﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="88"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauNovembre 2014 - meNsuel n°15 - 3,90 €L’information économique autrement, et si possible positiveecoreseau.frComprendre, Entreprendre, InnoverENTREPRISES: VERSLASIMPLIFICATION?CRÉATION D’ENTREPRISECHOISIR SON DISPOSITIF D’AIDE Incubateurs, pépinières, couveuses...GamificationLA FORMATION ET LA MOTIVATION PAR LE JEUmaIS auSSI...BE/LUX : 4.50€ - Canada : 7CAD - Maroc : 50MADème- La VI République : une solutionpour créer des équilibres ?- Haute résolution : le plan France très haut débit- Impression 3D : la croissance à trois chiffres de SculpteoEcoRéseau]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15EDITORIALA quand de vraies grandes réformes ?Plus que jamais, il est temps de changer nos mentalités et d’accepter les évolutions de nos sociétés. Nos habitudes doivent être bouleversées et notre quotidien accordé aux problématiques contemporaines. Reste à placer le curseur au bon échelon.Si une réforme générale et d’envergure est inéluctable, celle-ci se doit d’être adaptée et personnalisée. Nos besoins ne sont en effet plus les mêmes et nos institutions ont vécu.C’est ainsi que nous nous sommes intéressés à différents secteurs en pleine mutation structurelle : de l’hypothèse d’une VIe république à la réglementation des professions libérales qui nécessitent assurément du « sur-mesure » plutôt qu’une uniformisation générale ; de la simplification de l’environnement de nos entreprises à l’interversion nécessaire de nos grands partis politiques ; des nouveaux modes de communication des territoires, dont Bordeaux est un faire-valoir sérieux ; de l’industrie du livre, de la presse et de sa distribution, qui doivent composer avec un environnement instable ;En quête de vista...ou de toutes ces petites, mL’actualité récente nous a offert une savoureuse conjonction de volte-face politiques. François Hollande, lui Président, a tôt fait de déconte- nancer son monde avec une finance tantôt en- nemie, tantôt amie. Nicolas Sarkozy, autoproclamé grand Vizir des retours en poli- tique, a aussi excellé dans le revirement avec le gaz de schiste, fustigeant récemment les op- posants et leur principe de précaution, alors qu’il avait précisément interdit la fracturation hydraulique en 2011. Et Manuel Valls n’est pas en reste pour retourner sa veste couleur sable, assimilant la GPA à « une pratique intolérable de commercialisation des êtres humains » dans La Croix, quand en 2011 il déclarait que « maî- trisée, la GPA était acceptable » dans Têtu. Cette pensée à géométrie variable, selon les époques ou les supports de communication, ap- porte de l’eau au moulin des contempteurs de la classe politique, donnant raison au cynique Talleyrand selon qui dans ce domaine « il n’y a pas de convictions, mais seulement des cir- constances ». Pourtant il n’est pas interdit d’évoluer ou de devoir composer avec une réa- lité inflexible. Mais diantre, où se trouve ce point de mire lointain, qui ferait accepter les détours et demi-tours en tous genres, du mo- ment que le but final est constamment rap- pelé ? Tout manager, capitaine ou chef d’équipe sait qu’il lui faut afficher une visionsimple, aussi ambitieuse, irréalisable, farfelue soit-elle, pour mobiliser les énergies. Le pari final de l’immortalité par Google apparaît dès lors comme un instrument de management. C’est ce qu’on a bien compris chez Lytess (p.36), la PME de cosmétotextiles traitée en Leçons de Maux, où il s’agit de survivre à la maladie du fondateur, ou chez Sculpteo décrite en Business story (p.60), qui cherche à mettre l’impression 3D à la portée du grand public par Internet. Une fois la destination finale connue, les changements de cap ou atermoiements ne désemparent plus les troupes et les imagina- tions se libèrent. « Ce n’est pas la girouette qui tourne, mais le vent », disait Edgard Faure. Ses émules ne se doutent pas des dégâts qu’ils oc- casionnent en termes d’image, mais surtout –.oyennes ou grandes entreprises dont le renouvellement et l’innovation sont indispensables pour affronter une concurrence toujours plus accrue, etc.Vous l’aurez compris, des réformes sont nécessaires et tout un chacun doit les sollici- ter. Rassembler nos compétences, simplifier nos administrations, s’organiser et vivre différemment... Il est grand temps d’assouplir nos structures et de mieux coordonner nos efforts.En d’autres termes, vivons avec notre temps, façonnons notre avenir et commençons à réformer, véritablement..e qui intéresse EcoRéseau – en termesJulien TarbyRédacteur en chef2 NOVEMBRE 2014Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationet c’est cd’énergie créatrice gâchée, parce qu’ils se contentent d’être opportunistes sans fixer de but à atteindre pour le pays. Incompréhensions et levées de boucliers se feraient plus rares avec un idéal seriné. C’est en tout cas ce que suggé- rait Pierre Mendès France, en déclarant que « la politique, c’est avant tout rendre les gens co-intelligents des décisions qu’on doit pren- dre »...LE CHAT by Philippe Geluck]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frLes rendez-vous EcoRéseau- Incubateurs, pépinières et couveuses 46 - Immobilier d'entreprises, loueurs futés 50Le DicoRéseau® 6STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 54-61Regard sur l’actualitéThomas Hugues 8DécryptageRégions & Territoires12 La Gamification, pour motiver et former54 5658 596062-6762 646670-86SOMMAIREPANORAMA 4-21 RétrospectiveCréer aujourd’huiLes retours en politique 4- Le phénomène du jobbing 40 - Fonder une Ecole 44Business guidesBordeaux, l'orgueilleuse d'avenirExpertisesHexagoneProfessions réglementées, des rentes sur la sellette ? 16Haute résolutionInternational- Les données de la médecine personnalisée 18 - Très haut débitSéparatismes régionaux en EuropeBusiness storyGrand Angle20 Sculpteo, l'impression 3D à la portée de tousLa VIème République, c'est pour bientôt ?22-53 RH & FORMATION 22 Réseaux & InfluencesCLUB ENTREPRENDREBaromètre & Tendances Ala Une :Les réseaux régionaux- Simplification pour les entreprises26Observatoire Carrières & Talents- L’Entretien : Thierry Mandon, Secrétaire d'Etat de la réformeet de la simplification 28Ecoles d'ingénieurs : relations avec les entreprises- Guillaume Poitrinal, coprésident du Conseil à la simplification 30ART DE VIVRE & PATRIMOINEInterview croisée :Dirigeants de Maisons d'édition 32L’Air du tempsEn immersion- Passer le permis de voler - L’actualité automobile70 72L'école de production Boisard 34L’Art du temps74 84Electron libreJean-Baptiste Descroix Vernier, PDG de Rentabiliweb 35Baromètre Finance & Investissements PatrimoineLeçons de mauxLytess, PME de Cosmétotextiles 36Investir dans l'or et les pierres précieuses85 86ProspectiveLa Sélection culturelleLe livre du futur, en 2050 38N°15www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe Flamand Chroniqueurs : Marc Drillech, Pascal Junghans, Michel Kahn,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Charles Cohen,Anne Diradourian, Jacques Donnay, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Stéphanie Polette, Catherine Quignon, Olivier Rémy, Pierre TiessenDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : PresstalisAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.NOVEMBRE 20143]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA Rétrospective - Les retours en politiqueDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Retour vers le futurC’était l’arlésienne qui faisait faussement saliver le microcosme politique depuis plusieurs mois. Enfin, la belle est sortie du bois : Nicolas Sarkozy a annoncé son retour. Une décision critiquée par beaucoup, Edans tous les camps et à tous les micros. Pourtant, en signant son come-back, l’ancien chef de l’Etat ne fait que s’inscrire dans une longue tradition politique française. Depuis toujours, les vieux routiers de la politique peinent à raccrocher les crampons. Avec au final, pas mal de buts et quelques hors-jeu.n politique, la mode tique s’en sortent en revanche est au retour. Pour avec plus ou moins de succès. Alain Juppé, la « ten- « Mitterrand va mener unetation de Venise » de 1993 politique très classique etn’aura duré qu’un temps. Place depuis quelques mois à une autre tentation : celle du faubourg Saint-Honoré. Et le doge de Bordeaux de se poser en figure du renou- veau politique. A 69 ans. Ni- colas Sarkozy, lui, avait pro- clamé en 2012 : « Vous n’en- tendrez plus parler de moi si je suis battu ». Le goût de la lumière l’a contraint à une forme d’amnésie, et le torero a annoncé le 19 septembre dernier son retour dans l’arène.porter un regard assez tra- ditionnel sur le monde qui l’entoure, note l’historien. Par exemple, il n’anticipe absolument pas la chute de l’Union soviétique. Quant à de Gaulle, s’il apporte un vrai souffle nouveau avec la mise en place de la Cin- quième République, il ne faut pas oublier que son dernier mandat se termine dans des circonstances catastro- phiques. »Retour gagnant ? Retour par la grande porte ? Retour vers le futur ? Retour raté ou réussi ? L’avenir nous le dira. Si ces come-back peuvent être mal jugés et parfois considérés comme un signe des temps et d’une offre po- litique qui s’essouffle, il n’en est rien. « Le retour en poli- tique existe depuis toujours », affirme Pascal Cauchy, pro- fesseur agrégé d’histoire contemporaine à Sciences- po Paris, et spécialiste de la vie politique française.L'Elysée, lieu de tous les come-backPourtant, tout commence plu- tôt bien pour les revenants. En France – contrairement à ce qui se passe hors de nos frontières –, les retours dans la lumière sont en effet plutôt bien perçus. Les têtes connues rassurent, l’expérience fait figure de garantie de com- pétence. « Et puis, depuis le consulat de Bonaparte, le coup de l’homme providentiel a toujours le vent en poupe », rappelle Pascal Cauchy.Sous la troisième République, par exemple, Raymond Poin- caré, président de la Répu- blique jusque 1920, redevient président du Conseil entre 1922 et 1924, puis entre 1926 et 1929. De même, Gaston Doumergue, président de la République de 1924 à 1931, revient aux affaires en 1934 dans le fauteuil de président du Conseil. Mais le retour le plus marquant reste évidem- ment celui du général de Gaulle en 1958, après plus de dix ans en retrait de la politique française. Alors que personne ne s’y attendait. « Jusqu’à la fin de l’année 1957, l’opinion publique nesouhaite pas le retour de de Gaulle aux affaires, indique Pascal Cauchy. Celui-ci n’a pas réussi à former une force politique suffisamment forte pour le ramener au pouvoir. Et même si certains barons du gaullisme tentent d’attiser la flamme, de Gaulle lui-Sciences-po. Un contexte dif- ficile qui fait émerger des hommes providentiels, qui rassurent par leur expé- rience. » Mais la recette n’est pas unique. D’autres effec- tuent leur retour en des temps pacifiés, par la voix électorale classique. C’est le cas demier gouvernement, en tant que ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre, en 1947... « Ton- ton » n’est donc pas un per- dreau de l’année lorsqu’il re- proche à Valéry Giscard d’Es- taing en 1981 d’être « l’homme du passif ». Pourtoraux. Bien sûr, Raymond Barre se plante en beauté lorsqu’il pense revenir par la grande porte en 1988, en passant devant le candidat naturel de l’UDF, Valéry Gis- card d’Estaing. Et si Poincaré et Doumergue sont élus par leurs pairs, Mitterrand est bel et bien plébiscité par le corps électoral dans son en- semble. L’argument qui fait mouche ? « L’expérience, af- firme Pascal Cauchy. Mais c’est un élément à manier avec beaucoup de dextérité pour ne pas que cela devienne un slogan passéiste, ou que vos adversaires vous accusent d’être « l’homme du passé ». Il faut donc, en parallèle, trouver des sujets nouveaux. C’est ce que fait Jacques Chirac à merveille en 1995 en lançant le thème de la fracture sociale. »En respectant sa promesse du 21 avril 2002 de « se reti- rer de la vie politique », Lio- nel Jospin ferait donc presque figure d’hérétique, et Sarkozy le parjure de tenant de l’or- thodoxie. Pour l’historien en- seignant à Sciences-po, l’an- cien maire de Neuilly cale même ses pas dans ceux de François Mitterrand en tentant de passer par la voie royale : celle de la reconquête deQu’est-ce qui motive ces retours ? Bien souvent des circonstances4 NOVEMBRE 2014même n’y croit plus. La preuve : il écrit ses mémoires entre 1948 et 1958 ! » Qu’est-ce qui motive ces re- tours ? Bien souvent, des cir- constances exceptionnelles. « La crise du 6 février 1934 pour Gaston Doumergue, les événements d’Alger en ce qui concerne de Gaulle, ex- plique le professeur àexceptionnelles.François Mitterrand, modèle du genre, qui accède au pou- voir suprême en 1981 après trois tentatives ratées. Avant de l’emporter et d’apparaître à son tour comme une figure du renouveau politique, l’homme de Jarnac est, de près ou de loin, aux affaires depuis plusieurs décennies. Il entre en effet dans son pre-enfin l’emporter, Mitterrand ne fait rien que du très clas- sique. Mettre la main sur le Parti Socialiste, faire jouer ses réseaux, juger et jouer des forces en présence, afin de supplanter le vrai leader de la gauche de l’époque, Michel Rocard.l pour lancer leBien souvent, ces retours se soldent par des succès élec-Une fois revenus aux affaires, les vieux routiers de la poli-l’apparei.deuxième étage de sa fusée. S’il n’y parvient pas, il ne restera cette fois sans doute pour lui qu’à trouver une for- mule de fin définitive. Pour info, le mystique « Je crois aux forces de l’esprit » et l’épuré « Au revoir » sont déjà pris.Olivier Faure]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[DEVENEZ PROPRIÉTAIREDANS LE PREMIER COUNTRY-CLUB RÉSIDENCE D’EUROPEDU STUDIO À LA VILLA 6 PIÈCES DANS LE SUD DE LA FRANCE : GOLF, SPA, CONCIERGERIE ET PRESTATIONS HAUT DE GAMME04 11 91 60 00 - WWW.LAVAGNAC.FR]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMALes rendez-vous EcoRéseauEn guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Le DicoRéseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : audiovisuel, actualité, people, politique, etc.Apple et Facebook : sociétés américaines reconverties dans le surgelé. Babyboom : bébé tombé du lit.Balkany : n.m. Soirée déguisée qui dérape.Batho : adverbe. Dans peu de temps. Ex. « Julien, as-tu batho fini tes devoirs ? » Baumel : n.f. Pommade apaisante pour députés frondeurs.Bedos : n.m. Joint ayant pour effet secondaire le fantasme. Ex. « j’ai fumé un Bedos et j’ai soudain cru que j’étais avec Valérie. »Bruno le Maire : n.p. Notable d’un petit village. « Et qui est ce monsieur ? Bah, c’est Bruno, le maire. »Cambadélis : nouvelle expression royale pour dire que l'on s'en fiche : « je m'en bat des lys » !Larcher : confidence. Ex. « Hollande à la mi-mandat : J’ai envie de tout larcher ».Lens : n.p. Lieu où même l’argent étranger n’arrive jamais. Lignac : individu persévérant. Ex. « Il a lignac quand il travaille. »Marisol Touraine : n.p. Ministre de la santé, qui par ses réformes stériles, devient le meilleur contraceptif de France.Modiano : n.p. Italien qui n’aime pas les ânes « Maudit ano ! Tu ne veux pas avancer. »Desmarest : v. Action de reprendre ses activitésEdinson Cavani : joueur de football qui n'a pas la lumière allumée à tous lesnobel ! »Place Vendôme : Lieu, Nouveau Showroom de Marc Dorcel.Sénat : n.f. Vieille institution qui va droit dans le mur.Vuitton : du verbe voir. Ex. « J’ai vuitton sac, il est superbe. »Zemmour : n.m. désignant un coup de foudre : « Je suis Zemmour de toi » !étages !Fiac : n.f. Nappe d’eau qui s’est accumulée. Ex. « attention aux fiac d’eau. » Gérard Filoche : ... pas assez vite selon Valls.Halloween : appel gagnant.Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.Morelle : n.p. Partie du département de la Meurthe et Morelle.Nobel : expr. Menace. « Arrêtez toute de suite ou vous allez avoir de mes6 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[AIR FRANCE CONNECTTOUTES LES INFORMATIONS SUR VOTRE VOYAGE EN TEMPS RÉELCARTE D’ABONNEMENTABONNEZ-VOUS À LA FLEXIBILITÉSKYPRIORITYSOYEZ PRIORITAIRE À TOUTES LES ÉTAPES DE VOTRE VOYAGEDOMPTEZ LE TEMPS NOUVELLE OFFRE AFFAIRESFrance is in the air : La France est dans l’air.Renseignez-vous sur www.airfrance.fr, au 36 54 (0,34 € TTC/min à partir d’un poste fixe), sur afklm-newsaffaires.fr ou dans votre agence de voyages.AFKLM-NEWSAFFAIRES.FR]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA Regard sur l’Actualité - Thomas Hugues« Nous vivons une belle époquepour enquêter et challenger le pouvoir »Thomas Hugues, journaliste, présentateur, ex-producteur, a un physique de jeune premier. Sourire en coin, attitude ouverte et débit lent parachèvent une impression de sérénité face aux aléas de l’actualité. Pourtant ses convictions et avis tranchés sur les univers du journalisme, des médiaset de la production de programmes TV, prouvent qu’il vit pleinement les décharges d’adrénaline que lui procurent ses différents métiers.Quelle évolution des médias percevez-vous depuis que vous avez commencé ?Je parlerais même de révolu- tion, parce que le numérique change les comportements. Au niveau économique la transition est très difficile à négocier, car nombre de lec- teurs/spectateurs ont basculé sur l’offre online, sans qu’on ait encore trouvé le moyen de pleinement monétiser cetteaudience. La radio est peut- être moins impactée, car ce média est nomade depuis son origine, rythmant le quotidien des gens, jouant le rôle de compte à rebours le matin par ses rendez-vous. L’écoute dans la voiture et les podcasts l’ont empêchée de subir de plein fouet la concurrence des chaînes TV d’informa- tion en continu ou d’Internet. En revanche la télévision est complètement influencée par©DRle numérique et la fragmenta- tion de la consommation. Même si Médiamétrie vient d’intégrer les audiences dif- férées, l’économie est encore en gestation. Au niveau du comportement des journa- listes aussi la situation a évo- lué. Nombre d’observateurs vilipendent le moindre res- pect du pouvoir et la désacra- lisation du politique, mais je reste persuadé que le rôle du quatrième pouvoir est d’in-Les comportements grégaires de la presse et l’intrusion dans les intimités ne viennent-ils pas gâcher ce beau tableau ?NOVEMBRE 2014Bien-sûr on peut déplorer à l’inverse une « BFMisation » du traitement de l’informa- tion. Parfois un micro-scan- dale devient un scandale d’Etat. Après avoir long- temps été trop obséquieux à l’égard du pouvoir, après avoir longtemps étouffé des affaires, les journalistes re- cherchent le clash à outrance. Les raisons ? La concurrence des sites Internet et des chaînes d’information enformer sur les trains qui arri- vent en retard et de dénoncer les scandales. « Le journa- lisme, c’est publier quelque chose que quelqu’un ne veut pas voir publié, tout le reste n’est que communication », disait Georges Orwell. Bien sûr il serait dangereux de tomber dans la sinistrose la plus totale, mais il ne faudrait pas non plus prendre la tra- jectoire du JT qui a le plus de bonnes nouvelles, celui de la Corée du Nord. Je vais vous étonner, mais je pense que nous vivons une belle époque pour enquêter et challenger le pouvoir. Le Canard Enchaîné marche bien, Mediapart sem-continu obligent à mettre du charbon dans la machine, plus rapidement que le concurrent. Si bien qu’un simple « Tweet clash » entre Nadine Morano et Stéphane Guillon est monté en épingle si rien ne survient au même instant. Ou certaines alertes de sites annoncent la mort de Christophe de Margerie, puis évoquent une déclaration de Nabila. Des dérives peuvent apparaître, notamment dans la non hiérarchisation de l’in- formation. Quant au viol de la vie privée, je pense qu’il y a un avant et un après affaire DSK. La presse avait cou- tume de dire qu’elle s’arrêtaitdes reportages économiques ont une vocation informative avant tout. TF1 évite soi- gneusement l’investigation économique, pour ne pas froisser les annonceurs po- tentiels. Bien-sûr les chaînes publiques ne vont pas se faire prier pour tenter d’attirer des spectateurs. Le canular de Nicolas Bedos faisant croire à une liaison avec Valérie Trierweiler dans l’émission d’Alessandra Sublet « Un soir à la Tour Eiffel », avait pour but de dénoncer le mé- lange de peoplisation et d’in- time imposé par une certaine presse à la population, mais il a aussi dopé les audiences.Je reste persuadé que le rôle du quatrième pouvoir est d’informer sur les trains qui arrivent en retard et de dénoncer les scandalesble avoir trouvé un modèle viable sur le Web. La distan- ciation et l’investigation sont en amélioration constante.sur le seuil de la chambre à coucher. L’intrusion dans la vie intime devient désormais monnaie courante.Quelles sont les grandes différences que vous avez remarquées entre chaînes privées et publiques ? France 5 est dans sa bulle, puisqu’elle n’a pas de rédac- tion et fait appel à des agences de production pour ses contenus. Elle reste la chaîne de la connaissance et du savoir, qui n’est pas obsé- dée par les audiences, quand France 2 ou France 3, qui sont des chaînes premium, se trouvent en concurrence fron- tale avec M6 ou TF1. Toute- fois l’objectif de France Télévision n’est pas forcé- ment d’être le leader ; parfois des émissions politiques ouOn est à la limite, mais je trouve exagérée l’enquête ou- verte par le CSA.Justement, pensez-vous que la liberté de ton n’est plus ce qu’elle était ? Nous vivons dans une époque moins libre qu’il y a 20 ou 30 ans. Le sketch de Pierre Desproges sur les Juifs, aussi talentueux soit l’artiste, devrait être sup- primé. Des associations et lobbies se sont spécialisés sur la critique des humoristes, ils feraient mieux de se concen- trer sur les politiques. Il est anormal de ne pas pouvoir faire rire en parlant des roux, handicapés, musulmans ou unijambistes sans être atta- qué. La télévision reste un média de masse, la liberté de ton est donc moindre qu’à la8Œ]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA Regard sur l’Actualité - Thomas Huguesradio. Quoique la notion de média moins exposé joue de moins en moins, les petites phrases étant reprises pour alimenter la machine.Comment se porte votre émission « Médias, le Magazine » ?Nous en sommes à la sep- tième saison. Nous étions les premiers à porter le projec- teur sur les techniques et ar- tifices de communication politique, les relations entreCette concurrence nous a obligés à évoluer, en ajoutant des grands reportages et des invités philosophes, anima- teurs ou patrons de presse pour donner leur avis durant toute l’émission. Luc Ferry, Audrey Pulvar, Boris Cyrul- nik ou le président du CSA Olivier Schrameck se sont ré- cemment prêtés à l’exercice. Notre rôle tel que je le vois est d’appuyer sur le frein et de décortiquer une actualité médiatique. Cela impliqueCe mouvement des caméras vers les coulisses de la communication est-il une demande du public ? Je pense que les six premiers mois du mandat de Nicolas Sarkozy ont vacciné les journa- listes quant à l’enthousiasme, et parfois l’aveuglement dont ils pouvaient faire preuve face au storytelling politique. Et comme souvent en France, il y a eu un retour de balancier, avec une réelle envie de dé- cortiquer la stratégie du « unechef de service adjoint, rem- plaçant au JT, je suis allé à LCI, j’ai co-présenté « Sept à Huit » ou l’émission d’info- tainment « Défense d’Entrer » (avec Valérie Benaïm, ndlr). Puis i>TELE pendant deux ans, et enfin France 5 pour « Médias, le Magazine ». C’était le début du numérique, et cela m’a paru être une belle opportunité. Je ne l’ai pas re- gretté, car cette émission me permet de rester généraliste. Tous les sujets sont abordés au travers des médias étudiés. La curiosité est un vilain défaut, mon émission sur RTL débu- tée en septembre, poursuit cet éclectisme qui me tient tant à cœur : ce soir je vais aborder les requins, les meilleurs res- taurants à Paris et le fonction- nement des Prud’hommes. Mon emploi du temps est bien chargé, il y a aussi le rendez- vous fiction en prime-time chaque mois sur France 5, avec un plateau de présenta- tion, une fiction télé comme Maupassant récemment, et un débat de comédiens et scéna- ristes.Vous avez aussi eu une vie entrepreneuriale ? Laurence Ferrari, Lorraine Willems et moi-même avons en effet créé la société de pro- duction StoryBox. J’aimais le management – dans l’émis- sion « Médias, le Magazine » je travaille d’ailleurs avec 20 personnes – mais le côté mar- keting, où il fallait vendre des sujets, me convenait beau- coup moins. Je reste dansNe nions pas les points noirs :« BFMisation » à cause de la concurrence des chaînes d’info en continu, intrusion dans l’intimité depuis l’affaire DSKjournalistes et hommes de pouvoir... Puis des émissions politiques ont de plus en plus consacré une partie de l’émission à ce créneau. On s’est intéressé au décorum, aux techniques de langage,... Plus qu’au contenu parfois.des choix éditoriaux, et une posture pédagogique, tout en évitant d’être austères par une mise en valeur des images. Ce n’est pas un cours magistral, et les 400 000 télé- spectateurs hebdomadaires l’ont bien compris.histoire par jour pour la presse ». Ils ont eu envie de vérifier les choses, de s’en- quérir de l’évolution d’un phénomène soulevé dix jours plus tôt... Il y a eu une prise de conscience généralisée qu’il fallait se détacher de lamachine politique à images. D’où les émissions concur- rentes sur LCI, i>TELE ou Europe1.Que pensez-vous du traitement médiatique de l’économie dans l’Hexagone ?Ce domaine faisait figure d’épouvantail à la radio ou la télévision par le passé, si bien qu’on traitait les sujets par le bout de la lorgnette, la consommation ou les petites histoires. Faute de compé- tences pointues, de forma- tions économiques poussées dans les écoles de journa- lisme, les reportages étaient© DRgouvernement m’avaient à l’époque contacté lorsque j’étais producteur, afin de mettre en place un pro- gramme court pédagogique. Depuis, la qualité des enquêtes a progressé, et les analyses de « Cash Investigation » sur le lobby du tabac par exemple, démontrent une volonté d’al- ler au fond des sujets.Comment en êtes-vous arrivé là ?Après Sciences-Po Bordeaux et deux ans passés à l’ESJ Lille, un stage à Sud Ouest qui m’a fait vibrer quant au métier de journaliste généraliste pour sa diversité – j’ai couvert unel’âme un journaliste.Les six premiers mois du mandat de Nicolas Sarkozy ont vacciné lesAvez-vous eu des mentors au cours de votre carrière ?Pas des mentors, mais des fi- gures qui m’ont fortement inspiré. On apprend beau- coup aux côtés d’Etienne Mougeotte, PPDA ou Robertjournalistes quant à leur aveuglement face au storytelling politiquerarement explicatifs. La si- tuation s’est améliorée grâce à l’infographie et à l’inter- vention des éditorialistes vul- garisateurs comme François Lenglet. C’était un vrai pro- blème et les services d’un mi- nistère de l’Economie d’unmanifestation CGT, un Namias, trois journalistesconcert de Michael Jackson avec des fans, un match de football –, j’ai poussé les portes de TF1 pour un stage de deux mois... J’y suis resté 17 ans ! J’ai été pigiste pour les informations générales,d’expérience et de renom. De même pour Emmanuel Chain, qui était producteur de «SeptàHuit».Maisonne marche pas dans les pas d’un autre, on apprend de lui.10NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frLa télévision est par essence spectaculaire, l’information TV aussi, qu’on le veuille ou noner, avec des formules souvent impersonnelles. En revanche la radio amène de la proximité, je m’adresse di- rectement aux auditeurs, dans un style direct, ce qui est un exercice différent. L’état d’esprit doit bien être préparé avant toute intervention en public.Regard sur l’Actualité - Thomas Hugues PANORAMALes seuls débordements ont été les paparazzades, et nous avons attaqué. Il était essen-Vous avez parlé devant 13 millions de personnes. Avez-vous uneler devant une salle de 200 personnes. J’utilise de ce fait le même ton et la même argu-qui font « entrer sur scène ». La caméra est un interlocu- teur froid, et il est donc aiséBioEnfant de la téléThomas Hugues, 48 ans, est journaliste, animateur, et ex- producteur de télévision français. Ce natif de Versailles, passé sur les bancs de l’IEP Bordeaux et l'école supérieure de journalisme de Lille, intègre en 1989 le service « Société et reportages » de la rédaction de TF1. En novembre 1994, il accède à la présentation des journaux du matin sur LCI, puis devient joker de Jean-Pierre Pernaut pour le JT de 13h. En octobre 1997, il est promu chef des informations à la direction des reportages, avant de remplacer Claire Chazal aux journaux du week-end. Sa notoriété décollera vraiment à partir de 2000, quand il co-présentera sur TF1 l'émission Sept à Huit (récompensée d’un Sept d’Or en 2003), dont il deviendra rédacteur en chef, avec son épouse Laurence Ferrari. De 2002 à 2006, Thomas Hugues devient joker de PPDA au JT de 20 heures. Mi-juin 2006, TF1 annonce sa dé- mission. L'intéressé rétorque qu'il a été licencié et engage une action pour prendre acte de la rupture du contrat de travail qui le liait à la chaîne. En septembre 2006, il crée la société de production Story Box Press avec Laurence Fer- rari et Lorraine Willems, puis rejoint la chaîne d'informa- tion en continu i>Télé pour présenter 1 h 30 chrono, l’interview politique Le Franc-Parler, l’émission ça Chauffe consacrée au développement durable, ainsi que des soirées électorales. Parallèlement, il produit et anime une fois par mois les 13ème soir sur la chaîne 13ème rue. Celui qui s’est séparé de Laurence Ferrari à l’amiable (pour se remarier en 2011 avec Isabelle Roche, productrice chez Endemol) quitte la chaîne du groupe Canal et rejoint France 5 pour présenter chaque semaine Médias, le magazine, sur l'ac- tualité des médias. En septembre 2014, il arrive sur RTL pour présenter La curiosité est un vilain défaut, émission qu'il co-anime avec Sidonie Bonnec. Depuis 2003, ce féru de travail trouve le temps de parrainer l'association « Œuvre des pupilles orphelins et fonds d'entraide des sa- peurs-pompiers de France ».de parl.tiel de mettre des limites. La peoplisation encadrée est po- sitive, jouant le rôle d’accé-recommandation à formuler à nos lecteurs amenés à parler en public ?Je suis par nature timide, et j’ai toujours eu du mal à par-mentation qu’avec deux per- sonnes en face de moi. De même sur les plateaux je n’ai jamais imaginé les gens der- rière l’écran. Le maquillage, la préparation sont des riteslérateur des’est beaucoup calmé depuis que je suis à France 5 !Une actualité vous a particulièrement marqué ces derniers temps ?Je suis à chaque fois inter- pelé par les pièges à journa- listes, comme par exemple le traitement de l’Etat isla- mique en Irak et au Levant. On sait depuis la nuit des temps que le terrorisme n’existe que par les médias. L’Etat islamique réalise d’ailleurs des films de propa- gande et se livre à un vérita- ble marketing qui entre en concurrence avec celui d’Al Qaïda. Mais les journalistes ont le devoir de parler d’un attentat ou d’une exécution. C’est le piège absolu, et il importe de trouver le bon ton et les bonnes images, pour ne pas tomber dans le voyeu- risme. Je m’amuse toujours de ceux qui critiquent l’infor- mation spectacle. La télévi- sion est par essence spectaculaire, l’information TV aussi. Un plan sur une personne qui pleure est une mise en scène. Il faut donc faire des choix, éviter les ef- fets spéciaux et musiques. La presse écrite n’est pas pourautant à l’abri. Quand le journal Libération reprend les déclarations d’un djiha- diste français qui part au front telles quelles, puis les décrypte à côté en montrant que c’est de la propagande, il n’en joue pas moins le rôle de courroie de transmission. Le sujet est délicat et intéres- sant.Vous avez vécu de près la peoplisation. Vous a-t-elle aidé, ou desservi ? Quand on présente le JT de TF1, il importe de l’accepter. On est à table avec le specta- teur, dans sa maison ; il arri- vait d’ailleurs que des gens me parlent dans la rue comme si j’étais un proche. Puis la chaîne nous a pro- posé, à mon ex-femme Lau- rence Ferrari et moi-même, de présenter l’émission « Sept à Huit » ensemble. Nous n’étions pas des per- dreaux de l’année : nous nous sommes prêtés au jeu des interviews ensemble, mais avons mis des barrières en refusant les photos de nos enfants ou de notre maison.NOVEMBRE 2014carrière. ToutPropos recueillis par Julien Tarby et Jean-Baptiste Leprince11]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA Régions & Territoires - Bordeaux L’orgueilleuse« La belle endormie » n’est plus... Bordeaux – qui fait la course dans le peloton de tête des métropoles les plus attractives de France – affiche une santé presque indécente. Les clés du succès ?Des filières « nobles » (vin, aéronautique, etc.), un maire « présidentiable »et aussi une (bonne) dose de marketing territorial.Bordeaux... « LA » vitrine d’un Juppé-candidat à l’Élysée. Le Landais d’origine – réélu à l’hôtel de ville, le Palais Rohan, avec près de 60% des suffrages en mars dernier – y est véritablement « chez lui ». Il incarne en effet cette métropole réputée bourgeoise – longtemps repliée sur elle-même – de- venue pourtant la locomotive du grand Sud-ouest français et que lorgnent au-jourd’hui nombre de cadres parisiens qui rêvent de s’y poser. Pour eux, Bordeaux fait souvent figure de west coast idyllique « où l’on trouve du bon vin, des plages à proximité et une dynamique entrepre- neuriale rare », soutient Pierre Go- guet, président de la CCI locale.velle dynamique, le territoire l’a créée en s’appuyant également sur des filières régionales d’excellence comme l’aéro- nautique, le spatial, la défense... En matière de rayonnement scienti- fique, l’ensemble du territoire – au- trefois peu reconnu – a rattrapé son retard, « en moins de dix ans » pré- cise la revue économique locale Objectif Aquitaine. « D’une région spécialisée dans l’agriculture et la biologie fondamentale, l’Aquitaine est devenue en 2010 une région dans la- quelle les domaines de spécialisation ont évolué, notamment en matière d’instru- mentation et des sciences pour l’ingé- nieur. Ainsi, les publications scientifiques12 NOVEMBRE 2014La ville est même devenue celleen France où l’envie d’achat im- mobilier est la plus forte, selonune récente étude de meilleurs- taux.com. Et son auteur de conclure : « Bordeaux confirme ainsi son statut de ville où il fait bon vivre ». L’agglomération a de fait « énormément changé en une décennie. Elle est devenue accessible à tous, ce qui n’était sans doute pas le casont augmenté de 25%. » De 2000 à . le nombre d’étudiants dans l’enseigne- ment supérieur a par ailleurs explosé : « + 17%, la plus forte à l’échelle natio- nale ». Restent malgré tout, les impacts – parfois violemment ressentis – d’une crise globale qui n’a pas épargné la ville. Bordeaux affiche un taux de chômage de plus de 10% (contre 7,5% en 2008), avec unbonddeplusde7%surunan...avant », estime PierreGoguet. Est-ce l’ef-fet Juppé ? « Oui,mais pas seule-ment. » Cette mue,Bordeaux la doit d’abordà une politique de grandstravaux menée tous azi-muts et « voulue par tous », in- siste-t-il. Densification du réseau de tramway, construction d’un pontsupplémentaire fran- chissant la Garonne (Pont Levant), réhabilitation des quais, etc. : la ville est méconnaissable et n’a plus rien à voir – ou si peu – avec celle des années Chaban-Delmas – l’autre « grand homme » qui régna sur Bordeaux pendant près de... 50 ans ! Cette nou-2010,Pierre Tiessen]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[n°15Bordeauxwww.ecoreseau.frRégions & Territoires - Bordeaux PANORAMA Abonnez-vouspour 35,90 € seulement(10 numéros par an)L’information économique autrement,et si possible positiveAux portes de la « Banane bleue »Isolée géographiquement, la capitale d’Aquitaine joue une course contre la montre pour se placer à deux heures de Paris et à un jet du grand « couloir » européen des affaires, densément peuplé, qui relie Londres à Milan.Au cœur de ce défi hors norme :une nouvelle ligne LGV, prévue en 2017.Infrastructures ferroviairesIl s’agit du plus grand chantier ferroviaire européen. Rien de moins. Une nouvelle bande de 340 kilomètres entre Bordeaux et Tours, dont la construction a débuté en 2011. Cout total de l’opération : près de 8 milliards d’euros – vertigineux ! Le prix à payer pour placer la gare de Bordeaux-Saint Jean et celle de Paris Mont- parnasse à 2h08 de TGV (contre 3h15 actuellement). En parallèle, un établissement public d’aménagement de plus de 700 hectares – baptisé Euratlantique – se construit au centre de la ville, au bord de la Gironde, permettant à terme de proposer près de 15000 nou- veaux logements et 500000 m2 de bureaux neufs. « Il est fondamental de nous rapprocher des sièges so-ciaux des grandes sociétés, dont pratiquement aucun n’est installé à Bordeaux », plaide le président de la CCI locale. La « Perle d’Aquitaine », ville d’eau, joue donc à fond la carte du ferroviaire. « Nous avons un port en sommeil (3) ; nous vivons dans la nostalgie d’un Bordeaux maritime », regrette au passage Pierre Guoguet. Idem pour « la rocade que l’on promet à trois voies... Cela traine », tacle-t-il. À bon enten- deur.(3) Le Grand port de Bordeaux est classé 9e port français, avec un trafic maritime évalué en 2012 à 8,2 millions de tonnes (contre 3,3 millions pour Bayonne, 2e port régional)www.ecoreseau.frNOVEMBRE 2014 13]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA Régions & Territoires - Bordeauxu So (French) TechC’est dans le numérique – aussi – que se joue l’image du territoire bordelais. Rien d’éton- nant donc à que les équipes d’Alain Juppé – Virginie Calmels en tête, ex-Dg d’Endemol Monde, « recrutée » et propulsée nouvelle adjointe au maire – aient récemment phosphoré pour décrocher le fameux label « Métropoles French Tech ». Label qui permet notamment, promet-on, une visibilité maximale à l’international. Impossible donc de passer à côté. Et pour cela, Bordeaux sort le grand jeu et les grands chiffres. « Nous allons créer 25000 emplois dans le numérique d’ici à 2030 », lançait ainsi au sortir de l’été la nouvelle ad- jointe en charge de l’économie. Déjà, la filière des TIC et du numérique génère sur l’en- semble de l’agglomération quelque 23000 emplois concentrés principalement au sein de clusters comme Bordeaux Games et TIC Santé. Et le quotidien online La Tribune d’énu- mérer : « Cdiscount, numéro un français de la vente en ligne, côtoie Immersion, leader européen des technologies 3D immersives et collaboratives pour l’industrie, Concours- mania, leader européen des jeux concours en ligne ou encore Asobo, premier studio in- dépendant de jeux vidéo de l’Hexagone – Bordeaux étant la troisième ville française pour les jeux vidéos. » Si Bordeaux est retenue – ce qui semble être aujourd’hui quasiment ac- quis – la ville pourra alors s’appuyer, comme les autres métropoles lauréates, sur 200 mil- lions d’euros investis par l’État dans des initiatives privées pour accélérer la croissance des entreprises numériques françaises.u Pins fragilesL’Aquitaine, c’est avant tout des forêts entières de pins dont le territoire est couvert à plus de 40% (contre une couverture forestière de 30% pour le reste du pays). En tout, la filière emploie plus de 15000 salariés dans la région dont les tâches au quo- tidien vont de l’entretien de plantations privées, à la découpe/transformation du pro- duit brut en passant par la R&D grâce à une filière de recherche dynamique (INRA, université de Pau et liens académiques avec l’école nantaise ESB bois). « Notre principal défi est avant tout de conserver ces emplois, relève Nicolas Langlet, diri- geant de Xylofutur, le pôle de compétitivité aquitain spécialisé bois et biomasse à Gradignan. Mais on sait que l’on va en perdre. » Car le secteur « souffre » et le pin s’est raréfié. « À la suite de la tempête Klaus, qui n’a laissé que 79 millions de mètres cubes sur pied alors que le stock initial était de 115 millions, la pression sur la ressource en pin maritime s’est renforcée, précise un récent article du journal Sud-Ouest. Le prix du bois a augmenté et ses usages se sont diversifiés, ce qui pose la question de l’avenir des activités traditionnelles de la filière. » À cela s’ajoute la concurrence directe de marchés « low cost ». « Il faut aider les entreprises régio- nales à être plus performantes sur leur positionnement et leur stratégie », tranche Nicolas Langlet. Et pour certaines, la nécessité est de « se réorienter ». Sous peine de disparaitre complètement.u La tête dans les étoiles EADS, Thalès, Dassault, Turbomeca... Au- tant de « pépites » bordelaises qui brassent des milliards et font de la région (avec celle de Toulouse), l’épicentre européen de l’aé- ronautique et du spatial. Des filières d’ex-Bordeauxu À l’heure rugbyÀ Bordeaux, la terre serait-elle ovale ? Une chose est sure : le rugby y gagne du terrain. Chaque match de l’Union Bor- deaux Bègles (UBB, meilleure attaque du Top 14 l’année dernière) fait en effet déplacer près de 20000 fans (presque autant que le FC Girondins !). Une revanche pour ce club qui a longtemps évolué en Pro D2 avant son retour parmi l’élite française en 2012. L’UBB – dotée d’un budget de 16 millions d’euros et présidé par Laurent Marti, ancien junior au Stade Toulousain – draine derrière lui des dizaines d’en- treprises locales, type PME, qui « vivent » du rugby et des retombées économiques du club. Un président qui vient d’annoncer vouloir accélérer la croissance de l’UBB, « en convainquant trois ou quatre joueurs de haut calibre de nous rejoindre ».u In Bordeaux veritasCheval Blanc, Ausone, Petrus... Autant de domaines viticoles prestigieux dont la production – trustée par une nébuleuse de négociants – s’arrache à prix d’or, de Hong-Kong à New York... Car Bor- deaux la ville, c’est avant tout à l’étran- ger un nom générique désignant des bouteilles légendaires et un certain luxe à la française. Le vin... « Assurément, notre meilleur ambassadeur », reconnait volontiers Pierre Goguet. L’AOC Bor- deaux, qui « court » du Médoc à Sau- ternes, pèse encore plus de 15% du PIB du territoire. La région est, avec la Bour- gogne, la première région viticole de France en valeur, avec plusieurs milliards d’euros générés chaque année. Un poids renforcé grâce à la demande chinoise qui a bondi de près de 170% depuis 2006(1). Et pour continuer à vendre cette image de marque aux quatre coins du monde : une machine de guerre baptisée Vinexpo, salon international de la filière viticole, véritable vitrine du « Bordeaux, capitale mondiale du vin », en place depuis 1983. Un rendez-vous incontournable – qui se tient alternativement entre Bordeaux et Hong Kong – et dont la dernière édition en 2013 a attiré plus de 2400 exposants et 50000 visiteurs. A noter que les vins de Bordeaux sont en train de lancer une grande campagne internationale d’affi- chage dans sept pays prioritaires, dont la France, la Grande-Bretagne, les Etats- Unis ou la Chine). Les panneaux sobres et suggestifs vont en appeler au côté poé- tique de la dive bouteille.(1) Ces ventes (vins et spiritueux borde- lais) en Chine ont toutefois accusé un recul de 28% au premier semestre 2014, conséquence de la campagne anti-cor- ruption menée par le régime chinois.cellence quiénumère-t-on à la CCI, pas moins de « 630 établissements, 34700 salariés, dont 14600 salariés directement affectés aux com- mandes aéronautiques et spatiales chez 28 donneurs d’ordres... ». Un secteur « très in- novant et très technique, mais aussi très pru- dent », relève Agnès Paillard, présidente du pôle de compétitivité Aerospace Valley à Bordeaux(2), qui compte 750 adhérents, dont 450 PME. Une prudence qui impose la vali- dation de chaque processus : « Le périmètre de certification touche l’ensemble des ma- chines », – même les plus petites – utilisées en usine. Conséquemment, « l’effet d’entrai- nement entre les grands groupes du secteur et les jeunes pousses, type PME, n’est pas toujours évident », commente cette « ex » de l’ESCPI Paris Tech, par ailleurs prési- dente du conseil d’administration de l’Insti- tut national de la propriété industrielle (Inpi). Les enjeux de la filière ? Développer un rôle de « passeur » sur d’autres secteurs et ainsi ouvrir le marché. « On ouvre des champs de recherche sur des applications – comme les drones par exemple ou les ser- vices autour des satellites – qui pourraient trouver preneur dans le bâtiment, l’agricul- ture, la santé... ». En d’autre termes : « Ren- dre compréhensibles au plus grand nombre les données spatiales pour offrir de nou- veaux services » et ainsi rentabiliser la fi- lière. L’aéronautique pèse pour 10% de l’emploi salarié en Aquitaine et se classe au 3e rang national derrière Midi-Pyrénées et l’Île-de-France.(2) Ce pôle de compétitivité mondial associe les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine.drainent localement,14 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[© F. Frogerphoto fred encuentra© - L’abus d’alcool est dangeureux pour la santé, à consommer avec modération.]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA Hexagone - Professions réglementéesLes rentes sur la sellette ?Cheval de bataille du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, la réforme des professions réglementées suscite l’ire des pharmaciens, huissiers, notaires, professions libérales... Un sujet « touchy » sur lequel plus d’un gouvernement de la Ve République s’est déjà cassé les dents. Lutter contre certaines « rentes » relève-t-ilvraiment du scandale ? Réponses d’un représentant sPd’un ex-commissaire général au Plan.Propos recueillis par Charles Cohenyndical fervent défenseur de l’exercice libéral etMiche*armi les hauts fonctionnaires ayant mar- qué la Ve République, Pierre-Yves Cossé, ex-commissaire général au Plan, estleur époque, par une vision de long terme. »I l est LA figure de proue du mouvement d’opposition contre la réforme des profes- sions réglementées. Quand Michel Chas-président de l’Union nationale des professions libéralesTraitons enfin les secteurs auconcrets. « Encore une fois, il ne s’agit pas de traiter cette ques- tion de manière bi- naire mais de s’y at- teler de manière prag- matique et au cas par cas, au regard des en- jeux soulevés parl Chassangl’un des mieux placés pour s’exprimer sur la réforme des professions réglementées. « En 1968, on m’avait déjà demandé, en tant qu’ins- pecteur des Finances, de rédiger une note sur le sujet », indique l’intéressé, attestant ainsi de la volonté ancienne des gouvernements français successifs de s’attaquer à de tels monopoles. Déjà en 1959, le tout jeune énarque est témoin du retentissement généré par le rapport Rueff- Armand visant à leverCar pour Pierre-Yves Cossé, « l’effet d’annonce » produit par la réforme des professions régle- mentées illustre largement cette tendance générale des pouvoirs publics au court-termisme. « Alors que le gouvernement s’attaque, ici, à un sujet complexe et historique, il se contente de faire un « coup » en s’attaquant de manière précipitée à divers excès. Cela sera forcément contre- productif. » Pour l’ex-commissaire au Plan, cette lutte devrait a contrario s’inscrire dans des politiques globales visant des résultatsrefusons que des investisseurs non professionnels, tels des fonds de pensions, viennent dicter la stratégie des cabinets ou des officines. Ce serait une dérive ultra-libérale nocive pour notre sys- tème social », martèle le médecin. A ceux qui arguent que la déréglementation de certaines professions gonflerait le pouvoir d’achat des Français, Michel Chassang répond : « La libé- ralisation des tarifs ne va pas forcément bénéficier aux consommateurs, loin s’en faut ! Concernant les médicaments d’automédication par exemple, la France est déjà le pays d’Europe qui a les prix les plus bas, donc les hypermarchés auront du mal à les faire diminuer davantage ». Pour ce père de trois enfants, cette déterminationles obstacles réels à l’ex-pansion économique età la libre concurrence.« Si plusieurs profes-sions fermées ont dis-paru depuis – avoués,agents de change, cour-tiers, etc. – elles ontété remplacées par d’autres, note cet ancien proche de Michel Rocard, car les rentes dans une économie de marché sont un phénomène permanent. » D’où le scepticisme affiché de Pierre-Yves Cossé quant à la réforme « coup de poing » menée actuellement par le gouver- nement. « Certes, il faut lutter constamment contre les rentes les plus abusives, dont celles tenant à certaines professions règlementées, rappelle ce dernier, mais si le statu quo ne doit pas être maintenu, s’attaquer pour autant, en même temps, à 37 métiers, reste une entreprise des plus hasardeuses ! »sang, médecin et président de l’Union nationale des professions libérales (Unapl), fourbit ses arguments contre le projet de loi porté par Em- manuel Macron, ministre de l’Economie, c’est donc avec panache et conviction : « Le rapport de l’Inspection générale des Finances sur lequel s’appuie le gouvernement est tout sim- plement révoltant, car il présente les notaires et les pharmaciens comme d’affreux conserva- teurs, pleins aux as, s’engraissant sur le dos des Français en période de crise. Cette vieille méthode de désignation de boucs émissaires est juste irresponsa-cas par casble ». Si 37 professionssont dans la ligne demire du gouvernement– huissiers, notaires,pharmaciens – c’estparce qu’elles se dis-tinguent, en effet, pardes niveaux élevés derentabilité et de revenus,garantis par une régle-mentation qui leur est propre : tarifs administrés, exigences de qualification, restrictions à la liberté d’installation et à l’accès au capital, etc. Leur dérégulation serait-elle forcément absurde ? « Pas si elle est abordée de manière constructive, répond Michel Chassang. Certains changements nécessaires, comme la rémunération au forfait des pharmaciens, sont déjà en cours. Mais la vocation de l’Unapl n’est pas de s’exprimer sur des sujets relatifs à telle ou telle catégorie de professionnels. En revanche, concernant des mesures transversales totalement inaccep- tables, nous sommes prêts à défendre bec et ongles les intérêts des professionnels et des consommateurs. »giques très strictes. Par exemple, les professions de la santé et du droit remplissent, pour la plupart, des missions de service public. Lorsqu’elles sont conventionnées, elles pratiquent les tarifs administrés négociés avec l’Assurance maladie ou l’Etat. » Last but not least, la mani- festation du 30 septembre dernier, organisée par l’Unapl pour mieux faire entendre de tels arguments, laisse présager d’autres mouvements de grève. Le médecin de 58 ans, engagé depuis plus de vingt ans dans le combat syndical, ex- plique pourquoi il ne faut pas en rester là : « Il est important de défendre coûte que coûte les vertus de l’exercice libéral, surtout lorsqu’elles sont attaquées comme aujourd’hui. On veut nous présenter comme des rentiers alors que nous travaillons tous pas moins de 58 heures par semaine ! »Pour étayer sa position, ce sage – déjà octogénaire – descendant d’une grande famille d’industriels, aime tirer les leçons du passé. « Même si l’éco- nomie française actuelle, malmenée par la mondialisation, ne ressemble guère à celle des Trente Glorieuses, marquée par un fort dirigisme, nos responsables politiques devraient davantage s’inspirer de leurs aînés, bien plus animés, àNousnesommes pas d’affreux conservateurs, pleins aux asà défendre l’exercice libéral s’inscrit d’abord dans un enjeu sociétal plus large. « N’oublions pas que nos professions sont réglementées parce qu’elles offrent des garanties aux consommateurs. En ef- fet, nous devons obéir à des règles déontolo-Parmi lesquels s’imposent ceux du logement, du transport ou de la santé. « Comme toutes les politiques ne peuvent être menées simultanément. Il devrait incomber au gouvernement le soin de fixer des priorités, recommande Pierre-Yves Cossé, tout en prenant en compte les points de blocage les plus saillants, car il est impossible de ne pas offrir des compensations à ceux qui viennent de payer le prix fort pour accéder à la rente, comme le jeune chauffeur de taxi. » On l’aura compris, sans une démarche bien étudiée, les effets de la dérégulation sur la croissance pourraient être nuls. « Pire encore, les conséquences politiques probablement spec- taculaires, s’avèreront, elles, d’autant plus im- prévisibles », conclut l’intéressé.chaque rente. » Pour l’ancien haut fonctionnaire, la solution consiste donc à adopter une réflexion par filière, en identifiant les secteurs où la sup- pression des rentes est la plus réaliste et surtout la plus bénéfique pour notre économie.Parmi ces « menaces » ressort en particulier l’ouverture du capital des sociétés d’exercice libéral, largement souhaitée par Bruxelles. « Nousex-commissaire général au Plan*16 NOVEMBRE 2014Pierre-Yves Cossé©©PhilippeVOISINDR]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15PANORAMA International - Séparatismes régionaux en EuropeLes Etats désunis d’EuropeCEntre crise économique et affaiblissement des Etats, les séparatismes régionaux se font entendre en Europe de l’Ouest. Analyse d’un phénomène qui pourrait réinventer l’organisation territoriale européenne.haque 11 septembre, de l’unanimité des pays mem- les Catalans célèbrent bres. Or, par crainte d’une la Diada, leur fête contagion, les 28 sont soli-nationale. Depuis quelques daires dans la dénonciationannées, c’est aussi l’occasion, pour les indépendantistes, de démontrer la volonté popu- laire pour l’autodétermination grâce à des manifestations taillées pour le buzz. En 2012, un million de personnes ont défilé à Barcelone ; en 2013, une chaîne humaine de 400 kilomètres a traversé la région du Nord au Sud ; cette année, 1,8 millions de catalans ont formé une « senyera » (le drapeau à bandes rouges et jaunes) humaine de 11 kilo- mètres en forme de V dans les rues de la capitale régio- nale. Finalement, le 9 no- vembre, les Catalans de- vraient s’exprimer sur l’in- dépendance de leur région par référendum. La Catalogne est loin d’être un cas isolé en Europe, où les sépara- tismes régionaux gagnent en importance. Le 18 septembre dernier, si les Ecossais ont rejeté par référendum la sortie du Royaume-Uni, l’écart s’est avéré moins grand que prévu (55,3% contre 44,7%). En Flandre, au Pays Basque, en Galice ou dans le Tyrol du Sud, les partis autonomistes ou indépendantistes poussent aussi.Manifestation pour l’indépendance à Barcelone pour la Diadadu séparatisme régional. « Les demandes d’autonomie obli- geraient les Etats à ouvrir de gros chantiers, alors qu’ils ont autre chose à penser au- jourd’hui », note Vincent La- borderie. Dans le cas de l’Ecosse, même si la négo- ciation aurait pu se faire en moins de deux ans, soit le temps prévu pour quitter le Royaume-Uni, en pratique les autres Etats se préparaient déjà à lui mettre des bâtons dans les roues pour faire traîner son adhésion. » Lors de sa conférence de presse de septembre, François Hol- lande a dénoncé les sépara- tismes : « On n’a pas fait l’Europe pour déconstruire les Nations ». Depuis que le Kosovo a déclaré unilatéra- lement son indépendance de la Serbie en 2008, l’Espagne se refuse à le reconnaître pour ne pas donner d’idées à la Catalogne. Le 25 mars, le Tribunal constitutionnel es- pagnol a aussi interdit le ré- férendum du 9 novembre en Catalogne. Au Royaume-Uni, si David Cameron a laissé les indépendantistes organiser leur consultation, il n’a pas hésité à brandir la menace économique pour dissuader les électeurs d’opter pour l’indépendance. Ainsi, le mi- nistre des Finances George Osborne déclarait-il en février que « si l’Ecosse quitte le Royaume-Uni, elle quitte la Livre sterling ». Une ma- nœuvre qui s’est avérée payante.CRISE ET DIFFÉRENCES CULTURELLESComment expliquer la mon- tée de l’aspiration séparatiste en Europe ? La crise écono- mique exacerbe les tensions, alors que la plupart des ré- gions tentées par le grand saut sont généralement plus riches que le reste de leur pays. Ainsi, la Flandre réalise 57,5% du PIB et 79% des exportations belges. Avec 60% des entreprises du pays, son taux de chômage n’est que de 5%, contre 12% en Wallonie. Plus au Sud, avec 16% de la population espa- gnole, la Catalogne dégage 19% du PIB national et 26% de ses exportations. Les partis autonomistes sont surtout re- montés contre des transferts de richesse qu’ils jugent ex-En Ecosse, la raison du sé- paratisme est davantage po- litique qu’économique : Edimbourg est aussi europhilecessifs. Selon l’Alliance néo- flamande (N-VA), 6,7 mil- liards d’euros passent chaque année du nord au sud du sillon Sambre-et-Meuse. Se- lon la Generalitat catalane, les 8% du PIB régional trans- férés chaque année au reste de l’Espagne font chuter sa richesse par habitant sous la moyenne nationale. « La crisevent même un système poli- tique différent. » Ainsi, les partis nationaux réalisent des scores modestes en Catalogne ou au Pays Basque, où l’on vote surtout pour des partis régionaux.sité de Versailles Saint-Quen- tin, les velléités d’indépen- dance s’expliquent aussi par l’affaiblissement des Etats : « Leur souveraineté est déjà toute relative. Sur le plan extérieur, ils ont noué des relations fortes avec leurs voisins, notamment dans le cadre de l’OTAN pour leur défense ; et sur le plan inté-de l’UE, les autonomistes et indépendantistes considèrent que l’étage de l’Etat classique n’est plus nécessaire », re- marque Vincent Laborderie. Pour résumer : aux régions la représentativité et le vi- vre-ensemble, à l’UE la puis- sance. Pour Julien Théron, « l’Etat-nation est un échelon qu’il faut conserver, mais ce n’est pas l’aboutissement ul- time de la construction de la politique transnationale en Europe ».Les indépendantistes écossais, catalans et flamands aspirent tous à rejoindre l’Union européenneBRAS DE FER DIPLOMATIQUEMais, si elles parvenaient à l’indépendance, ces régions pourraient-elles rejoindre l’Union européenne ? Lorsqu’un pays devient in- dépendant, il est exclu de toutes les organisations in- ternationales : elles devraient donc faire une demande d’adhésion à l’UE. « Tech- niquement, elles n’auraient pas de grandes difficultés. Politiquement, c’est une autre histoire », prévient Julien Théron. En effet, pour adhé- rer, un nouvel entrant a besoinMalgré ces oppositions, une18 NOVEMBRE 2014L’UE PLUTÔT QUE LES ETATSPour Julien Théron, polito- logue et enseignant en poli- tique européenne à l’Univer-a conduit à une raréfaction des ressources. Du fait des politiques de rigueur, l’aspect économique devient crucial et on veut retenir l’argent chez soi », remarque Vincent Laborderie, chercheur à l’uni- versité catholique de Louvain en Belgique et spécialiste en « séparation d’État ». Mais ce n’est pas le seul facteur, car ces régions ont surtout en commun une culture et une langue particulières, sou-et progressiste que Londres est eurosceptique et conser- vatrice. « Contre la politique de rigueur de David Came- ron, les indépendantistes es- péraient parvenir à instaurer un Etat providence », ex- plique Vincent Laborderie.rieur, ils ont transféré beau- coup de compétences aux ré- gions pour décentraliser la dette et réduire la pression de l’imposition nationale ». Surtout, « il est plus efficace de transférer à l’échelon eu- ropéen certaines compé- tences, comme la monnaie ». De fait, les indépendantistes écossais, catalans et flamands aspirent tous à rejoindre l’Union européenne. « Compte tenu de l’existencevague de sép.rope est-elle envisageable ? « Non, car les freins sont nombreux. Malgré la forte présence des indépendantistes lors du scrutin écossais, c’est la majorité silencieuse, plus conservatrice, qui s’est ex- primée », remarque Vincent Laborderie.Aymeric Marolleauaratisme en Eu-]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[ALIMENTÉE PAR L’ÉNERGIE SOLAIRETISSOT T-TOUCH EXPERT SOLAR. MONTRE TACTILE ALIMENTÉE PAR L’ÉNERGIE SOLAIRE OFFRANT 20 FONCTIONS DONT LE BAROMÈTRE, L’ALTIMÈTRE ET LA BOUSSOLE. 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Ainsi, le 11 septembre, dent chutait à 13% d’opi- Jean-Luc Mélenchon lançait nions favorables dans le ba- son « Mouvement pour une romètre politique du Figaro VIe République », une pé-en 1958, la Constitution a été volontairement déséqui- librée par ses auteurs, le Général de Gaulle et Michel Debré. Dans un climat très tendu où se mêlent guerre d’Algérie et instabilité po- litique – le régime parle- mentaire de la IVe Répu- blique vient d’user une tren- taine de gouvernements en douze ans –, les deux hommes ont choisi de fa- voriser le Président de la République au détriment du Parlement. Ou la relationbonapartiste entre un homme et un peuple plutôt que les jeux d’appareils des partis politiques. Au lieu de le combler, le temps ne va cesser d’accroître ce dés- équilibre. D’abord en 1962, avec la réforme de l’élection présidentielle qui instaure le suffrage universel direct – jusque là, le Président était élu au suffrage uni- versel indirect par un col- lège de 80000 grands élec- teurs. Mais surtout en 2000, avec l’instauration pardrille », disait élégamment Jacques Chirac. François Hollande, son successeur en Corrèze et à l’Elysée, s’est peut-être souvenu de cette maxime en septembre, alors que le Palais subissait une crise politique d’une rare intensité depuis les dé- buts de la Ve République. Fin août, il exfiltrait du gou- vernement Arnaud Monte- bourg et Benoît Hamon, coupables d’en avoir criti- qué la politique écono- mique. Plus tard, les « Fron- deurs », ces parlementaires de la majorité en rupture avec le gouvernement, ont donné de la voix pour ré- clamer que les députés comptent davantage. Ils ont été jusqu’à menacer l’assise de Manuel Valls lors du vote de confiance à l’As- semblée nationale le 16 sep- tembre, puisqu’il n’a obtenu que 269 voix favorables, contre 306 en avril. Et début septembre, avant même la publication du livre de Va-La Constitution de 1958 a été déséquilibrée en faveur du Président contre le ParlementMagazine réalisé par TNS Sofres. Pour Olivier Rou- quan, politologue et ensei- gnant-chercheur en science politique(1), « L’institution présidentielle semble, de quinquennat en quinquen- nat, ne pas pouvoir répon- dre aux attentes des ci- toyens, son impopularité est durable. Or, c’est la clé de voûte du régime politique français ».tition en ligne pour « l’élec- tion d’une assemblée consti- tuante qui fonde avec les citoyens la VIe République ». Interrogés par Le Monde, de nombreux politiques de tous bords se sont aussi pro- noncés dans ce sens. Ainsi Patrick Devedjian, président (UMP) du Conseil général des Hauts-de-Seine : « Il est temps d’en finir avec un système qui a plus de 50 ans et reste une exception dans les grandes démocra- ties ». Pour l’écologiste Cé- cile Duflot, « il faut sortir de la crise de régime larvée par un sursaut démocra- tique en passant à la VIe République, dans le cadrede file du Nouveau Parti Socialiste, créait la C6R, ou « Convention pour la 6e République ». Et en 2005, lorsqu’il était président d’une UDF en rupture avec la majorité, François Bayrou appelait à « tourner la page de la Ve République (...) parce qu’elle a connu beau- coup d’échecs ».Repères1958 : Promulgation de la Constitution qui régit la Ve Répu- blique1962 : Election du Président de la République au suffrage uni- versel direct1965 : François Mitterrand publie Le coup d’Etat permanent pour dénoncer la faiblesse du Parlement et du gouvernement face au Président2000 : Adoption du quinquennat par référendum2008 : Révision constitutionnelle sur les bases des travaux du Comité Balladur2014 : Jean-Luc Mélenchon lance son Mouvement pour une VIe République20NOVEMBRE 2014Si bien que de nombreux responsables politiques, es- timant nos institutions à bout de souffle, ont appelé à tirer un trait sur la Ve Ré- publique pour passer à laA BOUT DE SOUFFLEMONARCHIE PRÉSIDENTIELLE... Pour comprendre le procès fait par ses détracteurs au régime semi-présidentiel de la Ve République depuis ses origines, il n’est pas inutile de se plonger dans les livres d’histoire. Lorsqu’elle naît]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frque des avantages d’une si- tuation qui ressemble fort à un cadeau empoisonné : qu’il soit « hyper » ou « nor- mal », en concentrant tous les pouvoirs, le Président attire aussi tous les coups. Des coups d’autant plus nombreux que la faiblesse de ses moyens d’action dans une économie ouverte, et donc son manque de résul- tats, alimentent la déception, la rancœur et, au final, l’im- popularité. Pour Olivier Rouquan, « la financiari- sation de l’économie a li- mité les moyens de l’admi- nistration. A cause de la chasse à la dépense pu- blique, elle ne peut plus ré- pondre à certaines attentes des citoyens ». Du coup, « il sera de plus en plus diffi- cile à un Président d’être réélu tant il est exposé », prédisait Patrick Devedjian dans les colonnes du Monde. Un constat partagé par le président de l’AssembléeLa VIe République obligerait le Président à mieux partager l’affiche avec le ParlementGrand Angle - VIème République PANORAMAJacques Chirac du quin- quennat et l’inversion du calendrier électoral. En ef- fet, depuis que les élections législatives succèdent de quelques semaines à l’élec- tion présidentielle, elles en sont devenues une simple confirmation : généreux avec le candidat qu’ils vien- nent de porter à L’Elysée, les Français ne lui refusent jamais la majorité nécessaireplus rien pendant cinq ans. »Pour autant, le Président de la République ne tire pasMerkel, Matteo Renzi :de crise politique et écono- UN PROBLÈME DE mique, un Président affaibli PRATIQUESpeut diriger le pays. Ainsi, Et si le déséquilibre des pour Jean-Jacques Urvoas, institutions était surtout dûaux institutions en utilisant les instruments qui existent déjà ». Ainsi, des mesures ont déjà été prises pour corriger les défauts de 1958. En 2007, au sortir d’une campagne présiden- tielle où la réforme consti- tutionnelle a été très dé- battue, Nicolas Sarkozy confiait à Edouard Balladur la présidence d’un comité chargé de « moderniser et rééquilibrer les institutions de la Ve République ». Un travail qui a abouti en 2008 à une révision constitution- nelle. Malgré la faiblesse des nouveaux droits accor- dés à l’opposition et l’ab- sence d’une dose de pro- portionnelle à l’élection de l’Assemblée nationale, les évolutions concernent près de 40 articles. En particu- lier, les pouvoirs du Prési- dent, s’ils restent inchangés, sont plus encadrés et le nombre de ses mandats li- mité à deux. Les pouvoirs du Parlement sont accrus, puisque les députés maî- trisent la moitié de l’ordre du jour de leurs travaux, et leur droit d’amendement en commission est renforcé, de même que leurs pouvoirs de contrôle et d’évaluation des politiques publiques. Depuis 2013, parlemen- taires et citoyens peuvent aussi recourir à un réfé- rendum d’initiative popu- laire : un cinquième des parlementaires soutenus par un dixième des électeurs peuvent demander un vote par référendum.« Chez nos voisins, c’est le chef du parti qui arrive en tête aux élections législa-Le problème ne vient pas de la Constitution mais de la culture des partis politiques et des parlementairestives qui devient Premier ministre, souligne Michel Lascombe. Du coup, les électeurs votent pour un programme plutôt que pour une personne ».député (PS) du Finistère, interrogé par Le Monde : « Certains estiment que parce qu’il y a une crise, il faudrait affaiblir les insti- tutions en les changeant. Au contraire, il faut les conserver et s’appuyer des- sus. La force de la Consti-au mauvais usage qu’en font les acteurs politiques ? C’est l’avis de Michel Las- combe : « Le problème ne vient pas de la Constitution mais de la culture des par- tis politiques et des parle- mentaires, qui ont peur d’exercer leur contrôle surà la mise en œuvre de son programme.La « C6R » d’Arnaud Mon- tebourg plaide ainsi pour un régime primo-ministé- riel : le Premier ministre serait le chef des armées et disposerait seul du pouvoir réglementaire et de l’initia- tive des lois au nom du gou- vernement. Quant au Pré- sident, il serait élu pour sept ans non renouvelables au suffrage universel direct deux mois après les élec- tions législatives et ne gou- vernerait pas. Pas la peine de préciser qui serait doré- navant le « collaborateur ». Le mouvement créé par l’ancien ministre prône éga- lement « la reconnaissance d’un pouvoir parlementaire et législatif fort », notam- ment par la suppression de l’article 49-3, qui permet... ET IMPOPULA- RITÉ CHRONIQUE Cela a tellement amoindri le contrôle du Parlement sur l’exécutif qu’il « n’est plus qu’une chambre d’en- registrement des volontés présidentielles », dénonce Michel Lascombe, spécia- liste de droit constitutionnel et professeur de droit public à l’IEP de Lille. Une situa- tion bien éloignée de celle que connaissent par exemple les Etats-Unis, où les élec- tions de mi-mandat peuvent faire perdre au Président la majorité au Congrès et au Sénat deux ans seulement après son arrivée à la Mai- son Blanche. En France, dé- putés et Président ont destin lié pour cinq ans. Si bien que « jamais ils ne prennent le risque de provoquer une dissolution qui pourrait leur faire perdre leur siège, ana- lyse Michel Lascombe. L’idée du quinquennat était une erreur, car une fois le Président élu, il ne se passenationale, Claude Bartolone : « Comme tout dépend d’un seul homme, celui-ci est condamné à l’impopularité et à l’examen outrancier de sa personne, y compris jusque dans sa vie privée. »aux gouvernements depuis 1958 de faire adopter sans vote une loi, en engageant leur responsabilité.Mais Olivier Rouquan re- grette que parlementaires et élus locaux « ne s’em- parent pas davantage de leurs nouveaux pouvoirs ». Ainsi, la révision constitu- tionnelle menée en 2003RÉGIME PARLEMENTAIREDans l’esprit de ses parti- sans, la VIe République obli- gerait donc le Président à mieux partager l’affiche avec le Parlement. Quitte, pour certains, à n’en faire qu’un second rôle ou un fi- gurant. Ils prônent en effet le retour à un régime moins présidentialisé, comparable à ce que pratiquent la plu- part des pays européens. David Cameron, AngelaSTABILITÉ DANSLA TEMPÊTELa Constitution de 1958 garde tout de même de nom- breux partisans. Son prin- cipal atout ? Même en tempstution écrite par De Gaulle est qu’elle est aussi capable de protéger un président socialiste : cela agace sans doute la droite et irrite ceux à gauche qui ont toujours voulu abattre 1958, mais c’est un fait. » Pour certains, le moment est mal choisi pour une révision constitu- tionnelle : « S’engager dans un débat constitutionnel alors que le pays traverse une crise économique ma- jeure représente un risque important », met en garde Olivier Rouquan.le gouvernement, et des conséquences de ce contrôle ». De plus, les élus des deux Chambres se comporteraient trop souvent comme des représentants de leur circonscription à Paris. « Or, quand on essaie d’obtenir une bretelle d’au- toroute, on ne s’oppose pas au gouvernement », tacle le spécialiste de droit constitutionnel.Aymeric Marolleau(1) Auteur de Droit consti- tutionnel et gouvernances politiques, édition Gualini, 2014Pour davantage de repré- sentativité des institutions – parité et mixité sociale notamment – nombre de partisans de la VIe plaident aussi pour l’introduction d’une dose de proportion- nelle dans le mode de scru- tin législatif. En Allemagne, par exemple, les électeurs votent à la fois pour un parti et pour un nom.Qui en veut à la Constitution du Général ?dans le cadre de la déce. tralisation a donné la pos- sibilité aux collectivités ter- ritoriales de recourir à un « référendum décisionnel local » pour soumettre un projet de texte à ses élec- teurs.Las,«iln’yenaeu que 25 en dix ans », déses- père Olivier Rouquan.Pour Olivier Rouquan, la priorité, avant de changer la Constitution, serait de « redonner leur légitimitéNOVEMBRE 2014n-21]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & TendancesQuid du statut d'étudiant-entrepreneur et de la formation 2.0 à l'entrepreneuriat ? Et comment se porte lemoral des dirigeants ? EcoRéseau vous distille quelques fraîches réponses.Le carnet desnominationsen partenariat avec}CHAMBRE RÉGIONALE D'AGRICULTURE DE BRETAGNEDirecteur général et directeur du projet d'entreprise convergenceMonsieur Pascal Gourain est nommé officiellement directeur général et directeur du projet d'entreprise convergence de la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne, à ce poste de- puis octobre 2014. Il est ainsi en charge du projet de réorganisation du réseau des Cham- bres d'agriculture de Bretagne. Après une période de transition, il remplacera définitivement Monsieur Patrice Plet au poste de directeur général, au départ de ce dernier qui fera valoir ses droits à la retraite en 2015.Pascal Gourain , 53 ans, maîtrise de droit privé, DESS gestion de l'IAE Nantes, CESA manage- ment, a réalisé le parcours suivant :n 2014-2014 : Chambre d'agriculture du Finistère, directeur général.n 2006-2014 : Chambre de commerce de Morlaix, directeur général.n Successivement en poste au sein de Crédit agricole (pendant 5 ans, à Quimper), du groupe Pinault (pendant 3 ans), du groupe Roullier (pendant 9 ans) et du groupe Urcoopa (pendant 5 ans, à La Réunion).n Début de carrière à la Marine nationale (pendant 5 ans).uEtudiant-entrepreneur, c'est parti !sociales et donner des outils pour se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat- Vient ensuite, « Comment financer son projet solidaire », conçu par les Trophées solidaires. Le but ? Sensibiliser les étudiants et les acteurs du changement réfléchissant autour de projets à vocation humanitaire.- Enfin, en partenariat avec HEC Paris, Ticket for change lancera son MOOC en janvier pour former les entrepreneurs au changement, à travers des ateliers de développement per- sonnel et la participation à des interventions animées par des pionniers du changement.Source : l’express}HSBC FRANCE (GROUPE HSBC)Managing directorMonsieur Edouard de Vitry d'Avaucourt est nommé managing director au sein de HSBC France, à ce poste depuis septembre 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Hubert Bouxin, et de Monsieur Frédéric Coutant, codirecteurs de la Banque de Financement et d'Investissement. Il est ainsi en charge des institutions financières. Il a pour mission d'ac- compagner les grands clients Institutions financières françaises et belges dans leur dévelop- pement en France et à l'international, et dans leur réflexion stratégique.Edouard De Vitry d'Avaucourt , 47 ans, Sloan School of Management du MIT (Etats-Unis, 1994), ENSAE ParisTech (1993), Polytechnique (1987), a réalisé le parcours suivant :n 1997-2013 : UBS Investment Bank, notamment codirecteur du groupe Institutions finan- cières EMEA (2008).n 1994-1997 : JP Morgan (à Londres), responsable de clients banques et assurances au sein du département des Fusions &Acquisitions et Marchés de Capitaux.Dans la dynamique des Assises de l’entrepreneuriat de 2013 et des annonces de Geneviève Fioraso, ministre de l’En- seignement supérieur et de la Recherche, les quatre mesures phares dont celle de la création d’un statut d’entrepreneur pour les étudiants ont été mises en œuvre. Depuis la mi-oc- tobre, le nouveau dossier de candidature au statut national d’étudiant-entrepreneur est disponible sur www.enseigne- mentsup-recherche.gouv.fr.. Une initiative de plus qui con- court à hisser la France comme premier pays du G20 à promouvoir l’entrepreneuriat en matière d’éducation et de formation. Et peut-être un élément de réponse face au taux de chômage de 22,5% chez les moins de 25 ans.}ETABLISSEMENT PUBLIC D'INSERTION DE LA DÉFENSEDirecteur généralMadame Nathalie Hanet est nommée directeur général de l'EPIDE, à compter d'octobre 2014, en remplacement de Monsieur Charles de Batz de Trenquelléon.Nathalie Hanet , DEA de sciences politiques (1994), IEP (1993), a réalisé le parcours suivant : n 2012-2014 : Cabinet du ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, Michel Sapin, conseiller technique chargé du déploiement des emplois d'avenir puis des emplois d'avenir, des services à la personne et de l'économie sociale et soli- daire (2013).n 2009-2012 : Pôle emploi, directeur général en charge des collectivités territoriales et des partenariats à la direction générale.n 2003-2009 : Coorace (fédération au service de l'emploi), secrétaire général.n 1999-2003 : Directeur général du réseau d'associations Habitat Educatif et Ménage Ser- vice.n 1994-1996 : Emma*s Alternatives, directeur adjoint.n 1994-1994 : Fondation Abbé Pierre, chargé d'études.u L’UPEC et la CCI Val de Marne au service de l’entrepreneuriatu 40 réussites d’entrepreneurs pour redon- ner de l’optimisme}IMMOBILIÈRE 3F (GROUPE IMMOBILIÈRE 3F)Secrétaire généralMonsieur Thierry Sure est promu secrétaire général de l'Immobilière 3F, à ce poste depuis oc- tobre 2014, en remplacement de Monsieur Frédéric Dedieu. Il est sous la responsabilité di- recte de Monsieur Yves Laffoucrière, directeur général.Thierry Sure , 48 ans, DEA droit des affaires de l'université Paris-XIII, a réalisé le parcours sui- vant :n 2006-2014 : Immobilière Basse-Seine (groupe 3F), directeur général.n 2002-2006 : Immobilière 3F, directeur de l'agence des Yvelines.n 1994-2002 : Immobilière 3F, gérant puis responsable des pôles Gestion et Développe- ment clientèle.n Début de carrière comme enseignant et chargé de travaux dirigés.Faire évoluer les mentalités en termes d’entrepreneuriat n’incombe pas seu- lement aux poli- tiques publiques ou aux médias écono- miques. Le Réseau Entreprendre vient donc de publier un livre éponyme qui dépeint au fil des pages l’engagement sociétal et environ- nemental chez les chefs d’entreprise en tant que vecteur d’innovation et de performance. Source:www.reseau-en- treprendre.org}EY FRANCE (GROUPE EY)Directeur associé au sein de l'activité ConseilMadame Christelle Kerspern est promue directeur associé au sein de l'activité Conseil d'EY France, à ce poste depuis juillet 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Eric Mouchous, associé, responsable de l'activité Conseil. Elle accompagne les clients en France et à l'international dans leurs opérations d'acquisitions et de cessions (due diligence IT, inté- gration, détourage). Elle mène aussi des missions de conseil et de certification aux standards internationaux, pour les prestataires de services.Christelle Kerspern , 43 ans, HEC (1997), EFREI (1995), a réalisé le parcours suivant :n 2008-2014 : EY, executive director au sein de la practice EY Advisory.n 2006-2008 : EY, expatriation au bureau de Minneapolis.n 1 9 9 9 - 2 0 0 6 : E Y, c o n s u l t a n t a u s e i n d e l a p r a c t i c e A u d i t e t c o n s e i l e n i n f o r m a t i q u e ( E Y A d v i - sory).n Expérience de 3 ans en tant qu'auditeur financier.Mardi 14 octobre, l’UPEC (Université Paris-Est Créteil) et la CCI Val de Marne ont signé une convention de partenariat pour une durée de trois ans pour développer l’entrepreneuriat étudiant. L’une des mesures phares consiste en la création de la Maison de l’innovation et de l’entrepreneuriat en 2015. Autre objectif, le développement de la filière santé visera no- tamment à articuler la formation, la recherche et l’entreprise via la R&D. Notons que l’ensemble des concrétisations de ce partenariat profitera des effets du projet du Grand Paris en matière de logement, de transports et de développement économique.Source : CCI Val de Marne}GYRO:AILLEURS EXACTEMENTPrésidentMonsieur Didier Stora est promu président de Gyro:Ailleurs exactement, à ce poste depuis octobre 2014.Didier Stora , 60 ans, a réalisé le parcours suivant :n 2009-2014 : Gyro France (avant le rachat d'Ailleurs exactement par Gyro), président. n 2005-2008 : Others, président fondateur.n 2001-2004 : Draft France, président.n Groupe FCB, vice-président.u Auto-entrepreneuriat : fin de l’Ancien Régime.} LMBEAssocié au sein de l'équipe Droit immobilierMadame Gaëlle Dadez est Cooptée associé au sein de l'équipe Droit immobilier de LMBE, à ce poste depuis septembre 2014. Accompagnée de Madame Alix Chabrerie, collaborateur, elle intervient en droit immobilier privé (notamment dans le domaine de la construction, des baux et de la copropriété), en droit de l'urbanisme et de l'environnement ainsi qu'en droit public des affaires. Elle animera le pôle Immobilier conjointement avec Joseph Benillouche et Benoît Arnaud, et animera également le pôle Urbanisme, Droit public des affaires.Gaëlle Dadez a une expérience de plus de 25 ans dans des cabinets parisiens.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?22 NOVEMBRE 2014u Plus de MOOCs pour l’entrepreneuriat social :A partir du 1er octobre, les auto-entrepreneurs qui dégagent plus de 41100 euros pour le seuil de 82200 euros ou plus de 16450 euros pour le seuil de 32900 euros doivent effectuer en ligne déclaration et paiement de leurs cotisations sociales sous peine de majoration selon le décret 2014-628 du 17 juin 2014 (JO du 19/06/14).Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Dans une enquête réalisée pour le cabinet Cosma Experts, l’IFOP annonce en ce début du mois d’octobre qu’un diri- geant sur trois de PME n’a pas trouvé le temps suffisant pour s’atteler au développement et à la compétitivité de son en- treprise.- L’ESSEC Business School diffusera sur la plateforme de France Université Numérique (FUN), à compter du 10 no- vembre, son dernier MOOC : « L’entrepreneuriat qui change le monde ». L’ambition du programme ? Réfléchir aux be- soins sociaux et environnementaux non satisfaits sur les ter- ritoires, montrer le modèle économique d’entreprisesu Des patrons englués par les pesanteurs dministratives]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances CLUB ENTREPRENDREaux fonctions support.- Les patrons expliquent également passer moins de temps aux aspects commercial, marketing et investissements à la productivité.- Enfin les dirigeants sont un tiers à déclarer une perte de temps causée, entres autres, par les lourdeurs administratives et l’évolution des mentalités.Source : www.ifop.comu Le mal investissement français La crise et les élec-tions européennes au-ront remis au goût duL’enquête évoque également d’autres faits saillants :- 25% du temps de travail des patrons est dédié aux activi- tés financières et 20% aux activités RH.- 35% des patrons annoncent que leurs activités RH, admi- nistrative et juri- dique ont augmenté tandis que 22% esti- ment ne pas consa- crer assez de tempsjour la question del’investissement enEurope. Si ce conceptpermet de lier lesthèmes de l’offre etde la croissance àmoyen terme à la de-mande à plus courtterme, il apparaît dansune note d’analysepubliée fin septembresur strategie.gouv.frque la situation en Europe est bien plus complexe qu’elle ne laisse sembler. Ainsi, entre 2007 et 2013, malgré une phase où l’investissement a relativement bien résisté, l’Espagne et l’Italie connaissent un reflux très marqué de l’investissement dans toutes ses composantes. Le cas français se caractérise davantage par un mal investissement, par l’insuffisance de la formation de capital productif de haute qualité – notamment en R&D – et par l’orientation des ressources vers des secteurs qui ne préparent pas l’avenir, à l’image de l’immobilier.de la première semaine de l’égalité profession- nelle. Neuf critères, tels que la place des femmes dans les comités exécutifs, directeurs ou d’administration, l’implication des mana- gers ou la féminisation du top 100, ont tamisé ce palmarès inédit. Pour l’heure, aucune femme n’a accédé aux rênes d’une des entre- prises du SBF 120. Une étude qui révèle aussi une grande marge de manœuvre pour atteindre la parité dans la mesure où celle-ci n’existe dans aucune des grandes entreprises fran- çaises. Orange, Medica et Saint-Gobain constituent le podium de tête de ce récent clas- sement.Source : femmes.gouv.fru Ces femmes qui incarnent le pouvoirEnviron 200 femmes, selon l’étude réalisé par le cabinet EthicsBoards, sont entrées dans le top 100 des 120 première entreprises françaises (SBF 120) d’après l’étude sur la féminisation du SBF, dont les résultats ont été divulgués début octobre à l’occasionNOVEMBRE 2014 23Œ]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & TendancesEntretien avec Nicolas Douchement, commissaire général du salon des Entrepreneurs Nantes Grand-Ouest« L’évènement des entrepreneurs connectés »u Les Français toujours champions duu En Alpha Jet ou sur un porte -avion, des patrons sous pression ?monde du pessimismePubliée le 16 octo- bre par l’éditeur de logiciels Sage, une étude pointe que le niveau de confiance des PME progresse partout dans le monde. A l’excep- tion du cas fran- çais. Sur un échantillon deu « SOS PATRON », hotline pour dirigeants ? Financement, organisation, législation, gestion quotidienne... Les tourments des PME peuvent prendre des formes di- verses. Pour répondre à ces tracas quotidiens, le portail spé- cialiste du conseil aux TPE-PME, Petite-Entreprise.net, lance le premier numéro de téléphone d'urgence dédié, le « SOSPATRON»:0899100200de8hà17h,dulundiauvendredi. Ce numéro permet une mise en relation entre le chef d'entreprise et l'un des 1 200 experts inscrits sur le ré- pertoire du portail. En dehors du coût (1,35 euros + 0,34 euro de la minute), le service SOS PATRON n'engage à aucun abonnement, ni facturations supplémentaires. Non vous n'êtes plus seuls.Source : Petite-Entreprise.netDeux jours au CNEC (centre d'entraînement commando) de Mont Louis, un baptême de l'air en Alpha Jet, ou un séjour 4 étoiles (militaires) sur un porte avion ! Tel fut le sort de 22 chefs d'entreprise en immersion en milieu militaire. Qu'il s'agisse de la mer ou de la montagne, les différentes sessionsQuelles tendances seront à l’honneur cette année ?Numérique, crowdfunding et coworking sont à l’hon- neur pour cette édition. C’est le salon des entrepreneurs connectés car depuis plusieurs années, le numérique monte en puissance dans cette manifestation. Cette année ne déroge pas à la règle. Les porteurs de projet et les chefs d’entreprise doivent prendre conscience que le digital n’a de sens que s’il est facteur de business ou vecteur de simplifications. Il s’agit de le considérer comme un véritable accélérateur de croissance pour op- timiser, entre autres, sa gestion et sa e-réputation. Notre rôle est de leur présenter toutes les solutions innovantes existantes, et notamment toutes les clés du numérique, afin de les soutenir dans leur projet de création, reprise ou développement d’activité.PME de 18 pays, 64% des chefs d’entreprise envisagent une hausse de leur activité contre 62% l’année dernière. En France, le chiffre stagne à 55% avec une légère hausse de +0,29. L’inquiétude des dirigeants est particulièrement ma- nifeste dans les métiers manuels et l’industrie. Corrélative- ment, les PME prévoient un CA en baisse de 1,6% pour les 12 prochains mois.furent l'occasion de tester les dirigeants sur leur gestion du stress, leur résilience face à l'épreuve et l'expression de leur leadership en milieu hostile et inconnu. Une pratique ayant déjà fait des émules dans certaines grandes écoles (échanges entre Saint-Cyr et HEC par exemple)- qui se développe au monde des dirigeants. Inversement, les militaires intégrés au parcours ont participé au début du mois de septembre à des immersions en entreprises, en lien avec le binôme créé avec l'un des 22 patrons. Signé le 5 juin dernier entre le MEDEF et le ministère de la défense, l'accord entend faire découvrir le futur secteur d'activité à 22 sous-officiers et officiers en situation de création ou de reprise d'entreprise. Conduit par Défense Mobilité et l'agence de reconversion de la Défense (ARD), le projet s'est étalé du 9 septembre à la mi-octobre. Source:www.defense.gouv.frComment se concrétise cette primauté du numé- rique dans votre salon ?Outre le Grand débat faisant intervenir des champions de l’entrepreneuriat numérique : Laurent Solly (Face- book France), Vincent Ricordeau (KissKissBankBank, HelloMerci & Lendopolis), Mickaël Froger (Lengow), Paul Raguin (Eolane),... Des espaces novateurs seront dédiés à cette thématique :- un espace 100% numérique composé d’une « démo- zone numérique » regroupant des start-up promet- teuses, proposant des solutions innovantes à destination des TPE-PME et de l’espace «Nantes Tech», déclinai- son locale du label « French Tech» ;u Une aggravation du taux de marge des en- treprises ?- l’université Facebook, pour la première fois à Nantes, présentera toutes ses solutions marketing afin de ren- forcer la visibilité et construire l’audience des entre- prises.Dans sa note conjoncturelle du 2 octobre, l'INSEE prévoit que le taux de marge des entreprises reculera cette année, contrairement aux espoirs du gouvernement. Le Club des Entrepreneurs, par la voix de son président, Guillaume Cai- rou, déplore le manque de réformes structurelles, notamment en lien avec la faiblesse historique des marges (du jamais vu depuis 1985), la destruction également historique d'emplois et d'entreprises dans le secteur marchand et l'alourdissementEt côté financements ?Fondateurs de KissKissBankBank et de HelloMerci, Vincent Ricordeau, Ombline Le Lasseur et Adrien Au- mont lanceront Lendopolis.com, nouvelle plateforme de crowdfunding dédiée au TPE/PME françaises. Celle-ci ambitionne la levée en ligne, auprès des parti- culiers, de sommes allant jusqu’à un million d’euros en 30 jours pour les entreprises de plus de deux ans. Lors de cette 7e édition du Salon des entrepreneurs Nantes Grand-Ouest, Lendopolis.com ouvrira officiellement ses portes au grand public.u Charte : relations fournisseurs responsables En ce 22 octobre, 1 000 entreprises ont signé la charte « Re- lations Fournisseur Responsables », ce qui officialise le par- tenariat entre la médiation Inter-Entreprises, la CDAF (Compagnie des dirigeants et acheteurs de France) et les 4 500 chefs d'entreprises adhérents du Centre des Jeunes Diri- geants d'entreprise. Le but ? Equilibrer les relations entre PME et donneurs d'ordres, en engageant ces derniers à s’améliorer.Source : la tribuneChiffres clés : 7e Salon des EntrepreneursNantes Grand-OuestEntre autres, la charte encourage les mesures suivantes :-la réduction des risques de dépendances réciproques entre donneurs d'ordres et fournisseurs-la veille de la responsabilité territoriale de son entreprise -la fixation d'une politique cohérente de rémunération d'acheteurs-l'appréciation du coût total de l'achat-l'implication des donneurs d'ordres dans leur filière... source : www.cjd.net120 partenaires et exposants sur cinq villages théma- tiques100 conférences et ateliers10 000 visiteurs attendusde la fiscalité. Pour remédier à ces tendances plombant la croissance, Guillaume Cairou souhaite remettre à plat le mille-feuille des charges sociales tout en s'inspirant des me- sures de flexibilité mises en place en Allemagne, en calant le temps de travail sur le carnet de commandes des entre- prises ; ce tout en dévaluant la fiscalité pour abaisser le coût du travail et favoriser les entreprises désireuses de se lancer à l'export.Source : Club des entrepreneurs25 espaces thématiques200 experts en consultations individuelles3 temps forts d’actualité30 modèles d’entrepreneurs.Les 19 et 20 novembre à la Cité des Congrès de Nantes24 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[La santé des salariés, c’est la santé des entreprises.harmonie-mutuelle.frAvec Harmonie Mutuelle, le monde de la santé rejoint celui de l’entreprise. Bénéficiez de l’expertise de spécialistes de la protection sociale et du 1er réseau national d’opticiens et d’audioprothésistes partenaires. Nos solutions s’adaptent à chaque entreprise quelle que soit sa taille. Nos conseillers vous accompagnent dans le suivi et le pilotage de votre contrat afin de mieux en maîtriser le coût.Harmonie Mutuelle, spécialiste de la protection sociale en entreprise, 1re mutuelle santé de France.Harmonie Mutuelle, 1re mutuelle santé de France.LABEL D’EXCELLENCE ATTRIBUÉ PAR DES EXPERTS INDÉPENDANTS AUX MEILLEURS CONTRATS D’ASSURANCE.Mutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité, n° Siren 538 518 473.]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Simplification pour les entreprisesComplexe simplificationCPour sortir les entreprises du labyrinthe administratif où elles se perdent, le choc de simplification est en marche. Un travail complexe pour simplifier la loi et la manière dont elle est conçue qui se heurte à bien des vents contraires.et été, les 32000 bou- Ce n’est pas la première fois prises, présidé par Laurent matisée, qui remplacera la la création d’entreprise. ponts », précise Thierry Man- langers de France ont que l’Etat veut s’attaquer à Grandguillaume, député, et trentaine de déclarations so- Certaines mesures relèvent don. Pour l’ancien président pris le chemin des son maquis administratif. Guillaume Poitrinal, ex-pré- ciales que les entreprises doi- du bon sens, comme la ré- d’Unibail Rodamco, il sub-plages et du soleil le cœur lé- « On parle de simplification sident de la foncière Uni- vent gérer dans le cadre de forme des 190 taxes qui coû- siste par exemple un pro-ger. Pour la première fois de- puis 224 ans, ils n’ont pas eu à prévenir la préfecture de leur départ en vacances. Sup- primer une obligation vieille de trois siècles, voici l’une des mesures symboliques du « choc de simplification » mis sur les rails par François Hollande en 2013. Pour trou- ver de la croissance, il a pro- mis de réduire les démarches administratives des entre- prises : « Aujourd’hui, une petite entreprise est obligée d’envoyer 3000 informations par an à l’administration. De- main, il faut réduire deux fois, trois fois ce chiffre », déclarait en mars 2013 le chef de l’Etat sur le plateau de France 2.depuis Raymond Barre, et pourtant bien peu a été fait »,bail-Rodamco. Composé de personnalités issues des en-la paie. Cela réduira le nom- bre de lignes sur la feuilletent plus cher en gestion qu’elles ne rapportent à l’Etat (cotisation de solidarité sur les graines oléagineuses, im- pôt sur les appareils auto- matiques...). Ou l’instaura- tion de la non-rétroactivité fiscale sur l’imposition des sociétés, qui entrera en ap- plication le 1er janvier 2016 : « Les entreprises avaient une épée de Damoclès au-dessus d’elles, même si l’exercice avait commencé », résume Thierry Mandon.blème de langage, car « les textes de l’administration sont souvent incompréhen- sibles ». Ceux concernant les entreprises devront donc être traduits dans une langue que les chefs d’entreprise peuvent saisir. Grâce à des « tests en- treprises », les décrets seront évalués pour donner aux di- rigeants politiques les consé- quences réelles au jour le jour de leurs mesures. Guillaume Cairou rêve d’aller plus loin : « L’administration devrait avoir un rôle de conseil, en aidant les entre- prises dans leurs démarches ou dans leur volonté de pas- ser les seuils sociaux qui blo- quent aujourd’hui le déve- loppement au-delà de 9, 19, 49 ou 249 salariés. Il serait par exemple pertinent que l’entreprise n’ait affaire qu’à un seul contrôle, une sorte de référent intelligence éco- nomique. »ENFER KAFKAÏEN ?... ET L’ESPRITDE LA LOILe choc de simplification ne vise pas seulement à rayer les lois inutiles, mais aussi à repenser le processus de créa- tion des lois. Ainsi, au 1er janvier 2015, à l’instar de l’Allemagne, des Pays Bas ou de l’Angleterre, tout texte qui aura pour conséquence de créer de nouvelles charges fera l’objet d’une contre-ex- pertise d’une autorité indé- pendante. Pour inciter les mi- nistères à simplifier, Thierry Mandon porte également le principedu«unpourun»: s’ils créent une charge nou- velle pour les particuliers, les entreprises ou les collec- tivités territoriales, devront prendre une mesure de sim-La tâche s’annonce rude :« Depuis 30 ans, on n’a cessé d’empiler les règlements, les normes et les lois », fulmine Guillaume Poitrinal, qui pré- side le Conseil de la simplifi- cation avec le député (PS) Laurent Grandguillaume. Car si la France est réputée pour être le pays des 400 fromages, elle est aussi celui des 400000 normes. En 2013, le World Economic Forum a classé l’Hexagone au 126e rang sur 144 en matière de complexité administrative. Une perfor- mance qui porterait à rire si l’OCDE ne chiffrait pas à 60 milliards d’euros le coût du labyrinthe administratif fran- çais pour les entreprises. « L’enfer administratif pèse sur le chiffre d’affaires, les marges et l’emploi des entre- prises, peste Guillaume Cai- rou, président du Club des entrepreneurs. A cause de cette complexité, les entre- prises ne se développent pas et n’embauchent pas. » A titre d’exemple, établir un bulletin de paie pour un salarié français coûte 393 euros par an, contre 182 euros en moyenne dans le monde, selon une étude du spécialiste de l’externalisation des services RH ADP.26 NOVEMBRE 2014« Depuis 30 ans, on n’a cessé d’empiler les règlements, les normes et les lois »VENTS CONTRAIRESdéplore Thierry Mandon, Se- crétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la Simplification. Cela explique le scepticisme des principaux intéressés : en juin, le baro- mètre Ifop-KPMG-CGPME pointait que les patrons de PME n’étaient que 24% à setreprises, de l’administration, d’élus et d’experts, il sou- mettra au gouvernement 50 propositions tous les six mois jusqu’à la fin du quinquennat. Sur les 50 qu’il a présentées en avril, 32 ont déjà été adop- tées en juillet. « Il faut des mesures concrètes, pensées,de paie et fera gagner un temps précieux aux services RH.De plus, alors que les entre- prises sont parfois obligées de transmettre plusieurs fois à l’administration une même information (sur leurs chiffres d’affaires, leurs effectifs...),L’exercice de la simplification n’est pas aisé, puisqu’il se heurte parfois aux lobbies. Par exemple, les comptables n’ont pas forcément vu d’un bon œil la naissance du Titre emploi service pour les en- treprises (TESE) – qui permet aux employeurs de payer leurs salariés pour des mis- sions ponctuelles sans avoir à réaliser de coûteuses fiches de paie. Pour Guillaume Cai- rou, du Club des entrepre- neurs, « la simplification dé- plaît aux partenaires sociaux, car ils méconnaissent l’en- treprise ». PourGuillaumeP.L’enfer administratif pèse sur le chiffre d’affaires, les marges et l’emploi des entreprisesdéclarer confiants quant aux dispositions décidées par le gouvernement dans son chan- tier de simplification. Pourtant, dès juillet 2013, Jean-Marc Ayrault avait pré- senté un programme de sim- plification de l’économie, composé de 200 mesures. Pour convaincre de son vo- lontarisme, François Hollande a mis sur pieds le 8 janvier 2014 un Conseil de la sim- plification pour les entre-réfléchies, qui ne boulever- sent pas les équilibres sociaux et environnementaux », décrit Thierry Mandon.l’Etat s’engage à développer son système d’information afin de mettre en place le principe du « dites-le-nous une fois ». Autre nouveauté en forme de révolution : le silence de l’administration vaut désormais acceptation, alors que c’était jusqu’à pré- sent l’inverse. Depuis juin 2013, les chefs d’entreprise disposent aussi d’un guichet unique (guichet-entreprises.fr) pour les aides publiques etplification équivalente. « Tel Pasteur, Thierry Mandon a créé un vaccin : il sera dés- ormais plus difficile de com- plexifier », se réjouit Guil- laume Poitrinal.oitrinal, l’Etat a beaucoup à gagner dans cette démarche : « Le temps en moins dont dispo- sent les entreprises pour aller au bout de leurs projets est autant d’argent – sous forme d’impôts et de taxes – qui ne va pas tout de suite dans lesSIMPLIFIER LA LOI...Voici quelques-unes des me- sures de simplification déjà mises en œuvre. Au 1er janvier 2016 – dès 2015 pour cer- taines entreprises – entrera en application la Déclaration sociale nominative (DSN), unique, mensuelle et auto-L’autre chantier de la sim- plification sera de réconcilier deux cultures qui se sont longtemps opposées : celle de l’entreprise et celle de l’administration. « Les deux mondes s’ignoraient jusque- là, nous devons établir descaisses de l’Etat. »Aymeric Marolleau et Julien TarbyŒ]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE A la Une / L’Entretien - Thierry Mandon, Secrétaire d'Etat à la réforme et à la simplification« Ne faisons pas un énième rapport Attali. Agissons »Ne le nions pas, la tâche est rude. Seul un esprit combattif, presque militant, pouvait s’y atteler. Thierry Mandon, qui propose généralement des centaines de mesures de simplification dans ses rapports, désormais Secrétaire d’Etat, jette ses pavés dans l’écheveau administratif tissé durant 30 ans. Et cela commence à porter ses fruits...© DRQu’est-ce qui a guidé votre orientation d’homme politique sensible aux probléma- tiques des entreprises ? Tout d’abord j’ai évolué en entreprise (consultant en stra- tégie d’entreprise et gestion des ressources humaines, ndlr), ce qui induit un certain prisme de pensée à la base. Mais mon engagement poli- tique se fonde sur la volontéde la Mission d’information pour la simplification légis- lative, puis ma co-présidence, avec Guillaume Poitrinal, du Conseil de la simplification pour les entreprises. Créé le 8 janvier 2014 sur décision du Premier ministre, le rôle de cette instance, que je sou- tiens aujourd’hui en tant que secrétaire d’Etat, est de pro- poser 50 mesures concrètes au gouvernement tous lesministration. La nouveauté de l’approche du conseil à la simplification pour les en- treprises est que l’agenda est fixé par les professionnels eux-mêmes, qui déterminent dans les groupes de travail ce qui est prioritaire lors de ces périodes charnières. Chaque groupe réunit entre- preneurs, dirigeants, respon- sables administratifs, etc., qui proposent tous les sixle politique et l’entreprise. Il s’agit de faire preuve de pragmatisme, car nous avons remarqué que la pire chose était que les services se ren- daient la balle quant aux lourdeurs : politiques, haute administration... Ce que nous avons créé est une sorte de mini Conseil économique, social et environnemental (CESE), mais qui fonctionne avec des bénévoles. Ce n’est pas une énième commission, un énième rapport Attali, mais un kit pour les poli- tiques, pensé, réfléchi, qui ne bouleverse pas les équi- libres sociaux et environne- mentaux. Le pragmatisme est privilégié à l’idéologie. L’impact est réel, sur DAS2, les honoraires, la manière avec laquelle on paye les gens... L’utilisation d’une dé- marche collaborative dans une politique publique est novatrice. Nous partons de l’usager, et même – osons le dire – du client. Dans le climat actuel de défiance desinstitutions, je pense que l’adoption de cette logique ouverte est une condition pour recréer de la confiance. Autre mission, il faut faire savoir que cette simplifica- tion est en marche, c’est es- sentiel dans un but d’infor- mation des gens, mais aussi d’attractivité du territoire.Quelles seraient les mesures clés qui feraient changer de paradigme les entrepreneurs dans leur relation avec l’administration ? Premièrement je crois qu’il est essentiel d’instaurer une véritable stabilité de l’envi- ronnement règlementaire et fiscal. Les entreprises en ont besoin, elle est vitale. Des mesures comme le rescrit, où l’administration s’engage, donne son avis et est direc- tement impliquée, contri- buent à donner de la visibi- lité. De même la non-rétro- activité fiscale de l’imposi- tion des sociétés, qui entreraen application le 1er janvier 2016, sera une grande avan- cée. Elle était demandée de- puis 50 ans. Jusqu’à main- tenant Bercy passait des lois et décrets avant la fin de l’exercice pour taxer un peu plus s’il y avait un problème de budget. Les sociétés avaient une épée de Damo- clès au-dessus d’elles, même si l’exercice avait commencé. Les entrepreneurs doivent savoir quelles seront leurs cotisations et taxes dans un futur proche. Deuxièmement il m’apparaît essentiel de pri- vilégier tout ce qui accélère l’activité. Les entreprises ne peuvent plus se permettre de faire plusieurs fois les mêmes démarches auprès des diffé- rentes administrations, car la vitesse est leur première ressource. La Déclaration so- ciale nominative (DSN), unique, mensuelle et auto- matisée, qui remplacera la trentaine de déclarations so- ciales que les entreprises doi- vent gérer dans le cadre deBioBâtisseur dans la duréeThierry Mandon, 57 ans, est un homme po- litique français qui n’a pas grand-chose de français dans son approche. Peut-être est- ce parce qu’il est né à Lausanne. Toujours est-il que le socialiste, secrétaire d’Etat chargé de la Réforme de l’Etat et de la sim- plification depuis le 3 juin 2014, entend bien réconcilier la sphère publique avec le monde des entreprises depuis le début de sa carrière. Membre du Parti socialiste, il a été député de la neuvième circonscription de l'Essonne en suivant les courants de Lau- rent Fabius puis Martine Aubry, et a siégé à la commission des Finances. Il a été égale- ment porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, conseiller général du canton de Ris-Orangis et maire de Ris-Oran- gis, avant de démissionner en 2012, antici- pant ainsi la règle du non-cumul des mandats. Celui qui a fait ses études secon- daires à Lyon, puis a obtenu une licence de droit et de sociologie, est ensuite passé parSciences-po Paris. De 1993 à 1995, Thierry Mandon a exercé les fonctions de consul- tant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines. Mais bâtisseur dans l’âme, il est devenu président délégué aux stratégies d’aménagement et de développe- ment des territoires au Conseil général de l’Essonne. En 2002, en prévision du Congrès de Dijon, il a participé à la rédaction du texte fondateur du Nouveau Parti socialiste, puis en 2005 lors du Congrès du Mans il a rejoint le courant Rénover maintenant. Il a en 2002 lancé le premier campus de bio- technologies Génopole. Mais sa vision co- hérente et sa volonté ont réellement été mises en lumière lorsqu’il est devenu, conjointement à son rôle de rapporteur de la Mission d'information pour la simplifica- tion législative, co-président avec Guillaume Poitrinal du Conseil de la simplification pour les entreprises en janvier 2014.Toutes ces petites mesures contraignantes et inutiles mises bout à bout représentent temps, argent et dépense d’énergiede rénover la vie publique, qui est malmenée par un ex- cès de défiance et de scepti- cisme. Le rétablissement passe à mon sens par l’ou- verture de la vie publique à la réalité de la société fran- çaise, également constituée par des acteurs qui créent, innovent, vendent, tous les jours. Cette vie publique ne doit plus se construire en soi, pour elle. Elle doit s’ou- vrir, ré-irriguer les autres univers, comme celui des entreprises et de l’économie. D’où mon rôle de rapporteursix mois. Sur les 50 propo- sées en avril, 32 ont été adop- tées par décret en juillet.La simplification peut se réaliser tous azimuts. Quel fil rouge suivez-vous pour garder une certaine cohérence ?La ligne de conduite est claire. Nous avons identifié une dizaine de moments clés de l’entreprise, comme la création, le recrutement, l’ex- portation, etc., et réfléchis- sons sur ces moments de re- lations soutenues avec l’ad-mois 50 mesures de simpli- fication sur les déclarations fiscales, sociales, les obli- gations comptables, de mé- decine du travail... Il ne s’agit donc pas de l’agenda du Ministre, mais de l’agenda directement constitué par l’urgence des besoins du ter- rain. Nous avons aussi initié les tests entreprises : nous évaluons les décrets et don- nons au dirigeant politique les conséquences réelles au jour le jour. Les deux mondes s’ignoraient jusque-là, nous devons établir des ponts entre28NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frla paie dès le 1er janvier 2016, répond à ce besoin.Comment expliquez-vous que l’administration française ne se soit pas ré- formée plus tôt ? Quand l’administation de- mande aux entreprises ce qui les perturbe le plus, les hauts responsables sont souvent surpris par les réponses. Des éléments qu’ils jugeaient se- condaires se révèlent être des fardeaux, des boulets pour les entrepreneurs et di- rigeants. Toutes ces petites mesures contraignantes et inutiles mises bout à bout représentent temps, argent et dépense d’énergie pour eux. Mais cela avait bien souvent échappé à l’admi- nistration, qui s’intéresse en priorité aux grandes causes et phénomènes de masse. De même, ceux qui voulaient réformer ont souvent été ac- cusés de faire avant tout de la dérégulation sous couvert de simplification. Or il s’agit de dérégulation quand on va contre le droit, quand on « détricote », et c’est de la simplification quand on avance au nom du droit, pour rendre les choses plus lisibles. L’heure est grave, et je crois que l’enjeu nécessite uned’inspiration en matière de fabrique de la loi : au 1er janvier 2015 va survenir un changement majeur, à l’instarconstate une véritable prise de conscience généralisée de la vie économique, du besoin de faciliter la tâcheJe me réjouis aussi de constater que Michel Sapin ou Emmanuel Macron pen- sent de la même manièretion de l’échec ?vers peut impliquer beau- coup de gens. Les décideurs politiques ont pour mission de le limiter. On sait que la remise d’une copie parfaite à la première occasion estneutralisation du côté poliPourquoi est-ce si dur de simplifier en France ?Il n’est pas évident de dé- mêler, fluidifier, voire sup- primer toutes ces subtilités aujourd’hui, parce qu’elles sont le résultat d’années de surdéveloppement de textes et d’Etat. Tous les pays oc- cidentaux éprouvent ce genre de difficultés dans le rétro- pédalage. La seule différence avec l’Hexagone est qu’ils ont commencé bien avant. J’ai récemment échangé avec mon homologue anglais, qui m’a confié avoir commencé sa mission il y a cinq ans, et qui pense en avoir encore pour dix ans ! De notre côté nous avons commencé au 1er janvier 2014. Le chemin estQu’en est-il de la justice, autre univers de complexité et de lenteur ? Un plan de refonte de la jus- tice prud’homale, qui connaît des carences, est en train de se préparer, car les dysfonc- tionnements sont évidents aujourd’hui. Nous allons aussiencore long...cours abusifs ne peuvent plus tout paralyser pendant des années. Nous avons supprimé un échelon en accord avec le conseil d’Etat : il n’est plus possible de passer devant le Tribunal administratif, puis la Cour d’appel, et enfin le conseil d’Etat.Etes-vous optimiste quant à la fluidification de l’environnement entrepreneurial ?Je le suis parce que jeAudiAliantis Lecourbe 229, rue Lecourbe - 75 Paris Tél. 01 55 76 50 76Avez-vous pris des modèles à l’étranger ? Je le dis sans gêne aucune. Nous nous sommes pleine- ment inspirés de ce qui fonc- tionnait le mieux dans les autres pays. Les Allemands ont montré la voie dans les études d’impact, d’autres ont éveillé notre intérêt en ma- tière numérique. Les Anglais ont été une vraie sourceAliantis Porte d’Orléans44-46 avenue Aristide Briand - 92 Montrouge Tél. 01 58 35 17 70Aliantis Chambourcy37 route de Mantes - 78 Chambourcy Tél. 01 30 65 50 50A la Une / L’Entretien - Thierry Mandon, Secrétaire d'Etat à la réforme et à la simplification CLUB ENTREPRENDREDérégulation quand on va contre le droit, quand on« détricote », et simplification quand on avance au nom du droit, pour rendre les choses plus lisiblesmission im.porte de faire, d’évaluer puis d’ajuster au plus vite. Les échecs sont essentiels, mais ils doivent être limités. Le système évaluation/cor- rection est la seule orien- tation valable dans la vie publique.de ce qui se fait outre- de ces acteurs qui assurent et sont sensibles à mes pro- analysé, il permet de pro- Manche. Tout texte qui aura la richesse du pays. Les positions et recommanda- gresser. Mais attention, cette pour conséquence de créer politiques comme le reste tions. notion est plus discutable de nouvelles charges fera de la population semblent dans la vie publique, parcel’objet d’une contre-expertise avoir assimilé cette idée. de la part d’une autorité in-dépendante. Cette autoritésera composée de neuf en-Quelle est votre percep-que dans cet univers un re-Propos recueillis par Julien Tarbytreprises choisies, qui don- neront un avis public sur l’impact estimé, par exemple du compte pénibilité. Si cet avis est différent, le Parle- ment devra refaire sa loi. Il faudra des suppressions de charges équivalentes, de la part de la puissance publique, le fameux « one in, one out ». Je suis précisément en train de préparer les décrets. De même nous avons remarqué une anomalie chronologique dans la constitution des lois. De nombreux acteurs (en- treprises, société civile...) ne peuvent pas se prononcer assez tôt dans le process. Il faudrait qu’ils puissent in- tervenir et influencer avant le vote de la loi au Parlement. Trois mois avant, les débats d’orientation élaborés en commission devront donc être rendus publics. Les par- ties prenantes disposeront ainsi d’un laps de temps suf- fisant pour réagir.Vorsprung durch Techniknous attaquer aux recours en e-tron matière d’urbanisme. Les re-+ Efficience+ EconomieL’échec peut bien évidem- ment être positif, puisqu’il est un apprentissage. Bienpossible : il im-NOVEMBRE 201429]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Simplification pour les entreprises« Créer une entreprise, déclarer et payerDe manière générale, de quoi souffrent le pays et son administration ? Premièrement notre pays a une propension un peu ex- traordinaire à produire des lois, décrets, règlements et normes. Deuxièmement nous avons indéniablement raté notre décentralisation, qui a engendré une multiplication des autorités. Nous avons réparti le pouvoir à tous les étages. Construire à Bor- deaux nécessite de s’adresser à trois ou quatre niveaux d’interlocuteurs, contre un seul à Barcelone. Cette dé- centralisation a ajouté à ces textes toujours plus nom- breux et souvent incompré- hensibles, un foisonnement d’acteurs qui contrôlent a priori et a posteriori. Ce paysage rend la vie des en- treprises françaises très com- pliquée. Innover, construire, embaucher est plus compli- qué ici qu’ailleurs. Plus com- plexe aujourd’hui qu’hier. Troisièmement la justice ra- lentit toujours autant les pro- jets : la jurisprudence devient incompréhensible, voire vo- latile. Il faut refaire le « pro- cess engineering » de l’en- cadrement administratif de la vie des entreprises, afinjourd’hui : regardez la Sa- maritaine, le forum des Halles, le Grand Paris qui mettra vraisemblablement 20 ans à voir le jour, l’A86 qui a été finalement bouclée en 24 ans... Tout est devenu long et pénible.d’impôts et taxes. Mieux vaut donc que tout se fasse en trois ans, plutôt qu’en 14.à titre personnel. Appuyés par dix ateliers thématiques (créer une entreprise, embau- cher-former, importer-expor- ter, aménager-construire,...), ce conseil étudie des mesures concrètes, pragmatiques, non idéologiques, de simplifica- tion. Il les instruit avec les services du Premier Ministre, avant de les présenter au président de la République. Ces mesures sont ensuite mises en œuvre et font par- fois l’objet d’ordonnances. Nous sommes ouverts aux propositions extérieures. Nous avons une boîte aux lettres et attendons les sug- gestions.vite.J’ai d’ailleurs écrit un livre sur le temps long(*), en dé- montrant qu’un des grandsdéclarer et payer un salarié aussi avec la DSN (la Dé- claration sociale nominative qui va remplacer, automatisercédures d’embauche de sa- lariés occasionnels dans les entreprises de moins de dix salariés, ndlr). En matièremoins pour les entreprises, monopolisées par les lour- deurs administratives, est autant d’argent immédiate-voter pour l’ordonnance . simplification, alors qu’étaient proposés des changements fondamentaux. A une heure aussi grave il n’y a pas de place pour la basse politique. « C’est bien de faire de la politique, sauf quand on fait des choses trop sérieuses », a-t-on coutume de dire.un salarié... Nous simplifions ! »A la tête du Conseil de la simplification avec le député Laurent Grandguillaume, Guillaume Poitrinal, 47 ans, est un homme libre. Passé par HEC, Morgan Stanley et la direction d’Unibail Rodamco, il a tout plaqué en 2013 pour prendre la tête de Woodeum, société familiale spécialisée dans les matériaux de construction en bois. Il n’hésite donc pas à parler de ce qui fâche.Quelles seraient selon vous les mesures principales qui feraient basculer les entreprises dans un environnement beaucoup plus fluide ? Il n’y a pas une, dix, cent... . mais probablement mille mesures de simplification à prendre. La complexité d’au- jourd’hui est la résultante de 30 ans d’accumulation désordonnée de petites me- sures qui, agrégées, créent la thrombose. Il sera assu- rément impossible de chan- ger tout cela en un coup deQuels sont les grandes avancées dont vous êtes le plus fier ?La non-rétroactivité de la loi fiscale, la suppression de la DAS2, la procédure de rescrit administratif, la pro- cédure intégrée logement (qui permet d’instruire la modification du Plan local d’urbanisme et du permis de construire en temps mas- qué) sont des avancées consi- dérables, presque inespérées. Mais je suis aussi fier d’avoir libéré les boulangers de l’obligation de déclarer leurs congés à la Préfecture. ResteEtes-vous optimiste pour les entrepreneurs français ?Oui, je le suis. Jamais les moyens mis en œuvre n’ont été aussi importants. Mais cet optimisme ne se trans- formera en réalité que si tout le monde se mobilise. Il ne suffit pas aujourd’hui de se plaindre et de critiquer. L’heure est clairement venue de la mobilisation de toutes les bonnes volontés autour de ce sujet essentiel. Je n’ou- blie pas que des députés de l’UMP se sont abstenus debaguette magique.Mais il faut s’y atteler, c’est l’enjeu fondamental de notre attractivité.beaucoup à faire.Dans tous les textes par exemple il subsiste un véri- table problème de langue ; les écrits de l’administration sont souvent incompréhen- sibles. A quand une vulgate ? La traduction des normes est réalisée sur le site Légi- france. Il faut faire la même chose pour les textes concer- nant les entreprises, et mettre le législateur devant ses res- ponsabilités. Le député ne voit généralement pas tout le texte qu’il produit, il n’en aperçoit que des « briques » et ce n’est pas normal. Dans l’Ancien Régime, les textes étaient aléatoires et volatiles. Il ne faudrait pas que tout finisse sur l’échafaud aussi !Le choc de simplification est-il réellement en marche ? Contrairement à l’impression générale, la France est en train de simplifier beaucoup de choses. Créer une entre-© PHILIPPE JACOBqu’elles puissent agir plus prise est devenu très simple, permet de simplifier les pro- comprenne que le temps endeChantiers de la Samaritaine, du forum des Halles, du Grand Paris ou de l’A86... Tout est devenu longLe fonctionnement novateur du Conseilà la simplification s’est-il inspiré d’exemples à l’étranger ?Le conseil de la simplifica- tion pour les entreprises est composé de personnalités qualifiées issues du monde de l’entreprise, de l’admi- nistration, des syndicats ou des associations qui siègentmaux de l’Hexagone semble le ralentissement collectif. Nous vivons dans un pays où des constructions d’in- frastructures, jadis rapides, nécessitent 15 ans au-30 NOVEMBRE 2014et pénible, cela doit changeret simplifier toutes les dé- clarations sociales deman- dées aux entreprises pour l’Urssaf, Pôle Emploi, Cnam, etc., ndlr) et le TESE (Titre emploi service entreprise quiment versé dans les caisses de l’Etat en moins. Songez que la construction d’une tour à la Défense rapporte en moyenne 72 millions d’euros à l’Etat sous forme(*) Plus vite ! La France malade de son temps, Guil- laume Poitrinal, Grasset, 2012Propos recueillis par Julien Tarbyd’urbanisme et de construc- tion, nous sommes aussi en train de simplifier comme jamais, pour accélérer. Le jeu en vaut la chandelle.Il faut que tout le monde]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[BESOIN D'ENTREPRENDRE ?Crédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre - Création : ARCHIPRESSE MEDIA CONSULTING - Crédit photo : Getty Images]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - Dirigeants de maisons d'éditionLes éditeurs ont voix au chapitreAlors que s’ouvre la saison des prix littéraires, deux éditeurs livrent leur vision d’un marché bousculé par la déferlante Amazon et l’arrivée du livre numérique. L’un est autodidacte, l’autre a repris les rênes de la maison fondée par son père.Quel est votre parcours ?changement, la nécessité de réfléchir. L’important, c’est de voir comment on avance. S’il faut parler de crise, au niveau des librairies, oui, des fragilités sont présentes. Elles sont en général endettées et les banques les suivent moins que les entreprises de pro- duction. Il faut savoir que le salaire moyen du libraire, c’est le SMIC. Ce sont des gens convaincus et passion- nés, mais évoluant dans une économie difficile.voir ces gros acteurs prendre des positions si importantes. Ils risquent d’imposer leur loi. Heureusement, les édi- teurs disposent encore d’un réseau de librairies très solide. Mais le secteur est en pleine mutation. L’édition vit sur les mêmes fondamentaux de- puis 40 ou 50 ans : j’ai com- mencé en 1972, rien n’a vé- ritablement changé. Il faut que nous nous remettions en question. C’est difficile, car il s’agit d’un métier qui s’ins- crit dans la durée. Il faudrait que les différentes parties prenantes s’organisent pour créer une alternative. Il s’agi- rait par exemple de mutualiser des moyens qui permettraient de livrer plus vite, d’être plus à la disposition des libraires et des clients...parts de marché chez nous. Mais le numérique vient sans conteste bouleverser la donne. Il fait notamment baisser le prix du livre de façon sensi- ble. Je ne sais pas si c’est un bien ou un mal. A mes yeux, le livre n’est pas si cher, quand on voit ce qu’il repré-celui de la qualité. Le fait de choisir et d’accompagner un auteur est un vrai travail. Les auteurs sont plutôt en re- cherche d’une relation, d’un dialogue avec un éditeur, y compris dans le travail sur le texte. Editer, ce n’est pas uniquement faire en sortemettre à un bon texte d’exis- ter.HDLM : Je n’y crois pas, ce serait nier le travail de l’auteur et celui de l’éditeur. Mettre un texte en ligne, ce n’est pas compliqué. Mais le travail de correction, de diffusion, de communication... est ex-FN : Un chemin de traverse ! J’ai une formation de chimiste dans la recherche biologique moléculaire et un diplôme en urbanisme. Mais les livres ont toujours été une passion pour moi. Au moment où mon père, Hubert Nyssen, a créé Actes Sud, je lui ai donc demandé de le rejoindre. Nous avons développé la maison d’édition ensemble, avec son épouse Christine Le Bœuf, Bertrand Py et Jean-Paul Capitani.HDLM : La crise, nous la ressentons depuis un moment. Je parlerais plutôt d’un chan- gement de société : les gens passent beaucoup de temps sur les outils numériques à regarder des films, jouer, lire la presse... Le temps qui reste à la lecture de livres seHDLM : J’ai voulu être édi- teur depuis l’âge de 14 ou 15 ans. Je suis un vilain petit canard dans ce milieu, parce que je suis arrivé à créer un groupe important, rapidement par rapport aux maisons d’éditions traditionnelles, toutOui aux nouveaux acteurs, à condition qu’ils ne constituent pas des marchés captifs et ne détruisent pas les autres Françoise NyssenLe livre numérique, une chance ou une menace pour les éditeurs ?FN : Nous n’ignorons surtout pas ce phénomène chez Actes Sud. Le livre numérique est un moyen de diffusion sup- plémentaire. C’était la même chose lorsque le cinéma a vu la télévision débouler. Fi- nalement, le cinéma s’est maintenu et a même coopéré avec la télévision avec la co- production de films. Ce n’est pas parce qu’une nouvelle industrie survient qu’elle dé-en n’ayant pas fait d’études. J’ai démarré à la base, au service réclamations chez Hachette : j’y ai exercé di- verses fonctions avant de de- venir gérant des éditions du Chêne, puis directeur général de Nathan. J’ai créé les édi- tions La Martinière en 1992. Cela a assez vite bien marché et j’ai commencé à racheter d’autres maisons d’édition. Ma première grande opéra- tion a été le rachat en 1997 d’Abrams Books, qui est au- jourd’hui la première filiale du groupe. En 2004, nous avons racheté les éditions du Seuil, une maison magni- fique.Voyez-vous des signes de la crise dans le monde de l’édition ?FN : La crise dans son sens étymologique, c’est aussi le32 NOVEMBRE 2014réduit et les grands lecteurs se font rares. Les gens en achètent aussi moins à cause de la crise économique.Quel est votre regard sur l’arrivée de ces nouveaux acteurs sur le marché, comme Amazon ?FN : De nouveaux acteurs, cela peut être formidable si c’est pour mieux vendre et distribuer le livre. Mais s’ils veulent, en dehors de toute coopération et d’équilibre, constituer des marchés captifs et détruire les autres, ce n’est pas acceptable. Dans un autre domaine, Monsanto a voulu créer un marché captif sur le marché de la semence en brevetant le vivant. Ces nou- veaux acteurs ne sont mus que par le capitalisme finan-truit la précédente.Il faut trouver desmodes de coopéra-tion. Si les diffuseurs permettent au livrede continuer à vivredans le respect desdroits d’auteur, c’est formidable. S’ils ne tiennent pas comptede ce qui fonde cesecteur, c’est-à-direla création et les auteurs, c’est un problème. Mais le numérique est aussi un nouvel outil de production. Il faut réfléchir à produire des livres spécifiques numériques, avec des fonctionnalités un peu plus poussées.Françoise Nyssen, 63 ans,présidente du directoire d’Actes Sudcier.HDLM : Il est perturbant deen augmentation.HDLM : Plusieurs milliers. Aujourd’hui, envoyer un ma- nuscrit par mail est tellementHDLM : En France, le livre numérique ne s’est pas encore beaucoup développé : il re- présente seulement 1,9% deCombien de manuscrits recevez-vous par an ? FN : Dans les 8000. C’estUne maison d’édition généraliste fondée en 1978 par son père et dont le siège est à Arles. La société emploie 300 salariés et publie environ 600 ouvrages par an. En 2013, son chiffre d’affaires s’est élevé à près de 70 millions d’euros. Grand découvreur d’auteurs étrangers, Actes Sud, dont le catalogue comprend près de 10000 titres, édite notamment Paul Auster, Nina Berberova, Nancy Houston, Imre Kertész...sente comme jours, mois, et même années de travail. Il faut que chacun y trouve son compte, l’auteur, le libraire et l’éditeur.Pensez-vous que l’auto-édition va monter en puissance ?FN : Tout le problème estqu’un ouvrage soit accessible, c’est aussi l’amener dans les mains du lecteur. Si vous êtes devant une masse de milliers de milliers d’écrits, sans sélection, cela devient une espèce de magma. De toute façon, il existe suffi- samment de maisons d’édi- tion aujourd’hui pour per-© Mark Melkitrêmement important dans la vie d’un livre.]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frInterview croisée - Dirigeants de maisons d'édition CLUB ENTREPRENDREfacile que pour l’instant, nous acceptons seulement les ma- nuscrits papier de la part des nouveaux auteurs.Que pensez-vous de la multiplication des petites maisons d’édition ces dernières années?nous sommes développés, nous nous vivons nous- mêmes toujours comme une petite maison d’édition. HDLM : Ce phénomène dé- montre que ce métier pas- sionne encore. Cependant, trop d’éditeurs lancent de pe- tites maisons qui vivent bienl’on voit seulement au bout de cinq ou six ans si une maison d’édition fonctionne.Comment vous adaptez- vous aux évolutions du marché ? FN:Pourcequiestdunu- mérique, aujourd’hui, touschoses auxquelles nous croyons. Nous ne sommes pas dans la recherche du livre qui se vendrait parce que c’est à la mode.un atout considérable. Mais je ne suis pas sûr que l’ex- ception culturelle française dure encore longtemps face à des acteurs comme Ama- zon, qui s’appuient sur la Di- rection générale de la concur- rence de Bruxelles pour im- poser leur loi.des livres qui, personnelle- ment, m’a bouleversée, est L’oratorio de Noël de Göran Tunström, un auteur qui est malheureusement décédé. HDLM:Ilyenabeau- coup... J’ai un livre de chevet qui est Lord Jim, de Joseph Conrad. Ce roman parle de quelqu’un qui ne pourra ja- mais racheter sa faute malgré toutes ses tentatives.Quelle est votre actualité ?FN : Il est difficile de parler de l’actualité littéraire : nous avons envie de défendre tous nos ouvrages. Je peux vous citer la sortie de Bad girl, de Nancy Houston, ou encore de celle de Nos Voies d’es- pérance : il s’agit d’un recueil d’entretiens avec dix grands témoins de notre époque :HDLM : Il est essentiel de se diversifier. Aujourd’hui, nous sommes un des rares groupes éditoriaux à être plus important à l’international qu’en France. Il faut se tenir à l’écoute des tendances du marché dans chacun des pays. Il est aussi important de se diversifier en termes d’uni- vers, après avoir réfléchi à son identité éditoriale. J’ai commencé par le livre illustré, car la photo est universelle et peut toucher tous les pays ; or, dès le départ, je voulais me développer à l’interna- tional. Le livre illustré permet aussi d’allonger les tirages et d’améliorer le prix de re- vient. Nous avons gardé cette identité, mais nous nous sommes diversifiés. Le rachat du Seuil, entre autres, vient bien compléter un groupe qui faisait des beaux livres, de la jeunesse et du pratique, mais à qui il manquait la lit- térature.Que pensez-vous des prix littéraires ?FN : A partir du moment où ils existent, il est important d’en avoir. Ces prix permet- tent aussi d’éclairer le livre et de faire vendre de façon très conséquente. Ils sont es- sentiels aussi pour nos au-teurs.HDLM : C’est un jeu auquel tous les éditeurs se prêtent et qu’il est bon de décrier, sauf quand on le gagne... C’est un moteur pour la vente© DRFN : C’est une très bonne chose pour la création. Les petites maisons d’édition of- frent beaucoup de souplesse et de réactivité. Les auteurs y bénéficient parfois de plus d’attention que dans les grandes structures, où ils peu- vent se retrouver perdus et abandonnés. Même si nousau début, mais qui connais- sent des difficultés au bout de deux ou trois ans : les re- tours arrivent, les stocks com- mencent à grimper... Beau- coup viennent alors nous trouver le couteau sous la gorge. Ce métier qui s’inscrit dans la durée : il faut construire un catalogue... Etnos ouvrages sont disponibles à la fois en version papier et digitale, pour autant que les auteurs nous donnent les droits. Ensuite, il faut aussi gérer le piratage. La tendance au tout gratuit peut tuer la création. Mais on ne « s’adapte » pas au marché. Nous publions d’abord desl’un des derniers pays au monde à en compter autant. C’est un lieu de vie, de liberté, d’échanges, qu’il faut pré- server.éditio.Salter... Parmi les beaux li- vres qui paraissent cette ren- trée, il y a un ouvrage de Pierre Lescure sur les marques et les publicités cultes, ou encore Family Love, de Darcy Padilla, avec un texte d’Emmanuel Car- rère.Hervé de La Martinière, 67 ans,fondateur et P-Dg du groupeéditorial éponymeforme de liberté et d’avenir. Défendre le prix unique du li- vre, c’est permettre l’existence de celui- ci via tous les opé- rateurs, et pas seu- lement les plus puis- sants. Il est aussi im- portant de préserver le réseau des librai- ries. La France estQuel est votre plus gros succès d’édition en termes de vente ?FN : C’est la trilogie Millé- nium de Stieg Larsson, dont nous sortons le quatrième tome l’année prochaine. Mais attention à l’arbre qui cache la forêt : pleins d’autres livres continuent ainsi de rencontrerHDLM : Nous publions chaque année 3000 volumes, il est difficile de faire une sélection. Aux éditions du Seuil, on peut citer le nouveau Patrick Deville, Antoine Vo- lodine, Lydie Salvayre ; auxCompte parmi les plus importants en France. Présente en Europe et aux Etats-Unis, la so- ciété compte plusieurs maisons d’éditions, dont le Seuil, racheté en 2004. La Martinière réalise autour de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires et emploie autour de 850 salariés.le succès.HDLM : C’est sans conteste La terre vue du ciel, un re- cueil de photographies de Yann Arthus-Bertrand. Il a été vendu à près de quatre millions d’exemplaires, en France et dans plus de 35 pays.ns de l’Olivier, JamesComment les politiques publiques peuvent-elles soutenir l’édition ?FN : Il faut aussi être attentif à ce que le cadre législatif existe. La régulation est uneOn voit seulement au bout de cinq ou six ans si une maison d’édition fonctionneHervé de La MartinièreHDLM : Question difficile ! Il est nécessaire que les puis- sances publiques légifèrent ; d’un autre côté, trop de lé- gislation tue l’esprit d’entre- prendre. En ce qui concerne le prix unique du livre, c’estPouvez-vous citer un de vos livres préférés ? FN : Je suis fière de l’en- semble de nos auteurs. UnPropos recueillis par Catherine QuignonNOVEMBRE 2014 33du livre, une chance pour les libraires et les auteurs qui le reçoivent.Françoise Héritier, Nicolas Hulot, Frédéric Lenoir, Abd al Malik... Ces personnalités proposent des solutions pour retrouver confiance dans un monde où tout semble aller mal.]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE En immersion - L’école de production BoisardLes mains dans le cambouisBoisard, l’une des 17 écoles de production française, installée à Vaulx-en-Velin en banlieue lyonnaise, incarne la troisième voie, entre l’apprentissage et le lycée professionnel. Les entreprises apprécient, à tel point que de jeunes diplômés reçoivent jusqu’à trois offres d’emplois. ReportageVENDREDI 8 HEURES. ATELIER DE MENUI- SERIE-ÉBÉNISTERIE. La concentration règne. Les gestes sont encore hésitants pour les jeunes en première année à Boisard. La scie es- saie de couper au plus juste. La mortaise et le tenon nesein d’une entreprise, puis d’aborder la théorie. Les salles de classe sont en mez- zanine sur les ateliers. Ils descendent s’essayer à la pra- tique à la moindre incom- préhension. Deux-tiers de leur temps se joue au pied de l’établi. La pratique est9 HEURES. ATELIER DE MÉCANIQUE. L’ambiance semble plus éner- gique. Une vingtaine de voi- tures ont le capot ouvert. Les mains noires de cambouis, une ampoule de phare dans l’une et une lampe torche dans l’autre, les yeux rivésL’atelier de mécanique est organisé comme un garage : une assistante qui répond aux appels des particuliers, un chef d’atelier qui dispense également son enseignement, et une multitude de mains noires qui réparent et appren- nent. « Les relations vontfait la vidange de la voiture de sa mère et regarde Auto- moto, il y a un vrai problème d’orientation. » Un tour dans l’atelier s’impose. « Il passe systématiquement une demi- journée dans la section convoitée. Nous observons son comportement, poursuit la responsable du recrutement des élèves. S’il reste les mains dans les poches et ne pose pas de questions. Ce n’est pas très bon... » L’école ac- cueille 25 élèves en classe de 3e Prépa Pro, 165 élèves dans sept ateliers, 40 appre- nants en alternance et 57 sta- giaires en formation conti- nue.public masculin, mais je tiens à être considérée comme mes camarades, sans diffé- rences, dans les missions qui me sont confiées. »Là bas l'élève désordonné est plus vite démasqué...10 HEURES. ATELIER DE MÉCANIQUE ET D’USINAGE.Ici, les étudiants sont en mode entreprise. Ils travail- lent en binôme sur des ma- chines d’usinage à com- mandes numériques, des frai- seurs, des tours... L’atelier côtoie une salle informatique équipée de la CAO pour trai- ter les plans 3D des pièces à usiner, commandées par les industriels locaux. « Les cours théoriques sont adap- tés en fonction des com- mandes clients, explique en- tre deux devis Philippe Pia- ton, professeur d’usinage mais aussi gestionnaire de l’atelier. Les élèves fabri- quent des pièces unitaires très techniques. Ils sont en contact avec le client et sont soumis aux délais. » L’ap- prentissage est poussé à son maximum. « J’ai choisi le métier de technicienne d’usi- nage car les débouchés sontMIDI. LES ATELIERS SONT RANGÉS. Professeurs et élèves sem- blent s’épanouir au sein de l’école de Vaulx-en-Velin. Pourtant, quand ils ont quitté l’école et que les ateliers se ferment, Bernard Fayolle, ingénieur Ecam et ancien industriel, directeur de l’éta- blissement technique privé reconnu par l’Etat, doit pren- dre son bâton de pèlerin et partir en quête de ressources, afin de boucler son budget. « Le risque de la réforme de la taxe d’apprentissage, qui pèse pour 14% de notre budget de 2,8 millions d’eu- ros, est bien réel. Les sub- ventions publiques s’élèvent à 27%. La production à 41%. Même si nous devons pro- gresser sur l’efficacité in- dustrielle pour améliorer les marges de ce volet produc- tion, nous restons un centre d’apprentissage. » Alors toutes les bonnes idées sont exploitées pour faire connaî- tre l’école. Jeoffrey et Lilian, étudiants en carrosserie, ont distribué des flyers de l’école sur le Salon de l’auto. Une cabine de peinture doit être changée prochainement. La direction de l’école propo- sera à un constructeur un partenariat pour limiter les frais. Une 2 CV flambant neuve vient d’être achevée en carrosserie et en méca- nique, au bénéfice du Rotary, qui la mettra en vente et partagera la recette entre des dons à Boisard et à des ac-s’assemblent pas parfaite- ment. Le prochain exercice sera mieux abordé. Le bruit sourd du maillet s’abat sur une planche. Chacun à son établi, les élèves suivent les conseils de Jean-François Vuaillat, professeur de me- nuiserie. « Les élèves ap- prennent d’abord un métier manuel. Ils doivent s’appro- prier le geste et comprendre pourquoi on le fait de la sorte, avant de passer sur les machines. » L’originalité de la pédagogie de l’école de production Boisard, créée en 1882 par l’abbé Louis Boisard, ingénieur Centrale Lyon, est de former les jeunes aux gestes, dans l’atelier, comme s’ils évoluaient auquasiment triplée par rapport à une formation classique. Et le système fonctionne : « Notre taux de réussite aux examens en juin était de 95,77 %, se félicite Sandrine Houx- Plantier, responsable du re-sur le feu avant d’une 205, Neïl parle de son quotidien : « A Boisard, nous apprenons dix fois mieux que dans une autre école, car nous tou- chons à toutes les marques de voiture, de la 2 CV à laau-delà de la mécanique, avance Patrick Quattrone. Les professeurs ont choisi l’enseignement pour la trans- mission du savoir. » Le sa- voir-être est une valeur chère à l’école. « Pas de recrute-Les élèves fabriquent des pièces unitaires très techniques. Ils sont en contact avec le client et sont soumis aux délais. Les34 NOVEMBRE 2014crutement. Des élèves sont voiture de collection. C’est ment sur dossier chez Boi- nombreux », témoigne Eme- régulièrement primés au très varié. » Près de 1500 sard, chaque candidat est line, les yeux bleu acier Meilleur apprenti de France véhicules de particuliers sont reçu en entretien individuel, comme les pièces qu’elle et les entreprises s’arrachent réparés et entretenus ici explique Sandrine Houx- façonne. Seule jeune fille nos diplômés. Certains élèves chaque année, dans « l’école- Plantier. Nous creusons sa de sa section Bac Pro, elle se voient proposer trois postes entreprise » comme la connaissance du métier trouve des avantages à son dès leur sortie de l’école. » nomme son directeur depuis choisi. S’il ne me dit pas statut : « Une fille sort for-tions qu’il soutient. élèves-menuisiers ont fabri- qué une centaine de bancs pour l’église de Sainte-Foy- lès-Lyon.septembre, Bernard Fayolle. qu’il bidouille son scooter, cément du lot au milieu d’unStéphanie PoletteLes ateliers débordent d’en- vies et de projets, pour sou- tenir un modèle reconnu par des professionnels qui s’ar- rachent les diplômés.]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frElectron libre : Jean-Baptiste Descroix-Vernier CLUB ENTREPRENDRE Le philanthrope est en noirLJean-Baptiste Descroix-Vernier, boulimique de travail, a fondé Rentabiliweb, sur le point de franchir le milliard d’euros de CA. L’ancien séminariste travaille pour réinvestir... dans le Web ou pour les nécessiteux.a démarche chalou- sation des audiences sur In- prise a réalisé 71,9 millions pée. Le langage em- ternet. « Dès le départ, le d’euros de chiffre d’affaires preint de termes an- business model a été très en 2013 et emploie près deglo-saxons. Le tutoiement fa- rentable, se souvient Jean- 300 personnes, dont une cen-cile. Le costume noir de ri- gueur qui rappelle celui des vies passées et des voies pro- fessionnelles écartées pour désormais se concentrer sur l’entrepreneuriat. Les tempes grisonnantes et le catogan qui le figent dans le temps. L’homme a 44 ans. Et Jean- Baptiste Descroix-Vernier est un OVNI dans le paysage entrepreneurial. Elevé dans une barre HLM de Vénissieux par des parents bienveillants, il suit de brillantes études à Lyon : Bac à 16 ans, licence en droit privé, maitrise de droit des affaires, DESS de droit des affaires et fiscalité, diplôme de juriste conseil d’entreprises, certificat d’ap- titude à l’administration d’en- treprises et certificat d’apti- tude à la profession d’avocat. On reprend son souffle. Pour- tant, à 18 ans, son cœur ba- lance. Il s’était engagé au séminaire. Il voulait être prê- tre. Il met de côté cette voie « pour l’amour d’une femme » et revêtira quelques années plus tard une autre robe. Avocat d’affaires à Lyon pendant six ans, il fait des vagues au Barreau. « La mai- son des avocats ? Le quartier général des cons », se sou- vient-il. Baigné dans ce mi- lieu, il choisit de passer du côté des businessmen et tombe la robe d’avocat.Baptiste Descroix-Vernier.taine en France.SOLITAIRE, MAIS...Celui qui se dit profondément solitaire, qui cultive la dis- crétion et distille ses inter- ventions, est toutefois proche de puissants hommes d’af- faires. Son conseil d’admi- nistration réunit Jean-Marie Messier (Vivendi), Gilles Lio- ret (Groupe Numerix) ou en- core Georges Pauget (ancien président de la Fédération bancaire française). Ses ac- tionnaires sont Pierre Bergé, Bernard Arnault et François- Henri Pinault. « Ils sont au capital et ils sont actifs. J’ap- prends de ces hommes. J’ai également connu Steve Jobs. Je suis une éponge et m’im- prègne de leurs expé-Pas vraiment le même look que ses actionnaires Pierre Bergé, Bernard Arnault ou François-Henri Pinault...Sa fortune personnelle lui sert à financer des causes qui lui tiennent à cœur. La fon- dation Descroix-Vernier, de droit belge privé, fondée en mars 2007, soutient des ac- tions en faveur « de tous êtres vivants, individus ou animaux, placés dans une si- tuation d’extrême détresse matérielle, physique ou mo- rale. » De la finance des re- cherches du professeur Bau- lieu sur la maladie d’Alzhei- mer à la construction de puits en Afrique, l’homme en noir, qui se dit toujours guidé par Dieu, se veut un entrepreneurEn 2001, au moment où les tours du World Trade center sont victimes d’un attentat et en plein éclatement de la bulle Internet, le jeune diri- geant choisit ce domaine pour débuter une aventure fruc- tueuse. « Alors que tout In- ternet était gratuit, j’ai eu la vision de dire que ce business model ne durerait pas. Nous avons inventé le mot « mo- nétiser ». » En 2002, Renta- biliweb – pour rentabiliser le Web donc – est lancée. La société propose des services de micro-paiement sous forme de SMS et d’appels surtaxés, et ainsi la monéti-de proximité. La première étape de cette solution avait consisté à servir les grandsmerce physique. Be2bill offre ainsi à tout commerçant une solution unique d’encaisse-merces de proximité français d’ici à la fin de l’année. « C’est un marché de 500Dans notre premier exercice nous avons réalisé 300000 euros de chiffres d’affaires et une marge de 70000 euros. Nous n’avons jamais eu de dettes, ni besoin de faire appel à des banquiers pour solliciter un prêt. » Tout va très vite pour le trublion du Web. En 2005, il atteint 10 millions d’euros de chiffre d’affaires, et en 2006, intro- duit Rentabiliweb sur Alter- next Paris. « Nous serons le dernier dossier instruit par la Bourse de Lyon. » Deux ans plus tard, la double co- tation se fera sur le marché de Bruxelles. C’est à cette période qu’il décide de quitter la France. Il s’installe per- sonnellement à Amsterdam, sur une péniche, d’où il gère ses affaires. « Je n’ai jamais regretté d’avoir quitté Lyon pour installer mon entreprise à Bruxelles. »L’ARGENT N’ESTPAS SI SALEL’enfant de la banlieue lyon- naise aurait-il une revanche à prendre sur la vie pour cou- rir autant après l’argent ? « Je n’oublie pas d’où je viens. J’ai été un étudiant boursier. L’argent n’est pas sale. Ce qui peut être sale, c’est ce qu’on en fait. Je n’ai aucune honte à gagner de l’argent. » Alors il réinvestit tout, reprenant via sa holding (anciennement baptisée « Golden Glaouis Invest », « couilles en or » en argot) le contrôle de son groupe dont il détient désormais à titre personnel 53,5 %. 13% du capital appartiennent aux salariés « les plus essentiels ». Ses ninjas. « Pour avoir des gens brillants, je suis allé les chercher chez les hackers, s’amuse-t-il. La culture d’en- treprise est très forte au sein du groupe. Mes équipes ne me voient jamais mais je contrôle tout à distance. Nous avons inventé des outils pour nous parler tout le temps. J’ai besoin de calme et de solitude sur ma péniche. » L’entrepreneur investit dans les outils et les développe- ments pour rester fidèle à la genèse de Rentabiliweb.Nous avons inventé des outils pour nous parler tout le temps. J’ai besoin de calme et de solitude surma péniche à Amsterdam.riences. » du e-commerce français et ment par carte couvrant l’en- milliards d’euros par an, soit Fin septembre, Rentabiliweb européens. « Nous avons semble de la chaîne de paie- dix fois plus important que a annoncé le lancement de équipé 1500 sociétés de e- ment, du TPE au versement le Web. Notre objectif est sa solution d’encaissement commerce », avance Jean- de fonds. Le groupe prévoit d’atteindre le milliard d’euros par cartes bancaires Be2bill Baptiste Descroix-Vernier, d’installer les 500 premiers dès 2014 et 2 à 3 milliards sur le marché du paiement adaptant le système au com- équipements dans des com- d’euros en 2015. » L’entre-philanthrope.Stéphanie PoletteNOVEMBRE 2014 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Lytess, entreprise de cosmétotextiles Remise en jambesLa maladie de son fondateur a fait décrocher Lytess en 2012, après une décennie de croissance très rapide. Reprise en main par un nouvel actionnariat, la start-up tourangelle,leader mondial des cosmétotextiles, arpente les voies de la guérison.L’histoire de certaines entreprises est si inti- mement liée à celle de leur fondateur que la santé de l’un(e) peut largement in- fluencer celle de l’autre. Pour le meilleur et pour le pire. C’est ce qu’a vécu la société Lytess en 2012.Fondée en 2003 par Philippe Andrieu, la petite entreprise installée à Fondettes dans la région de Tours (Indre-et- Loire) a connu un essor très rapide. Sous la houlette de son dirigeant, un génial touche- à-tout, cette pépite s’est ap- proprié le concept de cosmé- totextile et l’a adapté pour en faire des vêtements « intelli- gents ». En l’espace d’une petite décennie, elle devient la première marque mondiale du secteur grâce à ses vête- ments (collants, corsaires, bras- sières, etc.) enrichis de mi- crocapsules contenant des ac- tifs hydratants, raffermissants ou encore amincissants. Avec le lancement du premier collant minceur en 2003, c’est le début d’une success story. Les taux de croissance sont très élevés et la PME tourangelle dépasse les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires au début des années 2010. Elle emploie alors une quarantaine de sa- lariés et travaille notamment pour le groupe L’Oréal (marques Mixa et Garnier).faveur d’une augmentation de capital et prend le contrôle de Lytess. Il confie les manettes de la société tourangelle à Bruno de Lalande. Arrivé dé- but 2013 comme dirigeant denational. Dernièrement, il avait également assuré plusieurs missions de direction de tran- sition, notamment au sein de Dorotennis. En résumé un pro du textile, spécialiste des si-propose alors un plan straté- gique aux actionnaires. « J’ai fait en sorte de ne pas déna- turer la société, explique-t-il. En revanche, j’ai voulu l’ins- crire dans une vraie dyna-devons aussi proposer des col- lants veinotoniques, des bandes compressives, des masques anti-âge et étendre notre gamme vers les produits beauté, bien-être et sport. Elar-d’une cellule R&D en interne. Celle-ci élabore les nouveaux produits qui sont ensuite fa- briqués dans une usine de Mo- nastir, en Tunisie.DIX NOUVEAUX PAYSCARENCE DE OUVERNANCEMais le destin frappe l’entre- prise en plein vol. En 2012, son dirigeant et fondateur tombe gravement malade et doit se retirer des affaires. Pri- vée de son mentor, Lytess subit alors un brutal revers. Le chiffre d’affaires dévisse dangereusement de 50% (au- tour de 6 millions d’euros). La carence de gouvernance à la tête de l’entreprise ralentit la création de nouveaux pro- duits et le développement à l’international.Le fonds régional de capital- investissement Sofimac part- ners, actionnaire minoritaire de l’entreprise depuis 2008, devient alors majoritaire à laNOUVEAU PLAN STRATÉGIQUEPour sauver Lytess, l’homme restructure la société, qui passe à 18 salariés, et revoit sérieu-"Mais non, ce n'est pas ce que vous croyez ! Je vérifiais la solidité des microcapsules raffermissantes Lytess..."Parallèlement à l’élargissement de gamme, Bruno de Lalande mise également sur le déve- loppement de Lytess à l’in- ternational. « Entre avril et septembre, nous avons ouvert dix nouveaux pays », note le dirigeant. Présente jusqu’alors en Italie, au Moyen-Orient ou encore aux Etats-Unis, elle a étendu son terrain de chasse en Europe et en Asie, notam- ment en Russie, en Pologne, au Danemark, en Turquie, en Thaïlande, en Indonésie et à Hong-Kong. « D’ici moins de deux ans, nous devrions réa- liser 50% de notre chiffre d’af- faires à l’export. » Présente dans une vingtaine de pays, la petite marque française en- tend bien prendre un maxi- mum de positions avant de voir débarquer la concurrence. « Nous sommes sur un marché de niche qui sera un standard dans quelques années, estime Bruno de Lalande. D’ailleurs, des grands groupes comme Beiersdorf se lancent dans les cosmétotextiles. » En France, les ventes de Lytess devraient être dopées par la nouvelle boutique en ligne, entièrement refondue en mai dernier. « Le Web est également l’un de nos piliers de développement. Pour l’instant, nous vendons essen- tiellement en France, mais notre site a vocation à rapi- dement sortir des frontières. » Forte de sa nouvelle stratégie, Lytess devrait finir l’année sur une progression de 20%. « Cela signifie que l’encadre- ment de l’entreprise était déjà excellent et qu’elle disposait d’une capacité à rebondir qu’il s’agissait d’orchestrer, analyse Bruno de Lalande. Cela veut dire aussi que les marchés sont bien là. » Le dirigeant vise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros à l’horizonYann Petiteauxtransition, celui-ci prend la présidence effective de l’en- treprise en octobre de la même année. Ce quinquagénaire a le profil idéal. Il a débuté sa carrière chez Colgate-Palmo- live avant de travailler à l’in- ternational comme directeurtuations de changement et che- vronné à l’international.mique de marque. Car elle manquait de capacité à ins- taller des actions dans la du- rée. Or quand on veut être une marque, on ne peut pas travailler par à-coups. » Depuis un an maintenant, Ly- tess avance au rythme de sagir notre territoire d’expression tout en renforçant notre cœur de business. » Ainsi, depuis le début de l’année, Lytess a lancé une gamme de textiles à base de particules de céra- mique (amélioration de la cir- culation) et une gamme deLes cosmétotextiles, un marché de niche qui sera un standard dans quelques années. D’où notre stratégie :36 NOVEMBRE 2014de filiale pour Descamps au Royaume-Uni, puis directeur Europe de la marque Osh Kosh. Il a ensuite enchaîné les postes de direction générale à la tête de VF Jeans France puis de Lejaby, avant de re- joindre le groupe Lee Cooper en qualité de directeur inter-le produit, le produit, le produitsement le train de vie à la nouvelle stratégie. « Le plan baisse. « Toute restructuration est simple : le produit, le pro- est un moment traumatique, duit et le produit, clame Bruno reconnaît Bruno de Lalande. de Lalande. Mon ambition est Pour que cela fonctionne, il de remettre de l’innovation faut qu’il y ait un projet clair au cœur du processus. Jusqu’à et pertinent et que l’entreprise présent, Lytess fabriquait es- enregistre rapidement des vic- sentiellement des sous-vête- toires. » Le nouveau dirigeant ments minceur. Demain, nousvêtements amincissants de nuit. Elle met actuellement sur le marché des collants masseurs à compression dé- gressive. Membre du pôle de compétitivité Cosmetic Valley, Lytess investit en moyenne 15% de son chiffre d’affaires dans l’innovation. Elle dispose.de trois ou quatre ans.]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur Général, ESSEC Executive Education, Promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 10 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, 2 formats : week-end ou modulaire.Pour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU© Getty Images – 291910914]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Prospective - Le livre en 2050Lecture papier, luxe de demain ?En période de remise des prix littéraires, EcoRéseau imagine à quoi pourrait bien ressemblerle livre-objet dans 36 ans, compte-tenu des innovations actuelles aussi nombreuses que disruptives...Une lecture aujourd’hui, une immersion demain ?premier Persolivre. Au- jourd’hui tout le monde pos- sède ce guide de vie qui fait office de manuel de forma- tion, de bibliothèque univer- selle mise à jour automati- quement, de source de di- vertissements, de journaux quotidiens, de romans... Contenu dans une séquence d’ADN de synthèse, il est possible à tout un chacun, via une puce RFID sous-cu- tanée, de le consulter en per- manence sur de nombreux supports, soit embarqués, soit ambiants dans l’environne- ment extérieur. Tout peut de- venir un écran en puissance : un mur peut faire apparaître des textes ou des images. Mais pour l’heure Fred pré- fère utiliser le nanosupport initial, extensible aux dimen- sions que les conditions de lecture nécessitent. C’est d’ailleurs celui-ci qu’il saisit et ajuste autour de sa taille comme un plateau, pour une plongée en 3D dans la galaxie Gutenberg, un contenu pé- dagogique lui permettant de mieux cerner l’histoire des livres. Eludant les messages de ses camarades, il se ren- seigne une fois de plus sur les mystérieux codex. L’ado- lescent ne manquera pas de- main de suivre le robot-guide dans l’espace « ancien temps », où il pourra enfin apercevoir ces cahiers de pages imprimées, pliées, re- liées entre elles et protégées par une couverture. Il paraît que certains riches marginauxLorenzo Soccavo, chercheur et conseil indépendant en prospective du livre et de la lecture, conférencier et auteur entre autres de Gutenberg 2.0, Le futur du livre (M21 éd., 2007) et De la bibliothèque à la bibliosphère (Morey éd., 2011) :« Découplage entre les contenus et leurs supports : le vrai changement »Pourriez-vous résumer très brièvement les grandes évolutions du livre depuis son apparition ?Il faut remonter aux temps des rouleaux de papyrus, des livres manuscrits sur parchemin, des imprimés sur papier dits incunables (1450-1501). S’est ensuite ouverte l’ère de l'imprimerie et de son industrialisation, puis son informatisation. Depuis le début des années 2000 les dispositifs de lecture se sont multipliés (ordinateurs portables, liseuses, tablettes...). Mais l’innovation vient surtout de nouvelles formes narratives, qui se cherchent encore autour du transmédia et du développement massif de l’autoédition et desfanfictions.Comment imaginez-vous le livre en 2050, dans les scenarii les plus fous ?Avec l’évolution des objets connectés et de la réalité augmentée, nous allons passer à un autre niveau de lecture, plus immersif. En vérité nous sommes dans un livre, et c’est ce livre total, ce livre absolu qui émerge depuis juillet 1971, le premier texte e-incunable numérisé par Michael Hart, l’inventeur du Projet Gutenberg. C’est ce livre qu’est notre univers, qui se révèle lentement avec la grande convergence NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, intelligence artificielle et sciences cognitives) et qui va se cristalliser durant les prochaines décennies.Au vu des recherches actuelles nous pouvons imaginer une sorte de « livre-mentor », une espèce d’avatar sémantique de chacun, qui serait comme un guide de vie, un manuel de formation et une bibliothèque universelle. Il serait contenu dans une séquence d’ADN de synthèse et nous pourrions via une puce RFID sous-cutanée le consulter en permanence sur de nombreux supports, soit embarqués, soit ambiants dans notreenvironnement extérieur.SALON DU LIVREEN 2050Fred, plongé dans les ténèbres de sa chambre d’adolescent en désordre, consulte une fois de plus la présentation du Salon du livre 2050. Ses yeux parcourent pour la énième fois le plan et les lignes explicatives illuminés par l’encre conductrice. De- main est enfin le grand jour, celui où il va enfin, par la première navette magnétique, se rendre avec sa classe au Salon du livre. Cette visite asont apparues les liseuses, tablettes et smartphones, as- surant confort de lecture et interactivité. L’e-ink, mis au point au MIT, a permis d’éli- miner le rétroéclairage qui fatigue la rétine. L’encre élec- tronique a été utilisée pour les liseuses, qui nécessitent une lampe de chevet comme un livre papier. Il a fallu at- tendre 2014 aux Etats-Unis pour que les ventes de ce qu’on nommait les e-books dépassent celles de livres im- primés. Cette époque devaitlisait pas de livre dans l’an- née. Dans les années 2010 heureusement l’écran est vé- ritablement devenu plus agréable pour les yeux, flexi- ble, pliable, léger. Une en- treprise issue du Laboratoire de physique de l’Université de Cambridge, Plastic Logic, a d’ailleurs mis au point, pour remplacer les puces en silicium, des puces en car- bone, ce qui les a rendues 90% moins chères et leur a donné de la souplesse. As- sociées à l’e-ink, elles ontLe Persolivre ? Un guide de vie qui fait office de manuel de formation, de bibliothèque universelle mise à jourautomatiquement, de source de divertissements .Quel sera le support privilégié ?Nous verrons probablement une interface hybride conjuguant les avantages du papier et des écrans, au niveau de la souplesse et des capacités d’affichage. Peut-être à base de graphène, un cristal monoplan de carbone. Comme un rouleau, ou une feuille pliable et extensible aux dimensions que les conditions de lecture nécessiteraient... Mais je crois surtout que nous ne penserons plus alors en termes de supports. Ce qui caractérise aujourd’hui la métamorphose du livre, c’est précisément le découplage entre les contenus et leurs supports d’affichage. Demain, tout ce qui pourra être support d’affichage pourra potentiellement faire livre (table, vitre, miroir, pare-brise, murs et plafonds...). Plus de supports uniques.Propos recueillis par J.T.une saveur particulière pour être incroyable. Comment les permis l’avènement des pa- se payent encore aujourd’hui Fred, à qui son père serine auteurs pouvaient-ils se faire pier-écrans. Mais ceux-ci ont le luxe de posséder de tels depuis des années l’histoire connaître par le simple papier, vite cédé la place aux livres objets, durs à conserver, en- de sa famille, les Mergeron, sans marketing digital, sites en réalité augmentée, apparus combrants et qui peuvent qui ont pendant des décénies web, blogs, animation des en 2015 au Japon. C’était le brûler. Fred rêve de les tou- évolué dans les métiers de communautés de lecteurs, temps des Google Glass ou cher, les saisir, et par ce geste l’écrit. Ainsi il y a 50 ans projections d’hologrammes autres eGlass. Cependant, le renouer avec ses aïeuls... son grand-père était maquet- afin de connaître leur uni- support comme le contenutiste pour un journal papier, vers ? Pas étonnant qu’à ont vraiment muté dans lescette matière oubliée autrefois l’époque les études révélaient années 2020, quand le pèreessentielle à la lecture. Puis qu’un Français sur quatre ne de Fred a mis au point le Julien Tarby38 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Le jobbingLe système D en voie de professionnalisation ?Source d’argent de poche pour une majorité d’utilisateurs, d’activité professionnelle à part entière pour quelques chanceux, les plateformes de « jobbing » cherchent leur place dans la jungle numérique. Le modèle fait débat, mais connaît un véritable essor outre-Atlantique, et maintenant en France...repassage des chemises... Flexibilité oblige : la solution fait office de bons plans pour étudiants, ces derniers profitant de la souplesse horaire pour engranger quelques centaines d’euros par mois en exerçant du babysitting, des traductions, des activités ménagères, et toutes sortes de tâches souvent faiblement exigeantes en terme de qualification.ormais 150000 membres, dont 60000 demandeurs de services. Il recense 15000 nouveaux jobbers (personnes proposant un service) chaque mois.150000 membres, mais le co- fondateur précise qu’il faut ajouter à ce chiffre les échanges qui ont uniquement lieu par téléphone et que le site ne comptabilise pas. Pour Ber- trand Tournier, cofondateur de YoupiJob, « il s’agit de laisser parler le marché. Si le brico- lage se développe beaucoup comme c’est le cas sur notre plateforme, c’est qu’il répond à une tendance réelle, une de-Mais le « jobbing » est égale-« Les services à la personne connaissent bien sûr un gros succès. De manière occasion- nelle ou saisonnière, certaines activités sont dopées par des pics de demande, comme la garde d’animaux juste avant et pendant l’été, ou encore lesAssembleur de meubles Ikea ou Conforma est un exemple de nouveau métier que nous créonsMSbilier au nom imprononçablement l’occasion pour des spé- cialistes de vendre leurs ser- vices, à l’image de Pascal Du- puis, menuisier de profession, qui augmente ses revenus de presque 500 euros chaque mois en intervenant à domicile dans le cadre de travaux d’intérieur d’envergure. Même chose pour François Gaillet, inscrit sur Frizbiz : « Je suis salarié dans le bâtiment et j’ai proposé mes services à un particulier à la recherche d’un spécialiste pour la pose d’un parquet. La mis- sion s’est très bien passée, et l’aventure s’est poursuivie. Je réalise aujourd’hui deux à trois jobs par semaine. » Le site YoupiJob rassemble dés-cours à domicile pour les en- fants à partir de la rentrée scolaire. Le bricolage et tous les travaux relatifs à la maison ont également le vent en poupe », constate Fabrice Ro- bert, cofondateur de Jemepro- pose.com. Du côté des rému- nérations, c’est le grand écart. Chez YoupiJob, la moyenne des revenus se situe autour de 280 euros par jobber par mois, mais un tel chiffre s’avère peu parlant. « Certaines missions sont réalisées pour une tren- taine d’euros. D’autres chan- tiers d’aménagement avoisi- nent les 20000 euros », indique Fabrice Robert. Jemepropose regroupe lui aussi quelquemande forte dans ce domaine. On assiste à des besoins aty- piques mais compréhensibles, en raison du vieillissement de la population par exemple. Des internautes recherchent parfois de l’aide pour le simple déménagement d’un lave-linge dans leur cave ».ieux vaut se renseigner sur le jobber avant de confier des travaux à haute valeur ajoutée...amedi après-midi. Re- tour des courses avec, sous les bras, du mo-en quelques clics sur des plate- formes d’un nouveau genre. Jemepropose.com, Youpijob.fr, ou encore Frizbiz.com, ont cette particularité de mettre à dis- position un panel de services si vaste qu’elles en viennent à inventer des métiers pour le moins singuliers.quelques mois à peine. L’idée repose sur un principe simple : un internaute propose un ser- vice et le montant qu’il de- mande pour l’offrir. De l’autre côté de l’écran, les intéressés se manifestent. Des milliers d’annonces inondent actuel- lement les plateformes comme Frizbiz, Jemepropose, Youpi- Job, MonAbeille, positionnés sur ce créneau porteur. Elles concernent le dépannage in- formatique, l’aide aux devoirs des enfants, le jardinage, leacheté chez votre distributeur suédois préféré. De quoi équi- per l’appartement. Mais voilà, il y a plusieurs meubles à mon- ter, le retard pris par ailleurs au bureau ne peut plus attendre, et vous êtes du genre à visser les étagères à l’envers. La so- lution ? Un assembleur de meubles Ikea, spécialiste des rouages de l’exercice, disponiblePLUS QU’UNESIMPLE MODELa tendance a vraiment pris corps il y a deux ans. Elle est montée en puissance enCONDITIONSPROPICESL’histoire du jobbing com- mence en 2008, avec une sim- ple affaire de croquettes pour chien. A la recherche d’une personne pour nourrir son ani- mal, l’Américaine Leah Busque est saisie d’une idée avant-gardiste. Elle décide deJ’aime ma boîteAvec J’aime ma boite, Altran ancre ses pratiques managérialesCperformance pour les entre- prises, Altran s’est mobi- lisé à l’occasion de l’événement J’aime ma boite pour partir rencontrer ses collaborateurs partout en France.Avec le sponsor de la DG France, William Rozé, COO, et Etienne Cadre, DRH, les équipes opéra- tionnelles accompagnées des équipes ressources hu-J’aime ma boite sur tous les sites Altran pendant que les consultants chez les clients se sont vu livrer le petit-dé- jeuner « à domicile » par leur manager en personne. Des événements tous plus séduisants les uns que les autres ont ensuite animés cette journée : atelier d’os- téopathie, espace manu- cure, coiffure et maquillage, afterwork et happy hours, concours de cuisine ou dégustation de produits régionaux, espacejeux de bars : baby-foot ou lâcher de ballons ! Enfin un « Selfie Contest » invi- tait tous les Innovation Ma- kers à prendre un cliché d’eux pour le publier sur Twitter avec le hashtag #JMBALTRAN. La grande gagnante fut une consul- tante de la région Sud-Est avec 45 retweets et 32 mentions « Favoris ».Isabelle Fougeras Directrice de la communication Altran FrancePrésidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESEAinsi la journée a débuté par un petit-déjeuner de bienvenue aux couleurs de40 NOVEMBRE 2014chronique parrainéeonvaincu que le ma- nagement de proxi- mité est un enjeu demaines se sont organisées pour offrir un moment de convivialité et de partage à tous les collaborateurs, qu’ils soient sur sites clients ou sur sites Altran. Une occasion formidable de fédérer toutes les équipes et de mobiliser la communauté d’Innovation Makers autour de valeurs humaines et profession- nelles.par Sophie de MenthonŒ]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15Les petits jobs ont vocation à se propager. Le vieillissement de la population et tous les types d’emplois qui y sont as- sociés en matière de services à la personne forment un autre élément essentiel qui fait croître les missions ponctuelles », analyse Fabrice Robert. Jusqu’ici, pour faire connaître une offre, on trouvait déjà les « jobboards » comme plate- formes disponibles. Mais ceux- ci impliquent des prix bien trop élevés pour tous les petits commerces qui, désormais, se tournent eux aussi vers cette nouvelle offre en ligne, venant grossir les rangs des jobbers. Pour certains profils profes- sionnels, il s’agit d’ailleurs d’un véritable tremplin pour stimuler l’activité, la faireCLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Le jobbingse lancer sur la Toile avec ledes annonces gratuitement en vivant grâce à la publicité en ligne générée par le trafic. L’émergence de ces nouveaux modes de consommation s’ex- plique bien sûr par l’avantage économique qu’ils représentent. « Dans chaque maison se ca- chent des petits travaux de manutention et d’entretien à effectuer. Prises de courant à changer, nouvelles tringles à rideaux à poser, robinets d’ar- rêt des WC à réparer, murs à peindre, et bien d’autres petits tracas du quotidien. Besoin d’un coup de main ? Encore faut-il pouvoir le financer ! », scande YoupiJob. Le site assure que toutes les petites tâches peuvent être réalisées par le biais de la plateforme pour un coût jusqu’à deux à trois foiscette étiquette que se présente l’ensemble des acteurs du do- maine. Une cartographie des membres réalisée par YoupiJob révèle que 59% des personnes inscrites sont des actifs, et 26% des étudiants. Parmi ces actifs, on compte de nom- breuses situations profession- nelles à temps partiel subi. Le loyer élevé, les enfants à charge, et la faiblesse des re- venus les précipitent vers l’ins- cription sur ces nouveaux sites. Pour Patrick Cingolani, socio- logue et auteur d’un « Que sais-je » intitulé La précarité, «ilyalàundangerécono- mique et social. Ces plate- formes contribuent à installer durablement ces actifs dans la précarité, leur faisant courir le risque d’un éloignement en-site RunMyErrand, qui est par la suite devenu TaskRabbit. L’aventure se résume au- jourd’hui en une liste de chif- fres plus impressionnants les uns que les autres : 1,25 million de membres, 25000 presta- taires, 10% d’entre eux qui exercent leur activité à plein temps... En France, l’activité émerge véritablement début 2013. Jemepropose a été l’un des premiers à exploiter le filon avec une première version lancée en avril 2012, puis la version actuelle du site, mise en ligne fin 2012. « Le but de ces développements est la créa- tion d’une nouvelle offre à mi- chemin entre les petites an- nonces, comme celles propo- sées par Leboncoin, et desIl n’y avait jusque là aucune plateforme pour les emplois dits « non structurés ». L’objectif est de faire sauter les frontières entre services rendus et emploisplateformes de recrutements professionnelles. Il n’y avait jusque là aucune plateforme pour les emplois dits non struc- turés. L’objectif est de faire sauter les frontières entre ser- vices rendus et emplois », dé- crypte Fabrice Robert. « As- sembleur de meubles Ikea ou Conforma est un exemple de nouveau métier que nous créons », souligne Bertrand Tournier, illustrant cette entrée dans une nouvelle ère. Les modèles déployés ne sont pas nécessairement identiques entre les plateformes. YoupiJob joue le rôle d’agence en ligne qui met en relation les intéressés. Le site se rémunère à l’échange de services réalisé, c’est-à-dire lorsque le travail proposé par le jobber est terminé. A l’in- verse, Jemepropose proposemoins élevé que ceux pratiqués par les professionnels concer- nés. Entre le déplacement, la réalisation des travaux, et la main d’œuvre, les taux horaires se situent rapidement dans une fourchette allant de 30 à 60 euros, contre 10 à 25 euros sur ces plateformes collabo- ratives. Les professionnels prennent par ailleurs très peu en charge les petites interven- tions de manutention, de bri- colage, ou de décoration, ou- vrant ainsi une fenêtre sur un créneau jusque là peu pourvu, si ce n’est par les particuliers eux-mêmes.core plus important d’un em- ploi pérenne à plein temps. Avec ce type de formule, on travaille quand l’autre le veut bien. Il s’agit d’une flexibili- sation à outrance, synonyme d’appauvrissement des popu- lations concernées ». Se lancer dans une telle activité peut donc au moins autant être source d’enfermement que de nouvelle aventure profession- nelle prometteuse. Avec 1,6 million de personnes em- ployées à temps partiel en France métropolitaine, c’est- à-dire 6,1% de la population active, nul doute que ces sites continueront à faire rêver la foule d’individus qui ont besoin d’arrondir leurs fins de mois. « Le climat de crise écono- mique explique la forte crois- sance de cette nouvelle activité.connaître localement. « La no- tion de proximité géographique est très importante dans la plupart de ces offres », souligne Fabrice Robert. Il cite l’exem- ple d’un photographe dont l’activité s’est envolée dès lors qu’il s’est inscrit sur Jeme- propose : « très rapidement, 90% de ses clients provenaient de notre plateforme. » Les sites qui existaient déjà il y a quelques années comme Le- boncoin se révélaient peu adap- tés aux échanges de services professionnels. « Il y avait un vrai manque que nous com- blons désormais », se félicite Bertrand Tournier.ACTIVITÉ D’APPOINT VS FLEXIBILISATION À OUTRANCEUne énième solution anti- crise ? C’est en tout cas sousDES MODÈLES CONÇUS POURDURER ?A peine mises en ligne, les42 NOVEMBRE 2014ConseilsLes moyens de se faire payer en un éclairLe rêve de tous les chefs d’entreprise, surtout au sein des plus petites structures. Avec les avances de trésorerie, il de- vient réalité. Vous avez réalisé des ventes ? Vos clients ont signé des billets à ordre ? Précipitez-vous chez votre ban- quier ! Il anticipera votre recette par une avance immédiate en rachetant votre créance portant sur le(s) client(s) concerné(s). Ce crédit prend la forme d’une lettre signée pour acceptation par le client, et est payable par ce dernier à l’échéance de la date inscrite sur le document. En contre- partie de ce paiement éclair, la banque prélève quelques frais. Des intérêts, sous forme d’agios sur la période allant du dépôt à l’établissement bancaire jusqu’à l’échéance, se- ront prélevés. A cela s’ajoutent une commission pour la re-mise du bordereau d’escompte récapitulant les effets remis par l’entreprise, et une commission par nombre d’effets remis au sein du même bordereau. A noter qu’en cas d’im- payé, la banque peut légalement se retourner contre la so- ciété qui lui a confié les créances en débitant cette dernière. Des poursuites à l’encontre du client mauvais payeur sont également envisageables. Tous les établissements bancaires proposent ce type de formule.Egalement créée dans le but d’octroyer des avances de tré- sorerie par transfert de créances, la cession Dailly est un dispositif intéressant très proche du précédent, à une dif- férence près : le transfert se fait sans l’intervention du client. Ce dernier n’a donc pas connaissance du recours au]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[n°15dispositif, sauf bien sûr s’il a reçu une notification. Il en résulte surtout un gain de temps précieux pour l’entreprise quant à l’encaissement des fonds, puisque la phase d’attente inhérente à la réception des documents par le client n’existe pas. Le coût est sensiblement identique à celui mentionné précédemment (versement d’intérêts et de commissions). L’affacturage est une autre réponse adaptée dans ce genre de cas. La cession de la créance se fait alors auprès d’une société spécialisée appelée factor, ou d’une filiale dé- diée au sein de votre banque. Celle-ci se chargera du recouvrement, mais aussi des élé- ments de gestion associés comme les lettres de relance. La remise des factures à la société d’affacturage se fait au fil de leur émission par l’entreprise. Côté dépenses, il faudra pren- dre en compte une commission de financement (un petit pourcentage de l’avance de tré- sorerie), une commission d’affacturage (correspondant aux frais de gestion, ainsi qu’un montant pour se prémunir contre le risque d’impayé, également proportionnel aux fonds avancés).43Créer aujourd’hui - Le jobbing CLUB ENTREPRENDREwww.ecoreseau.frle client, 50% des sommes dépensées peuvent être dé- duites des impôts ou récupé- rées en crédit d’impôts. L’avan- tage fiscal est accessible à tous dans la limite d’un plafond annuel variant de 12000 à 20000 euros selon les cas. Les activités éligibles au dispositif sont la garde d’enfants, le sou- tien scolaire, l’assistance aux personnes âgées ou handica- pées, les petits travaux de jar- dinage, les travaux ménagers et l’entretien du logement, les prestations de petit bricolage, ainsi que les prestations d’as- sistance informatique et In- ternet. Autant dire que toutes les catégories de coups de main entrent dans la catégorie. Attention, pour rester dans un cadre légal, le service conclu entre les différentes parties doit impérativement se dérou- ler en France, dans la résidence du client ou de celle d’un as- cendant familial.services de rédaction de conte- nus, de traduction, ou de rem- plissage de bases de données. Ces emplois, pour lesquels une faible qualification est parfois suffisante, sont souvent remportés par ceux qui ac- ceptent de baisser au maxi- mum les prix. » Là où les au- teurs de ces sites voient unecondamnés à être le moins offrant pour pouvoir fournir leurs services. » Pour l’heure, du côté des pouvoirs publics, on ne s’immisce pas dans le succès de cette professionna- lisation du système D. Mais à long terme, « il serait mal- heureux que le gouvernement encourage le précariat commeplein, payées au Smic. Autant dire qu’on est bien plus proche de l’argent de poche que de la rémunération permettant de payer son loyer. Pour gagner en importance, Jemepropose espère notamment attirer l’at- tention de nombreux artisans spécialisés qui ne disposent d’aucune vitrine actuellementCertaines missions sont réaliséespour une trentaine d’euros. D’autresCertains donnent plus qu’un simple cours de bricolage...Si l’annonce est diffusée au nom d’un professionnel, qu’il s’agisse d’une société, d’un autoentrepreneur, d’un artisan, ou encore d’une association, il ne faut pas omettre de men- tionner dans celle-ci le nom et la raison sociale de la per- sonne morale concernée, le numéro SIREN, ainsi que la zone géographique dans la- quelle la prestation est pro- posée.Même si les développements sont rapides, la généralisation des heures de travail par ce biais est loin d’être à l’ordre du jour. Sur son site Internet, YoupiJob annonce qu’une an- née de jobs postés équivaut à 600000 euros, c’est-à-dire un revenu pour une quarantaine de personnes occupées à tempstant les.personne est intéressée par leurs services. Il s’agit d’un développement pertinent, car les artisans sont souvent sur la route et n’ont pas forcément le réflexe de télécharger une application smartphone pour ces usages », confie Fabrice Robert.plateformes étaient déjà poin- tées du doigt comme un bou- levard inespéré pour le marché noir. Sur ce point, leurs fon- dateurs semblent réagir d’une seule voix. « Nous rappelons en ligne toutes les obligations essentielles pour les parties prenantes. Libre à chacun de savoir s’il veut être dans la légalité ou l’illégalité », estime Bertrand Tournier. Même son de cloche chez Jemepropose : « Tous les aspects de la loi sont clairement explicités sur le site. Nous remplissons notre devoir d’information. Mais nous ne sommes pas derrière chaque internaute pour savoir ce qu’il fait. C’est le civisme des personnes qui fait la dif- férence. Avec ou sans ces nou- velles plateformes, le travail au noir existe. Nous ne sommesque le reflet de problèmes an- crés dans la société ».En tant que particulier, un job- ber a parfaitement le droit de fournir un service à autrui contre rémunération. Mais la déclaration des revenus auprès de l’administration fiscale est obligatoire. Ceux-ci doivent être mentionnés comme « re- venus complémentaires » sur la feuille d’impôts. La ligne « Prestations de services et locations meublées » est pré- vue à cet effet. Un point pré- cieux joue en faveur de l’en- semble de ces plateformes d’un nouveau genre et de leur développement à long terme. Leurs activités sont éligibles au Chèque emploi service uni- versel (CESU), le dispositif qui encadre les services à la personne. Concrètement, pourMathieu NeuAu-delà des aspects légaux, c’est aussi la question de la qualité et la relation au travail qui interroge les experts. « L’horizon de ces supports en ligne est de mettre en concurrence les travailleurs de manière beaucoup plus vio- lente que ce que la société fait déjà dans un cadre de re- cherche d’emploi classique, s’inquiète Patrick Cingolani. Aux Etats-Unis, où le phéno- mène a un temps d’avance, de nombreuses plateformes ont émergé, proposant deschantiers d’aménagement avoisinentles 20 000 eurossorte de nouvelle voie, d’al- ternative au salariat et au contrat de travail classique, le sociologue craint « un danger lié à un modèle trop flexible. Par le passé, l’embauche était considérée comme un fait or- dinaire. Aujourd’hui, l’em- ployeur est presque vu comme un philanthrope lorsqu’il donne du travail. La quête d’emploi ne doit pas se faire à n’importe quel prix, et cer- tainement pas au risque d’une mise en concurrence extrême de travailleurs ultra-flexiblesnouveau mode de travail ris- quant de supplanter le salariat. Fermer les yeux sur ces dan- gers seraient une grave er- reur », prévient Patrick Cin- golani.sur le Web, comme les fer- ronniers ou les ébénistes. « A court terme, nous prévoyons de lancer des offres SMS aler-jobbers lorsqu’uneNOVEMBRE 2014]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Fonder une EcoleC'est pas sorcier ?L Créer une école et se faire une place au soleil entre les mastodontes de l'enseignement supérieur parfois centenaires... Difficile mais pas impossible.’école n’est pas une s’inscrire sur le long cours. d’une part et des entreprises « La Conférence des grandes entreprise. Et former, en matière de formation écoles (CGE) ne doit pas ce n’est pas travail- UN MONDE continue d’autre part, force compter d’école qui a moinsler. Des slogans qui amènent FINALEMENT ASSEZ est d’admettre que la solu- de dix ans d’existence. Si on à opposer le monde de la pé- CONSERVATEUR tion choisie par les acteurs assiste à plus d’entrées que dagogie à celui des actifs. Depuis les années 90, on ob- de l’enseignement supérieur de sorties, il s’agit seulement L’enseignement, même su- serve des effectifs en aug- réside davantage dans la de quelques unités par an qui périeur, est souvent placé mentation constante dans les création de nouvelles forma- grossissent nos rangs. Cette dans une logique inverse de établissements, de 133% tions ou l’élargissement des année, ce fut le tour de Paris celle de l’entreprise. Pour- pour les écoles d’ingénieurs cohortes. Option préférée à Dauphine en tant qu’écoleLes nouvelles écoles ont besoin de profils – sociologues, experts professionnels... – qui « sentent la société » pour être membres des comités de perfectionnement pédagogiquetant c’est main dans la main que les projets pédagogiques se précisent pour accoucher d’écoles innovantes voulantet de 184% pour les écoles de management. Malgré une demande toujours croissante de la part des bacheliersla création de nouvelles écoles. Encore plus lorsqu’on se penche sur un enseignement de qualité.de management par exem- ple », confirme Francis Jouanjean, délégué général de la CGE. Les vraies nou- veautés ne sont donc pas monnaie courante, même si ce phénomène est valable pour toute la zone Europe.44 NOVEMBRE 2014critères du Financial Times. Mais toutes les écoles ne connaissent pas un destin heureux. A l’initiative de Bruno Bich, Martin Bouygues et Claude Bébéar, le MIP (Management Insti- tute of Paris) ambitionnait de faire partie des meilleurs éta- blissements français à n+10 de l’année de création (2004). Destin brisé, puisque l’établissement est absorbéen 2010 par l’EDHEC. La marque MIP disparaît et les structures sont rattachées à l’ESPEME, école de mana- gement du groupe EDHEC. Selon les experts de l’obser- vatoire Boivigny, l’échec du MIP serait imputable à l’éparpillement des forma- tions ; les cinq marques commerciales dédiées à la visibilité des différentes for- mations n’ayant pas réussi àLES DESTINS TRÈS DIVERS DES PETITS NOUVEAUXDes exemples existent néan- moins. Et non des moindres. Au siècle dernier, l’IN- SEAD, l’un des leaders eu- ropéens dans la formation continue, a vu le jour en 1957. Plus près dans le temps, l’IMD (Institue for Management Development) de Lausanne propose un MBA réputé mondialement, malgré une institution qui dans sa forme actuelle ne date que des années 1990. Elle a été le résultat de la fu- sion entre l’IMI Genève créée en 1946 par Alcan, et l’IMEDE créée par Nestlé en 1957. Outre-Rhin, l’ESMT (European School of Management and Techno- logy) a été fondée à l’initia- tive d’un groupement d’entreprises, avec comme ambition d’en faire un leader européen. En moins de dix ans, l’établissement a obtenu son accréditation AMBA en 2009, et est parvenu au prin- temps 2014 à décrocher une 27e place dans le classement des écoles en matière d’édu- cation exécutive, d’après lesDe nouvelles écoles, pour ne plus avoir affaire au classique prof ringard..."]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frs’imposer face à la concur- rence. « Il faut bien avoir en tête que chaque année, nous développons des projets de créations qui parfois seront tués dans l’œuf. Ce sont plusieurs projets qui chaque année ne voient pas le jour », note Marc Drillech, directeur général de IonisCréer aujourd’hui - Fonder une Ecole CLUB ENTREPRENDREtique et les nouvelles tech- nologies, ou plus récemment « 42 », l’école de program- mation de Xavier Niel, font le pari de miser sur les at- tentes du marché en matière de recrutement. A l’image de l’école européenne des métiers de l’Internet, co- fondée par le même Xavier Niel, avec Marc Simoncini et Jacques Antoine Granjon. « L’enjeu n’est pas tant d’apprendre aux élèves le monde d’aujourd’hui, mais plutôt de les rendre à l’aise dans les compétences en- seignées d’ici à 2020 »,de ce qu’il adviendra de ces structures, ces nouvelles créations posent la question des évolutions de l’enseigne- ment supérieur et redessi- nent les liens qui unissent l’entreprise à la pédagogie, l’open-space à la salle de classe.d’Ascencia Business School. A propos du recrutement et de la finalité de ces écoles, les responsables de ces ré- centes créations s’accordent sur la réalisation du mode opératoire. « Face à l’offre de formation ultra-concur- rentielle en France et à l’étranger, il faut identifier au mieux les profils recher- chés et penser le mode de fi- nancement : cela passe par des salons traditionnels, des réseaux sociaux, des job boards, des sites spécialisé dans l’orientation », précise Olivier de Lagarde, égale-ment président du Collège de Paris. Rien de révolution- naire dans le mode opéra- toire, censé soutenir une volonté de croissance sur plusieurs décennies. S’ins- crire sur le long cours et ga- gner en renommée semblent donc importer tout autant que de répondre à l’actuelle demande de recrutement.analyse Marc Drillech. D’où un besoin actuel de s’enquérir de l’avis des professionnels, tout en accomplissant un ef-CONCILIER LA DEMANDE SOCIÉTALE ET LES BESOINS DES ENTREPRISESPari risqué, parcours du com- battant, investissement d’une niche, recrutement de colla- borateurs dotés des bonnes compétences... Tout ce voca- ble d’obédience entrepreneu- riale peut se calquer à ceux qui créent une école. « Pour être clair, les très bonnes écoles qui affichent un prix d’acquisition faible ne cou- rent pas les rues. Si l’oppor- tunité ne se présente pas en matière d’acquisition, nous prenons alors la décision de créer », constate Marc Dril- lech. Pour le Moda Domani Institute, la genèse du projet remonte à trois ans. Plusieurs écoles ayant eu vent du pro- jet sont alors venues frapper à la porte du groupe Ionis. « Les écoles étaient aussi chères que mauvaises. La croissance externe compro- mise, nous avons donc opté pour un développement en interne », complète le direc- teur du premier groupe privé d’enseignement supérieur en France. Un positionnement de l’école qui répond égale- ment à des demandes socié- tales inassouvies, à un enseignement de niche : se former dans le domaine du luxe dès après le Bac ; s’en- quérir de toutes les disci- plines transversales de gestion, de management et de marketing sans pour au- tant omettre les dimensions créatives et artistiques du secteur. C’est donc le projet pédagogique qui définit l’identité. Cette identité qu’il faudra travailler pour la ren- dre visible aux yeux de tous : aux professionnels, étudiants voire même à la société afin que la qualité perçue, la re- nommée de l’école, collent au mieux à sa réalité pédago- gique et au monde du tra- vail. « Mais au fond, le business model est simple : d’une part il faut des étu- diants et d’autre part des équipes selon les pro- grammes de formation. Et enfin des moyens pour finan- cer la formation », synthétise Olivier de Lagarde, présidentUNE DÉMARCHE PROSPECTIVE À ADOPTERCertains établissements comme Epitech du groupe Ionis, école pour l’informa-fort prosp.pétences recherchées dans un futur proche. Profession- nels, sociologues, experts,... Ces profils sollicités par les écoles, qui « sentent la société », seront souvent membres des comités de perfectionnement pour améliorer et orienter la pédagogie.ectif sur les com-Geoffroy FrameryEducation Group. Qu’en sera-t-il donc du très récent Moda Domani Institute (école de commerce sur le luxe, la mode et le design) mis au point par le groupe Ionis, du tout jeune « 42 », concept pédagogique d’in- formatique fondé par Xavier Niel, ou encore de la jouven- celle Ascencia Business School ? S’il est encore trop tôt pour lire dans les astresNOVEMBRE 2014 45]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[OFFREZ UN ENVIRONNEMENT PRIVILÉGIÉ AU DÉMARRAGE VITÉ© Pays de Grasse. C. BarbieroDES LOCAUX PRIVATIFS PROPOSÉS À LA LOCATIONDES SERVICES MUTUALISÉSUN ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISÉDES ESPACES DE COWORKINGDirection du développement économique : Christelle Bizet 57, Avenue Pierre Sémard - BP 91015 - 06131 Grasse Cedex Tel : 04.89.85.60.00 cbizet@paysdegrasse.fr]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Immobilier d’entreprisesEntrepreneurs, locataires et futésLes stratégies des entrepreneurs pour louer des bureaux sans se ruiner sont plus nombreuses aujourd’hui qu’hier. Encore faut-il les connaître...e marché de l’immo- voire à la location de salles ne dépassent que très occa- cherche chez JLL, un cabinet bilier de bureau est de réunion à l’heure ou à la sionnellement 750 euros le de conseil en immobilier en ébullition. Dans journée. Avec des loyers mètre carré depuis un an. A d’entreprise.un climat économique mo- stagnants à des niveaux fai- la Défense, après une baisserose, les créateurs d’entre- bles et une offre fournie, les enregistrée au premier tri- CENTREprise en mal de locaux tirent créateurs d’entreprise et di- mestre 2014, le loyer se sta- D’AFFAIRES,les loyers à la baisse quand rigeants de TPE ne se privent bilise autour des 500 euros. LE COÛTils n’abandonnent pas le mar- pas pour négocier les loyers La situation financière des DE LA FACILITÉché locatif traditionnel au à la baisse, même dans les entreprises est toujours pré- A côté de la location clas- profit du coworking. La marchés très établis comme caire, et bon nombre d’entre sique, les jeunes chefs d’en-La tendance est à la sous-location de bureaux, voire à la location de salles de réunion à l'heureou à la journée« sharing economy » (l’éco- nomie du partage) a en effet depuis quelques années fait une intrusion remarquée au sein de l’entreprise. Désor- mais la tendance est à la sous-location de bureaux,par exemple le quartier cen- tral des affaires à Paris, la Défense ou encore Neuilly- Levallois. « Sous la pression des locataires, dans le quar- tier central des affaires, les transactions les plus chèreselles n’ont ni la capacité, ni la volonté de payer des loyers élevés, même pour des immeubles dans des quartiers centraux », confirme Virginie Houzé, directeur Etudes & Re-treprise peuvent également être séduits par l’option cen- tre d’affaires. Ces derniers sont implantés en France de- puis plus de 30 ans. Mais ils prospèrent particulière- ment en période de crise, « en proposant des solutions d’accompagnement concrètes. Ils se positionnent en partenaires privilégiés de nombreux entrepreneurs de TPE et PME. Au quotidien, ce sont plus de 60000 en- treprises qui profitent de so- lutions de mise à disposition d’espaces de travail flexibles et modulables, ainsi que d’une offre de services com- plémentaires (interconnexion à très haut débit, soft phone, téléphonie nomade, solutions collaboratives, secrétariat, espaces de coworking...). Les solutions d’héberge- ments proposées, écono- miques et non-engageantes, prennent en compte le fait que ces petites structures, parfois naissantes, ne peu- vent supporter de lourdes charges d’installation et d’exploitation d’un bail trois/six/neuf ans », explique Bruno Rébillé, président du Syndicat national des pro- fessionnels de l’hébergement d’entreprises (Synaphe). Un seul bémol, le prix. Un poste de travail se négocie entre 500 et 2000 euros par mois selon l’emplacement, prix auquel il faut ajouter l’accès aux services. Dans ces cen- tres, une connexion internet coute entre 80 et 120 euros par personne et par mois, de même que le standard té-50 NOVEMBRE 2014ATOUTS ÉPHÉMÈRES DES INCUBATEURS« Si les PME et les start-up peuvent profiter du marasme actuel pour se loger dans des conditions avantageuses sur le marché traditionnel,Mieux vaut flairer le propriétaire psychopathe avant d’ac- cepter son offre de sous-locationou se laisser séduire par les services des centres d’af- faires, elles ont également tout intérêt à se renseigner auprès des pépinières et au- tres incubateurs de start- up », recommande Bernard Delbourg de chez Euklead, réseau français d’experts qui accompagnent les entreprises dans l’optimisation de leurs coûts de fonctionnement. A Paris, il existe aujourd’hui des dizaines de structures qui fournissent locaux et ser-léphonique. Les photocopies et les fax sont facturés à la consommation. En clair, avant d’emménager dans un centre d’affaires, il est urgent d’analyser ses besoins et... de faire ses comptes.]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frBusiness guides - Immobilier d’entreprises CLUB ENTREPRENDREvices à forte valeur ajoutée aux créateurs d’entreprise pour un coût de 100 à 300 euros par poste, selon les incubateurs. Il y a ceux de la région Île-de-France, de la mairie de Paris, des écoles de commerce ou d’ingé- nieurs, mais aussi Numa,les centres d’affaires et les incubateurs, des alternatives plus originales existent, au premier rang desquelles la sous-location. « Les jeunesPARTAGE DES LOCAUX, IDÉE LUCRATIVEClément Alteresco, le fon- dateur de BAP (Bureaux àde l’entreprise. A mi-chemin entre le courtage en immo- bilier, la collocation d’en- treprises et la création d’es- paces de travail partagé (co-espace inoccupé de votre ac- tif immobilier. « Toutes les entreprises ont un excès de bureaux à un moment de leur vie. Il y a une vraiemandent qu’à travailler dans le centre de Paris à un tarif moins cher que si elles étaient seule. » Entre une demande assurée et une offre qu’il faut stimuler, le tour est joué. Au-delà du coût, l’autre avantage du bureau partagé est sa flexibilité. « Avec nous, fini la contrainte du bail de trois/six ou neuf ans. Alors que les jeunes entreprises n’ont sou- vent une perspective qu’à six mois, elles choisissent la durée de la location au mois près et peuvent ajusterCertains n’hésitent pas à dupliquer le modèle qui a fait le succès de Airbnb et autre Blablacar à l'univers B2Bentreprises et start-up qui partager), a bien compris le working), sa solution de bu- offre, latente, qui est inex- souhaitent emménager dans potentiel de l’économie du reaux à partager permet de- ploitée, et beaucoup de une métropole peuvent avoir partage décliné au monde puis 2007 de rentabiliser un jeunes entreprises ne de- intérêt à envisager la sous-qui a ouvert ses portes dans le quartier du Sentier. Si le système est séduisant, il est en général réservé aux so- ciétés innovantes qui ont su convaincre les dirigeants de ces structures. De plus, les contrats sont éphémères : de trois mois à deux ans maxi- mum. Au terme du partena- riat, l’entreprise revient dans le marché traditionnel.location. En raison de la du- rée des baux (trois/six mais surtout neuf ans), pour une activité qui n’est pas facile à anticiper, de nombreuses entreprises ont loué des bu- reaux qui se sont avérés trop grands. Pour amortir le coût du loyer, elles proposent de sous-louer une partie de leurs locaux à d’autres entreprises, pour un prix inférieur à celui du marché primaire », ex- plique Romain Coste, direc- teur chez CBRE, société de conseil en immobilier d’en- treprise. Une aubaine qui n’a pas échappé à Addict Agency. L’agence de communication digitale a durant plusieurs années sous-loué des bureaux auprès d’un cabinet d’audit. « A la création de l’agence en 2008, pour réduire les coûts, mon associé et moi avons sous-loué, grâce au bouche-à-oreille, deux bu- reaux de 25 mètres carrés environ, plus une salle de réunion partagée dans le 7e arrondissement. C’était lar- gement suffisant pour débuter notre projet. Surtout, nous n’avons pas eu à nous sou- cier de l’eau, de l’électricité ou d’Internet puisque tous ces services étaient déjà dis- ponibles et facturés chaque mois par notre bailleur », explique Mathieu Galloux, l’un des fondateurs. L’agence louait ses bureaux environ 1000 euros HT par mois, « un prix largement inférieur à celui du marché locatif comme à celui pratiqué par les centres d’affaires », assure le dirigeant. Cette formule a réussi à l’agence qui a pu tester son concept et se faire une réputation, en allouant un minimum de ressources à l’immobilier : aujourd’hui, elle a déménagé dans plus de 150 mètres carrés dans le 2e arrondissement, pour loger sa quinzaine de collabora- teurs.LA SOUS-LOCATION, POUR METTRE LE PIED À L’ÉTRIEREntre le marché de l’immo- bilier de bureau classique,NOVEMBRE 2014 51Œ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Immobilier d’entreprisessur les meilleurs pratiques liées au partage de bureau : Comment gérer la salle de réunion ? L’Internet ? L’im- primante ? Le Contrat ? Etc.prises possèdent une salle de réunion vacante au moins trois jours par semaine... Il s’agissait donc de faciliter le contact entre les uns et les autres pour que chacun s’y retrouve ; gain de temps et d’argent d’un côté, reve- nus complémentaires de l’au- tre. Bird Office était née ! » La start-up permet aux en- treprises de mettre à dispo- sition tout espace disponible et de bénéficier ainsi d’une nouvelle source de revenus, sans investissement, ni re- crutement, mais juste en pro- fitant et en exploitant au mieux leurs bureaux.« J’ai peut-être été un tantinet radin lorsque j’ai choisi mon espace de travail »LE AIRBNP DU PROFESSIONNELDans le sillage de BAP, une autre start-up a lancé avec succès en avril dernier la réservation d’espaces pro- fessionnels à l’heure où à la journée. Bird-Office reprend un modèle qui a fait le succès de Airbnb et autre Blablacar en le dupliquant à l’univers B2B. La société répond en effet tout à la fois à la de- mande d’entreprises et d’in- dépendants en recherche d’espaces pour se réunir et travailler aux meilleurs prix et à celles souhaitant opti- miser leurs espaces libres. « A l’origine du site, un constat évident : avec un marché de 400000 réserva- tions pour un volume de 350 millions d’euros par an, la location de bureaux et d’es- paces de réunion continue, et a aujourd’hui l’air de bien se porter en France, explique Arnaud Katz, fon- dateur de Bird Office. Ce- pendant, les offres de réser- vation de courte durée res- tent peu nombreuses, souvent onéreuses et juridiquementVia le site, la start-up assure la mise en relation d’entre- prises ayant des espaces dis- ponibles avec celles recher- chant un espace profession- nel à l’heure ou à la journée : pour l’organisation d’un événement ponctuel (convention, assemblée gé- nérale...), dans le cadre de déplacements professionnels ou pour une activité récur- rente (sessions de formation, etc.) ; quant aux clients, ils peuvent réserver en quelques clics l’espace qui leur semble le mieux adapté parmi ceux proposés, au meilleur prix. A titre d’exemple, une salle pour deux personnes, idéale pour un recrutement d’em- bauche, se loue 10 euros de l’heure au centre de Paris. Ces plateformes, en offrant aux entreprises la possibilité de monétiser leurs espaces ponctuellement inoccupés, s’assurent la possibilité de proposer des prix très at- tractifs, en moyenne 50% moins élevés que les solu- tions classiques (centres d’af-à la hausse comme à la baisse la taille de leur lo- cation en fonction de leurs besoins », explique Clément Alteresco.tuitement sur le site. Si une annonce leur plaît, ils entrent en contact, demandent à vi- siter les lieux... et si cela leur convient, l’affaire est conclue. Les prix débutent à 15 euros par jour pour unpriétaire du prêt d’une partie de vos locaux pour payer le loyer et arrondir les fins de mois. Mais vous pouvez aussi ne rien dire car le ser- vice proposé par BAP relève plus d’un contrat de presta-loue un poste, un accès à Internet, une imprimante, le café.... mais pas de la sur- face », explique l’entrepre- neur qui revendiquait 10000 clients pour 3500 rencontres en 2013.Mais il ne s’agit pas seule- ment d’optimisation finan- cière : l’entreprise crée aussi des synergies et s’ouvre ainsi à des collaborations qu’elle n’aurait pas nouées autre- ment. D’après Clément Al- teresco d’ailleurs, « plus de 55% des personnes qui par- tagent leurs bureaux travail- lent ensemble ». Concrète- ment, l’usage du site est gra- tuit : les entreprises qui ont de l’espace se créent un compte, mettent en ligne leurs annonces, et les entre- preneurs qui ont besoin d’un lieu peuvent chercher gra-Nous n’avons pas eu à nous soucier de l’eau, l’électricité ou Internet puisque ces services étaient déjà disponibles et facturés chaque mois par notre bailleur.52 NOVEMBRE 2014poste en open space et 150 tion et de mise à disposition Comment se rémunère le compliquées à mettre en euros par mois pour un bu- que de sous-location. « Cela site ? Par une commission place. Autre écueil : l’ab- reau fermé, mais il faut peut donc être vu comme payée par l’entreprise qui sence jusqu’alors de service compter bien plus à Paris une prestation de services. met ses bureaux à disposition de réservation simplifiée en (500 à 1500 euros). Juridiquement, le bail de : entre 5 et 10% du loyer ligne, ni même de possibilité D’un point de vue juridique, sous-location est encadré, annuel, au succès unique- de comparer les offres dis- deux solutions sont possibles mais dans le cadre d’une ment. L’équipe de BAP ponibles. De l’autre côté de : vous prévenez votre pro- prestation de service, on conseille aussi les entreprises la chaîne, 70% des entre-faires).Pierre-Jean Lepagnot]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[Marc FAVARO, architecte associé du cabinet AFAA à Lyon (France)COMMUNAUTÉ URBAINE DE LYON*www.economie.grandlyon.com]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Décryptage - « Gamification »Ludifier pour mieux régnerC Tendance de fond plutôt que mode passagère, la « gamification » influence déjà le monde des entreprises et des organismes en marketing, communication, management ou formation.Coup de projecteur sur une pratique promise au plus beau des avenirs.e sont des hommes, barre de complétion...) par une femme de 43 ans, précise des femmes, de 15, le prestataire Badgeville. Clément Muletier, auteur de 25, 30, 40 ou même l’ouvrage La gamification ouparfois plus de 50 ans. En Si l’étiquetage « gamifica- l’art d’utiliser les mécaniquesjean, costume-cravate, tailleur ou survêtement. Concentrés. Silencieux. Indifférents aux coups de frein du bus, re- marquant à peine le passager prenant place à côté d’eux sur un strapontin du métro, relevant seulement les yeux de temps en temps pour s’as- surer qu’ils ne vont pas rater leur station. A les voir ainsi le nez plongé dans leurs smartphones, on pourrait pen- ser qu’ils consultent un do- cument important ou répon- dent à un message épineux. Mauvaise pioche : ils jouent. A exploser des bonbons gé- latineux, à faire glisser des tuiles chiffrées, à retourner des cartes. La situation est devenue banale – à peine est- on tenté de jeter un œil par- dessus leur épaule pour voir ce qu’ils font. Qu’il semble loin, le temps où le jeu vidéo était bêtement perçu comme un loisir de gamins ou d’ados attardés, de nerds.L’ex-vilain petit canard est devenu le gendre idéal et les rangs de ses défenseurs ne cessent de grandir – deman- dez à l’animateur Nagui qui a osé s’aventurer dans la cri- tique. Il ne s’agit plus au- jourd’hui d’un simple diver- tissement, mais d’une puis- sante force de frappe, d’un vecteur de changement, d’un outil stratégique. « Les jeux ne sont pas seulement un loi-tion » est récent et a vérita- blement pris son envol avec le développement des tech- nologies web interactives, le principe et les ressorts sur lesquels le jeu fonctionne, eux, sont beaucoup plus an- ciens. Les cartes et pro- grammes de fidélité des com- pagnies aériennes ou des grands magasins relevaient déjà, d’une certaine manière, de ce concept. « Le permis de conduire à points, en un sens, c’est aussi de la gami- fication, sourit Gabriel Ma- mou-Mani, président et fon- dateur de l’agence 1984, conseil en marketing interactif spécialisée dans le jeu social. Vous avez des points de vie, vous en perdez en cas d’er- reur, vous pouvez faire des stages spéciaux pour en re- gagner... »Mais à ces quelques cas em- bryonnaires a succédé un fort développement, transformant la vaguelette en puissant rou- leau. Les chiffres le mon- trent : la ludification ne constitue pas une mode pas- sagère, mais un changement de fond. D’après le cabinet M2 Research, ce marché de- vrait ainsi représenter plus de 2,8 milliards de dollars dans le monde en 2016. D’ici la fin de l’année 2014, plus de 70% des 2000 plus grosses sociétés mondiales dispose- ront d’au moins une appli- cation « gamifiée » (cabinet Gartner, 2011).Comment expliquer un tel essor ? Principalement par le fait que le jeu vidéo et ses mécanismes se sont très lar- gement démocratisés ces der- nières années, avec l’avène- ment du casual gaming et du social gaming. Certes, la génération des digital natives est importante, mais le jeu est désormais intergénéra- tionnel. Il touche tout le monde, des enfants aux grands-parents. « Le joueur moyen, sur Facebook, estdu jeu dans votre business. Il n’y a plus de démographie particulière. » Le dévelop- pement des technologies nu- mériques, Web et mobiles, a bien entendu fortement contribué à cette évolution. Pour Lionel Guichard, fon- dateur de l’agence digitale Cassiop, l’atmosphère éco- nomique actuelle n’est pas non plus étrangère à cette demande de plaisirs ludiques : « Dans ce contexte de crise, les gens cherchent à se dé- tendre. Les marques ne doi- vent pas seulement fournir un produit ou un service, mais répondre à ce besoin ».« Bon les gars, imaginez un Tetris géant et déplacez-moi vite ces 10 tonnes ! »FIDÉLISER ET MOTIVERL’essor de la gamification était donc inévitable. Mais pour quoi faire ? Et dans quels secteurs ? Réponse una- nime:iln’yenapasdepré- défini, mais « énormément de secteurs qui l’utilisent ou pourraient l’utiliser, afin de répondre à différents types de motivations », note Clé- ment Muletier. La ludification peut remplir des types d’ob- jectifs très variés. « Elle ne répond pas à des buts spéci- fiques : elle est l’utilisation des mécaniques de jeu pour les atteindre », indique Jean Barnezet, cofondateur de l’agence Œil pour œil, spé- cialisée en gamification. En somme : le jeu est un médium entre l’utilisateur et l’objectif à atteindre, quel que soit ce- lui-ci. Tous les secteurs d’ac- tivité – mais le système fonc- tionne essentiellement en B2C, le B2B reposant sur d’autres types de relations – peuvent en tirer des avan- tages.l’État, la santé et l’éducation jusqu’aux médias, au mar- keting et à l’entrepreneuriat », voire « d’instaurer la paix dans le monde ». Rien que ça... Mais malgré le ton que l’on peut juger emphatiqued’ores et déjà commencé à l’intégrer pour en tirer profit. On a même trouvé un nom pour cela : la « gamification » (ou ludification). C’est-à-dire le transfert de mécaniques propres au jeu dans des do-game, soit un jeu publicitaire) Coke Zero Game, réalisé par l’agence North Kingdom, dans lequel un personnage incarné par l’utilisateur doit rejoindre le plus vite possible un stade de foot, en passantLa gamification permettrait de tout réinventer, depuis l'État, la santé et l'éducation jusqu'aux médias,au marketing et à l'entrepreneuriatsir. (...) Ils sont une vraie solution aux problèmes et une source de bonheur », clame, un poil dithyrambique, la game designer américaine Jane McGonigal, citée par Le Monde Diplomatique(1). Ils permettraient même de « tout réinventer, depuis54 NOVEMBRE 2014de ces déclarations, le pouvoir du jeu et le spectre de ses domaines d’influence ne doi- vent pas être sous-estimés.maines divers, afin de ré- pondre à des problématiques ne relevant a priori pas du jeu et d’influer sur les com- portements d’une personne ou d’un groupe de personnes. Comme quand Coca Cola lance l’advergame (contrac- tion d’advertisement et depar quatre étapes/jeux dis- tincts. Ou quand le cabinet Deloitte propose la Deloitte Leadership Academy, une plateforme de formation pour les cadres d’entreprise, dont le processus d’apprentissage a été « gamifié » (création d’un avatar, missions, points,Si les possibilités sont gi- gantesques, une brève ré- flexion autour des caracté- ristiques du jeu permet de distinguer quelles peuvent être les motivations des marques, managers et for- mateurs à faire usage de laLAME DE FOND DANS LES ENTREPRISESLe monde de l’entreprise a bien perçu ce potentiel et a]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°15gamification. « Le jeu permet de retenir l’attention », ré- sume Clément Muletier. Or l’Homme, depuis la nuit des temps, aime jouer. Utilisant les techniques et usages qui rendent le jeu vidéo si attractif pour un nombre sans cesse croissant d’adultes, la gami- fication s’apparente à un nou- veau moyen pour engager ces publics et « les rendre plus attentifs et réceptifs à ce qui leur est proposé ». Rien d’étonnant donc à ce que les secteurs les plus friands de ludification à l’heure actuelle soient le mar- keting, la communication, l’éducation et la formation.Elle peut en effet permettre à une marque de communi- quer vis-à-vis de ses clients et de les fidéliser de manière plus efficace qu’avec une campagne publicitaire clas- sique. Car le client-joueur est ici actif. Lionel Guichard prend comme exemple un projet mené par son agence pour la marque Lacoste, à l’occasion de la commercia- lisation d’un polo personna- lisé. « Pour promouvoir cette sortie, nous avons conçu un jeu sous forme de puzzle. Le but était de reconstituer le polo dans un temps imparti, ce qui offrait une chance supplémentaire de gagner un cadeau. » Pour la marque au crocodile, l’opération a été particulièrement efficace. « Il y a eu environ 20000 parti- cipants, et les gens revenaient en moyenne une dizaine de fois », se souvient Lionel Guichard.Un exemple typique, mêlant éléments de gamification et jeu concours. Les « cibles » avaient le nouveau polo plu- sieurs minutes devant les yeux, et étaient beaucoup plus engagées par le jeu. A la clé, un taux de conversion amélioré et une augmentation des ventes grâce à des tech- niques qui, sans être révolu-www.ecoreseau.frbouche-à-oreille pouvant fa- ciliter le développement d’une communauté autour de la marque, inscrivant la ga- mification dans la liste des outils intéressants pour le community management.Décryptage - « Gamification » STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Guilloux, directeur général est d’autant plus réceptif au concept n’en est, en France, s’avèrent efficaces. « LesSENSIBILISERET INFORMERAu-delà de cet aspect publi- citaire, la gamification est utilisée par les entreprises afin de mieux expliquer à leurs clients... ce qu’ellesCertains managers ont fini le programme et acquis ces connaissances en six mois, alors qu'avant lade l’agence Brand2Play. Nous message qu’ilpouvons, dans ce cas, pro- même temps qu’il « ap- bre de projets sur lesquels sont comme nous : ils res-s’amuse en qu’à ses balbutiements. Nom- prospects que l’on rencontregamification, ce temps était d'au moins un an .poser aux clients une sorte de Docteur Maboul de la voiture. La fois suivante, siprend » – permet de mieux planchent les agences n’ont sentent le besoin de s’amuser, comprendre l’intérêt du pas encore été rendus publics. d’être positifs, conclut Jean concept pour les organismes Les prestataires spécialisés Barnezet. Il y a donc un bel éducatifs, les associations et commencent à faire leur avenir à concevoir des projets les formateurs. Le cas de la place. Un certain nombre de funs, à aborder les choses Deloitte Leadership Academy secteurs n’ayant pas encore sous un angle ludique, col- évoqué précédemment est ré- recours à la ludification de- laboratif et drôle. » vélateur : augmentation du vraient peu à peu s’y mettre.D'ici la fin de l'année 2014, plus de 70% des 2 000 plus grosses sociétés mondiales disposeront d'au moins une application gamifiée (cabinet Gartner, 2011)taux de rétention, apprentis- Une chose est sûre : les en-sage des connaissances plus rapide... « Certains managers ont fini le programme et ac- quis ces connaissances en six mois, alors qu’avant la gamification ce temps était d’au moins un an », précise Clément Muletier. Le concept est également très intéressant dans les domaines de la santé, de l’environnement ou de l’énergie afin de sensibiliser les publics visés aux bonnes pratiques ; le cas de Cité- Green, une start-up qui ré- compense les écogestes, est parlant.C’est aussi le cas dans le do- maine de la culture. L’agence Œil pour œil a ainsi mené un projet pour le Louvre- Lens. « Le musée avait mis en place un audio-guide, mais le contenu destiné aux enfants était rébarbatif, explique Jean Barnezet. Nous avons donc choisi de « gamifier » le par- cours ». Dans ce serious game, l’enfant se retrouve dans la peau d’un jeune ar- chéologue et doit enquêter autour de dix œuvres ma- jeures. Un enrobage beaucoup plus motivant pour écouter et découvrir ! Enfin, au sein d’une entreprise, la gamifi- cation est également utilisée pour motiver les salariés (cf. encadré).treprises françaises et leurs services communication sont de plus en plus réceptifs à ce concept et désireux de déve- lopper des projets innovants – du moment que ceux-ciJulien Fournier1 Article de Benoît Bréville et Pierre Rimbert, Le Monde Diplomatique, décembre 2013.Entretien d’embauche...font. « Une société spécialisée dans la réparation de voitures peut rencontrer comme pro-le mécanicien lui explique qu’il y a un problème d’in- jection, il comprendra. » LàIncentiveTransparence et parcimonie pourla gamification en interneC'est à se demander s'il est réel tant l'exemple frôle la caricature. Aux États-Unis, une chaîne de grands magasins a mis en place un système de gamification pour motiver ses salariés. Au-dessus de chaque caissier : un voyant s'allumant, en vert si les produits sont scannés assez vite, en rouge si ce n'est pas le cas. En dehors d'une augmentation du stress et du mal-être sur le lieu de travail, on peine à voir quelles peuvent être les retombées d'un tel projet. « C'est ultra-brutal et mal fait, effectivement, résume en souriant Clément Muletier. La gamification ne se fait pas de la même façon aux USA et ici. Là-bas, ils n'ont pas de problème avec la compétition dure entre salariés. Ici, on mettra plus l'accent sur la collaboration et le partage. »Si elle peut être utile pour motiver les collaborateurs, la gamification devra être menée avec un certain tact. Qu'elle ne soit pas vécue comme un outil de gestion du personnel manipulateur, une simple carotte infantilisante « recouvrant d'un vernis récréatif les traditionnelles stratégies de mise en concurrence des salariés », pour reprendre l'expression du Monde Diplomatique(1). On touche là aux limites d'une « branche » de la ludification appelée la « pointification » ou le « scoring », dont le mode opératoire revient simplement, au final, à noter les utilisateurs et risquera d'être inefficace. « Ce qui motive le joueur, ce n'est pas le score mais la progression, analyse Vincent Guilloux. Il faut lui montrer que sa contribution est utile au sein de l'entreprise, qu'il y ait quelque chose de plus gratifiant qu'un banal classement. »La règle d'or pour les entreprises voulant « gamifier » dans cette optique de motivation ? L'alignement des objectifs de la société et du joueur, trouver le dénominateur commun qui créera de la valeur et un intérêt pour les deux. Et garder en tête deux mots d'ordre. Parcimonie – ne pas vouloir tout « gamifier », trop vite ; trouver le bon prestataire, qui saura concevoir un projet créatif mais garder en tête qu'il s'agit d'un outil de communication et non pas d'un pur jeu vidéo (« pas un beau projet pour en mettre plein la vue, mais avant tout un outil d'optimisation de performances », synthétise Gabriel Mamou-Mani).Transparence – que les objectifs RH du commanditaire soient clairement exprimés pour éviter une mauvaise réception de la part des salariés.J.F.tionnaires, permettent de faire passer un message publici- taire de manière ludique et de fédérer autour de la marque. Sans oublier l’aspect viral de ce type de jeux et leblématique que ses clients ne comprennent pas toujours l’aspect technique de son tra- vail, et souhaiter y remédier pour développer un meilleur dialogue, détaille Vincentencore, sous l’aspect ludique, une bonne communication de marque.Cet enjeu quasi pédagogique de la gamification – le joueurQue nous réservera la gami- fication dans les années à venir ? S’achemine-t-on vers une société « ludifiée » ? Difficile de répondre tant leNOVEMBRE 2014 55]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE ExpertisesDématique® & Gouvernance}NEXANS (GROUPE NEXANS)Senior executive vice president EuropeMonsieur Christopher Guérin est promu senior executive vice president Europe de Nexans, à ce poste depuis octobre 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Arnaud Poupart-Lafarge, directeur général.Christopher Guérin , international executive program de l'INSEAD (2010), MBA ESDE - American Business School (1995), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : Nexans, directeur Europe de la ligne de marché Industrie.n 2011-2013 : Nexans, vice-président ventes et marketing de la ligne de marché Industrie en Europe.n 2007-2011 : Nexans, vice-président marketing pour le secteur de l'industrie puis direc- teur général de l'activité Industrie en France (2009).n 2005-2007 : Nexans, directeur commercial Europe.n 1997-2005 :Alcatel Câbles, différentes fonctions de direction au sein de la division Mé- tallurgie.n 1995-1997 : Début de carrière au sein du groupe Linde (en Angleterre).}AREVA (GROUPE AREVA)Responsable des réseaux sociaux et du sponsoringMadame Peggy Laval, déjà responsable du sponsoring, est promue responsable des ré- seaux sociaux, à ce poste depuis septembre 2014.Peggy Laval occupe depuis 2012 le poste de responsable du sponsoring chez Areva.Le carnet desnominationsen partenariat avecpar Jean-Marc Rietsch Président de FedISA}GEODIS (GROUPE SNCF)Directeur de l'innovation du groupeMonsieur Philippe de Carné est promu directeur de l'innovation du groupe Geodis, à ce poste depuis septembre 2014, sous la responsabilité directe de Madame Marie-Christine Lombard, président du directoire. Il est ainsi chargé de structurer la démarche Innovation de Geodis qui s'inscrit dans le cadre du projet Ambition 2018. Il aura notamment pour mission de proposer des outils de stimulation et de gestion de l'innovation, de coacher les initiatives internes au groupe, de créer des réseaux internes et externes pour capter, partager et déve- lopper les idées nouvelles et de renforcer l'écoute des clients pour stimuler des partenariats de codéveloppement. Il s'agit d'une création de poste.Philippe De Carné , 53 ans, executive MBA de l'ESSEC Business School (1999),AgroParis- Tech (1984), a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : Geodis BM, directeur ressources humaines et communication.n 2002-NC : Operandis (conseil en stratégie), directeur associé et cofondateur.n 1985-2002 : Début de carrière dans la R&D, puis dans le conseil aux entreprises.} EQUINIXDirecteur général FranceMonsieur Régis Castagné est nommé directeur général France d'Equinix, à ce poste depuis septembre 2014, en remplacement de Monsieur Harro Beusker.Régis Castagné , 46 ans, INSEEC Bordeaux (1989), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Interoute, directeur général de la région France - Suisse.n 2010-2011 : Colt, directeur de la business unit Europe du Sud.n 2006-2010 : BT Radianz, directeur commercial EMEA, également directeur commercial France de BT Global Services.n 2004-2006 :Trema, directeur général pour l'Europe du Sud, le Moyen-Orient et l'Afrique. n 2002-2004 : GL Trade, directeur commercial pour l'Europe du Sud.n 1997-2002 : Standard & Poor's, directeur commercial Europe continentale.n 1995-1997 :American Express, a assuré des fonctions commerciales.n 1990-1993 : Sybel Informatique (groupe Sage), début de carrière comme sales manager.}SCT TELECOM (GROUPE ASTORG PARTNERS)Directeur de l'agence de LilleMadame Nisrine El Bourgi est promue directeur de l'agence de Lille de SCT Telecom, à ce poste depuis octobre 2014. Elle est ainsi en charge du développement des activités de l'opérateur sur la région Nord. Elle encadrera l'équipe commerciale locale. Elle reporte à Monsieur Christophe Koparanian, directeur commercial.Nisrine El Bourgi , 27 ans, master marketing de l'IAE, occupait le poste d'attaché commer- cial de SCT Telecom de 2011 à 2014.La définition de niveaux de sécurité/ser-LGED et archivage même combates enjeux liés à l’information « qui peut le plus, peut le moins », mais numérique sont encore loin d’être pourquoi dépenser plus si cela n’est pas appréhendés à leur juste dimen- vraiment nécessaire ? Le règlement eu-vice propres à la valeur de l’information numérique et à la conformité attendue répond ainsi pleinement à la probléma- tique de conservation dans sa globalité. En effet, pourquoi limiter les exigences liées à la valeur probante aux seules données/documents sur lesquels pèsent des obligations légales et réglementaires ? Les exigences en matière de garantie d’origine et d’intégrité sont les mêmes pour toute donnée/document conservé(e) pour peu que leur usage le justifie, en particulier les données historiques ou patrimoniales. Que faire d’un document au bout de plusieurs années si l’on est incapable de garantir son caractère au- thentique, à savoir qu’il n’a pas été mo- difié et que son origine est bien celle in- diquée ?}MALHERBE DESIGNChief innovation officerMonsieur Nicolas Rauber est nommé chief innovation officer de Malherbe Design, à ce poste depuis septembre 2014.Nicolas Rauber , 37 ans, Institut de l'Internet et du multimédia (IIM, 2000), a réalisé le par- cours suivant :n 2013-NC : Saatchi & Saatchi + Duke, chief innovation officer.n 2011-2012 : ReflexGroup, chief technology officer & partner.n 2008-2011 : Mazarine, chief technology officer.n 2004-2008 : Mazarine, directeur R&D.qu’il est fondamental d’avoir un niveau de confiance et de sécurité approprié au degré de risque identifié.En matière de conservation de données numériques, GED, archivage et autres, il est donc important de commencer par appréhender la valeur des données à gérer. Il sera ensuite nécessaire d’y ajouter des notions plus orientées service et performances, en particulier concernant la durée de conservation afin de définir trois ou quatre niveaux de sécurité/service, par exemple : standard, sensible, critique et vital. Ces derniers permettront ensuite de dimensionner les infrastructures des- tinées à répondre aux exigences identi- fiées. Il reste ensuite à orienter les données vers la bonne infrastructure sans plus se préoccuper de savoir s’il s’agit d’un système de GED, d’archivage ou autres, mais simplement en ayant la ga- rantie du niveau de sécurité requis.}NURUN FRANCE (GROUPE PUBLICIS)Codirecteur de la stratégie et de l'innovationMadame Christine Milan est promue codirecteur de la stratégie et de l'innovation de Nurun France, à ce poste depuis septembre 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Madame Laure Garboua, directeur général France. Elle est ainsi chargée de copiloter les dé- partements experts de l'agence (planning, UX, contenu, performance) et de concevoir des chantiers d'innovations en s'appuyant sur la méthodologie du design-thinking.A ce titre, elle rejoint le comité de direction.Rappelons que côté utilisateur, le besoin consiste « simplement » à trouver la bonne information au bon moment et fi- nalement peu importe que les données/do- cuments soient conservé(e)s depuis quelques minutes, plusieurs mois ou plu- sieurs années, à partir du moment où l’information est bien authentique.sion. Ceci est d’autant plus vrai lorsqu’il ropéen du 23 juillet 2014 rappelle biens’agit d’archivage électronique. Les in- compréhensions sont légion, dont les origines sont à chercher tant du côté de la fausse image que l’on a généralement de l’archivage que d’une volonté de vouloir à tout prix définir, comparer, différencier voire plus grave opposer la GED, l’archivage ou encore le records management. En réalité, les objectifs de base sont identiques et consistent à suivre/tracer, collecter, conserver et surtout retrouver cette information que l’on a de plus en plus de mal à maîtriser. Par ailleurs, il est clair que toutes les données au sein d’une organisation n’ont pas la même valeur et il n’y a donc aucune raison de les gérer et de les conserver de la même façon, avec le même niveau de sécurité. En effet les solutions proposées n’ont évidemment pas les mêmes coûts en fonction du niveau de sécurité recherché et des per- formances attendues. Bien évidemmentEnseignant à l'international - University Of Monaco et à l'université de technologie Ede Troyes - Membre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.Strategy reviewpar Pascal JunghansIl manque un Clairefontaine de l’énergien matière de filière énergétique, Aujourd’hui, comme dans cet autre do- Bref, les EDF, Total et autres GDF François Hollande devrait-il maine de souveraineté qu’est l’indus- Suez, comme Benzema, Matuidi ou imiter Didier Deschamps ? La trie de défense, des collaborations Pogba, s’affrontent régulièrement sousVOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?56 NOVEMBRE 2014Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !pales entreprises du secteur changent de tête. C’est chose faite pour EDF, où Jean-Bernard Levy va remplacer Henri Proglio. Le décès de Christophe de Margerie le 21 octobre oblige a lui trou- ver un successeur chez Total. Même casse-tête chez Areva, où Luc Oursel, le patron opérationnel, a annoncé son départ le même jour. Demain, à GDF Suez, Gérard Mestrallet pourrait céder sa place à Isabelle Kocher. Ce serait alors le moment de revoir l’organisa- tion de cette filière au regard des er- reurs passées et des nouvelles règles du jeu.jouant des nationalités. Ainsi, pour tra- vailler en Grande-Bretagne, GDF Suez s’est associé avec le japonais Toshiba, dont la filiale Westinghouse affronte durement Areva. Mais, toujours, dans tous les pays, l’énergie demeure un enjeu politique. L’Etat doit assurer sans interruption l’approvisionnement en pétrole et électricité pour les entreprises et les particuliers. La diplomatie écono- mique d’Etat devrait organiser la coo- pération des acteurs nationaux lors des négociations des « grands contrats » qui structurent le secteur de l’énergie.de grands événements, devraient se re- trouver dans leur équipe nationale. Et l’entraineur doit organiser la vie en commun de ces égos. Pour cela, le sec- teur de l’énergie devrait bénéficier d’une structure souple, d’un Clairefon- taine virtuel, qui permette de rassem- bler l’ « équipe de France » de l’énergie au coup par coup pour emporter un contrat. Un Clairefontaine avec très peu de permanents, chargé de veiller, d’alerter, de construire de nouvelles stratégies... Avant de réunir les joueurs pour préparer le prochain match !question se pose alors que les princi- s’organisent entre entreprises en se les maillots de clubs différents et, lorsFaites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frSTRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUECommuniquéNOVEMBRE 2014 57]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution - Médecine ciblée et personnaliséeLa guerre des données a commencéL a conférence « L’in- novation thérapeu- tique, jusqu’où et à quel prix ? » qui se tenait ré- cemment à l’université Pa- ris-Dauphine, organisée par les étudiants du Master 2 Economie et Gestion de la santé, annonçait des débats instructifs. Elle a tenu toutes ses promesses. « Dans un contexte de maîtrise des dé- penses publiques, l’arrivée de médicaments toujours plus onéreux interroge sur l’égalité et l’équité dans l’accès aux soins des patients », résume Marjorie Pouch, l’une des élèves organisatrices, pour justifier du thème choisi. Ce- lui-ci a d’ailleurs sans surprise donné lieu à de vifs échanges, notamment entre des méde- cins comme le Pr. Jean-Paul Vernant, chef de service Hé- matologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, selon qui « certains médicaments du cancer atteignent un ni- veau de prix inacceptable ». Ce que réfute Joumana Hudry, directrice de l’évaluation mé- dico-économique chez GlaxoSmithkline, évoquant « un marché en décroissance,à condition que les données puissent enfin être analysées...L’innovation thérapeutique augmente la prise en charge financière pour la société. La médecine ciblée et personnalisée pourrait être une des solutions,spécifiques selon les méta- bolismes ».des médicaments ont été abor-C’est une hérésie, il faudrait instaurer un paiement à la performance. Les meilleurs hôpitaux devraient être payés davantage, afin de faire émer- ger des centres d’excellence. Mais aujourd’hui nous fonc- tionnons avec une enveloppe fermée, et éprouvons toujours plus de difficultés à accueillir de nouveaux remboursements. Si nous voulons continuer d’innover et de pouvoir payer ces innovations, il faut ins- taurer plus de grilles et d’in- dicateurs », conclut Grégory Katz.donc de subdiviser la popu- lation, pour ne plus adminis- trer de chimio à tout le monde. En Grande Bretagne on rem- bourse le test Compagnon as- socié à la thérapie ciblée. Une telle approche aboutirait au « pay for performance » dans le système français. « Le fa-En 2025, médecin qui filtre tous ses patients susceptibles d’avoir une crise cardiaque dans les 10 ans...coûteraient plus cher, mais tests Compagnon déterminant bricant du médicament pas- éviteraient nombre de com- si le profil de la personne est serait devant l’Autorité de plications, de rechutes et « répondant » au traitement, santé, obtiendrait le rembour-mal à déployer une logique de partage, de remontée de l’information. Ainsi le Snii- ram, le système d’information de l’assurance maladie, ne laisse encore personne ana- lyser ses bases de données. Le Ministère semble récalci- trant, peut-être parce que des défaillances ou erreurs de remboursements/dérembour- sements seraient mises à jour, alors que les autorités de santé disposaient de données. C’est en tout cas le règne de l’opa- cité. « Les fabricants de mé- dicaments personnalisés ont donc du mal à prouver que leur produit a des effets bé- néfiques. Il faut laisser parler les data. Nous ne savons pas encore bien les analyser faute de compétences, et pour le masquer nous évoquons gé- néralement la sacro-sainte protection des données per- sonnelles », déplore Grégory Katz. La santé continue d’être traitée par grosses masses, sans nuance et données au- cune. Véritable tabou ? As- surément. Pour exemple les classements des hôpitaux dans la presse, qui prennent comme un des principaux critères ladés, soient 1/5ème des dépenseset, de 2005 à 2013, 10 mil- liards d’euros économisés par l’assurance maladie, dont 56% grâce aux labo- ratoires ». Une opposition classique, déplorée par Gré- gory Katz, professeur à l’Es- sec, titulaire de la chaire in- novation thérapeutique, lors de son intervention sur la mé- decine personnalisée. Pour le directeur de la Fondation gé- nérale de santé, « on se trompe de débat. La médecine per- sonnalisée va augmenter le coût de traitement par patient à l’instant t, mais le diminuer pour l’ensemble de la col- lectivité dans la durée ». Pour le spécialiste, « nous réagis- sons trop avec le cadre du XXe siècle, quand nous dé- ployions des traitements à grand échelle pour une po- pulation supposée homogène. Nous sommes entrés dans le XXIe siècle. Il est temps d’ad- ministrer des traitements per- sonnalisés, avec des dosesLes données génomiques massives constitueront la pierre angulaire du dossier médical de chacun, dématérialiséBIENFAITS À VENIR DU SÉQUENÇAGE ÉNOMIQUEIl est possible de réaliser le séquençage génomique pour moins de 1000 dollars. Dans cinq ans il passera sous la barre des 100 dollars. L’arri- vée de données génomiques massive constituera dès lors la pierre angulaire du dossier médical de chacun. Une so- ciété américaine donne déjà les probabilités de développer telle ou telle maladie en com- parant par rapport à la moyenne. Cette masse de données obligera à mettre en place le fameux dossier mé- dical dématérialisé et partagé. « Je suis optimiste parce que l’accès à ces données et la possibilité de les exploiter va renverser les idéologies, éviter la « bunkerisation » du monde de la santé face aux fabricants de médicaments dont les in- novations nous sont néces- saires », énonce Grégory Katz. La prévention, qui re- présente 7% des dépenses de santé en France, prendra toute sa place. En identifiant les prédispositions des patients,58 NOVEMBRE 2014DENIERS PUBLICS ÉPARGNÉS AU FINAL ? Les arguments des défenseurs de la médecine personnalisée portent sur l’économie des coûts cachés. Les traitementsème de santé, occultant les 4/5(frais d’ambulance, d’hospi- talisation, d’hospitalisation à domicile...), où de multiples économies pourraient être en- visagées. Dès lors les théra- pies ciblées, associées à deset partagé, qu’on le veuille ou nond’hospitalisation. « Avant de parler de prix, parlons de va- leur des traitements. Car au- jourd’hui leurs effets secon- daires sont ni plus ni moins la quatrième cause de morta- lité en Europe et aux Etats- Unis. Il importe d’intégrer dans les modèles mathéma- tiques le coût de l’hospitali- sation évité, voire le décès. Les indemnisations décès de l’Oniam sont d’ailleurs très lourdes », insiste Grégory Katz. Il faudrait donc raison- ner en coût global pour la santé publique, ce qui ne sem- ble pas être encore d’actualité dans l’Hexagone. Durant la conférence, seuls les coûtssemblent être une orientation d’avenir des plus ration- nelles... que d’autres pays ont déjà prise.sement selon ce qu’il annonce, puis au bout de trois ans re- passerait devant une com- mission qui disposerait cette fois de data. Et selon le pour- centage de réussites et de re- chutes, le taux de rembour- sement serait maintenu ou diminué », imagine Grégory Katz.consommation de gel hydro- alcoolique : les rankings se basent sur le risque de mala- dies nosocomiales ! Mais les patients qui ont un problème de prostate n’ont-ils pas plus besoin de connaître le taux de rechute dans tel établisse- ment ? Pour un cancer du sein, quelle est la possibilité que des métastases apparais- sent à nouveau, sachant que la qualité des instruments uti- lisés peut influencer la pro- babilité ? « Mais non, nous partons du principe que tous les hôpitaux doivent être considérés sur un pied d’éga- lité. La grille de rembourse- ment est la même pour tous.LES EXEMPLES ANGLO-SAXONSAux Etats-Unis, sous l’égide de la Food and Drug Admi- nistration (FDA), 300 médi- caments sont associés à des biomarqueurs et des tests Compagnon. Ainsi selon leur profil les gens reçoivent un traitement approprié, pour que la molécule tienne ses promesses. Rappelons que 75% des médicaments onco- logiques sont inefficaces chez certaines personnes. Il s’agits res-VERROU CULTUREL TRICOLORE À FAIRE SAUTERLe problème est qu’en France les données empiriques d’hô- pitaux ne sont pas vraiment accessibles, contrairement à l’Allemagne, la Suède ou la Grande Bretagne. On a duil sera possible de le. ponsabiliser. Au XXe siècle il s’agissait d’éviter l’appa- rition de la maladie, au XXIe siècle il s’agit d’éviter l’ap- parition du malade ! Mieux vaut s’y préparer dès main- tenant, en ne ratant pas le tsunami des data qui échoue déjà sur nos rivages...Matthieu Camozzi]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frHaute résolution - Très haut débit STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Plus qu’un vœu, une nécessitéLe très haut débit, poussé par le gouvernement, apparaît dans les grandes villes. A quand les autres territoires ? Les nouveaux usages numériques, qui génèrentdes quantités exponentielles de données, l’exigent.conférences, les e-démarches, le Cloud computing et le Big Data.peut supporter une coupure de quelques jours, c’est inen- visageable pour une entre- prise », souligne Samuel Trio- let, fondateur de Rezopole,du monde.Mais cela ne vaut que pour les particuliers. Les entre- prises sont moins bien des- servies – pas tant les grandsSLreprises : il sera nu-FinancementLa France coupée en deuxLe plan Très Haut Débit chiffre les investissements nécessaires à 20 milliards d’euros d’ici à 2022 – une somme que se partagent l’État, les opérateurs privés et les collectivités locales. La réglementation concernant le FttH (Fiber to the Home), mise en place en 2009, découpe la France en deux types de zones : conventionnées et non-conventionnées.Ces dernières, qui couvrent les zones de population peu denses, sont sous la responsabilité des collectivités locales (ou départementales, ou régionales). « Elles mettent en place des Réseaux d’initiative publique (RIP), qu’elles financent pour moitié avec un soutien de l’État », explique Jean-François Hernandez, responsable de la communication de l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Les zones conventionnées, anciennement appelées Appel à manifestation d’intention d’investissement (AMII), couvrent elles les zones de population denses (villes et métropoles), et sont confiées totalement aux opérateurs privés, pour qui l’investissement consenti – entre 6 et 7 milliards d’euros – est éminemment rentable.Pour plus de renseignements, et pour une carte de France indicative du débit disponible, un site web a été mis en place : www.francethd.fr.TSUNAMI DE DONNÉESLa vidéo en ligne concerne principalement les particu- liers. L’exemple avant-gar- diste des Etats-Unis montre que cette pratique risque fort de devenir à terme la princi- pale pour visionner des films ou des séries. Mais pour ob- tenir une bonne image, il faut du très haut débit. Plus que tout autre usage, sauf peut- être les jeux vidéo en ligne, elle augmente considérable- ment les besoins en bande passante de tout un chacun. C’est le même problème pour les visioconférences, même si en l’occurrence la demande est plus cruciale pour les en- treprises, et maintenant pour les écoles avec le dévelop- pement des MOOC (Massive Open Online Courses), ces fameux cours en ligne ouverts à tous. Ils servent d’ailleurs également à la formation.Les e-démarches sont l’évo- lution logique du e-achat. Elles font gagner du temps à tout le monde, et se sont du coup multipliées, avec l’ad- ministration et les banques notamment. Là encore, ceInfrastructures InternetDécentraliser InternetL’un des objectifs avoué du plan Très Haut Débit du gouvernement est de créer de la richesse économique. Mais comme beaucoup de choses en France, Internet souffre de centralisation aiguë : la majeure partie du business d’Internet profite principalement à la capitale, par laquelle transite près de 80% du trafic. Tant qu’à faire créer du dynamisme, pourquoi ne pas le faire localement ? « Il existe quantité de petits acteurs locaux qui peuvent fournir un service de très bonne qualité aux entreprises », souligne Samuel Triolet, fondateur de l’association Rezopole. Pour favoriser la croissance d’écosystèmes numériques locaux, cette dernière installe des nœuds d’échange internet dans les villes de Rhône-Alpes, notamment le Grand Lyon. Ils permettent de faire transiter localement de très gros volumes de données et de fournir des prestations online, comme des logicielsas a service. Les débuts d’une décentralisation.comptes que les PME, dont les besoins sont certes moin- dres mais en augmentation constante, particulièrement de la part des start-up dans le numérique. Au point que certains acteurs doivent fi- nancer eux-mêmes le tirage de la fibre jusqu’à leurs lo- caux. « Le problème est que les entreprises demandent untartupper qui vient d’obtenir le très haut débite gouvernement l’a affirmé à de multiplesceTHD), lancé au printemps 2013, qui prévoit d’ici à 2022 de couvrir l’ensemble du ter- ritoire avec du très haut débit (au minimum au-dessus de 30 Mb par seconde). Les grandes agglomérations ont un temps d’avance : Parisest déjà quasiment intégra- lement couverte (mais pas le Grand Paris), et le Grand Lyon entend y arriver d’ici 2019. « Le très haut débit recouvre plusieurs technolo- gies : la fibre optique, le câ- ble, et le VDSL (une version plus performante de l’ADSL) », détaille Jean-Fran- çois Hernandez, responsable de la communication de l’Ar- cep, l’Autorité de régulation des communications électro- niques et des postes.mérique, ou il ne sera pas. Mais pour ce faire, il faut un accès au réseau. C’est là qu’entre en jeu le plan France Très Haut Débit (Fran-association à but non lucratif qui installe des lieux d’échange internet dans le Grand Lyon.INÉGALITÉ À CORRIGERLa bonne nouvelle, c’est que malgré la propension natio- nale à se plaindre, « le marché français de la fibre est l’unCinq nouveaux usages démultiplient la demande en bande passante : vidéo en ligne, visioconférence, e-démarches, Cloud computing et Big DataL’évolution est rendue indis- pensable par les nouveaux usages numériques, de plus en plus demandeurs en bande passante car de plus en plus gourmands en données, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises, admi- nistrations, hôpitaux, écoles... Si les applications sont trop nombreuses pour être toutes énumérées, il existe cinq nou- veaux usages en particulier qui multiplient la demande : la vidéo en ligne, les visio-sont les entreprises qui ont les besoins les plus pressants, simplement à cause du vo- lume de données générées. Ilenvademêmepourle Cloud computing et le Big Data : il existe une énorme différence entre stocker les photos d’un téléphone mobile et assurer le fonctionnement sur le nuage d’un logiciel de gestion d’une grande entre- prise de plusieurs centaines d’employés – en grande partie parce que « si un particulierdes plus dynamiques du monde », signale Jean-Fran- çois Hernandez. La France a l’un des meilleurs réseaux de la planète, en grande partie grâce au câblage téléphonique réalisé par France Télécom. Dans les villes, la plupart des gens disposent d’une, voire deux offres haut débit ou très haut débit ; en dehors des agglomérations, il y a l’ADSL, grâce au cuivre. Et les prix du triple-play sont plutôt bas comparés au resteservice plus exigeant, et sont des clients moins intéressants pour les opérateurs », estimeSamuel Triolet. U. représente en moyenne une douzaine de clients pour un opérateur : les grands locaux d’une entreprise situé en proche banlieue, un seul. Du coup, les offres sont plus chères, et les opérateurs moins enclins à investir de fortes sommes.n immeubleJean-Marie BenoistNOVEMBRE 2014 59]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Business story - Sculpteo Impression(nant)DCinq ans après sa création en région parisienne, le spécialiste de l’impression 3D online veut s’attaquer au marché des Etats-Unis. Histoire d’une croissance à trois chiffres.écidément non, qui fait notre originalité », l’impression 3D, explique cet ingénieur issu qui consiste à dé- de Centrale Paris, qui a misposer et solidifier de la ma- son intelligence et sestière couche par couche (moins de 0,1 mm) à l’aide d’imprimantes spéciales, n’est pas un gadget ! Il suffit pour s’en convaincre d’ob- server l’évolution du marché mondial. En progression de 30% par an depuis une demi- douzaine d’années, il a aug- menté de 35% en 2013 et devrait croître de 37% en 2014, pour s’établir aux alen- tours de 4 Mds d’euros. Cette course vers les sommets de-convictions au service d’un projet entrepreneurial initié en collaboration avec Eric Carreel, ingénieur ESCPI et lui-même déjà à l’origine de la création de Withings, so- ciété spécialisée dans la conception d’objets commu- nicants dédiés à la santé et au bien-être. Né en 2009, avec le concours du physi- cien français Jacques Lewi- ner, Sculpteo entend mettre l’impression 3D à la portéeNous permettons de remettre les outils de fabrication aux pieds des bureaux d’études, qui étaient orphelinsvrait encore perdurer dans le futur, au moins jusqu’en 2020 selon les spécialistes.du grand public, mais aussi de TPE innovantes, en quête d’outils économiques pour tester puis mettre sur le mar- ché de nouveaux produits. « Notre credo est de donner accès à cette technologie de la manière la plus simple possible, car nous voulons rendre l’impression 3D ac- cessible à tous », affirme le directeur général de Sculp- teo. Cette ambition se traduit dès à présent dans les chif-NAISSANCE DANS UN SECTEUR EXPLOSIF C’est en tout cas la convic- tion de Clément Moreau, di- recteur général et co-fonda- teur de Sculpteo, qui a choisi de se positionner sur une niche à fort potentiel. « Nous faisons de l’impression 3D online ; c’est vraiment ce"Aidez-moi, j'ai coincé mes doigts !"60 NOVEMBRE 2014fres, les particuliers pesant environ 20 à 30% du chiffre d’affaires. « Mais nous vou- lons surtout rendre l’impres- sion 3D accessible aux en- treprises qui n’y avaient pasaccès précédemment, parce qu’elle était trop technique et trop chère. Avec notre sys- tème, le client peut com- mander son impression 3D en ligne, vérifier que ses fi-chiers sont corrects et choisir la matière la plus appropriée pour le produit qu’il veut réaliser : le plastique, la ré- sine, l’argent massif, la cé- ramique. »AMI DES GRANDS ET DES PETITSRésultat, les entreprises qui font appel à Sculpteo sont issues de secteurs d’activité de plus en plus diversifiés.]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frBusiness story - Sculpteo STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEDes bureaux d’études, des cabinets d’architectes, des chefs de produits qui font des goodies, mais aussi des entreprises de mécanique. « Ce sont des gens qui ont une idée, qui font appel à un designer freelance et qui veulent 1000 à 2000 pièces »,de l’activité de Sculpteo, mais c’est aussi, selon les créateurs de l’entreprise, un enjeu fondamental pour l’avenir de l’innovation dansrevanche, si la forme de la pièce constitue un facteur essentiel pour passer à l’im- pression 3D, la taille reste un facteur discriminant.3D revient cher. Une stra- tégie d’impression 3D doit être adaptée à certains cri- tères : délais de fabrication, nature des matériaux, com-développer de manière ex- ponentielle : plus de 100% paranetunpicà200%en 2013. Cinq ans après sa création, l’entreprise em-la R&D, et deux ateliers de fabrication à Villejuif (Val-de-Marne), et Arreau (Hautes-Pyrénées). « Nous avons également une an-Notre credo ? Rendre l’impression 3D accessible à tous. Les particuliers pèsent déjà 20 à 30 % de notre CAtenne commercia. Francisco, car nous réali- sons déjà 25% de notre chiffre d’affaires aux Etats- Unis », ajoute-t-il. Un mar- ché nord-américain qui de- vrait d’ailleurs accueillir dès l’année prochaine la troisième unité de produc- tion de Sculpteo.le à Sandéveloppe Clément Moreau. Des produits parfois très techniques, qui peuvent aussi bien être des pièces détachées pour une industrie de pointe, qu’une petite série pour un produit en test imaginé par une start-up...PEU DE CONTRAINTES PHYSIQUES, OU GÉOGRAPHIQUESSi l’engouement pour l’im- pression 3D se vérifie dans un nombre de secteurs d’ac- tivité sans cesse plus im- portant, c’est aussi parce que ce mode de production souffre de très peu de contraintes sur la forme. « Nous pouvons faire n’im- porte quoi, affirme Clément Moreau. Avec un moule en technologie classique, cer- taines pièces ne peuvent pas être fabriquées d’un seul tenant. En impression 3D cette contrainte est éva- cuée, puisqu’il n’y a pas de phase de démoulage. » Une différence de taille, qui peut considérablement changer la donne pour cer- taines industries comme l’aéronautique, qui travaille sur des pièces avec des formes sans contraintes. En« En fait, nous sommes un facilitateur de démarrage industriel. Nous pouvons produire quelques milliers de pièces plus rapidement qu’avec une technologie tra- ditionnelle, où il faut com- mencer par faire un moule. Nous apportons donc de l’agilité au client, qui va pouvoir mettre un produit sur le marché en quelques semaines, au lieu d’attendre plusieurs mois. Pour une petite entreprise, ce gain de temps peut s’avérer es- sentiel. »Cette réactivité est non seu- lement un des gros enjeuxNOVEMBRE 2014 61les pays développés. « Les moyens de production de masse sont désormais en Chine et nos bureaux d’études sont un peu or- phelins. En s’éloignant des moyens de production, ils deviennent de moins en moins pertinents. L’impres- sion 3D est un formidable moyen pour remettre les ou- tils de fabrication aux pieds des bureaux d’études. » Voilà pourquoi Sculpteo ne s’adresse pas uniquement à des TPE, mais aussi à de très grosses sociétés. Ces dernières achètent de la ma- quette, de la présérie, voire de la première série. Car les entreprises, quelle que soit leur taille, ne souhaitent pas forcément investir dans des machines technologi- quement compliquées et coûteuses. « Il s’agit de centaines de milliers d’euros d’investissement. Sur nos deux sites de production, nous disposons d’un parc de cinq machines qui re- présente environ 1 million d’euros d’investissement. »« Nous travaillons sur des pièces qui, pour les plus grandes, font 70 centimè- tres. Au-delà, l’impressionplexité de la forme de la pièce. »Autant de critères qui n’em- pêchent pas Sculpteo de seploie 40 personnes sur trois sites : Issy-les-Moulineaux, où sont regroupé le siège, les fonctions commerciales,Jacques Donnay]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15RH & FORMATION Réseaux & Influences - Les réseaux régionauxDu folklore aux affairesLoin des clichés, les réseaux régionaux ne fédèrent pas seulement des amateurs de biniou ou des Fdanseurs de bourrée. Bretons, Auvergnats ou Savoyards exilés peuvent bénéficier d’un coup de poucede leur diaspora pour faire des affaires. Focus sur les associations régionales, d’hier à aujourd’hui.ondateur du réseau faire des études ; sur les chan- en avant leur savoir-faire, en breton BZH Network, tiers et dans les cuisines, ils France ou à l’étranger : Stéphane Péan se re- ont laissé la place aux immi- « Nous avons notamment faittrouve propulsé à Tokyo de grés d’aujourd’hui. Désor- la promotion d’une marquepar son job en 2005. Mais ce Malouin d’origine ne veut pas se couper de ses racines. « A l’époque, c’était l’émer- gence des réseaux sociaux, explique-t-il. Sur Viadeo, à l’époque Viaduc, j’ai cherché des gens de ma région et tout a commencé comme ça. » Très vite, Stéphane Péan réus- sit à réunir pas moins d’une cinquantaine de Bretons ex- patriés au Japon et fonde son association quelques mois après. « Nous ne voulions pas seulement faire du cul- turel, explique-t-il. Nous sou- haitions monter un réseau économique pour faciliter les échanges et promouvoir la Bretagne. C’est parti du Ja- pon, puis j’ai été contacté par des Bretons en France et à l’étranger à New York, Moscou... » Aujourd’hui, l’association revendique 6000 membres sur Viadeo et 2800 sur Facebook.mais, les associations se consacrent principalement à faire vivre le patrimoine cul- turel de leur région. Toutefois, les occasions de parler business demeurent. « Lors des repas que nous organisons, nous apprenons qui a une affaire à vendre, qui embauche, confirme Gé- rard Paloc. Je connais deux frères qui ont ainsi repris la brasserie d’un Auvergnat partant à la retraite. »cosmétique bretonne au Ja- pon », indique Stéphane Péan.UNE LONGUE HISTOIRELes réseaux régionaux ne sont pas nés d’hier. Leur his- toire débute au XIXe siècle avec l’émigration massive vers les grandes villes – Paris en premier lieu – pour y trou- ver du travail, de Bretons, Auvergnats, Savoyards... Près de 1,5 million de Fran- ciliens seraient d’origine bre- tonne, 500000 auvergnate. Pour s’entraider, les nouveaux arrivants créent amicales et associations, dont une bonne partie subsiste encore au- jourd’hui. A Paris, les Au- vergnats animeraient encore 250 associations, contre une cinquantaine seulement pour les Bretons.Parmi ces immigrés de l’an- cien temps, les Aveyronnais. « Ceux-ci ont d’abord fait les boulots les plus rudes : porteurs d’eau, cochers de fiacre..., indique Gérard Pa- loc, président de la Fédération des amicales aveyronnaises. A l’instar des immigrés d’au-Au moins le club des Basques de Paris ne perd jamais ses balles de golf...La tradition d’entraide en di- rection des jeunes perdure. A l’instar du Foyer savoyard de Paris, créé en 1933. « No- tre souci est d’aider ceux qui montent sur Paris, explique Maurice Vallet, le président de l’association. Nous les conseillons sur les quartiers où habiter, nous leur donnons de bonnes adresses de foyers. Nous pouvons aussi les aider à trouver un stage. » Fonc- tionnant par adhésion, l’as- sociation compte aujourd’hui 300 à 400 personnes. Contrairement à ce que son nom indique, le Foyer sa- voyard ne propose pas de lo- gements pour les jeunes tra- vailleurs. D’autres réseaux régionaux le font. L’associa- tion « L’Oustal des Avey- ronnais de Paris » met à la disposition des jeunes Rouer- gats des studios situés dans l’immeuble éponyme, dans le 12e arrondissement. Les arrivants de Lozère, de l’Aveyron ou du Cantal peu- vent aussi bénéficier de lo- gements au sein du Foyer des jeunes travailleurs de la Cité des Fleurs, situé dans le 17e arrondissement de Paris. La solidarité est aussi finan- cière : les Aveyronnais ont leur banque, la Compagnie aveyronnaise de services et de gestion (Caseg). « Elle travaille presque exclusive- ment avec des Aveyronnais », indique Gérard Paloc.ANCIENS VS MODERNESVieilles de plus d’un siècle, beaucoup d’associations ré- gionales peinent à se renou- veler et voient l’âge de leurs adhérents augmenter. « Avant Internet, les jeunes s’adres- saient à moi pour que je les aide ; aujourd’hui, c’est en dernier recours », déplore Maurice Vallet. C’est parce qu’il jugeait dé- passées les amicales histo- riques que Stéphane Péan a décidé de monter son propre réseau. « On ne voulait pas se contenter du folklore et des crêpes, comme les vieilles associations, explique-t-il. Nous souhaitons monter un réseau économique. » Comme BZH Network, une nouvelle génération de ré- seaux régionaux a vu le jour, plus orientés business et dé- passant les frontières. A l’ins- tar du réseau Racines Sud, qui regroupe les Languedo- ciens expatriés dans le monde, ou encore de l’As- sociation des cadres bretons (ACB), qui vise à favoriser le développement écono- mique de la Bretagne en fé- dérant des Bretons aussi bien en France qu’à l’international. Pour ne pas se laisser dépas- ser, il est nécessaire que les associations historiques s’adaptent au changement d’époque, estime Gérard Pa- loc : « Les jeunes gardent la62 NOVEMBRE 2014jourd’hui, les Aveyronnais ont connu la barrière de la langue et les différences de mœurs. Peu à peu, ils sont devenus brasseurs et bistro-compter sur ses pairs, car cela se saurait su s’ils tra- vaillaient mal. »D’où cette tradition des « mé- tiers réservés », ces affairesle feu des projecteurs suite à l’affaire des œuvres d’art vo- lées en 2010, les « cols rouges » savoyards de l’hôtel Drouot se transmettaient entreLes jeunes gardent la fibre régionale, mais l’expriment désormais sur les réseaux sociauxais l’ex-tiers. » Les nouveaux venus transmises par bouche-à- eux leur charge de commis- peuvent heureusement comp- oreille entre membres d’une sionnaire suite à un privilège ter sur le soutien de leur com- même communauté. Les accordé par Napoléon III. munauté. « Dès qu’un Avey- « Bougnats » possèderaientfibre régionale, m. priment désormais sur les réseaux sociaux, observe-t- il. Nous avons donc organisé une rencontre avec un groupe créé spontanément sur Lin- kedIn, comptant un peu plus de 200 membres. » L’avenir des associations se tisse dés- ormais sur la Toile.ronnais s’installait, il se tour- encore 60% des brasseries TRADITIONnait vers les gens du pays parisiennes, soutenus par les D’ENTRAIDEpour trouver du fournisseurs historiques, tous Mais les temps ont changé. personnel, explique Gérard d’origine auvergnate : Tafa- Aujourd’hui, les jeunes pro- Paloc. Il savait qu’il pouvait nel, Bertrand et Richard. Sous vinciaux vont en ville pourLes réseaux régionaux per- mettent également aux en- treprises locales de mettreCatherine Quignon]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[Executive MBA 20+ SpecializationsEn françaisContrôle de GestionManagement, ressources humaines et carrières Gestion et management dans les organismessans but lucratifGestion quantitative de portefeuille Management de projetsManagement dans les institutions de santé Management des institutions sociales Management stratégique achats, logistiqueet approvisionnementSécurité de l’informationStratégie marketing, communication &e-businessBusiness communication, expertise web etréseaux sociauxIn EnglishAdvocacy & External Communication Aviation ManagementCommodity TradingCorporate Social ResponsibilityInternational ManagementInternational OrganizationsModern Management for Non-Profit Organizations Strategic MarketingBoost your Career Personal DevelopmentGreat NetworkingCourses Available in English or French ¦ Wide Range of Nationalities ¦ Located at the heart of Geneva ¦ Reasonable Class Size ¦ Vast Networking Events ¦ Accredited by AMBA Cutting-edge Research CenterUniversity of GenevaUniMail ¦ 40 Bd du Pont d’Arve ¦1205 Geneva, Switzerlandhec-executive.ch]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15RH & FORMATION Observatoireu A l'honneur ce mois-ci : l'actualisation des grandes écoles quant aux nouvelles technologies et aux enjeux du Big Data en particulier. Microsoft, Dassault et Groupama qui renforcent leurs liens avec le monde de l'enseignement. La Suisse et la Corée dans le viseur des business schools, ainsi que la palme de l'employeur idéal décernée par Universum.Création d’une chaire originale pour l’école LaSalle Beauvais et GroupamaPour cette rentrée 2014, la première chaire dévolue à la gestion des risques en agriculture a vu le jour. Fruit de la collaboration entre LaSalle Beauvais et Groupama Paris Val-de-Loire, le programme de recherche entend identifier les nouveaux risques en agriculture, analyser l’évolution des entreprises agricoles et étudier le comportement et la prise de décision de l’agriculteur, en vue de faire évoluer le secteur assurantiel.Source : universumglobal.comCLASSEMENT ÉTUDIANTS EN ÉCOLE DE GESTIONESG et OpenClassrooms accouchent de leur nouveau MOOCLe 4 novembre prochain, l’ESG et Openclassrooms, première plateforme francophone d’e- éducation, lanceront « Avoir l’audace d’entreprendre », MOOC dédié à l’entrepreneuriat. (mooc-entrepreneuriat.com). S’adressant aux repreneurs et aux créateurs pour une durée de quatre semaines, le MOOC entend dispenser toutes les informations utiles à la création (éva- luer le potentiel, s’entourer, trouver les ressources,...) et se distingue de ses homologues nu- mériques par l’organisation de rencontres entre les participants en fin de programme, en vue de se constituer un premier réseau entre MOOC’ers.Source : www.studyramagrandesecoles.comSource : www.studyramagrandesecoles.comClassement Universum 2014 de l’employeur idéal, à l’échelle mondiale200 000 étudiants, pour 1541 universités sur les zones géographiques les plus dynamiques du point de vue économique, ont répondu à l’enquête d’Universum réalisée de septembre 2013 à mai 2014. La compilation de ces données aboutit au classement mondial des entre- prises les plus réputées. Les différences de perceptions entre étudiants en gestion et en in- génierie sont d’autant plus criantes.L’ENSAE affectionne le Big Data- Ouverture d’un master spécialisé en Big Data :A compter de cette rentrée 2014, l’ENSAE propose un nouveau mastère spécialisé (MS) en Data Science afin de répondre à la demande croissante de Data Scientists et de Chief Data Officers. L’offre s’articule autour de trois piliers : statistiques, informatique-technologie, marketing-économie-finance. L’offre de formation s’adresse à la fois aux étudiants diplômés d’un Bac+5 souhaitant se spécialiser dans ce domaine en poursuite d’études, mais aussi aux professionnels de niveau M1 dotés de quelques années d’expérience, désireux d’acquérir de nouvelles compétences pour notamment entamer un virage de carrière.- Upgrade de la filière Data Science à l’ENSAE :La société Microsoft soutient la filière Data Science, spécialisation de la 3e année du cycle ingénieur de l’ENSAE ParisTech, en donnant l’accès à ses participants à Microsoft Azure Machine Learning, plateforme d’apprentissage statistique dévoilée en juillet dernier, ainsi qu’à davantage de ressources de calcul et de stockage via. L’objectif ? Faire sortir des labo- ratoires de recherche les techniques dernier cri en matière de calculs de masse et d’appren- tissages statistiques, afin de les démocratiser auprès du plus grand nombre de praticiens.Source : ensae.frRANGEMPLOYEUR1GOOGLE2EY (ERNST & YOUNG)3PWC (PRICEWATERHOUSECOOPERS)4KPMG5DELOITTE6MICROSOFT7PROCTER & GAMBLE (P&G)8GOLDMAN SACHS9APPLE10J.P. MORGAN11MCKINSEY & COMPANY12L'ORÉAL GROUP......19LVMH20NESTLÉ64 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frObservatoire RH & FORMATIONCLASSEMENT ÉTUDIANTS EN ÉCOLE D’INGÉNIEURSDassault Systèmes et GEM main dans la mainL’événement Nano Inside fut le moment en cette rentrée pour officialiser un partenariat entre Dassault Systèmes et Grenoble École de Management (GEM) approfondissant la collabora- tion pédagogique et scientifique. Associé au cursus et à la vie de l’école via notamment sa branche Exalead, le groupe souhaite sensibiliser les managers de demain autour de thèmes tels que le Big Data ou encore l’impact disruptif de la donnée sur les business models.RANGEMPLOYEUR1GOOGLE2MICROSOFT3BMW GROUP4APPLE5GE6IBM7INTEL8SIEMENS9SONY10SHELL......24L'ORÉAL GROUP25MCKINSEY & COMPANY......47SCHNEIDER ELECTRICwww.grenoble-em.comKEDGE au pays du matin calmeAprès Suzhou et Shanghai en Chine, Kedge Business School poursuit son maillage du conti- nent asiatique en renforçant son Hub d’enseignement supérieur par l’établissement d’une antenne permanente en Corée du Sud, en partenariat avec KUBS (Korean University Busi- ness School). Cette nouvelle alliance s’inscrit dans la volonté du groupe français d’appro- fondir les travaux de recherche, autour notamment du Big Data Management et du secteur pétrolier, de développer sa politique de doubles diplômes avec le lancement du MSc Inter- national Business en septembre 2015 et d’accélérer les échanges étudiants.Source : www.kedgebs.comLa Suisse, ouverte aux collaborationsL’INSEEC s’étoffe. Afin de poursuivre le développement de ses filières marketing, com- munication, création et digital, le groupe d’enseignement s’établit à Genève avec l’acquisi- tion de l’école CREA. Dans sa logique de développement à l’international (Londres, Monaco, Chicago), le groupe INSEEC fera bénéficier les étudiants de CREA Genève de la force de leur groupe, par l’optimisation des niveaux de reconnaissance des diplômes et une plus grandes mobilité des parcours. En sus, le groupe INSEEC proposera également sur le site helvète de nouveaux programmes de management, marketing et finances afin d’étoffer l’offre de l’école passée sous pavillon français.Source : www.studyramagrandesecoles.comNouveau Master of Science pour l’ISTA MulhouseCréé en 1986 à l’initiative des professionnels du secteur, l’Institut supérieur textile d’Alsace (ISTA) lance son MSc (Master of science) e-business manager pour répondre à la demande croissante des entreprises des secteurs de l’habillement, du cuir et du textile. Mulhouse conci- lie ainsi sa relation historique avec le textile et son plan de développement économique en tant que pôle technologique pour améliorer la présence des acteurs de la filière sur le Web et utiliser au mieux les technologies du e-commerce. Niveau d’études et profils recherchés ? Des personnes titulaires d’un M1 ou d’un M2, parées d’une fibre digitale et habillées d’une sensibilité pour le textile.Source : www.studyramagrandesecoles.comErratumRectificatif quant à l’article « Ceux qui arrivent et ceux qui partent...» d’EcoRéseau d’octobre 2014 qui faisait part d’un Executive MBA créé en cette rentrée par Neoma Business School. Il s’agit en fait d’un Executive DBA (Doctorate in Business Adminis- tration) délivré à Shanghai en partenariat avec l’université de Jiaotong, qui se destine aux managers et aux professionnels diplômés d’un Bac+5 avec 5 à 7 ans d’expérience. Source:news.neoma-bs.frNOVEMBRE 201465]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15RH & FORMATION Carrières & Talents - Les relations écoles / entreprisesLa politique de la main tendueAcadémique versus Economique. Si l'on oppose encore volontiers la recherche à l'entreprise, des ponts Unouveaux se construisent et les interactions progressent. Un moyen de niveler par le haut la compétiti-ne blouse blanche rencontres intimement liées décorée d’une à la professionnalisation barbe touffue, une des futurs ingénieurs et àvité des entreprises et l'excellence des écoles d'ingénieurs.calvitie naissante et des l’insertion des doctorantscernes sombres jurant avec un teint blafard... L’image d’Epinal du scientifique ne lui fait pas honneur. D’au- tant que l’imaginaire col- lectif lui reproche aussi son désintérêt, voire son indif- férence, à l’égard du monde dans ses dimensions so- ciales et économiques.dans le tissu économique. Du transfert de technologies en passant par les comités de perfectionnement, la re- cherche, les écoles d’ingé- nieurs et l’entreprise sont devenues inséparables. Tou- tefois, selon son histoire et ses axes stratégiques de développement, chaque éta-Les écoles encouragent les spécialisations doctorales, notamment en raison de l'internationali- sation des carrièresPourtant, malgré la lourdeur des lunettes à double foyer et l’esprit geek les animant, ces hommes qui expéri- mentent dans l’ombre par- tagent de plus en plus leurs épiphanies scientifiques avec des bureaux d’entre- prise dédiées à la R&D. Mais pas seulement. La re- lation quadripartite entre recherche, entreprises, uni- versités et écoles d’ingé- nieurs se tisse au gré de66 NOVEMBRE 2014blissement ne jouit pas des mêmes rapports avec le mi- lieu économique. EcoRé- seau analyse pour vous l’in- tensité des relations qui unit la science dure avec ses applications entrepre- neuriales, le thésard et le futur ingénieur à l’innova- tion en entreprise.« Vivement que ma période d’essai se termine, afin que le bizutage s’achève et que j’enlève ce costume de cérémonie de remise de diplôme »LE STAGE, NERF DE LA GUERRELes Ponts et Chaussées, lesMines ou encore Supméca. L’ingénierie et la recherche ont toujours été liées à des métiers et à des bassins d’emplois, qui transpirentencore dans leurs noms ac- tuels. Une manière d’affi- cher leur ADN dont décou- lent leur cœur de métier, qui lui-même demeure labase de la recherche et des liens avec l’entreprise. Les meilleures écoles se carac- térisent d’ailleurs par des formations professionnali-santes dotées d’une indé- niable dimension techno- logique. L’informatique présente ainsi un taux de 85% d’insertion, d’après la]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Les relations écoles / entreprisesRH & FORMATIONdernière étude de l’APEC sur les jeunes et l’insertion à partir de Bac+5. Cette excellente employabilité caractérise les sciences technologiques tandis que dans le même temps, les sciences dites fondamen- tales, à l’image de la phy- sique ou de la biologie, souffrent en matière de re- crutement. « RégulièrementLes années fastes alternent l’énergie sur un mouvement nomique sont intimement avec des périodes plus fai- lent ou rapide – comme liés. C’est dans nos gènes. bles. Mais une chose est poser son doigt sur un in- On ne peut pas imaginerdes entreprises », résume Christian Voillot, vice-pré- sident valorisation et trans- fert-Grenoble INP.des enseignants et des étu- diants », explique Vincent Barra, doyen de l’ISIMA. Autrement dit, chaque chaire est un moyen privi- légié pour côtoyer au quo- tidien les industriels. C’est une manière d’irriguer en permanence les contenus et les méthodes pédago- giques. « Créée par Alme- rys, filiale d’Orange en partenariat avec le Labo- ratoire d’informatique de modélisation et d’optimi- sation des systèmes infor- matiques (LIMOS) et l’Uni- versité d’Auvergne, laChaque chaire est un moyen privilégié de côtoyer au quotidien les industriels et d’irriguer les contenus pédagogiquesterrupteur, une première enDE LA CONSTITU- TION ET DE L’UTI- LITÉ DES CHAIRESSe développer pour et par la recherche, une maxime martelée dans chaque co- mité de direction ? « L’ISIMA est certifiée ISO 9001. Cette norme implique de penser au quotidien à un système de management de qualité, qui favorise la recherche du point de vuesûre : la relation avec l’en- treprise se construit d’abord avec le grand volume de stage. 1500 par an à l’UTC, par exemple. « La durée des stages, de deux fois six mois en 4e et 5e année, est le premier moyen de construire un projet avec les entreprises pour par- venir ensuite à d’autres re- lations, détaille Bruno Ba- chimont. C’est dans ce ca- dre qu’un de nos ensei- gnants-chercheurs a été ap- proché pour développer des outils relevant du web-sé- mantique, dans l’offre lo- giciel d’une de nos entre- prises partenaires, par exemple. »matière d’energy harvesting (collecte d’énergie) ! « La recherche et le monde éco-dispenser une formation d’ingénieur soucieuse d’ap- porter à l’économie, sans se renseigner sur le besoinles entreprises nous appel- lent, sont surprises et se plaignent de ne pas avoir de retour par rapport à certaines offres de stages, mais la concurrence est forte:ilyaplusdedixof- fres de stage par étu- diant ! », note Bruno Ba- chimont, directeur de la re- cherche à l’Université de technologie de Compiègne (UTC). Toutefois, le succès en matière de recrutement est très variable d’une branche à l’autre. Dans la mécanique et l’informa- tique, il n’est pas rare que les stages servent de pré- recrutement. L’ingénierie de la santé n’est pas encore un marché de l’emploi très développé pour les ingé- nieurs. Les besoins d’em- bauche dans le génie chi- mique sont plutôt cycliques.LE TRANSFERT DE TECHNOLOGIE : UNE IDÉE FIXE CHEZ LES SCIENTIFIQUES ? Néanmoins, d’autres écoles plus chanceuses comme Grenoble INP, l’ENTPE de Lyon (Travaux publics) ou l’école d’aéronautique de Toulouse ISAE Supaero, ont vu le jour sous la dou- ble impulsion de l’Etat et des professionnels. Elles sont adossées à des labo- ratoires de recherche pro- duisant des résultats inno- vants susceptibles d’être brevetés. La création d’en- treprise n’est plus très loin, comme en atteste notam- ment la naissance d’un in- cubateur sur le site greno- blois. La question du trans- fert de technologies est donc particulièrement pré- gnante dans ce sérail scien- tifique basé dans la cin- quième ville la plus inno- vante du monde, selon un récent classement interna- tional dressé par Forbes. Générer de l’économie conséquemment à des réus- sites scientifiques se concrétise donc chaque an- née par le lancement de start-up. A l’image d’En- erbee, récompensée lors du dernier concours i-LAB, qui a développé des solu- tions pour récupérer deNOVEMBRE 2014 67Œ]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15RH & FORMATION Carrières & Talents - Les relations écoles / entreprisesCertains docteurs récemment embauchés en entreprise ne s’intègrent pas immédiatement...LES THÈSES, PASSEPORT DE RECRUTEMENT À L’INTERNATIONAL ? On dénombre 700 à 800 doctorants encadrés par l’UTC et environ 200 doc- teurs diplômés. Une cen- taine chez les Mines Pa- risTech, dont 20% sont des ingénieurs en poursuite d’études. Et 10% des di- plômants sont des docto- rants à l’ISIMA. Aussi, les écoles encouragent-elles les spécialisations doctorales, notamment en raison de l’internationalisation des carrières. « Le titre d’in- génieur reste un passeportchaire industrielle de re- cherche sur la confiance numérique souhaite déve- lopper cette discipline à l’intégrité des réseaux, lacherche, enseignement et R&D, est partagé par toutes les écoles. Après Cisco et la chaire dédiée à l’internet des objets, Polytechniqueles Facebook et Google de demain... tout en répondant à l’urgence d’enseigner qualitativement le Big Data. En matière de liens struc-trielles de formation pour la recherche (CIFRE, cf. encadré), soit dans un contexte indépendant de la recherche doctorale. Béné- ficiant d’une connaissance intime des partenaires éco-On ne peut plus imaginer une formation d'ingénieur sans se renseigner surle besoin des entreprisesmiques de collaboration. A l’image des Mines Paris- tech et d’Eco-systèmes, qui sont à l’initiative de la chaire de recherche Mines Urbaines dédiée à l’opti- misation de la filière de re- cyclage des métaux straté- giques et à la construction d’une économie circulaire dans ce domaine d’activité. Dans ce cas de figure, Eco- systèmes, éco-organisme agréé par les pouvoirs pu- blics, est tenu de solliciter la recherche pour son bon fonctionnement en tant qu’entreprise à but non lu- cratif.académique, synonyme de lien fort avec l’industrie, permet aussi une bonne em- ployabilité des doctorants des écoles d’ingénieurs en France. « Nos anciens doc- torants n’éprouvent pas de grandes difficultés à trou- ver un emploi dans le mi- lieu académique ou dans le monde professionnel », poursuit le directeur de la recherche des Mines Pa- risTech. En revanche, si les ingénieurs et doctorants d’une école restent les mieux lotis en matière d’employabilité, il faut tou- tefois souligner que le taux d’emploi chez les docteurs, toutes disciplines confon- dues, a chuté de six points d’après la dernière étude APEC sur l’insertion. « On explique cette dégradation par des débouchés en re- cherche publique plus contraints à cause de l’op- timisation des budgets, ainsi que des docteurs qui n’anticipent pas assez leur projet d’insertion lors de leur thèse. Il faut d’ailleurs souligner que cette inser- tion n’est pas suffisamment orientée vers la recherche privée », tempère Pierre Lamblin, directeur du dé- partement études et re- cherche de l’APEC. Unequalité des services ou en- core la protection des don- nées et de la vie privée », illustre Vincent Barra. Le désir vivace de corréler re-accélère encore dans ses rapprochements, avec un nouveau partenariat signé avec la SS2I Keyrus, Thales et Orange pour construireAides de l’Etatturaux, les entreprises sol- licitent donc les écoles pour des contrats de recherche bilatéraux : soit dans le ca- dre de Conventions indus-Quid des CIFRE et des lettres (d'embauche) ?Créé en 1981, le dispositif CIFRE (Convention industrielle de formation par la recherche) vise à optimiser la recherche au sein des entreprises françaises. Cette aide de l'Etat accompagne ainsi toute entreprise décidée à recruter, en CDD ou en CDI, un thésard dont la mission professionnelle constitue l'objet de thèse. Elaborée par l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT), une étude de ce dispositif depuis sa création met en relief une tendance plutôt vertueuse en termes de taux d'emploi, de rapidité d'accès à ce dernier et de reconnaissance salariale. L'étude révèle aussi que la plupart des entreprises recrutent ces profils par rapport à leur expérience professionnelle de chercheur. Dans cette optique, les entreprises souhaitent moins investir sur le potentiel de ressources humaines que sur un expert dont elles attendent une opérationnalité rapide. Une logique inverse de celle du recrutement du profil ingénieur, de fait généraliste. Si cette étude s'intéresse à la période 1981-2009, ces conclusions font encore écho aux dernières études de l'APEC de 2014. Pierre Lamblin précise : « Ce qui fera la différence en matière de recrutement est l'expérience, l'adaptabilité et la rapidité opérationnelle ». Mais des progrès restent à réaliser. Et La France peut s'asseoir sur le banc des mauvais élèves, au regard des relations entre les milieux académiques et économiques à l'œuvre sur les continents nord-américain et asiatique. La faute à une méfiance qui plane encore dans l'esprit des entreprises sur la pertinence de la formation doctorale.68 NOVEMBRE 2014"D'accord vous avez appris à être méticuleux durant votre doctorat... Mais de là.à éplucher la convention de stage lettre par lettre..."nomiques, les enseignants dans notre pays et dans les raison de plus qui explique chercheurs sont ensuite ca- groupes français déployés pourquoi le PhD est égale- pables de générer de nou- à l’international, mais c’est ment plébiscité en tant que veaux projets. Toutefois, le PhD – Philosophiae sésame à l’étranger. Une lorsque les écoles et uni- Doctor – qui fait référence fuite des cerveaux inendi- versités ne frappent pas di- dans le monde anglo- guable ?rectement à la porte des saxon », argue Damienentreprises, les démarches Goetz, directeur de la re-en sens inverse s’inscrivent cherche aux Mines Paris-dans différentes dyna- Tech. Cette haute qualité Geoffroy Framery]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[rinevanosrisiohcneiL’ISIMA est une école publique habilitée par la Commission des titres d’ingénieur▶▶ ▶▶ ▶▶▶▶ ▶▶B1 diplôme, 5 options▶▶ ▶▶ ▶▶ ▶▶ ▶▶> Recrutement : ▶▶▶▶ ▶▶ ▶▶Renseignements> > >www.isima.frGrande école publique d'ingénieurs en informatiquerecherche modélisationréseaux informatique Embarqué]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15Art DE vIvrE & PAtrIMOINE L’Air du temps - Pilotage d’avionsPrenez de l’altitude !... Pas comme homme-oiseau, mais en prenant les commandes d’un biplace. Ceux qui obtiennent le brevet de pilotage sont de plus en plus nombreux. Où ? Comment ? À quel prix ? Décollage.«T embouteillage et sans risque de se faire flasher, c’est pos- sible... en devenant pilote privé. » « Et si un kilomètre de route ne mène nulle part, une piste de la même distance peut vous conduire partout. » N’en déplaise aux amoureux des belles voitures, les sup- ports de communication de la Fédération française aé- ronautique diffusent des mes- sages bien rôdés. S’il était encore nécessaire d’entretenir ce qui demeure l’idéal de la plupart des Français. L’un des derniers sondages sur le sujet, réalisé par LinkedIn auprès de 8000 personnes, révèle en effet que le métier n°1 dont rêvaient les jeunes garçons dans leur enfance était de devenir pilote d’avion. « Malgré les diffi- cultés économiques, c’est une activité qui continue de faire rêver », confirme Loïc Lo- geais, directeur technique na- tional de la FFA qui précise : « La France possède une culture de l’aéronautique forte, qui s’est construite du- rant l’entre-deux-guerres au- tour d’une aviation populaire. On dénombre 42000 pilotes en France, soit la moitié des pilotes européens, ce qui fait de nous la première nation aéronautique en Europe et la deuxième au monde der- rière les États-Unis. »raverser la France à 250km/h, sansdans un rayon de 30km au- tour de l’aérodrome de départ. Son obtention nécessite une formation théorique et un vo- let pratique avec un minimum de 6 heures de vol en double commande avec instructeur, 4 heures de vol en solo et 20 atterrissages.CONTEXTE FACILITATEUR Longtemps le discours a été de rappeler : « Vous avez un terrain à moins de 50km de chez vous, alors n’hésitez pas », parce que cela crée de la proximité et apporte de la sérénité. Se lancer dans une formation près de chez soi évite la perte de temps, l’un des biens les plus précieux aujourd’hui.On dénombre 42 000 pilotes dans l’Hexagone, soit la moitié des pilotes européens. La France est la deuxième nation aéronautique au monde derrière les États-Unisde pilote privé (PPL) varie quant à lui entre 5000 et 7000 €. Quelle que soit la formation, le coût dépend du nombre d’heures de vol dont l’élève aura besoin pour assimiler le programme, comme pour un permis deAvec un ticket d’entrée de 3000 euros environ pour le Brevet de base (voir par ail- leurs), « soit quasiment le budget annuel d’un fumeur » précise-t-on à la Fédération, ils sont plus de 800 à réussir leur examen chaque année,COMMENT S’Y PRENDRE ?Premier réflexe : direction un aéroclub proche de chez vous. C’est l’une des forcesQUELLEFORMATION ?Les aéroclubs dispensent deux formations : le Brevet de base (BB) et le PPL. Le premier (accessible dès 15 ans) est en général une pre- mière étape qui conduit en- suite au PPL. Il permet tou- tefois de voler en autonomieroclub.l’heure), ainsi que du type d’avion utilisé.Pour conserver son PPL, 12 heures de vol minimum par année sont exigées, soit un investissement de 900 à 1400 € par an auxquels il faudra ajouter votre licence fédérale à 55€.70 NOvEMBrE 2014« Tiens, j’aperçois les embouteillages de ceux qui comme moi vont au ski... Les pauvres... »QUEL EST LE VRAI PRIX ?Pour préparer un Brevet de base, il faut compter un bud- get de 2000 à 3000 € pour un adulte (les moins de 21 ans bénéficiant d’aides spé- cifiques de la part de la Fé- dération). Le coût du brevetauxquels il convient d’ajouter les 1300 nouveaux PPL (Pri- vate Pilot Licence »). « Voler, c’est s’offrir une parenthèse de quelques heures, témoigne Nicolas Auger, chef pilote et instructeur à l’aérodrome ré- gional de Caen. Dix minuteschez soi) et 60 heures de vol... aux tarifs les moins chers d’Europe. Un milieu beaucoup moins corporatiste qu’il ne pourrait le laisser croire, notamment parce qu’il possède une vraie culture as- sociative, sans doute liée auquasiment du cours particu- lier. Nous sommes là pour réussir ensemble. D’ailleurs, à Caen comme dans la plu- part des aéroclubs, c’est du 100% de réussite. Les seuls cas où nous n’aboutissons pas à un examen réussi sontde l’aéromodélisme français : 450 terrains accessibles pour 600 aéroclubs. Un maillage solide qui permet d’effectuer un vol d’initiation avec un instructeur, bénévole ou pro- fessionnel, souvent un ancien pilote de chasse de l’arméepour s’équiper et faire sa météo, et vingt minutes plus tard, on se retrouve en l’air ! C’est moins long que la pré- paration d’un bateau, et cela reste une sensation unique, et une vision de la terre vue d’en haut dont on ne se lasse pas. » Une formation PPL, c’est un engagement d’envi- ron un an et demi, pour une moyenne de 150 heures de cours (un logiciel d’appren- tissage permet, en sus, de travailler en ligne et de réviserfait que 10% seulement des 2000 instructeurs de l’Hexa- gone sont salariés. « Il ne faut pas se mettre de barrière, rassure Nicolas Auger. Nous accueillons beaucoup de gens qui n’y connaissent rien en franchissant la porte de l’aé- roclub. Mais ils sont en gé- néral très motivés, ils ont du bon sens et de la rigueur, deux qualités à partir des- quelles nous pouvons construire un projet commun. Apprendre à piloter, c’estliés à des changements de situation personnelle ou pro- fessionnelle. » Un plaisir à la hauteur de l’investissement financier et surtout personnel. Le meilleur moyen de vous lancer reste de pousser la porte d’un des nombreux aé- roclubs français.ou d’Air France, sur une ma- chine bien entretenue (des petits bijoux à 200000 euros tout de même !).conduire, et du prix de l’heure de vol variable selon les aé-Le PPL comporte également une formation théorique et un examen sous forme de QCM, un minimum de 45 heures de vol dont au moins 25 heures en double com- mande et 10 heures en solo supervisé. Ce brevet est dé- livré à l’issue d’un vol d’exa- men. Cette formation plus complète, qui permet de voyager sans limitation de distance et d’emporter des passagers (sans rémunéra- tion), demande une prépara- tion qui dure entre un et deux ans.Des qualifications portant sur d’autres formes de vol peu- vent être obtenues après avoir décroché le PPL : vol de nuit, vol de montagne, voltige, hy- dravion, pilotage de précision ou encore rallye aérien.s (entre 75 et 115€Olivier Rémy]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - L’actualité automobile Le Citroën Cactus a du piquantLe Cactus de Citroën inaugure le nouveau positionne- ment de la marque aux chevrons. Dans le groupe PSA, Peugeot est désormais confirmé dans sa volonté de montée en gamme, en concurrence directe avec Volkswagen. DS devient une marque à part, positionnée sur le haut de gamme et fer de lance du groupe à l’ex- portation, notamment en Chine. Quant à Citroën, soli- dement ancrée dans son histoire mâtinée d’innovation technologique et de design audacieux, elle se voit confier la délicate mission de plaire au plus grand nombre avec des véhicules décalés, simples et abor- dables. Une réponse a la stratégie low cost de Renault avec Logan. La gamme C de Citroën (C1, C3, C4,u Volvo S60 D4Moins de cylindres, autant de bonheurS’assoir au volant d’une Volvo procure toujours une sensation unique de confort et de sécurité et un réel plaisir de conduite. Avec la nouvelle gamme de motorisation quatre cylindres en lieu et place desanciens blocs cinq cylindres, le bonheur est sauf. Economie de carburant oblige ce downsizing mécanique valable sur les mo- dèles essence aussi bien que diesel ne nuit en rien aux per- formances des belles suédoises aux yeux bridés. La preuve aveccette S60 D4 parfaite en tous points. Son nouveau moteur diesel bi-turbo de 181 chevaux assure grâce à ses 400 Nm de couple disponibles dès 1750 tr/mn et à sa transmission automatique Geartronic à huit rapports. Avec en outre à la clef un appétit d’oiseau (4,3 litres de gazole aux 100 kilomètres) etdes émissions de C02 ( 112g/km) fiscalement correctes. A partir de 28550 eurosu Peugeot 308Un break et un nouvelle boîte autoLa Peugeot 308 est canon, c’est entendu ! Cette nouvelle star automobile de l’Hexagone se décline désormais en version SW – « station wagon » en franglais – et perd en l’occurrence un peu de son glamour. Le Lion qui réussit d’habitude parfaitement les déclinaisons break de ses berlines a cette fois raté son coup. Bon, rien d’affolant néanmoins. La 308 SW qui souffre d’un manque de visibilité latérale du fait de montants de pare-brise et de portière trèslarges conserve quandmême un indéniable ca-pital de séduction. Essayéeavec le nouveau moteurturbo essence trois cylin-dres Pure Tech, la bellefait des miracles : ce bloc1,2 litre eThp de 130 che-vaux est tonique, puissant, nerveux, agile. Bref la 308 laisse parler ses origines. Tenue de route excellente, freinage excellent, confort excellent grâce à de magnifiques sièges à appuie-tête intégrés. En prime l’option Driver Sport Pack qui modifie certains paramètres (direction, accélération, sonorité du moteur) exalte encore le plaisir de conduite. Reste quelques détails de finition à améliorer (l’habillage du hayon de notre véhicule d’essai se faisait... la malle !) et une véritable interrogation sur la dangerosité de l’écran tactile qui regroupe toutes les commandes y compris celles de la climatisation, ce qui oblige ré- gulièrement à quitter la route des yeux pour parfaire les réglages.Nouvelle boîte automatiqueAutre nouveauté dans la gamme 308 : l’arrivée d’une boîte automatique enfin digne de ce nom et qui renvoie au rayon des mauvais souvenirs les hoquets de l’antique boîte pilotée PSA. Cette boîte de vitesses au- tomatique six rapports baptisée EAT6 (Efficient Automatic Transmission 6) garantit « des changements de rapports plus rapides (...) une excellente fluidité et un agrément d’utilisation de haut niveau », dixit le constructeur, grâce à la technologie Quickshift. A l’usage elle se révèle effectivement très agréable et se rapproche des performances des boîtes à double embrayage germaniques. Disponible d’abord avec le moteur diesel 2 litres BlueHDI de 150 chevaux elle va désormais pouvoir être couplée avec le petit 1,2 litre essence eThp de 130 chevaux. Une très bonne nouvelle.C5...) doit ainsi désormais affirmer « une nouvelle conception de l’automobile moins statutaire et plus utile », selon le constructeur qui dit vouloir illustrer avec son Cactus une offre automobile « plus simple, essentielle » avec un « design moderne et attractif », et « un positionnement de prix et un coût d’usage compétitifs ».La mécanique est quant à elle excellente. Le bloc essence trois cylindres, Pure Tech 110 turbocompressé (110 chevaux) se montre nerveux et endurant, très agréable à conduire et peu dispendieux grâce au stop- and-start (moins de 5 litres aux 100 en moyenne pour 105g de CO2 rejetés au kilomètre). Rien à dire sur la tenue de route et le confort de suspension. Quant au freinage, comme toujours chez Citroën, il est parfait. Côté équipement, et là aussi comme toujours chez Ci- troën, le GPS laisse à désirer et la qualité du Bluetooth est indigente. Mais le son du système audio marque un indéniable progrès et le Cactus offre par ailleurs de nombreux systèmes de confort et de sécurité (caméra de recul, aide au stationnement automatique, éclairage d’intersection, connexion internet...) qui prouvent que le Cactus est tout sauf un véhicule low cost. Même si ses tarifs sont tirés au maximum avec un premier prix affiché à 13950 euros.Philippe FlamandVéhicule essayé : Citroën Cactus PureTech 110. Prix : à partir de 20650 euros. Bonus/Malus : 0Moteurs essence à partir de 13950 eurosMoteurs diesel à partir de 22300 eurosDe fait côté design le C4 Cactus affirme pour le moins son originalité. Cette berline compacte, construite sur la base de la plate-forme du Peugeot 2008, est une sorte de cross over abaissé de 4,20 mètres de long, po- sitionné ainsi entre le C3 Picasso (4,10 m) et la C4 berline (4,33 m).La face avant reprend les deux lignes optiques super- posées du nouveau Picasso, l’arrière arbore des feux comparables à ceux de la DS3. Mais la nouveauté vient surtout des déjà fameux Airbumps, collés sur les portières et le hayon. Ces renforts en plastique (de l’air encapsulé dans du thermo plastique uréthane) disponibles en quatre couleurs au choix (noir, sable, marron et gris) doivent protéger la carrosserie des petits chocs du quotidien (caddies, portières de voi- tures...) tout en donnant une identité design forte au Cactus. On aime ou on déteste ! Notre véhicule d’essai rouge pompier avec airbump, passages de roues etbarres de toit noires, allait ainsi jusqu’au bout de l’exercice visuel. Timides s’abstenir.NOSTALGIE CITROËNA l’intérieur la planche de bord dépouillée, le très beau compteur de vitesse numérique (sans compte tour), le volant avec méplat, l’écran tactile central hérité de la 308 et la grande boîte à gants façon malle (grâce à la migration de l’airbag passager dans le toit) créent une ambiance à la fois moderne et nostalgique qui évoque des réminiscences du style Citroën (comp- teurs de la BX, volant monobranche...).L’habitacle est spacieux, les sièges confortables, le tout baigné d’une agréable lumière grâce au toit en verre panoramique à haute protection (façon verre so- laire) qui dispense de tout volet occultant même en pleine canicule, garantit le constructeur. Le coffre est suffisant, en revanche la modularité est médiocre, seul le dossier de la banquette arrière d’un seul tenantétant rabattable sans possibilité de plancher plat. Indignes également les vitres arrière à compas.PURE TECH PUR PLAISIR72 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frL’Air du temps - L’actualité automobile ART DE VIVRE & PATRIMOINEESSAIS & TENDANCESKia Optima Hybrid : raisonnable sans passionteur chauffant ET réfrigérant et la très bonne ergonomie des commandes.Plutôt jolie et bien finie cette berline coréenne séduira par son appétit d’oiseau (5 litres aux 100 en moyenne), sa bienséance écologiste (125g de rejets de CO2 au km,fiscalité neutre) et son prix (34860 euros) en dessous de la barre des 40000 euros avec une garantie de sept ans comme toutes les Kia.Philippe FlamandKia vient de dévoiler au Mondial de l’automobile à Paris un prototype qui annonce la nouvelle technologie hybride qui sera déployée dans les prochaines années sur sa gamme. L’Optima T-Hybrid, c’est son nom, n’a rien de révolutionnaire par rapport au véhicule dont elle est dérivée. Conçu sur la base de la berline coréenne désormais familière en Europe, ce concept- car reste donc très proche de l’Optima normale. La nouveauté se trouve sous le capot avec un groupe mo- topropulseur hybride-électrique inédit composé d’un bloc quatre cylindres diesel CRDi de 1685 cm3 couplé à un moteur électrique. En attendant de pouvoir tester un jour cette Optima de nouvelle génération dont Kia affirme qu’elle offrira 20% de puissance supplémentaire pour 20% de rejets de CO2 en moins, nous avons pris le volant de l’actuelle Optima Hybride qui marie, elle, moteur essence et énergie électrique.Cette grosse berline d’inspiration américaine est spa- cieuse (très) et confortable (très). Mais dotée d’un coffre riquiqui (seulement 381 litres, batteries oblige) et d’un tempérament un peu trop placide. Sa taille (4,85 m de long pour 1,83 m de large) et son poids (1,6 tonne) en font un large vaisseau routier que la puissance combinée thermo-électrique de 177 chevaux à 5500 tr/min et la boîte automatique à six rapports ont bien du mal à rendre tonique.MANQUE DE TONUSLe moteur deux litres essence de 150 chevaux assure le gros du travail en vitesse de croisière. Le moteur électrique de 30 kW quant à lui intervient seul au dé- marrage et à faible accélération (jusqu’à 1OO km/h avec une autonomie d’environ 1,5 kilomètres en tout électrique) puis en combiné à forte accélération. Le tout pour une conduite pépère de famille... Heureuse- ment car le freinage est limite...Si l’équipement est globalement satisfaisant (écran tactile, caméra arrière, etc.) on peut s’étonner quand même de certaines incongruités comme ce frein de stationnement à pied (façon Mercedes du siècle pré- cédent) ou cette absence de bouton d’ouverture du coffre de l’extérieur (il faut soit actionner la commande intérieure soit utiliser la télécommande alors que la voiture est dotée d’un système de démarrage sans clef. Rageant !). Autres lacunes à signaler : l’absence de signal d’angle mort et de système d’aide au sta- tionnement automatique. Un bonus en revanche pour le toit panoramique en verre ouvrable, le siège conduc-NOVEMBRE 201473]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du temps L’impertinenceCertaines marques utilisent des modèles, d'autres utilisent des célébrités, Trussardi des chiens. Cette très chic maison de couture milanaise fondée en 1911 et spécialisée à l’origine dans la ganterie, qu’est dérivée une ligne de jeans chics. La ligne TJ révèle le côté sobre de la marque, et propose un dressing résolument « casual » mais néanmoins élégant pour le quotidien. Le denim ainsi que les formes et couleurs audacieuses sont ses marques de fabrique, avec les mêmes exigences sur les matières premières et le savoir-faire que celles qui ont fait le succès de la marque Trussardi.de la modeMode & Accessoires Trussardi a vraiment du chien !parLiu Jo honoré par Dree Hemingwaywww.trussardi.comArthur de SoultraitLiu Jo accueille une nouvelle égérie pour sa campagne d’hiver, Dree, une femme cosmopolite, sophis- tiquée et iconique. Arrière petite-fille d'Ernest Heming- way, à 26 ans, elle est également l’un desmannequins les plus éclectiques au monde, icône de style plé- biscitée sur les plus grands magazines de mode internatio- naux. Cheveux blonds et yeux bleus, Dree est l'interprète idéale des deux lignes de la marque : Liu Jo et Liu Jo Jeans. Son look raffiné et sa beauté impertinente sont exaltés sous l'objectif du photographe Angelo Pennetta pour écrire un vé- ritable carnet de voyage.Carlotti, lunettes d’esthète sur-mesure« Il faut être initié pour reconnaître une paire de lunettes sur-mesure au premier coup d’œil. Mais pour celui qui la porte, c’est un luxe discret qui habille le visage avec harmonie et confort absolu. » déclare Valérie Carlotti. Conjuguer allure, forme et couleur personnalisées, tels sont les plaisirs du sur-mesure lunetier sy- nonyme d’élégance sans ostenta-tion. Le savoir-faire lunetier Carlotti propose des lunettes sur-mesure aux réglages millimétrés, créées autour de matières nobles telles que la corne de buffle, les bois précieux, l’acétate. Renouer avec les fondamentaux d’un métier : créativité et personnalisation dans le choix, expertise et excellence dans la fabrication et le service ; élégance et style dans l’allure.www.carlotti-paris.comTailor Corner, le Tailleur nouvelle générationIl est tout en élégance avec ses modèles noir et blanc, pile poil dans la tendance avec le retour des costumes croisés et des matières nobles comme le bois et le ve- lours, ou en réinventant les classiques. Tout est customisable et ajustable, pour que chacun soit maître de son style. Tailor Corner est LE tailleur nouvelle génération qui démocratise l'habillement sur-mesure et le rend accessible à tous les hommes grâce aux nouvelles technologies. TailorCorner permet à chacun de confectionner, à ses mesures, son propre vêtement, en magasin avec des conseillers-experts.www.tailorcorner.frSmalto Automne Hiver2014-15Une allure précise, nette, affûtée définitivement élégante. L’épaule, clef de voute de l’allure Francesco Smalto, est là à jamais présente. Un porté irréprochable, héritage des ate- liers Grande Mesure : les vestes de costumes sont entière- ment entoilées en crin naturel, avec une construction sartoriale traditionnelle. Prédominance de la peau : peaux lainées, kangourou, agneau glacé sont déclinés sur lestrench coat et les vestes tailleur doublées de maille irlandaise cachemire. Des touches de fourrures : vison rasé qui vient adoucir la rigueur des pardessus. Couleurs urbaines – pétrole, ardoise, anthracite - que viennent réchauf- fer les bordeaux, briques, chocolats. Etudiés dans les moindres détails, gants, ser- viettes et autres souliers font écho au savoir-faire Tailleur. Ultimes accessoires : barrettes de col en onyx et boutons de manchette en lapis lazuli - couleur fétichede la Maison Francesco Smalto – achèvent l’allure.www.smalto.comFondateur de Vicomte A. OEloge du flouartistique organisé ou l’Etat artistectobre est le mois de l’art contemporain. La Frieze à Londres, puis la Fiac à Paris,sont des rendez-vous immanquables pour tous les amateurs, experts, cri- tiques et autres abonnés aux soirées mondaines en tout genre. Pour les non-spécialistes, l’accès à l’art contemporain est, soyons honnêtes, parfois peu aisé sans une explication des partis pris de l’artiste et du mes- sage qu’il souhaite transmettre par son œuvre. C’est ce qui en fait son charme et nous attire par un sentiment de cu- riosité artistique, souvent mêlé à l’ad- miration pour le sens de la créativité ainsi exprimé.www.liujo.com/frMais en ce mois d’octobre 2014, la créativité débridée n’est pas seulement au Grand Palais de Paris, elle semble avoir contaminé d’autres lieux tradi- tionnellement réputés plus sobres et ri- goureux : l’Elysée, Matignon, Bercy, et les autres ministères qui rivalisent d’imagination pour rendre illisible l’action du gouvernement et attiser la curiosité des Français – et désormais du reste du monde – sur leurs objec- tifs. Couacs sur l’assurance-chômage, reculade sur l’ecotaxe, sortie de route sur les concessions autoroutières... Plus l’Elysée s’efforce de faire passer le message d’un gouvernement profes- sionnel, anti-couac, soudé autour de l’objectif de retour à la croissance et plus le flou artistique s’épaissit. Avec un Etat providence à bout de souffle et un Etat stratège déboussolé, le gouver- nement actuel aura su créer l’Etat ar- tiste. Et la signature de notre Président va bientôt valoir davantage dans les ventes aux enchères, qu’auprès de la Commission européenne et des agences de notation.JMLeGazel : L'empreinte du temps...Concept unique à Paris, la boutique JMLeGazel remet au goût du jour l'art de la patine sur chaussure. Les amoureuxdes belles matières et du dandysme ont enfin leur adresse.Derrière cette pro- messe, Jean-Marie Gazel - 31 ans et diplômé des Beaux-Arts - vous propose de découvrir une "Collec- tion Exclusive" de souliers créée avec les ateliers Car- los Santos, maître-confectionneur Portugais dont la marque est réputée dans le monde entier. Derbies, mocassins ou richelieu aux couleurs étonnantes vous accueillent dans un espace consacré à la créa- tion. JMleGazel réalise ses propres patines et gla- cages selon vos goûts et vos désirs, sur souliers neufs ou usés. Le savoir-faire de JMLeGazel est le fruit de plusieurs années d'expérience et d'un retour à une certaine élégance, celle de ne ressembler à personne. Vous pourrez ainsi choisir parmi une gamme de pa- tines originales ou commander une création pou- vant comporter des inscriptions ou gravures. JMLeGazel a sélectionné les meilleurs cuirs français (Les Tannerie Du Puy) afin d'habiller vos pieds de formes élégantes et intemporelles. Plus que de sim- ples chaussures, ce sont de véritables œuvres d'art qui vous accompagneront au quotidien et marque- ront le temps de votre empreinte. A découvrir abso-lument.www.jmlegazel.com74 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINEPromesse d’Eternité au PeninsulaSarah Besnainou, créa- trice et fondatrice de la jeune maison de joaillerie Eternamé a ouvert sa première boutique-écrin au sein du Peninsula Hotel. Au milieu des moulures, du marbre et du faste de cet hôtel 5 étoiles, une bou- tique de 20m2 lui est entièrement dédiée : couleurs violettes et parme, note dorée, l’ambiance est feu- trée. Vitrines et meubles en bois laqué noir révèlent les collections, avant de se diriger vers un petit coin salon pour finaliser son choix. Parmi les pièces pré- sentées, découvrez en exclusivité la collection Fla- menco « Œil de Tigre ». Le romantisme et le prestige du Peninsula sauront sublimer Eternamé ! e Peninsula Paris 19 Avenue Kleber, 75 016 Parisparis.peninsula.com/frEtre à l’heure, être humain !L’Art du tempsHorlogerie & Joaillerie « Life for Now » : une intemporellesobriété chez MauboussinPour ne jamais donner prise au temps, rien n’est mieux qu’oser une sobriété étudiée. À cette fin, le cadran argenté au dessin très « fifties » s’inspire des plus belles réalisations de l’âge d’or des chrono- graphes de poignet. Avec ses deux grands comp- teurs proposés en blanc ou noir, l’instrument de mesure des temps courts affichant la date dans un petit guichet à 6 heures joue la carte, toujourspayante, de la symétrie. Efficace, le chronographe possède des pous- soirs triangulaires ornés de céramique. Ils pilotent le lancement, l’ar- rêt et la remise à zéro de la fine aiguille de chrono portant un contrepoids de forme triangulaire, symbole de la marque, et une plus petite dans le compteur de gauche totalisant sur 30 minutes les temps écoulés.www.mauboussin.frUn nouveau souffle pour la Breitling ColtNée dans les années 1980, la Colt a d’abord été conçue pour les forces armées avant de séduire un large public par sa robustesse,sa fonctionnalité et sa lisibilité. Elle s’est im- posée depuis lors comme le modèle Breitlingle plus accessible. Aujourd’hui, un nouveau design réinterprète tous les atouts qui ont faitson succès. La large lunette tournante unidirectionnelle, avec finitions satinées et index gravés, s’orne de quatre « cavaliers » – l’un des signes de reconnaissance de Breit- ling – assurant à la fois une excellente maniabilité et une meilleure protection du verre saphir antireflet double face. Le boîtier en acier poli, étanche à 200 m, est doté d’une grande couronne vissée avec renforts de protection.www.breitling.comMondaine, si précise, pour attraper votre train !Créé en 1951, Mondaine fabrique et distribue dans le monde entier les montres Officielles des Chemins de Fer Fé- déraux Helvétiques. Ces montres reprennent le cadran des- ign créé en 1944 par Hans Hilficker pour équiper les 3 000 Horloges des Gares Suisses. La célèbre trotteuse rouge reprend la forme ronde du panneau utilisé par le chef de gare pour donner le départ du train. Hans Hilficker a créé un design intemporel, moderne, lisible et devenu une Icônede la Suisse. Les montres Mondaines sont distribuées dans 50 pays dans des grands magasins et chez des horlogers-bijoutiers.Michael Kors annonce toute une série d'initiatives dans le cadrede sa campagne de lutte contre la faim WATCH HUNGER STOP,parmi lesquelles le lancement d'une montre en série limitée, ladiffusion en avant-première d'un film du National Geographic avecHalle Berry, des t-shirts collector à retirer en magasin...Pour chaquemontre 100 Series vendue, 100 repas sont distribués dans des régions touchées par la famine, la plupart du temps à des enfants. Ce nouveau modèle dispose d'un cadran bleu-gris sur lequel on retrouve une carte du monde.www.destinationkors.com www.watchhungerstop.comMake Up For Ever souffle ses 30 ansDepuis trente ans, Dany Sanz, Créatrice et Directrice Artistique de cette belle marque de make- up insuffle sans répit un savoir-faire et un avant-gardisme hors du commun. À ses débuts, Dany esquisse et peint sur les corps pour une représentation ou une performance puis sur un visage. Cet art d’habiller les corps est à l’origine d’une création de pro- duits sans limite au service des professionnels et des femmes du monde entier. Trompe-l’oeil ou sublimation du corps, Dany considère le body painting comme “une peinture en mouve- ment”. Découvrez et achetez les produits essentiels pour votreBeauté online ou en boutique !www.makeupforever.comUn triple Bonheur Bien-être !Six Senses, havre de paix et de beauté rue de Castiglione, lance un « voyage » exclusif pour une promesse de douceur automnale : trois de ses soins phares sont réunis pour un voyage relaxant de 80 minutes, de la tête aux pieds, au sein d’un cocon en chêne clair. Massage Indien du Cuir Chevelu & Visage + Massage Energisant + Acupression des pieds. L’es- pace de réception vous fait déjà respirer : son mur végétal surdeux niveaux dépollue l’air de Paris pour purifier celui du spa. SIX SENSES Rue de Castiglione– 3, rue de Castiglione 75001 Paris, 33 (0) 1 43 16 10 10.www.sixsenses.com/spas/rue-de-castiglioneBien -Être Les Condamines,senteurs retro délicates et atypiquesDécouvrez sans plus tarder ces eaux de toilette mixtes naturelles de Provence au look rétro qui vous feront chavirer. Des senteurs déli- cates, dignes des plus grands par- fums, de bien jolis cadeaux de Noël pour les hommes et les femmes. Puissante et légère, l’Eau de Toi-lette Mandarine Gingembre révèle des notes hespéridés qui laissent place à un cœur floral et fruité pour dévoiler un cœur relevé, élégant et unique.www.mondaine.chÉdition Collector e One for MenDolce&Gabbana rend hommage à l’élégance in- temporelle du parfum e One for Men en lan- çant une édition Collector tout à fait unique:e One for Men, en version marron foncé, qui rappelle les pierres précieuses. La sophistication, l’élégance et la sensualité de l’homme et de son parfum attire tous les regards. Un parfum aux épices orientales qui prend tout son sens grâce à l’harmonie des notes de tabac et des épices raffinées. Chaque flacon porte l’empreinte d’une pièce d’or, un puissant motif présent dans la collection de mode 2014 de Dolce&Gabbana et représente un voyage initiatique à travers la Sicile antique et la culture grecque profondément ancrée dans l’histoire de la marque.www.dolcegabbana.comLes Snack font leur entréechez Detox DelightEn complément des cures detox et les beauty shots, Detox Delight lanceles booster snacks. Crus, végétaliens et sans gluten ces délicieuses collations garantissent un regain d’énergie à l’heure des petites fringales et surtout zéro culpabilité ! Les Spicy Crackers avec une pincée de poivre de Cayenne offrent une sensation subtilement piquante et les graines de lin un soutien actif à la digestion. Le Crunchy granola est réalisé à base de datte séchée, cannelle, amande, graine de tournesol et noix. Les Kale chips croquantes de légumes crus à base de kale, noix de cajou et graines de sésame, enrobées de Sour Cream sont difficiles à distinguer de leur cousine à base de pomme de terre – et ce sans glucide et sans aucune friture !www.detox-delight.fr76NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsEvasionDestination Châteaux de la LoireLors d’un prochain week-end, faites une halte au Château de Blois. Cette résidence favorite des Rois de France durant la Renaissance est une merveille d’architecture. A l’heure du dé- jeuner, direction le Rendez- vous des pécheurs ! Quelques tables pour plus d’intimité et un menu dégustation teinté de produits régionaux, voilà le se- cret de cet étoilé Michelin. Vi- sitez ensuite le Château deCheverny, magnifiquement meublé. Pour le dîner, faites confiance aux talents culi- naires de Christophe Hay. Avec la Maison d’à Côté, il tient les clefs de la nouvelle adresse qui monte de la région, à une en- cablure de Chambord.www.bloischambord.comPartez à la découverte des merveilleux châteaux de la Loire, le week-end du 8 et 9 novembre 2014 !Les châteaux de laLoire vous ouvrentleurs portes et vousaccueillent aux tempsdes rois de France.Lors de ce week-endexceptionnel, vousdécouvrirez ainsi qua-tre châteaux : Che-verny, pur exemple del’architecture clas-sique française et leplus magnifiquementmeublé des Châteauxde la Loire ; Blois, vé-ritable panorama de l'architecture française ; Amboise, dernière demeure de Léonard de Vinci et l'un des plus beaux châteaux avec ses terrasses et jardins surplombant la Loire ; et Chenonceau - le plus original et le plus romantique - construit sur le Cher dont les eaux reflètent la beauté unique de son architec- ture Renaissance.Prix : à partir de 140 € incluant : transport, entrées aux châteaux, visites gui- dées, hébergement et petit déjeunerwww.budgetourism.com/fr/excursions/60-loireChasse à la truffe au Château de CourbanSitué dans la campagne bourguignonne, à proxi- mité des vignobles de Chablis, le Château deCourban & Spa, hôtel 4 étoiles est une noble de- meure restaurée à la manière d’une confortable maisonde famille pleine de charme et de caractère. Les chambres décorées avecélégance surplombent les bassins, miroirs d’eau et le très beau jardin à la française. Bien être et évasion seront au rendez-vous au spa "Les Sources du Verger" où vous pourrez pro- fiter de la piscine et de massages relaxants. Attablez-vous à La Table du Colombier, le restaurant gastronomique du château qui re- visite la cuisine du terroir en sublimant la truffe.www.chateaudecourban.comBonheur Neige auMont vallon spa resortLe Chalet du Mont Vallon est un magnifique établisse- ment s'intégrant parfaitement au Domaine des 3 Vallées dans un style savoyard fait de bois et de pierres du pays. Son exposition plein Sud lui procure un ensoleillement optimal à deux pas des commerces et des remontées mé- caniques de la station. 85 suites-appartements sont ré- parties sur 6 niveaux. Confort & Bien-être sont les maîtres mots de ce Chalet Hôtel : large salon cheminée à vivre, piscine intérieure chauffée, spa avec sauna, ham- mam, salle de fitness et cabines de soins, bar & restaurant avec terrasse.Vous passerez des moments romantiques et gourmands dans la lumière scintillante de l‘Atelier, res- taurant aux saveurs d’Italie.www.hmc-hotels.com www.hotel-montvallon-menuires.com78 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINELe Saint-Sulpice MontréalA l’ombre de la basilique Notre-Dame, Le Saint-Sulpice 4 étoiles vous plonge au cœur du Vieux Montréal, son am- biance pittoresque, les nombreux musées, restaurants, ga- leries d’art et boutiques qui sauront vous enchanter... Cet hôtel compte 108 suites spacieuses, dont la plupart sont équipées d’une cheminée ou d’un balcon ainsi que de véri- tables petits appartements pour vos courts et longs séjours. Pour vous détendre, le magnifique Scandinave Spa, situé à 30 m de l'hôtel vous offre une bulle de douceur à prix doux.www.hotelspreference.comL’Evian Royal fait peau neuve !Bijou d’architec- ture dédié au Roi d ’A n g l e t e r r e Édouard VII, l’Hô- tel Royal***** dé- ploie la majesté de ses façades au cœur d’un parc de 19 hectares sus- pendu entre ciel et lac Léman... Of- frez-vous un mo- ment de bien-être absolu, prélude àun ressourcement profond et durable au Spa Evian Source. Amateur de golf, vous serez séduit par le parcours mythique de l’Evian Championship et par l'Academy de l'Evian Resort GolfClub.L’Hôtel rouvrirasesportesen2015avec78cham- bres et suites majestueuses entièrement rénovées, disposant d'une terrasse avec vue sur le parc ou sur le lac.www.evianresort.comLe Cinq Codet,la nouvelle réussite de Jean-Philippe NuelSitué au cœur du 7ème arrondissement, Le Cinq Codet est unique, chic et atypique. Un ancien central France Té- lécom des années 30 aux volumes hors norme abrite 68 chambres, dont 4 suites Duplex dotées de terrasses.Chaque client aura l’impression de possé- der son propre pied-à- terre parisien. Les chambres, avec leurs grandes baies vitrées, ont été traitées dans l’esprit d’un atelier d’artiste ou d’un loft de collectionneur. Des tableaux y sont pré- sentés de manière aléatoire, comme en- treposés dans l’attente d’une future exposi- tion, ainsi « Chacun peut faire évoluer sachambre ». J-P N. Touche de convivialité : une « show kitchen » dans l’es- pace petit-déjeuner, où l’on discute avec le chef pendant qu’il prépare un plat. Un moment de détente : le spa avecbain japonais.www.le5codet.comPlafond tenduBarrisol® Lumière® Barrisol® Lumière®Solutions innovantes, design, lumineuses, acoustiques & écologiques pour la rénovation et la décoration de vos murs et plafonds.www.barrisol.comNOVEMBRE 201479]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsGastronomieL’automne gourmand à laCristal Room Baccarat© Jérôme MondièreL’automne s’invite à la Cristal Room Baccarat, place des Etats-Unis (Paris XVIème), avec ses couleurs, ses produits et ses saveurs. La saison des pommes, des poires, des figues, du raisin, du chou, des champi- gnons...Autant de produits avec lesquels Guy Mar- tin et Adrien Manac’h ont travaillé pour créer une nouvelle carte pleine d’énergie. Sans oublier les gourmandises sucrées concoctées par le talentueux David Doualan, le tout à déguster dans l’ancienne salle à manger de Marie-Laure de Noailles au cœur des fastueux salons du premier étage, ou dans le salon Rose lors d’un repas jusqu’à 8 convives. PourCasse-Noisette, une chorégraphie des saveurs signée Pierre MarcoliniQui n’a jamais rêvé d’une pâte à tartiner qui comme une petite madeleine nous ferait par son goût, retomber enenfance et fondre de plaisir ? C’est Du côté de La Mai- son Pierre Marcolini que se révèle CASSE-NOI- SETTE, un délice de haute chocolaterie dans lequel se concentre 60% de noisettes du Piémont délicatement torréfiées. Sans huile de palme et sans aucun conser-vateur, les graisses inutiles ont aussi été éliminées pour un hédonisme sain et sans culpabilité. La re- marquable qualité et le raffinement des créationsde la Maison Pierre Marcolini ont fait de ses points de vente un succès instantané avec plus de 30 boutiques.www.marcolini.comHélène Darroze nous présente Les recettes de mes grands-mères« Je suis née de deux familles où bien man- ger et partager autour d’un plat étaient art de vivre, et cuisiner et pâtisser étaient pas- sions et religions...» Hélène Darroze trans- met ici des recettes traditionnelles, comme ses « madeleines de Proust », des moments de bonheur liés à son enfance. Plus de 50 re- cettes incontournables revisitées, faciles à réaliser, comme les œufs mimosa, le riz au lait, le lapin en civet, le soufflé au fromage, le gâteau des fées, etc. Illustré par des pho- tographies tirées de son album personnel, cet ouvrage est un magnifique voyage au pays de la gastronomie et de l’émotion. 29 € Mise en vente le 6 novembre 2014L’African Queen, exceptionelle et discrètecélébrer les 250 ans de la Maison Baccarat, laissez-vous tenter par le menu anniversaire !www.cristalroom.comLe 1 K, sur la route des Incas au cœurdu MaraisUn OVNI de l’hôtellerie et de la gas-tronomie vient d’atterrir au 13, bou-levard du Temple. S’y précipiter pourse laisser emporter par la vague péru-vienne. 1 comme premier, K commeKulture, 1K comme Inca. À 24 ans,Kevin Machefert prend les com-mandes de l’établissement qu’il a crééde toutes pièces. Après presque 4mois de travaux, l’établissement de 52chambres rayonne aux couleurs desnuits bleues et des métaux précieux.Côté restauration, le concept marie saveurs lointaines et tendances occi- dentales d’aujourd’hui. Un jeu perpétuel entre tous les antagonismes gus- tatifs : le croquant et le moelleux, l’épice et la douceur, l’acidulé et le sucré, toujours riche en super aliments et ingrédients aux nutriments essentiels.www.1k-paris.com"Les burgers du Père Claude"Vous recherchez l'un des meilleurs burgers parisiens ? Ce restaurant situé à une encablure du restaurant du célèbre Père Claude vous ravira les papilles en allant à l'essentiel : assai- sonnement au top et produits de grande qualité.A déguster entre autres : la fameuse race de boeuf japonaise Wagyu, viande persillée lui conférant un goût et un fondant exceptionnels, buns et frites maisons. Burgers généreux à tester pour 15€ !Ouvert du mardi au samedi de 12h à 14h30 et de 19h30 à 22h30 (fermé le lundi et dimanche)45 Av de la Motte Picquet - 75015 Paris Tél.:0174646732Gilbert Vissian, niçois de pures souches a grandi dans un univers où le produit frais est roi. Il rachète l’African Queen en 1983 à Pierre Brizio cinéphile amateur qui baptisa son restaurant en hommage au célèbre film de John Huston. En 1987 il rencontre sa future femme, Annie, qui devient rapidement la pièce majeure de l’entreprise. Installé en bordure de l’élé- gant port de Beaulieu-sur-Mer, face aux plus beaux yachts de la Côte d’Azur, L’African Queen est devenu une institu- tion qui a su séduire les stars comme les clients anonymes. Son cadre enchanteur,sa convivialité, sa table célébrant et revisitant des recettes méditerranéennes expli- quent sans doute sa longévité. A ne pas manquer : les petits farcis niçois, la « Pizza aux truffes » et l’exceptionnel baba au rhum !www.africanqueen.fr80NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15Château Godeau, de grands pas depuis 2008 !Au cœur des prestigieux coteaux de Saint-Émilion, Château Go- deau est un joyau de 7,5 hectares, presque inconnu il y a peu, qui commence déjà à devenir célèbre. Agnès et Albéric Florisoone, juste trentenaires, se sont lancé un vrai challenge. Laissez-vous tenter par le Millésime, celui de 2008 : Le premier nez, exprime des arômes d’épices mêlés à des parfums subtils de cuisson de viande blanche. S’ensuivent des notes de feuilles fraîches de tabac, de clou de girofle et de champignons frais. La bouche est superbe, structurée, mise en relief par une franche acidité, dense et suave en son milieu. Le bois laisse toute la place à l’élégance d’un fruit mûr et croquant. La finale serrée est soutenue par destanins fermes mais racés.www.chateaugodeau.comPremières vendanges des Blancs Pessac-LéognanSitué au cœur de Pessac, à deux pas des mythiques Châ-teaux Haut-Brion et Pape Clément, Charles-Henri etCorinne Gonet acquièrent le domaine en 1998, un hé-ritage historique aussi exceptionnel que le terroir. De-puis 1987, ces parcelles sont répertoriées sousl'appellation Pessac-léognan. Ce vignoble de graves surargiles compte aujourd'hui 7 hectares de vigne. Le 9 Septembre 2014, nous avons assisté aux premières vendanges des Blancs Pessac-Léognan sur la propriété Château Haut Bataclan à Pessac. Les arômes s'expriment déjà généreusement par des notes de fruits jaunes pêches blanches citrons confits. Au fur et à mesure de l'élevage sous bois une prise d'empreinte vanillée, cacaotée, toastée viennent se mêler aux nuances fruitées et donnera au vin sa finale équilibrée avec charme et élégance. Venez découvrir le Château Haut Bataclan les 6 et 7 décembre 2014 pendant leurs portes ouvertes !www.facebook.com/michel.gonet.9La sélection officielle 2012 des Crus Bourgeois du Médoc267 Crus Bourgeois du Médoc font partie de la nouvelle Sélection Officielle établie pour le millésime 2012Pour les retrouver, consulter le site www.crus-bourgeois.comART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsVins & SpiritueuxMarcillac, la « petite » appellation aveyronnaiseLe mansois serait bienfaisant pour le cœur affirment les Aveyron- nais. Une chose est sûre : il l’est pour nos papilles. Marcillac, ap- pellation depuis 1990, s’est nichée dans un vallon abrité qui la protège des hivers parfois très rigoureux et des étés très chauds. Le Marcillac Mansois 2012 a un nez expressif et frais avec des arômes de réglisse, de violette et de poivron rouge. La bouche offre la même palette aromatique, toute en fraîcheur, ainsi qu’une structure souple et gourmande. A partager avec des char- cuteries, un repas estival fait de légumes et de viandes grillées, un aligot...9,90 euros chez de nombreux cavistes et à la Vino-thèque Lionel Osmin.www.osmin.frVignobles Malartic, une histoirede famille aux accents argentinsLe vin a depuis toujours passionné Al-fred-Alexandre Bonnie. Ayant décidéque Bordeaux serait le point de départidéal pour assouvir ce plaisir, il achèteen 1996 avec sa femme le Château Ma-lartic-Lagravière, Grand Cru Classé deGraves. En 2003, leur fils Jean-Jacqueset son épouse les rejoignent et se for-ment au monde du vin à l’Université de Bordeaux. En 2006, la famille rachète le Château Gazin Rocquencourt et Véronique, la fille aînée, prend en charge le ser- vice financier, son mari commercialisera les vins argentins. En effet, peu avant en 2005, la famille a rejoint Le Clos de los Siete et a donné naissance à Bodega DiamAndes, située en Valle de Uco aux pieds des Andes. Elle élabore depuis 2007 de grands vins de garde. Ils allient l’opulence et la rondeur du Malbec - le cépage roi argentin - à la longueur, la complexité et l’élégance du Cabernet Sauvignon.www.vignobles-malartic.comEglise Clinet 2011Le château l’Église Clinet est situé sur le terroir argilo- graveleux qui entoure l’emplacement de l’ancienne Eglise Saint-Jean de Pomerol. Le millésime 2011 vendangé du lundi 12 au samedi 24 septembre sur ce clos de 4.5 hectares complanté de Merlot 85 % et de cabernet franc15% permet de découvrir un vin plein de nuances avec des arômes floraux et de fruit mur, une texture dense et une profondeur volup- tueuse. Château l’Eglise Clinet est proposé par les distributeurs des vins de Denis Durantou.82 NOVEMBRE 2014Château Grand Corbin Manuel,une histoire de familleDepuis plusieurs générations, la famille de Gaye est propriétaire viticulteur de Châteaux de renom à Saint-Emilion ; depuis 2005, elle a repris le Château Grand Corbin Manuel, situé au Nord-ouest de Saint-Emilion et à proximité de Pomerol. Avec 7 hectares en pro- duction, et un encépagement à 80% de merlot, 15% de cabernet franc et 5% de cabernet sauvignon, il forme une entité représentative et cohérente des appellations Saint-Emilion Grand Cru et Saint-Emilion Grand Cru Classé.Pour plus de renseignements : www.grandcorbinmanuel.fr/]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINELe coin des analystesuHenderson mise sur l'Europe mon- dialiséePour Henderson, l'une des forces de l'Europe reste le fait que les entreprises de cette région sont très souvent des leaders mondiaux. Parmi elles, la société de gestion cite le géant pharmaceutique suisse Roche, leader en oncologie et en hématologie, ou encore le spécialiste allemand du pneu Continental, qui bénéficie d'un long cycle favorable à la demande de composants actifs de sécurité pour automobiles. « La portée mondiale des entreprises européennes et l'ampleur de leurs sources de revenus permettent aux portefeuilles d'actions européennes d'être ajustés vers une position proche de celle des régions aux opportunités plus convaincantes », analyse John Bennett, directeur Actions européennes chez Henderson. Au cours des 18 derniers mois, la société de gestion s'est concentrée sur l'Europe domestique, en retenant des entreprises à valorisation attractive dont les opérations se concen- traient sur le plan national. « Toutefois, l'incertitude économique récente a amené des macro-investisseurs à réduire leur exposition à l'Europe, et nous pensons que cela a créé une nouvelle opportunité pour investir dans des marques mondiales à des prix attractifs », estime John Bennett.u Actions : Cholet Dupont reste confiantAvons-nous atteint un point de retournement des marchés ? Difficile de répondre si rapidement selon Cholet Dupont. Les facteurs positifs ne manquent pas, souligne le broker : politiques monétaires globalement positives, croissance américaine honorable, baisse de l'euro bénéfique pour l'Europe... Enfin, pour le broker, si les valorisations des marchés actions ne sont pas bon marché, elles ne sont pas excessives, surtout si on les compare aux obligations. En revanche, des ten- dances de moyen terme semblent se mettre progres- sivement en place, principalement aux USA, où les ac- tions de taille moyenne baissent depuis plusieurs mois et où l'évolution des taux longs vient contrarier pério- diquement celle des actions. « Nous espérons que les marchés européens pourront revenir tester rapidement leur plus haut de l'année », espère Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d'investissement de Cholet Dupont. Le broker maintient une opinion favorable aux actions des grandes sociétés des pays développés tout en adoptant une position neutre à sous-pondérée sur les pays émergents. Les actions américaines restent moins risquées que les européennes, ces dernières offrant un potentiel de hausse supérieur mais plus in- certain.Baromètre Finance & InvestissementsuLES BONS PLANS DU MOIS PEA-PME : six valeurs à suivre de prèsrances-vie en euro, où le capital est garanti à tout moment. Pour Philippe Rochereau, directeur général chez Maupassant Partenaires, pour profiter au mieux de l’euro-croissance, « il conviendra de souscrire des produits structurés à différents termes ou dont le terme arrive avant ou en même temps que le contrat d’assurance-vie. » Il rappelle d’ailleurs que rien n’interdit de conserver le contrat au-delà de la période minimale d’engagement. « Au contraire, c’est fiscalement très attractif, d’autant plus que les rachats seront sans consé- quence, sauf s’il y a la reconduction d’une période de placement bloquée », ajoute-t-il.84 NOVEMBRE 2014Depuis sa création en mars dernier, 294 sociétés se sont déclarées éligibles au PEA-PME. Parmi celles-ci, le bureau d’analyse indépendant Midcap Partners a sélectionné six valeurs qu’il recommande à l’achat. Cinq d’entre elles évoluent dans le secteur des nouvelles technologies : l’éditeur de logiciels de gestion Cegid (objectif de cours de 33 euros), en raison d’une valorisation toujours attractive et d’un attrait spéculatif indéniable dans un secteur de consolidation ; le spécialiste du prototypage en 3D ESI Group (objectif de 30 euros), qui présente une réelle valeur d’enjeu dans un secteur en consolidation. Dans le même secteur, Midcap Partners fa- vorise la société de services informatiques Infotel (objectif de 23 euros), après un premier semestre 2014 de haute tenue ; le site d’actualités Planet.fr (objectif de 4 euros), dont la va- lorisation est actuellement sans rapport avec les perspectives financières ; et enfin le groupe multimédias Solutions30 (objectif de 22 euros), dont le modèle vertueux devrait s’am- plifier. Dans le secteur de l’énergie, Midcap Partners recom- mande le producteur d’électricité Albioma (objectif de cours de 22 euros), qui offre un potentiel de revalorisation à court et moyen terme.Immobilier : la pierre-papier bat des recordsTop départ pour l’euro-croissanceAprès plusieurs baisses consécutives, le rendement du livret A est tombé à 1%... Une misère ! D’accord, mais où placer son épargne ? Pour de nombreux particuliers, le choix est déjà fait : cap sur la pierre-papier ! Les derniers chiffres de l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim) sont éloquents : sur les six premiers mois de l’année, les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont en- registré une collecte de 1,26 milliard d’euros, soit 14% de plus que l’an passé sur la même période. Et pour cause : l’an dernier, la pierre-papier a rapporté en moyenne 5,13% hors fiscalité. Une performance qui pourrait bien se maintenir cette année, puisque les experts du secteur attendent un ren- dement de plus de 5%. L’avantage des SCPI est de faire profiter des opportunités de l’immobilier d’entreprise, tout en évitant les contraintes de gestion locative. Autre atout : grâce à leur grande diversification, le risque est mutualisé. Enfin, ce placement est accessible à tous, ou presque : il est en géné- ralement possible d’acheter des parts à partir de quelques milliers d’euros.Les contrats d’assurance-vie « euro-croissance » seront dis- ponibles avant la fin de l’année. Comme sur les fonds en unités de compte, les contrats « euro-croissance » permettent d’investir en actions, SICAV, fonds communs de placement, SCPI... Les avantages fiscaux sont identiques aux contrats d’assurance-vie standard. Mais attention : investis sur des actifs à risque, ces contrats n’offrent une garantie qu’au bout de huit ans. Une grosse différence par rapport aux assu-250 EUR200 EUR150 EUR100 EUR50 EUR0 EURNovDec 2014Fev MarAvr MaiJuin JuilAoût Sep OctLA SPÉCULATION DU MOISÇa roule pour Somfy !Somfy a enregistré une hausse de 14% de son activité au premier trimestre. Pour le broker Gilbert Dupont, à plus long terme, le spécialiste des volets roulants devrait continuer à surperformer son marché, tiré par le développement de ses activités connexes et par l'Asie. La domotique dans son ensemble, même si elle ne représente aujourd'hui qu'une partie limitée du CA, devrait servir de moteur au groupe, en mettant en avant l'automatisation des produits de la maison.]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[n°15www.ecoreseau.frPatrimoine - Investir dans l'or et les pierres précieuses ART DE VIVRE & PATRIMOINE Des reliques pas si « barbares »LDe tous temps ces produits d’investissement fascinants ont suscité le débat. Mais les arguments des contempteurs perdent en puissance sur la durée...es spécialistes sont économique puisqu’il reste unanimes : le marché régi par la demande en bi- de l’or a connu des jouterie... Il n’est cependantjours meilleurs. Dans les qua- pas à l’abri de toute variation :tre années qui ont suivi la débâcle financière de 2008, le cours du métal jaune s’est envolé à mesure que les in- vestisseurs fuyaient les pro- duits financiers classiques. Là où un lingot valait moins de 8000 euros début 1999, il a atteint près de 45000 euros en octobre 2012... Au- jourd’hui, tout est différent : après une forte chute en 2013 et plusieurs incursions sous la barre des 30000 euros, le cours fluctue depuis quelques mois autour de 30500 euros. Cette baisse s’explique par une multitude de facteurs : les taux sont remontés, la conjoncture économique américaine s’est améliorée, et les particuliers se sont dé- tournés de l’or pour se repo- sitionner sur des actifs plus traditionnels... Pire : les cours pourraient encore chuter da- vantage si la Réserve fédérale américaine décidait, comme l’attendent certains analystes, d’opérer un resserrement mo- nétaire... Une telle décision, de la part de la Fed, serait une première depuis 2008. Avec un cours multiplié par cinq en quelques années, puis une chute de près de 30%, difficile de ne pas voir un aspect spéculatif dans la co- tation de l’or.Et puis une couronne d’actions et d’obligations, c’est quand même moins glamour...au plus fort de la crise finan- cière, les cours ont plongé de 40% avant de se reprendre durant les années suivantes. Le principal problème du diamant acheté à un profes- sionnel est la différence entre le prix d’achat et la revente. Dès l’achat, la pierre perd une partie non négligeable de la valeur, contrairement à l’or. Un facteur qui explique le succès des plateformes d’achat et de vente entre par- ticuliers, comme la société AuCoffre, qui met les inves- tisseurs en relation pour des échanges de gré à gré et pro- pose des services de garde en coffre. « Le diamant ne représente pas une protection anti-crise au même titre que l’or, mais les cours sont sou- tenus par la stratégie de grands groupes, comme De Beers ou Rio Tinto, qui contrôlent la production et peuvent décider de fermer les mines pour provoquer un effet de rareté, explique Jean- François Faure, président et fondateur de la plateforme. Ces groupes n’ont pas d’in- térêt à créer une bulle, ou à faire en sorte que les cours s’effondrent. Celui qui investit sur le diamant se place dans la même stratégie que ces groupes. Il y a bien sûr des passages à vide, mais sur la durée le cours du diamant est plus performant que celui d’une action réputée très sta- ble, comme Air Liquide. » Comme pour l’or, il est re- commandé d’utiliser le dia- mant comme un outil de di- versification patrimoniale, et de ne pas dépasser 5% du patrimoine. « C’est la part que les investisseurs réservent généralement aux valeurs de fonds de portefeuille. Celui qui détient des actions qui rapportent peu peut envisager de les remplacer par du dia- mant », conseille Jean-Fran-Antoine PietriNOVEMBRE 2014DE LA TOGE AU COSTUME DE MARQUEAlors, faut-il définitivement tirer un trait sur la « relique barbare », comme le surnom- mait l’économiste John May- nard Keynes ? Pas sûr... « La monnaie papier, aujourd’hui, a perdu de sa crédibilité : les gouvernements en ont trop imprimé, et la planche à billets continue, estime Pa- trick Schein, président de la société Gold by Gold. L’or, en revanche, ne pourra ja- mais perdre sa valeur intrin- sèque, en raison de sa rareté : vous ne pouvez pas vivre à crédit sur l’or. C’est un actif physique, concret, indestruc- tible. » Par ailleurs, commeLE COURS DU DIAMANT EST ÉTERNELPour rester dans les actifs tangibles, concrets, d’autres préfèrent se tourner vers le diamant d’investissement.dérer cet actif comme un outil de diversification pa- trimoniale ». Un outil qui peut se révéler redoutable- ment efficace pour lutter contre l’inflation, ou encore pour préserver une partie de son portefeuille en temps de crise. Encore faut-il veiller à ne pas perdre de vue la valeur intrinsèque de l’or au moment d’un achat. « La meilleure façon de s’en rendre compte est de faire un track-recordpeut estimer qu’il s’agit d’un effet de flux, qui risque de déboucher sur une bulle à terme », ajoute-t-il. Pour se positionner sereinement sur l’or, les spécialistes conseil- lent de ne pas investir plus de 5 à 10% du patrimoine global, et de privilégier l’or physique plutôt que les trackers. « Il est aussi im- portant de penser à la capa- cité d’échange : en termes de liquidité, il est plus inté-métal pratiquement indes- tructible, il est néanmoins malléable, et une simple rayure sur un lingot peut se chiffrer à plusieurs centaines d’euros...aiment à le rappeler les ob- servateurs du secteur, l’or a l’avantage de ne jamais se déprécier sur le (très) long terme. Ainsi, selon une pa- rabole attribuée à la famille Rothschild, une once d’or permettait sous l’empire ro- main d’acheter une toge de bonne facture. Aujourd’hui, le prix de l’once (950 euros environ à la mi-septembre) correspond au tarif d’un cos- tume de qualité. Pour JérémyAras, responsable financier en mettant en rapport la ressant de posséder plusieurs Moins volatil que l’or, le dia- à l’Institut du Patrimoine, quantité réelle et le prix », napoléons qu’un lingot », re- mant partage avec lui plu- « il faut comprendre que l’or recommande Jérémy Aras. marque Jérémy Aras. Les sieurs avantages : transpor- n’est pas une valeur refuge « Lorsqu’il n’y a pas d’aug- professionnels recommandent table facilement, il échappe au sens de la garantie du mentation ni de diminution également de placer l’or dans au système bancaire et peut capital : on l’a vu avec la de la quantité de métal dis- un coffre à la banque pour se vendre partout dans le récente chute des cours. ponible et qu’on observe une limiter les risques de vol, monde. Il protège lui aussi Comme les autres métaux forte augmentation, comme mais aussi de dégradation : de l’inflation, mais son mar- précieux, il faut plutôt consi- au moment de la crise, on s’il est vrai que l’or est un ché reste corrélé à la réalitéIl y a des passages à vide, mais sur la durée le cours du diamant est plus performant que celui d'une actionréputée stable comme Air liquide.çois Faure.85]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°15ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelle ExposLibrairien Leporello par Marie Reilhacn « Retour au Kosovo »Gani Jakupi est auteur, journaliste et compositeur ; le Kosovo, son paysd'origine. Le « retour » du titre de cet album, c'est en 1999 qu'il l'a effec-tué, juste après la fin de la guerre, pour retrouver sa famille et faire unreportage en forme de témoignage sur cet « après ». Quinze ans plustard, c'est Jorge Gonzàles qui met en images ses souvenirs. L'auteur ra-conte ici son voyage, les villes détruites, les administrations vides. Il nes'épanche pas, ne se laisse jamais aller à juger les uns, à s'apitoyer sur lesautres. Nul besoin d'en rajouter. Gani Jakupi partage – simplement, du-rement – visites et rencontres, et happe le lecteur. Un jour par exemple,il croise un camion qui ramène des réfugiés. À bord, un grand-père quise dirige vers un village, sans savoir s'il a encore une maison où aller. « Même si on doit dormir à la belle étoile, je préfère le faire sur le sol de ma terre, plutôt que dans la tente d'un camp de réfugiés », confie- t-il à l'auteur. Le texte est d'autant plus percutant qu'il est ici porté par des illustrations saisissantes, chargées d'émotions. Il y a quelque chose de très « sensoriel » dans le dessin de Jorge Gonzales. Sans nécessairement pouvoir se l'expliquer, on est touché, ému, voire bouleversé. Visite de Peja, « la quintessence de l'horreur ». Avec deux planches – noires, très noires –, Jorge Gonzalez réussit mieux qu’avec n'importe quels mots à évoquer le chaos. La page suivante : un vert éclatant. La vie reprend. À Pristina, l'exclamation entendue le plus souvent dans les rues est : « Ah t'es encore en vie !? ». « La ville porte l'émotion à fleur de peau », écrit l'auteur. Cet album aussi.« Retour au Kosovo » , Gani Jakupi et Jorge Gonzàlez, Dupuisn « Ceux qui me restent »Jeune veuf, Florent cherche sa fille de cinq ans. Il ne l'a pourtant quittée des yeux que quelques minutes, où a-t-elle pu disparaître ? Il court, interroge, se désespère, encore et encore. Sauf que Lilie est devenue adulte depuis bien long- temps. Elle est à ses côtés, mais il ne la reconnait plus. Alzheimer. Au-delà de la maladie, Ceux qui me restent traite – avec beaucoup de délicatesse – de sujets tels que la séparation et le regret. Et du temps qui passe sans qu'aucun retour en arrière ne soit possible. Puissant. Beau.Ceux qui me restent, Damien Marie et Laurent Bonneau.n « Comment l’ambition vient aux filles ? »Une fois n’est pas coutume, voici un livre sur les femmes, pour les femmes.Il est facile de tomber dans les banalités ou les exhortations en matièred’ambition. Ce n’est pas le cas ici, puisque Frédérique Cintrat mûrit les ré-ponses à cette interrogation depuis 1983, quand adolescente en classepréparatoire, elle a participé à une émission de télévision consacrée à cettethématique, aux côtés d’Élisabeth Badinter et de Françoise Giroud. La di-plômée de l’EM Normandie livre ici au lecteur – ou plutôt à la lectrice –des réflexions nourries par son expérience, depuis l’enfance jusqu’à au-jourd’hui. La parole est également donnée à neuf femmes inspirantes(étudiantes, salariées, chefs d’entreprise ou indépendantes), qui expri-ment leur vision de l’ambition, en se fondant sur leur propre expériencede vie et leur parcours. Des conseils et des astuces, sous la forme de fiches pratiques, jalonnent cet ou- vrage réalisé par la fondatrice et associée d’Assurancielles, structure de conseil en développement com- mercial et communication, qui a reçu le prix « Femme commerciale de l’assurance de l’année » lors des Trophées de l’Argus de l’Assurance.« Commentl’ambitionvientauxfilles?» deFrédériqueCintrat,244 pages - 14,90€ - éd. Eyrolles, en librairie le 16 octobre 2014vents peints, est une invitation à nous promener librement dans ces herbiers intimes. Le spectateur peut à sa guise se laisser prendre à la surprise du détail en isolant certaines pages, qui comprennent nombre d’éléments collés et de fragments d’images retravaillés, ou par- courir du regard les recueils dans leur globalité, créant ainsi lui-même une histoire. Par ce cheminement visuel le long des images qui forment des récits sans mots, des paysages sans noms ouvrent vers un ailleurs poétique et coloré. » (Alix Durantou, historienne de l’Art et de la Mode)Du 1er décembre 2014 au 31 janvier 2015 à la Galerie Vivienne (Parie 2ème)n Fondation Louis VuittonÇa y est ! La Fondation Louis Vuitton – dédiée à l'art contem- porain – a ouvert ses portes dans le bois de Boulogne, à Paris. Géré par LVMH, numéro un mondial du luxe, et conçu par l'architecte américain Frank Gehry, l'édifice – futuriste – est spectaculaire. Construit sur un ancien bowling, il dépasse, avec ses douze « voiles de verre » im- briquées les unes dans les au- tres, les 40 mètres de haut. À l'intérieur : onze galeries, dans lesquelles la Fondation compte voir circuler 700 à 800000 visi- teurs par an. Le premier accro-chage, en place jusqu'à la mi-décembre, contient peu d'œuvres (Boltanski, Olafur Eliasson, Gerhard Richter, Thomas Schütte...). Le but : laisser au public tout le loisir d'admirer... le lieu. Coût de l'ouvrage ? Non communiqué, mais certainement à la mesure du groupe LVMH...« Leporello. Ce mot, peu usité dans le langage courant, désigne un type de livre qui se déplie comme un accordéon grâce à une technique de pliage et de collage de ses pages.ans ses travaux les plus récents, l’artiste Marie Reilhac s’est ap- proprié ce support, propice au déploiement d’une nature mi imaginaire mi réelle qui se fait tantôt cocon rassurant, tantôt univers inquiétant pour les êtres qui l’habitent. La présentation d’une sélection d’une quinzaine de ces livres, complétée de para-n « Le manager éclairé »Laurence Baranski est coach de dirigeant et conseil en pilotage de la transformation. Mais parallèlement à ses interventions au sein d’entreprises et d’institutions, elle s’implique dans des dy- namiques citoyennes. À travers ses lectures et rencontres, elle s’est initiée aux sciences contemporaines. Elle a expérimenté dif- férentes approches en développement personnel et se forme ré- gulièrement à leur pratique. D’où l’intérêt de cet ouvrage, positionné sur un créneau très concurrencé, mais différencié parce qu’il donne des clés pratiques aux dirigeants et managers pour, à la lumière des sciences de l’homme, donner du sens aux changements et fixer les orientations dans la tempête. Bref, gar- der le cap en prenant en compte les dynamiques de changement au niveau de la personne, du groupe et de l’entreprise.« Lemanageréclairé» deLaurenceBaranski-244pages - 28€, éd. Eyrolles, en librairie le 16 octobre 201486 NOVEMBRE 2014PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 27 NOVEMBRE 2014]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>