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ANORAMA Rétrospective







Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en 
Télé-de-Gaulle
regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier 
le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.





Acteursocialaujourd’huiincontournable,lapetitelucarneestsouventmontréedudoigt.Unetélé-poubelleàjeterauxordures? 
N’allons pas croire que la télé parfaite a déjà existé...

Q 

Par Olivier Faure
ui a les plus gros journal régional se crée, on 
seins ? Qui veut ga- a droit à un petit mot du mi- 
gner des milliards de nistre de l’Information pour
milliards de dollars en trou- introduire la première re- 
vant l’auteur des Miséra- transmission. Et ça ne 
bles : Hugo ou Marc Lévy ? choque personne ! » Aucune 

Quel drame social va encore place, donc, pour l’opposi- 
désamorcer notre naine-dé- tion. La télé est la voix de la 
tective nationale grâce à un France, qui est la voix de de 
tour de magie de kermesse ? Gaulle.
C’est ce soir, demain et Une situation qui change 
après-demain sur TF1, W9, lors de l’élection présiden- 
TMC et autre NRJ12. Alors tielle de 1965, « lorsque les 
tournez le bouton « on », Français découvrent à la té- 
chaussez vos mules, attei- lévision qu’il existe des 
gnez le canapé, appelez Piz- hommes politiques qui par- 
zaRabbit et bienvenue pour lent aussi bien que de 

deux heures de plaisir télévi- Gaulle », sourit l’historien. 
suel.
Une brèche s’ouvre dans le 
Cependant, à l’autre bout du monolithe, et les figures de 
PAF, sur les cimes, Arte, Pu- l’opposition parviennent à 
blic Sénat, parfois France se faire une petite place 
Télévision, vous servent dans les émissions poli- 
chaque jour et à toute heure tiques. « Mais la vraie ou- 
une autre sauce, au parfum verture n’interviendra 
différent. Celle de la culture, qu’avec Chaban-Delmas et 
du cinéma d’auteur et de Pompidou », tranche Chris- 
l’analyse politique. Aussi, tian Delporte.

derrière la télé-poubelle La décennie 1960 voit aussi 
continue d’exister une télé- une autre transformation 
savante qui sauve l’honneur majeure : c’et la révolution 
de la petite lucarne. Alors, de l’équipement. De 20% 
que penser de cette télé- de foyers possédant une télé 
Janus que certains fustigent Le cauchemar de Valérie Damidot
au début des années 60, on 
mais que tous regardent ? passe à 70% en 1969. De torien. L’idée était que l’ins- dramatique – l’équivalent c’est aussi une période où on vail, tout le monde parle du 
Pour trouver des éléments de moins en moins chère, la tituteur utilise la télévision actuel d’un téléfilm –, une peut programmer à 20h30 même film ou de la même 
réponse, prenons la télécom- petite lucarne fait partie de en classe comme support de pièce de théâtre, un maga- une émission de jazz, un film émission. Revers de la mé- 
mande et revenons en ar- l’équipement moyen avec la cours, comme une nouvelle zine d’actualité type 5 co- de Buñuel ou une pièce de daille, elle est donc un vec- 
technologie au service de la lonnesàlaUneMolière. Par ailleurs, c’est 
rière, il y a cinquante ans, au voiture et la machine à oudela teur de communication 
temps du Général de Gaulle, laver. Autrefois « consom- connaissance. Difficile, tou- variété avec des présenta- une autre différence notable extrêmement puissant. 
de Guy Lux et de Bonne nuit mée » collectivement, en fa- tefois, d’évaluer le succès du teurs phare comme Guy Lux avec aujourd’hui, les émis- « C’est la télé du Général de 
les petits. Quelle était la télé mille et avec les voisins, dispositif, d’autant que ou Jean Nohain.
sions sont toutes réalisées en
Gaulle, affirme Christian
au cœur des Trente Glo- Les patrons de JT prenaient les elle est de plus en plus re- beaucoup d’intellectuels se 
rieuses ?
gardée en privé. Quant à montraient assez réticents, 
« Déjà, il n’y avait que deux l’audimat, s’il n’est pas me- l’écrit demeurant la source 
chaînes, remarque Christian informations auprès du ministre de
suré, on sait la télé très re- privilégiée du savoir. » Quoi 
Delporte, Professeur à l’Uni- gardée. La preuve : les deux qu’il en soit, on imagine mal 
versité de Versailles et histo- millions d’exemplaires ven- aujourd’hui un cours sur l’information
rien des médias. C’est une dus chaque semaine par Pépin Le Bref l’après-midi 

différence fondamentale Télé 7 Jours.
entre Les feux de l’amour et 
avec la télévision d’au- Plus belle la vie. Vers 19 Une télévision à succès et
jourd’hui : le volume et le heures venait ensuite le pro- « La télé est alors un outil de direct. La télé se construit Delporte. Très clairement, relativement intelligente,
choix des programmes était gramme pour les enfants. service public, dont les trois comme un outil de culture, les patrons de journaux télé- donc. « Bien sûr, mais beau- 
infiniment plus réduit. » La C’est la grande époque de objectifs sont d’informer, de de diffusion de la connais- visés prennent les informa- .
coup moins concurrentielle 
journée commençait en gé- Bonne nuit les petits. Puis cultiver et de divertir, ex- sance ainsi que de spectacle tions auprès du ministre de que maintenant, nuance 
néral vers 13 heures avec la les actus régionales, un feuil- plique Christian Delporte. vivant, au sens de live. » l’Information, dont le plus Christian Delporte. Au- 
rediffusion des informations leton d’une dizaine de mi- Bien sûr, déjà à l’époque, Une télé pour tous les pu- connu à l’époque est Alain jourd’hui, pour attirer le té- 
de la veille au soir. Puis nutes et enfin, le JT à 20 des voix s’élèvent pour dé- blics, donc, et qui impose ses Peyrefitte. Les hommes poli- léspectateur, les chaînes 
place à des programmes pé- heures. En soirée, place à noncer la variété idiote, les programmes. De ce fait, une tiques ne sont pas intervie- doivent aller toujours plus 
dagogiques. « C’était une deux programmes de diver- émissions où Guy Lux reçoit télé naturellement moins wés, il n’y a aucun entretien, loin. » Et toujours plus 

véritable télé scolaire tissement qui s’enchaî- les vedettes de l’époque, segmentante, et au rôle so- aucun débat en plateau. bas.
l’après-midi, poursuit l’his-
naient : un film, une
Sheila, Sylvie Vartan... Mais
cial accru : le matin au tra-
Mieux, lorsqu’un nouveau

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