﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[NOUVELLE FORMULEEcoRéseauL’information économique autrement, et si possible positiveFÉVRIER 2015 - n°17 - ecoreseau.frPOURQUOI L’ESPRIT D’ENTREPRISE NOUS SAUVERAEntrepreneurs, politiques, institutionnels et fonctionnaires témoignent.Comprendre, Entreprendre, Innover3€3,90€Consensus national en vue.PROSPECTIVELES EMPLOIS DE DEMAINCRÉER AUJOURD’HUILE STATUT ETUDIANT- ENTREPRENEURECONOMIELE PHÉNOMÈNE DES MAKERSEntreprendre en 2015Toutes les clés pour réussirNOUVEAU : LE BAROMÈTRE DE L’OPTIMISME INNOVATION : LES LABS D’ENTREPRISES À LA MODEALL/BEL/ESP/ITA/POR : 3.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 30 MADEcoRéseauéderocuvffertOe]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17EDITORIALLe jour d’aprèsCe début d’année, nous étions loin de l’imaginer ainsi. Revenus en forme pour pré- parer notre grande rentrée, nous nous étions vite replongés dans nos cahiers, nos ha- bitudes et nos projets pour 2015 : résolutions de début d’année abordables, conférences de rédaction, chemins de fer en pagaille, évolution de notre maquette, création de rubriques et arrivée de nouveaux chroniqueurs, etc.faut métamorphoser notre état d’esprit collectif, libérer les contraintes et les énergies, s’assumer et avoir confiance en soi, enseigner l’échec dès l’école pour mieux le com- prendre, de même qu’il serait utile de parler librement d’entreprise et d’entrepreneuriat aux plus jeunes : peut-être redéfinir le mot « entreprendre » et pourquoi pas en élargir son sens, et entre autres intégrer que les moments de crise sont parfois des opportunités nouvelles pour innover et se lancer...Et puis patatras. Une avalanche d’alertes est venue bouleverser notre travail, renver- sant notre enthousiasme en étonnement général. La suite... tout le monde la connaît. De toute évidence, nous nous associons à cette immense peine nationale et témoi- gnons toute notre considération à l’ensemble des disparus de ces événements tra- giques. Pour la liberté d’expression et la presse d’une part, mais aussi pour ces symboles bafoués et ces innocents qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment.Cependant, et parce que l’intention d’EcoRéseau est d’être tourné vers l’avenir, nous avons tenu à conserver le cap et nos idées initiales pour cette édition de rentrée (si ce n’est dans le choix des illustrations en forme d’hommage), à l’instar de ces des- sinateurs qui n’ont jamais cessé d’aller au bout de leurs idées et afin de poursuivre cet élan national inédit. Une façon peut-être de rendre hommage à leurs convictions, le chaos devant laisser place à cette union sacrée qui doit désormais perdurer. S’il est écrit qu’il y aura toujours un avant, œuvrons maintenant dans le même sens pour construire notre après.L’homme va de plus en plus vite, et vit de plus en plus longtemps. Dès lors ne restons pas enfermés dans nos carcans, mais produisons de la valeur et rendons notre quoti- dien plus agréable. La culture de la « gagne » ne doit plus faire peur à condition d’être maîtrisée. Profitons de nos savoir-faire, de l’impertinence et de l’insouciance de nos jeunes, de l’expérience de nos anciens, responsabilisons-nous. Il n’y a pas de saison ni d’âge pour entreprendre ; rêvons, osons et créons. Le débat est ouvert, les champs d’expérimentation et d’action nombreux.Dans le rôle qui est le nôtre, avec cette détermination qui nous anime depuis notre origine et en tant que journal économique et entrepreneurial, nous souhaitons pro- mouvoir les entreprises, les initiatives, les innovations, les entrepreneurs, les salariés et plus généralement redonner du sens au quotidien de tout un chacun. Pour ces rai- sons et comme nous vous l’annoncions en fin d’année dernière, nous avons donc choisi de consacrer une large partie de cette édition à l’esprit d’entreprise en France et avons à ce sujet recueilli les intuitions de personnalités influentes : institutionnels, politiques, entrepreneurs, collectifs, syndicats, etc.Sur le terrain des innovations, vous trouverez un format de journal encore plus adapté et diminué de quelques centimètres pour votre plus grand confort ; ceci également afin de parfaire votre expérience de lecture et d’améliorer la prise en main. En outre, des rubriques ajoutées et chroniqueurs nouveaux viennent renforcer notre ligne édi- toriale : vous retrouverez chaque mois, entre autres, notre baromètre de l’optimisme, un condensé de l’actualité des innovations et un regard différent sur les mots.D’un point de vue général, un réel consensus émerge et les propositions abondent : ilJean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefDu côté d’EcoRéseau, nous publions ce numéro à l’occasion de notre deuxième an- niversaire déjà et profitons donc de cet événement pour vous remercier – chers lec- teurs qui êtes de plus en plus nombreux – de vos messages, de votre enthousiasme et de votre confiance.L’ensemble de l’équipe d’EcoRéseau se joignant à nous pour vous adresser tous nos meilleurs vœux, nous déclarons l’année 2015 enfin ouverte.LE CHAT by Philippe Geluck4 FÉVRIER 2015]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frSOMMAIREPANORAMA 6-33 RétrospectiveSTRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 62-72 Baromètre de l'innovation 62Humour et politique il y a 50 ans 4 Baromètre de l'optimisme 8DécryptageLes rendez-vous EcoRéseauLes labs d'entreprises, berceau de l'innovation d'entreprise 64Le DicoRéseau® 10Haute résolutionGrand angle- Nouvelles normes internationales du Cloud Computing 66 - Les retardataires de la dématérialisation 68Pourquoi l'esprit d'entreprise nous sauvera 12Business storyRégions & TerritoiresGroupe Gorgé, une ETI récompensée pour son innovation 71Les villes moyennes du bassin parisien 28InterviewHexagoneGilles Babinet, portrait de la France numérique 72Contrat de travail unique, fausse bonne idée ? 32RH & FORMATION 74-82 Réseaux & InfluencesInternationalCes pays qui ont su apurer leurs dettes 33CLUB ENTREPRENDRE 34-60L'Apm, des clubs de chefs d'entreprise qui apprennent 74 Observatoire 76Baromètre & Tendances Liberté d’entreprendre34 36 384042 FrédéricSausset,lapassiondusportpourdépasserlehandicap 43Carrières & TalentsFL140, entraves à la concurrence dans les aérodromes- La plus-value d'un MBA 78 - L'entrepreneuriat en formation continue 80Ala Une :ART DE VIVRE & PATRIMOINE 84-98 La Sélection culturelle 84La révolution des MakersInterview croisée :Economie d'Energie et GIFI,deux visions de l'humanisme d'entrepriseL’Air du tempsEn immersionL'Agriculture urbaine 85Hôtel des ventes aux enchères DrouotL’Art du tempsElectron libre Leçons de maux- Mode & Accessoires 86 - Horlogerie et joaillerie : luxe et high-tech 88 - Bien-Être 90 - Evasion 91 - Gastronomie 92Christian Barqui, ou le culte du rebond 44ProspectiveL’Air du tempsLes métiers en France en 2050 45Test Autos : A nous les p'tites urbaines 94 Baromètre Finance & Investissements 96Créer aujourd’hui- Les ambitions du statut d'étudiant-entrepreneur- De l'innovation au business : le forum des EIP 495646 - Entreprendre en 2015, astuces et nouveautés 50PatrimoineBusiness guidesAsset Management : les prévisiones des gérants de fonds 97- Marché du MICE, faire mieux avec moinsRegard sémantique98N°17www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe FlamandChroniqueurs : Jeanne Bordeau, Marc Drillech, Pascal Junghans, Michel Kahn,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Sonia Déchamps, Anne Diradourian, Jacques Donnay, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Marc Hervez, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Richard Ode, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Stéphanie Polette, Olivier Remy, Pierre TiessenDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.FÉVRIER 20155]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Rétrospective - L’humour face à la politique et la religionL’humour, éternel soft-powerDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Chroniqueurs et humoristes sont devenus les stars du PAF. Des chasseurs qui pour faire rire traquent en priorité l’animal politique. Pour celui-ci, mieux vaut rater un entretien avec un journaliste « sérieux » qu’être la victime de la saillie bien sentie d’un chansonnier. L’humour jouerait donc un rôle majeur dans le paysage politique français. Une nouveauté ?«Corriger les mœurs par le rire ». Rienune bonne dose d’autodé- rision. » Une patte qu’on retrouvera en version plus urbaine et ouvrière chez Coluche quelques années plus tard. Coluche qui, avec Thierry Le Luron, va faire basculer le comique dans une autre dimension dans les années 1970. « Avec eux, la parole comique va devenir antisystème, affirme Nelly Quemener. Bien sûr, ils vont s’attaquer à cer- taines figures, comme lorsque Le Luron raille Va- léry Giscard d’Estaing dans son Entretien au coin du feu. Mais derrière la cri- tique du Président d’alors, c’est l’ensemble des hommes politiques, leur langue de bois et leurs pro- messes non tenues qui sont vilipendées. Même chose lorsque Coluche s’en prend à François Mitterrand, Mi- chel Debré, Jean Lecanuet ou Simone Veil. » Ce fai- sant, les comiques du mo- ment racontent les pro- blèmes de leur temps plus qu’ils n’en attaquent les hommes.que le poil à gratter com- mence à sérieusement dé- manger, il faut que l’un de ces amuseurs publics change de costume : c’est la candidature de Coluche à l’élection présidentielle de 1982. « Cela a déstabi- lisé la classe politique de manière unique, affirme Nelly Quemener. Coluche était autorisé à critiquer le pouvoir tant qu’il restait cantonné dans son rôle. Mais son arrivée dans l’arène politique a fait très peur. Comme pour ce qui se passe aujourd’hui avec Dieudonné, on observe une inflation de la place des comiques lorsque leur rôle social se floute. » Humo- riste parlant de politique, ou homme politique utili- sant l’humour comme vec- teur de communication ? C’est ce brouillage qui créé de la défiance, et qui donne à l’humour un écho qu’il ne rencontre pas lorsqu’il se cantonne aux salles de music-hall.que ça. Dès le XVIIe siècle, Molière et ses contempo- rains croient – comme d’au- tres après eux – aux forces de l’esprit. Pourtant, les avares délient-ils les cor- dons de leur bourse après s’être moqués d’Harpagon ? Pas sûr. Les hypocrites abat- tent-ils leurs cartes après s’être retrouvés dans Tar- tuffe ? A voir. Les Pré- cieuses se trouvant ridicules ravalent-elles leur langue de velours ? Pas certain. Mais les temps changent. Et aujourd’hui, il serait ad- mis que, en politique au moins, l’humour joue un rôle non négligeable. D’au- cuns croient par exemple que le couteau planté dans le dos de Jacques Chirac par les Guignols, en 1995, l’aurait rendu sympathique au point de rallier à lui quelques poignées d’élec- teurs. « Les medias parti- cipent évidemment à la construction d’un imagi- naire autour de certains personnages, mais il ne faut pas surestimer le rôle des Guignols dans cette af- faire », tempère Nelly Que- mener, maître de conférence en Sciences de l’informa- tion et de la communication à l’Université Paris 3-Sor- bonne nouvelle, et auteur en 2014 de Le Pouvoir de l’humour, (Armand Collin). Une chose est certaine, c’est que caricaturistes, humo- ristes ou chroniqueurs don- nent aujourd’hui dans l’ad hominem comme jamais auparavant. « L’exercice de l’humour se fait sur énor- mément de médias, dans des matinales d’info, sur des plateaux de télévision. Il faut produire du flux – chroniques, éditoriaux, sketches – ce qui aboutit àJacques : Roi des Français et prince de la déconne. Un hasard ?La religion ? Bien sûr, elle en prend pour son grade. Pierre Desproges égrati- gnera souvent l’image du Pape, par exemple. Mais elle est raillée au même titre que tous les autres symboles du pouvoir en place : l’armée, les gen- darmes, les politiques nous l’avons vu, mais aussi plusUne situation pire lorsque la raillerie touche de surcroît à des sujets sensibles, comme c’est de plus en plus le cas aujourd’hui. « De nouvelles thématiques sont apparues dans le dis- cours des humoristes, no- tamment les questions de genre, d’identité, de mino- rités, explique la socio- logue. Le tout expurgé du côté antisystème, maisun humour hyper person- nalisé, presque fragmenté, qui incite chacun à se fo- caliser sur de petits événe- ments du quotidien, et em- pêche de faire preuve de recul et de distanciation. Chaque « billet » finit presque par être un duel avec la personnalité ciblée, bien souvent un politique », analyse l’universitaire. Pourquoi cette évolution ? « De mon point de vue, elle est due au personnage de Nicolas Sarkozy, qui s’est énormément mis surqu’aujourd’hui, en grande partie parce que la télévi- sion est beaucoup moins développée, remarque Nellyle devant de la scène, pour-suit la sociologue. La pré-sence du corps de NicolasSarkozy dans le jeu poli-tique a remis cet humour Quemener. Et puis, les su- globalement le chauvinismes figuresC’est quand l’humoriste s’invite dans l’arène politique qu’il commence à dérangerélargi à de nouvelle. du pouvoir, comme les spor- tifs, les grands chefs d’en- treprise, les comédiens. » Pas de quoi renverser les régimes en place. Mais peut-être de quoi rappeler aux puissants qu’il est un domaine où ils sont tout sauf intouchables.6 FÉVRIER 2015de caricature au goût du jour. »Ultra ciblé, omniprésent sur les ondes, l’humour ne l’a pas toujours été. « Dans les années 1960-70, il est beaucoup moins visiblejets traités sont très diffé- rents eux aussi. Dans les années 50-60, à l’image de Fernand Raynaud, nous sommes sur un humour de classe populaire, qui parle de la classe populaire, avecà la française, emprunt d’al- cool et de racisme « à la papa ».Pour autant, on ne peut pas dire que les comiques d’alors dérangent les hommes politiques. PourOlivier Faure]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMALe baromètre de l’optimismeUn pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté Winston ChurchillLe verbatim à retenir...maintenantDes chiffres et des lettres agréablesLe graphique encourageantEn % 1120C'est le nombre d'entre- prises françaises présentes lors du dernier Consumer Electronics Show qui s'est déroulé début janvier à Las Vegas. Il s'agis- sait de la première délégation européenne (et la cinquième mondiale), loin devant l'Al- lemagne (39 entreprises) et le Royaume-Uni (33). Parmi les 120 sociétés françaises, des géants tels que L'Oréal Valéo ou Dassault Systèmes, mais aussi 66 start-up, soit4 Pour rêver très loinVéritable Graal médical, les cellules souches laissent entrevoir des avancées médicales considérables. Ces cellules programmées pour se multiplier indéfiniment permettront un jour de créer des organes et des tissus, voire même un individu complet ! Les chercheurs es- pèrent pouvoir utiliser un jour cet incroyable potentiel pour traiter certaines maladies ou réparer des organes endommagés. Des premiers résultats ont d'ores et déjà été obtenus, notamment sur des patientes atteintes d'une maladie de la rétine. Certaines leucémies peu- vent être traitées.presque deux fois plus que l'an dernier !Le nombre de créations d'en-treprises repart à la hausseen France. Selon l'Insee, il aprogressé de 1% en novem-bre dernier. La reprise a dé-buté en octobre (+0,5%), inversant la tendance par rapport aux mois d'août (-0,8%) et de septembre (-1,2%). Précisons que plus d'une création sur deux (51,5%) est une autoentreprise. Au total, le nombre cumulé de créations brutes sur les 12 derniers mois a augmenté de 2,4%parrapportàlapériodeprécédente.par Thierry Saussez Fondateur du printempsL’onde positivede l’optimisme- Niveau de commandes record pour Arianespace. En 2013, la société française chargée de la com- mercialisation et de l’exploitation de systèmes de lancement spatiaux a remporté quinze contrats de satellites géostationnaires affectés à Ariane 5. Sa part de marché sur le créneau des satellites de plus de cinq tonnes atteint 60%. Au total, l'entreprise a engrangé pour 1,4 milliards d'euros de contrats. Son carnet de commandes lui garantit du travail pour les trois années à venir.Restez Charlie- Le marché de l'Internet mobile va doubler d'ici 2017, dopant au passage la croissance des pays dé- veloppés. C'est ce que prévoit le Boston consulting group dans une récente étude. Selon ce dernier, l'Internet mobile devrait représenter, pour les cinq principaux pays européens (France, Italie, Espagne, Royaume-uni et Allemagne) un marché de 226 milliards d'euros d'ici trois ans, contre 92 milliards en 2013. L'essentiel de cette croissance serait liée au développement de nouvelles applications, de contenus et de services. Cet essor devrait générer un grand nombre d'emplois.Ce mot d'ordre a rassemblé la France comme jamais depuis la Libération, en Europe et dans le monde entier à un niveau rarement atteint. Il y avait, dans cette foule, comme de la joie, en tout cas de la sérénité. Cela confirme que l'optimisme n'est pas d'abord fait pour le temps calme. Quand cela va bien, on peut même avoir des états d'âme. Il est surtout nécessaire quand il faut mobiliser des énergies positives face aux difficultés.- L'Etat français réduit son déficit budgétaire. A fin octobre, ce dernier s'élevait à 84,7 milliards d'euros, soit 1,3 milliard de moins par rapport à l'année précédente. A la même date, les dépenses de l'Etat ont reculé de 7,6 milliards d'euros tandis que les recettes ont gonflé de 6,8 milliards. Dans son projet de budget 2015, le gouvernement vise un déficit de 87 milliards puis de 75,7 milliards l'an prochain.Ce mot d'ordre dépasse la question de savoir si l'on aimait ou non Charlie Hebdo. C'est une réaction à un meurtre odieux et la volonté de défendre une liberté fondamentale, celle de la presse. C'est l'expression du refus de la soumission au terrorisme, à l'antisémitisme, de la solidarité avec les forces de sécurité qui ont fait, une fois de plus, la preuve de leur abnégation et de leurefficacité.Onatuédeshommesetdesfemmesparcequ'ils étaient journalistes,juifsou policiers.- Pourrie la finance ? Faux. Selon un récent classement de l'OCDE, seulement 1% des pots-de-vin échangés dans le monde concerne les métiers financiers et de l'assurance. Les mauvais élèves sont les secteurs des industries extractives, de la construction, du transport et de l'entreposage. Dans un cas sur deux, les pots-de-vin sont versés pour remporter des marchés publics.À tous ces titres Charlie reste, dans notre mémoire collective, comme le signal fédérateur d'un sursaut républicain, de tous ceux qui refusent la barbarie, les fanatismes, les extrémismes.Les pessimistes diront peut être que c'était une réaction de l'instant, spontanée, sans lendemain ou même le résultat d'une grande émotion collective portée par une couverture médiatique quasiment en direct, durant trois jours, alimentant la fascination pour le morbide et le spectaculaire.La belle histoire du mois : Un jeune inventeur réveille les narinesIl appartient aux optimistes de démentir ces risques. La démocratie doit être défendue, ressourcée, vivifiée durablement par chacun d'entre nous. Les principales valeurs de l'optimisme sont des armes pour ce combat : la maîtrise de soi, l'engagement, la tolérance.C'est sans doute une des innovations françaises appelées à cartonner dans les prochains mois. Le Sensor Wake est le premier réveil olfactif. Avec lui, fini les matins difficiles à coups d'alarmes stressantes, de musiques assourdissantes ou de sonneries stridentes. Grâce à un système de capsules (proche des dosettes à café), l'ap- pareil vous sort de la torpeur en émettant des odeurs alléchantes (trente parfums en catalogue parmi lesquels : café, fraise Tagada, viennoiserie, menthe...).au mois de septembre dernier, pour participer à la finale du Google Science Fair 2014, un concours d'inventeurs organisé par le géant du Web.Le jeune inventeur prévoit, dans les prochains mois, de réaliser une levée de fonds via une plateforme de financement participatif. Le Sensor wake sera bientôt commercialisé au prix de 70 euros, les dosettes s'achè- teront 5 euros pièce. Des tarifs qui pourraient baisser en fonction du niveau de la demande.On dit « N'ayez pas peur » mais vous avez le droit d'être inquiet et le devoir de ne pas vous enfermer dans le stress et encore moins de le diffuser autour de vous.Il faut passer de l'indignation à l'engagement. Où vous voulez. Quand vous voulez. Pour soutenir la presse, une cause humanitaire, militer dans une as- sociation, une organisation syndicale, professionnelle, politique, culturelle, devenir élu local, etc.L'idée est sortie de la tête d'un jeune Nantais – tout juste majeur –, Guillaume Rolland. Un petit génie qui, dès l'âge de 13 ans, déposait son premier brevet pour une machine à infuser le thé ! Cette fois, grâce à son Sensor Wake, le jeune homme a déjà cumulé un bon nombre de distinctions : prix des jeunes inventeurs, médaille d'or du concours Lépine européen, prix de l'organisation mondiale de la propriété intellectuelle, prix européen d'innovation... Il a même été sélectionné,En attendant de faire fortune avec son réveil innovant, Guillaume Rolland garde la tête sur les épaules. Le Bac en poche, il a intégré à la rentrée l'école d'ingénieurs de Compiègne (60). Il bénéficie d'horaires aménagés afin de pouvoir mener en parallèle son projet entre- preneurial. Le jeune Nantais travaille notamment avec un développeur Web, un designer produit, un motion designer, et la société bretonne Exhalia, spécialiste du marketing olfactif.La somme de vos engagements constitue la garantie d'une société unie, bienveillante, solide. C'est un rempart contre la dislocation et la terreur qu'entendent imposer les ennemis de la civilisation.Comme l'a dit Boris Cyrulnik, en parlant de résilience sociétale, « les sociétés se redonnent une dignité en ne se soumettant pas ».Au fond, ce qui nous soude le plus, englobe nos valeurs, c'est effectivement ladignité,l'identité,lafierté,lesentimentd'appartenance àlanation.À nous, à vous de les faire vivre.8FÉVRIER 2015-1Août SeptOct Nov4 La bonne nouvelle ici etL'homme vit de plus en plus vieux. Entre 1990 et 2013, l'espérance de vie mondiale a progressé de six années (de 65,3 à 71,5 ans), selon la dernière étude sur la « charge mondiale des maladies » publiée le 18 dé- cembre dans la revue médicale britannique The Lancet. L'espérance de vie a même augmenté d'une douzaine d'années dans certains pays en déve- loppement (Iran, Niger, Ethiopie, Rwanda, Népal...). Ces résultats sont liés au recul de certaines maladies chroniques, des maladies infectieuses et de la mortalité infantile qui a été divisée par deux.Des breves qui donnent le “smile” le matin...- Le cinéma français cartonne. Avec 208 millions d'entrées sur les 12 derniers mois, la fréquentation des salles obscures a progressé de plus de 10%. Dans ce contexte, les films français ont la cote : leur part de marché est passé de 33,2% à 42,6% en un an, approchant désormais les films américains (48,5%). En 2014, les trois grands succès du cinéma sont français : les comédies « Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu » et « Supercondriaque » et le blockbuster « Lucy » de Luc Besson.]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[DEVENEZ PROPRIÉTAIREDANS LE PREMIER COUNTRY-CLUB RÉSIDENCE D’EUROPEDU STUDIO À LA VILLA 6 PIÈCES DANS LE SUD DE LA FRANCE : GOLF, SPA, CONCIERGERIE ET PRESTATIONS HAUT DE GAMME04 11 91 60 00 - WWW.LAVAGNAC.FR]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMALes rendez-vous EcoRéseauLe DicoRéseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : actualité, international, médias, politique, sport, etc.En guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Bielsa : expr. Qui évoque l’arrêt d’une progression. Ex. « j’ai coulé une Bielsa craint »Charlie : n.p. Personnage dont tout le monde se demandait où il était pen- dant très longtemps, et que tout le monde a trouvé d’un seul coup.Cuba : crochet fourbe. Ex. : « Obama a porté aux républicains un coup bas »Fox news : 1. Chaine d’information américaine : Prononciation française « Fausse News » - 2. Renard que tout le monde déteste dans la forêt, parce qu’il ne raconte que des conneriesGrèce : lubrifiant qui ne permet pas de réduire les grincements entre pays. Franc suisse : citoyen helvête qui ne ment pasHouellebecq : n.p. écrivain polémique. Sa vision noire du futur m’a cloué le becKiosque : Endroit redécouvert par les Français le 14 Janvier. Avant ils disaient : Kio-sque c’est qu’ça !?Las Vegas : n.p. ville américaine où les start-up françaises misent leur avenir, s'effeuillent pour dévoiler leurs atouts, et espèrent se marier avec des investisseurs à la première chapelle du coinLepaon : 1.Oiseau syndicaliste qui n’a pas eu le temps de déployer sa roue dans son ex-nid douillet ; 2. Syn : Pie. Oiseau voleur.Le pen : stylo fabriqué en France ; modèle uniquement disponible en trois couleurs : bleu, blanc, rougeMarion Maréchal-Le Pen : n.p. Fille qui doit de toute urgence se faire un prénomMbala : Expression de regret « Et Ba La J’aurais mieux fait de me taire » Quantitative easing : angl. Terme à lâcher en soirée dans une conversa-tion sur les monnaies, avant de filer pour éviter les explicationsSagnol : n.f. Alcool fort permettant de se mettre du baume au cœur. « Bordeaux joue encore mal au football cette année. – Oui, pour aller au stade, mieux vaut prendre Sagnol ».Sarkozy : Expr. Phénomène de déjà vu. Ex. « Sarkomence »Ski : début de dicton d’entrepreneur. « Ski est fait n’est plus à faire »Trezeguet : Ex-joueur de football surnommé Trezegoal et devenu très aigriUber : dicton qui revient à la mode et qui signifie améliorer ses fins de mois : « mettre uber dans les épinards »Vœux : action de convoiter quelque chose. Ex. : « cette année, je vœux récupérer de nouveaux électeurs pendant ce mois de janvier »Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.10 FÉVRIER 2015]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - L’esprit d’entrepriseL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique ou sociétalSur le fil du rasoirL’esprit d’entreprise infuse dans toutes les couches de la population, mais entre en collision avec un système politico-administratif non réformé. Les prochaines mesures sauveront ou feront sombrer le pays... Dossier réalisé par Philippe Flamand, Geoffroy Framery, Léonidas Kalogeropoulos, Jean-Baptiste Leprince, Aymeric Marolleau, Julien TarbyA16 ans, Joey Hudy a fait la Une des journaux américains fin 2012 après avoir présenté à Barack Obama un canon à marsh- mallow de sa fabrication. Depuis, le président amé- ricain multiplie les mes- sages en faveur des « makers », incitant ses concitoyens à « faire des choses, et pas seulement à consommer des choses ». Le 18 juin a été officielle- ment désigné « Journée nationale des Makers ». En France aussi commen- cent à s’organiser des « Maker Faire », sorte de rendez-vous entre arti- sans, bricoleurs, ingé- nieurs et artistes, situés entre la kermesse et le salon professionnel, pour présenter des prototypes concoctés à partir de sou- dures de composants et d’imprimantes 3D. Les nouvelles technologies permettent au quidam de faire de plus en plus de choses. « Les gens sont de plus en plus conscients de leur potentiel « empower-ment », leur pouvoir de faire des choses en simples particuliers », observe Pierre Kosciusko-Morizet, cocréateur de PriceMinis- ter désormais business angel. Mais nul besoin de passer par une haute tech- nicité ou même de créer sa boîte pour prendre des initiatives. « Dans nos territoires beaucoup de talents entreprennent, nonlières », affirme Laurent Grandguillaume député PS de la Côte-d’Or, co- président du Conseil de la simplification pour les en- treprises. Retour de ba- lancier donc. « Cet esprit d’entreprise est dans l’ADN hexagonal, il re- monte à la Révolution et à la Résistance. Les Fran- çais ont le potentiel pour prendre leur destin enfamille », souligne-t-il. Il existe une France qui ose, innove, entreprend et crée les emplois de demain, comme l’évènement Osons la France d’Aude de Thuin le démontre.Ce sentiment de devoir compter sur soi-même et ses capacités d’action n’est-il pas finalement une chance pour l’individu,et donc le pays ?LE RETOUR D’UNE MENTALITÉCet esprit ne se limite pas à la création d’entreprise. « On ressent aussi beau-seulement dans l’écono- mie, mais aussi dans le domaine social et envi- ronnemental. L’esprit d’entreprise s’était un peu mis en sommeil, et nous y avons tous une responsa- bilité, car nous avons pensé que nous créerions plus de justice, d’égalité et d’équité en légiférant pour tous afin de corriger des situations particu-main, pour être créatifs et force de proposition », af- firme Richard Thiriet, président du Centre des jeunes dirigeants (CJD) et du groupe métallurgique nantais CNI. Et en cette période troublée, « ils font moins confiance aux diri- geants politiques qu’à l’entreprise, devenue pour eux un repère arri- vant en tête juste après lacoup de dynamisme dans le monde associatif », cite aussi Hervé Novelli, ex- secrétaire d’Etat en charge des PME qui a été à l’origine du statut d’auto-entrepreneur. Certes les start-up hexa- gonales sont surreprésen- tées au CES de Las Vegas et c’est une bonne nou- velle. Mais encore plus important que l’aide desPour EcoRéseau, les meilleurs experts se sont penchés sur l'esprit d'entrepriseCette Une du Panorama n’est pas un vœu pieu, une exhortation à se saisir de cet esprit d’entreprise, un rêve de sortie de crise pour la France ou même un exercice cathartique face à la dépression et aux récents attentats. Alors que le marasme économique éloigne les groupes, que les communautarismes et extrémismes religieux sabordent le vivre- ensemble, nous rejoignons Léonidas Kalogeropoulos pour dire qu’il se passe quelque chose dans ce vieux pays qu’on croyait empêtré dans ses vieux schémas traditionnels. D’aucuns prétendent que nous choisissons toujours de regarder le verre à moitié plein. Nous affirmons dans ce dossier qu’il dépasse la moitié. « La jeunesse a réveillé la vieille France et ses schémas clivants », affirme Blandine Mulliez, présidente de la Fondation entreprendre. Mais les jeunes ne sont pas seuls. La vitalité des associations ou des coopératives de salariés, les chiffres de la création d’entreprises alors que l’ave- nir annoncé et les obstacles règlementaires devraient dissuader, les gens qui deviennent agiles et mènent de front plusieurs métiers sous divers statuts... Tout cela contribue à rendre un peu plus floue l’historique opposition patrons/salariés ou jeunes/seniors. La nouvelle ligne de fracture est peut-être à chercher entre ceux qui ont l’esprit d’entre-prise, qu’ils soient entrepreneurs, sportifs, artistes, fonctionnaires, salariés... et ceux qui ne l’ont pas, qui subissent leur métier, comptent jalousement leur temps de travail comme leur implication, se cachent dans les dernières grandes entités ou administra- tions qui refreinent cette attitude. Cet esprit d’entreprise est bien présent, le potentiel est indéniable, comme en attestent les témoignages qui suivent, et il pourrait bien être la clé de la solution s’il est encouragé. La France est sur la tranche. Des réformes qui seront choisies pour le faciliter ou non dépendra la vitalité du pays et même la capacité à conserver son modèle républicain. Derrière une implication, il y a parfois des erreurs, c’est indéniable. Mais il y a aussi toujours de l’énergie, de l’innovation, du progrès. Les medias analysent la France d’un autre temps qui souffre, la France de l’adminis- tration kafkaïenne, des seuils et des corporatismes, et met à jour avec parcimonie ceux qui sont à leur compte, ceux qui s’activent dans un garage ou une association, ceux qui innovent dans les entreprises, les « électrons libres » de chaque numéro d’EcoRéseau... Ils ont tort, car c’est la France de demain qui se dessine à travers eux...La rédactionDeux France12FÉVRIER 2015]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frGrand Angle - L’esprit d’entreprise PANORAMAtechnologies, des disposi- tifs d’accompagnement ou des financements, c’est bien l’état d’esprit qui est déterminant, et qui sem- ble évoluer dans le bon sens. Des retraités, des sa- lariés, des gens sans emploi se lancent, s’impliquent, prennent des initiatives. Des salariés aussi. Les cloisons sont en train de tomber ; on parle même aujourd’hui d’intrapre- neuriat – « les DRH es-dence ne peut plus perdu- rer ». Selon Philippe Hayat, qui a fondé 100000 entrepreneurs et donc observe depuis des années les réactions des élèves sensibilisés par les entrepreneurs de son as- sociation, c’est un vérita- ble « verrou culturel » qui a sauté en quelques an- nées.sée, ou plutôt imposée. Il entre en conflit avec les corporatismes, se sentant écrasé par les taxes ou les contraintes bureaucra- tiques ; « toutes ces résur- gences de l’ancien temps qui sont à combattre », n’hésite pas à déclarer la chroniqueuse TV et entre- preneure Hapsatou Sy. L’opposition est constante pour ces chômeurs, retrai- tés, entrepreneurs dans l’âme qui ont pris leur destin en main, qu’ils ré- sident en banlieue, à la campagne ou dans les grandes villes, qu’ils soient diplômés ou non.La Nation, c’est l’esprit d’entreprise de ses citoyens !Les évènements dramatiques de ce début d’année ont entraîné une résur- gence grave, digne et solennelle de la Nation. Cette marche du 11 janvier res- tera comme un lointain écho historique au cri de « Vive la Nation » qui accom- pagna les soldats révolutionnaires re- poussant les armées des monarchies coalisées à Valmy, le 20 septembre 1792. Les monarchies voulaient des peuples sujets ; avec la Nation, le peu- ple devient acteur, et c’est ce qu’attend le peuple qui s’engage pour ce en quoi il croit : pouvoir être acteur de son des- tin. Il n’y a pas de Nation, sans la vo- lonté du peuple de la faire émerger, tenir debout, prospérer, consolider.Mais à côté de la Nation et de la Répu- blique qui en organise les principes, d’autres forces rivalisent. Elles vien- nent voir des jeunes en leur disant:«Onabesoindevous»;par cet appel, elles offrent un sens à la vie, à l’énergie, à la soif d’accomplisse- ment, de reconnaissance, d’engagement de centaines de jeunes en déshérence.Quand a-t-on entendu la République dire à nos jeunes : « On a besoin de vous » ?Le peuple, dans une Nation, ne veut pas recevoir. Il veut donner, donner le meil- leur de lui-même, de ses rêves, de ses projets, de son travail, de ses ambitions, de ses solutions aux défis qui l’entou- rent, de son engagement, de ses compé- tences, de son implication...Et si les principes auxquels nous tenons sont menacés – liberté d’expression, laïcité, société ouverte, égalité homme- femme – ce n’est qu’en consolidant notre Nation que nous les défendrons, grâce à une prospérité qui la fortifiera, et qui attirera à elle les talents et aussiceux qui peuvent être désorientés.Or, la richesse des Nations, ce n’est rien d’autre que la richesse de l’Esprit d’en- treprise de ses citoyens. Où qu’ils soient, dans toutes les fonctions qu’ils occupent, que ce soit dans une entre- prise, dans une association, dans un ser- vice public, en tant qu’artistes, ingénieurs, fonctionnaires, entrepre- neurs, salariés... qu’importe : l’Esprit d’entreprise est la passion de s’accom- plir par ce que l’on fait, enrichissant par là même la collectivité à laquelle on ap- partient. On est citoyen par son engage- ment, et aucun dirigeant de la Nation ne nous l’a dit depuis si longtemps.En appeler à l’Esprit d’entreprise de tous les Français et de tous ceux qui veulent le devenir, c’est faire jaillir partout le ci- ment qui va redonner sa colonne verté- brale à notre pays, y faire reculer le chômage et la désespérance, y faire éclore de nouvelles solutions pour répa- rer les maux connus des zones périur- baines et redonner une fierté collective à tout ceux qui participent à cette aventure collective, la rendant séduisante pour ceux qui veulent nous rejoindre. Ce ne sont pas des dessins épars ou des carica- turistes isolés auxquels les assassins s’en sont pris le 7 janvier dernier. C’est à des talents rassemblés depuis des années, qui avaient fondé l’institution Charlie Hebdo. C’est une entreprise qu’ils ont voulu tuer. C’est par l’Esprit d’entreprise que nous opposerons, aux ennemis de la liberté, le bouclier puissant d’une pros- périté assise sur le talent et l’engagement de ses citoyens.L.K.LE CHOC DE DEUX MONDESLe dynamisme de tous ces acteurs ne demande qu’à se concrétiser sur un plan local, mais leurs diffé- rentes initiatives entrent en collision frontale avec le système politico-admi- nistratif jacobin, centra- lisé et contrôleur (au lieu d’être régulateur) hérité d’une longue tradition française. Cette volonté d’encadrer l’initiative pri- vée s’est construite sous la royauté puis plus tard sous la République. Il semble bien que cette or- ganisation et cette conception, qui ont en- fanté de magnifiques avancées comme les cen- trales nucléaires, le Concorde, Airbus, le TGV... ne correspondent plus au monde ouvert d’aujourd’hui, où chaque individu est en compéti- tion ou en collaboration avec l’extérieur et pos- sède un pouvoir d’action décuplé. Les gens ont be- soin de prendre leur des- tin en main et de s’occuper par eux-mêmes de leur employabilité. En filigrane des témoignages et opinions qui suivent apparaît d’ailleurs une vé- ritable fracture dans le pays. Les profils des per- sonnes interrogées sont pourtant des plus variés mais toutes distinguentACTIONS À MENER D’URGENCECe sentiment de devoir compter sur soi-même et ses capacités d’action n’est-il pas finalement une chance ? Une chance pour l’individu de s’ac- complir, et pour le pays de profiter d’un dyna- misme retrouvé ? Assuré- ment, à condition que les réformes idoines soient adoptées. « Si les énergies sont libérées, la France pourrait assurément grimper rapidement dans les classements. L’esprit d’entreprise est la seule façon d’offrir un avenir aux cohortes de jeunes des quartiers qui vivent en marge de la société. Il leur permettrait de s’ac- complir et de canaliser leur énergie. Nous avons les talents d’innovation et l’héritage culturel pour que cela fonctionne », s’enthousiasme Philippe Hayat. Un avis partagé par l’ex-député Karim Ze- rebi, selon qui « en ban- lieue ou en ruralité, dans les territoires ou les ser- vices de l’Etat sont plus difficiles à fournir, l’espritsaient de redonner du sens à la collaboration », précise Jonas Hadad, se- crétaire national en charge de l’entrepreneuriat et des jeunes à l’UMP –, ouL’esprit d’entreprise est la seule façon d’offrir un avenir aux cohortes de jeunes des quartiers qui vivent en marge de la sociétéd’étudiant-entrepreneur ! Pour Karim Zerebi, ex- député européen EELV, fondateur du club Nou- velle France, « cette mu- tation émane aussi d’une prise de conscience col- lective que l’Etat-Provi-cette opposition crois- sante entre le système po- litico-réglementaro-admi nistratif et le terrain. L’in- dividu, à son échelle lo- cale, ne se retrouve pas dans la configuration gé- nérale qui lui est propo-d’entreprise doit être dé- cuplé ». Il est grand temps, comme le souligne Julien Laziou, dirigeant de Permis Malin, réseau de franchise qui propose à la location des voitures à double commande, majo-FÉVRIER 201513Œ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - Institutionnels ritairement situé dans lescitoyen », insiste le Géné- ral Philippe Loiacono, commandant du Service militaire adapté (SMA) au ministère des Outre-mer, qui cherche à réinsérer lessation fiscale, la suppres- sion de l’impôt sur les so- ciétés pour les créateurs de moins de 30 ans afin d’attirer les jeunes entre- preneurs européens pour« Récompensons ceux qui osent, qui vont de l’avant, même s’ils échouent. Si chaque individu avait pleinement conscience de ce qu’il pouvait apporter,quartiers : « Beaucoup ca- ressaient l’idée de se met- tre à leur compte, puis s’abstenaient devant les risques, pensant à leur fa- mille et aux dettes déjà contractées. Mais au- jourd’hui le chômage y est tel que la plupart n’ont plus rien à perdre ». Il est possible de dépasser les clivages sur ces ques- tions selon Karim Zerebi : « Pour que notre Répu- blique reste fidèle à ses valeurs, il lui faut prendre en compte le monde dans lequel nous vivons en en- courageant cet esprit d’entreprise ». C’est là que l’Etat a un rôle à jouer, celui de libérer les énergies, favoriser la mé- ritocratie, encourager la prise de risque, « faire comprendre à chacun qu’il peut apporter quelque chose en tant queSi chaque individu avait pleinement conscience de ce qu’il pouvait apporter, un souffle nouveau animerait le pays. L’exemplarité est essentielleL'esprit d'entreprise, pour toucher du doigt le succès...« décrocheurs ». Les pistes évoquées sont va- riées, allant de la simpli- fication des règles de création d’entreprise pour Laurent Grandguillaume à l’esprit d’entreprise en- seigné durant les cours d’éducation civique – parce qu’il induit respon- sabilités et respect des au- tres – pour Sophie de Menthon. Sans oublier les allègements et la stabili-Jonas Hadad : « Nous au- rions plus à y gagner, en termes d’image, de dyna- misme, d’exemplarité et de finance. Le jeu en vaut la chandelle. Nous sommes en train de vivre la première époque où une génération quitte le pays alors qu’il n’est pas en guerre ». Avec tou- jours cette idée que l’Etat ne doit plus être accompa- gnateur, mais facilitateur.un élan, un souffle nou-veau animerait le pays. énonce Karim Zerebi. Nous avons toutes les cartes en main : un mo- dèle social envié par beaucoup de pays, en même temps que cet es- prit de débrouille, d’inno- vation et de création souvent sous-estimé...Julien Tarby»,© David Delaporte« Système politico-administratif vs acteurs locaux, une opposition croissante »1 24Jean-Paul Delevoye, président du conseil économique, social et environnemental (CESE)Comment s’explique le respect croissant que sus- cite l’entrepreneur ?Depuis cinq ans nous menons avec le Cevipof une étude sur l’état de la société française. Et il apparaît clairement que tout ce qui est local, de proximité, ac- quiert de plus en plus de crédit quand ce qui est lointain semble discrédité. Ainsi l’exécutif subit toutes les cri- tiques. La PME, la petite entreprise de voisinage, la mairie, la famille, les copains reviennent sur le devant de la scène. Plus la mondialisation augmente, plus les gens se tournent vers leur environnement immédiat. Autre changement notoire constaté, 75% des personnes interrogées il y a trois ans demandaient aux entreprises de remplir un maximum de critères RSE. Aujourd’hui elles leur demandent seulement d’être efficaces sur un plan économique. L’acte d’entreprendre et d’embau- cher est devenu le plus important. En cette période de crise les Français privilégient le résultat, quitte à mettre les concepts et les idéologies de côté, afin de redevenirment. Il est possible, à sa petite échelle, de créer si on est libéré des contraintes. Les Allemands ont l’obsession des process et du collectif, les Anglais sont focalisés sur le résultat, et les Français sont créatifs et inventifs. Le potentiel de cette dynamique est donc colossal.chaïque le capital et le social, toujours selon des cri- tères de dominant/dominé.acteurs de leur propre destin.Il y aurait donc un certain retard français ?Quelle en est la conséquence ?Nous souffrons de plusieurs maux. Premièrement les Français entretiennent une relation pathologique avec celui qui réussit et qui doit être puni, ou celui qui échoue et qui doit être culpabilisé. Deuxièmement le manque de confiance est une réalité dans notre société, quand 75% des Danois disent avoir confiance en leurs voisins. Troisièmement nous analysons de manière ar-Les récents évènements tragiques démontrent la fragilité de la société et de la vie, les gens veulent donc faire quelque chose de concret. Ils passent du « big is beauti- ful » au « small is beautiful » qui les implique directe-J.T.L’avenir s’annonce donc radieux ?Le but est de retrouver le goût de l’aventure, l’avenir appartient à ceux qui savent s’adapter, prendre des risques, innover de manière impertinente. Nous avons moins besoin de réforme que d’un changement d’atti- tude, dans la curiosité envers le monde de l’entreprise, dans la soif d’apprendre. Selon Antoine de Saint-Exu- péry « il n’y a pas des solutions au problème, mais une dynamique à mettre en place. Les solutions vien- dront ». Les lieux d’écoute augmentent, mais il faut en- core accroître l’accompagnement et la valorisation. Je souhaiterais qu’au 14 juillet le Président, après avoir assisté au défilé de l’armée, vienne au CESE saluer les citoyens entrepreneurs qui font la France. L’éducation est essentielle également. Dans les écoles il faudrait plus valoriser le talent de nos enfants. Cela contribuera à changer leur état d’esprit. Je suis en revanche réservé sur l’ajout dans la devise républicaine. « Liberté égalité fraternité » sont des notions de vivre-ensemble, quand l’esprit d’entreprise est une culture, à acquérir dans chaque administration, chaque territoire. Elle permet de créer, d’orienter la société mais n’est pas fondatrice.Le problème est que le système politico-administratif a été conçu pour maintenir une centralisation et un contrôle continu, avec une certaine méfiance des ini- tiatives du citoyen. Il a toujours voulu contrôler, sous la royauté ou la république, alors qu’il faut aujourd’hui réguler, pour laisser les gens tenter l’aventure. Avec la mondialisation les pouvoirs publics ne peuvent plus contrôler totalement le territoire, ils doivent assurer son attractivité. Le terrain bouillonne donc, mais se sent entravé.Quelle feuille de route pourrait être envisagée ?14FÉVRIER 2015]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.fr2 24Grand Angle - Institutionnels PANORAMA Bruno Lasserre, président depuis 2009 de l’Autorité de la Concurrence« La libre concurrence vient parfois heurter la liberté d’entreprendre »© Hamilton/ReaPartagez-vous le sentiment que l’esprit d’entreprise en France atteint un niveau sans précédent ? Assurément. Nous devons nous prononcer sur des af- faires déclenchées par l’arrivée d’entrepreneurs aux pro- jets nouveaux dans différents secteurs : dans le permis de conduire, le covoiturage, le e-commerce... Les inno-vateurs saisissent les opportunités. Mais parviennent-ils à transformer leur idée initiale, puis à intégrer l’establish- ment ? Quelques exemples fonctionnent, dans la télépho- nie mobile par exemple, où de nouveaux arrivants ont pu prospérer. Ils sont désormais des modèles pour les jeunes qui ont besoin de s’identifier à des individus, pas seule-ment à des idées. Ils sont les preuves vivantes que tout est possible. « Moi aussi je peux le faire » est le début de l’esprit d’entreprise.Ne favorisez-vous pas finalement l’esprit d’entreprise lorsque vous intervenez suite à la plainte d’un entrepreneur qui subit des entraves ? Notre but n’est pas de favoriser une stratégie commerciale au détriment d’une autre. Nous cherchons avant tout à pro- téger la compétition par les mérites : innovation, compéti- tivité... Que le meilleur gagne. Le processus concurrentiel respecté est le moyen pour que les acteurs donnent le meil- leur d’eux-mêmes. En tant qu’arbitres nous ne sommes pas là pour protéger ou punir les gros ou petits, mais faire ensorte que les deux puissent s’affronter sur leurs offres.Ce mérite n’est-il pas justement cet esprit d’entreprise ?Si c’est la capacité à innover et se dépasser sans s’abriter derrière l’héritage d’un monopole historique, il s’agit bien de la même notion. Celle-ci est fondamentale, complémen- taire à nos valeurs républicaines. Il existe d’ailleurs de vraies similitudes avec la démocratie : rejet de l’héritage etde la transmission des charges, abolition des privilèges.Cette notion ne peut-elle pas contribuer à un ferment d’unité nationale ?Dans ce pays nous manquons de confiance en l’avenir. Les gens doutent du sursaut collectif, et n’ont confiance qu’in- dividuellement. Nous devons prouver que la France peut être une terre d’entreprise et d’innovation. Ceux qui ont l’es- prit d’entreprise doivent pouvoir développer des projets en toute confiance, et donner l’exemple à d’autres. Mais je suis prudent face à cette idée de « ferment d’unité nationale ». L’esprit d’entreprise n’est pas une notion facile à constitu- tionnaliser. Et la libre concurrence vient parfois heurter la liberté d’entreprendre, car il nous faut parfois, comme les arbitres avec les joueurs dans le sport, contraindre des en- trepreneurs, restreindre leur liberté, pour que d’autres puis- sent rivaliser. C’est ce que nous avons fait sur Internet, dans l’énergie, les médicaments, le chemin de fer... Ce sont des principes duaux, avec l’un qui est conservateur, l’autre in- novateur, pour obtenir l’équilibre. Il fallait par exemple, lors de l’adoption du principe de précaution, parler de la prisede risque, sous peine d’immobilisme.L’Etat n’interviendrait-il pas trop dans certains secteurs, qui pourraient être défrichés par l’esprit entrepreneurial ?Education, banlieue, construction... sont autant de terres que les entrepreneurs ont commencé à conquérir. L’Etat et son administration ont en revanche des difficultés à expé- rimenter. Nous avons une culture de normes et de discipline plutôt que de libertés et d’essais/erreurs pour ensuite géné- raliser les succès. L’esprit d’entreprise de long terme a pourtant habité l’administration et les grandes structures, en témoignent les grandes réussites des Trente Glorieusesavec le nucléaire, le TGV, le réseau téléphonique.FÉVRIER 201515L.K et J.TŒ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - Politiques3 24Hervé Novelli, Maire de Richelieu, conseiller régional du Centre, ex- secrétaire d’Etat en charge des PME qui a été à l’origine du statut d’auto-entrepreneurLes Français ont-ils l’esprit d’entreprise ?La constante augmentation des« Cela ne se limite pas à la création d’entreprise »chiffres de la création d’entreprise le prouve. Il a tou- jours existé en France, mais il n’a pas toujours pu s’ex- primer aisément dans les faits. Il y a quelques années, lorsqu’on les interrogeait sur leur désir de créer une en- treprise, les Français étaient nombreux à répondre par l’affirmative, s’ils en avaient l’opportunité. Mais ceux qui passaient à l’acte n’étaient pas aussi nombreux. Puis, peu à peu, grâce à un certain nombre de simplifi- cations des modalités et de réformes, comme la mise en place du statut d’auto-entrepreneur, cela s’est em- ballé. Mais cet esprit ne se limite pas à la création d’en- treprise, et on observe aussi beaucoup de dynamisme dans le monde associatif.centralisme hérité de l’Ancien Régime et prolongé par la Révolution. Traditionnellement, tout se décide à Paris avant de se diffuser dans le reste du pays. Cette centralité reste plus forte en France que dans tous les pays européens et explique que nous ayons été marqués plus que d’autres par une réglementation contraignante. C’est le frein le plus fort à la croissance et à la création de richesse. Toutes les mesures qui pourraient libérer les énergies dans notre pays seraient les bienvenues, par exemple en simplifiant le droit du travail pour les PME. Il faut s’engager fortement dans une démarche de sim- plification afin de desserrer le carcan réglementaire.C’est le sens du choc de simplification entamé par le gouvernement.C’est une démarche très méritoire. Il est notamment intéressant d’avoir demandé à un chef d’entreprise, Guillaume Poitrinal, de s’investir dans ce projet. Ce choc constitue une avancée qui doit être amplifiée, car, s’il s’intéresse au stock des réglementations, des lois et des règles, on continue, malgré les discours, de trop dé- laisser le flux, c’est à dire la création nouvelle de lois, dont la source ne se tarit pas. Il n’y a qu’à voir la ma- nière avec laquelle le Parlement légifère ou la création des directives européennes qui impactent la vie quoti-protectionnisme des corporations. Cette loi marque une avancée qui n’est pas structurelle, mais très utile. Ce sera une bonne chose de voter ce texte.Quel regard portez-vous sur les réformes de l’auto-entrepreneuriat, dont vous avez été à l’origine ?Je veille à ce qu’elles ne consistent pas à brider l’acti- vité des auto-entrepreneurs. Je considère que le statut a été préservé, c’est l’essentiel. Et le gouvernement af- fiche la volonté de transférer les avantages de ce statut à d’autres activités individuelles, tant mieux. Mais je serai attentif à ce que les charges qui pèsent sur les auto-entrepreneurs ne soient pas alourdies, ce qui a malheureusement été le cas à plusieurs reprises ces der- nières années. Il faut arrêter de vouloir réglementer à outrance un statut qui a marché justement parce qu’ilChez qui cet esprit d’entreprise se manifeste-t-il ?était facile d’accès, et donc très simple.Il existait traditionnellement un lien entre le capital, l’investissement et la création d’activité. Autrement dit, il fallait avoir de l’argent pour créer. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ce qui a changé, outre les simplifica- tions institutionnelles, c’est l’explosion du numérique, qui a rendu beaucoup d’activités faciles et mis l’indi- vidu au cœur du jeu. La révolution Internet permet à chacun de développer son entreprise à partir d’une sim- ple idée. Du coup, dans toutes les classes sociales, y compris les moins aisées, il y a le sentiment que si l’on se débrouille bien on peut réussir sans avoir une mise de départ très importante. Il est vital pour notre pays d’offrir cette perspective à tous ceux qui n’ont pas par à leur naissance la chance d’investir pour démarrer dans la vie.dienne des Français.Jugez-vous pertinent d’inscrire l’esprit d’entreprise dans la devise Républicaine ?Il est déjà contenu dans le terme « Liberté ». Le pro- blème n’est pas d’inscrire l’esprit d’entreprise dans la Constitution, mais de le faire vivre réellement et très concrètement. C’est cela qui est difficile. Je constate aussi que, depuis des années, on ajoute trop de concepts nouveaux dans la Constitution, comme le principe de précaution, ce qui conduit à ne plus très bien savoir ce qui est important et ce qui l’est moins. En tant que par- lementaire, je n’avais pas voté le principe de précaution car je savais que ce principe pouvait en tuer d’autres,A.M.Quelles sont les principales entraves à l’esprit d’entreprise ?La France est un vieux pays qui s’est créé autour d’un© Philippe Grangeaud« Un besoin d’optimisme et de confiance »La loi Macron, discutée au Parlement depuis fin janvier, peut-elle aussi apporter des simplifications intéressantes ?C’est une avancée qui n’est pas révolutionnaire, loin s’en faut, et elle a brutalisé des professions. Mais elle est utile parce qu’elle procède de l’idée qu’on peut fa- voriser la croissance et l’activité en abaissant les bar- rières à l’entrée, c’est à dire en facilitant l’entrée dans tel ou tel marché et en facilitant l’installation et le dé- marrage d’une activité, sans pour cela avoir à subir lecomme le principe de liberté.4 24le CanadaCorinne Narassignin, porte-parole du Parti Socialiste, ex-députée des français de l’étranger pour les Etats-Unis etExagère-t-on la notion d’esprit d’entreprise ?pérenniser et de la faire grandir dans les premières an- nées. Là-bas, il est plus facile de trouver des investis- seurs, et l’échec y est moins stigmatisé.réfléchir à la gestion des licenciements économiques et des licenciements pour faute. Mais il est important que ces questions fassent d’abord l’objet d’un dialogue so- cial entre syndicats et patronat, à condition qu’ils sa- chent dépasser la culture du bras de fer systématique.L’esprit d’entreprise est-il une solution pour une sortie de crise durable ?Absolument. Après les attentats et la mobilisation qui s’en est suivie, il y a une demande de lien social. La France est prête à retrouver du dialogue au sein de la société, et à mieux vivre ensemble. On a besoin d’op- timisme, de tourner le dos au « déclinisme », et de don- ner confiance en l’innovation collective. Par cascade,A.M.Non elle a toujours été présente en France, dans la science, avec de nombreux inventeurs, l’art, puisque de nombreux mouvements artistiques majeurs sont nés ici. Aujourd’hui, il s’exprime aussi dans le dynamisme du milieu associatif, ou les récents succès des start-up françaises au CES de Las Vegas.En tant qu’ancienne députée des Français de l’étranger, comment expliquez-vous les envies de départs de certains jeunes ?On ne part pas parce qu’on fuit la France, ou parce qu’on estime qu’on n’y a pas d’avenir, mais parce que c’est un enrichissement personnel et une opportunité de découvrir autre chose. Mais il est vrai qu’une partie de ceux qui veulent créer une entreprise sont tentés par l’étranger parce que, malgré la facilité à créer une so- ciété ici, il y est plus difficile qu’aux Etats-Unis de laComment lever les freins à la prise d’initiative ?16FÉVRIER 2015Ces freins sont le fruit de notre histoire, qui fait qu’on attend beaucoup de l’Etat. Il faut aller plus loin dans la décentralisation et la simplification administrative pour faciliter la vie des entreprises. Il est important d’intro- duire de la flexibilité dans le modèle économique, mais cela ne signifie pas reculer sur les garanties essentielles du droit, ni renoncer à la protection sociale et de l’en- vironnement. On peut concilier simplification et pro- tection par de nombreuses réformes, comme celle du droit fiscal pour les PME, ou du fonctionnement des Prud’hommes. Et puis, il ne faut pas avoir de tabous, il y a des cas où la protection est devenue excessive et constitue des freins à l’embauche, c’est pourquoi il fautcela profitera aussi à l’économie.]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.fr5 24Laurent Grandguillaume, député PS de la Côte-d’Or, co-président du Conseil de la simpli- fication pour les entreprisesSentez-vous un réveil de l’esprit d’entreprise ?En préparant mon rapport sur les auto-en- trepreneurs, j’ai rencontré sur tout le ter- ritoire des entrepreneurs issus de parcours très différents : des retraités, des salariés, des gens sans emploi. Les cloisons sont en train de tomber, aujourd’hui on parle même d’intrapreneuriat et d’étudiant-en- trepreneur ! Il y a des mutations profondes dans la société, les gens ont envie d’entre-Grand Angle - Politiques PANORAMAJonas Hadad, secrétaire national en charge de l’entrepreneuriat et des jeunes à l’UMPL’esprit d’entreprise est-il dans l’ADN français ?Nous sommes très pessimistes sur nous- mêmes, alors que dans nos territoires beaucoup de talents entreprennent, non seulement dans l’économie, mais aussi dans le domaine social et environnemen- tal. Nous avons la chance d’avoir de nom- breux atouts : parmi les meilleurs chercheurs du monde, des entrepreneurs inventifs, des collectivités territoriales ef- ficaces, de grandes universités, un tissu« Egalement une réponse à la financiarisation et à la volatilité des employeurs »associatif extraordinaire.L’esprit d’entreprise s’était un peu mis en sommeil, et nous y avons tous une respon- sabilité, car on a pensé qu’on créerait plus de justice, d’égalité et d’équité en légifé- rant pour tous afin de corriger des situa- tions particulières. Mais l’empilement des dispositifs, des normes et des règles a abouti à une situation contraire à l’esprit de départ. C’est pourquoi il faut simplifier. Par exemple, en simplifiant les règles de la création d’entreprise, on permet au plus grand nombre d’y avoir accès, au lieu qu’elle soit réservée à ceux qui pourront avoir les informations nécessaires.prendre, d’innover.Cet esprit d’entreprise est-il de- venu palpable ? Survient enfin une prise de conscience de la difficulté des ini- tiatives publiques. Les gens se tour- nent plus vers les initiatives privées et adoptent en fait des comporte- ments qui ont cours aux Etats-Unis depuis longtemps. Il y a quelques années, lorsque j’annonçais que je devenais secrétaire national en charge de l’entrepreneuriat, les gens demandaient pourquoi une telle fonction. Aujourd’hui ils ne se po- sent plus cette question. L’auto-en- trepreneuriat et la course à l’innovation qui s’est installée ont aidé à changer les mentalités. L’ini- tiative d’un Niel qui pallie le manque des universités ou grandes écoles en formant des gens à de nouveaux métiers ne paraît plus si atypique. C’est le regard qui a changé. Regardez le mouvement des Pigeons. Il y a 30 ans on leur aurait dit de payer leurs taxes et de s’estimer heureux. La nouvelle gé- nération a estimé que ceux qui avaient réussi ne devaient pas êtrede redonner du sens à la collabora- tion, en ajoutant cette notion d’épa- nouissement. Mais dans un même temps on peut évoquer un retour à la normale. Le mot entrepreneur vient de la langue de Molière à l’origine. Les Français sont avant tout un peuple d’idéalistes, et pour être entrepreneur il faut un peu l’être ; il suffit de regarder les idées et objectifs des dirigeants de Google ou Amazon.Cette évolution est-elle singulière à la France ?Non. Le numérique a partout ampli- fié le phénomène. Songez que Peu- geot, avec ses 100 ans d’ancienneté et ses centaines de milliers de sala- riés, est moins valorisé que Snap- chat qui emploie 50 personnes et existe depuis quelques années. Les success stories numériques sont plus incitatives que les aventures in-« L’esprit d’entreprise était en sommeil. C’est terminé »6 24Comment libérer ces énergies ?Outre la simplification, les entrepreneurs ont besoin de visibilité sur le plan fiscal, d’investissements durables, et que les rè- gles ne changent pas tous les mois. Il faut continuer les réformes structurelles, même si elles vont mettre du temps à produire leurs effets. La dynamique engagée depuis deux ans repose sur trois piliers : le pacte de compétitivité, la loi Macron, et le choc de simplification. Il suffirait de peu pour retrouver confiance en nous-mêmes, nous avons toutes les cartes en main : un mo- dèle social envié par beaucoup de pays, en même temps que cet esprit d’innovation et de création.A.M.si lourdement taxés.Quelle serait la mesure la plus urgente à prendre pour le gou- vernement ?Revenir sur l’instabilité fiscale pa- rait essentiel. Mais je crois qu’elle devrait concerner en priorité les jeunes. Le problème actuel est non pas l’immigration, mais l’émigra- tion des jeunes entrepreneurs qui partent vivre leur aventure dans d’autres contrées. Symboliquement, il serait donc par exemple intéres- sant de supprimer l’impôt sur les so- ciétés pour les créateurs de moins de 30 ans. Le pays serait vu comme un eldorado de l’entrepreneuriat, et de jeunes Anglais, Italiens, Espa- gnols seraient même tentés de venir. Nous sommes quand même en train de vivre la première époque où une génération quitte le pays alors qu’ilJ.T.Cet éveil est-il inattendu ?Le phénomène paraît récent car de- puis 50 ans les Français étaient un peu plus tournés vers l’assistanat. Les jeunes subissent un choc de réa- lité, constatant la financiarisation de l’économie. Ils peuvent être virés du jour au demain et considèrent donc qu’ils ne doivent pas de fidé- lité à l’entreprise qui les emploie. Ils créent une activité à côté et regar- dent si elle rencontre le succès. Si c’est le cas ils basculent. Il n’y a plus de valeurs communes, les gens n’entrent plus dans un univers, une culture Peugeot ou Renault. Ils sont sur des challenges ponctuels. Les DRH l’ont bien compris, et en pro- posant l’intrapreneuriat ils essaientn’est pas en guerre.dustrielles d’antan.FÉVRIER 201517Œ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - Société© DeroubaixComment insufflerComment encourager la création d’entreprise chez les salariés ?En accompagnant les parcours profes- sionnels en ce sens, notamment en aidant les talents à changer de statut s’ils le sou- haitent. Mais nous voyons deux points de blocage. Premièrement, la nouvelle convention d’assurance chômage a considérablement allongé le délai de ca- rence, obligeant les cadres à brûler le pé- cule de leur rupture conventionnelle ou de leur licenciement pour des raisons uti- litaires, au lieu d’en faire un argument auprès de leur banquier pour soutenir leur projet. Deuxièmement, on fait porter beaucoup de démons à la loi Hamon sur la reprise d’entreprise par les salariés, alors que c’est un enjeu important. 700000 sociétés seront à reprendre en France dans les prochaines années compte-tenu de la pyramide des âges des patrons. Or, 10% mettent la clé sous la porte faute de repreneur. Les patrons d’entreprise doivent avoir conscience qu’il y a peut-être, parmi leurs salariés, des personnes prêtes à donner une nou- velle impulsion pour que ces emplois neL.K. et A.M.l’esprit d’entreprise chezles salariés ?L’esprit d’entreprise est un élément de décloisonnement, de cohésion, de mixité. On devrait trouver normal en France qu’on change de métier et de sta- tut, qu’on se reconvertisse, qu’on fasse des aller-retour entre le public et le privé. Avant tout, les entreprises doivent traiter trois grands facteurs de risques psycho- sociaux : ne pas connaître la vision du chef d’entreprise ; ne pas savoir à quoi sert son travail ; ne pas se sentir reconnu à sa juste valeur. Dans un deuxième temps, nous travaillons à des logiques d’innovation participatives pour que chacun soit contributeur d’innovation au sein de l’entreprise. Nous devons passer des managers-experts aux accompagna- teurs de talents, qui doivent faire pro- gresser leurs équipes. Les entreprises devront écouter ces talents, quitte à re- mettre en cause des orientations straté- giques ou des projets déjà lancés. C’est le prix pour devenir les leaders françaisdans notre époque pour maintenir la flamme. En Allemagne les salariés sont considérés comme des partenaires, sont partie prenante des déci- sions et le rythme des dialogues sociaux est im- posé chaque année. Le système implique plus le salarié outre-Rhin. Cet esprit d’entreprise ne tombe pas du ciel, il est nourri par un dialogue social sincère et une confiance. Les partenaires sociaux doivent par exemple être consultés avant qu’on légifère sur leur activité dans l’en- treprise. Cela n’a pas été le cas pour la loi Ma- cron par exemple. C’est ce genre d’oubli qui annihile les bonnes volontés. Changer la devise républicaine n’aurait pas beaucoup d’impact. Nous ne devons pas agir sur l’affichage, mais dans les faits. »J.T.7 24Carole Couvert (CFE CGC),8 24« Cet esprit d’entreprise peut indubitablement aider l’économie à repartir, et tout le monde est susceptible de l’adopter, y compris les salariés. Ceux-ci ne considèrent pas que l’entreprise est leur ennemie, bien au contraire, comme le dé- montrent les sondages. Mais ils ressentent une désillusion en constatant ce que l’entreprise fait de leur regard bienveillant. Il n’y a pas de réci- procité, ils ne sont pas considérés comme de vrais partenaires. On leur rappelle simplement le lien de subordination. Le climat actuel est en plus tendu, leur contribution est moins reconnue. La conséquence ? Cette situation contribue à rendre les équipes moins dynamiques et respon- sables, à détourner les salariés d’un véritable es- prit d’entreprise. Après le côté paternaliste du chef d’entreprise, puis l’attachement viscéral du salarié pour son entreprise, rien n’a été trouvéprésidente confédérale de la CFE-CGCFrançoise Geng, présidente (CGT) de la section du travail et de l’emploi au Conseil économique, social et environnemental (CESE)« Chacun peut être contributeur d’innovation dans l’entreprise »« Pas d’esprit d’entreprise chez les salariés sans dialogue social sincère »de demain.1024« Je perçois une mise en valeur des caractéristiques entrepreneuriales. L’augmentation des expérimentations intrapreneuriales dans les grands groupes, la primauté graduelle à l’action – mieux vaut ne pas faire parfait tout de suite plutôt que sans défaut dans deux ans – en sont les faisceaux d’indices. Reste à véritablement accepter l’échec, et c’est peut-être le plus grand obstacle à franchir. Le principe de précaution a été une vraie bêtise. L’école apprend à avoir peur et à se protéger. En anglais on dit « take a chance », en français on dit « prendre un risque ». Tout est dit. Pourtant surprotéger affaiblit, entreprendre aguerrit. Aujourd’hui il est facile de créer un business en France grâce aux multiples dispositifs d’accompagnement. Reste à tenir dans la durée, car nous avons juste levé les freins initiaux. Les nouvelles technologies permettent de surfer sur des réinventions d’anciens business models, le ticket d’entrée est faible pour toutes ces start-up. Autonomie, légèreté, volonté de respirer de l’air frais... Les entrepreneurs installés répondent généralement aux journalistes que ce qu’ils regret- tent le plus est de ne pas s’être lancés plus tôt. La soif d’indépendance, le rejet des grosses structures où les gens s’aperçoivent qu’ils ne sont guère mieux protégés que dans les petites, accélèrent la mutation. Il existe en réalité deux France qui se tournent de plus en plus le dos : une qui est velléitaire (74% veulent créer leur boîte mais ne le font pas), qui fuit le risque et s’enfonce dans le refus du capitalisme, une autre qui est entrepreneuriale comme aux Etats-Unis, et qui souffre des obstacles règlemen- taires. L’entrave principale est le droit social et ses effets de seuils. Il faudrait les sup- primer en dessous de 250 salariés. La fiscalité est un faux problème car elle n’empêche pas la société de grandir, elle ne freine pas l’esprit d’entreprise. » J.T.« L’idée de dire qu’en tant que citoyen chacun peut apporter »disparaissent pas.Quel est le rôle du SMA ?Pour quels métiers sont-ils formés ?924 GénéralPhilippeLoiacono,commandantduser- vice militaire adapté (SMA) au ministère des Outre-merPhilippe Bloch, journaliste, conférencier, écrivain, fondateur de BPRH pour du conseil en communication et formation,ainsi que de la chaîne Colombus CaféLe SMA a été créé en 1960 à cause des besoins dé- mographiques et sociétaux aux Antilles. Les jeunes turbulents ne pouvaient pas aller faire leur service national en métropole à cause du coût et il n’y avait qu’un seul régiment. A la fin du service nous sommes devenus un organisme d’insertion profes- sionnelle pour les décrocheurs de 18-25 ans. Ceux- ci sont en situation d’échec (scolaire, professionnel, familial...) et intègrent le SMA durant six ou neuf mois sur la base du volontariat.Certains parcours sont emblématiques. Ainsi nous avons formé des conducteurs – homme ou femmes – de Dumpers, ces immenses camions utilisés dans les mines, et quelques-uns sont partis au Canada ou en Australie pour décrocher de mirifiques contrats. Dans l’ensemble nous formons à des métiers sim- ples dans le bâtiment, la terre, la sécurité, la logis- tique et un peu de tertiaire.Pourquoi l’armée assure-t-elle cette mission ?Les chefs d’entreprise affirment que la qualité pre- mière des jeunes qui sortent du SMA est le savoir- être. Ils seront à l’heure, en tenue, et respecteront les consignes. Le cadre est structurant. L’armée fait ce qu’elle sait le mieux faire, nous valorisons le succès et la notion d’effort, nous inculquons les règles de base et accompagnons. Nous avons un but : opti- miser l’employabilité de ces jeunes qui parlent créole. Nous leur expliquons qu’il faut parler et lire le français pour signer le bon contrat, qu’il faut compter pour savoir ce qui est payé. Tout est dans le pragmatisme. Il y a aussi l’idée de dire qu’en tant que citoyen chacun peut apporter. Nous avons be- soin d’eux. Nous reconstruisons leur fierté. Nous avons d’ailleurs introduit, en partenariat avec les Compagnons du devoir et Polytechnique, le label volontaires d’excellence, car cette qualité n’a pas seulement droit de cité dans les grandes écoles. Le concept a été généralisé à l’Etablissement public« Surprotéger affaiblit, entreprendre aguerrit »Qui sont au juste les décrocheurs ?La carte d’identité de ces volontaires ? 21 ans en moyenne, 42% d’illettrés, 27% de femmes. Nous nous appuyons sur les prescripteurs comme Pôle emploi. Nous allons bientôt atteindre les 6000 jeunes. 44% trouvent par la suite un CDI ou un CDD longue durée de plus de six mois. D’autres partent pour d’autres formations ou ont obtenu un diplôme. Seulement 12% quittent la formation.Comment vous y prenez-vous ?Nous avons pour mission de leur redonner confiance et dignité. Nous mettons l’accent sur ce qui est bien et sur leurs qualités, dans le sport, l’ac- quisition des compétences sociales (permis de conduire, éducation civique, savoir-vivre, etc.) et professionnelles (attestations de formation profes- sionnelle de 1000 heures etc.). Nous travaillons avec les branches professionnelles, qui nous font remon- ter les besoins des chefs d’entreprise. Ceux-ci disent s’il existe un marché. Nous en plaçons 75% en in- sertion locale, 20% en métropole. Les entreprises s’investissent dans les programmes en proposant des stages et du matériel.d’insertion de la défense (EPIDE) en métropole.L.K. et J.T.18FÉVRIER 2015Œ]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[SYSTEM XREJOINT LENOVO.]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - Représentants d’entrepreneurs2316 adhérent à une association3,5%millions de français de plus de 18 ans1124 Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic qui a initié la fête des entreprises « J’aime ma boîte !», membre du CESEmillions de français sont bénévoles: c'est la contribution du secteur associatif au PIB« En finir avec le « ce n’est pasSources : CNRS-CES, INSEE© Claire CurtRessentez-vous cet esprit d’en- treprise en France ?Son niveau progresse, mais il sem- ble encore trop faible. Celui-ci en appelle à la responsabilité indivi- duelle, ce qui ne correspond pas à la mentalité française actuelle. S’as- sumer, avoir confiance en soi, etc., ne sont pas encore l’apanage du grand nombre. Les tics de langage sont d’ailleurs révélateurs d’une im- plication parcimonieuse : « ce n’est pas mon problème », « ce n’est pas moi qui m’en occupe », ou pire « je ne suis pas payé pour ça ». Souvent les gens dans l’entreprise s’en la- vent les mains, ont leur pré-carré et n’en démordent pas. Passez un coup de téléphone aux Etats-Unis, la personne cherchera à aider, même si la demande sort de son cadre de compétence. Ici on entend plus souvent « ma collègue a pris ses vacances, rappelez plus tard ». La notion de service n’est pas an- crée, celui qui fait du zèle est assi- milé à un « larbin » depuis la Révolution. Ceux qui ont l’esprit d’entreprise sont les gens à leur compte, les commerçants, les pro- fessions libérales, ceux dont le sa-France est un pays qui n’admire pas ses patrons, et la manière d’ensei- gner n’y est pas étrangère. Les profs n’ont pas l’esprit d’entreprise.Quelles pistes pour changer cette situation ? L’organisation du travail y est pour beaucoup. Il s’agit désormais de privilégier les organigrammes en râteau où chacun est responsable de ce que fait le voisin, pour enfin en finir avec le « ce n’est pas moi ». Une telle configuration valorise l’implication collective et récom- pense la prise de risque. Les gens n’ont plus assez le choix. Et tout le mal vient du fait qu’à la longue ils n’ont plus envie de choisir. Le fait de redonner de la liberté, avec une loi Macron par exemple, va dans le bon sens. Et qui dit choix dit risque. Il importe donc de revenir égale- ment sur le principe de précaution qui a été galvaudé et qui engage à ne rien tenter. Et pourquoi ne pas in- troduire à l’école, dans les cours d’éducation civique qui ne concer- nent pour l’heure que l’Etat et ses institutions, l’esprit d’entreprise qui induit responsabilités et respect des autres. Je ne pense pas que le chan- gement de la devise républicaine changerait l’état d’esprit d’une na- tion. Je crois plus en des initiatives comme « J’aime ma boîte ! » qui font aimer la structure dans laquelle les gens travaillent, et donc forcé- ment les encouragent à s’impli-moi qui m’en occupe » »1224 PhilippeHayat,fondateurdel’association100000 entrepreneurs, gérant du fonds Serena Capital« Le verrou culturel saute enfin »Les mentalités ont-elles progressé sur l’esprit d’en- treprise ?Le verrou culturel est en traingroupes qui licencient. J’attends le Top Chef des entre- preneurs. Les politiques aussi sont à la traîne. Les en- trepreneurs ont du mal à s’imposer dans ce domaine, à l’exemple de Denis Payre. Il y a encore une écrasante majorité de fonctionnaires à l’Assemblée nationale. La loi Macron et les déclarations enjoignant les jeunes à vouloir être milliardaires sont de grandes avancées.de sauter. L’envie d’entrepren- dre s’est généralisée car les jeunes ont besoin de donner du sens à ce qu’ils font, et ils se sont aperçus que les grands groupes n’étaient pas la panacée. Le marché du travail devenant toujours moins accueillant, l’Etat étant de moins en moins en mesure de les aider, les jeunes franchissent le pas, ce que je raconte dans un livre (*). Des signes ne trompent pas : j’ai créé la filière entre- preneuriat à l’Essec il y a 20 ans et deux étudiants sur la promo créaient leur boîte, contre 40 aujourd’hui. Il y a encore des progrès à faire : 5 à 10% à l’Essec ou HEC, contre 40% à Harvard ! Mais cela progresse. Depuis huit ans ce sont 250000 jeunes qui ont été sensibilisés par 100000 entrepreneurs dans les classes, et nous at- teignons aujourd’hui le rythme de 100000 jeunes ren- contrés par an. 550000 créations par an... C’est un français sur cent qui crée quelque chose chaque année. L’auto-entrepreneuriat a encouragé le mouvement. Je constate une grosse avancée de la société civile, des ré- seaux d’entrepreneurs qui se mobilisent et font du lob- bying. Dans le groupe de travail des jeunes dont je me suis occupé aux Assises de l’entrepreneuriat, nous avons proposé une sensibilisation des jeunes de la 6e à la Terminale, une obligation de formation à l’entrepre- neuriat pour les étudiants qui sont entre le Bac et Bac+8, le statut d’étudiant entrepreneur. Tout a été repris. J’ai fédéré 40 associations pour que nous fournissions des modules d’enseignements aux établissements, l’ensei- gnant faisant son marché. Les zones d’ombre restent les médias qui ne perçoivent encore que les grandsQuels sont les derniers écueils ?Le mal français est de ne pas réussir à faire grandir ces sociétés nouvellement nées. Sur les 550000 créées, 7000 auront plus de dix salariés, 1000 plus de 50 sala- riés, zéro plus de 250 salariés. Le verrou fiscal – on em- pêche encore les gens d’avoir une jouissance de leur capacité d’initiative – et le verrou social – à quand la possibilité pour les patrons de PME d’ouvrir le capital aux salariés ? – font du mal.Que pensez-vous de l’idée de changer la devise républicaine ?C’est une bonne idée. Cet esprit d’entreprise, d’entre-prendre, est fédérateur. Peu de valeurs sont capables de réunir neuf Français sur dix. La société a besoin que les citoyens, les salariés, et tous les autres exercent leur es- prit d’entreprise. Si les énergies sont libérées, la France peut être très rapide et vite grimper l’échelle. L’esprit d’entreprise est la seule façon d’offrir un avenir aux centaines de milliers de jeunes des quartiers qui sont en marge de la société. Il leur permettrait de s’accomplir et de canaliser leur énergie. Nous avons les talents d’in- novation et l’héritage culturel pour que cela fonctionne. (*) « L’avenir à portée de main » de Philippe Hayat, éd.Allary, avril 2015laire dépend de l’implication.L.K. et J.T.Quelles sont les raisons de ce désinvestissement ?Les syndicats partent du principe que les salariés sont exploités et que ceux-ci ne doivent pas en faire plus. Cet état d’esprit, combiné aux 35 heures et au principe de précaution ont freiné l’esprit d’entreprise. Mais il faut surtout regarder l’école. Laquer.J.T.1324Xavier Kergall, directeur général des Echos Business, fondateur du salon des entrepreneurs« Le problème est que nous passons notre temps à élever des bonsaïs »Trouvez-vous que l'esprit d'entre- prendre est suffisant en France ? Oui, mais je préfère utiliser les termes d'esprit d'initiative plutôt que ceuxextrait Kbis ! On a depuis plusieurs années de vrais porte-dra- peaux : Dutreil, Lebranchu, Novelli...Et comparativement aux autres pays, la France est-elle bonne ou mauvaise élève ?Les derniers classements de l'OCDE prouvent que nous sommes très bons pour créer des boites, mais le problème, comme l'évoquait Pierre Gattaz, reste celui de l'incapacité à créer des ETI. Nous passons notre temps à élever des bonsaïs. Nous éprouvons des difficultés à développer et donner de la respiration aux start-up. Par ailleurs, nous souffrons aussi d'un trop plein de réglementation et de procédures. C’est comme partir faire du trekking avec le même sac que nos voisins euro-G.F.Quels obstacles ?d'esprit d'entreprendre. Depuis une di- zaine d'années, c'est devenu une des clés de voûte de notre société. On cherche plus à être autonome, à se responsabiliser. C’est une lame de fond sociologique, les parcours traditionnels dans une famille ont explosé. Ce faisant, les parents ne sont plus hostiles à la création. De même les politiques ont pris conscience que les acteurs du CAC ne sont pas les seuls à impacter l'économie. Chaque année, le Salon des entrepreneurs attire en moyenne une dizaine de ministres. D'ailleurs, c'est aussi l'occasion de faire découvrir pour certains ce qu'est unL'un des fondements de notre société demeure le poids de la culture judéo-chrétienne stigmatisant l'argent, la réussite et le matérialisme. Dutreil disait que l'individu naît entrepreneur, mais la société le corrompt et lui fait accepter un rôle de salarié docile. Et si l'on doit pointer des blocages, on peut évoquer notre système éducatif qui repose sur la méritocratie scolaire, la course aux diplômes – et non des critères d'innovation ou de créativité. Notre modèle d'enseignement va plutôt castrer nos enfants parce qu'il faut rentrer dans le moule.péens mais chargés de 10 kg de plomb supplémentaire.20FÉVRIER 2015Œ]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ALIMENTÉE PAR L’ÉNERGIE SOLAIRETISSOT T-TOUCH EXPERT SOLAR. MONTRE TACTILE ALIMENTÉE PAR L’ÉNERGIE SOLAIRE OFFRANT 20 FONCTIONS DONT LE BAROMÈTRE, L’ ALTIMÈTRE ET LA BOUSSOLE. 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Les gens ne réalisent pas toujours qu’il y a déjà des moyens formidables mis à disposition des entrepreneurs. Nous ne sommes pas encore au niveau des Etats-Unis où le réflexe est de se dire : c’est possible ! A nous de faire la pédagogie de l’économie, de montrer qu’il y a déjà des bâtisseurs qui se battent pour inventer notre avenir. » L’esprit d’entreprendre rayonne dans toute la population, tous âges confondus, estime Aude de Thuin, à commencer par les salariés qui voient que leur entreprise est en train de changer avec de nouvelles méthodes de travail qui se mettent en place grâce aux technologies numériques. « Inscrire l’esprit d’en- treprendre dans la devise républicaine de notre pays comme le propose Léonidas Kalogeropulos peut en ce sens être utilepour mobiliser la société dans son ensemble, et notamment le monde de l’éducation qui n’a pas encore suffisamment évo- lué sur ce point. Cela dit le désir d’entreprendre des jeunes nait d’abord dans le contexte familial. L’influence des parents est fondamentale pour faire naitre cet état d’esprit initial et créer une véritable dynamique entrepreneuriale. » Et quand on l’interroge sur les freins qui subsistent encore, la fondatrice de « Osons la France » est formelle : l’obstacle principal est de nature psychologique, c’est le manque de confiance que ressentent les Français à l’égard d’eux-mêmes et de leur pays. « Les autres freins de nature juridique, économique, finan- cière, réglementaire, sont secondaires. L’important est de lut- ter contre le pessimisme ambiant. L’incroyable mobilisation populaire que nous avons connue le 11 janvier contre les at- tentats terroristes prouve que nous en sommes capables, tous ensemble. »P.F.lutter contre la morosité et promouvoir l’esprit d’entrepren- dre. La dernière édition organisée durant trois jours au Grand Palais à Paris en décembre dernier mariait à la fois un forum d’échanges grand public avec des leaders d’opinion – entre- preneurs, intellectuels, grands acteurs de l’économie française – sur la France de demain ; et une exposition consacrée aux innovations hexagonales dans tous les secteurs – santé et bio- technologies, numérique, énergie et environnement, robo- tique, alimentation, design, éducation... « Nous voulions montrer la France qui ose, innove, entreprend et crée les em- plois de demain pour réconcilier les Français avec leur éco- nomie et renouer avec l’optimisme dont le pays a tant besoin », affirme Aude de Thuin. L’évènement devenu bien- nal se déclinera tout au long de 2015 en roadshow partout en France. Un poste d’observation incomparable pour mesurer1524 Dominique Restino, président duMouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovjee), de l’Agence pour la création d’entreprise (APCE),de l’Association française des Instituts« Nous sommes enfin passés de la notion de patron à celle d’entrepreneur »1624David Pouyanne, fondateur du groupe DPG (immobilier d'entreprises), président de Réseau EntreprendreDominique Restino est un chef d’en- treprise doué, plus que d’autres, du don d’ubiquité. Le dirigeant de la société Expertive (recrutement spécialisé) et du cabinet de conseil Executive capital, qu’il a créés, cumule aussi les cas- quettes énoncées plus haut. Il est en outre délégué du Président de la CCI Paris-Île-de-France, en charge de la création, du développement et de la transmission des entreprises. L’esprit d’entreprise lui est donc quelque peu familier... « Il s’est fortement déve- loppé en France depuis une dizaine d’années et nous sommes insensible- ment passés dans l’opinion de la no- tion de patron à celle d’entrepreneur, ce qui a redonné des lettres de noblesse à ce métier, constate Dominique Res- tino. Il y a aujourd’hui une véritable reconnaissance du dirigeant d’entre- prise, de son engagement. Parallèle- ment il s’est produit une segmentation de cet entrepreneuriat avec le dévelop- pement d’entreprises créées par des femmes, par des jeunes, dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, de l’économie numérique... » Cette adhé- sion à l’esprit d’entreprise se traduit naturellement par un nombre accru de créations. « Auparavant les gens rê-vaient en silence de monter un projet, désormais ils passent à l’acte, aidés il est vrai par la création du statut de l’auto-entrepreneur qui a rendu ces projets possibles », insiste celui pour qui la France est un des pays au monde où la création est le plus accompagnée. « Créer une entreprise est facile ; le plus dur reste de la développer. Notre écosystème est très performant, avec par exemple Pôle Emploi qui aide les créateurs ou une agence comme l’APCE dont le site internet reçoit plus de 11 millions de visiteurs uniques par an – avec également la Caisse des dé- pôts, Bpifrance, les CCI, les chambres de métiers, l’Ordre des experts comp- tables, de nombreuses associations d’accompagnement des créateurs, bref un tissu énorme. » Les freins à l’esprit d’entreprise ? Ils sont peu nombreux estime Dominique Restino, qui pointe surtout la conjoncture. « En période de crise les gens ont parfois peur de créer, estimant que le risque d’échec est trop grand. Pourtant c’est souvent là qu’apparaissent les entreprises les plus innovantes et donc les plus perfor- mantes. »P.F.Le statut de l'auto-entrepreneur a boosté la création d'entreprise en 2008Source : Insee/APCE avril 2014P.F.© Patrick Alves photography« Les choses ont évoluécette évolution, estime le président du réseau En- treprendre qui juge qu’en la matière les choses bougent trop lentement. « Il y a encore trop de ré- ticences à ouvrir l’école sur l’entreprise, il faudrait plus décentraliser, donner plus de pouvoir au local. C’est dans cette logique que s’inscrit notre action de soutien au mouvement « Entrepreneurs demain » dont nous sommes co-fondateurs. » Créée au lendemain des Assises de l’Entrepreneu- riat, cette initiative vise à mieux sensibiliser à l’en- trepreneuriat les élèves du secondaire et de l’enseignement supérieur, soit au bas mot neuf millions de jeunes et leurs professeurs. Au pro- gramme par exemple un concours qui vise à aider les jeunes à créer leur entreprise. Les candidats en- trepreneurs de 18 à 26 ans ont jusqu’au 25 avril pour poster une vidéo présentant leur projet de création d’entreprise sur le site www.100jourspou- rentreprendre.fr. Début mai, un jury de profession- nels désignera dix lauréats qui gagneront une « box » de l’entrepreneur d’une valeur de 5000 euros : 2500 euros à placer sur le compte de son choix, un accompagnement juridique et compta- ble, des assurances, un mentorat Moovjee....« L’Education nationale n’a pas encore pris pleinement mesure de ce changement »du mentorat entrepreneurialdans le bon sens parti- culièrement chez les jeunes, confie David Pouyanne. Les gens ont enfin réalisé que pour créer de la croissance et de l’emploi il faut que les entreprises soient fortes. » Le président du réseau Entreprendre, « association de chefs d’entreprise qui accompagnent les créateurs des futures PME » constate qu’il y a aujourd’hui à la fois plus de pression et de passion pour entreprendre. « Chez nous l’augmentation du nombre de créations d’en- treprise a été gonflée par le régime de l’auto-en- trepreneur. En ce qui nous concerne nous n’accompagnons que les entrepreneurs qui vont créer une dizaine d’emplois, qui ne représentent que 3% du nombre total de créations chaque année mais 80% du nombre d’emplois. Avec elles nous créons en moyenne 15 emplois à cinq ans. » Le développement de l’esprit d’entreprise se nour- rit aujourd’hui du changement de paradigme : « Nous sommes dans une période de mutation so- ciétale énorme, un véritable changement d’époque, avec l’innovation pour creuset ». Or certains secteurs comme l’Education nationale n’ont pas encore pris pleinement la mesure de22FÉVRIER 2015]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frGrand Angle - Représentants d’entrepreneurs PANORAMA17 24Blandine Mulliez, présidente de la Fondation entreprendre qui finance les associations d’accompagnateurs « La jeunesse a réveillé le vieille France et ses schémas clivants »« Aujourd’hui c’est l’esprit d’entreprendre qui est le plus porteur. On valorise ceux qui créent, fondent, prennent leur destin en main. Mais l’entreprise est encore mal perçue. On dit « félicitations » à celui qui entreprend, « bon courage » à celui qui est embauché dans un groupe. En réalité le monde de l’entreprise s’invite dans les discours, dans les états d’esprits, mais il faut qu’il s’infuse dans la société. Je défends les deux, l’esprit d’entreprendre comme l’esprit d’entreprise. Les chefs d’entreprise prennent en main leur vie future, se repositionnent dans leur responsabilité hu- maine. L’esprit d’entreprise crée de la valeur. Les gens res- sentent en tout cas cette envie et même cette responsabilitéde donner un coup de pied dans la fourmilière, d’entrepren- dre leur vie. Covoiturage, copartage, coworking, crowdfun- ding démontrent qu’une dynamique est libérée. Je pense que la jeunesse d’aujourd’hui a réveillé la vieille France, em- pêtrée dans ses schémas traditionnels et clivants. Un dé- clencheur ? Assurément la crise de 2008, où de jeunes gens, qui avaient déjà du mal à accepter l’autorité parentale, pro- fessorale ou juridique, ont décidé de voler de leurs propres ailes. Il nous faut leur faire confiance et les aider à trouver leur place dans l’économie actuelle. Les outils ne manquent pas pour cela. Les politiques ont un grand rôle à jouer, en permettant par exemple le changement de statut sans as-sommer fiscalement les personnesconcernées. Ainsi une partie desmultiples auto-entrepreneurs seraitencouragée à fonder de vraies so-ciétés. Ils pourraient aussi permet-tre aux salariés de travailler quandils en ont envie, de faire plusieurs métiers, de pouvoir exer- cer le dimanche... Il faut forcer des carcans pour libérer des énergies, les professions libérales l’apprennent actuel- lement à leurs dépens, mais cela est vital. »J.T.1824Richard iriet,président du Centre des jeunes dirigeants (CJD) et du groupe métallur- gique nantais CNI« L’entreprise revient au cœur des territoires, c’est une bonne nouvelle », souligne d’emblée le président du plus ancien mouvement patronal français. Cette association non partisane créée en 1938 et forte de 4500 adhérents, est à la fois un laboratoire expérimental des nouvelles pratiques managériales et un think tank qui promeut un entrepreneu- riat responsable et humaniste. « Les Français font au- jourd’hui moins confiance aux dirigeants politiques qu’à l’entreprise, devenue pour eux un repère arrivant en tête juste après la famille », souligne Richard Thiriet. L’indus- triel nantais considère d’ailleurs que l’esprit d’entreprise est dans ce pays un acquis historique qui remonte à la fois à la Révolution et à la Résistance, car il exige de savoir prendre des risques pour le collectif. « De nombreux salariés ont dans un coin de leur tête le secret espoir de créer un jour leur boite, même si la majorité d’entre eux ne franchit ja- mais le pas, reconnaît le président du CJD. Pour créer il ne faut pas être dans le confort. Au contraire il faut souvent pour se lancer un facteur de déséquilibre, comme par exem- ple la perte de son emploi, qui pousse à tenter l’aventure. C’est moins vrai pour les jeunes générations. » Le patron du CJD constate en effet que les « digital native » semblent désormais trouver naturel de se lancer dans l’entrepreneu- riat, mais avec de nouveaux modèles tant sur le plan du ma- nagement que du financement, en misant par exemple sur le crowdfunding. « Cette génération est formatée de façon différente, loin des modèles affairistes des années 90, et le monde éducatif comme le monde politique sont en train de se faire dépasser. L’un et l’autre n’ont plus la main pour former ces entrepreneurs qui fonctionnent collectivement en réseau. Il ne s’agit plus d’encadrer ce mouvement, mais de l’accompagner en améliorant autant que faire se peut son environnement. » Pour cela Richard Thiriet insiste sur deux exigences à ses yeux essentielles : un, il faut faire confiance aux entreprises qui sont en train de changer de mode de fonctionnement ; deux, il faut lever la chape de plomb réglementaire qui pèse sur ces entreprises et ne pas établir en permanence de nouvelles contraintes, mais au contraire libérer les énergies en insufflant de l’oxygène.© 1er-Plan/Bruno Astorg« L’esprit d’entreprise, un acquis qui remonte à la Révolution et à la Résistance »P.F.FÉVRIER 201523Œ]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - Entrepreneurs1924Mercedes Erra, présidente exécutive d’Havas Worldwide et fondatrice de BETC© Jacqueline RocheIl faut ouvrir l’éducation à l’entreprise, et revoir notre construction de la confiance. Arrêter de dire qu’il n’y a qu’un chemin vers la réussite : chacun doit trouver ce dans quoi il excelle et est heureux. Il faut ouvrir des portes qui donnent à des gens qui ont des caractéristiques différentes l’espoir de la réussite, car elle est multiple.Quelle place pour les femmes dans l’entrepreneuriat ?L’intérêt des filles pour l’entrepreneuriat à l’école est impor- tant, et les résultats des entreprises détenues par des femmes sont remarquables. On a intérêt à pousser les jeunes femmes dans tous les domaines, car elles ont un retard énorme en rai- son des stéréotypes, qui font notamment qu’il est plus diffi- cile pour elles de créer des entreprises et de trouver desA.M.Les Français ont-ils l’esprit d’entreprise ?Si ce n’était pas le cas autrefois, il s’est fortement développé ces der- nières années. La crise écono-« Face à cet esprit, réfléchissons à une autre façon de travailler »est parfois motivé par le désir de faire fortune rapidement grâce au modèle Internet, qui récompense la bonne idée plu- tôt que le fait de construire sur la durée. Attention à ne pas oublier que le rôle premier d’une entreprise est de créer de l’emploi, des produits, de la valeur.Quelles conséquences dans lesgrandes sociétés ?Les grands groupes ont besoin de cet esprit d’entreprise, même si l’appétit pour la création peut détourner de nous certains jeunes brillants dont nous aurions besoin. Nous de- vons leur apporter des choses que la création d’entreprise ne peut pas leur apporter, et leur laisser une certaine liberté. Il faut réfléchir à nos façons de travailler avec la nouvelle gé- nération, l’espace qu’on leur donne et leur permettre de voir leur contribution. Lorsqu’ils ont des projets intéressants, nousQuels sont les freins à l’esprit d’entreprise ?mique a fait prendre conscience aux Français que le pays allait dans la mauvaise direction, et qu’il fallait changer. Cela se traduit d’abord par un changement individuel, car ils sont 80% à déclarer faire un effort pour s’améliorer et améliorer leur vie.De plus, il y a un fort engouement pour la création d’entre- prise. Paris compte 50% de start-up de plus que Londres, et le plus grand nombre d’entreprises innovantes d’Europe, grâce aux nombreuses pépinières et incubateurs. Et de plus en plus d’étudiants d’écoles de commerce ou d’ingénieurs s’orientent vers une majeure entrepreneuriale et deviennent entrepreneurs avant même d’être diplômés.aidons nos salariés à les développer.financements.Mais je remarque que cet esprit d’entreprise, chez les jeunes,2024« Liberté, égalité, fraternité dans un esprit d’entreprise »2124Roxanne Varza, Américaine née dans la Silicon Valley, en charge des start-up chez Microsoft, organisatrice des premiers FailCons à Paris, les conférences où les entrepreneurs expliquent leurs échecsPierre Kosciusko- Morizet, cocréateur et ex- président de PriceMinister, business angel cofondateur du fonds Isai« Généralisons les cours pour apprendre à coder ou créer sa boutique »les mentalités, imprègne la société. A travers des entreprises comme Uber ou Airbnb les gens fournissent des services à d’autres personnes. Ce n’est pas une spécificité française, mais l’esprit d’en- treprise se voit plus ici parce qu’il ne fait pas partie de l’ADN français à l’origine. Les entraves sont essen- tiellement culturelles. Il suffit d’entendre Emmanuel Macron dire que les Français doivent rêver d’être milliardaires. En outre les salariés protégés sont une spécificité hexagonale, et il est difficile voire honteux de parler de l’échec. Il y a quelques années lors des premiers FailCons les gens n’arrivaient pas à en parler personnellement. La raison ? L’école et la façon d’enseigner. Il est courant aux Etats-Unis d’enjoindre les enfants à aller vendre de la limonade au coin de la rue, afin de se faire à l’idée d’être à son compte. Les cours pour apprendre à coder, à créer sa boutique doivent être généralisés. N’allons pas toutefois jusqu’à changer la devise républicaine. Le fait d’entreprendre est trop précis, trop concret selon moi. »© François Tancré« Cet esprit d’entreprise monte en puissance en France. Le milieu des start-up transforme« Cet esprit est désormais pré- sent, je le constate chez Isai, où nous recevons quotidienne- ment cinq dossiers de mieux en mieux structurés et réfléchis. Les entrepreneurs ont une vi- sion de plus en plus globale. En 2000 les gens ont compris qu’il était possible et même plus facile de monter une boîte. Il y a cinq ou sept ans ils ont revendu leur société et sont devenus business angels, per- mettant aux nouvelles généra- tions de créateurs de lever beaucoup plus facilement des fonds. Aujourd’hui les nou- velles générations vont plus vite sur Internet et sont conscientes de leur « empo- werment ». N’en déplaise aux adeptes de la dégénérescence hexagonale, le pays est bien placé. Il existe deux France, dont une qui est conquérante, voyage beaucoup, est ouverte. En matière de start-up Paris se classe devant Berlin et Lon- dres. Il faut maintenant trans- former l’essai et prouver qu’il est possible de faire grandirles jeunes pousses. Le gouver- nement doit soutenir la créa- tion d’entreprise. Avant de songer à prendre de nouvelles mesures il doit éviter de faire des bêtises. Laissons par exemple le crédit d’impôt re- cherche, que l’administration aimerait supprimer, en atteste la multitude de contrôles fis- caux. Evitons cette instabilité fiscale et règlementaire. Enfin il faudrait enfin faire de l’Eu- rope un vrai ensemble busi- ness cohérent, afin que les entrepreneurs disposent d’em- blée de l’espace européen comme terrain de jeu. Chan- ger la devise républicaine ? Sur la forme le fait d’ajouter quelque chose, et donc de complexifier, me dérange. Mais sur le fond je suis d’ac- cord, ces trois notions sont belles à condition de s’inscrire dans une dynamique : liberté, égalité, fraternité avec l’esprit d’entreprise. Elles sont un peu arrêtées, et doivent s’inscrire dans l’action, dans l’audace. »J.T.J.T.Hapsatou Sy, ex-dirigeante du réseau de salons Etnicia qui gère maintenant ses marques de beauté, chroniqueuse TV sur D82224« Combattre les résurgences de l’ancien temps »« Oui cet esprit d’entreprise est plus ancré dans les mentalités. Mais pas encore au sein du gouverne- ment. Le pacte de responsabilité est destiné aux en- treprises existantes, au CAC40, plutôt qu’aux personnes qui se lancent. Et ce clivage patrons/sala- riés, cette école qui ne parle pas des entreprises, sont autant de résurgences de pensées anciennes qui pous- sent les jeunes à vouloir devenir fonctionnaires, à chercher la sécurité à tout prix et à se détourner de la grande aventure. Il est quand même symptoma- tique qu’aucun chef d’entreprise ne figure dans les premières places des personnalités préférées des Français. Pour les medias les patrons sont des voyous qu’il faut épingler. Sur le plateau de D8, je dois les défendre tous les jours face aux préjugés. Cene sont pas deux mondesqui s’ignorent, mais qui seconnaissent très mal. Ceux qui légifèrent devraient absolument venir sur le terrain et constater par eux- mêmes les conséquences de leurs mesures, comme le compte pénibilité qui nécessite l’emploi d’une per- sonne à plein temps dans les PME. Ils devraient pren- dre la mesure du déséquilibre des prud’hommes et des divers obstacles placés sur le chemin de l’entre- preneur. Le changement de devise républicaine est trop prématuré, mais les gens commencent à réaliser qu’il est aussi possible d’adopter un esprit entrepre- neurial dans l’entreprise, de vouloir créer de la ri- chesse, de décider de leur vie ».© Charlotte BrunetJ.T.24FÉVRIER 2015Œ]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Grand Angle - Entrepreneurs23 24Entreprendre donne du sens.Quelles sont les principales entraves à l’esprit d’entreprise en France ?Le principal frein est d’ordre culturel. Il faut expliquer aux jeunes Français dès le plus jeune âge qu’on peut entreprendre sa vie, la décider, qu’on n’est pas obligé de la subir. Bien sûr, il y a des contraintes d’ordre fiscal, de droit du travail, toutes choses pé- nibles et décourageantes. Mais si demain beaucoup de jeunes Français ont envie d’entreprendre et que ces contraintes rebutent, ils iront créer dans d’autres pays, et tant mieux. Mais on a tou- jours l’impression que l’herbe est plus verte ailleurs, or desMa vocation aujourd’hui, c’est de participer au rayonnement de cet esprit d’entreprise. Pour cela, je vais dans les écoles, avec l’association 100000 entrepreneurs de Philippe Hayat, pour par- ler aux élèves du bonheur d’entreprendre sa vie, leur expliquer qu’on peut être autre chose que salarié ou fonctionnaire, qu’il y a une autre voix qu’il s’appelle l’entrepreneuriat. L’argent étant le nerf de la guerre, j’investis aussi dans des start-up, car les en- trepreneurs ont besoin de financements pour développer leur boîte. Je viens aussi de produire l’émission « Entreprendre c’est grandir » pour M6, une série de pastilles d’une minute diffusée chaque jour du 20 octobre au 14 décembre pour présenter un entrepreneur et susciter des vocations. Avec ce type d’initiatives, nous sommes en bonne voie pour devenir une nation d’entre- preneurs.26FÉVRIER 2015Catherine Barba, serial entrepreneure, organisatrice de la Journée de la femme digitale, fondatrice de Catherine Barba Group « Ce n’est pas tant la réussite mais le fait de se construire dans ces aventures »Les Français ont-ils l’esprit d’entreprise ?Cette valeur, ainsi que l’audace et la prise de risque, appartiennent plutôt aux Anglo-saxons. Lorsque je vaisLe courage et la lucidité n’ont pas de genre, entreprendre est dif- ficile pour tout le monde. Ce dont je peux témoigner par mon expérience professionnelle, c’est que le digital est une chance fantastique pour les femmes, car c’est un champ d’action nou- veau pour tous. Chacun part avec les mêmes chances et les mêmes armes pour le défricher. C’est une occasion unique de rebattre les cartes. Avec la Journée de la femme digitale, j’aime bien l’idée de célébrer celles qui créent des boîtes et portent des projets innovants, car cela peut en inspirer d’autres qui peuvent se dire « Pourquoi pas moi ? ».contraintes, il y en a partout. Même aux Etats-Unis il n’est pas si simple de créer une entreprise, et il y a aussi des impôts à payer. L’essentiel, c’est l’envie d’entreprendre, rien ne se fait sans rêves et sans ambitions.aux Etats-Unis et que je discute avec quelqu’un, plus d’une fois sur deux il est entrepreneur lui-même, ou bien il a un entrepreneur parmi ses proches. Créer sa boîte y est très répandu, sans doute parce qu’on a davantage tendance à sauter le pas quand on est entouré par des créateurs d’entre- prise. La situation est bien différente en France, où l’on a da- vantage d’aversion au risque et une grande peur de l’échec. Pour autant, certains indices me laissent penser que les choses sont en train de changer dans notre pays : l’écosystème digital est ex- traordinairement dynamique, avec énormément de jeunes qui ont envie d’entreprendre, des business angels, des fonds d’in- vestissement, la Banque publique d’investissement, ou encore ce formidable label qu’est la French Tech. C’est heureux car dans le monde actuel dont l’incertitude est créée par les nou- veautés technologiques, on ne peut pas avoir autre chose qu’un esprit d’entrepreneur, qui implique de faire des choses nouvelles et d’accepter de se tromper. Dans cette incertitude, il est indis- pensable d’avoir la culture du test, d’être pragmatique et curieux. Et puis au fond, ce n’est pas tellement la réussite, la finalité, mais le fait de se construire dans ces aventures, de devenir qui ont est.Vous organisez chaque année la Journée de la femme digi- tale. L’esprit d’entreprise se manifeste-t-il de la même façon chez les femmes que chez les hommes ?Partenaires OfficielsComment renforcer l’esprit d’entreprise en France ?L'ÉVÉNEMENT N°1 DES CRÉATEURS, START-UPS & DIRIGEANTS D'ENTREPRISESRE PRISEFINAN CEMENTAvecINVITATIONSCODE INVITATIONMédias Officielssalondesentrepreneurs.com 1erC’est aussi l’occasion de montrer que l’esprit d’entreprise ne se limite pas à la création d’une société, mais concerne aussi les salariés en poste. De nombreuses femmes remarquables n’hé- sitent pas aujourd’hui à porter la transition numérique de leur entreprise avec beaucoup de courage et d’enthousiasme, comme Delphine Ernotte-Cunci chez Orange France, Nathalie Andrieux à La Poste, Virginie Fauvel chez Allianz, ou encore Françoise Mercadal-Delasalles à la Société Générale. Ce sont mes hé- roïnes.Je crois beaucoup en l’exemplarité des histoires et des parcours. Quand on expose quelqu’un de façon ponctuelle ou dans la durée à un entrepreneur, il y a des chances pour qu’il le devienne lui-même. Personnellement, c’est en côtoyant des créateurs, en voyant leur liberté, leur capacité à décider leur vie et à avoir prise sur les évènements que je le suis devenue. J’ai créé deux socié- tés, chacune avec une quarantaine de salariés. A chaque fois que l’un d’eux me quittait pour créer sa propre entreprise, j’en retirais une grande satisfaction. A chacun de semer ses graines.4&5 FEV. 2015Un événementPALAIS DES CONGRÈS2424Julien Laziou, dirigeant de Permis Malin, réseau de franchise qui propose à la location des voitures à double commandeNOUVEAU !PARIS« En banlieue les gens n’ont plus rien à perdre et foncent »A.M.A 31 ans, ce natif d’Antony a déjà bataillé pendant des années contre les pouvoirs publics et les auto-écoles pour faire accepter son concept d’heures de conduite sur des voitures à double commande. Une façon de réduire drastiquement le coût du permis. Mais les instances de la sécurité routière et les auto-écoles rendent obligatoires des formations onéreuses et essaient de rendre ce nouvel acteur moins compétitif. « Le fait de se voir dire non, de se retrouver devant un mur, alors qu’on a entrepris, crée de la désespérance. La promesse républicaine, selon laquelle celui qui travaille dur obtient, n’est pas toujours tenue », remarque celui dont les agences s’ouvrent surtout en banlieue, là où la demande est la plus forte. Les gouvernements successifs de Nicolas Sarkozy puis François Hollande lui ont mis des bâtons dans les roues pour favoriser les acteurs en place, ce que le jeune chef d’entreprise n’accepte pas. « Tous les entrepreneurs de mon entourage se frottent à des corporatismes, dans le BTP par exem- ple, où les normes augmentent les droits d’entrée. Les volontés réformatrices rencontrent sur leur route ces patrons qui dirigent leur boîte depuis 40 ans, qui étaient précurseurs au début, mais qui depuis ont appris à connaître toute la chaîne pour mieux la verrouiller et repousser l’importun in- novateur. » Décourageant ? Cela n’a pas empêché Julien Laziou de créer plusieurs sociétés, dont certaines à l’étranger. Le serial entrepreneur a d’ailleurs des raisons d’espérer en ressentant l’am- biance générale : « Beaucoup ont l’idée de se mettre à leur compte. Mais généralement les plus établis, songeant à leur famille et leurs dettes, s’abstiennent face aux risques. Or aujourd’hui en banlieue le chômage est tel que la plupart n’ont plus rien à perdre. De plus pendant longtemps les gens se sont dit qu’un grand plan, une mesure de l’Etat géniale surviendraient et les sauve- raient. Ce n’est plus le cas. » L’esprit d’entreprise n’a donc jamais été aussi présent en banlieue. Cela tombe bien, les opportunités s’y multiplient. « A Argenteuil, à Saint-Denis, à Evry ou Cor- beille Essonne, les habitants ont pris l’habitude de ne pas vraiment sortir du quartier à cause des problèmes de déplacement. Les points de rencontre, de vie comme des cafés ou des snacks, foi- sonnent », observe le visionnaire. Ayant passé trois ans en Thaïlande, séjourné de nombreuses fois aux Etats-Unis et plus récemment à Dubaï, il sait que tout n’a pas été tenté dans la restauration par exemple, loin de là. « Dans ces régions du monde les services sont plus évolués que chez nous. Nous restons très traditionnels, ne voulant pas changer une équipe qui gagne. » C’est peut-être au pied des barres d’immeubles que de nouveaux concepts apparaîtront... L.K. et J.T.]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frGrand Angle - Bilan PANORAMA Les différentes analyses mettent à jour six grands leviers à actionner pour libérer l’esprit d’entreprise.Chantiers en attente1. REPENSERLE SYSTÈME POLITICO- ADMINISTRATIF :le manque de chefs d’entre- prise parmi les politiques est dommageable et explique la moindre propension des par- lementaires à s’adapter à la nouvelle donne. Il apparaît de plus en plus évident que l’esprit d’entreprise, indivi- duel, ne peut être encouragédans les contenus pédago- giques.buté le travail. Les récrimina- tions et idées sont évidem- ment les plus nombreuses au niveau fiscal. La stabilisation et la suppression de la rétro- activité sont le plus urgem- ment réclamées. Eviter de taxer à outrance quand sur- vient un changement de sta- tut, réfléchir à une véritable ouverture du capital aux sa- lariés (souvent assimilée à du salaire déguisé) seraient despossibilité d’une flexibilité et responsabilisation plus sou- tenue. L’un ne va pas sans l’autre.Synthèse du manifesteles 3 grandes propositions de Léonidas Kalogeropoulos1. Inscrire l’Esprit d’entreprise dans la Constitution, en complétant par exemple la devise républicaine : « Liberté, Égalité, Fraternité » par les mots « Esprit d’entreprise » C’est tout le sens de : « Liberté, Égalité, Fraternité et Esprit d’entreprise ».2. Entamer un programme de réformes économiques qui favorise l’esprit d’entreprise, dans tous les registres de la vie sociale et économique : l’école, l’enseignement supé- rieur, les relations sociales en entreprise, la fonction pu- blique, la fiscalité, les régimes spéciaux, la régulation des entreprises, les prestations sociales, les compétences de l’Etat et celles de l’Europe. Il est également urgent de re- construire les territoires oubliés de notre République.3. Comment agir ? Comment surmonter les obstacles ? Par le référendum d’initiative populaire. Il n’existe aucun autre moyen en démocratie que le recours au peuple pour avan- cer, lorsque les corps intermédiaires ne parviennent pas à éviter les blocages.3. INSTAURER LE DROIT À L’ÉCHEC :la propension à prendre des risques ne peut survenir si l’échec est lourdement péna- lisé. A ce titre, les lois de Fleur Pellerin pour que les entrepreneurs ayant échoué ne soient plus fichés à la Banque de France, ou d’Em-6. HARMONISERLES POLITIQUES FISCALES ET SOCIALES EUROPÉENNES : L’objectif est plus lointain. Mais tous ces efforts seront inutiles si au niveau euro- péen un début de conver- gence sociale et fiscale n’est pas entamé. Faire de l’Eu-Pensez-vous que si tous les Français faisaient preuve de plus d'esprit d'entreprise, quelle que soit leur place et leur fonction dans la société, cela aurait sur la situation de la France...?un espace cohérent, afin que les entrepreneurs dispo- sent d’emblée d’un terrain de jeu permettant d’atteindre des volumes importants, se révèle indispensable pour que ceux qui ont l’esprit d’entreprise récoltent réelle- ment les fruits de leur témé- rité.Source : Sondage OpinionWay pour Médiation & Argumentset facilité qu’au niveau local. Une vraie décentralisation devient nécessaire.manuel Macron permettant à l’entrepreneur individuel de ne plus mettre en jeu sa rési- dence principale, sont de vraies premières avancées.mesures fortes en faveur de l’esprit d’entreprise.2. RÉFORMER L’ÉDUCATION :il y a urgence à plus valoriser le talent des enfants afin de contribuer à changer leur état d’esprit. Et pourquoi ne pas envisager des cours d’éduca- tion civique incluant une sen- sibilisation à l’esprit d’entreprise, synonyme ? Statut d’étudiant-entrepre- neur, sensibilisation des jeunes de la 6e à la Terminale, formation à l’entrepreneuriat dans le Supérieur ont été de- mandés et obtenus auprès du gouvernement lors des As- sises de l’entrepreneuriat. La logique de filières reines et de course aux diplômes ne doit plus être omniprésente. L’apprentissage a toute sa place et les filières manuelles doivent être réhabilitées. Enfin la culture de l’essai/er- reur, qui prépare à la vie en- trepreneuriale, doit prendre une place plus conséquente4. SIMPLIFIERET STABILISER :le carcan fiscal et administra- tif ne tue pas l’esprit d’entre- prise, mais il le gène considérablement. Nous sommes en passe de réduire le stock de lois et règlements, mais il importe de s’attaquer au flux de nouvelles lois. Le conseil à la simplification est en train de faire adopter des dispositifs qui vont dans le bon sens. Le statut d’auto- entrepreneur est un bon début de simplification. Mais ce n’est qu’un début. Elle doit aussi s’appliquer dans les différents secteurs et pro- fessions règlementés : le combat des monopoles his- toriques, afin de libérer de nouveaux terrains à défricher pour les entrepreneurs, appa- raît comme un défi à relever. La loi Macron a à ce titre dé-5. CHANGER L’ENTREPRISE :Les hiérarchies horizontales ne doivent plus être un sim- ple concept dans l’air du temps, mais une réalité concrète. C’est le seul moyen de responsabiliser les sala- riés, et de les rendre soli- daires du comportement et des décisions du voisin. L’encouragement à la prise de risque, voire la sévérité à l’encontre des ayatollahs du principe de précaution, doi- vent être discutés. Cela sup- pose une formation des managers, qui doivent passer d’experts à accompagnateurs de talents encourageant prise d’initiative et esprit d’équipe. Une nouvelle donne pour le salarié, qui ne pourra être ins- taurée qu’en passant par un dialogue social plus soutenu et transparent. C’est la seule chance d’introduire de la confiance, et donc d’ouvrir laFÉVRIER 2015Un effet positif Un effet négatifOu pas réellement d’effet NSPJulien Tarbyrope.27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Régions & Territoires - Villes du Bassin parisienEcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Dans l’orbite de Paris28 FÉVRIER 2015ment le territoire francilien, l’un des plus at-d'une métropole ou d'une régionElles sont à deux heures de la Défense et des Champs-Elysées, s’appellent Rouen, Amiens, Beauvais, Reims, Orléans ou encore Le Mans... Comment ces villes françaises de « deuxième » et « troisième » rang profitent-elles (ou non) de l’attraction de la capitale ?RAouen depuis bonsecoursvoir la Ville Lumière à portée, et plus globale-tractifs de l’Union Européenne... Un facteur de croissance ou à l’inverse un handicap ? Pour nombre d’élus, qui veulent aussi éviter une forme de « tutelle pa- risienne », l’impact d’une telle proximité se veut mar- ginale. « Nous cherchons aussi à forger notre propre ADN, évidemment, se défend ainsi Caroline Cayeux, sé- nateur-maire UMP de Beauvais. Notre agglomération est forte ».Au point de se passer des opportunités du territoire fran- cilien ? Evidemment pas. Ce département contribue tou- jours pour 30% au PIB métropolitain. Colossal ! « Un tiers des 500 plus grands groupes mondiaux possèdent un siège en Île-de-France. La région compte sept des 71 pôles de compétitivité labellisés dans l’Hexagone, donttrois des sept pôles mondiaux », précise l’Insee. L’Île- de-France a par ailleurs globalement mieux résisté à la crise que la Province. « Entre la fin 2008 et la fin 2012, l’emploi y a augmenté alors qu’il a baissé dans les au- tres régions. Fin 2013, le taux de chômage (8,6%) reste plus bas qu’en province et qu’en France (9,9%). »Il n’empêche, pour ces villes (métropoles pour cer- taines) posées à quelques encablures de Paris, les enjeux diffèrent. « Elles s’insèrent dans des trajectoires de dé- veloppement hétérogènes »Î confirme un récent article de l’Institut de l’aménagement urbain d’Ile de France. « Rouen s’inscrit dans un espace normand, en articula- tion avec l’Île-de-France. Orléans demeure isolé mais de plus en plus intégré économiquement et socialement à l’aire urbaine de Paris. » Amiens pâtit quant à elle « autant de la proximité de Paris que de celle de Lille »,tandis que « Reims retrouve une attractivité démogra- phique et affermit son contrôle sur un territoire qui s’élargit aux Ardennes et à l’Aisne ».Pour ces villes, Paris n’est plus la seule porte d’entrée vers l’Europe et le « marché monde ». « La multiplica- tion des compagnies low cost, par exemple, a redonné des couleurs et de l’activité à de petits aéroports q u i , sur des créneaux spécialisés, accueillent une partie de la clientèle internationale de la métropole – ou servent de porte de sortie aux métropolitains », à l’instar de Beauvais (voir ci-après). Enfin, « le développement du port du Havre, ces dernières années – même si le ton- nage a stagné l’année précédant la crise économique – doit peu à la métropole parisienne, qui exporte et im- porte volontiers vers et depuis Anvers. »Pierre TiessenŒ]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Villes du Bassin parisien PANORAMALe match Est-OuestInternationalA l’ouest les nantis, à l’est les prolos... Cette cartographie sociale (quoi que très grossière) de Paris intra-muros se vérifie-t-elle pour les villes dites « satellites » ? Une chose est sûre : certaines agglomérations – à l’est justement de la Ville Lumière –Le soleil de la réussite économique brillerait-il plus fort au Mans ou à Rouen plutôt qu’à Reims ou à Amiens ? Pas sûr. Aucun indicateur économique n’affirme en effet que la position géographique par rapport à Paris est un élément à ce point différenciant. Il n’empêche, l’ouest de Paris (la grande couronne en particulier) est de ce point de vue mieux doté : les Yvelines, les Hauts- de-Seine jusqu’à l’Eure et la Seine Maritime... Autant de terres richement dotées. « Cette répartition physiquedes catégories sociales dans l’espace parisien, qui se prolonge d’ailleurs en banlieue (les communes bour- geoises sont essentiellement à l’ouest et les villes ou- vrières forment un arc de cercle qui va du nord au sud en passant par l’est), tient au fait que le flanc occidental de la capitale a été tardivement urbanisé, expliquaient en 2005 déjà les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon dans la revue Thema du CNRS. Les villes placées à l’est souffrent quant à elles d’un com-plexe géographique plus ou moins avoué. « Nous sommes un peu nulle part, confiait ainsi récemment à EcoRéseau Jean-Paul Pageau, président de la CCI de Reims. On n’est pas Nantes, encore moins Bordeaux ou Grenoble... ». Et c’est sans doute « plus facile de vivre à Tours qu’à Reims ». Un « handicap de localisation », reconnaissait-il alors. Pour preuve : « les gens qui ne sont pas originaires de la région partent après quelques années, ils vont ailleurs ».FÉVRIER 2015 29reconnaissent un « handicap de localisation ».]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Régions & Territoires - Villes du Bassin parisienu Beauvais, prolongement de CDG80 km séparent le mastodonte parisien Charles de Gaulle (CDG) du « Minipouss » aéroport de Tillé, dit aéroport de « Beauvais-Paris ». Le royaume français de la compagnie Ryanair – champion européen du « low cost » – qui vient d’annoncer l’ouverture, à l’été 2015, de trois nouvelles lignes depuis Beauvais vers la Grèce, la Pologne et l’Italie. Grâce à lui, près de trois millions de passagers décollent chaque année de la préfecture de l’Oise. Un flux aérien qui génère sur place plus de 1000 emplois directs et autant indirectement. « C’est un souffle important, re- connaît Caroline Cayeux, premier magistrat de la ville. Mais notre véritable ADN est ailleurs ». Beauvais mise de fait sur la filière agricole pour forger son caractère. Témoins : l’école d’ingénieurs dans les sciences de la terre et du vivant La Salle Beauvais et la présence historique de l’américain AGCO, leader de la machine agricole qui va ouvrir une troisième entité de production sur place en 2015 (après celle ouverte en 2013, investissement : 15,5 millions d’euros). « Beauvais vise à s’imposer comme un pôle de recherche et d’excellence européen sur cette fi- lière », relève le sénateur-maire de la ville. Beauvais entend également jouer collectif en renforçant ses collabora- tions avec l’UTC de Compiègne et l’université de Reims. Autre accélérateur : un cluster dédié à l’innovation agricole et le projet d’éco-parc qui a pour ambition d’accueillir sur 15 ans, quelque 3000 emplois sur 125 hectares dédiés. Et les portes de Paris ? « Nous sommes très bien desservis avec la N31 et l’A16, détaille Caroline Cayeux. C’est un moteur évident ». Point faible : l’attractivité du territoire auprès des cadres parisiens qui travaillent sur place. « Beaucoup se montrent réticents à habiter ici... »u Le Mans, entre opportunités et concurrenceSi la proximité de Paris est source d’opportunités, elle peut constituer un facteur de concurrence particulièrement sensible pour les villes comme Le Mans : « Délocalisation des sièges des grands établisse- ments souhaitant bénéficier deséquipements et de la proximitéd’autres entreprises, dynamismeculturel et événementiel de lamétropole française qui repré-sente une source d’attractivitépour les populations jeunes etles entreprises », note l’Insee.En retour, la proximité du bassinparisien offre à la ville des op-portunités de délocalisationd’activité ou encore d’habitat.« Les acteurs locaux du Mansconsidèrent depuis longtempsqu’un lien très fort avec la capi-tale constitue une source de dy-namisme, que la réussite ducentre d’affaires local, Novaxis,illustre de façon édifiante. »Mais ce potentiel demande tou-tefois « à être conforté au tra-vers, notamment, d’une lisibilitéaccrue de la stratégie du terri-toire ».u Amiens, le rêve parisienParis ? « Un indéniable atout, tranche Pascal Fradcourt, vice-président d’Amiens Métro- pole en charge du développement écono- mique. Nous sommes à ses portes : à moins d’une heure en train... » Et pourtant la ville « accuse le coup » : Amiens affiche en effet deux points de chômage de plus par rapport à la moyenne nationale, soit 14,5%, et peine à trouver un rebonds. « Nous avons perdu Goodyear en janvier 2014 », rappelle l’élu local. Au total : 1500 emplois sur le car- reau. Alors oui, la proximité avec Paris, « il faut en profiter et inciter les investisseurs à faire le choix d’Amiens ». A l’instar de Dun- lop, Valeo ou encore Procter & Gamble ins- tallés depuis les années 60 sur la zone industrielle nord de la préfecture picarde. « Nous sommes en train de réhabiliter cette zone et venons par ailleurs de voter un pacte d’innovation », énumère Pascal Fradcourt. Avec pour ambition de distiller un nouvel es-u Orléans, XXIe arrondissement À une heure de Paris, Orléans est depuis des années classée 3e pôle logistique français. Un atout renforcé par une diversification ré- cente réussie – la ville a ainsi une position forte en électronique et en centres d’appels ; elle est également le 1er pôle pharmaceutique de France avec 70% de la production natio- nale. Autant de points forts qu’Orléans doit aussi à la capitale... Au point même d’être perçue parfois – grâce notamment à la gare des Aubrais-Orléans à un jet de celle d’Aus- terlitz – comme son 21e arrondissement. « La proximité de Paris et sa facilité d’accès permettent à près de 9000 actifs résidents de travailler dans la zone d’emploi parisienne, tout en bénéficiant de la qualité de vie de la province », confirmait ainsi une note de l’In- see en 2010.quence : la ville de Clovis mise aujourd’hui sur la politique du nearshoring (externalisation de services) en jouant à fond la carte Paris. Cette proximité, Reims veut également la faire fructifier sur le terrain universitaire en persuadant les écoles parisiennes de délocaliser sur le territoire certains de leurs enseignements. Déjà, des équipes de recherche de l’Ecole Centrale de Paris, AgroParisTech et Reims Management School, collaborent à la plate-forme d’innovation du pôle de com- pétitivité local IAR (Industries et agro-ressources). Reims, futur Sofia Antipolis marnais ? Nous n’y sommes pas encore. « Localement, la densité de la recherche reste faible », reconnaît sans détour Thierry Stadler, le directeur de l’IAR.30 FÉVRIER 2015La capitale du champagne aux portes de Paris, idéalement située à moins de 45 minutes de l’aéro- port Charles de Gaulle... Un argu- ment choc pour les as du marketing territorial. Avantage économique d’abord. « S’implan- ter à Reims permet aux entreprises d’économiser en frais de structure et de fonctionnement un million d’euros par tranche de 100 sala- riés par rapport à Paris », détail- lait ainsi il y a quelques mois dans nos colonnes Jean-Yves Heyer, di- recteur général de l’agence de dé- veloppement économique « Invest in Reims », créée en 2003 et qui a depuis aidé à l’installation locale de près de 160 sociétés, multina- tionales pour certaines. Consé-u Le corridor Paris-RouenCe que Rouen – capitale régionale française la plus proche de Paris – et la Ville Lumière ont en partage ? La Seine évidemment, ce cordon de près de 800 kilomètres qui coupe Paris en deux et serpente jusqu’à Rouen – dernière étape avant la Manche. Un fleuve qui a toujours relié ces deux aires urbaines. « Une situation enviable le long de la Seine, à proximité immédiate de Paris », fait-on savoir au Grand Rouen. Mais plus largement « la ville s’intègre dans un vaste marché de plus de 100 millions de consommateurs au sein du triangle Paris-Londres-Bruxelles ». Rouen c’est aussi un port qui bénéficie d’un atout majeur, dixit, « son positionnement en fond d’estuaire et la proxi- mité de l’Île-de-France, permettant d’augmenter les distances d’acheminement maritime à l’intérieur des terres », et Paris en particulier. Il est le premier port européen pour l’exportation de céréales et le premier port français pour l’agro-industrie.prit d’entreprise sur le territoire et de profiter de l’aspiration de Paris. Pas si simple.u Reims, banlieue pétillante]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17PANORAMA Hexagone - Contrat de travail uniqueDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,Contrat à effets indéterminésafin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)LDualité et chômage de masse sont les deux grands maux du marché du travail. La mise sur la touche du duo CDD/CDI, remplacés par le contrat de travail unique, est-elle la solution ? Pas si simple.es débats d’initiés travail français. « Mais la çaient la difficulté des CDD Les partisans du contrat primé, tout salarié serait re- dité des CDD et qu’il em- autour du contrat de machine s’est emballée, les à accéder aux crédits im- unique plaident que la fin cruté avec une sorte de CDI pêche les entreprises de faire travail unique vous entreprises ont détourné les mobiliers et au logement du « découragement à l’em- universel sans limitation de face à la diversité des si-semblent obscurs ? Tentative règles d’origine et multiplié locatif. « Le CDD a créé bauche » permettrait de ré- durée, mais avec des condi- tuations : « Le patronat sed’éclaircissement en quatre questions.les CDD d’usage », ex- plique Gérard Cornilleau, chercheur à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), spé- cialiste du marché du travail. Ainsi, il concerne désormais environ 80% des emplois créés chaque année, quoique surtout pour de très courtes durées. Et, s’il ne concerne encore que 10% des emplois salariés, « la tendance est à l’augmentation », observe Gérard Cornilleau.une sous-catégorie de sa- duire le chômage. tions de licenciement as- lariés, avec d’un côté des souplies – plus de motifsatisfait du modèle CDD/CDI, et les entreprises auront tou- jours besoin des CDD pour les remplacements, les congés de paternité ou de maternité par exemple ». Le deuxième obstacle est d’ordre juridique, puisque le contrat unique risquerait de rencontrer les mêmes difficultés que son lointain parent, le Contrat nouvelle embauche. Créé en 2008, certaines de ses particula- rités, comme le droit pour l’entreprise de licencier sans motif, et une période d’essai de deux ans, avaient conduit les tribunaux à le requalifier régulièrement en CDI. Et l’Organisation internationale du travail (OIT), qui a inscrit l’obligation de motif valable de licenciement dans sa Convention 158 l’avait, ex- cusez du peu, jugé contraire au droit international. Surtout, le contrat unique constituerait-il une arme ef- ficace contre le chômage et le « découragement à l’embauche » ? Certains économistes lui voient plutôt sur ce front un destin de pétard mouillé. En 2003, ses concepteurs Olivier Blanchard et Jean Tirole re- marquaient eux-mêmes que « l’effet global d’une pro- tection élevée sur le taux de chômage n’est pas dé- montré ». Gérard Cornilleau, de l’OFCE, précise : « OnPOURQUOI LEDÉBAT REFAIT-IL SURFACE ?Parce que Manuel Valls a jugé l’idée intéressante en octobre dans une interview à L’Obs et qu’elle est dé- fendue par Jean Tirole, le récent Prix Nobel d’écono- mie. Mais le Contrat de tra- vail unique (CTU) est un serpent de mer qui fait ré- gulièrement surface depuis dix ans. Il a d’abord été porté par des économistes : Jean Tirole, donc, et Olivier Blanchard – devenu depuis économiste en chef du FMI – dès 2003 dans une étude sur « la protection de l’em- ploi et les procédures de li- cenciement » ; Pierre Cahuc et Francis Kramarz en 2004, dans un rapport sur la « sé- curité sociale profession- nelle ». Les politiques ont ensuite pris l’idée à leur compte. D’abord en 2005, lorsque Dominique de Vil- lepin présente un projet de contrat unique et tente de lui donner corps grâce à feu le Contrat nouvelle em- bauche (CNE) – 3 ans d’existence – et l’avorté Contrat première embauche (CPE). L’idée a aussi inspiré des candidats à l’élection présidentielle : Nicolas Sar- kozy en 2007, François Bay- rou en 2012. L’UMP l’a de nouveau évoqué en 2013 dans ses « mesures d’ur- gence » économiques.Les obstacles sur la route du contrat unique sont nombreuxemplois fortement substi- tuables très précarisés, et de l’autre des emplois où la substituabilité est faible, pour lesquels les entreprises n’hésitent pas à la suren- chère pour avoir l’adhésion de leurs salariés », dénonce Gérard Cornilleau.Ce qui inquiète surtout, c’est que l’introduction du CDD a entraîné une grande dualitéEnfin, les entreprises – enPour répondre à ces pro- blèmes, le contrat de travail unique viserait à abolir la distinction entre CDD et CDI. Bien sûr, tant que le CTU ne se traduit pas dansA QUOI RESSEMBLE- RAIT LE CONTRAT DE TRAVAILUNIQUE ?économique, de cause réelle et sérieuse, ou de solution de reclassement. La protec- tion du salarié et ses in- demnités de licenciement augmenteraient progressi- vement avec son ancienneté. Mais pour éviter que les entreprises ne renouvellent trop fréquemment leur main d’œuvre, Jean Tirole pro- pose de créer une taxe sur les licenciements pour les inciter à y recourir à bon escient et financer les in- demnités chômage. Une fa- çon aussi de les encourager à former leurs salariés plutôt qu’à s’en séparer de manière intempestive.QUE REPROCHE-T-ON AU MODÈLE CDD/CDI ?Lorsqu’il a été créé en 1979, le Contrat à durée détermi- née (CDD) avait pour but de mettre un peu de flexi- bilité dans le marché duSalarié licencié sans motifdans le marché du travail, avec de fortes inégalités en- tre des CDI très protégés et des CDD, souvent jeunes, qui souffrent de la précarité. En 2004, Pierre Cahuc et Francis Kramarz dénon-particulier les PME – font valoir que la difficulté qu’elles rencontrent pour licencier les CDI les dis- suade parfois de recruter, compte tenu du peu de vi- sibilité dont elles disposent.un texte de loi, impossible de préjuger de sa forme exacte. Mais on peut s’en faire une idée grâce aux in- dices semés par ses théori- ciens. Exercice de prospec- tive-fiction : le CDD sup-ne peut pas im. contrat de travail le rebond du chômage, c’est la crise et les politiques écono- miques qui ont aggravé la situation. Avant la crise, le chômage était tombé à 7% et la France suivait la voix du plein-emploi. » C’était ilyahuitans...QUELLES SONT SES LIMITES ?Les obstacles sur la route du contrat unique sont nom- breux. Premièrement, il ne pourrait voir le jour sans l’appui des partenaires so- ciaux, ce qui est loin d’être acquis. Du côté des syndi- cats de salariés, l’opposition est vive. Interrogée par Li- bération, Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, dénonçait « une tentative de plus de déréglementer le marché du travail. (...) La solution n’est pas de raboter vers le bas avec un contrat unique dont aucune étude ne prouve qu’il créerait de l’emploi ». Plus surprenant, le Medef et la CGPME ne sont pas plus emballés, craignant qu’un contrat unique ne fasse disparaître la commo-puter au32FÉVRIER 2015Aymeric Marolleau]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frInternational - Pays ayant réussi à se désendetter dans l’histoire PANORAMA Focus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,Régime minceurS Impossible désendettement ? Pas si sûr ! La preuve, certains de nos voisins y sont parvenus, non sans peines.choisi en toute subjectivitéortir de la spirale de de la liste des ajustements Paul Chollet. On comprend à 4,1%. De quoi faire perdre la dette : beaucoup budgétaires réussis. Pour le pourquoi le Royaume-Uni au pays son triple A.de pays occidentaux Canada, le bilan s’avère n’a prévu un retour à « Si d’autres petits pays eu-en rêvent, mais peu savent plus mitigé depuis la crise l’équilibre que pour 2018 ! ropéens essaient d’êtrevraiment comment s’y pren- dre. La France en tête, qui affiche, rappelons-le, une dette publique de plus de... 95% ! Pourtant, certains membres de l’OCDE ont déjà su se distinguer par le passé, via des mesures tantôt modérées tantôt « coup de poing », propres à réduire les déficits budgétaires. Avec à la clé, des résultats plus ou moins fructueux.de 2008, avec une dette publique passée de 70% à 88% du PIB. Alors que le tour de force de la Suède est précisément d’avoir su se désendetter en pleine période de récession !D’ici là, un programme plus ambitieux est attendu, il de- vrait être au cœur des élec- tions législatives de 2015. Car pour l’instant, le pays dispose d’une marge de manœuvre bien plus limitée que d’autres voisins eu- ropéens. Comme la Suède, dont la dette privée élevée (255% contre 191% outre- Manche), et la montée du chômage sont compensées par un faible déficit public. « Résultat : si Stockholmproactifs pour réduire la dette, tels que la République Tchèque, l’Estonie, ou l’Ir- lande, qui ont dynamisé leur économie via un impôt sur les sociétés très bas », sou- ligne Norbert Gaillard, leurs résultats sont loin d’être convaincants. Idem pour les pays africains (Tanzanie, Sénégal...), traditionnelle- ment très endettés : si cer- tains sont parvenus à un ni- veau « acceptable » d’en- dettement, à l’instar du Ca-A L’ASSAUT DE L’ETAT PROVIDENCE : CARTON PLEIN POUR LA SUÈDE !Dans la série des traitements de choc, impossible de faire l’impasse sur les cures d’austérité menées par la Suède ou encore le Canada dans les années 90. « Choc pétrolier, concurrence des pays asiatiques, éclatement de la bulle immobilière, au- tant de facteurs qui ont af- fecté la plupart des économies occidentales, le Canada en tête, mais aussi la Suède dont la fin du mod- èle était alors préconisée », détaille Norbert Gaillard, économiste et consultant in- dépendant, en rappelant que l’Etat scandinave, devenu « obèse » affichait une dette colossale culminant à près de 80% en 1995. Au Cana- da, elle atteignait 100% du PIB ! Leur prise de con- science est venue, au moins pour partie, de la perte de leur triple A. De quoi inciter les gouvernements à em- ployer les grands moyens pour revoir de A à Z leur Etat Providence. Réduction du nombre de fonction- naires, coupes dans les dépenses de santé et d’éd- ucation, réforme des re- traites, baisse de l’impôt sur les sociétés et hausse des taxes : Stockholm s’est ainsi lancé à marche forcée dans le redressement duROYAUME-UNI :DES « MESURETTES » EN DEMI-TEINTEVoilà un pays qui doit sortir l’artillerie lourde pour as- sainir ses comptes publics après les ajustements déjàSuède, Pays-Bas et Royaume-Uni ont réussi leur diètePAYS BAS : PEUT MIEUX FAIRE !« Avec une dette de 70% du PIB, les Pays-Bas ne respectaient pas en 1997 le critère de Maastricht relatif à l’endettement public, fixé à 60%, précise Norbert Gail- lard. Mais le pays a su re- dresser ses comptes publics en dégageant, jusqu’en 2008, des excédents budgé- taires primaires. » En dépit de modestes ajustements, gel des salaires des fonc- tionnaires, hausse des taxes, etc., ou portant sur le marché du travail et le système des retraites, le déficit des Pays Bas dérape depuis la crise. Ainsi, la dette publique grimpe à 73,5% en 2013, tandis que le déficit public s’est établi en 2012pays. « Démarche encore plus drastique pour Ottawa, qui a aussi mis l’accent sur une plus grande autonomie des régions », indique Alexandra Estiot, écono- miste chez BNP Paribas. Autant de mesures libérales qui ont, in fine, porté leurs fruits, aidées par une con- joncture économique alors plus favorable qu’aujour- d’hui. « Le Canada pouvant, de plus, s’appuyer sur ses fortes matières premières et le dynamisme de son voisin américain », précise cette dernière.pays ? Disposer d’un véri- table consensus politique autour de cette libéralisation. « Par exemple, en Suède, la droite comme la gauche ont mené ces vastes ré- formes ensemble, tout en étant soutenues par la ma- jorité de l’opinion alors prête à remettre en cause certains acquis », indique Paul Chollet, économiste à la Coface. Résultat, en mis- ant sur un modèle social moins généreux, la Suède afficheaujourd’huiunedette publique de... 42% ! On comprend pourquoi le pays occupe la première placeu tissuL’autre gros atout des deuxcommelaSuède,a. de PME et de grands comptes comparable au nô- tre, relève, plus encore, du bon sens. D’autant que nos deux nations partagent une même préoccupation fon- damentale : réformer leur Etat Providence, sans pour autant le dénaturer.La Suède et la France partagent une même préoccupation : réformer leur Etat Providence, sans le dénaturerhouleux opérés sous Thatch- er dans les années 80 (pri- vatisations, flexibilité du travail,...). En effet, avec la crise de 2008, et la nécessité de sauver son système ban- caire hypertrophié, le Roy- aume-Uni a vu sa dette publique passer de 40 à 90% ! De quoi faire grimper le déficit public à 10% du PIB!«Depuis,ilaétéré- duit de moitié grâce à une série de petites mesures : hausse de la TVA en 2011, réduction des allocations familiales, gel des salaires des fonctionnaires... », développe Catherine Stephan, économiste chez BNP Paribas. Bien que les détracteurs des politiques d’austérité estiment que le pays a poussé la démarche trop loin, le résultat final est loin d’être explosif. « Malgré une croissance prévue à 3%, le déficit pub- lic est bloqué à 5%. Alors qu’en France, nous avons certes une croissance moin- dre, stable à 0,4%, mais elle suffit à maintenir notre déficit à un niveau inférieur, autour de 4% », analysepeut se permettre de dé- ployer des politiques de re- lance budgétaire, comme ce fut le cas en 2012, au Royaume-Uni, cela reste exclu tant que son double fardeau, une dette publique et privée importante, per- sistera », développe Paul Chollet.meroun (dette autour de 20%), en intégrant le PPTE (Initiative Pays Pauvres très endettés), il est bien sûr dif- ficile pour un grand pays européen comme la France de s’inspirer de tels modèles. La clé consiste à se référer aux bonnes pratiques des pays économiquement proches du nôtre. Comme la Corée du Sud qui a dopé ses recettes en favorisant la R&D de ses entreprises à fort potentiel. Et pour cause : le levier « innova- tion » sied largement à un pays comme la France doté d’un écosystème efficace en la matière. S’inspirer d’un grand pays de l’OCDECharles CohenFÉVRIER 201533]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec} AFFIMÉTRIEAlbert AssérafMonsieur Albert Asséraf est nommé président d'Affimétrie, à ce poste depuis janvier 2015. Dans le cadre de la présidence tournante, il succède à Monsieur Jean-François Curtil, président- directeur général d'Extérion Media France, qui dirigeait Affimétrie en 2014.Albert Asséraf , 53 ans, maîtrise de sciences et techniques de l'information, a réalisé le parcours suivant :n Depuis 2007 : JCDecaux, directeur général marketing, études et stratégie France.n 2007-2008 : Affimétrie, président.n 2006-2007 : JCDecaux, directeur stratégie, études et marketing de JCDecaux Mobilier ur- bain, Avenir, JCDecaux Airport et JCDecaux Artvertising.n 2004-2006 : JCDecaux, directeur stratégie, études et marketing pour la France du mobilier urbain JCDecaux et de l'affichage grand format Avenir.n 2003-2004 : Carat Local (groupe Aegis Media), directeur général.n 2001-2003 : Carat Expert Affichage et Médias locaux, directeur général.n 1993-2001 : Carat Expert Affichage, directeur général.n 1990-1993 : Carat Comecon Affichage, directeur des études et des outils.n 1985-1990 : Début de carrière au sein de la société de conseil en publicité extérieure Come- con puis chez Carat Comecon Affichage}APAX PARTNERS (GROUPE APAX PARTNERS)Franck HagègeMonsieur Franck Hagège est Coopté associé au sein de l'équipe Distribution et Biens de Consommation d'Apax Partners, à ce poste depuis janvier 2015. Il est sous la responsabilité di- recte de Monsieur Bruno Candelier, directeur associé Distribution & Biens de consommation. Les équipes dédiées au secteur Distribution et Biens de Consommation accompagnent actuel- lement les sociétés Alain Afflelou, Europe Snacks et Thom Europe (Histoire d'or, Marc Orian et TrésOr).Franck Hagège , 40 ans, HEC (1998), Stern Business School (1997), a réalisé le parcours suivant : n 2010-2014 : Apax Partners, directeur secteur Distribution & Biens de Consommation.n 2007-2010 : Apax Partners, directeur de participations au sein de l'équipe Distribution et Biens de consommation.n 2004-2007 : Apax Partners, chargé d'affaires au sein de l'équipe Distribution et Biens de consommation.n 2003-2004 : En poste chez NetsCapital.n 1998-2003 : Début de carrière chez AT Kearney.}SIEM DE LA VILLE DE PARIS (VILLE DE PARIS)Valérie De BremMadame Valérie de Brem est nommée directeur général de SIEM de la Ville de Paris, à ce poste depuis septembre 2014, en remplacement de Madame Anne de Bayser.Valérie De Brem , 56 ans, IEP Paris, ENA, licence en droit, a réalisé le parcours suivant :n 2008-2014 : Ville de Paris, secrétaire général adjoint.n 2001-2008 : Ville de Paris, directeur de la jeunesse et des sports.n 1997-2001 : Ville de Paris, sous-directeur de la petite enfance.n 1995-1996 : Ville de Paris, chef du bureau du budget à la direction de l'action sociale.n 1992-1994 : Rapporteur à la Cour des Comptes.}GENWORTH ASSURANCESElias Abou MansourMonsieur Elias Abou Mansour est nommé directeur général France et Benelux de Genworth Li- festyle Protection, à ce poste depuis janvier 2015. Il reporte à Monsieur Carlo Cortella, directeur général de Genworth pour l'Europe du Sud et de l'Est.Elias Abou Mansour , 54 ans, doctorat de Centrale ParisTech (1987), Ecole supérieure d'ingé- nieurs de Beyrouth, a réalisé le parcours suivant :n 2010-NC : Euler Hermes (groupe Allianz), directeur France en charge des opérations interna- tionales.n 2007-2010 : SILCA (groupe Crédit agricole), directeur général.n 2006-2007 : T-Systems France, directeur de l'activité Infogérance.n 2004-2006 : Euler Hermes (ex-Euler Hermes SFAC), directeur informatique groupe.n 1995-2004 : Euler Hermes SFAC, successivement responsable des études informatiques, di- recteur informatique (2000) et directeur général adjoint (2003).n 1991-1994 : Price Waterhouse (absorbé par IBM), consultant en organisation et systèmes d'information.n Début de carrière comme ingénieur développement chez Concept puis SG2 (aujourd'hui in- tégrée à Sopra).}CHAUMET FRANCE (GROUPE LVMH)Jean-Marc MansveltMonsieur Jean-Marc Mansvelt est promu président-directeur général de Chaumet France (groupe LVMH), à compter de janvier 2015, en remplacement de Monsieur Thierry Fritsch. Jean-Marc Mansvelt , HEC Paris (1987), a réalisé le parcours suivant :n Louis Vuitton, directeur du département Maroquinerie et Accessoires.n L'Oréal, fonctions dans le marketing, notamment au sein de sa marque Lancôme.}CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE (GROUPE CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE)Caroline Froger-MichonMadame Caroline Froger-Michon est Cooptée associé au sein du département de droit social de CMS Bureau Francis Lefebvre, à ce poste depuis janvier 2015. Elle intervient principalement pour de grands groupes français et internationaux appartenant à des secteurs très variés. Son expertise porte notamment sur les restructurations (transfert des contrats de travail, adaptation des statuts collectifs, articulation des procédures, licenciements collectifs, expertises), les chartes éthiques et procédures d'alerte, la mobilité internationale (détachement/ expatriation). Elle conseille également les entreprises étrangères dans le cadre de leur implantation en France, sur leurs projets d'acquisitions, et leurs problématiques quotidiennes en droit du travail.Caroline Froger-Michon , 38 ans, magistère de droit des activités économiques (2000) et DEA doit privé (1999) de l'université Paris-I, a réalisé le parcours suivant :n 2003-2014 : CMS Bureau Françis Lefebvre, en poste au sein du département de droit social. n 2001-2003 : Gide Loyrette Nouel, avocat au sein du département Droit social.n En poste au sein du cabinet Alan Edwards & Co.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làEn ce début d'année, point d'inquiétudes, même si vous avez un peu relâché vos lectures entrepre- neuriales durant les congés. EcoRéseau rattrape le temps perdu et vous propose les grandes lignes de l'actualité des chefs d'entreprise et des projets innovants. Au menu : les patrons dans les rues, le Me- def en banlieue, la FrenchTech remarquée au Nevada. Des initiatives pour encourager l'innovation et un retour sur les évolutions réglementaires qui font bouger les lignes dans les entreprises.uLes patrons dans la rueLe ciel nous est tombé suru Du nouveau au pays des auto et micro-entrepreneursla tête. Le monde tourne en sens inverse. Et il est assez remarquable pour le mentionner, même si l’événement commence à dater : fin novembre, les chefs d’entreprise se sontConséquence de la loi Pinel du 18 juin 2014, de nombreuses modifications sont entrées en vigueur depuis le 1er janvier en vue d’harmoniser les statuts et d’aboutir à terme à un régime unique d’entrepreneur individuel. En premier lieu, on notera une baisse des cotisations en 2015, en lien avec le Pacte de responsabilité : 1,7 point de moins pour les prestations de services (22,9%), une baisse de 0,7 pour les activités de vente (13,3%) et de 0,4% (à 22,9%) pour les activités dépendant de la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse (Cipav).mis en grève et ont battu le pavé avec slogans, pancartes et banderoles, notamment à Paris, Toulouse ou Marseille. Plus de 50 fédérations professionnelles ont répondu présentes. Les manifestants étaient 8000 selon les organ- isateurs, 4000 selon la police. Les raisons de leur mobil- isation ? Le ras le bol fiscal, pour changer, et trois nouvelles mesures vivement décriées par les dirigeants : le compte individuel de pénibilité, la durée minimum de 24 heures hebdomadaires pour les nouveaux CDD et l’obligation d’informer les salariés deux mois avant la cession de l’entreprise.Les travailleurs indépendants verront diminuer, quant à eux, leurs cotisations minimales dues au Régime social des indépendants (RSI). Côté assurances maladie-maternité, l’assiette de cotisation minimale tombe à 10%, au lieu de 40%, du plafond annuel de la Sécurité sociale. En outre, le passage au régime réel en cas de dépassement de seuil du chiffre d’affaires n’est plus rétroactif. Au contraire, le statut pourra être maintenu jusqu’au 31 décembre de l’année en cours. Pour lutter contre la concurrence déloyale, artisans comme commerçants doivent désormais s’immatriculer. De nouvelles charges viennent cependant ternir ce tableau réglementaire : la taxe de frais de chambre, par exemple, s’élèvera à 0,044% pour les prestations de service, à 0,015% pour les ventes de marchandises et 0,007% pour ceux inscrits au répertoire des métiers.u Numérique : les entreprises françaisesen retard !Quelles sont les incidences dunumérique sur la croissance et lacompétitivité ? L’étude récemmentpubliée par McKinsey&Compagnylève le voile sur cette interrogation.D’abord en évoquant un paradoxe :bien que le numérique soit désormaistrès démocratisé dans les usagespersonnels, on note un retard dans les pratiques profes- sionnelles. Sur 500 entreprises interrogées, quatre motifs justifient ce constat : un manque de talents dans le domaine du numérique, des marges financières serrées au regard de la scène internationale, des problèmes or- ganisationnels et le désintérêt des dirigeants pour la question. Pourtant, le cabinet d’expertise estime que l’impact potentiel des technologies disruptives (Cloud, impression 3D, internet des objets et bien évidemment Big data) s’élève à 1000 milliards de dollars d’ici 2025 ! McKinsey met en garde les entreprises qui ne prendraient pas en compte ce tournant digital, avec une baisse estimée de 20% de leur activité.Sources : www.mckinsey.comu Le dispositif zéro charge entre en vigueuruOsez, osez Joséphine !L’Agence pour la création d’entreprise (APCE), par le biais de son observatoire, a délivré début janvier quelques enseignements en matière d’entrepreneuriat au féminin. Les hommes, touchés dans leur virilité, pourront toujours rétorquer à leur compagne, pleine de projets entrepre- neuriaux, que seules 32% des femmes en 2010 dirigent leur propre affaire (le pourcentage inclut l’auto-entreprise). Cela dit, il s’agit d’un bond de 6% par rapport à 2002. Malgré des niveaux de formation et des taux de pérennité comparables, l’étude évoque des freins psychologiques et matériels à la création : sommes engagées dans l’in- vestissement financier, peur de l’échec, soi-disant manque de compétences. Les femmes se concentrent également dans quatre grands secteurs d’activité : les service aux entreprises, les service aux personnes, l’enseignement et la santé.Source : www.toulemploi.frLe 1er janvier a aussi vu le lancement de la Scop d’amorçage, prévue par la loi relative à l’Economie sociale et solidaire (ESS). Avec cette nouvelle mesure, l’Etat ambitionne de doubler le nombre de sociétés coopératives ouvrières de production (Scop) d’ici 2020. La scop d’amorçage permet en effet aux salariés souhaitant reprendre leur entreprise de bénéficier d’un délai de sept ans après la reprise pour la prise de participation majoritaire. Autrement dit, il devient désormais possible aux salariés qui reprennent leur société de la gérer sans en détenir la majorité des parts sociales. Une mesure qui permet également le rachat de parts grâce aux réserves constitués pendant l’encours de sept ans. L’Etat souhaite ainsi préserver entre 4000 et 15000 emplois sur une période de dix ans.Le dispositif zéro charge, autre rejeton du Pacte de re- sponsabilité, est entré en application le 1er janvier. Il sup- prime toutes les charges Urssaf dues par les employeurs pour les salariés payés au Smic. Cette mesure n’annule pas pour autant l’allègement Fillon – réduction des ex- onérations en fonction de la rémunération – qui ne s’efface qu’une fois la barre de 1,6 Smic atteinte.u Faciliter la reprise d’entreprise par les salariésuLas Vegas cocoricoL’heure est décidément à l’internet des objets, où la France fait mieux que se défendre. Cette année, le fameux CES (Consumer Electronic Show) de Las Vegas fut en effet l’occasion de récompenser cinq start-up françaises.34 FÉVRIER 2015]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances CLUB ENTREPRENDRELima, dans la catégorie « Accessoires pour ordinateur », a été récompensée pour son boîtier qui permet de partager aisément ses fichiers entre son smartphone, sa tablette et son ordinateur. Dans la catégorie « Technologies qui se portent », Cityzen Sciences a conquis le jury avec un t-shirt connecté. Gyroptic, avec ses caméras à 360°, MyFox, pour son système de sécurité pour la maison et l’habitué Withings, pour samontre connectée, ont également été lauréates de ce rendez-vous mondial de l’innova- tion.uLes autres nouveautés réglementaires du 1er janvier- Revalorisation du Smic de 0,8%- Nouveau calcul des indemnités journalières- Hausse de la rémunération des stages, qui parallèlement ne peuvent plus excéder six mois- Instauration des comptes personnels de formation et de pénibilité- Mise en place du conseil en évolution professionnelle- Obligation de tenir un entretien professionnel tous les deux ans- Entrée en vigueur de loi sur l’accessibilité des lieux publics aux personnes handicapées - Remaniement des exonérations de l’impôt sur les bénéfices et disparition des exonérations de cotisations sociales pour les territoires entrepreneurs (anciennement intitulés ZFU, pour Zone franche urbaine).uLe MEDEF dans les banlieues« Entreprendre : passer de l’envie au projet ». Evènement àl’initiative du Medef se déroulant du 15 décembre au 4 février, le dispositif a permis à 15 jeunes de suivre une for- mation entrepreneuriale pour passer à l’acte économique. Opération pilote, cette méthode entrepreneuriale, en cas de succès, pourrait être déployée sur l’ensemble du pays dans des territoires volontaires. Structuration du projet, aiguillagevers les réseaux d’accompagnement et même parrainage de Pierre Gattaz, patron des patrons, viennent ainsi encourager la prise d’initiative dans les quartiers défavorisés.u Délais de paiement : Philistins contre le peuple d’Israël, tou- jours d’actualité ?Marronnier du journalisme économique, la question des paiements et des relations entre les David et Goliath de l’économie, est cette fois-ci abordée dans une étude publiée le 5 janvier par AgileBuyer et HEC. On y apprend que seuls 44% des directeurs achats interrogés font du respect des délais un objectif professionnel. En France, le retard est de 12 jours en moyenne au-delà du délai maximum (45 jours fin de mois ou 60 jours nets à date d’émission de la facture et 45 jours à date d’émission de la facture pour les factures périodiques, selon l’article 289 du Code général des Impôts), pour un montant qui dépasse 15 milliards d’euros.u Bpifrance et business Angels : mariage de raisonSelon nos confrères des Echos, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a annoncé la très prochaine création d’un fonds mixte de Bpifrance, en partenariat avec plusieurs business angels, afin de réaliser de futurs co-investissements.Source : BpifranceSource : fr.slideshare.net/mobile/lesechos2/enquete-agilebuyer-2015uHub Startup : candidatures lancéesJusqu’au 20 février, les entreprises pourront déposer leur candidature sur le site de Bpifrance pour profiter de son Hub, espace de post-incubation/accélération visant au dé- ploiement national et international pour des entreprises ayant déjà réalisé une première levée de fonds. L’accompagnement durera de six à 18 mois selon des objectifs fixés à l’entrée des lauréats. Dix sociétés spécialisées dans l’innovation technologique dans les segments BtoB et BtoBtoC seront retenues.Source : BpifranceuPari(s) sur l’incubationL’annonce a été faite fin décembre : la Région Île-de-France, la Mairie de Paris et sa régie immobilière vont créer un incubateur de 15000 m2 dans le XIXe arrondissement d’ici la fin de l’année. Réservée à de jeunes entreprises innovantes souhaitant trouver gîte et ac- compagnement, la structure nourrit des velléités qui dépassent le cadre de la France. Ce faisant, un appel international à candidature a été lancé pour trouver le futur opérateur qui aura la mission d’animer cette nouvelle maison des start-up.Source : www.maddyness.comuCôté « fusac », ça roule !La meilleure année depuis 2007 ! Une phrase que l’on ne peut hélas pas entendre partout, exception faite du marché des fusions acquisitions. L’agence de presse Thomson Reuters a en effet annoncé un chiffre de 3340 milliards de dollars pour l’année 2014, en hausse de 47% par rapport à 2013. Sur la scène mondiale, ce sont les secteurs des télécommunications et de la pharmacie qui se sont montré les plus actifs. La France a apporté sa pierre, avec la fusion des géants cimentiers Lafarge et Holcim, valorisée à 32 milliards d’euros. Dans la publicité, l’opération entre Publicis et Omnicom a, quant à elle, été annulée.Salon des Entrepreneurs 2015, 4 & 5 Février 2015, Palais des Congrès à ParisCoup de projecteurs sur l'entrepreneuriat. Le Palais des Congrès de Paris sera en ce début du mois de février le siège d'excellence des start-ups, des créateurs et des dirigeants d'entreprise. Révolution numérique oblige, ce Salon des Entrepreneurs ambitionne d'ac- compagnertouteslesénergiescréatricesdanscettemutationpour inventer des nouvelles façons de travailler. Cinq grands programmesuSemainedumicro-créditdel’ADIEIl y a dix ans, l’ONU avait déclaré 2005 « année internationale du micro-crédit ». La même année, l’ADIE, l’Association pour le droit à l’insertion économique, avait créé sa semaine du micro-crédit. Cet événement, qui conçoit la création d’entreprise comme un outil de lutte contre le chômage et contre la crise, fêtera donc ses dix ans du 2 au 6 février. Les aspirants micro-entrepreneurs pourront ainsi aller à la rencontre de l’ADIE et de ses partenaires à l’occasion de réunions d’information, de journées porte-ouverte et de forums publics d’information à Paris et en région.thématiques jalonneront l'événement : Solutions et usages numériques, Franchise, Reprise, Jeunes, Start-ups et entreprises à fort potentiel de croissance. Cette 22e édition s'accompagne aussi de nouveautés : Lancement de la Start-up FACTORY qui propose accompagnement, incubation, financement, conseils de startuppers, de business angels et corner video pour filmer son pitch et doper sa visibilité online. Inédit également, le SMALL BUSINESS TECH sera dédié aux solutions numériques pour développer son entreprise : visibilité sur internet, utilisation des réseaux sociaux, fidélisation du client,...Un rendez-vous incontournable.FÉVRIER 2015 35Evénement]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Liberté d’Entreprendre - FL140 et son difficile accès aux aérodromesDans chaque numéro, Ecoréseau revient sur une passe d’arme entre un nouvel entrant et un (ou des) acteur(s) historique(s)Bataille aéroportéed’un secteur, relevée par la plateforme David contre Goliath qui défend la concurrence face aux abus de position dominante.C L’accès aux aérodromes, infrastructures pourtant publiques, est géré de manière arbitraire par les collectivités. es professionnels du parachutisme et des baptêmes de l’air comme FL140 en pâtissent.’est une histoire de PRIVATISATION DE vel, où nous avons obtenu un ans, chacun devant réaliser devant le tribunal administratif. sont établis sont contraints portes qui se fer- L’ESPACE PUBLIC accord limité après trois ans entre 300 et 400000 euros de Mais les avocats nous expli- d’exercer sur des terrains situés ment. Vincent Hau- En 2008 l’Etat a confié aux de demandes, nous n’avions CA supplémentaire et employer quent qu’il n’existe pas de ju- dans des zones moins intéres-bourg fonde FL140 en 2008, collectivités locales, mairies pas le droit d’exercer durant 14 personnes. Le manque à risprudence, les terrains ayant santes. Certaines zones de cha-qui propose des baptêmes de l’air ainsi que du para- chutisme biplace. A cette fin il embauche des profession- nels, puis cherche des places dans les aérodromes. Une tâche qui se révèle beaucoup plus compliquée que prévu, voire impossible. « Quand nous obtenons un accord il est ponctuel, s’installer dé- finitivement sur un terrain relève de la mission impos- sible. A Romans-sur-Isère nous avons dû nous adresser au responsable des sports de la mairie qui a demandé leur avis aux clubs implantés, qui naturellement ont refusé un nouvel acteur. Celui-ci a refusé notre installation. A Montpellier-Candillargues le gestionnaire, personne physique, était pour, mais notre demande a été refusée à la mairie parce qu’il y avait déjà une association sportive. A Bourges le maire a accepté, mais l’adjoint au maire a refusé à cause d’une association de parachutisme très éloignée », énumère la- coniquement le jeune chef d’entreprise. Vous avez dit infrastructure publique ?et CCI, la gestion des aéro- dromes en délégation de ser- vice public. Les gestionnaires doivent gérer les infrastructures au sol et maintenir l’accès à tout le monde. Le problème est qu’aucun contrôle n’est réalisé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Les décisions sont petit à petit devenues arbitraires, « ou pour le moins guidées par les inté- rêts des usagers en place », contribuant à l’organisation de monopoles sur les terrains et de petits arrangements entre amis. Les associations d’avia- tion en place ou les particuliers pilotes, notables qui ont un pouvoir d’influence sur les décisions des collectivités, blo- quent le développement de professionnels dont l’activité croissante et les nuisances so- nores effraient. « A Albertville le comité de développement de la Savoie avait donné son accord, mais le maire, prési- dent de l’aéroclub, a refusé. A Saint-Jean-en-Royans les gestionnaires ont souhaité que la collaboration cesse. Et j’en passe... », se désespère celui qui n’a pas ménagé ses efforts pour s’imposer. « A Courche-le mois le plus intéressant, quand les touristes affluaient, contrairement à un autre uti- lisateur. Nous avons dépensé 30000 euros pour faire mar-gagner revient donc à un mil- lion d’euros de CA et 42 em- plois, déplore le gérant. Au- jourd’hui nous employons seu- lement 4,3 postes équivalentseulement été cédés en 2008. Le droit d’usage des terrains publics n’a donc pas encore donné lieu à des procédures. Je ne suis pas encore allé au tribunal à cause de la mauvaise publicité que cela induirait – le bouche à oreille fonctionnant chez les gestionnaires –, mais cela pourrait changer », avertit celui qui a écrit aux mairies concernées et au groupement des industriels et professionnels de l’aviation générale, sans ob- tenir de résultat.landise attractives sont réservées aux associations, Lyon Corbas par exemple, ou encore Gre- noble Isère en ce qui concerne le parachutisme. Nous avons attendu sept ans à Grenoble pour obtenir une place ! Et nous avons dû nous engager à ne pas y faire de parachutisme, mais seulement de l’hélicoptère. La société est aussi présente à Roanne pour le parachutisme et dans quatre autres aéro- dromes de manière itinérante. Tout cela pour un CA de 400000 euros et l’emploi de quatre personnes durant l’an- née, et 14 en été. Bien loin des chiffres initialement prévus ». Les 150 opérateurs éprouvent donc les pires difficultés à exer- cer leur activité, alors que le tissu aéroportuaire est le plus« Prenons un peu de hauteur sur ces désagréments si terre à terre... »cher l’activité durant les pé- riodes creuses, jusqu’à ce qu’on nous avertisse que ce n’était plus possible. » Ces refus et atermoiements ont bloqué le développement de FL140 durant ces sept années. « J’ai dû investir des millions pour développer une nouvelle activité d’hélicoptères pour des baptêmes et du parachu- tisme, le décollage vertical nous permettant d’échapper au diktat aéroportuaire. Avec mon associé nous avions comme objectif d’ouvrir un nouveau terrain tous les deuxENVOL DES TALENTS HORS DES FRONTIÈRES Certains professionnels persé- vérants se font une place grâce au tribunal administratif, après des années de batailles. Ainsi à Gap, la plus grosse structure de saut en parachute en France, quatre opérateurs ont été auto- risés à exercer après avoir in- tenté un procès à la Commu- nauté de communes. Des appels d’offres sont organisés tous les trois ans. D’autres passent par la voie des petits cadeaux, ou attendent de se faire connaître. Mais en attendant le nouvel entrant a peu de chances de trouver un terrain et ceux quitemps plein, et 14 en été ; désormais je développer l’en- treprise en essayant de ne pas dépendre des aérodromes, en privilégiant les hélicoptères, simulateurs de vols et drones. »dense d’Europe. Ajo. verrou au sol les espaces aériens qui sont parcimonieusement accordés par le service de na- vigation aérienne qui a tous pouvoirs, et vous comprenez pourquoi certains acteurs fi- nissent par partir exercer en Belgique, en Italie, au Maroc et aux Etats-Unis...Matthieu CamozziRECOURS IMPOSSIBLES !utez à ceLes deux associés ont sollicité la DGAC au niveau régional, à Lyon, puis au niveau national à Paris, où on leur a répondu que le gestionnaire faisait ce qu’il voulait. « Le mieux que nous ayons obtenu, c’est une reconnaissance du problème et des encouragements à allerLes entrepreneurs victimes de ce genre de procédés, qui souhaitent porter à la connaissance de tout le monde leur exemple, sont invités à entrer en contact avec le collectif David contre Goliath (www.collectif-david-contre-goliath.fr)36 FÉVRIER 2015]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[Cadeaux d’affffairesFaites plaisir à tous,même à ceux qui sont loin.80 COFFRETS LIVRÉS EN FRANCE ET EN EUROPE*Pour vous conseiller : 480 Magasins et sur www.nicolas.com Renseignements au 01.41.73.55.69 ou nicolas-direct@nicolas.com*Sous 48h/72h en France, et sous 4 à 8 jours en Europe.L’ ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION.FidélisationStimulation-IncentiveSéminaire et CE...]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Le phénomène MakersL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club entreprendre,La révolution Makersen rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatIdéalistes et pragmatiques, libertaires et libéraux, partisans du local et du global... Les « makers » sont une population protéiforme, qui prône le retour au faire – aidés par le numérique. Et ils sont bien capables de révolutionner le monde.«Lemot«maker» est venu recou- vrir un mouve-versité et l’interdisciplinarité qui règnent dans les ateliers leur permettent de bénéficier d’un immense savoir collec- tif, pratique, qui ne demande qu’à être intégré et utilisé. « Tous les domaines et toutes les populations sont concer- nés, explique Agnès Zevaco. L’échantillon de 20 projets présentés dans l’exposition rassemblait quatre conti- nents, des initiatives de ci- toyens, de start-up et de grandes entreprises, dans les domaines du transport, de l’agriculture, de la santé, de l’éducation... »empirique ; du coup, cela permet d’apprendre et de re- posséder l’objet. Tous les manifestes insistent sur la sa- tisfaction personnelle réelle d’avoir résolu soi-même un problème pratique. Car – et cela peut sembler paradoxal – le maker est avant tout pragmatique : souvent, les projets ont pour but de trou- ver une réponse réalisable localement à des problèmes locaux. « Les défis relevés sont souvent des défis impor- tants, qui demandent des prouesses technologiques fortes – mais la technologie n’est qu’un moyen et pas une fin en soi », signale Philippe Torres, directeur conseil et stratégie numérique de l’Atelier BNP Paribas, une cellule de veille dédiée aux technologies de l’informa- tion.ment déjà existant, celui du do-it-yourself », rappelle Jean-François Cauche, doc- teur en Histoire médiévale et Sciences de l’information, et l’un des piliers de l’associa- tion Lille-Makers. Depuis au moins les années 50, des hackers bidouillent dans leur garage, avec comme mots d’ordre détournement, récu- pération et recyclage. En pleine explosion de la so- ciété de consommation, la tendance est alors restée du domaine du hobby – une passion poursuivie indivi- duellement, ou avec un ré- seau très local.L’IDÉOLOGIE DU PRAGMATISMEDepuis 2005, plusieurs ma- nifestes ont été publiés ; cha- cun tente de définir ce qui constitue l’esprit maker. Une même conviction les anime : le modèle de l’industrie de masse et du pur consomma- teur n’est plus satisfaisant et n’est plus adapté au monde d’aujourd’hui. Et tous s’ac- cordent sur l’aspect essentiel et satisfaisant du faire : la ca- pacité à modifier, adapter, réparer et créer des objets est un facteur non seulement d’évolution les choses, mais aussi d’accomplissement de soi.Deux facteurs essentiels – et récents – ont permis l’explo- sion du mouvement, et justi- fié l’utilisation d’un nouveau surnom. Tout d’abord, la dé- mocratisation d’outils de production perfectionnés commandés numérique- ment, tels que des décou- peuses laser ou des fraiseuses pour produire des circuits imprimés. « Tout à coup, l’accès à une certaineL'imprimante 3D donne un coup de jeune à Gutenbergforme de production a été rendu possible au plus grand nombre », décrit Véronique Routin, directrice du déve- loppement de la Fing, unun bricoleur connecté. « Les gens ingénieux ont toujours existé ; la nouveauté, c’est que maintenant ils sont ingé- nieux ensemble », insiste Agnès Zevaco, responsable des partenariats institution- nels chez BNP Paribas et or- ganisatrice de l’exposition Wave sur l’ingéniosité col- lective, qui s’était tenue entechnologie », résume Jean- François Cauche. Les ma- kers sont d’incorrigibles technophiles, mais ils n’en sont pas prisonniers : il ne faut pas que l’objet devienne une boîte noire. « Il y a une différence entre savoir mani- puler un ordinateur et savoir comment et pourquoi il marche », continue-t-il. Faire, c’est comprendre, non pas grâce à des cours mais grâce à l’expérimentationLe mouvement est égale- ment nourri de concepts liés au développement durable, notamment s’opposant à l’obsolescence programmée. Réparer, c’est prolonger la vie des objets et réduire d’autant les déchets produits – et cela fait faire des écono- mies ; produire localement, c’est économiser sur le transport ; un discours parti- culièrement séduisant en temps de crise. De ce fait un produit maker doit pouvoir être ouvert, et ses caractéris- tiques connues pour que tous puissent apporter leur pierre à l’édifice.think tank dédié à l’innova- tion numérique.Et il est vrai que la commu- nauté makers frappe par son aspect hétérogène : jeunes,Imprimante 3DTête de gondoleElle est sans conteste l’un des objets phares de ces der- nières années. Les entreprises qui s’y sont lancées connais- sent des succès fulgurants (cf. l’histoire de Sculpteo dans EcoRéseau n°15), tous les industriels s’en équipent, et les médias sont séduits. Et grâce à sa capacité, même pour les modèles les plus simples, de pouvoir produire des objets personnalisables à coût abordable, même Monsieur Tout- le-monde est séduit (enfin il pourra avoir le buste de lui- même dont il avait toujours rêvé !). Pour autant, si elle a été érigée en symbole du mouvement des makers, ces der- niers sont loin de la considérer comme un élément-clé. Elle ne fait même pas partie des équipements requis pour ré- pondre à la définition d’un FabLab... En fait, son utilité en matière de production est encore limitée, même si le po- tentiel est énorme. Mais le réel atout de l’imprimante 3D pour le mouvement des makers est en fait justement sa popularité et sa capacité à saisir l’imagination du plus grand nombre. Venez pour l’imprimante 3D, et restez pourla découpeuse laser, en quelque sorte...seniors, geeks, familles, bricoleurs, on y rencontre un peu tout le monde. Mais ils sont tous des passionné, que ce soit d’électronique, de mécanique, de biolo-« En un sens, faire, c’est re- prendre le pouvoir sur laFaire, c’est reprendrele pouvoir sur la technologieEnfin, l’apprentissage et l’éducation sont le dernier volet essentiel de la pensée maker. On apprend des au- tres et on apprend aux autres, et surtout « c’est en faisant les choses qu’on apprend, explique Philippe Torres. C’est un processus pédago- gique particulier, qui fonc- tionne par itérations : c’est du bricolage dans le sens noble du terme. » Les étu- diants sont parmi les pre- miers utilisateurs et bénéficiaires du mouvement,gie... au point de posséder un niveau de compétence professionnel – ce qu’on désigne maintenant comme un « proam », un profes- sionnel amateur.octobre dernier à la Villette. Aujourd’hui, une bonne idée, un ordinateur et une connexion Internet suffisent pour lancer un projet à l’échelle de la planète.38FÉVRIER 2015Le deuxième facteur est le Web et sa capacité d’échange immédiat et gra- tuit d’information. Le ré- seau, et l’idée de partage, sont en effet au cœur de ce qu’est un maker. Il n’est pas qu’un bricoleur : c’estCe qui fait la richesse du mouvement, c’est l’innova- tion collective et le partage des connaissances, le mé- lange de Do-It-Youself (DIY, faire soi-même) et de Do-It-With-Others (DIWO, faire avec les autres). La di-]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frles universités ayant adopté avec enthousiasme le concept de FabLab – le lieu emblématique du mouve- ment maker.Lille par l’association Lille Véronique Routin. Et Inter- du jouet parlant aux drones. Makers. Si toutes ces salles net a apporté la réponse Malgré tout, il reste un pro- permettent aux makers de idéale à la problématique du blème de taille à résoudre s’exprimer, leur fonctionne- financement des produits de pour les auto-makers : pro-A la Une - Le phénomène Makers CLUB ENTREPRENDRELES BASTIONS FABLABSIls sont le fruit de l’imagina- tion d’une des stars du mou- vement, Neil Gershenfeld, professeur au MIT. Passant trop de temps à expliquer à ses élèves comment utiliser les machines du Center for Bits and Atoms de l’univer- sité – dédié à la recherche sur l’information et sa repré- sentation physique –, il crée un cours intitulé « Comment fabriquer (presque) n’im- porte quoi ». « Des étudiants de toutes origines se sont rués dessus, décrivait Neil Gershenfeld lors d’un TED Talk. Ils n’avaient pas né- cessairement de compé- tences techniques. Ils ont tous produit des réalisations invraisemblables, éton- nantes... Les étudiants ont détourné mes machines pour inventer la fabrication per- sonnelle. » Il décide alors d’équiper une salle avec du matériel et de la laisser à libre disposition, et la baptise FabLab, un raccourci de Fa- brication Laboratory. Aujourd’hui, il en existe plus d’une centaine à travers le monde, et plus encore de lieux qui ne portent pas ce nom mais servent le même but : hackerspaces, techs- hops, ou encore Maker Spaces, comme celui géré àUn FabLab est un laboratoire pour des entreprises qui sont à la recherche d’un nouveau modèle de travailment diffère selon la façon choisie de se financer. « L’objet du FabShop a tou- jours été de faire de la distri- bution, ce qui permet de financer la création et l’en- tretien des FabClubs », ex- plique Bertier Luyt, fondateur du FabShop et or- ganisateur de la Maker Faire française. Le premier Fab- Club s’ouvrira à Paris en fé- vrier : il faudra s’abonner pour pouvoir y accéder. Mais l’endroit est aussi conçu comme une pépinière entrepreneuriale. « Nous voulons créer un espace pour la création et l’innova- tion ; nous n’imposons pas de partage, si un entrepre- neur veut garder la confi- dentialité de son projet, il le peut », souligne Bertier Luyt.niches. Les sites de finance- ment participatif, comme Kickstarter aux Etats-Unis ou Ulule en France, sont des plateformes parfaitement adaptées pour trouver son marché, en tester la viabilité et débuter son financement. La rencontre entre finance- ment participatif et makers est la clé ayant déjà permis l’émergence de nombre de PME, dont certaines rem- portent de francs succès. Car on peut être un maker et un entrepreneur : il n’y a pas in- compatibilité entre répara- tion et création de valeur. Les objets élaborés par lesduire en moyenne série est encore très difficile. « On sait faire de la petite série et de la grande série, constate Fabien Eychenne*. Entre les deux,ilyaunvide.»Il existe quelques fabricants, en Chine notamment, mais l’arrivée de robots plus poly- valents dans les usines va augmenter la flexibilité.c’est la seule condition d’ac- cès–;Sebaluichoiside monter un FabLab en parte- nariat avec le Master IDEA, un partenariat qui lui permet de diversifier les sources d’idées, et d’y inclure ses partenaires (et ses clients). Ford, aux Etats-Unis, a choisi encore une troisième voie : ils ont ouvert des Techshops à Détroit, les ont mis à complète disposition du public et ont encouragé leurs employés à le fréquen- ter. Ils agissent un peu comme s’ils étaient eux- mêmes des makers, mais avec plus de moyens : ils ap- portent leurs expertise sur certains projets, demandent de l’aide à d’autres... Et les résultats sont là : le construc- teur a baissé ses coûts de R&D tout en augmentant le nombre de brevets déposés.LE MODÈLE DU LOGICIEL LIBRESi beaucoup de ces expé- riences rappellent celles du lo- giciel libre, ce n’est pas un hasard : les parallèles et pas- serelles entre les deux mouve- ments sont nombreux. En un sens, les makers sont des édi- teurs de produits libres : « Les projets s’appuient beaucoup sur des méthodes de gestion développées par le monde du logiciel libre », souligne Vé- ronique Routin. Innovation ouverte, collaboration entre pairs, prototypage rapide en mode « essai-erreur », docu- mentation ouverte des projets, partage de savoir-faire, com- munautés d’innovateurs, ma- nagement horizontal... Il s’agit des mêmes principes de création collective et de dis- ponibilité de la connaissance. Beaucoup de vocabulaire porte la trace de cette filia- tion – on parle par exempled’Open Source hardware. C’est l’une des raisons qui permettent de croire au po- tentiel réel de rupture ap- porté par l’esprit maker : les principes appliqués ont déjà fait leurs preuves – après tout, le logiciel libre nous a donné Internet et le Cloud computing.FINANCEMENT PARTICIPATIFCar passer de maker à entre- preneur est aujourd’hui plus facile que jamais. Pourtant, « pour la plupart, les objets conçus ne sont pas destinés à des marchés de grande consommation : ce sont des produits de niche », préciseL’INDUSTRIE SE MET AU DIWOLes résultats parfois specta- culaires obtenus par les te- nants du système D 2.0 – par exemple, Wikispeed, un pro- totype fonctionnel de voitureDe façon similaire, le fait que le logiciel libre ait trouvé sa place dans l’écosystème du numérique permet de penser que les pratiques des makers trouveront leur place dans celui de la production. Ils ne remplaceront pas tout : les contraintes de sécurité impo- sées à certaines industries rendent indispensables les process plus rigides de design et de production. « Comme le formulent certains, est-ce que vous monteriez dans un avion fabriqué par un maker ?, de- mande Fabien Eychenne. Vendre en kit un objet poten- tiellement dangereux engage la responsabilité de l’entre- prise, et elles ont quelques ré- ticences à s’engager dans cette voie. » Mais pour des objets et des problématiques plus ordinaires, le mouve- ment des makers semble être bien parti pour accomplir son but : changer, de façon dura- ble, le monde, en parvenant à faire mieux avec moins. « On peut imaginer que des mil- liers de petites entreprises ultra-connectées, équipées de machines puissantes et versa- tiles, pourront répondre loca- lement aux besoins de populations locales », décrit Bertier Luyt. Il n’y a pas be- soin de l’imaginer : c’est en train de se produire, mainte-ManifestationsLes makers s’exposentSi la première Maker Fair s’est tenue en 2006 aux Etats- Unis, il a fallu attendre 2013 pour voir arriver la première Maker Faire française, organisée à Saint-Malo, suivie d’une édition parisienne en juin 2014. Ce festival du « faire soi- même » a rencontré un succès considérable, attirant aussi bien des écoles que des particuliers, des associations ou encore des entreprises. Un témoignage vivant de la diver- sité du mouvement. La prochaine édition parisienne se tiendra en mai : l’occasion d’aller soi-même découvrir l’uni- vers des makers.Dans un autre genre, l’exposition Wave, organisée en oc- tobre dernier par BNP Paribas, a elle démontré l’aspect mondial des makers. Elle présentait une vingtaine de pro- jets, dépeints par des artistes, représentatifs de l’ingénio- sité collective, allant de l’éducation – rendre des MOOCs accessibles aux populations n’ayant pas Internet – à l’ac- cès à la production – un site Web permettant à tout un chacun de proposer ses concepts, et de mettre en produc- tion et en vente ceux qui séduisent la communauté.Makers, à vos outils !makers couvrent tous les types : de l’objet purement personnel – comme des pièces de Lego personnali- sées – à l’objet modulable en passant par ce qu’on pourrait décrire comme des objets-plateformes, qui ser- vent ensuite de brique de construction pour d’autres projets. Les plus connus sont certainement Maker- bot – l’imprimante 3D qui peut construire des impri- mantes 3D – et Arduino, des cartes électroniques en matériel libre (les plans et les outils sont sous licence Creative Commons) qui permettent de programmer à-peu-près n’importe quoi,à basse consommation déve- loppé en moins de trois mois par une équipe de passionnés – intéressent les entreprises, qui commencent à expéri- menter des façons d’intégrer leurs pratiques : « Un Fa- bLab est un laboratoire pour des entreprises qui sont à la recherche d’un nouveau mo- dèle de travail », estime Jean-François Cauche. Plu- sieurs grands noms français – Renault, Seb, Airbus... – se sont dotés d’espaces ins- pirés des FabLab, plus ou moins ouverts au monde ex- térieur. Les laboratoires créés par Renault, entière- ment en interne, sont réser- vés aux employés – mais.nant, sous nos yeux.(*) Auteur de "Fab Lab : l'avant- garde de la nouvelle révolution industrielle", éd. FYP, 2012Jean-Marie BenoistFÉVRIER 201539]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - Chefs d’entreprise humainement engagésComment vous êtes-vous lancé(e) dans l’aventure de l’entrepreneuriat ? PG : Je suis autodidacte, issu d’un milieu très modeste : mes parents étaient mar- chands de bestiaux. Enfant, à 12 ans, j’allais sur les mar- chés à Agen pour acheter du bétail. Quand mon fils, au- jourd’hui directeur général de GiFi, a eu quatre ans, j’ai ressenti le besoin de stabiliser mon activité professionnelle. Le premier magasin GiFi a été créé en septembre 1981 à Villeneuve-sur-Lot. Avantdébutant ou expérimenté. MM : Très jeune, à l’âge de 24 ans, j’ai dirigé et déve- loppé Primagaz en Espagne. Puis, j’ai dirigé une des plus grosses unités de Primagaz France. Après 15 ans d’expé- rience au top management, j’ai eu envie de vivre une ex- périence nouvelle. Convain- cue que le monde était en train de changer, j’avais l’idée de développer en par- tant de zéro, de créer quelque chose pour moi et non plus pour des tiers, et avec des gens qui en valaient la peine.solutions. Il est clair que moi le petit autodidacte de Ville- neuve-sur-Lot, je ne pensais pas me retrouver un jour à la tête d’un groupe de 4850 sa- lariés et 424 magasins. GiFi s’est bâti sur des étapes et des enjeux humains forts. J’ai eu la chance d’avoir su m’entou- rer de talents, de personnes qui m’ont apporté les compé- tences que je n’avais pas, no- tamment dans le domaine des finances. Quand on est auto- didacte, on ne sait qu’une seule chose : tous les jours, on a à apprendre des autres !l’état pur. Aujourd’hui, tous les voyants sont au vert. Mal- gré les crises et les doutes, il n’y a jamais eu de déborde- ment émotionnel violent. Cette capacité de gestionjours. Les notions de famille et de confiance ont toujours perduré... et sont restées in- tactes 33 ans après ! Au-delà d’un concept commercial, qui est celui du discount mo-à la réussite de GiFi mais également que chacun puisse « grandir », être accompagné pour progresser. Je suis très fier de tous ceux qui m’en- tourent car je sais d’où jeCréateurs de culture (d’entreprise)Dans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerDeux entrepreneurs au style différent, mais à la philosophie humaniste qui implique d’emblée les salariés, sans langue de bois ni comportements « Bisounours ». Myriam Maestroni, P-DG d’Economie d’Energie, qui insuffle les comportements RSE de ses salariés et Philippe Ginestet, P-DG de GiFi, dont la vidéo choc « J’aime ma boîte » a fait le buzz lors de la fête des entreprises (avec une chaîne de salariés de 1000 mètres sur un air de Manolo), sont convaincus que le bien-être des collaborateurs est la garantie du succès. Exagéré ? Pas tant que ça...Nous sommes fréquemment copiés, mais notre ADN est inimitable : l’énergie 2.0,et notre esprit d’entrepriseMyriam Maestronicela, j’ai commencé à tra- vailler très jeune, direction Paris car il y avait de nom- breuses agences d’intérim et je voulais trouver du travail rapidement. J’ai été balayeur, emballeur, j’ai posé des an- tennes, fait des marchés, puis je suis devenu représentant chez Electrolux. J’étais ven- deur d’aspirateurs en porte-à- porte. Plus je vendais, plus je gagnais, l’idée me plaisait beaucoup. Mais j’étais sou- vent viré car mes résultats commerciaux n’étaient pas à la hauteur. En 1976, une per- sonne m’a donné une se- conde chance et je suis devenu « numéro un des vendeurs ». Je n’oublierai ja- mais cette personne qui a cru en moi. J’en ai tiré cette leçon qui guide aujourd’hui ma vie d’homme et de pa- tron : savoir accompagner les autres, savoir donner sa chance à n’importe qui, qu’il soit jeune ou moins jeune,C’est ainsi que j’ai créé Éco- nomie d’Energie en 2011. Pour m’accompagner dans cette expérience, j’ai eu la chance d’être entourée d’une équipe d’une dizaine de per- sonnes, très enthousiastes et motivées. Elles m’ont donné la force, j’ai un profond res- pect pour elles. Je pense qu’il est plus facile de commencer de zéro plutôt que de réin- venter. Je ne l’ai pas fait sur un coup de tête : j’aimais l’idée d’avoir une vie alignée sur mes idées, mes propos, mes convictions. Le pari de me réinventer complétement, de sortir de ma zone de sécu- rité en quelque sorte, était un vrai défi personnel et profes- sionnel.Avez-vous été confronté(e) à des obstacles ?PG : Je ne parlerais pas d’obstacles à proprement par- ler car je suis de nature à pen- ser immédiatement auxMM : Nous sommes dans une société assez paradoxale : l’entrepreneuriat y est assez bien perçu. En même temps, je dois dire qu’on doit faire face à des dogmes sur le suc- cès. J’ai trouvé des personnes extraordinaires sur mon che- min, des personnes qui ont su faire la différence et m’ont poussée à yaller. Mais voussavez, noussommes nospropres enne- mis:oserades contreparties,qui sont la peur,l’angoisse, l’ap-préhension. Ai-je fait le bonchoix ? Pendant les trois pre- mières années, je me suis dit : je ne me pose pas de ques- tions ! Nous avons tous les clés de notre destin entre nos mains, le choix d’ouvrir la porte, ou pas. Créer c’est être confronté à l’humanité à40FÉVRIER 2015émotionnelle a été détermi- nante.Quelle est votre plus grande fierté ?PG : L’esprit de famille est au cœur de GiFi depuis tou-derne et des produits au bon prix, le modèle et le projet d’entreprise de GiFi s’ap- puient sur un sentiment d’ap- partenance très fort de tous les collaborateurs. Nous vou- lons que chacun soit associé© Benjamin Boccasviens, je sais que c’est grâce à eux que GiFi existe. L’amour qu’ils peuvent me transmettre et la fierté qu’ils ont à travailler pour l’en- seigne est une immense joie pour moi.Myriam Maestroni,46 ans, a créé Economie d’Energie en 2011. Cette start-up, en forte croissance, a créé plus de 100 emplois au cours des trois dernières années. Plus de 200000 foyers fran- çais ont profité des programmes « web-life-web » conçus et animés par Economie d’Energie pour rénover leur logement.]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frMM : L’aventure a démarré à dix. Aujourd’hui, nous sommes une entreprise de 100 personnes, avec une moyenne d’âge inférieure à 30 ans. La motivation initiale vient s’étayer d’une vraie fierté de pouvoir offrir un premier emploi à des jeunes. En 2004, il y a dix ans, quand je disais « on va aider nos clients à consommer moins », on me regardait très bizarre- ment. Nous avons jeté un pavé dans la mare. Alors, bien sûr, je ressens une im- mense fierté d’avoir reçu en 2014 le Trophée des Femmes en or pour mon engagement dans la sauvegarde de l’envi- ronnement ainsi que le Wo- men’s award-La Tribune dans la catégorie Green Bu- siness. Cette reconnaissance de mes pairs est éminem-l’entreprise. « Seul on va vite, ensemble on va plus loin » : j’aime cette devise. On ne peut pas parler d’intelligence collective et ramener les choses à soi.Etes-vous satisfait(e) de l’image véhiculée par l’entreprise ?PG : Oui, l’image de GiFi s’est construite dans le temps : les consommateurs recherchent des produits au meilleur prix. Nous leur avons envoyé des messages vrais, des promesses que l’on savait tenir. Aujourd’hui, les informations circulent rapi- dement, il faut plus que ja- mais parler et communiquer vrai au client. Car il se rend compte rapidement du contraire. J’ai une seule règle : le parler vrai ! Celasu positionner l’entreprise sur ce marché émergent mais il fallait tout inventer. Nous avons transformé des idées, qui ont donné lieu à l’écriture d’un livre*, en projets opéra- tionnels. Notre approche commerciale intègre les qua- tre dimensions décrites dans cet ouvrage, sur la base de nos propres expériences. C’est un travail de longue ha- leine, qui nous force à nous interroger en permanence car le monde bouge, très vite.Comment définiriez-vous votre style de management ?PG : GiFi est une entreprise très familiale. J’en suis le fondateur, ce qui ne m’em- pêche pas de connaître tous mes magasins. Chaque colla- borateur est une personne etchaque année des séminaires de motivation pour les res- ponsables de magasins à Me- gève, été comme hiver, car j’ai la chance d’y posséder un grand chalet. Là bas, je partage ma vie avec eux, pendant une semaine, par groupe de 45/50 personnes. Nous vivons ensemble, nous faisons du sport ensemble, ce qui me permet d’être proche d’eux et de les connaître. J’organise également de plus grands séminaires : une croi- sière avec 1000 salariés en Méditerranée il y a quatre ans, une semaine à l’île Mau- rice pour 450 d’entre eux quelques années avant... En 2012, j’ai organisé le concours « GiFi a du talent » pour permettre aux talents de l’entreprise de s’exprimer au travers d’un film de trois mi- nutes. Cette opération a été une réussite totale, jamais je n’aurais pensé recevoir au- tant de films. J’ai emmené les 72 gagnants au Maroc, nous avons réalisé une émis- sion de télévision, nous avons remis des Oscars. Au final, nous en avons réalisé un film de deux heures. Ce sont de magnifiques souve-beaucoup dans l’entreprise. Je les admire beaucoup car souvent, au-delà de leurs compétences et de leur sa- voir-faire, ce sont de vraies personnalités. Pour moi, le respect est la valeur numéro 1 : le respect des différences, le respect de l’autre au tra- vers des choses simples de la vie, du quotidien et le respect du travail bien fait. Vous savez, nous sommes fré- quemment copiés, mais il y a des choses incopiables : notre modèle, l’énergie 2.0, et notre esprit d’entreprise. C’est notre ADN !une énergie nouvelleMM : Malheureusement, nous sommes dans une so- ciété où domine la peur. La seule arme contre la peur, c’est le courage. Du courage découle l’audace, la créati- vité. En tant qu’individu, notre première mission est de cultiver le courage. Notre hu- manité nous pousse à être courageux, à savoir affronter nos angoisses, nos peurs, nos anxiétés. C’est pourquoi je pense que le mot « stress » est un vrai panier à salade. On rend un mauvais service aux gens en l’utilisant à tout bout de champ !Interview croisée - Chefs d’entreprise humainement engagés CLUB ENTREPRENDREQuelle est votre perception de l’échec ? PG : L’échec ne doit pas faire peur, au contraire, car c’est le début du succès. La France n’a pas la culture du succès, et c’est ce qui la téta- nise, ce qui l’empêche d’avancer ! Il faut savoir re-Résolument optimiste ?bondir sur l’échec. MM:Jedistoujours:«Le droit à l’erreur, c’est le droit à s’améliorer ». Il n’existe pas d’échec ou de succès en valeur absolue, il y a plutôt des étapes, qui font partie de notre développement person-PG : Oui, il faut l’être, tout en restant vigilant. Un entre- preneur doit être proactif, il doit savoir anticiper. Il faut redonner de l’espoir, aux jeunes notamment : savoir réaliser ses rêves, c’est à la portée de chacun ! Mon exemple en est la preuve. Je suis parti de rien et je serais infiniment heureux si ce message pouvait aider les jeunes et leur redonner es- poir.MM : Ah oui, et enthou-© Bernard Labordement symbolique et satisfai- sante. Je suis fière également de nos clients (Auchan, Car- refour, Rexel, Castorama, etc.) qui nous ont suivis, je les associe à la réussite devaut pour tout !MM : Cette entreprise est née de zéro, sur des idées. Bien sûr, nous avons bénéfi- cié d’un contexte réglemen- taire favorable, nous avonsje dois me donner à chacun d’entre eux. Je suis un patron heureux car mes collabora- teurs sont heureux. Ils savent pour quoi et pour qui ils s’in- vestissent. Ainsi, j’organisetrès humaniste de l’entre- prise : l’individu y joue un rôle essentiel, il doit être au- tonome et responsable. Je suis interpellée par certains jeunes qui ont une vraie envie de s’engager et de tra- vailler, et ceux-là se plaisent* « Comprendre le nouveau monde de l’énergie » - 2013Propos recueillis par Anne Diradourian61 ans, a pour objectif d’atteindre, en 2025, 1000 magasins et 10000 collaborateurs. Le groupe GiFi comptait en décembre 2014, 4800 collabora- teurs et 424 magasins (dont 36 en concession). L’enseigne, qui affiche un CA de 1,025 milliard d’euros en progression de 5%, souhaite poursuivre son expansion par le biais d’ouverture de points de vente en France et à l’étranger.Philippe Ginestet,teurs d’énergie.ments neufs. Il y a du boulot pour rénover ces logements. 60 millions de Français dési- rent aller mieux, aspirent à mieux se nourrir et à mieux vivre. Tout ce qui peut servir cet objectif peut être une base d’un bon business à dévelop- per. Allons-y !Je partage ma vie avec les responsables de magasins dans un chalet à Megève durant une semaine, été comme hiver Philippe Ginestetnirs pour tous, eux comme moi !MM : Je passe beaucoup de temps à me former sur le ma- nagement. Diriger, c’est libé- rer, telle est ma définition du leadership. Dans notre so- ciété actuelle, où les relations hiérarchiques disparaissent, le leadership fait partie inté- grante du management. L’es- sentiel de mon travail je lenel. Identifier l’échec en tant que tel permet de le com- prendre et de raisonner pour repartir sur de bonnes bases.Vous êtes un modèle de réussite. Comment aider les créateurs d’entreprise aujourd’hui ?PG : Les objectifs naissent toujours d’un rêve. Toute personne doit se demander à quoi elle a rêvé. Ensuite, le courage et la générosité sont déjà de bons ingrédients pour réussir. La France est un pays d’entrepreneurs, mais elle l’ignore ! Simpli- fier les lourdeurs adminis- tratives permettrait de libérer les audaces, de re- créer de l’enthousiasme et de la positivité. Il faut que nous osions dire ce qui ne fonctionne pas tout en met- tant en avant des choses po- sitives qui nous permettent d’avancer. Communiquons davantage, changeons nos façons de faire, impulsonssiaste ! Je suis une bonne élève de la psychologie posi- tive. Il est plus compliqué d’aller bien, de se battre, de cultiver cet état d’esprit posi- tif. Quand on a des idées, des rêves, il faut oser les mettre en place. Le courage, au risque de me répéter, est la base de tout ! Vous savez, il existe aujourd’hui en France 15 millions de logements six à neuf fois plus consomma-dédie à tout ce qui peut faire la différence en matière de lea- dership, c’est-à- dire comment créer de la va- leur à partir de l’intangible. J’ai une approcheque des loge-FÉVRIER 201541]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE En immersion - Hôtel des ventes aux enchères DrouotDans chaque numéro, un journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)AVANT L’OUVERTUREne sont pas encore ouvertes à ces publics.10h. Les portes de l’institution, rue Drouot, sont encore, pour une heure, fermées. Pourtant, on s’active déjà à l’intérieur du mythique hôtel des ventes. L’entrée se fait à quelques pas de là, rue de la Grange Batelière. Va et vient de camions, et de cartons. Matin et soir, c’est ici que sont déposés et embarqués marchandises et autres objets d’art. Le décor de cette zone de transit : béton et portes – rouges – de garage, ambiance dépôt ; pas exactement celle, feutrée, des 16 salles de ventes ouvertes au public, pourtant toutes proches. Dans l’une d’entre elles, ce jour-là : des œuvres d’art primitif ; masques, totems, lances, parchemins... Perché sur un escabeau, un technicien s’active, il ne reste que quelques dizaines de minutes avant l’arrivée du public. « Le commissaire nous a demandé de mettre les trois plus belles pièces en avant, explique-t-il. Nous réglons les lumières de façon à ce que celles-ci sautent tout de suite aux yeux des visiteurs. » Installer une exposition est un travail de mise en scène et de lumières avant tout. Qu’importe qu’elle ne se tienne qu’un jour et demi, tout doit être parfaitement réglé. Une question anime en permanence la dizaine de techniciens, et plus largement le personnel : comment valoriser les œuvres ? Lorsque les portes s’ouvriront, les visiteurs – collectionneurs ou amateurs, spécialistes ou touristes – pourront observer, admirer, toucher, ces objets d’art ; et, pourquoi pas, déjà proposer une enchère. Pour la vente, rendez-vous le lendemain en début d’après-midi.demandes bien spécifiques sont formulées : une salle entièrement tapissée de vert, par exemple. Tout est possible – moyennant finances, bien entendu. C’est par le prélèvement d’un pourcentage du prix d’adjudication sur les vendeurs que se rémunère ce professionnel des enchères. « A part les ventes judiciaires, qui constituent 10% de nos ventes environ, et sur lesquelles nous prenons 7%, tout est déréglementé », explique maître Ferri. A cela s’ajoutent les frais supplémentaires imputés aux acheteurs. « A Drouot, nous sommes tous aux alentours de 25% », indique maître Ferri. « Adjugée vendue » à 100 euros, cette jolie tasse en porcelaine – que vous aviez savamment repérée – vous reviendra ainsi à 125 euros. Ce jour- là, maître Ferri attend l’ouverture des portes de l’hôtel des ventes entouré de meubles. Au sol : des caisses pleines de vaisselle ; plus proche du vide-grenier que de la salle de musée. C’est une vente de succession qu’il s’apprête à diriger. « Nous avons vocation à accueillir toutes les ventes. Je fais une trentaine de ventes par an,Nous en connaissons bien 1500-2000, sur les 5000 qui passent tous les jours. Nous sommes des intermé- diaires, des passeurs, entre vendeurs et acheteurs. »Musée éphémèreafin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersDrouot, l’une des plus anciennes institutions de vente aux enchères publiques au monde, attire grands collectionneurs, amateurs et néophytes. Mais dans cette ruche les activités sont multiples, même quand les portes« Mais non je ne participais pas à la vente, je grattais le dos de mon voisin ! »de Drouot. 11h la veille d’une vente : où que vous soyez, vous pouvez visiter les expositions publiques. En 2013, ce sont 1500 visites de salles et 500000 photos qui ont ainsi été rendues accessibles sur Internet. Une telle offre s’inscrit dans une stratégie numérique chère à Drouot. Les ventes sont toutes, aujourd’hui, filmées. Derrière son ordinateur, n’importe qui peut ainsi participer à distance à des enchères publiques (DrouotLive). Dans la salle, lors de la vente, un professionnel se fait leur relais. « 50 % des adjudicataires sont étrangers,APPRENDRE À DROUOTLes portes sont à peine ouvertes que les visiteurs commencent à affluer, en masse. A contre-courant, un petit groupe quitte l’hôtel des ventes ; dans le calme de la matinée, ces étudiants ont eu le loisir d’observer, étudier, estimer, de nombreux objets. Car oui, Drouot, c’est aussi une formation professionnelle pour devenir consultant, explique Clémence de Joussineau, chargée de développement à Drouot Formation : « 9600 euros, pour une durée de neuf mois, à temps plein, suivie par 40 étudiants par an. Ils ont cours le matin à Drouot et l’après-midi, ils sont en visite sur le terrain : galeries, ateliers d’art, experts... Avant l’ouverture des portes, ils font des tours de salles, surtout au premier trimestre : le professeur, commissaire-priseur diplômé, ouvre les vitrines, leur fait toucher les objets, spécifier le style, dater, observer les indices, regarder les poinçons ; ils parlent prix, estimations... » Une manne intéressante de revenus pour Drouot ? « Pas du tout. C’est une formation qui coûte cher à mettre en place », nuance Clémence de Joussineau. Devenir une véritable institution cultu- relle, voilà aujourd’hui le défi du mythique hôtel des ventes, qui sont au nombreSonia DéchampsMême lieu, des chaises en plus.cela semble fonctionner :UNE PLACE POUR LE NUMÉRIQUEPasser d’une salle à l’autre, c’est passer d’un univers à l’autre : objets d’art primitif, photos, tableaux, meubles, montres... Il y a bien ici de quoi rêver, et jamais devant les mêmes objets. Une vente, une salle, deux jours ; et ça tourne ! Cela, grâce au travail des salariés de l’entreprise Chenue, chargés de la manutention des œuvres d’art, qui ont remplacé les mythiques Savoyards après une affaire de vol organisé en 2010. Avec 5000 visiteurs par jour, Drouot est ainsi une sorte de musée éphémère. Un musée qui se visite à Paris, mais aussi sur Internet. Deux photographes profitent de ce que le public n’a pas encore investi les lieux pour naviguer de salle en salle, appareils à la main. Objectif : offrir aux internautes une vue à 360° de toutes les expositions publiques. Pas de jaloux : la mise en ligne de cette visite virtuelle est raccord avec l’ouverture des porteser er le 1 semestre 2013 et le 1le montant total adjugé entresemestre 2014 a progressé de 45%. Plus haute transaction enregistrée : 360000 euros, pour un tableau de Serge Poliakoff, vendu en avril 2014. « Avec 800000 visites par mois sur ses différents sites, Drouot compte bien ne pas laisser passer le train du numérique », affirme le directeur.MAISON D’INTERMÉDIAIRES Mais à Drouot, ce sont bien des commissaires-priseurs en chair et en os qui dirigent,Installer une exposition est un travail de mise en scène et de lumières avant toutles nationalités les mieux avec un sens aigu de la ce qui n’est pas énorme. Nous représentées étant les Etats- théâtralité, les ventes aux sommes en contact avec les Unis, le Royaume-Uni, la enchères. Aujourd’hui, notaires, les particuliers... Suisse, la Chine et le Drouot travaille avec 72 Le plus compliqué, pour un Japon », explique le maisons de vente. Quand commissaire, ce n’est pas directeur Olivier Lange. un commissaire-priseur la vente, c’est de se faire Soucieux de se développer effectue une vente à Drouot, contacter, de se faire plus encore sur la toile, il loue à l’hôtel des ventes connaître, souffle maître Drouot propose également l’une de ses salles, et les Ferri, saluant dans la foulée des enchères exclusives à services afférant. Pour un visiteur moustachu, internet (DrouotOnline). Et certaines ventes, des visiblement un habitué.de 1500 par an..42FÉVRIER 2015]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frElectron libre - Frédéric Sausset CLUB ENTREPRENDRE Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise«Tweed a com- pris de suite, dès mon retourvement annoncé que rien ne serait plus comme avant. Ja- mais et définitivement.La suite lui appartient : « Présente à ce premier réveil, mon épouse, dans son sca- phandre stérile, m’apportait tout son amour, la première des thérapies mais, sur le coup, je n’ai rien compris car j’étais entubé, perfusé et sous l’emprise de forts calmants. C’était le 15 août 2012. J’ai tout appris en- suite : j’avais été clinique- ment mort deux fois après un coma. Les deux médecins consultés sur place, dans les Landes, avaient diagnostiqué une insolation, puis un vilain mal de dos dû au transport d’un sac trop chargé. L’égra- tignure s’était transformée en septicémie foudroyante. Seul moyen de survie : l’am- putation des quatre mem- bres-moteurs, car la gan- grène gagnait du terrain toutes les heures. J’ai de plus en plus de doutes sur les premiers diagnostics, croyez-moi ! J’ai demandé à mon épouse, qui ne pouvait pas me rendre visite plus de quinze minutes par jour, de m’apporter une grande photo d’elle et de nos deux filles (11 et 17 ans à l’époque). J’ai regardé ce cliché sans discontinuer. Il fallait que je me batte pour elles, sans sombrer. Ma famille et mesque j’avais imaginé, j’ai voulu reconduire. Depuis juillet 2013, c’est à dire un an après seulement, je peux me déplacer seul, et aller notamment dans les sept ma- gasins de prêt-à-porter (Blois, Vendôme et Château- dun), que nous gérons avec mon épouse. Et je suis ennage. Frédéric Sausset plai- sante : « Je lui ai laissé le créneau «natation», car on ne pouvait être deux sur le même type de compétition, avec le même handicap ». Lorsqu’il se tourne vers la compétition automobile avec l’objectif de courir au Mans en 2016, son entourage com-vrant l’épreuve ; être capable de performances dignes de figurer dans le panel des pi- lotes, car l’épreuve mancelle s’est considérablement pro- fessionnalisée et les perfor- mances y sont indispensables ; rassembler un budget pour satisfaire aux épreuves pré- cédant la plus mythiques desautomobile du Mans, en par- tenariat avec les principales écuries d’endurance fran- çaises, OAK Racing endu- rance et ORECA. L’engin est en cours de fabrication et de montage à Magny- Cours.La course en têteévolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelleMeurtri par un très grave accident de la vie, le Blésois Frédéric Sausset, gérant de boutiques de prêt-à-porter, s’est lancé un défi fou : participer aux 24 Heures du Mans en 2016.en février 2013, que rien ne serait plus comme avant. Qu’on ne se baladerait plus ensemble. Maligne, elle a saisi, même si elle accepte que je la gronde quand elle a fait une bêtise, que je ne pourrai plus lui courir après. Elle en profite. » La chienne, berger australien, près de son maître assis dans son fauteuil, veille discrètement à sa sé- curité en jetant un œil concen- tré vers l’intrus. Blésois de naissance, Frédéric Sausset, 46 ans en février, vient de descendre de son véhicule, un fourgon en partie aménagé à l’aide d’accessoires dont il a eu l’inspiration. Car les idées ne manquent pas dans la tête de ce Geo Trouvetou qui a perdu bras et jambes après une septicémie fou- droyante en juillet 2012, juste après une simple égratignure, en pleines vacances landaises.« Les grands pilotes valides me suivent et m’encouragent. Je suis surpris de les voir séduits par le projet SRT 41* que j’ai créé. Sébastien Loeb est venu me voir tourner au Mans. Mon épouse et nos filles aussi. Elles étaient heu- reuses pour moi. Tout n’était donc pas perdu. Maintenant, je recherche des partenaires et/ou des sponsors pour m’ai- der à mener mon rêve fou jusqu’à son terme. Une as- sociation est en cours de fi- nition, en relation avec l’ad- ministration fiscale, pour pouvoir recevoir des dons défiscalisables. Je pourrai prouver que la force de réus- sir mon projet permettra aux bien-portants d’avoir un au- tre regard sur le handicap. Valide, je pratiquais le foo- ting, le VTT, le hand, l’athlé- tisme, le ski et bien d’autres sports. Je n’avais jamais pensé à la compétition au- tomobile de haut niveau. Je peux y réussir avec l’aide de bonnes volontés si elles veulent bien me suivre. » Le défi est lancé !« J’ai parcouru près de 50000 km depuis que j’ai pu reprendre le volant. C’est différent des émotions res- senties avec ma sportive de l’époque, mais ça m’a rendu une partie de mon autonomie et ça me permet de préparer au mieux les 24 Heures du Mans. » Car en juin 2016, Frédéric Sausset s’élancera pour la course mythique au volant d’un prototype LMP2, dans des conditions iden- tiques à celles des pilotes professionnels.Frédéric Sausset à côté d’une Audi aménagée, sur le circuit des 24 Heures du MansSORTIE DE PISTECe Géo Trouvetou a aménagé sa voiture avec des accessoires de son cruDERNIÈRE LIGNE DROITE2015 pointe déjà le bout de son nez et une autre course a commencé pour trouver plusieurs millions d’euros afin de participer aux sept épreuves V2V en Europe (Dijon, Le Castelet, Barce- lone, Portugal, Italie...). Ce sera au volant d’une Ligier équipée de tout un système mis au point par Frédéric Sausset lui-même, avec des spécialistes de l’ingénierie.Car, même s’il sait que la route sera longue, le pilote n’a que ce but, en cible et ligne de mire. Une route dont le dynamique quadra a déjà parcouru plusieurs étapes de- puis son réveil à Tours quand, après un long coma, il a vu apparaître quatre médecins « masqués » dans le cadre éblouissant du plafond blanc de sa chambre d’hôpital sté- rile. Les toubibs lui ont gra-très proches amis de toujours pas encore en vigueur et ne dossier « pas simple ». m’ont accompagné dans « l’est toujours pas, d’ailleurs. Le Blésois rencontre ensuite ma reconstruction ». Grâce Comme j’avais aussi vu le les cadres de l’Automobile au contrat de protection fa- film «Intouchables» qui club de l’Ouest (ACO) au miliale souscrit auprès de m’avait frappé... » Mans. Vincent Beaumesnil, ma compagnie d’assurances son directeur sportif, ne fermetions...AXA, j’ai pu préparer mon retour à domicile en équipant celui-ci ainsi que mon véhi- cule. Dès mes premiers tests de conduite sur le parking de mon entreprise avec le véhicule équipé du systèmeNOUVEAU DÉPARTpaslaporte:«Cenesera pas facile, je ne vous le cache pas, mais je ne dis pas non, de suite ». Avant d’énoncer trois conditions : obtenir l’ac- cord du reste du bureau de l’ACO et des médecins cou-contact permanent par In- ternet et/ou téléphone avec leurs responsables. Comme si j’avais eu un pressentiment, je les avais tous équipés en accès par/pour des handi- capés, alors que la loi n’étaitmence par croire à une lubie passagère. Nenni. Contacté, le pilote régional Christophe Tinseau, 11 participations au Mans, qui est aussi un proche, s’exclame « Ah, la vache ! » avant de se pencher sur cecourses automobiles du monde.Les premiers essais au Mans sur une Audi spécialement aménagée ont permis au néo- pilote de signer un tour en 2,04 minutes. Un rythme loin d’être ridicule face aux 2,02 de celui qui sera son copilote, Christophe Tinseau.Un dernier mot ? « Le han- dicap me permet un luxe in- croyable que j’utilise volon- tiers : c’est de dire aux cons qu’ils le sont, et, parfois, cela fait du bien ! » Trouvant que l’entretien tire en lon- gueur, Tweed nous fait com- prendre qu’il faut stopper l’interview. Avant de devenir trop con dans nos ques-Par la suite, il sympathise avec le nageur Philippe Crou- zon, qui a réussi l’exploit en 2010 d’être le premier am- puté des quatre membres à traverser la Manche à laRichard Ode*Sausset Racing Team 41 - 41000 Villebarou ou www.srt41.comFÉVRIER 201543]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Christian Barqui, président de l’APM, Dg. de Florette FranceApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique, qui retraceLa barakaune sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenirD Licenciement d’un grand groupe agroalimentaire, échec entrepreneurial cuisant... de bonnes nouvelles pour Christian Barqui, aujourd’hui DG de Florette France, intervenant à l’EM Lyon.eux grandes étapes faut que je rebondisse tout créées, seules trois sont détiennent 9% de parts de esprit. « Une amie voulait millions d’euros, « en ont marqué sa vie de suite. » Seulement le toujours en vie cinq ans marché. partir avec moi quand capital, compte courant et professionnelle. secteur de la salade en plus tard, je valide avec ma j’étais encore propriétaire trous bouchés ».Un licenciement, sachet est un marché déjà femme que si je me plante, LA CRISE EN PLEINE de l’entreprise de Mâcon.REDRESSER« choquant dans la forme », et la liquidation judiciaire d’une ambitieuse entreprise de restauration. « C’était une idée de riche, une idée de con ».bien verrouillé. « Je m’attaquais à du lourd, analyse Christian Barqui. Le marché était détenu par quatre acteurs dont le plus petit était Bonduelle, qui au début des années 2000, réalise environ 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Pour me positionner, je devais passer par un ticketjesuisauRSAàvie.» Banco. L’épisode de la violence de son licenciement par les dirigeants de Bonduelle a laissé des traces chez ses anciens collabo- rateurs. Il fait son marché et récupère des compétences pour lancer 4G Vert désir (4G comme ses quatre garçons) à Mâcon. Il créeFIGUREJe l’informe rapidement que je veux vendre mon entreprise. Ce projet de restaurant dépendra de la vente. » 4G Vert désir vendue, un restaurant ne suffit pas à combler le boulimique de projets. « Je pars d’emblée sur une chaîne de restaurants avec huit ouvertures en huit moisEn janvier 2001 à 41 ans, Christian Barqui est débarqué de chez Bonduelle en une heure, juste avant un comité de direction de bonne année... « Salade Minutes, l’entreprise implantée à Genas que je dirigeais et dont j’avais multiplié le chiffre d’affaires par 20 en dix ans, avait été rachetée par Bonduelle, se souvient-il. Qui a choisi de me licencier après cinq années passées à contribuer au développement de la branche frais. Je sentais qu’humainement je n’étais pas en phase avec la direction, mais la forme a été aussi violente pour moi que pour mes équipes. » Peu préparé à un tel vide, le quadra qui ne vit que pour et par les projets fait un bilan de milieu de vie. « Mon père me prônait l’indépendance, évoque le diplômé de Sup de Co Amiens dont la carrière l’a aussi amené chez Procter & Gamble. Mes parents sont artisans tapissiers. Ils ont toujours travaillé tous les deux avec un apprenti. Je me suis alors posé la question de reprendre un job salarié. Pourquoi ? Dépendre d’une personne qui décidera de ma vie professionnelle selon ses lubies ? Non. Il fallait que je crée ma boite dans le secteur que je connaissais le mieux : la salade en sachet. »« C’était à cette époque qu’il fallait vendre. J’ai eu le nez creux de céder mon entreprise en avril 2007, juste avant la crise. » Christian Barqui répond aux avances du groupe d’origine islandaise Bakkavör, déjà propriétaire du concurrent Cinquième saison. « C’était« Mon beau-père, pied-noir, me dit un jour « Christian, tu as de la chance, tu t’en sortiras. Ton nom le dit. Barqui, c’est la baraka, la chance ! » Et c’est vrai qu’une fois de plus, je considère que j’ai eu beaucoup de chance. » Le P-DG de Bakkavör est licencié en 2011. Ses anciens cadres de 4G Vert désir, pour lesquels il avait négocié des golden parachutes leur permettant de rester dans l’entreprise pendant au moins trois ans, glissent son nom pour reprendre la direction de la filiale française, qui subit la crise. « Ils m’ont appelé pour redresser l’affaire qui allait mal. Je demande à avoir les coudés franches et mon indépen- dance pour opérer le redressement. » Barqui is back dans le secteur de la salade en sachet. Alors que le marché est en pleine réorganisation, il est approché par Florette qui veut racheter Bakkavör. Christian Barqui mène les négociations pour aboutir à la cession en 2012. Il est aujourd’hui directeur général de Florette France. L’entrepreneur vient d’être élu président national de l’APM, l’Association progrès du management, et intervient régulièrement à EM Lyon pour raconter son histoire etTICKET D’ENTRÉE À 5 MILLIONSAprès son licenciement la réflexion est rapide. « Ilpersonnelle et mettre ma résidence principale dans la balance. Au regard des statistiques qui précisent que sur dix entreprisescréation de l’entreprise, 4G Vert désir réalise 26 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie 180 personnes. Ses salades en sachetprojets voit grand. Tout de suite. Une idée de création de restaurants de salades à l’effigie de 4G Vert désir trottait dans un coin de sonStéphanie Polette« Bon c’est parfait... Le futur ne peut être que plus radieux »d’entrée à 5 millionsd’euros. » A l’époque, lemarché financier permettaitde mettre 1 million et d’enlever 4. « Mais je devaisapporter 50% de caution 2006, cinq ans après la bêtise. » Le boulimique deen région lyonnaise. Je rachète un traiteur en septembre 2008. Et je me prends la crise en pleine figure. » Confiant et doté de moyens financiers, trop certainement, Christian Barqui ne connaît pourtant rien au métier de la restauration. « Je découvre qu’il existe un réel business parallèle de la part des collaborateurs. En plus de la crise, les restaurants ne sont pas viables. » Il arrête l’aventure en décembre 2010 après avoir perdu, personnellement, quelque 2des usines, sécurise ses approvisionnements, fait fonctionner son réseau et prend des parts de marché sur la salade 4e gamme. Enrience.Barqui is back dans le secteur de la salade en sachetpartager son expé.« J’aimerais que le bon peuple français comprenne que les patrons prennent des risques au quotidien pour le collectif, pas seulement pour eux, en jouant souvent avec leur propre vie et leur famille. » La chance sourirait- elle aux audacieux ?génial pour moi de vendre au bon moment ! J’étais confortable au niveau financier et c’est à ce moment que j’ai commis la44FÉVRIER 2015]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frProspective - Jobs en France en 2050 CLUB ENTREPRENDRE Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,Métiers d’avenirpuis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésAPôle Emploi existera-t-il encore en 2050 ? Le travail sera-t-il épanouissant ? Numérique, environnement, vieillissement de la population et évolutions technologiques auront en tout cas tout révolutionné.ssis derrière son pu- négatif. Parfois il propose des de bras pré-tatoués, et lance pitre de contrôle à contreparties financières, la commercialisation d’un l’accueil du FabLab comme lorsque l’avatar d’un casque solaire pour la re-du boulevard Chirac, José- de ses clients avait cyber- pousse des cheveux... il seRaoul profite des dernières minutes de calme avant le gros rush de 9 heures. Sur sa tablette, il consulte un cyber- ouvrage-vidéo consacré aux « métiers d’autrefois » au- jourd’hui disparus. Ici un té- lémarketeur (un job désormais automatisé), casque sur les oreilles, du sourire commer- cial plein la voix. Là une caissière, lasse, bipant mé- caniquement salades et pa- quets de lessive. Là, encore, un facteur sur son vélo, pé- dalant de porte en porte – ceux-ci n’ont pas encore to- talement disparu, mais la dé- matérialisation et la livraison du courrier par drones postaux leur ont porté un sacré coup...9h01. Les premiers clients s’enregistrent avec leurs smartglasses et foncent vers les imprimantes 3D profes- sionnelles. C’est, depuis quelques années, la grosse tendance : chacun se lance dans l’entrepreneuriat. Beau- coup avaient perdu leur em- ploi lors de la vague d’auto- matisation robotique de 2022.« Observateur du réchauffement climatique... Maman sera fière de moi »Banquiers, ouvriers, pharma- ciens, chauffeurs de taxi, tra- ders, journalistes... s’étaient ainsi retrouvés sur la paille. Le gouvernement avait alors lancé un immense plan de formation pour ces nouveaux chômeurs. L’objectif ? Dé- velopper leurs talents, leurs envies et leur insuffler le goût de l’entrepreneuriat.Comme ses amis, José-Raoul a su en profiter. Ancien laveur de carreaux – un métier dés- ormais obsolète, les nouvellesfrappé une autre joueuse. Celle-ci l’avait traité de fai- néant car il lui avait confié n’avoir que deux professions.Enfin, il assure dans le cadre de son immeuble l’activité de coach en décrochage. Le principe est simple : apprendre aux autres à « ralentir », à calmer leur dépendance tech- nologique – les hôpitaux n’ont plus de place pour les indivi- dus ayant perdu les pédales suite à une panne de leur drone d’intérieur – à ne pas avoir trop de projets à la fois. Lui-même a du mal à limiter les siens et à s’en tenir à ses trios activités – alors quanddit que quelques mois de chô- mage ne seraient pas de trop pour que certains prennent un peu de recul. Et qu’il a bien fait de refuser ce poste de responsable de la parta- geothèque de son immeuble, cet espace où les voisins se prêtent voitures et appareils électro-ménagers.Midi approche... Vu l’af- fluence et sa triple-casquette, il n’aura encore pas le temps d’aller déguster son burger végétarien préféré au McBio- nald’s du quartier avec son ami Karim-Gustave, jardinier de façades d’immeubles, créa- teur d’applications pourjour sur des jeux sociaux col- laboratifs, les dérapages sont fréquents et les conséquencesvitres étant auto-nettoyantes– il a désormais trois activités.Chaque Français exerce si-multanément, en moyenne, peuvent être désastreuses. il voit que son voisin de paliersmartcars ap.nois pour développer une ac- tivité de guide touristique es- tival. Tant pis, il se fera livrer une pizza par drone. Quand il pense qu’il y a encore quelques dizaines d’années, ce service était effectué par des humains sur des scooters thermiques...3,6 métiers. En même tempsJosé-Raoul, via son avatarest à la fois concepteur d’ali-prenant le chi-Il faut montrer que l'on peut très bien créer son propre métiercaments de régime, dévelop- peur de capteurs pour détecter les risques d’obésité chez le nourrisson, qu’il planche sur un projet d’impression 3Dqu’il gère l’accueil et la sur- sur ces réseaux, sert de mé-veillance du FabLab,restaurateur d’e-réputation. joueurs s’estimant offensés.il est diateur entre ses clients et lesLes Français passantmoyenne quatre heures par pour éviter un bouche-à-oreilleen Il parlemente, nuance, tempèreJulien FournierInterview d'Anne-Caroline Paucot, membre du groupement d'entrepreneurs Les Propulseurset auteur du « Dico des métiers de demain »« Nous aurons dix ou quinze métiers dans une vie, parfois plusieurs en parallèle »La notion de métier telle que nous l'entendons au- jourd'hui aura-t-elle encore un sens dans le futur ? Cette notion un peu rigide va exploser. Aujourd'hui, on suit des études, acquiert des compétences puis exerce un métier. Demain, on se réinventera en permanence : on aura des compétences qui vont s'agréger de plus en plus et, à un moment donné, on se par- tagera entre plusieurs activités. On le voit déjà avec le dévelop- pement des doubles ou triples cursus. Nous aurons sans doute successivement dix ou quinze métiers, parfois même plusieurs en parallèle. Ce modèle du double métier simultané existe déjà etva se répandre.Le Département américain du Travail estime que « 65% des écoliers d'aujourd'hui pratiqueront, une fois diplômés, des métiers qui n'ont même pas en-core été inventés ». Autour de quels axes vont se créer ces nouveaux métiers ?Le premier, évidemment, est le numérique, qui est en train de revi- siter 100% des métiers. Les plus traditionnels vont être revisités si profondément qu'ils disparaîtront. Coiffeur par exemple. A partir du moment où l'on fera une recherche de coiffure avec la réalité augmentée et qu'un robot va effectuer la coupe, parlera-t-on encore de coiffeur ? Même chose pour les agriculteurs lorsque le tracteur fera le travail tout seul à partir de données numériques... Il sera un ageekulteur ! Il faut aussi parler du nouvel or noir, la data. C'est un domaine à explorer totalement car hier cela n'existait pas.Tous les métiers autour de l'exploitation de cette « ressource » vont se dé- velopper. Parmi les autres axes, on trouve l'environnement, le vieil- lissement de la population, la santé (car nous allons passer du curatif au préventif), l'économie collaborative, l'impression 3D... Lasociété va être profondément transformée.L'automatisation va faire disparaître de nombreux métiers. L'entrepreneuriat sera-t-il une nouvelle voie à explorer ?Oui, c'est un axe essentiel. Que chacun puisse créer son petit bu- siness et le faire évoluer. Mais le mot fait encore peur. Il faut sim- plifier le rapport à cette notion, gagner en souplesse. Il est pour cela important de l'intégrer davantage dans les écoles et les uni- versités, en favorisant le développement de projets personnels plutôt que l'acquisition de connaissances que l'on trouve partout. Cela devrait être une des bases, même en primaire, pour déve- lopper l'agilité de l'esprit. Il y a tellement de choses possibles, de voies qui sont en train de s'ouvrir. Il faut montrer que l'on peuttrès bien créer son propre métier.FÉVRIER 201545]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Statut d’étudiant-entrepreneurLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel. D'où cette rubrique qui explore de manière très pratiqueLa fabrique à Zuckerbergsl'une des phases de l'entrepreneuriat.MAlors que le chômage des jeunes dépasse 20%, le gouvernement veut inciter les étudiants à créer leur boîte dès les bancsde l’école. C’est le sens du statut d’étudiant-entrepreneur, en place depuis quelques semaines.ark Zuckerberg a ont été élevés dans une culture afin de mesurer leur motiva- effet de levier. » Quelques créé Facebook sur du salariat. Des freins culturels tion, leur ambition et le réa- voix se sont déjà élevées, les bancs d’Har- et personnels faisaient de lisme de leur projet. En com- comme celle des « Moi-vard, la célèbre Université du l’échec un impossible. La plément de leur formation neaux », contre l’insuffisanceNord-Est des Etats-Unis. Ser- gueï Brin et Larry Page se sont rencontrés sur les bancs de Stanford, où ils ont lancé Google. Malgré le Social Net- work de David Fincher, la fi- gure américaine de l’étudiant- entrepreneur n’a pas encore traversé l’Atlantique. Selon l’Agence pour la création d’en- treprise (APCE), 10% des étu- diants américains qui en ont l’envie franchissent le pas de la création d’entreprise, contre seulement 3% des 600000 étudiants français qui aime- raient se lancer. Alors que le chômage des jeunes dépasse 20%, le gouvernement veut inciter les étudiants à créer leur emploi plutôt que de s’épuiser à en chercher un. Ainsi, fin 2013, il a mis en place les Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITEs), des socles sur lesquels le statut national étudiant-entrepreneur, officialisé fin septembre, doit s’ancrer pour permettre à la nouvelle génération de créer sans crainte... et sans atten- dre.contrainte du marché a donné à la nouvelle génération un état d’esprit différent : elle ose entreprendre, et entre- prendre autrement. » Odette Baldaïa, quadra, livre un avis tranché sur ses camarades de promo. Cette future consultante en risque psycho-sociaux, ins- crite au Pôle Entrepreneuriat Étudiant de Lorraine, pointe l’un des facteurs les plus pré- cieux qui pourrait faire éclore les « Mark Zuckerberg, Larry Page ou Steve Jobs » made in France, nouvelle rengaine de nos politiques. On n’y est pas encore, mais on paierait pour voir. Geneviève Fioraso, la secrétaire d’Etat à l’Enseigne- ment supérieur et à la Re- cherche, a fixé l’objectif en septembre dernier : « 20000 jeunes créeront ou reprendront une entreprise d’ici 2017 ».-Mark?-Présent!-Sergey?-Présent!-Larry?-Présent!principale, les candidats retenus bénéficieront d’aménagements de cursus et d’une modulation de leurs horaires. Ils pourront consacrer la durée de leur stage de fin d’études à peau- finer leur projet et auront accès à des espaces de co-working. En outre, ils bénéficieront de la prolongation des avantages liés au statut étudiant en termes de couverture sociale, de tarifs préférentiels dans les trans- ports... « 400 statuts ont été accordés en quelques se- maines, ça va vite, n’en dé- plaise aux sceptiques, analyse Jean-Pierre Boissin. Faisonsdu statut. Ce collectif de jeunes entrepreneurs a alerté notam- ment sur la prise en compte des crédits ECTS (les succes- seurs des unités de valeurs, ou UV), réclamé l’exonération des charges sociales la pre- mière année, la prolongation des prêts étudiants afin de se verser un salaire sans attendre plusieurs mois et insisté sur la clarification du cumul des cotisations sécurité sociale étu- diante / caisse de prévoyance / URSSAF. Reste que les PEPITEs sont bel et bien au travail. Pour certains, le lear- ning by doing y est même déjà engagé depuis plusieurs années sous d’autres entités.Jean-Pierre Boissin, désigné « Monsieur statut étudiant- entrepreneur » en tant que coordinateur national. Celui qui est aussi le président defrir des équivalences pour les jeunes créateurs. Une sorte de statut de sportif de haut niveau adapté à l’entrepre- neuriat. On ne protège pasLe gouvernement veut inciter les étudiants à créer leur emploiFAVORISER L’INTRAPRENEURIAT Sylvie Sammut dirige le PEPITE du Languedoc-Rous- sillon depuis trois ans : « Nous avons mis en place un D2E depuis ce mois de janvier après un recrutement le 5 dé- cembre, explique cet ensei- gnant-chercheur spécialiste de l’entrepreneuriat à Montpellier 1. Les étudiants sont inscrits dans l’un des neuf établisse-« Les gens de ma générationSPORTIFS DE HAUT NIVEAU...Reste à mettre du contenu dans ce cadre administratif. « Etant fonctionnaire, mon contrat de travail est de 40 ans, alors je dois montrer que nous sommes actifs !, souritl’Académie de l’Entrepreneu- riat et de l’Innovation, qui a forgé son expérience comme professeur à l’IAE Grenoble, se félicite de voir « un État acteur qui s’investit. C’est un message fort aux étudiants, aux chefs d’entreprise et aux parents. L’idée centrale est de donner des avantages, d’of-du risque, mais on les aide dans leur formation et on les accompagne. » En pratique, l’Etat a mis en place en 2013 29 PEPITEs, soit un par aca- démie. Fin 2014, les comités de sélection de 20 de ces PEPITEs ont auditionné plus de 500 candidats au Diplôme d’étudiant entrepreneur (D2E),la démonstration de la de- mande ! Et appliquons à nous– mêmes ce que l’on demande à ces jeunes : oser ! Il faut que les universités soient intelli- gentes et aillent dans le sens de lieux inter-établissements. Ayons une vision large de l’acte entrepreneurial. En sou- haitant que la réussite fasseJ’aime ma boîteJse développer avec une volonté d’éthique. Et si les administrations et les donneurs d’ordre aimaient mieux leurs fournisseurs ?!Nous observons depuis plusieurs années le développement de struc- tures « cost killer » n’ayant aucune connaissance du secteur sur lequel elles s’attèlent (nettoyage, trans- port, sécurité, etc.) et imposant aux prestataires de réduire leurs prix. Ma boîte Assistance Pharma Presto est spécialisée dans le trans- port de sang où les procédures sontJ’aime ma boite et mes clients mais je veux qu’on la respectechronique parrainéee vis au quotidien des situa- tions qui vont finir par tuer les PME qui veulent continuer ànombreuses et doivent être respec- tées scrupuleusement pour ne pas altérer le produit.Nous sommes confrontés depuis quelques années à un phénomène très inquiétant sur l’analyse des dossiers d’appel d’offre. Le fac- teur prix est valorisé à hauteur de 60 voire 70% et la qualité/sécurité de la prestation pour 40 voir 30%. Pourtant même sur ce secteur sen- sible le prix le moins disant est re- tenu au mépris de la qualité !nisation basée sur la sous-trai- tance. Il n’y a plus de scrupules à faire prendre tous les risques aux sous-traitants et à leurs salariés : on externalise le risque social. La paupérisation du secteur s’accélère et le pire est que les donneurs d’or- dre sont souvent des hôpitaux ou des entreprises de l’Etat ! L’abîme entre le discours politique et la réalité du terrain se creuse.Frédéric Peyre PDG d’Assistance Pharma Prestopar Sophie de MenthonPrésidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESELe monde du transport est un uni- vers où les marges sont déjà très faibles, et beaucoup d’acteurs sous pression s’orientent vers une orga-46FÉVRIER 2015Œ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Statut d’étudiant-entrepreneurments partenaires : Montpellier 1 et 2 (qui viennent d’ailleurs de fusionner, NDLR) Mont- pellier 3, les Universités de Nîmes et Perpignan, ainsi que quatre écoles : les Mines d’Alès, Montpellier Business School, l’École Supérieure de Chimie et Montpellier Sup Agro. 29 étudiants suivront la première session. Nous avons choisi de ne pas concurrencer l’offre de cours existante, mais plutôt de miser sur un ac- compagnement au cas par cas, au plus près des étudiants. » Ils bénéficieront ici notam- ment de la qualité du Business and Innovation Center, pion- nier des incubateurs techno- logiques en France et en Eu- rope, qui figure au 4e rang mondial du genre* ainsi que du Laboratoire d’Excellence d’Entreprendre (Labex de Montpellier). « L’étudiant consacre le plus de temps pos- sible à son projet tout en me- nant des études en parallèle, poursuit Sylvie Sammut. Cela signifie qu’il faut aussi convaincre qu’il n’a pas à chercher un stage. Et ce n’est pas forcément facile, d’autant que le D2E est transversal,puisqu’il s’adresse aux pre- mières années de licence jusqu’aux doctorants. » Des étudiants chouchoutés pour qu’ils se lancent, et apprennent, quelle que soit l’issue. « J’invite les entreprises à contribuer au développement de cette idée nouvelle sur l’entrepre- neuriat. En participant à des tables rondes, en témoignant, en tant que chef d’entreprise, sur les différentes étapes d’un parcours, mais aussi, soyons clairs, financièrement. Parce que je suis convaincue que, si le retour sur investissement n’est pas immédiat, plus nous aurons d’étudiants entrepre-la mise en place officielle des PEPITEs.up sans ce statut, mais c’est l’assurance d’avoir une cou- verture sociale sans avoir à s’inscrire dans une formation fantôme. Le bénéfice pour nous, c’est aussi de pouvoir rencontrer des étudiants qui ont aussi un projet. » L’espace de co-working est-il détermi- nant pour cette génération no- made ? « Il est disponible, mais nous ne l’utilisons pas puisque nous avons déjà nos locaux dans un incubateur. Nous ne suivons pas de cours non plus. En revanche, les rencontres avec d’autres étu- diants qui ont leurs problé- matiques et leurs solutionsles projets de ces aspirants- Zuckerberg tournent en grande partie autour des outils numé- riques et des applications pour smartphones. Peut-être en rai- son du faible apport capitalis- tique nécessaire, mais pas seu- lement:«Ilyaaussidespro- jets sociaux, solidaires, pas forcément dans l’optique de faire de l’argent. Je rencontre surtout des jeunes qui sont dans une logique de création d’entreprise, quelle qu’elle soit, témoigne Georges Weil, di- recteur du PEPITE oZer de Grenoble, créé en 2002 avec la maison de l’entrepreneuriat étudiant. Ils ont un rapport différent à la vénalité, ils intè- grent aussi que les entrepre- neurs ne sont pas les plus di- plômés, qu’il faut d’abord oser et qu’on apprend en marchant, poursuit ce professeur de mé- decine, lui-même lauréat du Prix entrepreneuriat en 2004 pour une entreprise créée en 1999 et qui a connu une hyper croissance. La maturité des projets qui nous ont été soumis varie. Mais certains sont déjà très avancés, avec des études de marché, des contact à l’in- ternational ou même déjà en pré-incubation. »associatifs de financement (Entreprendre, Initiative France, France Active...), et peut-être de la possibilité d’in- tégrer le D2E à n’importe quel moment de l’année – « parce qu’il n’y a pas de saison pour entreprendre », rappelle Georges Weil. Dans le même temps, il faudra aussi convain- cre les entreprises d’investir dans les PEPITEs. Vite, même, car le robinet État-Caisse des Dépôts va se fermer dès 2017. « Les financements courent seulement sur deux ans, de l’ordre de 130000€ pour deux ans pour un budget annuel de 280000€ pour notre PE- PITE, explique Sylvie Sam- mut. Nous avons signé un partenariat symbolique avec la Banque Populaire du Sud, mais il faudra des moyens fi- nanciers. À nous de montrer que nous sommes aussi des entrepreneurs ! »REPENSER L’ÉCHEC700 kilomètres plus au nord, les 55000 étudiants de l’Uni- versité de Lorraine répartis à Nancy et Metz bénéficient aussi d’un pôle très engagé. Titulaire de la chaire Entre- prendre, Christophe Schmitt est acquis à la cause depuis plus de quinze ans. Auteur notamment de Réussir sa créa- tion d’entreprise sans business plan (Editions Eyrolles, 2012), il a accueilli sa première promo sur le campus avec une vraie satisfaction : « Le travail desMonter une boîte quand on est jeune,En pratiqueQuelles conditions ?Le statut d’étudiant entrepreneur est ouvert à tous les ti- tulaires du Baccalauréat ou équivalent au minimum, ou sur dérogation. Il n’y a pas de condition d’âge (mais seuls les étudiants âgés de moins de 28 ans bénéficient de la sécu- rité sociale étudiante). Les frais d’inscription sont limités à 500 euros par an pour la période 2014-2017 pour l’étu- diant entrepreneur.Qui le délivre ?Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en s’appuyant sur l’expertise et l’instruction des Pôles étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (PEPITEs) qui évaluent chaque projet dans le cadre d’un comité d’engagement paritaire composé d’universitaires, d’entrepreneurs ou de cadres di- rigeants et de structures associées type CCI.Quels avantages ?- Accès à un diplôme dédié à l’entrepreneuriat : le Di- plôme d’étudiant entrepreneur (D2E).- Pour les jeunes diplômés, prolongation des avantages étudiants (couverture sociale, restauration, transports... ) via l’inscription au Diplôme d’établissement étudiant- entrepreneur.- Possibilité de bénéficier d’un aménagement d’études afin de travailler sur le projet entrepreneurial à la place du stage ou du projet de fin d’études.- Reconnaissance du projet d’entreprise comme élément du parcours de formation (crédits ECTS).- AccèsauxespacesdetravailcollaboratifduPEPITE(co- working, fablabs...)- Accompagnement par des tuteurs (au minimum un en- seignant et un référent externe)- Possibilité de signer un Contrat d’appui au projet d’en- treprise (CAPE) avec une structure type couveuse ou Coopérative d'activité et d'emploi (CAE) ou un autre par- tenaire du PEPITE.Un statut tout juste en phase de décollage, des étudiants et des PEPITEs motivés mais qui essuient les plâtres, et maintenant ? Des ajustements forcément, qui seront débattus le 20 mai prochain à Nantes à l’occasion du congrès de l’Aca- démie de l’Entrepreneuriat. Il y sera notamment question de l’éligibilité à l’ACCRE, des doublons de cotisation au RSI, de la mise en place d’un prêt d’honneur Etudiant-En- trepreneur avec les réseauxvoirs dans cette France qu. du savoir-faire et dont presque la moitié des 1,2 million d’ar- tisans ont plus de 55 ans, sans beaucoup de perspectives de reprise de leur activité. Je dis aux patrons des petites entre- prises : c’est ouvert et ça peut passer par cette connexion aux jeunes entrepreneurs. »neurs, plus nous aurons des jeunes ouverts et concernés par l’entreprise. Financer les pôles, c’est aussi participer à la formation de ses futurs sa- lariés et favoriser l’intrapre- neuriat », explique cette di- rectrice qui a su aller chercher des fonds européens pour met- tre sur pieds son équipe avantcela paraît énormePEPITEs et celui mené sur le territoire sous d’autres formes avant leur mise en place trou- vent un outil avec ce statut et ce diplôme qui, je le crois, va créer un engouement. Pour- quoi ? Parce que cela répond d’abord à la problématique de l’inexpérience, celle qu’un recruteur souligne sur un CV, la même qui rend frileuses les banques pour financer un pre- mier projet. Ça ne change pas les projets des jeunes créateurs que je vois, mais cela leur confère un label, donc une lé- gitimité. Eux créent leur réseau et leur écosystème pour l’ave- nir. » Sans compter qu’il y a peut-être dans tout cela le levier et les acteurs de la ré- conciliation entre le monde de l’entreprise et celui de l’uni- versité... « Deux mondes qui ne se fréquentent pas assez alors qu’ils ont besoin l’un de l’autre, acquiesce Chris- tophe Schmitt dont l’expé- rience a contribué à l’élabo- ration du statut. Cela permet d’aller bien au-delà des stages. Avoir un mentor, être en confiance, c’est fondamental. » À 22 ans, Paul-Etienne Ri- chard travaille depuis plus d’un an sur Elqui, une appli- cation mobile de partage de fichiers et de connexion entre ordinateurs proches sans In- ternet. Avec Thibault Friedrich, étudiant ingénieur comme lui à l’Ensimag Grenoble, il lan- cera sa SAS dans quelques semaines à l’occasion de laont été vraiment très enrichis- santes, comme le fait d’avoir deux coachs (un enseignant et un dirigeant, NDLR). Et puis je crois que cette expé- rience fait tomber des bar- rières : monter une boîte quand on est jeune, cela paraît énorme, presque impossible à beaucoup d’entre nous. Là, nous ne nous sentons pas seuls. Sincèrement, je pense que cela va pousser de nom- breux jeunes à franchir le pas. » Odette Baldaïa, inscrite en Master en valorisation RH et risques psycho-sociaux à Metz, a entamé 2015 par une pre- mière sous-traitance pour un organisme de formation. Elle revendique aussi l’apport sim- ple mais efficace de sa for- mation : « Ce statut n’est que le prolongement de l’accom- pagnement du PEEL. Je me suis confrontée à la réalité du terrain. J’ai aussi compris comment contourner mes be- soins financiers. Trouver 3000 euros pour son fonds de rou- lement et les dépenses cou- rantes, ce n’est pas énorme, mais quand on ne les a pas... Surtout, j’ai appris à me confronter, à oser, à créer le réseau, à analyser concurrents et prescripteurs, à faire face au risque, et expérimenté qu’il y avait une notion d’endurance dans le projet. » De quoi faire aussi évoluer les représenta- tions de l’échec pour ceux qui descendront du train en cours de route.Les cibles des PEPITEs sont de grandes entreprises natio- nales : une grande banque, un opérateur téléphonique, un constructeur automobile... Dans un appel au monde de l’entreprise, Jean-Pierre Boissin incite aussi à anticiper : « Pen- sons à la transmission des sa-iaOlivier Remy*Classement UBI Index 2014ContactsStatut national Étudiant- entrepreneurLes 29 PEPITEsRéférents Entrepreneuriat APCEL’agenda des Pôles Étu- diants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepre- neuriat près de chez vouse mise sur le marché de la 2DEUX ANS POUR CONVAINCRE Principalement issus d’écoles de commerce ou d’ingénieurs,version de l’appli. « Tout juste diplômés, nous nous sommes inscrits pour un D2E à l’IAE. Nous aurions lancé notre start-Le statut national étudiant- entrepreneur en vidéo48FÉVRIER 2015]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Forum EIP, geeks et créateurs d’entreprise CLUB ENTREPRENDRE Harder, Better, Faster, Stronger...Du listener au makerDComment tirer de nos idées et de nos technologies une valeur économique ? Éléments de réponse apportés par le trophée des EIP (Epitech Innovative Projects), dont la rédaction d'EcoRéseau fut membre du jury pour élire le projet innovant de l'année.ocker, Prestashop, chaque métropole hexago- Melty ou encore nale. Chaque site s’est doté Goopil... Des noms il y a moins d’un an d’unqui n’évoquent peut-être « Innovation Hub », implé-rien aux profanes de l’in- novation, mais qui pourtant provoquent l’admiration chez les initiés, tant ces start-up françaises, qui n’en sont plus à proprement par- ler d’ailleurs, sont syno- nymes de croissance forte et d’importantes levées de fonds. Le point commun entre ces projets ? Toutes les personnes aux manettes de ces fleurons numériques se sont assises sur les bancs de l’Epitech. Et tous ont participé au forum EIP. Eco- Réseau revient pour vous sur ce concours ayant eu lieu en cette fin d’année 2014, qui transforme les passions en projets entre- preneuriaux, anticipe les usages de demain et traduit les services en révolution digitale.Epitech, éleveurs de champions !chaque scolarité et qui trans- formeront ses participants en des managers de sys- tèmes d’informations ou des startuppers. « Nous avons la chance d’avoir plus de liberté que le public ou cer- taines grosses institutions, précise Fabrice Bardèche, vice-président exécutif du IONIS Education Group. Sur le papier, c’est plutôt simple : dans le cadre de l’EIP, les élèves réalisent un prototype, un modèle, puis le développent. Les jeunes sont maîtres de leur parcours en mettant en œu- vre leurs idées. Notre prio- rité demeure l’insertion et cela passe par la pédagogie de projet tout en libérant les élèves de leur résistance au changement. » Autre- ment dit passer du « liste- ner»au«maker»,del’ap- prenant au créatif.des élèves d’éprouver leurs compétences, pour mener de bout en bout un projet innovant sur 2,5 ans. Em- manuel Carli, DG d’Epitech précise : « En sortie de l’EIP, les étudiants possè- dent un prototype et ont pensé à la fois business plan et problématiques d’or- ganisation. Un chemin qui les mène dans 11% des cas vers l’entrepreneuriat à laGroup, membre du jury et ancien de l’Epitech, ajoute toutefois : « N’étant pas la seule personne à voter lors de ce forum, j’ai fixé des critères assez stricts : j’éli- mine de mes scores les pro- jets déjà vus, les clones. L’objectif de l’EIP est inscrit dans son nom : c’est d’être innovant pour faire quelque chose d’open source et non pas de monter obligatoire-tablettes à destination des personnes aphasiques. L’ou- til peut s’adapter à d’autres pathologies et être configuré par le personnel soignant », souligne Marie Doucet qui a pitché le jour du concours. Une interface qui répond à une demande so- ciétale et qui peut même se prolonger à d’autres formes de troubles, tels que l’au- tisme par exemple. L’aven-menté dans chacune des structures pour cristalliser les inclinations à l’innova- tion et fédérer l’interculturel, le transdisciplinaire et une communauté profession- nelle venant d’horizons va- riés. Cette pluralité est même encouragée sur chaque site qui possède en son sein plusieurs écoles du Groupe IONIS. Le cam- pus parisien se compose ainsi d’e-artsup, d’Epitech, du Ionis STM et de SUP Internet. Cet écosystème évolue à un rythme haletant. Et si les universités et les grandes écoles d’ingénieurs sont autant de chênes de l’éducation, robustes et his- toriques, les rejetons du Groupe IONIS incarnent ces roseaux pédagogiques dont la souplesse et la rapi- dité d’évolution leur per- mettent de se distinguer sur la scène de l’enseignement supérieur numérique. En at- teste le futur « anti-incuba- teur », en référence à la no- tion d’ « antimatière ». « On s’aperçoit que des start-up se créent sans ressources techniques. L’anti-incuba- teur ambitionne la mise en relation fructueuse de start- up extérieures avec nos compétences et nos profils », avance Emmanuel Carli. Entres autres, il s’agira pour la nouvelle structure de chal- lenger ces start-up sur leurPÉDAGOGIEDE PROJETS« De la pédagogie joyeuse, ou encore de la pédagogie de projet, voire même de la pédagogie coopérative », prônait Célestin Freinet au début du XXe siècle pour mettre l’apprenant au cœur des enseignements. Ces pré- ceptes désormais connus de tout professeur des écoles font aussi partie de l’ADN de certaines écoles post- bac, dont fait partie Epitech, spécialisée dans l’innovation et l’expertise informatique. L’école basée au Kremlin- Bicêtre, au sud de Paris, point d’ancrage parmi une constellation de douze éta- blissements de la même marque, se caractérise dans ses méthodes d’apprentis- sage par l’autonomisation des étudiants grâce à la col- laboration entre pairs, pro- fessionnels ou enseignants. Ce sont effectivement 220 projets à la complexité gran- dissante qui structurerontLe programme est simple : passer de l'apprenant au créatifTRADUIRE EN SERVICES LA RÉVOLUTION DIGITALE : CAS PRATIQUE AVEC TALKACTIV’DES ÉCOSYSTÈMES TRANSDISCIPLI- NAIRES EN MUTATION Bras numérique du Groupe IONIS, le réseau Epitech forme aujourd’hui un réseau de 12 écoles présentes dansbusiness model avec un o. jectif final qui change des autres incubateurs clas- siques : générer du CA et trouver des clients avant de penser à la levée de fonds. Une autre manière de conce- voir (l’accompagnement), marque de fabrique du groupe privé d’éducation.En cerise sur ce gâteau pé- dagogique quinquennal vient se placer l’EIP. Le but ? Permettre à l’ensembleGeoffroy Frameryfin de leur parcours. » Une statistique d’ailleurs en hausse par rapports aux mil- lésimes précédents. Dès la troisième année, les étu- diants se regroupent donc – de six à quinze personnes –, et planchent jusqu’à la fin de leur cursus sur une idée originale, et ce malgré une quatrième année passée à l’international. Pour don- ner vie à ce type de projets, le processus de création se calque sur celui de l’entre- prise et dépasse les seuls aspects techniques. Julien Palard, CTO (Chief Tech- nology Officer) de Meltyment une entreprise. Car rappelons-le, pour construire une boite viable, on n’est pas obligé d’être obligatoirement innovant. » Cette année, 115 projets au- ront donc vu le jour. Après avoir passé la sélection, une dizaine d’équipes aura pit- ché, comme pour une levée de fonds, afin de décrocher un accompagnement pour transformer éventuellement leur violon d’Ingres en bu- siness. C’est TalkActiv’ qui a décroché la timbale pour ce trophée 2015 des EIP. « Notre projet est une solu- tion de communication surture se poursuivra pour les six membres de l’équipe par leur stage de fin d’étude synonyme de dépôt des sta- tuts et de lancement des premiers abonnements, tout en bénéficiant d’une année d’incubation au sein de la Creative Valley, un des maillons de l’écosystème d’Epitech.b-FÉVRIER 201549]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Entreprendre en 2015Dans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une problématique que peut se poser un cadre dirigeantLe changement, c’est maintenant ?(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsLLe visage des entreprises évolue. Des postes de coûts aux financements en passant par la question du statut, des tendances naissent, se développent, formant une véritable boîte à idées qu’il est intéressant de passer à la loupe.e réalisateur américain Robert Zemeckis s’est trompé. Nous sommes en 2015, le ciel n’estpas constellé de voitures volantes comme il le prédisait dans sa saga Retour vers le futur. Mots-clés Pour autant, un vent nouveau souffle sur la société, notamment sur l’écosystème entre-preneurial, et il semble bien décidé à faire entrer les entreprises dans une ère de révolutions. Dans 1 Portage salarialquelques années, combien de jeunes sociétés exerceront leur activité en coworking, cette tendance à partager les mêmes espaces pour les activités professionnelles ? Depuis un an, ces centres d’af- faires d’un nouveau genre pullulent, à l’image des nouveaux locaux b-libre, dans les Yvelines, ou du Creative Center KB, dans le Val de Marne. Avec la croissance des activités en freelance, on estime à un million le nombre de coworkers en 2018.Coworking 4 Affacturage2015, c’est aussi l’année où la paperasse doit fondre comme neige au soleil. C’est en tout cas ce qu’espèrent les dirigeants, avec la démocratisation de la Déclaration sociale nominative (DSN), premier tour de roue de la grande simplification administrative que le gouvernement veut mener. Le portage salarial devrait lui aussi faire peau neuve et élargir son champ d’application, permettant enfin à une multitude de professions de ne plus avoir à choisir entre la sécurité du salariat et l’aventure de l’indépendance. Côté financement – le nerf de la guerre –, l’affacturage représente un recours en constante progression pour étoffer la trésorerie. Bref, la période ne manque pas d’ingrédients innovants pour faire mijoter des projets d’entreprise. Ceux-ci sont cités dans la fic- tion, puis analysés dans les pages suivantes. Matthieu Neu23 Cession DaillyIncubateursFormalités administratives et DSN56 Dispositifs d’accélération78 Voyages d’affaires chez l’habitantIFiction : Peuvent mieux faireHistoire de deux créateurs qui sont tombés dans des pièges classiques et qui ont négligé des coups de poucel était une fois deux projets au succès poussif Au cours de ses 100 premiers jours, seul l’espace bu- alors qu’il aurait pu être bien plus flamboyant. reautique s’avère nécessaire. Un simple hébergementvante en Suisse après une longue période de négo- ciations et d’études. La démarche aurait pu être bien plus rapide en passant par des structures conçues spé- cialement pour servir de tremplin 6 .Question d’opportunités, bien sûr, mais aussi de en coworkingaurait donc fait l’affaire.choix. Bénédicte fait partie des audacieux qui se sont Rapidement, elle se rend compte que les entreprises2En quatre ans, Tchin a tout de même réussi à grandir. Entre les livraisons, la réalisation des produits, la ges- tion des commandes, l’équipe atteint une dizaine de salariés lors des pics d’activité annuels. Bénédicte ré- fléchit à dupliquer son modèle dans des régions en- soleillées du sud de l’Europe. Mais elle hésite, ajourne, ne connaissant pas les structures d’aide idoines. Echaudée par ses pertes financières passées liées à de mauvais choix, elle adopte une ligne de conduite visant à rationaliser ses dépenses : la mise en place prochaine de la DSN 7 devient une priorité. A l’avenir, ses multiples déplacements avec son as- sociée, relatifs à son projet de filiale avec des parte- naires locaux, obéiront eux aussi à des principes de rigueur économique. Plutôt que de payer plusieurs nuits dans deux chambres d’hôtel, le choix se porte sur les solutions de type Airbnb 8 qui s’avèrent bien moins coûteuses.lancés dans l’aventure entrepreneuriale en pleine crise économique. Son idée : la livraison de cocktails à domicile. Son premier casse-tête est celui du statut. « Quel type de casquette me donnera la meilleure souplesse ? », se demande-t-elle tandis que le ma- rasme bat son plein. La mauvaise passe économique a fait naître une certaine aversion au risque. Elle se penche sur le portage salarial 1 , trouve la formule séduisante, mais déchante vite. Même si le statut s’élargit à de nouvelles activités, la sienne n’est pas éligible. Pressée par le temps et l’envie d’entrer dans une phase plus concrète de son aventure, elle tranche. Sa structure, baptisée Tchin, devient une SARL. Pourquoi pas, mais quelques mois au moins en au- toentrepreneur auraient peut-être été préférables pour tester l’activité dans un contexte plus avantageux. D’emblée, Bénédicte loue un local qu’elle aménage en trois parties : un petit bureau, un espace de stockage, une pièce pour la réalisation des cocktails, l’élaboration des packagings et emballages. 65 mè- tres carrés pour 1500 euros par mois. Elle se rend compte un peu tard des dépenses inutiles que repré- sente son espace immobilier au cours des premiers mois. Conformément aux conseils que lui ont prodi- gués les ateliers stratégiques de la chambre de com- merce voisine, elle travaille d’abord à peaufiner son étude de marché, à l’élaborer sa stratégie de commu- nication, à concevoir ses cartes, son site, son offre.seront l’essentiel de ses clients, les particuliers étant peu enclins à se faire livrer des cocktails en dehors des deux ou trois mois de l’année où le soleil assèche les papilles. Les événements organisés par les entre- prises en quête d’originalités font appel à ses ser- vices. Mais elles payent tard. Les verres se vident, la caisse aussi. Pour remplir sa trésorerie, elle sacrifie une partie de son budget Communication pourtant essentiel, alors que la cession Dailly 3 ou mieux en- core, l’affacturage 4 , lui aurait permis d’obtenir d’intéressants moyens de financement à court terme. Bruno a lui aussi son lot d’écueils. Sa start-up Cool- Care a mis au point un stylo d’injection auto-réfrigé- rant. Un marché prometteur. Les patients souffrant de maladies chroniques synonymes de traitements à domicile par injection ont la contrainte de devoir res- pecter la chaîne du froid. Les stylos actuels ne doi- vent pas être conservés hors réfrigérateur pendant plus de deux ou trois heures maximum, ce qui com- plique bien sûr chaque déplacement. Après deux an- nées d’incubation, Bruno comprend que son stylo magique va d’abord susciter des convoitises à l’in- ternational. Quelque peu abandonné après sa période d’accompagnement de proximité au sein de son in- cubateur 5 , il décide de séduire des investisseurs pour exporter son idée à l’aide de son maigre réseau personnel. Il tergiverse, se heurte à des barrières ré- glementaires, mais finit par déployer son offre inno-Bruno et sa société CoolCare attendent encore d’être véritablement propulsés vers le succès sans frontière qu’on promet à son innovation de rupture. L’aura et la visibilité acquises grâce aux programmes d’accé- lération destinés aux start-up à fort potentiel de crois- sance devraient permettre un changement de dimension.M.N.50FÉVRIER 2015Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2015Œ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREP1RENDRE Business guides - Entreprendre en 2015LE PORTAGE SALARIAL TOUJOURS PLUS STRUCTURÉ2 LOUER LE STRICT NÉCESSAIRESi le projet original de Bénédicte reste incompatible avec le por- tage salarial, ce statut qui mêle sécurité du salariat et avantages de l’autonomie professionnelle diversifie son champ d’application. En principe, il est réservé aux cadres. « Dans la pratique, son utili- sation s’élargit progressivement à toutes sortes de professions in- tellectuelles exercées en tant que travailleur indépendant, sans la qualification juridique de cadre », souligne Patrick Lévy-Waitz, président du groupe de portage salarial ITG. Une ordonnance pa- raît en ce début 2015 pour encadrer le statut avec une meilleure sécurité juridique. Et cette nouveauté en cachera peut-être d’au- tres. Au cours des derniers mois, le premier ministre Manuel Valls a fait part de son souhait de réformer le portage salarial pour en faire un levier de développement de formes d’emploi innovantes. D’aucuns espèrent le voir appliqué à une multitude de catégories de métiers. La Fédération européenne du portage salarial (FEPS) a récemment fait part de ses attentes quant à l’assouplissement des règles qui encadrent le dispositif, pour qu’il puisse jouer un rôle plus important en matière de lutte contre le chômage. Patrick Lévy-Waitz se réjouit de « la croissance constante de 10% par an que connaît le statut. Un nombre grandissant de personnes aspi- rent à ce modèle. Désormais, les activités intellectuelles comme la création Web ou le design sont assimilées à des professions de ca- dres et sont éligibles. »Les espaces de coworking essaiment aux quatre coins du pays. On dénombre actuellement un million d’au- toentrepreneurs, ce qui traduit un souhait de plus en plus marqué d’œuvrer pour son propre compte. Même si une grande partie d’entre eux n’utilise le statut que pour s’assurer un revenu d’appoint, bon nombre de ces travailleurs autonomes sont enclins à adopter des fonc- tionnements professionnels innovants. « Le développe- ment des centres d’affaires s’inscrit dans cette tendance », remarque Anthony Gutman, directeur de la société Remix, spécialisée dans les services de cowor- king. L’entreprise a ouvert en janvier son troisième cen- tre parisien, alors qu’elle n’existe que depuis 2013. Cette solution est adaptée aux entrepreneurs ayant une visibilité à court terme, d’à peine quelques mois.Le portage salarial forme une relation tripartite entre une entre- prise de portage, une personne portée et des sociétés clientes des services de ce travailleur indépendant porté. La relation assure à ce dernier le régime du salariat et la rémunération de sa prestation chez le client par l’entreprise de portage. Des frais généralement inférieurs à 15% du CA réalisé sont prélevés par la société de por- tage. Toutes les charges sociales doivent bien sûr être déduites. Le salaire net est en moyenne compris entre 50 et 65% des honoraires hors taxes facturés à l’entreprise cliente.« L’optimisation des dépenses est essentielle. La crise n’est plus l’exception mais la règle, estime Anthony Gutman. En conséquence, il faut proposer des réponses adaptées. » Chez Remix, le coût d’hébergement est de 380 euros hors taxes par poste de travail, les tarifs étant dégressifs pour les occupations de longue durée. Les centres de coworking proposent parfois des ateliers spé- cifiques, de création, ou des services portant sur des thématiques particulières. La notion d’entraide, de rap- prochement de profils de mêmes secteurs ayant poten- tiellement des intérêts communs, est un autre atout qui intéresse souvent les clients. « Nous disposons aussi de salles de conférences dans lesquelles se déroulent quelque 150 événements par an », indique Anthony Gutman, illustrant les offres déployées pour attirer les jeunes entrepreneurs.3QUAND LA BANQUE RÈGLE LA FACTURE DU CLIENTLa cession Dailly est une des solutions qui peut servir de compensation aux problèmes de délais de paiement dont Tchin est victime. Elle consiste à confier les créances professionnelles à son éta- blissement de crédit qui octroie à l’entreprise une avance de trésorerie à hauteur du même montant. Le transfert des dites créances se fait sans l’inter- vention de la société cliente qui doit régler les dettes. Cette dernière n’en a donc pas connais- sance, sauf bien sûr si on tient à lui notifier. L’avantage réside dans un gain de temps précieux quant à l’encaissement des fonds, car la phase d’attente inhérente à la réception des documents par le client est inexistante. Mais l’option est assez coûteuse. En contrepartie de ces atouts, les intérêts et commissions prélevés peuvent atteindre 11% du montant hors taxes de la créance financée.52FÉVRIER 2015Ne rien oublier, ne rien négliger, ne rien rater... Bonne année !Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2015Œ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREP4RENDRE Business guides - Entreprendre en 2015L’AFFACTURAGE COMME ACCÉLÉRATEUR DE CROISSANCEC’est devenu l’un des leviers les plus pertinents pour renflouer la caisse à court terme. Toutes les catégories de sociétés y ont désormais recours. « Cette solution de financement permet de répondre aux besoins de trésorerie ponctuels, récurrents ou permanents, auxquels les entreprises doivent faire face. Elle permet d’augmenter sa capacité de financement au-delà du découvert bancaire, de façon souple et rapide, puisque les fonds sont souvent mis à disposition sous 24 heures », explique Eugénie Boucquey, directeur du développement, du marketing et de la communication de Crédit Agricole Leasing & Factoring.56Mais au-delà de la décision de recourir ou non à cette option, le choix de l’interlocuteur importe. « Dans les grands groupes bancaires, on va généralement demander au client entrepreneur qui manifeste le souhait de recourir à l’affacturage les deux derniers bilans, et accorder quelque 20000 euros : 10000 euros de découvert et 10000 euros d’affacturage. Les Bibby Factor, GE FactoFrance, ou encore Factobail réagissent avec des codes différents. Par le biais de tels acteurs, de jeunes sociétés bénéficient parfois de plusieurs millions d’euros avec l’affacturage, moyennant des garanties de solidité pour ce qui est de l’entreprise cliente », confie Vincent Saada, diri- geant fondateur d’Access Crédit Pro, société spécialisée dans le courtage en financement d’entreprise. A noter aussi qu’une agence ban- caire classique traite un à deux dossiers d’affacturage par an, alors que des acteurs plus spécialisés sur ce créneau comme Access Crédit Pro gèrent près de 80 demandes annuelles.L’affacturage continue à avoir le vent en poupe. Sur les neuf premiers mois de l’année 2014, le marché enregistre une croissance en vo- lume de créances cédées de 14%, contre 6% pour la même période en 2013. « Il faut aujourd’hui voir le factor comme un partenaire durable et non simplement comme une roue de secours », assure Olivier Le Boulanger, senior manager Achats et BFR au sein du cabi- net de conseil en management des coûts Lowendalmasai.DISPOSITIFS D’ACCÉLÉRATION POUR DÉCROCHER LA LUNELe paysage entrepreneurial français est constellé d’accélérateurs en tous genres, parfois méconnus. 2015, c’est l’année de l’extension du Pass French Tech initié par Bpifrance en 2014, un programme grâce auquel des entreprises sélectionnées profitent de multiples traitements de faveur. Les heureuses élues sont des sociétés en forte croissance à qui on octroie un service premium : mise en relation avec des investis- seurs adaptés, accompagnement dans la levée de fonds, visibilité des sociétés grâce aux communications des partenaires professionnels, accès prioritaire pour toutes les demandes... L’an passé, le programme était d’abord ouvert aux pôles Cap Digital, Systematic Paris Région et Digital Aquitaine. Il est désormais accessible à d’autres territoires. A noter qu’en 2015, un fonds d’investissement de 200 millions d’euros géré par Bpifrance cofinancera des accélérateurs de start-up privés. Mais ces rampes de lancement pour entreprises ne sont pas l’apanage des secteurs technologiques ou scientifiques. En Basse-Normandie, le programme d’accélérateur d’entreprises FFWD (Fast Forward) Nor- mandie a été lancé fin 2014. Le but est de fournir un programme in- tensif d’accompagnement et de financement dans le but de faire passer un palier aux sociétés. « Tous les secteurs peuvent y prétendre. Au- delà du domaine d’activité, le critère central de sélection est d’être en quête de nouveaux marchés. Les entreprises peuvent être régionales, nationales ou étrangère, indique Alexandre Wahl, directeur de la Mi- riade, l’agence de développement économique et de l’innovation en Basse-Normandie. Après sélection, les heureuses élues débutent en- suite un programme de 12 semaines qui se traduit par la mise à dispo- sition d’une enveloppe de 60000 euros, d’un accompagnement technique, comptable, juridique, ainsi que des services d’un mentor. A l’issue de cette étape se tient un Fast Forward Day dont le but est de présenter les entreprises accélérées à des investisseurs potentiels et clients. Enfin, une dernière période de 12 semaines permet en quelque sorte de transformer l’essai, en accompagnant les sociétés sur la voie du succès par un suivi adapté. »INCUBATEURS POUR SORTIR DE L’ŒUFSans l’existence des incubateurs, l’innovation de rupture de CoolCare ne serait pas sur le marché mais sans doute encore dans les car- tons. Ces structures se sont imposées comme des acteurs centraux de l’émergence d’idées prometteuses dans les secteurs scientifiques et technologiques, à l’image de Paris Biotech Santé, positionné sur les dispositifs médicaux et la santé humaine, ou encore Crealys, en Rhône-Alpes, qui propose de fortes compé- tences en sciences de l’ingénieur, en techno- logies de l’information et de la communication. Chacune d’entre elles fait naître et grandir plusieurs projets d’entre- prises chaque année grâce à un suivi person- nalisé sur le plan technique, mais aussi juridique, réglementaire et économique. Les incubateurs sont aux petits soins des entre- prises innovantes avec la mise à disposition des expertises de partenaires pour la valida- tion des étapes de développement, leur connaissance des marchés et clients de l’in- dustrie concernée, ou encore par le biais de partage d’expériences et de formations.54FÉVRIER 2015Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2015]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°177UN BOL D’OXYGÈNE POUR LES FORMALITÉS ADMINISTRATIVESwww.ecoreseau.frSi l’on en croit une étude du cabinet ADP, spécialiste de l’externali- sation des tâches RH, un bulletin de paie pour un salarié français coûte 393 euros par an, contre 182 euros en moyenne dans le monde. Le remède à cet écart est peut-être la Déclaration sociale nominative (DSN). Entre les attestations de salaire pour le versement des indem- nités journalières, celles de fin de contrat, celles destinées à Pôle em- ploi et tellement d’autres, ce sont quelques 30 déclarations différentes que les entreprises doivent gérer. Le coup de baguette magique de la DSN consiste à réduire ces informations administra- tives obligatoires à un unique pointBusiness guides - Entreprendre en 2015 CLUB ENTREPRENDRE FRANCEMOYENNE MONDIALE182 €d’entrée, via un portail numérique. L’employeur fournit les données une seule fois à travers Net-entreprises. Le nombre d’informations recueilli est di- visé par quatre. L’allègement est donc de taille. La DSN sera obligatoire pour toutes les entreprises à compter du 1er janvier 2016, mais il est recommandé de procéder à la transition dès maintenant. Anticiper cette simplification permet de s’organiser sereinement et de se familia- riser avec les nouvelles modalités. De nombreux éditeurs de logiciels de ges- tion proposent des services pour simpli- fier l’adoption de la DSN, à l’image de la solution DSN Link du groupe Cegid. On estime que sur les 15 milliards d’eu- ros que coûte chaque année la charge administrative relatives aux déclarations sociales, 20% pourraient être économi-sés8grâce à la DSN.393 €VOYAGES D’AFFAIRES CHEZ L’HABITANTLe spécialiste américain de l’hébergement chez l’habitant Airbnb a lancé l’été dernier une page spéciale destinée aux professionnels en dépla- cement pour aider ces der- niers à « réserver des logements et gérer facilement leurs notes de frais », comme l’indique le groupe. Un parte- nariat a été conclu avec Concur, qui propose des logi- ciels de gestion de notes de frais et d’organisation de voyages d’affaires, dans le but d’automatiser le traite- ment de ces dépenses.FÉVRIER 201555]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Marché du MICE (Meeting, Incentive, Convention & Events) Innovation frugale ?L Frappéparlacrise,lemarchéduMICEpliemaisneromptpas.Pourséduire,lesentreprisess’efforcent de surprendre favorablement leurs salariés ou clients à moindre coût.a morosité ambiante n’a pas épargné le secteur. Ainsi, les dépenses des entreprises françaises et étrangères établies en France ont été réduites, d'après la dernière enquête de Coach Om- nium, une agence spécialisée dans les études de marché en matière de tourisme et d’hôtellerie,Mots-clésde 5,2% en 2014 par rapport à 2013. Pour autant, les salariés ou les clients invités, toujours aussi 1 Dépenses en berneemballés par le concept (presque neuf participants sur dix sont enthousiastes à l’idée de partir en séminaire) auraient tort de s’inquiéter : pas question de revenir aux années 80 où la salle de réunion aux néons blafards et à la moquette fadasse semblait un univers indépassable. L’air du temps est à l’atypique : les organisateurs redoublent d’effort pour proposer des séminaires dans des lieux origi- naux. L’important est de casser la routine, marquer les esprits sans pour autant tomber dans le bling- bling – une faute de goût eu égard au contexte économique. Ainsi, les séminaires aux quatre coins du monde ou dans des endroits fastueux sont devenus rares.. Les réunions professionnelles restent davantage dans l’Hexagone, afin de faire des économies et de réduire les distances d’acheminement vers les lieux de séminaires et de conventions. Une aubaine pour les régions françaises qui redoublent d’efforts pour séduire les entreprises. A l’image de l’Auvergne ou de la Corse, la plupart des offices de tourisme se sont dotés de sites Internet de nouvelle génération proposant des offres « clés en main » compétitives. Qu’il se déroule sous la nef du Grand Palais ou dans un tipi perdu au fond d’une forêt du Cantal, le séminaire se doit d’être gagnant-gagnant pour l’entreprise et ses invités.Types de séminaires26 Appart’hôtels3 Lieux de séminaires4 Destinations en vogue5 Compagnies aériennesJFiction:Damned,encoreraté!Chronique d’un séminaire où rien ne s’est passé comme prévu, l’organisateur ayant négligé des points essentielsPierre-Jean Lepagnotet business class7 L’astuce de la plateformeean Jegu en parle encore. Lui, le chef d’entre- prise exemplaire d’une PME en croissance, aussi soucieux du bien-être de ses salariés qu’al-nel, les salariés ont l’impression d’être délaissés. Ils ne s’impliqueront pas lors du séminaire, à l’inverse de ceux à qui l’on offre des prestations originales. » De prestation atypique, il n’y en pas eu. Entre deux séances de boulot dans une des multiples salles de conférence de l’hôtel, les salariés avaient à peine le temps de visiter un musée, d’approcher Central Parc ou de faire du lèche-vitrine. Après deux jours de réu- nions entre employés cotonneux pour cause de dé- calage horaire, le constat fut sans appel. Non seulement les invités n’ont tiré aucune satisfaction personnelle de ce voyage, mais surtout rien retenu du discours du président 2 .lergique à l’échec, a raté l’organisation de son pre- mier séminaire. Pourtant, il croyait bien faire. Mais par manque de temps, de connaissance du marché et peut-être aussi en raison de sa méfiance envers les agences spécialisées toujours promptes, selon lui, à vous faire dépenser plus, l’aventure a tourné au fiasco. Un comble, compte tenu de l’ampleur du projet : convier l’intégralité de ses salariés, soit 25 personnes, à New York pour trois jours et deux nuits. Avec le recul, il se rappelle que les premiers ennuis sont vite survenus, dès l’aéroport de Roissy. Par souci d’économie, il a confié la négociation du sé- minaire au service achats de l’entreprise. « Un ache- teur négocie fermement un budget. Or un prestataire contribue grandement au succès ou à l’échec d’une prestation : personne n’a donc intérêt à tirer trop fortement les budgets vers le bas, car le prestataire se rattrapera nécessairement d’une manière ou d’une autre », explique Mark Watkins, président- fondateur de Coach Omnium. Première erreur : le prestataire a donné rendez-vous aux salariés à l’aé- roport. Résultat : une minorité d’entre eux s’est of- fert le taxi, sans oublier d’en exiger le remboursement devant le tapis à bagage tandis que les autres sont arrivés transpirants et stressés après un périple en transports en commun, valises à la main, maudissant la mauvaise organisation du sémi- naire. Et si ces désagréments furent vites relégués au second plan par la perspective d’un vol long- courrier, la première heure dans la cabine de la com- pagnie low-cost a réveillé l’esprit critique des invités : confort jugé sommaire, personnel en nombre insuffisant et surtout, consommations payantes 5 .Le séminaire idéal rêvé par le président prenait une tournure assez sympaHeureusement, se disait-il, la mauvaise humeur des salariés se dissipera à la découverte du palace sélec- tionné pour l’occasion. Que nenni ! Devant la ma- jesté du hall, l’épaisseur de la moquette et surtout le prix de la chambre de cet hôtel sans charme parti- culier d’une grande chaîne internationale, plusieurs collaborateurs ont rapidement mis en perspective le coût du séminaire avec l’absence de revalorisation salariale et le refus du patron d’octroyer toute aug- mentation et prime. Une fois encore, les mots de la consultante en événementielle résonnèrent dans sa tête. « Au vu de la conjoncture, il est mal venu d’in- viter ses clients ou ses salariés dans un hôtel au luxe ostentatoire. » De même, elle lui avait déconseillé de choisir un hôtel classique, mais prônait un endroit décalé et surprenant 3 . « Dans un hôtel tradition-Pour cette année, Jean Jegu a changé son fusil d’épaule. Finies les odyssées aussi couteuses que lointaines pour un résultat médiocre 1 . Le dirigeant a laissé les coudées franches à une société spéciali- sée 7 afin de monter un séminaire à la hauteur de ses attentes comme de celles de ses salariés pour un prix raisonnable. « Les entreprises cherchent à sortir des lieux habituels, elles recherchent des lieux dé- tournés proposant une activité à partager pendant le séminaire et/ou un cadre original voire décalé. L’objectif est de redonner du sens à ces séminaires tout en respectant des budgets restreints », explique Valérie Ducaud, directrice Bureau des congrès- Convention Bureau Manager chez OnlyLyon 4 . « A Lyon, les sites comme MaPiece, Urban Room ou I WAY correspondent à cette attente. Les hôtels ont fait des progrès sur le registre des salles de réunion avec des concepts comme Eureka chez Novotel ou les salles de réunion de Mama Shelter. » Enfin les appart-hôtels offrent une alternative intéressante et flexible, permettant de consacrer plus de budget au reste du séjour 6 .P-J.L.56FÉVRIER 2015Cahier pratique n°2 - Marché du MICEŒ]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Ma1rché du MICE (Meeting, Incentive, Convention & Events)CONVENTIONS ET SÉMINAIRES : LES ENTREPRISES FRANÇAISES ONT DÉPENSÉ 5,2 % DE MOINS EN 2014MICE : Evolution des dépenses des entreprises françaises et étrangères établies en France de 1998 à 2014, par rapport à N-16% 4,8% 4,5%Base 02,8%2,7% 1,6% 1,2%-3,2%2,3%1,8%2TYPES DE SÉMINAIRES : TRAVAIL, TRAVAIL ET ENCORE TRAVAILInformer et motiver. Telles sont les deux principales vocations du séminaire dont le terme géné- rique cache une multitude de formes différentes : formation, présentation de nouveaux produits ou de nouveaux collaborateurs, incentive... « Depuis une quinzaine d’années, on mélange tous types de contenus dans les séminaires, explique Mark Watkins, président de Coach Omnium. Cela n'a pas changé avec la crise, même si l'on a tendance aujourd'hui à tout rationaliser, en organisant tout sur le même lieu, et sur de plus courtes durées. » Les réunions professionnelles constituent un poste facilement rogné en temps de crise. C'est sans doute ce qui explique, d'après le Baromètre Coach Omnium 2015, la réduction en 2014 de la durée et de la fréquence des manifestations. En effet, les réunions d'une journée, et surtout d'une demi-journée, augmentent aux dépens des événe- ments se déroulant sur deux ou trois jours. Les entreprises semblent préférer les simples réunions régulières moins coûteuses, plus courtes, et essentiellement dédiées au travail afin de réduire les frais. « Il y a quelques années, nous organisions un séminaire avec l’ensemble des collabora- teurs ; aujourd’hui, pour des raisons de coût, nous les limitons au top management », confirme Pierre Lasry, président fondateur de Lowendalmasaï, un cabinet de conseil en management global des... coûts. En somme, les pratiques évoluent. Ces rassemblements professionnels ont vu leur durée moyenne passer en 15 ans de trois à deux journées en moyenne. Surtout, moins de la moitié des séminaires d’entreprise incluent désormais l’organisation d’une activité annexe, sportive, lu- dique ou culturelle, contre trois sur quatre jusqu'en 2009. Place au travail. Pour Pascal Visintainer, directeur commercial et marketing hôtels de Lucien Barrière Hôtels et Casinos, « cela est dû à l’impact de la crise. Les incentives, lorsqu’ils sont maintenus, sont moins "luxueux" et plus orien- tés "business", c’est à dire avec un objectif précis de team building ou d'apprentissage ». Une ob- servation confirmée par Pierre Lasry : « Deux tiers du temps de nos séminaires sont consacrés au travail. Il ne s’agit donc pas de vacances mais bien de répondre à un objectif stratégique défini plusieurs mois à l’avance ».1,4%8,1 Md€ en 20144,2%-4,9%1,2%1,1%-5,2%-7,8%1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014www.tourmag.com/Conventions-et-seminaires-les-entreprises-francaises-ont-depense-52-de-moins-en-2014_a71585.html58FÉVRIER 2015]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frBusiness guides - Marché du MICE (Meeting, Incentive, Convention & Events) CLUB ENTREPRENDRE 3LIEUX DU SÉMINAIRELe choix du lieu de séminaire est primordial. Différents types d'établissements peuvent, à ce titre, accueillir un séminaire entreprise : un hôtel, un château, un centre de conférence avec ou sans amphithéâtre, un loft ou autre lieu atypique disposant d'une salle de réunion, un ma- noir avec une salle de séminaire... En fonction de la durée de votre séminaire entreprise (journée d'étude ou séminaire résidentiel) et du lieu retenu (séminaire au vert, séminaire à Paris intramuros, croisière...), les agences spécialisées proposent une animation de séminaire adaptée à ces critères ainsi qu'au profil de vos participants. « Toute entreprise souhaitant organiser un évènement à Lyon peut bénéficier d’une étude de faisabilité gratuite réalisée par notre service. En fonction du cahier des charges nous interrogeons les lieux (hôtels, salles de réunions, lieux de soirées...) et en communiquons les tarifs et disponibilités afin que l’entreprise ait une vision d’ensemble des possibilités qui s’offrent à Lyon, indique Valérie Ducaud, directrice Bureau des congrès-Convention Bureau Manager chez OnlyLyon. L’optimisation des coûts est pos- sible grâce a des choix de dates où la demande est faible (périodes scolaires, périodes entre les ponts). Le poste restauration est ici 20% moins cher qu’à Paris avec un excellent rapport qualité/prix. » En région parisienne, la démarche originale du réseau Châteaux & Hôtels Col- lection est à noter. Il propose aux entreprises une réduction de 25% sur les séminaires de plus de dix personnes et d’une nuit minimum. Une condition : il doit être organisé pendant les vacances scolaires d’hiver (du 14 février au 2 mars 2015) ou celles de printemps (du 18 avril au 4 mai). Enfin, de plus en en plus d’entreprises sont tentées par l’appel du large. Une offre diversifiée et bien pensée, une expérience hors du temps, des prestations tout compris, une unité de lieu... Les croisières présentent de nombreux atouts pour accueillir les événements profes- sionnels. D’autant que, côté MICE, un grand nombre de bâtiments possèdent des salles de réunion, voire de véritables centres de congrès et amphithéâtres. Et quand ils n’en disposent pas, ils offrent de multiples espaces qui se transforment facilement en salle de conférence ou de cocktail, tels les bars, les salons ou les ponts-piscine. En France, la multiplication des ports d’embarquement et l’implantation de têtes de ligne à Marseille, Toulon, Nice, Dunkerque, Le Havre, Calais ou encore à Bordeaux pour les croisières fluviales explique le succès croissant de ce type de séminaires.4DESTINATIONS À LA MODELes entreprises françaises semblent actuellement privilégier la France plutôt que les pays étrangers, avec de nouvelles destinations, généra- lement choisies pour leur accessibilité et leur prix. Les entreprises ba- sées à Paris auront par exemple tendance à organiser certains de leurs séminaires en région parisienne, ou dans des destinations « vertes », moins onéreuses qu'un événement organisé en bord de mer. En région parisienne, les sites exploités sous la marque « Chateauform, les mai- sons de séminaires » connaissent un beau succès. « En général les en- treprises organisent des séminaires dans les villes où elles ont des filiales. Quand elles choisissent Paris, c’est souvent parce que l’en- semble des collaborateurs est en Île-de-France. Il y a rarement de compétition entre Paris et les villes de Province », confirme Valérie Ducaud. Cette dernière met en avant la dynamique économique de la ville associée à un art et une qualité de vie ancrés dans ses gènes, une position géographique centrale a moins de deux heures des capitales Européennes qui permet de s’évader vers les sommets, lacs et terri- toires viticoles proches (Beaujolais et côtes du Rhône). Lyon est la deuxième destination de tourisme d’affaires après Paris (2e parc hôte- lier national et cinq sites majeurs pour l’organisation d’évènements). Toujours en France, l’office du tourisme d’Auvergne fait de gros ef- forts pour attirer les entreprises à la recherche de nature et d’authenti- cité. Elle peut compter tout à la fois sur la richesse de son offre hôtelière et de diversité des activités proposées (randonnée, ski, para- chutisme, cures thermales, volcans...). Pour les entreprises qui conti- nuent d’envoyer leurs collaborateurs à l'étranger, les destinations du sud de l'Europe font recette. Ainsi, des plages spectaculaires, comme celles de la Costa Brava, une gastronomie célèbre dans le monde en- tier, ou encore les œuvres de grands artistes comme Gaudí ou Dalí, font de la Catalogne l’une des principales destinations de séminaires en Europe.FÉVRIER 201559Œ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Marché du MICE (Meeting, Incentive, Convention & Events)5NE PAS NÉGLIGER LES COMPAGNIES TRADITION-NELLES OU MISER SUR LE LUXE ACCESSIBLEL« Global Meeting » qui prend en charge l’organisation du voyage. Grâce à elle, il est possible de profiter de 15% de réduction sur les tarifs disponibles proposés par les compagnies aériennes de Sky- Team ainsi que des tarifs promotionnels. De plus, les organisa- teurs gagnent un billet prime par 50 participants se rendant à l'événement. Pour marquer les esprits des invités, les entreprises peuvent également opter pour les services de compagnies comme La Compagnie OpenSkies, spécialisée dans les vols long-courriers en classe affaires version low cost. OpenSkies propose par exem- ple trois classes de service sur ses vols. Des divertissements sur des iPad individuels sont proposés à chaque passager. Bien sûr, la classe Eco est la moins chère (environ 750 euros aller/retour) mais elle est bien plus confortable qu'une classe éco d'autres compa- gnies et possède seulement 11 rangées de sièges dans l'avion !6a fin des jeux débiles pour resserrer les équipes ? APPART-HÔTELS« L'appart-hôtel constitue de plus en plus une al- ternative à l'hôtellerie classique », constate Mark Watkins, président de Coach Omnium. Le princi- pal avantage sur les concurrents directs, à savoir les hôtels classiques : un coût total moins élevé. Les résidences hôtelières permettent par exemple d'économiser sur les notes de repas. « L'appart- hôtel a aussi un intérêt pour plusieurs salariés qui voyagent et travaillent ensemble, remarque Mark Watkins, président de Coach Omnium. Entre au- tres parce que le coût d'un studio pour deux ou trois personnes est plus intéressant que celui de plusieurs chambres d'hôtel. » Un autre avantage des appart-hôtels, du point de vue de l'entreprise, est leur flexibilité dans les négociations. A Paris, il existe presque un monopole des hôtels. Et il ar- rive parfois, quand une entreprise appelle un hôtel avec qui elle avait négocié des tarifs, de se voir répondre qu'il n'y a pas de place. Car ce der- nier sait qu'il peut très bien remplir ses chambres en appliquant son tarif normal. Ce n'est pas le cas pour les appart-hôtels. Enfin, les résidences hôte- lières ont su se rendre disponibles auprès des en- treprises et des agents. Les appart-hôtels se sont installés sur les mêmes réseaux de distribution que les hôtels classiques, que ce soit les GDS (Global Distribution Systems) comme Amadeus, Sabre, Travelport ou des sites plus spécialisés comme hotels.com.7Dans un univers concurrentiel, les grandes compagnies tradition- nelles comme Lufthtansa, Air France-KLM ou Delta Airlines pro- posent des offres très compétitives aux entreprises. « Certains chefs d’entreprise se précipitent sur le low cost sans même étudier l’offre des compagnies traditionnelles. Delta, membre de l’al- liance commerciale SkyTeam, propose des offres groupées vers les Etats-Unis », rappelle Béatrice de Rotalier, directrice France de Delta Airlines. SkyTeam a de son côté développé une offreL’ASTUCE DE LA PLATEFORME : BIZMEETINGLe trop est l’ennemi du bien. BizMeeting l’a bien compris. Dans un secteur saturé d’agences spécialisées, d’intermédiaires et de free-lances de tous bords à la re- cherche d’un nouveau contrat MICE, la start-up compte frapper fort. Fort d’un ca- talogue de quelque 20000 lieux de réunion référencés en France, ce nouvel acteur se présente comme « la base de données la plus complète du marché », et se targue déjà de rassembler plus de 80 entreprises et une dizaine d’agences clientes. En outre, la solution intègre des données libres – ou « open data » – qui lui per- mettent de proposer aux utilisateurs plus de 16000 restaurants et près de 11000 activités d’incentive en France. Basée à Aix-en-Provence, BizMeeting affiche des résultats de recherche contextualisés, en indiquant autour des établissements les informations de transport, mais également les restaurants, les activités d’incentive et les musées. La plateforme de réservation se veut « une place de marché multi- contenu » où se rencontrent virtuellement les attentes des organisateurs de réu- nions professionnelles et les offres des exploitants de lieux de réunion. Autre atout, BizMeeting appuie l’intérêt de sa solution sur une méthode « drag & drop » qui épargne à l’utilisateur la rédaction d’un cahier des charges, en lui permettant d’utiliser et de personnaliser les formats de réunion prédéfinis dans le système. Côté tarifs, BizMeeting mise sur une approche « Freemium » avec un accès gra- tuit aux solutions de réservation pour les utilisateurs dans sa version standard, mais payante pour accéder à des fonctionnalités expertes. Pour se développer, le groupe est parti d’un constat : plus de la moitié de ses clients organisent leurs évé- nements dans leur ville ou région. Dans ce cadre, le groupe a mis en place une technologie permettant d’éditer des sites internet géolocalisés de réservations de séminaires et réunions. Les trois premiers sites internet géolocalisés mis en ligne sont nantes-seminaires.com, roissy-seminaires.fr et ladefense-seminaires.fr La so- ciété a prévu de mettre en place des sites internet similaires sur toutes les grandes places françaises. Les prochaines destinations seront Grenoble, Marseille et Tou- louse.60FÉVRIER 2015Cahier pratique n°2 - Marché du MICE]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Le baromètre de l’innovationLe verbatim à retenir...}ALCATEL-LUCENT FRANCE (GROUPE ALCATEL-LUCENT) Sébastien LebretonMonsieur Sébastien Lebreton est promu directeur des ressources humaines monde de RFS au sein d'Alcatel-Lucent France, à ce poste depuis janvier 2015.Le carnet desnominationsen partenariat avecGilles Babinet, serial entrepreneur, ex-président du Conseil national du numérique, « Digital Champion » représentant la France auprès de la Commission européenne :Sébastien Lebreton , 39 ans, DESS DPRT-IEEIT de l'université Paris-II (1999), a réalisé le parcours suivant :n 2011-2014 : Alcatel-Lucent France, directeur des ressources humaines.n 2009-2011 : Alcatel-Lucent, directeur des relations sociales.Il existe une corrélation entre la publication de science-fiction et le dépôt de brevets dans un paysLe monde ne sera plus jamais comme avant...Drones serveurs à SingapourInfinium Robotics va utiliser d’ici à fin 2015 des dronesserveurs dans la chaîne de restaurants Timbre Group à Singapour, où l’on rencontre une pénurie de main d’œu- vre. Ce qui permettra aux serveurs humains de se concen- trer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme faire commander du vin aux clients.Téléphones rechargés avec la voix au Royaume-UniEt si vous pouviez recharger votre téléphone en lui criant dessus ? C’est l’objec- tif des scientifiques de l’université Queen Mary de Londres, qui ont élaboré un prototype de chargeur de téléphone capable d’utiliser l’énergie ambiante (voix, cris de bébé, bruits du métro...) pour reconstituer la batterie. Le secret ? L’utili- sation d’un type de nanotechnologie appelé « nanorods ». Grâce à des senseurs électriques, ils ont pu capter les vibrations du son et les transformer en énergie.Cartables d’écoliers éclairants en Afrique du SudChaque jour, 14 millions d’enfants parcourent à pied plusieurs kilomètrespour se rendre à l’école ou revenir chez eux en Afrique du Sud. Mais trois d’entre eux, en moyenne, sont victimes d’accidents mortels. Pour améliorer leur sécurité, la start-up Rethaka a mis au point un cartable recyclé équipé de panneaux solaires baptisé Repurpose Schoolbags. Ce sac-à-dos emma- gasine la lumière la journée et la restitue le soir. Destiné aux familles défa- vorisées, il peut aussi alimenter une lampe pendant 12 heures, ce qui permet à l’écolier de lire ou de travailler le soir.n 2007-2009 : Alcatel-Lucent, responsable des relations sociales. n 2005-2007 : LVMH, responsable des relations sociales groupe. n 2002-2005 : Alcatel, juriste social.n 2000-2002 : Conforama, juriste social.}SCHNEIDER ELECTRIC (GROUPE SCHNEIDER ELECTRIC)Marion BouthorsMadame Marion Bouthors est promue directeur du site Horizon de Schneider Elec- tric, à ce poste depuis décembre 2014. Elle est ainsi en charge de la direction du site à Carros, qui compte environ 800 salariés. Elle succède à Monsieur Christophe Bourgue.} GROUPE PIERRE & VACANCES CENTER PARCS (GROUPE PIERRE ET VACANCES)Barbara GuerinMadame Barbara Guérin a été nommée directeur e-commerce du Groupe Pierre & Vacances Center Parcs, à ce poste depuis juillet 2014.Barbara Guérin, 34 ans, DESS de commerce international de l'IAE de Lyon (2004), a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : Lasminute.com, directeur marketing et communication.n 2009-2010 : Ebookers, directeur marketing online France, Royaume-Uni et Irlande. n 2007-2009 : Ebookers.fr, directeur marketing France.n 2006-2007 : Ebookers France, partnership marketing manager. n 2004-2006 : Groupe Nextidea, consultant référencement.}PUBLIC SYSTÈME HOPSCOTCH (GROUPE PUBLIC SYSTÈME HOPSCOTCH)Gonzalo GutierrezMonsieur Gonzalo Gutierrez est nommé directeur des systèmes d'information de Pu- blic Système Hopscotch, à ce poste depuis novembre 2014, en remplacement de Monsieur Nicolas Rettien.Gonzalo Gutierrez occupait dernièrement le poste de directeur des systèmes d'infor- mation au sein de Hopscotch.}SCHNEIDER ELECTRIC FRANCE (GROUPE SCHNEIDER ELECTRIC) Paul-François CattierMonsieur Paul-François Cattier est promu président du segment Cloud et Finance de Schneider Electric France, à ce poste depuis octobre 2014.Paul-François Cattier , 56 ans, EDC Paris Business School (1979), a réalisé le parcours suivant :n 2011-2014 : Schneider Electric France, global vice president solutions datacenter. n 2007-2011 : APC-MGE, vice-président France, puis vice-président France, Benelux et Afrique francophone d'APC by Schneider Electric.n 2005-2007 : APC by Schneider Electric, directeur France.n 1999-2005 : Anixter France, directeur général.n 1987-1999 : Groupe Digital, différentes fonctions dont celles de directeur du canal télécom de Digital Europe et de directeur général de la division Réseaux.}TRACE ONEBernard BorbelyMonsieur Bernard Borbely est nommé director of customer experience de Trace One, à ce poste depuis octobre 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Chris Morisson, chief marketing officer.Bernard Borbely a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : Satelis, directeur.n 2011-2013 : AXWAY Software, directeur du programme de satisfaction client.n 2008-2011 : AXWAY Software, directeur global support EMEA.n 2006-2007 : Osiatis, directeur de projet.n 2000-2005 : Actuate, vice-président, support client et informatique interne, Europe et International.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?62 FÉVRIER 2015Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frL’innovation autrementLe baromètre de l’innovation STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Pourquoi centenaire ?La société lyonnaise Babolat est connue mondialement depuis longtemps, parce qu’à chaque fois ses avancées technologiques transforment le tennis...Babolat Play Aeropro Drive a été présentée au CES 2015 de Las Vegas. Kezako ? La raquette connectée de Nadal. Des capteurs y sont intégrés pour enregistrer au cours du jeu toutes sortes de paramètres – vitesse de frappe, angle d’attaque... –, qui permettent aux joueurs amateurs comme professionnels de décortiquer leur pratique et de s’améliorer. Avant sa sortie, la « Play & Connect » avait fait le buzz après que l’ETI hexagonale l’avait intelligemment remise à des joueurs choisis dans le monde entier. Les Lyonnais sont à la pointe, alors que l’aventure a commencé en... 1875, quand Pierre Babolat inventait le premier cordage pour raquette de tennis. 140 ans plus tard, si l’entreprise est toujours présente et pilotée par Eric Babolat après cinq générations successives, c’est parce que l’innovation fait partie de l’ADN de la famille. Le CA se partage à 50% pour les raquettes, 17% pour les chaussures et le textile et 15% pour le cordage – le savoir-faire historique de la marque. En 1994 Babolat lance sa première gamme de raquettes, un sacré challenge face aux Américains qui s’imposaient dans ce domaine. Le pays de l’oncle Sam devient alors le premier dé- bouché de la société rhônalpine, qui réalise 83% de son CA à l’international. En 2003 Babolat noue une alliance improbable avec Michelin pour la conception de la chaussure Propulse 3LE « HACKATHON »dont la semelle concoctée par les ingénieurs du Bibendum facilite les déplacements latéraux des tennismen. En 2008 elle récidive avec le partenaire clermontois pour une gamme de chaussures de badminton. Les équipes R&D, qui se sont même aventurées sur les fils chirurgicaux, n’hésitent pas à aller pêcher dans des eaux qui ne leur sont pas familières, en pensant au long terme. De bon augure pour l’avenir, qui s’annonce encore radieux...Des personnes de talents divers (dévelop- peurs, designers, entrepreneurs) s'affrontent en équipe pour concevoir un prototype d'ap- plication ou de service en ligne sur un thème choisi par la société organisatrice, potentiel re- cruteur ou partenaire. Orange, la RATP ou la SNCF adoptent donc ces méthodes nées aux Etats-Unis dans le logiciel libre à la fin des an- nées 90, faisant plancher des week-ends en- tiers des génies de l'informatique sur des projets d'applications. Ces derniers se pren- nent au jeu du hackathon, contraction de «hack» et «marathon», et en oublient même de dormir. L'école informatique 42, qui a com- mencé à acquérir un certain savoir-faire en la matière a ainsi accueilli le premier hackathon d’Axa sur la relation client, ou celui de Pernod Ricard sur le bar de demain. De quoi ouvrir de nouvelles pistes de R&D...La rupture du moisStrategy reviewBernard Hodac, dirigeant d’Osmos, président du Synnov (syndicat de l’innovation) :dPLettre ouverte à M. UrvoasQue proposez-vous au juste à vos clients ?la géothermie, le nucléaire ou les monuments peuvent apprécier trois ruptures : l’innovation est premièrement technique, car nous utilisons la fibre optique à contre- emploi. On la connaît généralement pour sa capacité à transmettre de la lumière ou de l’information, mais nous nous en servons comme capteur de vibration ou de fatigue d’une structure. Deuxièmement le business model est nouveau, puisque nous ne vendons pas du matériel, nous sommes prestataires de services et ga- rantissons une surveillance par nos capteurs et un calcul permanent des forces auxquelles sont soumis les ouvrages. Troisièmement nous avons accumulé des données sur des années, ce qui intéresse nos clients pour s’inspirer d’autres secteurs et renforcer la robustesse, les assureurs et divers entrepreneurs qui forts de ces informations vont proposer des services.Dates & Events : ça cogite dur...4 12 février 2015 : Techinnov, le rdv BtoB de l'innovation1600 décideurs participants, 9500 rendez-vous d’affaires, 40 pays représentés, 30 conférences et présentations flash en une journée à l’aéroport de Paris-Orly. Devenu une référence en neuf ans, Techinnov Events propose une formule de RDV business reconnue par les industriels, PME-PMI, créateurs, laboratoires.4 10-11 mars 2015 : Congrès Big Data Paris au CNIT4e édition de l’événement référent du Big Data en France. Conférences, zone d’exposition avec plus de 100 marques présentes, Trophée Big Data, ateliers et espace innovation : le salon traduira les principales tendances de ce marché en pleine expansion pour les 3500 visiteurs.4 24-25 juin 2015 : Innovative City à NicePlus de 3000 visiteurs attendus pour cet évènement qui confirme sa dimension européenne dans le domaine des villes innovantes, connectées et durables.La société que j’ai fondée en 2001 assure la surveillance et l’optimisation de la maintenance des ouvrages. 7j/7 24h/24, l’utilisateur peut connaître l’état de santé de la structure, à distance et en temps réel. Il consulte, à cet effet, l’analyse des informations collectées sous forme de tableau de bord sur son ordinateur, ou son téléphone portable.rotégez vraiment nos entreprises M. Urvoas, et de grâce pas de gesticulation avec votre loi dite du secret des affaires, voulant donner des armes à nos entreprisesA qui s’adresse votre offre ?contre les méchants Américains. Il est vrai qu’en tant que président de la commission des lois de l’Assemblée natio- nale, vous souhaitiez vous glisser sur le terrain économique, si crucial pour le pouvoir et les Français. Et si bon pour votre popularité.OSMOS assure la surveillance de plus de 3000 ouvrages dans 24 pays, parmi lesquels le pont Champlain au Canada, Eurotunnel, le Musée d’Orsay, la Tour Eiffel (depuis 20 ans), l’Eglise de la Sagrada Familia à Bar- celone, la cathédrale de Beauvais ou le Stade de France.Alors vous vous battez pour qu’existe cette loi. Elle permet- trait de condamner lourdement les individus qui se procurent des documents frappés du tampon « confidentiel entreprise ». Ce texte leur donne la valeur du « secret défense ».En quoi est-elle innovante ?Je le sais, Monsieur le député, votre objectif est de protéger les secrets de nos entreprises, et nos emplois, contre de mé- chants prédateurs. Même si la loi que vous portez a déjà été votée à l’unanimité par le Parlement sous la précédente ma- jorité.Les acteurs évoluant dans l’immobilier, le ferroviaire,parPascal JunghansEnseignant à l'international -University Of Monaco et àl'université de technologiede Troyes - Membre du conseil scientifiqueu Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.Mais enfin, Monsieur le député, vous êtes-vous renseigné sur la réalité des entreprises ? Parmi celles du CAC 40, se trouve une entreprise de sécurité nationale s’il en est. Elle s’appelle Gemalto. Elle est leader mondial des solutions de sécurité, autant dire le cœur du cœur du e-commerce et de la cyber- guerre. Qui est le président de ce groupe, à protéger, s’il en est ? M. Mandl. « C’est un agent de la CIA ! », ont affirmé des officiels, il y a huit ans. Qu’allez-vous faire, Monsieur le député ? Interdire à Gemalto d’adresser à M. Mandl des do- cuments importants ? Allez-vous interdire aux entreprises co- tées de transmettre des documents à leurs actionnaires, qui détiennent 70% de la capitalisation boursière de la place de Paris ? Allons donc !Monsieur le député, plaidez plutôt pour que l’Etat investisse dans nos « pépites », innovantes mais fragiles. Plaidez pour que les lois se traduisent rapidement dans la réalité des en- treprises. Battez-vous comme vous le soulignez à juste raison pour que Bercy soit plus attentif, plus réactif. C’est comme cela que vous protègerez nos entreprises. Pas autrement.FÉVRIER 2015 63]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Décryptage - Labs d’entrepriseL'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueL’innovation dans l’éprouvetteALes grandes entreprises se sont prises de passion pour les labs, dont elles ont fait le temple de leur innovation ouverte, pour exposer les dernières technologies et héberger des start-up.irbnb est né dans venir l’appareil photo nu- Pour éviter d’être submer- part de naissance : elles liens avec les futurs géants cisco, poursuit trois objec- un studio il y a six mérique dès 1980. Ça ne gées par le raz-de-marée de sont toutes nées en Cali- de l’informatique dès leurs tifs : primo, participer à son ans. Aujourd’hui, l’a pas empêché de se faire l’innovation, les grandes fornie. Pour être au plus premiers pas. Cette stratégie écosystème en tissant desle site internet propose aux dévorer, remarque le spé- entreprises semblent bien près du berceau de la voiture a par exemple permis à liens avec des start-ups ettouristes plus de 500000 annonces dans 33000 villes de 192 pays. Surtout, il a révolutionné l’industrie hô- telière et inquiète ses acteurs traditionnels. Uber est né presque par hasard il y a cinq ans. Aujourd’hui, le service est valorisé 40 mil- liards de dollars et met en relation passagers et chauf- feurs dans 250 villes autour du monde. Surtout, il a ré- volutionné l’industrie des taxis et inquiète ses acteurs traditionnels. Vous avez dit précoce?«Iln’yapas une seule industrie qui ne soit affectée par la révolu- tion informatique, observe Philippe Silberzahn, pro- fesseur spécialiste de l’in- novation à l’EM Lyon. Il est frappant de voir la ra- pidité avec laquelle Internet bouleverse des industries, même celles qui se croyaient hors de danger. » Grâce à la révolution des outils, de minuscules acteurs peuvent avoir très rapidement un impact mondial. En pio- chant adroitement des briques ici et là – un proto- type séduisant avec une im- primante 3D, de l’argent sonnant et trébuchant par crowdfunding, l’accès au marché sur Amazon... – les start-up érigent en deux temps trois mouvements un lego redoutable pour leurs puissantes ainées. « Elles peuvent sans complexe s’attaquer à des acteurs qui ont 100000 fois leur taille », assure Philippe Silberzahn. Goliath a les genoux qui tremblent face à un David dopé au numé- rique.cialiste. Car les ruptures technologiques se dévelop- pent parfois sans attaquer les leaders sur leur cœur de marché, ce qui les laissedécidées à miser sur l’in- novation ouverte, basée sur l’écoute et le partage avec l’externe : consommateurs, écoles, partenaires, voiresans chauffeur, des réseaux sociaux et du casque de réa- lité virtuelle, les membres du CAC 40 sont de plus en plus nombreux à y installerl’opérateur historique d’ac- compagner très tôt l’éditeur de logiciel Salesforce et Wi- kipedia. Depuis 2008, Bouygues Télécom y a ausside grands groupes ; deuxio, identifier de nouvelles ten- dances pour en faire profiter ses clients ; tertio, former les 160000 salariés du groupe au digital.« Je ne tournerai jamais le dos à l’innovation »croire qu’il n’y a pas ur- gence à changer. C’est une grave erreur. » Or, les tech- nologies de rupture à détente longue ne manquent pas : robotique, nano-matériaux,concurrents. Cette innova- tion ouverte a son temple : le « lab » d’entreprise. Un concept qui peut prendre plusieurs formes pour dif- férentes finalités : bureauleur lab.Pionnier du genre, Orange a créé le Orange Lab Silicon Valley il y a une quinzaine d’années. Une soixantaine de salariés, dont une qua-un petit bureau, animé par 3 personnes, afin de mener une veille technologique, faire du business dévelop- pement, ou encore des ana- lyses de marchés. Il facilite aussi les rencontres des équipes françaises avec les acteurs américains. En 2011, Renault-Nissan a ouvert son lab à quelques pas du quar- tier général de Google pour suivre les innovations ayant rapport à l’automobile et soutenir sa politique de re- crutement auprès de profils très pointus dans le domaine de la voiture intelligente et électrique. Celui d’Axa, ou- vert récemment à San Fran-SE RAPPROCHER DES START-UPLes entreprises de la Dé- fense ont cessé de prendre les start-up de haut, et se penchent désormais avec intérêt et curiosité sur leurs idées. « Elles espèrent ainsi ne pas rater les innovations qui comptent et insuffler de la créativité dans leurs or- ganisations, qui ont une fâ- cheuse tendance à la bu- reaucratie », commente Phi- lippe Silberzahn. Certaines grandes sociétés ont ainsi fait des labs le lieu privilégié de leurs rencontres avec les start-up. Voire un incubateur où les jeunes pousses peu- vent tranquillement déployer leurs branches avec l’aide et la bienveillance de leurs protectrices. Ainsi, le groupe La Poste organise chaque année depuis 2009 le « Lab Postal », des journées de rencontre autour de l’inno- vation numérique, qui lui permettent de présenter ses collaborations avec des start- up dans le Big data, la silver economy, l’authentification numérique ou encore la smart city. Depuis le début de l’aventure, 90 jeunes pousses, qui ont co-construit leur produit ou service avec La Poste, ont ainsi été pré- sentées par le Lab Postal aux responsables et à des partenaires du groupe.De minuscules acteurs peuvent avoir très rapidement un impact mondialEn 2013, Vinci Autoroutes a aussi lancé son lab, animé par quatre personnes depuis son siège de Rueil-Malmai- son, selon une démarche transversale au sein de l’en- treprise. « La mobilité évo- lue très vite sous l’effet duCar il serait faux de penser que les grandes entreprises n’ont pas pris conscience du danger qui les guette. « Mais ce n’est pas suffi- sant : Kodak aussi avait vuBig data et, surtout, impres- sion 3D. « On n’en parle que depuis quatre ans, et, si elle n’a pas encore atta- qué frontalement les acteurs en place, ça ne saurait tar- der », prévient Philippe Sil- berzahn.dans la Silicon Valley, in- cubateur pour start-up, pla- teforme de co-innovation...rantaine d’ingénieurs, pren- nent le pouls de la Mecque des nouvelles technologies, testent et évaluent les nou- veaux produits et multiplient les rencontres formelles et informelles avec des entre- preneurs, afin de nouer des64FÉVRIER 2015Airbnb, Uber, Facebook ou encore Google ont un point en commun sur leur faire-WEST COAST]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frDécryptage - Labs d’entreprise STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEnumérique. Nous avons par exemple observé avec intérêt le développement rapide du covoiturage et de l’auto- partage, explique Simon Coutel, responsable inno- vation & services numé- riques du concessionnaire autoroutier. Le rôle du lab est d’accompagner ces changements dans une dé- marche d’open innovation, en expérimentant des projets innovants en matière de mo- bilité. » Les idées provien- nent parfois de l’interne, mais aussi de l’extérieur de l’entreprise, puisque le lab identifie et accompagne des start-up prometteuses. En novembre 2013, Vinci Au- toroutes a lancé un appel à innovation auprès de 3000 start-up afin de détecter les bonnes idées. Il a ensuite rencontré des dizaines d’en- tre elles, et expérimente ac- tuellement huit projets. L’un d’eux, « Flashez-Décollez », porté par la start-up iRéalité, donne un coup de jeune aux traditionnelles tables d’orientation : elle permet aux automobilistes qui s’ar- rêtent sur des aires d’auto- route de prendre connais- sance en réalité augmentée, via leur smartphone, des sites remarquables qui les entourent.pieds Orange Fab, un ré- seau d’accélérateurs de start-up qui a des antennes dans la Silicon Valley (de- puis mai 2013), en FranceJAMES BONDouvert par Cap Gemini dans ses locaux de Suresnes en 2014 est digne de l’antre de « Q », le personnage de Ian Fleming qui fournit àet six antennes régionales, spécialisées par secteur : le retail et le e-commerce à Lille, le transport et l’assu- rance à Nantes, l’aéronau- tique et la défense à Tou- louse, l’industrie à Lyon et Grenoble. Au-delà des bi- joux technologiques qu’ils hébergent, ces labs sont des lieux dédiés à l’accueil des clients du consultant, où l’on parle POC (Proof offragiles, gras ? Autre créa- tion maison : une raquette de tennis bardée de capteurs pour Babolat.Certains labs permettent aux entreprises de confronter leurs collaborateurs aux technologies de demain, afinSYNDROME DU LUNDI MATINLes labs ont aussi une vertu en matière de communica- tion interne et externe. De- puis fin 2014, CapGemini reçoit par exemple des de- mandes de ses clients pourEh bien, eh bien, regardez qui est devenu Monsieur Créatif »Attention à ne pas se contenter de l’effet Waouh !« Je suppose que tous ces jeux mèneront à l’innovation »En s’ouvrant ainsi à des partenaires extérieurs, les grandes entreprises veulent aussi donner un coup de jeune à leurs processus d’in- novation : « Nos salariés n’ont pas la moyenne d’âge d’une start-up, ils ont donc moins de propension à ma- nier des smartphones. Se tourner vers des étudiants et des porteurs de projet nous apporte des compé- tences que nous n’avons pas en interne », explique Olivier Alamo, directeur marketing et services. Quitte à créer au passage des conflits culturels ? « C’est justement ce que les DRH recherchent, assure Philippede concevoir les offres de produits et services que leurs clients utiliseront après-de- main. « Attention toutefois à ce que ces showrooms in-James Bond ses célèbres gadgets. Mais ici, en lieu et place des stylos-tueurs et des chaussures à propul- sion, quelques unes desA Paris, l’agence de publicité Ogilvy a créé Ogilvy’Lab, un espace qui « fédère et canalise toute la créativité du groupe », explique David Raichman, directeur de créa- tion en charge du lab. « Au départ d’Ogilvy Lab Paris, il y avait la sensation que toutes les façons de vendre des produits s’essoufflaient, et qu’il fallait toucher les utilisateurs avec de nou- veaux messages démontrant les bénéfices d’un produit. » L’agence a ainsi conçu une cannette Coca-Cola qui se sépare en deux parties pour illustrer la promesse du par- tage, chère à la marque, et un peigne connecté pour Dove. Ce dernier analyse la santé des cheveux de son propriétaire afin de lui in- diquer quel shampoing uti- liser selon sa nature et la météo – plus ou moins secs,Mais Philippe Silberzahn dénonce la tendance de cer- tains groupes à une « vision naïve de l’innovation ». Pour le professeur, « il ne suffit pas de créer un lab pour booster aussitôt la créativité de son entreprise. S’ils ne sont pas connectés au pro- cessus d’innovation, ils ne servent qu’à faire plaisir à une poignée de designers au chaud dans un bureau high-tech. » Philippe Silber- zahn met aussi en garde contre le « syndrome du lundi matin » : « Les entre- prises ne doivent pas se contenter d’envoyer leurs cadres quelques jours dans des showrooms intelligents ou accompagner des start- up. Elles doivent surtout les décharger de toutes les tâches administrativeset au Japon (depuis no- vembre 2013) et en Po- logne (depuis le premier semestre 2014). L’opéra- teur historique y accom- pagne pendant trois mois des start-up dans le déve- loppement de leur produit et de leur activité grâce à du mentoring, et en mettant à leur disposition espaces de travail et soutien logis- tique. Il les aide aussi à trouver des financements. En inaugurant en octobre dernier Le Village by CA, dans le VIIIe arrondisse- ment de Paris, le Crédit Agricole s’est inscrit dans la même démarche. Il s’agit en effet d’une pépinière qui peut accueillir jusqu’à 100 start-up sur 1800 mè- tres carrés. Elles seront hé- bergées pendant deux ans et recevront de la part deConcept), agilité et incuba- tion. « Nous inventons les usages IT de demain dans une démarche de co-inno- vation avec nos clients, ex- plique Jean-Claude Guyard, directeur des Labs Innova- tion pour la SSII. Nous tra- vaillons avec de grands groupes qui disposent de laboratoires de R&D bien plus grands que les nôtres. Mais les vieilles organisa- tions sont engluées, elles ne savent pas par où com- mencer. Nous leur appor- tons de la neutralité, de l’indépendance et de la plu- ridisciplinarité afin d’ac- célérer leur mutation. » Ainsi, le groupe minier Rio Tinto y a par exemple trouvé un usage pour les Google Glass : la supervision à dis- tance d’opérations de main- tenance sur ses immenses sites.construire des labs dans leurs locaux : « Ils veulent mettre en scène leurs rup- tures, leurs innovations, car c’est un formidable outil de vente auprès de leurs propres clients », précise Jean-Claude Guyard. En in- terne, c’est aussi « un pré- cieux outil RH et de recru- tement, que l’on montre ré- gulièrement à nos collabo- rateurs et à des étudiants », raconte le directeur des Labs’Innovation de Cap- Gemini.Les riverains de la Défense ont cessé de prendre les start-ups de hautcréations high-tech appe- lées à envahir nos salons dans un avenir plus ou moins proche : robots hu- manoïdes de la société Al- debaran, casque de réalitéqu’elles leur impos. gens les plus brillants des entreprises passent au- jourd’hui la moitié de leur temps à faire un travail d’agents administratifs : ren- dre des comptes et contrôler leurs subordonnés. » L’in- novation ouverte se joue d’abord à domicile.ent. LesSilberzahn. Cette confron- tation des équipes internes avec des cultures externes aide à faire passer des mes- sages et à susciter des prises de conscience. »la banque et de ses parte- naires des aides pour mettre en place leurs business mo- dels, rencontrer des inves- tisseurs ou encore répondre à des appels d’offres.telligents ne se contentent pas de l’effet Waouh ! Ils doivent être conçus comme des espaces de co- création », averti Philippe Silberzahn, à l’EM Lyon. Ainsi, le Lab’Innovationaugmentée Oculus Rift, montres connectées, Google Glass, TV connectée, drones signés Parrot, etc. Le lab de Suresnes n’est que le vaisseau amiral d’un réseau qui compte 150 consultantsOrange a ainsi mis surAymeric MarolleauFÉVRIER 201565]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17STrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUE Haute résolution - Normes et nuage Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsVers un Cloud international ?CDeux nouvelles normes internationales viennent d’être publiées sur le Cloud computing, et d’autres sont en préparation. De quoi enfin espérer avoir une vision claire des offres de par le monde.omme pour toute la terminologie. En fait, elle clarifier les relations entre matiques très concrètes. ET C’EST PAS FINI... des principes assez généraux, nouvelle technologie, définit ce qu’est le Cloud les fournisseurs de cloud et « Les responsabilités qui Plusieurs autres normes sont plutôt consensuels. Mais la le Cloud computing computing, ses différents les clients, mais aussi entre sont associées à ces termes en développement. L’ISO norme, qui devrait sortir finsouffrait, aux yeux de certains, types (privé, public, hybride), cet écosystème et les gens sont très différentes : par 19086, portant sur le SLA 2015, début 2016, donnerad’un discours parfois un peu flou : si tout le monde utilisait les mêmes termes (Saas, Iaas, Paas, etc.), ces derniers ne recouvraient pas néces- sairement les mêmes réalités. L’arrivée de nouvelles normes vient corriger ce problème. « Ce sont les premières normes concernant le Cloud qui sont édictées avec ISO, souligne Olivier Teitgen, chef de projet à l’Afnor, l’association française de normalisation. Il existe déjà un certain nombre de normes diverses, mais il s’agit là des premières normes internationales. » Une nécessité pour le Cloud, qui consiste en la mutualisation des ressources, et n’a de sens que sur une très large zone géographique. Ces deux normes ont été validées par les trois grandes instances de normalisation internationales : l’ISO, mais aussi la CEI (électronique et électrotechnique) et UIT (Union Internationale des Télécom). La présence de ces derniers s’explique par le fait que « les opérateurs de Télécom sont des acteurs très important du Cloud. Une grande partie du marché est occupée par des acteurs du monde des Télécoms : il y a l’IT, mais aussi des entreprises comme Orange, ou Vodafone », rappelle Olivier Colas, directeur des normes internationales chez Microsoft. Ils avaient donc intérêt à rentrer dans ces définitions. Cela permet d’éviter une guerre marketing entre deux univers (IT et Telecom) qui utiliseraient des définitions un peu différentes.(Service Level Agreement), devrait être la prochaine à sortir. Elle aborde des questions plus pointues : « Par exemple, que signifie un taux de disponibilité de 99,9% ? Comment est-ce mesuré ? Quelle est la définition ? L’idée est d’adopter une définition commune », explique Marc Gardette, responsable de la stratégie Cloud au sein de la direction technique et sécurité de Microsoft France. Mais les négociations sont complexes, car les enjeux politiques sont importants. Par exemple, les Américains comptent de vrais masto- dontes du secteur, quand les Asiatiques n’en ont pas ; pour autant les derniers ne veulent pas laisser les premiers dicter la norme. Du coup, on semble arriver surune encore meilleure visibilité sur le marché. « Cela permettra également une meilleure comparaison entre les différentes solutions. Par exemple, la qualité du stockage peut beaucoup jouer : un stockage avec des disques lents peut vraiment impacter la qualité du66FéVrIEr 2015« Le premier objectif est deVers un cloud simplifiéce que représentent les termes Saas, Iaas, Paas... Des mots connus déjà, mais qui maintenant ont une définition fixée. Des rôles sont également définis : partenaire, client, auditeur, prestataire... et les responsabilités de chacun sont établies.qui font des réglementations, explique Olivier Colas. Jusqu’à présent, les gens prenaient souvent en référence le document du NIST (National Institute of Technology). » Mais il commençait à être daté et avait été conçu par et pour les Etats-Unis, et un foisonnement d’initiatives privées rendaient les débats parfois flous. Ces nouvellesexemple, en Saas, une personne porte presque toute la responsabilité, celui qui vend le service ; en Iaas ou en Paas, il peut y avoir des partages de responsabilités, ou du moins des renvois entre celui qui infogère la plateforme et celui qui gère le logiciel qui est dessus », décrit Cédric Ternois, président de Jalix,SécuritéEnfin une comparaison possible entre les solutionsservice »,.Ternois. Il y a encore deux autres normes qui devraient arriver d’ici deux ans et demi : l’une sur les flots de données, et l’autre sur l’interopérabilité du Cloud. De quoi offrir aux utilisateurs une vision vraiment globale du Cloud.Jean-Marie Benoistexplique CédricLa deuxième norme, dénommée ISO 17789, concerne l’architecture de référence, considérée sousUn domaine qui n’est pas en resteLa sécurité ne fait pas partie de ces normes. Car en fait, tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de pro- blématique de sécurité qui soit propre au Cloud : elle dé- pend directement de la sécurité des réseaux. Cela ne veut pas dire que la sécurité est oubliée ! Simplement, elle est traitée par une autre norme, l’ISO 27001 et 27002, qui concerne la sécurité informatique. Une mention spéciale pour le Cloud y a été rajoutée en juillet dernier, la norme ISO 27018, qui reprend les concepts des normes 27001 et 27002 mais les applique aux données des clients (alors que les deux normes d’origines concernent les données pro- pres). « Elle rajoute un ensemble de contrôles supplémen- taires, qui font se focaliser sur les problématiques de données à caractère personnel associées au Cloud », ex- plique Olivier Colas, directeur des normes internationales chez Microsoft. Pour établir la norme, les lois en vigueur sur le sujet à travers le monde ont été examinées, et un ensemble de contrôles permettant d’être en conformité avec l’ensemble de ces législations a été établi. Cette nou- velle norme ne constitue pas une certification en elle- même. Elle fait partie de la certification ISO 27001, ce qui rend son implémentation plus aisée, puisque ne deman- dant pas la mise en place de procédures spéciales decontrôle.CLARIFIER LES ÉCHANGESLa première norme, dénom- mée ISO 17788, concerneplusieurs points de vue. Quatre sont définis (utilisateur, fonctionnel, implantation, et déploiement), mais la norme n’aborde que les deux premiers. Elle définit les rôles, les sous-rôles, les activités, les parties, fait le lien entre les activités et les utilisateurs...normes, maintenant, deviennent l’état de l’art ; quand des gens – qu’ils soient dans les mêmes pays ou non – veulent discuter d’un contrat, ils peuvent s’y référer. Notamment, la norme 17789 va faciliter l’expression des besoins et la capacité à y répondre. Ce qui résout des problé-intégrateur-conseil en systèmes d’information. Malgré tout, le système a ses limites : « Il faut rappeler que ces normes sont d’application volontaire », souligne Olivier Teitgen. Certains grands groupes, comme Amazon, continuent de suivre leurs propres standards.]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frSTrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUEFéVrIEr 201567]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17STrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUE Haute résolution - DématérialisationLes retardataires de la démat’L Alors que le mouvement vers la dématérialisation a pris de l’ampleur, certains ne sautent pas encore le pas, principalement les entités de petite taille. Pourtant, les solutions existent.es indicateurs sont sance du processus de la d’administration. Il y a unanimes : la dé- dématérialisation et de ses une politique interne à me- matérialisation a avantages ; aujourd’hui, ner par rapport à l’outilenfin décollé. rien que ils sont liés à des considé- numérique : comment s’enpour les logiciels et ser- vices, le marché devrait bondir de 12% à 5,25 mil- liards d’euros en 2014, et poursuivre jusqu’à 5,85 milliards d’euros en 2015 – soit près d’un quart du marché des logiciels et ser- vices. Ce développement devrait entraîner dans son sillage celui de l’archivage électronique, avec unerations de taille, d’orga- nisation et de budget.servir, se l’approprier, an- ticiper les besoins... Et cela nécessite de faire des investissements », explique Yann Duverdier, directeur marketing de JVS Mairis- tem, éditeur de logiciel pour les collectivités lo- cales. Passer à la dématé- rialisation n’est pas un pro- jet qui se mène en un cla- quement de doigt. Or, dans une petite collectivité de 1000 habitants, les budgets sont serrés et les équipes réduites – et elles n’ont pas forcément une DSI ou des services internes sur lesquelles elles pourraient s’appuyer. Sans oublier des problèmes plus pro- saïques encore : nombre de toutes petites com- munes n’ont pas de poli- tique stricte d’email – les élus et conseillers se ser- vent de leurs adresses per- sonnelles, ce qui entraîne des risques de perte de données. Enfin, la bandeL’administration électronique, c’est 20% d’électronique et 80% d’administrationLES PETITES COMMUNES MARQUENT LE PAS Malgré l’orientation forte prise par le gouvernement sur la numérisation, les petites collectivités figu- rent au premier rang de ces retardataires de la « dé-croissance du marché de 13% à 295 millions d’eu- ros en 2014, puis à 335 millions d’euros en 2015. Malgré cette déferlante nu- mérique, tous les acteurs n’ont pourtant pas encore® Gouvernancemat’ ». Si le renouvelle- ment des équipes munici- pales en mars dernier a joué un rôle dans ce retard, il serait excessif de lui en attribuer toute la respon- sabilité. « L’administrationélectronique, c’est en faitsauté le pas. Hier, les freinsDématique & GQuelques irréductibles petites mairies et PME résistent encore et toujours à la dématérialisationvenaient d’une méconnais-20% d’électronique et 80%parQuand le numérique tue l’éducation ...râce au numérique nous vivons connectés ou non, n’est-elle pas encore Le rôle de l’éducation est ainsi absolu- actuellement une véritable ré- accentuée par le fait de rendre nos en- ment essentiel et au risque de heurter, il volution sociétale, porteuse fants dépendants dès leur plus jeune paraît aujourd’hui évident que mettre àPrésident de FedISADeux attitudes s’opposent en effet :• Soit former de bons petits soldats, ca- pables d’utiliser au mieux tous ces nouveaux outils avec le risque d’avoir de plus en plus de dérives du style «matabletteaditque»ou«telsite a dit que » sans se poser la question de savoir comment ont été alimentés ces outils, si ce n’est par les humains ! • Soit former des citoyens indépen- dants, sachant de quoi ils parlent, comprenant comment fonctionne un ordinateur et surtout conscients du fait qu’il y a eu un avant. Ainsi évi- tera-t-on des situations hallucinantes où des enfants tentent de tourner les pages d’un livre classique par un sim-d’avenir mais aussi d’effets indésira- âge ? Ne passons-nous pas là à côté du disposition l’outil numérique au serviceJean-Marc Rietschbles. Concernant ce dernier point il se- rait souhaitable de ralentir ce mouvement de standardisation générale pour ne pas dire de banalisation. De plus nous devons garder la maîtrise de tous ces nouveaux outils, en voir le côté utile et arrêter d’en être les esclaves et de succomber à cette course aux nou- veautés technologiques qui en fait, cache sans doute un profond mal être, comme le rappelle Luc Ferry dans L’in- novation destructrice.Intéressons-nous plus particulièrement à la formation, sachant que de nom- breux programmes éducatifs s’appuient désormais sur des outils numériques mais est-ce vraiment fondé de vouloir généraliser ces usages ? Cette forme d’esclavage aux outils numériques,rôle essentiel de l’éducation ?de nos enfants sans aucune limite et sur- tout trop tôt peut se révéler désastreux pour l’avenir. Gageons que notre société saura réagir sainement et prendra le recul suffisant. Mais encore faudra-t-il que nous acceptions de regarder les choses en face et ensuite d’engager un profond changement sans lequel nous continuerons de former de futurs es- claves. Pourquoi les cadres de la Silicon Valley ont-ils créé une école primaire où les écrans sont absents ? Pourquoi ne parviendrions-nous pas à en faire de même pour peu que nous acceptions d’ouvrir les yeux et d’admettre que rien ne pourra plus être comme avant ?ple glissé des doigts !68FéVrIEr 2015Œ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17STrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUE Haute résolution - Dématérialisationpassante n’est pas toujours suffisante pour pouvoir utiliser des solutions dans le nuage, qui sont pourtant les plus économiques. Il existe cependant des so- lutions : « Des syndicats d’informatisation sont en train d’émerger un peu partout, souligne Yann Du- verdier. Ce sont des grou- pements d’intérêt public, qui existent depuis une quinzaine d’années, qui ont toujours eu comme vo- cation d’accompagner les collectivités dans leur in- formatisation, et qui peu-vent les aider à franchir ce nouveau cap. » Pour remédier au problème de la bande passante, JVS Mairistem propose une so- lution locale : la JVS box, « une sorte de serveur packagé qui contient dif-euros par mois », décrit Yann Duverdier.concernés au même degré.treprises et administra- tions. Du coup, l’intérêt de la dématérialisation est assez évident. C’est moins le cas chez les industriels, d’autant que « le tissu in- dustriel français est com- posé de beaucoup de pe- tites entreprises », poursuit Hélène Mouiche. Or, pour une petite entreprise, les problématiques liées à la dématérialisation sont res- senties de façon plus aigüe, notamment le retour sur investissement. « Nous avons très peu de projets portés par des entreprises qui sont en-dessous de 3000 factures par an », souligne Frédéric Dupré, directeur des ventes d’ELO Digital Office en France, éditeur de solutions logicielles de GED, archivage et déma- térialisation. En-dessous d’un certain volume de documents, les efforts de- mandés semblent peu pro-que plusieurs ERP coexis- tent dans l’entreprise, pour différents services... Du coup, un projet de dé- matérialisation peut pa- raître trop complexe. » Pourtant, du point de vue technologique, les solu- tions sont là : on peut maintenant s’interfacer avec les outils métier des entreprises (ErP, CrM... ) quel que soit le secteur d’activité. Et il est possible de paramétrer, dans la plu- part des solutions, beau- coup de choses selon le client, le secteur ou encore le type de document émis, pour répondre aux de- mandes de chacun. De fait, il n’y a pas d’obstacle technique et les freins res- tent principalement orga- nisationnels. Et pour trou- ver la motivation de passer à la dématérialisation, il faudrait en fait que chaque chef d’entreprise se poseLES INDUSTRIELS À LA TRAÎNEOn retrouve, avec quelques variations, les mêmes problèmes dans le« Dans certains secteurs, comme les banques, les assurances, les télécoms ou les utilities, le volume de documents généré est très important », souligne Hélène Mouiche, analysteL’intérêt de la dématérialisation paraît moins évident pour l’industrieférents logiciels : GED, télétransmission sécurisée, signature électronique, un portail collaboratif... Le serveur est proposé à 69privé, avec un accent plus fort porté sur les problé- matiques de volume – mais tous les secteurs d’activité ne sont paschez Markess, cabinet d’é- tudes spécialiste de l’- analyse des marchés du numérique et des stratégies de modernisation des en-portionnésauxgains.Les exigences des grands comptes sont un autre frein. « Depuis l’EDI, ceux-ci ont pris l’habitude d’imposer leur façon de faire, estime Thomas Ho- negger, directeur de la fi- liale France d’Esker, édi- teur de solutions de dé- matérialisation. Devant ces multiples formats et mé- thodes exigés de lui, un fournisseur peut être dé- couragé. De plus, il arrivela questi.on suivante : compte tenu de l’avancée inéluctable de la dématé- rialisation, ne vaut-il pas mieux choisir soi-même la solution la plus adaptée à son entreprise, plutôt que de finir par se la voir imposer ?Jean-Marie BenoistLes freins restent organisationnelsMode d’emploiDes projets toujours complexesPour passer de façon efficace à la dématérialisation, la liste des tâches est longue : les collectivités et entreprises doi- vent se former, ont besoin de conseils, doivent mettre en place des logiciels jusqu’alors inconnus comme une Ges- tion électronique des documents (GED), qui devient cen- trale car au cœur des échanges numériques dans l’organisation... Il faut suivre une formation logicielle, mais aussi décider d’un classement des documents, mettre en place un archivage, savoir comment va être organisé l’envoi des documents électroniques aux différentes parties prenantes, dessiner un circuit de validation... Pour faire tout cela, les entités ont besoin d’un conseil organisation- nel, qui pour elles représente un investissement non négli- geable, surtout dans une période économique où le motd’ordre est de se recentrer sur son cœur de métier.70FéVrIEr 2015]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frBusiness Story - Groupe Gorgé STrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUE Retour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxGorgé(e) d’innovationLrobots terrestres, drones, sécurité des biens et des personnes imprimantes 3D... Le groupe Gorgé, qui a reçu le prix de l’audace créatrice 2014, fait feu de tout bois avec intelligence’industrie française groupe en 2004 après un le tassement attendu de l’ac- tivité est pour la première un milieu où deux acteurs ces petits engins dans la ma- qui gagne n’est pas parcours professionnel de tivité protection en milieux fois significative. » nord-américains monopoli- rine offre de solides oppor- forcément celle qui dix ans dans le monde de la nucléaires (PMN). Gorgé s’est lancé dans l’im- sent actuellement 60% du tunités de croissance à la so-s’adosse aujourd’hui sur des finance et de la technologie. pression 3D en avril 2013 marché planétaire. « Ce sont ciété ECA, filiale de Gorgésavoir-faire qui ont traversé les siècles. Le Groupe Gorgé, créé en 1990 par Jean-Pierre Gorgé et aujourd’hui détenu à 58% par la famille du fon- dateur, en fait la démonstra- tion depuis plus de 20 ans.C’est lui, fort de son parcours, qui a mis en œuvre le dés- engagement de Gorgé du secteur automobile, puis orienté son développement vers de nouveaux domaines d’activité, en particulier liésDIVERSIFIER POUR MIEUX RÉGNERDernier fleuron d’un groupe connu pour ses réussites dans l’univers de la robotique, l’impression 3D pourrait bien, à terme, être le porte-avec le rachat de Phidias Technologies, petit fabricant français d’imprimantes. Fin 2013, il met la main sur Prodways, fabricant de so- lutions d’impression 3D pro- fessionnelles, puis en avrilles deux leaders et ils réali- sent 500 millions d’euros de CA chacun. Nous partons avec du retard et plus mo- destement, mais nous avons l’avantage d’adosser cette activité à un groupe industrielspécialisée dans les systèmes mobiles robotisés. Pour ac- célérer son développement, il a finalisé, au mois d’avril 2014, le rachat du fabricant français Infotron. ECA dé- ploie désormais une gamme de drones capables de ré- pondre aux besoins des mar- chés civil, professionnel et militaire dans les quatre en- vironnements : air, terre, mer et sous-marin.Cette réussite dessinée au fil du temps, avec un élargisse- ment graduel du champ d’in- tervention de l’entreprise, re- pose sur le développement de technologies de pointe dans des univers industriels nouveaux ou en forte crois- sance.à la sécurité et aux nouvelles technologies.Légèrement inférieur à 215 M€ en 2013 (contre 208 M€ en 2012), le CA consolidé du groupe (1300 salariés dans 12 pays) devrait êtreétendard de Gorgé. Pour l’heure, cette activité ne re- présente même pas 5% du CA consolidé, mais sa pro- gression, supérieure à celle des autres activités, devrait modifier durablement ce bel2014 sur DeltaMed, spécia- liste allemand de résines pho- tosensibles pour les appli- cations d’impression 3D. Désormais en ordre de marche pour s’attaquer à un marché qui pèse déjà quelque 1,7 milliard d’euros au niveau mondial, le Groupe Gorgé ne cache pas ses grandes ambitions.existant, bien implanté dans des secteurs et sur des tech- nologies de pointe. Nous maîtrisons déjà les notions de développement R&D, de pilotage de grands projets industriels, de commerciali- sation et d’internationalisa- tion, donc nous avons tout à fait les moyens de prendre une place importante sur ce marché. Ce sera une course de vitesse, mais les enjeux d’investissement sont tout à fait à notre mesure. »« Infotron maîtrise ses pro- pres technologies et son dé- veloppement produit. Cette société nous apporte la di- mension aérienne que nous n’avions pas encore et nous permet de travailler sur des solutions combinées avec nos robots terrestres », confirme le P-DG du Groupe. Une démarche d’entrepre- neur visionnaire, qui lui a valu de décrocher le prix de l’Audace créatrice en 2014. En attendant une nouvelle opportunité d’imprimer sa marque sur l’industrie hexa-la protection en milieux nucléaires et depuis peu l’impression 3Dstable en 2014 (les chiffres ordonnancement. « Le chiffre d’être un acteur mondial officiels seront dévoilés le d’affaires de l’impression dans le domaine de la fabri- 27 février prochain, ndlr). 3D progresse très fortement, cation des machines d’im- Une performance autorisée à 1,4 M€ sur le troisième pression 3D », confirme le par la croissance de l’im- trimestre contre 1,2 M€ pour P-DG du groupe. Déjà pré- pression 3D et par le dyna- l’ensemble du premier se- sent dans l’univers du den- misme du pôle Projets et mestre, confirme Raphaël taire et de la bijouterie, le Services Industriels (PSI), Gorgé. J’ai le sentiment que Groupe Gorgé se verrait bien qui compense intégralement la contribution de cette ac- jouer les trouble-fête dansAUDACE ET AMBITION.Les systèmes intelligents de sûreté, la protection en milieux nucléaires et depuis peu l’impression 3DCette spécificité mondiale permet à l’entreprise de pro- poser des solutions adaptées à toutes les marines et de miser sur le concept de la coopération entre drones. Les clés de la réussite appa- remment, puisque ECA a si- gné sa plus importante com- mande de drones aériens à l’international à l’automne 2014. La société livrera en juin 2015 plusieurs systèmes de drones à décollage verti- cal, de type hélicoptère, pour un client du Moyen-Orient. Cette commande, qui totalise près de 1 M€, constitue un premier achat, qui pourrait être suivi de nouvelles com- mandes plus significatives d’ici la fin de l’année 2015, selon raphaël Gorgé.« Nous sommes un groupe industriel indépendant, in- novant et exportateur, spé- cialisé dans les produits et services de haute-technologie : les systèmes intelligents de sûreté, la protection en mi- lieux nucléaires, les projets et services industriels et, de- puis peu, l’impression 3D », détaille raphaël Gorgé, qui s’est installé sur le fauteuil de P-DG en 2011. Ingénieur de formation, ce dernier est entré dans le« Nous avons la vocation Les systèmes intelligents de sûreté,Cette diversification dans l’impression 3D est celle d’un groupe qui ne veut pas être un acteur passif, mais un acteur moteur dans chaque univers industriel auquel il s’attaque. raphaël Gorgé l’a également démontré en 2014 en renforçant ses positions dans un autre univers d’ave- nir : les drones. La montée en puissance annoncée degonale.Jacques DonnayFéVrIEr 201571]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17STrATéGIE & INNOVATION NUMérIQUE Interview - Gilles Babinet« L'innovation, une projection dans l’incertain »Le serial entrepreneur, « Digital Champion » auprès de la Commissaire européenne chargée du Numérique, dresse un portrait sans concession de la France numérique, conscient de ses forces, mais aussi de ses bugs...Fleur Pellerin, alors ministre au Numérique, vous a nommé en 2012« Digital Champion » pour la France auprès de la com- mission européenne. Kezako ?Mon rôle consiste d’une part à expliquer à la Commission ce qui se passe en France dans le domaine du numérique, tout en ayant une voix indépendante de celle du gouvernement. Je n’ai pas à dire la messe, mais à rendre compte de l’action réelle de la France sur des sujets comme le digital, les infra- structures, l’éducation ou encore les start-up. Le fait d’être dis- socié du discours gouverne- mental me permet d’adopter un regard critique lorsque cela est nécessaire. D’autre part, nous réfléchissons à ce que pourrait être une politique eu- ropéenne en matière de nu-tout de la perception qu’a l’étranger de la France. Là où on entendait beaucoup de « french bashing » ces dernièreschampions du numérique ?regrettable qu’on ne se serve pas suffisamment de la puis- sance publique pour moderniser l’administration et les usages.je suis aujourd’hui impliqué dans le conseil d’administration de trois grosses ETI. Il est évi- dent que si nous disposions d’un droit du travail plus souple, plus flexible, nous embauche- rions plus de gens. Il est difficile de tenir ce type de discours aujourd’hui en France sans être catégorisé comme un « mé- chant libéral ». Mais ce qui m’intéresse, c’est surtout de savoir comment créer de l’em- ploi.Vous avez déclaré récemment que les pays qui éditent le plus de romans de science-fiction sont ceux qui déposent le plus de brevets. Selon vous, l’imagination est-elle essentielle dans l’innovation numérique ? Il s’agit d’un fait que j’ai lu dans une revue scientifique an- glo-saxonne. Pour moi, c’est une évidence. Pour rêver, il faut accepter de se placer dans le futur. L’innovation est une rupture, elle nécessite de pouvoir se projeter dans l’incertain ; c’est fondamental. Il est éga- lement amusant d’observer que souvent, les fondateurs des plus grandes entreprises du numé- rique ont des parcours « tour- mentés » : ruptures dans leurs parcours scolaires, écoles al- ternatives, etc.Faudrait-il selon vous revoir en profondeur l’enseignement ?Les systèmes d’enseignement classiques montrent leurs li- mites. Notre force, c’était lament apprise en école d’ingé-Nous avons plusieurs points forts. La qualité de formation de nos ingénieurs est unani-nieur.Cette refonte de l’enseignement pourrait-elle passer parles MOOCs ?mérique ; c’est passionnant.Oui et non. Les MOOCs sont évidemment une évolution, mais je crois davantage aux SPOCs (Small Private Online Course). Il s’agit de cours en ligne qui impliquent du pré- sentiel physique. La limite des MOOCs est qu’il s’agit d’un système qui demande énor- mément de volonté : il faut ac- cepter de se fixer des horaires, de s’asseoir devant son ordi- nateur pour apprendre. Ceux qui y réussissent sont d’ailleurs surtout des gens qui ont déjà suivi plusieurs années d’en- seignement supérieur. En re- vanche, le côté gratuit est pour moi fondamental : l’éducation est faite pour être gratuite. Et d’une façon plus générale, les diplômes sont pour moi appelés à disparaître à l’avenir. Deux notions fortes à 42...L’Europe est-elle selon vous un cadre plus pertinent que les parlements nationaux pour légiférer sur le numérique ?D’une façon générale, je pense qu’il est toujours préférable de disposer de textes unifiés. Je préfèrerais de loin une écono- mie européenne unifiée à une économie souveraine et natio- nale. J’ai peur d’une transpo- sition du droit qui ne serait pas la même dans les différentsDans la course au numé- rique, la France fait-elle partie des premiers de la classe ou des mauvais élèves ?Il est assez difficile de trancher : chaque semaine ou presque, des indices sortent, et leurs ré- sultats sont parfois contradic- toires. Mon sentiment est que la France n’est ni première, ni dernière. Nous figurons dans la moitié supérieure du peloton. Pour moi, l’évolution vient sur-Et si tout venait du Massif Central ?années, elle apparaît désormais comme un pays qui suscite le plus vif intérêt, avec des ini- tiatives tells que la French Tech, la Halle Freyssinet ou l’Ecole 42.Quels sont les atouts de la France pour valoriser et accompagner sesPlus qu’un serial entrepreneurNé à Paris en 1967, Gilles Babinet obtient le Bac à l'âge de 20 ans en candidat libre. Autodidacte de formation, il crée deux ans plus tard sa première entreprise, Escalade Industrie, dans le domaine du bâtiment. Dès 1992, il se lance dans le design et le développement de sites Web en fondant une nouvelle société, Absolut. En 2000, il revend la société puis fonde Musiwave, une nouvelle entreprise spécialisée dans les sonneries pour téléphone. Musiwave est revendue pour 139 millions de dollars en 2006. Depuis, il a fondé ou co-fondé plusieurs sociétés dont Eyeka, Mxp4, Digibonus ou encore Capitain Dash. Gilles Babinet est élu premier président du Conseil national du numérique en avril 2011. L'année suivante, il est nommé « Digital Cham- pion » par la ministre du Numérique Fleur Pellerin auprès de Kelly Kroes, la commissaire européenne chargée du Nu-mérique.mement reconnue. Nous avons également la chance de disposer d’une infrastructure numérique de grande qualité, même si il reste encore beaucoup de travail. Nous avons également un bon vivier de start-up. Si nous par- venions à régler les quelques dysfonctionnements qui sub- sistent – et non des moindres –, la France pourrait devenir un leader dans ce domaine. Elle en a le potentiel.Prenons un exemple concret : lorsque je voyage en train, je voudrais avoir accès à une ap- plication pour commander un plateau-repas lors d’un arrêt en gare. C’est une idée simple, mais il faudrait pour la mettre en place se battre contre des corporatismes. Il y a une forme de conservatisme de la part des anciens. Il m’arrive parfois de penser que nous sommes mentalement un vieux pays.Biopays.Après le « french bashing », place à l’intérêt de l’étrangerQu’attendez-vous du règlement européen sur les données, en discussion à Bruxelles depuis quatreA quels problèmes faites-vous allusion ? Les facteurs qui freinent le dé- veloppement des start-up sont aussi ceux qui concernent l’en- semble des entrepreneurs. Ils sont connus : lourdeur de la fiscalité, droit du travail, etc. En ce qui concerne le numé- rique, la fiscalité liée au finan- cement de l’innovation est très imparfaite. Il est par ailleursVous avez vous même fondé plusieurs sociétés dans le domaine du numérique. Les problèmes que vous évoquez ont-ils constitué un frein lors de votre propre parcours entrepreneurial ?Ces problèmes sont présents en permanence, les entrepre- neurs apprennent donc à vivre avec. En ce qui me concerne,formation des ingénieurs, mais elle vieillit. Il faudrait rénover les méthodes, inventer de nou- velles façons d’apprendre. Pourquoi pas faire en sorte que le modèle de l’Ecole 42 devienne en quelque sorte le nouveau modèle français ? La collaboration y est quelque chose de très important, ce qui participe à la qualité du projet. Voilà une notion qui est rare-ans? . Idéalement, on peut espérer un texte qui permette de préserver la confiance dans les plate- formes tout en ouvrant un champ d’innovation. Ma crainte est que in fine ce règlement ne parvienne pas à protéger les individus convenablement, touten limitant l’innovation.72FéVrIEr 2015Propos recueillis par Antoine Pietri]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17RH & FORMATION Réseaux et influence - Association Progrès du Management (Apm)Décryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingEcole de chefsLe réseau de clubs de chefs d’entreprise Apm, mi-ateliers de formation mi-club de réflexion entre pairs, devient une oxygé- nation vitale pour les décisionnaires. Enquête.«Lau temps court avec Twit- ter, les alertes, l’agilité exigée au sein de leur en- treprise, et il est bon, une fois par mois, de prendre une pause... », énonce Fré- déric Rey-Millet, dirigeant fondateur d’Ethik Consul- ting, animateur du club Apm Paris Invalides Ma- nagement 3.0. Ainsi les hommes d’affaires mem- bres de ce club laissent chaque mois une case vide dans leur agenda, celle d’un mercredi après-midi. Ils se retrouvent entre pairs pour échanger des idées, apprendre d’autres univers, parfaire leur culture sur des enjeux majeurs en écoutant un expert, et par ricochet faire progresser durablement leur entre- prise. Ces réunions indé- pendantes et apolitiques, comme l’a voulu le fon- dateur Pierre Bellon, se veulent empruntes d’un es- prit entrepreneurial. « L’Apm m’a donné l’oc- casion d’animer un mou- vement de plusieurs mil- liers d’entrepreneurs qui, par essence, sont indépen- dants, turbulents, innova- teurs, décapants », déclare- t-il. Les experts invités pour parler leadership, prise de décision rapide, politique internationale... ne passent pas des heures à débiter leur discours. « Les questions et échanges fusent au bout de cinq mi- nutes, entre des gens qui ne sont pas dans une atti- tude passive d’apprentis- sage », décrit Frédéric Rey- Millet dont la spécificité de son club tient à la vo- lonté collective de chan- gement du management (d’où l’ajout « management 3.0 »). L’organisation compte aujourd’hui dans ses rangs 6500 dirigeants francophones, 333 clubs, 350 experts dans 20 pays.es dirigeants sont sans cesse soumissonnes qui ne sont pas n°1 dans leur société. Des cri- tères visant à donner confiance et à libérer la parole. La langue de bois n’est pas de rigueur pour ces chefs d’entreprise, de dix à 50 salariés en région parisienne, de 50 à 1500 en Province. Car il s’agit d’être énergiques et proac- tifs pour ces membres qui paient 3200 euros HT à l’année, pouvant passer cette somme sur les frais de formation. Pour ceux qui n’en ont pas assez, il existe aussi des extra-clubs, regroupant par exemple les clubs d’une même région, pour notamment des voyages d’études avec un expert en Turquie, en Chine... Il faut aussi ajou- ter le congrès national qui a lieu tous les deux ans et qui regroupe 4000 per- sonnes. « Nous nous de- vons de proposer des contenus utiles et intéres- sants. Le président élu par ses pairs fait remonter les demandes, et l’animateur que je suis consulte le fi- chier d’experts Apm (350). Une référente pédagogique m’aide à y voir plus clair. Par exemple nous comp- tons une dizaine d’inter- venants sur le leadership », décrit Frédéric Rey-Millet, qui sait que les besoins diffèrent selon les groupes. « Mon club compte des membres de 40 ans en moyenne, surdiplômés et évoluant dans le tertiaire quand les membres Apm ont en moyenne 49 ans et évoluent plutôt dans l’in- dustrie. » Une mécanique bien huilée donc, qui ré- pond aux attentes de « for- mation continue » des chefs d’entreprise, et qui tend àJulien Tarby« C’est bien beau de papoter entre pairs à n’en plus finir. Mais quand est-ce qu’on commande des sushis ? »OBJECTIFS DIVERSà apprendre », explicite Christian Barqui, Président de l’Apm. Ceux qui pous- sent la porte d’un des clubs cherchent aussi à rompre l’éternel isolement du di- rigeant. « Chacun de cesd’un par arrondissement dans la capitale, je n’ai pas éprouvé de difficultés à trouver de nouveaux membres. En période d’in- certitude, il est intéressant d’échanger avec les pairssecteur. Ceux qui outre- passent cette règle cassent l’effet de communauté d’apprentissage, car les gens, si leurs concurrents sont dans la salle, ne vont pas parler librement desLe but est pédagogique tout d’abord. « Les ren- contres doivent permettre à nos adhérents d’identifier et d’approfondir les défis qui les attendent, à titreLa mécanique bien huilée, qui répond aux attentes de « formation continue » des chefs d’entreprise, tend maintenant à s’internationaliser..74FÉVRIER 2015entreprises : les nouvelles formes d’organisation, la posture et les valeurs du dirigeant, la gouvernance ou la nécessité d’apprendreet stimulant », ajoute Chris- tian Barqui. D’où le succès rencontré. « J’ai créé le club en septembre 2014. Même s’il en existe plusfaires seront conclues, mais cela restera très anecdo- tique, puisque le club ne peut compter qu’un seul représentant de chaquepersonnel comme profes- moments leur offre l’op- sur du temps long », illustre problèmes rencontrés avec sionnel. Nous les incitons portunité d’apprendre des Frédéric Rey-Millet. Enfin leurs salariés ou leur as- à bûcher sur des domaines échecs et des réussites des la question du networking socié », précise Frédéric que nous estimons essen- autres et de se ressourcer et du business se pose. Rey-Millet.s’internationaliser.tiels à la pérennité de leurs dans un climat convivial « Peut-être à terme des af-UNE DYNAMIQUE ENTRETENUEUn club ne peut dépasser les 25 membres, et accueil- lir plus de 30% de per-]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17RH & FORMATION ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement,picorés en toute subjectivitéu Un baromètre riche en changements pour ce mois-ci : nouvelle identité pour l'INSEEC, création de nouveaux doubles di- plômes, de chaires originales et d'une plate-forme unique de formation professionnelle dans le Sud-Ouest, remise au goût du jour du Bachelor à la sauce française. Et un classement des MBA où les business schools nationales progressent pour la plupart. Clairement, le monde des grandes écoles n'est pas un mammouth à dégraisser.Refonte des programmes pour SKEMAPour leur 25e anniversaire, les Bachelors du groupe SKEMA s’offrent un lifting. Désormais intitulés SKEMA Bachelor in Global Management, ce nouveau type de programme s’accompagne d’évolutions majeures. L’accent est notamment porté sur la dimension internationale, puisque l’expérience académique peut être vécue jusqu’à deux ans à l’étranger et ponctuée d’un stage de six mois hors de l’Hexagone. Avec une dizaine d’électifs, 11 spécialisations optionnelles, le contenu du Bachelor gagne aussi en flexibilité tant qualitative que quantitative. Un pas de plus vers la personnalisation des parcours.La France et Israël en accord sur le terrain académiqueNouveaux bachelors à l’ISCSource : www.skema-bs.frDiplôme le plus en vogue sur la scène mondiale de l’enseignement, le programme sanctionnant un bac+3 se déclinera sous quatre nouvelles spécialité à la rentrée 2015 pour l’ISC Paris Business School : marketing digital et e-business, management du luxe, gestion et finance, international business.Double diplôme spécialisé dans l’immobilier pour Sup de Co La Rochelle et l’ESPILe mois de décembre fût l’occasion pour Sup de Co La Rochelle et l’Ecole supérieure des professions immobilières (ESPI) d’entériner leur collaboration en signant une convention accouchant d’une nouvelle spécialité du programme Bachelor Business de l’école rochelaise : gestionnaire d’affaires immobilières. Dans un secteur d’activité connaissant de nombreuses évolutions réglementaires et fiscales, le diplôme entend également légitimer l’expertise de ses participants en leur permettant d’accéder à la carte nationale de gestionnaire de transaction.Source : www.esc-larochelle.frSource : www.iscparis.comPour formaliser les échanges en matière de formation et de recherche dans les domaines du Big Data et de la ville durable et intelligente, les présidents du Technion (Israël) et de l’institut Mines-Telecom ont signé à la fin de l’année 2014 une convention. Le but ? Renforcer les échanges internationaux, co-construire de nouveaux doubles diplômes et monter de nouveaux projets scientifiques.Nouvelle chaire pour L’ESTACA et l’Institut d’optique Graduate School« Fiat lux » ! Bien que ne rimant pas, 2015 sera l’année de la lumière selon l’ONU. Ce faisant, l’école d’ingénieurs post-bac ESTACA (spécialisée sur les filières du transport) et l’Institut d’optique Graduate School viennent de créer la chaire industrielle d’enseignement et de recherche dédiée aux systèmes d’éclairage embarqués. Placé également sous la tutelle du Strate College-Ecole de design, la chaire a été lancée à l’initiative de Renault, PSA, Valeo et Automotive Lightning Rear Lamps. L’initiative s’inscrit dans une dynamique partenariale engagée pour monter en compétences dans le domaine du lightning ; Valéo étant déjà en collaboration avec l’université Versailles-Saint- Quentin pour les leds et les Mines de Paris au sujet des éclairages. Conséquemment à cette création, le MSc Systèmes d’éclairages embarqués devrait ouvrir ses salles de classes en septembre 2015.L’ESIEAauservicedelaSantéetduHandicap source:www.estaca.fr La nouvelle organisation des laboratoires de l’école d’ingénieur du numérique ESIEA (Ecole supérieure d’informatique, électronique, automatique) a engendré la création d’un axe Interactions numériques, Santé, Handicap (INSH) afin de susciter des vocations à la croisée des secteurs du digital et de la santé. « Comprendre, aider, soigner » : derrière ce tryptique, l’ESIEA a deux objectifs : développer des partenariats avec des entreprises innovantes et impliquées dans le secteur de la santé et des nouvelles technologies, et porter à la connaissance des professionnels des projets d’outils utilisant la réalité virtuelle en vue d’une meilleure prise en charge des handicaps et de certaines pathologies chroniques.Source:www.esiea.frAu terme d’une collaboration vieille de 55 ans, l’Ecole Centrale des Arts et des Manufactures et l’Ecole supérieure d’électricité viennent enfin de convoler officiellement, donnant naissance à Centrale Supélec, dont le décret de création a été publié le 31 décembre dernier. Nouvel établissement public à caractère scientifique, Centrale Supélec se place sous la double tutelle des ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Economie. Centrale Supélec ambitionne d’incarner un pôle de référence mondial dans les sciences de l’ingénierie et des systèmes. Ce nouvel acteur profitera ainsi de quatre assises nationales avec un nouveau campus prévu sur le plateau de Saclay en 2017, qui participe à la labellisation comme Iniative d’excellence (IDEX) du campus éponyme.Source : www.mines-telecom.frCréation de Centrale SupélecNaissance de ToulouseTech Formation ProfessionnelleL’heure est aux unions. Pour gagner en cohérence et en efficacité, cinq écoles d’ingénieurs du Sud-Ouest (l’ENSEEIHT, l’ENSIACET et l’ENSA, l’INSA et l’Ecole nationales des ingénieurs de Tarbes) ont en effet créé une plate-forme unique, ToulouseTech Formation professionnelle (TTFP), afin que les entreprises aient, sur ce sujet, un interlocuteur unique. Dans la dynamique de la nouvelle Comue Université de Toulouse, l’offre de formation couvre chaque grand pôle d’activité de la région : agronomie, biotechnologies, électronique et technologies de l’information, chimie, pharmacie, aéronautique et spatiale. Ce consortium, par la mutualisation de leurs compétences, entend aussi proposer des formations à la carte et faciliter la signature de nouveaux partenariats avec les entreprises. Les MOOC seront aussi l’occasion d’améliorer la modulation de l’offre de formation initiale vers la formation continue. TTFP ambitionne de tripler les revenus de son activité d’ici cinq ans.Classement Global 200 MBA 2015-2015Source : www.inp-toulouse.fr-L’étude annuelle repose sur une base de données compilant des questions à 5669 recruteurs post MBA et 7187 universitaires. L’étude se subdivise en cinq grandes zones géographiques. Quoi de neuf en Europe de l’Ouest ? Après plus d’une décennie passée au sommet du classement, l’INSEAD remet sa couronne européenne à la London Business School, tandis que HEC rejoint le top 5 (4e). Grenoble Graduate School of Business (25e), fait un bond de 20 places dans le classement. A noter également, pour laSource : orientation.blog.lemonde.fr76FÉVRIER 2015]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frzone Asie-Pacifique, que l’INSEAD Singapour se hisse sur la première place du podium. -Répartition des postes selon secteur d’activité : qui recrute ? Et où ?Le rapport QS Global 200 Business School s’attache aussi à décrire les secteurs qui recrutent un MBA et les zones géographiques qui pourvoient en opportunités de carrière pour les top managers.Observatoire RH & FORMATIONreconnaissable, remarquable, visible, devient donc la nouvelle appellation de la business school qui compte 45000 étudiants et 200 accords internationaux.D’après l’étude menée, les territoires les plus attractifs en matière de recrutement des diplômés sont :-l’Asie avec 30%-L’Europe de l’Ouest avec 19%Le 12 janvier fut l'occasion pour l'Université de technologie de Compiègne (UTC) d'inaugurer officiellement son dernier rejeton, le Centre d'innovation Daniel Thomas, en présence de Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche. L'occasion de revenir sur les plateformes et attractions déjà présentes sur le site à l'image des fablab, table tactile ou encore voiture sans chauffeur. Alain Storck, président de l'UTC, ajoute : « Dans ce contexte, je revendique la liberté d'innovation, la liberté de créativité et la liberté d'entreprendre qui ne peuvent s'accommoder de contraintes administratives trop lourdes, de schémas pré-établis, de pensées trop conformistes, d'enfermements et de cloisonnements disciplinaires. La liberté de l'impertinence dans la pertinence et de la pertinence dans l'impertinence. » Tels sont donc les raisons d'exister de ce nouveau centre à la croisée des politiques publiques, des territoires et de la pédagogie.-L’Amérique Latine avec 18%Inauguration du Centre d'Innovation Daniel ThomasSource : www.insignis-bs.comRANG 2014RANG 2013ECOLEPAYS12 LONDON BUSINESS SCHOOLROYAUME-UNIS21 INSEADFRANCE34 SAID BUSINESS SCHOOL, OXFORD UNIVERSITYROYAUME-UNIS410 HEC PARIS MBA PROGRAMFRANCE56 SDA BOCCONI SCHOOL OF MANAGEMENTITALIE63 IE BUSINESS SCHOOLESPAGNE78 ESADE BUSINESS SCHOOLESPAGNE85 IMDSUISSE97 IESE BUSINESS SCHOOL, UNIVERSITY OF NAVARRAESPAGNE1013 JUDGE BUSINESS SCHOOL, UNIVERSITY OF CAMBRIDGEROYAUME-UNIS1114IMPERIAL COLLEGE BUSINESS SCHOOL, IMPERIAL COLLEGE LONDONROYAUME-UNIS129 COPENHAGEN BUSINESS SCHOOLDANEMARK1320 WARWICK BUSINESS SCHOOL, UNIVERSITY OF WARWICKROYAUME-UNIS1427MANCHESTER BUSINESS SCHOOL, THE UNIVERSITY OF MANCHESTERROYAUME-UNIS1511 THE ST.GALLEN MBA, UNIVERSITY OF ST GALLENSUISSE1629 ESSEC BUSINESS SCHOOLFRANCE............2545GRENOBLE GRADUATE SCHOOL OF BUSINESS, GRENOBLE ECOLE DE MANAGEMENTFRANCE............2735 EDHEC BUSINESS SCHOOLFRANCE............2937 SORBONNE GRADUATE BUSINESS SCHOOL - IAE DE PARISFRANCE............4150 EMLYON BUSINESS SCHOOLFRANCE............45- AUDENCIA NANTES SCHOOL OF MANAGEMENTFRANCE4654IAE AIX GRADUATE SCHOOL OF MANAGEMENT, UNIVERSITÉ PAUL CEZANNE (AIX-MARSEILLE III)FRANCELa recherche, le transfert et la valorisation en innovation de tous ordres seront les maîtres- mots des lieux afin de garantir notamment des innovations organisationnels et sociales. Le tout en interaction forte avec les milieux économiques. L'UTC entend en définitive, favoriser les approches multi-disciplinaires et multi-culturelles dans ce nouvel écosystème. Un élément de réponse des universités face aux enjeux sociétaux de la recherche et de l'innovation.Source : http://interactions.utc.fr-QS World Grad School Tour, le samedi 14 mars (12h30-18h)Hyatt Regency Paris Etoile, 3 place du général Kœnig, 75017, Paris.Des entretiens avec les responsables d’admissions, des sessions de formation et des aides au financement jalonneront l’événement dédié aux Masters, Mastères spécialisés et doctorats au sein des meilleures écoles et universités françaises et internationales. -QS World MBA Tour, le samedi 28 mars 2015 (12h30-18h)Hyatt Regency Paris Etoile, 3 place du général Kœnig, 75017, Paris.L’après-midi sera consacré à vous faire découvrir toutes les opportunités qu’offre un Master of Business Administration (MBA). Pour ce faire, le Hyatt Regency sera l’escale des directeurs d’admissions des meilleures business schools françaises et internationales. L’occasion également d’assister à des témoignages d’anciens et de postuler aux bourses d’études (1,7 millions de dollars réservés aux participants des salons).www.topmba.com/events/Save the dateAu sujet de la taille des entreprises en 2014, les entreprises de plus de 250 personnes emploient 66% de diplômés, les entreprises entre 50 et 250 personnes en engagent 16,4% et les entreprises de moins de 50 personnes, elles, en recrutent 17,6%.INSIGNIS, quèsaco ?source:www.topmba.comL’INSEEC n’est plus. Vive l’INSEEC ? En fait, non. L’école de commerce et de management multi-sites, avec ses campus de Bordeaux, Lyon, Paris et Chambery, change sa marque pour souffler ses quarante bougies. INSIGNIS, du latinFÉVRIER 201577]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17RH & FORMATION Carrières & Talents - La plus-value du MBAAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesQLe MBA, coûteux et exigeant, à quoi bon ? Qu’apporte au futur gestionnaire ce sésame vers les fonctions les plus élevées de l’entreprise ?Les clés du MBAu’on se le dise, le veaux sujets stratégiques à personnelle qui permet de frais. Mais ce mode de fi- est une offre bien identifiée servi de point d’entrée pour MBA, c’est un an, l’avant-garde de l’enseigne- passer un cap. C’est une pé- nancement dépend aussi du par les entreprises du secteur. un autre horizon profession- voire plus, où votre ment managérial. « Le QS riode de transition où l’on secteur d’activité et de la Elles ne se trompent pas sur nel. Il a été très utile en ma-vie privée en prend un sérieux coup. De même que le por- tefeuille de votre entreprise- mécène, ou vos propres de- niers. Pourtant, pas de quoi décourager les candidats : une étude du GMAC (Gra- duate Management Admis- sion Council) annonce qu’en 2015 ces programmes rece- vront 12% de demandes sup- plémentaires. Il faut dire que les employeurs les plébis- citent : ils sont 72% à se dire satisfaits de ces diplô- més, contre 41% seulement pour les masters in mana- gement. Pourquoi un tel en- gouement ?TopMBA.com Jobs and Sa- lary Trends Report montre que les employeurs sont sa- tisfaits des compétences tech- niques dispensées lors d’unnote des changements no- toires dans son comportement entre l’entrée et la sortie du programme », précise Jeanine Picard, responsable des pro-taille de l’entreprise, comme en atteste la dernière étude en date réalisée par QS (voir Observatoire RH& Forma- tion).les attentes nourries au sujet d’un profil diplômé d’un MBA qui sort de notre école », analyse Jeanine Picard.tière de développement de carrière et d’expertise pro- fessionnelle en m’apprenant comment capitaliser sur le passé et comprendre quelles compétences ajouter pour performer sur un nouveau poste et un nouveau marché. Dans le luxe, un MBA n’est qu’une étape qui valorise l’expérience passée et le ré- seau. C’est un très bon point d’entrée dans une nouvelle communauté », témoigne Ma- ria Charueva, ancienne en- seignante en économie à l’Ecole de construction civile de Moscou, alumnus du MBA de HEC et ancienne cadre du bijoutier Lalique. « Toutefois, il y a un fossé entre la qualité académique du MBA et ce qui peut en être utilisé dans une entreprise qui a ses propres probléma- tiques business, très spéci- fiques. Le MBA ne donne pas tous les outils stratégiques », pondère Laurent Bonnier. Autrement dit, l’expansion géographique, l’obsession client ou encore la priorité de croissance sont autant de points trop peu abordés dans ces programmes managé- riaux, selon le cabinet inter- national d’accompagnement au changement. Et ce dernier de conclure : « Des sociétés telles que Sanofi, L’Oréal, Saint-Gobain, Airbus ou Dell nous font confiance et nous sommes désormais capables de mesurer l’impact moné- taire de nos programmes de formation, chose que ne font pas les business schools. Mais nous ne possédons pas l’aura des grandes écoles en matière de valorisation. » Bien qu’inégalé en termes de ré- putation, le MBA n’en reste pas moins en concurrence forte avec ces entreprises ins- tigatrices du changement stra-UN GÉNÉRALISTE DU BUSINESS« Historiquement, la formule du MBA a été créée pour des ingénieurs qui se retrou- vaient démunis à un certain stade hiérarchique, rappelle Jean Pralong, chercheur en management et enseignant du programme MBA à Neoma. Le MBA, c’est de la gestion pour les non ges- tionnaires, et cela s’adresse aux hauts potentiels souhai- tant accéder à un certain ni- veau hiérarchique. On sou- haite avant tout leur inculquer de nouveaux réflexes et de nouveaux comportements. » Cette transversalité est d’ail- leurs son principal atout. Et si toutes les autres offres de formation continue intègrent bien cette notion, c’est de manière plus modeste. « C’est avoir en un an un panorama du business et la compré- hension de phénomènes qui n’appartiennent pas à votre métier, dans un cadre intel- lectuel très riche », ajoute Laurent Bonnier, directeur associé chez StratX, société d’accompagnement au chan- gement. Outre cet enseigne- ment généraliste, les ensei- gnants des business schools prospectent aussi de nou-« Essayons de nous fixer un objectif intermédiaire avec de nous attacher à « conquérir le monde connu »Pour Bubacar Diallo, actuel participant au MBA dispensé par l’école de commerce Au- dencia Nantes, et ancien res- ponsable commercial d’un groupe bancaire international, le plus gros effort fut d’ap- prendre à collaborer en contexte multi-culturel, mal- gré son premier vécu pro- fessionnel : « Chacun amène une expérience culturelle, so- ciale et professionnelle dif- férente. Ce mélange des genres crée une confrontation positive et amène à changer sa manière de travailler en- semble et de s’adresser aux personnes. On ne fait pas un MBA pour gagner une com- pétence en particulier, mais pour y être challengé et s’ou- vrir. » Une autre raison ? Changer de métier et de sec- teur d’activité, tout en partant à l’abordage d’un nouveau marché international. Ce cas de figure correspond surtout aux profils internationaux dé- sireux de venir travailler pour un groupe français. Le schéma le plus courant consiste à valider un MBA français et de concrétiser son MBA tricolore par un stage au sein d’une entreprise fran- çaise, sésame pour une filialeMBA. Mais la prévalence du Big data, par exemple, met au goût du jour « l’evidence- based management ». Il im- porte donc que les MBA in- tègrent cette nouvelle com- pétence de gestion, en lien avec l’utilisation des données », note Mansoor Iqbal, jour- naliste de l’équipe QS.grammes MBA de l’ESSEC. Mansoor Iqbal souligne d’ail- leurs que « les entreprises accordent autant d’impor- tance aux soft skills qu’aux compétences techniques. En particulier en matière de communication, de relation- nel, de stratégie et de lea-En outre, pour ce qui concerne le recrutement, toutes les entreprises ne sont pas aussi sensibles aux charmes des titulaires du pré- cieux sésame : en 2014, celles qui comptent plus de 250 sa- lariés représentent les deux tiers des sociétés qui recrutentLES ENTREPRISES CONQUISESPour les participants, l’avan- tage décisif d’un MBA réside aussi dans la prise de recul par rapport aux premières armes professionnelles qu’ils ont jusque là acquises au cours de leur carrière, tout en préparant l’avenir avec une meilleure connaissance desoi.«LeMBAestunepé- riode de forte remise en causeLe MBA est une période de forte remise en cause personnelle.PASSER UN CAPdership ». L’enjeu est d’ail- leurs si important pour cer- tains employeurs qu’ils n’hé- sitent pas, souvent, à payer eux-mêmes à leurs meilleurs éléments ces programmes pourtant très onéreux. Et ce en dépit du risque de la fuite des talents formés à grandsà ce niveau de diplôme. Et ou une succursale à l’étranger sur la scène mondiale, l’Eu- de la maison mère française. rope demeure le second mar- En d’autres termes, le MBA ché de recrutement, avec 19% incarne un vecteur d’inter- des emplois pourvus. « Dans nationalisation des marques certaines entreprises, le profil françaises ou de grandes en- MBA est bien connu, dans treprises étrangères qui sou- d’autres moins. Notre MBA haitent conquérir le marché Luxury Brand par exemple hexagonal. « Le MBA m’atégique des entreprises.78FÉVRIER 2015Geoffroy Framery]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17RH & FORMATION Carrières & Talents - L’entrepreneuriat en formation continueL Fabrique de startuppers et d’in-startuppersL’enseignement de l’entrepreneuriat, qui n’est pas forcément la création d’entreprise, évolue à vitesse grand V. La preuve.’entrepreneuriat, preneuriat, berceau de fu- l’édifice économique. Les neurs chevronnés, dé- les phases de sensibilisa- connexion avec des clients une nouvelle reli- turs grands entrepreneurs. écoles de commerce sont crypte Michel Coster, pro- tion et d’approfondisse- partenaires et un système gion en France ? bien évidemment dans la fesseur d’entrepreneuriat ment. L’effort consisterait de mentorat. « Ce quiApparemment, oui. Mais FAIRE ACCOUCHER course, suivies de près par et directeur de l’incubateur à couvrir de manière plus donne la dynamique à lacomme toute croyance naissante, rien n’est encore gravé dans le marbre mal- gré des dispositifs incita- tifs venant de toute part qui accélèrent la ferveur. Le parterre que composent les business schools, où fleurissent de multiples formations, contribue grandement à démocratiser l’entrepreneuriat chez nos potaches dont la naïveté n’a d’égale que le culot, tout comme elles donnent le cap à de nouveaux choix de carrière chez nos profils déjà confirmés, par le biais des formations exécutives. Mais le dogme est encore jeune. Et les discours pren- nent souvent un parfum d’insatisfaction. En bon Français, pessimistes et râleurs, nous déplorons toujours un manque de se- rial créateurs. Mais l’avant-garde des écoles de commerce est plus que jamais force de proposi- tion pour faire bouger les lignes et réinventer notre business man. Dans la my- thologie grecque, Mentor, ami d’Ulysse, fut chargé de l’instruction du prince Télémaque. Le nom propre a traversé les siècles et est devenu commun. A l’initiative de l’Etat dans le cadre du Pacte de crois- sance, on parle aujourd’hui de mentorat entrepreneu- rial et d’institut national du mentorat entrepreneu- rial. Le but ? Transmettre bénévolement l’expérience d’un mentor, gestionnaire chevronné d’une PME ayant fait ses preuves, à un « mentoré », chef d’en- treprise en forte crois- sance. Le dispositif, dont les effets ne sont pas en- core quantifiables, s’ins- pire néanmoins de ce qui se réalise en les murs des écoles de commerce. L’oc- casion de revenir sur les procédés inventifs visant à faire des grandes écoles le laboratoire de l’entre-DE L’INNOVATION les écoles d’ingénieurs, à Au regard de la cartogra- l’image, entre autres, de phie des formations, l’en- l’INP Evry, de Centralede l’EM Lyon. Mais il se- rait utile de développer des modèles d’incubationdense l’offre de concréti- sation. » Cet effort trouve son application dans leformation, c’est le projet rythmé par les stress tests et jalonné par de l’assess-Dans les écoles, le future entrepreneur est un oiseau rareseignement de l’entrepre- Paris ou des Mines d’Alès neuriat est désormais na- qui se sont toutes rapide- tional. Les universités avec ment intéressées à la créa-directement liés aux for- mations en dupliquant les process de pré-incubationmastère spécialisé Entre- prendre de l’école lyon- naise, par exemple. Lesment et du mentoring. Son but est de leur faire com- prendre qu’en dépit des apparences, les partici- pants du programme ne sont plus à l’école mais dans le monde du busi- ness : c’est une véritable première année d’entre- preneur », continue Mi- chel Coster.Ce qui donne la dynamique au master, c'est le projet rythmé par les stress tests et jalonné par l'assessment et les mentoringsFÉVRIER 2015les pôles PEPITEs notam- ment, les associations, les chambres consulaires, les organisations patronales, voire même l’école... Cha- cun apporte sa pierre àtion et au transfert de tech- nologies. « Aujourd’hui, ce n’est pas tant un manque de formations qui va empêcher la France d’être dotée d’entrepre-dans les formations en- trepreneuriales. Même si les dispositifs PEPITE s’y intéressent, il est néces- saire de passer un cap. Et lier plus concrètementpremiers mois sont l’oc- casion de constituer des conventions d’idées. Leur validation entraîne une étude de faisabilité et l’ité- ration du business plan enENCOURAGER À FAIBLE COÛTVoyons le verre à moitié80]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frCarrières & Talents - L’entrepreneuriat en formation continue RH & FORMATIONvide. Le succès encourage l’essor entrepreneurial mais n’est pas synonyme pour autant de sagesse. L’effet de mode provoque des dérives. Et la démo- cratisation de ces mythes entrepreneuriaux n’est pas sans danger. « Tout le monde n’a pas vocation à devenir entrepreneur. Mais aujourd’hui, certains établissements incubent des projets qui ne mène- ront nulle part. C’est unetures d’accompagnement. et théoriques, doivent trou- haitons aller encore plus selon un savant mélange, Si on évoque volontiers ver leurs prolongements loin en développant une fonction des compétences le réseautage comme point dans la pratique et l’ac- approche sectorielle », en interne de l’école, des fort des formations dites compagnement. Concrè- complète Julien Morel. appels du pied du marché,niveau des secteurs concernés. « La sectori- sation est question de dé- veloppement de partena- riats par rapport à une spécialité. Ce qui permet- tra concomitamment de faire évoluer le contenu théorique des différentes formations, majeures et électifs dédiés à l’entre- preneuriat », complète Ju- lien Morel. Cet élan sec- toriel n’est cependant pas le seul fait des business schools. Car en parallèle, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à fi-Il peut s'agir également d'un transfert vers de l'existant. Entreprendre la conception de nouveaux business models et leur déploiement dans des PME ou ETIà vocation entrepreneu- riale, il n’est pas rare dans la phase de concrétisation de faire face à des pro- blèmes relevant des res- sources humaines qui frei- nent l’incubation. « Les contraintes administra- tives ne pèsent pas seule- ment sur les entités déjà créées. Pour les entre- prises en devenir, comment recruter des « stagiaires » par exemple ? », note Christophe Garonne.tement ? « Un deuxième besoin se dessine après l’effort de sensibilisation. Il convient d’accélérer le process de création par un accompagnement per- sonnalisé. Mais nous sou-Faire de l’entrepreneuriat ne suffit plus. Il s’agit désormais de se démarquer par de l’entrepreneuriat sectoriel. L’équation est délicate. Et l’arbitrage des secteurs d’activité s’opèredes domaines vers lesquels les fonds investissent ainsi que du besoin des étu- diants. Ce développement vertical s’accompagne d’un travail d’évangélisa- tion et de conviction aumauvaise allocation des ressources d’accompagne- ment. Car l’essentiel, lorsque cela ne fonctionne pas, c’est d’échouer ra- pidement et à faible coût et non d’investir pour faire du chiffre en pariant sur la quantité », regrette Christophe Garonne, pro- fesseur en stratégie et en- trepreneuriat et directeur académique de l’incuba- teur de l’IESEG. Outre la prudence, Christophe Ga- ronne déplore aussi un manque d’agilité des struc-DE « L’ACTION LEARNING » À LA SECTORISATION ENTREPRENEURIALE Si la création d’entreprise fut une bouteille jetée à la mer dans les années 90, les prémices de son ex- pansion au sein des grandes écoles datent du début des années 2000. Une filière d’abord, un in- cubateur, une pépinière voire même un fonds d’in- vestissement pour les plus chanceuses. C’est peu ou prou le chemin suivi par les écoles de business. Un effet boule de neige qui suscite de nouvelles vo- cations qu’il convient de modérer encore. « A partir du moment où il y a eu Deezer, on a observé une montée en puissance d’en- trepreneurs réels. Mais l’accompagnement re- quiert du temps. Au- jourd’hui, 50 start-up sont dans les murs mais la pro- gression s’est faite petit à petit. C’est une logique de croissance organique. Et pour avoir en France des entrepreneurs chevron- nées, il importe d’amélio- rer encore l’accompagne- ment et les écosystèmes innovants », souligne Ju- lien Morel, directeur d’ES- SEC Ventures. En outre, rares sont les écoles qui n’encouragent pas l’entre- preneuriat en 2015. La sensibilisation va grandis- sant mais les cours, né- cessairement généralistesFÉVRIER 201581Œ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17un réseau, mais surtout de la confiance. Car il reste encore fort à faire pour modifier le statut de l’er- reur et développer chez nos graines d’entrepre- neurs une propension à capitaliser sur leurs expé- riences non abouties pour mieux repartir pour un tour (de table). Un busi- ness trip aux Etats- Unis fut aussi l’occasion pour les participants de l’Exec MBA de Neoma de confronter deux stylesRH & FORMATION Carrières & Talents - L’entrepreneuriat en formation continue design » en tant que com-généralistes capables de gérer une unité dans toute sa globalité. Mais dans toutes les conventions, plus de 20% une fois diplômés deviennent entrepreneurs, créent ou reprennent un business. D’où un intérêt grandissant pour l’intra- preneuriat et l’entrepre- neuriat », se réjouit Svet- lana Serdukov, directrice de l’Executive MBA à Neoma. Cela a donné de la suite dans les idées par exemple à Benoit Salem-pétence s’acquérant à force d’expérimentation et de prises de risques. « Il s’agit de concevoir de nouveaux business mo- dels créateurs de valeur, et ensuite d’être capable de les implémenter. Si on accepte cette définition pour l’acte d’entreprendre, ces compétences décrites peuvent se concrétiser en tant que salarié, créateur voire même les deux. Je ne fais pas de dichotomieil reste encore fort à faire pour modifierEntreprendre c’est finalement faire en sorte que les rêves de la nuit deviennent la réalité du jourbier, president d’AddValue Assurances, créée en mai 2013 pendant l’executive MBA à Neoma : « J’ai effectué un executive MBA parce que l’entreprise pre- nait en charge le finance- ment et me promettait une belle carotte en termes d’avancement. En cours de parcours, j’ai réalisé que j’avais une âme d’en- trepreneur... » Change- ment de fusil d’épaule pour Benoit Salembier qui décèle une opportunité de marché à combler dont il serait le pionnier en ma- tière de solution et de conseil. « La formation m’a clairement permis de lever la tête. Je n’aurais pas franchi le pas avant l’Exec MBA. Je me serais convaincu seul que le pro- jet était trop complexe, trop ambitieux », poursuit l’alumnus de Neoma. Ef- fectivement, la plupart des formations de troisième cycle fournissent une bat- terie d’outils de gestion,d’entrepreneuriat. Le chef d’entreprise français passe le plus clair de son temps à gérer les imprévus, col- mater les brèche et étein- dre les incendies tandis que l’essentiel du temps chez le gestionnaire amé- ricain est dédié en priorité à fixer un cap stratégique, en portant haut et fort l’étendard de son entre- prise auprès des investis- seurs par exemple. Autre mission que s’assigne l’en- trepreneur américain, celle de recruter des talents qui dépassent de loin les com- pétences du gestionnairenancer des chaires entre- preneuriales. Un vif intérêt suscité par l’effet disruptif des start-up. Et même si la pratique n’est pas en- core mainstream, certains incubateurs réussissent des cycles complets en matière d’entrepreneuriat. De l’idée à la création. De la pérennisation à la revente. Ou comment partir en re- traite juste à la sortie de ses études...concept. Puis du concept, concevoir un business mo- del. Concrétiser le busi- ness model par une activité rentable en générant du cash flow et de la crois- sance. L’ensemble de ces étapes qui transforment une innovation en un nou- veau business ne signifie pas nécessairement créer une entreprise. Il peut s’agir également d’un transfert vers de l’existant. « Un process de concep- tion de nouveaux business models et leur déploiement dans la réalité. Voilà cequ’on entend par entre- prendre, nuance Michel Coster. Aujourd’hui, on est trop dans la création et on oublie que l’entre- preneuriat cela se passe aussi dans les ETI et les PME. L’innovation trouve un terrain d’atterrissage ailleurs que dans la créa- tion. » A contre-courant du mythe de la jeune en- treprise cotée en Bourse, créée ex-nihilo suite au rêve du créateur, les pro- fessionnels de l’entrepre- neuriat y opposent donc la notion de « businessDES SIGNES ENCOURAGEANTS Autre signe porteur d’es- poir, certaines formations autrefois réservées à la formation des dirigeants encouragent les projets ambitieux. « L’executive MBA n’est pas dédié à 100% aux entrepreneurs. Sa première vocation est de préparer des spécia- listes déjà en place en en- treprise et d’en faire desmaine de pré-BUSINESS DESIGN ET INTRAPRENEURIAT Passer d’une idée à undans leur do. dilection. Une relation aux pairs différente, qui traduit une autre manière d’en- treprendre. Sans nul doute une source d’inspiration pour les professionnels de la formation, qui encou- ragent leurs ouailles à en- treprendre.entre les créateurs et les salariés », développe Mi- chel Coster. On aurait donc tort de croire que seules les start-up peuvent à elles seules relancer la croissance. La solution viendrait également des entrepreneurs qui amènent leur talent dans des en- treprises existantes. Le message a d’ailleurs été entendu et approuvé par les politiques publiques. Le but ? Promouvoir les in-startuppers autant que les startuppers.le statut de l’erreur82FÉVRIER 2015Geoffroy Framery]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneExpos/éatreBDn PersepolisDu déjà vu, certes ! Mais il y a parfois de ces ouvrages géniaux qui résonnent universellement. La BD autobiographique de Marjane Satrapi, plus riche que l'animé, nous invite à com- prendre ce qu'est l'Islam à travers les recherches existentielles de son auteur. Adolescente contestataire en Iran, étudiante marginalisée par sa pudeur en Autriche, la dessinatrice nous évoque les difficultés à arbitrer des choix façonnant son iden- tité sans tomber dans l'identitaire. Le récit illustré nous éclaire également sur ce qu'a été la Révolution Islamique, sur l'enfance et la guerre, sur le sectarisme et l'intégrisme reli- gieux, qu'il soit de voile noir ou en col blanc. Malgré ce ma- nichéisme de valeurs qui ressort aussi dans la gamme chromatique des dessins, tout de noir et de blanc, l'histoire, elle, est toute en nuances et nous force à construire une vi- sion du monde ou rien n'est tranché. Ou tout est gris clair et gris foncé.Persepolis, 2002, a.p de 14,20 eurosCinéman Lucrèce Borgia, mis en scène par David BobéeLa Lucrèce Borgia de Victor Hugo est ambivalente : émouvante par l’amour qu’elle porte à son fils Gennaro, dont elle ne peut avouer la maternité, l’empoisonneuse-incestueuse est aussi monstrueuse par sa haine meurtrière et sa folie destructrice. 30 ans après 37°2 le matin, de Jean-Jacques Beineix, Béatrice Dalle interprète, avec cette figure his- torique scandaleuse, son premier rôle au théâtre. La pièce vaut aussi par la mise en scène très moderne de David Bobée, qui mêle théâtre, danse, cirque, musique – Butch McKoy chante et joue en live dans un coin du décor. Le hip-hop, le rock et le slam don- nent une nouvelle jeunesse au texte de l’auteur des Misérables. Un bassin, qui recouvre entièrement la scène, sert de piste aux acteurs qui ne craignent pas de s’y jeter à inter- valles réguliers, et testent la résistance à l’eau des spectateurs des premiers rangs. La surface miroitante participe aux jeux de lumière et à l’atmosphère enivrante de la pièce. En tournée dans toute la France depuis octobre 2014, avec 60 dates prévues jusqu’en mai 2015.En tournée dans toute la France depuis octobre 2014, avec 60 dates prévues jusqu’en mai 2015.n Nouvel Accrochage des collections au LaM« La maison que j'habite », reprise de l'oeuvre éponyme de Brassaï,sera le fil rouge de nouveaux accrochages, récentes acquisitions du musée telles qu'une palissade de Raymond Hains et trois graffitis de Brassaï. Certains indéboulonnables de Daniel Buren et d'Annette Messager ont été déboulonnés pour l'oeuvre Sans Titre de Matt Mul- lican et certaines photographies d'Alan McCollum. Une ribambelle d'oeuvres nouvellement exposée qui atteste du dynamisme du Musée de la métropole du Nord. Le turnover et les arbitrages sur les créations sont l'occasion de nous désenclaver de nos préjugés surl'art brut et l'art contemporain. Et parce que la peur de ne pas comprendre ne doivent pas paralyser, le LaM propose chaque dimanche des parcours destinés aux novices. Une démocratisation des droits du génie voulue par ce musée et les chefs de file de l'art brut dont le Lam demeure une vitrine d'excellence.Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut. La maison que j'habite, du 23/12/2014 au 10/05/2015Du mardi au dimanche de 10h à 18h.n Mons 2015, c’est parti !René Magritte, Jacques Brel, Georges Simenon, Benoît Poelvoorde, François Damiens, Jean-Claude Van Damme... Si un pays méritait de voir l’une de ses villes auréolée du statut de Capitale européenne de la culture, c’était bien la Belgique. Et c’est Mons qui a décroché la timbale. Après des semaines de préparation, la « cité du Doudou » – en référence à la célèbre fête locale – donne ce samedi le coup d’envoi à plusieurs mois de festivités sur ses terres et sa périphérie. Mons 2015, ce seront 300 événements ma- jeurs, un millier d’activités culturelles et artistiques proposées au grand public, le tout sur 17 villes partenaires situées entre Lille et Gand. Parmi ces festivités, des expos (Van Gogh, Napoléon, Verlaine, la Chine...), du théâtre et de la danse (Michaël Clark Com- pany, Jean-Michel Van den Eeyden, Bartabas, Marco Martinelli...), de la musique (DJ Mellow, Electrabel, Jean-Louis Murat...), mais aussi de la littérature, des arts urbains, de la gastronomie, du design, de la mode et du numérique...Au-delà d’une « simple » vocation culturelle, Mons 2015 se veut la concrétisation de la métamorphose d’un territoire voulant devenir une véritable « Creative Valley ». Ainsi, la cité s’est-elle couverte depuis deux ans de nouvelles infrastructures majeures : un nouveau centre de congrès ou encore cinq musées flambant neufs.C’est donc le top-départ d’une véritable renaissance qui sera donné ce week-end sur les bords de la Haine. 17 lieux, 11 en extérieurs, six en indoor, accueilleront les curieux et les fêtards tout le week-end dans un esprit déambulatoire. Au programme, des ins- tallations de feu par la compagnie Carabosse dans le parc de la ville, une étrange cho- régraphie de robots géants sur la façade du Marché aux herbes, des hot pots finlandais pour un bain de minuit à la belle étoile, les « Sons des Ténèbres » de l’Ecole supérieure des arts, une nuit blanche avec le pianiste Franck Braley et l’Orchestre royal de chambre de Wallonie, une soirée Woodstock au Théâtre du Manège, ou un plus classique feu d’artifice.Bref, ce week-end, soyez Belges !n Timbuktu, d’Abderrahmane SissakoLe dernier film d’Abderrahmane Sissako prend pour pointde départ un fait historique : l’occupation de la ville de Tom- bouctou, au Mali, de juillet à décembre 2012, par des isla- mistes. Le cinéaste mauritanien montre comment, en imposant la charia, ces derniers interdisent la musique, les cigarettes et le football, procèdent à des mariages forcés et rendent des sentences injustes dans des tribunaux impro- visés. Le film s’ouvre sur une longue séquence très symbo- lique où des statuettes et des masques traditionnels sont frappés et progressivement détruits par les balles des isla- mistes s’exerçant au tir. Sissako montre avec finesse la ré- sistance de la population face à des ordres injustes. Cela donne par exemple lieu à un magnifique match de football sans ballon, ou à des dialogues entre un imam et le chef des occupants, qui confrontent leurs conceptions de l’islam.Timbuktu a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2014, et est en lice pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère aux Oscar 2015.n A Most Violent YearEn ce moment à l'affiche. New York, hiver 1981. Violence et délinquance sont monnaie courante dans les artères de la Grosse Pomme. Immigré ambitieux, Abel Morales, alors entrepreneur dans le pétrole, concrétise l'investissement de sa vie mais doit en retour trouver une coquette somme d'ar- gent. Reste 30 jours. En travers de sa route, des concurrents véreux, un procureur au zèle mal placé et des banques fri- leuses mettent le dirigeant sous pression et posent la ques- tion suivante : comment rester intègre à une époque qui ne l'est pas ? Loin des clichés et de la bien-pensance, la sobriété des réponses apportées et les silences, véritables syncopes psychologiques, animent des séquences épurées, théâtrali- sées par les jeux de lumière. Se dégage une atmosphère flot- tante qui contraste avec la gravité des rapports humains. Un film cynique sur le rêve américain dont la maestria s'ex- prime sans ostentation.84FÉVRIER 2015]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frL’Air du temps - Agriculture urbaine ART DE VIVRE & PATRIMOINE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsLes raisins de la ConcordeCPotagers, élevages, ruches se fraient un chemin dans les grandes villes. Grâce à l’agriculture urbaine, les citadins se réapproprient leurs quartiers et leur alimentation.omme chaque année, trouvent une activité, de la les Parisiens se pres- mixité sociale, et une ali- seront fin février en mentation saine. Quant à larangs serrés dans les allées révolution verte de Rosario,du Salon de l’agriculture pour admirer veaux, vaches, co- chons et couvées. Et comme chaque année, le reste de la France moquera ces visiteurs qui ne connaissent du monde agraire que cette campagne de folklore. Mais pour com- bien de temps encore ? Car, si ce n’est pas encore la Beauce, Paris voit fleurir entre les limites bitumées de son boulevard périphérique de nombreuses initiatives qui lui donnent des airs de pays de Cocagne. Un peu partout dans la cité, particuliers, as- sociations, entreprises et mu- nicipalité verdissent parcs, toits et friches.initiée après la crise de 2001, elle fait vivre des centaines de familles grâce aux jardins communautaires et à la li- vraison de paniers de fruits et légumes.PARIS LA MAIN VERTEDe l’autre côté du spectre, l’heure est à la profession- nalisation du mouvement, avec ça et là l’émergence de projets entrepreneuriaux. A Chicago, la ferme verticale FarmedHere, la plus grande du pays, cultive sur 8300 m2 les végétaux les plus fragiles, qui supportent mal le trans- port, comme le basilic, la salade et la menthe. A New- York, le plus grand potager sur toit du monde, Brooklyn Grange, produit 23 tonnes de légumes chaque année. « De plus en plus d’entre- preneurs parviennent à mon- ter des projets rentables et à créer de l’emploi », remarque Eric Duchemin.Des exemples ? 22 hectares de toits parisiens sont déjà végétalisés. Le plus grand, au-dessus du centre commer- cial Beaugrenelle, dans le XVe arrondissement, couvre 7000 m2. Une « canopée verte » qui présente des avan- tages pour la rétention d’eau et la réduction du bruit. L’école AgroParisTech a aussi créé sur son toit un jardin potager laboratoire pour tester des solutions innovantes des- tinées à cultiver de façon du- rable en milieu urbain, grâce à la réutilisation d’intrants locaux : compost, déchets de bois ou encore marc de café. Ce ne sont peut-être là que les prémices d’un mouvement plus large, puisque la Mairie de Paris évalue à 314 hectares la surface des toitures végé- talisables dans la capitale. D’autant plus que cette mode peut prendre bien des formes. En 2013, cette même mairie a ainsi sélectionné 30 initia- tives dans le cadre de son appel à projets « végétalisa- tion innovante ». Parmi eux, des poulaillers participatifs, des fraisiers sur murs, des potagers sur roues, et mêmeTrac’libune champignonnière sur marcs de café. Les fameux « champignons de Paris » ? Les abeilles se sont aussi frayé un chemin sur les toits de la capitale, qui compte plusieurs centaines de ruches, dont quelques unes sur le toit de l’Opéra Garnier. L’en- treprise Apiterra, spécialisée dans l’installation de ruches d’entreprises et de collecti- vités, en compte 330 à Paris.PROSOMATEURSconcept a toujours existé, les villes se sont développées grâce à l’agriculture. Dans les pays du sud, les deux res- tent très liés et dans certaines villes d’Afrique, comme Kins- hasa ou Dakar, l’agriculture urbaine représente encore 80% de la consommation ». Dans les pays occidentaux, en revanche, elle a perdu droit de cité pendant les Trente Glorieuses, avant dede Montréal, Bruxelles, ou encore New-York a de fortes colorations écolos et colla- boratives. Les « prosoma- teurs », contraction de pro- ducteur et consommateur, prennent en main leur ali- mentation. Rien qu’à Paris, des riverains regroupés en association animent et culti- vent une centaine de jardins partagés.Paris n’est que l’un des nom- breux représentants d’un phé- nomène dont l’ampleur ne cesse de croître : l’agriculture urbaine, qui fournit déjà de la nourriture à un urbain sur quatre dans le monde selon la FAO (organisation des Na- tions Unies pour l’alimenta- tion et l’agriculture). Elle peut prendre bien des formes, des parcelles partagées auxPÉRI-RURALPour les territoires, alors que plus de 50% de la population mondiale vit déjà en ville, et que le chiffre de 70% est avancé pour 2050, l’enjeu est considérable : « Combien de temps notre modèle de production va-t-il pouvoir survivre ? Tout le système est pensé pour que les den- rées alimentaires viennent de l’extérieur, et de plus en plus loin à mesure que la ville s’étend. L’agriculture urbaine est une réponse à cette incohérence ». Pour rendre les villes davantagePoulaillers participatifs, fraisiers sur murs, potagers sur roues, et même une champignonnière sur marcs de caféL’agriculture urbaine a aussi parfois une fonction sociale : « Pendant les crises écono- miques, les citadins peuvent éprouver le besoin de renouer avec l’agriculture pour se nourrir, retrouver une acti- vité, et créer du lien », ex- plique Eric Duchemin. A l’instar de Détroit, aux Etats- Unis, et de Rosario, en Ar- gentine. Dans la ville de Ford et General Motors, qui a été laminée par la désindustria- lisation et a perdu plus de la moitié de sa population de- puis 1950, les friches se transforment en jardins po- tagers – on en dénombre 1300 – où 16000 personnesCurieusement, ces insectes menacés à la campagne sont en meilleure santé à la ville, car la mairie n’utilise pas de pesticides et la diversité vé- gétale y est très importante compte tenu de la variété des parterres de fleurs. Depuis 20 ans, la Ferme du Bonheur cultive son mode de vie com- munautaire et artistique entre autoroutes et barres HLM, à deux pas du quartier d’affaires de la Défense.fermes verticales, dans des tours. Compte tenu des contraintes de surface, elle concerne essentiellement le maraîchage, la culture d’arbre fruitiers et de petits élevages. On n’est pas près de voir le Champ-de-Mars se couvrir de blé. Eric Duchemin, pro- fesseur associé à l’Institut des sciences de l’environne- ment à l’Université du Qué- bec à Montréal, se fend d’un rappel historique : « Lefaire son retour au milieu des années 1970, sous des formes associatives, en ré- ponse à la crise des chocs pétroliers. « Aujourd’hui, c’est le mouvement environnemen- tal qui prend le relai, motivé par la protection de la bio- diversité et le désir de bien manger », explique le spé- cialiste, par ailleurs auteur de Agriculture urbaine : amé- nager et nourrir la ville. La passion agraire qui s’empareffisantes, les urba-auto-su.nistes réfléchissent déjà à en faire un écosystème plus har- monieux, avec des rues tra- cées pour favoriser l’enso- leillement maximal, accroître le nombre d’espaces exté- rieurs et créer des espaces collectifs dans les bâti- ments.Aymeric MarolleauFÉVRIER 201585]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéMode & AccessoiresChaussez l’indétrônable qualité anglaise !Edward Green est une marque de renom qui a acquis une place privilégiée dans le vaste univers de la chaussure an- glaise. La maison a vu le jour en 1890, à Northampton, ville réputée pour son savoir-faire dans la chaussure haut de gamme. Les modèles Edward Green se distinguent dans la sélection des peausseries et la finesse des cou- tures. Le goodyear est le montage utilisé par cette marquequi met un point d'honneur à fabriquer ses chaussures dans les règles de l'art. La découpe exceptionnelle et minutieuse de chaque modèle a contribué à la notoriété de la marque. Sa- viez-vous par exemple que plus de 320 étapes sont nécessaires pour la fabrication d'une paire de souliers...? 199 Bis bd St Germain, 75007 PARISwww.edwardgreen.comUn bijou de sac !Ralph Lauren sur la vague duNouvel an chinois !Du 15 Janvier au 30 Mars, Ralph Lauren s’installe au rez-de-chaussée du Printemps Haussmann avec un Pop- Up store dédié aux accessoires. A l’honneur, le nouveau sac « Le Ricky Drawstring », dans 4 coloris et 2 tailles. Pour célébrer le nouvel an Chinois, succombez au mini « Ricky Drawstring » dans un superbe cuir rouge. A l’instardu classique et désormais emblématique sac Ricky, le « Ricky Drawstring » s’inscrit dans la tradition du luxe et de l’élégance propres à la maison Ralph Lauren. Tous les« Ricky Drawstring » offrent une doublure contrastée et raffinée ainsi qu’une poignée et une bandoulière amovibles. Une Sublime édition à ne manquer sous aucun prétexte !www.ralphlauren.frQuand la Mode devient PoésieLe comité Jean Cocteau se ré- jouit de l’hommage rendu à Jean Cocteau par la maison Façonnable, à l’occasion de sa collection homme/femme été 2015. Jean Cocteau disait, “On croit que le style est une façon compliquée de dire leschoses simples alors que c’est une façon simple de dire les choses compliquées”. Style, simplicité, élégance... voilà tout ce qui rapproche Façonnable de l’univers du poète. Pierre Bergé, Président du Comité Jean Cocteau. La maison azuréenne dévoile une capsule hommage au poète amoureux du soleil de la Méditerranée. Et un court métrage à découvrir en exclusivité.http://faconnable.comSamuel Gassmann magnifie les boutons de manchetteL’Art sous toute ses coutures... Le Paysage, Sa- muel Gassmann l'aborde à sa manière. Paysagede jour : il prend pour décor le jardin du Luxembourg, dans lequel se déroule un dé- jeuner sur l'herbe. Paysagedu soir : inspiré de la Cène, de Léonard de Vinci, ce repas du soir n'esquisse que les silhouettes des deux apôtres en bout de table. Présenté en un en- semble de 3 boutons, le nouveau set bouscule les usages. Un temps pour tout, un bouton de man- chette pour chaque moment du jour : le négligé que l’on porte pour rester chez soi, recevoir, boire un café entre amis ; la nacre blanche pour les acti- vités en journée, la nacre grise se révèle comme la matière nocturne. Tous les modèles sont entière- ment façonnés en France.www.samuelgassmann.comPassionnée de matières nobles et de métiers d’art, c’est finalement dans letravail du cuir que cette ancienne préparatrice en pharmacie s’épanouira.Diplôme de maroquinerie en poche, elle crée « La BA(ï)TA » et décline unegamme de sacs et d’accessoires uniques entièrement conçus et réalisés deses mains, dans son atelier parisien. Elle accorde une place particulière au choix des matières premières, les cuirs étant tous issus de France, d’Espagne ou d’Italie. S’inspirant autant du quotidien que, de ses voyages, elle présente une collection colorée mariant les cuirs tendances et les tissus originaux.L’impertinence de la modewww.atelierlabaita.comparSac Iconic Bogie chez S.T DupontLors d'un voyage à Paris en 1947, Humphrey Bogart visite la boutique S.T.Dupont et com- mande un sac léger pour voyager plus faci- lement en avion sur lequel ap- paraissent ses initiales. Inspiré par ce client célèbre, S.T.Dupont a créé la collection "iconic" reflétant le style élégant et chic de Hum- phrey. Le sac de voyage cosy est fabriqué à par- tir de toile de coton huilée et de cuir cognac. Il existedans 4couleursdifférentes:beige,bleu,vert, gris.www.st-dupont.comMarc Jacobs nous en met plein les oreilles !Le prix n'atteintpas toujours lescimes lorsqu'ils'agit de se procu-rer un objet chic,élégant et tendance. La collection de casques née de la collaboration entre Urbanears et Marc by Marc Jacobs en est la preuve. D'un côté Urbanears, entreprise suédoise spécialisée dans le son de tous les jours avec ses casques colorés à prix abordable. De l'autre Marc Jacobs, célèbre créateur américain passé chez Louis Vuitton et connu pour sa vision très démocratique du luxe. En naissent trois casques au design minimaliste, aux formes sim- ples et efficaces, parsemés de couleurs affirmées.http://fr.urbanears.comArthur de SoultraitFondateur de Vicomte A.Décembre, c’est toujours l’heure des bilans : les personnes de l’an- née, les évènements marquants... Mais que pourrait-on retenir de cette année en France ? Exercice plus difficile, pour ne pas tomber dans le French bashing ambiant, qu’est-ce qu’on pourrait retenir de posi- tif ? Pour trouver du positif, un premier critère de sélection facile c’est déjà d’oublier l’économie. De côté-là, à part le prix Nobel d’Economie décerné à Jean Tirole difficile de trouver autre chose. Donc nous sommes bons dans la théorie économique... mais pour la pratique on repassera. Quoi d’autre ? Le romantisme français peut-être, nous pouvons nous van- ter d’avoir un Président qui, dans la lignée de son prédécesseur, fait tourner les têtes des actrices. Et sans leur sauter dessus en peignoir, ce qui est un plus indéniable. Et puis quel sursaut de notoriété internationale ! Aug- menter les impôts en France, ça fait ricaner les lecteurs du Financial Times, mais la Une du Closer c’est la célébrité mondiale assurée.Et puis comment ne pas mentionner, l’exceptionnel travail d’équipe du principal parti d’opposition : en une seule année ou presque, ils ont réussi à balkaniser (pas de jeu de mot avec le maire de Levallois, c’est trop facile) la droite française pour surtout faire le moins de propositions concrètes possibles et se concentrer sur la prochaine magouille à faire fuiter dans les médias.En route pour 2015C’était un exercice difficile, mais je suis heureux de l’avoir réalisé. Trou- ver trois points positifs n’était pas chose facile. J’ai failli renoncer en cours de rédaction. Mais ça y est, maintenant je suis rassuré : tous les éléments sont réunis pour un retour du dynamisme et de la croissance en 2015 !86FÉVRIER 2015]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsHorlogerie & JoailleriePanthère au cou, à l’âme, au doigt...En 1914, Cartier crée son premier motif taches de panthère sur une montre-bracelet. La femme Cartier se veut libre, sauvage et belle. Ce sont cin- quante-six pièces, pour une collection sur laquelle l’héroïne règne en félin absolu. Notre choix s’est porté sur cette incroyable bague, qui se porte auxOh mon Serpent Bohème !© Vincent Wulverick - Cartier 2014Il est vrai que parmi les figures iconiques de la Maison Boucheron, celle du serpent est particulièrement chargée de symbole et d’his- toire. Figure protectrice, gage d’amour, promesse de bonheur, il fait partie depuis longtemps du bestiaire de la Maison. Parce que son interprétation est libre, le Serpent Boucheron incarne l’esprit de la féminité bohème depuis la création de la collection en 1968 :sa tête, suggérée par une goutte endiamantée et couronnée de billes d’or décuple les reflets des diamants sertis neige. Quant à son corps ciselé par les Mains de Lumière, il s’enroule et se pare du plus beau des polis pour briller au doigt, dans le creux du cou ou sur les oreilles. Glamour ou plus ludique, quelle que soit la façon de s’adonner au Serpent Bohème, son esprit libre plane au-dessus de la collection pour un résultat délicieusement féminin.http://fr.boucheron.comEn avant-première de Bâle...En 2005, la Maison Breguet lance sa collection iconique Tradi- tion avec le modèle 7027, premier garde-temps à mettre en scène les organes du mouvement au-dessus de la platine. Cette ligne entre-temps étoffée s’enrichit cette année d’une version exceptionnelle, la Tradition Automatique Seconde Rétrograde 7097. Inspirée, comme le reste de la collection, des montres de souscription, cette création rappelle le génie d’A.-L. Breguet, qui, en 1796, invente la montre à une aiguille. La Tradition 7097 laisse apparaître ponts, roues, échappement, barillet etautres composants du mouvement, qui, d’habitude, se trouvent sous la platine. Son ab- solue sobriété honore la mémoire de la marque tandis que ses caractéristiques tech- niques sont l’apanage d’une Maison horlogère résolument tournée vers l’avenir.www.breguet.comQuand votre poignet vous indique l’heure, la date et la lune !Depuis 2006, les modèles Wempe Zeitmeister sont l’incarnation d’une montre robuste et précise dotée d’un boîtier aux proportions équilibrées. Le nouveau vaisseau amiral de la ligne Zeitmeister atout à bord : l’heure, un calendrier avec phase de lune et un chrono- graphe, avec néanmoins un boîtier au diamètre modeste de 42 milli- mètres. Cette montre complexe et raffinée est simple à utiliser et adaptée aux conditions de la vie moderne avec un mouvement automa- tique qui assure une réserve de marche de 48 heures, un verre saphir traité antireflet et une étanchéité à 5 bar. Disponible avec un cadran argenté ou noir, cette montre au boîtier en acier inoxydable est livrée sur un bracelet mé-tallique ou en alligator.www.wempe.frOris, au rythme des lunaisonsLa Oris Tycho Brahe Limited Edition est le nouveau garde- temps en édition limitée, inspiré par Tycho Brahe, aristo- crate et astronome danois du XVIe siècle. La montre est dotée d’une complication Pointer Moon. Cette montre de 42 mm en acier inoxydable pointe les phases de lune sur une graduation placée sur le pourtour du cadran bleu nuit. Limitée à 500 exemplaires, elle sera proposée dans un cof- fret bois raffiné. La livraison est prévue pour mai 2015.www.oris.ch/frgrandes occasions comme tous les jours, si on ose...en or gris, onyx, laque noire, émeraudes, diamants, elle exige notre entière admiration !www.cartier.comÉternelle Collection Spirale dinh vanC’est sans aucun doute “l’esprit libre de la joaillerie”. Fi-dèle à l’audace de son créateur, la collection Spirale dinhvan conjugue les codes élémentaires et essentiels de laMaison : le fil, le carré, la démultiplication. Créations lu-diques, la collection Spirale dinh est faite de couleurs, ma-tières et positions qui se mêlent et s’entremêlent. JeanDinh Van façonne la première bague Spirale au début desannées 70. La collection s’élargit à présent permettant de mul-tiplier les combinaisons à l’infini... des bagues grands et petitsmodèles s’associent aux modèles déjà existants, des bracelets et pendentifs graphiques prolongeant la gamme sur de nouveaux portés.ww.dinhvan.comNouvelle Royale Titane, rare et envoutante !Au cœur du massif Franco-Jurassien, Pequignet est une marque de Luxe authentique qui perpétue la grande tradition horlogère en gardant la maîtrise de ses créations et de ses fa-brications. Doté de 8 brevets internationaux, le Calibre Royal® est un véritable chef-d’œuvre d’innovation ! Voici la nouvelle Royale Titane avec Grande Date brevetée à triple saut instantané qui s’inscrit résolument dans le style Pilote et constitue un garde- temps de caractère avec ses grands index Luminova® et ses aiguilles rap- pelant les cyalumes des agents de piste. Edition limitée : 30 modèles avec affichagede la date en anglais et 20 modèles avec affichage de la date en français.www.pequignet.comAudemars Piguet, L’éveil du sonLa Maison de Haute Horlogerie suisse fusionne technologie excep-tionnelle et puissance du son dans l'une des montres concept lesplus innovantes. Au terme de huit années de travail couronnéespar trois demandes de brevets, Audemars Piguet dévoilera auSalon International de la Haute Horlogerie 2015 de Genève la nou-velle montre Royal Oak Concept, première montre à sonnerie dontla qualité phonique est telle qu'elle devient un concept sonore à partentière. La Manufacture a également innové pour venir à bout descontraintes posées par l'étanchéité, qui atténue le son. Pour la premièrefois dans l'histoire, la fonction de répétition minutes n'est plus réservée à une utilisa- tion confidentielle par son propriétaire. Bien au contraire : le son inédit l'invite à par- tager cette expérience unique.www.audemarspiguet.com88FÉVRIER 2015]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsC-White, bien-être sportif très exclusif !Dans un écrin style grand loft blanc ultra élégant de 600m2 niché rue du Faubourg Saint-Honoré, ce club très privé est la réponse à vos attentes en matière de forme sur-mesure. Son créateur, Stéphane Demouy l’a pensé pour incarner les valeurs qui lui sont chères. C pour Concept, Club ou encore Coaching, White évoquant la Pureté et la Santé. Le club dispose de trois salles dédiées au coaching avec les dernières machines de musculation, d’un espace forme et cardio et d’une salle de cours collectifs, dont le très prisé Sweat Boxing. Après l’effort, place à la détente avec un spa signé Valmont.Le lounge convivial avec son bar à jus bio est idéal pour échanger entre membres. Droit d’entrée 1000 euros, Abonnement 2500 euros (cours collectifs, service conciergerie, voiturier, hammam), cours individuels en supplément, club limité à 500 membres.créateur d’exceptionwww.champagne-devaux.frL’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ.Bien -Êtrewww.cwhite.frVos sens en éveil à la Villa Florentinewww.saiga-voyage-nature.frOffrez à vos sens un voyage exceptionnel ! La Villa Florentine vous invite à découvrir un Espace bien-être unique en son genre : piscine et jacuzzi panoramiques chauffés surplombant les lumières de Lyon, transats en marbre chauffants pour profiter du cadre somptueux en toute saison, sauna intérieur et extérieur, hammam, salle decardio-training. L’hôtel dispose également d’un salon de soins et massages à la carte. La Maison Omnisens se reconnait dans le vrai, le beau, le naturel... Découvrez un univers unique et raffiné, puisé dans la poésie, la nature et le contemporain.www.villaflorentine.comLes bienfaits de l’ayurvédique au Kérala"Swagatam" signifie bienvenue en malayalam, la languedu Kerala ; venir à "Swagatam", c'est prendre part à lavie quotidienne en se laissant aller à la douceur de vivreindienne, dans le cadre magnifique de la cocoteraie.Vous êtes libre de vous laisser "être" : yoga traditionnelHatha, découverte de la philosophie hindou, balade enbarque traditionnelle, cours de cuisine aux secretsd’épices. Mais surtout, bénéficiez de traitements ayurvédiques, là où est née cette médecine traditionnelle et millénaire. Du simple massage de détente à l'huile chaude aux bains de vapeur, en passant par le "Khizhi" et autre "Shirodahara", vous retrou- verez le contact avec votre corps. Une belle opportunité de se ressourcer tout en fai- sant du bien aux autres. A partir de 1730 euros taxes comprises.Sabé Masson, ce parfum qui caresseSaviez-vous que le parfum solide tient aussi bien voir mieux que le par- fum liquide ? Les Soft Perfumes de Sabé Masson sont des caresses de parfum. Leurs compositions naturelles riches de vertus sont sans alcool ni parabène. Fabriquée en France, la collection propose 12 parfums or- ganisés en 3 compositions cosmétiques naturelles : une plus hydratante avec de la fleur de tiaré, une plus nourrissante avec du beurre de karité, puis une plus anti-oxydante, avec de l’huile de tamanu. Une sensation jusqu’alors inconnue, comme un gri-gri de parfum dans son quotidien ... Artist a l’art de tout réinventer. il vit ses rêves et signe sa vie.www.sabemasson.com90FÉVRIER 2015]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frLe Colombier, ColmarL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINE EvasionBol d’air vosgien!Dans ce Chalet de luxe à Gerardmer, votre séjour à la montagne est se- rein, chaleureux et délicieux ...Autrefois, à la fin du 19ème siècle, il était un chalet dans le parc de ce qui n'était encore que l'hôtel de la poste. Re- construit pour vous il y a quelques années, avec uniquement 2 chambres et 2 Suites, ce chalet est aujourd'hui un écrin d'intimité et de raffinement au cœur de Gérardmer, à quelques pas de son grand-frère, le GrandHôtel de Gérardmer doté de ses 3 restaurants , ses 2 piscines et son espace bien-être le Spa Les Chênes Blancs ». Créations culinaires, entre classicisme et innovations dans une ambiance feutrée propice aux soiré©eTshierrorymSaamnuetl iquescommeauxrepasd'affaires...Décorationraffinéeetlumineused'inspirationRusse, aux généreuses tables rondes napées, aux profonds fauteuils rouge carmin, et sous un lustre majestueux en cristal... Dans le restaurant Le Pavillon Pétrus, vous êtes dans un univers envoutant imaginé pour fa-L’Hôtel Le Colombier 4 étoiles est un lieu de départ idéal et chargé d’histoire pour visiter le cœur de Colmar, en Alsace, et sa « Petite Venise », quartier emblématique de la cité alsacienne. La demeure de style Renaissance de 1543, à la façade colorée, estdotée d’un étonnant escalier hélicoïdal. Tout a été pensé pour vous accueillir dans un esprit où la générosité et l’art de vivre règnent en maîtres. Les 41 chambres marient parfaitement ancien et design. Le propriétaire, féru d’art, nous ouvre depuis peu les portes du « Colombier suites », pour des nuits encore plus douces. Colmar est adorable et bienveillante en été comme en hiver. Lavisite incontournable : le Musée Unter den Linden, parmi le top 5 français.www.hotel-le-colombier.fr voriser l'expression des saveurs les plus délicates exécutées par le Chef ierry Longo.L’Hôtel du Palais - BiarritzBordé par l’océan, l’Hôtel du Palais offre à ses visiteursune vue imprenable sur la ville de Biarritz. Ce palace5 étoiles est né à la demande d’Eugénie de Montijoauprès de son époux : Napoléon III qui le fitconstruire en1855. L’Hôtel du Palais possède 154chambres et suites décorées dans la plus pure tradi-tion du style Second Empire. L’établissement est dotéde 2 bars, un spa impérial ainsi qu’un espace beauté en collaboration avec les marques Guerlain et Leonor Greyl. L’emplacement idéal du Palais vous permettra de profiter de cette belle région et de ses environs. Partez en excursion afin de découvrir la culture ainsi que les saveurs propres au Pays Basque. Les 3 restaurants de l’Hôtel du Palais subliment cuisine basque et produits de la mer dont la Villa Eugénie (étoilé au Guide Michelin) qui est dirigé par le chef Jean-Marie Gautier (Meilleur Ouvrier de France 1991).www.hotelspreference.comwww.grandhotel-gerardmer.comDécouvrez les châteaux de la LoireCheverny, Blois, Amboise et Chenonceau vous ouvrent leursportes et vous accueillent aux temps des rois de France. Lorsde ce week-end, vous découvrirez quatre châteaux : Cheverny,pur exemple de l’architecture classique française et le plusmagnifiquement meublé des Châteaux de la Loire ; Blois, vé-ritable panorama de l'architecture française, du Moyen Ageà l'époque classique ; Amboise, dernière demeure de Léonardde Vinci et l'un des plus beaux châteaux avec ses terrasses etjardins surplombant la Loire ; Chenonceau, le plus original etle plus romantique, construit sur le Cher dont les eaux reflètent la beauté unique de son ar- chitecture Renaissance. A partir de 140 € incluant transport, entrées aux châteaux, visites guidées, hébergement et petit déjeuner (week end du 7 et 8 mars 2015).www.budgetourism.com/fr/excursions/60-loireFÉVRIER 201591]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINELes Amis de Messina 2On raffolait de l’enseigne sicilienne bienveillante du Faubourg-Saint-Antoine, celle-ci se dédouble en néo-taverne ultra-design, mariant avec brio épi- cerie fine, bar à vins et trattoria, avec une belle hu- meur et un service pronto, pronto ! Seul ou à deux, le comptoir s’avère idéal ; entre amis, une grande table sous la verrière rendra ce moment mémorable. De nombreuses personnalités apprécient le lieupour sa simplicité et sa cuisine originale et tellement gouteuse ! Mention spéciale pour les pâtes maison à la crème potiron et truffe noire. La formule du soir ; entrée + plat + dessert vous transporte très loin pour seulement 38 euros. A noter : 81, rue Réaumur (IIe). Tél.: 01 42 61 13 73.www.lesamisdesmessina.comIdylle du Clos des Vins d'AmourL’Art du tempsGastronomieChez Laurent, discrétion et raffinementLaurent est une véritable institution à Paris, en plein cœur des jardins des Champs- Elysées. D’abord pavillon de chasse, puis guinguette à la Révolution, la bâtisse a été restaurée en 1842. Elégance des lieux, du personnel, de l’assiette....Ambiance chic et décontractée. Le Chef Alain Pégouret apporte depuis 2001 un souffle de légèreté et de jeunesse bien tempérée pour une grande cuisine à la française, avec une touche de modernisme. Des classiques comme l’Araignée de mer dans ses sucs en gelée sont aujourd’hui accompagnés de nouvelles créations imaginées dans le respect de la saison : les produits aux notes d’hiver fleurissent sur les tables commeles Saint-Jacques truffées et grillées, crémeux et chips de chou-fleur. Le Menu Pavillon, un régal restant abordable : 95 euros (entrée, plat, fromage, dessert - hors boissons).www.le-laurent.comLe petit Prince du Palais RoyalDerrière la Comédie-Française et donnant sur les jardins du Palais-Royal, Le Grand Véfour, lieu historique où est né le concept même du restaurant après la Révolution Française est sans contestele « Joyau de l'art décoratif du XVIIIe siècle... le haut lieu gastronomique de la vie politique, artis- tique et littéraire de Paris depuis plus de 200 ans. » Le chef Guy Martin que l’on surnomme le Petit Prince de la cuisine est un artiste : il s'inspire de ses voyages, de son goût pour la culture japonaise,de la peinture, qui lui inspirent les couleurs, les structures et les saveurs de sa cuisine, moderne, sensuelle, audacieuse. Sa cuisine, à l’écoute du temps, garde à l’esprit la notion de diététique, pourun véritable plaisir-bien-être. Guy Martin garde certains plats à la carte : ses succulentes raviolesde foie gras et crème foisonnée truffée, son exceptionnel Parmentier de queue de bœuf aux truffesou encore le Pigeon Prince Rainier III qui fut dédié au célèbre monarque, avant son mariage avec Grace Kelly. A l'étage, le Salon des Artistes permet d'accueillir des repas privatifs de 8 à 20 personnes.www.grand-vefour.comVins & SpiritueuxVilla Chambre d’Amour Vin de FranceCe Blanc AOC Côtes du Roussillon a une très belle robe jaune pâle brillante aux reflets verts. A la dégustation, le Nez est d’agrumes, de menthe, de garrigue avec des notes florales d’aubépine. La bouche prolonge cette fraîcheur aromatique avec un équilibre entre la vivacité du macabeu, la rondeur et le gras des grenaches blanc et gris. Servir à une tempé- rature de 10-12°C à l’apéritif, sur des crustacés et poissons grillés ou en sauce. En vente à la propriété et chez les ca-vistes.www.closdesvinsdamour.frChâteau Pape Clément, un lieu propice à la réflexion et à l'évasionConjuguez business, culture, vin et gastronomie au cœur de ce domaine Grand Cru Classé de Graves ! Des formules séminaires clé-en-main de 2 à 100 personnes dans ce havre de paix situé au cœur de Bordeaux : salle de réunion équipée, pause-café, repas ou un cocktailOriginaire du nord de la Gascogne, la Villa Chambre d’Amour jouit d’une robe jaune claire avec des reflets dorés. Son Nez est explosif aux arômes d’agrumes typiques du sauvignon et de fruits exotiques frais provenant des gros manseng. Ses parfums sont retrouvés en bouche, avec une pointe d’ananas et de vanille bourbon. Le faible degré d’alcool, l’acidité et une teneur en sucres résiduels de l’ordre de 45 g/l contri- buent à un équilibre en bouche frais, aérien et gourmand. Servir à 8°C à l’apéritif ou avec un foie gras, un poulet à l’ananas, les fromages à pâte persillée, les poissons en sauce, les desserts à base de fruits frais, les tapas, les biscuits secs, les tartestatin, les îles flottantes. En vente à la propriété et chez les cavistes.www.osmin.frChâteau énac rouge 2012Dominant la Vallée de la Dordogne, Château énac , bénéficie de conditions naturelles uniques. La famille Shvidler, depuis l’acquisition de la propriété en 2001, a hissé la qualité au plus haut niveau. Château énac rouge 2012 est le fruit de l’as- semblage des quatre cépages emblématiques du vignoble: Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, alliés à une touche de Malbec. Au nez se mélangent des arômes de petits fruits rouges frais, de moka, d’épices. La texture raffinée de ce vin de garde , complexe et savoureux permet d’apprécier cette bouteille dès maintenant .Distributeurs :www.ballande-meneret.com ; www.cvbg.com ; www.joanne.f ; www.ulysse-cazabonne.com ; www.rene-vedrenne.comraffiné servi dans une salle distincte et accompa- gné des vins de Bernard Magrez. En option, tou- tefois vivement conseillé : la visite du domaine & dégustation de vins. Apprenez aussi l'art de l'as- semblage et créez votre propre bouteille de vin ! Sept salles de réception resplendissantes d'élé- gance vous reçoivent au cœur d'un parc magni- fique aux oliviers millénaires. Vous pouvez bien sûr aussi loger au Château (5 chambres). Vous vous souviendrez de votre réunion !http://luxurywinetourism.fr92FÉVRIER 2015]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - L’actualité automobile Taillées pour la villeLes petites urbaines constituent désormais l’essentiel du marché hexagonal. Ces véhicules d’environ 3,5 mètres, trois ou cinq portes, taillées pour la ville, ont représenté en 2014 plus de la moitié des ventes automobiles en France selon le Comité des constructeurs français d’automobiles, contre seulement 40% en moyenne dans les autres pays européens. C’est dire si la nouveauté sur ce segment de marché ne laisse pas les Français indifférents. D’où le succès attendu pour le renouvellement des stars hexagonales que sont la Renault Twingo, la Citroën C1 et la Peugeot 108 (ex 107). Si le groupe PSA Peugeot Citroën et son partenaire Toyota avec l’Aygo ont choisi de seulement toiletter en profondeur leurs lilliputiennes apparues en 2005, Renault au contraire a donné naissance à une toute nouvelle voiture. En 2007, la première tentative de renouvellement du modèle emblématique créé il y a 21 ans n’avait pas tout à fait convaincu. La Twingo troisième génération se montre plus efficace. Si son dessin semble fortement inspiré par celui de la Fiat 500, la puce au losange s’en démarque par une modernité affirmée qui confirme le retour en grâce des designers maison.LA TWINGO FAIT MARCHE ARRIÈREC1 ET 108 MONTENT EN GAMMECoté mécanique, C1 et 108 partagent leur motorisation essence : un bloc de 1 litre de cylindrée et 68 chevaux, et le nouveau petit trois cylindres 1,2 litre Pure Tech de 82 chevaux particulièrement économe, mais dont la puissance nuit à l’agrément de conduite en ville. A noter que la C1 et la 108 proposent, à défaut d’une véritable boite de vitesse automatique, une boîte de vitesses pilotée ETG5 à cinq rapports quand la Twingo n’offre qu’une boîte manuelle (le comble pour une citadine).petit moteur essence Energy TCe 90. Ce trois cylindres de 998 cm3 et 90 chevaux est tonique et réactif et pourtant économe (entre 4 et 5 litres aux 100). Seuls bémols : un freinage médiocre, une commande de boîte dure et imprécise, une visibilité trois quarts arrière nulle. Et quelques regrets comme l’absence de banquette arrière coulissante, un coffre arrière – moteur oblige – digne d’une voiture électrique, un coffre avant inexistant et une habitabilitérestreinte.Côté esthétique, la Twingo III série limitée Edition One de notre essai mettait le paquet avec un habillage de carrosserie noir et rouge – stripping exclusif, coques de rétro extérieurs, moyeu des jantes alliage 16’’ – et un décor intérieur en harmonie : inserts sur le volant cuir, cerclages des aérateurs, bandeau de planche de bord, sellerie cuir/tissu... S’y ajoutent une belle finition (avec une granulation différente des plastiques, gaufrés sur la planche de bord, quadrillés sur les portières) doublée d’un équipement généreux (caméra de recul, tablette intégrée R-Link Evolution...).« Mirror » peu convaincant. Ce dispositif est censé connecter l’écran tactile 7 pouces hérité de la 208 à un smartphone via une appli téléchargeable pour faire office de GPS. Mais lors de notre essai le système était incompatible avec l’iPhone d’Apple. Dur dur quand on vise les moins de 30 ans. Et un sérieux handicap en comparaison de l’excellent système R&Go de la Twingo (également relié au smartphone) ou la tablette R-LINK embarquée.Surtout elle renoue avec une architecture mécanique – propulsion à moteur central arrière – héritage lointain de son ancêtre la 4 CV, développée avec Daimler-Benz (qui en équipe ses nouvelles Smart). L’ensemble est harmonieux, efficace, très agréable à conduire grâce auLa Hyundai i10 qui vient également d’être remaniée s’affirme comme une prétendante plus sérieuse. Un poil plus longue que ses concurrentes (3,66 m contre 3,47 m pour la C1/108 et 3,59 m pour la Twingo) elle est beaucoup plus habitable. Jolie, élégante, bien finie, avec une planche de bord bicolore, de nombreux espaces de rangement, un coffre honnête, la i10 nouvelle génération offre un réel plaisir de conduite. Son moteur 1,2 litres de 87 chevaux est performant, la boite manuelle 5 rapports très agréable (à noter qu’une boite automatique à 4 rapports est également disponible), le confort, le freinage et la tenue de route sans reproches.94FÉVRIER 2015Enfin last but not least le groupe Volkswagen batailleFace à la Twingo les petites Citroën C1 et Peugeot 108 ne sont pas en reste. Elles aussi montent en gamme et bénéficient grandement du généreux lifting réalisé par leurs constructeurs, tant sur le plan esthétique que technique. Construites comme leur cousine nippone, la Toyota Aygo, dans l’usine commune de Kolín en République tchèque, elles ont modernisé leur look, mis à jour leur équipement, bonifié leur mécanique. Et comme la Twingo les pitchounettes de PSA jouent à fond la carte de la customisation en proposant huit teintes de carrosserie, deux combinaisons bicolores (pour la 108), trois teintes de capotes pour le toit en toile découvrable et des kits de personnalisation avec force stickers intérieurs et extérieurs. Que ce soit la Citroën C1 qui cible à l’évidence une clientèle jeune et féminine, ou la Peugeot 108 plus stylée, les deux partagent les mêmes défauts et qualités. Côté « plus » : des équipements haut de gamme (caméra de recul, sièges chauffants, limiteur de vitesse, ordinateur de bord, accès et démarrage mains libres, clim auto, feux auto...) ; côté « moins » : une exiguïté intérieure, un coffre riquiqui, des vitres arrière à compas (comme sur la Twingo), et un systèmeFace à ces trois city cars les concurrentes n’ont pas dit leur dernier mot. A commencer par la reine italienne Fiat 500 dont l’inspiration vintage continue de susciter des passions. Toujours aussi séduisante, la petite milanaise souffre en revanche de la comparaison sur le plan mécanique (moteur anémique, boite pilotée dualogic médiocre, stop and start insupportable...). La Fiat Panda récemment relookée a elle aussi une carte à jouer. Plus basique que la 500 avec laquelle elle partage le moteur (bruyant) 0,9 litre TwinAir Turbo de 85 chevaux, la Panda est alerte en ville mais rapidement à bout de souffle sur la route.CONCURRENCE FAROUCHE DES ÉTRANGÈRES]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frL’Air du temps - L’actualité automobile ART DE VIVRE & PATRIMOINE ESSAIS & TENDANCESVéhicules essayés : Renault Twingo série spéciale Edition One TCe 90. Prix : à partir de 15700 euros. Bonus/Malus : 0 euros. Gamme uniquement moteurs essence à partir de 10900 euros. Citroën C1 Airscape 5P 1,2 L PureTech 82 Shine. Prix : à partir de 15770 euros. Bonus/Malus : 0 euros. Gamme uniquement moteurs essence à partir de 10050 euros. Peugeot 108 5P Allure Top, 1,2 L PureTech 82. Prix : à partir de 15910 euros. Bonus/Malus : 0 euros. GammePar Philippe Flamanduniquement moteurs essence à partir de 10150 euros. Hyundai i10 5P 1.2 MPI 87 ch. Prix : à partir de 13620 euros. Bonus/Malus : 0 euros. Gamme uniquement moteurs essence à partir de 9290 euros. Seat Mii 3P 1.0 75 série limitée « by Mango ». Prix : à partir de 13290 euros. Gamme uniquement moteurs essence à partir de 9570 euros.pour conserver ses positions avec sa puce déclinée sous trois marques : Up chez Volkswagen, Citigo chez Skoda et Mii chez Seat. Si la ligne et l’habitacle sont bien moins fun que ceux de la concurrence, la petite a bien des qualités. Essayée en version série limitée « By mango » la Mii de Seat régale ainsi par sa rigueur toute germanique : confort, ergonomie, tenue de route, boîte... Rien à dire. Le moteur 1 litre de 75 chevaux est juste suffisant et particulièrement allègre en ville. Mauvais points en revanche pour le rayon de braquage un peu court pour une citadine, l’absence de commandes de vitres passager côté conducteur (énervant !) et le système de guidage embarqué Garmin compliqué à utiliser.FÉVRIER 201595]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17Tracfin sur les monnaies virtuelles en juillet dernier, Bercy en a clarifié le régime fiscal. « Tout revenu doit être déclaré », avait alors soutenu Michel Sapin. Les Bitcoins seront donc imposables au titre des bénéfices non commerciaux (BNC), quelle que soit la nature des biens ou valeurs contre lesquels ils sont échangés. Les détenteurs de Bitcoins doivent ainsi reporter leurs avoirs dans leur déclaration de revenus. L’administration fiscale a également intégré les avoirs en Bitcoins dans le cadre de la déclaration d’ISF et de la succession.ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & InvestissementsBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierLe coin des analystesu Cholet Dupont : prudence etoptimismeL'année 2014 s'est terminée sur un mois de décembre assez terne, rappelle Cholet Dupont dans une note d'analyse. En dépit de pronostics assez optimistes, l'année 2015 s'annonce compliquée car les risques de déception paraissent aussi nombreux que les facteurs d'amélioration. Pour Cholet Dupont, cette situation garantit un maintien de la volatilité en début d'année, avant que l'horizon économique et géopolitique ne se dégage vers le mois de mai, après les élections législatives anglaises. Celui-ci estime toutefois que les facteurs positifs devraient l'emporter. La société financière a donc gardé des objectifs de hausse d'environ 10% en Europe pour les marchés actions en 2015. « Mais ces objectifs paraissent plus raisonnables et atteignables aux Etats- Unis et dans quelques pays émergents qu'en zone euro, où le potentiel est plus élevé mais où les risques sont plus importants », écrit Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d'investissement. A court terme, Cholet Dupont maintient une position prudente et neutre sur les grands marchés, en privilégiant les secteurs à bonne visibilité. Il reste sous-pondéré sur les actions d'Amérique latine et d'Europe de l'est à court et moyen termeu 2015 : CM-CIC AM confiant sur lesactions européennesEn Europe, la faiblesse de l'économie a entrainé des interventions adaptées de la BCE, observe CM-CIC AM. « Les marchés actions européens ont une marge d'appréciation sur de bonnes surprises économiques à venir, dont la baisse de l'euro face au dollar et le prix du pétrole. Nous maintenons donc notre position positive sur les actions européennes pour le début de l'année 2015. » L'analyste est également confiant sur la zone Etats-Unis, où la confirmation de la bonne santé de l'économie s'est bien traduite sur l'indice SP 500 et sur le dollar, qui s'est apprécié significativement. « A court terme, nous renforçons tactiquement nos positions sur le marché américain », écrit-il. Selon lui, les pays émergents seront encore le centre d'attention, tant au niveau des obligations que des actions. Il précise toutefois qu'une grande sélectivité reste de mise. « L'exposition à ces zones est cependant essentielle pour équilibrer les investissements et profiter de perspectives supérieures à la croissance mondiale moyenne. »u Portzamparc : cap sur l'industrieconnectéeLe marché des capteurs connectés industriels est en phase de décollage avec la mise en place de nouveaux réseaux télécoms tels Sigfox, qui permettent de réduire les coûts et d'élargir les applications potentielles, écrit Portzamparc dans une note. « Ces technologies se développent dans toutes les industries », pointe l'analyste. Il cite notamment le cas d'Oceasoft, une entreprise dont la création remonte à 1999, et qui s'est introduite en Bourse sur Alternext début janvier. Cet acteur est prêt à capter le potentiel de cette industrie selon Portzamparc. Ses solutions sont destinées aux industries des sciences de la vie (industrie pharmaceutique, établissements de santé, laboratoires...) pour des applications critiques. « Ces deux secteurs ont en commun de présenter des enjeux importants relatifs au contrôle de la qualité et à la gestion des ressources », note l'analyste. Ils doivent aussi « composer avec une pression réglementaire croissante », ajoute-t-il, rappelant qu'Oceasoft a aujourd'hui plus de 350 clients actifs dont des acteurs de premier plan tels que l'Institut Pasteur, Sanofi ou encore Sodexo.uLES BONS PLANS DU MOISCrowdfunding : l’immobilier se met au participatifAprès s’être emparé des projets caritatifs, l’univers de la musique, puis du monde de l’entreprise, le crowdfunding fait main basse sur le secteur immobilier. Déjà très développé aux Etats-Unis, le phénomène se développe rapidement sur le web français. Wiseed.com, Lymo.fr, Dividom.com, Buildeeg.fr... les sites spécialisés en la matière bourgeonnent sur la toile depuis plusieurs semaines. Une solution qui n’est pas dépourvue d’intérêt pour l’épargnant : certains projets affichent un taux de rentabilité de 8 à 12% en raison de frais moindres que ceux pratiqués par les SCPI classiques. Le ticket minimum varie selon les plateformes entre quelques milliers d’euros et plusieurs dizaines de milliers, mais certaines sont accessibles dès 1000 euros. Attention : ces investissements ne sont pas dépourvus de risques, et aucune plateforme n’est à l’abri d’une baisse de la rentabilité, suite par exemple à une augmentation imprévue des coûts de chantier dans l’immobilier neuf, ou une saturation du marché dans l’ancien.Fonds actions : un site pour y voir plus clairMonnaies virtuelles : le Bitcoin fragiliséL’épargnant à la recherche d’investissements performants n’a que l’embarras du choix : ce sont plus de 30000 fonds qui s’offrent à lui. Un marché tellement touffu qu’il est facile de se laisser submerger par l’offre. Lancé fin 2014, le site LesMeilleursFonds.com vise à faciliter les décisions des particuliers. Ce site se focalise sur les fonds actions en euros accessibles sans droits d’entrée ni de sortie. Ceux-ci permettent de réaliser des rotations dans un portefeuille sans nuire à la performance, font valoir les créateurs. Parmi les 300 produits qui représentent cet univers d’investissement, le site présente chaque mois une sélection des huit fonds les mieux notés selon l’observation des performances récentes. « Beaucoup d’investisseurs n’ont ni le temps ni la disponibilité nécessaires pour une gestion active de comptes investis en actions, déclare Sébastien Vié, le créateur du site. Ils tendent donc à se diriger vers des placements collectifs. LesMeilleursFonds.com leur propose une assistance précieuse pour déterminer quels fonds ont les meilleurs atouts et à quel moment il convient de les vendre pour effectuer une gestion active de leur portefeuille. »Le Bitcoin, qui a sombré de près de 60% l’an dernier, a débuté l’année 2015 par une baisse de plus de 10%. La monnaie virtuelle s’échangeait à 285 dollars à la mi-janvier. L’aspect spéculatif reste très important autour du Bitcoin. Celui-ci a en effet parfois fait l’objet de brusques flambées, et l’évolution du cours demeure incertaine, avec des envolées de la volatilité « très difficiles à prévoir et à expliquer », selon une étude de la Réserve fédérale américaine. En France, le Bitcoin est par ailleurs désormais imposable. A l’occasion de la remise du rapport réalisé par80 EUR75 EUR70 EUR65 EUR60 EUR55 EUR50 EUR45 EUR40 EURLA SPÉCULATION DU MOISTechnip tombe à des niveaux intéressants2014 Mars Avril Mai JuinJuillet Août Sept Oct NovDec 2015Le cours de Technip a enregistré une chute de près de 30% en 2014 sur fond de baisse des prix du brut. Le bureau d'études Stanford C. Bernstein considère la valeur comme une valeur défensive « clé » au sein du secteur parapétrolier. Il a attribué à Technip sa conviction d'achat la plus forte au sein de ce secteur dans un contexte de récession. Suite à la récente baisse du titre, il a toutefois abaissé son objectif de cours de 91 à 64 euros.96FÉVRIER 2015]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[n°17www.ecoreseau.frPatrimoine - Asset Management ART DE VIVRE & PATRIMOINE Focus sur un placement ou investissement, afin d'analyser les tendances et évolutionsLes gérants tirent les leçons de 20142Risques géopolitiques, dégringolade du pétrole ou encore tendance déflationniste en Europe : après un cru 2014 moins bon qu'anticipé, les gérants de fonds envisagent les mois à venir avec optimisme, mais sont conscients des risques.014 a été une année Salins, directeur des gestions blanche pour les de Groupama AMmarchés actions, là oùles analystes prédisaient une L’ŒIL SUR L’ACTIONnette hausse des cours dans la lancée de 2013. Si les premiers mois ont été à la hauteur des attentes, le CAC 40 a finalement reculé de 0,54%. Une série de facteurs inattendus ont provoqué ce résultat moins bon que prévu. Après l’injection massive de liquidités en début d’année, l’annonce en octobre de l’arrêt du programme de rachats d’actifs par la Fed a suscité la défiance des investisseurs. Un phénomène auquel s’est ajouté l’effondrement des prix du baril qui a entraîné dans sa chute l’ensemble du secteur pétrolier et parapétrolier. « Jusqu’à l’été, les actions ont eu un trend haussier très fort, analyse Frédéric Lejeune, directeur général délégué France d’Aberdeen. Les marchés ont préféré le style value, particulièrement toutes les valeurs décotées. En deuxième partie d’année, les perspectives de croissance n’ont pas été à la hauteur des attentes et les marchés se sont orientés à la baisse, ce qui explique ce retour à la case départ. » Les marchés risqués, eux aussi, ont enregistré des performances moindres qu’anticipé. « Cette tendance peut s’expliquer en partie par le fait que les investisseurs ont été dissuadés par les prix élevés atteints par ces marchés en 2014 », estime Eric Bourguignon, directeur de la gestion de taux et crédit de Swiss Life AM. Pour 2015, les gérants font montre d’un optimisme mesuré. Groupama AM attend ainsi une hausse de 7% en Europe et de 12% aux Etats- Unis, et estime que le marché américain reste attractif car porté par une dynamique bénéficiaire positive des entreprises. Dans ce contexte, les asset managers tentent d’anticiper au mieux les risques qui pourraient peserBaisse des prix pétroliers ? Une bonne nouvelle qui va soutenir le consommateur américain et l’entreprise européenneDES BANQUES CENTRALESAlors que le risque déflationniste en Europe est très présent dans les esprits et que les taux sont au plus bas, les politiques monétaires opérées par les banques centrales sont scrutées attentivement par les gérants. Des responsables européens ont affiché leur espoir que la BCE entame une action visant à relancer la croissance et éviter tout dérapage des prix. En clair : lancer une politique monétaire accommodante. « La BCE a pris conscience des risques déflationnistes et a décidé d’utiliser tous les moyens pour relancer les crédits à l’économie », estime pour sa part Eric Bourguignon. Une bonne nouvelle. « Elle a pris les mesures classiques consistant à augmenter le refinancement bancaire à des taux défiant toute concurrence et envisage très sérieusement d’élargir la gamme des actifs qu’elle s’apprête à acheter. » Pour Antoine de Salins, la BCE est confrontée à un « lourd défi de crédibilité », à savoir l’entrée dans une politique non conventionnelle « à l’américaine ». Aux Etats- Unis, c’est la situation inverse : les asset managers s’attendent à un resserrement progressif de la politique monétaire sur le volet quantitatif comme sur celui des taux de la part de la Réserve fédérale. « Le débat est dans le timing : on peut penser que la Fed ne sera pas pressée d’agir dans lasur leur stratégie de gestion dans les mois à venir. Pour Aberdeen, le risque le plus important est géopolitique. « On a vu l’an dernier l’impact que la situation dans l’est de l’Europe a eu sur les marchés ; nous ne sommes pas à l’abri d’un tel scénario en 2015 », estime Frédéric Lejeune, tout en soulignant que ces passages à vide peuvent également être l’occasion de se positionner.la baisse des prix pourrait entraîner l’Europe dans un cercle vicieux déflationniste, ce qui serait catastro- phique », avertit-il, rappelant que le Japon a mis plus de 15 ans à enrayer cette tendance. Il est vrai que ladollars à l’été dernier, a dégringolé à moins de 45 dollars début 2015. Une tendance qui pourrait bien s’accentuer, alors que le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis, Suhaïl Mazroui, a déclaré quepensent au contraire qu’un tel scénario viendrait soutenir les pays développés, et notamment le consommateur américain et les entreprises européennes. « Cette baisse du prix du pétrole est incontestablement une bonneBAISSE DU PÉTROLE : RISQUE OU OPPORTUNITÉ ?La BCE a pris conscience des risques déflationnistes et a décidé d'utiliser tous les moyens pour relancer les créditsà l'économie.nflationSelon Eric Bourguignon, « outre les risques géopolitiques qui ne sont pas forcément maîtrisés, la menace de la déflation reste présente. Si le prix du pétrole devait continuer de diminuer,montée en puissance de la production de pétrole à base de schiste, notamment aux Etats-Unis, a entraîné un rééquilibrage de l’offre et de la demande. Conséquence : le baril de brut, qui s’échangeait à plus de 115l’Opep ne pouvait plus protéger les cours. Mais une éventuelle chute des cours du pétrole et des matières premières n’est pas perçue de façon négative par tous les asset managers. Certains, comme Groupama AM,nouvelle pour les économies développées (notamment les Etats-Unis et le Japon) et une mauvaise nouvelle pour les pays émergents exportateurs de matières premières (notamment la Russie) », estime Antoine demesure où l’i. maintiendra les taux à des niveaux relativement bas. Dans ce contexte, on voit mal les prix déraper à court terme aux Etats-Unis », analyse Eric Bourguignon. Selon lui, la Fed pourrait attendre le second semestre pour normaliser sa politique monétaire.Antoine PietriFÉVRIER 201597]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°17ART DE VIVRE & PATRIMOINE Regard sémantiqueDepuis huit ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité, ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, verbes, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposés à la galerie Verneuil Saints-Pères à Paris.La mémoire des motsNom du tableau : Société 2014, « Chaos », Jane Bee Dico d’époqueRévélateur d’un sentiment de détresse, le tableau société est éloquent et comme empli de prescience.Chaos, cette composition où hyperpape et cathos côtoient la folie et la peur sans hiérarchie aucune ! C’est le récit d’une société déboussolée où les allergies fait face à Ebola dans un fracas médiatique. C’est le chaos de la fresque turbulente d’un monde fragmenté avec le djihad dispersé de ci de là dans les médias.A l’ombre de mots futiles qui nous anesthésient, Djihad 2014 déploie une campagne parallèle de communication 2.0. A Calais se cristallise la misère : les clandestins frappent aux portes des frontières. Zemmour et son suicide français font la une des médias. Trash pour trash, qui aurait pu imaginer qu’en 2014, une expression comme « casser du juif » trouverait sa place dans les colonnes d’un quo- tidien ?Folie d’un monde dissonant qui célèbre le poilu autant que le prince George. Chaos où se télescopent futilités qui distraient alors que la famille est décomposée, les générations éclatées, les délires du genre à leur sommet : Ice bucket challenge, l’ogre Zlatan, PSG, génération Rio, cas Nabila...« Chaos » car le monde se décompose et se recompose.Il se recompose en mode agile avec des hommes ultra connectés et fous d’hyperconnexion. Les pa- rents 2.0, sont des parents connectés et les ménagères, digitales. Une tempête 2.0 se profile : robots, drones, gopro, objets connectés, la réalité est parfois augmentée, parfois virtuelle et les ordinateurs feront bientôt l’amour mieux que nous.C’est la chute du Reader’s Digest. Restera-t-il encore des coupures de presse ? Quelle sera notre mé- moire ? La liberté d’expression passe-t-elle encore par le crayon et le papier ? On questionne le droit numérique et on parle de droit à l’oubli, de droit à la déconnexion, un mouvement slow et deconnected apparaît, l’interrogation sur le temps révèle un homme est fatigué d’être actuellement en réunion et que toujours ne soit qu’une question de timing.Question de timing encore quand il faut affronter la fin de vie dans un monde épris de présent perpé- tuel. On vient au secours des bêtes mais l’homme est seul, plongé dans une ultra moderne solitude, à la recherche d’émotions, ou d’amour, love me tinder.Et puis il y ces mots qui nous soulagent : tant mieux. Zen, il faut rester zen. Philae nous émerveille. Alors, y aura-t-il une échappée bleue ?Fin 2014, un monde s'écroule... un autre émergetisme, bashing, fratricide, frondeur. Y aura-t-il une e-renaissance ? Le chaos annonce aussi une société sa- mizdat et peut-être celle de l’ère nu- mérique. La rupture engendrée par le chaos crée un monde nouveau, habité de robots, de drones, d’objets connectés... En mode agile, une réa- lité augmentée s’installe et tout se passe comme si cette nouvelle réalité digitale ré-ordonnancait le monde. Est-ce une recomposition qui toute- fois peut faire rêver ? Nul ne le saitPar J.B.parQu’est-ce que le chaos ? « un état de confusion des éléments qui a précédé l’organisation du monde ». Le chaos est synonyme de désordre, d’absence de structures organisées.encore, quand on voit que la liberté conférée par les réseaux numériques peut générer le meilleur comme le pire.Jeanne BordeauJaume Cabré écrivait, « Essayons de survivre au chaos grâce à l’ordre de l’art », Ariane dans le labyrinthe des mots, mes tableaux, cathartiques, cristallisent les temps de l’actualité pour échapper à l’amnésie collec- tive.Fondatrice de l’Institut deLes générations éclatées semblent vouloir nous dire que la vie est dure, que les mots tombent en roquettes. Dans ce monde qui se décompose, chaos est un mot qui porte en lui la rupture et la violence : extrémisme, islam radical, terrorisme, l’antisémi-la qualité d’expressionFÉVRIER 2015PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 26 FÉVRIER 201598]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>