﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="76"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[n° 11 Comprendre, Entreprendre, InnoverEcoRéseau L’information économique & stratégique autrement (et si possible positive)Juin 2014 Mensuel - 3,90 €ecoreseau.fr Entreprendre demain !Ici et là se dessinent les terrains de jeux des entreprises de demain, voire d’après demain. Petite liste en toute subjectivité...L’Economie circulaire,paradis des astucieux...Entrepreneuriat socialLa Ruche, incubateur futuristeAccélérateurs de Start-upUne préparation militaireExplosion des “wearables”Vivre connecté !COMPRENDRE LE BRÉSILRÉSEAUX & INFLUENCESAnnuaires mondains et networkingBusiness, politique et football...BE/LUX : 4.50€ - Canada : 7CAD - Maroc : 50MADEcoRéseau]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11Editoriall’union sacréeE air fertiletout le monde finit par l’attendre, même les plus impassibles. rassu- rez-vous, la Coupe du monde de football arrive enfin.Pendant quelques jours voire quelques semaines, fini les impôts, les manifestations, les licenciements et les rachats ou fusions d’entreprises. aux oubliettes les élections, les querelles de pouvoir et les sondages en berne.n arrivant à londres en 1938, SigmundFreud demande à un compatriote, Stefan sont préparés. a la ruche, incubateur d’entrepre- Zweig, ce qu’il pense de londres par neuriat social, ou dans les accélérateurs, dispositifsEt oui, place à la grande trêve internationale ! Ce répit tant espéré où chaque citoyen, quel qu’il soit, se ralliera à une sorte d’union sacrée. derrière ces festivités, chacun aura la sensation de travailler rigoureusement, d’être impli- qué dans toutes les décisions, d’influencer le cours du jeu et se sentira même l’âme d’un manager. les journaux télévisés quant à eux laisseront pour la plupart les tourments du quotidien de côté.mentionner Londres et Vienne dans la même phrase ? A Vienne il y avait du sperme dans l’air ! », lui aurait-il répondu(1). a travers cette métaphore l’écrivain en appelle à ce contexte mystérieux favorable aux découvertes. important ? déterminant. Car ces dernières ne sortent pas du chapeau. nul procédé n’a encore été mis en place pour les sortir à la chaîne selon les bons principes du père taylor. le génie ne se met tout simplement pas en équation et les séances de brainstorming n’aboutissent généralement pas sur de nouveaux concepts. Ce sont plutôt des idées existantes qui tout à coup prennent beaucoup plus de sens qu’elles n’en avaient jamais eu. Vous en doutez ? Beaucoup avaient déjà songé à mesurer puis décortiquer les performances physiques des personnes par des objets connectés placés sur elles, mais ceux qui se sont lancés dans les « wearables » se comptent sur les doigts de la main. de même la PME française aldebaran, ultra innovante, ne fait que concrétiser l’image que tout le monde se faisait des robots humanoïdes. Si des petits malins parviennent à inventer un nouveau cadre, à regarder de vieilles idées sous un œil neuf et finalement à provoquer la discontinuité, ce n’est pas parce qu’ils portent« accouche » rapidement, c’est un état d’esprit qui est forgé – un souffle qu’EcoRéseau essaie de faire vivre en médiatisant des personnalités entre- preneuriales marquantes telle la boxeuse Sarah ourahmoune. la plupart du temps, comme le disait louis Pasteur, « la chance favorise les esprits préparés », ceux qui par exemple perçoivent les opportunités de l’économie circulaire naissante. Système éducatif d’excellence et moyens financiers considérables ne seront rien sans ce contexte de dynamisme, de foi en l’avenir et de curiositéEtat d’esprit conquérant, changement de mentalité, sentiment d’espoir et de fierté ? Fichtre. Seulement l’illusion de délaisser notre ordinaire pour notrequ’encourage EcoRéseau. le choix d.au Brésil n’est d’ailleurs pas innocent, pour la coupe du monde bien sûr, mais aussi pour la vitalité ambiante qui transparaît même entre les lignes de Folha de São Paulo, équivalent du Monde, ou de Valor econômico, cousin des Echos. les medias ont leur rôle à jouer dans la mise en place d’un tel climat, et EcoRéseau ne compte pas s’y soustraire... quitte à faire dire des grossièretés aux Stefan Zweig du XXie siècle...plus grand bonheur, même si celui-ci ese s’intéresseren France ou ailleurs..t éphémère. Et que ce soit au Brésil,Paradoxalement, c’est souvent dos au mur que nous réalisons d’improbables prouesses ; espérons que cet enthousiasme et cette confiance si soudainement retrouvés influencent nos sociétés durablement.après tout, pourquoi cette embellie ne renforcerait pas nos liens et ne nous permettrait pas d’autres exploits dans d’autres domaines ? l’Economie est également un sport d’équipe, pas vrai ?Jean-Baptiste LeprinceJulien TarbyFondateur & directeur de la publication(1) cité par Warren Bennis, un théoricien du management dans “Still surprised : a memoir of a life in leadership”, éd. Jossey Bass, 2010.des smart glass magiques. C’est parce qu’ils y rapport à Vienne. « Comment peux-tu seulement qui conditionnent le porteur de projet pour qu’ilLE CHAT by Philippe Geluck4 Juin 2014]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frSoMMairEPANORAMA - SPÉCIAL BRÉSIL 6-29 RétrospectiveCréer aujourd’huiaccélérateurs de Start-up : une préparation millimétrée 42le football est éternel 6Business guidesLes rendez-vous EcoRéseau 7 le dicoréseau® 2014- Externalisation du poste client et affacturage 46 - retail & immobilier commercial : points de vente du futur 50STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 52-5952 5456 585960-6560 626466-7466 67 7273 74Régions & TerritoiresSão Paulo, la ville pieuvre 8DécryptageHexagoneExplosion des “wearables” : tous connectésFrance-Brésil, couple en devenir 10ExpertisesInternationalBrésil : des ambitions diplomatique 12Haute résolutionGrand Angle- Quelles solutions de gestion pour PME par le Cloud ?- interview de daniel Kaplan, délégué général de la FinGEconomie, politique, religion... Bas les masques 14Business storyRegard sur l’Actualitéaldebaran robotics, des robots conquérantsEntretiens exclusifsils nous donnent leurs avis sur le football moderne 24RH & FORMATIONCLUB ENTREPRENDRE 30-51 Baromètre & Tendances 30Réseaux & InfluencesLiberté d’Entreprendreannuaires mondains : networking en approche ?interview d’arnaud Montebourg sur les ententes 31Observatoire Carrières & TalentsA la Une- Formation continue dans les écoles36 ART DE VIVRE & PATRIMOINEl’économie circulaire, sources d’opportunités 32Interview croisée :Pauline Charoki & Cyprien Hoffetla réussite Ô Brazil d’entrepreneurs françaisEn immersionL’Air du tempsla ruche, incubateur en économie sociale 38Coup de projecteur sur la culture brassicoleElectron libreL’Art du tempsSarah ourahmoune, des coups à la maîtrise des coûts 39Leçons de mauxBaromètre Finance & Investissements 40 Patrimoineinterview de roxane Varza : valoriser l’échecassurances-vies : tirer son épingle du jeu... 41 La Sélection culturelleProspectiveles fictions totales, divertissements de demainN°11www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.frDirection de la rédaction : Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Julien TarbyChroniqueurs : Pierre-Etienne Bost, Sophie de Menthon, Arthur de Soultrait,Marc Drillech, Pascal Junghans, Michel KahnOnt collaboré à ce numéro : Aude Abback-Mazoué, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Anne, Diradourian, Jacques Donnay, Geoffroy Framery, Marc Hervez, Jérôme Larsan, Julie-Chloé Mougeolle,Mathieu Neu, Ronan Penetti, Yann Petiteaux, Catherine QuignonDessinateur : Philippe GeluckCahier Stratégie & Innovation numériquePrésident comité éditorial : Jean-Marc RietschChroniqueurs : Eric Barbry, Gwenaëlle Bernier, Arnaud Jules, Francis Kuhn, Jean-Louis Pascon, Isabelle Renard, Jean-Laurent SantoniSecrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard Production & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : PresstalisAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Juin 20145]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PanoraMa Rétrospective - spécial BrésilDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.le football est éternelPour le plus grand bonheur des passionnés de foot, des cafetiers, des vendeurs de pizzas, de saucisses et d’urinoirs, la Coupe du Monde est là. Mune World Cup qui n’aura plus grand-chose à voir avec les shorts trop courts, les images en noir et blanc et les gardiens en casquettedes éditions d’antan. Mais au-delà de ces détails de style, rien n’a vraiment changé.Par Olivier Faureessieurs, Mes- à un déplacement inattendu... dames aussi, pré- Quatre ans plus tard, au Chili, parez vos rendez- c’est le match opposant levous fictifs à 17h30, vos pays organisateur à l’italiefausses excuses pour écourter les réunions de la fin d’après- midi, la Coupe du Monde commence. Ce bon vieux Mondial qui sent les vacances d’été, la madeleine de Proust, la sueur toujours, le sang par- fois, les larmes souvent sauf pour les allemands. Ce temps des fous espoirs où la mé- moire devient sélective au profit de nos idoles d’un mois, dont on oublie la part d’ombre pour n’espérer qu’en leur part de lumière, aussi infime soit- elle.qui fait polémique. Suite à des déclarations douteuses de journalistes transalpins, la tension monte entre les deux équipes pour accoucher d’un match-pugilat de cour de récréation, avec interven- tion de la police locale sur le terrain, coups de pieds, de poings et tacles à la tête. 1966, l’année de naissance d’Eric Cantona, pour infor- mation... dans les cham- pionnats nationaux, la gan- grène commence aussi à pren- dre. le football belge est ainsi secoué par plusieurs af- faires de matchs truqués (1963, 1964, 1966) afin d’évi- ter des relégations ou de fa- ciliter des accessions en di- vision supérieure. des faits qui ne surprennent pas alfred Wahl : « La corruption est inhérente à la compétition en général, économique en particulier ; on la retrouve donc parmi les enjeux du football. Tout est souterrain. Plus connus sont les arran- gements de fin de saison dans les compétitions des divisions inférieures pour permettre à telle ou telle équipe de ne pas descendre en division in- férieure par rapport à une autre pour diverses raisons liées à l’intérêt des uns ou des autres. »Mais ne vous emballez pas trop vite, vous n’allez pas tarder à croiser votre collègue pénible. Mais si, le rabat-joie un peu vieux qui a tout vu- tout fait. Et qui vous lancera un « Cette fois-ci, ils vont peut-être descendre du bus, ah ah ah... Vraiment le foot, c’est plus ce que c’était ! » Pardon ? Et là, vous lui en- verrez tout ce qui suit. derrière l’image d’Epinal d’un football « à la papa », avec poignées de mains loyales, bières dans les ves- tiaires et organisation amateur, se dessine une réalité qui ne donne tout simplement pas envie de retourner 50 ans en arrière. a tous niveaux. l’éco- nomie du foot, par exemple. « Tous les problèmes d’au- jourd’hui existaient à l’ori- gine, affirme alfred Wahl, historien, professeur émérite à l’université de Metz, spé- cialiste de l’allemagne contemporaine et de l’histoire du football. Il n’y a pas de différence de nature avec l’économie du foot d’au- jourd’hui, seulement une dif- férence d’échelle.De coke, de but, des 18 mètres, de touche. La ligne blanche : quelques centimètres entre l'enfer et le paradis.Le football étant une activité humaine, il en possède toutes les caractéristiques et notam- ment celles touchant aux questions matérielles. Dès l’origine, fin XIXe siècle, seQuant aux sponsors et autres agents de joueurs, toute cette organisation qui gravite autour du football et qui, pour cer- tains, le pollue, ils existentque la gauch.tres. Qu’à cela ne tienne, ses dribbles inventés, ses buts et débordements en feront le meilleur joueur du Mondial 1962. un ailier atypique et virevoltant, au physique dis- gracieux, cela ne vous dit rien ? non, vraiment, rien n’a changé.6 Juin 2014posent les questions de dis- position de terrain, d’équi- pement, de déplacement... Tout cela exigeant des moyens financiers. La volonté de ga- gner a fait naître les pro- blèmes de recrutement, deeux aussi depuis belle lurette, sous des formes plus ou moins semblables. alfred Wahl : « Dès l’origine, il existait des « intermédiaires ». Ainsi, les footballeurs anglais ou serbes jouant en France aprèsceux d’aujourd’hui ont une envergure à l’image du ca- pitalisme d’aujourd’hui. » Evidemment, il suffit de re- garder les images pour s’en apercevoir, le foot et les coupes du monde d’antanrien. Seules les grandes sé- lections nationales, comme le Brésil, disposaient déjà dans leur encadrement d’un dentiste, de médecins, et même d’un psychologue dès 1958 en Suède. »Tous les problèmes du foot d’aujourd’hui existaient à l’origineMais qui dit sport moins pro- fessionnel dit-il nécessaire- ment moins de polémiques et de scandales ? nenni. En 1966, l’angleterre gagne «sa»Coupedumondeà domicile, en jouant tous ses matchs dans le même stade, le mythique Wembley, et en bénéficiant, de l’avis unanime des observateurs, d’un arbi- trage particulièrement favo- rable, comme lors de la demi- finale face au Portugal d’Eu- sebio. un match à l’origine prévu à liverpool, mais fi- nalement programmé à lon- dres, obligeant les lusitanienstout au plus peut-on donc regretter la disparition de joueurs fantasques comme le brésilien Garrincha, dont la jambe droite était plus longuedébauchage des bons joueurs à la clé, des gratifications d’abord modestes (achat d’un costume, dès les années 1920), puis des avantages fi- nanciers et, enfin le profes- sionnalisme. »1920 recrutaient des compa- triotes contre des compensa- tions financières. Au départ, les « sponsors » étaient des négociants ou des industriels d’envergure locale. Là encore, par rapport aux investisseurs du Qatar ou de Russie, il y a simplement une différence d’échelle. Les sponsors de 1900 étaient les représentants du capitalisme de l’époque ;sont davantage marqués par l’amateurisme. En France, dans les années 60, seules les trois premières divisions disposaient de joueurs salariés, la troisième encore clandes- tinement. dans les divisions inférieures, il existait simple- ment des distributions de gra- tifications diverses. « L’en- cadrement, lui, demeurait en- core précaire, ajoute l’histo-e de 6 centimè-]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frLes rendez-vous EcoRéseau - spécial Brésil PanoraMaEn guise de revanche sur les noms propres qui vont interminablement circuler sur les ondes en cette période brésilienne de coupe du monde, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d'ailleurs),en espérant qu'à chaque fois que vous les entendrez ou les lirez, vous penserez à nous...le dicoréseau® 2014- Bebeto : 1. joueur de foot un peu idiot. 2. Enfant qui se lève aux aurores. - Benzema. n.p. Marque de benne. les Bennes Zema.- Dilma Rousseff. n.p. Fille adoptive cachée de demis roussos et Youri djor- kaeff.n.p. Boisson apéritive. Ex : « tu bois quoi ? un martini. Et toi ? un campari. Et toi ? un platini. »- Rai : joueur stupéfiant, locomotive de l’équipe.- Ribéry. Exp. Consigne de metteur lors d’une scène comique à l’égard de- Foot : expression pour signifier un mécontentement ou un désaccord. Ex : anelka à domenech : « Va te faire foot »- Giresse : joueur français qui ne veut pas s’entraîner. Ex. « je ne sors pas du bus, giresse. »richard Berry.- Hors-jeu. n.m. test de Qi pour femmes.- Le Graet : reprise de la chanson d’Edith Piaf par les joueurs français pré-- Ricardo : boisson alcoolisée coupée à l’eau- Romario. 1. Expression. Se dit d’une boisson d’origine cubaine bue sur la plage de Copacabana. 2. n.m. Signe de mauvaise digestion de toute personne qui s’appelle Mario.sents à la dernière Coupe du Monde : « ♫non, Je ne le Graet rien...♫ »- Ronaldinho : fils de ronald Mcdonald- Samba : expression qui signifie rester à la maison. Ex : Samir nasri à sa- Messi : joueur insistant.- Nene : chirurgie mammaire très courante au Brésil (Faire une nene)- Neymar : nom de famille d’un « Jean » frustré de ne jamais jouer (Jean neymar)- Pelé : 1. antonyme de chevelu. Ex. « Zidane était tout pelé ». 2. avoir froid. Ex. « Vivement la coupe du Monde au Qatar en plein été, on devrait moins se pelé ».- Péniche : Sexe masculin en brésilien- Platini. 1. n.m. Menu enfant en italie. 2. n.m. Matériel pour dJ italien. 3.compagne : « Finalement, on sam-ba pas au Brésil cet été » - String : chanteur naturalisé brésilien qui joue du popotin.- Tigana : reprise d’une chanson de la compagnie créole pour fêter une vic- toire : « ♫tigana gana tigana gana, oé oé ♫ »- Zico : 1. marque de chips. 2. Musicien brésilienVous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.Juin 20147]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Régions & Territoires - spécial BrésilLa ville pieuvreJusqu’à maintenant cette rubrique était consacrée à des villes françaises et à leurs territoires alentours. EcoRéseau ne déroge pas à la règle avec São Paulo : 30 000 Fran- çais vivent au Brésil, dont 10 000 dans cetteSmégapole de 21 millions d’habitants. Bouillonnante d’activité, fascinante, mais aussi inquiétante, la cité pauliste doit releveruDes entreprises françaises bien implantéesSão Paulo regroupe plus de 62% des sièges des filiales françaises im-le défi de son urbanisation galopante...plantées au Brésil, notamment dans les secteurs suivants :- Mobilité urbaine : travaux de la ligne 4 du métro de São Paulo par RATP Dev en partenariat avec le brésilien CCR ; financement de la ligne 13 du réseau CPTM par l’Agence française de développement. - Urbanisme : participation d’architectes et urbanistes français au pro-ão Paulo, poumon économique, industriel et fi- nancier du Brésil, principal centre d’affaires de toute l’Amérique Latine. L’activité économiquejet Arco Tietê.- Tourisme : attribution de la concession du centre d’exposition Imi-trépidante y fait migrer beaucoup de Brésiliens et d’Européens. « On y vient pour faire de l’argent, pas du tourisme », nous confie cet entrepreneur français. Selon le site My Little Brasil créé par deux françaises, São Paulo fait ainsi partie des villes les plus chères d’Amérique Latine. Ses atouts ? Un réseau urbain dense, un niveau de formation élevé, le dynamisme de ses entrepreneurs, un optimisme à toute épreuve. « Sampa » n’est pas une ville axée sur le tourisme. Mais on y travaille. Selon le magazine São Paulo Outlook, les visiteurs internationaux ne représentent en effet que 10% du tourisme de la ville, alors que 20% viennent des autres États du Brésil et que 70% sont ici pour affaires.grantes à GL Events ; omniprésence du réseau Accor, premier opé-Mais pour São Paulo le développement a un prix.pale source d’inspiration : la di-versité des influences, la mixitésociale, l’économie de moyenset l’artisanat. Les frères des-igners ont présenté leur pre-mière exposition parisienne «Barroco Rococo » l’année der-nière au Musée des Arts Décode Paris, suscitant un véritableengouement. Nul doute qu’ilsseront présents en août pro-chain pour la deuxième éditionde la DW’ (São Paulo DesignWeekend), sorte de « Fashion Week » des designers, pres- sentie comme le plus grand évènement international de ce type en Amérique Latine.brésilien Ciccillo Matarazzo, c'est la deuxième plus ancienne bien- nale au monde, après celle de Ve- nise (1895). « La Biennale de São Paulo est une des plus grandes expositions d'art au monde. Nous voulons consolider São Paulo comme pôle artistique », a dé- claré le président de la Fondation Biennale, Heitor Martins. En 2012, elle avait accueilli 130000 visiteurs et 111 artistes venus du monde entier (plasticiens, archi-« Même si elle a tendance à ralentir, la croissance urbaine y a été délirante », explique Guillaume Si- baud, directeur de l’agence d’architecture franco-bré- silienne Triptyque. Établie à São Paulo depuis 2000 et à Paris depuis 2008, Triptyque se confronte aux problématiques de la ville émergente, à l’urgence de développer une démarche modifiant l’évolution des espaces urbains et du bâti contemporain. « La struc- ture urbaine se diversifie de plus en plus. Les fron- tières entre quartiers, restées longtemps poreuses, s’érigent et isolent les beaux quartiers, les quartiers résidentiels des classes moyennes et les quartiers po- pulaires ponctués d’immenses ensembles de loge- ments sociaux », analyse l’architecte. Les favelas, en augmentation constante, caractérisent ce tissu urbain. Les plus grandes d’entre elles font l’objet de régula- risation foncière et d’équipements nouveaux comme Heliópolis, la plus grande favela de la ville (120000 habitants). En perpétuelle construction, São Paulo est également une cité marquée par la ségréga- tion et la fragmentation. Les immeubles de luxe et les hypermarchés surveillés par des gardes privés for- ment des îlots économiques modernes clos par des murs, qui sont autant de barrières contre les pauvres et les exclus. « Depuis cinq ans, les acteurs du mar- ché immobilier réagissent, des règles se mettent en place », constate Guillaume Sibaud, mais « la vitesse de croissance des villes du Brésil a été trop rapide, il faut maintenant du temps ». Néanmoins, la mairie a récemment lancé des chantiers encourageants comme l’actualisation du plan directeur de la ville (datant de 2002) et un projet de transports ambitieux. Mais le Brésil n’échappe pas une réalité mondiale : les mu- nicipalités n’ont plus d’argent, l’Etat non plus. Et de- main ? Selon Jean-François Ambrósio, conseiller d’Ubifrance au Brésil, « l’enjeu des prochaines an- nées sera la mobilité urbaine, dans une ville où les transports ont été pensés et définis sur une dominante « voiture », mais aussi l’aménagement des anciens quartiers industriels en friche et la reconquête du centre-ville par la classe moyenne ».tomobiles.tectes, compagnies de théâtre, chorégraphes). Le 6 septembre 2014, au milieu d’une vraie jungle urbaine, la foule se pressera dans le parc d’Ibi- rapuera en direction du MAC (Museu de Arte Contemporânea) – ce long bâtiment dessiné par Oscar Niemeyer (1907-2012), architecte star du modernisme brésilien. Pour cette 31e édition, São Paulo a choisi le thème du voyage par l'art et dans l'art.uLe design made in BrésilLe pays met en avant ses créatifs, vrais ambassadeurs desa culture, qui exportent outre les frontières latino-améri-caines une identité forte qu’ils revendiquent haut et fort autravers de sublimes œuvres, éclatantes de bonne humeur.Le design brésilien véhicule une image de joie, d’ouverturevers le monde, ainsi qu’un message de fraternité ; un brinextravagant, c’est là l’incarnation principale de l’ADN bré-silien. Quelques noms incontournables à retenir : Etel Car-mona, Gezo Marques, Carlos Motta, sans oublier les frèresCampana très présents sur la scène internationale. Aucunne se destinait à être designer. L'un a été avocat, l'autre ar-chitecte. Enfants, ils ramassaient des coquillages sur lesplages et des morceaux de bois aux alentours de la fermefamiliale, à 200 km de São Paulo. Ensemble, ils s'amu-saient à fabriquer des objets bizarres... Dans leur atelier,Fernando et Humberto Campana conçoivent un design « uCulture : la Biennale de São PauloSão PaulouDe grands projets urbanistiquesLa municipalité de São Paulo a entrepris depuis une dizaine d’années de repenser la ville et de créer de nouvelles dyna- miques économiques et humaines. D’anciens quartiers in- dustriels en friche au centre-ville ont été réaménagés afin d’inverser les flux migratoires et d’encourager le retour en centre-ville de la classe moyenne qui vit aujourd’hui en pé- riphérie, loin des centres d’affaires. Plusieurs projets ont vu le jour : Arco Tietê (réaménagement d’une zone équivalente à l’ile de Manhattan) ; SP2040 (grand projet de réflexion sur l’avenir de la ville) ; BHNS (construction de nouveaux couloirs de bus à haut débit). L’Etat de São Paulo a de son côté participé au financement de la Casa Paulista (construc- tion de 20000 logements au centre-ville pour des familles de classe moyenne), de projets liés à la mobilité urbaine (construction de nouvelles lignes de métro et de monorails) ainsi qu’à des travaux d’assainissement (dépollution du fleuve Tietê).rateur hôtelier au Brésil et à São Paulo.- Environnement : contrat de coopération entre la région Île-de-Franceet la ville de São Paulo dans les domaines de l’environnement, de la mobilité urbaine et de l’urbanisme. Le contrat a été signé en décem- bre 2013, lors du voyage officiel de François Hollande au Brésil.tiré de la rue », avec pour matériaux de prédilection des La ville fête cette année la 31e édition de sa Biennale, qui se tient objets de récupération. La culture du Brésil est leur princi- chaque automne d’une année paire. Créée en 1951 par l'industriel italo-uUbifrance, au service des entreprises françaises Ubifrance Brésil est née en septembre 2010, mais la présence de l’agence française de développement international y est bien plus an- cienne, car la structure a hérité du réseau commercial des Missions Economiques (présentes au Brésil depuis des décennies). La mission d’Ubifrance est d'accompagner les entreprises françaises dans le cadre de projets export ou de projets d'implantation. Ubifrance possède deux bureaux au Brésil, à Rio de Janeiro, mais aussi à São Paulo. Et pour cause : la France compte plus de 600 filiales au Brésil, qui emploient environ 500000 personnes. 62% se trouvent dans la cité pauliste. Les équipes (30 personnes au total) sont réparties en quatre grands pôles : Agrotech (agrobusiness et équipements agricoles), MHS (mode, habi- tat, santé), ITI (infrastructures, transports, industrie, énergie, environ- nement) et NTIS (nouvelles technologies, télécoms, services).Un attrait pour les investisseursVille des superlatifsVéritable jungle urbaine avec ses six millions d’au-et ses hélicoptères zigzaguant entre les buildings, São Paulo reste un lieu de vie et de culture formidable où le charme des Brésiliens opère comme partout ailleurs au Brésil. La ville possède un patri- moine culturel et architectural remarquable, ce qui lui vaut le titre de capitale culturelle du Brésil. « São Paulo ressemble à New York il y a 20 ans. Une ville hyperactive, un peu intimidante par sa dimension, mais stimulante car elle est traversée par une colos- sale énergie qui se ressent dès que l’on débarque de l’avion. »- São Paulo, ville de l’argent et du pouvoir, mais aussi ville du sport de haut niveau : quatre équipes de football en première division ; des centres de formation renommés ; berceau d’Ayrton Senna, triple champion du monde de Formule 1, dont on célèbre cette année le 20ème anniversaire du décès.- 4èmevilleaumondeoùlespersonnessontlesplusgentilles et agréables, selon le Reader's Digest.Anne Diradourianlion d'unités chaque jour.- Elle est la plus grande ville de l'hémisphère sud.- São Paulo est surnommée la capitale des Italiens car elle y abrite la plus grande communauté italienne du monde, 6 mil- lions d’habitants (Milan, la plus grande ville d'Italie, enmonde.- La rue Oscar Freire est une des huit plus luxueuses ducompte 4,3).monde, selon le magazine Mistery Shopping International. - Le plat le plus consommé dans la ville est la pizza, en concurrence avec New York, avec une production d’ 1 mil-- Elle possède la plus grande flotte d'hélicoptères au monde. - São Paulo a le cinquième plus grand jardin zoologique du8JUIN 2014]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11ruées sur les terres brésiliennes, la France ne fait pas vraiment rêver les investisseurs sud-américains. Explications avec deux acteurs-clés du couple franco-brésilien.PANORAMA Hexagone - spécial BrésilFrance-Brésil, couple... en devenirSi les entreprises hexagonales se sont depuis longtempsIPar Catherine QuignonPhilipp*phone de 40 ans est avocat associé du ca- binet lyonnais Bismuth, en charge du « Brasilian Desk », bureau qui s’occupe de l’accompagnement juridique des entre- prises françaises au Brésil, et inversement. Ses contacts réguliers avec les milieux d’affaires brésiliens l’ont propulsé à la tête du Brasil Business Club, qu’il a contribué àcréerilyaunpeuplusd’unan.«On s’est aperçu qu’il y avait un vrai besoin d’information des entreprises françaises sur le Brésil, et que nul club d’affaires franco-brésilientaines idées reçues sur la France ont la peau dure : « Les Brésiliens considèrent qu’il existe des lourdeurs administratives et que le droit social y est trop lourd », re- grette Olivier Costa. Des a priori non jus- tifiés aux yeux du président du Brasil Business Club, qui estime qu’il y a un « ef- fort de pédagogie à réaliser du côté fran- çais ».ssu d’une famille d’origine portu- gaise, Olivier Costa vit une histoire de longue date avec le Brésil. Ce luso-Si énormément de Brésiliens se rendent en France pour les vacances, peu viennenty investirCes taxes ont d’ailleurs incité l’UE à de- mander en décembre dernier l’ouverture d’une enquête auprès de l’OMC.Malgré le ralentissement de son économie, le Brésil demeure une terre d’avenir aux yeux d’Olivier Costa : « Le pays représente une porte ouverte sur tout le continent sud- américain, souligne-t-il. Par ailleurs, il possède un marché intérieur de 200 mil- lions d’habitants et une classe moyenne qui se développe. De plus, la croissance demeure ». Selon la Banque centrale bré- silienne, le produit intérieur brut du Brésil«Limplantées », se félicite Philippe Lecourtier. Une réussite à laquelle l’ancien ambassadeur n’est pas étranger. Né en 1941 à Neuilly-sur- Seine, ce fils d’une famille de juristes opte pour une carrière diplomatique après le par- cours classique Sciences Po-ENA. L’homme enchaîne les missions à Rome ou Tokyo, puis se voit chargé de suivre le dossier du Pacte de stabilité. Il est ensuite nommé am- bassadeur au Brésil, fonction qu’il occupera de 1995 à 2000. « Le pays venait de se doter d’un nouveau prési-dent, Fernando Hen-rique Cardoso, qui aouvert une nouvellephase dans la vieéconomique du Bré-sil », se remémorePhilippe Lecourtier.L’ambassadeur tra-vaille alors à favori-ser l’entrée desentreprises françaisessur un marché brési-lien en pleine libéra-lisation. C’est doncnaturellement qu’ilprend les rênes de laCCBF dès sa créationen 2009, après une dernière nomination en tant qu’ambassadeur au Liban et la conclu- sion de sa carrière publique au Conseil d’Etat.Si la France peut se targuer d’une forte pré- sence dans ce pays, l’inverse est moins vrai : « Seule une dizaine d’entreprises brési- liennes sont présentes sur notre territoire », regrette Philippe Lecourtier. Un déséquilibre que le président de la CCBF impute au manque de maturité économique du pays. « L’internationalisation des entreprises bré- siliennes n’est pas encore aboutie, souligne- t-il. De plus, elles ne pensent pas forcément à venir en Europe ou en France et privilé-n’y répondait »,explique-t-il. Im-planté à Lyon, leclub rassembleune quarantained’entreprises surtoute la France.Fin connaisseurde la culture luso-phone, OlivierCosta peut témoi-gner des liensforts qui unissentle Brésil à l’Hexa-gone : « Il y a une vraie affection du peuple brésilien pour la France et les Français. Les Brésiliens aiment dire qu’ils ont une frontière commune avec la France grâce à la Guyane ». Le savoir-faire hexagonal a également la cote : « L’Hexagone est perçu comme un pays de culture, de raffinement et de bon goût. Les compétences et le sa- voir-faire des Français sont reconnus, no- tamment dans l’ingénierie ou l’aéronautique ».législatif et régle- mentaire », pré- vient-il. Les coûts du travail et d’im- portation peuvent également être pé- nalisants : « Le protectionnisme brésilien et les taxes discrimina- toires à l’entrée sur le territoire des marchandises et des produits sont une réalité ».e Lecourtierancien ambassadeur de France au Brésil et président du conseil d'administration de la Chambre de commerce du Brésil en France (CCBF)Un effort qui doit être aussi mené du côté des entrepreneurs hexagonaux souhaitant s’implanter au Brésil, pas toujours au fait de la réalité du pays. Olivier Costa les met en garde : « Pour lutter contre la corrup- tion, le Brésil s’est doté d’un lourd arsenala France est le 4e ou 5e inves- tisseur au Brésil et près de 600 entreprises françaises y sontgient le Mercosur ainsi que leur entourage géographique immédiat, comme les Etats- Unis. » Mais le Brésil semble aussi favoriser ses relations avec d’autres partenaires au sein des BRICS : « Du fait de la forte de- mande de l’Asie en matières premières, le Brésil a beaucoup développé ses relations avec ce continent », confirme ce fin connais- seur du pays. La Chine est aujourd’hui le deuxième partenaire commercial du Brésil. Le pays a aussi son regard tourné vers le continent africain, « en particulier vers l’Afrique lusophone, l’Angola et le Mozam- bique », indique l’ancien ambassadeur.La France est le4eou5eLes relations franco- brésiliennes ont-elles souffert de l’acces- sion à la présidence en 2011 de Dilma Rousseff, réputée plus panaméricaine que son prédéces- seur ? L’échec de la vente du Rafale au Brésil, en décembre dernier, pourrait le laisser penser. En dépit de la visite du président François Hollande au Brésil à la fin 2013 et des contrats remportés.investisseur auBrésiletprèsMais ces clichés ont leur revers : « La France est d’abord considérée comme une terre de tourisme. Si énormément de Bré- siliens s’y rendent pour les vacances, peu viennent y investir... » Sans surprise, cer-de 600 entreprises françaises y sont implantéesdevrait progresser de 2% cette année.10 JUIN 2014par Total, Areva ou encore Arianespace à cette occasion, l’intimité du couple franco- brésilien semble avoir reculé d’un cran aprèsOlivier Costala lune de miel Lula-Samate, Philippe Lecourtier réfute cette idée : « Dilma Rousseff continue dans la ligne de ses prédécesseurs et la coopération demeure toujours très forte entre les deux pays » af- firme-t-il. L’ancien ambassadeur met en avant les atouts de la France : « Nous sommes l’un des pays qui investit le plus dans la R&D. Le Brésil a la ressource, nous avons la technologie ».*.rkozy.Enbondiplo-président du Brasil Business Club]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA International - spécial BrésilPorte-drapeau des pays émergents ?HBelle ambition, mais pour avoir une vraie influence internationale, le Brésil doit réinventer sa diplomatie trop prudente et étriquée.ôte de deux événe- (FAO), à laquelle s’ajoute la donne géopolitique mondiale, reau-Defarges ; or le Brésil entre le Brésil, seule nation tant qu’il est dépourvu de ments sportifs pla- nomination de Roberto Aze- dominée par les Etats-Unis », peine à s’affirmer comme de souche portugaise du puissance militaire et a re- nétaires, la Coupe vêdo, en 2013, au poste de indique Jean-Jacques Kour- leader d’un projet géo-éco- sous-continent, et ses voisins noncé à l’arme nucléaire.du monde de football 2014 directeur général de l’Orga- liandsky, en rappelant que le nomique porteur pour l’Amé- hispanophones, qui suscitent Or avec une croissance ré-suivie des Jeux olympiques 2016, le Brésil ne cesse de faire parler de lui. Il y a deux mois à peine, le géant sud- Américain a même organisé une réunion multipartite sur la gouvernance d’Internet au niveau mondial, suite au scan- dale des écoutes de la NSA. Une occasion en or pour Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, de prendre la tête d’une nouvelle croisade contre les Etats-Unis. Autant de signaux qui invitent à s’in- terroger : la première puis- sance économique d’Amé- rique du Sud ne serait-elle pas en passe de devenir une puissance diplomatique mon- diale ? « Une telle question est légitime, même s’il est difficile d’y répondre, tant la place à venir du Brésil sur l’échiquier international reste incertaine », analyse Philippe Moreau-Defarges, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Pourtant, sa présence sur la scène mondiale est loin de dater d’hier. « Depuis déjà 2003, année marquant le pre- mier mandat du président Lula, le rayonnement du pays, porté par le charisme de son leader, n’est plus à démon- trer », note Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut des relations inter- nationales stratégiques (Iris). En 2005, le Brésil est à l’ini- tiative des Sommets Amé- rique du Sud-Pays arabes. Quelques années plus tard, des généraux du pays com- mandent les casques bleus en Haïti et au Congo. Dans la foulée, le Brésil marque les esprits en tentant de jouer les médiateurs en Iran puis s’impose comme organisateur du Sommet Rio +20 sur le développement durable en 2012.12 JUIN 2014nisation mondiale de com- pays avait d’ailleurs été à la rique du sud ». Car même si encore de la méfiance à son Pour s'imposer sur l'échiquier international, le Brésil doitduite à 2% aujourd’hui contre 7% avant la crise, et une économie très dépen- dante de l’exportation de produits bruts, sa puissance reste incertaine. » Aussi, le pays devra non seulement montrer dans les années à venir sa capacité à diversifier son économie vers des sec- teurs plus high tech, « mais aussi se doter d’un vrai pro- jet durable pour l’Amazonie, une ressource nationale ex- traordinaire mais sous-ex- ploitée », précise Philippe Moreau-Defarges.s’affirmer comme leader d'un projet géo-économique porteur pour l'Amérique du sud. Ce n’est pas encore le casmerce (OMC). C’est dire si la nation du football ne cache plus ses ambitions : être re- connue comme un acteur glo- bal dans un monde multipo- laire, faisant la part belle àtête d’un lobbying au sein de l’OMC en 2008 pour blo- quer les négociations sur les revenus agricoles à la défa- veur des pays du Sud. Si la volonté du Brésil d’intégrerles arguments ne manquent pas pour souligner la force de ce « grenier du monde » – qui capte 50% des terres agricoles et de la population d’Amérique du Sud – la di-encontre. Résultat : bon nom- bre de déboires du colosse se produisent en Amérique latine malgré sa priorité pour l’intégration régionale. Exemple probant : le Mer- cosur, la grande zone de libre échange sud-américaine miseenplaceilya20ans par le Brésil et l’Argentine, patine aujourd’hui encore. « En dépit de l’intégration récente du Venezuela, l’or- ganisation reste plombée par des rivalités et déséquilibres économiques opposant les pays membres », commente Jean-Jacques Kourliandsky. Preuve en est de la négocia- tion toujours au point mort entre le Mercosur et l’Union européenne pour instaurer une zone de libre échange, notamment sur les produits agricoles. Pire encore, le Mercosur est mis à mal par un concurrent direct : l’Al- liance du Pacifique, com- munauté économique ralliant la Colombie, le Pérou, le Chili et le Mexique, lancée en 2011.DÉPASSER LES CONTRADICTIONS C’est dire si la gageure est de taille pour ce pays encore doté d’une politique large- ment protectionniste. « La perspective d’un accord de libre échange entre les Etats-Unis et l’Union eu- ropéenne pourrait changer la donne et secouer la di- plomatie brésilienne, tant un tel partenariat impacte- rait l’économie sud-améri- caine », indique Jean- Jacques Kourliandsky. Et pire, isoler davantage le Brésil, coincé entre un conti- nent nord-américain qui joue la carte de l’Europe et une Alliance du Pacifique tournée vers l’Asie. Aussi, le défi à venir pour la di- plomatie brésilienne est d’autant plus stratégique : « Dépasser à terme ses pro- pres contradictions en met- tant fin à une diplomatie prudente, étriquée et par à-coups, se traduisant uni- quement par une opposition de principe aux Etats-Unis,COOPÉRATION SUD-SUDSignes plus tangibles, des Brésiliens sont aujourd’hui à la tête de l’Organisation des Nations-Unies pour l’ali- mentation et l’agricultureEt en plus ils ont le soleil...la coopération Sud-Sud. Dilma Rousseff, plus en re- trait que Lula, poursuit le même objectif : « Faire du Brésil le porte-drapeau des pays émergents au sein du G20 et du groupe des BRICS pour mieux faire évoluer laun Conseil de sécurité élargi est légitime, c’est sans comp- ter un hiatus de taille : « Pour s’imposer sur l’échi- quier international, il faut s’insérer harmonieusement dans son environnement im- médiat, lance Philippe Mo-plomatie brésilienne peine à fédérer une région plus que jamais divisée.rappelle P.Defarges, et ce, en propo- sant une vision alternative cohérente à l’intérieur comme à l’extérieur de son environnement immédiat». Lula disait : « Il faut chan- ger la carte du monde ». Reste au Brésil à en montrer le chemin.UN PROJET POUR L’AMAZONIEEn cause, des contentieux historiques et territoriauxCharles CohenMais c’est sans compter la création, en 2008, de l’Una- sur, Union des nations sud- américaines, équivalent de l’Union européenne présidée par le Brésil, qui pourrait à terme renverser la balance en boostant le leadership ré- gional du géant. Car l’enjeu pour Brasilia est de taille : doter le sous-continent d’une identité commune et d’un espace politique intégré. Un atout suffisant pour faire du Brésil une grande puissance diplomatique régionale et mondiale ? « Non, répond Philippe Moreau-Defarges, pour relever un tel défi, le pays doit confirmer son lea- dership économique, d’au-hilippe Moreau-]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[UN VENT DE RENOUVEAU À L’OUEST DE PARISCONVENTIONS, SHOWROOMS, ÉVÉNEMENTSYachts de Paris propose un dispositif événementiel exclusif au port de Javel haut (15ème) et définit un nouveau standing dans l’art de recevoir sur la Seine.Barge Liberty, house-boat de 600m2 ouvert sur le ciel et l’eau.Paquebot, yacht de 700m2 à l’esprit transatlantique, triple pont supérieur et cheminées.Nouveauté septembre 2014, ouverture des Salons Nework, 800m2 d’espaces à la pointe des nouvelles technologies tout en lumière naturelle.LA NOUVELLE RÉFÉRENCE DE L’ÉVÉNEMENTIEL PARISIENYachts de Paris Ouest - Port de Javel haut 75015 Paris - www.yachtsdeparis.fr - +33 (0)1 44 54 14 70Crédits : 4D Univers - photo : M. Salvaing]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Grand Angle - spécial BrésilBas les masquesLe fameux Christ Rédempteur dominant la baie de Rio n’est plus le même. Frappé par la foudre le 16 janvier 2014 il a perdu un doigt. Tout un symbole. Le Brésil aussi a changé, plus aussi nonchalant et simple que par le passé, alors que touristes, entrepreneurs et investisseurs aiment à réduire ce pays à quelques images d’« Epinaou ».«Les locaux par- lent avec leurs mains, n’hési- tent pas à toucher leurs in- terlocuteurs. Patienter cal- mement dans les files d’at- tente ne fait pas partie de leur ADN...» Qui peut bien égrener des clichés aussi gros- siers sur le Brésil ? Un tou- riste occidental enivré de caï- pis bien tassées aux Havaia- nas recouvertes de sable ? Non, une brochure très sé- rieuse de la Fifa intitulée « le Brésil pour les débutants ». Traduction : le degré de connaissance du pays est proche de zéro, et tout le monde préfère s’en référer aux lieux communs renvoyés au monde entier : plage, so- leil, football, cocktails, car- naval, métissages, économie émergente florissante sur un air de samba, ce qui changera des vuvuzelas d’Afrique du Sud soit dit en passant. Mais est-ce vraiment le Brésil ? La réponse n’est ni noire ni blanche. Ni auriverde d’ail- leurs, et impose de pousser les investigations un peu plus loin que les rues adjacentesplages de Rio sont le reflet de cette dichotomie, entre CopaCabana la populaire, où des femmes corpulenteset de qualité par la suite.anciens colonisateurs, émigrer maintenant au Brésil pour des raisons économiques. Ils savourent aussi la revanchetelle est la blague la plus ré- pandue chez ces patriotes qui n’en perdent pas pour autant leur sens de l’humour.main armée. La première chose qu’on dit aux expatriés est de toujours détenir 200 Real sur eux (70 euros) pour les donner en cas d’attaque, ce qui évite le kidnapping », révèle Yaelle Boquet, direc- trice trésorerie chez Carrefour Brésil. En outre la gentillesse du premier abord ne se traduit pas par des liens solidifiés dans le temps. « De ce point de vue les Brésiliens sont proches culturellement des Américains. Il n’est pas évi- dent de s’en faire des amis car ils reçoivent très peu chez eux, préférant les lieux publics. Leur cercle d’intimité se restreint à la famille et aux amis d’enfance », affirme Yasmina Diouri.du stade Maracanã de Rio.MEMBRE DESBRICS ?OUI MAIS...Du début des années 2000 à 2011 le Brésil a profité à plein du boom des commo- dités, de la hausse des cours du pétrole, des métaux et des produits agricoles sous l’effet de la croissance des grands pays émergents. Comme 50% de ses exportations sont des matières premières, ce géant de presque 200 millions d’ha- bitants est devenu la sixième puissance économique du globe devant le Royaume- Uni. Autant dire que le pays a été cité en exemple durant ces années samba. Lula a profité d’un afflux d’inves- tissements et d’une conjonc- ture favorable, quand Dilma fait face à une décrue de la demande internationale, à un retour des investissements vers les Etats-Unis à cause de la politique de taux de la Fed et à une dépréciation du Real depuis deux ans. La croissance est retombée à 0.9% en 2012 puis a atteint les 2% en 2013, avec une inflation de 6%. La situation sera vraisemblablement iden- tique en 2014, « le milieu des affaires prédisant qu’il ne se passera rien à cause des élections présidentielles en octobre. Dilma se conten- terait de contenir l’inflation,FORMES PARFAITES ET CHIRURGIE ESTHÉTIQUE ?OUI MAIS...Le pays de tous les faux semblants... On peut faire du ski à RioLe Brésil est de loin le pre- mier marché en opérations de chirurgie esthétique. L’ap- parence est réputée détermi- nante. « Celui qui se promène dans les centres commerciaux de luxe de São Paulo assis- tera à un véritable défilé de mode. Les hommes aspirent à un corps bodybuildé, les femmes cherchent à être pul- peuses. Certaines se font d’ailleurs ajouter du silicon sur les hanches », précise Johanne Wasserer, directeur financier de LM Farma, filiale de Vivasanté qui regroupe les marques Urgo, Mercuro- chrome ou Juvamine. Mais une autre partie de la popu- lation, ignorée par les affiches publicitaires envoyées au monde entier, ne prend pas garde aux apparences. « Les14 JUIN 2014portent des strings et Ipanema la guindée où le culte du corps parfait prédomine. Anecdote ? Assurément, mais qui en dit long sur les dispa- rités d’une société qui n’hé- site pas à classer ses couches sociales de A à D, des plusun sujet de fierté pour les Brésiliens, connus pour ar- borer les couleurs nationales et renvoyer une bonne image à l’international. « Ils sont très accueillants et veulent démontrer aux gens que le triptyque foot - samba - bellessur les Argentins, qui ont eu tendance par le passé à consi- dérer les autres pays d’Amé- rique du sud avec arrogance. Des motifs de satisfaction qui n’empêchent pas la po- pulation de se tourner en dé- rision. « Dieu a doté chaqueCHALEUREUX ?OUI MAIS...Rapport de cause à effet avec les inégalités, les signes de tension sont identifiables. Une étude de l’Onu place 11 villes brésiliennes parmi les 30 les plus violentes duFIERS ? OUI MAIS...L’appartenance nationale estLes manifestations vont très vite s’apaiser, mais l’état d’esprit aura changé. C’est une « transformation moléculaire » de la société comme en France en mai 68riches aux plus pauvres », ajoute Johann Wasserer. Les inégalités sont creusées par l’éducation, où les foyers ai- sés envoient leurs enfants dans les lycées privés plus performants que les établis- sements publics, afin d’ac- céder à l’université gratuitefilles n’est pas tout, souli- gnant par exemple leur ri- chesse gastronomique », dé- crit Yasmina Diouri, respon- sable contrôle de gestion chez Latécoère, sous-traitant d’Air- bus ou d’Embraer. Les me- dias rappellent fréquemment la fierté de voir des Portugais,pays d’avantages et d’incon- vénients. Interpellé par Saint- Pierre sur le fait qu’il a tout donné au Brésil - agriculture, matières premières, soleil, paysages, accès à la mer – il lui répond de se calmer, car il n’a pas encore vu le peuple qu’il y a mis... »...monde. Fortaleza, qui ac- cueillera plusieurs matchs dont un huitième de finale et un quart, en profite pour faire son entrée dans le top 10. « La population est sympa- thique et accueillante. Mais tout le monde a une histoire à raconter sur une attaque à]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frGrand Angle - spécial Brésil PANORAMAmodernisation du pays. Mais les peines ont été très légères. Contrairement à la belle image qu’il a véhiculé à l’étranger, Lula s’est aussi fait beaucoup d’ennemis au Brésil pour sa démagogie et sa fiscalité. De même Dilma Rousseff est peu aimée des classes aisées. « Dans le Sud et le Sud-Est du pays, des régions riches, les gens en viennent à craindre la victoire finale de la seleção, qui en- couragerait les masses à vo- ter pour le président sor- tant », évoque Emmanuel Guinet, entrepreneur dans le e-commerce à São Paulo. Les Brésiliens ne sont pas des révolutionnaires dans l’âme, mais de nombreux experts évoquent une « transforma- tion moléculaire » de la so- ciété et font la parallèle avec mai 68 en France : il est fort probable que les manifesta- tions s’apaisent vite et que l’ordre revienne, mais l’état d’esprit aura changé. Les gens commencent à deman- der plus de comptes.donc bel et bien trompeuses, d’autant plus qu’il existe au moins quatre Brésil : pre- mièrement le Sud-Est riche, peuplé et industriel, comptant aussi les plantations de café. La locomotive du pays re- groupe São Paulo, Rio et tout le Minas Gerais. Deuxième- ment les Etats du Nordeste plus chauds où la population est plus pauvre, noire de peau, et où les villes comme For- taleza ou Récife sont plus disséminées. L’agriculture et la pêche sont les principales activités. Vient ensuite l’Ama- zonie et le Nord du Brésil plus isolés et parsemés de grandes fermes. Enfin le Sud du Brésil a le PIB par habitant le plus élevé et est essentiel- lement peuplé de grands fer- miers descendants des émi- grés italiens et allemands. Les phénomènes d’immigra- tion sont absents car les gens fuyant le Nordeste s’arrêtent à Rio ou São Paulo. Tous ont en commun la joie de vi- vre, l’amour du football, mais comportements et physiono- mies diffèrent du tout au tout d’une région à l’autre. « J’ai travaillé dans la mode, et lagrande difficulté consistait à trouver des produits conve- nant à tout le monde. Les marques ciblent en fait une région, puis utilisent les pro- cess d’un développement in- ternational lorsqu’elles s’aventurent au-delà », re- marque Emmanuel Guinet. A l’image de cette terre ocre et de cette végétation luxu- riante, le Brésil se révèle un pays de contrastes. Les cli- chés ont été façonnés à partir de faits réels, mais ils trouvent aussi leurs contraires dans le pays lusophone. Le climat ensoleillé est une réalité, mais c’est aussi le pays qui a la plus forte pluviométrie. Mé- tissage et tolérance sont ca- ractéristiques, mais 700 000vivent encore parquésVins chauds et absynthes sont servis en grand nombre...MOSAÏQUEIndiens.dans 690 réserves. Fête et bonne humeur sont de mise, mais le cercle intime est res- treint et fermé. Nonchalance et « cool attitude » sont bien présentes, mais l’aptitude à beaucoup travailler et à pren- dre peu de vacances sont une réalité.puis d’appliquer en 2015 un réajustement par des mesures non populaires. Ce n’est qu’en 2016 que la machine repartirait », relate Yaelle Boquet. Autre désenchante- ment, le pays a durant ces années profité d’un sursaut de la demande interne, les foyers ayant porté leur taux d’endettement au maximum. « C’est un fusil à un coup, dont a profité la France du- rant les 30 Glorieuses. Ledoit se donner les moyens de parvenir à une croissance plus saine. Ce qui passe no- tamment par d’immenses ef- forts dans les infrastructures. L’image des camions forment des queues d’attente de plu- sieurs jours devant le port de Santos n’est pas une bonne publicité. L’histoire du vol MH370 a donné lieu à de nombreuses blagues dans le pays, les gens affirmant « qu’il devait se rendre aunous n’avons pas le droit de rouler pour casue de pollu- tion. Les riches y échappent en possédant plusieurs voi- tures », explique Johann Was- serer.Les apparences simples sontJulien TarbyLULA ET DILMA ADULÉS ?OUI MAIS...Lors des manifestations de juin 2013 les cariocas ont encouragé l’équipe d’Argen- tine – sacrilège ! – car leLe Brésil mérite toujours de figurer parmi les BRIC, mais la fin de l’âge d’or lui montre qu’il doit se donner les moyens de parvenir à une croissance plus sainegros des ménages ne peut plus se le permettre au- jourd’hui », note Johann Was- serer. La fin de l’embellie s’accompagne donc de son lot de mécontentement. « La pauvreté ne progresse pas, mais le niveau d’exigence a augmenté. Les gens sont plei- nement entrés dans la société de consommation, une classe moyenne est apparue et juge les inégalités plus malsaines qu’auparavant ». Le Brésil mérite toujours de figurer parmi les BRIC, mais la fin de l’âge d’or lui montre qu’ilmondial. Mais vu l’état des aéroports, il s’est mis à tour- ner en rond en attendant la fin des travaux ». La construc- tion d’un autre terminal à São Paulo s’éternise malgré le partenariat public/privé en- gagé. Le rail n’existe pas, la route n’est pas toujours de qualité et reste engorgée. Les cinq ou six lignes du métro pauliste couvrent une infime partie de la superficie de la mégapole, d’où l’engorge- ment des rues et la ruée vers les hélicoptères pour les plus riches. « Un jour par semainemaire de Rio, Eduardo Paes, avait déclaré qu’il se tuerait si la seleção perdait en final contre Messi et ses acolytes. Une anecdote qui en dit long sur le ras le bol et la désillu- sion généralisée des Brési- liens vis-à-vis de leurs poli- tiques. La corruption est connue de tous. Le mensalão, coup de balai médiatisé qui a conduit à la poursuite judi- ciaire d’une vingtaine de chefs du PT, le parti de Lula et Dilma, a effacé le sentiment d’impunité qui perdurait jusqu’alors et a démontré laJUIN 2014 15]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Grand Angle - spécial BrésilBusiness : Ne venez pas comme vous êtes... «Q Faire des affaires au Brésil sans s’adapter au contexte, c’est la croix du Corcovado et la bannière...uand je suis ar- pas, le but de ce flou artis- cepté malgré les frais sup- Paulo, ndlr) nous avons as- rivé ici, j’ai tout tique entretenu par le légis- plémentaires occasionnés. sisté à plusieurs cas de dé- de suite recher- lateur est d’engranger Dans les équipes il faut in- parts de managers ché des oppor- toujours plus de taxes et tégrer un profil spécifique occidentaux, parce qu’il netunités de business. Mais les Brésiliens comme les étrangers m’ont tous dis- suadé de sauter le pas, parce que c’était « trop compliqué » », se souvient Emmanuel Guinet, entre- preneur qui a malgré tout monté Autobid aidant à la revente de flottes de véhi- cules. La raison de cette pu- sillanimité ? Le fameux embrouillamini administra- tif et fiscal. La séparation des systèmes « federal » (gouvernement de Brasilia), « estadual » (de l’ordre de l’Etat), et « municipal » complique la donne pour les entreprises comme pour les particuliers, qui paient parfois une partie d’impôt par ci, une autre par là. Des démarches si complexes qu’elles en laissent per- plexe. « Ne nous leurronsPour réussir dans ce pays les entreprises comme les hommes européens doivent accepter « se tropicaliser », sous peine d’échec cuisantd’impôts », résume Yas- qui fait accélérer les dé- sont pas parvenus àmina Diouri, responsable contrôle de gestion chez Latécoère, sous-traitant d’Airbus ou d’Embraer. Ar- rivée en 2012 à São Paulo, cette jeune Française a aussi connu la rudesse de l’expatriation à cause des obstacles administratifs. « Personne ne connaît la loi. Au bout de 11 mois mon mari a dû changer de visa pour que je puisse travail- ler. Son entreprise a ac-marches administratives, au risque de se perdre dans les méandres. »s’adapter au contexte bré- silien », observe Johann Wasserer, CFO de la filiale LM Farma, filiale de Viva- santé qui regroupe les marques Urgo, Mercuro- chrome ou Juvamine. Le DG d’Ericsson Brésil a dû par exemple faire face à des mouvements sociaux en réaction à son comporte- ment. Les causes de ces hiatus ? La difficulté à cri- tiquer les équipes commeMANAGEMENT GAPMais le plus grand choc pour tout Français souhai- tant s’expatrier sous ces la- titudes plus clémentes se situera dans le manage- ment. « A São Jose dos Campos (ville de business située à 72 km de SãoQuelques secteurs porteurs :Des adresses incontournables :L’entrepreneuriat en pratique- Puissance agricole et agro-industrielle, le pays de Pelé voit 15% de la population active se consacrer à ce champ économique. Café, soja, viande de bœuf, jus d'orange... Autant de pro- duits phares qui font du Brésil leur premier ex- portateur mondial.+ Chambre de commerce France-Brésil par région- L'énergie coule également des jours heureux. Le pays, référence en construction hydroélec- trique développe également, et ce avec vigueur, le secteur éolien. En matière d'énergies fossiles, le pays s'autosuffit depuis 2006 tout en occu- pant la place de leader en exploration de pétrole en profondeur.Tel.: +55 (41) 3254.2854 e-mail: ccfbpr@ccfb.com.brHégémonique dans le secteur pétrolifère brési- lien, Petrobras (société d’économie mixte), est actuellement la huitième plus grande entreprise au monde et troisième entreprise d’énergie la plus importante. La locomotive économique de l'Amérique Latine est également pionnière dans les biocarburants notamment grâce au dévelop- pement de la technologie flex fuel, lancée en 2003 (moteur fonctionnant à l'alcool et/ou es- sence). Rappelons que 90% des véhicules cir- culent avec cette technologie.+ Ambassade de France- L'aéronautique, l'aérospatiale, les TIC, la santé et les biotechnologies - mais aussi l'élec- trique-électronique, le tourisme, les infrastruc- tures de transport et de construction, sans oublier la mode et l'automobile font également partie des secteurs d'activité en vogue. Football à part, bien évidemment !Av. Presidente Antonio Carlos, 58 - 5o andar 20020-010 Rio de Janeiro - RJ - Brasil Tel.: +55 (21) 3974-6880Fax: +55 (21) 3974-6898E-mail: riodejaneiro@dgtpe.fr"Si avec ça je n'arrive pas à m'intégrer..."Source: Chambre de commerce France- BrésilCS 5007175 858 Paris Cedex 17Tél : 33 1 40 69 37 60 (standard) Fax : 33 1 40 69 37 83 E-mail: infos@uccife.org Site web: www.uccife.orgMinas GeraisTel.: +55 (31) 3213.1576 e-mail: ccfbmg@ccfb.com.brParanáRio de JaneiroTel.: +55 (21) 2220.1015 e-mail: ccfbrj@ccfb.com.brSão PauloTel.: +55 (11) 3088.2290 e-mail: ccfbsp@ccfb.com.brAv. das Nações - Lote 4, Quadra 801 70404-900 - Brasília - DF - Brasil Tel.: +55 (61) 3222.3999Fax: +55 (61) 3222.3907 E-mail: france@ambafrance.org.br Site web: www.ambafrance.org.br+ Services économiques+ UCCIFE (Union des CCI françaises à l'étranger) 46 avenue de la Grande Arméeen Europe. Le Brésilien se braque très facilement et fait preuve de sensibilité. Mieux vaut passer par la phase d’incentive et de compliments avant d’abor- der les aspects qui fâchent.« L’erreur suprême est de faire des reproches à un manager devant ses subal- ternes, car ce serait lui faire perdre la face », illus- tre Johann Wasserer. Manque de chance, les16JUIN 2014]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frGrand Angle - spécial Brésil PANORAMAFrançais ont la critique fa- cile. « Nous regardons en priorité ce qui ne va pas », ironise Yaelle Boquet, di- rectrice trésorerie chez Car- refour Brésil. La brusquerie directe du manager aboutit donc généralement au pirechie, ne disant jamais à leur chef qu’il fait fausse route... Avec pour corol- laire une prise d’initiativeles lignes, ne rechignent pas à la tâche, ne se limi- tent pas à leur fiche de poste et s’inscrivent facile-Ils ont connu l’hyperinfla- tion et s’empressent donc de consommer. « Autant de traits positifs, combinés auprises comme les hommes occidentaux doivent accep- ter de « se tropicaliser », sous peine d’échec cuisant.Décathlon ou Leroy Merlin se sont imposés en se fon- dant dans le paysage. Mes- sage reçu cinq sur cinq pour, qui mal-Mieux vaut passer par la phase de compliments avantEmmanuelGuinet.gré les dissuasions de son entourage, s’est lancé dans une autre aventure avec deux associés : une nou- velle société qui propose une prestations de e-com- merce et de logistique à de grandes marques étrangères comme Ray-Ban.d’aborder les aspects qui fâchentréduite à la portion congrue », déplore Johann Wasserer. Enfin la rigueur n’est pas leur point fort, des frictions surviennent donc à cause de l’exigence occi- dentale de planification et de reportings précis. Les délais dépassés et les coûts supplémentaires occasion- nés lors des travaux pour la Coupe du monde en sont une triste illustration. « Ils les finiront quoi qu’il ar- rive, en trouvant un système D au dernier moment. Les gens aiment faire les choses à la dernière minute, et ar- rivent généralement à leurs fins à l’aide d’une astuce. Le « jeitinho » est un com- portement culturel de tous les instants en entreprise », soutient Yaelle Boquet. Pour les Brésiliens le mana- gement dans les filiales françaises est donc direct, difficile, assez politique. « Ils ne supportent pas les slides à répétition pour jus- tifier d’une décision, se rapprochant en cela des Américains qui accordent leur confiance rapide- ment », précise Johann Wasserer. Mais le grand pays lusophone d’Amé- rique latine a aussi ses atouts.ment dans des projets ». Guidés par une foi en l’ave- nir, à la limite de l’insou- ciance parfois, les Brésiliens sont des consom- mateurs invétérés, quelle que soit leur classe sociale.fait que ce pays émergent présente des retard dans de nombreux domaines, qui sont autant d’opportunités pour les entrepreneurs », insiste Emmanuel Guinet. Mais pour réussir les entre-EDF, après avoir racheté Light dans la distribution d’électricité, a dû se retirer au bout de deux ans à peine sans jamais avoir pu impo- ser ses process. En re- vanche Carrefour, Casino,Julien Tarbyscénario pour l’entreprise : la bouderie du salarié qui rentre dans sa coquille et s’en tient au strict mini- mum. Le conflit est rare « parce que les Brésiliens ont généralement un res- pect excessif pour la hiérar-DYNAMISME À TOUTE ÉPREUVELe bon caractère spontané des Brésiliens en fait en re- vanche d’excellents com- merciaux, plutôt business friendly. Très volontaires, ils cumulent souvent travail et cours du soir. « L’icône de la paresse, née de l’image nonchalante et du fameux « tudo bem », est à brûler sur le bûcher des cli- chés. Ceux-ci bénéficient de quatre semaines de va- cances par an, mais sou- vent n’utilisent pas leur quota », précise Yasmina Diouri. Volontariat et opti- misme semblent inscrits dans leurs gènes. Du pain béni pour toute entreprise comme le confirme Johann Wasserer : « Ils ont sans cesse envie de faire bougerJUIN 2014 17]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Grand Angle - spécial BrésilEnvironnement : je t’aime moi non plus...COr vert, café, pétrole, minerais... Les matières premières ne sont pas étrangères au « miracle brésilien ». Mais l’exploitation intensive des ressources naturelles n’est pas sans conséquences, notamment pour la forêt amazonienne.e 29 novembre 2012, qui lui offre une très grande teur mondial d’éthanol, le investissements d’exploita- pays émergents. Son PIB par d’âge est de 27 ans – le cin- avec sa coiffe de diversité d’écosystèmes » ex- biocarburant qui fait rouler tion, le géant de l’or vert, habitant est passé de 7522 quième pays le plus peuplé plumes jaunes, son plique Hervé Théry, directeur 80% de son parc automobile, qui survient à ses besoins dollars en 2003 à 11 800 dol- du monde aura besoin decollier bleu, ses pendentifs de recherche au CNRS- et avec 255 millions de kilo- pétroliers depuis 2006, pour- lars en 2011. toutes ses forces pour tra-d’oreille blancs et sa lèvre inférieure agrandie depuis ses 15 ans par le labret, le chef Raoni dénote sur le per- ron de l’Elysée, à côté d’un François Hollande en cos- tume cravate. Comme depuis quatre décennies, le chef tri- bal est en tournée interna- tionale pour défendre la forêt amazonienne et les peuples qui y vivent. Cette fois, c’est le projet de la présidente Dilma Rousseff d’ériger le barrage hydroélectrique Belo Monte, dans l’Etat du Parà, qui a fait quitter sa retraite au fringuant octogénaire. La construction de ce barrage sur le Rio Xingu, débutée en janvier 2012 et qui se termi- nera en 2015, inondera une surface de 500 kilomètres carrés, entraînant la dispari- tion de plusieurs espèces rares et le déplacement de 25 000 indigènes. Un épisode parmi tant d’autres qui illustre le dilemme du Brésil, déchiré entre la préservation de son incomparable richesse natu- relle et la nécessité de la croissance, alors que les iné- galités sont criantes et que chaque ralentissement me- nace la paix sociale. En 2012, la ministre de l’écologie Iza- belle Texeira déclarait ainsi : « Le Brésil veut protéger l’environnement tout en conti- nuant à produire des ali- ments ». Dit comme ça, com- ment lui en vouloir ?Creda, qui vient de publier watts, il possède le premier rait ainsi devenir un géant Le Brésil, pays émergé (éd. potentiel hydroélectrique du de l’or noir et avoir son rond Armand Colin). En 2010, monde. Une hydroélectricité de serviette à l’OPEP à l’ho- dans un article du Monde qui représente d’ailleurs 86% rizon 2020. Le Brésil est Diplomatique, le géographe de la production totale d’élec- aussi la sixième plus grandeUn bémol toutefois dans le « miracle brésilien » : c’est un colosse aux pieds d’argile qui dépend trop de ses ma- tières premières. Le ralentis- sement de la croissance chi- noise et du commerce mon- dial ont brisé son élan : alors qu’elle était de 7,5% en 2010, sa croissance est tombée à 0,9% en 2012 et 2% en 2013.verser le siècle. Or, depuis les années 1970, l’Amazonie a déjà perdu 18% de sa sur- face à cause des barrages hy- droélectriques, de la progres- sion des cultures de soja et de la déforestation. Les épan- dages aux pesticides provo- quent d’importants problèmes écologiques et sanitaires. Le développement de la culture de la canne à sucre entre en concurrence avec les cultures vivrières, et l’éthanol pro- voque une pollution au souf- fre, facteur de réchauffement climatique. En outre, « la ré- cente réforme du code fo- restier a marqué d’importants reculs dans la préservation de l’Amazonie » regrette Neli Aparecida de Mello-Théry, professeure au département de gestion de l’environnement de l’Université de Sao Paulo. Toutefois, il serait injuste de croire que le Brésil se désin- téresse de la préservation de son écosystème. Au début des années 2000, c’est même devenu une priorité, puisque la déforestation est passée de27000km2en2004à 6000 km2 en 2011. L’objectif est d’atteindre 3500 km2 de déforestation annuelle en 2020. Le pays possède le plus grand territoire protégé du monde, avec 2,4 millions de km2, soit 28% de son ter- ritoire. En outre, il exige de ses agriculteurs qu’ils pré- servent au moins 20% de fo- rêt native sur leurs terres, et est un champion du recyclage (50% du papier consommé et 96,5% des canettes ven- dues). Rio de Janeiro a aussi hébergé deux Sommets deGÉANT VERTIl faut reconnaître que la carte postale ne manque pas de charmes. Le pays de la « mé- gadiversité » héberge 63% des 6 millions de km2 de la forêt amazonienne, et avec elle 2,5 millions d’espèces d’insectes, 40 000 de plantes, 1294 oiseaux, 427 mammi- fères, sans compter poissons, reptiles et autres invertébrés. « Le Brésil doit sa richesse naturelle à sa taille – c’est le cinquième pays au monde par la superficie – et son étendue latitude-longitude,18 JUIN 20142 et en 2012L’exploitation de ces fabuleuses ressources n’est pas toujours compatible avec la préservation de l’environnementDÉFORESTATIONNieves Lopez Izquierdo et l’ethnologue Federico Labanti recensaient les atouts du « Géant vert », qui « regroupe 28% des forêts primaires du globe, un tiers des forêts tro- picales et plus de 20% du flux superficiel d’eau douce. »tricité du pays. Grâce à une culture agricole qui couvre 4 fois la France, il est aussi un géant de l’agrobusiness, exportant soja, sucre, café et éthanol. Ses mers recèlent aussi de douces promesses, puisque le groupe pétroliernation minière.En 2011, cette abondance de ressources en a fait la sixième puissance économique du globe, devant le Royaume- Uni. Les matières premières représentent en effet 50% des exportations du pays, quiMais surtout, l’exploitation de ces ressources et la stra- tégie de développement pro- ductiviste adoptée par le Bré- sil ne sont pas toujours com- patibles avec la préservation de l’environnement. Plus qu’ailleurs, la définition du Rapport Bruntland prend ici2 Le pays de la « mégadiversité » héberge 63% des 6 millions de kmde la forêt amazoniennela Terre, en 199.(Rio +20). Peu de pays peu- vent en dire autant. « Bien sûr, les défenseurs de l’envi- ronnement peinent encore à s’imposer face aux puissants lobbys agricoles, mais ils font avancer la cause pas à pas » assure Neli Aparecida de Mello-ThéryOn ne porte par le surnom de « poumon de la planète » pour rien.Dame Nature a été généreuse avec le Brésil, qui a su en tirer le meilleur parti : grâce à ses champs de canne à su- cre, il est le premier produc-Petrobras a récemment dé- couvert plusieurs gisements offshore géants au large du pays, comme Tupi en 2007 (5 à 8 milliards de barils équivalent) et Libra en 2010 (8 à 15 milliards de barils équivalent). Après de lourdsa particulièrement profité du « supercycle des commodi- ties » entamé au milieu des années 2000 avec la hausse spectaculaire des cours du pétrole, des métaux et des produits agricoles sous l’effet de la croissance des grandstout son sens : « le dévelop- pement durable est un déve- loppement qui répond aux besoins du présent sans com- promettre la capacité des gé- nérations futures à répondre aux leurs ». Avec une popu- lation très jeune – la moyenneAymeric Marolleau]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[Fleur de ChampagneBrut Premier Cru]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Grand Angle - spécial BrésilReligion : God is watching you !Economie, politique ou encore vie professionnelle : Dieu aurait élu domicile au Brésil en investissant chaque aspect sociétal de la première nation catholique. Mais gare aux apparences !«Iconcept de laïcité, tel que nous le concevons en France n’existe pas. Les signes os- tentatoires ne sont pas pros- crits, par exemple », explique Hervé Théry, directeur de re- cherche au CNRS et profes- seur invité à l’Université de Sao Polo. L’esprit de la constitution de 1889 interdit effectivement l’Etat fédéral de subventionner ou de gêner le fonctionnement des cultes. Malgré tout, une loi peut être promulguée pour sceller une collaboration d’intérêt public. « Il existe donc des “parte- nariats public-religieux”, nuance Eliott Mourier, doc- teur en sciences politiques et spécialiste des acteurs confessionnels en Amérique Latine. D’autant que le gou- vernement n’est pas en me- sure de couvrir l’ensemble de la demande sociale de sa population sur un territoire vaste comme deux fois l’Union européenne. L’Etat compose donc avec des ac- teurs confessionnels qui ont la confiance de la population, des ressources à la fois hu- maines et matérielles consi- dérables et peu coûteuses car basées sur le don (re- versement du dîmos) et le volontariat. » Dans une ré- cente interview télévisée, les joueurs professionnels du PSG, Lucas, Thiago Silva et Maxwell évoquaient d’ail- leurs ce pourcentage de 10%, comparable à la dîme mé- diévale en France, reversée à l’Eglise. 20 à 30% des crèches à São Paolo en fonc- tionnement sont ainsi gérées par des acteurs confession- nels. Il en va de même pour 30% des lits proposés et 40% des soins hospitaliers dans le système de santé au niveau fédéral.« BANCADA EVANGELICA »La religion, véritable ciment idéologique au Brésil ? Malgré des obédiences politiques dif- férentes, la famille évangé- lique est capable de se ras- sembler pour organiser des manifestations contre l’avor- tement, la recherche sur les cellules souches ou en faveur de la famille traditionnelle. Exit donc le kit gay en 2011, supposé expliquer l’homo- sexualité à l’école primaire en raison de la levée de bou- cliers du front parlementaire évangélique, capable de réunir plus d’un million de signatures en à peine quelques jours ! Plus qu’un lobby ou un parti politique, le front parlemen- taire évangélique (ou bancada evangelica) rassemble plus de 70 députés fédéraux – 15% de la Chambre – se déclarant officiellement « évangé- liques » et se réunissant chaque semaine pour célébrer un culte dans la plus grande salle de réunion du parlement ! « Pasteurs, chanteurs de gos- pel ou missionnaires de leur églises, ils se rassemblent au- delà de leur affiliation parti- sane pour prendre des posi- tions communes, notamment sur des sujets touchant à la liberté religieuses ou aux va- leurs morales de la société, étant capables d’exercer une sorte de veto officieux sur certains sujets délicats », dé- crit Eliott Mourier. Parade à ce trop plein d’ingérence, la Cour Suprême Fédérale, es- timant être la seule entité suf- fisamment autonome pour lé- giférer en la matière, s’est saisie de ces questions. « Cet état de fait est source de ten- sions actuellement. Il n’en reste pas moins que la plupart des sondages (mariage gay,l n’y pas de sépa- ration claire entre l’Eglise et l’Etat. LePlongeur qui s'entrain̂ e pour les JO de 2016 à Rio...par un pluralisme religieux aux évolutions rapides. En 1980, 90% de la population se déclarait catholique, en 2010, ils ne sont plus que 65%. La mouvance évangé- lique en 1980 représentait 6%, contre 22% en 2010 soit près de 40 millions de fidèles. Le transfert est manifeste et s’explique notamment par le manque de modernité de l’Eglise catholique, en par- ticulier dans sa manière de s’adresser aux croyants (li- turgie, utilisation des réseaux sociaux et des nouvelles tech- nologies, implication des « ouailles »...). Le marché de la foi est ultra-concur- rentiel. « Contrairement au catholicisme, les gens font ce que prescrit le pasteur lors de ses offices. Ils re- cherchent ces religions car le pentecôtisme, notamment, donne un encadrement, une manière de vivre tandis que le catholicisme s’exprime plus par des comportements de façade, décrypte Hervé Théry. L’Eglise évangélique revêt un caractère assez glo- bal : le pasteur mène son troupeau dans ses choix politiques ou sociaux. Et ce sans scrupules. Les frontières sont poreuses entre les ins- titutions et la religion. Cer- tains médias, à l’image deTV Record, sont également sous leur férule. »ou de la précarité au luxe, tout cela s’explique parce que l’entrepreneur est fidèle à sa femme, paie la dîme, croit en Dieu. Pour tous ces petits et moyens entrepre- neurs d’obédience évangé- lique, économie et religion sont indissociables.sitation à répondre s’il croyait ou non en Dieu lors d’un débat télévisé. Un manque de ferveur qui a déplu aux électeurs. Autre exemple, celui des présiden- tielles de 1989. Le succès ren- contré par Fernando Collor de Mello, alors outsider, s’ex- plique, entre autres, par l’image de « croyant craignant Dieu » qu’il s’efforça de construire tout au long de la campagne. Un discours qui fit écho dans les milieux évan-RAPPORT À L’ARGENT ET À LA RÉUSSITE DIFFÉRENT Oubliez la culpabilité judéo- chrétienne sur la réussite et l’argent si caractéristique du Vieux-Continent. « Chez les néo-pentecôtistes, la « théo- logie de la prospérité » im- prègne l’ensemble du culte. La réussite matérielle des fi-DIEU, DANS LES ISOLOIRS ?Pas de sécularisation à l’oeuvre dans les mœurs non plus ! OnEn 1980, 90% de la population se déclarait catholique, en 2010, ils nesont plus que 65%ESSOR ÉVANGÉLIQUEavortement) montre que . population suit encore en ma- jorité ces opinions conserva- trices », conclut le spécialiste des acteurs confessionnels en Amérique Latine. Le Brésil, pris dans l’étau du conserva- tisme religieux et de la moder- nité économique, serait-il en pleine crise de conscience ?Le Brésil, premier pays ca- tholique au monde ! Avec ses 124 millions de fidèles recensés en 2010, on pourrait penser l’Eglise de Rome dé- finitivement ancrée en terre de football. Mais c’est sans compter un paysage marquéGeoffroy Framery20 JUIN 2014dèles est perçue comme la juste récompense de l’obéis- sance aux commandements de Dieu. Ce discours attire notamment les petits et moyens entrepreneurs », af- firme Eliott Mourier. L’Eglise universelle du royaume de Dieu propose par exemple chaque semaine un « culte de la prospérité ». A chaque séance, un pasteur joue un véritable rôle de coach pour entrepreneurs et donne à ses ouailles des conseils pour réussir en affaires. Le passage de la faillite à la prospériténe constate pas d’affaissement du fait religieux et de son in- fluence. Un sondage Datafolha de 2009 évoque une population croyante à 97%, dont 90% assiste régulièrement à des réunions de culte. « Le fait religieux pèse également lourd dans les comportements élec- toraux », rappelle Eliott Mou- rier. Rappelons qu’en 1985, Fernando Enrique Cardoso, futur président du pays, a perdu les municipales de São Paolo dont il était pourtant favori dans les sondages, no- tamment en raison de son hé-géliques et catholiques conser- vateurs. « Les grands mou- vements religieux au Brésil sont tous assez conservateurs en matière de mœurs, et compte tenu de leurs forces sociales et politiques et du crédit que leur accorde la po- pulation, il n’est pas question que cela change à l’avenir. Bien au contraire, ces reli- gions se sont donné pour mis- sion de protéger ce qu’Abra- ham Kuyper appelle la “cos- movision chrétienne de la so- ciété” », analyse Eliott Mou- rier.la]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Grand Angle - spécial BrésilSoft power : une fête si influente ?Samba, caïpirinha, carnaval et telenovelas... Le pays pèse indéniablement à l’international par l’image qu’il dégage. Mais pas seulement.PDécoute comme une rengainefluence n’a pas eu à souffrir de l’alternance politique puisque l’actuelle présidente, Dilma Rousseff, n’a pas hé- sité, dans une moindre me- sure, à emboîter le pas de son prédécesseur. Lors de son discours de politique gé- nérale devant le Parlement, la chef d’Etat a nettement affiché sa volonté de jouer la carte de la diplomatie cul- turelle : « Nous allons investir dans la culture et accroître notre production de biens culturels. Nous allons éga- lement développer nos ex- portations de musique, de ci- néma et de littérature qui sont les emblèmes vivants de notre présence dans le monde. » Et ce positionne- ment stratégique semble payant. Même si le Brésil connaît depuis trois ans un fort ralentissement de sa croissance, le pays émergent s’est hissé en quelques années dans le cercle fermé des dix plus grandes économies mon- diales. Est-ce à dire qu’il suffit à un pays de ne plus vivre caché pour vivre une économie heureuse ? Rien n’est moins sûr. Nombre d’observateurs, à l’instar de Carlos Quenan, vice-président de l’Institut des Amériques, nuancent l’impact du soft po- wer sur l’économie d’une puissance. « L’essor écono-représentent des centaines de millions d’euros dans l’économie brésilienne, ces atouts de séduction restent néanmoins davantage sym- boliques au regard du reste de l’économie. » Le Brésil doit en effet, principalement, sa prospérité a ses ressources naturelles. « La ferme du monde » représente plus de 22% du PIB et emploie le cinquième de la population. Premier producteur de café et de canne à sucre dans le monde et deuxième produc- teur de graines de soja der- rière les Etats-Unis, le titan agricole possède, en outre, une grande richesse en res- sources naturelles telles que le pétrole et les métaux qui en font un grand producteur de matières premières. Un terrain fertile qui a donné naissance à des géants comme Vale ou encore Petrobras. Autant d’atouts économiques et touristiques qui ont aussi permis au Brésil d’accueillir les deux prochains événe- ments sportifs planétaires. La Coupe du monde de foot- ball de cette année et les Jeux olympiques de 2016 offriront une extraordinaire vitrine sur le monde à des Brésiliens toujours soucieux de présen- ter leur pays sous un jour fa- vorable. Ces deux grands rendez-vous devraient avoir un impact majeur en termes d’image mais aussi de re- tombées économiques. A condition que les deux fêtes sportives ne virent pas au cauchemar. D’importants pro- blèmes de logistique (retard dans la construction, manque d’infrastructures, etc.) et des manifestations sociales pour- raient renvoyer au mondelus sexy que le coq gaulois...22 JUIN 2014epuis qu’elle est ar- rivée en France il y a 13 ans, ThaisLA SELEÇÃO, UNE ÉQUIPE À BUT TRÈS LUCRATIFLa musique, le cinéma et le football constituent de re- doutables canaux de diffusion à l’international. Le succès retentissant remporté notam- ment par les telenovelas, dont le Brésil s’est fait une spé- cialité, a largement dépassé les frontières de l’Amérique latine pour s’immiscer dans les foyers des quatre coins de monde. Depuis quarante ans, ces feuilletons sentimen- taux ont apporté au Brésil une formidable visibilité en Asie, en Europe de l’Est et surtout en Afrique où l’in- fluence du pays a tendance à se décupler. Quelque deux milliards de téléspectateurs suivent avec assiduité ces aventures à rebondissements, sur fond d’inégalités sociales, de corruption ou de trafic de drogue. Conséquence inat- tendue : depuis une dizaine d’années, on constate une augmentation des petites Te- resa, Juliana, Lucas ou encore Jose dans les maternités afri- caines. Et que dire de l’impactdu football brésilien sur la planète quand on sait que plus de trois milliards de té- léspectateurs ont regardé la Coupe du monde de 2010 ? L’emblématique équipe na- tionale participe activement, elle aussi, à la renommée in-JOUE-LÀ COMME LULAL’émergence des charmes brésiliens chez les gringos ne date pas d’hier. Dans les années 1950, la musique et le cinéma brésiliens avaient déjà largement dépassé lesles mêmes clichés sur son pays, le Brésil. « Il ne se passe pas une journée sans qu’un Français ne me parle de football, de samba, de carnaval, de caïpirinha et de femmes en string », raconte un brin agacée la jeune ex- patriée. Comme si toutes les Brésiliennes se baladaient en string sur la plage du ma- tin au soir avec un cocktail à la main ! » Difficile en effet d’échapper aux stéréo- types quand on évoque le pays des Brasileiros. Ces sympathiques lieux communs sont pourtant loin de déplaire à tous. Depuis une décennie, les dirigeants du géant luso- phone ont largement exploité l’image positive véhiculée par le pays à travers sa culture populaire et le sport pour as- surer son rayonnement à tra- vers le monde. Cette arme « douce » est même devenue un enjeu majeur dans l’affir- mation de l’identité́ du Brésil sur la scène internationale.Quelque deux milliards de téléspectateurs d’Europe de l’Est, d’Asie et d’Afriquesuivent avec assiduité les telenovelasternationale du pays du « fu- tebol ». Avec plus de 500 joueurs professionnels bré- siliens évoluant rien qu’en Europe, le pays de Pelé a su se placer au premier rang mondial des exportateurs de joueurs. « Même dans ce do- maine ludique, mais qui est aussi et de plus en plus un business, il est clair que la position du Brésil dans la mondialisation se renforce », résume Hervé Théry, direc- teur de recherche au CNRS- Creda et professeur à l’Uni- versité de Sao Paulo (1).frontières latino-américaines pour venir conquérir l’Europe et le reste du monde grâce à des artistes comme João Gil- berto ou des films comme « Orfeu Negro ». « A cette époque, il n’y avait aucune volonté politique d’exploiter cet atout car le pays vivait sous une dictature militaire, observe Jean-Jacques Kour- liandsky, chercheur à l’IRIS sur les questions ibériques. Ce n’est qu’avec l’avènement de Lula au pouvoir que le pays a pris un positionnement clair en faveur du soft po- wer. » Cette stratégie d’in-mique qu’a connu le Brésil jusqu’en 2010 tient moins au développement de la politique de soft power qu’au vaste programme de réformes éco- nomiques et sociales qui ont été engagées sous Lula », souligne ce professeur d’éco- nomie à la Sorbonne Nou- velle.entier une ima.du Brésil et plonger le pays dans une crise profonde. Gare aux stratégies de communi- cation trop poussées qui pour- raient se retourner contre leur instigateur. Parions que le Brésil, passé maître dans l’art des dribbles, saura tacler les trouble-fêtes.UNE STRATÉGIE D’INFLUENCE HORS-JEU ?Même son de cloche pour Hervé Théry, spécialiste du Brésil. « Même si les marchés du football et des telenovelas(1) « Le Brésil, pays émergé » d’Hervé Théry, éd. Armand Colin, 2014Aude Abback-Mazouége désastreuse]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frGrand Angle - spécial Brésil PANORAMA Football : de la passion juvénile à la maturitéSGarrincha, Pelé, Zico, Ronaldo... Les voilà les héros adulés de la courte histoire brésilienne, qui n’a même pas cinq siècles. La Coupe du monde est la récompense à cet engouement et cet amour du beau jeu. Elle est aussi un évènement d’entertainment lucratif qui fait débat, dans un pays qui n’est plus aussi aveugle que par le passé.ur le papier, tout est LA FIN DU « JOGA la manière de gagner, et dont de gestion chez Latécoère, s’agrandit sur les chantiers, dant le Mondial les gens pour- réuni pour que cette BONITO » ? le message est de ne pas per- sous-traitant d’Airbus et le coup de pression de Jérôme ront boire dans le stade à Coupe du monde soit Beau jeu, dribbles endiablés dre ». L’homme aux trois d’Embraer à São Paulo. Ce Valcke, secrétaire général de nouveau, pendant que la po-une ode au football et engen- et buts d’anthologie sur un Coupes du monde rappelle sentiment de ne pas profiter la Fifa – déclarant à propos lice chassera les vendeurs dedre liesse et retombées finan- cières pour un pays comblé. Et pourtant... « Looking for Rio », septième documentaire des frères Cantona sur l’his- toire des grands derbys du foot (cf. sélection culturelle) est une belle fenêtre sur ce qu’incarne le football au Bré- sil, qui prend place entre col- lines et plages mythiques et déchaîne les passions. « Même ceux qui ne sont pas concernés doivent avoir leur équipe fé- tiche. Des matchs sont re- transmis en continu à la télé- vision : les rencontres pro- fessionnelles, mais aussi de troisième division, de juniors, de foot en salle sans personne dans les gradins », décrit Jo- hann Wasserer, directeur fi- nancier de la filiale LM Farma de Vivasanté. Ce sport reste aussi le théâtre d’histoires sensationnelles. « Le sens de la dramaturgie de ce peuple donne une saveur particulière au football ici », déclare le journaliste sportif Jacques Vendroux. Ainsi les quatre grands clubs de la cité carioca s’affrontent, se déchirent, se livrent depuis 100 ans une lutte acharnée et empilent les titres : Flamengo, Fluminense, Vasco de Gama et Botafogo, dans le championnat de l’Etat de Rio, puis au niveau natio- nal. Car les joueurs participent à deux compétitions dans l’an- née, évoluant sur les terrains deux fois par semaine pour pousser le talent au pa- roxysme. Ce n’est pas pour rien que 18 Brésiliens évoluent en ligue 1. Les économistes du sport Stefan Szymanski et Bastien Drut ont aussi quan- tifié le bénéfice d’une Coupe du monde pour les clubs du pays organisateur en décorti- quant les affluences dans les stades lors de dix compéti- tions. Verdict : l’affluence moyenne augmente de 15 à 25% l’année qui précède le tournoi et les deux suivantes. Quelques nuages viennent ce- pendant s’amonceler au dessus des terres auriverdes.air de samba ont toujours été les marques de fabrique de la seleção, même dans ses heures les plus sombres, lorsque Dunga lui imposait un jeu musclé. Mais il appa- raît aujourd’hui que les ful- gurances footballistiques sont l’apanage des défenseurs comme Thiago Silva, David Luiz ou Marcelo. Et l’attaque légendaire ? Des joueurs comme Neymar ont explosé au Brésil mais rencontrent des difficultés en EuropeCe sentiment de ne pas profiter pleinement de l’évènement, et même d’être floué, est vraiment nouveaubière à la sauvette sur un rayon de deux kilomètres », s’insurgent les gens. La bière comme principale cause des soulèvements, qui ont débuté en juin 2013, durant la coupe des Confédérations ? Socrates, joueur d’anthologie des années 80 connu pour son jeu léché et ses prises de position pour la démocratie, doit se retourner dans sa tombe. Mais la frus- tration est plus profonde. « Les investissements sont guidés par la Fifa et de court terme, tournés par exemple vers les stades de Brasilia ou de Ma- naus, des zones à l’intérieur du pays moins portées sur le football. En attendant, des aéroports ou routes n’ont pas été rénovés », précise Johann Wasserer."Pourvu que je ne fasse pas tomber mon ballon..."parce qu’ils ne sont pas cali- brés physiquement. Résultat, les clubs brésiliens ne pensent qu’à former des joueurs grands et costauds, solubles dans le football du Vieux Continent, qu’ils pourront vendre facilement. Et si le Brésil perdait sa spécificité ? Le 5 avril le roi Pelé lui- même profitait de la sortie de son autobiographie pour dénoncer la politique « sé- curitaire » des nouveaux en- traîneurs qui « se fichent deLA FÊTE MALGRÉ TOUTMais le Brésil reste le pays ou le duel fratricide Flumi- nense-Flamengo a plus d’im- portance qu’une élection pré- sidentielle... « Dès la pre- mière victoire de l’équipe na- tionale, les gens cesseront comme par magie de perce- voir ce tournoi de manière négative », prévoit Emmanuel Guinet, entrepreneur qui pro- pose des prestations de e- commerce aux marques. En attestent les velléités de rendre fériés les jours de match de la Seleção. « Une trêve d’un mois et demi entre leaders des favelas et policiers est vraisemblablement à pré- voir », affirme Yaelle Boquet, directrice trésorerie chez Car- refour Brésil, qui voit les li- néaires se parer de couleursqu’en son temps le show était de rigueur. Un souci esthé- tique qui a son importance pour Joël Cantona, producteur de Looking for Rio : « L’iden- tité de jeu est fondamentale, car c’est elle qui fédère lespleinement de l’évènement, et même d’être floué, est nou- veau dans un pays où le ballon rond a toujours primé sur tout. Romario, joueur héros de la victoire au Mondial américain de 1994 devenu député fédé-des travaux de São Paulo et Porto Alegre : « Si vous voulez que je résume, nous ne sommes pas prêts » – n’est pas passé. Ajoutons à cela les « unités pacificatrices » qui ne se comportent pas toujourssupporters comme les spon- sors ». Vous avez dit jeu dan- gereux ?ral, a amplifié le phénomène en s’insurgeant du coût des travaux réalisés pour com- plaire aux standards Fifa. Quand la Coupe du monde a été attribuée au pays, le gou- vernement avait pourtant pro- mis que l’argent public ne se- rait pas utilisé pour construire ou rénover les stades. Mais 10 milliards de dollars ont été dépensés, soit plus d’argent que sur les trois dernières Coupes du monde combinées. Alors que la liste des mortsbien dans les favelas, la cor- ruption, les inégalités sociales qui se creusent à cause de la croissance en berne et quelques couacs comme le passage en force de la Fifa pour revenir sur la loi d’in- terdiction de vente d’alcool dans les stades, sous la pres- sion du sponsor officiel Bud- weiser, et nous obtenons une vague d’indignation de Bré- siliens plus clairvoyants que par le passé, malgré leur pas- sion pour le football. « Pen-ampagnes"HE FIFA, RETOURNE EN SUISSE !"Tel est le cri de ralliement dans les manifestations qui seocuent le pays. « Les billets de la Coupe du monde sont chers, donnant l’impression qu’ils sont destinés avant tout aux étrangers et aux entre- prises », déplore Yasmina Diouri, responsable contrôlejaunes et vertes. « C. retail, plans marketing, me- dias... il ne faut pas se leurrer, tout le monde utilise cet évè- nement car il va fédérer ici ». Surtout en cas de victoire, bien que les médias redoutent la bête noire, l’Uruguay, et l’ennemi juré, l’Argentine. Ont-ils oublié 98 ?Matthieu CamozziJUIN 2014 23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Regard sur l’Actualité - spécial BrésilLa planète football tourne aussi...PDes personnalités du ballon rond occupent la rubrique Regard sur l’actualité et décryptent les lames de fond d’un milieu qui évolue.eut-on aussi parler des thèmes qui tiennent à cœur à EcoRéseau – développements, équipes nationales, d’aiguiller les flux d’argent pour garantir une équité sportive pour les ruptures, innovations – dans un domaine aussi connu et médiatisé que le football ? instances régulatrices... tout a évolué. Les personnalités du ballon rond interrogées Les témoignages de personnes qui gravitent autour de ce sport et de l’industrie de dessinent un paysage plus complexe qu’il n’y paraît en commentant cette actualité qui val’entertainment qu’il représente sont finalement sans appel. Partie émergée de l’iceberg, occuper les ondes durant un mois et demi. Les grands principes, mécanismes et abus sontl’aspect business est considérablement monté en puissance, en témoignent les flux d’argent considérables qui circulent dans le milieu, les records de taux d’audience et de médiatisation qui tombent à chaque nouvelle compétition. Parties immergées moins connues, la manière d’organiser une telle compétition et d’optimiser les retombées économiques positives pour le pays hôte, de préparer les joueurs, de s’entraîner, de communiquer pour lesles mêmes (cf. papier rétrospective), mais cette Coupe du monde 2014 n’aura pas la même saveur que celle de 1950 qui avait déjà été organisée par le Brésil. Par son ampleur, sa plus grande imbrication dans la mondialisation et l’industrie du spectacle... elle divergera même de la simple édition précédente en Afrique du Sud. Plongée dans les coulisses, ou plutôt dans les vestiaires...©DRFootball et mondialisation sont-ils vraiment liés ?Le football est un des reflets de la mondiali- sation. Tout le monde connaît Christiano Ronaldo, peu de gens sont capables de citer le nom du Premier ministre portugais. Ce sport se joue sur cinq continents et est un di- vertissement commun, les grandes célébrités du ballon rond sont les grandes stars d’hier« La réutilisation des infrastructures, désormais une obligation pour les pays d’accueil »dans le cinéma.Les retombées économiques seront-elles si conséquentes ?Une victoire en finale serait synonyme de liesse. Mais soyons honnêtes. L’influence d’un tel évènement sur l’économie et le PIB ne sera pas magistrale. Ce ne sera pas un gouffre financier non plus. Beaucoup ont affirmé que l’organisation des JO d’Athènes en 2004 avaient plombé la dette du pays et donc contribué à la descente aux enfers, mais le secteur public hypertrophié et la faible compétitivité étaient déjà de mise. En revanche Barcelone a vécu une renaissance après ses JO. Un effet d’entraînement peut être créé dans l’hôtellerie, les telecom, les transports... Tout dépend en fait de la manière avec laquelle les infrastructures seront ré- utilisables après la compétition. La pérennité n’est pas toujours au rendez-vous. Quelques erreurs ont été commises en Afrique du Sud. Au Brésil certains stades ont été construits dans des zones qui ne sont pas traditionnel- lement tournées vers le football, ce qui n’est pas très bon. Londres en revanche a bien as- suré la transition. Sotchi n’est pas tant un fiasco que ça, si le but est d’en faire uneprendre à la main une passe en retrait de son défenseur, ou la mise à disposition de nom- breux ballons sur la touche pour éviter les temps morts. Les nouvelles règles iront tou- jours dans ce sens. L’évènement en lui- même peut encore se développer, avec l’ac- cueil d’un nombre plus important d’équipes. L’éclatement des empires et des pays génère toujours plus de prétendants à la compétition, et les équipes africaines ou asiatiques veulent remettre en cause le duopole Europe – Amé- rique du Sud. Même en termes d’audience il existe un potentiel de développement : la té- lévision est de plus en plus adoptée dans les pays émergents et certaines régions restent encore à conquérir comme l’Inde, le Pakistan ou d’autres pays asiatiques. A noter aussi que les femmes deviennent de plus en plus spectatrices et pratiquantes.La relation entre argent et succès footballistique est-elle immédiate au niveau international ?Le fairplay financier qui est en train d’être mis en place au niveau des grands clubs eu- ropéens est une bonne chose. Le déficit total s’élevait à 1,7 milliard d’euros sur le Vieux Continent il y a deux ans et à 1 milliard l’année dernière. Mais nul besoin d’appliquer cette règle au niveau des équipes nationales. La relation entre argent et succès n’est pas directe, grâce à l’aléa sportif. Le Brésil était dominant avant d’émerger économiquementet la Chine, malgré sa deuxième place en termes de PIB, n’est pas une grande nation du football.L’issue de la compétition peut-il avoir un rôle sur les élections brésiliennes à venir ?Les résultats sportifs n’influent pas autant qu’on le dit les élections. Le Brésil a gagné la coupe du monde en juillet 2002, et Lula a été élu quelques mois après, alors qu’il était dans l’opposition. Le peuple n’est pas aussi primaire et distingue les résultats sportifs du pouvoir politique en place. Nous ne sommes plus au temps des jeux comme opium duEn quoi l’organisation d’un tel évènement est-elle déterminante pour un pays ?Être le lieu d’accueil d’une coupe du monde de football puis de Jeux Olympiques est un véritable honneur, obtenu après une compé- tition à couteaux tirés avec d’autres pays candidats. Pendant un temps le Brésil sera le pays le plus important, s’offrant une cam- pagne de communication dans tous les jour- naux de la planète comme l’Angleterre a été le centre du monde durant quelques semaines avec les JO de Londres. C’est aussi une op- portunité de démontrer la compétence à construire et organiser. Beaucoup pensaient que l’Afrique du Sud serait incapable de présenter des stades aux standards de la Fifa et des infrastructures dignes de ce nom, et au final la compétition de 2010 réussie a été un formidable vecteur de communicationpeuple rendu aveugle.pour le pays.(1) Géopolitique du sport, de Pascal Boniface, éd. Armand Colin, 2014J.T.Pascal Boniface (1)géopolitologue directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), ancien secrétaire général de la Fondation du footballville touristique de « resort ».Pensez-vous en revanche que des manifestations sociales surviendront durant la compétition ?Le coup de projecteur qu’occasionne la Coupe du monde peut en effet représenter une belle opportunité pour les manifestants de faire entendre leurs revendications. Mais les troubles ne seront pas de nature à gêner le déroulement de la compétition, jugée cru-Dans quelle direction évolue la Coupe du monde selon vous ?Le football a connu des évolutions, à chaque fois tournées vers plus de fluidité dans le jeu comme l’interdiction pour le gardien deciale pour tout le pays.24JUIN 2014]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frMarius Trésorancien capitaine de l’équipe de France, responsable du centre de formation des Girondins de BordeauxRegard sur l’Actualité - spécial Brésil PANORAMAAlain Giresse ancien footballeur français professionnel, sélectionneur de l’équipe du Sénégal (non quali- fiée pour le mondial)© LE LANNN Dominique« L'esprit d'équipe et la camaraderie ne suffisent pas »« Je ne vois pas encore un pays challenger s’imposer »« Le Brésil reste la nation du football, comme la Nouvelle Zélande pour le rugby, les Etats-Unis pour le basket, le Japon pour le judo. La compétition mondiale est déjà une fête en soi, elle le sera d’autant plus dans un tel contexte de passion. Le football est une vraie religion là-bas et les joueurs entretiennent le mythe auriverde par leurs traits de génie. C’est pourquoi l’équipe de France ne vient pas seulement dans l’optique de se préparer pour 2016, elle s’y rend avec l’intention de réaliser un coup, malgré une préparation des plus courtes. Les joueurs finissent le 17 mai et débutent les matchs au 12 juin. La pré- paration n’est donc pas la même que dans les années 80, la partie de régénération physique et mentale après l’année écoulée est réduite à portion congrue. D’après moi les favoris restent les équipes fortes tra- ditionnelles comme le Brésil, l’Argentine, l’Italie ou l’Allemagne. Je ne vois pas un pays challenger s’imposer. L’équipe de France n’est pas arrivée au terme de son épanouissement. »M.C.Votre avis sur l'équipe en partance pour le Brésil ?capitaine des Bleus ?©DRCes Bleus possèdent des talents et des personnalités fortes. Mais pour aller loin dans cette compétition, il leur manque peut être un leader, un patron, à l'image des Zidane, Coppa ou Platini qui se sont imposés malgré l'ego de chacun et ont éclairé le jeu dans un effectif de valeur.Vous avez disputé un match amical au Maracanã, quel souvenir en gardez-vous ?L'ambiance était chaude et survoltée, même pour un match sans enjeu. Difficile de l'imaginer tant qu'on ne l'a pas vécu. Mais c'est tout le folklore brésilien qui envahit ces temples du ballon rond le temps des rencontres. Le nouveau stade n'aura rien à voir avec les infrastructures dans lesquelles j'ai joué en 1977. Mais à l'époque, il pouvait accueillir 250000 personnes (debout) et 130000 avaient fait le déplacement pour un match amical ! Passé le mois de juillet, j'espère juste ne pas être le dernier footballeur français à avoir marqué là- bas. (2-2 et dernière rencontre en date disputée par les BleusJe ne suis pas tout à fait d'accord. Je pense qu'on peut faire la meilleure équipe avec les 23 meilleurs. Et parce qu'ils sont les meilleurs, la cohésion se créera. L'esprit d'équipe et la camaraderie ne suffisent pas. Mettre son ego de côté pour le maillot bleu est juste une question d'intelligence et de professionnalisme. Mais les problèmes d’ego ne sont que le reflet de la société actuelle où tout est fait pour mettre en avant l'individu et ses réussites avant le collectif. Dans le monde du football, cela se traduit par des entraînements ca- librés selon des groupes de niveau, qui freinent l'émulation collective et empêchent parfois les meilleurs d'entraîner le reste de l'équipe dans leur sillage.Quelle est la nature de votre discours aux jeunes géné- rations qui rentrent à Bordeaux ?Tout passe par le travail et le sérieux. L'excellence ne s'at- teint pas en se reposant sur ses lauriers et l'acharnement paie, même lorsqu’on s'écarte des chemins traditionnels pour réussir. Comme le prouve Valbuena faisant les joies de Marseille, non gardé en équipe réserve lorsqu'il avait 18G.F.dans ce stade).Deschamps déclarait, « nous n'avons pas forcément les meilleurs 23 mais nous avons le meilleur groupe ». Qu'en pensez vous en tant qu'ancienans.LES CLÉS DE LA RÉUSSITE POUR VOTRE ENTREPRISE.#2: Optez pour un investissement rentable à court termeNOUVELLE CARTE D’ABONNEMENTJUSQU’À – 35% SUR VOS VOYAGES AMORTIE DÈS 2 ALLERS-RETOURS• À partir de 299 €/an*.• Jusqu’à 35 % de réduction** sur plus de 150 lignes Air France et HOP! en France métropolitaine, vers l’Europe et l’Afrique du Nord***. • Amortie en 2 à 3 allers-retours selon les lignes.• Billets modifiables et remboursables sans condition.• Nombreux autres avantages et services exclusifs.* Prix TTC hors frais de service, réservé aux entreprises bénéficiant d’un accord commercial avec Air France ou membres du programme de fidélité BlueBiz ; prix public : 399 € TTC hors frais de service. ** Sur le plein tarif hors taxes et hors frais de service. *** Europe étendue à Israël ; Afrique du Nord = Algérie, Maroc et Tunisie.Renseignez-vous sur www.airfrance.fr, au 36 54 (0,34 € TTC/min à partir d’un poste fixe), sur afklm-newsaffaires.fr ou dans votre agence de voyages.JUIN 201425Œ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Regard sur l’Actualité - spécial BrésilPhilippe Tournonchef de presse de l’équipe de France de 1983 à 2004, et qui a repris du service à partir de 2010©DRC’est une équipe de France en reconstruction qui se rend au Brésil ?Il n’y a pas de quoi s’affoler, ce sport fonctionne par cycles. L’Es- pagne, avant d’être championne dans plusieurs compétitions internatio- nales, n’a pas eu de trophée pendant 50 ans. Le Brésil, après les années 50/70, a mis des années à revenir sur le devant de la scène. L’équipe de France a vibré avec des joueurs d’exception entraînant leur généra- tion, comme Raymond Kopa, Michel Platini ou Zinedine Zidane. Puis à chaque fois, la situation s’est com- pliquée les années suivantes. Le dé- part de cadres comme Laurent Blanc ou Didier Deschamps n’a d’ailleurs pas aidé. 2002 a symbolisé l’usure d’une génération et la montée en puissance des enjeux marketings et commerciaux. Adidas communiquait d’ailleurs et déjà sur la deuxième étoile. Par la suite, les Bleus ont connu des hauts et des bas mais au- jourd’hui, peu de gens savent que la plus haute fréquentation euro- péenne de stade à l’année pour sou- tenir l’équipe nationale se trouve«IlyaunavantetunaprèsKnysna»en France, devant l’Angleterre.Le management des joueurs est- il aujourd’hui différent ?La difficulté pour un entraîneur na- tional n’est plus le choix des joueurs, la préparation physique ou la mise en place d’une tactique pour l’équipe. C’est le fait de faire vivre le groupe. Les garçons sont riches, leaders dans leurs clubs respectifs, il est doncpersiste...La communication des grandesJ.T.équipes nationales a-t-elle changé ?J’ai été chef de presse de 1983 à 2004, puis Laurent Blanc m’a rappelé en 2010. Or, en six ans, la situation a considérablement évolué. Les joueurs n’ont plus rien en commun avec ceux qui les avaient précédés il y a dix ou quinze ans. De même, les journalistes sont plus insistants et nombreux sous l’impulsion d’In- ternet et des chaînes TV en continu. Dans les années 70, nous étions six à suivre les Bleus à L’Equipe, nous pouvions aller voir les joueurs en tête à tête dans leur chambre. Au- jourd’hui, une conférence de presse à Clairefontaine se déroule devant 60 journalistes de presse écrite et 25 caméras. C’est une autre dimen- sion, l’équipe de France est devenue une « curiosité », même pour les médias généralistes. Au Brésil, douze caméras seront en permanence pré- sentes sous nos fenêtres, à l’affut du détail « anormal ». Les deux po- pulations sont très différentes, et mon objectif est de les faire converger vers un même but. Les journalistes doivent intégrer le fait qu’ils ne peuvent s’entretenir seul à seul avec les joueurs tous les jours, quand ces derniers doivent savoir qu’ils ontbesoin des médias pour exister et être valorisés.Mais des précédents ont sans doute altéré la confiance. Même quand un media est aussi un partenaire, les choses peuvent mal tourner. Il arrive que la casquette media l’em- porte sur celle de partenaire, comme lors de l’affaire Evra avec TF1. Les joueurs doivent être plus vigilants, mais je leur répète que « le savoir- faire n’est rien sans le faire sa- voir ».Le passé récent de l’équipe de France influence-t-il votre ma- nière de communiquer au- jourd’hui ?Nous essayons de nous en tenir aux grands principes de communication. Les joueurs ne seront pas coupés du monde. Didier Deschamps est un professionnel, et des entretiens individuels auront lieu tous les jeudis pendant la préparation. Il faut vivre avec son temps, et par exemple avertir les joueurs que l’usage de Twitter doit être extrêmement limité, sinon interdit. Evidemment, comme le dit Didier Deschamps, il y a un avant et un après Knysna, nous en reparlerons encore dans 50 ans. Mais des résultats et un comportementirréprochable amélioreront l’image de l’équipe de France auprès du grand public. Didier Deschamps parle d’un Mondial réussi si « on ne peut rien nous reprocher, dans le jeu et dans le comportement à l’issue de la compétition ». L’image véhi- culée par l’équipe dépasse largement le seul périmètre du sport. A l’Euro 2000, les journalistes avaient boycotté une conférence de Roger Lemerre, parce qu’un joueur ne s’était pas présenté à la séance d’interview. Celui-ci ne voulant plus communi- quer avec les journalistes, l’affaire est remontée jusqu’à Matignon pour que les choses rentrent dans l’ordre. De même après l’Afrique du Sud, Thierry Henry s’est rendu à l’Elysée dès sa descente d’avion à la demande du Président Sarkozy.difficile de gérer les égos et d’in- suffler une énergie collective et mo- tivante. De plus les équipes nationales subissent une concurrence écrasante de la part des clubs, au niveau mé- diatique comme économique. Pour les petits pays, le fait de jouer pour le maillot national ensemble est un réel évènement, c’est qui est peut- être moins intense pour les joueurs qui font partie de l’élite du football. La Champions League prend de plus en plus de place dans le calen- drier. Aimé Jacquet avait coutume de demander aux joueurs de penser quelques minutes par jour à l’équipe de France. Entre le match face à l’Ukraine et le début de la préparation à la coupe du monde, l’équipe de France aura existé aux yeux des joueurs durant deux jours et demi !Cette Coupe du monde a-t-elle une saveur particulière ?Le Brésil reste le quintuple vainqueur. L’Angleterre a inventé le foot, les Brésiliens le font vivre. Nous sommes loin de l’époque des Pelé et César car beaucoup plus de joueurs évoluent en Europe et sont donc in- fluencés dans leur jeu, mais la magieLes enjeux sont aussi politiques, c’est l’image du pays qui est en jeu.« Les niveaux se sont indéniablement resserrés »©DRHenri Emile intendant et conseiller technique de l’équipe de France entre 1984 et 2004, revenu sous l’ère Laurent Blanc« Je faisais partie du staff technique et organisais en même temps les déplacements, en étant proche des joueurs. La destination Brésil est le Graal pour tout joueur. Le fait que ce pays soit étendu et loin- tain est secondaire dans la préparation. Le pro- blème aurait été tout autre en cas d’altitude comme au Mexique en 1986 (difficulté à enchaî- ner des efforts répétés, ballon plus léger). Il s’agit simplement de calculer les heures de récupération qu’il faut accorder à la suite des déplacements. Les différences de température n’ont pas beau- coup d’impact si les joueurs arrivent au moins la veille des matchs. Le rythme sera en revanche dif-férent : au Mexique nous étions à 60% de la pré- paration lors du premier match contre le Canada, ce qui n’est plus envisageable en 2014. Il faut être à 100% dès le début car les niveaux se sont res- serrés et le premier match est déterminant. En cas de succès il est possible par la suite de faire tour- ner les effectifs. La gestion de groupe est plus im- portante que la préparation physique. Didier Deschamps ne prend pas les meilleurs, mais ceux qu’il juge être les plus à même de vivre ensemble pendant un mois et demi. Il est très précieux que le staff soit le même en 2016. Aimé Jacquet et l’encadrement ont préparé 98 dès le championnatd’Europe en Angleterre. Nous nous sommes rôdés en matière de vidéo et séquençage, afin de mettre en perspective les points forts et faibles des équipes adverses. Nous nous sommes par exemple aperçus que les Brésiliens ne suivaient pas leurs joueurs dans leur surface lors des coups de pieds arrêtés. Nous avons donc travaillé ce point la veille de la finale. Le lendemain, Zidane marquait deux fois de la tête sur corner... »M.C.26JUIN 2014]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frRegard sur l’Actualité - spécial Brésil PANORAMAJacques Vendrouxjournaliste sportif (France Inter, France Info, Radio France), manager général du Variété Club de France© Radio France / Christophe Abramowitz« Les pays hôtes mettent toujours leurs problèmes internes de côté »Pourquoi une Coupe du monde au Brésil est-elle un évènement ?Le Brésil est le seul pays qui a fait toutes les coupes du monde. Les Pelé, Zico ou Falcao sont des noms magiques pour tous ceux qui aiment le football. La particularité de cesjoueurs est leur popularité dans le monde, su- périeure à celle des stars d’autres pays. La rai- son ? Le peuple brésilien n’oublie pas et entretient la légende. Un joueur comme le fa- meux milieu de terrain offensif Rivelino reste une star incroyable dans son pays. Les Brési-liens érigent des statues en l’honneur de leurs héros. Félix, le gardien champion du monde de 1970, a la sienne dans son village. Nous avons tendance en France à un peu oublier les Rocheteau, Platini ou Zidane. Nombreux sont ceux qui voudraient les voir évoluer sur legazon, mais peu entretiennent le mythe comme au Brésil.Vorsprung durch TechnikAudi Q3 Sport designAudi QÀ partir de 499 €/mois avec apport*.3 ans de Garantie inclus**.Forfait Service Entretien inclus***.Location longue durée sur 36 mois. 1er loyer de 4 699 € suivi de 35 loyers de 499 €. Offre valable du 1er janvier au 31 août 2014.*Exemple pour une Audi Q3 2.0 TDI 140 ch BVM6 Sport design en location longue durée sur 36 mois et pour 45 000 km maximum, hors assurances facultatives. **Garantie 2 ans + 1 an de garantie additionnelle incluse. 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Publicité diffusée par le concessionnaire en qualité d’intermédiaire de crédit, à titre non exclusif, de Volkswagen Bank. Volkswagen Group France S.A. – RC Soissons B 602 025 538. Audi recommande Castrol EDGE Professional. Vorsprung durch Technik = L’avance par la technologie.Gamme Audi Q3 : consommation en cycle mixte (l/100 km) : 5,2 - 7,7. Rejets de CO (g/km) : 137 - 179. 2Aliantis Lecourbe 229, rue Lecourbe - 75 Paris Tél. 01 55 76 50 76www.aliantis.com Aliantis Porte d’Orléans44-46 avenue Aristide Briand - 92 Montrouge Tél. 01 58 35 17 70Aliantis Chambourcy37 route de Mantes - 78 Chambourcy Tél. 01 30 65 50 50Vit-on le football différemment ici ?Il y a toujours des histoires exceptionnelles à raconter, amplifiées aujourd’hui par les ré- seaux sociaux. Les destins sont toujours hauts en couleurs, qu’ils soient bons ou mauvais. Songez au génie Garrincha mort d’une cir- rhose dans la solitude dans une ancienne cité ouvrière, à Socrates, ce joueur-médecin d’ex- ception qui a fini sa vie abandonné de tous sauf de son club. Les Brésiliens ont l’art de la dramaturgie. Ils on font des tonnes, dans la victoire ou la défaite. Et le football est tou- jours imbriqué dans la fête, qui est un art de vivre. Même les professionnels sont décalés par rapport à tout le monde, et essaient chaque année de se libérer 24 heures pour aller parti- ciper 24 heures au carnaval de Rio, qui est une véritable institution.La magie ne s’est-elle pas un peu éteinte ?L’équipe est moins espiègle et brillante que par le passé, mais les joueurs sont complé- mentaires. L’ABC du foot moderne est un bon gardien et une défense solide, ce dont dispose la seleção pour obtenir une sixième victoire mondiale. Si vous faites référence à des trou- bles durant la Coupe du monde, je n’y crois pas du tout. Il y aura une sorte de trêve. Les pays mettent leurs problèmes internes de côté, la France n’a pas fait exception en 1998. Les gens se doutent qu’ils toucheront quelques di- videndes de cette exposition plus tard, et l’in- térêt de l’équipe nationale passe avant tout.Qu’est-ce qui manque à cette équipe de Franceversion 2014 ?Il y a avait un rapport affectif entre les joueurs en 82, 84 et 86 comme en 98. L’ambiance est un peu différente aujourd’hui. Didier Des- champs sait que l’équilibre est fragile, et a menacé de se rompre à nouveau si la France ne battait pas l’Ukraine en phase éliminatoire. L’élément clé sera la cohabitation durant toute la compétition et les liens d’affection qui peu-M.C.vent se tisser.JUIN 201427Œ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11PANORAMA Regard sur l’Actualité - spécial BrésilGuy Roux« En sélection, il faut évacuer toutes les ondes négatives »Au sein d’un groupe, comment se passe la cohabita- tion entre joueurs instruits, comme vous l’étiez, et ceux qui le sont beaucoup moins ?Très bien ! Dans le football, l’élément le plus important, c’est ce que vous faites sur le terrain. Si vous êtes bon, vous n’avez aucun risque de vous retrouver marginalisé. Après, il existe indéniablement des logiques de groupes à l’intérieur d’une équipe. En dehors du terrain, vous vous retrouvez davantage avec les gens avec lesquels vous partagez des affinités et des centres d’intérêt. Mais c’est la même chose dans n’importe quel autre milieuancien entraîneur de l’AJ Auxerre, consultant sur Canal+ et Europe 1Romarin Billong ancien footballeur franco-camerounais (Lyon, Saint-Etienne) et au- jourd’hui chef d’entreprise« La notion de temps est désormais bafouée dans la préparation »© Édouard HueN’exagérons rien. La déforestation, les inégalités sociales dans ce pays à la population jeune et croissante sont autrement plus déterminants pour ce pays. Mais ce tournoi aura une saveur particulière, ici où l’amour du ballon rond se sent chez tout le monde et à chaque coin de rue. A tel point que je ne crois pas à des troubles durant la compétition. La contestation est compréhensible car beaucoup d’argent a été dépensé. C’est le problème lorsque les compétitions internationales sont organisées ailleurs qu’en Europe où infrastructures et stades sont déjà présents sur tout le territoire.Evènement du siècle pour le Brésil ?Equipe de France est volontaire et conquérante ?Différence avec les Coupes du monde passées ?Elle atteindra au moins les huitièmes de finale. Ceux qui pensent que ce tournoi ne s’apparente qu’à une simple prépa- ration pour 2016, où les performances importent peu, sont stupides. D’abord le Mondial et l’Euro sont deux compétitions différentes, ensuite il peut se passer beaucoup de choses en deux ans. La meilleure manière de préparer la prochaine compétition est de jouer à fond la précédente. Rappelons- nous que deux ans avant 1998 la France avait atteint les demi-finales à l’Euro d’Angleterre.La notion de temps est bafouée. La préparation des joueurs est beaucoup plus courte qu’auparavant. Les entraîneurs n’ont plus que 20 jours pour les mettre en condition à la va- vite, quand ils disposaient d’un mois et demi par le passé. Une fois de plus il faudra compter avec des Bleus qui arrivent en ordre dispersé à Clairefontaine. La raison ? Le calendrier international s’est étoffé, nous sommes passés de six rendez- vous annuels à douze. Les coupes d’Europe des clubs aussi, à des fins de spectacle, sont devenues très chronophages : il était possible de les gagner en six matchs auparavant, contre treize aujourd’hui à cause du système de poules. Et lorsque tout le monde est réuni, les joueurs s’entraînent aujourd’hui dans une marmite où gravitent 200 journalistes. Les réunions presse sont planifiées et formalisées, et la protection peut être exagérée, comme c’était le cas en Afrique du Sud.Rapport entre argent et performances ?Il est atténué à l’échelle des équipes nationales. D’autres facteurs entrent en jeu. Les nations sud-américaines vont être plus présentes dans la compétition à cause de la proximité et des petites nations de tradition footballistique comme les Pays-Bas font partie des grandes équipes. L’affirmation est plus vraie au niveau des clubs, mais je tiens à préciser que le fairplay financier est injuste car il crée une barrière aux clubs qui ne sont pas encore dans l’élite. Le Bayern de Munich a l’histoire pour lui et a eu le temps de mettre en place une machine de guerre avant le couperet. Le club est riche depuis longtemps, possède aujourd’hui un stade et des infrastructures.professionnel.M.C.Gourcuff mis à l’écart du groupe par Ribéry en 2010, par exemple, selon vous, ça n’est pas possible ?Un joueur ne peut pas être marginalisé par l’ensemble d’un groupe. En revanche, qu’un joueur rival évoluant au même poste et faisant figure de leader essaie d’en mettre un autre à l’écart, oui, c’est tout à fait possible. Mais là, on est davantage sur une rivalité d’homme à homme. Là encore, cela n’est pas inhérent au football. Avec un groupe d’énarques, vous serez rapidement confronté aux mêmes problèmes, simplement en un peuJoël Cantonaancien joueur professionnel, promoteur du beach soccer en France, cofondateur de Canto Bros productionplus feutré...« Les gagnants du football moderne ont une forte identité de jeu »Finalement, tout le monde est logé à lamême enseigne.Pas vraiment. Il existe une différence importante dans votre relation avec les dirigeants. Quand vous êtes un joueur réputé intelligent, vous créez des affinités avec les dirigeants du club, qui sont souvent des gens de haut niveau. Mais quand d’un coup les choses vont moins bien sur le terrain, ces gens dont vous êtes proches in- tellectuellement ne comprennent pas que vous ne pensiez plus comme eux, et que vous portiez parfois un autreD’où vient l’idée de produire ces documentaires actuel- lement diffusés sur Canal+ (*)?Mon frère Eric, également cofondateur, est parti du constat que nous ne connaissons jamais en détail l’histoire des grands clubs, intimement liée à celle des pays. Nous avons eu l’idée de traiter de deux grands clubs dans des villes de football comme Milan, Athènes ou Rio (quatre clubs pour cette ville), sans occulter les aspects politiques, sociaux, sociologiques.L’identité de jeu est beaucoup plus importante que ce que les gens croient. C’est elle qui fédère les supporters comme les partenaires. La formation est déterminante et les clubs fran- çais s’y attèlent. Mais il n’existe parfois pas de continuité entre les catégories jeunes et les équipes A. Sponsors, équi- pementiers et schémas directeurs de jeu peuvent diverger, ce qui serait impensable à Manchester United, Barcelone ou l’Ajax.Le Brésil a donc tous les ingrédients nécessaires pour in- carner le football de demain ?Il s’agit indéniablement d’une grande nation du football avec ses 190 millions d’habitants passionnés. Les multiples es- paces de jeux accidentés et les plages portent le jeu brésilien vers toujours plus de technicité, ce qui est la marque de fa- brique. De plus la notion de spectacle, de danse, de chants dans le public est incomparable. A ce titre la nouvelle confi- guration du Maracanã, avec ses places assises, est une hérésie et ne correspond pas à ce peuple qui a besoin de s’exprimer.(*) Documentaire « Looking for Rio », cf. page agenda culturelM.C.discours. Ce rôle de relai est à double tranchant.L’approche est originale et trouve son public sur Canal+.Quelle différence entre le club et la sélection nationale ?En club, vous êtes obligé d’accepter certaines frictions, certaines tensions au sein du groupe. Simplement parce que c’est le quotidien d’une année, et qu’il est impossible de l’aseptiser à 100%. En sélection, c’est très différent. Vous vous voyez très rarement, et les compétitions sont courtes. Il est donc impératif de ne sortir que le meilleurCet ancrage du football dans la culture de ces pays n’est pas aussi fort en France ?Le professionnalisme n’a que 40 ans dans l’Hexagone, contre le double dans certains autres pays de football. Le « terroir » est important, et nous accédons petit à petit à une certaine maturité. Des clubs comme Nantes, Saint-Etienne ou Mar- seille commencent à fédérer plusieurs générations autour de leur histoire. A Reims les trophées des années 50 sont vendusdu groupe, et d’évacuer toutes les ondes négatives.aux enchères. Mais ce processus prend du temps.Non, ce qui ne m’empêchait pas d’avoir ce pays et ses valeurs chevillés au corps. Chacun entretient son propre rapport à la nation. C’est un faux problème.Le beau jeu que vous mettez en avant est-il si important que cela pour un club ?O.F.Chantiez-vous l’hymne national du Cameroun ?28JUIN 2014]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[ANTIBES JUAN-LES-PINSEmbarquez pour votreNOUVELLE DESTINATIONCONGRÈSPalais des Congrès d’Antibes Juan-les-Pinswww.antibesjuanlespins-congres.comGRAPHIE 4 - Photos ©C. Polack / P. Ducap]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & Tendances}GROUPE PIERRE & VACANCES CENTER PARCS (GROUPEPIERRE ET VACANCES)Isabelle De Wavrechinu Baromètre 2014 de l’entrepreneuriat socialuLes rendez-vous de l’entrepreneuriat de juin Cochez dans vos agendas les ren-Convergences, KPMG, Ashoka et le Mouves vien- nent de réaliser la cinquième édition du baromètre de l’entrepreneuriat social. Il ressort d’un sondage réalisé auprès de 63 entrepreneurs sociaux fin 2013 que la majorité d’entre eux ont confiance dans les pers-Le carnet desnominationsen partenariat avecdez-vous entrepreneuriat de juin :- Le 2 juin, La Tribune remet le Prix Jeune entrepreneur 2014.- Made in ESCP Europe, le 3 juin, « l’événement pour rencontrer, in- vestir, développer et candidater pour les plus belles startups de ESCP Eu-pectives de dé-veloppementde leur secteuren France etdans le monde.Il manquenéanmoins àl’entrepreneu-riat social,pour se développer, des moyens financiers (65% des sondés), des partenariats avec des entreprises (52%) et de la reconnaissance des pouvoirs publics (48%). En outre, la majorité des entrepreneurs so- ciaux interrogés collaborent régulièrement ou oc- casionnellement avec des entreprises classiques (93%) et les pouvoirs publics (87%).Madame Isabelle de Wavrechin est promue directeur général de W2-IM du groupe Pierre & Vacances Center Parcs, à ce poste depuis avril 2014. Elle est sous la responsabilité di- recte de Monsieur Gérard Brémond, président du conseil d'administration. Elle rejoindra courant septembre 2014, le siège de la nouvelle filiale du groupe Pierre & Vacances Cen- ter Parcs, W2-IM (Worlwide Invest Management), créé en avril 2014 et basé à Londres. Elle a pour mission la levée de fonds auprès d'investisseurs immobiliers et financiers à l'international, notamment dans la zone Asie-Pacifique, dans les pays de l'Est, au Moyen- Orient.rope ».- le Salon des entrepreneurs de Lyon Rhône-Alpes, les 11 et 12 juin au Centre de Congrès de Lyon, avec des programmes thématiques sur l’entrepreneuriat social, le financement d’entreprise, la franchise, la transmission d’entreprise, etc.- Planète PME, le 19 juin au Palais des Congrès de Paris. Il sera no- tamment question de financement des PME, d’export et de cession- reprise.- La CCI de Lyon organise un petit-déjeuner « Parrainage d’entre- preneurs » le 24 juin.n Isabelle De Wavrechin , 60 ans, occupait, depuis 1996, le poste de directeur général de Pierre et Vacances Conseil Immobilier.}DILLENSCHNEIDER FAVARO & ASSOCIÉSArnaud Métayer-MathieuMonsieur Arnaud Métayer-Mathieu est Coopté associé du cabinet Dillenschneider Favaro & Associés, à ce poste depuis janvier 2014. Il est ainsi en charge du département Conten- tieux. Ses principaux domaines d'intervention sont le contentieux civil et commercial, le contentieux bancaire et financier, les voies d'exécution et l'arbitrage.n Arnaud Métayer-Mathieu est avocat au Barreau de Paris (2007) et diplômé d'un LL.M. droit des affaires de l'université d'Exeter en Angleterre, et d'un master II de droit des contrats de l'université de Sceaux.}MANUFACTURE ZENITH (GROUPE LVMH)Aldo MagadaMonsieur Aldo Magada est nommé president et chief executive officer de Zenith (groupe LVMH), à compter de juillet 2014, en remplacement de Monsieur Jean-Frédéric Dufour. Aldo Magada , 55 ans, a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : Breitling, directeur international ventes et business développement.n 2009-NC : Fondateur d'une société de consulting.n 2002-2009 : Successivement directeur de Technomarine, Reuge et Badollet.n 2000-2002 : Gucci Time Pieces, président.n 1994-1998 : Directeur produit et directeur marketing chez Piaget et Omega.n 1984-NC : En poste chez Swatch Group.n 1981-1983 : Début de carrière dans la vente chez Viflor.}PUBLICIS CONSEIL (GROUPE PUBLICIS)Fabrice DerrienMonsieur Fabrice Derrien est nommé directeur executif de Publicis Conseil, à ce poste de- puis avril 2014.Fabrice Derrien , 45 ans, master en sciences et techniques de communication de l'univer- sité Paris-XIII, a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : Leo Burnett France, directeur des opérations internationales pour Kel- logg's et directeur des services commerciaux.n 2008-2010 : Publicis Worldwide, global account director.n 2006-2008 : Publicis Worldwide, directeur conseil en charge des projets transversaux. n 2001-2006 : Publicis Worldwide, directeur de clientèle senior pour Renault.n 1999-2001 : McCann Erickson, directeur de clientèle.n 1995-1999 : Début de carrière chez TBWA.}JOHN DEERE FRANCEBruno RodiqueMonsieur Bruno Rodique est promu président-directeur général de John Deere France, à ce poste depuis mai 2014, en remplacement de Monsieur Pierre Guyot. Il est également nommé directeur général de l'unité Moteurs d'Orléans-Saran.Bruno Rodique , 41 ans, DESS de ressources humaines (1995) et maîtrise de sciences éco- nomiques du CELSA de Paris-IV Sorbonne, a réalisé le parcours suivant :n 2011-2014 : John Deere, directeur de l'usine d'Arc-les-Gray.n 2008-2011 : John Deere, site d'Arc-les-Gray (Haute-Saône), directeur des opérations puis responsable qualité de la ligne produit Faucheuses et Presses (2009).n 2005-2008 : John Deere (au siège européen à Mannheim, Allemagne), responsable ressources humaines.n 1999-2005 : John Deere Orléans-Saran (usine Moteurs), adjoint du directeur des res- sources humaines.n 1996-1999 : Ford-Visteon, responsable ressources humaines.u L’APCE se sauve et change de têteEpisode 1 : En février 2013, la Cour des comptes remettait un rapport d’évaluation sur les dispositifs d’aide à la création d’entreprise. Elle pointe que l’action de l’Etat se fait « sans cohérence suffisante et sans vue d’ensemble de leur efficacité ». L’Agence pour la création d’en- treprise (APCE) est notamment pointée du doigt, en raison de l’opa- cité des dispositifs pilotés.Episode 2 : En octobre 2013, les 46 salariés de l’APCE s’émeuvent de découvrir que leur agence ne figure plus dans le projet de Loi de finances 2014. Le 8 octobre, Fleur Pellerin charge l’entrepreneur Do- minique Restino, président et fondateur du Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs (Moovje) de réfléchir aux trans- formations à engager pour adapter l’APCE au nouveau paysage de la création d’entreprise.Episode 3 : En avril 2014, l’Agence, dotée d’un budget de 6,4 millions d’euros (financé à 52% par l’Etat et à 48% par des ressources pro- pres), a donc failli mettre la clé sous la porte suite au désengagement de l’Etat, qui avait creusé un trou de 3 millions d’euros dans son bud- get. Finalement, le 29 avril, un nouveau tour de table a été bouclé avec une nouvelle gouvernance, réunissant l’Etat, le Conseil supérieur de l’ordre des experts comptables, l’Assemblée des chambres fran- çaises de commerce et d’industrie et l’Assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat. Deux nouveaux acteurs font leur entrée : Pôle Emploi et la Caisse des Dépôts, qui arrive avec 2 millions d’euros. L’horizon est dégagé jusqu’en 2017.La présidente Frédérique Clavel a passé la main à Dominique Restino. Le rapport Restino-Bert avait conclu que l’APCE est indispensable à la dynamique entrepreneuriale en France – son site internet reçoit 800000 visiteurs uniques par mois – mais que son modèle écono- mique pourrait inclure davantage de services payants et que son fi- nancement pourrait être davantage assuré par des acteurs privés. A l’avenir, l’APCE pourrait être réorganisée, déménager dans des lo- caux moins coûteux, et voir son site internet revisité. En outre, pour accroître ses ressources propres, elle misera davantage sur la forma- tion, notamment à destination des conseillers en création d’entreprise.u Auto-entrepreneuriat et salariat déguiséNouveau rebondissement dans le feuilleton qui oppose les auto-entrepreneurs, représentés par le mouvement des Poussins, avec le gouvernement, dans le cadre du vote de la Loi Pinel. Alors que la hache de guerre semblait enterrée entre artisans et auto-entrepreneurs depuis le rapport du députéLaurent Grandguil- laume, un amende- ment est venu remettre le feu aux poudres.Le 17 avril, les sé- nateurs ont adopté un amendement ac- tant la suppression de la présomption de non-salariat au bénéfice des travail-EN BREF...leurs indépendants, dans le but de lutter contre le salariat déguisé. En effet, depuis 2008 et la Loi de modernisation de l’économie (LME), ces travail- leurs indépendants n’avaient plus à prouver qu’ils exerçaient sans le moindre lien de subordination avec leur donneur d’ordre en cas de litige en vue d’une requalification en contrat de travail. En mai, outre les Poussins, le député Grandguillaume s’est attaqué à cette disposition.}EUROSPORT (GROUPE TF1)Géraldine FiliolMadame Géraldine Filiol est promue directeur général adjoint en charge de la communi- cation internationale, du marketing et des relations extérieures du groupe Eurosport, à ce poste depuis mai 2014, en remplacement de Madame Heather Bowler. Elle est ainsi en charge des relations presse, du marketing des médias du groupe (chaînes et services nu- mériques) et de la promotion de la marque sur les événements sportifs et les grands ren- dez-vous professionnels. Elle renforce également les relations extérieures avec les institutions sportives internationales et les instances dirigeantes.Géraldine Filiol a réalisé le parcours suivant :n NC-2014 : Groupe Eurosport, directeur général adjoint en charge des acquisitions de droits.n 2008-2011 : Groupe Eurosport, directeur général de la filiale Eurosport Events.n 1995-2008 : En poste au sein du groupe Eurosport.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?30 JUIN 2014+ Les Conférences de l’EntreprisePour promouvoir les entreprises et ceux qui les font grandir, cet évènement collaboratif rassemblera les principaux acteurs de la Côte d’Azur (associatifs, institutionnels et privés) pen- dant une semaine interprofessionnelle du 2 au 5 juin 2014. L’objectif sera d’échanger sur une problématique nationale tout en mobilisant à l’échelle d’une région, et chaque jour sera dédié à une typologie d’entreprise. www.lcentreprise.fr+ Planète PME 2014Le salon Planète PME, dédié à tous les dirigeants d’entre- prises et organisé cette année autour du thème « PME : la vi- talité des territoires », se tiendra le 19 juin au Palais des Congrès de Paris.www.planetepme.org+ Salon des Entrepreneurs Lyon Rhône-Alpes 2014 Les 11 et 12 juin au centre de congrès de Lyon, cet évène- ment rassemblera comme chaque année créateurs, jeunes en- trepreneurs, dirigeants de TPE/PME, repreneurs, franchisés, start-ups, etc. Le temps fort cette année est dédié aux solu- tions numériques pour TPE / PME. www.salondesentrepreneurs.com/lyon+ Concours Sarthe Me Up : la Sarthe propose aux por- teurs de projets de s’engager dans l’aventure entrepre- neurialeLe concours Sarthe Me Up, qui permet de gagner 6 mois de salaire en s’implantant en Sarthe, est ouvert jusqu’au 20 juin. Pour plus d’informations et découvrir les profils des candidats au concours ainsi que les grands témoins sar- thois :Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !www.sarthe-me-up.com]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frLiberté d’Entreprendre CLUB ENTREPRENDREDans chaque numéro, EcoRéseau revient sur une passe d’armes entre un nouvel entrant et un (ou des) acteur(s) historique(s) d’un secteur, relevée par la plateforme David contre Goliath qui défend la concurrence face aux abus de position dominante.Mais pour cette fois-ci, l’occasion était trop belle de revenir avec Arnaud Montebourg, ministre de l’Economie,du Redressement productif et du Numérique, sur ses déclarations en faveur des « ententes ».L'interview est réalisée par Léonidas Kalogéropoulos, dirigeant du cabinet de lobbying Médiation & Arguments, qui défend le pluralisme et la concurrence dans différents secteurs. Vice-président d'Ethic, il a fondé le site libertedentreprendre.com et le collectif David contre Goliath.A Une vision plus libérale... qu'en apparencernaud Montebourg tre scepticisme à l’encon- plans sociaux. Dans ce sec- notre industrie quand nos en- être préservé. Si une initiative prises, de créer des emplois défend une écono- tre des autorités euro- teur d’excellence, une concur- treprises sont trop éparpillées, privée comme Demander Jus- et d’augmenter le pouvoir mie dans laquelle la péennes ou nationales œu- rence a été organisée de ma- et je suis favorable à la tice apporte une plus-value d’achat des ménages.concurrence doit permettre vrant pour le développe- nière non maîtrisée. Le ré- concurrence, quand il s’agit vérifiée par la DGCCRF etde faire sauter les rentes, là où elles sont abusives, frei- nent les innovations, pénali- sent les consommateurs et l’emploi. Ainsi, lors de la première rencontre de l’Open Internet Project, qui se mo- bilise pour lutter contre les abus de Google, le Ministre a affirmé refuser que « la France ou l’Europe devien- nent les colonies numériques des Etats-Unis ». Mais d’un autre côté il constate que dans un secteur clef tel que les télécoms, la bataille sans régulation entre quatre opé- rateurs de réseaux mobiles a été destructrice de valeur, parce qu’elle a affaibli tous les opérateurs, au lieu de per- mettre la musculation d’ac- teurs puissants. D’où sa ligne de conduite au cas par cas, finalement pas si éloignée des thèses libérales. En effet, les deux piliers du libéra- lisme, c’est d’une part le recul de l’Etat avec la levée des barrières douanières de- puis la fin du 18e siècle, mais c’est d’autre part l’exigence d’une autorité publique effi- cace face aux monopoles, depuis le Sherman antitrust act à la fin du 19e siècle, pour lutter contre les abus de positions dominantes. Moins d’Etat dans un cas, pour ne pas entraver le dé- veloppement du commerce et de l’industrie, mais une puissance publique affirmée dans l’autre, pour pouvoir s’opposer à la constitution de monopoles, qui sont tout autant des entraves poten- tielles au développement de nouvelles entreprises.Vous vous êtes prononcé en faveur des « ententes » et vous avez exprimé vo-ment de la concurrence. Pouvez-vous préciser vo- tre pensée ?Je suis contre les dogmes, et aujourd’hui, le dogme de la concurrence systématique en- traîne des ravages dans desgulateur sectoriel porte une lourde responsabilité dans la situation que nous connais- sons aujourd’hui. C’est un exemple de cas où le dogme pro-concurrentiel a conduit à des excès après la phasede faire sauter des situations de rente qui n’apportent pas de plus-value à notre écono- mie. Dans tous les cas, je n’ai qu’une seule ligne di- rectrice : il faut que nos sché- mas industriels créent de la richesse pour les consomma- teurs, de l’innovation, des emplois et une force de frappe pour conquérir des marchés à l’international.Dans cette optique, David contre Goliath a pris posi- tion en faveur de Deman- der Justice, un service aux justiciables menacé par l’Ordre des avocats, ou Sonalto qui développe un appareil d’assistance au- ditive que l’Ordre des au- dioprothésistes tente d’ex- clure du marché. Quelle est votre position face àsi elle ne peut laisser penser aux usagers qu’il s’agit de conseils juridiques, alors dans l’intérêt du justiciable et du consommateur, il n’y a au- cune raison pour qu’elle ne puisse pas se développer.Pouvons-nous donc consi- dérer que lorsque David contre Goliath se mobilise en faveur d’entrepreneurs menacés dans leur déve- loppement par des abus de positions dominantes ou des monopoles, vous serez à nos côtés pour le- ver les entraves à l’esprit d’entreprise qui appau- vrissent notre économie ? L’Autorité de la Concurrence joue son rôle dans ce do- maine, et j’ai le plus grand respect pour son président Bruno Lasserre qui vientIl existe un domaine où les dommages liés à une posi- tion ultra-dominante en- traînent des risques ma- jeurs pour notre économie : c’est celui d’Internet, où Google est utilisé à 95% pour les re- quêtes en ligne. Quelle est votre analyse de cette si- tuation ?Je n’entends pas admettre que l’Europe et la France de- viennent les colonies numé- riques des États-Unis. Le nu- mérique est un univers de « winner takes all », où le vainqueur remporte tout, ce qui favorise la constitution de monopoles extravagants. Le monopole de fait de Goo- gle sur les moteurs de re- cherche, qui constituent la porte d’entrée principale vers le Web, soulève des enjeux© MINEFI/SG/ Ph.Ricard« Dans le secteur des télécoms, une concurrence a été or- ganisée de manière non maîtrisée »secteurs clefs de notre éco- nomie. Je ne peux pas ad- mettre que le secteur des té- lécoms soit un secteur d’ave- nir et que dans le même temps, nous y subissions desoù la remise en cause du mo- nopole historique était effec- tivement nécessaire. Je suis favorable au fait de dévelop- per des alliances et des rap- prochements pour consoliderDéveloppons les alliances quand nos entreprises sont trop éparpillées,et favorisons la concurrence quand il s’agit de faire sauter des situations de renteces professions réglemen- tées qui veulent protéger leur pré-carré ?Sur tous ces sujets, mes ser- vices, ceux de la DGCCRF, sont très mobilisés pour que les innovations apportent des plus-values aux consomma- teurs. De l’autre côté, pour les usagers, la nature et la qualité réelle des prestations offertes importent : seuls des professionnels du droit don- nent et doivent pouvoir don- ner des conseils juridiques. L’équilibre entre innovation et compétence devra toujoursd’être renouvelé pour un nou- veau mandat. Le ministère de l’Économie, du Redres- sement productif et du Nu- mérique jouera également son rôle, armé de la DGCCRF, pour analyser les situations au cas pas cas. En- fin, dans le cadre du pro- gramme national de réforme, le Conseil des ministres du 23 avril dernier a porté une attention particulière à la lutte contre les rentes, pour favo- riser une meilleure concur- rence, capable d’améliorer la compétitivité des entre-de souveraineté et de concur- rence importants. Afin d’em- pêcher tout abus du pouvoir exorbitant entre les mains deGoogle, il convient de met. en place une régulation ad hoc de son monopole. Nous allons présenter dans les se- maines qui viennent des me- sures coordonnées en ce sens. Il en va de la souveraineté numérique de la France, tant d’un point de vue écono- mique que démocratique.Propos recueillis par Léonidas KalogéropoulostreLes entrepreneurs victimes de ce genre de procédés, qui souhaitent porter à la connaissance de tout le monde leur exemple, sont invités à entrer en contact avec le collectif David contre Goliath (www.collectif-david-contre-goliath.fr)JUIN 2014 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE A la UneCirculez, il y a tout à voirFondations, investissements, projets... L’économie circulaire se porte bien. Les opportunités à saisir sont nombreuses et de plus en plus d’entrepreneurs se lancent dans l’upcycling, la valorisation des déchets, l’éco-conception ou encore l’économie de la fonctionnalité. Illustration en six portraits.ÉLconomie circulaire : la nouvelle ruée vers l’or ?’économie mondiale du globe augmente en mêmevelables, la promotion de l’écoconception et de la pro- duction propre, une consom- mation respectueuse de l’en- vironnement et enfin la va- lorisation des déchets en tant que ressources et le trai- tement des déchets ultimes sans nuisances ».concevoir et construire un avenir durable en s’appuyant sur le concept d’économie circulaire ». Ou du député EELV des Bouches-du- Rhône François-Michel Lambert, qui a fondé début 2013 l’Institut de l’économie circulaire. Dans le cadre des investissements d’avenir, le programme « économie cir- culaire » est doté de 195 millions d’euros. « Des concepts tels que l’écologie industrielle ou le recyclage des déchets sont anciens,mais ils sont réactivés depuis quelques années, observe Brieuc Saffré, co-fondateur de l’agence de design Wii- thaa, spécialisée dans l’up- cycling. L’économie circu- laire propose un nouveau modèle de société qui peut apparaître comme une ré- ponse à la crise, où les par- ties prenantes de l’écosys- tème créent de la valeur par- tagée, plutôt que de la valeur ajoutée qui ne profite qu’à un seul acteur. »agriculture, BTP notamment – s’organisent pour créer des écosystèmes vertueux où les déchets des uns deviennent les matières premières des autres. La fondation Ellen MacArthur a d’ailleurs créé le club CE 100 pour fédérer une centaine de grandes en- treprises comme Marks & Spencer, Ikea, Nespresso, Philips ou Coca-Cola. La Poste propose par exemple aux entreprises de récupérer le papier de bureaux usagé en même temps qu’elle dis-génère chaque année temps que sa population, ce4 milliards de tonnes modèle se heurte à la limi- de déchets. En 2009, l’éco- tation des ressources. Facenomie française a consommé 797 millions de tonnes de matières et a produit 138 millions de tonnes de déchets ménagers et industriels. De- puis la révolution indus- trielle, c’est le modèle li- néaire qui prévaut : puiser des ressources pour créer des produits, les consommer, puis les jeter. Mais, tandis que la consommation autourau modèle linéaire de plus en plus contesté, le concept d’économie circulaire, qui invite à laisser les ressources en paix et à réutiliser les déchets, a le vent en poupe. L’Ademe explique ainsi que l’économie circulaire « com- mence par une utilisation modérée des ressources non renouvelables et l’exploita- tion des ressources renou-Un nombre croissant d’ac- teurs en font la promotion, à l’instar de la navigatrice britannique Ellen MacArthur, qui a créé en 2007 une fon- dation pour « inciter le public et les entreprises à repenser,Les industriels – pétrochimie,32 JUIN 2014Œ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[LYON, LE LIEU IDÉAL POUR RÉUSSIR SA STARTUPUN ÉCOSYSTÈME STRUCTURÉPOUR CHAQUE BESOIN› Révélez votre startupLa French Tech est un mouvement nationalde mobilisation pour la croissance et le rayonnement des startups numériques françaises. À Lyon, toutes les énergies se mobilisent pour créer sur le territoire les conditions favorables à leur émergence,leur pérennisation et leur développement.Avec 4 000 entreprises numériques, 34 000 emplois› Accélérez son développement et 3,5 Md€ de CA, Lyon représente le 2e pôle numérique› Financez sa croissance› Entourez-vous des meilleursconseilsfrançais.—Plus d’informations lafrenchtech.com lyonfrenchtech.comIN | Lyon Wants French Tech lyonwantsfrenchtech@grandlyon.orgInsign Communications]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE A la Unetribue le courrier. Selon une étude du cabinet MacKinsey, en Europe, « l’économie cir- culaire pourrait permettre de réaliser jusqu’à 700 mil- liards de dollars d’écono- mies sur les matériaux pour la seule production de biens de consommation » - textile, emballage, alimentation. « Il y a une vraie attente de la part des consommateurs pour des produits recyclésdes déchets, sur des niches mais avec des potentiels im- portants, peuvent être trou- vés », juge Xavier Corval, fondateur de la plateforme Eqosphère.ou objets de décoration. Des produits qui ont une âme, puisque chacun vient avec une fiche d’authentification comportant la signature du skipper, l’origine de la voile et son palmarès. Fondée par Erwann Goullin (ex-Reims Management School), Jean- Baptiste Roger et Anna Beyou (femme du skipper Jérémie Beyou), la société vend ses produits sur soncherchés sans se trouver. Depuis juillet 2012, la pla- teforme collaborative Eqo- sphère connecte l’offre et la demande de surplus. En pra- tique, une entreprise s’en- gageant dans une démarche solidaire signale qu’elle peut donner ou vendre un stock, puis la plateforme, gérée par un algorithme maison, pré- vient une association des produits disponibles. « C’est un système gagnant-ga- gnant » explique Xavier Cor- val, son fondateur. Côté as- sociations, ce sont en effet de nouvelles sources d’ap- provisionnement ; côté en- treprises, Eqosphère permet de réduire les frais de des- truction des produits, d’en tirer de nouveaux revenus, de soigner leur image et leurs indicateurs RSE, et de motiver leurs salariés. La plateforme collaborative compte déjà quelques cen- taines clients, dont Auchan et la Fnac côté distributeurs, Emmaüs, la Croix Rouge et les Restos du Cœur côté as- sociations.De plus en plus d’entrepreneurs se lancent dans les différents domaines d’activité de l’économie circulaireet durables, et de la part des industriels pour des so- lutions plus vertueuses », remarque Laurent Bac- couche, commissaire général du Salon des entrepreneurs Lyon Rhône-Alpes (11-12 juin).leure organisation peut leur en faire gagner », explique Brieuc Saffré. Mais « les difficultés de ces entrepre- neurs sont de trouver à quel échelon se situer dans la chaîne de valeur, et d’in- venter les nouveaux modèles économiques qui permettront à leurs entreprises de déga- ger de la rentabilité », note Laurent Baccouche. Un défi loin d’être simple mais relevé par les six jeunes entreprises retenues par EcoRéseau pour illustrer un phénomène ap- pelé à se développer.site internet, 70 boutiques multimarques et deux points de vente, à Lorient et Paris. Avec un chiffre d’affaires de près de 2 millions d’euros et 13 salariés en 2013, l’en- treprise bretonne vise 5 mil- lions d’euros et 40 salariés en 2016 et envisage d’ouvrir son capital à des investis- seurs pour soutenir son dé- veloppement.Du coup, les opportunités de marché sont nombreuses et de plus en plus d’entre- preneurs se lancent dans les différents domaines d’acti- vité de l’économie circu- laire : éco-conception (prise en compte des impacts en- vironnementaux tout au long du cycle de vie du produit), recyclage, réemploi, répa- ration, économie de la fonc- tionnalité (location), écono- mie collaborative (avec des sociétés telles que AirBbnb, Blablacar ou Bureau à par- tager)... « Une multitude de systèmes de revalorisationGREEN SAILS : UN SECOND SOUFFLE POUR LES VOILES Depuis 2010, la société bre- tonne Green Sails donne une seconde vie aux voiles de bateaux de course, qu’elle transforme en sacs, polosEQOSPHÈRE : SUS AU SURPLUSD’un côté, des distributeurs, des entreprises et des col- lectivités qui jettent leur sur- plus alimentaires, leurs pro- duits non alimentaires en fin de vie et leurs invendus ; de l’autre, des associations ca- ritatives, des destockeurs et des épiceries solidaires en manque de ressources. Long- temps, ces acteurs se sont« Cela faisait une quinzained’années que l’idée me trot-tait dans la tête, expliqueXavier Corval. Pour financermes études à Science-Po, jetenais le buffet d’un traiteuret, plutôt que de jeter lesrestes, je les distribuais àdes sans-domicile dans Pa-ris. » En 2009, après un par-cours dans des cabinets mi-nistériels et comme ingénieurcommercial, le jeune entre-preneur formalise son projet bateur de Sciences-Po, ren- étudiant. Il intègre l’incu- contre distributeurs et asso-Les exemples ne manquent pas, dans la vente et le ser- vice aux consommateurs, mais aussi aux entreprises : « Elles comprennent que leurs déchets leur coûtent de l’argent et qu’une meil-Des entrepreneurs veulent mettre l’invention de M. Poubelle au régime secciations pendant 18 mois et réunit 500000 euros d’un premier tour de table asso- ciant notamment Oséo, France Active et la Région Île-de-France.types d’acteurs différents et répondre aux demandes en région et en Europe. » Des demandes qui ne sont pas près de se tarir : « Le gise- ment de produits détruits qui pourraient trouver une deuxième vie est encore considérable ».La jeune entreprise, qui compte six personnes, a réa- lisé 150000 euros de chiffre d’affaires en 2013 et devrait multiplier ce résultat par six en 2014. Son modèle éco- nomique repose sur trois pi- liers : un abonnement aux services (1500 à 2000 euros par mois pour les donateurs, 30 euros pour les associa- tions), le prix de l’installation et de la conduite du chan- gement, et une commission sur la valeur économique créée grâce aux transactions. « Le curseur varie entre commission et abonnement selon les partenaires », pré- cise le fondateur.CANIBAL : FAIM DE RECYCLAGELe collecteur automatisé de cannettes Canibal est né en 2002 de l’imagination de deux étudiants de l’EM Lyon. En 2009, Benoît Paget et Stéphane Marrapodi, qui ont fait carrière dans des ré- gies publicitaires, le rachè- tent à Derichebourg, qui l’avait acquis entre temps. Après quatre ans de déve- loppement industriel, le nou- veau collecteur Canibal est capable de collecter des ca- nettes, des petites bouteilles en plastique et des gobelets à café, soit la plupart des emballages collectés hors- foyer, de les trier et de lesLes prochains objectifs ?34 JUIN 2014« Étendre nos solutions à un plus grand nombre de]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frA la Une CLUB ENTREPRENDREparnasse, Saint-Lazare, gares de l’Est et du Nord) et les aires d’autoroutes Autogrill. Canibal espère ainsi installer 150 collecteurs en 2014, et 200 à 250 de plus en 2015. Après un chiffre d’affaires de 210000 euros en 2013, il devrait dépasser 1 millionmentiel, organisant des dé- monstrations de designers, des workshops pour présen- ter l’upcycling au grand pu- blic, ou des expositions d’objets et de process up- cycling pour Sony, Alinéa, le Palais de Tokyo ou encore Chapitre.com. En 2012, Wii-coup d’énergie, mais aussi beaucoup de marc de café qui termine à la poubelle. Mais depuis mars 2013, une partie de ce marc trouve une utilité en faisant pousser des champignons.entreprendre depuis ses dé- buts. Prêt à pousser a noué un partenariat avec Star- bucks pour s’approvisionner en marc de café, et fabrique elle-même les kits à Mont- magny, avec huit salariés. Elle distribue ses kits sur Internet, dans des jardineries et des magasins bios.L’économie circulaire propose un nouveau modèle de société qui peut apparaître comme une réponseà la criseYUKKAZ :LE TÉLÉPHONE SONNE TOUJOURS DEUX FOISEn 2011, Mehdi Abdelmout- talib, jeune diplômé de l’ES- SEC, a créé l’entreprise RPlus Technologies, et ses deux marques. D’un côté, Mobile Vert, qui recueille des téléphones portables usa-Jérôme Devouge et Romain Behaghel se sont rencontréscompacter lui-même. L’acier des canettes est vendu à Ar- celorMittal et Constellium, les bouteilles en plastique redeviennent des bouteilles en plastique, et les gobelets sont transformés en matière première. Le gisement est impressionnant : « 22 mil- lions de canettes, bouteilles et gobelets sont consommés chaque jour en France », ce qui représente « un gise- ment annuel de 110000 tonnes de matière recycla-tements individuels au quo- tidien. »Pour convaincre ses clients, Canibal mise sur le recyclage comme « véhicule d’image » en interne (communication corporate, valorisation du geste de tri) et met en avant « une solution globale valorisant la démarche RSE de l’entreprise » : traçabilité des flux collectés et recyclés, réduction des émissions car- bone. « Les entreprises peu- vent ainsi montrer à leursLe concept d’économie circulaire, qui invite à laisser les ressources en paix et à réutiliser les déchets,a le vent en pouped’euros en 2014. L’entreprise a réalisé deux levées de fondsen2011et2012,pour une valeur de 3 millions d’euros, et clôturera en juin sa troisième levée. Canibal envisage d’entrer en Bourse fin 2014 pour accompagner son développement interna- tional.thaa a aussi ouvert une bou- tique parisienne où les des- ignersprésententleurscréa- tions issues de l’upcycling : gamme d’électroménager en composants récupérés, ta- bouret à partir de cagettes, lampe K7 et canettes, sus- pension en gobelets, pla- teaux en caisses de vin...à l’ESSEC, où ils ont eu l’idée de créer la société Prêtàpousser,quifabrique et commercialise un kit pour faire pousser chez soi des pleurotes en deux semaines. « Plutôt que de le jeter, nous collectons le marc de café en véhicule électrique et le transformons en kits à cham- pignons dans notre atelier », explique la société installée dans la pépinière d’entre- prises de Montmagny, dans le Val-d’Oise, et qui a été accompagnée par le RéseauentreprisesWIITHAA : DU NEUF AVEC DU VIEUXCréée début 2013 par le des- igner Nicolas Buttin et le consultant Brieuc Saffré, Wiithaa se présente comme « le réseau de l’upcycling », soit le fait de « recycler en ajoutant de la valeur ou de l’utilité grâce au design ». « Wiithaa permet aux col- lectivités et aux entreprises de donner une nouvelle vie aux lieux, matériaux et ob- jets grâce au design », ex- plique Brieuc Saffré, di- plômé de l’ESSCA en 2008. L’entreprise exerce dans deux domaines d’activité. Premièrement, elle conseille les entreprises sur la valo- risation de leurs déchets et l’éco-conception de produits, de services et de business models. Ainsi, elle a aidé Doublet, leader mondial dans l’impression de dra-PRÊT À POUSSER : À VOS MARCSLes Français absorbent 100 millions de tasses de café chaque jour. Cela fait beau-gésauprèsdes.et sollicite une entreprise de travail adapté pour trier et tester les mobiles. De l’autre, Yukkaz, une marque grand public et un site in- ternet qui revend les télé- phones reconditionnés et re- mis à neuf sur le marché de la seconde vie.Aymeric Marolleauble », calcule l’entreprise. « Cet outil facilite le geste de recyclage et donne envie de recycler par son côté lu- dique, explique Benoît Paget. Au-delà de la collecte d’un déchet, nous espérons que cela améliorera les compor-collaborateurs qu’elles font des efforts, mais que ceux- ci sont inutiles s’ils n’y par- ticipent pas au quotidien », explique Benoît Paget. Ca- nibal équipe ainsi de grandes entreprises, comme L’Oréal, des collectivités (gare Mont-peaux, à transformer ses dé- chets et surplus industriels en sacs et suspensions lu- mineuses, qui pourraient à terme être réalisés par un ESAT proche. Deuxième- ment, Wiithaa se place comme prestataire évène-JUIN 2014 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - spécial BrésilLa réussite française Ô BrazilIls sont jeunes, audacieux et ambitieux. L’une est autodidacte, l’autre tout droit sorti d’une école de commerce. Installés à São Paulo, ces jeunes Français y ont créé leur entreprise.Comment vous êtes-vous lancés dans l’aventure brésilienne ? Pauline Charoki : C’était en janvier 2007, j’avais 23 ans. J’étais étudiante en droit et avais accompagné mon ex-mari au Brésil, qui avait le projet d’y créer une entre- prise d’import-export. C’était pour moi l’occasion de connaître un nouveau pays, une autre culture. Nous nous sommes installés et j’ai ter- miné mes études (un master en Droits de l’homme) à dis- tance. Je ne connaissais pas un mot de portugais et je n’avais pas les moyens de m’offrir des cours. J’ai donc appris la langue par moi- même, au contact de la rue. Je me suis rapprochée de laUne aventure enrichissante dont ils révèlent les tenants et les aboutissants.merce international en France, je suis parti étudier pendant un an en Argentine, à Buenos Aires. J’ai eu l’occasion de faire quelques voyages au Brésil avec mon sac à dos, et le pays m’a tout de suite plu. J’avais 24 ans, j’ai décidé de m’y installer. J’y suis allé au culot, en faisant du porte- à-porte dans les entreprises pour y distribuer mon CV. J’ai décroché un stage de sept mois chez Altios Inter- national, une société de consulting et d’aide à l’im- plantation d’entreprises étran- gères au Brésil. Ce stage a confirmé ma première im- pression : celle d’un pays où il fait bon vivre et travailler, avec de belles opportunités professionnelles à la clé. J’aidans un monde très masculin. Bref, le défi était de taille. Je me suis donné trois mois pour me débrouiller en por- tugais. Avec Alexandrine, nous avons suivi un à un tous les pas de l’entrepreneur, selon une méthodologie très organisée : enquête de mar- ché, plan de vente, business plan, étude marketing. Il nous a fallu six mois pour mettre en place notre offre, dans un marché de niche, grâce au soutien d’un groupe de men- tors qui nous ont aidées dans leurs domaines de compé- tences respectifs (marketing, finances, pédagogie, networ- king).marché de niche au Brésil, nous pouvons réussir plus vite et plus fort car il existe peu de concurrence. Le mar- ché est énorme : les 20 mil- lions d’habitants à São Paulo comptent beaucoup... Aubusiness. L’ambiance est dé- contractée. Nous travaillons beaucoup, mais à un rythme plus cool. Tout le monde s’appelle par son prénom, le dress code se rapproche plus du jean/T-shirt que du cos-l’erreur à ne pas commettre. Les Brésiliens sont très émo- tifs et prennent tout à cœur. Il suffit de le savoir. J’ai en- core beaucoup à apprendre de mes employés brésiliens dans ce domaine !Au Brésil, il faut savoir que tout va mettre beaucoup de temps, et que rien ne se passe jamais comme prévu Cyprien HoffetCH: L’intégration passe par la langue. J’avais la chance de parler le portugais, un atout pour affronter les contraintes administratives. Au Brésil, la principale dif- ficulté est le respect des dé- lais. Tout est très long. Il faut savoir que tout va mettre beaucoup de temps, et que rien ne se passe jamais comme prévu. La flexibilité est le mot clé au Brésil ! De plus, les Brésiliens fonction- nent beaucoup à l’affect, contrairement en France. La barrière entre vie personnelle et vie professionnelle est très mince. Même dans les ad- ministrations, pour obtenir un papier, une autorisation, il faut entretenir la relation, c’est une sorte de « corruptioncommunauté française au Brésil, ai envoyé des CV un peu partout et le Consulat de France m’a rapidement contactée pour me présenter une jeune femme, Alexan- drine Brami, aujourd’hui mon associée. Elle avait été en- voyée au Brésil par Sciences Po Paris, avec la mission d’accompagner des Brésiliens qui souhaitaient intégrer les universités françaises. Nous nous sommes rencontrées, le feeling est passé et notre aventure entrepreneuriale a démarré. Notre idée était d’importer la préparation Ipe- sup au Brésil. Nous avons testé notre idée sur un petit groupe d’étudiants et l’ex- périence a été concluante. Ainsi est né l’IFESP, l’institut d’études françaises et euro- péennes de São Paulo, en janvier 2008.ensuite effectué pendant trois ans un V.I.E. (Volontariat in- ternational en entreprises) dans une société brésilienne de transports et de logistique. J’y ai acquis mes compé- tences actuelles, qui m’ont permis de créer, il y a deux ans, Novatrade, une entreprise d’import-export. Le dyna- misme et la philosophie des Brésiliens insufflent au pays son optimisme. Créer sa pro- pre entreprise en est presque facile.Quels obstacles avez-vous rencontrés ?PC : Je suis autodidacte, je me suis donc « réinventée » entrepreneur. Le challenge était de taille : je voulais réussir sans aucune formation en management, dans un pays étranger, sans en parler la langue et sans grands moyens financiers. Qui plus est, j’étais une femme entrepreneure,Pauline CharokiCyprien Hoffet : En 2008, après mes études de com-CH : Nous ne ferons jamais au Brésil du business comme nous le ferons en France, ni même en Europe. Dans ce pays il faut devenir l’ami du client pour développer son36 JUIN 2014directrice générale de l’IFESP, l’institut d’études françaises et européennes de São Paulo, créé en janvier 2008. Avec son associée Alexandrine Brami, elle a également lancé trois projets dans le marketing digital dont le blog « My Little Brazil ». C'est au Brésil que sa graine d'entrepreneure s'est épanouie...amicale ». Cette pratique est très ancrée dans les habitudes, même si les choses évoluent tout doucement.Faire du business au Brésil, est-ce si différent qu’en France ?PC : Assurément ! Le Brésil est un pays d’entrepreneurs, qui favorise l’envie d’entre- prendre ! Si nous visons untume. Mais tout cela n’em- pêche pas de rester très pro- fessionnel. C’est assez dé- stabilisant au début car cela ne fait pas partie de notre culture. En tant qu’Euro- péens, nous pourrions avoir tendance à entrer dans une confrontation directe avec une personne. C’est justement© DRCette « cool attitude » se ressent-elle dans votre style de management ? PC : Nous appliquons les mêmes règles de management pour les collaborateurs fran- çais et brésiliens, à qui nous imposons des outils de re- porting assez stricts, maisBrésil, il est possible de ga- gner sa vie très bien et très rapidement, à condition d’être à l’écoute du marché.]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frInterview croisée - spécial Brésil CLUB ENTREPRENDREavec des nuances dans la re- lation humaine. Avec les col- laborateurs brésiliens, nous savons que nous devons pren- dre en compte la dimension affective. Tandis qu’avec nos collaborateurs français, nousde management est forcément différent. Avec mon collabo- rateur français, je peux pren- dre un ton plus direct, là où mes employés brésiliens se sentiraient agressés. Combien de directeurs français débar-l’image véhiculée par vo- tre entreprise ?PC : Nous bénéficions d’une très bonne image car nous nous sommes développés sur un marché de niche, très dif- férenciant. Nous sommes sou-tenir un examen linguistique reconnu (le TCF) et pour mon- ter un dossier de candidature complet. Notre public a bien compris que nous n’étions pas des concurrents de l’Al- liance Française car nous pro- posons un service personna- lisé. D’ailleurs, nous avons fait le choix de la diversifica- tion avec le lancement de deux cours de français et de portugais en ligne. Ce déve- loppement a nécessité trois ans de travail mais nous per- met aujourd’hui d’offrir tous nos services à distance. Notre équipe est composée d’une dizaine de professeurs français et brésiliens. Cette richesse bi-culturelle renforce notre image.sommes perçus comme des personnes très organisées, très méthodiques, mais un peu au- toritaires et assez froides. Avec les Brésiliens, tout est question de forme. Nous, Français, sommes un peu grossiers ! CH:Ilyadevraisapriori concernant les Français ! Nous entendons ici et là qu’ils sont maniérés, qu’ils sont négligés (les Français « auraient inventé le parfum pour éviter de pren- dre des douches »). Bref, les blagues pour nous taquiner ne manquent pas, de la même façon que nous nous plaisons à charrier nos amis belges ! Nous sommes en fait assez respectés grâce aux études et à l’éducation. Je dois dire que le complexe brésilien enversdans la salle de pause. Nous avons regardé les matchs en- semble, c’était très bénéfique pour la cohésion d’équipe ! Cette année, le maire de São Paulo a décrété des jours fériés quand les matchs auront lieu dans sa ville, soit six jours au total. Nous n’allons pas tout accorder, ce serait impensable, mais nous fermerons le 12 juin pour l’ouverture du Mon- dial, et nous regarderons les matchs du Brésil ensemble au bureau les autres jours. Mais nous savons déjà que les clients se feront rares ! CH : Le Brésil et le foot, c’est incroyable ! Ils en parlent tout le temps, et dans toutes les classes sociales. Le portier de l’immeuble va discuterCH : Le business de l’out- sourcing et de l’import-export est assez compliqué. Qui dit importation au Brésil dit fis- calité lourde, calculs fiscaux complexes. Nous faisons tout pour travailler notre image, en expliquant de manière sim- ple ce qui peut ressembler à un flou artistique. Nous es- sayons de vulgariser la com- plexité de la fiscalité brési- lienne, et c’est grâce à ce tra- vail que Novatrade est au- jourd’hui recommandée par Ubifrance. C’est bien sur une grande satisfaction.Avec les collaborateurs brésiliens il faut absolument prendre en compte la dimension affectivePauline Charoki© DRdevons davantage instaurer des limites, en matière de comportement notamment. CH : Oui, je me suis adapté à mes employés (quatre Bré- siliens et un Français) et à leur culture. Au Brésil, nous devons valoriser la personne, essayer d’avancer ensemble de façon amicale. Le stylequés au Brésil se sont cassé les dents au bout de six mois à cause d’un management trop directif ! Cette remise en question de notre mana- gement « à la française » est indispensable pour réussir au Brésil.Etes-vous satisfaits devent comparés, à tort, à l’Al- liance Française, notamment pour l’apprentissage du fran- çais. Or, l’IFESP propose en six mois, un an, aux étudiants brésiliens qui souhaitent in- tégrer des grandes écoles et universités françaises, une for- mation personnalisée pour ap- prendre le français, pour ob-la France, capitale du chic et du glamour ! Le fait d’être étrangère, et surtout française, a été pour moi un réel atout. Les Brésiliens âgés de 40/50 ans parlent bien le français, car c’était leur deuxième langue à l’école. La culture française est très présente dans la vie et dans l’esprit des Bré- siliens. D’un point de vue plus professionnel, nousrien. Ce.rapporter un beau contrat, mais cela permettra de déve- lopper des affinités, bien utiles au business. Le cas d'une ren- contre Brésil-France serait un beau moment dans l'entreprise, nous irions voir le match tous ensemble et... que le meilleur gagne !directeur général de Novatrade Brasil, filiale du groupe Brazil Invest Solu- tions, plateforme internationale d'access market au Brésil, prévoit de réali- ser un chiffre d’affaires de 400000 euros en 2014.Comment les Français sont-ils perçus au Brésil ? PC : Les Brésiliens adorentCyprien Hoffetla France, pays du sud contre pays du nord, Amérique du Sud contre Europe, se ressent parfois.Le foot et le Brésil, une vraie folie ?PC : Laissez-moi vous ra- conter une anecdote : lors de la précédente Coupe du monde, les filles de mon équipe sont venues me voir pour me demander si des jours fériés étaient prévus lors des matchs du Brésil. Je trouvais cela absurde ! J’en ai discuté avec des amis brésiliens qui m’ont dit ceci : « N’essaie même pas de lutter. Le foot est ancré dans la culture bré- silienne, il faut les laisser profiter de ce moment ! ». Comme je suis très ouverte et à l’écoute de mes employés, plutôt que d’instaurer des jours non travaillés, je leur ai pro- posé d’installer une télévisiond’un match de la veille avec le PDG de l’entreprise et lui lancera sans complexe : « Vous en faites une tête ce matin » ! Au Brésil les gens parlent de foot tous les midis pendant la pause déjeuner. C’est une ma- nière de briser la glace et cela efface les classes sociales. Ici, vous êtes obligé de supporter une équipe de foot, même si vous n’aimez pas le foot, même si vous n’y connaissezn’est pas ce qui vaPropos recueillis par Anne DiradourianJUIN 2014 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE En immersionL’incubateur qui fait le bzzzzUn espace de travail dédié aux professionnels de l’économie sociale et solidaire, il fallait y penser. La DRuche, située en plein cœur de Paris, accueille des entreprises qu’elle fédère comme une communauté.Reportage.es bouteilles d’huile bon le développement dura- La Défense. L’idée de départ « Quand on crée une entre- table pour ces jeunes entre- toute manière, les entreprises d’olive traînent sur ble et la politique écorespon- était de faire en sorte que prise sociale, il n’y a pas de prises. « Les clients sont cu- qui grossissent veulent à un des tables en bois, de sable, des tendances dans l’air l’espace soit propice à la meilleur endroit à Paris pour rieux et viennent voir à quoi moment voler de leurs propresjeunes gens lavent leurs as- du temps : une poubelle ré- créativité, au bien-être et à commencer. L’état d’esprit cela ressemble. Il est plus fa- ailes et posséder leurs propressiettes et leurs tasses de café dans l’évier. Des murs de cou- leurs vives habillent un coin kitchenette, où trône une ma- chine à expresso qui s’active depuis le milieu de la matinée. Au milieu de la pièce princi- pale : un grand tableau avec les thèmes des ateliers à venir, inscrits à la craie, ainsi qu’une boîte à idée, baptisée « boîte à mieux ». Le visiteur se croi- rait presque débarqué dans une auberge de jeunesse. Et pourtant, il se trouve dans un des centres névralgiques de l’entrepreneuriat de demain, en plein cœur de Paris, sur les berges du canal Saint- Martin. Bienvenue à La Ruche, un espace collectif de travail atypique. Son origi- nalité ? Créé en 2008, il re- groupe entrepreneurs et por- teurs de projets autour d’un dénominateur commun : leur activité touche de près ou de loin (souvent de près, quand même) à l’entrepreneuriat so- cial et solidaire. Ce que ses résidents nomment en chœur « la nouvelle économie ».colte les bouchons en liège, la convivialité. Ce qui explique est moins business que dans cile de faire éclore ces jeunes Parmi les 60 incubés, des start-up spécialisées dans lelocaux. Même s’il y a encore des vieux de la vieille et qu’il n’y a aucune obligation de départ, contrairement à une pépinière classique, les en- treprises s’en vont au bout de deux ans en moyenne », observe la responsable.FORTE IDENTITÉ ÉCORESPONSABLE DANS L’AIRParmi la soixantaine de struc- tures (pour une centaine de personnes environ) qui siègent partiellement ou à plein temps au sein des quelque 500m2 de bureaux qu’offre ce « la- boratoire vivant d’innovation sociale », on trouve aussi bien des start-up spécialisées dans le commerce équitable, des associations œuvrant pour les droits des minorités, un ma- gazine traitant de l’actualité de l’écologie... « Nous ne sommes pas positionnés sur un secteur d’activité en par- ticulier, mais plus sur une fa- çon de concevoir notre mé- tier », prévient Blanche Ré- rolle, responsable du déve- loppement et des relations ex- térieures au sein de La Ruche. Pas de doute, le visiteur est bien dans un endroit qui fleureAinsi, plus qu’une addition d’entrepreneurs travaillant chacun dans leur coin, La Ruche regroupe une véritable communauté. Dont les mem- bres s’entraident et collabo- rent, notamment via des ate- liers bimensuels. « Lors du dernier atelier, un entrepre- neur nous a appris à maitriser Google Analytics entre midi et deux. Ce qui permet à ceux que cela intéresse de bénéfi- cier d’une formation accélérée et gratuite », cite, en guise d’exemple, Donna Enticott. Chaque vendredi, à l’heure du déjeuner, a lieu ce qu’on appelle ici le « buzz ». Le concept ? Tout le monde se regroupe et chacun vient par-38 JUIN 2014commerce équitable, des associations œuvrant pour les droits des minorités, un magazine écologique...PLUS QU’UN ESPACE DE TRAVAIL, UNE COMMUNAUTÉSi la somme n’est pas forcé- ment insignifiante lorsqu’on se lance dans une aventure comme celle-là, Nolwenn Bu- vat considère qu’il s’agit d’un investissement largement ren- table : « Une veille écono- mique vaut très cher. Or, ici, à force de discuter ou de boire des coups avec tout le monde – car La Ruche crée aussi du lien social –, nous sommes vite au courant de tout ce qui peut concerner notre activité ».une autre collecte les bouchons en plastique, une dernière est remplie de piles usagées. Même les carrés de sucre sont estampillés bio. La déco se veut jeune et moderne, et de nombreuses plantes viennent garnir les couloirs. « L’archi- tecte qui a conçu l’espace était le mari d’une des fon-ce parti pris : les lumières naturelles plutôt que les gros néons, le mobilier plutôt er- gonomique... », appuie Blanche Rérolle.des lieux similaires, mais vaut vraiment le coup au niveau de l’état d’esprit », estime Nathanaël Molle, fondateur de l’association Singa, qui travaille sur l’intégration éco- nomique de réfugiés politiques en France. L’équipe dirigeante de La Ruche reçoit entre 150 et 200 demandes « d’asile »pousses ici qu’à Boulogne- Billancourt », remarque Nol- wenn Buvat, fondatrice de la société LYGO, spécialisée dans la confection d’objets publicitaires équitables. « Je pourrais travailler depuis chez moi, mais je passerais à côté d’opportunités. Ici, nous pou- vons échanger en permanence, nouer des contacts, créer un réseau. Exemple : si je cherche un graphiste pour un projet, il est plus simple d’avoir un couloir à traverser que de chercher sur Internet. Quand on est là, on entend ce qui se passe, on voit des gens, et ça peut déboucher sur des par- tenariats », note Donna Enti- cott, qui a récemment créé une agence de communication responsable baptisée Bluellow. Voilà qui justifie donc de payer un loyer en plein cœur de Paris, même lorsque l’on est une TPE : le tarif est de 250 euros hors taxes par mois pour qui compte utiliser l’es- pace comme un pied-à-terre (deux jours par semaine) et d’un peu moins de 400 euros hors taxes pour ceux qui dé- sirent résider de façon per- manente. « Les critères pour intégrer La Ruche ? Etre en adéquation avec l’esprit du lieu et se reconnaître dans l’entreprenariat social. Et met- tre en valeur son intérêt de venir dans un espace comme celui-là. L’acceptation passe beaucoup par le dialogue avec le porteur de projet pour connaître sa motivation réelle », décrit Blanche Ré- rolle. Il faut aussi avoir une petite équipe, pour ne pas monopoliser l’espace. « DeENGRAIS POUR JEUNES POUSSESA mi-chemin entre un espace de coworking traditionnel –Et en plus les incubés rappliquent dare-dare pour faire de l'humour...tager son.fait part de ce qu’il a vu ou entendu. En résumé, la Ruche est un endroit qui bourdonne de jeunes talents. Et qui fait des émules : l’équipe diri- geante réfléchit ainsi à ex- porter le projet en province, à Strasbourg, Bordeaux et Rennes.datrices du projet. La Ruche, c’est d’abord un lieu convivial, personne n’a envie de se re- trouver dans des bureaux demême si le terme est de plus en plus galvaudé – et un in- cubateur d’entreprises, l’en- droit attire les jeunes talents.par an, pour seulement une trentaine de lauréats. Et pour cause, occuper ces murs re- présente une plus-value no-Marc Hervezactu, ses besoins et]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frElectron libre CLUB ENTREPRENDRE Des coups à la maîtrise des coûtsPassée des rings aux bancs de Sciences Po, Sarah Ourahmoune s’est forgée dans les sports de combat les qualités mentales qu’elle entend insuffler aux clients de ses séances de team building.Slaisser le club où elle s’entraî- nait chaque semaine. Saïd Ben- najem, l’entraîneur du Boxing Beats d’Aubervilliers, lui pro- pose alors un nouveau défi. Il l’initie à la boxe anglaise. « À partir de là, tout est allé très vite, explique-t-elle en souriant. Au début, je n’avais pas le droit de combattre, car la boxe féminine n’était pas autorisée en compétition. Je pouvais juste m’entraîner, mais j’ai tout de suite aimé le côté lu- dique de ce sport et l’ambiance de la salle. »mettre en danger. Dans les vestiaires, avant de monter sur le ring, j’aime sentir cette pres- sion, où se mêlent à la fois l’excitation et une forme de peur. Cette poussée d’adré- naline me fait avancer. Ensuite, une fois sur le ring, il faut étudier l’adversaire et élaborer une stratégie pour gagner. » Une démarche qui s’apparente finalement à celle du dirigeant d’entreprise, obligé de concoc- ter les recettes du succès face à la concurrence.sur le team building que Sarah Ourahmoune fonde le plus d’espoir pour doper la crois- sance de la société dès cette année. Le marché existe déjà et les entreprises, toujours en quête de nouvelles approches et expériences pour souder et motiver leurs équipes, sont sé- duites par le principe. « Nous intégrons des séances de boxe dans le cadre de séminaires. Si l’entreprise le souhaite, nous pouvons également intégrer des modules sur la gestion du stress et des émotions, l’apti- tude à rebondir après un échec... » Lancée, dans un premier temps, dans une dé- marche de prospection de proximité, la présidente de Boxing & Company entend bien dépasser rapidement les frontières de la région pari- sienne.© Joseph MelinC’est pourtant loin de la salle de boxe qu’elle se découvre une âme d’entrepreneur. « En 2012, j’ai suivi une initiation à l’entrepreneuriat à Sciences Po pendant un semestre. À l’issue de cette période, j’étais convaincue d’avoir trouvé une voie dans laquelle je souhaitais m’engager. » Son projet pro- fessionnel n’était pourtant pas encore clairement défini à ce moment-là. « Je voulais qu’il tourne autour de la boxe, mais je ne savais pas encore com-Dure à la négo...ETUDIER L’ADVER- SAIRE ET ÉLABORER UNE STRATÉGIEDeux ans plus tard, néanmoins, enfin autorisée à combattre, elle fait ses débuts sur un ring. Un moment fort, inoubliable, qui constitue la première étape d’une course vers les sommets. Un premier combat, une pre- mière victoire et, quelques mois après, elle décroche son premier titre de championneon histoire est de celles que l’on raconte dans les salons parisiens,lorsqu’il semble judicieux de vanter les mérites de l’inté- gration par le sport. Celle d’une gamine de banlieue qui montre d’étonnantes dispositions pour le sport et qui, une fois sa car- rière d’athlète de haut niveau assurée, s’ouvre finalement les portes d’une grande école, avant de se lancer dans l’aven-Toutefois, Sarah Ourahmoune voit déjà plus loin. « A plus long terme, mon ambition est d’ouvrir de petites salles de boxe loisir. Il y a une véritable demande pour ce genre d’ac- tivité. La boxe attire un public de plus en plus large. Les gens ont compris qu’il y avait autre chose que de la violence der- rière ce sport. D’ailleurs, la boxe loisir repose sur la sou- plesse, la vitesse de déplace- ment, la maîtrise de son corps et l’esquive. Il n’est pas ques- tion de puissance. » Elle ai- merait donc ouvrir des salles totalisant entre 200 et 300 m2, où les gens viendraient tra- vailler leur jeu de jambes dans une ambiance conviviale. « Si nous respectons notre plan de marche, nous devrions ouvrir une première salle au début de l’année 2016. » Ensuite, le développement pourrait se faire progressivement, peut-être sousLes prestations ? Cours de boxe en entreprise, team building, modules sur la gestion du stress ou le rebond après l’échecde France à seulement 17 ans.ture entrepreneuriale à 30 ans. Si ce n’est que cette fois-ci, l’histoire est bien réelle. Si ce n’est que cette fois-ci, l’histoire est celle d’une jeune femme pesant à peine 50 kilos pour moins d’un mètre soixante. Si ce n’est que cette fois-ci l’his- toire est celle d’une jeune femme devenue championne du monde de... boxe.Apothéose de ce parcours, elle est sacrée en 2008 championne du monde, à l’issue d’un tour- noi organisé en Chine. La plus belle des médailles vient ré- compenser les efforts qu’elle consent depuis plusieurs années pour concilier une vie profes- sionnelle d’éducatrice spécia- lisée dans un centre pour jeunes handicapés, des études de com- munication sur les bancs de la Fac et les heures d’entraîne- ment.ment mettre en œuvre cette démarche. » Le cadre se des- sine pourtant peu à peu. Sous le statut d’auto-entrepreneur, dans un premier temps, puis avec la volonté de créer une structure pour donner plus d’ambition au projet.A 15 ans, lorsqu’elle entre pour la première fois dans la salle de boxe d’Aubervilliers, Sarah Ourahmoune est une jeune fille comme toutes les autres. Ou presque. Avant que sa famille ne s’installe quelques mois plus tôt dans la cité du nord-est parisien, elle pratique le taekwondo à Clichy, où elle vit avec ses parents et ses cinq frères et sœurs. En quittant la ville où elle a grandi, Sarah est également contrainte deOUVRIR DE PETITES SALLES DE BOXE LOISIRLes statuts de la SAS qu’elle a constituée avec Francky De- nis, boxeur lui aussi, ont été déposés au mois de mai 2014. Baptisée Boxing & Company, la société vise deux marchés dans un premier temps : les cours de boxe en entreprise et le team building. Bien que le phénomène soit récent, le concept de la boxe en entreprise se développe peu à peu en France. Néanmoins, c’est plus.e. « Finale-forme de franchis« C’est lourd, naturellement, mais j’aime ce rythme, af- firme-t-elle. Et puis, j’adore mon sport. » Il suffit de regar- der Sarah Ourahmoune pour comprendre que derrière cette passion se cache autre chose que le plaisir de bombarder de coups le corps et la face de ses adversaires. « J’aime mement, dans ma démarche en- trepreneuriale comme dans mon sport, j’ai besoin de me fixer des objectifs, d’avoir de grandes échéances devant moi », analyse Sarah Ourah- moune. Avec l’espoir de dé- crocher une nouvelle fois de grandes victoires.Jacques DonnayJUIN 2014 39]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux« L’échec impliquant les relations entreindividus est le vrai tabou »EcoRéseau ne met pas cette fois-ci le focus sur une entreprise qui souffre ou coule, mais sur Roxanne Varza, âgée de 28 ans. L’Américaine a lancé en France les FailCon, où des entrepreneursVous avez organisé plusieurs FailCon à Paris. De quoi s'agit-il ?Ce concept est né en 2009 à San Francisco. Ce sont des conférences annuelles d’une journée où des entrepreneurs viennent partager leurs expé- riences de l’échec. L'idée est surtout d'expliquer comment ils s'en sont sortis et de montrer ce qu'il ne faut pas faire. Nous y avons reçu des entrepreneurs connus comme Vinod Khosla, cofondateur de Sun Microsys- tems, les fondateurs de Zynga,se rencontrent et parlent de leurs échecs.exemple.Foursquare...Et vous, quels sont vos propres échecs ? (Rires) Tout le monde a ses échecs. En ce qui me concerne, j'ai fondé en 2012 le site rude- baguette.com, un média en an- glais parlant de l'entrepreneuriat en France. Mais, avec mon as- socié, nous nous sommes rendus compte que nous avions des visions du projet tout à fait op-28 ans, et déjà un parcours remarquable. Vous êtes depuis septembre 2012 responsable des relations avec les start-up françaises chez Microsoft. Qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser à l'échec ?Je suis passionnée par l'entre- preneuriat et passe donc beau-française. La perception du risque et de l'échec est-elle différente des deux côtés de l'Atlantique ?La peur de l'échec est beaucoup plus marquée en France. Aux Etats-Unis, les gens évoquent beaucoup plus aisément leurs erreurs. Là-bas, les gens n'ont pas peur de montrer qu'ils ontà prendre des risques. L’étudiant français pose une question plus pour montrer qu'il a des connais- sances. La prise de risque n'est pas valorisée. Aux Etats-Unis, on n'hésite pas à poser des questions, même si elles peuvent paraître ridicules.Vous voulez dire que l'échec est moins tabou outre-At- lantique ?Souvent les investisseurs amé- ricains préfèrent miser de l'ar- gent sur des personnes qui ont déjà échoué par le passé, car ils supposent qu'elles ont appris de leurs erreurs. Je me souviens d'un entrepreneur américain qui avait connu deux échecs et deux réussites auparavant et qui avait réussi à lever 40 mil- lions de dollars. En France, il est difficile de lever une telle somme, et ça l'est d'autant plus si vous avez déjà connu desConstatez-vous une évolution des mentalités françaises à ce sujet ? Oui, les gens sont de plus en plus ouverts pour en parler. A chaque FailCon, nous trouvons davantage de speakers. Cette année, pour la première fois, nous n'avons pas eu de mal à trouver des sponsors. Aupara- vant, aucune marque n'osait apposer son nom. Et des gensintéressés me contactent, et des événements similaires au Fail- Con apparaissent à Strasbourg ou Toulouse.Quels types d'échecs abor- dez-vous lors d'un FailCon ? Parmi nos speakers, nous avons eu par exemple le témoignage d'une personne dont l'associé était décédé. Nous avons aussi accueilli une autre qui a arrêté sa scolarité à l'ENA afin de créer sa start-up. Ou encore une personne qui avait levé de l'argent auprès de très grands investisseurs, mais qui ne par- venait pas à trouver le bon mo- dèle économique et qui, pendant plusieurs mois, ne pouvait même plus se permettre de se payer à manger le midi. A chaque fois, il est incroyable de voir le côté profondémentle cas notamment des mésen- tentes entre associés.Avez-vous des ambitions concernant le FailCon ? J'aimerais encore développer ce type de conférence sur Paris. Je suis également impliquée dans l'organisation d'une édition en Iran, où j'ai des origines. Mais nous réfléchissons aussi à la possibilité de faire évoluer le modèle et de passer à l'étape suivante, en créant un prix parDepuis quand avez-vous im- porté le concept en France ? Nous avons organisé le premier FailCon en septembre 2011 et le second un an plus tard. Le troisième s'est déroulé en avril dernier à Bercy. Nous avons repris le même concept et, dès le départ, nous avons obligé tout le monde à parler en an- glais. La barrière de la langue et la présence de participants étrangers font que les entre- preneurs français se prêtent plus facilement au jeu. Lors de la dernière édition, nous avons accueilli 200 personnes aux profils variés : jeunes pa- trons de start-up, chefs d'en- treprise expérimentés, inves- tisseurs, représentants de grands groupes, journalistes...humain de l'entrepreneuriat.Si tabou que certains pref́ er̀ ent le mimer plutot̂ que d'en parler...échecs.Est-il plus facile de parler de certains échecs que d'autres ? Assurément. Pour tous les échecs liés à une problématique de produit, de marché ou de levée de fonds, je n'ai aucun mal à trouver des speakers. En revanche, quand il s'agit d'un échec impliquant des relations entre individus, les gens ont beaucoup plus de mal à en par- ler, car il y a souvent une di- mension très personnelle. C'estquitté l'aven-coup de temps dans le milieu des start-up. Or il est de notoriété publique que 60 à 80% d'entre elles ne réussissent pas. Si les entrepreneurs ont peur de pren- dre des risques, c'est parce qu'ils ont peur d'échouer. La question de l'échec est au cœur de l'en- trepreneuriat.Vous êtes Américaine et connaissez bien la culturecréé des start-up qui n'ont pas fonctionné. En France, les gens ont davantage tendance à cacher leurs échecs.D'après vous, quelle en est la raison ?Je pense que cela provient du système scolaire. Quand j'ai fait mes études en France, je me suis rendu compte que les élèves étaient rarement incitésposées. J'ai donc.ture. L'ironie, c'est que j'ai vécu cette expérience bien après le lancement des premiers Fail- Con. Aujourd'hui, si je devais monter un nouveau projet, je ne referais pas la même erreur. C'est bien la preuve que l'on apprend de ses échecs... et de ceux des autres.Propos reccueillis par Yann Petiteaux40 JUIN 2014]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frProspective CLUB ENTREPRENDREFiction totaleLe cinéma « à la papa » a vécu. Place à un divertissement d’un nouveau genre, mêlant tous les médias et mêmela réalité, où chacun peut influencer l’histoire. Illusoire ? Pas tant que ça...Par Matthieu CamozziDe : vincent.gordet@univ-paris14.frDate : 24 avril 2045, 20:45A : aditya.ramadhan@univ-djakarta.idObjet : Candidature pour un poste d’enseignant chercheur en sociologie à l’université supérieure de DjakartaCher confrère,Le coin de l’expertComme je vous l’avais évoqué lorsdu dernier colloque de Singapoursur l’addiction à la réalité augmentée,je souhaiterais faire acte de candi-dature dans votre université. Parceque les thèmes de recherche de lachaire de sociologie sont prochesde ceux que j’explore, mais aussiparce que je suis attiré par ce paysqui s’est hissé en si peu d’annéesau deuxième échelon économiquemondial. Le dynamisme affiché enmatière de NTIC et les recherchesafférentes menées ont confirmémon choix de postuler. Commevous j’ai axé ma thèse et mes re-cherches sur l’influence du « deepmedia » sur les comportements. Leconcept ne date pas d’hier. Dès2011 Frank Rose, journaliste de larevue américaine technophile Wired, prédisait dans « the art of immersion » la fin du cinéma du XXe siècle, percuté par Internet et les jeux vidéo. Et cette nouvelle forme d’art hybride a effectivement pris le pas sur toutes les autres. D’abord dans le marketing, de nombreuses marques comme Coca-Cola ou Burger King ayant flairé l’évolution, ensuite dans la culture en général. Il est aujourd’hui difficile de s’imaginer que durant des décennies les générations précédentes sont restées dans des postures passives face aux contenus proposés à la télévision ou au cinéma. Quand Hollywood était encore dominant face à Lagos, Mumbaï ou Rio, le spectateur se contentait d’ingurgiter des récits linéaires classiques.Eric Viennot, plasticien de formation devenu game designer, a en- seigné pendant plusieurs années les nouveaux médias à l’univer- sité Paris 1-Panthéon-Sorbonne. Pionnier du transmedia en Europe – créateur d’In Memoriam, premier thriller interactif à la convergence du jeu vidéo, d’Internet et du cinéma – ce co-fonda- teur du studio Lexis Numérique travaille sur des projets transme- dia avec France Television :« Quand le récit se disperse sur plusieurs medias, il est enrichi »les dispositifs classiques de l’audio- visuel ont été actionnés, comme les subventions du CNC ou les aides régionales. France Télévision et Arte créent des services « nouvelles écri- tures ». Arte a par exemple lancé Fort Mc Money, un docu/jeu de si- mulation de politique économique. De mon côté je prépare un projet avec France Telévision autour de la licence Corto Maltese. Mais je reste persuadé que les marques, ou les métropoles à des fins de divertisse- ments liés au tourisme, vont y mettre de l’argent. De leur côté les agences de publicité ont très tôt parlé de « 360 », mais ce concept signifie que la campagne est présente sur tous les médias, pas qu’il existe une écriture transmedia spécifique.La France est-elle bien placée en la matière ? Assurément. Les studios hollywoo- diens ont prouvé leur imagination lors du jeu mis en place à l’occasion de la sortie de Batman The Dark Knight : des milliers de personnes dans 21 Etats aux USA ont été contactées par mail et ont suivi un jeu de piste grandeur nature, avec appels dans la nuit, SMS, messages codés et énigmes en tous genres, se faisant les complices du Joker. Mais lorsque j’ai présenté ma nouveauté Alt-Minds aux Etats-Unis, les Amé- ricains m’ont dit qu’il n’existait pas de projet aussi élaboré. En revanche les pays nordiques ont progressé. Au Danemark, en Finlande ou en Hollande des jeux sont élaborés en même temps que les séries TV. Dans la même veine nous avons lancé Mission Braquo avec l’agence Capa,Mais très vite de jeunes scénaristes, bercés par la culture des jeux vidéo et d’Internet, ont bouleversé les codes en vigueur : les fictions sont devenues des jeux vidéo, les jeux vidéo des fictions. De vieux films comme Inception montrent clairement cette transition, le long métrage étant construit comme un jeu vidéo, avec des niveaux à franchir et une vision puzzle de l’intrigue. Bientôt ce sont des univers immersifs, des narrations interactives impliquant directement le joueur qui ont été proposés. A chaque nouveau lancement des milliers voire des millions de personnes reçoivent désormais des mails intrigants, avec des messages cachés, des codes à décrypter. S’ensuivent des jeux de pistes, qui mêlent plusieurs medias et réalité. Les joueurs se voient assignés des missions dignes des meilleurs thrillers, sont appelés dans la nuit, restent en contact avec leurs smart glass, résolvent des énigmes, sont notés et jugés par les autres et font des choix qui influencent l’histoire. Chacun se voit immergé dans un univers, en conjuguant les codes du cinéma, des jeux vidéo et du web participatif. Les pionniers de ce mouvement ? Le cinéaste mexicain Guillermo del Toro dirigeant dans les années 2014-2020 les studios Mirada spécialisés dans le transmedia, le Français Eric Viennot créateur au début du siècle d’ « Alternate Reality Games » (ARG) comme In Memoriam ou Alt-Minds, ou encore Google, un ancien moteur de recherche qui a lancé fin 2012 Ingress, un ARG où les joueurs cherchaient à contrôler une nouvelle énergie et devaient arpenter les villes du monde entier pour trouver des indices. Les « fanfiction » de Star Wars ou les otakus, ces « ultra fans » japonais adeptes de mangas et de dessins animés en tous genres, ont très tôt prouvé que les consommateurs de divertissement voulaient reprendre la main sur l’histoire. Les fictions totales ont répondu à leurs exigences. Mais ces loisirs changent la manière de vivre les histoires, à la rencontre du jeu et de la réalité. A tel point que les esprits fragiles en viennent à confondre les deux. Aux cas d’addictions se sont ajoutés ceux de paranoïa, que j’étudie attentivement. Puis des groupes criminels se sont inventés maîtres de jeux, trouvant là une opportunité facile de faire accomplir des missions à n’importe qui. Les autorités ont mis le holà, les professions de maître du jeu et de scriptwriters ont été réglementées, car à chaque fois qu’un évènement survenait – vol, attentat, révolution – des experts y voyaient la marque d’un jeu, où les participants avaient accompli des actes sur commande. Subsistent aujourd’hui en marge de la société les jeux illégaux, objets de vos recherches. Je me ferais une joie d’échanger avec vous sur le sujet par télétransmission, et vous assure que ma candidature n’est pas une mission qu’on m’a assignée dans le cadre d’une fiction totale.interactif.qui est un jeu transmedia.Cordialement,Vincent GordetEnseignant chercheur à l’université de Saclay Paris14Envoyé de mon smart glassPropos recueillis par Matthieu CamozziPlan de travail du Mait̂ re du JeuLes nouvelles technologies permet- tent de raconter et de vivre diffé- remment des histoires. J’ai commencé dans les jeux vidéo pour enfants avec l’Oncle Ernest. Puis j’ai vu dans l’apparition d’Internet le moyen d’ajouter plus de réalité à la narration, d’où la création du jeu In Memoriam. De plus en plus de séries TV mettent en place des compléments interactifs pour une certaine partie des specta- teurs. La convergence de tous ces medias, conjuguée au fait que les gens sont de plus en plus équipés d’objets connectés, change vraiment la donne. Et quand le récit se disperse sur plusieurs medias, il est enrichi. Les possibilités pour le spectateur de s’impliquer dans l’histoire sont décuplées. Improvisation et partici- pation sont de mise.Le phénomène a-t-il vocation à se généraliser ?Les marques se rendent compte du potentiel de ce type de loisirs et de- viendront, comme des chaînes TV, producteurs de telles scénarisations à l’avenir. Le cinéma, expérience fermée avec un début et une fin, va laisser la place à d’autres formules. Les nouveautés que sont le crowd- funding et les « Alternate Reality Games » montrent que l’histoire peut commencer longtemps avant la sortie en salle, et même avant la première bande annonce. Il est pos- sible de faire entrer les gens par le jeu, par une série. Le film ne sera qu’un des maillons, et peut-être pas ultime dans cet univers narratif etAvec quels acteurs et modèles économiques ?Comme pour tout secteur émergent, des questions se posent. En FranceComment définir ce domaine ?JUIN 2014 41]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huiAccouchement accéléréI Une bonne idée ne suffit pas pour réussir. Les accélérateurs de start-up aident le porteur de projet à concrétiser le concept en un temps record. Mais ce dernier sait-il dans quoi il s’embarque ?ncubateur, Start Up tion française près ! tant des demandes de finan- dent de L’Accélérateur. Ce courte, tandis que nous ac- commerce ou un MBA. D’au- week-end, accélérateur... cement lui-même a diminué, type de structure a permis, compagnons les créateurs tres, tels Y combinator ou Pas facile de s’y retrou- A L’ORIGINE UNE en raison notamment de la outre-Atlantique, de multi- sur plusieurs années. » Ainsi TechStars, sont directementver dans la jungle des dispo- RÉPONSE À LA généralisation des logiciels plier l’offre de dossiers « ban- peut-on trouver sous ce terme importés des Etats-Unis soussitifs d’aide à la création d’entreprise. Parmi les dif- férentes options, l’accéléra- teur est sans doute le concept le moins bien défini et les formules diffèrent beaucoupPÉNURIE DE PROJETSlibres et d’une connaissance accrue d’Internet. Dès lors, pour investir des sommes équivalentes à celles qu’il plaçait dans ce type de valeurs avant les années 2000, le ca-L’accélérateur de start-up est un dispositif plus léger que celui de l’incubateur, mais bien plus complet qu’un simple start-up week-endAprès l’éclatement de la bulle Internet, les investisseurs en capital risque ont engrangé des sommes considérables qu’il leur fallait réinvestir ra-kables » en un temps re- cord... Et ces usines à projets ont tenté de s’implanter en France. Mais une différence de poids les attendait : la tendance du marché est in- verse, l’offre de financement se fait plus rare que la de- mande...une infinie variété de pro- grammes. Certains s’appa- rentent à une formation à la fois théorique et pratique, telle qu’on pourrait aussi la trouver dans une école deforme de franchise. Les can- didats disposent de onze se- maines pour finaliser leur projet et le rendre « banka- ble ». La force de ces struc- tures réside avant tout dans"Quelle est ton idée ? Quel est ton business model ? Qui sont tes concurrents ? Parle !!"ACCÉLÉRATEUR MADE IN FRANCE :À CHACUN SA FORMULE... ETSON PÉRIMÈTRE D’ACTION !La formule, en vogue comme tout ce qui vient des States en matière entrepreneuriale, a donc divergé. « Sur le mar- ché hexagonal, le point com- mun à tous les organismes qui se prévalent du concept d’« accélérateur » est le fait qu’ils apportent une aide aux créateurs de start-up, analyse Michel de Guilhermier. En réalité, nous sommes beau- coup plus qu’un accélérateur. Au sens américain du terme, un accélérateur investit gé- néralement sur une duréeCas d’écoleY Combinator : la méthode du leadeur AméricainSon approche est drastique. Les projets sont passés au crible de la sélection, seuls 1% sont retenus. Les chanceux gagnent le droit de participer à une session de trois mois durant laquelle une somme de 20000 dollars leur est versée pour subvenir à leurs besoins et ainsi mieux se consacrer à leur projet. Des coaches « high level » leurs sont attitrés. Il s’agit de chefs d’entreprise ayant fait leur preuves. Tous les services nécessaires au développement de leur idée sont mis en place : avocat, expert-comptable, spécialistes... Y Combinator, tout comme son principal concurrent Américain TechStars, disposent de partenaires prestigieux tels Microsoft ou Google. En fin de session, les candidats ont l’opportunité de présenter leur projet lors d’une réunion avec une centaine de business angels et investisseurs en capital risque. Une levée de fonds moyenne permet d’engranger environ un million de dollars. Tout ce luxe a un coût... En moyenne, le créateur lâche 8% de son capital en guise de rémunération à l’accélérateur. Le concept peine à s’implanter en France, mais fait des heureux dans les pays anglo-saxons.entre elles. Le terme, importé des Etats-Unis voilà deux ou trois ans est tendance, et donc volontiers adopté, quitte à lui donner une réalité très éloignée de sa signification originelle. Qu’importe, nous ne sommes pas à une excep-pidement. Aussi incroyable que cela puisse sembler à des entrepreneurs français en quête de financements, aux States, l’offre d’investisse- ment est devenue plus im- portante que la demande des porteurs de projets. Le mon-pital risque a dû avoir accès à un grand nombre de dos- siers. « Les accelerators amé- ricains ont été créés pour rendre les projets plus sexys aux yeux des investisseurs », explique Michel de Guilher- mier, co-fondateur et prési-J’aime ma boîteLe bien-être au travail à l’honneurAsommets, où la défiance à l’égard des institutions n’a ja- mais été aussi forte, où la peur de l’autre et en particulier de l’étranger croît, l’entreprise demeure un espace collectif qui fonctionne, voire un « air- bag » face aux incertitudes de la vie courante.Alors que l’ambiance enchronique parrainéel’heure où le pessi- France inciterait plutôt à la concrètes aux entreprises. Français remportent la palmemisme à l’égard demorosité générale, il existe en- core quelques éclaircies promptes à remonter le moral des Françaises et des Français. A l’instar de la journée J’aime ma boîte, qui aura lieu dans toutes les entreprises le jeudi 16 octobre 2014, la première édition du Salon Vitælia a vu le jour les 27 au 28 mai pour relever le défi du bien-être au travail et apporter des solutionsTous les acteurs qu’ils soient experts, prestataires, prescrip- teurs, salariés, grands comptes, PME et TPE ont œuvré pour relever le challenge de l’épa- nouissement professionnel. C’est prouvé : travailler dans une bonne ambiance contribue au bonheur des salariés et à la productivité de l'entreprise. D’après une étude publiée ré- cemment par Monster lesdu bonheur au travail. Selon un autre sondage CSA, les rai- sons de ce bonheur résident, avant tout, en une alchimie entre une ambiance sereine au bureau et un travail valorisant. Le salaire arrivant finalement bon dernier dans les préoccu- pations des actifs.Caroline Larbaudie Gorroz salon Vitaeliapar Sophie de Menthonl’avenir atteint desPrésidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESE42 JUIN 2014Œ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huitiennent finalement que 20. The Cantillon pour sa part privilégie la personnalité du futur dirigeant à l’idée de business elle-même. « Nous cherchons avant tout des gens qui ont une furieuse envie d’entreprendre », explique Gilles Mautin. Pour son or- ganisme multi-secteurs, le plus important est bien de cibler les bonnes personnes. L’idée ? Elle vient après. Que vaut une idée si elle est mal exploitée...leur puissance de financement rapide grâce à l’apport de fonds et d’investisseurs pri- vés. Le pari du fondateur de Y combinator, Paul Graham, est de permettre à de petites équipes de lancer leur start- up en trois mois, moyennant une rétribution située entre 2 et 10% du capital. TechStar, de son côté, mise sur un éco- système constitué d’investis- seurs issus de tous les pays du globe. Pour l’heure, ces deux acteurs peinent à s’im- poser sur le marché français, car les candidats se tournentvers des programmes de plus phase de mise à niveau durant long terme, où la dimension laquelle sont enseignées, en pédagogique prend plus d’im- mode intensif, les bases de portance. Certains acteurs, l’entrepreneuriat. Cette for-lérateur de start-up est un dispositif plus léger que celui l’incubateur, mais bien plus complet qu’un simple start-programmes n’échappent pas à une mise à niveau sur les fondamentaux de la création d’entreprise. Un diplôme d’école de commerce n’est en effet pas suffisant pour justifier du profit adéquat. A contrario, les potentiels diri- geants peuvent avoir des backgrounds très éloignés de la réalité d’une direction d’en- treprise. Comme la plupart des accélérateurs, The Can- tillon propose une première phase de mise à niveau. « No- tre programme s’apparente à celui d’un mini MBA, ex- plique Gilles Mautin. Cette formation est très intense et très accélérée, nous la concentrons sur une dizaineExemplesQuelques accélérateurs français de poidsL’AccélérateurLa structure est basée à Paris et a déjà participé au lancement d’une vingtaine de start-up. La prise de participation moyenne dans les projets est de 10% environ.www.laccelerateur.frThe FamilyLa stucture a pour objectif de former des entrepreneurs. Ceux-ci doivent suivre une formation intensive pour augmenter les chances de succès de leur idée. Objectif : suivre 100 start-up par an pour une participation au capital moyenne de 1%. www.thefamily.coLe CampingLe Camping a été créé par l’Association Silicon Sentier. Le concept, directement inspiré du leader américain, consiste à proposer un programme accéléré. En six mois les porteurs de projets innovants sur le Web doivent faire aboutir leur idée. La séquence compte une phase d’accélération et une phase de croissance. Le Camping dispose d’un partenaire de prestige, Google, qui alloue une aide de 4500 euros à chaque projet retenu. A noter, l’organisme dispose d’une adresse parisienne... et de son antenne à Toulouse. www.accelerate.numaparis.com50 PartnersL’organisme 50 partners se situe plutôt du côté des incubateurs. Néanmoins, les mentors ont pour mission d’accompagner les créateurs jusqu’à la levée de fonds. Ces derniers devront compter sur une cession de parts moyenne de 7% de leur capital. www.50partners.frPour ces structures le plus important est de cibler la bonne personne. L'idée ? Elle vient après. Que vaut une idée si elle est mal exploitée...tel The Cantillon, n’hésitent pas à proposer une premièremation express dure dix jours et permet à la structure de retenir des profils de créateurs plus variés. La durée totale du programme est de quatre mois à l’issue desquels l’en- treprise doit être créée. L’ac- compagnement s’arrête lorsque l’entreprise est jugée viable, soit lorsqu’elle a dé- croché son premier client. Les projets sur lesquels tra- vaille l’équipe de Gilles Mau- tin, cofondateur de The Can- tillon, ne nécessitent pas de levée de fonds. Les investis- sements se font pour l’instant sur fonds propres ou en au- tofinancement. Les fondateurs ont néanmoins pour projet de développer un fonds d’in- vestissement destiné à pour- voir aux besoins en trésorerie des entreprises issues de leurs promotions. Enfin, L’Accé- lérateur fait aussi figure de pionnier dans son créneau en proposant un accompa- gnement de l’entrepreneur « from scratch » et durant toute la vie de l’entreprise... « Cela fait plus d’un an et demi que nous avons réalisé notre levée de fonds, accom- pagnés par L’Accélérateur, et je continue d’échanger tous les 15 jours avec Michel de Guilhermier », raconte Guil- laume Bort, président de Fioul- Reduc.com. Fidèle à cette lo- gique d’accompagnement dans la durée, L’Accélérateur n’hésite pas à réinvestir lorsque le développement de l’entreprise l’exige. L’accé-up week-end. Quelle que soit l’option choisie, la solution est intéressante pour construire rapidement les bases d’un projet solide.PROGRAMME CONDENSÉ, PRESSION INSUFFLÉESouvent issus d’horizons très variés, les participants auxFranchise & PartenariatELEVEUR DE CHAMPIONSN’est pas entrepreneur qui veut. Le facteur déterminant d’un projet est son équipe. Ce que recherchent les ac- célérateurs lors de la sélection des candidatures, ce sont des personnes qui réunissent cer- taines qualités propres à l’en- trepreneuriat. Pour Michel de Guilhermier, « les qualités indispensables d’un créateur de start-up sont l’ambition et l’humilité, car les gens qui ont un ego surdimen- sionné n’écoutent pas. Un bon entrepreneur prend tout sur lui. Il doit avoir le ressort pour régler tous les pro- blèmes et doit être tenace, car le défi qui l’attend est très compliqué. Enfin, la fru- galité semble une autre qua- lité essentielle ». Seule une sélection drastique permet de réunir les meilleurs candidats dans une promotion. « Nous organisons de longues ses- sions de recrutement, nous testons les porteurs de projets au cours d’un mois proba- toire. C’est seulement alors que nous commençons à voir comment ils se comportent », poursuit le président de l’Accélérateur. Si les orga- nisateurs reçoivent entre 600 et 1200 dossiers, ils n’en re-parMichel KahnConsultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)Les services initiaux du franchiseurAvant de s’engager, le candi- dat franchisé doit valider la capacité du franchiseur à ap- porter sept services initiaux fondamentaux.1/ Le choix de l’emplace- mentUn accompagnement pour les études de site, la négocia- tion, jusqu’à la signature du bail ? Trouver le bon empla- cement, c’est un métier.2/ La recherche du finance- mentLe franchiseur accompagne- t-il pour la recherche du finan- cement ? L’établissement des comptes d’exploitation prévi- sionnels ? Faciliter l’obtention d’un prêt ?3/ L’implantation et le mer- chandising Disposerez-vous des plans adaptés à votre local ? D’un service merchandising pour l’implantation des produits ? Savoir mettre en scène l’offre dans un écrin vendeur est gé- nérateur de réussite.deux métiers : celui de l’en- seigne et celui d’affilié ?5/ La campagne publicitaire de lancementPour réussir, même avec le meilleur des produits au meil- leur prix, il faut se faire connaître dès l’ouverture.6/ Les accès informatiquesQuels logiciels ? Gestion des stocks ? Fichier clients ? Suivi analytique ? Ratios utiles pour se situer ? Sans visibilité, pas de gestion efficace.7/ Un commando d’ouver- tureDès le départ, serez-vous en- touré d’un « commando d’ouverture » rodé qui vous installera dans les bonnes ha- bitudes... Votre C.A. sera dopé dès l’ouverture.4/ La formation initialeAu-delà de ces sept services fondamentaux, vérifiez si le franchiseur apporte une aide pour le montage de la struc- ture juridique, une protection territoriale, une garantie de ré- sultat...Trouverez-vous les outils pé- dagogiques pour apprendreDes services initiaux de qua- lité ont un coût, intégré dans le paiement initial.44 JUIN 2014ConseilsRégime strict pour les dépenses bureautiquesOptimiser sa ligne budgétaire « Flotte auto » ou « Télécoms » est monnaie courante. Mais qui se soucie d’analyser les coûts dans le domaine bureautique ? L’opération n’est peut-être pas la plus palpitante dans la vie de l’entreprise, mais elle en vaut la peine. « En moyenne, nous obtenons une économie nette de 42 % chez nos clients. Et sans recourir aux services d’une société de conseil, une organisation peut assez facilement obtenir une baisse de 10 à 20% de ses dépenses en mettant en place quelques actions spécifiques. Le potentiel d’économies à réaliser est souvent ignoré par les dirigeants », constate Laurent Bes- nard, directeur de CLB Conseils, société spécialisée dans la maî-trise des dépenses bureautiques.Une entreprise qui veut serrer la ceinture de son photocopieur et de sa production de documents papier doit d’abord s’inter- roger sur ses besoins réels. « Il faut avant tout connaître précisé- ment sa volumétrie, c’est-à-dire le nombre de pages éditées, explique Laurent Besnard. D’autres paramètres sont importants comme le type d’impression, en couleur ou noir et blanc, la récur- rence qui peut concerner l’édition de ces documents. S’agit-il d’in- formations administratives ? De contenus intégrant une forme de création ? Ces questions doivent trouver des réponses. » Une des première étapes pour la PME qui se penche sur ces coûts est deŒ]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui CLUB ENTREPRENDREde jours. Elle est un mélange clair : « nous voulons prendre célérateur, nous avons trouvé ponses aux questions », re- de cours magistraux, de lec- 10% du marché, ce qui serait un modèle qui nous permettait connaît le fondateur de The tures,maisaussid’ateliers.» une première pour un pure deréaliserunedeuxièmelevée FrenchTalents.gnement qui va souvent jusqu’à la levée de fonds. Dans le carnet d’adresses des mentors on trouve aussi et surtout... des investisseurs. La levée de fonds est l’exer- cice qui clôture de longs moins de travail acharné. Selon les différentes struc- tures, un nombre restreint de projets sera ainsi financé. Les candidats d’une même promotion se retrouveront en concurrence face aux Bu- siness Angels. En réalité, le passage par un accélérateur ou un incubateur est devenu une quasi obligation pour les entreprises innovanteslorsque leurs créateurs ne peuvent financer le projet sur fonds propres, du moins pas en totalité. Mais cet ac- compagnement a un coûtCommencer à réaliser un CA en gagnant les premiers clients est bien plus constitutif de l'entreprise que la rédaction des statuts ou l'ouverture d'un compte bancairede projet payeC’est seulement à l’issue de player. Nous serions dans le de fonds », raconte ce jeunecette phase que les candidats Top 3 des acteurs du secteur, entrepreneur. C’est au fil des L’ACCOMPAGNEMENT peuvent passer à l’étape sui- juste après Total et Bolloré... rencontres qu’il trouve aussi JUSQU’À LA LEVÉE DE vante : le projet d’entreprise » Pour le jeune entrepreneur, des idées. « Les discussions FONDSque le porteur . souvent au prix fort... Il consiste la plupart du temps dans une prise de participa- tion au capital. Un prix qui ne se discute pas lorsque cet accompagnement est la condition même de la réus- site du projet.à proprement parler. Ils peu- vent ainsi mettre en oeuvre leur formation sur leur projet et commencer à réaliser un chiffre d’affaires en gagnant leurs premiers clients, ce qui, selon Gilles Martin est bien plus constitutif de l’entreprise que la rédaction des statuts ou l’ouverture d’un compte bancaire. Reste à définir une stratégie. « Lorsque nous ana- lysons les dossiers de candi- dature, la première chose que nous regardons est l’idée. Est-elle ou non intéressante, indépendamment de son au- teur ? », explique Michel de Guilhermier. L’idée, c’est en principe le point de départ de l’aventure. Elle doit trans- former du temps de cerveau en cash machine. Ce qu’at- tendent les porteurs de projet, c’est un accompagnement qui les aidera à mettre en route le moteur, sans pour autant les lâcher lorsque l’entreprise aura atteint sa vitesse de croi- sière. Pour Guillaume Bort, fondateur de FioulReduc.com, le premier apport de l’ac- compagnement est « la ca- pacité à accompagner sur la stratégie pour transformer l’idée en business model per- formant. Les coachs nous for- ment l’esprit en nous parlant d’atouts différenciants. Ils nous aident à avoir une vraie vision de l’avenir de l’entre- prise et à tout mettre en œuvre pour la pérenniser. » Au- jourd’hui, son objectif estil s’agit d’un objectif jugé avec des seniors ou avec des Pour les secteurs à fort be- plus qu’atteignable... entrepreneurs de la promotion soin d’investissement, la for-LES DEUX PILIERS CARNET D’ADRESSES ET COMPÉTENCE L’accélérateur présente des avantages cruciaux, comme la mise à disposition du carnet d’adresse des mentors. Ne l’oublions pas, un bon accé- lérateur, c’est avant tout un entrepreneur expérimenté, qui a lui-même fait ses preuves et est capable de mettre à disposition des coachés son réseau d’experts. « Le volet opérationnel a été pour moi très important, raconte Guil- laume Bort. Le fait de dispo- ser du carnet d’adresses de mon accélérateur m’a permis de travailler avec des avocats, des experts comptables, des spécialistes en référencement naturel... » En outre, certains créateurs ne disposent pas de la compétence web nécessaire au développement de leur idée. Recourir aux services d’un accélérateur spécialisé dans le secteur permet de pal- lier ce manque. C’est préci- sément ce qui a conduit Julien Platel, créateur de The French Talent, à recourir à l’aide de L’Accélérateur. Lorsqu’il dé- pose sa candidature pour dé- velopper son idée, il a déjà réalisé une première levée de fonds. Mais pour concrétiser son projet, il lui manque une compétence web. « Grâce à l’accompagnement de L’Ac-permettent d’apporter des ré- mule permet un accompa-Marie BernardTravaillez pour la meilleure entreprisedu monde, la vôtre. VOUS REVEZ DE CREERVOTRE ENTREPRISE ?GAGNEZ 6 MOIS DE SALAIRE* POUR MONTER VOTRE ENTREPRISE EN SARTHE.Du 14 avril au 4 juillet, la Sarthe lance Sarthe me Up, un grand concours pour permettre aux créateurs d’entreprise de concrétiser leur projet sur son territoire. Pour participer, rendez-vous sur sarthe-me-up.com*équivalent à une bourse de 15 000 euros.Voir toutes les conditions de participation et règlement du jeu sur sarthe-me-up.comprocéder à au moins deux périodes différentes à des relevés compteurs de ses imprimantes, copieurs et télécopieurs. Parfois, elle est déjà tenue de le faire comme peut l’imposer le contrat qui la lie au fournisseur. Ces relevés servent à établir des fac- tures, et permettent alors d’élaborer facilement un diagnostic initial.Mais plus la société est grande, plus la donne se complexifie. « Les budgets de bureautique peuvent être répartis entre la DSI, la direction des Achats, les Services généraux. Les éco- nomies sont alors plus difficiles à pister », poursuit Laurent Besnard. Le recours à un acteur spécialisé est dans ce cas plus justifié. D’autant que ce dernier saura trouver les fournisseurs les moins chers et les mieux adaptés.Mathieu NeuJUIN 20142014 – Crédit photos: Shutterstock.]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Business guidesDes factures qui peuvent rapporter grosL’externalisation du compte client peut être partielle ou complète. Le secteur, le profil de l’entreprise et de son dirigeant détermineront la formule choisie. Attention, choix stratégique.- « J’aurais besoin de 50000 euros, pour la modernisa- tion de notre plateforme Internet et le lancement d’une campagne publici- taire.faire ces investissements pour revaloriser notre image. Et rappelez-vous le contexte : le carnet de com- mandes va plutôt bien, quelque 200 factures ont été envoyées chez des clients qui, même s’ils payent à plusieurs mois, garantissent nos recettes futures.encore songé à l’affacturage pour donner de l’air à son activité de vente de mobilier de bureau écologique, et fi- nancer ses projets de court terme. Tant pour sa gestion que pour le renflouement de sa trésorerie, la solution peut pourtant radicalement chan- ger le quotidien de son en- treprise. Lorsque les sociétés confient leurs créances com- merciales à un spécialiste de l’affacturage, ce dernier avance souvent la quasi-to- talité des montants dans undélai de 24 à 48 heures. Une recette qui permettrait à Mo- biliEco d’obtenir le règlement presque instantané des 200 factures en suspens. Et de contourner les freins ban- caires. A cette souplesse de financement s’ajoute un flo- rilège de possibilités syno- nymes d’aisance apportées par les factors, qui intéressent un nombre croissant de chefs d’entreprise, comme la prise en charge du suivi d’encais- sement des factures, la relance des débiteurs, la gestion desun temps record d’un montant représentant la grande ma- jorité des factures confiées. « Très souvent, ce finance- ment accordé par le factor se situe entre 70 et 80 % des sommes en jeu », constate Olivier Le Boulanger, senior manager Achats et BFR au sein du cabinet de conseil en management des coûts Lo- wendalmasai. D’autres ac- teurs, comme le fournisseur de solutions de financement GE Capital, sont plus géné- reux et octroient en moyenne 90% de la créance. Le mon- tant restant est transmis à l’entreprise lorsque le factor a perçu les règlements. « En plus d’apporter une trésorerie immédiatement disponible, le risque commercial des en- treprises est sécurisé par le savoir-faire du factor quiHistorique affacturageUn contexte facilitateurQuelle mouche a piqué les entreprises pour qu’elles se ruent à ce point sur l’affacturage ? Le marché a connu une croissance toujours plus forte au fil des dernières années. En 2010, il représentait globalement 150 milliards d’euros en matière de chiffres d’affaires confiés aux factors, contre 48 milliards d’euros en 1999. L’augmentation des activités est en moyenne de 15,5% par an depuis 25 ans, mentionne l’Association française des sociétés financières (ASF). Et la progression ne semble pas faiblir : « En 2013, le marché hexagonal a franchi un nouveau cap dans le domaine. 200 milliards d’euros de créances ont été prises en charge par les différents factors, soit 7,5% de plus qu’en 2012 », remarque Eugénie Boucquey, directeur du développement, du marketing, et de la communication de Crédit Agricole Leasing & Factoring.En raison des récentes restrictions liées à la crise économique et du durcissement réglementaire imposé par les normes européennes relatives (Bâle 2 et Bâle 3), les banques ont peu à peu déserté le marché du financement à court terme. « Cette évolution du monde bancaire qui montre de plus en plus d’aversion au risque s’inscrit dans un contexte où les délais de paiement restent un problème important pour les PME en particulier », souligne Vincent Saada, fondateur d’Access Crédit Pro, société spécialisée dans le courtage en financement d’entreprise. La Loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 a certes réduit les délais de paiement, mais les difficultés restent importantes. A cela s’ajoute une image redorée de l’affacturage, désormais davantage considéré comme un moyen de renflouer sa trésorerie que comme une réponse à un problème comptable ponctuel. Des taux de financement moins rédhibitoires et un élargissement croissant des produits d’affacturage proposés aux PME, plus conformément à leurs attentes, ont facilité la donne. Il n’en faut pas plus pour que l’affacturage devienne la deuxième solution de financement à court terme utilisée par les entreprises, comme l’indique l’ASF.- M. Hardi, votre trésorerie est asséchée. D’autres rem- boursements sont en cours. Pas sûr qu’un nouvel em- prunt soit la solution, hésite le banquier.contentieux dans des situa- tions d’impayés, des offres d’assurance-crédit qui pro- tègent la société en cas de non paiement des créances... A chacun sa formule.- Mais nous arrivons à une phase charnière de l’évo- lution de MobiliEco. C’est maintenant que doivent se- Mmmh... »Les réticences de l’établis- sement de crédit, les besoins de l’entrepreneur. Un schéma classique. M. Hardi n’a pasLA TOTALE AVEC LA GESTION DÉLÉGUÉE Qui dit factures émises, dit gains potentiels. Mais elles riment souvent aussi avec traitement chronophage d’une montagne de données, d’au- tant plus si ces factures sont nombreuses. L’affacturage en gestion déléguée consiste à confier à la société d’affac- turage choisie la gestion du poste client. La créance com- merciale est alors cédée au factor qui se charge de toutes les étapes jusqu’au règlement. L’avantage pour l’entreprise est de pouvoir bénéficier enLa gestion intégrée, meilleur moyen de ne plus faire appel à l'oncle Tony pour récupérer son argent46 JUIN 2014Œ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Business guidess’occupe scrupuleusement des relances et du recouvre- ment », souligne Eugénie Boucquey, directeur du dé- veloppement, du marketing et de la communication de Crédit Agricole Leasing & Factoring. Un tel suivi, assuré par des professionnels du do- maine, sert aussi d’effet dis- suasif à l’égard d’éventuels mauvais payeurs. La solva- bilité d’un client n’a souvent aucun secret pour un factorvigueur peuvent compromet- tre le bon déroulement des recouvrements de créances », poursuit Olivier Le Boulan- ger. Certains acteurs comme HSBC Factoring France pro- posent ces services dans une quinzaine de langues. A noter que si l’affacturage à l’export peut se pratiquer dans tous les pays de l’Union euro- péenne et de l’OCDE, il peut ne pas être possible. La no- tation financière internatio-Olivier Le Boulanger. L’en- treprise reste parfois la mieux placée pour assurer le re- couvrement. D’autant que le factor manque de temps à autre d’insistance ou d’agres- sivité à l’égard du débiteur. Le manque d’implication de certaines sociétés d’affactu- rage conduit des dirigeants à rapatrier leur gestion du poste Clients en interne, las- sés de payer pour un service qui, dans certains cas, se li-Le factor est désormais un partenaire durable de financement, et non une roue de secours pour entreprise en difficultéaguerri. Pour les sociétés qui ne souhaitent pas développer un poste de credit manager, pour celles qui veulent gagner du temps car confrontées à une multitude de factures, ou « pour celles qui ne sont tout simplement pas en me- sure d’accomplir une telle activité en interne, la gestion déléguée est une très bonne option », estime Olivier Le Boulanger.nale du pays dont provient le débiteur est parfois un frein.mite à quelques relances té- léphoniques.Bénéficier d’une avance cor- respondant à un montant proche de la quasi-totalité de ses factures sans déléguer le traitement relatif au re- couvrement constitue une autre formule fréquente ap- pelée affacturage non géré. Une manière de conserver la main sur les opérations tout en profitant d’une solu- tion de financement à court terme. L’entreprise qui assure elle-même la gestion des créances dépose alors les en- caissements sur un compte bancaire partagé entre elle et le factor. Sweetco, spé- cialisée dans la production d’équipement textile et d’ac- cessoires automobiles, fait partie des acteurs qui ont privilégié cette option. « No- tre activité implique de dis- poser en permanence de trois ou quatre mois de stock, ce qui signifie des besoins en fonds de roulement impor-UNE DISTANCE AVEC LE CLIENT TOUJOURS PLUS MODULABLE Mais qu’en est-il alors des relations avec le client, sou- vent chère aux entreprises, notamment aux plus petites ? L’affacturage en gestion dé- léguée n’implique pas for- cément de perdre de vue ses interlocuteurs dès que la fac- ture est transmise. Il est tout à fait possible de suivre l’évo- lution des encaissements par le biais des relevés de paie- ment produits par le factor. Rien n’empêche par ailleurs de conserver la gestion pour certains clients au profil par- ticulier. « Dans le cas des mauvais payeurs, il peut même être recommandé de les garder en interne. Lorsque des litiges se pro- duisent, le factor renvoie le dossier à son client », indiquePierre-Etienne BostDirecteur Associé de The Art Marketing Company, société de conseil en stratégie culturelle, et du Arts&Business Club,le premier réseau de dirigeants dédié à l'art et la cultureEric Félix-Faure, directeur de la société Aelios Finance, spécialisée dans les solutions de financement des entre- prises, assure que c’est « la formule idéale pour les acti- vités impliquant un nombre très élevé de clients, donc de factures. Un gain de temps précieux, en plus des avances de trésorerie dont fait part le factor ». Cette solution est également recommandée aux entreprises ayant des clients à l’export. « La barrière de la langue ou la méconnais- sance des règles locales enPas de chance, certains se sont déjà arrachés les cheveux avec les mauvais payeurs, avant de découvrir l'affacturageIntégrateurdecultureL Vousavezdit«brandcontentculturel»?48 JUIN 2014tants. L’affacturage repré- sente alors une solution de financement pertinente en raison de la flexibilité de trésorerie qu’elle apporte. Parallèlement, nous avonssouhaité conserver la gestion des créances, car notre clien- tèle demande à être suivie d’une manière spécifique », mentionne l’un des respon- sables. Le factor mène sim-plement un audit deux fois par an, afin de vérifier la bonne gestion du poste Clients. Une configuration devenue monnaie courante. « Si par le passé l’affactu-pares marques ne limitent pas leur des « créatifs », permet de se distin- aux experts et praticiens, contenu édi- communication au discours pu- guer particulièrement en termes de torial de qualité, optimisation des mé- blicitaire. On observe notam- sens et d’impact, dans un environne- dias sociaux, jusqu’au développementment le développement de « brand ment de communication saturé. de supports plus statutaires (livre,content », autrement dit la production par les marques de contenus édito- riaux, diffusés dans les médias. Ces contenus portent le discours de la marque d’une manière moins directe- ment commerciale et axée sur les pro- duits et services.Du sens, par la vision et l’intelligence du monde qu’une expression cultu- relle apporte, mobilisée au service du projet de marque. De l’impact, grâce à la dimension émotionnelle et per- sonnelle de l’expérience culturelle, qui crée une connexion particulière- ment forte et durable avec la marque. Des exemples de marques adeptes de ce « brand content culturel » ?film). Mais aussi Disney, qui par exemple soutient les jeunes talents des écoles d’animation française par un prix de marque, ou encore SNCF, qui choisit d’appuyer le relancement de la marque Orient Express sur la culture, comme en témoigne en ce moment la spectaculaire exposition de l’Institut du Monde Arabe.Dans cette logique de création de sens pour le public, certaines marques ont compris les « super pouvoirs » de la culture...Red Bull et sa « Music Academy », qui associe événements en faveur du public, services et visibilité fournisEt vous, avez-vous pensé au potentiel culturel de votre marque ?En effet, la culture, en connectant la marque à des « créateurs » plutôt que]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frrage pouvait être synonyme de difficultés économiques, cette image est aujourd’hui révolue. C’est désormais un moyen de se financer comme peut l’être une solution ban- caire classique. Il faut au- jourd’hui voir le factor comme un partenaire durable et non une roue de secours », décrit Olivier Le Boulanger.alors mettre en avant que l’opération constitue pour lui une prise de risque plus importante. A ce pourcentage s’ajoute également une com-l’origine du problème. La plupart du temps, une en- quête spécifique débute bien avant l’échéance du paie- ment, surtout si les suspicionsnombreuses : livraison non réalisée, contestations quant à l’exécution d’un contrat, procédure de recouvrement non appliquée dans les rè-le compte de l’entreprise qui a fait appel à lui. Il reste à celle-ci à prouver sa bonne foi devant le juge... Dans un cas de dépôt de bilan, lafacture dès que l’impayé se laisse entrevoir, comme il en a la possibilité. Assu- rance-crédit et affacturage vont souvent de pair. PourAffacturage en gestion déléguée, affacturage non géré... les degrés sont divers, car il ne faut parfoisse prémun.factor conditionne souvent son financement à la sous- cription par le client d’une assurance-crédit. Celle-ci est toutefois moins nécessaire lorsqu’une multitude de pe- tites factures sont en jeu, le risque étant dès lors bien plus dilué.UN CERTAIN PROFIL D’ENTREPRISE À AVOIRMais toutes les sociétés peu- vent-elles bénéficier de l’af- facturage ? La solution vise tout d’abord les organisations d’une certaine taille. Il est plutôt rare de voir une en- treprise d’un chiffre d’affaires inférieur à 500000 euros re- courir à l’affacturage. La si- tuation varie en fonction des formules mises en place. L’affacturage non géré est la chasse gardée des sociétés déjà relativement impor- tantes, puisqu’il faut en gé- néral un chiffre d’affaires d’au moins huit millions d’euros pour y prétendre. Pour ce qui est de l’affactu- rage exercé en gestion délé- guée, le service s’adresse à un éventail d’entreprises beaucoup plus large, incluant les structures relativement petites, et sans restriction concernant le secteur d’ac- tivité. Dans tous les cas, une bonne santé financière est nécessaire et la typologie de clients doit être rassurante pour le factor. « La pratique est désormais répandue. Toutes les grandes entre- prises, comme Airbus ou PSA, font de l’affacturage, mais des petites structures aussi. Les sociétés ont même pris l’habitude d’intégrer dans leurs prix de vente le taux de 1 à 2% que repré- sente l’affacturage », ex- plique Vincent Saada, fon- dateur de la société Access Crédit Pro, spécialisée dans le courtage en financement d’entreprise.pas perdre de vue ses clientsBusiness guides CLUB ENTREPRENDREir du risque, lemission de financement re- lative aux montants avancés. Là encore, la santé financière de l’entreprise et le volume des créances confiées rendent le taux très variable, mais celui-ci se situe généralement dans une fourchette allant de 0,5% à 3%. A noter que le factor bloque par ailleurs un petit pourcentage du chif- fre d’affaires cédé dans le but de constituer un fonds de garantie. A l’issue du contrat, cette somme est in- tégralement restituée. Autre paramètre variable qui peut influencer la décision de re- courir ou non à l’affacturage : les exigences du factor, par- fois source de réticences. Celui-ci souhaite générale- ment auditer son client ré- gulièrement afin de s’assurer de la bonne gestion des opé- rations. Dans certains cas, le factor conditionne le fi- nancement des créances à la délégation de la gestion de ces dernières, sans laisser le choix à l’entreprise. Par ail- leurs, les créances acceptées par la société d’affacturage obéissent à quelques règles. Les clients qui font l’objet d’une procédure de redres- sement judiciaire seront sys- tématiquement rejetés.sont fortes. Les raisons avan- cées, avérées ou non, lors d’une absence de règlement d’une facture peuvent êtregles... Face à de tels scénarii occasionnant des litiges, le factor se retire de la confron- tation, débite la créance sursociété d’affacturage porte théoriquement le risque sur ses épaules. Mais dans la pratique, elle rétrocède laMathieu NeuEn contrepartie des différents services rendus qui peuvent inclure le recouvrement ou encore une assurance-crédit, le factor prélève une com- mission qui représente en moyenne de 0,7 à 1,5% de l’ensemble des créances confiées. Le volume d’af- faires, la qualité des comptes du client, et le nombre de factures cédées font bien sûr varier ce taux. Ce dernier est en principe moins élevé lorsqu’il s’agit d’affacturage non géré. Mais le factor peutLE CAS EXTRÊME DE NON PAIEMENTEt lorsque le spectre du non paiement devient une réalité ? La vigilance est de mise. Ce n’est pas parce que le factor hérite des factures qu’il re- présente une quelconque ga- rantie. Celui-ci peut tout à fait se retourner contre l’en- treprise ayant fait appel à ses services. En situation d’affacturage non géré, le factor peut réclamer à son client les financements non recouvrés. Puisque la société a conservé le traitement des créances, c’est à cette der- nière de faire le nécessaire pour récupérer les montants en question. Lorsque l’af- facturage s’exerce en gestion déléguée, le factor tente par tous les moyens de détecterJUIN 2014 49]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11CLUB ENTREPRENDRE Business guidesLa reconquistaALes centres commerciaux transforment leur modèle pour reconquérir le cœur des consommateurs : plus d’audace architecturale, de services, de renouvellement et de technologies. Les points de vente dedemain commencent à se dessiner.vec le changement des commerces, services adminis- importante, mais elle ne suffit tous les éléments qui peuvent commerces environnants. La mateur sur place, elle peu. t êtremodes de consomma- tratifs, bâtiments culturels... plus : il faut créer un univers faire renoncer le consommateur solution : des marques étrangères, un vrai facteur d’attraction. Letion, l’e-commerce en D’autres nouveaux espaces qui particulier, et l’architecture a un à sa visite doivent avoir une ré- puissantes, comme Victoria’s centre commercial de la gare étant la manifestation la plus suscitent l’intérêt sont ceux qui rôle à jouer. Il suffit de regarder ponse – car aujourd’hui, il ne Secret, qui sont absentes du ter- Saint-Lazare, à Paris, doit sonapparente, la domination des centres commerciaux sur le sec- teur du commerce vacille. Au- trefois attractifs par leur taille seule, il leur faut aujourd’hui pouvoir justifier le déplacement du consommateur, qui peut pas- ser commande depuis son ca- napé. Une mue qui passe d’abord par la puissance commerciale : des espaces plus grands, avec plus de commerces qui se re- nouvellent plus souvent et sont plus attirants, mais aussi par une refonte totale de la vision de ce qu’est un centre commer- cial : il faut offrir au visiteur une expérience, « quelque chose de neuf, d’innovant et de spec- taculaire », décrit Jean-Michel Silberstein, délégué général du CNCC, le Conseil national des centres commerciaux. Le centre commercial de demain ne res- semblera pas à celui d’hier.sont parcourus par des flux de personnes, comme les aéroports. « Nous sommes passés d’un modèle où nous attirions le client à un modèle où nousl’Atoll, à Angers, pour réaliser que le temps des cubes gris est révolu. Les règles d’urbanisme posent des contraintes impor- tantes, mais l’utilisation de ma-supporte plus ces désagréments. Cela veut dire des sites web, voire des applications mobiles, un réseau WiFi gratuit disponible pour pouvoir les consulter sur place si besoin... Les possibilités sont infinies, allant de l’essentiel au confort. Par exemple, la li- vraison des achats directement devant le coffre de la voiture peut être un vrai plus. De tels services vont se développer et se généraliser. Unibail a, par exemple, lancé dans ses centres un label 4 étoiles, qui assure un niveau de qualité de prestations. Le risque, pour les futurs centres commerciaux, est de trop com- plexifier les choses. « Un service doit être remarqué par son ab- sence », souligne Jérôme Le Grelle. Par exemple, la question du parking, qui doit être rapide et efficace : faut-il recourir à un voiturier ? Un concierge ? Offrir la possibilité de passer com- mande en magasin et d’être livré chez soi ? Quel que soit le mix choisi, il faudra, derrière, que la rentabilité du centre reste suffisamment élevée.ritoire et justifieront le déplace- ment aux yeux du consomma- teur.Par ailleurs, les centres com- merciaux intègrent de plus en plus d’animations et de restau- ration. La nourriture, surtout, devient une part essentielle du mix, car en plus d’instaurer une ambiance et de garder le consom-HistoriqueLES EMPLACEMENTS RESTENT, LES BÂTI- MENTS CHANGENTEn revanche, il sera au même endroit. Les constructions neuves de grande taille se sont réduites parce que le marché est saturé : les 760 centres commerciaux en France occupent déjà les em- placements stratégiques, surtout en région. Et beaucoup de ceux qui sont installés en porte ou en périphérie des villes se sont fait rattraper par l’urbanisation, ce qui leur apporte un élément de proximité aujourd’hui recherché. « Dans les centres-villes, il reste quelques emplacements dispo- nibles : les gares, qui ont souvent des emprises foncières impor- tantes, ou des friches indus- trielles, comme des anciennes casernes ou des bâtiments pu- blics qui n’ont plus d’utilité », explique Jean-Michel Silberstein. En général, ces friches sont in- tégrées dans de grandes opéra- tions de restructuration urbaine. Le centre-ville présente, en termes de construction, beaucoup plus de contraintes, mais offre deux atouts déterminants pour les centres commerciaux mo- dernes : la proximité et un en- vironnement mixte, qui mélangeTout changera dans le centre commercial du futur, sauf la réaction du client qu'on double dans la file...allons au-devant du consom- mateur », résume Jérôme Le Grelle, président de Conver- gences CVL, une société d’études et de conseil spécialisée en urbanisme et immobilier de commerce. Un concept appelé à se développer est la restructu- ration des rues : une rue com- merçante est placée sous la res- ponsabilité d’un unique ges- tionnaire, en collaboration avec la municipalité – une sorte de centre commercial à ciel ouvert. Cela offre les avantages d’une offre diversifiée en types de commerces, sans trop de répé- titions, mais cohérente – par exemple en termes d’horaires d’ouverture – avec un mix ar- chitectural uniquement intégré à la ville. On en voit déjà des exemples à Londres.UN MIX D’ENSEIGNES PLUS DYNAMIQUECe qui dépend, au final, des en- seignes présentes. Et le mix évolue. Il se renouvelle plus vite que par le passé, et il faut savoir rester sur le qui-vive. « Quand Unibail a accueilli les premières boutiques Apple, cela a créé un grand appel d’air, rappelle Jérôme Le Grelle. Mais cela a faibli avec l’ouverture des premiers Apple Stores. » Aujourd’hui, cet appel d’air dû à une nouvelle enseigne branchée dure, au maximum, un an et demi, avant que les réseaux de boutiques hors centre se déve- loppent.succès en partie à la présence du seul Burger King de la région (après plus de dix ans d’absence), qui depuis son ouverture est pris d’assaut quotidiennement.Jean-Marie BenoistLa fin d’une époqueDans les années 1970, l’arrivée des centres commerciaux – et de la consommation de masse – a été ressentie comme un véritable bienfait, élargissant l’offre aux consommateurs en faisant baisser les prix. Dans les années 80, les stars ont été les supermarchés et les hypermarchés. Le développement des centres commerciaux se faisait alors de façon assez au- tomatique : ils étaient performants presque par nature. « Le produit était bien installé, fréquenté, le renouvellement d’en- seigne permettait de garder un avantage compétitif et une attractivité supplémentaire par rapport aux commerces de rue », décrit Jean-Michel Silberstein, délégué général du CNCC.Mais aujourd’hui, le regard des consommateurs a changé. Les besoins ont évolué, car la cellule familiale est différente, tout comme les modes de vie. Par exemple, la présence crois- sante des femmes dans le monde du travail a modifié les proportions de temps consacré au domicile, au travail et aux courses. « L’acte d’achat est beaucoup plus segmenté, et l’e- commerce amplifie encore ce phénomène », explique Jérôme Le Grelle, président de Convergences-CVL.En 2008, plus spécifiquement, le consommateur a commencé à disposer d’outils de communication moderne : Internet s’est démocratisé, les smartphones sont apparus et ont vite gagné du terrain... Tout cela a changé sa perception du commerce et ses comportements de consommation. Et le secteur a mis du temps à s’en apercevoir.De plus, la façon de consommer a changé : les choix se font plus sélectifs, par exemple en prenant en compte les facteurs environnementaux de production et de distribution. La crise économique a aussi poussé à une baisse.Tous ces changements impactent profondément le modèle du centre commercial, qui consiste à la base à rassembler l’offre en un seul endroit. Ce n’est plus le modèle dominant. Le consommateur a maintenant le choix : soit aller sur un lieu de commerce, soit rester chez lui et commander depuis son écran. Il faut donc le séduire, le convaincre de faire le dé- placement. D’essentiellement utilitaire – la concentration étant pratique –, les centres commerciaux vont devoir évoluer pour apporter quelque chose de plus : une véritable expérience de consommation.Mais la transformation ne sera pas facile, alors que CA et rentabilité sont en berne. L’investissement nécessaire en estd’autant plus difficile à effectuer.50 JUIN 2014Si l’adresse reste peu ou prou la même, les bâtiments changent considérablement. La taille resteMULTIPLIER LES SERVICESEt sans contrainte veut dire sans contrainte : tout doit être anticipé et trouver une réponse. « Le rêve du consommateur est d’avoir accès à toute la chaîne d’information, jusqu’au stock », estime Jean-Michel Silberstein. La disponibilité du produit, dans la couleur voulue et la taille dé- sirée, les horaires et les jours où la fréquentation est moindre, la possibilité de trouver des places libres pour se garer... En fait,En centre-ville, notamment, la locomotive est essentielle. En général, il s’agissait du magasin culturel – donc, en majorité, la Fnac. Mais cette dernière a donné une importance croissante au e-commerce, et du coup, la fréquentation a baissé. Il faut donc des enseignes performantes et une bonne synergie avec lestériaux plus naturels, comme le bois, le respect des contraintes environnementales, ou encore l’installation de panneaux solaires va se généraliser. Le shopping est un divertissement s’il est agréable – ce qui aujourd’hui signifie dans de grands espaces ouverts, avec des verrières, et sans contrainte.]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[Plafond tenduSolutions innovantes, design, lumineuses, acoustiques & écologiques pour la rénovation et la décoration de vos murs et plafonds.Barrisol® Lumière® Barrisol® Lumière®www.barrisol.com]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Décryptage WearablesI Lunettes intelligentes, montres, bracelets, brassards et pendentifs connectés, vêtements équipés de capteurs... Le wearable computing débarque, change les usages, et pourrait encore largement évoluer.maginez, d’ici quelques version professionnelle sera années : dans un bar, commercialisée dans les mois sur les tables, seulement qui viennent, au prix de 700quelques smartphones – les euros. Pour la version grandpauvres étant sur le point de rejoindre les walkmen à cas- sette et les bippers au cime- tière des objets ringards. En revanche, une bonne moitié des clients porte d’étranges lunettes et semble ailleurs. Certains font une recherche sur le Net. D’autres consultent leurs e-mails. Un couple s’en sert pour filmer la décoration de l’établissement, tandis qu’un groupe de touristes asiatiques traduit la carte des consommations... Dans les transports en commun, les hôpitaux, à la Poste, dans les restaurants, sur les lieux de travail, des scènes du même type se répètent.public (autour de 300 euros), il faudra attendre début 2015. Au cœur du dispositif : un projecteur rétinien. Les lu- nettes tourneront sous An- droïd et auront des fonction- nalités proches de celles d’une tablette... « Mais portée sur la tête !, insiste Kayvan Mirza. Cela permettra de faire de la vraie réalité aug- mentée, car grâce à l’affi- cheur transparent présent de- vant les yeux, les images nu- mériques virtuelles se super- poseront à celles du monde réel. » Et également de garder les mains libres ; un point de détail particulièrement ap- précié par tout smartphone addict s’étant retrouvé les bras chargés de valises dans un hall de gare, mais aussi par certains secteurs profes- sionnels, notamment médical (chirurgie...) ainsi que dans la maintenance et la logis- tique. Car si aujourd’hui les logisticiens s’encombrent de divers appareils dans leur tra- vail en entrepôt, les lunettes pourraient singulièrement leur faciliter la tâche en leur per- mettant de communiquer, d’être guidés par un procédé de géolocalisation ou encore de scanner des codes-barres simplement en regardant les palettes.Il y a encore quelques années, une telle idée aurait relevé de la pure science-fiction – aussi crédible que le voyage dans le temps ou une invasion de martiens. Aujourd’hui, cette vision du futur ne res- semble plus à une anticipation farfelue mais est presque pal- pable. Le wearable compu- ting est sur le pas de la porte : d’ici quelque temps celle-ci lui sera grande ouverte et ces technologies pourraient trans- former en profondeur l’usage d’une partie des objets du quotidien.Pourtant ses Smart Glasses auraient dû l'aider à trouver un bon coiffeur...Le wearable computing ? « Pour faire simple, ce sont les interfaces informatiques qui peuvent être portées sur le corps », précise l’un des fondateurs du site Le Web des Objets. C’est-à-dire, concrètement, les vêtements intelligents et les objets connectés (bracelets, montres, pendentifs, lunettes...). En un sens, son développement s’inscrit dans la continuité des évolutions de l’informa- tique. Des ordinateurs énormes des années 70 stockés dans des salles à la révolution du PC. Du PC à l’ordinateur portable, puis aux tablettes et aux smart- phones. Du tactile aux objets connectés et à la réalité aug- mentée.plaçable, résume Kayvan Mirza, directeur général et co-fondateur d’Optinvent, start-up basée à Rennes et développant des lunettes connectées. Finalement, c’est la suite logique : l’ordinateur qui était dans notre sac seconfortable pour l’utilisateur. Au petit jeu de la comparai- son « tactile vs wearable », ce dernier, sur le plan pra- tique, gagne aux points. Plus naturel et facile à oublier, il est également plus immédiat. « Dans le cas des lunettesprospective pour le cabinet de conseil IT Octo Techno- logy.similaires, sans craindre une seule seconde de se battre sur le même terrain que le géant américain. « Pourquoi devrait-on les redouter ? Ils ne sont pas plus experts que nous. Et puis ils avaient eux aussi des concurrentsPENDERIE INTELLIGENTEMais les smart glasses sont loin d’être les seuls repré- sentants du wearable com- puting. D’autres objets, bien qu’ils présentent des champs d’action moins vastes, sont à l’étude ou déjà sur le mar- ché. Les geeks les plus pas- sionnés (et fortunés) pour- raient bientôt connecter toute leur penderie. Lechal, marque créée par la société indienne Ducere Technologies, pro- pose par exemple des chaus- sures et semelles intelligentes qui, glissées dans une paire de baskets (ou de mocassins, pas de jaloux) offre la pos- sibilité via une connexion Bluetooth d’envoyer diversesPour l’heure le smartphone reste le cerveau : l'objet connecté capte les informations, mais c'est l'application du téléphone et la partie logicielle qui la traitentSMART GLASSESCes lunettes intelligentes res- tent l’exemple de produit wearable le plus ambitieux« La puissance de calcul est de plus en plus mobile, dé-rapproche de plus en plus de notre ordinateur à nous, le cerveau ! » Une suite lo- gique, certes, mais également une rupture, une évolution vers un usage de plus en plusconnectées, pas besoin de sortir un appareil de sa poche : il est possible d’ac- céder à des informations sans aucun effort », explique Guil- laume Plouin, responsableet prometteur, au champ d’ap- plication le plus étendu. Si la Google Glass a reçu un important écho médiatique, d’autres sociétés planchent de leur côté sur des appareilslorsqu’ils ont lancé leur mo- teur de recherche », tranche Kayvan Mirza. Sa société, Optinvent, réfléchit depuis 2008 à un modèle de lunettes connectées, baptisé Ora. La52 JUIN 2014]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frDécryptage STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEdonnées (calories brûlées, vitesse, distance effectuée...) vers le smartphone. Une paire de chaussures intelligentes destinée aux aveugles et mal- voyants, intégrant un système GPS et des capteurs vibrants, a également été développée par la même entreprise.dans la plupart des cas à des problématiques similaires : santé, meilleure connaissance de soi, optimisation des per- formances sportives ou amu- sement des geeks. Samsung, Sony ou Pebble proposent ainsi des montres intelli- gentes. La Pebble Watch, par exemple, reliée au smart- phone, permet de lire ses no-UN RISQUE D’ENVAHISSEMENT ? Côté santé, le Français Wi- things vient de lancer une nouvelle version de son tracker d’activité, le Pulse O2, dés- ormais disponible sous forme de bracelet. Pour que type de mesures ? « D’abord l’activité physique, avec le nombre de pas, les calories consomméeslement, grâce à un lecteur d’oxymétrie. » Et enfin le sommeil, puisque le Pulse O2 permet de suivre ses diffé- rentes phases et de générer des statistiques sur le long terme. Le tracker envoie les informations sur le smart- phone où une application per- met de les traiter.tions, mais c’est l’application du téléphone et la partie lo- gicielle qui la traitent. » Et quid d’une révolution sur le plan des usages ? Là encore, bien que le champ des inno- vations possibles soit infini, nous n’en sommes qu’aux prémices. Beaucoup de ces objets proposent des évolu- tions, certes passionnantesreste un objet beaucoup plus incontournable que la montre connectée. »Reste qu’il est extrêmement difficile de prévoir comment l’usage de ce type d’appareils va évoluer et se populariser dans les années à venir. « Après tout, peu de personnes avaient anticipé que le mobile allait se démocratiser à ce point, compare Guillaume Plouin. Les objets wearables peuvent très bien entrer ra- pidement dans les mœurs et les gens devenir accros. » D’autant plus que le champ d’application et d’innovations possibles est loin d’avoir été exploré et que les évolutions sont à peine imaginables, de nombreuses sociétés travaillant sur ce type de produits en R&D.De son côté, l’américain Heapsylon vient de créer avec ses Sensoria Fitness Socks des chaussettes connectées. Plutôt destinées aux sportifs, elles analysent notamment la répartition du poids ainsi que le nombre de foulées et leur longueur ainsi que la cadence de course et permettraient de prévenir maux de dos et bles- sures, en optimisant la façon de courir. Différents types de vêtements connectés, comme le T-shirt développé par le consortium français Smart Sensing, permettront également dans un futur proche de relever divers in- dicateurs sur la santé et les performances sportives (res- piration, température, état de déshydratation, rythme car- diaque...). Il est même im- possible de faire une blague vaseuse à propos de l’absence de caleçons connectés : Du- rex annonçait en avril 2013 travailler sur Fundawear, un modèle de sous-vêtements vibrants contrôlables à dis- tance par smartphone. On n’arrête pas le progrès. Au-delà des vêtements, dif- férents types d’accessoires connectés ont également été développés. Ils répondentDe multiples types d’objetsQuelle pourrait être la définition du « Quantified Self » ? Sommairement il s’agit de la capture, l’analyse et le partage de données personnelles, souvent à des fins de santé, de connaissance de soi, de bien-être, de recherche de productivité ou d’amélioration de ses performances. Le mou- vement est né en 2007, dans la baie de San Francisco. Il a été initié par deux éditeurs du magazine Wired qui ont voulu faire se rencontrer des personnes pratiquant cette auto-mesure et des fournisseurs d’outils afin que chacun puisse partager son témoignage en expliquant ce qu’il avait mesuré, pourquoi il l’avait fait et ce qu’il avait appris. Historiquement, on pouvait se mesurer avec un petit carnet ou un fichier Excel, ensuite avec des applications web et mobile qui, à partir de 2010, ont accéléré l’en- gouement autour de cette pratique. Aujourd’hui, ce sont les objets connectés qui tirent la cou- verture à eux. Le quantified self est de plus en plus répandu en France. En 2012, il fallait acheter ses outils de mesure sur le Web et lesfaire venir de l’étranger. En 2013 des distributeurs se spécialisent sur ce segment. La Fnac a d’ail- leurs créé un rayon consacré aux objets connec- tés.Quelles sont les motivations des adeptes ?Il en existe trois grands types. Le premier objectif est la surveillance d’un paramètre de santé. Le deuxième consiste à transformer en routine une pratique qu’on estime être bénéfique pour soi-même. Par exemple, on a constaté que l’on est trop pris par son travail ou sa famille mais on sait que, pour être détendu, on a besoin d’aller à la piscine une fois par se- maine. Pour se conditionner, on va faire une croix sur son calendrier chaque fois que l’on s’y rend et essayer de transformer cela en ha- bitude. La troisième motivation concerne la recherche de performance, donc plutôt dans le domaine du sport. Par exemple, on se dit que l’on peut courir un 10 km mais on pro- gramme toute une série d’exercices sur deuxans pour y parvenir et on observe son évolution. Il existe également des motivations plus annexes, moins stabilisées et sur des populations plus faibles, qui sont soit l’autodiagnostic, soit l’envie d’enregistrer sa vie de façon automatique, soit la connaissance de soi à des fins person- nelles, de recherche. Enfin, certains sont attirés par la volonté de tester de nouveaux outils. Pour prendre mon cas personnel, je souhaitais à l’origine améliorer mon hygiène de vie. Pendant plusieurs années, j’ai enregistré des paramètres comme mon temps de sommeil, ma consommation de café... que je comparais avec mon irritabilité. Grâce aux résultats obtenus dans des fichiers Excel, j’ai détecté des corrélations et pu acquérir de meilleures habitudes.Qu’a apporté le développement du wearable computing à cette pra- tique ?Ces objets donnent accès à des informations précises, qui auparavant nous étaient inconnues."La géolocalisation est actionnée sur ta montre. Tu m'expliques ce que tu as fait pendant tout ce temps chez la voisine ?"En cas de démocratisation massive de ces objets weara- bles, le risque d’un envahis- sement technologique dans la vie de tous les jours se pré- sentera. Les tests des Google Glass ont déjà fait éclore des problèmes en matière de res- pect de la vie privée et d’inti- mité (les fameux « Glass- holes »). Mais si l’exempletifications Facebook, mail ou SMS et de gérer son lec- teur multimédia. Et le bras- sard connecté Myo créé par la société Thalmic Lab per- met, en utilisant les mouve- ments de l’avant-bras et des doigts, de déclencher des ac- tions de contrôle sur certains objets environnants (PC, lec- teur mp3, etc.).ou la distance parcourue, ex- plique Alexis Normand, en charge du Business dévelop- pement santé pour Withings. Ensuite, la santé du cœur : un capteur optique au dos du tracker permet de mesurer la fréquence cardiaque au repos et de suivre son évolution pendant et après l’effort. La qualité de la respiration, éga-existent. Peut-on pour autant parler de révolution ? Sur le plan technologique, pas en- core : l’immense majorité de ces appareils s’appuie encore sur le smartphone. « Ils en sont fortement dépendants, confirme le co-fondateur du Web des Objets. Le smart- phone reste le cerveau : l’objet connecté capte les informa-pour les mordus de technolo- gie ou les adeptes de « Quan- tified Self » (cf. encadré), mais dégagent aussi un petit côté gadget et des fonction- nalités limitées. « Il y a quelques cas d’usages nou- veaux, mais on est pour le moment sur des opérations assez simples, reconnaît Guil- laume Plouin. Le smartphonedes accros aux smartphon. laisse supposer que certains utilisateurs pourraient se lais- ser dépasser par ces nouvelles technologies, les spécialistes de la question refusent d’in- criminer l’objet lui-même, préférant renvoyer chacun à une nécessaire autorégulation dans l’usage de ces outils.Emmanuel Gadenne, expert en usages numériques chez Sopra Consulting, auteur d’un guide sur le « Quantified Self » (1), évoque les origines et les perspectives de la mesure de soi.« Surveillance, hygiène et performance »esJérôme LarsanQuand j’ai commencé, en 2003, j’enregistrais l’heure de mon lever et de mon coucher, je faisais des cumuls avec les temps de sieste, mais je n’avais pas de données sur la qualité de mon sommeil. Grâce à certains appareils, vous pouvez maintenant voir les périodes d’agitation pendant la nuit donc mieux cerner les problèmes. Pour la mesure des pas, égale- ment : il serait impossible de les compter pré- cisément sans objets connectés. Ils donnent la possibilité de changer vos habitudes, sur le long terme mais aussi au fil de la journée. Les évolutions dans les années à venir vont égale- ment être intéressantes : les capteurs sont de plus en plus petits et vont pouvoir intégrer de plus en plus d’objets. Ils auront davantage d’autonomie et seront capables de communiquer entre eux, machine to machine.(1) “Guide pratique du Quantified Self, mieux gérer sa vie, sa santé, sa productivité” d’Emmanuel Gar- denne, éd. FYP, 2012.Jérôme LarsanJUIN 2014 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE ExpertisesDématiqueLe carnet desnominationsen partenariat avec}AGROPARISTECH ALUMNIPierre SabatierMonsieur Pierre Sabatier est élu président d'APT Alumni, l'élection ayant eu lieu le 9 avril 2014. Impliqué dans l'association des anciens depuis de nombreuses années, il était précé- demment membre du bureau en charge de la communication.n Pierre Sabatier , 32 ans, AgroParisTech (2001), est actuellement président et directeur des études du cabinet indépendant de recherche économique et financière, PrimeView, qu'il a fondé en 2008 avec Monsieur Jean-Luc Buchalet.}SEGULA TECHNOLOGIESDaniel KlajmicMonsieur Daniel Klajmic est nommé directeur général Israël de Segula Technologies, à ce poste depuis avril 2014.Daniel Klajmic , 50 ans, a réalisé le parcours suivant :n 2009-NC : Open Consulting, senior manager Telecom & Media.n 2007-2009:DevoteamConsulting,manager.n 2006-2007 : Cleario Consulting, manager.n 2000-2006 : Bouygues Telecom, directeur Standards.n 1997-2000 : Groupe Altran, consultant senior.n 1991-1997 : SITE, consultant.} TECHNOMEDIAGérard DuvalMonsieur Gérard Duval est promu vice-président Europe en charge des opérations de Techno- media, à ce poste depuis mai 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Chris- tophe Bergeon, vice-président et directeur général EMEA.Gérard Duval , MBA de EM Lyon (1996), Ecole spéciale militaire Saint-Cyr (1983), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : Technomedia, directeur des services professionnels EMEA.n 2009-2013 : GeD Conseil, directeur fondateur.n 2005-2009 : Hewitt Associates, directeur de l'offre Efficacité de la fonction RH en France et en Europe.n 2002-2004 : PwC, directeur de l'offre Global Reward au sein de la direction des ressources humaines.n 2000-2002 : General Electric Corporate, directeur du programme européen d'harmonisa- tion des processus de rémunération et d'avantages sociaux.n 1996-2000 : General Electric, directeur du projet du centre de services partagés RH en France.n 1982-1996 : Armée de Terre, début de carrière comme militaire, notamment au sein de la direction des ressources humaines.Upar Jean-Marc Rietsch, Président de FedISADe l’appropriation et de l’absorption des nouvelles technologiessmartphone ?A peine commence-t-on à se sentir à l’aise avec un outil que déjà une autre génération ar- rive et cela va encore en s’accélérant, en partie guidé par la poussée marketing sans que se pose encore la question des limites de capacité du marché à absorber toutes ces nouveautés. Avant d’aller plus loin en matière technolo- gique il est urgent de développer l’utilisation de ces nouveaux outils au quotidien pour ne pas risquer une rupture entre la technique et les humains que nous sommes.Au-delà de la conduite du changement et la lutte contre certaines réticences naturelles, il s’agit de rester raisonnable et éviter des envo- lées comme celle de Bill Gates qui, devant le think tank American Enterprise, il n’a pas hé- sité à dire que « dans vingt ans, les robots au- ront remplacé les chauffeurs, les serveurs et les infirmières ».Ne sommes-nous pas là en train de confondre objectif technique et vie sociale ? Les réseaux sociaux nous ont déjà amenés des centaines d’amis virtuels, espérons que le numérique ne nous conduira pas à une vie totalement vir- tuelle qui pourrait bien éteindre l’espèce, sans oublier que l’ensemble de ces cyber objets sont bien créés à l’origine par l’homme.40% par an ces dix dernières années, cette augmentation touchant les données produites comme le nombre de personnes et d’entre- prises qui travaillent de façon connectée et tous les objets branchés correspondants.} SIGFOXAnne LauvergeonMadame Anne Lauvergeon est nommée président du conseil d'administration de Sigfox, à ce poste depuis avril 2014.Anne Lauvergeon , 54 ans, ENS, Mines Paris, agrégation de sciences physiques, a réalisé le par- cours suivant :n 2011-2014n 2001-2009n 2001-2011n 1999-2001n 1998-1999n 1997-1998n 1995-1997n 1991-1995n 1990-1991nale et le commerce extérieur.n 1988-1989 : Conseil général des mines, adjoint au chef de service.n 1985-1998 : Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ingénieur à l'Institut de protection et de s*reté nucléaire, puis chef de la division Sol et Sous-Sol à la DRIRE Ile-de-France.Au-delà de l’émerveillement que cela produit, la question est de savoir finalement à quoi tout cela sert, est-ce vraiment efficace et n’est-on pas en train d’être dépassé par un phénomène de fuite que plus personne ne maîtrise. Ce phé- nomène est d’autant plus important qu’il touche tant l’espace professionnel que l’espace privé, pour preuve l’engouement pour les ré-à eux seuls génèrent uneNormes: Libération, président du conseil de surveillance.: Safran, vice-président du conseil de surveillance.: Areva (issu de la fusion Cogema-Framatome), président du directoire.: Cogema, président-directeur général.: Alcatel, membre du comité exécutif.: Alcatel Telecom, directeur général adjoint.: Lazard Frères & Cie, associé-gérant.: Présidence de la République, François Mitterrand, secrétaire général adjoint. : Présidence de la République, chargé de mission pour l'économie internatio-par Jean-Louis Pascon Consultant chez Hénon Conseilne récente étude IDC commanditée par EMC nous révèle que l’environ- nement numérique a augmenté deempiètent également sur l’environnement pro- fessionnel.Comment expliquer que l’on puisse simple- ment lire de nos jours que 80 milliards pour- raient être économisés si les commandes publiques en Europe étaient dématérialisées, sans que des actions concrètes soient propo- sées pour y parvenir dans les meilleurs délais. Il s’agit bien d’un état d’esprit qui laisse penser que beaucoup reste à faire en matière d’appli- cation pratique, alors que la dématique a déjà plus de 15 ans d’existence.La taille des données numériques produites dans le monde double désormais tous les deux ans et devrait atteindre en 2020 les 44 zettaoc- tets (1021), soit 44 milliards de teraoctets. Rap- pelons que HP nous annonçait déjà en 2010 que nous allions bientôt atteindre le yottaoctect (1024) de données produites. Quoi qu’il en soit il est certain que la masse de données numé- riques générées atteint des valeurs encore ini- maginables il y a 30 ans.Le numérique permet de souligner le décalage entre les possibilités offertes par les techniques au sens large et leur utilisation au quotidien, notre capacité à se les approprier en tant qu’hu- main. Ainsi en matière de dématique et d’in- formatique, même si le développement des nouvelles technologies s’arrêtait, nous en au- rions encore au moins pour une génération afin de bien utiliser celles qui existent déjà de nos jours, et ce pour une large majorité d’entre elles. Un exemple très simple : qui d’entre nous peut aujourd’hui se targuer d’employer plus de 10% des capacités offertes par un trai- tement de texte ou encore plus par un tableur. De même, qui peut prétendre utiliser la majo- rité des capacités de son PC voire de sonseaux sociaux quimasse considérable de données numériques et}STMICROELECTRONICS (GROUPE STMICROELECTRONICS)Jean-Marc CheryMonsieur Jean-Marc Chery est promu directeur général de STMicroelectronics, à ce poste de- puis mai 2014, sous la responsabilité directe de Monsieur Carlo Bozotti, president et chief exe- cutif officer. Il est ainsi en charge du segment EPS (Embedded Processing Solutions) ainsi que des opérations de fabrication de ST au niveau central, qui incluent le packaging et le test. Il conserve également son rôle de vice chairman du comité stratégique corporate de ST. Jean-Marc Chery , 53 ans, Arts et Métiers ParisTech (1984), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2014 : STMicroelectronics, vice-président exécutif et directeur général du segment Solutions de traitement embarquées (Embedded Processing Solutions - EPS).n 2008-2013 : STMicroelectronics, vice-président exécutif.n 2008-2013 : STMicroelectronics, chief manufacturing & technology officer, et parallèle- ment, responsable de la production et de la qualité (2011), et directeur général du secteur nu- mérique (2012).n 2005-2008 : STMicroelectronics, directeur d'un programme de restructuration, puis direc- teur d'opérations enAsie-Pacifique.n 1993-2005 : STMicroelectronics, successivement directeur général de l'usine de Tours et di- recteur général de l'usine de Rousset (2001).n 1986-1996 : Thomson Semiconducteurs (devenue STMicroelectronics), différentes fonc- tions de management dans le planning produit.n Début de carrière chez Matra au sein du département Qualité.}CA TECHNOLOGIESAnna GriffinMadame Anna Griffin est nommée vice-président corporate marketing de CA Technologies, à ce poste depuis avril 2014. Elle reporte directement à Madame Lauren Flaherty, executive vice president et chief marketing officer.Anna Griffin , 43 ans, BA marketing de East Carolina University (1994), a réalisé le parcours suivant :n 2009-NC : Juniper Networks, vice president global marketing.n 2006-2009 : Nortel, director of global branding and advertising.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?54 JUIN 2014Le Parlement européen a voté le 4 avril dernier un nouveau règlement dont le titre est «Règlement sur l’identifica-Un nouveau règlement européention électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques au sein du marché intérieur» (eIDAS : «Electronic Iden- tification and Trust Services»).avait conduit à la loi française 2000-230 du 13 mars 2000 (portant adaptation du droit de la preuve aux technologies de l'information et re- lative à la signature électronique).En effet, le cadre normatif actuel de la signa- ture électronique est complexe. Les rapports techniques, guides et normes nés au fil du temps et dans plusieurs organismes de norma- lisation ne sont pas toujours cohérents. Ces or- ganisations ont donc réalisé une cartographie des besoins et des documents existants, détecté les manques et les redondances puis défini un corpus normatif complet. Ensuite, et c’est en cours, il conviendra d’actualiser les normes pour les mettre en adéquation avec le règle- ment.Ce règlement a plusieurs objectifs : fixer les conditions dans lesquelles un État membre re- connaît les moyens d'identification électro- nique des personnes physiques et morales qui relèvent d'un système d'identification électro- nique notifié d'un autre État membre ; établirEn revanche, ce texte ne sera totalement ap- plicable qu’en 2017 car les règlements euro- péens nécessitent des « actes délégués », un certain nombre concernant les normes tech- niques et organisationnelles nécessaires à la mise en place du règlement. Si celui-ci fixe les principes juridiques de l’identification, de la signature, du document électronique dans l’UE, etc. il ne traite pas des aspects techniques du domaine normatif.Quels sont les impacts prévisibles de cette ré- organisation normative ? Certains textes fran- çais comme le Règlement général de sécurité (RGS) ou l’agrément des sociétés d’archivage du Service interministériel des archives de France (SIAF) seront certainement impactés. D’autres, comme la norme NF Z 42-013 (Spécifications relatives à la conception et à l’exploitation de systèmes informatiques en vue d’assurer la conservation et l’intégrité des documents stockés dans ces systèmes) ris- quent même d’être rapidement obsolètes.des règles applicables auxconfiance, en particulier pour les transactions électroniques ; et instaurer un cadre juridique pour les signatures électroniques, les cachets électroniques, les horodatages électroniques, les documents électroniques, les services d'en- voi recommandé électronique et les services de certificats pour l'authentification de sites Web.En cours de révision, il sera définitivement pu- blié avant fin 2014 et viendra abroger la direc- tive de 1999 sur la signature numérique quiservices dePour définir ces normes, la Commission a donné un mandat de développement fin 2009 à trois organisations : le Comité européen de normalisation (CEN), le Comité européen de normalisation électrotechnique (CENELEC) et l’ETSI (European Telecommunications Standards Institute). L'objectif étant la mise à jour de la normalisation existante concernant la signature électronique européenne afin de créer un cadre rationalisé et homogène dans l’Union.Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[Une solution unique pourdématérialisertous vos processus documentairesCOMMANDES D’ACHATFACTURES FOURNISSEURSCOMMANDES CLIENTSFACTURES CLIENTSEsker est un des principaux éditeurs mondiaux de solutions d’automatisation des processus documentaires et de dématérialisation des documents de gestion. Ses solutions permettent aux entreprises d’automatiser et de dématérialiser la réception, le traitement et l’envoi de leurs documents : factures fournisseurs, commandes clients, factures clients, lettres de relances, bulletins de paie, courriers commerciaux et marketing, etc.EEsker aide ainsi les entreprises à améliorer leur productivité, leurs cycles de gestion et leur impact environnemental.]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolutionLa gestion dans les nuagesLes solutions de gestion pour PME dans le Cloud sont censées exploser en raison de leurs avantages pratiques et économiques. Mais pour quel ERP opter ?es offres de solutions – qui est essentiellement une ERP (ou PGI, Pro- prestation de service –, il giciel de gestion in- faut examiner plusieurs élé-tégrée) en mode Saas se mul- ments. Tout d’abord ce quitiplient pour les PME. « On constate, depuis quelques années, une augmentation de la demande en services sur le Cloud, notamment de la part des PME, décrit Claude Cordier, directeur marketing service produit chez Sage. Ainsi, la part du Saas sur le marché des so- lutions de gestion était de 13% à la fin de l’année 2013, contre 11% l’année précé- dente. » Face à l’intérêt que les entreprises manifestent pour le produit, les petits éditeurs tels que ITvite ou Si Web ont été rejoints par les grands éditeurs : Micro- soft, Sage, Cegid, SAP... « Le Saas a permis aux grands éditeurs de pouvoir toucher une population de clients qui n’ont pas les moyens de s’équiper d’une solution sur site », explique Luis Passanha, consultant ITvite. L’offre est du coup très variée, comprenant aussi bien des ERP « passe-par- tout », adaptés à toutes sortes d’activités, que des ERP plus « verticalisés », destinés à des secteurs spécifiques. Bref, il y a l’embarras du choix, du moins pour l’ins- tant : le marché est en pleine évolution, et il ne serait pas surprenant qu’une concen- tration plus ou moins forte survienne dans les années à venir.Le cloud du spectacle...offert par le passage au nuage. Le premier avantage d’une solution en mode Saas reste l’externalisation de la compétence informatique, qui n’est pas toujours pré- sente dans les PME. Le deuxième est la flexibilité d’usage. Il est possible, grâce notamment à une tarification à l’utilisation, de faire fluc- tuer le nombre d’utilisateurs et même les fonctionnalitéscelles qui concernent des évolutions légales, comme le taux de TVA, les notions de contrôle de comptabilité informatique... Pour les PME, c’est à la fois un confort et une sorte d’assu- rance : ils sont assurés d’avoir un produit et une gestion toujours conformes aux der- nières normes en vigueur. Le dernier avantage concerne la mobilité qui, par définitionmobiles, qui permettent, avec des interfaces simplifiées, de consulter et utiliser les in- formations utiles », décrit Claude Cordier.de projet. Il ne suffit pas d’acquérir la solution : il faut la paramétrer, former les uti- lisateurs, au besoin repenser quelques process métiers... Des étapes qui ne s’impro- visent pas. « Il ne faut pas faire de la nouveauté pour la nouveauté, et penser faire avec un nouvel outil exacte- ment ce qu’on faisait avant », insiste Thomas Cochin, di- recteur marketing Dynamics chez Microsoft. Si l’on choisit d’utiliser un ERP, c’est dans le but d’en tirer des gains de productivité et d’efficacité. A noter que recourir à la ver- sion Saas d’un ERP déjà uti- lisé en interne permet de sim- plifier considérablement la miseenplace:iln’yapas besoin de tout re-paramétrer. En revanche, « il faut vérifier que la version Saas comporte toutes les fonctionnalités dé- sirées, car il y a parfois des différences entre les versions sur site et celles sur le Cloud », rappelle Luis Pas- sanha.relève de la performance de la plateforme : peut-elle tenir la charge, quel que soit le nombre de personnes connec- tées ? « L’ERP doit pouvoir supporter le développement et l’évolution de l’entre- prise », souligne Thomas Co- chin. Quelle est la disponi- bilité garantie du service (sou- vent exprimée en pourcen- tage) ? Ensuite, il faut se préoccuper de la sécurité des données et de l’accès, ainsi que des questions de sauve- garde (à quelle fréquence ?), de redondance (en cas de panne des serveurs, d’autres peuvent-ils prendre le relais ?) et de réversibilité des données (pouvoir, quand on le veut, récupérer l’intégralité des données pour les faire migrer ailleurs). Enfin, pour certains types d’activité, la localisation des serveurs peut avoir son importance, les législations nationales sur la protection des données n’étant pas tou- jours les mêmes. Toutes ces informations se trouvent dans un même document : le SLA (Service Level Agreement), qui fixe contractuellement les performances du service. Il faut l’examiner avec at- tention, si besoin avec l’as- sistance d’un consultant spé- cialisé.INVENTAIREÀ LA PRÉVERT D’AVANTAGES« La lisibilité et la prévisi- bilité des coûts sont des ar- guments de poids pour les PME, estime Sylvain Moussé, directeur technique et CTO de Cegid. De plus, un ERP en mode Saas rentre dans l’OPEX (dépenses d’ex- ploitation), et plus dans le CAPEX (dépenses d’inves- tissement). » Le coût, de plus en plus exprimé par utilisa- teur, varie entre 15 et 250 euros par mois selon la com- plexité des solutions. Mais ce n’est pas le seul bénéficeIl ne faut pas faire de la nouveauté pour la nouveauté, et penser faire avec un nouvel outil exactement ce qu’on faisait avant.56 JUIN 2014utilisées, et d’adapter ainsi l’usage à son activité – un aspect particulièrement in- téressant pour les activités saisonnières.du mode Saas, est facilitée. Or les atouts de la mobilité ne sont plus à démontrer, entre des gains de producti- vités et de flexibilité et la possibilité d’instaurer le té- létravail. « Nous avons ajouté, dans notre offre, des applications pour terminauxmettre d’impair. Elles sont de deux ordres : les premières sont liée au fait qu’il s’agit d’un ERP, et les deuxièmes au fait que la solution est sur le Cloud. Comme pour une solution ERP qui serait ins- tallée sur site, adopter le lo- giciel demande une gestionLe troisième avantage est que les mises à jour sont au- tomatiques et transparentes pour l’utilisateur, notammentPar ailleurs, et comme pour toute solution dans le Cloudsur le nuage.DÉMARCHE À SUIVREAvant de se décider à franchir le pas et à choisir une solu- tion, mieux vaut cependant préparer le projet et avoir en tête les bonnes questions à se poser pour ne pas com-Enfin, une dernière erreur serait de se précipiter. Un des avantages du Saas est que l’on peut adopter une solution fonctionnalité par fonctionnalité, ce qui permet de tester le principe sur un périmètre réduit – voire de choisir plusieurs prestataires pour cela. « Pour les éditeurs, cela représente un vrai défi, car il faut assurer l’inter- opérabilité “cloud to cloud” des solutions les unes avec les autres », souligne Sylvain Moussé. Par ailleurs, si une solution a été récemment installée sur site, il est plus sage de la rentabiliser d’abord avant de passer à une versionJean-Marie Benoist]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolutionRetour vers le futur technologiqueVerra-t-on des objets connectés partout, des appareils intelligents qui décident à notre place ? Pour Daniel Kaplan, délégué général de la Fing (« Fondation Internet Nouvelle Génération »), connaître les technologies qui feront tourner le monde de demain passe par une compréhension fine des pratiques culturelles, économiques et sociales en place.L’Internet des objets sem- ble ouvrir la voie vers une nouvelle ère technolo- gique. S’agit-il de la pro- chaine grande révolu- tion ?La multiplication des objets connectés ou encore des cap- teurs à l’origine d’automati- sations croissantes, d’une in- telligence apportée par un certain nombre d’appareils, ne fait aucun doute. Pour au- tant, le seul progrès techno- logique ne suffit pas pour dépeindre l’état et le fonc- tionnement d’un domaine d’activité dans 10 ou 20 ans. Nous constatons que le che- min que prennent actuelle- ment les objets connectés ne ressemble pas du tout à ce qui a été évoqué sur ce sujet depuis une quinzaine d’an- nées. La capacité à apporter des nouveautés technolo- giques n’est qu’un des critères qui permet d’imaginer le fu- tur. Ce n’est pas parce qu’une innovation est très convain- cante qu’elle a forcément un avenir. Le fond de l’affaire est plutôt de savoir au travers de quels scénarios et dans quels types d’usages une tech- nologie prometteuse peut sel’avenir n’est pas simplement la technologie en soi, mais les pratiques économiques et sociales environnantes, le contexte culturel et politique, le degré d’acceptation des nouveautés par la population. Autant de critères ayant un impact direct sur le sens de l’histoire.Une innovation, aussi in- croyable soit-elle, n’im- plique donc pas nécessai- rement son succès écono- mique.Tout à fait. L’avenir est au croisement d’au moins trois grandes dynamiques. Le contexte technologique, re- groupant les enjeux du Bigment par la numérisation, qui cial, avec explosion des iné- place. Internet ne représentait induit par exemple la déma- galités, destruction progres- ni la technologie la plus térialisation et la rematéria- sive de la confiance à l’égard neuve, ni la plus performante. lisation permanente de l’in- des institutions et des entre- Il a pourtant gagné le pari de formation, l’intervention et prises. Ces éléments repré- l’avenir sans livrer aucunetechnologies seront à la lisière de l’esthétique, de l’identité, de la forme physique, et de la santé. Entre un tissu très près du corps et un maquil- lage, il n’y a potentiellement qu’une différence de degrés, tout comme entre un tissu intelligent et un appareil élec- tronique. Les secteurs de la cosmétique, de la mode, et du bien-être peuvent ainsi connaître d’importants dé- veloppements.Certaines technologies seront à la lisière de l’esthétique, de l’identité, de la forme physique, et de la santé58 JUIN 2014"Mais qui va gagner la coupe du monde ?"data et du Cloud, qui déter- versement, que des grands mine la capacité de traitement acteurs sont bousculés par des données, et l’omni- des petits, ou encore que des connexion qui implique que entreprises extérieures à un tous les objets ou appareils domaine viennent concurren- sont connectés en perma- cer des spécialistes du même nence en mode IP, constituent domaine. Enfin, nous vivons le premier grand élément. A dans un monde dans lequel cela s’ajoute un phénomène il existe un certain nombre de déstabilisation des modèles de problèmes systémiques existants provoqués directe- d’ordre environnemental, so-produit qui en résulte. Avant l’essor d’Internet dans les années 1990, les prévi- sions technologiques ne por- taient pas du tout sur le dé- veloppement d’un tel réseau. Les paris sur le futur concer- naient plutôt la performance, la solidité, la fiabilité des produits existants, le renfor- cement d’usages déjà entechnologique. Les techniqu. en place, élaborées par les acteurs dominants, sont per- turbées soit par des nouveaux entrants détenteurs d’une nou- veauté, soit par des personnes désireuses de prendre le pou- voir sur un secteur. Ces der- nières peuvent d’ailleurs être les utilisateurs eux-mêmes.l’autonomisation croissante des utilisateurs dans la chaîne de valeur, mais aussi une modification continue de l’univers concurrentiel faisant en sorte que les services rem- placent les produits, et in-sentent également des para- mètres importants qui déter- minent les évolutions. Si les technologies qui se dévelop- pent sont le déclencheur d’un certain nombre de mutations, elles peuvent aussi être lebataille, car il se trouve qu’il ressemblait pleinement à ce que l’économie attendait à ce moment-là.Qu’en est-il des innova- tions prometteuses qui viennent d’apparaître sur le marché ?Il faut avant tout se méfier du caractère prometteur. Nous prédisions depuis longtemps le succès de la domotique, l’arrivée des appareils et gad- gets intelligents dans les tâches quotidiennes. Finale- ment, nous constatons que l’intérêt des utilisateurs se porte avant tout sur les tech- nologies dans le domaine du sport et du bien-être, comme les appareils mesurant les pulsations cardiaques, la per- formance, les applications pour smartphone fournissant des données personnalisées relatives à la bonne santé, ce qui n’a rien à voir avec les cuisines intelligentes. Nous sous-estimons souvent la ma- nière avec laquelle les parti- culiers peuvent adopter cer- taines technologies, parfois bien avant les organisations. Même si toute prédiction est délicate, le lien entre les tech- nologies et le corps recèle sans aucun doute de très nom- breux potentiels. Certaines innovations intégrant la bio- logie connaissent déjà un en- gouement fort, à l’image des vêtements composés de tissus particuliers ayant des fonc- tions amincissantes ou toni- fiantes. La transformation es- thétique du corps est proba- blement aussi à l’aube de bouleversements. CertainesSeule une conjonction de facteurs peut donc assurer le succès durable de telles nouveautés ?Oui. Les pratiques quoti- diennes, le contexte écono- mique et social sélectionnent et détournent les technologies qui apparaissent. A ces in- novations s’ajoutent l’ima- ginaire d’individus et l’évo- lution d’idées au sein de bu- reaux d’études. D’où vient le web ? D’une certaine ma- turité informatique ? D’une tradition technologique autour de l’hypertexte ? De la culture hippie des années 1970 ? De la science-fiction qui a ima- giné des univers virtuels ? Chacun de ces éléments a sa part de responsabilité dansdévelopper.Il serait tout à fait possible de dire que les objets connec- tés vont fortement développer le recours à la télémédecine, remettant radicalement en cause l’organisation actuelle du système de santé, des hô- pitaux pour les professionnels en passant par la sécurité so- ciale. Une autre hypothèse est d’imaginer que les objets connectés vont conduire au développement d’appareils personnels que les individus achèteraient et qui leur per- mettraient de reprendre la main sur leur propre santé, ce qui transformerait tout aussi radicalement, mais dans un sens différent, l’ensemble du secteur, son mode de fi- nancement, le rôle des assu- rances et de l’hôpital. Plu- sieurs scénarios sont bien sûr possibles. Ce qui va déter- miner la route empruntée àle succès d’Internet.Les technologies qui se dé- veloppent et qui connaissent un succès durable dans la so- ciété sont généralement le fruit d’acteurs dont la volonté est de déranger l’ordre des choses, et non pas le résultat de travaux ayant pour seul but d’améliorer le fonction- nement de systèmes déjà exis- tants. Il est donc d’autant plus difficile de prédire notre futurPropos reccueillis par Mathieu Neues]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frBusiness Story STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Aldebaran Robotics, c’est déjà demainBSur un marché où les géants de l’industrie japonaise et coréenne ont pris position depuis longtemps, la PME française créée par Bruno Maisonnier joue les trouble-fête depuis sa naissance,aptisée du nom de exemplaires à travers le monde. et suscite les convoitises. même le rachat de Gostai, la view. Ce qui ne l’empêche pas l’étoile la plus lumineuse D’une hauteur de 58 centimètres, société à l’origine du système de percevoir les limites liées à de la constellation du il est un robot domestique mul- d’exploitation Urbi et construc- la taille de son entreprise dansTaureau, Aldébaran, la société titâches. Le second, né trois ans teur du robot de télé-présence ce grand jeu planétaire, où lessymbolise la concrétisation d’un rêve. Celui d’un banquier, Bruno Maisonnier, passionné depuis plus de 25 ans par la robotique, qui a décidé de quitter l’univers de la finance pure où il a exercé pendant de nombreuses années, pour s’investir dans l’industrie du futur. Créée en 2005, l’en- treprise se donne d’emblée pour objectif de créer des robots hu- manoïdes, une nouvelle espèce bienveillante à l’égard des hu- mains. Une quête aux accents humanistes, qui ne doit cepen- dant pas masquer les ambitions commerciales du fondateur et de ses partenaires investisseurs. Car Aldebaran s’inscrit sur un marché au potentiel de crois- sance exceptionnel.après NAO, mesure 1,40 mètre. Il est destiné à approfondir les recherches sur l’assistance aux personnes âgées ou en perte d’autonomie. Sa taille a été pensée pour qu’il puisse ouvrir une porte, monter un escalier ou encore attraper des objets sur une table.Jazz. Fondée un an après Alde- baran, cette dernière apporte à son aîné un nouveau savoir- faire et conforte sa position de leader hexagonal sur le marché de la robotique humanoïde.géants industriels peuvent in- vestir des sommes colossales. Pour effacer ce handicap, il a donc porté la création de Cap Robotique. Ce cluster, qui réunit des industriels, des laboratoires de recherche, des universités, des écoles... joue non seulement un rôle en matière de R&D, mais permet également aux in- dustriels français de faire du lobbying, de communiquer et d’organiser des événements.« De l’industrie à la santé, en passant par l’armement, les ro- bots représentent aujourd’hui un marché évalué à cinq mil- liards d’euros pour le seul conti- nent européen, soit 33% du marché mondial. Dans cet en- semble, la France pèse pour un peu moins de 600 millions d’euros », affirme Fabian Lainé, créateur du blog IA-Robots. Un potentiel énorme, sur lequel Al- debaran a posé ses premiers ja- lons avec la commercialisation des robots NAO et ROMEO. Lancé en 2006, le premier a déjà été vendu à plus de 5000tion que partage Bruno Bonnell, fondateur de la société de jeux vidéo Infogrames en 1983, et aujourd’hui dirigeant de la so- ciété Robopolis, qui a créé le fonds d’investissement Robo- lution Capital. Doté de 60 mil- lions d’euros, celui-ci se fixe pour but d’investir dans des projets français et européens afférant à la robotique domes- tique, éducative et médicale : « Le rapport de l’homme à la machine a changé. Le robot devient l’homme augmenté et comme tous les acteurs de cetement compris et surfe sur une vague qui n’est pas près de s’arrêter ».Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, qu’Aldebaran suscite des convoitises... et des ru- meurs. Le 13 mars 2012, le Fi- nancial Times annonçait que la société japonaise SoftBank avait acquis 80% du capital de l’en- treprise, après avoir déboursé la bagatelle de 100 millions d’euros. Le lendemain, Bruno Maisonnier démentait l’infor- mation. Quelques mois plus tard, en revanche, le fondateurs. L’énergieStrategy reviewUn droit international des affaires, mais lequel ?90% DU CHIFFRE D’AFFAIRES RÉALISÉ À L’INTERNATIONALAprès une phase de dévelop- pement lourde en investisse- ments et qui a généré une dette aujourd’hui de l’ordre de 20 millions d’euros, Aldebaran, dans la foulée de ses deux porte- drapeaux, s’est engagée dans une dynamique de croissance. À la fin 2012, l’entreprise affi- chait un CA de 18,8 millions d’euros, en augmentation de plus de 150% (6,9 millions en 2011), et programmait une nou- velle croissance pour les années futures. Notamment à l’inter- national. D’ores et déjà, l’export représente près de 90% du CA et NAO a été vendu dans plus de 45 pays. Les universités étrangères ont plébiscité le petit robot français, qui a reçu le prix du meilleur robot de l’année 2012 pour l’éducation, remis par l’université de Pittsburg.©Aldebaran RoboticsEt en plus il peut gratter le dos...DES MILLIONS D’EMPLOIS À LA CLÉ Pour Bruno Maisonnier, le doute n’est plus permis : les robots vont entrer dans notre vie quo- tidienne. « Cela s’explique non seulement par l’évolution tech- nologique mais aussi par la démographie, indiquait-il au début de l’année dans une in- terview. Les personnes âgées et les enfants sont les premiers concernés par les robots. La robotique répond à un nouveau besoin d’avoir un compagnon. Ce marché va arriver à maturité peuàpeu,avecàlaclédes millions d’emplois dans les pays qui concevront, fabriqueront et vendront les robots. »Si les Japonais, les Coréens et les Américains semblent avoir pris un peu d’avance, le fonda- teur d’Aldebaran est convaincu que la France, en général, et son entreprise, en particulier, ont encore une carte à jouer. « NAO est d’ailleurs reconnu comme le robot humanoïde le plus sophistiqué au monde »,Il reste cependant de nombreux problèmes à résoudre pour que le marché prenne totalement son envol. A commencer par le prix. Pour acquérir NAO, il faut aujourd’hui débourser plus de 10000 euros. Une somme que le grand public n’est pas encore prêt à engager. « Le rap- port qualité/prix est au cœur des problématiques, reconnaît Bruno Maisonnier. Il faut in- venter des matériaux et faireUn enthousiasme et une cLonvic- marché, Aldebaran l’a parfai- de l’entreprise officialisait lui- ajoutait-il dans la même inter- Jacques Donnayévoluer les capteur.et l’autonomie constituent un autre frein. » Pas de quoi ce- pendant le décourager. Avec quelque 15000 robots en com- mande, l’entreprise, qui emploie 350 salariés entre Paris, Boston, Shanghai et Tokyo, devrait pas- ser le cap des 40 millions d’euros de CA cette année.par Pascal JunghansEnseignant à l'international University Of Monacoet à l'université de technologiede TroyesMembre du conseil scientifique du Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.es autorités américaines traquent gine dans les lois boursières de 1933 et de puis le début des années 2000 (1).BNP Paribas et pourraient lui infli- 1934, prises après la crise de 1929 pour Ces règles extraterritoriales remplissent ger une gigantesque amende de 3,5 protéger l’investisseur américain et ren- un vide : l’absence d’un droit économiquemilliards de dollars. Le « crime » : cette forcées par la loi Sarbanes-Oxley de 2002. global régulant une économie globalisée.entreprise française a travaillé en Iran, pays sous embargo des Etats-Unis. Pour la même raison, HSBC, banque britan- nique, a payé une amende de 1,9 milliard de dollars. Total (France), Siemens (Alle- magne), Parmalat (Italie), ABB (Suisse) ont également versé de lourdes amendes aux Etats-Unis pour des « délits » commis dans d’autres pays.Elles sanctionnent toute manipulation d’information et escroquerie visant à tromper les investisseurs américains et ne différencient pas entre Américains et étrangers. Pour poursuivre une entreprise, il suffit qu’elle soit cotée aux Etats-Unis ou qu’elle ait une activité sur le territoire américain, ou que la fraude ait pris forme sur le territoire américain. Ce qui, au re- gard de la prééminence économique des Etats-Unis, concerne quasiment toutes les entreprises au monde. Le nombre de pro- cédures augmente d’ailleurs fortement de-Mais ces règles, financières et au bénéfice d’un seul pays, peuvent-elles perdurer ? Des ONG se sont engouffrées également dans la brèche avec de toutes autres conceptions. Ainsi, l’association française Sherpa a porté plainte en France contre le Coréen Samsung sur le droit du travail d’employés chinois. Ces droits, issus, l’un du pays le plus puissant au monde, et l’au- tre du nouveau pouvoir d’une société ci- vile mondiale en émergence, vont-ils ou non converger ?Bref, le droit américain bénéficie du pri- vilège d’extraterritorialité qui lui permet de poursuivre où il veut, qui il veut. Ce vé- ritable monstre juridique trouve son ori-JUIN 2014 59]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11RH & FORMATION Réseaux & InfluencesLe Bottin, ça vous botte ?OLourds, épais, agréables à l'œil, les annuaires mondains trouvent facilement leur place dans une bibliothèque. Mais sont-ils réellement utilisables dans un objectif de networking ?nyestouonn’y sorte de renseignement est pas, et c’est ce professionnel. Tout au plus qui fait tout le sel certains mandats d’élus y sontdes annuaires mondains. Et indiqués. Le livre, en ventesi ces volumes richement décorés étaient la solution pour trouver l’adresse mail du président du directoire avec lequel vous cherchez désespérément à entrer en contact depuis des mois, ou celle de ce directeur marketing impossible à joindre ? Attention, il ne s’agit pas d’annuaires comme les autres : nous sommes à des années-lumière des Pages Blanches. Ces épais volumes renferment une mine d’informations sur l’élite française. La référence en la matière reste incontes- tablement le Who’s Who. L’édition française, qui souffle sa soixantième bougie cette année, est une véritable institution. Pour Antoine Hébrard, qui le dirige depuis le milieu des années 80, cet ouvrage de 2400 pages pour 4,2 kilos est ni plus ni moins que « le symbole de l’excellence professionnelle et un outil de travail sans équivalent ». La promesse : accéder à la biographie – et surtout aux coordonnées – de ceux qui comptent. Le Who’s Who regroupe 22000 femmes et hommes reconnus pour leurs talents et leurs réalisations dans tous les secteurs d’activité. Outre les cadres dirigeants, les hommes politiques et les gérants de société, le Who’s Who s’immisce dans tous les domaines : juristes, militaires, sportifs, diplomates... Un sésame qui a un coût : 650 euros pour la version papier et un an d’abonnement au site web. A noter que le prix tombe à 480 euros pour les souscriptions avant parution."Si je ne suis pas dans l'ed́ ition 2014, je saute. Il n'y a que le bottin qui m'aaaaille..."sociaux professionnels. Malgré la concurrence de Viadeo et LinkedIn, les ventes affichent une résistance qui force le respect : après avoir légèrement reculé il y a une demi-douzaine d’années, elles tournent depuis autour de 10000 exemplaires par édition. Le Who’s Who propose par ailleurs la venteprofessionnelles, mais il est tout à fait possible de s’en servir pour toucher directement le patron d’une entreprise, par exemple, en évitant les strates administratives et pour obtenir un rendez-vous, explique Blanche de Kersaint, directriceduBottinMondain. Un dirigeant peut être plus réceptif si vous le contactez en direct plutôt qu’en passant par un service de ressources humaines, surtout si vous lui précisez que vous avez un cousin en commun. »libre, coûte 230 euros. Pas question en revanche d’accéder au site web si votre nom ne figure pas dans l’ouvrage. « Il nous est impossible de limiter la vente du livre aux membres, ce qui s’assimilerait à un refus de vente. En revanche, notre base de données sur le Web est verrouillée et protégée par la CNIL », explique Blanche de Kersaint. Mais comment apparaître dans le livre ? Là où les portes du Who’s Who peuvent s’ouvrir aux parcours brillants, il est beaucoup plus difficile d’accéder au Bottin... à moins d’être un « fils de ». « Pour être très honnête, 98% des membres du Bottin sont des enfants d’anciens membres. Avec une population qui a quatre enfants en moyenne, le renouvellement se fait relativement facilement », souligne Blanche de Kersaint. Les quelques dizaines d’ajouts annuels se font par parrainage, et selon certains critères, dont l’appartenance à la noblesse, ou au moins à la bourgeoisie. Il existe également des versions régionales déclinées sur le même schéma. Le Livre des Familles recense 700 grandes familles de la région Nord- Pas-de-Calais. En Rhône- Alpes, c’est dans les pages du Tout Lyon Annuaire qu’on pourra trouver le nom des notables. « Du point de vue professionnel, l’annuaire de Lyon est sans doute le plus intéressant, bien qu’il soit le plus petit », remarque Blanche de Kersaint. En effet, si l’ouvrage compte à peine 500 pages, il comporte, à la différence du Bottin Mondain, les responsabilités profession- nelles ou administratives des personnalités qui y figurent. On peut ainsi y trouver les coordonnées d’un patron d’entreprise, mais aussi d’un commissaire priseur renommé, d’un élu, ou encore d’unPar Ronan PenettiLE WHO’S WHO, UN BUSINESS MODEL À TOUTE ÉPREUVEUn prix qui se justifie par la fiabilité de l’ouvrage, et la certitude d’y trouver l’élite dans chaque secteur d’activité. D’ailleurs, le modèle économique tient bon face à l’explosion des réseauxavez un cousin en communLE BOTTIN :LES ROTURIERS EXCLUS D’OFFICEDans cet objectif, il est toutefois nécessaire de connaître le nom de la personne que vous cherchez à contacter : impossible de trouver le directeur de BNP Paribas ou de L’Oréal sans connaître son patronyme. Le Bottin ne comporte ni CV, ni aucune.60 JUIN 2014certains critères alliantnotoriété, talent, compétences,mérite. Un comité desélection, anonyme etbénévole, étudie les dossiersbiographiques des candidatset vérifie scrupuleusementles informations transmisesen faisant la chasse aux CV« gonflés ». Ce jury très qui saute aux yeux dès pointilleux n’hésite pas à l’ouverture du livre : lesUn dirigeant peut être plus réceptif si vousle contactez en direct plutôt que par lesRH, surtout si vous lui précisez que vousexiste depuis le début du XXe siècle, et recense aujourd’hui 44000 familles. Clairement moins orienté business que son petit frère – les deux publications appartiennent au même groupe, HM Editions – le Bottin est avant tout un annuaire familial. Une nuancesur Internet de fiches à l’unité, entrer en contact avec les entrées ne sont pas classées au prix de six euros. Une anciens camarades de par ordre alphabétique des offre autour de laquelle la promotion pour vérifier personnalités, mais par ordre rédaction communique peu, l’existence de tel diplôme ou généalogique. Le chef de de peur de cannibaliser telle décoration. Mais le famille est présenté avec ses l’ouvrage. Le fait de figurer Who’s Who n’est pas le seul enfants, petits-enfants et dans cet annuaire, en volume à lister les arrière-petits-enfants. « Le revanche, est gratuit... mais coordonnées de l’élite. Plus but premier du Bottin n’est demande de répondre à ancien, le Bottin Mondain pas de faciliter les relationsnotaire...]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[Christopher, 43 years old. Managing Director, Marseille, ESSEC Executive Education, Class of 2011.And you? How far will your General Management Program take you?General Management Program: Reinforce, Renew, Reach.10 months in Paris. 2 international study trips. 2 formats: weekend or modular. For top executives.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU© Getty Images – Christophe, 43 ans. Directeur Général, Marseille, ESSEC Executive Education, Promotion 2011. Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ? Programme «Management Général» : Renforcer ses compétences, renouveler son projet professionnel, atteindre ses objectifs. 10 mois à Paris. 2 immersions à l’étranger. 2 formats : week-end ou modulaire. Pour les hauts dirigeants.]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frObservatoire RH & FORMATIONentreprises, ce classement souligne la qualité et la pertinence des formations, la cohérence de l’offre et l’excellence des équipes enseignantes. Cocorico ! Les programmes de for- mation sur mesure d’HEC Paris sont classés à la 2e place mondiale depuis six années consécutives (première place en Europe) et les programmes inter-entreprises ont fortement progressé depuis dix ans, passant de la 27e à la 3e place. Au classement général, HEC se hisse ainsi au premier rang mondial.Rang École1 Polytechnique2 Grenoble3 Centrale Paris4 UTC5 Isae6 Insa Lyon7 INP Toulouse8 Mines ParisTech9 Ecole des Ponts ParisTech10 IPB11 Arts et Métiers ParisTech12 Centrale Nantes13 Télécom ParisTech14 Isep15 ESPCI ParisTechGlobale Salaire Etudiants C.A. généré par Note de sortie partis à les contrats de (annuel brut en €) l’étranger (%) recherche (M€)Part de filles en 1ère année (%)132219261028341523361519231936Des entreprises heureuses et des participants satisfaits :90,6 47 00084,4 34 86782,8 43 47979,7 39 00077,9 44 00074,5 37 00073,5 33 90071,5 41 73270,9 42 11970,7 35 20069,7 37 09169,5 36 00066,5 43 45065,7 38 20064,8 43 45026,6 2621,4 23,9355,1 10,5035,1 23,6036,6 2819,8 24,5035,2 21,5757,6 29,1039,9 12,3067,6 18,0223,5 15,4055,5 14,2712,5 19,1699,5 1,5082,6 12,35Premier fait notoire à mentionner, la dépense des entreprises au sujet de la formation est en constante progression.41% des entreprises interrogées envisagent d’augmenter leurs dépenses sur la formation des cadres dans les trois prochaines années.90% des entreprises souhaitent solliciter la même école pour refaire le même programme. 95% des entreprises veulent solliciter la même école pour programmer de nouvelles for- mations 8,9/10 et 9,1/10 sont les notes respectivement relevées auprès des entreprises en matière d’atteinte des objectifs de formation, et des participants quant à leur satisfaction. source : ft.comLa formation continue en France, relation à court terme ?Selon une récente étude de l’Apec, la formation continue sert avant tout à l’employabilité immédiate des cadres, motivée par la logique financière des entreprises influencées par une vision à court terme. Responsables de formation tout comme prestataires s’accordent sur un point : la conjoncture impacte la manière de concevoir la formation continue, dans la mesure où les budgets sous pression sont désormais alloués dans une logique d’a- cheteur-fournisseur. Ce qui explique par exemple les efforts de structuration récente de la filière formation continue pour certaines écoles. « Nous assurons de la formation aux pro- fessionnels depuis une quinzaine d’années, mais nous gérons la demande sous forme de filiale seulement depuis quatre ans. Nous ressemblons davantage à une entreprise qui s’adresse à d’autres entreprises, avec une orientation client pour une meilleure réactiv- ité », souligne Catherine Simon, directrice générale déléguée pour l’activité formation continue de l’EM Lyon. Par ailleurs, l’étude révèle un manque d’appréhension de l’envi- ronnement et des logiques territoriales à l’œuvre servant normalement à anticiper les for- mations nécessaires à moyen ou long terme.source, 2014 : usinenouvelle.comsource : Apec, La formation continue des cadres vue par les professionnels du secteur, avril 2014u Eclairages sur les formations d'ingénieur et les besoins en recrutement :FAITES DÉCOLLER VOS TALENTSLes ingénieurs, épargnés de la crise ?Good news ! Les efforts en matière de valeur ajoutée de l’appareil industriel français en- traînent un besoin de recrutement des cadres plus conséquent. Cette transition de l’indus- trie manufacturière vers des entreprises à la pointe de la R&D s’illustre par une hausse des cadres de 10% de 1992 à 2013, tandis que l’emploi salarié tourné vers la production revoit ses effectifs à la baisse. Cette tendance traduit aussi la recherche de profils capables de manager de grandes équipes et de gérer des projets complexes : 36% des recrutements profitaient aux senior managers dotés d’au moins dix ans d’expérience en 2013. Le cru 2014 devrait connaître jusqu’à 3% de hausse dans les recrutements, en particulier dans les secteurs de la mécanique-métallurgie et de l’automobile-aéronautique-autres matériels de transport.ACCOMPAGNER EN PARALLÈLELE DÉVELOPPEMENT DE L’INDIVIDUET CELUI DE L’ENTREPRISEEML Executive Development conçoit et met en oeuvre des formations innovantes pour managers et dirigeants tout au long de leur carrière.Notre mission : développer des managers agiles et responsables dans un monde en mouvement pour un impact positif sur la performance de l’entreprise et sur l’écosystème à un niveau international.DÉCOUVREZ NOS DIFFÉRENTS PROGRAMMESFormations courtes (en Management, Leadership, Stratégie & Gouvernance, Finance & Pilotage de performance...)Certificats et diplômes (Diriger une activité, Programme Général de Management, Executive MBA, Advanced Management Programme...)source : Apec, Industrie : facteurs d’évolution et perspectives du marché de l’emploi cadre, mars 2014Classement 2014 des écoles d’ingénieurUn panel de 130 écoles dont 14 nouvelles écoles telles que l’INSA Val-de-Loire, rejeton né de l’alliance entre l’ENIVL et l’ENSI Bourges, a été interrogé pour établir le classement annuel des écoles d’ingénieurs. Deux changements notoires dans la méthodologie cham- boulent quelque peu le classement : la suppression du critère des moyens et l’introduction du nombre de mois de stage obligatoires. L’école des Ponts connaît une belle progression (+5 places) tout comme l’IPB (+15). Télécom Paris-Tech, elle, sort du top 10.Solutions entreprises sur mesure Coaching et accompagnementContact mail :executive@eml-executive.comFLASHEZPour accéder au sitewww.eml-executive.comJUIN 201463]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11RH & FORMATION Carrières & TalentsAu four et au moulinSComment se former tout au long de la vie sans quitter ni les bancs de l'école ni le siège de son bureau ? auf rares exceptions, La formation continue n’a pas dit son dernier mot, loin de là. le programme Top Managertels que HEC ou l’IN- Innovant et les programmesSEAD, le créneau de courts qui sont le plus de- la formation continue n’est mandés. Sur des cibles na-investi par les business schools que depuis 10-15 ans. Loin de l’esprit catalogue à l’oeuvre dans des orga- nismes plus classiques, cette jeunesse adolescente des pro- grammes, accompagnée de nombreux dispositifs nova- teurs, redessine les modes d’appropriation des compé- tences pour coller au mieux aux problématiques RH des entreprises.tionales, l’école se développe sur les offres intra-entreprise (Badges, bilan d’aptitudes délivré par les grandes écoles, marque déposée par la confé- rence des grandes écoles) et l’activité Validation des ac- quis par l’expérience (VAE). « De nombreux programmes sur-mesure ont également vu le jour, avec Compass Group par exemple, dans la restau- ration ou avec Volkswagen France avec qui nous mettons en place une troisième pro- motion Badge Management Stratégique. Concernant la demande en MBA, c’est une démarche plus individuelle motivée par un candidat et émanant moins directement des entreprises », classifie Aurélie Bordin, chargée du développement de la forma- tion continue chez Sup de Co Montpellier. Autre ap- proche avant-gardiste dans le groupe Audencia pour l’ac- quisition de nouveaux sa- voir-être indispensables lors d’un processus de négocia- tion : « Aveugle de naissance, j’ai développé progressive- ment des ressources spéci- fiques d’adaptabilité avec une meilleure capacité sen- sorielle. Ce développement de l’écoute « hors champ », m’a permis de me focaliser sur de nouveaux signaux en- vironnementaux pour mieux appréhender la dimension comportementale et les sa- voir-être d’autrui », convainc Franck Pruvost, consultant pour le pôle ILS (Innovative Learning Solutions) de l’Au- dencia. Le programme « Booster » pour le groupe immobilier Laforêt transposeENGINEERING PÉDAGOGIQUEDifficile de résumer l’offre de formation continue pro- posée au sein des écoles de commerce tant elle est di- versifiée. Rien n’est trop beau pour les cadres d’entreprise qui représentent une cible de choix synonyme de revenus florissants, part non négli- geable du chiffre d’affaires des business schools. Aussi, l’offre des écoles de com- merce continue-t-elle de se développer en France. Côté entreprises, les besoins peu- vent se résumer à trois grands axes de formation : monter en compétences opération- nelles, comprendre la straté- gie globale des entreprises et doter les cadres dirigeants d’une bonne dose de leader- ship. Pour répondre aux be- soins spécifiques des entre- prises, on retrouve, grosso modo, la même typologie de formations d’une école à l’au- tre. Cas pratique avec HEC, ayant formé 8500 cadres en 2013, récemment classée pre- mière école dans le domaine de la formation profession- nelle selon une étude du Fi- nancial Times (cf Baromètre). D’abord, l’école propose un panel de formations diplô- mantes qui correspondent aux Trium MBA, Executive MBA, MBA ou MS réalisés bien évidemment en part- time pour concilier temps d’apprentissage, prise de recul sur les apprentissages et vie professionnelle. L’executive MBA revêt un caractère glo- bal et s’attache à prodiguer tous les outils de gestion deLematinGeǵél'et́udiantblagueur,l'apres̀midiGeŕardleDAFral̂eur..Vivementcesoir!management général tandis que les Executive Masters s’adressent aux professionnels désireux de se perfectionner sur une problématique parti- culière : business unit, fi- nances, RH, etc. Réservée aux profils exécutifs seniors, la formule Trium MBA in- carne une déclinaison exé-sujet précis ou d’asseoir cer- taines compétences sans pour autant directement emboîter le pas sur un executive mas- ter, confie Inge Kerkloh-De- vif, executive director global business development, HEC Executive Education. Contrairement aux orga- nismes de formations plusécoles, les programmes dits sur-mesure coulent des jours heureux. « Ce type de for- mations correspond aux be- soins de développement du capital humain qui intervient lors des stratégies de chan- gement, explique Catherine Simon, directrice générale déléguée pour l’activité for-où l’objectif revient à pro- curer de nouveaux réflexes d’adaptabilité et des solutions innovantes aux cadres d’Air- bus. Première étape, l’iden- tification en Europe de dif- férentes TPE et PME, hors du champ aéronautique, ca- pables de répondre efficace- ment à la demande des pro-Côté entreprises, trois grands besoins émergent : monter en compétences opérationnelles, comprendre la stratégie globale des entreprises, augmenter le leadership des cadres dirigeantscutive en partenariat avec l’université de New York et la LSE de Londres. Côté pro- grammes courts, HEC pro- pose des programmes d’une douzaine de jours sanctionnés par un certificat HEC Exe- cutive education pouvant être converti en crédits d’ensei- gnement afin d’accéder aux Executives Masters et à la diplômation. « Les pro- grammes certifiants s’adres- sent aux personnes ayant ac- quis entre cinq et huit ans d’expérience, désireuses de faire une mise à jour sur unclassiques, les avantages tirés de la formation ne s’arrêtent pas à la fin de cette dernière. Les formations diplômantes incluent leurs participants au réseau d’Alumni. Et pour les programmes certifiants, un réseau spécifique leur est dédié, le HEC Executive Community. »mation continue de l’EM Lyon. Les entreprises nous sollicitent par exemple sur la problématique de l’inter- nationalisation afin que les cadres soient tous formés à la globalisation multicultu- relle et au management in- ternational. Nous créons ainsi un programme ad hoc en adéquation avec les besoins spécifiques des entreprises, jalonné par des évaluations vérifiant l’impact du dispo- sitif. » Airbus Academy fait partie de ces programmes in- novants de l’école lyonnaisefessionnels et de l’école. Puis, en immersion au sein de ces entreprises, les cadres d’Air- bus font face à de nombreuses problématiques de gestion sans leurs outils et référen- tiels. Une manière de les sortir de leur univers habituel. Accompagnés et tutorés, ces cadres développent de nou- veaux comportements de dé- cision à partir d’une meilleure observation du terrain. Chez Sup de Co Montpellier, l’en- semble de l’offre formations est également sollicitée. D’un point de vue régional, c’estdeGeoffroy Framery64 JUIN 2014LE BOOM DES PROGRAMMESSUR MESUREA la croisée des probléma- tiques RH du moment et des formations des grandesdonc ce développement . l’écoute pour permettre aux négociateurs une meilleure adaptabilité lors des phases de ventes ou d’achats. Le programme compte 25 à 30 sessions sur trois mois. 400 collaborateurs du groupe im- mobilier ont été initiés à cette pédagogie expérientielle.]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[Executive MBA Over 20 SpecializationsEn françaisContrôle de GestionEntrepreneurship & Business Development Gestion des ressources humainesGestion des risques d’entrepriseGestion et management dans les organismessans but lucratifGestion quantitative de portefeuille Gouvernance, sécurité et systèmes d’information Management de projetsManagement dans les institutions de santé Management des Entreprises (Master 2) Management des institutions sociales Management durable - responsabilité sociale etenvironnement de l’entreprise Management stratégique achats, logistiqueet approvisionnementsSécurité de l’informationStratégie marketing, communication &e-business2.0 Télécommunications et internet (expertise web etréseau sociaux)In EnglishAdvocacy & External Communication Aviation ManagementCommodity TradingCorporate Social ResponsibilityInternational Management International OrganizationsBoost your Career* Courses Available in English or French* Wide Range of Nationalities * Reasonable Class Size* Vast Networking Events* Cutting-edge Research Center * Located at the heart of Geneva *Accredited by AMBAUniversity of Geneva UniMail, 40 Bd du Pont d’Arve 1205 GenevaStrategic Marketingmba.unige.ch]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsH op ! Cul-sec ! Doit- on entendre dans le quartier de Ludwigs- vorstadt de Munich lorsque l’automne annonce l’arrivée des amoureux de la bière, aux joues rougies par les choppes de lager. Un moment de l’an- néeoù«çasentlabièrede Londres à Berlin ! Ça sent la bière, Dieu qu’on est bien », comme le chantonnait Brel, dans son titre aux airs de bal- musette. A croire que celle-ci se résume à la boisson des beaufs, de l’excès, de la ven- tripotence, du football et des apéritifs cacahuètes-chips. Mais détrompez-vous ! Le change- ment, c’est maintenant. Quoi qu’on en dise ! Car l’heure est au renouveau gustatif, à l’essor économique et au tourisme brassicole. Il est enfin temps de rendre à la bière ses lettresFRANCE, PATRIEDE LA BIÈRE ?Si les Dieux du Panthéon latin buvaient du nectar, les Romains buvaient ce qu’il appelaient le vin de Cérès, divinité de l’agriculture, qui donna plus tard le nom de la Cervoise, ancêtre de la bière. Des pha- raons aux empereurs romains, de Philippe III de Bourgogne à Nicolas II de Russie, les Grands de ce monde possé- daient leur recette « person- nelle » et se délectaient de cette boisson. Vieille de 8000 ans, l’histoire de la bière, bien que mondiale, est intimement liée au passé de la France, grenier à céréales du Vieux Continent et nation des bras- seurs depuis des siècles. Pour- tant, les initiatives pour pro- mouvoir ladite boisson de- meurent « relativement ré- centes » chez les brasseurs et les associations profession- nelles (depuis 40 ans). L’As- sociation des brasseurs de France, par exemple, fondée en 1880, multiplie les opéra- tions séduction depuis 25 ans même si la fameuse Moisson des brasseurs ne soufflera que sa troisième bougie. « Nous sommes les premiers produc- teurs mondiaux en orge de brasserie et premier exporta- teur mondial en malt d’orge. 15% des bières dans le monde ont été conçues à partir de66 JUIN 2014savoir-faire, une diversité et une créativité incontestables », regrette Olivier Faure, co-gé- rant de l’Echappée Bière, so- ciété spécialisée dans l’évé- nementiel et les circuits tou- ristique brassicoles, véritable pionnier sur ce secteur d’acti- vité. L’effort à mener serait d’abord de nature pédagogique. La bière, cette grande délais- sée ! Méconnue dans son pro- cess de fabrication, ignorée dans son histoire, snobée dans sa manière de la consommer. « L’œnotourisme connaît un franc succès grâce à l’image prestigieuse des grands châ- teaux, poursuit le jeune entre- preneur. Au delà du côté nou- veauté, il faut que les brasseries atteignent ce même niveau de reconnaissance dans les esprits des consommateurs. Nous sou- haitons ainsi dupliquer le mo- dèle de l’œnotourisme à notre patrimoine brassicole. » Mieux encore ! Il s’agit de démontrer que la bière autorise autant de fantaisie et de finesse que le vin ne le permet dans nos verres et nos assiettes. Comme en atteste le fameux turbo à la bière de Ghislaine Arabian, comptant deux macarons Mi- chelin. Le Beer fooding, ou l’accord mets-bières, a ainsi le vent en poupe. Songez, par exemple, à déguster un sashimi de saumon fumé avec une bière tourbée dont le nez rap- pelle l’arôme fumé caracté- ristique de certains whiskys et la saveur, l’amertume des céréales. Ou encore, caressez l’idée de marier l’onctuosité et la force du roquefort avec les houblons floraux et amé- risants d’une IPA (Bière d’ori- gine anglaise plus chargée en houblons, permettant une meil- leure conservation pour faire le trajet d’Angleterre aux Indes)... Tout est possible ! Ce n’est donc pas un hasard si l’Echappée Bière et des res-Geoffroy FrameryBiérologiquement vôtre...Coup de projecteur sur la culture brassicole, l’inconnue du grand public hexagonal...de noblesse.Oui, une culture de la bier̀ e sans Lederhose est possible....cette production, avance Jac- queline Lariven, directrice de la communication au sein du syndicat. Et nous avons à cœur de promouvoir cette filière d’excellence, facette de notre savoir-faire agricole et de notre artisanat. La filière représenteen moyenne, selon l’historien Jean Marc Moriceau contre un pour 1400 en 2014 à Rouen, première ville française en la matière (source : www.grand.rouen.com) ! Ajoutez à cela une augmentation des droits d’accises de 160% enziou, biérologue. La France arrache donc une médaille de bronze au regard du nombre de brasseurs en Europe. Mais il y a mieux encore ! Oubliez la Belgique et ses fameuses Trappistes car la France pour- rait se targuer de produire lessentent que 2% de la consom- mation nationale, leurs inno- vations ont influencé le repo- sitionnement des grandes marques. « Cette montée en qualité de la bière a notamment eu des conséquences sur la stratégie des grands groupes,Méconnue dans son process de fabrication, ignorée dans son histoire, snobée dans sa manière65000 emplois, « de l’épi au demi », et génère 12 milliards d’euros de chiffres d’affaires avec une progression de 10% chaque année du nombre de brasseries. » Mais, paradoxa- lement, les chiffres de la consommation de bière ne plaident pas en faveur du dé- veloppement brassicole en France. Avec une place d’an- tépénultième sur le classement européen pour une trentaine de litres par habitant, l’Hexa- gone semble ne pas nourrir de profonde appétence pour l’hé- ritière de la cervoise. D’autant que le siècle dernier a été sy- nonyme de départ des brasse- ries, cafés et restaurants hors des petites villes et des cam- pagnes. On comptait un café pour 130 habitants en 1830de la consommer...meilleures bières du monde. La preuve avec la brasserie du Mont-Blanc, récompensée pour sa bière blanche, élue meilleure bière blanche du monde au Beer World Awards en 2013. Même distinction pour la « Thou », brassée dans l’Ain, consacrée meilleure Pale Ale. Une manière créative de mettre à l’honneur notre terroir. Car la recette à 50% de malt d’orge, décrétée par le légis- lateur européen en 1992, n’en- trave en rien l’originalité gus- tative : bière vieillie en fûts de chêne dans les régions viticoles, boissons finement agrémentées de fleur d’hibiscus, de myrtilles ardéchoises ou de châtaignes corses, etc. Si les moyennes et micro-brasseries, au nombre de 550 en France, ne repré-qui passe par le renouvellement de leur gamme », analyse Hervé Marziou. Le groupe In- bev (Leffe, Hoeggarden, etc.), Kronenbourg ou même Hei- neken, tous présents en France via des sites de production no- tamment, diversifient leur gamme et élargissent leur cible marketing pour éviter de can- tonner la bière à une boisson de soif, à une boisson d’hommes. La bière est aussi question de femmes, de gas- tronomie et de dégustation.2013 (taxe sur la bière) qui impactent les prix à la hausse et compliquent la santé des brasseries. Le verre est plein ! La choppe déborde ! Rien ne va plus ?UN RENOUVEAU INCONTESTABLE« Pourtant, on retrouve une forme de capillarité sur la to- talité du territoire de brasseurs artisanaux qui maillent chaque région de France, y compris sur des régions comme l’Aqui- taine où le vin est roi. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas le Nord-Pas-de- Calais, premier en volume de production, mais la région Rhône-Alpes qui regroupe la plus grande concentration de brasseries », décrit Hervé Mar-deLA BIÈRE, CETTE MAL AIMÉE ?« C’est l’ignorance du produit qui crée le mépris à son égard. La bière garde parfois l’image catastrophique du pilier de comptoir, bien qu’il existe untaurants étoilés à l’image . La Laiterie à Lille se sont as- sociés pour marier les terroirs sous un angle inédit et prouver que la bière peut-être également l’apanage du sommelier. Autant d’idées qui redorent le blason d’une boisson gorgée de pré- jugés mais aussi de mystères, aussi qualitative que le vin.]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEMode & AccessoiresHackett, just quintessentially !Ray Ban joue les couleurs Pop avec Erika !Les lunettes de soleil à customiser Ray-Ban® ERIKA RB4171 sont le modèle parfait pour accessoiriser tous les looks. Des couleurs acidulées qui nous feront vivre l’été haut en couleurs et en émotions ! A garder même en hiver et en soirées, look ultrapointu garanti ! Erika a l’avantage d’aller à toutes les formes de visage...alors n’hé- sitez plus, adoptez votreErika...ray-ban.comEmling exige toujours l’excellenceHéritier d'un savoir-faire exigeant éprouvé au fil du temps, Emling perpétue aujourd'hui l'esprit et l'ambition des chausseurs de grande tradition. Les lignes Emling mettent à la portée des amateurs épris d'authenticité un art de vivre raffiné, alliant confort, élégance et modernité. À travers une ligne à la fois sobre, dense et très exclusive, Emling installe, avec le concours de son styliste Marc Guyot, une signature de référence dans l'univers de la chaussure haut de gamme.emling.frL’impertinence Ude la mode ne star sort d’une ber-Quel homme ne connait pas Hackett ? Fondée en 1979 par Je- remy Hackett et Ashley Lloyd-Jen- nings sur Portobello Road à Londres, la première boutique sur le "mauvais bout» de King Road, ne vendait que des vêtements déjà portés. De l’eau a coulé sous les ponts. La nouvelle collection 2014 aspire à être la quintessence de l'ex- cellence britannique. Doté d'un mé- lange élégant de pièces formelles et casual, elles sont idéales pour toutes les occasions !hackett.comRalph Lauren voit Blanc, Bleu, RoseTrois tendances couleurs signent la collection femme de cet été chez Ralph Lauren. Le Blanc pur et léger évoque une élégante insouciance ; le Blue Label propose un côté très sportwear chic ; le Pink Poney enfin soutient avec ferveur la lutte mondiale contre le cancer. En somme, une mode contemporaine, toujours au goût du jour, à la hauteur de nos en- vies et au cœur de l’actualité !RalphLauren.frCannes, festival de la mode !parle davantage de leur tenue, du dévoilement inopiné d’une partie de leur poitrine ou de la parure qu’elle porte, que du film en compétition qu’elles sont venues défendre ! A la montée des marches, tout est permis pour se faire voir et re- marquer, c’est la folie du fes- tival et une formidable opportunité pour les grandes maisons françaises de la mode de faire la preuve de leur sa- voir-faire !par Arthur de SoultraitFondateur de Vicomte A.devant le tapis rouge, au bas des marches du palais des festivals de Cannes. Les flashs crépitent, les photo- graphes crient son nom pour attirer l’attention de la belle et la voix des commentateurs s’emballe en faisant sa chro- nique amoureuse récente. Les caméras suivent son évolution sur le tapis rouge, en alternant et les plans serrés sur la star et sa tenue et les plans largesscrutent la foule d’un air sou- cieux. Et la sécurité de la star est pourtant la dernière de leur préoccupation, leur mission est de protéger les bijoux qu’elle porte.et les maisons de couture qui prêtent des pièces aux acteurs et producteurs. C’est devenu un passage obligé de la mode : il y a les fashion weeks, Cannes et les Oscars. Si on devait mesurer les retombées médiatiques de chaque star du grand écran présente à Cannes, il y a fort à parier que pour la plupart d’entre elles online aux vitres fuméessoulignant l’exaltation de la croisette, c’est la montée des foule. Autour d’elle, plusieurs marches et la vitrine excep- colosses en costumes sombres tionnelle qu’elle représente de plus ou moins bonne coupe pour les marques de joaillerieCar ce que l’on voit de Cannes, au-delà des chroni- queurs cinéma au look décon- tracté qui nous narguent tous les jours de leur suite sur laJUIN 201467]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsRafraîchissement à l’Hôtel B d’ArcachonLe B d’Arcachon est heureux de vous accueillir après une complète rénovation. Des chambres lumineuses, des espaces de vie accueillants, une décoration raffinée en font le cadre idéal de votre séjour sur le bassin d’Arca- chon. L’établissement est situé au cœur de la ville, à une minute à pied de la plage et à proximité de nombreux restaurants et commerces. Attenant au Palais des Congrès et ses nombreuses salles de réunion, le B d’Ar- cachon est également le lieu parfait pour accueillir vos séminaires.hotel-b-arcachon.comEvasionMondorf-les-Bains, paradis aquatiquePays de tradition, d’histoire et carrefour des cultures, le Grand-Duché de Luxembourg est un pays de thermalisme. A Mondorf-les-Bains, c’est tout l’art du bien-être à la luxem- bourgeoise que vous pourrez apprécier. Le Mondorf Parc Hôtel**** vous propose une palette époustouflante d’activités thermales, spa et fitness. Le restaurant gastronomique, ré- compensé par le Gault&Millau saura magnifier votre séjour bien-être.mondorf.luLa Maison d’à côté, ChambordChristophe Hay, ce jeune Chef ambitieux et bourré de talent, est tombé sous le charme de ce lieu. Il s'est rapidement décidé à le trans- former avec une vision plus contemporaine et gastronomique. Cet ancien relais de poste, rebaptisé "La Maison d'à Côté" vous plongeraau cœur des châteaux de la Loire. Une devanture sobre laisse place à un intérieur design revisité par son nouveau et heureux propriétaire.hotelspreference.comVins & SpiritueuxPeyrassol, un site d'exception au passé prestigieuxAu cœur de la Provence, le domaine de la Commande- rie de Peyrassol, s'étend sur près de 950 hectares. Fon- dée au XIIIème siècle par l’Ordre des Templiers, la Commanderie de Peyrassol était un lieu de repos sur la route vers la Terre Sainte. Les vins plaisir de la cuvée Commanderie de Peyrassol, déclinés en trois couleurs, sont issus de vignes d’une moyenne d'âge de 25 ans. Les rouges de robe intense se caractérisent par des arômes de fruits rouges et confits, épicés et racés. Les blancs offrent en bouche une dominante d'arômes flo- raux et citronnés. Les rosés de fraîcheur florale aux notes de baies sont soutenus en bouche.Les parcellesGodeau gagnent en notoriétéAu cœur des prestigieux coteaux de Saint-Émilion, Château Godeau côtoie d’illustres voisins tels que La Mondotte ou Tertre Roteboeuf. Acquis par Agnès et Albéric Florisoone, anciens copropriétaires de Château Calon Ségur, ce joyau de 6 hectares presque inconnu il y a peu, commence déjà à devenir célèbre. Présentant des similitudes avec la Bourgogne, le terroir de Godeau peut donner jusqu’à 7 inter- prétations différentes du merlot sur une même parcelle.chateaugodeau.compeyrassol.comAir de Russie au château de la MartinetteAu cœur des collines provençales, dans un havre de quiétude et de beauté, Château La Martinette existe depuis 1620. Le caviar blanc est un produit rarissime issu d'une espèce nommée Beluga Blanche. Sans prétendre à atteindre les sommets gustatifs de ce produit de luxe, le caviar liquide est aussi rare que son homologue précité. Quant à Aurore sur la Moskova, c’est un clin d'œil d'Alexei Dmitriev à son pays d'ori- gine. L'écoute d'un prélude à la fois paisible et majestueux intitulé « Lever du Jour sur la Moskova » apportera certainement une plus-value à votre dégustation de cette micro cuvée d'exception.chateaulamartinette.com68 JUIN 2014]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsBien ÊtrePayot, le soleil en toutelibertéSun Sensi est une ligne de 7 soins solaires alliant protection et plaisir dans le respect de la physio- logie de la peau. Adaptée à tous les phototypes, même les plus sensibles, ces soins ne sacrifient rien aux plaisirs des textures et des parfums ! Une prouesse technologique ! Pour les peaux claires et intolérantes, 2 soins très haute protection à la for- mulation spécifique pour protéger la peau des agressions UV, limiter l’apparition des signes vi- sibles du photo- vieillissement tout en limitant les réactions d’intolérances cutanées.payot.comIce Crystal by La PrairieCette crème cellulaire ultra-hydratante fond ins- tantanément dans votre peau, lui donnant im- médiatement un aspect rajeuni. Le complexe Suisse Ice Crystal agit pour renforcer les dé- fenses de votre peau, en s'appuyant sur les se- crets de survie de la nature pour l'aider à s'adapter aux agressions quotidiennes toujours plus intenses. Les biotechnologies s'allient à la nature, alors que les cellules souches des plantes aident à retrouver cet aspect ferme et à atténuer l'apparition des rides, pour une peau plus jeune, plus longtemps.la-prairie.frBeauté solaire ShiseidoA travers le monde, de Rio à Phuket, en passant par Honolulu, Saint-Tropez et Miami, un Little Big Sunshine sommeille en vous. Dévoilez votre teint parfait avec les nouveaux Fonds de Teint Solaires Shiseido SPF 30. Plus de 20 nuances en 3 formats irrésistibles : compact, stick et fluide. Aussi sublimes qu’efficaces, ils assurent un maquillage parfait : hydratation, douceur, et un résultat zérodéfaut qui résiste à l’eau. Un packaging sunsational qui fera fondre votre sac à main ou votre sac de plage !shiseido.comGastronomieLe Troquet du 15ème, un vrai troquet !Situé dans le 15ème arrondissement de Paris et laissant aper- cevoir la Tour Eiffel, le Troquet est un véritable troquet. Ce bis- trot basque tenu depuis 2009 par Marc Mouton est une adresse courue par les habitants du quartier et par certains étrangers bien renseignés. Des plats gouteux défilent toutes les 3-4 se- maines : découvrez en ce moment la soupe de choux fleurs et chorizo, la rascasse en cocotte, les palourdes et citron confit, le pain perdu au camembert et surtout l’incontournable soufflé à la vanille, confiture de cerise noire.21 Rue François Bonvin, 75015 Paris 01 45 66 89 00Nouveau Chef au Château de FèreAu cœur d’une majestueuse forêt, face aux ruines du Château du 12ème siècle, l’Hostellerie du Château de Fère cultive l’art du bien recevoir. La cuisine reflète l’engagement du Château à revisiter les produits de la gastronomie française tout en gardant des saveurs authentiques. Le nouveau Chef Jacky Pluton sur- prend agréablement notre palais. Mention spéciale pour sa Poitrine de porc confite 24 heures, laqué au miel de châtaignes, épices douces, pousses de radis ou encore ses fins desserts tel le cannelé ultra lightchocolat blanc, avec un nuage de fraises et un sorbet aux petits pois, juste divin.chateaudefere.com70 JUIN 2014]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frL’Art du temps - spécial Brésil ART DE VIVRE & PATRIMOINEInsolito Boutique HôtelSurplombant la plagede Ferradura, l'une desplus belles de Búzios,l'Insólito BoutiqueHotel se fond avecgrâce dans la naturequi l’entoure et rendhommage à la culturebrésilienne. Dans ce bâtiment à la devanture rouge vif sont exposés des œuvres d’art et des meubles design et écologiques d’artistes brésiliens. 2 piscines d’eau douce et d’eau salée, un spa dispensant des soins selon des ri- tuels indiens et un restaurant, comme un jardin sus- pendu au-dessus de la mer, font de ce boutique-hôtel design et chic, un lieu unique au monde.luxurydreamhotels.com100 BrazilObservation desdauphins rosesLa réserve de Mamirauá est d’uneimmense importance de par le carac-tère unique de la biodiversité qu’on tented’y préserver. Vous commencez les activités par la présen- tation de la Réserve de Développement Durable puis ac- compagnerez des chercheurs “sur le terrain” pour mener des observations sur les dauphins. Le soir venu vous rejoi- gnez la Pousada Uacari avec ses chambres spacieuses et ses terrasses avec hamacs. La nourriture proposée est tradi- tionnelle: beignets, poissons, préparation à base de farine de manioc, jus de canne à sucre...Hotel Unique – Sao PaoloŒuvre du célèbre archi-tecte et designer Ruy Oh-take, l'hôtel Unique est unboutique-hôtel ultra mo-derne à la fois design etluxueux. Grande arche in-versée maintenue par descolonnes de béton, aux fe-nêtres circulaires comme deshublots, ce monument abrite 95 luxueuses chambres dont 10 suites qui épousent gracieusement la courbe de cet édifice et offrent un panorama époustouflant sur Sao Paolo. Au dernier étage, le Tout São Paulo se presse pour boire un verre au bar Skye sur la terrasse de sa fantastique piscine rouge.hotelunique.comGabriela, une adresse aux tons colorés !Le Pain de Sucre à Lyon !Dans cette boutique «100% do Brasil», découvreztous les produits préférés des Brésiliens. Vous pourrez trouver tous les ingrédients bré- siliens dont vous avez besoin pour réaliser des recettes typiques du Brésil : carne seca pour donner le meilleur goût à votre feijoada, suco de maracujá pour vos mousses aux fruits de la passion, creme de leite pour vos Pudim et desserts...saiga-voyage-nature.frGabriela, c'est du Brésil sous toutes les coutures : du restaurant en passant par le service traiteur ou l'épi- cerie. De la couleur, une ambiance festive et la mu- sique complètent le tableau. Côté cuisine, les plats en disent long : Xinxim de Galinha, Moqueca de Peixe, Salgadinhos ou Feijoada, plat national à ac- compagner d'une caipirinha bien-sûr, ou d’une Ba- tida ? Des airs de samba vous feront oublier que vous êtes restés dans le 9ème à Paris...gabriela.frTudo Bom, mode éthique et bioTudo Bom (« Tout va bien » en portu- gais), c’est LA marque de mode éthique et bio porteuse de bonne hu- meur. Des vêtements pour femme,homme, enfant et bébé en coton bio 100% made in Brésil, issus du commerce équitable. Une mode urbaine inspirée des pavés de Copacabana et d’Ipanema, des couleurs et de la joie de vivre du Brésil. Retrouvez tous ces vêtements équitables et bio made in Brésil dans les boutiques Tudo Bom, Paris 4ème et Paris 18ème.tudobom.frproduitsbresiliens-lyon.frDevenez expert en cocktails Do BrasilInitiez-vous à l'art des cocktails brésiliens: de la caipirinha classique à base de ca-chaça à la caipiroska revisitée à base devodka en passant par la batida, devenezun expert et épatez vos amis ! Réalisezégalement des versions non alcoolisées de ces boissons, en va- riant les jus de fruits exotiques.La Guarana Antartica ZeroSi les Parisiennes ou les New-Yorkaises carburent au coca light, les Paulistas, elles, sont accros au Guarana sans sucre. On les comprend, car ça boosteplus qu’un café ! Guaraná Antarctica est la boisson à base de guarana la plus populaire au Brésil. Elle a été inventée en 1921 par Pedro Baptista de Andrade pour la Companhia Antarctica Paulista et est distri- buée en France depuis fin 2012, pour notre plus grand bonheur !guaranaantarctica.com.brBoutique Adriana Barra - Sao PaoloVous vous demandez si l’exubérance brésilienne n’est pas un vieux cliché ? Allez visiter la boutique d’Adriana Barra, qui fait de la mode et de la déco, et devant cette explosion de couleurs et d’imprimés,vous trouverez la réponse à votre question...adrianabarra.com.brNatura Brasil, N°1 Beauté depuis 1969N°1 des cosmétiques au Brésil, Natura Brasil propose de- puis 1969 des cosmétiques de qualité à prix tout à fait abordables : pour le bain, le corps, les cheveux, le visage,le maquillage, les parfums. Basée à Cajamar, São Paulo, la société compte près de 7 000 salariés dans les sept pays dans lesquels elle est implantée, à savoir au Brésil, en Argentine, au Chili, au Mexique, au Pérou, en Colombie et en France. Laissez-vous tenter online.naturabrasil.frIsolda, cette créatrice qui monteIsolda est très artistique, fun et unique. Les imprimés sont toujours inspirés par le Brésil et en relation avec les souvenirs d’enfance. La mode brésilienne a tendance à être coloré et osée, on joue avec les imprimés, les vêtements sont très fluides ce qui est parfait pour les températures tropicales.isoldabrasil.comRosazucena, soins bio de PatagonieA l’origine de cette nouvelle marque de cosmétiques bio, une passionnée de plantes et de bien-être au naturel, Azucena Pagny, originaire de Pata- gonie. La rose musquée est omniprésente dans la gamme, elle est régé- nérante, anti-oxydante, hydratante et cicatrisante. Coup de cœur pour le Sérum contour des yeux : la combinaison d’huile de rose musquée, de borojo, fruit amazonien, et de raisinier d’Afrique lutte contre le stockage des corps gras dans les paupières, afin d’estomper les poches et de com- bler les ridules.rosazucena.comJUIN 2014atelierdeschefs.fr71]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & InvestissementsLe coin des analystesuCholet Dupont reste confiant sur les actions européennesL'Europe se remet en mouvement en Italie, en France et à Bruxelles avec le vote sur l'Union bancaire, remarque Cholet Dupont. Pour le gestionnaire, ces bonnes dispo- sitions s'accompagnent d'une amélioration des pers- pectives économiques de part et d'autre de l'Atlantique. Selon lui, les marchés en auraient sans doute profité pour monter davantage si la crise ukrainienne ne les avait fait douter. « L'environnement global est toujours favorable aux actifs risqués, même si les indices plafonnent depuis plusieurs mois, écrit Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d'investissement. Les investisseurs attendent sans doute un apaisement géopolitique et une confirmation plus nette des rebonds d'activité aux Etats-Unis et en Europe. » Cholet Dupont conserve une opinion « Surpondérer à moyen terme » sur les actions des pays développés, en privilégiant les actions euro- péennes dont le rattrapage devrait selon lui se poursui- vre.uOddo AM prédit la fin des révisions à la baisseL'évolution des résultats des entreprises reste décevante en Europe et aux Etats-Unis, écrit Oddo AM dans une note. « Les bénéfices annoncés par les entreprises euro- péennes pour le quatrième trimestre 2013 sont peu flatteurs », déplore le gestionnaire. Il rappelle que si plus de 75% des entreprises ont annoncé des résultats supérieurs aux attentes aux Etats-Unis, c'est uniquement parce qu'elles avaient été fortement révisées à la baisse. Il en résulte que dans toutes les régions à part le Japon, les analystes ont déjà revu à la baisse leurs estimations sur la croissance des bénéfices en 2014. « Pour autant, nous anticipons la fin des révisions à la baisse pour le second semestre 2014 avec l'accélération, même modérée, des conditions macroéconomiques, notamment en Europe », écrivent Laurent Denize, co-directeur des investisse- ments, et Mirela Agache, responsable gestion diversifiée et multigestion chez Oddo AM. Le gestionnaire a augmenté ses investissements en actions, y compris dans les pays émergents, mais aussi renforcé ses pro- tections contre les risques adverses.uJPMorgan revient sur le secteur minierDans une note récente, JPMorgan souligne que le secteur automobile a enregistré une progression de près de 40% dans les 12 derniers mois. En comparaison, le secteur minier a connu l'une des moins bonnes perfor- mances, avec une hausse de 2% seulement. « Mais nous pensons que le rapport risque-profit est en amé- lioration sur le secteur minier », écrit l'analyste. JPMorgan a d'ailleurs changé son opinion de « Sous-performance » à « Surperformance » sur ce secteur. Un choix justifié notamment par la reprise de l'activité, avec une hausse de dix points de l'indice des directeurs d'achat en Chine dans le secteur de l'acier. Sur le marché européen, JPMorgan recommande tout particulièrement Rio Tinto à l'achat. Le géant minier devrait afficher selon lui les meilleurs ratios de valorisation dans les mois à venir, et pourrait proposer à ses actionnaires des dividendes in-téressants grâce à d'importants retours sur capitaux.uLES BONS PLANS DU MOIS Le rapport Cohen-Rocques pose les bases deen ligne, de la découverte de l’oeuvre à son paiement. Pas moins de 40% des sondés ont acquis au moins une fois des ob- jets d’art et des objets de collection par ce biais. Plus de neuf acheteurs sur dix se disent satisfaits de l’expérience. Des achats qui peuvent atteidre plus de 10000 euros dans 44% des cas. Autre enseignement de cette étude : la nouvelle génération est de plus en plus ouverte à ce canal de distribution. Près d’un quart des 20-30 ans indiquent qu’ils ont acheté en ligne leur première œuvre d’art sans jamais l’avoir vue physiquement.72 JUIN 2014la finance éthiqueDeux Français, Arthur Cohen (35 ans, philosophe) et Emma- nuel Rocque (37 ans, fonctionnaire) remettront un rapport d’une centaine de pages aux représentants des Nations Unies. Intitulé « Ethique et Finance – Recherches de solutions pra- tiques pour l’assainissement des comportements financiers et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développe- ment », il est le fruit de trois ans de travail mené en collabora- tion avec des universitaires, historiens, chercheurs, sociologues et économistes. Ces écrits ont pour but de définir précisément la notion de « finance éthique », mais aussi de proposer des so- lutions pratiques, concrètes et facilement applicables pour pré- venir les dysfonctionnements dans le secteur financier, et de réduire les risques opérationnels et systémiques. Ils proposent par exemple de mettre en place des procédures pour lutter contre le manque de respect, les comportements agressifs et la défiance dans le milieu du trading, ou encore de renforcer la mixité dans les salles de marché, le secteur financier étant « malheureusement l’un des secteurs les plus misogynes ».ISF : les biens professionnels restent exonérésOeuvres d’art : le boom du marché de l’art en ligneconcubin.• L’activité doit être la profession principale du redevable (elleSelon une récente étude de l’assureur Hiscox, le marché de l’achat d’art en ligne est estimé à 1,57 milliard de dollars. Si ce chiffre ne représente aujourd’hui que 2,4% du marché total de ce secteur, le document met en lumière le potentiel de crois- sance de ce canal. Les acheteurs font en effet de plus en plus confiance aux plateformes online, et notamment au modèle « click and buy », où l’ensemble de la transaction s’effectuefession.Ces biens peuvent concerner les actifs professionnels tels que les fonds de commerce, les immeubles affectés à l’exploitation, ou encore les stocks. A noter que les comptes courants d’asso- ciés détenus dans des sociétés dont les titres sont exonérés res- tent imposables pour leur valeur nominale. Rappelons que le seuil d’imposition est fixé à 1,3 millions d’euros de patrimoine.LA SPÉCULATION DU MOISLes biens nécessaires à l’exercice d’une profession peuvent faire l’objet d’une exonération dans le cadre de l’impôt sur la fortune... à quatre conditions.• Ilsdoiventêtreutilisésdanslecadred’uneprofessionindus-trielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale. Cetteprofession doit être exercée à titre habituel et lucratif.• L’activité professionnelle doit être exercée par le propriétaire des biens, son conjoint, son partenaire par un Pacs ou sondoit constituer l’essentiel de ses activités économiques).• Les biens doivent être nécessaires à l’exercice de cette pro-Tendance haussière dans l'industrie pétrolièreTurgot AM maintient sa stratégie d'investissement orientée sur le midstream aux Etats-Unis, le raffinage américain et le transport de brut par voie ferrée, des segments qui continuent de bien performer. Selon le gestionnaire, la thématique conserve tout son sens sur le long terme, puisque l'ensemble des soutiens sont toujours présents : problématique sur l'offre, montée des tensions géopolitiques, et hausse structurelle de la demande.]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°11www.ecoreseau.frPatrimoine ART DE VIVRE & PATRIMOINE Tirer son épingle de l'assurance vie...ALes fonds en euros restent un incontournable chez les investisseurs, mais la baisse des taux d'intérêt pèse sur le rendement de ces produits. Pourtant certains d’entre eux, basés sur des stratégies plus risquées, parviennent à sortir du lot...près une année 2012 en moyenne en 2013. Mais relativement peu compétitifs, 70 à 90%, le reste étant placé ment peut tomber à zéro », les fonds dynamiques, les catastrophique, du- ces rendements peuvent varier tournant autour de 2,5%. En dans des valeurs plus ris- explique Antoine de Dadvi- fonds à dominante immobi- rant laquelle les re- fortement d’un contrat à l’au- revanche, celles-ci proposent quées. « Avec la baisse des sard. Attention aussi aux lière ne sont pas totalementtraits ont atteint des niveaux tre : certains plafonnent à souvent à leur clientèle aisée taux d’intérêt, les obligations, contrats affichant des taux exempts de risques : ils peu-record, l’assurance-vie confirme son rebond opéré l’an dernier. Depuis le début de 2014, la collecte affiche une balance positive de plus1,4% à peine quand d’autres dépassent 4%. S’il est im- possible de connaître à l’avance le rendement futur d’un fonds donné, les per-des contrats haut de gamme, disponibles à partir de certains montants sous gestion. Le contrat Cachemire de la Banque Postale est ainsi ac-dont sont constitués les fonds en euros, rapportent de moins en moins. Le fait d’intégrer une partie en actions permet d’aller chercher de la valeurde rendement très intéressants en contrepartie de frais sur versement ! Ceux-ci peuvent sérieusement amputer les per- formances nettes.vent par exemple être exposés à une éventuelle crise im- mobilière qui pourrait dé- boucher sur une réduction de la valeur du portefeuille, voire une augmentation de la vacance locative.Il existe toujours un épargnant plus malin que les autres...et de faire augmenter le ren- dement », analyse Antoine de Dadvisard, président du directoire de Matignon Fi- nance. Le fonds Eurocit’ d’AG2R La Mondiale a ainsiLA PIERRE-PAPIER, UNE ALTERNATIVE MOINS RISQUÉEAutre alternative : les fonds à dominante immobilière. Ils laissent de côté les obligations pour investir dans l’immo- bilier. Les acquisitions portent généralement sur des immeu- bles de bureaux ou des com- merces, et sont réalisées par le biais de Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI). C’est la fameuse « pierre-papier ». L’intérêt est de bénéficier à la fois des avantages fiscaux de l’assu- rance-vie et du rendement du marché immobilier, qui peut dépasser 6% brut. Et là encore, le capital est garanti. Le tout sans les contraintes propres à la location : sélec- tion d’un locataire, gestion des travaux, recouvrement des impayés... Le contrat Sé- réniPierre, distribué par Pri- monial, a ainsi rapporté 4,15% net de frais de gestion en 2013. Moins volatils queVÉRIFICATIONS CRUCIALES EN AMONT En fonction du profil de l’in- vestisseur et de son appétence au risque, les gestionnaires recommandent en général un mix entre fonds en euros tra- ditionnels, gestion dynamique et pierre-papier pour trouver du rendement tout en assurant une croissance non nulle en cas de baisse des marchés. Mais le couple risque-ren- dement n’est toutefois pas le seul critère à prendre en compte dans le choix d’un contrat d’assurance-vie. Les investisseurs cherchant une gestion dynamique s’intéres- seront ainsi à la qualité du back-office : accessibilité des comptes sur Internet, réacti- vité du service client, effica- cité du traitement des opéra- tions en cours de contrat... Les conseillers en gestion de patrimoine recommandent surtout de s’intéresser aux possibilités de diversification. « Il faut impérativement éviter de se trouver enfermé dans un contrat qui ne propose que d’autres fonds de la même compagnie », conseille Antoine de Dadvisard. « Il est crucial d’avoir accès à un large choix d’autres fonds. Il faut garder à l’esprit que l’investisseur peut avoir be- soin d’un fonds en euros à un instant T, mais avoir en-de 4 milliards d’euros. Et pour cause : l’autre « place- ment préféré des Français » avec le livret A présente des avantages indéniables : sa fiscalité reste l’une des plus avantageuses du marché, et son régime successoral est sans comparaison avec les autres placements. Les fonds en euros représentent la grande majorité des sommes collectées : en 2013, environ 85% des 1500 milliards d’eu- ros placés en assurance-vie ont été misés sur ce type de contrats. Non sans raison : les fonds en euros offrent la sécurité d’un capital garanti, même en cas de coup de tabac sur les marchés.formances passées peuvent se révéler représentatives dans une certaine mesure. « Pour ma part, je me fie en général au rendement moyen des cinq dernières années qui permet-cessible à partir de 25000 euros. L’an dernier, celui-ci affichait un rendement de 3,1% net de frais de gestion. Certaines mutuelles se dis- tinguent sur ce marché avecLes rendements des fonds en euros peuvent varier fortement d'un contrat à l'autre : certains plafonnent à 1,4% quand d'autres dépassent 4% !Cette sécurité absolue a de quoi séduire les investisseurs échaudés par la débâcle fi- nancière qui a suivi la crise de 2008. La contrepartie est un rendement forcément plus réduit que sur des placements sans garantie. Ainsi, les fonds en euros ont rapporté 2,7%EN QUÊTE DE DYNAMISME, MAISDE RISQUE MESURÉ Les taux de rendement des contrats grand public des banques sont généralementsuite besoin d’un autre. duit, éventuellement commer- cialisé par une autre com- pagnie d’assurance », abonde Guillaume Eyssette. S’il est relativement peu fréquent de rencontrer ce type de blocage, il est toutefois important de vérifier ce point au moment de souscrire un contrat.tent d’avoir une idée des per- formances à long terme », confie Guillaume Eyssette, conseil en gestion de patri- moine chez Fiducée Gestion Privée.des taux plus intéressants, comme la MIF (Mutuelle d’Ivry-La Fraternelle) qui a dépassé les 3,8% en 2013.Pour dépasser les 4% tout en conservant la garantie du capital, les investisseurs peu- vent se tourner vers les fonds dits « dynamiques ». Ceux- ci sont investis dans des pro- duits traditionnels dans une proportion pouvant varier dedépassé l’an dernier le seuil de 4,5% net de frais. Si ces produits affichent des possi- bilités séduisantes, il y a tou- tefois une contrepartie : en cas de baisse des marchés, le rendement peut être nul. « Lorsque les fonds tradi- tionnels rapportent 3,5%, les fonds dynamiques peuvent dépasser les 5%. Mais sur une mauvaise année, comme 2011 par exemple, le rende-pro-Par Ronan PenettiJUIN 2014 73]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°11ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelleMusiqueLibrairien Réconciliation du grand public avec la musique n La Planète Géantesymphonique à Lille?Le classique, violon d'Ingres des élites ? Ivan Renar, président de l'orchestre na- tional de Lille se défend de ce préjugé par une programmation qui, non contente d'attacher une place centrale à l'Art et la Culture, s'évertue à démocratiser les droits du génie et rendre accessible une musique, un lieu et des interprètes sou- vent associés à une atmosphère guindée et impénétrable. Les initiatives fourmil- lent et les formats s'adaptent aux besoinsde découverte de chacun. Ainsi, les « must du classique » consis- tent-ils en des concerts gratuits d'une heure présentant un mor- ceau majeur d'illustres compositeurs plébiscités par le public. Mercredi 14 avril fût l'occasion de redécouvrir Brahms, Dvorak, Beethoven et Tchaïkovski sous un angle neuf : celui du chef d'or- chestre nous introduisant chaque morceau dans ses exploitations cinématographiques et dans ses différents mouvements. En al- ternant section de cordes ou de cuivres quelques secondes à peine, pour nous apprendre les intentions du compositeur avant d'in- terpréter l'intégralité du morceau. Pour ne pas lasser nos oreilles d'instruments que nous n'entendons que trop peu au quotidien. Et si d'aventure, nous n’étions pas rassasiés, d'autres formules existent : actions de sensibilisation prenant le pli de mini-confé- rences audiovisuelles présentant l'orchestre, les œuvres et la mu- sique symphonique. Concerts flash, contes musicaux et spectacles de percussionnistes. Formule également encensée par le public lors du visionnage récent du Fantasia de Disney, le ciné- concert live scellera encore l'union d'Euterpe aux frères Lumière, entre le 3e et le 7e art, le temps du visionnage, entre autres, de « La malédiction du Black Pearl », premier opus de la trilogie Pirates des Caraïbes. Vous n'avez plus d'excuses pour vous sustenter mu- sicalement à grand renfort d'orchestre ou vous convaincre que le cinéma, c'est mieux à l'auditorium !onlille.comExpon Laissez-vous tenter par Le Mal pour le Bien... Exposition : 10-11 juin (10h-19h) et 12 juinUn classique de la science-fiction ? Peut-être. Mais nous ne sommes jamais déçus en nous plongeant dans l’univers de ce chantre de la fantasy, Jack Vance, né en 1916 à San Francisco. Cet écrivain, qui a conservé de son expérience dans la marine marchande le goût des voyages au-delà de l’horizon, a marqué de son empreinte l’imaginaire de millions de lecteurs avec Le cycle de Lyonesse ou Le cycle de Tschaï. Ici le vaisseau d’un groupe de Terriens en mission de reconnaissance sur la Planète Géante, un monde dangereux qui sert de lieu d’exil pour tous les parias de la galaxie, est victime d’un attentat. Les occupants de l’épave, pour survivre dans ce monde aux proportions dé- mesurées où l’absence de métaux interdit toute technologie, n’ont pas le choix : rejoindre à pied l’enclave terrienne, de l’autre côté de la planète, à 65000 kilomètres de là. Une aventure humaine bien ciselée et un périple dangereux et haletant, où le goût de la découverte affiché rappelle par moments celui d’un Daniel Defoe. A consommer dans modération...La Planète Géante, Jack Vance, éd. Folio, 2005n Play, manipuler ou être manipulé« Tu veux jouer ? » C’est le message qui s’affiche obstinément sur le téléphone portable trouvé par Henrik Pettersson – loser vivant en marge de la société suédoise. En cliquant sur « oui », HP ne se doute pas que la mise ultime de ce jeu pourrait bien être sa propre vie. Les jeux tiennent toujours plus de place dans notre vie, et pourraient bien se mêler directement à la réalité via les nouvelles technologies. Frénésie, excitation pour les gamers qui doivent se plier aux règles, cherchent la victoire à tout prix et risquent d’être éliminés à tout instant, dans la vie de tous les jours. Mais aussi risque d’abus, danger de ne plus discerner jeu et réalité. Ce thriller à rebondissements, en passe d’être adapté en série à la télévision, ne paraît pas si fictif au vu de l’évolution des loisirs (cf. rubrique prospective). C’est peut être pour cette raison qu’il devient très vite addictif...« Play », de Anders de la Motte, éd. Pocket, 2014n BuzzL’essai de Frank Rose, journaliste chez Wired, la bible high tech américaine, est aussi riche que révolutionnaire : Internet donnerait lieu à une nouvelle forme d'expression. Une nouvelle génération de créateurs prend peu à peu le pouvoir dans le domaine du divertissement. Les plus âgés ont grandi avec Star Wars, les plus jeunes avec YouTube et Facebook. En rupture avec les récits linéaires traditionnels, tous ont en commun, à travers les jeux vidéo, les films, les séries, le storytelling, de révolutionner notre appréhension de la réalité, ouvrant la voie à des univers multiples, ludiques, interactifs, transmédias. Le journaliste est allé à la rencontre de Damon Lindelof et Carlton Cuse (Lost), James Cameron (Avatar), ou encore Will Wright (Les Sims) pour évoquer avec eux ces nou- velles façons d'être, de penser et de raconter un monde en passe de devenir radicalement différent de celui que l'on a connu. Il ne sera désormais plus possible de concevoir ni même de regarder un film de la même façon.Buzz,de Frank Rose, éd. Sonatine, 2012Ciné - TVn « Looking for Rio »C’est la septième ballade de Cantona dans l’histoire des grands derbys du foot, après Barcelone, Milan, Manchester, Istanbul, Buenos Aires, Athènes. Un opus écrit par Gilles Rof, et coréalisé par Gilles Pérez, une doublette déjà à l’œuvre pour l’épisodegrec, qui réalise une véritable peinture sportive mais aussi sociale. L’histoire de ces clubs est bien souvent intimement mêlée à celle des villes, soumise à des aléas écono- miques, politiques et religieux. La grande richesse du documentaire est que le football est raconté autrement. A travers lui ce sont les racines de ces cités qui sont revisitées, mais aussi le futur qui est dessiné. Ce football devient plus élitiste, une gentrification est à l’œuvre comme partout au Brésil. Il révèle une poudrière, plus encore avec un Cantona qui semble presque naïf, désarmé, devant des habitants des favelas qui té- moignent. Et la proximité de la Coupe du monde ajoute de la saveur à cet épisode, tourné en février dernier.« Looking for Rio » : diffusion mercredi 23 avril, 22h50 sur Canal +. Durée : 66 minutesRéalisation : Gilles Pérez et Manu Besnard. Ecrit par : Gilles Rof. Coproduit par Canto Bros et 13 Productions pour Canal +. A revoir en replayn The Best OfferFilm de Giuseppe Tornatore, Sortie le 16 avril 2014 – 2h11min – toujours en salleAvec Geoffrey Rush, Jim Sturgess, Sylvia HoeksEntre thriller, romance et art, The Best Offer nous fait passer un excellent moment avec Geoffrey Rush (Pirates des Ca- raïbes, Le Discours d’un roi), excellent dans le rôle de Virgil Oldman, commissaire-priseur misogyne.L’art contemporain nous laisse souvent démunis face au langage hermétique d’œuvres trop conceptuelles. Ici, amateurs, connaisseurs ou simples curieux se retrouvent autour d’un hommage à la beauté des œuvres où les plus grands maîtres (Vélasquez, Titien, Raphaël, Renoir, Ingres, Rotti, Rubens, Dürer, Modigliani, Gainsborough...) sont rassemblés dans une même salle, nous laissant submergés par tant d’émotions, de beauté et de frissons. Giuseppe Tornatore (réalisateur no- tamment de Cinéma Paradiso) met aussi en évidence la place de la femme dans l’art. En effet, l’importance de la figure fé- minine est soulignée autant dans la collection que Virgil Oldman a su se constituer secrètement au fil des années, que par cette femme mystérieuse et envoûtante, qui est sûrement la plus belle œuvre de sa collection comme la plus difficile à acquérir...Sans oublier l’art de la contrefaçon et des faussaires qui sont aussi des artistes à part entière : « Il y a toujours une part d’authenticité dans toutes les contrefaçons »...The Best Offer, un film qui nous rassemble autour de l’art... et ça fait du bien !© Speedy graphito Tentation(10h-15h)Vente aux enchères : 12 juin à 20hEspace Commines - 17, rue Commines - 75003 ParisLe Mal pour le Bien, c’est le nom d’une exposition et vente organisée par Disney France, qui a mobilisé de grands créateurs autour de leurs souvenirs d’en- fance de dessins animés Disney auxquels ils ont donné vie sous forme de créations originales. Cescréations seront vendues aux enchères par la maison Tajan, au profit de l’association La Source qui aide des enfants en difficulté en développant leur créativité artistique.Une aquarelle de Paul Smith évoquant l’apprenti sorcier, un combat im- probable entre Donald et Picsou peint par Gérard Garouste, une pomme de Blanche-Neige « Tentation » par Speedy Graphito (illustration), le man- teau de plumes de Cruella par Chantal Thomass, le miroir de la vilaine reine glacé par Laurent Pernot, le regard dangereusement hypnotique du serpent Kaa restitué par Lionel Estève, les parfums du bien et du mal créés par Francis Kurkdjian, mais aussi les souvenirs de Jean Rochefort, Chris- tian Lacroix, Anne-Valérie Hash, Elizabeth Garouste, Manish Arora, Phi- lippe Conticini, Benjamin Renner... En tout, plus d’une vingtaine d’œuvres originales à voir (et à acquérir...) pour confronter vos propres souvenirs du bien et du mal dans les dessins animés Disney à ceux de grands créa- teurs de différentes disciplines, avec une variété et une richesse éton- nantes.Illustration : « Tentation », par Speedy GraphitoPeinture acrylique et en spray sur toile, © Speedy Graphito74 JUIN 2014PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 26 JUIN 2014]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>