﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="84"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseau L’information économique & stratégique, autrementN°9 - Avril 2014 Mensuel - 3,90 €nouvelle formuleecoreseau.fr Entreprendreau fémininComprendre, Entreprendre, InnoverA LA UNEJacques Attali“Le manque d'économie ” positive a engendré la crise© Jean Marc GourdonSophie de Menthon“Osons enfin repenser le contrat de travail trop lourd”Créatives ? Différentes ? Pragmatiques ? Subissantles mêmes obstacles ? Autant de questions posées à 15illustresreprésentantesdecellesquiontfranchilepas.ELLE COURT, ELLE COURT, LA RUMEUR GÉNÉRATION Z© Eric FougèrePierre Gattaz“Un million d’emplois en plus,De SMS en cours de récré, elle va bon train en ça y est ils arrivent, frappant à la porte des France depuis quelques temps. Et peut-être entreprises, différents de leurs aînés. Choc même depuis plus longtemps... des cultures en vue. Salutaire ?ce n’est pas utopique” © MEDEFEcoRéseauBE/LUX : 4.50€ - Canada : 7CAD - Maroc : 50MAD]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9EDITORIALEntrepreneuriat : la femme libéréeCPas de printemps pour l’écologielle n’est plus forcément abonnée à Marie Claire, Paris Match ou Elle, mais s’auto- rise volontiers la lecture du Monde, des autres journaux et magazines soi-disant ré- servés aux hommes. Hier femme de l’ombre et simultanément colonne vertébralehouette, la semaine du développe- la tâche –, enterré l’écotaxe poids lourds, ment durable est de retour ! persévéré à Notre-Dame-des-Landes, Comme chaque année, elle se tien- fermé les yeux sur la pêche en eau pro-du foyer, elle n’a depuis rien laissé tomber.La femme moderne exerce aujourd’hui - et c’est tant mieux - dans une autre catégorie. Elle s’affirme avec fierté face à l’adversité et n’a pas peur d’elle : c’est une femme « cou- teau-suisse » tantôt chef de maison, tantôt chef d’entreprise.dra la première semaine d’avril, du 1er au fonde et les moteurs diesel... Le tout avecDans cette édition, nous avons donc souhaité mettre en avant des femmes aux parcours exceptionnels, courageuses et audacieuses, sûres d’elles et de leurs rêves, tournées vers l’avenir et confiantes quant à leurs capacités... Bref, des femmes qui ont cette culture de l’entrepreneuriat au sens large du terme.Et même s’il reste encore des progrès à accomplir en leur faveur, notamment en matière de statistiques et de parité, la femme joue aujourd’hui son va-tout et pose son empreinte sur la société. .Intuition féminine, 6e sens, pragmatisme, etc. : elle est déterminée à rester fidèle à elle- même et à sa vision des choses.Sans doute davantage que l'homme, elle partage ses com- bats, ses rêves, ses échecs et ses victoires, ce qui la rend plus réelle et humaine.Vous en jugerez par vous-même, celles qui s’expriment dans nos colonnes - et qui ont osé ou osent s’accomplir et réussir - portent un souffle nouveau et incarnent sans conteste l’avenir.7. Sept jours pour fêter Mère Nature juste au moment où le printemps revient, avec ses douces promesses de jours radieux et de bourgeons joyeux. On se prend à vou- loir faire rire les oiseaux et chanter les abeilles avec la Compagnie Créole. Cette année, le gouvernement a placé la semaine sous le signe du « consommer autrement » et invite chaque citoyen, chaque associa- tion, chaque collectivité, chaque entre- prise, à organiser qui une conférence, qui un concours, qui un festival... On trépigne d’impatience !force couacs, notamment autour du gaz de schiste. Le malaise grandit autour des mi- nistres Verts, réduits à un silence gênant et qu’on annonce comme les grands perdants du prochain remaniement. Le lobby nu- cléaire continue d'avoir ses entrées jusque sur les bancs de l’Assemblée.A EcoRéseau, on aurait bien aimé apporter notre fleur au bouquet, mais on a eu beau chercher dans la politique écologique du gouvernement, on n’a rien trouvé à fêter. Car tourner les projecteurs une semaine par an vers la cause de l’environnement, on dit bravo, mais cette année, on a plutôt envie de déposer des chrysanthèmes sur la tombe de l’écologie politique. Depuis deux ans, le gouvernement Ayrault a connu trois ministres de l’Environnement – dont deux mutés ou remerciés pour s’être montrés un peu trop enthousiastes àBref, la politique écologique est laissée en friche, sacrifiée sur l’autel de l’économie. Mais la crise a bon dos : ne serait-ce pas justement le moment idéal pour imprimer un élan nouveau à la transition énergétique et pour s’engager dans une croissanceVous avez dit si fragile ?verte à la fois créat.tive pour l’environnement ? La France a le potentiel pour bien figurer dans les cleantechs et greentechs et être à la pointe de la 3e Révolution Industrielle annoncée par Jérémy Rifkin. Mais pour cela, encore faudrait-il s’intéresser à l’environnement un peu plus de sept jours par an, à l'occa- sion d'un évènement de com' qui sonne de plus en plus creux.Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationAymeric Marolleaurice d’emplois et posi-LE CHAT by Philippe Geluck2 AVRIL 2014]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frSOMMAIREPANORAMA 4-17 RétrospectiveCréer aujourd’huiTélé-de-Gaulle 4Business guidesLeDicoRéseau 2014 5STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 50-59 DécryptageRégions & TerritoiresStanford pour tous 50 Expertises 52HexagoneHaute résolutionInternationalGrand AngleBusiness storyCLUB ENTREPRENDRERH & FORMATION 60-68 Réseaux & InfluenceBaromètre & Tendances Liberté d’entreprendreCramponnez-vous ! 60 Observatoire 62Le combat de Gaches ChimieCarrières & TalentsLe visage de l’entrepreneuriat fémininEn immersion3233L’Air du tempsNestor Burma nous mentirait-il ?Haro sur les bijoux de familleDans le Noir ?Un avenir à redorerCGP-CGPI, des intermédiaires pas comme les autres 35 La Sélection culturelleProspectiveEn quête de fond 36Les rendez-vous EcoRéseau-MICE:deslieuxtobeornottobe 40 - Flottes : en sous régime ? 44L’Entretien ®Jacques Attali 6Nice 10Elle court, elle court, la rumeur... 12- Le séisme du web sémantique 54 - Les relations client à la sauce numérique 56Gaz de schiste : le miracle n’aura pas lieu 141618-4818 19 2030 ART DE VIVRE & PATRIMOINE 70-8270 71 7880 82Génération ZE-Lego 58A la Une : Entreprendre au féminin- La Vérité, rien que la vérité 64 - MBA 2.0 68Interview croisée :Sophie de Menthon & Pierre Gattaz Le combat des chefsElectron libreL’Art du tempsBaromètre Finance & InvestissementsLeçons de maux34 PatrimoineLe rêve de l’hyper-mobilitéN°9www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parFondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.frDirection de la rédaction : Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : PresstalisAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 - Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Conseiller éditorial : Julien TarbyÉditorialistes : Sophie de Menthon, Arthur de Soultrait, Marc Drillech,Pascal Junghans, Michel KahnOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Geoffroy Framery, Marc Hervez, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Ronan Penetti, Yann Petiteaux, Thomas Pitrel, Catherine Quignon, Olivier Rémy, Pierre TiessenDessinateur : Philippe GeluckCahier Stratégie & Innovation numériquePrésident comité éditorial : Jean-Marc RietschChroniqueurs : Eric Barbry, Gwenaëlle Bernier, Arnaud Jules, Francis Kuhn, Jean-Louis Pascon, Isabelle Renard, Jean-Laurent SantoniSecrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard Production & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMon restaurant ...DINERS & DEJEUNERS D’AFFAIRE01 76 64 14 65 entreprises@bateauxparisiens.com www.bateauxparisiens.comAVRIL 20143]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9PANORAMA RétrospectiveDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Télé-de-GaulleQ Acteursocialaujourd’huiincontournable,lapetitelucarneestsouventmontréedudoigt.Unetélé-poubelleàjeterauxordures? N’allons pas croire que la télé parfaite a déjà existé...ui a les plus gros journal régional se crée, on seins ? Qui veut ga- a droit à un petit mot du mi- gner des milliards de nistre de l’Information pourPar Olivier Fauremilliards de dollars en trou- vant l’auteur des Miséra- bles : Hugo ou Marc Lévy ? Quel drame social va encore désamorcer notre naine-dé- tective nationale grâce à un tour de magie de kermesse ? C’est ce soir, demain et après-demain sur TF1, W9, TMC et autre NRJ12. Alors tournez le bouton « on », chaussez vos mules, attei- gnez le canapé, appelez Piz- zaRabbit et bienvenue pour deux heures de plaisir télévi- suel.introduire la première re- transmission. Et ça ne choque personne ! » Aucune place, donc, pour l’opposi- tion. La télé est la voix de la France, qui est la voix de de Gaulle.Cependant, à l’autre bout du PAF, sur les cimes, Arte, Pu- blic Sénat, parfois France Télévision, vous servent chaque jour et à toute heure une autre sauce, au parfum différent. Celle de la culture, du cinéma d’auteur et de l’analyse politique. Aussi, derrière la télé-poubelle continue d’exister une télé- savante qui sauve l’honneur de la petite lucarne. Alors, que penser de cette télé- Janus que certains fustigent mais que tous regardent ? Pour trouver des éléments de réponse, prenons la télécom- mande et revenons en ar- rière, il y a cinquante ans, au temps du Général de Gaulle, de Guy Lux et de Bonne nuit les petits. Quelle était la télé au cœur des Trente Glo- rieuses ?Une situation qui change lors de l’élection présiden- tielle de 1965, « lorsque les Français découvrent à la té- lévision qu’il existe des hommes politiques qui par- lent aussi bien que de Gaulle », sourit l’historien. Une brèche s’ouvre dans le monolithe, et les figures de l’opposition parviennent à se faire une petite place dans les émissions poli- tiques. « Mais la vraie ou- verture n’interviendra qu’avec Chaban-Delmas et Pompidou », tranche Chris- tian Delporte.« Déjà, il n’y avait que deux chaînes, remarque Christian Delporte, Professeur à l’Uni- versité de Versailles et histo- rien des médias. C’est une différence fondamentale avec la télévision d’au- jourd’hui : le volume et le choix des programmes était infiniment plus réduit. » La journée commençait en gé- néral vers 13 heures avec la rediffusion des informations de la veille au soir. Puis place à des programmes pé- dagogiques. « C’était une véritable télé scolaire l’après-midi, poursuit l’his-Les patrons de JT prenaient les informations auprès du ministre deLe cauchemar de Valérie DamidotLa décennie 1960 voit aussi une autre transformation majeure : c’et la révolution de l’équipement. De 20% de foyers possédant une télé au début des années 60, on passe à 70% en 1969. De moins en moins chère, la petite lucarne fait partie de l’équipement moyen avec la voiture et la machine à laver. Autrefois « consom- mée » collectivement, en fa- mille et avec les voisins, elle est de plus en plus re- gardée en privé. Quant à l’audimat, s’il n’est pas me- suré, on sait la télé très re- gardée. La preuve : les deux millions d’exemplaires ven- dus chaque semaine par Télé 7 Jours.torien. L’idée était que l’ins- tituteur utilise la télévision en classe comme support de cours, comme une nouvelle technologie au service de la connaissance. Difficile, tou- tefois, d’évaluer le succès du dispositif, d’autant que beaucoup d’intellectuels se montraient assez réticents, l’écrit demeurant la source privilégiée du savoir. » Quoi qu’il en soit, on imagine mal aujourd’hui un cours sur Pépin Le Bref l’après-midi entre Les feux de l’amour et Plus belle la vie. Vers 19 heures venait ensuite le pro- gramme pour les enfants. C’est la grande époque de Bonne nuit les petits. Puis les actus régionales, un feuil- leton d’une dizaine de mi- nutes et enfin, le JT à 20 heures. En soirée, place à deux programmes de diver- tissement qui s’enchaî- naient : un film, unedramatique – l’équivalent actuel d’un téléfilm –, une pièce de théâtre, un maga- zine d’actualité type 5 co- lonnesàlaUneoudela variété avec des présenta- teurs phare comme Guy Lux ou Jean Nohain.c’est aussi une période où on peut programmer à 20h30 une émission de jazz, un film de Buñuel ou une pièce de Molière. Par ailleurs, c’est une autre différence notable avec aujourd’hui, les émis- sions sont toutes réalisées envail, tout le monde parle du même film ou de la même émission. Revers de la mé- daille, elle est donc un vec- teur de communication extrêmement puissant. « C’est la télé du Général de Gaulle, affirme Christian4 AVRIL 2014« La télé est alors un outil de service public, dont les trois objectifs sont d’informer, de cultiver et de divertir, ex- plique Christian Delporte. Bien sûr, déjà à l’époque, des voix s’élèvent pour dé- noncer la variété idiote, les émissions où Guy Lux reçoit les vedettes de l’époque, Sheila, Sylvie Vartan... Maisl’informationdirect. La télé se construit comme un outil de culture, de diffusion de la connais- sance ainsi que de spectacle vivant, au sens de live. » Une télé pour tous les pu- blics, donc, et qui impose ses programmes. De ce fait, une télé naturellement moins segmentante, et au rôle so- cial accru : le matin au tra-Delporte. Très clairement, les patrons de journaux télé- visés prennent les informa- tions auprès du ministre de l’Information, dont le plus connu à l’époque est Alain Peyrefitte. Les hommes poli- tiques ne sont pas intervie- wés, il n’y a aucun entretien, aucun débat en plateau. Mieux, lorsqu’un nouveauUne télévision à succès etrelat.donc. « Bien sûr, mais beau- coup moins concurrentielle que maintenant, nuance Christian Delporte. Au- jourd’hui, pour attirer le té- léspectateur, les chaînes doivent aller toujours plus loin. » Et toujours plus bas.ivement intelligente,]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frLes rendez-vous EcoRéseau PANORAMAEn guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usitées dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs), afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Le DicoRéseau® 2014ER09BBalladur : expression utilisée par les français à propos de la circulation alter- née : « le gouvernement nous balladurment ».Montebourg : n.m. Pratique pornographique particulièrement salasse.Ballotage : Soirée dansante organisée par d’anciens captifsCrimée : Expression. Se dit d’un torturé particulièrement dur au mal. Ex. « EtMunicipales : nf. Période durant laquelle les trottoirs sont passés à la cireuse, les crottes de chiens ramassées à peine sorties de leur sombre orifice et les places en crèche distribuées comme si il y en avait en trop.le prisonnier de la cellule 18 ? Il-crie-mais ne craque pas, mon général. »Pacte de responsabilité : Pratique gauloise qui consiste à revenir systématique- ment en arrièreGattaz : formule d’accueil syndicaliste : « bienvenue à Gatta(z)ca ! »PAF : abrev. Prime pour les Animateurs de Télévision. Ex : « ça va être dur ce mois-ci, je n’ai pas eu ma PAF » (Cyril Hanouna)Gaudin. 1. n.p. Très vieil alcool marseillais, à la limite du faisandé. Ex : « Tu reprends un petit gaudin ? Ouh, je sais pas, c’est déjà mon 5ème, j’ai peur qu’il me fasse mal. » / 2. Se prendre un gaudin : Expression utilisée par les militants socialiste dans le sud de la France. Ex : « Peuchère Les élections, faut être fada pour y croire.. Bè on va encore se prendre un gaudin car il s’est représenté l’autre cacou ! »Parc des Princes : seul pré en France où il pousse de l’argentGénération Z : génération de députés qui affectionne particulièrement les séances de sieste (zzzzzzz)Patrick Buisson. n.m. Petit arbre brun-vert derrière lequel toute la droite cachait ses idées sombres il y a quelques années, et sur lequel elle urine aujourd’hui à l’unisson.Hidalgo : n.p. Ancien sélectionneur de l’équipe de France de football qui, coiffé d’une perruque, se présente à la mairie de Paris.Placement : expression ambiguë utilisée par un politique en fonction des cir- constances. Ex. « je placementour sur cette question » qui des fois se transforme en « je placementargent ailleurs »L’oreille cassée : un des épisodes de la bande dessinée d’Herzog dans lequel on retrouve le célèbre dialogue Tintinphonique :- « C'est quelqu'un qui m'a dit que tu m'aimais encore »- « Tu parles, bachi-bouzouk de juges ! »Remaniement : jeu des chaises musicales sur un fond de VallsTaubira. Verbe obéir mal conjugué au futur dans le Nord-Pas-de-Calais.Made in France : Invitation à manger lancée à un allemand ("Mais dîne Franz !")Vivendi : n.m. Nouveau jour de la semaine sponsorisé par le groupe du même nom. Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vivendi.Mairie : n.p. Chanson populaire à succès enregistrée en avril 2014 par Nathalie Kosciusko-Morizet. « Oh mairie, si tu savais, tout le mal que tu m’as fait... »Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.Malaisie : n.p. Capitale mondiale de la bouffée de chaleur.Matignon : n.m. Vendeur de bétail ayant des difficultés d’élocution. « Tu faisquoi dans la vie ? Je suis matignon. »Mélenchon : n.m. Echarpe rouge sans Jean Moulin derrière.Ex : « Ah je vais te dresser mon garçon ! Et tu verras, à la fin, Taubira. »Mensuel - 3,90 € EcoRéseau N°8 - MARS 2014nouvelle formuleL’information économique & stratégique, autrement ECONOMIEecoreseau.fr Pricing outComprendre, Entreprendre, InnoverBULLETIN D’ABONNEMENT❏ 1 an (10 numéros) : 35,90 € ❏ 2 ans (20 numéros) : 68,90 €Adresse : Code postal : Ville :E-mail :Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la rectification des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement d’EcoRéseau. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des fins commerciales.“Une vraie concurrence frontale sur les talk shows”Ou comment faire exploser les coûts des concurrents à distanceREGARD SUR L’ACTUALITÉ Antoine de Caunes © Jeff Lanet/Canal+Je m’abonne à❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieur Société :Nom : Prénom : Tél :Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. DOM-TOM et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr).Les informations ci-contre sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place.Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. Si vous ne le souhaitez pas, cochez la case ci-contre. ❏à compléter et à retourner avec votre règlement par chèque à l’ordre de à l’adresse suivante :LMedia - Service Abonnement EcoRéseau 201-203, rue de Vaugirard - 75015 Paris“Un incontestable phénomènede relocalisation à venir”Certaines entreprises soumettent l’ennemi sans livrer bataille. Dans quels secteurs ? Tabac, Taxis, Téléphonie...Tous. Bienvenue en coulisse.L’ENTRETIENArnaud Montebourg © Patrick VedruneLABORATOIRES D’IDÉES RÉSEAUX D’ENTREPRENEURSTRANSMISSION D’ENTREPRISEEst-ce que cela s’apprend ? Quelques prin- Des think tanks plus influents et connectés. Ces cercles de créateurs épaississent le cipes fondamentaux permettent de ne pas L’Observatoire des think tanks remet les tro- carnet d’adresse à vitesse grand V.saborder la société illico... phées en partenariat avec EcoRéseau. Fantasme ou réalité ?AVRIL 20145BULLETIN D’ABONNEMENTEcoRéseau]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9PANORAMA L’Entretien« Le manque d’économie positivea engendré la crise »Jacques Attali est omniprésent dans les medias et ses opinions visionnaires semblent toujours très écoutées. Fin 2013, l’ancien sherpa de François Mitterrand était la personnalité française sans mandat électif la plus suivie à travers trois réseaux sociaux différents. Certainement pas pour son côté consensuel. Cet économiste écrivain passionné de piano analyse les domaines qu’il explore pour formuler ses recommandations rationnelles. Et si l’économie positive qu’il prône était une solution majeure, voire une révolution à actionner immédiatement ?cette voie par la société et même par leur entourage. S’il ne fallait citer qu’un obstacle, ce serait la pres-deurs politiques, dirigeants d’associations et d’ONG, chefs d’entreprise, entre- preneurs sociaux, cher-recommandations. Mais toutes les analyses mon- trent justement que la crise est due au fait que l’éco-veront donc des oreilles attentives.Quelle est la véritable vocation du LH Forum ? Depuis 2012 cet évène- ment a lieu chaque année au Havre, et bientôt à Sin- gapour ou à Montréal. Il ne s’agit pas d’une aspi- ration franco-française. L’altruisme vers les géné- rations futures, la prise en compte du long terme et de l’environnement, la dé- finition de l’entreprise qui devrait changer, afin queLa rente est souvent encouragée, par exemple au travers du principe desion sociale exercée sur ces femmes, qu’on dis- suade souvent de prendre des risques.Quelles sont vos attentes et espoirs après avoir remis le rapport sur l’économie positive à François Hollande le 21 septembre ?En 2012, François Hol- lande m’a commandé un rapport sur la situation de l’ « économie positive » qui me tient très à cœur(1). Celle-ci doit faire des dif- férentes crises que nous traversons des opportunités de réorienter le capitalisme vers la prise en compte des enjeux du long terme, de remettre en cause notreprécautioncheurs, en France et à l’in- ternational, qui souhaitent prendre part à cette dyna- mique. L’objectif des 44 réformes constituant le do- cument remis au Président à l’automne 2013, est de souligner l’importance et même l’urgence de cer- taines décisions à prendre pour mettre fin au court- termisme, pour passer d’une économie individua- liste fondée sur le court terme à une économie fon- dée sur l’intérêt général, prenant en compte les gé- nérations futures, pour or- ganiser la transition d’un modèle ancien fondé sur l’économie de la richesse à un modèle dans lequel les agents économiques au- ront d’autres obligationsnomie n’est pas assez po- sitive. C’est une consé- quence d’un mal profond. Les pistes soumises trou-BioIntelligence polyvalenteCe natif d’Alger de 70 ans est dit économiste, écrivain et haut fonctionnaire. Ses casquettes sont en fait beaucoup plus nom- breuses. Conseiller d'État, professeur d'économie, conseiller spé- cial de François Mitterrand puis fondateur et premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le dévelop- pement (BERD), il a présidé la Commission pour la libération de la croissance française à la demande de Nicolas Sarkozy et dirige actuellement le groupe PlaNet Finance qu’il a créé et qui lutte dans 88 pays contre la pauvreté par le développement de la mi- crofinance, ainsi que Attali&Associés, cabinet de conseil inter- national. Il a publié plus de 65 essais, biographies et romans, est aujourd’hui éditorialiste à L'Express et président du conseil de surveillance de Slate. Fils d’un autodidacte qui a réussi dans le commerce de parfumerie, passé sur les bancs de Polytechnique (major de promotion), l’Ecole des Mines, Sciences Po et l’ENA, il est aussi titulaire d’un Doctorat en économie. Son intelligence attire l’attention de François Mitterrand qui en fera son conseiller spécial. Ce passionné de musique, qui pratique le piano et a écrit des paroles de chansons pour Barbara, réunit à l’époque autour de lui de jeunes chercheurs tels Jean-Hervé Lorenzi ou Erik Or- senna. Il développe un réseau de personnalités dans des do- maines très divers (journalisme, mathématiques, show business, analyse financière...), telles que Raymond Barre, Jacques Delors, Philippe Séguin, Jean-Luc Lagardère, Antoine Riboud, Michel Serres ou Coluche. Le fondateur d’Action contre la faim est donc un homme éponge, à la rencontre de tous les domaines, très précieux pour les politiques en mal de diagnostics précis et de prospective éclairante.© Jean Marc GourdonLe prochain dîner de gala de la fondation PlaNet Finance sera dédié au microentrepre- neuriat féminin. Les obstacles sur la route des entrepreneuresvons à chaque fois : l’idée, la volonté indéfectible, la rencontre avec des four- nisseurs puis des clients. Mais cette aventure hu- maine n’est rendue possi- ble que si l’ingrédientfaçon de produire et que la maximisation duL'objectif du rapport et de ses 44 réformes remis au Président à l’automne 2013, est de souligner l’importance de certaines décisions à prendre poursont-ils encore nombreux ? L’histoire entrepreneuriale est constituée d’un savant cocktail que nous retrou-mettre fin au court-termismeAVRIL 2014confiance est présent. C’est généralement ce qui manque aux entrepre- neures, qui ne sont pas toujours encouragées dansconsommer. Initié par le Groupe PlaNet Finance en 2012, le mouvement pour une économie positive fé- dère des citoyens, déci-profit. Il existe bien sûr toujours le risque que les décideurs s’en tiennent à une Realpolitik face à la crise, et ignorent donc les6]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[7 heures de vol sans l’ombre d’un cerne à l’arrivéeBiz Bed c’est une classe affaires au lit parfaitement horizontal, offrant une couette molletonnée, une literie en coton égyptien, et un vrai pyjama pour une nuit de sommeil profond à bord, entre New York et Paris. Une nuit d’autant plus longue qu’avec le Sleeper Service, vous aurez dîné dans notre salon avant d’embarquer. Excellente nuit, dans l’un de nos 20 espaces de sommeil privilégiés.flyopenskies.com]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9PANORAMA L’Entretien"Le luxe de demain sera l’anonymat. La clandestinité sera le privilège des puissants et des criminels"les dirigeants ne rendent plus seulement des comptes aux actionnaires, sont bel et bien des pro- blématiques qui dépassent largement nos frontières. Il s’agit donc de structurer ce mouvement, le faire connaître, influencer les décideurs.Dans les années 80 vous aviez esquissé de grandes transforma- tions numériques que nous vivons actuelle- ment. Quelles sont les prochaines révolutions que vous pressentez ? Nous ne parlons au- jourd’hui que de réseaux sociaux et de Big data.Bientôt les gens prendront conscience que des trans- formations très importantes vont survenir dans la cul- ture, l’éducation ou la santé grâce au web séman-plus larges. Le web sé- mantique vise à aider à l’émergence de nouvelles connaissances en s’ap- puyant sur les données déjà présentes sur Internet. Desde vivre pleinement la troisième révolution in- dustrielle (production d’énergie décentralisée aidée par les NTIC) dont parlait leque vous citez sont encore très émergents, mais les sciences, les biotechnolo- gies ou les nanotechnolo- gies sont très prometteuses et font l’objet de re-sur nos lauriers et à ne pas préparer le futur.L’un de nos articles dans ce numéro concerne l’arrivée de la génération Z dans l’entreprise. Pensez- vous qu’il y aura un choc des cultures ?Il est toujours facile de ca- ractériser une génération par ses habitudes et les technologies dont elle dis- pose. Mais je crois surtout que la génération Z se dé- marquera par une très grande précarité et une po- sition de conflit latent avec ses aînés. Tous les indica- teurs montrent que la vi- tesse augmente, dans lesAVRIL 2014La France possède-t- elle des atouts et se donne-t-elle les moyensLa France aurait les moyens d’être très bien placée dans de nombreux domaines de pointe. CeuxDes transformations très importantes vont survenir dans la culture, l’éducation ou la santé grâce aules utilisateurs.imprimantes 3D ?web sémantiquetique. Des questions tou- jours plus complexes pour- ront être posées aux mo- teurs de recherche, qui se- ront à même de fournir des réponses concoctées à partir de sources toujoursprospectiviste Jérémy machines vont lier et struc- Riflin, ou l’industrie de turer l’information pour proximité des fablabs etcherches académiques ex- trêmement pointues. Le potentiel est énorme, mais les moyens fournis ne sont pas tout à fait à la hauteur. Nous avons cette mauvaise propension à nous reposer8]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frL’Entretien PANORAMAtechnologies, mais aussi veauté est souvent positive, timisme et du pessimisme les relations sentimentales, contrairement à ce que est une fausse question. Je professionnelles. Les jeunes quelques corporatismes ou pense que nous sommes ne font pas preuve de grands principes font optimistes ou pessimistesvers la victoire. Or je pense que nous sommes acteurs de nos vies.culturelle majeure, qui ne joue certainement pas en notre faveur.Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ? Je ne saurais décrire cette force qui me pousse à vou- loir explorer autant de do- maines à la fois, mais elle est bien présente. Seul le réveil me fait lever, de très bonne heure parce que la vie est courte. J’aime me plonger dans l’écriture, je viens d’ailleurs de terminer mon dernier roman « Notre vie, disent-ils »(2), où dansle futur un h.omme et une femme, qui disposent de dons de prescience, tentent d’enrayer la guerre mon- diale et l’apocalypse qu’ils entrevoient. Peut-on échap- per à son destin, tel que les autres le prévoient ou le décident ?1- « Pour une économie posi- tive » de Jacques Attali, Fayard, 20132- « Notre vie, disent-ils » de Jacques Attali, Fayard, 2014Julien TarbyLe droit à une vie privée risque de n’avoir été qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanitéLa perception particulière de l’échec est-elle un handicap en France ?loyauté envers leurs aînés, comme les aînés ne font pas preuve de loyauté vis- à-vis des plus jeunes. Nous nous dirigeons vers l’ère de la rapidité, de l’éphé- mère, de l’infidélité, et cette génération Z aura du mal à se raccrocher à des re- pères de stabilité et de du- rabilité. Le risque est grand de tourner le dos au long terme et à la cohérence.croire. La rente est souvent encouragée, par exemple au travers du principe de précaution.Enregistrements d’un pré- sident en exercice, photo- graphies d’unautre rejoignant sa maîtresse. La dictature de la transparence remet-elle en causele principe démocratique ? C’est précisément le terme que j’ai utilisé dans un de mes essais. Il nous faut nous habituer à ce phéno- mène, contre lequel nous ne pouvons rien faire. Le luxe de demain sera l’ano- nymat, la possibilité de dé- brancher, de déconnecter. La clandestinité sera le pri- vilège des puissants et des criminels. Le droit à une vie privée risque de n’avoir été qu’une parenthèse dans l’histoire de l’humanité. Car presque personne, dans les peuples premiers, n’avait de vie privée. Plus tard, le droit à la vie privée est ap- paru comme un privilège des puissants, des prêtres, des seigneurs, puis des mar- chands et des bourgeois ; jusqu’à devenir, au XXe siè- cle, la grande revendication de la classe moyenne. Il est clair qu’aujourd’hui, il est de nouveau en train de dis- paraître. D’abord parce que chacun de nous étale vo- lontairement des éléments de sa vie privée sur les ré- seaux sociaux. Pour exister, pour se faire connaître. De même, personne, ou presque, n’est hostile à l’idée de fournir des infor- mations et statistiques aux administrations ou aux as- surances pour être protégé, soigné, assuré. L’Internet des objets va d’ailleurs dé- multiplier les renseigne-devant un match de foot, quand nous sommes spec- tateurs. En revanche quand nous sommes acteurs, toute notre volonté est tournéeNous en avons peur, il nous paralyse. Cette ques- tion soulève une vraie pro- blématique dans la prise de risque et l’entrepreneu- riat. De même c’est la ri- chesse qui fait scandale en France, quand c’est la pau- vreté qui dérange outre-At- lantique. Une différenceTaxis vs véhicules de tourisme avec chauf- feur, pharmaciens vs grandes surfaces, indus- tries du tabac vs ciga- rette électronique, avo- cats vs start-up du droit... les crispations entre acteurs établis et nouveaux entrants sont- elles plus importantes qu’hier ?Les innovations technolo- giques se font toujours plus nombreuses et de nom- breux secteurs convergent. Ajoutez à cela que la France a toujours été plus ou moins réticente à la nouveauté. Les rentes des taxis, des notaires ou des pharmaciens découlent de l’histoire de notre pays. Elles doivent évidemment être remises en cause. Si les monopoles n’avaient pas été abolis depuis le dé- but, nous en serions encore aux pigeons voyageurs. Mais le processus doit s’ac- complir de manière non brutale. Nous revenons à l’idée de temporalité. Des troubles surviennent à cause de décisions poli- tiques soudaines, qui vien- nent remettre en cause des positions établies depuis des années, voire des siè- cles. Le phénomène n’est pas nouveau, en témoigne la crispation des Canuts de Lyon à une autre époque. Les décideurs doivent an- ticiper les bouleversements qu’induit l’apparition de certaines technologies. De même l’imaginaire collectif doit intégrer que la nou-ments.Pensez-vous que l’optimisme puisse influencer le cours des choses ?La problématique de l’op-AVRIL 20149]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frPANORAMA Régions & TerritoiresNice, azu2014 ou la fin des années sombres en PACA... et particulièrement dans les Alpes Maritimes. Des hausses d’activité dans l’industrie sont (enfin)uAttractivitéInvestir dans la pierre niçoise est assurément un excellent placement. La préfecture des Alpes Maritime (350000 habitants) est de fait l’une des rares agglomérations en France où la demande locative est supé- rieure à l’offre. Elle est appréciée notam- ment des cols blancs formés à Paris qui y trouvent un environnement sans égal, en plus d’une proximité immédiate avec Sophia Antipolis. Nice était en 2010, avec Perpi- gnan et Ajaccio, la ville la plus appréciée du pays. Seulement sur place, Paris manque à certains. « Les acteurs de référence ne sont pas ici, reconnaît ainsi Georges Falessi, du pôle de compétitivité SCS. Nous avons voulu travailler sur les transports multimo- daux par exemple mais les personnes clé – qui peuvent décider d’une application sur le marché – ne sont pas sur notre territoire. » Il faut alors « monter » à Paris pour vendre en direct. Pas simple. Et surtout chronophage. « Nous avons mis neuf mois pour trouver le bon interlocuteur chez Re- nault à Paris et ensuite, quelques jours seu- lement pour mettre en place un calendrier d’actions commun. » Loin de Paris, le para- dis ? Par sûr. Car ce Sud, si prisé... est aussi isolé.uVent convoitéLe mistral – qui balaie la région une partie de l’année – devrait aider en 2016 à faire tourner les pâles d’un démonstrateur d’éoliennes off shore, au large de Fos-sur-Mer. « Un vrai défi technologique », soutient Bernard Mahiou, directeur du pôle de compétitivité Capenergies, basé à Aix-en-Provence. « Compte tenu des spécificités de notre territoire régional, pour partie isolé, nous avons intérêt à dé- velopper des solutions d’efficacité énergétique », précise-t-il, dans l’éolien notamment. Et même si EDF a renoncé l’année dernière à implanter un champ d’éoliennes dans l’arrière-pays niçois, le schéma régional éolien prévoit sur les Préalpes du Sud des objectifs ambitieux : la production de 75 MW en 2020 et plus du double dix ans plus tard. Reste que le développement de l’éolien en PACA – et dans les Alpes Maritimes en particulier –, se heurte, dixit une étude, « à de nombreuses difficultés, liées à des contraintes techniques ou à des enjeux environnementaux et paysagers, ainsi que d’acceptabilité de la part des associations de protection de l’environnement et des riverains, notamment au regard de son impact sur le paysage ».NicIattendues sur ce territoire certes béni des dieux mais régulièrement fouetté par le mistral et les coups de froidde la crise.l ne s’agit encore que d’estimations et de ten- dances, pourtant « le meilleur est à venir » si l’on en croit Jean-Jacques Cambounet, patron enPACA de la Banque de France, récemment cité par le journal Nice Matin. Une prédiction qui s’appuie sur les résultats d’une enquête effectuée auprès d’un mil- lier d’entrepreneurs de la région. Et un chiffre à rete- nir : celui de l’activité industrielle qui devrait s’y renforcer de près de 3% en 2014 (du jamais vu depuis cinq ans). « La construction d’hélicoptères à Mari- gnane ou de satellites à Cannes devrait carburer aussi bien qu’en 2013 (autour de +4,5 %) », com- mente le quotidien local. Ces poids lourds de la ré- gion « seront épaulés par les entreprises spécialisées dans l’alimentaire, la métallurgie ou la pharmaceu- tique qui ont, elles, beaucoup souffert en 2013 ». Et même si l’année a mal commencé – les Alpes Mari- times ont enregistré en janvier une augmentation en glissement annuel de 5,7% du nombre de chômeurs de catégorie A –, l’optimisme est de retour, après les bourrasques de la crise.Une « poussée » attendue, portée en partie par les en- treprises à capitaux étrangers (ECE). Déjà, sur le bas- sin niçois, plus de 600 de ces implantations – dont le Finlandais Kone ou des équipes du site booking.com –, générant 8000 emplois directs (17000 en tout si l’on compte les ECE de Sophia Antipolis), tournent à plein régime. « Ce tissu d’entreprises participe au renforcement de nos pôles d’excellence, contribue ac- tivement aux échanges internationaux, attire des ta- lents et stimule l’innovation », fait-on savoir à la CCI de Nice-Côte d’Azur. Restent des failles naturelles à cet écosystème local qu’il faut « colmater rapidement », selon Georges Falessi, directeur général du pôle de compétitivité SCS (pour Solutions Communicantes Sécurisées) qui couvre l’ensemble de la chaîne de va- leur des métiers des TIC(1), installé à Sophia Antipo- lis. Les bassins d’emplois du territoire – auxquels est rattachée cette technopole, la plus importante de France – manquent cruellement de « capitaux ris- queurs de dimension internationale, relève cet ancien de Texas Instruments. C’est une grave faiblesse ». Et même si la région – via notamment son fonds PACA Investissement – « s’est réveillée depuis quelques an- nées, on a trop ciblé les investisseurs nationaux ».Autre lacune, malgré une forte présence de centres applicatifs de grands groupes (Intel, Samsung, HP, Invidia, etc.) et un haut niveau local de compétences : le peu de start-up connectées. « La plupart de celles qui se créent ici viennent du monde universitaire, analyse-t-il. Quand on compare avec l’écosystème parisien, on s’aperçoit que de nombreux diplômés ders structures, ce qui alimente une dynamique et un réseau solide... C’est ce qui manque ici. » Mais Nice peut compter sur une dynamique d’investissements privés à la hausse, anticipée par l’étude de la Banque de France. Une augmentation de 8% est ainsi prévue cette année après un recul de 30% en seulement deux ans. Pour 2014, les industriels pensent par ailleurs « embaucher (+0,2%) alors qu’ils avaient l’an dernier la tête aux licenciements (-0,4%) », précise Nice Matin. Nice,HEC et autres grandes écoles créent leu.locomotive de la croissance régionale ?Par Pierre Tiessen(1) SCS compte 300 membres, dont 75% de PME, 400 projets collaboratifs ont été montés depuis sa créa- tion en 2005.AVRIL 2014Un débat cul-de-sac ?CirculationL’axe qui relie Nice à Sophia Antipolis et Antibes – fréquemment saturé – est un enfer pour les automobi- listes. Et cette situation, qui pollue la vie des habitants de la région, reste au point mort.« Une catastrophe », « une calamité »... Il suffit de sonder les habitués de Sophia Antipolis pour mesurer l’ampleur du désastre en termes de circulation et de fluidité sur la zone. Car même si blottie au bord de la Grande Bleue, cette « Flo- rence du XXIe siècle » (ainsi surnommée par son créateur Pierre Lafitte) est un véritable cul-de-sac. L’autoroute Nice- Antibes est engorgée et sur place, la circulation est compli- quée par quantité de ronds-points et surtout pas ou peu d’alternatives à la voiture pour accéder aux zones des dif- férents parcs technologiques qui accueillent chaque jour des dizaines de milliers de personnes. « C’est un des problèmesmajeurs, qui fait partie des grands enjeux de la prochaine mandature », reconnaissait récemment Marc Daunis, le maire PS sortant de la commune de Valbonne-Sophia An- tipolis. Et d’appeler en urgence à une véritable « révolution locale » du transport. L’élu, candidat à sa succession, a même proposé – espérant ainsi faire la différence sur ce sujet très discuté face à son challenger de l’UMP – la mise en place d’un moyen de locomotion par câble à l’instar de ceux proposés dans les stations de sport d’hiver afin de « s’affranchir des encombrements sur les voiries ». Chiche ?]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frurément !Régions & Territoires PANORAMAceuMacao français et... première métropole du paysQuand le territoire niçois donne le « la »... La préfecture des Alpes Maritimes et 45 communes envi- ronnantes ont en effet été les premières en France à se regrouper pour créer une métropole (Nice-Côte d’Azur). C’était le 1er janvier 2012, « date historique » pour le territoire, commente-t-on à la mairie. La nouvelle entité, qui couvre un espace regroupant plus de 550000 habitants, entend dynamiser un territoire aux atouts exceptionnels, classé deuxième destination touristique de France. Nice est aussi le Macao français, première destination « roulettes et bandits manchots » nationale avec quelque 12 casinos réunis sur sa côte. Et même si cette industrie subit de plein fouet l’avènement des jeux en ligne, les établissements azuréens engrangent encore près de 80 millions d’euros de chiffres d’affaires chaque année. Une jolie manne alors qu’actuellement 56% du produit brut des jeux sont reversés par les casinos sous forme de prélèvements fiscaux.uCheveux blancsNice, la « ville des seniors ». Les plus de 60 ans représentent près de 30% de la population locale, soit près de 100000 personnes. Une situation voulue, voire revendiquée. La ville se veut en effet un paradis pour retraités qui disposent d’importantes ressources. Actions de prévention, animations, tarifs préféren- tiels... Tout est fait localement, sur les bords de la célèbre baie des Anges, pour leur rendre la vie douce. La ville abrite par ailleurs un nombre record d’associa- tions et entreprises d’aide aux personnes dépendantes et de service à domicile. Nice, berceau français de la Silver Eco- nomie !uOr bleu...Marseille-Menton via Nice par la côte : « un littoral qui vaut de l’or », affirme Patrick Baraona, directeur de pôle Mer Méditerranée, basé à la Seyne-sur-mer. Avec la pré- sence de la Marine nationale à Toulon et les recherches sur les activités navales et environnementales du milieu aquatique à Sophia Antipolis et à Nice, PACA concentre parmi les meilleurs spécialistes français de l’étude du monde marin. « Il y a une très forte volonté du territoire de se préoccuper des aménagements de la côte et du lit- toral », confirme Patrick Baraona. Le pôle qu’il dirige planche également sur les navires du futur, les ressources énergétiques et minières maritimes ou encore les res- sources biologiques marines. Autant de domaines d’études qui peuvent impacter l’ensemble de l’économie locale.ANTIBES JUAN-LES-PINSEmbarquez pour votreNOUVELLE DESTINATIONCONGRÈSPalais des Congrès d’Antibes Juan-les-Pinswww.antibesjuanlespins-congres.comAVRIL 2014 11GRAPHIE 4 - Photos ©C. Polack / P. Ducap]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frPANORAMA HexagoneElle court, elle court, la rumeur...e SMS en cafés du commerce, de cours de récré en jardins publics, elle va bon train et rien ne sembleuL’affaire du Dauphin de Saint-MaloLa rumeur : en décembre 1815, un inconnu est interpellé par la police à Saint-Malo. Affirmant provenir d’Amérique, il pré- tend être Charles de Navarre, le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Petit rappel historique : celui-ci est officiellement décédé à la prison du Temple à l’âge de dix ans, en 1795. Le témoignage de l’inconnu trouve un écho au sein de la population. En l’espace de quelques semaines, la rumeur se propage dans la région, St-Malopuis dans la France entière.Vrai ou faux ? L’inconnu est finalement identifié comme Mathurin Bru-neau, un usurpateur notoire. Emprisonné au Mont-Saint-Michel, il ymeurt en 1825. En 2001, l’analyse de séquences ADN prélevées sur lecadavre de l’enfant mort au Temple prouve qu’il était bien le fils de Marie-Antoinette.Les dessous de la rumeur : la période des Cents jours a fragilisé la Restauration et remis en cause la légitimité du régime. A l’époque, les rumeurs sur la mort du petit roi vont bon train : il se murmure que le dauphin serait vivant, remplacé dans sa geôle par un autre garçon. La mort mystérieuse du petit roi a suscité une kyrielle d’autres faux dauphins.OrléansAbDTpouvoir l’arrêter. La rumeur jaillit dans tous les recoins de France.héorie du genre enseignée à l’école, rumeur du 9-3... Sou- vent nées sur la Toile et se pro-pageant à la vitesse d’une connexion Internet, ces rumeurs occupent encore le devant de la scène médiatique. Leur point commun ? Se nourrir des fantasmes et des peurs les plus pro- fondes de la population. Certaines ru- meurs, comme les histoires de crocodiles se baladant dans les égouts parisiens ou de Tsiganes voleurs d’en- fants, sont vieilles de plusieurs décen- nies. Mythologies modernes, elles refont surface ici ou là, au gré de l’air du temps, parfois remises au goût du jour mais reposant sur les mêmes res- sorts infatigables.uLa rumeur d’Orléans On raconte que... En mai 1969, une rumeur enfle dans la ville d’Orléans : des jeunes filles seraient enlevées dans des cabines d’es- sayage de magasins tenus par des boutiquiers juifs pour être livrées à un réseau de prostitution. Il se murmure que les commerçants achèteraient police et médias. On raconte même que les victimes seraient transportées à bord d’un sous-marin remontant la Loire... Des attroupements se forment devant les magasins en cause. Au bout de quelques mois, la rumeur s’essouffle. Vrai ou faux ? A la même période, la police ne constate aucune disparition suspecte. La rumeur serait issue d’un ouvrage de Ste- phen Barlay, paru en France en 1969 et qui relate le cas d’une femme retrouvée droguée dans la cave d’un commerçant à Grenoble. Les dessous de la rumeur : devenue un cas d’école, la rumeur d’Orléans fait l’objet d’un ouvrage éponyme d’Edgar Morin publié en 1969. Selon le sociologue, cette rumeur prend sa source dans l’antisémitisme latent, mais aussi dans le rejet de la société post- soixante-huitarde et de l’émancipation féminine.NiortuLa rumeur du 9-3 On raconte que... La ville accueillerait des habitants de Seine-Saint-Denis en échange de subventions. La même rumeur est apparue à Poitiers, au Mans, à Limoges ou à Châlons-en-Champagne. A quelques mois des munici- pales, le bruit prend de l’ampleur, relayé par les médias. Le candidat FN Louis Noguès parle de « cars entiers de Noirs déversés au Mans ». Vrai ou faux ? : Il est vrai que Niort a attiré 10% de population de plus en l’espace de dix ans. Les nouveaux arri- vants sont souvent d’ex-Franciliens qui fuient la région parisienne et ses logements hors de prix, sans qu’il s’agisse d’une immigration organisée. Les dessous de la rumeur : alimentée par l’extrême-droite, cette rumeur joue sur les peurs liées à l’immigration.uL’affaire Baudis On raconte que... Le 18 mai 2003 au 20 heures de TF1, le président du Conseil supé- rieur de l’audiovisuel et ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, annonce qu’il est mis en cause dans le cadre de l’enquête sur le tueur en série toulousain Patrice Alè-Les nouveaux canaux de communica- tion leur donnent aujourd’hui une vi- tesse de propagation inégalée. En quelques clics, un bruit né au fin fond de la France prend une ampleur natio- nale. Le phénomène des médias utili- sés comme caisse de résonance n’est pas nouveau : déjà en 1987, Isabelle Adjani s’invitait au 20 heures de TF1, afin de faire taire un « on-dit » qui la déclarait gravement malade du sida. Mais à mesure que le Web 2.0 tisse sa Toile, la tendance semble s’être accé- lérée : telle la rumeur, en 2010, d’une supposée liaison entre Carla Bruni- Sarkozy et le chanteur Benjamin Bio- lay, qui s’est propagée comme une traînée de poudre en un week-end, ou encore la vraie-fausse mort de Pascal Sevran en 2008, annoncée puis dé- mentie par Europe 1 en l’espace d’une demi-heure.La rumeur s’invite désormais sur les plateaux télé. Comme un fait avéré, elle est abondamment commentée par des experts et politiques. On se sou- vient de Jean-François Copé brandis- sant sur le plateau du « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro un exemplaire du livre pour enfants Tous à poil !, afin de dénoncer l’enseignement de la théorie du genre à l’école. Plus rien ne semble distinguer rumeur et infor- mation.Toulouse« Il n’y a pas de fumée sans feu », ennçais devant leur écran. La rumeur repose sur le fan- tasme, pas sur la vérité : c’est juste- ment ce qui la rend si difficile à démont(r)er. « Il est aussi difficile de prouver ce qui existe que ce qui n’existe pas », pointe le chercheur Pascal Froissart (cf. interview). Le plus vieux média du monde n’a pasconcluent les Fra.gre et dénonce une « effarante machination ». Dominique Baudis est accusé par deux prostituées, Fanny et Patricia, d’être responsable de viols et d’actes de barbarie. Des notables de la région sont soupçonnés d’avoir couvert le tueur en série et d’avoir participé à ses crimes. L’affaire connaît un nouveau coup de théâtre lorsque Karl Zéro, à l’époque présentateur sur Canal +, lit dans son émission une lettre de Patrice Alègre confirmant les accusations des prostituées. Vrai ou faux ? Les deux ex-prostituées reviennent finalement sur leurs propos. Elles sont condam- nées pour dénonciation calomnieuse en 2009, ce qui clôt définitivement l’affaire. Les dessous de la rumeur : sexe, violence et fantasme du notable impuni : tous les ingrédients pour une bonne histoire.fini de faire jaser.Catherine QuignonAVRIL 2014]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frHexagone PANORAMAuLa rumeur d'AbbevilleOn raconte que... En 2001, les communes traversées par la Somme sont victimes d’importantes inonda- bbeville tions, sans qu’il y ait de véritable explication à ce phénomène. Une rumeur naît alors dans la région : les pouvoirs publics auraient décidé de noyer la vallée pour éviter que Paris ne disparaisse sous les eaux. La Somme qui arrose Abbeville est en effet reliée à la Seine par plusieurs canaux. Relayée par les médias, la rumeur s’amplifie. En visite à Abbeville le 9 avril 2001, Lionel Jospin, alors Premier ministre, est pris àpartie par la population.Vrai ou faux ? Un rapport du Sénat en 2001 a établi que cette accusation était sans fondement. S’il y a bien des échanges fluviaux, ils restent dérisoires, d’après ce rapport.Les dessous de la rumeur : la vieille hostilité Paris/province et le sentiment d’une partie de la « France profonde » d’être laissée pour compte.uLes crocodiles dans les égoutsLa rumeur : La Ville Lumière a été le théâtre de bon nombre de légendes urbaines. Parmi les plus connues figure cette histoire : des Parisiens in- souciants ramèneraient des bébés crocodiles de Floride et les jetteraient dans leurs toilettes lorsqu’ils seraient devenus trop encombrants. Ceux-ci survivraient dans les égouts.Vrai ou faux ? Cette légende prend sa source à New York, où en 1935 un alligator aurait été aperçu sortant d’une bouche d’égout. La version pari- sienne de cette légende a toutefois un fond de vérité, puisqu’en 1984 des égoutiers trouvèrent un crocodile du Nil échappé d’une animalerie. Bap- tisé Eleanore, le reptile coule aujourd’hui des jours heureux à l’aquarium de Vannes.Paris3 questions à...Pascal Froissart, maître deconférences à l’université Paris VIIIet auteur de La rumeur. HistoireToutes les rumeurs n’ont-elles pas un fond de vérité ?Mais qu’est-ce que la vérité ? Si nous réalisons des statistiques de ce qui est vrai ou faux, nous nous apercevons qu’il n’y a pas plus de vérité dans ce que nous appelons la rumeur que dans ce que nous nommons l’information. Pour moi, information et rumeur sont sur le même plan, dans le sens où ce n’est pas le rapport à la vérité qui caractérise la ru- meur. Sur la fameuse photo du magazine Closer destinée à prouver la relation entre François Hol- lande et Julie Gayet, nous ne voyions rien, seule- ment un homme casqué sortant d’une maison. En quoi est-ce une rumeur, en quoi est-ce de l’infor- mation ?En quoi Internet facilite-t-il la diffusion des ru- meurs ?Sur la Toile nous pouvons trouver le pire et le meil- leur. Le Web a augmenté la vitesse de propagation de la rumeur. Tout est enregistré, rien ne peut être oublié. En même temps, nous avons vu apparaître sur Internet des moyens radicaux pour débusquer ces rumeurs, comme le site Hoaxbuster en France. Comme toujours, ce n’est pas la technologie qui est en cause, mais la manière dont nous nous en servons.Un exemple, les rumeurs sur la théorie du genre à l’école. Quelle analyse en tirez-vous ?Pour moi, cela n’a absolument rien d’une rumeur : c’est de l’activisme, dans le sens où ce bruit a été diffusé de manière parfaitement contrôlée. Les per- sonnes à l’origine de ces rumeurs se sont révélées facilement identifiables (un collectif animé par une proche d’Alain Soral, ndlr). Ce qui est plus éton- nant, c’est l’état de sidération qui a suivi la révéla- tion de cette « rumeur » du côté des médias. La rumeur permet de cacher plein de choses, y com- pris le manque d’enquête...Toulon uUne panthère en vadrouilleOn raconte que... Eté 2013 : sur les hauteurs de Toulon, des habitants signalent avoir aperçu une panthère noire rôdant en liberté. Pourtant, le zoo du Mont Faron, situé à proximité, ne signale aucune fuite de félins. Les témoignages se multiplient, au point que plusieurs battues sont organisées. Largement relayée par les médias, l’affaire trouve un écho national.Vrai ou faux ? La fameuse panthère n’a jamais été retrouvée.Les dessous de la rumeur : une resucée moderne de la bête du Gévaudan. La sociologue Véronique Cam- pion-Vincent, qui s’est intéressée aux légendes sur les fauves échappés, a recensé des dizaines de rumeurs analogues sur la France entière. Au demeurant, celles-ci semblent particulièrement récurrentes dans le Sud-Est.et fantasmes (ed. Belin)uLe lac sous FourvièreLa rumeur : En 1930, un dramatique éboulement a lieu au pied de la colline de Fourvière, ayant pour ori- gine d’importantes infiltrations d’eau. Edouard Herriot, alors maire de la ville, reçoit des courriers d’ha- bitants déclarant avoir découvert un lac souterrain sous Fourvière. La plus connue de ces missives est celle de la veuve Richard, une ardéchoise affirmant avoir traversé en bateau le lac en question.LyonVrai ou faux ? Le lac en question serait en fait des nappes phréatiques. Le sous-sol de Fourvière est tra- versé par plusieurs galeries de drainage datant de l’époque gallo-romaine et par d’anciennes citernes.uLes Tsiganes voleurs d’enfantsOn raconte que... En mai 2008 dans la ville de Marseille, une jeune fille prénommée Fa- tima disparaît sans laisser de traces. Sous le manteau, un SMS circule mettant en cause les Roms : ceux-ci enlèveraient des enfants du quartier pour faire du trafic d’organes. Sur fond de tensions entre communautés roms et maghrébines, la rumeur prend une tournure drama- tique lorsqu’en juin, trois Roumains sont victimes d’une tentative de lynchage.Vrai ou faux ? Hormis Fatima, aucune disparition n’a été signalée.Les dessous de la rumeur : la légende du Tsigane voleur d’enfants, mais aussi le mythe du touriste retrouvé inconscient dans la rue avec un rein en moins. Le trafic d’organes existe bel et bien dans certains pays, mais il est alimenté par des contributions « volontaires » de mal- heureux prêts à céder un de leurs or-ganes contre de l’argent.MarseilleAVRIL 2014]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9PANORAMA InternationalGaz de schiste : le miracle n’aura pas lieuRéjouissez-vous, lecteur, car voilà enfin la ressource que l’Europe et les Etats-Unis attendaient : le gaz de schiste. De ses puits ne s’échappent pas que du gaz, mais aussi de douces promesses : le retour de la croissance, la baisse du chômage, l’indépendance énergétique... « Les risques pour l’environnement et la santé ? »Evous entend-on demander. Qui s’en soucie ? On vous parle de relancer l’économie, ne faites pas le difficile ! A moins que l’eldorado espéré ne soit qu’un mirage de plus...n dépit des dangers alliés. Un rôle qui lui a valu pour l’environnement quelques guerres coûteuses et la santé, rares sont en Irak et en Afghanistan etles pays à avoir interdit l’ex- un épuisant travail de ren-ploitation du gaz de schiste. La France et la Bulgarie font figure d’exceptions. La liste des pays où la fracturation hydraulique est autorisée est longue : les Etats-Unis, bien sûr, où environ 500000 puits ont été forés ; en Europe, le club compte notamment le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, la Pologne et la Hongrie... Ailleurs dans le monde, le gaz de schiste a convaincu l’Australie, l’Inde, la Chine ou encore l’Algérie. Pourquoi un tel engouement pour une énergie dont l’ex- traction présente tant de dan- gers ?seignements. En devenant le premier producteur de pétrole du monde grâce au pétrole de schiste, comme le prédit l’AIE, et un exportateur ma- jeur, l’Oncle Sam pourrait-il quitter le Moyen-Orient ? Thomas Porcher rappelle que « le pouvoir géopolitique d’un pays producteur ne se résume pas à sa production et à ses réserves, mais à sa capacité à aligner des barils sur le marché quand un pro- blème survient, comme l’a fait l’Arabie Saoudite au mo- ment de la guerre en Lybie. » Or, contrairement aux pays de l’OPEP, capables d’ajouter plusieurs millions de barils sur le marché du jour au len- demain, les Etats-Unis pro- duisent à pleine capacité, « ce qui risque d’épuiser rapide- ment leurs réserves » estime Thomas Porcher. Ce ne serait pas la première fois : jusqu’au début du XXe siècle, le pays était le premier producteur mondial de pétrole, mais il a bien mal géré cette manne. Ce qui fait dire à Thomas Porcher que « le gaz de schiste aux Etats-Unis risque d’être un nouveau feu de paille ».LE MIRACLE AMÉRICAINLa première bonne raison de se lancer dans l’extraction du gaz non conventionnel est économique : son exploitation massive aux Etats-Unis pour- rait créer 600000 emplois di- rects et indirects d’ici la fin de la décennie, et a déjà fait baisser le prix de l’énergie, favorisant la compétitivité de l’industrie et le retour au foyer de sociétés qui avaient fait le choix de la délocali- sation. Certains attribuent ainsi au gaz controversé une partie du retour de la crois- sance chez l’Oncle Sam. Aux yeux des gouvernements étrangers en mal d’emploi et de compétitivité, cet exemple vaut plus que toutes les cam- pagnes de lobbying. Mais ce modèle peut-il être reproduit ailleurs, notamment en Eu- rope ? « Elle ne connaîtra pas le même miracle écono- mique que les Etats-Unis, car elle n’a pas autant de réserves ni la même tradition pétrolière », juge Jean-Marie Chevalier, professeur d’éco- nomie à l’université Paris Dauphine. Thomas Porcher, professeur à l'ESG Manage- ment School et auteur du livreAu temps de la Ruée vers l’Ouest, seuls les vendeurs de pioches ont fait fortune« Le mirage du gaz de schiste », ajoute que « les Etats-Unis ont fait un dum- ping énergétique, avec des exonérations fiscales pour les pétroliers et un cadre ré- glementaire très avantageux qui leur a permis de forer à un rythme effréné. L’Europe manque d’infrastructures pé- trolières et a un cadre régle- mentaire plus strict, le coût d’extraction serait donc plus élevé et l’impact sur la crois- sance bien moins important. » Les pays qui se sont lancés dans l’extraction à la suite du leader mondial doivent donc se préparer à une dou- loureuse désillusion. D’autant que la réussite américaine est contrastée : pour créer 600 000 emplois, 500 000 puits ont été forés, soit une maigre performance, et un rapport publié par l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) en février démontreque le gaz de schiste n’a eu qu’un rôle négligeable dans la reprise américaine. Autre différence entre l’Europe etvenir réalité, si l’on en croit un rapport de l’Agence in- ternationale de l’énergie (AIE), qui l’annonce pourse soustraire à l’influence Russe, qui fournit aujourd’hui la majorité de leur consom- mation de gaz. Une fâcherie avec Poutine, et Gazprom risque de fermer le robinet... demandez donc aux Ukrai- niens ce qu’ils en pensent. « Mais rien n’assure que le gaz extrait en Pologne serait moins cher que celui qu’elle importe », note Thomas Por- cher. Les avantages écono- miques et de souveraineté risquent donc de ne pas tou- jours être réunis en même temps.La réussite américaine est contrastéeAvec cette nouvelle ressource, les Occidentaux se prennent également à rêver de mettre à mal les rentes de l’OPEP et de Gazprom. Mais « leurs déclarations sont sereines, ce n’est pas la première fois qu’une nouvelle ressource14 AVRIL 2014les Etats-Unis : une densité de population plus importante de ce côté-ci de l’Atlantique, où les oppositions citoyennes aux forages seront plus fré- quentes.l’horizon 2035. Mais Thomas Porcher est sceptique : « Les prévisions à long terme de l’AIE sont souvent erronées car ses calculs ne tiennent pas compte des évolutions des autres variables. » Ainsi, pour atteindre cet objectif, les Etats-Unis devraient conti- nuer de forer à un rythme effréné, ce qui parait peu pro- bable compte tenu de la ra- réfaction des ressources et des coûts croissants pour les exploiter.me les pé-LE PRIX DE L’INDÉPENDANCELa deuxième bonne raison d’autoriser l’exploitation du gaz de schiste sur son terri- toire est celle de l’indépen- dance. Aux Etats-Unis, le rêve de l’indépendance éner- gétique, qui remonte aux chocs pétroliers des années 1970, serait en passe de de-FEU DE PAILLEles menace, com.troles bitumineux ou l’offs- hore profond ces dernières années. Mais un puits de gaz non conventionnel a une du- rée de vie de cinq ans, contre 25 ans pour un puits de gaz conventionnel », observe Tho- mas Porcher. Le jeu en vaut- il la chandelle ?Les cas de la Pologne et de la Lituanie semblent diffé- rents, puisqu’elles espèrentLe gaz de schiste pourrait-il rebattre les cartes géopoli- tiques ? La question mérite d’être posée puisque depuis la doctrine Carter de 1980, les Etats-Unis jouent le rôle du gendarme au Moyen- Orient pour défendre les ap- provisionnements en pétrole de son économie et de sesAymeric Marolleau]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Fleur de ChampagneBrut Premier Cru]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9PANORAMA Grand AngleGénération ZCa y est ils sont là, frappant à la porte, avec des convictions déroutantes et des réserves d’énergies prometteuses.«D L’enchaînement générationnel promet d’être aussi explosif qu’intéressant dans les entreprises.ans dix se- « C’est la première fois en à tel point que des entreprises complexité. Nombre de Y ont condes, ce mes- France que se dessine une en ont joué pour intégrer ces saisi la supercherie et ont fini sage s’autodé- telle difficulté d’enchaînement nouvelles recrues sans vrai- par accepter ces cadres im-truira. » Snapchat permet à entre les générations », révèle ment changer. Fausses orga- posés, en devenant les plusses utilisateurs d’envoyer pho- tos et vidéos éphémères, dis- paraissant après avoir été vi- sionnées par le destinataire qui doit garder un doigt sur l’écran de son téléphone tout au long de l’opération. Un détail qui empêche de faire une capture d’écran. Une fois le délai de trois ou dix secondes écoulé, l’image disparaît. Délirant ? Chaque jour 200 millions d’images fantômes sont en- voyées via l’application, es- sentiellement par des adoles- cents. Bienvenue dans l’univers de la génération Z, née dans le bain des nouvelles techno- logies, du marketing de soi et des connexions. « Ils sont les seuls à avoir inventé un mode de vie, un langage, une écriture. C’est la première génération qui apprend aux parents, parce qu’elle s’est d’emblée construite dans un « monde liquide », comme le dit le so- ciologue Zygmunt Bauman. Avec pour corollaire qu’ils ne comprendront pas les barrières érigées dans les entreprises »,Monique Dagnaud, sociologue de l’Ehess, directrice de re- cherche au CNRS qui a écrit un essai sur la génération Y(2). Et pourtant l’espoir est per- mis.nisations horizontales, soi-di- sant en réseaux pour satisfaire leur rejet de l’autorité et leur envie de collaboratif, réseaux sociaux d’entreprise pour leur donner l’impression que leur parole est prise en compte, valeurs générales et creuses affichées sur les frontispices modernes que sont les sites Internet et les plaquettes pour répondre à leur idéalisme... L’artillerie lourde a parfois été sortie pour par des géné- rations précédentes qui ne sont pas toujours à l’écoute. « Bien souvent les lignes hié-cyniques des managers. Mais ce qui posait problème aux Y sera rédhibitoire pour les Z. Tricheries et compromis ne seront pas envisageables. La raison ? Les Z n’ont pas appris à connaître Internet, ils sont nés dedans et ne connaissent pas de codes et de mondes différents. « Ce sont des « mu- tants » hyperconnectés, comme l’affirmait Michel Serres dans « La Petite Pou- cette ». Les parents qui leur offrent un smartphone dès la sixième ne leur procurent pas un téléphone, mais une"Ca y est le premier Z est arrivé !? Christine, trouvez lui un placa... heu un bureau. Il ne faut pas que les clients le voient"Ce qui posait problème aux Y sera rédhibitoire pour les Z. Tricheries et compromis ne seront pas envisageablesDES COULEURSPLUS MARQUÉESQUE CHEZ LES YNés après 1995, une souris d’ordinateur et un smartphone greffés dans les mains, ils cultivent des aspirations contradictoires. Mi-réalistes mi-idéalistes, en quête de li- berté mais aussi de réassu-annonce Didier Pitelet, spé- cialiste RH du changement, dirigeant du groupe de conseil en réputation Moons’factory. Dans«Leprixdela confiance »(1), celui qui a dirigé durant 16 ans des structuresde Publicis affirme que « la génération Z sera difficile à manager, peut-être même plus que la génération Y ». Une difficulté majeure, d’autant plus que le contexte ne se prête pas à leur intégration.rance, solidaires mais sélectifs, plus à l’aise dans l’échange virtuel que dans le contact direct... De quoi donner une migraine à leur futur manager, qui a déjà ingurgité des aspi- rines avec les Y, nés entre 1980 et 1994. Depuis des an- nées manuels de RH et coachs en management décortiquent les valeurs et attentes des Y,rarchiques verticales, repor- tings contraignants et asser- vissement sont encore trop présents. L’équilibre n’est pas encore trouvé. Les jeunes vont devoir se battre pour vraiment travailler en mode réseaux », affirme Laurent Bibard, pro- fesseur permanent de mana- gement à l’Essec, titulaire de la chaire Edgard Morin de laconnexion Internet, avec toutes les possibilités d’informations et d’achats qu’elle implique en continu », pointe Didier Pitelet. Cette génération Z a le même rapport à l’autorité, au temps, à l’information, à la multiplicité des technologies que les Y. « Mais de manière beaucoup plus marquée, ce qui n’est pas sans consé-Evolution des études sociétalesUn prisme générationnel à modérer« Nous sommes saturés de formules et caté- gorisations sur les nouvelles générations », déplore Laurent Bibard, professeur permanent de management à l’Essec, selon qui ces slogans cachent une angoisse : celle de ne pas les comprendre, de ne pas réussir à décrypter leurs codes si différents. « Evoquer une géné- ration Z est catastrophique, car cette idée sous-entend que nous leur terminons le monde, qu’il n’y a pas de futur. Nous abandonnons notre mission de transmission », accuse le philosophe-gestionnaire. Un malaise partagé par Nathalie Damery, présidente de l’Obser- vatoire de société et de consommation (Obsoco), qui traduit ce découpage par « une difficulté à continuer de catégoriser la population avec les marqueurs classiques : âge, sexe, CSP... qui ont beaucoup servi dans les Trente Glorieuses pour déterminer les groupes de consommateurs. Ce prisme n’est plus applicable aujourd’hui, tant les données se recoupent. L’individu est multiple et ne rentre plus dans les cases. » Le classement par génération a donc fait son ap- parition – la génération étant cette partie de16 AVRIL 2014la population qui a été jeune au même moment, et qui a donc un imaginaire commun. « Ainsi ces Z sont la « we » génération, plus collabo- ratifs que leurs aînés. Les enquêtes montrent qu’ils sont aussi marqués par un retour aux valeurs, dont la principale, pour eux qui ont souvent connu le divorce de leurs parents, est la famille. Ce qui n’était certainement pas le cas des soixante-huitards », note Nathalie Damery. L’approche permet ainsi de généraliser des comportements, mais elle a de sérieuses limites. Par exemple les Y ont été impactés par l’apparition d’Internet, puis des réseaux sociaux, mais d’une manière beaucoup plus soutenue dans les foyers à niveau d’éducation élevé. Le couplage avec le degré d’éducation doit au moins être pris en compte selon Nathalie Damery : « A l’Observatoires des consommations émergentes, nous nous aper- cevons par exemple que les Velib’, BlaBla- Car,... sont utilisés par les jeunes, mais surtout par les plus diplômés. Chez les autres, le fait de posséder sa propre voiture reste un marqueur social de première importance. »"J'en ai marre de ce boss qui se croit jeune parce qu'il me fait des "I like" toutes les deux minutes"]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frGrand Angle PANORAMAAubert. « Le collaboratif, l’horizontalité, le développe- ment en mode projet n’ont pas pour simple but de satis- faire les Z », insiste Monique Dagnaud. Ces pratiques sont tout simplement des prérequis à l’adoption du tout numé- rique, qui gagne tous les sec- teurs selon Franck Pasquet, directeur associé du cabinet de chasse Arrowman : « Le digital n’est pas seulement l’intégration de nouvelles tech- nologies, il implique des chan- gements culturels et organi- sationnels : vitesse accélérée dans la prise de décision et donc hiérarchies plates, visi- bilité décuplée, obligation pour les managers d’acquérir une culture large et pas seu- lement une expertise... »sont en retrait. « Les entreprises familiales sont plus à mêmes d’intégrer ces mutants car elles ont pour elles la durée, qui reste un paramètre essentiel. Malgré l’apparence de zapping permanent, ces jeunes sont en quête de stabilité, de durabi- lité », affirme Didier Pitelet. Surinformés sur les entreprises qu’ils courtisent, ils sont plus attentifs à l’environnement et au management proposés. « L’arrivée des Z correspond à la réhabilitation des mana- gers, comme guides et accom- pagnateurs de proximité, alors que les trentenaires ont été transformés en chefaillons dés- humanisés », insiste Didier Pi- telet. Les Z ont des convictions plus assumées que leurs aînés, ce qui annonce des tensions, mais aussi un renouveau. « Les Y sont tombés dans le “oui, mais...” : ils ont donné, mais avec une attente claire en re- tour. La crise les a fait transiger. Les Z, qui n’ont connu que la morosité économique, sont moins dans cette logique de négociation. Ils se placent tou- jours dans un rapport de don- nant-donnant, mais au niveaude la confiance. » Les trahir, imposer un cadre figé basé sur la subordination, les em- pêcher d’être co-acteurs, sera motif de rupture. C’est la fin des beaux discours. Les Z de- manderont des preuves d’au- thenticité, d’éthique, de sens. Tout le contraire de la logique « dominant-dominé », de cen- sure et de contrôle qui a fa- çonné les organisations jusqu’à présent. Avec ces bataillonsreprise entre"Allez les gars, aujourd'hui c'est portes ouvertes, il va falloir séduire du Z ! "de Z à venir, l’ent.de plein pied dans l’ère de la coresponsabilité, en matière de gestion, de détention de l’information, de maîtrise de l’image et de réputation. Un vecteur de remise en question de l’intérieur qui peut bousculer les codes et apporter un chan- gement salutaire.quences », révèle Laurent Bi- bard. Un constat corroboré par Clémence Aubert, ensei- gnant chercheur en économie à l’ESG Management School : « Il importe constamment de leur expliquer que la connexion aux réseaux so- ciaux n’est pas naturelle et doit cesser en cours, que l’uti- lisations du smartphone n’est pas toujours autorisée ». La présence d’Internet dans leur quotidien depuis la naissance influence leur attirance pour la « gamification », leur mode de fonctionnement et de pen- sée : « Les élèves attendent par exemple une dispositionlorise d'abord une économie de rentes et de statuts, et est rivée davantage sur les di- plômes que sur l'expérience. Ici plus qu’ailleurs, les jeunes prennent en pleine figure les effets de la mondialisation », énonce Monique Dagnaudcorollaire qu’ils sont peu po- litisés, mais ont une forte conscience de l’autre et esti- ment avoir une responsabilité individuelle dans le monde en marche, aux prises avec la pollution, le chômage, la crise deladette.«LesYsesont construits dans l’opposition, précise Didier Pitelet. 70% des managers trentenaires n’adhèrent pas aux valeurs de leur entreprise, selon les études. Les Z poursuivent des idéaux et s’affirment en tant qu’individus dans la société. S’ils aspirent à créer leur start up, c’est pour être libres de leur mode de vie maisJEUNES, MAIS MATURES ET MOINS MANOEUVRABLESAvec les Z, l’heure est certes à la liberté, mais aussi – et c’est un autre paradoxe de cette génération – au lien et au temps long. L’hyperindivi- dualisme et les comportements mercenaires adoptés par les Y1- « La prix de la confiance : une ré- volution humaine au cœur de l’entre- prise » par Didier Pitelet, éd. Eyrolles, 2013.RÉSERVOIR D’ÉNERGIE EN PUISSANCELes dés semblent donc jetés ? Pas si sûr. L’écrivain canadien Douglas Coupland devenu en 1991 malgré lui la voix de la génération X, celle des enfants de baby-boomers, de la fin de la Guerre froide, de la pi-2- « Génération Y, les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion » par Monique Dagnaud, éd. de Science-Po, 20113- « Génération A », de Douglas Coupland, éd. Au Diable Vauvert, 2013Mathieu CamozziL’arrivée des Z correspond à la réhabilitation des managers, comme guides et accompagnateurs de proximitépermanente du professeur. S’ils envoient un mail à 22h, ils ne trouvent pas normal de ne pas recevoir de réponse, parce que pour eux la décon- nexion n’est pas envisagea- ble », ajoute l’économiste des médias. Goût marqué pour le collectif développé dans les communautés et prédomi- nance de l’affect comme fac- teur de motivation et de fidé- lisation... autant de caracté- ristiques, plus extrêmes que chez les Y, qui feront passer le manager simplement auto- ritaire pour un ringard que les équipes fuiront ou tour- neront en ridicule sur les ré- seaux sociaux. Des difficultés exacerbées par la morosité économique et un système de formation encore inadapté. « Les pays développés se transforment, les métiers évo- luent. Et ces jeunes devront être de vrais caméléons, alors que la France, sclérosée, va-lule, des divorces et des dés- illusions, n’est pas de cet avis. Plus de vingt ans plus tard, avec la même clairvoyance et le même humour, l’écri- vain-plasticien-designer dé- peint dans un autre livre(3) cette nouvelle génération, qu’il nomme A et non Z, pour échapper à la fin de l’alphabet, et la placer au contraire « à l’orée d’une série de triomphes et d’échecs stupé- fiants ». Car les « mutants » sont aussi porteurs d’espoir. Leurs représentations poli- tiques n’ont plus rien à voir avec celles de leurs aînés, marquées par des affronte- ments idéologiques : Guerres mondiales, décolonisation, Guerre froide, démocraties contre dictatures... Pour beau- coup la démocratie est une notion acquise et ils ne peu- vent imaginer qu’elle n’ait pas toujours été présente, sur- tout en Europe. Avec pouraussi pour vivre une aventure avec les amis, où ils seraient reconnus en tant qu’indivi- dus. » Pas de réflexion passive, « mais plutôt un goût marqué pour l’action collective », spé- cifie Nathalie Damery, prési- dente de l’Observatoire de société et de consommation (Obsoco). Acteurs du monde ? Peut-être même acteurs de l’entreprise qui saura impli- quer ces collaborateurs ni ma- téralistes ni carriéristes, qui apportent leur maison au bu- reau et leur bureau à la maison. Bien sûr ils semblent ouverts à l’international et habiles à utiliser de nouvelles techno- logies, mais c’est surtout leur mode de travail qui pourrait bénéficier aux entreprises. « Je suis toujours frappée par le naturel avec lequel ils constituent des groupes Fa- cebook pour échanger des documents et travailler en ré- seau », remarque ClémenceAVRIL 2014 17]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & Tendancesu Les entreprises françaises (trop) généreuses avec leurs actionnairesautour du pacte deLe 5 mars dernier, trois syndicats (CFDT, CGC, CFTC) et le patronat ont trouvé un accord pour mettre en œuvre le « Pacte de responsabilité ». Le « relevé de conclusions » qui est ressorti de leurs discussions est plutôt favorable aux employeurs. En échange d’une baisse de 30 milliards du coût du travail (10 milliards d’euros de diminution des cotisations sociales + 20 milliards de Crédit d’im- pôt compétitivité emploi), les partenaires sociaux devraient définir « des objectifs quantitatifs et qualitatifs en terme d’emploi ». Mais ces objectifs seront discutés au sein de chaque branche profes- sionnelle plutôt que globalement – il en existe en- viron 750, et toutes ne sont pas rodées au dialogue social –, et les discussions ne commenceront que « dès lors que la trajectoire de baisse des prélè- vements sociaux et fiscaux sera précisément défi- nie par les pouvoirs publics ». Et bien qu’un « observatoire national tripartite suivra le dé- ploiement des dispositifs du pacte de responsabi- lité », les aides ne pourront être suspendues pour ceux qui ne joueront pas le jeu. Cet observatoire ne pourra que « s’assurer de la cohérence de la trajectoire de baisse des prélèvements avec les en- gagements » du patronat.u Timide accord responsabilitéLe carnet desnominationsen partenariat avec}UBIFRANCE (MINISTÈRE DE L'ÉCONOMIE ET DES FINANCES) Véronique Bedague-HamiliusMadame Véronique Bedague-Hamilius est nommée directeur général d'Ubifrance (minis- tère de l'Économie et des Finances), à ce poste depuis mars 2014, en remplacement de Monsieur Christophe Lecourtier. Elle est ainsi chargée de réaliser la fusion d'Ubifrance et de l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) décidée par le gou- vernement. Elle se voit également nommée en conseil des ministres ambassadeur délé- gué aux investissements internationaux et président de l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII), en remplacement de Monsieur David Appia. Véronique Bedague-Hamilius , 50 ans, administrateur civil, ENA (1990), IEP Paris (1984), ESSEC, a réalisé le parcours suivant :n 2008-2014 : Ville et département de Paris, secrétaire général adjoint.n 2002-2008 : Ville de Paris, directeur des finances et des affaires économiques.n 2000-2002 : Ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, conseiller tech- nique en synthèse budgétaire auprès de Laurent Fabius, ministre de l'Economie, et de Flo- rence Parly, secrétaire d'Etat au Budget.n 1999-2000 : Direction du Budget, chef du bureau Politiques des transferts sociaux, ré- gime général de la sécurité sociale, politique de santé et BAPSA.n 1997-1999 : Ministères de l'Education nationale, de l'Enseignement, de la Jeunesse et des Sports, chef du bureau Budgets.n 1994-1997 : Fonds monétaire international (FMI, à Washington), économiste.n 1992-1994 : Direction du Budget, successivement adjoint au chef du bureau Budget des ministères de l'Industrie, Commerce et Artisanat et adjoint au chef du bureau Budget des charges communes et comptes spéciaux du Trésor.En janvier, le laboratoire Clersé de l’université Lille-I a rendu une étude comparative sur les choix des actionnaires des entreprises fran- çaises et allemandes quant au versement de dividendes, et mis en évidence des chiffres éloquents : « Entre 1999 et 2008, les firmes al- lemandes ont réduit leur taux de versement des dividendes d’environ 10%. Entre ces deux mêmes années, les firmes françaises ont, quant à elles, augmenté leur taux de versement d’environ 50%. Malgré la crise économique de 2009, les entreprises ont continué de verser un montant élevé de dividendes ». Au moment où les partenaires sociaux signent le Pacte de responsabilité, qui vise à réduire le coût du travail et, donc, à augmenter les bénéfices, la crainte est grande de voir tout cela bénéficier d’abord aux actionnaires plutôt qu’à l’investissement et à l’emploi.}CHARGEURS (GROUPE CHARGEURS)Martine OdillardMadame Martine Odillard est promue directeur général de Chargeurs, à ce poste depuis mars 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Eduardo Malone, président. Elle est ainsi en charge de la déclinaison de la stratégie du groupe et de sa mise en oeu- vre opérationnelle au sein des 3 métiers de Chargeurs que sont la protection temporaire de surfaces, les textiles techniques et la laine peignée.Martine Odillard , 59 ans, licence en lettres classiques, master en management de l'ECCIP, a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : Chargeurs, directeur général délégué.n 2000-NC : Pathé, directeur des ressources humaines et de la communication.n 1996-2010 : Chargeurs, directeur des ressources humaines et de la communication.n 1990-1996 : Chargeurs, directeur des ressources humaines.n 1979-1990 : Groupe Pricel (devenu par la suite Chargeurs), au sein du cabinet du prési- dent.n Début de carrière chez Arjomari Prioux.}UNION DES JEUNES ASSUREURS ET RÉASSUREURS FRANÇAIS Corinne CipièreMadame Corinne Cipière est nommée président de l'Union des jeunes assureurs et réas- sureurs français, à ce poste depuis janvier 2014, en remplacement de Madame Anne Charon.Dans une tribune publiée dans Les Echos le 7 mars dernier et intitulée « La compétitivité française dépend aussi du coût du capital », Benoît Hamon, ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire et à la Consommation, a rappelé que « la pérennité d'une entreprise dépend du bon équilibre trouvé par l'actionnaire entre les bénéfices distribués et ceux réinvestis pour permettre à l'entreprise de se développer ». Pour maîtriser les dividendes, qui permettent les « investissements d’aujourd’hui qui créeront les emplois d’après-demain », le Ministre plaide pour une modulation de l’impôt sur les sociétés en fonction des bénéfices réinvestis et la création d’un crédit d’impôt investis- sement. Le Premier ministre semble l’avoir entendu, qui a récem- ment déclaré que « tout l’enjeu, c’est que cet argent (lié aux baisses des charges, ndlr), n’aille pas aux dividendes ».Cet accord a aussi été l’occasion d’annoncer une négociation sur le dialogue social en entreprise au deuxième trimestre 2014 sur « la simplification et l’amélioration du fonctionnement des instances représentatives du personnel ».u Fonds Robolution CapitalCorinne Cipière , 37 ans, Polytechnique (1997), master of Science de l'université de Berke- ley (Etats-Unis), a réalisé le parcours suivant :n Depuis 2010 : Marsh France, directeur de la stratégie, du marketing et de la communi- cation.n 2002-2010 : Marsh France, consultant en risques puis chargé de mission auprès de Stanislas Chapron, président du directoire.}GLION INSTITUT DE HAUTES ETUDESJudy HouMadame Judy Hou est promue directeur général du Glion Institut de Hautes Etudes, à ce poste depuis janvier 2014.Judy Hou , 39 ans, master hospitality administration de l'Ecole hôtelière de Lausanne (2012), BA comparative literature de Columbia University (1997), a réalisé le parcours sui- vant :n 2011-2013 : Les Roches Jin Jiang International Management College (à Shanghai, groupe Laureate), directeur.n 2009-2011 : School of Hotel & Tourism Management (à Hong Kong), directeur des res- sources humaines.n 2005-2009 : Fonctions de management au sein des groupes Mandarin Oriental, Park Hyatt et Swiss Hotel.n 2002-2004 : Ecole Hôtelière de Lausanne (EHL), enseignant.}BETC (GROUPE HAVAS)Bertille ToledanoMadame Bertille Toledano est promue coprésident de BETC (groupe Havas), à ce poste depuis février 2014.u Un fonds d’investissement pour la Silver EconomieBertille Toledano , 44 ans, magistère de stratégies d'entreprises et communication du CELSA, a réalisé le parcours suivant :n 2006-2012 : CLM BBDO, vice-président en charge des stratégies.n 2005-2006 : Young & Rubicam France, directeur général en charge de la stratégie. n 2003-2005 : Young & Rubicam France, directeur des stratégies.Le 25 février 2014, la société de capital risque Innovation Capital a lancé un fonds d’investisse- ment dédié à la Silver économie. Son objectif sera de financer en fonds propres des entreprises in- novantes de cette filière indus- trielle, afin de soutenir leur phase de croissance et leur développe- ment pour « assurer leur déploie-Il y a un an, le gouvernement avait lancé le plan France Robots Initiative pour mettre de l’huile dans les rouages de la robotique de service fran- çaise. L’une des mesures phares était la mise sur pied d’un fonds de capital-risque dédié. Le 4 mars 2014, Arnaud Montebourg a donc inauguré le fonds Robolution Capital, doté de 80 millions d’euros, financé à égalité par le public et le privé. Piloté par Orkos Capital, il associe des acteurs pu- blics, tels Bpifrance et l’European Investment Fund et des acteurs privés, comme Orange, EDF et Thales. A l’occasion de la conférence de presse de lancement, Arnaud Montebourg a assuré vou- loir créer une filière et balayé les inquiétudes sur la menace pour l’emploi : « Nous avons 150000 robots de retard sur l’Allemagne, c’est nous qui avons plus de chômeurs que les Allemands, voilà pourquoi nous devons augmenter nos investisse- ments dans le secteur ». Des sociétés comme Awa- bot, Wandecraft ou RB3D n’attendent que ces investissements pour se développer dans un sec- teur où la France est en retard.leurn 1999-2003 : CLM BBDO, directeur général adjoint, en charge des recherches et du dé- veloppement.n 1996-1999 : Callegari Berville, directeur du planning stratégique, conseil en stratégie sur les marques EDF, Castorama, Calor, Crédit du Nord et Tallians.ment commercial etexpansion géographique ». Lessociétés cibles sont des PME intégrant « des outils technologiques et/ou une innovation organisationnelle » opérant dans le secteur mé- dico-social. Le fonds devrait investir dans 10 à 15 sociétés, pour des tickets de 2 à 10 millions d’euros, pour un total de 100 millions d’euros.n 1994-1996 : Début de carrière au sein de Saatchi & Saatchi comme planneur straté- gique.}LEFÈVRE PELLETIER & ASSOCIÉSChloé ThiéblemontMadame Chloé Thiéblemont est Cooptée associé au sein du département Banque-Fi- nance de Lefèvre Pelletier & Associés, à ce poste depuis mars 2014. Elle est sous la res- ponsabilité directe de Monsieur Christophe Jacomin, associé, responsable de ce département qui compte désormais 8 associés. Spécialisée en droit bancaire et financier, elle intervient principalement pour le compte des prêteurs, et est le conseil d'établisse- ments financiers français et internationaux et d'autres acteurs institutionnels du marché du financement (compagnie d'assurance, fonds d'investissement).Chloé Thiéblemont , 40 ans, EFB Paris (1998), IEP Grenoble (1995), DEA droit des affaires et droit économique de l'université Paris-I (1998), a réalisé le parcours suivant :n 2009-2014 : Godet Gaillard Solle Maraux & Associés (GGSM), associé fondateur.n 2003-2009 : JeantetAssociés, collaborateur puis associé (2007).n 2000-2003 : Hogan Lovells, collaborateur.n 1999-2000 : De Pardieu Brocas Maffei, collaborateur.uSocial ExpressDu 18 juillet au 3 août 2014 se tiendra à Paris et Bucarest la première édition du Social Express, « une compétition an- nuelle entre 50 candidats, répartis en dix équipes de cinq et qui s'affrontent durantVOUS AVEZ CHANGÉ DEune course autour du monde pour promouvoir des entrepreneurs sociaux ». Le « Pékin Express » de l’entrepreneuriat social vise à promouvoir cette forme d’entrepreneuriat auprès du grand public. Les équipes engagées tenteront de trouver des solutions à des pro- blématiques soumises par des entrepreneurs sociaux locaux, avec l’aide d’un coach. Fin des candidatures le 30 mars.La Fédération internationale de la robotique es- time que le marché mondial de la robotique de ser- vice pourrait atteindre 100 milliards d’euros en 2018 et 200 milliards en 2023. Il est estimé à 17 milliards d’euros en 2013.Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frFONCTION ? Nomination, les 200 000 décideurs18 AVRIL 2014qui font le business en France !]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frLe combat de Gaches ChimieLiberté d’Entreprendre CLUB ENTREPRENDREDans chaque numéro, EcoRéseau va revenir sur une passe d'arme entre un nouvel entrant et un (ou des) acteur(s) historique(s) d'un secteur, relevée par la plateforme David contre Goliath.Contrairement aux autres cas la PME toulousaine n’était pas nouvelle sur le marché de la distribution de produits chimiques. Elle n’en a pas moins subi toutes sortes de déstabilisations.«Cthèse de toutes les pratiques anticoncurrentielles d’éviction recensées : ententes et concen- tration, prédation, prix dis- criminatoires, verrouillage du marché par la captation de fournisseurs en exclusivité, etc. », déclare d’emblée Pierre Gaches, dirigeant d’une PME familiale fondée en 1948, comptant 245 personnes pour un CA de 94 millions d’euros. Développant des activités enEt contre-attaqué avec succès.e que mon en- treprise a vécu est une syn-Brenntag S.A. s’est livrée à une guerre des prix afin d’évincer Gaches Chimie, en s’appuyant sur les ententes anticoncurrentielles dont elle était le pivot. Elle a également fait pression sur tous les four- nisseurs majeurs de Gaches Chimie pour qu’ils cessent leurs livraisons. Ce qu’ils ont fait. La PME a ainsi perdu 50% de ses approvisionne- ments et un certain nombre de ses clients, faute de pouvoir leur livrer les gammes de produits souhaitées. Plus en-décision a depuis été annulée par la Cour d’appel de Paris en 2007 (confirmée par la Cour de cassation en février 2008). En conséquence, les plaintes pour abus de position dominante déposées par Gaches Chimie en 2002 et 2007 à l’encontre de Brenntag sont de nouveau en cours d’instruction devant l’Autorité de la concurrence. Face à ce revers provisoire, Pierre Gaches décide de creuser ses soupçons de cartels et d’en- tentes sur les prix. N’en faisantmence : elle est condamnée à payer 47 millions d’euros.sant même l’Autorité de la concurrence à demander à Pierre Gaches comment sa société a pu survivre. A titre de comparaison, la société sœur Gaches Chimie Spécia- lités, qui intervient sur le mar- ché des spécialités chimiques qui n’est pas dominé par Brenntag et n’a pas fait l’objet d’ententes, a triplé son CA durant la même période. Leportements perdurent malgré la condamnation. « Fournis- seurs et clients ne perdent pas facilement leurs repères. Et nous sommes ceux qui avons dénoncé. Certains nous félicitent et ouvrent leur porte, d’autres nous considèrent comme le mouton noir du secteur », déplore Pierre Gaches. Des clients n’osent pas se dresser contre cesDÉSAGRÉMENTSÀ RÉPÉTITIONBrenntag S.A. a d’abord tenté de racheter en 1998 son petit concurrent. Puis, face au refus,qu’ils ont été trom.des années. D’autres n’ont tout simplement pas envie de revoir leurs procédures pour changer de fournisseur. Des désagréments qui n’entache- ront en rien le moral du diri- geant méridional, qui en a vu d’autres durant ces 15 der- nières années...Les entrepreneurs de ce genre de procédés, qui souhaitent porter à la connaissance de tout le monde leur exemple, sont invités à entrer en contact avec le collectif David contre Goliath (www.collectif-david-contre-goliath.fr)FIN HEUREUSE, CONSÉQUENCES NÉFASTESBrenntag a décidé de contester en appel le montant de sa sanction et le second rang at- tribué par l’Autorité de la concurrence. La société a éga- lement déposé six questions15 ans de développement entravé, 26 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel non réalisé et 50 emplois potentiels sacrifiésFrance, Espagne, Maroc et Tunisie, la société toulousaine n’en est pas moins un petit Poucet face au géant Brenn- tag, au CA consolidé de 8,6 milliards d’euros, et qu’elle trouve en travers de son che- min depuis 1998. La filiale hexagonale, Brenntag S.A., domine le marché français de la distribution de commo- dités chimiques (solvants, ja- vel et autres soudes) avec plus de 50% de part de mar- ché. Ces commodités sont produites par Exxon, Solvay, Shell, BASF ou Arkema et sont utilisées à peu près par toutes les entreprises indus- trielles, de Heineken à Saint Gobain, en passant par Veolia ou EDF. Un rapport de force inégal a priori...core, pour capter la clientèle de la société Gaches Chimie et l’évincer du marché fran- çais de la distribution de com- modités chimiques, Brenntag S.A. a frauduleusement capté des marques commerciales notoirement détenues et uti- lisées par Gaches Chimie. Brenntag a, à ce titre, été condamnée par le Tribunal de grande instance de Paris le 10 juin 2003 (jugement confirmé en appel le 10 no- vembre 2004).pas partie, il lui est difficile de produire beaucoup d’élé- ments de preuve. Il décide donc de prévenir à partir de septembre 2006 tous ses concurrents qu’il va déposer plaintes contre Brenntag pour ententes devant l’Autorité de la concurrence, tout en les informant des avantages de la procédure de clémence. Entre le 20 septembre et le 13 décembre 2006, Solvadis, Quaron, Brenntag puis Univar se rendent successivement devant l’Autorité de la concur- rence pour plaider coupa- ble... et dénoncer leurs concurrents. Le 28 mai 2013 l’Autorité condamne les mem- bres du cartel, qui représentent plus de 80% du marché, à une amende de 79 millions d’euros. C’est la huitième sanction la plus importante infligée par l’Autorité depuis sa création. Brenntag béné- ficie d’un taux de réduction de 25% au titre de la clé-Attention, souris tres̀ méchante...COUP DE POKER GAGNANTEn 2002, Pierre Gaches se rapproche de la Direction gé- nérale de la concurrence, de la consommation et de la ré- pression des fraudes (DGCCRF) puis de l’Autorité de la concurrence, pour dé- noncer les prix prédateurs et la captation des fournisseurs. Contre toute attente, l’Autorité prononce un non-lieu. Cetteprioritaires de constitution- nalité sur le mécanisme de la clémence (Article L 464-2 du Code de commerce), alors même qu’elle a utilisé ces procédures en France et dans d’autres pays européens. Sur le terrain de la réparation de Gaches Chimie comme vic- time du cartel démantelé, les juridictions commerciales de- vront déterminer le préjudice de Gaches Chimie ainsi que le montant des dommages et intérêts que les membres du cartel devront lui verser. Car l’estimation du manque à ga- gner est conséquente, condui-CA aurait au moins dû être doublé. « 15 ans de dévelop- pement entravé, 26 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel non réalisés et 50 em- plois potentiels sacrifiés », résume Pierre Gaches qui a fait des sacrifices, tenu une gestion très serrée, renoncé à tout développement externe et à une rémunération normale du capital investi. Fin de la mésaventure ? Malheureuse- ment non. La procédure d’abus de position dominante est toujours à l’instruction 11 ans après le dépôt de la plainte, et les mauvais com-grandes sociétés qui dans tous les cas demeureront des in- terlocuteurs pour eux. D’au- tres en veulent à Gaches Chi- mie d’avoir mis à jour leurs insuffisances en montrantpés pendantJulien TarbyAVRIL 2014 19]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Entreprendre au fémininLes visages de l’entrepreneuriat fémininPour des raisons culturelles et techniques, les femmes restent sous-représentées dans la création d’entreprise, mais elles font bouger les lignes à force de mobilisation et de réformes. EcoRéseau a donné la parole à quelques figures de l’entrepreneuriat féminin : des exemples à suivre.moignent d’une meilleure es- time de leurs capacités en- trepreneuriales et sont aussi plus optimistes quant à la rentabilité de leur entre- prise ». Selon un sondage OpinionWay pour l’APCE, une femme sur trois considère que cela constitue un dés- avantage pour créer une en- treprise. Les deux principaux inconvénients seraient le manque de crédibilité dans les milieux professionnels (56%) et les difficultés à convaincre banquiers ou in- vestisseurs (42%). A cause des préjugés, les femmes ont donc tendance à s’autocen- surer et à douter de leurs ca- pacités.trepreneures sont très mino- ritaires, alors lorsque des clients et des partenaires nous rencontrent, ils se sou- viennent de nous plus faci- lement ». Les femmes ont en effet de nombreux atouts à faire valoir en matière d’en- trepreneuriat, car le mondefaillances du marché et des institutions qui freinent le développement des projets féminins. Ainsi, Najat Val- laud-Belkacem, Fleur Pellerin et Geneviève Fioraso on pré- senté en août dernier un Plan pour l’entrepreneuriat fémi- nin, qui prévoit notammentgliardi, coprésidente de l’agence Connecting Women et auteure d’un guide des ré- seaux féminins. Dans ceux- ci, « les femmes peuvent voir qu’elles ne sont pas seules, qu’un grand nombre de leurs semblables rencontrent les mêmes difficultés, et qu’elles sont nombreuses à les avoir surpassées. Au-delà du bu- siness, le réseau apporte de la solidarité », soutient-elle. Frédérique Clavel salue l’en- gagement des grands réseaux d’accompagnement, comme Bpifrance et les banques, à « former leurs équipes sur cette problématique pour changer le regard ». Mais elle regrette que « la défini- tion de l’innovation ne soit toujours pas adaptée à l’en- trepreneuriat féminin », qui concerne plutôt des innova- tions dites « douces », dans les services, plutôt que des innovations dites « dures », dans la technologie. « Cette définition exclut les projets féminins des aides à l’inno-Entreprendre n’a pas de sexeUn 2014, Super Woman porte un tailleur et paie l’ISne affaire d’homme, font partie du décile supérieurRésultat, elles hésitent sou- vent à faire appel aux aides extérieures pour financer leurs projets, ce qui en freine la croissance au démarrage. Ainsi, selon un baromètre de la Caisse d’Epargne de 2012, les prêts bancaires s’élèvent à 51000 euros en moyenne pour les créatrices, contre 66000 euros pour leurs ho- mologues masculins. Et selon une étude du club Women Equity, seules 5% des entre- prises dirigées par des femmes ont eu accès au ca- pital investissement en 2006. Mais il n’y a pas de fatalité pour autant et EcoRéseau n’a pas eu de peine à trouver des créatrices qui montrent que succès peut aussi s’écrire au féminin, même dans des sec- teurs réputés masculins comme le numérique, l’au- tomobile ou la haute gastro- nomie. Convaincues de l’im- portance de l’exemple pour changer les mentalités, elles ont accepté de partager leur histoire et leur vision de l’en- trepreneuriat féminin. Pour la plupart d’entre elles, l’en- trepreneure est un entrepre- neur comme les autres : « En- treprendre n’a pas de sexe », assure ainsi Catherine Barba, fondatrice de plusieurs en- treprises de l’univers numé- rique ; pour Marion Blanc, présidente de Civiliz « Au pire, ça ne change rien, au mieux, c’est un avantage. Dans le numérique, les en-de l’entreprise vante leur re- lationnel, leur polyvalence et leur pragmatisme. « Si elles sont réticentes à prendre des risques, elles sont aussi meilleures pour les gérer », souligne aussi Frédérique Clavel. En outre, selon l’OCDE, en France, les en- treprises détenues par des femmes créent plus d’emplois dans les trois ans qui suivent leur création que les entre- prises nouvellement fondées par des hommes.d’améliorer l’accompagne- ment des créatrices et le fi- nancement de leurs projets, avec en particulier le renfor- cement du Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF). Le ministère a aussi ouvert le site ellesentrepren- nent.fr pour diffuser conseils et témoignages, et lancé une semaine de sensibilisation des jeunes, afin de susciter des vocations.EAu-delà de la récente prise de conscience politique, on assiste à un empowerment20 AVRIL 2014l’entrepreneuriat ? en termes d’emploi, de valeurComment rétablir l’égalitéOui, si l’on en croit des actifs, ou de montant du les chiffres : les femmes re- capital social. A croireprésentent 56% des diplômés de l’enseignement supérieur, mais seulement un créateur d’entreprise sur trois, et 27% des dirigeants de TPE et PME.qu’hommes et femmes ne boxent pas dans la même ca- tégorie.Comment expliquer des des- tins si divergents ? Par des raisons techniques, d’abord. Pour l’OCDE, « ces dispari- tés s’expliquent principale- ment par des différences de taille et d’intensité capita- listique » entre les entreprises créées. En effet, les femmes optent plus volontiers pour des secteurs peu capitalis- tiques, comme la vente et les services (santé, éducation... ), notamment parce qu’elles sont sous-représentées dans les filières techniques. Seuls 17% des ingénieurs appar- tiennent au beau sexe.Non seulement elles sont moins nombreuses à tenter l’aventure, mais lorsqu’elles le font, leurs succès sont moins éclatants. Ainsi, un rapport de l’OCDE sur les inégalités hommes-femmes relevait en 2012 de doulou- reuses différences : « Les en- treprises appartenant à des femmes se caractérisent, en moyenne, par une rentabilité et une productivité du travail plus faibles que celles déte- nues par des hommes » ; en France, le taux de survie à trois ans des entreprises dé- tenues par des femmes est légèrement plus faible (62%) que celui des entreprises dé- tenues par des hommes (70%), et les entreprises dé- tenues par des femmes re- présentent une très faible pro- portion des entreprises qui© DRMais il y a aussi des raisons culturelles. Frédérique Clavel, présidente de l’Agence pour la création d’entreprise (APCE), souligne ainsi que « les femmes sont réticentes à prendre des risques et man- quent de confiance en elles ». Un constat validé par l’OCDE : « Les hommes té-hommes-femmes devant la création d’entreprise ? Pour Frédérique Clavel, « l’entre- preneuriat féminin ne pro- gresse pas en France, mais la bonne nouvelle, c’est que trois ministres se sont pen- chées sur le sujet en 2013 ». De fait, le gouvernement a décidé de s’attaquer aux dé-des créatrices. Avec, en par- ticulier, le développement des réseaux féminins. « Leur manque de réseau est, avec la discrimination sur la pa- rentalité et le manque de vi- sibilité, l’une des principales raisons du plafond de verre », expliquait à EcoRéseau en mai 2013 Emmanuelle Ga-vation. » Ce qui réduit d’au- tant leurs chances d’expan- sion. De fait, seule une en- treprise innovante nouvelle- ment créée sur dix est dirigée par une femme. Le cheminCatherine & Liliane s’essaient aussi à la presse éco....est encore long.Aymeric Marolleau]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frA la Une - Entreprendre au féminin CLUB ENTREPRENDREMercedes Errafondatrice de l’agence de publicité BETC, classée dans le top 10 mondialNative de Barcelone, diplômée d’HEC et de Paris I, Mercedes Erra est présidente exécutive de Havas Worldwide et fondatrice de BETC, devenue en 15 ans la première agence française de publicité, classée dans le top 10 mondial. Cette mère de cinq enfants est l’une des membres fon- datrices du Women’s forum for the Economy and Society (cf. EcoRéseau n°5, rubrique électron libre sur Aude de Thuin).© DR« Les femmes doutent constamment »© DRBlandine Mulliezprésidente de la fondation EntreprendreVous semblez évoquer un contexte défavorable aux femmes entrepreneures ?Les poids de l’histoire et de l’éducation ne sont pas négligeables. Nous ne sommes pas encore à l’abri de la misogynie, particuliè- rement dans les grands groupes où le poids des conventions est plus important. J’ai d’ailleurs connu des conseils d’administra- tions ou l’on me parlait de manière réductrice. Mais surtout les études montrent que les femmes travaillent trois heures de plus que les hommes par jour, après être rentrées à la maison. De plus on ne leur donne pas facilement cette confiance qui leur manque. Le proviseur du lycée Louis le Grand expliquait qu’il voyait dé- filer dans son bureau beaucoup de parents souhaitant voir leur fils intégrer une prépa scientifique. Jamais leur fille. Les femmes ont donc des doutes, se demandent constamment si elles sont à la hauteur. Elles ne discutent généralement pas le salaire pour le premier emploi, quand les hommes sont déjà à l’attaque. Pour toutes ces raisons celles qui montent sont plus remarquables queUn rééquilibrage rapide est-il possible ?« Les non-dits résistent »Nombre de femmes ont les aptitudes intellectuelles et les capa- cités de travail pour réussir et même surpasser les hommes. Conséquence des différentes vies qu’elles mènent, elles sont aussi capables de passer rapidement de l’abstrait au concret, ce qui est un réel avantage en matière de création d’entreprise. Mais les résistances très fortes empêchent de faire reconnaître rapide- ment ces vérités. Songez au nombre de gens qui sont descendus dans la rue au nom de la lutte contre la théorie des genres à l’école, alors qu’il s’agissait avant tout d’un rééquilibrage dans l’éducation qui conditionne encore trop les enfants selon leur genre. Dans les directions de filiales de l’agence je privilégie les binômes mixtes. De manière générale je pense qu’il faut légère- ment freiner les hommes dans leur ambition et un peu encourager les femmes à prendre des responsabilités et des risques.Reconnue d’utilité publique, cette fondation créée en 2008 par André Mulliez (décédé en 2010) soutient et accompagne les initiatives en faveur de l’entrepreneuriat. Ses objectifs ? Contribuer à créer 10000 emplois par an et transmettre l’envie d’entreprendre à un million de jeunes. Pour ce faire Blandine Mulliez et ses équipes agissent sur trois axes : ac- compagner les créateur d’entreprises et dirigeants, sensibiliser les jeunes dans les écoles, mener des travaux de prospec- tive.Où agir en priorité pour favoriser les femmes entrepreneures ?Tout d’abord j’entends le terme entreprendre comme « en- treprendre sa vie ». La femme n’est pas une extraterrestre, j’ai donc toujours du mal à la considérer comme un être à part. Je ne crois pas aux règles imposant la parité. Nous aurons gagné quand le genre deviendra un critère peu ou pas important. Je crois que pour avoir plus de femmes dans les conseils d’administration, les postes hauts placés dans les entreprises ou la création, il importe en tout cas de les former le plus tôt possible à avoir une ambition saine, celle de vouloir prendre des responsabilités. La femme est l’égale de l’homme dans les études et le vit comme tel. Mais une fracture survient ensuite, lors de l’entrée dans la vie profes- sionnelle. Les études montrent qu’une femme prend encore un poste quand elle est sûre à 80% qu’elle sera en mesure d’y arriver. L’homme franchit le pas dès 50%... La femme vise moins loin. Attention, je parle de caractéristiques féminines. Les hommes qui ont un côté féminin rencontrent les mêmes obstacles. Et certaines femmes très masculinesles hommes qui s’illustrent.M.C.L’entrepreneuriat féminin en Francene sont pas du tout concernées, bien au contraire.uL’envie d’entreprendre est aussi répandue chez les femmes que chez les hommes 18% des femmes françaises envisagent ou sont en train de créer leur entreprise.69% des femmes considèrent que la création d’entreprise est plus épanouissante que le salariat46% pensent que la fonction de chef d’entreprise peut permettre d’atteindre un équilibre entre familiale et vie professionnelleSource : Sondage OpinionWay pour l’APCE « Les femmes et la création d’entreprise » (janvier 2012)uMais les femmes restent sous-représentées dans l’entrepreneuriat30% des créateurs d’entreprise en 2012 et 38% en 2013 (Source : Insee)5,2% des femmes sont des chefs d’entreprise, contre 8,5% des hommes (Source : Global Entrepreneurship Monitor)uUn déséquilibre qui s’explique notamment par des stéréotypes 48% des femmes, contre 40% des hommes, déclarent avoir peur d’échouer21% des femmes, contre 40% des hommes, déclarent se sentir les capacités d’entreprendre (Source : Global Entrepreneurship Monitor)33% des femmes considèrent qu’être une femme constitue un désavantage pour créer une entreprise (Source : APCE)Le taux de rejet du crédit bancaire est de 4,3% pour les femmes, contre 2,3% pour les hommes (Source : OCDE 2012)Il est tout de même possible de parler d’entraves ?Il existe des non-dits, plus ou moins importants selon les milieux sociaux. La femme qui gagne plus que l’homme, la réussite de la femme supérieure à celle de l’homme, la femme qui ferait mieux de s’occuper de ses enfants... La France reste un pays de traditions, qui ont fait sa richesse, mais qui sont sclérosantes. L’innovation, les nouveaux modèles économiques, les nouveaux schémas de vie ont du mal à émerger. Mais je vais être dure : une femme est res- ponsable de la situation dans laquelle elle se met. Il lui est toujours possible de changer de paradigme. A elle de déployer ses antennes, de chercher des réseaux. D’aucuns évoquent les contraintes horaires et familiales, mais je ne les perçois pas comme des contraintes. Plutôt des chances. Une femme a beaucoup de vies en même temps, sa vie pro- fessionnelle, sa vie d’épouse, de maman. Elle peut faire des pauses dans sa carrière, a plus de possibilité de changer d’orientation. Je ne voudrais pas être un homme. Lui a beaucoup de pression, celle de la réussite dans un seul champ d’activité. Dans l’ensemble la situation évolue, les femmes entrepreneures sont en route et les vieux schémas disparaissent. J.T.AVRIL 2014 21]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Entreprendre au fémininBertille Burel cofondatrice de WonderboxDiplômée de Sciences Po Paris, Bertille Burel débute chez l'éditeur de logiciels Wizart en tant que responsable du développement Bénélux, Japon, Etats-Unis, puis enchaîne dans un poste similaire chez TPS. Césure en 2003 avec un tour du monde en compagnie de son mari. Et enfin tournant décisif à leur retour avec la co-création de Wonderbox, spécialiste des coffrets cadeaux, en 2004.© Marc SchwartzComment vous est venue l'idéede Wonderbox ?Notre boîte est une aventure commencée à l'issue d'un long voyage. Nous sommes rentrés de notre tour du monde à l'époque de Noël en mode sac à dos-baskets avec l'envie d'offrir et de faire partager ce qui nous a fait évoluer. Mus par notre soif d'aventure, nous nous sommes donc inspirés d'une entreprise, pionnière dans le secteur, qui proposait des box en Angleterre. Aujourd'hui, nous connaissons une crois- sance à deux chiffres et souhaitons aller plus loin dans la« Les regards éberlués des banquiers sur mon ventre »personnalisation des cadeaux avec Wonderbox by Me.G.F.Vous êtes mère de famille, quelles conséquences sur la gestion de votre entreprise ?A 44 ans, je suis mère de deux enfants. Créer une entreprise, c'est déjà faire un bébé en soi. Entreprendre et « congés mat » n’est donc pas forcément le meilleur couple. Par exemple, nous avions passé les différents filtres de la levée de fonds pour faire une présentation finale dans une grande banque. J'ai tout de suite su que c'était fini pour nous au vu des regards éberlués de tous ces hommes sur mon ventre et des questions quant à ma reprise de travail. Passé cet épisode, avoir des enfants et être entrepreneur est génial grâce à laflexibilité de l’emploi du temps.Est-ce un atout d'être une femme dansvotre métier ?Un avantage de taille effectivement, car plus de 70% de la clientèle est féminine. Donc beaucoup moins de problèmesque mon mari pour me mettre à leur place.Comment en avez-vous eu l’idée ?Pourquoi y-a-t-il moins de femmes entrepreneurs que d’hommes selon vous ?C’est peut-être dû à un manque d’identification, car il y a moins de modèles de femmes qui entreprennent, ou on n’en parle pas encore assez. On a souvent dans sa famille un oncle entrepreneur, rarement une tante. Cela participe à re-J’ai étudié quelques mois en Nouvelle-Zélande, où beaucoup de touristes louent des vans pour visiter le pays. Au lieu de faire appel à des prestataires pour rapatrier leurs vans, de nombreux loueurs proposent à des touristes de le faire gra- tuitement. De retour en France, j’ai poursuivi mon cursus dans le programme Entrepreneuriat d’HEC, où j’ai rencontré mon associé, Idris Hassim. Nous avons commencé à déve- lopper cette idée dans le cadre de cette spécialisation, qui s’est terminée en septembre 2012. En octobre, nous déposions les statuts de l’entreprise et lancions le site internet en dé- cembre.Quel avenir pour Luckyloc ?Quel est le modèle économique ?Qu’est-ce qui vous a motivée à vous orienter vers la création d’entreprise ?Je n’étais pas attirée par les cadres classiques, je préférais les promesses de l’entrepreneuriat : être dans l’opérationnel, toucher à tout, gérer les gens, les problèmes au jour le jour... C’est un statut qui me plaisait beaucoup. Mais sans l’idée, je ne me serais pas lancée juste pour me lancer. Et puis, c’était le bon moment pour me lancer, je terminais mes études et je n’avais pas de besoins financiers importants, ce qui aurait peut-être été différent à 30 ans, quand on a envie d’avoir des enfants et que cela risquerait de mettreLà où les loueurs paient traditionnellement 150 euros de frais de rapatriement entre Lyon et Paris, Luckyloc leur propose de le faire moitié moins cher. Nous sommes donc rémunérés par les loueurs, qui facturent moitié moins cher que s’ils avaient fait appel à un prestataire plutôt qu’à un particulier. Nous travaillons déjà avec sept réseaux nationaux, dont Europcar, Avis et Rentacar. Le site a plus de 25000 inscrits en attente de location, et plus de 500 trajets ont été réalisés via notre plateforme depuis sa création. Le potentiel est important puisque chaque année 400000 véhicules sont transportés par la location. En juillet 2013, nous avons fait une levée de fonds de 300000 euros, apportés pour moitié par l’Argus, et pour moitié par des business angels et notre assureur.une famille en jeu.22 AVRIL 2014co-fondatrice de Luckyloc.comC’est à l’occasion d’un échange universitaire en Nouvelle-Zélande que Claire Cano dé- couvre le principe de la location de véhicules à un euro. Rentrée en France pour poursui- vre ses études dans le cadre de la formation HEC Entrepreneur, elle développe son idée et crée Luckyloc un mois après sa sortie de l’école. Le principe ? Au lieu de faire appel à un transporteur pour rapatrier leur véhicule, les loueurs proposent à des particuliers de s’en charger pour un euro. Elle a remporté le prix 2013 de la Femme entrepreneure numérique de Bouygues Télécom.Nous devrions réussir à être rentables dès cette année. Nous souhaitons nouer des accords avec davantage de loueurs et des concessionnaires automobiles.produire des schémas.HEC Entrepreneur a pris pour règle d’avoir 50% de femmes dans sa formation. C’est un système de quotas qui peut paraître un peu arbitraire, mais j’ai de nombreuses amies qui ne se seraient pas lancées sans cette formation, qui nous pousse tous les jours à challenger nos idées, à trouver des solutions. Et à l’issue de la formation, il y a plus de femmes qui ont créé que d’hommes, ce qui montre qu’il n’y a pas de fatalité.Il y a aussi un déficit d’éducation à l’entrepreneuriat des jeunes. Il y a des choses à mettre en place dès le lycée, comme aux Etats-Unis où les élèves s’entraînent à pitcher leur projet dès la 4e. Les hommes et les femmes qui sont venus partager leur expérience dans le cadre d’HEC Entre- preneur m’ont personnellement beaucoup inspirée, par l’énergie et la passion qu’ils dégageaient.Est-il plus difficile d’entreprendre en France quand on est une femme ?Non, ce n’est pas plus difficile. Le fait que je sois une femme dans le secteur automobile, où nous sommes encore peu nombreuses, fait qu’on remarque plus Luckyloc, qui innove aussi bien dans les profils – jeunes, femmes – queA.M.Claire CanoEn quoi consiste Luckyloc.com ?Quelle communication ?dans le service. A ce titre, c’est donc plutôt un avantage et je n’ai jamais entendu de remarques machistes. Les malaises que j’ai pu percevoir à certains moments venaient plutôt du fait que nous sommes deux jeunes entrepreneurs qui n’avaient pas encore d’expérience dans ce secteur.C’est un site internet qui propose aux particuliers de louer pour un euro des véhicules que des loueurs doivent rapatrier entre deux points prédéfinis 24 heures à l’avance.Nous utilisons le référencement naturel afin d’être bien placés sur Google et misons sur le bouche à oreille des uti- lisateurs. Nous avons aussi noué des partenariats avec des sites de covoiturage et de revente de billets de train et avons engagé quelqu’un pour les relations presse.« Une femme se remarque plus dans mon secteur »© Olivier Ezratty]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Entreprendre au fémininHélène DarrozeChef du restaurant gastronomique « Hélène Darroze » à ParisCette Sup de Co Bordeaux 1990 reprend l’auberge familiale « Chez Darroze » à Villeneuve de Marsan en 1995, représentant la quatrième gé- nération. En 1999 elle vend l’établissement familial pour ouvrir « Hélène Darroze » dans le 6e arrondissement de Paris, qui fera son succès (52 em- ployés). Hélène est la seule femme chef en activité avec Anne-Sophie Pic à avoir obtenu deux étoiles au Guide Michelin – les deux femmes ont d’ailleurs fondé le club « Les nouvelles mères cuisinières » pour trouver et former de nouvelles Mère Brazier ou Poulard. La renommée de saCaroline Frey œnologue et dirigeante du Château La Lagune et de la Maison Paul Jaboulet AînéAncienne cavalière prometteuse, Caroline Frey estdésormais un nom et surtout un prénom connu dansl'univers du vin. Après un Diplôme national d'œnologie(DNO) à Bordeaux et ses premières armes réaliséesdans les chais du clos Floridène à Reynon, sous la di-rection de Denis Dubourdieu, cette lectrice des Gouttesde Dieu dont elle a préfacé le tome 15, reprend les rênes du Château La Lagune, un grand cru classé du Haut Médoc que son père a racheté en 2000. L'aventure oenologique la mène jusqu'à la maison Paul Jaboulet Aîné, dans les Côtes du Rhône, qu'elle dirige également depuis 2006.© MBruno© DREst-ce une qualité d'être une femme dans ce métier ?Je ne suis pas féministe. J'ai toujours un peu de mal avec ce côté distinction entre masculin et féminin, y compris sur l'ap- proche oenologique. Je ne sais pas ce qu'est un vin féminin. J'ai des qualités, mais ensuite je ne saurais dire si elles sont placées sur tel ou tel chromosome. Je crois seulement aux vertus du boncuisine, influencée par les Landes de ses origines, dépasse les frontières. En 2008 cette mère de deux enfants prend les commandes du restaurant de l'hôtel The Connaught, institution incontournable de Londres depuis plus de 110 ans.« Les femmes se mettent des barrières elles-mêmes »« Femme, jeune, je cumulais les tares »Avez-vous éprouvé des difficultés dans votre aventure entrepreneuriale, dues au fait que vous êtes une femme ?Au risque de vous étonner, non. Je suis partie de rien, avec mon bâton de pèlerin en allant voir les banques. Je n’ai pas spécialement rencontré de difficultés, si ce n’est de concilier l’entrepreneuriat avec la vie familiale, de donner le bain à mes filles le soir. Mais je ne considère pas cela comme un sacrifice. Il faut savoir choisir. Les femmes se mettent généralement les barrières elles-mêmes, par instinct maternel. J’ai eu affaire à nombre de talents qui ont tourné le dos à leur carrière pour se raccrocher à la vie de famille. Tout est question de choix. L’équipe ici est constituée de 60% d’hommes et 40% de femmes. A Londres il n’y a pas de femmes, parce que nous n’en trouvons pas. Comme les effectifs sont très cosmopolites, la raison est peut être à chercher dans leur moindre propension à s’expatrier. Je n’ai en tout cas jamais voulu être un homme, et le fait d’être une femme m’a même servi : j’ai plus attiré l’at- tention des médias, qui ne m’auraient d’ailleurspas fait de cadeau si je m’étais trompée.Les femmes disposent-elles d’atouts spéci- fiques pour entreprendre ?Nous ne pensons clairement pas comme les hommes, notamment en termes de management : même si l’ambiance en cuisine s’est améliorée depuis dix ans, les relations sont en général encore stressantes, hiérarchisées, voire militaires. Il n’en est rien ici. Beaucoup de personnes, lorsqu’elles arrivent, ne parviennent pas à m’ap- peler Hélène, ont encore du mal à communiquer sans crier, tout en regardant droit dans les yeux. Mais c’est surtout au niveau de la créativité que la plus belle carte est à jouer. En cuisine l’homme pense en priorité technique, puis ajoute éven- tuellement de l’émotion, quand la femme suit plus volontiers son instinct, sa sensibilité pour ensuite utiliser de la technique. Bien évidemment les choses ne sont pas figées, et des hommes ou femmes peuvent parfois différer de ces schémasUne femme dans un métier tradi- tionnellement occupé par les hommes rencontre-t-elle des difficultés ?traditionnels.J.T.de la matière pour aller de l'avant.G.F.Même si cela change, nous évoluons dans un monde très masculin, voire même « macho », avec des habitudes ancrées. De plus en plus de femmes sont dans la communication ou dans le marketing. Mais dans la partie production et sur l'exploitation viticole au quotidien, la présence féminine se fait rare ! A mon arrivée, je cumulais pas mal de tares. Je suis une femme, jeune (26 ans) et fille du propriétaire. Mais j'apporte une véritable valeur ajoutée à mon père car il n'a jamais vraiment été vigneron, ce qui nous a permis de faire revenir l'expertise en viticulture, en vinification et en exploitation du vin dans le giron familial.équilibre entre hommes et femmes.Que signifie l’entrepreneuriatà vos yeux ?C'est mettre au quotidien de l'essence dans la machine par des innovations dans la conception des vins, dans la façon de les présenter, de les vendre. C'est déguster, lire et discuter, notamment avec Denis Dubourdieu. C'est trouverCarol Duval-Leroyprésidente de la Maison de champagne Duval-LeroyCarol Duval-Leroy dirige une Maison qui existe depuis 1859, et qui se transmet de pères en fils. Son mari décédé alors que leurs enfants étaient âgés de quatre, six et huit ans, a juste eu le temps de lui passer le flambeau en 1991, afin qu’elle assure la transition. Elle a plus qu’honoré sa mission : la Maison compte parmi les grands Indépendants, réalise 60 millions d’euros de CA pour 140 salariés et impose sa marque dans l’Hexagone comme à l’international.© Duval-LeroyPensez-vous qu’il existe une différence entre les hommes et les femmes en matière d’entrepreneuriat ?Je crois que ces dernières se sentent plus facilement investies d’une mission. Je me devais de transmettre la passion aux enfants. L’objectif est rempli, puisque les trois travaillent à mes côtés au- jourd’hui. Je devais améliorer l’image de marque aussi, fondamentale dans le luxe. L’homme considère plus son activité comme un job. Enfin il y a une petite différence dans le marketing. J’étais fascinée par les grandes marques comme Taittinger, Bollinger, Roederer... alors que nous traitions avec la grande distribution. Je me suis donc éloignée du modèle industriel. Je ne sais pas si cette approche est féminine, mais mon but a toujours été de faire de cette Maison un petit bijou. Ce qui a nécessité de gros efforts. On ne change pas les règles en un tournemain en Champagne. Il n’y a pas de vignes attachées au domaine comme dans le vin, nous avons dû faire évoluer nos approvisionnements, notre as-24 AVRIL 2014semblage pour façonner une identité. Mon mari m’a donné ce goût du bon, nous faisions beaucoup d’exercices de dégustation. Je suis fière des grandes cuvées qui sont sorties. Je pense que la femme va souvent plus au bout des choses que l’homme. Dans la chaîne elle ne laissera pas passer la bouteille avec une étiquette de travers, car elle est généralement contente qu’on lui accorde un poste de confiance comme le contrôle qualité. L’homme sera peut-être moins tatillon.Voyez-vous des obstacles pour les femmes qui aspirent à créer et gérer des sociétés ?Nous avons été les premiers à obtenir les certifications ISO en 1994. Ce qui m’a permis de mieux connaître la tâche de chacun et de prendre confiance. Heureusement, car nombreux ont été les gens à me dissuader, à me dire qu’ils allaient m’épauler, qu’ils allaient prendre en charge la vente, qu’ils allaient m’aider àrevendre. Alors que j’avais promis à mon mari de réussir. J’ai dû faire mes preuves. Être une femme est un métier à temps complet, qui exige d’être maman, féminine, mais pas trop féministe, travailler comme un homme la journée, puis commencer son deuxième travail le soir avec les enfants. Le fait de montrer aux hommes que nous pouvons faire comme eux suscite le respect. Dans mon entreprise 43% des effectifs sont des femmes, parfois à des postes clé comme ma chef de cave, qui a remplacé un homme avec qui j’avais des difficultés à travailler. Nous avons uniquement affaire à des hommes à l’international. Je me souviens de mes premières discussions avec un importateur japonais. Le traducteur ne voulait pas transmettre certains de mes messages, parce qu’il jugeait qu’une femme ne pouvait dire telle ou telle chose à un homme. Ces cas extrêmes disparaissent.M.C.« Les femmes se sentent souvent investies d’une mission »]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frA la Une - Entreprendre au féminin CLUB ENTREPRENDRECatherine Barbafondatrice de Catherine Barba Group« Femme dans le digital, c’est une chance »© DRla difficulté était d’installer une marque dans un paysage encombré sans avoir de budget marketing.tunités. Sois ambitieuse mais reste humble, car le succès comme l’échec sont très relatifs. Bosse comme une damnée, essaie de prendre du plaisir dans ce que tu fais car c’est sans doute le meilleur indicateur.les marques et les enseignes dans leur transition numérique, pour les aider à s’adapter à Internet qui change leurs clients, leurs circuits de distribution, leur culture...Des difficultés liées au fait que vous soyez une femme entrepreneur ?J’entends bien les discours qui pointent le sexisme du numérique, mais depuis 18 ans que je travaille dans le Web, je ne l’ai jamais vécu. Au contraire, je pense qu’être une femme entrepreneur dans le digital est plutôt une chance. Quand j’ai commencé dans ce secteur, c’était nouveau pour tout le monde, donc je partais défricher avec mes différences, mais avec les mêmes chances queEst-il plus difficile d’entreprendre en France quandon est une femme ?Non, c’est le regard des autres qui est toxique, qui peut nous faire douter de nous. J’y vois un parallèle avec ce qu’on peut vivre après un échec. Dans les deux cas, il faut se rendre imperméable aux regards qui ne sont pas bienveillants, se construire un paraventQu’est-ce qui vous a attirée vers l’entrepreneuriat ?La perspective de refaire à l’infini quelque chose que je maîtrise parfaitement m’angoisse. J’aime faire des choses que je ne sais pas faire et me lancer des défis, faire bouger les lignes. Lorsque j’ai créé Cashstore, Internet était vu comme un repère de pirates où l’on craignait de payer avec sa carte sur les sites de e- commerce. Le but était d’encourager le développement du commerce en ligne, en envoyant du trafic vers les sites marchands. Puis, Malinéa est née du fait que Cashstore ne grossissait pas assez vite pour moi. Son modèle économique reposait sur les commissions que me versaient les commerçants quand leur trafic se convertissait en ventes, mais leurs sites étaient mal faits. Le but de Malinea était de les conseiller pour augmenter leurs taux de conversion.les autres.de confiance.Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?travailler le week-end, on s’organise.En montrant des exemples de femmes qui ont fait des choses, qui ne se sont pas posées la question d’être une femme, ou qui ont rencontré des difficultés qu’elles ont surmontées. On voit des gens et on se dit « pourquoi pas moi ? ». Aux Etats-Unis, il y a beaucoup d’entrepreneurs car tout le monde est entouré d’entre- preneurs. Chacun a un frère, une cousine, un grand-père entrepreneur. Chez nous, c’est encore l’exception mais dans quelques années je suis convaincue que ça va devenir la règle. D’ici là, les créateurs doivent aller dans les écoles, par exemple avec l’association 100000 entrepreneurs, pour encourager les plus jeunes, garçons et filles à l’entrepreneuriat.A.M.De façon générale, lorsqu’on crée une entreprise, rien ne se passe jamais comme prévu, il faut donc être d’une très grande souplesse. Par ailleurs, comme j’ai financé ces sociétés sans lever de fonds,Quels conseils donnez-vous à la femme entrepreneure qui vient vous voir ?Exactement les mêmes qu’aux hommes : être toujours concentrée sur son business plan, tout en restant souple pour saisir les oppor-Diplômée d’ESCP Europe en 1996, Catherine Barba a fondé OMD Interactive, au sein du groupe OMD, dès sa sortie d’école. En 1999, elle devient directrice générale d’iFrance, puis crée le portail de shopping Cashstore.fr et le cabinet de conseil en e-business Malinea, revendu aux fondateurs de vente-privee.com en 2011. Elle est administrateur et investisseur dans plusieurs start-up, dont FrenchWeb.fr et Leetchi.com. Elle a été élue Femme en Or d’Entreprise en 2011. Elle dirige aujourd’hui Catherine Barba Group, qui conseille lesEn quoi consiste Catherine Barba Group ?C’est un cabinet qui accompagneLa femme entrepreneur est un entrepreneur commeles autres en somme ?Evidemment, entreprendre n’a pas de sexe : c’est mettre ses tripes, son argent, beaucoup de temps, avoir des nuits blanches, beaucoup de lucidité, de courage et d’énergie. C’est se planter, re- commencer... L’important est de bien s’entourer. J’ai la chance d’avoir un mari formidable, et quand je dois rester tard au boulot,Comment valoriser l’entrepreneuriat féminin ?S’OUVRIR AU MONDE & REUSSIRExercer demain, dans l’hôtellerie internationale, un métier à responsabilités, impliquant et passionnant, c’est choisir aujourd’hui une formation reconnue par les plus grands établissements internationaux.Fort d’un enseignement original qui alterne théorie et expérience professionnelle, Vatel forme les cadres opérationnels et les cadresd di ir ri ig ge ea an nt ts sd de ed de em ma ai in n. .Pauline GARANDE – Promo 2010 National Account Manager United Kingdom & leisure SalesHilton Worldwide, ParisFLASHEZ& RETROUVEZles réussites de VatéliensDES TITRES CERTIFIÉS PAR L’ETATBachelor’s Degree & Master’s Degree in International Hotel ManagementBac+ 3 & Bac +5 / Titres d’Etat niveaux II et I enregistrés au RNCP par arrêté ministériel.Admissions Post-Bac et admissions parallèles.1ERGROUPE MONDIALde l’Enseignementdu Managementde l’Hôtellerie-Tourisme+ D’INFOS SUR WWW.VATEL.FRAVRIL 2014 25]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Entreprendre au féminin© DRKenza SadounEl GlaouiBlogueuse entrepreneure dans « La revue de Kenza »Avec ses 20000 visites par jour, Kenza est devenue leader d’opinion dans les loisirs et la mode. Capitalisant sur cette renommée, la jeune entrepreneure l’a bien compris. Les marques aussi.« Plus facilement actives sur tous les fronts »Véronique Garnodier fondatrice et présidente de Charlott’ Lingerie« Une façon plus intuitive de gérer »Valérie Garnodier a connu sa première expérience de l’entrepreneuriat en 1983, lorsqu’elle a créé une salle de sport. De 1986 à 1989, la titulaire d’un BTS de diététique conseille de grands sportifs sur leur alimentation, puis devient déléguée médicale pour le groupe OCP en 1990. Après avoir obtenu un doctorat en gestion, elle découvre la vente à domicile et crée Charlott’ en 1994. Aujourd’hui, son entreprise est leader de la vente de lingerie à domicile en France, avec 3700 conseillères. Passionnée de vélo, la dynamique quinqua soutient une équipe de cyclisme : le Club Champagne Charlott’.Comment êtes vous tombée dans la marmite de l’entrepreneuriat ? Complètement par hasard. J’ai créé ce blog en juillet 2008, à l’origine pour partager des coups de cœur avec mon cercle d’amis. Puis petit à petit des anonymes se sont connectés. Je me suis prise au jeu, et en plus des photos de restaurants ou d’expositions où je me rendais, j’ai ajouté des billets plus axés sur moi-même, à la demande des lecteurs internautes. J’étais assistante dans la production de photos de mode. Le blog est devenu mon métier en 2010. J’ai vite eu des propositions professionnelles. Une régie publicitaire m’a contactée pour du display. D’autres sources de revenus sont apparues avec les opérations spéciales, ces fameux essais pour des marques de cosmétique par exemple. J’étais auto-entrepreneure, puis j’ai dépassé le plafond autorisé. Au bout d’un an j’ai donc créé mon EURL. Le blog est traduit enanglais, mais je pense que le public est surtout constitué de femmes francophones de 15-35 ans.Êtes-vous optimiste quant à l’entrepreneuriat féminin ?Plus que jamais. Elevée par une mère dirigeante de deux entreprises à la fois (ex mannequin chez Elite qui a monté l’agence de publicité Première Heure avec son père puis s’est lancée dans la photographie de mode en tant qu’agent et productrice, ndlr), je reste persuadée que les femmes sont plus à même que les hommes d’être actives sur plusieurs fronts à la fois. Le pays reste traditionaliste et guidé par certains clichés sur la vie de famille et les salaires, mais les opportunités se libèrent. Aujourd’hui je peux m’improviser photographe, modèle, styliste, car les marques sont plus éduquées à la culture blog.M.C.© DRQu’est-ce qui vous a motivée à créer une entreprise ?Après plusieurs années comme salariée d’un groupe pharmaceutique, j’avais parfois ressenti un certain nombre de frustrations, parce que la stratégie de l’entreprise ne colle pas toujours avec les idées qu’on pourrait avoir, ou les évolutions de carrière ne se présentent pas toujours quand on le souhaite. J’avais donc envie de renouer avec l’entrepreneuriat, que j’avais déjà connu en créant des salles de sport dans lespeu d’argent de côté de mes précédentes entreprises. Pour la communication, j’ai d’abord misé sur la bouche à oreille, auprès des proches. Le succès est venu assez rapi- dement car mon enthousiasme m’a permis de recruter 130 personnes dès la première année.Quel avenir pour Charlott’, qui fête cette année ses 20 ans ?Les défis sont toujours très ambitieux, nous sommes 3700 indépendantes qui sillonnons les routes de France, nous réalisons 32 mil- lions de chiffre d’affaires et un résultat net de 28%. Nous visons 100 millions d’eurosannées 1980.Comment avez-vous eu l’idée de Charlott’, en 1994 ?Une amie m’a invitée à une présentation de vente à domicile de filtres à eau et à air. J’ai adoré ce concept de distribution, qui permet d’être très autonome et indépendante, tout en étant dans le cadre d’une entreprise.de chiffre d’affaires dans trois ans.Comment s’est passée la création de l’entreprise ?La première étape a été de trouver un produit qui ne soit pas déjà vendu à domicile, qui concerne essentiellement les femmes, car elles représentent 80% des clientes de la VAD, et qui soit fun et renouvelable. Compte tenu de ces paramètres, la lingerieEst-il difficile d’entreprendre en France quand on est une femme ?Pas plus que quand on est un homme. Bien sûr, l’aspect familial est plus compliqué en terme d’organisation, mais les différences ne sont pas insurmontables. Nous avons aussi une façon plus intuitive de gérer, nous fonctionnons pas mal aux sentiments, là où les hommes seront plus cartésiens. Nous pouvons donc adopter des stratégies diffé- rentes, mais qui conduiront finalement au même résultat. Je n’ai pas rencontré de dif- ficultés liées au fait que j’étais une femmeest apparue comme le produit idéal.La première collection a été compliquée à réaliser, car je n’avais pas d’expertise dans ce domaine, pas de gros moyens financiers, donc les portes ne se sont pas ouvertes fa- cilement. Pour commencer, il a fallu faire appel au système D, en rachetant de la den- telle dans des solderies, en démontant des soutiens gorges pour en apprendre la fabri- cation. J’ai teint mes premières dentelles dans des casseroles en fonte dans ma cuisine, avant de finalement trouver un atelier qui a accepté de réaliser mes collections.Et je me suis autofinancée, car j’avais unentrepreneure.Pourquoi y a-t-il moins de femmes entrepreneurs que d’hommes ? Cela vient de l’éducation, historiquement la femme doit élever ses enfants et se cul- pabilise plus facilement à créer une boîte, car c’est très chronophage. Comme on doit partager son temps entre la famille et le tra- vail, c’est un choix parfois douloureux. Il faut continuer à donner confiance en ellesaux femmes qui entreprennent.A.M.26 AVRIL 2014]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frA la Une - Entreprendre au féminin CLUB ENTREPRENDREAlexandra Golovanoff Journaliste et animatrice sur Paris première dans l’émission « La mode, La mode, La mode »« Une capacité à rendre concret »© DRPauline Laigneaucofondatrice de Gemmyo.com« J’ai toujours été un électron libre. J’ai apporté fraîcheur et féminité dans des émissions économiques, boursières et politiques plutôt masculines. J’ai d’ailleurs beaucoup joué sur cette différence, afin de sortir les chefs d’entreprise de leurs schémas habituels. Aujourd’hui j’évolue dans la mode, mais toujours de manière décalée puisque je m’intéresse aussi aux enjeux et modèles éco- nomiques, et pas seulement aux produits. Dans la mode la diversité est de mise, les questions de genre ou d’orientation sexuelle sont moins l’objet de discriminations. La talent prime, les préjugés sont moins présents, les différences de salaires moinscriantes. Le schéma qui me resteen tête est celui de l’hommeprésident et de la femme DG.Pourquoi ? L’homme a moinsde limites dans ses ambitions, ilest aventureux, parfois à la limitede la mégalomanie. La femme s’emploiera à rendre les choses réalistes, adoptera une approche plus réaliste, pragmatique, quand l’homme sera dans les fantasmes et la théorie. »M.C.© André SARAIVA« L’avantage d’être moins cartésiennes »La société de production et de vente en ligne de pierres pré- cieuses de Pauline Laigneau a réalisé un million d’euros de CA en 2013 et compte tripler ses revenus en 2014, avec ses 13 salariés. Pauline s’occupe du marketing et de la relation client, quand ses deux associés, son mari et son beau-frère, prennent en charge la production et la technologie.Comment êtes vous venue à l’entrepreneuriat ? Complètement par hasard. Je me suis fiancée en juin 2011. Jeunes et inexpérimentés, nous sommes allés dans les grandes bijouteries parisiennes, dans les petites joailleries de quartier, dans les boutiques de grandes marques. L’accueil n’a pas été à la hauteur de notre investisse- ment émotionnel et ce monde est trop codifié pour ceux qui n’y connaissent rien. Nous nous sommes donc lancés dans la vente en ligne sans boutique, en proposant du sur-mesure sans stock. Nous sommes beaucoup plus libres, car nous travaillons avec la technologie de l’impri- mante 3D et les images de syn- thèses, pour ne pas avoir recours à chaque fois à un photographe et à un maquettiste. La pierre est ensuite sertie et polie tradi- tionnellement dans des ateliersLes femmes entrepreneures ont-elles des sensibilités spécifiques ?Je n’avais pas d’idée préconçue de la manière avec laquelle les femmes entrepreneures se com- portaient.Au final je me distingue de mes deux associés masculins par ma capacité d’écoute. Même si je défends mes idées, je peux aussi me remettre en question, par exemple pour l’adoption dela technologie 3D. Ce n’est pas toujours l’approche masculine, les hommes sont souvent pris au piège par la nécessité d’être les meilleurs, compétitifs, agres- sifs. Ils se sentent obligés de surenchérir, de prouver leur lea- dership. Comme l’écrit Sheril Sandberg, la DG de Facebook, dans son récent ouvrage, les hommes imposent souvent leurs idées en parlant plus fort que les femmes. Dernier point, j’es- saie de comprendre les besoins du client, de miser sur le ressenti, l’intuitif, l’irrationnel, l’émotion. Une fois qu’elles sont en confiance, les femmes sont peut- être plus à même de prendre les décisions sans savoir si elles sont les bonnes, en se fiant à leur intuition. Les hommes sont cartésiens, rationnels, froids, et finalement « averses » au risque. Je dois souvent batailler pour dire qu’il nous faut avancer, qu’il y a 1000 paramètres et que si nous voulons tous les prendre en considération nous ne ferons rien.Existe-t-il des obstacles spécifiques sur la route des femmes entrepreneures ? Assurément une certaine pression sociale. Dans l’imaginaire col- lectif une femme successful a bien souvent les dents qui rayent le parquet et est masculine, quand l’homme qui réussit est un battant, un entrepreneur. Dans une ex- périence menée à Harvard, deux groupes d’étudiants ont étudié le cas d’une personne qui crée avec succès son entreprise, une fois avec un prénom masculin, une fois féminin. Leurs retours, lorsqu’on leur a demandé de décrire la personne, étaient ad- miratifs envers l’homme, res- pectueux envers la femme maisartisanaux.peu sympathiques.M.C.AVRIL 2014 27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Entreprendre au fémininl’offre de vêtements de grossesse, avec desA.M.Anne-Laure Constanza fondatrice d’Envie de Fraises« Transcender cette féminitude en quelque chose de positif »© DRmarques qui étaient soit peu valorisantes, soit très chères. J’ai donc voulu créer une marque qui bouleverserait les codes de ce marché, à la fois pétillante, glamour, tendance et très accessible en termes de prix.Comment êtes-vous venue à l’entrepreneuriat ?Comme disent mes proches, je suis « codée pour entreprendre », j’en avais le projet dès les bancs de l’école et je n’ai été salariée que deux ans. C’était pour moi une évidence, une façon d’accéder à plus d’autonomie, d’indépendance, de pouvoir entreprendre ma vie en essayant de réaliser un rêve. Ma première entreprise en Chine n’avait pas marché, mais plutôt que de baisser les bras, j’ai songé que la seule façon de rebondir était de retenter l’aventure très vite.Marion Blancprésidente et fondatrice de CivilizDiplômée de l’Essec, Marion Blanc a commencé sa carrière comme chef de produit chez Procter & Gamble. Elle a co-fondé iProgress, société pionnière du e-learning, puis a accompagné des start-up en tant qu’associée chez Attineo. En 2010, elle crée Civiliz, une application qui permet aux consommateurs de noter et commenter le ser- vice à la sortie d’un point de vente. En 2012, elle a reçu le prix de la Femme entrepre- neure numérique.bien des égards, on peut transcender cette « fé- minitude » en quelque chose de positif. Bien sûr, il est compliqué de concilier sa vie personnelle et la vie dingue que suppose la création et la pro- gression de sa propre boîte, mais ce sont deux questions différentes.Quels conseils donneriez-vous aux femmes qui hésiteraient à sauter le pas ?Être certaines que l’envie est vraiment présente et pas seulement passagère, car quand on se lance, c’est à 400%. C’est quelque chose qui nous habite, on ne le vit pas à moitié. Il faut aussi s’entourer d’un réseau d’entrepreneurs, et ne pas avoir peur. Une fois qu’on a un projet et les com- pétences pour le réaliser, il faut y aller sans trop se poser de questions, car il y a une grande dose d’audace et d’inconscience dans l’entrepreneuriat.à l’implantation des entreprises françaises. En 2006, elle rentre en France et fonde Envie de Fraises, un site spécialisé dans la vente en ligne de vêtements de grossesse. Le succès vient rapi- dement, avec une croissance de 40% en 2012. Elle duplique cette réussite en lançant Scarlett.fr, dans la vente de vêtements pour femmes rondes.l’entrepreneur.Comment vous est venue l’idée d’Envie de Fraises ?J’étais enceinte et j’ai découvert la pauvreté deEst-il plus difficile d’entreprendre quand on est une femme ?Pas du tout, l’entrepreneuriat n’a pas de sexe. J’ai réussi à lever des fonds lorsque j’étais enceinte de jumeaux, avec en face de moi uniquement des hommes à convaincre, dont aucun ne m’a demandé comment j’allais m’en sortir. Au contraire, je trouve que les femmes ont plutôt la cote et àDe18à28ans, Anne-Laure Constanza a vécu en Chine, où elle a fondé en 2003 une so- ciété de conseilQu’avez-vous fait différemment avec Envie de Fraises ?J’avais une vision très claire et une bonne connais- sance du secteur, car j’avais travaillé dans la mode. Le lancement a donc été assez rapide et facile. Surtout, je me suis beaucoup entourée, notamment en créant un board et en me tournant vers des réseaux, comme Paris Pionnière et le Réseau Entreprendre pour vaincre la solitude de© DR« Ces barrières sont un cliché »Yseulys Costes cofondatrice et codirigeante de 1000Mercis, spécialisée dans le marketing interactif« Une évolution lente »© DREn quoi consiste Civiliz ?tion d’un pionnier du e-learning dans les années 1990, et j’ai conseillé des entrepreneurs pendant quelques années. Lorsque l’idée de Civiliz a mûri, je me suis dit « pourquoi pas moi ? ». Ma motivation était de transformer cette idée en quelque chose de concret.Être une femme est-il un désavan- tage pour créer une entreprise dans le numérique ? Absolument pas. Au pire, ça ne change rien, au mieux, c’est un avantage. Dans ce milieu, les femmes entrepreneurs sont très minoritaires, alors lorsque des clients et des partenaires nous ren- contrent, ils se souviennent de nousde femmes chefs d’entreprise ?Elle n'avait que 28 ans quand elle a fondé avec Thibaut Munier 1000Mercis, qui compte aujourd'hui 180 salariés, réalise 36 millions de CA et se tourne vers l’international. Le DEA Marketing et Stratégie de Paris IX Dauphine et le séjour aux Etats-Unis à la Harvard Business School, à l'époque des prémices d'Internet, ont été utiles à cette mère de trois enfants, qui enseigne aussi à HEC, Essec, Dauphine et publie des ouvrages sur le marketing relationnel.Avez-vous constaté des sensibilités différentes entre vouset votre associé ?Nous avons un background de chercheurs et un savoir-faire similaires. Nous ne sommes pas dans la complémentarité, configuration conseillée dans la création d’entreprise. Mais nos styles et nos compétences se sont révélés différents dans le temps. Je ne sais pas si cela est dû au genre. Selon la littérature académique, les femmes sont plus polychro- niques que les hommes, elles savent faire plus de choses en mêmeLes freins à la création d’entreprise sont-ils encore présents pour les femmes ?Les statistiques ne sont pas bonnes, ni sur la création, ni sur la taille des entreprises dirigées, et elles ne sont pas dues à la compétence. Je viens du monde de la recherche, où les choses évoluent extrêmement lentement en la matière. Je crois qu’il existe un obstacle social. Cultu- rellement nous poussons plus les garçons à la prise de risque que les filles. Par exemple je ne serais pas allée toute seule dans cette aventure. En revanche, une fois que le pas a été franchi, je n’ai pas senti que le fait d’être une femme était un frein lors de l’IPO. Mais les dés étaient pipés, nous étions deux dans l’histoire. Les Etats-Unis, où nous sommes présents depuis 18 mois, sont censés avoir de l’antériorité en la matière. Mais dans notre domaine, toutes les sociétés qui nous font concurrence outre Atlantique sont uniquement dirigées par... desM.C.C’est une plateforme mobile et Internet d’écoute client. Elle permet aux points de vente de recueillir et exploiter la parole de leurs clients pour améliorer leur service, se faire connaître et déve- lopper leurs ventes. Cela passe no- tamment par des tablettes dans les points de vente, des enquêtes sur mobile et la publication d’avis certifiés auxquels les enseignes peuvent répondre.Un entrepreneur est un entrepreneur et ces initiatives entretiennent le mythe selon lequel les femmes devraient s’unir et se battre car il serait plus difficile pour elles de réussir. Je ne le crois pas.Comment en avez-vous eu l’idée ?Nous n’avons pas encore réussi notre pari car le marché sur lequel se fonde notre innovation bouge beaucoup. En plus d’une application grand public d’avis sur les points de vente, nous proposons aux enseignes des outils pour recueillir la parole des clients afin de la mettre en application auprès de leurs vendeurs et dans leur offre. Or, même si les avis sont une mine d’or si on sait les utiliser, ils peuvent aussi nuire à une marque. Les entreprises tardent à évoluer d’un marketing du haut vers le bas à une approche où l’on prend en compte la parole du client. Nous avons déjà de grands clients dans le domaine bancaire, dont la Société Générale, ainsi que dans la restauration et l’automobile. Mais dans de nombreuses enseignes nous devons sortir de la phase expérimentale. Les délais de décision sont difficiles à gérer pour une start-up comme la nôtre. L'année 2014 sera décisive.A.M.C’est une vieille idée qui a mûri et a pris forme avec l’évolution des tech- nologies, notamment le mobile. A l’oc- casion d’un repas au restaurant, j’ai constaté un problème d’organisation et j’aurais aimé faire remonter un mes- sage au responsable. Je me suis alors dit que le smartphone allait être l’outil de demain pour ce genre de situation. J’ai toujours été à l’affût de la manière dont les nouvelles technologies pour- raient s’intégrer dans nos vies quoti- diennes et changer la façon de faire les choses. Ici, c’est dans la relation client.plus facilement.temps.Pourquoi avez-vous sauté le pas de la création d’entreprise ?Cela faisait un moment que j’étais proche de la création d’entreprise, puisque j’avais déjà participé à la créa-Avez-vous rencontré des difficultés du fait de votre statut de femme entrepreneure ?Non, je ne rencontre que des personnes qui raisonnent en terme de projet, qui s’attachent à ce qu’on leur montre, pas au fait que je sois une femme. Il est vrai que j’ai rencontré pas mal de femmes qui se mettaient elles-mêmes des barrières, qui pensaient qu’elles n’y arriveraient pas, ou imaginaient qu’elles rencontreraient ce genre d’obs-28 AVRIL 2014Quel est votre rapport aux réseauxtacle. Mais c’est un cliché.hommes.Quel avenir pour Civiliz ?]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Interview croiséeLe combat des chefsChefs d’entreprise côté pile, à la tête d’une structure patronale côté face, ces deux personnalités médiatisées entreprennent – au sens d’entreprendre leur vie – de tous côtés. Une énergie qu’ils tirent tous les deux d’idéaux bien ancrés, mais aussi d’indignations face à tout ce qui entrave création et développement.Pourquoi ne pas être resté(e) seulement dirigeant(e) de votre entreprise ?SdM : Je n’ai jamais été qu’une simple dirigeante d’entreprise. Dès mes débuts, j’ai créé le syndicat du télémarketing qui est devenu, aujourd’hui, le « SP2C » (Syndicat des pro- fessionnels de la relation client) dont je suis encore présidente d’honneur. J’ai ensuite collaboré avec Alain Madelin à la création du mouvement « Idée-Action » et puis, enfin, j’ai été élue à la tête du mouvement patronal ETHIC. L’institutionnel est aussi une forme d’engagemententrepreneur(e) dans l’âme ?SdM : Être entrepreneur, c’est l’être dans toutes les différentes vies que l’on peut mener. C’est un état d’esprit. Intervenir et prendre en charge sa destinée, vendre ses énergies et apporter un plus à sa communauté. Chaque dirigeant d’entreprise a une âme d’entrepreneur sinon il n’est ni visionnaire ni per- formant et son entreprise de-Mais l’emploi ne se décrète pas, c’est la conséquence d’un processus vertueux, il y a un lien direct entre la compétitivité des entreprises et la création d’emploi. Et c’est la responsa- bilité du gouvernement de pren- dre des décisions cohérentes afin de mettre en place un en- vironnement fiscal, social, ré- glementaire adéquat. Un million d’emplois, c’est un projet global pour le pays qui vise à ramener le taux de chômage de 10 à 8%. Je ne vois toujours pas en quoi cet objectif est irréalisable, voire utopique. Je suis stupéfait et catastrophé quand on me dit que c’est une ambition dérai- sonnable. La France a des atouts considérables, avec des groupes performants leaders mondiaux, un tissu de PME dynamiques, des start-up créatives, des in- génieurs et des chercheurs re- connus dans le monde entier... Et cela malgré un environne- ment défavorable. Dès lors tout devient possible si le gouver- nement s’engage dans les ré- formes structurelles majeures que nos voisins européens concurrents ont déjà mises ou mettent en place.Quelle est votre perception de l’échec ?SdM : L’échec c’est la vie. Dans la même journée, il y a toujours des petits revers et des petits succès. L’essentiel est de ne retenir que les succès. Lesdynamique de création. L’en- trepreneur, parce qu’il crée, est plus que les autres exposé à ce risque, mais il sait aussi plus que les autres se remettre en cause. C’est l’une des conditions de développement de l’entre- prise. Il y a toujours des leçons à tirer d’un échec, ce doit êtreLa loi Florange sur la reprise des sites, le nouveau statut des stagiaires, la loi Hamon qui oblige les entrepreneurs à prévenir les représentants du personnel deux mois avant une cession, les contreparties au Pacteailleurs, il suffit d’ouvrir la radio et de lire la presse pour être enthousiaste ou indignée, et dans mon cas : réagir. C’est un grand luxe d’avoir la possi- bilité de réagir. Peu à peu, je me suis forgé cette capacité en créant mon entreprise, en in- tervenant dans les médias, enprofessionnel et personnel. PG : Ce qui a été déterminant dans ma décision, c’est de voirviendra non compétitive.PG : Cette distinction me sem- ble un peu factice, voire spé- cieuse. Un bon dirigeant ges- tionnaire s’identifie au projet d’entreprise qu’il dirige et de- vient naturellement un entre- preneur. Par ailleurs, je vois mal comment un entrepreneurJe ne vois toujours pas en quoi l’objectif d’unmillion d’emplois est irréalisable, voire utopiquePierre Gattazmon pays décliner à petit feu sans perspective de sursaut. C’est de voir les entreprises françaises mises à mal par une fiscalité confiscatoire et des contraintes réglementaires pa- ralysantes, alors qu’elles ont la capacité de régler 80% des pro- blèmes du pays. C’est de voir des jeunes Français diplômés quitter l’Hexagone jugé peu attractif. La France doit rede- venir une terre de bâtisseurs et de conquérants, une terre por- teuse d’espoir. C’est pour relever ce défi avec le Medef et ses 750000 TPE, PME, ETI que j’ai décidé de me présenter. Le projet « 2020-Faire gagner la France », que j’ai lancé le mois suivant mon élection, a pour objectif de proposer les mesures des entreprises et des entrepre- neurs pour y parvenir.Vous sentez-vous dirigeant(e) gestionnaire d’entreprise ou30 AVRIL 2014« dans l’âme », comme vous dites, pourrait se dispenser d’être un gestionnaire. Sauf à mettre rapidement la clé sous la porte.Le Pin’s « un million d’emplois » est avant tout un bon coup médiatique. Mais pensez-vous que l’optimisme change le cours des choses pour un entrepreneur ou un dirigeant d’entreprise ? SdM : L’optimisme ne change pas le cours des choses, mais il est inhérent à la démarche en- trepreneuriale. Il faut forcément faire preuve d’optimisme pour penser que le produit ou le ser- vice que l’on imagine peut don- ner lieu un jour à la naissance d’une multinationale ! Je préfère le mot « enthousiasme » auSophie de Menthona créé dès ses 21 ans sa première entreprise de marketing téléphonique, Multilignes Conseil. En 1979, elle lance le premier syndicat du marketing téléphonique. En 1992, elle participe au lancement de l'association Fémi- nin Pluriel pour réunir des femmes solidaires et entreprenantes. Celle qui défend corps et âme la liberté d’entreprendre devient en 1995 présidente d’ETHIC (Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance), mouvement patronal qui initie la réconciliation des Français avec l’entre- prise au travers notamment de la Fête des Entreprises sur le thème de « J’aime ma boîte ! ».terme « optimisme ».PG : Le Medef est le premier à s’être engagé sur un objectif clair de mobilisation des en- treprises pour créer des emplois.une source d’enseignement et de progression. J’aime beaucoup le dicton américain qui dit « ceux qui n’ont jamais échoué n’ont jamais essayé ». L’entreprise, c’est aussi apprendre l’humilité – rien n’est jamais acquis –, et la capacité de rebond.de responsabilité...Les obstacles qui s’enchaînent inlassablement ne vous découragent-ils jamais ?SdM : Je n’ai aucun mérite à me lever le matin combative, car c’est dans ma nature. Parprenant des positions. En tout cas, même si l’on prend des coups, l’aventure reste très mo- tivante. Le sentiment de res- ponsabilité que j’ai à l’égard de mon pays et des générations futures persiste.échecs ne sont pas rédhibitoires, ils permettent d’apprendre et de rebondir.PG : Je n’aime pas ce terme dans son acception française, qui sonne comme une sanction définitive. Pour moi, l’échec fait partie de la vie, de l’évolution des choses, s’inscrit dans une© Eric FougèrePG : Précisément tout ce que]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frInterview croisée CLUB ENTREPRENDREvous venez de citer me fait me lever le matin. Je veux que la France redevienne un pays pros- père, retrouve la place qu’elle mérite. Mais pour cela, il faut qu’elle assume son aggiorna- mento économique, qu’elle abandonne sa méfiance cultu- relle vis-à-vis de l’économiele Pacte de responsabilité doit marquer un changement de pa- radigme. A la suspicion a priori, à la contrainte, à la sanction, doit succéder la confiance.Faut-il un statut particulier pour les ETI, qui ont d’autres problématiquesLibérer les énergies est le seul genre de mesure qui nous évi- tera de mourir. Imaginez un statut particulier pour les ETI – qui d’ailleurs existe plus ou moins –, cela revient à multiplier les ennuis, les contraintes, les modalités et les encadrements. PG : Les ETI françaises n’ontprises françaises dans les mêmes conditions de concurrence que leurs homologues étrangères en créant un écosystème favo- rable à leur développement et à leur compétitivité. Les entre- prises françaises supportent 116 milliards de prélèvements obli- gatoires en plus que leurs ho- mologues et concurrentes ou- tre-Rhin. C’est pourquoi nous demandons une baisse des pré- lèvements obligatoires de 60 milliards d’ici 2017, 35 milliards sur le coût du travail et 25 mil- liards sur la fiscalité. Pour cela, nous proposons de maintenir les allègements de charges dits « Fillon », le CICE, et de mettre en œuvre une baisse supplé- mentaire des cotisations patro- nales famille sur l’ensemble des rémunérations. Nous de- mandons également une stabi- lisation fiscale et un allègement des contraintes réglementaires. Par ailleurs, compte tenu du caractère patrimonial de la plu- part des ETI, nous considérons qu’il est nécessaire, pour assurer leur pérennité, d’adapter la fis- calité afin qu’elle ne soit pas un frein à la détention ou la transmission d’actions. Le gou- vernement devrait promouvoir plus fortement les entreprises familiales, qui constituent au- jourd’hui l’une des forces du modèle allemand.Sans parler d’obligations et quotas dans les conseils d’administration, quePierre Gattazpas des fonctions ou des car- rières linéaires, elles doivent interrompre leur ascension pro- fessionnelle pour fonder une famille. Même si la loi les pro- tège, cela n’en reste pas moins un frein pour leur carrière. Elles doivent monter au créneau, taper du poing sur la table, oser et demander ! Cette méthode est plus efficace que les lois qui bénéficient toujours aux mêmes et qui ne sont pas res- pectées. Un plafond de verre est fait pour voler en éclats. PG : Il est vrai qu’il existe, au- jourd’hui encore, une prédo- minance masculine au sein des conseils d’administration. Le monde a changé mais les sté- réotypes sont encore très vi- vaces. C’est contre ces idées reçues qu’il faut lutter. Nous avons, au Medef, pris la mesureSi vous deviez changer une seule loi pour faciliter l’entrepreneuriat, quelle serait-elle ?SdM : Il faut repenser le contrat de travail. Supprimer le CDD et le CDI serait né- cessaire pour fluidifier le mar- ché du travail et faciliter le re- crutement pour les entrepre- neurs. Ce passage est obliga- toire si nous voulons revenir à une politique de l’emploi. Arrêtons de nous cacher der- rière un code du travail bien trop lourd, qui est l’un des facteurs principaux du manque de compétitivité de nos entre- prises. Le code du travail fran- çais freine les investissements sur notre sol, car l’erreur d’in- vestissement d’un dirigeant coûte, souvent, plus cher en France que dans des paysChaque dirigeant d’entreprise doit avoir une âme d’entrepreneur, au risque d’être ni visionnaire ni performant Sophie de Menthon© MEDEFde marché, qu’elle regarde la mondialisation non pas comme une fatalité mais comme une opportunité et qu’elle « soigne » ses entreprises. Ce sont elles qui font la prospérité d’un pays. L’Etat doit être au service des créateurs de richesses. Etque les PME mais qui n’ont pas les moyens et les équipes des grands groupes ?SdM : Je suis désespérée par ces idées. Statuts, effets de seuil, dérogations, exceptions, commissions, projets de loi...surtout pas les mêmes pro- blèmes ni les mêmes contraintes que leurs homologues étran- gères. Pour près de huit ETI sur dix, l’environnement concur- rentiel est le principal frein à leur développement. Commen- çons donc par mettre les entre-pensez-vous du faible nombre de femmes entrepreneures et dirigeantes d’entreprise ? Quels sont les véritables plafonds de verre selon vous ?SdM : Souvent pour cause de maternité, les femmes n’ontPropos recueillis par Julien TarbyAVRIL 2014 31supérieure des télécommunications dede ce problème avec la publi- cation d’un « Manuel de résis- tance aux stéréotypes sexistes en entreprise », élaboré par la commission « Entreprises et Société ». Heureusement le « plafond de verre » commence à se fissurer. Un nombre crois- sant d’entreprises se font à pré- sent concurrence pour attirer les meilleurs talents féminins. Elles savent en effet pertinem- ment que si elles veulent rester compétitives dans une économie mondialisée, elles ne peuvent se permettre de négliger les compétences féminines. En rè- gle générale, il faut que cesse cette inégalité des chances où dans une génération donnée, quels que soient les diplômes, les titres, les compétences, les mérites personnels, le déve- loppement professionnel est plafonné. C’est injuste et contre- productif.concurrents. Pas étonnant que nous ayons pris du retard sur ce terrain-là.PG : Voilà un raisonnement très français. Je crois surtout qu’il faut éviter des nouvelles lois ou faire encore bouger un environnement déjà instable. A la limite, faisons une loi gé- nérale qui annule toutes les autres. Mettons un terme àdiplômé de l’École nationaleBretagne, prend en 1994 la direction de Radiall, société spécialiséea-dans la connectique électronique, succédant à son père Yvon Gattaz, l’ancien président du CNPF entre 1981 et 1986, fondateur d’ETHIC et de l’ASMEP pour la défense des ETI. Le fils marche à nouveau dans les pas de son père, puisqu’il a été élu à la présidence du Medef le 3 juillet 2013.l’inflation législative perm. nente, qui génère complexité et coûts. Nous avons 3200 pages au code du travail et 85 codes, ce qui rend difficile l’entrepreneuriat. C’est cet en- vironnement kafkaïen que je combats. Donc, plutôt qu’une loi à modifier, demandez-moi quelles lois je supprimerais !]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE En immersionNestor Burma nous mentirait-il ?Malgré une image fantasmée, auréolée de roublardise et mâtinée de feutre mou, le détective demeure un Nchef d'entreprise en quête de crédibilité, contraint par une réglementation et une fiscalité serrées. Plongéechez Agence Détective Nord (ADN).’en déplaise aux lec- privées de sécurité (CNAPS), met en exergue les notions importants, des appels d’of- Et il faut être très méticuleux alterner le calme d’une « teurs de Conan est « agent de recherche pri- de légitimité, de légalité et fres sont réalisés : les milieux pour ne pas enfreindre les journée fériée » avec le Doyle, le Dr Watson vée » », précise le gérant de moralité. Même si les pra- du luxe, où des assurances libertés fondamentales lors rythme harassant d’une fila-devait certainement s’atteler d’ADN (Agence détective tiques perdurent, le métier ont leurs habitudes et où la d’un cliché », témoigne-t-il. ture. Au final, pas de journéeà la comptabilité tandis que Sherlock Holmes prospectait les coups fumants auprès de rombières non loin de Baker Street. Car en 2014, Alexan- dre Laverze, vêtu de façon streetwear et passe partout, nous parle de création d’en- treprise, de taxe parafiscale et de taux horaire. Il est alors 13h44, l’agent de recherche nous invite à nous asseoir autour d’un café non loin de la vieille Bourse de Lille.Nord). Au départ, rien ne prédisposait cet ancien em- ployé de la SNCF, titulaire d’une licence en administra- tion économique et sociale, à envisager le métier d’en- quêteur. C’est à l’occasion d’un bilan de compétences financé par l’AGECIF que son avenir de limier s’est es- quissé : « Je voulais être in- dépendant, mobile, éviter la routine et exercer dans une profession où l’aspect re-entend désormais s’éloigner dela«tricoche»etdeses magouilles entre policiers et détectives pour exhumer de l’information de fichiers lé- gaux.récurrence des demandes fait Entre flics et détectives, les type pour cette profession évoluer les relations, qui se relations ne semblent pas atypique où la rigueur lin- transforment en contrats à aussi burlesques qu’un com- guistique du rapport est aussiUn petit parfum d'antan dans un monde de modernitéDE L’ADULTÈRE AU BTOBL’investissement matériel se résume au(x) véhicule(s) et à leur entretien. 50000 km par an pour notre détective. A l’image d’un commercial sur les routes. Et sans passe- droit non plus. L’enquêteur n’a pas de gyrophare. Pour les besoins de l’enquête, pas de « gogo-gadgets » sortis de l’imper crème si ce n’est un appareil photo ou un ca- méscope. Le plus important n’est pas l’appareillage tech- nologique mais l’œil. Ce fa- meux don d’observation qui permettra la rédaction du rap- port remis au client, afin qu’il soit lu par le juge. « Le poids légal, c’est la preuve écrite. La photo colore la preuve.UNE IMAGE À ENTRETENIR« Un bon détective ne montre pas son visage. Il ne porte pas de perruque et n’expose pas ses tarifs de filature sur W9, vilipende Alexandre La- verze. Notre profession se rapproche de celle de l’avo- cat, dans la confiance et la confidentialité que nous porte le client. » Les similitudes avec la basoche sont aussi d’ordre financier. Il existe des agences nationales pros- pères tout comme des acteurs plus modestes qui peinent à joindre les deux bouts. Notre détective, lui, maintient un niveau de rémunération plus qu’honorable avec 3000 euros nets par mois en moyenne. « Le plus dur reste la com- munication et la prospection. Il faut démarcher les entre- prises, s’assurer d’un bon référencement sur la Toile et surtout lutter contre les on- dit de la profession », com- plète le gérant qui assure que le bouche-à-oreille fonctionneL’habit ne fait vraiment pas le moine car le détective res- semble à M. Tout-le-Monde. Dans la dénomination éga- lement, les fantasmes s’éva- porent comme l’écharpe bru- meuse s’échappait de la pipe du célèbre enquêteur, « nous utilisons le terme de détective à des fins commerciales, mais dans les faits, l’appellation exacte, règlementée par le Comité national des activités32 AVRIL 2014cherche est primordial. J’ai donc entrepris une formation à l’école professionnelle de Montpellier en 2009 – licence professionnelle devenue obli- gatoire pour exercer –, puis j’ai créé ma structure en 2011 », témoigne le gérant de la SARL ADN, basée à Lille. Profession libérale à part entière, le métier est régi par un code déontologique en vigueur depuis 2012, quisement d’un barème de frais, signature d’un mandat de pouvoir ou d’un contrat de mission, remise du rapport. « Accepter une affaire, c’est placer un curseur de difficulté selon les conditions maté- rielles de l’enquête. Mes pres- tations s’échelonnent entre 500 euros pour une recherche d’ordre administratif et 16000 euros, décrit Alexandre La- verze. Dans les cas les plusla sur-UN MÉTIER LOIN DU ROMANESQUE ET DE L’AVENTURECe code met aussi en lumière la procédure de traitement d’une enquête : devis avec étude de faisabilité, établis-Notre profession se rapproche de celle de l'avocat, dans la confiance et la confidentialité que nous porte le clientmissaire Faroux et un Nestor Burma. « Dans le cadre des fraudes aux assurances, nous échangeons légalement avec les enquêteurs des forces de l’ordre. Les rapports sont aussi cordiaux avec la BAC, souvent prévenue par le voi- sinage inquiet du stationne- ment d’un véhicule », pré- cise-t-il. Mais, contrairement aux forces de l’ordre, la pro- fession n’est pas contingentée par des juridictions géogra- phiques. Ce qui devient fort commode lorsqu’il s’agit d’accélérer une procédure pour contrefaçon réalisée en pays frontalier. D’ailleurs le BtoB demeure la principale source de revenus pour l’agence ADN comme pour la plupart des « privés » : un tiers des activités sont dédiées aux fraudes aux assurances contre deux tiers à la concur- rence déloyale, les arrêts de travail abusifs ou le vol en entreprise. Les affaires avec les particuliers sont bien évi- demment négociées avec des tarifs plus bas et concernent pour la plupart des divorces pour faute, des gardes d’en- fants ou de l’escroquerie. « Pour les entreprises, je mets toujours en garde mes futurs clients sur la nécessité d’un affichage ou d’une clause de surveillance incluse en amont dans les contrats de travail ou le règlement intérieur, pour légitimer mon enquête et éviter une procédure ca- duque », témoigne Alexandre Laverze. La réalité rejoint cependant la fiction sur les horaires de travail. Et il faut avoir les reins solides pourl’année ou en lettres de mis- sions. Les grosses affaires nous obligent également à externaliser une partie de notre prestation en recourant à d’autres enquêteurs pour couvrir un maximum de ter- ritoire possible. » Les tarifs sont donc libres d’application. La moyenne nationale s’éta- blit entre 60 et 120 euros de l’heure hors taxes avec une TVA à 20% et une taxe pa- rafiscale reversée au CNAPS qui correspond à 0,5% du montant hors taxes. « D’au- tres agences fonctionnent au forfait mais je ne trouve pas la démarche correcte. D’au- tant que nous avons une obli- gation de moyens et non de résultats. A quel moment ar- rêter l’enquête lorsque les preuves manquent ? C’est très complexe », poursuit-il.importante que la discrétion pendant l’enquête, même si le terrain occupe presque deux tiers du temps de tra- vail.beaucoup mieux que . médiatisation. Profession aty- pique, certes, mais en quête de professionnalisme. La messe est dite, l’imper brûlé sur l’autel des préjugés et les bretelles de nos chers dé- tectives remontées jusqu’au nombril. Une nouvelle pro- fession voit le jour...Geoffroy Framery]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frDans le Noir ?Electron libre CLUB ENTREPRENDRELe restaurant plongé dans les ténèbres n’est pas qu’un concept atypique, mais aussi la tête de pont V de plusieurs activités qui ont trait au handicap. Edouard Broglie, Didier Roche et Fabrice Roszczkadécrivent leur aventure, désormais internationale.in rouge ou vin blème », précise Edouard de blanc ? Saveur amère Broglie. Les entrepreneurs ou acide ? Voisin tiré s’installent donc en propre dansà quatre épingles ou relax ? les pays proches parce que laJamais le visiteur n’aurait cru se poser ces questions basiques. L’expérience procurée par le restaurant « Dans le Noir ? » le marquera. Parce qu’il se trouvera démuni sans le sens de la vue, et ne pourra s’en re- mettre qu’à son serveur-guide, lui-même aveugle. Le PDG d’Ethik Investment Edouard de Broglie, le DG Didier Roche et le DG adjoint Fabrice Roszczka sont des quadras comblés qui parlent encore de leur concept avec enthousiasme. « Nous cherchons à ce que l’expérience soit sensorielle et remette en question », précise Edouard de Broglie. Les trois compères, à qui une fermeture rapide était prédite « parce qu’ils surfaient sur un effet de mode », vont publier le livre anniversaire des dix ans. « L’établissement compte aussi de grandes tables d’hôtes, obli- geant les gens à parler entre eux sans a priori visuel », évoque Didier Roche, lui-même aveugle. Enfin, une relation s’instaure avec les serveurs non-voyants. « Il est rare de voir des clients faire la bise à leur serveur en fin de soirée. Les gens deviennent militants, notre taux de notoriété est su- périeur à notre taille », se ré- jouit Fabrice Roszczka.culture est similaire, mais pas dans les destinations lointaines. Ils se sont essayés avec succès au développement en franchise à Moscou et animent des évè- nements dans le monde entier, à Riyad, Bangkok ou Genève, accompagnant Shell ou Star- bucks dans leurs conventions."Qui a bu en douce mon verre de vin millésimé ?"DES ACCOMPAGNA- TEURS DE CHANGE- MENT DE MENTALITÉ Leur objectif n’est pas de de- venir des créateurs de restau- rants en série. Ils diversifient d’ailleurs leurs recrutements, se tournant vers des personnes sourdes ou autistes, afin de toujours plus interpeller et chan- ger les mentalités. Selon Didier Roche trois âges différents de perception du handicap peuvent être distingués dans les entre- prises : « Le premier, basique, est la peur de la discrimination. Il faut éviter à tout prix de faire le JT de 20h ! Certaines sociétés nous appellent ainsi en pompiers, afin d’éviter le conflit avec un collaborateur handicapé. Le deuxième est la simple obéissance à la loi. Le troisième est de profiter de la différence pour créer de la va- leur. Nous n’en sommes pas encore à ce dernier stade. Le privé est un peu plus en avance que le public, parce qu’il est contraint depuis plus long- temps. » Leur but ultime reste donc d’encourager les clients à accéder au troisième niveau.couvre le concept et se rap- proche de l’association Paul Guinot qui pratique ponctuel- lement les dîners dans le noir. L’occasion de rencontrer Didier et Fabrice, de peaufiner le lan- cement au café de l’Hôtel deEthik Event pour des actions de sensibilisation, mises en si- tuation dans le silence ou le noir (« darklabs ») chez Crédit Agricole, La Poste, Natixis... Enfin Ethik Management réa- lise du sourcing et de la for-secteur protégé. Dès lors tout s’enchaîne. « Sur les 40000 clients qui viennent au restau- rant dans l’année, quelques uns sont dirigeants de société et demandent des ateliers évè- nementiels de sensibilisationle concept est exporté à Bar- celone. S’ensuit le grand échec, New-York. Au bout de deux ans les trois complices jettent l’éponge, après avoir insisté, usé trois équipes et perdu un million d’euros. « Les Améri-UNE BELLE IDÉE CONCRÉTISÉE PAR LEUR RENCONTREBien que l’établissement, ré- férencé au Gault et Millau, propose un menu de qualité à 49 euros – les gens sont d’autant plus attentifs à la saveur des aliments dans les ténèbres –, c’est surtout la presse qui a fait de la publicité. Contraire- ment aux deux autres, Edouard de Broglie n’a pas de rapport direct avec le handicap. Mais se sentant peu écouté au dé- partement RSE de Young & Rubicam en 2000, il écrit La marque face à l’éthique(*) puis enchaîne les conférences. Après avoir gagné de confortables revenus dans les NTIC, il dé-Sur les 40000 clients qui viennent au restaurant par an, certains sont dirigeants d’entreprise et feront appel à nous pour des ateliers de sensibilisation ou de la formationVille, de signer des contrats de travail en terrasse, de dé- marcher 13 banques pour au final financer le projet par lui- même à 90%.mation de personnes handica- pées pour aider les entreprises à recruter. « Nous intégrons une vingtaine de personnes handicapées par an dans des entreprises. Comme celles-ci avaient du mal à trouver la perle rare, nous avons monté des filières de formation en assurance, aéronautique ou informatique », explique Didier Roche. Le restaurant semble donc une vraie vitrine. « Ici nous ne percevons pas le han- dicap comme un boulet. Les guides dans le restaurant sont nos stars, ce sont eux qui créent de la valeur », énonce Fabrice Roszczka, qui rappelle que la société affiche 12% de renta- bilité et n’appartient pas auau handicap. Etape ultime, ils font appel à nous pour les volets formation et management en recrutant des personnes handicapées », parie Edouard de Broglie. Plutôt clairvoyant, puisque la moitié des sociétés du CAC40 et nombre de col- lectivités ont recours à leurs services.cains n’ont pas compris le concept et nous n’avons jamais trouvé la solution. Nombreux étaient ceux qui demandaient des bougies ou voyaient un « entertainment » supplémen- taire sans décoder l’expéri- mentation sensorielle en rap- port avec le monde du handi- cap. Ils n’en parlaient donc pas autour d’eux. Les articles des journalistes restaient d’ail- leurs très factuels », décrypte Edouard de Broglie. Contrai- rement à ce qu’ils avaient ima- giné, le concept n’est pas uni- versel. « Je suis allé au Japon ou en Corée, où on m’a répété que l’hygiène était une véritable obsession, et que donc ne pas voir les aliments posait pro-de actuellement uneUNE MACHINERIE DERRIÈRE LA VITRINE Les premiers atermoiements ne sont plus que des souvenirs, puisque Ethik Investment réa- lise aujourd’hui cinq millions d’euros de CA et emploie 60 salariés, dont 50% souffrent d’un handicap. L’activité res- taurant pèse trois millions, et la diversification spa rue Mont- martre 200000 euros. Et le reste ? Il provient des activités BtoB grâce à l’agence de com- munication RSE Ethik Image,UN DUR APPRENTISSAGEDE L’INTERNATIONAL Un autre Dans le Noir ? est ouvert à Londres en 2006, de- venant une véritable institution que décrit Novak Djokovic dans son livre sur la diététique, et où William et Kate se rendent avant leur mariage. En 2009« Didier ai.personne non voyante à intégrer le centre de R&D d’un grand groupe de l’agroalimentaire, afin qu’elle développe des pro- duits spécifiques aux personnes handicapées. C’est ce genre d’aboutissement que nous vi- sons », illustre Fabrice Roszczka.(*) « La marque face à l’éthique », d’Edouard de Bro- glie, éd. Village Mondial, 2002Matthieu CamozziAVRIL 2014 33]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Leçons de mauxUn avenir à redorerLe groupe familial ardéchois GL Bijoux, champion français du bijou Nplaqué et fantaisie, a perdu de son lustre à cause d'erreurs de gestion. Son repreneur devra redimensionner l'entreprise et la restructurer enul besoin de boule de en 1998 Bijoux Altesse, une « manque d’adaptation de l’en- bougé d’une once alors que le cristal pour voir que société ardéchoise fondée par treprise aux nouvelles données marché évoluait vers le 9 carats, l’avenir proche de GL une autre branche de la famille. du marché ». En clair : GL Bi- l’argent et les bijoux fantaisie.profondeur. Mais les perspectives sont bien là.Bijoux ne sera pas brillant. En plus de ses deux sites du joux est surdimensionnée. Sur « En termes de management,Pour l’entreprise basée au Chey- lard, en Ardèche, l’époque res- semble tristement à la fin d’un âge d’or. Le 25 mars dernier, le tribunal de commerce d’Au- benas devait rendre sa décision concernant la reprise du premier fabricant français de bijoux pla- qués et fantaisie, placé en re- dressement judiciaire le 1er fé- vrier 2013. Avec quatre offres encore en lice : celles de Ber- nadette Pinet-Cuoq, du fonds Renaissance industrie, de la holding financière Impala et de la société de conseil LFC Partners. A l’heure où nous ré- digeons ces lignes, le délibéré n’est pas encore tombé. Une chose est certaine toutefois : l’affaire va se solder par une lourde casse sociale. « Quoi qu’il arrive, aucune offre ne propose moins de 200 licen- ciements, regrette Pierre Bour- dier, délégué syndical CFTC de l’entreprise. Quel que soit le repreneur, c’est catastro- phique. »Cheylard et de Saint-Martin- ce dernier point, Bernadette Pi- de-Valamas, GL Bijoux pos- net-Cuoq est d’accord. Mais laGL Bijoux a quitté le marché », assène celle qui a travaillé durant 17 ans au sein de l’en- treprise, jusqu’en 2001, en tant que cadre dirigeant.Le marché à évolué vers le 9 carats et l’argentPour Pierre Bourdier, la situation actuelle de GL Bijoux est le résultat de « tout un enchevê- trement de complications ». Le représentant syndical pointe notamment du doigt les relations conflictuelles entre les deux actionnaires familiaux, Pierre Legros –petit-fils du fondateur – et sa sœur Madeleine Cho- marat. Ce dernier a d’ailleurs quitté la présidence du directoire de la société en janvier 2013. Poste auquel a été nommé Paul- Henri Cécillon, ancien président d’Habitat France, que nous n’avons malheureusement pas pu joindre. « Il y avait un gros problème de gouvernance, af- firme le délégué CFTC. On peut toujours incriminer la crise et la concurrence, mais c’était avant tout une histoire d’egos surdéveloppés. »sède, depuis la fin des années 1990, une filiale en Thaïlande qui emploie environ 500 per- sonnes. Celle-ci n’est pas com- prise dans le périmètre du re-maire d’Accons, petite com- mune ardéchoise, par ailleurs présidente déléguée de l’Union Française de la bijouterie, joail- lerie, orfèvrerie, des pierres etEn effet, en dépit des différentes améliorations des offres de re- prise, seuls 250 à 300 emplois seront sauvegardés sur les 500 que totalisent actuellement les deux sites français du Cheylard et de Saint-Martin-de-Valamas (Ardèche). La nouvelle est d’au- tant plus douloureuse qu’il y a un an, un premier plan social avait déjà réduit la voilure de 150 emplois afin de mettre la masse salariale plus en adé- quation avec la réalité du mar- ché. Dans la région, la situation de GL Bijoux est vécue comme un véritable séisme. Le bassin d’emploi local, économique- ment vulnérable, dépend es- sentiellement de trois industriels : le groupe textile Chomarat, l’embouteilleur Perrier et GL Bijoux.Stocks dans une salle high tech ultrasécuriseé ...Comment expliquer la doulou- reuse chute du champion hexa- gonal du plaqué or ? « On ob- serve une difficulté générale sur le marché du bijou en France avec une perte de pou- voir d’achat des consommateurs qui se répercute sur les segments entrée et moyen de gamme comme les bijoux fantaisie », analyse Jean-Baptiste Coquard. Ce dernier relève à ce titre un« EGOS SURDÉVELOPPÉS » Selon Bernadette Pinet-Cuoq, dont le plan de reprise avait la faveur des salariés avec celui de Renaissance industrie, l’en- treprise a avant tout souffert d’un défaut de management. « On a observé des erreurs stratégiques répétées et un dé- ficit de gouvernance », estime- t-elle. Et de citer, pêle-mêle : « Une non maîtrise des enjeux de productivité et des coûts de production, un empilement des frais de structure, une offre commerciale et marketing qui n’est plus en phase avec les besoins du marché... » En ré- sumé : l’entreprise n’a pasller à de-SURDIMENSIONNÉEl’entreprise doit travai. venir une plateforme de res- sources multimétiers et multi- services capable de servir des marchés variés. « Les dégâts sont réparables, mais il faudra différencier les offres marketing et développer les griffes avec les grandes marques comme Kenzo, Nina Ricci... »dressement judiciaire. L’an passé, l’ensemble a généré un chiffre d’affaires consolidé de 72 millions d’euros plombé par 13 millions d’euros de pertes. « Pour l’exercice 2013, les pertes seront du même niveau », estime Jean-Baptiste Coquard, collaborateur du cabinet d’ad- ministrateurs judiciaires AJ par- tenaires en charge du dossier. Dossier que Jean-Baptiste Co- quard qualifie volontiers de « complexe » en raison du nombre de candidats à la reprise, de la difficulté du marché et de l’ampleur des enjeux sociaux pour la région.des perles (UFBJOP), ne par- tage pas cette vision pessimiste du marché. « Le marché fran- çais de la bijouterie est atone mais il ne baisse pas, et au ni- veau mondial, il est en crois- sance, insiste-t-elle. La situation de GL Bijoux n’est pas liée au marché. »Dans les mois qui viennent, la survie de GL Bijoux se paiera à prix d’or. Mais les perspectives sont là. « Les business plans des repreneurs potentiels mon- trent que, sur le papier, cela peut marcher, souligne Jean- Baptiste Coquard. Et rien ne nous laisse penser que ces plans soient irréalistes. » Réduction des effectifs, réorganisation de l’outil de production, économies d’échelle, actions commerciales et prospection de nouveaux mar- chés sont les principaux leviers qui seront mis en œuvre afin de sortir GL Bijoux de l’ornière. Selon Bernadette Pinet-Cuoq,Créée en 1917 par Georges Legros, la société GL Bijoux est restée, depuis cette époque, dans le giron familial. L’entre- prise s’est agrandie en reprenantYann Petiteaux34 AVRIL 2014]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frProspective CLUB ENTREPRENDRE Le rêve de l’hyper-mobilitéEt si un voyage intercontinental devenait l’équivalent d’un trajet entre Paris et sa banlieue ? Imaginez la Lcapitale française à seulement 30 minutes de New-York et 45 minutes de Pékin. Le rêve de l’hyper-mobilité ouvrirait des perspectives fantastiques à l’humanité, débarrassée des contraintes de distance et de frontières.’ancêtre du SMS a un à la vitesse de 1220 km/h. A MoMA l’après-midi, et par- voir. Comme les multinationales se sont progressivement spé- du pôle, créant une ségrégationnom : le tube pneuma- 20 dollars le billet, le tube a courir la Cité interdite à Pékin hier, les citoyens se sont mis à cialisées : les zones tempérées sociale à l’échelle planétaire.etique. De la fin du XIX vite rendu obsolète la ligne à le soir. Pour la journée du Pa- jouer la concurrence entre les ont vu leur population croître Les misérables cuisent sous unsiècle à la fin des années 1980, grande vitesse qui venait d’être trimoine, le programme peut Etats, réclamant des systèmes fortement, la Grèce étant par soleil de plomb ou tremblentles Parisiens échangeaient des messages à travers ce réseau de 400 kilomètres qui courait sous les rues de la capitale, dans lequel des navettes cylin- driques faisaient des allées et venues par différence de pres- sion. Dès l’invention de ce pro- cédé, on se prit à rêver d’y en- voyer non plus de petites notes, mais des passagers en chair et en os. En août 2013, ce rêve n’a jamais semblé aussi proche d’être réalisé, puisque le mil- liardaire Elon Musk, fondateur du constructeur de voitures électriques Tesla Motors et du tour opérateur de l’espace Space X, a présenté le projet « Hy- perloop » : un tube à basse pression de quelques mètres de diamètre transportant des capsules posées sur coussin d’air pressurisé.inaugurée entre les deux villes. comporter les pyramides de Au cours des quatre décennies Gizeh, le Machu Picchu et l’île qui ont suivi, le monde s’est de Pâques. Une envie de cuisine couvert d’un réseau de pipelines indienne ? Direction New Delhi reliant les grandes métropoles pour déguster un butter chicken comme les plus petites bour- avec vue sur le Taj Mahal. Pour gades. Les plus longs, les plus s’aérer l’esprit, rien de tel qu’unsociaux de plus en plus pro- exemple devenue la banlieue dans un froid glacial. Les zonesLes citoyens se sont mis à jouer la concurrence entre les Etatsrapides et les plus sensibles ont été enterrés par souci de sécurité. Les capsules, propulsées à des vitesses vertigineuses, ont tel- lement réduit les distances entre les pays qu’en 2060 Paris n’est plus qu’à 30 minutes de New- York et à 45 minutes de Pékin. L’humanité a découvert l’hy- per-mobilité, soit la plus grande révolution depuis l’inventionfooting sur la Grande Muraille de Chine. Une ballade roman- tique se termine souvent par une aurore boréale au nord du Groenland. Le nec plus ultra des oisifs ? Enchaîner les fêtes de ville en ville pendant des se- maines sans jamais voir le soleil se lever..GIZEH, MACHU PICCHU ET ÎLE DE PÂQUESC’est finalement en 2018 que la réalité a rejoint la fiction : un tube recouvert de panneaux solaires monté sur pylônes a permis de relier Los Angeles et San Francisco en 35 minutes,PARADIS SOCIAUXUne balade romantique se termine souvent par une aurore boréale au nord du Groenland.e d’Internet : au début du XXICette révolution a eu des consé- quences économiques et so- ciales inattendues. Hier, l’hy- per-mobilité était le privilège du capital : les usines et les in- vestissements ne connaissaient pas les frontières. Aujourd’hui, les hommes ont le même pou-tecteurs (retraite, temps de tra- vail, couverture santé), des in- frastructures hospitalières de meilleure qualité, des législa- tions de plus en plus respec- tueuses de la vie privée... Tout en payant le moins d’impôts possible. Les régions du mondepavillonnaire de la Suède. Si bien que dans les régions du monde où le climat est le plus clément, les prix de l’immobilier ont bondi, tandis que les popu- lations les plus pauvres ont été reléguées aux longitudes les plus proches de l’équateur etles moins hospitalières pour l’homme ont été transformées en quartiers d’affaires, tandis que le Sahel et la Sibérie se couvraient des usines les plussiècle, on découvrait le monde à travers l’écran d’un ordina- teur ; désormais, on le connaît en le parcourant soi-même. Un passionné d’art peut admirer la Joconde au Louvres le matin, les Demoiselles d’Avignon aupolluantes.Aymeric MarolleauGeorges Amar, consultant en mobilité et prospectiviste, chercheur associé à la chaire d’innovation de l’Ecole des Mines ParisTech. Auteur de Homo mobilis Le nouvel âge de la mobilité (Fyp éditions, 2010).“Du paradigme du transport à celui de la mobilité”A quel changement assistons-nous dans le monde des transports ?Ce monde se transforme en profondeur, puisque nous passons du paradigme du trans- port au paradigme de la mobilité. Cela amène un nouveau mode de réflexion, centré sur la personne mobile, qui mène une vie mobile, dans un environnement de mobilité. Ce chan- gement de paradigme affecte les usages, les outils, et les acteurs économiques. Le Vélib’ en est une bonne illustration, puisqu’il est davan- tage un outil de mobilité qu’un transport, il a été développé par une collectivité locale, et il est à la fois public et individuel.Quelles conséquences pour la société ?Hier, nous étions dans une société « postée »,où les choses de la vie se faisaient dans des lieux précis : travailler au bureau, étudier à l’école, dormir à la maison, regarder un film au cinéma... Dans ce paradigme « classique », le temps passé dans les transports était un temps perdu, que l’on devait réduire en aug- mentant la vitesse. Aujourd’hui, nous sommes dans le paradigme de la vie en mobilité, où il n’y a plus de temps perdu car nous le mettons à profit pour travailler, se distraire, s’ins- truire... C’est la vie mobile, dont le champ ne cesse de s’élargir.L’idée d’attente, qui était une perte de temps et une aliénation, a aussi disparu, puisqu’on sait exactement quand le prochain bus ou métro va passer. C’est maintenant un temps de transition, une séquence de mobilité.Le concept de rendez-vous est aussi redéfini, il devient l’intersection de deux trajectoires. Dans le paradigme ancien, on parlait de dé- placement d’un lieu donné à un autre lieu donné. Dans le nouveau paradigme, vous êtes en mouvement, et le lieu est l’intersection de deux mouvements.Quelles conséquences pour l’individu ?L’individu devient la racine de tous ces raison- nements. De la même façon que nous sommes passés à un téléphone personnel et à un ordi- nateur personnel, nous voyons aujourd’hui se dessiner une mobilité personnelle, où chacun construit son propre bouquet multimodal. La mobilité est devenue une compétence essen- tielle à l’individu moderne urbain. Certainssont très compétents, car ils sont capables d’utiliser aussi bien la voiture que le vélo ou le métro. D’autres le sont moins, car ils n’ont pas le permis ou ne savent pas faire de vélo. Pour être une personne mobile compétente, il faut aujourd’hui savoir utiliser des tas de ré- seaux physiques et numériques.Quelles conséquences pour les collecti- vités ?Cela redéfinit la notion de service. Dans le pa- radigme ancien, le service consistait à faire rouler des bus et des trains à l’heure. Dans le paradigme nouveau, c’est donner de l’empo- werment aux personnes, faciliter le passage d’un mode à un autre.A.M.AVRIL 2014 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huiEn quête de fondsCéline et Pierre sont partis sur un pied d’égalité lorsqu’ils ont chacun créé leur entreprise. Mais ils ont opté pour des solutions de financements différentes au fil des années, et ont donc connu des fortunes diverses. Petit tour d’horizon des alternatives et de leurs avantages/inconvénients.de places attribuées en classe Affaire, Premium, écono- mique), est un énième atout. Le marché convoité par Pierre est moins technologique mais également prometteur. Lassé par 20 années de salariat, il quitte son poste et lance une activité de distribution en ligne de fournitures et mobilier devers qui se tourner pour y voir clair ? « Bpifrance (Banque publique d’investissement) dis- pose de nombreux fonds et dispositifs variés. Chacun peut trouver chaussure à son pied. Il existe également Sémaphore, un moteur de recherche très intéressant mis à disposition par le réseau des Chambrescar ils prennent à leur charge tout le risque de l’investisse- ment. Aucun remboursement n’est à envisager en cas d’échec. Mise à part leur ca- pacité à fournir du cash, ils investissent généralement dans un domaine dont ils connais- sent les rouages et les enjeux, fournissent ainsi une expé-Avec le crowdfunding, un projet peut être très prometteur et obtenir malgré tout des fonds faibles, simplement parce que l’intérêt est difficile à cerner pour le commun des mortelsCl ne faut pas manquer d'air pour obtenir des fondséline et Pierre ont au cours du combattant de l’au- moins un point com- tre...mun : le virus entre- A 24 ans, fraîchement diplôméea changé leur vie. Une idéeséduisante, une volonté fa-rouche de rouler pour soncompte, et voilà les deux aven-turiers embarqués dans un paride long terme. Reste à réglerla question épineuse du finan-cement de l’activité qui, ils lesavent bien, décidera de leursort. Et effectivement, ce volet tentiel immense. L’allègementbureau haut de gamme, ciblant les avocats, médecins libéraux, conseillers en gestion de pa- trimoine, banquiers privés et plusieurs professions libérales. Bref, tout cet univers pour qui l’ostentation et l’apparat consti- tuent des armes de séduction massives. Comme Céline, il n’a pas de fonds, et doit trouver des financements rapidement pour déployer son offre. Pour les deux dirigeants en herbe, les expressions « crise écono- mique » et « restrictions des crédits » reviennent comme un mauvais refrain dans la bouche des banquiers visités. Commence alors une quête longue et incertaine, avec une première question cruciale :de commerce françaises. En quelques clics, on peut obtenir la liste des soutiens et finan- cements potentiels adaptés à son profil d’entreprise », in- dique Eric Picarle, Associé du cabinet BDO spécialisé dans l’audit, le conseil, et l’expertise comptable.rience, une expertise et un car- net d’adresses qui peuvent s’avérer précieux. En somme, ces financeurs peuvent devenir de véritables partenaires de travail. Mais avec quelque 100000 euros d’investisse- ments possibles auprès de plu- sieurs sources, l’option devient rapidement peu convaincante pour financer la facture initiale salée du projet de la jeune femme. Des équipements et matériaux spécifiques lui sont nécessaires, il faut des ma- chines-outils onéreuses, tenir compte de nombreuses heures de travail en R&D.Ipreneurial qui, un beau matin, de son école d’ingénieurs, Cé-le secteur aéronautique, en rai- son de la nécessité de diminuer les consommations de carbu- rant, tout comme le dévelop- pement des offres haut de gamme au sein des compagnies aériennes, désireuses d’attirer les portefeuilles de mieux en mieux fournis des nouvelles classes moyennes et riches des pays émergents. La grande modularité des sièges imaginés par Céline, permettant d’adap- ter en un temps record l’amé- nagement intérieur à l’évolu- tion de la demande (nombreexpliquera en grande partie la success story de l’un, le par-line compte fermement donner vie à une idée qui a germé pendant son stage de fin d’études. Son projet : la conception de sièges d’avion du futur, modulables, multi- positions, truffés de gadgets, dans des matériaux composites nouveaux ultralégers. Un po-CONVAINCRE À PARTIR DE RIENCéline songe d’abord aux bu- siness angels (BA) pour mettre sa start-up sur les rails, ces derniers affectionnant les pro- jets encore dans l’œuf. Deux tiers d’entre eux accompagnent des entreprises existant depuis moins de trois ans. Ils consti- tuent une option intéressanteUn Crédit Impôt Recherche (CIR) et un Crédit Impôt In- novation (CII) allègent quelquedes structures des aéronefs est une véritable obsession dansIJ’aime ma boîtel faut réconcilier le syndicalisme et l’en- trepriseC’est une démarche partena- riale afin de gagner la ba- taille de l’emploi, du pouvoir d’achat et du retour de la croissance en France. En effet sans entreprise, pas d’emploi et sans salarié, pas d’activité.drement dans la définition de la stratégie de l’entre- prise,2. La qualité de vie au travail. La Responsabilité Sociale des Entreprises est une op- portunité d’innover sociale- ment. La CFE-CGC soutient donc toutes les entreprises, notamment les TPE et PME, qui s’engagent dans cette démarche innovante.L’innovation, facteur de bien-être au travailL’une des préoccupationsmajeures de la CFE-CGC est le bien-être au travail car cette qualité de vie au travail est facteur de compétitivité pour les entreprises. C’est cette logique gagnant-ga- gnant, chère à la CFE-CGC qui en fait aussi un syndicat différent.chronique parrainéeLa CFE-CGC pratique un syndicalisme qui met au même niveau l’intérêt des salariés et celui des entre- prises. Un syndicalisme qui accompagne la création et le développement des entre- prises dans une logique ga- gnant-gagnant.par Sophie de MenthonCe syndicalisme, c’est celui que la CFE-CGC pratique au quotidien depuis 70 ans maintenant.La RSE, accélérateur d’in- novation pour les PME et TPENotre pays a besoin d’entre- prises performantes et inno- vantes. Cela passe aussi pour la CFE-CGC parVoilà pourquoi nous sommes partenaires de l’opération « Jaime ma boîte » depuis plusieurs an- nées maintenant.Présidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESE1. L’implication de l’enca-Carole Couvert Présidente de la CFE-CGC36 AVRIL 2014Œ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[www.plugandstart.com11, 12, 13 Juin 2014UN RÉSEAU DE 230 EXPERTS RIEN QUE POUR VOUS PENDANT CES 3 JOURS !]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huisous des espérances », regrette Eric Picarle.La piste des BA n’est pas non plus concluante du côté de Pierre, pour des raisons diffé- rentes. « Ils jettent plutôt leur dévolu sur des sociétés scien- tifiques ou technologiques à fort potentiel, synonymes d’effet de levier important pour les sommes misées », poursuit Eric Picarle. Pour autant, le jeune chef d’entreprise trouve le sourire grâce à l’obtention rapide d’un Prêt à la création d’entreprise (PCE) de 6000 euros. Malheureusement, le seul recours à un photographe pour la réalisation de visuels de qualité de ses dizaines de produits suffit à effacer cepeu ses coûts, à hauteur de30% et 20% des dépenses derecherche et d’innovation. Maisentre la constitution du dossieret le délai d’attente auprès desservices fiscaux, la trésoreriene sera pas renflouée de sitôt.Céline obtient sans mal lestatut Jeune entreprise inno-vante (JEI) et son lot d’exo-nérations avantageuses. Inté-ressant, mais seul un montantsensiblement plus élevé de lapart des BA ferait vraiment ladifférence. « Ces investisseurssont des interlocuteurs perti-nents et adaptés dans de telscas, mais une des réalités enFrance est qu’ils restent peunombreux, même si la situationévolue. Les montants accordéspeuvent alors être bien en des- montant. Il se tourne ensuitevers les plateformes de crowd- funding auprès desquelles il obtient quelque 4000 euros. Pas vraiment l’alternative rêvée qu’il recherchait pour com- pléter le maigre prêt bancaire auquelilaeudroit.«Iln’ya pas de domaines d’activité in- terdits pour prétendre au crowdfunding. L’essentiel est d’avoir un projet séduisant. Le problème est que les mon- tants récoltés peuvent être fai- bles », indique Eric Picarle. Autre écueil du crowdfunding : « Un projet peut être très pro- metteur et obtenir malgré tout des fonds très faibles, simple- ment parce que l’intérêt est difficile à cerner pour le com- mun des mortels ou que l’idée concerne une activité de niche », constate Eric Félix- Faure, directeur de la société Aelios Finance, spécialisée dans les solutions de finance- ment des entreprises.Franchise & PartenariatD'autres options existent, plus rapides, leǵ er̀ ement plus risqueé squelles elle peut prétendre. Viennent ensuite quelques se- maines de rendez-vous judi- cieusement pris par son conseil- ler en levée de fonds, la consti- tution d’un solide dossier men- tionnant la mine d’or que pré- pare Céline, et voilà que la jeune patronne empoche un chèque de 2,5 millions d’euros. Certes, l’opération n’était pas gratuite. La société de conseil intermédiaire a réclamé 7 000 euros d’honoraires et 5% de la levée réalisée. « C’est une étape qui représente une dé- penseimportante,douloureuse. Mais son rôle est tellement crucial pour l’avenir que né- gliger le travail d’un conseiller compétent serait une erreur. Rappelons que ce dernier connaît l’actualité des fonds, ceux qui attendent d’investir, ceux qui misent sur tel ou tel secteur. Un travail d’identifi- cation essentiel », estime Eric Félix-Faure. Le savoir-faire de Céline va enfin pouvoir être déployé comme elle l’espérait. Les équipements dont elle a besoin étant particulièrement chers à l’achat, elle opte pa- rallèlement pour le crédit-bail. « Une bonne idée, assure EricPicarle. S’acquitter d’un loyer plutôt que d’une forte dépense lorsqu’on est une jeune entre- prise innovante constitue un choix d’autant plus pertinent quand il s’agit de matériels ou de machines-outils oné- reuses qui ne perdent pas ou peu leur valeur au fil du temps. »parMichel KahnConsultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)LComment se portent les réseaux du commerce organisé indépendant ?es réseaux de franchise portements d'achat se sont adap- et de partenariat se por- tés à une nouvelle hiérarchisa- tent plutôt bien et résis- tion des dépenses.tent mieux que le commerce Enfin, la visibilité d'une enseignetraditionnel à la crise.nationale rassure et renforce la confiance.Les réseaux supportent plutôt bien la criseLe premier facteur est d'ordre psychologique. Un réseau, par son management participatif (essentiellement dans les ré- seaux de partenariat) entraîne les hommes dans une spirale positive et vertueuse. Le mental y est pour beaucoup, on est soutenu, encouragé, stimulé. L'attention est davantage attirée sur les détails... cette fameuse montagne de détails qui fait la différence entre la réussite et l'échec.Un fort développement des formes juridiques (commis- sion affiliation, partenariat, licence de marque...) en pa- rallèle à la franchiseL'organisation d'un réseau struc- turé apporte des économies d'échelle. Et en période de crise, les têtes de réseau re- cherchent l'optimisation. Ensuite, il faut penser avant tout à ses clients, dont les com-Il est indéniable que de nou- velles formes ont vu le jour depuis les années 1990. Au- jourd'hui, nous avons environ 1800 réseaux composés de toutes les formes du commerce organisé indépendant, pour des raisons juridiques, écono- miques, managériales. Comme le partenariat avec plus de 350 réseaux, la concession davan- tage sur le secteur automobile, la commission affiliation dans l'équipement de la personne, la coopérative dans la grande distribution, les licences, etc. Et cette tendance s'accentue.Du côté de la banque, toujours la même frilosité. On estime que l’activité n’est pas des plus prometteuses en raison du « positionnement risqué », du « contexte d’exercice » des clients potentiels qui est plutôt à la réduction des coûts, et de la « concurrence accrue » sur ce créneau. Pierre affiche un enthousiasme en demi-teinte. Ne pouvant se soustraire aux dépenses de prestations infor- matiques et au règlement des fournisseurs, il est contraint de voir son budget de com- munication à la baisse, pourtant bien conscient que son appa- rition dans les revues spécia- lisées, les supports de luxe, et sa présence sur les salons sont indispensables. Son activité démarre très (trop) lentement.table et de faciliter les refi- nancements. Au sein de France Angels, la fédération qui ras- semble 80 réseaux et plus de 4000 business angels, environ 20% des montants mis sur la table par les membres pro- viennent des SIBA. Mais elle comprend vite que sa société a le profil type pour attirer les professionnels du capital- risque. Ces derniers financent le plus souvent de jeunes so- ciétés innovantes en très forte croissance, qui n’ont parfois que quelques mois d’existence, et qui ont la particularité de pouvoir atteindre en seulement cinq à huit ans la barre des 25 millions d’euros de chiffre d’affaires. Parmi les secteurs cibles de ces financeurs aux gros portefeuilles, on peut citer les technologies de l’informa- tion et de la communication, les biotechnologies, le déve- loppement durable et... l’aé- ronautique !Pendant que Céline emmaga- sine de la confiance, Pierre se crispe. Après 18 mois difficiles, il contracte un nouveau mini- prêt à la banque, obtenu au forceps. Conséquence des fi- nancements accordés au compte-goutte : Pierre ne dis- pose toujours pas du budget publicitaire dont il aurait ab- solument besoin. Il décide de se tourner vers la puissance publique. Il frappe à la porte de Réseau Entreprendre, Ini- tiative France, France Active, et finit par obtenir un prêt d’honneur par le biais de ces organismes. Aucune garantie n’est exigée. Heureusement, car il en a très peu. 20000 euros, remboursables sur quatre ans, au taux très apprécié de 0%. Pas la panacée, mais de quoi soulager quelque peu sa trésorerie et l’évolution de sonDES ÉTAPES CLÉS, DES PASSAGESÀ ÉVITERCéline aurait pu opter pour les Société d’investissements des business angels (SIBA), qui permettent d’ouvrir plus largement le portefeuille des investisseurs lors d’un tour deQuelques clics sur le site In- ternet de l’Association fran- çaise des investisseurs pour la croissance (AFIC), une consul- tation de l’annuaire de ses membres, et elle découvre les mannes impressionnantes aux-38 AVRIL 2014ConseilsDe la performance dans le mobilierUn environnement de travail finement étudié est synonyme de meilleure performance pour ses occupants. C’est à partir de ce pré- cepte que les entreprises décident de plus en plus de faire de leur aménagement intérieur un atout supplémentaire pour l’ensemble de l’activité. Encore faut-il savoir quels éléments concrets sont en accord avec cette démarche et comment la mettre en œuvre. L’AR- SEG (Association des responsables de services généraux et de l’en- vironnement de travail) regorge d’informations pertinentes dans ce domaine. Par le biais d’ateliers de travail organisés, d’événe- ments professionnels dédiés, ou via son magazine Arseg Info, elle mène une mission d’information et de soutien en s’adressant no-tamment aux managers de l’environnement de travail. Pour savoir où l’on se situe en matière d’optimisation de ses mètres carrés de bureaux, rien de tel que les Buzzy Ratios, un ensemble d’indicateurs permettant aux responsables de mesurer pertinemment leur per- formance et de susciter les bonnes questions pour améliorer l’agencement, l’aménagement, et les consommations d’énergie. Cet outil développé par l’ARSEG est devenu une référence au sein des DET (Directeur de l’environnement de travail) depuis une di- zaine d’années, avec plusieurs milliers de données budgétaires col- lectées chaque année auprès d’une centaine d’utilisateurs en France. La base de données porte sur 2,6 millions de mètres carrésŒ]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[d’espaces tertiaires dans des domaines d’activité variés.Le salon Bureaux Expo se présente comme un des rendez-vous incontournables des professionnels à la recherche de réponses concrètes. On peut citer parmi les exposants des acteurs de la conception et de l’aménagement (architectes, designers...), ou du domaine des revêtements, matériaux, et accessoires (air, lu- mière...), qui apportent des éclairages sur les bons choix pour di- minuer les consommations énergétiques. Côté mobilier, les entreprises qui veulent pouvoir mettre en avant des critères d’éco- responsabilité et de durabilité trouveront des fournisseurs inno- vants proposant des équipements en matériaux recyclés, des bureaux en bois issu de forêts gérées durablement, ou encore des sièges étudiés pour avoir une longévité hors pair.Mathieu Neuwww.ecoreseau.frprojet. Les investissements im- matériels comme la publicité, cruciale pour faire décoller ses ventes, pourront être un peu mieux honorés. Soucieux de renforcer encore davantage sa trésorerie et son fonds de rou- lement, il opte également pour un crédit fournisseur. Un délai lui est alloué pour le règlement des fournitures. Problème : après quelques mois, il se rend compte du mauvais calcul que cette solution peut représenter. Il n’obtient plus les rabais, re- mises, et ristournes auxquels on bénéficie traditionnellement auprès d’un partenaire com- mercial régulier. Plus embêtant encore, il se retrouve en situa- tion de dépendance vis-à-vis de ce dernier. « Cette option de financement de court terme est souvent un réflexe à éviter. Même si elle paraît séduisante, elle consiste à entrevoir l’avenir avec les mains liées », estime Eric Picarle.conseiller en levée de fonds. Les entreprises de capital-dé- veloppement accompagnent des dirigeants qui souhaitentcation personnelle du chef d’entreprise consomment une partie non négligeable du temps disponible. Celui-ci estsionnels du capital-investis- sement apportent généralement en même temps que leurs fonds une assistance straté-Créer aujourd’hui CLUB ENTREPRENDREsouligne Eric Félix-Faure. C’est précisément la configu- ration de Pierre. Malheureu- sement, si le nombre de com- mandes à traiter est important et à l’origine de contraintesLes sociétés de capital-risque financent de jeunes sociétés innovantes en forte croissance, pouvant atteindre en cinq à huit ans les 25 millions d’euros de CAseaux. Ils fournissent aussi une vision et un engagement qui permettent de faire face ensemble aux aléas écono- miques et sectoriels.Au fil des années l’activité de Pierre n’a pas du tout suivi le même cours. Celle-ci piétine toujours, et les rembourse- ments successifs compliquent fortement ses perspectives. Nouveau choix stratégique pour donner de l’air à sa tré- sorerie : l’affacturage. « Un choix intéressant pour trouver des fonds à court terme, d’au- tant plus judicieux lorsque l’activité implique une grande quantité de factures à gérer »,ntantpropulser leur structure à un aussi soumis aux objectifs de gique de proximité et béné- échelon supérieur. Cette so- rentabilité de court terme d’une fique au projet d’entreprise, lution finance des projets de multitude d’investisseurs bour- grâce à la diversité de leurs croissance de PME déjà éta- siers. A l’inverse, les profes- compétences et de leurs ré- blies, qui ne veulent ou nechronophages, leur mo. est faible. Même avec les conditions avantageuses qu’il obtient auprès de son factor (il verse à Pierre 90% de ses créances sous 24 heures, contre une commission de 0,60% des montants cédés), le véritable tremplin pour son entreprise se fait toujours attendre.peuvent pas recourir à un fort endettement pour des raisons de taille trop modeste, ou qui se retrouvent excessivement exposées à des risques secto- riels spécifiques. Près de 95% des investissements en capi- tal-développement sont infé- rieurs à 15 millions d’euros. Bon nombre de financeurs de ce type ciblaient par le passé des sociétés d’au moins cinq ans d’existence, dont le chiffre d’affaires atteignait cinq mil- lions d’euros au minimum, et dégageant un bénéfice net d’au moins 5%. Aujourd’hui les critères sont beaucoup plus souples. De nombreux fonds de capital-risque se sont orien- tés au fil des dernières années vers le capital-développement. Sans difficulté notable, Céline et son conseiller obtiennent une enveloppe de huit millions d’euros pour accompagnement sur six ans. De quoi acheter et équiper un vaste site de production. La success story s’écrit désormais à grande vi- tesse.Mathieu NeuFORTUNES DIVERSESCéline jubile. Son capital-ris- queur aussi. Alors que ses quatre années d’engagement arrivent à leur terme, il vient de multiplier sa mise par 20. Les industriels de l’aéronau- tique adhèrent pleinement à l’innovation de rupture de la jeune ingénieure, et la visibilité obtenue lors du Salon Inter- national de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget n’a fait que booster l’enthou- siasme des professionnels du secteur. Les ventes explosent, les carnets de commandes se remplissent bien plus vite que prévu. Pour honorer la forte demande, Céline doit gonfler rapidement ses capacités de production. Sa banque se mon- tre désormais plus encline à l’accompagner en lui accor- dant un crédit, mais « compte- tenu des investissements mas- sifs à réaliser à court terme, c’est surtout le recours au capital développement qui va changer le visage de l’entre- prise », lui explique sonLa dirigeante songe un temps aux marchés boursiers et aux montants alléchants qu’ils per- mettent de lever. Mais les mises en garde lui font vite abandonner l’idée. Avec ce type de solution, la fréquence de la communication finan- cière réglementée et l’impli-AVRIL 2014]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Business guides DeslieuxtobeornottobeCrise oblige, les acteurs du secteur de l’événementiel ont su adapter leurs offres et leurs budgets aux PME. Encore faut-il bien les connaître, et choisir en adéquation avec les objectifs poursuivis par cet évènement."RSi avec ça ils ne comprennent pas que nous ne roulons plus sur l'or..."épondre aux enjeux tion sont beaucoup plus larges duit auquel est associée unegare SNCF, une autoroute, un aéroport ? N’oubliez pas que la fatigue du transport doit être proportionnelle à la durée de l’événement !- Les équipements. Il vous est nécessaire de lister les équipements nécessaires à votre assemblée plénière : le nombre de chaises doit être suffisant, les outils high-tech doivent être en état de fonc- tionner : sono, micro, visio- conférence...Un Yacht pour incentiver les troupesPourquoi ne pas donner à votre séminaire des allures de croisière ? A proscrire dans le cas où l’événement a pour but de faire accepter un plan d’austérité aux équipes... Il est en revancheune manière efficace de mo- tiver les équipes ou une for- mule idéale pour réunir un séminaire de direction. Quelques armateurs sont spé- cialement équipés pour ce type d’événement. Ils dispo- sent de voiliers pouvant ac- cueillir des groupes restreints. A partir d’une trentaine de personnes, il vous est alors possible d’emmener toute vo- tre équipe, et seulement votre équipe, sur un même bateau. C’est le cas de l’un des rares armateurs battant pavillon français équipé pour ce type d’événements, la Compagnie du Ponant. « Nous avons la possibilité de proposer des solutions clés en mains aux entreprises, explique Elisa- beth Breton Bernard, respon- sable MICE de La Compa- gnie du Ponant. Nous pro-posons une assistance pour réserver et organiser le voyage en contactant, par exemple, l’affréteur aérien ou en prenant en charge les prestations terrestres : trans- ferts, excursions, activités... En outre, à bord tout est conçu pour que les personnes puissent penser qu’ils voya- gent à bord de leur propre bateau. » Pour adapter le voyage au budget de l’en- treprise, toutes les formules sont envisageables. « Les possibilités sont nombreuses, insiste Elisabeth Breton Ber- nard. D’un groupe de dix ca- bines sur une croisière exis- tante à l’affrètement ou la privatisation d’un de nos ba- teaux, nous proposons tous types de prestations. Les croi- sières durent de deux à sept nuits, voire plus... » Les des-vitaux des PME que ce qu’ils croient généra- conférence de presse, toutespasse avant tout par lement. les idées sont permises, à une excellente maîtrise du condition que ce lieu soitcapital humain de l’entreprise. La communication efficace est devenue un enjeu majeur, avec les équipes internes, mais aussi les clients, les fournisseurs, les distributeurs, les actionnaires... Pour une petite entreprise, satisfaire les exigences de chacun passe par du sur-mesure lors de l’organisation d’événements. Le choix du lieu est devenu une question stratégique. Les dirigeants de PME pensent parfois, à tort, que les lieux de séminaires les plus pres- tigieux sont réservés aux grandes assemblées de mul- tinationales. L’offre s’est en fait considérablement étoffée, et les options à leur disposi-40 AVRIL 2014LE LIEU, UN CHOIX IDENTITAIRE AVANT TOUTQue cela soit volontaire ou non, le choix du lieu de l’évé- nement sera toujours associé à l’image de l’entreprise. Ce lieu doit avant tout refléter le contenu de l’événement. Pour un séminaire de travail ou une convention visant à aboutir à une restructuration, privilégiez la sobriété et la proximité... Vous souhaitez remercier et féliciter vos col- laborateurs suite à de bons résultats ? Une destination étrangère, plus coûteuse mais également plus valorisante, sera bienvenue. Enfin, dans le cas d’un lancement de pro-l’écrin adapté à votre pro- duit... Ces endroits peuvent souvent être privatisés, le coût dépendra alors du pres- tige et du manque à gagner généré par la privatisation.LES CONTRAINTES MATÉRIELLESLe lieu choisi devra être équipé et pratique pour tout le monde. A ce titre, les points essentiels à lister semblent être les suivants :- L’accessibilité. Ce lieu est- il central et facile d’accès pour l’ensemble des per- sonnes conviées ? Est-il fa- cilement desservi par des transports en communs, uneŒ]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[Ce soir, je dors en apparthotel ! Residhome Apparthotel ouvreà Roissy et Neuilly-PlaisanceNouveau !Pour vos séjours professionnels ou touristiques, réservez au 01 53 23 38 38Découvrez nos 26 apparthotels 3 et 4 étoiles en France sur www.residhome.comRCS Paris 488 885 732 - ©REA 2014 - Crédit photo : Rodolphe Franchi - Photo non contratuelle - EcoRéseau 03/14]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Business guidesconventions, séminaires, congrès, activités diverses de team building... » Sachez en outre que la privatisation partielle du site est possible, d’une attraction en particulier ou d’un espace du parc pour organiser un dîner par exem- ple. Bien entendu, des ani- mations peuvent agrémenter les temps de convivialité. Evolution marquante, les évé- nements d’entreprise s’orga- nisent de plus en plus tard. « Idéalement, nous deman- dons un mois de délai », ex- plique Eloy Courcoux. Cer- taines activités de team buil- ding nécessitent en effet une logistique spécifique. Atten- tion aux périodes historique- ment chargées en matière d’événementiel que consti- tuent les rentrées de janvier et septembre. Pour réserver à ces périodes, il faudra vousdistances entraînant pertes de temps et frais de transports. Pour le très haut de gamme, avec une bonne implantation en Île-de-France, Regus est le mieux placé. « Le 30 » situé au cœur du 8e arrondis- sement de Paris est également une référence. Ateac constitue un autre réseau bien implanté dans les grandes capitales d’Europe.un séminaire, un congrès ou une séance de team building. Ce choix est immanquable- ment celui du prestige. Des réseaux regroupant des éta- blissements répondant aux critères de séminaires pro- fessionnels existent. Tel est le cas de Châteaux & Hôtels Collection, qui compte une centaine de lieux en France. Pour un team building, un comité de direction, une jour- née d’étude, une organisation de roadshow, ces lieux sont en principe parfaitement adaptés aux attentes des or- ganisateurs. La marque Relais & Châteaux s’est également positionnée sur le créneau. Elle propose, partout en Eu- rope, une sélection de 100 lieux dédiés aux événements d’entreprise. Tous répondent aux exigences du réseau en termes de qualité gastrono-UN HÔTELAprès avoir vérifié l’acces- sibilité de l’hôtel, reste à vé- rifier sa capacité à accueillir un événement. Quel type de salle propose-t-il ? Dans le cas où les participants doivent prendre des notes, vous devez vous assurer que cela sera possible. Pour un séminaire, assurez-vous qu’une dispo- sition en U est possible. Pour une formation dans laquelle"Le temple bouddhiste devrait un peu les calmer"à proximité des grandes ag- glomérations, de réunir en un lieu unique toutes les in- frastructures nécessaires à une journée réussie : salles de conférence, attractions, restauration... En outre, ces parcs proposent généralement des prestations à la portée des budgets les plus restreints. Et ne pensez pas que, parce que votre lieu de séminaire se situe au milieu d’un parc d’attraction, votre séance per- dra tout son sérieux. « Nos salles de réunion ont un as- pect très corporate », ex-Analyse du team buildingLes parcs d’attraction, par exemple, proposent des tarifs ultra-compétitifs à la portée de tous les budgetstinations les plus luxueuses deviennent alors accessibles : archipels exotiques, criques confidentielles, rencontres avec les baleines sur les rives du Saint-Laurent, cabotage d’île en île dans les Ca- raïbes...plique Eloy Courcoux, di- recteur Business Solution de Disneyland Paris. Pas de risque de voir surgir Mickey ou Bob l’Eponge au milieu d’une séance de travail ! Dans les parcs d’attraction, travail et loisir sont bien distincts. « Il est rare que les séances de team building ne soient pas précédées d’une réunion à caractère professionnel », constate Eloy Courcoux. Là encore, l’événement fait l’ob- jet d’une formule à la carte. « Nous pouvons organiser tous types d’événements :y prendre très à l’avance. Enfin sachez que les parcs d’attraction proposent souvent des tarifs ultra-compétitifs qui placent leurs offres à la portée de tous les budgets. Chez Disney, une journée d’étude comprenant la loca- tion de la salle de réunion, deux pauses café, ainsi que le déjeuner entre dans un for- fait de 70 euros par per- sonne...les participants devront pren- dre beaucoup de notes sur leur ordinateur portable, une disposition de type « salle de classe » sera la plus adap- tée. N’oubliez pas que l’accès Internet ne va pas toujours de soi dans ce type de salles. Si celui-ci est indispensable, assurez-vous qu’il est possi- ble. La visite des lieux est quasi indispensable. Lorsqu’il s’agit d’engager un tel budget, il est impensable que le but ne puisse être atteint en raison des contingences matérielles. Si l’hôtel retenu ne dispose pas d’une salle de restaurant ? Assurez-vous que des res- taurants acceptables, voire de qualité, sont situés à proxi- mité. Si l’événement dure plusieurs jours, pensez à va- rier les prestations. Il est alors conseillé de négocier des me- nus à choix multiples. Cela permet en premier lieu de maîtriser l’horaire et le bud- get, ce qui est plus compliqué dans le cas d’un choix à la carte. Enfin, la possibilité du choix vous permet d’éviter les problèmes d’allergie, de régimes et autres restrictions alimentaires.mique et de services sur me- sure. Relais & Châteaux a même créé une formule per- mettant aux entreprises d’of- frir à leurs collaborateurs, partenaires ou meilleurs clients des prestations de haute qualité au sein d’éta- blissements sous forme de « Chèques Invitation » ou de forfaits. Enfin, certaines villes, telle Blois, se posi- tionnent activement sur le créneau du tourisme d’af- faires. L’office de tourisme de Blois-Chambord a créé un service « Blois-Congrès » pour répondre aux demandes des entreprises avec une offre sur-mesure : devis, organi- sation générale de l’événe- ment, gestion de l’héberge- ment et du transport, réser- vation de matériel adapté, propositions originales pour des soirées ou animations à thème, possibilités de visites virtuelles du château... CeUN PARC D’ATTRAC- TION POUR UN ÉVÉ- NEMENT À MOINDRE FRAISUN CENTRE D’AFFAIRESLe choix du centre d’affaires est sans conteste celui du sé- rieux et de la garantie d’accès aux outils de travail. Tout y est conçu pour que l’entre- prise puisse se concentrer sur son cœur de métier. Hôtesse d’accueil, pauses café, pro- jecteurs, Internet... Vous pou- vez également choisir faci- lement le type d’espace sou- haité ainsi que la configura- tion de la salle. La disponi- bilité n’est pas un problème, puisqu’il est souvent organisé en réseaux de sites. En re- vanche, le coût est assez élevé. Attention toutefois, ces centres d’affaires sont par nature situés au cœur des quartiers d’affaires des grandes agglomérations. Si la réunion de travail est as- sociée à une séance de team building, méfiez-vous desGrande tendance en matière de lieu de séminaire : les parcs d’attraction. Ils pré- sentent l’avantage de se situerDes lieux aux vertus insoupçonnées- Afficher l’estime de l’entreprise pour son personnel. Un team building est sou- vent perçu par le salarié comme une forme de récompense d’un travail de qualité. Il ap- précie le fait que l’entreprise, agissant habi- tuellement dans une logique de profit, « dé- pense » de l’argent pour lui faire plaisir. Le choix du lieu doit aussi être vu comme une forme de gratification- Construire l’image de l’entreprise.Une séance de team building bénéficie à tout le monde... et en premier lieu à l’en- treprise elle-même. Sachez qu’en optant pour tel ou tel lieu, vous en dites plus sur vous que des dans pages entières de plaquette42 AVRIL 2014corporate. N’oubliez pas en effet que vos employés sont aussi accros à Twitter, Facebook, à leurs mails ou à leurs textos...- S’extraire de la routine pour mieux réfléchir. Le dépaysement peut être une condition de la résolution de certaines diffi- cultés. Il arrive que, enfermée dans la routine, une équipe ne parvienne pas à surmonter un problème spécifique. Le dépaysement dans un château, un manoir, un mas, aide parfois à se détacher de ce quotidien en- combrant... et à voir les choses autrement. Il permet de nouer des relations différentes avec ses collègues, favorisant la recherche de solutions.n outre pour mis-UN CHÂTEAUservice a e.sion de faire découvrir la ré- gion et organise toutes sortes de sorties : visite des vieux quartiers en calèche, révision de l’histoire de France avec le spectacle son et lumière, etc. Passer par les services dédiés des villes peut s’avérer judicieux.Si l’accessibilité d’un château n’est pas celle d’un centre d’affaires, il n’est pas moins un lieu idéal pour organiserMarie Bernard]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Business guidesEn sous-régime ?Constructeurs comme gestionnaires de flotte marchent sur des œufs en ce début d'année. La prudence n'empêche cependant pas de croire en des solutions innovantes.d’entretien conséquents. Chez ERDF, l’entreprise souhaite passer de cinq à trois ans l’âge moyen des véhicules d’ici 2018, en espérant faire chuter la consommation de 5%. Enfin, l’éco-conduite fait aussi partie des moyens de faire baisser la consomma- tion. Le mot d’ordre est le même que celui insufflé par votre conjoint(e) exaspéré(e) par votre conduite : « Maîtrise ton freinage et conduis plus souplement en ville ! ». Plus facile à dire qu’à faire. Plus aisé à Montélimar qu’à Paris. Pourtant, l’entreprise Jun- gheinrich, présente entre au- tres à Rungis, Vélizy Villa- coublay et Roissy, tente la réduction carbone par ce biais, avec la mise en place d’un plan carbone jusqu’à 2020 après un premier test réussi sur une vingtaine de salariés. L’objectif : une baisse de 10% d’émission de CO2 avec la formation de ses 550 salariés.une progression de 32% sur ce segment en 2013 versus 2012. C’est un signe fort de l’acceptation de nos produits par les professionnels. Même si nous restons en phase de démarrage, les 2500 ventes aux entreprises illustrent une tendance vertueuse et dyna- mique », assure Dominique Gobin. L’optimisme de ces chiffres traduit d’abord un engagement constructeur en faveur des réglementations environnementales. « La chose à retenir en matière de fiscalité ? Pour profiter du barème plus sévère, il faut des véhicules de moins en moins émetteurs de CO2. Si le bonus fait partie de la fis- calité, l’élément déterminant demeure la TVS. Car elle touche le véhicule lui-même, que l’entreprise soit locataire ou propriétaire du véhicule », analyse Guillaume Pomme- reau, rédacteur en chef de Flotauto. Challenger, le CO2 va donc s’exprimer par la recherche de taux d’émission plus faibles. « La principale nouveauté du salon de Ge- nève chez Jaguar et Land Rover est l’annonce de l’ar- rivée de la Jaguar XE en 2015. Berline sportive avec un taux de rejet de CO2 sous la barre des 100g/km grâce à une structure monocoque aluminium et une nouvelle famille de moteurs baptisée « Ingénium », décrit Boris Virfeu, directeur des ventes corporate chez JLR. La Ja- guar XE sera adaptée aux besoins des entreprises et af- frontera les BMW Série 3, Audi A4 et Mercedes Classe C. Le lancement du Range Rover Evoque en 2011 avec un taux d’émission CO2 de 129g/km, les motorisations 2.2L Diesel chez Jaguar et Land Rover et la déclinaison Sportbrake de la Jaguar XF résument la diversification de notre gamme tout en pre- nant en compte les nouvelles contraintes fiscales. » Pour Renault, le curseur est tourné vers la Clio IV et le SUV Captur, prochains fers de lance de la business serie. Dans le segment C, le lifting pour les Mégane et ScenicLe plus dur dans l'autopartage professionnel, c'est de garder ce sourire crispé devant les collègues pendant tout le trajeta douceur de l’hiver cité des entreprises à faire optique, le TCO (Total Cost Chez Hyundai Motor France, ne pouvait pas qu’an- fléchir leur coût de gestion. of Ownership) ne fait pas Dominique Gobin, directeur ticiper la saison des toujours parole d’évangile. ventes flottes explique com-RÉGIME DUKAN POUR LES CONSTRUCTEURS ? Une année 2013 en demi- teinte et une année à venir marquée du sceau de la pru- dence. Malgré un quotidien sous tension, le marché des flottes automobiles reste por- teur d’espoir pour les constructeurs. Si les marques automobiles auront encore beaucoup à nous révéler pour le Mondial de l’automobile en septembre, certains constructeurs ont déjà eu leLbarbecues et du glaçon dans TOUR DE VIS FISCAL : A l’occasion d’une table ment éviter ce revirement :le verre de rosé. Les pics de pollution dans une grande partie de l’Hexagone ne font que renforcer les considéra- tions fiscales et environne- mentales. Circulation alternée à Paris et gratuité des trans- ports en commun d’un côté. De l’autre, législation plus contraignante en 2014 et re- port de la prime de conversion pour le diesel récemment an- noncé par Arnaud Monte- bourg au salon de Genève. Dans ce contexte tendu, les constructeurs s’adaptent, avec ingéniosité, pour s’adapter au tour de vis fiscal, avec notamment une recherche de motorisations moins gour- mandes et l’établissement de centres dédiés à la gestion d’entreprise. En parallèle, l’autopartage, la location en moyenne durée ou l’éco- conduite incarnent la pugna-44 AVRIL 2014UNE INCIDENCE ronde entre constructeurs et « Pour développer notre no- VERTUEUSE ? gestionnaires de parcs, le toriété, je crois en la stratégie Un barème bonus/malus plus transporteur DHL a démontré du prêt et en notre pro- sévère et une TVS qui ne l’importance dans son métier gramme d’essais. Qu’il cesse d’augmenter dans un d’agir sur le coût total du s’agisse d’un artisan, d’une contexte de crise ! Côté en- colis livré plutôt que sur le PME ou de grands comptes. treprises, la rigueur s’exprime TCO à proprement parler, Cela nous a permis deSecond levier de performance pour les entreprises : le choix de la frugalité en matière de consommation etd'émission de CO2bien évidemment par la ferme volonté de réduire les coûts tout en réduisant l’emprunte carbone du parc à gérer. Bien entendu, cette rigueur de ges- tion des flottes passe par de l’audit avec une question pleine de bon sens : le parc existant correspond-il aux besoins réels ? Dans cettetrop variable selon les tour- nées du transporteur. Ailleurs, la marche arrière de l’entre- prise Kone, au départ très enthousiaste à l’égard de l’of- fre électrique, illustre que ce marché, pourtant plein de promesses, demeure balbu- tiant quant à l’étendue de ses applications professionnelles.conquérir des parcs de 300 à 400 véhicules ». Second levier de performance pour les entreprises : le choix de la frugalité en matière de consommation et d’émission de CO2, qui passe par un re- nouvellement de la flotte, impliquant à très court terme des frais de réparation etnez plus creux que d’autres en se plaçant sur des segments de marché porteurs : en atteste le succès des modèles i30 sur le segment C et i40 sur le segment D pour la marque Hyundai : « Nous connais- sons un fort développement des immatriculations (hors loueurs courte durée), avecŒ]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9CLUB ENTREPRENDRE Business guidesest déjà prévu de longue date. Côté motorisation, Renault souhaite aussi lancer la Twingo en version essence pour développer l’offre auprès des flottes. Wait and see...compte le potentiel commer- cial de ces motorisations. Mais pour l’instant les lignes bougent peu en matière de best-sellers : la Yaris HSD constitue 50% des ventes hy- brides en France pour le constructeur nippon. Suivent ensuite la Toyota Auris HSD, la Peugeot 3008 Hybride, la- bellisée Origine France Ga- rantie et la Peugeot 508 HY- brid 4 (85 g/km, soit un bonus de 150 euros).mereau. Autre tendance, l’au- topartage existe depuis des années mais sous une déno- mination différente. Derrière la cure de jouvence marke- ting, le phénomène se déve- loppe grâce à des moyens technologiques et des logi- ciels de gestion innovants et correspond notamment à l’usage du véhicule électrique en milieu urbain. » Les avan- tages sont nombreux : un temps d’immobilisation des voitures plus court et des frais de mobilité réduits comme l’utilisation des taxis par exemple. Encore faut-il que l’achat corresponde aux usages. Si l’autopartage ali- mente la demande en voitures électriques, certains construc- teurs vont même plus loin en s’associant avec des spé- cialistes du partage de pools de voitures. Preuve à l’appui avec l’alliance entre Carbox et la marque aux chevrons pour dynamiser les ventes de sa C-Zero. La solution, Citroën Business Connected, à destination des entreprises et des collectivités, se maté- rialise sous la forme d’un package de services inno- vantes liés à l’électrique : accompagnement à l’implé- mentation, suivi de la batterie à distance, etc. Mais aussi plus classiques : assurance, entretien, nettoyage, systèmes de réservation et d’ouverture des voitures par badge, etc.Parmi les gestionnaires, Mi- chelin et DHL parient sur ce mode de gestion du parc au- tomobile. Cette année, le Bi- bendum teste l’offre Bettercar en se dotant de 17 véhicules électroniques – Peugeot iOn et C-Zero, avec à l’appui 24 bornes rechargeables pourL’HYBRIDE, LENTEMENT MAIS SÛREMENTL’Etat sur le banc des bons élèves pour les motorisations alternatives ! L’année der- nière, il s’était effectivement donné comme objectif d’in- tégrer 25% de véhicules élec- triques ou hybrides dans ses achats, soit environ 700 mo- dèles. Pari tenu voire même rempli avec zèle puisque le parc des différents ministères s’est doté de 700 véhicules à motorisation hybride et 500 voitures électriques. L’essor progressif de ce type de vé- hicules s’explique par le beau compromis qu’il incarne, en- tre le souci de limiter la pol- lution et le besoin d’autono- mie des conducteurs. Autres facteurs à ne pas négliger, l’influence du bonus écolo- gique appliqué à ces modèles – jusqu’à 6300 euros dans la limite des 27% du prix d’ac- quisition pour les véhicules avec un taux d’émission entre 0 et 20g/km –, et l’exemption temporaire à la TVS (cf en- cadré). Ce sont donc 47000 véhicules vendus en France en 2013 toutes ventes confon- dues. Les constructeurs ont bien évidemment pris enINNOVATIONS DANS ET EN DEHORS DE L’HABITACLEAutre enjeu de taille pour les constructeurs, celui de proposer un niveau de ser- vices à moindre coût grâce à une collaboration serrée avec les services achats, RH et flottes automobiles des en- treprises. Pour ce faire, « d’un point de vue organisationnel, nous renforçons notre réseau grâce à la création de nou- veaux business centers et de transit centers dédiés res- pectivement à la gestion des flottes et aux véhicules utili- taires (VU). Ils possèdent des normes et des services supé- rieurs à ceux des conces- sionnaires classiques », constate Philippe Flon direc- teur de Ford Entreprise. Même stratégie chez Jaguar, confie Boris Virfeu : « 2014 est pour JLR une année de consolidation de la crois- sance. Afin d’être toujours"Roule blaireau ! Je suis en retard à mon cours d'écoconduite !"plus proches de nos clients et de répondre efficacement à leurs besoins, nous lançons la plateforme Jaguar Land Rover Business (JLRBusi- ness.fr) à destination desconducteurs de véhicules de fonction haut-de-gamme, ges- tionnaires de flottes, profes- sions libérales et chefs d’en- treprise. » Outre la motori-modèles des trappes sous les sièges et une galerie intégrée pour davantage d’ergonomie. Pour les business series, les équipements sont adaptés auxQuid de l'exonération à la TVS ?Si le bonus fait partie de la fiscalité, l'élément déterminant demeure la TVS. Car elle touche le véhicule lui-même, que l'entreprise soit locataireou propriétaire du véhiculeMoins de 50 g de CO2 par kilomètre, c'est le principe général d’exonération. Viennent ensuite deux cas de figure particuliers liés à l'activité de l'entreprise et à la motorisation du véhicule (engins hybrides). Sont donc exempts de taxe, l'ensemble des véhicules destinés à la vente (voiture des négociants en au- tomobile), à la location, au transport public (taxis), aux compétitions sportives et à l'enseignement de la conduite au- tomobile. Les moteurs qui combinent une motorisation classique (essence ou diesel) avec l'énergie électrique doivent émettre moins de 110g/km de CO2 pour pouvoir jouir d'une exoné- ration temporaire. En matière d'imma- triculation, cela concerne l'ensemble des véhicules portant la mention EE ou EH, (motorisation essence rechar- geable ou pas) GL ou GH (motorisation diesel rechargeable ou pas) dans la rubrique P3 de la carte grise. La période d'exonération s'applique pendant 8 trimestres à partir du 1er jour du tris- mestre en cours à la première date de mise en circulation.48 AVRIL 2014sation, ce besoin de proximité avec les entreprises se concré- tise donc par des services in- novants qui engendrent aussi de la R&D sur certains mo- dèles, notamment en matière de connectique. « Pour les VU les professionnels invo- quent des critères plus ra- tionnels qu’émotionnels, poursuit Philippe Flon. Le client s’intéresse à des choses plus concrètes liées à leur usage métier. Et notre gamme de produits offre, entre autres, l’emergency call en cas d’ac- cident en cohérence avec le pays d’appel, l’alerte vigi- lance, un système bluetooth de reconnaissance vocale, voire même pour certainsprofessions ultra-mobiles. » L’ensemble de ces innova- tions expliquent pourquoi Ford demeure la marque la plus primée en matière de VU.Taux d'émission de dioxyde de carboneTarif applicable par gramme de dioxyde de carboneJusqu'à 50 g/km0€De 51 à 100 g/km2€De 101 à 120 g/km4€De 121 à 140 g/km5,5 €De 141 à 160 g/km11,5 €De 161 à 200 g/km18 €De 201 à 250 g/km21,5 €À partir de 251 g/km27 €CAP SUR L’AUTOPARTAGEEN 2014« En parallèle de la LLD, d’autres offres se développent, mais hors du contexte fiscal : la moyenne durée prend de l’ampleur même s’il faut res- ter mesuré parce qu’elle cor- respond à un segment de marché qui n’était pas encore couvert par les offres exis- tantes, décrit Guillaume Pom-riés du site deSouce: http://vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/ mise à jour le 02/07 par La Direction de l'information légale et admi- nistrative (Premier ministre)ses 4000 sala. Clermont-Ferrand qui espère réduire ses émissions de 20 tonnes par an. De même le CEA de Grenoble a mis en place 20 Renault Twizy pour les déplacements internes au site. Bientôt, vous partagerez votre véhicule avec le comité de direction !Geoffroy Framery]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[Besoin d'optimiser la gestion de votre flotte automobile ?Choisissez les solutions Hertz et bénéficiez de nombreux avantagesI Location au mois Hertz flexiRent• Flexible, pas d'engagement au-delà des 30 premiers jours de location•• Garantie, entretien, assistance et véhicule de remplacement inclusPas d'immobilisation de capitalTMI Flotte dédiée en mode autopartage• Moins de véhicules, mieux utilisés, pour réduire vos coûts de flotte• Pilotage et suivi de l'activité en temps réel• Réduction des coûts de déplacement de vos collaborateurs (taxis, navettes)I Location de notre technologie autopartage à installer dans votre propre flotteContactez-nous :Tél : 0 825 030 040 (N° indigo : 0,15€ ttc/min) E-mail : hertz_entreprises@hertz.com hertz.fr]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE DécryptageStanford pour toustout en créant un enseignement davantage axé sur les interactions entre étudiants et Savec l’équipe pédagogique, voici la promesse des « Mooc », les Massive OnlineEvénement« Modes de vie, modes de ville »Le club UrbanTrends dédié à la prospective urbaine, animé par le ca- binet d’études marketing UBTrends, a réuni pour la quatrième fois – le jeudi 20 mars au Palais de Tokyo à Paris - décideurs d’entreprises et de collectivités locales, architectes, designers, urbanistes, opérateurs de l’immobilier, de l’énergie et des transports pour débattre des nou- velles façons d’habiter, innover et travailler en ville. « Les acteurs de la ville sont très souvent enfermés dans des chapelles ; les urbanistes et les architectes entre eux, les pro- moteurs avec les investisseurs, les « numériques » avec les « digital min- ded », les acteurs des transports et de la mobilité en circuit fermé », soutient Adeline Attia, dirigeante d’UBTrends et fondatrice du Club UrbanTrends. C’est donc l’approche décloisonnée – soutenue aussi par EcoRéseau – qui est prônée, alors que l’évolution des modes de vie et des imaginaires influence considéra- blement nos manières d’habiter la ville, la maison et le bureau. Celles- ci sont devenues complètement inter- dépendantes, fluides, conditionnées par de nouvelles mobilités phy- siques et virtuelles. Appartements, immeubles de bureaux, zones d’ac- tivité, friches, hôtels, gares, aéro- ports sont autant d’espaces que se réapproprient ensemble et non sépa- rément les habitants mobiles que nous sommes devenus. Or dans les faits, encore aujourd’hui, les profes- sionnels de l’immobilier et de l’ur- banisme semblent ne pas tenir suffisamment compte des styles de vie dans la conception des espaces à habiter. D’où les trois débats qui sont lancés. Nouveaux modes d’ha- bitation en ville et prospective, styles de vie et environnements de travail, influence de l’hôtellerie sur l’habitat du futur. Le « comment ha- biter ensemble » est au moins aussi important que le « comment construire des parcs ou des auto- routes ».Donner à tous gratuitement accès aux meilleurs professeurs et aux meilleurs cours,alman Khan peut remercier lions de vidéos vues depuis sa les difficultés en mathé- création (six millions d’utilisateurs matiques de sa nièce Nadia. chaque mois) et ses sept millionsEn 2005, cet analyste financier de dollars annuels de budget,pour un hedge fund de Boston, originaire d’Inde et du Bangla- desh, commence à donner des cours d’algèbre et de géométrie à sa jeune parente, sur le bloc- notes Doodle de Yahoo. Pour partager ses enseignements avec d’autres proches, il décide de poster ses vidéos sur YouTube, où elles sont visionnées par de plus en plus d’internautes ano- nymes, et recueillent les com- mentaires d’élèves enthousiasmés par la pédagogie du prof impro- visé. Surpris par le succès qu’il rencontre, le trader plaque son job en 2009 pour se consacrer àn’est qu’une des nombreuses pla- teformes qui animent, depuis quelques années, le phénomène de « l’open education », ou édu- cation ouverte. Le mouvement, qui vise à créer et distribuer via Internet des ressources éducatives libres et gratuites, est mieux connu sous l’acronyme Mooc (Massive Online Open Courses), ou for- mations libres ouvertes à tous. Après avoir bouleversé les in- dustries de la musique, des mé- dias, ou encore l’univers de la distribution, Internet porterait-il à présent les germes d’une révo- lution de l’enseignement ? A l’oc-Open Courses. La révolution de l’enseignement est en marche.Les Moocs rendent possible la formation tout au longde la vieplein temps à son « œuvre so- ciale ». La Khan Academy est née, avec l’objectif de « fournir un enseignement de grande qua- lité à tous, partout » grâce à ses milliers de mini-leçons sur les mathématiques, l’histoire, l’éco- nomie, la physique... Le principe, d’une grande simplicité, n’a pas changé depuis les premiers cours de Salman à Nadia : un tableau noir sur lequel les exercices se dessinent et une voix-off pour les explications. Pour le fondateur de l’académie, le succès de ses vidéos tient justement dans l’ab- sence de professeur entre l’élève et la matière, retirant la présence du sachant intimidant. De plus, les étudiants n’ont pas de scru- pules à mettre sur pause et à re- jouer les vidéos autant de fois qu’ils le souhaitent, jusqu’à la compréhension parfaite de l’exer- cice, ce qui serait impossible dans une classe de 30 élèves. Surtout, l’apprentissage mute de passif à actif, s’adaptant ainsi aux besoins de la « génération Z ».casion d’une conférence TED, Salman Khan confiait son rêve : « construire une salle de classe unique à l’échelle du monde ». On n’en est pas encore là, mais de vrais changements sont à l’œu- vre : en septembre 2013, une vingtaine d’Universités du Royaume-Uni ont créé une pla- teforme pour rassembler leurs Moocs ; 30000 écoles travaillent déjà avec la Khan Academy, qui développe des outils pour opti- miser le travail du professeur, notamment en mesurant la pro- gression des élèves. La France n’est pas en reste, puisqu’en oc- tobre 2013, la ministre de l’En- seignement supérieur Geneviève Fioraso a lancé France université numérique (FUN), une plateforme destinée à promouvoir les cours massifs en ligne en France. Le projet a reçu 12 millions d’euros via le Programme d’investisse- ments d’avenir (PIA) et les pre- miers cours, réalisés avec des universités, sont disponibles de- puis janvier.L’enseignement avant et après les MoocsRÉVOLUTIONLe cabinet Deloitte estime que les cours en ligne sont l’une des principales tendances technolo-giques qui marqueront l’année 2014 et selon ses prévisions, « les Moocs pourraient représenter jusqu’à 10% des cours dispensés dès 2020, notamment dans le ca- dre de la formation continue ou pour ceux qui n’ont pas accès à l’enseignement traditionnel pourdes raisons financières ou géo- graphiques ». De fait, les connais- sances ne sont plus acquises une fois pour toutes à la sortie de l’école et les compétences défi- nitivement validées par un di- plôme. Les Moocs rendent pos- sible la formation tout au long de50 AVRIL 2014La Khan Academy, ses 280 mil-]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frDécryptage STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEun modem 56k et un forfait 50 heures d’AOL, la création d’un site internet était un rite de passage. Mais peu de sites de collégiens auront eu le destin d’OpenClassrooms. En 1999, Mathieu Nebra a 13 ans et pour aider ses amis à créer leurs sites web, il ou- vre le Site du Zéro, où il dis- pense des cours de langage HTML. Les années passent et à mesure que le design du site s’améliore et que la liste de tutoriels s’allonge, la po- pularité et la communauté du site grandit. « On faisait des Moocs sans que le phé- nomène ait encore été nommé », explique son fon- dateur. En 2009, son diplôme d’ingénieur en poche, Ma- thieu Nebra décide de consa- crer tout son temps et son énergie à son hobby de jeu-la vie. Mathieu Nebra, le pré- sident de la plateforme Open- Classrooms, énumère quelques uns de leurs points forts : « Ils suppriment les frontières des pays et des uni- versités. Les cours se font à une plus grande échelle, et comme ils ne dépendent pas de la présence du professeur, chacun peut les suivre à son rythme. A terme, les coûts de l’éducation vont baisser, per-prenants. Nous allons passer d’une culture de l’enseigne- ment à une culture de l’ap- prentissage, où l’on prendra davantage en compte les pra- tiques des utilisateurs, car l’audience deviendra un cri- tère d’évaluation des cours ». Laurent Boinot, cofondateur de la plateforme Neodemia, ajoute qu’ils « permettent d’améliorer les techniques pédagogiques. Ainsi, la pla-Mais les Moocs sont perfec- tibles. Leur principale critique tient au fort taux d’abandon des apprenants après leur ins- cription, qui excède souvent 80%. Mathieu Nebra relati- vise : « Certes, les Moocs sont moins engageants qu’une inscription à l’uni- versité, tant d’un point de vue financier que moral, mais au-delà du taux d’abandon, il faut compter en valeur ab-STANDFORDsuivent un projet de sa conception à sa mise en ligne, définissant les médias à uti- liser, les types d’interaction sociale (quizz, devoirs...). ; et des techniciens qui trans- forment les idées en supports de cours opérationnels et complexes ».Le succès des ressources pé- dagogiques gratuites fait émerger un nouveau marché. Depuis quelques années, à l’instar de la Khan Academy, de nombreuses start-up ont créé leur propre plateforme hébergeant des vidéos et des contenus interactifs, et per- mettant une interactivité entre professeurs et étudiants. Les Etats-Unis ont pris une lon- gueur d’avance, puisqu’ils hébergent quelques uns des principaux acteurs, comme Udacity, Coursera ou edX. Udacity a été lancée au début de l’année 2012 par Sebastian Thrun, un brillant professeur de Stanford. Son premier Mooc, « Introduction à l’in- telligence artificielle », très proche du cours qu’il dis- pensait dans l’université ca-Pour financer ses projets, la plateforme française compte pour moitié sur la publicité en ligne, et pour moitié sur les livres et e-books tirés de ses Moocs. Depuis peu, elle a aussi lancé une offre pre- mium donnant accès à tous les e-books et toutes les cer- tifications du site. Coursera et Udacity, de leur côté, ont noué des accords payants avec des universités, vendent des certificats à leurs étudiants – 50 à 100 dollars l’unité – et cèdent des fichiers aux en-Le succès des ressources pédagogiques gratuites fait émerger un nouveaumettant une démocratisation de l’enseignement. » Pour Cyril Bedel, fondateur de la plateforme Edunao, « les Moocs vont faire évoluer l’en- seignement traditionnel, car les profs qui les essaient se rendent compte qu’ils amé- liorent l’expérience des ap-teforme Udacity a divisé les étudiants d’un cours en deux groupes d’environ 50000 cha- cun. Le premier voyait le vi- sage du professeur en haut à gauche de l’écran, l’autre non. Le premier groupe a eu un taux de réussite supérieur au second. »solue. Par exemple, plus de 5000 personnes sont allées au bout de notre cours sur HTML 5, et 95% des élèves qui apprennent ce langage en écoles d’informatique fi- nissent sur notre site. »MODEM 56Kainsi parle.seulement à ses commerciaux, mais aussi à des trésoriers d’entreprise et des entrepre- neurs qui ne sont pas forcé- ment ses clients. » Une ma- nière originale de transférer des fonds du budget com- munication vers le budget formation.lifornienne, a réuni 160000 étudiants malgré la com- plexité du sujet. Il revendique aujourd’hui 1,6 million d’uti- lisateurs.marchétreprises en quête d’experts. La plateforme française Neo- demia, fondée par Laurent Boinot et Samuel Soubeyran en 2013, a opté pour un autre modèle : accompagner des entreprises pour produire les cours dont elles ont besoin. Neodemia a ainsi aidé les éditions Aux Forges de Vul- cain à lever, sur la plateforme de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank, les 4500 euros nécessaires à la réalisation d’un cours sur l’écriture d’une œuvre de fiction. Le travail collaboratif des étudiants a permis l’édition d’un livre « crowdsourcé » et l’éditeur a pu identifier de nouveaux talents. Autre exemple : Neo- demia a accompagné BNP Paribas dans la réalisation d’un cours sur la réglemen- tation Sepa (Single euro pay- ment area). Laurent Boinot explique la démarche : « C’est une forme de communication indirecte. Plutôt que de dif- fuser un module de e-learning en interne, la banque peutCoursera a été lancée quelques mois après Udacity par des professeurs d’infor- matique de Stanford. Elle mène une politique de par- tenariats avec des universités qui lui fournissent le contenu pédagogique – HEC, Poly- technique, Centrale Paris pour la France. Depuis sa création, le site a levé 65 millions de dollars. C’est cinq de plus qu’edX, la plateforme fondée en mai 2012 par Harvard et le Massachussetts Institute of Technology (MIT), qui ont chacun apporté 30 mil- lions de dollars. En novembre 2013, elle revendiquait plus de 1,6 million d’utilisateurs dans ses 130 cours offerts par près d’une cinquantaine d’universités partenaires. En Europe, c’est l’Ecole Po- lytechnique Fédérale de Lau- sanne (EPFL) qui a été pré- curseur, en lançant sa plate- forme en avril 2013. La France compte aussi quelques start-up prêtes à en découdre sur ce marché en plein boom, mais aux inconnues encore nombreuses.nesse qui a grandi avec lui. Aujourd’hui, le Site du Zéro s’appelle OpenClassrooms – pour viser plus loin – emploie 25 personnes, réalise 1,5 mil- lions d’euros de chiffre d’af- faires dans l’éducation en ligne, et accueille 2,5 millions de visiteurs uniques par mois. Si ses cours concernent en- core en grande majorité l’in- formatique, d’autres matières s’y ajoutent progressivement, comme les maths, la phy- sique, la chimie ou la finance. « Parmi nos visiteurs, il y a beaucoup d’étudiants post- bac et de jeunes diplômés, mais aussi des professionnels en reconversion profession- nelle », explique Mathieu Nebra.Pour les informaticiens en culotte courte qui ont grandi avec l’émergence d’Internet,Aymeric MarolleauMODÈLE ÉCONOMIQUESi les Moocs sont gratuits pour les étudiants, il n’en va pas de même pour les plate- formes. Le coût de leur pro- duction varie selon la com- plexité des contenus : s’il s’agit d’une simple captation d’un cours d’amphi, il reste marginal, « mais un bon Mooc coûte entre 30000 et 50000 euros », compte Ma- thieu Nebra. Un prix qui comprend notamment les ex- perts chargés de la réalisation. Chez OpenClassrooms, les équipes se composent de deux types de profils : « Des in- génieurs pédagogiques quir en expert nonAVRIL 2014 51]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE ExpertisesRecords managementEditorialCPouvons-nous mesurer les effets du monde numérique ?omme évoqué à plusieurs reprises, nous vi- vons actuellement, grâce au numérique, une véritable révolution sociétale. Ce seraitune grave erreur de penser qu’il ne s’agit que d’une révolution technique-industrielle. En quelques années le numérique est entré dans nos foyers, peut-être même un peu trop, et n’est plus seulement l’apanage d’un environnement profes- sionnel. Pire, il est désormais de plus en plus ré- clamé de pouvoir utiliser ses propres outils au travail, le fameux BYOD (bring your own device) ce qui ne va pas sans poser de gros problèmes en matière de sécurité dans son sens le plus large. Nous voguons ainsi de paradoxes en paradoxes. Les responsables de la sécurité militent pour in- terdire le BYOD alors que la souplesse de l’outil est justement de pouvoir permettre l’accès à l’in- formation quel que soit le terminal employé. Ainsi, après les limites constatées de notre arsenal juridique pour lutter contre des pratiques visant à l’atteinte aux données personnelles, sommes-nous aujourd’hui confrontés aux limites des outils sé- curitaires classiques, prévus pour fonctionner de préférence dans un monde technologique bien dé- fini même si imprévisible sur certains côtés, comme la multiplication des codes malveillants. A côté de cela de nouvelles disciplines ne cessent de se créer et par voie de conséquence de générer de nouvelles demandes et de nouveaux postes, de nouvelles fonctions. Pourquoi dès lors vouloir à tout prix les mettre dans des cases déjà exis- tantes ? Ne s’agit-il pas là d’un nouveau paradoxe de ne pas vouloir admettre, reconnaître la nou- veauté ? Peut-être faut-il chercher les réponses dans le fait que tout va vite, très vite, trop vite, et à force de bousculer cela dérange. Par ailleurs force est de constater qu’il faut être vigilant afin de distinguer les véritables innovations des sim- ples évolutions et des effets d’annonce ou des mots ou expressions utilisés pour laisser à penser qu’il s’agit de quelque chose de nouveau. Ayons la sagesse de prendre le temps de rechercher la véritable signification de ces mots comme cloud ou Big data, pour ne citer qu’eux. L’on sera alors surpris de constater que cela existe déjà depuis longtemps sous des formes légèrement diffé- rentes, et encore !Face à ces nouvelles technologies, il faudrait néanmoins être capable de réagir en premier lieu à la fois sur le plan des formations et du droit dans des délais très courts, mais visiblement nous n’y sommes pas préparés car littéralement englués dans des schémas qui ont fait leur preuve mais à une autre époque. Pour en revenir au Big data, les annonces faites fin 2013 concernant son dévelop- pement prévoyaient un potentiel mondial de 4,4 millions d’emplois créés d’ici 2015, mais quelles actions concrètes à court terme ont été entre- prises ?Voyons la réalité en face, acceptons cette notion de révolution douce et sachons en profiter, mais pour cela, encore faut-il accepter de remettre en cause beaucoup de schémas anciens, à remplacer par d’autres qu’il est encore difficile de définir avec certitude. Soyons donc raisonnables, tra- vaillons par étape, et restons modestes sur certains projets, mais sachons exploiter de cette formida- ble opportunité qui nous est offerte avec le numé- rique pour transformer notre société.Jean-Marc Rietschpar Arnaud JulesDirecteur Gestion et Conservation de l’Information - OrangeNLe Records management, une véritable arme pour l’entreprise digitaleombre d’études démontrent au- à l’aise. Le digital a en effet redonné de l’archivage externalisé en est un bon jourd’hui qu’une entreprise di- du pouvoir au client, en ouvrant des indicateur. Fiabiliser ses processus do- gitale est plus profitable que zones d’interaction directe entre l’en- cumentaires lorsque le processus métierla moyenne de son industrie, génère treprise et lui. Cette capacité à se trans- se digitalise est un impératif : tracer lesdes revenus supplémentaires par employé et est mieux valorisée par les marchés financiers. Cette transformation numé- rique implique à la fois une transition et une rupture, dans tous les domaines de l’entreprise. Pour offrir une réponse adaptée aux nouveaux besoins des clients, à ses objectifs d’efficacité opé- rationnelle ou de marges, l’entreprise va devoir par exemple transformer sa relation client, dialoguer différemment, savoir écouter.former passe par la nécessité de revoir les fondamentaux de la relation avec lui : donner, justifier et prouver la valeur, le sens et la qualité de ses produits et services.données et documents, les sécuriser, gérer la valeur de preuve électronique ou papier, lorsque le papier ne peut être supprimé pour des raisons légales ou règlementaires, les préserver dans le temps, c’est en assurer une meilleure exploitabilité au meilleur coût.Le plus délicat est de cerner les nouveaux usages. Aller à la rencontre des clients mobiles et connectés devient indispen- sable. Ce qui passe par les médias so- ciaux (environ deux milliards de profils Facebook aujourd’hui !), un domaine où l’entreprise n’est pas nécessairementMais par quelles mesures commencer ? Comment les mettre en oeuvre ? L’en- treprise dispose-t-elle des compétences requises ? Ces questions du pourquoi, du quoi, et du comment sont également les bonnes questions à se poser pour maîtriser ses données et documents, qu’ils soient numériques ou papier. Car digitaliser, c’est à la fois optimiser ce qui a déjà été digitalisé, mais c’est aussi digitaliser ce qui ne l’est pas encore ! La croissance stable mais toujours exis- tantede4à5%paranenFrancedu marché de la gestion documentaire etLe Records managament participe à une démarche de priorisation et de sé- lection de l’information, qu’elle soit donnée ou document. Il contribue éga- lement à atteindre le double objectif d’être une entreprise digitale performante et responsable. Mais cela suppose que les pratiques en vigueur ne soient pas réduites à l’archivage (même si ce pro- cessus est fondamental) comme cela a pu l’être par le passé.Normespar Jean-Louis Pascon Consultant chez Hénon ConseilES t u n d e p l u s !uite à la publication de la déli-vier 2014 de la CNIL, il existe désormais un document de référence de plus dans le domaine de l’archivage numérique. En effet, ce texte a créé un référentiel pour la délivrance de labels en matière de services de coffres forts numériques, destinés à conserver des données personnelles.A priori, l’idée est bonne. Le label délivré par la CNIL indique si un hé- bergeur, à qui vous confiez vos docu- ments (bulletins de paie, factures, contrats d’assurances, etc.), respecte bien des règles techniques et organisationnelles permettant de garantir confidentialité, intégrité et disponibilité des documents. Mais les référentiels sont nombreux. Il existe aussi l’agrément du Service in- terministériel des archives de France (pour l’hébergement des documents de l’administration), l’agrément des héber- geurs de données de santé (pour archiverdes dossiers médicaux), le Référentiel général de gestion des archives produit par le Comité interministériel aux ar- chives de France (pour les archives pu- bliques) et la certification AFNOR NF 461 (principalement destinée aux tiers archiveurs numériques). Et si l’on franchit les frontières de la France, cette liste s’accroît.cuments dans la plate-forme d’un opé- rateur du « Cloud » parce que cela coûte moins cher.Le deuxième est du côté des fournisseurs. Pour eux, il va être complexe de gérer toutes ces labellisations. Prenons le cas d’une entreprise qui voudrait offrir un service pour les particuliers, service qui permet aussi de stocker des dossiers médicaux. Pour ce faire, cette entreprise devra être hébergeur de données de santé mais être aussi labellisée par la CNIL. Cela ne sera pas évident techni- quement et coûteux de concilier les exi- gences de plusieurs référentiels.bération N° 2014-017 du 23 jan-Il faut être un spécialiste du droit et de la technique numérique pour comprendre les différences qui existent entre toutes ces procédures de certification, d’agré- ment et de labellisation.Cette profusion peut générer deux écueils. Le premier est du côté de l’utilisateur : laquelle de ces certifications choisir ? Quelle est celle qui offre le plus de ga- ranties ? Faut-il prendre comme presta- taire celui qui a le plus de tampons offi- ciels ? Autant de questions qui risquent de dérouter l’utilisateur. Peut-être que finalement, celui-ci écoutera son porte- monnaie qui lui dira de mettre ses do-Il serait peut-être temps de parler de convergence. Une approche plus unifiée permettrait d’ouvrir des marchés plus vastes et donc, à la fois, de voir baisser les coûts, de fiabiliser les systèmes en les standardisant et d’aider véritablement les utilisateurs à avoir confiance en de tels outils.52 AVRIL 2014]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frCercles de réflexion STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEMTrophées de l’ObservatoireLe carnet desnominationsen partenariat avecdes think tanks 2014}ALCATEL-LUCENT (GROUPE}ALCATEL-LUCENT)Séverine Lèbre-BadréMadame Séverine Lèbre-Badré est nommée directeur de la communication et des relations institutionnelles d'Alcatel-Lucent, à ce poste depuis mars 2013, sous la responsabilité directe de Monsieur Tim Krause, directeur marketing groupe. Elle est ainsi en charge des relations avec les médias, les acteurs institutionnels et les analystes industriels. Elle est également en charge du pilotage de la marque et de la politique du développement durable.Séverine Lèbre-Badré , 45 ans, IEP Paris, 3ème cycle d'histoire de l'EHESS, a réalisé le parcours suivant :n 2010-2014 : EDF, directeur de la communication de la direction Commerce.n 2009-2010 : Veolia Environnement, directeur délégué au sein de la direction de la commu- nication.n 2 0 0 7 - 2 0 0 9 : T D F, d i r e c t e u r d e l a c o m m u n i c a t i o n .n 1996-2007 : Euro RSCG, successivement consultant senior, directeur associé, partner puis responsable du département Consulting PR & Finance, devenu pôle Influence.n Début de carrière au sein du cabinet du ministre de l'Equipement, des Transports et du Tou- risme, puis à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).}DELL FRANCE (GROUPE DELL)Florence RopionMadame Florence Ropion est promue directeur des ventes de la division OEM Dell Europe du sud de Dell, à ce poste depuis mars 2014. Elle est ainsi en charge des ventes et de la stratégie de l'activité OEM Dell en Europe du Sud. Elle succède à Madame Mary Etienne.Florence Ropion , 49 ans, MBA ESSEC Paris (2010), master CNAM Lille (2000), a réalisé le par- cours suivant :n 2011-2014 : Dell, solutions channel director Europe du Sud puis Europe de l'Ouest.n 2008-2011 : Dell France, directeur des ventes channel.n 2006-2008 : Dell France, directeur des ventes dans le secteur public.n 1999-2006 : Nec, a occupé différents postes, notamment celui de responsable des ventes pour le secteur public.n 1985-1999 :A occupé des fonctions commerciales dans des sociétés informatiques.}BRAND ADVOCATEDagmara SzulceMadame Dagmara Szulce est nommée directeur de la stratégie et du développement du bu- reau nord-américain de Brand Advocate, à ce poste depuis février 2014. Elle est ainsi en charge de l'accompagnement les clients dans leur stratégie globale de marque et du dévelop- pement business de l'agence. Le bureau nord-américain a ouvert en 2013.Dagmara Szulce a réalisé le parcours suivant :n 2012-2013 : SelectNY, directeur de la stratégie et de l'innovation.n 2011-2012 : Ogilvy & Mather, directeur associé.n 2010-2011 : McCann Erickson, executive vice president.}DENTSU AEGIS NETWORK FRANCEIsabelle Vignon RambaudMadame Isabelle Vignon Rambaud est promue directeur des études médias et nouveaux médias de Dentsu Aegis Network France, à ce poste depuis février 2014.Isabelle Vignon Rambaud occupait précédemment le poste de directeur du pôle Plurimédia et Radio au sein d'Aegis Media France.}BAYER HEALTHCARE (GROUPE BAYER)Sandrine TilletMadame Sandrine Tillet est promue directeur informatique de Bayer HealthCare, à ce poste depuis février 2014.Sandrine Tillet , 42 ans, ENSIMAG (1995), a notamment occupé le poste de responsable de l'organisation informatique chez Bayer HealthCare de 2007 à 2012.} EPTICA (AIRBUS GROUP)Laurence ChamiMadame Laurence Chami est promue directeur général d'Eptica (Airbus Group), à ce poste depuis février 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Olivier Njamfa, prési- dent du directoire. Elle est ainsi chargée d'accélérer le développement et la croissance d'Eptica en France et à l'international, et de porter l'innovation technologique, tout en garantissant la satisfaction client.Laurence Chami , 48 ans, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2014 : Eptica, vice president client success.n 2010-2012 : Eptica, directeur des opérations France et Europe du Sud.n 2003-2010 : Acxiom France (ex-Consodata), directeur des opérations et de la qualité client. n 2002-2003 : Consodata, directeur du département Commercial.n 1988-2001 : Harte-Hanks, responsable de la production, puis directeur commercial Europe.} SAGEBrigitte BillerotMadame Brigitte Billerot est nommée directeur marketing produits de la division Experts- Comptables France de Sage, à ce poste depuis février 2014. Elle est sous la responsabilité di- recte de Monsieur Xavier des Roseaux, directeur général de la division Experts-Comptables France. Elle est ainsi chargée de développer la stratégie produits-services et de la mettre en cohérence avec la vision globale de Sage.Brigitte Billerot , 54 ans, diplômée du CPA, executive MBA du groupe HEC (1996), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2013 : Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables, chargé de mission à l'in- novation managériale et technologique.n 2006-2011 : EBP Informatique, responsable marketing grands comptes et prescription.n 2003-2006 : Consultant dans une agence de communication.n 2003-2003 : Logam informatique (éditeur de logiciels d'états financiers, d'aide à la décision et de télédéclaration des taxes racheté depuis par le groupe Cegid), directeur marketing-com- munication.n 1989-2002 : CCMX (éditeur de logiciels de gestion et systèmes d'information), successive- ment responsable de la promotion des ventes, chef de marché au sein de la direction du mar- keting, et directeur marketing de la Business Unit Experts et PME.ais pourquoi donc EcoRéseau était-il partenaire de cette remise d’Oscars aux think tanks 2014, dont la troisième cérémonie s’est tenue le 17 mars dans l’hémicycle du Conseil économique, social et environnemental, en présence de 400 participants ? La raison ? Il se passe des choses dans les laboratoires d’idées en ébullition, qui selon AndréMarcon, président de CCI France, « privilégient comme il se doit l’inconfort des questions posées au confort des réponses toutes faites ». Ces experts produisent études et propositions dans les domaines politiques, sociétaux et économiques. Non seulement leurs idées se diffusent et s’imposent de plus en plus dans les partis et les politiques publiques, mais les manières de les faire émerger, en faisant appel à l’extérieur, et de les diffuser, évoluent également. Qui dit idées dit innovation, qui dit innovation dit EcoRéseau, sensible à ces cercles de réflexion formels ou informels, toujours plus nombreux alors qu’ils stagnent aux Etats-Unis, et divers – en atteste l’éclectisme du palmarès.Par Mathieu CamozziUn événement où EcoRéseau ne s’est pas fait oublier...Lauréat : Fondation Robert SchumanLauréat : La Fabrique de l’industrieuTrophée des relations in- ternationales remis par Clara Gaymard, présidente de l’Amcham (AMerican CHAMber of commerce in France) :u Trophée éducation et cul- ture remis par Bernard Ba- zillon, directeur associé, Fondation KPMG :uTrophée politique et so- ciété remis par Gilles Le- clerc, président de Public Sénat :Alors que la liste des think tanks mentionnés par le jury était des plus larges :Lauréats ex-aequo :- Institut français des rela- tions internationales (IFRI) - Centre d’études et de re- cherches internationales (CERI)Lauréat : Terra Nova- CERI- Club Jade- Institut Montaigne- IFRAP- La Fabrique de l’industrie - Renaissance numérique- SAF - Agriculteurs de France- Sport et citoyenneté- The Shift projectuTrophée de l’économie remis par Blandine Mulliez, présidente de la Fondation Entreprendre :u Trophée énergie, envi- ronnement et développe- ment durable remis par Christophe Février, PDG de GEO PLC :Lauréat : Fondation Internet Nouvelle Génération (FING)Lauréat : Observatoire fran- çais des conjonctures écono- miques (OFCE)Lauréat : Fondation Nicolas HulotuTrophée de la meilleure stratégie de communication média remis par Véronique Richard, Directrice du CELSA :MÉTHODOLOGIE :Lauréat : Terra NovauTrophée innovation et numérique remis par Fran- çois Aird, PDG de Cedrom SNI / Europress.com :uTrophée des affaires eu- ropéennes remis par Nina Mitz, PDG de FTI Consul- ting France :u Trophée de la Santé re- mis par le Dr. Jean-Martin Cohen Solal, délégué géné- ral de la Mutualité Fran- çaise :Lauréat : Terra NovaL’Observatoire a qualifié huit thématiques de poli- tiques publiques fortes et versé dans les différentes ca- tégories les think tanks rete- nus initialement en fonction de leurs activités sur l’année 2013.Lauréat : Institut de re- cherche et documentation en économie de la santé (Irdes)uPrix spécial du Jury re- mis par André Marcon, pré- sident de CCI France :VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !AVRIL 2014 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolutionLe séisme du web sémantiqueAprès la révolution du web social, Internet pourrait être bouleversé par le web sémantique, un moyen de relier entre elles les informations stockées sur le Net, et de les rendre plus accessibles.im Berners-Lee n’est pas n’importe qui : il est (tout simplement)mentation). Ces données peu- vent parler des mêmes choses, sans forcément être en rela- tion. L’enjeu du web séman- tique est d’utiliser ces méta- données, qui sont présentes sur le Web, pour mettre en relation l’information et la partager. Il peut s’agir par exemple d’un catalogue deun projet universitaire qui propose une version norma- lisée de contenus encyclopé- diques. Il permet notamment de relier Wikipedia à d’autres sites de données ouvertes. Concrètement, pour une re- quête du type « Ville euro- péenne de plus de 20 000 ha- bitants », un moteur de méta-rer plus lente, mais potentiel- lement tout aussi fondamen- tale. En France, les premières expérimentations concrètes sur le champ du web de don- nées commencent à faire leur apparition dans le domaine de la culture. Le site de la Bi- bliothèque nationale de France (BNF) fait partie des réfé-comme Wikipedia, ou récu- pérer des images du site Eu- ropeana. « En assemblant ces éléments par le biais du Web comme un réseau de données, on arrive à une production issue de la fusion de ces in- formations », conclut Nicolas Chauvat, le PDG de Logilab, qui a réalisé le site de la BNF. Ce système permet des éco- nomies de temps et des ré- ductions de coûts, puisque les informations ne sont ni re- cherchées, ni hébergées par les sites qui les utilisent.cherches en matière de web sémantique, d’autres domaines pourraient en bénéficier, comme le secteur de la santé ou celui de l’éducation. Une dynamique pour l’heure dif- ficile à transposer dans le monde de l’entreprise en rai- son de l’épineuse question des données ouvertes. « Cer- taines entreprises s’intéressent au décloisonnement de leurs informations, mais cela pose des problèmes, de sécurité notamment », remarque Mehdi Benchoufi, le fondateur du Club Jade, un think tank dédié aux nouvelles technologies. Pourtant, les spécialistes s’ac- cordent à dire que les entre- prises ont beaucoup à gagner en adoptant cette technologie. Certaines y font déjà appel en piochant dans des bases de données telles que Google Maps ou Datagov.fr. « La si- tuation est semblable à ce qu’on a vu dans les années 90 avec les messageries d’en- treprise, précise Mehdi Ben- choufi. Chaque société déve- loppait des solutions en in- terne, mais elles ont aban-ATl’inventeur du Web. En 2001,GÉNÉRALISATION DE L’OPEN DATASi le W3C travaille sur le web sémantique depuis plus d’une décennie, ces premiers résultats sont rendus possibles aujourd’hui grâce à la géné- ralisation de l’open data. « De plus en plus de gens prennent conscience que si les orga- nismes publics mettent à dis- position sur le Web les don- nées qu’ils produisent dans le cadre de leur mission, des organismes peuvent reprendre ces informations pour en faire ressortir des choses intéres- santes, remarque Nicolas Chauvat. L’information est le carburant qui permet d’avan- cer pour nombre d’activités économiques dans le domaine du tertiaire. » L’enjeu est donc d’échanger ce socle d’in- formations, en l’enrichissant et en l’élaborant au fur et à mesure des échanges.donné c.Web a pris son essor, avec l’arrivée du courrier électro- nique. Ce qui fonctionne à l’échelle d’Internet fonctionne à l’échelle d’une entreprise. De mon point de vue, le même phénomène est appelé à se produire sur le plan des don- nées. »ncêtre du web sémantique, la stagiaire qui cherche des infos à droite à gauchees systèmes quand leil s’investit dans un nouveau bébé par le biais du W3C (World Wide Web Consor- tium) : le web sémantique, ou web de données. Ce projet, sur lequel Berners-Lee réflé- chissait depuis le milieu des années 90, vise à exploiter au mieux le « Big data », en créant des liens entre les res- sources stockées dans diffé- rentes bases de données et fi- chiers.En France, les premières expérimentations concrètes commencent à faire leur apparition dans le domaine de la cultureSi la culture est aujourd’hui le champ privilégié des re-Ronan PenettiSémantiqueEN ROUTE POURLE WEB DES MÉTADONNÉES« Dans le monde de l’entre- prise comme dans le monde du Web, on trouve un grand nombre de silos de données, explique Dominique Cotte, consultant à l’ADBS (Asso- ciation des professionnels de l’information et de la docu-bibliothèque, d’une base de données présente sur le site d’un musée, et d’informations touristiques stockées sur le site d’une mairie. L’objectif est de parvenir à piocher dans ces trois sources des infor- mations pertinentes de façon automatisée et efficace. » Le web sémantique s’appuie sur des outils tels que Dbpedia,données peut produire une liste d’occurrences correspon- dant aux critères demandés, en s’appuyant si besoin sur plusieurs bases de données différentes.rences en la matière. En s’ap- puyant sur le web sémantique, elle permet des passerelles entre ses catalogues et ceux d’autres bibliothèques natio- nales, comme la bibliothèque du Congrès aux Etats-Unis. La BNF, qui ne produit pas de biographies d’auteurs, peut également récupérer des élé- ments de biographies de sitesWeb sémantique ou web de données ?Le terme « web sémantique » peut prêter à confusion. Certains pensent en effet qu'il s'agit de la possibilité pour les moteurs de recherche d'effectuer des constructions logiques en travaillant sur le langage, ce qui n'est pas le cas. Tim Berners-Lee lui-même reconnaît qu'il aurait préféré le terme « web de données ». « Certains ont pensé qu'il s'agissait d'un Web qui permettrait par exemple d'effectuer des recherches sur Internet en posant des questions sous forme de phrases, en langage naturel. Or, ce n'est pas son but (...) Mais il est trop tard pour changer de nom », décla- rait-il en 2007 dans une interview accordée au magazine La Recherche.54 AVRIL 2014Là où l’avènement du web social a représenté un boule- versement spectaculaire et foudroyant, la révolution du web de données devrait s’avé-]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolutionLes relations client à la sauce numériqueLPlus de rapidité, d’efficacité, de personnalisation... Les nouvelles technologies dessinent petit à petit les relations client de demain, avec leurs incontournables et leurs pièges.es rapports de force sibilité de se définir une voix contraintes, particulièrement ne sont plus du tout et un ton bien à elle, en com- en ce qui concerne la sécurité les mêmes entre les muniquant sur des canaux des données, mais elle deviententreprises et les clients. La dévolus par nature à l’ex- indispensable.raison ? Les nouvelles tech- nologies bien sûr. L’un des effets les plus remarquables est une remise de ces derniers au centre des préoccupations des premières. Internet a re- donné à la parole du consom- mateur un poids qu’elle avait perdu depuis longtemps. « Aujourd’hui, avec les ré- seaux sociaux, le fournisseur ne maîtrise plus complète- ment sa communication, car le client a à sa disposition un moyen de communication viral efficace et rapide », souligne Cédric Ternois, pré- sident de Jalix, intégrateur- conseil en systèmes d’infor- mation. Mais la Toile lui a aussi donné quelques autres habitudes, qui forcent les marques à complètement re- penser leur relation client. Tout d’abord, « le consom- mateur digital est très impa- tient quand il recherche des informations : il a tendance à vouloir les obtenir rapide- ment et simplement », décrit Marc de Saint-Cirgue, sales manager chez LivePerson, qui aide les entreprises à en- tretenir des liens étroits avec leurs clients. Il a aussi été habitué à utiliser plusieurs canaux de communication dans sa vie personnelle – du courrier au réseau social –, et comprend de moins en moins qu’il ne puisse pas faire de même avec les marques. Enfin, il est de plus en plus facilement frustré s’il doit fournir ou se voit donner les mêmes informations plu- sieurs fois. Ces trois ten- dances de fond, qui ne sont pas près de s’inverser, im- pactent de plusieurs façons les trois aspects de la relation client d’une entreprise : le commercial – recherche de prospects –, le marketing et les services après-vente.56 AVRIL 2014pression individuelle. Les marques ont déjà commencé à investir le terrain, à renfort de community managers et d’opérations sur Twitter. Mais les réseaux sociaux sont aussi – voire surtout – une res- source inestimable de contacts et de données que les CRM commencent à peine à exploiter. Il faut pouvoir récolter les informations dis- ponibles et les intégrer dans sa stratégie : par exemple, repérer une discussion en cours au sujet de l’un de ses produits, pouvoir y intervenir si besoin, et intégrer les don- nées utiles à destination du marketing. Autant d’oppor- tunités de prospection et de communication !LA FAMEUSE EXPÉRIENCE CLIENT DEVIENT RÉELLEMais pour vraiment être ef- ficaces, tous ces nouveaux outils ont besoin de commu- niquer. « Les entreprises doi- vent construire des bases de données pour adresser les besoins des clients, insiste Frédéric Canevet. L’impor- tant est d’avoir un système unifié : cartes de visite, smart- phones, logiciels de gestion, Outlook, LinkedIn, Face- book... » Pour pouvoir traiter cette quantité impressionnante de données, la capacité à faire du Big data s’avère in- dispensable, et commence à faire son apparition dans cer- taines solutions logicielles. En plus de la centralisation, l’intérêt d’une telle base se trouve dans la facilité de par- tage des informations au sein même de l’entreprise. Il s’agit non seulement de répondre au besoin d’immédiateté du client, mais aussi de conti- nuité : s’il a un historique avec l’entreprise, il s’attendra à ce qu’il soit pris en compte. Cela implique de non seule- ment garder la trace de toutes ses interactions, mais égale- ment que tous les acteurs en relation avec lui en connais- sent la substance. En fait, chaque client est particularisé – rendu unique et traité comme tel. « La notion d’émotion devient primor- diale, souligne Thomas Co- chin. Il faut que le client vive une expérience enthousias-Il y a parfois du bon à ne plus rencontrer physiquement le client meć ontent...LA MOBILITÉ POUR RETROUVER DE LA PROXIMITÉEt pour profiter au mieux de toutes ces opportunités, la mobilité est un outil redou- table d’efficacité. Par exem- ple, pour les commerciaux, une tablette permet non seu- lement des démonstrations produit efficaces, mais aussi la saisie simple et rapide de données lors d’un rendez- vous. Le mot-clé, ici, est er- gonomie. Éduqué aux smart- phones, iPad et autres, le client a des attentes de plus en plus marquées sur la faci-rique a été l’apparition de nouveaux canaux de com- munication : l’email et la messagerie instantanée ont profondément changé les usages, sans pour autant sup- primer le courrier traditionnelminutes, sur Facebook quelques heures, par mail moins d’une semaine, et par courrier recommandé quelques jours », explique Frédéric Cavenet, chef de marché CRM & Gestionque l’on ne peut pas obtenir autrement », précise Marc de Saint-Cirgue. Et les pos- sibilités d’interactions vont croissant : il est possible de montrer une vidéo YouTube (par exemple, une démons-Il importe désormais que toutes les interactions avec le client soient conservées, mais aussi que tous les acteurs en relation avec lui en connaissent la substancerencie laA CHAQUE CANAL UNE FONCTIONET UN TEMPSL’une des premières évolu- tions apportées par le numé-et le téléphone. Il faut rajouter commerciale chez Sage. tration technique ou une ré- lité de prise en main. « La à la liste les SMS, les réseaux Parmi les nouveaux arrivés, paration) ou de payer par solution doit être simple à sociaux du type Twitter et le chat est de plus en plus carte bancaire depuis une fe- l’usage, explique Thomas Facebook, les chats, les apprécié : il permet de re- nêtre de chat. Cochin, directeur marketing conversations vidéo... Ce trouver un contact « person- France Microsoft Business n’est pas un jeu de chaises nalisé » – puisque l’on dia- L’ELDORADO Solutions. Nous faisons un musicales : chaque canal joue logue avec une personne –, RÉSEAUX SOCIAUX gros travail sur l’ergonomie, un rôle bien précis. « Selon le en temps réel, et perçu En ce qui concerne l’inter- par exemple en minimisant média, l’urgence est différente, comme peu intrusif. « Nous action en temps réel, les ré- le nombre de saisies. » Pour et l’impact particulier : sur avons un vrai échange avec seaux sociaux posent une cela, les terminaux mobiles Twitter nous sommes de l’or- le consommateur, qui permet problématique à part. Ils of- tactiles sont un outil idéal. dre de quelques dizaines de d’obtenir des informations frent à une entreprise la pos- La mobilité apporte sesmante, qui diffé. marque. » Dans des marchés où les services se développent très vite, c’est la qualité de la relation avec le client qui va devenir le facteur d’adhé- sion. Un client n’aura plus une simple relation avec l’en- treprise : il aura un parcours et une expérience.Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[Plafond tenduSolutions innovantes, design, lumineuses, acoustiques & écologiques pour la rénovation et la décoration de vos murs et plafonds.Barrisol® Lumière® Barrisol® Lumière®www.barrisol.com]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Business story E-LegoAu bord de la faillite au début de la décennie 2000, le fabriquant de briques danois a profité de l’émergence des supports numériques pour se refaire une santé, sans renier ce qui a fait sa renommée.EAu point d’être dix ans plus tard le deuxième fabricant de jouet de la planète. Zoom sur une marque qui a su garder un pied dans la tradition tout en mettant l’autre dans la modernité.t si, au fond, plutôt créatifs : les « brickartists ». que l’original. « Le très grand que d’être simple- On ne compte plus les sculp- nombre de copies à base de ment un fabriquant tures et autres maquettes réa- Lego illustre bien à quel pointvendeur de boîtes de jouets, lisées à base de briques. « Les la marque est « iconique » Lego avait avant tout inventé pièces Lego sont de plus en et bien dans son époque. On et commercialisé un plus utilisées dans des do- peut construire tout et n’im- concept d’amusement ? Une maines d’application que l’on porte quoi avec des Lego,Le numérique a permis de fédérer des communautés de fans : forums d’échanges de pièces, jeux-concours à destination du public...idée d’un jeu aux possibilités infinies dont la seule limite serait l’imagination des Le- gomaniacs. C’est d’ailleurs en substance le message dé- livré par la Grande Aventure Lego, le long métrage d’ani- mation en forme d’hommage qui cartonne au cinéma depuis sa sortie sur les écrans en fé- vrier, et qui est à l’origine du succès planétaire de la firme. Aujourd’hui, l’aura de Lego a dépassé le cadre du jeu pour enfant. Si bien que les fameuses briques et figu- rines jaunes sont détournées de leur usage originel par une nouvelle génération dene soupçonnait pas. En plus d’être plébiscitée par les en- fants, la marque est au som- met de la pop-culture contem- poraine », ose Laurent Bra- mardi, qui a compilé les œu- vres les plus représentatives de l’Art Lego, et interviewé leurs auteurs, dans un livre paru en février sous le titre de Legoramart. Une preuve ? Moins de 48 heures après la dernière cérémonie des Os- cars, l’Américain Iain Heath reproduisait le célèbre selfie d’Ellen DeGeneres en version Lego. Une parodie qui a connu une diffusion virale quasiment aussi puissantec’est une sorte de moyen d’expression caméléon », es- time le journaliste américain Joe Meno, auteur de Culture Lego.UN MANQUE DE RENOUVELLEMENT QUI A FAILLI COÛTER CHEREn résumé, malgré ses 82 ans, Lego n’est jamais paru aussi hype. Voilà pour l’image. Et niveau business, tout va également pour le mieux dans le meilleur des mondes pour l’entreprise da- noise. Elle est aujourd’hui le deuxième fabricant de jouetsStrategy review C Internet, sixième continent marchandConférence de rédaction à EcoRéseau. Si les débats s'éternisent, tout le monde a de quoi s'occuperpar Pascal JunghansEnseignant à l'international University Of Monacoet à l'université de technologie de Troyese début d’année 2014 a été fertile exploitation systématique. nées donnent le tournis.en changements dans le monde Car cet espace recèle un bien à haute va- Mais ils sont conditionnés par l’attitude compliqué d’Internet. Le 14 jan- leur : l’information, les données. Un bien des peuples vis-à-vis de ces données. Si,Membre du conseil scientifique du aussi des citoyens et des entreprises. CesConseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique.deux nouvelles disent la même chose : il est temps que les ressources d’Internet, ce sixième continent, soient livrées à une58 AVRIL 2014vier 2014, une cour d’appel du district de en quantité quasi infinie. En 2020, 35000 aux États-Unis, ce sont des biens à négo-Columbia (district fédéral des États- Unis) enterre ce qui était jusqu’à présent un dogme : la neutralité de la Toile. Elle autorise les opérateurs télécoms à blo- quer ou favoriser certains sévices en ligne. Quelques jours plus tard, le patron de l’ICANN, l’organisme qui gère Inter- net, affirme que le réseau doit se dégager de l’emprise des États-Unis et coller plus à sa réalité, celle des États, certes, maisexabytes de données – soit l’équivalent de 9000 milliards de DVD – devraient être produits par les internautes. Ces don- nées permettent de mieux cibler des consommateurs, de mieux se soigner et à moindre coût, de mieux jouer en Bourse et aussi de mieux apprendre et mieux as- surer la sécurité des biens et des per- sonnes. Et cette industrie est un quasi-monopole des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), qui, à eux quatre, ont réalisé, en 2013, un chiffre d’affaire de 266 milliards de dollars. Les bénéfices en jeu dans les prochaines an-cier, en revanche, en Chine, elles relèvent du domaine policier et en Europe, elles composent une partie de l’intimité à pro- téger. Dans les prochains mois, il est cer- tain de que de puissantes actions de lobbying tenteront de mettre en cause les digues construites au nom de la sécurité ou de l’intimité, pour promouvoir la li- berté du commerce. Restera ensuite à renverser les barrières psychologiques des citoyens. Mais ne sont elles pas déjà bien fissurées ?]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frBusiness story STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEmondial derrière Mattel et devant Hasbro, à qui elle a ravi la place de dauphin l’an- née passée. En 2012, le groupe a cumulé plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et connaît une crois- sance à deux chiffres sans discontinuer depuis 2008. « Et tout ça en renouvelant 80% de sa gamme en maga- sin tous les ans », appuie Laurent Bramardi. Et pour- tant, il n’en a pas toujourset aux chevaliers... » Pour ne rien arranger, le géant da- nois a vu dans le même temps son brevet d’origine tomber dans le domaine public. « Cela a clairement fragilisé Lego qui a vu des concurrents entrer sur son marché de prédilection ». Contraint de minimiser ses coûts de pro- ductions, Kjeld Kirk Kris- tiansen, le petit-fils du fon- dateur, alors à la tête du groupe, s’est séparé de plu-nement d’une politique d’ex- pansion basée sur l’innova- tion et le numérique via prin- cipalement l’acquisition de licences : Batman, Le Sei- gneur des Anneaux, Indiana Jones et beaucoup d’autres, sans oublier le blockbuster absolu Star Wars, rejoignent tour à tour la grande famille Lego et voient leur environ- nement reproduit non seule- ment en figurines, mais aussi en jeu vidéo. En parallèle, Lego développe des moyens- métrages animés tirés de ces licences. « Ces « marques » très mainstream, même si elles ont tendance à enfermerl’imaginaire de l’enfant dans des univers déjà établis, sont commercialement rentables car connues de tout le monde. », note Sophie Gehel, sociologue spécialisée sur les pratiques médiatiques des jeunes et enseignante à Paris VIII. L’adaptation vidéo-lu- dique de Lego est un énorme succès et favorise de surcroît le pont entre les générations. « Je connais beaucoup de gens qui ont acheté les jeux vidéo sans jamais avoir joué aux Lego étant enfant. Tout d’abord parce qu’avant d’être estampillés Lego et vus comme tels, Lego Batman ouLego Star Wars étaient des jeux de très bonne qualité, des hits », relate Nicolas For- sans. Connectée à l’ère nu- mérique (une vingtaines d’ap- plis smartphone estampillées Lego sont actuellement dis- ponibles sur iTunes), sans délaisser ce qui a fait sa re- nommée, Lego s’est méta- morphosée en marque inter- générationnelle, qui a su pro- fiter des atouts que représente l’interactivité pour voir des adultes se réapproprier cette forme de jeu. « Le numérique a permis à Lego de fédérer des communautés de fans : des forums d’échanges depièces se sont crées, des jeux- concours à destination du public sont régulièrement or- ganisés...», souligne Nicolas Forsans. Une modernisationquiser.puisque ces adultes, à la fois nostalgiques et rassurés par le côté « valeur sûre » de Lego en termes de potentiel ludique et d’épanouissement, n’hésitent pas à offrir des boîtes de briques à leurs enfants. Qui reprodui- ront peut-être ce schéma à leur tour...épercute sur les ventes,Marc Hervezété ainsi, loin de là. Il y a une dizaine d’année à peine, la firme scandinave était au bord de la banqueroute. En 2003, Lego affichait un déficit de 188 millions d’euros, conséquence d’un recul de 25% de son activité. Les rai- sons ? « Elles furent d’abord conjoncturelles, estime Ni- colas Forsans, fondateur du site de culture geek Muttpop. Fin des années 90-début des années 2000, il y avait un désintérêt flagrant des jeunes pour les jeux manuels en gé- néral et les Lego en particu- lier, notamment à cause de l’émergence du jeu-vidéo. Ensuite, il y avait un pro- blème au niveau de l’offre. La marque souffrait d’un manque flagrant de créativité, on en était encore aux piratessieurs centaines d’employés en 2003, avant de passer la main à l’actuel PDG Jørgen Vig Knudstorp un an plus tard. « La marque a su se re- mettre en cause au bon mo- ment », avance Laurent Bra- mardi.RÉAPPROPRIÉE PAR LES ADULTESC’est en effet à cette nouvelle tête pensante que le géant danois doit son salut. Dès son arrivée, Jørgen Vig Knudstorp prend une décision fondamentale : recentrer l’ac- tivité de l’entreprise sur sa fonction traditionnelle, les jeux de constructions. Bye bye les parcs d’attractions et autres lignes de vêtements, véritables gouffres financiers. Il accompagne ce reposition-AVRIL 2014 59]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9RH & FORMATION Réseaux & Influences Cramponnez-vous !CLe milieu du sport évolue, le networking qu’il génère aussi. Les passerelles entre le terrain de jeu et la vie des affaires se font plus intéressantes, à condition d’intégrer les bonnes loges et vestiaires...onvivialité, échange, une soirée chaque mois, elle- trop présent. » Le bon timing « le business club n’existe de province a en effet le vent et l’aider à se réinventer ! ». solidarité... Autant même facturée 155 euros. pour intégrer la zone hand ? pas encore au niveau national en poupe. Le ticket d’entrée Ce think tank des quadras de valeurs du sport Etienne Capon, directeur gé- alors qu’il est très actif au est très modeste (quelques s’organise. « Plutôt un « thinket de liens sociaux à la mode FIN DE L’HÉGÉMONIE néral de la Ligue Nationale niveau local. Des clubs de centaines d’euros) et peut do » sportif, précise l’ancienqui résonnent dans la société et attirent nombre d’entre- preneurs. Pour autant, êtes- vous à même de pénétrer les réseaux du sport ? L’Auto- mobile Club de France n’est- il pas trop sélect ? Les Cercles des « voileux » ou de l’Etrier, le polo ou le Jockey Club ne vous sont-ils pas fermés parce que vous ne possédez ni ba- teau ni haras ? Les réseaux golfiques alors, à condition de disposer de six heures par semaine à marcher derrière un caddy.FOOTBALL ET RUGBYde Handball – présidée par l’ancien international de... rugby Philippe Bernat-SallesD1 comme Nantes, Toulouse, Chambéry sont très actifs sur ce registre-là, d’autantpermettre de se rôder, avant, peut-être, de franchir le cap du réseau parisien. Club des partenaires du Montpellier Handball, TFC Business du Toulouse Football Club, SIG et Entreprises pour le club de basket de Pro A de Stras- bourg, plus de 500 partenaires Jaunes et Bleus pour l’ASM Clermont Auvergne... un joli petit monde gravite de plus en plus autour des clubs.conseiller ministériel. Notre génération est appelée à pren- dre ses responsabilités et nos membres sont des gens qui ont envie d’être acteurs du sport français dans les années àvenir.»Qui?«Unecen- taine aujourd’hui, tous des acteurs du sport venus de Lagardère, de Sportlab et beaucoup de médaillés olym- piques au mètre carré. Nous partageons des idées et de la bonne humeur. Nulle coti- sation, il faut juste être né dans les années 70 ou pas loin et être sympathique. Et tout cela n’empêche pas de parler business. Nous mêmes, nous profitons de ces contacts pour nos clients. » Une ini- tiative parmi d’autres, comme le montre clairement Internet, tant le sport est prétexte à rencontres ailleurs que sur le terrain de jeu. La Toile re- gorge d’informations sur ces cercles formels ou informels. Certains sont en création. Ainsi, si le judo possède son Cercle des Ceintures Noires, on n’y parle business que du bout des lèvres – l’empreinte d’une forte tradition maçon- nique sans doute. Mais l’un de ses anciens champions, Stéphane Traineau, double médaillé olympique, président des amis de l’Insep et diri- geant de l’agence de com’ Carré Final depuis 2001, sou- haite changer la donne : « Il manque encore des passe- relles entre les sportifs, les médecins, les kinés, les jour- nalistes et bien-sûr les en- treprises. Aussi incroyable que cela puisse paraître, per- sonne n’exploite véritable- ment ce créneau qui consis- terait à faire avancer le sport et à faire des affaires ensem- ble ». Son projet pourrait prendre la forme d’un portail Web, d’une sorte de Viadéo du sport. Entrepreneurs, di- rigeants d’entreprise et spor- tifs n’ont pas fini de se croi-Olivier Remy60 AVRIL 2014Pourquoi l’ovalie semble-t- elle en avance dans ce do-Chaque sport permet un net- working, reste à trouver celui qui vous plaît, propose le bon degré d’implication et est fréquenté par des gens susceptibles d’être intéres- sants d’un point de vue pro- fessionnel. Pour exemple les aficionados de l’ovalie et de la culture du Sud-Ouest au- ront l’embarras du choix : ils pourront ainsi rejoindre les sociétaires du Rugby Club (ex-association des Amis des Barbarians), qui se réunissent le premier mer- credi de chaque mois avenue Hoche, à condition de verser un droit d’entrée de 1000 euros et une cotisation an- nuelle de 500 euros (250 en province). Mais ils pourront aussi se tourner vers les sa- lons du Bristol, où Alain Marty, fort de l’expérience du Wine & Business Club, organise depuis trois ans les réunions d’Entreprise & Rugby. 500 membres à ce jour, dont une bonne moitié chaque mois rue du Fau- bourg Saint-Honoré, se re- trouvent pour un triptyque conférence-dégustation de grands crus-invités de pres- tige. « Nous avons souhaité mettre en place un outil de rencontre entre dirigeants, où la qualité de l’accueil leur permet de s’en servir aussi pour leurs RP, déclare l’intéressé. » La facture ? 2000 euros par an (auxquels il faut ajouter 450 euros de droits d’entrée après avoir été parrainé), pour l’accès àQu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour s’intégrer dans une boîte de machos...maine ? « L’image est très positive et qualitative. Max Guazzini, président du Stade Français pendant vingt ans, a notamment fait déborder ce sport de son cadre d’ori- gine », retrace Alain Marty. Et les autres sports ? « Le football est trop cher et souf- fre actuellement de son image, explique le profes- sionnel du networking. En revanche je pense que le handball, qui a les mêmes valeurs en lui, sera le pro- chain candidat, d’autant que l’argent n’y est pas encoreTHINK TANKSET INTERNETLe local et le régional comme visa d’entrée dans les réseaux sportifs, mais pas seulement. Le passionné de sport qui veut influencer les bonnes pratiques peut postuler au club Sport et Démocratie, se rapprocher du Cercle Essec Sport présidé par Tony Es- tanguet ou du réseau sport du Médef. À l’heure où Guy Drut relance de son coté le cercle des Olympiens très fermé (réservé aux athlètes ayant participé au moins une fois aux JO d’été ou d’hiver), une nouvelle entité, pour l’heure modeste, pourrait faire parler d’elle. Le club 70’Sport se réunit en effet depuis quelques mois autour de Tho- mas Remoleur et de Pierre Messerlin au Gossima Ping Pong Bar dans le 11e arron- dissement de Paris, tenu par l’ancien pongiste Jean-Phi- lippe Gatien. Le concept ? Loin du standing du Bristol, il se veut plutôt du genre « tartines rillettes et bière pour une vingtaine d’euros », explique Thomas Remoleur, ancien directeur des relations–, accompagne depuis dix ans l’évolution d’un sport qui a bénéficié des exploits successifs et de l’image desque la typologie des diri- geants change : ceux des 14 clubs de l’élite sont eux- mêmes presque tous chefsUne génération de quadras qui a plaisir à se retrouver et revendique sa prise de responsabilité.Bronzés, des Barjots, des d’entreprise ». C’est à ce ni- institutionnelles du CNOSF Costauds, des Experts et plus veau que le dynamisme est qui a fondé, sur son expertise, récemment des Indestructi- de mise pour le dirigeant : le l’agence Olbia Conseil pour bles. Il concède pourtant que cercle de partenaires des clubs « secouer le sport françaisser...]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[11&12 JUIN2014 LYONwww.ecoreseau.frn°9RH & FORMATION Observatoireu Classement européen des meilleures écoles de commerce pour l'internationalisation de leur recrutement et la qualité de leur MBA full time 2013-2014 :L'INSEAD conserve sa position de numéro un juste devant la London Business School tandis que HEC pour son pro- gramme MBA se classe dixième. L'INSEAD et la LBS ont toutes deux un profil très prisé par les employeurs en ma- tière de MBA internationaux qui les place presque au même rang que la Harvard Business School, au sommet de la hié- rarchie mondiale.Le Royaume-Uni et l'Espagne ont tous deux trois écoles dans l'élite mondiale, devant la Suisse (2) et la France (2). Côté recrutement, notons que l'INSEAD exige un score moyen au GMAT (Graduate Management Admission Test) de 704. Et à ce titre, l'école de Fontainebleau est la seule école européenne avec une moyenne de plus de 700, contre 15 business schools en Amérique du Nord. Belle statistique aussi pour le Vieux Continent avec 88,5% des diplômés MBA d'écoles européennes employés dans les trois mois après leur formation. Meilleur score au regard de l'Amé- rique du Nord (85,4%)CENTRE DE CONGRÈSMéthodologie de l'enquête :Le rapport QS Global 200 Business Schools reporte le clas- sement des écoles les mieux cotées d'un point de vue des re- cruteurs. Le rapport élude néanmoins les écoles qui se concentrent sur le recrutement national. De même, des écoles réputées telles que l'ESCP Europe et HEC Lausanne ne sont pas prises en compte car elles ne proposent pas de full time MBA.Les principaux facteurs pris en compte sont :salondesentrepreneurs.com 1er• Les tendances de recrutement pour les full time MBA • Les salaires et tendances en matière de rémunération • Les notes d'écoles de commerce par région• Les notes d'écoles de commerce par spécialisationsource : www.topmba.comPartenaires Officielsu La Poste devant L'Oréal ! Classement Otac sur la stra-VOUS SOUHAITEZChaque année, Potentialpark, cabinet spécialisé sur la présence « online » des entreprises selon leur stratégies marketing et communication, classe plus de 100 employeurs par pays et par région dans son Otac (Online Ta- lent Communication Study). Sans prendre en compte l'image de marque et la popularité des sociétés, l'étude montre quels employeurs modifient et ajustent leur présence virtuelle pour s'adapter au mieux aux demandeurs d'emploi.DeloitteAccorSociété Générale PwCArmée de TerreLa Poste Groupe Crédit Agricole Michelin Carrefour OrangeEADS (Airbus) L'OréalGDF SUEZBNP Paribas Accenture Disneyland Paris Roche Bouygues Construction EYAllianz1 1 2 -1 3 7 4 0 5 2 6 16 7 -4 8 13 9 -110 9 11 1 12 12 13 7 14 -5 15 1 16 1 17 -12 18 31 19 -6 20 -14CRÉER VOTRE ENTREPRISE ?CODE INVITATIONQuelques chiffres sur le classement : 3900 personnes interrogées325 critères de classement571 canaux de communication ana- lysésLLe classement Otac prend en compte la performance des employeurs à tra- vers sept grandes familles de canaux de communication : sites Web de car- rière, applications en ligne, réseaux sociaux grand public et réseaux so- ciaux professionnels (Facebook, Twitter, LinkedIn, YouTube, Xing et Viadeo), blogs, sites mobiles de car- rière et applications professionnelles.L'ÉVÉNEMENTPartenaires AssociésMédias OfficielsN°1Lyon Rhône-AlpesDES CRÉATEURS & DIRIGEANTS D'ENTREPRISESUn événement@SDEntrepreneurs #SalonEntrepreneursAVRIL 2014Source: www.potentialpark.com/results-releases/franceAvecINVITATIONStégie Online :Company 2014Diff Last year (Rank)104 employeurs évalués62]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9RH & FORMATION Carrières & TalentsLa vérité, rien que la véritéMaster ou mastère ? MBA, MS ou Msc ? Quelle école choisir ? Quel diplôme rechercher pour son recrutement ? Etudiants comme employeurs ont de quoi avoir le tournis face à cette myriade de formations. EcoRéseau dégage les grandes lignes et dénonce les faux-semblants.Dotre expert analyse en trois temps l’éventail des formations proposeé sans une luxuriante suite à la réforme LMD de mètre-étalon sur ce catalogueen compte la RSE dans sa for- mation », analyse Bernard Bel- letante. Quid alors des forma- tions dans le vent ? Tout comme les NTIC et les télécommuni- cations, les achats sont aussi dans l’air du temps. « Dans le purchasing management, on observe un changement de lo- gique, on passe de la réduction drastique des coûts à la créa- tion de valeur dans ce secteur », déclare Laurent Ploquin, di- recteur commercial pro- grammes inter-entreprises à l’ESSEC. Autrefois vécus comme des fonctions support, les différents secteurs achats sont désormais des fonctions clé et les derniers leviers de profitabilité en entreprise. « Lancé il y a quatre ans, notre MS International Purchasing Management ambitionne de former les acheteurs de demain et répond à la demande crois- sante de recrutement en matière d’acheteurs internationaux, analyse le directeur commercial. Le vif succès que connaît ce MS est à mettre en lien avec le regain d’intérêt lié à la fonction occupée. Aujourd’hui, c’est un gisement de croissance et d’em- plois important. » Autre réussite de cette école qui illustre les nouvelles tendances, l’ouverture du MS SMIB qui forme des managers polyvalents spécia- lisés à l’international, en ac- quérant un maximum de com- pétences et de savoir-faire pro- pres à l’ingénierie des projets d’exportation et d’investisse- ment à l’étranger. Même ten- dance à l’internationalisation chez le groupe Kedge qui sort depuis cette année une version anglophone de son historique Management de l’achat inter- national (MAI) avec son MS Purchasing and innovation ma- nagement. La globalisation des marchés redessine donc certains métiers et impacte directement le contenu des formations. À Toulouse Business School, la maquette du MS Logistique, achats et échanges internatio- naux a évolué en accordant un module supplémentaire sur la mise en œuvre opérationnelle des achats. Quant à la busines school de Grenoble, l’accent aNdes grandes écoles de com- merce et des grandes écoles d’ingénieurs restent toujours un rempart efficace contre le chômage. C’est souvent le ga- rant de têtes bien faites qui ont dû faire preuve d’une grande capacité de travail et collaborer en mode projets, assure Rémi Dherbecourt, di- recteur associé du cabinet Key- man. A une autre échelle, des entreprises de renom telles queplutôt vers un PHD en sciences humaines. Car la capacité de remboursement est bien évi- demment conditionnée par la très bonne employabilité et le niveau de rémunération de l’étudiant après ce type de for- mation. Par exemple, le MS N&IS (Network and Informa- tion Security) de l’Esiea basée à Laval, s’est targué d’un taux de recrutement de 100% pour l’année 2012-2013 avec un sa-jungle des formations, 2002 (Licence-Master-Docto- des formations très inégal.il regorge presque au- rat). Autrement dit, il caractérisetant de noms d’écoles que de d’une part ces deux années de COMMENT CHOISIRecursus de 3 cycle. Plus deformation situées à la suite de la licence et à l’avant-garde d’un PhD (équivalent docto- rat)... Et d’autre part, il entend sanctionner un cursus à Bac+5 reconnu par l’Etat suivant un processus d’habilitation lourd. A savoir les diplômes des grandes écoles d’ingénieurs ouSON MS OU SON MAS- TÈRE ?Coup de projecteur d’abord sur les mastères. Seuls les MS et les Msc (master of sciences) ne semblent pas porter à confu- sion : « Apanages uniques de la Conférence des grandes écoles (CGE), ces appellations6000 masters, masters spécia- lisés et masters of science. Et des MBA à ne plus savoir qu’en faire. Entre faux amis et formations non reconnues par l’Etat, il importe de se raccro- cher à la bonne branche. Assez robuste pour obtenir de nou- velles compétences en accord avec le marché du travail et assez souple pour négocier au mieux ses virages de carrière.Aujourd'hui, il n'y a pas un engouement majeur pour le développement durable et la RSE. Peu de formations le proposent car peu d'emplois existentATTENTION AUX FAUX AMISGare d’abord aux confusions entre mastère et master. Le premier n’est pas une réaction allergique des Im- mortels face à l’utilisation d’an- glicismes à tout va. Le terme « master », c’est un peu comme la corbeille à objets placée sur le guéridon à l’entrée de votre chez-vous. Bien qu’on pense n’y déposer que ses clés de voiture, on réalise trop tard que le réceptacle contient piles usagées, cartes de visite et stylos bille. Terme générique, le master désigne effectivement à la fois un grade et un diplômede commerce, les formations universitaires, les cursus en cinq ans délivrés dans les IAE ou les écoles de sciences poli- tiques ainsi que les anciens DEA et DESS... Pour le MBA, la vigilance est aussi de rigueur. Quelques précautions sont donc d’usage derrière cette appella- tion qui ne jouit d’aucune pro- tection pour son utilisation. Les accréditations internatio- nales (Equis, AMBA et AACSB) et le recrutement hy- per-sélectif jouent le rôle desont dispensées uniquement par les écoles d’ingénieurs et les écoles de commerces ayant reçu l’accréditation », résume Bernard Belletante, président du Chapitre des écoles de ma- nagement de la CGE. D’aucuns diront que l’on fait un MS HEC, ESSEC ou ESCP pour le carnet d’adresses et la ligne mise en gras sur le CV, devant un nom d’école ou d’université moins réputé, sans avoir fait l’effort du cursus grandes écoles en trois ans. « Car les diplômesle Boston Consulting Group, McKinsey ou Accenture ne re- crutent que des jeunes issus des universités du top mondial. Pour ces structures, le diplôme supérieur importe moins que la marque et le classement des universités. »laire annuel avoisinant les 38000 euros.64 AVRIL 2014Ailleurs, les banques confirment également la convoitise que génèrent les grandes marques avec leurs MS et MSc. Côté financement, les réticences ne vont pas en direction d’un MBA ou d’un mastère maisFORMATIONS DANS L’AIR DU TEMPSContre toute attente, « au- jourd’hui, il n’y a pas un en- gouement majeur pour le dé- veloppement durable et la RSE. Peu de formations le proposent car peu d’emplois existent. En revanche, une formation achats, marketing ou maritime aura des difficultés à obtenir l’ha- bilitation si elle ne prend pasŒ]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[Christopher, 43 years old. Managing Director, Marseille, ESSEC Executive Education, Class of 2011.And you? How far will your General Management Program take you?General Management Program: Reinforce, Renew, Reach.10 months in Paris. 2 international study trips. 2 formats: weekend or modular. For top executives.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU© Getty Images – Christophe, 43 ans. Directeur Général, Marseille, ESSEC Executive Education, Promotion 2011. Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ? Programme «Management Général» : Renforcer ses compétences, renouveler son projet professionnel, atteindre ses objectifs. 10 mois à Paris. 2 immersions à l’étranger. 2 formats : week-end ou modulaire. Pour les hauts dirigeants.]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9RH & FORMATIONCarrières & Talentsété mis sur la dimension géo- politique des achats. « La ca- ractéristique commune de ces profils ? C’est le choix de la poursuite d’études après un master 1 ou avec peu d’expé- rience professionnelle. Ces jeune profils de tous horizons veulent essentiellement s’ouvrir aux fonctions managériales », analyse Agnès Marchand, res- ponsable du pôle carrière à l’Audencia Nantes.Belletante de la CGE, cela s’ex- plique par la capacité d’adap- tation de nos écoles : « Contrai- rement aux universités, les écoles sont plus innovantes dans les relations entreprises et dans leur pédagogie. La di- mension de ces institutions du management et de l’ingénierie offre également plus de flexi-softs skills : c’est le prochain thème fort de nos formations. » D’autres écoles insisteront sur les mise en situation réelle et la puissance de leur tissu éco- nomique comme le MS entre- preneurs de la business school de Grenoble, fière d’avoir été classée cinquième ville mon- diale la plus innovante dans unET LES MBA DANS TOUT ÇA ?« Les MBA tirent leur notoriété de la qualité de la formation initiale des écoles mais cor- respondent à une toute autre logique de carrière », explique Laurent Ploquin. L’oiseau rare des formations correspond ef- fectivement à un tournant dansManaging around the world conference » organisée par l’Université d’Exeter, avec en filigrane le thème de la dura- bilité des problèmes. Ces rela- tions institutionnelles étroites sont essentielles pour offrir une perspective internationale à notre formation ». Les MBA se différencient également des MS par leur enseignement vo- lontairement généraliste qui a pour but d’aiguiller des talents en puissance vers de hauts postes de gestion. Choisir un master of business administra- tion présente donc peu d’intérêt lorsque l’on souhaite faire car- rière dans l’Hexagone, dans une entreprise qui n’a pas vo- cation à s’internationaliser. « Concept qui s’est développé hors de France, le MBA n’est pas pour l’instant une problé- matique forte de la CGE. D’au- tant qu’il n’est pas encore le fait des écoles d’ingénieurs », modère Bernard Belletante. Tout comme le marché français, hors grosses PME et cylindrées du CAC, ne semble pas encoregroupes. Au regard de deux parcours similaires, le MBA exprime une plus grande mo- bilité et la capitalisation de compétences transdiscipli- naires. Ces diplômes ouvrent plus de portes mais ne sont pas indispensables pour réus- sir. » Ne tombons pas non plus dans l'excès inverse qui ferait du MBA de la poudre aux yeux pour recruteurs de multinatio- nales. « Car l'un des principes de base à tout MBA digne de ce nom, c'est l'adaptation en permanence pour coller au mieux aux exigences du marché professionnel. Cette attention s'est concrétisée avec l'implé- mentation d'une curriculum re- view par Bain and Compagny. Démarche assez inédite, le ca- binet a produit une étude sur les exigences des recruteurs à niveau MBA en matière de compétences, ainsi qu'un bench- mark entre les meilleurs MBA mondiaux. De ce rapport, nous avons fait évoluer notre curri- culum », renseigne Philippe Oster, directeur de la commu- nication, du développement et des admissions au MBA de HEC. L'école de commerce historique, en bon élève, a ou- vert récemment -les premiers diplômés sortiront cette année – une cinquième spécialisation à la deuxième partie de son MBA suite aux recommanda- tions du cabinet : leadership and global organizations. L'ap- pellation, explicite, comprend des outils concrets pour gagner en influence et être décisif dans la stratégie globale d'une en- treprise. « Nos étudiants auront l'occasion de développer leurs compétences de meneur à tra- vers de nombreux événements et cours obligatoires : Séminaire à Saint-Cyr sur le site de Pen- thièvre, Tournoi sportif mondial avec le MBAT, organisé de A à Z par nos participants au MBA, TEC (The Executive Commit- tee), mentoring d'une douzaine de privilégiés par les plus grands chefs d'entreprise,... », énumère Philippe Oster. Et en parallèle, les fameux « OB », organizational behaviour, sorteALLIANCES STRATÉGIQUESChercher la double compétence et le bon MS, c’est également s’enquérir des alliances entre écoles et institutions du monde professionnel. Signe fort du partenariat entre écoles, les co-habilitations sont aussi une belle manière de valoriser une double casquette. L’UPMC Paris VI avec Telecom Sud Paris ou encore l’UTC, pour ne citer qu’elles, proposent de nombreuses formations de pointe en adéquation avec les besoins des entreprises. Le ré- seau Alsace Tech, réunissant ses grandes écoles régionales, permet aux diplômés de l’école d’architecture l’accès au MS de l’école de management pour obtenir des compétences en administration des entreprises. Idem à HEC avec son MS management de grands projets en partenariat avec l’ISAE (SUPAERO/ENSICA) ou son MS Droit et management in- ternational qui entretient des liens étroits avec la Chambre des notaires de Paris, Paris I et le Barreau de Paris. Rappe- lons enfin que la recherche du double diplôme n’est pas l’oc- casion de faire de son CV un millefeuille à rallonge. « Le renforcement ou la création de nos formations sont condi- tionnés notamment par les échanges avec les entreprises ou les cabinets de recrutement tels que Robert Walters ou Lincoln RH, ajoute Agnès Marchand. De cette proximité avec les acteurs du recrutement et du tissu éco- nomique, nous avons pris parti pour l’internationalisation et les nouvelles technologies avec la création du MS IMM (In- ternational Master of Mana- gement) et du MS stratégies et marketing à l’ère digitale. »Chercher la double compétence et le bon MS, c'est également s'enquérir des alliances entre écoles et institutions du monde professionnelbilité, ce qui leur a permis une internationalisation rapide sur les 15 dernières années pour en faire des vecteurs de l’ex- cellence française. » Pour se démarquer encore un peu de leurs concurrents, certaines écoles parient donc sur leur pédagogie innovante, notam- ment en matière de soft skills.récent classement du réputé Forbes. A l’EM Lyon, enfin, le MS n’entend pas seulement former des gestionnaires de l’existant ou de « simples » in- génieurs, mais des personnes capables de régler des pro- blèmes complexes qui mêlent finance, technologie et marke- ting avec des solutions nou-la carrière professionnelle et se distingue ainsi de ses compères du 3e cycle qui n’exigent pas de véritable expérience au préa- lable. Le MBA, contrairement aux mastères, s’adresse donc aux cadres et non aux étudiants. Et en particulier, aux cadres désireux d’internationaliser leur carrière. Rhona Johnsen, di-"Ok nous avons les deux des Masters, Master̀ es, Msc, MBA... mais j'ai plus de ventre et une cravate rouge pet́ ante. Je prends le lead"« La transformation de la pos- ture managériale parcourt l’en- semble des programmes de ma- nagement, mais on omet souvent d’en cartographier les évolu- tions, de la matérialiser, constate Laurent Ploquin. L’innovation réside donc dans la création d’un outil de pilotage et de mapping sur l’évolution ma- nagériale, qui explique le par- cours et ses modalités d’évo- lution, son suivi et son accom- pagnement. Créer une carte cognitive de l’évolution desvelles. Thierry Picq, doyen as- socié à l’innovation pédago- gique de l’EM Lyon, ajoute : « Nous recherchons avant tout des profils d’entrepreneurs in- novateurs mêlant à la fois sciences et arts. Notre master IDEA (innovation, design, en- trepreneuriat, arts) met en œu- vre une pédagogie novatrice en design thinking : nous dé- veloppons une pédagogie de projets et de création grâce à notre diplôme commun avec Centrale. »rectrice du MBA à l’Audencia témoigne : « Dans notre MBA GM (gestion responsable), le programme comprend un mo- dule de base sur l’évolution de l’environnement des affaires délivré par le WWF d’entre- prise. Notre full-time MBA com- prend également un séminaire conjoint avec Politecnico di Milano sur l’éthique des af- faires. Et pour la première fois cette année, nos élèves parti- ciperont avec d’autres étudiants MBA du monde entier à la «friand de ces programmes pour- tant très prisés dans le monde entier. « Dans notre cabinet – spécialistes de la chasse de profil middle et top management –, nos clients ne considèrent pas le MBA comme un critère de recherche primordial. On est avant tout en quête d’une expérience métier, d’une com- pétence, tempère Rémi Dher- becourt. Le MBA, c’est la cerise sur le gâteau. C’est aussi un diplôme qui sera plus facilement valorisable dans les grandss comportements enINNOVATIONS PÉDAGOGIQUESDans les classements mondiaux, il n’est pas rare de voir se ba- lader un nom d’école prestigieux parmi un éventail d’universités étrangères. Et pour Bernard66 AVRIL 2014de suivi de.structures sociales permet à chaque participant de capitaliser et conscientiser son évolution. Programmes sur mesure en phase avec les multinationales, les MBA demeurent bien la « Rolls » des formations. Et définitivement, « la » formation de pointe.Geoffroy Framery]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[HEC Executive ProgramsExecutive MBA / Bachelor en sciences de gestion Masters/Diplomas/Certificates of Advanced StudiesEn françaisContrôle de GestionEntrepreneurship & Business Development Gestion des ressources humainesGestion des risques d’entrepriseGestion et management dans les organismessans but lucratifGestion quantitative de portefeuille Gouvernance, sécurité et systèmes d’information Management de projetsManagement dans les institutions de santé Management des Entreprises (Master 2) Management des institutions sociales Management durable - responsabilité sociale etenvironnement de l’entreprise Management stratégique achats, logistiqueet approvisionnementsSécurité de l’informationStratégie marketing, communication &e-business2.0 Télécommunications et internet (expertise web etréseau sociaux)In EnglishAdvocacy & External Communication Aviation ManagementCommodity TradingCorporate Social ResponsibilityInternational Management International OrganizationsOpen ForumThursday March 27, 2014 5 pm - 8 pmInformation Session 6:15 pmUniMail40 Bd du Pont d’Arve 1205 GenevaStrategic Marketinghec-executive.ch]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9RH & FORMATION Carrières & TalentsMBA 2.0Q Obtenir un MBA depuis son canapé ? Yes, we can ! Mais la qualité de l'enseignement et la valeur du diplôme sont encore un peu contestées. Juste un peu.ue choisir ? Un écran dédiée à la formation et au Uni), classé deuxième meil- pétences de base enseignées Economics – sera dévolue à Malgré le déploiement plé- d’ordinateur ou le vi- conseil dans le secteur tou- leur MBA à distance selon au cours d’un MBA en accès une spécialité historique de thorique de médias techno- sage d’un enseignant ? ristique. « Le MBA à distance une étude QS, derrière l’Ins- gratuit pour un maximum de chaque site : l’entrepreneuriat logiques, force est de consta-Un forum de discussion où l’ambiance d’une salle de classe ? A priori, l’enseigne- ment à distance et la relation éducative par l’écran peinent à convaincre les grands re- cruteurs et les marques uni- versitaires prestigieuses, qui assimileraient cette tendance à un galvaudage numérique du MBA, selon le Boston Consulting Group. Pourtant, à l’heure du tweet papal et des MOOCS, il n’est pas à propos de résumer ce diffé- rend à une querelle entre An- ciens et Modernes, entre pro- réseaux sociaux et réaction- naires de la Toile. La véritable question se résume plutôt aux limites de la dématéria- lisation du MBA : jusqu’à quel point peut-on virtualiser ce prestigieux sésame sans le dénaturer ? Voilà le vrai sujet de discorde qui expli- querait pourquoi Harvard, l’INSEAD ou HEC ne pos- sèdent pas leur MBA en tout- numérique. Pourtant, les meil- leurs diplômes à distance possèdent les mêmes accré- ditations internationales qu’un MBA en présentiel (EQUIS, AMBA, AACSB), et cer- taines universités vont jusqu’à délivrer le même diplôme, quelle que soit la manière d’assister aux cours. Une évolution notoire dans l’uni- vers des MBA malgré des questionnements légitimes sur la qualité des enseigne- ments.séduit dans sa flexibilité pour tituto de Empresa de Ma- 80 heures de cours et de res- les professionnels ultra-mo- drid... Les enjeux écono- sources vidéo. L’utilisationà l’IAE d’Aix, l’innovation sur le site de la business school de Leipzig, etc. », ex- plique Antje Vogdt Sainte- Rose, MBA development ma- nager à l’IAE Aix-Marseille. Soit 300 heures (sur un total de 1850) de cours en rési- dentiel, volume horaire proche d’un Executive MBA classique avoisinant les 500 heures en moyenne. Notons d’ailleurs que les accrédita- tions internationales faisant force de loi obligent les MBA à distance à un quota d’heures dédié à un enseignement « concret ». « Et en matière d’investissement personnel, cela prend en moyenne entre 15 et 20 heures par se- maine », souligne Stéphane Fontaine. Par ailleurs, il ne faudrait pas croire qu’étudier à distance s’effectue sanster que les MBA online n’ou- blient pas la primauté du face-à-face dans leurs heures d’enseignement. « Team buil- ding, seminaires et rencontres construisent nos semaines sur les différents campus. Et si les relations physiques sont moins courantes, nous bé- néficions également d’un ré- seau d’Alumni pour nous soutenir dans nos projets », complète Stéphane Fontaine.Les MBA online n'oublient pas la primauté du face-à-face dans leursheures d'enseignementbiles ou ceux désireux de ne pas chambouler leur vie pri- vée et épouser le rythme d’un MBA part-time », analyse El- len Kouzoubachian, respon- sable recrutement et promo- tion du programme à l’Au- dencia. Deux ans. C’est la règle générale, même si cer- taines universités se permet- tent quelques originalités : Phoenix offre une latitude deunàseptansàsesréci- piendaires. L’essor de cesmiques ne doivent cependant pas occulter que la virtuali- sation de ces formations est motivée également par le dé- sir de démocratisation de ces contenus d’information. « No- tre Euro MBA, grâce à la flexibilité de sa formule, pos- sède une dimension interna- tionale plus prononcée que notre MBA classique, avec 10% de Français dans une promotion de 40 nationali- tés », poursuit Ellen Kou-à tout-va du sigle MBA et cette auberge espagnole des formations à distance expli- queraient notamment la réti- cence des grandes marques à opter pour ce type d’ensei- gnement.DES MBA EN MAL DE RECONNAISSANCE ?« Nous jouissons d’une bonne réputation en Europe mais nous n’avons pas la préten- tion de rivaliser avec les meilleurs MBA mondiaux », explique Ellen Kouzouba- chian à propos de l’Euro MBA, classé 15e selon une étude QS de 2012 sur les distance learning MBA, selon des critères de formation et d’employabilité. Si une grande majorité des pro- grammes ont oeuvré pour obtenir les accréditations in- ternationales, d’autres ont même choisi de délivrer le même diplôme, quel que soit la nature du parcours. C’est le cas de Manchester BS et Warwick BS. Dans la même veine, le MBA @ UNC, dis- pensé en ligne par l’Univer- sité de Kenan -Flagler School en Caroline du Nord, a lancé son programme en 2011 en recrutant sa cohorte numé- rique avec les mêmes critères d’entrée que les candidats admis sur le campus. Côté salaires, au regard de leurs grandes sœurs à plein temps, ces formations entraîneraient une hausse intéressante desE-LEARNING VS PRÉSENTIEL, UNFAUX DÉBAT ?« Notre formation reprend le corps de programme d’un Executive MBA, avec uneFACEBOOK MBA, SÉRIEUSEMENT ? Stéphane Fontaine, la qua- rantaine et père de famille, réside dans la région nantaise et possède une vingtaine d’an- nées d’expérience dans le tourisme. En 2013, il décide de rentrer sur les bancs nu- mériques de l’Euro MBA dis- pensé en partie par l’Auden- cia Nantes. Une manière de boucler sa carrière en tant que directeur d’un groupe hôtelier de plein air. Un nou- veau départ également car il est désormais porteur de pro- jet avec sa société Openity,rations, mais plus mo-programmes en e-learning s’explique par le nombre d’inscrits très supérieur à celui d’un MBA classique, comme l’attestent les 40000 inscrits au Online MBA de la faculté d’Arizona ou les 1400 participants au Distance learning MBA de la Warwick Business School (Royaume-zoubachian. Certaines uni- versités vont encore plus loin dans leur version online. Quitte à faire perdre aux MBA leurs lettres de no- blesses : à l’image du Face- book MBA lancée par la Lon- don School of Business (LSBF) : pas moins de 90000 fans profitent ainsi des com-soutien. Back-up technolo- gique par exemple, grâce des logiciels dédiés : plate-forme numérique comme Lotus pour l’Euro MBA, biblio- thèques iTunes U pour War- wick et l’Open University, téléchargées 58 millions de fois par huit millions d’utili- sateurs depuis sa création.Geoffroy Framery68 AVRIL 2014N'importe qui peut passer son MBA incognito désormais...partie dispensée à distance pour balayer les modules classiques. Mais sur les 24 mois, sept rencontres en ré- sidentiel rythmeront la for- mation. Une semaine dans chaque école de notre consor- tium – six au total avec au cœur du dispositif la Maas- tricht School of Business andrémuné.dérée : un montant de for- mation de 26000 livres pour le MBA online contre 38000 pour le full time de Man- chester, pour un écart de sa- laire de 5000 livres en faveur de la formation à plein de temps (source : the Telegraph, 2013).]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[OUVERTURE À L’AUTOMNE 2014 DEL’EXECUTIVEMBA AUDENCIA CAMPUS PARIS !IT’S ABOUT BECOMING AN INSPIRING LEADEREXECUTIVE MBAwww.emba.audencia.comL’Executive MBA (Master in Business Administration) d’Audencia Nantes est un programme de formation diplômant qui s’adresse à des dirigeants d’entreprise et managers expérimentés soucieux de développer leur vision stratégique et de renforcer leurs compétences managériales.Contact : Ellen Kouzoubachian | 02.40.37.46.45 | ekouzoubachian@audencia.com]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsHaro sur les bijoux de familleFiançailles, anniversaire de mariage ou naissance : les occasions d'offrir une pierre précieuse ne man- 8quent pas et rythment une vie. Choisir le bijou idéal relève pourtant de la gageure pour le non-initié,3 millions d’euros : c’est ajoute-t-il.le prix pour lequel s’est Mais l’univers de la joaillerie arraché le « Pink star », n’a pas été épargné par l’effetalors que quelques principes sont immuables.le diamant le plus cher du crise, et si le diamant reste lebest-seller incontesté, un nom- bre croissant d’acheteurs choi- sissent de se tourner vers d’au- tres pierres précieuses : saphir, émeraude ou rubis. « Les gens se rabattent sur ces pierres qui permettent d’avoir du vo- lume et des effets intéressants pour un prix moindre. Elles ne sont d’ailleurs plus montées systématiquement sur de l’or 18 carats, mais de plus en plus sur de l’or 9 carats », explique Gérard Flamme. « Ce n’est pas uniquement une question de budget, beaucoup de gens aujourd’hui cherchent l’originalité, tempère Thomas Seivy, joaillier place de la Madeleine à Paris. L’avantage du diamant est qu’il se porte avec tout, mais les pierres de couleur permettent de se dé- marquer. On peut faire une association avec la couleur des yeux, par exemple. La demande en la matière est de plus en plus forte pour les bagues de fiançailles ». LeInvestissementFaites briller votre épargne avecle diamant d'investissementS’il est difficile de trouver un diamant de qualité en dessous de 1000 euros, il est en revanche possible de miser sur le diamant d’investissement pour seulement... dix euros ! La société Aucoffre.com propose en effet ce type d’investissement via le site Investdiamond.com. « Nous achetons des lots de 30 à 40 pierres pour un montant total de 300000 euros environ. Ils sont ensuite fractionnés en millièmes de carats que nos clients peuvent acquérir », explique Jean-François Faure, le président de la plateforme. Un système de mutualisation qui assure la liquidité des titres et permet de lisser les prix. Les pierres sont stockées au port franc de Genève, permettant aux clients d’être exonérés de taxe dans la mesure où les transactions ne dépassent pas le seuil de 5000 euros. Côté rentabilité, le marché du diamant d’investissement a progressé en moyenne de 3 à 4% sur les cinq dernières années. Une tendance qui devrait perdurer selon Jean-François Faure : « Le marché du diamant incolore est structuré et tenu par des géants industriels comme Rio Tinto qui n’ont aucun intérêt à ce que le diamant s’effondre, et qui peuvent jouer sur l’ap- provisionnement si on constate une baisse de la demande », assure-t-il.70 AVRIL 2014monde, au terme d’une vente aux enchères à Genève en novembre dernier. Un prix record pour une pièce excep- tionnelle – 59,60 carats – qui atteste de la fascination qu’exercent toujours les pierres précieuses.CLASSIQUES ÉTERNELLES OU ORIGINALES ÉPHÉMÈRESDans le petit monde des bi- joux, le diamant reste la valeur sûre. « C’est la pierre intem- porelle par excellence. Elle traverse les années sans se démoder, et son prix reste constant », atteste Gérard Flamme, directeur de l’institut de gemmologie. « De plus, le diamant est la pierre la plus dure, la plus solide, ce qui l’empêche de s’altérer avec le temps, contrairement à une pierre comme l’éme- raude par exemple, qui peut s’abîmer avec les années »,"Laisse tomber l'or 18 carats et les diamants de pureté maximale ma cheŕ ie, ça ne se fait plus du tout..."saphir, bleu ou rose, reste quant à lui une valeur sûre pour les naissances.Destinée (un solitaire rehaussé d’une couronne pavée de dia- mants), tire son inspiration du mythique Solitaire 1895. Idem pour la maison Messika, qui a lancé l’an dernier la ligne Gatsby, un mince anneau pavé de diamant très rétro. De son côté, le créateur indé- pendant JPHC, qui travaille pour de nombreuses boutiques de la place Vendôme, a relancé Dahlia, une ligne de baguestouré de petits diamants. Cer- tains créateurs misent sur cet effet en s’associant à des stars du red carpet. L’an dernier, Robert Procop a ainsi lancé Style of Jolie, une collection déclinée autour du diamant et de l’émeraude en partenariat avec Angelina Jolie. Une col- lection qui permet de faire plaisir tout en soutenant la bonne cause, puisque les fonds récoltés sont reversés à unede prix importants entre les deux pays », remarque Gérard Flamme. Autre exemple avec le jade, qui s’achetait très fa- cilement il y a dix ans, mais dont les prix ont explosé en raison d’une demande crois- sante en provenance d’Asie, et notamment de Chine.BLING-BLING RÉTROLe choix d’une pierre n’échappe pas aux effets de mode. « En ce moment, la tendance est clairement au vintage, comme dans l’univers de l’horlogerie. Les jeunes femmes cherchent des bagues qui ressemblent à celles deUne chose est sûre : les joail- lers voient entrer dans leurs boutiques des clients de mieux en mieux renseignés et deLes jeunes femmes cherchent aujourd’hui des bagues qui ressemblent à celles de leur grand-mèreleur grand-mère ou de leur arrière grand-mère », com- mente Thomas Seivy. « On assiste à une sorte de retour à l’Art déco dans l’ameuble- ment, la mode du rétro est très présente auprès d’un cer- tain public », ajoute Gérard Flamme. Les créateurs surfent sur cette tendance, en lançant des modèles anciens revisités. C’est le cas de Cartier, dont l’une des dernières créations,ou de leur arrière grand-mère.ants. « Avecornées d’un solitaire entouré de diamants plus fins.Les cadeaux que s’échangent les célébrités créent souvent de vraies tendances, à l’instar de l’émeraude de Victoria Beckham, ou du rubis de Jes- sica Simpson. « Avec le ma- riage de Kate Middleton, nous avons assisté au grand retour des bagues marguerites », ajoute Thomas Seivy. Com- prendre : un saphir bleu en-fondation qui construit des écoles dans les régions défa- vorisées...Les règles du marché capri- cieux de la joaillerie sont aussi dictées par des données géo- graphiques et des critères cul- turels. « L’émeraude, par exemple, est une pierre très américaine. Elle est très re- cherchée outre-Atlantique, mais assez peu en France, ce qui peut provoquer des écartsplus en plus exigeInternet, les gens ont une idée de la valeur des pierres, ils ont un benchmark en tête », atteste Thomas Seivy. Certains magasins proposent même des cours de gemmologie pour apprendre à déceler la qualité de la taille, l’éclat ou la bril- lance des pierres.Ronan Penetti]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEHorlogerie & JoaillerieLa nouvelle Chronographe « Forget me not » Grande Dateby Robert WanCette paire de boucles d'oreilles appar- tient à une parure composée d'un pen- dentif et d'une bague appartenant à la collection "Trésor des Iles". Les saphirs qui accompagnent les perles gris bleu ont été choisis dans des teintes pastel afin de mettre en valeur l'éclat de la perle d'une remarquable beauté. Mon-sieur Wan produit les perles les plus extraordinaires depuis plus de 50 ans et est à ce titre appelé "l'Empereur de la Perle".www.robertwan.comHappy Sport Tourbillon by ChopardC’est une icône conjuguée au plus-que-parfait. La Haute Horlo- gerie et la Haute Joaillerie se conjuguent pour donner naissance à une montre entièrement sertie de diamants, qui abrite pré-cieusement un mouvement tourbillon L.U.C. Alliant la liberté ludique des Happy Diamonds à la modernité du modèle Happy Sport, la Happy Sport Tourbillon Joaillerie réunit à la perfectionPionnier dès 1930 dans la création de montres femmes do- tées de mouvement automatique, Blancpain poursuit cette voie et propose des modèles développés pour la femme sen- sible aux complications horlogères. Fidèle à la tradition, le nouveau Chronographe Grande Date de la collection Women combine un délicat visage de nacre, un cœur auto- matique et plusieurs complications dans une pièce sertie aux formes généreuses. Ce nouveau modèle abrite le calibre Blancpain 26F8G, un mouvement mécanique à remontage automatique composé de 495 composants ; le boîtier en or rouge 18 carats est serti de 40 diamants et est étanche.www.blancpain.comZenith, quand l’aventure aérienne s’écritau fémininPuisant son inspiration dans les montres et instruments de bord que Zenith fabri- quait aux débuts de l’aéronautique, la Col- lection Pilot prend une nouvelle fois de la hauteur et inaugure son premier modèle féminin : Pilot Montre d’Aéronef Type 20 « 40 mm Lady ». Vibrant hommage tout en glamour aux plus grandes conquêtes du ciel que Zenith a accompagnées, ce garde-temps se décline en quatre diffé- rentes versions pour distiller un temps épris de liberté et embrasser des horizons inexplorés.www.zenith-watches.comUlysse Nardin vous promet des ongles intacts !Modèle phare de la collection Ulysse Nardin pour dame, Jade marque un tournant dans l'histoire de la marque, puisqu'elle intègre le tout premier mouvement conçu et produit en interne exclusivement destiné aux dames. Ce calibre est conçu et fabriqué de manière à faciliter les manipulations de la couronne pour ajuster la date et l'heure, évitant ainsi à ces dames de se casser un ongle. Incroyablement simple et merveilleusement pratique Jade témoigne d’une élégance intemporelle. Son boîtier en or 18 ct est orné de quatre exquises cornes en cé- ramique et d’un splendide anneau de diamants dans un pay-sage hivernal à la délicatesse subtile.www.ulysse-nardin.comTournaire dit : « Paris Forever » !A travers ce garde-temps exceptionnel, les Maisons TOURNAIRE et TECHNOTIME marient l'Art de la Haute Joaillerie avec la Haute Horlogerie. Le projet, démarré en octobre 2010, était de créer une Architecture en hommage à la ville de Paris. Ce calibre- TT791.00 représente la capitale française à travers ses différents monuments : Des jardins du Trocadéro avec sa fontaine en dia- mant bleu, en passant par le Louvre et l’Académie Française, de la Fontaine des Innocents au Pont Neuf blanc de diamants, sup- port du Tourbillon, de la Tour Eiffel à l’Arc de Triomphe, de la Place Vendôme à Notre-Dame et même les Arènes de Lutèce.sport et élégance ultime.www.chopard.frSunrise chez Franck MullerCe modèle incarne naturellement la vision de Franck Muller : féminité, séduction et élégance. Le cadran, en- tièrement fabriqué en interne, est le résultat d'un long processus ingénieux qui a été conçu pour maintenir les nombreux diamants. Cette montre, telle un véritable bijou, évoque le raffinement et la grâce.www.franckmuller.comBoucheron nousillumine toutes !Premier Joaillier de la place Vendôme, Bou-cheron incarne l’excellence en Haute Joail-lerie et Haute Horlogerie depuis plus de 150ans. Chaque collection puise dans la mé-moire et les valeurs de la Maison, pour fairejaillir l’intensité d’une modernité sans cesseréinventée. Chaque création capte la lumière,cristallise une émotion et rend les femmes belles. Les nouveautés Radiant réinterprètent à nouveau les volumes et les codes iconiques. Les man- chettes, dans leur version tout or ou sertie de diamants, se réapproprient les fameux motifs en oversize et ajourés.www.boucheron.comwww.philippetournaire.comAVRIL 201471]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsEvasionVotre Villa à Shanghai !L'hôtel Massenet at Sinan Mansions propose au cœur de Shanghai un hébergement luxueux dans 15 villas his- toriques des années 1920 et 1930. Les villas de style eu- ropéen disposent d'un service en chambre continu, d'une salle de jeux et d'une connexion Wi-Fi gratuite. Pour votre plus grand confort, toutes les villas sont do- tées d'un garage et d'un jardin privé ainsi que d'une cui- sine entièrement équipée.Nouvel hôtel Marriott à BerlinAm Steinplatz Hotel est le 1er hôtel Auto- graph en Allemagne. C'est un établissement mythique et centenaire à la façade vert olive, aux fenêtres arquées d'inspiration Maure et au design exceptionnel. Optez pour l’une des 84 chambres, la Junior Suite ou l’une des deux suites avec Spa. Le restaurant uti-www.hotelmassenet.com.cnDu très Design à WuhanZiyuan Boutique Hôtel est au cœur d'un centre commer- cial, le "Creative Capital" à Wuhan en Chine. La décoration intérieure est élégante et contemporaine. L'hôtel propose 54 chambres et suites spacieuses et lumineuses. Offrez- vous un moment de détente au Spa de l'hôtel, profitez du soleil sur la terrasse de 300 m2 et de son parcours de golf. Vous serez certainement tenté par une visite du Musée des Beaux-Arts. Le Chef vous accueille avec sa cuisine tra- ditionnelle chinoise de la région et de sa cuisine raffinée européenne.www.hotelspreference.comlise les meilleurs produits régionaux pour of- frir des plats berlinois à la fois typiques et revisités, élaborés par le Chef étoilé Stefan Hartman. Repère des artistes, acteurs et in- tellectuels dans les années 1950 tels que Romy Schneider ou Günter Grass, il séduit aujourd'hui par son univers contemporain inspiré de l'histoire.www.autographhotels.comEcolabel pour l’Eiffel TrocadéroL’hôtel Eiffel Trocadérosurplombe la place my-thique. Détendez-vousdans l’une des 16 cham-bres et suites, à la décora-tion unique alliant le chicfrançais et l’élégance ducontemporain. Dégustezune cuisine française biode saison au bar-restaurant Les Jardins du Trocadéro, décoré de murs végétaux et de pierres apparentes. Ce 4 étoiles design, engagé dans une démarche de dé- veloppement durable a été distingué par l’Ecolabel Européen.www.hoteleiffeltrocadero.com74 AVRIL 2014]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEReflets d’été de ChanelLes couleurs aiment l’été, passionnément. Dans la lu- mière radieuse, le rose est encore plus joyeux, les tons orangés explosent de vitalité, l’or et le bronze décuplent leurs effets aux rayons du soleil. Au bord de l’eau, la pa- lette des couleurs estivales vibre à son maximum, pure ou flamboyante, toujours magique dans le reflet des vagues. Une vision idyllique des beaux jours, que l’on voudrait conserver pour toujours. Le Studio de Création Maquillage de CHANEL imagine une collection de nuances à combiner à l’infini, sur les ongles et les lèvres.Pour que l’été ne finisse jamais...www.chanel.com«RêvedeSpa» chez WonderboxPlénitude totale, raffinement poussé à l’extrême...Au cœur du triangle d’or parisien, poussez la porte du Cercle et plongez vos sens dans un lieu hors du temps dédié au bien-être de votre corps. Optez par exemple pour un modelage du corps à la cire magicienne + un bain avec un philtre à la fleur de Lys et à la poudre d’or magicienne + un soin du visage sublimateur de teint. A Lyon, au Wellness Beauty Spa, dans un cadre design, ce spa propose des soins, modelages et enveloppe- ments par l’eau. Des soins d’exception à choisir parmi 500 rituels de bien-être dans des spas prestigieux. 149,90 Euroswww.wonderbox.frNuxe Sun, Protection idéale, glamour total !NUXE propose sa 1ère gamme de soins solaires aux Fleurs d’Eau et de So- leil qui assure une protection idéale et un bronzage 100% glamour. C’est une gamme de produits solaires incontournable, qui répond aux besoins de la peau : toute l’année avec les Auto-Bronzants, pendant l’exposition au soleil avec les Protecteurs Solaires, et après l’exposition avec le Lait Après- Soleil. Avec leurs textures et leur parfum de rêve, ces produits « addictifs » font rimer été avec sensorialité.fr.nuxe.com/solairesAgnelle - Guerlain : Noces de ParfumLa ganterie Agnelle et le parfumeur Guerlain croisent leur ex- pertise pour lancer Les Gants Parfumés, une exclusivité du 68 avenue des Champs Elysées, Paris 8e. Née de la volonté de la maison Guerlain de renouer avec ses racines et son ultra fémi- nité, cette fusion, aussi précieusement élégante que ludique, s’incarne dans deux créations d’exception et voluptueuses, le Gant du Parfumeur et le Gant La Petite Robe Noire. Le Gant La Petite Robe Noire, coquettement échancré sur le poignet et ponctué d’un nœud, cristallise les notes de cerise noire, de rose et de patchouli, effluves subtilement et charnellement subli- mées par l’agneau. Prix Public: 330 €www.agnelle.fr et www.guerlain.comBienEtreAVRIL 201475]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9ART DE VIVRE & PATRIMOINECuvée William Deutz rosé 1999/2000Fondé en 1838, la maisonDeutz s'est développée au filde cinq générations de lamême famille et a acquis dèsla fin du XIXe siècle une répu-tation de premier ordre enFrance et sur les lointainsmarchés d'exportation. Cettecuvée délivre en bouche unflot de saveurs riches, goû-teuses et fines sur un fond decomplexité avenante. Lesarômes cèdent tout en douceurla place à des notes de mûres sauvages. L'harmonie entre la puissance des Pinots Noirs et la finesse des Chardonnays est portée à son pa- roxysme.L’Art du tempsVins & SpiritueuxFeuillate détient toujours la Palme d’Or !Palmes d’Or Brut Vintage révèle toute l’élégance et la finesse du chardonnay alliées à la rondeur du pinot noir. Toujours millésimée, seules les années de vendanges exceptionnelles sont jugées dignes de Palmes d’Or. Les cépages murissent 9 ans en cave.A l’œil, c’est un murmure craquelant de bulles très fines et délicates. Le premier nez est marqué par des arômes de fleurs blanches et de miel. En bouche, c’est une attaque franche et nette sur des bulles fines dévoilant une très belle miné- ralité. Ouvrez une bouteille en hommage au Festival de Cannes !www.nicolas-feuillatte.comChateau-Figeac, 1er Grand Cru Classéwww.champagne-deutz.com/frde Saint EmilionIl offre l’élégance et le raffinement des plus grands vins de Bordeaux. Le domaine est remarquable par son terroir exceptionnel et son histoire qui est étroitement liée à celle de Saint-Emilion. Unique, racé, CHATEAU-FIGEAC est issu d’un encépagement 35% Caber- net Sauvignon, 35% Cabernet Franc et 30% Merlot, sa domi- nante de Cabernet est l’une de ses caractéristiques. Son style unique se dévoile et s’enrichit au fil du temps.www.chateau-figeac.com76 AVRIL 2014La Dame de Montrose, Millésime 2011Neige, sécheresse, canicule, grêle... rien n’aura épargné le vignoble médocain en 2011! A la vigne, le travail de l’homme fut dur et intense, les efforts répétés,Château Les Cruzelles 2011 Lalande de PomerolD’un seul tenant, avec l’exclusivité du lieu-dit cadas- tral « Les Cruzelles », ce vignoble de Bordeaux est vi- nifié par M. Denis Durantou. Un terroir plus Pomerol que Lalande avec un sol exceptionnel de graves et ar- giles apte à produire avec ses merlot et cabernet franc les meilleurs vins. Le Château LES CRUZELLES 2011 séduit immédiatement par sa subtilité-entrelacs d’arômes épicés et sucrés ,vanille, iris, cannelle, rose et moka et les touches de tanins caressants enrobés dans une chair soyeuse et juteuse, pulpe de cerise re- haussée d’épices .Très belle réussite du millésime très prometteur pour les années à venir.....pour ceux qui auront la force de résister ....l’attention sans relâche, pour obtenir des raisins tout à fait mûrs. Au chai, la vinification de chaque cuve fit l’objet de beau- coup d’attention, pour extraire des tanins mûrs, soyeux et pré- cis.L’équilibre est bon en toute chose. Le résultat obtenu est plus que satisfaisant : fraîcheur, expression aromatique et précision d’une structure tannique nette, souple et enrobée.www.chateau-montrose.comwww.denis-durantou.com]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°9www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEGastronomieLa Ruche, pains d’exception et de caractèreLa Ruche dévoile son nouveau visage... Cet ancien hôtel-restaurant, guinguette en son temps, est aujourd’hui entièrement réhabilité et rénové. En bord de Seine, à la fois hôtel, restaurant, épicerie, boulangerie et pâtisserie, il offre un essaim foisonnant où chacun peut butiner à sa guise « les pieds dans l’eau ». Au fournil, l’équipe propose du pain chaud toute la journée et délivre ses signatures telles que la tourte seigle miel, la Pépite ou encore le pavé tradition graines. Les spécialités sucrées sont à tomber, pour des prix ultra raisonnables. Vous avez envie de faire vous-même des chou- quettes ? Sur demande, un cours en groupe est possible, et délicieusement appréciable !laruche78.coméodor, un thé pas comme les autresGuillaume Leleu, Maître de é et tea-taster, est à l’origine de l’ensemble des créations de la Maison. Il se situe entre le «nez» du parfumeur, le «palais» de l’œnologue et l’inspiration de l’écrivain. Il voyage à travers le monde pour dénicher les meil- leurs jardins de thés, en Asie, en Inde...C’est une richesse de création et d’innovation sans limite : Péché Mignon, Carpe Diem, On va se revoir...Une technologie exclusive permet la production de sachets de thés en feuilles entières, avec exac- tement la même qualité que le thé en vrac. On apprécie l’uni-vers contemporain et premium dans la signature de la marque et la déclinaison des packagings. Pour finir, éodor s’associe à une démarche de qualité durable en respectant les hommes et leur environnement. A découvrir sous :www.theodor.frLe Trois-Quart – nouveau bistrot à vin parisienLe Trois-Quart est un bistrot au cœur du 17ème arron- dissement de paris. Nous vous invitons à faire une pause gourmande dans un bistrot chaleureux oùvous aurez l'espace d'un déjeuner ou d'un diner le senti- ment d'être chez des amis à la campagne.Venez vous dé- tendre et déguster une cuisine authentique autour de produits de saison et d'une carte des vins intelligente qui fait la part belle aux vignerons indépendants. Nous vous recommandons particulièrement les terrines maison, le ri- sotto et la côte de boeuf... un must. Ce bistrot sans chichis est un savant mélange entre audace et tradition qui tente de regrouper autour des valeurs du rugby une jolie bande de copains, d'habitués, de gastronomes et de voisins tout simplement.www.letroisquart.frAVRIL 201477]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & InvestissementsLe coin des analystesuLes opportunités d'achat se précisent pour Cholet DupontCholet Dupont attend une stabilisation ou une reprise convaincante des marchés, avec de bons volumes de transactions pour surpondérer à nouveau les actions à court terme, en Europe et au Japon. Mais dès à présent, des opportunités se précisent avec la baisse du court des actions, selon Vincent Guenzic . « Dès maintenant, des achats ciblés peuvent être effectués, notamment pour des portefeuilles peu investis », remarque le ges- tionnaire d'actifs. Dans son allocation sectorielle euro- péenne, Cholet Dupont surpondère les valeurs industrielles, financières, les valeurs de consommation discrétionnaire (automobile, médias, tourisme & loisirs), de télécommu- nications et de construction. Il a ajouté à cette catégorie les secteurs Banques et Santé, dont les tendances se re- dressent. Selon lui, les secteurs Chimie, Immobilier, Tech- nologie et Services Publics doivent être conservés à court terme et surpondérés à moyen terme.uUn avenir optimiste selonNatixis AMPour Philippe Waechter, directeur de la recherche éco- nomique de Natixis Asset Management, les perspectives économiques de la zone euro sont plus optimistes que par le passé. Il en veut pour preuve le message des en- quêtes menées auprès des chefs d'entreprise. C'est aussi selon lui le signal des chiffres du PIB pour le 4e trimestre 2013. « Depuis l'automne, l'amélioration est significative et laisse imaginer que l'économie est enfin sortie de cette longue et douloureuse période de récession », es- time-t-il. Il rappelle que Mario Draghi, le patron de la BCE, s'est appuyé sur ce schéma d'une conjoncture plus solide qui permettrait de maintenir le statu quo : « Si la croissance se cale sur une trajectoire plus solide, alors les déséquilibres, qui sont encore présents, s'estomperont progressivement ». Pour lui, il faut que les économies de la zone euro soient capables de capter et d'amplifier la dynamique conjoncturelle récente. « Il faut sûrement davantage d'autonomie aux acteurs de l'économie pour qu'ils s'accommodent de cette situation nouvelle », juge-t-il.uOddo salue la résistance des marchésOddo observe une atténuation du rythme de croissance global sur les derniers mois. Il était de 3,3% au quatrième trimestre 2013, et pourrait refluer au premier trimestre 2014 à 3% ou légèrement moins. « La tendance reste néanmoins orientée dans le sens de l'accélération. Le climat des affaires est assez robuste dans l'ensemble », estime Bruno Cavalier, Chief economist chez Oddo Se- curities. Selon lui, les incertitudes financières et géopo- litiques de ces dernières semaines (volatilité des devises émergentes, tensions en Ukraine) n'ont pas entamé le sentiment général des marchés. « Au total, le degré d'aversion au risque ne s'est que modérément accru », indique-t-il. Il serait pourtant facile d'échafauder des « scénarii du pire » : éclatement de la bulle du crédit en Chine, rupture d'approvisionnement énergétique pour une partie de l'Europe, escalade des tensions entre grandes puissances militaires... Dans ce contexte, Oddo salue la résistance des marchés financiers.78 AVRIL 2014uLES BONS PLANS DU MOIS Location meublée : la loi Alur change lapôts compte ainsi monétiser le patrimoine immobilier des personnes âgées pour leur redonner du pouvoir d'achat. Elle a déjà lancé un appel à candidatures qui a rencontré un vif succès, signe d'une grande appétence pour ce produit. A noter qu'un achat en viager peut bénéficier d'un abattement fiscal pouvant aller de 30 à 70% selon l'âge du vendeur.donneL'adoption définitive de la loi Alur le mois dernier modifie les règles du jeu en matière de location de logements meu- blés. Celle-ci intègre en effet de nombreuses dispositions qui s'appliquaient jusqu'à présent uniquement aux locations de logements « nus ». Dorénavant, les logements meublés sont soumis comme les logements vides à l'encadrement des loyers dans les zones dites « tendues ». Le texte donne par ailleurs une définition plus stricte de la location meu- blée. La loi prévoit la rédaction d'un inventaire et un état détaillé du mobilier. La liste des clauses interdites, l’énu- mération des documents qu'on ne peut pas demander au lo- cataire ou à son garant, ou encore les modalités de décompte du délai de préavis, devraient aussi être alignées sur les règles auxquelles sont soumis les logements vides. Autre nouveauté : la mise en place d'une grille de vétusté permettant d'évaluer la quote-part imputable au bailleur.Ils font leur beurre avec des vaches laitièresLe viager, bon pied bon œil !Alors que les taux des placements traditionnels ont ten- dance à rester au ras des pâquerettes, les particuliers sont de plus en plus nombreux à s'intéresser de près à l'élevage de bovins. La société Elevage et Patrimoine propose ainsi de placer ses économies dans des vaches laitières, à raison d'un peu plus de 1000 euros par vache par le biais de l'As- sociation française investissement en cheptel (AFIC). Inu- tile toutefois pour l'investisseur de se mettre au vert dans le Larzac, puisque les bêtes sont confiées à des éleveurs professionnels. Pierre Marguerit, le directeur général de la société Elevage et Patrimoine, note un regain d'intérêt au- tour de ce placement. « Je pense qu’il est lié d'une part à la fibre écologique, mais aussi à une prise de conscience des investisseurs qui se rendent compte que les ressources agricoles sont appelées à devenir un enjeu de premier plan au regard de la croissance de la population mondiale, as- sure-t-il. Les gens cherchent aussi à diversifier de plus en plus leur épargne, et c'est justement ce que permet notre organisme. » D'autant plus que ce placement rapporte entre 4 et 5%. Aujourd'hui, le cheptel de l'AFIC compte 18000 vaches adultes présentes dans 800 fermes réparties sur le territoire.Aujourd'hui, le viager représente seulement quelque 3000 ventes par an en France, soit moins de 0,5% de l'ensemble des transactions portant sur les logements anciens. Mais ce type d'achat, qui consiste à vendre un logement à une per- sonne en échange du versement périodique d'une rente jusqu'au décès du vendeur, pourrait bien avoir de beaux jours devant lui, les professionnels notant un regain d'inté- rêt depuis quelques années. En 2014, il pourrait même dé- coller pour de bon. En effet, la Caisse des dépôts compte investir 100 millions d'euros dans un fonds dont l'objectif sera de racheter des biens sur ce modèle. La Caisse des dé-2,00 USD1,50 USD1,00 USD0,5 USDLA SPÉCULATION DU MOISLe cours du café s'emballe sur fond de sécheresse au BrésilMai JuilletSeptembreNovembre2014 MarsSi la spéculation retombe autour des métaux précieux depuis quelques mois, le cours de certaines matières premières agricoles, très volatiles, sont susceptibles de connaître des envolées. La sécheresse au Brésil a ainsi provoqué une véritable explosion du cours de l'Arabica ces dernières semaines.]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9ART DE VIVRE & PATRIMOINE PatrimoineCGP-CGPI, des intermédiaires pas comme les autresF Face aux difficultés de l’épargnant à trouver des valeurs refuges et des taux de rendement intéressants, mais aussi face à l’instabilité fiscale, le choix du conseiller en gestion de patrimoine,indépendant ou non, devient crucial.ace aux difficultés de fessionnelle à laquelle il est rétrocédés. » La réglemen- L’AVANTAGE DE LA du gestionnaire, constate Jean- VRAIS ET FAUX l’épargnant à trouver affilié. La Chambre des in- tation à laquelle sont soumis POLYVALENCE Pierre Rondeau. Il doit par RISQUES POUR des valeurs refuges dépendants du patrimoine les acteurs du secteur impose « Les CGPI français sont les exemple se méfier d’un pro- L’INVESTISSEURet des taux de rendement in- (CIP) est la plus importante. de faire figurer l’intégralité meilleurs au monde », affirme fessionnel qui fait trop souvent Le vrai risque, pour l’inves-téressants, mais aussi face à l’instabilité fiscale, le choix du conseiller en gestion de patrimoine, indépendant ou non, devient crucial.Viennent ensuite l’Anacofi- des frais dans le document sans gène Jean-Pierre Ron- Cif, la Chambre nationale des d’entrée en relation. L’es- deau, président du groupe- conseillers en investissements sentiel de cette rémunération ment La Compagnie des financiers (CNCIF) et la CIF- dépend directement du ca- CGPI. Ses compétences doi-tourner son portefeuille... » Attention, certains acteurs se prévalent de l’indépendance, mais sont rattachés à un réseau de franchisés qui leur impose le choix des produits. L’affi- liation à une franchise ne doit cependant pas être confondue avec l’affiliation à un grou- pement de gestionnaires in- dépendants qui permet, pour sa part, de donner plus de poids aux petits acteurs du marché auprès des fournis- seurs. « Les institutionnels tels les banques et les com- pagnies d’assurances doivent travailler en multigestion, ac- ceptant de ce fait d’autres produits que les leurs », avise Jean-Pierre Rondeau.tisseur, réside dans une dé- préciation de son actif suite à un conseil peu avisé, où une malchance suite à un pla- cement à risque. En aucun cas ces risques seraient leNulle précaution n’est super- flue lorsqu’il s’agit de confier son épargne à un profession- nel. Cette prudence doit re- doubler à l’heure de choisir un conseiller en gestion de patrimoine (CGP). Le statut n’ayant aucune réalité légale, le risque du charlatanisme doit être pris en compte. Certes, il est plus important lorsque le conseiller fait le choix de l’indépendance.L’épargnant doit par exemple se méfier d’un professionnel qui fait trop souvent tourner son portefeuillepropre des indépenda. cisons, a contrario, que la faillite du CGPI ne comporte aucune conséquence finan- cière pour le client. Les sommes placées ne peuvent être retenues par ce dernier. En dehors des honoraires, les capitaux sont intégralement versés aux établissements fi- nanciers concernés.PREMIERS RÉFLEXES INCONTOURNABLES... A l’heure de choisir celui à qui l’on confiera son épargne, le premier réflexe consiste à se référer aux fichiers légaux répertoriant les professionnels exerçant en conformité avec la réglementation. Ceux-ci sont établis par des orga- nismes professionnels. Avant même d’envisager un premier entretien, il importe de de- mander au professionnel le nom de l’organisation pro-80 AVRIL 2014attention, une telle affiliation ne présage en rien des qualités de fin stratège du conseiller choisi.euro et environ 1% pour un fonds en actions. En cas de placement dans un contrat d’assurance-vie, le montant rétrocédé est de 0,5% du ca- pital environ. En cas de pla- cement immobilier, la com- mission du CGPI se situe autour de 5%. Enfin, pour une assistance lors de la ré- daction de la déclaration d’impôt ou le conseil patri- monial, le montant des ho- noraires est établi au cas par cas par le CGPI.CGPC. Seuls les CGP res- pital investi. Les CGPI se vent couvrir de nombreux pectant les impératifs légaux rémunèrent sur les frais de métiers complémentaires », peuvent y adhérer. Ce filtre gestion des OPCVM, géné- chacun de ces métiers com- de la profession constitue un ralement de 0,2 à 0,4% du portant son propre degré de premier gage de fiabilité. Mais capital pour un fonds en technicité. Pour appréhenderCLARTÉ DANSLES TARIFS« La rémunération des CGPI est bien plus transparente qu’on l’affirme, constate Pierre Christodoulidis, pré- sident de la CIFA (Conven- tion of Independant Financial Advisors). Elle est notam- ment constituée des montantsINDÉPENDANCEEN QUESTIONL’intérêt majeur du recours à un CGP indépendant est pré- cisément la sélection des pro- duits qu’il propose à ses clients. « C’est à l’usage que le client juge de la compétenceune situation patrimoniale avec la plus grande efficacité et établir une préconisation adaptée, il doit en effet être courtier en assurance, agent immobilier, conseiller en in- vestissements financiers, in- termédiaire en opération ban- caire. Un fichier disponible sur le site de l’Organisme pour le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance (ORIAS) regroupe, depuis peu, toutes ces informations. La compé- tence d’un conseiller ne se mesure pas uniquement à la maîtrise de tel ou tel aspect, mais bien à sa capacité à in- tégrer ces différents métiers lors de l’analyse d’une situa- tion patrimoniale concrète. A ce titre, certains le comparent un peu à un médecin généra- liste du patrimoine. Autre in- térêt majeur du recours à un CGPI : sa disponibilité. Elle est en principe supérieure à celle d’un conseiller bancaire. Vous devez pouvoir le joindre à tout moment sur sa ligne directe, par mail ou mieux, sur son portable.Marie Bernard3 questions à...nts. Pré-CGP très pédagogue qui explique son métier à madame MichuPierre Christodoulidis, président de la CIFA (Convention of Independant Financial Advisors) qui se tient à Monaco du 23 au 25 avril 2014 :Quelles seront vos pistes de travail lors de la prochaine CIFA ?Nous nous interrogerons sur la disparition progressive et agressive de la sphère privée de l’individu, ainsi que sur l’évo- lution des tendances économiques. Elles sont plus que préoc- cupantes... Leurs répercussions sur la vie des individus sont importantes. Ces derniers sont amenés à consommer leur épargne, empêchant ainsi la richesse de se créer.Quel sera votre apport pour les CGPI ?On assiste à une prise de conscience des contraintes auxquelles est soumise la profession de CGPI, ainsi qu’à un rapprochement des acteurs sur le plan européen. Ce rapprochement permet de défendre plus efficacement la profession contre les accusations portées contre elle. Trop souvent, l’investisseur a tendance à confondre celui qui n’est qu’un intermédiaire avec la banque elle-même.Quelle est la particularité du CGPI français ?Un CGPI français exerce plusieurs métiers, contrairement à ce qui se passe dans les autres pays d’Europe. En Angleterre par exemple, le conseiller n’intervient pas en matière d’immobilier. En Suisse, les conseillers réalisent de la gestion pure... Chaquepays a ses particularités.]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°9ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelleExpos / SpectaclesCinéman The Grand Budapest Hotel, de Wes AndersonAvec son dernier film, Wes Anderson vient d’opérer un virage sen-sible dans son cinéma. Les ingrédients qui ont fait le charme de ses œuvres passées – Moonrise Kingdom, A bord du Darjeeling Limi- ted, La vie Aquatique – sont toujours là : les personnages loufoques, les décors colorés et stylisés, le souci quasi-obsessionnel du détail et de la symétrie qui nous emportent dans un univers unique et merveilleux. Mais il y ajoute cette fois une dimension politique et historique inédite, confrontant son univers enchanté et sa poésie à la fin d’un monde.Inspiré par le cinéma des années 1930, Anderson a conçu son Grand Budapest Hotel comme un hommage à l’écrivain autrichien Stefan Zweig, qui a beaucoup écrit sur la fin de la civilisation eu- ropéenne avant de se suicider en 1942, au Brésil, au cours de safuite. Il y a du Zweig chez Monsieur Gustave, le concierge du palace, entraîné avec son fidèle groom Zero dans une aventure à tiroirs, sur fond de montée du fascisme et d’héritage familial.Librairien Etude : lecture, où en sommes nous ?Le 34e Salon du Livre a été l’occasion pour le Syndicat national de l'édi-tion (SNE) et le Centre national du livre (CNL) de commander uneétude à Ipsos, afin de scruter les habitudes de lecture des Français. Ver-dict : les Français plébiscitent le livre, mais ils en lisent 15 par an, soitun de moins qu'en 2011. Sept sur dix dévorent au moins un livre paran. Parmi eux, près de la moitié (45%) lit tous les jours ou presque. Sanssurprise, ce sont les jeunes qui sont à la traîne. Près des deux tiers des15-24 ans ne lit qu'occasionnellement, et à peine un tiers quotidienne-ment. Les Français n'en gardent pas moins une très haute estime pourles ouvrages, puisque 95% en font une « source essentielle de laconnaissance ». Cette année, Aurélie Filippetti focalise son interventionau Salon du Livre sur la lecture et la jeunesse, notamment au traversdes bibliothèques, afin d'apporter une première réponse aux questions posées par l'étude.n Les clés de nos émotions - Peur, colère, tristesse, joie :les comprendre pour mieux les maîtriserSommes-nous en pleine possession de nos différentes ressources émotionnelles ? Et s'il était possible de garder notre calme en toutes circonstances, d'exprimer sereine- ment notre point de vue ? Et si nous étions capables de ne pas nous laisser envahir par le stress, de savoir dire les mots justes et de préserver notre bien-être ? Chaque jour nous confronte à des émotions déplaisantes. Seul avec nous-même, nous appre- nons tant bien que mal à nous débrouiller avec nos peurs, nos colères, nos tristesses. Cet ouvrage aide à nommer et comprendre ce que nous ressentons. Le but ? Exploiter enfin nos ressources émotionnelles, pour développer notre aptitude au bonheur. Livre de Robert Zuili, éd. MANGO BIEN-ÊTRE, 2014n Pensez-y !Théâtre, cinéma, concert, expo, opéra... Vous pensez à peu près tout connaître en matières de formes artistiques ? Eh bien, révisez votre jugement et laissez-vous tenter par un concept encore assez confidentiel - quoique très ancien -, les ciné-concerts. Le principe : un film ou des extraits de films (plutôt La Liste de Schindler que Pinot simple flic...), ac- compagnés en musique par un orchestre symphonique, en live. Le résultat est saisissant, et les poils jamais bien loin de se dresser lorsque la 9e de Beethov ou ou la Marche des Walkyries subliment une scène déjà mythique. Un régal pour les oreilles, pour les yeux aussi. On ne sait d'ailleurs jamais vraiment où regarder : l'écran, ou les musiciens, que l'on sent plus enthousiastes encore qu'à l'habitude de s'associer à une oeuvre passée à la postérité. Si je vous ai donné envie, pas d'inquiétude : Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Paris... enfin toutes les grandes villes de France proposent régulièrement ce type d'événements. Courrez-y vite, c'est génial, et ça commence à se savoir...Bientôt dans toute la France : 10 avril - Ciné-concert L'Aurore, cinéma de la gare Saint-Sauveur, Lille ; 24 avril - Neko Light Orchestra, ciné-concert hommage aux films d'Hayao Miyazaki, Gaumont Wilson, Toulouse ; 26 avril - Metropolis, Auditorium de Lyon, rue Garibaldi, Porte de l'Espla- nade.n Parfums d'Orient Un voyage dans le temps, dans l'espace, dans l'ima- ginaire, un voyage en Orient, un voyage dans l'univers du cirque, de l'acrobatie et de la danse contemporaine, un voyageà travers des cultures, destraditions et une spiritua-lité venus du Maroc. Voilà,entre autres, tout ce quecondense Azimut, le spectacle d'Aurélien Bory créé le 20 septembre 2013 au au Grand Théâtre de Provence, à Aix. Pour celui-ci, le metteur en scène français s'est à nouveau tourné vers le Groupe acrobatique de Tanger, avec lequel il avait travaillé pour le spectacle Taoub. Inspiré du personnage de Sidi Ahmed Ou Moussa, illustre sage soufi du 16ème siècle dont le tombeau continue d'être un lieu de pèlerinage, Azimut, au travers de l'esthétique des corps, résonne dans l'âme du spectateur comme un intense moment de spiritualité. A ne manquer sous aucun prétexte.SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES Scène nationale 28 > 30 mars ; TOULON Théâtre Liberté 17 avril ; LA ROCHELLE La Coursive scène nationale 15 > 16 mai ; PARIS Théâtre du Rond-Point 22 mai > 29 juinER09BMensuel - 3,90 € EcoRéseau N°8 - MARS 2014nouvelle formuleL’information économique & stratégique, autrement ECONOMIEecoreseau.fr Pricing outComprendre, Entreprendre, InnoverBULLETIN D’ABONNEMENT❏ 1 an (10 numéros) : 35,90 € ❏ 2 ans (20 numéros) : 68,90 €Adresse : Code postal : Ville :E-mail :Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la rectification des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement d’EcoRéseau. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des fins commerciales.“Une vraie concurrence frontale sur les talk shows”Ou comment faire exploser les coûts des concurrents à distanceREGARD SUR L’ACTUALITÉ Antoine de Caunes © Jeff Lanet/Canal+Je m’abonne à❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieur Société :Nom : Prénom : Tél :Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. DOM-TOM et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr).Les informations ci-contre sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place.Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. Si vous ne le souhaitez pas, cochezà compléter et à retourner avec votre règlement par chèque à l’ordre de à l’adresse suivante :LMedia - Service Abonnement EcoRéseau 201-203, rue de Vaugirard - 75015 Paris“Un incontestable phénomènede relocalisation à venir”Certaines entreprises soumettent l’ennemi sans livrer bataille. Dans quels secteurs ? Tabac, Taxis, Téléphonie...Tous. Bienvenue en coulisse.L’ENTRETIENArnaud Montebourg © Patrick VedruneLABORATOIRES D’IDÉES RÉSEAUX D’ENTREPRENEURSTRANSMISSION D’ENTREPRISEEst-ce que cela s’apprend ? Quelques prin- Des think tanks plus influents et connectés. Ces cercles de créateurs épaississent le cipes fondamentaux permettent de ne pas L’Observatoire des think tanks remet les tro- carnet d’adresse à vitesse grand V.saborder la société illico... phées en partenariat avec EcoRéseau. Fantasme ou réalité ?la case ci-contre. ❏PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 24 AVRIL 201482 AVRIL 2014BULLETIN D’ABONNEMENTEcoRéseau]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ON N’EST PAS OBLIGÉ DE PRENDRE L’AVION POUR FAIRE UN MBA INTERNATIONAL.AVEC 85% D’ÉTUDIANTS ÉTRANGERS ET 50 NATIONALITÉS DIFFÉRENTES, LE MBA HEC EST PLUS INTERNATIONAL QU’UN MBA AMÉRICAIN.Demain même les plus petites entreprises seront internationales. En anticipant les évolutions, en favorisant la diversité de culture et d’expériences, en développant de nouvelles méthodes de leadership, HEC apprend à penser maintenant l’entreprise de demain.TOMORROW IS OUR BUSINESS**Inventons l’entreprise de demainwww.mba.hec.edu]]></page></pages></Search>