment sur les services d’un bon leveur de fonds. » Faire preuve de pragmatisme pour rafler la mise, c’est aussi le challenge relevé par Bertin Nahum, patron de Medtech, start-up spécialisée dans la fabrication de robots chirur- gicaux : « Rentrer dans les radars des fonds d’in- vestissement est loin d’êtreune mince affaire. Dès le départ nous avons eu des difficultés à nous conformer à leurs critères assez formels pour in fine les convaincre. Mais la donne a véritable- ment évolué dès lors que nous nous sommes lancés dans la constitution d’un portefeuille de brevets. » Un déclic qui a depuis per- misàlaPMEdeleveren quelques années 20 millions d’euros, suivis en 2013 d’une introduction réussieen Bourse.emples révélateurs d’un con- stat : pour réussir une levée de fonds, surfer sur un con- cept de business pertinent ne suffit pas. Encore faut-il vous armer de patience et faire preuve d’obstination pour espérer enfin décrocher le graal...! autant d’ex-Charles CohenINCARNEZ VOTRE PROJET !Lors d’un tel face à face, le facteur humain joue souvent à plein. Donc pour convain- cre votre jury, montrez de l’empathie en vous mettant à sa place. Demandez-vous ce qui l’inciterait à vous fi- nancer. Ce qui suppose de bien savoir vendre et mar- keter son projet en alliant bon sens avec enthousiasme. « Autrement dit, en capita-Faire un focus sur vos forces et faiblesses sera d’autant plus apprécié si vous avez déjà envisagé des pistes concrètes d’améliorationPATIENCE ET OBSTINATIONMais comment créer le buzz lorsqu’on est un por- teur de projet isolé ? Une situation complexe qu’a dû gérer anne-Laure Con- stanza, fondatrice d’Envie de Fraises, site web spé- cialisé dans les vêtements de grossesse tendance. « En 2006, lorsque je me suis lancée en solo, nombreConcours d’entreprise« Non ! Arrêtez de bloquer l’ascenseur pour faire votre elevator pitch. Vous êtes le troisième aujourd’hui ! »Des compétitions toute l’annéeLes concours d’aide à la création d’entreprise ? Voilà un créneau sur lequel surfent des startuppers pour récolter des fonds et concrétiser leur projet. Parmi les principaux concours à ne pas manquer s’impose le Prix Movjee. Ceeconcours, dont la 6 édition a lieu cette année, s’adresseaux étudiants et aux jeunes de 18 à 26 ans, porteurs de projets ou ayant déjà créé leur entreprise. L’appel à candi- dature se clôture chaque année début mars. Cette année la remise des prix aura lieu le 14 avril. Au total, 27000€ sont distribués aux lauréats qui bénéficient également d’un accompagnement offert auprès du programme de mentorat Moovjee. S’inscrivant dans la même lignée, Talents, LE concours de la création d’entreprise par excellence, s’adresse à tous porteurs de projets ayant créé leur activité un an avant la date d’inscription au concours et étant soutenus par une autre structure d’appui à la création d’entreprise. La clôture du dossier est fixée au mois d’avril de chaque année. Sept prix de 4000 à 8000 euros (innovation technique, artisanat-commerce, économie sociale, services, dynamiques rurales, développement, franco-québécois) sont remis. Un premier volet de ce concours est organisé en régions. Seuls les lauréats régionaux peuvent concourir au niveau national. Pour maximiser vos chances de lever des fonds, misez sur le concours Startup Contest, un concours de business plan ouvert à tous les entrepreneurs en général et en particulier aux entreprises de zéro à 20 salariés. L’appel à candidatures est permanent, ainsi plusieurs remises de prix sont organisées tout au long de l’année. Vous conservez ainsi toutes vos chances de remporter la compétition en améliorant régulièrement votre business plan. Autre concours phare : Tremplin Jeunes, co-organisé par le Sénat et l’Essec depuis 1999, dédié aux entreprises innovantes. Le 9 février 2015, 30 lauréats à la recherche de fonds ont été sélectionnés, par un comité de 45 experts, parmi 328 candidatures. Quatre Grands Prix de 10000 € ont étéremis aux entreprises les plus prometteuses.Mars 2015 29lisant à fond sur son côté sexy tout en l’ancrant dans une certaine réalité écono- mique », conseille Joachim Dupont, en rappelant que le choix final portera sur ceux qui croient vraiment en leur projet. C’est dire si pour vous démarquer, vous devez savoir incarner votre démarche ! En étant en me- sure de transmettre votre passion, mieux encore, la faire transpirer. « L’entre- preneur doit vraiment avoir foi en son projet, confirme Nicolas Tcherdakoff, le ni-les équipes solides qui tien- nent la route. « Nous sommes très attentifs à l’équipe dirigeante, son par- cours, ses compétences, son sens des affaires, et la com- plémentarité des membres », illustre Nicolas Tcherdakoff. C’est ce qui a précisément aidé showroomprive.com, site spécialisé dans les ventes privées, à lever en 2010 pas moins de 37 mil- lions d’euros auprès du pres- tigieux fonds américain ac- cel Partners, très actif dans le e-commerce. « Experta témoigné lors du salon Thierry Petit, co-fondateur du site à succès.veau d’ambition doit être assez fort et perceptible pour que nous souhaitions prendre un risque. » Une capacité à convaincre qui fonctionnera d’autant plus si vous êtes plusieurs im- pliqués dans le projet. En effet, bon nombre d’inves- tisseurs sont moins enclins à soutenir un entrepreneur seul, privilégiant a contrariodans le secteur du digital, ayant déjà financé des poids lourds comme Facebook, Accel Partners s’est montré aussi convaincu par notre business model que par notre équipe composée no- tamment de deux associés aux profils très complémen- taires : l’un très orienté re- tail BtoB, et moi-même da- vantage axé médias BtoC »,d’investisseurs n’avaient d’yeux que pour les start- up aux équipes très struc- turées, avec des fondateurs si possible issus de grandes écoles », relate la fonda- trice lors de la table ronde. L’intéressée cumulait, pour sa part, plusieurs handi- caps : un seul diplôme de chinois en poche, déjà un échec entrepreneurial à]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Interview croisée - Start up frenchies présentes au CES 2015 de Las VegasComment vous êtes-vous lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat ? RO : simplement par le hasard des rencontres. J’ai fait une école d’ingénieur généraliste à Lille. En fin d’études, je suis parti au Japon pour travailler comme planneur straté- gique dans une agence de publicité. Mon rôle était d’élaborer des stratégies qui permettaient d’utiliser les nouvelles technologies dans des campagnes de communication. suite à cela, j’ai rencontré mes as- sociés actuels, l’un étaitde recherche INrIa, spé- cialisés dans le traitement d’image. après deux an- nées de recherche, nous avons commencé à com- mercialiser nos produits en 2014.porter de l’intelligence ar- tificielle dans les produits et objets du quotidien. Xerox avait déjà cette ap- proche peu répandue en France. Peu de gens au fond étaient conscients que l’on pouvait réellement faire quelque chose de concret avec l’intelligence artificielle. aux Etats-Unis, de grandes entreprises uti- lisent depuis longtemps la reconnaissance faciale, en France cette technologie était peu développée. La voie était donc libre. Le plus difficile a été de convaincre les premierslà, les caisses sont vides. Il faut avoir le cash pour pou- voir tenir, payer ses sala- riés, ses fournisseurs et les charges. Quand j’ai com- mencé à présenter notre projet en disant « nous al- lons concevoir un appareil photo dans le Nord-Pas-avons lancé cette extraordi- naire levée de fonds : 4000 investisseurs-internautes, plus d’un million d’euros récoltés, une première pour une entreprise française sur cette plateforme améri- caine de financement parti- cipatif. En 45 jours dejourd’hui, elle est inégalée dans le monde : notre ter- rain de jeu c’est le Japon (45% de notre Ca), les Etats-Unis (45%), quand la France ne représente que 5%. aujourd’hui, notre enjeu principal est de struc- turer Giroptic. NousGénération French TechDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerLa Lilloise Giroptic révolutionne le monde de la vidéo avec sa 360cam et a été le projet français le plus « backé »de la plateforme de crowdfunding Kickstarter en 2014. La Grenobloise smart me up analyse les visages en temps réel et s’apprête à lancer une levée de fonds. Pourquoi les fondateurs richard Ollier et Loïc Lecerf ont bluffé Las Vegas ? réponse.Comment est néel’idée de votre start-up ?RO : au départ, nousavons commencé à déve-lopper des solutions de vi-sites virtuelles pour lesagents immobiliers et desappareils photos panora-miques. Le marché a bienrépondu et nous noussommes rendu comptecommercial, l’autre finan- qu’il s’étendait bien au- clients. Nous avons dé- cier. Moi, j’étais le techni- delà des agents immobi- marré avec Photomaton,4000 investisseurs-internautes, plus d’un million d’euros récoltés, alors qu’on riait de notre projet en Nord-Pas-de Calais au début Richard Olliercien de la bande. En 2008, nous avons décidé de lan- cer Giroptic. J’ai toujours eu une vision très complète de mon travail, c’est ce que j’aime dans l’entrepreneu- riat. Je sais pourquoi je me lève le matin.liers : pour le tourisme, la police (reconstitution des scènes de crime), les pri- sons (pour produire une cartographie intégrale de l’ensemble de l’établisse- ment afin d’améliorer leur capacité en cas de pro- blèmes ou d’émeutes), etc. Nous avons développé des appareils photos et nous sommes montés en compé- tences petit à petit jusqu’à pouvoir être capable de faire de la vidéo en 360°. Nous sommes arrivés à une technologie très avancée par rapport à ce qui pouvait se faire sur le marché. Et cela nous a permis de pro- poser un produit grand pu- blic. Nous sommes passés du marché BtoB au marché BtoC grâce à la campagne de crowdfunding lancée sur Kickstarter l’année der- nière.pour lequel nous avons équipé 26000 cabines photo à travers l’Europe avec notre logiciel d’ana- lyse faciale. C’est grâce à notre outil que la cabine contrôle le niveau de sou- rire (une expression neutre étant requise pour les docu- ments administratifs), si les yeux sont ou-LL : Je suis titulaire d’un doctorat en intelligence ar- tificielle, obtenu à l’Uni- versité Pierre et Marie Curie-Paris VI. J’ai dé- marré ma carrière en tant qu’assistant de recherche chez Xerox. Pendant mes études, j’avais également développé un site web qui fonctionnait plutôt bien. Je l’ai revendu en 2011 à Benchmark Group (Le Journal du Net, l’Inter- naute, NDLr). Les fonds recueillis m’ont permis d’investir dans mon projet. smart me up a été créée en janvier 2012. J’ai embau- ché des anciens du centreverts et la tête bien droite.Richard Ollier,30 Mars 2015LL : Notre idée était d’ap-LL : Pour une start-up, le plus grand défi est de convaincre les industrielsAvez-vous rencontré des obstacles ? RO : Oui, tous les jours, et principalement34 ans, fondateur de Giroptic, annonce un CA de2 millions d’euros en 2014. Actuellement sur la fin du processus de production des 360cam, l’entreprise prépare l’expédition des premières caméras, qui sont aujourd’hui vendues exclusivement en ligne.des écueils d’ordre finan- cier. Les sous, les sous, les sous... Dans une entreprise qui fait du hardware, les étapes de développement sont longues. Il faut comp- ter 18 mois pour sortir un produit. Pendant ce temps-de-Calais », on nous a ri au nez ! alors, nous avons créé un petit atelier de montage au sein de l’entre- prise pour montrer de quoi nous étions capables. Et ça a marché ! Puis, nouscampagne, nous avons gagné l’équivalent de trois ans de Ca. a chaque fois qu’un euro entrait dans la caisse, il était réinvesti en r&D pour faire avancer notre technologie. au-© DRsommes passés de 10 à 17 salariés en à peine quatre mois. Nous n’avons pas le droit à l’erreur !]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frInterview croisée - Start up frenchies présentes au CES 2015 de Las Vegas CLUB ENTrEPrENDrEde la pertinence de sa tech- nologie. Il existe toujours le frein du premier client. Une fois que la technologie est intégrée, tout avance plus vite. sur un plan finan- cier, j’avais la chance d’avoir des fonds propres. Début 2014, nous avons lancé une levée de fonds mais nous l’avons faite un peu trop tôt. Une erreur de jeunesse. Cette fois, nous sommes prêts et nous réité- rerons l’expérience au cours du deuxième semes- tre 2015.Êtes-vous satisfait de l’image véhiculée par l’entreprise ?RO : Giroptic est une vieille start-up, mais aux yeux des gens elle n’existe que depuis six mois. Nousbriques technologiques que n’importe quel industriel pourra adapter à ses be- soins.Comment définiriez- vous votre style de management ?RO : Très horizontal ! Je partage tout, je ne cache rien à mes salariés, je veux qu’ils sachent tout, les bonnes comme les mau- vaises nouvelles. a Eura- technologies, où nous sommes installés depuis quelques mois, nous tra- vaillons en open-space pour que l’information cir- cule le mieux possible. Il faut de la fluidité dans l’or- ganisation : je refuse de m’isoler et même si je passe beaucoup de temps à l’étranger, je reste enuns des autres, c’est pri- mordial.LL : J’avoue que je ne me suis jamais posé la ques- tion. Je dirais qu’il règne un esprit très start-up dans l’entreprise. J’ai plutôt une vision américaine du mana- gement, où les salariés re- çoivent peu de directives, sont très autonomes. Ça me convient bien.Quelle est votre perception de l’échec ? RO : J’aime dire que Gi- roptic s’est construite sur un échec. Car finalement, notre idée de départ, des solutions pour les agents immobiliers, a vite été ba- layée. Cet « échec » nous a permis d’apprendre et de corriger le tir. Une start-up est une succession de pi- vots, elle doit être agile pour rebondir. Finalement, l’échec c’est répondre avec agilité à une situation don- née. Je rejoins complète- ment Emmanuel Macron quand il dit que l’entrepre- neuriat est d’abord une af- faire d’humilité. Un vrai entrepreneur va se lancerjuste avant le CEs, a cer- tainement contribué à la soudaine « notoriété » des entreprises françaises à Las Vegas.Giroptic ressemble à GoPro, qui est une réfé- rence pour nous tous ici. C’est ce que nous aime- rions devenir, en termes de marketing et d’image. Nous allons y travailler. D’ailleurs les derniers re- crutements sont des postes dédiés au marketing et au business development.technologie pour les smart- phones et tablettes, notam- ment des objets connectés. Fred Potter, fondateur de Netatmo, apporte son expé- rience d’ingénieur, sa vi- sion et sa passion pour réinventer les objets du quotidien. Ces deux créa- teurs, comme d’autres, ont des visions intéressantes que je partage. En re- vanche, je ne suis pas plus admiratif que cela d’un Bill Gates. Ce n’est pas mon « père », même si j’admire ce qui a été fait de Micro- soft. Je pense qu’il est plus compliqué de créer une grosse boite aujourd’hui que de son temps. a l’époque, il y avait une es- pèce de bulle au-dessus de la silicon Valley. Les choses sont moins simples aujourd’hui.Nous avons quitté Las Vegas avec 150 cartes de visites en poche, dont 50 de hauts dirigeants d’entreprises cotées en Bourse Loïck LecerfLL : Je pense que smart me up a l’image d’une start-up très technologique et très innovante. Il faut dire que nous avons en notre sein une très bonne équipe de chercheurs dont trois docteurs en intelli- gence artificielle. Le mo- dèle vers lequel nous aimerions tendre est inspiré d’une entreprise améri- caine : Nuance Communi- cations. Cette entreprise estLL : C’est vrai qu’on par- lait beaucoup français cette année à Las Vegas. Je crois qu’une entreprise sur quatre était française. smartmeupaeula chance d’être sélectionnée par Ubifrance, l’agence française pour le dévelop- pement à l’international des entreprises, parmi 18 autres entreprises, pour ex- poser au sein de l’espace Eureka Park, ce qui nous a offert une belle visibilité. Nous avons quitté Las Vegas avec 150 cartes de visites en poche dont 50 contacts de hauts diri- geants d’entreprises cotées en Bourse.LL : J’admire beaucoupElon Musk, cet entrepre-neur sud-africain cofonda-teur de Paypal, spaceX,Tesla Motors et solarcity. Ilest aussi à l’initiative duprojet Hyperloop, qui estun projet de recherche d’unmode de transport sub- doivent maintenant sePensez-vous que le label French Tech va booster la créativité des entrepreneurs français ?RO : C’est un label très jeune. Les entrepreneurs©Biais Jean Marc HEC Pariscommençons à être connus partout dans le monde, le CEs Las Vegas nous a donné une grande visibi- lité. Il est encore trop tôt pour parler d’image de marque mais j’aimerais queleader sur les marchés des solutions vocales et d’ima- gerie numérique destinées aux professionnels et aux particuliers du monde en- tier. Nous avons le même business model fait decontact permanent avec mon équipe. Nous sommes une communauté de four- mis : chacun a sa tâche, son objectif et s’organise pour le réaliser. Et surtout nous sommes tous solidaires lestenaces, qui ne lâchent rien. En France, j’admire le tra- vail et l’état d’esprit d’Henri seydoux, co-fon- dateur de Parrot qui conçoit, développe et com- mercialise des produits grand public et de hautecréativité des en. neurs, mais il ne peut que leur donner l’envie de réussir. On voit de plus en plus de jeunes qui ont envie de créer leur start- up. Ce label je le vois plu- tôt comme un soutien à une dynamique, à une dé- marche collective.Loïck Lecerf,34 ans, fondateur de Smart me up, annonce un CA de 250 000 euros en 2014. La start-up, qui emploie à ce jour huit salariés, lancera une levée de fonds cette année avec l’objectif d’atteindre 20 salariés fin 2015 et 40 fin 2016.quotidien et dans tous les domaines.LL : Le Label French Tech montre des exemples d’en- trepreneurs français qui réussissent et c’est en soi une bonne chose. Je ne sais pas s’il va booster lasans savoir si son projet va fonctionner.LL : Dans la culture fran- çaise, l’échec reste mal perçu. aux Etats-Unis, c’est le contraire, l’échec est valorisé car il permet de rebondir. J’ai l’habitude de dire : soit tu réussis, soit tu apprends ! Des échecs, on espère ne pas en subir trop, mais au fond, on en vit ausonique, à mi-chemin entre le Concorde et le chemin de fer. Cet entrepreneur est avant tout un scientifique qui a les pieds sur terre et qui n’a pas peur de penser les choses différemment. Tous ses projets sont en rupture par rapport à ce qui se fait, à ce qui existe. C’est un entrepreneur inno- vateur.Pourquoi les start-up françaises ont-elle tant créé le buzz à Las Vegas ? RO : Le CEs Las Vegas, c’est le salon qu’il ne faut pas rater, c’est une rampe de lancement pour les start-up, la Mecque incon- tournable de l’électronique grand public. En 2014, nous avons investi près de 100000 dollars pour y être. Mais ce fut un investisse- ment rentable car il nous a apporté une visibilité in- croyable. Le label French Tech, lancé en novembrel’approprier. Las Vegas a été son baptême du feu et c’est pourquoi on en a tant parlé. Mais ce label ne fonctionnera que s’il est porté par les start-up qui sont labellisées. Il y a en- core beaucoup de choses à mettre en place et une dy- namique à créer.Y a t-il des personnes qui vous inspirent ? RO : J’admire les personnestrepre-Propos recueillis par Anne DiradourianMars 2015 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE En immersion - Accenture et ses locaux du futurDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)Bureaux matricielsafin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersLes locaux d'accenture ont adopté une organisation originale atypique : au programme virtualisation, espaces de travail à la carte, évènements festifs pour être à l’image des missions proposées.BULLEfait face. Pour plus d’intimité, trois consultants ont trouvé refuge dans une Toguna, sorte de bulle verte ouatée qui les isole de la studieuse agitation de l’open space. Pour encore plus de confidentialité, de nombreuses salles de réunion vitrées sont disponibles. Leur système de réservation a étéaccenture nous a fait faire le tour de ses espaces de socia- lisation. Première étape au kiosque de service, qui dé- poussière l’espace détente. En plus d’accéder aux rafraîchis- sements et à la caféine de ri- gueur, les salariés peuvent se délasser sur des sièges dotés d’écouteurs pour écouter deLe plan Moving Forward a aussi été l’occasion de repenser les espaces de travail pour les adapter à une organisation matricielle. 200 scénarii d’usage des locaux ont été identifiés, qui ont permis de définir les 15 espaces de travail en libre-service qui se côtoientLa’immeuble Accenture dans le XIIIème arrondissementquoi ressemblera Paris rive Gauche, entrepris l’entreprise du fu- dans les années 1990. Cette tur ? Les experts partie de l’ancien quartier ou-leurs salons. Le télétravail a d’abord été testé auprès des assistantes de direction, et concerne aujourd’hui 60% des salariés d’accenture : « Cela épargne à de nombreux collaborateurs une à deux heures de transport plusieurs fois par semaine, précise Char- lotte de la ronde. C’est autant de stress en moins ». Le ca- binet a également réduit les déplacements internationaux de ses consultants grâce à son réseau de 100 salles de télé- présence, toutes aménagéesdes rH nous la promettent vrier de la capitale, ignoréeouverte, coopérative, convi- viale, fluide et hyper-connec- tée. avec une organisation matricielle ou en réseau, elle fera intervenir des contribu- teurs de toute origine géo- graphique et culturelle, sans parler de la diversité de leurs parcours et de leurs diplômes. Quels bureaux pourront ac- cueillir cette entreprise d’un genre nouveau ? Pour s’en faire une idée, EcoRéseau s’est rendu dans les locaux parisiens d’accenture. Les problématiques de manage- ment du leader mondial du conseil – 30 milliards de dol- lars de chiffre d’affaires, 300000 salariés dans plus de 120 pays – qui envoie régu- lièrement ses consultants de six mois à deux ans chez ses clients, préfigurent en effet les défis que pourraient af- fronter les DrH dans les pro- chaines années.des touristes, est semée de tours au design moderne. L’immeuble accenture a ainsi quatre voisins de renom : les livres ouverts monumentaux de la Bibliothèque François Mitterrand.Togunadésormais au 118 avenue de France. De la simple «cabine téléphonique» au vaste open space, l’éventail est large.© Jean Claude Figenwald / Management / Prisma presseentièrement numérisé et un écran tactile accroché à l’entrée permet d’en vérifier l’occu- pation. Cette surenchère d’ou- tils high-Tech a fait dire à un ponte de Microsoft, en visite au 118 avenue de France, que les locaux d’accenture étaient «sa meilleure publicité».accenture France a élu do- micile en 2001 dans le XIIIe arrondissement de Paris. son bâtiment de huit étages, de verre et d’acier, a trouvé sa place entre les voies ferrées de la Gare d’austerlitz, au sud, et les eaux de la seine, au nord. Il est sorti de terre dans le cadre du vaste chantierTÉLÉPRÉSENCEévènem.de rock, sets de DJs, exposi- tions sur les arts numériques... La visite se termine au dernier étage dans l’Upper View, avec son bar et sa vue imprenable sur la capitale. On imagine facilement les consultants y fêter le gain d’un nouveau contrat.32 Mars 2015son aménagement intérieur a été repensé en 2009, avec le lancement du programme Moving Forward : « Il s’agis- sait d’améliorer l’environne-la musique, réceptionner leur courrier, réserver une salle de réunion, accéder au service de conciergerie, et porter leur ordinateur défectueux au ser- vice informatique. « C’est un lieu de rencontre qui permet de sortir les consultants de leur silo », explique Charlotte de la ronde.Au lieu du classique "un poste de travail pour un salarié", place à "un espace dement de travail et la mobilité des salariés, tout en renforçant l’ouverture de l’entreprise sur son écosystème », explique Charlotte de la ronde, direc- trice marketing et communi- cation France du cabinet.Dans chaque «village» – l’étage réservé à un départe- ment de l’entreprise – au lieu du classique «un poste de tra- vail pour un salarié», place à «un espace de travail par tâche». ainsi, au sixième étage, baigné dans une atmosphère bleutée, les consultants Mar- chés Publics ont le nez dans leurs dossiers autour des longues tables blanches de l’open space. Pour travailler en groupe, certains ont pris place sur des tabourets de bar et font défiler une présentation sur le grand écran qui leurMais la dispersion des salariés entre une multitude de sites et chez les clients n’est pas sans poser quelques pro- blèmes, notamment pour maintenir intacts l’esprit d’en- treprise et le sentiment d’ap- partenance. En 2013, Christian Nibourel, président d’accen- ture France, pilotait le groupe de travail «Entreprise du Fu- tur» des assises de l’entre- preneuriat et expliquait sa pa- rade à EcoRéseau : « Plus une entreprise accroît son de- gré de virtualisation, plus elle doit élever son degré de so- cialisation entre ses salariés ».ents festifs : concertsaccenture a d’abord beaucoup misé sur la virtualisation du travail, favorisée par l’équi- pement personnel des salariés en outils numériques : ordi- nateurs portables, smartphones et tablettes se sont frayé un chemin dans leurs poches etAymeric Marolleautravail par tâche"presque à l’identique dans ses locaux autour du globe. Dans une salle de réunion classique, une rangée de chaises fait face à trois très grands écrans surplombés d’autant de ca- méras, de sorte que les parti- cipants ont l’illusion de n’être séparés de leurs interlocuteurs que de quelques mètres, quand ils sont en réalité à Hong- Kong ou Dublin. C’est depuis l’une de ces salles que Pierre Nanterme, le CEO français de l’entreprise, s’adresse deux ou trois fois par an à ses 300000 salariés.ROCKLa visite se poursuit dans l’Happen space, un vaste es- pace modulable qui accueille aussi bien les formations d’ac- cueil des nouveaux salariés, des réunions clients ou des]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Electron libre - Elian Alluin, Cyclo PlombierDans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entrepriseLe plombier roule à l'eau claireDepuis septembre 2014, Elian alluin sillonne les rues de Paris en danseuse pour siphonner les éviers.E n six mois, Elian al- luin a parcouru 3600 kilomètres à vélo. Certes, les cols qu’il gravit sont un peu moins pentus que le Tourmalet et l’alpe d’Huez, mais leurs simples noms font tout de même trembler et rêver les ama- teurs de Vélib’ : rue de Cri- mée, Place des Fêtes, Mé- nilmontant... De vrais casse- pattes intramuros. si ce Bre- ton sillonne ainsi les rues de Paris sur son vélo porteur Gitane de 2008, avec un coup de pédale soyeux, ce n’est pas dans l’espoir de rouler sur les traces de Ber- nard Hinault, le dernier vain- queur Français – et lui aussi armoricain – du Tour de France, mais pour voler au secours d’éviers bouchés, de robinets en fuite et deUn avantage compétitif qui permet au jeune artisan d’al- léger la facture de ses clients. La formule est un succès : « Les demandes affluent car il y a un besoin fort pour nos métiers, et parce que les clients sont sensibles à cette démarche respectueuse de l’environ-décroché en 2002, il s’est mis en selle comme vendeur dans la téléphonie mobile puis le commerce d’objets design, notamment pour BHV. En 2009, ce fils d’électricien devenu pay- sagiste a voulu retrouver l’usage de ses mains : « J’étais passionné par lespourquoi cette profession était si dévaluée et malai- mée. Il y aussi une grande satisfaction personnelle à arriver en sauveur chez les clients ! » L’artisanat pré- sente aussi « un futur plus réalisable, moins utopique que la création ». En 2014, Elian alluin passe donc unlourdes, ses deux roues lui permettent de se faufiler dans la jungle urbaine. Mais il n’est pas donné : 4500 euros pour le modèle de base, 5500 pour l’équipe- ment complet avec freins à disque, supplément de bat- terie et pneus anti-crevaison. Mais comme beaucoup de projets de cet ordre, celui d’Elian alluin n’entre pas dans les critères des ban- quiers : « Aujourd’hui, ilspas, et qui m’écrivent pour m’encourager ». Telle cette Hollandaise, de père plom- bier, qui a tellement aimé l’initiative qu’elle lui a ap- porté un soutien de 200 eu- ros. Car on ne parle pas ici de prêt, mais d’un don, en échange de contreparties croissantes : stickers (à partir de 10 euros), magnets, éclai- rage vélo (25 euros), klaxon trompette (50 euros), t- shirts, bouteille de cham- pagne... a partir de 1000 euros, en plus de toutes les contreparties précédentes, Le Cyclo Plombier vous of- fre un chantier de deux jours et vous initie à la plomberie (façonnage du cuivre, gestes qui sauvent, sensibilisation aux économies d’eau). s’il est plus ludique que le fi- nancement bancaire, le fi- nancement participatif ne demande pas moins d’ef- forts : « Il a fallu beaucoup travailler pour présenter leévolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnellene se laissent pas facilement convain- cre par un jeune entrepreneur ». Pragmatique, il a donc préféré se tourner vers la so- lution de finance- ment en vogue : le crowdfunding. sonconduites rouillées.objectif ? réunir 4500 euros avant le 27 février sur la plateforme Ulule. Mi-fé- vrier, il en avait déjà récolté plus de la moitié. Outre l’aspect financier, l’ancien commercial y a vu « l’op- portunité de construire une communauté autour de la société et de faire connaître (sa) démarche. Par son as- pect éco-citoyen, elle ren- contre un écho chez beau- coup de monde. C’est agréable d’échanger et de partager mon projet avec des gens que je ne connaisLUIGIEn septembre 2014, l’en- trepreneur de 36 ans a en effet créé sa société de plomberie, Le Cyclo Plom- bier, en faisant le choix ori- ginal de la petite reine comme moyen de locomo- tion, plutôt que la tradition- nelle fourgonnette. Malgré des cuisses douloureuses, il ne le regrette pas : « Tra- vailler à vélo est un plaisir ! Je voyage sans stress, avec plus d’autonomie et de flexi- bilité ». Les tours de pâtés de maisons pour trouver une place et les pauses in- terminables dans les bou- chons qui affectent la ponc- tualité de ses confrères lui sont inconnus. D’ailleurs, l’un des plaisirs quotidiens de ce riverain du canal de l’Ourcq consiste à « doubler les voitures bloquées à l’heure de pointe » en sla- lomant entre les engins. C’est aussi une économie non négligeable pour la pe- tite entreprise : entre l’as- surance, l’amortissement du véhicule et l’essence, deux roues de plus auraient alourdi chaque mois ses charges de 750 à 1000 euros.34 Mars 2015ne vidéo,nement ». Le plombier, plus vert que Luigi, se réjouit de pédaler d’un client à l’autre sans brûler la moin- dre goutte de carburant ni émettre de particules de car- bone. La seule nuisance so- nore qu’il s’autorise est le tintement de sa sonnette. Et pour lutter contre l’ob- solescenceprogrammée,ce père d’un garçon de six ans et dont la femme attend unobjets industriels, j’aimais l’idée de leur donner une nouvelle vie ». Pour ap- prendre les gestes du métier, il décroche un poste d’as- sistant pédagogique dans un lycée professionnel. La soudure à l’arc et au chalu- meau, le cintrage des tubes et des métaux n’ont bientôt plus de secret pour lui. Grâce à ses nouvelles com- pétences, le bricoleur retapeCaP en installation sanitaire et dépose les statuts de son entreprise.projet, réaliser u.un site internet, faire faire le logo par un illustrateur et le faire connaître à nos proches et sur les réseaux sociaux, souffle Elian al- luin. Et la collecte n’est pas encore terminée. » Le plom- bier n’est pas près de lever la tête du guidon.ROLLSLe néo-plombier veut dés- ormais passer le braquet su- périeur, en troquant sa bi- cyclette pour la rolls des deux-roues utilitaires : un vélo-cargo à assistance électrique plus adapté à son activité en croissance :Aymeric MarolleauUn coup de pouce pour Le Cyclo Plombier !Le Cyclo Plombier a lancé une campagne de financement participatif sur le site Ulule afin de réunir au moins 4500 euros d’ici le 27 février. Objectif : financer le vélo-cargo à assistance électrique qui lui permettra de voyager vite et loin avec tout son matériel.CrowdfundingMalgré ses cuisses douloureuses, le Cyclo Plombier ne regrette pas son choixheureux événement, privi- légie la réparation, quand elle est possible, au rem- placement.des meubles de tri postal, de vieilles lampes de garage, d’anciens projecteurs de théâtre et de cinéma... au contact des professeurs, il découvre surtout la plom- berie, pour laquelle il se prend de passion : « J’ai découvert une ambiance si positive dans les ateliers que je n’ai pas compris« Il me permettra de me déplacer plus loin et plus rapidement ». L’ancien commercial a déjà repéré le biporteur de ses rêves : une beauté noir et acier fabriquée aux Pays-Bas par l’atelier Urban arrows. Contrairement aux tripor- teurs, plus courants dans le transport de chargesCOURSE D’ÉTAPESL’artisan sur deux-roues a pourtant commencé sa car- rière loin des tuyaux et des chalumeaux. après un BTs en commerce international]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Leçons de maux - Nicolas Doucerain, dirigeant de SolicApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,Montagnes russesqui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenira après une croissance fulgurante, Nicolas Doucerain, à la tête du cabinet de conseil en recrutement solic, a connu en 2009 une descente aux enfers, qui lui a été... profitable.ses yeux, l’échec ture sans nuages qui dure chiffre d’affaires. exemplaire pour mobiliser pour affronter la tempête Commerce décide de valider est une nécessité. plus d’une décennie. En Ce retournement spectacu- les salariés », souligne Ni- avec moi, indique le diri- son plan de continuation. « Il faut se casser 2008, la société compte 92 laire est très dur à accepter colas Doucerain. Le diri- geant. Mais très vite, je me solic échappe de justesse àla figure pour apprendre à collaborateurs et réalise 10 pour le dirigeant et ses col- geant commence donc par suis aperçu qu’ils n’avaient la liquidation. « Nousmarcher, fait valoir le diri- geant. C’est la même chose pour l’entrepreneur. » L’échec, Nicolas Doucerain l’a connu sur le tard ; l’en- trepreneur a d’abord été coutumier des success sto- ries. Lorsqu’il reprend en 1996 solic carrières, à l’époque filiale d’une société de services en ingénierie informatique fondée par son père, le futur dirigeant n’a pas encore 20 ans. Mais le défi ne fait pas peur à cet autodidacte, qui peut déjà se prévaloir d’un beau par- cours professionnel : « J’ai arrêté mes études avant même ma majorité, fait va- loir Nicolas Doucerain. J’ai démarré dans le secteur de l’automobile, où je suis passé directeur commercial au bout de trois ans et demi. »millions de chiffre d’affaires par an.Tout bascule le 15 septem-laborateurs, d’autant que l’échec leur était jusqu’ici étranger. « Cela a été unbaisser son salaire et de- mande à l’ensemble du co- mité de direction de fairequ’une seule peur, c’était d’être licenciés à leur tour. » a l’inverse, Nicolas Dou- cerain connaît quelques bonnes surprises : « Certains de mes collaborateurs, que je croyais les plus fragiles, ce sont montrés les plus courageux, estime-t-il. Comme dans l’amitié, c’est dans l’adversité que l’on se rend compte de la vraie valeur des gens. »n’avions statistiquement que 2% de chances de survie, et nous avons réussi ! » s’enorgueillit Nicolas Dou- cerain.GRANDEUR ET DÉCADENCECes débuts prometteurs en- couragent le jeune homme dans son ambition. Lorsqu’il prend les rênes de solic carrières, la société n’est encore qu’une coquille vide. avec l’arrivée de l’euro et le passage à l’an 2000, Ni- colas Doucerain mise sur la révolution numérique : « J’ai décidé d’en faire un cabinet de conseil en re- crutement spécialisé dans les systèmes d’informa- tion », indique le dirigeant. Le pari s’avère gagnant. Très vite, la société connaît un essor fulgurant. « Solic enregistrait une croissance de près de 40% par an, s’enorgueillit Nicolas Dou- cerain. Nous avons ouvert des bureaux en région, puis sommes partis à l’interna- tional pour accompagner de grands groupes français dans leurs déploiements. » C’est le début d’une aven-« J’ai beau me dire que cela sera profitable à terme, j’ai encore un doute... »LA CRISE COMME OPPORTUNITÉson expérience de la crise, le chef d’entreprise a décidé de la mettre à profit. D’abord en la partageant dans un ouvrage (1). Ensuite en lançant le mouvement Entreprendre pour la France, qui vise à faire entendre davantage la voix des en- trepreneurs. La crise ne lui a pas été entièrement pré- judiciable ; paradoxalement, cette expérience et la sortie de son livre lui ont ouvert de nouvelles portes. « J’ai été sollicité pour accompa- gner des chefs d’entreprise dans la gestion de crise », indique le dirigeant. Pour profiter de ces opportunités naissantes et repartir sur de nouvelles bases, Nicolas Doucerain a lancé en juinvéritable tsunami, reconnaît Nicolas Doucerain. Mes sa- lariés étaient complètement déboussolés par la violence de la crise. »de même.Evidemment, cette mesure ne suffit pas à redresser la barre. La société de services doit bientôt procéder à des licenciements. « Cela a étébre de la même année, jourde la faillite de LehmanBrothers. solic compteparmi ses clients de grandsgroupes bancaires et prendla tempête de plein fouet.« Il n’aura pas fallu attendre MOBILISATION très dur humainement, carUNE SECONDE CHANCEMais l’ampleur de la crise conduit le dirigeant à pren- dre une décision que beau- coup d’entrepreneurs re- doutent. « En juin 2009, j’ai placé mon entreprise en redressement, indique- t-il. Peu de gens font la dif- férence entre un redresse- ment judiciaire et une li- quidation. Or, un redresse- ment ne signifie par la mort de l’entreprise : cela permet d’avoir une dette pas trop importante. »C’est ce coup de poker qui va lui permettre de sauver ce qui reste de sa société, qui compte encore une tren- taine de salariés. au bout de six mois, le tribunal deau cabinetune demi-journée avant que les premiers gros donneurs d’ordre annoncent le gel temporaire de tous nosGÉNÉRALEmes collaborateurs m’étaient très proches », se souvient Nicolas Doucerain. Mais cette expériencedernier un nouve. spécialisé dans la gestion de crise, baptisé U- men. « C’est grâce à mon expérience de l’échec que je peux faire mon métier aujourd’hui », lance le di- rigeant. Une belle façon de rebondir – et un joli pied de nez au destin.Pour le chef d’entreprise, pas le temps de tergiverser : l’heure est aux économiesL’appel à projets aux équipes ? Avant tout un moyen d’occuper les esprits pour éviter les messes basses devant la machine à café« Ma petite entreprise a connu la crise » (cf. brèves page culture) de Nicolas Doucerain, éd. François Bourin, 2011.Catherine QuignonPour remobiliser ses troupes, le dirigeant lance à ses équipes un appel à projets destiné à développer de nou- velles offres plus adaptées au marché. « Il s’agissait d’abord d’occuper les es- prits pour éviter les messes basses devant la machine à café, reconnaît le jeune homme. On a retenu trois ou quatre projets, qui nous ont permis de générer quelques succès et d’en- clencher un cercle vertueux. » remotivés, les salariés n’hésitent pas à faire des heures sup’ et à travailler le week-end pour sauver leur entreprise.La société, qui a remporté entre-temps un gros appel d’offres, redresse progres- sivement la barre. Peu à peu, elle restaure son Ca. « Nous avons fini par rem- bourser nos dettes », fait-il valoir.36 Mars 2015contrats », s’afflige Nicolas Doucerain. Et l’orage n’en est qu’à ses débuts : en deux mois, l’entreprise perd plus de la moitié de sondrastiques. « Il y avait un élément essentiel pour moi : lorsqu’on est en pleine tem- pête, l’équipe dirigeante doit se montrers’avère également être une grande leçon de manage- ment : « Je pensais que les salariés qui resteraient à mes côtés se mobiliseraient]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frProspective - L’immortalité en 2100 CLUB ENTrEPrENDrE Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,Plus un rêve ?puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésEt si les progrès de la médecine étaient tels que nous devenions immortels ? Les découvertes en nanotechnologies,SANS FILETbiotechnologies, informatique et sciences cognitives laissent entrevoir un tel cas de figure.Perché au bord du précipice surplombant le Walensee, un lac des alpes bernoises, Jean- Eudes estime au travers de ses smart Glasses la hauteur et le point précis où il devra déclencher son parachute. Toutes les conditions sont réunies pour fendre l’air à 200 km à l’heure. Visibilité parfaite, vent faible, pollution atmosphérique en creux laissant toute latitude pour le sport, comme sa smart Watch vient de lui indiquer. Il est prêt. Pourtant, même s’il est un professionnel aguerri du Base Jump, s’il a déjà accompli des exploits au- dessus de Lauterbrunnen, véritable Mecque de ce sport devenu le plus populaire du pays, le suisse est cette fois assailli par le doute. « Je mise gros... très gros. J’ai signé le papier interdisant toute réanimation de cellules souches et impression de tissus organiques en cas de gros accident. Je vais enfin revivre les sports de l’extrême tels que le ressentaient nos aïeux. Le 26 février 2103 est peut-«Mêmepluspeur!»être le dernier jour de ma vie. Cela paraît fou... Je pourrais mourir, abîmer mon corps définitivement cette fois- ci. » D’habitude, qui touche la paroi et s’écrase au sol, ou qui n’arrive pas à ouvrir son parachute, sait que les prouesses médicales actuelles lui permettrons de retrouver des membres et des organes valides avant la mort cérébrale. Et même si la mortou de lire que ceux qui volentles médecins les plus doués, toujours en quête perpétuelle de renommée, sont prêts à réintroduire des briques humaines vitales qui seraient éventuellement endommagées. Maispascettefois!»Ila signé pour que sa vidéo postée sur YouTube, le principal média planétaire, obtienne plus de millions de vues que ses concurrents. Les sponsors afflueront. Jean-Eudes s’attèle désormais aux dernières vérifications. Il éprouve une sensation étrange, jamais ressentie jusqu’alors. La crainte que tout s’arrête, lui qui a toujours eu, d’après les analyses génétiques, des prédispositions pour le sport, l’équilibre et l’adrénaline,Pas forcément agréable... » Le jeune sportif enclenche les multiples caméras de son casque, bien que ses lunettes filmeront déjà toute la scène ; il fait battre les ailes de sa combinaison, longe maintenant la falaise au-dessus du vide, les bras tendus, ces bras qu’on lui a remplacés deux fois, à l’âge de 15 ans parce que ses parents les jugeaient trop courts, et à 22 ans parce qu’ils ont été sectionnés lors d’un saut qui a mal tourné... ses indicateurs lui indiquent que son cœur s’accélère anormalement et que son palpitant commence à perdre quelques secondes d’espérance de vie... Tout est pourtant calme, une petitecérébralehôpitaux les plus huppés en combinaison ailée sont comme indiqué dans sondisposent équipementspourréanimersimplement les plus riches, qui savent qu’en cas de chute,dossier médical personnalisé numérisé dans sa puce sous-bise vient lui ca. joues, désormais mouillées de sueur. Le vide ne lui a jamais paru aussi angoissant. Un infime mouvement de ses membres supérieurs fait pencher son corps vers l’avant, alors que son cœur semble s’arrêter durant le moment de basculement...survient, les désormais desresser lesLes gens préfèrent être transhumains que mortsles cellules souches et donc ce qui pourrait devenir un cutanée. « Ainsi, voilà ce que faire repartir les corps sans drame ne devient qu’un ressentaient nos grands- vie. « J’en ai assez d’entendre désagrément. Il est vrai que parents avant le grand saut.Matthieu CamozziLe Dr Laurent Alexandre est chirurgien urologue et neurobiologiste. Diplômé de Sciences Po Paris, de l’ENA, d’HEC et président de DNA Vision,spécialisée dans le séquençage de l’ADN, il a écrit un livre (*) sur cette révolution biotechnologique et ses conséquences sur l’allongement de la vie.« La première personne qui vivra 1000 ans est peut-être déjà née »Est-on dans l’exagération la plus totale ?Non. Sous l’influence des NBIC (nanotechnologies, biotechnolo- gies, informatique et sciences cognitives), trois révolutions sont à prévoir : premièrement la mort de la mort qui va se réaliser pro- gressivement, avec toutes les questions éthiques, philosophiques, écologiques et économiques qu’elle suppose. Deuxièmement celle-ci ne pourra se faire qu’en changeant l’homme biologique- ment et génétiquement, alors qu’il est programmé pour vivre jusqu’à 125 ans, ce qui suppose de vraies évolutions transhuma- nistes.Troisièmement cette nouvelle configuration suppose la dis- parition du médecin, remplacé par des systèmes experts. On le constate déjà en cancérologie, même le Dr House ne peut prendre en compte les 20000 milliards d’informations issues d’une sé- quence ADN d’une tumeur. Les algorithmes prennent le pouvoir, et à travers eux les GAFA (Google-Apple-Facebook-Amazon) dans la médecine de demain.Cette prédiction n’est-elle pas un peu hasardeuse ?Songez que notre espérance de vie est passée de 25 ans en 1750à plus de 80 ans aujourd’hui, et qu’elle croît désormais de trois mois par an. Il est fort probable qu’elle doublera, au minimum, au cours de ce siècle. Un enfant qui naît aujourd’hui aura presque 90 ans au début du XXIIe siècle et pourra bénéficier de toutes les innovations biotechnologiques du siècle en cours. Donc il aura sans doute une espérance de vie nettement plus longue. De quoi atteindre 2150 et avoir accès à de nouvelles avancées. Aussi, il n’est pas impossible que la première personne qui vivra 1000 ans soit déjà née.Vous entrevoyez donc une victoire des transhumanistes ?Je constate que nous acceptons le transhumanisme malgré nous. Regardez les cœurs artificiels Carmat ! C’est un premier pas vers l’homme cyborg ; pourtant tout le monde a applaudi, même les plus farouches opposants à ce mouvement. De nouvelles rétines, des bras bioniques pour des personnes handicapées, des cœurs artificiels... Nous y venons petit à petit. Pour ne pas souffrir, ne pas vieillir, ne pas mourir, nous accepterons d’être biologiquementmodifiés, choisissant plutôt d’être transhumains que morts. Mais je n’ai pas une vision techno-béate et une volonté d’humanité 2.0, pour reprendre les termes de Ray Kurzweil, gourou de la sin- gularité technologique récemment embauché chez Google.A quoi ressemblera l’hôpital du futur ?Les hôpitaux n’existeront plus. Même aujourd’hui nous allon- geons les gens par habitude, par archaïsme, ce qui ne sert à rien dans la moitié des cas. La chirurgie ambulatoire va toujours plus se développer, même sur les pathologies lourdes. Songez qu’il y a quelques dizaines d’années une opération de vésicule biliaire nécessitait une immobilisation en hôpital d’un mois, contre une journée aujourd’hui ! Une cataracte nécessitait une semaine, contre une demi-journée aujourd’hui. En outre les thérapies gé- niques, qui exploseront réellement entre 2020 et 2030, deman- deront peu de repos.(*) « La mort de la mort – Comment la technomédecine va bouleverser l’humanité », éd. JC Lattès, 2011.Propos recueillis par M.C.Mars 2015 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Ces Français qui ont entrepris à l’étrangerLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.Créateurs sans frontièreD'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.L’herbe est-elle plus verte ailleurs ? Ils sont au moins 150 000 entrepreneurs français à répondre oui. Mais avant d’oser, mieux vaut s’arrêter sur l’arsenal pratique à emporter dans ses valises.C’est généralement lors d’un séjour à l’étranger que tout commence, si l’on en croit le baromètre publié en dé- cembre 2014 par CCI France International et la CCI Paris Ile-de-France (disponible sur ccifrance-international.org). Une opportunité profession- nelle décelée à l’occasion d’une mission, lors de va- cances en famille, ou soufflée par un résident du pays en question. Il suffit ensuite d’ajouter l’envie de voyager, le goût pour l’aventure, et voilà comment près de 150000 chefs d’entreprise français se retrouvent expa- triés. Dans 55% des cas, ces structures domiciliées loin de l’Hexagone sont des so- ciétés de services. Mais des success stories essaiment dans tous les pans de l’éco- nomie. régis et Ghislaine Dubrule, créateurs de Tok & stok en amérique latine, ont bâti localement un véri- table Ikea brésilien. Le fon- dateur des boulangeries Le Fournil au Chili, Jérôme reynes, emploie désormais 330 personnes. Et que dire de Jacques Branellec, créa- teur d’entreprise aux Phi- lippines, dont la structureJ’aime ma boîtemédiate et permanente de devises, mais le succès est fréquemment au rendez- vous. En témoigne l’aug- mentation des effectifs : dans une étude menée par CCIbaucher dans un délai infé- rieur à un an. De nombreuses petites structures complètent ce panorama d’entreprises à l’étranger : 40% d’entre elles comptent moins de 30Jewelmer est tout bonnement devenue le troisième pro- ducteur au monde de perles de culture ? a l’image de leurs dirigeants, ces entre- prises ont elles-mêmes une nette tendance à lever les yeux au-delà des frontières : 55% d’entre elles exportent, 56% importent.cialisé dans la protection so- ciale des Français de l’étran- ger, la tendance ne fait aucun doute : « On remarque une augmentation importante de la demande depuis quelques années de la part de chefs d’entreprise français qui se lancent dans l’entrepreneu- riat à l’international. » Par ailleurs, la population ex- patriée tend à rajeunir. La Caisse des Français de l’Etranger (CFE) constate que sur les cinq dernières années, la progression des moins de 30 ans est de 25%, contre 16,2% tous âges confondus.laire de 63% de ses adhérents sur place depuis cinq ans. 10500 Français y sont pré- sents actuellement, alors qu’ils étaient 3500 en 2005. Plus de 600 entreprises hexa- gonales ont choisi cet eldo- rado. Dominique Brunin, dé- légué général de CCI France International, remarque que « le Canada et l’Australie s’illustrent aussi par une forte attractivité. Les pé- riodes d’alternance entre vacances et travail contri- buent à donner des idées sur place ». avec l’argen- tine, la Corée du sud, le Ja- pon, la Nouvelle Zélande, Hong-Kong, la russie et bientôt le Brésil, ces deux pays sont signataires de l’ac- cord PVT (Programme-Va- cances-Travail) par le biais duquel ils accueillent des Français pour des séjours de long terme. Des tranches de vie à l’étranger souvent synonymes de rampe de lan- cement pour un projet pro- fessionnel.Présidente d'ETHIC Présidente de sDME Membre du CEsE38 Mars 2015DES SUCCÈS INTERNATIONAUX QUI FONT DES ÉMULESau sommet de la gloire, il y a les « entreprises globales ». Tellement propulsées dans la stratosphère de la réussite qu’elles en perdent leur na- tionalité. Comme le moteur de recherche de voyages Mobissimo, fondé par Béa- trice Tarka et disponible dans de nombreux pays. Ces pro- jets nés sans frontière né- cessitent d’intégrer dès leur création les contraintes et opportunités de la mondia- lisation. Les TIC, les bio- technologies, les innovations vertes voient fleurir chaque année des idées lumineuses qui rayonnent par-dessus les océans.Toutes les structures montées à l’étranger ne croulent bien sûr pas sous une pluie im-« Quels sont vos dispositifs d’aide aux entrepreneurs étrangers ? Mais répondez ! Les Français ont le droit de savoir !»L’asie-Océanie est la pre- mière grande région du monde à accueillir les diri- geants français. Toujours se- lon l’étude citée précédem- ment, les sondés sont d’ail- leurs plus de 48% regroupés dans cette partie du globe. En tête des destinations qui suscitent les convoitises fi- gure singapour. Une nou- velle fois, en 2014, la petite cité-Etat caracole en tête du classement Doing Business de la Banque mondiale qui répertorie les pays où l’en- vironnement des affaires est le plus attractif. La CFE note une augmentation spectacu-DES ATTRACTIVITÉS À DÉNICHERL’Europe est la deuxième destination majeure. 24,3% des entreprises lancées par des dirigeants français horschronique parrainéeous les sondages le mon- trent désormais : les Fran-sion), créer son entreprise corres- pond à une véritable attente. Mais cela va au-delà des simples créa- teurs d’entreprise. Car cet esprit d’entreprendre, il se retrouve dans toutes les entreprises, chez tous les salariés. Et notamment dans les plus petites d’entre elles, PME ou TPE, qui sont justement les entre- prises plébiscitées par les Français. Cela explique le succès d’opéra- tions comme « J’aime ma boîte » qui permet à chacun d’afficher la fierté de son entreprise, de ses va- leurs, de ses convictions. L’entre-prise est donc une valeur « ten- dance » dans une France en crise. Il faut saluer et encourager la lucidité des Français qui montrent bien, au travers cet attachement, que l’entre- prise est la solution à nos difficultés actuelles. ainsi, libérer les entre- prises de leurs contraintes, c’est li- bérer le potentiel de croissance de notre pays. Et il est immense. Espé- rons que nos élus arrivent à partager ce même constat rapidement...Pierre Gattaz Président du MEDEFpar Sophie de Menthonentreprises. Certains commenta- teurs en ont parfois été surpris. Ils ont tort car l’entreprise, l’esprit d’entreprendre, correspond vrai- ment aux valeurs des Français et de notre pays. Le MEDEF le mesure tous les jours au travers des actions qu’il développe en faveur de l’en- trepreneuriat : quelles que soient les populations à qui il s’adresse (de- puis les jeunes des quartiers jusqu’aux militaires en reconver-France International et la CCI Ile-de-France en 2014, on constate que 63% des di- rigeants au sein de cette po- pulation envisagent d’em-salariés. Le signe d’émigra- tions récentes ? Pour alexis de saint-albin, directeur du développement international chez Humanis, groupe spé-çais aiment leurs TAimer l’entreprise, c’est aimer la France]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Ces Français qui ont entrepris à l’étranger CLUB ENTrEPrENDrEde l’Hexagone restent sur le Vieux Continent qui re- présente souvent un com- promis intéressant entre sta- bilité et opportunité écono- mique. Et les territoires n’hé- sitent pas à dérouler le tapis rouge pour faire venir les créateurs. L’allemagne peut- elle être faite pour les en- trepreneurs français en quête d’expatriation ? En tout cas, elle ne manque pas de dé- ployer son lot d’armes de séduction massive. La banque publique d’outre- rhin KfW octroie aux so- ciétés en création jusqu’à 150000 euros de prêt, avec un différé de remboursement sur dix ans. Un avantage auquel s’ajoutent des faveurs fiscales propres à certaines régions. L’Italie présente elle aussi de sulfureux attributs, comme dans la zone franche de Trieste, le Mezzogiorno, où pleuvent des subventions et aides à l’innovation pou- vant atteindre 50% des coûts totaux de r&D. Et que dire de la Belgique, plus parti- culièrement de la Flandre, où une pluie d’euros attend les jeunes structures qui s’installent dans les zones industrielles établies ou qui œuvrent dans le secteur des biotechnologies ?permanente, une structure l’étranger ne sont que 28% connaît ainsi toutes les com- à mettre en avant ce critère pétences et spécialisations comme la motivation prin- de ses semblables », explique cipale de leur expérience. Typhaine Beaupérin-Hol- Mettre sur pied son projetbon interlocuteur est parfois difficile », constate Domi- nique Brunin.Le vaste réseau des Cham- bres de commerce françaisesdu stade de maturité du pro- jet, du type de structure. « S’agit-il d’une logique pu- rement entrepreneuriale ? Le développement s’appuie- t-il sur des entités déjà exis- tantes ? A chaque situation sa réponse », explique Do- minique Brunin. Dans cha- cun des 82 Etats, les Cham- bres mettent à profit le sa- voir-faire d’experts-comp- tables, de fiscalistes, d’avo- cats, de notaires, pour limiter les risques, veiller à la mise en place rigoureuse de bonnes pratiques. « La connaissance de la loi estbien sûr un élément central. Il est bien naturel et com- préhensible que chaque en- trepreneur ne connaisse pas en détail les subtilités et rouages dans ce domaine », poursuit-il. Des éléments complémentaires précieux sont apportés par les Mis- sions économiques installées dans plus de 100 pays. Elles se chargent de la collecte, de l’analyse des informations de marché, et publient des notes conjoncturelles et sec- torielles disponibles auprès d’Ubifrance. Elles ont aussi vocation à accompagner lesIl existe de nombreuses petites entreprises hexagonales à l’étranger : 40% d’entre elles comptent moins de 30 salariésvoet, conseillère politique de l’association Eurocham- bres qui fédère les Chambres de commerce européennes. Cette offre vise à intéresser toutes les entreprises, quels que soient les secteurs, bien au-delà des limites de l’Union. Le maillage du ré- seau s’étend sur 40 pays du Vieux Continent. Les PME sont plus particulièrement concernées car « elles sont assez souvent mal informées sur les possibilités qui s’of- frent à elles », regrette Ty- phaine Beaupérin-Holvoet. Plus de 90% des dirigeants d’entreprise français à l’étranger déclarent n’avoir touché aucune aide publique, alors même que celle-ci est pléthorique, ce qui atteste de la méconnaissance des soutiens à disposition. Plus d’un millier d’événements susceptibles d’intéresser les PME sont organisés par les partenaires d’Enterprise Eu- rope Network chaque année. Les politiques d’innovation, de développement de filières d’avenir, les financements des projets d’entreprises fi- gurent parmi les thématiques récurrentes abordées à ces occasions. Là encore, cette plateforme sert de passerelle vers ces rendez-vous.de société peut s’avérer plus complexe qu’il n’y paraît. Malgré leur attractivité, « dans certains pays, il est impératif d’avoir un parte- naire local. Et là, trouver leimplantées à l’étranger, qui s’étend à 82 pays, fait figure d’appui incontournable. CCI France International oriente les sociétés vers les interlo- cuteurs idoines en fonctionL’Union européenne regorge de terres qui prennent la pose pour charmer investis- seurs et créateurs. En consé- quence, ces derniers ne sa- vent plus où donner de la tête. « L’idéal serait tout de même un guichet unique dressant un panorama lisible de tous les dispositifs d’aide existant au-delà de nos fron- tières », se disaient encore récemment nombre de diri- geants. Ils en ont rêvé, la Commission européenne l’a fait. Elle a mis en place le réseau EEN (Enterprise Eu- rope Network), destiné à ré- pondre à toutes les interro- gations des entreprises en matière de dispositifs d’aide en vigueur sur tel ou tel ter- ritoire européen, ainsi qu’en termes de solutions dispo- nibles pour se développer et innover. « Grâce à des centaines d’organisations locales (agences de déve- loppement, CCI, centres uni- versitaires...) qui composent ce réseau, une société peut immédiatement être orientée vers des collaborateurs aptes à lui venir en aide. Avec une actualisation informatiqueDERRIÈRE L’ENVIRONNEMENT FAVORABLE, LE DÉFI En Nouvelle-Zélande, le temps moyen de création d’une start-up est de un jour. L’opération coûte 109 dol- lars. a singapour, aux Etats- Unis, monter sa structure prend moins d’une semaine. Là aussi, les dépenses en termes de procédures de création n’ont rien d’exces- sif : quelque 300 euros suf- fisent. La facilité et la sou- plesse relatives au climat des affaires est bien sûr un élément important dans une telle démarche et influencent les décisions. Mais elles ne constituent pas l’essentiel. Les chefs d’entreprise àMars 2015 39Œ]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Ces Français qui ont entrepris à l’étranger ver des débouchés au Maroc,tournée vers une domicilia- tion en centre d’affaires pro- posée par la Chambre de commerce et d’industrie française du Japon (CCIFJ). « L’échange avec les autres domiciliés du centre est un élément important. Ils ont souvent les mêmes problé- matiques de travail, ce qui permet de partager facile- ment les expériences quant au marché nippon, au trai- tement des clients et aux complexités administra- tives », témoigne Benoît Castet, récemment installé au sein de a2Mac1.n’échappent pas non plus à certains écueils. Bon nombre de pays imposent aux créa- teurs d’entreprise étrangers de s’associer avec un inves- tisseur local. Dans sa docu- mentation « Entreprendre à l’étranger », CCI France In- ternational estime que le risque de tomber sur un as- socié douteux peut être élevé. La plus grande vigilance est recommandée, notamment sur le fait de « s’entendre précisément sur les objectifs de moyen, long et court terme ». Faiza Hachkar in- dique par ailleurs que, si la francophonie et la proximité culturelle sont des atouts, ces derniers peuvent aussi être sources de négligences : « On a parfois tendance à croire que le fonctionnement au Maroc est le même qu’en France. Pas du tout. C’est un pays en développement. Les réflexes sont différents, tout comme la compréhen- sion des choses. C’est une culture musulmane, afri- caine, ce qui implique des codes propres. Il faut faire« Morosité ? Croissance en berne ? J’ai ma solution... »d’être orienté vers de l’évé- nementiel adapté à votre ac- tivité, vers des partenaires potentiels ? Là encore, la Chambre répond présente. Certains pays en particulier sont connus pour être des territoires de réseaux. « Le Maroc en fait clairement partie », indique Faiza Hach- kar. Les accompagnements de ce type sont alors d’autant plus indispensables. au cours des dernières années, les en- treprises adhérentes de la Chambre sont passées de 3500 à 4000, témoignant de la précieuse main tendue vers la sphère privée locale. Dans la plupart des pays, CCI France International s’appuie par ailleurs sur le réseau des Conseillers du commerce extérieur (CCE), connus comme des relais importants pour les entre- preneurs.DES RÉFLEXES À ÉVITERse lancer dans une aventure à l’étranger, c’est parfois partir la fleur au fusil, du soleil plein la tête, et de la négligence plein son projet. si vous connaissez très mal la législation locale, n’avez qu’une idée vague des coûts globaux, et comptez étudier la question des difficultés sectorielles sur le tas, c’est qu’il est urgent de changeracteurs de l’étranger dans certaines démarches.Le Maroc fait partie des pays où les opportunités d’affaire ouvrent les bras aux entrepreneurs français en quête d’exotisme. avec une croissance moyenne de 5% depuis près de 20 ans, l’économie locale s’est di- versifiée dans une multitude de secteurs, de l’aéronautique à l’électronique en passant par l’agroalimentaire ou en- core l’automobile, avec l’im- plantation de renault en 2011. La compétitivité des coûts fait tourner la tête de certains dirigeants : un in- génieur est trois fois moinsà disposition d’informations juridiques, fiscales, écono- miques, la formation, le dé- veloppement des entreprises et leur implantation. Concrè- tement, nous aidons à éla-onéreux qu’un homologueen France. Mais au-delà dupotentiel de marché, un im-portant travail de conseil etd’accompagnement a été missur pied. Faiza Hachkar, res-ponsable du bureau France borer les business plan, à rêt, et si possible sans loyer de posture. Les spécialistesLa Commission européenne a mis en place le réseau Enterprise Europe Network (EEN), décrivant les dispositifs d’aidepreuve de pat. hommes d’affaires maro- cains ne s’engagent pas ra- pidement. Plusieurs rencon- tres entre les parties pre- nantes d’un même contrat sont nécessaires avant de conclure. Il faut donc ac- cepter de donner beaucoup de son temps. »La domiciliation est une au- tre épreuve délicate. Il s’agit de trouver un lieu stratégique, à proximité des partenaires, fournisseurs, acteurs d’inté-ience. Lesen vigueur sur tel ou tel territoirede la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc, est bien consciente du caractère crucial de ce volet. « Nous avons quatre grandes missions : la misela recherche de locaux, de terrains, apportons un sou- tien aux recrutements. Autant de points très utiles pour de nouveaux arrivants », ex- plique-t-elle. Besoin de trou-exorbitant. Les réseaux de soutien deviennent là encore une aide synonyme de gain de temps et d’efficacité. Lors de son implantation au Ja- pon, la société a2Mac1 s’estde l’accompagnement à l’installation mettent en garde sur les éléments à ré- gler absolument avant le dé- part définitif de France. Les plus sérieux et rigoureuxMathieu NeuQuitter la France, c’est aussi quitter un bouclier social im- portant, au cœur duquel trône la sécurité sociale. 45% des dirigeants français de l’étranger ne disposent pas d’un accès aux soins médicaux dans l’Hexagone, ce qui peut sé- rieusement compliquer les allers-retours avec le pays natal dans de bonnes conditions. Ils sont plus de 48% à n’avoir aucun droit à la retraite. « La protection sociale n’est souvent pas une préoccupation centrale pour cette population qui a bien d’autres priorités inhérentes à l’aventure profes- sionnelle. C’est un aspect négligé », constate Alexis de Saint-Albin. Olivier Grenon-Andrieu, président du groupe Equance, spécialisé dans les solutions de gestion privée et patrimoniale à l’international, remarque que le profil des expatriés a beaucoup changé : « Dans un passé qui n’est pas si lointain, deux tiers d’entre eux étaient des salariés de grandes entreprises. Ceux-ci ne représentent plus que 30% des Français de l’étranger qui forment désormais un ensemble très hétérogène ». En conséquence, les solutionssur mesure, avec davantage de souplesse, se développent.Protection socialeAssurer ses arrièresLe groupe Humanis lance cette année une offre pour les expatriés non salariés qui se calque en grande partie sur l’offre existante pour les salariés expatriés. « Nous proposons différents niveaux de prise en charge, qui s’adaptent à la configuration du client. Ils comprennent de multiples services annexes comme l’évacuation sanitaire en cas de besoin, l’avance des frais médicaux pour une éventuelle hospitalisation, la recherche d’un spécialiste d’une pathologie particulière, ou encore la prise en charge de soins d’ortho- dontie pour les enfants », décrit Alexis de Saint-Albin. La couverture de l’assureur se fait en complémentarité avec l’offre de la Caisse des Français de l’Etranger (CFE), qui re- présente la Sécurité sociale française à l’étranger et dont le niveau de remboursement correspond à la protection en vigueur dans le système en France. Humanis vise à prendre en charge le reste à payer de l’assuré en toute si- tuation. « Grâce à notre partenariat avec la CFE, nous pro- posons un remboursement en une seule opération, qu’il s’agisse de la part CFE ou de la nôtre. L’assuré gagne ainsien simplicité », explique Alexis de Saint-Albin. Anne-Laure Chesneau, responsable de la communication de la CFE, attire l’attention sur l’importance d’adhérer à cette Sécu à la française dupliquée hors des frontières, « notamment lorsqu’on sort de l’Union européenne pour rejoindre des pays où la couverture sociale est très loin des garanties existantes dans le modèle français ». « Les sous- criptions aux assurances sociales sont essentielles. Rappelons que dans certains Etats comme le Brésil, il faut débourser jusqu’à 20000 euros pour un accouchement », illustre Alexis de Saint-Albin. « Il est préférable de clarifier sa situation avant le départ », assure Anne-Laure Chesneau. Ou en tout cas le plus en amont possible, tout comme pour le volet privé et patrimonial. Olivier Grenon-Andrieu attire aussi l’attention sur « le problème des régimes matrimoniaux propres à certains pays, qui ne s’appliquent plus lorsqu’on passe les frontières et qui demandent en conséquence la plus grande vigilance ».40 Mars 2015]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[MON EXPERT-COMPTABLEOÙ QUE JE SOIS, ÇA COMPTE POUR MOIAvec mon service innovant d’expertise-comptable 100 % en ligne, mes comptes me suivent au quotidien. Maintenant, je suis plus disponible pour mon activité, mes clients et mes projets.DISPONIBILITÉ RENTABILITÉ SIMPLICITÉ PERSONNALISÉ SÉCURISÉL’EXPERT-COMPTABLE 100% CONNECTÉwww.cacomptepourmoi.fr0 805 09 00 33Un service de                     , inscrit au tableau de©iStock]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Business guides - AffacturageDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantLes factures, sources de profit ?(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsL renflouer la caisse, se débarrasser des factures, garantir ses recettes... avec les bonnes options, l’affacturage représente vite le beurre et l’argent du beurre. Zoom sur des formules gagnantes.’affacturage s’est perfectionné au fil des années. Il est loin le temps où celui qui avait recours à une telle pratique devait le cacher, sous peine de ternir sa ré-Mots-clésputation et même d’inquiéter ses clients et fournisseurs. au- jourd’hui le recours à l’affacturage n’est pas un signe de grosses difficultés de trésorerie, mais au contraire de bonne gestion. Et ce d’autant plus qu’une vraie graduation et de nouvelles formules – souvent nées outre-atlantique – sont venues étoffer l’affacturage avec les années. Il serait dom- mage de passer à côté en 2015.1 Succès du dispositif2 Profils de l’affacturage en gestion déléguée 3 L’affacturage pour tous4 Le plus « assurance-crédit »5 Affacturage notifié ou non6 Affacturage inverséMathieu NeuFiction : Les hésitations de GillesL’histoire d’un entrepreneur qui, parce qu’il s’en réfère encore à d’anciens clichés, passe à côté des formules adaptées de l’affacturage.Gilles est hors de lui. Encore deux terminaux qui, faute de paiement de la part du client, seront réglés par son propre portefeuille. Depuis quelque temps, ses commandes impayées se multiplient. « C’est la crise », « Je paierai plus tard », arguent les commerçants qui n’honorent pas leurs dettes. Une musique récurrente à laquelle s’ajoute le silence radio de ceux qui disparaissent tout bonnement dans la nature. Gilles fournit des terminaux de paiement sans fil innovants aux quatre coins du pays. ses produits plaisent, mais depuis 2013, son taux de42 Mars 2015croissance leimpressionnant est celui desmarchandises transformées enoffre gratuite. Les mésaventuresde ce genre pèsent lourd sur satrésorerie. « Pourquoi ne pasopter pour l’affacturage ? »,suggère son ami de toujours.Devant le regard de biais deGilles, il lui explique que cetteoption n’est ni une pratiqueclandestine illégale, ni une usine à gaz. au contraire, la démocratisation constante de la solution (1) a rendu son fonctionnement simple et souple, et voilà bien longtemps qu’elle n’est plus la chasse gardée des grandes organisations.Le jeune entrepreneur est sceptique. s’il reconnaît que les heures passées à traiter les factures,de répondre en quelques mots, etplusGilles écoute attentivement les explications érudites de son ami, se dit qu’après tout, ce type d’offre lui conviendrait peut-être. Mais échaudé par son expérience, il émet des doutes quant aux garanties de règlement des factures. « Si tu veux vraiment être à l’abri, quelle que soit la situation, souscris une assurance-crédit (4) », propose son interlocuteur. Le chef d’entreprise, dont les réticences prennent toutes les formes possibles et imaginables, s’interroge aussi sur les conséquences commerciales qu’aurait une telle pratique sur ses clients, si ceux-ci apprennent que leurs factures sont gérées par un tiers (5). Plutôt que«L’affacturage,uneidéebrillante!Lesloganetledessinsontdemoi...»relances et recouvrements se comptent par centaines chaque année, il voit d’un mauvais œil la nouvelle ligne de dépenses qu’occasionnerait une telle décision. surtout que par ailleurs le remboursement d’un emprunt de court terme leste déjà sa situation. « Justement !, tempête son ami, tu ne serais pas obligé de quémander des fonds à la banque si ta trésorerie était remplie par tonconscient que Gilles a grand besoin de détails rassurants sur la question, le vieil ami lui recommande une documentation complète. « Tu verras en lisant que l’affacturage prend aussi d’autres formes intéressantes (6) », conclut-il. Les traits inquiets de Gilles s’assouplissent quelque peu : « J’y réfléchirai ». Wait and see...factor. En lui cédant tes factures (2), tu récupères les créances associées et fais d’une pierre deux coups ! » sans compter que les montants à débourser pour un service d’affacturage ne sont plus ce qu’ils étaient (3). Les prix pratiqués s’avèrent désormais relativement faibles compte-tenu du service rendu et du contenu de certaines formules.Cahier pratique n°1 - AffacturageŒ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Business guides - Affacturage 2 DES PROFILS POUR UN AFFACTURAGE EN GESTION DÉLÉGUÉE1UNE SOLUTION QUI SÉDUIT Variation annuelle de la production* (%)* Montant des créances prises en charge dans le cadre d’un contrat d’affacturage - Hors opérations de «floor plan» et de forfaitage - Données trimestrielles.L’affacturage en gestion déléguée présente l’avantage de « sécuriser le risque commercial par le savoir-faire du factor, qui s’occupe scrupuleusement des relances et du recouvrement », estime Eugénie Boucquey, directeur du développement, du marketing et de la communication de Crédit agricole Leasing & Factoring. En tant que professionnelle de la chasse aux créances, la solvabilité d’un client n’a que peu de secret pour une société d’affacturage. au-delà de l’aspect sécurisant, cette option est souvent recommandée auprès des TPE. « Les dirigeants ont tellement à faire que l’appui d’un expert pour gérer les relances, sans gêner l’activité commerciale par ailleurs, représente un élément précieux », constate Bozana Douriez, directrice générale de BNP Paribas Factor. En particulier lorsque le nombre de factures est élevé. Mais la taille de l’entreprise n’est pas toujours un indice probant. « Une gestion peut être dégradée ou compliquée dans des entreprises significatives », explique Bozana Douriez. « Pour celles- ci ou pour celles qui ne sont pas en mesure de challenger une telle activité en interne, la gestion déléguée est une excellente option », confirme Olivier Le Boulanger, senior manager achats et BFr au sein du cabinet de conseil en management des coûts Lowendalmasai. Lorsque les clients se trouvent à l’international, ce choix devient même stratégique. La barrière de la langue, le manque de connaissance des lois locales, peuvent compromettre le recouvrement des créances. Certains factors proposent leurs services dans une quinzaine de langues, à l’image de HsBC Factoring France. L’affacturage à l’export peut se pratiquer dans tous les pays de l’OCDE, mais se transforme parfois en mission impossible. La notation financière internationale du pays qui héberge le débiteur peut être un frein.3QueGillesserassure.sonchiffred’affairesplutôtmodesten’estenaucuncasunfreinpourbénéficierdel’affacturage dans de bonnes conditions. Des forfaits ont été mis en place depuis quelques années pour répondre à une nouvelle demande : celle des plus petites organisations. BNP Factor propose des formules allant jusqu’à 200000 euros de financement pour un coût global de 550 euros mensuels, auquel s’ajoute l’indice et le spread de financement. Il existe même « un premier forfait allant jusqu’à 25000 euros, qui permet aussi de bénéficier de nos services. Les frais sont alors de 175 euros. Pour ce prix, nous prenons en charge plusieurs choses comme l’achat des créances, la gestion des relances, l’encaissement des règlements », indique Bozana Douriez. Des processus de dématérialisation de l’envoi de documents sont également mis en place. De même, Natixis Factor s'adapte au professionnel qui souhaitera une offre packagée, souple et simple, ainsi qu’à la grande entreprise privilégiant une approche sur mesure. Mieux, encore, Natixis est le premier factor à proposer une application smartphone qui permet à la clientèle d'accéder en temps réel à tous les indicateurs clefs de son compte. L’agilité de fonctionnement qui en résulte attire d’autant plus les dirigeants de PME. Quand bien même Gilles connaîtrait une success story à l'export avec ses terminaux, il existe aussi des solutions d'affacturage internationales. Natixis Factor propose des contrats d'affacturage multidomestiques à destination des entreprises exportatrices et leurs filiales européennes, afin de permettre la centralisation et l'homogénéisation des modalités de financement des créances.L’AFFACTURAGE POUR TOUSau-delà de ces packages spéciaux rendus possibles par la volumétrie grandissante des montants brassés par les factors, le coût dépend du chiffre d’affaires cédé par le client et bien sûr du nombre de services souscrits. La stabilité économique de l’endetté a aussi un impact direct sur les sommes réclamées par la société d’affacturage. Pour bénéficier des offres les plus accessibles, l’instauration de processus comprenant la remise de bons de commande, de bons de livraison signés par le client, est judicieuse. Une rigueur qui a là encore son effet sur le niveau des prix pratiqués.Mais dans l’offre pléthorique désormais disponible, comment savoir derrière quelle enseigne se trouvent les factors les moins gourmands et les plus souples ? Faire son étude de marché, recevoir les commerciaux de l’affacturage, sélectionner les propositions devient vite chronophage. Heureusement, les courtiers indépendants comme le Cabinet saint-Paul, le groupe Chateaudun, la société access Crédit Pro volent au secours des dirigeants. « Nous travaillons avec de nombreux acteurs comme ABN Amro, Eurofactor... Notre fonction est autant de conseiller et d’orienter que de mettre en garde. Avec près de 80 dossiers traités par an, nous rencontrons tous les cas de figure et proposons une expertise efficace », souligne Vincent saada, fondateur d’access Crédit Pro.44 Mars 2015]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.fr4Ce n’est pas parce que le factor endosse son costume de chasseur de dettes qu’il représente forcément la garantie absolue. Il peut tout à fait se retourner contre son entreprise cliente, notamment en cas d’affacturage sans délégation de gestion. L’assurance-crédit fait figure de bouclier ultime pour se protéger contre tout risque d’impayé. Jean revault, directeur du marché affacturage chez GE Capital – FactoFrance, confie que « son existence est extrêmement fréquente dans les dossiers gérés » par son entreprise. « Nous l’incluons dans notre première formule pour les besoins de financement allant jusqu’à 25000 euros », précise Bozana Douriez. Les jeunes TPE se tournent fréquemment vers cette option. Elle peut notamment être intéressante lorsqu’on compte une multitude de clients de petite taille ; mais si les factures sont adressées à quelques grands comptes, la souscription perd de sa pertinence. Pour une jeune société, quelques défauts de paiement peuvent s’avérer fatals. La question ne doit donc pas être prise à la légère. Une assurance-crédit joue également un rôleBusiness guides - Affacturage CLUB ENTrEPrENDrE AFFACTURAGE NOTIFIÉ OU NON« Mauvais payeurs, on vous surveille. » C’est ainsi que pourrait s’interpréter l’affacturage notifié qui vise à déléguer la gestion des factures à un factor en en informant le client par une mention de subrogation stipulée sur ladite facture. si certains factors y voient une simple transparence dans le fonctionnement, d’autres spécialistes comme Jean revault soulignent « l’effet dissuasif à l’égard d’éventuels habitués des opérations impayées que représente ce choix ». a l’image de Gilles, nombre de dirigeants s’inquiètent de la proximité des relations client, qui peut être entachée par ce biais. Mais rien n’empêche de garder la main pour certains interlocuteurs privilégiés. Le choix de la notification ou de la non notification n’a rien d’exclusif. autre crainte : celle de perdre de vue ses clients une fois la facture transmise. Là encore, rien d’automatique. Dans un cas d’affacturage en gestion déléguée, il est envisageable de suivre l’évolution des encaissements par l’intermédiaire des relevés de paiements produits par le factor.LE PLUS« ASSURANCE-CRÉDIT »56d’alerte émise par le factor quant à l’état de santé de clients potentiels.AFFACTURAGE INVERSÉPrenez un fournisseur et son client, mettez ce dernier sous contrat avec un factor, et vousSon développement en France est récent, mais il est en forte croissance », observe Bozana Douriez. Le contrat a dans ce cas l’avantage de permettre au donneur d’ordre de faire financer ses factures en un temps record en contrepartie d’un escompte. Le client sécurise sa chaîne d’approvisionnement et le fournisseur bénéficie d’un paiement en 48 heures, voire moins. « L’affacturage inversé reste plutôt réservé aux grandes entreprises. Contrairement à une situation classique d’affacturage où le factor dilue le risque sur un grand nombre de débiteurs, dans ce cas, le risque est concentré sur un seul débiteur. Il faut donc que la société soit de qualité, synonyme de garanties », estimeobtenez l’affacturage inversé. «Jean revault.aussi appelé « reverse factoring », la formule a connu un succès phénoménal aux Etats-Unis après la crise financière de 2008. Dans l’Hexagone, c’est depuis 2012 que son intérêt a véritablement commencé à convaincre. La demande aurait été initiée par les grands groupes en recherche de solutions pour soutenir leurs fournisseurs et consolider leurs relations. Le Conseil d’analyse économique (CaE) a fait part en décembre dernier de son soutien à ce dispositif afin d’assurer les PME contre le risque de délais de paiement trop importants des donneurs d’ordre. « Les modalités de l’affacturage inversé paraissent parfaitement adaptées à la situation dans laquelle une ETI, une grande entreprise ou une collectivité locale est en relation avec de nombreux fournisseurs », indique le rapport publié.Mars 2015 45]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Business guides - Locaux ponctuels d’entreprisessOs mètres carrésL Les entreprises, telles des sisyphe faisant rouler leur pierre, sont toujours à la recherche de mètres carrés supplémentaires de manière ponctuelle. Des solutions existent ?Par Pierre-Jean Lepagnota vie de l’entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. Et si la la location de bureaux et de salles de réunion s’est beaucoup étoffé avec gestion, le marketing et le management sont les missions quotidiennes l’explosion de sites Internet dédiés, qui facilite le rapprochement entre assumées par les dirigeants, il subsiste un thème susceptible de l’offre et la demande au meilleur prix. Même constat pour les salles de sé-donner le tournis aux plus chevronnés : la location d’un lieu pour un minaires où évoluent un nombre incalculable d’acteurs (de la chaine évènement ponctuel, qu’il soit destiné à faire face à un surcroît d’activité d’hôtels de seconde zone au palace en passant par le parc d’attraction et les ou à organiser un séminaire ou une réunion. En réalité, la tâche semble cabarets), soucieux de s’accaparer une part du gâteau en ces temps moroses. plus simple qu’il n’y paraît. Depuis quelques années en effet, le marché de La preuve...« Ciel, mes bureaux sont trop petits ! »Pour la concurrence, les lamentations du patron qui s’échine à chercher un lieu pour accueillir l’équipe recrutée spécialement afin d’honorer un contrat inattendu n’est qu’un problème de riche. Certes, mais un problème quand même. Pas d’inquiétude, entre la simple extension dans le même immeuble, la sous-location, le service quatre étoiles des centres d’affaires et les sites Internet de partage, l’entrepreneur à la recherche de mètres carrés devrait trouver son bonheur.L’EXTENSION : LES ATOUTS DU BON VOISINAGE avant que la recherche d’un espace de travail supplémentaire ne se transforme en quête du Graal, pourquoi ne pas aller au plus simple, c’est-à-dire passer un coup de téléphone au syndic ou gestionnaire de biens en charge de l’immeuble ? Compte tenu de la situation mo- rose du marché (taux de vacance de 7,7% en Île-de-France à la fin juin 2014, selon Keops, spécialiste du conseil en immobilier d’entre- prise et filiale de Nexity), l’appel a près d’une chance sur dix d’aboutir favorable- ment. « Attention, pré- vient Odon de Couas- non, directeur du dé- partement petites et moyennes surfaces Paris chez CBrE, un autre spécialiste du conseil en immobilier d’entre- prise, les propriétaires ne pensent pas toujours à prévenir leurs loca- taires de la vacance d’une surface de bu-46 Mars 2015prise réduit considéra- blement son travail ad- ministratif et simplifie l’aspect juridique de l’opération, en calant l’ensemble de ses échéances », souligne Odon de Couasnon. Cette tendance est confortée par le souci d’optimisation des pro- priétaires. Dans une conjoncture dégradée où les locataires de confiance se font rares, ils peuvent préférer louer, même pour une courte période, à une entreprise qu’ils connaissent déjà.« Ils exagèrent quand même un peu dans le Feng Shui ici... »si l’offre de bureau vide existe en France, rien ne dit pour autant que le bureau idéal est dans l’immeuble. Dans ce cas, pas d’inquiétude, des alternatives existent, au premier rang des- quelles la sous-location. « En raison de la durée des baux (3-6 mais sur-reaux dans leur immeu- ble. Il nous arrive ainsi régulièrement de pro- poser une location, même pour uneéchéance courte, d’une surface vacante dans le même immeuble et dé- tenue par le même pro- priétaire. » Les avan-tages d’un tel deal sau- tent aux yeux : la proxi- mité des bureaux et la simplicité administra- tive. « En fondant parun avenant au bail de départ la surface addi- tionnelle aux surfaces déjà louées pour obtenir un bail unique, l’entre-LA SOUS-LOCA- TION : VIENS CHEZ MOI,JE TRAVAILLE DANS UNE AUTRE ENTREPRISECahier pratique n°2 - Immobilier d’entrepriseŒ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[Stéphanie VONDIÈRE, Responsable Gestion d’Actifs Immobiliers chez Poste Immo à Lyon (France)LA MÉTROPOLE*www.economie.grandlyon.com]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Business guides - Locaux ponctuels d’entreprisestout 9 ans), d’une activité moins forte qu’anticipée, de nombreuses entreprises louent des bureaux qui se sont avérés trop grands. Pour amortir le coût du loyer, elles proposent de sous-louer, ponctuellement ou à plus long terme, une partie de leurs locaux à d’autres entreprises pour un prix inférieur à celui du marché primaire », ex- plique Odon de Couasnon. seule contrainte juridique, le locataire principal est obligé de demander à son propriétaire l’autorisation de sous-location d’une par- tie de ses locaux. Pour le sous-locataire, les avan- tages sont doubles : d’une part il profite des installa- tions existantes et les coûts d’aménagements sont dès lors très réduits, d’autre part, il jouit d’un loyer préférentiel puisque le loueur n’a pas le droit de louer plus cher que le prixqu’il acquitte lui-même. « à la pointe de l’innovation, élevé, ce qui offre plus de la solution de la société Ce système se développe mis en location pour souplesse aux entreprises Bureaux à partager permet beaucoup actuellement, et des contrats de prestations sensibles aux coûts de dé- depuis 2007 de rentabiliser nous réalisons des opéra- de services très courts (en- part. Pour un prix moyen un espace inoccupé de vo-core, les entreprises peu- vent solliciter les services de sites Internet comme Bird-Office. Cette jeune société de réservation d’es- paces professionnels à l’heure où à la journée, re- prend un modèle qui a fait le succès de airbnb en le dupliquant à l’univers B2B. Grâce à sa plateforme de réservation en ligne, Bird Office offre à ceux qui re- cherchent une salle pour un évènement spécifique de comparer de nom- breuses offres et de réserverLe sous-locataire jouit d’un loyer préférentiel puisque le loueur n’a pas le droit de louer plus cher que le prixtions très avantageuses pour nos clients », assure Odon de Couasnon.qu’il acquitte lui-mêmetre un et douze mois re- nouvelables, avec un à deux mois de préavis). « Le succès de la formule ne doit pas qu’aux locaux eux-mêmes, mais aussi au service, assure anne Gui- nebault, senior manager chez servcorp. Outre une localisation commerciale dans le centre de Paris, nos bureaux comprennent la gestion des locaux, de l’aménagement à l’entre- tien, en passant par l’ac- cueil et les solutions de télécommunication. » En- fin, le dépôt de garantie requis à l’entrée est peutre actif immobilier. Entre une demande assurée et une offre qu’il faut stimu- ler, le tour est joué. au- delà du coût, l’autre avan- tage du bureau partagé est sa flexibilité. « Avec nous, fini la contrainte du bail de 6-9 ou 12 ans. Chez nous, les entreprises choi- sissent la durée de la lo- cation au mois près et peu- vent ajuster à la hausse comme à la baisse la taille de leur location », explique Clément alteresco. Pour sous-louer à peu de frais un bureau durant un laps de temps plus réduit en-LE CENTRE D’AFFAIRES :LE CHOIX DU« ALL INCLUSIVE » Pour les réticents aux dé- marches de recherches de sous-location, pour ceux qui privilégient les adresses prestigieuses ou encore pour les adeptes du « clef en main », le centre d’affaires s’impose comme la solution idoine. Il s’agit d’espaces de bureaux pré- aménagés, tout confort etd’environ 600 euros par mois et par poste, le bureau équipé représente donc une solution « all inclusive » attractive. « D’autant qu’avec la crise, les centre d’affaires proposent des offres très compétitives », assure Odon de Couasnon.ite. «« recherche lieu de séminaire désespérément »LES PLATEFORMES DE RÉSERVATION : L’IMMOBILIER À L’HEURE DU 2.0directement sur le s. Pour une centaine d’euros par jour, une entreprise peut louer par notre inter- médiaire un bureau tout occupé bien placé sans se soucier de la paperasse administrative », se félicite arnaud Katz, CEO co-fon- dateur de la société.a mi-chemin entre le cour- tage en immobilier, la col- location d’entreprises et la création d’espaces de tra- vail partagé (co-working),Crise oblige, la période faste des sé- minaires, congrès et autres événe- ments exceptionnels organisés au bout du monde semble révolue. Les dépenses des entreprises françaises et étrangères établies en France ont été réduites de 5,2% en 2014, d'après la dernière enquête de Coach Omnium, une agence spécialisée dans les études de marché en matière de tou- risme et d’hôtellerie. Pour autant, malgré un climat économique morose et l’explosion de la vidéoconférence, ces moments de rapprochement entre salariés, dirigeants, clients ou fournis- seurs sont encore largement pratiqués par les entreprises françaises. alors que les budgets sont tirés vers le bas, le choix de la « bonne adresse » constitue plus que jamais un élément clé de la réussite.NI TROP LOIN NI Paris, les entreprises privilé- commun. ailleurs, elles de- TGV. « En général les en- TROP PROCHE gient les salles proches de vront se situer à proximité treprises organisent des sé- Premier critère de sélection stations de métro, bien des- d’axes routiers importants, minaires dans les villes où du lieu : l’accessibilité. Dans servies par les transports en d’un aéroport ou d’une gare elles ont des filiales. Quand« Mais qui a trouvé cette salle de séminaire trop petite ? Vous monsieur le Président ?... Excellent choix, cela soude les équipes ! »48 Mars 2015]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frLE CHOIX DE LA SIMPLICITÉDans un souci d’économie de temps, les entreprises préfèrent négocier avec unMars 2015 49nous sommes principale-de séminaire d’entreprised’un budget. Fort de cecongrès, conventions in-monde. Pour .basés en France, le groupe Bird-Office entend, lui aussi, tirer son épingle du jeu. Organisée comme une plateforme communautaire, cette société permet de ré- server en ligne une salle de séminaire, à l’heure ou à la journée.Business guides - Locaux ponctuels d’entreprises CLUB ENTrEPrENDrEluxe à l’économique, dotés de salles de réunion, dans 90 pays à travers le monde », se félicite le qua- trième groupe hôtelier duelles choisissent Paris, c’est souvent parce que l’ensemble des collaborateurs est en Île- de-France. Il y a rarement compétition entre Paris et les villes de Province », révèle Valérie Ducaud, directrice Bureau des Congrès chez OnlyLyon. L’enjeu est de taille, alors que la durée des séminaires se réduit en raison de la baisse des bud- gets. « Depuis la crise, nous réunissons moins de gens, nous partons moins loin et moins longtemps », indique Mark Watkins, président de Coach Omnium, qui a sorti la 22e édition de son baro- mètre annuel sur la santé du marché du « MICE » (sé- minaires, conventions, congrès, incentive). res- triction budgétaire oblige, les séminaires ont changé de visage. En 12 ans, leur durée est passée de deux à une journée (voire une demi-journée), selon Coach Omnium. résultat, les transports de plus de trois heures sont le plus souvent éliminés d’office par le ma- nagement pour une question de rentabilité. autre point, le timing. Pour les diri- geants cherchant encore un lieu de séminaire à quelques mois du jour J, pas d’in- quiétude : la tendance est en effet de s’y prendre à la dernière minute ou presque, comme le constate Laura Faure, directrice marketing et développement commer- cial international-Business solutions Disneyland Paris : « En contexte de crise, les entreprises ont tendance à réduire le temps de prépa- ration des événements à deux/trois mois à l’avance car parfois le budget ou la stratégie est validée tardi- vement ». Et pour remporter la victoire, chaque site en- tend jouer sa carte. Valérie Ducaud assure ainsi qu’à Lyon « l’optimisation des coûts est rendue possible grâce à des choix de dates où la demande est faible (périodes scolaires, pé- riodes entre les ponts). Le poste restauration est ici 20% moins cher qu’à Paris avec un excellent rapport qualité /prix ».L’ESSOR DES PLATEFORMESEN LIGNELes hôtels trois et quatre étoiles s’imposent encorefaires. « La valeur ajoutée d’une telle solution : ac- compagner de A à Z les entreprises dans l’organi- sation de leurs événementsseul interlocuteur polyvalentplutôt que discuter avecplusieurs prestataires spé-cialisés. « Pour les événe-ments professionnels (réu-nions, séminaires, congrès), comme les premiers lieux leur choix, dans la limite professionnels, séminaires,En quelques pas, les invités passent du côté business au côté loisir, ce qui est de plus en plus appréciément retenus pour la plu- ralité de nos expertises. Nous regroupons près de 20 métiers, du chargé d’évé- nement au chef traiteur, en passant par le régisseur, l’expert sécurité, etc. Tout cela coordonné par un in- terlocuteur dédié, ce qui est vraiment un avantage pour le client : un seul de- vis, un gain de temps dans les échanges, et une qualité de service Disney recon- nue », se félicite Laura Faure. Le Moulin rouge l’a bien compris. Le cabaret parisien reçoit bien sûr chaque soir des salariés en séminaire. Mais, depuis le rachat de la boite de nuit adjacente, La Locomotive, nommée désormais La Ma- chine du Moulin rouge, le cabaret offre également aux entreprises la possibilité de se réunir pour une cession de travail avant de se rendre au dîner-spectacle dans un espace de 2000 m2 à dix mètres du cabaret. « Cette offre combinée recueille un vrai succès, assure le di- recteur commercial du groupe, Fabian Decaux. Les entreprises sont effet sé- duites par le côté pratique du service. En quelques pas, les invités passent du côté business au côté loisir, ce qui est de plus en plus apprécié. » En clair, les en- treprises sont désormais en quête d’un lieu susceptible de combiner travail et loisir, comme le constate Laura Faure : « Pour les événe- ments divertissants et de motivation, le côté festif est clairement un plus, car nous avons déjà les décors qui instaurent une certaine at- mosphère, pour les soirées à thème et privatisations des attractions/restaurants. Enfin, le fait de pouvoir garder les participants sur un site intégré toute la du- rée de l’événement ajoute de la cohésion et de l’in- teractivité. »prisés par les clients (étude Coach Omnium) : c’est dire la nécessité d’adopter une stratégie pertinente de rationalisation des coûts !constat, accor propose de- puis peu, via une plate- forme, divers établisse- ments hôteliers pour orga- niser une réunion d’af-centives, etc. Et ce, en vous permettant de consulter en un clic un catalogue in- teractif où sont référencés plus de 2000 hôtels, duComment ? En disposant en premier lieu d’un « ca- talogue » exhaustif d’hô- tels, tant en quantité qu’en qualité, pour faire le meil-les séminaires]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Business guides - Flottes auto / Car policyUne affaire qui rouleLe choix d'un véhicule n'est pas sans conséquence sociale, budgétaire ou environnementale. U Comments'yretrouverdansl'undespostesdedépenseslesplusimportantspourlesentreprises?n P-Dg ne 90 possède un gram- roule pas en mage de 95g/km dans Twingo car sa version Energy dCIl’image de l’entreprise 90. Conséquence duen serait entachée. De même, un commercial émérite ne roulera ni sans accoudoir central, ni sans GPs. Des lieux communs de la car po- licy à ne pas négliger. Mais cette face visible de l’iceberg cache maints enjeux dans la gestion de parc. Que privilégier ? La prise en compte du bonus/malus et de la TVs ? Oui, certes. Le coût total de détention (TCO) ? Bien évidem- ment. Le TCO conduc- teur?ahbon!Lechoix des collaborateurs ? ah oui, cela aussi. Mais cette liste non exhaus- tive relève du casse- tête dès lors qu’il s’agit de manier ensemble les concepts pour optimiser les coûts de gestion. Coup de projecteurs sur les points essentiels à prendre en compte et les pièges à éviter avant même d’avoir choisi un constructeur.Il y a plus simple pour tailler dans les dépensestour de vis fiscal, cette volonté d’optimisation n’est pas sans consé- quences pour les ges- tionnaires de flottes. Le baromètre version 2012 de l’Observatoire du vé- hicule d’entreprise (OVE) évoquait ainsi une perte de confiance des gestionnaires d’en- treprises de plus de 100 salariés souhaitant ré- duire la taille de leur parc sur les années à venir, tandis que leurs homologues gestion- naires d’entités plus mo- destes avaient toujours des difficultés à antici- per un accroissement ou une baisse de leur flotte. La durée de détention des véhicules ne doit pas non plus être négli- gée. En effet, le baro- mètre 2014 de l’Obser- vatoire du véhicule d’entreprise pointe que la période moyenne au- rait progressé de 11% pour les petites entre- prises, et de 17% pour les entreprises de plus de 100 salariés. Des chiffres qui changent la donne au moment d’éla- borer ou de faire évoluer sa car policy.SYMBOLEpatronales (CsP)). Cer- tains d’entre-eux sont directement liés au type de véhicule choisi au sein des flottes. Par exemple, pour les véhi- cules mis en circulation au premier juin 2004 non utilisés ou achetés par les entreprises, la taxe sur les véhiculeslégère, si ce n’est en matière de légèreté d’émanation de son taux de CO2. a ce sujet, force est de reconnaître l’effort entrepris depuis quelques années par les constructeurs en matière de motorisations moins gourmandes ou hy- brides. Prenons l’exem-équipements de série en accord avec les attentes des conducteurs (GPS, climatisation, accoudoir central, galette de se- cours...), la gamme de véhicules compose avec des taux de grammage impactant la consom- mation, le bonus malus ou la TVS, qui font par- tie des plus bas du mar-ché : Ford Cougar 120g/km de CO2 pour le segment SUV, Ford Fiesta, 85g/km de CO2 ou encore la Ford Focus 88g/km de CO2 ». a ti- tre de comparaison, la Clio III 1,2L 16V rejette 135g/km, la Mégane III, 1,6L dCI 130 s’en sort avec un taux de 90g/km et le Captur Energy TceIncontournable dans les stratégies de rémunéra- tion, le véhicule de fonc- tion possède une charge émotionnelle. Mais c’est un symbole démonétiséSTATUT SOCIALsynonyme d’avantage en nature difficile à ma- nier. Car cette part de la rémunération inclut des coûts directs et des coûts indirects (Taxe sur les véhicules de société (TVs), Impôt société (Is) et Cotisation fon- cière des entreprises (CFE), Charges sociales50 Mars 2015de société est basée sur un barème écologique qui établit un tarif en fonction du grammage de CO2, lui même seg- menté selon le taux d’émission ainsi que la puissance fiscale du vé- hicule. Le choix du vé- hicule n’est donc vrai- ment pas à prendre à laple d’un constructeur que Philippe Flon, di- recteur des ventes so- ciété, véhicule d’occa- sion et remarketing chez Ford France, nous dé- taille : « Ford propose deux business series dont l’une dotée d’un système de navigation intelligent. Outre sesNon, il ne s'agit pas de la sucrerie que l'on vous propose à la fin d'un dîner à base de spécialités fromagères. Mais bel et bien de la gommette autocol- lante laissant des traces sur votre pare-brise. L'annonce a été faite au début du mois de février : le ministère de l'Ecologie a décidé de remettre au goût du jour un « certificat vert » de- vant être apposé sur les véhicules pro-pres. En outre, une prime écologique, de 10000 euros maximum, sera oc- troyée pour l'achat d'un véhicule élec- trique neuf en remplacement d'une voiture Diesel. Constructeurs et entre- prises clientes trépignent en attendant le décret d'application qui précisera les conditions d'octroi du bonus pour l'achat d'un véhicule 100% électrique.En 2012, moins de 20% des gestionnaires envisageaient d'acheter des véhicules de marque étrangèrePour établir sa car po- Vous reprendrez bien une pastille verte ?LégislationCahier pratique n°3 - Flottes d’entreprise]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[Business & Flottespeugeotprofessionnel.frNOUVELLE PEUGEOT 508 RXH BlueHDiLA ROUTE EST SON TERRITOIREÀpartirde 490€ TC/mois (1)Après un 1er loyer de 2 755 € TC (1)NOUVELLE BOÎTE NAVIGATION AVEC AUTOMATIQUE EAT6 ECRAN TACTILE(2)NOUVEAU MOTEUR 2,0 L BlueHDi 180Moteur 2,0L BlueHDi 180 EAT6 : consommation mixte en l/100 km : 4,6 ; émissions de CO2 en g/km : 119.(1)Exemple pour la location longue durée d’une Nouvelle Peugeot 508 RXH BlueHDi 2,0L BlueHDi EAT6 180, option peinture métallisée, neuve et sous conditions de reprise, sur une durée de 36mois et 60 000 km, incluant la prestation facultative Peugeot Contrat Privilèges Maintenance 36 mois/60 000 km(2). Coût total de la location hors prestation facultative 18 205 € TC. Conditions de reprise disponibles dans les points de vente Peugeot. (2)Selon conditions générales du Peugeot Contrat Privilèges Maintenance, disponibles dans le réseau Peugeot participant. Offre non cumulable, réservée aux professionnels, valable du 01/02/2015 au 30/04/2015, pour toute location longue durée d’une Nouvelle Peugeot 508 neuve dans le réseau Peugeot participant, et sous réserve d’acceptation du dossier par PEUGEOT FINANCE – Loueur : CREDIPAR, SA au capital de 107300016€, RCS Nanterre no 317 425 981 – 12, avenue André-Malraux, 92300 Levallois-Perret. No ORIAS 07 004 921 (www.orias.fr).NOUVELLE PEUGEOT 508 RXH BlueHDiDécouvrez le style distinctif de la nouvelle Peugeot 508 RXH BlueHDi, et laissez-vous séduire par son nouveau moteur Euro 6 2,0L BlueHDi 180 EAT6 (équipé de la nouvelle boîte automatique 6 rapports) qui procure un excellent agrément de conduite et une consommation de carburant réduite comparable à celle des meilleures boîtes de vitesses manuelles. Couplée au Stop and Start, la technologie BlueHDi permet également de réduire jusqu’à 90 % l’émission des oxydes d’azote (NOx) dans l’air mais aussi d’éliminer 99,9 % des particules fines, tout en optimisant les émissions de CO2. La nouvelle Peugeot 508 RXH est également disponible en version HYbrid4.]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18CLUB ENTrEPrENDrE Business guides - Flottes auto / Car policyassureurs partenaires, le système de freinage auto- matique en cas de danger active city stop entraîne par exemple une baisse de 27% de la sinistra- lité. » Cette seconde phase n’évolue que dans de rares cas de figure et se modifie en fonction no- tamment des changements législatifs impactant di- rectement le coût de re-longue durée (LLD), Lo- cation moyenne durée (LMD), externalisation complète de la gestion, gestion en propre, etc. a qui reviendront de droit la Laguna full options et laCliosansGPs?Onle devine aisément... Plus sé- rieusement, trois idées doi- vent conditionner le choix du véhicule : « Parce qu’il fait partie du package sa-(RSE) de sorte à ce que les véhicules soient ver- tueux et moins fiscalisés », catégorise Grégory Libre, directeur commercial et marketing d’arval. En 2013, selon l’OVE, cer- tains critères prévalent sur le reste. Dans l’ordre d’im- portance, les moyens de sélection des véhicules restent les mêmes quelle que soit la taille de l’en-InnovationVoitures connectéesOutre les coûts d'exploitation classiques, tels que le carburant ou l'assurance, le PDE (plan de mobilité) entend quantifier les risques et ainsi impacter à la baisse les coûts directs ou indirects de sinistralité. Ce plan passe par un audit puis l'implémen- tation d'une nouvelle conduite pour les chauffeurs maladroits dans l'usage de leur outil de travail. Ce faisant, les technologies se développent. Le CES de Las Vegas fut ainsi l'occasion pour le loueur Arval de pré- senter son application de gestion en temps réel. De même, de nouvelles interfaces viennent révolutionner le quotidien des conducteurs. L'application Fleet Note in- vite ainsi via smartphone le conducteur às'impliquer dans la gestion en direct de son propre véhicule. Bonne nouvelle ! C'est donc la mort lente des gestions de parc déclaratives en matière de carburant. Les mastodontes des nouvelles technolo- gies commencent d'ailleurs à se position- ner sur la question, à l'image de Google et de sa participation au consortium Automo- tive Alliance en compagnie des Audi, GM, Honda et Hyundai. Apple ne semble pas non plus en reste sur ce marché des voi- tures connectées. Notons également que Europcar est devenu actionnaire majori- taire d'Ubeeqo, spécialisé dans la géoloca- lisation et la télémétrie. La révolution est en marche.Le conducteur est le premier facteur impactant le coût prédictiflicy, le gestionnaire doit respecter plusieurs étapes. La première est délicate, car elle peut susciter des jalousies entre collègues aujeude«quialaplus grosse »... voiture. Il s’agit en effet d’établir un clas- sement des collaborateurs selon leur fonction et leur titre au sein de l’entreprise. au carrefour des diffé- rentes fonctions, cette clas- sification oblige rH, DG, DaF, direction des achats et gestionnaires de parc à établir ensemble une hié- rarchie selon les condi- tions exprimées à la si- gnature du contrat de tra- vail révisées à la hauteur des responsabilités réelles de chaque collaborateur. Ici, rien n’est gravé dans le marbre. au contraire, les dérogations sont pos- sibles et les arbitrages consistent en un savant équilibre entre compromis, satisfaction des intéresséset ajustement de la car policy selon la volonté de la direction générale. Cette fameuse grille d’éli- gibilité établie, il s’agira ensuite de définir, en fonc- tion de chaque niveau, un type de véhicule à chaque catégorie, sans pour autant préciser les marques constructeur. Cette se- conde étape n’est pas non plus aisée, car c’est le mo- ment de définir un gram- mage maximal pour fixer la TVs en fonction des catégories, les cadres sup se voyant souvent octroyer un droit d’émanation plus grand pour une voiture mieux équipée. Philippe Flon nous décrit ces op- tions chez Ford : « Notre offre convient particuliè- rement aux gros rouleurs. Calcul et correction de trajectoire, active city stop, vigilance du conduc- teur, assistance pour les angles morts. Autant d’op-vient de la politique adop- tée.En fonction de ces deux grilles de critères, sorte de passage obligé pour une gestion optimale, le responsable flottes procé-larial, il doit être sédui- sant. Le véhicule de fonc- tion doit ensuite être ap- préhendé dans une ap- proche du TCO pour éviter toute mauvaise surprise- budgétaire au gestion- naire. Enfin, le véhicule doit être considéré selon les données Responsabilité sociale de l’entreprisetreprise : d’abord, le prix d’achat, puis le TCO, la marque du véhicule, la fis- calité et enfin le respect de l’environnement. Dans les faits, le critère du TCO s’explique par le taux de pénétration de la LLD dans les grandes entre- prises. Maxime sartorius, président de Direct Fleet,tions qui permettent d’op- dera enfin à l’élaboration timiser la sécurité des du catalogue véhicule en conducteurs et de limiter fonction du mode de ges- la sinistralité. Selon les tion choisi : LocationLe lexique de la flotte-auto(à l’usage des nuls)TVS : C’est la taxe sur les véhicules de société, dont le montant diffère selon le type de véhicules : taux d’émission de CO2, puissance fiscale, émission de polluants atmo- sphériques.TCO : Le Total Cost of Ownership, ou coût total de dé- tention, est un indicateur de gestion qui prend en compte l’ensemble des coûts directs et indirects liés à la détention et à l’usage d’un véhicule.LLD et LMD : Désigne la formule de la location, qui peut être de longue ou moyenne durée.Bienvenue dans le maquis législatif de la flotte auto52 Mars 2015]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frBusiness guides - Flottes auto / Car policy CLUB ENTrEPrENDrEconseil et gestion admi- nistrative en parc de vé- hicules, ajoute : « Il existe un lien direct entre la taille de l’entreprise et la ges- tion technique du parc : plus elles sont grandes, plus elles vont recourir à la LLD. Deux critères très forts interviennent. Pre- mièrement, une petite en- treprise a une approche très directe et recourt da- vantage au crédit bail ou à l’achat comptant. Les grandes entreprises, elles, ne sont pas pilotées par les comptes de résultats mais par le cash, et déci- dent généralement de ne pas allouer de ressources financières aux véhicules au profit de postes plus stratégiques. » La LLD semble également se prêter davantage aux véhicules haut de gamme, dans la mesure où le loyer se cal- cule selon l’écart entre le prix d’achat et le prix derevente. « Plus on va sur les véhicules haut de gamme, plus la valeur ré- siduelle est élevée. Les options sont aussi valori- sées dans la valeur rési- duelle, mais le pourcen- tage de valorisation dé- pend de chaque loueur », précise Philippe Flon. En outre, L’OVE soulignait en 2012 que moins de 20% des gestionnaires envisa- geaient d’acheter des vé- hicules de marque étran- gère pour optimiser leurs coûts, en raison d’un manque d’adéquation du type de voiture avec l’image que souhaitent vé- hiculer les grandes entre- prises. Difficile effective- ment d’imaginer à l’époque Montebourg rou- ler en Ford, en tant qu’am- bassadeurs du Made in France et de l’innovation tricolore. Le choix des marques françaises s’ex- plique aussi par la mé- fiance des chefs de parc quant à ces marques étran- gères sur une éventuelle baisse du TCO. Et ce, en dépit des marques pre- mium allemandes, entre autres, bénéficiant d’une très bonne valeur rési- duelle ou de certaines marques nippones, connues dans le monde entier pour leur faible im- pact environnemental... et donc fiscal.MALTRAITANCE AUTOMOBILEMais la tâche des chefs de parc ne s’arrête pas là, bien au contraire, puisque ces gestionnaires travaillent de plus en plus sur la notion de TCO conducteur, quel que soit le type de véhicule choisi : « 40% de ce que coûte le véhicule dépend de la façon dont vous le conduisez. En d’autres termes, investir dans un budget de formation à l’eco-conduite permet de faire baisser les coûts de la sinistralité », complète Grégory Libre. Le conduc- teur est effectivement le premier facteur impactant à la hausse ou à la baisse le coût prédictif, en jouant sur le coût d’exploitation (assurance, carburant, en- tretien). Moins courant d’entendre « Chéri(e), fais gaffe à la Xantia ! », quand il s’agit du véhicule confiépar l’entreprise. Et sans al- coûtent 150 euros. Mais ment routiers », remarque ler jusqu’à parler de qua- c’est six fois le prix qui Grégory Libre. Les efforts tre-roues maltraitées, les est économisé en consom- en matière de télématique, conducteurs de voitures mation de carburant sur tant chez les constructeurs d’entreprise semblent la durée du contrat. On que chez les loueurs ou moins attentifs à leur constate également un les professionnels de laLa méfiance des chefs de parc quant à ces marques étrangèresdonc pas se cantonner à un rôle de surveillance etconsommation ou aux obli- gations de maintenance que pour leur auto personnelle. « Nos formations d’éco- conduite sur simulateurécart pouvant atteindre les 30% en termes de consom- mation, d’amendes ou de pneumatiques selon nos études sur les comporte-communication ont ici un vrai rôle à jouer. Outre l’aspect primordial de la sécurité des conducteurs, les chefs de parc ne doiventde lo.cules. Les outils pour mo- nitorer une flotte autorisent aussi à créer des best prac- tices de conduite en fonc- tion des indicateurs de consommation des véhi- cules et de surveillance des comportements des conduc- teurs.calisation des véhi-Geoffroy FrameryMars 2015 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE}TOSHIBA GLOBAL COMMERCE SOLUTIONSMADAME CATHERINE MENGINCatherine Mengin est promue directeur global integrated account de Toshiba Global Commerce solutions (Toshiba TEC), à ce poste depuis janvier 2015.Catherine Mengin , 54 ans, diplômée de l'université d'agronomie de Gand (Belgique), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Toshiba Global Commerce solutions, country sales leader.n 2006-2012 : IBM France, directeur retail store solutions.} SAGEMONSIEUR CHRISTOPHE LEFORTChristophe Lefort est nommé directeur général du segment Créateurs d'entreprises et TPE de Sage, à ce poste depuis février 2015. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Antoine Henry, directeur général France. A ce titre, il intègre le comité de direction. Ce segment regroupe les offres destinées aux entreprises de moins de 20 salariés, dont un client Sage sur 6 utilise une solution de mobilité pour sa gestion comptable, commerciale ou sa paie.Christophe Lefort , BBA de l'ESCG (1982), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2013 : Blackberry, directeur général France et Europe de l'Ouest.n 2010-2012 : Research In Motion (devenu Blackberry en 2013), directeur général France.n 2008-2010 : Research In Motion, senior director carrier relation France.n 2004-2008 : Carphone Warehouse, executive director Enterprise division France.n 1998-2004 : Opteway (géolocalisation), cofondateur, directeur marketing et business development. n 1996-1998 : MetaCreations, directeur commercial et managing EMEA.n 1992-1996 : Adobe Systems Incorporated, directeur marketing Europe du Sud.n 1989-1992 : ISE-Cegos, marketing manager EMEA.n 1984-1988 : Softway Solutions, sales representative.}ORACLE FRANCEMONSIEUR EMMANUEL OBADIAEmmanuel Obadia est nommé vice president of marketing, SaaS applications WE d'Oracle France, à ce poste depuis décembre 2014.Emmanuel Obadia , 53 ans, Télécom SudParis, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Salesforce.com, vice president of marketing.n 2007-2011 : Sage, senior vice president, enterprise product.n 2003-2007 : Sun Microsystems, directeur marketing et partenaires France puis director software pro-duct marketing monde (2004).n 2001-2003 : Peoplesoft, directeur du marketing et des alliances.n 1994-2001 : Lotus, notamment directeur de la stratégie et des technologies pour la région EMEA,puis directeur du marketing et du développement e-business pour l'Europe de l'Ouest. n 1990-1994 : Kortex International, directeur R&D et directeur marketing.n 1986-1989 : KSI (revendue à Kortex International), fondateur.} THALES AVIONICSMONSIEUR GIL MICHIELINGil Michielin est promu directeur général adjoint de l'activité mondiale Avionique de Thales Avionics, à compter de février 2015, en remplacement de Monsieur Michel Mathieu. Il est sous la responsabilité di- recte de Monsieur Patrice Caine, directeur général de Thales. A ce titre, il intègre le comité exécutif.Gil Michielin , 57 ans, ENSERG, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2015 : Thales Optronique, président.n NC-2012 : Thales Avionics, directeur des activités Avionique civile.n 1999-NC : Thales (à Valence), directeur de la SBU Avionique hélicoptères.n NC-1999 : Thales (à Bordeaux), directeur de la SBU Avions de transport et Avions spéciaux.n 1982-NC : Thomson-CSF, début de carrière dans le domaine de la conception des interfaces homme-machine pour aéronefs.} INGENICOMONSIEUR JACQUES BEHRJacques Behr est promu executive vice president Europe, Afrique d'Ingenico Group, à ce poste depuis janvier 2015. Il est ainsi en charge de la région nouvellement créée qui réunit l'ancienne région SEPA et la zone EMEA, en excluant la Turquie, le Moyen-Orient et le Japon. Sa nomination s'inscrit dans le cadre de l'évolution du périmètre d'activité d'Ingenico, avec notamment le recentrage sur 4 zones géogra- phiques (Europe, Afrique ; Asie-Pacifique, Moyen-Orient ; Amérique latine ; Amérique du Nord). Jacques Behr , 52 ans, EDHEC Business School (1984), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2015 : Ingenico, executive vice president EMEA.n 2008-2012 : Ingenico, managing director France puis senior vice president Solutions & TransactionServices (2010).n 2008-2008 : Docapost, directeur de l'activité Decision Analytics d'Experian Europe de l'Ouest.n 2005-2008 : Experian, directeur du développement.n Divers postes dans le monde de la monétique, notamment chez Verifone, NCR ainsi que dans la SSIIOMI. A créé par ailleurs plusieurs entreprises dont Sim@bay qu'il a revendue à GFI.}MICROSOFT FRANCEMONSIEUR WILFRID GUERITWilfrid Guerit est nommé directeur de la division Microsoft Business Solutions de Microsoft France, à ce poste depuis janvier 2015, en remplacement de Monsieur Alexandre Oddos. Il est ainsi chargé de ren- forcer l'engagement de Microsoft auprès des décideurs et de les accompagner dans la transformation numérique de leurs métiers, tant au niveau des services de gestion que marketing et commerciaux. Wilfrid Guerit , Centrale Marseille, DESS de l'IAE d'Aix-en-Provence, a réalisé le parcours suivant :n 2011-2014 : Microsoft Consulting Services, responsable du delivery et des offres.n 2008-2010 : IBM France, directeur Business Analytics.n 2007-2008 : IBM France, assistant exécutif du directeur général des services.n IBM, a géré le développement des activités sur le secteur de la grande distribution pour la France,puis pour l'Europe du Sud. n BM, consultant CRM.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?54 Mars 2015Le baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de rupturesLe verbatim à retenir...Le carnet desnominationsen partenariat avecVous voyez des choses et vous dites : « Pourquoi ? ». Mais moi je rêve de choses qui n’ont jamais existé etjedis:«Pourquoipas?».Le monde ne sera plus jamais comme avant...Des arbres phosphorescents qui éclairent les ruesL’université de Cambridge a mis au point un procédé génétique permettant de transférer la bioluminescence des lucioles à des plantes. Les scientifiques ont pour projet de créer des arbres lumineux pour remplacer les lampadaires. Ils essaient maintenant d’accroître la capacité de stockage de la lumière en croisant les génomes de lucioles et de vibrio fischeri, des bactéries sous-marines.Le métal hydrophobeDes chercheurs de l’université de Rochester (New York) ont mis au point ce matériau qu’aucun liquide ne peut approcher. En gravant des nanostructures superposées sur une surface métallique à l’aide de pulsions laser ultra courtes, les chercheurs sont parvenus à un ré- sultat bien plus efficace que les enrobages chimiques utilisés jusqu’alors. Cette technique pourrait éviter que les ailes d’avions ne gèlent ou permettre de rendre les ordinateurs 100% étanches.L’appareil qui transforme l’eau du bain en tabletteDe chercheurs de l’Université d’électro-communication de Tokyo ont mis au point l’AquaTop Display, une technologie qui permettra de jouer ou de travailler même dans son bain. L’appareil projette un écran numérique interactif à la surface de l’eau et détecte les gestes. Ainsi, du bout des doigts, le geek qui se lave peut dé- placer des images, les agrandir ou les réduire sur la surface aquatique... ou les sup- primer en les noyant ! Ce gadget technologique pourrait être commercialisé rapidement.Dates & Events : ça cogite dur...4 10-11 mars 2015 : Congrès Big Data Paris au CNIT4e édition de l’évènement référent du Big Data en France. Conférences, zone d’exposition avec plus de 100 marques présentes, Trophée Big Data, ateliers et espace innovation : le salon traduira les principales tendances de ce marché en pleine expansion pour les 3500 visiteurs.4 23 mars 2015 : Cérémonie de remise du prix Marius Lavet à la Maisondes Arts et Métiers (Paris) :Cet évènement récompense des ingénieurs dont l’invention a abouti à un succès industriel. Le lauréat sera annoncé dans le cadre de la semaine de l’Industrie. Sont en lice pour devenir lauréats : Pierre Gandel, Alain Méthivier, Joseph Puzo ou Bertin Nahum (dont on parle dans ce numéro).4 17 mars 2015 : « Saclay pitch Night » sur le campus de l’école polytechnique (Palaiseau 91) Evènement organisé par l’X en partenariat avec HEC ouvert au public, s’adressant à tous les étudiants et entrepreneurs ayant un projet de start-up (présentée durant six minutes) ou une simple idée (présentée durant deux minutes).George Bernard Shaw (dramaturge irlandais, Prix Nobel de littérature en 1925)Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frL’innovation autrementLe baromètre de l’innovation sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Pourquoi centenaire ?L’OPEN SOURCE, POUR IMPOSER SA NORMEL’innovation survient dans les secteurs les plus inattendus. La preuve avec Griffon, qui a su rebondir dans les chasses d’eau depuis 1886...On connaissait déjà le coup de tonnerre dans l’industrie d’Elon Musk, le célèbre entrepreneur, actionnaire de PayPal, constructeur d’Aérospatial SpaceX, et surtout P-Dg de Tesla, champion de la voiture électrique haut de gamme. Avec la formule « tous nos brevets vous appartiennent » lancée à ses concurrents, le Sud-Africain a permis aux constructeurs au- tomobiles de réutiliser ses inventions. Son objectif ? Imposer sa techno- logie (notamment ses batteries), et donc les normes qui en dépendent, tout en incitant la concurrence à innover. Toyota lui emboîte le pas en libérant 5680 brevets de sa première voiture à hydrogène, Miraï. Une ouverture symbolique vers l’open source qui va certainement aider le monde de l’automobile à se convertir à l’hydrogène, mais aussi Toyota. Le constructeur japonais a besoin d’accélérer la création d’un vaste ré- seau de stations de recharge compatibles entre constructeurs, indispen- sables à la commercialisation de ses nouveaux véhicules...La rupture du moisPeu de gens le savaient. Le fait de freiner diffuse des parti- cules fines dans l’air (41% du total rejeté). L’entrepreneur Christophe Rocca-Serra, président fondateur de Tallano Technologie, a inventé l’aspirateur à poussières... Simple- ment.si l’entreprise familiale stéphanoise, qui réalise un chiffre d’affaires de 500000 euros, a su perdurer, c’est bien parce qu’elle a transformé un produit ba- sique – réservoir cylindrique enmanie avec un certain talent depuis plus d’un siècle. L’affaire familiale évoluait dans la plomberie. après la seconde Guerre mondiale, la naissance de la fa-acier, mécanisme simple et ma-nette depuis les années 40 – en vé-ritable objet de déco. Il fallait oser,alors que la tendance actuelle dumarché consiste à la cacher enl’encastrant derrière un mur. La so-ciété assume pleinement cet objetqui se voit et vient habiller les toi-lettes. « Nous travaillons l’acier,l’aluminium ou le béton commedans l’industrie, quand tradition-nellement l’industrie sanitaire estabonnée à l’injection plastique,aux gros volumes et faibles prix.Nous sommes passés d’un produitmoche à un objet qui en appelle àl’affect des années 50 et 60 », ré-vèle le responsable commercialVincent rousseau. Un pari ga-gnant puisqu’aujourd’hui la société, qui a exposé à la CCI lors de la Biennale Internationale du design à saint-Etienne en 2013, tire 25% de son Ca grâce aux gammes colorées. Un art du rebond qu’ellemeuse hydrochasse a favorisé son développement, portant ses effec- tifs jusqu’à 100 salariés. au- jourd’hui seulement quatre personnes font tourner la boutique en produisant entre 3500 et 5000 hydrochasses par an. La société di- rigée par Michèle Griffon et sa fille Frédérique innove aussi sur le plan technique « avec un réservoir en aluminium, un fonctionnement si- lencieux, une amélioration du mé- canisme. Nous avons investi dans les machines, pour fabriquer plus en moins de temps », ajoute Vin- cent rousseau. Place au design ex- travagant et à l’innovation produit créant un marché de niche, et pour- quoi pas à l’international. « Nous cherchons à augmenter l’export,Comment avez-vous abouti sur cette solution ?strategy reviewJe ne suis certainement pas un inventeur, mais un entrepreneur, qui est à l’écoute du marché. J’avais un véhicule de fonction très mal conçu, dont le train avant était trop lourd. Je devais souvent freiner, et laver les jantes qui étaient recouvertes de particules. En allant sur les forums, je me suis aperçu que nombre de conduc- teurs rencontraient les mêmes soucis et s’échangeaient des astuces pour limiter les salissures. En faisant mes recherches, j’ai compris que le problème était technique, esthétique, écologique à cause de l’eau gâchée lors des lavages, mais aussi de santé publique : ces particules, composées de plomb, de zinc, de nickel, de chrome, etc., ne sont pas plus grandes qu’un virus et peuvent donc s’immiscer dans les voies respiratoires.par Pascal Junghans Enseignant à l'international - University Of Monaco et à l'université de Troyes - Membre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.Comment expliquez-vous que les grands constructeurs n’y aient pas songé plus tôt ?Celui qui n’a pas le nez dans le guidon pense différemment. Je venais de la chasse de tête, du consulting et de la finance. Les gens du secteur considéraient que les particules étaient inévitables pour le freinage. Le programme européen Horizon 2020 de lutte contre la pollution avait même fixé un objectif de réduction de 50% d’émission pour les freins. L’aspirateur, qui fonctionne avec une dynamo et les conduit directement dans des filtres, atteint lesMsont les exemples d’un constat plus général dressé par l’aGEFOs PME, financeur de la formation dans les petites organisations, dans son baromètre 2015. L’institution relève que les PME consacrent des budgets en croissance à la formation continue de leurs salariés. Et surtout, que ces sommes sont dirigées plus volontiers vers des stages réalisés en interne, dans des cursus construits spécialement, comme des universités d’entreprises. Celles-ci se révèlent alors un fabuleux outil pour la conquête des marchés à l’international et la sécurisation des implantations locales.Car les PME françaises sont enfin bien lancées à la conquête de l’asie ou de l’afrique, dans les zones les plus dynamiques de la planète. alors que l’expatriation devient toujours plus coûteuse, elles recrutent des collaborateurs locaux. Les former en France permet, bien sûr, de leur permettre de connaître l’entreprise, ses process et ses produits.98%.Comment avez-vous été accueillis ?De surcroît, la formation du salarié local renforce la protection de l’entreprise dans les zones sensi- bles qui se sont multipliées sur la planète. ainsi, la perte de réputation, qui est relevée comme un des principaux risques en asie-Pacifique en 2015 par la compagnie d’assurance allianz, peut être com- battue par une action des salariés locaux. Très na- turellement, ils peuvent diffuser auprès de leur environnement les réponses de l’entreprise atta- quée, avec plus de crédibilité qu’une action de communication classique. La France dispose d’un savoir-faire en matière de formation continue et de budgets importants imposés par la loi. Les PME doivent en faire bon usage.Fort de mon expérience de chasseur de tête, j’ai fait appel aux meilleures équipes pour avoir un peu de légitimité. Nous n’accu- sons personne et ne faisons pas preuve d’arrogance, nous propo- sons une solution. Nous ne fabriquons pas, pour ne pas être considérés comme le sous-traitant du sous-traitant. Nous distri- buons des licences, ce qui nous permet de nous adresser au mar- ché sur une échelle globale. Notre but est d’imposer notre norme, car le nombre de constructeurs est restreint. Il n’existe d’ailleurs qu’un système d’aBs ou d’essuie-glace. Je veux m’inspirer de M. Dolby, ingénieur acousticien, qui a gagné 1$ à chaque fois que les sharp, Yamaha, etc., vendaient des amplis. Notre prix doit être faible et nous nous rattraperons sur les volumes quand notre standard sera adopté.Mars 2015 55Le levier formation à actionner se développer à l’internationalultiplast, soperma, Le Duff, toutes ces ETI créent et renforcent leurs universités d’entreprise, comme les grandes. EllesMais il y a plus. L’expérience des grands groupes, comme Veolia ou Danone, montre que des salariés locaux formés en France dans les locaux du groupe sont d’excellents vecteurs de communication au- près du marché local qui sait gré au groupe français d’investir dans la main d’œuvre locale.car pour l’instant nous bricolons avec des gens hors des frontières qui nous ont trouvés sur Internet », constate le responsable commercial.]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Décryptage - La maison connectée de demainL'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique«LL’ARRIVÉE DU SANS-FIL A CHANGÉ LA DONNEPendant longtemps, créer un réseau de domotique chez soi était cher et com- pliqué car il fallait installer des câbles dans les murs. Cela limitait donc la plupart des installations soit aux constructions neuves, soit aux rénovations lourdes. « On était lié à son instal- lateur, explique Hervé Cam- pion, créateur du blog aba- vala !!!, une des références en la matière. Et comme chaque installation était personnalisée, il n’était pas toujours possible d’en chan- ger, chacun ayant sa façon de faire. » Mais l’arrivée, il y a quelques années, de technologies radio à coût relativement faible, a tout chamboulé : on peut au- jourd’hui créer chez soi une installation domotique com- plète sans casser un seul mur, avec des éléments fonctionnant sur batteries. Ce qui signifie qu’un loca- taire peut équiper son lo- gement et emporter avec lui son installation lorsqu’ilConfidentialité des donnéesUn problème qui va s’estomper ?La maison intelligente est très alléchante, mais tout n’est pas si rose. Tous ces services demandent de fournir des données somme toute très personnelles sur ses habitudes de vie à différents interlocuteurs et sur le Cloud (si les so- lutions choisies sont de ce type, et elles sont très répandues). Ce qui ne va pas de soi, malgré des progrès réels en terme de sécurisation des données personnelles sur le Cloud. « Il y aura à faire un choix entre les risques et les bénéfices : chaque information fournie entraîne un service plus affiné en retour », estime Pierre Colle, directeur de l’innovation activité retail chez Schneider Electric. Sans pour autant disparaître, ce dilemme risque fort de perdre de sa puissance. Le problème devrait s’émousser avec l’arrivée de nouvelles générations habituées à l’omniprésence du Net et à la customisation de leur univers, et qui maîtriseront en plus les technologies de production locales (il existe déjà un projet d’imprimante 3D, Origo, destinée aux enfants). Pour eux, l’information existe déjà prioritairementen ligne.a maison du futur » est un thème récur-déménage, et qu’« ajouter un nouvel élément se fait en appuyant sur un bouton sur sa box », décrit Cédric Locqueneux. autant dire que cela change tout. autre révolution récente qui va faciliter la démocratisa- tion de la domotique : l’uti- lisation croissante des ter- minaux mobiles et des ap- plications. Pour commander son installation, pas de nou- velle télécommande à ap- prendre, pas de manœuvre ésotérique à maîtriser : l’écran tactile est une tech- nologie maintenant com- plètement adoptée par le grand public. « Cela a trans- formé la perception de la domotique de « cela gère à votreplace»à«je pilote mon service » », ex- plique Hervé Campion. Enfin, le boom des objets connectés, comme les ba- lances, et leur popularisation font que le grand public s’est également habitué à l’idée de communiquer et de contrôler des instruments du quotidien.IT téléphone maisonLa domotique s’est transformée avec les smartphones et tablettes. On peut déjà tout piloter, ou presque. Mais le meilleur est encore à venir : la maison vraiment intelligente.rent dans les cartoons de Tex avery des années 40. sa vision, forcément paro- dique, était en fait plutôt bien vue, entre appareils de cuisine autonomes et cli- matisation automatique (la cruauté systématique envers les belles-mères n’est, elle, pas encore au programme). En revanche, ce que Tex avery n’avait pas vu venir, c’est que la maison de de- main n’est pas passive, mais agit de façon autonome.SMART HOUSE« La maison va être capable de réfléchir par elle- même », explique Cédric Locqueneux, un passionné de domotique, fondateur du magazine Maison et Do- motique, et qui travaille maintenant chez Domadoo, distributeur et revendeur de produits domotiques. Elle va détecter les habitudes des gens et se programmer en conséquence. » Par exemple, le système de chauffage apprendra les ho- raires et les préférences en matière de température des occupants, et en fonction de la météo, il optimisera au quotidien la consomma- tion d’énergie.Tous ces facteurs font que le marché de la domotiqueLa plupart des surfaces se- ront intelligentes et auto- nettoyantes (par exemple avec des bains de lumière UV), dotées d’écrans tactiles intégrés, tout comme les différents équipements – de l’électroménager à l’inter- rupteur, en passant par la balance, le miroir, la voi- ture... Ils communiqueront tous les uns avec les autres, créant ainsi un véritable ré- seau d’information dans le domicile, qui sera exploité par le système central : la maison. D’un geste de la main, ou de la voix, tout sera pilotable.« Adieu, vulgaires objets non connectés ! »Grâce à des technologieschera des programmes d’ac- cueil appropriés ; ou encore, elle géolocalisera son oc- cupant, et en-dessous d’une centaine de mètres, ouvriraTout cela semble tiré par les cheveux ? De la science- fiction ? En fait, ce qui n’était pas prévu, c’est que cela prendrait aussi long-pour l’instant – mais le ta- bleau dépeint ci-dessus n’est pas si éloigné de ce qu’il est possible de faire actuellement.56 Mars 2015de reconnaissance faciale, et de biométrie en général, la maison reconnaîtra ses occupants et les visiteurs, ouvrira la porte et déclen-le portail, allumera la lu- mière, désactivera l’alarme... Il n’est pas exclu d’imaginer qu’elle sorte même une bière du frigo !temps à arriver. La domo- tique existe depuis au moins une trentaine d’an- nées, et est encore un mar- ché de niche – du moinsAujourd’hui un locataire peut équiper son logement et emporter avec lui son installation lorsqu’il déménage]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frDécryptage - La maison connectée de demain sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUEdevrait exploser dans un proche avenir. Une étude de NextMarket Insight pré- voit, pour 2017, que le mar- ché mondial de la domo- tique atteindra près de 11 milliards de dollars – contre 2 milliards en 2012.plus à gagner de la démo- cratisation de la domotique n’est pas celle à laquelle on pourrait penser, à savoir le jeune un peu geek adepte de la technologie. Non, ceux à qui la maison intelligente profitera le plus – et des installations-tests existent déjà –, ce sont les personnes âgées ou dépendantes. Le vieillissement de la popu- lation engendre des problé- matiques de dépendancesystèmes, aujourd’hui, vont beaucoup plus loin que la simple sirène : il est possible de faire de la simulation de présence, de disperser un gaz opacifiant en cas d’in- trusion, d’alerter les auto- rités automatiquement en cas d’effraction... Deplus,iln’yapasquele particulier qui profite d’une maison connectée. Les as- surances, télécoms, acteur de la sécurité (notammentlance, la liste s’allonge tant et plus. En fait, la principale catégorie d’équipement qui manque encore à l’appel est l’élec- tro-ménager, mais les pre- miers produits (réfrigéra- teurs, machines à laver le linge, plaques de cuisson, hottes...) commencent à arriver sur le marché.ProspectiveEn 2030...Guillaume a eu une journée longue et difficile. Lorsqu’il s’approche de chez lui, à 21 heures – plus tard que d’habitude – sa maison analyse son attitude corporelle – épaules tombantes, regard fatigué –, ouvre la porte, met un éclairage doux et joue sa playlist préférée. Une fois son manteau enlevé (et mis au placard qui le nettoie automa- tiquement), la maison lui propose plusieurs options rapides de dîners livrés en un quart d’heure. Une fois le repas terminé (Guillaume a opté pour les burgers), la machine à café prépare un déca comme il les aime (long, un demi sucre). « Prépare un bain », demande Guillaume. Quelques minutes plus tard, l’eau est à la température parfaite, et Guillaume saisit la tablette fixée au mur pour continuer la lecture du dernier tome de Game of Thrones, enfin sorti. Pendant ce temps, la machine à laver se met en route, uti- lisant l’énergie récoltée par les vitres–panneaux solaires. L’aspirateur automatique nettoie silencieusement le salon. Une fois dans son lit, Guillaume, d’un geste de la main, transforme le mur d’en face en écran pour regarder les nouvelles. Avec un autre geste, les lumières s’éteignent et la maison se verrouille. Le lendemain matin, réveillé par un éclairage progressif exactement à la bonne heure (la maison a consulté son emploi du temps), Guillaume prend son premier café de la journée tout en feuilletant un journal sur la table-écran de la cuisine. Lorsqu’il sort, la maison lui souhaite une bonne journée, se verrouille toute seule, éteint les lumières, et passe commande pour re- remplir le frigo de fruits frais : Guillaume va avoir besoin d’une alimentation un peu plus équilibrée ces prochains jours, pour compenser les frites de la veille...Déjà dynamique, composé principalement de PME et de quelques grands noms (somfy, schneider Electric, rexel...) le marché de la domotique est en plein bou- leversement, avec l’arrivée de nouveaux acteurs, dont Google, apple, La Poste, et presque tous les fournis- seurs d’accès Internet – y compris Orange et sFr. Tous ces acteurs ont en commun d’être très connus du grand public, auquel ils ont un accès direct. Du coup, la domotique bénéfi- cie d’une visibilité qui lui faisait cruellement défaut.Il est déjà possible de bâtir des scénarii com- plexes – des scènes, dansUN INTÉRÊT DÉCUPLÉCette habitation futée a de solides arguments de son côté. Trois, pour être précis : l’économie, le confort et la sécurité. L’une des pre- mières conséquences du passage à une maison plus intelligente est l’optimisa- tion de la consommation globale d’énergie, un mes- sage porteur alors qu’EDF augmente le prix de l’élec- tricité. « La technologie permet de véritables gains : le contrôle à distance opti- mise les performances, ex- plique Pierre Colle, directeur de l’innovation activité retail chez schneider Electric. Par« Arrrgh ! Plus d’une personne dans la chambre, alors que ma femme était supposée être seule »aujourd’hui un certain tra- vail.Et pour ceux qui, pour des manipulations qui ne fe- raient pas l’objet de scéna- risations, ne veulent même pas d’une télécommande, il existe déjà des systèmes de commande vocale, et la reconnaissance gestuelle n’est pas loin (elle équipe déjà des consoles de jeu).gourmand en énergie pour être utilisable). L’arrivée fu- ture d’un standard commun, quel qu’il soit, permettra alors au consommateur de ne pas avoir à se soucier de l’aspect technique : il pourra acheter l’accessoire qu’il veut, l’installer facilement, et le remplacer sans contraintes. Un comporte- ment qui sera facilité par la tendance actuelle à décen- traliser l’intelligence : plutôt que toutes les fonctions soient concentrées dans la box domotique, chaque objet assure indépendamment ses fonctions, du moins celles de base.fortes. La maison peut dès lors être capable de donner l’alerte si, par exemple, il est 13 heures et aucun mou- vement dans les pièces n’estles systèmes d’alarmes), les chauffagistes... Tous sont intéressés. « Grâce aux in- formations récoltées, ils peuvent tous améliorer leursle jargon de la domotique.Quand je suis à plus de 500 mètres de la maison (distance calculée grâce à mon téléphone), la maison« Par exemple, la maison se connecte au calendrier. Si je travaille, elle va al- lumer la lumière dans laFAIRE COMMUNI- QUER ENTRE EUX LES APPAREILSEn fait, la principale raison pour laquelle la maison qui réfléchit toute seule n’est pas encore là est qu’au- jourd’hui, il n’existe pas de norme standardisée en ma- tière de protocole de com- munication. « Les industriels se sont chacun spécialisés dans un domaine : l’économie d’énergie, la sécurité..., ex- plique Hervé Campion. Et leurs solutions ne commu- niquent pas entre elles. » aujourd’hui, plusieurs stan- dards commencent à émer- ger, tels que Z-Wave, Zig- Bee, X10... et, plus connus du grand public, le bluetooth et le WiFi (mais ce dernier est encore pour l’instant tropexemple, l’installation d’un chauffage avec des fonctions de programmation horaire, des thermostats, etc., dimi- nue considérablement – jusqu’à 40% – la consom- mation d’énergie néces- saire. » sur les blogs, les témoignages d’utilisateurs en ce sens abondent.éteint les lumières et met l’alarmechambre et le séjour, mettre en route le chauffe-ser- viette... décrit Cédric Loc- queneux. A l’heure du dé- part, mon lapin connecté (le Nabaztag, qui a connu un certain succès il y a quelques années, NDLR) me dit qu’il est l’heure, et le portail s’ouvre automa- tiquement. Quand je suis à plus de 500 mètres de la maison (distance calculée grâce à mon téléphone), la maison éteint les lu- mières et met l’alarme. » Elaborer une telle scène demande cependant encoreLa question du confort est en fait double. Il y a celui du particulier qui, sans tou- cher à quoi que ce soit, va par exemple entrer dans un appartement baigné de sa température préférée. Mais l’une des clientèles qui a leDernier argument, et non le moindre, la sécurité. « Aux Etats-Unis, la porte d’entrée vers la domotique est le système d’alarme », signale Pierre Colle. LesDe fait, aujourd’hui, on peut déjà tout contrôler, ou presque : lumière, chauf- fage, musique, home ci- néma, porte, alarme, ba-entre eux, il devien. sible au système central d’utiliser toutes les données et de les traiter sous tous les angles utiles, selon des méthodes d’analyse qui, là encore, existent déjà, dans le Big Data. La maison in- telligente est plus proche que l’on ne croit...survenu, ou si elle détecte des signaux biologiques anormaux, ou encore rap- peler vocalement de prendre ses médicaments. Une telle configuration peut reculer considérablement la date du déménagement en maison de retraite, permettant ainsi aux personnes âgées de res- ter plus longtemps chez elles.services : optimiser les contrats, repérer les pannes à distance... », énumère Pierre Colle.Cette question du langage commun est cruciale. En ef- fet, une fois que les appareils pourront communiquer tousDÉJÀ BEAUCOUP DE FONCTIONNALITÉS L’arrivée des objets connec- tés a également donné un coup de fouet au secteur, en élargissant considéra- blement ce qui était pilota- ble dans la maison.dra pos-Jean-Marie BenoistMars 2015 57]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Haute résolution - Evolution des appareils Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsr.I.P. Claviers et sourisLEt si le numérique obéissait à nos gestes ? Les objets digitaux tactiles commencent à envahir notre quotidien. au bureau, dans les points de vente, à la maison, les outils numériques s’affranchissent des anciens périphériques.e clavier et la souris LE RETOUR DU CEs de Las Vegas en début l’outil. Le constructeur asus avec ses mains, comme dans en termes de chiffre d’af- feraient-ils déjà par- STYLET d’année deux tablettes (de leur a proposé, au CEs de Minority report. Une mul- faires. Ils sont surtout au ni- tie du passé ? Les Présenté au CEs de Las tailles différentes) équipées Las Vegas cette année, deux titude de développeurs tra- veau d’information de leursusages du numérique évo- Vegas en 2015, le concept d’un stylet qui offrent la souris innovantes bourrées vaille depuis quelques mois clients qui franchissent leursluent au regard de la mobi- lité, qui fait partie intégrante des nouveaux modes de vie de chacun. se déplacer : toujours. rester connecté et avoir accès à toutes ses informations personnelles et professionnelles : c’est une évidence. Les outils numériques doivent s’adap- ter et surtout s’alléger, tout en gardant leur puissance pour stocker images et vi- déos. Plus light, ils com- mencent à s’affranchir du clavier. Le diktat des écrans tactiles nous fait utiliser tout simplement nos doigts pour naviguer sur l’écran de notre téléphone portable ou de notre tablette numé- rique. La souris a été tota- lement écartée des proces- sus de conception et de fa- brication des outils no- mades.du PC qui se transforme en tablette mise clairementpossibilité d’écrire ou de dessiner sur son écran. Lade nouvelles capacités. La gamme des périphériquessur la conception de nou- velles applications en lienportes smartphone en main pour continuer à comparer sur Internet. « Les tablettes sont les outils de la mobilité par excellence », avance Davy Dauvergne, responsa- ble innovation de Cegid. Claviers et souris sont tota- lement absents du site de démonstration. On trouve plutôt des bacs bourrés de capteurs où le consommateur pose son cabas rempli de produits dotés de puces rFID. En un seul geste et sans contact, les produits sont scannés pour être en- caissés. autre solution pro- posée mais non encore dis- ponible en France (à cause en particulier de la législa- tion), la reconnaissance par empreinte digitale des hôtes de caisse. Plus besoin de saisir un code pour déclen- cher le système d’encaisse- ment, un doigt glissé dans un boitier reconnaît le col- laborateur habilité à procéder aux encaissements. Les grandes chaines de cosmé- tiques à l’étranger utilise- raient déjà le système pour une meilleure sécurité et une traçabilité de leurs services d’encaissement. « Les scans de documents d’identité, par exemple, pour recueillir les données d’un passeport étranger et gérer la détaxe ou encore le smartphone lui- même qui est porteur d’une carte de fidélité, commencent à remplacer les PC clas- siques et leurs périphériquesIl suffit de se promener dans les allées des géants de la distribution de produits high tech pour constater que de plus en plus, les PC se composent de deux par- ties : un écran qui fait office de tablette et ce fameux clavier que l’on peut déta-« Papa, c’est quoi un clavier ? »sur l’abandon du clavier. Le satellite click mini de Toshiba compte se posi- tionner sur le marché de la mobilité avec un poids de 470 grammes sans le clavier (plutôt tentant pour le glis-gamme Encore 2 Write, le nom de ces tablettes pro- chainement commerciali- sées, surfe sur un allège- ment du poids des objets numériques puisque la ver- sion 8 pouces et son styletrOG d’asus propose deux souris, filaire et non filaire, avec 10 boutons disponibles dont six à portée du pouce droit. L’une est dotée d’un repose-pouce (pour éviter les troubles musculo sque-avec cette technologie in- novante. La gestuelle et la précision exigées par la tech- nologie changeraient tota- lement le comportement face à l’ordinateur, selon les dif- férents utilisateurs qui échan- gent sur les forums. Une (r)évolution de posture qui n’est pas encore à la portée de tous.Le « leap motion », petit boitier numérique qui s’adapte sur PC et Mac, permet de piloter son ordinateur uniquement avec sesmains, comme dans Minority ReportSANS CONTACTcher à l’envi. On glisse su- brepticement vers la sup- pression complète du cla- vier. Les constructeurs le conservent encore mais donnent la possibilité au consommateur de s’en af- franchir. L’usager fera les produits de demain en pre- nant l’habitude de se servir d’un écran uniquement, sans son clavier. La dexté- rité de ses doigts prendra le « lead » sur les touches.58 Mars 2015ser dans son sac à main ou sa mallette professionnelle) et 1 kg lorsque la tablette comprend encore l’outil. La souris n’est même plus mentionnée. Elle est qua- siment inexistante sur ces gammes d’objets nomades. autres substituts au clavier et à la souris, les stylets re- font leur apparition pour redonner la sensation de l’écriture manuelle. Toshiba, à nouveau, a dévoilé aupèseraient moins de 400 grammes. On vise la caté- gorie poids plume.lettiques !) et l’autre convient aussi bien aux gauchers qu’aux droitiers. Le construc- teur n’a pas annoncé de date de mise sur le marché sur ce produit qui s’adresse à une cible particulière pour un usage ultra technologique. autre innovation qui semble séduire : « le leap motion ». Ce petit boitier numérique qui s’adapte sur les PC et les Mac permet de piloter son ordinateur uniquementDans le domaine du BtoC, le point de vente semble un terrain de jeu intéressant. L’éditeur de logiciels Cegid a installé, au cœur de son siège social lyonnais, un concept store connecté, vi- trine des dernières techno- logies pour rendre le point de vente et ses acteurs hyper performants. Les tablettes et autres écrans tactiles sont les premiers outils de ce ma- gasin du futur. Les commer- ciaux qui en sont dotés de ces outils surperformeraient», ajoute Davy Dau. La dématérialisation a un réel impact sur les outils nu- mériques du quotidien et professionnels. Pourtant, tout innovants qu’ils puissent être, ils font appel à ce qui est le plus simple et le plus accessible par tous : les doigts et les mains.PILOTER AVEC SES MAINSsi pour l’usage courant et dans le monde professionnel, les pratiques tendent à faci- liter la vie des utilisateurs nomades, une population un peu particulière tient toujours à sa souris. Les « gamers » auraient encore l’usage devergne.Stéphanie Polette]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Haute résolution - Tout dématérialiser ? Zéro papier : zéro pointéP La dématérialisation semble enfin avoir pris son essor, et avec elle la notion de « zéro papier ». Mais se passer complètement du support analogique est moins intéressant qu’on ne le pense – du moins sur le court terme.endant longtemps, un document, le trier, le papier rencontre un premier chiffrable et facilement rat- cilement quantifiables en tangibles, mais qui ne ren- la dématérialisation lire – même s’il est en écri- obstacle. si, pour certains taché à des économies euros : temps gagné, pro- trent pas dans les comptes. aeudumalàdé- ture cursive – transmettre types de documents, d’envoi et de transport, ductivité améliorée, pro- « Deux éléments essentielsmarrer, malgré une com- les informations aux logi- comme les factures, le re- pour la plupart, les béné- cessus de traitement har- à prendre en considérationmunication plutôt soutenue mais pas nécessairement efficace. « Le choix du slo- gan « zéro papier » a été plutôt contre-productif : les gens n’arrivaient pas à visualiser ce que celaciels et personnes ad hoc... Bref, le zéro papier est à portée de main. Mais l’ob- jectif, s’il reste valable à long terme, s’avère moins réaliste et intéressant à court terme qu’il n’y paraît.tour sur investissement estfices sont réels mais diffi-monisés... Des élémentssont la volumétrie repré- sentée par le type de do- cument et le nombre de personnes concernées », explique Jean-Louis sa- dokh. La bonne nouvelle, c’est qu’avec les progrès de la technologie et la croissance du marché de la dématérialisation, ces limites ne cessent de des- cendre – de quelques cen- taines de milliers à quelques milliers pour la volumétrie – et les offres pour les PME se multi- plient.Le slogan "zéro papier" a été contre-productifreprésentait », estime Jean-Louis sadokh, présidentd’azur Technology, éditeuret intégrateur de solutionsde dématérialisation de do-cuments intégré au GroupeT2i. La généralisation dunumérique aidant, le pas-sage au document électro-nique est maintenant unsujet connu, sinon maîtrisé,par la plupart des entre-prises. Mieux encore, lestechnologies permettent au-jourd’hui de tout dématé-rialiser : on peut, quelle contexte économique dif-® GouvernanceUne grande concertation sur l’éducationuite à la perspective de la généralisa- priori, à former les jeunes de telle sorte tion du numérique à l’école annon- qu’ils soient en adéquation avec le marché cée par le Président de la république, de l’emploi de demain !« Tout le monde rêve du zéro papier, mais la réalité est autre », souligne Tho- mas Honegger, directeur de la filiale française d’Es- ker, éditeur de solutions de dématérialisation.L’arrivée du saas a ainsi beaucoup fait pour le ren- dement, en réduisant les coûts et en les faisant pas- ser du capex (investisse- ment) à l’opex (opération- nel). Mais le Software as a Service est surtout ré- pandu dans le domaine du CrM (Customer relations- hip Management). La lo- calisation des données – et donc des serveurs – resteLIMITATIONS DIVERSESPour les entreprises inté- ressées par la dématériali- sation, le rendement est le critère numéro un, parti- culièrement dans unDématique & s Pour le zéro papier, certaines entreprises font preuve d’un zèle bien méritoire que soit sa nature, identifier ficile. C’est là où le zéroparle ministère de l’éducation nationale, de Mais n’est-on pas en train une nouvelle foislistes ICT, la demande est en effet passée de 3,1 millions en 2000 à 5,1 millions en 2012 (chiffres Eurostat). Ce sont près de 900000 demandes qui seront ainsi insatisfaites d’ici à 2020 selon les récentes projections ! L’al- lemagne est le pays le plus demandeur mais cet écart entre offre et demande devrait en- core s’aggraver en UK et en Italie de par le manque de formations adaptées.60 Mars 2015Jean-Marc Rietschl’Enseignement supérieur et de la re- cherche a lancé, le 20 janvier dernier, une grande concertation nationale structurée au- tour de cinq grandes thématiques :de passer à côté de l’essentiel, en effet si l’on en croit la communication du ministère il s’agirait de : « Développer chez les élèves les compétences nécessaires et leur faire ac- quérir les savoirs fondamentaux qui leur permettront de vivre demain en citoyens li- bres et responsables, autonomes et créatifs, capables de collaborer, de participer et d’échanger, ayant acquis une maîtrise suf- fisante des nouveaux langages et modes d’expression et de production induits par les outils numériques. »Président de FedIsa- le numérique, les apprentissages et la réus- site de tous les élèves ;- le numérique, renouvellement et diversi- fication des pratiques pédagogiques et édu- catives ;Et c’est sans parler de nouvelles compé- tences comme celles très spécialisée des data scientists, conséquence du développe- ment du Big Data. Qu’en est-il également des nouveaux CDO (Chief Digital Officer), dispose-ton des formations ad hoc permet- tant d’aborder de façon transverse des sujets aussi différents que la technique, le droit, la conduite du changement, la protection du patrimoine informationnel... ? Mais est-on seulement conscient de cette évolution des fonctions dans l’entreprise, à cette nécessité de transversalité et de pluridisciplinarité qui seule permettra l’adaptabilité indispensa- ble ?- le numérique et les compétences de de- main ;- le numérique et la réduction des inégali- tés ;Est-ce vraiment ce que nous attendons, ne se trompe-t-on pas tout simplement d’ob- jectif et a-t-on besoin d’une telle concerta- tion alors que le simple bon sens s’impose ? Les chiffres sont pourtant là qui montrent que malgré une évolution positive, un fossé se creuse toujours en Europe entre la de- mande et la capacité à fournir des spécia-- le numérique, un facteur d’ouverture de l’école à son territoire et à son environne- ment.arrêtons-nous un peu plus longuement sur le numérique et les compétences de demain, l’enjeu est effectivement absolument fon- damental dans la mesure où il consiste, a]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frHaute résolution - Tout dématérialiser ? sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUEen effet un facteur impor- tant, compte tenu des dif- férences législatives entre pays. Par ailleurs, pour cer- tains secteurs d’activité, comme la défense, des contraintes particulières sur la sécurité des données peuvent rendre de telles solutions inadéquates ; il en va de même pour tout ce qui touche aux données personnelles, malgré les progrès accomplis par le Cloud ces dernières an- nées.et de confiance se posent de façon plus aigüe pour les particuliers », souligne Christophe rebecchi, di- recteur général de read- soft, éditeur de solutions logicielles pour la déma- térialisation des processus documentaires.PRIORISER SES PROJETSMême si le constat semble plutôt défavorable, cela ne signifie pas que le zéro pa- pier est inatteignable, même si les gains sont là, « ne serait-ce que pour l’archi- vage : plus rapide, plus er- gonomique, plus pra- tique... », explique Chris- tophe rebecchi. simplement, il s’agit plus d’un objectif à long terme que d’une réalité proche. Le fait que les différentes offres de dématérialisation sur différents documents –même en provenance de différents éditeurs – sont de plus en plus interopéra- bles permet de s’attaquerles entreprises. « Il ne faut pas oublier que la déma- térialisation est un outil, pas une finalité en soi »,commence à être un vrai argument dans les relations commerciales. De même, la mobilité pousse à la dé- matérialisation : permettre à son employé de travailler depuis son terminal mobile est beaucoup plus efficace quand il peut accéder à ses documents en ligne. Et puis, plus « d’excuse » pour avoir oublié un do- cument à la maison, à cause de la course entre le petit déj’ et le départ des enfantsDES CONSÉ- QUENCES AU-DELÀ DE L’ENTREPRISE Une autre conséquence du passage à des documents numériques est que le ré- cipiendaire doit pouvoir recevoir des documents sous ce format. Quand ce dernier est à l’intérieur de l’entreprise, pas de pro- blème ; mais s’il s’agit d’un acteur extérieur, les choses se compliquent (cette obligation parfois retournée, comme dans la grande distribution, où le client dicte sa volonté et ses formats d’échange aux producteurs émetteurs de facture).Parmi ces documents, ceux partagés entre l’entreprise et des individus sont les plus problématiques, même s’il s’agit de ses employés. D’autant que « les questions de sécuritéà la démat’ en plusieurs souligne Thomas Honegger. étapes. Grâce à la généralisation Du coup, la logique est de des pratiques digitales, cela proposer le passage au nu- concerne de plus en plus mérique là où cela fera res- de domaines dans l’entre- sortir une forte valeur ajou- prise. Par exemple, déma- tée, ce qui peut varier selon térialiser les dossiers clientsà l’école.Par exemple, le bulletin de salaire. Pour être com- plète, sa dématérialisation implique que le salarié dis- pose de son propre espace de stockage. Il existe des solutions de GED avec des coffres-forts numériques, où l’entreprise se charge de garder l’original, mais que se passe-t-il si l’em- ployé change d’entreprise ? Ou si l’entreprise disparaît pour une raison ou une autre ? Il existe des offres d’archivage destinés aux particuliers, mais cela veut dire faire le lien entre son logiciel de bulletin de sa- laire et toutes les solutions choisies par les salariés. De plus, c’est un document qui doit être gardé long- temps (jusqu’à 50 ans !) par le salarié. L’entreprise peut éventuellement – et des solutions existent en ce sens – envoyer une ver- sion papier et ne conserver qu’une copie numérique. Mais cela n’économise pas sur les envois et le trans- port, qui sont les secteurs où les économies sont les plus importantes.La dématérialisation est un outil, pas une finalité en soi.Jean-Marie BenoistRentabilitéLe papier reste branchéQuelques années en arrière, l’argument du « green » – dématérialiser un document est plus écologique que travailler sur papier – était en vogue. Avec la crise, c’est celui de la rentabilité qui a pris le dessus. Ce qui n’est pas plus mal, car le débat est en fait loin d’être tranché. « Il y a un bénéfice écologique : on utilise moins de papier, on fait moins d’impressions, de transport... mais la dématé- rialisation a également un coût », souligne Christophe Re- becchi, directeur général de Readsoft.De fait, le nom même de « dématérialisation » est trompeur : ce n’est pas parce que le support est numérique qu’il n’a pas d’existence matérielle. Un fichier est composé de bits, qui sont stockés physiquement sur des disques dur ; pour y accéder, on a besoin d’un terminal et de son écosystème (ordinateur, tablette, serveur, câbles réseaux... ). Tout cela a un coût écologique non négligeable, notamment en matières premières, et qui de plus est continu – alors qu’une fois le papier produit, il ne demande plus guère d’énergie pour être utilisé, à part un peu d’huile de coude. Du point de vue de la planète, le tout numérique n’est donc pas forcément plus sain qu’un mélange bien dosé de bits et de pâte à papier.Mars 2015 61]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Business Story - Carmat et ses cœurs artificielsRetour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxCœurs d’orNLe cœur artificiel Carmat du professeur alain Carpentier sera peut-être considéré comme l’invention la plus importante de l’histoire de l’humanité. retour sur une aventure industrielle hors norme.é de la rencontre de fabriquer le cœur artificiel lution de financement inno- deux personnalités Carmat. Si l’on additionne vante lui apporte une garantie d’exception, le pro- tous ceux qui y ont participé et une flexibilité comparablesfesseur de médecine alain au cours des dix dernières à une ligne de crédit accordéeCarpentier et le capitaine d’industrie Jean-Luc Lagar- dère, le cœur artificiel Car- mat symbolise ce que l’éco- nomie française pourrait ga- gner à réunir un peu plus souvent le monde de la re- cherche et celui de l’entre- prise. Père de la chirurgie valvulaire moderne, le pre- mier voulait absolument que son travail soit industrialisé en France. Il n’a jamais ou- blié que l’extrême prudence des grands patrons de l’Hexagone l’avait contraint à s’entendre avec les amé- ricains de la société califor- nienne Edwards, dans les années 70, pour développer ses valves cardiaques conçues en tissus d’animaux. Depuis, celles-ci ont vérita- blement révolutionné le mar- ché de la chirurgie cardiaque et équipent aujourd’hui des millions de patients dans le monde. Le second n’a pas eu peur de relever le défi et a fait confiance au lauréat du prestigieux Prix de re- cherche médicale albert Las- ker 2007 pour mettre au point un cœur artificiel or- thoptique, autorégulé et bio- prothétique.années, plus de 100 per- sonnes ont été impliquées dans ce projet, sans compter les équipes cliniques et mé- dicales », précise Marcello Conviti, directeur général de l’entreprise.par une banque.Derrière cette « générosité » des investisseurs se cache non pas le signe d’une mo- bilisation derrière une cause humaniste, mais plutôt la conviction de l’énorme po- tentiel commercial du cœur artificiel développé par Car- mat. Quelque 100 000 pa- tients sont en effet en attente d’une greffe dans les prin- cipaux pays occidentaux et il y a moins de 4000 cœurs de donneurs disponibles chaque année dans le monde. « Aujourd’hui, l’insuffisance cardiaque représente un vé- ritable problème de santé publique, puisque plus de 15 millions d’Européens et six millions d’Américains en sont atteints », souligne Mar- cello Conviti. L’aHa (ame- rican Heart association) es- time que leur nombre aug- mentera de 25% à l’horizon 2030. Le coût est de plus en plus élevé pour la collectivité et 70% des dépenses sont liées aux hospitalisations ré- pétées. L’aHa annonce un triplement des coûts directs liés à l’insuffisance cardiaque entre 2010 et 2030.Face à cette inflation, le cœur artificiel Carmat re- présente une solution per- mettant le retour à domicile des patients avec une bonne qualité de vie et à un coût comparable à celui d’une transplantation classique. Le produit est destiné aux plusa l’instar de toutes les start- up biotech qui fleurissent aujourd’hui aux quatre coins de la planète, Carmat est une société « dévoreuse de cash » et son avenir passe encore aujourd’hui par des levées de fonds importantes et par la confiance des in- vestisseurs. « Mais à ce ni- veau-là, nous sommes di- rectement impactés par le succès rencontré ou non avec les premières implan-jours après l’implantation. Cours de Bourse en chute, Carmat a du faire le dos rond et attendre que les in- vestisseurs digèrent la nou-PLUSIEURS DIZAINES DE MILLIONS D’EUROS DE PERTES Une vertu qu’il convient d’entretenir, car l’entreprisetal-risqueur, qui a engagé son fonds Truffle Capital aux côtés du professeur alain Carpentier. La banque pu- blique Oseo est arrivée en-100000 patients sont en attente d’une greffe dans les principaux pays occidentaux, pour 4000 donneurs par antations que nous avons réa- lisées », souligne Marcello Conviti. Une dépendancevelle. « Au début de cette année, l’officialisation du retour chez lui du secondest encore à un stade où elle doit investir lourdement pour aller au bout de son projet.suite pour compléter la tré- sorerie de Carmat, l’aider à tenir jusqu’au marquage eu- ropéen, c’est-à-dire l’auto- risation d’implanter les cœurs artificiels en Europe, dans le courant de l’année 2015. « Ensuite, nous devrions être en mesure de financer peu à peu l’essentiel de notre développement, en Europe tout d’abord, puis aux Etats- Unis », espère son directeur général. Une issue favorable derrière laquelle l’entreprise court en vain pour le mo- ment, après avoir perdu plu- sieurs dizaines de millions d’euros depuis sa création. Entrée en Bourse sur le mar- ché alternext d’Euronext Paris à l’été 2010, Carmat a déjà levé près de 50 M€. L’entreprise pourra répéter l’opération dans les trois prochaines années, après avoir conclu un accord de « financement flexible en fonds propres » avec la so- ciété de services financiers Kepler Cheuvreux. Cette so-Car la prouesse scientifique n’aurait pas été possible sans un investissement lourd de la société Matra Défense (Ndlr : Carmat est un acro- nyme résultant des noms de ses fondateurs Alain Car- pentier et Matra), dès le mi- lieu des années 1990. Pen- dant plus de dix ans, Jean- Luc Lagardère a mis à la disposition de Carmat une équipe secrète dotée de fonds importants et des technolo- gies les plus avancées de l’aéronautique en modélisa- tion numérique, mécanique des fluides et systèmes em- barqués. « Aujourd’hui, en intégrant les différents sous- traitants, une cinquantaine de personnes travaillent pourts atteints62 Mars 2015Une société qui met du cœur à l’ouvragede 100000 patien. d’insuffisance cardiaque bi- ventriculaire irréversible ; son potentiel représente un marché adressable de plus de 16 milliards d’euros. Les clés indispensables pour que se rencontrent l’Histoire et une formidable success story entrepreneuriale.très aléatoire, qui s’est re- tournée contre Carmat lorsque le premier patient implanté est décédé, le di- manche 2 mars 2014, 74patient implanté, au mois d’août 2014, a incontesta- blement ramené la confiance. »après le décès de Jean-Luc Lagardère, en 2003, Carmat a pu compter sur le soutien de Philippe Pouletty, un mé- decin français devenu capi-Jacques Donnay]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[Retrouvez notre équipe au salon Swiss IT Business de Genève - 21/22 avril 2015 (stand B15)]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18sTraTéGIE & INNOVaTION NUMérIQUE Regard digital - Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar« La société française mûre dans sonFort de votre expé- rience, pensez-vous qu’il soit facile de monter une start-up en France ? Non, cette aventure n’est facile nulle part, ni en France ni ailleurs. alors, bien sûr, on a plus tendance à se plaindre ici. Combien de créateurs d’entreprise s’indignent face au mille-alors que le covoiturage n’avait pas encore décollé en France. Plusieurs années ont été nécessaires avant de trouver le bon business model, en phase avec les attentes des utilisateurs. a savoir un système de ré- servation en ligne, avec comme valeur ajoutée forte l’engagement au préalableplication à toujours coller aux besoins des utilisateurs. Dans mon cas par exemple, j’ai fait beaucoup de co- voiturage au début pour tester moi-même le service et affiner notre offre. Et j’en fais d’ailleurs toujours aujourd’hui ! Car n’ou- blions pas que le cerveau ne fonctionne pas de lades modes de consomma- tion collaboratifs ! ainsi, les Parisiens sont les plus grands adeptes au monde d’airbnb après les New Yorkais. Le fait que Bla- BlaCar et Drivy, deux start- up françaises, soient au- jourd’hui leaders mondiaux sur leurs marchés respectifs, ne relève en rien du hasard. C’est dire si en matière d’économie collaborative, notre pays est à la pointe. Faire du French bashing sur ce point serait pure mau- vaise foi.utilisation du numérique 2.0 »Frédéric Mazzella a appris à ses dépens que le chemin de la start-up était semé d’embûches. Le dirigeant de Blablacar, leader mondial du covoiturage, n'en reste pas moins optimiste. Entretien sans blabla.Combien de voitures, d'appartements ou toutes sortes d'objets de la vie quotidienne sont aujourd’hui sous-utilisés ? Le potentiel pour les start-up du collaboratif est infiniL’économie collaborative a donc encore de beaux jours devant elle...Plus que jamais ! Dans une société comme la nôtre, où l’usage remplace progres- sivement la possession, l’économie du partage s’im- pose comme une véritable lame de fond. avec des gains démesurés à la clé. Car en effet, combien de voitures, d’appartements ou toutes sortes d’objets de la vie quotidienne sont au- jourd’hui sous-utilisés ? Une fois que l’on a cela en tête, on voit combien l’im- pact de l’économie colla- borative est massif. La va- leur ajoutée d’un tel marché est notable : conférer une couche de communication instantanée à un monde physique aux ressources largement sous-exploitées, et ce, pour permettre un usage de manière 100% op- timisée. au-delà du Bonfeuille fiscal et administratif toujours aussi contrai- gnant ? Pourtant, le plus dur quand on crée une start- up, c’est d’abord de trouver des clients ! BlaBlaCar a aujourd’hui dix millions de membres, mais il nous a fallu du temps pour en ar- river là. Et pour cause : la première version de notre site a été lancée en 2004des passagers vis-à-vis des conducteurs. Pour trouver son marché, tout startupper du Web doit donc savoir être humble et patient.La concurrence étant rude sur la Toile, quelles sont les clés pour se distinguer ?Cela peut paraître banal, mais cela passe par l’ap-même manière quand il conçoit une solution, et quand il l’utilise. ainsi, en testant nos services, et ceux des concurrents – à hauteur d’une dizaine courant des années 2000 – nous nous sommes démarqués des au- tres en optimisant telle ou telle fonctionnalité. Cette démarche d’amélioration continue vise un objectif : fournir un service efficace et simple d’utilisation, ce qui suppose un travail de r&D constant pour absor- ber toute la complexité inhérente à notre plate- forme.Quel regard portez-vous sur le marché du numé- rique et ses évolutions ? C’est un créneau plus que jamais incontournable pour tout startupper désireux de se lancer ! au-delà de son caractère encore novateur, le numérique recouvre un champ très large de poten- tialités encore partiellement inexplorées. Et pour cause : on est loin d’être au bout de ce que l’on peut faire avec un réseau mondial connecté comme Internet. Cette révolution majeure n’a pas fini de transformer nos vies, plaçant toujours plus les consommateurs dans une dynamique d’ac-BioL’artiste créateurRien ne prédestinait Frédéric Mazzella à s’imposer commeleader mondial du covoiturage. Né en 1976 à Nantes, cefils de profs, primé de piano au Conservatoire de LaRochelle, effectue des études supérieures modèles : desclasses prépas d’Henri-IV à Paris, à Normale Sup, enpassant par l’université américaine Stanford et la NASAoù il travaille sur la chirurgie virtuelle. Mais le créateur enherbe, un tantinet artiste, veut davantage de challenge.Comment tombe-t-il dans la marmite d’Internet ? Un soirde Noël 2003, alors que tous les trains sont complets pourrentrer dans sa famille, en Vendée. Constatant que lesvoitures sont, elles, vides, il réalise « qu’il y a moyen defaire quelque chose ». Dès lors, il attrape le virus de l’en-trepreneuriat en lançant en parallèle de son boulot, àl’époque dans une start-up informatique américaine, lesite Covoiturage.fr. De longs mois passent avant que lecovoiturage ne décolle, un préalable au lancement duservice en Europe sous un nom plus «international» : Bla-BlaCar. Le startupper n’embauchera son premier salariéerque le 1 janvier 2009. Depuis, la société s’impose commeune des plus belles Web success stories françaises des cinq dernières années.64 Mars 2015« Cette révolution majeure n’a pas fini de transformer nos vies, plaçant toujours plus les consommateurs dans une dynamique d’action »L’adoption en 2014 de la loi sur l’encadrement du crowdfunding est très ré- vélatrice de la prise de conscience de nos respon- sables politiques quant à l’enjeu stratégique de la transition numérique, tant d’un point de vue écono- mique que sociétal. Main- tenant que le déclic est opéré, il faut accompagner toujours plus ces change- ments. D’autant que la so- ciété française est déjà très mûre dans son utilisation du numérique 2.0. L’exem- ple le plus probant ? Notre acceptation sociale fortetion. Créer des start-up dans ce domaine est d’autant plus judicieux qu’aucun au- tre secteur que le numérique ne permet de générer aussi rapidement des économies d’échelle. Et ce, grâce au caractère instantané du di- gital qui permet plus faci- lement de se faire connaître en un temps record auprès d’un grand nombre de per- sonnes.En France, a-t-on la bonne approche poli- tique du numérique ? Je pense que oui. Les pro- grès sont considérables.ar,Coin, Deezer, BlaBlaC. et d’autres poids lourds du secteur, les relais de crois- sance d’un tel marché, en perpétuel renouvellement, s’avèrent plus que jamais infinis. L’avènement des MOOCs, dans le domaine éducatif, en constitue une autre preuve flagrante.Propos recueillis par Charles Cohen]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frRéseaux et influence - Cercles confessionnels rH & FOrMaTION Décryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingCommunautés de convictionsaJuifs, catholiques ou musulmans... Certains réseaux invitent les dirigeants à parler religion – et quelquefois affaires.u pays de la laïcité, éthique sur leur rôle de di- ciations chrétiennes d’aide nement régulier, « Pitch my il est mal vu d’af- rigeant. En revanche, l’af- à la recherche d’emploi, start-up », qui a accueilli ficher sa foi. En fairisme est exclu. « Nous comme l’association chré- autour de 200 personnesdehors de quelques poli- n’avons pas vocation à faire tienne pour le travail et lors de sa sixième éditiontiques et grands patrons comme Edouard Michelin ou Gérard Mulliez, rares sont les dirigeants qui s’y risquent. Mais à couvert, les réseaux confessionnels conservent un vrai pouvoir d’influence. En 2011, Marc Baudriller constatait déjà dans son ouvrage Les ré- seaux cathos (éd. Laffont) la volonté d’affirmation des catholiques pratiquants, de- venus minoritaires au sein de la population française. Les manifestations contre le mariage pour tous ont montré la capacité de mo- bilisation des réseaux confessionnels. Des insti- tutions aussi diverses que le secours catholique, le collège des Bernardins à Paris ou encore le groupe de presse Bayard illustrent le pouvoir d’influence per- sistant de la sphère catho- lique au sein de la société française.du réseautage, même s’il existe une vraie proximité entre les membres », martèle Patrick Degiovanni. Même son de cloche du côté du mouvement des Entrepre- neurs et dirigeants chrétiens (EDC). rassemblant plus de 2700 dirigeants et chefs d’entreprise, il fonctionne par cooptation. « Les EDC sont un mouvement œcu- ménique qui offre aux mem- bres un lieu de prière et de réflexion, mais ce n’est pas un réseau d’affaires », in- siste Guénola de la seiglière, en charge de la communi- cation de l’association. Ce mouvement a toutefois l’oreille du Medef et ac- cueille des grands patrons,l’emploi (acte), l’associa- tion Petra ou encore Visem- ploi.en janvier dernier. Le réseau organise également des ate- liers de formation et de coa- ching. « Nous avons la chance d’avoir des sponsors et des institutions juives derrière nous, ce qui va nous permettre de mettre bientôt en place un incu- bateur de start-up », lance, enthousiaste, son fondateur. Même positionnement laïque du côté du réseau Connec’sion, un club créé en 2002 et dédié aux infor- maticiens juifs de France. « Nous n’avons rien de re- ligieux, affirme andré Dan, cofondateur et vice-prési- dent de l’association. L’idée est d’abord de s’entraider entre membres. » Le club organise classiquement ren- contres, conférences et oc- casionnellement des évène- ments en lien avec des cé- lébrations juives, comme Hanouka. L’association met aussi en avant ses liens avec Israël. « De plus en plus de Juifs font leur alyah [émi- grent, NDrL] en Israël, constate andré Dan. Nous n’encourageons pas ce phé- nomène, mais nous pouvons donner des contacts si be- soin. »CERCLES DE RÉFLEXION CHRÉTIENSDans le monde des affaires, bien que la religion se fasse discrète, la foi demeure un trait commun qui relie nom- bre de dirigeants. afin de favoriser les échanges entre professionnels partageant les mêmes convictions, plu- sieurs associations sont nées au cours du XXe siècle. Parmi ces cercles de ré- flexion figure le Mouvement chrétien des cadres et diri- geants (MCC), qui fête ses 50 ans cette année. accueil- lant autour de 5000 adhé- rents, l’association organise des rencontres mensuelles au niveau des régions. « Le Mouvement cherche à offrir à ses membres un temps de partage et de réflexion », souligne Patrick Degio- vanni, responsable national du MCC. Les membres sont notamment invités à déve- lopper un questionnementcomme Henri de Castries ou encore Xavier Fontanet, lors de conférences-débats. Pudeur toute chrétienne ? Force est de constater que les clubs à vocation affichée de « réseautage » se comp- tent sur les doigts d’une main. Parmi les rares struc- tures existantes, le réseau professionnel chrétien (rPC) vise à rassembler les professionnels qui souhai- tent « vivre leurs valeurs dans le monde du travail ». Fonctionnant par parrainage, il propose sur son site des forums de discussion ainsi que des offres d’emploi. si l’affairisme est mal vu, le coup de pouce est bienvenu. « Le MCC a contribué à la mise en place de groupes de recherche d’emploi », indique Patrick Degiovanni. Ouverts aux non-membres, ces groupements aident bé- névolement les cadres à re- trouver du travail. Cette tra- dition d’entraide a suscité la création d’autres asso-un réseau d’affaires visant à développer les échanges avec Israël.« Malgré l’image qu’on en a, les Juifs n’utilisent pas les réseaux communautaires autant que les autres ré- seaux », déplore Jeremy Navon. Pour pallier cette absence, ce trentenaire di- plômé d’une école de com- mercealancéilyaunan Nevatim, un réseau dédié aux entrepreneurs juifs, basé à Paris. « L’objectif est d’ai- der les jeunes à monter leur entreprise et créer de la va- leur en France », indique son fondateur. Communautaire, mais pas confessionnel. « Il s’agit de se regrouper car nous partageons la même histoire et les mêmes valeurs, mais nous ne sommes pas un ré- seau religieux, précise son fondateur. Nos soirées sont d’ailleurs ouvertes à tout le monde ». Très actif sur les réseaux sociaux, Neva- tim est à l’origine d’un évé-Du côté des Musulmans, les réseaux mêlant islam et af- faires sont également rares, malgré la naissance notable en 2009 de la synergie des professionnels musulmans de France (sPMF). affi- chant pour objectif de dé- velopper un réseau et de promouvoir le business dansA chacun ses réseaux, à chacun son logo...Catherine QuignonSi l’affairisme est mal vu, le coup de pouce est bienvenuRÉSEAUX PROFESSIONNELS JUIFS ET MUSULMANSDu côté des Juifs, contrai- rement aux idées reçues, les clubs d’affaires institués sont peu répandus. si la communauté juive est très structurée autour du puissant Fonds social juif unifié (FsJU), qui regroupe près de 300 associations, celles- ci sont principalement à vo- cation culturelle ou sociale. a signaler toutefois au ni- veau international l’Israël Club for Business (ICB),des valeurs mu-le respect.sulmanes, la sMPF ne paraît plus très active aujourd’hui. Une association pour la pro- motion de l’entrepreneuriat féminin dans le cadre de l’éthique musulmane, akha- wate Business, a également vu le jour en 2011. affaire à suivre ?Mars 201565]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18rH & FOrMaTION ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu Place aux jeunes ! La satisfaction de nos jeunes diplômés est à l'honneur ce mois-ci, tant dans leur intégration en entre- prise que dans le regard qu'ils portent sur l'institution qui les a « gradés ». Leur avis importe également dans le change- ment de marque d'une école comme le prouve le récent cas de l'INSEEC. Aussi, nos futures élites prêtent-elles particulière- ment attention à la globalisation des diplômes et des formations, qui se manifestent encore ce mois-ci par la création de centres de recherche, la refonte et le regroupement d'écoles et l'arrivée de nouveaux partenariats internationaux.L’ESG Management School ne sera bientôt plus...au même titre que les Gap, Coca et l’EsCP, le retour à l’ancienne marque pour l’école pa- risienne illustre les difficultés d’un changement identitaire.Source : Inseec Business SchoolChangement de cap pour l’EsG. L’école de management parisienne va désormais voguer sous un autre pavillon, en devenant le programme grande école de Paris school of Business (PsB), appartenant au groupe studialis, réseau d’écoles de management, design, technologie, art et multimédias dont le fameux Cours Florent détenu par le fonds Bregal Capital (23 éta- blissements pour 14000 étudiants). Dès septembre prochain, l’école disparaîtra officiellement après 40 ans d’existence, pour laisser place à une nouvelle entité qui souhaite rivaliser avec les grandes business schools françaises. Les conséquences de ce remaniement ? D’abord, une augmentation notoire des cohortes qui vont compter plus de 3000 étudiants, dont 22% de profils internationaux contre 300 personnes actuellement. Ensuite, PsB, accréditée aaCsB, proposera un éventail complet de formations, du BBa à l’Executive MBa avec son nouveau master tandis qu’en parallèle, la contribution de l’ancienne EsG dans PsB se concentrera sur les formations professionnalisantes. a ce tableau s’ajoute une accélération des investissements du fonds Bregal Capital qui souhaite, à terme, faire de PsB, tant dans son offre que dans sa qualité pédagogique, un fleuron de l’enseignement international.Volte-face pour l’INSEECLa CGE contre la réforme territorialeFin 2014, le groupe INsEEC avait officialisé son changement d’identité en promouvant son nouvel étendard, Insignis Bs. Toutefois, l’école retropédale et reprend son ancienne appel- lation, qui semble-t-il, a la nette préférence de la communauté des anciens et des étudiants.Fin janvier, l’EsC a lancé son 3e centre de recherche consacré au supply chain management, le r-sCOM. Ce centre entend asseoir les ambitions de l’école bretonne en tant qu’un des leaders européens de la recherche en supply chain management. Outre ses Msc et Bachelor à destination des étudiants et des professionnels, le r-sCOM se donne pour mission d’ana- lyser les changements technologique, économique et environnemental, en comprendre leurs impacts sur les systèmes et opérations industrielles et proposer notamment des outils d’aide à la prise de décision pour les chercheurs et les professionnels.Dans le cadre de la loi NOTre (Nouvelle organisation territoriale de la république), le sénat a voté fin janvier en faveur d’un amendement visant à conférer aux régions un rôle d’ap- probation de la carte des formations d’enseignement supérieur et de la recherche.Pour la Conférences des Grandes écoles, ce droit d’approbation va à l’encontre de l’autono- mie des établissements d’enseignement supérieur et serait un frein à l’excellence et l’attrac- tivité de ces formations aux enjeux globalisés.Source : cge.asso.frESC Rennes : le supply chain management à l’honneurSource : rennes-businessschool.com/rscomL’X au rythme de la SambaLes échanges s’accélèrent entre Polytechnique et l’amérique Latine, avec la signature d’un accord de double diplôme entre l’école française et l’Institut technologique d’aéronautique (ITa). Dans le sens des échanges France-Brésil, cet accord donnera la possibilité aux étu- diants de l’X d’effectuer leur stage de recherche et leur quatrième année à l’ITa. Pour la mobilité sortante du Brésil, les étudiants de l’ITa auront la possibilité d’effectuer deux ans et demi à Polytechnique et d’effectuer leur fin de cursus au Brésil. Ces migrations étudiantes s’accompagneront aussi d’échanges d’enseignants sur une période de cinq ans.Les clés du succès de l’intégration des jeunes talentsL’étude* parue en janvier 2015 par l’EDHEC NewGen Talent Centre évoque les caractéris- tiques de l’intégration de la génération digitale :- 80% des diplômés sont satisfaits de leur intégration en entreprise ;- formation, feedbacks et parcours d’intégration sont les actions qui séduisent la nouvelle génération ;- accompagner, parrainer, faire et donner confiance sont les conseils donnés aux entreprises qui ressortent le plus des jeunes recrutés.(*) Méthodologie : enquête réalisée auprès de 1 480 diplômés français et internationaux de profil bac+5, entre 6 mois et 6 ans d’expérience.Source : edhecnewgentalent.comSkema, Paris et le désert français ?six ans aujourd’hui que la skema continue sa percée sur la scène des écoles de commerces française depuis la fusion de l’EsC Lille et du CEraM de Nice. La présentation de son plan stratégique 2015-2020 évoque un déménagement parisien motivé par la volonté de gagner en visibilité à l’international. Le groupe cherche ainsi à poursuivre sa stratégie multi-sites (Lille, Paris, sophia-antipolis, raleigh et suzhou) tout en renforçant sa position parisienne en y établissant un nouveau vaisseau amiral.Business Schools : ce qu’en pensent les diplômésLe 3 février, Educpros mettait en ligne en exclusivité un tableau interactif au sujet des anciens diplômés de 2010 à 2013 et de leur avis sur leurs écoles de commerce.Parmi les choses à retenir, la qualité des relations internationales, (l’ouverture de nouveaux66Mars 2015]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frObservatoire rH & FOrMaTIONSATISFACTION MOYENNE DES DIPLÔMÉS D’ECOLES DE COMMERCES PAR THÉMATIQUESatisfaction générale4,1 3,8Cours et professeurs3,94Locaux (propreté, agencement...)Encadrement3,64,24,2Méthodologie : L’Etudiant-Educpros et la junior entreprise de l’ENSAI ont envoyé un questionnaire aux diplômés des grandes écoles promotion 2010 à 2013. Novancia et HEC n’ont pas répondu à cette étude. Les chiffres octroyés sont ceux de l’étude précédente. Les notes s’échelonnent sur un barème allant de 0 à 5.campus en passant par l’approche multi-culturelle et les doubles-diplômes) est le premier motif de satisfaction. La vie associative, également, est plébiscitée dans ses aspects sociaux et dans l’implication des étudiants en dehors du strict cadre de l’école. Toutefois, le réseau d’alumni, en vue de la préparation à la vie professionnelle, demeure le critère le plus mal noté de l’enquête.Réseau des anciens4,1Vie associativeOuverture internationale3,9 3,93,8Relation avec les entreprisesPréparation à la vie professionnelleRelations entre étudiantsQualité des services aux étudiantsMBA:unROIàlahauteur?Le 28 janvier, Qs publiait dans ses colonnes numériques un classement des meilleures écoles européennes, selon le critère de la hausse du traitement salarial post-MBa donné par les em- ployeurs. Huit écoles se distinguent dans ce top par une rémunération annuelle supérieure à 100 000 dollars. sur la veille réalisée sur 46 écoles de renom en Europe, 12 institutions peu- vent se targuer d’au moins doubler les salaires après avoir fait effectuer un MBa. Et dans 85% des cas, la hausse moyenne vécue par ses diplômés de haut niveau s’élève à 45500 dol- lars. a titre d’exemples, le MBa de HEC Paris permet à ses récipiendaires d’augmenter leur revenu de 112%, passant de 45033 dollars à 95 600 dollars. Les chiffres de l’INsEaD, eux, se caractérisent par une hausse de 70%, avec un passage de 71 000 dollars à 120 563 dollars en moyenne.Source : topmba.comSave the dateLe Qs Tour s’arrête en France. L’occasion de rencontrer des responsables d’admissions et de faire partie des futurs chanceux, bénéficiaires des 1,7 millions de bourses d’études. Un rendez-vous incontournable pour arbitrer ses choix, quelle que soit la formation et l’école/ l’université à privilégier :-mastères, masters, Ms, Msc, PhD pour le Qs World Grad school Tour -MBa pour Qs World MBa Tour.Qs World Grad school Tour, le samedi 14 mars, Hyatt regency Paris Etoile, 3 place du gé- néral Koenig, Paris XVIIQs World MBa Tour, le samedi 28 mars, Hyatt regency Paris Etoile, 3 place du général Koenig, Paris XVIISource : topmba.com/events/Mars 201567]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18rH & FOrMaTION Carrières & Talents - Dernières tendances MS et MScAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesLe temps de la maturité ?TMs et Msc se veulent toujours plus élaborés, couvrant parfois plusieurs sujets et étant enseignés dans plusieurs écoles.rente ans déjà que l’autre un turnover d’une qui irradie chaque segment les mastères spé- trentaine de formations en de notre économie ? Quels cialisés ont vu le raison de l’extinction de chemins prendre à l’inter-jour. a l’origine de ce la- certains programmes sur national pour ces appella-bel, la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) souhaitait répondre aux in- dustries désireuses de re- cruter des profils spécia- lisés ou ayant acquis une double culture. En 2015, ces formations coûtent cher comparativement à la quasi-gratuité d’un master à l’université. Précisément, entre 3000 et 15000 euros, avec une grande majorité des Ms et Msc situés dans la fourchette des 7000 à 8000 euros. Ces deux la- bels représentent pour les écoles un marché annuel stable de 16000 étudiants qui connaît d’une année àdes segments saturés, tan- dis que d’autres émergent ou se maintiennent. au- jourd’hui, on recense 450 mastères dans 125 écoles, dont 75 ont été délocali- sées en partenariat. La CGE compte aussi 58 Mas- ter of science (Msc), va- riante anglicisée et plus internationalisée du Ms, dans 26 écoles membres pour un marché annuel de 1500 étudiants. En dépit de ce bilan encourageant, de nombreux défis se pré- sentent pour ces formations de 3e cycle. Comment met- tre les programmes en phase avec l’innovationtions françaises ? Et com- ment concevoir les métiers de demain ? EcoRéseau revient sur les dernières tendances à l’œuvre au sein de ces programmes.FIN DU DILEMME CORNÉLIEN : PASSION, RAISON ET DOUBLEDIPLÔME« Les MS sont un moyen pour les étudiants d’aller à la fois au bout de leur passion, en se spécialisant dans un domaine et en bénéficiant d’un double diplôme », remarque Jean- François Fiorina, directeurLe temps où les étudiants apprenaient un seul métier est décidément révolu...adjoint de Grenoble Ecole gement des collectivités tion et au Web. Ce type de Management (GEM). territoriales de l’EM stras- de partenariat entre busi- accessible aux étudiants bourg qui ne possède pas ness schools croise les de GEM, le Msc in Wine de formation concurrente parcours et change laLes écoles ne sont plus seulement concurrentes, mais aussi consœurs dans l'élargissement des parcours possibles, croisant des parcoursMars 2015Management de Dijon, par exemple, s’inscrit dans une logique d’échange d’options. Idem pour le mastère dédié au mana-à Grenoble. Dans le sens inverse, GEM accueillera des élèves extérieurs sur des problématiques liées aux systèmes d’informa-donne. Les écoles ne sont plus seulement concur- rentes, mais aussi consœurs au service des entreprises et des étudiants68]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frdans l’élargissement des parcours possibles. Un choix qui permet une ré- tention des candidats pour les écoles, sans la néces- sité d’accoucher de nou- velles formations à la ges- tation longue en matière d’accréditation et de vi- sibilité. D’autant plus quephénomène en raison de sa jeunesse. « La tendance du double diplôme s’étend désormais à toutes les écoles pour développer des diplômes et des com- pétences hors de leur pé- rimètre et de leurs do- maines de prédilection avec d’autres types d’éta- blissements : partenariat entre écoles de commerce et d’ingénieurs, union en- tre université et business schools, accord avec des établissements étrangers... Mais on est très en en avance dans la recherche de complémentarité entre écoles de commerce et dans l’échange d’op- tions », poursuit Jean- François Fiorina.seulement l’apanage des services compta et de contrôle de gestion. L’ex- ploitation des données massives hors de leur champ d’origine est à l’ori- gine de nouveaux métiers, dont les besoins en recru- tement vont exploser dans les prochaines années. En- tre autres, on commence à parler de data scientist, data analyst ou encore de based-evidence manager. autre secteur porteur, l’énergie n’est pas en reste. Les smart-grids sont aussi dans l’air du temps. « C’estun secteur dans lequel la CGE a observé de nom- breuses propositions no- tamment en matière de cy- cle de vie des bâtiments », précise alain storck, pré- sident de la commission accréditation de la CGE. a ce titre, le mastère Eco- conseiller de l’INsa stras- bourg prépare ses récipien- daires à concilier dévelop- pement durable, aménage- ment du territoire, poli- tiques d’urbanisme envi- ronnemental dans une en- treprise, une association, une Chambre consulaireou chez un bailleur social. L’avenir du secteur se concentre notamment sur les interactions entre le site de production et le site de consommation, et sur leur optimisation.school lyonnaise et Cen- trale Lyon, initialement dé- dié à l’innovation dans ses pendants technologiques, a vite élargi son curriculum (conception, organisation et programmation des ac- tivités d’enseignement et d’apprentissage) à l’inno- vation dans son sens gé- nérique. Fort de ce nouveau positionnement, le Ms sou- haite désormais changer d’écrin pour internationa- liser son recrutement et ses débouchés, en adoptant le label Msc. Ces formations placent donc l’innovationCarrières & Talents - Dernières tendances MS et MSc rH & FOrMaTIONMS ET MSC, VECTEURS D’INNOVATIONDANS LES ENTREPRISESLes programmes étonnent par leur souplesse. a l’EM Lyon par exemple, le pro- gramme IDEa, fruit d’un partenariat entre la businessces parcours, coiffés d’une double casquette, ne si- gnifient pas que les di- plômes soient délivrés au rabais. a peine cinq étu- diants de GEM s’assiéront sur les bancs de l’EsC Dijon. L’admission est soumise à qualification et reste ultra-sélective. Il in- combe également à l’école partenaire d’accepter ou de refuser la candidature malgré le rattachement à l’école d’origine durant cette année d’échange. Pour l’instant, il est encore difficile d’appréhender leCOMMENT TRADUIRE L’INNOVATION DANS LES PARCOURS ? Terme galvaudé et un peu fourre-tout, l’innovation demeure au cœur des for- mations et des entreprises. Parler donc de quelque chose d’innovant et de nu- mérique en business school, c’est comme parler d’un plat gourmand, cro- quant-craquant lors d’une émission de cuisine. Cela fait très tarte à la crème mais cela crée du buzz. C’est aguicheur. Mais der- rière l’effet de mode, l’avè- nement du numérique et l’intégration des méga- données – les Immortels ayant récemment taclé les termes de Big data – ac- couche de nouvelles for- mations, reflets du rafraî- chissement numérique des métiers dans des disci- plines en mutation. a l’image des mastères Ma- nagement de l’édition de l’EsCP Europe et « e- santé » à l’EsIEF Paris, qui mettent à l’honneur le numérique et les techno- logies connectées. Même phénomènes constatés dans les secteurs historiques des business schools et des écoles d’ingénieur qui re- fondent leur expertise his- torique par la prise en compte du numérique dans les formations lancées cette année : le marketing seul n’est plus. Vive le Ms stratégies marketing à l’ère digitale dispensé à l’Es- sEC. Les chiffres et les données ne sont donc plusMars 201569Œ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18rH & FOrMaTION Carrières & Talents - Dernières tendances MS et MScau cœur de l’apprentis- sage : développement de l’action learning, du design thinking – termes hérités des théories du design qui désignent la capacité à pen- ser et à faire dans un espace dédié au centre de la pé- dagogie –, du collaboratif et de la pédagogie inversée.prises. « Les industries ont toujours du mal à innover, y compris dans la manière d’intégrer ces nouveaux profils et de les faire peser dans l’organisation de l’en- treprise. Mais elles sont conscientes qu’il ne suffit pas de les recruter. Il im- porte également de fairede la réforme de la forma- tion professionnelle, pro- voquant une rigidification du cadre de formation des stagiaires. Les change- ments opérés récemment par le législateur pourraient aussi impacter ces forma- tions dans leur plan de fi- nancement. seuls 70 mas-responsabilité de l’école de prendre la température du marché. Idem concer- nant les débouchés et le prix de la formation », dé- taille alain storck. au- jourd’hui, les réflexions de la CGE portent sur les évo- lutions des labels et leur positionnement dans l’éco- nomie de la connaissance. En 30 ans, on note par exemple une ouverture à l’international indéniable. « Des progrès restent à faire en la matière. Se pose, entre autres, la question de rendre l’anglais obli- gatoire dans les MS. Nous nous interrogeons égale- ment sur la façon dont les Technologies de l’informa- tion et de la communication pour l’enseignement im- pactent les formations dans l’élaboration des contenus présentiels et virtuels », ajoute alain storck. La formule dématérialisée d’un Ms est donc en cours de discussion. D’autant que son grand frère, le MBa, se décline déjà en version « online » à l’heure où les Google et amazon songent sérieusement à piétiner les plates-bandes des écoles et universités en matière de savoirs dématérialisés. De nouvelles modifications toucheront aussi les mas- tères qui revoient actuel-L'ingénieur du futur n'est pas qu'ingénieur, il est aussi ingénieur-designer. De même que le cadre ne pourra plus coacher ses équipes « à la papa »D’où l’éclosion soudaine ces dernières années des fablabs dans les écoles et campus de Lyon, Marseille, Paris, Compiègne, etc. « Le design thinking évoque trois grands impératifs dans la réalisation du pro- jet : la désirabilité la fai- sabilité et la viabilité », explique Philippe silberz- han, professeur à l’EM Lyon, co-directeur du pro- gramme IDEa.évoluer leur propre orga-nisation », détaille Philippesilberzahn. ainsi, les Hut-chinson, seb ou Groupamasuivent-ils de près cesjeunes pousses de l’inno-vation, en attendant le mer-cato post-diplomation.C’est aussi pour cette rai-son que les premiers di-plômés de programmes ontété bombardés responsa-bles de l’innovation dansdes cabinets de consultanceou des PME. sans oublier,bien évidemment ceux quiont opté pour l’entrepre-neuriat. « Certaines entre-prises sont cependant unpeu frileuses, et nous avonsdû renoncer à leur parte-nariat avec notre pro-gramme. Nous sommesamenés aujourd’hui à jon- prises sont alors intime- grammées des profession-La procédure d’accréditation est là pour garantir la qualité du produitEn d’autres termes, il s’agit de former des « makers », ces profils hybrides qui se démarquent par leur créa- tivité et leur polyvalence. L’ingénieur du futur n’est pas qu’ingénieur, il peut aussi être un créatif, une sorte d’ingénieur-designer. De même que le cadre ne pourra plus coacher ses équipes « à la papa ». Il devra s’appuyer sur de nou- veaux outils de monitoring exploitant les méga-don- nées. Or, ces diplômés mul- tidisciplinaires sont plus enclins à évoluer dans des environnements déstructu- rés. Ce qui n’est pas tou- jours du goût des entre-tères seraient ainsi certifiés par la Commission natio- nale de certification pro- fessionnelle (CNCP). Très peu également ont reçu un visa de l’Etat pour obtenir une reconnaissance acadé- mique à Bac+6. Ce faisant, l’impératif de qualité par l’insertion doit plus que jamais légitimer le coût de ces programmes d’établis- sements, dont seule une poignée est reconnue d’Etat.gler avec la nouvelle lé- gislation », tempère Phi- lippe silberzahn, qui sem- ble regretter certains effetsment impliquées dans l’éla- boration et s’investissent au-delà du seul montage financier : participation aunels pendant les cours, stage voire proposition de recrutement une fois le cur- sus validé, etc. « La pro-lement leur taux de. dats internationaux pouvant accéder à titre dérogatoire à un programme hors du processus de recrutement classique. D’inéluctables réflexions dans un contexte où l’accès au savoir ques- tionne le fondement même des grandes écoles.ACCRÉDITER EN REGARDANT VERS L’AVENIRLe verrouillage du label et l’implication des industriels garantissent la qualité de ces formations. Les entre-Ceux qui profitent d’un partenariat entre écoles, à cheval entre deux établissements, peuvent parfois se reconnaîtrecomité de perfectionne- ment, interventions pro-cédure d’accréditation est là pour garantir la qualité du produit. Une école ne faisant pas partie de la CGE ne peut pas déposer de projet en propre par exemple. Le processus est lourd. Statistiquement, nous donnons un avis po- sitif dans 80% des cas. Mais, il faut souligner que la commission ne fait pas de régulation sur les for- mations. Cela relève de lacandi-70Mars 2015Geoffroy Framery]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 10 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, 1 format week-endPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 380120215]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18rH & FOrMaTION Carrières & Talents - Impact réel des MBATombons les masquesLHausse des salaires, opportunités de recrutement, conditions d'admission, rOI pour l'entreprise et bénéfices personnels. Chiffres à l'appui, Ecoréseau analyse le double effet Kiss Cool d'un MBa en tant que levier de performancedes entreprises et accélérateur de carrière.a formation de ca- vail toujours marqué par rH complexe. Ce faisant, constitue le MBa durant gique de son entreprise tant que telle et les indis- dres, un marché ju- la crise, la question du il s’agit de maintenir la cette gestation de compé- dans le cadre de son ponibilités qu’engendrent teux où les meil- fameux retour sur inves- personne en poste et de tences, qui amènera le MBA », souligne Phil le MBa – même si cesleures écoles se frottent tissement de l’oiseau rare la faire évoluer en consa- participant à un poste situé Eyre, directeur des pro- dernières précèdent uneles mains ? On serait tenté de le croire au regard des 25% que représente la part de l’executive education – entendez ici la formation des cadres au sens large – sur l’ensemble des revenus de 2013 de la prestigieuse Harvard Business school. Mais cet argent ne serait pas jeté comme une bou- teille à la mer et lâché nonchalamment des cor- niches de grandes multi- nationales sans qu’elles ne s’y retrouvent. La preuve avec la dernière annonce du groupe Veri- zon faite début février 2015 : 50 millions de dol- lars seront reversés à Cor- nell Johnson et au Tech- nion, Israel Institute of Technology, à New York pour leur partenariat au sujet de leur nouveau cen- tre de formation des ca- dres. De même, Julie Coff- man, directrice de Bain & Company Global Women’s leadership Council, évoque une vague de re- crutement de 400 diplômés MBa rien que pour cette année. Des exemples qui confirment l’engouement des entreprises pour ces formations, devenant par- fois parties prenantes dans l’innovation pédagogique et envoyant souvent des cohortes de cadres dans les écoles de commerce. Le MBa, programme star des business schools, ins- taure ainsi un rapport in- time entre le monde des entreprises et celui des grandes écoles : en vue une meilleure performance économique côté entre- prises en contrepartie d’une meilleure visibilité mondiale et académique côté écoles.des formations se pose.crant ses temps libres etdans les cimes décision-gramme MBa à GGsBévolution et un gain de responsabilités – et les re- tombées de la formation sur le plan stratégique de l’entreprise : internatio- nalisation du portefeuille client, optimisation de la gestion budgétaire, implé- mentation de l’innovation non technologique dans les mécanismes rH, etc. Toutefois, la méfiance en- vers ces formations est parfois de mise. « Le prin- cipal risque pour les RH ? Bien évidemment de voir partir le cadre formé, tenté de regarder ailleurs, fort de ce nouveau di- plôme. Les entreprises choisissent parfois de pré- voir une clause de départ, contingentée par rembour- sement de la formation en cas de départ préci- pité », complète Phil Eyre. Pour l’INsEaD, établis- sement de référence en la matière au niveau euro- péen, cela représente 12% des participants aux MBa. Pejay Belland, Director Marketing admissions Fi- nancial aid-Degree Pro- grammes à l’INsEaD complète : « Le dialogue prend lieu directement en- tre le candidat admis et le département des res- sources humaines, dans le cadre d’une négociation interne, si bien que dans certains cas, une entre- prise envoie et parraine généralement un certain nombre d’étudiants ». a l’ombre des arbres de la forêt de Fontainebleau, non loin des bâtisses de l’INsEaD, viendront donc participer une mi- norité de cadres sponso- risés, provenant pour la plupart du consulting ou de grandes entreprises en- courageant leurs employés à obtenir un MBa en dé- but de carrière pour ac- quérir le meilleur terreau possible dans tous les as-« Alors Josiane, vous comprenez mieux maintenant ce qu’apporte un MBA ? »Dès lors, une première distinction s’opère au sein de cette jungle des MBa, celle séparant les versionsune partie de son temps professionnel à l’obtention d’un MBa. Le tout en adéquation avec la hié-naires de l’entreprise. Dans ce cas de figure, où l’entreprise co-finance la formation, « il n’est pas(Grenobleschool of Business). L’en- treprise qui décide alors d’envoyer son cadre enGraduateUN CADRE DEVENU MOINS DISPONIBLE MAIS FIN STRATÈGE Face à un marché du tra-La MBA européen a un meilleur retour sur investissement à dix ans que toute autre formation mondialefull-time et part-time. La rarchie directe et la di- rare que le participant ré- formation doit trouver deuxième formule s’ins- rection rH pour valoriser ponde directement à des l’équilibre entre le coût crit dans une dynamique cette prise de hauteur que questions d’ordre straté- causé par la formation en72Mars 2015Œ]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18rH & FOrMaTION Carrières & Talents - Impact réel des MBApects de la gestion. « In-vestir dans un employébrillant, en reconnaissantson potentiel et, finale-ment, le promouvoir aprèsl’obtention du diplôme, capacité à garder les ta- participants aux MBaest une stratégie impor- tante de rétention des ta- lents. Le retour sur in- vestissement peut être me- suré à la fois sur cettelents et sur la valeur ajou- tée indéniable qu’apporte la formation », note Pejay Belland. La logique de collaboration entreprises-peut cependant varier. C’est par exemple le cas lorsque les sociétés par- tenaires présentent d’abord une étude pratique dans le cadre du MBa,sur un développement pro- duit ou sur une réorgani- sation stratégique, et réa- lisent le potentiel de re- crutement par rapport aux solutions proposées. « Ce procédé permet aux étu- diants de se faire identifier et de se valoriser direc- tement dans l’écosystème des entreprises », re- marque Philippe Oster, di- recteur de la communica- tion, du développement et des admissions du MBa de HEC.QUELQUES EXEMPLES DE L’OFFRE MBA EN FRANCE ET CHEZ NOS VOISINS EUROPÉENS ET FRANCOPHONESECOLELocalitéPrix MBA Full-Time / DuréeAMBAEQUISAACSB Executive MBAFT Global MBA ranking 2015QS MBA RankingFTTop european businessHECJouy-en-Josas52000 euros (12 à 16 mois)xxx n.c*16HC2ESSECCergy-Pontoise45000 euros (11 mois)xx47500 euros (modulaire- 18 x mois) 49500 euros (week-ends Paris -18 mois)HC**1615EDHECRoubaix-Nice- Paris41000 euros (10 mois)xxx 35000 euros (15 mois)HC2717EM LyonLyon38000 euros (1 an)xxx 39750 euros de 10 à 20 moisHC4114ESCP EuropeParis-***xxx 51000 euros sur 18 moisHCHC12GGSBGrenoble31300 (1 an)xxx-HC2526TBSToulousenon / Aerospace MBA (spé) prix n.c (1 an)xxx 25120 euros (18+6 mois)HCHC63KEDGEBordeaux- Marseille-xxx 32000 euros (24 mois)HCHC29AudenciaNantes30000 euros (1 an)xxx 33000 euros (18 mois)HC562ESC RennesRennes-xxx 29000 euros (18 mois)HCHC56SKEMALille-Nice-Paris-xxx prix nc (18 mois)HCHC56NEOMAReims-Rouen30610 eurosxx35000 euros (individuels)/x 42000 euros (entreprises ouorganisations)HCHC47ICNNancy-xxx24 800 euros (mars) 25500 euros (octobre) (18 mois)HCHC72Montpellier BSMontpellier-xx<26000 euros (octobre-juin sur 2 ans)HCHC64ESSCAAngers-Parisn.cx n.cHCHCHCEM StrasbourgStarsbourg-8600 euros (1 an)HCHCHCTélécom EMEvry-xx 40000 euros (1an)HCHC60ESC La RochelleLa Rochelle17 500 euros/ 19900 euros HorsUE(1an+1an)x-HCHC76ESC DijonDijon-x 18700 euros (18 mois)HCHCHCESC TroyesTroyes- / EMVOL 7200 + 7200 euros (1 an + 1an)-HCHCHCESGParis- / 8150 euros (de 11 à 14 mois)x-HCHCHCESCEMParis- / MBA onlinex prix nc (18 mois)HCHCHCINSEADFontainebleau65800 euros (10 mois)xxx 102000 euros (14 mois)425HarvardCambridge, Etats-Unis112260 euros (1an)x n.c1HCHCOxfordOxford, Angleterre65000 euros (1 an)xxprix nc (20 mois)HC310BocconiMilan, Italie47000 euros (1an)xxx prix nc (21 mois)26HC8HEC MontrealMontreal, Canada21800 euros (étudiant étranger) (1 an)xxx n.cHCHCHCHEC GenèveGenève, Suisseprix nc (13 mois)x15170 + 12300 (1 ans + 1 an)HCHCHCWHUVallendar, Allemagne36000 euros (15 mois)xxx 75000 euros (2 ans)HC3334Instituto de EmpresaMadrid, Espagne59 000 eurosxxx 55 200 euros (15 mois)1263LA VALORISATION DU MBA PAR LE SALAIRE« Toute peine mérite sa- laire », a-t-on l’habitude de rabâcher. Outre sa va- leur académique, le MBa pourrait, au regard des évolutions salariales, être sacré meilleure formation orientée business. Per- sonne ne s’y trompe, en- treprises comme recru- teurs, comme en témoi- gnent les salaires moyens des diplômés d’un MBa européen, s’élevant en moyenne à 91586 dollars selon la dernière étude Qs (le dollar est ici utilisé comme devise pour l’étude mondiale). a titre de comparaison, les di- plômés de niveau master seraient engagés pour un traitement annuel bien in- férieur, situé en moyenne à 45500 dollars. Outre cette comparaison qui cor- rèle en partie le diplômeà un niveau de rémunéra- tion, il importe également de revenir sur l’avant et l’après MBa, toujours en matière d’émoluments : une augmentation post- MBa de 85% en moyenne pour un salaire moyen, passant de 50226 dollars à 91586 dollars. Non, vous n’avez pas la berlue... EtCritères d'admissionLe cas de HEC« Du premier rendez-vous à l’admission finale, le processus d’admission prend deux ans », explique Philippe Oster, di- recteur communication développement et admission du MBA de HEC. Le MBA, diplôme international par essence, requiert quelques incontournables. Des prérequis d’ordre linguistique qui nécessitent une maîtrise experte de la langue de Shakespeare, avec un seuil recommandé de 105 sur 120 au TOEFL IBT (Test of English as a Foreign Language). Deuxième entrée avant le plat de résistance, un très bon score au GMAT (Graduate Management Ad- mission Test) sera aussi incontournable.« Il s’agit de vérifier l’agilité intellectuelle des candidats pour suivre des enseignements dans des disciplines qui leur sont étrangères. Je suis juriste, suis-je capable de suivre des cours de statistiques financières ? C’est à ce type de questions que le GMAT répond », illustre Philippe Oster. Pour l’école parisienne, le score moyen suite aux admissions de cette année est de 690. Même score médian à Oxford. Et à titre de comparaison, ce score s’élevait à(*) non communiqué - (**) hors classement - (***) pas de formule en global full time MBA74Mars 2015« Si je songe à quitter l’entreprise après av]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Impact réel des MBA rH & FOrMaTIONcaractérisent-ils la zone Europe : la prépondérance de programmes full-time et le meilleur retour sur investissement à dix ans par rapports aux autres formations mondiales. se- lon la dernière étude de Qs, Trends & salary re- ports, le rOI (return On Investment) moyen pour les programmes européens est de 0,67M de dollars sur dix ans. après 20 ans, le rOI des MBa euro- péens est de 2,9M de dol- lars !niors –, le cœur de ces rience solide est néces- sans heureuses consé- formations se compose saire. Cela permet de quences. Toujours en ma- plutôt de personnes qui prendre du recul sur sa tière de rOI, une ving- ont entre 25 et 35 ans. profession. Il faut ensuite taine d’écoles de com-Le MBA pourrait être sacré meilleur formation orientée businessl’INsEaD, aux côtés des non moins prestigieuses Cambridge, Oxford ou WHU pour ne citer qu’elles. autre argument pour sauter le pas, celui du retour du financement de départ. sur ce point, l’étude évoque un délai moyen de 30 mois pour « récupérer sa mise de départ », malgré des sommes engagées impor- tantes si le participant s’autofinance (cf. enca- dré). Mais cette augmen- tation des salaires n’est évidemment pas automa-parmi l’éventail de busi- ness schools, 12 écoles de commerce rapportent des améliorations de sa- laires supérieures à +90% du poste précédent ; HEC Paris (112%) et l’EM Lyon (110%) se classent dans le peloton de tête (cf. L’observatoire). aussi, deux faits saillants727 pour rentrer dans le MBA de Harvard. A de rares ex- ceptions, HEC tolérera de substituer le GRE (Graduate Record Examinations) en dispense au GMAT. Gare donc aux tests internes des écoles qui ne permettent pas de jauger le niveau de sélectivité de l’établissement et laissent aux oubliettes les tests internationaux. Une fois l’ensemble de ces prérequis validés, les réjouissances débutent et le candidat peut officiellement postuler s’il se situe dans la tranche des 25-35 ans, comme le veut la tradition du MBA. En-deçà, on regrette le trop peu d’expérience. Au- delà, on songe aux formules exécutives. Deux entretiens évalueront finalement la motivation et le profil de candidats selon une batterie de critères à HEC que l’on peut regrouper en cinq grandes familles : le parcours académique, les réalisations personnelles, l’ouverture à l’international, la motivation et le potentiel en matière de leadership. Au terme de ces différents tamis, 150 à 200 personnes seront admises pour plus d’un millier de candidatures. Mais tout n’est pas fini pour les recalés. D’autant qu’il est possible de se présenter l’année d’après en ayant bonifié son ex- périence d’un an supplémentaire, tout en améliorant son anglais et ses objectifs professionnels. Cas qui s’est déjà présenté, nous raconte Philippe Oster.CHOISIR LE BON MOMENT PUIS NÉGOCIER Corrélativement, le MBa tire aussi ses lettres de noblesse de son taux d’in- sertion à trois mois, de 85% pour l’ensemble des cohortes du Vieux-Conti- nent. si l’on ajoute à ce chiffre les entrepreneurs, dont le nombre est tou- jours à la hausse dans ces formations, nous ne sommes pas loin d’attein- dre le score parfait en matière de placement. Mais encore faut-il choisir le bon moment pour faire son MBa. si l’on observe un élargissement de ces formations aux quinqua- génaires – c’est le seul moyen d’évoluer encore au sein de l’entreprise compte-tenu de la conjoncture et des consé- quences de celle-ci sur l’employabilité des se-Dominique Holtzer Cos- tedoat, avocat recruteur auteur de Entreprendre et réussir, tempère : « Il existe des moments plus légitimes que d’autres pour postuler à un MBA. Avoir une première expé-réfléchir à son projet per- sonnel, puis démontrer son potentiel, ce qui per- met dans certains cas un financement de la forma- tion. » réaliser son MBa au bon moment et dans la bonne école n’est pasmerce en Europe peuvent se targuer d’un retour sur investissement supérieur ou égal à 3 millions de dollars sur trois ans selon Qs. Parmi celles-ci, trois Françaises se distinguent : HEC Paris, l’EDHEC etMars 201575Œvoir passé mon MBA ? Nooooonnn... »]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18rH & FOrMaTION Carrières & Talents - Impact réel des MBA Cas d’écoleL'insertion des diplômés 2013 à l'INSEADLe temps d’une année, le MBa offre une infinité d’opportunités profession- nelles et de perspectives d’embauche.Mansoor Iqbal, journa- liste chez Qs.95% des diplômés 2013 étaient embauchés en mars 2014. Les 1016 diplômés qui composaient la cohorte avaient une moyenne d’âge de 29 ans et possédaient une expérience professionnelle qui s’étalonnait entre cinq et six ans. Sur l’ensemble, 915 personnes ont répondu à une enquête concernant leur placement professionnel : si 51% d’entre eux ont trouvé un emploi grâce au service carrière et au réseautage via le cercle alumni, 21% ont été em-tique. Et sans aller jusqu’à taper du poing sur la ta- ble, il importe d’appré- hender avec agilité son futur traitement : « Au- jourd’hui, nous ne sommes plus dans la lo- gique où tel diplôme équi- vaut obligatoirement à telle rémunération. La ré- munération est à négocier en permanence. Mais il est essentiel pour le can- didat qui s’autofinance d’évoquer un moyen de compenser le coût d’un MBA. Le diplômé ne doit pas se sentir lésé, ni ne doit s’appliquer la doublebauchés grâce à leur propre réseau, 19% ont été recrutés par leur employeur pré-INSEAD, 5% ont créé leur entreprise et 4% ont réussi à être salariés suite à un job d’été. Le consulting (34%) et les finances (17%) ont été les secteurs les plus recherchés. Et l’essentiel des postes pourvus se situait en Europe de l’Ouest dans 38% des cas ; l’Asie Pa- cifique concentrait 27% des gradués et l’Amérique du Nord, 11%.LES SECTEURS QUI RECRUTENT« Notre dernière étude QS sur les tendances en matière d’emploi et de salaires montre le retour du secteur des services financiers comme premier recruteur à niveau MBA. 22% du total des diplômés suite à une hausse de 7% l’année dernière et une prédiction tablant à 27% l’année prochaine », avance Nunzio Quacqua-LE CADRE DE 2015 N’EST PLUS CE QU’IL ÉTAIT... D’autres tendances mon- diales se confirment éga- lement dans les rangs des MBa. En particulier au sujet du profil de ces ta- lents : d’abord, une fémi- nisation des cohortes, avec une parité qui penche en faveur des femmes en amérique du Nord pour la première fois depuis la création de ces cursus. Phénomène également à l’œuvre dans une moindre mesure en Europe. Les destinations reines en vo- lumétrie demeurent les états-Unis, pays de nais- sance du MBa, et le royaume Uni. Mais d’au- tres destinations ont da- vantage été plébiscitées, à l’image des universités et écoles asiatiques. L’âge moyen avoisine les 30 ans en amérique du Nord et en Europe contre 29 en Europe de l’Est, afrique, amérique Latine et Proche-Orient. La fémi- nisation des cohortes et la demande croissante des pays en plein boom éco- nomique élargissent les contours de ces formations mondialisées, témoins et acteurs des grandes mu- tations économiques mon- diales. Les entreprises l’ont d’ailleurs compris. Katja Boytler, associate Director-INsEaD Career Development Center, conclut : « Tous secteurspeine du manque à ga- gner pendant le MBA et du coût de la formation. Il importe alors de valo- riser cet investissement auprès du recruteur- comme de l’employeur », détaille Dominique Holt- zer Costedoat.ouvre-boite premium quise construit par le dyna-misme du réseau d’alumniet la multiplication desrencontres pouvant po-tentiellement aboutir à refours existent et sont relli, fondateur de Qs.entreprises et 50 start-up à l’ensemble des pro- grammes dispensés à l’école parisienne au mois de janvier. D’autres car-DES OPPORTUNI- TÉS D’EMBAUCHEÀ LA PELLEPlus qu’un bélier enfon- çant les portes réputées infranchissables d’une di- rection rH d’un grand groupe, le MBa relève davantage du sésame. UnEn Europe 12 écoles de commerce apportent par le MBA des améliorations de salaires supérieures à plus de 90% du poste précédentune embauche. a HEC par exemple, les rencon- tres se réalisent lors des fameux « carrefours ». Celui de HEC a été l’oc- casion de connecter 110spécialement dédiés aux Les secteurs de l’infor-MBa. autre corde à l’arcde l’insertion du groupeparisien, les « companypresentations » du mardisoir réunissent étudiantset start-up ou PME à fortpotentiel venant faire lesyeux doux aux partici-pants. Les clubs et confé-rences sont également au-tant de moments infor-mels qui permettent auxparticipants de consoliderla toile de leur réseau.« Les stages sont aussiune excellente façon detester un secteur d’indus-trie qui n’est pas familierau participant. Cela per-met de prendre un risquemesuré parce qu’il s’ins- « Les entreprises sont confondus, nous consta- crit dans le cadre d’un alors particulièrement tons une augmentation si-matique et des technolo- gies de l’information (IT) sont ceux qui recrutent le plus. Mais la hausse la plus spectaculaire concerne les technolo- gies, au sens générique du terme, et l’énergie. Pour aller plus loin dans l’analyse, on constate que certaines fonctions cor- respondent plus que d’au- tres au niveau MBa. 44% des entreprise recrutent à ce niveau d’études dans des rôles stratégiques et en particulier dans des fonctions liées à la ges- tion de business unit et à leur développement.Gare aux tests internes des écoles qui ne permettent pas de jauger le niveau de sélectivité de l'établissementMBA avec le filet de sé- friandes de ces profils gnificative à l’échelle76Mars 2015curité qu’apporte le tu- teur », ajoute Philippe Oster. sans prétendre à l’exhaustivité des rencon- tres accélérant l’em- bauche, les MBa treks, présents dans tous les pro- grammes dignes de ce nom, sont enfin une belle occasion de s’ouvrir à un secteur d’activité lié à une zone géographique : le luxe au Moyen-Orient, l’énergie en Norvège...parce qu’ils ont acquis cette faculté d’impacter la croissance des entre- prises. Les directions marketing, les postes fi- nanciers hors consul- tance, le management gé- néral – catégorie qui a subi la plus forte baisse depuis 2011 – et la consultance complètent ce quinté des métiers et fonctions qui recrutent après MBA », soulignee du nombre demondial.diplômés MBA rejoignant start-up et PME. Et de plus en plus, les grandes entreprises intègrent leur cadres dans des pro- grammes de rotation ou consacrés au leadership, qui nécessitent de faire un MBA ».Geoffroy Framery]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18arT DE VIVrE & PaTrIMOINE La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneLibrairien A l’Est, l’Asie de Stéphane KleinPhotographe professionnel depuis 1988, StéphaneKlein commence à voyager à partir de 1996, ar- pentant l'Inde, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Birmanie, la Chine, enfin la Mongolie.Envoûté par l'Asie, il multiplie plus d'une décennie durant des allers-retours entre Orient et Occident, retournant dans ses villes coup de cœur, tout en renouvelant continuellement ses parcours.« A chaque fois, j’atterrissais à Hanoï, je louais uneMinsk, une moto russe, pour me diriger immédia- tement vers la zone montagneuse du Nord Vietnam. Après quelques semaines, je re- tournais à Hanoï prendre un train pour arriver à Nanning, une ville du sud de la Chine. De là, je rejoignais tranquillement Pékin, toujours avec des itinéraires complètement différents, en utilisant le bus, le bateau ou le train. De Pékin, je prenais aussi le trans- mongolien pour arriver à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie. C’est là le point de dé-part de toutes mes aventures dans les steppes. »Pour réaliser un livre sur ces pérégrinations, Stéphane Klein cherchait un partenaire. Denis Durantou, passionné par le vin s’intéresse à la photographie. Après quelques rencontres, il lui confie son envie de constituer « un fonds » photographique . La col- lection de photographies « Denis Durantou » vient de naître, avec son premier ouvrage A l’Est ,l’Asie dont trois cents exemplaires sont présentés dans un coffret bois , accom- pagnés d’une épreuve format 30X 40 cm, tiré par l’auteur sur support baryté traité au sélénium.Distributeur : denis@durantou.comn Ma petite entreprise a connu la crise (éd. Bourin, 2011) Autodidacte, Nicolas Doucerain n'a pas encore 20 ans lorsqu'il prend la tête de Solic, cabinet de conseil en re- crutement et en ressources humaines. En une dizaine d'années, il propulse sa société au premier rang des ca- binets indépendants, avant de connaître la descente aux enfers, en victime collatérale de Lehman Brothers, et le redressement judiciaire. Le livre relate avec brio les r^ves de grandeur, la frustration de l'échec et la bataille pour le surmonter, avec son lot de trahisons, d'alliés in- soupçonnés et de coups du sort. Il continue à présider aux destinées de Solic aujourd'hui, tout en développant une activité de valorisation des grands crus viticoles français. Outre le fait d'être optimiste, son histoire com- porte un côté très pédagogique sans être ennuyeuse, parce qu'elle évoque au final ces fameux bienfaits quepeuvent parfois représenter les échecs.n L’Arabe du futur, de Riad Sattouf (Allary éditions) L’Arabe du futur a germé dans l’esprit deRiad Sattouf il y a quatre ans, au déclenche-ment de la guerre en Syrie, le pays natal deson père. Il s’agit du premier tome d’un roman graphique autobiographique qui se terminera en 2016 avec le troisième opus, racontant l’exil en France d’une partie de sa famille, originaire de Homs.Sous-titré « Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) », ce premier volet raconte les séjours de Riad, tout en candeur et boucles d’or, avec ses parents dans la Lybie du colo- nel Kadhafi et la Syrie d’Hafez Al-Assad, par une succession de saynètes qui donnent au- tant à rire qu’à réfléchir. On pense à l’œuvre de Guy Delisle, qui a aussi raconté avec brio ses pérégrinations familiales autour du globe (Chroniques de Jérusalem, Chroniques Birmanes).Début février, le Festival d’Angoulême aremis à Riad Sattouf le Fauve d’or du meilleur album pour L’Arabe du futur. Il l’avait déjà remporté en 2010 pour le troisième tome de Pascal Brutal. Cette année, le prix est teinté de tristesse pour celui qui collabore à Charlie Hebdo.Musiquen Give it time de Raphaële Atlan (Gemini Records, sortie en mars 2015)Après le succès remporté par son premier album Inner stories (Gemini Records, 2011), Raphaële Atlan a puisé son renouvel- lement dans ses séjours à New York et à Rio de Janeiro en 2013 et 2014. Inspiration gagnante, puisque la chanteuse pianiste au timbre atypique a ajouté une palette de couleurs plus chaudes à son jazz moderne et authentique, tourné vers une réflexion sur le temps : celui que l'on se donne pour se réaliser et faire ses choix, celui que l'on s'accorde pour se ressentir... A travers des textes en français et en anglais, ciselés d'une écri-ture à la fois poétique et universelle, c'est toute la maturité d'une chanteuse qui s'ex- prime, alors qu'elle a commencé le jazz en parallèle d'études littéraires à l'âge de 20 ans. A écouter sans modération.78Mars 2015]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frL’Air du temps - Tendances horlogères chez les hommes arT DE VIVrE & PaTrIMOINE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsL'heure du choixLMême si elle s'en défend, l'horlogerie masculine est, comme d'autres industries, confrontée à des phénomènes de mode.’esthétique, mais « Les technologies actuelles concurrence naissante de aussi la technologie, nous permettent de réaliser nouveaux acteurs. « Les évoluent à vitesse des complications de grande marques de haute techno-grand V dans ce domaine précision, comme des tour- logie comme Apple ou Sam-qu’on pourrait croire au pre- mier abord figé dans le temps. « Depuis une décen- nie, la tendance constante est celle d’un diamètre tou- jours plus grand et d’une plus grande importance don- née à l’aspect technique avec des sophistications voire des complications, tels qu’un chronographe, une réserve de marche, un re- montage mécanique ou en- core de multiples fuseaux horaires », observe François Thiébaud, président de la marque Tissot, chez swatch Group. Les dernières années ont ainsi été caractérisées par une certaine exubérance dans les matières et les styles comme l’usage du caout- chouc associé à l’or chez Hublot, ou l’utilisation de la marqueterie de pétales de rose par Cartier par exemple, une augmentation de la taille des cadrans, une explosion des prix et du nombre de marques épousant ces nou- veaux codes (MB&F par exemple). « Le design mas- culin, sportif et très tech- nique de la marque Panerai a révolutionné les codes de l’horlogerie de luxe dans les années 2000, avec ses cadrans de 44mm », précise stéphane Belmont, directeur marketing & création, de Jaeger-LeCoultre.billons capables de fonc- tionner quelle que soit la position de la montre, des calendriers perpétuels de l’épaisseur d’une pièce de monnaie, ou des modèles à répétition minute aux sono- rités multiples », décrit sté- phane Belmont.sung peuvent récupérer les codes et les talents de l’hor- logerie de luxe, et proposer une richesse de fonctions que les marques de luxe sont loin de maîtriser, pré- voit Frédéric Godart. Des partenariats sont donc en- visageables dans ce sec- teur. »Des innovations bien loin de survenir au goutte à goutte...actuellement sur ses codes traditionnels en proposant des modèles plus durables, plus aptes à constituer un investissement », indique Frédéric Godart, professeur à l’Insead, spécialisé dansde l’incroyable tourbillon floral de richard Mille. De fait, hormis quelques fabri- cants résolument classiques (Baume & Mercier Clas- sima, Piaget altiplano), de nombreuses marques jouentde leur côté à une demandeen baisse (effondrement dumarché russe, ralentissementen Chine, crise économiquedurable en Europe, et dimi-nution des revenus pétrolierset donc de la demandemoyen-orientale) et à des la mode et le luxe. « La sur les deux tableaux, enPierre HavezD’autres horlogers anticipent même une révolution liée aux objets connectés. « La Swatch Access a été la pre- mière montre connectée dans les années 1990. Elle per- mettait notamment de stocker des informations d’abonnements de ski, pour faciliter l’accès aux remon- tées mécaniques des stations, rappelle François Thiébaud. Un domaine dans lequel nos laboratoires de recherche continueront d’innover, comme pour la création, en 2005, d’un modèle connecté, en partenariat avec Micro- soft, permettant d’accéder à certaines informations en ligne comme les prévisions météorologiques, les résul- tats sportifs ou les informa- tions économiques. » Une volonté renforcée par laNéanmoins, tous les fabri- cants n’emprunteront pas ce virage technologique. « Nous n’allons pas répéter les mêmes erreurs que celles que nous avons commises dans les années 60 avec le quartz, en oubliant que la valeur d’une montre ne ré- sidait pas seulement danssa précision, mais.sa beauté et son esthétisme, avance stéphane Belmont. La durée de vie d’un objet connecté, comme pour un smartphone par exemple, n’est que de six mois, alors que la dimension de rêve d’une montre doit s’inscrire dans le temps. »aussi dansNous ne répéterons pas l’erreur du quartzSalon BaselWorldUN RETOUR AUX SOURCESMais le marché tend au- jourd’hui à s’assagir. Une évolution dictée par de nou- velles conditions écono- miques. Depuis la crise de 2008-2009, les acheteurs privilégient en effet de nou- veau, par effet de réassu- rance, les matériaux nobles, les formes intemporelles et les fonctions de base dont la valeur est jugée plus pé- renne – voire certaines créa- tions à la dimension artis- tique indubitable. Confrontéscoûts de production plus élevés en raison de la hausse du franc suisse qui pénalise les fabricants helvétiques, les horlogers se sont donc lancés dans une course à l’innovation afin de main- tenir leurs parts de marché. Or, dans le monde feutré de l’horlogerie de luxe, l’in- novation consiste d’abord à réinterpréter des modèles passés et immuables, à l’image de la nouvelle re- verso de Jaeger-LeCoultre, dont l’original date des an- nées 30. « L’horlogerie mas- culine de luxe se recentremajorité des acheteurs se tournent désormais vers des modèles discrets et extra- plats, qui reflètent le véri- table savoir-faire des hor- logers traditionnels, ajoute stéphane Belmont. Mais nous voyons également ap- paraître quelques nouvelles formes de boitiers, rectan- gulaires, tonneau ou coussin, par exemple. » L’esthétisme fait ainsi un retour remarqué dans les critères des acheteurs. Cer- taines marques misent donc sur la dimension artistique de leurs modèles, à l’imagefaisant coexister une gamme recentrée sur les codes conventionnels et quelques modèles plus artistiques, à l’image de l’Excalibur Bro- céliande chez roger Dubuis, ou de la rendez-Vous Moon pour Jaeger-LeCoultre.1500 marques exposent leurs nouvelles créationsLe salon mondial de l’horlogerie et de la bijouterie BaselWorld se tiendra du 19 au 26 mars prochain à Bâle, en Suisse. Un rendez-vous devenu incontournable depuis plusieurs années. « En 2006, Baselworld a enregistré un taux de fréquentation de 95000 visiteurs pour atteindre 150000 participants, venant de plus de 100 pays en 2014, pointe Sylvie Ritter, managing director Baselworld. Dans le même temps, nous avons privilégié la qualité en réduisant le nombre d’exposants, afin d’accroître leur surface d’exposition. » Cette année, quelque 1500 marques (contre 2000 marques en 2010) exposeront simultanément leurs dernières créations, alors que le rythme d’innovation de cet univers ne cesse de s’accélérer. « La technologie, tout comme nos goûts, a toujours évolué au fil du temps. Mais, les nouvelles tendances s’imposent aujourd’hui à un rythme effréné et les habitudes de consommationchangent continuellement », observe Sylvie Ritter.LE VIRAGEDES MONTRES CONNECTÉESLes innovations les plus marquantes interviennent néanmoins plutôt sur le plan technique, ouvrant la voie à des mécanismes horlogers toujours plus complexes.Mars 201579]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18arT DE VIVrE & PaTrIMOINE L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéBig Bang BroderieHorlogerie & JoaillerieLa classe Tissot FlamingoSexy et glamour, c’est une ode à l’ultra-fémi-nité. Avec le principe de fusion si cher à lamarque horlogère suisse: Hublot connecte lepassé avec le futur, le respect de la traditionsuisse avec la créativité et la technologie duXXIème siècle. Irrésistible fine broderie, ma-tière féminine par excellence, à même la peausynonyme d’intimité...Esprit rebelle avec lemotif de tête de mort pour un cadran réhausséde 11 diamants, et douces arabesques pour lalunette et le bracelet, la réalisation technique a demandé plu- sieurs mois de Recherche & Développement.C'est une envolée de créativité : La montre Tissot Flamingo est, à l'image de l'oiseau majestueux auquel elle doit son nom, une véritable œuvre d'art. Tandis que le flamant rose se dresse en toute élégancesur ses deux pattes fines, la montre Tissot Flamingo séduit par l'in- croyable souplesse de ses lignes, encore épurées par de fines attaches . Ses cornes décalées et ses contours élégants la hissent au rang de bijou, une merveille de joaillerie qui apportera une note glamour aux tenues de soirée ou une touche sophistiquée aux looks décontractés du quotidien.www.hublot.comTransparence ultime chez Richard MilleClassic Fusion Aeromoonwww.tissot.chChez Richard Mille, aucun des grands défis relevés ne justifiera ja- mais de se reposer sur ses lauriers. La présentation il y a trois ans du tourbillon Chronographe à rattrapante RM 056 Saphir a marqué un véritable tournant dans les accomplissements techniques horlogers. Aujourd’hui, l’une des plus belles prouesses horlogères en matière de transparence vous est présentée en exclusivité : le Tourbillon RM 56- 02 Saphir, inspiré de l’architecture mécanique du modèle RM 27-01 Rafael Nadal et de son mouvement fixé par câbles. En intégrant cette architecture suspendue dans cet écrin de saphir, Richard Mille parvient à l’expression ultime de la légèreté et de la transparence dans la haute horlogerie.Hublot étoffe encore la ligneClassic Fusion et réinterprètede façon moderne et racée laPhase de lune. C’est une mon-tre avec une personnalité af-firmée. Un spectacle tout enrelief qui apparait grâce à latransparence de son cadransaphir. C'est une montresquelette à l’architecturecontemporaine qui offre uncalendrier complet affichantles phases de lune, un quan-tième simple ainsi que l’indi-cation du jour et du mois. Unmodule qui a nécessité deux ans de développement. L’en- semble est complété par un bracelet noir en alligator cousu sur caoutchouc.www.hublot.comExcellence augmentée chezPequignetLa maison Pequignet enrichit sa collec- tion "Moorea" en lançant ses montres "Elégance Homme Bicolore" et sa montre bijoux "Trocadéro femme". Aujourd'hui Pequignet renouvelle sa collection Moorea, fabriquée en France au cœur du jura horlo- ger. L'élégance moderne de la col- lection renouvelle les codes classiques de Pequignet et ravira les amoureux de belle horlogerie qui aiment porter au quotidien un symbole du luxe à la française. « Le cadran soleillé des modèles Elégance Homme fascine et monopolise le regard, soulignant la sobriété et la distinction de ce garde-tempsremarquable. »www.pequignet.comDéfinitivement la montre Clé de CartierUne montre, pour Cartier, est toujours un exercice en trois dimensions, compa- rable au travail d’un architecte. Tout au long de son histoire, la maison a abordé la question du vo-lume de ses créations avec une attention parti- culière, imaginant des modèles aux lignes fortes, aux formes généreuses. Clé de cartier ne déroge pas à la règle. Dans un élan d’élégance, cette montre introduit un nouvel élément dans le vocabulaire horloger de la maison : La courbe tendue. De profil, la boîte est cintrée, racée et élancée, organique et ergonomique. Ses contours, au plus près du poignet, donnent à ceux qui la portent une impression d’aisance et de confort. Fidèle au style Cartier, elle est aussi belle au toucher qu’au regard.www.cartier.frwww.richardmille.comBELL & ROSS, collection Aviation !Avec pour seule devise que l’essentiel ne laisse jamais la place au superflu, les ingénieurs Bell & Ross ont conçu une montre utilitaire parfaitement adaptée àun usage professionnel. C'est une déclinaison de la BR 03 Ceramic dans une version authentiquement militaire : la BR 03 Military type. Le ca- dran kaki est parfaitement lisible de jour comme de nuit, le verre saphir est in- rayable et le mouvement réglé haute précision. Le noir mat antireflet du boîtier et le kaki du cadran, couleur de l’uniforme militaire, en font la montre camouflage par excellence.www.bellross.com/fr80Mars 2015]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°18www.ecoreseau.frGirard Perregaux défie la gravitéRéférence incontournable dans la réalisation de montres à tourbillon, Girard-Perregaux présente une version en or gris de son Tourbillon Tri-Axial. Une mécanique horlo- gère spectaculaire destinée à optimiser la précision chronométrique en éliminant les perturbations liées à l’effet de la gravité sur l’organe réglant de la mon- tre. Nouveauté de la version or gris, un cadran dont les jeux de transparence permettent de découvrir plus encore la mécanique de précision tout en souli- gnant la modernité du garde-temps. Près de 160 heures sont nécessaires aux horlogers pour assembler les 317 composants du mouvement qui prend désor- mais place dans un boitier en or gris de 48mm de dia-mètre. Edition limitée à 10 pièces.www.girard-perregaux.comHéritez d'une Tissot !Place à l'élégance intemporelle avec la collection Tissot Vintage, consti- tuée de luxueuses montres en or qui n'ont de cesse d'éblouir par leurs pré- cieux détails rétros. Les hommes se- ront ravis de pouvoir transmettre à leur fils une montre à gradients an- thracite et aux lignes claires et épu- rées. Les versions à quartz, limpides, épurées, classiques, se distinguent par des détails tels que les index bâ- tons qui remplacent les chiffres ro-mains pour adoucir encore la fluidité des lignes. D'un point de vue technique, cette montre est tout aussi irréprochable, avec son mouvement révolutionnaire Powermatic 80 garantissant 80 heures de réserve de marche : la parfaite touche de modernité qui vient sublimer l'esthétique vintage de l'ensemble.www.tissot.chL’Art de la Dissonance jazz by OrisLa maison horlo- gère Oris est fière de présenter son mo- dèle elonious Monk en édition li- mitée, dernier né de sa collection hom- mage aux figures emblématiques dujazz, notamment le pianiste elonious Monk, connu pour son style avant-gardiste et sa manière de jouer, à la fois mélodique et dissonante. Ce garde-temps en acier de 40 mm est doté d’un cadran soleillé bleu fumée, ponctué de petits point polis formant les index des heures. Clin d’œil à la technique dissonante de Monk, la graduation présente 11 marqueurs entre 10 et 12 heures. En référence à l’expression préférée du pianiste, la phrase « Monk always know » est gra- vée sur le fond du boîtier. Ce garde-temps limité à 1 000 exemplaires sera disponible en mai pour un prix public de 1500 - 1600 euros environ.www.oris.chL’Art du temps arT DE VIVrE & PaTrIMOINEVacheron Constantin souffle sa 260ème bougie !A l’occasion du SIHH 2015 et de son 260ème anniversaire, Vache- ron Constantin dévoile sept premiers modèles d’une nouvelle col- lection baptisée Harmony. Réalisées en séries limitées, ces montres arborent une forme coussin et un design inspirés d’unemontre chronographe datant de 1928. Réinterprétations contemporaines de la mesure du temps, cinq calibres estampillés du prestigieux Poinçon de Genève s’unissent à l’art des formes en de remarquables sculptures. Ces editions spéciales sont estampillées du prestigieux Poinçon de Genève et sont parées des plus belles finitions de haute horlogerie.www.vacheron-constantin.comIWC mise toujours surla PortugieserÀ l’occasion du 75e anniversaire de la famille des montres Portu- gieser, de discrets changements ont été apportés à la Portugieser Grande Complication. Le cadran gagne en sobriété et en éléganceet la version en platine resplendit d’une nouvelle fraîcheur. Avec ses vingt fonctions et affichages, cette magnifique prouesse hor-logère reste un jalon dans la Haute Horlogerie. À l’intérieur de la montre, 659 pièces mécaniques fonctionnent en harmonie pour uneparfaite précision. On y reconnaît les fonctions de l’heure et du chro- nographe, mais aussi le calendrier perpétuel avec la date, le jour de lasemaine, le mois, l’année, la décennie et le siècle ainsi que l’affichageperpétuel des phases de lune. Quel que soit son degré de complication, le secret de son succès est très simple: elle compte parmi les meilleurs garde-temps du monde. Éditions limitées à 250 exemplaires chacunewww.iwc.comWempe améliore encore son Zeitmeister !L’évolution de la ligne Zeitmeister s’est produite de manière progressive depuis 2006. Les montres avec chronographe et calendrier complet y compris la phase de lune n’ont pas uniquement reçu de prestigieuses distinctions, mais fi- gurent également parmi les modèles de prédilection. Désormais, les deux complications horlogères les plus appréciées sont réunies dans le vaisseau amiral de la ligne, qui sera lancé au mois d’octobre dans toutes les horlogeries-bijouteries Wempe à travers le monde sous la forme du nouveau chronographe automatique avec calendrier complet et indication de la phase de lune. Jamais auparavant, au- tant de fonctions typiquement « Zeitmeister » n’avaient été asso- ciées dans un même garde-temps, qui conserve néanmoins un boîtier au diamètre relativement modeste de 42 millimètres. Chaque montre Zeitmeister, achevée et insérée dans son boîtier définitif, doitsuivre une batterie de tests qui s’étendent sur 15 jours.www.wempe.deL’ultra-contemporaine Honeycomb de HautlenceConnue et reconnue pour ses approches inédites de la lecture du temps, la maison créa- tive Hautlence lance un nouveau modèle dans la collection racée, ultra-contemporaine HLRS : HLRS01 Honeycomb, avec calibre propre, mécanique à remontage manuel, fi- nitions traits tirés et anglage main. HLRS01 Honeycomb reflète tout l’esprit de lamarque neuchâteloise : une lecture de l’heure innovante, toute en apesanteur, avec les fonctions heure sautante, minute rétrograde et seconde traînante, animées grâce au trèsexclusif système de bielle. Alliant la force d’un boîtier titane et acier, partiellement recou- vert de DLC noir, à la douceur d’éléments en or rose 18 carats, ce modèle ultra-contempo- rain offre un jeu puissant de transparence et de profondeur, amplifié par la succession d’uncadran saphir intermédiaire et du cadran nid d’abeille noir.www.hautlence.comMars 201581]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18EvasionarT DE VIVrE & PaTrIMOINE L’Art du temps Mode & AccessoiresLa Martina, emblématique Polo argentinLando Simonetti a souhaité exprimer ses deux passions en créant La Martina : le polo et l’Argentine. 25Une adresse neige encore unbrin confidentielle !Sainte Foy Tarentaise reste depuis 20 ans une station pré- servée en Savoie, pour un séjour détente sportive très proche de la nature et de vos désirs de luxe discret. Cha- lets privatifs avec service, dont l'incontournable lodge Yellowstone tenu par un des nombreux propriétaires an- glais de la station et résidences de tourisme 4 étoiles, telle les magnifiques Fermes de Sainte Foy CGH avec O des Cimes Spas d'Altitude bordent les pistes pour un plaisir neige immédiat. Le hameau du Monal, site classé, ravi par sa charmante architecture authentique. Le domaine skia- ble de 23 pistes est joliment vallonné entre ses 1550 et 2620 mètres et comble amateurs de longue pistes en forêt comme aventuriers de belles bosses rocheuses et hors-piste. L'après-ski se vit dans une ambiance bar par- fois assez anglophone, ou encore chez les anciens comme Chez Mérie, une table dont la réputation n'est plus à faire, tant ses viandes au feu de bois, ses légumes anciens revisités et la chaleur du lieu enchante. Une halte à l'hô- tel/restaurant le Monal, véritable institution, s'impose. Édulcorez votre séjour par un tour en chiens de traîneaux et surtout accrochez-vous !www.saintefoy.netImmersion black music àl’hôtel IdolElegancia Hotels compose une nouvelle parti- tion très funky avec Julie Gau- thron. Un bou- tique-hôtel pour les amoureux de la Black Music ? Il s’agit du nou- veau morceaucomposé par Yann Gasparini, propriétaire mélomane « bi- beronné » au jazz et à la Soul-Funk. Situé dans le quartier prisé des amateurs de musique, près du Conservatoire na- tional de Paris et de l’Opéra Garnier, il enchante ses hôtes dans une ambiance pop. Les chambres sont dédiées aux icônes de la Soul et de la Funk. Habillées comme les po- chettes de disques colorées des fameux labels Stax Records ou Motown, les 27 chambres et 5 suites jouent une mélodie vintage dans un univers coloré décomplexé où se télesco- pent bleu canard et or, fuchsia et vert olive, jaune et rouge... Rien n’est laissé au hasard pour transporter les fans au cœur des années 70’s !www.idolhotel-paris.comans plus tard, la griffe est devenue l’une desBriquet clin d’œil Karl LagerfeldKarl Lagerfeld, fin col- lectionneur et admira- teur des produits S.T.Dupont a voulu associer son talent à celui de la Maison en créant sa propre col- lection. La collection de briquets Minijet se décline en 3 couleurs : blanc, noir mat et gris chrome.plus grandes marques de mode spécialisée dans la pratique de ce sport, et une référence en termes de style dans les villes les plus chics du monde. Passionné de polo, amoureux des belles choses, tout le monde apprécie cette marque indétrô- nable. La Martina c'est l'alliance de l'élégance et de la perfec- tion, constamment à l'avant-garde dans le développement de matériaux pour offrir aux meilleurs joueurs du monde un équipement hautement performantwww.lamartina.comTara Jarmon à la fraîche créativité !La maison Tara Jarmon a été fondée en 1986: des vê- tements élégants, confor- tables, colorés sans fioritures, sexy mais jamais provocants, agrémentés de détails adorables : une bro- derie, un nœud, une bande de carreaux vichy ; des coupes sobres dans des tis- sus doux et soyeux : mous- seline, soie, coton, satin, velours. Une ligne adaptée à une femme moderne,chic, sûre d’elle, pleine d’énergie et de joie. Tara Jarmon, une marque à la fois parisienne et uni- verselle. La silhouette se décline saison après sai- son, romantique, sophistiquée ou glamour mais incontestablement raffinée. La fantaisie est un maître mot : mélanges d’imprimés, de tissus et de genres, cocktails de couleurs, et surtout sens du détail.www.tarajarmon.frCrockett & Jones lance sa NewquayLa maison Crockett & Jones a été fondée en 1879, à Northampton, le berceau de la chaus-sure anglaise pour homme. La marque propose auxhommes deux gammes desouliers : lagamme Hand Grade et la gamme Main Line. Pour lePrintemps, optez pour le modèle Newquay, un derby trois œillets à empeigne unie. Fabriqué en veau velours, semelles cuir, elle est disponi- ble en veau velours snuff, marron foncé, océan et bleu moyen, Gamme Main Line.www.crockettandjones.fr/www.st-dupont.comCostumes WicketLa tendance cette sai- son est au costume gris à contre carreaux bleus et nœud pa- pillon pour une allure 100% « Oxbridge* ». Créée en 2003 par Hugues de Peyre- longue, Wicket pro- pose à une clientèle masculine élégante et exigeante une collec-tion de vêtements de ville et de week-end, de coupe anglaise et en montage semi traditionnel, en prêt-à- porter ou en demi-mesure. Les collections sont princi- palement composées de vestes, pantalons, costumes avec ou sans gilet, chemises, survestes ainsi que d’ac- cessoires (cravates, pochettes, chaussettes, foulards, etc.). La marque propose également des smokings et des tenues de cérémonie (jaquette à l’anglaise). Wicket distribue ses collections dans ses 3 boutiques à Paris et via son site web.www.wicket.fr82Mars 2015]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18arT DE VIVrE & PaTrIMOINE L’Art du tempsVins & SpiritueuxDégustation de la Cuvée Coq Domaine de la Croix BelleLe Champ du Coq est un nom de parcelle appelée « Camp de Gals » pour son coin à faisans. Un coin que Jacques connaît bien car la chasse est sa deuxième passion. Dans la tour qui jouxte la cave, Jacques et Françoise ont amé- nagé, avec beaucoup de goût, une salle de dégustation pour les professionnels et un espace repas. De là, les convives peuvent admirer Puissalicon, ce joli village situé à 15 km au Nord de Béziers aux origines très anciennes, venu se lover autour du château féodal qui remonte au XIe siècle. C’est Françoise, en maîtresse de maison, qui accueille ses invités et qui prépare des repas méditerra- néens. Quand c’est la saison, les privilégiés peuvent dé- guster la bécasse, l’un des gibiers les plus fins dont Jacques est un spécialiste. A accompagner bien sûr de laCuvée Coq Domaine de la Croix Belle !www.croix-belle.comChâteau Malescasse, le souci dumoindre détailLe vignoble de Malescasse est placé sur l'une des plus belles croupesgraveleuses situées entre Margaux et St Julien Beychevelle. Ces vignesde très grande qualité, sur un sol profond et bien drainé, bénéficientde conditions propices à l’élaboration d'un vin tout en subtilité : unclimat régulé par la proximité de la Gironde, un terroir noble, un outiltechnique performant et surtout la rigueur de travail d'une équipe.Depuis 1824, Château Malescasse a su créer la complicité entrel'Homme et la Nature sans laquelle un grand vin ne peut exister. Ma-lescasse 2012 exprime une fine note épicée, évoluant sur des notesbalsamiques. En bouche, l’attaque franche, sphérique et onctueuselaisse peu à peu place à un vin élégant et aromatique ou les notes defruits rouges laissent peu à peu apparaître des notes fumées, signaturedes terroirs les plus racés du Haut Médoc. Il est aujourd’hui à la cartede "la grande maison" de Bordeaux, le nouveau restaurant de Joël Ro-buchon et à la carte de l'Assemblée Nationale et de Tante Louise, rue Boissy-d'Anglas.Dégustez la cuvée Domaine de Valmoissine 2012 !Le Domaine de Valmoissine est situé à l'emplacement d'un ancien mo- nastère à 500 mètres d'altitude. Ceci garantit un bon ensoleillement durant les mois d'été tout en bénéficiant de la fraîcheur nocturne et limite les risques de gel printanier. L'exposition idéale plein sud des vignes porte les raisins à maturité au même moment que ceux des Cortons Grands Crus. Les rendements sont faibles afin d'assurer la maturité et la concentration des raisins qui donnent constamment des vins de grande qualité. Il en résulte un vin élégant d'une remar- quable finesse. Le Domaine de Valmoissine 2012 se pare d'une belle robe rubis intense et brillante. Le nez est puissant avec des arômes de cerise. La bouche est harmonieuse et très bien équilibrée, la finaleoffre des tanins déjà fins, qui vont rapidement devenir soyeux.www.louislatour.comDomaines Saget, 9 générations déjà !Plus que tout, le Domaine Saget illustre la volonté de la familleSaget de perpétuer la tradition de 9 générations consacrées au meilleur de la vigne. La cuverie en inox, entièrement thermo-ré-gulée, permet d’élaborer des Pouilly-Fumé marqués par leur ter- roir. Minéralité, rondeur, fruité et élégance caractérisent les vins du Domaine Saget. Le Pouilly-Fumé « Le Domaine Saget »est le résultat de la réunification des meilleurs terroirs apparte- nant à la Famille Saget. Quatre parcelles prestigieuses dont les Chantalouettes et les Vaurigny entrent dans l’assemblage de cevin de couleur or pâle avec des reflets jaunes. Un nez intense de fleurs blanches mêlées de miel et de fruits exotiques. En bouche, des arômes de poire et de pêche mêlés de pamplemousse et de goyave sur un fond de vin extrêmement suave, néanmoins re-haussé d’une note minérale et fraîche due à une acidité présente et légère. Servir à une température de 10 à 12°C.www.domainesaget.frwww.chateau-malescasse.comVivez l’immersive fitness auClub Med - CMG Sports Club«Club Med Gym» devenu «CMG SportsClub» innove toujours plus. Nombreuxseront ceux séduits par le fitness de de-main, un studio entièrement dédié au cy-cling à l’entraînement fractionné. Enmusique, pédalez face au plus grand écranfitness du monde. Objectif : vous dépen-ser, vous affiner, vous muscler, le tout ens’amusant. Vous allez parcourir intensé-ment pendant 30 minutes des paysagesfuturistes dans une ambiance survoltée. A découvrir d’urgence au CycleClubXIII, 14 rue Vandrezanne – 75013 Paris.www.cycleclub.frBien -ÊtreLanvin clame « Marry Me »Marry Me... again! Magie du coup de foudre ins- tantané ou griserie des serments échangés... Après « Love Edition », « À la Folie » et « Love Bal- loons », le parfum renouvelle sa fougueuse décla- ration d’amour avec une édition limitée qui respire la spontanéité, Marry Me Confettis. La fragrance florale et fruitée de Marry Me déploie pour cette édition limitée une facette plus acidu- lée, qui accentue encore sa grâce et sa légèreté. Parcouru de particules argentées, le ruban fuch- sia qui ceint la bouteille scintille subtilement à lalumière, évoquant la magie de l’alchimie secrète qui les réunit, elle et lui. Se détachant sur cette palette de roses, comme une injonction à la bonne humeur, les mots « Marry Me ! » s’inscrivent en blanc sur le fla- con, avec l’enthousiasme d’une déclaration prononcée le cœur battant.84Mars 2015www.lanvin.com]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18arT DE VIVrE & PaTrIMOINE L’Air du temps - L’actualité automobileESSAIS & TENDANCESMercedes Classe C : l’accessible étoilePar Philippe FlamandDepuis son apparition en 1993, la Classe C de Mercedes n’en finit plus de faire sa mue, bien loin de l’antique 190 qui sera bientôt sa- crée pièce de collection.est pléthorique, en série (radar anticollision avec régulateur de distance et freinage d’ur- gence...) mais surtout en options avec une liste fournie dans la bonne tradition maison. a noter toutefois l’apparition d’un pavé tactile qui est, lui, proposé de série, et qui vient compléter la molette habituelle et les com- mandes vocales pour piloter le GPs et le sys- tème multimédia. Utile également l’affichage tête haute – vitesse, panneaux de signalisation,u Volvo V40 Cross Country : elle a tout d’une grandeEn attendant d’essayer la nouvelle Volvo V60 Cross Country, présentée officiellement à la fin de l’année dernière et commercialisée pour l’heure uniquement outre- Atlantique, et faute de pouvoir jamais conduire la très originale S60 Cross Country (berline à la garde au sol surélevée) dévoilée en janvierdernier à Détroit mais réservée au marché américain,nous avons pris le volant de la V40 Cross Country. LaV40 est la Volvo la plus vendue en France (avec le SUVXC60). Elle est dotée désormais comme le reste de lagamme de la nouvelle génération de moteurs 2 litres 4cylindres essence ou diesel. En version baroudeuse CrossCountry elle bénéficie de particularités esthétiques (jantes,bouclier, calandre, coques noires des rétroviseurs extérieurs...) et surtout d’une transmission intégrale réservée toutefois au moteur 5 cylindres essence. En deux roues motrices avec le moteur D4 (2 litres turbodiesel de 190 chevaux) sous le capot la V40 Cross Country est remarquable d’agrément de conduite, de confort et d’efficacité et donne l’impression d’être au volant d’un modèle de gabarit bien supé- rieur.A partir de 23 240 euros.aussi bien en ville, qui reste son terrain de prédilection, que sur route. Bien finie en version Lounge (mais un peu chère) avec un équipement de série généreux, la L pèche du côté assises (sièges durs et difficilement réglables) mais donne toute satisfaction sur le plan mécanique avec son nouveau moteur diesel 1.6 Multijet de 105 ch. très bien servi par une boîte manuelle 6 vitesses, douce et bien guidée.A partir de 15 900 eurosNée sous le signe de la berline familiale po- pulaire à « petit » prix permettant à tout un chacun de goûter au faste « daimlerien », elle a parfaitement bien évolué, année après année, pour s’imposer aujourd’hui comme une des meilleures berlines classiques du marché.navigation – direc- tement dans le pare- brise.Côté regrets notons l’habituel manque d’espace intérieur (en dépit d’un em- pattement allongé de 8cm par rapport au modèle précé- dent) et le pont ar- rière encombrant. La mécanique ne souffre aucun re-La génération ap-parue en 2007 mar-quait un renouveaucertain de la gammeen ciblant une clien-tèle plus jeune, plussportive. Le cru2014-2015 garde cecap et accentue lemimétisme avec laClasse s, joyau duconstructeur. Ducoup la C réussit lepari d’être à la fois dynamique, sensuelle, agressive, élégante et luxueuse, surtout à l’in- térieur.uFiat 500 L 1,6 Multijet : lumineuse Surfant sur le succès commercial de sa 500, Fiat a développé un modèle familial, qui certes reprend un peu l’esthétique de la pitchoune, mais qui est globalement une tout autre voiture. Spacieuse à l’avant comme à l’arrière (mais avec un coffre somme toute réduit), lumineuse (grâce à son toit en verre occultable), la 500L est très agréable à conduireLa ligne conjugue les galbes et les arêtes dans un remarquable travail de style qui mag- nifie le traitement des feux arrière et de la malle, et la face avant avec des phares surlignés par une ligne de diodes bleutées au déver- rouillage.proche avec un bloc 220 CDI blueTEC de 170 chevaux bi-turbo très efficace, admira- blement servi par la boîte auto 7G-Tronic à 7 rapports. La modularité technologique béné- ficie en outre du système agility personnalisable qui joue sur la direction, la réactivité du moteur, la suspension.u Peugeot 508 Allure 1,6 THP : rajeunieNouvelle calandre, nouveau style : la 508 apparue en 2011 bénéficie d’un toilettage. La face avant s’est adoucie avec des phares (désormais 100% diodes) affinés et des boucliers redessinés, l’arrière hérite de nouveaux feux.A l’intérieur l’écran tactile de la 308 prend place dansla planche de bord et la console bénéficie d’un videpoche qui faisait cruellement défaut (malheureusementau détriment de la molette de commande qui disparait).Toujours aussi spacieuse et confortable la 508 conservetoutes ses qualités mécaniques : agilité, vivacité, ma-niabilité, le haut de gamme du Lion demeure exemplairesurtout avec ce moteur essence qui gagne en puissance (pour passer de 156 à 165 ch) et en sobriété grâce au remarquable système stop and start de PSA.A partir de 24 750 eurosL’habitacle est comme toujours chez Mercedes parfaitement exécuté : matériaux nobles, er- gonomie parfaite des commandes, même si l’on peut déplorer que la planche de bord soit un peu surchargée par une tablette de 21 cm (non tactile) et des aérateurs surdimen- sionnés. L’équipement de confort et de sécuritéLa nouvelle Classe C aux allures de coupé quatre portes se décline également en break, avec au final une gamme dont les tarifs dé- marrent à un peu plus de 30 000 euros. Modèle essayé : Mercedes Classe C 220 BlueTEC Sportline BA7. Tarifs gamme es- sence à partir de 33100 euros, gamme diesel à partir de 33 250 euros.Nissan X-Trail : la famille c’est sacré !86Mars 2015L’ancien Nissan X-Trail souffrait d’une esthétique extérieure et intérieure peu glamour, ce qui n’avait pas nuit toutefois à son succès commercial. En tout cas jusqu’à l’arrivée en 2007 de son principal concurrent : le Qashqai +2 (déclinaison familiale du Qashqai en sept places) de... Nissan. ainsi cannibalisé l’X-Trail a terminé sa carrière dans un relatif anonymat. La nouvelle génération revendique avec force son lien familial avec le blockbuster du constructeur nippon : l’X-Trail est un gros Qashqai dont la version allongée disparaît d’ailleurs du catalogue, la rangée de sièges supplémentaires étant désormais l’apanage exclusif et optionnel du grand frère. spacieux, bien fini, confortable, très bien équipé, l’X-Trail se pose en rival direct des sUV coréens de Hyundai et Kia. Disponible uniquement avec le bloc moteur 1.6 dCi turbo diesel 16 soupapes de 130 chevaux, il offre un grand plaisir de conduite, grâce à une boîte manuelle à 6 rapports douce et précise (une boîte auto Xtronic est également disponible), une visibilité avant, arrière et latérale excellente, un freinage parfait, une réelle ergonomie des commandes. Comme la plupart des sUV il est décliné en version deux roues motrices (le gros du marché) ou 4X4 mais sans boîte auto. Modèle essayé : X-Trail dCi130 Tekna, tarif gamme diesel uniquement à partir de 27 990 euros.]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[n°18u La Française AM conserve quelquescartouchesSelon une note d'analyse de la Française AM, les indicateurs de conjoncture actuels reflètent une croissance modérée tendant à se tasser dans les pays émergents. Cette croissance est forte, mais s'est atténuée en fin d'année aux Etats-Unis selon le gestionnaire, qui ajoute qu'elle est encore médiocre en Europe, avec de petits signes d'amélioration. Dans l'ensemble, « les changements en cours sont favorables à l'expansion, remarque-t-il. Mais simultanément des facteurs d'instabilité financière apparaissent : la perspective d'une normalisation de la politique monétaire, le saut dans l'inconnu de la BCE, les chocs de grande ampleur des prix mondiaux et des taux de change, enfin la menace récente de restructuration de la dette grecque. » La Française AM a significativement réduit son enveloppe de risques « action » et pris des bénéfices sur l'ensemble des zones géographiques, tout en conservant un positionnement majoritairement européen. « Notre vision reste constructive en 2015, en particulier sur les actions européennes, mais la trajectoire des marchés devrait s'accompagner de phases de respiration et de pics de volatilité en prévision desquels nous conservons quelques cartouches », conclut-il.uCholet Dupont relève ses prévisions Comme attendu, les marchés financiers ont débuté l'année avec de la volatilité, remarque Cholet Dupont. « Mais rapidement, grâce aux Banques centrales, l'espoir et l'optimisme sont revenus, une fois de plus, sur les marchés », tempère-t-il. La récente hausse des indices a incité la société financière à avancer ses prévisions de décembre à juin pour le CAC 40 et l'Eurostoxx 50. « Nous serons certainement amenés à relever nos objectifs de fin d'année ultérieurement, anticipe Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d'investissement. A court terme, les tensions avec la Grèce nous incitent à rester prudents et à maintenir une position neutre sur tous les grands marchés dont la hausse nous semble trop rapide. » Cholet Dupont recommande de profiter de tout repli pour saisir des opportunités d'achat. Au sein des secteurs européens, il privilégie la qualité et la visibilité, mais quelques secteurs plus cycliques retiennent selon lui l'attention. Pour les produits défensifs, il pondère encore les emprunts d'Etat d'Europe du Sud et les obligations privées européennes.u Société Générale recommande AirFrance-KLM à l'achatSociété Générale Cross Asset Research a relevé sa recommandation sur Air France-KLM à l'achat. Le broker explique ce choix notamment par le fait que les analystes matières premières tablent désormais sur une faiblesse durable du cours du pétrole. « Ces prix plus bas devraient en outre insuffler un regain de croissance du PIB mondial », indique Société Générale dans une note. Deuxième facteur déterminant : AF-KLM a annoncé de nouvelles mesures de réduction des coûts, avec des effets positifs principalement à compter de 2016. « Nous pensons que les perspectives pour AF-KLM se sont améliorées, indique Société Générale. A nos yeux, le groupe devrait atteindre l'équilibre en 2015 et renouer avec une rentabilité nette en 2016. Les coûts unitaires devraient continuer de chuter : les plans d'efficience en cours se poursuivent et AF-KLM a annoncé un nouveau train de mesures en janvier, incluant 800 nouvelles suppressions d'emplois. »www.ecoreseau.frBaromètre Finance & Investissements arT DE VIVrE & PaTrIMOINE Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierLe coin des analystesuLES BONS PLANS DU MOISL'immobilier neuf retrouve des couleurs avec le Pinelsur les trois derniers mois de 2014, les ventes de logements neufs ont rebondi de près de 15% selon les chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). au total, les ventes ont progressé de 3% sur l'ensemble de l'année, à 76580 logements. Pour la FPI, ces bons chiffres s'expliquent notamment par le dispositif Pinel. Celui-ci permet aux particuliers qui investissent dans le neuf d'obtenir une réduction d'impôts à la condition de s'engager à louer leur bien. Le Pinel reprend les grandes lignes de la loi Duflot, mais autorise des durées de location modulables (6, 9 ou 12 ans) et un zonage plus souple. Il permet jusqu'à 63000 euros d'économie d'impôts, et offre la possibilité aux épargnants de louer leur bien à leurs ascendants et descendants.se renseigner, avant tout investissement, sur la société proposant le produit et sur les conditions de revente.Placements atypiques : l'AMF recommande la prudenceFin 2014, la société aristophil, spécialisée dans la vente de manuscrits et de lettres autographes, faisait l'objet d'une perquisition de la brigade financière. L'entreprise, qui avait réussi à séduire 18000 particuliers, est suspectée d'avoir entretenu une hausse artificielle des prix des manuscrits et d'avoir mis en place un système d'arnaque pyramidal massif. L'occasion pour l'autorité des marchés financiers de rappeler qu'elle « alerte régulièrement les investisseurs des risques des placements atypiques ». Vin, timbres, diamants, voitures de collection : si ces produits peuvent faire miroiter des rendements très intéressants, ils échappent à la réglementation des instruments financiers, a rappelé le gendarme de la Bourse. Il est donc prudent deLe marché immobilier portugais a connu une forte croissance en 2014, soutenue notamment par des investisseurs étrangers : Chinois, américains, russes, et... Français se sont rués vers ce nouvel Eldorado. Le pays attire notamment les retraités, mais aussi les jeunes actifs. Et pour cause : il combine un coût de la vie plus que raisonnable, une météo au beau fixe, et surtout des avantages fiscaux très intéressants. Le statut fiscal de « résident non habituel » permet d'être exonéré d'impôts sur les revenus de sources étrangères, y compris les dividendes, intérêts et plus-values, et de bénéficier d'une imposition forfaitaire de 20% sur les revenus d'activités professionnelles au Portugal. autre atout du pays, le prix des logements : 2500 euros en moyenne dans l'ancien, et 3000 euros dans le neuf. Le taux de rentabilité locatif, lui, se situe autour de 4 à 5%.130 EUR125 EUR120 EUR 115 EUR110 EUR105 EUR100 EUR95 EUR90 EUR85 EUR2014 AvrilMai JuinJuillet Août Sept OctNov Dec 2015 FevLA SPÉCULATION DU MOISBic à la pointe de la performanceBic est recommandé à l'achat par Oddo avec un objectif de cours de 135 euros (contre 129 euros ac- tuellement). Le broker base son opinion sur des résultats annuels supérieurs aux attentes. Les points forts de la valeur : une excellente génération de cash et une trésorerie nette de 320 millions d'euros.Immobilier : et pourquoi pas... le Portugal ?Assurance-vie : suivez le guide !Disponible à compter de mars en agences ou sur www.carac.fr, le guide « Comment bien choisir son assurance-vie » propose une approche pédagogique et quasi-exhaustive du sujet en 3 étapes : définition du concept et mode d'emploi, notamment en termes d'indicateurs financiers, contexte réglementaire et fiscal et 6 règles d'or pour optimiser son placement. Cinquième guide à l'initiative de la Carac, Mutuelle spécialisée en Epargne, ce dernier vise en priorité à aider les épargnants à faire les bons choix en matière de gestion de patrimoine.Mars 201587]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18arT DE VIVrE & PaTrIMOINE Patrimoine - Alternatives au livret AFocus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsL’art de placer en 2015La faiblesse de rendement du Livret a incite les épargnants à dénicher des placements plus attractifs. Passage en revue.es épargnants peuvent professionnels sont de plus d’investir sur les actions souffler. Contre l’avis en plus nombreux à européennes. « La croissance de la Banque de recommander l’immobilier des bénéfices atteindra 12 àFrance, le gouvernement a par le biais des sociétés 15% en Europe l’annéedécidé de maintenir le taux du livret a à 1%. Pour autant, placer son argent à 1% a-t-il un sens ? De moins en moins de ménages en sont convaincus. Le plus vieux placement des Français, créé en 1818, n’a plus la cote. La preuve : ces derniers sont désormais plus nombreux à penser qu’il est « une bonne chose » de déposer son argent sur un compte bancaire courant, pourtant non rémunéré, plutôt que de le placer sur un Livret a, révélait en décembre dernier l’enquête annuelle Ifop/aucoffre.com.civiles de placement immobilier (sCPI), en direct ou dans des contrats d’assurance-vie. Une étude publiée par le site MeilleuresCPI.com anticipe un rendement proche de 5% pour 2014. La pierre-papier offre un avantage majeur : la mutualisation des risques. En cas de difficulté sur tout ou partie d’un des immeubles détenus par une sCPI (vacance, impayé de loyers, sinistre...), l’effet négatif est compensé par les revenus tirés des autres immeubles en location. « Cette caractéristique doit être mise en rapport avec le risque supporté par un investisseur détenant un investissement direct et n’ayant qu’un locataire », explique Jean- Pierre Quatrhomme, P-Dg d’Immovalor, filiale d’allianz spécialisée dans les sCPI.prochaine », juge rick Golod, interviewé dans cette note en tant que directeur de la stratégie d’Invesco. La banque d’affaires américaine conseille par ailleurs de parier sur les entreprises qui versent de beaux dividendes. Cela tombe bien : les sommes versées par les entreprises du CaC 40 à leurs actionnaires, sous forme de dividendes et de rachats d’actions, ont grimpé de 30% l’an dernier, selon la lettre spécialisée Vernimmen.net.LA CHASSE AUX« SUPER LIVRETS » Moins rémunérateur, il doit désormais affronter la concurrence d’autres supports tels que Le Compte sur Livret de la Banque Postale, le Plan épargne logement (PEL) mais surtout, « les super livrets bancaires », disponibles auprès des banques en ligne et des établissements de crédit, dont certains offrent des taux très avantageux. Le livret d’épargne de Cetelem proposait par exemple 2,6% pendant 12 mois sur vos 12 premiers versements pour toute nouvelle ouverture avant le 28 février. BforBank offrait pour tout livret ouvert avant le 12 mars 4% annuels bruts pendant trois mois jusqu’à 100000 euros. ING pour sa part proposait pour toute nouvelle souscription entre le 14 janvier et le 24 février un taux de 4% pendant deux mois et jusqu’à 150000 euros. De son côté, le livret Zesto, offre, lui, sans plafond de dépôt, un taux de 1,50% brut, soit 50 points de base de plus que le Livret a. Enfin, Captio Croissance, commercialisé par la Caisse d’Epargne, promet une rémunération qui augmente avec le montant investi et la durée de placement. si certains livrets bancaires ne« Je t’avais pourtant bien dit de lire EcoRéseau ! »COMME À WALL STREETLa crise de 2008 semble oubliée sur les marchés actions. Wall street est à un plus haut historique tandis que le CaC 40 est remonté sur ses niveaux de l’été 2008, soit avant la chute de Lehman Brothers. Dans cette perspective, il semble judicieux de prendre quelques risquesDES ALTERNATIVES ORIGINALESa côté de ces placements traditionnels, d’autres alternatives se font jour. ainsi, Jean-François Chauffeté, directeur général d’EOr Expertise Optimisation retraite, attire l’attention sur l’investissement locatif aux Etats-Unis. « Les loyers perçus remboursent les intérêts d’emprunts et à terme, vous réalisez une plus- value à la revente bien plus importante que si vous aviez investi en France en raison des perspectives prometteuses du marché immobilier américain. Autre atout, il n’y a pas de CSG/CRDS, ce qui en fait un placement peu fiscalisé. » De son côté, samantha rouach constate un intérêt croissant de la part de ses clients pour les investissements alternatifs, et notamment pour l’art ou le vin. « Certains clients, fins connaisseurs, investissentmanquent pas d’intérêt, ils font toutefois pâle figure face à l’assurance-vie, l’autre placement vedette des Français.de performance ont donc intérêt à aller voir au-delà des fonds en euros traditionnels, et notamment vers des supports en unités de compte qui permettentL’ASSURANCE-VIE : TOUJOURS LA RÉFÉRENCE« Même après fiscalité, les fonds euros des assurances- vie rapportent bien plus que le Livret A puisque leur rendement moyen s’est établi autour de 2,5% nets de frais de gestion en 2014, affirme samantha rouach, conseil en gestion de patrimoine chez Platineos. Il n’y a plus aucun intérêt à utiliser son Livret A ; il faut se rabattre sur les contrats d’assurance-vie. » Outre le rendement, les épargnants sont séduits par sa fiscalité particulièrement attractive. seul bémol : les fonds en euros, qui captent85 % de l’épargne investieen assurance-vie, ont encorevu leurs rendements diminuerl’an dernier aux alentoursdes 2,2%. Les écarts entreassureurs, et parfois entrecontrats chez un même d’accéder à l’ensemble desSuper livret, assurance-vie, SCPI, PEA, groupements fonciers viticoles... d’autresvoies existentes Groupementsassureur, sont toutefois très larges, puisque les taux vont en réalité de 2 % pour les plus faibles, à 3,5 % environ pour les meilleurs. Compte tenu de la conjoncture marquée par la diminution du taux de rendement des obligations, qui représentent la matière première des assureurs, les professionnels nourrissent peu d’espoirs de redressement en 2015. « Les épargnants à la recherchemarchés financiers et de les sélectionner en fonction de leur niveau de risque», estime Natacha Moinard, responsable marketing épargne & retraite chez swiss Life.en plaçant une partie de son épargne en Bourse, idéalement via un plan d’épargne en actions (PEa) où les plus- values ne subissent aucune imposition (mis à part les prélèvements sociaux) après cinq ans de détention. Dans un document publié en décembre sur les perspectives d’investissement à l’horizon 2025, Morgan stanley recommande notam-mentdansd.fonciers viticoles (GFV). Ils mettent de côté quelques bouteilles pour leur consom- mation personnelle, et conservent les autres en anticipant une hausse des prix. » Une bonne façon d’allier placements et plaisir !88Mars 2015LE CHARME DE LA PIERRE-PAPIERPour limiter les risques d’une perte en capital sans pour autant se priver d’un rendement confortable, lesPierre-Jean Lepagnot]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°18arT DE VIVrE & PaTrIMOINE Regard sémantiqueDepuis huit ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, verbes, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées à la galerie Verneuil Saints-Pères à Paris.La mémoire des mots8 MARS, JOURNÉE SINGULIÈRE POUR FEMMES PLURIELLESNom du tableau : Femmes, Jane Bee Dico d’époque© Jean-paul GoffardEn 2014, la femme est une amazone. Mais les vrais débats se jouent à l’étranger où « Effrontées » et « Femen » luttent. En Inde, des femmes meurent aprèsFemme... Libre de rêver de Georges Clooney ou de se dresser face aux horreurs de l’obscurantisme, pour le 8 mars, célébrons cette femme moderne... fasci- nante d’énergie dans la multiplicité de ses vies !Efemmeengagées.com... Plus loin sur la page, Marie-Claire propose ce test : êtes-vous une femme enga- gée ?Oui, cette année, une tendance : la femme n’est pas seulement cette candide qui voit la vie en rose et blanc sur aufeminin.com, c’est aussi une « engagée » pour la parité dans10 applications en mode XYdes « opérations de stérilisation » et la « rébellion » porte le « sari ». En Irak, la minorité des « Yezidis » est réduite en esclavage par les barbares de l’« Etat islamique ».avec une hotte remplie «d’applis», Fashion advisor, Make up Mirror, Menstruation et Ovulation, Color and Style, la femme 2.0 se met à l’heure impudique de son corps. aujourd’hui, ces beautés techno peu- vent parfaire leur visage grâce à un « facialist » et ap- pellent à la rescousse un « love coach » pour panser leurs maux de cœur. Une poésie numérique déton- nante.« La voix des Yezidis » est entendue par les icônes de 2014, comme Hillary Clinton déjà en lice pour suc- céder à Obama en 2016 et angelina Jolie qualifiée de « superwoman » et qui ne cache pas ses ambitions politiques : Hillary aura-t-elle une rivale ?Par ordinateur interposé, on rêve d’un «corps zéro dé- faut» avec une barre pour les fans de fitness et de danse façon « X-tend barre » et on mémorise le ré- sultat de ses efforts grâce au « gymdating »... En 2014, la résolution affichée était de présenter « les plus belles fesses de la planète ». En 2013, il fallait rougir ses lè- vres et faire briller ses ongles en technicolor... Et en 2015, où se focaliseront les désirs de beauté ? Pendant ce temps, Barbie ne se vend plus, nos petites filles lui préfèrent la « poupée connectée » Cayla, consacrée « jouet de l’année ». Elle mesure 46 cm, et, « blondorama » oblige, arbore une longue cheve- lure blonde comme 85% des poupées vendues en France.Quant à « Carla », « elle veut chanter », comme « Beyoncé » qui règne sur le planisphère musical. « Trierweiler » ne chante pas, elle vend des livres : déjà « 2 millions d’euros » de gains pour la « Peste- seller ». ségolène royal endosse la panoplie de vice- présidente. Julie Gayet, elle, se rêve en « femme engagée ».Croisades de femmes« Délit de mode », « corps de velours », « femmes fa- tales », « prisonnière de son look et de son âge », ce n’est pas la femme mère que les magazines célèbrent. La femme moderne possède des damiers de vies et existe encore sous la tyrannie de modèles contraires.Mais à l’heure du « me-cosystème » il faut affronter une épreuve visuelle : le regard de l’autre, le « regard des hommes » qui « devient anxiogène »... On cherche à plaire mais on redoute le « harcèlement ». La rela- tion étroite entre « publicité » et « sexisme » est d’ail- leurs sévèrement dénoncée par le journal Louise. sur le web, les « digi-féministes », militent à coups de hashtags : « Bring back our girls » réclame la libéra- tion des 200 lycéennes enlevées par Boko Haram.Rêves en séries !Combats tout terrainComme de tradition, la presse féminine chasse les dif- ficultés du quotidien et publie du rêve en série : l’an- née 2014 ne fait pas exception avec le très people et médiatisé mariage à cent mille milliards de dollars de « George et Amal ».Engagées !Féminité en mouvementEn 2014, le comble du chic, c’est le « normcore », contraction de « normal » et de « hardcore », ou la banalité érigée en étendard. Un style façon steve Jobs ou Marc Zuckeberg pour une féminité minimaliste placée sous le signe de la contradiction ?parngagé(e) : qui s’engage, donne des gages, prend posi- tion. Google propose le siteun pays où les récompenses se fémi- nisent : les audacieuses, le Trophée des femmes de l’industrie, la femme entrepreneur digitale de l’année... Engagée comme une digi-féministe avec #BringBackOurGirls, comme une Femen qui affiche son corps en étendard, ou une Yezidie qui fuit l’Etat islamique.avec tant de force : mère mais fatale, soldate mais séductrice, fauchée mais modée, fatiguée mais écla- tante.Jeanne BordeauUne féminité exposée sur papier glacé qui a pour égérie angelina Jolie, plusieurs fois consacrée femme de l’année et qui triomphe avec six enfants dans les jupons. En- gagée ? Oui, mais la femme contemporaine peut-elle mener tant de combats à la fois ?Fondatrice de l’Institut dela qualité d’expressionEngagée encore, en mode militaire chic, pour faire face à ces contradic- tions que la presse féminine reflèteMars 2015PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 26 MARS 201590]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>