﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[3€3,90€DÉC. / JANV. - n°16EcoRéseauecoreseau.fr Entreprise, famille, politique...CES FRANÇAIS QUI OSENT TOUT !Comprendre, Entreprendre, InnoverL’information économique autrement, et si possible positiveSport & Businesset LIBERTÉ, EGALITÉ, FRATERNITÉ ESPRIT D’ENTREPRISETEDDY RINER “MOI, ENTREPRENEUR...”La devise républicainedoit-elle évoluer ?A l’occasion de la sortie du livrede Léonidas Kalogeropoulos, EcoRéseau s’associe et ouvre le débat !Start-up à Paris, Londres, BerlinLa bataille des Silicon Valleys© Paco Lozanou Entretien avec Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique u u La guerre des monnaies : vers la fin du dollar ? uu Biomimétisme : copier la nature pour mieux innover uALL/BEL/ESP/ITA/POR : 3.50 € Canada : 7CAD - Maroc : 30 MADEcoRéseauéderocuvffertOeEXCLUSIF]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16EDITORIALDonner du sens à l’esprit d’entreprise.Pour les entrepreneurs, créer une entreprise s’apparente peut-être à donner la vie et élever des enfants : si certaines périodes sont parfois incertaines, contrariantes ou imprévisibles, c’est avant tout un mélange de sentiments vécus comme un authentique bonheur, un immense honneur et une indicible fierté.Les doux dinguesAu sens large du terme, le verbe entreprendre ne concerne pas uniquement chefs d’entreprise et autres créateurs mais tout un chacun ; chaque individu – peu importe son statut – a le droit et se doit d’entreprendre tant dans sa vie professionnelle que privée. A propos, nous consacrons tous une large partie de notre temps à l’institution ou à la société qui nous fait vivre.« ordinateur et téléphone portable permet- tent de cumuler, le plus dur reste la gym- nastique intellectuelle permettant d’osciller entre les deux mondes ». Les carcans sont essentiellement dans les têtes. Rares sont ceux qui, en quête constante de fertilisation croisée, s’en libèrent. A quand un foison- nement de Teddy Riner (Regard sur l’Actu p.10), qui en dehors des tatamis investi- raient dans la pierre, les énergies renouve- lables, la communication ou le marketing ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de mamies qui créent des contenus multimédias à la Gaîté Lyrique (En immersion p.40) ? De Jérôme Wargnier qui couplent leur passion pour les jeux de rôle avec leur création d’entre-L’hiver et les fêtes de fin d’année font appel à un imaginaire agréable : « cocoo- ning » près de la cheminée alors qu’il neige au dehors, nourriture roborative, cadeaux échangés tendrement et liens resserrés avec la famille. C’est l’époque où l’on se retrouve, où l’on se recroqueville en com- pagnie des siens. Il y aurait un temps pour tout, pour la famille, le travail, l’associa- tion, les loisirs, la politique. Il existerait des cases dont les limites ne devraient surtout pas être franchies, afin de conserver un équilibre de vie. Mais quelques irréducti- bles osent s’affranchir des vieux modèles et, grâce aux nouvelles technologies et une mentalité conquérante, oscillent habile- ment entre ces univers, se nourrissant de chacun d’eux pour enrichir les autres. Ce sont ces profils polyvalents qui attirent l’at- tention d’EcoRéseau, ces « mumpre- neurs » et « dadpreneurs » (Créer aujourd’hui p.46) qui allient excitation en- trepreneuriale et vie au foyer, ces « élupre- neurs » qui accomplissent le grand écart entre existence tumultueuse du chef d’en- treprise et vie prenante de l’élu (Grand angle p.26). Les écueils sont inattendus, comme le résume l’interviewée Marilyn Brossat, maire apolitique de Touchay dans le Cher et dirigeante d'une entreprise decommunication et objets publicitaires :In fine, l’entreprise nous concerne et nous implique quotidiennement. Et même si elle est souvent décriée (à tort ?), le volontarisme de chacun semble croître d’année en année. En ce sens, démultiplier les énergies et les initiatives dans l’espoir d’un projet commun ne renforcerait-il pas nos liens et notre abnégation à aller de l’avant ?C’est en tout cas l’idée audacieuse que nous partageons avec Léonidas Kalogeropoulos – président de Médiation & Arguments et Vice-président d’Ethic –, qui a choisi ce numéro de fin d’année du journal EcoRéseau pour faire paraître en avant-première et en exclusivité son manifeste « Liberté, Egalité, Fraternité et Esprit d’entreprise ».(électron libre p.42) ?Sa proposition, disons-le, est osée. Mais qu’importe : l’idée d’ouvrir le débat et d’ajouprise de formation.De Julien Sylvain qui font fi des échecs passés pour renaître de leurs cendres avec Lemon Curve, société glamour de lingerie féminine (Leçons de maux p.44) ? Puis- sent-ils à l’avenir se multiplier, car ces doux dingues qui pratiquent le télescopage entre les univers, pourvus d’un double, voire triple regard, sont ceux qui innovent le plus facilement.d’entreprise au côté des symboles de notre devise républicaine mérite réflexion..ter l’espritCar parler d’entreprise librement, c’est aussi et sans doute prendre son destin en main... Au-delà des clivages, efforçons nous de cultiver notre esprit d’entreprise le plus loin possible...Bientôt deux ans d’ailleurs que le journal EcoRéseau, depuis sa création, se veut un faire-valoir de cet état d’esprit.En attendant de vous retrouver l’année prochaine avec des idées nouvelles, je vous souhaite à toutes et à tous d’excellentes fêtes de fin d’année et vous donne rendez-vous en janvier 2015...Jean-Baptiste LeprinceJulien Tarby2 DÉC. / JANV.Fondateur & directeur de la publicationRédacteur en chefLE CHAT by Philippe GeluckCarnet de Naissance EcoRéseau 2014(pépinière en devenir...)Joséphine Abbacknée le 10 septembre à ParisValentin Tarbyné le 28 septembre à SuresnesGaspard Leprincené le 3 novembre à ParisMaximilien Benoistné le 3 novembre à ParisLisa Cohen Abounée le 13 novembre à Montreuilto be continued...]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frPANORAMA 4-31 RétrospectiveCréer aujourd’huiLe DicoRéseau® 6STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 58-67Regard sur l’actualitéTeddy Riner, sportif et entrepreneur avisé 10DécryptageLes mumpreneurs et dadpreneurs brisent les barrières 46SOMMAIREMouvements de protestation sociale il y a 50 ans 4Business guidesLes rendez-vous EcoRéseau- Séminaires haute gamme plus modestes mais plus précis54- Voyages d'affaires en avions : la bataille des business class fait rage 50Régions & TerritoiresBiomimétisme : chercheurs et industriels copient la nature pour innover 5862 64Reims la pétillante 14Expertises60HexagoneHaute résolutionLa politique familiale à la française bousculée 18- Lutte technologique contre la contrefaçon- Facture dématérialisée et paiement électronique liéInternationalGuerre des monnaies et disparition du dollar ? 20Business storyEntretienAwoX, les objets connectés entrés en bourse66Axelle Lemaire, Secrétaire d'Etat au numériquesur ses combats et objectifs 22RH & FORMATION68-75Grand AngleRéseaux & Influencesles élupreneurs, un bienfait pour la société ? 26Clubs de nautisme et yachting68 70CLUB ENTREPRENDRE 32-57 Baromètre & Tendances 32ObservatoireLiberté d’entreprendre- Numérique en formation continue74Ouvrage de Leonidas Kalogeropoulos pour changerla devise républicaine 34ART DE VIVRE & PATRIMOINE 76-98Ala Une :L’Air du temps 76-93Carrières & Talents- MBA, EMBA, MSc La stratégie asiatique des écoles françaises 72La guerre européenne des Silicon Valleys 36- Champagne : les bouteilles de demain- Vins & Spiritueux- Gastronomie : Vin, fois gras et relations- Tourisme de montagne haute gamme- Evasion & Bien-être- Mode & Accessoires- Horlogerie et joaillerie à l'avenir- L’actualité automobile : Essais & tendancesInterview croisée :Smuggler et Paraboot, des sociétés militantes du made in France 38En immersionGaîté Lyrique, centre du numérique et de création médiasdu XXIème siècle 40Electron libreJérôme Wargnier, qui mêle jeux de rôles et création d'entreprise 42Baromètre Finance & Investissements 94 PatrimoineLeçons de mauxJulien Sylvain, la renaissance de Leaf Supply à Lemon Curve 44Préparation de la retraite pour les chefs d'entreprises 96 La Sélection culturelle 98ProspectiveLa famille en 2050, cocon ouvert 45N°16www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe Flamand Chroniqueurs : Marc Drillech, Pascal Junghans, Michel Kahn,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Nicolas Bros, Charles Cohen, Sonia Déchamps, Anne Diradourian, Jacques Donnay, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Ludovic Greiling, Marc Hervez, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Stéphanie Polette, Catherine Quignon, Olivier Remy, Pierre TiessenDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.DÉC. / JANV.3]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA RétrospectiveDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Batailles rangéesLe décès de Rémi Fraisse a mis un coup de projecteur sur la dangerosité potentielle des mouvements 1de protestation sociale. Si la violence semble aujourd’hui assez exceptionnelle, elle était la règle dansles années 1950-1960. Une époque où l’illégitimité perçue du pouvoir en place « autorisait » tous les débordements.h50 du matin, nuit du gouvernement « brade l’Em- 25 au 26 octobre der- pire » à partir de la décla- nier. Au milieu d’une ration d’indépendance deforêt devenue le maquis des l’Indochine. Pour beaucoup,« anti-barrages » de Sivens, une grenade offensive est lancée par un gendarme pour répliquer aux jets de pierres de manifestants, semble-t-il, agressifs et violents. L’ex- plosion fera une victime, Rémi Fraisse, 21 ans, et dé- clenchera une polémique aux allures d’affaire d’ÉEtat. Quelle responsabilité des forces de l’ordre dans ce drame ? Quid des consignes transmises par le ministère de l’Intérieur ? Quelle place des casseurs dans ces cortèges de militants censés être pa- cifiques ?le pouvoir étant considéré comme illégitime, la violence pour le combattre paraît lé- gitime, analyse Michel Pi- genet. Les affrontements phy- siques deviennent alors un mode d’expression. De plus, la lutte des classes qu’incar- nent le Parti Communiste et la CGT justifient la vio- lence. » Résultat, des mani- festations aux bilans extrê- mement lourds vont émailler toutes les années 50-60. 17 avril 1950 : un mouvement social à Brest, chez les dockers et ouvriers du bâti- ment, fait un1 mort par balles. 14 juillet 1953 : à Paris, des ouvriers algériens participent à une manifestation syndicale et brandissent le drapeau al- gérien. La police charge pour s’en emparer : sept tués par balles. De juin à septembre 1955, les métallos de Nantes et Saint-Nazaire en lutte jet- tent dess CRS jetés à l’eau. Les affrontements font un mort parmi les grévistes. Et la liste pourrait être beaucoup plus longue. Si la violence est alors constitutive de ce drôle de dialogue social, elle est paradoxalement mieux acceptées qu’aujourd’hui. Dans les villes de l’époque, (plus petites, tout le monde se connaîtt, et les quartiers populaires font souvent blocAutant d’interrogations qui, si elles peuvent sembler spé- cifiques à notre époque, se posaient déjà il y a un demi- siècle. Et de façon bien plus forte encore, tant les mou- vements de contestation po- pulaire étaient – et de très loin – plus virulents.Perso, je fais demi-tourEnsuite, la violence est beau- coup plus tolérée, fut-ce au prix de l’illégalité, quelles que soient les revendications et le groupe social concernés. Ainsi en est-il des manifes- tations poujadistes. Pierre Poujade réalise d’ailleurs son premier « coup d’éclat » en toute illégalité. Nous sommestation des artisans et com- merçants contre la fiscalité, et plus généralement, le reflet de leur inquiétude quant à leur avenir. « « Plus tard, en 1955, Poujade appellera à une grève des impôts, puis raflera de nombreux sièges dans les chambres de métiers, avant que le mouvement neaussi, l’illégalité et le rapport de force sont les mots d’ordre de ces manifestations, qui se matérialisent notamment par des barrages sur les routes. « Comme les poujadistes, les agriculteurs expriment les craintes de groupes sociaux en perte de vitesse, ainsi que le sentiment très fort d’aban-chacun a sa cause, dans son coin. Résultat, un éclatement des mouvements. »Comme aujourd’hui, les pro- testations sociales du milieu du siècle dernier trouvent leurs racines dans une crise politique et une crise de re- présentation. ÀA cette crise, si les Poujadistes n’apportent que peu de solutions, un groupe social important pro- pose, lui, comme les écolo- gistes d’aujourd’hui, une vraie alternative. Ce groupe social, c’est le monde ouvrier, principal « fournisseur » de manifestants. « Une véritable rupture entre le régime et le monde ouvrier apparaît en 1947 avec les grandes grèves, et surtout la manière dont elles sont réprimées. L’utili- sation de la violence par la police, l’envoi de l’armée dans les corons du Nord- Pas-de-Calais, sapent la lé- gitimité du pouvoir en place. Pour d’autres, à droite, le« Dans les années 1950- 1960, la contestation émane principalement de trois foyers : le monde ouvrier, et dans une moindre mesure, les artisans et commerçants via le mouvement poujadiste, et enfin le monde paysan », énumère Michel Pigenet, pro- fesseur d’histoire contempo- raine à l’université Paris 1, spécialiste d’histoire du tra- vail et des mouvements so- ciaux, et co-directeur en 2012 avec Danielle Tartakowsky d’une Histoire des mouve- ments sociaux en France de- puis 1814.14 juillet 1953, à Paris, des ouvriers algériens participent à une manifesta- tion syndicale : sept tués par balles.ants.Premier élément différenciant à l’époque, l’encadrement des contestations :. « Les or- ganisations syndicales sont plus puissantes, plus nom- breuses et ont une capacité d’encadrement plus impor- tante », explique l’historien.en 1953 quand celui qui n’est se mue en un parti politique, don et d’incompréhension encore qu’un papetier de qui totalisera 11% des suf- des pouvoirs publics », ana- Saint-Céré, apprend qu’un frages aux élections de lyse l’historien. Et celui-ci contrôle fiscal va avoir lieu 1956 », rappelle Michel Pi- de poursuivre : « ÀA dans une commune voisine. genet. l’époque, les mouvements so- Il réunit alors des gros bras Autre groupe social protes- ciaux prennent très facilement de son entourage et barre tataire, les agriculteurs. 1953 de l’ampleur et de l’enver- l’accès aux fonctionnaires. sera marquée par de nom- gure, car ils parviennent à Le mouvement poujadiste est breuses manifestations pay- cristalliser beaucoup de mo- né, et l’homme devient le sannes, dans le Limousin et tifs de mécontentement. Au- porte-drapeau de la contes- dans le Midi viticole. Là jourd’hui, c’est très différent :derrière les manifest. Dans les ruelles étroites, il n’est pas rare qu’on lance des projectiles sur les CRS... Une situation qui s’expliquait aussi par la proximité de la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle la police ne s’était pas trouvée du bon côté. Ce qui devait la marquer d’une tâche indélébile.4 DÉC. / JANV.Oliver Faure]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[DEVENEZ PROPRIÉTAIREDANS LE PREMIER COUNTRY-CLUB RÉSIDENCE D’EUROPEDU STUDIO À LA VILLA 6 PIÈCES DANS LE SUD DE LA FRANCE : GOLF, SPA, CONCIERGERIE ET PRESTATIONS HAUT DE GAMME04 11 91 60 00 - WWW.LAVAGNAC.FR]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMALes rendez-vous EcoRéseauEn guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Le DicoRéseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : audiovisuel, actualité, football, people, politique, etc.Beaujolais : n.p. vin qui permet de voir la beauté dans la laideur et qui réserve quelques surprises au réveil !Daech : Expression. Cauchemar de François Hollande « Si ça continue, la France sera bientôt dans la Daech »Dassault : n.p. amateur de pièces suisses mais surtout pas en chocolatEckert : n.p. secrétaire d'Etat mauvais en géométrie et pas très droitFIFA : Abrév. « Footballeurs » Indubitablement Férus d'Argent...Hanouna : n.p. expression qui signifie tout va bien. Ex. « Hanouna Matata à Touche pas à mon poste »Jouyet : n.m. Cadeau de fin d'année pour François Hollande (« Le président a eu son Jouyet de Noël »)La Maison de la Radio : lieu ou l’actualité est la plus chaudeMacron : n.p. nouvel Apple au design révolutionnaireMariton : n.p. candidat qui veut imposer sa cuisineNabilla : 1. n.p. Starlette qui a enfin réussi à « percer »... 2. Personne qui va su- rement se refaire une santé (la prison)OM : Abrév. centre de formation pour dirigeants qui vont droit au but : la prison Pape Diouf : n.p. ancien président de l'OM aux tractations financières pas trèsNobel : n.p. prix qui récompense l’économiste le plus sympa, le « gentil rôle » (Jean Tirolle) Normandie : n.p. région de France aux vaches blanches, rousses et noires, auxVous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.pommiers dans la prairie et aux coupeurs de têtes en SyriecatholiquesPhilae : 1. n.p. Marque grande concurrente de Coca-Cola : grosse médiatisation et pchitt à la fin.... 2. n.p. Sujet qui permet à l'Europe de tirer des plans sur la comèteRoseta : n.f. Petite fleur n’ayant pas pris racineRoute du rhum : n.f. Œsophage de DepardieuSapin : n.p. arbre devenu rare même en fin d’année faute de budgetSivens : Expression. Blocus quoi qu’il arrive : Si pluie, Sivens, Si neigeTour Triangle : n.f. encore un projet architectural refusé pour cause de connota- tion sexuelleYes we CAN : devise de la Guinée équatorialeZaz : Adj. 1. synonyme de râter. Ex. « ton album est complètement zaz. 2. Etrefatigué. Ex. « Je suis complètement zaz aujourd’hui »6 DÉC. / JANV.]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[Jusqu’àd’économiessur votre facture de GAZ NATUREL !Profitez de la fin des tarifs réglementés de vente du gaz naturelet réalisez des économies sur votre facture.Vous êtes un professionnel ? Vous consommez du gaz naturel ? 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Une polyvalence qui a attiré l’attention d’EcoRéseau, dont ce numéro est dévolu à ceux qui portent la double, voire la triple casquette.2m04, 150kg (135kg au poids de forme), sept titres mondiaux, un titre olympique, 72 victoires consécutives, série en cours, pointure 49, 51cm de tour de bras, 2,2 millions d’occurrences de « Riner » sur Google... Et on en passe. Les chiffres et les superlatifs peuvent s’étirer à l’infini dès qu’il s’agit du colosse judoka. « Moi, ce qui me fait avancer c’est qu’après m’être en- traîné comme un dingue, et cela deux fois par jour, j’enchaîne sur des cours, des rendez-vous, des pro- jets... », prévient ce jeune homme drôle, malin, pressé aussi. Il dispose de 30 minutes pour notre interview, il en offrira le double. « Combien vous en vendez de ce mag ? C’est une vraie aventure d’entrepreneur ça ! La presse, c’est un monde qui est en train de changer. Mais il y aura toujours des gens pour s’intéresser au papier. D’ailleurs, c’est mon cas, vous ne me verrez jamais lire un journal sur ma tablette. J’ai toujours des journaux avec moi », lance-t-il en feuilletant le dernier ÉcoRéseau. L’homme s’intéresse, bon communicant sans avoir besoin d’en faire trop. Pourtant, voici long- temps que Teddy Riner a dépassé le cadre de son sport, plus encore que David Douillet, l’autre gentil géant du judo français, double champion olympique, y était parvenu avant lui. Car à 25 ans, un âge auquel son illustre aîné n’avait pas encore décroché de titre aux JO, Riner est déjà un entrepreneur qui s’affirme.Teddy, vous vous définissez comme un compétiteur sur le ta- tami... Mais aussi en dehors, c’est bien cela ? D’abord, je le confesse, même si l’expérience et la maturité ont pris le dessus sur moi, je reste un gamin ! C’est ce qui me fait avancer, ce qui me fait me lever tous les matins. Parce que si je n’y croyais pas, si je n’avais pas cette envie d’aller m’amuser et de me dépasser, il y a un moment que j’aurais arrêté le judo. Mais j’aime être avec cette bande de potes à l’entraîne- ment, j’aime la complicité que j’ai avec Franck Cham- billy, mon entraîneur. C’est cela qui me motive : le goût du défi, le besoin de relever ceux que l’on me propose tous les jours. Je suis dans le défi permanent, sur tout, tout le temps. Si je peux marcher plus vite, si je peux être le premier à démarrer au feu, si je peux aller payer plus vite que vous la consommation que l’on vient de prendre...Je vous en prie (rires) ! Ce n’est pas usant parfois ? C’est ma façon d’être. Ma psychologue me répète sou- vent d’arrêter de perdre de l’énergie inutilement. Mais c’est ce qui me permet de m’alimenter. En revanche, parier au tabac, cela ne m’in-et je sentais la pression arriver. Il fallait y faire face. Je suis allé la solliciter avec l’aide de Paulette Fouillet, qui s’oc- cupait du suivi des athlètes pour la FFJudo. Nous avons mis un schéma en place que nous reproduisons toujours aujourd’hui et qui m’a appris à repousser la pression, à créer des routines qui me per- mettent d’être relâché : j’ai mon casque sur les oreilles, dans mon sac, j’ai toujours les mêmes aliments depuis 2004, qui sont parfois diffi- ciles à trouver car la marque a changé ou n’est plus distri- buée. De ce fait, quand je trouve le bon paquet de bon- bons, j’en achète six ou sept d’un coup !Vous avez aussi une avocate...Oui, Delphine Verheyden, spécialisée en droit du sport, qui décrypte les contrats et gère mes intérêts. Il y a aussi mon père, qui a longtemps géré le petit réseau des conseillers financiers, des banques, les relations avec Delphine et mes attachées de presse, le comptable... Il l’an’ai pas envie de me poser LA question – « que vas-tu faire demain ? » – dans les derniers moments de ma carrière sans avoir rien pré- paré. Ne serait-ce que parce que cela enlève énormément de pression sur les épaules et permet de se sentir libreassez ses champions ?S’il reste discret sur ses affaires, il apparaît comme di- rigeant de pas moins de sept entreprises en France. Depuis la création de Riner Judo Connexion en 2008, qui affichait un chiffre d’affaires de 1,72 million d’euros en 2013, il a créé Riner Judo Production (2009) pour gérer son image, puis Teddy Riner et YT10 pour ses lo- cations immobilières (2011), Distrisport (ventes par automates, 2012), TR Leader Group en 2013, une société holding et Riner Estate (immobilier) en juillet dernier. S’il a mis de côté un projet de campus univer- sitaire autour des nouvelles technologies (design, cinéma, etc.), il dit aussi avoir investi dans des secteurs d’activité très différents et possède une société d’événementiel domiciliée en Californie. Pas mal à 25 ans, avec une implication dans son sport qui ne faiblit pas. Combien pèse Teddy Riner ? Là encore, pas de confidences. Néanmoins, entre son salaire de club substantiel à Le- vallois, estimé à 10000 euros par mois, la bourse fédérale due au champion olympique de son rang, les primes à la performance pour les titres continentaux, mondiaux et olympiques versées par le Ministère et par son partenaire sportif Adidas avec qui il est en contrat depuis 2007, mais aussi ceux signés avec Coca-Cola via Powerade en 2011, le Cloud Watt fin 2012 à la sortie de son titre olympique, la Banque des Antilles Françaises, les Brioches Pasquier depuis 2013, les es- timations autour des deux millions d’euros annuels cir- culent. Et ce n’est pas fini. Une ascension impressionnante que semble vivre avec un sourire impavide cee judoka issu de son petit club du JC Bolivar, dans le 19 arron- dissement de Paris. Déjà une success-story.En tout cas, il faudrait da- vantage d’accompagnement. Dans le judo, mais aussi dans de nombreux autres sports. En judo, nous avons des sa- laires convenables, avec une bourse de club et une aide fédérale en fonction de nos10DÉC. / JANV.En raison de mon jeune âge d’abord. Sur le plan sportif, j’étais également toujours sur- classé : on comptait sur moitéresse pas.presque agressédans la tête. Et encore, j’ai la chance d’avoir des par- tenaires et de gagner ma vie. Mais certains n’ont pas cette chance. Ils donnent tout pendant dix ans pour représenter la France, mais se trouvent dans des situa- tions difficiles au quotidien et parfois plus encore après leur carrière.Vous voulez dire que la France ne reconnaît pasDe quelle manière vous êtes-vous entouré, vous qui étiez champion du monde à seulement18 ans ?De ma psychologue d’abord. Meriem Salmi me suit depuis 2004 lorsque je suis entré àtrès bien fait, mais j’ai repris l’entreprise et je gère désor- mais la société, qui exploite mon image et mes partena- riats.Vous avez aussi créé d’autres structures, non ? Oui, j’ai pris part dans d’au- tres sociétés. Je suis en train de me construire sur le plan entrepreneuriat. Je répète souvent à mes amis, du mi- lieu du judo notamment : jerésultats, mais regardez dans des sports olympiques comme la gym, la lutte, la boxe... Je vois des athlètes qui s’entraî- nent toute l’année durant une décennie et qui vivent avec 1000 euros par mois, et sans formation qui leur assurerait un travail stable à l’issue de leur carrière. Le haut niveau, c’est un choix personnel, mais c’est aussi la France qui brille à travers eux, et notre pays ne peut pas fuir cette respon-l’Insep à l’âge de 15 ans.Pourquoi ce choix ?Quand je suis entré à l’Insep, c’étaitnotre village à nous, un lieu d’effort,un symbole. Maintenant, je m’y sens]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frRegard sur l’Actualité - Teddy Riner PANORAMAsabilité. Il est comptable de la vie de ces sportifs, il doit donner quelque chose, être reconnaissant. Quand je re- garde le Japon ou la Russie, je vois que la France est en retard sur ce plan.Cela ne vous donne-t-il pas envie de devenir porte-parole, voire de faire de la politique pour changer la situation ? Non, la politique ne m’inté- resse pas telle qu’elle est. Mais ceux qui sont en place ont cette responsabilité. Ilenlève quelque chose au sport français. Peut-être que cela convient à ceux qui arrivent. Il y a encore dix ans, c’étaitVous restez discret sur vos affaires...Oui, parce qu’aujourd’hui, c’est le temps du sport pourc’est bidon ! Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais du « business ».Ce n’est le tout d’avoir 10, 15 ou 20 millions pour être à l’abri. Je n’ai pas envie de m’ennuyer, il faudra que je m’occupe après ma carrièresur des hypothèses pessi- mistes. Il peut y avoir des déconvenues dans les affaires, mais je ne veux pas de mau- vaises surprises que j’aurais pu anticiper.Vous avez déjà connu l’échec ?Oui, j’ai dû me séparer d’une personne. Ce n’est pas facile, mais il faut aussi savoir le faire. Notamment pour pré- server l’état d’esprit positif de ceux qui restent. Dans les affaires au sens large, on peut perdre, mais on peut regagner ailleurs. Les affaires, c’estqui se passe. C’est aussi pour cette raison que je refuse nom- bre de propositions ! Le pro- chain projet qui va naître, cedifférent et je m’y reconnais- sais mieux.Quel type d’entrepreneur êtes-vous ?Je ne m’interdis aucun secteur, tout m’intéresse. Si je sens bien quelque chose, je peux prendre des parts, je peux acheter ou créer, développer et revendre. J’aime mieux créer d’ailleurs. C’est ce qui me motive. Ceux qui m’im- pressionnent le plus sont d’ail- leurs les self made men. Nous touchons au véritable véritable entrepreneur : celui qui a une idée, un projet, qui y croit et sort ses tripes pour le réaliser. La plupart de mes associés sont déjà des patrons d’en- treprises, petites mais aussi plus grandes. L’un d’eux est même milliardaire. Mais tous ces gens ont construit leur fortune, ce ne sont pas des héritiers. Quand je discute avec eux de la manière avec laquelle je vois les choses, ils sont souvent un peu éton- nés de ma mentalité pour un sportif : pour moi, ce n’est le tout d’avoir 10, 15 ou 20 mil- lions. Cela permet d’être à l’abri, mais après ? Je n’ai pas envie de m’ennuyer. Bien sûr, après ma carrière, je pren- drai le temps de me reposer, de souffler, d’en profiter pen- dant un an ou deux les pieds sur la table (sic). Mais il me restera peut-être 50 ou 60 ans à vivre, et il va bien falloir que je trouve quelque choseDans quoi investissez- vous ?Dans la pierre, les énergies renouvelables, la communi- cation, le marketing... Ma philosophie est celle du judo : j’ai une occasion, je la saisis. Je sais aussi ce que je peux ou ne peux pas faire. Ouvrir un restaurant, par exemple, n’est pas d’actualité. Cela pa- raît sympa, mais je n’ai pas le temps d’avoir les yeux des- sus. Pour mes activités, j’es- saie de m’entourer des meil- leurs et nous faisons des points de manière hebdomadaire ou mensuelle. Je veux savoir cesont des salles de sport. Je vais créer un réseau parce que je pense que c’est un marché sur lequel il est encore possible d’innover.moi. Je n’ai pas besoin de montrer que je fais des choses à côté. J’ai envie de construire tranquillement... Bon en re- vanche la Bourse, c’est nul,Comment décidez-vous de vous lancer dans une aventure ou pas ?Le feeling... mais aussi la calculatrice. Je pars toujoursKEVIN STAUT, VICE-CHAMPION DU MONDE DE SAUT D’OBSTACLES© Paco Lozanoexiste des petites équipes d’ex- perts qui réfléchissent sur le sujet pour apporter leur contri- bution à des projets de loi ; ça, c’est intéressant ! Mais il est aussi très difficile de voir changer les choses, car un gouvernement en chasse un autre. C’est un peu la même histoire dans les fédérations. Les projets n’ont pas le temps de se structurer. Quand je vois qu’un établissement comme l’Insep est devenu privé, je ne peux que constater le dés- engagement de l’État.L’Insep, le temple du sport français... Aujourd’hui, il est loué à des entreprises pour des congrès, nous ne nous sentons même plus chez nous. Moi, quand j’y suis entré, c’était notre village à nous, un lieu d’ef- fort, un symbole. Maintenant, je m’y sens presque agressé. On a désacralisé cette insti- tution, chacun vient y faire sa séance et puis repart. Il n’y a plus cet échange entre les différentes disciplines. C’est triste, parce que celapour m’occuper.DÉC. / JANV.11Œ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Regard sur l’Actualité - Teddy Rinerune question d’équilibre. Mais il m’arrive rarement de perdre. Dans le sport, je perçois les choses différemmentque je motive mes équipes.un professeur (rires) qui me donne des cours particuliers trois heures par semaine sur la géopolitique, les grands enjeux économiques natio- naux et internationaux – ceas écouté le cours, mais il faudra que tu pousses ta ré- flexion ». Ce à quoi, avec mon 18 sur la feuille je ré- pondais « Madame, vous n’al- lez pas m’en vouloir d’écouteraux demandes. Et pour ce qui est du public, j’ai du mal à passer inaperçu (rires), mais il faut accepter les sollicita- tions des gens. Si on ne veut pas subir, il ne faut pas sortir de chez soi. À partir du mo- ment où je mets les pieds de- hors, je dois être accessible et cool avec les gens. Cela va ensemble, cela fait partie du job. Quand j’ai envie d’être tranquille, je reste chez moi, dans mon canapé.avec les entraîneurs : je fais un sport de combat, qui fait mal, qui doit faire mal pour être prêt. Je suis prêt à souffrir. Prêt à faire mal aussi. Pas à blesser, mais à faire mal. Chaque match est un combat : celui qui est en face de moi va avoir mal et va perdre. Mais je crois que c’est pareil à la boxe par exemple.Ces qualités de combat- tant, devez-vous les adap- ter au business pour ne pas être trop frontal ou déstabilisant parfois ? Souvent, oui. On me dit « Calme toi, ce n’est pas un combat ! ». On m’appelle leC’est-à-dire ?Avez-vous des parcours de référence, des dirigeants qui vous inspirent ?Ce qui me vient en tête, ceL’échec sur le tapis, je n’y pense pas. Je sais que je peux perdre, personne n’est invin- cible, mais, si j’y crois et que je ne lâche rien, je me dis que c’est impossible. C’est une question de posture men- tale. J’ai perdu deux combats importants dans ma vie de judoka : lors des JO 2008 où j’étais très jeune et en finale des Mondiaux toutes catégo- ries en 2010 au Japon, sur décision. C’est derrière moi... Mais, surtout, je dis merci àLe prochain projet qui va naître est un réseau de salles de sport car je pense que c’est un marché sur lequel il est encore possible d’innoverVous êtes recordman des titres mondiaux avec deux championnes... Et maintenant ?sont les Brioches Pasquier – c’est l’un de mes partenaires, là, je suis bon ! (rires). Sé- rieusement, on parle deque je préfère, l’histoire... Cela m’aide à me forger une bonne culture générale.attentivement ce que vous dites ! » (rires) J’étais malin.C’est resté un trait de caractère ?Oui, j’écoute tout ce qu’on me dit. Si c’est bon pour mon judo par exemple, je le pompe à fond (sic). Et, franchement, je suis curieux de tout, le monde qui m’entoure m’in- téresse. À part peut-être les araignées et les serpents ! (IlJe veux être tout seul là-haut (il mime, NDLR) avec huit titres mondiaux, avant d’aller chercher l’or aux Jeux olym- piques de Rio en 2016 et peut-être de me préparer pour un autre titre olympique en 2020, au Japon, puisque, dans notre discipline, un Japonais (Tadahiro Nomura, en 1996, 2000 et 2004 en -60kg, NDLR) a remporté trois fois les JO. Vous savez, même si je les ai, il a fallu aller les chercher, ces titres. On essaie de comparer les époques et ce n’est pas possible, on ne pourra jamais refaire l’his- toire. Ce sont des années dif- férentes et le judo a évolué. Mais on ne peut pas dire que c’est facile, ce que j’entends parfois. Quand on gagne, on dit que c’est très facile. Quand on perd, qu’on a trouvé plus fort. Moi, je ne vais laisser personne me battre parce que je m’entraîne vraiment dur.rotor !a fait Fort Boyard, NDLR)Parce que vous ne me prenez pas des sous comme ça (rires) ! C’est vrai que, dans les négociations, je suis dur. Vous savez, le judo est telle- ment dur qu’il forge à réussir. On n’a pas le choix sur un tapis.Quelle est votre relation avec l’entraîneur ?Là, c’est une histoire d’amour. Franck Chambily est mon père dans le judo. Il est là depuis le début, lors de mon premier titre européen puis mondial en 2007, de mes pre- miers JO en 2008, même s’il a parfois été dans l’ombre, notamment lors des JO 2012 puisque ce n’est pas lui qui me coachait, mais Benoît Campargue, le seul autre coach que j’ai eu sur la chaise et qui s’occupe aujourd’hui du pilote de F1 Romain Gros-Pourquoi ?ces échecs. Parce qu’ils m’ont permis de travailler encore davantage. Mes titres mon- diaux et le titre olympique de 2012 se sont nourris de cette expérience douloureuse de 2010. J’aurais peut-être travaillé aussi dur, ou peut- être pas.Quel type de manage- ment affectionnez-vous ? Soigner les gens, créer de l’émulation, de la confiance. Quand mes salariés bossent bien, je les emmène au res- taurant, nous allons ensemble à des concerts – la dernière fois c’était celui de Pharrell Williams. Ce sont des mo- ments simples, mais impor- tants je crois. Celui qui tra- vaille bien doit être reconnu, gagner sa vie en conséquence. Parce que si je gagne, tu gagnes. C’est de cette manièrebrioche... 40 ans que cela dure, avec une part de marché énorme pour une entreprise familiale, toujours dirigée par la fratrie à partir d’une brioche que leur maman cuisinait. C’est fort ! Je pense aussi au patron d’Habitat, Hervé Giaoui. Il a commencé avec un tout petit magasin, pris une première franchise But puis un Conforama et est au- jourd’hui le P-Dg d’une marque redevenue française, qui vient de fêter ses 50 ans.Votre inscription à Sciences Po avait créé un petit buzz médiatique justement. Où en êtes- vous sur le plan de la formation ?Je prends des cours d’anglais quatre heures par semaine. J’ai quitté Sciences Po, mais, en partant, j’ai pris avec moiL’école, ce n’était pas votre truc ?Si, mais je l’ai toujours envi- sagée à ma façon : derrière pour les matières qui ne m’in- téressaient pas. Devant pour les autres pour bien écouter le professeur... Parce que j’ai toujours eu une excellenteLes voitures, parlons-en. Vous allez repartir dans une sportive allemande. L’automobile, c’est une passion ?© Paco LozanoC’est un jeu. Tant que je gagne, cela se passe bien, après... En France je trouve que c’est un peu trop mani- chéen : quand tu gagnes, tout est beau, quand tu perds, on te massacre alors que l’on devrait davantage accompa- gner les sportifs. Mais nous avons aussi besoin des médias pour exister. J’aimerais que mon sport soit beaucoup plus médiatisé, autant que le foot- ball, mais, pour cela il faudrait changer le système, qu’il y ait plus de compétitions, alors qu’elles s’enchaînent déjà beaucoup. Sauf que c’est un sport individuel où on ne peut pas compter sur le banc des remplaçants, qu’il y a des ré- gimes, etc. Avec la dérive possible du dopage car cela pousserait les athlètes à être tout le temps performants.Justement, on dit que, malgré votre statut, vous êtes celui qui s’entraîne le plus en équipe de France...Sans doute, mais je ne me soucie pas des autres. J’ai besoin de m’entraîner beau- coup, qu’on me rentre dedans. Pour savoir que je suis prêt et parce que physiquementjean.Quel rôle jouent lesmédias pour vous ?En revanche la Bourse, c’est nul, c’est bidon ! Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais du « business »Oui, pour les belles voitures, puissantes (Il possède aussi une Porsche Cayenne, NDLR) qui va de pair avec le fait que j’ai la bougeotte, y com- pris en vacances. J’aime le sport auto, la vitesse, que ce soit en jet ski, en bateau, en quad, à moto....mémoire auditive et que lesimple fait d’écouter me per- Et être hyper médiatisé sais que je suis bon, que je mettait de ressortir le cours est difficile à gérer ? me sens monter dans les tours. le jour de l’interrogation, qua- Non, je n’ai pas le sentimentsiment à la virgule près. Bon, de l’être trop, juste ce qu’il Après autant d’années, cela avait aussi ses inconvé- faut, et cela me convient. Je vous en avez toujours nients. Je me souviens d’une refuse beaucoup de choses. envie ? professeur d’histoire qui me En fait, je ne donne pas beau- Oui, je sais que cela passe disait : « C’est bien Teddy, tu coup d’interviews par rapport par là. J’en parle souventC’est compatible avec vos contrats de sponsoring ? J’ai un trop bon avocat ! (rires) Elle place tellementje le sens. C’est ainsi que jede clauses...12DÉC. / JANV.Propos recueillis par Olivier Remy et Jean-Baptiste Leprince]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Paris • 60, rue François 1er - T. +33 (0)1 42 25 15 41PRESENTELondon • 106, New Bond Street - T. +44 (0)20 7499 1434 Boutiques KRONO KONCEPT by Kronometry 1999 Boutiques HUBLOT by Kronometry 1999Cannes • 4, La Croisette - T. +33 (0)4 93 68 47 88 Cannes • 4, La Croisette - T. +33 (0)4 97 06 69 70 St-Tropez • Hôtel Byblos - Av. Paul Signac - T. : +33 (0)4 94 56 30 73 St-Tropez • Hôtel Byblos - Av. Paul Signac - T. : +33 (0)4 94 56 30 73 www.kronometry1999.com Courchevel • Hôtel Les Airelles - T. +33 (0)4 79 08 77 35 Courchevel • Hôtel Les Airelles - T. +33 (0)4 79 08 77 35]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Régions & Territoires - ReimsLa pétillanteDurement frappée par la crise, l’agglomération rémoise se cherche un nouveau modèle de croissance en jouant notamment sur sa proximité avec Paris. Pour ainsi devenir une sorte de 21e arrondissement – beaucoup plus abordable celui-ci – de la Ville Lumière. Décryptage.ReimsUn taux de chômage qui a flambé depuis 2008 (pas- sant de 7,5% à près de 12%), un solde migratoireEt pourtant... « Nous avons tout pour plaire », plaide le pré- sident de la CCI Reims-Epernay. Et Jean-Paul Pageau de souligner l’importance et « la réactivité » du bassin d’em- ploi local, le rayonnement de l’AOC Champagne – « am- bassadeur du territoire » –, la qualité des infrastructures routières (avec l’A34 et l’A6), le TGV, la zone d’activitésde Reims-Bezannes ou encore le nombre de formations et écoles post-Bac reconnues...La stratégie du territoire ? Inciter les entreprises à faire le choix de Reims, placée à 30 minutes en train de l’aéroport Charles-de-Gaulle, et alors s’imposer comme « la banlieue privilégiée de Paris », insiste-t-il. « S’implanter à Reims permet aux entreprises d’économiser en frais de structure et de fonctionnement un million d’euros par tranche de 100 salariés par rapport à Paris », détaille Jean-Yves Heyer, directeur général de l’agence de développement écono- mique Invest in Reims créée en 2003 et qui a depuis aidé à l’installation locale de près de 160 sociétés. Taxi G7, ING Direct, Henner et dernière implantation en date, le japonais Yanmar (géant de la pelleteuse avec 6,5 milliards de chiffre d’affaires)... Ils ont fait le choix de Reims pour y installerleur relais France ou d’importants centr.es d’appels. L’agglomération cherche à imprimer une vraie dynamique14 DÉC. / JANV.(1)dans le rouge et un vieillissement de la populationde reprise, malgré « la faiblesse du réseau de PME local », confesse Thierry Stadler, directeur du pôle de compétitivité IAR. La densité de recherche croissante pourrait changer la donne : trois nouvelles chaires s’y sont implantées, avec l’arrivée récente de AgroParisTech et École centrale Paris. Deux écoles parisiennes d’excellence. Reims, dans l’aspi- ration de la première ville de France...devenu inquiétant... Le territoire rémois – champenois plus largement – est de ceux qui a subi de plein fouet les se- cousses d’une crise globale, qui n’a par ailleurs épargné au- cune région limitrophe. Plus de 1000 entreprises locales (majoritairement des PME) ont ainsi coulé sur l’année écou- lée. De quoi plomber la destination Reims !(1) L’Insee estime que près de 80000 habitants, sur un total de 1,25 million, auront quitté la région Champagne-Ar-denne en 2030.Pierre TiessenŒ]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Reims PANORAMACharleville- MézièresSedanARDENNES(08)VouzièrsSainte- MénehouldRethelReimsEpernayChâlons-en- ChampagneMARNE (51)Vitry-le-FrançoisNogent-sur-Seine AUBE (10)TroyesBar-sur-AubeHAUTE-MARNE (52)ChaumontLangresSaint-DizierLa Chine, oui. Mais à quel prix ?InternationalMissions de prospection sur place, rencontres d’affaires, journées d’information... Le « pack des entreprises rémoises » – porté par la CCI locale et la région Champagne-Ardenne – sonde à tout prix le marché chinois. Efficace ? Pas sûr.Chengdu, capitale de la province chinoise du Sichuan. Au- jourd’hui, l’un des principaux moteurs de la croissance de la deuxième puissance économique mondiale... C’est ici, sur les premiers contreforts du Tibet, que la région Cham- pagne-Ardenne a ouvert – il y a plusieurs années déjà – un bureau de représentation à plein temps. Sa mission : faciliter les rencontres avec les officiels et hommes d’affaires chinois et, in fine, participer à « l’internationalisation » du territoire. Les résultats concrets ? « Insuffisants », tacle sur place un entrepreneur français installé de longue date. Pour preuve,la ligne aérienne de fret – inaugurée en 2012 – entre l’aéro- port international de cette mégapole chinoise de 12 millions d’habitants et celui de Paris-Vatry dans la Marne voisine, a très vite fermé. Une ligne qui représentait pourtant « une chance extraordinaire donnée aux produits français et champardennais de s’exporter », comme le notait alors à l’époque Jean-Paul Bachy, président du conseil régional. La faute à « la chute du volume de fret échangé entre la Chine et l’Europe », analyse le portail spécialisé WK transport-lo- gistique. Peut-être, mais une chose est sure : aucune entre-prise rémoise n’est pour l’heure implantée à Chengdu, ville certes prometteuse mais isolée des principaux centres d’im- portation chinois. En vérité, peu de « PME françaises sont taillées pour cet environnement si spécifique, qui demande de lourds investissements », estime le même entrepreneur tricolore sur place. Et même si fin octobre une poignée d’en- treprises de Champagne-Ardenne ont participé au forum PME France-Chine à Chengdu, les retours concrets de cette opération risquent de se faire attendre.DÉC. / JANV. 15]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Régions & Territoires - Reims u Ce grand « nulle part »Assurément, Reims souffre d’un certain « complexe géographique ». Peu d’ensoleillement, aucun littoral, pas de relief... « Nous sommes un peu nulle part », reconnaît volontiers Jean-Paul Pageau, président de la CCI. « Nous ne sommes pas à Nantes, encore moins à Bordeaux ou Grenoble... », énumère-t-il. Et il est sans doute « plus facile de vivre à Tours qu’à Reims ». Un « handicap de localisation » dixit, qui oblige les institutionnels locaux à phosphorer pour vendre auprès d’investisseurs étrangers la destination Reims. Ceux-là mettent notamment en avant la force du « made in France », comme les métiers de bouche. « Nous sommes la première agglomération gas- tronomique de France(1) », insiste Jean-Yves Heyer, de l’agence Invest in Reims. Place au marketing territorial, avec une formule globale : « Le soleil se lève à Reims », façon de casser l’image d’un territoire froid l’été, gelé l’hiver... « Il n’y a finalement qu’un écart de 1,8 degrés entre ici et Paris, précise Jean-Yves Heyer. Nous devons travailler sur nos points de faiblesse, notamment l’aspect météo. » Il n’empêche trop souvent encore, « les gens qui ne sont pas originaires de la région partent après quelques années, ils vont ailleurs », relève Jean-Paul Pageau. Reims est de fait généralement hors du Top 10 des villes les plus attractives de France, classement trusté par Bordeaux, Lyon ou encore Toulouse. Plus globalement, les migrations ne sont pas favorables à la région qui perd des habitants. L’agglomération rémoise est néanmoins plébiscitée pour sa qualité de vie par les 27000 étudiants qui y vivent. En dix ans, sa population étudiante « a augmenté de près de 3% », note ainsi une dernière étude comparative du magazine l’Etudiant. Des établissements d'enseignement Supérieur ont su se hisser dans les haut des classements nationaux, à l'exemple de NEOMA Bu- siness School, née de la fusion de Rouen BS et Reims BS. L’agglomération obtient son meilleur résultat en sport (3e au niveau national). « Elle peut se féliciter de son dis- positif d’accueil des étudiants à la rentrée : la “Welcome Week”. Une bonne initiative à reproduire peut-être dans d’autres domaines... », précise l’étude. Et de conseiller « la mise en place d’une carte ou d’un chéquier culture, ainsi que d’un système de location de vélos qui permettrait probablement de rattraper les métropoles qui s’en sont dotées et lui sont passées devant »(1) Calculé en fonction du rapport nombre d’étoiles au Michelin/nombre d’habitants.u Vous avez dit « bio-économie » ?u Champagne !Des petites bulles magiques qui font la répu- tation d’un vignoble d’excellence de quelque 35000 hectares. Une AOC qui pèse 4,4 mil- liards d’euros, soit près de 12% du PIB ré- gional. Le Champagne... cet or liquide, mélange subtile de pinot noir, de meunier et de chardonnay, dont la production – en constante augmentation – est aujourd’hui établie à 380 millions de bouteilles environ, dont la moitié destinée à l’export. C’est vé- ritablement « l’image de Reims et d’Epernay », insiste-t-on au syndicat général des vigne- rons de Champagne. Le secteur vinicole fait aujourd’hui vivre plus de 15000 champenois qui travaillent à la production ou à la com- mercialisation de ce vin effervescent, sym- bole du glamour à la française. Il est pourtant pour beaucoup « l’arbre qui cache la forêt ». « L’attractivité du territoire ne doit pas être réduite au Champagne », ré- pète-on ainsi à Invest in Reims. Pour preuve : près de 20000 personnes travaillent dans la filière automobile. Filière reconnue puisque le japonais Akebono – spécialiste des systèmes de freinage – a signé début oc- tobre un compromis de vente pour l’achat d’un terrain de 20000 mètres carrés sur le parc d’activités de Bezannes, dans l’agglo- mération de Reims. Il s’agira d’un centre de R&D destiné à développer de nouvelles pièces mécaniques de freinage et à gagner des parts de marché en Europe. Des parts de marché que les vignerons de la région cher- chent également à maintenir. L’AOC pour- rait de fait agrandir son aire de production (de quelques dizaines d’hectares seulement) afin de conforter sa place sur le marché par- ticulièrement concurrentiel des vins effer- vescents.Que faire de la betterave, de l’orge, du colza ? Du sucre, de la bière, de l’huile. Oui mais pas seulement. Dans l’agglomération rémoise, on cherche aussi à transformer ces produits alimen- taires courants en bio-carburant, isolants ou nou- veaux composites... C’est la « bio-économie », qui consiste à valoriser les agro-ressources et leur transformation industrielle ; le cœur de mis- sion du pôle de compétitivité à vocation mon- diale IAR, créé en 2005 au nord de Reims. « Nous sommes depuis impliqués dans la chimie du végétal et les biotechnologies industrielles », précise son directeur général adjoint Boris Du- mange. Les enjeux sont, sur ces secteurs straté- giques, à l’évidence infinis. Depuis sa création en 2005, ce pôle à vocation mondiale a d’ailleurs labellisé pas moins de 170 projets, pour un mon- tant total frôlant 1,4 milliard d’euros. Les défis du pôle ? Être reconnu comme le territoire de dé- monstration sur la bio-raffinerie et la valorisation des agro-ressources. La ville accueillait même fin septembre le congrès européen de la biotech- nologie et de la bio-économie qui réunit chaque année 700 décideurs du secteur, dont des repré- sentants de la Commission européenne, des in- dustriels, des chercheurs, etc. « Les défis sont agricoles également. Il faut aujourd’hui être en mesure de produire mieux et davantage tout en diminuant l’empreinte environnementale », pré- cise Thierry Stadler, directeur de l’IAR. Le pôle s’apprête à piloter un programme expérimental de culture dérobée de 110 hectares, sur une an- cienne base aérienne. La filière est également renforcée sur le territoire par l’Agro-industrie Recherches et Développements (ARD) – struc- ture de recherche privée mutualisée née dans les années 80 – compétente en particulier dans les domaines du fractionnement et de la raffinerie végétale.Reims16 DÉC. / JANV.u La stratégie du nearshoringReims, destination low-cost pour entreprises franciliennes ? « Ce n’est pas le positionnement du territoire, rectifie d’emblée Jean-Yves Heyer. Nous sommes néanmoins compétitifs et attractifs pour des activités propres au nearshoring » – lesquelles consistent à délocaliser une activité économique, mais dans une autre région du même pays ou dans un pays proche (à la différence du offshoring). En d’autres termes : « Nous cherchons à développer l’activité tertiaire – type centres d’appels – à proximité de Paris ». Les avantages de cette option Reims ? Tous les institutionnels du territoire de vanter en premier lieu la stabilité et la qualité du bassin d’emploi local. « Il n’y a pas ou peu de turn-over localement », répètent-ils en chœur. Et l’argument fait mouche. L’agglomération a ainsi récemment « officialisé l’implantation d’un nouveau centre de gestion d’un courtier en assurances avec, à la clé, 150 emplois », comme le notait début septembre le site Le Monde Informatique. « Notre défi à terme est de marquer le territoire sur deux secteurs clés : les biotechs (voir ci-après) et les services, en développant en particulier le nearshoring », résume le même Jean-Yves Heyer.]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Hexagone - Politique familialeUne coupe historiqueLAu-delà des économies budgétaires, la réforme de la politique familiale pose la question de son adaptation au XXIe siècle : familialisme façon Trente Glorieuses ou égalité des chances ?es locaux de la Caisse parce qu’un pays dépense Sécurité sociale (PLFSS). La mesure avec leur impact réel Ainsi, du côté de la droite dément évolué depuis 60 ans, nationale des alloca- beaucoup pour sa politique première, qui devrait rappor- – 800 millions d’euros d’éco- traditionaliste, les représen- mais à l’intérieur, le système tions familiales familiale qu’il a un taux de ter 700 millions d’euros et nomies sont prévus sur la tants de la Manif pour Tous des allocations est resté in-(CNAF), dans le XIVe arron- fécondité élevé ». Ainsi, mal- toucher 12% des familles, politique familiale, parmi les ont de nouveau accusé le changé », observe Julien Da-dissement de Paris, ne dés- emplissent pas. Depuis un an, l’établissement chargé de gérer la branche « famille » de la Sécurité sociale fran- çaise a notamment reçu six délégations japonaises et trois émissaires coréens. A chaque fois, les responsables de la CNAF sont priés de présenter en détail les recettes de la politique familiale française, soit l’ensemble des mesures qui favorisent la natalité. Car, si tout n’est pas rose dans l’Hexagone, il y a au moins un endroit où on ne chôme pas : les maternités. « Depuis le mini baby-boom post- Coupe du monde 1998, la politique familiale à la fran- çaise est célébrée en France, et regardée avec envie par les pays riches », explique julien Damon, professeur as- socié à Sciences-Po. Le pays partage en effet avec l’Irlande le titre de champion d’Europe des naissances, avec un taux de fécondité de 2,01 enfants par femme en 2012, alors que la moyenne européenne bloque à 1,5, bien en-deçà du seuil de renouvellement naturel des générations, établi à 2,07.gré ses efforts, l’Allemagne peine à remplir les couffins, tandis que les États-Unis ontest la plus polémique : il s’agit de moduler les alloca- tions familiales en fonction21 milliards d’euros de coupes du budget 2015 de l’Etat. Julien Damon ne s’engouvernement de « famili- phobie ». Mais les critiques sont aussi venues des asso- ciations familiales et des syn- dicats, de l’UMP, qui a sou- ligné la « responsabilité his- torique » prise par les socia- listes, et de l’UDI. Même à gauche de l’Hémicycle, le projet n’a pas fait le plein de voix parmi les députés du Front de gauche, d’Europe Ecologie-Les Verts et des frondeurs du PS. C’est qu’un tabou – ou un totem, c’est selon – est tombé avec la fin de l’universalité des alloca- tions familiales. En 1998 déjà, Lionel Jospin était par- venu à réformer les alloca- tions familiales... pendant neuf mois, au bout desquels les critiques l’ont finalement contraint à faire marche ar- rière. « Les allocations consti- tuent encore le cœur de la politique familiale, analyse Marie-Agnès Barrère-Mau- risson. Ce qui choque les dé- fenseurs du principe d’uni- versalité, c’est que l’on passe d’une redistribution horizon- tale – des foyers sans enfant vers les familles avec enfants – à une redistribution verti- cale – des riches vers les pauvres. »mon. Certes, dans les années 1970, des prestations sous condition de ressources ont fait leur apparition, avec l’al- location parent isolé, mais « depuis, il existe une crainte quant au fait de davantage socialiser la politique fami- liale ». Alors, plutôt que d’en- gager une réforme politique- ment périlleuse, les gouver- nements successifs ont pro- gressivement ajouté autour des allocations une myriade de nouveaux outils et ser- vices, au gré des objectifs sociétaux. Au familialisme des Trente Glorieuses a ainsi succédé le féminisme. « A partir des années 1970, on a aidé les femmes à concilier vie privée et vie profession- nelle », rappelle Marie-Agnès Barrère-Maurisson. Grâce au développement de services et d’aides dans l’accueil de la petite enfance, les bambins ne sont plus un frein à la carrière de leur maman. Au tournant du millénaire, l’en- fant est apparu comme la nouvelle priorité. « Avec l’augmentation du nombre de divorces et de séparations, la politique familiale a visé à mieux défendre leurs droits », précise la sociologue.COUPES BUDGÉTAIRESQuelles sont les forces de la politique familiale française ? Premièrement, son ampleur, puisque le pays lui consacre chaque année près de 4% de son PIB. En Europe, seuls l’Irlande, le Royaume-Uni et le Luxembourg font plus d’ef- forts. Deuxièmement, la grande variété d’outils qu’elle rassemble, lui permettant d’adresser de nombreux be- soins : des aides directes, avec les allocations familiales, des réductions d’impôts, avec le quotient familial, et des services, en particulier dans la garde d’enfants.Mais gare aux conclusions hâtives, car le lien entre po- litique familiale et vigueur de la fécondité « est loin d’être évident, met en garde Julien Damon. Ce n’est paslongtemps connu un taux de natalité élevé malgré un in- terventionnisme faible. Mais la crise et la réduction des dépenses publiques n’ont pas épargné la politique fa- miliale. Alors que le déficit de la branche « famille » de la Sécurité Sociale atteint 2,9des revenus du foyer, en di- visant par deux les allocations pour les foyers gagnant plus de 6000 euros par mois, et par quatre au-delà de 8000 euros. Surtout, elle revient sur le principe d’universalité en introduisant des conditions de ressources dans l’attribu-étonne pas : « Les responsa- bles politiques, de droite comme de gauche, sont ex- trêmement attachés à la po- litique familiale à la fran- çaise ». « En France plus qu’ailleurs, la famille passe pour une cause nationale, ajoute la sociologue Marie-Pour ce qui est de couper dans la politique familiale, la France ne fait pourtant pas figure d’exception. Dans une note de juin 2014, l’Institut national d’études démogra- phiques (Ined) a montré que la plupart des pays européens y ont été contraints par la crise. Elles furent très sévères aux Pays-Bas – moins un milliard d’euros en 2013 pour l’enveloppe allouée à la petite enfance –, plus mesurées en Allemagne.Sur ce front, il y a pourtant encore beaucoup à faire, car si le Coq peut s’enorgueillir de sa natalité, il fait pâle fi- gure pour la qualité du de- venir de ses enfants : un sur cinq vit dans un foyer pauvre, et les enquêtes Pisa de l’OCDE pointent que le sys- tème éducatif renforce les« La famille de 1945 n’est plus, le système des allocations demeure »En France plus qu’ailleurs, la famille passe pour une cause nationale18 DÉC. / JANV.Ces mesures ont suscité des oppositions sans commune(1) Travail, famille : le nou- veau contrat. Gallimard, Fo- lio Actuel, 2003.milliards d’euros, l’Etat a en- trepris de la réformer. Pour commencer, le gouvernement a abaissé le plafond du quo- tient familial de l’impôt sur le revenu, de 2330 à 2000 euros par demi-part fiscale en 2013, puis à 1500 euros en 2014. Avec un milliard d’euros d’économies à la clé selon la commission des Fi- nances de l’Assemblée.tion des « allocs ». Parmi les autres mesures, on peut citer la diminution de la durée du congé parental, de la prime de naissance et le report de la majoration des allocations familiales de 14 à 16 ans. Les aides à la garde d’enfant pourraient aussi baisser, ainsi que la prime de naissance versée au 7e mois de gros- sesse.Agnès Barrère-Maurisson(1), chercheuse du CNRS au Cen- tre d’économie de la Sor- bonne. Cela tient sans doute à l’histoire de cette politique, qui a été conçue au lende- main de la Seconde Guerre mondiale comme un levier pour l’économie et la défense du pays. » Autre spécificité française : la famille a ses propres institutions, comme l’Union nationale des asso- ciations familiales (UNAF) et la Conférence de la famille, qui se tient tous les deux ans.I-Aymeric MarolleauEt en octobre dernier, l’exé- cutif a présenté plusieurs me- sures dans le cadre du projet de loi de financement de laCAUSE NATIONALEEVOLUTIONS SOCIÉTALESAu-delà de la recherche d’économies, c’est l’adapta- tion de la politique familiale aux évolutions de la société qui fait débat. « La famille de 1945, patriarcale et iné- galitaire, n’existe plus. La politique familiale a profon-inégalitéssociales.L’UN. CEF classe même la France au seizième rang – sur 21 – pour le « bien-être des enfants dans les pays riches ». Au tour des responsables de la CNAF de faire le voyage aux Pays-Bas, en Suède et au Danemark, les premiers de la classe sur ce sujet.]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[La santé des salariés, c’est la santé des entreprises.harmonie-mutuelle.frAvec Harmonie Mutuelle, le monde de la santé rejoint celui de l’entreprise. Bénéficiez de l’expertise de spécialistes de la protection sociale et du 1er réseau national d’opticiens et d’audioprothésistes partenaires. Nos solutions s’adaptent à chaque entreprise quelle que soit sa taille. 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Odile Jacob). Et lesgerie, avait suggéré la fin du Américains n’ont pas lésinémonopole du dollar améri- cain dans les transactions pétrolières. Venant du cin- quième plus gros produc- teur privé d’huile noire, le discours avait fait l’effet d’une petite bombe dans le landernau énergétique et il avait été mal perçu aux Etats-Unis. C’est que l’uti- lisation d’une devise n’est pas neutre : elle suppose en effet l’achat de la monnaie du pays émetteur ; elle par- ticipe donc à son finance- ment. Dollar ? Franc ? Euro ? Yuan ? Toutes ces monnaies sont créées par un système bancaire étroite- ment imbriqué avec son gouvernement. BNP Paribas en a fait les frais l’été der- nier. Puisqu’elle avait opéré des transactions en dollars avec des pays sous embargo américain, la banque fran- çaise s’est vu imposer la loi de Washington, avec une amende astronomique de 8,9 milliards de dollars à la clé. « Lorsque vous échan- gez en dollar, vous devez passer par une chambre de compensations et de créances américaine, ex- plique Christian Eugène, ancien chef du service de l’endettement à la Banque de France. Dans le cas de BNP Paribas, j’ai du mal à croire qu’il n’y a pas eu un tampon politique au regard du montant énorme de l’amende. Les Américains possèdent un monopole de facto dans les transactions internationales et ils en usent. » Quasiment au même moment, c’est l’Etat argentin qui subissait les foudres de la justice améri- caine. La Cour Suprême des Etats-Unis le condamnait pour avoir dévalué il y a plusieurs années des obliga- tions d’Etat que Buenos Aires avait émis en dollar. « L’Argentine s’est retrou- vée en défaut de paiement. Non seulement elle n’a pas suivi l’avis du juge améri-20 DÉC. / JANV.Des monnaies à fourchettes... euh non couteaux tiréssur les moyens pour inciter les autres pays à utiliser des dollars. Le personnage le plus important de la banque centrale américaine, Benja- min Strong, « se rendit en Europe pour négocier des crédits. De la Pologne à la Roumanie, il envoya des émissaires pour inciter les pays européens à contracter des prêts aux Etats-Unis ». Le système bancaire améri- cain crée de la monnaie, en- dette le reste du monde, puis accueille à bras ouverts la masse monétaire nouvelle que les gérants recyclent en achetant des actifs... améri- cains. L’écrasante victoire de 1945 s’est traduite par une victoire totale sur le plan monétaire. Seule de- vise convertible en or ? Le dollar. Logique : avec la guerre, Washington avait si- phonné l’or mondial. Et en quoi pouvait-on changer le franc, la livre sterling ou le yen ? En dollar, et en dollar seulement. C’est ce qui fut imposé à Bretton Woods. Crées à la même occasion, le Fonds monétaire dit inter- national et la Banque dite mondiale – qui n’ont pas été intégrés par l’Union sovié- tique, l’autre grande puis- sance du moment – ne pouvaient assurer des prêts... qu’en dollar. En 1965, le général de Gaulle dénonce ce système et ré- clame l’or gagé par les bil- lets verts en possession de la Banque de France. De- vant les demandes crois- santes de changement des dollars en or à travers le monde, le président Nixon abolit unilatéralement cette convertibilité le 15 août 1971. « Il s’agissait ni plus ni moins d’un défaut de paiement », explique le pro- fesseur Antal Fekete, expert du marché du crédit qui a un rédigé un passionnant Le re- tour au standard-or (éd. Le Jardin des Livres). Et pour- tant, le monde – hors URSScain mais, dans l’attente d’un règlement de ce litige, elle a dû aussi suspendre les paiements aux créanciers qui avaient – eux – accepté la réduction de valeur des titres en question. C’est la première fois que je vois une décision prise au plus2012 avec la Chine pour ré- gler importations et exporta- tions sans utiliser la devise américaine. « Contrôler la plus grande devise interna- tionale et exercer des sanc- tions est un privilège, relève Christian Eugène. Les Amé- ricains utilisent leur armeLA MONNAIE, UNE HISTOIRE DE PUISSANCELe dollar est de loin la mon- naie la plus répandue au monde. C’est la devise la plus facile à trouver et à échanger. Quand un Etat et une entreprise veulent ache-le monde, selon la Banque des règlements internatio- naux. L’euro en représente 25%. Le reste du monde se partage les 14% restants... Comment le dollar en est-il venu à dominer le monde ? C’est une histoire de puis- sance, de tactique finan-Les Américains possèdent un monopole de facto...haut niveau des Etats-Unis qui perturbe ainsi les rené- gociations de dette », relève Christian Eugène. Pourquoi maintenant ? Les malicieux rappellent que l’Argentine avait adressé des critiques virulentes sur le fonctionne- ment du FMI ; d’autres sou- lignent ses récentes velléités d’indépendance monétaire, comme cet accord signé enet ils en usentde prédilection qui est la fi- nance. Et celle-ci peut étouffer des pays. » L’Irak et la Lybie hier, l’Iran et le Venezuela aujourd’hui, la Russie demain. Qu’il s’agisse d’interdire à autrui d’emprunter en dollars ou de l’empêcher de commer- cer dans d’autres monnaies, l’enjeu est géopolitique.ter ou exporter des biens manufacturés ou des ma- tières premières, ils utilisent la monnaie pour laquelle ils seront sûrs de trouver pre- neur. Aujourd’hui, le billet vert est présent dans plus des trois-quarts des transac- tions de change quoti- diennes. Il constitue encore 61% des réserves de devises des banques centrales danscière, de guerre. Au sortir de la confrontation de 14-18, qui ravagea l’Europe, les Etats-Unis devinrent une grande puissance. « La guerre fut l’occasion d’une expansion spectaculaire des exportations des Etats- Unis, car l’Amérique était devenue l’usine et le grenier du monde », relève Barry Eichengreen, professeur à]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frOn connaissait le troc de biens et de services proposé par des associations ou des sites internet (radins.com, lesaccorderies.fr, etc.). On a aussi d’authentiques systèmes monétaires locaux. Dans la marche de l’échange pécuniaire, les devises des Etats ne sont plus seules. Légales elles demeurent, certes, donc officiellement obligatoires pour les transactions. Mais non plus uniques. A l’heure où les banques centrales impriment toujours plus de monnaie, et où la Commission européenne impose une directive pour autoriser les gouvernements à prélever l’épargne bancaire, les populations se tournent vers d’autres moyens d’échange. A Paris, on trouve le Piaf. « On ouvreun compte dans lequel on reçoit des piafs en échange d’une petite somme en euros, et le système peut démarrer, explique Claudine Maigre, membre de l’association gérante. Chaque adhérent décrit alors sa demande ou son offre du moment. » L’intérêt communautaire est clairement affiché. Au Pays basque, l’Eusko est désignée comme « un outil de relocalisation de l’économie, puisqu’elle n’est utilisable qu’entre prestataires ayant leur activité au Pays basque ». Sur Internet, il existe le bitcoin. Lancée en 2009 par un obscur informaticien, cette monnaie est aujourd’hui utilisée par plus d’un million de personnes. « Nous n’en sommes qu’au début, un écosystème se créé », estimel’économiste Philippe Herlin, auteur de La révolution du bitcoin et des monnaies complémentaires (éd. Eyrolles). Son succès doit beaucoup à la prévisibilité du logiciel : chaque transaction est vérifiée par deux utilisateurs au moins et la création de bitcoins va automatiquement ralentir pour s’arrêter dans quelques années, ce qui empêchera toute dévaluation. Cette concurrence monétaire récente commence à susciter la crainte d’élus et de banquiers : la BCE et des sénateurs américains ont attaqué publiquement le bitcoin. Les sites d’achat hésitent à se lancer. Son cours, qui fluctue librement face aux autres monnaies, stagne depuis six mois. Affaire à suivre.sur le pétrole et surgaz durant trente ans. Hors de question pour les deux puissances de commercer dans la monnaie américainepleur inédite dans le monde de l’après Bretton Woods et qui pourrait enhardir les au- tres nations. L’Iran et le Ve-Monnaies alternativesfonctionnement du FMI et de la Banque mondiale, ac- cusés de ne donner aucun pouvoir de décision auxBitcoin, piaf, eusko... L’embouteillageam- violemment en causeleInternational - Guerre des monnaies PANORAMA– a continué d’utiliser des dollars. Aucune autre devise n’était en effet assez impor- tante pour prendre le relais. Avec l’accord de l’allié saoudien, les pétrodollars prirent le relais du dollar-or. Le billet vert achète le pé- trole, le pétrole est roi, le billet vert reste roi.un système d’échange alter- natif. La Russie a pris la mesure du combat moné- taire en cours. En mai der- nier, elle signait avec laet de financer ainsi les Etats-Unis. Les banques centrales des deux pays ont donc conclu un swap géant, un échange de devises des-nezuela veulent commercer dans leurs propres monnaies ou en troquant des marchan- dises. L'Inde et la Turquie importent du pétrole iranienpays émergents. Tout le monde suit l’exhortation du ministre des Finances russe qui, le 20 septembre, appe- lait lesdits pays à ne plusacquis en propre près des trois-quarts des nouvelles émissions du Trésor améri- cain, faute d’acheteurs étrangers.VERS UN EURODOLLAR ?Cette histoire vieille de bientôt 100 ans pourrait prochainement se terminer. Au début des années 2000, le dollar américain repré- sentait 72% des réserves de change mondiales, contre 61% aujourd’hui. C’est que l’empereur monétaire est de plus en plus contesté. Par l’euro ? Pas tant que ça. L’Union européenne et les Etats-Unis font bloc et éla- borent secrètement un traité transatlantique. Un vérita- ble « Otan économique », se félicitait l’an dernier l’am- bassadeur américain à Bruxelles ; il pourrait précé- der une fusion des devises. En effet, à l’instigation de membres allemands, l’an- cienne majorité du Parle- ment européen avait adopté en mars 2009 une résolution réclamant un tel rapproche- ment économique avec les Etats-Unis, y compris sur le plan monétaire. Avec 85% des réserves de change mondiales, l’eurodollar se- rait indispensable dans les échanges mondiaux... Mais nous n’en sommes pas encore là. La fin des négo- ciations sur le traité transat- lantique n’est prévue que pour la fin de l’année pro- chaine. Une chance pour les pays qui ne sont pas sous domination américaine, et tentent à la hâte de monter« Papi donne-moi tes euros je te donne des dollars, c’est la même chose maintenant... »L’OR ET LE YUAN EN EMBUSCADELe mouvement devrait s’amplifier car la Chine pourrait, à terme, détrôner le billet vert. Le géant asia- tique ouvre lentement mais sûrement sa monnaie aux échanges extérieurs. Il y a de quoi attirer le chaland : le PIB chinois a augmenté de 8000% depuis le début des années 80, l’armée chinoise est de mieux en mieux équi- pée, les projets spatiaux de Pékin sont les plus dévelop- pés après ceux des Etats- Unis. Qui refuserait d’utiliser le yuan dans les échanges mondiaux ? Selon Antoine Brunet, ancien ana- lyste pour la banque Lazard et co-auteur de La visée hé- gémonique de la Chine (éd. L’Harmattan), l’Empire du Milieu entreprend une poli- tique patiente afin d’impo- ser sa monnaie. « Pékin s’emploie à convaincre un nombre croissant de banques centrales à diversi- fier leurs changes vers le yuan ou la monnaie locale pour le commerce. Ils font tout pour défaire l’image du dollar ». Pour cela, la Chine se baserait notamment sur l’or, l’étalon monétaire offi- cieux. « L’Etat chinois a un plan en deux étapes : il consiste tout d’abord à dés- avouer le dollar en essayant de faire monter le prix de l’or [fixé en dollar]. Puis, une fois ce but obtenu, il proposerait sa propre mon- naie d’échange pour les transactions internatio- nales, en montrant au be- soin qu’il possède davantage d’or que les Etats-Unis. » Alors Pékin s’active : ouverture à Hong Kong d’un marché obliga- taire pour les entreprises étrangères désireuses de trouver de l’argent frais en yuans, lancement d’unChine un contrat géant de tiné à payer importations et avec son or depuis 2012. Lacommercer en dollar. Les effets s’en ressentent : le premier acheteur de la dettepublique des Etats-Unis est désormais la banque cen- trale américaine. Depuis le début de l’année, la Fed a400 milliards d’équivalent- exportations en rouble et en présidente du BrésilLes banques centrales de Chine et Russie ont conclu un swap géant, un échange de devises destiné à payer importations et exportations en rouble et en yuandollars pour la fourniture de yuan.Un acte d’unemetcontrat.l’or en devise locale à Shan- ghai – jusqu’ici, les prix étaient fixés en dollar à Lon- dres et à New-York – et préemption de la production nationale de métal précieux. L’or, le yuan et le rouble, fu- tures monnaies internatio- nales ?Ludovic GreilingDÉC. / JANV. 21]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA L’Entretien - Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique« Soutenons enfin les scale-up, ces entreprisesinnovantes en phase d’hyper croissance »Axelle Lemaire entend faire de la France une république numérique de premier plan depuis son arrivée au gouvernement en avril 2014. Développement du capital risque hexagonal, création du label French Tech, formation des jeunes : elle revient pour EcoReseau sur les coups de pouce du gouvernement pour accélérer cette fameuse transition numérique. Rencontre.entreprises françaises non co- tées devraient passer à 7,5 et 9 milliards en 2014 et 2015. Mais, nous n’avons toujours pas retrouvé les niveaux d’in- vestissement d’avant 2008, alors il nous faut aller plus loin. Au sein de l’écosystème français tout d’abord. C’est pourquoi, pour faire suite aux annonces du Président de la République lors des dernières Assises du finan- cement en septembre dernier, je rencontrerai dans les pro- chaines semaines la majeure partie des patrons du CAC 40 pour les convaincre de renforcer leurs démarches de fonds d’investissement d’en- treprise – le corporate venture capital pour parler comme les Anglo-Saxons –, grâce auxquels les grandes entre- prises investissent dans les plus petites. Nous nous sommes fixé un objectif d’un milliard d’euros en 2017. Au- tre levier activé : sensibiliser les investisseurs internatio- naux à l’intérêt d’investir en France, en particulier via les actions en faveur de l’attrac- tivité soutenue par la French Tech. 15 millions d’euros y sont d’ores et déjà dédiés. Car en effet, toute l’ambition et la singularité de la French Tech, c’est de passer d’un modèle autocentré et centra-sorte le bras armé écono- mique de la république nu- mérique que je défends !Mais ces capacités de financement des entreprises du numérique existent-elles sur les marchés ?La création d’Enternext, la Bourse européenne des PME- ETI, est une première avancée non négligeable. Nous devons désormais doper la part et la reconnaissance des entre- prises numériques en son sein, en particulier par le ren- forcement des possibilités d’analyse financière de ces entreprises, et la création de- main d’un indice technolo- gique pour ce segment. Enfin nous allons renforcer l’at- tractivité des start-up pour les jeunes diplômés en faci- litant les attributions gratuites d’actions au profit des sala-Vous plaidez pour une véritable politique industrielle dans le secteur numérique : avec quels objectifs ? L’Etat a en effet un rôle utile à jouer. Déjà pour accompa- gner les entreprises dans leur transformation, en s’enga- geant dans une démarche vo- lontariste d’achats publics innovants, ou en créant, comme nous le faisons avec les start-up, un cadre favo- rable à la prise de risque, à l’innovation et à l’investis- sement. Mais il faut évidem- ment que chacun prenne ses responsabilités. Je prendrai l’exemple du secteur des té- lécoms : nous avons mobilisé des moyens financiers très importants pour le déploie- ment du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Ce pari collectif ne pourra être tenu que si les entreprises© mein- Patrick VedruneNe nous voilons pas la face, l’émergence de géants du numérique fait encore défaut dans l’Hexagone. Une fatalité ? Rappelons déjà que la France est aujourd’hui un pays mon- dialement reconnu pour la création de start-up. D’abord grâce à la qualité de ses for- mations initiales, la créativité de ses talents et l’inventivité de ses ingénieurs et des en- trepreneurs. Les résultats sont au rendez-vous. Nous créons plus de start-up en France qu’ailleurs, et je veux souli- gner la politique très volon- taire menée par Bpifrancepour soutenir l’amorçage des entreprises innovantes. En 2013, ces jeunes pousses fran- çaises ont ainsi vu leur chiffre d’affaires total augmenter de 43% par rapport à 2012. C’est notable dans la période. En revanche, trop d’entreprises françaises rencontrent encore des problèmes lors de leur développement international. Il y a de formidables réussites dans le secteur des biotechs ou des medtechs, trop peu dans le numérique à l’excep- tion de quelques exemples comme Criteo, Blablacar ou Parrot. Il faut donc soutenir ce que j’appelle les scale- up, les entreprises innovantesen phase d’hyper croissance.nancement. Les fonds fran- çais sont trop petits et les fonds internationaux trop peu présents ! Toutefois, la si-Soyons concrets, quelles mesures s’imposent pourEn 2013, les jeunes pousses françaises ont vu leur CA total augmenter de 43 % par rapport à 2012. C’est à préciser dans la périoderiés.DÉC. / JANV.enfin doper ce capital risque hexagonal ?Il faut être conscient que le principal frein au dévelop- pement de nos entreprises réside dans la chaîne de fi-tuation s’améliore, en parti- culier grâce aux assouplis- sements réglementaires ap- portés par le gouvernement. De 6,5 milliards en 2013, les montants investis dans leslisé à une attractivité puissante basée sur la mise en réseau, l’ancrage dans les territoires et l’ouverture au monde, au- tour d’un projet collectif pour le pays. C’est en quelque22]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frL’Entretien - Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique PANORAMAdu secteur investissent dans ces infrastructures. Elles ne le feront pas pour nous faire plaisir, bien entendu, maissur les territoires, et d’iden- tifier des écosystèmes de start-up remarquables. Après un long travail mené avec led’innovation non technolo- gique. Lancé en mars dernier, ce dispositif a déjà bénéficié à 266 projets en 2014. Cettesance aux entreprises dans leur volonté de croissance.Quid de la formation et deIl y a avant tout un prérequis culturel à prendre en compte. Pour créer des entreprises in- novantes, des créateurs am- bitieux, volontaires, prêts à prendre des risques en sachant où ils vont, sont nécessaires ! Le gouvernement a lancé un large appel à manifestation d’intérêt sur la culture de l’entrepreneuriat et de l’in- novation à destination des jeunes. Près de 200 entre- prises, associations, collec- tivités ont répondu présentes et souhaitent s’investir sur ce dossier. Ce sont 20 mil- lions d’euros qui seront dé-diés à ces projets dès le pre- mier semestre 2015, avec des ambitions fortes pour faire grandir le vivier des jeunes créateurs. Cela passe par l’en- couragement des jeunes filles, des étudiants, des jeunes doc- teurs à s’engager dans la création d’entreprise, la dif- fusion des usages et des ap- prentissages dans les quartiers populaires et les zones ru- rales. Cet engagement à la démocratisation de la création d’entreprise innovante consti- tue, à mon sens, la première étape de notre mission de service public.Il existe de formidables réussites dans le secteur des biotechs ou des medtechs, trop peu dans le numérique à l’exception de Criteo, Blablacar ou Parrotpour trouver des sources nou- velles de création de valeur. Cet investissement doit, en retour, être mieux valorisé, ce qui peut par exemple pas- ser par une plus grande trans- parence sur la qualité du ser- vice offert aux utilisateurs. Enfin, lorsque l’on prend l’écosystème numérique dans son ensemble, des règles sont nécessaires pour éviter de se retrouver, comme c’est par- fois le cas aujourd’hui, avec certains acteurs très régulés – à juste titre – et d’autres échappant à toute forme d’en- cadrement. Je pense notam- ment aux grandes plateformes de service en ligne qui doi- vent jouer le jeu de la loyauté à l’égard des utilisateurs comme des autres acteurs économiques qui en dépen- dent. C’est le sens du message que je porte au niveau euro- péen.Quel rôle doit alors jouer Bruxelles en matière de révolution numérique ? Dans le numérique, plus qu’ailleurs, les réponses doi- vent souvent être trouvées au niveau européen, voire mondial. L’Europe est forte quand elle parle d’une seule voix, comme je l’ai invitée à le faire sur la gouvernance de l’Internet. Sur des enjeux tels que la neutralité du Web ou la loyauté des plateformes que je viens d’évoquer, l’échelon européen est le plus pertinent pour défendre nos valeurs communes en ayant la force de frappe d’un mar- ché de plus de 500 millionsde citoyens.pellier, Nantes, Rennes et Toulouse ont été les premiers écosystèmes à obtenir le label de Métropoles French Tech. Cette première vague de la- bellisations va permettre d’en- gager la mise en réseau de ces écosystèmes régionaux, en connexion avec l’écosys- tème francilien. D’autres la- bellisations se dérouleront au fil de l’eau dans les prochains mois. Mais, la French Tech ne se limite pas à ces seules labellisations. Des moyens et des dispositifs seront éga- lement mis en place pour fi- nancer le développement des start-up françaises et renforcer l’attractivité du pays dans les secteurs innovants avant la fin de l’année 2014. Il en va ainsi du soutien aux accélé- rateurs destinés à faire éclore de nouvelles entreprises et à les mettre sur les rails de la croissance. Nous investirons dans ces accélérateurs de croissance aux côtés des in- vestisseurs privés, via un pro- gramme doté de 200 millions d’euros. L’objectif, in fine, est ambitieux : faire connaître et rayonner la marque French Tech à l’international, lors de grands événements (le Consumer Electronic Show de Las Vegas, South by SouthWest à Austin, etc.) et dans des actions tournées vers les décideurs numériques mondiaux (investisseurs, jour- nalistes, acheteurs, etc.). Enfin, nous allons accélérer deux dispositifs très intéres- sants pour les entreprises. Ainsi, les Pass French Tech qui permettent aux sociétés en très forte croissance de bénéficier d’un accompagne- ment sur mesure seront éten- dus à tous les écosystèmes labellisés « Métropoles French Tech ». De même, nous souhaitons renforcer les Bourses French Tech desti- nées à favoriser l’émergence et la maturation de projetsLe label French Tech, at- tribué le 12 novembre dernier à neuf métropoles françaises, aura-t-il vrai- ment un impact ? Suite à l’appel à candidatures lancé en janvier 2014, la dé- marche de labellisation des Métropoles French Tech a permis de susciter une for- midable dynamique collective portée par les entrepreneursDÉC. / JANV.soutien de la Mission French gamme d’actions, unique au l’apprentissage des jeunes Tech et de ses partenaires, monde, offre de la cohérence, dans la stratégie numé- Aix-Marseille, Bordeaux, de l’efficacité et de la puis- rique gouvernementale ? Grenoble, Lille, Lyon, Mont-23Œ]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA L’Entretien - Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au Numérique"L’objectif, in fine, est ambitieux : faire connaître et rayonner la Marque French Tech à l’international, lors de grands évé- nements comme le Consumer Electronic Show de Las Vegas"de la Halle Freyssinet, à Paris, prévu pour 2016 ? C’est un projet enthousias- mant, porté avec passion par Xavier Niel. Si les objectifs sont remplis, Paris accueillerade qualité. La Halle Freyssi- net agira en complémentarité avec les incubateurs franci- liens, permettant un vrai choix et le cas échéant un parcours pour l’entrepreneur francilien,La French Tech, c’est le bras armé économique de la République numérique que je défends !Ensuite se pose la question de la formation, initiale mais aussi continue. Personne ne remet en cause la qualité des formations technologiques françaises. Mais, nous avons des trous dans la raquette. Je pense en particulier à tout ce qui touche à la programma- tion et au codage. C’est pour- quoi le gouvernement a sou- haité introduire cet appren- tissage dans le cadre des pro- grammes scolaires dès le pluspériences, leurs talents, leur créativité doivent être mis au service de la croissance de nos territoires et de nos entreprises. C’est là toute l’ambition du Passeport Ta- lents qui a été présenté en Conseil des ministres en juil- let dernier dans le cadre de la future loi portée par le mi- nistre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Ce titre de séjour sera d’ailleurs intégré aux futurs French Tech Tickets,forte accélération : les col- lectivités, pleinement inves- ties, ont déposé à ce jour 66 projets représentant 78 dé- partements. Les opérateurs ont, quant à eux, déjà dépensé près de 3 milliards d’euros pour équiper en fibre les zones denses et moyennement denses du territoire. L’Etat a également consolidé son en- gagement financier en ins- crivant plus de 1,4 milliard d’euros dans le budget 2015,les services de proximité – que nous souhaitons déve- lopper au bout de ces tuyaux.Votre position et celle du gouvernement en termes de gouvernance d’Internet et de neutralité du réseau sont-elles bien établies ?Ce débat doit être dépas- sionné, pour sortir des pos- tures ou de certaines opposi- tions trop caricaturales. J’ai déjà eu l’occasion de rappeler mon attachement à ce qui est au cœur de cette neutralité : à savoir, que chacun demeure libre d’accéder à l’ensemble des contenus présents sur In- ternet, afin de préserver coûte que coûte l’originalité et la force de cet espace de constante innovation. J’ai aussi pris connaissance avec intérêt des propositions for- mulées par le Conseil d’Etat dans son étude annuelle consacrée au numérique. Ces propositions sont versées à la grande concertation initiée par le Premier ministre sur le numérique. Nous verrons s’il y a lieu d’adopter des mesures législatives au niveau national, en complément du cadre qui pourrait être adoptéQu’attendez-vous du futur méga-incubateuren 2016 le plus grand incu- bateur de start-up du monde. Tout simplement. Ce projet vient encore renforcer la place occupée par l’Île-de-France, avec la capitale en son cœur, parmi les grandes métropoles mondiales du numérique. Elle possède une densité inégalée de structures d’accompagne- ment, de start-up, d’établis- sements de formation, une incroyable diversité de talents et de secteurs, un environ- nement et des services publicsadapté .à ses besoins, sa spé- cialité, au stade de dévelop- pement de son entreprise. Plus encore, la Halle sera le bâtiment totem de toute la French Tech. Un espace spé- cialement dédié aux entre- prises issues des métropoles labellisées y sera d’ailleurs ouvert.Propos recueillis par Charles CohenBioL’« outsider » venue du CanadaDe nationalité franco-canadienne, Axelle Lemaire a grandi au Québec. Elle a rejoint la France à 16 ans pour y suivre une prépa de lettres modernes (Hypokhâgne), avant d’in- tégrer Sciences Po Paris et de se spécialiser en droit. Juriste internationale au sein de cabinets d’avocats et d’instituts de recherche universitaire, elle devient parlementaire à la Chambre des communes à Londres. Un poste qu’elle oc- cupe jusqu’en 2011, avant d’être élue en juin 2012 dépu- tée socialiste des Français établis en Europe du Nord (Royaume-Uni, Pays scandinaves, Pays baltes). Exerçant au Parlement les fonctions de Secrétaire de la Commission des Lois, elle a été successivement rapporteure pour avis de la loi bancaire, responsable pour le groupe socialiste d’une loi de transposition de directives et traités internationaux sur les droits humains, et responsable de la loi pour l’éga- lité hommes-femmes. Parallèlement, Axelle Lemaire siège à la Commission des affaires européennes où elle est rap- porteure sur le sujet du numérique. Quand François Hol- lande veut en faire, en juin 2012, sa ministre déléguée aux Français de l'étranger, elle refuse. Sans doute parce que l’intéressée a déjà fait de l’entrepreneuriat et de l’innova- tion dans le secteur du digital son cheval de bataille. D’ail- leurs, elle publie, dans le cadre de ses activités à la Commission des affaires européennes, un rapport sur la stratégie de l’Europe en matière de numérique, et fait adopter à l’unanimité une résolution parlementaire sur ce sujet à l’automne 2013. Rien d’étonnant donc à ce que cette mère de deux enfants, vivant alors à Londres, ait ac- cepté début 2014 la fonction de Secrétaire d'Etat chargée du Numérique, sur demande, encore une fois, de François Hollande. Une fonction qu’elle occupe depuis le 9 avril der- nier.Je rencontrerai dans les prochaines se- maines la majeure partie des patrons du CAC 40 pour les convaincre de renforcer leurs fonds d’investissement d’entreprisejeune âge. Nous devons éga- lement relever le défi de l’adaptation des compétences des professionnels impactés par la révolution technolo- gique. Les informaticiens, les ingénieurs bien sûr, mais aussi toutes les professions bousculées par le numérique, dans la distribution, la culture ou les transports par exemple. Enfin, la France ne pourra que s’enrichir d’accueillir des professionnels venus d’ailleurs, qui souhaitent créer dans notre pays. Leurs ex-qui visent à attirer en France des créateurs de start-up in- ternationales.Où en est vraiment le plan France très haut débit ? C’est sans aucun doute le plus grand chantier d’infra- structures de ce quinquennat, représentant un investisse- ment global de près de 20 milliards d’euros. Les der- niers mois ont montré que les fondations du plan étaient saines, puisqu’il entre dés- ormais dans une phase deafin de prendre le relais des 900 millions d’euros issus des investissements d’avenir. Nous sommes très vigilants à ce que cette dynamique se maintienne, tout en procédant aux ajustements nécessaires. Et ce, afin que des solutions technologiques permettant de répondre plus rapidement aux besoins les plus urgents soient mieux mobilisées. J’ai aussi tenu à rappeler qu’il est dés- ormais temps d’engager une véritable réflexion collective sur les usages – et notammenten Europe.24DÉC. / JANV.]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[COMMUNAUTÉ URBAINE DE LYON*www.economie.grandlyon.comMarc FAVARO, architecte associé du cabinet AFAA à Lyon (France)]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Grand Angle - Ils cumulent business et politique« Elupreneurs »Ils sont peu à faire le grand écart, entre l’existence tumultueuse du chef d’entreprise et la vie prenante de l’élu. Pourtant tout le monde profiterait d’une vraie émergence de ces figures polyvalentes,et en premier lieu la Cité... Témoignages.Par Matthieu Camozzi, Charles Cohen, Sonia Déchamps et Julien Tarby«Irésumait prosaïquement Jean-François Roubaud, diri- geant de la CGPME après l’automne 2013 et l’épisode des Bonnets rouges. Pour- tant les exhortations à s’en- gager dans les municipales ont suscité l’intérêt des adhérents en théorie, mais sont restées lettres mortes dans les faits la plupart du temps. Ceux qui enfilent cette double veste sont rares dans l’Hexagone, en atteste la faible proportion de chefs d’entreprises industrielles et de bâtiments dans les deux hémicycles – 20 députés sur 577, 20 sénateurs sur 348. « Dans les pays anglo- saxons, la réussite, et no- tamment celle des chefsDepuis qu’il a gagné les élections, on dirait vraiment que ce start-upper veut faire comprendre que des choses vont changerl faut être dans le système pour le faire changer »,d’entreprise, est saluée et représente un atout pour être élu. La notion d’enga- gement citoyen désintéressé, après avoir gagné de l’ar-France. Et de souligner le grand paradoxe tricolore : « Les Français rêvent de voir davantage de chefs d’entreprise investis en po-nouvelle réserve, pour ne 2013 et dont le but est de pas dire un rejet des élus par changer la classe politique les chefs d’entreprise », dé- en mobilisant les Français et plore Michel Vaspart, séna- plus particulièrement les en- teur des Côtes d’Armor, trepreneurs, apparaît desd’extraterrestre dans les paysages entrepreneurial et politique. Les obligations d’un mandat local ou natio- nal qui s’ajoutent aux res- ponsabilités business peuvent vite devenir inviva- bles et lourdes de consé- quences. « J’ai abandonné mon poste lorsque je suis devenu député, parce que les deux activités devenaient trop chronophages », révèle Jean-Christophe Fromentin, maire de Neuilly-sur-Seine, ex-P-Dg d’Export Entre- prises, selon qui « il est aussi très dur de « s’ex- traire » de son entreprise, quand ceux qui viennent de l’administration ou de la fonction publique ne ren- contrent pas ce genre de dif- ficultés ». La prise de risque est maximale, puisqu’à l’is-Il est vital que certains dans l’Hémicycle aient un autre regard sur la mondialisation, un autre tempo,un tropisme international par leur entrepriseDÉC. / JANV.DON D’UBIQUITÉ REQUISIl est vrai que le sémillant fondateur de l’association CroissancePlus, père de quatre enfants, fait figuregent dans la sphère privée, est communément acceptée, voire encouragée. Ce n’est pas le cas en France », dé- plore Virginie Calmels, ad- jointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, en charge de l’économie et l’emploi, femme d’affaires ex-dirigeante d’Endemollitique, mais dans le même temps l’argent et le patri- moine des dirigeants poli- tiques est souvent un sujet de polémique ». Et la crise de défiance actuelle à l’égard des politiques ne fa- cilite pas les vocations. « Quand je rentre dans mon territoire je perçois uneex-P-Dg d’une entreprise de prêt-à-porter féminin.Face à des mentalités qui ne semblent pas encore prêtes et un cumul qui a tout d’une gageure, le mouvement « Nous citoyens » de Denis Payre, fondateur de Busi- ness Objects et de Kiala, qui s’est lancé en politique enplus osés. Combat perdu d’avance ? Rien n’est moins sûr.26]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°16sue du mandat ou d’une dé- faite électorale, le chef d’en- treprise peut se retrouver sur le carreau, soulève Virginie Calmels : « Dans l’inter- valle, l’entreprise peut avoir pâti significativement de l’absence de son dirigeant. Et s’il y a plusieurs asso- ciés, l’absence ou la faible présence de l’élu peut créer des problèmes avec eux, qui ont le sentiment d’une ini-www.ecoreseau.frnateur, m’ont évidemmentobligé à trancher. » Un che-minement similaire à celuide Pierre Pécoul, P-Dg dePGDis spécialisé dans lafourniture de bureau et lapapeterie, et maire de Riom velopper sa société. « Je (20000 habitants) dans le l’avais heureusement bienGrand Angle - Ils cumulent business et politique PANORAMA Fertilisation croiséeÊtre élu fait-il devenir meilleur chef d’entreprise ?production dans le Grand- Ouest. » Le fait d’avoir été vice-président de Dinan Communauté et conseiller général pendant ces années ne l’a pas empêché de dé-C’est une gymnastique intellectuelle d’osciller entre ces deux mondes, et certains n’y parviennent pas« Comme toute nouvelle expérience profes- sionnelle à moyen ou long terme, un mandat d’élu est formateur et il en restera nécessaire- ment une expertise complémentaire pour le chef d’entreprise... » Virginie Calmels, ad- jointe d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, en charge de l’économie, l’emploi et la crois- sance durable, ex-directrice financière de Canal+ et ex-dirigeante d’Endemol France, joue la positive attitude sur la durée. Elle est d’ailleurs rejointe par Marilyn Brossat, maire de Touchay, petite commune de 300 habitants dans le Cher, et par ailleurs dirigeante d’une entreprise de neuf personnes évoluant dans la communication et les objets publicitaires, qui se voit plus à l’écoute depuis que sa fonction de maire l’a obligée à vraiment prendre en considération tous les avis avant de prendre une décision : « Cette notion de travail en groupe, en équipe, n’était peut-être pas si an- crée en moi, et le mandat m’a fait évoluer de ce côté-là. Peut-être que maintenant, dans l’entreprise, j’entends mieux ce qu’on me dit par rapport à une époque passée ». Pierre Pé- coul, P-Dg de PGDis et maire de Riom dans le Puy-de-Dôme, va même plus loin en parlant « d’expérience enrichissante. Je suis ravi d’avoir pu prendre la mairie et de voir com- ment cela se gère, quelles sont les contraintesinsoupçonnées dues à une décentralisation seulement partiellement réalisée. C’est une ex- périence très enrichissante. Tout le monde de- vrait, au moins une fois dans sa vie, passer un ou deux ans dans une collectivité. » Mais à court terme les avis diffèrent du tout au tout. « Passer par un mandat d’élu ne facilite pas les choses dans l’entreprise, loin de là. Il faut même faire attention de ne pas avoir attrapé le virus de la réunionite, ou de la recherche du consensus à tout prix », souligne Michel Vas- part, sénateur des Côtes d’Armor, ex-P-Dg d’une entreprise de prêt-à-porter féminin de 220 salariés, selon qui l’engagement public a compliqué la donne. « La stratégie est géné- ralement dévolue au dirigeant, et je n’ai pas pu m’y adonner pleinement pendant toutes ces années », déplore le Breton. Enfin, outre la moindre attention, l’entreprise peut être pé- nalisée par les réactions intérieures et exté- rieures à l’engagement politique du dirigeant. Celui-ci prend parti, il s’attire donc les sympa- thies comme l’antipathie des salariés, des par- tenaires et fournisseurs. Pour maintenir la cohésion en interne, une position politique neutre serait évidemment plus adéquate.quité dans la répartition du travail ». Claude Nougein, 67 ans, sénateur UMP de Corrèze, dirigeant du hol- ding familial qui évolue dans des secteurs aussi va- riés que la distribution, l’hôtellerie, le vin, etc., a dû aussi faire un choix : « J’avais pourtant toujours évolué dans les deux uni- vers à la fois. Adolescent, j’étais déjà passionné par la chose politique, et en pa- rallèle de l’ESCP et d’un MBA aux Etats-Unis, j’avais suivi un cursus à Sciences-Po par passion. Lorsque j’ai siégé au conseil régional du Limou- sin dans l’opposition, j’ai pu continuer mes activités entrepreneuriales en délé- guant plus fortement. Mais la vice-présidence du Conseil général de Cor- rèze, puis mon siège de sé-L’entrepreneur qui fait de la politique a généralement quelques connaissances en matière de sciences écono- miques et de sciences poli- tiques. Ce cumul lui donne une capacité de recul indé-Puy-de-Dôme : « Prendre la mairie et la présidence de la Communauté de communes est subitement revenu à exercer une activité à temps plein. A 65 ans – je l’avais de toute manière prévu –, j’ai donc « laissé » mon en- treprise à ma fille, même si je reste le P-Dg de cette so- ciété de 90 salariés ». Cer- tains parviennent à faire de la résistance comme le séna- teur des Côtes d’Armor Mi- chel Vaspart, qui a été élu en 1983 au conseil municipal de Pleudihen-sur-Rance en Bretagne. Dans la même année il a racheté les actifs d’une entreprise de prêt-à- porter féminin en liquida- tion, qui laissait sur le carreau 42 salariés. « En 1984 je redémarrais l’aven- ture avec 19 salariés. Et quand je l’ai cédée en 2003 – car je pensais gagner les législatives, ce qui n’a pas été le cas –, elle comptait 220 salariés et trois sites destructurée au préalable. J’ai pu déléguer nombre de mes tâches à cinq cadres. » Gymnastique d’emploi du temps et arbitrages sont donc requis pour Marilyn Brossat, maire apolitique de Touchay, petite com- mune de 300 habitants dans le Cher, et par ailleurs diri- geante d’une entreprise de neuf personnes évoluant dans la communication et les objets publicitaires : « Il faut réussir à jongler habi- lement et être partout, car c’est un choix et nous n’avons pas le droit de nous plaindre. Je travaille simplement plus tard le soir et plus tôt le matin, et sou- vent le week-end. L’ordina- teur et le téléphone portable permettent d’être joignable tout le temps. Tous les same- dis matins, j’ai une perma- nence à la mairie, les gens peuvent venir me rencon- trer. » Ils sont donc rares à franchir le pas, et ce n’estd’ailleurs pas totalement un hasard s’ils sont souvent des sportifs accomplis.niablement bénéfique à la collectivité. « Vice-président du Conseil général de Cor- rèze entre 2005 et 2008, je me suis occupé des affaires économiques et financières. Mes connaissances et mon expérience de gestion d’en- treprise patrimoniale m’ont permis d’éviter le piège des emprunts toxiques indexés sur la roupie indienne parMatthieu Camozziexemple », illustre Claude Nougein. Cette polyvalence est appréciable, d’autant plus que la plupart des poli- tiques sont issus de la fonc- tion publique ou de l’administration. L’élupre- neur apporte une culture complémentaire essentielle selon Jean Christophe Fro- mentin : « Il est vital que certains dans l’HémicycleDOUBLE COUP D’ŒILConflits d’intérêtLe mélange des affaires et de la politique suscite des soupçons de malversation dans l’imaginaire collectif. Les personnages connus qui ont virevolté entre les deux univers – comme Bernard Tapie – n’ont pas for- cément aidé à amoindrir cette méfiance, et ceux qui s’engagent dans la vie publique en faisant des af- faires avec l’Etat par leur entreprise – comme les Dassault de père en fils – non plus. Pourtant le ma- riage des deux univers semble plutôt desservir l’en- treprise que la servir, pouvant impliquer certains désagréments. « J’ai souffert de la suspicion de l’ad- ministration, car certains fonctionnaires politisés ne m’ont pas épargné. Un supermarché à plus de 300km du siège social, et j’étais vu tout de suite comme responsable et frondeur », se souvient le sé- nateur de Corrèze Claude Nougein, dirigeant du hol- ding familial qui évolue dans des secteurs aussidivers que la distribution, l’hôtellerie, le vin, etc. Les principaux intéressés prennent généralement très vite des dispositions pour éviter les rumeurs. « Il se- rait malvenu de parler d’abus à l’échelle locale, car ces situations sont très surveillées, d’autant plus lorsque l’entreprise en question se place sur les ap- pels d’offres publics », ajoute le sénateur de Corrèze. A tel point que pour Pierre Pécoul, ex-P-Dg de PGDis et maire de Riom dans le Puy-de-Dôme, certains chefs d’entreprise ne peuvent partir à la conquête d’une mairie à cause des contraintes financières que cela impliquerait pour leur l’entreprise : « Pour ne pas mélanger intérêt personnel et intérêt collectif, ils doivent tourner le dos à certains marchés locaux, ce qui peut être une contrainte énorme ». Ceux qui sont au cœur de la fabrique de la loi sont évidem- ment les plus concernés. « J’ai abandonné monposte lorsque je suis devenu député, également pour éviter les soupçons de conflits d’intérêts. Celui qui doit légiférer sur la fiscalité des entreprises sera plus à l’aise s’il ne gère pas une entreprise en parallèle », illustre le député des Hauts-de-Seine et maire de Neuilly Jean-Christophe Fromentin. Mais dans un tel contexte de défiance, la vigilance est de mise à tous les niveaux, même les plus locaux. « On est jamais à l’abri d’une rumeur alimentée par des concurrents faisant courir le bruit qu’étant maire, on connaissait telle municipalité et a donc plus facilement remporté le marché », déclare Marilyn Brossat, dirigeante d’une entreprise de neuf personnes évoluant dans la communication et les objets publicitaires, maire de Touchay dans le Cher, commune de... 300 habi- tants !Julien TarbyDes garde-fous contre la suspicionDÉC. / JANV.27Œ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Grand Angle - Ils cumulent business et politiqueaient un autre regard sur la mondialisation, un autre tempo, et un véritable tro- pisme international par leur entreprise ». Mais celui qui s’est essayé aux vicissitudes de la vie d’un dirigeant de petite boite sera aussi des plus efficaces sur le plan opérationnel – son expertise large touchant des domaines aussi variés que la finance, le juridique, les ressources humaines, le management, etc. « Celui qui vient d’une corporation où l’on n’est pas rompu à l’exercice de la tenue d’un budget va souf- frir. Il lui faudra deux ans pour comprendre, laps de temps pendant lequel il ne sera pas efficace », illustre Michel Vaspart. Or la vi- tesse de décision, exercice dont il est coutumier dans son quotidien entrepreneu- rial, est primordiale dans le développement des projets. « Cette capacité à concerter sans tergiverser ne doit sur- tout pas s’oublier en pre- nant la tête d’une collectivité », insiste le Bre- ton. C’est principalement cet atout qui fera avancer plus vite que les autres. « Le sens de l’organisation, la capacité à travailler en équipe en mode projet et donc à répondre à des pro- blématiques transversales, ne sont pas à négliger », précise Virginie Calmels. Ce qui dénote généralement est sa volonté de concrétiser,d’être « dans le faire ». « Car l’attachement à l’exé- cution peut être faible dans les collectivités », soutient la femme d’affaires. La créati-exemple se tourner vers les primes au mérite, sortir au maximum du système de fonctionnariat à l’ancien- neté », illustre le Corrézienqu’ « être maire, ce sont avant tout des responsabili- tés ». Cette phrase me choque un peu. Oui ce sont des responsabilités, maisexactement comme une en- treprise, ce qui semble loin d’être le cas. « Par exemple il importe de garder à l’es- prit que les gens recrutésles objectifs business dans l’entreprise. « Passer tout son temps dans les dossiers et dans l’aboutissement des projets en négligeant les re- présentations et les actions de communication, parce qu’elles nous semblent être une perte de temps ou ne pas créer de valeur, est une prodigieuse erreur d’appré- ciation », résume Virginie Calmels. Ce rapport au temps est de plus alourdi dans les collectivités par la superposition des structures. Les compétences partagées avec l’Etat – en urbanisme par exemple – allongent inexorablement les délais. Les élupreneurs doivent donc éviter de se comporter comme de jeunes chiots dans un jeu de quille et changer leur référentiel temps – « même s’il faut œu- vrer pour réduire le temps administratif autant que faire se peut, la persistance et la patience sont de ri- gueur », insiste Virginie Calmels. Mais ils doivent aussi s’efforcer de prendre en compte une notion de consensus beaucoup plus forte. « La démocratie s’ex- prime dans une collectivité, et il faut la faire vivre, sous peine d’être taxé de diri- gisme », affirme Michel Vaspart, selon qui « le piège principal et classique est d’appliquer stricto sensu la gouvernance d’entreprise dans la collectivité ». AlorsUn entrepreneur qui se veut dynamique se remarque assez vite au conseil municipal...dans les collectivités le sont pour 40 ans. Une erreur de casting dans une entreprise est préjudiciable, elle est dé- sastreuse dans une collecti-vité non plus n’est pas un mythe. « Celui qui a connu le business apporte souvent un vent nouveau en matière de management. Il va parElus-avocatsL’éternel débatClaude Nougein. Sa faculté d’innovation peut faire des merveilles, même dans un environnement plus rigide. « On me dit souventpas seulement. J’ai une en- treprise de communication, d’objets publicitaires et de graphisme. J’ai fait une école de commerce et ai toutJean-François Copé, Rachida Dati, Noël Ma- mère, Frédéric Lefebvre..., autant de personna- lités politiques qui ont un point commun, et pas des moindres : celui de cumuler un man- dat d’élu et une activité d’avocat d’affaires. Et ils sont loin d’être les seuls dans ce cas. Parmi les 577 députés siégeant à l’Assemblée natio- nale, plusieurs dizaines sont des ténors du Bar- reau, à l’instar de François Baroin ou Patrick Devedjian. Il faut dire que les cabinets d’avo- cats sont nombreux à s’arracher de tels profils, pouvant apporter leurs précieux carnets d’adresse et réseaux. Pourtant, les risques d’un tel mélange des genres sont bien connus : conflits d’intérêts, trafic d’influence, etc. On l’aura compris, être à la fois avocat et parle- mentaire, sénateur ou député, soulève nombre de questions déontologiques. Et pour cause : bien difficile d’imaginer qu’un élu puisse conserver sa liberté de parole tout en étant gracieusement payé pour aider tel particulier ou entreprise à s’accommoder avec la loi... C’est dire si la volonté de François Hollande d’interdire, après le scandale de l’affaire Ca-huzac, le cumul d’un mandat parlementaire avec l’exercice d’une fonction de conseil, tom- bait à point nommé. Pourtant, cette incompa- tibilité nouvelle, initialement prévue dans le cadre du projet de loi sur la transparence de la vie publique adopté fin 2013, est restée let- tre morte. Si le gouvernement a donc fait ma- chine arrière en refusant de s’atteler une bonne fois pour toutes à un tel sujet sensible, il n’a toutefois pas hésité à abroger en avril 2013 le décret passerelle parlementaire/avocat adopté un an plus tôt, juste avant les élections présidentielles. Ce texte permettait en effet aux députés, sénateurs et anciens ministres de devenir avocats sans formation, ni examen spécifique, sous réserve d’être titulaire d’une maitrise de droit et de justifier huit ans d’exer- cice de responsabilités publiques. Taillé sur me- sure par les ex-ministres et parlementaires appelés à se reconvertir en cas d’alternance politique, le décret avait suscité un tollé chez les avocats. On comprend aisément pour- quoi...Charles CohenIl faut accepter que dans les collectivités le temps perdu soit beaucoup plus important, en réunions, écoute des gens, inaugurations. Le côté humain est décuplévité », énonce Michel Vaspart. Il est une bêtise de croire ces entités semblables en tous points pour Jean- Christophe Fromentin, qui rappelle que « les objectifs sont différents et la notion de rendement n’est pas du tout la même lorsqu’il s’agit de services publics. Il faut accepter que dans les col- lectivités le temps perdu soit beaucoup plus important, en réunion, en écoute des gens, en inaugurations ». Le côté pédagogique et humain est décuplé aussi, quand tout est plus direct et concentré surDÉC. / JANV.LES PIÈGES DECE MARIAGE INATTENDUMalgré leurs atouts, nom- bre d’élupreneurs se sont brûlé les ailes. Les Icare sont généralement ceux qui ont posé comme postulat qu’une collectivité se gèreCE QUE LA CITÉ AURAIT À Y GAGNER Dans un pays dont les habi- tants regardent avec mé-de suite après créé cette en- treprise, en 1981. Mon mé- tier est donc avant tout la créativité, j’ai toujours les antennes qui bougent, et je m’en sers dans mon man- dat d’élue », précise Mari- lyn Brossat.qu’on a besoin d’un chef fort dans l’entreprise – car celui-ci est responsable, sur- tout quand il est propriétaire –, on a besoin en politique d’un responsable qui excelle dans le compromis et la mise en route des rouages. « C’est une gymnastique in- tellectuelle d’osciller entre ces deux mondes, et certains n’y parviennent pas », dé- plore Marilyn Brossat.28Œ]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16PANORAMA Grand Angle - Ils cumulent business et politiqueture, composée de fiscalisteset d’avocats, qui a provoquéun tollé devant l’amende-ment de la PLFSS pour2015 (loi de financement dela Sécurité sociale) visant àtaxer les dividendes des ac-tionnaires majoritaires de une activité profession-Le piège principal et classique est d’appliquer stricto sensu la gouver- nance d’entreprise dans la collectivitéqu’avant son départ, ou une sorte de fonds de dotation au sein des instances profession- nelles (Medef, CGPME...) assurant une rémunération durant une période de transi- tion permettant de retrouvernelle ; autant pour les entre- preneurs/chefs d’entreprise, la compensation ne pourra jamais réellement pallier l’absence du leader à la tête de l’entreprise et le manque à gagner inhérent... » Des pistes sont en tout cas à re- chercher pour inciter ces forces vives à se lancer dans la gestion de la Cité. « Dans une période très dure comme celle que nous vi- vons, il est primordial qu’un maximum de personnes tam- pons, connaissant les pro- blèmes des collectivités et les contraintes des entre-« Si le temps m’est compté depuis que je suis élue et femme d’affaires à la fois ? En voilà une drôle d’idée ! »fiance les dirigeants et se di- sent déçus par les politiques, ceux qui franchissent le pas intègrent finalement un club encore très fermé. Et pour- tant de récents sondages montrent clairement que les Français font majoritaire- ment confiance aux PME pour obtenir des résultats, et notamment créer de l’em- ploi, quand 10% seulement s’en remettent aux poli- tiques. La prise de conscience collective des bienfaits de l’entreprise pourrait bien pousser plus d’élupreneurs sur le devant de la scène, comme le constate Jean-Christophe Fromentin : « Je suis opti- miste. Si vous écoutez un discours politique d’il y a sept ans, vous pouvez constater que le mot « com- pétitivité » n’était pas uti- lisé. L’entreprise s’est invitée au cœur du débat public, ce qui augure de grandes évolutions ». La société aurait en tout cas beaucoup à y gagner. « Leur multiplication serait une vraie amélioration. Au- paravant les politiques haïssaient le monde de l’entreprise, c’était désas- treux. Aujourd’hui j’évo- querais plutôt une méconnaissance, ce qui est également dommageable et donne lieu à des mesuresSA et de SAS en les assujet- tissant aux cotisations so- ciales. Le gouvernement, par la voix du ministre des finances Michel Sapin, a or- donné la modification et le retrait de l’amendement fin octobre. A quand une plus grande représentativité donc ? Virginie Calmels es- quisse quelques moyens de contourner les obstacles : « Il faudrait réfléchir à une forme de compensation du risque. Autant pour des ca- dres dirigeants de grandes entreprises on pourrait ima- giner un engagement deparfois insensées, qui vont à l’encontre de la bonne santé économique des PME », dé- plore Claude Nougein, quidans le sérail, coupés de la réalité ». Avec sa vigie PLFaux entreprises, Jean-Chris- tophe Fromentin démontre que les élupreneurs ont bien les pieds sur terre et peuventEntrepreneurs, quidans les moindres détailsscrutes, aident au rapproche-Mon expérience de gestion d’entreprise patrimoniale m’a permis d’éviter le piège des emprunts toxiques indexés sur la roupie indienneprise.ment des deux univers. N’oublions pas les fonda- mentaux. L’entreprise réus- sit grâce au soutien de son territoire, et si la collectivité vit, c’est parce qu’il y a des entreprises sur le terri- toire », rappelle Pierre Pé- coul.stigmatise « les attachés techniques les lois et amen- apporter un nouveau son de celles-ci à reprendre le sala- parlementaires devenant dements pour éviter des cloche dans l’Hémicycle. rié à l’issue de son mandat par la suite députés, vivant coups de massue inattendus C’est justement cette struc- dans les mêmes conditionsVu ailleursBusinessman en politique, un profil commun hors des frontières30DÉC. / JANV.La faible proportion d’entrepreneurs présents dans le champ politique serait-il un phénomène franco- français ? Peut-être bien, si l’on se réfère aux va-et- vient entre les sphères économique et politique de plus en plus courants chez nos voisins européens comme aux Etats-Unis. Parmi les cas les plus emblé- matiques de grands patrons parvenus à de hautes positions dans la vie publique, impossible de faire l’impasse sur Silvio Berlusconi, l’ex-président du Conseil en Italie. Fondateur et dirigeant de la holding financière Fininvest, puis du groupe de communica- tion Mediaset, « il Cavaliere » détient le record de longévité à la présidence du Conseil de la République Italienne, avec plus de neuf années à son actif. Celui qui avait déclaré au début de sa carrière politique « vouloir s’occuper de la chose publique pour ne plusvivre dans un pays gouverné par des forces imma- tures » aura, in fine, largement marqué l’Italie par ses scandales judiciaires à répétition. C’est dire si l’entrée de dirigeants économiques sur la scène po- litique ne va pas forcément de soi. On notera d’ail- leurs que le schéma inverse n’est pas moins problématique, comme l’illustrent les polémiques ayant entouré le recrutement en 2006 de l’ex-chan- celier allemand Gerhard Schröder par Gazprom, en tant que président du conseil de surveillance du consortium Nord Stream. Outre-Atlantique le mé- lange des genres est un sport national loué, mais cer- tains ne passent pas totalement inaperçus. Parmi les parcours les plus évocateurs, rappelons celui de Mi- chael Bloomberg, maire de New York de 2002 à 2013, également fondateur de Bloomberg L.P., unesociété de services et d’informations financières. Avant de fonder sa compagnie, il était associé dans la banque d’affaires Salomon Brothers, services de trading actions. Toujours aux Etats-Unis, le cas très récent de Tom Wolf, businessman élu gouverneur de Pennsylvanie en novembre 2014, mérite largement d’être souligné. En effet, le dirigeant de l’entreprise familiale The Wolf Organization, l’un des plus grands fournisseurs de cuisines du pays, s’est imposé en un temps record sur la scène politique en capitalisant sur sa richesse personnelle. Il a ainsi investi plusieurs millions de dollars pour remporter la primaire démo- crate. Notamment à coups de spots valorisant sa réussite... d’entrepreneur.Charles Cohen]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & TendancesAvec quel regard les parents envisagent-ils la création d'entreprise pour leurs enfants ? Comment faire dialo- guer le politique et l'économique ? Quel bilan tirer pour l'un des premiers incubateurs français ? ... Autant de ré- ponses ci-après distillées dans cette prise de température mensuelle de l'entrepreneuriat en France.2015 (loi de financement de la Sécurité sociale) visant à taxer les dividendes des actionnaires majoritaires de SA et de SAS en les assujettissant aux cotisations sociales, le gouvernement, par la voix de Michel Sapin, ministre des Finances, a ordonné la mo- dification et le retrait de l'amendement fin octobre. Si pour le gouvernement la mesure ambitionnait de lutter contre les pra- tiques abusives de rémunération en dividendes pour les action- naires majoritaires de ces formes juridiques, il n'empêche que les instances patronales dont la CGPME et le MEDEF saluent, avec méfiance mais soulagement, le recul du gouvernement. Af- faire à suivre.Le carnet desnominationsen partenariat avec}VILLE DE PARIS (VILLE DE PARIS)Laurence GirardMadame Laurence Girard est nommée directeur auprès du secrétaire général de la ville de Paris, Monsieur Philippe Chotard, à ce poste depuis octobre 2014. Elle est ainsi en charge des projets de réformes et de modernisation de l'administration.Laurence Girard , 46 ans, HEC (1990), a réalisé le parcours suivant :n 2014-2014 : Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), directeur des straté- gies territoriales.n 2013-2014 : Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE), di- recteur général.n 2012-2013 : Cabinet du ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, puis du Commerce extérieur, Nicole Bricq, conseiller, chef de cabinet.n 2009-2012 : Parti socialiste, secrétaire général administratif.n 2001-2009 : Association pour le droit à l'initiative économique (ADIE), successivement responsable des engagements, secrétaire général, et directeur de l'audit interne.n 1990-2001 : Crédit lyonnais, successivement chargé d'affaires, directeur d'agences ban- caires, responsable des bases de données, et directeur du réseau Particuliers-Professionnels.uL’entrepreneuriat en talons aiguilles Entreprendre se conjugue au}CIPRÉS GROUPEFrançois-Xavier Le MennMonsieur François-Xavier Le Menn est nommé directeur général adjoint de Ciprés Groupe, à ce poste depuis novembre 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Laurent Ouazana, directeur général.François-Xavier Le Menn , maîtrise de sciences et techniques comptables et financières de l'université Paris-IX, DESCF, DESS banque, finance, assurance de l'université Paris-X, exerçait depuis 2000 au sein du groupe Molitor, où il occupait depuis 2010 le poste de directeur fi- nancier.u La vision des parents sur leurs enfants créateurs}MBO PARTENAIRES (GROUPE MBO PARTENAIRES)Bruno DonvilleMonsieur Bruno Donville est Coopté associé de MBO Partenaires, à ce poste depuis novem- bre 2014.Bruno Donville , 51 ans, HEC (1986), IEP Paris (1983), a réalisé le parcours suivant :n 2010-NC : Voltalis, directeur général délégué, finances, partenariats et développement in- ternational.n 2002-2010 : Creadev, directeur général.n Repreneur de la PME LFP dans le domaine cosmétique.n Granvill, directeur fondateur de la filiale française de la banque d'investissement.n Groupe SAE, chargé de projets de diversifications.n Début de carrière dans l'immobilier d'entreprise.Dans le cadre de la journée nationale des Jeunes, le Club des en- trepreneurs communiquait le 16 novembre les chiffres tirés de son étude* menée sur l'entrepreneuriat, la jeunesse et la vision des parents à cet égard. L'étude révèle, entre autres, que les jeunes pensent l'acte de créer plus facile que leur travail actuel au sein d'une entreprise pour 72% d'entre eux, tout en manifestant un besoin de ne pas avoir de patron ou de manager pour 83% des jeunes interrogés. Dans le même temps, les parents voient la création par leur enfant comme une contrainte : 66% des parents considèrent ce type de projet comme synonyme d'éloignement et d'isolement de leur progéniture. Sentiment inverse de celui des jeunes, qui évoquent la création comme une aventure collective pour 63% des interrogés. Autre sujet de discorde, l'expérience professionnelle : 89% des parents jugent que les diplômes ne suffiront pas à faire d'eux des entrepreneurs et 61% des parents pensent que l'expérience est un facteur important dans la créa- tion. Un sentiment que ne partagent pas les enfants interrogés,Trois question à Michel Coster, directeur de l’incubateur et professeur de l’EM Lyon :}SOURCING & CRÉATION (GROUPE HIGH TECH MULTICANAL) Georges LebreMonsieur Georges Lebre est nommé directeur général de Sourcing & Création, à ce poste depuis novembre 2014, en remplacement de Monsieur Pascal Chabret. Il est sous la respon- sabilité directe de Monsieur Francis Cordelette, directeur général du groupe HTM.u Rétropédalage du gouvernement sur la taxation des dividendes* Etude réalisée sur 723 entrepreneurs, dont 360 femmes, réa- lisant un CA inférieur à 1,5 millions d'euros entre le 24 juin et le 15 juillet 2014source : bfmbusiness.bfmtv.comDevant le tollé provoqué par un amendement de la PLFSS pourféminin dans un cas sur trois. Le grand plan « Entreprendre au féminin »* ambitionne, lui, d'atteindre par ses mesures in- citatives un taux de 40% de femmes à l'initiative d'une création d'entreprise. Dernièreétude en date, le baromètre des femmes entrepreneures réalisé par BVA souligne un nombre d'employés plus important chez les « entreprises d'hommes » tandis que le « sexe faible » attrape les rênes de la création à 48 ans, soit deux ans plus tôt que chez le « sexe viril ». Malgré cette précocité, les créations masculines dégagent un chiffre d'affaires supérieur : 294000 euros contre 182000 euros. Côté secteur d'activité, les femmes affectionnent davantage le secteur des services (38% contre 26%). Tendance inverse dans l'industrie où les hommes sont 31% à créer alors que seules 12% des femmes décident de s'y développer. Si les entrepreneurs « XX » se sentent plus accompagnés dans les phases de création et de développement que leurs homologues « XY », elles ont plus souvent recours au prêt bancaire (52% contre 36%).Source : le figaroGeorges Lebre , 45 ans, a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : B'Dom, directeur général.n 2010-2013 : Sourcing & Création (groupe HTM), directeur du développement produits micro et communication.n NC-2010 : Kesa, responsable produit multimédia.n Expériences opérationnelles d'entrepreneur dans le domaine micro-informatique.« Une indéniable accélération du rythme de l’entrepreneuriat »}NEXITY PROPERTY MANAGEMENT (GROUPE NEXITY)Valérie HurelMadame Valérie Hurel est nommée directeur général délégué de Nexity Property Manage- ment, à ce poste depuis octobre 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Bertrand Coté, président-directeur général. Elle est ainsi en charge du développement de la structure et de la consolidation des mandats pour les clients grands comptes, publics ou pri- vés. Elle est nommée au sein du pôle Services immobiliers aux entreprises de Nexity. Valérie Hurel , 51 ans, avocat, DESS droit des affaires et fiscalité de l'université Paris-I (1986), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : Vinci Immobilier, directeur du pôle Services.n 2012-2013 : Icade Transactions, directeur.n 2009-2012 : Icade Services, directeur du développement.n 2004-2009 : Crédit agricole Immobilier, directeur gestion locative résidentielle puis ter- tiaire (2007).950 entreprises créées ou reprises, dont dix cotées en Bourse, 85% de taux de survie à cinq anset 11000 emplois créés. Un bilan plus que positif. L'occasion de revenir sur les 30 ans de l'incubateur...investisseurs acceptent certains projets de manière totale- ment aléatoire. Aux USA, certaines start-up reçoivent 100000 dollars pour éprouver les premières marques de sa- tisfaction de la clientèle ou construire un prototype. La France est toujours en panne d'un financement massif des start-up. C'est un pays où il faut avancer pas à pas et pru- demment, alors que le « think big » et les projets « born glo- bal » qualifient l'entrepreneuriat dans le monde anglo-saxon et l'Amérique Latine.Quels changements notez-vous en matière d'accompa- gnement ?Le « one-to-one » a beaucoup évolué. Aujourd'hui, un incu- bateur devient plus un « bootcamp » pour mobiliser une communauté avec des acteurs confirmés dans tous les do- maines d'expertise pour matcher, challenger, enrichir et met-}HOCHE SOCIÉTÉ D'AVOCATSCarole FagnoniMadame Carole Fagnoni est nommée secrétaire général de Hoche Société d'Avocats, à ce poste depuis novembre 2014. Elle est ainsi en charge des ressources humaines, du marke- ting et de la communication. Elle aura aussi comme mission d'accompagner les associés dans la mise en oeuvre de la stratégie de croissance du cabinet. Il s'agit d'une création de poste.Le bilan pour notre école, c'est une merveilleuse contribution au développement économique territorial, qui se caractérise par une accélération du rythme de l'entrepreneuriat. Les créa- teurs éprouvent plus vite leur concept ou leur prototype. C'est une logique de co-conception, de co-construction qui se dé- veloppe par un dialogue plus soutenu aujourd'hui entre les différentes parties prenantes du projet : clients, créateur, ex- perts en accompagnement... On cherche à faire « matcher » plus vite l'idée à la réalité.Carole Fagnoni , 44 ans, ESSEC Business School (1993), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : Lerins Jobard Chemla Avocats, secrétaire général.n 2010-2012 : Lérins Avocats, secrétaire général.n 2008-2010 : Chargé d'organisation d'expositions dans le milieu de l'art contemporain. n 1996-1998 : Alcatel, responsable marketing et communication.Et concernant le financement ?n 1994-1996 : American Express, chef de produit Consumer banking.C'est un univers qui s'est progressivement segmenté. Il y a plus d'acteurs mais plus de créateurs. Le monde du venture capital est un mode de financement rare qui sélectionne des projets très prometteurs, souvent teintés d'une forte dimen- sion technologique. Parallèlement, la syndication des busi- ness angels confirme une tendance à la professionnalisation et à la structuration du métier pour évaluer plus objective- ment les start-up. Enfin le crowdfunding cherche encore ses marques. Après 30 ans d'incubation de projets, nous consta- tons que la recherche de financement est toujours une épreuve compliquée car l'arbitrage est toujours réalisé en fonction de la notion de risque. Et malheureusement, pour être perçu comme bon, il faut que le projet ait déjà perçu du financement. Le financement dans la création, c'est un peu comme le serpent qui se mord la queue. Il faudrait que les}COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION DE POITIERSMarc HalpertMonsieur Marc Halpert est nommé directeur du parc des expositions du Grand Poitiers, à ce poste depuis octobre 2014.. Le rôle revient de plus en plusMarc Halpert , 45 ans, DEA philosophie de l'université Paris-I (1994), a réalisé le parcours suivant :n 2008-2013 : GL events, directeur général adjoint marketing et commercial.n 2001-2008 : Congrès et Expositions de Bordeaux, directeur marketing.tre du rythme dans la création.à donner du sens à une info disparate, et ensuite à aider à la traiter pour prendre le bon positionnement sur un marché, trouver des ressources nécessaires et une stratégie d'amor- çage. Enfin, l'internationalisation de l'accompagnement et le développement du numérique sont deux chantiers d'avenir : d'une part, il faut enfin développer un « Erasmus » de l'en- trepreneur. Et d'autre part, les nouvelles technologies per- mettent une meilleure connexion entre incubés et mentors. L'avenir, c'est l'e-incubation.n 1997-2000 : L'Oréal, chef de produits.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?32 DÉC. / JANV.Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Quel bilan pour ces 30 ans ?Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frdans 87% des cas. De même, la question de la polyvalence exigée au sein d'une start-up divise des parents pessimistes et des jeunes plus positifs. D'autant que ces derniers, conscients de la liberté qu'occasionne la création, sont prêts à percevoir une rémunération plus faible que dans leur emploi actuel dans 86% des cas.Baromètre & Tendances CLUB ENTREPRENDREuL’événement s’organise en plusieurs temps forts- Une mini-exposition universelle à la française réunira le meilleur de l’innovation durant les quatre jours. Au centre, 200 Bâtisseurs pour demain, représentatifs de l’innovation en marche dans tous les secteurs d’avenir à l’image de Awabot, Moti, Ma P'tite Culotte ou encore Tiwal.- Du 4 au 5 : un Sommet de l’économie co-produit avec Challenges entend initier un dialogue constructif entre chefs d’entreprise et politiques sur des sujets majeurs pour l’économie.- A partir du 5 après-midi jusqu'au 7 : forum grand public.- Le vendredi 5 après-midi sera dédié aux emplois de demain. « Les emplois en 2020 » - cible les 16-25 ans (lycéens et étudiants avec leurs professeurs). Adecco, initiateur de ce projet, présage qu’en 2020 chacun d’entre nous occupera 13 emplois tout au long de sa vie professionnelle.- Le 6 au matin : le premier forum économique pour les jeunes (11-15 ans).- Le 6 après midi : Tous entrepreneurs.- Le 7 au matin : Sacrés Français : brunch avec des personnalités françaises qui rayonnent à l'in- ternational.- Le 7 en clôture : événement en compagnie du cercle des économistes.*Méthodologie : 1 348 jeunes de 18 à 27 ans et 2 503 parents de 35 à 64 ans ont été interrogés sur le net du 6 au 27 octobre par le club des entrepreneursSource : le club des entrepreneursu Parlementreprise : l’économique et le politique main dans la mainDepuis 2006, la Jeune Chambre économique française (JCEF) se donne pour objectif d'être le trait d'union entre les mondes politique et économique, via la rencontre des membres de la chambre et de parlementaires. Âgés de 18 à 40 ans, les membres de la Chambre sontainsi amenés à se confronter à l'engagement poli- tique. « Il s'agit de décloisonner deux mondes qui n'ont pas l'habitude de communiquer sainement ou simplement », note Jocelyn Lauret, président de la JCEF. Ces rencontres se déclinent dans un premier temps par la visite sur le terrain du parlementaire avec le membre de la JCEF. « L'occasion d'aborder les thèmes de l'emploi, le manque de qualification, l'égalité homme-femme, les débouchés commerciaux dans leurs pendants concrets », précise le présidentde la JCEF. Le « match retour » a eu lieu le 22 octobre à l'Assemblée nationale (certaines éditions se déroulent avec le Sénat) : en binôme les députés-membres de la Jeune Chambre voient comment fonctionne le process de législation en France. La JCEF est un réseau na- tional comptant 150 antennes locales réparties sur l'ensemble de la métropole et en Outre- mer ; il fédère des profils variés tels que des chefs d'entreprise, des cadres, des salariés et des étudiants.u Osons la France : de l’audace, encore de l’audace et toujoursde l’audace...En 2012, Aude de Thuin créait Osons la France pour en finir avec le French bashing et le pessimisme. Après plusieurs forums à Paris, Lille et Lyon en 2012 et 2013, Osons la France prend une autre envergure en 2014 en investissant le Grand Palais du 4 au 7 décembre. « Osons la France, tous visionnaires affiche son ambition : réconcilier les Français avec leur économie, faire souffler un vent d’opti-misme et inspirer la société civile en donnant à voirau plus grand nombre les forces d'innovation, decréation et d'audace qui construisent l'avenir et lesemplois de notre pays », précise Aude de Thuin.L’événement entend donc se faire le porte-voix del'ensemble des acteurs qui font bouger les lignes etconstruisent l’avenir. De la start-up à la grande en-treprise. Osons la France catalyse ainsi les dialogueset les rencontres des acteurs qui voient au-delà desconstats alarmistes ou fatalistes. « Osons ensembleredresser la France, retrouver la fierté, attirer ànouveau les investisseurs et démontrer l’énergie et l’audace qui animent une société civile décidée à aller de l’avant ! « Osons » souhaite générer une véritable remise en question. Osons ne plus avoir peur, osons entreprendre, osons penser autrement, osons encourager nos jeunes, osons nous bousculer et changer pour aider notre pays à aller mieux », renchérit Aude de Thuin.DÉC. / JANV. 33]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Liberté d’Entreprendre - Un ouvrage qui fera dateInscrire l’esprit d’entreprise dans la devise républicaine. Vite !Léonidas Kalogeropoulos, président de Médiation & Arguments, vice-président d’Ethic, fondateur du collectif David contre Goliath – lanceur d’alerte sur les cas d’entrepreneurs victimes de distorsion de concurrence auxquels EcoRéseau, qui est associé, consacre chaque mois une page –, n’est pas un doux rêveur. Le livre qu’il publie le prouve en force. Et lorsqu’il répond à Stéphane Soumier sur BFM que « la France sera à nouveau leader européen dans moins de dix ans... », ce n’est pas un vœu pieu, mais un véritable programme... A conditiond’encourager le formidable esprit d’entreprise qui est en train de germer au sein de la population. Une vision d’avenir très proche de celle qu’adopte EcoRéseau depuis sa création, qui a décidé de s’associer pleinement à cette aventure, et qui dans son prochain numéro, en allant demander l’avis de nombreuses personnalités, consacrera sa Une à cet esprit d’entreprise qui doit dépasser le simple cadre de l’entrepreneuriat. En attendant ce manifeste est à lire sans modération, pour M. Tout-le-monde comme pour les Ministres en train de plancher sur les réformes à venir.n L’esprit d’entreprise, une valeur positive à encourager ?Si on définit l'esprit d'entreprise comme la tendance à agir, à se prendre en main, à avoir le sens de l'initiative, des responsabilités, à faire preuve de volontarisme et de détermination, quel que soit son métier ou sa place dans la société, diriez-vous que l'esprit d'entreprise est une valeur positive qu'il faut encourager ?n Sondage réalisé par Opinion Way sur l’Esprit d’Entreprise et les FrançaisSi on devait réformerla France en se fixantAujourd’hui, 88% des Français considèrent que l'esprit d'en- treprise représente une valeur positive qu’il faut encourager. Quelle autre valeur recueille- rait un tel plébiscite d'opinions favorables, transcendant tous les clivages ?NON 11%NSP 1%OUI 88%30%Une très bonne chose56%Plutôt une bonne chosepour objectif de favoriser, d'encoura- ger, de récompenser dans toutes les sphères sociales l'esprit d'entreprise, pensez-vous que ce serait une ... ?86%12%OUI NON NSP9%Plutôt une mauvaise chose3%2%Sondage exclusif de Opinion Way pour Médiation & Arguments – « L’esprit d’entreprise et les Français », réalisé sur un échantillon de 1024 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées les 18 et 19 décembre 2013.Entretien avec Léonidas Kalogeropoulos« Le souffle de l’esprit d’entreprise qui traverse notre pays va balayer les années sombres, si on lève tous les carcans. »Une très NSP mauvaisechoseL’esprit d’entreprise est-il un concept récent ?Il n’y a pas eu d’éclairage structuré et cohérent sur l’ensemble du mou- vement qui anime la société fran- çaise et qui transcende tous les cli- vages. Des dirigeants défendent les entreprises et sont étiquetés à droite, quand des start-up adoptent un état d’esprit plus libertaire... Différents vocabulaires s’y rap- portent aussi, comme le champ lexical de tradition économique libérale avec les mots « concur- rence », « marché », etc., ou celui qui est tourné vers l’innovation avec les termes « disruptif », « créativité »... Mais tout cela ap- pelle un certain état d’esprit. L’en- treprise a longtemps été un lieu de clivage entre la gauche et la droite, elle est pourtant devenue au fil du temps un terreau de consensus français : celui de la passion pour l’entrepreneuriat, qu’il importe d’encourager par tous les moyens.Vous pensez avant tout aux entrepreneurs ? Certainement pas. Ils sont la partie émergée de l’iceberg, l’avant-garde,34 DÉC. / JANV.maislemouvementestplusprofond et concerne la vie et les velléités d’autonomie de tout le monde. Les gens se prennent en main – pas seulement au travers du statut d’auto-entrepreneur –, et cette lame de fond transcende les statuts. Ar- tistes, acteurs, fonctionnaires, élus, pompiers se tournent vers cet esprit d’entreprise qui gagne la société et les sphères du salariat. Dans l’en- treprise on aime les salariés qui ont envie de progresser et qui se responsabilisent.Au volontarisme unanime s’ajoutent des initiatives privées célébrant l'entreprise et ceux qui y travaillent — Fête des Entreprises, J'aime ma Boîte, Prix National Stars & Métiers de l'arti- sanat, Prix de l’audace créatrice, Talents des Cités, Salon des entre- preneurs, BFM Awards... — ou des émissions qui mettent en scène des candidats concourant pour faire valoir leur talent dans la chanson, le sport, la cuisine... La société françaiseesttraverséed’uneaddition de stimuli qui convergent depuis plusieurs années pour éveiller les appétits, les volontés et les énergies qui finissent par éclore d’une ri- chesse, d’un grand potentiel en contradiction avec les chiffres. Les gens savent désormais qu’avec 2000 milliards de dette, il n’y aura plus un « Père Noël de l’Etat » avec une recette fiscale miracle ouune nouvelle loi du travail salvatrice. L’esprit d’entreprise qui traverse notre pays est notre seule richesse, elle va balayer les années sombres, si on décloisonne tous les carcans pour lui donner tout son souffle.Nous rapprochons-nous ainsi de la philosophie anglo-saxonne ?Pas vraiment. Les bienfaits de ce mouvement de fond ne sont pas seulement la résorption à terme des déficits, la victoire dans la bataille pour la compétitivité... Il existe un humanisme dans cet esprit d’entreprise, qui touche à la richesse que chacun détient au fond de lui. C’est une révolution pacifiste qui fait tomber les murs de Berlin symboliques que sont notre Code du Travail, le statut de la Fonction Publique, les droits spéciaux. Après l’esprit des Lu- mières, voici l’esprit d’entreprise qui induit des bouleversements sociaux, sociétaux, et finalement économiques. Nous touchons à un enjeu de civilisation, qui va in- fluencer la perception des diplômes, la méritocratie républicaine, la ma- nière d’enseigner, les relations so- ciales dans l’entreprise. Nous sommes à un moment de bascu- lement. L’esprit d’entreprise est même présent chez les élèves, les étudiants qui ont la curiosité d’ap-prendre. Cette idée allume ce qu’il y a de plus créatif. Le libéralisme à la française est différent de celui desAnglo-Saxons qui ne concerne que les patrons et chefs d’entreprise. Il est donc plus prometteur car il entraîne le pays dans son ensemble. Je pense que la France retrouvera le leadership européen dans moins de dix ans, ce qui peut paraître un peu fou dans un contexte de mo- rosité. Mais en tant que vice-pré- sident d’Ethic et porte-parole du collectif David contre Goliath, je constate toutes les semaines ce foisonnement d’idées, de projets. L’esprit d’entreprise ajouté dans la devise républicaine éveillerait le pays tout entier. Il ne s’agit pas juste de modifier les frontons, mais d’éveiller dans les consciences au fait que chacun joue un rôle dans la création des richesses de la Nation. Le triptyque républicain ne fonctionne pas sans cet esprit d’entreprise.Quels sont les grands freins que vous rencontrez ? Depuis2006j’aidéfenduleprincipe d’inscrire la liberté d’entreprendre dans la Constitution (liberteden- treprendre.com). L’expression de « liberté d’entreprendre » peut soulever de mauvaises interpréta- tions et donc des réticences. Cela fait craindre à certains que les en-trepreneurs seraient libres de faire ce qu’ils veulent. Or la France est attachéeàlarégulationéconomique. Certains comprennent aussi qu’il s’agirait d’une liberté pour une élite méritante qui a créé des en- treprises. Or les salariés ont aussi un effet d’entraînement. Il s’agit d’intégrer le dynamisme de tout le monde. En obstacle principal il me faut citer le détournement des régulations au profit d’avantages corporatistes et de traditions obso- lètes. Dans la culture française la seule chose qui compte est le di- plôme. Or certains entrepreneurs talentueux ont pour seul diplôme le permis de conduire. Ajoutons à cettelistenoirelesstatutsparticuliers, les phénomènes de rentes, les ca- tégories sectorielles qui obtiennent la conservation d’avantages en mettant en balance la paix sociale. Tout cela appauvrit le pays.C’est aussi une lignede conduite pour le gouvernement ? Constater le consensus qui existe autour de l’esprit d’entreprise comme clef de voûte de l’ambition républicaine, c’est ouvrir le prisme par lequel s’éclaire la logique et le sens des réformes nécessaires, dont notre pays a besoin. La ligne du gouvernement actuel, dans ses in- tentions, est en phase avec cet ob-jectif, et la droite est précisément critique parce que l’exécutif ne va pas assez loin dans cette ligne ! Le sondage d’OpinionWay (cf. gra- phiques ci-contre) démontre que les Français sont prêts à prendre leur destin en main et à tout faire pour faciliter ces dynamiques. Ce manifeste se termine par une pro- position de référendum d’initiative populaire, qui éviterait que les efforts soient annihilés par des cor- porations tentées de prendre le pays en otage.Pourquoi avoir choisi EcoRéseau pour le lancement de votre manifeste ?Tout simplement parce que je trouve l’initiative de ce journal qui existe depuis deux ans maintenant, extrêmement innovante et auda- cieuse. Chaque mois EcoRéseau explore les univers les plus pro- metteurs en termes d’innovation et dresse une présentation large de l’esprit d’entreprise, sous toutes ses formes. Ainsi un journal qui consacre sa Une aux intrapreneurs, aux élupreneurs ou aux mampre- neurs loue comme moi cette prise en main de son destin par chacun. Ce mensuel assume des prises de positions qui sont les miennes. Lechoix était donc évident.Propos recueillis par Julien Tarby]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur Général, ESSEC Executive Education, Promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 10 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, 2 formats : week-end ou modulaire.Pour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU© Getty Images – 291910914]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Guerre européenne des “silicon valleys”Récolte de jeunes poussesLLa lutte fait rage entre Paris, Londres et Berlin, qui ont la même volonté de faire fleurir sur leurs terres les futurs Facebook et Google du Vieux Continent. Et si Paris détenait les meilleurs atouts pour attirer les créateurs ? Passage en revue.e Président de la Ré- gueur d’avance à Paris sur sujet, c’est notre capacité mètres carrés d’incubateurs moins à faire de la high tech elles ont déjà déposé leur publique François ses rivales Londres et Berlin aux unes et aux autres à mo- sous le mandat de Bertand made in France une référence candidature. Des agglomé- Hollande a posé, mer- dans la bataille qui se joue à bilier les jeunes créateurs Delanoë pour accompagner mondiale en labellisant rations qui pourraient parcredi 22 octobre 2014, la pre- l’échelon européen pour l’ac- d’entreprise à la sortie de l’éclosion des start-up espé- d’abord les grandes villes exemple reprendre à leurmière pierre de la Halle Freyssinet qui doit devenir, dans le 13e arrondissement de Paris, le plus grand incu- bateur de start-up au monde, capable d’accueillir un millier de projets. Un chantier à plus d’un titre symbolique. Cette ancienne messagerie des trains de la gare d’Austerlitz voisine, sauvée de la des- truction en 2012 par son clas- sement aux Monuments his- toriques, offrira à terme, en 2016, 30000m2 de bureaux dédiés au monde du numé- rique. Ce bâtiment majes- tueux (300 mètres de long, 58 mètres de large), entière- ment repensé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, sera doté de larges espaces de tra- vail, de salles de réunion, de restaurants, et même d’un bureau de Poste. Dans ses soutes également un audito- rium de 500 places, un atelier de prototypage, un bureau de l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi). Surtout la Halle Freyssinet du 21e siècle est le projet d’un homme, Xavier Niel, le fondateur de Free, qui veut en faire « l’emblème » du nu- mérique hexagonal. La ville de Paris, qui a usé de son droit de préemption pour ra- cheter le bâtiment à la SNCF, l’a revendu 70 millions d’eu- ros à un consortium formé par le milliardaire du Net et la Caisse des dépôts qui de- vrait participer à hauteur de 10% au coût du chantier de réhabilitation, estimé à 200 millions d’euros ; le reste étant financé par Xavier Niel. Un concept « emblématique d’une collaboration public- privé réussie en faveur des start-up et de l’implication de tout un écosystème », juge Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris en charge de l’urbanisme, de l’archi- tecture, du projet du Grand Paris, du développement éco- nomique et de l’attractivité. Une ambition surtout qui de- vrait donner une belle lon-compte le modèle du Club Open Innovation, qui a per- mis de faire dialoguer des start-up et une soixantaine de grands groupes. Un Club lancé en 2011 par le Paris Région Lab, centre d’expé- rimentation et d’incubation dédié à l’innovation en Île- de-France, soutenu par la Ré- gion et... la mairie de Paris.Le monde vu par le digital native. Mieux vaut trouver les arguments et dispositifs pour sortir du lot...LE GRAND PARIS DE L’INNOVATIONAutre projet parisien qui pour- rait servir de référence : la création d’un « Arc de l’in- novation » voulu par le nou- veau maire de Paris Anne Hidalgo et qui vise à créer autour de la capitale 100000 nouveaux mètres carrés d’in- cubateurs d’entreprises et de centres de télétravail. « C’est un projet de longue haleine qui s’articule avec le Grand Paris pour effacer la cicatrice du périphérique, précise Jean- Louis Missika. Des choses existent déjà, comme le projet de Campus Condorcet (créa- tion d’un nouveau campus à cheval sur le territoire de Paris-Porte de la Chapelle et celui de la commune d’Au- bervilliers en Seine-Saint- Denis), la rénovation de la cité Internationale boulevard Jourdan dans le 14e, le projet de Xavier Niel de créer des logements à très bas prix pour les jeunes créateurs d’entreprise à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), le pôle de recherches sur l’eau Aqua- futura également à Ivry-sur- Seine. » Dans le même temps Paris poursuit sa politique d’accompagnement ciblé des start-up en créant des incu- bateurs sectoriels, comme le Welcome City Lab. Inauguré officiellement le 9 septembre, cet incubateur dédié à l’in- novation touristique accueille déjà 27 entreprises qui, moyennant 18000 euros de loyer annuel, pris en charge par Paris Innovation Amor- çage (dispositif financier créé par la ville de Paris et Bpi-cueil des start-up. Les trois capitales européennes reven- diquent en effet depuis quelques années l’honneur de constituer le terreau dans lequel vont s’enraciner les jeunes pousses de l’économiel’école pour qu’ils créent sur notre territoire. Pour cela il faut constituer un écosystème vivant pour inciter et accom- pagner ces créations. Et en l’occurrence notre écosys- tème parisien, avec une trèsrées, principalement dans le digital. En mars 2013 Fleur Pellerin, alors ministre délé- guée à l’Economie numé- rique, annonçait sa volonté de faire de Paris la capitale du secteur avec le grand chan-françaises. A commencer par Paris, qui depuis 15 ans, avec sa banlieue, ensemence le terreau fertile de l’accompa- gnement des créateurs d’en- treprise avec force incuba- teurs, publics ou privés, ac-Depuis 2008, Paris a créé quelque 100000 mètres carrés d’incubateurs pour accompagner l’éclosion des start-up espérées, principalement dans le digitalDéC. / JANV.100 000 MÈTRES CARRÉS D’INCUBATEURSIl faut dire que Paris, appuyée par l’Etat français et la région Île-de-France, a mis les bou- chées doubles. Depuis 2008, la ville a créé quelque 100000du 21e siècle, celles qui de- viendront peut-être les Goo- gle et Facebook du Vieux Continent. « Il s’agit plus d’émulation que de bataille à proprement parler, estime Jean-Louis Missika, car Lon- dres attire surtout des start- up anglaises, Berlin des start- up allemandes et Paris des start-up françaises. Celles qui s’expatrient le font plutôt aux Etats-Unis. Le véritableforte concentration des ta- lents, me semble meilleur que celui de Londres ou de Berlin. »tier de la Halle Freyssinet. Parallèlement le gouverne- ment lançait une autre cam- pagne encore plus ambi- tieuse : celle du rayonnement de la « FrenchTech » sur notre territoire et à l’inter- national. Cette dynamique initiée par Fleur Pellerin, mais conduite désormais par Axelle Lemaire, nouvelle se- crétaire d’Etat chargée du Numérique, vise ni plus nicélérateurs, espaces de travail collaboratif, pépinières d’en- treprises, et événements de tous poils. Paris, où est né en 1998 le premier réseau français de business angels, Investessor, et où se concen- trent les principaux acteurs du capital-risque, doit donc affirmer son rôle de « loco- motive » pour les autres mé- tropoles qui sollicitent le la- bel. Une quinzaine d’entre36]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frA la Une - Guerre européenne des “silicon valleys” CLUB ENTREPRENDREfrance pour accompagner les entreprises accueillies dans les incubateurs labellisés « Paris Innovation ») bénéfi- cient de l’hébergement, d’un coaching (marketing, fiscalité, recrutement...), de confé- rences à thème avec des pro- fessionnels, ainsi que du sou- tien de grands partenaires : Air France, Galeries Lafayette ou Aéroports de Paris. Parmi les heureux élus, des sociétés comme Sejourning (créée sur le modèle d’Airbnb), Bnbsit- ter (services aux proprié- taires), Darjeelin (réservation de billet d’avion), Marin d’eau douce (location de ba- teaux électrique sans per- mis)... « D’autres projets vont voir le jour comme l’in- cubateur sur le sport au stade Jean Boin, qui rejoindra un réseau déjà bien étoffé d’in- cubateurs sectoriels, confie Jean-Louis Missika, avec par exemple Creatis (pour les entrepreneurs culturels) au théâtre de la Gaité Lyrique, le Labo de l’édition dans le 5e arrondissement, l’incuba- teur Boucicaut spécialisé dans l’aéronautique, Paris biotech santé à l’hôpital Co- chin, la Ruche spécialisé dans l’économie sociale et soli- daire, Paris Pionnières pour les femmes créatrices de start-up... » Le maillage pa- risien pour l’accompagne- ment des start-up est ainsi d’une rare densité, avec au total à ce jour une quarantaine d’incubateurs, une vingtaine publics et autant d’accéléra- teurs privés, principalement dans le secteur de l’innova- tion numérique. Premier du genre, le Camping a par exemple été créé en 2011 par l’association d’aide aux start- up Silicon Sentier, bientôt suivi par The Family (créé en mars 2013 par Alice Za- gury, ancienne directrice du Camping), 50 Partners, Do- joboost, le Start Up Leader- ship Program, Nextstars, Petit Poucet... Dernier né l’Usine IO, un FabLab qui a ouvert ses portes début octobre à quelques mètres de la Halle Freyssinet : 1500m2 d’ateliers dédiés à la conception, au prototypage produit et à l’in- dustrialisation pour aider les start-up à concrétiser leurs projets avec conseils, enca- drement et aide à la décision à l’appui. Une abondance et une grande dispersion qui ne nuisent pas à l’efficacité de l’écosystème parisien, estime Jean-Louis Missika, selon qui « tout Paris est un grand quartier numérique ». A ladifférence de Londres, où la Tech City largement média- tisée accueille selon l’élu pa- risien beaucoup de sociétés de communication et de re- lations publiques et peu de start-up technologiques.sept étages entièrement dédié aux start-up, installé au cœur de la Tech City londonienne en mars 2012. Au sous-sol, le café « Central Working » est un centre névralgique où se rencontrent jeunes entre- preneurs et investisseurs. Dans les étages de vastes es- paces de co-working loués à des start-up. Londres peut également compter sur le soutien du gouvernement bri- tannique, dont la politique fiscale encourage les start- up à y élire domicile.de la finance londonienne. « Ce qui est intéressant en fait avec les traders de la City, c’est qu’ils sont basés vraiment juste à côté de la Tech City et qu’ils connais- sent très bien le monde du digital. Headoo [...] a réussi à lever 300000 livres sterling de fonds [près de 400000 euros, ndlr] en moins d’une semaine pour s’installer à Londres », expliquait ainsi en juillet dernier Maia Fon- taine sur les ondes de BFM. L’expatriée confiait alors quel’élue socialiste qui avançait le nombre de 1800 entreprises créées, contre 1200 à Lon- dres. Quant à Berlin, Jean- Louis Missika ne semble pas non plus craindre sa concur- rence, estimant que la capitale allemande doit d’abord s’im- poser devant ses rivales d’ou- tre-Rhin comme Munich, Francfort ou Hambourg.125 millions d’euros à la grande satisfaction de Berlin Partner, l’agence de déve- loppement de la capitale al- lemande. Comme à Londres ou Paris, la conquête des start-up passe aussi à Berlin par la multiplication des struc- tures d’accompagnement, in- cubateurs et accélérateurs. Dernière en date, « the Fac- tory », inaugurée cet été. Une ancienne distillerie située sur le tracé de l’ancien mur de Berlin, transformée en cam- pus dédié aux nouvelles tech- nologies : 16000m2 de surface de travail pour héberger une vingtaine de jeunes pousses, sous le parrainage de Google. Le géant américain (dont le siège social en Allemagne est à Hambourg et le centre technique à Munich) a alloué un million d’euros d’aides financières à la structure sur les trois prochaines années pour prendre pied sur le mar- ché berlinois des start-up que son P-Dg, Eric Schmidt, juge prometteur. D’autres grands groupes sont également actifs, comme Microsoft qui a ou- vert cet été un Accélérateur à Berlin après ceux de Seattle, Tel Aviv, Pékin, Bangalore, Londres et Paris. « La capi- tale allemande a de grosses start-up qui ont réussi et qui représentent un exemple à suivre », explique Florent Quinti, comme les services de musique en ligne Sound-ICI LONDRES....L’éternelle rivale a elle aussi multiplié ces dernières années les dispositifs d’accompa- gnement des start-up, en ci- blant notamment les jeunes pousses françaises pour tenter de les capturer dans ses filets.LA SÉDUCTION BERLINOISEPourtant la capitale allemande est devenue depuis la chuteLa Tech City londonienne accueille beaucoup de sociétés de communication et de relations publiques, et un peu moinsLondres, qui avait déjà séduit il y vingt ans les traders fran- çais, déroule à présent le tapis rouge aux geeks tricolores, conquise par la réputation d’excellence technologique des « frenchies ». Comme à Paris les incubateurs et ac- célérateurs se multiplient : exemple, le « Level 39 », spécialisé dans les start-upde start-up technologiquesdu Mur un centre d’attraction fort pour les jeunes créateurs européens de start-up. La ville est convoitée par la gé- nération des digital natives, grâce à ses loyers modérés, son cadre de vie agréable, son espace, sa vie culturelle et artistique intense et son cosmopolitisme. Florent Quinti et Karl Schaeffler, co- fondateurs de la start-up Olea- Park (service de networking pour les évènements), ont ainsi choisi Berlin en 2011 après avoir été sélectionnés dans la saison 2 du Camping à Paris. Ils y sont restés unL’agence mi-publique mi- privée de promotion des in- vestissements étrangers au Royaume-Uni, « UK Trade and Investment », met ainsi en avant les généreux crédits d’impôts octroyés aux busi- ness angels (30000 euros pour 100000 euros d’inves- tissements) et les taxes sur les plus-values à la reventeHeadoo partageait ses locaux avec « des entreprises qui viennent du Canada, du Viet- nam, de la Chine, d’Italie... Ils sont aussi venus à Londres parce qu’ils ont trouvé des financements assez rapide- ment et assez facilement. Nous sommes tous arrivés dans les trois derniers mois », ajoutait Maia Fontaine, quiLes anciens appâts servant à attirer le startupper ne suffisent plus...an. Les atouts de la capitale allemande selon Florent Quinti : la faiblesse des loyers pour habiter et pour travailler, et plus globalement le coût de la vie plus bas qu’à Paris, mais également l’intérêt plus marqué des fonds d’inves- tissements et des busines an- gels pour les projets en in- cubation. « La taille des deux écosystèmes de Paris et Ber- lin est identique à mon avis, confie Florent Quinti, au- jourd’hui revenu en France après l’arrêt de OleaPark. Mais les start-up, qui entre parenthèses sont souvent sué- doises, ont plus de facilité à se faire financer à Berlin », estime Florent Quinti. En 2013, Berlin a d’ailleurs concentré la moitié du capi- tal-risque investi en Alle- magne, avec un peu plus decloud et Spotify, ou l’éditeur de jeux vidéo Wooga. « Mais J’ai vu des projets beaucoup plus innovants à Paris... Il subsiste encore beaucoup d’e-commerce et de copycats à Berlin ! » Un domaine dans lequel la ville s’est effecti- vement imposée depuis deux ans, avec en particulier quatre incubateurs : Project A Ven- tures, Springstar, Team Eu-financières, récemment im- planté au cœur de Canary Wharf, au bord de la Tamise, où les bureaux se louent en- viron 300 livres (381 euros) par mois. L’objectif de Lon- dres : faire naître « la Silicon Valley » européenne, espère son maire Boris Johnson qui mise pour cela notamment sur la fameuse «Tech City ». Ce quartier qui rayonne à deux pas du centre financier, a « pouponné » par exemple les créateurs de Candy Crush. Le « campus Google » en est son emblème. Un bâti- ment en briques rouges ded’une start-up (entre 18 et 28% contre 23 à 62% en France). Et ça marche ! La start-up française Headoo (di- gitalisation des points de vente) a par exemple installé cette année une antenne à Londres pour déployer son logiciel de mesure d’impact d’évènements via les réseaux sociaux. Point de chute : Tech City, choisie pour sa concen- tration d’entreprises du Web et du digital, selon Maia Fon- taine, country manager de la jeune pousse hexagonale, et pour la proximité avec la City, le centre névralgiquesoulignait : « Il y a énormé- ment d’entraide entre nous : nous nous conseillons beau- coup sur les bons plans, les endroits où aller faire des évènements de networking ». Cet activisme londonien laisse pourtant les Parisiens sceptiques. En six ans la ville de Paris a apporté pas moins de 1 milliard d’euros d’aides aux start-up, affirmait au prin- temps dernier durant la cam- pagne des municipales la fu- ture maire Anne Hildago. « Nous sommes devant Londres en termes de création de start-up », insistait mêmeàIl subsiste encore beaucoup d'e-commerce et de copycats à Berlin !rope et Rocket Internet. l’origine du succès du site de vente en ligne Zalando (premier site de e-commerce européen dans le domaine de la mode). Rocket Internet et Zalando, évaluées respec- tivement à 5,6 et 6,7 milliards d’euros, viennent d’ailleurs de s’introduire en Bourse.Philippe FlamandDéC. / JANV.37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - Entrepreneurs du haut de gamme made in France Militants du Made in FranceL’un a porté sa marque vers le label « Origine France Garantie », l’autre a investi dans la construction d’une nouvelle usine en Isère. Alors que le salon made in France a rencontré un franc succès, EcoRéseau se tourne vers Smuggler et Paraboot qui ont choisi de produire en France et de le faire savoir. La panacée ?Comment vous êtes-vous lancé dans l’aventure ? GA : J’ai repris la marque Smuggler en 2000 en m’al- liant avec Serge Bonnefont, président de France Confec- tion. Cette association n’était pas fortuite. J’avais dans l’idée de pérenniser un outil de production en France et d’ainsi protéger un savoir- faire artisanal, mais aussi de permettre à une marque de pouvoir se développer dans les meilleures condi- tions dans le domaine du haut de gamme et du luxe. En juin 2013, nous avons réalisé une levée de fonds de 1,5 millions d’euros au- près de Midi Capital, dans le but d’ouvrir de nouveaux points de vente en propre en région parisienne, danschard-Pontvert) en tant que directeur industriel. Cette PME familiale était en bonne santé financière mais il fallait la moderniser, l’or- ganiser différemment. Ce que j’ai fait. Puis en 2012, j’en ai pris la direction gé- nérale, devenant le premier directeur qui ne faisait pas partie de la famille Richard. Une immense fierté pour moi et une grande marque de confiance de leur part ! Aujourd’hui, je travaille main dans la main avec la quatrième génération (Clé- mentine Colin Richard, di- rectrice générale de la so- ciété Capuce SA et Marc- Antoine Richard, directeur de production), notamment dans la construction de notre nouvelle usine, qui sera opé-un pari raisonné sur l’ave- nir.actions commerciales et marketing qui vont faire par- ler de nous ! Nous sommes le seul fabricant au monde à réaliser nos propres se- melles en caoutchouc, selon un procédé imaginé parstandard, il faut 15 à 20 mi- nutes pour fabriquer une chaussure. Nous, nous met- tons deux heures en moyenne. Ce savoir-faire est unique. Qui le sait ?national du mérite il y a un an, j’ai dit que j’en étais fier et triste en même temps, car nous étions les derniers à fabriquer en France. Mais pour moi, cette récompense, c’était avant tout la recon-L’obtention du label officiel Origine France garantie ? + 15% de chiffre d’affaires enunan!Gilles AttafEtes-vous satisfait de l’image véhiculée par l’entreprise ?GA : Oui, car nous avons déringardisé le fait de pro- duire en France, nous sommes à présent dans « l’air du temps ». Nous avons misé sur ce que j’ap- pelle « l’originalité élégante », c’est à dire offert un vê- tement sur mesure, très per- sonnalisé, avec un choix de 800 tissus et des doublures colorées. Notre image repose sur la qualité de nos presta- tions. Quelles que soient nos ambitions, notre pro- duction restera limougeaude. La compétence de nos 130 ouvriers est irremplaçable et nous cultiverons notre image tricolore. Nous sommes le dernier costumier français, nous comptons bien le rester. L’obtention du label officiel Origine France garantie est une grande fierté pour nous, à tous les niveaux du groupe, et il nous a per- mis d’augmenter notre chiffre d’affaires de 15% en un an ! Finalement, Arnaud Montebourg a été notreles capitales régionales fran- çaises et internationales. En 2000, nous avions eu du mal à réunir les fonds pour le LBO, car à l’époque le Made in France n’était pas vendeur. Entre temps, nous avons obtenu le label « Ori- gine France Garantie », ce qui nous a aidés à attirer les sociétés de capital-in- vestissement. Aujourd’hui, ce sont elles qui nous ont contactés ! Le 100% français est devenu un argument qui fait vendre, à l’heure où les clients recherchent de plus en plus la traçabilité de ce qu’ils achètent. RF:A40ans,aprèsdes années passées dans de grands groupes industriels, j’ai souhaité rejoindre une entreprise à taille humaine. Je suis entré en 1997 chez Paraboot (entreprise Ri-38 DÉC. / JANV.rationnelle début 2017. Nous avons investi 8 millions d’euros dans ce projet, qui est à la hauteur de notre ambition. C’est une façon pour l’entreprise d’entrer de plain-pied dans le XXIe siè- cle. Les deux usines de Tul- lins et d’Izeaux étaient vieil- lissantes. Elles ne répon- daient plus aux normes en- vironnementales et consom- maient beaucoup d’énergie. Le nouveau site industriel permettra de réorganiser les lignes de production, d’être plus productif tout en pro- posant des espaces de travail modernisés, qui nous per- mettront de garder une main d’œuvre qualifiée et formée. Le soutien au Made in France, l’annonce de la baisse de charges, ajoutées au crédit d’impôt recherche font de cet investissementmeilleur VRP !RF : Je suis plutôt mitigé. Au Japon, Paraboot a une image très moderne, tandis qu’en Chine et aux Etats-Unis lamarque est consi-dérée comme conventionnelle. En France, Parabootjouit d’une bonneimage, qui reste at- tachante et fami-liale. Mais celle-cidoit évoluerpour passer du hautde gamme de bonne facture à du haut de gamme luxe. Mais le luxe discret, celui qui nous ressemble, loin du luxe bling-bling ! Jusqu’à présent le Made in France nous aidait en Asie, mais pas en France car c’était ringard. Les choses sont en train de changer ! Nous vou- lons rajeunir notre image et le faire savoir grâce à desGilles AttafRémy Richard-Pontvert, fondateur de Paraboot. Dé- coupe, piquage, grattage du cuir, teinture des bords, ra- botage de la semelle, laçage et mise en boite : pas moins de 150 opérations manuelles sont nécessaires pour éla- borer une chaussure Para- boot. Dans une fabricationComment définiriez-vous votre style de manage- ment ?GA : Je communique beau- coup en interne sur notre fabrication et sur notre sa- voir-faire, car l’ADN de la marque se trouve dans notre usine. Quand Arnaud Mon- tebourg m’a remis l’Ordre© Dahmanenaissance de nos ouvriers, de ces petites mains si pré- cieuses... et finalement un pan entier de l’économie qui avait été oublié pendant si longtemps ! Alors, je veux valoriser ces per- sonnes : c’est ainsi que j’ai fait venir le grand photo- graphe Gérard Uféras dansrachète en 2000 SmugglerFabricant de costumes haut de gamme pour hommes depuis 1978. Il s'associe aux ateliers France Confection de Limoges, dernière usine à fabriquer du prêt-à-porter masculin en France. En 2014, le groupe Orphée Longchamp, né de cette fusion, compte 150 salariés dont 130 à l’usine de Limoges, et table sur un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros.]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frInterview croisée - Entrepreneurs du haut de gamme made in France CLUB ENTREPRENDREnotre usine. Il a réalisé un reportage photo en noir et blanc absolument magni- fique. Aujourd’hui, les pho- tos de nos ouvrières sont exposées dans chacun de nos magasins.Quelle est votre percep- tion de l’échec ?GA : J’ai vécu en 1993 le dépôt de bilan de l’atelier de confection de mon père, à Paris. Cela a été un trau- matisme, car j’avais arrêtédroit, car l’échec fait gran- dir.RF : J’ai plutôt de la chance, j’ai une bonne étoile au-dessus de ma tête. Et puis je suis d’un naturel optimiste et heureux. MaisPourquoi le luxe français ne déçoit-il jamais ? GA : Je vais tempérer cette idée. Oui, le luxe français séduit toujours, mais on ne sait plus où produire ! Prenez les grands noms du luxe, ils ont de plus en plus de mal à trouver des fabricants à la hauteur de leurs ambi- tions. Ce n’est pas pour rien qu’Hermès a racheté en 2013 la Tannerie d’Annonay, l’un de ses fournisseurs his- toriques, spécialiste de la peau de veau tannée au chrome. L’Italie a su garder les savoir-faire que nous avons perdus. Alors, soyonsA terme, ce sera un grand bouleversement. La Chine commence à s’éduquer à la culture du beau. Au- jourd’hui, les Chinois achè- tent encore des étiquettes. Demain, ils voudront consommer des produits de luxe fabriqués en Europe, surtout en France. A nous de jouer !130000 sont fabriquées en Isère. Les autres, notamment les mocassins d’été, sont produits en Espagne et en Italie. Mais nous avons re- localisé l’été dernier la fa- brication des chaussures de sport sneakers, jusqu’alors réalisées au Portugal.Quelles sont les per- sonnes qui vous inspirent ?GA : A titre personnel, j’ai toujours été très inspiré par ma grand-mère, qui m’a élevé. Elle n’avait pas beau- coup de moyens mais elle regardait toujours les éti-vigilants !RF : Les Français ont un problème avec le luxe. Pour eux, le luxe est réservé aux Américains, aux Chinois, aux Russes, pas pour eux ! Mais pourquoi ? Un produit de luxe représente certes un investissement important, mais c’est un produit durable et non jetable. Nous avons des clients, pas forcément fortunés, qui vont économi- ser pour s’offrir une paire de chaussures à 400 euros, parce qu’ils savent qu’elle va durer. Selon moi, le luxe est un état d’esprit avant tout. Qui ne se sent pas va- lorisé quand il porte de belles choses sur lui ? Nous devons redonner ses lettresRF : C’est une évidence !Chez Paraboot, nous ne noussommes jamais posé la ques-tion en ces termes car nousavons décidé depuis toujoursd’être Made in France. Celane nous a pas empêchés d’al-ler voir ce qui se faisait enInde, au Vietnam, en quettes et accordait beau-Des Chinois m’ont demandé de leur montrer l’usine sur une carte et m’ont dit : « Surtout, ne vendez pas à un groupe qatari, restez Français ! » Régis FeuilletChine... mais finalement nous nous sommes dit que nous voulions rester en France. Nous aimons notre région, nous allons nous bat- tre pour rester en France ! Pourtant, l’Etat ne nous aide pas. Certains jours, il faut vraiment y croire ! Mais la France continue de faire rê- ver à l’étranger. Un jour, lors d’un voyage d’affaires, des Chinois m’ont demandé de leur montrer l’usine sur une carte et ils m’ont dit : « Surtout, ne vendez pas à un groupe qatari, restez Français ! ». L’Asie cherche du Made in France et l’his- toire qui va avec. Au- jourd’hui, si produire en France reste un défi, c’est aussi un gage de qualité pour une clientèle fidèle. Nous réalisons 90% de la valeur ajoutée en France. Sur les 260000 paires de chaussures que nous commercialisons,© DRRF : Un management parti- cipatif, le plus possible ! J’essaie d’être ouvert et j’aime faire évoluer mes sa- lariés. Beaucoup d’entre eux ont réalisé toute leur carrière dans l’entreprise, j’ai tou- jours veillé à ce qu’ils aient des perspectives d’évolution, un avenir devant eux.ou une nécessité ?mais au.J’ai également toujours ad- miré les grands patrons d’in- dustrie et notamment Chris- tophe de Margerie, l’ancien patron de Total tragiquement décédé, qui s’est battu pour améliorer le futur et a par- ticipé au rayonnement de la France.Régis FeuilletRF : Les personnes qui m’ont marqué dans ma car- rière avaient en commun un bon sens inné et de la clair- voyance. Des personnes pas faciles à gérer au quotidien,directeur général de Paraboot depuis 2012Sur son dernier exercice clos fin août 2014, le chiffre d'affaires de Richard-Pontvert (l’entreprise qui fabrique les chaussures Paraboot) s’élève à 23 millions d'euros, dont 35% à l'export. Le groupe compte près de 200 salariés (dont 140 en fabrication) et 32 boutiques en Europe.Le Made in France, un luxefond très ouvertes.mes études à 19 ans pour reprendre les affaires de mon père, décédé. Mais cet échec m’a donné une force extraordinaire. En France, le droit à la seconde chance des entrepreneurs est un sujet tabou. C’est ce qui nous empêche d’avancer ! Je suis un militant de cel’échec est indispensable, il doit être l’occasion d’un rebond. Dans mon entre- prise par exemple, quand une erreur a été produite, j’en discute avec la per- sonne concernée et nous essayons ensemble d’en ti- rer les conclusions néces- saires.GA : Une nécessité absolue ! Je pars en Chine prochai- nement, car Smuggler a été choisi pour être exposant sur le pavillon français qui s’ouvre bientôt à Shanghai. Ce qui les intéresse, c’est que l’on fabrique réellement en France. En Asie, il y a une vraie appétence pour les produits Made in Europe.Propos recueillis par Anne DiradourianDÉC. / JANV. 39de noblesse au luxe en France. Un beau produit de luxe, ce n’est pas forcement de la dorure et des paillettes, cela peut être discret et élé- gant. C’est cela le vrai luxe !coup d’importance à la pro- venance des produits. Pour elle, acheter un produit fran- çais était un gage de qualité, une question d’éthique, la volonté de faire perdurer un savoir-faire en France. J’ai pris le relais !]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE En immersion - La Gaîté LyriqueQuand mamies et start-up se côtoientL Ici le premier âge côtoie le troisième, les start-up se mêlent aux familles. Zoom sur la Gaîté Lyrique, étonnant centre du numérique et des médias du 21e siècle, où les technologies font la part belle auxcréations culturelles innovantes.’exposition « Capi- plus représentée reste les 15- une envie débordante de maî- en temps réel sur les écrans L’idée plait. La Gaîté Lyrique structures positionnées sur taine futur et le 35 ans. Au centre de res- triser les technologies du 21e qui tapissent la grande salle avulejouren2011.En des marchés culturels, de voyage extraordi- sources, vaste bibliothèque siècle », se réjouit Margault de spectacle à 360 degrés. 2013, quelque 180000 visi- l’audiovisuel à la photogra-naire » attire les foules. Les foisonnant d’ordinateurs et Aubry, en charge des parte- Dans une ambiance de café- teurs ont profité des espaces phie en passant par le spec-créations numériques, « les profondeurs de l’ordinateur » sont à l’honneur. Au milieu des animations mêlant expé- riences sensorielles et tech- nologies dignes des plus cé- lèbres jeux vidéo, grands-pa- rents et petits-enfants déam- bulent, main dans la main, émerveillés. De quoi cibler les centres d’intérêt des plus jeunes, serait-on tenté de dire. Sauf que l’événement du mo- ment de la Gaîté Lyrique ra- tisselarge:«De3à103 ans », indique le flyer de présentation. A l’image de l’ensemble de ce lieu média, pleinement consacré au nu- mérique sous toutes ses formes, où une incroyable diversité de populations sede livres relatifs au numé- nariats médias de la Gaîté. téria, le plateau Média, à et animations. En septembre rique, ce sont en grande partie L’atelier « Game older » dé- deux pas, accueille quant à dernier, la barre des 260000 des étudiants qui occupent tonne lui aussi dans la pro- lui une multitude de confé- entrées était déjà atteinte pourtacle vivant, les arts plas- tiques, la publicité. La loca- tion s’élève à 650 euros par mois par poste de travail, les tarifs étant dégressifs au fil des mois et en fonction du nombre de postes loués. « Une soixantaine de sociétés ont été incubées jusque-là. Nous ne faisons pas de ma- turation, mais avons un ob- jectif de pérennisation de so- ciétés prometteuses. Elles peuvent tout à fait être hé- bergées sur le long terme », souligne Soisic Huet, chargé de l’administration et du dé- veloppement de Creatis. Soutenu par Bpifrance, ce dispositif d’accélération des projets innovants du secteur culturel fait partie des déve- loppements de la Gaîté Ly- rique depuis environ deux ans. A noter que les sociétés ont la possibilité d’être im- pliquées dans les activités de la Gaîté, pour la réalisation ou la mise en place d’appli- cations intégrées à des ex- positions par exemple. « C’est parfois un premier marché pour elles, au-delà de ce qu’elles peuvent gagner en terme de communication », précise Soisic Huet. D’autres projets sont bien sûr dans les cartons pour aug- menter le pouvoir de fasci- nation croissant du lieu, « no- tamment en matière de fa- brication physique issue de créations numériques. Beau- coup de choses sont à ima- giner autour de la découpe laser, de l’impression 3D », confie Jérôme Delormas. Le florilège d’idées créatrices que concentre la Gaîté Ly- rique fait des émules. Le di-Des habitués de 60, 70 ans voire plus, s’y retrouvent pour des activités de création de contenus multimédiasles tables. Mais nul besoin de se perdre dans les couloirs les moins fréquentés pour comprendre le grand écart générationnel auquel se livre le public de la Gaîté. Parmi les ateliers hebdomadaires, on trouve « HyperOlds, le gang des seniors connectés ». Des habitués de 60, 70 ans, voire plus (essentiellement des femmes), s’y retrouventgrammation. Il consiste à ini- tier aux jeux vidéo les géné- rations qui en sont le plus éloignées. « Le succès est tel que nous avons programmé une deuxième session heb- domadaire », confie-t-elle.rences retransmises en strea- ming sur le site Internet de la Gaîté, sur toutes sortes de thématiques liées de près ou de loin au numérique. « Notre ambition est de penser notre époque autrement, d’explorer la création à l’ère du numé- rique, explique Jérôme De- lormas. Les technologies les plus récentes nous intéressent bien sûr au plus haut point,l’année 2014. L’établissement est une société privée coiffée d’un solide partenariat avec la ville de Paris, ce qui ex- plique la gratuité d’accès au centre de ressources qui fait office de médiathèque, ainsi qu’aux espaces jouxtant les bars comme le plateau Média. Faut-il le préciser, le Wifi inonde les lieux, à tous les étages, attirant des étudiants, de simples passants, ou des auto-entrepreneurs et travail- leurs indépendants en quête d’espaces décontractés pour leurs rendez-vous d’affaires. « Nous sommes 80 employés à temps plein, auxquels s’ajoutent une vingtaine d’in- termittents qui sont des ar- tistes ou spécialistes des mé- dias, du multimédia, pour assurer les ateliers et ani- mations », indique Jérôme Delormas. La culture numé- rique imprègne le personnel dont l’âge dépasse rarement les 30 ans. La billetterie, le sponsoring, les formations professionnelles, la location d’espaces apportent à la Gaîté Lyrique ses recettes, tout comme l’activité de Creatis, un incubateur d’entreprise qui occupe le dernier étage du bâtiment.« Mince nous avons perdu papi... sûrement en train de faire de la programmation en douce à l’étage »recteur.le fort engouement d’inves- tisseurs américains désireux de donner naissance à un projet analogue aux Etats- Unis. En Angleterre aussi, la démarche séduit. La Gaîté Lyrique pourrait bien y voir apparaître rapidement des sosies.croise. « Dans d’autres lieux culturels, les parents traînent les enfants en leur promettant qu’ils ne regretteront pas le déplacement. Ici, c’est l’in- verse », décrit d’un ton amusé Jérôme Delormas, directeur de cet établissement atypique. Certes, la tranche d’âge la40 DÉC. / JANV.pour des activités de création de contenus multimédias (photos, vidéos, interviews... ). Des grands-mères qui s’oc- cupent pendant que les pe- tits-enfants s’amusent à l’étage ? « Non, non, elles viennent seules, entre copines généralement, et montrentfestivals, le tout agrémenté d’une touche 2.0 rendant les événements participatifs et immersifs. Les amateurs d’Enki Bilal ont ainsi pu as- sister le 25 novembre dernier à un concert visuel pendant lequel les esquisses du célèbre dessinateur étaient projetéesainsi que la manière avec laquelle les différentes caté- gories de population peuvent se les approprier. Le progrès invente des tendances, de nouveaux modes de vie. Nous voulons mieux les compren- dre au sein de ce laboratoire du 21e siècle. »Mathieu NeuUN LABORATOIRE 2.0La Gaîté Lyrique, ce sont aussi des concerts, des pro- jections, des rencontres, desINCUBATEUR AU-DESSUS DE LA FOULESur une vaste plateforme d’une blancheur éclatante se dressent des bureaux épar- pillés, de petits espaces pri- vatisés. Le calme ambiant contraste avec l’effervescence du rez-de-chaussée et du pre- mier niveau. La résidence d’entrepreneurs Creatis ac- cueille toutes sortes de jeunesa récemment constaté]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Electron libre : Jérôme WargnierL’enchanteur de la formationTPlace au jeu de rôle. Jérôme Wargnier aurait pu être un joueur professionnel de Donjons & Dragons, pour finalement se tailler une place unique dans le monde de la formation, en mettant à profit ses talents développés de rôliste...out le monde n’a pas gnier. Il y avait ici un besoin la chance de pouvoir auquel, grâce à son expérience concilier passion per- combinée de la formation etsonnelle et métier. Pour Jé- du jeu, il était en position derôme Wargnier, fondateur d’Alberon Partners, le chal- lenge pouvait paraître impos- sible : entre le monde des jeux de rôle – plus précisément Donjons & Dragons – et celui de la formation, il y a a priori peu de points communs. Et pourtant. « J’ai toujours adoré jouer, plus particulièrement aux jeux qui font appel à l’imaginaire, explique Jérôme Wargnier. Et je suis passionné depuis l’enfance par les che- valiers de la Table Ronde, en grande partie grâce à mon grand-père, qui m’a initié aux règles de la chevalerie. » De ce fait, lorsqu’arrive en France Donjons & Dragons, c’est le coup de foudre. Alors au lycée, il se lance à corps perdu dans le jeu de rôle, devenant rapi- dement un pratiquant et un maître de jeu reconnu, orga- nisant un club dans le sous- sol d’un magasin de jeux tra- ditionnels qui rencontre un succès immédiat – les gens s’inscrivaient près d’un mois à l’avance pour pouvoir par- ticiper aux sessions. Au point de pouvoir envisager, à un moment, d’en faire son métier, étant déjà rémunéré en tant que maître de jeu pour des sessions privées et écrivant des scénarii pour un éditeur de logiciel. Mais confronté à la mauvaise réputation – à l’époque – du jeu de rôle, l’environnement familial le pousse à rentrer dans le « droit chemin », vers une carrière plus classique. Après quelques années passées en tant que manager chez des enseignes de fast-food, pendant les- quelles il pratique D&D (abré- viation de Donjons & Dra- gons) en loisir, une rencontre avec un consultant en forma- tion va tout changer. Séduit par le personnage et son ap- proche de la formation, il dé- cide de rejoindre son cabinet. Bonne surprise : la première mission qui lui est confiée consiste à développer des si- mulations et des jeux de rôle pour des commerciaux. « Et là, c’est le déclic. Grâce à42 DÉC. / JANV.Un petit air de ressemblance avec le comptable qui inspecte les notes de frais...répondre. En 2012, il fonde Alberon Partners, qui a un positionnement unique dans le monde du Learning : ar- chitecte de dispositifs de dé- veloppement des compé- tences. Il accompagne les pro- fessionnels de la formation de la qualification du problème opérationnel jusqu’à la mesure de la création de valeur. Pour cela, il détermine le bon do- sage des différents ingrédients pour arriver à la potion ma- gique qui permettra aux col- laborateurs – et par consé- quence à l’entreprise – d’évo- luer et de s’adapter. « Il existe d’excellents coaches, d’ex- cellents formateurs, d’excel- lents prestataires de e-lear- ning, mais ce qui prime sur la qualité des parties, c’est la capacité à les conjuguer pour produire une expérience efficace et plaisante », sou- ligne-t-il. Et le succès est au rendez-vous : les clients – dont bon nombre de groupes internationaux – se multiplient, et la croissance est au ren- dez-vous : il double ses ré- sultats chaque année. La fu- sion entre ses deux passions, formation et jeu de rôle, est complète. Au point que dans ses réalisations, Jérôme War- gnier multiplie les clins d’œil : personnages aux noms de fa- mille tirés du Seigneur des Anneaux, pays imaginaires (pour simuler l’ouverture d’un nouveau marché) avec des noms de lieux tirés de réfé- rences venant de la fantasy... Même le nom de l’entreprise est une référence : Alberon est une variation d’Obéron,mon expérience du jeu de rôle, je me suis senti dans cette approche de la formation comme un poisson dans l’eau. Et pas uniquement dans le cadre de simulations de né-learning. Au fil du temps et des expériences, Jérôme War- gnier se forge sa vision de la formation. « On peut regarder les collaborateurs comme des gens qui jouent un rôle dansgames... Et l’arrivée des nou- velles technologies vient mul- tiplier les outils disponibles : classes virtuelles, e-learning, MOOC... « En outre, la for- mation était construite parcompétence particulière – et plus il va la maîtriser, plus il va exercer son métier avec performance. Pour cela, il faut combiner des dimensions lu- diques, narratives, et expé-Les collaborateurs ? Des gens jouant un rôle dans l’entreprise. Ils développent leur compétences comme un rôliste les caractéristiques de son personnagethématiques (stratégie, mar- keting, finance...), ce qui don- nait des résultats bien moins bons que de scénariser le pro- cessus pédagogique, en le contextualisant pour qu’il soit le plus proche possible de ce qui se passe sur le terrain. On se rend compte au- jourd’hui que ce n’est pas une activité pédagogique en particulier qui va faire la dif- férence, mais la capacité à écrire un scénario qui va les combiner de manière intelli- gente en fonction de la cible. » Le but est aujourd’hui de faire vivre à un collaborateur une expérience qui va lui permettre de renforcer sa maîtrise d’unegociations. Animer un sémi- naire m’a paru aussi amusant qu’une partie de Donjons ; quand on a été maître de jeu, avec cinq joueurs autour d’une table, il faut être attentif à son auditoire, savoir le mo- tiver, lui poser des challenges, le récompenser... », décrit Jérôme Wargnier.l’entreprise. Ils développent leur compétences comme un rôliste les caractéristiques de son personnage. Pour gagner en performance d’un côté, ou en puissance de l’autre, il faut toujours réussir une quête. »rientielles – un mélange qui est, de fait, très proche de la construction par le maître de jeu d’une aventure de D&D.SCÉNARISATION DE LA FORMATIONPendant les 20 années qui suivent, il pratique la forma- tion, le coaching, donne des conférences et des cours, et finit par prendre la direction du consulting de CrossKnow- ledge, leader mondial du e-L’évolution même de la for- mation renforce encore le pa- rallèle. Là où, hier, la forma- tion se résumait à une trans- mission d’information dans une salle de classe, on la considère aujourd’hui comme un processus, dans lequel l’ex- périence d’apprentissage est essentielle. Le jeu en devient une part importante : on parle de gamification, de seriousTous ces nouveaux outils, les professionnels de la formation ne les maîtrisent pas néces- sairement. « Les évolutions majeures dans les sciences cognitives, les nouvelles ap- proches pédagogiques et les nouvelles technologies d’ap- prentissage font qu’il est dif- ficile aujourd’hui pour un for- mateur ou un directeur de formation d’avoir une vision complète du champ des pos- sibles », souligne Jérôme War-le roi des E.d’une Nuit d’Été de Shakes- peare. Dans la pièce, ce dernier est l’artisan principal de la résolution – heureuse – des péripéties des Athéniens per- dus dans la forêt, tout en res- tant au second plan. Autant dire que ce n’est pas le fait du hasard.UN RÔLE UNIQUElfes dans le SongeJean-Marie Benoist]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[Pour offrir un Château choisissez une Grande MaisonCadeaux d’affaires, Fidélisation,Stimulation, Incentive, Séminaire et CE,Privatisation de nos bars à vins...NICOLAS vous accompagne dans vos projets !Expédition partout en France et dans 25 pays en Europe par Pour vous conseiller : 480 Magasins et sur www.nicolas.comRenseignements au 01.41.73.55.69 ou nicolas-direct@nicolas.comL’ ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. A CONSOMMER AVEC MODÉRATION.]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Julien Sylvain, de Leaf Supply à Lemon CurveLes dessous du rebondA 29 ans, Julien Sylvain s’est cassé les dents dans le lit en carton, avant de renaître dans la distribution de lingerie. Retour sur un parcours, des erreurs et des succès hors norme.peine le dépôt de dement, le jeune dirigeant se de sa petite taille. Une réelle ser à autre chose... L’entre- bonnes questions par rap- d’affaires de 3 millions d’eu- bilan de Leaf Sup- rend compte qu’il a mis les force de frappe commerciale prise accumule quelques port à notre première expé- ros. L’équilibre financier est ply prononcé en oc- pieds sur un marché déjà très fait défaut. Ayant opté pour dettes. « L’objectif n’a pas rience ratée. Voulions-nous prévu pour 2015. Elle em-tobre 2011, Julien Sylvain bien structuré et plutôt com- des fabrications décentrali- été atteint. Le mieux est des salariés ? L’internatio- ploie sept personnes. Aprèsdémarrait une nouvelle acti- vité avec Lemon Curve. « Mes proches m’ont de- mandé avec insistance si j’étais certain de vouloir créer une nouvelle entre- prise, se souvient-il. Ne pas vouloir décevoir ceux qui vous soutiennent est un bon moteur quand on se lance dans une nouvelle aventure entrepreneuriale. J’étais dans une situation de rendre des comptes. Ce fut très im- portant pour la suite. » Pas encore serial entrepreneur – « il me faut un succès à mon actif pour cela » –, Julien Sylvain a toutefois claire- ment orienté sa carrière pro- fessionnelle côté business. Etudiant à l’ESCP Europe, le jeune homme fait des stages dans la finance et est au contact de chefs d’entre- prise. Fraîchement diplômé, il décroche son premier job au sein du fonds d’investis- sement de Bernard Arnault. Mais c’est vers son univers proche, vers ses amis des- igners et ingénieurs, qu’il se tourne pour faire naître sa première entreprise.plexe à pénétrer. « Les orga- nismes humanitaires sont organisés en hubs, implantés dans des endroits straté- giques sur le globe, pour pouvoir déployer rapide- ment les aides d’urgence né-sées, au sein même des pays, elle est confrontée aux droits de douane, aux coûts du tra- vail différents d’un pays à l’autre, à la flambée du prix des matières premières... Un business plutôt hyperalors de fermer. » L’aventure s’achève fin 2011.nal faisait-il partie de notre stratégie de développe- ment ? Souhaitions-nous vendre des produits propres ou être distributeurs ? » Les bases posées, les deux jeunes dirigeants identifientla phase de déploiement en France, les dirigeants visent l’international. « Notre large catalogue, avec les dernières collections des grandes marques de lingerie, nous permettra de nous ouvrir à l’Europe à partir de 2016, confie le dirigeant. Il nous faudra travailler l’offre pro- duits et le marketing. Il ne suffit par d’avoir un site tra- duit en plusieurs langues, encore faut-il l’adapter aux attentes marchés de chaque pays ciblé. »cessaires aux populations en difficulté », explique le jeune dirigeant. Lorsqu’il a ren- contré les acheteurs de ces organisations pour signercomplexe. « J’ai rapidement réalisé que ce serait très dur. Se repositionner ? Nous y avons pensé. Quelques par- ticuliers qui trouvaient nospide. Le jeune dirigeant ren- contre Agathe Molinar. Comme lui, elle vient d’es- suyer un échec entrepreneu- rial. Ils sont au même niveaula vente de lingerie en ligne. Lemon Curve, installée en région parisienne, voit le jour en octobre 2011. Ils se répartissent les rôles :Son business model, malgré les lits en carton qualitatifs proposés, ne correspondait pas aux modes de fonctionnement des ONGLes questionnements des proches étaient donc utiles. « Mes parents – qui m’ont fi- nancé pendant la première année de Leaf Supply –, ESCP Europe ainsi que le réseau Entreprendre m’ont aidé à me poser les bonnes questions et à montrer ma motivation »... Ce qu’il semble désormais avoir misRÉFLEXION SALVATRICEDevenir salarié ? Non. Sur ce point, la réflexion est ra-COMPLEXITÉ EXTRÊME DU« MARCHÉ » DE L’HUMANITAIRELeaf Supply devait porter de grandes ambitions socié- tales. « Nous avions imaginé des lits de camp en carton destinés au marché de l’aide humanitaire, raconte Julien Sylvain. Un procédé de fa- brication mis au point avec un réseau de partenaires in- dustriels avait été breveté. » Les produits devaient pou- voir être conçus localement, au sein même des pays qui avaient besoin d’une aide d’urgence. Testés pendant un an auprès de la Croix Rouge Internationale, les lits Leaf Supply avaient reçu un ex- cellent accueil de la part des équipes sur le terrain. Fin 2009, après un an de ré- glages, les premiers lits sont commercialisés. Mais rapi-Du bonnet d’âne au bonnet de soutien-gorge, il n’y a qu’un pas...CRÉER DES EMPLOIS PLUS QUE DES PRODUITSConscient des erreurs com- mises, Julien Sylvain ne na- vigueplusàvue:«Jefixe des objectifs quotidiens pour moi comme pour l’équipe, afin d’identifier les pro- blèmes rapidement et d’avancer ». Dans son rôle de gestionnaire, il a mis en place une stratégie de déve- loppement des plus claires. Car tout en regardant vers l’avenir, le jeune dirigeant n’oublie pas l’expérience Leaf Supply. « Je considère encore que ma « vraie » en- treprise est Leaf Supply. Nous vendions nos propres produits, confie-t-il. Au- jourd’hui, l’approche est très différente avec Lemon Curve, qui reste un distribu- teur. Mais l’aventure me plait ! Nous créons des em- plois. C’est une réelle satis- faction pour un chef d’entreprise. »44 DÉC. / JANV.des contrats, il s’est donc produits design ont com- et au même stade de ré- Agathe est à la communica- aperçu que son business mandé. Des mairies se sont flexion quant à leur pro- tion, Julien à la gestion. Ils model, malgré le produit équipées de lits d’urgence. chaine entreprise. « Nous affirment n’avoir eu aucune qualitatif proposé, ne corres- Mais tout ceci n’était pas voulions aller vite et surtout, difficulté pour décrocher un pondait pas aux modes de suffisant pour nous faire nous avions besoin de pou- prêt de 170000 euros afin de fonctionnement des cibles. vivre. » Au moment de voir vivre rapidement de lancer l’entreprise et lever 1 Leaf Supply, forte de deux confirmer son unique salarié notre travail, se souvient Ju- million d’euros au bout d’un salariés, se heurte alors à un en CDI, Julien Sylvain se dit lien Sylvain. Nous nous an. En 2014, l’entreprise de- manque de réactivité du fait qu’il est grand temps de pas- sommes posé de suite les vrait atteindre un chiffreen pratique avec talent..Stéphanie Polette]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frProspective - La famille en 2050 CLUB ENTREPRENDRE Cocons ouvertsLa cellule familiale moyenne sera différente de celle de 2014. Multiforme, recomposée, ouverte, prenant en compte l’individualisme... Mais contre toute attente, toujours aussi protectrice.UNE JOURNÉE AVEC ANNE-SOPHIE7h35 Anne-Sophie est décidé- ment de la vieille école. Pas de réveil olfactif, pas de robot à tout-faire pour préparer le petit- déjeuner... Une simple sonne- rie, et elle se déplace pour mettre en route une machine Nespresso chinée chez un anti- quaire. L’épaisseur et la taille de sa combinaison thermorégu- lée de sommeil s’est encore ré- trécie durant la nuit, tant la chaleur bat des records : +3 de- grés par rapport à ce début de siècle.7h55 La jeune femme enceinte prend sa douche de vapeur. Quitte à passer pour une mar- ginale, Anne-Sophie souhaite porter son enfant – le troisième –, ce qui est une autre origina- lité. Elle entend d’ailleurs les deux aînés se faire réprimander par Julien, son unique mari. Les autres femmes préfèrent nouer plusieurs contrats partiels d’union, et adopter des enfants originaires des pays ravagés par les dérèglements climatiques. Un moyen de pallier les pro- blèmes d’infertilité apparusdans les pays occidentaux au cours des années 2030. Le bip annonçant la fin de la douche la sort brusquement de ses songes. Le temps autorisé est atteint.8h30 Tous sont en retard, et prennent donc des pilules alica- ments pour ne pas perdre de temps, ce qu’Anne-Sophie dé- teste. Tout en songeant au pré- nom qu’elle donnera à son enfant – ce sera Gaspard, en- core un réflexe vieille école puisque depuis cinq ans la mode est aux prénoms concoc- tés par des ordinateurs mélan- geant des langues différentes –, elle jette avant de partir, comme à son habitude, un coup d’œil dans la chambre de son grand- père. Le vieil homme de 120 ans est propriétaire de l’appar- tement, et comme beaucoup d’autres personnes de sa géné- ration, héberge sa famille. Elle l’observe quelques secondes dans son caisson de sommeil, lui qui revit sa jeunesse en im- mersion, au milieu des holo- grammes. Puis elle sort de l’appartement du 38e étage. Derrière elle tout s’éteint auto- matiquement et le chauffage15h Fin du travail pour Anne- Sophie, la semaine de 25 heures permet de se consacrer à la famille et aux loisirs. Sur le chemin du retour, Anne-Sophie décide de faire ses courses à l’e-marché, une pratique pour- tant devenue désuète. En règle générale, les appareils électro- ménagers se mettent directe- ment en relation avec les fournisseurs pour leur signaler ce qui manque.Jeu virtuel immersif pour calmer les enfants en 2050...20h Les enfants sélectionnent les films et chacun choisit scène par scène l’issue de l’histoire diffusée sur tous les murs de la pièce. Ils l’ont bien mérité après cette journée d’école. Les au- tres jours ils se connectent à des classes virtuelles depuis une pièce communautaire, située au rez-de-chaussée de leur im-s’autorégule. Les vitres s’allu- ment à son passage dans le couloir. Transparentes la jour- née, elles s’illuminent dans les ténèbres, après avoir emmaga- siné la lumière naturelle. Il ne fera pas jour avant 10 heures à cause des brouillards urbains toujours plus denses.9h Alors que le RER (robot électrique rapide) la dépose de- vant le bureau, elle croise David qui ne parvient pas à semettre d’accord avec ses deux compagnons d’exclusivité par- tielle sur les caractéristiques qu’ils veulent donner à l’enfant qu’ils souhaitent faire naître. Ils vont faire appel à une mère porteuse professionnelle, un métier en voie de disparition tant les adoptions prennent le pas. Alors que David parle du futur et des gardes partagées, Anne-Sophie doit le quitter précipitamment. Anne-Sophie arrive au travail. Elle vient derecevoir sur son smartdevice le check-up quotidien (tension, rythme cardiaque, analyse uri- naire...) de son grand-père. La puce implantée sous la peau est efficace dans la prévention de nombreux accidents de santé, et lui permettra certainement de dépasser les 135 ans malgré sa dépendance. Les données mé- dicales sont compilées par des « robomédecins » qui conseil- lent ou ordonnent un traitement en cas de besoin.meuble, av.cadre la transmission du savoir. Mais aujourd’hui, c’était la « journée hebdomadaire » d’école. Anne-Sophie et Julien discutent en regardant les ro- bots s’affairer pour le repas, le ménage et les soins du grand- père. Qu’il est bon d’être parmi les siens...Questions à Anne Madelin, directrice du cabinet de conseil et sociologie Sociovision Cofremca« La famille jetée aux orties en 68 n’aura été qu’une parenthèse de l’histoire »Constatez-vous de grands changements dans la perception de la famille en France ?Cette cellule est en train de redevenir un terrain de repli, un airbag. Les mouvements de décomposition/recomposition ou la monoparentalité sont désormais mieux acceptés, les esprits sont plus ouverts. Et la Manif Pour Tous me direz-vous ? Etonnamment, elle ne constitue pas une crispation durable. Nous interrogeons annuellement 2000 personnes représentatives sur ces sujets, avec plusieurs décennies de recul. Seulement 38% étaient pour l’adoption par des homosexuels en 2001, ils sont 54% aujourd’hui, donc majoritaires. Nous nous attendions à une inversion durable des courbes. Or, nous avons enregistré une baisse de 4 points en 2013, et c’est déjà en train de repartir à la hausse. En revanche cela reste un des sujets les plus clivants. Pour schématiser, ceux qui sont les plus conservateurs sontgénéralement les plus âgés.Le mariage est lui en perte de vitesse.Va-t-il disparaître ?Le mariage en tant que tel est en déclin (241000 en 2012, soit 60000 de moins qu’en 2000), les enfants nés hors mariage sont désormais plus nombreux que les enfants nés dans le cadre d’un mariage. Maisles unions sont plus nombreuses grâce aux Pacs (205000 en 2010, dont 95% d’unions hétérosexuelles), quoique ceux-ci s’amenuisent à cause des avantages fiscaux moindres. On le voit bien, le besoin de faire lien est toujours présent, mais il faudra s’attendre à l’avenir à d’autres formes de contractualisation.Que cherchent les Français au travers de leur famille ?Les facteurs d’instabilité sont nombreux : les incertitudes économiques fortes et croissantes, la défiance vis-à-vis des représentants institutionnels, mais aussi la fragmentation de la société. Nous avons classé la population en plusieurs groupes : les « conservateurs identitaires » (16% des Français), les « consommateurs hédonistes » (16%), la « France tranquille » (11%), les « précaires écrasés » (11%), les « intellectuels » (9%), les « combatifs » (8%), les « néo-bourgeois » (8%), les « performers » (8%), la « bourgeoisie installée » (7%), les « passionnés créatifs » (6%). La France devient un véritable archipel, dont les îlots, au fil des mois, ne cessent de s'éloigner les uns des autres. Certains passent mieux la crise que d’autres, certains se replient sur eux-mêmes contrairement à d’autres... Les jeunes ont de plus en plus de mal à s’intégrer dans la société des baby-boomers. Le poids démographique est désormais favorable aux seniors, et la société leurenfants.Matthieu Camozziressemble de plus en plus. La confiance dans l’Etat-providence est quasi nulle chez les jeunes. Pour toutes ces raisons les Français réinventent des airbags collectifs contre le pessimisme, comme les entreprises, la vie en réseau sur Internet où les contacts sont plus faciles pour ceux qui n’en avaient pas, et bien sûr la famille. Les solidarités inter-générationnelles se multiplient en temps de crise, pour l’instant dans un seul sens : les seniors, qui en ont les moyens, donnent temps et argent à leurs descendants. La famille jetée aux orties en 68 n’aura été qu’une parenthèse de l’histoire.Mais la dépendance ne va-t-elle pas romprece nouvel équilibre ?Avec l’allongement de la durée de vie, la question de la dépendance va se poser. On ne mesure pas encore réellement à quel point elle va peser sur le collectif. Selon nombre de chercheurs prospectivistes, ce type de solidarité tiendra encore dix ans seulement, puis par la suite les baby-boomers devront financer leur propre dépendance. Ce qui sera un grand changement, car à 90% les Français – et c’est une particularité –, caressent le rêve de transmettre un patrimoine à leursec un adulte qui en-Propos recueillis par M.C.DÉC. / JANV. 45]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Mompreneurs & DadpreneursCertaines imposent des limites à leur boîte par manque d'ambition ou par crainte, certains doivent changer les mentalités.«Osons!»La vie de ceux qui ont choisi l'entrepreneuriat pour voir grandir les enfants n'est pas un long fleuve tranquille.du côté desEtre mère et créatrice d’entreprise sont deux casquettes qui peuvent être cumulées.SMOMPRENEURS onia Ben El Mabrouk,commerce Autourdu- foulard.com, a connu tous les affres du « mompreneuriat ». « Quand mon premier enfant est arrivé, j’ai arrêté de tra- vailler, explique cette mère de trois enfants de 36 ans, ac- tuellement basée à Grenoble. Mais très vite, je me suis en- nuyée. J’ai donc décidé de créer mon activité, d’autant que j’ai toujours voulu être indépendante. » Son mari étant muté tous les cinq ans, la jeune femme, de formation com- merciale, décide de rester dans ce domaine, mais en utilisant le canal du Web. Elle crée son activité en 2011, mais les pre- miers pas ne se font pas sans difficultés : « Je n’arrivais pas à m’organiser, explique- t-elle. Je ne voyais plus ma famille ». Des questions d’ar- gent aggravent les tensions : « J’ai fait des erreurs d’in- vestissement au départ, recon- naît la jeune femme. Mon mari avait aussi mis de l’argent personnel. Alors qu’au départ il me soutenait, il a même voulu que j’arrête. »A force de persévérance, Sonia Ben El Mabrouk parvient à redresser la barre et à équilibrer ses comptes. La jeune femme espère doubler son chiffre d’af- faires, actuellement de 20000 euros, en 2015. Ses enfantsA condition de vaincre une certaine timidité.trois ans, il est très difficile de retrouver un emploi, martèle- t-elle. Et en cas de séparation, ces femmes se retrouvent sans rien. » « En même temps, la dépendance financière vis-à-fondatrice du site de e-représentent-ils un frein à la croissance de son entreprise ? « Oui, je le pense, reconnaît- elle sans détours. Pour vrai- ment développer mon entre- prise, je devrais démarcherfaudrait que je mette de côté mari et enfants ! » L’exemple de Sonia Ben El Mabrouk illustre les difficultés que peuvent rencontrer les « mompreneurs », ces femmeslions, le mouvement a fait boule de neige en France à la fin des années 2000, au mo- ment de la mise en place du ré- gime de l’auto-entrepreneur.ployeur dans l’espoir de mieux concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. MaisJ’aime ma boîteLoiselet & Daigremont plébiscité au challenge GiFi dela tâche s’avère qu’escomptée. Selon des tra- vaux de Julie Landour, socio-Une fois leur bébé né, certaines femmes vont rester dans leur bulle, créer une entreprise sans vrai projet businessplus rude« Depuis que je suis entrepreneure à la maison, c’est fou ce que je muscle mon bras droit... »MANQUE DESOUTIEN ET D’INVESTISSEMENT Face aux problèmes de gestion du temps, devenir son propre employeur n’est pas la panacée : selon une enquête réalisée par l’association Mompreneurs France, 58% rencontrent des difficultés à concilier vie pro- fessionnelle et vie familiale. La question des tâches ména- gères est bien sûr centrale. 54% des femmes entrepre- neures se sentent peu voire pas aidées par leur conjoint, contre 34% des hommes, selon le Baromètre femmes entre- preneures publié par la Caisse d’Epargne en 2012. Accaparées par leur enfant, les mompreneurs ont parfoisdavantage, faire toutes les bou- tiques de ma région. En même temps, je n’ai pas envie. Si je voulais être millionnaire, ilqui créent leur entreprise pour mieux s’occuper de leurs en- fants. Né aux Etats-Unis, où elles seraient plus de sept mil-UN TABLEAU CONTRASTÉLes mompreneurs choisissent de devenir leur propre em-logue et doctorante à l’EHESS, menés auprès d’un collectif de mompreneurs, seules 32% d’entre elles déclarent un chif- fre d’affaires supérieur à 10000 euros. « Très peu de mompre- neurs vont se mettre en SARL », observe Stéphanie Benlem- selmi, directrice d’ARH Conseil et auteur de Mompre- neur : être maman et créer son entreprise (ed. Eyrolles). Si toutes les mompreneurs ne recherchent pas l’indépendance financière, le risque de précarité est bien présent. Des associa- tions féministes ont d’ailleurs dénoncé le mouvement des mompreneurs comme une forme de retour au foyer. Co- fondatrice de la Caravane des Entrepreneurs, Maïté Debeuret a vu certaines de ces femmes, pourtant très qualifiées, se re- trouver dans des situations pré- caires. « Lorsqu’on quitte le marché du travail, au bout devis du conjoint peut aussi être un avantage, relativise Sté- phanie Benlemselmi. Cela per- met de minimiser les risques. »chronique parrainéeEn tant que Dg, je suis tou- jours fier des initiatives ori- ginales lancées par nos collaborateurs. Et quand une de ces initiatives concerne l'un de nos meilleurs et plus fidèles éléments (l’agence de Paris 15ème sous la direc- tion de Bertrand Esposito), je ne suis pas seulement fier, mais reconnaissant. Notre groupe est un groupe fami- lial, le seul aujourd'hui dans le top 10 de notre secteur del’opération J’aime ma Boîte 2014par Sophie de Menthonl'administration de biens. Nous demeurons fortement attachés aux valeurs qui font la force et l'exception des en- treprises familiales en géné- ral et de Loiselet & Daigremont en particulier : le respect, la confiance, la solidarité, la proximité avec nos partenaires. Or, nos col- laborateurs sont nos pre- miers partenaires.entre la valeur travail et notre métier : le travail, tout comme le logement, est de- venu une denrée rare que chacun s'attache à préserver. Objet aussi de tous les dan- gers, mais de tous les plai- sirs, le travail représente aujourd'hui une vraie force dans l'existence d'un indi- vidu. Il apporte un bien-être, une satisfaction pleine et en- tière, une jouissance quand il est "bien fait". Or quand desurcroît, il est bien vécu et quand il permet aux femmes et aux hommes de se sentir comme dans un cocon, il est un relais essentiel dans la so- ciété. L'entreprise joue alors un rôle déterminant dans le bien-être des individus qui ont la chance d'être bien in- tégrés.Philippe Loiselet Directeur Général de Loiselet & DaigremontPrésidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESEDe plus, d’un point de vue plus général, le lien est fort46 DÉC. / JANV.Œ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Mompreneurs & Dadpreneursdu mal à s’investir dans leur projet d’entreprise. « Une fois leur bébé né, certaines femmes vont avoir tendance à rester dans leur bulle, souligne Sté- phanie Benlemselmi. Elles vont vouloir créer leur entre- prise, mais sans vrai projet de business. »« beaucoup de femmes ont be- soin d’être confortées dans leur projet », ajoute la directrice d’ARH Conseil.Stéphanie Benlemselmi. Alors qu’un homme va investir sans forcément tenir compte de l’avis de sa compagne, les femmes sont plus frileuses. »également droit à des aides spécifiques, telles que le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF), un genre d’Oséo au féminin.« Même si elles ont un bagage professionnel et un bon niveau d’études, beaucoup de femmes vont avoir un déficit de for- mation en matière de mana- gement et de gestion, ajoute Maïté Debeuret. Or si vous n’êtes pas formée à l’entre-Dans une moindre mesure, ces difficultés se retrouvent chez l’ensemble des porteuses de projet. Les entreprises avec des femmes à leur tête croissent moins vite que celles des hommes, selon le Baromètre 2014 publié par la Caisse d’Epargne. Les premières en- registrent un chiffre d’affaires moyen de 182000 euros, contre 294000 euros pour ces mes- sieurs. Les entreprises crééesDISTINGUER VIE PRO ET VIE PERSOPour soutenir les femmes dans leur création d’entreprise, clubs et réseaux dédiés aux porteuses de projet se sont multipliés. Au niveau des régions, l’as- sociation des Mampreneurs a mis en place des ateliers net- working, les MamCafés, pour que les mères de famille puis-Autre initiative notable au ni- veau de la formation : l’Essec a développé un MOOC en collaboration avec la TV des Entrepreneurs, dispensant les fondamentaux juridiques, mar- keting, comptables... pour les femmes qui ne peuvent se dé- placer, ce qui est souvent le cas des mères avec un enfant en bas âge.Les femmes prennent moins de risques, cherchant d’abord à consolider leur projet dans la duréeDans tous les cas, Stéphanie Benlemselmi recommande de se faire accompagner par un expert ou une couveuse d’en- treprise. Pour ne pas se laisser déborder, « il faut bien séparer sa vie pro de sa vie perso, et savoir faire garder les enfants de temps en temps », souligne- t-elle. C’est ce qu’a fait Sonia Ben El Mabrouk, qui a jonglé entre garderie et activités extra-scolaires pour ses enfants afin de libérer du temps. Au-delà des questions d’or- ganisation, Stéphanie Benlem- selmi souligne la nécessité depreneuriat, le risque d’échec est très important. »Qui plus est, le soutien de l’entourage n’est pas toujours au rendez-vous. « Les mom- preneurs sont parfois perçues comme des femmes au foyer, souligne Soazig Renault, coor- dinatrice nationale du Réseau des Mampreneurs. Elles peu- vent se sentir isolées, d’autant qu’elles démarrent le plus sou- vent leur activité de chez elles. » « Un homme qui crée sa boîte va être pris au sérieux, alors que ce sera perçu comme un hobby dans le cas d’une mom- preneur », pointe Stéphanie Benlemselmi. Un manque de soutien d’autant plus lourd quepar les femmes représentent donc un potentiel de croissance sous-exploité. D’autant qu’elles emploient seulement 1,9 sala- riés en moyenne, contre 2,6 pour les hommes. « La prise de risque est moins importante chez les femmes que chez les hommes, avance Soazig Re- nault pour expliquer cette dif- férence. Les femmes cherchent d’abord à consolider leur pro- jet et mettent plus de temps à investir sur la durée. »sent se rencontrer et rompre leur isolement. De son côté, le réseau Mompreneurs France propose notamment des par- rainages et des mentorings par des femmes chefs d’entreprise expérimentées.La question du financementest également problématique :« On observe souvent des por-teuses de projet qui veulentmonter leur boite avec un mi-nimum de risques, observe femmes entrepreneures onts’assumer plei.que chef s’entreprise. « Il faut réussir à convaincre l’entou- rage, et surtout, se convaincre soi-même, que l’on a un vrai projet », martèle-t-elle. Même conclusion du côté de Maïté Debeuret : « Etre chef d’en- treprise, c’est une activité à part entière ».DéfricheursCatherine QuignonAu-delà des réseaux s’adressant spécifiquement aux mompre- neurs, il existe une multitude de structures dédiées aux femmes créatrices : Femmes Business Angels, Financi’Elles, Entreprendre au féminin... En région, les Clefe (Club local d’épargne pour les femmes qui entreprennent) accordent des prêts à des entreprises créées par des femmes. Lesnement en tantdu côté desDADPRENEURSC onsultant en stratégie de marque, Yves Bo- nis démarre sa car- rière il y a sept ans dans une grande agence de communi- cation en région parisienne, alors qu’il vient tout juste d’être père. Très vite, le jeune homme supporte mal le rythme effréné de l’agence. « Je partais tôt le matin, ren- trais tard le soir, j’étais sans arrêt dans l’urgence..., se souvient-il. Mais surtout, je ne voyais quasiment pas maTiraillés entre carrière et paternité, les « dadpreneurs » ambitionnent de mieux concilier les deux endevenant leur propre patron. Ils auront surtout àvaincre les préjugés, qui ont étonnamment la peau dure.fille. » Lorsque son contrat se termine, Yves Bonis est démarché en 2009 par un cabinet de chasseur de têtes, qui lui offre un poste pres- tigieux dans une grande so- ciété de e-commerce. Pour- tant, le jeune homme refuse. « C’était une proposition très intéressante, mais avec des horaires assez lourds et des déplacements réguliers à l’é- tranger, indique-t-il. Je me suis dit que si je mettais le doigt dans cet engrenage, jene serais plus qu’une ombre pour ma fille. »Entre sa carrière et sa vie de père, Yves Bonis tranche. Lui et sa compagne, elle- même à son compte, quittent le rythme frénétique de la capitale pour s’installer à Poitiers. Suivant l’exemple de sa femme, le jeune homme décide de monter sa propre agence de conseil en com- munication. « Je voulais développer une entreprise qui soit rentable, efficace,tout en me permettant de voir grandir ma fille, explique-t- il. Mon objectif n’est pas de réussir ou croître à tout prix, mais de mieux concilier ma vie familiale et ma vie pro- fessionnelle. »48 DÉC. / JANV.Yves Bonis fait partie de ces pères qui ont choisi de créer leur entreprise pour profiter davantage de leur vie de fa- mille. Néologisme calqué sur celui des « mompreneurs »,NOUVEAUX PÈRES]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Mompreneurs & Dadpreneurs CLUB ENTREPRENDREses clients lui propose de tra- vailler pour lui, il décide de retourner dans le giron de l’entreprise. « C’était d’abord une belle opportunité, pas du tout une décision de re- tourner au salariat, indique- t-il. De plus, mon employeur est très souple et me permet de faire du télétravail. »haitais exercer depuis chez moi et libérer mon mercredi pour pouvoir m’occuper d’elles. » Bien sûr, concilier les deux casquettes ne se fait pas sans peine. « Quand les enfants étaient malades, je travaillais quand même, se remémore-t-il. Je me rappelle d’une fois où ma premièreRésonances sait valoriser son statut de dadpreneur : « Etre heureux et organisé dans ma vie de père participe à ma performance, fait-il valoir. Que je travaille à midi ou à minuit, peu importe. Là où le client gagne, c’est que je peux libérer du temps en cas d’urgence. »l’homme qu’à la femme à la maison. »La double casquette des dad- preneurs n’a pas que des in- convénients. Quelques jeunes pères tirent de leur expérience des idées de business : vête- ments pour enfants, biberons sans bisphénol A... « Jamais je n’aurais pu développer les idées que j’ai eues lorsque, étant salarié, je devais courir tout le temps », est d’avis Yves Bonis.Certains trouvaient que j’avais de la chance, mais d’autres voyaient en moiToutefois, pour une femme comme pour un homme, est- il réellement possible de conjuguer ambitions profes- sionnelles et vie familiale sans sacrifier l’un à l’autre ? « C’est d’abord une question de priorité, estime Laurent Campagnolle. J’ai toujours pu concilier les deux, maisles premiers « dadpreneurs » revendiqués en tant que tels sont apparus aux Etats-Unis. Outre-Manche s’est fondé le « Dadpreneur Movement » pour encourager les pères qui le souhaitent à fonder leur propre business, et plus largement, faire connaître leur cause.Catherine Quignonun chômeur« Attendez deux petites secondes j’interrompe la conférence skype, je dois signer un contrat »munication & formation pour le cabinet de conseil en créa- tion d’entreprise InnComm. Ils ne veulent plus dépendre d’un patron pour gérer leur temps. On en voit aujourd’hui qui se demandent comment s’organiser pour aller cher- cher les enfants à l’école, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. »Et que pensent ses clients de sa double vie ? « Ils trouvent ça bien, d’autant que certains ont eux-mêmes mis en place le télétravail », indique Lau- rent Campagnolle. Il faut dire que le fondateur de l’atelierjen’aip.à faire grossir mon entre- prise. » Grégory Herré, lui, est plus catégorique : « Le fait d’avoir des enfants est une perte de chance profes- sionnelle, estime-t-il. C’est un mythe de croire le contraire. Mais c’est un choix. »Pendant son interlude de dad- preneur, Grégory Herré a dû faire face au regard des au- tres : « Certains trouvaient que j’avais de la chance, mais d’autres voyaient en moi un chômeur », pointe-t-il. Les femmes ne sont pas forcément plus compréhensives : « A la sortie de l’école ou aux réu- nions de parents d’élèves, je me suis parfois senti comme un intrus, déclare-t-il. Si l’homme s’implique, certaines femmes se sentent acculées. » Yves Bonis s’est également heurté aux préjugés : « So- cialement ce n’est pas évident, admet-il. Lorsque j’ai refusé ce poste à Paris, une amie m’a dit que j’étais fou! Le modèle du “chasseur cueilleur” subsiste. L’homme a l’injonction de réussir et dans certains cas, on le chasse de la sphère de l’éducation des enfants. »fille hurlait dans la cuisine alors que j’étais au téléphone. » D’où l’importance de faire comprendre la situation aux enfants : « Je m’isolais dans ma chambre et si mes filles venaient taper à la porte, je leur expliquais que papa tra- vaillait », relate le chef d’en- treprise.Le soutien du conjoint est également essentiel. « Avant de sauter le pas, il faut que tout le monde soit d’accord », insiste Yves Bonis. Lorsqu’il s’agit de redéfinir le rôle de chacun, l’ajuste- ment ne se fait pas sans heurts : « Quand ma cadette est née, je faisais le parfait ma- cho à la maison et ma femme ne l’a pas supporté, se sou- vient Grégory Herré. Mais à Rouen, j’ai vécu l’inverse ! Cela m’a fait prendre con- science que l’on ne demande pas forcément autant àas non plus cherchéLes dadpreneurs ne se re- connaissent plus dans l’image du cadre sup’ débordé, long- temps présenté comme le symbole de la réussite au masculin. Tout comme les mompreneurs, ils rejettent le monde de l’entreprise clas- sique, qui laisse peu de place aux salariés parents. Cher- chant à inventer de nouveaux modèles, les dadpreneurs re- vendiquent une plus grande place du père dans la société. Outre-Atlantique se sont mul- tipliés blogs et forums dédiés. En France, il existe des as- sociations qui militent pour une meilleure prise en compte de la paternité en entreprise, comme Mercredi-c-papa, mais aucune association de dadpreneurs. S’ils ne sont encore qu’une poignée, les dadpreneurs revendiqués en tant que tels semblent an- nonciateurs d’un mouvement plus large. « On voit de plus en plus d’hommes pour qui l’une des motivations pour créer leur entreprise est leur vie familiale, observe Samira Lahreche, responsable com-POIDS DES PRÉJUGÉSFAIRE LA PART DES CHOSESTout comme leurs équivalents féminins, les dadpreneurs doivent apprendre à concilier enfants et business. Pour eux non plus, il n’y a pas de so- lution miracle. « Les hommes qui créent leur entreprise pensent qu’ils seront plus disponibles, à tort, souligne Samira Lahreche. Cela peut être source de conflits dans la vie conjugale. C’est pourquoi il est impor- tant de distinguer les deux domaines. »Si l’arrivée de l’enfant se conjugue bien souvent avec le désir de se lancer en indé- pendant, ce choix est parfois contraint, suite à un licen- ciement ou un déménage- ment. Grégory Herré, 37 ans, père de trois enfants et auteur du blog Mauvaispere.fr, quitte son poste de cadre dans l’in- dustrie pharmaceutique lorsque sa femme obtient un poste de médecin urgentiste à Rouen, en 2010. « De toute manière, avec deux enfants en bas âge et nos horaires, nous ne pouvions pas conti- nuer sur le même rythme », indique-t-il. Grégory Herré se retrouve donc père au foyer à Rouen, un peu malgré lui. Le jeune homme trouve quelques missions : il fait des travaux rédactionnels, donne des cours en faculté de pharmacie. Petit à petit, il accumule les contrats et finit par créer sa propre structure en tant qu’auto-entrepreneur. Mais lorsqu’en 2012, un dePour Laurent Campagnolle, 44 ans, fondateur de l’atelier de communication sensorielle Résonances et père de deux filles, la question de l’orga- nisation s’est posée dès le départ. « J’ai créé mon en- treprise en 2008 suite à un licenciement et après m’être séparé de mon épouse, in- dique-t-il. Alors que j’avais la garde alternée de mes filles encore jeunes, je sou-DÉC. / JANV. 49]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Voyages d’affaires en avionGame of (business) ThronesAu sol comme en cabine, la clientèle d’affaires est dorlotée. Les compagnies moyen-orientales et asiatiques semblent les plus douées à ce peQtit jeu, mais leurs homologues européenneset américaines n’ont pas dit leur dernier mot. Tour d'horizon.uelles que soient les extrêmement concurrentiel, Qatar Airways a été nom- zones de turbulences même s’il est relativement mée « meilleure classe af- dans le ciel écono- restreint en termes de nom- faires » deux années de suite« Mais quelle idée de servir du Dom Pérignon à bord aussi... »BUSINESS CLASS VS PREMIUM ECONOMY Le contexte concurrentiel sur la classe affaires ne risque pas de faiblir dansmique mondial, les compa- bre de passagers », analyse par Skytrax en 2013 et 2014.gnies aériennes se livrent une guerre sans merci sur le créneau de la classe af- faires. Un produit straté- gique sur lequel elles conti- nuent d’investir massive- ment pour imposer leur dif- férence. Logique. « La bu- siness class étant en moyenne quatre à six fois plus chère que la classe économique, elle reste laPatrick Malval, directeur général de British Airways pour l’Europe de l’Ouest et de la filiale Openskies. D’une manière générale les compagnies ont du mal à gagner de l’argent, elles se concentrent donc sur la bu- siness class. Or la clientèle d’affaires est assez volatile. Cela explique que la concur- rence soit féroce sur ce seg-Cependant, l’écart avec les grandes compagnies euro- péennes et américaines se réduit sensiblement, car celles-ci sont bien décidées à ne pas se laisser distancer. « La concurrence est ren- forcée par l’arrivée de nou- veaux entrants qui possèdent des avions récents et se li- vrent à une surenchère en matière de services, constateLa business class étant en moyenne quatre à six fois plus chère que la classe économique, elle restela plus rentable50 DÉC. / JANV.plus rentable, souligne Mi- chel Dieleman, président de l’Association française des travel managers (AFTM). Chaque compagnie sait bien que si les autres investissent et pas elle, elle finira par se faire manger. » Une guerre économique à coups d’innovations et de millions d’euros qui profite au voya- geur, car si les prestations montent en gamme à tous les étages, les tarifs eux res- tent plutôt stables. « Le mar- ché de la classe affaires estment de marché. « Ce seg- ment est prioritaire pour toutes, confirme Jean-Fran- çois Raudin, directeur du marketing et des ventes chez Malaysia Airlines pour la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce. Au- cune compagnie ne fera d’économie là-dessus. » Dans cette course à « qui aura la plus belle business class », les compagnies asia- tiques et moyen-orientales sont les plus performantes. Ce n’est pas un hasard siJean-François Raudin. Les classes avant sont devenues un enjeu stratégique pour les compagnies et il n’y a plus de limites. Je citerais pour exemple la compagnie Etihad (Abu Dhabi), qui vient de lancer dans ses avions des appartements de luxe avec majordome. »Œ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frCLUB ENTREPRENDRE Business guides - Voyages d’affaires en avionn°16les années qui viennent avec la conversion des compa- gnies low-cost à ce (juteux) segment de marché. Easyjet et Vueling s’y sont déjà mises. Ryanair suit le mou- vement, avec une offre dé- diée lancée à la fin de l’été. « L’émergence du low-cost dans le voyage d’affaires commence seulement et concerne surtout les volsrié. » Pour éviter la fuite des clients affaires en pé- riode de restrictions bud- gétaires, certaines compa- gnies ont lancé une classe intermédiaire baptisée pre- mium economy. C’est le cas d’Air France ou, plus ré- cemment de Lufthansa. Un moyen de voyager avec da- vantage de confort sans pour autant faire exploser le bud-France a déjà séduit trois millions de passagers. Mais cela n’empêche pas cer- taines compagnies de rester prudentes. « Chez Malaysia airlines, nous n’avons pas de classe premium economy car nous craignons de voir des passagers de classe af- faires descendre en pre- mium », justifie Jean-Fran- çois Raudin. L’autre raisonrythme de chaque passager est clairement une grande tendance du marché », constate Eugénie Audebert, chef de produit business long-courrier chez Air France. Dans cette optique, la compagnie tricolore pro- pose une pré-réservation des plats chauds à la carte. On retrouve une offre similaire notamment chez Malaysia Airlines, où le client peut sélectionner son repas avant le départ parmi une ving- taine de plats différents. Pour plus de proximité avec le client, British Airways a, pour sa part, choisi d’équiper son personnel de bord d’iPad sur lesquels sont téléchargées les infor- mations concernant chaque passager. « Le chef de ca- bine sait si tel ou tel client a subi un retard de bagage lors d’un vol précédent ou bien s’il a des préférences en matière de repas, de vin ou encore s’il aime être as- sis côté couloir ou côté fe- nêtre », détaille Patrick Mal- val.Il n'y a plus de limites. Regardez Etihad (Abu Dhabi), qui vient de lancer dans ses avions des appartements de luxe avec majordomecourts et moyen-courriers », précise Michel Dieleman. Or, c’est sur le long-courrier que la classe affaires est particulièrement prisée. « Le curseur est souvent placé autour de six heures de vol, note Michel Dieleman. La durée de la mission compte également. Un aller-retour sur trois jours en classe éco sera pénible pour le sala-get. Ce qui va faire plaisir au directeur financier. « Il arrive que l’on envoie le salarié en business class à l’aller pour qu’il arrive en bonnes conditions, et de lui prendre un vol en premium economy pour le retour », remarque Michel Dieleman. Et cela fonctionne. Depuis son lancement en 2009, la premium economy d’Airest simple : déployer une nouvelle classe dans toute une flotte d’appareils coûte cher, très cher.LA MORT DU SIÈGE INCLINÉPour se différencier en bu- siness class, les compagnies aériennes misent d’abord sur la personnalisation du service. « S’adapter auLa concurrence se joue éga- lement sur le confort en ca- bine. Et comme le sommeil de l’homme d’affaires est précieux, le full-flat bed (siège-lit qui se déplie en- tièrement à l’horizontale) est devenu en quelques an- nées un standard incontour- nable. « Les sièges inclinés en classe affaires, c’est ré- volu », confirme Michel Dieleman. Lancées en juin dernier sur la liaison Paris- New-York, les nouvelles ca- bines business d’Air France revisitent ce concept avec un fauteuil design présentéLes compagnies qui proposent l’op- tion « hôtesse de l’air comique » sont celles qui s’en sortent le mieuxEn classe éco, la « guerre deInsoliteDÉC. / JANV.Cet été, à quelques jours d’écart, dans le ciel américain, deux avions ont dû être déroutés pour cause de prises de bec entre passagers de classe éco. Au cœur de la discorde : l’inclinaison des sièges, qui peut indisposer sérieusement le voisin de derrière. Le problème n’est pas nou- veau. Qui, en effet, n’a jamais connu en avion le plaisir de sentir contre ses genoux la douceur du siège de devant ? Médiatiquement baptisée « guerre des jambes », cette série d’incidents peut prêter à sourire. Mais elle est prise très au sérieux par les compagnies aériennes, bien que le phénomène reste actuellement marginal et très... américain. Outre-At- lantique, certains passagers vont même jusqu’à s’offrir (pour une vingtaine dedollars) un joujou baptisé « knee defen- der » (protège-genou), qui permet de bloquer l’inclinaison du siège devant soi. Le top en matière de savoir-vivre. « J’ai longtemps travaillé chez American Airlines, explique Jean-François Raudin, directeur du marketing et des ventes chez Malaysia Airlines France. J’y ai vu des comporte- ments de passagers que je n’ai ensuite jamais rencontrés chez Malaysia Airlines. Cela s’explique par le fait qu’il y a dans nos appareils une densification moindre que dans ceux des compagnies euro- péennes ou nord-américaines. »Pour prévenir d’éventuelles guerres des jambes en plein ciel, les compagnies tra- vaillent beaucoup à l’amélioration des sièges en classe éco. « Nous avons en-52]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[es jambes » a commencé...tièrement revu le design du fauteuil afin de libérer de l’espace pour le passager », souligne Eugénie Audebert, chef de produit business long-courrier chez Air France. Même chose chez Korean Air où l’on a mis en place un siège dont le dos s’allonge en même temps que l’assise coulisse vers l’avant, afin de ne pas toucher les genoux du voisin de derrière. Tablettes plus hautes, sièges plus fins voire carrément suppression des sièges inclinables... tous les leviers sont bons pour gagner quelques centimètres d’espace pour les gambettes, sans pour autant réduire le nombre de sièges.L’autre moyen d’éviter les bagarres en vol est d’occuper les passagers. « Nos écrans sont passés de six à neuf pouces et nous proposons plus de 1000 heures de films »,souligne Eugénie Audebert. « Sur un vol long-courrier, si vous avez de quoi vous oc- cuper l’esprit, le fait que le siège de devant s’incline vous gênera moins », confirme Patrick Malval, directeur général de British Airways pour l’Europe de l’Ouest. Pour dé- tendre au mieux ses passagers, la compagnie britannique ne manque pas d’imagination. Elle a lancé cet été sa chaîne baptisée « Paws & relax », sur laquelle on peut visionner à l’envi... des vidéos de chiens et de chats (trop mignons). « De nombreuses recherches indiquent que ce type de vidéos peut amé- liorer la sensation générale de bien-être », justifie Richard D’Cruze, responsable du di- vertissement à bord chez British Airways. On n’arrête pas le progrès.WI-FI OR NOT WI-FI ?Les compagnies rivalisent également sur le plan des nouvelles technologies. Mu- sique, jeux vidéo, centaines d’heures de films et de sé- ries, téléphones, prises USB, alimentations... Le passager en classe affaires aura du mal à s’ennuyer. Reste la grande question du Wi-Fi à bord, qui n’est pas encoreBusiness guides - Voyages d’affaires en avion CLUB ENTREPRENDRELe full-flat bed est devenu un standard incontournable, les sièges inclinés en classewww.ecoreseau.frn°16comme un « cocon » dont les formes arrondies créent un espace privatif pour chaque passager. Le tout avec un accès direct à l’al- lée, quel que soit l’empla- cement du siège. De son côté, British Airways, qui revendique la paternité duentré dans les standards. Et encore moins le Wi-Fi gra- tuit. Ainsi, des compagnies comme Air France ou Bri- tish Airways n’ont pas l’in- tention de généraliser ce service... pour l’instant. « Nous sommes encore en phase de réflexion, reconnaîtde données téléchargées (Singapore Airlines, TAP Portugal...), celles qui pro- posent des forfaits à l’heure, à la journée, au vol, voire à l’année (Etihad, Luft- hansa...) et celles qui font payer selon les frais de roa- ming (TAM, Saudia...). Ende repassage, des espaces de repos ou de travail (avec scanners, photocopieuses...), et même des soins du vi- sage, des massages ou des spas. Là encore, les com- pagnies moyen-orientales mettent le paquet. Ainsi le nouveau salon business deaffaires sont révolusfull-flat, en est à la qua- trième version depuis le lan- cement de cette innovation à la fin des années 1990. A noter que, pour les plus stressés, les sièges de cer- tains vols de Qatar Airways sont dotés d’une fonction massage du dos intégrée... Cela dit, celui qui n’a pas sommeil peut préférer l’A380 de Korean Air dont la totalité du pont supérieur est dédiée à la classe af- faires. Il y trouvera, à l’avant et à l’arrière de la cabine, des salons équipés de bars à cocktails ainsi qu’une boutique duty-free.Patrick Malval. Nous atten- dons que la technologie soit parvenue à un certain degré de maturité avant d’inves- tir. » Le moteur de recherche Momondo a récemment dressé un inventaire en la matière. Il en ressort de grandes disparités entre les compagnies qui offrent le Wi-Fi à leur clientèle d’af- faires (SAS, Turkish Air- lines, Hong-Kong Air- lines...), celles qui font payer en fonction du type d’ap- pareil connecté (Emirates, Oman Air...) ou du volumedeux mots : la jungle.Au sol également, les com- pagnies bichonnent leurs clients business class. Zone d’enregistrement et file d’embarquement dédiées sont des classiques. « L’ob- jectif est d’aller vers tou- jours plus d’efficacité et de fluidité », commente Eugé- nie Audebert. Les salons également évoluent sans cesse vers toujours plus de confort et de raffinement. On y trouve des offres de restauration haut de gamme, des douches, des servicesl’aéroport international Ha- mad à Doha (Qatar), avecarmi ses 10000m2, compte p.les plus grands du monde. Cet espace cinq étoiles lu- mineux et design est réparti sur deux niveaux. Il peut accueillir jusqu’à 1000 vi- siteurs en même temps et dispose d’une piscine à dé- bordements de 15m sur 7m... Qui dit mieux ?Yann PetiteauxDÉC. / JANV.53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Séminaires haut de gammeHaute précisionL Cesséminairesjadisdegrandeenverguresemblentplusconcisetmodestes,maisneseront certainement pas plus faciles à organiser à l’avenir...a folie des grandeurs clients ayant refusé un hôtel serait-elle définitive- 5 étoiles pour cette raison, ment de l’histoire an- ou d’autres ayant, de la mêmecienne ? Les événements manière, renoncé à un courtd’entreprise, comme bien d’autres secteurs, ont été in- fluencés par la crise. « Dans un contexte économique dif- ficile, plus de 30% des en- treprises ont vu leur budget MICE diminuer en 2013 et ont dû s’adapter », note Isa- belle de Ponfilly, directrice commerciale des Yachts de Paris. Au cœur du marché de l’événementiel, le séminaire occupe une place prépondé- rante (80% des événements d’entreprise) mais a, à cause d’un contexte de nouvelles préoccupations et de lois res- trictives, considérablement évolué.trajet en hélicoptère. Dans un contexte de crise et d’encou- ragement à « serrer la cein- ture », se montrer trop à l’aise pourrait mal passer... et ce même auprès des personnes conviées au séminaire !Dans ce cadre global, le seg- ment du séminaire haut de gamme a lui aussi mué. La tendance est, d’une certaine manière, à plus de modestie. Les escapades délirantes du style affrètement d’un avion pour passer une soirée mé- choui dans un campement berbère au Maroc, fortes en terme d’impact sur les parti- cipants mais catastrophiques d’un point de vue financier et écologique, semblent moins fréquentes. Cependant même si les séminaires haut de gamme se font plus mesurés qu’auparavant, ils ne sont pas nécessairement plus simples à mettre en place pour leurs organisateurs.« Non, je ne sais pas quand est prévu le buffet ou la visite de l'île voisine. Quelqu'un a-t-il une question en rapport avec ma présentation ? »Les objectifs de ces événe- ments, eux, sont restés les mêmes : récompenser des collaborateurs, mêler travail et loisir dans un lieu excep- tionnel, s’offrir un moment de détente entre dirigeants, renforcer des relations avec des clients privilégiés en ren- voyant une image forte de l’entreprise... « Les clients désirent un lieu de caractère et expriment une volonté de bien-être, de lâcher-prise, tout en désirant impressionner les personnes conviées au sé- minaire », résume David Fiévé, le directeur de la res- tauration du Grand-Hôtel du Cap-Ferrat, 5 étoiles Palace. Les attentes et les exigences clients ont, en revanche, changé. Selon Isabelle de Ponfilly, une tendance se confirme autour de manifes- tations marquantes, à contenu et messages forts tandis que les demandes ont parallèle- ment évolué autour de points devenus incontournables : connectivité (infrastructures équipées des technologies les plus modernes), originalité (devenue un critère de prédi- lection pour l’organisation de ces séminaires haut de gamme) et modularité. « Ils cherchent des lieux modula- bles, qui vont offrir des pos- sibilités démultipliées pour ces temps forts de communi- cation ; ainsi, il n’est pas rare de répondre à des de- mandes d’événements en plu- sieurs temps avec l’organi- sation d’une session plénière, suivie d’ateliers dynamiques puis de nouveau de partage des éléments. » La séparation stricte entre temps de travail et temps de loisir tend égale- ment à s’estomper.MODESTIE OBLIGEclient, en termes de modula- rité, de connectivité mais aussi en termes de niveau de gastronomie attendu, de prise en charge des équipes et de toute la valeur ajoutée degroupes de clients à motiver. Les destinations sont plus rapprochées qu’auparavant. La durée des événements di- minue. Yves Brunot, directeur de l’agence conseil en évé-des repas sur place, une ini- tiation à la dégustation de vin avec un œnologue, une randonnée en raquettes et chiens de traîneau... « Bref, des activités agréables dansginalité de l’expérience et la qualité du service que dans le clinquant tape-à-l’œil ou la destination exotique. D’un point de vue communication, il n’est d’ailleurs plus forcé-Pourquoi ? « La confirmation des événements se fait de plus en plus tard, explique Thomas Jobbé-Duval, directeur mar- keting de Relais & Châteaux. Auparavant, nous travaillions sur un planning annuel, mais il nous arrive maintenant d’enregistrer des demandes une ou deux semaines seule- ment avant la date choisie par l’entreprise. » Consé- quence ? De nouveaux enjeux pour les organisateurs : « Nous devons faire preuve d’une plus grande réactivité et ré- pondre dans les 24 heures à toute demande commerciale, en intégrant l’ensemble du cahier des charges de notre54 DÉC. / JANV.Le curseur du haut de gamme se situe plus dans l'origi- nalité de l'expérience et la qualité du service que dans le clinquant tape-à-l’œil ou la destination exotiquenos équipes en nos lieux », complète Isabelle de Ponfilly. Les séminaires haut de gamme concernent au- jourd’hui le plus souvent des groupes réduits, comme des comités de direction ou desnements d’entreprise Aéreau, se souvient par exemple avoir organisé pour un comité de direction de huit personnes un séjour de 3 jours/2 nuits dans un chalet à La Clusaz avec un cuisinier s’occupantun très beau cadre, mais loin du haut de gamme déli- rant ! », résume-t-il.De fait, si bien sûr ces sémi- naires restent onéreux, le cur- seur du haut de gamme se si- tue en un sens plus dans l’ori-ment très bon de se montrer trop dépensier. « Certaines entreprises ont les budgets mais ne le dépensent effecti- vement plus pour des raisons d’image », poursuit Yves Bru- not, se rappelant ainsi deTEN YEARS AFTERImaginer à quoi ressemblerontŒ]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Séminaires haut de gammeces séminaires haut de gamme dans une dizaine d’années s’avère difficile pour des pro- fessionnels, souvent plus en- clins au pragmatisme qu’à la prospective. « Les prévisions ?célérer (délais plus courts en- tre la réservation et l’événe- ment) ; des séminaires moins longs et un nombre de parti- cipants restreint (le retour des « grand-messes » n’est passement 5 étoiles situé à proxi- mité des Champs-Élysées. Or cela n’a pas été le cas, bien au contraire. Le besoin de réunions formelles, de face à face, de moments « humains »Mais le pressentiment est bien là. Selon Ludovic Corpechot, « je n’ai pas de boule de cristal, mais la technologie va encore beaucoup évoluer : il y aura de grands change-directeur marketing de Relais & Châteaux, ces évolutions technologiques iront dans le sens de davantage de colla- boration, d’interactions et au- ront une incidence en matière d’organisation. Le schéma traditionnel du séminaire, avec un orateur et le reste de l’équipe l’écoutant, qui sem- ble déjà avoir un peu de plomb dans l’aile, pourrait devenir définitivement obso- lète. « Les nouveaux progrès technologiques imprimeront une façon différente d’envi- sager le travail dans ces séances. Dans une dizaine d’années, nous serons dans des salles de moins en moins classiques mais dans des configurations bien plus in- tuitives, libres, organiques... » Moins formelles, en somme : adieu, la traditionnelle dis- position en U. L’évolution pourrait être rapide.lons, comme l’IMEX à Franc- fort.D’autre part, la clientèle étran- gère des séminaires haut de gamme devrait également croître en raison du besoin toujours plus marqué des en- treprises de communiquer vers leurs différents publics, à l’externe ou à l’interne. Des sociétés et groupes étant de plus en plus ouverts sur le monde, donc des publics de plus en plus larges. Cette évo- lution implique un travail d’anticipation et d’adaptation de la part des organisateurs. « A cet égard, l’un des enjeux qui va émerger dans les an- nées à venir sera notre ca- pacité à gérer ces publics in- ternationaux et à répondre à des standards de niveau in- ternational, détaille Isabelle de Ponfilly, la directrice com- merciale des Yachts de Paris. Cela passe notamment par la maîtrise de l’intégration des particularités culinaires ou par la capacité à accueillir en plusieurs langues sans dif- ficultés. »Il y a une dizaine d'années, on pensait que les séminaires et réunions allaient disparaître au profit de la visioconférence. Ce n’est pas du tout le casC’est extrêmement complexe, prévu !) ; des clients type co- mêlant travail et convivialité ments, même si on ne peut dans notre métier, confirme mités de direction provenant est, dans un monde chaque pas encore discerner en quoi prudemment Yves Brunot, le de différents secteurs ; da- jour davantage « connecté », ils consisteront. » De grands« Placer la session de travail requérant la plus grande attention à 13h30 n’était peut-être pas la meilleure idée... »OUVERTURE À L’INTERNATIONALET DIFFÉRENCIATION Dans les années à venir, la part de la clientèle étrangère devrait également s’accroître. L’ouverture de plus en plus grande sur l’international constituera un enjeu de taille pour les organisateurs de sé- minaires haut de gamme. Et ce pour deux raisons princi- pales. En premier lieu, les restrictions budgétaires des entreprises françaises pour ce type d’événement ne de- vraient pas s’inverser et im- pliquent donc pour les pro- fessionnels du secteur de partir à la conquête de nouveaux clients. « Ce démarchage est très important pour nous, pré- cise David Fiévé, directeur de la restauration du Grand- Hôtel du Cap-Ferrat. Pour les séminaires comme pour l’hébergement, miser sur la clientèle étrangère est pri- mordial afin de continuer à développer cette part de notre activité. » Pour ce faire, leEnfin, last but not least, l’un des mots-clés de la décennie à venir sera la différenciation. Si la qualité du service, la beauté du cadre, la réussite de l’organisation, restent des exigences logiques des clients de séminaires haut de gamme, ces derniers, de plus en plus, désirent aussi être surpris. Goûter à une expérience à la fois authentique et originale. « Je pense que l’une des ten- dances fortes des prochaines années sera : toujours plus d’innovation, résume Isabelle de Ponfilly. C’est là tout l’en- jeu d’un savoir « se réinven- ter » indispensable pour conti- nuer à attirer les publics. » Dans cette optique, les Yachts de Paris développent par exemple une collection d’of- fres intitulée « L’art de vivre au fil de l’eau ». « Nos clients peuvent organiser un sémi- naire d’une journée dans un lieu d’exception sur la Seine, partir en croisière cocktail ou dîner à bord d’un yacht au charme intemporel,directeur de l’agence conseil en événements d’entreprise Aéreau. Les années se suivent et ne se ressemblent absolu- ment pas : les demandes des clients changent, le marché évolue à une vitesse farami- neuse... Je travaille dans ce domaine depuis 17 ans, et pourtant dans le meilleur des cas c’est après-coup que je peux réellement analyser ce qui s’est passé. » Pas évident, donc, d’anticiper tendances et changements.vantage d’exigence sur l’as- pect sain et « éthique » de la nourriture avec des demandes de plus en plus spécifiques (sans gluten, végétalien)... Point positif en tout cas : les séminaires haut de gamme existeront donc toujours. Ima- giner l’inverse peut paraîtreplus que jamais important et pertinent. Et le sera encore plus demain.Reste que si les avancées technologiques n’auront pas sur les séminaires haut de gamme l’effet dévastateur d’une météorite sur les dino- saures du Crétacé, elle n’estchangements et donc, en conséquence pour les lieux d’accueil et les organisateurs, des équipements à mettre à disposition des clients pour répondre à ces nouvelles pos- sibilités ainsi qu’à leurs nou- velles exigences. « On peut par exemple imaginer l’ho-Des configurations bien plus intuitives, organiques... Adieu, la traditionnelle disposition en Ud’un muséeQuand ils acceptent néan- moins de se prêter au petit jeu du séminaire-fiction, les professionnels interrogés n’imaginent pas de révolution ni de retournement de situa- tion. D’un avis unanime, ils considèrent plutôt que les évolutions observables au- jourd’hui iront en s’accen- tuant : un rapport au temps qui devrait continuer à s’ac-incongru, mais la question pourtant pas sans incidence logramme d’un dirigeant se Grand-Hôtel mise notamment s’est visiblement bien posée sur leur évolution. Là encore, trouvant, au moment du sé- sur le « local » – pas simple- il n’y a pas si longtemps. « Il il s’avère complexe de dé- minaire, à l’autre bout de la ment la région niçoise bien y a une dizaine d’années, on terminer précisément de planète. Ou, en donnant com- entendu, mais les territoires pensait presque que les sé- quelle manière, ou quels se- plètement dans la fiction, plu- proches de la France comme minaires et réunions allaient ront ces changements hi-tech sieurs hologrammes dans la le Royaume-Uni, l’Allemagne disparaître au profit de la vi- – la plupart des objets connec- pièce. Cela consommerait ou Monaco, dont les ressor- sioconférence », se souvient, tés dont l’usage est au- beaucoup de flux et nécessi- tissants associent trop souvent légèrement amusé, Ludovic jourd’hui presque naturel terait une adaptation de notre ce 5 étoiles à un établissement Corpechot, le directeur de n’existaient pas encore part. » uniquement de « leisure » – l’Hôtel Napoléon, un établis- quelques années auparavant. Selon Thomas Jobbé-Duval, et s’implique sur certains sa-s’amarrer au pied.pour aller y découvrir une exposition emblématique. » Ce renouvellement perma- nent, cette capacité à proposer des alternatives et à étonner seront essentiels non seule- ment pour attirer de nouveaux clients mais aussi (surtout ?) pour les fidéliser.56 DÉC. / JANV.Julien Fournier]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Décryptage - BiomimétismeFauna, Flora... Eurêka !La nature, c’est 3,8 milliards d’années de R&D... Chercheurs et entreprises lui font donc de plus en plus confiance pour inspirer les innovations de rupture dans le futur. Et ils ont raison.es molosses du Brésil tonettoyante, dont la surface sont des chauves-sou- se nettoie parce que les ris d’Amérique du gouttes emportent sur leurSud vivant dans des colonies passage saletés et bactéries.qui atteignent jusqu’à 20 mil- lions d’individus. Autant dire qu’elles se livrent une bataille sans merci pour attraper les insectes... Réveillez-vous ! Vous n’êtes pas en train de vous endormir tard le soir devant un documentaire ani- malier soporifique à la TV, vous êtes en train de lire le décryptage d’EcoRéseau, consacré à ce qui pourrait bien être une prochaine ré- volution dans les laboratoires de recherche, les grands groupes ou les start-up : le biomimétisme. Quezako ? « Ni une science, ni une dis- cipline, mais un état d’esprit, voire une méthodologie que l’on applique dans la re- cherche », décrit Gilles Bœuf, président du Muséum national d’Histoire naturelle. Il s’agit de s’inspirer du vivant pour tirer parti des solutions et in- ventions concoctées par Dame nature. Cette philosophie est ni plus ni moins en train d’in- tégrer le cœur des stratégies d’innovation des entreprises, et toutes les revues des grands groupes en font actuellement état. Léonard de Vinci n’en- joignait-il pas déjà ses élèves à « aller scruter la nature, car c’est là qu’est leur fu- tur » ? Des problématiques industrielles, environnemen- tales ou urbaines pourraient être résolues en plagiant les réponses – généralement éco- nomes en énergie et en res- sources – que des animaux ou des plantes ont inventé bien avant nous. « A nouvelles contraintes environnemen- tales, nouvelles probléma- tiques. Or, la nature allume des lumières dans nos têtes en matière d’ingénierie, de communication, d’énergie... à condition de repérer les comportements remarqua- bles », explique Maria Fa- bra-Puchol, responsable R&D chez Isover du groupe Saint- Gobain. Sa quête de l’habitat durable l’a amenée à étudier les feuilles de Lotus, dont l’extrême hydrophobie des feuilles a inspiré la vitre au-58 DÉC. / JANV.Moins polluants, de meilleure qualité, de moindre coût, moins énergivores... les or- ganismes ont avec le temps peaufiné leur réponse. Gilles Bœuf, également président du conseil d’administration du Centre européen d’excel- lence en biomimétisme (CEE- BIOS) à Senlis, préfère au terme de « biomimétisme » – qui induit une notion éco- logique –, celui de « bioins- piration ». « L’état d’esprit n’est pas si angélique. Des innovations peuvent être réa- lisées dans les aspects tech- niques, de performance, dans les process, dans la réduction des coûts, et pour des do- maines qui ne sont pas dans le monde des Bisounours ». Ainsi, à l’université Johns Hopkins de Baltimore, Aaron Corcoran a découvert que le molosse émettait des ultrasons spécifiques pour brouiller le signal d’un rival et récupérer l’insecte. De quoi inspirer de nouvelles recherches et ap- plications militaires dans les années à venir...LONGUE HISTOIRE MAIS STRUCTURATION RÉCENTECertes, cette approche ne date pas d’hier. Clément Ader n’a- t-il pas en 1890 conçu son premier avion en copiant les ailes de chauve-souris ? Mais le mouvement s’accélère, sans que l’on s’en aperçoive for- cément. « On a parlé de bio- nique à la fin des années 50. Les ingénieurs se sont inté- ressés à la nature pour par- faire les sonars ou radars, etLes ignorants croient que ces animaux font la sieste, alors qu’ils bossent pour des start-up...esquisser ses applications », se souvient Gilles Bœuf. Des initiatives finalement assez timides. Aujourd’hui les concepteurs de drones s’ins-leurs avions sur le modèle des aigles pour plus de stabi- lité, des compagnies aériennes comme Lufthansa posent des vernis qui ont les caractéris-pour sa bonne pénétration dans l’eau et sa texture évitant que les bactéries se fixent. Une accélération que l’on doit à la biologiste-auteureen 1997, a fait date parce qu’il explique que la dé- marche ne se limite pas à co- pier les formes du vivant, mais aussi à tirer parti des processus et des écosystèmes présents dans l’environnement naturel. « Ainsi, l’économie circulaire est directement tirée des mécanismes naturels », précise Alain Renaudin, pré- sident fondateur de NewCorp Conseil, qui a positionné son agence marketing et commu- nication sur ce domaine, a organisé en mars 2013 un colloque sur le biomimétisme, et est à l’origine de Bio- mim’Expo, qui se tiendra enDes problématiques industrielles ou environnementales résolues en plagiant les réponses que des animaux ou des plantes ont patiemment concoctéespour dépenser moins d’éner- gie. Nous avons fait des ex- positions au Muséum, dans les années 60, 80 et 90 pour expliquer la biodiversité etpirent des abeilles ou des mouches pour gagner en au- tonomie, les constructeurs d’avions Boeing ou Airbus ajoutent des « ailerettes » àtiques de la peau de requin afin d’améliorer l’aérodyna- misme. C’est ce même épi- derme qui inspire certaines combinaisons de plongée,Janine Benyus. Le concept, vieux comme le monde, a tout de même bénéficié d’un baptême marketing à la sauce américaine. Son livre(1), sorti]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frjuin 2015. Le phénomène a essaimé par des comités dans différents pays, dont l’Alle- magne qui multiplie les par- tenariats public-privé et fait coopérer chercheurs et ingé- nieurs sur des mécanismes d’optimisation. « Les exi- gences gouvernementales aux Etats-Unis y dynamisent desavons pris part aux rencon- tres, nouant des liens avec Saint-Gobain, ou même L’Oréal qui a des défis res- semblant aux nôtres. Nous recherchons des matériaux biosourcés, des traitements de sol moins polluants, eux cherchent à remplacer leurs produits capillaires qui pig- mentent et ne sont pas re- nouvelables », relate Ingrid Jouve, directrice développe- ment durable chez Eiffage Construction et Eiffage Ener- gie.chés de deux sociétés qui tra- vaillent sur des façades conçues avec des algues, dont les bactéries ont des proprié- tés d’isolation. Nous sommes dans des phases expérimen- tales et pouvons abandonner les projets lorsque les contrele problème environnemental sans proposer de solution, on a instillé une certaine las- situde. Le biomimétisme est justement une boîte à outils, non dogmatique et non par- tisane », développe avec en- thousiasme Alain Renaudin.et des schémas de pensée pré-formatés pour prétendre à des ruptures scientifiques et technologiques. « L’élec- tricité n’a pas été inventée en perfectionnant la bougie », dit l’adage, et le monde complexe de demain ne seraest aussi le réenchantement du regard de l’enfant sur notre environnement, et non plus une vision orgueilleuse d’une soi-disant suprématie de l’Homme sur la nature. « Soyons plus humbles. Nous sommes peu de choses devantprojets. Les Japonais ont une longueur d’avance dans la constitution de bases de don- nées sur les problématiques que les espèces ont résolues », cite Maria Fabra-Puchol. En France le CEEBIOS à Senlis est un endroit physique qui structure cette approche trans- versale. Ce centre d’excel- lence permet une recherche mutualisée de groupes indus- triels et de start-up, propose une pépinière, un business campus, des espaces de for- mations et de conférences. « Nous avons accompagné les modules de formation à destination des étudiants et-Le ver marin et le pansement : Des chercheurs de la société bretonne He- marina ont découvert que le sang de l’arénicole, un ver marin, a un pouvoir oxygénant et serait compatible avec tous les groupes sanguins. Trois utili- sations sont envisagées : un substitut sanguin, un pansement cicatrisant et un système d’oxygénation des greffons avant transplantation.-Le martin-pêcheur et le TGV : L’oi- seau a une capacité de pénétration dans l’eau exceptionnelle. La morpho- logie de son bec et de sa tête lui permet de passer de l’air à l’eau sans faire de ridule en surface et donc sans alerter les proies. Les ingénieurs s’en sont directement inspirés pour le nez du Shinkansen, le TGV japonais. Résultat : nuisances sonores amoindries, baisse de consommation de 15% et gain de vitesse de 10%.Bien que les feuilles de l’aulne aient l’air disposées n’importe comment, elles sont en fait placées à des endroits stratégiques pour que toutes puissent être exposées au soleil. Des équipes de recherche s’attèlent donc à les étudier pour la future génération de panneaux solaires, qui s’inspirera sû- rement des plantes.- Le moustique et la seringue : La piqûre du moustique est indolore et deux sociétés japonaises ont décidé de copier cette vertu pour élaborer des aiguilles médicales en titane d’un nou- veau type. Comme la trompe de l’in- secte elles sont de forme conique et non plus cylindrique.-L’escargot et la colle : La bave du gastéropode permet de fabriquer de la colle à température ambiante et sans solvant polluant. Sa matière est re- nouvelable et biodégradable, une bonne nouvelle pour les utilisateurs de colles industrielles chargées en formaldé- hydes.-La méduse et la couche-culotte : La start-up Cine’al utilise la chair ultra- absorbante des méduses, faites à 90% d’eau, pour en faire des couches-cu- lottes, capables d’absorber d’énormes quantités d’eau sans se dissoudre, etAvant d’hiberner, le hérisson se trans- forme : la taille de ses organes non vi- taux et sa température diminuent, sa respiration et sa circulation ralentissent. Enfin son système immunitaire crée une barrière pour éviter l’infection des organes en sous régime. Les chercheurs du laboratoire du professeur CareyDécryptage - Biomimétisme STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUELe vivant est écosystémique. Nous devons faire de même pour le comprendre, des biologistes doivent se mêler aux .ELOGE DE LA TRANSVERSALITÉ ET DE LA COMMUNAUTÉ Le biomimétisme induit en effet une approche fonda- mentalement interdiscipli- naire, transversale, multicul- turelle, qui valorise les échanges, les télescopages, les réflexions partagées. « Le vivant est écosystémique. Nous devons fonctionner comme lui pour mieux le com- prendre, des biologistes doi- vent se mêler aux physiciens, mathématiciens, chimistes, et les secteurs de la construction, des transports, de l’agroali- mentaire, des cosmétiques, doivent collaborer. Nous avons été jusqu’à présent trop verticaux », explique Alain Renaudin. Ainsi Saint-Gobain se rapproche des scientifiques du Muséum national d’His- toire naturelle. « La nature fait des cadeaux tout le temps, mais quel exemple est digne d’être suivi ? Leurs études de comportements et d’es- pèces peuvent nous en dire long dans l’isolation acous- tique, thermique ou du feu, dans la ventilation, la pro- tection de l’habitat », illustre Maria Fabra-Puchol. La start- up francilienne Polypop utilise des panneaux d’isolation à base de paille, recouverts de champignons, aux propriétés supérieures à celles des pan- neaux en fibre de verre qui nécessitent beaucoup d’éner- gie lors de leur fabrication. Mais le partenariat qu’elle a signé avec Eiffage porte sur la dépollution de sites indus- triels. Les champignons dé- gradent les hydrocarbures et « pompent » dans leurs cha- peaux les métaux lourds. Il suffira alors de les cueillir pour les incinérer et récupérer ainsi les métaux. « Nous par- lons de vrai biomimétisme, il ne s’agit pas de faire des effets d’annonce pour une simple toiture végétalisée, in- siste Ingrid Jouve. Nous nous sommes par exemple rappro-physiciens, mathématiciens, chimistes...l’emportent sur les pour. » Par ce biais tout le monde pas celui d’aujourd’hui amé- cette grande « entreprise ». Vouloir construire la ville du- prend conscience qu’il est lioré à la marge. Autre facteur Usain Bolt court à la vitesse rable importe de faire de la possible de concilier préoc- d’accélération : les chercheurs d’un simple chat. Michael prospective quant aux besoins cupations environnementale ne se contentent plus d’ob- Phelps nage aussi vite qu’une futurs et à l’évolution des et économique, que la nature server physiquement la pé- carpe, qui est un poisson techniques, les ouvrages met- devient source de solutions, nétration dans l’air silencieuse lent », ironise Gilles Bœuf. tant du temps à voir le jour. d’aide à la transition énergé- des plumes de hibou, ou lesBOÎTE À OUTILSPOUR PRÉPARER LE MONDE DE DEMAINOn l’aura compris, il s’agit avant tout d’une logique d’ac- tion, d’une aide à l’aiguillage des recherches. « A force de tirer le signal d’alarme surtique, et non plus de propriétés des filaments de (1) « Biomimétisme : quandcontraintes, à l’exemple sym- bolique du centre commercial Eastgate à Harare, au Zim- babwe, qui s’inspire du sys- tème de ventilation des ter- mitières africaines. Mais c’est aussi une aide à trouver d’au- tres idées, à sortir des silosmoules pour mettre au point des adhésifs. Ils ont désormais les moyens d’observer au plus près, à un niveau jamais at- teint, grâce au saut technolo- gique des nanosciences. Last but not least, le biomimétisme véhicule certaines valeurs. Illa nature inspire des innova- tions durables » de Janine Benyus, éd. Rue de l’échiquier, 2011-Le hérisson et les greffes d’organes :-Les oies sauvages et les avions : Le vol en V de ces oiseaux est efficace. Les turbulences que chacun d’eux crée avec ses ailes permettent au suivant d’avoir une meilleure portance. Cela économise son énergie et optimise sa course. Et le meneur en tête du V est relayé. Des chercheurs de l’université de Stanford, en lien avec Airbus, ap- pliquent ces scénarios aux avions de ligne. Une formation en groupe des avions permettrait selon eux de réduire de 15% la consommation de carburant.-L’aulne et les panneaux solaires :Julien Tarby10 cas d’écoleFables de La Fontaine des temps modernes- Les crapauds et le wifi : Dans leur parade nuptiale printanière les crapauds parviennent instinctivement à synchro- niser leurs chants de sorte que les fe- melles puissent tous les entendre et faire leur choix. Des chercheurs de l’Université Polytechnique de Catalogne étudient cette synchronisation pour op- timiser des réseaux à ondes comme le wifi, diminuant ainsi la perte d’infor- mations.surtout entièrement biodégradables en quatre semaines.-la Libellule et le plastique de de- main : Le squelette externe de l’insecte est composé de chitine dont la couleur, la rigidité, la résistance à l’oxydation et la perméabilité à l’air ont inspiré les chercheurs de l’Institut de Wyss (Université de Harvard) pour créer un matériau mince, transparent et flexible : le Shrilk, peu cher à produire, biodé- gradable, biocompatible, pouvant bien remplacer le plastique dans les produits de consommation courante.(Ecole de médecine vétérinaire de l’université du Wisconsin Madison) l’étudient de près pour mieux conserver les organes à greffer.DÉC. / JANV. 59]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE ExpertisesStrategy reviewLe carnet desnominationsen partenariat avec}GROUPAMA (GROUPE GROUPAMA)ThomasVandevilleMonsieur Thomas Vandeville est promu directeur général d'Amaguiz.com au sein du groupe Groupama, à ce poste depuis novembre 2014. Il conserve par ailleurs ses fonctions de direc- teur général de Gan Patrimoine et de directeur de la transformation digitale de Groupama. Thomas Vandeville , 46 ans, MBA INSEAD, ESSEC Business School, a réalisé le parcours suivantpar Pascal JunghansEnseignant à l'international - University Of Monaco et à l'université de technologie:n Depuis 2012 : Gan Patrimoine (groupe Groupama), directeur général.n 2012-2012 : Gan Patrimoine, directeur général adjoint.n 2008-2012 : Groupama Assicurazioni (en Italie), directeur vie, épargne et bancassurance. n 2005-2008 : Groupama, directeur de la stratégie groupe.n 1999-2005 : McKinsey, chef de projet.n 1996-1999 : Merrill Lynch & Co (à New York, puis à Londres), investment banking analyst au département des fusions et acquisitions.n Exane, début de carrière dans la recherche sur les produits dérivés européens.LF e j e u d e g o d e l a c o o p é t i t i o n}SCHNEIDER ELECTRIC (GROUPE SCHNEIDER ELECTRIC)Christophe MélinetteMonsieur Christophe Mélinette est promu senior vice president strategy & innovation de Schneider Electric, à ce poste depuis novembre 2014.Christophe Mélinette , 43 ans, MBA de HEC (2003), Arts et Métiers ParisTech (1996), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Schneider Electric (à Hong Kong), vice president corporate strategy.n 2011-2012 : Tyco International (à New York), senior director corporate strategy.n 2007-2011 : Tyco International (à Dubaï), region president Middle East.n 2005-2007 : GE Energy (à Dubaï), directeur commercial Moyen-Orient, Afrique et Inde. n 2003-2005 : GE Energy (à Milan), directeur commercial EMEA.n 1999-2001 : Alstom T&D (à Villahermosa, Mexique), directeur de projet.n 1998-1999 : Alstom T&D (à Maturin, Venezuela), directeur de projet adjoint.n 1997-1998 : Alstom, début de carrière comme responsable d'affaires projets internatio- naux.technologiques, mais surtout mana- gériales. C’est l’histoire d’une bande de chômeurs qui décident de déve- lopper un navigateur gratuit et, parce qu’il faut bien vivre, entament une coopération avec Google qui leur verse des royalties représentant au- jourd’hui 90% de leurs revenus. Alors que le même Google et son navigateur Chrome devient le pire concurrent du Renard roux. La coopération se double d’une féroce compétition pour devenir une « coopétition », concept dont l’invention, en 2005, est à mettre au crédit d’IBM, de SAP et d’Oracle.troisième est aussi concurrent du pre- mier et principal fournisseur du se- cond. Vous suivez ?Ces embrouillaminis obligent à conce- voir d’une toute autre manière l’ac- quisition des secrets du partenaire- concurrent, alors que les entreprises « coopétitrices » mettent en commun leurs compétences, en acquièrent et en créent ensemble de nouvelles. La lutte pour l’information n’est plus du ressort de l’intelligence économique, mais plutôt de capacité de « veille ouverte » menée par des réseaux in- formels qui se construisent entre lesde Troyes - Membre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.irefox souffle ses dix bougies Le premier, partenaire du second de- d’une histoire d’entrepreneuriat puis plus de 30 ans, s’allie au troisième qui ne pouvait naître que dans pour intégrer ses nouveaux produits,personnels des deux entreprises en- gagés dans la coopération.Au centre de ces réseaux, dans une position prédominante, se trouvent les « alliance managers », ces spé- cialistes qui gèrent les partenariats et coordonnent des intérêts théori- quement contradictoires, influençant les deux partenaires car ils sont les seuls à bénéficier d’une vision globale de la coopétition. Ce sont ces colla- borateurs, forcément subtils, qui gèrent et détournent l’information, pilotent cette veille nécessaire pour préparer la poursuite de l’aventure ou la rup- ture... et le prochain combat. Ils ne sont plus autour d’un échiquier mais plutôt d’un jeu de go.}HEWLETT-PACKARD FRANCE (GROUPE HEWLETT-PACKARD )Franck MarsMonsieur Franck Mars est promu directeur des ventes régions et PME de la division Enterprise Group de Hewlett-Packard France, à ce poste depuis octobre 2014.Franck Mars , 42 ans, MBA européen au CERAM de Nice, a réalisé le parcours suivant :n 2011-2014 : Hewlett-Packard France, directeur des ventes au sein de la division Stockage. n 2007-2011 : Overland Storage France, directeur commercial Europe du Sud.n 2005-2007 : Overland Storage, directeur commercial France.n 1997-2005 : Overland Storage, responsable du réseau de partenaires.n 1996-1997 : Joyance, responsable du développement de la division Branded.n 1994-1996 : Additional Design, début de carrière comme commercial puis directeur com- mercial France.une Californie férue d’innovations concurrents du second, alors que le}GROUPE EXPRESS ROULARTA (GROUPE ROULARTA)SébastienAngèleMonsieur Sébastien Angèle est promu directeur adjoint des nouveaux médias du Groupe Ex- press Roularta, à ce poste depuis septembre 2014. Il est sous la responsabilité directe de Ma- dame Sophie Gohier, directeur des nouveaux médias.Sébastien Angèle , Supélec (2000), a réalisé le parcours suivant :n 2007-2014 : Groupe Express Roularta, directeur technique adjoint puis parallèlement direc- teur des opérations (2012) au sein du département Nouveaux Médias.n 2002-2007 : Jeune Afrique, responsable Internet.n 2000-2002 : Capsiane, directeur technique, fondateur.Assurance risque}RADIO FRANCE (GROUPE RADIO FRANCE)Laurent FrischMonsieur Laurent Frisch est nommé directeur des nouveaux médias de Radio France, à comp- ter de janvier 2015, en remplacement de Monsieur Joël Ronez. Il est sous la responsabilité di- recte de Monsieur Mathieu Gallet, président-directeur général. Il est ainsi en charge de la mise en place de la stratégie numérique de Radio France. A ce titre, il devient membre du comité éditorial.Laurent Frisch , 40 ans, Mines ParisTech (1999), Polytechnique (1994), a réalisé le parcours sui- vant :n 2011-2014 : France Télévisions Editions numériques, directeur.n 2010-2011 : PagesJaunes, directeur marketing pour les nouvelles audiences Internet.n 2006-2010 : Orange, directeur Nouveaux Médias Connectés.n 1999-2006 : Orange Labs (France Télécom R&D), en poste dans le domaine de la sécurité et des technologies de la confiance, puis directeur du programme Sécurité (2004).n 1998-1999 : France Télécom North America (à New York), début de carrière comme consul- tant en marketing stratégique.Règlement Européen du 23 juillet 2014 sur Al'identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques (règlement eIDAS).}ALTEN SYSTÈMES INFORMATION RÉSEAUX (GROUPE ALTEN) JérômeTouzartMonsieur Jérôme Touzart a été nommé business unit manager d'Alten Systèmes Information Réseaux, à ce poste depuis mars 2014.Jérôme Touzart , 32 ans, Neoma Business School (2005), a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : April, directeur de clientèle puis manager commercial.n 2006-2010 : AON France, chargé de clientèle.On notera également que le règlement institue une nouvelle obligation de notification des incidents de sécurité à la charge de tous les prestataires de services de confiance, prévue par l’ar- ticle 19, et là également le recours à une assurance de dommages suscep- tible de financer les couts de notifi- cation pourra se révéler utile.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Tous les acteurs intéressés – les ci- toyens/consommateurs ainsi que lespar Jean-Laurent Santoni Président de Clever Courtage}B'DOMGaëleWuilmetMadame Gaële Wuilmet est nommée directeur général de B'dom, à ce poste depuis novem- bre 2014, en remplacement de Monsieur Georges Lebre.Gaële Wuilmet , 44 ans, maîtrise droit des affaires de l'université Lille-II (1992), a réalisé le par- cours suivant :n 2012-2014 : Asos, territory manager France, Italie, Espagne.n 2011-2012 : Amazon.fr, directeur du prêt-à-porter Homme, Femme et Enfant.n 2006-2011 : Chantelle-Passionata, directeur marketing et communication France et export. n 2000-2006 : Hennessy (groupe LVMH), marketing manager international.n 1995-2000 : Friskies Europe (groupe Nestlé), brand manager senior Europe.près le Parlement européen, entreprises et les autorités publiques dans les articles 13 et 24 – 2 c). le Conseil européen a adopté – doivent être en mesure de recourir Certes il ne s’agit pas ici d’une obli- le 23 juillet 2014 le règlement aux technologies de l’information et gation d’assurance de responsabilitéeuropéen relatif à l’identification élec- de la communication (et notamment civile professionnelle, mais cette dis-tronique et aux services de confiance qui constitue l’acte législatif européen pour le marché des prestataires de services électroniques de confiance. Ce règlement annulera et remplacera la Directive 1999/93/EC qui constituait pendant quinze années la base euro- péenne pour les législations nationales en la matière. En effet, la directive de 1999 ne permettait pas de répondre de manière adéquate aux nouveaux défis, en ne fournissant pas de cadre transfrontalier et intersectoriel complet en matière de transactions électro- niques.l’internet) en toute confiance et avec un niveau de sécurité élevé. Cela suppose notamment qu’ils puissent identifier avec certitude un cocon- tractant potentiel et que les obstacles à l’utilisation de certains outils (tels que des services de signature, d’ho- rodatage ou de recommandé électro- niques) soient levés. Par ailleurs, ces objectifs doivent être atteints dans un contexte transfrontalier paneuropéen. On notera avec satisfaction que la re- commandation que nous avons émise à plusieurs reprises de mettre en place un dispositif de financement du risque par l’assurance ou par une exigence de solvabilité a été retenue et figureposition pourra permettre de renforcer des entreprises dont il faut bien re- connaitre que souvent leur capacité financière est assez éloignée des enjeux de risques qu’elles font courir à leurs clients.60 DÉC. / JANV.Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution - Lutte contre la contrefaçon Attrape-moi si tu peuxAvec à disposition tout l’arsenal technologique du 21e siècle, les procédés anti-contrefaçon impressionnent. Pour autant, les faussaires ne connaissent pas la crise.Une ritournelle qui pourrait changer.loppé par l’entreprise fran- cilienne Advanced Track, qui séduit tout le secteur agroa- limentaire.disparaissent, la matière per- mettra de retrouver toutes les données volontairement ef- facées. Le produit est ainsi directement contrôlable avec ou sans communication avec une base de données. « Au- cune personne extérieure ne sait, au moment du contrôle du produit, quels critères exacts sont contrôlés. C’est toute la force de la solution », se réjouit Herlé Carn. Pour ne pas risquer la copie d’un élément, autant changer sys- tématiquement d’élément contrôlé. Il fallait y penser. A l’observation du produit, tout est parfaitement invisible. Et même si on passe celui-ci sous une loupe magique ca- pable de tout déceler, encore faut-il connaître le critère étudié pour témoigner de l’authenticité du produit. « La technique est inimitable puisqu’il n’y a rien à imiter, en quelque sorte. Puisque le contrefacteur ignore ce qu’il y aurait à faire comme opé- ration, il ne peut tout sim- plement rien faire. Avec cette solution, la supposée lon- gueur d’avance des contre- facteurs sur les producteurs qu’ils copient prend fin », prédit Herlé Carn. Les in- dustriels n’auraient donc dés- ormais besoin que de leurs propres produits pour proté- ger ces derniers. La question du coût semble cependant recouverte d’une épaisse couche de confidentialité, mais le directeur assure que « ce n’est pas forcément exor- bitant. Les PME aussi peu- vent mettre en place de telles solutions. Au contraire, le coût peut être inférieur à d’autres technologies ». La mise en place de la solution peut par ailleurs être envisa- gée sur une chaîne de fabri- cation. Si l’univers du luxe est le premier intéressé par cette innovation, la filière des pièces détachées, en par- ticulier dans le secteur auto- mobile, devrait également voir cette avancée d’un bonMathieu NeuLEt si les articles tombaient moins du camion dans le futur ?es hackers auront tou- tout de même donner du fill’Hexagone, c’est depuis quelques temps le fameux code à bulles de la société Prooftag qui fait de plus en plus parler de lui. La tech- nologie repose sur la géné- ration aléatoire de bulles d’air contenues dans un polymère transparent. Une trouvaille, réputée infalsifiable, qui serait le fruit du hasard, les bulles étant à l’origine un défautà authentifier est associé dans une base de données à un identifiant, lui-même associé à une photographie du code à bulles. Le code est ensuite apposé sur la marchandise ou le document à sécuriser sous la forme d’une étiquette. De grands noms de l’horlo- gerie-joaillerie, de la cosmé- tique, et des vins haut de gamme sont déjà devenusLA SOLUTIONULTIME ?Et si une technologie sonnait le glas de la contrefaçon ? Herlé Carn y croit dur comme fer, convaincu par le boule- versement à venir qu’apporte le concept d’authentification unitaire. « C’est la techno- logie phare du moment. Elle repose sur l’utilisation du matériau lui-même pour gé- nérer sa propre identifica- tion », explique-t-il. Chaque boîte de parfum par exemple peut avoir une signature ma- tière différente, grâce aux fi- bres à l’origine de la fabri- cation du carton qui emballe le produit. D’un millimètre à l’autre, les fibres sont ré- parties aléatoirement. Le prin- cipe consiste à jouer sur cejours une longueur à retordre aux contrefacteurs d’avance. En coulisse, de tous genres.Codes à bulles, étiquettes avec hologramme et numéro unique, encre invisible et surtout concept d’authentification unitaire vont-ils changer la donne ?.Mais pour Herlé Carn, di- recteur de la business unit Protection des marques chez le spécialiste Arjowiggins Security, la révolution est ail- leurs : « Pour parer au pro- blème de la contrefaçon et des marchés parallèles, la biométrie de la matière est déjà utilisée par de nombreux grands groupes. Il y a dix ans ont commencé à se ré- pandre les techniques de gra- vures, les étiquettes, les mar- quages de nouvelle généra- tion... Ces protections sont intéressantes, mais restent assez pauvres. »même les éditeurs d’antivirus en conviennent. Et à peine la phrase est-elle prononcée qu’ils planchent déjà sur un nouveau logiciel de sécurité plus robuste que le précédent, dont la particularité était d’être le plus robuste... Ce phénomène qui a cours dans le milieu informatique se- rait-il applicable à la contre- façon en général ? Dans l’Union européenne, quelque 170 millions de co- pies plus vraies que nature sont enregistrées chaque an- née par les services doua- niers, tous secteurs confon- dus. A la fin des années 2000, le chiffre avoisinait plutôt les 90 à 100 millions d’unités. La solution miracle, maintes fois annoncée comme telle, n’existe apparemment tou- jours pas. Mais une chose est certaine : les nouvelles armes déployées devraient62 DÉC. / JANV.DE QUOI DONNER DU FIL À RETORDRE AUX MALHONNÊTESLe groupe Brother a récem- ment annoncé la commer- cialisation de produits dotés d’un label holographique in- novant qui permet d’authen-tifier les consommables de de fabrication à éradiquer. clients de ce procédé singu- terrain là. La signature est la marque. L’hologramme est En les observant, les cher- lier. Autre coup dur pour les en fait convertie immédiate- directement intégré au sein cheurs du projet se sont aper- contrefacteurs : le succès des ment en un code d’identifi- des cartouches d’encre ou de çus que ces dernières for- étiquettes de la société alle- cation numérique unique, toners, ainsi que dans les maient une signature unique. mande Tesa Scribos, où un pouvant éventuellement être tambours pour imprimantes L’engouement autour de la hologramme avec un numéro mixé ou intégré aux codes Brother. De quoi donner un découverte est d’autant plus unique leur sont associés. Il visibles du produit lui-même coup de blues aux magnats fort que la solution est simple y a aussi Seal Vector, le sys- (code barre, RFID). Même de l’escroquerie. Dans d’utilisation. Chaque produit tème d’encre invisible déve- si ces codes visibles imprimésœil.]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frSTRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUECommuniquéDÉC. / JANV. 63]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution - Factures dématérialisées et paiements électroniques liésAbonnez-vous« Package » du futurpour 35,90 € seulement(10 numéros par an)La dématérialisation de facture commence enfin à s’imposer à grande P échelle à toutes les entreprises, ses avantages étant indéniables.Et pour encore améliorer le dispositif, des solutions de paiement électronique liées émergent.64etit à petit, la facture de gains possibles, tant en poussés par la demande de teur marketing et product électronique gagne du productivité qu’en temps et leurs clients – ils commen- management d’Esker, un des terrain en France, y en coûts. D’ailleurs, “la dé- cent notamment à s’attaquer principaux éditeurs mon-compris dans les PME. matérialisation de facture est à l’étape qui suit logiquement diaux de solutions d’auto- “Le marché prend véritable-ment son essor, estime Mor-gane Queran, responsableDepuis que Gérard reçoit les factures, les archive et paye plus vite que son ombre, il a beaucoup changé...L’information économique autrement,et si possible positivewww.ecoreseau.frDÉC. / JANV.marketing et communication pour Clear’Invoice chez Ac- celya, spécialiste de la dé- matérialisation fiscale des factures. L’ordonnance prise en Conseil des Ministres fin juin 2014, qui rend obliga- toire l’utilisation des factures électroniques auprès des par- tenaires publics à partir de 2017, est un signal fort.” Aujourd’hui, plus de 30% d’entre elles ont recours aux diverses solutions de déma- térialisation de ce document si important. De façon peu surprenante, le PDF simple est le format le plus large- ment utilisé, même s’il laisse quelque peu à désirer, puisqu’il ne permet pas né- cessairement d’aller au bout de la démarche de dématé- rialisation du document. Il en est de la dématérialisation des factures comme de la dématérialisation en général : si les gains de temps, d’ar- gent et d’organisation sont déjà intéressants quand on installe la solution isolée, l’efficacité maximale est at- teinte lorsque cette dernière est intégrée à une chaîne dé- matérialisée la plus longue possible – idéalement, tout le long de la chaîne du paie- ment. Si l’on reçoit par exemple une facture élec- tronique, mais qu’on a besoin de l’imprimer pour la trans- mettre au service des paie-souvent la première brique l’émission et la réception de la digitalisation des pro- d’une facture : le paiement. cess dans l’entreprise”, sou- « Le processus de paiementmatisation des processus do- cumentaires. Après tout, si l’on envoie une facture, c’est bien pour être payé. » Si, aux Etats-Unis, il existe déjà un certain nombre de solu- tions destinées principale- ment aux particuliers – la plupart étant des solutions élaborées au cas par cas par les sociétés –, l’offre à des- tination des entreprises était jusqu’à maintenant un peu maigre – et ce plus encore de ce côté de l’Atlantique. Un vide qui tend désormais à se combler.L’ordonnance qui rend obligatoire l’utilisation des factures électroniques auprès des partenaires publics à partir de 2017 est un signal fort.ments, et que celui-ci fait ligne Morgane Queran. Les est une extension naturelle l’objet d’une démarche pa- acteurs de la dématérialisa- de celui de la facturation, pier, il reste encore nombre tion l’ont bien compris, et – souligne Eric Bussy, direc-]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frHaute résolution - Factures dématérialisées et paiements électroniques liés STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEAvantages de la démat’Des bienfaits enfin reconnusture, et de la payer en un gain de temps et d’orga- ne devrait pas tarder à évo- petit chez les autres presta- quelques clics, souligne Fa- nisation considérable. » Le luer dans ce sens. taires de la dématérialisation brice Denele. De l’autre côté, principal inconvénient de Les avantages offerts par la de facture, qu’elles soientRecevoir une facture électronique, mais avoir besoin deLa dématérialisation des factures commence enfin à se géné- raliser, après quelques années de croissance plutôt inférieure aux attentes. Mais maintenant, les retours d’expériences existent pour pouvoir prouver à tout le monde que le système offre un certain nombre d’avantages. Le premier d’entre eux est un gain financier. La réduction de l’utilisation de papier et des coûts de traitement des envois, même si elle est plus sensible dans les entreprises qui traitent un fort volume, est indéniable ; et avec l’adoption progressive des offres par les entreprises, les prix des prestations de dématérialisation sont suffisamment compétitifs pour convaincre même ceux qui facturent peu. Le deuxième avantage est un gain de productivité : non seulement la facture électronique évite au personnel concerné de perdre du temps sur des tâches sans valeur ajoutée, mais la transmission des documents entre les différentes parties est instantanée. Enfin, le troisième avantage majeur concerne l’archivage : bien conçu, le système permet de classer et retrouver extrêmement aisément une facture particulière ainsi que les informations qui y sont liées (date de paiement, type de paiement...). “Malgré tout, la dématé- rialisation des factures reste un projet qui demande une mise en place et un déploiement assez long, selon les clients et fournisseurs de l’entreprise”, rappelle Morgane Queran, res- ponsable marketing et communication pour Clear’Invoice chez Accelya. Si l’adoption croissante de la facture électronique va simplifier ces étapes, les acteurs du secteur doivent maintenant travailler sur l’indispensable interopérabilité des systèmes.n’est pas encore optimal...nts,l’imprimer pour la transmettre au service des paieme.l’émetteur va pouvoir avoir SEPAmail pour l’instant est combinaison du paiement développées en interne ou en temps réel les informa- qu’il ne fonctionne pas en- électronique et de la facture mises en place avec des par- tions sur la bonne réception core au niveau européen (ou dématérialisée sont indénia- tenariats. Une raison de plus de la facture, son règle- mondial), même s’il existe bles. Des solutions similaires pour décider de se passer ment... Le système avantage déjà des signaux forts per- à celle développée par Esker du papier.DES SOLUTIONS POUR LE BTOB ET POUR LE BTOCAinsi, lors du salon De- mat’Expo à Lyon en sep- tembre dernier, Esker a an- noncé le lancement d’un ser- vice de paiement en ligne qui vient compléter son offre de dématérialisation des fac- tures clients. La solution d’Esker héberge les factures sur un portail, auquel ont accès le client et le fournis- seur, et il sera désormais possible de régler ses fac- tures par carte bleue ou par virement SEPA sur ce même portail, grâce à des partena- riats noués avec les différents acteurs du paiement. « Il faut, pour pouvoir bénéficier du système, signer quelques accords avec sa banque, par exemple pour la mise en place d’un compte de paie- ment à distance pour ac- cepter les paiements par vi- rement ou carte bleue », ex- plique Eric Bussy. Le client, du coup, peut choisir son mode préférentiel. Les in- formations concernant le paiement sont ensuite en- voyées dans les ERP des en- treprises.la combinaison facturation électronique/paiement élec- tronique intéresse également les entreprises du BtoC. Un nouveau dispositif, qui s’est lancé à la rentrée, couvre les deux types de relations pour au moins un type de paiement : SEPAmail, une nouvelle solution de paiement créée sous l’impulsion de cinq banques françaises. « L’idée qui a conduit à SEPAmail était de créer une messagerie d’échange d’information en- tre acteurs économiques », explique Fabrice Denele, le directeur général de SEPA- mail.eu. Le système fonc- tionne grâce à un ensemble de messages standardisés, qui utilisent des normes ou- vertes venues des mondes de l’Internet et des standards ISO. Ces normes permettent de construire des messages qui prennent la forme d’un mail, avec une structure com- mune. Parmi les nombreux services proposés, celui dé- nommé Rubis permet de pré- senter une facture électro- nique à un client et à ce der- nier de la régler par voie électronique, de façon simi- laire à l’utilisation d’un TIP ou d’un chèque. « Le système permet de visualiser la fac-Si cette solution est princi- palement destinée au BtoB,DÉC. / JANV. 65tout le monde : il représente mettant de penser que cela devraient apparaître petit à Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16StrAtégIE & InnovAtIon nUMérIqUE Business story - AwoX, objets connectés et cotés Connecteurs d’universL Les objets hybrides connectés assurent le succès d’AwoX, société montpelliéraine fondée en 2003 par Alain Molinié et Eric Lavigne. Lumière...e XXIe siècle sera sente depuis l’année der- connecté ou ne sera nière, dans la gamme qu’il pas. S’il n’a jamais a créée et baptisée AwoXprononcé cette maxime, Striim. En un peu plus d’unAlain Molinié pourrait as- surément la reprendre à son compte, tant elle résume la philosophie développée par AwoX, l’entreprise qu’il a créée,ilyaunpeuplusde dix ans. « Nous vivons en fait de la troisième révolu- tion de l’Internet, après celle qui a vu l’arrivée du Web dans nos maisons par l’intermédiaire des PC, puis celle de l’Internet mobile. D’ici quelques années, lesan, plus de 100000 objets ont ainsi été commercialisés. Un succès qui est le résultat d’une maîtrise combinée des technologies de connec- tivité et de l’ensemble du process industriel adapté à leur production.D'ici quelques années, il y aura quelques dizaines, voire centaines d'objets connectés par foyersAwoX arriva, et la lumière fut...Car au-delà de ses seuls produits, AwoX est l’un des meilleurs spécialistes mon- diaux des objets connectés, de la maison intelligente, et des technologies d’inter-objets connectés représen- teront des dizaines, voire des centaines de produits par foyer », assure ce cen- tralien de 48 ans. S’il est encore un peu tôt pour af- firmer qu’il a raison, tout porte néanmoins à croire qu’il n’est pas loin de la vérité. Pour s’en convaincre, il suffit de s’arrêter un ins- tant sur le succès que ren- contrent les objets qu’il pré-connexions entre objets à la maison : télévision, chaîne stéréo, tablette, té- léphones... « Nous fabri- quons des objets sous marques blanches, comme le bloc d’Orange, qui allie la télévision avec des en- ceintes et la possibilité de disposer de contenus audio comme Deezer, ou vidéo, détaille Alain Molinié. Nous nous occupons aussi d’ob-jets sous marque propre, comme nos ampoules hy- brides connectées wifi, qui dispensent de la lumière et produisent de la musique àpartir des morceaux instal- lés sur votre smartphone ou votre PC. En outre, nous avons vendu l’an passé 52 millions de licences de cer-tification DLNA (« Digital Living Network Alliance »), ce qui constitue le pan tech- nologique de notre mo- dèle. »QUAND LA CHRYSALIDE DEVIENT PAPILLON Aujourd’hui présent dans trois univers complémen-66 DéC. / JAnv.]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frBusiness story - AwoX, objets connectés et cotés StrAtégIE & InnovAtIon nUMérIqUEtaires du « smart home » (la vidéo, l’audio et le ligh- ting), AwoX est en quelque sorte le petit poucet français des objets connectés qui fait rêver les ogres Américains. Son ampoule hybride, vé- ritable révolution technolo- gique, a ainsi été récom-17 M€ au printemps dernier, a été mûrement réfléchie, souligne Alain Molinié. C’est l’aboutissement d’uneavec Cabasse, de nombreux produits audio, comme l’AwoX StriimSound, en- ceinte active wifi haute-fi-Pour aller plus loin dans d’une forte croissance en-cette démarche, Alain Mo- dogène pour atteindre seslinié compte sur l’élargis- objectifs. Avec l’acquisitionsement de sa gamme propre de 100% des actions de lad’objets connectés. Au cours société Cabasse, il a fourni d’enceintes haute-fidélité collaboration initiée depuisPrésent dans trois univers du « smart home » (vidéo, audio et lighting), le petit poucet fait rêver les ogres Américainsdélité.acoustique Cabasse. » La nouvelle entité ainsi consti- tuée pèse déjà 14 M€ pour 80 salariés. Avec l’explosion du nombre des objets connectés dans les maisons, Alain Molinié semble bien parti pour gagner son pari.au travers de sa gamme d’enceintes haut de gamme, de produits acoustiques in- tégrés pour la maison etdotée de l’ingénieriedu premier semestre 2014, AwoX a ainsi lancé la com- mercialisation de sept nou- veaux produits, destinés en majorité à l’univers du ligh- ting hybride, portant sa gamme totale d’objets connectés dédiés au « smart home » à 12 produits. « No- tre plan de développement pour 2014 prévoit de porter ce total à 17 objets connec- tés d’ici la fin de l’année », précise Alain Molinié. Ainsi, le deuxième semestre sera marqué par la mise sur le marché de nouvelles in- novations : la CamLight, ampoule hybride LED wifi intégrant une caméra de vi- déosurveillance motorisée HD, et l’AmoraLight Color, ampoule connectée olfactive diffusant des huiles essen- tielles.cet été une première dé- connectées, la société fran-près de cinq ans entre les deux entreprises, à travers la fourniture, par AwoX, de technologies de connectivité. Nous avons également dé- veloppé, en collaborationmonstration de sa vision stratégique. Mondialement reconnue comme un leader technologique en électroa- coustique, principalementçaise enrichit le portefeuille technologique d’AwoX.« Cette opération, facilitée par l’introduction en Bourse qui nous a permis de leverJacques Donnaypensée, en janvier dernier, par le prix CES Innovations 2014 Design & Engineering Award lors du CES de Las vegas.Porté par cette fièvre créa- trice, AwoX a vu son activité progresser de plus de 35% au premier semestre 2014, confirmant la pertinence de son plan stratégique, qui vise à porter son chiffre d’affaires à 30 M€ à l’hori- zon 2016, soit une multi- plication par plus de quatre en trois ans. Pour relever ce défi, Alain Molinié compte prolonger l’exten- sion de son réseau de dis- tribution, notamment à l’in- ternational. « C’est le deuxième axe stratégique du groupe, qui s’est traduit au premier semestre par la pénétration de trois nou- veaux pays : Italie, Espagne et Allemagne, confirme-t- il. Dans le même temps, nous avons conforté l’or- ganisation commerciale et marketing du groupe, avec la nomination d’un Direc- teur marketing Monde et d’un Directeur des ventes Amérique du Nord. Nous ambitionnons d’être pré- sents dans 40 pays d’ici fin 2016. »L’histoire d’AwoX, c’est un peu celle de tous les petits qui sont devenus grands en poussant d’abord dans l’om- bre des géants, avant de vo- ler de leurs propres ailes. A l’origine, l’entreprise four- nissait exclusivement des clients prestigieux comme orange et Canal+. Parte- naire de nombreux fabri- cants, opérateurs télécoms et intégrateurs, l’entreprise intègre sa technologie de kits logiciels (SDK) DLnA dans plus de 125 millions d’appareils. Elle pose ainsi les bases d’un véritable éco- système industriel, dont elle use aujourd’hui pour s’émanciper.néanmoins, Alain Molinié n’entend pas se contenterDéC. / JAnv. 67CROISSANCE EXTERNE ET DÉVELOPPEMENT À L’INTERNATIONAL]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16RH & FORMATION Réseaux & Influences - clubs de nautisme et yachtingClubs de voiles dévoilésÀ peine remis de l’effervescence de la Route du Rhum, le monde de la voile se croise lors du Salon nautique. Un univers de yachts clubs et de sociétés discrètes, traditionnels,mais qui sont en pleine mutation...L ’esquisse du milieu de la voile d’au- jourd’hui pourrait être tracée en trois coups de pin- ceau : l’industrie nautique à tribord, incarnée par la Fé- dération des industries nau- tiques, propriétaire du Salon nautique de Paris. Le réseau des clubs sportifs structuré par la FF Voile à la proue. Enfin, à tribord, les yacht clubs et les sociétés nautiques. Pionnier, le Yacht Club de France, créé en 1867 quelques années seulement avant le Cercle de la Voile – autre ré- férence parisienne davantage orientée sur les régates et les règlements, reste un bastion du milieu du nautisme et le référent de l’élégance morale du milieu. Jules Verne et Éric Tabarly en furent. Prestigieux donc, mais pas forcément très dynamique, ni le plus ouvert à qui frappe à la porte... de la cabine. Pas d’absolue nécessité non plus à fréquenter le Cercle de la Mer amarré Pont de Suffren pour comprendre le milieu. Les sociétés en question ? Une trentaine de « clubs al- liés » du Yacht Club de France, de la Manche à la Méditerranée et jusqu’en Guadeloupe. Car, activité cô- tière oblige, c’est bien sur le plan local que beaucoup de choses se jouent. Avec une ambition latente : faire briller son territoire davantage que celui du voisin, même si la gentleman attitude ne laisse jamais ouvertement transpa- raître une quelconque guerre de clochers, tout comme les noms des grands patrons se veulent discrets sur le mouil- lage de leur navires de plai- sance. Des clubs qui bénéfi- cient de l’influence de leurs membres et épaulent les pro- jets maritimes de leur fief. Des sociétés en mutation,et plus jeune membre du conseil d’administration du puissant Yacht Club de la Baule, qui soutenait cinq skippers au départ de la Route du Rhum. Auparavant, ce milieu et la Baule croulaient sous l’argent. Aujourd’hui, nous devons réfléchir comme des entrepreneurs. » Pour ce club trentenaire initié par François-Xavier Baley et Lu- cien Barrière, où gravitent de grands noms de la voile dont les frères Peyron et Pajot et qui compte aujourd’hui 350 membres, « pas de pro- sélytisme. La règle veut que deux parrains soient néces- saires pour faire partie du club. En général, les choses se font naturellement par le prisme du bateau, pour les propriétaires de Dragons par exemple ou ceux qui partici- pent aux Voiles de légende. Mais nous ouvrons la porte aux entrepreneurs qui sou- haitent investir, explique en- core ce trentenaire originaire de la station balnéaire, très impliqué dans le kitesurf. C’est la passion de la voile qui nous anime, mais le club est un réseau quand même, il ne faut pas le nier. J’ai un cabinet à St Brieuc et j’envi- sage d’en ouvrir un ici. Ma carrière n’a jamais été menée très loin du bateau. La voile est un lien, quelque chose d’un peu élitiste aussi, mais toujours un réseau social au sens humain du terme, jus- tement ce qui nous différencie des réseaux d’entrepreneurs.nières sur Seine, dans les Hauts-de-Seine. Pas banal. Il a cherché des appuis et décrypté les arcanes du mi- lieu. « Quand j’ai créé maune soif de mer, de récits de voyage, peut-être de liberté, et sans doute aussi d’un monde high class qu’ils peu- vent toucher du doigt. Maisrend ce réseau plus ouvert, moins égocentré. D’ailleurs, nous avons tout intérêt à créer une dynamique, voire à mutualiser nos business »,Sans doute aussi parce que chacun évolue dans son coin, possède ses propres soutiens et qu’il est difficile de les exposer, encore plus de les partager. En fait, le modèle reste à créer, c’est un milieu très intéressant où il reste beaucoup de choses à réali- ser. Pour ne prendre que la référence sportive, c’est par exemple l’un des rares où l’on peut être un amateur et se battre contre des pros », explique celui qui, benjamin de la Solitaire du Figaro en 2010, est aujourd’hui soutenu par le Cluster Maritime Fran- çais, une task force créée en 2006 pour défendre la com- munauté maritime au sens large avec des actions de communication mais aussi d’influence.aussi.» Normand originaire de Cherbourg, fin connaisseur du milieu associatif, politique et sportif, Alexandre Plan- quette a fondé Navy Classic en août 2013 avec le soutien de sa commune. Un chantier naval qui rénove des Chris- craft et autres Riva à... As-c’est quand même le point laisser fantasmer ? « L’activité commun de tous les clubs. de réseautage et de lobby Les gens y viennent pour n’est pas aussi dynamique vivre leur passion de la na- que l’on pourrait s’y attendre, vigation. Même si tout le mais c’est peut-être aussi une monde ne navigue pas, beau- question de génération. coup de gens aiment l’idée L’émergence de jeunes en- simple d’être fan de nautisme, trepreneurs avec des outils certains viennent y assouvir modernes de communicationprestigieux Vendée Globe de 2016. Originaire de La Ro- chelle, il fait son état des lieux : « Le réseau méditer- ranéen est davantage déve- loppé que celui de la côte Atlantique et globalement, nous ne sommes pas très en avance dans ce domaine.CLUBS DE BONNES MANIÈRES« Les Trente Glorieuses sont loin derrière nous, témoigne Benjamin English, avocat de 33 ans installé à Saint-Brieuc68 DÉC. / JANV.en rade !« Refus de priorité et de dire bonjour... Cela se règlera au club ça ! »COMPÉTITION DES TERRITOIRESLa Rochelle a perdu du terrain sur Port-la-forêt ou le Sud de la France. Chacun draine notamment des régates cor- poratives comme la Baticup à Pornichet, la Juris’cup à Marseille ; la finance, la grande distribution, les ex- perts comptables ont aussi la leur. Plus au Nord, à Lo- rient, on réfléchit en termes de club de la Sailing Valley. Christophe Baudry, directeur de l’association Lorient Grand Large créée en 2009, précise : « Avec 70% des en- treprises et du savoir-faire gravitant autour de la course au large ici, et la Cité de la voile, Lorient a construit un grand projet autour de son ancienne base sous-marine. Dans le cadre du service pro- posé aux skippers, nous dé- veloppons un club de parte- naires, sur la base de la Volvo Ocean Race que nous avions alors construite avec un ticket d’entrée de 1000 euros, pour que les gens se connaissent, échangent, et que cela ne concerne pas uniquement la jet-set voileuse. » Peut-être une piste pour ne pas restersociété, je me suis notamment rapproché du club de la Jatte, à Neuilly. J’y ai créé des liens grâce à des amis mem- bres de ce club. Dire de vé- ritables liens d’amitié serait travestir la réalité, mais de possibles intérêts commun, oui. Tous les membres aiment le nautisme, et je crois quepour être coopté, ce n’est pas une question d’argent. Les nouveaux riches ne sont pas forcément les bienvenus. C’est aussi un club des bonnes manières. »assume ce quadra qui réfléchit à la création d’un club nau- tique à Asnières. Itinéraire complètement différent, ob- jectifs de haute performance, mais même état d’esprit chez Arthur Le Vaillant. Ce jeune skipper est en pleine re- cherche de sponsors pour fi- naliser sa participation auL’émergence de jeunes entrepreneurs avec des outils modernes de communication rend ce réseau plus ouvert,moins égocentré.PEAU NEUVEUn club sélect aussi puissant que l’imaginaire pourrait leOlivier Remy]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16RH & FORMATION Observatoireu Et si le croisement des compétences était la clé ? Le focus mensuel sur les fusions entre école d'ingénieurs et écoles de com- merce semble le démontrer. En sus, un classement des formations exécutives dominé par une école française, preuve que l'inter-continentalité est à la mode pour l'executive education. Et enfin, des business schools assoiffées d’innovation, ac- couchant de collaborations et de formations inédites avec notamment des instances onusiennes.L’ingénieur et le businessman, ensemble face aux enjeux du Big Top 10 mondial : salaire moyen d’un MBA dans chaque pays data L’étude note une hausse notable au Canada et dans les pays du Vieux Continent : au Face visible de l’iceberg en matière de stratégie digitale pour l’ESSEC, le master of science Royaume-Uni et en Allemagne surtout, en France et en Suisse dans une moindre mesure. (Msc) in data sciences and business analytics sera sanctionné par un double diplôme conçu La première place suissesse s’explique par l’importance des sociétés de services financiers, par Centrale Paris et l’école de commerce, dispensé conjointement dans les deux écoles. Laformation, dont la première promotion verra le jour en 2015, se concentrera sur les outilsinformatiques, l’analyse quantitative, la compréhension de l’environnement économique etles évolutions dans la prise de décision des dirigeants armés de ces nouveaux outils. Cetteformation d’un nouveau genre s’accompagne aussi du lancement d’un centre d’excellencepour le business digital, afin de piloter toutes les activités en rapport avec ce domaine enmatière de recherche, de pédagogie, de relation entreprise et d’intervention dans le débatpublic.Source : ESSECPAYSAVERAGE MBA SALARY 2014 IN US$% CHANGE SINCE 2013SUISSE122 000+ 1,7AUSTRALIE115 600-1,9DANEMARK112 000-4,1UK98 000+13,3US93 200+13,4FRANCE89 800+2,5ALLEMAGNE89 800+6,8CANADA87 500+7,6ESPAGNE83 100-2,7JAPON83 000+9,2Les Mines et Telecom : le Nord comme trait d’union pour un Ins- titut uniqueAu pays des corons, le projet a germé en mai. Et depuis lors, les écoles d’ingénieurs des Mines de Douai et de Telecom Lille ont lancé une étude de faisabilité en vue de la création d’une nouvelle entité floquée d’une nouvelle marque. Y associant le ministère de l’Economie et l’université de Lille 1, le projet souhaite renforcer la complémentarité des deux établisse- ments autour des transformations qui touchent les domaines du numérique, de l’énergétique et de l’environnemental, afin de proposer un curriculum plus large tout en renforçant l’image de ce pôle régional d’enseignement sur les plans national et international.Source : La Voix du Nord70 DÉC. / JANV.ainsi que par la relocalisation de fonds spéculatifs et de multinationales provenant de Londres et Francfort, cherchant une fiscalité plus avantageuse. Cela dit, la tendance, qui se dégage de cette étude, va vers une diminution de l’écart des salaires, quelle que soit la zone géogra- phique. Tendance à suivre.Source : topmba.comSource : ENSTA BretagneENSTA Bretagne-ENSA Paris : à l’abordage de nouvelles collabo- rationsGrands gagnants du concours international HYDROcontest, l’ENSTA Bretagne et l’ENSA Paris ont réussi à concevoir de concert, selon les canons de cette compétition, le bateau le plus rapide et le moins gourmand. Mutualisation gagnante des compétences, cette complé- mentarité fructueuse s’accompagne dès cette année par une accélération des échanges entre étudiants et se concrétisera davantage à la rentrée 2015 par le lancement d’une formation commune d’architecture navale et design.L’IFP School (école nationale supérieure du pétrole et des moteurs) se prend sérieusement au jeuPremière mondiale dans l’offre des MOOCs, l’IFP intègre un serious game dans sa formation dédiée à la mobilité durable. Le but du jeu ? Optimiser la production de carburants en res- pectant les spécifications européennes afin d’évaluer et de mettre en pratique les enseigne- ments dispensés pendant les quatre semaines du MOOC. L’intégration de cette pédagogie par l’expérimentation répond à la problématique de l’intégration du numérique au sein des pratiques d’apprentissage, afin d’acquérir de nouvelles compétences opérationnelles. Source : www.serious-games.fr]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frQuatorzième top 100 du Financial Times des formations pour ma- nagers seniors en activitéDomination sans conteste des formules intercontinentales pour ce classement 2014. Sur la première marche de ce podium, nous retrouvons ainsi la formule Trium, créée collégialement en 2001 par HEC, NYU (New York University) et la LBS (London Business School) pour leurs compétences mondialement reconnues, respectivement en management général et en- seignement exécutif, en finance et en sciences politiques et économiques. L’école françaiseObservatoire RH & FORMATIONet ses consœurs se hissent pour la première fois en tête de ce palmarès en gagnant trois places selon de nombreux critères : salaires avant et après la formation, progression de carrière, expérience de travail... Les formations retenues sont toutes accréditées par l’AACSB (Ad- vance collegiate Schools of business), l’AMBA ou EQUIS pour l’Europe et sont mises en place au moins depuis quatre années consécutives. Au total, 134 programmes provenant de 32 pays ont été retenus. Dans cette dynamique de formations multi-sites, l’INSEAD se classe 9e, ESCP 16e, KEDGE 27e, l’ESSEC 50e, Grenoble Graduate School of Business 70e, l’EM Lyon 91e.Source : topmba.comENSICA / ISAE-SUPAERO : vers un parcours uniqueRANGECOLEPAYS1TRIUM: HEC PARIS / LSE / NEW YORK UNIVERSITY: STERNFRANCE / UK / US2KELLOGG / HONG KONG UST BUSINESS SCHOOLCHINE3TSINGHUA UNIVERSITY / INSEADCHINE / SINGAPORE / UAE / FRANCE4UCLA: ANDERSON / NATIONAL UNIVERSITY OF SINGAPOREUS / SINGAPORE5COLUMBIA / LONDON BUSINESS SCHOOLUS / UK6UNIVERSITY OF PENNSYLVANIA: WHARTONUS7WASHINGTON UNIVERSITY: OLINCHINE8NANYANG BUSINESS SCHOOLSINGAPORE9INSEADFRANCE / SINGAPORE / UAE10CEIBSCHINE11UNIVERSITY OF CHICAGO: BOOTHUS / UK / CHINE12IESE BUSINESS SCHOOLESPAGNE13IE BUSINESS SCHOOLESPAGNE14NORTHWESTERN UNIVERSITY: KELLOGGUS15IMDSUISSE16ESCP EUROPEFRANCE / UK / ALLEMAGNE / ESPAGNE / ITALIE.........27KEDGE BUSINESS SCHOOLFRANCE / CHINE.........50ESSEC / MANNHEIMFRANCE / ALLEMAGNE.........70GRENOBLE GRADUATE SCHOOL OF BUSINESSFRANCE.........91EMLYON BUSINESS SCHOOLFRANCEFin septembre fut le moment de marquer d’une pierre blanche les volontés de croissance de l’ISAE-SUPAERO par son rapprochement avec l’ENSICA. A compter de la rentrée 2015, le campus de l’ENSICA migrera sur celui de SUPAERO. Cette proximité se matérialisera aussi par la mise en œuvre d’un programme unique. Le parcours commun autorisera une plus grande variété des profils et une visibilité élargie à l’international. La formation s’ap- puiera sur trois champs d’études : scientifique, humanités, ingénierie et entreprise. Con- séquence notoire, le recrutement ingénieur ENSICA sur les concours communs polytechniques sera supprimé la même année. Toutefois, l’institut continuera de délivrer le diplôme ISAE-ENSICA jusque 2017, tout en se portant garant de la qualité de la formation. Source : supaero.isae.frKedge, acteur du développement durableLes business schools françaises ne développent pas seulement des partenariats avec le monde de l’entreprise. C’est ce qu’atteste la prochaine collaboration entre l’UNESCO, l’UNEP et Kedge portant sur l’environnement. Cette alliance illustre les convictions de Kedge, pio- nnière en matière de responsabilité sociale et environnementale. Le but ? Créer et développer de la recherche et de la pédagogie en matière de développement durable. Dans cette optique, Kedge pilote le « sustainability test » créé à la suite de la conférence Rio+20, qui consiste en une batterie de questions évaluant les connaissances de base en matière d’EDD (éducation au développement durable). L’entente a été officiellement annoncée dans le cadre de la con- férence mondiale de l’UNESCO sur l’EDD qui s’est tenue du 10 au 13 novembre à Nagoya (Japon).DÉC. / JANV.71]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16RH & FORMATION Carrières & Talents - MBA, EMBA, Masters, MSc Tropisme asiatiqueLLes écoles de commerce françaises ne dupliquent plus leurs formations en Asie, elles les globalisentogique de Hub and souligne Jean Michel Blan- spoke (réseau en quer, Directeur Général de étoile) de l’enseigne- l’ESSEC.ment supérieur, développe- ment de l’inter-continentalité académique de haut niveau, campus français en Asie... Les logiques de déploiement des business schools fran- çaises ne visent pas seulement à la rentabilité de nouvelles formations ni à l’exploration de nouveaux marchés. Elles aspirent à faire de ces an- crages locaux de nouveaux piliers dans l’enseignement du business, qui se veut dés- ormais global.UN CHOIX DE CARRIÈRE À LA CARTELes écoles peuvent également engager des initiatives qui dépassent le cadre des écoles : Neoma Business School a ainsi lancé le premier Institut Confucius « Business » de France. « Les premiers contrats en DIF ont vu ré- cemment le jour dans le cadre de l’Institut avec des entre- prises haut-normandes par- tenaires. Et en Chine, nous poursuivons les rencontres avec les entreprises chinoises pour de nouvelles opportu- nités de formations. Néoma développe son partenariat avec Nankai située à Nanjin, troisième ville chinoise, afin de pourvoir cette institution de nouvelles formations exé- cutives », explique Céline Davesnes, DGA des pro- grammes chez Néoma. Cette polarisation mondiale des for- mations favorise bien évi- demment les échanges et ou- vre certaines possibilités de carrière : « Nos anciens de moins de 28 ans évoquent la prise de postes à responsa- bilité seulement accessible à des managers senior de 50 ans en Europe », évoque Cé- line Davesnes. Mais seule une poignée de Français par- ticipe à ces formations de hautvolenAsie:20%dela cohorte de l’EMBA de Kedge, par exemple, est composé de personnes qui n’ont pas la nationalité chinoise, dont à peine quelques Français. La demande de formation se calque davantage sur le dé- veloppement économique chi- nois à forte dominante in- dustrielle. « Les participantsLA CHINE COMME TÊTE DE PONTL’Empire du Milieu demeure le premier terrain de chasse des écoles françaises. En Chine, on peut dénombrer 44 instituts de coopération sino-étrangère et 700 pro- grammes de formation toutes nationalités confondues (l’etudiant.fr). Selon les moyens et la force des liens tissés, le déploiement prend alors des formes diverses : un bureau de représentation pour GEM, Sup de Co La Rochelle ou l’Iéseg BS, un institut Franco-chinois à Suzhou pour le triumvirat que forment Kedge BS, Montpellier III et Paris IV. Un campus enfin pour Skema BS également à Suz- hou, ou à Shanghai pour l’EM Lyon. De même pour l’ESSEC à Singapour et Té- lécom Ecole de management avec la Lanzhou University. Aucune école n’y échappe. Toutes considèrent l’Asie comme un moyen d’inter- nationaliser les cursus. Pour choyer les dirigeants, HEC a ainsi décidé de délivrer des Executives mastères à Shanghai et Pékin en part time tout comme Neoma adresse aux top managers son DBA (Doctorate in Bu- siness Administration) avec la fameuse université de Jiaotong. L’EM Lyon, elle, reste fidèle à son ADN en ayant développé une offre de formation dédiée à l’en- trepreneuriat international, avec le Global entrepreneur- ship program. Les différentsPas mal d’idées lors du brainstorming organisé au sein d’un MBA sino-françaismodes de représentation en terre asiatique témoignent également du glissement d’une logique de « mère à fille » à une relation de « sœur à sœur » entre les écoles de commerce fran- çaises et les établissements chinois. Autrement dit, d’une volonté de duplication et de délocalisation des forma- tions, les business schools cherchent davantage à glo- baliser leurs formations. « Nous avons développé une offre de MBA part-time avec l’université de Jiaotong qui s’adresse aux cadres d’en-un facteur de succès pour les formations s’adressant aux dirigeants.les relations avec l’Inde le Japon, Taiwan, etc. Notre stratégie évolue d’une volonté d’internationalisation à une stratégie de globalisation », précise Tugrul Atamer, Vice- Dean for Global Affairs à l’EM Lyon. L’innovation ma- jeure réside dans le passage d’une logique de partenariat de point à point à des schémas de type « hub and spoke » avec dans certains cas, des campus off-shore pour amé- liorer la capacité d’agir des grandes écoles. La stratégie en « hub » permet ainsi de privilégier des échanges en« glocale » – le local connecté au global – et non plus seg- mentée par les marchés de l’enseignement. Dans le cadre de l’EDHEC Risk-Institute, par exemple, les campus de Singapour et de Londres ac- cueillent ainsi des étudiants et managers au sein d’un pro- gramme dispensé en alter- nance, le MSc in Risk & In- vestment Management. Tou- jours dans cette même op- tique, un nouveau partenariat avec Sun Yat-sen University (Chine et Taïwan) établit une nouvelle tête de pont pour Neoma vers l’Asie du SudL’ASIE, NOUVEAU HUB DE LA FORMATIONLe potentiel asiatique s’il- lustre donc par le succès des formules tri-continentales, comme en atteste le dernier palmarès des EMBA tenu par le Financial Times (cf. baromètre). Le but de ces formations globales revient à asseoir des programmes sur plusieurs sites de renom- mée internationale, et deLes écoles françaises passent en terre asiatique d’une logique de « mère à fille » à une relation de « sœur à sœur »72 DÉC. / JANV.treprise. Il s’agissait du même programme que sa version française, à la dif- férence que le recrutement et l’organisation s’opèrent à Shanghai », explique Mi- chel Gutsatz, associate dean & MBA director chez Kedge. Dans l’élan de ce programme et du partenariat avec Jiaotong, l’Executive MBA a été créé en 2010. Cette année, la formation exécutive a intégré le top 30 du classement des EMBA selon le Financial Times (cf. baromètre). Une réussite qui fait de l’inter-continentalitéavec les établissementsconnecter ces différents tem- ples académiques pour abou- tir à des apprentissages sur mesure où le choix des ma- jeures et des électifs autori- seront une visite systémique des différents continents, se- lon l’expertise en lien avec le dynamisme économique de la « city-region ». Phéno- mène que l’on retrouve d’ail- leurs dans les programmes ad hoc des grandes écoles destinées aux multinatio- nales. « C’est à partir de la Chine que nous traitons l’Asie. D’autres pro- grammes viennent structurerétoile autour d’un nœud géo- graphique ou s’organisent le choix des destinations selon l’école ou l’université et la majeure qu’elle dispense. Cette logique permet donc de desservir des marchés d’enseignement secondaires dont les flux ne justifient pas d’ancrage direct à l’échelle internationale ou interconti- nentale. Outil de massifica- tion et de convergence des savoirs, ces plateformes per- mettent de multiplier les des- tinations de formation. On s’inscrit dans cette optique dans une volonté de desserteEst. L’année scolaire 2014- 2015 annoncera aussi l’arri- vée d’un nouveau campus à Singapour pour l’ESSEC. « Notre BBA deviendra global à compter de la rentrée 2015. Nous voulons faire de l’ES- SEC une institution multipo- laire, qui se caractérisera par une pensée différenciée à la fois locale et globale, passant par un recrutement académique scientifique et une pédagogie différents. No- tre objectif est d’être ancré dans dix villes stratégiques en Asie et de constituer un hub à partir de Singapour »,e multi-proviennentaussid. nationales européennes ou américaines. C’est dans ce type de structure que le besoin d’un MBA se fait ressentir. Mais aujourd’hui, la demande émane de l’industrie, et de plus en plus des entreprises d’Etat chinoises », rapporte le doyen de Kedge.Geoffroy Framery]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Create opportunities*  Toulouse - Paris - Barcelone - Casablanca3 ACCRÉDITATIONS INTERNATIONALESwww.tbs-education.fr]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16RH & FORMATION Carrières & Talents - Numérique en formation continueGeeks et managersDerrière l'effet de mode, la transition numérique et le digital redessinent la stratégie L des entreprises et nécessitent des formations à de nouveaux métiers. Un défi à relevere numérique, une boite de Pandore pour les entre-pour les écoles et les journalistes.prises ? Au premier regard, on pourrait évoquer un effet de mode. Une marche à sui- vre, voire une marche for- cée sous peine de perdre en compétitivité par manque d’opportunisme numérique. Mais la réalité est toute au- tre. Cette course effrénée à la modernisation technolo- gique des outils ne peut pas être correctement exploitée sans prendre le temps d’en peser les enjeux straté- giques. Ce faisant, entre- prises et grandes écoles créent et refondent les pro- grammes pour aboutir à de nouveaux métiers qui in- sufflent la révolution nu- mérique.TROP DE TECHNOLOGIQUE, PAS ASSEZ DE STRATÉGIQUE« Tonton, tu connais pas l’Ice bucket challenge ? » Il est ainsi devenu monnaie courante de voir son petit cousin de huit ans, ayant des lacunes en français et en maths, actualiser avec bien plus d’aisance son pro- fil Facebook que son oncle presque sexagénaire, pour- tant senior manager d’une grosse entreprise spécialisée dans la sécurité des données informatiques. Cet exemple de fracture numérique peut tenir lieu de comparaison si l’on souhaite distinguer les entreprises qui s’inté- ressent au numérique de manière stratégique, et les autres qui surfent sur le buzz, se contentant de se doter de nouveaux outils sans trop savoir où ils les mèneront. A ce sujet, dès 2012, le CIGREF, dans le cadre d’un partenariat HEC- Mines, établissait dix pistes de réflexion structurant la transition numérique au sein des entreprises : évolution des services associés et des plateformes clients, construction et animation d’une communauté inter-Depuis qu’il est revenu de sa formation Big Data, Régis fatigue ses collègues en se prénommant le « Jedi de la donnée »74 DÉC. / JANV.chantiers dématérialisés que s’approprie progressivement l’enseignement supérieur. A la fois juges et parties, les écoles sont tout autant acteurs du changement avecmastères que nous propo- sons, le web marketing est devenu incontournable, à tel point que nous réflé- chissons actuellement pour remettre au goût du jourdu numérique », note Jean- Marc Fiorina, directeur ad- joint de GEM et directeur de l’ESC Grenoble. Nom- breuses sont aussi les en- treprises qui se ruent surbien plus sur des modèles d’initiation au numérique sans en mesurer l’impact stratégique. Les têtes pen- santes ne sont pas encore toutes câblées numérique »,active, adoption d’une dé- marche d’open innovation, changement de la fonction SI, cloud & Big data. Une liste non exhaustive deles entreprises que premiers cobayes de ces évolutions dans la manière de faire évoluer leur recherche et leur pédagogie. « Outre lesun certificat Web 2.0, une sorte d’équivalent du TOEIC pour l’anglais qui validerait les compétences acquises dans le domaineles formations dédiées au numérique. Mais trop peu encore adoptent les bons réflexes. « La demande des entreprises va se concentrerpoursuit Jean-Marc Fiorina. La faute également à des entreprises françaises qui ont un mode de gestion en- core trop vertical, qui res- treint de fait le champ d’ac- tion de ces disciplines tech- nologiques vouées au chan- gement et à la transversa- lité : « Les entreprises vont nous solliciter sur les consé- quences du numérique pour la fonction RH par exemple. C’est plutôt à la mode. Mais la demande sera toujours plus axée sur les aspects technologiques que mana- gériaux », regrette le di- recteur adjoint de GEM. Et Aline Pesse, directrice de projets au sein du cabinetLes formations répondent à un besoin de data scientist ou de data strategist, dotés d'une approche informatique, mais aussi d'une dimension managériale]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Numérique en formation continueRH & FORMATIONconseil Akor Consulting, d’ajouter : « Il s’agit effec- tivement d’aider des colla- borateurs et managers à devenir « digit’agiles ». Comment utiliser les ta- blettes tactiles pour conduire un entretien com- mercial ? Comment maîtri- ser notre offre multicanal ? Comment intégrer la di- mension omnicanal dans lamation en Big data et en Web management avec des cylindrées telles que Schneider, Orange, Hardis,nale. « Il est vital de déve- lopper des sujets qui ne gé- nèrent pas encore beaucoup de flux, mais qui sont por-des objets », soutient Alain Riesen, directeur de la for- mation continue Telecom ParisTech. Les formationspables d’accompagner les transformations en entre- prises. « Nos formations et nos différents partenariatsnouvelles opportunités », complète François Trouillet. Toutefois, cette évangéli- sation peut aussi adopter d’autres formes. En atteste le récent partenariat de So- local Group, leader euro- péen dans la communication digitale avec l’EM Nor- mandie à l’origine de nou- veaux programmes de for- mations continue. Tous les chemins mènent au numé- rique. Le progrès est enLes formations en stratégie internet ou web management ne souhaitent pas former des experts du code, mais des accompagnateurs de transformations en entreprises.Michelin et Eurodisney en teurs de grands potentiels en stratégie internet ou web permettent de pratiquer un matière d’entreprises utili- d’exploitation économique, management ne souhaitent véritable travail d’évangé- satrices de nouvelles tech- à l’image des transports pas former des experts du lisation sur le numérique nologies, mais aussi IBM, intelligents ou de l’internet code, mais des profils ca- et d’ouvrir les esprits à ces Oracle et quelques start-upmarche.en termes de fournisseurs de solutions. De même, Te- lecom ParisTech a lancé en 2013 son MS Big Data pour couvrir une demande gran- dissante. Ce fleurissement des formations accompagne corrélativement une de- mande croissante des en- treprises pour de nouveaux métiers. Ceux de data scien- tist ou de data strategist, dotés d’une approche in- formatique et scientifique, mais aussi d’une dimensionGeoffroy Frameryrelation client ? Quel judo verbal digital pour échan- ger sur les réseaux so- ciaux ?... ». Des manières de sensibiliser qui reflètent des entreprises trop peu conscientes des opportuni- tés qu’offre le digital.DE NOUVELLES COMPÉTENCESPOUR DE NOU- VELLES CARRIÈRES Quel enjeu pour les écoles dans la transition numérique ? Peut-être celui de jauger leurs nouvelles formations par rapport aux besoins des entreprises. Créée il y a dix ans, l’EMSI a conçu ses offres de for-DÉC. / JANV. 75Le cabinet Gartner annonçait déjà en 2012 un boom des postes dédiés au Big data, qui atteindrait les 4,4 mil- lions, dont 30% seraient embauchés sur la zone Eu- rope d’ici 2015. Nous sommes en train de passer un cap. La volumétrie des données n’est plus seule- ment utile à une démons- tration mathématique ou statistique. Il s’agit d’uti- liser ce contenu et la rapi- dité d’évolution de ce der- nier pour impacter straté- giquement les entreprises et créer de nouvelles idées. Le Big data, c’est interpré- ter, corréler et traduire cette analyse en nouveau busi- ness », évoque François Trouiller, directeur de l’EMSI Grenoble, école de GEM. L’intérêt des entre- prises et des écoles est donc d’ordre prospectif : outre l’incubateur de projets nu- mériques, Telecom Paris- Tech a inauguré, en deux ans, trois nouvelles chaires qui se consacrent au Ma- chine Learning for Big Data avec Criteo, PSA et Safran, Big Data and Market In- sights avec Deloitte, Yves Rocher ou voyages- sncf.com, valeur et poli- tiques des données person- nelles avec BNP Paribas, Dassault Systèmes et le groupe Imprimerie Natio-managériale. «]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Champagne L’impertinenceBulles d’avenirde la modeLe plus célèbre des vins effervescents change de robe. Technologies Mprotectrices, étiquettes sophistiquées, et compositions innovantes font pétiller l’offre qui doit se renouveler, tout en perpétuant une tradition. Délicat...parai 2012. Les autori- tés françaises dé- mantèlent un impor-Arthur de Soultraittant trafic illégal de capsules- congés, ces capsules représen- tatives de droits (CRD) com- portant le sceau d’une Marianne et des indications attestant du paiement des droits sur les vins et alcools. Une marchandisation clandestine dont souffrent en premier lieu les champagnes. Ironie des événements, l’opé- ration d’interception se déroule dans la Marne, à quelques en- cablures des plus prestigieuses caves. Malheureusement, les pieds de nez de ce type aux escrocs et contrefacteurs ne suffisent pas à endiguer l’im- portance des économies paral- lèles et leur impact négatif sur les échanges commerciaux qui se déroulent dans les règles de l’art.Fondateur de Vicomte A.Libéraliser est à la Emode...chez les gouvernementsde gauchen 1981, François Mitterrand est élu sur un programme foncière- ment de gauche qu’il essayed’appliquer durant les deux premières années de son mandat. Les résultats sont désastreux et amèneront à trois dé- valuations successives du franc. S’en- suit alors un virage dans la stratégie économique, agrémenté il est vrai par une cohabitation à partir de 1986. Cela se traduit notamment par une vague de libéralisation : les secteurs de l’assu- rance, de la banque ou de l’audiovisuel sont privatisés dans une mesure jamais connue auparavant et, paradoxalement, sous un président de gauche.« Au niveau du Comité inter-professionnel des vins deChampagne (CIVC), on sur-veille tous les jours l’état dumarché. Environ 70 dossierssont traités quotidiennementen matière de lutte contre lesmalveillances en tout genre »,confie Alain de Sacy, présidentde la maison de ChampagneLouis de Sacy. Un travail desape indispensable pour pro-téger la filière, défendre sonintérêt et l’authenticité des pro-duits. Face à l’écueil funestede la contrefaçon, face à laconcurrence frontale des cham-pagnes qui n’en sont pas, d’au-tres options et solutions émer-gent. La bouteille de demainsera résolument ancrée dans le21e siècle, habillée de disposi-tifs technologiques destinés àla protéger. « C’est très bien. deux types de solutions sont une encre, soit par l’association La traçabilité doit être garantie appelés à se répandre pour les d’un scellé comme une éti- par tous les moyens, et la tech- sécuriser, soit par l’incorpora- quette, un marquage « à che-2014, même scénario ou presque. Après un début quinquennat que l’on pourrait qualifier dans un euphémisme de diffi- cile en matière économique, le gouver- nement, sous l’impulsion du ministre de l’Economie Emmanuel Macron, est en train de finaliser une loi sur l’attractivité qui pourrait libéraliser plusieurs pans de l’économie : travail le dimanche, pro- fessions réglementées, privatisation de certains aéroports régionaux...Des ini- tiatives qui semblent toutes aller dans le bon sens pour contribuer à améliorer la compétitivité de la France et essayer de combler le déficit abyssal que la Com- mission Européenne nous reproche. Et encore une fois, c’est un gouvernement de gauche qui va libéraliser. De manière presque aussi peu naturelle et inatten- due que de porter des chaussettes blanches avec un costume.La bouteille festive du futur, avec déclenchement d'un feu d'artifice lors de l'ouvertureLa bouteille de demain sera résolument ancrée dans le 21e siècle, habillée de dispositifs technologiques destinés à la protégeréléments embarquant plusieurs matériaux sont imaginés. De l’étain, de l’aluminium, ou en- core du PVC peuvent ainsi composer une même partie.Comme si, face aux réalités écono- miques, nos dirigeants politiques se dé- cidaient à se comporter en chefs d’entreprise responsables. Faisant peut- être le même constat que le président Beaufort dans le film Le Président : les patrons de gauche ça existe...mais c’est comme les poissons volants, ce n’est pas la majorité de l’espèce.nologie en est un », assure tion d’un authentifiant comme val ». Pour détecter le rempla- Alain de Sacy. par exemple un marquage ou cement d’une capsule détruite Pour ce qui est des capsules, des nanoparticules intégrées à en débouchant la bouteille, desTRAÇABILITÉEXTRÊMESi les technologies OVD (Op- tical Variable Devices), et en particulier les solutions holo- graphiques, trompent de moins en moins les contrefacteurs, les systèmes RFID se préparent à rejoindre massivement les bouteilles. Cette méthode per-76 DÉC. / JANV.]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frL’Air du temps - Champagne ART DE VIVRE & PATRIMOINEmet de mémoriser et récu- pérer des données à distance par le biais de marqueurs que l’on appelle radio-éti- quettes. En les scannant, on obtient une série d’in- formations qui peuvent être validées par une base de données. Une manière de s’assurer des critères d’au- thenticité du produit. Le système a l’avantage d’êtreter cette solution pour sé- curiser les bouteilles. Au-delà de l’efficacité des solutions anti-contrefaçon,plus que jamais être mar- telé », assène Alain de Sacy. Le storytelling, contant les recettes ancestrales, vantantconcurrentiel d’aujourd’hui, il est très important de le mettre en avant », indique Isabelle Blaise, producteurl’histoire de son activité. « Plus que jamais, il est important de proposer aux clients de voir par eux-goûts, « en particulier à ceux de l’international, confie Alain de Sacy. Dans nos futures ventes, les cu- vées extra-dry avec davan- tage de sucre tiendront une bonne place. Ce créneau va se développer. » La mai- son Louis de Sacy avait par ailleurs commercialisé une cuvée non dosée il y a huit ans, anticipant un phéno- mène naissant. Il n’y en avait alors que deux ou trois. « Désormais, on en dénom- bre une trentaine », pré-Nos pieds de vigne sont vieux de 200 ans. En contexte concurrentiel, il sera toujours importantde le mettre en avant.la question d’investir dans la richesse des terroirs et récoltant manipulant au sein mêmes les réalités du cham- des dispositifs de ce type patrimoines que l’on sent à de la maison Blaise Lour- pagne », précise-t-elle. Une se pose sans réponse évi- chaque gorgée, forme une dez, qui organise des dé- posture traditionaliste qui dente car les pertes liées au autre arme redoutable. « Nos gustations et visites de la n’est pas incompatible avec trafic parallèle illégal sont pieds de vigne sont vieux propriété pour permettre une l’innovation. Les cuvées difficiles à estimer. Mais de 200 ans. Dans le contexte immersion concrète dans évoluent, s’adaptent aux nul doute que la hausse decise-t-il.l’économie clandestine va vite changer la donne, en raison de son impact sur les prix. A titre d’exemple, cer- tains vins grands crus sur le marché chinois ont connu à partir de 2011 une chute de prix de 50 à 80%. Une baisse en grande partie liée à un gigantesque trafic de Château Lafite contrefait, dont 10000 bouteilles ont été saisies fin 2012 dans la province du Zhejiang pour une valeur de 12 millions d’euros.Mathieu Neupour certains, ce n’est déjà plus un secretOÙ DORMENT LES FLACONSChez Philipponnat, chaque flacon attend son heure dans les anciennes et magnifiques caves du Château de Mareuil. Des caves creusées dans la craie au XVIIIe siècle, qui permettent aujourd’hui encore de conserver les vins dans les meilleures conditions : les plus rares d’entre eux sont précieusement rassemblés dans le Caveau du Trésor, réservé aux millésimes anciens. www.philipponnat.comL’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.facile à installer et connu des clients. La copie du tag et des éléments qu’il contient s’avère complexe. Autre atout : à l’inverse des QR Codes installés sur de nombreuses marchan- dises, la RFID est d’une grande fiabilité dans des environnements délicats comme le froid ou l’humi- dité, auxquels les lots de champagne peuvent être confrontés. C’est pourquoi l’univers des vins et alcools tend de plus en plus à adop-ENTRE LIFTINGET TRADITIONLe champagne se réforme, et la tendance concerne aussi bien le contenu que le contenant. En plus de la contrefaçon qui rend les producteurs français amers, un autre phénomène leur complique les perspectives : le succès de vins étrangers d’un genre dit proche. A l’export, les mousseux ita- liens détrôneraient par pé- riodes les champagnes, do- pés par l’envolée de la de- mande asiatique et brési- lienne notamment. Le CIVC crie à la mauvaise foi, les chiffres étant comparés sur des périodes qui ne tiennent pas compte des derniers mois de l’année où les ventes de champagne s’en- volent (novembre et décem- bre concentrent 30% du chiffre d’affaires annuel). Mais au-delà des guéguerres de chiffres, l’organisation française estime surtout « qu’on compare des vins qui ne sont pas compara- bles ». « Nous avons un sous-sol particulier, un cli- mat spécifique, une méthode de vinification et un cahier des charges stricts. C’est notre caractère unique qu’il faut impérativement mettre en avant. Ce message doitDÉC. / JANV.77]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsChampagneL’artiste Noma Bar magnifie G.H.MUMMParce que la fin de l’année demeure un moment exceptionnel, G.H.MUMM offre un habillage raffiné en édition limitée aux étuis des cuvées Cordon Rouge, Rosé et Millésimé. Une fois de plus, l’artiste Noma Bar illustre ces étuis aux deux faces qui se répondent : d’un côté la bouteille de Cordon Rougeévoquant les Champagne Protocoles, de l’au- tre, le majordome rappelant l’art du service. Une pyramide de flûtes en or habille les étuis du Rosé et du Millésimé. La Maison initie ainsi une collection qui, pour la deuxième année consécutive, apporte avec autant d’élégance que de simplicité, une touche de solennité à la dégustation.www.ghmumm.comMillésimé : rare Par PrincipeCette cuvée réalisée à partir d’une seule et unique vendange se doit de révéler le caractère unique d’une grande année de réfé-rence. En 15 ans, depuis la naissance de la Collection D, la Maison DEVAUX, soucieuse d’offrir des cuvées rares, n’a pré-senté que quatre millésimes : 1996, 2000, 2002 et 2005. Ce Millésime 2006 ne fait pas exception à la règle et offre élé- gance et complexité. Epatant pour un dîner de fête...www.champagne-devaux.frIris van Herpen métamorphose Dom PérignonDécouvrez la nouvelle édition limitée renfermant un flacon 75 cl Dom Pérignon Vintage 2004, ainsi que le « Cocoonase », imaginé par Iris van Herpen. Cette édition s’inspire des métamorphoses du vin. L’héri- tage de Dom Pérignon se réinvente sans cesse, lorsque le Chef choisit le moment de déclarer un nou- veau millésime. « Cocoonase fait référence au pa- pillon qui ramollit son cocon avant d’entrer dans une nouvelle phase de sa métamorphose », explique Iris van Herpen.L’Art de recevoir selonLaurent-PerrierFluidité du champagne, pureté, élégance... de lafinesse de ces mots sont nées les formes contem-poraines de la nouvelle Aiguière Grand Siècle des-sinée par le designer français Laurent Vincentipour la Maison Laurent-Perrier. Cette dernière estprésentée légèrement inclinée, comme en mou-vement... prête à servir. Ovale comme une goutte,une coupelle accompagne l’Aiguière et vient com-pléter l’harmonie générale de l’objet. Lancé en1959 par Bernard Nonancourt, Grand Siècle estla grande cuvée de Laurent-Perrier. C’est la signa-ture du savoir-faire et de l’exigence recherchée par la Maison en matière d’as- semblage.www.domperignon.com/frwww.laurent-perrier.comL’exception selon DRAPPIER78 DÉC. / JANV.Pour cette cuvée d’exception, il fallait un écrin à la mesure de son raffinement. Émergeant des profondeurs descaves de la Maison Drappier, un flacon datant du XVIIIe siècle. Aujourd’hui, il lui offre un élégant coffret, réalisé dans un carton 100 % recyclable. De couleur terre brune, il est décoré des mêmes arabesques en or à chaud qui dis- tinguent l’étiquette de ce grand champagne. Composé de 55 % pinot noir et 45 % chardonnay, le champagne Grande Sendrée Drappier, parfaitement équilibré, privilégie puissance et complexité pour une plus haute expression. Le cof- fret Cuvée Champagne Grande Sendrée Drappier, millésime 2006 est vendu chez de nombreux cavistes en France, àLavinia à Paris et à la boutique Drappier à Urville.www.champagne-drappier.com]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°16www.ecoreseau.frL’Air du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEcréateur d’exceptionwww.champagne-devaux.frL’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ.Philipponnat lance sa première cuvéeBlanc de NoirsElaborée à partir de raisins de premiers crus et grands crus, provenant en partie des vignobles de la maison, cette nouvelle cuvée est inaugurée avec le millésime 2008. Cette très ancienne maison, qui n’avait pas encore de cuvée Blanc de Noirs, nous démontre ici tout son savoir-faire dans l’assem- blage et la vinification du pinot noir. Expression intense, fraîche et miné-rale... A découvrir en cette fin d’année.www.philipponnat.com/fr/Noël en blanc de blancs chez Duval LeroyLa Cuvée Blanc de Blancs 2006 n’a rien à cacher, mais tant à offrir aux amateurs de grands Champagnes. Installée de- puis 1859, à Vertus, au cœur de la Côte des Blancs, terre du Chardonnay par excellence, la Maison Duval-Leroy a voulu exprimer, dans une seule cuvée, la quintessence du Blanc de Blancs.Carol Duval-Leroy et sa Chef de cave Sandrine Logette-Jardin ont ainsi composé ce superbe millésime 2006, 100% Chardonnay, avec une sélection des raisins de 6 Villages Grand Cru de la Côte des Blancs : Avize, Le Mes- nil-sur-Oger, Oger, Camant, Chouilly et Oiry. 490 € le cof- fret de six cuvées Blanc de Blancs Grand Cru 2006. En vente chez les meilleurs cavistes ou directement à la pro- priété.www.duval-leroy.comTaittinger rendra vos nuits magiquesL’étui scintillant de mille facettes de Nocturne est la plus jolie façon d’offrir la magie des fêtes et des bulles. Taittinger Nocturne est un champagne “ Sec ” composé de 40% de Chardonnay et de 60% de Pinot Noir et Pinot Meunier. Le nez dévoile de délicieux arômes de pêche jaune et d’abricot sec. L’attaque en bouche est souple et onctueuse, tout en demeurant très fraîche. Au palais se ré- vèlent des saveurs de raisin sec et de fruits au sirop. La finale est longue, souple et se distingue par une savou¬reuse douceur. Taittinger Nocturne peut accom- pagner un dessert tout comme un foie gras au pain d’épice, mais également en- traîner les noctambules jusqu’au bout de la nuit.www.taittinger.comUn grand classique à l’âme contemporaineLa fraîcheur, la finesse et la gaîté de Roederer Brut Premier sont une invitation à la fête. Sa trame structurée, sa richesse et sa longueur sont résolument vineuses. Il estcomplet, complexe, à la fois moderne et puissant tout en restant un grand classique. » Jean Baptiste Lécaillon, Chef de Caves. D’une association d’environ 40% de Pinot noir, 40% de Chardonnay et 20% de Pinot Meunier, Brut Premier unit les vins vini- fiés en foudres de chênes des trois cépages champenois provenant de différents crus choisis par Louis Roederer. Il bénéficie de 3 années de maturation en caves et d’unrepos de 6 mois minimum après dégorgement. Un classique à avoir dans sa cave, ou à table, pour de belles Fêtes.www.louis-roederer.comDÉC. / JANV.79]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsVins & SpiritueuxFormat Cadeau idéal pour le Cognac XO RoyalLa Maison Prince Hubert de Polignac décline son Cognac XO Royal en format 35 cl hyper tendance, facile à offrir. Comme le laisse deviner sa robe sombre et ambrée, le XO Royal est un assemblage de co- gnacs longuement conservés dans les fûts de la Maison Poli- gnac. Il est issu de lots spéciale-ment sélectionnés pour leur élégance et leur subtilité aromatique. La vanille, la cannelle, l’orange confite, le tabac blond composent un vé- ritable parfum au carrefour des notes épicées, exotiques et boisées. En bouche, le XO Royal révèle un style tout en rondeur et en finesse, avec un bel équilibre et une présence aromatique sans creux. La fi- nale est intense, longue et fruitée.www.hmounier.frCorbières Boutenac AtalSia, une révélation !Le carignan, est en train d1être reconnucomme le raisin languedocien par excel-lence. Belle revanche pour ce mal aimé quine demandait qu1à donner le meilleur de lui-même, notamment à Boutenac, une succession de petites collines idéale-ment exposées par le climat méditerra-néen. Atal Sia est un vin profond, trèsfoncé de robe, marqué par un nez capi-teux et complexe offrant un large regis-tre allant des épices au moka en passantpar le cacao, la mûre, le cassis. Il est vo-lumineux en bouche, bien structuré,armé par de beaux tanins. Il peut se garder 10 ans, parfois plus dans les très grands millésimes.www.chateaulesollieux.comCuvée Bérengère Blanc 2012, la Provence en altitudeÀ 430 mètres d’altitude et à une dizaine de kilomètres au nord d’Aix- en-Provence, le petit vignoble de Villa Beaulieu, couvre une superficie 8,79 ha, au cœur du cratère du volcan de Beaulieu. Depuis le printemps 2012, cette villa à l’allure toscane abrite 11élégantes chambres. Unebibliothèque est dédiée à l’une des plus rares et des plus importantes collections d’ouvrages sur le vin. La Cuvée Bérengère blanc se caracté- rise par une belle tension et une minéralité remarquables, qualités rares en Provence. Seuls les terroirs d’altitude peuvent donner une telle expression.www.villabaulieuvignoble.comNouveau : la ZyteoBox.Vous êtes amateur de bière ? Pour vous ou pour offrir, découvrez le concept inédit de la ZyteoBox. Pourquoi inédit ? Car les 3 bouteilles de bières en- voyées vous arriveront avec l'étiquette masquée,accompagnées d'un plateau de jeu. Le principe ? Découvrir entre amis, au fil du jeu et à l'aveugle, les goûts, les arômes, la nature et l'identité de la bière dégustée. Un moyen gourmand et ludique de découvrir les grandes bières de France, de Belgique et du bout du monde.Noblesse du Château Marquis de Terme MargauxAprès plusieurs décennies en retrait, le domaine s'est réveillé, en partie grâce à l'arrivée de Ludovic David, ancien collaborateur de Bernard Magrez. La qualité est de nouveau au rendez-vous alors qu'en parallèle, une importante rénovation des caves et du chai a été entreprise. Dans les presque 40 hectares de vignes, la ges- tion est parcellaire afin d'exprimer au mieux les 3 cépages – 60% de cabernet sauvignon, 33% de merlot et 7% de petit verdot. La production, premier et second vins confondus, est d'environ130 000 bouteilles annuelles. Une valeur qui retrouve sa place dans les hauteurs du Médoc.www.chateau-marquis-de-terme.comLa Pège, fierté du Château Grand MoulinLa pège, la « mauvaise terre », aride, pauvre, exploitée par les paysans les plus déshé- rités, est la première vigne de Jean-Noël Bousquet, celle qu’il a acquise à ses débuts en 1973. Sur cette pège, il a planté du carignan, cépage tellement décrié par le passé et tellement aimé aujourd’hui ! Associée au carignan, la terre argilo-calcaire des collines de Luc sur Orbieu, lui offre un vin de France d’une grande authenticité. La Pège, ré- colte 2011 a un nez fruits rouges et noirs frais. En bouche, les tanins sont riches et soyeux. Avec sa belle longueur finale épicée, ce vin généreux respire le sud.www.chateaugrandmoulin.comDomaine de Courteillac, Bordeaux Supérieur 2011À partir du millésime 2007, sous les conseils de Stéphane Derenoncourt, les vins du Domaine de Courteillac changent de profil : plus de fruit, plus de fraîcheur, plus de finesse, plus d’élé- gance. L’élevage sous bois joue simplement son rôle de « dompteur de tanins ». À la dégusta- tion, il se fait discret, rien ne dépasse. Petite analyse dégustation : couleur soutenue, limpide et franche. Nez fin et aromatique, bien développé. Attaque ronde, ferme et fruitée. Le vin est savoureux, bien équilibré et soyeux, avec des notes de fruits rouges murs, il affiche unebelle complexité. La finale, persistante, est élégamment boisée.http://domainedecourteillac.comGrand Marnier, éloge à la créativité françaiseEn 2014, la liqueur GRANDMARNIER® ajoute une nouvelle bou-teille originale à sa collection d'Éditions Limitées dont le design rendhommage à l'esprit léger de la créativité française. C’est une versiondécalée de la « French Touch » et revisite, à sa façon, en la parantd'une touche de rouge symbole de la marque, la fameuse marinièrerayée bleu et blanc, classique français intemporel popularisé parCoco Chanel en 1917. Depuis la création en 1880, la Maison a tou-jours entretenu un lien étroit avec quelques-uns des artistes les plusappréciés de leur époque, cette année avec Nicolas Boussin, chef pâtissier inventif, et Julien Lafond, expert en cocktails. Ils imaginent des mélanges innovants et des recettes de desserts inédites.2014edition.grand-marnier.comSuze, quand amertume rime avec gourmandiseSuze livre son interprétation de l’authentique chocolat chaud en lui apportant son inimitable goût de gentiane. Découvrez comment du mariage de saveurs traditionnelles naît un cocktailéquilibré et audacieux. Recette d’un cocktail phare de cet hiver : directement dans une tasse, verser : 1/3 de Suze, 2/3 de chocolat chaud, ajoutez de la cannelle et de la chantilly. À déguster bienchaud.80 DÉC. / JANV.www.suze.com]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Gastronomie en clubsVin, foie gras, chocolat et relationsLes clubs réunissant des amoureux de la table n’ont jamais autant eu la cote auprès des entrepreneurs et dirigeants. La gastronomie française sera-t-elle à l’avenir une valeur refuge créatrice de lien social ?e saumon, le foie gras, Structure Relationnelle, Em- qua non, au contraire du rela- ont toujours été des lieux de le cassoulet, le fromage, manuel Lazega analyse le phé- tionnel. Il est peu coûteux en rencontre. Dans les faits, per- le chocolat... De plus nomène différemment : « Tout temps et en argent d’entretenir sonne ne peut empêcher lesen plus de produits estampillés ceci n’est pas très nouveau. Les son carnet d’adresses ainsi, il membres de faire des affaires« gastronomie française » pos- sèdent leurs cercles d’amateurs, qui se regroupent, se fédèrent et organisent des évènements autour de leur passion commune. « On estime qu’il y a une dizaine de clubs qui se créent autour de la nourriture ou des spiritueux chaque mois en France », note Alain Marty, président du Wine & Business Club et auteur du Guide du Networking, Clubs et Réseaux d’influence. Si les Français ont ordinairement la culture de l’association type 1901, l’intérêt de ces derniers pour la gastronomie et les pro- duits du terroir va croissant, au point d’inciter les puristes à monter des structures « offi- cielles » qui servent de lieu d’échange, mais aussi parfois de dégustation. « Quand on passe sa vie à faire des réunions ou à travailler dans un bureau, on aime s’évader. Or, le plaisir du palais vaut celui de l’esprit », avance Jacques Pessis, pré- sident du Club des Croqueurs de Chocolat. Sociologue et au- teur de Réseaux Sociaux etcercles et clubs ont toujours existé. L’objet du club ? Il n’a pas toujours d’importance et sert parfois de prétexte. Ce qui compte, c’est de pouvoir se re- grouper pour entretenir son ca- pital relationnel. Et si possible, en se faisant plaisir. »suffit d’apprendre à parler de vin ou de foie gras... », ose Emmanuel Lazega. « Il arrive parfois que des membres sym- pathisent et se mettent à déve- lopper des opportunités de bu- siness ensemble par la suite, même si ce n’est pas l’objet premier du club », confirme Jean-Marc Bellier, directeur du club de la maison du whisky. Problème, en façade, les clubs cherchent à tout prix à se dé- barrasser de cette étiquette de lieu de rencontre d’affaires qui leur colle à la peau. Certains font même la guerre aux renards du réseautage. « Nous menons des enquêtes sur les aspirants membres pour vérifier que c’est bien l’objet de notre club qui les anime et les intéresse. Ils sont également soumis à un test pour vérifier leur degré de connaissance en matière de chocolat. Ceux qui viennent uniquement pour faire du busi- ness sont mal vus et sont sus- ceptibles d’être exclus du club », relate ainsi Jacques Pessis. « Ils disent tous cela, mais les clubsentre eux », lui répond Emma- nuel Lazega.Tout serait donc une affaire de subtilité. Lors de son inscription au sein d’un club, mieux vaut en effet ne pas avoir comme unique ambition de décrocher un nouveau poste ou de nouer un partenariat commercial. « Il faut être passionné par l’objet même du cercle avant tout. D’autant que certains sont très élitistes et imposent aux futurs adhérents un vrai examen d’en- trée. Je pense notamment au Club des 100. L’idée, c’est d’en- tretenir une relation amicale. Une fois que l’on a sympathisé,LA CUISINEEST À LA MODEIl n’empêche que la tendance actuelle veut que la table fasse office de dénominateur commun à beaucoup de cercles nouvel- lement créés. La raison ? La cuisine n’a jamais été autant à la mode en France. « Les émis- sions de télé autour de la table sont légion, nous sommes à une époque où les chefs étoilés sont de plus en plus starifiés. Les médias ont su doper l’intérêt des Français pour la “bonne bouffe”. De même, si la consom- mation de vin a globalement diminué, on boit mieux qu’au- trefois, du vin de meilleure qua- lité, notamment chez les 25-30 ans », détaille Alain Marty. Bien que certains clubs se van-A quoi bon s’y adonner seulement pendant les fêtes de fin d’année ?tent d’avoir une base de mem- bres sociologiquement hétéro- gène, tant en termes d’âge que de milieu social, c’est surtout chez les cadres et dirigeants d’entreprise que le phénomène a pris de l’ampleur. Deux ex- plications à cela ; la première étant bien évidemment d’ordre financier. Saumon, whisky, ca- viar... les produits qui rassem- blent leur lot de puristes sont en général des produits de luxe. La cotisation pour intégrer le club de la maison du whisky s’élève par exemple à 250 euros à l’année... « Même quand vous faites partie d’un club de cassoulet ou de choucroute, lorsqu’il y a une sortie au res-GastronomieLa Bûche Magie de NoëlLa Mère de Famille est la plus an- cienne chocolaterie de Paris, fondée en 1761. La boutique vaut le coup d’œil, avec sa devanture d’époque, ses vieux comptoirs en bois et son sol carrelé. Assez exceptionnelle, la bûche glacée au caramel et chocolat sur un lit croustil- lant de noisettes et streusel, coque en chocolat noir « si-gnature » 68%, bonnet et bottes en pâte d’amande.www.lameredefamille.comFaire le tour du monde avec KaviariPour les fêtes, Kaviari nous transporte aux quatre coins du monde avec le coffret « trio de Noel » en série limitée contenant trois caviars. De la Russie évoquant le faste des tables de tsars au fleuve Amour en Chine où se plaisent les esturgeons en passant par les montagnes des Apennins en Italie, vous vivrez une expérience gustative rare. Lesécrins contiennent chacun 10 grammes de caviar provenant de trois variétés d’esturgeons : le caviar transmontanus (esturgeon blanc), le caviar osciè- tre (esturgeon russe) et le le caviar kristal® (estur-geon amour)www.kaviari.frtaurant organisée, il faut avoir 50 euros à y consacrer. Tout le monde ne peut pas se le per- mettre », souligne Alain Marty.LE RÉSEAU,UNE AFFAIRE DE SUBTILITÉEnsuite, les cadres et décision- naires voient en ces cercles res- treints un bon moyen de nouer des relations et d’étendre leur réseau tout en se faisant plaisir, en sortant du cadre strictement professionnel. « Le fait est que de nos jours, les gens deviennent de plus en plus stratégiques. Pour obtenir un poste ou signer un contrat, les qualifications ne sont plus la condition sinevient éventuellement le te. de discuter d’une collaboration professionnelle, mais pas avant », explique Alain Marty. Avis aux CSP+ en quête d’un club pour booster leur liste de contacts : penser à échanger à propos de ses goûts en matière de nourriture avant d’échanger son numéro de téléphone.Marc HervezmpsDe doux écrins pour la perle noirePour la fin d’année, Caviar Kaspia fait appel à la Maison Carpenet et lance quatre écrins à caviar élégants et inédits. Clins d’œil aux ori- gines de Kaspia, ces Matriochkas sont symboles de famille et de fertilité et honorent la rareté et l’exception du caviar de la maison Kaspia. Ces poupées russes sont de véritables bijoux faits-main, ornés d‘émail noir, dessinés à l’or fin et sertis d’unfermoir en laiton doré.www.caviarkaspia.comLes 2 Marmottes se réinventent !Voilà des mois que la haute-savoie esten ébullition... La marque de tisanes et thés, chère aux amateurs d’authen-ticité et de goût, fait peau neuve : une refonte totale respectueuse des valeursd’une marque française qui défend la nature et le natu- rel pour des produits d’exception. Une promesse que l’on vit au quotidien grâce à cette collection de tisanes et de thés 100% plantes, 100% authentique.www.les2marmottes.frPâtissier, leçons de gourmandiseImaginez un Baba qui prend des airs de Mo-jito, un Paris Brest qui se présente comme unéclair, un flan gourmand au délicat mille-feuille...Le pâtissier-chocolatier SébastienBouillet vous fait partager son univers en le rendant accessible à tous. Découvrez 50 recettes de gâteaux classiques revisités au goût du jour mais aussi des créations plus originales. Préfaces de Pierre Hermé et de Christophe Michalak.Monbana, créationsMade in France depuis 1934Depuis ses débuts, Monbana privilé- gie les meilleures matières premières : chocolat 100 % pur beurre de cacao, sans huile de palme, ingrédients pre- mium provenant principalement de Côte d’Ivoire et d’Amérique du Sud. Les recettes sont imaginées enMayenne et en Bretagne, par une équipe de passionnés du chocolat. Monbana propose aujourd’hui 6 univers gour- mands pour plus de 250 références !www.monbana.com82 DÉC. / JANV.]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Tourisme de montagne haute gammeDe la raclette au caviarLes innovations se multiplient en haute montagne, pour accueillir une clientèle amatrice de luxe. De quoi imaginer ce que seront les vacances haut de gamme du futur...«2lées. Vous êtes en train dejournée, contre trois ou quatre heures aujourd’hui. Toutes les stations doivent travailler sur une offre après-ski mar- quée et une digitalisation des services que nous avons amorcée avec des applica- tions mobiles dédiées, connexions wi-fi gratuites dans les remontées méca- niques... » C’est en effet grâce aux innovations numériques et à une identité marquée que les stations pourront sortir du lot. Des services de plus en plus personnalisés et la tenue d’événements forgeant l’image d’une station. « Plu- sieurs stations françaises ont su se positionner sur le haut de gamme en mettant en avant leurs atouts spécifiques pour attirer une clientèle in- ternationale », explique Christian Mantei, directeur général d’Atout France. On pense ainsi au côté « tradi-Je vais me plaindre... Il y a trop de lumière, je suis obligé de me terrer dans le sauna ! »L’ENJEU DEL’« APRÈS-SKI »Ce développement d’une of- fre d’hébergement accompa- gnée de multiples services va de pair avec le changement de « consommation » de la montagne en hiver. « Les gens skient moins qu’avant, assure Marc Bauer. Il y a vingt ans les touristes skiaient six ou sept heures dans uneChiffres clés4 février 2024, 15h17. Courchevel 1850, do- maine des Trois Val-se déroule ainsi dans les meil- leures conditions. Vous dé- cidez de prendre deux mi- nutes afin de réserver une séance de massage-spa ainsi qu’un dîner dans le restaurant d’un des plus grands chefs étoilés grâce un simple mes- sage vocal adressé à votre smartphone, qui s’occupera du reste. Vous finirez peut- être la soirée dans un bar afin de côtoyer la jet-set qui se donne rendez-vous dansen plus d’aficionados. Même si la clientèle luxe reste mi- noritaire, ce segment est un axe de développement prio- ritaire pour les acteurs de la montagne française. « La sta- tion de luxe qui travaille de- puis longtemps sur ce seg- ment reste Courchevel qui est en avance avec ses hôtels et services très haut de gamme, explique Marc Bauer, maire de Val d’Isère et re- présentant de France Mon-quillité souhaitée par une grande partie de la clientèle luxe tout en comprenant des services haut de gamme tels qu’un espace dédié à la re- laxation (spa, sauna, ham- mam,...), des services de conciergerie numérisés, ski room avec chauffage pour chaussures de ski, accès à toutes les facilités avec com- merces de luxe à proximité...ha-parcourir cette piste rouge que vous appréciez tant à l’aide de votre snowboard toute nouvelle génération. Cette descente n’a plus aucun secret pour vous grâce à votre GPS embarqué, doté d’une précision géographique ul- time. Directement sur la vi- sière de votre casque de pro-tion » développé par C. monix ou bien à l’image fes- tive, jeune et tendance que Tignes s’est forgée. L’enjeu étant clairement de parvenir à se positionner afin d’attirer régulièrement une clientèle haut de gamme qui constitue un apport économique signi- ficatif pour les stations.Nicolas BrosLes gens skient moins qu'avant. 6 ou 7 heuresparjourilya20ans,3ou4heures aujourd’hui. Toutes les stations doivent travailler sur l'offre après-skiUne véritable industrie du luxe montagnard dans l’Hexagonetection, les données de la sta- tion mises à jour en temps réel vous sont présentées ainsi que la position exacte de tous les autres descendeurs. Tout ceci afin de prévenir le moin- dre accident. Grâce aux vê- tements haute technologie que vous portez, vous n’avez ni trop froid, ni trop chaud. Cette combinaison ultra-lé- gère régule la température selon la réaction de votre corps à l’effort. La descente84 DÉC. / JANV.cette incontournable station du luxe en montagne. Bien- venue dans le tourisme de montagne du futur : moins d’effort pour toujours plus de services et de plaisir.tagnes. Mais des stations telles que Val d’Isère, Megève ou Méribel avancent vite sur ce terrain. Cela se traduit notamment par l’accroisse- ment de l’offre d’hébergement très haut de gamme avec hô- tels 4 ou 5 étoiles mais éga- lement des chalets privatifs. Une forme d’hébergement amenée à se multiplier et qui consiste en de véritables « Pe- tits Palais » ». Ces chalets répondent au souci de tran-- En France se trouvent plus de 350 stations de montagne, principalement situées dans les massifs des Alpes et des Pyrénées.- En hiver, la montagne attire près de 10 millions de personnes, le secteur employant 120000 personnes.- Le tourisme de montagne génère environ 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires par année (soit 15% du CA touristique national) dont 6,5 milliards rien que pour l'activité en région Rhône-Alpes. Sa clientèle en France est à 70% d'origine française, 11% britannique, 4% belge et 3% néerlandaise.- Avec une baisse de fréquentation de 4,5% par rapport à la saison 2012/2013, la France recule au 2e rang des destinations mondiales de ski, juste derrière les États-Unis (56,2 millions de journées skieur).- 80% de l'offre marchande immobilière française en montagne repose sur la locationmeublée de résidences secondaires.- La clientèle de l'hôtellerie haut de gamme de montagne est à 3/5e d'origine étrangère. On dénombre actuellement 43 hôtels classés 5 étoiles dans les départements de la Savoie et de la Haute-Savoie (la plupart se situant dans des stations telles que Courchevel – abritant 3 établissements labellisés officiellement « palaces » – Val d'Isère, Megève, Chamonix- Mont-Blanc ou encore Val-Thorens). Comparativement, le canton du Valais en Suisse compte 13 hôtels de catégorie 5 étoiles situés notamment à Zermatt et Crans- Montana, tandis que la célèbre St Moritz dans le canton des Grisons et ses fameux 322 jours de soleil par an (dit-on...) en possède six à elleseule.Sources : Atout France/DSF/France Montagne/G2A LHM/Institut du Tourisme de la HES-SO Valais-WallisLE CONFORTSINON RIENDepuis quelques années, les offres de services et d’hé- bergement de luxe en mon- tagne française explosent et attirent chaque année de plus]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsEvasionQuand le théâtre nous est conté...L’hôtel Les éâtres lève le voile sur ses 38 chambres au cœur du 2e arrondisse- ment. Invités à devenir acteurs de leur séjour, les visiteurs sont plongés dans une ambiance théâtrale dès la récep- tion, ornée de velours rouge capitonné à la manière d’une loge de comédien. Les murs des couloirs sont tapissés de reproductions d’affiches d’époque. Uneexpérience authentique de la Ville Lu- mière, aux côtés des célèbres dramaturges Molière, Georges Feydeau et Jean Cocteau ! Révisez vos classiques dans la grande bibliothèque...puis accordez-vous un pur moment de détente au hammam.www.hotellestheatres.comMoxy, nouvelle visionhôtelière à MilanAvec ses chambres parfaitement équipées entechnologie, son lobby animé et son prix attractif,la marque Moxy compte bien surprendre les voya-geurs soucieux de leur budget en leur offrant un sé-jour divertissant et agréable. Le premier hôtel Moxy aouvert cet automne à Milan. Des airs de boutique hôtel, aux ma-tériaux bruts et raffinés, des espaces intimistes au sein des espaces communs. Les hôtes pourront se relaxer, prendre un verre avec des amis. Pour monter en chambre, un ascen- seur aux allures de cabine de douche fluorescente n’attend plus que vous !Respirez l’air marin à la RéserveSitué sur la falaise de Sainte Barbe à Saint Jean de Luz, La Réserve bénéficie d’une vue à couper le souf- fle sur l’océan. Dans un parc de 3 hectares, profitez de la piscine extérieure à débordement, du cours de tennis et des équipements proposés par l'hôtel. Ce sont 41 chambres dont 6 suites aux technologies les plus récentes qui se déclinent dans un camaïeu de bruns, bordeaux et ivoire. Un site exceptionnel pro- pice à la détente et au repos tonique. A découvrir, le charme du centre-ville historique à 15 minutes. LaRéserve dispose de quatre salons pouvant accueillir jusqu'à 60 personnes. Idéalement exposées, elles sont baignées par la lumière naturelle et offrent un accès direct au jardin de l'établissement.www.hotelspreference.comVirage suisse à Andermattwww.moxy-hotels/marriott.comSitué au cœur des Alpes suisses, dans la vallée del’Urseren, Andermatt est connu pour ses pics mon-tagneux, ses gorges caverneuses, ses chutes d’eaubouillonnantes et ses lacs tranquilles. Ce village pit-toresque offre un air et une eau d’une qualité excep-tionnelle, parmi les meilleures du monde. Paradisdes randonneurs, motards et amoureux de la natureen été, ce paysage se transforme en terrain de jeu desskieurs et snowboardeurs l’hiver. C’est dans ce cadreque le Chedi Andermatt, réalisé par l'architecte Jean-Michel Gathy, promet de révolutionner l’univers du voyage.www.thechedi-andermatt.comBien -ÊtreCarita creme parfaite 3 orsC’est sans doute le soin anti-âge global d’ex- ception créé par la science, sublimé par l’or, la réponse ultime pour aider à rééquilibrer les peaux matures des femmes les plus exi- geantes et leur apporter une réponse anti-âge globale en luttant contre les causes et lesconséquences des différents types de vieillissement. L’or minéral aide la peau à mieux refléter la lumière pour la rendre plus éclatante. L’or végétal protège la peau des radicaux libres pour préserver sa jeunesse. Enfin, jamais 2 sans 3, l’or biologique défend la peau contre le vieillissement photo-induit. Une crème à se faire offrir par son père Noël !www.carita.frAquamoon, bien-être ultime Place VendômeLes Instants Aquamoon sont parfaits pourcelles qui disposent seulement de quelquesheures, Les Evasions Aquamoon sont des pa-renthèses de bien être d’une journée à une se-maine, Les Parcours Aquamoon, d’une durée detrois à cinq semaines incluent un bilan et desconsultations personnalisées. Entre les co-lonnes anciennes, les bassins, le sauna et le hammam vous préparent à un massage pro- fond et relaxant dans une des 12 cabines de soin du lieu. Vous continuez ensuite votre voyage dans la tisanerie puis dans la salle de détente pour profiter pleinement de cette luxueuse parenthèse.www.aquamoon.frLytess, pour des jambes toujours au top de leur forme !À la pointe de l’innovation en dermotextile, LYTESS®, découvrez l’incontournable collant opaque jambes légères & minceur. Ce pre- mier soin mode et beauté en maille microfibre 70 deniers apporte un bien-être quotidien aux jambes et une action minceur en 10 jours grâce à ses actifs cosmétiques microencapsulés sans parabène asso- ciés à un tricotage spécifique. Cerise sur le gâteau, le plastron devant assure un effet ventre plat et la structure push up galbe joliment les fesses. Disponible en noir, capuccino et gris.www.lytess.comL’élégance est dans le « Detaille »Depuis 1905, Detaille fabrique ses produits selon des formules transmises de génération en génération dans le plus grand souci de qualité. Cette qualité séduit une clientèle exigeante à travers le monde qui vient retrouver, dans le décor d’époque délicieuse- ment odorant, la tradition de la parfumerie parisienne. Osmose, eau de parfum à la puissance discrète, se révèle héspéridé, boisé, épicé. Le vétiver épouse la force du basilic et du gingembre pour offrir un jus d’une grande élégance. Une senteur originale à offrir au plus élégant homme de votre vie ! Et à lui emprunter aussi...www.detaille.com86 DÉC. / JANV.]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsMode & AccessoiresAisance folk chez Isabel Marant« Ma marque s’est développée petit à petit sans fard ni excès. Par choix, j’ai décidé de construire pas à pas ma maison de façon à garder une entière liberté et intégrité. » Ce qui compte dans l’allure Marant, c’est l’aisance avec laquelle on se sent bien dans ses vêtements : la collection de cet hiver nous réserve des vestes sans manches en mou- ton, chemise de bûcheron à carreaux et pantalon en cuir avec un pull trop grand en mohair. On en- file un pantalon jodhpur taille très haute, on le porte avec un gilet de grand-père en mohair, les cotons bruts deviennent féminins grâce à des paillettes ici et là. Le kaki est à la mode, le taupe terre de sienne réconfortant.www.isabelmarant.comVanessa Bruno aux allures d’aviatrice américaineVanessa Bruno a composé pour cet hiver un vestiaire idéal. Inspi- rée par l'aviatrice américaine Amelia Earhart, cette collection estun brin intrépide. La douceur féminine qui caractérise la marque se retrouve dans les aplats de dentelles et les poi- gnées de sequins. La base de la silhouette reste la mini-jupe aux allures sportswear. Mais les trenchs bien ceinturés, les grands cabans zippés, les par- kas à grandes capuches, les blousons de denim brut et les bombers sont ceux d'une amazone urbaine. Désir de piocher à l'infini dans cette collection réaliste et moderne, du gros col roulé douillet à la robe trois trous à écailles de sirène bleutées.www.vanessabruno.comQuand le Classique Lanvin Sugar scintille...Le sac Lanvin Sugar s’habille pour les fêtes d’un cuir papier métal or ou argent pour briller de mille feux. Ces nouveaux classiques de la maison déclinent une inspira-tion ultra chic mais facile à porter au quotidien. Dans une construction complexe autour de trois compartiments tout en volumes, ils se ponctuent d’un quadril-lage en surpiqûres graphiques, signature de la gamme, et d’une pochette zip- pée de cuir. Utile pour les fêtes d’année et merveilleux au quotidien !AntikBatik, entre rêve et voyagewww.lanvin.com88 DÉC. / JANV.Les collections sont toujours imprégnées du style hippie chic, pour notre plus grand plaisir ! La créatrice Gabriella Cortese, grande voyageuse dans l’âme propose des collec- tions ultra riches, très colorées, dans des matières nobles et authentiques à la fois. Les coupes affichent clairement une inspiration ethnique revisitée au goût du jour. A travers sa marque, Gabriella nous invite à voyager avec elle en Inde, au Tibet ou à Moscou. On la suit bien volontiers ! Les cam- pagnes publicitaires illustrent parfaitement ce goût inné pour la mode et les voyages avec des superbes clichés entre la photo de mode et la photo d’art.www.antikbatik.frBalenciaga signe une collection Tricot réussie !Sur ce vestiaire outdoor urbain, sur les parkas couture, sur les manteaux cocon et au fil des superpositions telles des armures, les couleurs claquent, les zips rythment la silhouette, la fourrure se désembourgeoise. Alexander Wang em-brasse la tendance à bras-le- corps, dont le fil rouge est le tricot. Dans les mains des filles, l’accumulation de shopping bags en python ou en cuir glacé à anse de métal façon câble de sécu- rité en magasin donne un aperçu drôle et désirable du fort potentiel commercial des accessoires de la marque.www.balenciaga.com]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Horlogerie et joaillerie de demainA l’épreuve du tempsLPrestige et intemporalité d’une part, mécanismes sophistiqués et innovation technologique d’autre part... Un paradoxe qui empêche de savoir à quoi ressembleront les bijoux et tocantes du futur.es prochaines années statut social », explique Au- Victor Poisson, sales manager pour autant hermétique au LA FEMME, dans le secteur des montres, s’annoncent mouve- drey Kabla, présidente et fon- chez Baume & Mercier vent de la modernité. « Pour UN MARCHÉ ENFIN des marques couture proches mentées pour l’horlo- datrice d’Epykomène, une (groupe Richemont), qui se se différencier dans un univers À PART ENTIÈRE de l’univers féminin, commegerie contemporaine. En dé- agence spécialisée dans la targue de vendre de « vérita- ultra-concurrentiel, les Enfin, si rien n’est encore Chanel ou Dior, l’ont biencidant de mettre en couverture le mannequin star Liu Wen avec le poignet orné non pas d’une pièce de haute joaillerie mais de l’édition en or 18 carats de la fameuse Apple Watch, le Vogue chinois a lancé en novembre dernier un signal fort aux acteurs tra- ditionnels du secteur. Dans une interview avec le site The Business of Fashion, An- gelica Cheung, rédactrice en chef du journal, explique son choix:«Jemesuisditque les Apple Watch rassemblaient la technologie, le style et la fonctionnalité et étaient vrai- ment très modernes, faisant d’elles les accessoires parfaits pour la femme d’aujourd’hui, à qui s’adresse justement le Vogue Chine ».gestion de marques dans le luxe. Dans cette perspective,bles points d’ancrage, des objets témoins de momentsgrandes maisons généralise- ront l’utilisation des maté-joué, certains spécialistes du secteur estiment que le mar-compris en lançant récem- ment avec succès des garde- temps qui combinent élé- gance et une technicité digne des grands horlogers suisses. De leur côté, les marques de joaillerie, comme Chaumet et Chopard ne cachent pas l’importance croissante de l’horlogerie féminine dans leur chiffre d’affaires.LA MONTRE À L’HEURE DU SMARTPHONESi les montres connectées – signées Apple, mais aussi LG, Samsung, Huawei ou HTC – représentent aujourd’hui un marché embryonnaire –, la situation pourrait évoluer ra- pidement. Un cabinet d’études prédit 10 millions d’unités écoulées dans le monde par an d’ici à 2018. Son confrère Canalys est encore plus opti- miste, puisqu’il parie sur 45 millions dès 2017. Alors que les grands noms de la télé- phonie se diversifient dans les montres, aucun horloger haut de gamme ne semble en revanche tenté par l’aventure « wearable tech ». Jusqu’à présent, seule Kairos, jeune start-up coréenne, s’est risquée à lancer un garde-temps dont le design est inspiré de la grande tradition horlogère, tout en révélant les mêmes fonctions qu’une « smart- watch ». Et rien ne prouve que les grandes maisons hor- logères suivent un jour cet exemple. « Aujourd’hui comme dans dix ans, acquérir une belle montre mécanique, c’est acheter du rêve, une émotion, un souvenir ou un« Les grandes maisons généraliseront les matériaux high tech comme le titane, le silicone ou la fibre de carbone pour des montres toujours plus fines et légères »LES BIJOUX ÉTHIQUESPour autant, les joaillers n’en- tendent pas abandonner leur métier traditionnel. A cet égard, si les professionnels de la joaillerie avouent leur difficulté à prédire l’évolution de la demande dans les an- nées à venir, ils s’entendent toutefois sur deux grandes tendances. La première : l’in- temporalité. « Plus encore que les montres, les bijoux de valeur se doivent d’être indémodables. Aussi, nombre de clientes rechercheront tou- jours des produits considérés comme des classiques, sus- ceptibles d’être transmis de génération en génération », souligne Audrey Kabla. Cette dernière juge enfin inéluctable dans les années à venir la montée en puissance des bi- joux éthiques. « A l’unisson des préoccupations de la so- ciété, les grandes maisons de joaillerie devront prouver que leurs bijoux ont été réa- lisés dans le respect des per- sonnes et de l’environne- ment », précise la spécialiste. Avec l’aide d’Eco-Age, so- ciété de conseil spécialisée dans le luxe durable crééela principale qualité des mon- tres repose sur leur caractère quasiment éternel. « La Car- tier à remontage manuel hé- ritée du grand-père, la Rolexcadeau des 30 ans, l’IWC of- ferte pour les fiançailles pour- ront toujours être restaurées. Ce n’est pas vrai pour les montres connectées, qui, comme les téléphones porta- bles, seront irréparables dans dix ans », souligne Thomas Seivy, à la tête de la bijouterie joaillerie parisienne Marthan Lorand. « La beauté de cette industrie tient aussi à son caractère durable », confirmesolennels, dans une société où règnent l’hyperconsom- mation et le jetable ». Pour lui, dans dix ans comme au- jourd’hui, les montres reste-riaux high tech comme le ti- tane, le silicone ou la fibre de carbone afin de proposer des montres toujours plus fines et légères », assure Au-ché des montres pour femmes pourrait dans les dix ans à venir être enfin considéré comme un segment à part entière. « Nombre de consom-matrices préfèrent au- jourd’hui opter pour une montre masculine, dont le contraste sur leur poignet souligne d’autant leur fémi- nité, mais la tendance pour- rait s’inverser dans les an- nées à venir », estime Thomas Seivy, qui observe dans sa boutique de la place de la Madeleine l’intérêt croissant des femmes « pour la belle mécanique ». Plus récentesPlus encore que les montres, les bijoux sont souvent des produits classiques susceptibles d’être transmis de génération en génération. Difficile dès lors de prévoir les innovationsLivia90 DÉC. / JANV.ront l’un des rares accessoires qui permettent aux hommes et aux femmes « de souligner leur personnalité, de se dif- férencier ».drey Kabla. Par ailleurs ajoute Mathilde de Saint Anthost, account manager chez le bu- reau de tendances Lambert and Associés, « les marques de renom pourraient faire la part belle aux mécanismes sophistiqués, comme le tour- billon et le carrousel, voire aux garde-temps à compli- cations dans le but de séduire une clientèle fortunée et dé- sireuse de se distinguer ».par la très engagée. Firth, épouse de l’acteur Colin Firth, la griffe suisse Chopard s’est lancée dans la création d’une collection de bijoux à base d’or éthique. Baptisée Green Carpet et présentée pour la première fois à Cannes en 2013, elle ne cesse, depuis, de s’enrichir.INNOVATION TECHNOLOGIQUESi l’attirance des clients pour les belles montres tradition- nelles devrait rester intacte dans le futur, l’industrie de l’horlogerie ne restera pasPierre-Jean Lepagnot]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[Barrisol® Lumière® Barrisol® Lumière®Solutions innovantes, design, lumineuses, acoustiques & écologiques pour la rénovation et la décoration de vos murs et plafonds.Plafond tenduwww.barrisol.com]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - L’actualité automobileESSAIS & TENDANCESPeugeot RCZ : un « R » de bolide italienPar Philippe Flamandu Citroën DS3 R cabrio : ça décoiffe !Succès assuré auprès de la gente féminine ! Chou- choute des conductrices depuis son apparition sur nos routes, la Citroën DS3 gagne encore en sex appeal en version survitaminée découvrable. Ses allures de petite frappe bodybuildée font mouche àtous les coups. Il faut dire que la belle ne fait pas dans la sobriété avec ses jantes 18 pouces Nemesis noires brillantes, sa sortie d’échappement à doublecanule chromée, sa capote en toile noire, sa carrosserie d’un coloris inédit Gris Moondark, avec finition en carbone véritable sur certains éléments (diffuseur d’air, bouclier avant, bas de caisse, élargisseurs d’ailes...) et large bande rouge Carmin sur les portes. Autant d’affirmations d’un caractère sportif bien trempé, qui devraient également séduire les hommes. D’autant que la petite furie est une version exclusive limitée, fabriquée en seulement 100 exemplaires numérotés. Avec 200 chevaux sous le capot et une tenue de route redoutable, le bolide cumule les superlatifs et se moque comme d’une guigne de ses défauts (très médiocre visibilité arrière, rendue nulle quand la capote est complètement dépliée, coffre parfaitement ridicule et inaccessible, GPS antédiluvien, places arrière spartiates...). Mais bon sang quels magnifiques sièges baquets et quelle douce sonorité ! Le plaisir à un prix... prohibitif ! (34990 euros) et malussé(+900 euros).u Volkswagen Golf Sportvan : maline et pratiquePour tous ceux qui trouvent que la Golf est un peu basse sur la route, mais qui restent cependant in- conditionnels de ce monument automobile, pour les réfractaires au break qui cherchent quand même de l’espace familial, pour ceux qui n’aiment pas les mo- nospaces mais qui apprécient une position de conduite – un peu – surélevée, façon SUV mais en plus élégant, il existe la Golf déclinaison Sportsvan. Ni tout à fait un break,ni tout à fait un mo-nospace, mais unconcept malin et pra-tique pour transporterfamille, bagages etcourses, en ville et sur route. Qui lorgne ostensiblement la Mercedes GLA et la nouvelle BMW Série 2 Active Tourer. Comme toujours chez Volkswagen la finition est irréprochable, l’ergonomie parfaite et le plaisir de conduite au rendez-vous. Surtout avec ce moteur turbo essence 1,4 litre 150 chevaux, couplé à la fa- buleuse boite à double embrayage DSG 7. Pas fa- rouchement économique (un petit 10 litres aux 100 sur parcours mixte), ni sportivement rageur (le mode « sport » du système de régulation de conduite est recommandé), la Golf Sportsvan ne déclenche pas les passions mais convainc facilement la raison. Avec pour arguments un volume de coffre généreux, une banquette arrière coulissante, une belle habitabilité et un réel sentiment d’espace (surtout avec le toit en verre panoramique). Bien joué. A partir de 20490 euros.« Oh regarde maman une Ferrari ! ». Bon d’accord à huit ans on n’a pas forcé- ment l’œil très expert, même si l’on est déjà un fervent mordu d’automobile. La preuve ! Mais il faut avouer qu’en rouge pétant notre Peugeot RCZ a fière allure et se la joue un peu, il est vrai, façon bolide de la Péninsule. En l’espace de cinq ans, le très joli coupé sportif de PSA fabriqué en Autriche n’a pour ainsi dire pas pris une ride. Les petites retouches apportées en 2012 à ses optiques, sa calandre, ses feux de jour LED et sa grille d’aération lui ont même redonné un peu de peps. La belle sait toujours jouer de ses rondeurs, du double galbe de son toit à deux bosses, de sa poupe élargie et de sa proue agui- cheuse pour séduire. En version « R » comme racing, les détails font mouche comme les magnifiques jantes 19 pouces, le becquet fixe, les arches de toit et les rétros noir mat, les sorties d’échappement chromée séparées... La tigresse est agres- sive, gare aux coups de griffes !CHARGE DE CAVALERIEnition est satisfaisante, mais on regrette les vilains plastiques des côtés de portières et du bas de la planche de bord, qui jurent avec le cuir de l’habitacle. On voudrait une boite automatique à double embrayage (par exemple celle qui équipe désormais la 308...). On pleure sur l’absence d’équi- pements « technologiques » (feux de route automatiques, alerte angles morts, régu- lateur de vitesse adaptatif, système anti collision,...) ou de confort (sièges chauf- fants, démarrage sans clef...), et sur l’in- digence du système bluetooth-GPS-hifi (mais bon on a l’habitude chez PSA...) ; on se dit que finalement la RCZ, « inté-D’autant que sous son capot ronronne une mécanique survitaminée. Peugeot a boosté son bloc 4 cylindres essence 16 soupapes à injection directe, pour en tirer la quin- tessence. Ce moteur turbo 1,6 litre THP en fait désormais le modèle de série le plus puissant jamais construit par le Lion : 270 chevaux, soit près de 170 chevaux par litre de cylindrée, un record dans la catégorie, avec un couple monstrueux de 330 Nm dès 1900 tours/minute. Au volant, que du bonheur. Admirablement installé dans les sièges baquets spécifiques du modèle (cuir et alcantara), on goûte le plaisir d’une mécanique jamais prise en défaut, quels que soient le régime du moteur et le rapport enclenché. Evidemment la tenue de route est à la mesure, avec des liaisons au sol spécifiques associées à un différentiel à glissement limité Torsen. Efficacité et sensations garanties. La sus- pension est ferme comme il se doit, la di- rection directe, le freinage puissant. Bien sûr tout n’est pas parfait. La qualité de fi-rieurement », a quand même vieilli. Si on adore le petit volant avec méplat, on déteste le pommeau du levier de vitesse en alu (glacé en hiver) ou les sièges avant qui n’avancent pas quand on les bascule. On aime le coffre taille XL pour un coupé, c’est gonflé... On rêve enfin d’un modèle spider... En attendant le RCZ nouveau, promis pour 2016.Opel Cascada : de l’air dans l’espaceVéhicule essayé : Peugeot RCZ R. Prix : à partir de 43350 euros. Bonus/Malus : + 500 eurosMoteurs essence à partir de 30500 euros Moteurs diesel à partir de 33100 eurosPrésenté au printemps dernier, d’abord en une unique version essence, puis avec un bloc diesel 2 litres turbo à l’automne, le cabriolet Cascada dispose désormais d’une gamme complète de moteurs, coiffée par l’excellent 2 litres biturbo CDTI ecotec qui en fait un navire de croisière efficace.Ce grand cabriolet qui boxe dans la catégorie des Mercedes Classe E par la taille, est un dérivé de l’Opel Astra qu’il dépasse d’une vingtaine de centimètres en longueur. Résultat : deux vé- ritables places arrière capables d’accueillir sans effort deux adultes.Surtout le Cascada est beau, tout en galbes aérodynamiques, d’une élégance raffinée, admirablement servie par le choix de la capote souple, de préférence au toit rétractable. L’esprit cabriolet est magnifié par cette capote électrique à triple épaisseur (en version Cosmo pack) qui assure une isolation parfaite (ther- mique et acoustique) et qui s’ouvre ou se ferme en un temps record (moins de vingt petites secondes). En outre, une fois à ciel ouvert, le Cascada conserve un coffre généreux susceptible d’accueillir sans peine les bagages de ses passagers. Pratique pour partir en week-end.à conduire grâce à un moteur souple et puissant (195 ch, 400 nm de couple à 1750 tr/min), ce joli vaisseau souffre en revanche d’un freinage imparfait et d’une boite de vitesses qui manque de précision.Confortable, spacieux, doté d’une jolie planche de bord, agréableOpel Cascada2 litres biturbo CDTI ecotec, 195 ch, finition Cosmo Pack, 38690 euros, bonus/malus: +250 euros. Moteurs essence à partir de 29990 euros, moteurs diesel à partir de 33990 euros.92 DÉC. / JANV.]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[Volkswagen Group France S.A. – RC Soissons B 602 025 538.Audi recommande Castrol EDGE Professional. Vorsprung durch Technik = L’avance par la technologie.Audi A3 Sportback e-tron : consommation combinée (l/100km) : 1,5 – 1,7.Consommation électrique (kWh/100 km) : 11,4 – 12,4. Rejets de CO2 combinés (g/km) : 35 – 39Aliantis Lecourbe 229, rue Lecourbe - 75 Paris Tél. 01 55 76 50 76www.aliantis.comAliantis Porte d’Orléans44-46 avenue Aristide Briand - 92 Montrouge Tél. 01 58 35 17 70Aliantis Chambourcy37 route de Mantes - 78 Chambourcy Tél. 01 30 65 50 50Vorsprung durch TechnikTrèse-fficiente Nouvelle Audi A3 Sportback e-tron.Equipée d’un moteur essence associé à un moteur électrique, elle offre une autonomie allant de 50 km en mode électrique à 940 km en mode combiné, pour une consommation de 1,5 l/100 km.Change le monde. Pas le quotidien.Journées Découverte et Essai A3 e-tron,les Vendredi 28 et Samedi 29 novembre chez votre Partenaire Aliantis]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & InvestissementsuLES BONS PLANS DU MOISLe coin des analystesObligations high yield : la clef de la uCholet Dupont abaisse ses prévi- rentabilité ?permettent d’acquérir des logements mieux situés. De plus, les dépenses liées à la rénovation sont déductibles des revenus fonciers et du revenu global. Cet avantage fiscal a toutefois une limite, fixée par le fisc à 10700 euros par an. Le montant qui excède ce plafond peut toutefois être reporté et déduit des revenus fonciers des dix années suivantes. Une stratégie qui permet d’obtenir au global des rendements de plus de 6% brut dans des villes à forte rentabilité locative, comme Limoges ou Saint-Etienne.sions à court terme sur le CAC 40Depuis la dégringolade du rendement du Livret A, les épargnants sont désespérément à la recherche de placements performants. Certains se tournent vers le marché obligataire. S’il est difficile d’y accéder en direct, de nombreux fonds proposent de se positionner sur ce produit. Les OPCVM qui offrent le rendement le plus intéressant sont ceux qui misent sur les sociétés moins bien notées par les agences de notation : plus risquées, elles offrent aussi une meilleure rentabilité. LesAprès une période de fortes fluctuations des marchésactions ces dernières semaines, Cholet Dupont a réviséà la baisse son scénario boursier. Il a abaissé sesprévisions de fin d’année sur le CAC 40 de 4296 à4250 et sur le S&P 500 de 2000 à 1940. Il a reportéses objectifs initiaux à juin 2015. Le cabinet d’analyseévoque un ralentissement de l’activité en Europe, sur produits les plus performants en la matière en 2014 sont le fond de faiblesse des pays émergents, des tensions en fonds EUR Corporate High Yield de Petercam pour les valeurs Ukraine et des sanctions à l’égard de la Russie. Plus libellées en euros (qui affiche une hausse de 6,7% depuis leL’art échappe à l’ISFrécemment, « la stagnation en France, puis en Italie, ont pesé sur la zone euro et l’Allemagne au premier chef », explique Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement. La croissance mondiale n’est cependant pas menacée : la situation économique des pays émergents et des Etats-Unis reste favorable et la forte baisse des prix du pétrole y aura un impact beaucoup plus positif qu’en Europe, anticipe-t-il. Selon Cholet Dupont, la baisse des marchés semble justifiée, mais elle est excessive. « La correction actuelle ne devrait pas remettre en cause la tendance haussière des marchés à moyen terme », estime le spécialiste.u Services pétroliers : un momentumpeu favorable selon OddoOddo Securities maintient sa recommandation neutre sur le secteur des services pétroliers. L’analyste évoque un environnement toujours contraint, accentué par la baisse du prix du baril, le Brent ayant récemment perdu environ 20%. L’attitude conservatrice des compagnies pétrolières en matière d’investissements se confirme, celles-ci étant entrées dans un cycle d’optimisation de leurs dépenses. Au niveau de la valorisation, Oddo remarque une profonde décote du secteur, comparativement aux références historiques, traduisant une désaffection et une absence de visibilité selon lui. « Dans ce contexte, nous estimons le momentum toujours peu favorable, en dépit des valorisations actuelles, et maintenons nos rating Neutre », écrit l’analyste dans une note.u Cap sur les financières et les va-leurs dollar selon DNCA Finance :début de l’année), et le fonds Global High Yield d’ACMBernstein à l’international (+ 13,4% depuis le début de l’année).Cette année encore, les œuvres d’art ne seront pas soumises à l’impôt sur la fortune. L’Assemblée nationale a rejeté l’amendement proposé par l’Union des démocrates et indépendants, qui visait à assujettir ces œuvres à l’ISF. Cette question revient régulièrement lors des projets de loi de finances depuis la création de l’impôt de solidarité sur la fortune en 1988. Les députés socialistes se sont opposés à cette mesure, évoquant un « effondrement du marché de l’art en France » si elle était votée. L’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti a évoqué la « place de la France sur un marché mondial hyper-compétitif ». De leur côté, les députés UMP ont également voté contre, opposés à un « élargissement de l’ISF ». Le parti d’opposition demande pour sa part la suppression des biens professionnels de l’assiette de l’ISF, à laquelle est opposé le gouvernement.Immobilier : l’ancien avec travaux, pourquoi pas ?La tendance est à la baisse des prix dans l’ancien. En un an, 37 des 40 villes les plus chères de France affichent des prix en repli, avec des variations qui peuvent atteindre jusqu’à 9% selon une étude de meilleursagents.com. Une tendance qui donne la main aux acheteurs, d’autant plus que les taux d’intérêt sont toujours au plus bas. Dans ce contexte, les achats les plus intéressants sont souvent les biens nécessitant des travaux importants. Au même prix qu’un bien neuf, ils132 EUR130 EUR128 EUR126 EUR124 EUR122 EURLes niveaux actuels de valorisation des actions sur lesmarchés financiers sont historiquement hauts,remarque DNCA Finance. « Pour pouvoir justifier cesniveaux de valorisation, il faut absolument uneprogression des résultats des entreprises. Or, lesscénarii de ralentissement économique mis en avantaujourd’hui ont pour conséquence que les analystessont plus pessimistes sur les prévisions bénéficiaires »,constate Jean-Charles Mériaux. Une tendance quiexplique la baisse des cours ces derniers mois pour lecabinet de gestion. Celui-ci constate cependant depuisla mi-août une tendance à la révision à la hausse desbénéfices. « Il est trop tôt pour savoir si la poursuite 2014 Mars Mai de la révision à la hausse va continuer ou si leconsensus des bénéfices va s’infléchir vers le bas. » Dans ce contexte, DNCA Finance recommande de favoriser les valeurs dollar ainsi que les valeurs financières. Sur le marché obligataire, il conseille un maintien des positions sur les souverains périphériques et une sélectivité accrue sur le high yield.L'Oréal a rejoint la liste de Natixis des valeurs recommandées à l'achat, avec un objectif de cours de 139 euros. Dans une note de recherche, l'analyste évoque une combinaison de facteurs à même de renforcer la croissance du groupe de beauté. Il cite son exposition au dollar et l'impact relutif de l'opération Neslé/Galderma. De plus, en période difficile pour les valeurs de consommation, le marché devrait ap- précier l'équilibre du mix géographique entre Europe, Amérique du Nord et pays émergents.94 DÉC. / JANV.120 EUR118 EUR116 EUR114 EUR112 EURLA SPÉCULATION DU MOISL'Oréal : parce que je le vaux bien ?Juill Sep Nov]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE Patrimoine - Préparation de la retraite par les chefs d’entreprisePour des lendemains qui chantent...Le régime obligatoire a ses limites. Pour les dirigeants, réfléchir le plus tôt possible à une préparation en douceur de la retraite est plus qu’une sage décision.sultats de l’entreprise. « Nous voyons le Madelin comme le socle fondateur de la retraite pour les dirigeants. Notre conseil est de commencer le plus tôt possible. D’une part, ce n’est pas à 55 ans qu’on se constitue une retraite. Par ailleurs, les meilleurs contrats Madelin proposent de figer la table de mortalité », re- commande Antoine Tranchi- mand, associé chez K&P Fi- nances. En clair, le pourcen- tage du capital versé chaque année est calculé sur l’espé- rance de vie du souscripteur. Or, l’espérance de vie ne cesse d’augmenter au fil des années avec les progrès de la médecine. « Pour résumer, en bénéficiant d’une table plus ancienne, on gagne plus d’argent », synthétise Antoine Tranchimand.treprise toutes les contraintes de gestion, tout en profitant d’une fiscalité attractive. « L’essentiel est de respecter un certain nombre de points de vigilance sur le bail, la localisation, le sérieux du gestionnaire », recommande David Elgrably. Sous réserve de certaines conditions, no- tamment en termes de reve- nus, le chef d’entreprise peut demander son affiliation au régime des loueurs meublés professionnels, et ainsi échap- per à l’ISF sur cette partie de son patrimoine.«Lpeuvent profiter certains pa-Assurance-vie... Tout simplement !Avec plus de 1500 milliards d'euros sous gestion en 2014, l'as- surance-vie reste l'un des placements préférés des Français. Ce produit est utile, notamment pour anticiper la retraite. Il est même particulièrement conseillé pour le long terme, puisque c'est au bout de huit ans qu'il est le plus intéressant sur le plan fiscal. Après cette durée, les retraits sont exonérés d'impôts, à l'exception des prélèvements sociaux (15,5%). Pour percevoir un complément de retraite de façon régulière, il est aussi possible de transformer l'assurance-vie en rente viagère. Le capital déposé sur le contrat est alors versé sous forme de rente jusqu'au décès de l'assuré. Le montant versé chaque mois est calculé en fonction de l'âge auquel l'épargnant décide d'en profiter. Si cette option est prévue dès la souscription du contrat, ces revenus sont au- tomatiquement exonérés d'impôts. Seul inconvénient de ce choix : l'aliénation du capital, qui signifie que l'épargnant tire définiti- vement une croix sur la transmission de son patrimoine... Pour alimenter l'assurance-vie, les SCPI restent une valeur sûre malgré l'érosion des rendements ces dernières années. « Certains assu- reurs, comme Novapierre, ont mis en place des SCPI en Alle- magne pour profiter du marché de l'immobilier florissant. Ce type de produit est très à propos dans le contexte actuel », sou- ligne David Elgrably.96 DÉC. / JANV.IMMOBILIER : CAP SUR LE MEUBLÉ GÉRÉ Autre piste pour constituer une rente : l’investissement dans la pierre. L’immobilier reste une valeur sûre, même si ce type de placement est moins rentable que par le passé, en raison notamment de la forte fiscalité sur les revenus fonciers. Une option intéressante consiste pour le chef d’entreprise à racheterLE PERP, IDÉAL POUR LES JEUNES DIRIGEANTSLe Plan d’épargne retraite populaire, ou PERP, est aussi un véhicule très à la mode, notamment chez les jeunes dirigeants. Légèrement moins intéressant que le contrat Ma- delin sur le plan fiscal, il offre en contrepartie une plus grande souplesse au niveau des cotisations. Le dirigeant n’est pas contraint de s’en- gager sur un montant à verser chaque mois : il peut donc se marier avec une activité en démarrage, dont le succès n’est pas assuré. Au moment de la retraite, il est possible de transformer l’intégralitéCumuler retraite et voyage, c’est le pied... Si seulement nous avions anticipé la marée montante... »oin des retraites cha- peau et autres para- chutes dorés dontsonnels pour la grande ma- jorité des chefs d’entreprise français. Selon plusieurs études, la baisse des revenus atteint alors 70% en moyenne. Et pour cause : le patron d’une PME ou de TPE consa-cre généralement la majorité de son énergie à son entre- prise, et a peu de temps à accorder à son patrimoine personnel et à la préparation de sa retraite. « La plupart des dirigeants pensent que c’est la réussite de leur en-sent aux travailleurs indé- pendants, mais aussi aux chefs d’entreprise. Ce produit vise à compenser la faiblesse des pensions des régimes obligatoires. Concrètement, il consiste à cotiser pendant les années d’activité pourtrons du CAC 40, la retraite est une étape délicate à gérer sur le plan des deniers per-Légèrement moins intéressant que le contrat Madelin sur le plan fiscal, le PERP offre une plus grande souplesse au niveau des cotisationstreprise qui va assurer leur retraite. Mais au même titre qu’un investissement en ac- tions, l’entreprise est un actif risqué. Sa valeur peut s’ef- fondrer. Il est donc important de prendre le temps de pré- parer le terrain en amont, le plus tôt possible », remarque David Elgrably, CGPI chez Fiducée Gestion Privée.percevoir une rente viagère au moment de la retraite. L’argent est donc bloqué jusqu’au départ en retraite, et ne peut être débloqué qu’en cas d’événement grave (par exemple un accident entraî- nant une invalidité totale ou le décès d’un conjoint). Le principal atout du contrat Madelin est sa fiscalité, puisque l’argent versé sous forme de cotisations est dé- fiscalisé à l’entrée. Ces coti- sations mensuelles, dont le montant est décidé en début de contrat, sont flexibles, per- mettant de s’adapter aux ré-les murs de son entreprise, ce qui permet de percevoir des loyers. Pour éviter de franchir le seuil d’imposition à l’impôt de solidarité sur la fortune, il est même possible de créer une SCI qui détient les murs de l’entreprise. Celle-ci n’entre pas dans l’as- siette de calcul de l’ISF, puisqu’il s’agit de patrimoine professionnel. Pour diversifier son patrimoine, le dirigeant peut ensuite aller frapper à la porte des loueurs de meu- blés sous gestion, notamment les Ehpad. Un actif qui per- met d’épargner au chef d’en-du capital en rente viagère, ou de toucher 20% du total et de convertir la part restante en rente. « Ce mécanisme est particulièrement intéres- sant pour les dirigeants qui doivent souvent payer le RSICONTRATSMADELIN : L’ÉPINE DORSALE DE LA RETRAITECréés il y a tout juste 20 ans, les contrats Madelin s’adres-et l’im.dant un, voire deux ans, après la cessation de l’activité. Ils ont donc besoin de beaucoup de cash au début de leur re- traite », note David Elgrably. Cerise sur le gâteau : les ca- pitaux versés n’entrent pas en compte pour le calcul de l’ISF.pôt sur le revenu pen-Antoine Pietri]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°16ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelle ExposLibrairien Cirque – AcrobatesAcrobates est une ode à la vie, à l’amitié, à la tendresse. Ce spectacle raconte le long et tu- multueux voyage vers l’âge adulte. Deux silhouettes traversent des mondes oniriques et pa- rallèles, un menhir, une forêt de fougères, une mangrove, une boite noire, avant de revenir à la lumière du jour. Un peu comme si les deux acrobates du spectacle, tombés dans un film de Miyazaki, devenaient les personnages d’une quête universelle. C’est une célébration de l’acrobatie qui démarre sur un deuil mais s’achève sur la naissance de deux interprètes dont l’énergie vitale nous transporte. Ils dansent l’acrobatie et la vie. Ici, la fiction et le réel se croisent. Acrobates est une partie de leur histoire. Acrobates célèbre le rapport à l’apesan- teur, au temps qui s’étire, au souvenir et à la vie. Ce spectacle parle d’humanité car au-delà même du mouvement, l’acrobate se dévoile, expose ses failles et se livre au public à livre ou- vert. C’est une manière différente d’aborder l’espace, d’aborder la vie : une énergie, un jet d’adrénaline.Mise en scène Stéphane Ricordel - Dramaturgie et images Olivier Meyrou - Inter- prètes Alexandre Fournier & Matias Pilet / Tournée : du 10 au 14 déc., Théâtre du Nord, Lille.n Les Particules élémentairesHouellebecq sur les planches ! Après un mois de représentation à l'Odéon, le collectif « Si vous pouviez lécher mon cœur », troupe de jeunes comédiens sortis il y a cinq ans des bancs de l'EPSAD, école du Nord, emmenés par Julien Gosselin, leur metteur en scène, part sur les routes de France et de Navarre pour inter- préter leur quatrième projet : Les particules élémentaires. Créée en juillet 2013 à l'occasion du festival d'Avignon, cette mise sur lesplanches de cet ouvrage devenu culte tranche par son rythme haletant, étonne par le mé- lange des genres, émeut dans sa retranscription théâtrale des vicissitudes vécues par Michel et Bruno, deux demi-frères que tout oppose, réunis le temps d'une lecture tragicomique de l'œuvre. La richesse et la complexité du texte de Houellebecq ? Un challenge excitant pour le jeune metteur en scène de 27 ans qui métamorphose les acteurs en musiciens, poètes, harangueurs, ... Un travail de performeur bluffant. Le résultat est énergique, libre et très rythmé. Un hommage théâtral vibrant de l'œuvre dont on ressort mélancolique et bousculé, malgré de belles tranches d'humour.n Fun HomeDerrière le jeu de mots, « Fun Home », locution qui renvoie à funéra-rium, se dessine au fil des pages un récit à la croisée des genres entrela BD et l'autobiographie. Alison Bechdel, auteure féministe engagée,notamment connu pour son test éponyme qui démontre par l'absurdela primauté du genre masculin dans le cinéma, y raconte son enfanceet son adolescence, son rapport à la mort, à l'homosexualité et à l'imagedu père. Parfois sincère et drôle, parfois absurde et triste, l'histoire senourrit d'un graphisme, naïf de prime abord, enrichi d'incises ultraréalistes, de cartes topographiques, de lettres comme si on les tenaiten mains propres. Les nombreux allers-retours avec les littératuresanglo-saxonne et française et les inférences mythologiques donnentcorps à des moments de vie et posent au fil des pages la question de l'existence lors de l'adolescence, vue par le prisme du monde des adultes. Plébiscitée par la critique et les lecteurs, la BD, publiée pour la première fois en 2006, est depuis lors entrée dans le Panthéon du 9e art, à côté des Maus, Persepolis et Journal de mon père. Une œuvre magistrale qui suscite une palette d'émotions que seuls nos préjugés sur la BD peuvent étouffer. Incontournable.Fun Home de Alison Bechdel, éd Denoël, 2006Musiquelodie. Un album, loin de The Wall ou de The Dark Side of the Moon, qui tranche et ne semble pas se prêter à un enregistrement studio classique. En guise de legs musical pour la postérité, les Pink Floyd sans Waters ont donc voulu optimiser les chutes, ces improvisations musicales captées durant l'enregistrement de Division Bell. Au final, 18 morceaux répartis en quatre parties font baigner l'au- diteur dans un flot typique du groupe avec son lot de surprise. A l'image des pistes 4 et 5, respecti- vement « Sum » et « Skins », qui se caractérisent par des percussions résolument modernes. Un album planant. Une manière de faire durer les au revoir, sacré meilleur démarrage 2014 tous albums confondus côté ventes.The endless river, Pink Floyd, 15,99 eurosFilmn Old BoyNoël arrive doucement avec son lot de vin chaud, de guirlandes et de Pères Noël qui sentent comme papi entre le fromage et le dessert. C'est le moment tant repoussé de faire le choix des cadeaux. En guise de présent qui ne passera pas partout, la rédaction a pensé à vous en remettantaugoûtdujourlegrandprixdujurydufestival deCannes 2004 : Old Boy. Adaptation du manga de Nobuaki Minegishi et Garo Tsuchiya, ce film coréen illustre l'exubérance et la maestria du cinéma originaire du pays du matin calme. Le point de départ : Oh Dae-su, père de famille, est tenu captif pendant 15 ans. Dès sa sortie s'engage alors l'enquête de sa vie : retrouver son kidnapper et comprendre sa motivation. Un thriller dérangeant, violent et décalé dans une Corée contemporaine soutenue par une BO qui fleure l'esprit musical de Tarantino.Old Boy de Park Chan Wook, version blue ray : 15 eurosn The endless riverDepuis division Bell en 1994, rien. La frustration des aficionados des Pink Floyd aura duré pile poil 20 ans. The endless river ressuscite la musique lancinante de Gilmour and Co. Le nom invite au voyage. D'aucuns diront que ce n'est pas le meilleur. D'aucuns ajouteront que la dimension purement instrumentale appauvrit la puissance de ces génies. Mais, on perçoit des intentions différentes dès la première écoute : celle de rendre hommage au claviériste défunt Richard Wright, co-auteur de 12 morceaux, dont les notes lovent chaque mé-Les Particules élémentaires : Tournée de novembre 2014 à juin 2015.n Exposition « Souvenirs de Syrie », du 2 au 20 décembre 2014 « Souvenirs de Syrie » présente uneimage très différente de celle véhicu- lée actuellement par les médias. Des photographies d’une époque révolue, que nous livre Alain Homsi, dans l’es- poir de susciter chez le spectateur une prise de conscience du drame que vi- vent le pays et ses habitants. Dans « Souvenirs de Syrie », l’artiste présente deux séries de prises de vue : celle réa- lisée à Damas, lieu de son enfance, etcelle réalisée sur d’autres sites, dont Alep, seconde ville du pays.Loin de toutes considérations politiques, c’est avant tout une immense nostalgie qui se dé- gage de ses images. Cette impression est d’autant plus frappante lorsqu’on sait qu’il n’a pu retourner dans son pays depuis 2011.Les clichés sont en vente à l’occasion de cette exposition, tous les bénéfices seront reversés au profit de la cause des enfants syriens victimes des événements dramatiques actuels. Entrée LibreVisites du lundi au vendredi, de 14h à 21h et le samedi de 10h à 17hCentre d’animation Reuilly: 19, rue Antoine-Julien Hénard - Paris 12ème98 DÉC. / JANV.PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 29 JANVIER 2015]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[BESOIN D'ENTREPRENDRE ?Crédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre - Création : ARCHIPRESSE MEDIA CONSULTING - Crédit photo : Getty Images]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[ON N’EST PAS OBLIGÉ DE PRENDRE L’AVION POUR FAIRE UN MBA INTERNATIONAL.AVEC 85% D’ÉTUDIANTS ÉTRANGERS ET 50 NATIONALITÉS DIFFÉRENTES, LE MBA HEC EST PLUS INTERNATIONAL QU’UN MBA AMÉRICAIN.Demain même les plus petites entreprises seront internationales. En anticipant les évolutions, en favorisant la diversité de culture et d’expériences, en développant de nouvelles méthodes de leadership, HEC apprend à penser maintenant l’entreprise de demain.TOMORROW IS OUR BUSINESS**Inventons l’entreprise de demainwww.mba.hec.edu]]></page></pages></Search>