Page 62 - EcoRéseau n°16
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n°16
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution - Lutte contre la contrefaçon Attrape-moi si tu peux
Avec à disposition tout l’arsenal technologique du 21e siècle, les procédés anti-contrefaçon impressionnent. Pour autant, les faussaires ne connaissent pas la crise.
Une ritournelle qui pourrait changer.
loppé par l’entreprise fran- cilienne Advanced Track, qui séduit tout le secteur agroa- limentaire.
disparaissent, la matière per- mettra de retrouver toutes les données volontairement ef- facées. Le produit est ainsi directement contrôlable avec ou sans communication avec une base de données. « Au- cune personne extérieure ne sait, au moment du contrôle du produit, quels critères exacts sont contrôlés. C’est toute la force de la solution », se réjouit Herlé Carn. Pour ne pas risquer la copie d’un élément, autant changer sys- tématiquement d’élément contrôlé. Il fallait y penser. A l’observation du produit, tout est parfaitement invisible. Et même si on passe celui-ci sous une loupe magique ca- pable de tout déceler, encore faut-il connaître le critère étudié pour témoigner de l’authenticité du produit. « La technique est inimitable puisqu’il n’y a rien à imiter, en quelque sorte. Puisque le contrefacteur ignore ce qu’il y aurait à faire comme opé- ration, il ne peut tout sim- plement rien faire. Avec cette solution, la supposée lon- gueur d’avance des contre- facteurs sur les producteurs qu’ils copient prend fin », prédit Herlé Carn. Les in- dustriels n’auraient donc dés- ormais besoin que de leurs propres produits pour proté- ger ces derniers. La question du coût semble cependant recouverte d’une épaisse couche de confidentialité, mais le directeur assure que « ce n’est pas forcément exor- bitant. Les PME aussi peu- vent mettre en place de telles solutions. Au contraire, le coût peut être inférieur à d’autres technologies ». La mise en place de la solution peut par ailleurs être envisa- gée sur une chaîne de fabri- cation. Si l’univers du luxe est le premier intéressé par cette innovation, la filière des pièces détachées, en par- ticulier dans le secteur auto- mobile, devrait également voir cette avancée d’un bon
Mathieu Neu
LEt si les articles tombaient moins du camion dans le futur ?
es hackers auront tou- tout de même donner du fil
l’Hexagone, c’est depuis quelques temps le fameux code à bulles de la société Prooftag qui fait de plus en plus parler de lui. La tech- nologie repose sur la géné- ration aléatoire de bulles d’air contenues dans un polymère transparent. Une trouvaille, réputée infalsifiable, qui serait le fruit du hasard, les bulles étant à l’origine un défaut
à authentifier est associé dans une base de données à un identifiant, lui-même associé à une photographie du code à bulles. Le code est ensuite apposé sur la marchandise ou le document à sécuriser sous la forme d’une étiquette. De grands noms de l’horlo- gerie-joaillerie, de la cosmé- tique, et des vins haut de gamme sont déjà devenus
LA SOLUTION
ULTIME ?
Et si une technologie sonnait le glas de la contrefaçon ? Herlé Carn y croit dur comme fer, convaincu par le boule- versement à venir qu’apporte le concept d’authentification unitaire. « C’est la techno- logie phare du moment. Elle repose sur l’utilisation du matériau lui-même pour gé- nérer sa propre identifica- tion », explique-t-il. Chaque boîte de parfum par exemple peut avoir une signature ma- tière différente, grâce aux fi- bres à l’origine de la fabri- cation du carton qui emballe le produit. D’un millimètre à l’autre, les fibres sont ré- parties aléatoirement. Le prin- cipe consiste à jouer sur ce
jours une longueur à retordre aux contrefacteurs d’avance. En coulisse, de tous genres.
Codes à bulles, étiquettes avec hologramme et numéro unique, encre invisible et surtout concept d’authentification unitaire vont-ils changer la donne ?
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Mais pour Herlé Carn, di- recteur de la business unit Protection des marques chez le spécialiste Arjowiggins Security, la révolution est ail- leurs : « Pour parer au pro- blème de la contrefaçon et des marchés parallèles, la biométrie de la matière est déjà utilisée par de nombreux grands groupes. Il y a dix ans ont commencé à se ré- pandre les techniques de gra- vures, les étiquettes, les mar- quages de nouvelle généra- tion... Ces protections sont intéressantes, mais restent assez pauvres. »
même les éditeurs d’antivirus en conviennent. Et à peine la phrase est-elle prononcée qu’ils planchent déjà sur un nouveau logiciel de sécurité plus robuste que le précédent, dont la particularité était d’être le plus robuste... Ce phénomène qui a cours dans le milieu informatique se- rait-il applicable à la contre- façon en général ? Dans l’Union européenne, quelque 170 millions de co- pies plus vraies que nature sont enregistrées chaque an- née par les services doua- niers, tous secteurs confon- dus. A la fin des années 2000, le chiffre avoisinait plutôt les 90 à 100 millions d’unités. La solution miracle, maintes fois annoncée comme telle, n’existe apparemment tou- jours pas. Mais une chose est certaine : les nouvelles armes déployées devraient
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DE QUOI DONNER DU FIL À RETORDRE AUX MALHONNÊTES
Le groupe Brother a récem- ment annoncé la commer- cialisation de produits dotés d’un label holographique in- novant qui permet d’authen-
tifier les consommables de de fabrication à éradiquer. clients de ce procédé singu- terrain là. La signature est la marque. L’hologramme est En les observant, les cher- lier. Autre coup dur pour les en fait convertie immédiate- directement intégré au sein cheurs du projet se sont aper- contrefacteurs : le succès des ment en un code d’identifi- des cartouches d’encre ou de çus que ces dernières for- étiquettes de la société alle- cation numérique unique, toners, ainsi que dans les maient une signature unique. mande Tesa Scribos, où un pouvant éventuellement être tambours pour imprimantes L’engouement autour de la hologramme avec un numéro mixé ou intégré aux codes Brother. De quoi donner un découverte est d’autant plus unique leur sont associés. Il visibles du produit lui-même coup de blues aux magnats fort que la solution est simple y a aussi Seal Vector, le sys- (code barre, RFID). Même de l’escroquerie. Dans d’utilisation. Chaque produit tème d’encre invisible déve- si ces codes visibles imprimés
œil.

