﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="80"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[12EcoRéseauJuIllEt-Août 2014 Mensuel (numéro double) 3,90 €n°L’information économique & stratégique autrement (et si possible positive) ECONOMIEecoreseau.fr Entrepreneurs avant 30 ansChampions émergentsL’alimentation en 2050Et pourquoi pas les insectes ?CrowdfundingSéducteurs de M Tout le mondeQuantified SelfLes mesureurs de corpsComprendre, Entreprendre, InnoverNos enfants entreprendront différemment,se financeront autrement, se nourriront ou s'auto-soigneront d'une nouvelle manière. Science- fiction ? Non. La révolution a déjà commencé.L’EntretienL’humour, facilitateur d'innovation ?L'été qui fait débat« En culture nous profitons encore de l'élan initié sous Mitterrand »Jack Lang- Raccourcissement des vacances ?- Stratégie touristique des pays ?- Choix de vacances originales ?Président de l’Institutdu Monde Arabe© DRBE/LUX : 4.50€ - Canada : 7CAD - Maroc : 50MADEcoRéseau]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12EDITORIALC Contrat de nouvelle(s) génération(s)MSchumpeter ne prend jamais de vacancese double numéro estival, nous avons choisi de le placer sous des valeurs qui nous sont chères : l’opti- misme, l’entrepreneuriat et l’innovation. Une fois de plus, vous y découvrirez que les motifs de se ré- jouir ne sont pas illusoires et que nous devons croire en notre avenir.ais qu’est-il passé par la marché initial. Mais cette réflexion tête des dirigeants de Phi- sur ce qu’est réellement le métier de lips pour venir ainsi l’entreprise et sur l’environnementConstat partagé par Jack Lang, aujourd’hui président de l’Institut du monde arabe et avant tout homme de projets, petits et grands. De même, qui de mieux pour évoquer les opportunités et la manière de les exploiter que tous ces entrepreneurs qui se sont lancés à la fleur de l’âge, avec très souvent des moyens limités mais des idées plein la tête. A travers l’exemple du guide Le Petit Futé qui a su s’appuyer sur le numérique pour se renouveler et prouver que le papier a encore de l’avenir - ou encore celui de My Little Paris, société née avec passion et imagination à partir d’une vision simple mais pleine de bon sens. De plus, les nouvelles solutions pour épauler ces entrepre- neurs en herbe ne manquent pas aujourd’hui, à commencer par le financement participatif ou crowdfunding, sys- tème que nous décortiquons et qui peut être un accélérateur de votre projet d’entreprise.s’aventurer sur le secteur de la santé ? dans lequel elle évoluera doit finale-Luc de Brabandere, senior advisorchez BCG spécialiste de l’innovation,explique dans nos colonnes qu’ilsont fait preuve de créativité, acceptantde penser Philips différemment etde se projeter dans l’avenir autrement.Cette inflexion stratégique a permisde mobiliser les équipes, qui, unefois ce nouveau cadre instauré, ontfait preuve d’innovation. « Du mi-cro-onde à la couveuse la différencen’est pas si importante, si ce n’est soins en moniteurs et électronique danslesesprits»,expliqueleconsul- sont croissants. Si la société avait tant. Ils ont pensé un nouveau modèle continué à fabriquer uniquement des alors que Philips n’était pas aux lampes, machines à café ou télévi- abois. On évoque souvent ces sociétés sions, elle se serait écroulée sous les au bord du gouffre, qui trouvent une coups de boutoir de la concurrence diversification géniale au dernier mo- asiatique. Reste maintenant à se ré- ..Du côté des terrains d’innovation, vous comprendrez pourquoi le Quantified self réunit de plus en plus d’adeptes, en permettant une appréhension différente de notre quotidien grâce à de nouveaux outils de mesure.Vous trouverez aussi des acteurs ou des secteurs qui se réinventent chaque jour : les innovations de notre impri- meur sans qui vous ne liriez pas ces lignes en ce moment, les nouveautés technologiques très tendance en matièrement être perpétuelle. Mieux vaut anticiper les lendemains qui déchan- tent, préparer la guerre pour avoir la paix. EcoRéseau prône d’ailleurs à longueur de numéros ce renouvelle- ment continu et s’évertue à mettre en lumière les personnes et sociétés qui incarnent au mieux ce mouvement cher à Schumpeter. Aujourd’hui Phi- lips réalise un tiers de son chiffre d’affaires dans la santé, dont les be-JulienTarbyde smartphones et autres tablettes, ou encore les inspirations du groupe SEB qui s’affirme chaque jour ché du petit électroménager par le renouvellement de ses offres et de sa stratégie globale, etc.sur le mar-Enfin, nous avons choisi de vous parler d’humour, notion bien ancrée dans notre quotidien et que tout le monde pense maîtriser mais qui est bien plus subtil qu’en apparence... En effet, s’il est un sujet qu’il faut savoir manier avec doigté et qui peut s’avérer bénéfique jusque dans les entreprises, c’est bien celui-ci.Comme quoi, devenir entrepreneur, se renouveler et innover sont tout à fait possibles, même dans l’Hexagone... Vous trouverez certainement dans cette édition des pistes qui viendront alimenter vos réflexions estivales jusque sur la plage... De notre côté, nous avons d’ores et déjà mille et un sujets à vous proposer dès la rentrée...En attendant, toute l’équipe du journal EcoRéseau se joint à moi pour vous souhaiter un excellent été.Jean-Baptiste Leprincement, afin d’éviter une réglementation inventer... qui les bloque, un concurrent troppuissant ou une stagnation de leurFondateur & directeur de la publicationLE CHAT by Philippe Geluck2 JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frSOMMAIREPANORAMA 4-19 RétrospectiveCréer aujourd’huiCrowdfunding, des évolutions à venir 38Les congés il y a 50 ans 4Business guidesLes rendez-vous EcoRéseauL’accompagnement de l’expatriation 42Le DicoRéseau® 2014 6STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 44-50 DécryptageL’EntretienJack Lang et la culture en France 8Le Quantified Self et ses opportunités 44 Expertises 46Régions & TerritoiresCorse, le réveil insulaire 10HexagoneHaute résolutionRaccourcissement des vacances, le débat 12Smartphones et tablettes, les tendances de l’été 48InternationalBusiness storyDes stratégies touristiques diverses 14SEB, l’innovation dans l’ADN 50Réseaux & InfluencesGrand AngleRH & FORMATION 52-60- Humour et innovation 16 - Interview d’Eric Antoine 19CLUB ENTREPRENDRE 20-43 Baromètre & Tendances 20Cercles des nageurs, pour brasser des contacts pro ? 52Liberté d’EntreprendreCarrières & TalentsLettre à Google 21- Recrutement, les mirroirs déformants- Ecoles d’ingénieurs à l’international- Executive MBA, les raisons et les limitesA la Une : Entrepreneurs de - de 30 ansDes obstacles surpassés 22ART DE VIVRE & PATRIMOINEObservatoire5456 58 6062-78Interview croisée :Amandine Péchiodat & Dominique AuziasGuides de haut-entrepreneuriat 32L’Air du tempsEn immersion- Des concepts de vacances originaux- Château de Cheverny, alias Moulinsart - Golf, tee time !62 64 66Imprimerie Léonce Deprez 34Electron libreL’Art du temps70 74Karim Fahssis, entrepreneur dans le vent 35Baromètre Finance & InvestissementsLeçons de mauxPatrimoinePauline Laigneau et l’échec 36Immobilier de luxe, services aux investisseurs76 78ProspectiveLa Sélection culturelleL’alimentation en 2050 37N°12www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.frDirection de la rédaction : Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Julien TarbyChroniqueurs : Pierre-Etienne Bost, Marc Drillech, Pascal Junghans, MichelKahn, Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Aude Abback-Mazoué, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Anne Diradourian, Jacques Donnay, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Marc Hervez, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Ronan Penetti, Yann Petiteaux, Catherine Quignon, Olivier Rémy, Pierre TiessenDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : PresstalisAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.JUILLET-AOÛT 20143]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA RétrospectiveDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Cote d’amour pour Côte d’AzurNLa Côte d’Azur. En famille. Pendant trois semaines. Avec une motivation : la volonté de renouer les liens amicaux et familiaux traditionnels. En 1960, il ne faisait pas bon être en vacances.Par Olivier Faureos ancêtres les Gau- de monuments : arènes de lois. Charles Martel Nîmes et Pont du Gard, par qui arrête les Arabes exemple. Les élites, elles,à Poitiers. Jeanne d’Arc sau- fréquentent davantage lesvant la France, et la victoire de Marignan en 1515. L’his- toire de France est bâtie sur des sacs de sable qui, malgré les coups de canif des histo- riens, continuent de tenir le coup. En période de « grandes vacances », il en est un qui remonte naturellement à la surface : celui de l’invention des vacances par le Front Populaire en 1936, qui aurait naturellement conduit à l’émergence d’un « tourisme de masse » à partir des années 50. « 1936 comme date de naissance des vacances, voilà bien un mythe français, af- firme Jean-Didier Urbain*, anthropologue, professeur à l’Université Paris-Descartes et spécialiste du tourisme. A cette date, les congés payés existaient déjà depuis dix ans dans certains pays d’Europe. Il ne s’agissait par ailleurs que d’une revendication mi- neure du Front Populaire, dont les principaux combats portaient surtout sur le temps et les conditions de travail. La preuve, c’est que la mise en place en 1936 des premiers trains à tarif réduit en période estivale se solde plutôt par un échec. Quant à l’image d’Epinal de l’ouvrier parisien sur la Côte d’Azur, en 1936, c’est pure fiction. Si ouvrier il y a sur la plage, c’est qu’il est Montpelliérain !»musées, passent leur été dans l’arrière-pays sur les traces de Van Gogh et Cézanne, ou au Festival d’Avignon, qui prend de l’ampleur dans les années 50-60.Les chiffres, d’ailleurs, ne disent pas le contraire. En 1950, 15% seulement des Français partent en vacances, contre 40% en 1961 (et en- viron 60% aujourd’hui). « Une progression lente qu’expliquent plusieurs fac- teurs, explique jean-Didier Urbain. La guerre, bien sûr, mais aussi le fait qu’il n’est pas dans les mœurs de partir pour son plaisir. Le départ de la maison, jusque très tard, est corrélé à deux choses : la guerre et l’exodeEn 1960, les vacances servent avant tout à recréer du lien socialaussi à profit ce moment po. renouer du lien social, note le professeur à Paris-Des- cartes. On rend visite à la famille, aux amis. La cam- pagne sert d’espace de proxi- mité dans lequel se tisse tout un maillage d’activités de loisirs. » Sous les blés, la plage, en quelque sorte...Les années 50 font naître le mythe de la Côte d'Azur.« Sur ce socle, dans les an- nées 60, se bâtit un modèle : on part une fois par an, le plus longtemps et le plus loin possible, tout en restant en France », résume jean-Didier Urbain. La preuve : sur les 40% de gens qui partent, 87% prennent leurs vacances entre juillet et août. Un mo- dèle qui a depuis explosé, puisque le début des années 2000 se caractérise à l’inverse par une multiplication des départs dans l’année – six en moyenne – et une géné- ralisation du court séjour, voire du week-end prolongé. Sur les 40% d’estivants qui partent s’esbaudir loin de chez eux en juillet-août, on retrouve surtout des couples, des familles et des urbains. Les bataillons des 60% res- tants sont en grande partie composés de ruraux, notam- ment d’agriculteurs retenus par les travaux des champs. Pour ces derniers, les va- cances se résument à... leurs loisirs habituels : jardinage, pêche, bistrot, partie de boules, pique-niques, bals et autre fêtes de village. « Même si on ne part pas, on metrural. Aussi, il faudra éduquerles Français au tourisme. »Ce sont les décennies 1950et 1960 qui seront le théâtrede cette éducation, et quimarqueront un vrai bascule-ment. Un basculement quis’explique aisément : aprèsla crise de 29 et les deuxGuerres mondiales, l’heure En 1960, les vacances serventl’autre. Les congés vont ap- paraître comme un moyen de soigner ce mal-être so- cial. » Un facteur qui permet d’expliquer la forme que prennent les grandes va- cances. On part en famille et avec les amis, considérés comme une famille élargie. Preuve de ce besoin d’entrepar an, puis quatre à partir de 1969, durant lesquelles le Français, la tête vide et la bourse (relativement) pleine, peut se faire plaisir sans honte et sans reproche.pour eux la mise en place de structures particulières pro- pices au réapprentissage du lien social...Pour autant, on est encore loin du jet-ski à Marbella ou du road-trip en Thaïlande.Pour la plupart des estivants, destination la France, et à partir de 1950 la Méditerra- née, qui prend enfin sa re- vanche sur l’Atlantique, et devient le symbole de toutes les libertés. « La Méditerra- née, qui était jusque là une destination d’hiver, devient en été un lieu de libération. On y vient pour la chaleur, ce qui se couple avec la dé- couverte des corps. On se dénude, et surtout, grande innovation, on bronze ! », explique le professeur à Pa- ris-Descartes. Farniente, plage, pétanque, mais aussi une ébauche de tourisme cul- turel qui se traduit chez les classes populaires par la visiteur4 JUILLET-AOÛT 2014semble enfin à la prospérité et à la libération, avec Mai 68 en ligne de mire. « Dans les années 50, on passe des vacances-privilèges et des vacances-remèdes aux va- cances-pour-tous et aux va- cances-loisirs », note l’an- thropologue. Trois semainesavant tout à retrouver sa fa- mille et ses amis, et à recréer du lien social. « C’est une période durant laquelle les Français sont pris dans le tourbillon de l’urbanisation, explique l’anthropologue. On vit donc loin de sa famille, de ses amis, on ne voit plussoi : la création – et le succès immédiat – en 1950 du Club Méditerranée par le Belge Gérard Blitz. Une idée qui lui vint alors qu’il était mis- sionné par le gouvernement belge pour aider à la réinser- tion des concentrationnaires belges, et qu’il préconisait*Auteur en 2014 de Au soleil, naissance de la Méditerranée estivale, chez Payot.]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[PRESENTELondon • 106, New Bond Street - T. +44 (0)20 7499 1434 Boutiques KRONO KONCEPT by Kronometry 1999 Boutiques HUBLOT by Kronometry 1999 Paris • 60, rue François 1er - T. +33 (0)1 42 25 15 41Cannes • 4, La Croisette - T. +33 (0)4 97 06 69 70 Cannes•4,LaCroisette-T.+33(0)493684788 Lyon • 27, rue Gasparin - T. +33 (0)4 78 37 31 92 St-Tropez • Hôtel Byblos - Av. Paul Signac - T. : +33 (0)4 94 56 30 73 St-Tropez • Hôtel Byblos - Av. Paul Signac - T. : +33 (0)4 94 56 30 73 www.kronometry1999.com Courchevel • Hôtel Les Airelles - T. +33 (0)4 79 08 77 35 Courchevel • Hôtel Les Airelles - T. +33 (0)4 79 08 77 35]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA Les rendez-vous EcoRéseauEn guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’été, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Le DicoRéseau® 20141, 2, 3, soleil. N.p. : Jeu gouvernemental. Principe : les joueurs doivent se déplacer et s’exprimer sans que le meneur ne les entende ni ne les voie.Aoûtien. N.m. : Homme rouge comme une tomate, klaxonnant au volant et supportant diffici- lement les cris des enfants à l'arrière.Bac. N.m. : Epreuve préparatoire pour entrer à la SNCF.Bouchon. N.m. : Cauchemar de parisien en été, alors qu’il en supporte toute l’année.Canicule. N.f : Sélection naturelle.C.G.T. Abrev. Convoi de grévistes touristique.Chassé croisé. N.m. : Vaste mouvement réciproque et simultané faisant pleurer les supporters lors du mercato et les automobilistes en été.Grève. N.m. : Facteur social bloquant, bruyant et ennuyeux, que chacun trouve insupportable hormis ceux qui en sont à l’origine. Syn : Enfant.Juilletiste. N.m. : Homme blanc comme un linge, klaxonnant au volant et supportant difficile- ment les cris des enfants à l'arrière.Lavrilleux. N.p. : Maîtresse obéissante et dévouée d’un puissant, souvent victime de ses hu- meurs. Ex. : « La Pompadour, La Montespan, La Vrilleux... »Pépy. N.p. : Grand frère de Pépito, qui fait mal aux usagers. « Aïe Pépyto ! »Plage. N.f. : Lieu de promenade du président où on peut l’entendre chantonner « ♫ seul sur leContador. N.p. : Voir « Dopage ».Copé. V. Action de réduire ses dépenses. Ex. : « On n’a plus d’argent à l’UMP, on a copé tousRiri, Fifi et Loulou. N.p. : Personnages de fiction et petits-neveux de l’oncle Picsou, chargés collégialement de l’animation lors des rassemblements de l'UMP.Rosé. N.p. : Prénom de Mourinho prononcé par les supporters du Real Madrid. SNCF. Syndicat National de la Chienlit Française.T.E.R. Abrev. Ton Examen Raté.UMP. Abrev. Unité Mafieuse Parisienne.Voeckler. Expression du Nord-Pas-de-Calais mettant en valeur une bonne acuité visuelle. Ex : « Tu m’auras pas bonhomme, j’y Voeckler dans ton jeu. »Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.les budgets. »Corse. Expression utilisée par les habitants des îles. Ex : « Corse-toi, c’est chez nous ici ».Dopage. N.m. : Deuxième sport le plus populaire en France au mois de juillet, après le barbe- cue. Syn. Cyclisme, athlétisme.Entrepreneur. N.m. : Jeune personne qui ignorait la fiscalité française avant de se lancer. Festival. N.f. : Biture collective organisée souvent sur plusieurs jours, avec l’appui des autori-sable, les yeux dans l’eau, mon rêve était trop beau...♫ »tés locales, sous couvert de musique, de théâtre, de photographie...6 JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[7 heures de vol sans l’ombre d’un cerne à l’arrivéeBiz Bed c’est une classe affaires au lit parfaitement horizontal, offrant une couette molletonnée, une literie en coton égyptien, et un vrai pyjama pour une nuit de sommeil profond à bord, entre New York et Paris. Une nuit d’autant plus longue qu’avec le Sleeper Service, vous aurez dîné dans notre salon avant d’embarquer. Excellente nuit, dans l’un de nos 20 espaces de sommeil privilégiés.flyopenskies.com]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA L’Entretien« Les grands chantiers de l’ère Mitterrand sontbel et bien terminés. Mais... »Le président de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis janvier 2013 a su faire renaître l’organisation moribonde par de grandes expositions annuelles. Il a encore fait appel à cette capacité à « organiser » la culture qui a marqué les Français. L’occasion pour EcoRéseau, dans ce numéro d’été,de l’interroger sur ce domaine et son évolution dans l’Hexagone.France et du monde arabe.Avez-vous de grands projets d’avenir pour l’IMA ?L’arabe est une grande langue et l’Institut de l’enseignement de la langue arabe devra être mis en place. De même pour le festival de cinéma arabe. L’IMA détient une antenne en Nord-Pas-de-Calais, nous envisageons de poursuivre ce mouvement de délocali- sation à Lyon ou à Marseille. Des expositions sur les Arabes et la mer, sur les jar- dins orientaux, etc., sont pré- vues à l’avenir. Il existe de toute manière beaucoup plus d’idées de projets que de possibilités. Les partenariatsavec d’autres institutions doi- vent aussi être développés. Ainsi, nous allons tenir une exposition sur le Maroc contemporain, quand le Lou- vres en parallèle se concen- trera sur le Maroc médiéval.Quel regard portez-vous sur la vitalité culturelle en France ?Je tiens à préciser que la créativité est toujours aussi impressionnante dans ce pays, que les artistes se renouvellent et osent. En ce qui concerne les infrastructures, l’époque des grands chantiers des an- nées 80-90 sous l’ère François Mitterrand est bel et bien ter- minée. Cependant un vérita- ble élan a été initié. Musées,BioLe bâtisseur cultivéCet homme politique de 74 ans reste l’un les plus populaires de France. Né à Mirecourt dans les Vosges, il obtient son diplôme de Sciences Po puis un doctorat en droit, puis commence sa carrière comme professeur à l’université de Nancy II puis Paris X. En parallèle il devient directeur de théâtre. Il fut créateur et directeur du Festival mondial du théâtre universitaire à Nancy, directeur du théâtre universitaire de Nancy, directeur du théâtre du palais de Chaillot. Dans les années 1970, il s’engage auprès de François Mitterrand au PS puis est nommé ministre de la Culture dès 1981. Ce personnage charismatique du PS occu- pera ce poste pendant douze ans, bénéficiant du soutien constant du président de la République, notamment dans la réalisation des grands travaux à Paris (Grand Louvre, Arche de la Défense, Opéra Bastille, Bibliothèque nationale de France...) et en province, qui donneront un nouvel élan à l'architecture contemporaine en France (Christian de Portzamparc, Jean Nou- vel, Dominique Perrault...). Il cumule avec l’Éducation natio- nale de 1992 à 1993. Il est d’ailleurs nommé à ce même ministère de 2000 à 2002. Parallèlement, il a exercé comme maire de Blois de 1989 à 2000 et a été député du Loir-et-Cher entre 1986 et 1988, en 1993, et entre 1997 et 2000 ; il est dé- puté du Nord-Pas-de-Calais depuis 2002. À partir de cette élec- tion, il prend ses distances avec les instances de son parti, et accepte des missions proposées par le président de la Répu- blique Nicolas Sarkozy, tout en se défendant de vouloir entrer dans un gouvernement d'ouverture à l'instar des anciens socia- listes Bernard Kouchner et Éric Besson. « Parachuté » dans la 2e circonscription des Vosges pour les élections législatives 2012, il perd face au candidat UMP. Il devient président de l'Institut du monde arabe en 2013.© J DemarignyComment s’est passée votre prise de fonctionà l’IMA ? J’aiéténomméilyaunan et demi, et je suis arrivé dans un Institut en crise profonde vivant une situation interne difficile, marquée par des problèmes financiers récur- rents, une fréquentation en baisse et des luttes intestines. Ma mission première a été de redonner un sens, une vi-lerinage à la Mecque (éla- borée avec l’Arabie Saoudite, ndlr) et « Il était une fois l’Orient Express » –, alors que ceux-ci se préparent nor- malement sur des périodes beaucoup plus importantes. Et ce tout en gérant le fonc- tionnement au jour le jour. Nous y sommes parvenus avec un certain acharnement et surtout la mobilisation des proches. J’ai fait appel à dessont venus bénévolement et n’ont pas lésiné sur les ef-que j’ai pu embaucher dans la foulée un directeur de ca- binet. J’avais la tête pleine d’idées mais les mains vides.Quels sont les grands enjeux d’une telle organisation ?Bien sûr cette maison a un esprit, une histoire. A com- mencer par son statut hybride, puisqu’elle s’inscrit dans le régime des fondations, dans le secteur privé traditionnel, mais est sous protection de l’Etat. Mais nous avons ajouté un esprit militant culturel chez les 120 salariés. Le pré- sident doit veiller à ce que l’IMA joue bien son rôle de pont entre l’Orient et l’Oc- cident grâce à des expositions, des représentations musicales, des forums et débats chaque jeudi, des petits-déjeuners économiques trimestriels re- groupant des dirigeants deforts.Le financement d’évènements culturels de cette ampleur est-il compliqué ?Nous fonctionnons grâce à une subvention publique de 12 millions d’euros qui pro- vient du Quai d’Orsay, sou- mis lui-même à des coupesJe suis ravi que des fondations étrangères s’attèlent à la rénovation de certains bâtiments, si les Français ne le font pas...gueur, un souffle, en appli- quant ma méthode, qui est celle de l’action continue. Nous avons initié de grands projets en quelques mois – l’exposition Hajj sur le pè-amis connus lors de mes pas- sages au ministère de la Cul- ture ou de l’Education, comme l’expert culturel Claude Mollard ou le diplo- mate Gilles Gauthier. Tousbudgétaires. Tout peut être diminué d’une année sur l’au- tre, nous gardons une épée de Damoclès au dessus de nos têtes. Il ne faut pas s’ima- giner que je suis arrivé et8JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frL’Entretien PANORAMAbibliothèques, écoles d’art et festivals en été sont apparus ou ont été remis à niveau, et existent encore aujourd’hui. La fête de la musique perdure et a fait des émules. Quelques belles initiatives viennent en- core émailler le paysage, comme la construction porte de la Villette de la Philhar- monie signée Jean Nouvel, ou l’édification du musée d’art contemporain de Ber- nard Arnault (fondation Louis Vuitton), signée Franck Guehry en plein Bois de Bou- logne.Que pensez-vous de la montée en puissance des financements privés en matière de culture ? Les plus gros investisseurs étaient naguère l’Etat et les villes, les acteurs privés se mêlent désormais à la partie et je m’en réjouis. Moi-même en mon temps j’ai favorisé une loi sur les fondations d’entreprise. Mais il ne faut pas que ce phénomène de- vienne prétexte à se retirer pour la puissance publique. Je suis également ravi que des fondations étrangères s’attèlent à la rénovation de certains bâtiments, si les Fran- çais ne le font pas. La re- naissance du Ritz est une très bonne nouvelle. En revanche il faut éviter certains abus de mercantilisation. Par exemple j’ai décidé en 1989 de classer la piscine Molitor à l’inventaire du patrimoine et des monuments historique pour ses décorations d’Art déco, alors que la ville de Paris voulait la détruire. Les travaux de réhabilitation n’ont pas débuté immédiatement, et les tags et détériorations ont continué. Il a fallu atten- dre l’ère Delanoë pour qu’on se lance dans une reconsti- tution des parties détruites. Mais aujourd’hui la société privée qui s’est chargée des travaux a inscrit cette piscine dans un complexe de luxe. La ville n’a pas vraiment exigé de contrepartie, à part quelques demi-journées d’ou- vertures aux scolaires. Le public ne peut plus en profiter comme auparavant et celaQue pensez-vous des voix qui s’élèvent pour dénoncer le financement trop important de la culture « traditionnelle » (opéra, lyrique, théâtre...) en comparaison de ce qui est alloué aux cultures « alternatives »(BD, musiques au lieu d’en venir à une so- de grands projets. Parfois les contemporaines...)? lutionradicalequinesatisfait seconds se lancent seuls, C’est un faux procès. Quand personne. comme Antoine de Galbertvous êtes à nouveau en têtedespersonnalités politiques préférées desconstance a fini par être ap- préciée.Avez-vous eu des mentors qui vous ont fortement influencé dans votre parcours ?Comme vous vous en doutez, des hommes comme Pierre Mendès France ou François Mitterrand m’ont énormé- ment marqué. Mais en ma- tière culturelle, j’ai longtemps réfléchi à la politique qui pourrait être initiée en France, bien avant d’accéder au poste de ministre de la Culture. Et pour m’aider je n’ai pas sol- licité des mentors, mais je suis allé puiser de bonnes idées hors des frontières en Angleterre ou dans le nord de l’Europe, tout en les adap- tant à la situation hexagonale. L’Allemagne aussi constituait un bon modèle en matière de musique classique ou dans la protection des droits des auteurs et des artistes. Je m’en suis servi, et j’ai poussé la logique un peu plus loinMusées, bibliothèques, écoles d’art et festivals estivaux sont apparus ou ont été remis à niveau sous Mitterrand,et existent encorej’occupais le poste de ministre de la Culture, des institutions sont nées, des modes de fi- nancement ont été mis au point. Il n’y avait pas de salles pour les jeunes sou- haitant écouter de la musique contemporaine ; ceux-ci étaient condamnés à venir assouvir leur passion sous des chapiteaux, les pieds dans la gadoue. J’ai fait construire le Zénith à Paris. Depuis 20 Zénith sont sortis de terre en France.Vous avez répondu à l’appel de Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-Point, pour venir afficher votre soutien aux intermittents place de la Concorde. Existe-t-il une solution à ce problème épineux selon vous ?Le système des intermittents facilite le renouvellement des générations, aide les jeunes à se lancer. Je ne peux pas croire que le gouvernement ratifie cet accord qui précarise les petits nouveaux du métier. Il court le risque de mettre en péril la création vivante. Le mal est profond, car cet épisode prouve que c’est tout le dialogue social français qui est à revoir. La loi stipule par exemple que si des syn- dicats approuvent la loi, celle- ci s’impose de fait. Mais ceux qui ont accepté cet ac- cord, la CFDT, FO et la CFTC, ne sont pas représen- tatifs. La CGT, qui est la plus légitime, a refusé de si- gner cet accord, qu’on risque de ratifier malgré tout parce que la règle est désuète. EnComment faciliter l’entrepreneuriat dans la culture ?Je pense que les freins ne sont pas spécifiques à la cul-qui a au travers de sa fonda- tion financé la Maison Rouge, haut lieu de culture contem- poraine près de la Bastille. Les libraires sont aussi desFrançais. Que vous inspire ce rang et comment l’expliquez- vous ?Les Français aiment les es-outre tout a été très mal né- existe une prudence, voiregement. Les gens ne sont© farida guerdjou brechemierture. Le système bureaucra- tique tatillon et formaliste entrave les dynamiques. Iléléments clés de vitalité des livres en France. Les Arnault ou Pinault – même si ce der- nier s’est finalement détournéprits positifs et les bâtisseurs. Je suis donc très flatté par cet hommage rendu, qui prouve qu’ils voient ce que je réalise sur le long terme dans la culture, l’éducation ou à la présidence de l’IMA, ne dissociant jamais la ré- flexion de l’action. Il faut l’avouer : la politique en a fatigué et lassé plus d’un, les gens ne supportent plus les convictions changeantes. J’ai toujours soutenu avec vigueur ce en quoi je croyais, petits projets, grands projets, mais aussi des idées non majori- taires sur des sujets de société ou de culture. Et cetteQue vous inspirent les résultats du FN aux municipales ?Il ne faut pas se leurrer, le Front National tire bénéfice du vide idéologique, de l’in- capacité des partis politiques républicains à proposer undans ma loi de 85.Si vous deviez refaire vo- tre parcours, que change- riez-vous ?Je n’ai peut-être pas saisi à temps des opportunités poli- tiques qui m’auraient permis d’assumer des responsabilités plus larges, parce que j’étais trop investi dans mes chan- tiers ayant trait à la culture ou l’éducation. Ainsi j’ai dé- claré ma candidature pour briguer la mairie de Paris beaucoup trop tard, et sans l’appui de l’appareil politique. Avec le recul je constate que celui-ci compte énormément. J’étais trop accaparé par mesmissions.me gêne.J’ai déclaré trop tard ma candidature pour briguer la mairie de Paris, et sans l’appui de l’appareil politiquechan.pas racistes. Je le constate aussi à travers l’exposition Hajj qui attire des gens de toutes origines et confessions. Ces résultats ne sont pas la victoire du FN mais la défaite des autres, qui ne sont pas capables de donner un hori- zon.gocié et discuté. Il y a de très hauts comme de très fai- bles revenus chez les inter- mittents, un système de mu- tualisation ou de péréquation aurait donc pu être envisagéune méfiance à l’égard de ceux qui créent, ont des idées, inventent. En revanche il sub- siste une tradition intéressante de partenariat entre les acteurs privés et publics pour initierde l’île Seguin pour ouvrir son musée d’art contemporain à Venise – doivent être en- couragés dans leurs actions.Selon certains sondagesPropos recueillis par Julien Tarby et Jean-Baptiste LeprinceJUILLET-AOÛT 20149]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frPANORAMA Régions & TerritoiresLe réveilL’île de Beauté – longtemps sous per- Vfusion économique du « continent » –met en place un nouveau modèle de performance. Mais le temps presse !Corues de Bastia et d’Ajaccio, les choses vont plutôt mal : ralentissement des flux de dépôts bancaires, PIB par habitant inférieur de 6% àu Avoir 20 ans en Corse...... pourrait demain devenir une exception. Selon l’INSEE, le rapport sur l’île « entre la population des 65 ans ou plus et celle, en âge de travailler, des 15-64 ans passerait de 31% en 2009 à 60% en 2040 (contre 48% en France de province) ». Mécaniquement, la part des actifs se réduira et « se poseront alors de nouveaux enjeux ». Ces dix dernières années, la population de l’île a augmenté de près de 50000 personnes, soit une augmen- tation de 16%. Vertigineux ! Et ce sont en premier lieu les seniors qui viennent couler des jours tranquilles au bord de la Grande Bleue. Les innovations et les nouveaux besoins (accès aux soins et aux services à la personne) vont faire naître de nouvelles acti- vités ; « l'accroissement de la demande né- cessitera des adaptations structurelles », poursuit l’étude. « Ce sont autant de défis à relever autour de la silver économie ».u Forza Inizià !S’il est un cluster en Corse qui monte, c’est bien celui-ci, longtemps porté par l’agence de développement économique de la Corse, avant d’être rebaptisé Inizià fin 2013. « Nous avons désormais la forme d’une association type loi 1901 », explique son directeur Emmanuel Pierre. Un détail qui peut changer beaucoup car avec un tel statut, le cluster s’émancipe de son ancienne tutelle et entend multiplier les portages. « Nous avons des atouts, mais nous ne les exploitons pas suffisamment », avait d’ailleurs estimé à l’inauguration de Inizià, Jacques Pomonti, président du comité de sélection et de suivi de l’Incubateur territorial de Corse. Et d’ajouter : « Avec ce cluster nous agirons plus vite ». La structure entend ainsi rapidement « doubler » le flux des projets accompagnés (35 depuis 2006). Dans quels domaines ? « Tout ce qui est innovant », répond-on sur place. Reste que parmi les derniers dossiers retenus, « beaucoup ont un lien avec la recherche publique dans les domaines de la santé et du numérique, des matériaux, avec la création d’une unité de biocombustion ou encore avec la valorisation des ressources naturelles », détaille Emmanuel Pierre.la moyenne des régions françaises, et surtout chô- mage en hausse : 10,5% en moyenne sur l’ensemble du territoire, avec une poussée en Haute-Corse. La conjoncture ne montre pas ou peu « de signe convain- cant de reprise », note une dernière étude de l’IN- SEE. Et pour cause : les effets de la crise y ont été « ressentis plus tardivement que dans le reste du pays ». Et pourtant, la Corse – berceau de Napoléon – réputée sauvage et rebelle (un mélange explosif en- core !) sort de l’ornière en enregistrant « la plus forte croissance des régions françaises depuis 20 ans (+2,3% contre +1,4% en France métropolitaine) ». L’île est ainsi passée du 22e et dernier rang en 1990 à celui de 14e en 2011.Mieux, de 2008 à 2011, le territoire – qui compte 300000 habitants – a connu un taux d’évolution de son PIB de 1,9% (record national) alors que d’autres – comme la Bourgogne (-1,2%) – plongeaient dans la récession. « La démographie favorise la croissance des régions atlantiques et méditerranéennes », ajoute l’Institut. Aujourd’hui, l’île cherche à gagner en per- formance, sans prendre le risque de la métamorphose totale. Un enjeu qui passe notamment par la coopé- ration transfrontalière en Méditerranée, en particulier avec l’Italie, et surtout la Sardaigne qui représente un fort levier de croissance pour la Corse. Suffisant ? L’île doit « exister », comme l’indiquait récemment la journaliste Liliane Vittori, dans les colonnes de Mediapart. « C’est le b-a-ba de l’ouverture écono- mique et du progrès social. Et ce, en plus de ses atouts purement touristiques, patrimoniaux et cultu- rels. Et ce, dans la bonne gestion des transports de voyageurs aériens et maritimes. »C’est aussi vers la Commission européenne que Bas- tia et Ajaccio se tournent. 2014 marque en effet le transfert, depuis le 1er janvier, des fonds européens aux régions, jusqu’alors gérés par l’État. Fonds cen- sés accompagner les mutations économiques des ter- ritoires en stimulant notamment les dépenses de R&D dans les PME. « Cela peut-être un tournant pour la Corse », estime un observateur. Car jamais l’Europe – dans ses dimensions politique, économique et ins- titutionnelle – n’a eu autant de poids, et ce malgré un euroscepticisme croissant localement (64,48% des électeurs corses ont boudé les urnes aux élections de mai – un record !), dans la mise en place des straté- gies d’innovation et de développement régionales.ns, un art de vivre et un décor à couper le souffle : le territoire offre plus de 1200 kilomètres de côtes. Caractéris- tiques qui permettent à l’île de Beauté de faire le plein de touristes d’avril à octobre (plus de trois millions de personnes réservent chaque année au moins une nuit sur place), ce qui a par ailleurs fait exploser le prix de l’immobilier local(1). L’activité touristique re- présente 18% du PIB de l’île et génère près de deuxMais la Corse, c’est aussi des traditio.Pierre Tiessen(1) Pour freiner cette spéculation, un statut de rési- dent qui obligerait cinq ans de résidence aux ache- teurs d’un bien immobilier dans l’île fait actuellement débat.milliards d’euros de chiffre d’affaires.JUILLET-AOÛT 2014L’innovation, oui ! Mais à quel prix ?StratégieSur l’île, des édiles locaux vantent à qui veut l’entendre leur « stratégie d’innovation » et un modèle de « croissance intelligente ». Facile à dire...La Corse, terre d’innovation ? Encore faudrait-il baliser le terrain. Car pour beaucoup le constat est clair : l’île de Beauté offre certes un cadre de vie exceptionnel, mais attire peu de cerveaux, de scientifiques « poids lourds », majori- tairement concentrés sur le continent, de Marseille à Lille. « Il y a à peine 150 enseignants chercheurs sur le territoire – difficile donc de faire de la Corse un territoire de pointe sur les nouvelles technologies par exemple », se désole ainsi un observateur local. Modeste en effet. Analyse par- tagée par Emmanuel Pierre, directeur du cluster Inizia : « Il n’existe pas assez d’outils dédiés à la recherche. Il fautcombler nos lacunes en développant le réseau régional de l’innovation ; en mettant en place spécifiquement un pool d’acteurs sur le territoire ». « Nous ne devons pas être mar- ginalisés face à la Région PACA. Nous devons rester réac- tifs avec des projets innovants », clame pour sa part une élue locale, citée dans le billet de Lilliane Vittori. A la condition de mettre en place un écosystème permettant de forger sur la durée ce nouvel « ADN innovation ». « Pour que Corse rime avec innovation, commente Emmanuel Pierre, il faut mettre en place une stratégie claire. » Et dé- ployer les moyens financiers nécessaires.]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frl insulaireRégions & Territoires PANORAMArseu La force du terroirL’île compte pas moins d’une cinquantaine de labels divers dont cinq AOC : vin, brocciu (fromage frais), huile d’olive, miel et farine de châtaigne. La clémentine de Corse a par ailleurs obtenu une Indication géographique protégée (IGP) et un Label Rouge est en cours d’instruction par l’INAO. « Ces démarches d’identification ont montré qu’il est possible de sauvegarder la typicité des productions tout en optimisant leur commercialisation », note la collectivité territoriale Corse. « D’autres IGP sont également en cours pour l’agneau et le cabri. La reconnaissance de la race ovine corse et de la race caprine corse permet également d’initier une démarche AOC pour les fromages. » Cette diversité et la pluralité de ces certifications placent la Corse en tête des régions françaises en matière de produits qui ont des signes officiels de qualité.u SNCM : passage (de moins en moins) obligéRejoindre l’île, c’est pour beaucoup – camions de fret ou touristes en partance de « métropole » – emprunter la voie des mers... mais de moins en moins à bord d’un ferry affrété par la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée), transporteur maritime historique depuis Marseille. De fait, les parts de marché de l’entreprise sur cette destination ont drastiquement fondu (de plus de 80% en 2000 à 34% aujourd’hui contre 60% pour Corsica Ferries). Une longue et lente agonie qui oblige l’État à ré- gulièrement mettre la main au portefeuille, à coups de millions. 30 millions d’euros ont été débloqués en début d’année pour permettre à cette entreprise de 2500 salariés de rester à flot. Privatisée depuis 2006, la SNCM est aujourd'hui lâchée par ses ac- tionnaires. « Ni Veolia ni la Caisse des Dépôts, qui contrôlent 66% du capital à travers la société Transdev, ne sont décidés à remettre au pot d'une affaire en déficit. La collectivité territoriale Corse, elle, en appelle à l'État qui en appelle à Bruxelles », rappelait récemment Le Monde. Bruxelles lui a infligé l’année dernière deux amendes pour un montant total de 440 millions d’euros pour avoir bénéficié d’aides d’État de 2002 à 2006. Une pro- cédure qui devrait prendre des années, mais qui, pour l’heure, coupe la SNCM d’une possible solution de reprise. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Norvégien Siem a renoncé en mai à faire une offre pour reprendre la participation de Transdev dans l’entreprise.JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA HexagoneQuelles sont longues les vacances, papa !Alors que la réforme des rythmes scolaires se voit « toilettée » par le nouveau ministre de l’Education Benoît Hamon, le raccourcissement des vacances scolaires est à nouveau sur la table. Serpent de mer, cette réforme s’est toujours heurtée à la résistance des syndicats enseignants et des professionnels du tourisme. Est-il vraimentpossible de toucher au mammouth ? Réponse d’un ancieLn ministre de l’Education et du président de l’une desPar Catherine Quignonprincipales fédérations de parents d’élèves...Gilles*a réforme des rythmes scolaires, Paul Raoult la défend depuis des années. Cela fait quinze ans que ce vosgienlibres pendant l’année, en contrepartie du raccourcissement des congés scolaires. « Nous sommes favorables à six semaines de vacances en été, indique Paul Raoult. Nous savons que les enfants perdent le plus durant les deux dernières semaines. Il faut ensuite trois semaines pour qu’ils reprennent pied. » La FCPE souhaite également que soit dis- tingué le calendrier scolaire des élèves du primaire et du collège de celui des élèves du lycée, pour un rythme adapté à chacun. « On fait croire aux lycéens qu’ils ont 36de Robienâgé de 55 ans, par ailleurs chargé de mission dans un Conseil général, œuvre activement au sein de la FCPE. Ce père de trois enfants a gravi les échelons au niveau local et national avant d’être porté à la présidence de la fédération il y a un an, succédant au très médiatique Jean-Jacques Hazan. « Ce n’était pas par vocation ou volonté au dé- part », précise-t-il. Pas facile, en effet, de mener la barque dedélégué du gouvernement français auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT) et ancien ministre de l’EducationNous sommes favorables à six semaines de vacances en étésemaines de cours, mais c’est faux ! Dès début juin, ils ne vont plus en cours », pointe Paul Raoult. Face à l’opposition des professionnels du tourisme, Paul Raoult prône la conciliation. « Nous ne sommes pas là©R ien ne prédestinait Gilles de Robien à chapeauter un jour l’ensemble du corps enseignant. Aujourd’hui âgénistre de l’Education irrévocable pendant cinq ans, qui serait nommé par le gouverne- ment en accord avec l’opposition ».Sur la question des rythmes scolaires, l’ancien Ministre juge positive la réforme initiée par Vincent Peillon. « Cela va plutôt dans le bon sens, estime-t-il. Les enseignants font un maximum d’heures pendant un minimum de jours et les élèves ont des journées trop chargées. » Ce qui ne l’empêche pas d’enl’une des deux princi-pales associations deparents d’élèves deFrance. Mais PaulRaoult compte main-tenir le cap fixé parson prédécesseur. Toutcomme ce dernierl’avait fait, le nouveauprésident de la FCPEdéfend la réforme initiée par Vincent Peillon. « Nous sommes sur la même ligne, indique- t-il. Cela fait des années que l’on demandait des journées d’écoles raccourcies. Tous les experts du rythme des enfants expliquent qu’au-delà de cinq heures de cours, l’enfant n’est plus capable de se concentrer suffi- samment. Et cela met encore plus en difficulté ceux qui le sont déjà. »Xavierde 73 ans, l’ancien Ministre originaire de laSomme n’a jamais terminé sa licence dedroit. « Je n’étais pas spécialement un bonétudiant, indique-t-il. J’avais hâte d’être in-dépendant. » Un paradoxe pour un futur mi-nistre de l’Education ? « L’observationsemble montrer qu’il vaut mieux un autodi-dacte avec du bon sens qu’un chercheur critiquer la méthode. « Vincent Peillon apour brider le tourisme, mais pour prendre en compte l’intérêt de l’enfant, fait-il valoir. Il s’agit de voir comment nous pourrions adapter cette réforme, par exemple en mettant en place deux zones décalées surPiueaertrueoPcru arriver en terrain conquis, est-il d’avis. Il a peut-être sous-estimé la nécessité de concertation. » L’ancien Ministre se prononcesespécialiste de questions très pointues... »,souligne avec malice l’ancien élu centriste.Issu d’une famille de la vieille noblesse,très attaché à ses ra- L’année scolaire en faveur du raccour- cines, l’ex-maire cissement des va- d’Amiens et ancien cances scolaires, député de la Somme courte contre l’allègement a fait une grande par- est beaucoup trop du rythme hebdoma- tie de sa carrière po- daire des élèves. litique dans sa région « L’année scolaire estSi Benoît Hamon souhaite offrir aux com- munes la possibilité d’alléger la semaine des écoliers en contrepartie du raccourcis- sement des vacances scolaires, le représentant de la FCPE veut également que les rythmes scolaires soient revus dans leur globalité. La fédération défend le rythme de sept se- maines de cours et de deux semaines de15 jours ». Le président de la FCPE refu. également de pointer du doigt les ensei- gnants récalcitrants : « Certains disent qu’ils veulent pouvoir partir en vacances après le 15 août, parce que cela coûte moins cher... mais il y en a aussi qui n’ont rien contre le fait de rentrer un peu plus tôt ! Je n’ai pas envie de jeter l’opprobre sur les enseignants : dans le climat actuel, ce serait très dangereux d’opposer les parents aux professeurs. ».PJ©de naissance. C’estlorsque Jacques Chi-rac (re)prend la présidence de la République en 2002 qu’il exerce ses premières respon- sabilités gouvernementales. D’abord ministre du Transport, son sens aigu de la concertation lui vaut d’être nommé ministre de l’Education en 2005. Dans un contexte de réduction des moyens pour les collèges et les lycées, il est chargé de mettre en œuvre les réformes en- gagées par son prédécesseur François Fillon. Il restera deux ans à ce poste. Sans surprise, il doit faire face à l’opposition dans la rue et beaucoup de ses réformes, notamment l’al- longement du temps de travail des enseignants ou encore l’apprentissage à 14 ans, passent à la trappe. Encore aujourd’hui, Gilles de Robien exprime des regrets. « Il m’a manqué du temps, même si finalement la durée de deux ans est au-dessus de la moyenne », af- firme-t-il. L’ex-élu centriste rêve d’un « mi-beaucoup trop courte,estime-t-il. Il est nor- mal que l’on cherche un meilleur équilibre. » Mais face aux lobbies, l’Education Nationale est-elle vraiment réformable ? En homme bien élevé, Gilles de Robien se gardera de froisser le mammouth. « Oui c’est possible, avec de la concertation, estime-t-il. Je ne crois pas à la grande loi qui résoudrait tous les problèmes, mais à la politique des petitsPaul Raoultpas concertés avec les intéressés. » F aux résistances des enseignants, Gilles de Robien, diplomate, déclare que ces derniers « sont insuffisamment rémunérés dans le primaire et le secondaire » tout en appelant à « une grande table ronde sur les heures enseignées et le temps de présence des en- seignants dans les établissements ». « On fait un meilleur ministre de l’Education une fois qu’on l’a déjà été ! », s’amuse-t-il.président national de la Fédération des conseils de parents d'élèves des écoles publiques (FCPE)12 JUILLET-AOÛT 2014.ace*]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA InternationalChasse à l’homo touristicusD Depuis les années 60, le tourisme mondial a connu une phase d’expansion et de diversificationgalopante. Mais pour espérer exister et attirer, chaque pays a sa recette...e luxe, de masse, ou l’île de Saint Domingue, politique payante, commente se développent des formes de conseil en développement ne sont plus l’apanage de Jé- solidaire ou reli- persévèrent dans cette voie Didier Arino. En termes d’hé- alternatives, moins consom- durable du tourisme. Les au- rusalem, Lourdes ou la gieux... Les décli- au grand bonheur des globe- bergement marchand, il y a matrices et davantage res- torités dirigeantes doivent Mecque. Les Etats-Unis etnaisons de « tourisme » ne trotteurs les plus modestes. aujourd’hui plus de Français pectueuses des populations constamment veiller à pré- le Canada se sont ainsi ré-manquent pas pour séduire les voyageurs toujours allé- chés par les nouveautés. Les pays soucieux de stimuler leur croissance rivalisent d’in- géniosité pour faire venir à eux ces visiteurs providen- tiels. La bonne santé actuelle du secteur du voyage ne de- vrait pas s’arrêter en si bon chemin. Une étude réalisée par le cabinet Oxford Eco- nomics(1) prévoit une crois- sance annuelle de 5,4% au cours des dix prochaines an- nées, supérieure à celle du PIB mondial. Des perspec- tives réjouissantes qui ne lais- sent pas indifférent. Alors à chaque pays sa petite straté- gie...« LUXE, CALME ET VOLUPTÉ »Autre tourisme, autres mœurs. Très loin des ruées en masse et des formules clé en main, le tourisme de luxe propose aux plus fortunés des offres haut de gamme personnali- sées. Une forme de tourisme qui ne connaît pas la crise. Le formidable essor touris- tique de Singapour paré de ses complexes de luxe et ca- sinos est un modèle qui a inspiré de nombreux pays. Portés par le dévelop- pement du secteur du luxe, ses voisins indonésien et ma- laisien se sont à leur tour lancés dans de vastes chan-qui se rendent en voyage à et de l’environnement. L’éco- server le fragile équilibre en- Dubaï que sur les îles de la tourisme, qui privilégie la tre rentabilité et respect des Guadeloupe et la Martinique découverte de la nature en sites naturels pour éviter les réunies. » De nombreuses petits groupes, connaît depuis pièges du tourisme de destinations plus nature ont seulement 15 ans une pro- masse. » Des difficultés aux-cemment lancés dans la créa- tion de parcs thématiques (The Holy Land Experience à Orlando), de spectacles (Canadian Badlands Passion Plays) ou de séjours-confé- rences. Les grands groupes s’intéressent également à ce marché en devenir. La pré- sence du géant Disney fut d’ailleurs remarquée à la conférence sur le tourisme religieux à Montréal en no- vembre 2010. L’Arménie, la Jordanie, Chypre et le Liban ont également fait de la reli- gion leur cheval de bataille, profitant de la richesse de leur patrimoine religieux pour proposer des voyages davan- tage axés sur l’aspect culturel et historique. D’autres encore, comme les Bahamas, misent sur la foi des habitants de l’île pour promouvoir une expérience spirituelle intense basée sur l’échange et l’in- trospection. De nouvelles fa- çons de voyager voient ré- gulièrement le jour pour s’adapter aux nouvelles en- vies des consommateurs. Et l’arrivée des pays émergentsTOURISME DE DES- TRUCTION MASSIVE D’une manière générale, le tourisme de masse, généralisé dans les années 60, qui a fait les beaux jours des destina- tions ensoleillées, connaît un déclin progressif. Depuis une trentaine d’années, le visiteur a peu à peu délaissé ces mo- dèles de vacances uniformisés au profit d’expériences plus variées. Les impacts négatifs de ce « méga-tourisme »(2) n’ont d’ailleurs guère convaincu les politiques gou- vernementales à en faire le choix. Bali en est un bien triste exemple. Ce petit coin de paradis au milieu de l’Océan Indien est au- jourd’hui victime de nom- breux problèmes sociaux et environnementaux. « L’île meurt petit à petit de son tourisme effréné, regrette Di- dier Arino, directeur du ca- binet de conseil Protourisme. L’écrin aux plages de sable fin est devenu une décharge à ciel ouvert, rongé par la pollution, les embouteillages et les constructions anar- chiques. Les Balinais en ont même perdu leur identité. » Le tourisme de masse n’est pas mort pour autant. Certains pays comme l’Espagne et sa célèbre Costa Del Sol, le Mexique et sa Riviera Mayaégalement misé sur le luxe. En privilégiant une seule compagnie aérienne et en pratiquant des services sur mesure aux tarifs élevés, lesgression constante. Le Costa Rica et la Malaisie, cham- pions de la discipline, ont su faire de l’écotourisme le mo- teur de leurs économies res-quelles ne s’exposent pas en- core les formes plus confi- dentielles que sont le tourisme solidaire, équitable, le vo- lontourisme ou encore l’agri- tourisme. « Ces marchés de niche du tourisme éthique qui ont émergé il y a dix ans connaissent un fort engoue- ment, constate le consultant. Il n’y a qu’à voir le nombre de tour-opérateurs spécialisés dans le tourisme éthique ! » Si le Cambodge, le Burkina Faso ou encore Madagascar profitent, entre autres desti- nations, de cette alternative, on ne peut pas dire qu’elle soit le fruit d’une politique touristique affichée de la part de leurs dirigeants. Difficile en effet pour un Etat de com- muniquer sur sa pauvreté pour faire venir les voyageurs. Ce sont avant tout les tour- opérateurs et des associations qui en assurent la visibilité. Avec un risque de dérive : celui de transformer des réa- lités préoccupantes en argu- ment commercial.14 JUILLET-AOÛT 2014LA NOUVELLE INVI- TATION AU VOYAGE RESPONSABLEEn réaction aux excès du tourisme de masse et de luxe,L’arrivée des pays émergents dans ce secteur pourrait bien encore multiplier les offres. Leur part de marché a augmenté de 30 à 47% entre 1980 et 2012"Pardon, c'est bien ici la réintroduction des tortues géantes ? Nous avons nos billets..."Tourisme se conjugue aussi avec religion. Une tendance en constante progression qui s’observe dans les pays dé- veloppés aussi bien qu’émer- gents. Il suffit pour s’en convaincre de constater la récente apparition des guides touristiques dédiés aux sé- jours spirituels dans nos li- brairies. Un paradoxe lorsque l’on sait que la pratique reli- gieuse est en perte de vitesse dans nos contrées. Et pour- tant. Les voyages religieux(1) Une étude réalisée par le cabinet Oxford Economics et commanditée par Amadeus “Shaping the Future of Travel : Macro trends driving industry growth over the next decade”.(2) Cécile Pavot, Du méga tourisme au tourisme durable, Communication au colloque international organisé par l’Université de Aix-Marseille sur Le développement et l’en- vironnement dans les régions méditerranéennes, Juin 1997.tiers immobiliers. Mais c’est encore la ville de Dubaï qui offre au monde entier le mo- dèle le plus saisissant du tou- risme de luxe. Avec très peu de propositions culturelles à offrir, les autorités émiraties ont su valoriser leur territoire en misant sur leurs buildings au design futuriste et leurs services d’exception. « UneSeychelles, l’île Maurice ou les Maldives ont pu maîtriser le flux de visiteurs et ainsi tenter de préserver leur pa- trimoine naturel.pectives. S’ils sont réguliè- rement cités en exemple de réussite, quelques nuages viennent tout de même as- sombrir le tableau. « Les parcs naturels du Costa Rica et la jungle de Bornéo sont souvent surfréquentés, vic- times de leur succès, observe Benjamin Malaterre, consul- tant pour ID-Tourism, cabinetr pourrait biendans ce secteu.encore diversifier les offres. La part de marché qu’ils dé- tiennent a augmenté de 30 à 47% entre 1980 et 2012, et devrait atteindre 57% d’ici 2030, selon l’OMT. Le voyage forme certes la jeu- nesse, mais aussi la richesse et les idées...Aude Abback-Mazoué]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Fleur de ChampagneBrut Premier Cru]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA Grand Angle - L’humourLa comédie humaineL’humour est partout présent, peut-être un peu moins en entreprise. Pour son numéro d’été EcoRéseau, journal optimiste dans la mesure du possible, ne pouvait passer à côté de ce trait d’intelligence humaine – les dictateurs ont d’ailleurs toujours poursuivi les humoristes au même titre que les intellectuels – qui peut être très bénéfique en milieu professionnel. Explications...«Analyser l’hu- mour, c’est un peu comme disséquer une grenouille. Cela n’intéresse pas grand monde et la grenouille meurt », affirmait E.B. White. C’est peut être la raison pour laquelle bou- tades et calembours ne sont pas un sujet d’étude en France. L’humour n’y est pas pris au sérieux, et le champion de la blagounette devant la machine à café ne se fera pas que des amis. Et c’est un tort. Mordant, potache, convivial... les formes sont multiples comme le sont les effets engendrés sur le public. En atteste le succès du Prix Press Club Humour et Po- litique, attribué chaque an- née par un jury d’humoristes et de journalistes, qui salue la vivacité d’esprit de l’au- teur de la phrase la plus drôle de l’année. Quinze candidats sont en lice en 2014. Suscitant une émotion chez l’autre, l’humour peut être utilisé dans la vie de tous les jours, parfois sans but, parfois avec un objectif précis, dans le milieu privé ou professionnel. Il fait tout simplement partie de la vie et souligne notre humanité. « Le but d’une blague n’est pas de dévaloriser l’être humain, mais de lui rappeler à quel point il l’est », écri- vait Georges Orwell. Mais bien souvent pour être drôle, il faut être brillant, perspi- cace, comprendre les mé- canismes de pensée etWho, 85% d’entre eux ont répondu que l’humour fai- sait partie de leur quotidien pour se détacher de l’im- médiateté. Il traduit donc une capacité à prendre du recul. Les petits comiques seraient donc des êtres beau- coup plus complexes que ce qu’ils dévoilent. Ils se- raient en mesure de galva- niser leur auditoire et d’ob- tenir ce qu’ils recherchent – à condition de maîtriser la gamme et de doser leurs effets. Une conclusion que tire le professeur Marco Sampietro de l’université de Bocchoni, qui a publié une thèse sur les bienfaits de l’humour dans la réso- lution des conflits, les né- gociations et les exercices créatifs. Ils mettent de l’huile dans les rouages mé- caniques de l’entreprise, et pour cela sont nécessaires, voire indispensables en mi- lieu professionnel.UN DÉLICE PARFOIS GRATUIT...Mais qu’est-ce que l’hu- mour au juste, sinon la cause d’un sourire discret ou d’un gros rire gaulois ? Pour pro- duire du risible, Bergson identifie trois moyens : l’in- version, la répétition et l’in- terférence des séries. On se moque des situations atten- dues, mécaniques du réel. Quand l’humoriste a sous les yeux la même chose que tout le monde, il réussit à voir ce que personne n’a vu. « Comme Salvador Dali qui voit une chaîne de mon-Rien de tel qu'une petite blagounette qui plaît au patron pour mettre le grappin sur la prime de fin d'année...Les gens drôles sont en mesure de galvaniser leur auditoire et d’obtenir ce qu’ils recherchent, à condition de maîtriser la gamme et de doser leurs effets... SOUVENT UNE ARME FÉDÉRATRICE, VOIRE UNE DÉFENSE HABILE...fous ou la naïveté de l’en- fant Toto sont très prisés dans les blagues et devi- nettes. Dès lors les pitreriesse fondent tous sur la même approche : la collision fron- tale. Il existe toujours deux manières de percevoir uneteur montre au lecteur qu’il s’est enfermé dans une seule des interprétations possibles. C’est ce point de rebondis- sement, ce dénouement qui fait toute la grâce de l’exer- cice, généralement réalisé sans projet. Cet humour est léger, peut être tourné vers soi-même mais ne concerne généralement pas une per- sonne.jouer le rôle de catalyseur, d’aide aux relations profes- sionnelles, car il permet de faire passer des messages difficiles, de mettre en confiance les gens face à une nouvelle organisation, de dépasser le simple rap- port de force. « Il sied au modèle d’entreprise coopé- rative et « apprenante » ; on passe des simples notions de succès/échec à celle d’apprentissage, où le re- vers est décortiqué en col- lectivité », relate Serge Grudzinski, consultant en management, créateur d’Hu- mour Consulting Group, quiconnaître son sujet sur le bout des doigts. D’après une étude réalisée en octo- bre 2010 auprès de ceux qui figurent dans le Who’stagne là où les autres voient un visage... », écrit Luc de Brabandere, senior advisor du Boston Consulting Group(1). Voilà pourquoi lesréitérées d’un Louis de Fu- nès, les jeux de mots à la française qui soulèvent un paradoxe ou « l’understa- tement » très fin des anglaissituation et l’éclat de rire surgit lorsque la deuxième prend brusquement la place de la première, comme dans un roman policier où l’au-C’est précisément ce genre de plaisanterie qui peut16JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frintervient depuis 16 ans dans les conventions pour jouer son rôle de trublion. « J’axe mes efforts sur le grand rire partagé ; cepen- dant mes traits d’humour ne s’adressent pas au grand public en évoquant des thèmes de société, mais aux salariés d’une entreprise en soulignant et exagérant des problématiques auxquelles ils sont confrontés », décritparence de quelques feuilles, nous préparons un show afin de restituer « en hu- main » cet état général. » Grande catharsis dans le rire ? « Assurément, mais aussi possibilité par cette restitution percutante de dé- dramatiser des situations, d’expliquer des choix à des salariés souvent débousso- lés. » L’humour n’est donc pas seulement un vernis, il peut jouer le rôle de ciment d’un groupe. Le côté fédé- rateur est accrû lorsque le dirigeant ou le manager ac- cepte de se moquer de lui- même ; car par cette action il avoue ses faiblesses. « Le degré de confiance n’en sera que supérieur », pré- cise le polytechnicien. Nom- bre de politiques ont saisi cet aspect essentiel de l’hu- mour, en témoignent cer- taines déclarations restées dans les annales du prix Humour et Politique. Lau- rent Fabius l’a remporté en 2011 en déclarant : « Mit- terrand est aujourd’hui adulé, mais il a été l’homme le plus détesté de France. Ce qui laisse pas mal d’es- poir pour beaucoup d’entre nous... ». Même constat désabusé de l’ancien Pre- mier ministre Alain Juppé, condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris, en lice en 2014 pour cette phrase : « En politique, on n’est ja- mais fini. Regardez-moi ! » Mieux vaut rire des sujets délicats pour rassembler, se défendre, voire aborder le non-dit. Ainsi Angela Mer- kel, embarrassée en pleine crise des Roms entre la Commission européenne et le gouvernement français, déclarait aux journalistes à la sortie que « le déjeuner s’était bien passé, pour ce qui est de la qualité des plats ». Celui qui le maîtrise peut faire comprendre avec tact, tourner une souffrance en plaisanterie. La frustra- tion transparaît quand Re- naud Muselier déclare en 2003 que « Villepin fait tout, et moi le reste ».Grand Angle - L’humour PANORAMALuc de Brabandere, senior advisor au Boston Consulting Group, à la fois philosophe de la créativité, mathémati- cien passionné de nouvelles technologies, professeur à l’École Centrale Paris et auteur, a la conviction que la bonne idée existe déjà(2). Encore faut-il apprendre à penser autrement pour la chercher, et l’humour peut y contribuer...« Voir l’absurde dans ce qu’on connaît... »Interviewce prestataire hors norme, qui intervient aussi en Amé- rique latine, aux Etats-Unis ou en Afrique. Accompagné de dix consultants il réalise à chaque fois un diagnostic précis de la société, procé- dant par analyses et entre- tiens, vérifiant d’une part la compréhension que les gens ont de la stratégie, du fonctionnement de tous les jours, des contraintes de l’entreprise, et d’autre part leur état d’esprit. « Sont-ils dans un état de malaise, de bien-être ? Le rendu est pré- cis, et afin qu’il n’échoue pas dans un tiroir sous l’ap-... OU UNE ARME QUI FAIT MALMais dans toute histoire existe aussi le méchant. L’humour rapproche les gens, mais il possède son pendant politiquementQuel message voulez vous faire passer dans votre ouvrage ?Le constat est simple : quand on regarde les grandes entreprises modernes comme Amazon, Google, etc., il est très rare qu’une nouvelle idée ait été déterminante dans leur succès. Il existe une incompréhension quant aux séances de brainstorming, qui ne permettent pas de mettre au point de nou- veaux concepts sortis de nulle part, mais de regarder le monde différemment. Songeons aux dirigeants de Philips, aux prises avec une concurrence féroce dans les téléviseurs et les lampes, qui ont su voir leur entreprise autrement et ont investi le secteur de la santé demandeur en moniteurs et matériel électronique. D’où mon titre, cette bonne idée existe déjà. La vraie maxime devrait être : « C’est en reforgeant qu’on reste for-geron ».L’innovation ne serait donc en par- tie qu’un changement de percep- tion de son environnement ? Parlons plutôt de créativité. Il importe de faire le distinguo entre innovation et créa- tivité. L'innovation est le processus par le- quel une entreprise change la réalité. La créativité, c'est comment un individu change sa perception des choses. Prenons un exemple concret : quand Bic passe du stylo une couleur au stylo quatre couleurs, c'est une innovation sur le marché de l'écri- ture, mais qui ne change pas fondamenta- lement le modèle de l'entreprise. La rupture, qui nourrit la croissance, est venue d'une nouvelle vision du monde. Lorsque les diri- geants de Bic ont décidé que leur métier n'était pas seulement de faire des stylos je- tables, mais des objets en plastique jeta- bles, tout a changé : Bic s'est mis à produire des briquets et des rasoirs. C'est cela la créativité. Si révolution il y a, elle se produit avant tout dans les têtes. La créativité n'est pas une action, mais une pensée. On peut faire de l'innovation sans créativité : sou- vent, on innove en copiant les autres, en s'inspirant de ce qui a déjà été fait. Et on peut avoir de la créativité sans innovation.Le plus dur est donc de sortir d’un cadre préétabli ?Je dirais plutôt d’en construire un nouveau. Vous avez raison de parler de cadre. Il nous est impossible de penser sans un cadre pré- défini. L'art de la créativité, c'est d’en sortir et de créer un nouveau modèle mental. Une fois ce basculement opéré, les idées nou-velles fusent et trouvent leur sens. Un exemple ? En ce moment apparaissent des cafétérias/espaces de travail où tout est gratuit, sauf le temps. Les gens paient à l’heure et ont un accès illimité aux boissons et au snacking, ainsi qu’à la bureautique et au très haut débit. En effet si l’on observe les tables et qu’on voit en premier les cafés et donuts, on se croira dans un café. Mais si on aperçoit les ordinateurs au premier coup d’oeil, on pensera à un poste de tra- vail. Le véritable effort dans la tête a consisté à mélanger café et espace de bu- reau. Mettre des imprimantes dans les cafés paraît incongru, mais si dans les têtes le cadre café/espace de bureau a été construit, cela parait naturel.Cet état d’esprit est-il si important ?Déterminant. Comment se fait-il que Sony, qui a inventé le Walkman, n'ait pas inventé l'iPod et dominé l'industrie numérique comme a su le faire Apple ? C'est parce que Sony n'a pas su penser d'une autre manière le monde de la musique. On pourrait en dire autant de TF1 avec YouTube, ou des banques avec PayPal. Les technologies étaient connues. Mais ce qui a manqué à ces grands acteurs traditionnels, c'est la ca- pacité à reconnaître une idée nouvelle et à en saisir l'importance.La logique des cartoonistes et hu- moristes, qui comparent et rappro- chent les univers serait assez similaire ?Plus que jamais. Un Plantu en première page du Monde place généralement en un seul dessin plusieurs idées du moment. Le footballeur devient aussi politicien, l’acteur chef d’entreprise. Cette approche a un nom, c’est la « bissociation », le mécanisme de base de la créativité. La planche à voile, la valise à roulettes... émanent d’une bisso- ciation, consistant à faire de deux choses banales quelque chose de nouveau. De même tout existait avant la machine à va- peur, il suffisait de faire la révolution dans les esprits. Des rapprochements, une gym- nastique de l’esprit que les cartoonistes/hu- moristes utilisent tous les jours. Le premier temps d’une invention est d’ailleurs bien souvent un cartoon. J’en utilise d’ailleurslors de mes séances de créativité.Existe-il plusieurs formes d’humour ?Il faut dissocier humour et ironie. Le premierrapproche, n’a pas de projet, la seconde est une arme qui fait mal, que Socrate ou Vol- taire savaient excellemment manier. Elle peut être assassine et participer d’une stra- tégie de déstabilisation de l’adversaire. Pour exemple Guy Bedos utilise l’humour quand il parle de la gauche, l’ironie quand il traite de la droite. Pour rire en entreprise, mieux vaut utiliser l’humour. L’ironie est mauvaise, elle cristallisera les oppositions. Le cartoon participe le plus souvent de l’humour.Sans compter les spécificités nationales ?Les Anglais manient à merveille une forme d’incongruité intellectuelle, quand l’humour juif provient d’une envie de réussite dans la souffrance. Je sourie toujours en rencon- trant des Goldfinger ou Goldstein, des noms adoptés par des gens qui n’avaient rien à l’origine. Les Belges excellent dans la dérision, les Américains ont un humour plus direct... Chaque peuple a des particularités en la matière, mais l’approche de bissocia-tion existe toujours.Vous utilisez l’humour au quotidien dans le conseil en innovation ?Je recherche le rire durant les séances. Car dans un premier temps il rapproche, une proximité s’instaure, une confiance s’ins- talle. Et de ce fait dans un second temps il permet aux équipes de mieux penser et de faire des suggestions, de décortiquer des si- tuations. S’il n’y a pas de confiance, il n’y a pas de créativité, de rupture et d’innova- tion. Je suis d’ailleurs en train d’écrire un nouveau livre, « Les philosophes dans le métro », où l’humour est allègrement uti- lisé. Mais attention cette bonne humeur ne doit pas être forcée. La petite phrase du début de discours, le fameux « ice breaking », n’est souvent pas spontané et ressemble plus à une figure imposée au manager. La ficelle est un peu grosse. Ceux qui l’utilisent ont un projet, ils veulent conquérir leur au- ditoire et il n’y a parfois plus de raison derire.(2) « La bonne idée existe ! Cinq étapes es- sentielles pour la trouver » de Luc de Bra- bandere et Alan Iny, éd. Eyrolles, octobre 2013.Propos recueillis par JTJUILLET-AOÛT 201417Œ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12PANORAMA Grand Angle - L’humourincorrect, que Socrate ma- niait sans vergogne contre les sophistes, et qui est en- core – doux euphémisme – d’actualité : l’ironie des- tructrice. « Hollande est pour le mariage pour tous... sauf pour lui »... cette petite phrase de Gérard Longuet lui a permis de remporter le prix en 2013. Et les chal- lengers de 2014 n’ont rien à lui envier. François Baroin, député UMP et ancien mi- nistre, y est allé de son petit trait assassin avec « Wau- quiez, c’est le Fou du Puy ». Et comme nous sommes pour la parité politique : Ar- naud Montebourg a été re- tenupour:«Jecroisàun retour de Nicolas Sarkozy ; mais menotté ! » C’est cette expression corrosive qui a pris le dessus aujourd’hui.quelqu’un qu’il est « en- joué » ou « espiègle. » Au- jourd’hui les facéties d’un Bourvil ne passent pas aussi bien, une certaine fraîcheur a disparu. Face à la crise les jeunes sont vite adultes et le cynisme l’emporte », constate celle qui a relevé « burn out » comme le mot de l’année. L’humour mo- derne cacherait donc un ma- laise et se voudrait plus rail- leur, servant parfois à dé- stabiliser l’interlocuteur. Les grands avocats savent que la caricature démolit bien souvent le rationnel. Le trait d’humour ne sera pas déci- sif, mais restera dans la mé- moire, aidera à marquer des points dans les plaidoiries. Car le juge est un homme de son temps avant tout. Les « méchants » qui ap-tice sous un chêne. Pierre Arpaillange (garde des Sceaux de l’époque, ndlr.) la rend comme un gland ».de la gravité et même de l’angoisse. » Dès lors difficile de jouer les trublions de ser- vice, en atteste le changement d’attitude de François Hol- lande dès qu’il a endossé le costume de Président de la République. Mais la raison est aussi à rechercher du côtémoments inopportuns, les in- terprétations peuvent jouer contre l’initiateur », précise Jeanne Bordeau. Récemment Vladimir Poutine, alors qu’il était interrogé sur la protec- tion du chef d’Etat, a répondu dans un sourire que « seules son armée et sa flotte suffi-BOUFFÉE D’OXYGÈNE VITALE Parfois trop naïf, de temps en temps trop risqué, souvent trop méchant... L’humour, malgré les apparences, sem- ble donc bien une pratique des plus délicates. Moqueries et attaques directes ne sont d’ailleurs pas toujours des armes aussi efficaces qu’al- lusions, euphémismes ou li- totes ciselées à bon escient. Mais c’est aussi un véritable plaisir, pour celui qui l’initie comme pour celui qui le re- çoit. Or irrévérences, second degré ou gags potaches sont plus rares en entreprise. « En 20 ans j’ai visité 1000 en- treprises et ai observé les tendances. Peu de collabo- rateurs prennent la parole. Il faut être à l’aise en termes de langage pour être léger », remarque Jeanne Bordeau. La peur du flop ou de l’image de sérieux écornée n’est pas la seule raison. « Depuis cinq ans je constate la dis- parition progressive des clowns et caricaturistes lors des conventions d’entreprise. Les organisateurs d’évène- ments sont plus sollicités pour de «l’incentive ». Il s’agit avant tout de ressouder les équipes avant de les di- vertir, de recréer un fil, car l’apparition du numérique a égaré les gens », constate la spécialiste. Serge Grud- zinski évoque de son côté « process lourds, réglemen- tations et numérique qui ont déshumanisé les rapports ». L’humour remet justement de l’humain, et n’a jamais été aussi nécessaire dans l’entreprise, alors que tout le monde justement le pra- tique ailleurs que sur le lieu de travail. Pour quelle raison ce besoin de tous temps de faire travailler les maxillaires de ses semblables ? Pour le pouvoir qu’il procure ? Pour le formidable stimulant in- tellectuel qu’il représente lorsqu’il est implicite, solli- citant le cortex préfrontal qui gère la complexité (em- pathie, rationalité, curiosité... ) ? Beaucoup plus difficile à répondre, et peut-être moins intéressant. « Ceux qui cher- chent des causes métaphy- siques au rire ne sont pas gais », écrivait Voltaire dans son Dictionnaire philoso-(1) « Petite philosophie des his- toires drôles » de Luc de Bra- bandere, éd. Eyrolles, 2007Julien TarbyPRÉCIEUX DANS UN CONTEXTE DIFFICILE Il n’empêche qu’un Georges Clémenceau aurait plus deLa traçabilité numérique joue le rôle d’épée de Damoclès au dessus des têtes des plaisantinsprécient ces giclées de venin sont toujours plus nombreux, voire majoritaires dans cer- taines organisations commecaution et au stress, comme le relève Jeanne Bordeau : « Prenons le 1er avril. Depuis quelques années tout leêtre transmis et donc décon- textualisé, la déclaration entre amis filmée peut être postée et mal interprétée. « L’hu-mal aujourd’hui à enchaîner ses fameuses envolées caus- tiques. Tout d’abord parce que l’heure est à la rationalité extrême, au principe de pré-de la Toile. La traçabilité numérique joue le rôle d’épée de Damoclès au dessus des têtes des plaisantins. Le mail échangé en petit comité peutsaient à le protéger ». Un humour qui, repris partout dans les medias, va faire fris- sonner nombre de gens. Il est fort à parier qu’il regret- tera ce trait léger. L’exigence de transparence recèle un certain côté totalitaire. « Je préfère parler de clarté, car tout ne doit pas être dit. L’entreprise ne dira pas à ses concurrents combien elle a payé une autre société. C’est une bêtise de parler de transparence. » Autre obs- tacle, la vitesse et la dictature de l’urgence ne facilitent pas la finesse de l’humour, qui nécessite de prendre le temps. En outre, « les middle ma- nagers ne manient parfois pas assez bien le langage pour exceller dans l’implicite. Et leur public ne sera peut- être pas à même de le com- prendre. Combien d’entre eux ont dû se justifier en di- sant que « c’était juste pour rire » », pointe Jeanne Bor- deau. Conséquence de ces freins tue-l’humour : « Nous avons réalisé une étude sur les déclarations de 15 diri- geants. Ceux-ci n’agrémen- tent plus leurs discours de métaphores et de comparai- sons, car faire de l’humour, c’est se découvrir, c’est pren- dre le risque d’aller dans le subversif », explique la sty- liste du langage. Il faut de l’esprit pour maîtriser la sub- tilité, et une faculté certaine à manier une langue non ou- trancière et non exagérée. Politiques et dirigeants d’en- treprise sont souvent dissua- dés de s’aventurer sur ce ter- ritoire non maîtrisé. La bourde n’est jamais très loin. En 2007, Arnaud Monte- bourg a certainement regretté d’avoir déclaré que « le seul défaut de Ségolène Royal, c’est son compagnon Fran- çois Hollande ».Soyons sympas, rions toujours aux blagues vaseuses de Jean-Michel à la machine à café« Nous sommes dans une société du rire « malin » au sens étymologique du terme, où l’on recherche à s’amuser « aux dépens de » », déplore Jeanne Bordeau, styliste du langage à l’Institut de la qualité de l’expression. Les traits méchants, lapidaires, exagérés, plaisent, « ils por- tent sur la grossièreté dans la veine d’un Jean-Marie Bigard, ou dans le grinçant et sarcastique sur le registre d’un Nicolas Bedos », énonce cette observatrice des mots, qui peint sur toile et expose chaque année les plus usités d’entre eux. « Certains ont totalement disparu. On ne dit deNous sommes dans une société du rire « malin » au sens étymologique du terme, où l’on recherche à s’amuser « aux dépens de »phique..JUILLET-AOÛT 2014crire la petite saillie d’André Santini en 1989, désormais coutumier de l’exercice : « Saint Louis rendait la jus-entreprises. Les gens n’ont tout simplement plus le temps et ne veulent pas perdre leur emploi. L’époque est celleque les codes soient bien compris. Or quand les dé- clarations deviennent pu- bliques et ressortent à desla rédaction d’EcoRéseau... monde l’oublie, on ne voit mour nécessite de capter la qui n’hésite pas à retrans- plus de poissons dans les culture, l’implicite ; il faut18]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frRegard sur l’Actualité - L’humour PANORAMA « Je serai jugé trop gentil dans dix ans »Eric Antoine n’a pas la langue dans sa poche, mais plutôt des cartes. Et plein d’autres objets bizarres de magicien. Ce géant des écrans et de la scène n’en conserve pas moins une lucidité sur l’humour dans notre société actuelle et ses mystères, alors qu’il prépare son quatrième spectacle...Les « on dit » parlent d’un quatrième spectacle ?Je vais présenter à partir du 4 décembre à l’Olympia pour 20 représentations minimum, « Magic Délirium », un nou- veau show magicomique conçu avec Calista Sinclair – ma femme et partenaire – et Sébastien Clergue, un « il- lusion designer » français, collaborateur des plus grands illusionnistes américains. Le contenu ? Un grand spectacle de music-hall inédit, avec une bonne dose de « grande illusion » et de technologie ajoutées à l’humour-magie- philosophie-musique-danse. Le thème ? La croyance : à quoi ou qui croire ? La télé- vision, les contes de fée, les religions, les parents ? Wi- kipédia ? Les univers paral- lèles ? Les extraterrestres ? Mystère... Beaucoup de su- jets seront abordés, comme les créationnistes qui pensent quelemondeestnéilya 6000 ans et que la Genèse est une vérité scientifique. D’après eux il y aurait Adam, Eve, le serpent et non loin derrière le Tyrannosaure-Rex. Bref une ambiance de folie,d’écriture de spectacle humoristique ?A chaque fois je repars de zéro et les manières d’écrire sont multiples. Tout peut par- tir d’une idée visuelle, qui me fait rédiger par la suite. Ou alors un gag me plaît, et je trouve le moyen de le glis- ser dans le spectacle. Enfin parfois tout est construit dans le but d’obtenir un effet ma-langues différentes. Très par- ticulier, mais aussi très for- mateur. Mes deux prochains projets sont un cabaret visuel, destiné à être exporté, et un spectacle en anglais qui est une sorte de best-of de mes différents spectacles.Quelle est la définition de l’humour ?La définition première est de regarder les choses différem- ment. Les humoristes ne tra- vaillent d’ailleurs jamais seuls, afin de prendre toujours plus de recul. Mais il peut aussi être utilisé comme une arme dévastatrice. Il suffit de regarder le film « Ridi- cule » de Patrice Leconte, où les traits d’esprit à la cour du Roi sont autant de doses de venin lancées à l’adver- saire. J’irais même plus loin, je pense qu’il s’agit d’une forme de pensée. « L’humour est le propre de l’homme », disait Bergson. Cette affir- mation a beaucoup été com- mentée et débattue par la suite, mais elle souligne à quel point celui qui le manie quotidiennement adopte uneque je serai jugé trop gentil dans dix ans. Chaque humo- riste a son univers et le fait évoluer à sa guise selon le public. Celui-ci doit même changer sa perception durant le spectacle. Car c’est le rôle, et même le propre du l’hu- moriste de produire cette rup- ture. Les gens doivent res- sortir plus légers, les sinus et les neurones doivent avoir « bougé ».La place de l’humour a-t-elle augmenté dans notre société ? Chaque émission télévisée cherche désormais à avoir son humoriste chroniqueur ; même les plus sérieuses re- cherchent leur « sniper » afin de donner du rythme. Il en va de même en radio, et même en presse écrite comme dans le JDD. Les humoristes sont de plus en plus reconnus par les medias, mais pas par leurs pairs. Il n’existe pas de « Molières des humoristes ». De même les théâtres de 50- 100 places sont toujours aussi nombreux à Paris, malgré la fragilité de cette économie. L’humour est donc monté en puissance dans notre société. Quant à dire que c’est un signe positif, ce n’est pas siQu’est-ce qui ne paraît pas drôle au premier abord, mais pourrait être une belle source d’inspiration ? L’argent, l’amour et la sexua- lité constituent toujours le triptyque parfait pour les hu- moristes. Prenez en main le billet d’un spectateur afin de le manipuler, et tout le monde sera immédiatement attentif. Mais certains domaines sont encore inexplorés et recèlent un beau potentiel. Le métier d’économiste qui compare et prévoit la conjoncture mon- diale n’est par exemple pas assez connu. Il pourrait constituer un bon « terraingique que je veux placer.qui mérite d’être décrite...Pensez-vous que l’humour soit inné ?J’ai eu la chance d’avoir une mère psy, férue de jeux de mots. Le goût du second de- gré m’a été légué, même si, attiré par cet univers, j’en ai fait mon métier malgré moi. A 13 ans j’ai commencé à pratiquer la magie et à 17 ans j’ai fait du théâtre sé- rieusement, et c’est sur scène qu’il s’est passé quelque chose. Je ne savais rien faire d’autre, et j’ai eu tôt fait d’arrêter la fac de psycholo- gie. L’environnement à la maison m’a permis d’aiguiser un certain regard sur les choses : mieux vaut rire de tout que de pleurer de rien pourrait être ma devise. Mais j’ai deux enfants, et en ob- servant celui de quatre ansje trouve des similarités avec moi : il est très doué en langues, ayant le niveau d’un enfant de sept ou huit ans. Mais il a aussi des difficultés émotionnelles. Petit je me suis ennuyé, et je reconnais en lui certaines de mes « bi- zarreries ». Mais je découvre aussi des traits propres. Alors que le milieu des comédiens regorge de « filles et filspas un code de pensée qui se transmet, et qu’il suffit de remettre à jour. L’inné et l’ac- quis sont selon moi deux réa- lités en matière d’humour, mais j’ai une préférence pour l’acquis.philosophie de vie.Existe t-il une méthodeL’humour évolue t-il ?Il est en constante évolution. Les innovations foisonnent. Il n’y a qu’à constater la pré- sence croissante des « stand- uppers » en France depuis cinq ans, alors qu’ils ont émergé aux Etats-Unis il y a plus de 30 ans. Je reste assez esseulé dans le paysage hu- moristique à cause de maévident.BioNaissance d’un grand artiste (par la taille) :Né à Enghien-les-Bains dans le Val-d’Oise, cet illusionniste, co- médien, metteur en scène de théâtre, de télévision et de ci- néma de 37 ans se caractérise par son éclectisme. Avant de se faire connaître par ses tours de magie, l’artiste s’est formé à différentes disciplines de la scène en intégrant plusieurs éta- blissements spécialisés, s’inscrivant au Charpentier Art Studio dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où il a suivi des cours d’art dramatique. Il est aussi entré à l’Ecole internationale de théâtre Jacques Lecoq, qui proposait des ateliers de mime, de mélodrame, de comédie, de jeux masqués et de clown. En 2000, il dévoile « La journée d’un magicien » représentée 300 fois, qui lui permet de marier la comédie à la magie. Ses autres spectacles suivent le même schéma. Eric Antoine s’est fait connaître grâce à la première saison de l'émission « Incroya- ble Talent », diffusée sur M6. Il a parcouru la France avec son spectacle « Réalité ou Illusion ? » et a joué « Mysteric » à par- tir de septembre 2011 au Petit Montparnasse à Paris. Eric An- toine est invité à se produire sur les plateaux de diverses émissions de télévision, notamment dans « Vivement Di- manche » dont il est l'un des chroniqueurs.L’humour est-il bel et bien universel ?Pas celui qui est lié aux langues. Mais il y a un traitL’humour est en constante évolution. Les innovations foisonnent. Il n’y a qu’à consta- ter la présence croissante des « stand-up- pers » en France depuis cinq ans.de », celui des humoristes commun. Chaque semaine à pratique du mélange des en est dépourvu. Je ne vois l’Ecole internationale de théâ- genres – humour, music hall, que le fils Bedos. Je pense tre Jacques Lecoq, il fallait magie, cabaret... Et peu de que l’humour est avant tout préparer des séquences hu- magiciens affirment qu’ils une tournure d’esprit indivi- moristiques de six minutes n’aiment pas les enfants duelle et spécifique. Il n’y a pour faire rire des gens de (rires). Mais je suis persuadéde travail » ! (rires)Propos recueillis par Julien TarbyJUILLET-AOÛT 201419]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & Tendances}ACIES CONSULTING GROUPBruno DemortiereMonsieur Bruno Demortiere est promu directeur des opérations business d'ACIES Consulting group, à ce poste depuis mai 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Patrick Duvarry, président.Bruno Demortiere , Institut du commerce de Lyon (2004), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 :ACIES Consulting Group, directeur commercial.n 2004-2013 : Consultant, manager et manager associé au sein de cabinets de conseil.}ALTERNATIVES ÉCONOMIQUESPhilippe FrémeauxMonsieur Philippe Frémeaux est promu président du conseil d'administration d'Alternatives économiques, à ce poste depuis juin 2014, en remplacement de Monsieur Thierry Pech. Philippe Frémeaux a réalisé le parcours suivant :n 1999-2012 :Alternatives économiques, président.n 1988-2010 :Alternatives économiques, directeur de la rédaction.}BNP PARIBAS (GROUPE BNP PARIBAS)Thierry DormeuilMonsieur Thierry Dormeuil est promu Managing Director au sein d'Investment Banking Eu- rope chez BNP Paribas, à ce poste depuis janvier 2014, en charge d'un portefeuille de grands comptes. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Thierry Varène, Responsable d'In- vestment Banking Europe et délégué en charge des grands clients de BNP Paribas.Thierry Dormeuil , 54 ans, IEP Paris (1983),Agro Paris-Grignon (1983), a réalisé le parcours sui- vant :n 2000-2014 : BNP Paribas, Managing Director Corporate Finance.n 1985-1998 : Paribas, attaché de Direction Financière.}DLA PIPER PARISSonia De KondserovskyMadame Sonia de Kondserovsky est Cooptée associé au sein du département Corporate de DLA Piper Paris, à ce poste depuis juin 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Mon- sieur Xavier Norlain, associé, responsable du département Corporate. L'arrivée de Sonia de Kondserovsky vient ainsi compléter les activités de Jérémy Scemama en fusions-acquisitions et offres publiques sur les sociétés cotées et de Muriel Goldberg-Darmon en droit boursier et droit des marchés financiers, tout en permettant de développer les pratiques sectorielles du cabinet en Sciences de la Vie (Life Sciences) et Technologies-Medias-Telecommunications (TMT). Le département Corporate compte 29 avocats dont 8 associés.Sonia De Kondserovsky , 44 ans, avocat aux barreaux de Paris (1994) et de Madrid (1993), DEA droit des affaires de l'université Paris-II Panthéon-Assas, a réalisé le parcours suivant : n 2008-2014 : Simmons & Simmons, associé au sein du département Corporate.n 1998-2008 : Jones Day, en poste au sein du département M&A.n 1995-1998 : Linklaters, début de carrière au sein du département Marché capitaux.}EUROPE 1 (GROUPE LAGARDÈRE ACTIVE)Jean-Philippe BalasseMonsieur Jean-Philippe Balasse est promu directeur de la rédaction d'Europe1.fr, à ce poste depuis juin 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Fabien Namias, directeur gé- néral et directeur de l'information.Jean-Philippe Balasse , 43 ans, licence de lettres de l'université Pars-I Panthéon-Sorbonne, IPJ Paris, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Europe 1, directeur adjoint de la rédaction.n 2010-NC : Europe 1, correspondant de la station aux Etats-Unis.n 2006-2010 : Europe 1, reporter, présentateur, rédacteur en chef de la matinale.n 2000-2004 : Maximal Productions (Lagardère Active), réalisateur de plusieurs reportages TV pour France 5 (Expertises, C dans l'air) ainsi qu'un documentaire consacré aux élections américaines.n 1994-NC : Europe 1, reporter, présentateur et chroniqueur.n En poste chez Presse-Océan, puis à la rédaction de RTL.n 1988-NC : Paris-Normandie, début de carrière comme journaliste.}FONDATION DE L'ECOLE POLYTECHNIQUEDenis RanqueMonsieur Denis Ranque est promu président de la Fondation de l'Ecole polytechnique, à ce poste depuis juin 2014.Administrateur de la fondation depuis 2001, il remplace Monsieur Thierry Desmarest (X1964).Denis Ranque , 62 ans, Polytechnique (1970), Mines Paris, a réalisé le parcours suivant :n Depuis 2013 :Airbus Group (ex-EADS), président du conseil d'administration.n 2010-2012 : Technicolor (devenu Thomson), président du conseil d'administration.n 1998-2009 : Thomson CSF (devenu Thales en 2000), président-directeur général.n 1996-1997 : Thomson Marconi Sonar, directeur général.n 1992-1996 : Thomson Sintra Activités sous-marines, président-directeur général.n 1989-1992 : Thomson Tubes électroniques, président-directeur général.n 1986-1989 : Thomson-CSF, directeur du département Tubes hyperfréquences de la division Tubes électroniques.n 1984-1986 : Thomson-CSF, directeur des activités spatiales de la division Tubes électro- niques.n 1983-1984 : Groupe Thomson, directeur du plan.n 1979-1983:Ministèredel'Industrie,chefduserviceCharbonauseinduserviceGaz.n 1976-1979 : DRIRE Provence-Alpes-Côte d'Azur, chef du service Développement industriel.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?20 JUILLET-AOÛT 2014u Sondage TNS-Sofres sur les PME et le regard de leur dirigeant sur les risques en entreprisesu Economie sociale et solidaire : du nouveau dans le rachat des PMELe carnet desnominationsen partenariat avecCe 15 mai, l'Assemblée nationale a voté en faveur des mesures faci- litant la reprise d'une PME par ses salariés. La loi prévoit ainsi d'in- former au moins deux mois à l'avance de l'intention du patron de céder l'entreprise hors des cas de succession ou de cession à un conjoint, enfant ou parent du dirigeant. Laps de temps qui permettrait hypothétiquement de déposer un projet de reprise sous forme de coo- pérative. En contrepartie, les salariés sont contraints à une obligation de discrétion sur la nature des informations dont ils ont été prévenus. Le gouvernement met en avant cette mesure dans l'espoir de sauver des emplois sans pour autant porter atteinte à la confidentialité des informations qui pourraient filtrer chez les salariés.Réalisée pour l'entre-prise Apave à partird'un échantillon de506 chefs d'entrepriseet publiée fin avril,l'étude révèle que37% des dirigeants dePME craignent enpremier lieu lesrisques financiers. Lesrisques liés à l'image et à la qualité inquiètent 33 et 31% des dirigeants. Si 70% d'entre eux se consi- dèrent suffisamment armés pour lutter contre les risques au quotidien, ces derniers évoquent le risque d'accident et celui des maladies profession- nelles comme principaux facteurs de défaillance au sein de leur entreprise. Côté formation profession- nelle, 4/5 des dirigeants estiment que leurs équipes sont suffisamment formées tant en matière de sé- curité que de compétences. 17% redoutent malgré tout le risque de décrochage professionnel des sa- lariés.uDes nouveautés fiscales pour les entreprisesLa loi rectificative de finances de 2014 n'impacte pas seulement les ménages mo- destes. Pour les entreprises, elle se traduit par une contribution exceptionnelle sur l'impôt sur les sociétés et par la réforme dela taxe d'apprentissage.-La contribution exceptionnelle est prolon- gée une année supplémentaire en incluant les exercices clos au 30 décembre 2016 au lieu de 2015 initialement. Elle prévoit aussiuEnquête Ipsos sur le quotidien des dirigeants : un peu maso ?uEnquête de Bpifrance (Banque publique d'investissement) sur les trajectoires de croissance des entreprises de taille intermédiaire.Sur un échantillon de 401 dirigeants de TPE et PME, un sondage Ipsos-American Express datant du mois de mai souligne le manque de temps ca- ractéristique de leur quotidien. Ils expriment des attentes fortes en matière d'accompagnement sur la gestion administrative et financière. Trois heures et 18 minutes : c'est la moyenne de temps supplé- mentaire qu'il faudrait aux patrons pour qu'ils s'ac- quittent de l'ensemble de leurs tâches quotidiennes. 37% affirment vivre un quotidien stressant, voire même contraignant pour 29% des sondés. Sur ces fameuses 3 heures fantasmées, les chefs d'entre- prises souhaiteraient dédier ce temps à la recherche de financement, à l'exploration de nouveaux mar- chés ou à la gestion administrative. Malgré ces sta- tistiques, 22% des chefs d'entreprise évoquent un sentiment de fierté et presque un tiers est motivé par une sensation de liberté. Chiffre encourageant au terme de cette étude, 73% des personnes inter- rogées ne souhaitent en rien changer de poste et ef- fectueraient le même choix de vie s'il se présentait de nouveau à eux.penses en R&D et un développement à l'international extrêmement variables.-Les ETI constatent que leurs difficultés sont similaires à celles des grands groupes malgré des moyens financiers plus limités, des diffi- cultés à s'internationaliser et à recruter des talents. 75% d'entre elles émettent également le souhait de renouveler leur appareil de produc- tion dans les trois ans.u Nouvelle loi sur le commerce et l'artisanat en faveur de l'auto-entrepreneuriaten place par laFaites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Deux ans après le début du débat et du combat législatif, l'Union des auto-entrepreneurs (UAE) obtient gain de cause avec cette nouvelle loi sur l'artisanat et le commerce promulguée le 24 mai. Le régime est ainsi élargi aux travailleurs indépendants et aux entrepreneurs in- dividuels. 500000 nouveaux auto-entrepreneurs devraient rejoindre le régime selon l'UAE. La loi confirme les principes d'universalité d'accès au régime, d'auto-liquidation des charges sociales et la sécu- risation de l'auto-entrepreneur et du consommateur. L'amendement portant sur le risque de requalification en salariat des auto-entrepre- neurs a été écarté.Tout chaud, tout neuf ! La Fédération des auto-en- trepreneurs vient de mettre en place une offre de formation pour apprendre le métier de chef d'en- treprise : la FEDAE Academy. Le programme sur mesure prodigue de l'information et du conseil no- tamment pour sortir du régime par le haut, ou dis- pense un accompagnement pour ceux qui le souhaitent. Ce faisant, un réseau national d'experts (formateurs-conseils) est mis en place pour répon- dre aux enjeux du démarrage, de la phase de déve- loppement et de la croissance.un taux de 10,7% contre 5% dans son ancienne version.-La loi complète la réforme de la taxe d'apprentissage en donnant un cadre aux affectations du produit de la taxe tout en établissant un ba- rème de dépenses autorisées selon un système fractionné. La nouvelle répartition prévoit que l'effort soit réparti à 56% pour les régions et 21% pour assurer le financement des CFA et sections d'apprentissage. La fraction libératoire (le hors quota), elle, s'établit à 23%.-Autre changement, à l'ancien bonus versé aux entreprises de plus de 250 salariés qui embauchent au moins 4% des salariés en alternance, se substitue une réduction équivalente d'impôt. Dispositif abrogé à compter du 1er janvier 2015.-83% de ces établissements réalisent la majorité de leur CA en France.-20% des ETI envisagent d'ouvrir leur capital pour satisfaire leurs besoins de développement tandis que 60% d'entre-elles ont eu recours à Bpifrance.u Formation misefédération des auto- entrepreneursEtude inédite parue en ce début du mois de juin, le rap- port de Bpifrance met en évi- dence quatre faits saillants caractéristiques des ETI : -Les ETI se perçoivent comme des leaders et demeu- rent des entreprises offen- sives, dynamiques et modernes malgré des dé-]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frLiberté d’Entreprendre CLUB ENTREPRENDREDans chaque numéro, EcoRéseau revient sur une passe d’arme entre un nouvel entrant et un (ou des) acteur(s) historique(s) d’un secteur, relevée par la plateforme David contre Goliath qui défend la concurrence face aux abus de position dominante. Cette fois-ci, l’occasion était trop belle de traduire la lettre ouverte de Mathias Döpfner, patron du groupe de presse Axel Springer, à Eric Schmidt, Pdg. de Google, pour traduire le malaise collectif ressenti face aux pratiques du roi des moteurs de recherche.Lettre à GooglePour la première fois un manager allemand, Mathias Döpfner, reconnaît la dépendance complète de son entreprise face au géant de Mountain View. Ce dernier agit en maître dans le monde numérique grâce à la suprématie de son moteur de recherche, pouvant scléroser toute forme de concurrence par le déféren- cement. Une inquiétude de l’éditeur que partagent tous ceux qui souhaitent entreprendre et innover sur la Toile. Morceaux choisis traduits par la plateforme David contre Goliath et EcoRéseau.Cher Eric Schmidt,(...)Je suis un grand admirateur du succès entre- preneurial de Google. Depuis 1998, en quelques années seulement, une entreprise est née et a employé près de 50000 personnes dans le monde entier, réalisant l’an dernier soixante milliards de dollars de chiffre d’affaires avec une capitalisation boursière de 350 milliards de dollars. Google n’est pas seulement le plus grand moteur de recherche du monde, mais également la plus importante plateforme vidéo avec YouTube (qui est simultanément le deuxième plus gros moteur de recherche), le plus grand navigateur avec Chrome, le service de courrier électronique le plus utilisé avec Gmail et le système d’exploitation pour appareils mobiles le plus répandu avec Android. En 2013, Google a réalisé quatorze milliards de profit. Je ne peux que saluer d’un coup de chapeau cet exploit d’entreprise."Je ne sais pas ce qui me retient..."visiteurs que celle d’un concurrent, elle apparaît plus haut sur la page, jusqu’à atteindre, elle aussi, davantage de visiteurs à un moment ou à un autre. C’est ce que l’on appelle de l’abus de position dominante. On pourrait s’attendre à ce que le bureau européen antitrust interdise cette pratique. Mais cela ne semble pas être le cas. Bien au contraire, le commissaire à la concurrence propose une « compensation », qui laisse pantois dès qu’on y regarde d’un peu plus près. La Commission a validé un modèle d’acquisition de budget publicitaire supplémentaire pour Google. Il ne s’agit pas là de « concessions douloureuses », mais de recettes supplémentaires. L’instance européenne propose, avec le plus grand sérieux, que le moteur de recherche Google, qui domine les infrastructures, puisse continuer à discriminer la concurrence dans le placement, déterminant, des résultats de recherche en ligne. En compensation toutefois, une nouvelle fenêtre publicitaire sera ouverte en début de liste de recherche, dans laquelle les entreprises discriminées pourraient s’acheter une place sur la liste. Cela n’est pas un compromis. C’est l’introduction, sanctionnée par les autorités de la Commission européenne, de ce modèle d’en- treprise que l’on appelle du racket dans des mi- lieux moins respectables, et qui est basé sur le principe qu’« il faut payer si tu ne veux pas qu’on te liquide ».Dans votre texte vous évoquez la coopération commerciale entre Google et Axel Springer. Nous nous en réjouissons également. Mais cer- tains lecteurs en ont conclu qu’Axel Springer devait être schizophrène : d’un côté Axel Springer fait partie d’une entente contre Google et se querelle avec le groupe concernant l’im- position du droit voisin allemand qui interdit le plagiat de contenus, tandis que de l’autre Axel Springer profite non seulement du trafic généré par Google, mais aussi de l’algorithme de Google pour la commercialisation d’espaces vacants de sa publicité en ligne. C’est vrai. On peut appeler cela de la schizophrénie. Ou du li- béralisme. Ou encore, et là est la vérité, pour reprendre une expression favorite de notre chancelière : de l’absence d’alternative.moteurs de recherche qui permettrait de garantir ou d’accroître notre portée en ligne. Une grande partie des médias de qualité obtiennent leur trafic par Google essentiellement. Nous sommes dépendants de Google, qui détient en Allemagne une part de marché de 91,2% dans les moteurs de recherche.70% en quelques jours. Cela est un fait avéré. Et cette filiale étant une concurrente de Google, il s’agit là certainement d’un hasard. Nous avons peur de Google. Je dois le dire une bonne fois pour toutes et sincèrement, car presque aucun de mes collègues n’ose le faire publiquement. Et en tant que plus grand parmi les petits, nous devons peut-être aussi ouvrir le débat.Nous ne connaissons pas d’alternative, qui offre même partiellement, à conditions techno- logiques comparables, l’automatisation de la commercialisation publicitaire. Et nous ne pou- vons pas renoncer à cette source de revenus, parce que nous avons besoin de cet argent de manière urgente pour de futurs investissements technologiques. C’est pourquoi toujours plus de maisons d’édition en font autant.Les employés de Google sont, certes, toujours d’une amabilité extrême avec nous et avec d’autres éditeurs, mais nous ne nous parlons pas sur un pied d’égalité. Comment cela serait- il d’ailleurs possible ? Google n’a pas besoin de nous. Mais nous ne pouvons nous passer de Google. Même financièrement nous n’évoluons pas sur la même planète. Avec quatorze milliards de bénéfice annuel les gains de Google sont environ vingt fois plus élevés que ceux d’Axel Springer. Le bénéfice trimestriel de l’un est plus élevé que le chiffre d’affaires sur une année de l’autre. Notre relation commerciale est celle du Goliath Google à Axel Springer en David. Lorsque Google modifie un algorithme, le trafic dans l’une de nos filiales s’effondre deSincèrement vôtre,Nous ne connaissons pas d’alternative enMathias DöpfnerAinsi la déclaration « si Google ne vous convient pas, vous pouvez vous désinscrire et aller ailleurs » est à peu près aussi réaliste que le conseil d’un adversaire du nucléaire à renoncer simplement à l’électricité. Cela n’est justement pas possible dans le monde réel – à moins de vouloir entrer dans la communauté Amish.(...)Ce dans l’intérêt d’un écosystème sain de l’éco- nomie numérique à long terme. Cela touche à la concurrence. Et pas seulement économique, mais également politique. Cela touche à nos valeurs, notre conception de l’homme, notre ordre social mondial et – à notre avis – avant tout à l’avenir de l’Europe.(...)Aujourd’hui il y a un monopole global du réseau. Pour cette raison, il est de la plus haute importance que les critères des résultats de re- cherche sur Google soient transparents et équi- tables. Mais précisément ces critères équitables n’existent pas. Google répertorie ses propres produits, du commerce électronique jusqu’aux pages de son réseau Google+, mieux que la concurrence, même si celle-ci est pour l’utilisateur d’une qualité inférieure. L’utilisateur n’est même pas averti clairement que ces résultats de re- cherche sont de l’autopromotion. De même lorsqu’une offre de Google obtient moins de(...)La politique européenne va t-elle plier ou se ré- veiller ? Jamais les institutions de Bruxelles n’ont été si importantes. Il s’agit de prendre une décision sur une vieille question de puissance. Existe t-il une chance pour une infrastructure européenne numérique indépendante ? Il s’agit ici de compétitivité et de viabilité. Le dernier mot de l’Ancien Monde ne peut pas se résumer à une soumission volontaire. Au contraire, la volonté de réussir de l’économie numérique européenne pourrait se transformer en ce qui avait fait si douloureusement défaut à l’UE ces dernières décennies : une histoire à succès.Les entrepreneurs victimes de ce genre de procédés, qui souhaitent porter à la connaissance de tout le monde leur exemple, sont invités à entrer en contact avec le collectif David contre Goliath (www.collectif-david-contre-goliath.fr)JUILLET-AOÛT 2014 21]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB EnTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ansL'envie d'avoir envieCUn désir de création ourlé d'indépendance pour contrebalancer la courbe du chômage et le CDI qui tarde. Les jeunes entrepreneurs, rejetons de la crise ? Pas toujours. Ceux dont c’est la vocation commencent à se multiplier. Et ils ne semblent pas à chaque fois se cogner aux obstacles tant déplorés en France...réer. Peut-être l’un sont créées par des jeunes financement serait la princi- un saut qualitatif dans les de carrière désirable. Le sta- cement mais sûrement. « Par- des verbes qui pose âgées entre 25 et 27 ans avec pale source de démotivation projets. Et au niveau des in- tut social de l’entrepreneur lons PME », courte émission le plus de problèmes un taux de survie de 85% à pour la génération Y. Velléités tentions, nous sommes beau- est moins décrié qu’il y a diffusée à une heure delorsqu’on apprend à le conju- n+5 de l’année de création. de création qui seraient éga- coup moins dans le fan- quelques décennies. Mais la grande audience sur lesguer à l’école. Plus tard, à l’heure des premiers émois amoureux sur les bancs du secondaire, le verbe se remplit doucement de sa substance, d’autant plus depuis que le législateur a légalisé le statut de mineur entrepreneur. Puis, dans le tumulte des soirées étudiantes, on devine, malgré l’insouciance des beuveries, une fiévreuse envie de brûler les étapes, de s’émanciper de voies toutes tracées qui semblent ne plus tenir leurs promesses. Dans les faits, hélas, moins d’un entrepre- neur sur dix aurait moins de 25 ans tandis que 73% ca- resseraient l’idée de devenir leur propre patron. L’acné juvénile et la création d’en- treprise feraient donc mauvais ménage d’après les chiffres avancés par une étude Harris Interactive pour la Webschool factory-Fondation Coca Cola réalisée en février 2014. Pavé de bonnes intentions chez la jeune génération, le chemin de l’entrepreneuriat n’en de- meure pas moins jalonné d’obstacles qui expliquent le paradoxe entre la volonté detasme », explique Bénédicte Sanson. Soulignons égale-peur de l’échec demeure par- ticulièrement tenace en France. D’où un gros manque de confiance en notre capacité de créer », analyse Alain Fayolle, professeur d’entrepreneuriat à l’EM Lyon. Constat étayé par de récentes études de sociologie qui mettent en lumière une Europe des contrastes. Avec d’une part, des pays nordiques privilégiant l’épanouissement des individus et les activités hors du champ scolaire tel que le milieu associatif et l’entrepreneuriat. Et d’autres nations à l’image des Français, où l’immobilisme de la jeu- nesse et les projets tués dans l’oeuf prennent en partie leurs racines dans un modèle social qui stigmatise l’erreur et re- froidit les ardeurs des penseurs de projets. L’idée, d’ailleurs, de valoriser l’employabilité des créateurs n’ayant pas réussi à pérenniser leur en- treprise, est en germe notam- ment au sein du Medef. Une prise de conscience du po- tentiel de ces profils et de l’impérieuse nécessité de faire évoluer les mentalités. Un dégraissage de mammouth en perspective.Chiffres clésLes Français, entre espoir et crisede confianceProgrès considérable, les Français pensent à 70% que l'entrepreneur est un statut social élevé contre 47% au début des années 2000.Et 55% pensent qu'il s'agit d'un choix de carrière désirable selon le GEM 2013.Cependant, ils sont 45% à évoquer la peur de l'échec comme frein psychologique. A cette peur, se juxtapose un sentiment d'incapacité relative à entreprendre. Car seuls 33% déclarent disposer des compétences suffisantes pour se lancer tandis qu'une poignée (23%) affirme avoir trouvé de bonnes opportunités de business.En 2014, 35 start-up bénéfi- cient de l’incubateur de lalement balayées par le manque de compétences ouchaînes publiques, met en relief le parcours de créateurs. Hors le chant des sirènes par- tisanes, les récentes assises de l’entrepreneuriat furent également l’occasion de rap- peler l’impact positif du lé- gislateur et des politiques pu- bliques en faveur de la créa- tion par le biais de l’aide au chômeur créant ou reprenant une entreprise (ACCRE) ou le statut d’auto-entrepreneur. Deux mesures qui ont fait bondir les chiffres de la créa- tion, preuves d’une demande sociale forte. Fraîchement mis en place, le DE d’étu- diant-entrepreneur illustre le souci neuf de concilier les études et le projet de création. Emanant du public comme du privé, le discours ambiant encourage la jeunesse, les initiatives de promotion four- millent et les dispositifs in- citatifs se développent. La France compte plus d’une centaine d’incubateurs ratta- chés aux grandes écoles, des organismes locaux d’accom- pagnement entretenus par des entrepreneurs chevronnées et des structures réticulaires na- tionales à l’image du Moov- Jee ou du « Réseau entre- prendre » qui, pour ce dernier, accompagne 700 entreprises chaque année. Toutefois, les dernières Assises de l’entre- preneuriat soulèvent le pro-"Monsieur le banquier, vous rirez moins quand vous aurez vu mon business plan"grande école. Deezer, Syn- thesio ou encore Sojeans... Autant de projets qui ont grandi au sein de ce dispositif. Mis bout à bout, l’ensemble des tours de table réalisésde confiance en ce marché morose, d’après le récent ba- romètre d’Opinionway. « Il n’y a pas le raz-de-marée rêvé mais on sent que les mentalités progressent », re-ment que ce 37% reste cinq points au dessus de la moyenne nationale, toutes tranches d’âge confondue. « Plus viables et abouties, ces entreprises ne sont plus desMoins d'un entrepreneur sur dix aurait moins de 25 ans tandis que 73% d’entre eux caresseraient l'idée de devenir leur propre patronLE LÉGISLATEUR EN AVANCE SUR LES MENTALITÉS ?Mais le discours évolue. Dou-créer et ses réalisations concrètes. Comment dès lors expliquer ce hiatus entre l’en- vie et le passage à l’acte chez une génération pourtant dés- inhibée ?dans le cadre de l’incubateur aboutit à la coquette somme de 50 millions d’euros. Une manière de prouver que le financement n’est pas un pro- blème quand le projet tient la route. C’est sans aucun doute ce que doivent penser Thierry Debarnot ou encore Alexandre Malsch (cf. por- traits), à la tête de deux em- pires médias digitaux à 30 ans, ayant respectivement dé- buté avec 1000 et 2000 euros pour fonder leur société... Car au chapitre des griefs qui expliqueraient les freins à la création, la question dumarque pour autant Bénédicte Sanson, secrétaire générale du MoovJee (Mouvement pour les jeunes et entrepre- neurs étudiants). Le baromè- tre réalisé par Opinionway, commandé par cette structure d’accompagnement, présente ainsi un chiffre de 37% de jeunes entre 16 et 25 ans ayant déjà songé à créer ou reprendre une entreprise en 2013, contre 45% en 2009. A la baisse, ces chiffres tra- duisent une tendance pourtant très vertueuse. Celle d’un public plus averti au sujet de la création. « Nous avons faitcopiés-collés de modèles qui marchent. Désormais, l’innovation investit chaque segment du projet : dans l’approche commerciale, dans la technologie, dans le business plan », complète la secrétaire du MoovJee. Ailleurs, le GEM (Global Entrepreneurship Monitor) réalisé par l’EM Lyon met en exergue dans sa version 2013 un fort taux d’inten- tion certes, mais contreba- lancé par un faible taux de réalisation. Comment ex- pliquer ce paradoxe ? « Créer est devenu un choixDES COMPLEXES ENFOUIS ET LATENTS « La jeunesse n’est en rien un obstacle. En charge de deux incubateurs, j’observe que les jeunes possèdent un taux de succès aussi fort que leurs aînés », note Julien Morel, directeur exécutif d’ESSEC Ventures. Au sein de l’école, 85% des sociétés22 JUILLET-AOûT 2014]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frA la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans CLUB EnTREPREnDREblème d’une offre encore trop confuse, d’un imbroglio d’aides aux yeux du créateur. Par ailleurs, « des efforts res- tent à accomplir pour mettre l’entrepreneuriat sur le de- vant de la scène, complète Alain Fayolle. Il faut le va- loriser dans le sens noble du terme en montrant l’impact des créateurs sur nos sociétés et notre économie. Et non pas l’envisager seulement comme un outil de lutte contre le chômage. Malgré leur en- thousiasme, les étudiants des grandes écoles avec un projet intéressant privilégieront le diplôme à la création. Car à ce jour, le meilleur rempart face au chômage n’est pas de créer mais de faire une bonne école. » Pour inverser la vapeur, certaines business schools, telle que l’EM Lyon, font ainsi le pari d’accom- pagner de jeunes créateurs, sans diplôme, ni réseau. nou- vel élan pédagogique insufflé par les acteurs pédagogiques d’envergure pour faire chan- ger de cap le bateau France.tente d’expliquer la fuite des talents hors du pré-carré fran- çais. « Les métiers à vie, la carrière dans la même en- treprise, l’ascension par lescapacité à bien s’entourer et rité bancaire online avant le l’énergie qu’elle déploie à lancement de son projet. En- comprendre et intégrer les fin, leur ambition en terme secteurs d’activité. En atteste de développement n’est pas le succès de Céline Lazorthes toujours moindre par rapportMelty orchestré par Alexan- dre Malsch. Autre point fort qui touche les startuppers, les grosses entreprises jouent davantage le jeu des créateurs et prennent plus de risques pour développer l’entrepre- neuriat. KPMG, Ernst & Young, Orange, Amazon... Autant de portes auxquelles ont frappé les porteurs de projet de l’ESSEC sans es- suyer un refus. Tendance re- lativement récente qui devient de plus en plus naturelle chez les grosses cylindrées. Ce nouvel élan entre entreprises confirmées et en devenir setraduit aussi par la réalisation de cycles complets au sein des dispositifs d’incubation. « Nous avons accompagné un entrepreneur de la créa-projet à la reventeLes jeunes empruntent des chemins de traverse plutôt que cette autoroute sociale un peu bouchéetion de son.de sa société à Microsoft. C’est très encourageant lorsque le cycle entrepreneu- rial s’auto-alimente », conclut Julien Morel. De très bonnes raisons de croire en la jeu- nesse et d’espérer des jours plus radieux pour l’économie française.diplômes... Ce modèle vacille et de Leetchi (cf. portrait), à des entrepreneurs plus se- voire n’existe plus, note Cé- système de cagnottes en ligne, niors. Bien au contraire ! cile Van de Velde. De ce en dépit d’une méconnais- Comme le prouve le déve-constat, une nouvelle inéga- lité surgit : celle entre ceux qui créent des projets et vivent dans l’action en ayant confiance en l’avenir. Et les autres, rongés par la conjonc- ture, qui n’arrivent pas à surmonter les incertitudes de notre époque. » L’entrepre- neuriat semble donc une ré- ponse à ce phénomène parce qu’il induit autonomie et épa- nouissement personnel. « C’est aussi une réaction face à la désillusion des tra- jectoires professionnelles des parents : l’entreprise peut trahir. Le marché du travail aussi. Les parents, eux aussi, ont pu être touchés par la crise. Non pas par essence mais par dépit, les jeunes sont plus individualistes. Mais c’est ce qui fait toute leur force », complète la spécia- liste. Energie du désespoir ou ras le bol de la situation ? Quoi qu’il en soit, de nou- veaux comportements jail- lissent et font naître de nou- velles vocations.sance des systèmes de sécu- loppement mondial du groupeGeoffroy FrameryUNE CERTAINE ÉNERGIE DU DÉSESPOIR« Au niveau européen, une tendance de fond est à l’œu- vre chez les jeunes qui trou- vent des portes fermées face au monde du travail. Le rap- port à l’entreprise a changé, si bien que l’idée dominante est celle de ne plus subir et de ne plus attendre », analyse la sociologue Cécile Van de Velde, spécialiste de la jeu- nesse. Les jeunes empruntent donc des chemins de traverse plutôt que cette autoroute so- ciale un peu bouchée. D’au- tant que leurs aspirations pro- fessionnelles doivent de plus en plus correspondre à leurs attentes personnelles et pri- vées. La notion d’épanouis- sement au travail est très forte. « Les débouchés et les perspectives de carrière étant plus incertains et le déclas- sement social souvent de mise, les jeunes se disent qu’il est préférable de bâtir quelque chose de personnel qui leur appartient », com- plète la sociologue. Pour la catégorie des moins de 25 ans, un jeune sur quatre pointe mensuellement au chômage !Faceàladuretédece monde, la « génération quoi ? » devient davantage encline à créer son propre chemin en raison notamment de sa déception face aux di- plômes. Mêmes raisons in- voquées d’ailleurs lorsqu’onEXECUTIVE MBA ELARGISSEZ VOTRE HORIZOND’INDÉNIABLES QUALITÉS JOUVENCELLES...« Les entrepreneurs qui se lancent très jeunes sont dotés d’une flexibilité, d’une adap- tabilité et d’une capacité très forte à « pivoter » sur un projet. C’est une force indé- niable au cours des premiers mois d’existence d’une start- up », analyse Emilie Abel, responsable de l’incubateur du groupe HEC. La généra- tion Y, de par sa jeunesse, est également moins assujettie aux résistances au change- ment. Plus dur de créer à 40 qu’à 20 ans selon ces critères. Quant à leurs réseaux et leurs compétences, ils ne sont pas forcément moins développés que ceux d’entrepreneurs qui se lancent « sur le tard » après une solide carrière. En effet, cette génération com- pense son manque d’expé- rience professionnelle par saFAITES PROGRESSER VOTRE CARRIÈREEN FRANCE COMME À L’INTERNATIONALExcellence académique, ouverture sur d’autres cultureset modèles entrepreneuriaux (learnings trips, entrepreneurial journeys) et accompagnement individuel personnalisé(assesment, coaching...) garantissent l’impact sur votre performance. Un EMBA adapté à votre rythme professionnel :• 2 rentrées (octobre et janvier)• 3 formats (week-end, modulaire, fast-track) • 10 à 20 moisNotre Executive MBA est classé n°3 mondial pour la progression de carrière (Financial Times oct. 2013)04 78 33 70 66emba@eml-executive.com« L’Executive MBA d’EML a été un vrai révélateur de carrière » Françoise Kleinbauer,diplômée EMBA 2011, PDG France RetraiteFLASHEZpour accéder au sitewww.eml-executive.comJUILLET-AOûT 2014 23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB EnTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans©DRComment vous est venue l'idée de melty- group ?L'idée, je l'avais depuis longtemps. J'avais 15 ans et étais en séjour linguistique en Allemagne. A l'époque, je me disais qu'il n'y avait pas de média qui s'intéressait à l'actualité pour la jeunesse dans sa globalité. J'ai donc décidé de lancer mon site « Actuados ». Le concept souffrait dans sa réa- lisation. Tant en matière de contenus que de des- ign. Plus tard, le projet a pris une autre tournure et a mûri entre les murs d'Epitech (école d'ingé- nieurs du groupe Ionis) grâce aux amis désor- mais associés. De 2005 à 2008, nous avons développé le projet avec Jérémy nicolas. Dans une forme bien plus aboutie, nous avons lancé notre site en 2008 qui s'appuyait sur la techno- logie que nous avons élaborée, Shape, qui per- met de connaître les centres d'intérêt en matière« Parfois, on nous prenait même un peu pour des fous ! »d'actualité et de tendances chez les jeunes.Sur un rythme annuel cela passe par des phases de six mois de développement qui alternent avec six mois de consolidation des nouvelles parts de marché. nos technologies nous permettent d'an- ticiper les besoins. Toutefois, il ne faut pas né- gliger le soft power américain, grande composante qui imprègne chaque culture natio- nale. Mais pour revenir à notre fonctionnement, je considère la Toile comme un lac où nous en- voyons des pierres qui produisent des ondes à répétitions. nous surfons sur les coalitions so- ciales éphémères. Ou en d'autres termes sur les vagues d'actualité. L'ambition serait de créer un village meltygroup d'envergure mondiale. Il s'agit ensuite de créer des partenariats solides avec les annonceurs et les acteurs locaux pour pouvoir monétiser.Pensez-vous que l'entrepreneuriat soit suffi- samment encouragé chez les jeunes ?Ce n'est pas tant l'entrepreneuriat qui n'est pas assez promu, mais plutôt une philosophie de vie, une vision globale des choix que l'on fait. Au- jourd'hui, les jeunes sont peut-être trop pragma- tiques et oublient d'être acteurs du changement. Ma manière de faire évoluer les choses est pas-Comment se sont passés vos débuts ?riat mais cela peut passerPeu de personnes croyaient en nous. nous ven- dions Shape en qualité de prestataires de ser- vices sur les conseils de nos actionnaires qui nous avaient soutenus dans le cadre de Eeple, qui deviendra meltynetwork, puis meltygroup quelques années plus tard. Les premières années n'ont pas toujours été faciles parce que les en- treprises et les médias ne saisissaient pas toutes les opportunités offertes par l'utilisation de Shape. D'ailleurs, Pierre Chappaz, actionnaire lors de notre dernière levée de fonds (3,6 mil- lions d'euros en 2012), nous confessait ne pasVous avez 29 ans et travaillez pour les 18-35 ans. Quel est votre regard sur la jeunesse ? Comme le dit notre slogan : « Young energy, life for young », notre travail, c'est de croire en l'énergie positive de la jeunesse. Avec la melty Talents House, nous aidons les jeunes à montrer en France et à l'étranger ce dont ils sont capables. Le problème du pays, c'est que nous manquons de confiance en la jeunesse. Toutes les semaines, on raconte leur actualité pour donner envie aux autres et créer des modèles dont on peut s'inspi-G.FAlexandre Malsch29 ans, fondateur de meltygroup, groupe média digital leader sur les jeunesavoir trop cru en notre projet lorsque nous avons démarré. Et ce, malgré son soutien financier lors de notre pivot en 2011 qui nous a amenés à de- venir un groupe de presse intégrant une régie pu- blicitaire.Choisir la presse en ligne dans cette conjoncture, pari osé ?Dans le secteur des médias, comme dans beau- coup d'autres segments de l'Internet, 2011 fut une année noire. Pas facile dans ce contexte de convaincre lorsque l'on décide de se tourner vers le monde des médias en ligne et la régie publi- citaire, tous deux dédiés à la jeunesse. Parfois, on nous prenait même un peu pour des fous ! Malgré tout, la sauce prend. Et nous parvenons à un tour de table qui aboutit à une levée de 3,6 millions d'euros en 2012, pour un CA de 2,3 mil- lions la même année, tout en poursuivant notre développement hors de l'Hexagone. nous sommes aujourd'hui présents en France bien évidemment, en Espagne, en Allemagne et au Brésil. Selon Médiamétrie, un jeune internaute sur trois (18-30 ans) nous lit régulièrement. D'ailleurs, l'activité de nos sites français permet de nous autofinancer puis d'investir à l'interna- tional avec un CA en croissance de plus de 90% chaque année. C'est 26 millions de visites par mois sur l'ensemble de nos 15 sites dans le monde selon Comscore DAX. nous lancerons d'ici la fin du mois trois nouveaux sites au Maroc, en Pologne et au Mexique. nous étions douze personnes en 2011, nous sommes 87 enCDI actuellement et nous souhaitons recruter une trentaine de personnes d'ici la fin de l'année.rer. Cette plateforme existe depuis un an et s'ac- compagne d'un dispositif d'aide qui offre 2000 euros à chaque jeune sélectionné, petit clin d'œil aux 2000 euros que nous avions reçus en 2005 pour démarrer melty. Mais le meilleur conseil que je peux prodiguer aux personnes de mon âge et aux plus jeunes, c'est de s'accrocher. Car comme le disait Eleanor Roosevelt : « Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves ».Quelle stratégie de développement ?sée par l'entrepreneu.également par les arts, la musique ou le monde associatif. Concernant meltygroup, c'est la pas- sion qui me motive chaque jour. Le matin au ré- veil ou le soir avant de me coucher, à chaque moment de la journée en fait, je réfléchis aux axes d'amélioration et de développement du groupe. Mais rassurez-vous, j'ai d'autres pas- sions de mon âge qui m'animent, comme celle du surf par exemple.Vladimir Roybet créateur à 24 ans de Kuci.fr, site de vente de linge de bainLe filon du « made in France »©DREt si Internet était finalement l’atout ultime pour réveiller l’in- dustrie française ? C’est en tout cas le pari que fait Vladimir Roy- bet, qui vient de lancer Kuci.fr, un site de vente de linge de bain... exclusivement made in France. Sorti de l’IDRAC Lyon, diplôme en poche à l’été 2012, il s’est attaché d’emblée à définir un projet entrepreneurial. « J’avais une idée finalement assez vague de ce que je voulais faire, reconnaît-il bien volontiers. La stratégie était définie : j’allais vendre online des produits made in France. Mais je ne savais pas du tout quels produits. »derniers fabricants d’éponge indépendants de la région. A aucun moment je n’ai senti de défiance de la part du dirigeant de l’en- treprise, qui a été tout de suite à l’écoute de mon projet. » Vladimir Roybet ne le cache pas, « le processus de mise en route n’aurait cependant pas pu être aussi rapide sans le soutien de Laurent Constantin, le dirigeant fondateur de la Web agency lyonnaise Acti. Je travaille chez lui depuis que j’ai obtenu mon diplôme et il a tout fait pour m’aider dans ma démarche. Tout d’abord en aménageant mon temps de travail, pour que je puisse me consacrer à la formalisation de mon projet. Mais aussi en me donnant des conseils lorsque je le sollicitais. »des réseaux sociaux a créé le buzz autour de son projet et a obtenu un soutien inespéré. « Fleur Pellerin, qui était alors ministre de l’Economie numérique, s’est emparée de l’information et l’a re- layée. Un sacré coup de pouce. »C’est finalement en Asie qu’il est allé chercher la solution. Parti à Shanghai et en Corée du Sud pour étudier l’approche de la vente en ligne dans ces pays, il constate que les Asiatiques sont prêts à payer le prix fort pour des articles textiles made in France. De retour dans l’Hexagone, il affine son projet et trouve le partenaire industriel qui fabriquera les produits. « J’ai décidé de faire du linge de bain en m’appuyant sur le savoir-faire de la société Blanc Frères, installée à Thizy-les-Bourgs dans le Rhône. C’est l’un des24 JUILLET-AOûT 2014Cette confiance, Vladimir Roybet l’a également trouvée chez des micro-investisseurs privés, que son jeune âge n’a pas effrayés. « J’ai monté une campagne de financement participatif en pas- sant par la plateforme Ulule. J’ai levé 2600 euros qui m’ont per- mis de lancer ma première commande et d’acheter une machine à broder », explique-t-il. Dans le même temps, ce fin connaisseurJ.DLa première collection, qui totalise 16 références (quatre produits,allant du.leurs) a donc été lancée au printemps 2014 et Vladimir Roybet travaille déjà à l’enrichissement de la gamme. « Des capes de bains, des peignoirs pour enfant et pour adulte viendront com- pléter la première collection et de nouveaux coloris s’ajoute- ront. » A plus long terme, il envisage de proposer une gamme de maillots de bains pour homme. « Cela pourrait passer par le dé- veloppement d’un partenariat avec d’autres « pure players », mais je n’en suis qu’au début de la réflexion sur ce point », pré- cise-t-il.carré visage au drap de bain, déclinés dans quatre cou-]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB EnTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ansCéline Lazorthesfondatrice à 27 ans de Leetchi, premier site de cagnottes en ligne©DRComment s'est déroulée la phase de créa- tion ?J'étais toute seule au départ. Je suis passée par l'incubateur HEC et y suis restée durant 18 mois. Je me suis alors prêtée à chaque aspect du cycle normal de création, à l’aide des diffé- rents outils d'accompagnement de l'incubateur : mentoring, témoignages d'entrepreneurs che- vronnés, acquisition d'un panel de compétences, aide sur certaines thématiques spécifiques comme la manière dont on doit lire et compren- dre un pacte d'actionnaire. Mais l'un des aspects les plus motivants fut l'émulation au sein de cette structure, entre porteurs de projet parvenus au même stade de développement malgré la di- versité des domaines d'activité. Les rapports« Le plus motivant ? L’émulation au sein de l’incubateur »Leetchi est pionnier dans son secteur, com- ment l'idée vous est-elle venue ?J’ai été chargée de l'organisation d'un « week- end d'intégration » lors de mon master e-busi- ness effectué à HEC. Je m'étais donc organisée à l'ancienne, avec mon fichier Excel et une en- veloppe pour récolter l'argent. Très vite, je me suis demandé s'il n'existait pas un outil sur le net pour gérer une cagnotte. Et sur le coup, àétaient très riches même si nous nous côtoyions parfois sur des thèmes très opérationnels : attri- bution de tickets restos, rédaction et mise en place du premier CDI,... Financièrement, j'ai également été subventionné par Bpifrance, ce qui m'a permis de valider la faisabilité du pro- jet.Leetchi est un service innovant. Comment convaincre et fidéliser une clientèle ? Cela s'est effectué de manière très naturelle. J'ai d'abord fait jouer mes réseaux : celui de mon réseau d'étudiante à HEC et à l'IIM Léonard de Vinci, celui de mes proches et celui des profes- sionnels du secteurs rencontrés pendant la phase de maturation du projet. Aujourd'hui, la com- munauté Leetchi représente 1,5 millions d'uti- lisateurs dans 15 pays. 2015 sera l'occasion de construire de nouveaux partenariats marketing et commerciaux dans de nouveaux pays,tionales nous obligent bien évidemment à nous adapter. En France, nous avons commencé à faire parler de nous via la presse généraliste, la presse « tech » et les « early adopters ». Pour d'autres pays, nous avons fait appel à des ma- nagers locaux qui possédaient une bonne com- préhension de leur marché et de ses besoins. En Allemagne, la culture du pot de départ n'existe pas. En Espagne, les cadeaux d'anniversaire groupés sont presque systématiques. Mais il existe d'autres leviers. En France, les clients ac- cordent beaucoup d'importance à la presse et aux recommandations. Les Allemands, eux, sont particulièrement vigilants sur les CGU et les aspects sécuritaires des transactions. Bien plus que les Français d'ailleurs ! Le déploiement à l'international s'est aussi accompagné de plu- sieurs recherches de financements (4 millions d'euros en février 2012 auprès des actionnaires existants et d'Idinvest). nous avons aussi diver- sifié notre offre avec un positionnement original : MangoPay, solution de paiement en marque blanche s'adresse aux market places, aux plate- formes de consommation collaborative et au crowdfunding. Aujourd'hui, 200 plateformes utilisent notre technologie.Créer un acteur bancaire à moins de 30 ans, impensable ?La jeunesse n'est en rien un frein lors de la créa- tion et en particulier lorsqu'il s'agit de se lancer dans l'univers du Web. En revanche, il a fallu s'accrocher pour obtenir la licence d'établisse- ment de monnaie électronique. Effectivement, il n'est pas habituel pour les autorités bancaires d’avoir un interlocuteur de 27 ans, sans expé- rience dans le secteur, désirant créer ni plus nimon grand regret, cela n'existait pas.moins qu'une banque.comme le Royaume-Uni par exemple.le produit répond à une.Ensuite, il faut confronter leurs idées au marché et réajuster le tir, le cas échéant. Chez Leetchi, lors des premiers mois d'activités, nous modi- fions certaines fonctionnalités du site dès qu'une dizaine d'usagers en exprimait le besoin via les enquêtes de satisfaction. nous avons ainsi changé la taille de certains boutons ou la ma- nière d'inviter ses amis ou d'importer son carnet d'adresses par exemple.Comment vous êtes vous déployée à l'inter- national ?Pénétrer un nouveau marché, c'est de nouveau être dans l'entrepreneuriat et recommencer les choses en partant de zéro. Les spécificités na-Un conseil pour ceux qui rêvent de création ?Celui de valider le besoin sur lequel ils position- nent leur projet, en s'assurant que le service ouproblématique réelle.GFierry Debarnot cofondateur de Digischool, groupe média spécialisé dans le contenu pédagogique« Je suis allé voir les amis pour assurer un développement rapide sans frais »26 JUILLET-AOûT 2014Des difficultés pour démarrer ?finance. Mais finances-etudiants.fr a été un échec. Malgré cela, je ne peux pas vraiment affirmer que j'ai connu des difficultés.Comment vous êtes vous entouré pour assurer la pérennité de votre entreprise ?Je suis allé directement voir les amis pour assurer un développement rapide sans engager de frais importants. Deux d’entre eux, un directeur artistique et un développeur, se sont donc associés au projet en achetant des parts et ont notamment travaillé gratuitement pour m'aider à lancer plusieurs sites et faire évoluer graphiquement et fonctionnellement les différents supports. nous n'avons pas fait de levée de fonds pendant six ans. nous étions avant tout focalisés sur l'opérationnel. Et cette indépendance vis-à-vis des investisseurs nous a permis de lancer beaucoup de projets sans nous mettre la pression sur le délai de retour sur investissement.Comment s'est passé le passage à l'international et au groupe Digischool ?L'ensemble des sites Internet se rassemble autour de la marqueMédia Etudiant. En 2007, nousdégagions un CA de 80000 eu-ros ; l'exercice 2010 s'est clôturéà 800000 et à 3000000 pour2013 ! En 2011, ce fut l'explo-sion avec trois millions et demi de visiteurs (comparativement L'Etudiant compte 5 trois millions de visiteurs). L'opportunitéJ'avais beaucoup à apprendre sur le montage d'une entreprise. J'ai d’ailleurs commencé avec très peu d'argent : 1000 euros, prêtés par mon père, apportés au capital. Mais cette somme est vite partie en frais administratifs. L'impératif de développer ra- pidement le chiffre d'affaires était très fort. Contrainte qui s'est révélée être un atout. En 2005, j'ai présenté le projet marketing- etudiant.fr dans le cadre de mon école de commerce (groupe Ionis). Deux ans après le lancement du site, une école a souhaité y insérer de la publicité. C'est à ce moment que j'ai décidé de créer mon entreprise. Cela a débouché sur un premier partenariat commercial. C'était les débuts de la pub sur Internet. Du moins pour les écoles. Mes premiers salaires ? Je me les suis versés à partir de 2009 (autour de 1500 euros).©DRDes prises de risques ?Oui ! D'ailleurs certaines n'ont pas été concluantes. En 2008, l'entreprise fonctionnait bien. J'ai donc décidé de décliner le concept pour les élèves préparant le Bac et les étudiants enGFd'un rapprochement s'est alors prése.celui d'Anthony Kuntz, avec qui j'avais partagé les mêmes bureaux cinq ans en arrière. nous avions la même histoire, à l'exception qu'Anthony, positionné comme un des leaders français de l'appli, avait développé un modèle de prestations basées sur des applications smartphone et tablette. La fusion s'est effectuée en 2011 avec la création de Digischool. Sous cette nouvelle bannière, nous avons sorti la première appli pour le Bac 2012. Et là ! Le carton. nous nous attendions à 5000 té- léchargements. Il y en a eu 100000 !ntée entre notre groupe et]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frA la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans CLUB EnTREPREnDREJérémy Lavalayecofondateur à 26 ans de l’agence de communication Les Récréateurs, spécialisée dans les sciences de l’innovation« nous sommes passés d’inexpérimentés à audacieux et prometteurs dans les esprits »©DREn 2008, l’Ecole nationale supérieure de géologie de nancy L’événement prend une forme itinérante, aux quatre coins de communication Les Récréateurs, spécialisée dans les (EnSG) fêtait son centenaire. L’occasion de réaliser une du pays, et élit domicile au Palais de la découverte à Paris sciences et l’innovation. « Nous étions en charge de toute la vaste exposition sur un thème qui lui est cher : les argiles. pendant un an. Un gros contrat pour la toute jeune agence scénographie et la mise en forme. Le projet nous a occupésde longs mois », se souvient Jérémy Lavalaye, cofondateur de la société. Mais ce premier client de renom est aussi l’ar- bre qui cache la forêt. « Notre carnet d’adresses ne débordait pas de contacts dans le milieu scientifique. Et du haut de nos 26 ans, expliquer le fond de nos intentions n’était pas une mince affaire », confie-t-il.Les Récréateurs, ce sont alors trois associés, fraîchement di- plômés, dont les savoir-faire conduisent à un subtil mélange comprenant direction artistique, vulgarisation scientifique et conception de supports de communication. Objectif : rendre accessible l’activité complexe d’une organisation à un public non spécialiste. « Il y avait à l’époque un besoin fort sur ce plan au sein de la communauté scientifique et technologique. Le potentiel nous a rapidement semblé important sur ce cré- neau », poursuit Jérémy Lavalaye. Pour autant, pas évident de se faire un nom dans cet univers de chercheurs « qui a parfois regardé nos travaux du coin de l’œil ». Du côté des structures publiques d’accompagnement, la bienveillance est de mise. Le banquier de l’entreprise n’est en aucun cas un frein. Il salue même l’audace du projet de société, y compris lorsque les premiers résultats annuels éprouvent des difficul- tés à être positifs. Mais convaincre clients et partenaires du sérieux de l’aventure est plus délicat. « Il nous fallait des ré- férences à mettre en vitrine », mentionne le chef d’entreprise. Puis les choses se décantent. Des contrats en amènent d’au- tres, avec des petits acteurs, des collectivités, mais aussi de grandes structures. L’Agence nationale de gestion des dé- chets radioactifs (Andra) fait appel à la société pour l’une de ses missions phares : mener des initiatives pédagogiques à l’égard de la population sur l’ensemble de ses activités. L’Institut Curie devient un autre client majeur, tout comme le secrétariat d’Etat à la Famille, soucieux de mettre en place un plan de communication visant à apprendre aux enfants à faire bon usage d’Internet. L’agence est depuis fin 2012 l’un des bras droits du groupe McDonalds qui cherche à mieux faire connaître sa stratégie agro-écologique.Auréolés de plusieurs grands noms, Les Récréateurs s’envo- lent. « Il est intéressant de voir comment le fil des années re- définit la notion de jeunesse, ironise Jérémy Lavalaye. Dans l’esprit de bon nombre d’interlocuteurs, nous sommes passésd’inexpérimentés à audacieux et prometteurs. ».Les confrères du milieu saluent aujourd’hui cette structure qui monte. L’agence mise plus que jamais sur le fonctionnement en réseau qui redore son image, étoffe le carnet d’adresses. « Nous travaillons avec des partenaires sur certains projets. D’autres agences nous délèguent des tâches », illustre le di- rigeant. nés au cœur de la crise, Les Récréateurs n’ont plus qu’un vague souvenir de la morosité économique. La crois- sance annuelle moyenne avoisine les 20%. En mars dernier,le chiffre d’affaires de l’année 2013 était déjà assuré.M.NJUILLET-AOûT 2014 27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB EnTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans©DRYoann Alarçoncréateur à 24 ans de Potager City, qui livre des paniers frais de fruits et légumes de l’agriculture locale« Ma jeunesse n’a jamais été un handicap »Aujourd’hui à la tête d’une structure réalisant 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et affichant des ambitions de diversification, Yoann Alarçon a gagné le pari qu’il s’était lancé en 2007, lorsqu’il a créé Potager City. Alors âgé de 24 ans, le Lyonnais s’était fixé pour objectif de livrer des paniers de fruits et de légumes extra frais issus de la production locale. Une idée, certes dans l’air du temps, mais a priori peu susceptible de passionner un entrepreneuriat local plus volontiers tourné vers les métiers de l’industrie chimique et métallurgique, de la santé et des nouvelles tech- nologies.changé et qui inspire un rapport plus cordial ? Je n’en saurai jamais rien. »Car aujourd’hui, Yoann Alarçon ne fait plus figure d’entre- preneur « junior » en devenir, mais bel et bien de jeune dirigeant ambitieux à la tête d’une entreprise en croissance. « En très forte croissance même », glisse-t-il, rappelant au passage que Potager City enregistre depuis plusieurs années des progressions supérieures à 100%. Après avoir conquis le marché lyonnais, il s’est lancé à l’assaut de nouvelles terres de conquêtes. La région PACA, il y a deux ans, puis l’Île-de-France, l’année dernière. « A chaque fois, notre stratégie est la même. Nous installons une base d’approvi- sionnement, qui peut servir des clients dans un rayon de 100 à 150 kilomètres. Ainsi la plateforme de Saint-Quentin Fallavier, dédiée au marché lyonnais à l’origine, livre éga- lement Annecy depuis le 15 juin. Celle de Cavaillon, qui est tournée vers Marseille, servira également la région toulonnaise très prochainement. » .« J’ai été très agréablement surpris de constater que mon projet intéressait les chefs d’entreprise de la région lyonnaise, avoue-t-il. Plusieurs d’entre eux m’ont accordé un peu de leur temps pour discuter du modèle économique, voire pour glisser quelques conseils, mais sans aucune condescendance. Je n’ai jamais eu le sentiment d’être face à des gens qui se tenaient en donneurs de leçons. C’était plutôt bienveillant. A aucun moment, en tout cas, ma jeunesse ne m’est apparue comme un handicap lorsque je me trouvais en face d’eux. » Son discours est en revanche moins positif lorsqu’il évoque les rapports qu’il a noués avec sa première banque. « Mon conseiller n’est jamais venu dans l’entreprise. Je pense que le projet ne l’intéressait pas et qu’il n’y croyait pas du tout. » Un constat amer, qui l’a d’ailleurs amené à changer d’éta- blissement bancaire depuis. « La relation est plus cordiale, plus respectueuse également. Maintenant, est-ce que le changement vient de la banque ou est-ce mon statut qui aL’appétit venant en mangeant, Potager City ouvrira une pla- teforme à Agen avant la fin de l’année, pour approvisionner les agglomérations toulousaine et bordelaise. « Dans le même temps, nous avons élargi notre offre, en proposant des confitures réalisées à partir des produits de nos producteurs locaux », indique Yoann Alarçon. Une nouvelle diversification pourrait voir le jour avant la fin de l’année, plus spécifiquement dédiée aux bébés. Comme un clin d’œil aux jeunes années de Potager City.J.DBastien Delogefondateur et gérant de BP Prothèses, laboratoire de prothèses dentaires et ancien formateur en Centre de formation des apprentis (CFA)©DR« Six mois seulement entre le diplôme et l'ouverture du labo »Fils d'entrepreneur, Bastien Deloge, alors enfant, peignait méti- culeusement des soldats de plomb. Plus tard, après quelques an- nées d'errance en études d’informatique à l'université de Valenciennes,lejeunenordistedécideà21ansdemettresami- nutie au service de l'artisanat et de la prothèse dentaire. Une vo- cation qui s'est accompagnée d'un souhait vivace d'indépendance. « J'ai créé ma structure en février 2009. La ges- tation du projet a pris six mois entre mon diplôme et l'ouverture du laboratoire. Le plus dur ? Très classiquement l’obtention des financements. J'avais besoin de 60000 euros pour acheter l'en- semble des machines de production. D'autant qu'à l'époque, j'avais également des projets immobiliers. » Grâce à une pro- messe de chiffre d'affaires réalisé par un dentiste et des parents qui se portent caution du projet, le jeune prothésiste se lance dans l'entrepreneuriat à 25 ans. Les chiffres sont encourageants et BP Prothèses se développe, son CA se haussant de 400% depuis sa création. Sylvain Hecq, ancien collègue et sa compagne Elodie Brutsaert rejoignent le laboratoire quelques années plus tard. Legérant s'autorise de nouveaux investissements, un scanner 3D d'une valeur de 20000 euros. Parallèlement, Bastien Deloge adhère à une coopérative (Coopérative Technologies Dentaires)n lucratif, basée à Rouen, en apportant 2000 euros à sonG.F28 JUILLET-AOûT 2014àbutno.capital. Une manière de structurer la filière et de fédérer une pro- fession malmenée par la mondialisation et la réglementation : « Malgré des débuts très encourageants, la conjoncture est inquié- tante. En dix ans presque la moitié des labos ont fermé en raison d'une concurrence forte du Maghreb, de l'Asie et des pays de l'Est. Et comment s'assurer de la qualité du produit, une fois fi- nalisé ? Des progrès restent à réaliser malgré une réglementation exigeant des certificats de provenance et de composition des pro- duits. »]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frA la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans CLUB EnTREPREnDREJulie Pouliquen cofondatrice à 25 ans de La Cordée, espace de coworking à Lyon©DR« notre cursus a constitué un contre-feu intéressant »Quand une Bretonne et un Alsacien se ren- contrent à Paris pendant leurs études, c’est à Lyon qu’ils font leurs premiers pas communs dans l’entrepreneuriat. Si le théorème de base ne se valide pas systématiquement, c’est en tout cas ainsi que les choses se sont passées pour Julie Pouliquen et Michael Schwartz, son associé. Tous deux sortis d’HEC, ils ont créé La Cordée à Lyon, fin 2011. Un projet entrepreneurial qu’il a tout d’abord fallu expliquer aux partenaires fi- nanciers qui devaient s’engager dans l’aven- ture. « La Cordée propose des espaces de coworking, explique Julie Pouliquen. Le concept fait son chemin petit à petit dans les esprits, mais il y a trois ans, il était totale- ment inconnu en France et il a été nécessaire d’expliquer aux banquiers ce que nous vou- lions faire, avant même de penser à les convaincre. » L’âge des deux associés, quiavaient alors à peine 25 ans, n’a en revanche pas constitué un frein majeur. « Notre cursus, même si nous ne cherchons pas à le mettre en avant, a sans doute constitué un contre- feu intéressant à ce niveau-là. Ensuite fal- lait-il trouver un banquier croyant réellement au projet. »neurs confirmés de voir si le projet de leurs interlocuteurs était cohérent. »confirme-t-elle. Plus qu’un simple concept de coworking, nous considérons La Cordée comme un écosystème comprenant des es- paces de travail, où les membres peuvent également trouver d’autres services. Nous voulons avant tout enrichir cette offre. » Une activité de formation a été initiée, qui prend ses marques peu à peu, et un panier d’offres partenaires, allant du cinéma aux réductions dans des magasins de running, a été créé. Dans le même temps, Julie Pouliquen et Mi- chael Schwartz s’efforcent de développer les relations entre les membres, à travers des soirées notamment. « Ce qui relie les gens chez nous, c’est l’état d’esprit, l’envie de partager et d’échanger. La Cordée a voca- tion à créer un sentiment d’appartenance àJ.DJEUNES PREMIERS DE CORDÉEUn an plus tard, Julie Pouliquen et Michael Schwartz ont repris leur bâton de pèlerin pour séduire des investisseurs et donner à La Cordée les moyens de ses ambitions. « Nous avons trouvé un groupe de business angels, qui, là encore, ne se sont pas attardés sur notre âge, mais qui nous ont poussés dans nos retranchements pour voir si nous étions en mesure de mener l’aventure à son terme. » Une forme d’exigence, que la jeune entre- preneure juge constructive. « Il n’y avait au- cune défiance liée à notre manque d’expérience, mais plutôt le désir d’entrepre-Un peu plus d’un an après, ces cinq investis- seurs ont toutes les raisons de se féliciter d’avoir cru au projet. La Cordée propose au- jourd’hui six espaces de coworking ouverts 24h/24 et tous les jours de la semaine : trois à Lyon, un à Villefranche-sur-Saône, un à Paris à proximité de la gare de Lyon et un dernier à Morez, dans le Jura. « Nous avons déjà fidélisé 350 membres et nos espaces de Lyon ne sont pas loin d’afficher complet », précise Julie Pouliquen. La réflexion est donc engagée autour de l’ouverture d’une nouvelle Cordée dans la capitale des Gaules. Pour autant, les deux créateurs de l’entre- prise ne souhaitent pas forcément grandir à tout prix. « Ce n’est pas une priorité,une communauté. ».Lucas Florentin25 ans à la création de nosbonsplatschezvous.com, qui revisite les plateaux repas©DRUne ambition façonnée en Ecole de commerce puis aux Etats-UnisFils et petit-fils de chef d’entreprise, la voie professionnelle de Lucas Florentin était tracée. « Tout petit, je savais qu’un jour je monterais ma propre société », affirme-t- il. Une ambition qu’il a façonnée en école de commerce, dans un premier temps, puis aux Etats-Unis, où il est parti faire un stage. Il en revient avec l’idée de dévelop- per une nouvelle approche de la livraison de plateaux repas sur le lieu de travail. « C’est un marché complexe, polyforme, en- core très peu développé en France. J’ai opté pour la livraison de plateaux repas chauds, réalisés à partir de recettes créées par de grands chefs, ce qui constitue deux critères de différenciation forts. »ser ses idées et m’a surtout aidé à ne pas commettre quelques erreurs de jeunesse. » Le créateur en herbe bénéficie également de la confiance que veulent bien lui accor- der les chefs qu’il contacte. Une forme de validation du projet, puisqu’ils acceptent d’associer leur nom à cette aventure portée par garçon qui n’a pas 25 ans.Une formule à succès en tout cas. Créée enjanvier.est rapidement montée en puissance. Pré- sente à Lyon et Paris, la société réalisera cette année 1,7 M€ de chiffre d’affaires avec une quinzaine de salariés. « Dans un premier temps, je vais m’efforcer de conso- lider notre présence sur les marchés lyon- nais et parisien, puis je m’attaquerai sans doute à d’autres villes », précise Lucas Flo- rentin.2011, nosbonsplatschezvous.comDans ce projet, Lucas Florentin bénéficie tout d’abord de l’appui de son père, qui possède une dizaine d’établissements de restauration entre Lyon et Paris. « Il m’a soutenu moralement, tout en me laissant agir à ma guise. Il n’a pas essayé d’impo-J.DJUILLET-AOûT 2014 29]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB EnTREPREnDRE A la Une - Entrepreneurs de moins de 30 ans©DRDirecteur Associé de The Art Marketing Company, société de conseil en stratégie cul- turelle, et du Arts&Business Club, le premier réseau de dirigeants dédié à l'art et la cultureAu départ, il fallait se faire connaître et construire la marque tout en consolidant l'ergonomie, les aspects techniques et vi- suels du site. La première année, nous étions cinq à travailler sur le projet. nous sommes désormais une vingtaine. nous sommes parvenus à industrialiser et automatiser certains pro- cess dans le domaine du back office pour la relation client et la modération du site. Idem pour les outils de suivi marketing. Grâce à ce gain de temps engendré par l'ensemble de ces ou- tils, nous avons rapidement mis en ligne de nouvelles fonc- tionnalités. Le secret pour arriver à la rentabilité, c'est la maîtrise des coûts fixes tout en assurant un bon développe- ment. Aujourd'hui, Attractive Word connaît encore une belle croissance. Le chiffre d'affaires a été multiplié par six en qua- tre ans. Le marché est arrivé à maturité et l'entreprise est de- venue rentable en 2012. En 2014, nous dénombrons presque deux millions de candidatures – dont un tiers sélectionnées – depuis la création. .Ludovic Hurauxcofondateur d'Attractive World, site de rencontres positionné haut de gamme, fondé en octobre 2007« nous avons donc découvert la complexité du projet au fur et à mesure »Comment s'est passée la phase de création ?Je travaillais pour un fonds d'investissement spécialisé enune couleur « réseau social ». Autrement dit, nous (Ludovic Huraux, Rodolphe Ferreira et nicolas Hermann) avons décidé de fédérer les personnes sur un site positionné haut de gamme qui filtre les profils, non pas en fonction de la beauté ou des ressources, mais du sérieux et du mode de vie plutôt urbain.Comment se lance-t-on sur un projet loin de son par- cours et de ses compétences ?Mes amis se moquaient gentiment de moi parce que je n'y connaissais rien. Je n'ai jamais été un geek. Je me suis lancé dans l'aventure avec un peu de naïveté et d'innocence même si nous savions pertinemment que l'expertise en marketing et développement web était nécessaire. nous avons donc décou- vert la complexité du projet au fur et à mesure. La plus grande difficulté ? C'était celle de monter un site web capable de sup-Attractive World ?LBO, mais j'ai toujours eu envie de fonder mon entreprise. J'ai commencé à m'intéresser au secteur des rencontres sur Inter- net. A l'époque, le marché commençait à se segmenter. nous avons donc défini et affiné un concept qui collait davantage aux rencontres réelles, en se basant sur les affinités et les modes de vie pour optimiser les rencontres via un site doté de fonctionnalités innovantes : l'organisation d'événements donneIntégrateur de cultureparporter la charge et de passer ensuite sur un modèle payant.Pierre-EtienneDifficile de se jeter dans le bain de l'entrepreneuriat ?BostIl est difficile, quand on a un travail bien payé de prendre de tels risques. J'ai quitté un job où j'apprenais beaucoup, en dépit de la confiance que m'accordaient les gérants-associés du fonds d'investissement. Mes amis (et associés) m'ont convaincu de me lancer. L'expérience antérieure dans la re- cherche de financement nous a permis de nous entourer de bons partenaires afin de faire une première levée de fonds de 550000 euros. Ensuite, nous avons fait du « crowdfunding » avant l'heure en faisant participer 80 actionnaires privés, pour un montant qui atteint aujourd’hui 5,3 millions d’euros.Comment avez-vous fait pour développer et pérenniserL'entrepreneuriat, c'est grisant ?Le temps retrouvéJe ne me vois plus faire autre chose qu'entrepreneur. Ce qui me passionne, c'est de partir de rien, partir d'une idée et fédérer des personnes, salariés comme actionnaires, autour d'un projet pour le matérialiser et lui donner vie. L'entrepreneuriat, c'est également se sentir libre. C'est prendre des risques mais qui sont contrebalancés par beaucoup d'excitation et d'adrénaline quand les choses fonctionnent. C'est aussi du stress, qui main- tient en éveil, surtout dans le domaine du digital.La trêve estivale qui se profile est un bon moment pour ré- fléchir à notre rapport au temps aujourd’hui, et à comment échapper au caractère d’urgence toujours plus oppressant qui le caractérise.Mathieu Nebra fondateur d’OpenClassrooms (le Site du Zéro) à 13 ansPrécocité et force d’une communautéG.FOn prête beaucoup aux nouvelles technologies dans cette perception d’accélération du temps et son cortège d’effets néfastes (manque de recul, fatigue, stress, symptômes dé- pressifs parfois...). Pourtant, elle ne date pas d’aujourd’hui : on peut faire remonter son origine au Moyen-Age et sur- tout à l’entrée dans l’âge du capitalisme et l’ère industrielle, qui a contribué à « discipliner » et « dénaturaliser » le temps. Conséquences ultimes : ce sentiment contemporain de perte de maîtrise, d’agitation immobile, comme une sou- ris courant sur place dans sa petite roue...©DRPlus que la vitesse ou la lenteur, l’enjeu est en fait de sortir de l’immédiateté et de redonner du sens au temps. La cul- ture peut largement y contribuer, aussi bien sur le plan in- dividuel que pour les organisations.Mathieu nebra est du genre rapide. En 1999, à seulement 13 ans, lassé d’aider individuellement ses camarades de collège à créer leur site internet, il crée le Site du Zéro pour dispenser des cours de langage HTML. 15 ans plus tard, le site se nomme Open Classrooms, emploi 25 per- sonnes et réalise 1,5 millions d’euros de chiffre d’affaires dans l’éducation en ligne. Entre les deux, une aventure en- trepreneuriale peu commune.adopte le nom OpenClassrooms, pour « viser un public plus large grâce à un nom international » explique Ma- thieu nebra. En janvier dernier, l’entrepreneur de 28 ans lève 1 million d’euros supplémentaires auprès d’Alven Capital. Aujourd’hui, le modèle économique de ce repré- sentant français des Mooc (pour Massive open online courses) repose sur trois piliers : la publicité en ligne, qui soutient un contenu gratuit ; la publication de livres et d’e- books issus des cours ; le premium, qui permet aux abon- nés de télécharger les e-books du site et de faire certifier leurs formations. « Nous attirons beaucoup de jeunes di-En effet, la culture permet de reconstituer le lien avec le passé par des récits, entre histoire et mémoire, qui confèrent la cohérence de la longue durée au projet individuel, d’en- treprise ou de marque. Tag Heuer vient ainsi de lancer son musée mobile qui expose son histoire et son identité dans des centres commerciaux du monde entier. Au présent, la culture aide à prendre le temps de la réflexion et de la créa- tivité, à réinjecter la notion d’œuvre dans le travail – Steve Jobs ne manquait pas de souligner qu’il se positionnait au carrefour de la technologie et des arts... Enfin, la culture permet d’envisager l’avenir comme un horizon ouvert où peuvent se déployer liberté et créativité. C’est la démarche du BMW Guggenheim Lab qui a voyagé pendant trois ans pour faire développer des visions de l’avenir de la ville au public et à des artistes, architectes, designers, etc., des pays visités.Très vite, une communauté se forme autour du Site du Zéro, où amateurs et passionnés partagent leurs connais- sances. La liste des tutoriels s’allonge, en même temps que s’étoffe la communauté. Encore collégien, Pierre Dubuc devient très actif et aide Mathieu nebra à développer la deuxième version du site. En 2006, à seulement 20 ans, Mathieu publie son premier livre sur le développement web aux Editions Eyrolles, et en 2007 les deux compères fondent la société Simple IT pour pérenniser le projet tout en poursuivant leurs études d’ingénieur. Mathieu nebra à l’EFREI et Pierre Dubuc à l’InSA Lyon, dont il sortira major. A partir de 2009, le premier se consacre à plein temps au Site du Zéro. En mars 2012, la jeune société lève 1,2 millions d’euros auprès d’Alven Capital, fonds d’in- vestissement spécialisé dans le numérique et en 2013, elleplômés, d’étudiants post-bac, et d.sonnes en reconversion professionnelle » observe Mathieu nebra. L’entrepreneur est convaincu des avantages de l’éducation en ligne : « elle supprime les frontières d’un pays ou d’une université. Les cours se font à une échelle plus grande, chacun peut les suivre à son rythme, sans contrainte financière. A terme, le coût de l’éducation va fortement baisser ». OpenClassrooms prépare une centaine de Moocs, en partenariat avec des Universités et Ecoles, dont Science-Po et Centrale Paris.Le secret des entreprises et des marques qui durent consiste largement à savoir s’inscrire dans un temps retrouvé.A.M30 JUILLET-AOûT 2014e plus en plus de per-]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - Entrepreneurs dans le tourismeGuides de haut-entrepreneuriatUn petit guide de bonnes adresses créé par un étudiant à Nancy en 1976. Une newsletter de sorties insolites née dans un salon parisien en 2008. Au final : deux profils très différents mais deux belles sucess stories françaises et, surtout, une volonté commune de suivre ses envies en innovant.Aviez-vous l’entrepreneu- riat en tête depuis long- temps ? Amandine Péchiodat : Ce n’est pas une chose à laquelle j’avais particulièrement pensé. Mais j’ai toujours eu la volonté de faire ce qui me plaisait et j’étais attirée par le travail en petites équipes. Avant l’aven- ture My Little Paris, j’étais responsable marketing au sein du groupe Express Roularta. Puis quand, avec ma sœur Fany, nous avons fondé cette newsletter en 2008 et qu’elle a commencé à se développer et à prendre de l’importance, j’ai fait le choix de m’y consa-pas dans le monde du Web une newsletter équivalente sur Paris et en France. Ce type de mails était alors vu comme des spams, ce que j’appellerais des«nidsàclics»!Notrein- tuition, c’était qu’il manquait une newsletter, présentant des idées de bons plans insolites et des adresses secrètes, qui serait accueillie avec le même enthousiasme qu’une lettre en- voyée par une amie. L’aventure a commencé avec l’envoi à 50 copines en 2008 d’une pre- mière newsletter. Elles en ont parlé à leurs amies et le bouche- à-oreille a fait que quelques jours plus tard nous avions déjà 300 abonnées, puis 1000 la semaine d’après. Peu à peu,plusieurs guides en un. Nous avons créé Le Petit Futé dans cet esprit-là, avec des parties culturelles, des parties infor- mations pratiques... Très vite, nous avons également couvert des zones que la plupart des éditeurs dans le monde ne cou- vraient pas, notamment en Russie et en Chine.Quels obstacles avez-vous rencontrés ?A.P. : Notre particularité, c’est que nous sommes parties avec zéro euro et zéro connaissance ! Ce qui au final a été une force, car cela nous a appris à tra- vailler avec trois bouts de fi- celle : c’est de là que sont ve- nues la créativité et l’innova- tion. Au début, nous faisions les réunions dans le salon de Fany, je travaillais depuis mon appartement... Nous avons en- suite été accueillies dans une pépinière puis nous nous sommes agrandies, mais nous n’avons par exemple jamais eu à contacter des investisseurs, car une newsletter ne coûte pas plus cher à envoyer qu’un mail – Kanako s’occupait des illustrations, moi des textes et Fany trouvait les idées. Nous avons appris la débrouille et le « power of zero » pour contourner les obstacles, en montant nous-mêmes de petits prototypes sans l’aide de di- recteurs artistiques ou de spé-formations, et peu des clients et des fournisseurs ! Une lettre sur dix seulement est liée à l’exploitation réelle de l’en- treprise. Il faut du courage. Les obstacles sont également d’ordre financier. Il est très difficile de trouver des finan- cements. Et le risque, en faisanttacle d’ordre humain quand on se lance : il faut agréger autour de soi des compétences, sans avoir toujours les moyens de les rémunérer.Quelles sont les qualités re- quises pour se démarquer de ses concurrents,des salariés dès qu’une nou- velle personne est embauchée, des « megalabs » deux fois par mois où chacun présente ce qui l’a inspiré dans son do- maine, des petits-déjeuners au cours desquels nous invitons des personnes créatives à parler de leur métier. Nous sommescrer entièrement.Dominique Auzias : MêmeLe Petit Futé ne communique pas. Si vous venez dans nos bureaux parisiens, il y a 250 personnes qui travaillent mais il n'y a pas de plaque sur la porte Dominique Auziassi, en sortant de mes études à HEC, il y avait cette envie de travailler pour moi-même, je crois que j’avais avant tout le désir de travailler dans le secteur du voyage. J’ai été élevé dans le Languedoc, dans une famille de sept enfants plutôt tradi- tionnelle, à la campagne. Nous avions une grande bibliothèque comportant de nombreux ou- vrages ouverts sur le monde. Ma plus grande évasion, c’était la lecture et les voyages. Mon rêve ? Devenir éditeur de guides de voyage ou grand reporter – j’associe les deux. Et c’est ainsi que très vite je me suis lancé. Le premier guide du Petit Futé a été créé à Nancy, où j’étais étudiant, en 1976.Avec quelle ambition vous êtes-vous lancé(e) ? A.P. : A l’époque, il n’existait32 JUILLET-AOÛT 2014le nombre d’inscriptions a grandi de manière exponen- tielle mais toujours de manière organique : nous n’avons pas fait de publicité, nous ne nous sommes pas occupées du ré- férencement. Nous avons tout fait à contre-courant !Amandine PéchiodatCo-créatrice de My Little Paris avec sa sœur Fany et l'illustratrice Kanako en 2008, Amandine Péchiodat est aujourd'hui rédactrice en chef de ce site/newsletter consacré aux bons plans insolites et aux adresses secrètes de la capitale. Lancé avec très peu de moyens et en mode artisanal, My Little Paris est devenu une jolie success story du Web français et s'est assez large- ment diversifié (My Little Kids, My Little Box, l'édition d'un livre...). En no- vembre dernier, Auféminin.com a acquis 60% du capital de My Little Paris.D.A. : J’arrivais un siècle après les guides Michelin, mais je m’étais rendu compte que les guides de voyage faisaient par- tie de grands groupes et étaient segmentés. Il y avait le « guide culture », le « guide pratique », le « guide photo »... Les édi- teurs prenaient garde à ce qu’aucun ne marche sur les plates-bandes de l’autre, car leur objectif était d’en vendre trois ou quatre pour une même destination. Je voyageais beau- coup et je trouvais cela idiot car je sentais qu’il y avait la place pour quelqu’un qui feraitcialistes. Du coup, nous avions vraiment une patte particu- lière.D.A. : Ils étaient alors de trois ordres différents – et sont d’ail- leurs toujours les mêmes au- jourd’hui. En premier lieu, les freins administratifs : quand vous créez une boîte, le cour- rier, après le dépôt de l’entre- prise, vient surtout de l’admi- nistration, pour avoir des in-entrer des partenaires, est de se retrouver dilué. Nous avons résolu ce problème en mettant des annonces publicitaires dans nos guides, ce qui nous a valu des reproches de la part de nos concurrents déjà installés qui trouvaient cela atypique. Puis ils ont fait la même chose [sourire]. Enfin, il y a un obs-s’imposer et perdurer ?© DRtous dans une stimulation col- lective, dans un échange de connaissances, ce qui nous permet de rester innovants et réactifs. Nous partageons des valeurs communes, avons l’en- vie de grandir ensemble. Cela se ressent dans la cohérence de la marque, bien que nous ayons plusieurs déclinaisonsA.P. : Je pense que ce qui nous différencie de nos concur- rents, c’est notre culture de l’entreprise. C’est vraiment ce qui fait notre identité – tout peut être copié sauf ça. Elle passe par beaucoup de « ri- tuels » : l’organisation d’un petit-déjeuner avec l’ensemble]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frInterview croisée - Entrepreneurs dans le tourisme CLUB ENTREPRENDRE(My Little Box, Merci Alfred, My Little Kids...) s’adressant parfois à des publics diffé- rents.pour ne pas rester bloqué au cas où l’un d’eux échoue. D.A. : C’est d’être toujours dans l’innovation. Si vous re- gardez les différentes éditions du Petit Futé, nous avons eu une évolution totale de l’en- semble du produit dans sa phy- sionomie. Nous sommes partis de guides très simples pour arriver à des guides plus co- pieux, avec de nombreuses photos, des cartes... ce qui n’est pas le cas de nos concur- rents. La deuxième chose, c’est que nous avons toujours été très interactifs. Nous n’avons jamais eu honte de publier le courrier des lecteurs dans nos guides, même s’il était parfois critique. Aujourd’hui nous lenumériques constituent de fan- tastiques bandes annonces pour nos guides papiers.Comment définiriez-vous une bonne communication ?A.P. : Une bonne communi- cation d’entreprise passe d’abord par une bonne com- munication au sein de l’entre- prise. Se rencontrer en interne, échanger, parler des projets... Cela assure une vraie cohé- rence. Ensuite, nous sommes parties d’une idée – que les Parisiens retombent amoureux de leur ville – mais nous ne savions pas à qui elle allait plaire. Une fille de 20 ans ? Unefemmede40ans?Unde réussite a vraiment été le bouche-à-oreille. Et la meil- leure prescription, de toute fa- çon, reste celle des amies d’amies... Je pense que du coup cela nous permettait d’avoir une base d’abonnées saine car nous ne nous étions pas « incrustées » sur leur boîte mail, c’est elles qui étaient venues frapper à notre porte. D’où le fort pouvoir de pres- cription.nous accomplissions était une œuvre collective. C’est-à-dire que l’ensemble des gens qui participent à la réalisation d’un guide, d’une part mutualisent leurs connaissances et leurs savoirs, d’autre part mutualisent les intérêts et bénéfices qu’ils peuvent en tirer. Que ce soit un photographe, un monteur ou un maquettiste, il est un peu au même niveau que celui qui va être un enquêteur ou que celui qui va finir la rédac- tion totale du guide. Pour nous, tous les gens qui participent constituent une équipe qui contribue à la création de cette œuvre collective.Quels sont selon vous les freins à l’entrepreneuriat en France ?A.P. : Selon moi, l’obstacle principal est que l’on est beau- coup trop dans la méfiance. Il y a un très bon livre de Philippe Bloch qui s’appelle Ne me dites plus jamais bon courage !. Il avait constaté qu’on lui sou- haitait toujours bon courage, à la boulangerie, en croisant un voisin... comme si, chaquel’emploi. Très peu d’entrepre- neurs sont représentés dans les assemblées parlementaires. La société civile majoritaire s’est atrophiée, tandis que deux technostructures minoritaires, politique et administrative, concentrent et hypertrophient avec orgueil et mépris tous les pouvoirs. Par ailleurs, il n’y a pas une grande considération pour l’entreprise, notamment la petite entreprise, pour ne pas dire un dénigrement sys- tématique, ce qui n’est pas le cas dans d’autres pays. En France, l’entreprise est consi- dérée comme un mal néces- saire. L’entrepreneur, s’il n’est pas président d’une boite du CAC40, est considéré comme un bricoleur et un petit ma- gouilleur. Eventuellement, si vous êtes patron d’une PME après avoir fait HEC et Har- vard, vous serez un peu mieux considéré. Enfin, les PME constituent un corps social dif- férent : or la loi s’applique de façon uniforme à de petites entreprises et à des grandes. Il y a un problème de régulation. Il faut adapter les lois à laSi je devais donner deux conseils à un entrepreneur sou- cieux de perdurer, ce serait tout d’abord de savoir bien s’entourer. Il ne sert à rien de vouloir tout faire seul et de se dire : « Je vais me faire une formation express dans tel do- maine ». Il faut vraiment, dès qu’on en a les moyens, s’en- tourer de personnes partageant les mêmes valeurs mais pos- sédant un savoir-faire différent. Le second conseil serait d’avoir une « culture de l’échec ». Au moment des bilans de fin d’an- née, nous demandons aux em-D.A. : Je vais être très clair avec vous : Le Petit Futé ne communique pas. Si vous ve- nez dans nos bureaux parisiens, il y a 150 personnes qui tra- vaillent dans trois immeubles contigus mais il n’y a pas de plaque sur la porte. Quand les journalistes nous invitent sur des plateaux télévisés pour parler des guides de voyages, il n’y a pas de représentants du Petit Futé. Ce qui d’une certaine façon renforce l’om- niprésence de nos concurrents. Nous ne publions pas nos comptes, nous sommes assez secrets. Et nous comptons le rester ! Nous avons cette poli- tique parce que nous n’avons pas besoin de « vendre » nos guides : ils se vendent très bien. Le produit se suffit à lui- même.Comment managez-vous vos équipes ?A.P. : Les gens qui veulent travailler à My Little Paris ai- ment le côté start-up, le frisson de travailler dans une petite équipe – même si nous sommes aujourd’hui plus de 70. On aime se dire que chaque personne a sa propre identité et apporte sa propre valeur ajoutée à la société. Chaque manager fait un point avec ses équipes au moins une fois par semaine pour savoir de quoiAu moment des bilans de fin d'année, nous demandons aux em- ployés de faire la liste de leurs échecs pour voir s’ils ont pris assez de risquesAmandine Péchiodat© DRployés de faire la liste de leurs échecs et de leurs réussites. Nous considérons que s’ils n’ont pas eu d’échecs, c’est qu’ils n’ont pas pris assez de risques. On n’est pas dans le blâme. Sur le Web, il faut se lancer très vite si l’on veut garder un coup d’avance, et brasser suffisamment de projetspublions sur l’ensemble de notre site. Le troisième, c’est que nous avons pris très vite le virage du numérique, et nous sommes aujourd’hui les seuls à proposer sur nos sites internet et nos 3000 applica- tions numériques l’ensemble de nos contenus gratuitement. L’ensemble des ces supportschacun est content et fier par rapport à ce qu’il a accompli, quels sont selon lui les axes d’amélioration possibles... Le but est de responsabiliser tous nos salariés. Nous essayons de développer ce côté-là, afin que chacun se comporte comme s’il s’agissait de sa propre boîte.D.A. : Je vois trois freins es- sentiels : méconnaissance, dé- nigrement et uniformisation. En France, il y a une mécon- naissance de l’entreprise, qui est pourtant le lieu de l’em- bauche et de la création depossède d’énormes av. marchés structurés et matures, dans le cadre d’un Etat de droit. C’est pour cela d’une part que je l’adore et d’autre part que j’ai l’irrévérence (to- lérée entre anciens élèves d’HEC), de dire à celui qui dirige aujourd’hui la France : «Moveyourass!».Dominique AuziasC'est en 1976, alors qu'il est encore étudiant, que Dominique Auzias crée le premier guide de voyage Petit Futé. Aujourd'hui, le groupe couvre 186 pays et près de 800 destinations dans le monde (dont 130 en France) et s'est très largement déployé dans l'édition numérique. Dominique Auzias dirige également les vignobles Château Auzias (dans le Languedoc, dont il est originaire) et est membre du bureau de la Fédération des entreprises et des entrepreneurs de France (FEEF).homme ? Nous pensions aux Parisiens, avant de réaliser que la cible venant s’abonner était féminine. Nous ne nous de- mandions pas ce que nos lec- trices attendaient de nous, com- ment communiquer avec elles. Non, cela venait de nous et cela a plu : il y avait, là aussi, cette cohérence. Le facteur cléjour, on portait sa croix. Un Américain, le matin, va se dire : « Pourvu qu’il m’arrive quelque chose ! ». Pour le Français cela sera : « Pourvu qu’il ne m’arrive rien ! ». Il y a une peur de prendre des risques, une prudence que l’on cultive de manière incons- ciente. Il faut être positif, faire confiance aux gens. A la base, je n’ai pas une mentalité d’en- trepreneur, mais à force de me jeter dans le vide et de constater que j’arrivais à retomber sur mes pieds, j’ai appris à aimer cela !taille de l’entreprise. Tout cela est partiellement de la faute des entreprises et des entre- preneurs qui n’ont pas suffi- samment su montrer que les PME sont positives. Elles sont une source de dynamisme, de création de richesse et de va- leur. A coté de cela, la FranceD.A. : Depuis le début, nous avons considéré que ce quePropos recueillis par Julien FournierJUILLET-AOÛT 2014 33antages :]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB ENTREPRENDRE En immersion - ImprimerieGutenberg et les terrils3 Le secteur de l’imprimerie est ancien. Mais ce qui se trame derrière les murs n’est pas toujours connu. Enquête chez Léonce Deprez, une PME du Nord inaugurée en 1922 et chargée d’histoire...8 millions d’euros de machines. L’aventure a pour- d’Arras pour les très grosses Trois salariés accomplissent des bobines de 1.5 tonnes, mais pour l’état d’esprit de chiffre d’affaires, 160 tant commencé en 1922 à Bé- machines. Le frère et la sœur des gestes méthodiques tout des plaques en cuivre et en réflexion qui est instillé chezpersonnes, 250 maga- thune, alors capitale des Houil- en finissent avec une certaine autour, un à la sortiede la aluminium, de la colle et du le personnel. L’entreprise doit silicone pour fixer l’encre. sans cesse s’adapter, ce quizines, 100 prospectus et ca- talogues et quelques journaux imprimés. Mais si le visiteur n’a pas compris qu’il est en famille, il lui suffit de parler à ceux qu’il croise dans les bureaux. A droite la tante Marguerite Deprez-Audebert qui est Dg, à gauche le fils Léonce-Antoine Deprez, di- recteur commercial qui porte le même prénom que son ar- rière grand-père fondateur, et un peu plus loin le père, Léonce-Michel Deprez, Pdg. Et s’il a encore un doute, il peut poursuivre sa promenade dans les entrepôts afin d’échanger avec les équipes qui s’affairent autour de puis-A Ruitz, entre clochers et terrils, dans des entrepôts au bruit assourdissant, les salariés s’affairent autour des rotatives comme des abeilles autour de la rucheLes déchets sont nombreux, et les vieux papiers sont repris à 50 euros la tonne puis recy- clés. Dans un autre entrepôt des salariés casqués s’activent au façonnage, autour de rails transportant les cahiers. Des robots coupent le « dépas- sant », cette partie qui dépasse de la moitié du cahier après le pliage. D’autres à l’encar- tage aspirent la couverture pour la soulever et glisser unpasse par les équipes », déclare Léonce Michel Deprez d’une forte voix couvrant le bruit.SAGA DANS LE NORDcesse sur l’ergonomie d. et les devis, afin que des clients viennent directement à nous », énonce celui qui représentera vraisemblablement la quatrième génération de dirigeants. « La tradition veut que « la troisième bouffe le capital ». Je pense avoir dérogé à la règle », dé- clarait son père en riant.Nous sommes à Ruitz, à deux pas de la rocade minière, où se dessinent au loin clochers et terrils, dans une région mé- tallurgique, mécanique et tex- tile qui a subi une lourde re- conversion.l’immédiat était beaucoup trop cher », explique le fils Léonce- Antoine Deprez. Cette indus- trie est des plus capitalistiques et les imprimeurs doivent tou- jours investir pour ne pas mourir. Sur la droite une salle très haute recèle d’imposants rayonnages où s’empilent les stocks de papiers feuilles etkg des So Foot, Valeurs Ac- tuelles ou guides du Petit Futé, puis mettent le tout sous film. « Cette chaîne peut sans cesse être optimisée avant de parler d’innovation. Les primes d’ob- jectifs sont un bon levier, pou- vant même concerner le nom- bre de photocopies. Non pas pour les économies de papier,Le bâtiment de l’imprimerie a subi diverses extensions pour abriter toujours plus deMatthieu Camozzi34 JUILLET-AOÛT 2014lères et chef-lieu du plus gros arrondissement de France (1 million d’habitants), où Cé- lestin Basin acquiert le journal « l’Avenir de l’Artois » et son imprimerie située au cen- tre ville. Il cède la place en 1951 à son beau-fils Léonce Deprez. Cet entrepreneur, quiépoque, celle des rotatives sans sécheurs dont l’encre s’imprégnait sur les doigts des lecteurs de journaux. « Nous avons justement vendu le pôle journaux pour nous spécialiser sur l’impression de magazines », retrace Michel Léonce Deprez, égalementmachine, un autre à la bobine et encore un autre au pliage. « Nous avons accusé uneDES AMBITIONS AFFICHÉESComme une vingtaine de concurrents, l’imprimerie aspire à jouer dans la cour des grands, à l’échelle nationale. Quatre terrains de « jeu » se distin- guent : le magazine, le cata- logue, le prospectus et les mar- chés publics. C’est sur le pre- mier qu’elle s’est affirmée, bien que « les bulletins pa- roissiaux aient été notre pre- mière activité », se remémore avec le sourire Michel-Léonce Deprez. Ainsi ce spécialiste de la presse moyen tirage (de 2 000 à 150 000 exemplaires) se charge de la gestion des stocks papier, abonnements, impression, façonnage et rou- tage intégrés, des livraisons Presstalis et MLP. Son atout clé ? Sa proximité et sa rapidité d’exécution. Reste à le faire savoir, par des campagnes de phoning ou du bouche à oreille. Un bureau parisien, dirigé par Antoine-Léonce Deprez, gère la relation avec les clients pa- risiens et le CRM. L’antenne centralise le marketing pour assurer le buzz ou les soirées partenariats. « Le secteur de l’imprimerie est assez conser- vateur, il nous faut défricher de nouveaux terrains afin de nous différencier, par exemple en traitant directement avec les grands comptes pour l’im- pression de leurs catalogues, sans passer par les agences. Ce qui requiert de nouveaux profils de commerciaux. De même nous travaillons sansFOURMILIÈRE ORGANISÉELa salle des ordinateurs reçoit les bons à tirer des rédactions, sorte de chambre de la reine constituant le flux prépresse qui partira pour l’impression puis le façonnage. Un peu plus loin dans des entrepôts au bruit assourdissant une ver- nisseuse marche à plein ré- gime, des rotatives japonaises ou allemandes crachent avec vélocité des pages où Laurent Delahousse apparaît en photo, dans une odeur caractéristique d’encre, d’huile et de colle.u sitebaisse de 20% de la produc- tivité sur une machine en- dommagée et avons déboursé 250 000 euros de réparations pour prolonger sa vie, car en racheter une nouvelle danspapier, « ce qui coûte 30 euros pour 1 000 exemplaires, contre 100 euros si un homme le faisait », explique un des sa- lariés. D’autres enfin empilent sur des palettes de 700 à 800santes rotatives vrombissantes tels des abeilles autour de ruches. « Trois générations de mêmes familles travaillent ici. Les gens sont peu mobiles dans le Nord », explique le Pdg qui se reconnaît volontiers dirigeant paternaliste.sera maire du Touquet puis député du Pas-de-Calais, lance « Les Echos du Touquet » en 1957, puis l’hebdomadaire « Montreuil Hebdo » en 1978. « Mes parents étaient des journalistes dans l’âme. Mon père a aussi créé la journal de la Côte d’Opale, et ma mère venait d’Elle », se sou- vient le Pdg. Léonce-Michel, qui prend la main en 1993 avec sa sœur Marguerite, après le déménagement de l’entre- prise à Ruitz en 1989. Cet élu consulaire à la chambre régionale de commerce dé- veloppe les ateliers de façon- nage et de routage à Ruitz et fait construire en 2005 le siteconseiller municipal de l’op- position au Touquet.]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frElectron libre CLUB ENTREPRENDRE Karim Fahssis, entrepreneur dans le ventDe Paris, où il est né, à Hyderabad en Inde où il a créé Meteopole, en passant par Centrale Nantes et Pékin, «L ilabâtisacarrièresanstenircomptedesfrontières,portéparleventdel’entrepreneuriat.’entrepreneuriat Convaincu qu’il faut apporter est une dimen- une véritable valeur ajoutée sion qui fait par- pour s’imposer sur le mar-tie du parcours des étudiants ché, il ne propose pas uni-de Centrale, mais ce n’est pas une issue automatique pour autant. On peut intégrer le monde de la grande en- treprise, pour y grandir petit à petit et occuper des fonc- tions de direction. On peut aussi débuter sa carrière dans une PME, mais souvent les perspectives profession- nelles ne sont pas forcément à la hauteur de ce que l’on veut faire. Alors on décide de voler de ses propres ailes », décrit simplement ce jeune Parisien de 30 ans, qui a fait le grand saut loin de l’Hexagone.quement du calcul des vents, mais intervient en fait sur toute la chaîne de valeurs. « A mes yeux, pour accélérer le développement des éner- gies renouvelables, c’est dans ce sens qu’il faut tra- vailler », affirme-t-il.GOÛT D’EXTRÊME-ORIENT En 2005, alors étudiant à Centrale Nantes, il part à Xi’An, capitale de la pro- vince du Shaanxi, dans le cadre d’un échange univer- sitaire. Il passe deux années sur place, tombe amoureux de la Chine et décide de pro- longer l’expérience. Mais pour cela, il doit trouver l’en- treprise qui voudra bien lui donner l’opportunité de faire ses débuts dans le monde professionnel, à plusieurs milliers de kilomètres de chez lui. L’opportunité se présente avec Meteodyn, une société française spécialisée dans le calcul du vent.« J’ai ouvert l’antenne de Pékin, dans le cadre d’un VIE. Elle avait pour objectif de rayonner sur l’ensemble de l’Asie. La mission pro- posée correspondait exacte- ment à mes attentes, car je voulais travailler dans les énergies renouvelables et j’avais envie de bâtir quelque chose, en partant de rien. Avec Meteodyn j’ai été servi : il fallait tout monter. » C’était la dimension entrepreneuriale de la mission qui l’intéressait. Meteodyn n’avait aucune présence en Chine avant son VIE, et lorsque Karim Fahs- sis en est reparti en 2012, le bureau qu’il avait monté gé- nérait 60% du chiffre d’af- faires total de l’entreprise.Le goût du large, toujours...DE PÉKIN À PARIS EN VÉLOKarim Fahssis a assuré la montée en puissance sur une période de cinq ans, qu’il interrompt de mars 2009 à mars 2010, pour relier Pékin à Paris à vélo. Plusieurs mil- liers de kilomètres, qui vont compter dans la démarche de cet entrepreneur distingué par le MIT comme un des meilleurs talents français. « Indirectement, ce trajet a du sens dans mon projet en-convaincu que c’est un élé- ment révélateur. De retour de ce voyage, j’étais plus mûr et j’étais convaincu qu’il était possible de faire autre chose. »l’emplacement qu’ils esti- ment prometteur, pendant au moinsunan.Siàlafinde ce délai les données montrent que le lieu a un faible po- tentiel, la campagne est ar- rêtée et l’investissement perdu.confiance nécessaire pour monter mon propre projet. » Plutôt que de disposer les ressources éoliennes dans une zone choisie arbitraire- ment, Meteopole propose aux promoteurs de réaliser une analyse de préfaisabilité des zones visées, avant d’ins- taller effectivement le ma- tériel de mesure sur le terrain. « Les tours sont installées afin de valider les données de cette analyse, alors qu’au- paravant elles étaient utili- sées pour rechercher les meil- leurs emplacements et écar- ter ceux qui n’avaient pas d’intérêt. »Cette stratégie, Karim Fahs- sis a décidé de la mettre en œuvre aux quatre coins de la planète. « Partout où il y a du vent », précise-t-il en souriant. Entrepreneur sans frontière, le jeune ingénieur parisien a pris Hyderabad, en Inde, comme premier point d’ancrage. « Meteo- pole est une société de droit indien, ajoute-t-il d’ailleurs. Mais je partage mon temps à peu près équitablement entre le siège, où nous avons une équipe de douze per- sonnes, notre bureau de Nankin et notre bureau de représentation de Paris. » La présence de l’entreprise dans l’Hexagone devrait ce- pendant se renforcer très prochainement, avec la si- gnature envisagée d’un pro- jet de rapprochement avec une autre société française. « Cela nous permettra de nous affirmer sur les mar- chés européens, car pour le moment nous sommes sur- tout présents en Inde, qui reste notre plus gros marché, en Chine, en Asie du Sud- Est, en Turquie, au Maroc et en France. »Une conviction qui se traduit moins de deux ans plus tard par la création de Meteopole. Durant les années passées chez Meteodyn, il avait dé- celé un besoin récurent chez les promoteurs de turbines éoliennes. Pour qu’un parc éolien soit finançable, sesDe retour de son voyage, Karim Fahssis a l’idée de créer un outil logiciel, sus- ceptible d’offrir aux promo- teurs un accès à une nouvelle source d’informations durant cette étape de prospection.Après l’Europe, Karim Fahs- sis souhaite poser un pied de l’autre côté de l’Atlan- tique. Un plan de dévelop- pement sur quatre ans a été élaboré en ce sens et Me- teopole est à la recherche d’un partenaire nord-améri- cain disposant d’une tech- nologie complémentaire. « Nous avons déjà entamé des discussions, mais il n’y a rien de concret, lâche-t-il cependant. Mais le vent de l’histoire souffle dans cetteRelier Pékin à Paris à vélo a influencé la démarche de cet entrepreneur distingué par le MIT comme un des meilleurs talents français.UNE SOCIÉTÉ DE DROIT INDIEN Meteopole ne se contente pas d’affiner la démarche de Meteodyn. « Notre ap- proche du marché est tota- lement différente, confirme Karim Fahssis. Je me foca- lise sur les énergies renou- velables, mais pas unique- ment sur l’éolien, même si cela reste pour le moment un élément prépondérant dans notre activité. ».trepreneurial. Il m’a été utile, promoteurs doivent présenter « J’ai pensé qu’il était pos- car il m’a donné des bases aux banquiers une importante sible de faire les choses dif- pour m’adapter à des envi- quantité de données de via- féremment, en adoptant un ronnements différents et à bilité prises sur le terrain. autre modèle, avec une autre des conditions imprévues. Un défi qu’ils relèvent en vision des choses. Comme Bien entendu cela n’a pas installant une tour météoro- mon expérience profession- de lien direct avec la création logique, qui mesure la vitesse nelle avec Meteodyn avait de Meteopole, mais je reste et la direction du vent, à été positive, j’ai acquis ladirection... »Jacques DonnayJUILLET-AOÛT 2014 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUb ENTrEPrENDrE Leçons de mauxEssaie encore...Et si le « try and learn » était la solution à tous les problèmes ? Illustration avec Pauline Laigneau, cofondatrice de la start-up Gemmyo.com, qui en a fait son credo.«Wdans la langue de Molière, pourrait donner : « Pas de grande réussite sans grande prise de risque », est devenue le gimmick de Pauline Lai- gneau. La cofondatrice de Gemmyo.com, qui évolue dans la vente en ligne de bi- joux sur-mesure, assume une vision de l’échec à contre- courant des mentalités fran- çaises, qui le considèrent gé- néralement comme tabou, si ce n’est honteux. « L’échec est le symbole d’une prise de risque, répète à l’envi la jeune dirigeante de start-up. Si vous avez échoué, c’est que vous avez essayé. » Selon elle, un entrepreneur qui n’est pas courageux est un mauvais entrepreneur. « Le courage est une vertu peu valorisée dans notre pays, où l’on at- tache davantage d’impor- tance à la rationalité. Il sous- tend presque une connotation péjorative : on dit souvent de quelqu’un qui est coura- geux qu’il n’est pas intelli- gent. Or pour moi le courage est réfléchi. Il n’est pas de l’inconscience. »Quand elle parle d’échec, Pauline Laigneau parle d’ex- périence. Car, à 31 ans, son parcours est déjà bien fourni en désillusions. « Mon chemin n’a pas été celui d’un entre- preneur classique, souligne- t-elle. J’ai fait des études lit- téraires jusqu’à Normale sup sous la pression familiale. Cela devait me mener à faire de l’enseignement ou de la recherche. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais... Un véritable choc ! Je me suis dit qu’il me fallait trouver une autre vocation. » Son père, entrepreneur autodi- dacte, rêve qu’elle fasse l’ENA. « J’ai été miracu- leusement admissible aux oraux. J’ai travaillé deux ans pour passer le grand oral où j’ai obtenu un... 2/20. Une humiliation publique. C’était catastrophique car je faisais défaut à mon père. » L’électrochoc est rude mais salutaire. C’est à ce moment-36 JUILLET-AOûT 2014in big or fail big. » Cette maxime qui,là que la jeune femme prend Unis, Pauline Laigneau crée Or, avant de tirer des plans une deadline puis nous avons savieenmain.«J’aieula Top angle, un ancêtre des sur la comète, il faut com- commencé par la pratique, révélation que j’avais vécu MOOCs qui ambitionnait de mencer par faire des tests à en créant un site internet la vie rêvée de mon père du-vingtaine de bijoux par jour dans une fourchette com- mençant à 80 euros et pou- vant flirter avec les 100000 euros.rant 25 ans, reconnaît Pauline Laigneau. Mon début de vie avait été complètement contraire à ce qui me plaisait vraiment : l’aventure et la créativité. Il m’a fallu être honnête avec mon père et moi-même : j’avais perdu 25 ans de mon existence...»Un bon investisseur sait qu'un business plan ne sert pas à grand chosePAS DE BUSINESS PLANL’idée de Gemmyo fleurit en 2011 alors que Pauline Lai- gneau choisit une bague de fiançailles avec son compa- gnon. « L’expérience n’était pas du tout agréable, se sou- vient-elle. L’ambiance était plutôt intimidante et le choix assez limité. Faire du sur- mesure était très compliqué. » C’est ce jour-là que la jeune femme décide de dépoussiérer un secteur qui, selon elle, en a bien besoin. Elle développe donc, avec son compagnon et le frère de celui-ci, une technologie 3D qui permet à l’acheteur de voir directement en ligne le bijou qu’il souhaite faire fabriquer. Trois ans plus tard, la petite entreprise pari- sienne emploie quinze per- sonnes, vise la rentabilité et 3 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’exercice en cours (soit le triple par rapport à 2013).Peu de temps après, Pauline Laigneau intègre HEC en- trepreneurs. C’est là, au sein de la plus prestigieuse école française de management, qu’elle expérimente sa se- conde erreur. « A l’époque,pas si l’on se trouve constam- ment des excuses. »C’est avec cette méthode, qu’elle résume par la formule « try and learn », que Pauline Laigneau a posé les bases de son business actuel. « Je pense qu’il faut en perma-les choses ne se passent ja- mais comme prévu au départ. Il faut vraiment tester le monde réel car le concret n’est pas tendre. » Une mé- thode porteuse de riches en- seignements. « Certaines en- treprises peuvent mettre des années avant de bien cerner leur clientèle, souligne Pau- line Laigneau. En ce qui nous concerne, nous étions partis sur un créneau moyen de gamme. Mais avec l’expé- rience, le marché nous a montré que le panier moyen se situait plutôt autour de 1000 euros que de 300 ou 400 euros. » Aujourd’hui, Gemmyo commercialise uneneYann Petiteauxdonner en streaming des conseils pour réussir ses en- tretiens. « L’idée était de faire parler des gens quipetite échelle. On apprend à marcher en marchant et la vraie difficulté est d’assumer ses échecs. On ne progresseavec peu de moyens et en vendant quelques bijoux. Il est possible d’énormément progresser en pratiquant, car"Mem̂ e pas peur..." ESSAIE ENCOREIl faut dire que la start-up en est déjà à sa troisième levée de fonds. Au total, la jeune entrepreneure a déjà dégotté 4 millions d’euros auprès de business angels (dont l’un des co-fondateurs de Priceminis- ter) et du fonds Alven capital. « Lorsque nous avons fait no- tre première levée de fonds, nous n’avions pas de business plan, précise Pauline Lai- gneau. Nous leur avons juste montré notre site et les cinq ventes que nous avions faites avec zéro euro et aucun mar- keting. Un bon investisseur sait bien qu’un business plan n’est pas représentatif du futuravaient intégré une grandeécole, souligne la jeunefemme. Le problème, c’estque nous avons tout fait àl’envers : avant de mettre enligne la moindre vidéo, nousnous sommes lancés dansl’élaboration d’un businessj’avais monté un projet d’en- plan hyper-construit. Nous nence essayer, se tromper etLe grand oral de l’Ena ? 2/20, une humiliation publiqueà cinq ans. Il sait que cela. sert pas à grand chose et que cela montre au mieux que vous savez être rigoureux. C’est pourquoi nous avions choisi de prendre les choses à rebours et de montrer quelque chose de tangible, plutôt que de présenter un document de 200 pages. »treprise, nul de bout en bout », résume-t-elle sans la moindre concession. Avec deux associés basés aux Etats-avons passé beaucoup de temps à réfléchir à des concepts sans jamais mettre les mains dans le cambouis.recommencer, estime la jeune femme. C’est ce que nous avons fait avec Gemmyo. Nous nous sommes donné]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frProspective - Alimentation du futur CLUb ENTrEPrENDrE L Une pincée de criquets, un soupçon d’algues...Nous serons neuf milliards d’individus en 2050 et les ressources ne sont pas infinies. De quoi obliger l’humanité – et surtout les Occidentaux – à changer leur régime alimentaire...’inspecteur Damien connu pour ses chips aux algues Spiruline de bretagne et ses grignote toujours au et sa boisson permettant à elle effectifs. La société, devenue travail, laissant seule de satisfaire tous les be- leader mondial dans cette mi-quelques miettes éparses sur soins nutritionnels journaliers. croalgue bourrée de protéinesses écrans et projecteurs en 3D. Plongé dans ses médita- tions, observant de son hublot les aérolib survolant la Seine, il ne peut s’empêcher d’avaler en série ses chocolats aux vers de farine. Mauvais signe, in- terprété par son équipe. Lorsque ce fin limier gobe des friandises proposées par le robot d’étage, ou quelques macarons à la poudre de fourmi achetés à l’insecterie du coin, c’est qu’il fait du sur-place dans son en- quête. Mais quand le natif de Chaumont, de la région Picar- dennes, passe aux pâtes de protéines de pois glanées au distributeur de l’étage, c’est qu’il est sur le point de trouver la clé. Son humeur passe du vague à l’âme à l’hilarité la plus totale, et ses hommes sa- vent qu’ils doivent se préparerLe leader mondial, Hampton Creek Foods, producteur de gâteaux sans œufs tirés d’un substitut végétal de pois et de sorgho, a à son origine bien utilisé les financements du mil- liardaire bill Gates, fondateur de Microsoft dont tous les grands-parents se souviennent. Mais malgré l’attachement de l’Hexagone à la cuisine d’antan, les recherches, élevages de cri- quets et cultures d’algues ont pullulé. L’enquêteur de haut rang jette un dernier regard sur les écrans de ses smartglasses, regroupant des données suret d’oligoéléments, voit les se- crets de ses bassins abrités éventés. Il lui faut mettre à jour le réseau de renseignement qui agit. N’y tenant plus, l’inspec-"A table, les enfants !"son ? Son talent pour démas- quer les « mouchards », phy- siques ou en ligne, qui se ren- seignent pour le compte de puissances étrangères sur les innovations agroalimentaires hexagonales. La surpopulationsous l’égide du ministère de l’Intérieur. Si l’inspecteur Da- mien s’active avec Europol et la DCrI, c’est bien parce que les positions durement acquises par la France en 40 ans dans la « nouvelle alimentation »la planète. Quinze kilos de maïs et 3000 litres d’eau étaient alors nécessaires pour « fabri- quer » un kilo de bœuf, ce qui n’est plus envisageable au- jourd’hui. Le salut est donc vite passé par les protéines vé- gétales et les insectes. Un défi que les sociétés tricolores ont su relever, transformant dès 2015 d’anciennes féculeries en bioraffineries, capables de traiter des pois protéagineux pour en extraire les protéines, l’amidon et les fibres. Des entreprises comme Tête en mer à Saint- Malo, spécialisée dans les bois- sons à base d’algues dès 2012, ont su grandir malgré la forte concurrence des géants amé- ricains. Ceux-ci n’étaient alors que des start-up, comme beyond Meat, le concepteur des blancs de poulet à partir de plantes, New Frontier FoodsJulien TarbySelon Jean-Baptiste de Panafieu*, biologiste de formation et auteur scientifique :Comment est né ce livre sur la nourriture à base d’insectes ?Plusieurs milliards d’individus en consomment sur Terre, non pour la survie mais par goût. Ce sont nos cacahouètes à l’apéritif, nos lardons ajoutés dans le plat du soir. Au Mexique, en Thaïlande ou en Afrique les enfants emmènent à l’école leur sachet de criquets grillés. Plus de 1000 espèces d’insectes sont consommées. Et l’Europe ? Les Grecs et les Romains en mangeaient, et les entomologistes ont rapporté que les enfants faisaient de même dans les villages au XIXe siècle. J’ai visité des labos de R&D aux Pays-Bas qui étudient la question économique de l’élevage, recommandé par la FAO.Un basculement dans la nourriture est-il envisa- geable ?Les habitudes alimentaires évoluent beaucoup plus facilement qu’on ne le pense. Songez aux sushis que nos aînés détestaient. En France les élevages de criquets, grillons et vers de farine suscitent l’intérêt car c’est une bonne source d’alimentation supplémentaire sans mauvaises graisses. Et le rendement des élevages est excellent. Il faut dix kilos d’herbe pour faire un kilo de veau, 1,5 kilo de plantes est nécessaire pour produire 1,2 kilo d’insectes. La « transformation » est plus efficace parce que les insectes ne produisent pas de chaleur et ne dépensent pas d’énergie.Une substitution est donc crédible ?Il n’y aura pas un remplacement. Mais nous consommons aujourd’hui beaucoup de protéines invisibles, par une poudre présente dans les raviolis, les pâtes, la charcuterie... Egalement par ce que nous donnons aux volailles, vaches, porcs, poissons d’élevage. Il s’agit souvent de soja OGM de mauvaise qualité nécessitant beaucoup de ressources et d’engrais. Ces tonnages importants pourraient être remplacés par la farine d’insectes.* « Les insectes nourriront-ils la planète ? », de Jean-Baptiste de Panafieu, éd. Rouergue, 2013teur prend son mante. s’évade du commissariat par une tyrolienne dérobée, pour se rendre dans son petit restau- rant préféré rue de Seine, afin de réfléchir au calme en ingur- gitant beignets de criquets et salade d’algues wakamé, dulse et ulve. Le menu classique des brasseries parisiennes...au etLe coin des experts :Beignets de criquets et salade d’algues wakamé, dulse et ulve. Le menu classique des brasseries parisiennes...à une opération aéroportée, car l’espion est en passe d’être dé- masqué. Tout le monde lui par- donne ses sautes d’humeur in- tempestives, même quand elles surviennent lors des repas de Noël, alors que la brigade se délecte d’un steak de viande in vitro obtenu à partir de cel- lules souches de vache. La rai-planétaire, les protéines ani- males toujours plus rares et coûteuses en ressources ont hissé ce secteur parmi les plus stratégiques. La brigade d’en- quêtes vétérinaires et phyto- sanitaires de la Direction gé- nérale de l’alimentation est désormais un véritable service de contre-espionnage, passésont menacées. Dès les années 2000 la FAO, organisation des Nations unies pour l’alimen- tation et l’agriculture, s’est alar- mée de la progression de consommation de viande et de poisson. Des mesures ont dû être prises pour réduire les risques cardio-vasculaires d’une part, mais surtout pour préserverSelon Pierre Feillet*, directeur de recherche émérite à l’INRA,membre de l’Académie des technologies et de l’Académie d’agriculture de France :Pourquoi avoir écrit un ouvrage sur l’avenir de notre alimentation ? Des ruptures surviennent dans l’écono- mie, la politique et même la culture. Et l’alimentation ? La démographie explose, les personnes âgées sont plus nom- breuses, les classes moyennes s’enrichis- sent, le climat se réchauffe, le consommateur est plus sensible à l’im- pact environnemental. Tous ces faisceaux augurent d’une rupture. Dans les années 50 nous avons connu le machinisme agricole, les progrès de la chimie et des produits phytosanitaires, les semences plus performantes, les agriculteurs mieuxéduqués et les systèmes d’irrigation plus efficaces. Mais pouvons-nous continuer comme ça ? La réponse est non.Où le changement surviendra t-il selon vous ?Notre assiette sera peu ou prou la même dans 40 ans, le repas toujours instant de convivialité en France. Mais une rupture technologique se produira dans la chaîne avant l’assiette : dans la production agri- cole avec les machines connectées, l’agroalimentaire, la distribution et la manière de préparer les plats avec de nouveaux appareils électroménagers in-telligents. Mais je ne crois pas à la dis- parition de la consommation de viande animale.Et les insectes ?Même les populations qui en mangent le plus ne parviennent à couvrir que 10% de leurs besoins en protéines. En re- vanche les larves d’insectes seront sûre- ment plus données aux animaux d’élevage.* « Quel futur pour notre alimentation ? », de Pierre Feillet, éd. Quae, 2014JUILLET-AOûT 2014 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - CrowdfundingCrowdfunding, emporté par la foulePourquoi ne pas faire appel à des particuliers pour récolter des fonds et faire décoller son business ? Inexistant il y a une dizaine d’années, le marché du financement participatif a été multiplié par dixen l’espace de deux ans. Révolution en vue ? Décryptage."EFrance : l’arrivée du siteLes fonds collectés, qui atteignaient à peine 7,9 millions d’euros en 2011, ont bondi à 27 millions en 2012, puis à plus de 78 millions en 2013 selon une étude du cabinet Compinnov. Tant et si bien que certains observateurs du secteur voient d’ici 2020 un potentiel de collecte de 2 milliards d’euros... Le financement par les autres est bien en passe de devenir une véritable institution, segment incontournable de la levée de fonds pour toute jeune entreprise en croissance. Surtout, ce mode de financement permet à l’entrepreneur de travailler son image de marque en même temps qu’il procède à une levée de fonds. Mieux : comme le financement participatif touche avant tout des particuliers intéressés par la démarche et les produits – donc des clients potentiels – ceux-ci deviennent les premiers ambassadeurs de l’entreprise. Aujourd’hui, les campagnes de financement se divisent en trois catégories : sous forme de dons (les particuliers donnent des fonds en échange de cadeaux ou de services attribués si le projet parvient à maturité), sous forme de prêts (l’internaute se substitue alors à la banque, avec un retour sur investissement défini à l’avance), et l’equity (le financeur devient alorsJuridiqueQueditlaloi?La réforme du crowdfunding, présentée par Arnaud Montebourg en mai, devrait entrer en vigueur dès le mois d'octobre. La France fera alors partie des tout premiers pays à se doter d'une législation visant à encadrer ce nouveau mode de financement.• Une entrave au monopole bancaireLa première mesure de ce texte concerne le financement sous forme de prêts : elle stipule que les particuliers pourront prêter des fonds à d'autres particuliers ou à des entreprises contre rémunération. Un point fondamental, puisque cette activité était jusqu'à présent réservée aux banques. A noter que ce droit est encadré, puisque la somme maximale prêtée par un particulier sur chaque projet restera soumise à un plafond. Ce montant, qui sera précisé de façon officielle au mois de juillet par décret, devrait être de 1000 euros. • Des conditions plus souplesLe deuxième point important du texte concerne le financement participatif sous forme de titres financiers. Il marque un assouplissement des règles d'appel public à l'épargne. Les PME pourront ainsi lever jusqu'à un million d'euros via des titres financiers sans avoir l'obligation d'établir un prospectus visé par l'AMF.• Deux nouveaux statutsLe texte publié au Journal Officiel entérine par ailleurs la création de deux nouveaux statuts. Celui de conseiller en investissements participatifs (ou CIP) pour le financement en equity, et celui d'intermédiaire en financement participatif pour le financement sous forme de prêt. Ce dernier permet aux plateformes de mettre en relation les porteurs de projets et les prêteurs ou donateurs. Celui- ci prévoit que les intérêts soient limités aux taux d'usures légaux, et que les conditions soient formalisées dans un contrat type.• Enthousiasme des professionnelsLes acteurs du secteur, qui attendaient l'instauration d'un cadre réglementaire, voient dans cette réforme une reconnaissance de leurs métiers. « Il y a eu des avancées très intéressantes ces derniers mois, se félicite Benoît Bazzocchi, président de la plateforme SmartAngels.fr et de l'Association française de l'investissement participatif (Afip). Nous allons avoir un cadre très favorable qui laissera aux plateformes françaises la possibilité de se développerd'une manière assez forte. »Tiens petit, va me chercher le pain et avec la monnaie investit dans une start up"MyMajorCompany. Michaël Goldman, qui pilote le projet, ambitionne de permettre aux internautes de se substituer aux labels phares. L’idée est simple : démocratiser la production musicale en proposant aux particuliers de soutenir financièrement de jeunes artistes, en échange d’une rémunération sur les futures ventes de l’album. Si le site a nourri des critiques, notamment concernant l’opacité de ses comptes, il a marqué enPEOPLE HAVETHE POWEREn février dernier, Fleur Pellerin s’est engagée fermement en faveur du crowdfunding : la Ministre a déclaré vouloir faire de la France un pionnier duFrancel’avènement du financement participatif. Mieux :dans la recherche d’un Ln 2007, le monde de la musique connaissait une petite révolution enfinancement participatif, ou crowdfunding. Depuis, ce concept a dépassé la sphère artistique avec la multiplication des plates- formes. De plus en plus organisées, de plus en plus efficaces et de plus en plus professionnelles, celles-ci se tournent désormais vers les jeunes entrepreneurs.le pays doit pour elle décrocher « la médaille d’or du crowdfunding ». Pour l’heure, la France est encore loin d’atteindre la première marche du podium. Difficile en effet de rivaliser avec les Etats-Unis, en pointe notamment sur le financement grâce à une culture entrepreneuriale forte. Les USA comptent de véritables locomotives telles que KickStarter. L’an dernier, ce géant a drainé à lui seul plus de 480 millions de dollars auprès de trois millions d’internautes. Sans atteindre ces sommes colossales, le marché français affiche une croissance insolente.J’aime ma boîteSe sentir bien grâce à l’entreprise... Et pourquoi pas ?chronique parrainée’idée d’une entreprise partenaire de son salariéils sont tout aussi nombreux à penser que leur entreprise peut les aider à adopter un mode de vie plus sain. Paradoxal ? Pas tant que ça ; après tout, l’entre- prise n’est-elle pas un lieu de vie où l’on passe de plus en plus de temps ? Et sans en être l’initiatrice, n’est-elle pas le re- flet de nos modes de vie séden- taires et stressants ?les valeurs du sport comme cela se faisait beaucoup dans les années 90 ; leur démarche consiste à mettre à la disposi- tion des salariés qui le souhai- tent des services de prévention-santé qui permet- tent de contrecarrer les effets néfastes de nos modes de vie et de travail ; et le catalogue gros- sit tous les jours : espaces forme (avec salles de fitness, espaces de sieste et coin ostéopathie), ou encore des ateliers de forma- tion ; on y apprend par exemple des techniques de récupération simples ou comment faire une sieste flash... Pas inutile quandon sait que plus d’un tiers des actifs est en déficit chronique de sommeil !Et tout le monde s’y retrouve in fine : l’entreprise a des salariés moins absents et plus efficaces et ceux-ci apprécient d’être plus en forme. Être bien dans son corps, cela aide à être bien dans sa tête, bien dans son job, et bien dans son équipe. D’ail- leurs ce n’est pas un hasard si les entreprises concernées en ont fait un argument de recru- tement !Présidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESEFélicité des Nétumières Directrice Associée Wellness Training38 JUILLET-AOÛT 2014par Sophie de Menthonéquilibre de vie aurait paru to- talement saugrenue il y a en- core dix ans ! Bien sûr, la satisfaction d’un salarié dans l’entreprise, c’est d’abord sa sa- tisfaction professionnelle : un job intéressant, un environne- ment de travail adapté et des collègues sympas ; mais au- jourd’hui les salariés veulent plus, ils veulent être en forme ! D’une part 60% d’entre eux es- timent que leur travail influe négativement sur leur hygiène de vie et dans le même temps,Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à répondre fa- vorablement à cette demande de bien-être exprimée par leurs salariés. L’idée ici n’est pas de former des grands champions sportifs ni même de transmettreŒ]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Épargnonsles kilomètres,épargnons local.| SOYONS ACTEURS | de notre croissance économique, cultivons notre épargne localement.21b rue Jacques Cartier 78 960 Voisins-le-Bretonneux - Francetél: +33 (0)9 81 92 79 53 email : contact@finango.fr www.finango.fr]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Crowdfundingvéritablement actionnaire ausein de la société qui sollicitedes fonds). Pour l’heure, lefinancement en equity resteminoritaire, avec seulement 10millions d’euros investis en 2013contre 48 millions pour le prêt.Mais l’arrivée d’un nouveautexte de loi, qui vient comblerle vide juridique qui existaitjusqu’à présent autour de cettepratique, pourrait changer ladonne (voir encadré).KissKissBankBank, la plusimportante plateforme française(avec près de 8 millions d’euroscollectés l’an dernier), secantonne aujourd’hui auxcampagnes sous forme de dons...mais elle prévoit dès 2015 dese lancer dans les deux autresformes de crowdfunding, y Joachim Dupont, associé chezAnaxago. Cette plateforme dédiée aux PME de croissance est l’un des principaux acteurs du financement en equity. Elle fédère 25000 particuliers, et se présente comme une véritable alternative de financement pour les entreprises. Les plateformes fondées sur le même modèle se sont multipliées en l’espace de deux ans. Leurs services diffèrent souvent sur la forme : la plupart d’entre elles se spécialisent sur un secteur, une taille d’entreprises, ou se démarquent par certaines options. Toutes proposent cependant le même service : l’investissement en direct dans des entreprises. Elles ont également en commun la volonté de rassurer au maximum les investisseurs sur la solidité et le potentiel de croissance des projets qu’elles mettent en lumière. Et pour cause : le financement en equity représente en général plusieurs milliers d’euros, contrairement aux dons ou aux prêts, où les tickets d’entrée sont beaucoup plus faibles. Les investisseurs représentent donc une clientèle très exigeante, qui attend avant tout un retour sur investissement.voyant un relais de croissance indispensable pour poursuivre son développement.Trois questions à Mehdi Gaiji, gérant et fondateur de Finango, plateforme de crowdfunding qui ouvrira ses portes prochainement :« Nous ne ponctionnons pas les investisseurs s'ils ne réalisent aucun gain »Dans un marché très concurrentiel, comment comptez-vous vous démarquer ?Nous ne sommes pas une plateforme généraliste. Nous allons donc cibler trois secteurs sur lesquels notre équipe a une expertise : l'immobilier, les énergies renouvelables et les nouvelles technologies. Nous sommes tous des professionnels de la finance, ayant levé des dizaines de millions d'euros dans ces trois secteurs. Nous voulons capitaliser sur cette expérience pour ajouter de la plus-value et proposer des investissements intéressants au plus grand nombre. Notre objectif est d'essayer de financer deux projets par mois sur la phase de démarrage. A terme, nous souhaitons parvenir à financer un ou deux projets par semaine. En termes chiffrés, l'objectif est de parvenir à lever deux millions d'euros dans les douze premiers mois.Quel est le business model d'une telle plateforme ?Il existe différents niveaux. Certains porteurs de projets ont besoin d'un accompagnement pour structurer une offre : « marketer » une présentation, établir un business plan... Nous pouvons fournir ces prestations, qui leur sont facturées sous forme de forfait. Nous prélevons aussi des frais de gestion pour assurer le suivi juridique. Enfin, au moment de la sortie des investisseurs, nous prélevons 20% du gain. C'est un modèle qui permet d'amortir initialement le travail fourni, de veiller à la bonne réalisation de l'investissement, et de pouvoir participer à la sortie. Bien entendu, nous ne ponctionnons pas les investisseurs s'ils ne réalisent aucun gain. C'est aussi une façon pour nous d'être partie prenante de la bonne réalisation de l'investissement.Comment les investisseurs peuvent-ils contrôler que les fonds versés seront bien utilisés dans le cadre des activités présentées par l'entrepreneur ?Il existe toujours un risque que le porteur de projet soit malhonnête et utilise l'argent à d'autres fins. Les plateformes doivent identifier et limiter les risques en amont. Nous imposons des contrôles, des audits externes dans le cadre de la levée de fonds pour obtenir des comptes-rendus officiels sur l'utilisation des capitaux de la société. Réglementairement, rien ne force à utiliser les capitaux, mais ce problème touche toute augmentation de capital de société... Il ne faut pas voir tout porteur de projet comme un arnaqueur potentiel. De plus, en tant qu'associé, les investisseurs ont un droit de vote à l'assemblée générale en plus du droit à la perception d'un résultat éventuel.UNE ALTERNATIVE AUX BANQUESLe succès croissant du financement participatif s’explique notamment en raison du tarissement des financements classiques. Les patrons de PME en phase de création se heurtent souvent à un mur lorsqu’ils tentent d’accéder au crédit bancaire pour investir dans du matériel ou financer le besoin de trésorerie... « Il est très difficile pour une entreprise innovante de trouver des fonds à moins de réaliser un chiffre d’affaires d’un million d’euros », déploreFranchise & PartenariatparMichel KahnConsultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)L’optimisation de l’aménage- ment des points de vente : au cœur de la stratégie des réseauxe système d’optimi- générer une émotion qui fa- sation de l’aménage- vorise l’achat d’impulsion. ment des espaces de Elle repose sur la stimulationvente constitue un outil puis- du rêve et du désir.sant de conquête et de fidé- lisation de la clientèle. Voici cinq rouages qui témoignent de son originalité :• La revitalisation du concept par la transforma- tion régulière des points de vente répond directement à l’attente de renouveau des consommateurs. Celle-ci sera d’autant plus efficace et sim- ple que le concept sera mo- dulable.• La modularité du concept architectural permet de pré- voir et d’adapter tous les éléments évolutifs de la marque et de son activité. Elle fait vivre le lieu de vente au rythme des saisons et de l’évènementiel.• Le concept « levier » :• La sensorialisation du concept, grâce à la méthode du Feng Shui réseau, consiste à rechercher l’adéquation énergétique idéale entre es- pace et activité. Il s’agit aussi pour l’enseigne de créer une « identité extrême », composée de tous les élé- ments perceptibles par les cinq sens.l’application de cette stra- tégie n’impacte pas unique- ment les ventes, elle renforce aussi la maîtrise du déve- loppement du réseau et par- ticipe à la fidélisation des affiliés.• La théâtralisation du concept, quant à elle, vise àUne identité forte, différen- ciable, reconnaissable et... évolutive ? C’est bel et bien la véritable « personnalité » d'un réseau évoluant har- monieusement dans le pay- sage commercial.BEAUCOUPD’APPELÉS, PEU D’ÉLUS Les plateformes les plus efficaces sont donc celles qui ont mis en place des processus de sélection drastiques qui visent à ne retenir que les projets dignes d’intérêt. « Nous sélectionnons avant tout nos projets en fonction de leur potentiel de croissance », explique Benoît Bazzocchi, président de la plateforme SmartAngels, qui a financé dix opérations pour un total de 4 millions d’euros. Parmi celles- ci, le réseau de vêtements pour enfants Bleu comme Gris a levé 750000 euros, tandis qu’une société de location d’appar- tements entre particuliers a récolté 300000 euros. « Nous regardons les produits, les marchés sur lesquels ces sociétés s’inscrivent, les compétences, et nous établissons une analyse financièrede la société. Notre métier est de présélectionner les dossiers avec des experts, et de présenter le fruit de notre analyse aux investisseurs potentiels de façon très transparente », ajoute Benoît Bazzocchi. Anaxago utilise une grille de lecture qui lui permet d’éliminer d’office tous ceux qui n’entrent pas dans le positionnement de la plateforme. « Nous écartons par exemple d’entrée de jeu les entreprises trop vieilles qui opèrent sur un secteur mature, ou au contraire celles qui en sont à un stade trop précoce, comme celles qui n’ont pas encore développé de site web, explique Joachim Dupont. Nous avons une grille de près de 40 points de contrôle : financier, juridique... tout estpassé en revue pour garantir le potentiel des projets qui passent sur notre plateforme. » Depuis sa création en septembre 2012, Anaxago a ainsi financé 18 entreprises au total... soit 3% seulement des projets soumis. Le réseau collaboratif d’entraide entre femmes Mes Bonnes Copines fait partie des heureux élus. « Nous voulions lever 200000 euros pour financer le développement de notre base d’utilisatrices », raconte Florence Haxel, la très dynamique fondatrice de la société. Nous avons levé 133000 euros par l’intermédiaire d’Anaxago, que j’ai connu via notre accélérateur. »Aujourd’hui, Mes Bonnes Copines compte 35 actionnaires particuliers, chacunayant investi entre 1500 et 20000 euros. « Cette étape a donné confiance aux business angels, ce qui nous a permis de lever les 66000 euros restants auprès d’eux », raconte la fondatrice. C’est le fameux effet de levier qui permet de transformer l’essai une fois que la levée de fonds commence à se concrétiser. Les profils d’entreprises qui sollicitent les particuliers diffèrent beaucoup d’un projet à l’autre. Le crowdfunding touche évidem- ment le secteur du Web, mais également l’agro-alimentaire, l’industrie, le design, l’immobilier, les énergies renouvelables ou encore la biotechnologie... De même, là où certains entrepreneurs viennent chercher des financements avant d’avoir40 JUILLET-AOÛT 2014ConseilsLe crowdfunding en pratiqueVous n’avez pas de cousin aux poches bien remplies, n’avez sé- duit aucun business angel, et les banquiers vous tournent le dos ? Pas de panique, les plateformes de crowdfunding peuvent être la solution pour faire décoller votre projet d’entreprise. On dé- nombre une soixantaine de plateformes de ce type en France, et plusieurs d’entre elles sont spécifiquement dédiées à l’inves- tissement dans des sociétés. Egalement appelées equity crowd- funding ou plateformes en fonds propres, elles rassemblent toutes sortes d’investisseurs invités à devenir actionnaires de la structure en question, soit en direct, comme sur Anaxago, Parti- ceep, HappyCapital, Smartangels, ou par le biais d’une holding,comme sur WiSeed ou FinanceUtile. En moyenne, les finance- ments levés avoisinent les 200000 euros sur des sites réputés comme WiSeed ou Anaxago. Certaines particularités sont inté- ressantes comme celle de HappyCapital qui impose un suivi par un accompagnateur d’entreprises, ce qui garantit un meilleur taux de réussite des projets.Mais pour avoir toutes les chances d’attirer l’attention des in- vestisseurs derrière leur écran, mieux vaut suivre quelques prin- cipes précieux. Il est recommandé de présenter son projet d’entreprise de façon très concrète, et d’expliquer de manière transparente à quoi le financement va servir. Parler de soi, deŒ]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[son histoire, et de ses motivations qui ont conduit à lancer l’ini- tiative peut également représenter une valeur ajoutée. Une fois que la campagne de récolte de fonds est lancée, il s’avère sou- vent intéressant de solliciter des blogueurs, des médias ou évé- nements spécialisés afin d’augmenter la visibilité de son initiative. Il est essentiel par ailleurs d’être réactif au fil du temps, de montrer de la disponibilité aussi bien par email que par téléphone. Pendant une période de deux à trois mois, les échanges sont nombreux. Des critères qui ont peut-être fait la différence dans le cas de BigMoustache, une jeune société d’e- commerce spécialisée dans la livraison à domicile de lames de rasoir à bas prix, qui a levé 300000 euros sur la plateforme Anaxago.www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Crowdfunding CLUB ENTREPRENDRErecruté leur premier client, d’autres réalisent déjà plusieurs millions d’euros de chiffres d’affaires. Certaines recettes fonctionnent toutefois mieux que d’autres. « Evidemment, les sociétés qui commercialisent des produits ou des services tournés vers le grand public vont forcément avoir plus de facilité à récolter des fonds par ce biais », remarque Benoît Bazzocchi, de SmartAngels. Les entreprises spécialisées en BtoB, en revanche, sont moins bien placées pour mobiliser un grand nombre de particuliers... Même si des exceptions surviennent.de KissKissBankBank. Le principal facteur de réussite est que le porteur du projet ait compris comment la plateforme fonctionne, qu’il l’envisage comme un outil. » Entrepreneurs et gérants de plateformes s’accordent sur ce point : le piège est de ne pas s’impliquer suffisamment dans la démarche. « Certains considèrent qu’il suffit de mettre un projet sur une plateforme pour que cela marche, mais ce n’est pas le cas », insiste Benoît Bazzocchi. L’entrepreneur doit donc être réactif, apprendre à animer les débats, organiser des rencontres, présenter sa campagne de manière ludique... « Nous entrons dans une phase qui commence à être assez standardisée, presque indus-trialisée, remarque Mehdi Gaiji, le fondateur de la plateforme Finango, qui ouvrira ses portes en septembre. De plus en plus de sociétés se présentent en vidéo, elles se positionnent sur les réseaux sociaux en maximisant les contacts avec les premiers et deuxième cercles pour créer du buzz. » C’est le fameux « love- money », ou l’art de mobiliser ses proches, qui feront jouer à leur tour leurs propres réseaux. Mais comment enclencher la machine, et atteindre l’effet viral tant recherché ? Comme souvent sur Internet, la clef du succès est dans le storytelling. Florence Haxel se souvient de la préparation de sa campagne. « L’une de mes bonnes marraines m’a dit : « Quelle histoire est-ce qu’on va raconter aux investisseurs ? » Le plus important est de trouver cette histoire et de tout faire pour la mettre en avant le mieux possible. » Même constat pour Jean-Frédéric Navarre, qui évoque « un vrai travail de commercial, qui passe par une très bonne communication ».cofondateur de la plateformeParticeep, les projets decrowdfunding sont appelés àêtre distribués par les banques.« Je pense que le financementparticipatif doit être un pont financement, nous aurons tout tel scénario. « Aujourd’hui, toutbeaucoup d’entreprises sont confrontées. « Si nous parvenons à construire ce pont, en s’appuyant sur des synergies fortes avec les acteurs dudans les prochaines années un mouvement de concentration sur ce secteur en plein boom. Vincent Ricordeau, de KissKissBankBank, anticipe uncompétition oblige, les plateformes sont contraintes à de très faibles commissions, ce qui les oblige à générer des volumes très importants pourà la rentabilité. Reste àL'une de mes bonnes marraines m'a dit : « Quelle histoire est-ce qu'on va raconter aux investisseurs ? »parvenir.savoir quand le secteur parviendra à maturité... « Aujourd’hui, il reste de la place à prendre, le marché offre encore beaucoup de potentiel, analyse Mehdi Gaiji. Je ne pense pas que le mouvement de concentration intervienne avant deux ou trois ans... »RACONTE-MOI UNE HISTOIRE...C’est le cas par exemple de la société Les Chaises Hautes, qui développe une gamme d’alimentation surgelée pour bébés, et qui est parvenue à atteindre son objectif : lever 250000 euros en trois mois via Anaxago. « Nous vendons nos produits à la grande distribution qui les vend aux consommateurs : c’est un modèle BtoBtoC », explique Jean-Frédéric Navarre, cofondateur de la société. C’est assez naturellement qu’il s’est tourné vers le crowdfunding : « Nous avons fait le tour des réseaux de business angels, mais nous avons préféré en sortir assez rapidement : les demandes des investisseurs n’avaient plus de sens, nous avions l’impression d’être une société du CAC 40. De surcroît, les process étaient beaucoup trop longs, alors que nous avions besoin de fonds rapidement », ajoute-t-il. Si le crowdfunding a vocation à présenter une alternative aux banques, ceux qui réussissent dans ce domaine sont ceux qui ont compris les leviers à activer pour solliciter l’intérêt du plus grand nombre. « Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas forcément la qualité intrinsèque du produit qui est décisive, remarque Vincent Ricordeau, co-fondateurentre les business angels et les fonds d’investissement classiques », estime-t-il. C’est la fameuse « vallée de la mort » de l’investissement à laquellegagné. » Certains anticipent une multiplication à l’envi de plateformes se positionnant sur des marchés de niche de plus en plus pointus. D’autres attendentle monde est porté par une énergie très positive. Demain, combien parviendront à résister sur ce business model très rigoureux ? » En effet,Ronan PenettiET DEMAIN ?Quel sera l’avenir du crowdfunding ? Les avis divergent. Pour Steve Fogue,JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Accompagnement expatriésDes conseils plein les valisesULes collaborateurs de haut vol, envoyés dans des destinations lointaines, méritent conseils et attentions de la part de prestataires accompagnateurs et spécialistes de la relocation, même de la part des PME. Mais à quel prix ? L’employeur a intérêt à trier le bon grain de l’ivraie.n expatrié coûte à un crue de 65% au cours des 25 compagnement pour l’implan- sur ce créneau aident à ouvrir celles qui sont indispensables, entreprises coûtent 600 eurosemployeur trois à cinq dernières années.Ils étaient tation et le suivi des expatriés des comptes bancaires, à cher- comme les démarches assurant pour une demi-journée de for- fois son salaire en environ 30% à posséder la a vu le jour, avec des coûts va- cher un logement, à trouver une sécurité optimale à l’ex- mation interactive. Plusieurs France, estime le cabinet de double nationalité en 1985, riables et des prestations de une nourrice, une école pour patrié et sa famille. entreprises à la recherche deconseil InterGénérationnel. Pas étonnant que les entreprises soient « de plus en plus nom- breuses à proposer à leurs sa- lariés sur le départ des packages de conseil juridique, permettant de faire le point sur leur situation personnelle et sur les garanties existantes dans le pays de destination (contrats de mariage, assu- rances, succession...) », re- marque Isabelle Rein-Lescas- tereyres, associée en charge du développement international du cabinet d’avocats BWG Associés, consacré au droit de la famille.La plupart du temps, une expatriation qui se passe mal s’explique par une insatisfaction du conjoint dans le nouveau contexte de vie proposé à l’étrangerservices aux expatriés dans un pays identique peuvent par ail- leurs mutualiser leur démarche et collaborer pour faire baisser leurs coûts dans ce domaine. Scutum Security First, une so- ciété de conseil spécialiste de la question, commercialise des fiches d’information actualisées très régulièrement sur la quasi- totalité des pays et à des prix très abordables. Parmi les for- mules disponibles, on trouve des systèmes d’alertes quoti- diennes sur les problématiques de sécurité des différents Etats. Elle a ainsi mis sur le marché SSF Locator, une plateforme de localisation instantanée et de communication avec le per- sonnel expatrié. En repérant les collaborateurs en temps réel, l’outil peut transmettre des alertes à ces derniers dès que nécessaire.contre 44% aujourd’hui, ce qui témoigne d’implantations du- rables. Les taux de croissance séduisants des économies émer-services tout aussi variables. Difficile alors d’y voir clair pour les PME ayant besoin d’envoyer des collaborateursles enfants, des activités pour les conjoints... Une liste de possibilités souvent synonymes de facture trop élevée pourLes soutiens sur ce plan sont judicieux, bien avant la date de départ. Xavier Dupuis, res- ponsable au sein d’une société spécialisée dans la gestion du risque pour les expatriés, cite ainsi l’exemple d’une entreprise cliente très active à l’interna- tional, « qui avait prévu de lancer son activité sur le mar- ché colombien, en pleine ex- pansion. Le projet était très avancé lorsque le dirigeant a décidé de tout reporter en rai- son du risque et de signaux d’alerte émis au sujet des zones concernées ». « Après examen de sa situation, l’une de nos sociétés clientes a récemment refusé un important contrat au Niger pour des raisons de sé- curité », illustre Karin Dulac, avocate au cabinet Proskauer, spécialisé dans le droit social et la mobilité internationale. Les PME constituent le type d’entreprise le plus démuni en matière de gestion des risques. Au-delà des coûts, c’est aussi la nécessité de s’informer qui est négligée par bon nombre de responsables. « Chaque se- maine, des collaborateurs pour- tant habitués au voyage sont victimes de faux check-points dans certaines régions afri- caines. Résultat : ils se font voler leurs affaires personnelles et professionnelles », regrette Xavier Dupuis.Tel un footballeur vedette re- cruté par un club de sport pro- fessionnel, l’expatrié est tou- jours plus choyé, pris par la main par une foule de presta- taires qui se bousculent au por- tillon pour offrir leurs services. Avec la bénédiction des em- ployeurs qui, s’ils le peuvent, ne lésinent pas sur les moyens à mettre en œuvre. Pour le seul volet de la sécurité, les grands groupes dépensent 1 à 2% des budgets des projets étrangers pour que leurs meil- leurs éléments en mission évo- luent dans des conditions op- timales. Concrètement, ces montants varient de 500000 euros à plusieurs dizaines de millions d’euros selon les ré- gions concernées et la taille de la société. Mais pour les PME tournées vers l’international, la mobilisation de telles res- sources est impossible. Les structures internes chargées du suivi des expatriés n’existent généralement pas. Pour autant, pas question de lâcher dans la nature des collaborateurs de haut vol.Parmi les options économiques de ce type, on peut également mentionner les librairies spé- cialisées comme celle d’Ubi- france, les bases de données du Quai d’Orsay, ou encore les ambassades des pays concernés. « Une solution in- téressante consiste aussi à confier la recherche d’infor- mation sur Internet à un sta- giaire, le temps d’une ou deux semaines. L’entreprise remon- tera ainsi 80% des données fournies par les prestataires, pour un coût modique », estime Xavier Dupuis.ACCOMPAGNATEURS- PROTECTEURSLe ministère des Affaires étran- gères estime que près de 1,4 million de ressortissants français sont établis au-delà de nos frontières à l’heure actuelle. Un chiffre qui progresse au gré de la mondialisation. Cette population d’expatriés s’est ac-"C'est loin le Turkménistan ? J'aurais dû regarder la carte"Les PME à la recherche de solutions sécurité low cost au- ront intérêt à se tourner vers les recommandations d’orga- nisations comme International SOS, plutôt que vers les ser- vices coûteux de certaines struc- tures de relocation. Elle organise une trentaine de sessions chaque mois à destination de publics très variés. Pour des PME non membres, ces sessions inter-D’autres structures comme Iti- néraires Interculturels proposent des formations aux expatriés avant leur départ avec des in- formations concrètes, apportées par des experts de pays aux quatre coins du monde qui font part de leurs connaissances du terrain. Ces conseillers propo- sent différents modules d’in- formation et de sensibilisation sur des éléments pratiques. Pour environ 2000 euros, une PME confie de futurs expatriés pen- dant une demi-journée à l’un de ces experts qui fera part de ses acquis et recommandations pour garantir une expérience à l’étranger sans encombre.42 JUILLET-AOÛT 2014gentes et l’internationalisation croissante des échanges expli- quent cette tendance.Une myriade de structures d’ac-en mission de longue durée à l’étranger. Surtout quand chaque euro compte. Les so- ciétés de relocation positionnéesl’employeur, surtout lorsque les services ne sont pas abso- lument indispensables. Car il y a les aides nécessaires, et]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frBusiness guides - Accompagnement expatriés CLUB ENTREPRENDREPRIORITÉ À LA FAMILLEOutre le volet sécurité, l’ex- tension de l’accompagnement et des garanties à l’ensemble de la famille de l’expatrié forme un ensemble à ne né- gliger sous aucun prétexte. « La plupart du temps, une expatriation qui se passe mal s’explique par une insatisfac- tion du conjoint dans le nou- veau contexte de vie proposé à l’étranger », témoigne un cadre d’un grand groupe fran- çais de distribution pour qui l’expérience au-delà des fron- tières s’est soldée par un échec. L’immersion dans la culture locale avant le départ permet de mieux appréhender cette dernière. Une découverte en amont nécessaire à l’expatrié mais aussi à son conjoint, qui mettra d’autant mieux à profit sa future expérience. « La réussite d’un projet de ce type dépend beaucoup du back- ground culturel du collabora- teur, de son expérience à l’étranger et de celle de son conjoint », constate Xavier Dupuis. Avec l’accroissement de la mobilité internationale, des sites internet dédiés, très visités, ont vu le jour au cours des dernières années, à l’instar de Jobtrotter.com, qui permet de trouver un emploi dans des pays étrangers et fournit de nombreuses informations sur les modalités pratiques, la cul- ture, les centres d’intérêt. Des fiches-Etats sont disponibles pour répondre pleinement aux attentes et questions des fa- milles. Des conseils sont aussi apportés pour affiner son profil professionnel et l’adapter aux enjeux locaux. On peut égale- ment citer Expatlive.com, une plateforme communautaire à destination des expatriés fran- çais prodiguant des recom- mandations, fournissant des conseils, des éléments d’ac- tualité, des petites annonces... Les sociétés de relocation dé- veloppent de plus en plus de services à l’attention des conjoints, poussant le degré d’intervention toujours plus loin. Ces derniers sont souvent associés à la préparation du séjour de la même manière que le salarié. Des interviews sont menées pour mieux connaître leur profil, des cours de sensibilisation culturelle apparaissent. Certaines entre- prises, qui ne sont pas néces- sairement parmi les plus grandes, vont jusqu’à payer un voyage de reconnaissance de quelques jours dans lequel le conjoint est le bienvenu. L’aide à la recherche d’emploisur place pour ce dernier, l’at-ger, en l’absence de contrat, on bascule automatiquement vers le régime légal du pays d’expatriation. L’avocate es-celles qui dressent un tel bilan de leur situation auprès d’une structure qui les accompagne ou d’un avocat, il arrive quesamment protégée sur le plan social. Les conditions dont bé- néficie le salarié expatrié ne se reportent pas nécessairementnécessaire si l’expatriation concerne un pays avec lequel la France n’a pas de convention bilatérale de sécurité sociale, comme la Russie. « Des pré- cautions doivent également être prises en matière de régime de retraite. Parfois, l’expa- triation signifie l’arrêt des co- tisations. Au retour en France après plusieurs années, le sa- larié a alors la mauvaise sur- prise de voir que de nombreux trimestres sont manquants »,tribution d’unecours de langue, figurent parmi les services proposés. Les ques-voiture, desDans des Etats de Common Law, comme l’Angleterre, àHong-Kong ou Singapour, un contrat de mariage.stipulant une séparation de biens conclu en Francene s’applique pas systématiquementtions les plus fondamentales time que le nombre de per- les précautions les conduisent sur ses proches. Les presta- pour un couple sont sans doute sonnes qui prennent des pré- à renoncer à leur projet d’ex- taires sont importants dans ce à privilégier. Avant de partir cautions de ce type avant leur patriation », ajoute-t-elle. domaine et permettent d’y voir en Chine, il peut être important départ représente bien moins « Attention également à veiller clair », assure Karin Dulac. de savoir que le prix d’un ac- de 20% des expatriés. « Parmi à ce que la famille soit suffi- La vigilance est d’autant plus couchement par césarienne estregrette Karin Dulac.généralement dix fois plus élevé qu’un accouchement classique.Un diagnostic en amont de ses envies, de sa situation per- sonnelle, pour toutes les ques- tions essentielles de la vie pri- vée, permet d’éviter bien des écueils. « L’expatriation fa- vorise les crises. Certaines destinations ne sont pas épa- nouissantes sur tous les plans, comme les pays où le droit des femmes est insatisfaisant. Des précautions paraissent alors indispensables sur le plan patrimonial et matrimo- nial », rappelle Isabelle Rein- Lecastereyres. « Dans les Etats où s’applique la charia, les garçons héritent de deux fois plus que les filles au moment de la succession. Et les testa- ments ne seront jamais res- pectés, quels qu’ils soient. Il faut donc trouver des solutions pour compenser cette contrainte locale, par exemple par le biais de donations ou d’assurances vie par lesquelles l’équité peut être rétablie. » Sans parler de destinations où le contexte légal et culturel est discriminant, un couple ex- patrié peut être confronté à de grosses surprises dans de nom- breux pays développés. « Dans des Etats de Common Law, comme en Angleterre, à Hong- Kong, à Singapour, ou encore dans certains états des Etats- Unis, un contrat de mariage stipulant une séparation de biens conclu en France ne s’applique pas systématique- ment. Le magistrat garde un pouvoir d’appréciation. Il y a le risque de devoir partager tout le patrimoine en vertu du concept de distribution équi- table qui fait foi », indique Isabelle Rein-Lecastereyres. Sans contrat de mariage, la loi qui s’applique est celle du pays de la première résidence du couple après son union. Au bout de dix ans passés à l’étran-Mathieu NeuVorsprung durch TechnikAudi Q3 Sport designAudi QÀ partir de 499 €/mois avec apport*.3 ans de Garantie inclus**.Forfait Service Entretien inclus***.Location longue durée sur 36 mois. 1er loyer de 4 699 € suivi de 35 loyers de 499 €. Offre valable du 1er janvier au 31 août 2014.*Exemple pour une Audi Q3 2.0 TDI 140 ch BVM6 Sport design en location longue durée sur 36 mois et pour 45 000 km maximum, hors assurances facultatives. **Garantie 2 ans + 1 an de garantie additionnelle incluse. L’Audi Q3 Sport design est une série limitée. Offre réservée aux particuliers chez tous les Distributeurs présentant ce financement, sous réserve d’acceptation du dossier par Audi Bank division de Volkswagen Bank GmbH - SARL de droit allemand - Capital social 318 279 200 € - Succursale France : Bâtiment Ellipse, 15 avenue de la demi-lune 95700 Roissy-en-France RCS Pontoise 451 618 904 - Mandataires d’assurance et d’intermédiaire d’assurance n° ORIAS : 08 040 267 (www.orias.fr) et dans la limite des stocks disponibles. Modèle présenté : Audi Q3 2.0 TDI 140 ch quattro BVM6 Sport design avec options peinture métalliséeet 1 an de garantie additionnelle. 1er loyer majoré de 4 699 € suivi de 35 loyers de 559 €. Tarif au 24/04/2014. ***Forfait Service Entretien obligatoire souscrit auprès d’Opteven Services, SA au capital de 365 878 € - RCS Lyon B 333 375 426 siège social : 35-37, rue Guérin – 69 100 Villeurbanne. Publicité diffusée par le concessionnaire en qualité d’intermédiaire de crédit, à titre non exclusif, de Volkswagen Bank. Volkswagen Group France S.A. – RC Soissons B 602 025 538. Audi recommande Castrol EDGE Professional. Vorsprung durch Technik = L’avance par la technologie.Gamme Audi Q3 : consommation en cycle mixte (l/100 km) : 5,2 - 7,7. Rejets de CO(g/km) : 137 - 179.www.aliantis.com Aliantis Porte d’Orléans44-46 avenue Aristide Briand - 92 Montrouge Tél. 01 58 35 17 702Aliantis Lecourbe 229, rue Lecourbe - 75 Paris Tél. 01 55 76 50 76Aliantis Chambourcy37 route de Mantes - 78 Chambourcy Tél. 01 30 65 50 50JUILLET-AOÛT 2014 43]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Décryptage - Quantified self Données sur-mesureTensiomètres, cardiofréquencemètres, podomètres... les adeptes du Quantified self s’équipent de capteurs pour mesurer leur santé et améliorer leurs performances. Un nouveau marché émerge, et soulève de nouvelles questions sociétales.smartphones et tablettes pour mesurer et analyser les don- nées de leur vie, en lien avec leur santé, leur forme ou leur humeur et, parfois, les par- tager avec leur entourage via les réseaux sociaux. Anne-Sylvie Pharabod, eth- nologue chez Orange et co- auteure d’un article intitulé « La mise en chiffre de soi » dans la revue Réseau, a établi une typologie des self-quan- tifiers, distinguant ceux en- gagés dans une démarché de surveillance, par exemple d’un paramètre de santé à risque, de ceux recherchant une « routinisation », afin de rompre avec une mauvaise pratique et d’en adopter une meilleure, et enfin ceux re- cherchant la performance. « Les premiers à l’avoir adopté sont des geeks fous de sport et de performance et, même si la tendance reste confidentielle, quelque chose est en train de se passer au- tour du Quantified self », observe Christophe Ducamp, qui co-organise les Quanti- fied self Show & Tell Paris. Ces rencontres ont réuni dans la capitale, depuis trois ans, les 600 passionnés français de la jeune communauté : programmeurs, développeurs, designers, utilisateurs... Se- lon le cabinet BVA, un Fran- çais sur quatre est un adepte du Quantified self, dont 64% pour le fitness. Et selon Ca- nalys, 17 millions de brace- lets connectés et montres in- telligentes seront vendus dans le monde en 2014.gazine Wired, Gary Wolf et Kevin Kelly.Le mouvement a vraiment émergé grâce à trois phéno- mènes. Premièrement, la dif- fusion en grand nombre des smartphones, qui sont comme des hubs et des télécom- mandes des objets connectés. Deuxièmement, l’augmen- tation des capacités du stockage, grâce au cloud computing, et du traitement des données. Troisièmement, l’amélioration des capteurs biométriques humains. Ainsi, selon Wired, en 2012, une puce de smartphone de 17sa création, elle a levé 275 millions de dollars, et vise un chiffre d’affaires de 600 millions de dollars en 2014. La France n’est pas absente du marché, en particulier grâce à Withings, fondée en juin 2008 par les ingénieurs Eric Careel, Cédric Hut- chings et Frédéric Potter. Elle commercialise notam- ment un tensiomètre et un pèse-personne, le Smart Body Analyzer, qui fait un carton. La société dont le siège est à Issy-les-Mouli- neaux a levé une trentaine de millions d’euros depuisLa donnéedu modèle économiquede cesest au cœur acteursBPmence de la même façon.Le Quantified self est l’une des premières vagues de l’In- ternet des objets, dont le marché pourrait représenter 75 milliards de dollars à l’ho- rizon 2020, selon Morgan Stanley. De nombreuses start- up se lancent sur ce marché prometteur. La société Fitibit, créée en 2007 en Californie par James Park et Eric Fried- man fait figure de précurseur, avec ses traqueurs et bracelets – Flex, Zip et One – connec- tés dédiés au fitness. Depuis sa création, elle a déjà levé 96 millions de dollars, dont 43 en août 2013 auprès de Qualcomm, SAP et Soft- Bank. Jowbone, qui com- mercialise les bracelets connectés Up qui mesurent sommeil, mouvements et ali- mentation, a été fondée en décembre 2006 en Californie par Alexander Asseily et Ho- sain Rahman, tous deux di- plômés de Stanford. Depuisig Dataour Marc, 33 ans, ca- dre dans le marketing, chaque journée com-l’aide à gérer son stress. En- fin, le soir, Marc court une heure muni d’un bracelet qui mesure ses performances eten rien de la science-fiction. Des millions de personnes se convertissent au Quanti- fied self, ou « quantificationSTART-UPD’abord, un réveil en dou- ceur grâce au Withings Aura, qui a analysé ses phases de sommeil. Puis, un passage sur une balance intelligente qui mesure l’évolution de son poids et de sa masse graisseuse, ainsi que la qua- lité de l’air. Au travail, il en- file un casque d’électro-en- céphalographie, qui mesure l’activité de son cerveau etLe Quantified self est l’une des premières vagues de l’Internet« Auprès de ces pure players, les grands industriels ne veu- lent pas passer à côté de ce marché », observe Emmanuel Gadenne, auteur d’un Guide pratique du Quantified self (FYP Editions) et consultant chez Sopra. Ainsi, General Electric et Sanofi se lancent avec un glucomètre connecté, de même que Terraillon avec une balance connectée. DébutSi l’auto-quantification n’est pas un phénomène nouveau, son association avec la tech-dollars pouvait faire les mêmes mesures que six puces, pour un coût total de 60 dollars, en 2005. Pour Christophe Ducamp, « la di- mension partage et sociale a aussi eu un rôle très im- portant dans la diffusion de cette tendance, puisque cela crée une émulation et un défi de groupes. »sa création. On pourrait aussi citer Runkeeper et Runtastic dans la quantification d’une activité physique, ou MyFit- ness Pal dans la nutrition. Et les investisseurs sont au rendez-vous, puisque selon le cabinet CB Insights, les start-up de la quantification de soi ont levé 318 millions de dollars au cours du seul dernier trimestre 2013, à l’oc- casion de 43 deals. Pour ce qui est de la distribution, ces start-up sortent de plus en plus du e-commerce et sont en train de se frayer un che- min dans les rayons. Une chaîne de distribution spé- cialisée d’objets connectés, Lick, a même récemment vu le jour. Elle se donne pour mission d’offrir une expé- rience produit et d’apporter des conseils de façon à édu- quer les clients à des offres encore complexes.44 JUILLET-AOÛT 2014de soi », convoquant toutes sortes de capteurs – tensio- mètres, cardiomètres, podo- mètres... – connectés à leursles partage avec ses amis sur les réseaux sociaux.Si Marc est une invention, ses pratiques, elles, ne sontdes objetsnologie lui confère une di- mension inédite, formalisée pour la première fois en 2007 par deux journalistes du ma-]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.fr"Bientôt dans les meilleures brocantes"nées géolocalisées de Run- keeper. » Ces données sont aussi précieuses pour diffuser des publicités contextuelles, puisque votre appli sait quand et où vous faites votre footing hebdomadaire : « Saviez- vous qu’un coach sportif of- ficie justement dans ce parc à ce moment là ? ». Elle sait aussi si vous entamez un ré- gime : « Besoin d’un coup de pouce nutritionnel ? ». Les applications s’appuient aussi sur un modèle pre- mium : les utilisateurs ont gratuitement accès aux fonc- tionnalités basiques de l’ap- plication, mais doivent payer pour profiter des services les plus avancés. Selon un récent rapport de la CNIL sur le sujet, elles misent aussi surcontenter du marché grand public, et cherchent déjà des relais de croissance du côté du marché professionnel, en proposant leurs solutions aux entreprises et... aux assu- reurs. Leur argument com- mercial ? Un salarié ou un assuré qui mesure et analyse régulièrement ses données de santé sera plus productif, moins souvent malade et moins souvent absent. Ainsi, dès son arrivée à la tête de Yahoo! Marissa Mayer a of- fert un bracelet Jawbone à ses 11000 salariés. Les so- ciétés Autodesk et Tokyo Electron font de même avec les bracelets de FitBit. Depuis quelques années, les com- pagnies d’assurance ont dé- veloppé, dans l’automobile,calories dépensées – votre assureur vous proposera- t-il un jour de moduler vo- tre tarif ? On n’en est pas encore là, mais quelques initiatives préfigurent à quoi cela pourrait ressem- bler. Début juin, à l’occa- sion du lancement de sa nouvelle mutuelle santé Modulango, Axa a offert à 1000 clients le bracelet Pulse de Withings, inté- grant un podomètre et un cardiomètre. S’ils font plus de 7000 pas par jour, ils se verront offrir 50 euros de médecine douce, 100 euros s’ils dépassent les 10000 pas. Au Royaume- Uni, la compagnie Pru- Health propose à ses as- surés le podomètre Fitbug à moitié prix. Selon leurs résultats, ils gagnent des « points de vitalité » avec, à la clé, des récompenses qui vont de réductions à des billets d’Eurostar. « Si ces solutions se générali- sent, ceux qui n’y sous- crivent pas risquent d’être stigmatisés, soit parce que leur comportement ne se- rait vertueux, soit parce qu’ils auraient quelque chose à cacher », craint Olivier Desbiey, à la CNIL. Cette dernière réfléchit jus- tement à la meilleure lé- gislation à adopter pour encadrer le Quantified self.Aymeric MarolleauDonnées : quand les consommateursreprennent le contrôleL’auto-mesure assistée par informatique n’est que l’un des symptômes d’un phénomène plus large, dont l’importance est croissante : la prise de contrôle par les citoyens de leurs données personnelles. Il faut dire que depuis quelques années, ceux-ci ont connu bien des déboires et désillusions en ce qui concerne leurs données privées. Il y a un an, Edouard Snowden révélait par exemple l’espionnage à grande échelle de la NSA, via PRISM, et on ne compte plus les multinationales victimes du piratage des données personnelles de leurs clients. De Sony à Orange en passant par Target, ce sont des millions d’adresses mails, de mots de passe, voire des informations de paiement qui ont été dérobées.Le doute quant à la sécurité et la confidentialité s’est installé, si bien que les citoyens entendent en reprendre en partie la propriété. Outre le Quantified self, on voit par exemple se développer la notion de Vendor Relationship Management (VRM), ou gestion de la relation vendeur. Il s’agit du pendant du Customer Relationship Management (CRM), un procédé connu de longue date par les marques qui utilisent les données de leurs clients pour mieux les cibler et les fidéliser. L’ambition du VRM est de donner au consommateur des outils pour identifier les produits et services les mieux adaptés à ses attentes. Des projets publics dans ce sens ont déjà vu le jour, comme Mydata au Royaume-Uni, où 25 entreprises rétrocèdent leurs données aux consommateurs, ou MesInfos, en France, piloté par la Fédération Internet Nouvelle Génération (FING). Des startups se lancent aussi sur ce créneau, à l’instar d’Azigo et Onecub, qui fournissent une adresse mail et un cadre pour interagir avec les marques en gardant le contrôle et en évitant les spams. Kynetx est une plateforme où utilisateurs et entreprises co-conçoivent des produits et services, Paoga encrypte vos données dans le Cloud, et Greenbureau centralise toutes vos factures, gérées sur une seule interface simple. Avec Yes Profile et Data Coup, les internautes redeviennent propriétaires de leurs données et choisissent les marques avec lesquelles ils souhaitent les partager contre rémunération. Les internautes suspicieux peuvent aussi traquer les sites internet qui prélèvent leurs infos, grâce à des logiciels « espions » comme Privowny.AMJUILLET-AOÛT 2014 45juin, Apple a également levé le voile sur Healthkit, une plateforme qui réunira les données de santé des utili- sateurs de ses appareils, y compris celles provenant d’applications tierces.Quel est le modèle écono- mique du Quantified self ? Certains acteurs s’appuient sur la vente de matériel, bra- celets, balances, voire smart- phones : « Embarquer dans les smartphones des capteurs de plus en plus pointus per- met au fabricant de justifier que leur prix ne baisse pas d’une génération à l’autre », constate Emmanuel Gadenne. Côté applications, si le télé- chargement d’applis payantes a beaucoup baissé, leur gra- tuité est devenue un atout,Si ces solutions se généralisent, ceux qui n’y souscrivent pas risquentDécryptage - Quantified self STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE« Ces pratiques, représen- tatives d’un nouveau mode de rapport des individus à leurs données, soulèvent à l’évidence des enjeux spéci- fiques pour la vie privée et l’identité humaine, à l’hori- zon du monde des capteurs qui se profile », observait- elle dans un rapport intitulé « Le corps, nouvel objet connecté ». « En France, la régulation est exigeante pour les données de santé, mais ces nouveaux usages sont dans une frontière floue, et obligeront à faire évoluer laloi », considère O.livier Des- biey. Qui évoque une caté- gorie intermédiaire de « don- nées du corps », avec des règles spécifiques pour en- cadrer leur utilisation com- merciale. Une nouvelle ba- taille de la data est à prévoir entre lobbies, pouvoirs pu-blics et citoyens.puisque « la donnée est au cœur du modèle économique de ces acteurs, observe Oli- vier Desbiey, chargé d’études prospectives à la CNIL. Ils vendent parfois les données agrégées et « anonymées » à des tiers. Un magasin de sport peut par exemple choi- sir son implantation en s’ap- puyant sur la base de don-d’être stigmatisésune stratégie de plateforme, qui consiste à inciter les usa- gers à utiliser le service comme un « Facebook des données de bien-être et de santé », à l’instar de Run- Keeper.des modèles « pay-as-you- drive » : les assurés ne paient que les kilomètres parcou- rus... à condition d’accepter l’installation sur leur véhicule d’un boîtier-mouchard. Ce modèle s’étendra-t-il un jour à l’assurance santé ? En échange d’un suivi régulier de vos données de forme – poids, kilomètres parcourus,RÉGULATIONMais les acteurs de l’auto- mesure n’entendent pas se]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE ExpertisesDématique® & GouvernanceLe carnet desnominationsen partenariat avec}COMPUTACENTER FRANCE (GROUPE COMPUTACENTER)Isabelle Roux-BuissonMadame Isabelle Roux-Buisson est nommée directeur général de Computacenter France, à ce poste depuis juin 2014. Elle succède à Monsieur Mike Rodwell, directeur des opérations distribution, qui a assuré le poste par interim durant plusieurs mois. Isabelle Roux-Buisson , 57 ans, Télécom ParisTech, a réalisé le parcours suivant :par Jean-Marc Rietsch DPrésident de FedISAn 2010-2012 : Tech Data, directeur des opérations Allemagne et Autriche. n ArrowElectronics,directeurEuropeduSud.n HP, différents postes de management.« La troisième plateforme »} EKINOPSXavier BillyMonsieur Xavier Billy est nommé vice president business development and large ac- counts d'Ekinops, à ce poste depuis juin 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Didier Brédy, président-directeur général. Il est ainsi chargé de mettre en oeuvre et de déployer la stratégie de conquête des opérateurs télécoms de rang 1 (Tier 1) en région EMEA et aux Etats-Unis.Xavier Billy , 41 ans, master de l'EM Lyon Business School (1998), ENIB (1996), a réa- lisé le parcours suivant :n 2010-2014 : Alcatel-Lucent, vice-président opération en charge du compte Orange. n 2009-2010 : Alcatel-Lucent, directeur commercial France.n 2008-2008 : Alcatel-Lucent, head of South Europe regional support center. n2002-2007:Alcatel-Lucent,directeurgrandcomptes,enchargedudéveloppement commercial auprès de SFR. n1998-2002:Alcatel-Lucent,différentesfonctionscommerciales.}EXPEDIA FRANCEAriane GorinMadame Ariane Gorin est nommée vice-président et directeur général du réseau Ex- pedia Affiliate Network d'Expedia, à ce poste depuis juin 2014. Elle est sous la respon- sabilité de Monsieur Johan Svanstorm, président d'Hotels.com et de Venere.com. La division Expedia Affiliate Network (EAN) crée les outils et la technologie qui aide chaque jour des millions de voyageurs à trouver l'hôtel de leur rêve.Ariane Gorin , 39 ans, MBA de la Kellogg School of Management (2000), licence d'économie de University of California de Berkeley (1995), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : Expedia, vice-président market management EMEA.n 2010-2013 : Microsoft, directeur marketing et stratégie des produits Office et Mi- crosoft Online Services pour la France.n 2007-2010 : Microsoft France, directeur marketing clients, puis directeur des ventes distribution au sein de la division PME-PMI.n 2003-2007 : Microsoft, diverses fonctions opérationnelles.n NC-2003 : The Boston Consulting Group (à San Francisco et à Paris), consultant.}CUP INTERACTIVEEmmanuel ParodyMonsieur Emmanuel Parody a été promu directeur général de CUP Interactive, à ce poste depuis janvier 2014. Cette nomination intervient dans le cadre du rachat de CBS Interactive France par ses dirigeants.Emmanuel Parody , 45 ans, DEA d'économie de l'université Paris-I (1992), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : CBS Interactive (devenu CUP Interactive), general manager.n 2007-2012 : CBS Interactive, publisher business and news.}MICROSOFT EMEA (GROUPE MICROSOFT)Cédric ChambazMonsieur Cédric Chambaz est promu head of international marketing Bing Ads de Microsoft, à ce poste depuis mai 2014. Il est ainsi en charge, consécutivement à l'expansion internationale de l'offre commerciale dans 35 pays, de la stratégie et l'exécution de la politique marketing sur ces marchés internationaux (Europe, Asie, Amérique latine) afin d'assurer la croissance des services de marketing digital. Il s'agit d'une création de poste.Cédric Chambaz , ICN Nancy (2000), McGill University (2000), a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014:Microsoft,marketingleadEuropeBingAds.n 2008-2010 : Microsoft, marketing manager UK.n 2007-2007 : LBi Group (au Royaume-Uni), directeur de clientèle on-line.n 2006-2007 : Chemistry Communication (au Royaume-Uni), directeur de clientèle eCRM.n 2000-2006 : Publicis Groupe (à Paris et Singapour), directeur de clientèle.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?’après IDC, l’univers numé- de 35%, principalement à cause de rique (on ne parle plus de l’augmentation des données en prove- monde) a bénéficié d’une nance de systèmes intégrés qui génè-qu’en est-il de la majorité de nos start- up et de nos autres sociétés ?Quand l’Etat prendra-t-il véritablement conscience de ce formidable gisement que représente le numérique pour le dé- veloppement de notre pays et de façon plus large de l’Europe ?croissance de 40% sur les dix dernières rent automatiquement les métadonnéesannées passant de 132 exaoctets (1018)indispensables à un bon traitement ul- térieur.On nous annonce ainsi la « troisième plateforme » de l’âge numérique, bâtie sur la base du cloud computing, la mo- bilité, les réseaux sociaux et le Big Data.de données créées et répliquées en 200521à 4,4 zettaoctets (10 ) en 2013 pour at-teindre 44 zettaoctets en 2020, soit un doublement tous les deux ans sachant qu’une grande partie de cette augmen- tation provient des objets connectés et autres terminaux « intelligents » sans oublier l’ensemble des échanges réali- sés sur les réseaux sociaux.D’un point de vue économique, le Bos- ton consulting group prévoit que le nu- mérique contribuera à concurrence de 4200 milliards de dollars à l’économie des pays du G20 dès 2016 sachant qu’il représente d’ores et déjà une embauche sur deux aux Etats-Unis.Il est impossible d’attendre dans un monde où tout va de plus en plus vite et qu’il est nécessaire de savoir prendre des positions. Ainsi Atos, en achetant Bull, pourrait devenir le leader euro- péen du cloud, de la sécurité informa- tique et des supercalculateurs. Cette opération constitue en réalité un vérita- ble désaveu pour l’Etat français et sa tentative de créer un cloud souverain, éclaté dès l’origine entre Numergy et Cloudwatt. Pourquoi l’Etat a-t-il ac- cepté d’investir dans deux entités concurrentes, sachant que récemment le directeur financier d’Orange annonçait ne pas « désespérer » de rapprocher son cloud souverain de celui porté par son rival, Numergy et SFR. Que de temps perdu et d’énergie dépensée inutilement à se créer une concurrence interne alors qu’elle est déjà assez forte à l’extérieur.Au-delà de ces chiffres que l’on a du mal à se représenter, la vraie question consiste à savoir comment sont exploi- tées ces données et l’on se rend alors bien compte de l’immense travail qui reste à accomplir en la matière.Force est de constater que même si l’INSEE affiche 74 milliards d’euro de valeur ajoutée par les TIC (techniques de l’information et de la communica- tion) en 2012, la France a du mal à s’inscrire et à se positionner dans cet univers numérique pourtant si promet- teur et si proche de nos compétences. A part de trop rares exceptions comme celle de la société Sigfox qui travaille dès à présent sur l’internet des objets,En effet, toujours d’après IDC, seule- ment 22% de l’information de cet uni- vers numérique pouvaient prétendre être analysés en 2013, sous réserve d’avoir été marqués au préalable à l’aide majoritairement des métadon- nées. En 2013, moins de 5% pouvaient prétendre être étudiés alors qu’en 2020, ce pourcentage pourrait monter à plusStrategy reviewpar Pascal Junghans Enseignant à l'international - University Of Monaco et à l'université de technologie de Troyes - Membre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.LIe transhumanisme ? Un business !d’œuvre vieillissante du Japon, le désir éperdu des Etats-Unis de retrouver une « prairie perdue » (1), un nouveau ter- ritoire à explorer. Et plus profondément encore, partout dans le monde, le refus de la mort et le désir de se survivre à tout prix.l s’appelle Pepper. C’est un gentil Il est l’aboutissement tangible d’un robot de 120 centimètres. Pepper mouvement philosophique : le transhu- rend plein de services aux hu- manisme dont les hérauts postulent quemains. Il comprend leurs émotions et l’homme, et ses caractéristiques phy-interagit avec elles. Quant les humains sont malheureux, Pepper leur propose des jeux-sourire. Pepper a été présenté au monde à Tokyo par Masayoshi Son,siques et mentales, peuvent être large- ment améliorées par la technologie et, qu’à terme, la mort sera repoussée, voire vaincue. L’un des principaux sponsors de ce mouvement est Google. Le géant de Menlo Park le finance lar- gement et applique ses préceptes. Il a créé les Google glass et achète toute start up travaillant sur la réalité aug- mentée et la santé.L’aventure transhumaniste montre que l’économie ne se réduit pas à des mo- dèles économétriques glaciaux et à de froides décisions. Il montre que la croissance – et l’emploi - est le fruit de la psychologie et de l’histoire, de l’ima- gination débridée et de la recherche an- ticipatrice, du risque et de la rencontre.PDG de Softbank, numérocoms nippone, et nouveau propriétaire de la start-up Aldebaran Robotics, concepteur du robot, sise à Paris, 14eme arrondissement. Pepper va être fabriqué en masse dans des usines chi- noises. A partir de février 2015, Pepper sera vendu au prix très attractif de 1 400 euros. Ce robot sensible – va-t-il un jour pleurer ? - est un produit grand pu- blic.2 des télé-Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Les esprits forts se sont gaussés lors des premiers pas de ce mouvement en 1957. Ils ont eu bien tort : celui-ci, et ses avatars économiques, répond à des tendances lourdes de société : la main(1) « La prairie perdue », de Jacques Cabau, éd. Point Seuil, 198146 JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolutionLes pieds dans le sable et les doigts sur l’écranPlus grands, plus design, offrant plus de choix et de vidéos : les portables stars de l’été favoriseront beaux écrans, usages nouveaux et sociaux. Des tendances qui laissent entrevoir l’évolution à plus long terme des marchés des terminaux mobiles et des applications.Chine ou Weiko en France, proposent des modèles per- formants à des prix plus abor- dables que la moyenne, et pourraient bien séduire ceux qui veulent renouveler leur mobile. A moins qu’ils ne se laissent tenter par une ta- blette : l’offre sous Android est en train de s’étoffer consi-les efforts réalisés par ces derniers pour devenir plus polyvalents. « Par exemple, explique Peter Richardson, les gens ont peu de contacts en commun entre leur profil sur Facebook et celui sur Lin- kedIn ». Cela laisse la possi- bilité à de nouveaux réseaux de tenter leur chance, et deune carte et de le partager directement sur les réseaux sociaux.Et l’univers des objets connectés s’étend bien au- delà. « Un vrai écosystème est en train de se construire autour du smartphone, qui étend son domaine d’action », décrit Viktor Arvidson. CelaSamsung intègre un capteur de rythme cardiaque, Sony rend ses téléphones étanches, d’autres ajoutent des cellules infrarouges transformant le téléphone en télécommande universelleCPeut-on se rappeler plus tard ? Je suis sous le sable... euh l'eau" et été, l’éventail de léphones étanches (dans unedérablement, y compris en termes de prix. Du coup, elles devraient remporter un franc succès cet été, avec là encore une primeur accordée à l’écran le plus performant – et l’appareil photo, bien sûr.connaître l’engouement gé- néralisé. Par ailleurs, été oblige, les applications liées au tourisme – comme celle de Trip Advisor – et au gui- dage GPS – comme Waze ou Coyote – vont être plé- biscitées.va de la télévision au frigi- daire, en passant par la ba- lance, le volet électrique, les systèmes de sécurité... « Les"o-choix en matière de certaine mesure), plusieurs– qui arrive en France l’au- tomne – fonctionnent mieux sur certains téléphones que d’autres, le consommateur le prendra en compte », sou- ligne Viktor Arvidson, direc- teur de la stratégie d’Erics- son.PHOTO, RÉSEAUX SOCIAUX ET SPORTDe plus en plus de gens se servent de leur terminal mo- bile comme d’une caméra – ce qui provoque parfois des poses étranges dans la rue quand on utilise une tablette assez large. De ce fait les applications ayant trait à l’image – son traitement et son partage – ont le vent en poupe. La communication, aujourd’hui, se fait plus par la photo que par le mot, comme le montre le succès de Snapchat (photos ou vi- déos envoyées qui s’effacent au bout de quelques se- condes). Il est par exemple possible, sur les derniers No- kia, de télécharger des « ob- jectifs virtuels » pour l’ap- pareil photo.En parlant de communica- tion, les applications sociales vont continuer à dominer le classement des télécharge- ments. Les utilisateurs sont parfois assez rigides et utili- sent certains réseaux sociaux dans un rôle précis, malgréMais les vrais « early adop- ters » vont se plonger dans l’univers des objets connec- tés. Ceux qui devraient avoir le plus de succès sont liés à la santé et au sport, plus par- ticulièrement à la course à pied : bracelets, montres... Il est maintenant possible de visualiser son parcours sur48 JUILLET-AOÛT 2014En fait, le « smartphone de l’été » sera celui sur lequel les images passeront le mieux. Les statistiques d’usage le démontrent : 40% du trafic réseau mobile est trusté par les vidéos. Au point que cela deviendra un vrai déterminant. « Par exemple, si des services tels que NetflixENCORE DE L’IMAGEL’explosion des wearablesAvec la sortie – très attendue – de l’iWatch en automne, il faut se rendre à l’évidence : les wearables, comme on les appelle, sont bien partis pour durer. Samsung en est déjà à sa deuxième génération de montres et de bracelets. Pour l’instant, les fonctionnalités sont plutôt limitées : des capteurs d’activités (podomètres, rythme cardiaque...), un affichage des notifications des applications du téléphone, une lecture possible de mails... À première vue, rien de bien révolutionnaire : ce n’est qu’un écran de plus, ce qui explique d’ailleurs le fait que le marché est encore un peu hésitant. Mais des fonctionnalités propres au support – notamment autour de la mesure de la santé – devraient bientôt émerger et rendre le produit plus intéressant. Il faut dire que les constructeurs ont une excellente raison de vouloir populariser le produit : ils ont besoin d’un relais de croissance à cause du ralentissement inéluctable du marché des smartphones.Lame de fondapplications liées à la d. motique vont se développer progressivement ; cela va prendre plusieurs années, mais les premières sont là », souligne Jasdeep Badyal. Par exemple, SFR propose main- tenant, avec sa box internet fibre, un système assez com- plet et simple d’utilisation.smartphones, ta- constructeurs ajoutent des blettes et autres sera plus cellules infrarouges (trans- large que jamais. Les stores formant le téléphone en té- déborderont d’applications. lécommande universelle), Mais quelles seront les stars voire même des appareils sur la plage ? Quels seront photos infrarouges... Autant les modèles à avoir, les fa- d’innovations qui, si ellesMais le constructeur qui a réussi à créer le plus de buzz ces derniers temps est One- plus, entré en activité il y a peu, qui vend son dernier né le One, considéré comme un des meilleurs rapports qua- lité/prix du marché, unique- ment sur invitations – de nouvelles sont régulièrement à gagner par l’intermédiaire de concours. Et ce n’est pas le seul nouvel arrivant. « On commence à voir émerger, particulièrement en Asie du Sud-Est, des constructeurs locaux qui, en quelques an- nées, deviennent des acteurs majeurs dans leurs pays », explique Peter Richardson, directeur de recherche chez Counterpoint, spécialisé dans l’analyse des marchés tech- nologiques. Ces construc- teurs, comme Xiaomi enmeux « must have items » ? Les favoris sont à trouver du côté des noms établis : le Galaxy S5 de Samsung, le HTC 1018, le Moto X de Motorola (avec son dos en bois), et le futur iPhone 6. Mais entre eux, le choix est difficile, en partie parce que les critères habituels – es- thétique, interface, mémoire – sont de moins en moins pertinents. « Les smartphones finissent par tous se ressem- bler », estime Jasdeep Badyal, senior analyst chez CCS In- sight, une société qui suit de près le marché depuis plu- sieurs années. « Du coup, les constructeurs cherchent de nouvelles façons de se différencier. » Samsung in- tègre un capteur de rythme cardiaque, Sony rend ses té-sont adoptées par le public, se généraliseront. La tendance actuelle se concentre sur l’écran : plus grand, avec une meilleure définition... Tous les nouveaux portables sont un peu plus grands que leurs prédécesseurs. En re- vanches, les écrans courbes, encore rares, n’obtiennent pas vraiment le succès es- compté.Jean Marie Benoist]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Business storySEB, c’est très bienILa concurrence mondiale s’étripe sur l’électroménager. Dans la mêlée le Français SEB tire son épingle du jeu, y compris dans les pays émergents, grâce à une religion, une philosophie, un credo :l est loin le temps où SEB l’innovation. solument orienté son activité UN NOUVEAU MO- s’appelait encore Société vers l’international, s’implan- DÈLE D’ORGANISA- d’Emboutissage de Bour- tant notamment au Royaume- TION INSPIRÉ DE...gogne. On était alors au milieu Uni, aux Etats-Unis et au Ja- L’AUTOMOBILEdu XIXe siècle et Antoine Lescure, rétameur à Selongey, en Côte d’Or, venait d’ouvrir un atelier de ferblanterie. Plus d’un siècle et demi après, il ne reste que les souvenirs d’une histoire qui, depuis, s’est écrite sur fond de crois- sance hors des frontières de la région Bourgogne. Au- jourd’hui, d’ailleurs, c’est à Ecully, dans la banlieue de Lyon, que SEB a installé son siège social. Le fruit, notam- ment, du rachat de l’entreprise locale Calor, en 1972. Car SEB, désormais acteur majeur sur le marché mondial du petit électroménager, a construit sa réussite sur une stratégie à double détente, mariant crois- sance organique et acquisitions stratégiques. Une politique mise en œuvre aux quatre coins du monde et basée sur le développement de gammes innovantes.pon. Il a poursuivi son dé- ploiement à la fin des années 80 et au début des années 90 en Europe Centrale, Russie, Turquie ou au Mexique, puis dans les autres pays d’Amé- rique du Sud et en Corée. Le groupe attend en revanche les années 2000 pour prendre réellement le virage asiatique, avec l’ouverture de deux nou- velles filiales en Thaïlande et à Taïwan en 2003, puis à Sin- gapour et en Malaisie en 2004. « La prise de participation majoritaire dans la société chinoise Supor, en 2007, a été une étape fondamentale en vue de notre développement pour les années à venir », souligne Thierry de La Tour d’Artaise. Tout comme l’ac- quisition de la société colom- bienne Imusa (leader mondial des articles culinaires) en 2011 et d’AsiaFan (leader des ven- tilateurs au Vietnam).Partant du principe que celui qui n’avance pas recule, le patron du groupe SEB n’en- tend cependant pas rester en- goncé dans ses certitudes. La remise en question permanente qui a permis au fabricant fran- çais de s’imposer face à des concurrents low cost est ins- crite dans les gènes de l’en- treprise. Elle va prendre une nouvelle forme cette année, avec la mise en œuvre d’un programme d’optimisation de la production industrielle, vi- sant à réduire le nombre des plateformes et des références produits notamment.Le groupe aujourd’hui dirigé par Thierry de La Tour d’Ar- taise constitue en fait le parfait contre-exemple d’un marché électroménager où, comme dans l’automobile, le haut de gamme allemand écrase le moyen de gamme français. Sur son cœur de marché, dé- laissant ostensiblement le gros électroménager, SEB a su de- venir numéro un mondial, tout en restant généraliste et en conservant dix usines sur le territoire français. « Pour cela, nous avons travaillé sur la montée en gamme de nos produits », explique Thierry de La Tour d’Artaise, qui a développé une stratégie basée sur de gros investissements en recherche et innovation et une intégration très forte de la production dans le monde. Sa réputation de créativité a dépassé les frontières, en at- teste le récent tweet d’Oprah Winfrey sur la friteuse sans huile, qui a décuplé les ventes. Le groupe est passé maître dans la conquête de valeur ajoutée. Son dernier robot cui- seur multifonction se vend 700 euros, soit le prix de deux machines à laver ! Le groupeDans cette démarche d’ex- pansion, le Groupe a toujours conjugué développement de produits universels et offres dédiées aux marchés locaux. Cet élargissement de la gamme et cette politique com- merciale adaptée aux marchés, avec des forces de vente lo- cales efficaces et un renfor- cement dans tous les canaux de distribution existants, constituent les principaux ac- célérateurs de l’expansion in- ternationale. « Désormais, nous sommes présents dans 150 pays et réalisons 80% de nos ventes hors de France : 54% sont concrétisées dansmenté de 2,9% à 200 millions l’Asie-Pacifique, avec une très croissance organique de 4%, d’euros sur la période. « Mal- forte dynamique chinoise, ont et 46% dans les pays émer- gré un effet devises très défa- joué un rôle moteur dans gents avec une croissance or- vorable et un durcissement notre croissance. » ganique de 7% », précise de la conjoncture, nous avons Dès les années 70, SEB a ré- Thierry de La Tour d’Artaise.« Une centaine de projets de- vrait voir le jour en 2014, concernant l’optimisation des flux, l’équilibrage des lignes de production et l’augmenta- tion du taux d’utilisation des machines », confirme Thierry de la Tour d’Artaise. Une stra- tégie de généralisation de pla- teformes communes, à la ma- nière de ce qui se fait déjà dans l’automobile. « En trois ans, nous sommes passés à trois fournisseurs et cinq pla- teformes pour nos moteurs de blenders dans le monde, contre 13 fournisseurs et 21 plateformes auparavant », précise-t-il pour donner plus de poids à son discours. Dans le même temps, SEB s’est lancé dans la réduction du nombre de ses références produits dans le monde. Alors qu’il en totalise quelque 35000 aujourd’hui, résultant souvent d’opérations de croissance ex- terne récentes, le groupe espère les réduire de 15% d’ici à la fin de 2014. Ce programme de simplification ne concerne d’ailleurs pas seulement les activités industrielles, puisqu’un programme de « Product Cost optimization », visant à optimiser les coûts de fabrication de produits exis- tants et de conception des nou- veaux produits, a été engagé. Le prix à payer pour rester© Angel Sanhueza"La prise de participation dans la société chinoise Supor en 2007 a été cruciale" (ierry de La Tour d’Artaise)devrait poursuivre dans cette voie à l’avenir. Il envisage d’investir 90 millions d’euros dans son outil industriel mon- dial en 2014, soit un montant identique à celui qui a été en- gagé en 2013.d’affaires en hausse de 5,4% à 4,161 milliards d’euros, ré- sultat net part du groupe aug-réalisé une année très satis- faisante. L’Europe hors France, les Amériques etles pays matures, avecunePLUS DE 80% DU CHIFFRE D’AFFAIRES À L’INTERNATIONAL Le bénéfice de cette stratégie se lit dans l’évolution du chif- fre d’affaires et des résultats du groupe. Il y a quelques semaines, le président de SEB dévoilait un bilan 2013 en nette progression : chiffreChampion de la valeur ajoutée... Son dernier robot cuiseur multifonction se vend 700 euros, soit le prix de deux machines à laver.50 JUILLET-AOÛT 2014leader mondial.Jacques Donnay]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12RH & FORMATION Réseaux & InfluencesCercles de nageurs, pour brasser des contacts pro ?Au même titre que le complexe de golf, la piscine est un lieu favorable à l’échange et à la prise de Ccontact, si bien que plusieurs cercles de nageurs sont prisés par des notables et dirigeants d’entreprise.Zoom sur une tendance qui gagne du terrain.ôtoyer du beau çonnique », précise Olivier crédible sur le plan profes- CNM était un club sportif que de sa vocation. Le CNM de la Société des Régates du monde dans un Leroy, président du Cercle sionnel », poursuit Olivier avant tout. Ce dernier préfè- est situé en bord de mer, et Havre, quant à elle, est un contexte non profes- des Nageurs de l’Ouest, basé Leroy. rerait que l’on évoque les son restaurant bénéficie d’un haut lieu des déjeuners d’af-sionnel plus propice à la à Saint-Germain-en-Laye, qui performances de ses licenciés point de vue fabuleux. En faires de la région normande.convivialité... Une bonne idée pour nouer des contacts qui serviront ultérieurement tout en se divertissant. A condition d’aimer nager. Aaccueille notamment plu- sieurs dirigeants de sociétés cotées en Bourse et cadres de haut niveau. Les raisons de cette tendance ? Elles sontDES JEUNES, DES FEMMES ET DU PRESTIGEEn première ligne lorsqu’il s’agit d’énumérer les exem-plutôt que l’on s’attarde sur les contrats ou partenariats nés de longueurs de brasse en commun. Reste que le prestigieux cercle est souventoutre, il se trouve que les membres sont des acteurs majeurs de l’économie locale. Automatiquement, il est plus facile de parler affaires avec un client ou un prospect dans un tel établissement que dans un boui-boui », note Patrick Fancello, auteur du livre Il était une fois le Cercle des Nageurs de Marseille. A la différence de lieux liés à l’événementiel (l’Open 13 de tennis et le Stade Vélo- drome sont connus pour être propices aux affaires), le CNM est ouvert toute l’année. Pas besoin de prétexter un rendez-vous sportif particulier pour se rencontrer et échan- ger. « Comparés aux clubs Rotary ou Lions, les cercles de nageurs regroupent éga- lement une clientèle plus jeune, encore en activité, et plus de femmes. Quel est l’in- térêt professionnel de ren- contrer un ancien grand pa- tronduCAC40s’ila70 ans ? », ajoute Alain Marty, auteur de plusieurs éditions du Guide du networking, clubs et réseaux d’influence.« Le Havre est une petite ville, tout le monde se connaît, et le cadre et l’ambiance du cercle en font un lieu de vie qui incite à la discussion », avance Sylvain Dupray, son président. S’il est gêné par le fait que de nouveaux arri- vants s’y rendent dans une optique de relationnel ? Non, bien au contraire. « J’aime- rais cultiver cet aspect. Il faudrait que des entreprises viennent s’y rencontrer pour parler business. Car le réseau attire du monde et cela se traduit en source de revenus pour le club au final », avoue- t-il. Mais attention. Que ceux qui cherchent à nouer des contacts dans une optique de carrière ne se méprennent pas. La passion doit primer. « On intègre un réseau en premier lieu pour l’objet du réseau. Si on n’aime pas na- ger, il ne faut pas y aller », prévient Alain Marty. Et pour cause, se rendre dans un club simplement dans une optique de « réseautage », sans l’envie de se mettre en maillot de bain et de se jeter à l’eau, équivaut à passer pour un opportuniste. Et la stratégie est mauvaise : un entrepre- neur est plus à même de par- tager plus qu’une discussion avec quelqu’un qui partage déjà sa passion. « Il y a quelques règles de bienséance à respecter, notamment dans la manière d’aborder les au- tres membres, qui viennent avant tout se détendre et pas- ser un bon moment. Il ne faut pas oublier que l’on est hors du cadre de travail et que les hommes d’affaires, via leur cotisation, payent aussi le droit au calme et à la sérénité. Il ne faut donc pas être trop direct », poursuit Alain Marty. Il est donc pré- férable d’attendre plusieurs échanges avant d’introniser le fameux « vous faites quoi"De mon côté ça va. Pas besoin d'aller à la piscine..."HABITUDES ET RÈGLES NAISSANTES Toutefois, le phénomène est encore trop rare pour parler de vraie tendance. En vérité, il ne concerne que des clubs privés ou quelques complexes luxueux avec piscine en bord de mer, et encore faut-il que le tissu économique local soit favorable. « Chez nous par exemple, ce côté business aul’instar de divers clubs spor- tifs haut de gamme qui ont la réputation d’attirer des bu- sinessmen désireux d’étendre leurs relations profession- nelles (golfs, centres éques- tres, clubs de voile, etc.), cer- tains cercles de nageurs voient également le micro- cosme des affaires graviter autour du bassin. « Sans avoir les détails, je sais qu’il arrive que certaines collaborations se mettent en place entre membres du club et que des connexions se fassent natu- rellement. Mais cela reste in- formel, un cercle de nageurs reste une association sportive, ce n’est pas une loge ma-52 JUILLET-AOÛT 2014à mettre au crédit de l’essence même de ce sport. « Les na- geurs ont une image de per- sonnes abordables, bien dans leurs baskets. La natation est un sport relaxant, qui permet notamment à des ca- dres qui ont de hautes res- ponsabilités de se détendre rapidement. Lorsque tout le monde est en maillot, sans Rolex ni costume, la prise de contact est plus facile. Et quand vous montrez que vous êtes debout à huit heures du matin pour venir faire des longueurs avant d’aller au travail, vous passez pour quelqu’un qui a le goût de l’effort, donc potentiellementples, on trouve bien évidem- ment le Cercle des Nageurs de Marseille (CNM), réputé pour être LE repère des no- tables de la cité phocéenne et un lieu de rencontre privi-dépeint comme un endroit favorable aux opportunités de business. Un sentiment renforcé par son côté élitiste : au-delà d’une cotisation avoi- sinant les 1500 euros, accéderLorsque tout le monde est en maillot, sans Rolex ni costume, la prise de contact est plus aisée.légié pour conclure une af- au club requiert en effet l’aval club n’est pas palpable. Sû- faire. Une image qui colle de deux parrains, l’un d’entre rement parce qu’il y a trop au club mais qui n’est pas eux devant même rédiger une peu d’entreprises dans la ré- sans agacer sa direction. Paul lettre de moralité. « Ce gion », estime Henri Novak, Leccia, son président, a répété constat tient plus de la si- qui préside le Cercle des Na- à maintes reprises que le tuation géographique du club geurs de Cannes. La piscinedanslavie?».Marc Hervez]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12RH & FORMATION Observatoireu Saison de la fertilité, le printemps a été riche en projets de fusions, doubles-diplômes et accords entre entreprises et grandes écoles. Ecoréseau vous en offre un petit « digest ».termes de fréquentations : 39% des recruteurs consulteraient quotidiennement les annonces tandis que presque le double de candidats le feraient dans le même temps. Côté réseaux so- ciaux, 52% des candidats et 67% des recruteurs les utiliseraient. Cela dit, notons qu’une per- sonne sur cinq n’utilise pas cet outil et évoque son ignorance de ces plateformes en tant que moyen pour rechercher un emploi. Viadeo, par son positionnement grand public et middle manager et LinkedIn tourné vers les cadres sup et dirigeants, sont plébiscités et demeurent les réseaux les plus utilisés d’après les chiffres avancés par le sondage.De l’importance de la Toile pour candidats et recruteursSeconde mouture pour l’étude réalisée par Opensourcing, ce nouveau sondage analyse les comportements des recruteurs et des candidats sur le Web : fréquence de visites des sites d’annonces, classification des différents médias et réseaux sociaux selon leur importance, catégorisation des sites selon les profils de postes. 76% des candidats auraient recours aux Cvthèques en ligne (+5% par rapport à 2012) pendant que 72% des recruteurs les consulte- raient (+6%). En matière d’offres, 88% des recruteurs déposent des annonces et 83% des candidats interrogés consultent et répondent à ces dernières. Première différence notoire enSource : OpensourcingTOP 5 des sites emploi les plus utilisés par les candidats...Les ouvriers et non-cadres ont un profil similaire et utilisent majoritairement les sites de Pôle Emploi et de Monster. A contrario, et bien évidemment, Cadremploi et l’APEC sont parmi les favoris des cadres et des dirigeants. Totalement absents l’année dernière, Indeed et LeBoncoin font leur entrée dans ce TOP 5.TOP 5 des sites emploi les plus utilisés par les recruteurs dans...Le site de l’APEC est plébiscité par tous les types d’entreprise, et Pôle Emploi dans un second temps bien que chez les Grands Groupes cette tendance soit moins vrai qu’ailleurs. Lorsque les TPE et les PMEutilisent Monster, les Grands Groupes ainsi que les Cabinets de recrutement leur préféreront des sites comme54 JUILLET-AOÛT 2014RégionsJob ou Cadremploi.]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12RH & FORMATION Carrières & Talents - RecrutementMiroirs déformants du recrutementLes biais cognitifs altèrent la prise de décision lors d'un entretien de recrutement en face à face. Mauvaises habitudes de jugement ou spontanéité de pensées stéréotypées, ces déformations peuventêtre contrecarrées ou utilisées... Tout dépend de quel côté du bureau l’on se place...ontrez-moi les être pris en compte chez le une lecture déformante de la le candidat s’il possède les candidat. Le second effet, Concrètement, il s’agit de lignes de votre recruteur lors des process à réalité. Attribution causale, mêmes violons d’Ingres. Tri- qui découle du premier, serait développer chez les recruteurs main et je vous di- l’embauche. identification, projection, sur- cot, surf ou maquettes de la de restreindre le champ des leur sens de l’écoute et derai si vous êtes fait pour ce compensation, idéalisation, Tour Eiffel en allumettes... possibles en matière de re- leur apprendre à poser desjob ! Le temps où le président consultait les astres pour pré- dire l’avenir du pays ou le DRH pour recruter ses futurs collaborateurs semble révolu. Beaucoup d’eau a aussi coulé sous les ponts afin que la graphologie ne soit plus aussi déterminante au moment de choisir la perle rare. Pourtant, de manière insidieuse et plus subtile, d’autres pratiques, en lien avec le passé, conti- nuent d’altérer les décisions lors des recrutements : les biais cognitifs. Ils mènent ainsi la vie dure à la capacité de jugement des profession- nels de la fonction RH. Par- fois même de manière in-CE REGARD DE BIAIS... ?Qu’appelle-t-on précisément biais cognitifs ? Vraisembla- blement, il y en aurait plus d’une centaine. Et il relèverait même de la gageure de les distinguer entre eux, car cer- tains se recoupent, se confon- dent, se complètent. « Liés à notre raisonnement et à notre schéma de pensée, les biais cognitifs sont des raccourcis de pensée qui entraînent une déviation du jugement », dé- finit Christine Naschberger, enseignante chercheuse en RH chez Audencia. Jean- Pierre Baudinat, responsable du département Assesmenttransfert... sont autant de causes qui peuvent « biaiser » une analyse ». Cas pratique avec l’un des plus fameux : celui de Halo. Dans ce cas de figure, l’interlocuteur va placer au centre de son juge-Peu importe !crutement en mettant notam- ment sur la sellette des profils atypiques.Ces biais peuvent donc épou- ser les traits de préjugés telle que la discrimination à l’em- bauche, comme celle que vi-questions qui n’induisent pas la réponse lors de leur for- mulation. Des débriefings suite à une double écoute lors d’un entretien permettent également de rectifier le tir, d’objectiver le processus de recrutement. Le croisement des jugements entre les dif- férents managers responsa- bles du recrutement limite également les risques de mau- vaise décision. Toutefois, ces fameux biais, même incons- cients, ne doivent pas conduire à des crise de para- noïa aiguë chez les profes- sionnels du recrutement. D’autant que certains d’entre eux restent des qualités selon Jean-Pierre Scandella, associé gérant chez Arrowman Exe- cutive Search, cabinet spé- cialisé dans le recrutement des experts et dirigeants en innovation : « Bien sûr, les valeurs positives qui ressor- tent de l’entretien seront va- lorisées. Car cela demeure du face à face, une interface humaine. Nous sommes d’ail- leurs ravis de nous recon- naître dans certaines valeurs communes, dans du vécu ou des expériences proches. Car ces valeurs qui influencent parfois la décision sont né- cessaires pour coller à l’ADN de certaines entreprises ». Sans dévaluer l’influence de ces biais, ces derniers, une fois pris en compte, ne sont pas si problématiques. « Les biais existent certes, mais ils ne sont pas déterminants au regard des compétences, des savoir-être et de l’ensemble des éléments validés dans leQUELLES CONSÉQUENCES SUR LE RECRUTEMENT ? Le danger pour le recruteur serait de juger les capacitésLa personne qui dirige l'entretien sera par exemple tentée de surévaluer le candidat s'il possède les mêmes violons d'Ingresment une caractéristique du candidat. Arriver en retard. Mal nouer sa cravate. Arriver avec son tailleur tâché. Nedu candidat à l’aune des points communs en matière de personnalité, de cursus, de hobbys, etc. Les consé-vent les personnes handica- pées par exemple. « Une étude réalisée dans le cadre de l’agence Entreprise et Handicap montre que la ma- jorité des responsables du recrutement pensent à tort que ce profil de candidat ne peut pas tenir un poste de front-office. Pourtant des études menées notamment chez Air France et SFR prou- vent totalement le contraire », met en lumière Charles-Henri Besseyre-des-Horts, profes- seur associé au département Management et RH à HEC."Mem̂ e veste que moi, mem̂ es mains moites et molles... il me plait̂ce gars !"pas prendre de notes durant l’entretien. Autant d’éléments, par exemple, qui peuvent bloquer le recruteur dans son jugement. Autre biais notoire, le défaut de projection. Ici, la personne qui dirige l’en- tretien est tentée de surévaluercahier des charges . lors d’un recrutement », rap- pelle Jean-Pierre Scandella. Même approche chez Robert Walters où le recrutement est centré sur « une approche positive du candidat, basée sur la compétence unique- ment », selon les mots de Jean-Pierre Baudinat.consciente. Car pour les contrebalancer, il ne s’agit pas de considérer ou de mo- difier un outil d’évaluation du candidat, mais plutôt de modifier les comportements mêmes du recruteur. Le fac- teur psychologique doit aussi56 JUILLET-AOÛT 2014chez Robert Walters, com- plète : « L’entretien de re- crutement, parce qu’il prend forme dans une relation psy- cho-sociale, est par excel- lence le terrain des biais cog- nitifs. Ces pré-jugements conduisent bien souvent àquences sur le recrutement ne sont pas anodines. Ces fameux biais auraient été, entre autres, responsables de l’effet de « cloning », regretté par Carlos Ghosn alors à la tête de Renault, surpris de la ressemblance entre chaqueGeoffroy FrameryQUELLESSOLUTIONS ?Certains cabinets mettent ac- tivement en valeur leur en- gagement pour la diversité. A l’image de Robert Walters, RH Partners ou encore « Adecco à domicile », n’hé- sitant pas à sensibiliser leurs collaborateurs. « Nous met- tons un point d’honneur à pratiquer un recrutement res- ponsable, essentiel pour ré- tablir la confiance dans un marché de l’emploi français atone. Nous sensibilisons l’ensemble de nos collabo- rateurs aux questions de di- versité, d’équité et d’égalité par des formations régulières sur nos méthodes, nos dis- cours, nos valeurs », se réjouit Jean-Pierre Baudinat dont le cabinet est signataire de la Charte de la diversité et de « A compétence égale ».utilisé]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[Christopher, 43 years old. Managing Director, Marseille, ESSEC Executive Education, Class of 2011.And you? How far will your General Management Program take you?General Management Program: Reinforce, Renew, Reach.10 months in Paris. 2 international study trips. 2 formats: weekend or modular. For top executives.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU© Getty Images – Christophe, 43 ans. Directeur Général, Marseille, ESSEC Executive Education, Promotion 2011. Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ? Programme «Management Général» : Renforcer ses compétences, renouveler son projet professionnel, atteindre ses objectifs. 10 mois à Paris. 2 immersions à l’étranger. 2 formats : week-end ou modulaire. Pour les hauts dirigeants.]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12RH & FORMATION Carrières & Talents - Ecoles d’ingénieursVent du largeESymbole méritocratique de la qualité de la formation scientifique à la française, le titre d'ingénieur voyage avec aisance hors des frontières. Preuve incontestable d'une prise en compte durable et attentive de l'aspect international par les grandes écoles ?iffel pour sa tour épo- la Commission des titres d’in- tisent par des coopérations internationales à Polytech- l’étranger par différents çaises pour former les élites nyme, Marcel Das- génieur (CTI). Au-delà de en matière de recherche et nique. A l’École nationale moyens comme les VIE ou locales, à l’image des straté- sault, André Michelin cette subtilité européenne, la d’enseignement, en vue d’op- des Ponts Paris-Tech, la co- les parcours d’intégration au gies du réseau Centrale.ou encore Francis Bouygues... mobilité académique et les timiser la mobilité interna- horte annuelle de 270 ingé- sein de grandes entreprises », « Faire de Centrale uneAutant de noms célèbres qui ont fait rayonner le savoir- faire à la française hors des frontières et qui continuent encore de nimber de prestige l’image de l’ingénieur bleu blanc rouge. Pour faire écho à ce renom, les grandes écoles d’ingénieurs continuent d’en- joliver la dorure de leur bla- son à l’étranger en facilitant la mobilité académique et professionnelle et en expor- tant le modèle, tout en déve- loppant de nombreux parte- nariats thématiques. Les stra- tégies de développement à l’international diffèrent selon l’ADN des écoles. Mais un fil rouge de tous ces temples de la science demeure celui de préparer au mieux la « graine d’ingé » aux contextes pro- fessionnels multiculturels et globalisés.L'internationalisation des grandes écoles ne signifie seulement « exporter les ingénieurs ». Il s'agit aussi de dupliquer les méthodes d'enseignement françaises pour former les élites localesstages hors des frontières sont les maîtres-mots dans la plupart des grandes écoles. Les programmes à l’étranger sont donc à l’honneur : Eras- mus, Mundus, ou encore Tan- dem entre le Chine et l’Eu- rope... « Être « bankable » à l’étranger, c’est aussi prêter attention aux partenariats qui accouchent de nouveaux labels. Les formations ayant obtenu le label EUR-ACE niveau master, label européen délivré par la CTI depuis 2009, peuvent se servir de cet outil en vue d’améliorer leur visibilité tout en rentrant en conformité avec les cadres de qualifications européens », ajoute Teresa Sanchez Cha- parro. Autre dynamique, le réseau TIME (Top Industrial Manager for Europe) intègre les grandes universités eu- ropéennes et s’élargit désor- mais au Japon et à l’Australie. Sa mission ? Favoriser la mobilité internationale des étudiants et des professionnels en cultivant le très convoité double diplôme mis en place par de nombreuses écoles d’ingénieurs. Comme Tele- com Paris-Tech, par exemple, proposant 29 doubles di- plômes d’ingénieurs dans 34 pays pour près de 87 parte- nariats à l’étranger avec les fameux Stanford, Tokyo Ins- titute of Technology ou la Beijing University !marque mondiale se concré- tise par le développement du réseau à l’étranger, confie Emmanuel Duflos, directeur de l’Ecole Centrale de Lille. Centrale Pékin, inaugurée en 2005, première grande école française présente en Chine, propose ainsi un cur- sus unique de six ans pour adapter la maquette française aux particularités de l’Empire du Milieu grâce à la partici- pation de l’université de Bei- hang. Le but ? Former des ingénieurs de haut niveau, polyvalents, trilingues (chi- nois, français et anglais) qui prendront rapidement des responsabilités de tout pre- mier ordre dans les entre- prises, en Chine comme en France. » Deux projets si- milaires en Inde et au Maroc sont en pleine gestation. Stra- tégie similaire à l’X avec l’ouverture en 2013 de Paris Tech Shangaï Jiao Tong. Les étudiants intègrent un pro- gramme de formation d’in- génieur « à la française » (six ans également), à di- mension internationale. Les étudiants obtiendront les di- plômes de Bachelor et de Master of Engineering de SJTU ainsi qu’un diplôme d’ingénieur de ParisTech- Shanghai JiaoTong reconnu par l’Etat français. Cette créa- tion s’accompagne également de la naissance d’un club d’entreprises pour épouser au plus près les dynamiques de recrutement. Garder un œil sur la méthode et le passé français tout en se projetant58 JUILLET-AOÛT 2014PARTENARIATS SCIENTIFIQUES ET ACADÉMIQUES : LE NERF DE LA GUERRE ?Ingeń ieur winner ouvert à l'internationalisation en entretien d'embauche. En fait-il trop ?nieur, cycle master, doctorants et personnel enseignant) », résume Mathieu le Traon, di- recteur adjoint des relationssur les territoires d’a. la stratégie fonctionne et s’ac- célère, les écoles d’ingénieur se retrouvant progressivement dans la roue des business schools, avec 16% des di- plômés s’expatriant hors de France pour leur premier em- ploi contre 25 % pour les écoles de commerce.« Le développement à l’in- ternational passe par de nom- breuses actions qui se concré-du Japon et ensuite du Canada et du reste de l’Europe. « 25% des jeunes diplômés com- mencent leur carrière àGeoffroy Framerytionale entrante et sortante des enseignants chercheurs et des étudiants. 65 nationa- lités sont présentes sur le campus de l’X (cycle ingé-nieurs diplômés comprend un tiers d’étudiants de na- tionalité étrangère, provenant par ordre décroissant d’Es- pagne, du Maroc, du Brésil,complète Mathieu Le Traon. 22% pour l’École Centrale de Lille par exemple dès la sortie du cycle ingénieur. La mobilité est notamment en- couragée par le développe- ment de partenariats solides, comme celui consacré au do- maine de l’eau avec l’uni- versité de Belo Horizonte du Minas Gerais au Brésil ou celui dédié au génie industriel et à la logistique au Japon pour l’Ecole nationale des Ponts Paris-Tech. « Nos par- tenariats sont construits au- tour du cœur de métier his- torique de l’école : le génie civil, la construction, le génie environnemental et l’aména- gement, complète Armel de la Bourdonnaye, directeur de l’École nationale des Ponts Paris-Tech. Nous soutenons aussi notre visibilité à l’in- ternational par la promotion des productions mondiale- ment connues de l’école telles que la structure du Christ rédempteur sur le Corcovado ou l’opéra de Pékin. Désor- mais, nous souhaitons nous tourner vers l’Inde avec de nouveaux partenariats pour 2015-2016. »L’AUBERGE ESPAGNOLEDES MÉTHODES L’intégration d’une économie globalisée et du contexte eu- ropéen aux exigences aca- démiques des écoles d’ingé- nieurs n’est pas nouvelle. Pas de règle fixe ni de méthode unique pour prendre en compte l’aspect international, exception faite du respect des directives européennes qui facilitent la mobilité dans l’espace communautaire. Ce- pendant, notons que le cycle ingénieur se ne se prête pas tout à fait à la nomenclature LMD. « Car il est difficile d’établir, de façon intermé- diaire, un véritable « bache- lor » à vocation profession- nalisante strictement conforme au processus de Bologne après trois années d’études en raison notamment des deux années de classe préparatoire. La formation à Bac+3 sera mal- gré tout sanctionnée et plei- nement validée, par un cer- tificat d’établissement qui fa- cilitera les échanges d’étu- diants à l’international », re- marque Teresa Sánchez Cha- parro, directrice exécutive deLES VISAGES DU DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL« Le but est de confronter les étudiants français à un multiculturalisme qui sera une composante essentielle de leur vie professionnelle », ajoute Mathieu Le Traon. Mais l’internationalisation des grandes écoles ne signifie pas seulement « exporter les ingénieurs ». Il s’agit égale- ment de dupliquer les mé- thodes d’enseignement fran-venir :]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12RH & FORMATION Carrières & Talents - Executive MBALa cerise sur le managerTrop cher. Trop chronophage. Et trop « incitatif » en matière de mobilité des senior managers. L'Executive CMBA suscite toutes les méfiances. Cette formation reste pourtant un atout de taille lorsqu'il s'agit de fairecorrespondre les enjeux de développement des entreprises avec les aspirations personnelles des talents.erise sur la pièce naires. Pour quelles raisons contraindre leurs cadres à res- FAIRE « MATCHER » board de direction et les RH AMBA), a fait le choix de montée de la forma- l’executive MBA inspire-t-il ter pendant quelques années ENJEUX STRATÉ- en considérant l’Exec MBA colorer son parcours selon le tion continue, l’EM- donc autant de méfiance ? supplémentaires même si ces GIQUES ET ASPIRA- comme une vraie opportunité prisme des transformationsBA s’adresse, à la différence D’abord parce que c’est dans pratiques ne sont pas légales TIONS INDIVIDUELLES de formation et de changement numériques, afin de s’insérerdes MBA, aux senior man- agers déjà dotés d’une solide expérience. Moyenne d’âge de37ansetde13ansd’ex- périence par exemple pour le très côté EMBA de l’IN- SEAD. « Cette formation s’adresse aux directeurs fin- anciers ou aux directeurs commerciaux prenant les rênes de leur direction générale, détaille Jean-Pierre Scandella, associé-gérant chez Arrowman Executive Search, cabinet spécialisé dans le recrutement des ex- perts et dirigeants en inno- vation. Dans ce cas de figure, l’accession à ce type de poste nécessite de creuser de nom- breuses compétences et no- tions qui n’étaient pas l’a- panage de leur cœur de méti- er. L’EMBA s’envisage alors pour consolider sa formation sur certains domaines peu abordés et apporter les ca- pacités de gestion à un in- génieur. » Formule prenant le rythme d’un part-time (temps partiel), l’EMBA am- bitionne donc de transformer un manager à haut potentiel en un gestionnaire pourvu d’une vision stratégique glo- bale, de l’intégrer au comité exécutif. Dès lors, pourquoi tant de méfiance à l’égard d’un programme si vertueux ?l’ADN du programme de ren- forcer le réseautage et les contacts de qualité. Les di- rections RH évoquent volon- tiers un manque de retour surjuridiquement. En corollaire, de nombreux candidats les envisagent comme un ressort d’outplacement pour booster leur carrière. « Chez Toulouse« Très peu d’entreprises por- tent une réflexion sur le long terme au sujet des executive MBA. A l’exception de cer- tains grands groupes, rodéspour certains de leurs ca- dres. » Le but consiste donc à faire matcher les enjeux stratégiques de l’entreprise avec les aspirations individu- elles du cadre senior. « L’EM- BA doit être réalisé en co- hérence avec un parcours. Il n’est ni une garantie assurée, ni un passeport obligatoire qui ouvre les portes des hauts postes de gestion », rappelle Jean-Pierre Scandella. Cas d’école avec Julien Faury, di- recteur de trois agences chez Dinagora. Après avoir fait ses armes chez Steria, une SSII, l’ancien cadre commercial se retrouve à la tête de l’agence Dinagora à Marseille. Le bon développement de l’entreprise et les performances du cadre l’amènent l’année suivante à diriger deux nouvelles agences, à Toulouse et Lyon. L’entretien annuel fait émerger un besoin de formation, no- tamment en ce qui concerne sa capacité à gérer la mise en place de projets complexes. Dans une démarche commune avec la direction RH, Julien Faury se voit proposer plu- sieurs programmes dont ceux de HEC, de NEOMA et de l’ESSEC. Son choix se portera malgré tout sur Télécom Pa- risTech. « J’avais un profil école de commerce. Je sou- haitais donc naturellement participer à un EMBA spé- cialisé dans l’innovation. Je voulais une formation tournée vers le digital pour m’aider à traiter des projets innovants dans une approche qui res- semblerait à celle qui est à l’œuvre dans les start-up », reconnaît le participant à l’Executive MBA de Télécom EM.dans un marché mature et mondialisé. Choix similaires pour l’Executive MBA de Di- jon ou encore celui de Paris- Sorbonne et du Celsa tourné vers le management, les com- munications et les sociétés. Un positionnement de niche pour survivre et évoluer dans cette jungle de formations do- minée depuis dix ans par les grandes parisiennes. Les EMBA de l’ESCP Europe, du groupe HEC, de l’ESSEC et de Lyon sont souvent clas- sés dans les 30 premiers mon- diaux par le Financial Times. Leur positionnement diffère ainsi de leurs petits frères. Leur plus-value également : « L’EMBA de l’INSEAD per- met d’acquérir tous les outils de gestion d’une entreprise dans un contexte international, décrit Jeanine Serieys, assistant director à l’EMBA de l’INSEAD. Une des particularités de notre programme EMBA, depuis dix ans, est l’accent donné à tous les exercices destinés à l’amélioration des perfor- mances managériales : lea- dership, développement per- sonnel, coaching, animation d’équipes... ce que nous ap- pelons le Leadership Pro- gramme. » Tendance à ne pas sous-estimer, il n’est pas rare qu’une entreprise décide en cours de formation de financer ce programme exécutif. Un aveu de reconnaissance de ces formations d’élites ? D’au- tant que les organismes pari- taires tels que le Fongecif peuvent contribuer partielle-"Eh eh... cet Executive MBA me transforme, mais personne ne le voit..."L’OGRE DE LA FOR- MATION CONTINUE FACE À DES ENTRE- PRISES PARFOIS FRILEUSESinvestissement par rapport aux coûts engagés. L’EMBA confère également à ses ré- cipiendaires une plus grande mobilité. Atout pour certains groupes, l’internationalisationBusiness School, par exemple, un tiers souhaite évoluer dans sa carrière et monter en hié- rarchie. Un autre se destine à la création ou à la reprise et le tiers restant occupe undans l’exercice, qui ont créé des partenariats de longue date avec certaines écoles, regrette Olivier Epinette, di- recteur de la formation de Té- lécom Ecole de Management.Premier constat : les entre- prises financent de moins en moins ces formations. Car ces dernières possèdent gé- néralement des programmes spécifiques pour gérer les ta- lent managers ou redoutent le départ de ces profils à l’is- sue de la formation. A l’image detheNextMBA,«àpeineà 40000 euros », formule créée à l’initiative du cabinet Ma- zars pour répondre à des pro- blématiques identifiées au sein de ses entreprises parte-Très peu d'entreprises portent une réflexion sur le long terme au sujet des EMBA en créant des partenariats de longue date avec des écolest. En dé-des compétences ou de la sta- poste de direction mais sou- Il existe en revanche des en- ture des cadres peut refroidir haite se renforcer sur certains treprises qui savent le gérer les ardeurs en formations aspects stratégiques », analyse intelligemment. Eurocopter, continues. Certaines sociétés Vanessa Gatti, MBA Program Areva, Heidelberg, Canon... n’hésitent pas d’ailleurs à Manager chez Toulouse Bu- Autant de bons élèves qui ont faire signer des clauses pour siness School. nourri des réflexions entre lePOSITIONNEMENTS VARIÉS DE L’EMBA DANS L’HEXAGONE L’école, bien que dispensant des enseignements généralistes pour correspondre au réfé- rentiel des accréditations in- ternationales (Equis, AACSB,ment au financemen. finitive, c’est en règle générale un tiers des participants qui voient leur programme entiè- rement alimenté par les en- treprises. Pourcentage à la hausse en financement partagé (plus de 60% à l’ESCP). Preuve d’une plus-value in- déniable lorsque la méfiance n’est pas de rigueur.Geoffroy Framery60 JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[À L’IMAGE DE CERTAINS PAYS, NOUS SOMMES FIERSD’ÊTRE UN MBA ÉMERGENT.Executive MBARanking 20132010 201384ème ↗ 43ème mondial, 3ème en France.CREATESHARE CAREChoisissez votre campus:PARIS, MARSEILLE, BORDEAUX, ou SHANGHAI Stimulez votre esprit entrepreneurDevenez un leader créatif et responsableCréez votre réseau internationalProgramme 100% en anglaisPour un entretien personnalisé contactez : nathalie.clair@kedgebs.com / tél. 04 91 82 78 74 mba.kedgebs.com]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Choix de vacancesQuand vacances hexagonales riment avec originalesEC’est en France que cela se passe cette année... mais pas question pour les CSP+ de s'enfermer dans des stations balnéaires saturées. Au delà du bling bling et de l'ostentatoire, nombreux seront ceux qui privilégieront séjours originaux et exclusifs. Tour d'horizon des concepts en vogue...ntrepreneur ou cadre LE TOURISME VERT Victor,lesoffresdetourisme issu d’un partenariat avec lesCSP+,«lesétablissements au nombre de 623 en France, dirigeant, savez-vous ET RESPONSABLE vert surfant sur le haut de l’ONG WWF. « Situés en classés 4 ou 5 épis, l’équi- dont un quart offre un confort quelle sera votre des- C’est la grande tendance des gamme « responsable » pous- pleine nature dans un parc valent du 4 ou 5 étoiles, sont trois/quatre étoiles. « Noustination estivale cette année dernières années pour une sent toutefois commedes naturel régional ou national, les plus appropriés en termes distinguons les hébergements? D’après une étude Ifop pa- rue en mars 2014, il n’y pas de doute : c’est la France qui s’imposera, à coup sûr, comme votre lieu de dépay- sement ! Ainsi, l’Hexagone est plébiscité par 41% des sondés comme la destination idéale, contre le reste de l’Eu- rope (11%), l’Amérique du Nord (9%) ou l’Asie (9%). Et les CSP+ n’échappent pas à la règle, à en croire les ex- perts du tourisme, qui déno- tent une tendance, chez ces dernières, à voyager moins longtemps mais plus souvent. « Résultat : elles privilégient des destinations peu distantes et aisément accessibles. Et pour favoriser un tel com- promis, la France, forte de ses multiples richesses tou- ristiques alliant plaisirs de la montagne, de la mer et de la campagne, reste un choix incontournable », rappelle François Victor, directeur as- socié et expert en marketing touristique au sein du cabinet Horwath HTL. Partir à la dé- couverte des belles régions françaises, oui, mais sans s’enfermer dans les stations balnéaires saturées, de Saint- Tropez au Cap Ferret, prisées par les cols blancs proprié- taires de résidences secon- daires. « Car en effet, si la France constitue une valeur sûre pour les catégories su- périeures à la recherche de séjours confort et haut de gamme, force est de constater que la grande tendance pour ce public se caractérise par une dernière exigence, et pas des moindres : la recherche d’originalité ! », analyse Alexis Gardy, partner spé- cialiste des secteurs tourisme & loisir au sein du cabinet Roland Berger. Vous aussi, vous recherchez de la nou- veauté, mieux encore de l’ex- clusivité ? Alors, pour vous aider à dégoter les bons plans, voici un tour d’horizon des adresses à ne pas manquer, regroupées par thème de va- cances à la mode.62 JuILLET-AOûT 2014clientèle urbaine et aisée dé- sireuse de faire rimer va- cances avec quête de sens. « Les CSP+ veulent de plus en plus renouer avec la nature en privilégiant des séjours écolos favorisant un vrai re- tour aux sources », développe Anne-Catherine Péchinot, di- recteur général de Gîtes de France, regroupant pas moins de 60000 hébergements dont quelques centaines d’écogîtes,Passer un long week-end ou une semaine dans une capitale régionale s’impose comme un effet de modede tourisme vert en cohérence avec les valeurs qu’ils véhi- culent. Et ce, en passant au crible tous les aspects de leur management environne- mental au travers de 140 cri- tères : gestion de l’eau, des déchets, restauration bio, etc. », explique Aline De- prince, coordinatrice nationale du label La Clef Verte. Exem- ple probant de maison d’hôte haut de gamme labellisée : le domaine du château du Ris de Feu, havre de paix de 150 hectares de forêt, situé au coeur du Berry et du Parc Naturel Régional de la Brenne. Son manoir du XVe siècle, sa tour et ses dépen- dances allient dépaysement rustique, confort haut de gamme et responsabilité so- ciale et environnementale. Moins rustique, mais tout aussi responsable, le Detec- tive Hôtel, basé à Etretat, est le premier hôtel indépendant de Haute-Normandie à être labellisé La Clef Verte. Son concept : plonger les visiteurs dans l’atmosphère intime des détectives les plus célèbres.champignons. Mais pour bien faire son choix, encore faut- il distinguer celles ayant une démarche attestée de respectces chambres d’hôtes ou gîtes ruraux sont tenus par des propriétaires engagés au quo- tidien dans la gestion durablede confort». Parmi lesquels le gîte de charme Le Chemin Ferre en Bourgogne, demeure de caractère du XIXe siècleLe pays aux 1 000 paysages, où les postiers sont richesde leur structure et la pro- tection et valorisation du mi- lieu naturel et des espèces », détaille Anne-Catherine Pé- chinot, en rappelant que poursituée dans le parc naturel régional du Morvan.Autres hébergements écolos certifiés à souligner : les éta- blissements La Clef Verte,L’INSOLITE A LA COTEYourtes, roulottes, cabanes dans les bois, et si vous pas- siez vos prochaines vacances dans un hébergement inso- lite ? « Voilà un effet de mode qui s’impose depuis déjà quelques années », constate Anne-Catherine Péchinot, en rappelant que bon nombre de nouveaux gîtes surfent sur un tel créneau. Si une telle tendance s’inscrit, elle aussi, dans ce besoin croissant de « retour aux sources » propre au tourisme vert, elle se dis- tingue toutefois par un ca- ractère ludique largement re- cherché par les familles. Des séjours qui se veulent exclu- sivement « roots » ? « Loin de là, répond Anne-Catherine Péchinot, ces hébergements insolites ne sont pas antino- miques avec confort haut de gamme. Certains ont d’ail-ayant une faible empreinte carbone. S’il « n’existe pas de véritable destination éco- touristique en France », comme le rappelle Françoisde l’environnement. Certains sites haut de gamme s’illus- trent en la matière comme ceux certifiés « Panda » du réseau Gîtes de France, label]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frL’Air du temps - Choix de vacancesART DE VIVRE & PATRIMOINEleurs été restaurés avec goût durant les dernières années ». C’est le cas du Troglo du Roy Jean, niché au cœur des vignobles, châteaux et ab- bayes du Val de Loire, une habitation et dépendance 100% troglodytiques de 155 m2, creusées dans la roche par l’homme au XVIe siècle, et aménagée avec passion par ses propriétaires en 2011. Tout aussi confort, le site DéfiPlanet’ au Domaine de Dienné, fort de 47 hectares dont 17 d’étangs et de forêts, situé à moins de 30 minutes de Poitiers et du Futuroscope. Ce parc aventure insolite avec roulottes, yourtes mongoles, cabanes et châteaux dans les branches, offre des activités multiples : plus d’1,2 km de tyroliennes, des parcours de randonnées, un centre éques- tre avec plus de 40 chevaux, un parc animalier...tendance capable de trouver ses propres sources de re- nouvellement. Comme le tou- risme à vélo, qui a le vent en poupe (en Bretagne, dans la région nantaise ou à l’île de Ré disposant de pistes cy- clables aménagées). Ou en- core l’œnotourisme, « éga- lement très à la mode dans un nombre croissant de ter- roirs, comme la Vallée du Rhône, la Provence ou encore le Languedoc qui s’ajoutent à la Bourgogne et au Borde- lais déjà fréquentés », constate François Victor. Aux portes de Bordeaux, juste- ment, la Haute-Saintonge, en Charente-Maritime, mérite le détour. Avec l’ouverture en 2010 de la Maison des vignes et des saveurs, vitrine péda- gogique et interactive du ter- roir local (cognac, pineau des Charentes,...) qui organise des ateliers autour de la gas- tronomie et du vin. Pour s’im- prégner de la région, le Mou- lin de Val de Seugne, petit hôtel de charme avec une di- zaine de chambres, s’impose comme une escale idéale. Dernière thématique qui a la cote : « la visite des grandes villes de province à l’instar de Marseille ou Nantes, qui ont fait des efforts notables, durant les dernières années, pour mettre en valeur leur patrimoine culturel », rappelle François Victor. Passer un long week-end ou une se- maine dans une capitale ré- gionale s’impose d’autant plus comme un effet de mode « que le maillage de plus en plus étoffé du réseau de TGV rend ces cités aisément ac- cessibles », précise François Victor. Opter pour le tourisme urbain, oui, mais tout en pri- vilégiant (encore !) la singu- larité. « Et ce, en apportant une touche personnelle à son séjour comme en ciblant des activités originales : visite d’une nouvelle promenade, découverte d’un nouveau mu- sée, d’une expo en vogue, etc.», souligne ce dernier. Et surtout, en séjournant dans un boutique-hôtel urbain au concept ultra décalé. Parmi les nouvelles adresses em-En matière « d’insolite », impossible de faire l’impasse sur le Lit au Pré, nouveau concept de séjours... à la ferme ! Si les résidents logent dans des tentes de 45 m2, « il ne s’agit pour autant pas de camping ordinaire, mais bien de « glamping », ou camping glamour, qui comprend les services et les commodités d’un boutique- hôtel », détaille Alexis Gardy. une expérience unique qui vous permet de vivre au mi- lieu d’une exploitation agri- cole en vous imprégnant du rythme quotidien de ses ha- bitants, avec le confort en prime ! « Ce type de solution innovante reflète largement cette volonté des CSP+ de profiter d’un produit qualitatif et différenciant », analyse Alexis Gardy, en rappelant que six fermes Lit au Pré existent déjà en France : la ferme des Champeaux basée dans le Limousin, sur les contreforts du Massif Central, la ferme de la Moricière, en Basse-Normandie près du Mont Saint Michel, la Ferme de Penquelen Huella, au pied des Montagnes Noires de Bretagne..."Quand tu m'as parlé de vacances insolites chéri, je ne pensais pas que tu planterais la yourte dans le Bois de Boulogne"qui ont le budget adapté pour s’adonner à de tels loisirs. Et pour cause : avec les étés désastreux des années pas- sées, la mise à disposition de telles activités assure de pouvoir profiter pleinementde ses vacances », commente Anne-Catherine Péchinot. Historiquement cantonnées aux stations thermales ou de sport d’hiver, « les spa s’im- posent ainsi depuis une bonne dizaine d’années dans la plu- part des établissements lambda de quatre étoiles mi- nimum, boutique-hôtels comme hôtels de chaînes, qu’ils soient Relais Châteaux, Lucien Barrière ou Accor », rappelle François Victor. Même les gîtes haut de gamme se mettent à la page en s’équipant de spa au ni- veau de confort et périmètre de prestations variables d’une structure à l’autre. Parmi les lieux à ne pas manquer : la Bergerie des Anges, située dans la campagne du Loiret. Sur place, les hôtes peuvent profiter d’une salle de sport ou encore d’un spa, d’un sauna, d’une piscine couvertechauffée pour un séjour 100% détente. Autre hébergement surfant sur le même créneau : la Maison de Karen Chocolat, basée dans les Monts d’Or, en région Rhône-Alpes, dotée d’un hammam et proposantplus luxueuses, avec en prime un service plus personnalisé. » C’est d’ailleurs pourquoi les boutiques-hôtels intimistes misant sur une plus grande proximité avec les clients ont largement le vent enseulement des plages de Gué- thary, célèbres pour leur tran- quillité. Enfin, citons Le Port Rive Gauche, un hôtel quatre étoiles à Marseillan, à douze minutes de l’aéroport de Bé- ziers Cap d’Agde. Etabli dansIl ne s'agit pour autant pas de camping ordinaire, mais bien de « glamping », ou camping glamour, qui comprend les services et les commodités d'un boutique-hôtelPRIORITÉ AU BIEN-ÊTRE !Sauna, jacuzzi, massages : envie de vacances cocooning où l’on prend soin de vous ? Bonne nouvelle, vous n’êtes pasleseuldanscecas!«La recherche de services autour du bien-être s’impose comme un engouement notable parmi les vacanciers optant pour un séjour estival dans l’Hexa- gone, en particulier les CSP+PLACE AU LUXE INTIMISTELa montée en puissance d’un tourisme respectueux de l’homme et de son environ- nement aurait-elle sonné le glas du bon vieux tourisme de luxe ? « Certainement pas, répond Guillaume Ros- tand, directeur marketing de Splendia, plateforme de ré- servation d’hôtels de luxe en ligne, d’autant qu’avec la tendance au raccourcisse- ment de la durée des séjours et au rapprochement des des- tinations, les CSP+ veulent davantage se faire plaisir en terme de confort en investis- sant la même enveloppe bud- gétaire dans des chambrese campagne du XIX siècle etSORTIR DES SENTIERS BATTUSSortir du tourisme de masse et aseptisé, voilà le trait d’union entre ces diverses tendances de vacances dé- taillées pour vous. « Tant la volonté de sortir des sentiers battus s’impose comme une lame de fond, renchérit Guil- laume Rostand. Preuve en est avec le Club Med qui s’est mis, lui aussi, à la page en orientant son offre vers des séjours intimistes via des prestations plus qualitatives comme une restauration à base de produits locaux. » Conférer à ses vacances une dimension expérientielle riche et unique, telle est donc la teneur des séjours estivaux des cadres supérieurs. uneune activité des plus origi- nales : un soin ou massage de relaxation au chocolat pro- digué par une esthéticienne partenaire.poupe. « Plus de la moitié des établissements que nous commercialisons ont moins de 40 chambres, illustre Guil- laume Rostand, ils gagnent donc du terrain face aux grandes chaînes de luxe bling bling, de type Hilton ou Hyatt, à l’offre plus standardisée. » Exemples d’établissements surfant sur le luxe discret et subtil : la Métairie Montplai- sir, un boutique- hôtel amé- nagé dans une maison deun entrepôt de vin du XIXe siècle, il domine les eaux de la Méditerranée.situé à proximité de la cité médiévale de Carcassonne ou encore Le Crillon Le Brave, un hôtel cinq étoiles en Provence, dans le Vau- cluse. Les vignobles et les champs d’oliviers forment le décor agréable de cet éta- blissement. S’inscrivant dans la même tendance, la Villa Arguibel est localisée près de Biarritz à un kilomètreMamablématiques, citons le. Shelter, enseigne design et branchée aux faux airs de cité u, version haut de gamme, qui s’est implantée durant les dernières années, à Lyon, Marseille et Bor- deaux. De quoi ravir les bo- bos de tous poils en quête de nouvelles sensations.JuILLET-AOûT 201463Charles Cohen]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du temps - Escale dépaysanteCheverny, alias MoulinsartLBien sûr, il y a ce décor surnaturel d’où peuvent surgir à tout moment Tintin et le capitaine Haddock. Mais derrière lui se cache une entreprise gérée avec brio par un marquis propriétaire, châtelain de son temps descendant d’une grande lignée, et viscéralement attaché à son territoire. Rencontre.e visiteur qui s’aven- français », décrit le marquis ment évolué entre les années ture en Sologne blé- amoureux de son territoire, 80 et aujourd’hui. Ils ont été soise pour visiter ce selon qui le redécoupage ré- dépoussiérés, sont mieux en-château de la Loire parmi gional est une excellente nou- tretenus et mis en valeur parles plus réputés en restera bouche bée dès son entrée dans le parc planté d’essences remarquables comme des cè- dres ou séquoias géants. Le château, comme posé sur un océan de pelouses soignées, présente une façade nord de style Louis XIII, caractérisée par ses murs enduits avec angles en pierre de taille, quand la façade sud est ornée de bustes d’empereurs ro- mains sculptés « à l’antique », en vogue depuis la Renais- sance. « Hergé, en s’inspirant du château pour imaginer Moulinsart, a repris les traits sobres de l’édifice pour des- siner sa fameuse « ligne claire » », explique en signant quelques papiers administra- tifs le marquis de Vibraye, descendant des Hurault, fa- mille de financiers et d’offi- ciers qui se sont illustrés au service de plusieurs rois de France et à qui appartient le domaine depuis plus de six siècles. Logeant dans l’aile droite, perpétuant avec en- thousiasme la tradition de Vénerie de Cheverny – les chenils abritent une centaine de chiens français tricolores, marqués aux ciseaux du V de Vibraye au flanc droit du- rant la saison de chasse –, il n’en oublie pas de gérer une entreprise de services de 40 salariés, réalisant 3,5 millions d’euros de CA chaque an- née.velle. « Même si la réunion de trois régions est étrange, nous allons enfin nous dé- barrasser de ce nom, « Cen- tre », qui est une aberration au niveau marketing. Il nous faut une identité, et l’idée de Loire-Océan, qui recèle enfin une vision touristique globale, est pertinente », affirme ce passionné de trains, membre d’une association qui milite pour que le projet d’une autre LGV reliant Paris à Lyon passe par Blois. Lobbying donc, mais aussi communi- cation pour attirer du monde en Val-de-Loire. « Il nous faut être opportunistes, en apparaissant comme récem-des équipes profession- nelles ».BUSINESS MODEL RÔDÉ MAIS ÉVOLUTIF Le plan général, inspiré par le Palais du Luxembourg à Paris avec ses grands pa- villons d’angle coiffés de dômes et son décor de pierre en lignes superposées, était une nouveauté à l’époque, qui deviendra caractéristique de l’architecture classique française. Famille pionnière ? Certainement. « La logique commerciale n’est pas vue comme une contrainte car elle a très tôt été adoptée ; l’ouverture au public a étéAMOUR DU TERRITOIRE À PARTAGERCeux qui viennent se perdre dans la salle d’armes, la chambre du roi, le salon des portrait ou le musée dédié à Tintin et ses aventures au château de Moulinsart sont en majorité étrangers, bien que la proportion soit plus faible que chez les concur-©C. de Vibrayevée entre 2013 et 2014. Mais il est plus difficile de décryp- ter les tendances concernant les francophones, qui restent majoritaires. Les touristesment sur les JT de TF1 ou France 2, mais aussi par des vecteurs plus anciens comme les dépliants ou les prescrip- teurs que sont les hôtels et restaurants. Sans compter les réseaux sociaux. Notre page Facebook suscite maintes réactions, qui nous obligent à recruter de nou- veaux profils », relate celui qui a aussi participé aux sa- lons de Francfort ou Berlin cette année, avec d’autres châteaux. « En communica- tion internationale il est pré- férable de chasser en meute. Mais une fois que les touristes sont arrivés dans la région, c’est chacun pour soi ». La concurrence est âpre, car « les châteaux ont formidable-64 JUILLET-AOÛT 2014©Vincent_Nicko_Editions_Valoire-EstelMais où est donc le laboratoire du professeur Tournesol ?opérée par un grand oncle en 1922, non par nécessité, mais par audace », précise le marquis gérant de la hol- ding qui regroupe trois so- ciétés : une SCI pour gérer les visiteurs du château, une autre SCI pour la location immobilière, enfin une société commerciale pour la vente d’objets. Ce détenteur d’un DESS de droit en commerce international obtenu à Tours est un homme qui sait comp- ter. « Les 330000 touristes que nous accueillons annuel- lement permettent d’équili- brer l’exploitation. Mais nous devons emprunter pour les gros investissements. » Car les diversifications sont de rigueur : un salon de thé a été ouvert en 2010 à l’Oran-MARGE DE MANŒUVRE MINIME Les leviers permettant d’aug- menter la fréquentation ne sont cependant pas très nom- breux. Difficile de jouer sur le ticket d’entrée, à 9,50 euros. Impossible de jouer sur les jours d’ouverture. « Nous avons fait le choix de fonc- tionner à perte durant l’hiver mais de rester ouverts 365 jours dans l’année, afin de contenter les 40 personnes quotidiennes qui passent le portail en cette période creuse, explique celui qui se refuse à de trop lourds investissements. Je pense souvent à Patrick Drahi, le dirigeant de Nume- ricable qui a racheté SFR avec très peu de fonds propres et beaucoup d’argent levé. Il est possible d’être téméraire quand on est parti de rien. Il en va différemment en cas d’héritage. Je considère que j’ai emprunté ce château à mes trois enfants ». Son ob- jectif ? Transformer le do- maine en un outil de travail pour sa progéniture. « L’un aura le foncier, mais chacun pourra s’occuper d’une acti- vité propre. Je réfléchis à une logique de fondation, afin que les héritiers ne puissent ven- dre », prévoit celui qui ne paiera pas de droits de trans- mission parce que le château est ouvert au public plus de 80 jours dans l’année. Le marquis de Vibraye peut fa- cilement s’évader dans l’His- toire et celle sa famille, mais il garde bel et bien les pieds sur terre quand il s’agit deconde. « Nous débutons aussi une activité d’immobilier lo- catif touristique, avec un hé- bergement à cheval entre l’hôtellerie et le gîte. Le secret est d’éviter les métiers que nous ne savons pas faire, comme la restauration par exemple », explique-t-il en bon chef d’entrepriseLa logique commerciale n’est pas vuecomme une contrainte. L’ouverture aupublic a été opérée par un grand oncleation de son châ-en 1922, non par nécessité,la préserv.teau, dont le gros œuvre a été entrepris en 1634, comme le Taj Mahal. La Grande Ma- demoiselle, fille de Gaston d’Orléans, qui le qualifiait de « palais enchanté », n’avait peut-être pas tout à fait tort...mais par audacegerie, espace de réceptions rents, car Cheverny ne s’ins- issus des BRIC augmentent, et de mariages où trouva re- crit pas dans la Renaissance mais le gros des troupes est fuge une partie du mobilier mais dans la période clas- composé de Brésiliens et non national durant la Seconde sique. « La fréquentation al- de Chinois, plus éloignés de Guerre mondiale, dont la Jo- lemande et chinoise s’est éle- la culture et du patrimoineMatthieu Camozzi]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ARt De ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Spécial golftee time !A legolfsedémocratiseetilesttempsd’enprofiter!Surlesgreens,maispasseulement...lors que la France elle-même. le plaisir d’un 18 s’apprête à accueillir Lexique pour trous demeure une parenthèse la Ryder Cup, l’évé- de luxe dans ce monde sinement mondial (si, si !) du les non initiés pressé, tout le monde n’a pasgolf, opposant l’europe aux États-unis en 2018, tout bouge sur et autour des greens. la FFGolf a d’ailleurs fait de cette rencontre bisannuelle aux retombées économiques mo- numentales (150 millions d’eu- ros attendus) le levier de son projet de développement des infrastructures sur le territoire, particulièrement autour des parcours compacts, proches et accessibles depuis les villes. ils sont une cinquantaine à ce jour. l’objectif est d’atteindre la barre symbolique des 100 d’ici 2020. la bonne nouvelle, c’est que l’esprit d’ouverture favorise déjà l’accès aux greens à de plus en plus de nouveaux joueurs qui y voient – à juste titre – beaucoup d’intérêt. Plai- sir d’une pratique saine en pleine nature bien sûr, mais aussi possibilité de se recentrer sur soi, exercice de concen- tration, sans oublier l’oppor- tunité de plus en plus assumée par le milieu – ce fut longtemps tabou alors que c’est une ins- titution aux etats-unis – d’y développer son réseau voire de faire des affaires. Certes, les lourdes grilles des golf pri- vés, incarnés par les Bordes, demeurent aussi magiques qu’inaccessibles, réservés à leurs membres fortunés et cooptés... mais ils profitent à tous les autres ! Patrice Adam, président du Golf de Granville,© Golf de Granvillele « Connemara français », réalise aujourd’hui 50% de son CA grâce aux « green fees », avec une progression de15%enunan.«Ilnefaut pas hésiter à se rapprocher d’un professeur pour le jeu, mais aussi pour l’étiquette, explique-t-il. Respecter ceux qui sont devant comme ceux qui sont derrière sur 6000m, ratisser le bunker, réparer le green de l’impact de votre balle... Il faut connaître les codes, ça s’apprend et ce n’est pas bien compliqué. Franche- ment je ne connais pas de cluboù les gens ne sont pas prêts à aider. »internationale avec des desti- nations comme le Maroc, l’ile Maurice et maintenant la tur- quie. « Notre objectif est clai-Bunker : fosse de sable. Fairway : piste de jeu idéale, la partie du parcours située entre le départ et le green. Green : partie du parcours (arrondie ou en forme de haricot) où l'herbe est tondue très ras.Green Fees : tarifs des parcours.Par : nombre de coups prévu pour faire un trou et, par extension, pour faire le parcours.Rough : partie du parcours de golf en dehors du fairway où l'herbe est plus haute. Tee : Petit support de bois ou de plastique sur lequel se pose la balle, et que les joueurs peuvent utiliser au départ de chaque trou.grâce à des prestations com- plémentaires : l’immobilier de loisir voire l’habitat (avec des maisons de retraite par exem-quatre heures à y consacrer. Aussi voit-on apparaître un véritable engouement pour les golfs compacts (généra- lement des neuf trous, proches des villes, accessibles par les transports en commun mais aussi les « pitch and putt ». Moins longs (moins d’une heure pour un neuf trous – contre deux heures pour un neuf trous classique – avec 80% du jeu qui se joue entre zéro et cent mètres), moins chers aussi. « J’ai fait ma première vraie expérience sur le pitch and putt du Cap Ferret avec des amis assez tard dans la soirée, puisque le parcours est éclairé. Je ne pensais vrai- ment pas y prendre autant de plaisir après avoir seulement tapé dans des balles deux ou trois fois. C’était très rythmé, détendu mais dans un cadre splendide. Dans ces condi- tions, on se prend au jeu », explique Antoine, 25 ans, quiLa parenthèse (golfique) inattendueRock and Golf à Aix-les-BainsLe golf s’ouvre et « s’événementialise ». Parmi les initiatives, celle d’Aix-les-Bains, golf centenaire qui aime pourtant bousculer les conventions, ne devrait pas passer inaperçue. Ainsi, durant une semaine, du 20 au 26 juillet, on va swinguer de tous les côtés près des greens savoyards. L’idée ? Putter au son d’un piano, sortir d’un bunker sur des accords de guitare pour une semaine de défis golfiques, de concerts (dont Murray Head) et de journées à thème (Présence des joueurs pros du LOU Rugby le 20 juillet)... « Il s’agit de faire sortir le golf de son cadre cloisonné en accueillant d’abord des non golfeurs qui viendront pour l’animation et qui découvriront la pratique à cette occasion. Il faut faire tomber cette barrière psychologique. Ici, comme ailleurs », explique Fanny Pontabry, directrice de Green Tonix à l’origine du projet avec Maurice Suissa, manager de Louis Bertignac qui a déjà signé un Rock’N’Pétanque dans les rue de Manhattan en 2012. Infos sur www.rockngolf.org66 Juillet-Août 2014CHANGEMENT DE MENTALITÉS SALVATEURChez NGF Golf, artisan (bro- cardé) de la démocratisation avec une politique de prix très agressive dans ses 46 golfs, aux côtés de ses concurrents Blue Green (n°1 du secteur) ou Golfy, on assiste à ce pro- fond changement des offres comme des mentalités. Jusque- là, seuls les régions PACA et le Sud-ouest intégraient le golf dans leur vie touristique. le « green fee » révolutionne le milieu qui doit aussi s’adap- ter à la demande quant à l’hé- bergement. « Il faut multiplier les offres de services du club junior à la conciergerie, afin d’accueillir des néo-golfeurs qui courent après le temps », analyse emmanuel Jaquet, di- recteur d’exploitation de la so- ciété, qui développe aussi son offre entreprise avec son club d’hommes et de femmes d’af- faires « 42,67 » (référence au diamètre d’une balle de golf). un sport et un secteur en pleine mutation dans l’esprit donc, qui mise essentiellement sur le développement et la qualité des services pour séduire et se démarquer de la concurrence directe, nationale mais aussi© Golf des Vigiersrement le prestige accessible à tous les étages », confirme Bernard Pétine, PDG du golf des Vigiers, rendez-vous hé- doniste à proximité des vi- gnobles de Saint-Émilion dont le restaurant gastronomique possède un macaron au Mi- chelin. Pour les golfs, l’enjeu est aussi d’étendre la saisonple), la mise en valeur du pa- trimoine et de la culture avec des expositions d’art, du ci- néma de plein air pour la pé- riode estivale....LÀ AUSSI DE L’INNOVATIONDANS L’OFFRESans oublier l’offre golfiquetermine ce jour-là de vider ses deux seaux sur le practice du Pau Golf Club... le plus ancien d’europe continentale et le premier golf ouvert en dehors des îles britanniques.les temps changent...Olivier RémyŒ]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ARt De ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Spécial golfPetite sélection de golfs, en toute subjectivitéuEvian (Haute-Savoie)Thermes, casino et élégancel’un des plus anciens parcours deFrance, complètement rénové en 2013(ce qui lui a valu le label écodurable),est campé à 500m d’altitude face auléman et aux Alpes. un 18 trous quihéberge l’evian Championships, le« Roland Garros du golf », seul tournoimajeur féminin d’europe continentale.Fouler ces greens est donc un privilègeen soi, encore réhaussé par l’offrehôtelière qui flirte avec l’excellence,le casino ou encore les thermes ac- © F. Frogercessibles par des navettes tous lesjours. Après la réouverture de l’Hôtel ermitage en 2010, c’est au tour de l’Hôtel Royal, 5 étoiles palace de faire peau neuve cet été. un bâtiment historique qui est déjà un appel en soi au bien vivre et à la détente. « les nuits ici sont plus belles qu’ailleurs », promet-on. Alors... Lesinfos:18trous6030mpar72/Greenfees:de45€à115€Les + : piscine et spa, mais aussi l’offre kids resort avec des enfants pris en charges par des moniteurs pour différentes activités, ainsi que plusieurs restaurants dont un “gastro”.So BritishuGolf du Touquet (Pas-de-Calais) Fleuron golfique de cette Côte d’opale quicompte aussi les parcours d’Hardelot et de Granville, le touquet jouit d’un environne- ment exceptionnel entre dunes et forêt. Deux parcours 18 trous (Mer et Forêt), complétés par le parcours du Manoir (un neuf trous) idéal pour l’initiation ou le perfectionnement. Deux hôtels, le Manoir (3 étoiles) et le Westminster (4 étoiles, mais en centre ville) assurent l’accueil dans une atmosphère feutrée autour d’un service personnalisé et d’une gastronomie renommée dans toute larégion.Les infos : 18 trous 5827m par 71 (la Forêt), 18 trous 6407m par 72 (la mer) et neuf trous 2817 par 35 / Green fees : de 25 à 89 €Les + : le Pass Golf côte d’opale (250 €, valable 15 jours) permet de choisir 6 green-fees sur 9 parcours 18 trous répartis entre Dunkerque et la Baie de Somme. l’hôtel le Manoir et son ambiance Agatha Christie donne directement sur le golf et se situe à 5 minutes de la plage.uGolf de Taulane (Var)Joyau du Sud-Estun domaine de 340 hectares entre Grasseet les Gorges du Verdon dont 120 dédiésà un gazon magnifique, des pins séculaires,sept lacs autour desquels vient se blottirun tracé sobre mais original fait de greensroulants, accessible à une majorité dejoueurs bien qu’il ait été dessiné par l’an-cien champion sud-africain des années60-70 Gary Player. taulane qui peut aussise targuer de son hôtel 4 étoiles, de sonrestaurant la Marquise de lisle. À cejour, l’une des plus grandes références duSud-est pourtant riche en la matière.Les infos : 18 trous 6300m par 72 et neuf trous / Green fees : de 40 à 100 €Les + : Randonnées quad, immense piscine intérieure, sauna, hammam, jacuzzi. enfin, n’hésitez pas à demander une chambre avec vue sur le golf !uGolf des Aisses (Loiret) Sur la route des ChâteauxAu cœur des étangs, regardé un peu de haut par Chambord, Amboise, Che- nonceau et consorts, ce golf « heathland » dans son tracé – repensé « à l’an- cienne » en 2010 – serpente au cœur de la forêt sauvage de Sologne, entre sous-bois et bruyère. Ce parcours, connu pour ses bunkers, fait partie de ces golfs en Région trop souvent igno- rés – la faute peut-être aussi à son ni- veau d’exigence. Paradoxe : on y re- trouve Néerlandais, Allemands et An- glais qui ont référencé le parcours de-uGolf du Médoc (Gironde)Les vignobles au bout du green... ou presque, pour ce joyau, jalouse- ment protégé par les pins. Derrière les haies, deux parcours de 18 trous (les Châteaux et les Vignes) font du golf l’un des tous meilleurs de France (quand il n’est pas carrément classé premier parmi les golfs publics). À signaler aussi l’excellent training center qui propose des stages week-end (à partir de 390 euros par personne) avec analyse vidéo de votre jeu, révision des bases, test des deux parcours et libre accès au Spa (Piscine intérieure, hammam et soins dont un massage aux balles depuis longtemps comme l’un des plus beaux de la région centre, dans le top 20 français et même le top 100 européen.Les infos : 18 trous 5821m par 72 et neuf trous / Green fees : de 40 à 120 €Les + : accueil convivial, proximité d’orléans ville royale, des châteaux mais aussi des vignobles de la vallée de la loire.golf !), qui fait également la réputation du lieu. une ambiance intime où tout respire le bon vin, grands crus classés et prestigieux depuis 1855 mais aussi ces crus bourgeois et artisans qu’il faut savoir dénicher en remontant l’estuaire de la Gironde en partant de Margaux, à 15km seulement (qui possède aussi son golf), jusqu’au Haut Médoc en passant par Saint- Julien, Pauillac et Saint-estèphe.uSpérone (Corse)Un cadre époustouflantNé au tout début des années 90 etdessiné par l’un des grands architectesdu genre, ce golf situé à Bonifacio, auSud de la Corse, est aujourd’hui consi-déré comme l’un des plus beaux dumonde. la raison ? un cadre uniquedont émerge notamment le trou n°16qui propose de jouer par dessus unemer turquoise. un 18 trous au parcourstechnique, moins accessible que d’autrespour les débutants, qui lui préférerontl’un des deux neuf trous dont celui dubord de mer (Green fee à 85 €). Si lesite ne propose pas de restaurant gastronomique, un brunch sur la terrasse panoramique du u Sperun face aux îles lavezzi, avec une vue incroyable sur les greens et les fairways, promet un pur moment de temps suspendu.Les infos : 18 trous 6106m par 72, 2 neuf trous Practice 25 places, putting green et green d’approche / Green fees : de 55 € à 98 €Les + : Hébergement avec la location à la semaine d’un appartement ou d’une villa de luxe avec piscine et accès tennis pour un séjour unique ; balades en montagne, sortie en 4x4 dans le maquis, plongée, sortie en voilier, kite et windsurf.Les infos : Parcours 18t des Châteaux 6576m par 71, Parcours 18t des Vignes 6220m par 71 / Green fees : de 49 à 76 €Les + : Hôtel quatre étoiles au diapason avec chambres ayant vuesur le golf, Bassin d’Arcachon à 45mn (avec le golf Cap Ferret, éclairé jusqu’à 2h du matin), Bordeaux à 10mn, Golf Pass Médoc (avec Margaux et lacanau), partenariats avec certains grands châteaux de la région pour des visites.68 Juillet-Août 2014]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[© F. Frogerphoto fred encuentra© - L’abus d’alcool est dangeureux pour la santé, à consommer avec modération.]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsMode & AccessoiresO'Neill - Summer Jungle Fever !C’est juste le maillot de bain qu’il vous faut pour cet été ! Ce trikini imprimé fera forcément son petit ou grand effet sur la plage. Vous restez en France sur votre terrasse ? No drama, la fièvre estivale saura vous submerger, pour votre plus grand Bonheur ! Trikini Jungle O'Neillwww.oneill.coméclectic, des vestes nouvellegénérationEt si les hommes pouvaient allier la perfection de la coupe à l’infinie aisance de la matière ? Tel fut la réflexion de Franck Malègue, créa- teur d’éclectic. Chaque pièce est réalisée à la main dans les ateliers italiens de la marque. Pour le printemps/été 2014, le coton sous toutes ses formes, allié à des fibres nouvelle génération, y devient gage de légèreté mais aussi de confort. Ultra-légère, résistante, sou- ple, coupe-vent, déperlante ou respirante, la veste devient aussi fonctionnelle qu’élégante. Blazer ajusté, veste trois boutons, caban estival, trenchcoat épuré... chaque pièce prône des coupes millimé- trées et un minimalisme du style.Summer Essential Attraction by Hugo BossDécouvrez la diversité de la nouvelle Collection femme BOSS Été 2014 qui s'étend des larges rayures classiques aux motifs fleuris avant-gardistes revisités. L'été BOSS s’inspire d’une simplicité très douce, styles fluides et dé-tails sobres. Les courbes harmonieuses et les détails délicats viennent souligner cette saison la silhouette féminine. Entre pop art et poésie, la collection BOSS pour femme revisite les motifs floraux dans une version contemporaine.www.hugoboss.comUn été tout en légèreté chez Paul & JoeLa parisienne vue par Paul & Joe aime voyager, mais refuse les calendriers imposés. Elle mixe les genres, débride les convenances et se forge un look à l’élégance « no stress ». La femme Paul & Joe possède une élégance naturelle et aé-rienne. Les sacs cette saison séduisent avec leur couleurs pastel, très fraîches. Certainement déjà des it-bag...www.paulandjoe.comWicket, la marque à l’élégance So British !Wicket présente cette saison une collec-tion de 26 costumes, proposés dans diffé-rentes coupes : anglaise cintrée etitalienne déstructurée, avec un bouton-nage à 2, 3 boutons ou croisé. Certainsmodèles de costumes sont également pro-posés avec un gilet droit à revers (6 bou-tons - 4 poches). Créée en 2003 par Hugues de Peyrelongue, Wicket propose à une clientèle masculine élégante et exigeante une collection de vêtements de ville et de week-end, de coupe anglaise et en montage semi traditionnel, en prêt-à-porter ou en demi-mesure. Les collections sont principalement compo- sées de vestes, pantalons, costumes avec ou sans gilet, che- mises, survestes ainsi que d’accessoires (cravates, pochettes, chaussettes, foulards, etc.). La marque propose également des smoking et des tenues de cérémonie (jaquette à l’anglaise).www.wicket.frwww.e-eclectic.comVilebrequin remporte toujours l’unanimité avec «le Moorea »VILEBREQUIN dé- cline pour l’été son maillot de bain em- blématique pour homme : « le Moo- rea ». Imprimés gra-phiques ou couleurs unies c’est le maillot de bain à adopter d’urgence pour un look chic et moderne à la plage. Ce model original imaginé dans les années 70 à Saint-Tropez, est constamment réactualisé dans ses cou- leurs et ses motifs. Aujourd’hui, Moorea est un classique de Vilebrequin, une coupe légendaire qui suit les amou- reux de la marque au fil du temps et des modes.par Arthur de SoultraitFondateur de Vicomte A.Altan Bottier, prenez votre pied !Initialement, à sa créationen 1973, la maison AltanBottier était dédiée exclu-sivement à la grande me-sure. Le savoir faire decette jeune maison d'arti-sans à très vite été recon-nue pour la qualité de ses exécutions et de ses productions. De nombreuses collaborations fleuris- sent avec des institutions toutes aussi prestigieuses que la Comédie Française. Dans le strict respect de toutes les étapes du sur-mesure, de la prise de la me- sure du pied au millimètre près, puis de la création de la forme en bois jusqu’aux étapes de création du sou- lier, Altan Bottier fait partie du cercle très fermé de la dizaine d’artisans bottiers haut de gamme installés à Paris.www.altan-bottier.comwww.vilebrequin.comL’impertinence de la modeEœil averti peut constater que les vestes des hommes sont ornées d’un élément de la mode masculine qui ne réap- paraît que timidement en France. A savoir la pochette. Alors qu’elles sont une pièce essentielle des vitrines des magasins italiens ou anglais pour hommes, elles ont long- temps en France été relé- guées à une simple manifestation d’un look70 JUILLET-AOÛT 2014La pochette, espèce en voie de disparition du vestiaire masculinn flânant, dans les rues de Londres,dandy ou vieille France, dé- sertant progressivement les poches des vestes françaises. Comme toute mode, celle de la pochette suit un cycle et il semble que la pochette soit sur le point de faire son re- tour en France à quelques signes qui ne trompent pas. Don Draper a donné l’exem- ple dans Mad Men, les ma- gazines de mode masculins ont embrayé, il en fleurit dans les vitrines des maga- sins et des marques se sont spécialisées sur ce segmentde marché qui tient pour l’instant dans un mouchoir de poche. Et si François Fillon s’est mis aux chaus- settes rouges, peut-être que François Hollande se mettra à la pochette. Qui sait ? Blanche, de couleur vive, unie, avec des motifs, en soie, en coton ou en lin, l’éventail de choix des po- chettes est aussi large celui des cravates. Et de la même manière, il y a autant de façon de plier sa pochette que de nouer sa cravate : pliplat, bouffant ou avec deux pointes, chacun sa manière selon l’occasion et la matière de la pochette.Rome ou Milan, unAlors que les beaux jours ar- rivent et que les manteaux restent au placard, profitons- en pour compléter l’élégance d’une veste, avec ou sans cravate, en arborant une po- chette savamment pliée. C’est être chic pour une bonne cause : réintroduire dans le vestiaire masculin français une espèce en voie de disparition !]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEHorlogerie & JoaillerieFrançoise Montague, sans prétention à travers les âges !Un écrin de 20m2 se niche dans une jolie petite cour discrète au 231 de la rue Saint-Honoré, à deux pas de la somptueuse Place Vendôme. Ma-rion Stern se consacre depuis plus de 35 ans à célébrer comme il se doit la Maison Françoise Montague, reprise alors qu’elle n’avait que 21 ans. Chaque cliente se voit ravie par l’intem- poralité du style de ces bijoux fantaisie de qualité dans un esprit '50. Les collections sont pensées dans le petit atelier du 1er étage et séduisent les fines connaisseuses du monde en- tier. Des bijoux faits main, en série limitée, à tous les prix, de 30 à 1500 € (et plus pour cer- taines pièces uniques, signées ou vintage). Les matières sont de qualité : métal, strass, pâte de verre ou perles... Ainsi une bague anémone laisserait par exemple transparaître une at- titude quasi rock’n roll. Marion est fière de proposer une boutique multi-marques haut de gamme, dont la ligne colorée et complète des bijoux en émaline (résine émaillée) "Ciléa", pour nous tenter à chaque fois avec le même plaisir... dans sa caverne d’Ali Baba !francoisemontague@gmail.comBijoux à fleur de peau by Aurore iboutSur le fil entre Art et Mode, Aurore ibout, styliste plas-ticienne vivant à Paris, capture le passage du temps et lamémoire des objets à travers ses collections. Les éditionsexclusives d’Aurore ibout sont diffusées en Europe, auJapon et aux Etats-Unis. Multidisciplinaire, tournée versles échanges internationaux, Aurore ibout a développé« Fragments » avec e Workshop Residence, San Francisco: une ligne de bijoux de porcelaine et céramiques, robes et sculptures en série limitée.Telle une archéologue, elle se joue du trompe-l’œil et des reliefs pour créer des bijoux-illusion, fragmentsrecomposésdeporcelaine, rangéesdeperlesaléatoiresoùlevideetl’empreinte du geste se matérialisent... Ses pièces uniques sont actuellement produites au sein même de la baie de San Francisco par des artisans locaux.King of pearl de la Maison S.T.DupontL'édition limitée KING OF PEARL de la Maison S.T.Dupont propose pour la première fois une pièce de joaillerie et des produits autour de laperle. C’est un partenariat réussi entre Robert WAN, spécialiste de perlesde Tahiti, Philippe TOURNAIRE, artisan et la Maison S.T.Dupont. Cette incroyable bague est réalisée en or blanc, elle est sertie de 90 diamants et de 9 perles de Tahiti de diffé- rentes couleurs. Son prix est de 25 000 euros. Les autres pièces de l'édition limitée sont un stylo et un briquet respectivement à 20 000 euros et 25 000 euros.www.st-dupont.comLorenz Baumer, entrearchitecture et poésieSon parcours atypique lui confère une liberté infinie et des sources d’inspiration inépuisables. Lorenz se définit plutôt comme un architecte, associant subtilement l’art et la technique. N’oublions pas qu’il est ingénieur. Il ne suit pas les tendances, ni les codes de la joaillerie, mais préfère in- nover et surprendre. Les formes géométriques et les lignesépurées offrent à ses créations une dimension résolument contemporaine. Mais au-delà de cette apparente modernité, Lorenz aime leur donner une âme et une authenticité. Chaque bijou est porteur d’un message et possède un sens caché. A vous de deviner ce qui se cache derrière ces magnifiques boutons de manchette !www.lorenzbaumer.comwww.aurorethibout.comNew ! Oris, un garde-tempspour la mer RougeFervent partisan des efforts consentis par le Red Sea En- vironmental Centre (RSEC) en vue de protéger l'un des principaux sites de plongée de la planète, l'horloger suisse Oris a le plaisir de présenter la nouvelle Aquis Red Limi- ted Edition. Avec son boîtier au design sportif rehausséd'accents rouge vif, la nouvelle montre de plongée affiche clairement son allégeance à la mer Rouge sur les index, la trotteuse et les graduations des minutes sur sa lunette unidirection- nelle. Le fermoir de sécurité et l'attache coulissante du bracelet assurent la tenue de la montre au poignet et garantissent un réglage aisé à tout moment. Étanche jusqu'à 300 mètres et li- mitée à seulement 2 000 exemplaires, la nouvelle Oris Aquis Red Limited Edition se présente dans un coffret spécial.www.oris.chHarry Winston Ocean Sportcollection : une sportive en ZaliumC’est une montre sportive, virile, racée taillée dans du Zalium. Unmétal anallergique, léger et plus dur que le titane. Bref, des garde-temps de luxe, mais prêts à partir à l’aventure. Harry Winston ne faitjamais rien comme les autres horlogers. Tant au niveau des mouve-ments que des matériaux employés pour la fabrication de ses montres de luxe. Avec le Za- lium, le matériau qui façonne ces garde-temps, la marque propulse la collection dans l’ère de la technologie de pointe. La griffe Harry Winston s’immisce dans les moindres détails du design. Nerveux, saillants, les gonds emblématiques de la marque affirment clairement leur personnalité.www.harrywinston.comJUILLET-AOÛT 201471]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsEvasionDécouverte des Terres chamanes québécoisesImmersion totale pour cette première session d’une série de 7 voyages organisés par l’agence Tamera. Spiritualité algon- quine, nature sauvage, modes de vie ancestraux des peuples amérindiens. Montez votre camp dans la tradition et vivez ensuite en autonomie avec des randonnées et des sorties en canoë sur la majestueuse rivière des Outaouais dans une na- ture sublimée par les esprits de la forêt. Feu sacré, cuisson du pain traditionnel, pêche du brochet, vivez les cérémoniesdu Calumet et de l’eau, chantez au son du tambour, célébrez grand-mère la Lune et grand-père le Soleil, entrez dans le Matato, la hutte de sudation. Il est temps de vivre une expérience en totale harmonie avec la nature.www.tamera.frChâteau Bellevue, déli- cieuse adresse gasconneAncienne maison de Maître du XIXe siècle situéeau cœur du Bas-Armagnac, le Château Bellevue estaujourd'hui une maison de famille. Vous pourrezprofiter du calme du parc, de la piscine extérieureet de la terrasse aux beaux jours ou partir à la dé-couverte de la Gascogne et de ses richesses culturelles, gastronomiques et sportives. Le bar et le salon seront à votre disposition pour la détente ou la dégustation des arma- gnacs. Les heureux propriétaires de cette maison chaleureuse et conviviale aiment leur région. L’authenticité, les valeurs humaines, la gourmandise leur tiennent à cœur. La douceur de vivre est un art qu’ils cultivent avec délice.Dîtes-lui OUI ! Au Domaine Saint-Clair – Le DonjonDominant le village, la mer et les falaises d'Etretat, le Do- maine Saint Clair - Le Donjon, se compose d'un petit châ- teau de style Anglo-Normand du XIXe siècle et d'une villa balnéaire de la Belle Époque. Niché dans un magnifique parc verdoyant, cet hôtel de charme vous accueille dans une atmosphère romantique et s’avère être une adresse incontournable pour faire plaisir à l’être aimé. Pour par- faire votre séjour, Olivier Foulon vous propose une cui- sine gastronomique raffinée et harmonieuse.www.hotelspreference.comLogements insolites en SartheCommencez votre périple par une douce nuit dans la chambre d’hôtes Le Montauban, un hôtel particulier de 5 spacieuses chambres transformé en bijou contempo- rain design. Une magnifique piscine privée vous attend pour un moment de détente à deux ou entre amis. Tes- tez l’aventure au Zoo de La Flèche : des safaris lodges vous plongent au cœur de la nature, autour de vous, juste derrière votre fenêtre, des tigres, des lémuriens... Enfin, laissez-vous séduire par « Le Gentleman » : cet établissement a tout pour plaire, il est sobre, élégant, sespropriétaires vous reçoivent tout en finesse. Une touche chic & contemporaine, qui préserve aussi l’historicité des lieux.www.lemontauban.fr ; www.safari-lodge.fr ; www.legentleman.frDestination Sarthe : Histoire passionnante, Nature luxurianteLe centre historique du Mans qui s’étend sur 9 hectares réserve de belles surprises à chaque coin de ruelle. Une muraille gallo- romaine très bien conservée protège 1700 ans d’architecture, dont la célèbre cathédrale Saint-Julien. A quelques kilomètres,vous vous baladerez dans l’enchanteresque Jardin du Prieuré de Vauboin, un tableau de buis taillés avec poésie tous les jours depuis 20 ans par ierry Juge. Le château de Poncé, d’époque renaissance, est juste époustouflant. Sarthe Développement saura vous concocter un pro- gramme bien au-delà de vos espérances !www.tourisme-en-sarthe.comVins & Spiritueuxwww.chateaubellevue.orgHôtel de la Fossette, si prèset si loin de Saint-TropezCet Hôtel de charme en bord de mer vous accueille dans un cadre intime et raffiné dans le Lavandou. Pro- fitez de votre séjour pour vous relaxer au sein d’unenature préservée et d’un cadre d’exception à proximité de Saint-Tropez. 16 chambres et suites de caractère, avec vue sur mer ou jardin verdoyant, vous raviront. Le Golf de Valcros, à proximité de l’hôtel, vous propose un parcours de 18 trous sur 5 270 mètres qui comblera tous les golfeurs souhaitant améliorer leur swing. Vous pourrez ensuite vous détendre dans le hammam de l'Hôtel. Un petit-déjeuner buffet sera servi tous les matinssur la terrasse avec une magnifique vue sur la plage de la Fossette.www.hotel-de-la-fossette.frChâteau Pavie ouvre ses nouveaux chais à la visiteAprès plus de deux ans de travaux, Château Pavie, 1er grand cru classé « A » de Saint-Emilion, dévoile un nouveau visage. Les nouveaux bâtiments de Château Pavie ont été conçus non seulement pour répondre aux hautes exigences techniques de vinification et d’élevage d’un premier grand cru classé, mais aussi pour offrir le meilleur accueil aux "oenotouristes" qui seront accompagnés dans leur découverte par un guide trilingue. La visite débute dans le hall d’accueil monumental offrant une magnifique perspective sur le vignoble en coteaux de 42 hec- tares. « Le plus bel endroit de Saint-Emilion » af- firme Gérard Perse, le propriétaire des lieux. D’une durée de 45 minutes, la visite se conclut par la dé- gustation d’un millésime choisi de Château Pavie :actuellement il s’agit du 2006.www.vignoblesperse.comPour Caroline, c’était une« Evidence »A naviguer sans cesseentre le Médoc et la valléedu Rhône, entre le Châ-teau La Lagune et les Do-maines Paul JabouletAîné, l’envie est venue àCaroline d’unir ces deuxMaisons en une même cuvée. Dans cet assemblage de ses origines, elle a mêlé deux cépages, comme une évidence. Au terroir rhodanien qui est son berceau, elle a puisé la Syrah; au bordelais qui est sa terre d’élection, elle a choisi le Caber- net-Sauvignon. Un vin dense, aux notes très expressives de fruits des bois et d’épices douces, avec un palais explosant de saveurs mais aussi enrobé d’une vraie douceur. A dégus- ter, c’est étonnant de richesse et de complexité – un alliage précieux à l’alchimie réussie.www.chateau-lalagune.comVin d’exception dans un cadre merveilleuxEn Provence, près d’Aix, Villa Baulieu est lefruit de la rencontre de Pierre Guénant, propriétaire de ce magnifique domaine, deStéphane Derenoncourt, l’un des plus finset des plus intuitifs consultants de la pla-nète vin et d’un vigneron baroudeur, Mi-chel Fabre. Villa Baulieu se compose de 4parcelles formant un clos de 8 hectares surles 140 qui constituent ce vignoble. 132hectares restent dévolus à la production des beaux rosés Château Beaulieu en Appellation Coteaux d’Aix en Pro- vence très prisés des festivaliers. La cuvée Bérengère rouge 2012 est en cours de devenir un incontournable. Progressivement, le vignoble s’oriente vers l’agriculture biologique.www.villabaulieu.com72 JUILLET-AOÛT 2014]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°12www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINETintilou, un HomeGastronomieTetedoie, cette étoile qui enchante la colline lyonnaiseChristian Tetedoie, nantais d'origine, formé par Paul Bocuse, a su conquérir Lyon et ses fins gourmets. A 52 ans, cet étoilé préside les Maîtres cuisiniers de France. Son talent est indéniable, sa gentillesse à faire fondre. Il aime plus que tout l'art contemporain, qui se reflète au sein de cet établissement devenu mythique. Christian Tetedoie y propose une fine cuisine rapellant les œuvres d'art acquises par le Chef,et des produits authentiques pour la plupart locaux. Vous pourrez tantôt opter pour le bar "Phosphore" et goûter aux tapas, choisir un menu équilibré sur la "Terrasse" ou bien vous faire plaisir en choisissant le restaurant gastronomique. Les Menus sont originaux : il y a celui qui joue avec la tradition culinaire lyonnaise, version revisitée, le Menu découverte ou le Menu dégustation - grandioses, ou encore le Menu autour du homard, unique en son genre. La vue sur Lyon vous laissera bouche bée.www.tetedoie.comLa Cantine du GolfeBienvenue au restaurant-lounge "La Can-tine du Golfe", au mobilier créé par PhilipStarck. Depuis sa cuisine vitrée, témoignantà la fois d'une grande qualité culinaire et d'uneattitude très attentionnée vers les convives, le Chef Antoine Ga- raudelle et son équipe vous offrent chaque jour une cuisine gastro- nomique riche en saveurs méditerranéennes et en arômes de l'île de Beauté. Produits frais et de saison, poissons et crustacés, viandes grillées au feu de bois et plats régionaux illumineront vos assiettes, idéalement accompagnées par les meilleurs vins Corses. Face à la marina, sur la grande terrasse en teck, un délicieux cocktail s’im- pose, pour commencer ou prolonger votre agréable soirée !www.hotel-porto-pollo.com4 jours 4 dinersLe « bon plan » de la rentrée qui va simpli- fier le quotidien des familles, des duos et de ceux qui vivent en solo ! Il s’agit d’1 pa- nier-recettes pour 4 jours, livrable à domi- cile. Des plats variés et équilibrés, réalisés en 30 min. C’est se simplifier la vie tout en gardant le plaisir de se préparer à manger.Des produits frais et de qualité, soigneusement triés sur le volet,desfruitsetlégumesdesaison... Desrepasàmoinsde 6 euros par jour et par personne (formule Petite Tribu), des plats assaisonnés à votre goût et sans conservateur, des pré- parations saines dans lesquelles vous savez exactement ce qu’il y a. Bye bye la corvée des idées recettes : 4 jours 4 diners s’oc- cupe de tout. Et il ne manque rien. Tout est fourni ! Plus de gaspillage : seules les quantités nécessaires à la préparation des repas sont dans les paniers...Commencez dès aujourd’hui, c’est sans engagement, mais certainement assez addictif !Château Malartic-Lagravière, enquête permanente d’excellenceL’identité d’unGrand Cru estl’expression d’unterroir d’excep-tion. Le terroirdu Château Ma-lartic-Lagravièreest un véritable écosystème où l’homme joue un rôle essentiel dans une quête permanente d’excellence. L’un des seuls six Crus Classés en rouge et en blanc à Bordeaux, Malartic-Lagravière plonge aussi ses racines dans l’Histoire. La métamorphose du Château opérée en moins de cinq ans conforte aujourd’hui sa place au plus haut niveau, unanimement reconnue par les ex- perts. Une signature de grande élégance et de finesse sommeille ainsi dans le secret des chais pour briller sur les plus grandes tables, aujourd’hui, demain et longtemps encore.www.malartic-lagraviere.comSweet Home gourmandA première vue, la façade extérieure ne laissedeviner cette Maison gourmande-gourmetaux couleurs rouge et grise et aux matièreschaudes. Un espace décliné entre une salle principale, unemezzanine, et deux salons privatifs s’avère idéal pour célébrer des anniversaires, privés ou professionnels. La cuisine associe terre et mer, matières fondantes, moelleuses, craquantes, suivant un subtil dosage de saveurs, et laisse place à une bouffée d’émotions. On aime le cadre et l’assiette : c’est bon et peu onéreux. Certains se laissent même tenter par les cours de cuisine, suivis d’un moment de dégustation en ac- cord avec les vins proposés par le sommelier.www. letintilou.frJUILLET-AOÛT 201473]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & InvestissementsLe coin des analystesuCap sur les actifs risqués pour Cholet DupontLes déceptions occasionnées par la croissance du premier trimestre en Europe ou aux Etats-Unis n'ont pas duré, estime Cholet Dupont dans un point de marché. Les perspectives de reprise économique sont maintenues dans les pays développés. Face à une inflation moribonde et à un Euro fort, la BCE a répété depuis plusieurs semaines qu'elle annoncerait certainement de nouvelles mesures de soutien. Les marchés vont-ils réagir positi- vement après ces annonces ? « Peut-être, mais si une consolidation intervenait, ce serait une nouvelle occasion de racheter des actions à bon compte », recommande Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d'investis- sement chez Cholet Dupont, qui estime que l'environ- nement global reste favorable aux actifs risqués. « Nous attendons de bonnes performances des marchés actions au second semestre, et nous surpondérons les titres eu- ropéens », ajoute-t-il. Selon Cholet Dupont, le rattrapage devrait se poursuivre sur ces actions. Il revient en revanche à une position neutre sur les actions japonaises et sur celles d'Europe de l'Est.uCM-CIC AM mise sur les actions européennesLes marchés actions conservent tous leurs atouts dans la phase actuelle de croissance économique et dans l'environnement de taux très bas, selon CM-CIC. Christophe Besson, directeur de la gestion actions, dévoile sa stratégie : « Nous profiterons de la période de distribution des dividendes pour renforcer la part des grandes valeurs européennes, en privilégiant les achats sur un creux de marché ». Après les performances très soutenues de ces derniers mois, l'analyste dit être enclin à prendre des bénéfices partiels sur les valeurs moyennes. Concernant les marchés émergents, CM-CIC AM devrait augmenter ses positions sur l'Asie au détriment de l'Amérique latine et de l'Europe centrale. Du côté des taux d'intérêt, Christophe Besson remarque que les achats massifs des investisseurs sur toutes les catégories d'obligations ont fait baisser les taux. Une observation qui incite à la pru- dence. CM-CIC AM devrait toutefois renforcer les obli- gations d'Etat de durée plus longue, considérant que les risques de hausse de taux ne sont pas imminents et que le portage reste intéressant.uTélécoms : Oddo recommande Orange et IliadSelon des informations récentes, Bercy serait en train de pousser pour un mariage entre Orange et Bouygues Telecom, tout en négociant l'accélération du déploiement du très haut débit via la FTTH. Bruxelles ne serait pas contre l'idée d'une telle fusion. « Dans un tel scénario, Orange et Iliad sont bien positionnés », estiment les analystes d'Oddo, selon qui Bouygues semble plus à risque. Oddo rappelle qu'Orange bénéficie d'une option gratuite autour d'une consolidation dans le mobile. « Le rachat de Bouygues Telecom par Orange se ferait donc selon nous sensiblement sous les 6 milliards d'euros. A l'aune des synergies, Orange pourrait créer près de 0,7 euro par titre s'il rachète Bouygues Telecom à près de 4,5 milliards d'euros », écrit Oddo. Le courtier recommande l'achat sur Iliad avec un objectif de cours de 220 euros, ainsi que sur Orange, avec un objectif de 15 euros. Il esten revanche neutre sur Bouygues.uLES BONS PLANS DU MOIS Epargne : le PEL revient en forcegie : l'achat de parts de Fonds investissement de proximité (FIP) commercialisés par des structures comme Extend Asset Mana- gement. Ces placements permettent une réduction de l'ISF de 50% des versements effectués, avec un plafond de 18000 euros annuels de réduction. Outre l'avantage fiscal, l'investissement dans l'hôtellerie offre des rendements pouvant dépasser 5%, et même atteindre 10% avant impôts pour les plus performants d'en- tre eux. Il reste toutefois soumis aux aléas de l'économie...Les statistiques de la Banque de France sont indiscutables : le Plan épargne logement (PEL) a la cote auprès des épargnants français ! Sur les trois premiers mois de l'année, le PEL a enre- gistré une collecte nette de 3,5 milliards d'euros – du jamais vu depuis 1999. Ce placement a attiré davantage de fonds que le Li- vret A et le Livret de développement durable combinés. Pourquoi un tel engouement ? Il faut chercher du côté du taux de rémuné- ration, qui atteint 2,5% avant prélèvements sociaux. Un rende- ment qui fait du PEL le plus avantageux des placements réglementés et défiscalisés. Ce placement est soumis aux prélè- vements sociaux à hauteur de 15,5%, mais son exonération d'im- pôt pendant 12 ans permet de dégager un rendement net de 2,11% par an... soit 0,86% de plus que le Livret A. Le taux de calcul de son taux garantit par ailleurs un plancher de 2,5% là où ses concurrents restent soumis à d'éventuels replis – comme le Livret A, dont le taux a été récemment revu à la baisse. Seule ombre au tableau : le PEL impose de bloquer les fonds pendant deux ans au minimum.Dépendance d'un proche : comment gérer le patrimoine ?Immobilier : et pourquoi pas l'hôtellerie ?Selon une enquête réalisée par l'institut Think en vue du prochain salon Patrimonia, 69% des Français se disent préoccupés par la dépendance de leurs proches... À raison : d'après le dernier rap- port en date de l'Institut national des études démographiques (Ined), ce sont en France plus de 800000 personnes qui sont pla- cées sous protection du fait de leur vulnérabilité. Dans ce cas de figure, la gestion du patrimoine est souvent confiée à leur famille. Une problématique qui peut vite tourner au casse-tête... La fran- chise Prudalis, créée par le groupe Serenalis, a pour but de pro- poser des solutions aux difficultés rencontrées par les familles dans la gestion patrimoniale des personnes vulnérables. « Nous privilégions les intérêts des personnes protégées en apportant des solutions d'investissement adaptées aux contraintes du code civil », explique Olivier Milon, le président de Prudalis, revendi- quant une gestion patrimoniale menée avec « loyauté, compé- tence et diligence, en collaboration avec les familles ». « Notre conviction première est qu'il ne peut pas y avoir de conseil perti- nent sans prise en compte approfondie du projet de vie de la per- sonne », ajoute-t-il.Relativement anecdotique il y a quelques années, l'investissement dans les murs d'hôtels devient de plus en plus accessible auprès du grand public. Selon une étude de KPMG, les transactions im- mobilières dans ce secteur sont passées de 700 millions en 2009 à 2,6 milliards d'euros en 2012. Un mouvement qui pourrait bien s'amplifier, avec les fonds tels que Finotel Premium, lancé par le groupe hôtelier Maranatha. Celui-ci peut être logé dans l'enve- loppe du PEA classique ou du PEA-PME. Conséquence : les plus-values ne sont donc pas imposables à l'impôt sur le revenu (mais restent soumises aux prélèvements sociaux). Autre straté-LA SPÉCULATION DU MOIS74 JUILLET-AOÛT 2014High score boursier pour UbisoftDepuis le début de l'année, l'action Ubiso a décollé de près de 50%, ce qui place la valeur dans le top 10 des plus fortes hausses de l'indice SBF 120. Un parcours sans faute fortement lié à l'actualité de son jeu Watch Dogs, qui a battu des records de ventes dès sa sortie à la mi-mai. En octobre dernier, l'action de l'éditeur avait plongé suite à l'annonce du report de ce jeu, qui l'avait contraint à lancer un avertissement sur résultat.]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE Patrimoine - Immobilier de luxeCome in, sir !MVidéos, visites virtuelles et services de conciergerie... Les acteurs de l’immobilier de luxe développent un éventail de prestations haut de gamme pour les investisseurs particuliers. Et ce n’est qu’un début...ême s’il reste le sec- saient Habiteo sur leur télévi- réflexe nettement moins dé- teur le moins touché sion, grâce à des clés USB veloppé que chez les Anglo- par la crise, le mar- type Chromecast : ils se mettent Saxons, par exemple. Il fautché des biens haut de gamme sur le canapé, et regardent les donc, de préférence, une co-a connu un certain ralentisse- ment. De ce fait, attirer – et fi- déliser – des investisseurs par- ticuliers devenus plus tatillons exige de s’adapter à leurs nou- velles pratiques, ce qui inclut notamment l’utilisation inten- sive d’Internet et de terminaux mobiles. Maintenant, soit le site web de l’agence est « res- ponsive » (s’auto-adaptant au support, ndlr), soit il existe une application dédiée sur les dif- férents stores. Ce n’est pas tout : le réseau offre de nou- veaux formats pour mettre en valeur les biens. « Nous utili- sons de plus en plus la vidéo pour vendre les biens, explique Alexander Kraft, président de Sotheby’s international Realty France-Monaco. Elle donne un aperçu plus personnalisé et une impression différente que des images fixes. » Pré- sentée parfois sous la forme d’une visite virtuelle, eIle per- met de mieux appréhender le bien. Mais qui dit bien de luxe dit vidéo de luxe, avec une qualité studio – ce qui n’est pas donné. « Nous ne produi- sons des vidéos que pour les clients qui ont déjà manifesté un intérêt pour un bien ; la première sélection se fait encore avec des photos et la description détaillée », développe Alexan- der Kraft.Le bien est une copropriété normale, si ce n’est que les résidents bénéficient de services comparables à ceux proposés par la conciergerie d’un hôtel de luxebiens en famille », décrit Jean- Claude Szaleniec. Un genre très spécial de télé-achat.propriété homogène. C’est le cas de la Villa Grenelle, une véritable « gated community » en plein cœur du Faubourg Saint-Germain. Entouré de jar- dins et accessible par une unique entrée surveillée par une équipe de sécurité, le terrain est unique en son genre. En sus de la sécurité et d’un haut niveau d’équipement, la Villa a son « doorman » dévoué, qui cherche les prestataires dé- sirés par les occupants, est bi- lingue, et s’occupe de la gestion des biens ; l’univers de l’im- mobilier à la française (syndic, assemblées générale, etc.) est plutôt rébarbatif pour un étran- ger. « En fait, le bien est une copropriété normale, si ce n’est que les résidents bénéficient de services comparables à ceux proposés par la conciergerie d’un hôtel de luxe », estime Nicolas Pettex.AU-DELÀ DE L’ACHATBIG DATA ET HIGH TECHA moyen (voire court) terme, la sélection et l’achat pourraient bien devenir encore plus high- tech. Habiteo.com est le premierTres̀ sympathique cette cabane au fond du jardin...biteo.com. Les innovations sont nombreuses : outre une visite virtuelle en 3D du bien – ce qui est nettement plus parlant qu’un plan –, le site propose une base de donnée fourniesur l’environnement proche du bien : transports, écoles, météo, taxe foncière... Toutes ces don- nées sont utilisables par l’in-vestisseur s’il désire louer le bien. « Le dossier peut être géré dans le Cloud, ce qui veut dire qu’il sera accessible aux autres partenaires de façon sé- curisée et instantanée », sou- ligne Jean-Claude Szaleniec. Même si cela n’existe pas en- core, ce que fait Habiteo pour la VEFA peut être adapté à des biens existants, et laisse envisager des prestations encore inédites, comme la possibilité de faire un lifting virtuel du bien modélisé et de calculer le montant des travaux nécessaires pour les aménagements envi- sagés... Une vraie révolution, et qui en plus se montre – de façon inattendue – plutôt convi- viale : « Nous nous sommes aperçus que des clients utili-adhérents : .des soldes privés et des accès privilégiés aux boutiques de marques de luxe partenaires, comme Rolex ou Ralph Lau- ren. Nous nous situons bien au-delà de l’immobilier ; pour autant, c’est un outil efficace pour séduire et surtout fidéliser la clientèle.core en période de rodage et comporte peu de biens (il de- vrait être totalement opération- nel à la rentrée). « L’idée était de recréer, en ligne, un bureau de vente, et ce jusqu’à la pos-Jean-Marie BenoistLes services déployés ne se li- mitent pas au démarchage et à la vente. Outre des prestations, maintenant classiques, de conseil sur des partenaires de confiance (notaire, banque), les professionnels de l’immo- bilier haut de gamme ajoutent la casquette de concierge – celui des hôtels 5 étoiles, s’en- tend. Par exemple, l’agent im- mobilier pourra recommander à son client qui en fait la de- mande un architecte, des dé- corateurs, etc. « Nous avons également des références lo- cales pour des femmes de mé- nage, des jardiniers... Cela va jusqu’à pouvoir recommander les meilleurs restaurants aux alentours ou le meilleur pres- sing », décrit Alexander Kraft. Dans certains cas, ces presta- tions viennent même avec le bien, si l’on peut dire. « Les services associés à une rési- dence sont séduisants, mais encore faut-il que le bien s’y prête, souligne Nicolas Pettex, directeur général de Daniel Féau Commercialisation. Si les coûts ne sont pas bien répartis, et que le bâtiment n’est pas adapté, les charges deviennent vite rédhibitoires. » Surtout pour des Français, chez qui payer pour un service est unCas d’école d’ultra-sélectivité« Off market »A priori, vendre des biens sans passer par le marché semble une idée saugrenue. Mais pour une catégorie particulière de biens – le summum du haut de gamme, en quelque sorte –, la pratique du « off market » existe, même si elle est assez peu courante. Bien sûr, même s’ils ne sont pas rendus publics, les directeurs d’agence peuvent faire connaître ces biens auprès des acheteurs qu’ils estiment pouvoir être intéressés – et qui ont les moyens. Souvent, ce sont les vendeurs qui demandent à ce que leur bien soit traité en-dehors du circuit traditionnel : c’est particulièrement le cas des personnalités, qui ne veulent pas toujours rendre ce genre de chose publique. Il s’agit en fait d’une façon de contrôler étroitement la communication. Ce n’est pas toujours le meilleur choix, cependant, car il limite la clientèle potentielle.Plus loin encore dans l’accom- pagnement, Sotheby’s France a fondé, il y a cinq ans, son club VIP. À la clé pour lesdes événement etsite de vente en ligne de biens en VEFA (Vente en état futur d'achèvement). Le site est déjà fonctionnel, même s’il est en-76 JUILLET-AOÛT 2014sibilité de réserver un bien », explique Jean-Claude Szale- niec, PDG d’Immo Digital France et co-fondateur d’Ha-]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°12ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelleExpon Anish Kapoor à la Galerie Kamel Mennour LacélèbregalerieparisienneKamelMennourreçoitletempsd’uneexposition deuxartistesincontournablesdelascènecontem- poraine : Anish Kapoor et James Lee Byars.Il y a trois ans, la grande manifestation d’art contemporain au Grand-Palais Monumenta a permis à près de 300 000 visiteurs de (re)découvrir le grand artiste britannique d’origine indienne Anish Kapoor. Le spectateur de l’immense installation Léviathan se trouvait téléporté dans une sorte de monde intra utérin fantastique. Al’heureoùMonumentaprésentelecélébèrecouplerusse KabakovavecleurvilleutopiqueL’Etrangecité prônantlasacralisation de l’art, Anish Kapoor revient en France pour une très belle exposition à la galerie Kamel Mennour.Fidèle à lui-même, il nous offre des œuvres épurées et issues de différents matériaux : résine, cube acrylique, bois, ciment et peinture à l’huile. La puissance de ces oeuvres nous conduit vers une certaine méditation dans l’appréciation de leur pureté et de leur beauté.A ses côtés se tient James Lee Byars, artiste plasticien américain représenté par la Michel Warner Gallery. En quête d’une spiri- tualité il retranscrit dans ses œuvres un côté pictural et philosophique.Un très beau mariage artistique entre ces deux artistes que nous pouvons admirer jusqu’au 26 juillet à la Galerie Kamel Mennour.Galerie Kamel Mennour :47 rue Saint-André des Arts, 75006 Mardi- Samedi : 11h-19hExposition : du 27 mai au 26 juillet 2014Librairien comédie policière « arty »Tous les bons polars ne sont pas des romans noirs ! Adrien Goetz nous en donne une nouvelle preuve avec Intrigue à Giverny, le dernier épisode des aventures de Pénélope, jeune conservatrice régulièrement embringuée dans des enquêtes criminelles sur fond artistique, aux côtés de son com- pagnon journaliste et fils de ministre Wandrille...Adrien Goetz est un très sérieux universitaire classique, qui enseigne l'histoire de l'art à la Sorbonne, mais s’adonne donc également à l’écriture. Il a ainsi développé notamment cette série d’Intrigues toujours sur fond de musée, d’histoire de l’art et de lieux historiques - que l’on croit connaître et dont on découvre une part de mystère improbable, aux ramifications contemporaines.Cette fois, après Bayeux et sa tapisserie, Versailles et ses secrets, Venise et ses bals, nous sommes entrainés de Giverny à Monaco sur les traces de Monet - dont la vie semble tout à coup moins pai- sible qu’on ne le pense, confrontés à des meurtres au mobile mystérieux, le tout narré avec un savoir emprunt de suspense et d’humour tout à fait jubilatoire pour le lecteur...Intrigue à GivernyAdrien GoetzRoman, Grasset 2014Festivals de l’étén Les festivals de l'été sélectionnés par EcoRéseau en toute subjectivité :- Festival International d’Art Lyrique : Un des grands festivals lyriques européensDu 7 juin au 24 juillet 2014 à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône- Enghien Jazz FestivalUne célébration de tous les jazz sur les rives du lac d'Enghien En juin / juillet 2014 à En- ghien-les-Bains, dans le Val- d'Oise- Festival International du Film de La RochelleUne ville au début de l'été, un public curieux et enthousiaste, et des films venus du monde entierDu 27 juin au 7 juillet 2014 à La Rochelle, en Charente-Ma- ritime- Jazz à VienneLa rencontre de tous les jazz Du 27 juin au 12 juillet 2014 à Vienne, en Isère- Jazz à MontaubanPlus que du jazz !Du 27 juin au 7 juillet 2014 à Montauban, dans le Tarn-et- Garonne- Les Nuits de FourvièreUn festival pluridisciplinaire dans un théâtre antique ro- mainEn juin / juillet 2014 à Lyon, dans le Rhône- Eurockéennes de BelfortTrois jours de fête musicale en plein air dans un site naturel enchanteurDu 4 au 6 juillet 2014 à Serma- magny, dans le Territoire de Belfort- Festival d'AvignonManifestation internationale du spectacle vivant contempo- rainDu 4 au 27 juillet 2014 à Avi- gnon, dans le Vaucluse- Rencontres d'ArlesLe festival de la photographie d'envergure internationale Du 7 juillet au 21 septembre 2014 à Arles, dans les Bouches- du-Rhône- Nice Jazz FestivalNice, le Jazz et la mer !Du 8 au 12 juillet 2014 à Nice, dans les Alpes-Maritimes- Chorégies d'OrangeLe plus ancien festival d'art ly- rique dans le Théâtre Antique d'OrangeDu 9 juillet au 5 août 2014 à Orange, dans le Vaucluse- Francofolies de La Ro- chelleLa vitrine estivale de la chan- son et des musiques actuelles francophonesDu 10 au 14 juillet 2014 à La Rochelle, en Charente-Mari- time- Jazz à JuanLes grands noms du Jazz en bord de merDu 11 au 20 juillet 2014 à Juan-les-Pins, dans les Alpes- Maritimes- Festival des Vieilles Char- ruesQuatre jours de fête et de mu- sique dans l'un des plus grands festivals européensDu 17 au 20 juillet 2014 à Ca- rhaix-Plouguer, dans le Finis- tère- Jazz in MarciacUn événement musical à vivre sous le ciel étoilé du mois d'aoûtDu 28 juillet au 15 août 2014 à Marciac, dans le Gers- Festival de Théâtre de RueUn grand espace de liberté ar- tistique suscitant enchante- ment et découvertesDu 20 au 23 août 2014 à Auril- lac, dans le Cantal- Fêtes de la Saint-LouisUn tournoi de joutes nautiques traditionnellesDu 21 au 26 août 2014 à Sète, dans l'Hérault- Rock en SeineLe dernier grand rendez-vous rock de l'étéDu 22 au 24 août 2014 à Saint- Cloud, dans les Hauts-de-Seine78 JUILLET-AOÛT 2014PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 28 AOÛT 2014]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>