﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="76"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[nouvelle formule“Une vraie concurrence frontale sur les talk shows”REGARD SUR L’ACTUALITÉ Antoine de Caunes© Jeff Lanet/Canal+“Un incontestable phénomènede relocalisation à venir”© Patrick VedruneEst-ce que cela s’apprend ? Quelques prin- Des think tanks plus influents et connectés. Ces cercles de créateurs épaississent le cipes fondamentaux permettent de ne pas L’Observatoire des think tanks remet les tro- carnet d’adresse à vitesse grand V.saborder la société illico... phées en partenariat avec EcoRéseau. Fantasme ou réalité ?EcoRéseau L’information économique & stratégique, autrementN°8 - MaRs 2014 Mensuel - 3,90 €ecoreseau.fr Pricing outOu comment faire exploser les coûts des concurrents à distanceComprendre, Entreprendre, InnoverECONOMIECertaines entreprises soumettent l’ennemi sansTRANSMISSION D’ENTREPRISE LABORATOIRES D’IDÉES RÉSEAUX D’ENTREPRENEURSlivrer bataille. Dans quels secteurs ? Tabac, Taxis, Arnaud Montebourg Téléphonie...Tous. Bienvenue en coulisse.L’ENTRETIENEcoRéseauBE/LUX : 4.50€ - Canada : 7CAD - Maroc : 50MAD]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8EDITORIALEncourager l’entrepreneuriatPBNB, BIB, PID : pourquoi pas ?E ntreprendre : verbe - se dit d’une pratique française désuète qui consiste à freiner tout projet de créa- tion ou empêcher toute innovation (voir notre DicoRéseau® page 6).Et si cette définition très décalée de l’entrepreneuriat était vraie ? Fort heureusement, je ne le crois pas.oints de PIB et niveaux de satisfaction personnelle, équilibre croissance rythment au- entre vie professionnelle et vie de fa- jourd’hui le moral des troupes mille), il classait la France en 18e po-Certes, les temps sont difficiles, notre confiance en la politique ébranlée, un chômage toujours considérable, des budgets sur la pente descendante, des taxes toujours omniprésentes, etc. Quoi qu’il arrive, nous aurons toujours mille et une façons d’expliquer que la France est un grand corps malade.Toutefois, n’avons-nous pas des motifs de satisfaction ? Personne n’a-t-il jamais affronté le quotidien pour son futur ? Des initiatives ne voient-elles pas le jour régulièrement ?de France, de Navarre et d’ailleurs. sition des Etats membres deComme à notre habitude, nous avons souhaité mettre en exergue des personnalités - telles Antoine de Caunes, Pierre Kosciusko-Morizet ou encore Michel Moulin pour ne citer qu’eux - et des initiatives (le collectif David contre Goliath, les travaux de l’Observatoire français des think tanks, les réseaux d’entrepreneurs, etc.) qui ont su dompter les indicateurs pour proposer, entreprendre ou innover.Sans que plus personne, outre ces chers économistes, ne comprenne très précisément ce que regroupent ces deux concepts. La preuve, les hommes politiques, qui ne sont pas à un élé- phant bourré dans une armoire près, ont appris à nous vendre l’étonnant concept de croissance négative, qui passe comme une lettre à La Poste. Derrière ces deux stars de la déprime, d’autres indicateurs tentent d’exister, et mériteraient qu’on s’y attarde. Le Bonheur National Brut (BNB), par exemple. Né au Bouthan dans les an- nées 1970, il entend estimer le niveau de vie d’un pays en prenant en compte les données économiques, mais aussi d’autres facteurs comme la préserva- tion des ressources naturelles, la vita- lité culturelle d’une nation, le niveau de bien-être au travail, ou encore la santé physique et mentale de ses habi- tants. Remis au goût du jour par l’OCDE l’année dernière sous le sigle voisin de BIB – Bonheur Intérieur Brut –, avec des critères semblables (logement, emploi, santé, sentiment del’organisation. Pas très loin de la 24e place de l’Hexagone en termes de PIB par habitant. Autre indicateur, le PID, Produit Intérieur Doux, qui entend pour sa part mesurer l’activité écono- mique d’un Etat, en incluant dans son calcul des activités non marchandes, comme le bénévolat, les coutumes, la richesse de l’environnement naturel, et toute la valeur que ceux-ci peuvent re- présenter – ce que le PIB ne fait que très partiellement. Evidemment, un Etat au PIB catastrophique ne caraco- lera pas en tête de ces classements al- ternatifs. Mais l’indifférence dont ilsAlors oui, avec de l’audace et une bonne dose de volontarisme, nous avons le droit de rêver plus grand. Soyons ambitieux dans notre pacte de responsabilité, faisons preuve de pragmatisme, de rigueur et de réa- lisme. Le meilleur est aujourd’hui devant, certainement pas derrière.Saluons ainsi l’initiative du collectif David contre Goliath - qui œuvre pour une certaine liberté d’entreprendre et encourage la concurrence - lancée il y a peu en présence de M. Bruno Lasserre, président reconduit de l’Au- torité de la concurrence.Et si ces TPE/PME si souvent tancées par des mastodont.es étaient une figure de la relance tant attendue ? Et si les institutions soutenaient véritablement ces entités qui ne demandent qu’à se projeter ? Au demeurant, ne re-dit long sur notreprésentent-elles pas l’avenir et ne constituent-elles pas une force vive de notre pays ?Prônons l’esprit d’aventure et osons la promotion de l’ouverture : une meilleure offre légitimerait cette compé- titivité tant recherchée. Les talents, nous les avons. Les idées aussi. Ne laissons pas fuir les uns et les autres. Pensons désormais au consommateur final pour lui laisser le bénéfice du choix, du contrôle et le sentiment d’un meilleur rapport qualité / prix. Cela permettrait aux entreprises d’être plus attentives, plus exigeantes et de ne pas se laisser aller ; le tout afin d’innover et de cultiver une forme de différence pour mieux exister et pro- poser. A condition qu’elles soient soutenues.Monsieur le Ministre, le redressement c’est maintenant !Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationfont l’objet en.échelle de valeur, où les chiffres et in- dices boursiers trustent les places d’honneur. C’est bien dommage. Car la culture, l’éducation, la famille, le sport ou la religion représentent autant de forces structurantes d’un Etat si celui-ci s’en préoccupe, que d’élé- ments de désintégration sociale s’il les laisse en friche.Olivier FaureLE CHAT by Philippe Geluck2 MARS 2014]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frSOMMAIREPANORAMA 4-21 RétrospectiveProspectiveVille nénuphars 31Extrême-droite : une vieille histoire 4Créer aujourd’huiLes rendez-vous EcoRéseau- Reprise sans accroc 32 - Entrepreneurs, pensez au crédit-bail ! 36Le DicoRéseau® 20146 Business guidesTourisme d’affaires 38Regard sur l’Actualité8 STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 42-51Antoines de CaunesL’EntretienArnaud Montebourg 12DécryptageRégions & TerritoiresConnexion de cellules grises 42 Expertises 44Grenoble 14HexagoneHaute résolutionLa réforme de l’organisation territoriale 16Tohu-bohu digital 46InternationalBusiness storyInde, vraie Terra Incognita 18Withings 50A la UneRH & FORMATION 52-61 Réseaux & InfluenceMunicipales : Monsieur le Maire, l’homme orchestre 20CLUB ENTREPRENDRE 22-41Baromètre & Tendances Liberté d’entreprendreConnecting Business 52 22 Observatoire 54David vs GoliathCarrières & TalentsL’Analyse- MBA : gagner en leadership 60Pricing out 24ART DE VIVRE & PATRIMOINE 62-74 L’Air du temps23 - MBA : un passeport pour l’étranger 56Interview croisée :Michel Moulin & Pierre Kosciusko-MorizetPetites annonces devenues grandes 26Horlogerie : l’heure des femmes 62 L’Art du temps 63 Baromètre Finance & Investissements 68 PatrimoineEn immersionFablabs et blablabla 28Electron libreLe milliardaire rouge 29Nue-propriété, “un coffre-fort” pour les investisseurs 72 La Sélection culturelle 74Leçons de mauxFagorBrandt 30N°8www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frFondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)Administration & gestionRédactionCourriel : redaction@lmedia.frDirection de la rédaction : Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Julien Tarby Éditorialistes : Sophie de Menthon, Arthur de Soultrait,Marc Drillech, Pascal Junghans, Michel KahnOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Geoffroy Framery, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Ronan Penetti, Yann Petiteaux, Thomas Pitrel, Catherine Quignon, Pierre TiessenDessinateur : Philippe GeluckCahier Stratégie & Innovation numériquePrésident comité éditorial : Jean-Marc RietschChroniqueurs : Eric Barbry, Gwenaëlle Bernier, Arnaud Jules, Francis Kuhn, Jean-Louis Pascon, Isabelle Renard, Jean-Laurent SantoniSecrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure PresseDistribution : PresstalisProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)EcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste LeprinceCommission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 - Dépôt légal : à parution Numéro ISSN : 2265-7436Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.MARS 20143]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA RétrospectiveDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Les sondages donnant un FN en tête aux élections européennes commencent à effrayer. Peut-être à raison. Mais n’oublions pas que les mouvements d’extrême-droite sont tout sauf un phénomène nouveau.ER08Bmondiale, les gens ont cru que l’extrême-droite n’exis- terait plus en France. Mais dès 1953 ont été votées les lois d’amnistie qui se sont appliquées à tous, sauf vrai- ment les collaborateurs les plus impliqués. Et dès 1951, les premiers députés d’ex- trême-droite sont entrés à l’Assemblée sous le sigle UNIR (Union des nationaux indépendants et républi- cains), avec à leur tête Jacques Isorni, le principal défenseur de Pétain. » Troisperte des colonies, et l’an- ticommunisme, explique Jean-Yves Camus. N’ou- blions pas que la perte de l’Algérie fut en France un immense traumatisme, ac- compagné de l’arrivée sur le territoire de milliers de Pieds-noirs. C’est ce qui explique aussi que l’une des bases de l’idéologie des mouvements de droite radi- cale à l’époque, c’est la dé- testation du général de Gaulle, qui à leurs yeux n’a pas tenu certaines pro- messes. Et puis, nous vivonsPar Olivier FaureLcommence à fleurir dansans plus tard, droite fait encoreputsch d’Alger de 1961, sou- tenu par l’extrême-droite d’alors, fera trembler la Ré- publique, mais demeure un mouvement isolé. Pour- quoi ? Car l’extrême-droite est traditionnellement un mouvement très éclaté. Rien que dans les années 1960, la mouvance se divise entre le mouvement Jeune Nation, la Fédération des étudiants nationalistes, Occident ou encore Ordre Nouveau. Au- tant de structures qui sont aussi très largement desvrai parti politique, inscrit dans la durée, affirme Jean- Yves Camus. Même le phé- nomène Poujade n’est pas comparable : il s’agit d’un petit commerçant, emprunt d’un certain charisme, mais qui se montre incapable de créer un parti. Le FN, lui, existe depuis 1972, recueille plus de 10% à chaque élec- tion depuis 1984, et plus de 15% aux présidentielles et aux législatives depuis 1988. » Tout cela grâce à un homme, aussi, Jean-Ma- rie Le Pen, qui lorsqu’il fonde le parti, possède déjà une expérience de 16 ans de parlementaire.alorsune périodeoù lesjeunes,a force du FN, c'est qu'il s'inscrit dans la durée.Dès 1951, les premiers députés d’extrême-droite entrent à l’Assembléee Front national, pre- mier parti de France. Une affirmation quiFN en tête avec 23% des voix, contre 21% à l’UMP et 18% au PS. De quoi faire réagir la classe politique et l’opinion à coups de « cette fois, c’est la fin des hari- cots », « là vraiment, ça dépasse les limites ».De ces ancêtres du milieu du siècle, finalement, qu’aura gardé le FN ? La détestation de la gauche, bien sûr. La question colo- niale ? « Non, c’est une question qui n’a plus cours aujourd’hui sous cettebien des bouches et sous bien des plumes, au gré de sondages qui semblent se confirmer les uns les autres. Le mercredi 9 octobre, c’était ainsi l’Ifop qui, pour le Nouvel Observateur, don- nait le parti du clan Le Pen en tête des intentions de vote pour les élections eu- ropéennes de 2014, avec 24% des voix, contre 22% à l’UMP et 19% au PS. Une avance confirmée dans un deuxième sondage publié le 26 janvier par le Journal du Dimanche, donnant led’elle sous la forme du phé- nomène poujadiste, qui du- rera jusqu’en 1958. Et en 1956, un certain Jean-Marie Le Pen fait lui aussi son en- trée dans l’Hémicycle... Pour autant, l’idéologie de l’époque est-elle comparable avec celle que prônent les ténors actuels du Front Na- tional ? Pas vraiment. « Ce qui fonde l’idéologie de l’ex- trême droite au milieu du XXe siècle, ce sont deux choses : le sentiment de dé- clin de la France après lacommunistes totalisent 20% de voix aux élections prési- dentielles, et représentent très nettement la première force politique de gauche ! » Une réalité d’autant plus in- quiétante pour les anti-com- munistes que la réalité du communisme dans les pays de l’Est commence à appa- raître au grand jour.cultés, s’opposent à leurs « homologues » commu- nistes. Et puis, ces mouve- ments très droitiers souffrent de la place prépondérante qu’occupe le général de Gaulle sur la scène politique. Une place tellement impor- tante que personne, en 1965, n’imagine que l’homme du 18 juin puisse faire autre chose que remporter très largement l’élection prési- dentielle.qui a muté, pré-Mais le rôle et la place au- jourd’hui importants de l’ex- trême-droite sur la scène politique française sont-ils vraiment nouveaux ? Pas si sûr. « Ce n’est certainement pas un phénomène nouveau, affirme Jean-Yves Camus, directeur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), spé- cialiste des droites radicales. Après la Seconde GuerrePour autant, l’extrême-droite d’alors ne représente pas une force politique capable de jouer un rôle véritable- ment décisif. Bien sûr, le« Ce qui change avec le FN, c’est qu’il s’agit d’unforme, mais .cise Jean-Yves Camus. Le sujet principal aujourd’hui, c’est l’immigration, l’Islam et la crainte d’une société multiculturelle. Ce qui fi- nalement, renoue avec l’his- toire coloniale de la France et l’épisode de la guerre d’Algérie. »EcoRéseau N°7 - FÉVRIER 2014 Mensuel - 3,90 €nouvelle formuleL’information économique & stratégique, autrementecoreseau.frComprendre, Entreprendre, InnoverBULLETIN D’ABONNEMENT❏ 1 an (10 numéros) : 35,90 € ❏ 2 ans (20 numéros) : 68,90 €Adresse : Code postal : Ville :E-mail :Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la rectification des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement d’EcoRéseau. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des fins commerciales.En avant 2014 !Pour célébrer le premier anniversaire d’EcoRéseau et réaffirmer notre ligne éditoriale basée sur l'optimisme, une dizaine de personnalités de tous horizons (philosophes, sportifs, femmes et hommes politiques, chefs d'entreprise...) nous donnent leur définition de l'optimisme, leur manière de le vivre au quotidien et leurs motifs d'espoir pour 2014.Je m’abonne à❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieur Société :Nom : Prénom : Tél :Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. DOM-TOM et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr).Les informations ci-contre sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place.Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. 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Sans parler de deuxième âge de la mondialisation,Club Entreprendre Interview croiséeEconomie - RelocalisationLa culture de l'autoentrepre- neuriat nait à gaucheleaucorentoeuxrtedseeqmubelequpelussopcroiéptiécse prodigues...Juliette Méadel - PSSecrétaire nationale à l’industrieExonérons d'impôt le créateur de moins de 25 ansLe DicoRéseau® 2014Notre définition très décalée de l’actualité.Jonas Haddad - UMPSecrétaire national en charge de l’entrepreneuriatBE/LUX : 4.50€ - Canada : 7CAD - Maroc : 50MAD4 MARS 2014Extrême-droite : une vieille histoire.l’extrême- parlermouvements de d’étudiants qui, dans les fa-BULLETIN D’ABONNEMENTEcoRéseau]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[14 octobre 2013, ParisClément Chabernaud photographié par Jamie HawkesworthBoutique en ligne : defursac.fr]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA Les rendez-vous EcoRéseauEn guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usitées dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs),afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays.Le DicoRéseau® 2014Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Assemblée Nationale : 1. Sorte de poulailler géant à l’abri des prédateurs, où cohabitent plusieurs variétés de volaille / 2. Lieu de villégiature et de repos pour seniors en manque de sommeil.Bartolone : n.m. Bistrot situé à Toulon, en Occitan.Bénéfice : entreprise beaucoup plus familiale que Ben & Nuts (ben & fils).Chercheur (d’emploi) : personne motivée qui prend le temps de lire intégrale- ment L’Equipe tous les matins et qui pense à actualiser sa situation tous les mois.Closer : angl. Plus près... du piaggio.Compétitivité : pratique française consistant à augmenter l’impôt, à alourdir le système administratif et à empêcher tout projet de développement ou d’innova- tion.Entreprendre : verbe - se dit d’une pratique française désuète qui consiste à freiner tout projet de création ou empêcher toute innovation.Fabius : 1 - n.p. Empereur romain ; 2- n.f. note de musique entre le fa dièse et le fa bémol.Game of Thrones : n.m. Jeu pour diarrhéique.Hyperprésident : grand fromage (mais parfois plus petit selon les millésimes) qui est présenté sur tous les étals de marchés (surtout en période électorale ou de crise) et qui masque les autres grâce à sa gouaille généreuse.Ianoukovitch : Se dit lorsqu’on hésite à passer la soirée chez un ami breton ou polonais. Ex. « Ce soir, je vais chez Yann ou Kovitch ? ».IRPP : abrev. "Il en Reste qui ne sont Pas Partis".ISF : abrev. "Irritation des Supers Friqués". Macro-économiste : ancien poste à responsabilité au FMI...Maire : 1. stage de longue durée (rémunéré) et préparatoire à la fonction de GO / 2. Locution interprofessionnelle désignant une forme d’instabilité.Ex : « J’en ai maire d’Issy »Marché : en période électorale, site de rencontre sans lendemain ni promesse véritable.Medef : expression utilisée par un grand patron lors de la publication des bons résultats de son entreprise. Ex : « c’est tout medef ».Mercato : n.f. maman pratiquante.Pau : Expression utilisée par un candidat centriste à la fin de chaque élection.“J’ai encore perdu, j’ai pas de pau”PSA : Petite Société Asiatique.Redressement productif : Action familière qui consiste à remettre le couvert. Sondages : N.f. Sonde pour vieux.Syntaxe : n.f. fête des impôts.Taux directeur : patron qui se lève de bonne heure."Trierweiler moins pour Gayet plus" : nouvelle devise présidentielle. Valls. Le Cid, Corneille, acte III, scène 4 : « Valls, je ne te hais point. »Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre sérieux comité examinera votre dossier.6MARS 2014]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[Fleur de ChampagneBrut Premier Cru]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA Regard sur l’Actualité« Le PAF a complètement changé depuisNulle Part Ailleurs »L’enfant terrible de Pierre Lescure des années 80 et 90, dont les saillies verbales et les frasques avec José Garcia ont marqué durablement le PAF, a multiplié les virages dans sa carrière. Désormais revenu en homme orchestre du Grand Journal, ce surdoué de l’image, bien que toujours animé par la flamme de l’ironie, semble plus policé et ouvert sur les mondes économique et politique. La preuve.© Photo : Caroline Delmotte/Canal+Le problème de la télévision,« Il y a très longtemps, avant que la version française de Rolling Stone n’existe, j’ai eu le projet de la sortir, sous licence américaine »Lorsque vous avez repris le Grand Journal, les au- diences n’étaient pas très bonnes, puis sont remon- tées. Ces chiffres sont-ils déterminants dans votre travail ? L’audience est un outil ob- jectif pour savoir exactement ce qui se passe sur l’antenne à un moment précis. Regarder la courbe complète de l’émis- sion, mais aussi séquence par séquence, permet de voir ce qui se passe chez nous au regard de ce qui survient ail- leurs. Il est important de constater que les gens sont là et d’observer comment ils réagissent face aux écrans de pub ou à des lancements de séquences. Tout cela est très calibré. J’ai une espèce de chemin de fer en tête etIl existe une concurrence frontale directe sur des talk- shows qui, même de natures différentes, occupent le même terrain, sur le même créneau horaire. Deux chaînes d’info en continu, quatre talk-shows avec Anne-Sophie Lapix (C à vous, sur France 5, ndlr), Cyril Hanouna (Touche pas à mon poste, sur D8), Laurent Ruquier (L’Emission pour tous, sur France 2), Julien Courbet (Sans aucun doute, sur TMC). Soit sept possibi- lités au même moment. Avec des invités qu’il faut se par- tager, des soucis d’exclusi- vité... Bref les soucis d’un talk-show au quotidien, mais multipliés par le fait que la concurrence s’est considéra- blement alourdie. Aujourd’hui tout va bien, nous sommesun très bon signe.Qu’a changé l’arrivée de la TNT dans le paysage audiovisuel français ? On compte je ne sais combien de chaînes, un nombre de propositions quasi infini, ce qui morcelle l’audience mais libère aussi le téléspectateur. Je me souviens de l’époque où il existait trois chaînes de télévision. C’était simple, il y avait un rendez-vous à 20 heures pour le journal, puis un programme qu’il ne fallait pas rater. Il a été ensuite pos- sible d’enregistrer les pro- grammes, mais la pratique ne s’est pas vraiment répan- due. Maintenant avec la TNT et surtout le replay, la VOD, la télévision devient un outil que le téléspectateur contrôle.La petite télé-labo dont nous avons tous rêvé, comme il y a eu un temps les radios libres, ne marche pas d’un point de vue industrielma mission est d’amener le train d’une gare à une autre, en sachant qu’il existe des rendez-vous fixes et intan- gibles tout au long du par- cours. Mais aussi des ren- dez-vous qui peuvent bouger en fonction du direct. C’est donc à la fois un travail mé- canique, et d’adaptation au quotidien. Mais attention, on ne fait pas une émission en gardant seulement le nez sur les sondages pour savoir ce qui se passe de seconde en seconde.La différence avec l’époque de Nulle Part Ailleurs ?Nous étions le seul talk-show à l’époque. Aujourd’hui le paysage a totalement changé.en tête. Mais les sondages nous permettent d’être vigi- lants, de ne pas nous laisser aller.L’arrivée de l’émission de Laurent Ruquier a quand même fait baisser les chiffres ?Bien sûr, mais c’est un effet mécanique. Le public, à cette heure-là, correspond à un certain nombre de gens qui regardent l’antenne. Ils se partagent entre les diverses propositions. Evidemment, quand Ruquier arrive sur une chaîne publique, accessible, en clair, il a déjà son public. Sauf que depuis, Le Grand Journal est passé de- vant l’Emission Pour Tous à plusieurs reprises, ce qui estUne révolution qui change les habitudes de consomma- tion de la télé. Non seulement il est possible de choisir où et quand, mais aussi com- ment, c’est à dire sur quel support, nous la regardons. Même si la consommation classique reste évidemment dominante pour le moment et que nous fixons encore nos repères là-dessus. Lorsque nous parlons des courbes d’audience, nous fai- sons référence aux gens qui ont leur poste allumé.La TNT aurait pu aussi amener un peu plus d’au- dace sur les programmes, ce qui n’est pas vraiment le cas.8MARS 2014]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Business & Flottepeugeotprofessionnel.fr150 ch – 105 g de CO2* Technologie BlueHDi : votre TCO gagne à tous les coûtsÉconomie de 20 €/mois*120 ch – 82 g de CO2**MEILLEURE DE SA CATÉGORIEen émissions de CO2> Élimine jusqu’à 90% des NOx grâce au nouveau système SCR (Selected Catalyse Reduction***). > Retient 99,9% des particules présentes dans les gaz d’échappement.> Maîtrise de la consommation et des émissions de CO2.> Système Stop & Start.> Technologie répondant à la future norme Euro 6.*TCO : Total Cost of Ownership (coût total de possession), correspond à l’ensemble des frais engendrés par l’acquisition et l’utilisation du véhicule (loyer financier, carburant, entretien, fiscalité). La technologie BlueHDi, grâce au système SCR, permet un gain de 20 € /mois sur le TCO, car elle a un impact sur le coût de la fiscalité et de la consommation de carburant par rapport à un moteur Euro 5 de puissance équivalente. ** Motorisation disponible au 2e trimestre 2014. *** Système de réduction catalytique sélectif.]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA Regard sur l’Actualitéc’est que les programmes sont chers à fabriquer et à diffuser. Quand des gens met- tent de l’argent, ils veulent évidemment que ce ne soit pas à perte. La petite télé- labo dont nous avons tous rêvé,commeilyaeuun temps les radios libres, ne marche pas d’un point de vue industriel. Il faudrait trou- ver des mécènes, mais je vous laisserais la charge de faire le go-between.Vous interviewez désor- mais des politiques ou des économistes. Vous êtes- vous penché davantage sur la question ? Bien sûr, par la force des choses. Mais vous ne ferez jamais de moi un expert en économie, je vous ôte tout de suite vos illusions. Seule- ment je me suis toujours in- téressé à l’actualité, comme un citoyen lambda. Je lis les journaux, m’informe, suis in- téressé au fait de savoir ce qui se passe sur le terrain politique dans le pays où j’habite et ailleurs. Je suis maintenant immergé dans l’info quasiment 24h/24. J’es- saie de surnager là-dedans parce que le flot est tellement continu qu’il est très difficile, quand on a la charge de re- layer l’information, d’avoir la petite distance nécessaire pour ne pas être dans l’ins- tantané. Par ailleurs, fréquen- ter sur le plateau des poli- tiques ou des industriels est tout à fait passionnant parcequ’ils incarnent des idées. A force de les côtoyer, j’arrive à mettre des visages et des sons sur des concepts, ce qui change considérablement la donne.Alors que Canal + avait à l’époque de Nulle Part Ail- leurs une image rebelle, l’appellation « chaîne de bobos » n’est-elle pas de plus en plus employée ? J’ai toujours eu du mal avec le terme « bobo ». Auparavant il y avait la hantise du « coco », maintenant celle du « bobo ». Si je comprends la définition qui en est don- née, il s’agit de personnes qui ont de l’argent, une bonne conscience et font un com- mentaire compassionnel sur le monde. J’ai envie de dire que ce n’est pas un crime d’Etat. Mais surtout, je ne pense pas que cela définisse la chaîne. Quand Canal est née en 1984, nous nous fai- sions tirer dessus au bazooka parce que nous étions consi- dérés comme la chaîne pri- vilégiée. La concession ac- cordée par Mitterrand à son copain Rousselet était déjà du parisianisme, du corpo- ratisme, etc. Puis la chaîne est devenue un succès indus- triel indiscutable, donc l’angle d’attaque est devenu : d’ac- cord, ça marche, mais c’est une chaîne parisianiste. Bon, une chaîne parisienne qui a plus de cinq millions« Chaque semaine, entre 12 et 15 longs- métrages sortent sur les écrans, ce qui est trop par rapport au nombre de gens qui vont voir des films »© Photo : Jeff Lanet/Canal+bien, mais différent de ce qui se fait ailleurs.d’argumenter, de se défendre. Nous sommes sous un gou- vernement de gauche donc nous leur demandons, plus qu’aux autres, de rendre compte de leur politique, mais si nous étions sous un gouvernement de droite, l’équilibre serait inversé. Je pense qu’il faut inviter tous les gens qui ont une repré- sentation républicaine. En re-le même temps de parole à toutes les formations en lice. Ensuite, la difficulté de l’exer- cice est que nous devons tenir un affichage en terme de « têtes de gondole », de té- nors, tout en essayant d’équi- librer avec de nouveaux vi- sages pour ne pas donner le sentiment que ce sont toujours les mêmes qui font la ronde des plateaux. Un vrai casse-d’abonnés venant principa- néma et les fictions... Je ne lement pour le sport, le ci- vois pas en quoi c’est «bobo».Oualorsilya cinq millions de foyers de « bobos », ce qui devient un parti dominant. Au Grand Journal, nous essayons de parler au jour le jour de ce qui compte dans l’actualité, de sortir du nombrilisme pa- risien et de l’entre-soi. Je ne sais pas si nous y arrivons tous les jours, mais c’est l’ambition affichée. J’ai aussi le sentiment que Canal + est une chaîne sur laquelle il se passe des choses que je ne vois pas ailleurs. Je pense à l’émission de Mouloud le sa- medi matin (Clique), à l’émis- sion de Daphné Bürki (Le Tube), au Before du Grand Journal de Thomas Thou- roude, au Supplément de Maï- tena Biraben, à Thierry Ar- disson (Salut les Terriens) et évidemment à Groland, aux Guignols, tout ce qui fait l’identité de la chaîne. Je pense qu’il y a un ton qui reste très particulier. Je ne dis pas meilleur ou moinsCette critique vient sou- vent de la droite, voire d’un peu plus à droite. Sentez-vous une évolution de la société française avec la montée en puissance du FN ?BioMaître des écransIl existe un point commun entre les mille vies d’Antoine de Caunes : l’image. Car si on a pu l’entendre faire une petite in- cursion à la radio dans les années 80, le fils du présentateur de JT Georges de Caunes et de la speakerine et productrice Jac- queline Joubert a logiquement commencé à la télévision. Pas- sionné de rock, il débute dans les émissions consacrées au genre sur Antenne 2, Chorus et Les Enfants du Rock, où il tra- vaille avec Pierre Lescure, qu’il va suivre sur Canal+ à la créa- tion de la chaîne en 1984. La mythique émission Nulle Part Ailleurs donnera occasion à ses mythiques sketchs en compa- gnie de José Garcia. Produisant en parallèle des émissions au Royaume-Uni, Antoine de Caunes arrête NPA en 1995 pour se consacrer à un autre type d’image : le cinéma, en tant qu’acteur et surtout réalisateur (Les Morsures de l’Aube, Monsieur N., Co- luche, l’histoire d’un mec...). Cinéma qu’il fréquente également en tant que maître de cérémonie des César, de 1996 à 1999, en 2008 et 2009, puis de 2011 à 2013. Comme si cela ne suffisait pas, il a aussi présenté à partir de 2008 une série de documen- taires sur l’ « underground » dans de grandes villes du monde, de Londres à Séoul en passant par Los Angeles ou Berlin. En septembre 2013, il revient en tant que présentateur du Grand Journal. Le cadre est resté le même, le ton a changé mais pour Antoine de Caunes, l’image est toujours présente.Ce serait tirer des consé- quences un peu hâtives. AuIl n'y avait aucune malice de ma part en posant la question à Julie GayetGrand Journal, j’ai vraiment le sentiment que nous laissons la parole à tout le monde. Il n’y a pas d’ostracisme. De- puis que j’ai pris les com- mandes de l’émission, nous avons reçu les représentants du Front National à six ou sept reprises. Il n’y a aucune volonté d’exclure, il est très important de laisser la parole,vanche, rien ne nous oblige à convier Robert Faurisson.tête, car nous n’avons jamais que deux plateaux de neuf minutes. Nous faisons venir des gens de Lille, de Mar- seille, de Bretagne... Il faut aussi qu’ils aient envie de venir à Paris.Vous avez réalisé un film sur la candidature de Coluche à la présidentiellenal, émission généraliste, peut-il couvrir les munici- pales des 23 et 30 mars prochains, où les candidats et profils sont très différents ? La loi nous oblige à accorder10MARS 2014Comment le Grand Jour-]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frRegard sur l’Actualité PANORAMAture de François Hollande, depuis que je m’occupe de l’émission : « Plusieurs mois après, est-ce que votre en- gagement est toujours aussi ardent ? ». Je vous le jure sur la tête de mes enfants, il n’y avait aucune malice de ma part en posant la question à Julie Gayet. C’est vraiment Stéphane Guillon qui a foutu une merde noire en com- mentant la passion du Pré- sident pour le film dont il était question ce jour-là (rires). J’aurais pu saisir la perche et leur demander pourquoi ils riaient mais j’ai préféré botter en touche. Je ne voyais pas du tout où il voulait en venir, et sur quoi cela allait déboucher. Cela mettait tout le monde mal à l’aise et je ne voulais pas que le plateau soit instru- mentalisé à cette fin. C’est pour cette raison que j’ai clos l’incident. D’ailleurs ça n’a fait parler que lorsque la personne de Closer a af- firmé que cette séquence lui avait donné l’idée.C’est la journée de la Femme le 8 mars prochain. Est-ce qu’à la télévision, les femmes sont aussi bien payées que les hommes ? Honnêtement, je n’ai pas les éléments en main pour vous répondre. Je pense qu’il doit y avoir la même disparité que partout ailleurs, je ne vois pas pourquoi il en seraittrois qui survivent, les autres passent à la trappe. Quand vous faites le compte au bout de l’année, ce surnombre re- présente une perte colossale. Il y a eu 240 longs métrages produits en France en 2013, vous vous demandez qui les regarde. Ne serait-ce pas plus malin d’en produire un peu moins mais de les produire mieux ? Avoir plus d’exi- gence sur les scénarii, sur la réalisation, ouvrir un peu le casting pour ne pas toujours voir les mêmes têtes. Le sa- laire des acteurs est presque un épiphénomène.Vous avez travaillé en France et en Angleterre. Avez-vous perçu la fameuse différence de culture d’entreprise entre les deux pays ?Nous sommes un peuple latin et eux sont anglo-saxons. Tout est dit. Ils font preuve de rigueur dans le travail, de réalisme, de pragmatisme, alors qu’il y a toujours moyen de discuter chez nous. Les Anglais ont un côté très ger- manique. Si vous avez déjà négocié avec des Anglais, ils sont vraiment durs en affaires (rires). Les discussions sontinterminables, ils ne cèdent sur rien mais une fois que c’est dealé, c’est dealé. J’ai beaucoup travaillé avec des acteurs anglais, à la télé an- glaise. Il est très compliqué de mettre en place le deal, mais une fois que c’est fait, vous pouvez demander n’im- porte quoi et ils travaillent beaucoup. Les comédiens an- glais sont prêts à tout essayer, à faire cinquante prises si vous voulez, ils connaissent la scène par cœur quand ils viennent faire un casting. Pour un réalisateur, c’est au- delà du bonheur.Michel Denisot chez Vanity Fair ou Frédéric Beigbeder chez Lui ne vous donnent-ils passeà Vélo Magazine (rires). Propos recueillis1981. Ça ne vous a pas donné d’idées ?De me présenter à mon tour ? (Rires) Non, ça ne m’a pas donné d’idées. D’autant que le film parlait de l’effet dé- vastateur qu’a eu cette histoire sur le malheureux Coluche et sur ce que j’appelais à l’époque le paradoxe du clown. L’humoriste qui d’un seul coup est pris au sérieux. Il s’est enfermé dans un piège dont il a eu beaucoup de mal à sortir et qui a eu des effets terribles. Cela dit, je trouve la loufoquerie de sa candi- dature, le bordel que cela a mis à l’époque, assez joyeux. J’aimerais bien que cela se reproduise, mais ne comptezautrement à la télévision.pas sur moi !Vous avez été neuf fois le maître de cérémonie des César, avant de céder la place à Cécile de France cette année. Votre opinion sur les polémiques concernant les salaires des acteurs ?Pour moi le problème ne se situe pas exactement là. Que des acteurs soient bien payés, ça ne me dérange pas du moment qu’ils rapportent de l’argent. Il me semble qu’il y a une logique de « retour sur investissement », comme ils disent, qui devrait l’em- porter. Ce qui est moins lo- gique, c’est qu’énormément de films sont produits. Je connais l’histoire de l’ex- ception culturelle, mais le marché est saturé. Chaque semaine, entre 12 et 15 longs- métrages sortent sur les écrans, ce qui est trop par rapport au nombre de gens qui vont voir des films. Sur les15,ilyenadeuxoud’idées dans la pres. écrite ?Pas pour l’instant. Il y a très longtemps, avant que la version française de Rolling Stone n’existe, j’ai eu le projet de la sortir, sous licence américaine. Mais pour le moment non, cela ne me tente pas. Ou alorspar Thomas PitrelL’affaire Julie Gayet a été évoquée sur votre plateau avant de se retrouver dans Closer. Etiez-vous au courant à ce moment-là ? La question que j’ai posée à Julie Gayet est celle que j’ai posée à tous les artistes qui avaient soutenu la candida-MARS 201411]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA L’Entretien« La logique low cost est en perte de vitesse »Arnaud Montebourg se rêve en Colbert et ne cesse d’étonner par ses prises de position iconoclastes.Le vibrionnant ministre du redressement productif ne s’éloigne jamais non plus du grand bain médiatique : bras de fer musclé avec le dirigeant de Goodyear, prise de position rageuse face à Google, apparitions remarquées en compagnie de l’actrice Elsa Zylberstein... Mais derrière cette écume, existe-t-il bien une vague sur laquelle surfera l’industrie française ? Réponse de l’intéressé.Pensez-vous vraiment que les dirigeants de PME, qui ont une approche ration- nelle de chefs d’entreprise, sous-estiment réellement les coûts cachés de la délocalisation ?Ils ne les sous-estiment pas, mais ils ont parfois besoin de redécouvrir les gains directs et indirects du retour en France de tout ou partie de leurs productions. C’est l’ob- jectif du logiciel Colbert 2.0, que mon ministère a lancé en juillet 2013 : sensibiliser un maximum d’acteurs, et plus particulièrement de PME, aux vertus de la relo- calisation et amener plusieurs entreprises à s’engager pro- gressivement dans cette dé- marche. Il n’a pas vocation à faire changer radicalement d’avis un chef d’entreprise qui ne croit pas aux vertus de la relocalisation ou n’a pas conscience des coûts ca- chés de la délocalisation. Il sert davantage à accompagner celui qui pressent que les avantages de la délocalisation dans son activité s’amenuisent et souhaite confirmer objec-dû en partie au dollar faible et aux coûts bas de l’énergie, ce qui n’est pas le cas en France ? Notre situation est différente. Mais je vais vous étonner, de nombreux indicateurs font pencher la balance en faveur de la relocalisation d’outils ou de lignes de production sur notre territoire. Les échanges commerciaux se ré- gionalisent plus et la tendance au rapprochement des lieux de production et de consom- mation est de plus en plus marquée. La logique low cost connaît dans le même temps, sur plusieurs secteurs indus- triels, un essoufflement face aux besoins croissants de réac- tivité de la production à cause des innovations technolo- giques, des évolutions de la demande et des différents be- soins de développement com- pétitif. Enfin, la hausse desLes Etats-Unis constituent-ils un modèle à suivre ?Soyons prudent avec la notion de « modèle », car chaque pays a une histoire, une géo- graphie et des structures éco- nomiques propres. Néan- moins, s’il y a bien un do- maine dans lequel les Etats- Unis peuvent servir d’exem- ple, c’est celui de la mobili- sation patriotique de l’Etat, des acteurs économiques et de la société civile autour de l’appareil productif. C’est ainsi que le mouvement de relocalisations a été dans un premier temps promu par une association d’industriels amé- ricains dirigée par Harry Mo- ser, la « Reshoring Initiative ». Ils ont fait le tour des Etats- Unis, pour inciter les entre- prises à reconsidérer les condi- tions de production qui pou- vaient leur être offertes àlysé l’envolée des coûts de main d’œuvre sur la Chine côtière (près de 20% par an !) et établi la comparaison avec le coût de la main d’œu- vre dans certains Etats du sud des Etats-Unis, qui est parfois à peine plus important. Le retour des emplois industriels dans la zone nord-américaine devient dans ce cas précis une perspective réaliste ! Sur- tout lorsque l’on prend en considération d’autres facteurs non négligeables de localisa- tion, tels que les coûts de transport ou la nécessité de se rapprocher du consomma- teur pour raccourcir le cycle de production. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que les productions délocalisées dans des pays low cost ne revien- nent que rarement avec un contenu en emploi parfaite- ment identique, aussi bien qualitativement que quanti-le paysage concurrentiel mon- dial ». Le cabinet McKinsey, avec qui nous avons travaillé, estime que 480000 emplois, 45 milliards d’euros de valeur ajoutée et 18 milliards à l’ex- port sont en jeu avec ces 34 plans. Depuis lors, nous avons mobilisé les entreprises et l’administration dans une lo- gique de co-construction pu- blic/privé. La conduite des travaux a été confiée à des chefs d’entreprise parce que nous sommes convaincus que ceux qui y ont un intérêt di- rect sont les mieux placés pour faire réussir l’aventure de la Nouvelle France indus- trielle. Plus de 500 personnes sont au travail depuis plusieurs mois et d’ici la fin du premier trimestre, nous disposerons de feuilles de route opéra- tionnelles, autrement dit de plans d’actions, qui sont autant de nouveaux produits et ser- vices, de nouveaux investis- sements, de nouvelles usines. Les pouvoirs publics sont pleinement mobilisés aux cô- tés des industriels avec un seul mot d’ordre : tout faire pour la réussite de ces projets. Tous les leviers doivent être alignés : simplification, fi- nancement, innovation, com- mande publique, formation, etc. Nous sommes engagés dans une course mondiale et si à la fin nous constatons que nous avons marqué 20 buts sur les 34, nous saurons que nous aurons réussi à faire rebondir l’industrie française.Pourquoi avoir choisi comme échelon de référence les régions ? Je crois beaucoup en la dé- mocratie locale et en l’effi- cacité de décisions prises par des élus de proximité, qui connaissent bien leur territoire. C’est donc tout naturellement que j’ai souhaité que les ré- gions soient nos partenaires de première ligne dans la mise en œuvre des 34 plans de la Nouvelle France indus- trielle. Elles sont quotidien-nement au contact avec les entrepreneurs de leur écosys- tème local et auront pour cette raison un rôle décisif à jouertivement ce sentiment.La logique low cost connaît un essoufflement face aux besoins croissants de réactivité de la production dans plusieurs secteurs industrielsCe logiciel Colbert 2.0 vous donne-t-il satisfaction ?Les premières retombées sont très prometteuses. Avec plus 15400 visiteurs uniques, ce site, qui s’adresse pourtant à un public spécialisé, remporte un franc succès. Près de 400 entreprises ont d’ores et déjà effectué le test du logiciel de boutenboutet45ontàce jour pris contact avec le Ré- férent unique pour les inves- tissements (RUI) de leur ré- gion, en vue d’aller plus loin dans leur démarche de relo- calisation totale ou partielle de leurs activités en France.Mais croyez-vous qu’un phénomène massif pourrait s’amorcer, sachant que celui qui a cours aux Etats-Unis est12 MARS 2014salaires, des coûts de transport et de logistique, combinée au poids croissant des coûts ca- chés de la délocalisation (re- prise des malfaçons, sur- stockage, aléas de livraison, difficulté de développement de nouveaux projets...) crée un environnement propice à la relocalisation. Je considère aujourd’hui que la relocali- sation est un phénomène amené à prendre de l’ampleur, sur quelques segments bien précis de la production. C’est le cas pour la production de séries courtes à forte valeur ajoutée, pour les marchandises dont le coût de transport est très important, ou encore pour les productions qu’il faut pro- téger des contrefaçons.l’étranger et aux Etats-Unis. Ce mouvement a été forte- ment porté politiquement, par la mobilisation du Président Obama qui a arboré comme slogan le désormais fameux « Let’s Bring Our Jobs Back Home ».Les études optimistes du MIT et du BCG quant à un retour futur des em- plois industriels vers l’Occident ne vous parais- sent-elles pas exagérées ? Il s’agit d’études prospectives, menées par des organismes réputés pour leur sérieux, qui se basent sur les évolutions constatées dans les principaux pays d’accueil des délocali- sations, en particulier la Chine. Le BCG a par exemple ana-tativement. La perspective d’un retour futur d’emplois industriels vers l’Europe n’est donc pas exagérée, mais elle s’inscrira nécessairement dans un cadre profondément mo- difié.Les 34 plans de la Nou- velle France industrielle seront synonymes d’un nouvel élan capable de faire rebondir l’industrie ? Ils sont construits sur la base des propositions du Conseil national de l’Industrie et de ses filières, c’est-à-dire conjointement avec nos en- treprises et nos industries. Celles-ci nous ont dit : « Voici les marchés mondiaux de plus forte croissance sur lesquels nous avons des forces danspour les mettre en relation avec les industriels, chefs de projets de chacun des 34 plans. La stratégie de spécia- lisation intelligente (S3) éla- borée dans le cadre de la re- fonte du Feder a déjà conduit les régions à faire des choix stratégiques et hiérarchisés pour le développement éco- nomique régional. Elles pour-]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frL’Entretien PANORAMAront s’appuyer sur ce travail et sur les pôles de compétiti- vité pour définir des priorités dans la mise en œuvre des plans. Avec la présence d’un représentant de l’Association des Régions de France (ARF) au comité national de pilotage des plans, les régions sont par ailleurs pleinement asso- ciées à leur suivi. N’oublions pas le « Plan usine du futur », qui doit augmenter la compétitivité de nos en- treprises, pour les aider à se moderniser, se robotiser, ac- quérir de nouvelles méthodes et de nouveaux process dans le but de capter de la perfor-L’industrie française a-t- elle selon vous le potentiel pour rebondir immédiate- ment, ou une période de rattrapage et de création de filières est-elle nécessaire ? La France est la cinquième puissance mondiale. L’indus- trie française, si elle a été af- faiblie par une crise massive comme nous n’en avions pas connu depuis 1929, repose sur des fondamentaux solides. Pour moi, il n’y a pas de vieilles ou de nouvelles in- dustries. Des entreprises fran- çaises sont en croissance dans des secteurs en déclin et des entreprises sont en crise dans« Je crois beaucoup en la démocratie locale et en l'efficacité de décisions prises par des élus de proximité, qui connaissent bien leur territoire »titivité de l’accès à l’énergie. Il s’agit aussi de faciliter la vie des entreprises (simplifi- cation, loi sur la sécurisation du travail suite à l’accord des partenaires sociaux début 2013), de les amener à inno- ver. Et enfin nous mobilisons tous les Français autour d’un projet collectif de redresse- ment de notre industrie, seul salut de notre économie. C’est le sens des 34 plans de la Nouvelle France industrielle, qui ont été construits dans une vision commerciale as- sumée : gagner le plus de marchés pour vendre dans le monde entier l’excellence de l’industrie française. C’est aussi le sens de notre combat pour le made in France.les “fablabs” et l’industrie future qui se dessine. Pen- sez-vous que la France soit bien positionnée pour cette économie de demain ? L’usine du passé reposait sur la production en masse de produits identiques : Ford di- sait que les acheteurs de voi- ture pouvaient avoir la couleur qu’ils voulaient, tant que c’était du noir. Mais le coût de production de lots plus petits, d’une plus grande va- riété, où chaque produit est fait précisément sur mesure selon le vœu de chaque client, est en train de chuter. L’éco- nomie de demain, voire d’après-demain, se concen- trera sur la personnalisation de masse et ressemblera bien davantage à de toutes petites industries qu’à la ligne de montage de Ford. Autrefois, pour faire des choses, nous vissions et nous soudions. Maintenant un produit peut être conçu sur un ordinateur et « imprimé » sur une im- primante 3D, qui crée un objet en volume en accumulant des couches successives de ma- tière. Un jour, ces machines étonnantes pourront faire presque tout, partout, dans votre sous-sol, dans votre sa- lon ou dans un village au fin fond des zones du monde les plus reculées. Avec un marché mondial de près de deux mil-BioHaut en couleur« Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne »... Ce fils d’un fonctionnaire des Impôts et d’une professeur d’espa- gnol à l’université, homme politique de 52 ans né dans la Niè- vre et adepte de la VIe république, a décidé de ne pas faire sien ce principe de Jean-Pierre Chevènement. Depuis qu’il a été nommé en mai 2012 ministre du Redressement productif dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, cet avocat de profes- sion, membre du Parti socialiste depuis 1985, semble vouloir ré- veiller cette France industrielle léthargique par ses sorties médiatiques. Député à l'Assemblée nationale, élu dans la sixième circonscription de Saône-et-Loire de 1997 à 2012, le troisième homme de la primaire socialiste a aussi été président du Conseil général de Saône-et-Loire de 2008 à 2012, et à par- tir du congrès de Reims Secrétaire national du Parti socialiste chargé de la rénovation. En 2010 il se sépare de la mère de ses deux enfants Hortense de Labriffe, fille de comte et ancienne collaboratrice d'Édouard Balladur et de Philippe Douste-Blazy, avant d’entamer une relation avec Audrey Pulvar. Celui dont la presse people titre sur sa relation avec l'actrice Elsa Zylberstein n’a pas hésité à menacer de démissionner après avoir proposé sans l'obtenir une nationalisation temporaire du site Arcelor Mittal de Florange. Ses 34 « plans » industriels d'avenir visent à substituer à son rôle de « pompier » et de frondeur à l'égard des chefs d'entreprise celui de visionnaire préparant la recon- quête industrielle.L’Allemagne constitue-t-elle un modèle à suivre ?La réussite industrielle de ce pays est indéniable, la part de la valeur ajoutée de l’in- dustrie dans le PIB est deux fois plus élevée en Allemagne qu’en France. L’Allemagne dispose d’un tissu industriel extrêmement performant, comptant de nombreuses ETI – le fameux « Mittelstand » –, doté d’une forte capacité d’innovation, qui permet à de nombreuses en- treprises d’être leaders sur leur marché. Cette stratégie tournée sur les secteurs à forteAinsi, même si les deux lea- ders du secteur, Stratasys et 3D Systems, sont Américains, le ministère du Redressement productif a fortement encou- ragé l’acquisition d’un fleuron français de l’impression 3D haute vitesse, Phidias tech- nologie devenu Prodways, par le groupe Gorgé, autreconquérir notre outil industriel dans un contexte de crise. C’est en tout cas l’un des miens, sans naïveté et avec détermination. J’ai en mé- moire les parcours d’entre- prises comme Rio Tinto Alcan ou GM Strasbourg qui ont pu rebondir, ceux d’Atoll ou de Qooq qui relocalisent ouLes Etats-Unis peuvent servir d'exemple dans la mobilisation patriotique de l'Etat, des acteurs économiques et de la sociétévaleur ajoutée et sur la qualité expose peu l’Allemagne à la concurrence par les prix. Le point faible de notre voisin repose sur les aspects sociaux de son économie, car malgré un taux de chômage faible (5,2%), il présente un taux de pauvreté supérieur à la France. La création d’un SMIC sera de ce point de vue une avancée majeure et un bon signal adressé à ses partenaires européens. Par ail- leurs, avec une natalité parmi les plus faibles du monde, l’Allemagne est confrontée au problème du vieillissement accru de sa population et de sa main d’œuvre.A EcoRéseau nous affec- tionnons particulièrement l’exercice de la prospec- tive. Nous évoquons sou- vent les imprimantes 3D,civile autour de l'appareil productif© Photo : ASalesse Ministère du Redressement productifdes secteurs en croissance. Tout notre travail consiste d’abord à travailler sur leurs facteurs de compétitivité, sur le coût du travail avec le Pacte de compétitivité et le Pacte de responsabilité, le finance- ment avec la création de la BPI, et l’énergie avec la loi sur la transition énergétique qui doit préserver la compé-liards d’euros et un taux de croissance à deux chiffres, l’impression 3D est sans au- cun doute une activité éco- nomique en pleine croissance. Ces nouveaux outils indus- triels, alliés à la logique de « fablab » que nous venons par exemple d’encourager très récemment par un appel à projets, seront un atout de la France dans cette nouvelle économie. Les designers pour- ront penser en dehors des schémas traditionnels, les par- ticuliers pourront pour la pre- mière fois créer des objets de qualité quasi-profession- nelle, les jeunes entreprises pourront prototy- per et lancer de nouveaux produits plus vite et à un coût jamais vu.fleuron national, permettant ainsi de maintenir et de dé- velopper sur notre territoire une technologie de pointe et d’avenir.Êtes-vous quelqu’un d’op- timiste de nature ? Pensez- vous que cet état d’esprit du politique ou du chef d’entreprise puisse influen- cer le cours des choses ? Bien sûr je suis un optimiste ! Si vous n’êtes pas convaincu que vous pouvez changer les choses par votre action, même dans les situations les plus difficiles ou les plus inextri- cables, alors vous pouvez être sûr qu’effectivement le pire se réalisera. Plus qu’un simple trait de caractère, l’optimisme est un moteur indispensable de l’action politique, lorsqu’il s’agit comme dans mon mi- nistère de préserver et de re-encore tous les objets et ser- vices innovants que les plans de la Nouvelle France indus- trielle mettent à portée de nos mains. Pour toutes ces entre- prises, je crois que sans l’op- timisme des salariés, des en- trepreneurs, des pouvoirs pu- blics, l’histoire n’aurait pas été la même. Seul il ne fait pas tout, mais sans lui, peu de réussites sont possibles.Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?Le goût du combat, l’envie de relever le défi chaque jour renouvelé du redressement de la France, la conviction de servir utilement mon pays. C’est une grande et belle tâche, et un grand honneurmance et de créer des emplois. Pour ce plan, il est évident que la gouvernance penchera plus du côté des régions, sur la base du volontariat. L’Etat les accompagnera bien sûr, via différents types de prêts déployés par Bpifrance, prêts « numérique », prêts « robo- tisation », prêts « verts »..Oui, dans cette nouvelle éco- nomie, la France est d’ores et déjà bien positionnée !que de pouvoir y participer.Propos recueillis par Julien TarbyMARS 2014 13]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA Régions & TerritoiresL’innovation sanctifiéeuLe CEA, tête de pont du« modèle grenoblois »Que serait Grenoble sans son centre du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), qui emploie localement près de 5000 personnes ? Cette institution – intégrée à la ville depuis 1956 à l’initiative du prix Nobel de physique Louis Néel – est de fait « un acteur incon- tournable du transfert des compétences vers les en- treprises et les universités », souligne Jean-Charles Guibert, son directeur valorisation. Ce centre, qui consacre l’essentiel de ses recherches au développe- ment des nouvelles technologies, s’inscrit ainsi au cœur du fameux « modèle grenoblois » (qui repose sur le triptyque recherche/universités/entreprises). « Le CEA a une capacité d’innovation énorme et travaille avec l’ensemble des entreprises du territoire », reconnaît volontiers Gérard Matheron, de STMi- croelectronics. A l’origine des deux tiers des brevets déposés chaque année par le CEA (plus de 800 en 2013), le centre de Grenoble est notamment très présent dans le pôle de compétitivité Minalogic qui regroupe près de 200 entreprises, 12 centres de re- cherche et 15 collectivités territoriales.GrenobleuUn campus d’innovation de rang mondialNom de code : GIANT, pour Grenoble Innovation for Advanced New Technologies. Ce campus réunit sur un même site organismes d’enseignement supérieur, laboratoires de recherches et entreprises. En tout, 11000 emplois ; et plus de 20000 à terme, dans 15 ans. Un projet urbain entoure par ailleurs le projet GIANT, afin de créer un nouveau quartier de vie, la Presqu’île. « Ce projet représente 1,3 milliards d’euros d’investissements, financés notamment par les collectivités, l’Etat, les entreprises et les universités », précise le maire de Grenoble Michel Destot (cf. verbatim, ci-après). Autre projet d’envergure : le programme Nano 2017, financé par l’Etat (600 millions d’euros), l’Union Européenne (400 millions d’euros), les collectivités (100 millions d’euros) et STMicroelectronics, plus important contributeur avec 1,5 milliard d’euros investis sur cinq ans. L’objectif de cet ambitieux programme, lancé par Jean-Marc Ayrault à l’automne dernier, est « de conforter le pôle industriel isérois parmi les cinq leaders mondiaux de la filière microélectronique, en développant des technologies alternatives sur les matériaux », confie le premier magistrat de la ville.Avec son centre du CEA et quantité de laboratoires et multinationales spéciali- sés dans l’industrie numérique, les bio- techs et les nouvelles technologies de l’énergie, la capitale des Alpes est l’un Gdes premiers bassins d’emploi en France dans la recherche.uFuture métropole (isolée ?)« Nous venons d’obtenir le statut de Métropole pour 2015 », se félicite Jean Vaylet, de la CCI Grenoble. Un nouveau découpage mariant une cinquantaine de communes, qui devrait donner l’op- portunité, espère l’élu – ancien président du Medef Isère –, « de mettre à plat toutes les structures d’animation existantes ». En d’autres termes : de rationaliser l’offre d’animation tout en continuant à drainer autant d’investissements étrangers (à l’instar de HP ou de Carterpillar France basés à Grenoble et alentours). Un défi alors que le territoire grenoblois, certes attractif, souffre d’un problème d’accessibilité depuis Paris (plus de trois heures de train) et peine à garder ses start-up qui préfèrent parfois rejoindre Lyon, mieux connectée. Une urgence, selon Jean Vaylet : mettre en place dès maintenant une vision du territoire pour les vingt prochaines années et surtout, « raisonner en englobant l’ensemble de la région ».uDes montagnes d’or blancLe territoire grenoblois sait également capitaliser sur les activités liées à la glisse et développer une véritable in- dustrie des sports d’hiver. Transport par câble (avec l’entreprise iséroise Poma), aménagement et sécurisation des domaines skiables (groupe MND, leader mondial dans ce domaine) ou encore fabricants de ski (Rossignol et Dynastar)... Ces fleurons, malgré une crise du secteur et une forte concurrence des autres « pays montagne » (Suisse et Autriche notamment), génèrent localement plusieurs milliers d’emplois... et innovent. D’autres se sont installés sur le site de Alpespace, à 50 km de Grenoble, en Savoie – cluster de 150 entreprises (1900 salariés), dont près de la moitié ont une activité liée à la montagne (fabrication d’infrastructures, équipements, tourisme, institutionnels, R&D, formation, test produits, showrooms, etc.).uHandicap et accessibilitéGrenoble est la première ville française en accessibilité, devant Nantes et Caen. Une place qu’elle doit au projet Inovaccess, mené de 2010 à 2013, dont l’objectif « est d’offrir à toute personne, quel que soit son handicap ou sa déficience, une acces- sibilité totale et continue, de la cité à l’entreprise, sur un territoire urbain à forte densité d’emploi. » Initié par l’Agefiph et doté d’un budget de trois millions d’euros pour son volet entreprise, ce dispositif offrait notamment la possibilité d’aider à financer (à hauteur de 70 M du coût global et dans la limite de 150000 euros par entreprise) les travaux correctifs d’accessibilité dans l’entreprise pour les personnes handicapées. Une initiative unique en France.Et compte le rester.renoble, blottie aux pieds des massifs du Vercors, de la Chartreuse et de la chaîne de Belledonne... Pays de la glisse l’hiver, paradis pour randonneursen saison estivale. Et c’est dans ce décor de haute montagne que cette ville – autrefois réputée pour son industrie hydro- électrique – vient de se hisser à la 5e place des villes les plus innovantes au monde, d’après un dernier classement de la revue américaine Forbes(1). La capitale des Alpes, cité natale de Stendhal (150000 habitants aujourd’hui), de- vance ainsi Stuttgart et Boston. Incroyable ! « Ce n’est pas une surprise, rétorque pourtant Catherine Candela, directrice du pôle de compétitivité local Tenerrdis spécialisé dans les énergies décarbonées (180 adhérents, dont 58% de PME). La ville a toujours été portée par l’innovation et la technologie. Depuis la création du pôle en 2005, nous avons labellisé plus de 230 projets de recherche et déve- loppement collaboratifs et démonstrateurs », pour un budget global de 1,6 milliard d’euros.D’autres chiffres viennent conforter cette position qui fait de Grenoble un territoire d’exception pour l’innovation scientifique : son agglomération – 1er pôle de recherche publique du pays après l’Île-de-France – recense 220 labo- ratoires publics, compte près de 25000 chercheurs, 62000 étudiants et abrite quatre pôles de compétitivité. « Grâce à cet écosystème ultra performant et à la présence de multi- nationales (STMicroelectronics, Schneider Electric, HP, Xerox, Alstom, Air Liquide, etc.), le territoire est leader sur la recherche en microélectronique et nanotechnologies », confirme Gérard Matheron, directeur du site industriel de STMicroelectronics à Crolles, aux portes de Grenoble (6000 emplois directs, 18000 emplois indirects et plus d’un milliard d’euros de dépenses annuelles sur l’agglo- mération). Et de vanter l’effet d’entraînement et « la chaîne de valeur technologique » unissant ces grands groupes et la myriade de PME locales qui les accompagnent. « Nous avons adopté un modèle inspiré de la Silicon Valley, qui a percolé auprès des PME. Ici, tout le monde se connaît. Nous sortons tous des mêmes écoles, ce qui crée de la fluidité dans les échanges », soutient ce diplômé de Grenoble INP où sont formés la grande majorité des patrons de l’agglomération.Une proximité qui favorise des évènements comme le Forum 4i® (Innovation, Industrie, Investissement, Inter- national), dont la 17ème édition consacrée à la Silver Eco- nomy aura lieu le 22 mai au centre de Congrès du WTC, réunissant investisseurs, acteurs de l’innovation et start-up qui ont levé 600 millions d’euros depuis le début.Maigres retours ?Investissements publics en rechercheGrenoble est la commune de Rhône-Alpes qui finance le plus ses pôles de compétitivité, pour un total de trois millions d’euros par an. Trop généreuse ? Son maire Michel Destot (PS), qui ne brigue pas de 4e man- dat en mars mais soutient son adjoint Jérôme Safar lancé dans la course, s’explique.« Les enjeux de la recherche ne se mesurent pas uniquement en termes de rentabilité, qui est de surcroît souvent compliquée à mesurer, a fortiori sur le court terme. C’est aussi une question d’emploi – sur le bassin grenoblois, la recherche représente près de 28000 emplois – comme de progrès de la science. Et d’autres retombées doivent aussi être mesurées.sont autant de personnes, et parfois leurs familles, qui vont vivre à Grenoble quelques temps, y consommer, voire peut- être décider d’y revenir pour skier l’hiver ! Et au final, c’est aussi un retour sur investissement. Bien sûr, l’ultime rentabilité est le transfert technologique, du laboratoire jusqu’au marché. Et Grenoble a connu certains succès en la matière, par exemple avec les sociétés Corys, Sofradir ou encore Soitec. Sur ce point l’un des plus grands enjeux réside dans la capacité à mo- biliser des investisseurs, comme nous le faisons chaque année avec le Forum 4I ».Par exemple, Grenoble compte cinq centres de recherche in- ternationaux, dont le Synchrotron et l’ILL (Institut Laue-Lan- gevin), qui attirent chaque année quelque 8500 chercheurs. CeGrenoble, sûre d’elle ? Jean Vaylet, président de la CCI qui représente 30000 entreprises en Isère, préfère évoquer un modèle de rupture, qui repose sur « un puissant espritvons été les précurseurs des pôles de compétitivité », soutient-il. Résultat : « la ville a créé une dynamique », que beaucoup envient – même à Lyon, le poumon économique régional. Sans oublier l’em- preinte des « trois Louis » rappelle Catherine Candela, qui ont façonné le paysage universitaire grenoblois et poussé la ville vers la recherche et l’innovation : deux professeurs, Louis Néel, Louis Weil, et un industriel, Paul-Louis Merlin (co-fondateur de Merlin Gerin, fleuron local racheté en 1992 par Schneider Electric). « Sans eux, la ville ne seraitd’équipe et de solidarité ». « Nous a.pas ce qu’elle est aujourd’hui... »(1) « World’s 15 most inventive cities », Forbes, juillet 2013 palmarès qui prend enPar Pierre Tiessencompte le nombre de brevets pour 10000 habitants (7,69 dans le cas de Grenoble)14 MARS 2014]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[www.plugandstart.com11, 12, 13 Juin 2014ExpertiseInnovationConseilFinancementRéseauUN RÉSEAU DE 230 EXPERTS RIEN QUE POUR VOUS PENDANT CES 3 JOURS !Okénite Animation - 03 25 45 12 77]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA HexagoneMille et une feuilles"- Allez Jean-Marc, cette fois, c'est décidé, cette réforme de l'organisation territoriale, on s'y met ! - D'accord François, attrape l'équerre et les ciseaux dans le tiroir."Passage de 22 à 15 régions, absorption des départements par les métropoles... Si les pistes desimplifications ne manquent pas, les opposants non plus.uGrande NormandieScindée en deux en 1956, la réunification de la Normandie, aujourd’hui divisée entre Haute et Basse-Normandie, est une question plutôt consensuelle. Mais un débat envenime les échanges : qui de Caen ou de Rouen sera désignée capitale de région ? Indice de faisabilité ? Ces deux-là sont faites pour s’entendre Quel scénario ? Le choix de la capitale de région est soumis à référendum en 2017, mais surprise : au lieu de oui ou non, les normands votent pour « ni oui, ni non ! ». Incapables de trancher, ils jettent leur dévolu sur les îles Anglo-normandes, avec la bénédiction de la Reine Elisabeth. L’hôtel de région est érigé à Jersey et le centre des impôts à Guernesey, faisant du « pays des hommes du Nord » un paradis fiscal, qui rivalise bien vite avec la Suisse et le Lichtenstein pour le PIB par habitant. En 2025, suite au refus du Grand Paris de déclarer Camembert et Calvados plats nationaux, la région prend son indépendance, re- prend le nom de « Duché de Normandie » et lance la construction d’une flotte de drakkars pour envahir l’Angleterre. L’âme des vikings ne meurt jamais !Le millefeuille administratif français ne brille pas par sa légèreté : 27 régions, 101 départements, 4055 cantons, 2581 communautés de communes et 36767 communes.uBretagne-Pays de la LoireDeux options sont sur la table : le retour de la Loire-Atlantique dans le giron Bre- ton, ou la fusion de la Bretagne avec les Pays de la Loire, pour former un « Grand Ouest ». Le président socialiste des Pays de la Loire est prêt à sauter le pas, mais Jean-Marc Ayrault est contre le rattachement de la Loire-Atlantique à sa voisine : « On ne va pas prendre des bouts de région pour les mettre avec une autre. Ce sont des questions sérieuses ». Un comble.Indice de faisabilité ? L’idée fait son cheminQuel scénario ? Avec la création de la région Grand-Ouest, de Brest au Mans et de Noirmoutier à Saint-Malo, Nantes redevient capitale de la Bretagne et son châ- teau des ducs de Bretagne redonne un sens à son nom. Grâce à ses pouvoirs élargis, la nouvelle entité ordonne la destruction de tous les portails écotaxes et fait de la galette de sarrasin aux rillettes du Mans le plat régional. Boostée par l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, la filière agricole connaît un fort dynamisme, grâce aux atouts complémentaires des poulets de Loué et des porcs de la péninsule. Côté po- litique, l’alliance entre les Bonnets rouges Bretons et les Chouans Vendéens donne des maux de tête aux autorités du Grand Paris.uAquitaine-Poitou Charente La fusion de ces deux régions a été proposée par Jean-Pierre Raffarin, estimant que leurs activités économiques « se- raient appelées à constituer une véritable force de frappe ». Il existe une autre option : Deux-Sèvres, Vendée et Vienne pourraient être intégrés dans une région Val-de-Loire, qui réunirait une partie de la région Centre et de la région Pays de la Loire, tandis que les Charente rejoindraient une grande région Aquitaine. Indice de faisabilité ? L’idée fait son chemin Quel scénario ? Dans les industries du tourisme et du vin, les synergies entre les deux régions boostent leurs écono- mies : cognac, pineau des Charentes, vins de Bordeaux pour la viticulture ; îles de Ré et d’Oléron, Royan, Arcachon et Biarritz pour les stations balnéaires. Par contre, pour pren- dre la tête de la nouvelle super collectivité, il y a embouteil- lage d’égos entre le Bordelais Juppé, la Poitevine Royal et le Palois Bayrou. S’il est élu, ce dernier promet qu’il ne gouvernera « ni à Bordeaux, ni à Poitiers », mais juste à mi- chemin, à Angoulême. Las, il s’incline au premier tour. A l’entre deux tours, Ségolène Royal se déplace jusqu’à sa propriété de Bordères, près de Lourdes, pour lui proposer la vice-présidence de la Région, mais le centriste refuse de lui ouvrir son portail. Sans ce soutien, l’ex-candidate à la prési- dentielle s’incline finalement devant Alain Juppé.Une friandise très calorique administrée par 1,921 million de per- sonnes (dont 1,81 million de fonctionnaires) dont un paquet d’élus : 2040 conseillers régionaux, 4042 conseillers généraux, 36767 maires et 519417 conseillers municipaux. Auxquels on peut ajouter environ 38000 élus intercommunaux, pour aboutir à environ 600000 élus au total, soit environ un pour 100 habi- tants. Une représentativité démocratique exemplaire, digne des plus illustres cités-Etats grecques... mais qui coûte cher. Selon le député apparenté PS René Dosière, ces élus du peuple perce- vraient 1,4 milliard d’euros d’indemnités.En période de frugalité budgétaire, l’Etat espère s’amincir en al- légeant son millefeuille administratif. A défaut d’y être parvenu, il n’a pas lésiné sur les rapports. Ainsi, en 2007, le régime du docteur Balladur préconisait de fusionner plusieurs régions pour n’en garder qu’une quinzaine, de supprimer les cantons et de créer onze grandes métropoles appelées à remplacer les conseils généraux de leurs départements. En 2008, le professeur Attali conseillait à son patient de supprimer les départements, et en oc- tobre 2013, le docteur Raffarin lui délivrait une ordonnance pour descendre à huit ou dix régions d’ici dix ans.Peu favorable à ces réformes lorsqu’il était dans l’opposition, François Hollande a fini par se rallier à la cause le 14 janvier der- nier, déclarant à l’occasion de sa conférence de presse : « Notre organisation territoriale devra être revue » pour « en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions » de compé- tences. « Les collectivités seront (...) invitées à se rapprocher. Les régions d’abord, dont le nombre peut (...) évoluer ». Quant aux départements, ils « devront redéfinir leur avenir dans les grandes zones métropolitaines ».Mais pour mener cette réforme à bien, le go.uvernement devra faire face à des oppositions venues de tous bords. Des élus, d’abord, pour qui moins de collectivités signifiera moins de sièges et qui, reprenant les mots de César, feront valoir qu’ « on peut gouverner de loin, mais on n’administre bien que de près ». Et de certains citoyens, ensuite, attachés à leurs territoires et in- quiets de les voir absorbés par des aires d’influence plus impor- tantes. A ces derniers, on pourrait rétorquer que les départements n’ont qu’un peu plus de deux siècles et que pour assouvir leurbesoin de terroir, il restera toujours les AOC.Aymeric Marolleau16 MARS 2014]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.fruPicardieCoincée entre Nord-Pas-de-Calais, Île-de-France, Normandie et Champagne-Ardenne, les heures de la Picardie sont comptées et son dépeçage annoncé : l’Aisne re- joindrait la Champagne-Ardenne, l’Oise l’Île-de-France et la Somme le Nord-Pas-de-Calais. L’idée ne plaît guère aux Picards. Un collectif d’élus de gauche a lancé la pétition « Touche pas à ma Picardie », qui a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures. En janvier, le président du Conseil régional Claude Gewerc se dé- clarait contre : « Il n’est pas question pour moi qu’elle disparaisse ».Indice de faisabilité ? Vendra chèrement sa peauQuel scénario ? En 2016, plutôt que de disparaître, la région déclare son indépendance, fait du Picard sa langue nationale et d’Elodie Gossuin sa présidente. En 2017, la jeune nation remporte l’Eurovision grâce aux Fatals Picards et à leur tube Picardia Independenza. L’année suivante, le zénith d’Amiens accueille donc le grand raout musical européen, où le rappeur rural Kamini s’illustre avec un remix de Marly-Gomont. La musique et la Picardie, une vraie histoire d’amour.uGrand ParisLa future métropole devrait réu- nir Paris et les trois départe- ments de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis) rejoints, à terme, par l’Oise. Jean-Marc Ayrault en janvier sur France Inter : « Je suis favorable à ce que l'on aille vers la suppres- sion des départements de la pe- tite couronne : faire les communes, et la métropole (...) On a besoin de métropoles et autour des métropoles, il faut simplifier ».uAlsace - LorraineLe cas de l’Alsace illustre bien les difficultés que la fusion des collectivités locales peut rencontrer. Le 7 avril 2013, les habitants des deux départements de la plus petite région de France (1,7 million) étaient appelés à s’exprimer par réfé- rendum sur leur fusion avec le Conseil régional, pour faire collectivité commune. Après des débuts encourageants dans les sondages, la tentative s’est finalement soldée par un échec, avec 55,7% de non dans le Haut-Rhin, et une participation en-deçà de 25% dans le Bas-Rhin, malgré un oui à 67,5%. Dans ces conditions, la fusion des deux régions de l’Est n’est pas gagnée.Indice de faisabilité ? L’idée fait son cheminQuel scénario ? Dès 2009, le Comité Balladur avait proposé la fusion de L’Alsace et la de Lorraine pour 2014, marquant ainsi le retour du tiret entre deux régions unies par l’histoire depuis 1871. En 2017, l’Alsace-Lorraine devient la plus européenne des régions françaises, au cœur de la « banane bleue », partageant des frontières avec la Belgique, le Luxem- bourg, l’Allemagne et la Suisse. Le drapeau bleu étoilé flotte sur Strasbourg, Metz et Nancy, la flammekueche et la quiche lorraine deviennent des spécialités européennes et la cigogne alsacienne élit domicile sur la croix de Lorraine.uFranche-Comté et BourgogneL’idée avait déjà été évoquée par le rapport Balladur, et dès le 16 janvier, les présidents des deux Régions se sont dits favorables à un rapprochement, puisqu’elles collaborent déjà sur nombre de sujets, dont l’université et la santé. Au carrefour de l’Île-de-France, de la Suisse et de l’Allemagne, leur union leur permettrait d’atteindre le seuil des trois millions d’habitants.Indice de faisabilité ? Ces deux-là sont faites pour s’entendreQuel scénario ? L’alliance des fromages de Franche-Comté (Comté, Mont d’Or, Cancoillotte...) et des vins de Bourgogne (Pinot noir, Chardonnay...), la rencontre de la saucisse de Morteau et de la moutarde de Dijon, la com- plémentarité des monuments Bourguignons et des paysages jurassiens et vosgiens... Maintenant, vous savez où pas- ser vos prochaines vacances.uGrand LyonA partir du 1er janvier 2015, le département du Rhône tirera sa révérence sur le périmètre de la métropole de Lyon (58 communes). Toutes les politiques départementales seront en effet transfé- rées au Grand Lyon, avec les moyens financiers correspondants, tandis que le Conseil général du Rhône n’administrera plus que 400000 habitants.u AuvergneL’Auvergne, ses volcans et ses fro-mages, sont en ballotage. Deux pistesont été évoquées. La première la voits’associer avec son voisin Limousin,mais l’union en ferait des nains àl’échelle des nouvelles régions fran-çaises, et les deux régions ne sont pastrès connectées, malgré leurs pointscommuns (ruralité, moyenne montagne).La deuxième l’envoie dans le giron deRhône-Alpes, avec laquelle lesconnexions sont plus avancées, mais ladifférence de poids avec la deuxième ré-gion française inquiète.Indice de faisabilité ? Les Arvernesvendront chèrement leur souverainetéQuel scénario ? Plutôt que de choisirentre ses deux voisins, l’Auvergne rallieune dizaine de départements pour for-mer une grande région Massif Central(Aveyron, Lozère, Cantal, Allier, Loire,Creuse, Corrèze, Lot...). uMétropole Aix-uMétropole Nice-Côte d’AzurLa première métropole créée en France regroupe 49 communes et 540000 habitants depuis le 31 décembre 2011. A terme, elle pourrait absorber les Alpes-Maritimes, même si le maire de Nice Christian Estrosi y est fermement opposé.u CorseComme en Alsace, les Corses ont déjà été appelés à se prononcer par référendum sur la fusion de leurs départements. Et comme en Alsace, ils ont rejeté l’union des conseils généraux de Haute-Corse et de Corse-du-Sud par 51% des voix le 6 juillet 2003. Indice de faisabilité ? Un non est un non.Le 1er janvier 2016, les intercommunalités de Marseille, Aix-en-Provence, Salon, Aubagne, Martigues et Fos-Is- tres s’effaceront au profit d’AMP, une grande métropole réunissant 93 communes et 1,8 million d’habitants, soit 93% de la population des Bouches-du-Rhône. A cause de nombreuses oppositions (presque tous les sénateurs du 13 et 109 maires sur 119), le projet a maintes fois été repoussé. Le feuilleton n’est pas terminé. Comme ail- leurs, la métropole pourrait à terme prendre la place du département.Marseille-ProvenceHexagone PANORAMAMARS 2014 17]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA InternationalInde, vraie Terra IncognitaElections et micmacs règlementaires effraient les observateurs internationaux comme les entrepreneurs français. Dommage, la contrée aux mille épices réserve secrets et bienfaits...«Lnit à la chaîne des PDG de dimension mondiale », clai- ronnait en Une le Times of India. La raison ? La nomi- nation à 46 ans de Satya Na- della, né à Hyderabad, en tant que DG de Microsoft. Patrons de Vodafone, PepsiCo, City- Group, Sun Microsystems ou Deutsche Bank, tous viennent de ce pays intrigant qui « pro- duit » un million d’ingénieurs par an. Dès lors pourquoi l’Occident – et en particulier la France – ne fait-il pas plus d’affaires avec le pays d’In- fosys ou de Bangalore, devenu un pôle de recherche et de sous-traitance informatique dans le monde ?’Inde s’impose comme une usine à talents qui four-venir, mais plafonnera à cause à cause du choc culturel au- chez les hommes, différents ploient 240000 personnes et des infrastructures déficientes quel ils ont été confrontés », par leur caste, leur religion – réalisent 14 milliards d’euros et de la réglementation pe- explique Shombit Sengupta, d’autant plus que l’Hin- de CA, ont saisi le potentiel sante. » Or selon le ministre consultant en stratégie en Inde, douisme reconnaît des milliers de ce pays d’1,2 milliardsdeuses et pouvoir d’achat en- core balbutiant. Afin de pro- poser l’auto à 3000$, l’ordi- nateur à 300$ ou le téléphone mobile à 30$ sans faire du simple bas de gamme, il a fallu partir des besoins réels des pauvres et travailler « à reculons ». Au lieu d’ajouter des caractéristiques, les in- dustriels démontent les pro- duits pour aller à l’essentiel, et les remodèlent selon les besoins de ces clients peu for- tunés. Les identités mêmes de la voiture ou du yaourt sont révisées, sans pour autant faire du low cost. La démarche intègre de l’innovation pour coller aux multiples attentes, avec des produits robustes, faciles d’utilisation, pourvus parfois des technologies les plus récentes. Si ceux qui ont des problèmes de santé car- diaque peuvent passer des électrocardiogrammes à 1$ via le Mac 400, une merveille de simplification à 800$ signée General Electric – qui se porte dans un sac à dos et fonctionne sur batteries – c’est bien parce que le géant américain y a adopté une telle approche. Hier adaptation, l’innovation frugale est devenue une ré- volution, un raz de marée dont les premières vagues an- nonciatrices s’échouent sur les côtes occidentales. Les in- dustriels ramènent ces tech- niques dans les pays déve- loppés. C’est aussi ici que le « social business » théorisé par Muhammad Yunus est né – cette entreprise qui se consa- cre à la réalisation d’un ob- jectif social sans verser de dividendes et en tentant de trouver le business model as- surant sa pérennité financière.RÉGLEMENTATIONET ÉCONOMIE IMPRÉVISIBLES Plusieurs facteurs interpellent. Premièrement les législatives prévues en avril et mai 2014, élections démocratiques les plus importantes jamais or- ganisées au monde, inquiètent à cause de la montée en puis- sance du parti d’opposition nationaliste et hindouiste BJP. Le populiste Narendra Modi, dont le nom reste étroitement lié au pogrom tragique qui a ensanglanté en 2002 la pro- vince occidentale du Gujarat, etquiacoûtélavieàplus d’un millier de musulmans, pourrait bien empêcher le Congrès national indien, au pouvoir depuis 2004, de bri- guer un troisième mandat. Deuxièmement la santé éco- nomique, comme dans tous les « Brics », a été surestimée. La Banque Centrale a ainsi relevé 13 fois ses taux direc- teurs en 2013, dans le double but de ralentir la hausse des prix et de remédier à la dé- préciation continue de la rou- pie. « Le taux d’épargne n’est plus ce qu’il était. L’endette- ment et le déficit budgétaire (8%) empêchent une vraie re- lance, détaille Olivier Louis, spécialiste de l’Inde à l’Ifri. Le gouvernement a pris peu de décisions, qui en plus ont été peu appliquées. La crois- sance atteindra tout de même les 5-6% dans les années àles cadres hexagonaux à l’ex- périence orientale. Même son de cloche pour son associé Bernard Gaud, ex-président du Medef Rhône-Alpes, qui rappelle que « l’Inde n’estaccomplie soudainement, sans aucune préparation, creusant des écarts incommensurables entre les générations, illustre Shombit Sengupta. Les moins de 30 ans sont des « zap-Produire là-bas n’est certes pas de tout repos. « Les In- diens ne sont pas disciplinés au travail. Ici le produit stan- dard sera transformé, bricolé, non par malveillance mais18 MARS 2014indien de l’Economie lui- même, il faudrait 8% pour espérer sortir de la pauvreté ces millions d’habitants qui vivent avec moins de un dollar par jour. Troisièmement l’Inde reste un pays qui déboussole les Occidentaux par sa lourde administration, sa corruption latente et sa législation « vi- revoltante ». « Le gouverne- ment central a accepté les centres commerciaux étran- gers en 2012, quand le gou- vernement régional de New Delhi les refuse en janvier 2014 », illustre Olivier Louis.qui a aussi monté la structure de dieux –, ou leur âge. « La d’habitants, au dixième rang Shining France pour préparer libéralisation de 1991 s’est mondial en termes de PIB.Un maquillage qui trompe énormément...MONDE ÉTONNANTDE MOSAÏQUESMais ces inconvénients sont mineurs. Les 4,5% de crois- sance d’aujourd’hui font des envieux en France, et le VJP a déjà été au pouvoir par le passé. Narendra Modi, s’il ne s’annonce pas comme un mo- déré face au Pakistan, a rassuré les milieux économiques lors de ses trois mandats successifs comme gouverneur du Guja- rat. Mais « si les Peugeot, Bic ou Bongrain y ont essuyé quelques revers, c’est surtoutpas un pays, mais un sous- continent dont l’embrouilla- mini socioculturel est tout sauf un mythe. Personne n’a besoin d’une structure telle que la nôtre pour appréhender l’Argentine ou la Côte d’Ivoire. En revanche, là où 29 Etats et 18 langues coha- bitent, comportant des zones aussi disparates que déserts, plaine du Gange ou pentes de l’Himalaya, il existe plus d’hétérogénéité qu’en Eu- rope. » Inévitablement, cette mosaïque naturelle se ressentpeurs » qui dépensent subs- tantiellement quand les plus de 45 ans épargnent au maxi- mum. J’ai éduqué mon fils en France, et nous ne sommes pas vraiment différents. Si nous étions restés en Inde, nous n’évoluerions pas dans le même univers. »parce que les gens issus de Calcutta, Delhi, Mumbai ou Bangalore l’appréhendent dif- féremment », soutient cet en- trepreneur lyonnais. Mais c’est justement dans ces disparités et dans cet art de la débouille – concept qui a pris le nom de « Jugaad »(*) – que naît un formidable souffle d’innova- tion. Ce n’est pas un hasard si le concept d’ « innovation frugale » est apparu ici afin de surmonter accessibilité dif- ficile, pénuries de talents, res- sources énergétiques hasar-acas et lenteursC’est justement dans ces disparités,ces contraintes, cet art de la débrouille,que naît un formidable souffled’innovationLES MERVEILLES« JUGAAD » ET« REVERSEINNOVATION »Pourtant les 750 entreprises françaises implantées, qui em-Les craintes, tr.pèsent donc peu face aux bienfaits qu’une présence dans ce pays peuvent apporter. Reste à l’entrepreneur impa- tient à développer un goût pour le chai local, ce thé au lait sucré parfumé d’épices qu’on trouve là-bas à tous les coins de rue...(*) « Innovation Jugaad. Rede- venons ingénieux ! » de Navi Radjou, éd. Diateino, 2013.Matthieu Camozzi]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8PANORAMA A la UneMonsieur le Maire, l’homme orchestreSeul élu en prise directe et constante avec les citoyens, mais aussi nécessaire porteur de projets de grande enver- Lgure pour sa commune, le maire est un personnage politique à part. Un homme qui doit savoir passer de la ges-tiondebudgetsfaramineux, àcelledeproblématiquesultralocalespouvantsemblerdérisoires.Letouten essayant de se faire réélire à la fin de sa mandature. Portrait de ce qu’est un maire en 2014.es23et30mars tournent vers leur maire. Par- ce pour une raison toute sim- République qui progresse. » offre territoriale très large », revient à la municipalité. 2014, chacun sera in- tout, le lien social se détruit. ple : sentir sa ville demeure Indispensable, la connais- notre Olivier Sadran. « Tout Mais le problème, c’est qu’en vité à choisir le maire Il n’y a plus guère que le le meilleur moyen d’en sance de son territoire et de ce qu’il peut faire, c’est dé- France, les gens veulent êtrede sa commune. Evidem- maire et quelques dirigeants connaître les forces, les fai- ses administrés n’est cepen- fendre des dossiers et aider propriétaires à tout prix.ment, l’élection ne se jouera pas sur ces deux seules dates. Depuis déjà plusieurs se- maines, la guerre est en effet déclarée dans chacune des 36000 communes de France entre les différents préten- dants aux trônes. Concernant la conquête des grandes villes, la bataille s’affiche même en lettres majuscules dans les medias locaux et nationaux. Mais, derrière l’effervescence du moment, mérite d’être po- sée une question en apparence évidente : c’est quoi, être maire ? Entre assistance so- ciale, respect rigoureux des budgets, gestion des déjec- tions canines, réflexion sur les grands enjeux de son ter- ritoire, le maire d’une grande ville est aujourd’hui le chef d’un orchestre aux instru- ments aussi nombreux que variés et disparates. Pourtant, officiellement, ses compétences sont toujours les mêmes. « En tant qu’élu de proximité, il a en charge les écoles primaires, l’assai- nissement, les déchets, l’ur- banisme, les transports, la voirie, ou encore l’aména- gement urbain, détaille Ro- main Pasquier, directeur de recherche au CNRS à Sciences-Po Rennes, et spé- cialiste de gouvernance ter- ritoriale. Mais le maire a aussi des fonctions dévolues par l’Etat. Il est officier d’Etat civil, et a donc des pouvoirs de police. » Voilà pour les attributions officielles.d’association pour l’incar- ner. » « Dans les villesblesses, les besoins et les possibilités d’évolution.dant pas suffisante. D’autant que le rôle du maire peutdes patrons locaux », confirme le maire de Sceaux.Donc ce type de dispositif ne fonctionne que pour du logement social. » Loin d’être omnipotent, le premier ma- gistrat de la cité doit en fait composer avec un environ- nement qui ne lui laisse pas les mains totalement libres. « Prenez un exemple tout bête : les questions de sta- tionnement, propose Denys Pouillard, directeur de l’Ob- servatoire de la vie politique et parlementaire. Se plonger dans ce dossier nécessite de se pencher sur le stationne- ment des véhicules de parti- culiers, mais aussi sur la question de la livraison au dernier kilomètre, et donc de l’acheminement des denrées. Mais il faut aussi prendre en compte les lois relatives à la circulation des cyclistes. Le maire doit en permanence composer avec une multitude de facteurs. » Parmi ceux- ci, aussi, la gestion du per- sonnel municipal. « Dans ma ville de Sceaux, qui fait 20000 habitants, nous avons 400 agents municipaux, précise Philippe Laurent. Or ce sont des gens qui sont souvent montrés du doigt. Pour que ces gens travaillent bien, il est primordial de leur parler, les rassurer, donner du sens à ce qu’ils font. C’est d’autant plus important que les sa- laires du personnel municipal représentent 50% du budget de la commune ! »Sur le terrain, le maire est avant tout l’élu de proximité par excellence. « Un des as- pects les plus importants de la fonction, c’est le lien social, l’écoute individuelle, note Philippe Laurent, maire (UDI) de Sceaux et vice-pré- sident de l’Association des maires de France (AMF). Les gens ne trouvent plus de ré- ponses à leurs questions dans les différents guichets et ad- ministrations, donc ils semoyennes, le maire est l’in- terlocuteur direct des habi- tants, abonde Pierre Sadran, professeur émérite à Sciences-Po Bordeaux. Il joue un vrai rôle d’assistante so- ciale, même si de plus en plus, dans les grandes villes, ce sont les mairies de quartier qui remplissent cette fonc- tion. » Cet ancrage social, c’est aussi pour les aspirants à la fonction un formidable argument électoral. Car l’élec- tion municipale souffre dif- ficilement le parachutage. « On ne gagne pas une élec- tion sans sentir sa ville », résume Romain Pasquier. EtAussi, pour beaucoup, le maire représente un garant irremplaçable de la démo- cratie. Au congrès des maires de France du 19 novembre 2013, le premier ministretrouver certaines limites. Sur de nombreuses questions, l’homme n’a pas toutes les cartes en main. Le chômage, par exemple. « Le maire peut essayer de rendre sa villeSur les questions de loge- ment, même constat de rela- tive impuissance. « On peut agir, mais à la marge, regrette Philippe Laurent. Ce que nous mettons en place àAutre élément primordial à prendre en compte, le déve- loppement d’agglomérations dépassant largement la taille des communes. « La fonction de maire est entrée en tran- sition, note Romain Pasquier, car énormément de compé- tences sont passées des mai- ries aux intercommunalités : développement économique, aménagement urbain, trans- ports, mobilité... Aussi, au- jourd’hui, il est devenu diffi- cile d’être un maire actif et efficace sans être dans le20 MARS 2014Jean-Marc Ayrault n’y allait pasdemainmorte:«Le maire est la démocratie en personne. (...) Partout où l’échelon communal retrouve les moyens d’agir, c’est laplus attractive pour que des entreprises s’y installent et y créent de l’emploi. Mais ensuite, c’est à la liberté de l’acteur économique qui, de surcroît, a devant lui uneSceaux, par exemple, c’est que lorsque la ville est pro- priétaire d’un terrain, elle le loue à long terme. Ainsi, on y construit des logements et après 50-60 ans, le terrainBureau du DRH, de l'assistante sociale, du DG...Un des aspects les plus importants de la fonction, c’est le lien social]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frA la Une PANORAMAmême temps président d’in- tercommunalité. Lorsque l’on a la double casquette, on peut être un maire entrepre- neur, développeur, au cœur des problématiques d’attrac- tivité et de cohérence terri- toriale. » Ce serait donc la fin de la fonction de maire comme on l’entend au- jourd’hui ? « Non, le maire dans sa fonction d’élu de proximité va demeurer. Sim- plement, c’est l’échelle qui va changer. Il y aura des su- per-maires à l’échelle des intercommunalités. Le risque,la participation citoyenne. Il va falloir aller vers davantage de codécision et de démo- cratie participative. »leurs, il existe de nombreuses similitudes entre les deux fonctions. Tous les lundis ma- tin, par exemple, j’assiste à ce qu’on pourrait appeler unvision politique de grande ampleur. Bref, avoir la tête dans les étoiles autant que sur le trottoir pour s’occuper des crottes de chien et desDès 2017, entrera aussi en application la loi instaurant le non-cumul des mandats. « Les maires vont devoir choisir entre leur mandat de parlementaire et leur mandat municipal. Cela prouve une chose : que le métier de maire nécessite une présence quo- tidienne », affirme Denys Pouillard. Même son de cloche chez Philippe Laurent : « Le maire de demain seraÊtre le premier VRP de sa communeLa fonction de maire est entrée en transitionDRH, assistante sociale, chef d’entreprise, le maire a donc plusieurs facettes. Mais avant toute chose, il doit être le premier VRP de sa commune, en porter la voix à l’extérieur et la valoriser. Pour ce faire, il importe au maire d’être capable de porter une vision globale à moyen terme pour sa commune. En gros, savoir réaliser un grand écart entre, d’une part, une vision ultra locale, et d’autre part, une.comité de direction, avec mon directeur général, son adjoint et mon directeur des services techniques, afin d’établir no- tre feuille de route. »places de stationnement. « Pour faire un bon maire, il faut donc un alliage de qua- lités très différentes, conclut Pierre Sadran. Savoir se faire aimer par sa population, être un gestionnaire avisé, et aussi savoir s’entourer de colla- borateurs efficaces. » Une recette efficace puisque le maire est le seul homme po- litique globalement populaire. 70% des Français déclarent en effet faire confiance à leur maire, contre 30% de scep- tiques. Tout le monde ne peutc’est la création d’une tech- de plus en plus professionnel. nostructure et l’apparition Cela ne veut pas dire que ce d’un fossé entre le maire et sera son métier de base, mais ses administrés. C’est pour une fois élu, il devra adopter cette raison que la démocratie une approche 100% profes- municipale ne peut pas faire sionnelle, semblable à celle l’économie d’une réforme de d’un chef d’entreprise. D’ail-Souvent critiqués, les élus n’ont pourtant pas des emplois du temps de tout repos. Surtout en période de campagne électorale. La preuve avec Pierre-Christophe Baguet, maire (UMP) sortant de Boulogne-Billancourt, et candidat à sa propre succession.9h. RDV devant la mairie. Une pluie fine et un ciel gris as- sombrissent Boulogne-Billancourt. Un temps de grasse matinée en ce samedi matin. Pas pour Pierre-Christophe Baguet, maire (UMP) de la seconde ville d’Île-de-France, qui commence une journée-marathon à deux dossards : celui de premier magistrat de la cité et celui de candidat déclaré à sa propre succession. Première étape : le départ pour Disneyland des employés mu- nicipaux et leurs familles. Une sortie organisée par le Comité des œuvres sociales (COS) de la ville, subventionné par la mairie. « Vous avez réussi à obtenir des tarifs intéressants pour le transport ? », s’enquiert l’édile. Visiblement, oui. Après un passage dans chacun des cinq cars pour saluer les touristes du jour, le convoi peut s’ébranler.9h20. Cabinet du maire. Dans le hall avant d’atteindre son bureau, Pierre-Christophe Baguet croise un couple en quête d’une place en crèche. Le maire tient à les rassurer. « Depuis cinq ans, c’est 50% de places satisfaites, contre 26% lors de la mandature précédente » en profite-t-il. Un escalier plus tard, débute un moment crucial du week-end : l’organisation de l’agenda du jour et du lendemain avec la directrice de cabinet, et de campagne. Ambiance d’état-major, avec estimation des mouvements des ennemis, comprenez les principale listes d’op- position. « S’ils vont sur le marché, nous pouvons quadriller toute la ville. J’ai une vingtaine de militants disponibles », informe la directrice de campagne. Autres sujets abordés, les lettres d’investiture encore attendues – Modem et UDI notamment –, mais surtout l’organisation de la fin d’après- midi : comment être présent sur quatre événements différents à quelques minutes d’intervalle ?pas en dire autant...Décret sur les crottes de chien... ou plan d'urbanisme à un mil- lion d'euros.Reportage :La folle journée10h. Forum de la petite enfance. Un passage obligé pour celui qui veut « faire de Boulogne la ville exemplaire de la fa- mille ». Au programme, tour des stands des différentes structures d’accueil, rencontre avec les habitants, rapide discours. A chaque pas la même remarque : « Monsieur le Maire, pour notre premier enfant, nous n’avons pas obtenu de place de crèche, pour le dernier, il nous en faut une impérativement. » Très à l’aise, et visiblement préoccupé par les soucis de chacun, le maire cherche à en savoir plus, et fait inscrire les noms et les doléances à un membre de son équipe. Avec une promesse : nous allons étudier votre cas en priorité. Surtout si vous votez à Boulogne... Car les élections commencent à être dans bien des têtes. Et les partisans du maire n’hésitent pas à lui faire savoir : « Bon courage pour les élections, je viens de m’inscrire à votre comité de soutien ! »12h30. Retour au bureau. Et crise de colère envers un militant, auteur pour le compte du maire d’un tweet malheureux. Le court message sera retiré dans la foulée.13h. Déjeuner improvisé avec le maire d’une commune voisine... rapidement annulé. Problème de communication entre les deux secrétariats.13h20. Déjeuner en privé avec son épouse.15h. RDV Grand’Place. Au nom de la ville, remise officielle de cinq chèques de 750€ aux concurrents Boulonnais du 4L Trophy. Caméléon, le maire se prend à parler mécanique. Il connaît la course : l’une de ses filles y a participé il y a quelques années. Lors d’un court discours, il explique le pourquoi de cette subvention : promouvoir l’esprit d’aventure et d’ouverture, et montrer son souhait de faire de Boulogne une ville étudiante. Seul bémol, des chèques de taille trop réduite, non identifiables sur les photos. « Il faut tout surveiller, tout le temps », s’agace le maire.Olivier Faure16h. Bureau du maire. Correction de certains chiffres sur un rapport remis par un collaborateur, relatif à la population de la ville.16h30. Ecole Escudier. Moment important de la campagne. A la demande du maire sortant, ses supporters se sont constitués en groupes de travail et ont réfléchi pendant plusieurs semaines à des propositions pour la ville. Cet après-midi, c’est la remise de la synthèse de leurs réflexions. Résultat : un projet d’espace dédié aux jeunes de la ville, une maison de l’autonomie pour les personnes âgées dépendantes, une grande fête de l’urbanité, la création d’une police verte... Des propositions jugées très intéressantes par l’édile, qui se fend d’un discours de haut vol sur son programme à venir dans lequel il souhaite « mettre du rêve, tout en restant crédible et pragmatique ».18h30. Chapiteau Bouglione, île Seguin. Passage express au vin d’honneur d’un mariage de jeunes Boulonnais.19h. Repas annuel du quartier du Pont de Sèvres. Passage obligé pour le maire sortant, d’autant que ses opposants risquent d’être présents. Au programme, beaucoup de mains à serrer, et même des photos à prendre avec les habitants. Puis, pour la troisième fois de la journée, discours sur les enjeux du quartier.20h30. Quarante ans du club de karaté de la ville.Après les démonstrations des adhérents du club, la journée se termine par une remise de médaille et un hommage à Jacques Legré, figure historique du club.21h. Fin d’une journée où Pierre-Christophe Baguet aura, entre autres, serré plusieurs centaines de mains, prononcé quatre discours, se sera occupé des places en crèche et de son programme pour la ville. Une journée qu’il rééditera demain. On sera dimanche. Et alors ?MARS 2014 21]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°7CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & Tendancesu L’entrepreneuriat féminin a la cote La journée de la femme, ce 8 mars, est l’occasion de faire le bilan de l’entrepreneuriat féminin. En 2013, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes, avait affiché un objectif am- bitieux : faire progresser de 10 points le taux de femmes entrepreneures en France pour atteindre 40% de créatrices d’ici 2017. Les chiffres sur la création d’entreprise en 2013 présentés par l’Insee en janvier montrent qu’elle est en bonne voie pour réussir : 38% des créateurs sont déjà des créatrices, soit cinq points de plus qu’en 2012.L’été dernier, son ministère a lancé un plan de dé- veloppement de l’entrepreneuriat féminin : sensi- bilisation des jeunes filles dès le collège, accompagnement des créatrices et financement, dont le renforcement du Fonds de garantie à l’ini- tiative des femmes (FGIF)... La Ministre vient aussi de lancer le site ellesentreprennent.fr avec l’Agence pour la création d’entreprise (APCE) pour diffuser conseils et témoignages.Le 6 février, le ministère des Droits des femmes et BNP Paribas ont signé une convention de par- tenariat pour promouvoir l’entrepreneuriat fémi- nin. Parmi les actions concrètes : conception de supports d’information pour les femmes qui veu- lent créer une entreprise, formation des conseillers BNP Paribas aux enjeux de l’entrepreneuriat fé- minin, collecte d’informations, conduite d’une étude sur les besoins d’accompagnement... Début février, la Caisse d’Epargne a rendu public son deuxième « Baromètre des femmes entrepre- neures », réalisé avec l’institut BVA. Il ressort que les femmes entrepreneures déclarent rencontrer plus de contraintes horaires ou de présence que leurs homologues masculins (38% contre 29%), mais moins de problèmes administratifs (29% contre 44%) et moins souffrir d’un manque de soutien des banques (32% contre 36%). L’étude note également que les femmes mettent davantage l’accent sur la valorisation de la relation client (15% contre 8%). Pour se faire conseiller, elles comptent en priorité sur les organisations profes- sionnelles. Elles accordent aussi plus d’attention à leur protection sociale que les hommes (60% contre 47%).La santé de l’entrepriseu L’échec, c’est chic !L’échec en France est souvent mal perçu et mal vécu. Fleur PellerinLe carnet desnominationsen partenariat avec}CATELLA ASSET MANAGEMENTFrançois BrissetMonsieur François Brisset est nommé président de Catella Asset Management, à ce poste depuis décembre 2013. Il s'associe à Catella pour créer Catella Asset Manage- ment, la plateforme d'asset management immobilier du groupe suédois en France. François Brisset , 45 ans, ESCP Europe (1990), DESS droit immobilier de l'université Paris-I, a réalisé le parcours suivant :n 1999-2013 : DTZ Asset Management, directeur général et cofondateur.n 1996-1999 : Archon Group France, responsable de la valorisation des opérations foncières et de la gestion de portefeuilles de créances immobilières.n 1995-1996 : Ernst & Young, directeur de missions Audit-Real estate.n 1993-1995 : Crédit Foncier de France, directeur adjoint à la direction des Hauts- de-Seine, puis chef de projet au sein de la filiale d'ingénierie financière.n 1990-1993 : Bourdais, consultant.espère y remédier en changeant les mentalités. Premier acte en sep- tembre 2013, lorsqu’elle a supprimé l’indicateur « 040 », donné par la Banque de France aux entrepreneurs qui ont connu une faillite dans les trois dernières années. Deuxième acte en janvier, lorsqu’elle donné le coup d’envoi à Science-Po de la première « FailCon » (tra- duisez « conférence du rebond »), concept de conférence importé des Etats-Unis où l’on discute des expériences de créateurs qui ont connu l’échec, pour mieux le valoriser. « Il n’y a pas de réussite facile ni d’échecs définitifs », écrivait Marcel Proust. En partenariat avec des associations, les conférences du rebond pourraient être à terme dé- ployées en région pour promouvoir le droit à la deuxième chance. Il y a du pain sur la planche : selon un sondage Ipsos, 53% des Français estiment qu’il est plus difficile de se relever d’un échec en France qu’ailleurs. Pour 69% des personnes interrogées, on ne redonne pas assez leur chance aux entrepreneurs qui ont connu un échec. A noter également qu’un site – portaildurebond.com – a été lancé en janvier à l’initiative de quatre associations et du ministère des PME, et que la Ministre a signé une « Charte du rebond ».}RÉMY COINTREAU (GROUPE RÉMY COINTREAU)Eric VallatMonsieur Eric Vallat est nommé directeur général de la Maison Rémy Martin, à ce poste depuis janvier 2014, en remplacement de Monsieur Patrick Piana.Eric Vallat , 43 ans, HEC (1993), a réalisé le parcours suivant :n 2009-2012 : JM Weston (groupe EPI), directeur général.n 2008-2013 : Bonpoint (groupe EPI), président-directeur général.n 2004-2007 : Christian Dior Couture Japon (groupe LVMH), président.n 2003-2004 : Louis Vuitton Malletier (groupe LVMH), directeur général Europe. n 1999-2003 : Louis Vuitton Malletier, directeur général France.n 1998-1999 : Louis Vuitton Malletier, directeur du magasin Avenue Montaigne de Paris. n 1997-1998 : Louis Vuitton Malletier, directeur du magasin au Bon Marché de Paris.n 1996-1997 : Louis Vuitton Malletier, deputy store manager Avenue Montaigne de Paris. n 1994-1995 : Banque nationale de Paris (à Paris), analyste au sein du département LBO. n 1993-1994 : Banque nationale de Paris (à Lisbonne), analyste au sein du départe- ment Financement de projets.}DE PARDIEU BROCAS MAFFEIJoanna GumpelsonMadame Joanna Gumpelson est promue associé au sein du département Entre- prises en difficulté & Restructurations de De Pardieu Brocas Maffei, à ce poste de- puis janvier 2014. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Philippe Dubois, associé, codirecteur du département Entreprises en difficulté & Restructura- tions. Elle intervient principalement dans les domaines des procédures collectives, des restructurations de dette et des entreprises en difficulté. Elle conseille des éta- blissements de crédit et des fonds d'investissement (français ou étrangers), ainsi que des crédit-bailleurs, factors, obligataires, fournisseurs, etc. Elle représente égale- ment de grands groupes industriels français ou étrangers, en particulier à l'occasion de renégociations de LBO. Le contentieux commercial, bancaire et financier est son deuxième domaine d'activité. Son association contribuera à renforcer cette équipe, reconnue comme un acteur majeur dans ce domaine d'activité, qui comporte désor- mais 4 associés et 6 collaborateurs.Joanna Gumpelson , 36 ans, avocat au Barreau de Paris depuis 2002, HEC Paris (2000), DESS de droit des affaires et fiscalité de l'université Paris-I Panthéon-Sor- bonne (2000), a réalisé le parcours suivant :n 2009-2014 : De Pardieu Brocas Maffei, counsel.n 2002-2009 : De Pardieu Brocas Maffei, avocat collaborateur.u 31% des Français envisagent de créer ou de reprendre un jour une entreprise.(Sondage réalisé par l’institut Think pour le 21e Salon des entrepre- neurs)u Tout pour la TechAvalanche de bonnes nou- velles pour les start-up et les entreprises de l’économie numérique, qui ont une nou- velle fois été l’objet de toutes les attentions ces der- nières semaines. François Hollande a profité de son voyage d’Etat aux Etats- Unis pour rendre visite aux star-up françaises dans la Silicon Valley, où il a an- noncé quelques mesures : le plafond du crowdfunding sera relevé à un million d’euros par projet, contre}FULLSIX FRANCEPhilippe Huot-LouradourMonsieur Philippe Huot-Louradour est promu directeur général de FullSIX France, à ce poste depuis janvier 2014, en remplacement de Monsieur Jean-Guy Saulou, sous la responsabilité directe de Monsieur Benoît Storelli, directeur général groupe. Il est ainsi en charge du rapprochement de Grand Union France et FullSIX France, 2 agences du groupe FullSIX.Philippe Huot-Louradour , ISG (1999), licence de droit privé de l'université Paris-II (1995), a réalisé le parcours suivant :n Depuis 2012 : Grand Union France (groupe FullSIX), directeur général.n 2011-2012 : Grand Union France, directeur général adjoint.n 2008-2011 : OgilvyOne, directeur commercial, puis directeur exécutif.n 2003-2008 : Draft puis Draftfcb, directeur de clientèle, puis directeur commercial. n 1999-2003 : McCann Communications, début de carrière comme chargé des programmes CRM.}FORD FRANCE (GROUPE FORD)Bruno CharvetMonsieur Bruno Charvet est promu directeur de la stratégie de Ford France, à ce poste depuis janvier 2014. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Paul Fla- nagan, président-directeur général.Bruno Charvet , 54 ans, master marketing de l'université Lille (1983), a réalisé le parcours suivant :n 2010-2013 : Ford France, directeur marketing.n 2009-2010 : Ford France, directeur de l'administration commerciale et de la pré- vision des ventes.n 2006-2009 : Ford Motor Company, directeur général de Mazda en Thaïlande.n 2005-2006 : Ford Europe, directeur programme réseau.n 2001-2005 : Ford France, directeur du développement réseau.n 2000-2001 : Ford France, chef de produits Ka et Fiesta.n 1999-2000 : Ford France, directeur régional à Lyon.n 1983-1999 : Ford, au sein de la direction des services au client en France et en Allemagne, puis directeur des opérations du centre de logistique et de distribution de pièces de rechange de Ford à Estrées Saint-Denis.300000 euros initialement envisagé, le régime d’attribution gratuite d’actions et de bons de souscription de parts de créateurs d’entre- prise sera amélioré, et un « passeport talents » sera créé pour ac- cueillir les entrepreneurs étrangers.Fin janvier, Fleur Pellerin a donné le coup d’envoi à la French Tech:}MCKINSEY & COMPANY FRANCEHelen Lee-BouyguesMadame Helen Lee-Bouygues est nommée directeur du département Recovery and Transformation Services de McKinsey & Company France, à ce poste depuis février 2014. Elle a rejoint le cabinet avec son équipe Lee Bouygues & Partners.Helen Lee-Bouygues , 41 ans, diplôme de sciences politiques de Princeton Univer- sity, MBA de la Harvard Business School, a réalisé le parcours suivant :n 2011-2014 : Lee Bouygues Partners (management de transition), directeur géné- ral et fondateur.n 2008-2011 : Alvarez & Marsal France, senior director.n 2004-2008 : En poste chez Alvarez & Marsal Europe.n 2000-NC : Cogent Communications (aux Etats-Unis), directeur financier.n Au sein du fonds d'investissement Audax Group.n 1995-NC : JPMorgan (à New York), début de carrière au sein du département Fu- sions-Acquisitions.« L’initiative French Tech c’est d’abord une ambition : construire un grand mouvement de mobilisation collective pour la croissance et le rayonnement des start-up numériques françaises. L’objectif, c’est de tout faire pour que les prochains Google naissent et se dé- veloppent ici, en France et en Europe ! », expliquait la Ministre en novembre.uL’auto-entreprise s’essouffleVOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?22 MARS 2014Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !538100 entreprises ont été créées en 2013, selon l’Insee, soit 2% de moins qu’en 2012. Mais ce léger repli s’explique surtout par la perte d’intérêt des créateurs pour le statut de l’auto-entreprise. En effet, alors qu’elle représentait ces der- nières années une entreprise créée sur deux, elle a reculée de11% par rapport à 2012.Mais, hors auto-entreprise, les créations d’entreprise indivi- duelle ont fortement progressé : +26%. L’Insee nous apprend aussi que l’âge moyen des créa- teurs reste 38 ans et que 162 créateurs n’ont pas attendu de souffler leurs 18 ans pour se lancer.Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°7www.ecoreseau.frLiberté d’Entreprendre CLUB ENTREPRENDREBienvenue dans le monde de l’entorse à la concurrenceDans chaque numéro, EcoRéseau va revenir sur une passe d'arme entre un nouvel entrant et un (ou des) acteur(s) historique(s) d'un secteur, relevée par la plateforme David contre Goliath.Des normes conservatrices aux ententes confortables, rien n’est épargné à certaines jeunes en.treprises d’aujourd’hui, pourtant porteuses des emplois de demain. La plateforme David contre Goliath, dontPar Julien Tarbyelecoms, taxis, médicaments, distribution de matériel de bricolage, pompes fu- la concurrence, pour évoquer les entraves que subissent nombre d’entrepreneurs. L’occasion nèbres... ». Il ne manquait pas de secteurs représentés et de sujets de discussions pour Léonidas Kalogéropoulos, vice-président d’Ethic, de présenter le collectif David contre au Cercle de l’Union Interalliée ce jeudi 13 février, où le mouvement patronal Goliath, plateforme en ligne dédiée aux entrepreneurs victimes, souhaitant porter à la«T©Laurence de TerlineConstitution française, et de David contre Goliath :EcoRéseau est partenaire, recense les cas.Ethic recevait en partenariat avec EcoRéseau Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de connaissance du public et des autorités compétentes leurs cas concrets.« Stigmatiser les abus » Léonidas Kalogéropoulos, dirigeant du ca- binet de lobbying Médiation & Arguments, défend le pluralisme et la concurrence dans l’audiovisuel, les télécoms, le sport, Inter- net, l’énergie, la presse... Le vice-président d’Ethic est le fondateur du site liberteden- treprendre.com, qui milite pour l’inscrip- tion de la liberté d’entreprendre dans la©Hamilton/Rea« Accompagner les politiques »Bruno Lasserre est depuis dix ans en poste et vient d’être reconduit à la tête de l’Autorité de la concurrence, qu’il a hissée au rang de régulateur de référence. Cet an- cien directeur général des postes et télécommunica- tions a marqué de son empreinte le secteur des télécoms en imposant en 2005 l’amende record de534 millions d’euros aux trois opérateurs mobiles de l’époque.Les distorsions de concurrence sont-elles plus nombreuses que par le passé ?La prise de conscience est collective, malheureusement les problèmes restent immenses. La réglementation des secteurs a été mise en place avec les acteurs historiques, siégeant dans les comités techniques et in- fluençant les débats. Les nouveaux entrants se confrontent donc à un système qui leur est défavorable. A l’exemple de Sonalto qui conçoit des appareils auditifs préréglés afin d’en diminuer les coûts. Le syndicat professionnel de l’appareillage au- ditif, qui l’accuse de faire de la vente de prothèse déguisée, a beau jeu d’utiliser tout un arsenal législatif parce que « l’insider » marche sur les plates-bandes d’un monopoleLes règles édictées peuvent donc jouer un rôle négatif ? Heureusement que l’Autorité de la concurrence existe, ce sont des héros selon moi. Mais dans un Etat de droit les acteurs historiques, qui ont les moyens, ont la possibilité de se défendre ; ils emploient donc une armada d’avocats pour gagner du temps. Songez au cas de la PME toulousaine Gaches Chimie qui a dénoncé l’abus de position domi- nante de l’allemand Brenntag etl’entente du cartel des chimistes. Ceux-ci ont généré six questions prioritaires de constitutionnalité sur le mécanisme de la clémence, re- tardant à chaque fois de trois mois la procédure.David contre Goliath a pour vocation essentiellede dénoncer ces abus ? Cette vigie de la concurrence doit devenir un lanceur d’alerte de dis- torsions dans les différents secteurs – nous avons d’ailleurs identifié dans les medias, les entreprises, la politique, etc., plus de 300 corres- pondants. Mais cette plateforme doit aussi encourager à faire évoluer les normes, régulations, lois : il est par exemple normal que les acteurs aillent jusqu’au bout des procédures juridiques parfois très longues, il n’est pas normal que les dysfonc- tionnements demeurent pendant leur déroulement. Les cas d’entre- prise qui ont dû mettre la clé sous la porte en attendant que le problème soit résolu sont fréquents, alors qu’elles auraient apporté croissance et emplois au pays. Ma plus grande fierté reste d’avoir accompagné NRJ depuis ses débuts difficiles face aux concurrents en place, et de constater qu’elle emploie 1800Que répondez-vous à ceux qui accusent l’Autorité d’affaiblir les ténors de certains secteurs ?Le sondage que nous avons fait réaliser auprès de la SOFRES démontre que les Français sont attachés à la concurrence comme les Néerlandais, Allemands ou Anglais. La raison ? Non pas en premier lieu parce qu’elle favorise leur pouvoir d’achat, mais parce qu’elle est bonne pour la compétitivité des entreprises et élargit l’offre. La concurrence est un pari vers le futur. Les acteurs en place qui ne se contentent pas de statuts protecteurs et quittent leur confort y ga- gneront sur le long terme. Nous sommes les ga- rants de ce processus de long terme où tout le monde, ce que nous devons défendre devant les politiques. Leur horizon les conduit en effet à légifèrer parfois rapidement sans toujours prendre la mesure de l’impact concurrentiel de leurs dé- cisions dans certains secteurs. Nous avions par exemple prévenu le gouvernement que le décret imposant un délai d’attente aux véhicules sans chauffeur, pour contenter les taxis, nous semblaitVotre capacité d’intervention n’est-elle pas réduite au vu de votre budget et des plaintes innombrables ?Nous sommes le régulateur de la concurrence le plus actif en Europe, et nous avons fait rentrer 3,5 milliards d’euros dans les caisses de l’Etat en 10 ans, alors que nous employons 180 per- sonnes pour 20 millions de budget – l’équivalent bruxellois comptant 800 salariés. L’instrument des mesures conservatoires nous donne la pos- sibilité d’agir rapidement si nécessaire et defaire cesser ce que nous jugeons être une entorse à la concurrence, en attendant que l’affaire soit jugée. En 10 ans nous avons prononcé 28 mesures conservatoires. Les entreprises testent la solidité de leurs dossiers en faisant appel à nous, et en profitent souvent pour transiger avec le concurrent. Nous ne chômons donc pas. En revanche les entrepreneurs attendent parfois trop de l’Autorité, dont la mission consiste à ré- tablir l’ordre public économique et non à dé- dommager les entreprises. Celles qui se sentent lésées peuvent ensuite, fortes de notre action, aller en justice pour obtenir réparation.Avez-vous l’impression que la situation s’améliore ?Les entreprises ont pris conscience des consé- quences que pouvait avoir leur comportement notamment en termes de sanction encourue et de dommage réputationnel. C’est pourquoi de plus en plus d’entreprises, notamment dans le secteur du BTP, adoptent des programmes de conformité squi consistent à mettre en place au sein de l’entreprise des mécanismes de formation, de prévention et d’alerte pour dissuader leurs cadres de frabchir la ligne jaune. Mais je reste inquiet quant au numérique, où une concurrence en silos se dessine. Les écosystèmes Google, Facebook, Amazon ou Apple s’intègrent verti- calement, adoptant même leurs propres systèmes de paiement. Demain le consommateur ne pourra plus construire son offre en prenant des briques à droite à gauche. Et l’industrie européenne de services et contenus en ligne pourra-t-elle yde droit.néfaste.salariés aujourd’hui.trouver sa place ? Nous avons un rôle à jouer.Les entrepreneurs victimes de ce genre de procédés, qui souhaitent porter à la connaissance de tout le monde leur exemple, sont invités à entrer en contact avec le collectif David contre Goliath (www.collectif-david-contre-goliath.fr)MARS 2014 23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE L’Analyselaxons stridents et les favorisant. Ce n’est pas quoi les hôteliers opèrent un planche des autres. Message ment des frais d’achemine- vention dans l’économie en embouteillages ac- un hasard si la Chine bataille lobbying intense pour que la reçu pour le syndicat de la ment qui étaient facturés. tant qu’opérateur, mais l’a compagnent l’ire ferme pour placer ses repré- loi Duflot pénalise AirBnB, librairie française qui a atta- Avec à la clé, pour les com- intensifiée en tant que régu-« Pricing Out »KTous les moyens sont bons pour augmenter les coûts des concurrents à distance, sans même livrer de bataille commerciale. Dans quels secteurs ? Tous. Bienvenue en coulisse.des chauffeurs de taxis, alors sentants à la tête des comités que les industriels du tabac qué en justice Amazon. Le merçants à distance, un sur- lateur, subventionneur, orga-que le Conseil d’Etat vient d’annuler le décret du gou- vernement qui imposait aux véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) un délai de 15 minutes avant de prendre le client. « Cette décision aurait représenté 20% de course en moins pour nos chauffeurs et donc des prix plus élevés », affirme Yan Hascoet, cofondateur de Chauffeur-Privé. Tout est dit. « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans com- bat », écrivait Sun Tzu. Les disciples du stratège chinois s’adonnent avec joie au « pri- cing out » ou « Rising Rival Cost » (RRC), préférant les manipulations de Talleyrand aux grandes batailles napo- léoniennes. « A l’aune d’une compétition de plus en plus acharnée, les comportements des individus sont exacerbés, et toutes les options sont en- visagées pour mettre des bâ- tons dans les roues de la concurrence », constate Be- noît de Saint Sernin, DG de l’Ecole européenne d’intel- ligence économique (EEIE). Faire exploser les coûts de l’autre n’est pas un bâton, mais une poutre.de normalisation. « Nous avons travaillé sur la Délé- gation générale de l’alimen- tation (DGAL). Les normes de Bruxelles sur le transport de bétail augmentaient la rentabilité des laboratoires implantés dans l’ex-RDA », se souvient Christian Har- bulot, directeur de l’Ecole de guerre économique. Ce sont ces mêmes Allemands qui excellent à freiner les lois environnementales limi-Faire modifier les règles à son avantage est le plus sûr moyen de faire mal auxnisateur de pôles de compé- titivité. Les administrations techniques de l’Etat, avec seulement deux ou trois fonc- tionnaires à même de mettre en place un règlement dans un secteur particulier, sont en contact permanent avec les entreprises et les syndicats professionnels, avec pour co- rollaire parfois une sorte de « capture réglementaire » par des acteurs industriels. La décentralisation a d’ailleurs accru le phénomène. Mais ce sont surtout les nouvelles technologies qui remettent en cause les lignes sectorielles établies et qui durcissent donc les positions, comme l’illustre le cas emblématique des taxis. Ceux-ci paient 230000 euros de licence pour obtenir leur plaque et bénéficier du droit d’être interpellés dans la rue, ce qui n’est pas le cas des chauffeurs privés. Les deux activités n’étaient donc pas vraiment concurrentes. Re- cevoir et traiter une com- mande au préalable prenait du temps et faisait grimper les prix. Les publics visés étaient donc différents. Mais grâce aux smartphones, le délai entre la commande et la fin de course n’a cessé de se réduire. Les clients abon- nés aux VTC téléchargent l’application et peuvent, en effleurant leur écran, réserver, s’assurer de la disponibilité d’un véhicule, accepter le devis, commander la voiture, visualiser son approche en temps réel, se faire prélever automatiquement la course sur la carte bleue. Les Uber, SnapCar, LeCab, Club Chauf- feur ou Chauffeur-Privé ont pu réaliser plus de courses par jour avec des tarifs de- venus compétitifs. « Les smartphones ont été plus ef- ficaces que le droit pour re- mettre en cause les équilibres tacites anciens », résume so- brement Bruno Lasserre. Mais les jeunes sociétés qui débarquent sur un secteur, trublions innovants et mena- çants parce que leur conceptse démènent pour que la e- cigarette soit taxée comme la cigarette, que les loueurs de voitures agissent en sous- main pour qu’un amendementconcurrentsgéant américain offrait la li- vraison des livres, il a donc été accusé de les vendre en dessous du prix réglementé par la loi Lang. Sous peinecoût énorme, d’autant que les clients n’hésitent plus à commander, essayer puis ren- voyer.LOBBYING NORMATIF« Les processus de normali- sation et de certification sont- ils pro-concurrentiels ? » Même l’Autorité de la concurrence s’interroge dans un communiqué. Car ils constituent parfois des bar- rières à l’entrée sur les mar- chés, freinant l’arrivée de nouveaux acteurs et l’inno- vation. « C’est toute l’ambi- guïté de la norme, qui oriente le consommateur vers le meil- leur produit, mais peut être manipulée par les acteurs historiques », observe Bruno Lasserre, président de l’Au- torité de la concurrence. Sous couvert de systèmes démo- cratiques, des entreprises et des Etats pèsent de tout leur poids pour voir adopter un écheveau inextricable de normes et statuts particuliers24 MARS 2014Cadeau de bienvenue offert au petit nouveau du secteurCONTEXTE POUSSE- AU-VICELe lobbying n’est pas nou- veau, mais les lobbyistes trou- vent plus de relais aujourd’hui : Commission européenne, Assemblée nationale ou ré- gions sont autant de lieux où il est possible d’obtenir un coup de pouce. Un accrois- sement des opportunités qui s’explique par le fait que l’Etat a diminué son inter-tant les rejets de CO2, car elles pénalisent leur industrie automobile plutôt portée sur les grosses cylindrées. Ceux qui préfèrent la lutte d’in- fluence à l’attaque frontale savent que c’est en faisant modifier les règles à leur avantage qu’ils font le plus mal à leurs concurrents, par- fois contraints à de lourds investissements, ou même à des pertes sèches. C’est pour-sur la fiscalité de la location entre particuliers soit adopté. La question de la fin du contrat d’itinérance Free Mo- bile-Orange dans la 2G et la 3G continue de tarauder un rival comme Bouygues Te- lecom, qui fait tout son pos- sible pour qu’il ne soit pas renouvelé afin de forcer le nouvel entrant à investir dans son propre réseau. S’avanta- ger, mais aussi savonner lad’astreinte, Amazon s’est vu obligé de facturer au client la livraison et de supprimer le chèque cadeau de bienve- nue. Le géant américain a fait appel et a continué de li- vrer sans coût d’achemine- ment. Ce que d’autres acteurs du e-commerce n’auraient pu faire. La seconde estocade a été la loi Chatel de janvier 2008 : en cas de retour client, elle a imposé le rembourse-]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frPARFOIS DES SOUS LA CEINTUREA flirter avec la zone grise, certains tombent carrément dans le côté obscur, s’adon- nant à des pratiques douteuses pour faire grimper les coûts et causer des difficultés au concurrent. Ils décident par exemple de passer « x » com- mandes tous les mois à ce concurrent, puis de se rétrac- ter ensuite systématiquement, lui imposant autant de rem- boursements de frais de li- vraison. Et la déstabilisation reste toujours difficile à prou- ver pour être attaquée juri- diquement. Ainsi PierreLES ŒILLÈRES NE SONT PLUS PERMISES La naïveté n’est plus possible car les dégâts peuvent être irréversibles. Les écoles d’in- telligence économique ont intégré cette évolution. L’EEIE, par exemple, propose un double diplôme avec l’uni- versité de Versailles (master II) sur le développement d’outils d’intelligence éco- nomique en développement durable. Avec entre autres au programme l’influence et contre-influence, au moins pour ne pas tomber des nues lorsque le pricing out sur- vient. Nombre de petits ac- teurs se mettent au diapason et commencent à se regrou- per. « Régulateurs et poli- tiques apprécient d’avoir pour interlocuteur une fédé- ration, qui ne s’en tient pas aux cas particuliers », sou- tient Yan Hascoet, PDG de Chauffeur-Privé, mais aussi secrétaire général de la Fé- dération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR). Des filières et syn- dicats professionnels s’es- sayent à la logique d’in- fluence à Bruxelles, où se joue la principale élaborationJulien TarbyLa politique de la terre brûlée dansles affairesCertaines entreprises feraient tout pour faire subir un pricing out en bonne et due forme à leurs concurrents, quitte à y laisser beaucoup de plumes. Voici quelques exemples qui ont fait date :- Une vieille ficelle pour les sociétés titulaires d’une délégation de service public, voyant leur contrat arriver à terme parce qu’elles ont perdu le nouvel appel d’offres, consiste à négocier avec les instances représentatives pour changer la convention, avec des augmentations substantielles de salaire à la clé. Des cas ont été recensés dans la garderie d’enfants.- De forts soupçons se sont portés sur la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) à l’automne 2007, parce qu’elle a laissé prendre de l’ampleur au mouvement de grogne sociale afin d’améliorer la convention collective de branche. La raison supposée ? La formidable croissance alors prévue des hard discounters. Dans le même temps les grandes enseignes traditionnelles ont revu à la baisse intéressements et participations, équilibrant de ce fait la guerre des prix.- Il arrive que les sociétés qui se sentent menacées vendent momentanément en dessous de leurs coûts pour contrer un nouveau concurrent, n’hésitant pas à lancer des « spoilers », ces produits à durée de vie déterminée destinés à occuper le marché le temps d’étouffer l’intrus, dont les coûts marketing devront s’élever. Il est de notoriété publique que l’Equipe a un jour lancé Aujourd’hui Sport pour contrer l’arrivée du 10 Sport. L’Autorité de la concurrence vient d’ailleurs de lui infliger une amende de 3,5 millions d’euros.L’Analyse CLUB ENTREPRENDREou leur technologie est plus sophistiquée ou moins chère, sont des cibles pour les ac- teurs historiques aux effectifs pléthoriques et donc au poids supérieur auprès de l’admi- nistration.». Les acteurs en place me- naçaient de ne pas commer- cialiser les spectacles des producteurs ayant négocié des partenariats avec ce nou- vel entrant. Christian Seré- Annichini, fondateur et DG de cette billetterie en ligne, a porté l’affaire devant le tri- bunal de commerce de Paris pour réclamer 34 millions d’euros de dommages et in- térêts. Mais Digitick s’est dans le même temps diver- sifié en proposant des équi- pements aux organisateurs de spectacles (caisses, im- primantes, sites Internet...), car il savait qu’il n’aurait pas les épaules assez solides pour tenir durant la procédure. « Les pratiques douteuses de ces deux gros concurrents ont influencé nos choix stra- tégiques », précise ce diri- geant, qui a commandité unedes normes, qui se déploie- ront ensuite sur tout le conti- nent via les législations na- tionales. Les avocats sollicités s’occupent de la rédaction des argumentaires, des pro- positions de décrets et d’amendements. Des cabinets d’intelligence économique tournés vers le juridique s’y spécialisent, afin d’être plus proactifs sur les débats derités, ce qui ne"Quand il arrive, nous le mordons tous"distribution de commodités chimiques (53% de parts de marché), solvants, javel et autres soudes que produisent Exxon, Solvay, Shell ou Rho- dia. « Ententes et concen- tration, prédation, prix dis- criminatoires, verrouillage du marché par la captation de fournisseurs en exclusivité, procédure judiciaires, etc., m’ont fait perdre 15 ans de développement », déplore le dirigeant combatif. L’entente sur les prix par le cartel de la chimie a été mis à jour par la procédure de clémence – chacun étant venu se dé- noncer à tour de rôle – mais la procédure d’abus de posi- tion dominante, elle, est tou- jours à l’instruction onze ans après le dépôt de la plainte... Souvent les acteurs histo- riques savent que leur jeu est risqué, mais que leurs concurrents, moins solidessociété civile. Il ne s’agit pas de payer de faux experts pour réaliser des études complai- santes, mais bien de bâtir de vraies contre-argumentations et d’être présent dans le débat. La phase de lobbying en elle- même est plutôt assurée par les consultants lobbyistes. Il importe de trouver des relais permettant de s’introduire dans les arcanes du pouvoir réglementaire, ce qui n’est pas une sinécure. Jérôme Birba, directeur exécutif de EI Telecom (ex NRJ Mobile), représentant des opérateurs virtuels (MVNO) dont les relations avec les opérateurs historiques ne sont pas faciles, évoque un coût d’entrée : « Nous avons dû trouver les bons conseils pour avoir ac- cès aux régulateurs comme l’ARCEP ou l’Autorité de la concurrence. Puis il nous a fallu comprendre la philoso- phie et le fonctionnement deà écarter Digitick du marchédominante non sanctionné continuent de se faire sentir. Fournisseurs et clients ne perdent pas facilement leurs repères, et il faut bien souvent attendre une génération pour que les mauvaises habitudes disparaissent », déplore Pierre Gaches, qui doit encore batailler et mettre plus de moyens que les autres pour traiter avec eux.ces auto.s’opère pas en un jour ». Enfin, le meilleur moyen de lutte reste la veille. Et l’in- terprétation des signaux fai- bles, comme un texte en dis- cussion chez les politiques. Sous peine d’être « pricé out » avant d’avoir dit «ouf»...FlorilègeLes smartphones ont été plus efficaces que le droit pour remettre en cause les équilibres tacites anciensGaches, dirigeant d’une grosse PME toulousaine de la chimie, sait qu’il a gaspillé énergie et moyens pour faire reconnaître par la justice les brimades exercées par son concurrent allemand Brenn- tag, un monstre de dix mil- liards d’euros de chiffre d’af- faires, propriété du fonds d’investissement BC Partners, qui domine le marché de lafinancièrement, ne se remet- tront pas des délais et procé- dures engagées. Fin 2012, l’Autorité de la concurrence a condamné la Fnac, sa filiale France Billet et Ticketnet à une amende de 9,3 millions d’euros pour une entente « sur les prix des commissions demandées aux organisateurs de spectacles et la mise en place d’une stratégie visantétude pour estimer les dom- mages causés. Ceux-ci s’ins- crivent généralement dans la durée. « Les atteintes à la concurrence durable se com- portent comme un bateau qui avance sur son erre. Il est impossible de stopper brus- quement sa course. Les com- portements ne changent pas du jour au lendemain. Les effets de l’abus de positionMARS 2014 25]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Interview croiséePetites annonces devenues grandesDeux entrepreneurs qui ont réussi en mettant en relation acheteurs et vendeurs et qui ont revendu avec succès leur affaire. Pourtant leurs univers sont totalement différents.Comment êtes-vous tombé dans la marmite de l’entrepreneuriat ? PKM : Je suis passé par HEC, avec la spécialisation entrepreneuriat en dernière année. J’ai lancé une société de conseil en distribution pendant ma dernière année d’études, qui s’appelait Vi- sualis. Une impasse, puisque j’ai dû la fermer au bout d’un an. Je suis ensuite parti aux Etats-Unis travailler dans la banque une année, et suis rentré pour créer PriceMi- nister en 2000. Je cherchais vraiment une idée pour créer mon entreprise, et je suis tombé sur Half.com, un concept qui avait été lancé aux Etats-Unis (racheté pour 350 millions de dollars par eBay en 2000, ndlr). J’aide concurrence alors qu’un an avant nous aurions joué des coudes. D’une certaine manière, les journaux comme Paru Vendu étaient nos concurrents, et en même temps nous avions la convic- tion qu’Internet allait manger les journaux. Nous étions donc plutôt en train de nous demander comment prendre une bonne place sur Internet, et pas comment Internet pren- drait une bonne place dans le secteur. Nous avons lancé le site en janvier 2001 et rien n’a décollé les six pre- miers mois. Puis en juin 2001, nous nous sommes mis à grossir de 30% d’un mois sur l’autre. Pendant deux ans, nous avons doublé tous les deux mois et demi. S’est imposée une logiquesentoirs. Au moment où il m’en parle, je pars et crée Paru Vendu, qui rencontre vite le succès parce que nous passons par une société, Me- diapost, qui cible bien les bassins de consommation. J’ai rencontré Philippe Her- sant et nous avons racheté Comareg. Deux ans après l’avoir quitté, je suis rede- venu patron de Comareg. La force de Paru Vendu réside dans son nom, et dans la promesse qui est dans ce nom : quand c’est paru, c’est vendu. Un tiers des véhicules en France étaient cédés grâce à Paru Vendu en 2008, soit 800000. L’immobilier réali- sait 40% de son chiffre d’af- faire grâce à nous. En 2008, nous étions proches des 400 millions de chiffre d’affaire et des 35 millions d’euros de résultat.des biens que l’acheteur veut voir avant d’acheter, alors que nous sommes à distance, donc sur des produits où il n’y a pas ce besoin. Il existe une concurrence au niveau des vendeurs, mais pas vrai-MM : En 2006 j’avais déjà fait un courrier à M. Hersant pour lui dire de faire attention. Le patron de Paruvendu.fr à l’époque nous avait proposé de faire un site parallèle au nôtre avec de la petite annoncePKM : C’est une longue his- toire mais nous pensions que nous avions besoin de devenir globaux et plus seulement franco-Français, pour pouvoir être vraiment efficaces en terme de concurrence. ParceNous avions la conviction qu’Internet allait manger lesParu Vendu a eu Internet, PriceMinister a eu Leboncoin, deux concur- rents très forts. Comment avez-vous réagi ? PKM : Leboncoin est vrai- ment Paru Vendu en ligne et gratuit, car c’est très local. Nous ne sommes pas concur- rents directs. L’expérience d’achat n’est vraiment pas la même. Tout dépend si l’acheteur veut recevoir l’ob- jet chez lui avec une garantie sans se poser de question, ou s’il est prêt à se déplacer. En revanche, LeboncoinjournauxPierre Kosciusko-Morizetseulement ramené l’idée en France.MM : Ma formation ? Rien du tout. J’ai fait un sport étude de football, mais mon cartilage s’est usé précoce- ment, ce qui m’a empêché de jouer à un haut niveau. J’ai cherché du travail, suis tombé sur une petite annonce et suis devenu vendeur de publicité. Un démarrage par la petite porte en 1983 dans ce métier, pour finalement passer ma vie dans la presse gratuite jusqu’en 2008.Quel genre de « success story » avez-vous vécue ? PKM : PriceMinister a eu la chance de se lancer vite après l’éclatement de la bulle Internet. Nous n’avons pu lever que peu de fonds parce que les gens n’investissaient plus dans le secteur donc nous nous sommes dévelop- pés avec peu de moyens. En revanche, nous n’avions pas26 MARS 2014d’effet de réseau, que l’on retrouve dans la plupart des business Web qui mélangent offre et demande. A un mo- ment, un cercle vertueux se met en place, l’offre attire la demande. Les vendeurs vendent davantage, donc ils mettent davantage en vente, donc les acheteurs viennent davantage, etc. La grosse pé- riode de croissance a eu lieu entre mai 2001 et mai 2003. Ensuite, tous les e-commer- çants et les acteurs de l’In- ternet vous diront que tout a décollé à Noël 2004. Les gens se sont offert des accès Internet.Michel Moulin, 53 ansEn l’an 2000, Michel Moulin créé Paru Vendu, longtemps leader sur le marché de la presse gratuite d’annonces avant de s’écrouler après son départ en 2008. Aujourd’hui, entre ses activités dans la presse sportive (Le 10 Sport), le foot en salle (le Five, lancé avec Stéphane Courbit) et bientôt les LED, cet homme d’affaires charis- matique de 53 ans, passionné de football (ex-directeur sportif du Mans) a le rôle d’« ambassadeur » du nouveau Paru Vendu.MM : J’ai rapidement été directeur d’agence, directeur de région, puis directeur com- mercial du réseau Comareg. En 1999, quand Jean-Marie Messier rachète Havas, et donc Comareg, il veut arrêter de distribuer les journaux dans les boîtes aux lettres pour les mettre sur des pré-s’adresse à un marché pro- bablement plus important, parce qu’ils s’intéressent à tous les types de biens : l’em- ploi, l’automobile, l’immo- bilier, etc. Leboncoin, ce sont de gros produits encom- brants, nous sommes beau- coup plus sur de petits pro- duits. Ils fonctionnent surment au niveau des acheteurs. C’est évidemment un très beau succès, mais qui ne nous a pas tellement secoués. Alors qu’ils ont fait très mal à d’autres comme les jour- naux gratuits, qu’ils ont en quelque sorte achevés.gratuite, et il avait raison. Mais cela n’a pas été appli- qué.Vous avez décidé de ven- dre vos parts à un mo- ment donné. Comment s’est passé le relais ?© Icon Sportque nous sommes sur de très gros marchés qui deviennent mondiaux et en restant na- tionaux nous n’avions pas assez de moyens pour nous développer. Nous avions cher- ché à être cotés en 2008, mais finalement le marché]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frboursier s’était refermé. Nous nous sommes dit que c’était le bon moyen d’aller chercher l’international avec un groupe qui est leader au Japon et qui a beaucoup de moyens. Cela s’est bien passé avec50% de gens lisent le journal. Nous allons donc les mettre sur un présentoir et les 50% qui lisent la presse gratuite vont aller le chercher », se sont-ils dit. Le problème est que les clients ont commencémais les gens ne voulaient plus payer cela. Ils ont com- mencé à donner les tarifs parce qu’ils avaient de moins en moins de retombées. L’au- tre erreur du groupe Hersant a été d’enlever le verrou prixInterview croisée CLUB ENTREPRENDREvient un luxe.MM : Je vous assure qu’il existe encore d’anciens clients qui m’appellent pour me dire que Paru Vendu leur manque. En 2008, juste sur les petites annonces à un euro la ligne, nous fai- sions 52 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec leur système de distribution catastrophique, ils sont tom- bés à -50% la première an- née et à 0 la deuxième année. C’est trop réducteur de dire que c’est à cause d’Internet. En l’espace de deux ans, ils sont passés de 400 millions à 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. En premier lieu, c’est le système de dis- tribution qui a tué la presse gratuite. C’est un métier très intéressant mais basique. Quand vous compliquez le basique, vous tuez le produit.ment. Et quand les bons ven- deurs ont commencé à partir, ils ont augmenté le fixe des vendeurs et diminué les primes. Ils n’avaient donc plus besoin de travailler. Je suis parti en 2008 et ils ont fait exploser l’entreprise en deux ans. Ils ont ensuite com- mencé à chercher des ex- cuses, à chercher la faute du côté d’Internet et à affirmer que j’avais quitté le bateau juste avant qu’il coule. La vérité est que contrairement à eux j’étais très dur sur les basiques du métier. La presse gratuite était mon métier. Il n’existe pas une ville ou un bassin de consommation que je ne connaisse pas en France. Dans toutes les villes où je me déplaçais, je connaissais les clients.Les deux vont se développer, mais je n’attends pas de ré- volution dans le C2C (client à client, ndlr) dans les deux ou trois ans qui viennent. Même si chez PriceMinister nous grossissons de 40% d’une année sur l’autre, je ne pense pas que nous chan- gerons complètement de na- ture à court-terme. Je me trompe peut-être.La presse gratuite aurait- elle pu survivre malgré le Web ?MM : Il n’y a plus qu’In- ternet, maintenant. Il n’est plus possible de faire ma- chine arrière. Quand les gens goûtent à un autre produit parce qu’ils ne sont plus contents du précédent, il est difficile de les faire revenir. Regardez l’argent que met- tent des enseignes comme Carrefour pour gagner par- fois 1% de clientèle. Quand une personne a l’habitude d’aller chez Leclerc, quandPKM : Dès le début, notre vision était qu’Internet allait faire disparaître cette presse gratuite, car la Toile est plus pratique que le papier en matière de petites annonces. Particulièrement pour les produits sur lesquels nous nous sommes lancés, qui sont petits, culturels : livres, CD, jeux vidéo, DVD... Ils tournent très vite, le papier n’est donc pas très efficace. Entre 2002 et 2005, nous avons ouvert le site à d’au- tres types de produits comme le hi-tech, la mode,Ma formation ? Rien du tout. J’ai fait un sport étude de football Michel Moulin© DRRakuten et nous voulions qu’ils soient nos nouveaux actionnaires.MM : Paru Vendu était de- venu la vache à lait du groupe Hersant. « Nous plaçons 19 millions d’exemplaires, mais d’après notre étude seulementà avoir beaucoup moins de résultats. Il y a eu de moins en moins de petites annonces, donc de moins en moins d’in- térêt de lecture. Deuxième phénomène : le prix moyen d’une page, tous journaux compris, était de 1000 euros,de vente. Auparavant, si les vendeurs cédaient à un mon- tant en dessous de ce prix, ils ne touchaient pas leur prime. Après la suppression de ce plancher, les gens ont commencé à vendre n’im- porte quoi et n’importe com-etc. Il est plus simple pour les gens d’aller regarder sur leur smartphone ou leur or- dinateur plutôt que de re- garder dans leur boîte aux lettres. Une fois que le site est créé, il est gratuit pour les gens, et il ne nous coûte rien. Alors qu’imprimer sur du papier et distribuer de-blicités, pou.clients des commerces qui existent dans leur ville, comme une mutualisation de prospectus. Il faut savoir que le prospectus, l’année dernière, a fait +30%. Cela veut bien dire que les gens ont un vrai besoin de com- munication.Pierre Kosciusko-Morizet, 37 ansLa même année, Pierre Kosciusko-Morizet développe PriceMinister, premier site français d’occasions, dont il a revendu ses parts au groupe japonais Rakuten en 2010. A 37 ans, cet ancien d’HEC, figure du e-commerce en France, reste le PDG du site aujourd’hui concur- rencé par le succès de Leboncoin. Il est aussi cofondateur du fonds d’investissement des entrepreneurs de l’Internet ISAI.A Alençon, il y avait 62000 boîtes aux lettres, nous fai- sions 62000 boîtes aux let- tres. Sur ces 62000, il y en avait 30000 qui avaient vu le journal. Sur les 30000, il y en avait 3000 qui avaient vu le message publicitaire. Et sur ces 3000, même s’il n’y en avait que 1% qui ve- nait acheter, cela générait 30 nouveaux clients par se- maine. Voilà la force de la presse gratuite.Comment se dessine l’avenir du secteur selon vous ?PKM : De plus en plus sur le mobile, évidemment. De plus en plus de temps réel, d’immédiat. Les smart- phones développent le e- commerce par l’achat im- pulsif. Une évolution posi- tive. J’ai l’impression que nous disposons maintenant de deux modes de consom- mation de l’occasion dis- tincts : local et à distance.elle est bien accueillie, elle a beaucoup de mal à aller chez Carrefour, et vice- versa. Quand les gens sont tombés sur Leboncoin ou Paruvendu.fr – puisque le titre a été racheté à la barre du tribunal par Virgo qui fait du très bon boulot –, ils ont du mal à repasser une annonce payante sur du pa- pier. C’est fini, ils ont tué la poule aux œufs d’or. Il reste maintenant l’informa- tion commerciale. Paru- vendu.fr a relancé 80 jour- nauxoùiln’yaquedespu-r informer lesPropos recueillis par Thomas PitrelMARS 2014 27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE En immersionFablabs et blablablaOn en parle de ces espaces collaboratifs pionniers, mais on ne les voit Ppas. Les fablabs procurent aux particuliers et professionnels des techno- logies dernier cri pour fabriquer des prototypes à faible coût. Exemple parlant à Villeneuve d’Ascq, dans le « fab(rication) lab(oratory) ».etits, nous empilions des celui d’Utrecht, le « Protospace», le contenu de fichiers numériques canique dépose du fil chaud sur cubes en plastique pour a vu le jour grâce au soutien fi- en deux ou trois dimensions. Le un plateau et façonne couche en faire des jouets, dis- nancier du Novu, l’association fablab de Lille se découpe en par couche un objet avec uneposions des arêtes de bois pour néerlandaise des inventeurs. « A deux espaces. Le premier, l’atelier précision de 0,5 mm. Le dimen-parachever un chalet ou façon- Lille, le fablab est privé et j’ai d’assemblage, ressemble davan- nions à notre guise la pâte à choisi un positionnement géné- tage à la cave du tonton manuel modeler. Puis vinrent les Lego raliste pour couvrir un maximum et « bricoleux » que toute la fa- techniques... Aujourd’hui, bois, de demandes. La concurrence mille s’arrache lorsqu’un tuyausionnement de l’objet ne peut cependant pas excéder les 20 cm de côté ou les 8l de volume », explique le gérant. Cette tech- nologie n’est pas neuve. Le dépôt de brevet réalisé dans les années 1980 est déjà tombé dans la sphère publique ; l’objet est dés- ormais accessible à tous. « Son prix avoisine les 1500 euros pour la première version lancée par Ultimaker », complète-t-il. En revanche, il ne faudrait limiter l’innovation aux seules machines. L’esprit collaboratif semble aussi une caractéristique primordiale du fablab. Charles-Albert de Medeiros, diplômé de Poly- tech’Lille, troque d’ailleurs vo-Des machines minutieuses comme les petites mains d'antan et bruyantes comme les droïdes de Star Warsmétal, plastique, voire même cuir sont à notre disposition. La découpeuse laser, l’imprimante 3D ou la fraiseuse numérique donnent la possibilité à l’imagi- naire de s’exprimer, au sein d’es- paces collaboratifs d’un nouveau genre : les « fablabs ».n’existe pas au Nord de Paris. Le prochain labo ouvrira pro- chainement ses portes non loin de Calais dans le cadre du re- dressement productif encouragé par l’Etat », précise Charles- Albert de Medeiros, fondateur du projet lancé en 2011.fuit : perceuses à colonnes, tour- nevis, pinces et Dremels décorent la pièce où s’attarde la « clien- tèle » désireuse de finaliser son prototype. La deuxième salle, elle, intrigue par ses machines, minutieuses comme les petites mains d’antan et bruyantesOPEN SPACEL’air décontracté, chaussures de sécurité aux pieds et casquette vissée sur la tête, Charles-Albert de Medeiros nous ouvre les portes de son local de 80 mètres carrés situé sur une zone d’activité de Villeneuve d’Ascq, en bordure de la métropole lilloise. La porte, d’ailleurs, ferme mal. Ce qui tombe plutôt bien car son « fab(rication) lab(oratory) » se veut grand ouvert à tout type de public. Professionnels comme particuliers. Designers comme architectes. Etudiants comme bricoleurs du dimanche. A l’ori- gine, un professeur du Massa- chussets Institute of Technology aux Etats-Unis constate que ses étudiants travaillent jusqu’à des heures tardives pour bénéficier de matériels de haute technologie. Il décide de laisser à disposition un local dédié. Le concept est lancé et commence à s’étendre, jusqu’à Toulouse en 2009. Au- jourd’hui on compte une dizaine de fablabs en France. Chaque laboratoire possède son identité et sa vocation. Dans l’Hexagone, la plupart d’entre eux sont ratta- chés à des unités de recherche universitaire et appartiennent donc au domaine public, à l’image du « Faclab » de Cergy- Pontoise. Ailleurs, aux Pays- Bas, celui d’Amersfoort a été conçu par un collectif d’artistes,Tout le monde peut y fabriquer son bibelot moche personnalisé...DESSINE MOI UN MOUTON À 5 PATTES... Pour les particuliers, il s’agira de produire eux-mêmes des ob- jets sur mesure ou de rechange. Fini le temps de l’obsolescence programmée des produits et des relations houleuses avec un ser- vice après-vente douteux. Côté professionnels, « l’INSERM, par exemple, a récemment exprimé le besoin de façonner dans nos locaux des équipements sanitaires pour créer une pompe vidant le bol alimentaire », se réjouit Charles-Albert de Medeiros. Le matériel autorise donc le proto- typage de nouveaux produits, la création de petites séries d’objets et la matérialisation de maquettes 3D sans engager de frais exor- bitants. Dans une odeur de bois chaud et de plastique fondu, les machines s’affairent à matérialisercomme les droïdes de Star Wars. En amont de ce capharnaüm, des modélisations sur ordinateur. Les initiés parleront de conception assistée par ordinateur (CAO). Passés quelques clics, ces sché- mas virtuels prendront vie grâce, entre autres, à la fameuse im- primante 3D.lontiers sa casquette d’entrepre- neur contre la toque d’ensei- gnant-formateur pour renseigner les néophytes sur les techniques utilisées (cours d’impression en 3D, de découpe laser, de création de sa propre imprimante 3D, etc.). Mais surtout pour les mettre en réseau avec d’autres assidus des lieux : designers, stylistes, graphistes, professionnels en toutIMPRIMANTE 3D, QUÉSACO ?Ici pas question de fabriquer des armes à feu en résine ni de mo- deler des steaks à partir de cellules souches. Une fois les fantasmes dissipés, le principe de fonc- tionnement d’une telle machine ne semble pas si complexe : l’imprimante ressemble à un cube de bois dont on aurait gardé uniquement les arêtes. « Des bobines de plastique servent de matière première. Un stylo mé-es à thème ponc-genre. Des soiré.tuent l’offre du fablab de Lille. Il faut compter 30 euros de l’heure pour disposer de l’im- primante et de l’atelier classique, 120 euros pour privatiser les lieux. Le bricolage s’exporte hors les murs de sa maison et la R&D personnelle s’externalise à faible coût...Geoffroy Framery28 MARS 2014]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frElectron libre CLUB ENTREPRENDRE Le milliardaire rougeEHomme d’affaires intraitable, éditeur de génie, milliardaire, membre du Parti Communiste Italien, fidèle ami de Fidel Castro... et terroriste. La trajectoire de Giangiacomo Feltrinelli fut aussi atypique que flamboyante.n Italie, le groupe en dehors des schémas ha- d’édition Feltrinelli bituels : capitalisme, socia- est une institution, lisme soviétique... ». Uneavec des filiales dans l’édition longue amitié naît avec le(Apogeo, Kowalski, Eski- mosa, Edizioni Gribaudo, Vita, Urra), la télévision (laEffe), le commerce en ligne (laFeltrinelli.it), la musique et la restauration. La Feltri- nelli est aussi la première chaîne de librairies en Italie, comptant plus de 100 points de vente dans la péninsule et plus de 1200 employés. Le groupe possède aussi 51% de Finaval, holding immo- bilier spécialisé dans les salles de cinéma, et des participa- tions dans diverses maisons d’édition italiennes.Lider Maximo. Les années suivantes, il entame une dou- ble vie : côté face, l’éditeur milliardaire au flair incom- parable qui empile les best- sellers ; côté pile, l’activiste d’extrême gauche qui sillonne l’Amérique Latine et fait la promotion de la guérilla po- litique au fil de ses voyages et de ses conférences. En 1968, il tente même de nouer des contacts en Sardaigne pour transformer l’île en un Cuba de la Méditerranée. Sans suc- cès.A l’origine de cet empire des médias, l’entrepreneur ico- noclaste Giangiacomo Fel- trinelli (1926-1972), qui s’il- lustra aussi bien dans la dé- couverte des talents littéraires que dans le combat politique. Son fils, Carlo, raconta en 2000 sa vie tumultueuse dans le livre Senior Service (du nom de la marque de cigare favorite de son père).CLANDESTINGIANGIACOM FELTRINELLIEDITOREFeltrinelli est né en 1926 dans une richissime famille milanaise ayant fait fortune dans le bois, la banque et l’immobilier à partir du XIXe siècle. A la mort de son père Carlo en 1935, Giangiacomo a neuf ans. Il sera élevé par une mère mondaine, Gianna Elisa Gianzana Feltrinelli, et un beau-père peu concerné par son éducation, voyagera beaucoup et fréquentera plus souvent les précepteurs que les écoles. En 1944, il s’en- gage dans un groupe de com- battants qui participe à la li- bération de l’Italie et à la lutte antifasciste. L’année sui- vante, le jeune homme rejoint la fédération milanaise du parti communiste, qu’il fi- nance abondamment et pour laquelle il lui arrive de dis- tribuer des tracts dans sa Buick décapotable. Il se pique également d’édition militante. Lorsque les éditions mila- naises du Parti font faillite,Feltrinelli a publié le premier grand best-seller européen : Le Docteur Jivago.En 1969, le climat politique de la péninsule se durcit, des bombes éclatent, Feltrinelli est pointé du doigt pour son soutien aux activistes d’ex- trême gauche. Il disparaît et laisse à sa femme, Inge Schoental, les rênes de l’en- treprise. L’ex-éditeur entre dans la clandestinité en même temps que l’Italie entre dans les Années de Plomb. Des groupes d’extrême-droite, puis d’extrême-gauche, dont les Brigades Rouges, mènent des actions terroristes. La plupart sont le fait d’organi- sations néofascistes qui mè- nent une stratégie de la ten- sion pour pousser à l’instau- ration d’un gouvernement plus autoritaire et tenir la gauche éloignée du pouvoir exécutif. Le 14 mars 1972, le parcours de Giangiacomo Feltrinelli arrive à son terme au pied d’un pylône électrique supportant une ligne à haute tension à Segrate, une com- mune de la province de Mi- lan. Son corps est retrouvé au petit matin déchiqueté par l’explosion d’une bombe, qu’il semble avoir préparée pour saboter l’approvision- nement électrique de la ville Lombarde et la plonger dans le noir. Depuis, l’obscurité n’a cessé d’entourer cet ac- cident derrière lequel certains ont vu un assassinat dé-Aymeric Marolleaule « milliardaire rouge » dé- cide de pallier ce manque, en fondant la maison « Gian- giacomo Feltrinelli editore » en 1954. Il fera très vite la preuve de ses talents de dé- couvreur, en publiant en 1957en 1958, et à son éditeur de se brouiller avec le Parti, puisque l’URSS tentait d’en empêcher la publication. En 1960, Feltrinelli remet ça en publiant Le Guépard, de To- masi de Lampedusa, un autred’une dynastie d’entrepre- neurs, il sait aussi manier les chiffres en homme d’affaires avisé. Par exemple, pour contourner une distribution encombrée, celui qu’on sur- nomme « le Jaguar » créeaffaires de la maison mila- naise deviennent vite floris- santes.L’ex-éditeur entre dans la clandestinité en même temps que l’Italie entre dans les Années de PlombDès la fin des années 1950, le milliardaire a pris ses dis- tances avec le PCI, dont il est déçu (notamment par les évènements de Hongrie) pour se rapprocher de la « Troi- sième voie » et s’initie au tiers-mondisme. Cette dé- marche le conduit naturelle- ment à La Havane, où il ren- contre Fidel Castro en 1964. Dans Senior Service, son fils rapporte ses paroles : « Quand je suis devenu ami avec Castro, je ne croyais plus à rien. Aucun type d’en- gagement, ni idéologique, ni politique. Puis... » À Cuba, « on construit la politique.DOUBLE VIEle premier grand best-seller best-seller. Viendront ensuite ses propres librairies dans de l’édition européenne des auteurs sud-américains les grandes villes de la Botte : (150000 copies vendues en majeurs, comme Garcia Milan et Pise en 1957, Flo- seulement trois ans), le chef Marques et Jorge Louis rence en 1962 ou encore d’œuvre du Russe Boris Pas- Borges, ainsi que le Journal Rome en 1964. Les boutiques ternak, Le Docteur Jivago. de Bolivie du Che Guevara. sont avant-gardistes, avec Lequel vaudra à son auteur Mais l’Italien n’est pas qu’un vente en libre service, flipper le Prix Nobel de Littérature homme de lettres. Héritier et juke box. Si bien que lesguisé.MARS 2014 29]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Leçons de mauxPas encore lessivéMenacée par la mise en redressement judiciaire de son principal client FagorBrandt, la Société Pd'innovation et de technologie (SITL) bataille à Lyon pour gagner son pari fou : basculer du lave-lingeaux cleantech. Avec à la clé 400 emplois...ierre Millet n’a qu’une pas vraiment la tasse de thé le domaine de l’électronique aux cleantech : le transport Au départ, le plan d’affaires d’être tenu, l’histoire bascule idée en tête lorsqu’il de Fagor, non seulement professionnelle chez Thom- propre et le traitement par prévoit une année de concep- le 7 novembre dernier. Le se lève le matin : re- parce que cela coûte cher, son CSF. Il était chargé de microfiltration. La première tion des produits (véhicules tribunal de commerce delancer la machine. Même pris mais également parce que trouver des débouchés civils fabrique et commercialise et filtres), puis une année Nanterre prononce la misedans le tourbillon et la tête sous l’eau, le dirigeant de SITL reste calme, déterminé, optimiste. Toujours. « Nous bataillons, résume-t-il. C’est un combat de longue haleine. » L’avenir de la société qu’il a bâtie à Lyon en décembre 2010 – et celui de ses 412 salariés – sera rapidement fixé. Placée en redressement judiciaire le 2 janvier dernier par le tribunal de commerce de Lyon, l’entreprise se bat par tous les moyens pour la poursuite de son activité. « Nous essayons de trouver des solutions, explique Pierre Millet. D’une manière ou d’une autre (cession, conti- nuation...), nous aimerions mener à bien le travail qui a été commencé. » A l’heure où nous écrivons, aucun re- preneur potentiel ne s’est of- ficiellement manifesté. « Des marques d’intérêt significa- tives ont été démontrées, es- sentiellement de la part d’in- dustriels régionaux, natio- naux voire étrangers, précise Pierre Millet. La période d’observation sera reconduite jusqu’à ce qu’il y ait une offre ou qu’il n’y ait plus de trésorerie. Et à ce jour, nous avons une visibilité qui s’étend jusqu’au 15 mars. » Selon le dirigeant, les contacts établis laissent à penser qu’une issue positive serait envisageable. « Mais nous ne savons pas si nous pour- rons sauver tous les em- plois », reconnaît-il.c’est un groupe coopératif, souligne Pierre Millet. C’est pourquoi il était intéresséà partir de technologies mi- litaires. En réindustrialisant le site lyonnais de Fagor-des solutions de mobilité électrique (véhicules utili- taires, vélos et scooters) sousd’industrialisation avant le lancement de la commercia- lisation et un rythme de croi-en redressement judiciaire de FagorBrandt. « L’arrêt brutal des relations commerciales avec FagorBrandt a donné un grand coup d’arrêt à SITL », déplore Pierre Millet. Conséquence, 90% des sala- riés de la société sont mis au chômage partiel. « A la créa- tion de la société, la renta- bilité de l’activité véhicules propres était prévue pour avril-mai 2015, souligne le dirigeant. A terme, nous ta- blions sur la vente de 1200 véhicules par an. Mais avec le dépôt de bilan de Fagor- Brandt, nous avons dû nous redimensionner. Nous ne sommes plus dans le modèle économique de départ. » De- puis le printemps 2013, SITL a vendu une soixantaine de véhicules et une cinquantaine de filtres. « Dans l’absolu ce chiffre est encourageant, mais il est désormais insuf- fisant au regard de l’effec- tif. »CHICHE...Des solutions de mobilité électrique et des filtres en lieu et place des lave-linge : une vraie réorientation stratégique du siteL’histoire de SITL relève d’un vrai pari. Le projet prend vie dans le courant de l’année 2010. A l’époque Fagor- Brandt, filiale française du groupe espagnol Fagor Elec- trodomésticos spécialiste de l’équipement électroménager, décide de fermer son unité lyonnaise dédiée à la pro- duction de lave-linge à char- gement par le dessus. « La fermeture d’une usine n’était30 MARS 2014mêmeSITL joue son avenir sans tambourSecoué mais pas totalement essoré, Pierre Millet se bat encore avec la force de ceux qui croient en leurs projets. A ce titre, il a officialisé le 10 février dernier un parte- nariat commercial avec la PME grenobloise Lazelec, spécialisée dans l’électrotech- nique et l’usinage de l’alu- minium. Par cet accord, celle- ci s’engage à confier à SITL la fabrication de son Mobile Dream, véhicule tout terrain 100% écologique destiné aux personnes à mobilité réduite. Selon Pierre Millet, l’opéra- tion devrait permettre de maintenir une quinzainepar un réel projet industriel et se montrait prêt à étudier toute proposition de reprise. » Quatre plans sont proposés à FagorBrandt. Le groupe sélectionne celui de Pierre Millet et transfère le 1er avrilBrandt, cet industriel isérois (société Technitôle) entend capitaliser sur 60 années de savoir-faire. « Il me semblait dommage de dilapider cette industrie, ces compétences et ces emplois », déclare-t-la marque Brandt Motors. La seconde propose des dispo- sitifs de filtration des effluents urbains et industriels sous la marque Power Motion Filters. Avec son projet, l’homme suscite de l’incrédulité voiresière atteint deux ans plus tard. Surtout, FagorBrandt s’engage à passer des com- mandes de machines à laver jusqu’en 2015 afin de finan- cer le lancement de SITL. Pour structurer SITL, Pierre Millet met en place des ser- vices supports : commercial, achats, finances, bureau d’études... A ce jour, pas moins de 18 millions d’euros ont été investis (dont 9 mil- lions d’euros en formation du personnel) sur 24 millions programmés au départ. Le tout est financé grâce au ca- pital de l’entreprise, des prêts participatifs de FagorBrandt et des emprunts bancaires.2011 son unité lyonnaise de il. Pour faire revivre le site, de la méfiance. « Ce que je 6,5 hectares à SITL. Le deal : l’entrepreneur parie sur une proposais ne ressemblait pas conserver tous les emplois. complète réorientation stra- vraiment à ce qui se faisait Ingénieur de formation, Pierre tégique. Et propose d’asseoir habituellement », déclare l’in- Millet a fait ses armes dans SITL sur deux activités liées dustriel.COUP D’ARRÊTd’emplois. Dans le. temps, l’intersyndicale de SITL propose de développer une activité de recyclage des lave-linge en fin de vie. D’après les salariés, l’activité permettrait de sauver 200 em- plois supplémentaires. Le sa- voir-faire est là, reste à trouver la bonne formule...Alors que le pari est en passeYann Petiteaux]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frVilles nénupharsProspective CLUB ENTREPRENDRECertains projets sur l’eau d’architectes ou d’urbanistes ne sont plus si utopiques. Ils tentent rationnellement de répondre à la pénurie de terrains des métropoles, en inventant des mètres carrés sur l’élément aquatique.ÎLE « NOUVEAU MONDE », LE 30 AVRIL 2050« Chère maman,Ça y est. Je suis arrivé sur l’île nénuphar internationale « Nouveau Monde » et, désolé de te dé- plaire une nouvelle fois, j’y suis heureux. Je contemple l’océan Pacifique sur lequel notre cercle artificiel de trois kilomètres de diamètre, où vivent désormais 40000 personnes venues de tous les horizons du monde terrestre, dérive paisiblement. Je suis attablé à la terrasse d’une des tours de 1000 mètres de hauteur, entourée d’espaces verts verticaux rendus possibles grâce à un système de balcons en quinconce. J’aperçois les logements ultradomotisés, magasins et hôpitaux juchés aux sommets des édifices. En bas s’étendent les céréales, fruits et légumes qui profitent des dé- chets recyclés de la ville et nourrissent les habitants de l’île. Des hôtels et plages sont situés sur le pourtour, côtoyant de grands parcs de végétation tropicale. Plus au centre j’entrevois la zone des éoliennes qui tournent à plein régime et les champs de panneaux photovoltaïques aveuglants. La société japonaise Shimizu Corporation, qui a la première imaginé un tel concept avec son projet « Green Float » il y a bien longtemps, en 2010, n’avait pas imaginé une île à énergie positive. J’ai décidé de suivre une formation dans les énergies vertes toujours plus présentes. Tu vois, je compte faire ma vie ici, il ne s’agissait pas d’une « lubie » comme tu me l’as si souvent seriné. La volonté de bien vivre ensemble, de la part de gens très ouverts – dont certains sont des réfugiés environ- nementaux qui ont perdu leur terre d’origine sous les flots – me convient parfaitement. Tu penses que nous sommes fantaisistes, prenant pour modèle ces communautés libertariennes qui ont cher- ché à bâtir leur île flottante par le passé, dans la lignée du milliardaire Peter Thiel, cofondateur de PayPal, qui en avait créé une il y a 40 ans au large de San Francisco pour s’affranchir de la pesanteur administrative des Etats. Mais si vision fantaisiste il y avait à l’origine, je pense que celle-ci s’est vite heurtée à l’état du monde contemporain. Aujourd’hui il s’agit moins de fantas- mer l’avenir que de faire face à l’urgence des changements climatiques et de l’essor démogra-phique. Rends-toi compte, nous sommes neuf milliards. Le système en place sur la terre.ferme ne me convient pas, je ne supporte plus que chaque mètre carré soit devenu une denrée précieuse,que les gens soient prêts à tuer pour grappiller du sol au voisin, de Tokyo à Sao Paulo. Pourquoi cet a priori négatif à l’encontre de ceux qui vivent sur l’eau, alors que dans la préhistoire des hommes habitaient déjà sur pilotis ? Bâtir sur l’eau permet de se prémunir des inondations et du réchauffement de la planète. Songe qu’à Amsterdam, le quartier de Ijburg, édifié sur des îles arti- ficielles, date des années 2000 ! En Corée du Sud, à Incheon, le quartier hyperconnecté de Songdo, de 610 hectares, a été construit sur la mer dès 2014 ! Toi et Sophie, mes deux mamans que j’aime, devriez venir ici par le premier avion solaire, afin de constater par vous-mêmes qu’une autre vie est possible, et que je ne traverse pas une simple crise d’adolescence.Jean, qui t’embrasse et pense fort à toi »Matthieu Camozzi"Rej́ ouissez-vous. Au prochain tsunami, la ville va surfer"Jacques Rougerie, architecte concepteur de laboratoires sous-marins et musées subaquatiques, projette des villages et lieux de vie sous l’eau. Son chantier phare ? La station scientifique dérivante SeaOrbiter, qui sera construite courant 2014 dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Cet académicien des Beaux-Arts est aussi dirigeant de la fondation Génération Espace Mer, qui récompense les projets futuristes des jeunes inventeurs, architectes, ingénieurs et designers en rapport avec le monde de la mer et de l’espace :« Aux utopies ont succédé les projets prospectifs »Sommes-nous dans l’exagération la plus totale ?Nous allons véritablement explorer les océans et pourquoi pas y habiter, en dessous ou au- dessus, en prenant en compte les enjeux de développement durable. Nous ne sommes plus dans l’utopie, mais dans la prospective. L’es- pace sous-marin – car il s’agit d’un espace en trois dimensions – est le dernier réservoir qui nous reste ; il occupe 71% de la planète et mesure 3,5 kilomètres d’épaisseur en moyenne. Imaginez la diversité qu’il recèle, et les découvertes que nous avons encore à y faire.Pourquoi êtes-vous persuadé de cesavancées futures dans le milieu aqua- tique ?Ne voyez-vous pas à quel point la société change son point de vue à l’égard de l’océan? Le rapport des jeunes générations à la grande Bleue n’est plus du tout le même que celui des anciens, pour qui elle était synonyme de fas- cination, mais aussi de danger voire de mort. Aujourd’hui, avec le surf, la planche à voile, la plongée sous-marine, les gens ont une ap- proche plus sensorielle de l’élément aqua- tique, objet de jeu voire de passion. Ce n’est pas un détail. De ce fait les hommes mettent au point des engins pour explorer les profon- deurs, pourvus de hublots toujours plus grands. Ils développent un peu plus leur ima-gination. Le processus est similaire dans l’es- pace : des hommes, des femmes, des méde- cins, des biologistes s’y rendent, ce qui débouche sur une station orbitale, et demain sur des habitations. Les villes souterraines doi- vent leur existence à des contraintes particu- lières, comme le froid hivernal de Montréal ou la chaleur écrasante des villes désertiques. L’eau est plus planétaire.Sommes-nous aux balbutiements ?Non. Les réalisations d’ouvrages flottants, basés sur la bionique et utilisant l’énergie de la mer sont étudiés, voire construits. Les villes gagnent sur l’eau, comme Tokyo ou Hong Kong. Le Prince de Monaco nous a confié l’ex-tension de la Principauté, qui aura valeur d’exemple pour d’autres cités, contrairement à « The World » de Dubaï aux conséquences écologiques désastreuses. Plus nous progres- serons sur ou sous l’eau, plus nous dévelop- perons notre imaginaire, aidé en cela par les technologies. A la fondation nous avons ac- cueilli 600 candidats de 76 pays cette année. Le lauréat a imaginé un système de man- groves pour protéger certains lieux de la mon- tée des eaux. D’autres se sont intéressés aux énergies renouvelables ou à l’agriculture en mer. D’autres encore ont esquissé des solu- tions d’îles flottantes pour les habitants des Maldives menacés. Autant d’éléments qui pré- parent concrètement le destin des hommes.MARS 2014 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huiReprise sans accrocReprendre une structure existante s’apprend-t-il ? C’est le pari du Comptoir, un incubateur récemment lancé à Paris et en Seine-Saint-Denis. L’occasion pour EcoRéseau de décrypter les principes permettant de mener à bon port son nouveau bateau, ou du moins de ne pas le couler."MQuelque peu insatisfait parDispositifs d’accompagnement plus puissantsLe kit de la reprise d’entreprisefait peau neuvePrès de 60000 entreprises cherchent un nouveau patron en 2014. De quoi se frotter les mains pour les candidats repreneurs en quête de nouvelles aventures professionnelles. Pour faire du passage de témoin une opération réussie, la ministre de l’Artisanat, du Commerce, et du Tourisme Sylvia Pinel a lancé le 19 décembre dernier un kit « Transmission d’entreprise » qui recense de façon condensée l’essentiel des informations relatives aux dispositifs et structures sus- ceptibles d’aider les intéressés. L’ensemble est accompagné de mesures déployées pour soutenir cédants et repreneurs dans leur démarche. Bpifrance aide par exemple ces derniers dans le financement de la reprise en partenariat avec les banques, grâce au Prêt à la création d’entreprise (PCE), et au Contrat de développement transmission pour les montants plus importants. En ce qui concerne les entreprises artisanales et commerces de proximité, la SIAGI (Société de caution mu- tuelle de l’artisanat et des activités de proximité) apporte sa garantie aux repreneurs pour leur crédit finançant la reprise par cession de parts ou de fonds de commerce.La Ministre a par ailleurs signé une charte avec les organisations qui accompagnent les dirigeants impliqués dans un processus de cession d’entreprise, dans le but de mieux faire connaître le Contrat de génération transmission d’entreprise, dont la vocation est d’aider un dirigeant proche de la retraite à recruter un potentiel repreneur de moins de 26 ans. Avec un soutien financier de 4000 euros par an pendant trois ans, le chef d’entreprise forme la jeune recrue, lui transmet les com- pétences relatives à l’activité de l’entreprise. Le repreneur profite ainsi d’un cadre privilégié pour se familiariser avec la société et son marché. A noter que le contrat ne mentionne aucune obligation au sujet de la reprise d’entreprise par les parties concernées.convivialité ? Pouvoir être soi-même, être heureux au travail sans oublier de fêter et célébrer, voilà qui ne peut que renforcer l’idée qu’être, être une entreprise où il fait bon travailler, ce n’est ni une question de taille ou de secteur d’activité mais sim- plement de volonté managé- riale.Patrick Dumoulin Directeur de l'Institut Great Place to Work® France.Foncez les jeunes, rachetez ma boîte. Je vous jure que c'est l'occase de l'année"ars 2012. Le destin de Gérard Saudry- Dreyer bascule.très courte. A mon arrivée, le dirigeant cédant n’était déjà plus en fonction, et la société avait un fonctionne- ment assez autonome. La transition s’est faite rapide- ment et efficacement », se réjouit le repreneur. Un jeu d’enfant, semble-t-il. Mais pourquoi alors parle-t-on de milliers d’entreprises qui ne trouvent pas preneur ? Si la passation de pouvoir a été acquise dans l’aisance chezd’une démarche qui mêle subtilité et précautions. Si elle peut rebuter, elle n’en reste pas moins une opération synonyme d’opportunités.taines de milliers d’entités seront à céder au cours des 15 prochaines années. « 630000 entreprises pour- raient changer de main dans la décennie à venir », avance le ministère de l’Artisanat, du Commerce et du Tou- risme. La reprise d’entreprise revêt donc un enjeu écono- mique et social crucial. Quelque 300000 emplois sont en jeu chaque année. « Dans cette configuration atypique, il faut tout faire pour que ces futures opéra-sa vie de salarié dans le do-maine des équipements au-tomobiles, il décide de rele-ver un nouveau défi. Le goûtpour l’aventure le propulseen un temps record à la têtede Bechereau, une sociétéspécialisée dans des activitésde tôlerie et de chaudronneriepour le compte du secteuraéronautique. « La transmis- Bechereau, la cession d’en-L’EMBARRAS DU CHOIX, QUOIQUE... Le contexte démographique de la France représente un véritable terrain de jeu pour les repreneurs d’entreprises en herbe. A l’heure actuelle, plus de 30% des chefs d’en- treprise ont plus de 50 ans, ce qui signifie que des cen-sion de l’entreprise a ététreprise est souvent le résultatAsommes très souvent en contact avec des entreprises et aussi des salariés dont le cri de ralliement semble être « J’aime ma boîte ! ».Ce devrait être le lot de cha- cune et chacun d’entre nous que de travailler dans un en- vironnement aussi fun.La réalité est souvent moins rose ! Beaucoup d’entre- prises pensent être des entre- prises où il fait bonJ’aime ma boîteu quotidien, chez Great Place totravailler, mais il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir. Dans les meilleures entre- prises, celles qui, comme PepsiCo, Microsoft, Accu- racy, Leroy Merlin ou WL Gore, sont reconnues depuis longtemps comme des en- treprises où il fait bon tra- vailler, on retrouve des points communs que nous connaissons bien.la base du modèle Great Place to Work®. Sans elle pas d’engagement, de moti- vation ou de volonté de dé- passement.chronique parrainéeWork® nousPrésidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESE32 MARS 2014par Sophie de MenthonCe qui, en premier les carac- térise, c’est la confiance dans le management et les dirigeants. La confiance estLa fierté joue aussi un rôle important dans notre mo- dèle. Elle fait du salarié le premier ambassadeur de l’entreprise, de ses marques et de ses produits. C’est elle qui renforce le sentiment d’appartenance et incite les meilleurs à rester. Comment clamer haut et fort « J’aime ma boîte » sansŒ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[Être entrepreneurs& MousquetairesC’est être fiers d’entreprendre en rejoignant un groupe leader en EuropeàstNicolas et Aline BocquetIntermarché Vesoul (70)neDevenir Mousquetaires, c’est devenir son propre patron à 100 % mais aussi devenir Mousquetaires. C’est codiriger un groupement de plus de 3 500 points de vente et 146 000 collaborateurs. En participant aux décisions stratégiques du Groupement des Mousquetaires, vous décidez de votre propre avenir. Et parce que la réussite du Groupement passe d’abord par votre réussite, vous bénéficiez pendant votre installation, pour vos approvisionnements et votre développement de moyens et de services mutualisés performants. Rejoignez les Mousquetaires, l’un des premiers groupements d’entrepreneurs indépendants.23-26 Mars 2014s- © Gutenberg - NetworksérpsemmosNsou]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huitions se déroulent dans les meilleures conditions. Il en va de la nécessité de conser- ver les emplois, mais aussi d’en créer de nouveaux, sur le long terme. C’est la raison d’être de notre nouvelle structure d’aide pour les re- preneurs », décrit Nicolas Hazard, président du Comp- toir, un incubateur pro-re- preneurs unique en son genre, qui ouvre ses portes à Paris en cette fin d’hiver 2014, et qui compte bien jouer un rôle clé dans l’économie fran- cilienne.la santé plus facilement. Mais le taux de défaillance atteint malgré tout les 20%. Pas de quoi claironner. Bérangère Deschamps, maître de confé- rence à l’IAE de Grenoble et chercheur au Centre d’études et de recherche ap- pliquées à la gestion (CE- RAG), estime qu’une « vé- ritable culture de l’entrepre- neuriat et du domaine d’ac- tivité est indispensable, car la transmission représente une équation complexe à ré- soudre. Les démarches ne sont souvent pas suffisam- ment réfléchies et anticipées. La conséquence est que l’en- treprise s’en trouve d’emblée fragilisée ». Le repreneur decrit comme manquant de ma- turité professionnelle, trop éloigné des enjeux straté- giques dont dépend la struc- ture.50% des entreprises dispa-raissent moins de cinq ansaprès leur création. Au coursde la même durée, celles quisont reprises semblent garder société est régulièrement dé-Pour Gérard Saudry-Dreyer, l’un des éléments essentiels dans le profil du repreneur reste la connaissance secto- rielle, en particulier dans les petites entreprises : « Dans les grandes organisations, on peut toujours s’appuyer sur le savoir-faire et l’ex- pertise de collaborateurs spé- cialistes, mais plus l’entre- prise est petite, plus la connaissance personnelle du dirigeant est importante ». Mais l’expérience en tant que pilote d’une organisation n’est selon lui « pas l’es- sentiel », même si c’est un atout supplémentaire. « Je n’ai jamais été chef d’entre- prise auparavant, ce qui n’est nullement un frein à l’heure actuelle. J’ai par contre mené mon parcours professionnel en tant que salarié dans des secteurs connexes à l’aéro- nautique. Sur ce plan, mon passé est d’une grande uti- lité », précise-t-il.Franchise & PartenariatDélégué syndical avec qui il faut négocier au lendemain de la reprise. Tiens le cédant n'en avait pas parlé.parMichel KahnConsultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)Entrepreneurs et porteurs de Aprojets, vous souhaitez vous lancer dans un projet de franchise ?vant de se lancer dans qui on est et quel métier nous une telle aventure attire, afin de pouvoir définir qu’est le projet de le projet.franchise, se posent des ques- tions fondamentales : quel métier choisir ? Quel secteur d’activité est porteur ? Et comment se faire accompa- gner dans celui-ci ?Aujourd’hui, on observe une forte spécialisation des acti- vités. Plus particulièrement les secteurs ultra spécialisés et ciblés. Tels que la garde d’enfants, les cours d’infor- matique ou de langue, les secteurs des loisirs, de la res- tauration à thème, de l'éco- logie. Dans ces contextes-là, on peut avoir des prises de marché à fort potentiel. Il est intéressant de savoir prendre quelques risques sur des mar- chés qui débutent, surtout lorsqu’on a la personnalité pour, car on mise sur un sa- voir-faire original et en de- venir. Quand on est premier au départ, on dispose d'une avance qui octroie des chances de le rester longtemps.Dans la franchise, il existe toutes sortes de métiers. Des commerçants dans un point de vente, mais aussi des cadres dirigeants dans le domaine du conseil de la prestation de services, de la production, et surtout des managers d’équipe. La variété des mé- tiers au sein du commerce organisé est réellement consi- dérable. C’est pour cela qu’il est important de prendre en compte l’identification de la personne qui souhaite se lan- cer dans ce projet ainsi que ses aspirations et ses réelles compétences. Il faut savoirL’EXPÉRIENCE, C’EST BIEN. LE GOÛT DU CHALLENGE, C’EST MIEUX.« L’expérience dans l’entre- preneuriat n’est pas indis- pensable », confirme Nicolas Hazard. Le Comptoir cible d’ailleurs les projets montés par les 18-30 ans, une popu- lation qui n’a souvent aucune expérience de la direction d’entreprise. L’incubateur vise à développer et nourrir d’au- tres critères. « L’objectif est de mettre en place un module pilote pour les repreneurs, autour duquel nous diffuse- rons des offres mais aussi des bonnes pratiques pour accompagner l’idée vers le succès », poursuit Nicolas Hazard. Concrètement, les projets de reprise bénéficie- ront d’un soutien pendant unou deux ans, par le biais de locaux entièrement équipés (salle de réunion, espace de co-working, etc.), et d’un mentor personnel qui est lui- même chef d’entreprise. Le MoovJee, mouvement des jeunes étudiants entrepre-mentor un véritable confident pour toutes les facettes concer- nant le projet professionnel du repreneur. Les PME ac- compagnées peuvent appar- tenir à tout secteur d’activité, mais le Comptoir a surtout vocation à soutenir les TPE.et du challenge. Une grande volonté est indispensable. C’est un véritable choix de vie. Il faut en être conscient », assure Joël Alexandre, vice- président de la CCI Centre, président de la CCI Eure-et- Loir et président de la Com-Plus l’entreprise est petite, plus la connaissance personnelle du dirigeant est importanteneurs, est chargé d’apporter ses ressources dans ce do- maine, et ainsi faire se ren- contrer les profils susceptibles de mettre sur pied des orien- tations efficaces. L’idée est moins de faire du coaching que d’amener l’entrepreneur à se poser les bonnes ques- tions. Le but est de faire duSi certains avis divergent sur la nécessité de l’expérience passée dans l’entrepreneuriat, l’opinion est unanime lorsqu’il s’agit d’évoquer la question de l’esprit d’entre- prise et ce qu’il implique. « Il faut être fortement im- prégné de la culture d’entre- prise, du goût du managementmission régionale Création- Reprise d’entreprise. « Une adhésion totale des proches est plus que souhaitable dans ce genre de projet », corrobore Gérard Saudry-Dreyer. Réussir sa reprise, c’est d’abord être conscient de la spécificité qu’elle représente, ce qui implique en premier34 MARS 2014ConseilsDénicher l’immobilier appropriéLes mètres carrés à destination des professionnels ne man- quent pas aux quatre coins de l’Hexagone. Mais comment déterminer le territoire le plus approprié ? Au-delà des zones franches, certes attractives par certains dispositifs mais pas toujours idéalement situées pour un développement d’acti- vité, mieux vaut se tourner vers les pôles de compétitivité, technopoles ou communautés d’agglomération qui misent sur le même secteur d’activité. Vous cherchez une installation au cœur de la filière high-tech ? 3000 mètres carrés de bu- reaux sont actuellement disponibles sur le site de Central Parc, à Châtenay-Malabry (Île-de-France). Votre métierconcerne le secteur des parfums, arômes et cosmétiques ? Le cluster Aroma Grasse, en région PACA, propose un nouvel hôtel d’entreprises doté de laboratoires spécifiques et d’équi- pements adaptés au domaine. La Cosmetic Valley, en région Centre, n’est pas non plus en reste.La location au sein de centres d’affaires est également une piste pertinente, surtout pour les effectifs réduits. Les prix pratiqués correspondent globalement à ceux du marché im- mobilier. Il faut compter 1000 euros par mois par poste de travail pour cette solution. L’avantage principal réside dans la mutualisation des coûts de fonctionnement et des servicesŒ]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui CLUB ENTREPRENDREun projet en adéquation, en accord avec le lieu où le re- preneur souhaite s’implanter, et bien sûr l’accompagnement fonctionnel (financement, aides techniques, etc.). »certains de vendre leur en- treprise, avant de se rétrac- ter », indique ironiquement Bérangère Deschamps. Lesde travail, au sein d’une même ment de ne pas être remis en famille. Un contexte qui fait cause ?inévitablement intervenir des Autre élément essentiel : l’état éléments affectifs susceptibles de l’entreprise quant aux in-des personnels, les investis- sements dans les machines et l’outil de production sont des aspects qui, même s’ils augmentent le prix de la trans- action, placent la structure dans de bonnes dispositions pour les années à venir. Une trésorerie fournie est égale- ment intéressante à négocier avec le cédant, en contrepartie d’un prix de cession plus élevé, car il s’agit là du sa- cro-saint critère aux yeux des banquiers, qui ouvrira peut- être la porte à de futurs cré-Mathieu NeuLe Comptoir cible les projets montésDU CONSEIL ET DU DISCERNEMENT« Avec le contexte de crise économique et le marché qui s’est grippé, le nombre de transmissions d’entreprises a récemment connu un coup de frein brutale ; les candidats à la reprise se font moins nombreux. Les opérateurs comme nous deviennent dès lors d’autant plus importants », ajoute Joël Alexandre. Ou- tre ses actions de sensibilisa- tion et d’accompagnement, la CCI Centre propose au sein de sa panoplie spéciale repreneurs une offre de mise en réseau des interlocuteurs. Concrètement, un service d’identification des cédants est mis à disposition, ainsi qu’une analyse précise du type de problèmes auxquels ceux-ci sont confrontés avec leur structure. Des banques de données, intégrant des re- preneurs potentiels préalable- ment identifiés à l’occasion d’actions de communication ou d’événements, sont consti- tuées. « Nous oeuvrons dans le but de favoriser les ren- contres entre le bon cédant et le bon repreneur », résume Joël Alexandre.Mais les CCI ne peuvent pas tout. Apprendre à connaître le cédant et ses intentions semble judicieux. Sans verser dans une méfiance extrême, le repreneur tire généralement des avantages à se renseigner en profondeur. « Certains cé- dants font beaucoup trop confiance aux repreneurs, d’autres pas suffisamment. On trouve ceux qui dissimu- lent des informations, obsédés par la vente au prix fort. On trouve aussi ceux qui sou- haitent assister leur succes- seur à long terme, qui sontpar les 18-30 ans, une population quin’a souvent aucune expérience de la.direction d’entreprisedirigeants sont nombreux à de rendre le passage de témoin vestissements récents réalisés. consacrer une grande partie plus complexe. L’objectivité En achetant une société, un de leur vie à leur société. du diagnostic et le prix de- repreneur achète avant tout Souvent, il s’agit même du mandé par le cédant pour sa un potentiel de développe- fruit de plusieurs générations structure mérite-t-il alors vrai- ment. La formation récentedits.Vorsprung durch Techniklieu une collecte d’informa- tions. « Il faut du temps et de la méthode, mais l’idée reste à la portée de n’importe quelle personne motivée. Lorsqu’il s’agit de se lancer dans l’entrepreneuriat, on pense généralement à la créa- tion d’entreprise, et très peu à la reprise. Celle-ci n’est pourtant pas moins intéres- sante », souligne Nicolas Ha- zard. Avec leur lot de rensei- gnements et de formations adaptées, les CCI constituent une réponse pertinente pour s’orienter. « Un tel projet peut donner l’impression d’entrer dans une véritable jungle sans savoir comment en sortir, explique Joël Alexandre. En tant que cham- bre de commerce, nous re- présentons l’outil le plus utile pour aider le futur chef d’en- treprise. Nous avons la connaissance du domaine, nous avons la capacité d’ana- lyser le souhait, de proposerNouvelle sensation urbaine.généralement indispensables comme les secrétariats, les salles de réunion, les services de reprographie, les lignes té- léphoniques et connexions Internet. Les tarifs incluent le plus souvent un large éventail de dépenses, comme les taxes, les contrats d’assurance, les services de maintenance, ou encore la surveillance des locaux.Pour les besoins d’entrepôts, la mutualisation d’espaces peut aussi être une option intéressante pour baisser les coûts. L’AFILOG (Association pour le développement de la logistique en Europe), ou encore la Fédération des entre- prises et entrepreneurs de France (FEEF) fournissent des données concrètes sur ce sujet.Audi A1 Urban Sport.À partir de 259 €/mois avec apport*.3 ans de garantie inclus**. Forfait Service Entretien inclus***.Location longue durée sur 36 mois. 1er loyer 2 999 € et 35 loyers de 259 €. 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Audi recommande Castrol EDGE Professional. Vorsprung durch Technik =L’avance par la technologie.Consommation en cycle mixte (l/100km) : 5,1. Rejets de CO (g/km) : 118. 2www.aliantis.comAliantis Lecourbe 229, rue Lecourbe - 75 Paris Tél. 01 55 76 50 76Aliantis Porte d’Orléans Aliantis Chambourcy 44-46 avenue Aristide Briand - 92 Montrouge 37 route de Mantes - 78 Chambourcy Tél. 01 58 35 17 70 Tél. 01 30 65 50 50MARS 2014 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’huiEntrepreneurs, pensez au crédit-bail !Disposer de l’outil nécessaire au développement d’une activité, tout en préservant ses fonds propres, telle est l’équation que souhaitent résoudre bon nombre d’entrepreneurs. Le crédit-bail peut dès lors apparaître comme la formule la plus adaptée à leurs attentes.UN INTÉRÊT FISCAL ÉVIDENTLe premier intérêt du crédit- bail est d’ordre fiscal. Le loyer versé au propriétaire du bien est entièrement déductible du résultat de l’entreprise. Rap- pelons qu’un crédit classique ne permet de déduire du résultat que l’amortissement et les in- térêts de l’emprunt. Les mon- tants déductibles sont donc su- périeurs à ceux d’un investis- sement classique. Même dans le cas où le premier loyer est plus important que les autres, il reste intégralement déductible. En outre, contrairement à un crédit classique, la TVA dé- ductible est répartie sur l’en- semble des loyers. Un point mérite toutefois d’être précisé : les matériels en crédit-bail en- trent dans l’assiette de calcul de la taxe professionnelle à hauteur de leur valeur d’ori- gine.plique Eugénie Boucquey. Dans le cas où un financement clas- sique est accordé par la banque, le montant ne peut excéder 70% du prix hors taxes du bien. Le crédit-bail permet d’acquérir le bien en évitant tout apport initial. Pour sim- plifier encore le processus d’ac- quisition, certains organismes, tel le Crédit Mutuel, proposent même d’allouer une « réserve » destinée au règlement rapide d’un fournisseur. Dans la banque précitée, le montant de la réserve est de 50000 euros, utilisable pour un achat de 1500 euros minimum.entreprises utilisent de plus en plus de matériel et sont de moins en moins désireuses d’en avoir la propriété », constate Eugénie Boucquey. En l’ab- sence de cession à l’issue du contrat, le locataire cherchera à le revendre.taire léger). La location finan- cière permet d’éviter toute avance de TVA, mais ne donne pas la possibilité d’actionner une option d’achat. En fin de contrat, soit la location est re- conduite, soit le matériel est rendu.UN INTÉRÊT FISCAL SUBSTANTIELDans le cadre d’un crédit-bail immobilier classique, la durée fiscale d’amortissement est souvent supérieure de quinze à vingt ans à la durée du contrat de crédit-bail. L’avantage fiscal obtenu est comparable à un crédit d’impôt. Pour les contrats portant sur des biens meubles, tel n’est souvent pas le cas. La durée d’amortissement du ma- tériel est souvent identique à la durée du contrat. Le plusEVITER LES PIÈGES...ELun contrat de location de bienPRÉSERVERSON BILANLe crédit-bail permet de dis- poser voire d’acquérir la pleine propriété d’un bien, sans queVeillez à éviter les pièges avant la signature d’un contrat de crédit-bail. En premier lieu, vous ne devez jamais signer de manière anticipée un pro- cès-verbal de réception. Cer- tains organismes vous deman- dent de signer le document avant même la réception du matériel. Sachez qu’en apposant votre signature, vous affirmez avoir reçu le matériel et qu’il est conforme au bon de com- mande. En outre, en cas de re-t en plus elle est au ski...Les entreprises utilisent de plus en plus de matériel et sont de moins en moins désireuses d’en avoir la propriétéa technique du crédit- bail permet à un en- trepreneur de signerprise, les avantages de cette technique sont particulièrement évidents. Elle permet, en pre- mier lieu, de disposer du ma- tériel nécessaire à la production de biens ou services commer- cialisés par l’entreprise sans puiser dans ses fonds propres. Cette technique est également une manière de garantir le re- nouvellement de son matériel. « Les crédit-bailleurs soutien- nent les investissements de re- nouvellement, d’innovation et d’optimisation de l’appareil productif des entreprises, pour- suit Eugénie Boucquey. Ils les accompagnent dans le démar- rage de leur activité ou leur stratégie de conquête du mar- ché. »CONTOURNERUNE DIFFICULTÉ D’EMPRUNTLes banques sont souvent fri- leuses lorsqu’il s’agit d’investir dans l’outil de travail d’une entreprise en création. Capita- lisation initiale jugée insuffi- sante pour garantir le risque, absence de premier bilan per- mettant de juger la viabilité de l’entreprise... les raisons in- voquées sont multiples. « L’ex- pertise matériel et la spéciali- sation des sociétés de crédit- bail permettent d’offrir des fi- nancements aux TPE/PME en limitant les garanties complé- mentaires demandées », ex-meuble ou immeuble avec la possibilité, une fois le contrat arrivé à terme, de lever une option d’achat du bien. Le contrat peut être établi avec ou sans cette clause de rachat. « C’est un produit particuliè- rement adapté à l’économie actuelle, aux contraintes et aux attentes des entreprises dans en environnement instable et fortement concurrentiel », explique Eugénie Boucquey, directeur du développement, du marketing et de la com- munication de Crédit Agricole Leasing & Factoring. Dans le cadre de la création d’entre-cela n’alimente le taux d’en- dettement de l’entreprise. Il préserve, par là-même, la ca- pacité d’emprunt pour les in- vestissements futurs.judicieux est d’y recourir pour du matériel à obsolescence ra- pide. Avant même d’opter pour un financement par crédit-bail classique, certaines banques telle HSBC proposent de com- parer les trois solutions de fi- nancement que sont le crédit- bail, la location financière et la location avec option d’achat (cette dernière solution ne s’ap- pliquant que dans le cadre de l’achat d’un véhicule de tou- risme ou d’un véhiculer utili-tard de livraison, vous serezcontraint .Enfin, dans le cas où le contrat est établi avec un organisme financier et que vous com- mandez votre matériel direc- tement auprès du fabriquant, n’oubliez d’établir votre com- mande « sous réserve d’ob- tention du financement par cré- dit-bail ».Marie Bernardde verser les loyers.DES BIENS MEUBLES, MAIS PAS SEULEMENT Le crédit-bail peut être utilisé pour l’acquisition d’une grande variété de biens meubles ou immeubles. Généralement, le propriétaire ne le propose que pour des outils standards. « LesConseilsA chaque société son expert-comptableRéaliser son bilan, son compte de résultat... Des tâches obli- gatoires qui riment avec experts-comptables. Des professionnels incontournables dont le rôle peut largement dépasser les sim- ples contraintes de gestion. Un bon comptable est un véritable atout pour une société, à condition de savoir quel profil est adapté à sa structure. Le premier bon réflexe est sans doute d’évaluer ses besoins, afin de savoir précisément quels savoir- faire sont à privilégier (juridique, fiscal...). Les cabinets poten- tiellement intéressants seront ceux qui proposent des experts en accord avec les souhaits recherchés. Mieux vaut ensuite se faire préciser l’identité exacte du comptable en charge de son entreprise. Certains cabinets disposent de plusieurs dizaines decollaborateurs qui, parfois, restent peu de temps en poste. Au- tant dire que la rigueur de traitement des dossiers, la qualité des suivis peuvent être extrêmement variables. Il convient alors de s’intéresser aux conditions de travail de l’expert en question, à son statut, à ses motivations.D’autres précautions s’avèrent utiles. A quelle fréquence a-t-on l’intention de faire le point avec son comptable ? Là encore, il est préférable d’anticiper en mentionnant dans sa lettre de mis- sion la périodicité des rendez-vous prévus. On évite ainsi d’avoir affaire à des profils toujours indisponibles car trop occupés. Une manière également de clarifier la facturation des honoraires. L’avenir de l’entreprise, et notamment les recrutements possi-bles, sont par ailleurs intéressants à évoquer d’emblée. Avec une société sans salarié, la lettre de mission ne mentionne pas d’honoraires concernant l’établissement de fiches de paye, de contrats de travail, de charges sociales. Mais cette situation évo- lue généralement rapidement. Il est pertinent d’utiliser toutes les compétences de l’expert comptable pour établir des sché- mas prévisionnels, incluant l’évolution de ses honoraires.En termes de tarifs, l’Ordre des experts-comptables d’Île-de- France estime qu’une tenue comptable classique coûte de 50 à 80 euros de l’heure.36 MARS 2014]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[Des financementset des services au cœur de l’économie réelleca-leasingfactoring.comCommunication CAL&F - 02/2014 - Photo : Thinkstock]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Business guidesL’âge de la maturité, enfin !Nombreuses sont les entreprises à opter pour la rencontre en contexte dépaysant lors d’un momentDirigeants séquestrés. Feux de palettes et bannières de pro- testations improvisés devant les sites de production. Grogne et ras-le-bol des sa- lariés. Ces images sont de- venues monnaie courante. Si bien qu’on ne s’étonne plus lorsque le dialogue so- cial devient catastrophique. Et du tapage médiatique qui en est fait. C’est la crise. Un point c’est tout ? Pour- tant, quand le torchon brûle entre les représentants du personnel, le comité de di- rection et l’ensemble des salariés, des solutions exis- tent pour endiguer ces mo- ments de grande crispation. A chaque moment fort d’une entreprise, correspond une logique de communication et d’animation des équipes. Il importe de fédérer et d’impliquer les collabora- teurs sonnés par l’annonce de grands changements stra- tégiques. C’est souvent hors les murs de l’entreprise, d’ailleurs, que cela se passe : séminaires de motivation et de direction, team-building, grands-messes et conven- tions. Comment en faire des électrochocs pour motiver les troupes ? Où et comment les produire ?de tension, comme une fusion ou un plan de sauvegarde de l’emploi. Mais d’une manière plus subtile que par le passé...UN « TEAM BUILDING »PLUS MATURECette fameuse pratique a débarqué en France au début des années 2000. Aux contours flous, la notion re- couvre des activités touris- tiques originales certes, mais qui n’ont parfois que trop peu d’écho une fois le per- sonnel revenu dans les lo- caux de l’entreprise. Que retirer d’un atelier cuisine spécial saumon à l’oseille en matière de cohésion d’équipe ? Et est-ce de bon aloi de passer un après-midi dans les conditions d’une capsule spatiale pour moti- ver ses salariés ? Dans une motte de foin plutôt inégale, l’aiguille gagnante se trou- verait chez les agences qui"A côté du PDG tout le week end... j'ai dû rire à ses gags idiots et ses blagues salaces"38 MARS 2014proposeraient d’inscrire leur activité sur le long terme et dans un véritable projet d’entreprise. Axés sur le ludo-pédagogique, certains team-building permettent de faire évoluer les rapports hiérarchiques. « Nos jeuxcomme« Synergie » ou « mission Terre » s’installent parfois sur la durée (une fois par trimestre pendant un an pour Synergie) afin d’améliorer la collabora- tion, décrit Christian Mé- nard, président d’Incenteam.C’est d’abord une mise en compétition autour d’un sys- tème de vente d’informa- tions qui va d’abord susciter des comportements indivi- dualistes. Mais très rapi- dement, les participants vont évoluer vers des rapportsgagnant-gagnant où ils vont réaliser que coopérer et ai- der ne fait pas perdre le jeu. Au terme de la partie, chaque équipe aura joué ensemble. La métaphore avec la vie professionnelle va plus loin dans l’organi-sation puisque les équipes symbolisent un service et que chaque univers peut être assimilé à une entre- prise. Ce jeu est proposé de 12 à 1600 personnes. La cohésion se poursuit après la partie par la prise d’en-]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frBusiness guides CLUB ENTREPRENDREgagements pour améliorer l’animation de l’entre- prise. » Néanmoins, ces jeux imposent une logistique lourde. Bien que le paysage français soit parfaitement doté en matière d’offre tou- ristique, l’arbitrage sera ef- fectué au regard de la fonc- tionnalité et de la situation du site. « Pour nos clients, nous cherchons un lieu àparisiens se prêtent parti- culièrement aux soirées d’entreprise consacrées à un thème médiéval, par exemple. Mais générale- ment, nous opterons pour des sites modulables, à l’image du domaine de Seil- lac dans le Val de Loire qui allie des lieux fonctionnels et pittoresques à un très bon rapport qualité-prix. » D’autres hauts lieux de tou- risme d’affaires démontrent que la sinistrose n’est pas toujours d’actualité. Comme enattestelePuyduFou:« Marque déposée en 2009 pour spécialiser notre offre, « Le Puy du Fou congrès » connaît encore une belle progression en matière de chiffre d’affaires cette an- née. Nous demeurons la pre- mière offre hôtelière de l’ouest de la France et at- tirons des entreprises et des réseaux au rayonnement na- tional, grâce à une offre basée sur le spectacle et le dépaysement, confie Laurentcontexte sous tension, le co- mité de direction a décidé de mobiliser et fédérer les 50 managers des quatre la- boratoires qui n’ont jamais travaillé ensemble. Outre la communication officielle avec les partenaires sociaux, il importe donc que cette nouvelle équipe managé- riale pèse sur le projet et justifie la stratégie d’entre- prise. Dans cette optique, nous avons monté des sé- minaires pour optimiser l’investissement des mana- gers afin de pouvoir traiter efficacement les tensions qu’induit le PSE. » Ces sé- minaires ont avant tout pour vocation de proposer aux cadres des scénarii d’ani- mation différents, de créer un début d’unité et une com- plicité entre la direction et les managers devenant les nouveaux porte-étendards d’un seul laboratoire. Et à raison d’une fois toutes les six semaines, ces managers prendront le chemin d’unEt est-ce de bon aloi de passer un après-midi dans les conditions d'une capsule spatiale pour motiver ses salariés ?Albert, directeur général du parc d’activités. Nous ac- cueillons des séminaires de moins de dix personnes aux congrès de 3000 visiteurs. Rappelons cependant que la moyenne nationale des séminaires se situe aux alen- tours des 25 personnes. » En d’autres termes, l’espace touristique prisé demeure celui qui concentre le plus de services et l’offre la plus personnalisable possible.château à proximité de Paris le temps d’un séminaire de quatre heures à peine, ve- nant clôturer une journée de travail. La pédagogie est également de rigueur lors des moments délicats. Sur des périodes de crise, on aura effectivement tendance à « sur-interpréter » les ab- sences des dirigeants. « Avoir des moments de vi- sibilité et de proximité est essentiel. Il ne s’agit pas de reproduire ce qui se fait lors des meetings politiques mais de monter de vrais moments « live » parmi les collaborateurs. Cette proxi- mité passe par plus de ren- contres et plus de pédago- gie. C’est une des raisons qui expliquent pourquoi les séminaires internes ne souf- frent pas trop de la conjonc- ture malgré des budgets ser- rés », analyse Guillaume Aper, président de l’Asso- ciation française de com- munication interne (AFCI). Pendant et en dehors dedeux heures de Paris. Les possibilités sont nom- breuses : Deauville, la Loire, Strasbourg, Lille. Nous réfléchirons également à l’ambiance. Les caves voûtées en Champagne ou dans certains établissementsARME DÉTERMI- NANTE LORS D’UNE FUSACPatrick Cauvin, président de Human live et adminis- trateur à l’Association des agences-conseil en commu- nication (AACC), raconte : « Un laboratoire français, filiale d’un groupe mondial, va réunir quatre labora- toires sous une seule marque ombrelle. Ce regroupement s’accompagne d’un PSE et implique aussi un déména- gement de site. Dans unMARS 2014 39Œ]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8CLUB ENTREPRENDRE Business guidesl’événement, de plus en plus d’entreprises à rayonnement international font donc dans la pédagogie et expliquent, par exemple des notions de macroéconomie à leurs sa- lariés. Chez Danone, on a pris l’habitude de réunir mensuellement les unités de fabrication, non pas pourn’avons pas l’impression que les choses soient for- malisées à ce niveau. Nous sommes plutôt dans la spon- tanéité, contrairement aux moments de difficulté. Les bonnes nouvelles ne sont pas forcément des choses qui s’anticipent », raconte Guillaume Aper. Il n’em-sonnes en lisière du projet : faire des choses spécifiques pour les deux groupes. « Et trouver des moments fédé- rateurs, des fêtes. Les points communs entre un plan so- cial et un moment heu- reux ? C’est avant tout le besoin de proximité entre les salariés et le manage-porter l’événement hors de France. Notre choix s’est donc porté sur Marrakech, destination plus simple d’ac- cès pour les collaborateurs basés en Algérie ». Autre obstacle de taille au rendez vous : la fonctionnalité des lieux. Aujourd’hui, les en- treprises souhaitent des soi- rées plus interactives où la technologie n’est pas en reste. Ce faisant, les pres- tataires de loisirs, à l’image de Disney Business Solu- tions, proposent des options numériques dernier cri : nouvelle offre Wifi avec page d’accueil personnali-L'espace touristique prisé demeure celui qui concentre le plus de services et l’offre la plus personnalisable possiblesable, possibilité d’.parler d’objectifs de pro- duction mais pour aborder enjeux marketing, ou ac- quisition/perte de parts de marché. Les réorganisations passent donc par plus d’in- formation et une meilleure considération des salariés. Un pas de géant depuis les « Temps Modernes » !pêche qu’il faut également gérer ses moments positifs : incentive à destination des commerciaux, annonce d’une nouvelle gamme de produits, changement de marque... L’élan ne doit pas être freiné en interne par des salariés peu impliqués. Il importe donc de commu- niquer et de récompenser les personnes directement impliquées. Tout comme il est nécessaire de faire passer le message auprès des per-ment de l’entreprise », pour- suit-il. Plusieurs obstacles peuvent s’opposer à ce be- soin de proximité. Obstacle géographique par exemple pour les groupes interna- tionaux, qui souhaitent re- grouper leurs troupes. Chris- tian Ménard prend l’exem- ple d’une entreprise fran- çaise à fort déploiement en Afrique du Nord : « Dans ce cas de figure, il a été plus facile, notamment pour des question de visa, d’ex-une seg- mentation des accès, priva- tisation du parc et nouveau service info-décor à dispo- sition des meeting planners, offres clé en main... Ne reste plus qu’à connaître le mes- sage à faire passer et acheter des oreilles de Mickey àCÉLÉBRER LES RÉUSSITESEt les moments d’euphorie dans tout ça ? « Nousses collaborateurs.Geoffroy FrameryMaintenant nous nous aimons tousParis-Île-de-France :Un tourisme de cols blancs en demi-teinte ?Déchue de sa première place en tant que destination touristique mondiale, Paris perd aussi de sa superbe aux yeux des congres- sistes. Dans son rapport 2013, la CCI Paris- Île-de-France décortique méthodiquement les grandes tendances du tourisme de congrès. Quelles évolutions notoires par rapport au cru 2011? D'abord, un nombre d’évènements en hausse pour l'année 2012 certes, mais avec des effectifs à la baisse malgré l’inter- nationalisation croissante. Comme à son ha- bitude, le médical représente le secteurmajeur. Les lieux scientifiques ont effective- ment accueilli en 2012 le plus de manifesta- tions (44% contre 30% en 2011), suivis des centres de congrès. Ceux-ci, avec 64% de congressistes accueillis, attirent les plus grandes manifestations grâce à une capacité d’accueil plus adaptée. Les hôtels n'ont hé- bergé que 8% des événements. La fréquen- tation des congrès franciliens (625770) est en baisse de 21% par rapport à 2011. Côté portefeuille, les retombées économiques sont estimées à 1,03 milliard d’euros en 2012.40 MARS 2014]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frBusiness guides CLUB ENTREPRENDREL'ultra-concurrence au servicede l'innovationLes compagnies low-cost bouleversent la donne et incitent les professionnels à recourir à la « classe éco » pour les courriers inférieurs à six heures. Ce d’autant plus que ce poste de dépense est de taille pour les entreprises. La classe affaires serait donc menacée ? Cette quadragénaire en pleine force de l'âge suscite pourtant toute l’at- tention des compagnies aériennes. Entretenue avec égards depuis longtemps, elle est au centre de toutes les attentions depuis le début des années 2000. Et n'a de cesse de se faire chou- chouter et de profiter de nombreux lifting haut de gamme. Les raisons de cet intérêt si prononcé ? Une bonne rentabilité, malgré le taux d'occu- pation faible des avions : la classe affaires repré- sente 8% du trafic mondial pour 25% des recettes. « 14% pour un Paris-Toronto, qui est en règle gé- nérale un vol plus professionnel qu'un Paris- Montréal qui atteint les 8%, en moyenne pour la business class », illustre Anne Falco, directrice marketing et ventes France chez Air Canada .Business class dans l’avionConfort de haut-volDu côté des innovations, tout est fait pour oublier que sous les pieds, c'est le vide ! La classe affaires, c'est du cinq étoiles avec une ceinture de sécurité. British Airways a été pionnière avec l'installation au début du siècle d'un siège convertible en business class. Cher Airbus, 50% du dernier budget alloué pour la montée en gamme (soit 200 millions) ont été absorbés par les nouveaux fauteuils-lits. Certains A318 du transporteur anglais sont mêmes dotés de cabines où l'on peut s'isoler de son voisin grâce à une cloison commandée par un bouton tactile. Air Canada, lui, prévoit des fauteuils complètement inclinables de deux mètres dans son prochain 747. Après le confort du dos, il s'agit aussi de s'intéresser à la nourriture et au plaisir des yeux : Lufthansa à part – sobriété allemande oblige –, certains avions possèdent un « bar- lounge » et proposent des services de bouche de haute qualité : les plats servis à bord n'ont plus grand chose à jalouser aux restaurants gastrono- miques. Et des concours sont organisés pour savoir qui sert le meilleur vin dans sa classe affaires : avec un Laurent Perrrier Brut, Brussels Airlines a remporté la cocarde des meilleurs champagnes etvins en Business Class. En matière de relation client, « Magic Moments », nouvelle politique de Finnair, exige que chaque membre du personnel de bord anticipe les attentes du client. Système depuis longtemps en vigueur, les conciergeries d'Air Canada personnalisent l'accueil avant le vol. Rien n'est trop beau pour les hommes pressés. D'autres labels font également référence à 10000 mètres d'altitude : « L'ensemble des prestations pendant le voyage nous a permis d'obtenir les quatre étoiles, note décernée par l'organisme Sky- trax, explique Anne Falco. Nous sommes la seule compagnie nord-américaine à avoir obtenu cette note qui permet de nous démarquer de nos concur- rents sur l’ensemble de nos axes intercontinentaux, continentaux ou domestiques. » La prestation, enfin, s'accompagne désormais de tablettes géantes et d'une partie divertissement sans cesse accrue. Pour Britsh Airways, certains avions autorisent l'accès à Internet pour les hommes d'affaires. Avec des prix variant du simple au quadruple, on aurait tendance à croire que cette course à l'inno- vation s'accompagne d'une hausse des prix. Que nenni ! En raison surtout du serrage de ceinture des travel policies...LES CLÉS DE LA RÉUSSITE POUR VOTRE ENTREPRISE.#2: Optez pour un investissement rentable à court termeNOUVELLE CARTE D’ABONNEMENTJUSQU’À – 35% SUR VOS VOYAGES AMORTIE DÈS 2 ALLERS-RETOURS• À partir de 299 €/an*.• Jusqu’à 35 % de réduction** sur plus de 150 lignes Air France et HOP! en France métropolitaine, vers l’Europe et l’Afrique du Nord***. • Amortie en 2 à 3 allers-retours selon les lignes.• Billets modifiables et remboursables sans condition.• Nombreux autres avantages et services exclusifs.* Prix TTC hors frais de service, réservé aux entreprises bénéficiant d’un accord commercial avec Air France ou membres du programme de fidélité BlueBiz ; prix public : 399 € TTC hors frais de service. ** Sur le plein tarif hors taxes et hors frais de service. *** Europe étendue à Israël ; Afrique du Nord = Algérie, Maroc et Tunisie.Renseignez-vous sur www.airfrance.fr, au 36 54 (0,34 € TTC/min à partir d’un poste fixe), sur afklm-newsaffaires.fr ou dans votre agence de voyages.MARS 2014 41]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE DécryptageConnexion de cellules grisesEvénementSave the date : 17 mars,les « Oscars » des think tanks au CESE, à ParisDepuis 2006, l’Observatoire fran- çais des think tanks a pour mission de rendre compte de l’actualité de ces entités, qui ont longtemps fait fi- gure d’ovnis en France. Pour la troi- sième année consécutive, cet organisme organise une remise de trophées dont EcoRéseau est parte- naire, récompensant les plus actifs au niveau de la communication ou de la production de contenu. Cet évènement se déroulera le 17 mars prochain au Conseil économique, social et environnemental (CESE). Intégralement retransmis sur Inter- net, il vise à jeter un coup de projec- teur sur la diversité et la richesse de cet écosystème dans l’Hexagone. « L’objectif de ces trophées est aussi de créer un lieu d’échanges, de continuer à recenser ce qui se fait au niveau de la production d’idées en matière de politiques publiques en France », explique Selim Allili, pré- sident de l’Observatoire. Le trophée du think tank de l’année a par exem- ple déjà été remporté par le groupe de réflexion Terra Nova, dont le but est de produire et diffuser des solu- tions politiques « innovantes » en France et en Europe. « Nous souhai- tons valoriser les productions de ces laboratoires à idées, comprendre comment ils fonctionnent, expliquer les valeurs qu’ils portent. Les tro- phées sont dans la continuité du tra- vail que l’Observatoire essaie de produire sur Internet », ajoute le président. L’association loi 1901 s’intéresse ainsi à l’influence réelle qu’ont ces think tanks sur les poli- tiques publiques ou les relations in- ternationales. Elle attire l’attention sur de bonnes pratiques comme le crowdfunding ou l’ouverture du débat de ces entités au grand public via le numérique. Mais surtout elle décortique leurs modes d’organisa- tion, qui permettent d’accoucher collectivement de nouvelles idées. De quoi intéresser beaucoup de monde, à commencer par les entre- prises.Matthieu CamozziInfluents, médiatisés, connectés, les think tanks veulent trouver des solutions aux problèmes de demain... à condition d’utiliser au mieux le tout numérique, afin de prétendre à la fameuse intelligence collective.L"Que celui qui pense au calendrier Aubade cesse tout de suite ! Cela trouble les autres"’Europe doit-elle renoncer mais qui carburent aux idées. gouvernent, et qui sont souvent à une monnaie commune ? Energie, santé, fiscalité, techno- dans des logiques court-termistes, Peut-on améliorer les ca- logie réforme de l’Etat : il n’est de prendre du recul sur certainsque pour faire avancer le débat public. « Les hommes politiques sont assez frileux sur certains thèmes, comme par exemple la dépense publique », pointe Jen- nifer Pizzicara. « Depuis quinze ou vingt ans, les partis politiques produisent peu d’idées nouvelles, ajoute Selim Allili, président de l’Observatoire des think tanks. Les programmes des partis sont aujourd’hui souvent élaborés par des think tanks, qui travaillent de façon beaucoup plus trans- versale et décloisonnée. » Ainsi, nombreux sont les hommes poli- tiques à avoir lancé des think tanks en leur nom propre ou via l’un de leurs proches ces dernières années.pacités cognitives de l’Homme pas un sujet de société dont ces sujets, et de s’emparer d’idées grâce à la technologie ? Quel structures ne se soient pas empa- concrètes qui leur permettront avenir pour le système éducatif rées. « Les think tanks ont deux de faire avancer la société. » LesL'élément numérique est un élément décisif, central, porteur pour accompagnerl'émancipation de la société civile, pour que les citoyens s'approprient la démocratie42 MARS 2014français ? Quelles alternatives à l’énergie nucléaire ? Chaque jour, des experts se regroupent pour plancher sur les grandes problé- matiques actuelles au sein de think tanks. Des regroupements hautement influents qui n’ont pas besoin de chenilles pour avancer,objectifs principaux, explique Jennifer Pizzicara, secrétaire gé- nérale de la Fondation Concorde. Le premier est de mettre sur la scène médiatique des sujets en apportant des arguments et des chiffres. Le deuxième consiste à permettre aux personnes qui nousthink tanks seraient-ils donc ap- pelés à prendre le pas sur les partis politiques ? Certains ob- servateurs estiment que c’est déjà le cas, en tout cas sur le plan de la production d’idées – les partis étant des machines réglées pour remporter les élections, plutôtINTELLIGENCE PARTICIPATIVESi le concept de laboratoires de réflexion existe depuis la fin du]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frXIXe siècle, les think tanks n’ont pris leur envol sous leur forme moderne en France que depuis les années 2000. Depuis quelques années, ceux-ci s’intéressent de plus en plus à l’essor des techno- logies numériques et aux bou- leversements organisationnels qu’elles ont induits : les en- tités qui adoptent le tout di- gital ont besoin des collabo- rations et des données d’ac- teurs extérieurs, ce qui les obligent à s’ouvrir. Il leur faut casser les relations ver- ticales, aspirer à toujours plus de transversalité. Certains es- pèrent aboutir à une forme de réflexion collaborative, voire participative, avec des internautes qui viennent ponc- tuellement apporter leur pierre à l’édifice, quand le sujet les concerne ou les passionne. De l’open innovation ? Peut- être. C’est tout particulière- ment le cas des labos d’idée, dont la réflexion se concentre sur les innovations techno- logiques, comme Renaissance Numérique ou le Club Jade. « Nous avons identifié l’élé- ment numérique comme un élément décisif, central, por- teur pour accompagner l’émancipation de la société civile, pour que les citoyens s’approprient la démocra- tie », s’enthousiasme Mehdi Benchoufi, le fondateur du think tank. La structure dé- fend l’open data, et fait lar- gement appel au crowdsour- cing. Le Club Jade organise régulièrement des « hacka- tons ». Quésaco ? Des évé- nements où des program- meurs se réunissent pour trou- ver ensemble des solutionsDécryptage STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEink tank à la papa : pas de femmes, pas de numérique, mais des blagues potachesà un problème donné. Le der- nier en date s’est déroulé en décembre dernier, et visait à venir en aide aux sinistrés du typhon des Philippines. « Nous misons sur l’intelli- gence collective, la co-créa- tion, la co-conception », ex- plique Mehdi Benchoufi. Mais les think tanks tournés vers les nouvelles technolo-Financementgies ne sont pas les seuls à s’être emparés de ces nou- veaux outils. L’institut Ker- vegan, groupe de réflexion territorial spécialisé sur les problématiques du Grand- Ouest, a modifié sa façon de travailler avec l’avènement du Web 2.0 : « Auparavant nous tenions des conférences classiques. Aujourd’hui letravail collaboratif sur le Web vient se greffer à ces rencontres. Suite à un atelier de réflexion, nos textes sont mis sur le Web à la place d’ouvrages publiés coûteuxfils formatés et très diplô- més : hauts fonctionnaires, énarques, ou encore profes- seurs d’université pilotent en règle générale les groupes de travail... Paradoxal, pourpublic, mais les nouvelles technologies n’ont pas changé notre façon de tra- vailler. Nous continuons à fonctionner avec des groupes de travail qui produisent desSuite à un atelier de réflexion, nos textes sont mis sur le Web et s'enrichissent avec le temps des contributions de plusieurs personnes via des wikisdes structures qui visent jus- tement à impliquer les ci- toyens dans le débat public. L’apport des réseaux sociaux et le crowdsourcing permet- tent en théorie de donner la parole à de nouveaux profils, et de voir émerger des idées en provenance de la société civile. Dans les faits, cepen- dant, il reste beaucoup de chemin à parcourir pour par- venir à cet idéal, notamment du côté des think tanks po- litiques, qui restent souvent campés sur les modèles exis- tants et peinent à se défaire des verrous culturels. « Les réseaux sociaux contribuent à jouer un rôle pour diffuser nos argumentaires au grandLa question du financement demeure le nerf de la guerre, et même l’un des principaux pro- blèmes à résoudre dans l’écosystème des think tanks. Dépourvus d’un statut à part entière, ceux-ci prennent en général la forme d’une association loi 1901 ou d’une fondation. Leur budget, qui varie de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d’euros, provient largement des cotisations des adhérents et des dons de personnes physiques ou morales. L’institut Montaigne, dont le budget annuel tourne autour de trois millions d’euros, est ainsi financé exclusivement par des contributions privées. Des sommes qui demeurent cependant largement inférieures aux structures étrangères. Aux Etats-Unis, la RAND Corporation brasse ainsi près de 300 millions d’euros chaque année. Certains think tanks parviennent tou-tefois aussi à récolter des aides nationales ou régionales... Mais ils doivent pour cela être reconnus d’intérêt public. « Nous touchons aujourd’hui des subventions régionales, mais l’obtention du statut d’association d’utilité publique a été le fruit d’une bataille de trois ans. Le problème est que les think tanks ne rentrent pas dans les cases de l’administration, puisque celles-ci concernent les associations à caractère philanthropique, culturel, ou encore sportif... Il serait bon d’avoir une réflexion de fond sur la forme des think tanks pour combler ce vide juridique qui nous porte préjudice », estime Stéphanie Rabaud, présidente de l’institut Kervegan. « Le fait d’avoir un statut spécifique bien identifié pourrait permettre de faciliter les levées de fonds », abonde Sélim Allili. Et pourquoi pas, demain, le crowdfunding....ère.«LesLabos d'idées cherchent cashet par définition figés dans le temps. Ils s’enrichissent avec le temps des contribu- tions de plusieurs personnes via des wikis. Les documents peuvent continuer à vivre grâce aux commentaires des internautes. Nous utilisons également beaucoup les ré- seaux sociaux, ce qui nous encourage à une communi- cation beaucoup plus étendue qu’auparavant. »idées », reconnaît Jennifer Pizzicara. Nous privilégions des universitaires ou des chefs d’entreprises pour prendre le leadership de ces groupes. » Pour Mehdi Ben- choufi, la France accuse unLA FRANCE À LA TRAÎNEDe quoi contrer l’une des principales critiques adres- sées aux think tanks, à savoir que leurs réflexions sont d’abord menées par des pro-archaïsmes font que cer- taines solutions, largement utilisées par les pays anglo- saxons, ne sont pas adoptées par la plupart des think tanks français », déplore-t-il. Reste à savoir si les mentalités parviendront à changer dans les années à venir.net retard en la matiRonan PenettiMARS 2014 43]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE ExpertisesN EditorialNormesQuand trop de réflexion devient sclérosant...par Jean-Louis Pascon Consultant chez Hénon Conseilous n’avons toujours pas d’identité nu- mérique légitime – même pas au travers de la carte nationale d’identité électro-NL o u v e a u x d é v e l o p p e m e n t s d e l a s é r i e I S O / I E C 2 7 0 0 0 s u r la sécurité de l’informationnique –, alors que techniquement tout est prêt. Le projet IDéNum est toujours en cours de réa- lisation. Et voilà qu’on nous annonce une ré- flexion quant à la mise en place d’une solution d’identité numérique dans le cadre du plan Cy- bersécurité, l’un des 34 plans de reconquête de la Nouvelle France industrielle soutenus par le ministère du Redressement productif. L’équipe projet du plan Cybersécurité rassemble des ac- teurs étatiques, industriels et représentants d’uti- lisateurs ; il a pour mission, dans un premier temps, de présenter une feuille de route pour fin mars 2014 dont l’objectif est d’identifier les le- viers permettant à l’industrie de la cybersécurité de se développer en France.’année 2013 a été marquée par la dans les autres normes de la série 27000, cours de définition) pour en savoir plus sur publication, fin septembre, des en particulier dans celles qui vont entrer en ces extensions.ER08DBnouvelles versions de la norme révision prochainement : 27003 (LignesISO/IEC 27001 (Technologies de l’infor- directrices pour la mise en œuvre du sys- L’ISO/IEC 27037 (Guidelines for identifi-Plus précisément le sujet de l’identité numérique concerne la présentation de l’action 12 : « mettre en place une solution d’identité numérique en lien avec les enjeux nationaux et européens », avec en particulier la création d’une spécifica- tion commune pour gérer l’identification et l’au- thentification électronique(*).mation-Techniques de sécurité-Systèmes de management de la sécurité de l’infor- mation-Exigences) et de la norme ISO/IEC 27002 (Technologies de l’infor- mation-Techniques de sécurité-Code de bonne pratique pour le management de la sécurité de l’information). Ces deux normes constituent, avec l’ISO/IEC 27005 (Technologies de l’information-Tech- niques de sécurité-Gestion des risques liés à la sécurité de l’information) le noyau normatif de la gestion de la sécurité de sys- tèmes d’information.Une analyse de la nouvelle version de l’ISO 27001 montre peu de changements fondamentaux par rapport à l’ancienne. Pour l’essentiel, cette norme a été adaptée afin d’être conforme à la nouvelle annexe des directives de l’ISO portant sur les normes de management. Cela a conduit principalement à une réorganisation des chapitres de la norme.Pour l’ISO/IEC 27002, ce qui est le plus visible est une réduction du volume, 120 pages au lieu de 130 précédemment (!), avec une diminution des mesures dans la même proportion et une légère augmenta- tion du nombre de chapitres. Cela signifie que, pour l’essentiel, les mesures complé- mentaires sont, ou seront, à recherchertème de management de la sécurité de l’in- formation), 27004 (Management de la sécurité de l’information-Mesurage), 27005 (Gestion des risques liés à la sécu- rité de l’information) ou qui vont être dé- veloppées dans les années à venir : 27009 (The Use and Application of ISO/IEC 27001 for Sector/Service-Specific Third- Party Accredited Certifications), 27017 (Code of practice for information security controls for cloud computing services based on ISO/IEC 27002), 27018 (Code of practice for PII protection in public cloud acting as PII processors), 27036 (Informa- tion security for supplier relationships)...Parmi les normes qui vont entrer en révi- sion, une des plus importante est l’ISO/IEC 27005 qui traite de la gestion du risque en sécurité de l’information. Cette nouvelle version devra en particulier inté- grer l’extension de la gestion de nouveaux risques comme ceux liés au Cloud Com- puting, à la « privacy » (vie privée) et aux données personnelles.L’ISO/IEC 27009 aura aussi un rôle signi- ficatif dans les années qui viennent. Cette norme vise à élargir le champ de la certifi- cation ISO/IEC 27001, notamment au Cloud Computing et la « privacy ». Il fau- dra attendre sa parution (la norme est encation, collection, acquisition and preser- vation of digital evidence) a un titre complexe. Elle traite du « forensic » (qu’il est possible de traduire par « informatique légale » ou « investigation numérique lé- gale ») et des précautions à prendre dans la gestion des données, particulièrement celles à valeur de preuve. Elle a donné naissance à trois autres normes en cours de développement, fortement orientées par ce concept « d’informatique légale ».L’ISO/IEC 27050 est un projet de norme sur le eDiscovery (Découverte électro- nique), destiné à la recherche d’informa- tions en format électronique dans les litiges civils ou les enquêtes gouvernemen- tales. Dans les faits, il s’agit de la transpo- sition en norme internationale des procédures judiciaires saxonnes.En conclusion, la grande famille des normes ISO 27000 ne fait que se rajeunir et s’agrandir pour couvrir des domaines de plus en plus nombreux et précis, tout en homogénéisant son noyau central (27001, 27002 et 27005), en s’alignant sur les au- tres normes de management de l’ISO, pour mieux assurer la sécurité des données et des documents.Il ne reste plus qu’à les mettre en œuvre.On y apprend ainsi, comme s’il s’agissait d’une grande nouveauté, que la définition de l’identité numérique pourrait correspondre au cumul de trois grandes fonctions permettant l’utilisation d’un service de confiance en ligne afin de rece- voir une information, un droit ou contrat en ligne. Le but étant de créer un cadre de confiance mutuelle dans les échanges dématérialisés.Ces trois grandes fonctions sont : L’identification électronique qui permet aux prestataires de services en ligne de répondre à la question « Qui veut accéder à mon service ? ». L’authentification électronique qui permet aux prestataires de services en ligne de répondre à la question « Ai-je confiance dans l’identité de la personne ? ». Le prestataire de service pouvant alors décider du droit d’accès de la personne à son service.La signature électronique qui permet aux pres- tataires de services en ligne de répondre à la question « Qui signe et à quoi s’engage-t-il ? ».Quand agira-t-on ? Depuis 2009 notre carte na- tionale d’identité électronique est prête et nous en sommes encore à raisonner, à rechercher, à proposer des pistes de réflexion sur le sujet de l’identité numérique. Concrètement les citoyens que nous sommes ne disposent d’aucune sécu- rité numérique délivrée par l’Etat alors que la grande majorité de nos proches voisins en béné- ficie. Dommage, car cela favorise les échanges numériques dans les pays en question. En atten- dant, grâce à l’eIDAS d’étendre ces échanges au niveau européen. Saura-t-on enfin réagir ou doit- on s’attendre à être totalement débordé de tous côtés à force de réfléchir et de rechercher des so- lutions parfaites qui n’existent pas ?Jean-Marc Rietsch(*) Rappelons que la proposition de règlement eIDAS (élec- tronique identification et authentification services) émise en juin 2012 et en cours de discussion, décrit le cadre juridique visant à renforcer la confiance dans l’utilisation des transac- tions électroniques en Europe, et notamment dans le cadre du marché intérieur des services en ligne.B U L L E T I N D ’ A B O N N E M E N TraJe m’abonne à❏ 1 an (10 numéros) : 35,90 €❏ 2 ans (20 numéros) : 68,90 €❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieurl’adresse suivante :à l’ordre de à lService Abbonnement EcoRéseaudeeSociété :Nom :Prénom :Adresse :Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. DOM-TOM et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr). Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. Si vous nele souhaitez pas, cochez la case ci-contre. ❏Code postal : Ville :Tél :E-mail :à compléter et à retourneravec votre règlement par chèque201-203, rue dVaugirard - 75015 ParisLMediaLes informations ci-contre sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place.Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la rectification des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement d’EcoRéseau. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des fifins commerciales.44 MARS 2014BULLETIN D’ABONNEMENT]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frAssurance risqueExpertises STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE}MORPHOTRAK (GROUPE SAFRAN)(1993), a réalisé le parcours suivant :Le carnet desnominationsen partenariat avecpar Jean-Laurent Santoni Président de Clever CourtageRLetoursurl’atelier«assurancecyber-étatdumarché»auFIC2014 CelesteThomassonn 2010-2013 : Safran, directeur juridique du groupe.a 6e édition du Forum International tout va bien en 2016. En attendant ils regar- venus sur ces nouveaux marchés de ma-n 2008-2010 : Safran USA, senior vice president & general counsel.n 2003-2008 : Messier-Dowty (groupe Safran), directeur juridique.n 2002-2003 : Messier Services (groupe Safran), responsable juridique.contre la Cybercriminalité s’est dent ceux qui sont soumis à des régimes nière opportuniste, en adaptant les contrats n 1999-2002 : Laboratoires Fournier, responsable juridique en charge des acquisi-tenue pendant deux jours les 21 et particuliers (Opérateurs dans le cadre du Pa- US fondés à la fois sur des obligations ré-22 janvier 2014 au Grand Palais de Lille. Le quet Télécom, hébergeurs de santé ASIP, glementaires de protection de la privacy (as- & McKenzie (à Los Angeles).FIC 2014 avait pour thème « la confiance numérique » et nous revenons sur l’atelier « Assurance Cyber - Etat du marché » au- quel j’ai participé.opérateurs de jeux ARJEL,...) et s’aperçoi- vent que ceux-ci sont également attentistes, malgré ces régimes contraints.Restent quelques proactifs qui ont intégré l’assurance comme un moyen de finance- ment des risques au sein de leurs offres tech- niques, tels que des opérateurs de cloud ou des entités se sentant exposées à des cyber attaques, qui trouvent ainsi un moyen de renforcer leurs fonds propres, de protéger leur bilan et de générer de la confiance. Constat négatif ? Il faut néanmoins recon- naître que les assureurs multiplient les par- tenariats techniques et cherchent à positionner leurs offres. Toutefois il est es- sentiel d’évaluer si les assureurs viennent sur un marché d’opportunité et de court terme ou s’il s’agit d’un marché de spécia- lités réservé à des acteurs capacitaires qui veulent renforcer sur le long terme leurs po- sitions existantes et leur portefeuille déjà bien constitués autour de risques financiers et techniques. La tendance observée est que les assureurs anglo-saxons sont d’abordsuranceobligations de notification de violation de sécurité (assurance de dommages). De fait les assureurs continentaux se sont mobilisés pour proposer des solutions alternatives. La question essentielle demeure celle de la ca- pacité financière des acteurs et de leur ni- veau d’engagement par sinistre au regard des enjeux.En outre, on observe un développement ac- céléré des partenariats entre les assureurs et les prestataires de services de sécurité (Beazley et Logica, le courtier Marsh et So- geti, AXA Matrix et Cassidian, très récem- ment Allianz et Thales, puis Hiscox et CS). Au-delà des alliances commerciales où cha- cun regarde avec intérêt la base client de l’autre, on peut se demander quelle est la valeur ajoutée pour le client. Le risque de conflit d’intérêt est présent. Mais le presta- taire de sécurité apporte son expertise à la connaissance du risque de souscription que prend l’assureur, davantage que celle du risque d’exploitation supporté par l’assuré.n 1992-1999 : Début de carrière notamment comme avocat au sein du cabinet Baker }MICROSOFT FRANCE (GROUPE MICROSOFT)Agnès Van de WalleMadame Agnès Van de Walle est nommée directeur de la division Windows et Sur- face de Microsoft France, à ce poste depuis novembre 2013. Elle est ainsi chargé de renforcer la position de la division sur les marchés grand public et entreprises. Elle col- labore dans ce cadre avec l'écosystème de constructeurs, éditeurs, distributeurs et in- tégrateurs de Microsoft France. Elle est également chargé de développer les activités des services Internet Explorer, OneDrive et Outlook.com en France. Elle remplace Monsieur Olivier Ribet.J’ai distingué trois catégories : les scep- tiques, les légalistes et les proactifs.Les sceptiques forment la majorité. Après avoir entendu que les contrats de dom- mages en « Tous Risques Sauf » couvraient tous les risques informatiques matériels et immatériels, et que les contrats de respon- sabilité civile couvraient toutes les réclama- tions émanant de tiers ou de clients, ils ont un peu de mal à discerner si les cyber risques sont si spécifiques que cela et méri- tent de souscrire de nouveaux contrats com- plexes et coûteux.Agnès Van de Walle , 45 ans, MBA marketing de London City University (1991), ESLSCA, a réalisé le parcours suivant :n 2012-2013 : Honeywell Security, vice president sales EMEA.n 2007-2012 : Samsung France, directeur de la division IT.Les légalistes sont attentistes. En l’absence de dispositions législatives françaises et eu- ropéennes imposant une obligation de sous- crire une assurance pour se protéger des cyber risques ou indemniser les victimes, ils attendent en particulier la mise en vigueur du projet de Règlement européen prévu si}EOS IMAGINGFabienne Hirigoyenberry-LansonMadame Fabienne Hirigoyenberry-Lanson est nommée directeur médical d'EOS ima- ging, à ce poste depuis novembre 2013, sous la responsabilité directe de Madame Marie Meynadier, directeur général. Elle est ainsi en charge du développement des af- faires médicales.Fabienne Hirigoyenberry-Lanson , doctorat de biologie de l'université des sciences de Bordeaux (1991), a réalisé le parcours suivant :n 2012-2013 : Accuracy, vice-président des affaires médicales monde.n 1992-2012 : Différentes fonctions en recherche clinique au sein de grandes socié- tés de recherche clinique sous contrat (CROs) et de sociétés spécialisées dans les dis- positifs médicaux.Records management}AMADEUS AMÉRIQUE DU NORDMurray MazerMonsieur Murray Mazer est nommé responsable innovation et recherche d'Amadeus, à ce poste depuis janvier 2014. Il est ainsi en charge de la définition et de la mise en oeuvre du cadre de travail de l'entreprise en matière d'innovation.Murray Mazer , doctorat de sciences informatiques de l'université de Toronto, a réalisé le parcours suivant :n 2011-NC : Oracle Corporation (à Shanghai), président du centre BI R&D.n NC-2011 : Endeca Technologies (rachetée par Oracle en 2011), vice president of software engineering and distributed development.n Lumigent Technologies (logiciels de sécurité de bases de données), cofondateur.n Open Software Foundation, chercheur principal.n Digital, début de carrière comme premier ingénieur de recherche du laboratoire de recherche de Cambridge.Madame Celeste Thomasson est promue président-directeur général de MorphoTrak, à ce poste depuis janvier 2014. Elle remplace Monsieur Daniel Vassy.Celeste Thomasson , 47 ans, membre du Barreau de la Cour suprême de Californie (1993), doctorat de droit de Southwestern University School of Law de Los Angelesde responsabilité) etsur destions de licences.n 1998-2007 : Brother France, directeur commercial et marketing (2000).n 1994-1998 : Danel, responsable marketing pour la branche Distribution.n 1991-1994 : Johnson & Johnson, début de carrière comme commercial compte-clé.par Arnaud JulesDirecteur Gestion et Conservation de l’Information - Orangeonformités légale et réglementaire, tivité et leurs modalités de mise en œuvre. Archivistes français (AAF) et professionnels efficacité opérationnelle ou re- Ils positionnent le management des infor- de l’Information et de la Documentation cherche de gains de productivité, mations et des documents au plus haut ni- (ADBS) rejoints par le Conseil canadien des}FULLSIX FRANCEThibault RaynautMonsieur Thibault Raynaut est nommé responsable des développements mobiles de FullSIX France, à ce poste depuis janvier 2014, sous la responsabilité directe de Mon- sieur Philippe Huot-Louradour, directeur général. Il est ainsi en charge du développe- ment de l'activité Mobile en qualité de manager technique. Ses principales activités consistent à la gestion d'équipe, et au développement d'applications iOS - Android - Windows Phone.Thibault Raynaut , EFREI (2000), a réalisé le parcours suivant :n 2003-2013 : Teamsoft, notamment chef de projets de coordination environne- ments.n Début de carrière comme analyste développeur en mission à la Société générale sur des projets de front office.CRecords management et gestion des documents d’activité : le renouveau de la normalisation internationale}ORANGE (GROUPE ORANGE)Mari-Noëlle Jégo-LaveissièreMadame Mari-Noëlle Jégo-Laveissière est promue directeur exécutif en charge de la division Innovation Marketing Technologies (IMT) du groupe Orange, à compter du mois de mars 2014, en remplacement de Monsieur Vivek Badrinath. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Stéphane Richard, président-directeur général, et rejoint le comité exécutif.Mari-Noëlle Jégo-Laveissière , ENS, a réalisé le parcours suivant :n NC-2014 : Orange, directeur international and backbone network factory.n 2010-NC : Orange, directeur recherche et développement du groupe.n 2007-2010 : Orange, directeur marketing France.n NC-2007 : Orange, directeur de la transformation du groupe.n 2004-NC : Orange, directeur régional Limousin-Poitou-Charentes.n 2001-2004 : Orange, directeur stratégie, puis directeur des produits bas-débit, ser- vices et VOIP de Wanadoo.n 1999-2001 : Orange, responsable de la mise en place du canal de distribution des produits et services et de la relation client sur le web.n 1996-1999 : Groupe France Telecom (devenue groupe Orange), début de carrière comme responsable des boutiques Orange de la Rive Gauche de Paris.production de valeur, besoin de sécurité, dé- veau des organisations, celui de leur stratégie normes et l’APROGED), en est un exemple.matérialisation des processus, ont entrainé et développé des attentes toujours plus impor- tantes au niveau de la gestion de l’informa- tion dans l’entreprise.et de leur politique. L’émergence de ces normes de système de management est au- jourd’hui devenue tellement d’actualité (une quinzaine aujourd’hui : 9000, 14000, 27000 puis 20000, 28000, 30300 parmi les princi- pales parues) que leur forme commune est désormais définie dans une directive de l’ISO.Le dernier livre blanc revient sur la nécessité de définir et préserver la qualité des méta- données techniques et documentaires qui contribuent à préserver la traçabilité, l’acces- sibilité et l’exploitabilité des documents et des données. Sujet d’autant plus central qu’il est au cœur des problématiques de gestion de l’information dans le cloud.Les nouvelles normes ISO 30 300 et 30 301i définissent le Records Management ou la gestion des documents d’activité comme le « champ de l’organisation et de la gestion en charge d’un contrôle efficace et systéma- tique de la création, de la réception, de la conservation, de l’utilisation et du sort final des documents d’activité, y compris des pro- cessus de capture et de préservation de la preuve et de l’information liées aux activi- tés... ». De fait, ces textes formalisent les termes d’une bonne gouvernance des sys- tèmes de management des documents d’ac-Ce renouveau, c’est également celui de l’ex- pertise française, héritière du temps des pionniers du milieu des années 90, qui ap- porte des réflexions de fond grâce à un col- lectif de compétences constamment enrichi de nouveaux contributeurs en prise avec les réalités opérationnelles. Le succès des quatre livres blancs publiés de 2011 à 2013 (publiés sous l’égide de l’AFNOR, l’Association desCes nouvelles normes permettent de fournir les méthodes et outillages de mise en œuvre et d’amélioration continue. Elles vont éga- lement contribuer à l’établissement d’une chaîne de confiance pour une bonne gouver- nance de l’information numérique et de son cycle de vie, au profit de l’entreprise et de toute organisation, du client et du citoyen.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !MARS 2014 45]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution Tohu-bohu digitalAu salon Documation des 26 et 27 mars au CNIT de la Défense, axé sur la gestion de contenu et l’infor- mation stratégique, la gouvernance documentaire sera abordée. Le tout numérique et le travail coopéra- tif génèrent une information qui circule mieux et plus vite dans l’entreprise, dont la valeur dépend des plus-values qu’elle pourrait apporter. Un beau tableau qui exige des transformations bouleversant le quotidien de tout le monde dans l’entreprise, ainsi que des compétences nouvelles.OLles entreprises, n’est plusAutre technique, autre philosophieComment le Big Data a tout changéLe Big Data est, il faut le dire, l’un des derniers concepts dans le vent issus des avancées des TIC. Grâce aux capacités de traitement actuelles, il est possible d’utiliser la manne d’information générée numériquement à l’extérieur de l’en- treprise, telles l’activité et les commentaires sur des réseaux sociaux, des forums, et beaucoup d’autres choses encore. Pour l’exprimer autrement, on rapproche un ensemble non spécifique de données vers celles de l’entreprise pour créer de la valeur ajoutée. Et cela a tout changé. Cela modifie complètement la manière de structurer les données, ce qui n’est pas sans entraîner des changements techniques forts. Si on regarde comment est abordé le Big Data aux Etats- Unis, le modèle part d’un environnement, d’une méthode qui consiste à mettre les données en commun afin de créer une unité de la donnée de l’entreprise. Cette unité se fait aujourd’hui avec des technologies nouvelles, qui ne souhaitent plus les structurer au démarrage. Le simple décalage de cette opération entraîne des modifications dans le traite- ment.Car pour construire une base de données classique, l’objectif est très important : à quoi servira, demain, la base ? Les tables vont être structurées pour cela ; et une fois construites, il est délicat de les modifier. Le modèle actuel promu par le Big Data, en un sens, ressemble plus à la « Time Capsule » d’Apple : la donnée est accumulée, modifiée, mais tout l’his- torique est gardé. On veut agir plus rapidement, plus direc- tement, avec plus de liberté, ce qui résulte nécessairement en une donnée beaucoup moins qualifiée au démarrage. On obtient au final des entrepôts de données beaucoup plus larges, beaucoup moins structurés, prêts à être passés aux filtres du Big Data.« Au final, cela change énormément de choses, estime Franck Pasquet chez ARROWMAN Executive Search. Dans ce modèle de conception, toutes les données sont prises brutes : cela peut être documentaire, des chiffres, des données finan- cières... » Le but est de définir d’où vient cette donnée, ce qu’elle peut créer comme valeur, et avec quoi on peut la mixer pour qu’au final on puisse en ressortir les éléments de plus-value les plus importants pour l’entreprise. « Nous avons des structures de données plus croisées, sauf dans certains domaines comme les factures fournisseurs, qui restent très liées à la direction financière, par exemple, explique Alexis Vernières, Regional Vice President chez Kofax. Mais sur tous les sujets orientés vers le service client, les données sont structurées de façon plus souple. »Si tout cela n’était pas assez complexe, le Big Data induit un autre changement de taille. Avant, le système informatique était conçu comme un château fort ; aujourd’hui, il s’agit plutôt de modèles d’ouverture, où tout le monde a plus ou moins la possibilité de travailler sur les données. Et cela va à l’encontre des habitudes du DSI, dont le rôle a été pendant longtemps de protéger et de sécuriser.rganigramme d'une boîte qui va planter en beauté sa transformation numérique’intérêt de la trans- formation numé- rique, si l’on écouted’ARROWMAN Executive Search. Cela ne signifie pas utiliser des outils digitaux ; cela signifie penser consom- mateur, penser grand nom- bre, rapidité, horizontalité,est devenue, plus que jamais, un élément stratégique de l’entreprise, tant en interne que dans ses relations avec l’extérieur.parlons de la manière avec laquelle nous pourrions améliorer le service client final et son business. Aupa- ravant, nous parlions d’or- ganisation et de productivité,mis en doute : si beaucoup n’ont pas encore franchi le pas, c’est par manque de temps, de budget, de res- sources... mais pas de vo- lonté. Elles savent que le chantier qui les attend est conséquent, mais que le jeu en vaut la chandelle.Le développement, entraînéBIENFAITS À TOUS LES ÉTAGES DE LA FUSÉE« Il faut comprendre, au plus haut niveau, ce que veut dire entrer dans une culture digitale, estime Franck Pasquet, associé en charge de l’animation et du développement de la practice Digital, Marketing et MédiasLes data miners deviennent des data scientists, et les documentalistes des gérants de la donnée textuelle46 MARS 2014penser que les métiers, en- semble, font plus que les métiers seuls. »Une transformation qui vaut pour toutes les activités de l’entreprise, et plus parti- culièrement pour la gestion documentaire, que le déve- loppement des modes de tra- vail collaboratifs exige de repenser. En effet, la donnéepar la transformation numé- rique, de prestations de ser- vice de plus en plus pointues et personnalisées en réponse à l’évolution des demandes des consommateurs – aussi bien professionnels que par- ticuliers –, a entraîné une explosion de la quantité de données générées par l’en- treprise. « Aujourd’hui, noussouligne Alexis Vernières, Regional Vice President chez Kofax, éditeur de lo- giciels de capture d’infor- mations. Chercher des nou- veaux clients est priori- taire. » Or, les documents sous-tendent toutes les ac- tivités de service : c’est le support sur lequel on peut les développer, analyser lesŒ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEHaute résolutionperformances et améliorer le process. « Un autre enjeu de la gouvernance docu- mentaire est de bien se connaître soi-même : iden- tifier son expertise interne, qui est implicite dans la cul- ture de l’entreprise », signale Alain Berger, directeur gé- néral d’Ardans, qui propose des solutions d’ingénierie des connaissances. Définir son identité permet de la travailler, et de pouvoir plus facilement la transmettre si besoin, par exemple en cas de nouvelle embauche.compétence verticale forte dans un domaine, mais aussi à développer une culture large (et moins profonde évidemment) des autres do- maines, pour pouvoir s’adapter aux changements de technologie et pour com- prendre les évolutions, les convergences de domaines, etc. Le fameux profil que les Anglo-saxons nomment T-shaped (en forme de T). Par exemple, d’un point de vue informatique, cela im- plique de passer de systèmes construits un peu comme des poupées russes à des modèles plus ouverts, où tout le monde a possibilité de plus ou moins travailler sur les données. Mais il ne faut pas non plus tomber dans l’excès inverse et lais- ser la porte ouverte à tous, un risque plus élevé qu’on ne le croît. « Auparavant, une hiérarchie documen- taire était en place – confi- dentiel, ultra confidentiel, etc. – dont la circulation s’opérait par enveloppes scellées, décrit Jean-Louis de la Salle. L’e-mail et son usage ont tout remis à plat ». Petit à petit, la notion de ce qui est important, de ce quiPar ailleurs, aujourd’hui, grâce au numérique, le pa- trimoine informationnel d’une organisation peut – et, de plus en plus, doit – devenir facilement accessi- ble aux différentes parties prenantes : les salariés, les clients, les fournisseurs, les sous-traitants, les parte- naires, et ce avec une rapi- dité sans précédent. « Il faut également prendre en compte le facteur média- tique, souligne Jean-Louis de la Salle, membre du conseil d’administration de Xplor. Par exemple, dans le secteur des transports, il faut pouvoir produire, au moindre accident, toute la documentation qui peut s’y rapporter. » Une quantité d’information de plus enCatherine et Jean-Claude ont leur interprétation de l'horizontalité en entreprise...à tous ces besoins de partage et de traitements nouveaux, la gouvernance documen- taire doit drastiquement évo- luer. Le nouveau mot-clé est rapidité : celle avec laquelle on a besoin d’une informa- tion, avec laquelle on doitGouvernance documentairealler sur un marché ou pren- dre une décision et donc ob- tenir un niveau d’informa- tion qui permet la réalisation. « Pour réussir à s’adapter à cette exigence de vitesse, il faut diminuer les verti- caux, raccourcir les hiérar-chies, et augmenter la trans- versalité », explique Franck Pasquet. Sans oublier de faire évoluer ses compé- tences.plus grande, en un temps de plus en plus court.PENSER DIFFÉREMMENT, ORGANISER UTREMENTMais pour pouvoir répondreLes premiers touchés sont ceux qui travaillent déjà dans le domaine. « Au- jourd’hui, l’objectif est d’al- ler chercher l’essence de la valeur ajoutée du docu- ment », explique Alain Ber- ger, directeur général d’Ar- dans. Au lieu d’analyser et de catégoriser, il faut ima- giner la plus-value poten- tielle de la donnée. Les data miners deviennent des data scientists, et les documen- talistes des gérants de la donnée textuelle. Mais le changement de compétence n’est pas suffisant. Pour une telle évolution – d’une ges- tion documentaire à une cul- ture de volumétrie qui crée de la valeur ajoutée dans les métiers –, il faut égale- ment apporter des change- ments organisationnels et structurels.S’il est un mot qui cristallise les ambitions de tous autour du numérique, c’est bien celui de donnée – la data anglo-saxonne. On parle d’archivage de données, de trai- tement de données, de gestion de don- nées... et de gouvernance documentaire. Car il y a une différence entre donnée et document, même si en ce moment, la première prend le pas sur le deuxième, voire le phagocyte. En partie, avouons-le, parce que le terme est à la mode, et surtout parce qu’« aux Etats-Unis, la notion de document n’est pas évoquée – ils parlent d’information au sens large », précise Jean-Pierre Blanger, vice-président de la Fidim. Dans un domaine aussi dominé par l’anglais, ce n’est pas négligeable. L’intérêt est compréhensible. La disponibilité des informations extérieures à l’entreprise et une réorientation de la stratégie vers le client final font que la valeur ajoutée pré- sente dans les données internes de l’en- treprise est augmentée par sa mise en re- lation avec des données extérieures. Par exemple, on sait en interne qu’un client X adore le produit Y ; mais les données ex-48 MARS 2014ternes indiquent qu’il pourrait être intéressé par le produit Z.Même si les possibilités sont alléchantes, il ne faut pas oublier pour autant les do- cuments. « Il faut rétablir la hiérarchie entre document et donnée, souligne Jean- Pierre Blanger. Il faut séparer les notions d’information et de document. » Tant que cela n’est pas fait, il sera inutile d’organiser la sécurité du système de gestion. Prenons un exemple : une facture, s’il lui manque une information, devient invalide. C’est un document, une association d’informa- tions clairement visibles et qui a une valeur supérieure à la somme des infor- mations qui y sont contenues. Cette valeur est elle-même une donnée ; mais l’objet document – même virtuel – a ceci de par- ticulier qu’il doit pouvoir être restitué à l’identique, ce qui entraîne un certain nombre de contraintes.De plus, si l’entreprise est libre de traiter ses données en interne comme elle le souhaite, avec ses propres classifications et normes, beaucoup de documents ont une valeur légale, ce qui implique de res-pecter certains standards. Cela se voit dans le secteur bancaire par exemple. Les obligations législatives freinent le passage au tout numérique, surtout à cause du problème de la signature – sa version électronique, malgré des solutions exis- tantes, est encore peu répandue. De ce fait, on en arrive à des situations ubuesques, où un dossier entièrement validé électro- niquement doit être complété par une photocopie de carte d’identité... On com- prend alors que pour un DSI, qui s’intéresse avant tout à la donnée, « la notion de do- cument ajoute une complexité technique réelle », explique Jean-Louis de la Salle, membre du conseil d’administration de Xplor. Ils n’ont donc jamais vraiment voulu prendre ce sujet en main. Comme malgré tout il fallait bien s’occuper des documents, chaque activité a souvent développé sa propre solution. Mais cela ne constitue pas une organisation cohésive, et l’enjeu est aujourd’hui trop important. Une vraie gouvernance documentaire ne s’occupe pas uniquement de traiter des données : elle doit s’occuper des documents.Et comme l’information est partagée et utilisée par toute l’entreprise, avec les mêmes exigences, tout le monde est affecté par la transformation, et doit s’adapter. Le fait de disposer de technologies au- jourd’hui beaucoup plus sou- ples et rapides, avec des méthodes de mise en œuvre agiles, encourage les middle managers à acquérir uneDocument et donnée ne sont pas équivalents]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Business storyDocteur Withings et Mister CloudOCinq ans après sa création par deux ingénieurs, Withings est devenu un leader français en matière d'objets connectés dans la santé. Une pépite symbole des bienfaits que la Toile peut apporterà l’industrie traditionnelle.n le sait, les objets machine analyse la qualité podomètre et d’analyse des intelligents et de l’air, la température et le calories brûlées.connectés sont par- rythme cardiaque. Depuis,tout. Depuis la sonnerie du l’entreprise française a lancé LIMITES DE LA réveil jusqu’au moment où une demi-douzaine de pro- COMPRÉHENSION nous fermons les yeux, ils duits, toujours dans le do- DU SOMMEILnous suivent dans nos moin- maine porteur de la santé REPOUSSÉESdres mouvements et tentent connectée. Par exemple son Le prochain projet de Wi- – nous l’espèrons – de faci- tensiomètre, lancé en mai things, qui devrait sortir au liter la vie du quidam ordi- 2011, permet de prendre ré- printemps, répond au douxNous voulons permettre aux gens d'influer sur leur poids, leur tension, leur activité, leur sommeil, par la connaissance des donnéesnaire. Si certains relèvent du gadget, d’autres ont pour but de veiller sur notre santé. C’est ainsi que commence en 2009 l’aventure Withings. Cette PME, qui se présente comme un pionnier de la santé 2.0, débute ses activités avec une balance connectée. Celle-ci fonctionne comme un pèse-personne standard, sa particularité étant de stocker les données collectées dans le cloud, puis de les restituer à l’utilisateur sous forme d’une courbe acces- sible depuis l’ordinateur ou le téléphone mobile. La ver- sion la plus récente de lagulièrement la tension sans prendre de rendez-vous chez le médecin. L’idée est de dé- dramatiser l’usage de ce pro- duit lié à la santé en l’insérant dans le quotidien. L’an der- nier, Withings est parvenu à se tailler une place sur le marché très concurrentiel des capteurs d’activité avec le Withings Pulse, concurrent direct des bracelets commer- cialisés, entre autres, par la marque Nike. Fidèle au po- sitionnement de la PME fran- çaise, en pointe sur la santé, l’objet intègre la mesure du rythme cardiaque en plus des traditionnelles fonctions denom d’Aura et a pour mission de veiller sur notre sommeil. Cette lampe de chevet au design arrondi utilise des en- vironnements d’ambiances sonores et lumineuses pour agir sur les phases d’endor- missement et de réveil. Un capteur, disposé sous le ma- telas, suit le rythme de la respiration et le rythme car- diaque pour décrypter les phases de sommeil de l’uti- lisateur et choisir de le ré- veiller pendant les phases de sommeil léger. « L’idée de se tourner vers le sommeil est venue naturellement », explique le directeur marke-« Mais pourquoi, pourquoi est-ce que j’ai repris de la raclette ce week-end ? »Strategy review B Stop à la finance criminelle !ting Julien de Préaumont.Or, le sommeil représente un tiers de notre vie. Les solu- tions concurrentes, comme les applications iPhone,n’opèrent que sur la partie « tracking », c’est à dire la collecte de données. Ce qui rend notre produit intéressantNous voulons permettre aux gens d’influer sur leur poids, leur tension, leur activité...par Pascal JunghansEnseignant à l'international University Of Monacoet à l'université de technologiede TroyesMembre du conseil scientifique duitcoin, Trading haute fréquence, des douanes ont démantelé un réseau de finance mondiale. D’abord, les marchés Unsponsored ADR... Tous ces outils trafiquants de drogue utilisant le Bitcoin de gré à gré, totalement opaques, sur lesquels financiers plus ou moins barbares, comme outil de blanchiment. Le surlende- sont notamment négociés les « UnsponsoredConseil supérieur de la formation Las, cinq jours plus tard, une journalisteet de la recherche stratégique.des Echos – taquine – révèle que les services50 MARS 2014plus ou moins légaux, ont, avec tant d’autres, main, le 11 février, l'opérateur le plus connu ADR », ces titres qui permettent de créerles faveurs des financiers dans les dernières années. Les chantres de l'économie dérégulée ont loué leurs mérites : profits générés et fluidité sur les marchés des capitaux en- gendrée. Ainsi en est-il d’Edouard Tetreau, abonné des pages « Opinions » du quotidien Les Echos qui, le 5 février 2014, lance une ode enamourée au Bitcoin, cette monnaie virtuelle et électronique que nulle autorité ne peut contrôler.du Bitcoin, la plateforme tokyoïte Mt.Gox, suspend indéfiniment tous les retraits de Bitcoins après avoir détecté des opérations « inhabituelles » sur ses réseaux. Bonsoir Édouard !Cela suffit. Les autorités financières décident enfin de taper du poing sur la table et poser des limites à la finance dérégulée qui devient criminelle et n’a rien appris de la crise de 2008. La Commission européenne avec le projet de directive MIF 2 semble vouloir agir contre deux trous noirs de lades actions d'une entreprise sans l'accord de celle-ci et qui ont concerné plus de 1400 groupes, tels EADS ou Areva. Ensuite, le Trading à haute fréquence, ces opérations de Bourse pilotées par des robots, support de crashs frauduleux et de manipulations de cours criminelles. De son côté, la Banque de France va passer à l'action contre le Bit- coin. Les avancées seront modestes. Mais un coup d'arrêt est donné à cette finance dérégulée qui brouille les barrières entre légal et illégal. Des barrières qui auraient dû rester étanches.]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frest qu’il pousse la compré- hension du sommeil beau- coup plus loin grâce à l’ana- lyse de la respiration et du rythme cardiaque. Il s’agit d’une solution concrète aux problèmes de sommeil. » Un pari qui a déjà su séduire le jury du CES, la grand messe de l’électronique de Las Ve- gas, qui lui a attribué cetteimportant pour nous. Nous veillons à ce que ces données soient accessibles unique- ment par l’utilisateur, et nous mettons un point d’honneur à ce qu’il puisse, s’il le sou- haite, effacer tout son data de nos serveurs. Cette option, qui figure dans nos condi- tions générales, est payante chez nos concurrents », ajoute-t-il. Anne-Sophie Bor- dry, présidente du think tank « Objets Connectés », affiche également sa confiance par rapport à ces produits. « L’ob- jectif n’est pas la surveil- lance, mais le bien-être. D’autant plus que Withings est une société française qui suit les régulations qui s’ap- pliquent sur notre territoire. Si la CNIL fait une requête sur leurs serveurs, Withings devra s’y conformer. Le pro- blème d’un éventuel piratage des données personnelles est un vrai sujet, mais je pense que la sécurisation est au- jourd’hui efficace. »Business story STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUEVie juridiqueannée l’« Innovation design and engineering award ». Un prix qui récompense une in- novation d’usage, une inno- vation technologique et un design soigné. La France était d’ailleurs particulière- ment bien représentée à cet événement, avec 90 entre- prises.VENT AGRÉABLEDU SUCCÈS ET DE L’INTERNATIONALLe tandem d’ingénieurs à la tête de Withings, Cédric Hut- chings, issu du marketing de produits technologiques, et Eric Careel, qui a travaillé dans la recherche institution- nelle, est complémentaire. Et détonnant. Les deux hommes n’hésitent pas, en décembre dernier, à apparaî- tre sur scène vêtus d’un sim- ple caleçon devant l’auditoire du salon technologique Web 13 pour présenter leurs pro- duits. Côté financement, la société débute en 2008 avec un capital de deux millions d’euros apporté par les fon- dateurs. Elle a ensuite levé trois millions auprès de Ven- tech, puis 23 millions auprès de Bpifrance et de plusieurs partenaires privés. La société se refuse à communiquer sur son chiffre d’affaires, concur- rence oblige, mais le fait qu’elle compte une centaine d’employés démontre sa vi- talité. Si la grande majorité d’entre eux travaillent ennul ne songerait à contester. Le phé- nomène du cloud n’y est pas pour rien, puisqu’en diminuant frontale- ment les coûts de stockage, le recours au cloud favorise la tendance à ac- cumuler sans compter.C’est donc une marée de téraoctets de mails, de pièces jointes, de do- cuments comptables et financiers, de dossiers techniques et scientifiques et bien d’autres choses encore, qui monte inexorablement et s’accumule dans les gigantesques data centers des fournisseurs au travers le monde (dont l’impact écologique non né- gligeable est rarement évoqué, ce qui est bien paradoxal s’agissant d’un univers « dématérialisé »).L’entreprise ne se préoccupe de cette « infobésité » que lorsque l’une des deux questions suivantes se pose :Où est l’information dont on a dés- espérément besoin, là tout de suite, pour se défendre, prouver ses droits ou faire face à un litige ?Est-on sûr qu’au milieu de cet océan ne se trouve pas l’information toxique, le poisson vénéneux que vont remonter les enquêteurs avec leur petit filet habile et qui va coûter à la société les amendes rondelettes infligées par des autorités de concur- rence ?La façon d’aborder ces deux ques- tions est, dans ses grandes tendances, très différente en Europe et aux Etats-Unis.En Europe, la pensée dominante consiste à expliquer qu’il convient de ranger les informations de façon précise et rigoureuse, chacune dans sa petite boîte, avec la durée de conservation qui lui est associée et à l’issue de laquelle l’informationDans ce jardin à la française on est censé savoir où chercher et les pois- sons vénéneux sont détruits après leur date de péremption. Paysage clair, simple et idéal.Le problème, c’est que ça ne fonc- tionne pas. L’approche, trop théorique et conceptuelle, est inapplicable de façon globale à une entreprise de grande taille. Il est impossible d’ob- tenir de tous les utilisateurs du sys- tème d’information qu’ils classent minutieusement l’information qu’ils manient et, pour ce qui concerne l’information qui ne rentre dans au- cune case, ils la détruisent. Ils ne savent pas où et comment classer, ils ne veulent pas détruire « au cas où », et la plupart du temps les durées de conservation sont déter- minées avec un tel souci d’exactitude que personne ne se met d’accord dessus au sein des différents services de l’entreprise. Il en résulte une série de projets « d’archivage nu- mérique » qui mettent un temps plus ou moins long avant d’accoucher d’une souris ou de mourir par eux- mêmes, après avoir toutefois fait dépenser des budgets non négligea- bles.Aux Etats Unis, on est beaucoup moins préoccupé par le classement. La logique américaine est entière- ment conduite par la considérable industrie du « e-discovery », qui nécessite à chaque litige la mise en œuvre de logiciels ad-hoc et d’armées d’avocats pour rassembler l’infor- mation pertinente et la produire à l’autre partie.Sans parler des coûts de traitement parfois disproportionnés induits par de telles pratiques, cela n’est pas non plus idéal car en l’absence de plans de classement permettant derations de discovery est élevé, et il l’est d’autant plus que la masse d’in- formation considérée est importante.La solution intelligente pour la ges- tion de l’information des entreprises réside quelque part au milieu.Les plans de classement, ou poli- tiques de conservation, sont indis- pensables, ne serait ce que pour ju- guler l’augmentation incontrôlée des volumes de stockage, détruire ce qui doit l’être après sa durée de vie utile, et avoir une vision synthétique de la composition de son patrimoine selon de grandes catégories fonda- mentales : back office (comptable et financier, RH, immobilier, etc.) ; cœur de métier ; et enfin patrimoine historique, qui pour certaines sociétés constitue une richesse considérable qu’il serait désespérant de voir se dissoudre dans les bas fonds de l’océan numérique.La mise en œuvre d’un plan de clas- sement est viable dès lors que la méthode et les typologies sont com- préhensibles pour les utilisateurs, ce qui suppose de limiter les caté- gories de documents.Coupler une méthode de classement simple et lisible avec l’utilisation de logiciels de e-discovery lorsqu’on cherche de l’information autour d’un sujet réunit le meilleur des deux mondes de façon pragmatique et ef- ficace. Ces logiciels, très puissants et sophistiqués, permettent de re- monter de façon exhaustive et effi- cace les informations recherchées. Mais le fait d’avoir opéré un clas- sement préalable permet d’une part de savoir où chercher (donc de limiter les coûts), et d’autre part de limiter les risques de rémanence des infor- mations toxiques.MARS 2014 51DONNÉES PERSONNELLES RÉCUPÉRABLES EN UN CLICSi certains voient dans ces produits l’avénement de tech- nologies intrusives, Withings pense différemment. « Notre but est de permettre à tout un chacun de s’approprier des données personnelles auxquelles il n’avait pas ac- cès auparavant », explique Julien de Préaumont. D’au- tant plus que Withings ne badine pas avec la sécurité. « C’est un sujet extrêmementétébanlieue parisienne, la soci. a ouvert des bureaux à Hong Kong, pour le sourcing des matériaux, mais aussi à Bos- ton, pour gérer la partie mar- keting en Amérique du Nord. Et pour cause : Withings réa- lise 80% de son chiffre d’af- faires à l’étranger, notamment sur le marché américain.Ronan PenettiparIsabelle RenardAvocat Associé du Cabinet Derriennic - Docteur IngénieurOrganisation des donnees de l’entreprise le bon sLensserait-ilquelquepartentrelevieuxetle nouveau continent ?’augmentation endémique du peut être détruite en bonne détruire les informations toxiques volume d’information numé- conscience sans risquer de se voir dans des durées adaptées à leur ty- rique produit par les entre- reprocher d’avoir frauduleusement pologie, le risque qu’elles soient re-prises est un constat inquiétant que effacé des preuves. montées dans la nasse lors des opé-]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[Christopher, 43 years old. Managing Director, Marseille, ESSEC Executive Education, Class of 2011.And you? How far will your General Management Program take you?General Management Program: Reinforce, Renew, Reach.10 months in Paris. 2 international study trips. 2 formats: weekend or modular. For top executives.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU© Getty Images – Christophe, 43 ans. Directeur Général, Marseille, ESSEC Executive Education, Promotion 2011. Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ? Programme «Management Général» : Renforcer ses compétences, renouveler son projet professionnel, atteindre ses objectifs. 10 mois à Paris. 2 immersions à l’étranger. 2 formats : week-end ou modulaire. Pour les hauts dirigeants.]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8RH & FORMATION Observatoireu L'innovation au cœur des grandes écolesu Mobilité internationaleNouveau plan stratégique à l’ESSECSondage : Résultats du 3e baromètre Deloitte/Ifop sur l’Humeur des jeunes di- plômés- 27% des jeunes diplômés en recherche d’emploi envisagent une recherche hors de l’Hexagone :- 45% sont diplômés de 3e cycle universitaireL'éternelle médaillée d'argent au classement des grandes écoles de commerce lance son nouveau plan stratégique 2014-2020 autour des « 3i », innovation, implication et interna- tionalisation :- Réforme de l'enseignement par le « design learning », nouvelle approche pédagogique sur mesure qui permet à l'étudiant de définir son propre parcours.- 33% sont issus de grandes écoles- 28% envisagent l'expatriation pour la durée entière de leur carrièreLes raisons à l'expatriation sont motivées par les volontés de : - Travailler dans un environnement culturel différent (58%)- Progresser dans une langue étrangère (45%)- Enrichir son CV (44%)- Le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni montent sur les trois premières marches du podium en matière de destination les plus prisées.Source : L'étude a été réalisée du 9 au 18 janvier 2014 sur un échantillon de 1001 personnes ayant achevé leurs études, titulaires d’un diplôme de niveau Bac à Bac +5 depuis moins de trois ans, en poste ou en recherche d’emploi dans le secteur privé (IFOP).- Alliance avec Centrale Paris autour de cursus communs pour former des ingénieurs ma- nagers et des digital managers.- Création d'un fablab de l'innovation pédagogique et scientifique qui ouvrira ses portes à la rentrée 2014 au sein du learning center de l’ESSEC à Cergy, La Défense et Singapour. - Création de nouvelles chaires consacrées au Big Data et à la finance.- Inauguration d'un nouveau campus de Singapour avec création d'un BBA (Bachelor of Business Administration). Des projets similaires prévoient de futures assises en Afrique et en Amérique Latine.Alliance autour du digital :ESCP Europe et CCM Benchmark, premier groupe Internet français, se sont associés pour créer une formation « Marketing digital ». Ce certificat correspond à un module du diplôme Manager dirigeant de niveau I selon le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Il se destine aux cadres des PME et grandes entreprises et en particulier aux res- ponsables de l'innovation, du marketing et de la communication.Entreprises locales vs entreprise étrangère : Qui paye le mieux ?Nouvelle formation Ingénieur spécialité RéseauxSi l'écart demeure entre entreprises do- mestiques et groupes étrangers, on constate des évolutions depuis 2000 : les écarts de salaires entre les zones géogra- phiques se sont progressivement réduits au cours des dix dernières années pour les entreprises qui recrutent à niveau MBA. Notons que les Etats-Unis et l'Europe de l'ouest sont les deux zones où les diplômés de MBA sont les mieux rémunérés. A nuancer cependant avec le coût de la vie.Source : Les Echos.frClassement Times Higher Education 2013 : les universités les plus réputées dans le mondeSondage réalisé par Ipsos MediaCT, le classe- ment de réputation Times Higher Education demeure le plus grand sondage d'opinion mon- diale académique à fournir la liste des 100 plus puissantes marques mondiales universitaires. Pas de critère chiffré, mais le jugement subjec- tif d'experts, des universitaires publiés considé- rés comme les mieux placés pour connaître l'excellence à l’œuvre dans les universités. Bien que nébuleuse, la réputation d'une univer- sité est la priorité absolue sur la scène ultra- concurrentielle des formations d'exception. De la force supposée de la marque, dépend le suc- cès de son institution. Les experts ont été choi- sis pour être statistiquement représentatifs de leur pays et de leur discipline et ont été invités à nommer un petit nombre d'établissements en fonction de leur propre domaine de prédilec- tion : 16639 réponses à l'enquête ont été re- cueillies dans 150 pays. La Sorbonne fait son apparition entre la 70e et la 80e place. Suivent, dans sa roue Polytechnique, et Paris-Sud en queue de peloton.source: www.timeshighereducation.co.uk/world-university-rankings/2013/reputation-rankingL'union entre Télécom Paris-Tech et Polytechnique a porté ses fruits. Et leur dernier rejeton est prévu pour la rentrée 2014 : le mastère Advanced Communication Networks (ACN) ambitionne de préparer ses étudiants à maîtriser les outils théoriques et les méthodes d'ana- lyse de réseaux. Également issu d'un partenariat avec l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA), la formation a reçu le soutien de plusieurs grosses cylindrées du secteur : Alcatel, Cisco, Orange, Thalès.L'ESG déménageStudialis, acteur majeur de l'enseignement supérieur indépendant en France, ouvrira à comp- ter de la rentrée prochaine le premier Campus Cluster parisien qui rassemblera en un même lieu les mondes de l'enseignement, du management, de l'entrepreneuriat et de l'économie numérique. La station Olympiades du 13e arrondissement de Paris verra affluer 3500 étu- diants vers les nouveaux locaux de l'ESG. Mais pas seulement : l'Institut national de com- munication de Paris, l'Innovation Factory et la Web School Factory s'établiront aussi au sein de cette création originale. Le but ? Décloisonner les parcours pour favoriser synergies entre étudiants, start-up et entreprises partenaires.Le Moda Domani Institute est néMarc Drillech, directeur général du IONIS Education Group, revient sur la genèse de cette Business school spécialisé dans les mondes du luxe, de la mode et du design« Moda Domani Institute » ne sonne pas très business school, non ?Ce nom est une référence à Moda Domani, le concours annuel des créateurs de demain, mis en place depuis plus de 21 ans par l’ISG et son association étudiante éponyme. L'association a pour but chaque année de promouvoir un jeune créateur en l'aidant à se lancer grâce à une aide institutionnelle et à la commercialisation de sa collection aux Galeries Lafayette. Ce choix symbolise l’engagement historique de l’école dans les domaines du luxe, de la mode et du design. Nous avons choisi en plus du nom, une situation stratégique : rue Saint Marc, dans le 2e arrondissement, à deux pas des vitrines du faubourg Saint Honoré, de la place des Victoires, du Marais, des quartiers historiques majeurs et des lieux qui créent les tendances.A quels besoins répond cette création ?La France reste un potentiel mondial clair et significatif dans le domaine du luxe et de la mode. On a constaté deux tendances dans ces secteurs d'activité au niveau de l'enseignement supérieur : des formations trop généralistes ou au contraire trop spécialisées. Notre but consiste à faire appréhender les évolutions socioculturelles des consommateurs, maîtriser le pilotage des marques, définir leur positionnement, intégrer les enjeux internationaux... Autrement dit, l'école correspond au besoin d'un regard neuf sur ces domaines d'activité. D'ailleurs, nos formations ouvrent à de nombreux métiers : designers, chargé de relations presse, responsable achats, spécialiste du merchandising digital. Nous insistons d'ailleurs pour que nos futurs étudiants maîtrisent le numérique dans sa globalité et sa complexité. Non pas pour en faire des développeurs, mais davantage des acteurs stratégiques au courant des dernières tendances, y compris dans le numérique. Au total, c'est un cursus qui ouvre à une trentaine de professions répertoriées dans le design, le luxe et la mode.L'Europe tacle la SuisseSource QS Top MBA.com Jobs ans Salaries Trends Report.Quatre universités dans le top 100 du très réputé classement de Shanghai. Idem dans le top 10 des universités les plus cosmopolites selon le dernier classement du Times Higher Education. Des sta- tistiques élogieuses pour un enseignement de qualité mondialement reconnu certes, mais qui devrait souffrir de la dernière décision de Bruxelles. Suite au vote référendaire des Suisses en défaveur de la libre circulation et au refus du gouvernement d'ouvrir son marché à la main d’œuvre croate, Bruxelles sanctionne le pays helvétique en cessant les négociations sur la prolongation des pro- gramme Horizon et Erasmus +. Vases communiquants, ces programmes, pour 2011, auraient permis à proportion quasi-égale d'envoyer 2612 Suisses sur les bancs des facultés européennes contre 2673 Européens au sein des universités fédérales.54 MARS 2014]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8RH & FORMATION Carrières & TalentsVoyages, voyages !Le nomadisme d'affaires prend de l'ampleur. Et dans un souci de performance et de formation, les MBA S autorisent voire encouragent de nombreuses escales prolongées d'un bout à l'autre de la planète.Décryptage de ces allées et venues et de leurs vertus pour nos élites.ouvenez-vous du gnifient pas forcément partir. «BrainDrain»!De Du moins pour les Français. cette grosse flèche, Le choc des cultures débutesouvent coloriée de rouge, à Fontainebleau, sur les bancspartant de Paris et à destina- tion de la Californie, sur les cartes illustrant nos manuels de géographie, utilisée pour caractériser « la fuite des cer- veaux » français. Effet néfaste de la mondialisation, cette diaspora des talents expli- querait pourquoi le pays des Droits de l’Homme tomberait encore plus en décrépitude pendant les moments sombres de son histoire économique. A croire que nos chers diplô- més pensent que l’herbe est toujours plus verte hors de nos frontières. Pourtant, à y mieux regarder, les grandes écoles françaises forment au sein de leur MBA des co- hortes de plus en plus inter- nationalisées ! Preuve mani- feste de l’attractivité des bu- siness schools et de la qualité de leur enseignement. De même, la bonne réputation des MBA hexagonaux, signes distinctifs de haut vol sur la scène professionnelle mon- diale, a permis de peser sur"Avant j'étais ingénieur, mais ça c'était avant"du plateau de Saclay du Grand Paris (HEC), sur les rives de la Loire (Audencia) ou dans les murs de la Ville Rose (Toulouse BS) : pas moins de 84 nationalités pour l’Executive MBA de l’Insead, une cinquantaine chez HEC, une trentaine en général pour les autres MBA en région. « Ces rencontres, ces colla- borations, confrontent les participants aux obstacles du management international. Dont l’un des plus délicats demeure la gestion du mul- ticulturalisme », argue Chan- tal Poty, directrice des pro- grammes Executive Educa- tion à l’EM Lyon. Autrement dit, comment définir des in- dicateurs de performance par- lants pour tous ? Faut-il pri- vilégier l’individu ou le groupe ? Comment se com- porter adéquatement avec la hiérarchie ? Autant de ques- tions abordées durant ces for- mations. Car force est de constater que les culturesl’implantation de campus à l’étranger, floqués de marque d’établissements hexagonaux prestigieux. La recrudescence des partenariats entre écoles et universités étrangères, bu- siness des séminaires à l’ap- pui, démontrent des flux de talents plus complexes qu’une simple fuite hors du pré-carré français. « Brain drain », certes, mais « brain gain »également ! Et cette culture de la mobilité, cette interna- tionalisation des compétences, demeurent l’apanage des MBA. Il s’agit pour les par- ticipants français comme étrangers de découvrir le monde après plusieurs années d’expérience professionnelle. Sans l’innocence d’un Can- dide, ni le timing serré d’un Phileas Fogg... Mais dansl’optique de saisir les oppor- tunités de business dans cer- taines régions du monde, de comprendre comment négo- cier et collaborer dans un contexte multiculturel. Bref, devenir un consultant, un chef d’entreprise, un gestionnaire, apatride et « couteau suisse ». Capable de s’adapter à tous les contextes économiques possibles, et apte à parler lelangage des affaires en terre inconnue.Education à 360°MULTICULTURALISME DANS LES MURS« L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir, il porte en lui l’immensité ! », écrivait Lamartine. Et à l’échelle du MBA, la richesse et l’internationalisation du cursus, effectivement, ne si-parEt si la bataille du livre n’était pas perdue ?Marc Drillechlier dans l’univers de l’enseignement et du corps professoral, ont préféré accuser les nouvelles tech- nologies, dévaloriser Google, se moquer de Wiki- pédia, affirmer une prétentieuse détestation des réseaux sociaux. Au lieu de créer des ponts entre cultures et technologies, ils ont favorisé les condi- tions d’un conflit ouvert dont la fin du récit était évidente. En créant une « guerre des générations » ils ont éloigné plus de jeunes du livre qu’ils en ont retenus. En se positionnant comme supérieurs aux autres ils ont stimulé les réflexes d’auto-défense et n’ont rien gagné sur ce terrain.de la lecture par les jeunes comme la relation très « légère » qu’ils entretiennent à l’orthographe ou à la grammaire n’en font pas des ennemis à vaincre ni des « âmes à sauver » mais des individus qui ratent de formidables occasions de vivre des moments forts de découvrir et de se découvrir, de s’émanci- per et de s’affirmer.si épris de liberté, de refus des contraintes et des pe- santeurs sociales parce qu’il a une fonction libéra- trice qui, malheureusement, manque d’échos médiatiques. Le livre c’est la liberté de déplace- ment. Le livre c’est l’affirmation de son autonomie temporelle. Le livre c’est l’individualisme au beau sens, loin des emprises et des contraintes. Le livre c’est un instrument de libération personnelle dans un monde numérique qui impose et enferme bien plus qu’il n’y parait.PDirecteur général de IONIS Education GroupMais c’est sans compter sur d’autres combattants qui ont eu pour objectif de dévaloriser l’écrit des jeunes générations, ces médiocres bloggeurs et ces stupides amateurs de tweets, ces pseudo-journa- listes qui se racontent sur le Net et qui ne respectent plus les règles sacrées de l’investigation... En dé- crétant une graduation implacable, en vantant la noblesse qui consiste à s’adonner au livre tradition- nel tout en décrédibilisant la qualité médiocre de ceux qui ne s’adonnent qu’au Net, on a oublié que la fin justifie d’autres moyens. La désertion massiveL’enjeu stratégique et prioritaire consiste à déplacer le débat de la rationalité technologique, de la prati- cité et de l’efficacité vers la valorisation de l’excep- tionnelle émotion que peut fournir un livre. Pour cela il faut contester également la nature du conflit, cette forme qui oppose lesAnciens aux Modernes, les ringards aux branchés.Rien ne justifie la fin si vite annoncée du livre (même si son affaiblissement comme objet est pré- visible et qu’il ne faut pas confondre l’instrument et sa finalité) et encore moins la joie de la lecture, pourvu que les passionnés ne s’enferment pas dans une « tour d’ivoire » ni ne se cantonnent à la facilité de la critique. C’est en partageant avec les jeunes qui s’éloignent du livre qu’on pourra les amener à s’interroger, pas en le condamnant d’avance, en- core moins en les dévalorisant. Et ce qui est sou- haitable pour chacun oblige davantage celles et ceux dont la fonction est d’éduquer, d’écouter et de guider.our nombre d’honorables citoyens et pro- fessionnels, le livre est mort, enterré, oublié, dévalorisé, rangé au rang des vestiges d’unSi chaque passionné du livre passait plus de temps à valoriser la lecture, à partager avec des jeunes ly- céens tout ce que peut leur apporter cette passion, s’ils privilégiaient une évangélisation par l’amour et non par la menace, par la jouissance même de la lecture et donc par le manque potentiel, au lieu de jeter des anathèmes stériles, nous serions sans doute sur un autre chemin.passé non numérique, d’une époque dont certains se demandent chaque jour comment il était possible d’y vivre...Il faut admettre certaines vérités qui ne font pas né- cessairement du bien aux défenseurs du livre. D’abord nombre de ses admirateurs, et en particu-La lecture du livre devrait toucher aussi des jeunes56 MARS 2014Œ]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8RH & FORMATION Carrières & TalentsNouvelles lunettesLes MBA attirent toujours plus de profils scientifiques. Des ingénieurs en majorité, mais des docteurs et des techniciens aussi. Leur but ? Gagner en leadership et apprendre à penser en gestionnaires,«Qresponsable des plus ingé- nieux gadgets de 007, n’a certainement pas fait de MBA ! Idem pour le per- sonnage de Lucius Fox, ap- paraissant dans les derniers Batman, campé par un Mor- gan Freeman jonglant entre ses rôles de DG de Wayne Enterprise et de garde-fou des inventions de l’homme chauve-souris. Deux figures atypiques qui occupent des positions aussi bien mana- gériale que scientifique, aux- quelles l’imaginaire collectif oppose un Tournesol, l’in- génieur souvent peu charis- matique, binoclard et en- fermé dans son laboratoire.donc autrement...» – prononcez «kiou»–,in- génieur en chef du MI 5,Pourtant, dans les trajec- toires de carrière, il n’est pas rare qu’un scientifique devienne chef de projet ou accède à des postes de ges- tion, loin de ses prérogatives techniques. Et malgré l’ex-de la bourse et découverte ture du scientifique et celle de nouveaux services sou- de manager. Non pas en vent inconnus avant l’ac- changeant l’homme du tout cession au nouveau poste au tout car les compétences (RH, marketing, communi- ne se créent pas ex-nihilo. cation, etc.). Remèdes à ce Mais en leur révélant un po- changement d’univers pro- tentiel inexploité.Les compétences ne se créent pas ex-nihilo mais les potentiels inexploitésse révèlentpérience, ces nouveaux ca- dres sont souvent en proie à de nombreux obstacles : nécessaire évolution des compétences de manage- ment ou d’organisation, dé- codage fréquent des cordonsfessionnel, les MBA et Exe- cutive MBA demeurent l’une des rares formations à permettre une véritable transformation des partici- pants, en leur assurant une transition fluide entre la pos-SÉSAME POUR LECHANGEMENTL’essor et le succès rencon-trés par les MBA sectoriels,et le rapprochement entreécoles d’ingénieurs et busi-ness schools pour construiredes ponts plus solides entreun cursus scientifique et unecarrière de gestion après plu-sieurs années d’expérience,ont encouragé le mouve-ment. Le MBA sectoriel, àl’instar de son grand frère,le global MBA, présente lesmêmes contenus d’enseigne-ment certes, mais tournésvers un domaine d’activitéen particulier – à l’imagede l’Aerospace MBA de laTBS (Toulouse), du Wineand Spirits MBA du groupeKedge (Bordeaux), du MBAMaritime, transport et logis-tique de l’EM Normandieou des MBA consacrés auxluxe et à l’hôtellerie à l’ES-SEC. Cette connaissance desspécificités d’un marché et vantage avec un manager demande d’Airbus, l’École des métiers qui lui sont inhé- qui « parle leur langue ». nationale de l’aviation civile rents, permet bien évidem- D’autant qu’il s’agit bien (ENAC) a élaboré un parte-Les collaborateurs ont tendance à traiter davantage avec un manager qui parle leur langue"Avant j'étais ingénieur, mais ça c'était avant"60 MARS 2014ment une plus grande crédi- bilité auprès de ses équipes. Des études en sociologie d’entreprise démontrent éga- lement que les collaborateurs ont tendance à traiter da-souvent d’un langage tech- nique doublé de connotations sectorielles pour les postes de manager dans l’industrie. En matière de rapproche- ments d’écoles, suite à lanariat avec l’École des Ponts Paris-Tech pour construire ensemble un Executive MBA aéronautique à Pékin (Tsin- ghua University), afin de former des cadres locaux.]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frCarrières & TalentsRH & FORMATIONCes mêmes écoles, appro- chées par les autorités ma- rocaines et l’université Has- sania, ont construit un pro- gramme similaire. De leur côté, Télécom ParisTech et Mines ParisTech se sont rap- prochées du MBA de HEC. « Ces liaisons interdiscipli- naires entre sciences et ma-de l’Agence tous risques, nombreux Polytechniciens der le management, com- expériences professionnelles un plan se déroule rarement complètent leurs armes avec prendre les stratégies et les des participants. Mais l’es- sans accroc. Face à ce un MBA estampillé HEC. processus de création de sentiel du travail se joueMBA, catalyseur de com- pétences, transforme bel et bien nos Clark Kent en « blouse blanche » en Su- permen de la gestion. Les jeunes ingénieurs l’ont d’ail- leurs bien compris et conti- nuent de plébisciter les MBA. A HEC comme à l’INSEAD, ils sont ainsi 30% de l’effectif du pro- gramme. « Proportion si- milaire chez Kedge », nousCes liaisons interdisciplinaires entre sciences et management sont les tickets gagnants pour passer dans la sphère du conseil ou de la finance, ou pour entreprendre.constat partagé par les bu- La transformation est en valeur. Cette nouvelle lec- sur le changement de pos- siness schools et les pro- marche. Chantal Poty, di- ture de l’entreprise passe ture, notamment par un fessionnels, certains MBA rectrice des programmes par l’assise théorique de coaching personnalisé, afin ont mis au point des exer- Executive Education à l’EM concepts vécus empirique- de capitaliser sur les évo-confirme Michel Gutsatz.cices particuliers, par exem- ple au fort de Penthièvre, l’un des fiefs de Saint-Cyr. Depuis plusieurs années, les MBA se risquent à une pé- dagogie sur terrain militaire : ateliers grandeur nature pour conduire un peloton le temps d’un exercice pra- tique ou théorique pour HEC, stage sur un croiseur porte-hélicoptères pour l’an- cien MBA du MIP (groupe EDHEC), séminaires de l’inconnu pour la Rouen Business School, etc. Quel intérêt de troquer son tail- leur/son costume contre un treillis ? C’est d’abord pren- dre conscience et exercer son leadership dans une si- tuation non maîtrisée. C’est aussi résoudre des conflits internes dans un laps de temps réduit. Ou encore, réussir à convaincre, à né- gocier... Les liens avec le monde de l’entreprise sau- tent aux yeux. Ailleurs, d’autres MBA hexagonaux proposent des ateliers certes moins folkloriques mais tout aussi déstabilisants : confier des missions de conseil à des participants chez une entreprise étrangère sans la moindre information avant leur arrivée. L’objectif de- meure le même : intégrer pleinement le facteur groupe, changer le statut de l’erreur, y remédier, évaluer, anticiper, décider. « Les principales qualités de ces profils sont leur rigueur et leur capacité de travail, ex- plique Michel Gutsatz, di- recteur MBA chez Kedge. Avec de tels atouts, il leur est aisé de formaliser le management et de se construire un leadership au- trement que par l’intuition. Cela explique pourquoi des profils talentueux, à l’image de deux cadres supérieurs hauts placés de chez Airbus Hélicoptère, viennent par- ticiper à notre MBA cette année. » Tout comme deLyon, ajoute : « Appréhen- ment durant les premières lutions personnelles. » LeEXECUTIVE MBAELARGISSEZ VOTRE HORIZONGeoffroy Framery« L’Executive MBA d’EML a été un vrai révélateur de carrière » Françoise Kleinbauer,nagement font acquérir une double compétence et auto- risent des changements d’in- dustrie, de métier, de bassin d’emploi au niveau mondial. Tout est permis. C’est le ticket gagnant pour passer dans la sphère du conseil ou de la finance, ou pour entreprendre, domaines d’ac- tivités envisageables mais plus difficiles à atteindre sans ce précieux sésame », conclut Philippe Oster, di- recteur de la communication, du développement et des ad- missions aux MBA chez HEC.FAITES PROGRESSER VOTRE CARRIÈREEN FRANCE COMME À L’INTERNATIONALExcellence académique, ouverture sur d’autres cultures et modèles entrepreneuriaux (learnings trips, entrepreneurial journeys)et accompagnement individuel personnalisé (assesment, coaching...) garantissent l’impact sur votre performance.Un EMBA adapté à votre rythme professionnel : • 1 durée de 10 à 20 mois• 2 rentrées (janvier et octobre)• 3 formats (week-end, modulaire, fast-track)Notre Executive MBA est classé n°3 mondial pour la progression de carrière (Financial Times oct. 2013)04 78 33 70 66emba@eml-executive.comdiplômée EMBA 2011, PDG France RetraiteFLASHEZpour accéder au sitewww.eml-executive.comMARS 2014 61APPRENTISSAGE D’UNE POSTURE Contrairement au leitmotiv]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Air du tempsL’heure des femmesDomaine longtemps réservé aux hommes, l’univers des montres de luxe éveille l’intérêt croissant Ldu public féminin. Reçu cinq sur cinq par les marques horlogères, qui se bousculent au portillon pourséduire cette nouvelle clientèle.e monde de l’horlo- blic exigeant. Elena Koffi- porel de leurs créations. C’est gerie a ses passionnés, Melcon analyse les raisons ainsi que chaque année, Van amateurs de belles de ce retournement : « La Cleef & Arpels sort de nou-mécaniques et de cadrans de femme prend une place crois- velles déclinaisons de sesprestige. Un univers qui, pen- dant longtemps, a été la chasse gardée de la gent masculine. Mais la donne a changé : de- puis quelques années, le mar- ché des montres de luxe arbore des attributs plus féminins. « Désormais les marques sor- tent des modèles spécifique- ment dédiés aux femmes, car elles se sont rendu compte qu’il existait maintenant un marché à prendre de ce côté- là », témoigne Elena Koffi- Melcon, cofondatrice de Des- ignères District, un bureau de design dédié à l’horlogerie féminine.sante dans la société, souligne la « designère ». Elle a da- vantage son indépendance fi- nancière qu’il y a vingt ou trente ans ». A l’instar d’un bijou, certaines femmes n’hé- sitent plus à débourser quelques milliers d’euros pour pouvoir porter à leur poignet un modèle intemporel ou une création originale. Sur ce cré- neau, les marques se sont d’abord attaquées au marché asiatique, grand consomma- teur de montres. Mais elles se tournent maintenant vers le Vieux Continent également. Si en ce domaine, la femme est devenue l’égale de l’homme, les deux sexes n’at- tachent pas forcément la même symbolique à la montre qu’ils arborent au poignet. « Le luxe signifie pour un homme mécanique exclusive, complexité, performance et investissement. Pour une femme, il s’agit plus d’ac- quérir un bel objet et de se faire plaisir ; un objet de re- connaissance sociale, mais aussi de distinction », estComplications Poétiques, à l’instar une collection de haute-couture.Mais les femmes ne voient pas seulement dans la montre un simple accessoire de mode. Comme leurs congénères mas- culins, une partie d’entre elles manifeste un réel engouement pour la dimension mécanique. « Les femmes s’intéressent de plus en plus aux mouvements, mais aussi aux complications horlogères, estime-t-on du côté de chez Chaumet. Elles ne se contentent plus de mon- tres uniquement à quartz, où le design prime sur le reste. » Chaumet s’est donc lancé sur ce terrain en lançant la montre Liens, dotée d’un mouvement automatique, un modèle spé- cialement conçu pour les femmes. Cela faisait dix ans que la marque n’avait pas lancé de montres.SIGNE DE DISTINCTIONPendant longtemps, les femmes ont été les grandes oubliées des maisons horlo- gères : les montres de prestige qui leur étaient dédiées étaient de simples déclinaisons du modèle pour hommes, en plus petit –et quelques diamants en plus. Mais la donne a changé : désormais, les hor- logers rivalisent d’inventivité pour séduire ce nouveau pu-PLUS QU’UN SIMPLE ACCESSOIRE DE MODE Faute d’avoir su adapter leur offre à temps, les marques traditionnelles se sont en partie fait voler la vedette par les griffes coutures. A côté desCet intérêt croissant pour la mécanique est le signe que les goûts des publics masculin et féminin ont tendance à s’aligner, estime Stéphane Belmont : « Hommes et femmes acquièrent une plus grande maturité vis-à-vis de l’évaluation d’une montre. Les femmes regardent au-delà du design et de la marque inscrite sur le cadran et re-« Cette tendance aux montres de luxe pour femmes, c’est Dalirant, tu ne trouves pas ? »d’avis Stéphane Belmont, di- recteur marketing et création chez Jaeger-LeCoultre.femmes ont aussi tendance à se faire plus discrètes. « Les tendances sont l’or rose, les métiers d’art et le retour d’un cadran de petite taille par opposition à la mode du XXL », indique-t-on chezMontres pour hommes :R.I.P., bling-bling ?En matière d’horlogerie masculine, le temps où l’affichage ostentatoire était synonyme de réussite sociale est révolu. Fini le clinquant et la tendance XXL : désormais, la mode est à la sobriété et au retour à un certain classicisme. « Les hommes sont de plus en plus attentifs à l'esthétique et ne se limitent plus à l'esbroufe technique, fait valoir Stéphane Bel- mont. Ils veulent marier complexité technique avec élégance et raffinement. » Les boîtiers se réduisent et s’amincissent, à l’image de la montre iconique Ultra Thin de Jaeger-LeCoultre, une montre ultra-plate avec des complications traditionnelles et une expression très dépouillée.Autre tendance forte, la mode du vintage : les marques revisitent leurs modèles iconiques, à l’instar de Longines, qui vient de présenter à la foire de Bâle 2014 trois nouveaux modèles inspirés des premiers chronographes développés en 1913 par la marque, ou encore d’Omega, qui a dévoilé lors de ce même salon deux rééditions revisitées de sa célèbre Moonwatch de 1969. La mode est un éternel recommence- ment...62 MARS 2014MONTRES HAUTE-COUTUREEn matière de tendances, mon- tres XXL et chronomètres ul- tra-sophistiqués n’ont pas les faveurs du public féminin. « Les hommes sont plus axés sur les spécificités techniques de la montre et la beauté du mouvement, observe Elena Koffi-Melcon. Les femmes, elles, achètent davantage sur un coup de cœur : elles sont plus attirées par la poésie de la montre, quelque chose de plus émotionnel. » Et de citer comme exemple les Compli- cations Poétiques, de Van Cleef & Arpels, qui associent créativité et prouesse tech- nique, à l’instar du modèle Midnight Planétarium qui met en scène le mouvement des planètes.Plus petites, les montres pourDe nombreuses femmes s'intéressent aux complications horlogères, le design ne prime plus totalement sur le resteChaumet. L’autre tendance forte est aux « montres-bi- joux », qui ont clairement do- miné la dernière édition du Salon de l’horlogerie à Ge- nève. Les cadrans se parent d’émail et de pierres pré- cieuses, comme les montres Métiers d’art de Vacheron Constantin, la Tortue de Car- tier ou encore la Limelight Blooming Rose de Piaget.grandes maisons horlogères, Dior, Chanel et consorts ont sorti leurs propres collections de montre pour femmes. Mais les marques traditionnelles se sont à leur tour mises à copier les stratégies des maisons de haute-couture : elles surfent sur « l’effet mode », en sortant tous les ans de nouvelles dé- clinaisons de leurs modèles- phares, tout en cherchant à préserver le caractère intem-cherchent un vrai contenu horloger, signe de connais- sance, d’exclusivité et d’in- temporalité. » Moins de clin- quant, plus de raffinement : tel semble être le nouveau credo des amateurs de belles montres, sans distinction desexe..Catherine Quignon]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frL’art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEHorlogerie & JoaillerieHublot se lance dans le PopArtDepuis ses débuts, Hublot incarne un des- ign et une innovation en rupture d’avec l’ordre horloger établi. Avec Jean-Claude Biver et dès 2004, ces valeurs sont érigées en un nouveau code génétique qui conduit la marque à développer des garde- temps particulièrement audacieux et ancrés pour la plupart dans une sportivité extrême. Actualité qui fait déjà beaucoup de bruit autour d’elle : la Big Bang Pop Art Yellow Gold Rose, unesérie limitée à 200 exemplaires.www.hublot.comHappy Sport by ChopardLa montre Happy Sport Medium Automatic est res- plendissante de féminité. Magnifiquement travaillée en or rose 18 carats et dotée d'une lunette sertie de diamants, elle se distingue par ses courbes et son au- dacieuse originalité, qui incarnent Chopard à la per- fection. Son cadran argenté met richement en valeur les chiffres romains et les détails...Honneur aux Femmes chez Vacheron ConstantinAu sein de la Maison Vacheron Constantin, le savoir-faire horloger en matière de montres femme, puise ses racines dès le début du 19ème siècle. Au fil des années, les montres femmes Vacheron Constantin ont su imposer leur au- dace toujours avec élégance. A ce jour au traversde l’expertise des artisans de la Maison, Vacheron Constantin propose des montres entièrement dédiées aux femmes d’aujourd’hui proposant ainsi une diversité de style et de modèles dans l’ensemble de ses collections. A l’occasion du SIHH2014 (Salon International de Haute Horlogerie), les nouveaux modèles seront présentés.www.vacheron-constantin.comL’Orient Express, toujours à la page !S.T.Dupont rend hom-mage au plus célèbre etmythique train qui fêteses 130 ans cette année:l’Orient Express. Em-blème de la révolution in-dustrielle naissante, il estaussi symbole de liberté etde modernité. Ce trainprestigieux a inspiré denombreux écrivains,comme Agatha Christieou Paul Valéry. L’édition limitée S.T.Dupont Orient Express nous invite au voyage à bord de cet univers fabuleux et luxueux. La collection Prestige est composée d’un set d’écriture, d’un briquet et d’une paire de boutons de manchette. En or fin, et doté de spinelles bleus, ce collector Prestige est numéroté sur 83 pièces seulement.www.st-dupont.comRichard Mille RM 36-01Jusqu’ici, le nonuple champion du monde de Rallye WRC, le pilote français Sébastien Loeb, ne portaitpas vraiment de montre lorsqu’ilconduisait. Maintenant qu’il a lasienne, les choses en sont tout au- trement. Surtout qu’il a participé à son élaboration, que le modèle porte son nom, et qu’elle est signée Richard Mille. Cette montre d’ex- ception est vendue 500 000 euros et n’est disponible qu’en 30 exem- plaires. Sébastien Loeb porte évi- demment la sienne déjà en permanence !www.richardmille.comwww.chopard.frBell & Ross fête ses 20 ansBell & Ross est une marque française qui vient de cé- lébrer ses vingt ans d’existence. Inspirée par l’aéro- nautique et l’horlogerie militaire, elle continue d’étonner et de détonner dans un univers pourtant conservateur. Leur intuition de base est la bonne : les compteurs de vol, les tableaux de bord dont ils s’inspirent, font toujours recette. Leur crédo était dès le début lisibilité, fiabilité, fonctionnalité et pré- cision.www.bellross.comOmega Seamaster Sochi 2014Pour la 26ème fois, Omega assure le chronométrage desJeux Olympiques qui se déroulent dans la ville russe de Sot-chi. Fière de cette implication, la marque horlogère a déve-loppé des systèmes de chronométrages de plus en plusprécis. Sportive dans l’âme, la référence produite à 2014exemplaires présente un boîtier en acier brossé et poli de45,5 mm, et possède une étanchéité garantie à 600 mètres.Pour rappeler les couleurs du drapeau de la FédérationRusse, les minutes 1 à 5 sont laquées en bleu, et les minutes6 à 10, en rouge. Le fond vissé du boîtier de la montre, réaliséen acier brossé, est estampé du logo olympique “Sochi 2014”et “Si14”. Un modèle dame de 37,5mm de diamètre à l’élégant cadran blanc, a aussi été éla- boré pour l’occasion.www.omegawatches.comMARS 201463]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsMode & AccessoiresMaui Jim, lunettes polarisées classe !Tout a commencé sur la plage de Lahaina à Hawaï... Maui Jim est la marque de lunettes de soleil polarisées qui a connu la croissance la plus rapide au monde. Grâce à sa technologie de verres unique et brevetée Maui Jim rend les couleurs plus éclatantes que jamais. La technologie Polari-zedPlus2 supprime 99% de l’éblouissement, bloque 100% des UV et booste les couleurs naturelles du paysage. Modèle Maile, monture en acétate.www.mauijim.comCollezione Ermenegildo ZegnaLa coupe classique et ses variantes résolu-ment modernes s’associent à des fibres natu-relles telles que ZegnaSilk et Crossover 600.Cette nouvelle collection — tout en élégancedans les couleurs et les attitudes — s’adresseà une nouvelle génération de gentlemen mo-dernes. Les costumes à motif chevrons et lesvestes à micro motifs se portent sur des tee-shirts imprimés iconiques ; la maille jacquardet les foulards plébiscitent la géométrie ;quant aux imprimés et motifs graphiques, ils sefont à la fois raffinés et enjoués. Avec, au final, une collection de vêtements et d’ac- cessoires aux couleurs joyeusement estivales adaptée à toutes les circonstances.www.zegna.com/frSt James, déclinaisons marines à l’infini !Établie en Basse Normandie près du Mont Saint-Michel depuis 1889, Saint James a construit sa renommée sur un vêtement culte : l’authentique pull en tricot de laine du marin breton. Initialement des- tiné aux pêcheurs en haute mer, puis adopté par les marins connus, et plaisanciers, le pull Saint James est devenu un incontournable, et se décline dans des lignes de prêt àporter pour toute la famille inspirées de l’univers marin. Ses collections "bord de mer", pure laine, pur coton, séduisent une large clientèle sur les côtes mais aussi dans les grandes villes de l'hexagone, comme en Europe, aux Etats-Unis, Canada et Japon.Défilé Lacoste Printemps-Eté 2014Un équilibre subtil entre passé et présent, une précision de joueur de tennis et une réalisation tout en légèreté : c'est ce qu'on re- tiendra du défilé Lacoste. La collection fait référence aux débutsde René Lacoste, avec des blousons à larges passepoils contras- tés. On dirait du crêpe de soie, c'est en fait du coton. Jouant habilement avec les codes de la griffe française, il réinterprètele polo en encadrant le col d'un plastron de tissu mat qui contraste avec le piqué emblématique de la maison. A décou- vrir bientôt en boutiques !shop-fr.lacoste.comRobert Clergerie joue sur chaque type detalon !Les spécialistes de la mode féminine comparent souvent Robert Clergerie à un « architecte » de la chaussure pour femme. C’est dire le succès que ce créateur a apporté à sa griffe, à travers des lignes élégantes, une qualité irréprochable et un design qui suit les tendances de la mode. Proportions idéales, confort et luxe sont les maîtres mots de cette marque qui s’affirme comme l’une des plus chic dans le domaine de la chaussure pour femme. Vous appréciez les talons hauts, mais stables (grâce à une se- melle compensée), les chaussures légères en toile ajourée,les délicieuses ballerines ou encore les escarpins aux talons vertigineux.www.robertclergerie.comL'histoire du sur mesure chez John LobbJohn Lobb a commencé à fabriquer des bottes et souliers sur mesure il y a plus de 150 ans. Ce processus artisanal qui se déroule dans l'atelier situé au 32 rue de Mogador à Paris, nécessite en moyenne 50 heures de travail par paire. Le travaildébute par une série de mesures du pied, tan-dis que le client choisit le modèle, la forme, lecuir, la hauteur du talon, la semelle, ainsi quetout autre détail spécifique. Au cours d'un se-cond rendez-vous, le client essaie un prototypedu soulier. L'artisan pourra encore affiner la jus-tesse de la forme sur laquelle sera réalisée la pairevoulue. Le troisième et ultime rendez-vous consiste enl'essayage final et à la livraison des John Lobb. Les souliers sur mesure John Lobb reflètent et prolongent la personnalité de celui qui les porte.www.johnlobb.comL’impertinence Iwww.saint-james.comde la modeMade in France : la quadrature du cerclepar Arthur de SoultraitFondateur de Vicomte A.l y a peu de sujets écono- miques et politiques qui ont fait couler autant d’encrepour une entreprise française de prêt-à-porter que de répondre, avec des produits Made in France, aux attentes de ses clients pour lesquels la prove- nance des produits joue une part de plus en plus grande dans la dynamique de choix et d’achat. Tout d’abord, il est alarmant de constater que le sa- voir-faire français en matière de production textile est déjà lar- gement engagé sur la voie de la disparition. Le deuxième écueil auquel les entreprises doiventfaire face est la viabilité écono- mique du Made in France. Car si les clients français sont dans leur grande majorité favorables au Made in France, ils ont sou- vent du mal à comprendre que les coûts de production induits ont un impact sur le prix de vente des produits !fisant. Avant de distinguer les entreprises, aidons-les à pro- duire ! S’il y a bien un domaine où il serait utile de créer un cré- dit d’impôt ou de baisser les charges c’est celui-ci. Bien au- delà d’une niche fiscale, ce se- rait un investissement qui permettrait de conserver en France un savoir-faire reconnu partout dans le monde ! Les en- treprises sont prêtes à investir dans le Made in France ; est-ce que l’Etat est prêt à faire de même ?que le Made in France ces der- nières années. Porté par Chris- tian Estrosi, alors ministre de l’Industrie de Nicolas Sarkozy, revendiqué ardemment par l’actuel ministre du Redresse- ment productif de François Hollande, Arnaud Montebourg, le Made in France est devenu un leitmotiv hexagonal et in- dustriel.La plupart des entreprises, si les conditions économiques étaient réunies, souhaiteraient produire en France. Mais le label Made in France qui existe au- jourd’hui est totalement insuf-64 MARS 2014Mais rien n’est moins simple]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°8www.ecoreseau.frYmalia, beauté bio ultra exclusiveYMALIA est une marque de cosmétiques bio exclusive et confidentielle qui mise sur l’innovation, la qualité et le bien-être. Formulés en exclusivité et labellisés Cosmébio,cette marque 100% française offre une alternative aux cos- métiques classiques. Les soins sont disponibles via un site internet fermé et réservé à un cercle de clientes et dans certains Spa et boutiques haut de gamme comme leMandarin Oriental à Paris et à Barcelone, le Chalet Zannier à Megève.www.ymaliacosmetics.comRevitalisant total by ShiseidoQuand l'homme Shiseido part à la conquête d'une nature invinci-ble, il ne cherche pas à la dominer, mais à mettre son énergie vitaleau diapason de ces vibrations terrestres pour enrichir son équilibreintérieur. Cette harmonie s'incarne depuis dix ans dans la ligne Shi-seido Men. Le Revitalisant Total est le soin fondamental deshommes. Jour après jour, il maintient dans ses lignes de caractèrechaque visage masculin. Adapté à tous les phototypes, le Revitalisant Total garde fonctionnelles et régulières toutes les énergies vitales cutanées, prévient leurs baisses d'activité*,et assure une hydratation optimale pendant 24 heures. Cette action multifonction est assurée synergiquement par le Complexe Défense, de l'ATP, un extrait d'Ononis et un dérivé de vitamine E.www.home-shiseido.frCrème précieuse, selon un rituel japonaisCinq Mondes lance pour notre plus grand bien-être la Crème pré-cieuse nuit. « Les bienfaits de la Chronobiologie et des CellulesSouches Végétales pour stimuler le renouvellement cellulaire et ré-générer l’épiderme durant le sommeil.» Inspirés des Rituels de Beauté de l’Impératrice Japonaise Komyo, cette véritable solution anti-âge innovante et ciblée contient une alliance unique de 3 actifs brevetés et d’ingrédients efficaces pour régénérer votre peau la nuit.L’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMOINEBienEtrewww.cinqmondes.comAquafitness by BiothermC’est une Eau de toilette revitalisante, dont Biotherm peut être fier. L’énergie des océans concentrée dans une fra- grance unique. Un parfum aux notes aquatiques fraîches enrichi en eau marine. Un déferlement de notes de tête ma- rines et zestées laisse place à un cœur doux et terreux et se termine par des notes boisées. Vivez une expérience revi- talisante intense inspirée par la force des vagues. Appliquer sur tout le corps, car bon pour la peau !www.biotherm.fr/menHôtel Les Plumes, escale au cœur des belles lettresL’hôtel Les Plumes, situé dans le 9 ème arrondissement de Paris abrita des passions littéraires célèbres. Un hôtel particulier dont la décoration revisite le chic du XIXème et raconte en matières, couleurs et avec un brin d'humour, les liaisons de célèbres plumes : JulietteDrouet et Victor Hugo, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud, George Sand et Alfred de Musset. Le romantisme littéraire s’écrit à travers des tonalités gris pastel, rose pou- dré et absinthe mélangées à des papiers peints fleuris ou en trompe l’œil. Côté mobi- lier, c’est un métissage élégant avec des détails que l’on n’oublie pas : des sous-verre enfermant des textes d’écrivains, des interrupteurs imprimés de profils célèbres. Au plafond, un ciel orageux fait ainsi écho à la passion tumultueuse de deux poètes...www.lesplumeshotel.comPré Opening du futur hôtel Renaissance Parissur l’Hippodrome de St CloudCe 11 février 2014, l’hôtel Renaissance Paris Hippodrome de St Cloud a dévoilé en exclusivité sa chambre témoin, réalisée par l’architecte Jean-Philippe Nuel. Ce 4 étoiles, qui comptera 110 chambres et suites, ouvrira ses portes fin juin 2014, ache- vant ainsi l’aménagement des 55 hectares du site du Paris Country Club. Son architecture affichera un style anglo-nor- mand : élégance du monde équestre, esprit « grande demeure », verdure omniprésente...Pour vos séminaires et événements, ce seront 2 600 m2 répartis sur 39 salles de meeting. Le par-cours de golf du Paris Country Club sera accessible aux clients de l’hôtel. Le Renaissance Paris Hippodrome de St Cloud comprendra également deux restaurants, un bar, une piscine.www.pariscountryclub.comEvasionLe H 10 Urquinaona, nouvel écrin Design barcelonaisInauguré en juillet 2013, l’hôtel H10 Urquinaona Plaza 4étoiles et ses 80 chambres, se situe à 5 minutes à pied des Ramblas, de la Plaça Catalunya et du très uppé Passeig de Gràcia. Ce bâtiment restauré datant du XIXe siècle arboreune décoration chic minimaliste aux tons blancs, jaune citron et vert pomme. Vous apprécierez son jardin intérieur, et sa terrasse avec piscine extérieure, spot idéal pour se dorer sous les premiers rayons de soleil. Ses 3 suites junior s’ouvrent chacune sur une terrasse privée avec jacuzzi, pour d’intenses mo- ments relaxants la nuit venue !www.h10hotels.comHôtel Villa Emilia Barcelona du Design abordableSitué dans le centre ville de Barcelone, la Villa Emilia, hôtel 4 étoiles, propose 53 cham- bres insonorisées élégantes et design. Son propriétaire Antoine Dubois vous recevra chaleureusement, comme on se l’imagine en Espagne. Une superbe terrasse de 200 m2 surplombe la ville. Même les locaux s’y retrouvent pour déguster des spécialités cata- lanes ainsi qu’une sélection de vins dans un cadre chic et détendu, en plein air sous le soleil de Barcelone. Le Zinc bar vous proposera une collation gratuite avec des pâtisse- ries à l’heure du goûter, avant un concert de Jazz nocturne dès le jeudi.Château de la Bégude, spot golfique - grande gastronomieSitué au bord du golf 18 trous d’Opio Valbonne et proche de celui de la Grande Bastide, le château dela Bégude est niché dans un parc de 220 hectares, à quelques kilo- mètres de Nice. Son Directeur Jorge Gonzalez vous invite au calme et à la sérénité dans l’une des 41 spacieuses chambres et suites luxueusement meublées avec vue sur le parc, ses salons modulables pour vos réceptionset un plongeon dans l’agréablepiscine extérieure. Le soir, les gourmets se régalent au restaurantgastronomique méditerranéen dirigé par le chef Gabriel Degenne.www.chateau-begude.com et www.hotelspreference.comwww.hotelvillaemilia.comMARS 201465]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8ART DE VIVRE & PATRIMOINEChâteau Petit-Village, ungrand Pomerol !Château Petit-Village, tel un bijou dans son écrin,est situé sur la partie la plus haute du magnifiqueplateau de Pomerol, sur un terroir constitué debelles graves, au cœur même de l'appellation. Unesituation de choix pour produire de très grandsvins fidèles à ce terroir d'exception. Les vins deChâteau Petit-Village, souples, puissants et har-monieux, possèdent la richesse et l’incomparablefinesse des grands Pomerol. C’est sans aucun doute l’alliance réussie entre Merlot, Cabernet Franc et Cabernet Sauvignon.www.petit-village.comLes Hostens-Picant, l’Amour pour la terreOn ne peut que tomber sous le charme de cette vaste demeure girondine, au cœur d’un vignoble vallonné de 42 hectares, que les Hostens-Picant ont «construit» au fil des ans. Lorsqu’ils sont arrivés, il n’y avait que 19 hectares et beaucoup de manquants dans les parcelles. Aujourd’hui, les coteaux verdoyants alignent leurs rangs de vignes comme dans un jardin à la Française. La grande bâtisse restaurée dans la tradition du pays, avec son pigeonnier du XVIIIe, est toujours ouverte aux amis du vin qui ont pu goûter à l’accueil chaleureux de Nadine et Yves. Ce sont 4 vins: deux rouges et un blancen appellation Sainte Foy Bordeaux et un rosé, des cuvées ciselées avec ri- gueur et exigence. Les vins de Nadine et Yves ont un caractère affirmé à l’image de ce couple extrêmement attachant.L’Art du tempsVins & SpiritueuxLe Domaine Clarence Dillon, un domaine d’envergure !La société familiale, Domaine Clarence Dillon, est devenue au fil du temps, propriétaire de Château Haut-Brion, Château La Mission Haut- Brion et tout récemment de Château Quintus à Saint-Emilion. Elle se trouve donc dans la position unique aujourd’hui d’élaborer cinq grands vins rouges et blancs à la réputation inégalée ainsi que leurs seconds vins. Domaine Clarence Dillon mêle tradition et innovation pour tirer la quin- tessence de terroirs d’exception et produire une famille de vins qui parta- gent un style combinant équilibre, élégance et complexité.www.haut-brion.comSociando mallet,bourgeois discretLe château Sociando-Mallet, est un vaste domaine viticole situé dans le Haut-Médoc. Le premier propriétairedes lieux fut un certain Sieur Sociando, dans la première moitié du 17ème siècle. En 1850, la veuve Mallet y ajoute son nom. Un cru bourgeois qui a été rendu à la vie par Jean Gau- treau. Depuis 1969, il a œuvré, avec patience et passion, pour faire de Sociando-Mallet un des plus beaux vins non classés du Médoc. Car c'est une des particularités du domaine que de vouloir être hors de tout clas- sement. Beaucoup de générosité, une matière riche, un fin boisé et une capacité de vieillissement hors du commun caractérisent des millésimesdont les plus récents sont impérativement à mettre en cave.www.sociandomallet.comLa Pâtisserie, un rêve qui se vit....Choc gourmand, choc esthétique, la Pâtisserie des Rêves revisite la pâ- tisserie classique version trois étoiles. Trois adresses à Paris : 93 rue du Bac, 111 rue de Longchamp et 19 rue Poncelet. La Pâtisserie des Rêves est née en 2009 de la rencontre entre Philippe Conticini, le talentueux chef-pâtissier, inventeur entre autres des verrines, et ierry Teyssier, di- recteur artistique créatif. Leur envie était de créer la mémoire gourmande des enfants en revisitant les grands classiques de la pâtisserie française. Ils avaient bien sûr aussi pour ambition de faire briller les yeux des clients qui entraient dans la boutique. Pari gagné car on adore ces couleurs féé- riques qui rappellent un manège et qui nous mettent tant en appétit !www.lapatisseriedesreves.comLe Chalet des Iles, un coin de ParadisL’atmosphère du Chalet des Iles est chaleureuse, propice aux repas intimes, aux fêtes familiales ou amicales ou encore aux repas d’af- faires. De nombreuses terrasses ont été aménagées au bord du lac, pour une parenthèse bucolique loin des trépidations de la ville. La cuisine est intemporelle, l’excellence des produits est au service d’une cuisine traditionnelle à la Française. Le Menu déjeuner en semaine est tout à fait abordable (dès 24 euros).Bernard Magrez, 850 hectares de vignesIl a débuté comme simple coursier. Il est désormais à la tête de 850 hec- tares de vignes et 40 châteaux à tra- vers le monde et le seul à posséder quatre grands crus classés dans les plus prestigieuses appellations de Bordeaux. « Je ne suis pas un collec- tionneur de châteaux, se défend-il, je poursuis simplement l’aventure du vin. Aujourd’hui, on va à la découverte de nouvelles émotions. Et moi je ré- ponds simplement à la demande des consommateurs. Quarante châteaux : quarante émotions différentes. »www.chateauhostens-picant.frUne pluie d’étoiles à Chantilly !www.bernard-magrez.comGastronomiela « Table du Connétable », dont la cuisine est orchestrée par le jeune et talentueux chef Arnaud Faye. En juillet 2013, c’est la consécration des cinq étoiles. La Table du Connétable propose une cui- sine lisible, ludique et savou- reuse, à découvrir sans attendre...L’Auberge du Jeu de Paume, demeure princière, joyau de classicisme donnant sur les magnifiques jardins du château de Chantilly, a été inaugurée en septembre 2012. En février 2013, six mois seulement après l’ouverture, l’hôtel remporte sa première étoile Michelin pour son restaurant gastronomique,www.aubergedujeudepaumechantilly.frwww.chalet-des-iles.com66 MARS 2014]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[Ce soir, je dors en apparthotel ! Residhome Apparthotel ouvreà Roissy et Neuilly-PlaisanceNouveau !Pour vos séjours professionnels ou touristiques, réservez au 01 53 23 38 38Découvrez nos 26 apparthotels 3 et 4 étoiles en France sur www.residhome.comRCS Paris 488 885 732 - ©REA 2014 - Crédit photo : Rodolphe Franchi - Photo non contratuelle - EcoRéseau 03/14]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & Investissementsu Bon à savoir pour l’investisseur en herbe :L’assurance-vie reprend des couleursVin : des prévisions de Robert Parker qui peuvent servirDéfiscalisation : de l’art ou du cochon ?Les Français ne boudent plus l’assurance-vie, selon les chif- fres de la Fédération française des sociétés d’assurance. L’an dernier, elle a enregistré une collecte positive de plus de 10 milliards d’euros. L’année précédente, le produit d’épargne préféré des Français avait connu la première décollecte nette de son histoire, à hauteur de 6,5 milliards d’euros. Malgré ce léger mieux, l’assurance-vie reste loin de ses plus belles années : en 2009 et 2010, elle affichait fièrement une collecte de plus de 50 milliards d’euros. Principale cause de ce dés- amour : le rendement de ce placement continue de s’effriter année après année. En 2004, un contrat d’assurance-vie rap- portait en moyenne 4,5%. En 2013, le rendement moyen était de 2,4%. En corrigeant l’effet de l’inflation, ce chiffre tombe à 1,7%. Certaines assurances-vie ont toutefois dépassé la barre des 4% de rendement l’an dernier, comme le fonds Op- portunité de Suravenir (+4,05%) ou le fonds Sérénipierre de Primonial (+4,15%).Investir dans les grands crus reste un placement à risque. L’an dernier, l’indice WineDex, qui se base sur les princi- pales ventes aux enchères des vins d’exception, a connu une légère hausse (+1,32%). Mais il faut compter avec des frais importants, comme la commission de 20% dans le cadre d’une vente aux enchères. Pour ne pas se tromper, pourquoi ne pas suivre les prévisions de Robert Parker, la superstar américaine de la critique ? Celui-ci anticipe cette année une résistance croissante des vins de millésimes médiocres très coûteux, comme les millésimes européens 2011, 2012 et 2013. Il anticipe aussi que la Californie profitera de deux an- nées généreuses en qualité et en quantité : 2012 et 2013, et que l’Argentine se distinguera avec ses cépages Malbec et de Torrontes. En Europe, l’Espagne, le Sud de l’Italie et la France seront dominants sur le marché avec leurs vins de haute qualité à moins de 20 dollars. Les autres prévisions du critique sont disponibles sur son compte Twitter.Les œuvres d’art constituent une classe d’actifs à part en- tière, qui bénéficie d’une fiscalité très favorable. En effet, les œuvres d’art ne sont pas assujetties à l’ISF et le montant total de leur acquisition sort intégralement de l’assiette taxa- ble de l’impôt. Mais on ne s’improvise pas expert en la ma- tière ! Pas de panique : l’Institut du Patrimoine propose aux particuliers d’investir sur ces marchés atypiques et presti- gieux via son service Art moderne et contemporain. « Nous souhaitons répondre à l’ensemble des besoins de nos clients qui souhaitent entreprendre une démarche patrimoniale liée aux œuvres d’art », explique Arnaud Dubois, responsable du service Art. Cet accompagnement va de l’audit patrimonial artistique (estimation, authentification...) jusqu’à l’acquisi- tion ou la revente d’œuvres d’art, en passant par l’optimi- sation fiscale ou successorale. »Fiscalité : Girardin est toujours làu Les prévisions des experts :"L'or ne brille plus depuis deux ans"Le gestionnaire de patrimoine Cholet Dupont table sur une hausse de 10% des actionsSa confiance pour l’année 2014 est assumée. Et pour cause : l’environnement économique général ne se dégrade plus, et s’améliore même plutôt dans les pays développés. De son côté, l’environnement monétaire est toujours favorable pour les marchés. Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’in- vestissement de Cholet Dupont, anticipe donc un impact po- sitif pour les actions des pays développés et les produits obligataires risqués. C’est selon lui la hausse des résultats qui déterminera la progression des actions, qui ne sont plus sous-évaluées aujourd’hui. « Globalement, c’est un scénario encore favorable pour les marchés financiers dont les per- formances devraient toutefois être inférieures à celles de 2013, toutes classes d’actifs confondus, anticipe-t-il. Pour 2014, le consensus est positif pour les indices actions, dont nous attendons une hausse d’environ 10%. »Pastel & Associés attend la prochaine criseBitcoins : la folie retombe autour de la monnaie électronique68 MARS 2014Alors que les niches fiscales se raréfient, le dispositif Girar- din Industriel vient d’être prolongé jusqu’en 2017. Visant à promouvoir le développement économique en Outre-mer, il accorde une réduction d’impôt dans la limite d’un plafond. Le principe consiste à investir dans une Société en nom col- lectif (SNC) qui finance du matériel et le loue à un exploitant local durant cinq ans. La réduction d’impôt globale est de 44,12% de la base défiscalisable pour les dossiers sans agré- ment, et de 45,3% pour ceux qui bénéficient d’un agrément. Au final, le montage offre une rentabilité brute de 20 à 30% reposant uniquement sur l’avantage fiscal. Prudence toute- fois : le Girardin n’est pas dénué de risque. Si l’opération dans laquelle est réalisée l’investissement prend du retard, ou en cas de faillite, l’investisseur pourra faire face à un re- dressement fiscal.Les marchés actions semblent être passés d’un état « quasi dépressif » (mars 2009) à une situation plus normale depuis début 2013, selon l’analyse du gestionnaire de portefeuilles Pastel & Associés. Ils ont cependant basculé depuis quelques mois dans ce qu’Alan Greenspan avait qualifié en 1996 d’ « exubérance irrationnelle ». David Pastel remarque que la capitalisation boursière du S&P 500, l’un des principaux indices boursiers mondiaux, se rapproche désormais de ses plus hauts historiques depuis environ 30 ans... « La seule in- certitude que nous ayons concerne la forme que prendra la prochaine crise : effondrement ou effritement de quelques ti- tres pour des raisons qui leur seraient spécifiques. » Dans cette période d’incertitude, le gérant recommande de valori- ser les actions à long terme, comme des participations dans les entreprises. « Le prix est ce que l’on débourse, la valeur est ce que l’on obtient dans la durée. »]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8ART DE VIVRE & PATRIMOINE PatrimoineNue-propriété, « un coffre-fort » pour les investisseursOù investir sans risque avec la garantie d’un bon rendement, en dehors des contrats d’assurance-vie en euros ? SDans l’immobilier les niches fiscales se font de plus en plus rares. Sans relever d’un régime fiscal à part, la tech- nique du démembrement temporaire de propriété apparaît comme l’une des valeurs les plus sûres du secteur.i, traditionnellement, le lui. » Selon Christine Vassal- futurs. Attention, toutefois, cette dispense l’investisseur du cou- du bien. Dans la pratique, ce Il convient donc à ceux qui démembrement fut prin- Largy, directrice du pôle im- règle ne s’applique que dans le ple « gestion et risque. » Le déséquilibre apparent s’explique souhaitent se constituer un cipalement utilisé en vue mobilier chez Thesaurus, cette cas où l’usufruitier est un bail- nu-propriétaire est ainsi épargné par une raison simple : « patrimoine immobilier sansde la transmission du patri- décote est un argument im- leur social. A l’issue de la pé- de tous les tracas liés à l’ex- Lorsqu’un gestionnaire profes- accroître leur pression fiscale,moine, la technique est au- jourd’hui pratiquée à des fins de rentabilité financière. L’achat en nue-propriété est devenu l’un des placements privilégiés de ceux qui cherchent une va- leur refuge dans l’immobilier.Même en temps de crise, les épargnantssionnel acquiert l’usufruit d’un bien, c’est parce qu’il ne peut acquérir le bien en pleine pro- priété de par les tensions sur les prix », constate Emmanuel Charlet. Dès lors, pour sécuriser le montage en pérennisant son exploitation, il convient que le prix de vente de l’usufruit tienne compte de la situation de l’ex- ploitant. « Lorsque nous tra- vaillons sur un programme, nous partons toujours de la si- tuation de l’exploitant », ex- plique Emmanuel Charlet. Un bailleur conventionné, situé envoire en la diminuant. Géné- ralement, c’est le cas des contribuables se situant dans les hautes tranches marginales d’imposition, disposant déjà de revenus fonciers imposa- bles et qui recherchent, à terme, des revenus complé- mentaires.n’arbitrent pas la nue-propriété.UNE TECHNIQUE BIEN RODÉELe démembrement consiste à dissocier la nue-propriété d’un bien immobilier de son usufruit lors de l’acquisition de ce bien. L’investisseur devient alors propriétaire d’un droit réel, ainsi que du droit d’en devenir le plein propriétaire au terme de la durée du démembrement. L’usufruitier, généralement bail- leur institutionnel, acquiert pour sa part le droit d’exploitation de l’immeuble. Dans ce schéma, l’investisseur renonce temporairement à la perception des loyers, généralement condi- tion de la rentabilité d’un in- vestissement immobilier. En contrepartie de ce renoncement, il bénéficie d’une remise du prix d’acquisition. « L’inves- tisseur acquiert le bien avec un ticket d’investissement très modéré, souvent équivalent à 60% de son prix réel », explique Emmanuel Charlet, Directeur Associé de Fidexi. Cela lui permet d’emprunter moins que la somme nécessaire à une ac- quisition immobilière classique. Finalement, un tel placement est moins « engageant » pourExemple de programmeà Saint Malo*Acquisition en nue-propriété d’un lot dans un immeuble collectif d’habitation neuf situé à Saint Malo :- Usufruit de 15 ans- Acquisition en nue-propriété : 159000 €- Période de financement : 15 ans - Effort d’épargne mensuel : 233 € - Valeur du bien : 341325 €- TRI : 14,29%source : fidexi*Ces informations n’ont aucune valeur contractuelle72 MARS 2014portant pour l’investisseur : «actif patrimonialriode prévue par le droit com- mun, le bien acquis en nue- propriété est exonéré de plus- value. Enfin, les logements pro- posés se situent souvent dans des programmes neufs et bé-ploitation de l’immeuble : charges, frais d’entretien et de réparations, recouvrement des loyers, pertes durant les pé- riodes de vacance... Autre avantage majeur, la taxe fon-SORTIE DE LA NUE-PROPRIÉTÉ ET PLUS-VALUE POUR L’INVESTISSEURSeule inconnue, en matière de placement en nue-propriété, la possibilité de revente du bien une fois la pleine propriété reconstituée. Les programmes sont généralement situés sur des zones prisées. Certains acteurs tels Nue-Pro Select se concentrent sur l’Île-de-France. D’autres se spécialisent sur les zones côtières. Lancés au début des années 2000, la ma- jorité des programmes ne sont pas encore arrivés à terme. Néanmoins, le propriétaire a la garantie de disposer d’un patrimoine, acquis pour la moitié de sa valeur réelle, va- lorisé à son plein tarif, majoré d’une éventuelle valorisation acquise au fil du temps. « Même si le marché est stag- nant, constate Emmanuel Charlet, le capital augmente mécaniquement. Dans la pra- tique, on considère que le bien se recapitalise par lui-même chaque année. Il est également possible de calculer des va- leurs intermédiaires au cas où l’investisseur souhaite enIls arbitreront davantage un autreElle peut lui permettre d’ac- quérir un bien sur une zone qui, dans le cadre d’une ac- quisition classique, serait en dehors de son budget. » La sécurité d’un tel placement naît du fait que la rentabilité est mécanique. Devenu plein pro- priétaire, l’investisseur sera ca- pable de revendre le bien sur le marché libre, d’en disposer pour son usage personnel ou de l’exploiter. Sans compter que, alors qu’il ne supporte le prix que partiellement, le bien se valorise, lui, à 100% de sa valeur.UN RÉGIME FISCAL UNIQUEL’acquéreur en nue-propriété bénéficie d’une fiscalité avan- tageuse sur le bien pendant toute la durée du démembre- ment. Le bien n’est pas intégré au patrimoine de l’investisseur pour le calcul de l’ISF et ne génère pas d’impôt sur le revenu (IR). « L’achat en nue-propriété est un placement atypique que nous ne proposons pas à un primo-investisseur », explique Christine Vassal-Largy. Le nu- propriétaire ne perçoit pas de loyer. Nous proposons donc cette solution de placement à des personnes disposant déjà de revenus fonciers positifs, et qui sont soumis à l’ISF. Ces personnes perçoivent des loyers sur un immeuble et n’ont plus de crédit en cours. Elles sont dès lors fortement taxées sur leurs revenus fonciers. » Lorsque le bien est financé grâce à un crédit immobilier, le montant des intérêts d’em- prunt du prêt est déductible des revenus fonciers existants ou"Mais non Laurence, tu n'as rien compris sur la nue propriet́ é !"néficient par conséquent de frais de notaires réduits, aux alentours des 2%. « L’absence de fiscalisation du montage permet à l’acquéreur de ne pas en attendre une rentabilité à court terme. De par la sécurité qu’il confère, j’ai l’habitude de comparer ce placement à un coffre-fort », poursuit Em- manuel Charlet. On n’y touche pas et il produit une rentabilité par capitalisation interne. »cière est à la charge de l’usu- fruitier.zone tendue, doit faire face à une très forte distorsion entre sa capacité d’investissement et la valeur du bien. La valeur de l’usufruit est donc calculée en fonction des revenus attendus de son exploitation. »POUR L’USUFRUITIER : DES LOGEMENTS « EN PLUS »Au vu des avantages que re- présente la nue-propriété pour l’acquéreur, on peut légitime- ment se poser la question de l’intérêt d’un tel montage du point de vue de l’usufruitier. Certes il dispose des revenus locatifs, mais les charges liées à l’exploitation sont importantes : charges courantes, travaux et réparations, fiscalisation... Tout cela sans jamais avoir la pers- pective de devenir propriétairesortir avant le terme. . pas le but, mais cela constitue une sécurité supplémentaire pour lui. » Le succès du mon- tage n’est en réalité pas dé- menti. « Même en temps de crise, les épargnants n’arbi- trent pas la nue-propriété. Ils arbitreront davantage un autre actif patrimonial... »Tel n’estUN PLACEMENT ZÉRO GESTIONArgument majeur des conseil- lers en gestion de patrimoine, l’acquisition en nue-propriétéLOGIQUE DE L’INVESTISSEUR INTÉRESSÉ L’investissement en nue-pro- priété répond aux attentes des investisseurs assujettis à l’IR et/ou à l’ISF, souhaitant dé- velopper leur patrimoine et investir dans l’immobilier sans avoir à supporter les incon- vénients de la gestion locative.Marie Bernard]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[IlIst encoreleepspossibledeossibld’’ééccoonnoommiissedes impôtssur votre ISF et vos revenus foncierser rInvestissez en nue-propriétéUne acquisition immobilière à 56% de sa valeurVous faites l’acquisition en nue-propriété d’un bien de qualité pour 50% à 60% de sa valeur en pleine propriété. Vous pouvez bénéfificier d’économies d’impôt sur l’ISF ou sur les revenus fonciers. L’usufruit est acquis simultanément pour 15 à 20 ans par un bailleur institutionnel, qui pendant cette période percevra des loyers et assurera la gestion du bien. Il prend en charge l’intégralité des travaux, des frais et des taxes. > En investissant dans le cadre de la nue-propriété vous n’avez aucun risque locatif, aucun frais, aucune charge, aucun soucis de gestion.À CLICHY (92)À PUTEAUX (92)Pour toute information : www.nue-proselect.fr • 01 55 27 35 77 • contact@nue-proselect.frPerspectives laissées à la libre interprétation de l’artiste - www.bmg-system.com]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°8ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelleExpos / SpectaclesJeuxn J’apprends j’entreprendsNous en parlons en long et en large dans ce journal, mais finalement rien ne vaut l’expérimentationpar soi-même, qui plus est ludique. Ce jeu permet de découvrir les étapes de la création d’entreprise comme les études de marché, le marketing, la gestion du stress... afin de savoir enfin si un Richard Branson sommeille en soi.www.japprendsjentreprends.frn €conomiaIl est toujours facile (et même agréable) d’imputer le pouvoird’achat en berne, la crise économique ou le mauvais temps à labanque centrale européenne en étant accoudé au comptoir. Etsi son rôle n’était pas aussi simple ? Grâce à ce jeu, il est possiblede s’installer à la tête de la BCE et de gérer la politique monétairede la zone euro. La mission : maintenir l'inflation à un niveau faible et stable, juste en dessous de 2 %, grâce à l’instrument taux d'intérêt directeur. De quoi savoir enfin ce qu’on critique... www.ecb.europa.eu/ecb/educational/economia/html/index.fr.htmln CyberbudgetMinistre du Budget en France, voilà un job qui ne permet pas de prendre une bière en terrasse à 17h45 pour fêter la fin de la journée de travail. Ce jeu interactif engage à endosser son costume et à défendre ses choix auprès du Parlement, arbitrer entre déficit et croissance... et au final appro- fondir ses connaissances de la gestion des finances publiques. Les quatre missions ? La préparation du budget, sa programmation, son examen par le Parlement et sa gestion. Tout un programme... www.cyber-budget.frLibrairien Come Prima, d’Alfred (Delcourt, 2013).Eté 1958, un jeune italien, Giovanni, interpelle son frère Fabioà la sortie de son combat de boxe quelque part en France. Ils nese sont pas vus depuis 10 ans. Dans la main, Giovanni tientl’urne qui contient les cendres de leur père, qui vient de mourir,et lui demande de l’accompagner en Italie pour les disperser. Voilà pour le point de départ de la bande dessinée d’Alfred, qui vient d’obtenir le Fauve d’Or au festival d’Angoulême, récom- pensant le meilleur album. La suite est un road trip à travers les routes vallonnées et champê- tres de France et d’Italie, un voyage rédempteur où les trahisons du passé resurgissent. Les traits et les couleurs choisis, d’une grande variété, servent une atmosphère tantôt nostalgique, tantôt chargée de rancœur, où il est question de pardon, de deuxième chance et d'exil.n Réseaux d’influence : le guide du networkingAujourd'hui, 80 % des emplois sont pourvus par relations. Mieux vaut donc lire la rubrique d’EcoRéseau nommée Réseaux & Inflluence, mais aussi acheter cette nouvelle édition du guide qui référence tous les cercles, associations et regroupements de France et de Navarre. Comment fonctionnent-ils ? Lesquels choisir ? Comment les intégrer ? Qui sont leurs membres ? Quelle est leur vé- ritable influence ? Autant de précieuses informations pour parfaire sa réussite sociale, et pourquoi pas, professionnelle.« Réseaux d’influence : le guide du networking » d’Alain Marty, éditions du Rocher, 2014n Rétrospective Henri Cartier- Bresson, au Centre Pompidou du 12 février au 9 juin 2014.n Shakespeare we loveCe mercredi au Théâtre du Nord – nouvelle- ment dirigé par le metteur en scène Chris- tophe Rauck – nous avons assisté à une pièce réjouissante, crée à la Scène nationale de Sé- nart en octobre dernier. Et nous emprunte- rons même les mots du dramaturge David Lescot, assis derrière nous : « Ça fait du bien ! ». Pourtant, la pièce de Shakespeare n’en est pas moins tragique et profonde. Mais elle est éga- lement légère et tourbillonnante ! Je vous épargne davantage de suspense. La pièce dont il s’agit, c’est Le Conte d’Hiver. Une première partie tragique, la seconde comique, voire bur- lesque. Et une fin en forme de Deus Ex Ma- china. Sur le papier, le roi de Sicile Léonte devient jaloux maladif. En cause, une liaison supposée entre son épouse, la vertueuse Her- mione, et son ami Polixène, roi de Bohême. Déshonorée, la reine n’y survit pas. La loose. Un cadavre qui ramène Léonte à la raison, un peu tard. Mais les dieux sont dans un bon jour. Et la mort laisse progressivement la place à l’amour, au gré d’une ellipse de 16 ans et de la passion entre le fils de Polixène et une bergère trop belle pour être honnête. Et s’il s’agissait de la fille de Léonte, bannie par son père© Philippe Delacroixquand il la traitait de bâtarde ? Si on se prend au jeu, c’est bien sûr pour le texte de Shakes- peare, sublime. Mais c’est autant pour la mise en scène de Patrick Pineau, qui fait mouche à tous les coups. Les moments graves nous émeuvent, les instants légers nous évadent, les scènes amusantes nous laissent un franc sourire sur le visage. Une utilisation juste de la vidéo donne de la profondeur à l’ensemble. Bienvu,deAàZ.En tournée les jeudi 20 et vendredi 21 mars 2014 - Théâtre SortieOuest, Béziers / Les vendredi 28 et samedi 29 mars 2014 - MaDix ans après la mort du maître, la rétrospective que le Centre Pompidou consacre à Henri Cartier-Bresson (1908-2004) est l’occasion de se replonger dans le parcours de « L’œil du XXème siècle ». L’organisation chronologique de l’expo nous rappelle qu’il n’y a pas un, mais plusieurs Cartier-Bresson. D’abord tenté par la peinture et doté d’un joli coup de pinceau, sa passion pour le dessin l’amène à fréquenter les surréalistes à développer une nouvelle vision de la photographie, mettant en pratique des concepts comme le « nombre d’or », « ex- plosante-fixe », « magique-circonstancielle » et « hasard objectif », avec nombre d’objets détournés, de corps déformés, de dormeurs diurnes... En 1947, lorsque le MoMA lui consa- cre une rétrospective, la carrière d’artiste lui tend les bras ; il opte plutôt pour celle, plus précaire, de photoreporter, participant à la création de l’agence Magnum. Dans la suite de l’exposition, le visiteur parcourt donc le XXème siècle dans l’œil de Cartier-Bresson. Son Leica en bandoulière, il est témoin de la guerre d’Espagne, de la libération, du retour des prisonniers de la Seconde guerre mondiale, des funérailles de Gandhi – qu’il a rencontré quelques heures avant son assassinat -, de la fin du Kuomintang... Les compositions sont toujours parfaites, le regard toujours original et dans la suggestion. Et puis, il y a ses obses- sions, les motifs récurrents de la société de la deuxième moitié du siècle qui se transforme : l’homme et la machine, la représentation du pouvoir dans l’espace public, la société de consommation, les foules. A partir des années 1970, la frénésie du photoreportage et des commandes laisse peu à peu place à une pra- tique plus apaisée de la photographie, à une image plus contemplative et des sujets plus poétiques, dans la veine de ses premiers cli- chés.Scène nationale, Pays de Montbéliard / Le ermardi1 avril2014-LeSalmanazar,Scène de création et de diffusion d’Épernay.n Festival Circulations, au CentquatreA l’occasion du festival Cir- culations (organisé par l’as- sociation Fetart) le Cent- quatre expose de jeunes photographes européens. Un regard croisé sur le continent qui a pour vo- cation de faire émerger ces jeunes talents.74 MARS 2014PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 27 MARS 2014]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[VICOMTE-A.COM]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[TISSOT T-COMPLICATION SQUELETTE RÉVÈLE LES ROUAGES DE L’EXPERTISE HORLOGÈRE PROPRE À TISSOT PAR UN MOUVEMENT MÉCANIQUE EXCLUSIF ET UNE GLACE SAPHIR INRAYABLE À DOUBLE FINITION ANTIREFLET. INNOVATEURS PAR TRADITION.TISSOTSHOP.COMBOUTIQUES TISSOT76, AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES - 75008 PARISGALERIE DES ARCADES, AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES - 75008 PARIS*CRÉATION*]]></page></pages></Search>