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oCtoBre/novemBre 2013
Bimestriel - 4,90 €

N°5

L’information économique & stratégique, autrement

Comprendre, Entreprendre, Innover

ecoreseau.fr

Regard sur l’Actualité
“L’humour censuré, c’est la pensée interdite ”
©Christophe Licoppe

PAnorAmA A la Une

Printemps arabe : quand viendra l’été ?
Bientôt trois ans après le début du Printemps arabe, les rapports de force politiques et religieux ont repris leurs droits sur les pays du Moyen-Orient. Et plongé le simple observateur occidental dans le flou le plus total. Tentative de mise au point, pays par pays. p. 16

Philippe Geluck, humoriste, dessinateur et chroniqueur p. 4

L’Entretien
“Je suis venu à la compétition par la technologie”
Michel Desjoyeaux, skipper dans le vent p. 8
©Yvan zedda

CLuB entrePrendre Interview croisée

StrAtégie & innovAtion numérique Décryptage
Les technologies changent les villes. Les pionnières partent dans toutes les directions, pour le meilleur et pour le pire.
p. 44

Electron libre
“Traquer les mouvements sociétaux, une passion”
© vanina de turckheim

Un ballon, deux univers Smart Cities

Aude de Thuin, organisatrice de forums mondiaux p. 27

rH & FormAtion Réseaux & Influences
Les différences entre roland romeyer, président de l’AS Saint-etienne, et François Jacob, président du Bloisfoot41, sont celles qui opposent mondes professionnel et amateur. instructif. p. 22

L’Air du temps
“Jouer la carte de l’humour et de l’impertinence”
Arthur de Soultrait, fondateur de Vicomte A. p. 64
© vanina de turckheim

Les maîtres du monde
p. 56

Art de vivre & PAtrimoine Patrimoine

© tLd Productions

L’Analyse

Social Business
Pourquoi l’impact social serait-il contradictoire avec la viabilité p. 24 économique ?

Protection rapprochée
Protéger son patrimoine sans (trop) sacrifier les rendements par temps de crise.
p. 70

Belgique/Luxembourg : 5.50 € Suisse : 8 CHF Canada : 8 $ CAD

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eDItOrIAL
en « vert » et contre tous…
lors que tous s’accordaient sur une Annus horribilis, que le secteur des médias et particulièrement de la presse écrite semble sinistré, nous décidions contre toute attente de créer notre journal ecoréseau. Une folie ? Probablement pas. mais assurément une volonté commune de partager certaines de nos convictions : la foi en l’innovation, la croyance en l’audace et le goût pour les chemins de traverse ; finalement à l’instar de ces personnalités dont nous avons choisi de dresser le portrait dans cette édition et qui témoignent, alors que rien ne les prédestinait à de tels succès, de ce volontarisme inébranlable que nous soutenons : - De Philippe Geluck, chroniqueur et dessinateur, qui travaille l’actualité « froide » et manie l’humour pour nous inciter à la réflexion, - en passant par michel Desjoyeaux, marin et entrepreneur qui a su dompter les océans à la voile, - Ou encore roland romeyer et François Jacob, simultanément chefs d’entreprise et passionnés de football, dont le premier gère l’un des clubs les plus populaires de France, quand le second veille inlassablement sur une structure amateur et familiale au potentiel indéniable, - Jusqu’à Aude de thuin, autodidacte de talent et entrepreneure visionnaire, bel exemple de réussite au féminin qui grâce à « Osons la France » trouve les raisons d’espérer dans l’Hexagone, - Sans oublier Arthur de Soultrait, aristocrate et chef d’entreprise impertinent, dont la marque vicomte A. est promise au marché international. en définitive, la « double compétence » n’est-elle pas un révélateur de talents, de même que le numérique apparaît de plus en plus comme un parfait complément du papier ? Au travers de nos sujets, nous continuons de penser que notre vocation est de porter les lunettes de l’optimisme et de disséquer les grands enjeux de demain - nationaux et internationaux -, afin de mieux appréhender les mutations sociétales et d’enfin croire en nos entreprises.
Jean-Baptiste Leprince Fondateur & directeur de la publication

n°5

reprise à tous les étages
’est la reprise. Après quelques semaines de vacances, nos hommes politiques ont retrouvé le chemin de leurs bureaux, remontés comme des pendules. Le discret François Fillon a même subitement décidé de faire « bouger les lignes », vers la droite. c’est la reprise. Après plusieurs décennies d’abandon, la France s’est souvenue qu’elle avait une fille, l’industrie, qui pourrait l’aider à se lever quand ses vieilles jambes ne la porteraient plus. François Hollande a ainsi mis en place 34 plans, correspondant à autant de filières d’avenir, pour repositionner le pays sur l’échiquier industriel de demain. c’est la reprise. Au deuxième trimestre 2013, le PIb de la France a connu un rebond surprenant de 0,5%. Pour 2014, les prévisions de croissance du gou-

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c

vernement sont de 0,9%, contre 1,2% initialement annoncées. Pas de quoi pavoiser, certes. mais n’oublions pas que le spectre de la récession hantait encore les bureaux de bercy il y a quelques mois. c’est la reprise. Quoi qu’on en pense sur le fond, la France a retrouvé un rôle de premier plan sur la scène internationale en portant le souhait d’une intervention de la communauté internationale en Syrie. et si l’option militaire ne semble finalement pas retenue, il n’est pas idiot de croire que les menaces sérieuses du Président français ont contribué à accélérer la recherche d’une sortie de crise. c’est la reprise. Les écoliers ont repris le cartable, avec pour 22% d’entre eux un emploi du temps qui s’étendra dès cette année sur quatre jours et demi. « Un progrès

scolaire et périscolaire » et « une grande réforme de justice », a martelé vincent Peillon. Au vu de la dégringolade de la France dans les divers classements sur l’éducation, on ne peut que saluer la tentative de stopper l’hémorragie. c’est la reprise. téléspectateurs et auditeurs ont découvert les grilles de programme qui rythmeront leur quotidien toute l’année. Une rentrée médiatique marquée par une tendance nauséabonde : le recyclage d’anciens politiques en journalistes. Idéal pour gommer l’impression de connivence entre hommes politiques et hommes des medias. c’est la reprise. et c’est bien l’essentiel. Je reprends, donc je suis.
Olivier Faure

LE CHAT by Philippe Geluck

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OctObre/NOvembre 2013 - www.ecoreseau.fr

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n°5

PANOrAmA
Rétrospective

Sommaire
Edito Rétrospective : Prisons : un mal profond 2 3

Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant. u château d’If décrit par Alexandre Dumas au bagne de toulon peint par victor Hugo, un simple coup d’œil sur les rayonnages poussiéreux de nos bibliothèques laisse entrevoir une réalité : l’enfermement n’a jamais été une partie de franche rigolade. Pas une surprise, objecterez-vous à raison, d’autant qu’il s’agissait là d’une autre époque. moins loin dans le temps, en 1964, un autre génie décrivait

Prisons : un mal profond
réforme taubira oblige, depuis quelques semaines, le monde carcéral est, si l’on peut dire, sous les feux de la rampe. Surpopulation, brutalité, école du crime… La litanie des maux traditionnellement imputés aux prisons rythme le discours politique. Des travers propres aux geôles de 2013 ? certainement pas.
Par Olivier Faure

PANoRAmA

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D

la prison, rêvent d’une réforme en profondeur du système pénitentiaire. » et on peut le comprendre, même si celui-ci se révèle à l’époque très différent de ce que l’on connaît aujourd’hui. D’abord, la France est couverte de minuscules prisons, au quotidien bien dissemblable de celui qui rythme les gros centres de détention. celles-ci se résument au gardien chef, à son épouse qui s’occupe du quartier des femmes, et à une

Guerre mondiale, du fait de l’incarcération des collaborateurs, les chiffres de la fin des années 50 et du début de la décennie suivante sont gonflés par les arrestations dues à la guerre d’Algérie. On compte ainsi 41404 détenus en janvier 1963*, pour un nombre de places très difficile à définir, mais vraisemblablement très insuffisant puisque les prisonniers se retrouvent à plusieurs par cellules, avec toutes les dérives que cela peut entraîner.

“Le règlement pouvait être draconien, avec des tortures physiques parfois abominables ”
la situation derrière les portes des pénitenciers : « Le soleil n’est pas fait pour nous, c’est la nuit qu’on peut tricher ». Derrière la voix enivrante du jeune Johnny Hallyday, c’est un milieu carcéral encore très dur qui se dessinait. « Le discours sur l’état déplorable des prisons n’a rien de nouveau, puisqu’il date de la fin de l’Ancien Régime, rappelle christian carlier, historien et ancien sous-directeur de prison. Mais les années 60 font partie de ces moments – avec la Révolution ou la Restauration – où les politiques, qui pour certains sont d’anciens résistants ayant tâté de poignée de prisonniers. La discipline ? elle y dépend bien souvent de la personnalité du couple en question. Dans les grandes structures, en revanche, on retrouve un emploi du temps très strict pour le prévenu : le préau, le dortoir et le travail. « Le règlement pouvait être draconien, avec des punitions et des tortures physiques parfois abominables, explique l’historien. Le mitard, ce n’est pas un fantasme, et le rapport gardiengardé n’était pas fait que de familiarité, mais aussi de brutalité. » La surpopulation, elle aussi, fait des ravages. Si le pic est atteint après la Seconde « Les problèmes de mœurs ? On pourrait en parler pendant des heures… », se désespère christian carlier. Aussi, entre 1944 et le milieu des années 1960, notamment sous l’influence du second Directeur de l’administration pénitentiaire Paul Amor, on travaille dans plusieurs directions. « La fermeture des lieux vétustes et leur remplacement, détaille l’historien. Dans le cadre du 5e plan (1966-1970), les prisons de Valenciennes, Metz, Albi, Bordeaux, FleuryMerogis et d’autres sortent de terre. La volonté est de bâtir des structures cellulaires, permettant de ne mettre qu’un

seul détenu par chambre. » Autre décision majeure, datant de 1958, le sursis avec mise à l’épreuve (l’équivalent de la probation, ndlr) pour les petites peines est créé. « Paul Amor souhaitait aussi faire entrer de l’éducation et de la formation dans les prisons, et installer un régime progressif, faisant passer les détenus qui le méritaient d’un centre réputé dur, à un autre plus souple. » résultat des courses ? Pas grand-chose. « Malgré cette série d’amélioration, le statut de détenu ne varie guère, résume christian carlier. Par exemple, les places libérées par la probation, au lieu de désengorger le système, sont systématiquement réattribuées. Donc les cellules restent surpeuplées… » Dans ces conditions, le retour à une vie sociale équilibrée après la case prison se révélait alors tout aussi délicat qu’aujourd’hui. « La réinsertion, personne n’y croit. Dans les années 60, on disait même que le seul moyen de réinsérer un détenu était qu’il trouve une femme qui le mette au pas », sourit l’historien. Une piste à creuser pour christiane taubira. *chiffre qui inclut les prisons algériennes

Regard sur l’Actualité : Philippe Geluck L’Entretien : michel Desjoyeaux Régions & Territoires : Nantes Hexagone : touche pas à mon école International : S. berlusconi A la Une : - Primtemps arabe : quand viendra l’été ?

CLUb ENTREPRENdRE

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baromètre & Tendances Interview croisée : - Un ballon, deux univers L’Analyse : Des entreprises et des hommes En immersion : Soulever des montagnes Electron libre : Intuitive féminine Leçons de maux : Spanghero Prospective : Neuromarketing Créer aujourd’hui : - Péril jeune ? - La valse endiablée des franchises business guides : - Flottes d’entreprise

STRATégIE & INNovATIoN NUméRIqUE

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décryptage : Smart cities Expertises Haute résolution : - La dématérialisation, encore verte ou déjà trop mûre ? - Usages de faux business story : Archos Innovative Projects : Du « geek » au créateur

RH & FoRmATIoN
Courriel : marketing@lmedia.fr

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54 58 60

Rédaction
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Marketing, publicité & partenariats Directeur du développement – Associé : Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr) Coordination & partenariats : Edouard Lemaire Diffusion, abonnements & vente au numéro LMedia / EcoRéseau 201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris
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Direction de la rédaction Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric Marolleau

N°5

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201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.fr Fondateur & directeur de la publication : Jean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr) Administration & gestion

Président Comité éditorial Jean-Marc Rietsch Chroniqueurs & éditorialistes Eric Barbry, Gwenaëlle Bernier, Marc Drillech, Bernard Dubs, Michel Kahn, Francis Kuhn, Jean-Louis Pascon, Isabelle Renard, Jean-Laurent Santoni Dessinateur Philippe Geluck Ont collaboré à ce numéro Geoffroy Framery, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Thomas Pitrel, Catherine Quignon, Ariane Warlin Secrétaire de rédaction Anne-Sophie Boulard

Réseaux & Influence : - Les maîtres du monde observatoire Carrières & Talents - « Fast and Serious »

Production & Editing
Courriel : production@lmedia.fr

ART dE vIvRE & PATRImoINE
L’Air du temps : - vicomte A. L’Art du temps Patrimoine : Protection rapprochée La Sélection culturelle

64-74
64 66 70 74

Jean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)

Responsable : Frédéric Bergeron
Crédits photos : Thinkstock, DR

EcoRéseau est édité par RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 - Dépôt légal : à parution Numéro ISSN : 2265-7436

Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en France

Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.

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PANOrAmA
Regard sur l’Actualité

n°5

« Interdire de faire de l’humour sur un sujet, c’est interdire de penser »
Philippe Geluck, l’humoriste abonné au second degré, chroniqueur tout en retenue sur les plateaux télé, est père du chat qu’ecoréseau accueille volontiers dans chacun de ses numéros. ce chantre de l’absurde est loin de n’avoir que des absurdités à dévoiler. Notamment en matière de liberté d’expression. Fin analyste de l’actualité froide, enclin à en chercher détails et contradictions une fois qu’elle a décanté, l’homme aux lunettes rondes n’a pas la langue dans sa poche et le fait savoir.
j’emmène des gens avec moi, comme mes projets de dessins-animés, d’applications sur iPhone… mais le créateur d’entreprise ne change généralement pas une équipe qui gagne et poursuit au maximum ce qui réussit. Je suis plus guidé par le démon de la création, propre à tout artiste, qui me fait évoluer. peut-on rire de tout ? c’est précisément le titre de mon essai publié en septembre, où j’explique que l’on peut rire du physique des gens, du malheur des autres, des pauvres, des riches, des vieux, des jeunes, des Arabes, des Juifs, des politiques, des autres, de soi-même, du Pape, de Dieu… avec des nuances, en commentaires révoltés ou exemples personnels, en trouvant la bonne distance. méfions nous de ce qui « ne se fait pas », de ce qui « ne se dit pas » ou du politiquement correct. Avec « La bible selon Le chat », j’ai conscience d’avancer en terrain miné (et non minet). Les sensibilités sont actuellement exacerbées et je ne souhaite pas laisser faire les censeurs que sont les puritains, ligues et organisations communautaires. Le rôle de l’humoriste est de réfléchir à tous les problèmes, de mettre le doigt sur des détails qui ont que l’on peut rire de tout, à condition que ce soit drôle. mais rire de façon insolente, violente, ne signifie pas qu’on ne se préoccupe pas du problème. Constatez-vous une dégradation de la liberté de l’humoriste ? Plus que jamais. Nous avons connu la censure et l’interdiction de journaux par le pouvoir politique jusque dans les années 70, puis une période de liberté jusqu’au début des années 90 avec le journal Hara-Kiri, coluche, Desproges,… Depuis lors les crispations communautaires ont repris le dessus et infligent un retour en arrière. Le fascisme refait son apparition en Hongrie ou en Grèce, les humoristes ont plus que jamais un rôle à jouer dans cette société traversée par des tensions qu’on croyait oubliées. Jusqu’à maintenant le côté subversif du Chat était très doux. J’ai éprouvé le besoin d’en dire plus à mes lecteurs. Le  Chat sort du bois. Il y a deux et quatre ans, les albums « Geluck se lâche » et « Geluck enfonce le clou » avaient été appréciés, et je continue dans cette voie. Comment s’est bâti votre parcours ?

A pArAître
«  Peut-on  rire  de  tout  ?  » par  Philippe  Geluck,  éd. JC Lattès, 2013

« La Bible selon Le Chat » par  Philippe  Geluck,  éd. Casterman, 2013

© Christophe Licoppe

Quel tournant est en train de prendre votre carrière ? J’ai arrêté de publier Le Chat dans les journaux en mars 2013, après trente ans de rendez-vous hebdomadaires et de bons et loyaux services. mais « La bible selon Le chat » va sortir incessamment sous peu. Je souhaitais prendre du recul et raconter de longues histoires, changer

des jeunes, des Arabes, des Juifs, des politiques, du pape ou de soi-même en trouvant la bonne distance

“On peut rire du physique des pauvres, des riches, des vieux, ”
ans. c’est seulement à ce niveau que je diffère d’un entrepreneur ; comme lui je multiplie les initiatives et échappé au plus grand nombre. Interdire de faire de l’humour sur un sujet, c’est interdire de penser. bien-sûr

du mode « sniper » avec mes gags courts. Un nouveau défi en matière de création auquel je songe depuis deux

J’ai commencé à exposer à 16 ans des aquarelles et des dessins à l’humour noir, sans texte alors que Le chat est

très bavard. Puis j’ai fait du théâtre durant dix années, mais je n’étais pas fait pour la carrière de comédien et j’ai cessé en 85. cette discipline m’a tout de même aidé à me sentir à l’aise sur les plateaux radios ou télé. en 1983 Le  Soir cherchait un dessinateur pour illustrer son supplément « temps Libres ». Je suis arrivé avec Le  Chat, que j’ai affublé

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PANOrAmA
Regard sur l’Actualité
d’un manteau. L’aventure a duré 30 ans. L’émission pour enfants Lollipop sur la rtbF, avec derrière la marionnette médisante malvira celui qui est devenu un ami, Patrick chabout m’a marqué. Le jeu du dictionnaire, la semaine infernale avec Jacques mercier et marc moulin, puis les émissions de michel Drucker et Laurent ruquier, l’un avec le ton arrondi et l’autre à l’hurefroidir, accumulant des informations par la radio, les lectures, la vie. Je suis comme une montagne sur laquelle il pleut. Les gouttes s’infiltrent, je ne sais par quel chemin, puis ressortent un beau jour sous la forme d’une source claire, qui est l’idée, la fulgurance. Je suis incapable de décrire le cheminement, ma femme après toutes ces années n’a d’ailleurs pas encore découvert

n°5

Biographie Monty Python wallon
Philippe Geluck, 59 ans, est un artiste belge né à bruxelles en 1954 qui s’est rendu célèbre en créant la série de bande dessinée Le chat en 1983, sur commande du grand quotidien belge Le Soir. Auparavant comédien, il est monté sur les planches du théâtre national de belgique dès 1975 pour y jouer « roméo et Juliette », « L'Opéra de quat'sous » ou encore « Faust ». en 1981, il crée seul en scène « Un certain plume de Henri michaux » et rencontre le succès. À partir de 1978, il devient animateur d'émissions humoristiques au ton mordant à la rtbF : « Lollipop », « L'esprit de famille », « L'empire des médias » ou encore « Les imbuvables » et « Un peu de tout » avec les comédiens du magic Land théâtre. Héritier de l’humour noir et iconoclaste de ses maîtres (Siné, cavanna, choron, Gébé, chaval…), ce fan de l’humour anglais et de Pierre Desproges a aussi fait partie de l’équipe du « Jeu des Dictionnaires » ou de « La Semaine Infernale » entre 88 et 99. Ses derniers livres, « personnes. A ma petite échelle j’ai amélioré le quotidien de gens malades d’après les courriers que je reçois ; c’est la plus belle des récompenses. Que vous inspire la présence du Chat dans EcoGeluck enfonce le clou » (2011) et « Le chat erectus » (2012) ont été des bestsellers. Parallèlement à sa carrière de dessinateur, Philippe Geluck a poursuivi sa carrière en radio et télévision à la rtbF dans les émissions de Jacques mercier. en 1991, il obtient le Prix de l'émission télévisée la plus drôle à la rose d'Or de montreux, pour « Un peu de tout ». Il devient à partir de 1992 chroniqueur dans plusieurs émissions radiophoniques et télévisées françaises, notamment « vivement dimanche prochain » avec michel Drucker, « On va s'gêner », « On a tout essayé » avec Laurent ruquier. Il contribue aussi régulièrement à l'hebdomadaire satirique Siné Hebdo créé par son ami le dessinateur Siné. Le 11 octobre 2008, la Place du chat, où trône une statue de ce dernier, est inaugurée à Hotton. La ville lui décerne alors le titre de citoyen d’honneur. Il est fait commandeur de l'ordre de la couronne par Albert II en 2009, et obtient la même année le Globe de cristal de la meilleure bD.
© Frédéric Latinis

ligne du journal EcoRéseau, étant moi-même un adepte de la « positivo-thérapie » en toutes circonstances, qui  influence le cours des choses

“Je suis en accord avec la

”

mour virulent, ont été de grands moments. c’était le grand écart entre ces deux derniers animateurs, mais j’aimais cet éclectisme. J’ai dû aussi refuser des propositions de canal + ou des animations de jeux sur France 2 parce que ce n’était pas le bon moment dans ma vie, avec des enfants en bas âge. en dix ans de présence à Paris, j’ai noué des amitiés fortes, ce qui est rare dans l’audiovisuel. Quel est votre processus de création ? Je ne m’inspire pas de l’actualité chaude, je la laisse

la recette. Je n’ai pas de cérémonial de création, le fait d’être dans mon atelier au calme aide, mais je peux avoir des idées dans le train. Il y a quelques jours, j’en ai eu 26 sur le trajet Parisbruxelles, les couchant vite sur mon carnet de notes. cette création est le propre des artistes, mais aussi des entrepreneurs. Un Steve Jobs a influencé des milliards de vie par ses idées qui devaient fuser. A la différence que l’artiste reste dans l’émotion. Je considère que les beatles ont influencé la société et embelli le quotidien de millions, voire de milliards de

Reseau à chaque numéro ? Je suis en accord avec la ligne de ce journal, étant moi-même un adepte de la « positivo-thérapie » en toutes circonstances. Il y a toujours possibilité de trouver le rayon de soleil, de débusquer l’élément positif

dans la tourmente. cet état d’esprit m’a servi dans la vie et je veille donc à le maintenir. Il faut savoir chasser le bon dans toute chose. Lors de l’enregistrement de mon premier « vivement Dimanche » avec michel Drucker, j’ai ressenti le trac

paralysant, et un exercice virulent sur moi-même m’a permis d’évacuer cette boule au ventre. Je ne l’ai plus jamais ressenti. Il y a une gymnastique de l’esprit, une force mentale à acquérir, qui peut directement influer sur le cours des choses.

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n°5

PANOrAmA
Regard sur l’Actualité
motion de « La bible selon Le chat » met en scène deux prêtres qui veulent s’unir, car cette évolution, si elle survient, devra être poussée dire que j’enfonce des portes ouvertes – l’éthique a trop tendance à être remisée aux oubliettes. La fameuse croissance que tout le monde rechine « La bible selon Le chat », qui est un coffret comportant deux beaux livres. Attentif aux problèmes environnementaux, j’ai recontinuent de me décevoir dans le monde de l’entreprise. Quand j’entends qu’Apple abandonne ses programmes de cinéma à destination des les actionnaires, je me dis qu’il y a un problème. Le produit satisfait les clients, fait gagner de l’argent, mais est supprimé parce qu’il ne convient pas aux actionnaires et au monde de la bourse, qui aspirent toujours plus et jugent que le grand public est une cible bien plus rémunératrice. cette attitude me dérange, une autre approche est possible.
Propos recueillis par Matthieu Camozzi

“Je recherche les sujets pérennes qui permettent à des adolescents nés il y a 15 ans de rire de mes premiers Chats d’il y a 27 ans ”
au mariage pour tous. Plus sérieusement les dessinateurs de presse quotidienne illustrent parfaitement l’actualité au jour le jour. Je n’ai pas cette prétention et j’ai toujours un sentiment de volatilité à l’égard de cette information chaude. J’avais dessiné sur Pierre bérégovoy et je me dis aujourd’hui que les jeunes lecteurs ne savent pas de quoi je parlais. Je recherche les sujets pérennes qui permettent à des adolescents nés il y a 15 ans de rire de mes premiers Chats d’il y a 27 ans. Constatez-vous des points de divergence notables entre les sociétés française et belge ? Les 300 kilomètres qui séparent Paris de bruxelles sont beaucoup étendus dans les têtes. Le mariage pour tous n’a pas fait s’émouvoir la société belge, l’eglise n’a pas bougé puisque cela n’influençait pas la vie des couples hétérosexuels. La société française est un peu plus conservative. Dans le travail aussi des différences sont flagrantes. La complexité est de mise chez les Français, qui mettent beaucoup de temps à répondre à un mail ou à un message téléphonique laissé, qui jugent toujours les choses complexes et même infaisables avant d’y avoir réfléchi. en matière d’humour aussi les divergences sont visibles. L’humour british par l’absurde des monty Python est devenu très populaire en belgique depuis les années 70, quand il ne fait pas partie de l’imaginaire collectif en France. A la radio ou la télévision j’ai dû parfois donner les clés pour décrypter mon univers. J’ai trouvé mon public en tendant des passerelles. Quel message feriez-vous volontiers passer à nos lecteurs ? Lire Le Chat tous les matins est essentiel (rires). Plus sérieusement – et vous allez cherche ne doit pas se faire à n’importe quel prix. c’est le cas à ma petite échelle. Pour exemple mon éditeur voulait faire fabriquer en fusé. Nous avons trouvé une solution chez deux imprimeurs en France, pour un coût qui n’est au final guère plus élevé. certains réflexes professionnels, Final cut – que des millions de gens sur la planète ont appris à utiliser – parce que l’activité n’est pas jugée assez rentable par

COMPRENDRE et CONSTRUIRE VOTRE ÉVÉNEMENT.

Quelle est votre perception de l’échec ? Affirmer que l’échec m’est indifférent serait un mensonge. Il m’attriste, mais me donne envie de comprendre, de construire le futur. Une critique tiède ou une lettre de reproche d’un lecteur me touchaient par le passé, me font réfléchir aujourd’hui sur une éventuelle maladresse commise. Je ne suis pas anxieux de savoir si « La bible selon Le chat » va plaire, mais plutôt curieux. Les premières réactions des proches, et notamment de ma femme qui est ma critique la plus intransigeante sur les répétitions de thèmes abordés ou sur les temps morts, me sont essentielles. Je privilégie l’amélioration constante du système, à l’instar des entrepreneurs. Quels sont les points saillants de l’actualité qui vous inspirent en ce moment ? Le mariage des prêtres est de plus en plus évoqué en ce moment. Le spot de pro-

PARIS - 01 69 79 20 20

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PANORAMA
L’Entretien

n°5

« Je suis venu à la compétition par la technologie »
Le 1er février 2009, la foule des grands jours s’était donné rendez-vous aux Sables d’Olonne. Comme tous les quatre ans, les spectateurs étaient venus accueillir le vainqueur de « l’Everest des mers », le Vendée Globe – tour du monde à la voile, en solitaire et sans assistance. Malgré le froid, on avait pris place le long du chenal pour voir le frêle Foncia de Michel Desjoyeaux rentrer au port, dans un concert de sirènes, d’explosions de joie et de fusées, avec le sentiment d’assister à l’exploit d’un skipper hors-normes : à cause d’une avarie technique, « le professeur » avait dû faire demi-tour juste après le départ. Reparti avec deux jours de retard sur ses concurrents, il les avait dépassés un à un pour finalement conquérir son deuxième titre dans l’épreuve en 84 jours, 3 heures et 9 minutes, record battu.
Bac assez laborieusement puis je me suis consacré à ma passion. Comment est venue la compétition ? Mes parents n’étaient pas compétiteurs, ce n’était pas des accros de sport : pour sont les objectifs. La vie est faite d’opportunités qu’il faut savoir saisir, être au bon moment au bon endroit, et ne pas laisser passer sa chance, sans pour autant marcher sur la tête du voisin. Aujourd’hui, je veux simplement continuer à naviguer en faisant ce qu’il nombreux marins avec une grande notoriété. J’ai navigué avec Francis Joyon, Loïc Perron, je les ai côtoyés au quotidien, j’ai partagé des moments avec eux, mais je ne les ai pas considérés comme des fils rouges dans ma carrière. tation avec de nombreuses contraintes : une longueur maximum, une hauteur de mât maximum… Au skipper, avec l’architecte et son équipe, de créer, dans les limites de cette réglementation, le bateau le plus performant possible. Mais un bon bateau ne l’est que s’il correspond à son skipper et si ce dernier est capable de s’en servir. Il se trouve que j’adore la technologie, je suis aussi passionné par la conception du bateau que par la navigation. Au moment où je mets mon bateau à l’eau, je sais déjà m’en servir à 90%. Si je ne m’étais pas intéressé à la technique, je n’aurais peut-être pas ce palmarès. D’ailleurs, je suis persuadé que dans les courses au large, comme le Vendée Globe, un bon marin en solitaire ne peut pas se détacher de l’outil qu’il a entre les mains. Il est obligé de savoir comment il est fait et pourquoi. Cela lui permet de savoir comment s’en servir et d’en connaître les limites. Au rythme où va la technologie, comment garder toujours un temps d’avance ? Grâce au même ressort psychologique qui nous donne envie de dépasser notre concurrent en course. Les bateaux qui naviguent aujourd’hui embarquent presque tous des technologies qui étaient déjà accessibles il y a 20 ans. Mais soit on n’y avait pas pensé, soit on n’avait pas les moyens pour les utiliser, soit on n’osait pas. Aujourd’hui, il est très difficile de faire une innovation de

©2009 Francois Crampon

Comment avez-vous commencé à naviguer ? Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Mes parents possédaient un chantier d’entretien et d’hivernage de bateaux de plaisance, la plupart à voile, où j’ai grandi et travaillé.

Quand on est élevé dans un tel environnement, on finit par tout connaître de l’architecture générale des bateaux, on navigue, on se prend au jeu. J’ai vite pris goût à la voile, ce qui a nuit à mon assiduité à l’école. J’ai eu mon

eux, la voile était un loisir. C’est la technologie qui m’a fait venir à la compétition, d’abord en solitaire mais aussi en équipage en tant qu’équipier (avec Eric Tabarly notamment, ndlr). Quand on invente de nouvelles techniques, de nouveaux modes de propulsion avec de l’eau et du vent, il vient un moment où on a envie de savoir si ce qu’on imagine fonctionne ou pas. Aujourd’hui, on modélise sur ordinateur les calculs avant de mettre un bateau à l’eau, mais à l’époque, le meilleur moyen de vérifier si mes idées étaient bonnes était de les confronter en course à d’autres skippers. Pour autant, la technologie ne suffit pas. De nombreuses personnes ont des idées pour faire progresser les bateaux, mais ne savent pas forcément les mettre en œuvre, n’en n’ont pas les moyens, ou bien ne savent pas les valoriser pour en tirer la quintessence.

“Si je ne m’étais pas intéressé à la technique, je n’aurais peut-être pas ce palmarès ”
faut pour ça. Bien entendu, il faut parfois provoquer les opportunités : plus jeune, j’ai pris mon téléphone pour proposer mes services comme équipier. Mais je ne me suis jamais donné de plan de carrière du type « dans cinq ans le Figaro, dans dix le Vendée Globe ». Avant de devenir mon propre chef, j’ai longtemps été l’équipier des autres. L’avantage, c’est que cela m’a permis de passer d’un bateau à l’autre facilement. Une semaine sur un trimaran, la suivante sur un monocoque… Et puis, cela m’a permis de travailler avec des hommes différents, d’observer plusieurs méthodes de management. Cette liberté m’a permis d’acquérir énormément d’expérience avant de devenir le skipper d’un projet, d’une équipe, avec les responsabilités que cela implique.

Comment avez-vous géré votre notoriété ? Il ne faut pas se laisser perturber par ses paillettes car dans ce sport, la notoriété n’est pas un étalon de talent. Elle n’est pas proportionnelle au mérite. Toutes les disciplines de la voile n’attirent pas autant les projecteurs. Ceux qui font de l’olympisme par exemple ne sont pas reconnus dans la rue, pourtant ce sont des compétiteurs redoutables et des professionnels exemplaires. J’ai choisi mes spécialités parce que ce sont celles qui m’attiraient, pas pour la notoriété qu’elles m’apporteraient, même si je savais qu’elle viendrait. Quelle est l’importance de la conception d’un bateau dans la voile aujourd’hui ? Dans les courses « monotypes », tous les bateaux sont les mêmes, donc seuls les équipages font la différence. En revanche, dans les séries « prototypes », comme le Vendée Globe ou la Coupe de l’America, les bateaux doivent respecter une réglemen-

Vous étiez-vous donné des objectifs au début de votre carrière ? Non, je ne sais pas ce que

Avez-vous eu des mentors ? Ça peut paraître bizarre, mais je n’ai pas été marqué par un skipper en particulier. Quand on baigne dans ce milieu, on habite à 20 kilomètres de chez Eric Tabarly, on croise de

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n°5

PANORAMA
L’Entretien

DATES CLÉS
16 juillet 1965 : naissance à Concarneau, en Bretagne. 1985 : première course autour du monde dans l’équipage d’Eric Tabarly, sur Côte-d’or, pour la Whitbread. 1992 : premier titre dans la Solitaire du Figaro. 1999 : création de l’écurie de course au large Mer Agitée. 2001 : première victoire dans le Vendée Globe avec PRB. 2002 : victoire sur la Route du Rhum sur Géant. 2004 : victoire dans la Transat anglaise sur Géant. Premier skipper à remporter successivement les trois plus grandes courses au large. 2009 : premier marin à remporter deux fois le Vendée Globe, avec Foncia ; élu meilleur marin de l’année par la Fédération française de voile pour la troisième fois. Création du bureau d’étude Mer Forte.

©B.STICHELBAUT

rupture, mais on fait preuve d’ingéniosité en associant de nouvelles techniques, de nouveaux matériaux, notamment grâce des méthodes de calcul sophistiquées qui n’existaient pas il y a deux décennies. Où avez-vous puisé la force de remporter le Vendée Globe 2008-2009 malgré un contretemps de deux jours au départ ? Tout le monde a vu le résultat final et la manière, mais très peu ont mesuré l’état d’esprit dans lequel je me trouvais. La clé dans ce genre d’épreuve, c’est la motivation, et la mienne était très forte. Quand j’ai pris le départ de cette course, cela faisait deux ans que je travaillais sur le bateau et dès ma première victoire, sept ans auparavant, je savais que je reviendrais. J’avais une telle motivation, une telle envie d’en découdre que cette avarie technique, que certains auraient prise comme une catastrophe, je ne l’ai perçue que comme un fait de course. Au moment de reprendre la mer, malgré mes 40 heures de retard, j’ai pensé qu’il me restait 80 jours de mer, donc rien n’était perdu.

Je me suis régalé pendant trois mois, je me marrais tous les jours à revenir sur la flotte. J’étais dans mon élément, je le faisais parce que j’avais envie de le faire. Je ne naviguais pas sur le meilleur bateau, mais il y avait une telle adéquation entre l’homme et la machine, que de l’extérieur cela paraissait presque facile, même si c’était énormément de travail, d’engagement et de prise de risque.

“Le marin est doté d’une capacité qui est très proche de la survie animale ”
capacité qui est très proche de la survie animale. Quand on est dans le pétrin, on n’a pas d’autre solution que de se débrouiller avec ce qu’on a pour s’en sortir. C’est ce qui m’est arrivé ce jour-là : si je n’avais pas trouvé de solution, j’aurais été obligé de m’arrêter en Australie ou au Chili. Pour un compétiteur, la menace de l’abandon est presque comme une question de survie. En 1999, vous avez créé votre propre écurie de course

1er janvier au matin, et lorsque j’ai enfin trouvé la solution le 4 janvier, je n’ai pas osé arrêter le moteur pendant cinq heures. Même si je ne suis pas superstitieux, j’étais terrifié qu’il ne redémarre pas. Mais comme je n’avais pas des réserves illimitées de gasoil, je m’y suis résolu. Ensuite, cette manœuvre est devenue aussi simple qu’un virement de bord car mes muscles l’avaient intégré. Le marin est doté d’une

au large, Mer Agitée. Pourquoi ? Jusque là, j’avais beaucoup navigué sur les bateaux des autres, ou avec des budgets gérés par d’autres. En 1998, j’ai gagné la Solitaire du Figaro pour la deuxième fois et le Solo Méditerranée. Je me suis alors dit qu’il était temps d’aller plus loin, et cela impliquait de me mettre à mon compte, d’avoir ma propre structure. Aujourd’hui, on ne

est venu me voir en 2010 pour préparer le Vendée Globe 2012-2013 avec Macif. Et en 2009, pourquoi avoir créé le bureau d’étude Mer Forte ? Avec les courses que nous avons gagnées, et les systèmes que nous avons développés pour nos bateaux, notre savoir-faire nous a amené de la notoriété, si bien que des chantiers, des architectes, des plaisanciers nous ont demandé des conseils, des solutions. Mer Forte nous permet d’extraire le savoir-faire acquis par Mer Agitée pour le rendre accessible à l’extérieur. En toile de fond, il y avait aussi l’idée que je ne vais pas forcément réussir à être performant toute ma vie sur un bateau, il fallait donc que j’imagine ma reconversion. Alors pourquoi ne pas faire de la technologie dans un sport que je connais bien ? Mon métier, c’est d’optimiser un projet selon des contraintes données. Avec Mer Forte, on continue à faire ça, avec par exemple des contraintes d’argent, de temps de construction ou de fiabilité données par les clients. Les utilisateurs ne

sont pas que des professionnels de la voile, mais des amateurs qui veulent naviguer, et que l’on aide à avoir un bateau avec lequel ils se sentent à l’aise. Mon rôle, au milieu de ces ingénieurs (douze personnes chez Mer Agitée et quatre chez Mer Forte), est d’apporter une valeur ajoutée par mon expérience, ma sensibilité à créer des systèmes. Quels points communs voyez-vous entre chef d’entreprise et skipper ? Quand on est skipper, on a l’habitude de prendre des décisions. A terre, on est le leader du projet, on donne les objectifs, le tempo, la motivation. Entre chef de projet et chef d’entreprise, il n’y a que quelques contraintes de plus. Pour moi, c’est la même chose.

Lors de votre première victoire sur le Vendée Globe 2000-2001, vous avez cassé le démarreur du groupe électrogène, qui alimente tous les systèmes de routage et de communication, et surtout le pilote automatique. Vous avez alors fabriqué un système de poulie pour utiliser l’énergie éolienne de la grande voile afin de le remettre en marche. Où avez-vous trouvé les ressources ? Le démarreur s’est arrêté le

peut plus faire de la voile en se contentant d’acheter des bateaux : il faut les construire, embaucher une équipe, signer des contrats avec des sponsors… Notre boulot, c’est la voile. Mer Agitée est une boîte à outils globale qui se charge de l’administratif, de la gestion, des ressources humaines, de la technique aussi. Une fois que la structure est sur pied, elle peut servir pour plusieurs skippers, pas seulement pour moi. Il y a eu Vincent Riou de 2002 à 2006 avec PRB, et François Gabart

Propos recueillis par Aymeric Marolleau

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PANORAMA
La région nantaise fait figure de bon élève de l’Hexagone, grâce à des atouts industriels choyés par les décideurs locaux et façonnés pour devenir les filières à succès de demain.
Par Mathieu Neu

n°5

Régions &
L’aéroNautique
’est l’un des moteurs de l’économie locale. La région accueille le deuxième site français d’Airbus et, dans le sillage de l’avionneur, quelque 370 entreprises sous-traitantes représentant 16000 emplois. Deux sites de production majeurs animent la filière. A Nantes, près de 2000 salariés oeuvrent pour que les Airbus prennent forme (fabrication des caissons centraux de voilure, des poutres ventrales, des ailerons…). A Saint-Nazaire, 2300 autres salariés se consacrent exclusivement à l’intégration des fuselages. Le destin économique des multiples fournisseurs est directement lié au carnet de commandes d’Airbus. Celui-ci n’a jamais été aussi rempli : le groupe livre désormais un appareil par jour et dispose de quatre à cinq ans de chiffre d’affaires garanti devant lui. Un rythme qui ne se tarira pas. Devant la demande étrangère, la flotte mondiale passera de 19000 avions en 2012 à 36000 entre 2015 et 2030. Avenir assuré pour les PME du secteur.

C

Un avenir…

e dynamisme de La Cité des Congrès de Nantes, espace modulable de verre, de bois et d’acier, écoresponsable et baigné de lumière, qui accueille au centre ville congrès, séminaires, conventions d’entreprise, expositions, salons ou toute manifestation culturelle témoigne d’une activité florissante. Etonnamment l’industrie participe pour une bonne part à cette activité débordante. Pendant qu’économistes, politiques et écrivains philosophent sur le déclin de nos usines qui plient sous le poids de la concurrence étrangère, un territoire résiste à cette lame de fond. Nantes Métropole et ses alentours brillent par une vitalité économique qui fait des envieux. Le département de LoireAtlantique a profité d’une croissance de ses emplois de 21% entre 1999 et 2009, au moment où la moyenne nationale affichait péniblement une hausse de 12%. L’un de ses secrets, pour le moins inattendu : l’industrie. « Nous avons de belles cartes à jouer. Le potentiel de nos filières irrigue tout le territoire local », se targue Jean-François Gendron, Président de la CCI de Nantes Saint-Nazaire. Et la Chambre de commerce compte bien faire du succès d’aujourd’hui celui de demain, puisque, de l’aéronautique aux constructions navales en passant par les énergies renouvelables, les filières industrielles championnes sont toutes au cœur de sa feuille de route destinée à assurer le développement des années à venir. Le territoire a commencé à déployer l’arsenal sur lequel il s’appuiera pour gagner la bataille économique de demain. « Neopolia joue un rôle crucial dans cet essor industriel », assure Jean-François Gendron. Ce réseau, qui regroupe quelque 150 entreprises et 13000 salariés, est au cœur des projets aéronautiques et navals. Son influence s’est considérablement étendue au cours des dernières années. Il intervient également dans les chantiers offshore, ferroviaires et, depuis deux ans, dans les initiatives relatives aux énergies marines renouvelables. La mission de Neopolia : la maîtrise d’œuvre d’actions collectives dans ces secteurs florissants. « En se regroupant ainsi, les sociétés membres décrochent d’importants marchés à l’étranger. C’est une vitrine pour toute la région », se réjouit Jean-François Gendron. Dans le prolongement des leviers d’activité comme Neopolia, les décideurs locaux veillent à soutenir la recherche scientifique et technologique, garante de la croissance de demain. L’Institut de recherche technologique (IRT) Jules Verne concentre une matière grise utile à de nombreuses filières. Il travaille notamment à la conception de nouveaux matériaux composites pour l’aéronautique, le domaine naval, l’énergie. Son but est de répondre aux défis technologiques comme la longévité des produits, la sécurité, et surtout l’allègement de structures, un des grands impératifs de l’aviation, soumise à une nécessité toujours plus forte de diminuer les consommations de kérosène. Une exploitation plus écologique des matériaux guide l’ensemble des travaux. Une évolution qui rejoint les vastes projets de la région en matière d’énergie marine renouvelable, pour lancer toute l’économie locale sur les rails du « green business ». Le potentiel vert est immense, « mais les profits tirés des initiatives écologiques ne seront pas immédiats, loin s’en faut », relativise Nicolas Douchement, directeur du Salon des Entrepreneurs de Nantes Grand-Ouest. « Tant que les critères verts seront vus comme une contrainte et non comme un levier de croissance, le green business restera une idée lointaine. » Pour faire changer les mentalités au plus vite, les pouvoirs publics interviennent à grand renfort de communication. « Conscients des enjeux, la Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’estuaire (CARENE), ou encore Nantes Métropole, n’hésitent pas à voter des budgets de sensibilisation », remarque Nicolas Douchement.

L

Nan
Les éNergies mariNes reNouveLabLes

La coNstructioN NavaLe
a filière locale tient la dragée haute à bon nombre de concurrents. Après une relative accalmie conjoncturelle, les projets reprennent avec vigueur. STX, un des leaders mondiaux de l’industrie navale, commencera fin 2013 la construction du plus grand paquebot du monde : 360 mètres, 6360 passagers, 2700 cabines et une livraison prévue pour 2016. Un défi technique et une vitrine précieuse pour le marché international. Deux tiers des emplois nationaux relatifs à la construction navale, civile et militaire se situent sur l’estuaire de la Loire. Le territoire tend à focaliser son savoir-faire sur les produits haut de gamme et les navires de très grand gabarit. Un domaine prometteur, les voies maritimes étant toujours plus empruntées, même si la concurrence asiatique complique les paris sur le long terme.

L

E

lles représentent à terme 2000 nouveaux emplois pour la région. Le pôle « Nantes Saint-Nazaire » constitue véritablement le cœur de l’émergence de cette filière d’avenir. Dans le cadre du premier appel d’offres pour la construction de parcs éoliens offshores, le territoire s’est vu attribuer deux projets titanesques : le parc du banc de Guérande et le parc des Deux Îles. Le plan de développement des énergies renouvelables issu du Grenelle de l’Environnement prévoit quelque 1200 éoliennes à installer au large des côtes françaises. On parle d’une filière capable de créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois durables à l’échelle nationale. L’éolien flottant et l’hydrolien concentrent également de nombreux espoirs.

Verbatims

« Des dispositifs d’incitation fiscale de la part des pouvoirs publics seraient intéressants, pour que les enjeux du développement durable soient réellement intégrés dans les filières. C’est par ce biais que la région entrera de plein pied dans l’ère du green business », Nicolas Douchement, directeur du Salon des Entrepreneurs de Nantes GrandOuest. « Le territoire contient de nombreuses PME, mais trop peu d’ETI (Entreprises de taille intermédiaire, ndlr). Favoriser les coopérations entre PME et grands groupes est essentiel. De cette manière, les PME sont tirées vers le haut, vers de nouveaux marchés », Nicolas Debon, directeur du développement économique de Nantes Métropole.

« L’évolution des filières industrielles implique des managers toujours plus polyvalents. L’offre de formation nécessite des savoir-faire plus transversaux, c’est pourquoi notre collaboration avec d’autres établissements comme l’Ecole Centrale ou l’Ecole d’Architecture de Nantes est de plus en plus importante », Frank Vidal, directeur d’Audencia Group. « Le département est également atypique en raison de sa dynamique démographique. Entre 2010 et 2040, la population de Loire-Atlantique augmentera de 355000 habitants », Jean-François Gendron, Président de la CCI de Nantes Saint-Nazaire.

©Yvonnick Martin - l'alexandre@ymla44

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n°5

PANORAMA

Territoires

industriel !

L’agroaLimeNtaire

D

ntes
Les tic
i les filières industrielles donnent à la région nantaise tout son éclat, les services ne sont pas en reste. Les technologies de l’information et de la communication emploient plus de 18000 personnes au sein de 1500 sociétés, en particulier dans le génie logiciel. Nantes Métropole concentre la grande majorité des entreprises. Cap Gemini, bull, Alcatel, Logica, Sygma sont quelques uns des grands noms du secteur présents localement. Entre 2005 et 2008, le nombre d’emplois avait notamment connu un bond exceptionnel de 24%. Environ 2200 étudiants formés chaque année nourrissent le vivier de compétences nécessaires.

18% de l’emploi industriel du département de Loire-Atlantique proviennent de ce secteur. Nantes Métropole représente le deuxième Marché d’intérêt national (MIN) avec 1260 salariés répartis dans 103 entreprises. Plusieurs grands noms apportent leur dynamisme, comme les plats cuisinés Tipiak, les biscuits LU, ou encore le groupe Nestlé dans le domaine laitier. Le Pôle nantais Alimentation & Nutrition (PONAN) constitue l’un des premiers pôles nationaux de recherche sur l’alimentation et accompagne les mutations et l’optimisation de la filière, notamment en matière de génie des procédés et de sécurité alimentaire. Un rôle central par rapport à la nécessité toujours plus grande d’intégrer des critères éco-responsables dans cette industrie.

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irectement liées aux métiers des TIC, les activités créatives (multimédia, audiovisuel…) jouent elles aussi un rôle moteur sur ce territoire pleinement ancré dans le potentiel technologique du 21e siècle. Autour de l’Ecole de design Nantes Atlantique et de l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Nantes gravitent une multitude d’entreprises. Une « Cantine numérique » a ouvert ses portes depuis trois ans. Ce lieu d’échanges et d’innovation est le troisième du genre après les implantations de Paris et Rennes, favorisant la mise en réseau des acteurs et l’émergence de projets communs. Quelque 200 mètres carrés de « co-working space » sont disponibles dans ce but.

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PANORAMA
Hexagone

n°5

Touche pas à mon école
L’Education nationale fait parfois figure de citadelle imperméable au changement. Dans la mire des tenants de cette critique, les syndicats. Portrait des dirigeants du SGEN CFDT et de l’UNSA éducation. Deux parcours pour un seul objectif : réformer l’école. Par Olivier Faure

Frédéric Sève,
Secrétaire général du SGEN-CFDT

Le culte du dialogue

P

ar atavisme et par choix. C’est ainsi que Frédéric Sève, secrétaire général du Syndicat général de l’Education nationale (SGEN-CFDT) depuis le 6 décembre 2012, explique les raisons de son engagement syndical. L’homme est en effet issu d’un terreau fertile : milieu catho de gauche, et père engagé à la CFDT. Mais, assure-t-il, ce sont surtout « les valeurs d’un syndicalisme de proposition, incisif et modéré », qui l’ont séduit. Et on peut dire que ce fut le coup de foudre ! Dès 1996, quelques mois seulement après avoir décroché l’agrégation de sciences économiques et sociales, et intégré l’éducation nationale comme professeur en lycée, le natif de Villefranche-sur-Saône s’engage au SGEN. Puis gra42 ans seulement, Laurent Escure possède déjà une solide expérience

vite tranquillement tous les échelons de l’organisation. En 1998, il entre dans les instances dirigeantes de la fédération du Rhône, en pleine « période » Allègre. En 2004, il s’installe au Conseil fédéral. Enfin, en mai 2012, il pousse les portes de la Commission exécutive de la fédération avant, sept mois plus tard, d’en prendre les commandes. « J’ai progressé par capillarité, sans jamais avoir de plan de carrière », s’excuse presque celui qui affirme n’avoir jamais songé, dans les premières années de son engagement, à se retrouver là aujourd’hui. Une idée, toutefois, l’a toujours guidé et encouragé à poursuivre son action au SGEN-CFDT. « Le principe selon lequel il est possible de concilier les intérêts du personnel et

ceux de l’administration. Nous sommes convaincus qu’on peut aboutir à une refondation de

tiède. « Bien au contraire. La volonté de trouver le consensus impose de formuler des propositions incisives sur lesquelles il faut s’arc-bouter. Cela implique une réflexion bien plus exigeante que la simple posture d’opposition. » Pour autant, le SGEN ne représente toujours que 10% des syndiqués de l’Education nationale. Les raisons ? Historique, d’abord.

consensus impose de formuler des propositions incisives

“La volonté de trouver le ”
Le syndicalisme de l’Education Nationale s’est en effet toujours construit en dehors des grandes confédérations. Et puis, dans les années 1980-1990, l’organisation a souffert des difficultés qu’a entraînées l’achèvement de la massification scolaire, qu’elle avait toujours défendue. « Et puis, ces dix dernières

l’école dans laquelle le salarié et l’institution se retrouvent. C’est ce qui nous distingue d’autres organisations syndicales, comme la CGT par exemple. Pour eux, les intérêts de l’ « adversaire » et ceux qu’ils défendent sont irréconciliables. Ce n’est pas du tout notre façon de penser. » Au risque de passer pour un syndicat à l’eau

années, nous nous sommes beaucoup transformés, afin d’approfondir notre structuration en syndicat général. Contrairement aux autres organisations, qui s’occupent séparément de chaque catégorie professionnelle, nous avons décidé de mettre chaque métier – enseignants, infirmières scolaires, chefs d’établissement, personnel administratif… – au même niveau, et de les défendre de façon globale. » L’intérêt ? « Dépasser les intérêts catégoriels, qui sont un frein énorme à l’émergence de consensus. » Un discours assez éloigné de l’image d’immobilisme que renvoient souvent les syndicats de la fonction publique. A tort ? « En partie. Bien sûr qu’il y a des « réacs », mais il ne faut pas généraliser. Les medias ont malheureusement tendance à renvoyer des profs une image monolithique. Et puis, pour inciter le salarié à faire évoluer le système, il faut que l’administration implique davantage

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le personnel des établissements dans leur pilotage. »

A

Laurent Escure,
Secrétaire général de l’UNSA éducation

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du militantisme. Et pour cause, l’homme a démarré très tôt. Dès 1986, alors que le jeune Corrézien n’est encore que lycéen, il s’engage contre le projet de loi Devaquet. Deux ans plus tard, lorsqu’il arrive à la fac de Toulouse-Le Mirail pour embrasser des études d’Histoire, c’est tout naturellement qu’il adhère à l’Union nationale des étudiants de France (Unef). Une organisation dans laquelle il prend du galon, au point d’en devenir le trésorier national de 1994 à 1996. Une promotion qui oblige le natif de Tulle à monter à Paris, où il poursuit ses études à Nanterre. Son engagement précoce, il l’explique en partie par son milieu de naissance. « Mes grands-parents maternels ont été très touchés par la guerre et la Résistance. Cela a contribué très tôt à mon éveil citoyen. De plus, dès le collège, je suivais

l’actualité. Alors, quand au lycée, il a été question de restreindre le mouvement de démocratisation de l’enseignement supérieur, je me suis de suite impliqué dans le mouvement de protestation. » Après l’Unef et la vie parisienne, arrive le temps du retour

L’école pour tous
Mirail. « Un choix pédagogique, affirme-til. Je ne suis pas de ceux qui pensent que sous prétexte que les jeunes sont issus de milieux difficiles, il ne faut par leur donner le maximum en termes d’éducation. Cela commence gnement. Or, aujourd’hui, 150000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme. Ce chiffre n’a pas bougé depuis 1993. Cela prouve qu’il existe une crise systémique. » Pour mener à bien ce combat, l’UNSA a sa méthode. Fixer un objectif, d’abord : pour toute une classe d’âge, un socle commun de connaissances. Une volonté traduite dans les textes de loi en 2005, et plus récemment, replacée au centre de la loi Peillon. Réfléchir à du contenu, ensuite : ce que doit composer ce socle commun. « Toutes les compétences et connaissances utiles pour devenir un citoyen compétent. » Enfin, une stratégie pour atteindre ce but. « De la pédagogie, encore de la pédagogie. Il faut repérer les bonnes pratiques et les dupliquer. Nous aimerions par exemple que l’enseignement se rapproche beaucoup plus de ce qui se fait en formation professionnelle continue pour adultes. » Dans cette volonté de refonte, quid des professeurs ? Laurent Escure ne les oublie pas. « Il faut former les professeurs à ces nouvelles méthodes. Et aussi leur apporter davantage de reconnaissance, au niveau de leur salaire, mais pas uniquement. » Pas facile en temps de crise. « Nous espérons simplement que quand l’embellie arrivera, nous ne serons pas oubliés. »

sortent chaque année du système scolaire sans diplôme
à Toulouse et de l’engagement à l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) Education. Concours d’instit’ en poche, Laurent Escure commence sa carrière d’enseignant par des remplacements de courte durée dans la ZEP du par ne pas baisser son propre niveau d’exigence lorsque l’on est professeur. » Cette conviction, il la retrouve dans le projet pédagogique établi par l’UNSA Education. « Notre syndicat possède une vraie histoire de la démocratisation de l’ensei-

“Aujourd’hui, 150 000 jeunes ”

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PANoRAMA
NOV. 2013

Depuis son premier mandat de Président du Conseil, Silvio Berlusconi semble régner sans partage sur l’Italie. Aujourd’hui que le Cavaliere est en passe d’être définitivement désarçonné, l’heure est donc au bilan pour celui qui, vu de France, ne vaut pas la corde pour le pendre. Mais qui a su séduire les Italiens pendant vingt ans.

M

acho, fascisant, corrompu, malhonnête, vénal, libidineux, vulgaire, incompétent. Depuis qu’il domine la scène politique italienne, le portrait que médias et observateurs dressent de Silvio Berlusconi est désastreux. Et tout le Botox du monde ne suffirait pas à sauver les apparences. Pourtant, le Cavaliere n’est pas de ces monarques recevant le pouvoir comme une chaîne de baptême, ni de ces dictateurs s’en emparant à la pointe du fusil. Non. C’est, directement ou indirectement, par le biais du jeu démocratique que le dirigeant de Fininvest et de Mediaset a par trois fois conquis le droit de gouverner, en 1994, 2001 et 2008. Alors, une ques-

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International

Berlusconi : « Poor lonesome Cavaliere »
CITÉ DES CONGRÈS

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NANTES

tion s’impose : comment les Italiens ont-ils pu remettre leur destin entre des mains aussi sales pendant près d’un quart de siècle ? Et l’on est tenté de répondre que, entre deux frasques, l’homme a aussi dû faire du bon boulot. « Non, tranche Hervé Rayner, docteur en science politique, chercheur à l’Université de Lausanne et spécialiste de l’Italie. Ça peut sembler extraordinaire, mais Silvio Berlusconi n’a pas dirigé pour l’Italie. On ne peut même pas dresser un bilan de ses politiques publiques. Il a dirigé pour lui, pour sauver sa peau. » Un constat partagé par le politologue et spécialiste de la politique italienne Philippe Moreau Defarges : « Vou-

loir rééquilibrer le bilan de Berlusconi est une intention louable. Malheureusement, il est impossible de trouver quelque chose de positif dans ses années de gouvernement ! » Pour comprendre cette triste curiosité politique, il importe de remonter aux origines du

vanche, il commençait de déployer ses tentacules. « Pour mener à bien ses affaires dans l’immobilier, Silvio Berlusconi a rapidement eu besoin d’appuis politiques, au départ en périphérie de Milan, explique Hervé Rayner. Même chose lorsqu’il se lance dans les medias. On parle alors de

de 100 millions de Lires, détaille Hervé Rayner. Sa survie dépend donc des banques, qui sont alors entre des mains publiques. La perspective de l’élection d’un opposant – qui sonnerait le glas du groupe Berlusconi – l’oblige donc à se lancer en politique. » Son bras droit de toujours, Marcelo

“Berlusconi a avant tout dirigé pour sauver sa peau ”
mal. Ce temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, où Silvio n’était pas encore sous les feux de la rampe. En coulisse, en re« Far West télévisé » en Italie, car aucune loi n’encadre l’organisation des chaînes. Grâce à ses appuis, la législation se fait à son profit, au point de parvenir à une situation de monopole. Ainsi, avant même d’entrer en politique, Silvio Berlusconi est un acteur politique, de par les liens étroits qu’il tisse avec tous les milieux de pouvoir. » Ces « milieux », qui sont-ils ? Un homme, d’abord. Le très influent Benedetto « Bettino » Craxi, secrétaire général du Parti Socialiste de 1976 à 1993, puis chef du gouvernement de 1983 à 1986, que finance Berlusconi. La loge maçonnique secrète P2, ensuite, que le Cavaliere rejoint en 1978. Il y retrouve de nombreux hommes de pouvoir, et y étoffe son carnet d’adresses. La mafia sicilienne, aussi, avec qui il entretient des liens étroits depuis la fin des années 60. « Dans les années 1974-1975, il recevait le boss de la Cosa Nostra dans ses bureaux à Milan, précise Hervé Rayner. Et l’argent de l’organisation passait très vraisemblablement par ses sociétés. » C’est en 1992 que survient le cataclysme : l’opération Mani Pulite (« Mains propres », en italien), une vaste suite d’enquêtes visant des personnalités du monde politique et économique. La classe dirigeante est décimée, les structures des partis s’effondrent. Silvio Berlusconi perd tous ses alliés. « Or, à ce moment-là, son empire est endetté à hauteur Delutri, président de Publitalia, l’agence de publicité de Mediaset, créé alors de toutes pièces Forza Italia, en sélectionnant les futurs députés du parti dans le carnet d’adresses de l’agence. Résultat : une courte victoire aux élections de 1994, grâce à une improbable alliance entre la Ligue du Nord et les néofascistes. L’animal politique Berlusconi entre dans l’arène. Pour y faire quoi ? « Echapper aux magistrats, car à l’époque déjà, de nombreuses enquêtes sont diligentées contre Berlusconi, notamment concernant l’achat d’officiers de la brigade des Finances. Pendant vingt ans, on assistera à une course poursuite entre lui et les magistrats, ce qui lui permettra de jouer le refrain de la persécution », sourit Hervé Rayner. Dans cette course, le Cavaliere aura un allié de taille : la loi, qu’il fera évoluer au gré de ses besoins, possédant toujours un coup d’avance sur ses poursuivants. Plusieurs de ses avocats siègeront d’ailleurs en commission « Justice » pour défaire les lois qui pourraient le mettre en danger. « Tous les textes qu’il a promulgués sont des lois ad personam (pour servir sa personne, ndlr), explique Hervé Rayner. Certains exemples prêtent presque à sourire, comme le décret adopté pour que les gens qui achètent un décodeur donnant accès à ses chaînes en soient remboursés. » Résultat des courses, les indi-

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cateurs italiens ont plongé depuis 2000. Au classement du FMI sur l’évolution des PIB sur la période 2000-2010, l’Italie se classe ainsi 179e sur… 180! La Botte est aussi l’un des seuls pays d’Europe où le nombre d’inscrits à l’Université baisse depuis 2000. Et l’évasion fiscale annuelle est évaluée à 120 milliards d’euros, un record ! « C’est la preuve qu’il n’y a plus rien qui tient », se désole le chercheur de l’Université de Lausanne. Rien de surprenant puisqu’au milieu de ce marigot, les députés et ministres ayant voix au chapitre ne sont ni plus ni moins que des créatures de Berlusconi. Aucune marge de manœuvre pour eux, donc, et aucun moyen de redresser la situation. Quant au peuple italien, lui aussi est victime de la mystification. Les chaînes de Berlusconi regroupant près de 50% de parts d’audience, il y fait son autopromotion sans jamais de contradicteur depuis trente ans. Effet d’endoctrinement assuré. Le Cavaliere s’autorise même des sorties impensables en France : en public, il menace un jour un de ses alliés du gouvernement de ne plus apparaître à la télévision s’il fait scission ! Mais c’est sur un autre terrain que l’homme de Milan est parvenu à s’assurer l’appui d’une partie des Italiens : le fisc. « Il a réussi à se faire passer pour l’homme qui protégeait les citoyens d’une pression fiscale trop importante. Dans un pays de petits commerçants, de travailleurs indépendants et où 75% de la population est propriétaire de son logement, c’est un argument électoral qui compte », affirme le chercheur. Enfin, qui comptait. Car après trente ans de prestidigitation, la lumière est enfin revenue dans la salle. Et Silvio Berlusconi, seul sur scène, s’apprête à retourner en coulisses. Des coulisses dont on ne remonte pas.

Olivier Faure

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Printemps arabe : quand
Le Printemps arabe restera dans l’Histoire comme un formidable mouvement de contestation spontanée des peuples du Moyen-Orient. Mais que reste-t-il aujourd’hui de ce souffle d’air frais passé sur la nuque des dictateurs ? Bientôt trois ans après le début des révoltes, les rapports de force politiques et religieux, la géopolitique internationale, ont repris leurs droits. Et plongé le simple observateur occidental dans le flou le plus total. Tentative de mise au point, pays par pays.

I

l était une fois, niché au cœur des sables de l’Orient, une vaste contrée où les rivières charriaient l’eau la plus pure qui soit, où le soleil jamais ne se voilait, où les jeunes gens ne demandaient qu’à vivre du fruit de leur travail. Malheureusement, sur ces terres, régnait un roi indigne, qui ne pensait qu’à s’enrichir, au détriment de son peuple, qu’il accablait de lourds impôts. Un jour, toute la jeunesse se

habitants du pays purent enfin connaître la paix et la félicité. voilà comment tout aurait pu se passer en Tunisie, en Egypte, en Libye ou en Syrie. Malheureusement, la géopolitique internationale, les jeux d’alliances régionales, les rapports de force politiques, l’emprise de certains groupes religieux plus ou moins modérés, n’autorisent pas ce type de scénario à la Walt Disney. Et après le Printemps

pour les non spécialistes, la situation est aujourd’hui d’une complexité extrême. Au point de ne plus savoir qui gouverne quoi, sous la menace de qui, et avec quel soutien.

POur LOngTEmPs ? Rappelez-vous, c’était le 17 décembre 2010. Pour la première fois, vous entendiez

TunisiE LA cOnfiscATiOn isLAmisTE… PLus

“Il n’y aura pas d’Hiver islamiste en Tunisie”
réunit sur la plus grande place de la plus grande ville, et cria son indignation. L’affreux despote, effrayé par le nombre, prit peur et s’enfuit. On ne le revit jamais plus, et les arabe, certains observateurs ont parlé d’« Hiver islamiste ». Pour filer la métaphore, on pourrait tout aussi bien fustiger un automne anarchiste. Car vu de France,

Antoine Sfeir
Les rapports de force religieux sont une composante majeure de la reconstruction politique des Etats du Moyen-Orient.

un nom que vous pensiez rapidement oublier : Mohamed Bouazizi. Un vendeur ambulant de fruits et légumes tunisien, qui venait de s’immoler à Sidi Bouzid, pour

« La démocratie ne peut pas cadrer dans certaines sociétés »
Après le Printemps arabe, tout l’Occident s’est mis à rêver d’une démocratisation en masse des pays du Moyen-Orient. Aujourd’hui, force est de constater que l’on est bien loin du compte. Et chacun de se demander si vouloir calquer notre modèle démocratique sur des systèmes de valeurs différents du nôtre est finalement une bonne idée. Anthropologue et directeur d’études à l’EHESS, Marc Abélès tente d’apporter des éléments de réponse.
Avant de parler de démocratie, ne conviendrait-il pas de définir clairement le concept ? Malheureusement, c’est très difficile, car il en existe de nombreuses variantes. De quoi parle-t-on ici ? De démocratie populaire, de démocratie représentative, de démocratie directe ? Bien sûr, on peut revenir à la définition grecque du concept, mais je ne suis pas sûr qu’elle soit encore valable dans les régimes qui, pourtant, se disent démocratiques. D’ailleurs, l’idée même de démocratie comporte de nombreuses limites. La preuve, c’est l’invention par l’historien et spécialiste du sujet Pierre Rosanvallon de la notion de contredémocratie. Une démocratie qui fonctionnerait n’aurait, par essence, pas besoin d’instruments de contre-démocratie. Partons du principe que le modèle promu par les Occidentaux est celui de la démocratie représentative… Celle-ci ne peut pas cadrer dans certaines sociétés non adaptées. En Inde, par exemple, il existe un système de hiérarchies très marqué qui n’accepte pas la démocratie. Et quand bien même celle-ci y serait introduite, elle n’effacerait en rien ces hiérarchies sous-jacentes. Dans le cadre des sociétés arabes, fortement influencées par l’Islam, là aussi, je ne suis pas sûr que cela puisse cadrer. Le rapport entre le religieux et le politique, la question du rôle des femmes, rendent à mon sens difficile l’adoption de la démocratie. Pourtant, certains pays arabes sont officiellement des Etats démocratiques… Bien sûr, mais sur le papier, on peut partout mettre en place une démocratie parlementaire. Simplement, lorsque le Parlement n’est qu’une émanation du pouvoir central, ça pose la question du contenu du régime démocratique. En Chine, vous avez un Parlement. Et il s’agit d’une démocratie populaire. Ce qui importe, ce sont les pratiques concrètes que l’on met derrière les mots. Justement, que doit permettre une véritable démocratie ? Selon moi, il faut prendre en compte ce que dit le philosophe Jacques Rancière sur la notion d’égalité des intelligences, à savoir la capacité de chaque être humain capable de penser et de comprendre un discours à jouer un rôle politique, à remettre en cause une hiérarchie donnée. Un régime politique vraiment démocratique devrait être le lieu de la mise en œuvre de cette égalité des intelligences. Rancière prend l’exemple des Plébéiens de la Rome antique, qui décident de constituer leur propre assemblée pendant que les Sénateurs se réunissent. Ainsi, le rapport de force se voit bouleversé. Le concept d’assemblée serait donc un élément clef ? Tout à fait, d’autant qu’il s’agit là d’un opérateur politique assez précis. Et puis, on le retrouve dans des sociétés très différentes des nôtres, en Afrique ou en Asie par exemple. J’étais il y a quelques années dans une ethnie d’Ethiopie dont la société était régie par des assemblées. Etait-ce démocratique ? Oui, puisque c’était le peuple qui s’exprimait. C’est une notion centrale pour qualifier l’idée de démocratie. Idéalement, les assemblées devraient se construire dans la pratique quotidienne et au ras du sol. Le Printemps arabe a d’ailleurs commencé par des assemblées sauvages, qui répondaient à un besoin, et durant

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d viendra l’été ?
protester contre la confiscation de son stock par les autorités. Un fait divers tragique qui allait faire descendre la jeunesse tunisienne dans la rue pendant quatre semaines pour protester contre la répression policière, la corruption, les inégalités régionales, mais surtout le chômage de masse y compris chez les diplômés. Un mouvement qui allait aboutir, le 14 janvier 2011, à la fuite du président Ben Ali, pourtant au pouvoir les Frères musulmans en Egypte, s’est attaqué à une population rurale et illettrée en leur disant : nous avons souffert pour vous, nous

autoritaire a succédé une multiplication des potentats locaux
depuis… 1987. « Cette révolution fut un succès car la Tunisie est un pays où la classe moyenne est importante, décrypte Antoine Sfeir, spécialiste du Moyen-Orient. Malheureusement, le retour des exilés islamistes d’Ennahda a confisqué à la jeunesse tunisienne sa révolution. » Car après le départ du dictateur, s’ensuit une période floue de près d’un an, durant laquelle se succèdent les gouvernements provisoires. Le 23 octobre 2011, sous la pression populaire, sont organisées des élections en vue d’élire une assemblée constituante. Avec 40% des voix, c’est le parti islamiste Ennahda qui en sort vainqueur. « Ennahda, comme avons été exilés et emprisonnés pour vous. Maintenant, si vous ne votez pas pour nous, vous votez contre l’Islam. C’est un slogan qui frappe très fort chez des gens dont la première identité est musulmane », explique Antoine Sfeir. Depuis son élection, le parti de Rached Ghannouchi ne cesse cependant d’être critiqué. Point d’orgue de cette contestation, l’assassinat de l’opposant à Ennahda Choukri Bellaïd le 6 février 2013, qui provoque la chute du premier gouvernement islamiste. Plus récemment, le 25 juillet 2013, c’est un second opposant, Mohamed Brahmi, qui est tué par balles devant son domicile. A chaque fois, les fa-

“En Libye, au centralisme ”

milles des victimes accuseront Ennahda d’être le responsable des meurtres. Ce second crime ouvre alors une nouvelle crise politique et provoque de nombreuses manifestations partout dans le pays. Au cours de ces dernières, des slogans comme « Ghannouchi assassin », « A bas le parti des Frères », en référence aux liens d’Ennahda avec l’organisation égyptienne, ont été entendus. S’il refuse toujours de démissionner, afin de calmer le jeu, le gouvernement a accepté de fixer la date des prochaines élections au 17 décembre 2013. Leur issue ? « Ennahda craint ces élections, et il vont les perdre. Il n’y aura pas d’Hiver islamiste en Tunisie », prophétise Antoine Sfeir.

Pour comprendre la révolution égyptienne de 2011, pas besoin de livres d’Histoire ou de licence en Sciences politiques. Non, la lecture seule d’un roman suffit : L’immeuble Yacoubian, de l’auteur égyptien Alaa al-As-

EgyPTE VErs unE guErrE ciViLE PrO-ArméE Vs PrO-frèrEs musuLmAns ?

Œ

lesquelles beaucoup de questions étaient évoquées. Ces assemblées, ce sont aussi de véritables lieux d’expérimentation de l’égalité des intelligences, où n’importe qui peut rentrer dans le débat. De plus, chacun y participe avec sa culture et ses interdits, donc cela peut s’enraciner n’importe où. C’est tout cela qui a tant fasciné les observateurs occidentaux pendant le Printemps arabe. c’est cette forme de démocratie qu’il faut encourager dans les pays en reconstruction du moyen-Orient ? Bien sûr. Notre rôle doit être d’aider à ce que se maintienne cette ébullition, qu’elle se banalise, et que des lieux politiques pas forcément institutionnels continuent d’émerger, car c’est là que naît le débat. D’autant qu’aujourd’hui, ce

mouvement est accompagné par tout ce qui se passe et se dit sur Internet. Là aussi, ce sont les individus qui sont remis sur le devant de la scène. On le voit bien en Chine, par exemple. cependant, même dans ces assemblées, il y a des exclus… En effet. Lorsque je citais une ethnie éthiopienne tout à l’heure, toute une partie du corps social était exclue du débat : les potiers, les tanneurs par exemple. Cela amène à une autre notion centrale au développement d’une démocratie, qui est celle de citoyenneté. Et au-delà de la citoyenneté formelle, se poser la question de la citoyenneté réelle. Définir une citoyenneté, cela prend du temps. ne doit-on

pas laisser le temps aux pays arabes de faire leur apprentissage de la démocratie ? Je ne crois pas trop à cette idée d’apprentissage. Cela voudrait dire que tous les Etats vont suivre le même chemin, qui à la fin, aboutira nécessairement à la démocratie. C’est une vision unilinéaire de l’évolution qui est à mes yeux très régressive. Je passe toujours pour un grand pessimiste quand j’affirme cela, mais je pense que ceux qui disent le contraire se voilent la face. Autre élément souvent avancé pour l’établissement d’un système démocratique : la nécessaire éducation des populations… Je ne pense pas que cela joue un rôle fondamental. Reprenons mon exemple éthiopien : les gens n’étaient pas alpha-

bétisés, et pourtant, leurs assemblées avaient un fonctionnement procédural très précis, tous les débats étaient régis par des codes, il y avait des lois… finalement, que retenir de notre volonté farouche d’exporter notre modèle ? Je trouve inquiétant notre discours lénifiant sur la démocratie. Nous en sommes arrivés à un point où, dans les pays arabes, on considère que les choses ont tourné en rond, et sont quasiment revenues à leur point de départ. Nous nions donc la réalité, simplement parce qu’elle ne cadre pas avec notre discours.
Propos recueillis par Olivier Faure

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wany, paru en 2002. Tous les maux de la société égyptienne s’y retrouvent : corruption, islamisme, inégalités sociales, chômage, difficultés d’accès au logement… Autant de sources de mécontentement qui vont, dans le sillage de la chute de Ben Ali en Tunisie quelques jours plus tôt, précipiter les Egyptiens dans la rue le 25 janvier 2011. Premier objectif des manifestants ? Le départ du président Hosni Moubarak, en place depuis 1981, et la mise en place d’un Etat démocratique. Mais le pouvoir en place ne se laisse pas faire. En plus de réprimer dans le sang les manifestations, il coupe les télécommunications via téléphones mobiles et Internet. Du jamais vu. Mais la protestation se poursuit, notamment via la médiatique occupation de la place Tahrir. Et le 11 février 2011, même pas quinze jours après le début de la révolution, les manifestants obtiennent gain de cause : le départ du président Moubarak. C’est alors l’armée – historiquement très présente dans les arcanes du pouvoir égyptien – qui prend en charge la transition démocratique. Le 17 juin 2012 se tiennent les élections présidentielles. Après bien des hésitations, les Frères musulmans présentent un candidat : Mohamed Morsi. Bien qu’issu de la mouvance islamiste, l’homme a auparavant envoyé quelques signaux rassurants aux opposants traditionnels des Frères, comme les Libéraux, auxquels il promet de participer à l’écriture de la Constitution. Le 24 juin 2012, la commission électorale proclame Mohamed Morsi cinquième président de la République arabe d’Egypte. « C’est alors qu’il va réaliser son coup d’Etat, en s’accaparant le pouvoir judiciaire, en plus de l’exécutif », explique Antoine Sfeir. Une appropriation, doublée d’importantes restrictions en matière de liberté, et d’un durcissement au plan religieux. Beaucoup comparent alors le nouveau maître du Caire à… Hosni Moubarak. Les manifestations anti-Morsi fleurissent alors dans tout le pays, et une pétition rassemble même 22 millions de signataires ! Le 30 juin 2013, ils sont près de 15 millions d’Egyptiens à descendre dans la rue pour demander son départ du gouvernement. De son côté, l’armée enjoint le Président a démissionner. Celui-ci refuse. Le 3 juillet, le général Abdel Fatah Al-Sisi annonce alors le remplacement à la tête de l’Etat de Mohamed Morsi par le président de la Haute cour constitutionnelle, Adli Mansour. L’ancien chef de l’Etat crie au coup d’Etat. « Ce n’est pas l’armée qui a réalisé le coup d’Etat, juge Antoine Sfeir. Elle n’a fait que rétablir 2011 dans la deuxième ville du pays, Benghazi. Comme en Tunisie ou en Egypte, les revendications des manifestants sont multiples : davantage de démocratie, un meilleur respect des droits de l’Homme, la fin de la corruption à tous les niveaux de l’Etat, une meilleure répartition des richesses. L’homme fort de Tripoli depuis 1969, Mouammar Kadhafi, prend d’abord des mesures prévenalors le pays. « Il faut rappeler qu’historiquement, la Libye a toujours été un pays éclaté, où chaque ville a toujours souhaité être capitale, remarque Antoine Sfeir. En 1953, la Constitution donnait même au pays deux capitales : Tripoli et Benghazi. » Le début de l’année 2012 est ensuite marqué par une internationalisation de la guerre civile, au profit des insurgés. Le 19 mars, à l’issue du sommet pouvoir central et même de l’armée a été fortement ébranlée, qui tente de se reconstruire. « La disparition du bouillonnant Colonel a généré un important vide de pouvoir, accentué par le chaos sécuritaire et la militarisation de la société à la faveur de la guerre civile. Au centralisme autoritaire a succédé une multiplication des potentats locaux », résumait en février dernier dans le Huffington

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En Egypte, en Syrie, en Tunisie comme en Libye, le chantier de la reconstruction est titanesque. le pluralisme. » Depuis, le pays est dirigé par un gouvernement encadré par l’armée, qui mène une répression féroce à l’égard des partisans du Président déchu, et plus largement à l’endroit des Frères musulmans. Le 17 août dernier, le porte-parole tives avant de durcir le ton, notamment par l’intermédiaire d’une milice officielle, les Gardiens de la Révolution, qui s’attaque aux manifestants sabre au poing. Débutée en Cyrénaïque (à l’est du pays), la révolution s’étend à tout le pays, et démarre un long de Paris, une coalition internationale décide l’envoi de troupes afin d’aider à la chute du dictateur. Dans le courant du mois d’août, la situation militaire bascule dans la région de Tripoli. Le 20 octobre 2011, le dernier bastion khadafiste tombe, et le monde Post Benoît Margo, consultant en géostratégie du MoyenOrient. Car la Libye est loin d’être un Etat homogène. Tripolitaine à l’ouest, Cyrénaïque à l’est qui a proclamé son autonomie en 2012, Fezzan au sud ouvert sur le désert, sont autant de régions aux tropismes radicalement opposés. « Il faut en plus ajouter à cela l’éclatement tribal et les particularismes religieux », ajoute Antoine Sfeir. Enfin, le 18 septembre dernier, le représentant spécial de l’ONU en Libye Tarek Mitri faisait remarquer que les désaccords entre le gouvernement et les différentes forces politiques du Congrès national général avaient conduit à un scepticisme généralisé à l’égard de la situation politique en Libye. Encourageant.

“En Syrie, il faut installer sur les trois fronts
de la confrérie a ainsi été arrêté au Caire, et les avoirs des principaux dirigeants islamistes du pays ont été gelés. Les risques de guerre civile ? Ils existent, même si les Frères musulmans, profondément affaiblis, semblent davantage devoir s’orienter vers des actions de guérilla et d’opposition dans l’ombre. conflit entre les rebelles et le pouvoir en place, chaque jour lâché par certains de ses cadres. Chaque ville est alors le théâtre d’âpres combats pour son contrôle. Le 27 février 2011, les insurgés « officialisent » leur sécession en mettant en place un Conseil national de transition (CNT) à Benghazi, rapidement soutenu par plusieurs pays occidentaux, France et RoyaumeUni notamment. Deux pouvoirs parallèles se disputent

des forces des Nations-Unies avec droit de riposter

” Antoine Sfeir

LibyE

un PAys écLATé Tout commence le 13 janvier

entier découvre presque en direct les images de la mort du dictateur. Le plus difficile commence alors. A l’été 2012, le CNT cède la place au Congrès général national (CGN), une assemblée de parlementaires élus, qui dirige le pays depuis – avec la charia comme base du droit –, et gère la transition avant l’adoption d’une Constitution définitive. Mais derrière cette façade, c’est un pays totalement morcelé, dont l’autorité du

ArrêTEr L’hémOrrAgiE C’est aujourd’hui le pays qui focalise toutes les attentions. Et pour cause : Bachar elAssad, son Président, réprime dans le sang depuis mainte-

syriE unE PriOriTé :

nant plus de deux ans une opposition de plus en plus virulente. Point d’orgue de cette répression : la découverte récente d’utilisation d’armes chimiques contre le peuple, qui a mis la communauté internationale en émoi, et lancé une réflexion sur le bienfondé d’une intervention militaire internationale afin de protéger la population syrienne. Tout a commencé le 15 mars 2011 par une série de manifestations faisant suite à plusieurs appels sur Facebook. Le schéma est ensuite le même qu’en Egypte, en Libye ou en Tunisie : répression violente du pouvoir en place, contamination des révoltes dans tout le pays, puis mise en place d’une guérilla entre loyalistes et insurgés. Sauf que la répression atteint ici un paroxysme de violence. Contrairement aux autres pays mentionnés plus haut, la Syrie demeure le seul pays où le chef de l’Etat contesté tient toujours. Et s’il plie de plus en plus, bien malin qui pourrait dire quand le régime rompra. D’autant qu’une multitude de rapports de force traverse le paysage politique. « L’opposition doit lutter non seulement contre le régime, mais aussi contre les Islamistes et les Salafistes, explique Antoine Sfeir. De plus, en arrière-plan, se joue ici l’interminable guerre entre Sunnites et Chiites. C’est d’ailleurs pour ça que l’Iran soutient la Syrie. N’oublions pas que le père de Bachar el-Assad avait soutenu l’Iran dans la guerre Iran-Irak. » Pour les Occidentaux, reste une question sans réponse : quelle carte jouer pour désamorcer une situation qui vire chaque jour un peu plus au tragique ? « Il faut avant tout arrêter l’hémorragie, en installant sur les trois fronts syriens des forces des NationsUnies avec droit de riposter, préconise le spécialiste du Moyen-Orient. C’est ce qui a été fait au Liban avec la Finul, et cela a plutôt bien réussi. » Malheureusement, toute décision d’intervention internationale est largement conditionnée par les opinions nationales des pays prêts à s’engager, ainsi que par leurs intérêts dans la région.

Olivier Faure

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n L’entrepreneuriat en France : peut mieux Faire

Le 17 juillet dernier, à l’occasion du Comité interministériel de modernisation de l’action publique (Cimap), le gouvernement a annoncé une baisse de 20% des ressources fiscales des Chambres de commerce et d’industrie dans le cadre de la préparation du budget 2014 de l’Etat. Elles perdraient ainsi 270 millions d’euros sur les 1,3 milliards d’euros qu’elles perçoivent chaque année en taxes diverses. L’incompréhension règne dans les rangs du réseau des CCI, d’autant que le 28 mai 2013 elles avaient signé avec le Premier ministre un pacte de confiance pour reconnaître leur rôle essentiel auprès des entreprises, notamment en temps de crise, et que le gouvernement s’était alors engagé à assurer une visibilité sur leurs ressources fiscales. Cette baisse n’est pas une première, puisque les CCI avaient déjà vu leurs ressources fiscales perdre 4% en 2011, 8% en 2012 et 15% en 2013. Les responsables s’inquiètent, faisant valoir qu’ils auront de plus en plus de mal à mener leurs actions au service du dynamisme économique de leurs départements et régions.

François Pierson Monsieur François Pierson est nommé président du conseil d'administration de Kedge Business School, à ce poste depuis juillet 2013. François Pierson , 66 ans, diplômé en sciences économiques et sciences de gestion de l'université Paris-Dauphine, est par ailleurs, au sein du groupe Axa, président du conseil d'administration d'Axa Corporate Solutions Assurance et président du conseil d'administration d'Inter Partner Assistance (SA Belgique). Il est également président de l'association Prévention routière et président-directeur général d'AGIPI. Il a précédemment occupé les postes suivants : n 2005-2013 : Euromed Management, président du conseil d'administration. n 2010-2011 : Axa, responsable des activités d'assurance dommages au niveau international. n 2001-2010 : Axa France, président-directeur général et membre du directoire. n 1999-2001 : Axa Assurances, directeur général. n 1997-1999 : Groupe Axa, directeur général d'UAP Vie et d'Axa Conseil. n 1995-1997 : Axa Assurances, directeur général adjoint. n 1990-1995 : Axa Assurances, directeur général de la région Sud-Est et directeur de la distribution. n 1986-1990 : Assurances générales de Paris (AGP), directeur commercial. n 1974-1986 : Début de carrière aux AGP.

} KEDGE BUSINESS SCHOOL

} GÉRARD DAREL

Sandrine Lilienfeld Madame Sandrine Lilienfeld est nommée président de Gérard Darel, à ce poste depuis août 2013, en remplacement de Madame Marianne Romestain. Sandrine Lilienfeld , 48 ans, ESSEC (1989), a réalisé le parcours suivant : n 2007-2013 : Naf Naf, successivement directeur général puis président (2009). n 2004-2007 : Kookaï, directeur de la supply chain. n 1999-2004 : Etam Lingerie, directeur des achats et de collection. n 1994-1999 : Etam Prêt-à-Porter, successivement chef de produit et chef de groupe (1997). n 1990-1994 : Galeries Lafayette, début de carrière comme acheteur lingerie. Thomas Roche Monsieur Thomas Roche est Coopté associé de Delsol Avocats, à ce poste depuis septembre 2013. Il est ainsi chargé de créer avec son équipe le département Sciences du vivant. Il arrive avec son équipe : Madame Audrey Bronkhorst, avocat, au bureau de Lyon et Monsieur Steve Chretien, juriste, au bureau de Paris. Au sein du département Sciences du vivant, il accompagne les entreprises de la santé et des technologies médicales, ainsi que leurs partenaires, à toutes les étapes de la vie de leurs produits (médicaments, dispositifs médicaux, cosmétiques, DMDIV, compléments alimentaires, etc.), qu'il s'agisse de leurs développement, évaluation pré-clinique ou clinique, mise sur le marché, remboursement ou distribution. Il les conseille dans leurs relations avec les professionnels et établissements de santé et réalise, pour certains d'entre eux, une gestion externalisée des procédures relatives à la mise en oeuvre de ces relations contractuelles. Il les assiste lors d'inspections menées par les autorités sanitaires et défend leurs intérêts dans le cadre de contentieux administratifs. Thomas Roche , 37 ans, DESS de droit des affaires et fiscalité, magistère juriste d'affaires, DJCE de l'université Lyon-III Jean-Moulin, a réalisé le parcours suivant : n 2002-2013 : Roche & Associés (devenu Roche Avocats), avocat associé et fondateur. n 2000-2002 : Féry & Associés (à Lyon), avocat collaborateur. Emmanuelle Muller-Schrapp Madame Emmanuelle Muller-Schrapp est Cooptée associé au sein du département Conseil opérationnel et Outsourcing au bureau de Paris de Grant Thornton, à ce poste depuis septembre 2013. Elle participe au développement des offres de ce département (Transformation de la fonction Finance et Business process outsourcing) et plus particulièrement de l'offre Performance et Evolutivité des systèmes d'information dont elle est en charge. Emmanuelle Muller-Schrapp , 40 ans, DESS de contrôle de gestion de l'université Paris-IX Dauphine (1996), a réalisé le parcours suivant : n 2007-2013 : Grant Thornton, senior manager. n 2004-2007 : IBM, chef de projet. n 1999-2004 : En poste chez PWC Consulting.

} DELSOL AVOCATS

Source : © Ernst&Young, baromètre de l'entrepreneuriat dans les pays du G20

n une ecoLe de L’entrepreneuriat

A l’occasion du sommet de Moscou, qui a réunit le G20 début septembre, le cabinet Ernst & Young a remis son deuxième baromètre « de l’entrepreneuriat dans les pays du G20 ». Les principaux enseignements à en tirer pour la France : elle est première de la classe pour l’investissement sur l’éducation et l’enseignement de l’entrepreneuriat ; c’est le pays où il est le plus simple, le plus rapide (7 jours) et le moins onéreux d’y créer sa boîte. Par contre, la fiscalité du travail est deux fois plus forte que la moyenne du G20, et les créateurs d’entreprise sont moins d’un sur quatre à penser que leur pays favorise la culture entrepreneuriale. Dans le tableau, on voit bien que l’hexagone est un mauvais élève pour l’accès au financement et la pression fiscale, qu’il peut mieux faire dans la culture entrepreneuriale, mais est major de promotion pour l’éducation.

} GRANT THORNTON

Le 27 août, la ministre des PME Fleur Pellerin annonçait, dans une interview au Figaro, vouloir créer une école de l’entrepreneuriat. Objectif affiché : « permettre aux publics largement mis à l’écart de la création d’entreprise (jeunes, seniors, habitants des quartiers populaires, etc) de se lancer. » Un noble projet, mais encore assez flou : « Il faudra penser cette école de manière souple: elle pourrait prendre la forme d'une plate-forme largement dématérialisée, ouverte à tous les profils - y compris ceux qui n'ont pas fait d'études - et à tous les âges. Ce serait une école pour tous où l'on trouverait aussi bien des formations de droit ou de compatibilité que des techniques pour créer son site Internet ou choisir la forme juridique de sa société. » Il n’y a plus qu’à…

Pour améliorer la compétitivité hors coût des entreprises, le gouvernement promet un « choc de simplification ». Première étape franchie le 16 septembre à l’Assemblée Nationale, qui a adopté un projet de loi pour simplifier la vie des entreprises. La principale disposition du texte prévoit que « le silence gardé pendant deux mois par l’autorité administrative sur une demande vaut décision d’acceptation », alors qu'il signifiait jusque là un rejet. En outre, les entreprises pourront saisir l’administration par courrier électronique, qui aura valeur de lettre recommandée. Enfin, pour que les entreprises n’aient plus à déclarer 10 fois par an leur chiffre d’affaires et leur effectif aux administrations, celles-ci devront systématiser les échanges d’information entre elles. Fin août, le gouvernement a levé le voile sur son plan pour l’entrepreneuriat féminin, visant à faire grimper de 10 points le taux de femmes entrepreneurs en France à l’horizon 2017, soit 40% des créateurs d’entreprises à la fin du quinquennat contre 30% aujourd’hui. Trois ministres, Najat Vallaud-Belkacem (Droits des femmes), Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur et recherche) et Fleur Pellerin étaient réunies pour détailler les mesures du plan : des actions de sensibilisation dès le collège ; la création d’un « site de référence » en octobre ; des « plans d’actions régionaux » associant la Caisse des Dépôts et la Banque publique d’investissement pour les aider à trouver un local ou une garde d’enfants par exemple ; des « solutions de financement spécifiques » et une meilleure visibilité pour le Fonds de garantie à l’initiative des femmes (FGIF), qui voit aussi ses moyens augmenter de 25% ; la signature d’une charte en septembre avec la Fédération bancaire française pour sensibiliser les conseillers à la cause.

n choc de simpLiFication

} QUANTCAST

Franck Lewkowicz Monsieur Franck Lewkowicz est nommé directeur général France de Quantcast, à ce poste depuis septembre 2013. Il est ainsi en charge de l'établissement de l'entreprise et du développement de l'activité commerciale en France pour poursuivre l'expansion internationale de l'entreprise. Il reporte à Monsieur Phil Macauley, directeur général de Quantcast Europe. Franck Lewkowicz , ESG (1998), occupait depuis 2012 le poste de directeur commercial au sein d'Orange Advertising Network. Michelle Botha Madame Michelle Botha est nommée directeur de l'ESPEME de l'EDHEC Business School, à ce poste depuis septembre 2013. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Olivier Oger, directeur général. L'ESPEME est le programme post-bac de l'EDHEC Business School sur les campus de Nice et Lille. D'une durée de 4 ans, il est ouvert sur concours (PASS) après le baccalauréat ou en admission parallèle et alterne stages en entreprises en France et à l'international et échanges dans des universités partenaires sur tous les continents pour former des cadres et entrepreneurs opérationnels en management et en gestion d’entreprise. Michelle Botha , HEC (2004), ESIT (1998), a réalisé le parcours suivant : n 2010-2013 : Consultant et chercheur spécialisé sur la formation des managers et des ingénieurs. n 2006-2009 : Georgetown University (aux Etats-Unis), directeur du programme Executive MBA en partenariat avec ESADE Business School (en Espagne). n 2004-2006 : Université de Lausanne (en Suisse), directeur de la transformation du MBA full-time en Executive MBA de renom. n 1998-2004 : Euronext, en charge des projets de changement internationaux au Royaume-Uni et à Paris.
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} EDHEC

n un pLan pour L’entrepreneuriat Féminin

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CLUB ENTREPRENDRE

n°5

Interview

Un ballon,
Qu’est ce qui vous a poussé à devenir président de club ? RR : La passion du foot et de l’ASSE. Je suis supporter de cette équipe depuis 1957, l’année du premier titre, et j’ai suivi toute l’épopée et les grands matchs européens. Je suis venu à ce sport d’abord pour la convivialité entre supporters qui était une réalité à l’époque. En 2004 le club, géré par des gens extérieurs, avait besoin d’un repreneur local. J’en ai racheté 50%, Bernard Caïazzo l’autre moitié, et nous avons délégué la gestion. En 2009 nous avons dû changer la gouvernance par nécessité, alors qu’à la mi-saison le club accusait un trou financier de 14,5 millions d’euros et était mal classé. Je suis devenu le président du directoire pour m’occuper de l’opérationnel, Bernard Caïazzo président du conseil de surveillance. FJ : J’étais trésorier de la section foot d’un des deux clubs de Blois depuis 94, et j’avais la volonté de rassembler les deux clubs alors rivaux. Cette volonté et le fait de ne pas être originaire de la ville ont joué en ma faveur : FJ : J’ai créé mon entreprise en 1984, comme concessionnaire de matériel de travaux publics. Être chef d’entreprise m’a permis d’envisager d’accepter la fonction. Car le club est une entreprise, avec des salariés, un budget conséquent et des engagements à tenir. Amateur certes, mais intermédiaire avec quelques joueurs devenus professionnels et 600000 euros de budget. Chaque année il faut trouver 250 à 300000 euros de financements privés. Être chef d’entreprise aide beaucoup dans cette fonction, notamment pour le réseau. Le budget ne tombe pas du ciel. J’étais chef d’entreprise en solitaire auparavant, mais être président de club est tout le contraire. Certains ont de l’argent mais se moquent de moi, d’autres n’aiment pas le foot mais donnent pour les jeunes… Les natures rencontrées sont très différentes. La passion du ballon est-elle essentielle, ou au contraire doit-elle être mise en retrait ? RR : La passion reste un moteur, mais la gestion un guide au jour
Roland Romeyer président du club professionnel de football de l’AS Saint-Etienne, 50 millions d’euros de budget et l’histoire des Verts en héritage.

Dans le sport, les mondes professionnel et amateur sont en interaction constante. Mais leurs problé de ces deux entrepreneurs-pré

“Blois n’est ni industriel ni
universitaire. Les jeunes quittent la région s’ils ne sont pas professionnels

FJ : Un club c’est 90% d’ennuis, 10% de joies, mais celle-ci valent le coup. La passion ne doit cependant pas l’emporter sur la raison. Le supporter lambda, d’un naturel critique, réclamera toujours à cor et à cri le recrutement de l’attaquant miracle. Songez au club du Mans qui a vécu au dessus de ses moyens et qui, suite à un trou de 14 millions d’euros, a été rétrogradé et a dû licencier. J’ai moi aussi fait des erreurs par le passé. Nous étions en DHR, puis sommes monté en DH, CFA2, CFA. Tout nous réussissait, et je n’ai pas fait attention aux recrutements de moindre qualité, ce qui a engendré la descente et nous a obligés à nous serrer la ceinture pendant plusieurs années. Un club se dirige-t-il comme une entreprise ? RR : La différence est signifiante. La gestion financière est la même, la gestion du personnel administratif aussi, mais le management des sportifs est spécial. D’autant plus qu’il faut compter avec les intermédiaires, les agents, l’exposition médiatique. Lorsqu’un problème survenait dans mon entreprise, la nouvelle ne figurait pas dans la presse le lendemain. FJ : Un club intermédiaire comme le nôtre se dirige comme une entreprise, avec ses 30 salariés. La gestion économique est semblable, avec les budgets prévisionnels, les charges, sociales, les imprévus. Mais le management diverge : les bénévoles, parce qu’ils sont là par dévouement, pensent parfois qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent, ne se pliant pas toujours au projet. De même plus qu’ailleurs nous devons faire sentir aux joueurs, bénévoles, ados,

© Photo : DR

” François Jacob

seniors que nous les aimons, pour que les résultats suivent et qu’ils donnent une bonne image. Est-il possible de gagner de l’argent dans ce secteur ? RR : Il n’est pas possible d’en

j’ai été désigné et ai accepté par amour du foot, par passion de l’entreprise et du service aux autres. Les gens ont tendance à oublier – moi le premier lorsque je jouais – qu’il y a du foot parce qu’il y a des dirigeants. Quelle est votre autre activité dans la vie ? RR : Je dirigeais une entreprise d’agencement de magasins, qui a des usines à Saint-Etienne et Marseille, réalise 22 millions d’euros de CA et emploie 100 salariés. Mais mon fils a pris la relève lorsque je suis passé à l’ASSE. Il était impossible de cumuler. Depuis dix ans je ne suis plus à l’opérationnel.

le jour dans le management. Le trou de 14,5 millions d’euros en 2009 nous a obligés à serrer les boulons, à diminuer les dépenses en instaurant un « salary cap » qui n’existe pas dans les autres clubs, à nous séparer d’employés et à diminuer la masse salariale. Il faut être un vrai chef d’entreprise si possible avec une formation de gestion. Nombre de dirigeants – même en ligue 1 – se font dépasser par leur passion, concevant leur budget sur d’hypothétiques résultats sportifs qui leur rapporteraient des droits télé. Je n’en suis pas, ayant plutôt la mentalité de l’écureuil, privilégiant la réserve de sécurité.

ressources sont généralement inférieures aux dépenses, exceptions faite de Monaco et du PSG. Nous n’avons que 45 millions de recettes prévisionnelles et 50 millions de dépenses prévues. Je ne serai pas encore à

“Je ne deviendrais peut-être
pas président aujourd’hui. Lorsque nous recevons Lyon, il faut réunir 800 CRS…
Roland Romeyer
gagner personnellement. Il est difficile d’accroître la compétitivité du club pour donner plus de plaisir aux supporters. Les l’équilibre à cause de dépenses imprévues : suppression du droit à l’image et frais de police et de sécurité supplémentaires. Quand

”

j’ai pris les manettes, il fallait combler la dette puis remettre à l’équilibre le compte d’exploitation. Au premier janvier 2015 nous bénéficierons d’un « chaudron » de 42000 places, dont 2500 VIP. Nous avons repris la boutique des Verts, ouvert un musée. Le but ? Ne plus être obligé de faire du trading de joueurs. Nous sommes encore tenus d’en vendre un chaque année pour combler les déficits. FJ : Savez-vous comment un président de club fait pour être millionnaire ? Il lui suffit d’avoir été multimillionnaire avant de prendre les rênes du club. Après 14 ans d’expérience, je suis sûr qu’il est impossible de gagner de l’argent avec un club amateur. Nous avons connu une dizaine d’exercices légèrement positifs. C’est pourquoi dès 2000 j’ai

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n°5

CLUB ENTREPRENDRE

croisée

deux univers
François Jacob président fondateur du club de football Bloisfoot41 depuis 1999. 600000 euros de budget, 500 licenciés dont 80% ont moins de 18 ans.

ématiques restent bien distinctes. En témoignent le management, les préoccupations et les rêves ésidents de clubs de football.
FJ : Une main de fer dans un gant de velours. Il faut savoir s’adapter à son public et surtout savoir convaincre, notamment ceux qui n’aiment pas le foot, de donner de l’argent pour les jeunes. Tout cela en gardant une ligne de conduite. J’ai insisté pour être réélu tous les ans, afin de conserver une légitimité. De même, si j’ai une crise cardiaque, il ne faut pas que le club ait une crise cardiaque. Je délègue donc, mais je veux tout savoir, si des joueurs de l’équipe 1 manquent l’entraînement, si un partenaire envoie une lettre parce qu’il n’est pas satisfait de son panneau… Quel est votre rapport avec les parties prenantes (joueurs, supporters, actionnaires, institutionnels) ? RR : Je suis convivial car l’ASSE est une grande famille, que cela soit avec le personnel administratif ou les joueurs, mais j’ai pour habitude de rester très ferme et de tenir aux intérêts et à l’image du club. Je suis contre toute violence verbale ou phyangulaire du club et de tous ses publics. Quand on fonde une famille, il faut un toit pour fêter mariages et naissances. Ici c’est la même chose, je plains les clubs qui n’en n’ont pas et où inévitablement chacun va de son côté. Que changeriez-vous dans la règlementation qui entoure les clubs ? RR : Je suis un fervent défenseur du fairplay financier imposé par Michel Platini. Il nous faut absolument tendre vers plus d’équité au niveau économique pour préserver l’incertitude du résultat. Il n’est aussi pas possible que le club de Monaco paye moins de charges sociales que nous. Je suis aussi contre le Mercato d’hiver. Les joueurs devraient commencer et finir la saison avec le même maillot. Et celui d’été devrait s’arrêter quand le championnat recommence. Enfin le respect des contrats doit s’imposer. Les cas Thauvin (ndlr : joueur qui devait aller à Lille et qui est finalement

l’ombre de ce qu’il était –, ce n’est pas non plus une ville universitaire. Les jeunes ont tôt fait de quitter la région s’ils ne sont pas professionnels. Ils ne peuvent pas vivre à la prime de match. Existe-t-il un âge, un profil, un diplôme idéal pour accéder à une telle fonction ? RR : Les diplômes ne font pas la valeur de l’homme, l’apprentissage de ce métier se fait sur le tas. Je suis meilleur qu’il y a cinq ans. La qualité à détenir est d’avoir les pieds sur terre. Je ne suis pas un joueur de nature, je suis têtu et m’en tiens à mes décisions. J’aime être cohérent et faire ce que je dis, il y a une notion d’exemplarité à tenir dans cette fonction. FJ : Assurément non. Le jeune retraité aura le temps mais pas le réseau. Il y a toujours des pour et des contre. Je ne pense pas en tout cas que la double casquette président de club / homme politique local soit une bonne idée. Les histoires de subventions et de politisation sont néfastes aux clubs. Il faut avoir la passion, l’esprit d’entreprise, aimer les contacts et surtout les jeunes. Ceux-ci sont ni pires ni meilleurs que leurs aînés, ils ont seulement connu un environnement plus bouleversé. Comment qualifieriez-vous le management que vous pratiquez ? RR : Je me considère comme un chef d’orchestre, mais le chef d’orchestre n’est rien sans son orchestre. Bien s’entourer par des cadres compétents me semble essentiel pour ensuite déléguer. J’ai confiance en mes collaborateurs qui trouveront toujours ma porte ouverte. J’essaie de diriger et d’être juste, comme un père de famille.

“Des dirigeants s’emportent,
concevant leur budget sur d’hypothétiques résultats sportifs et droits télé

© Photo : DR

voulu acheter des locaux dignes de la Ligue 2, d’une valeur de 500000 euros, cherchant en bon chef d’entreprise à acquérir pour le club un patrimoine qui rassure les banquiers. Je suis en priorité attaché à la pérennité. L’échec financier ne doit pas arriver, c’est mathématique. Nous sommes aussi riches de la crédibilité gagnée. Les gens nous aideront en cas d’imprévu. Pensez-vous être fidèle à l’image et au passé prestigieux du club ? RR : L’ASSE a une histoire formidable. Je suis un affectif et j’ai la volonté que le club reste populaire. Selon un sondage national Ifop, l’ASSE est le club qui a le plus de sympathisants, avec 89% d’opinions favorables. Des statistiques qui font chaud

au cœur. A nous d’être à la hauteur de ce public qui fait des sacrifices pour venir au stade. Le centre de formation axe ses efforts sur l’éducation et la scolarité en plus du sportif. Cette année, pour les 80 ans, nous avons nommé 13 ambassadeurs.

mitigés sur le plan sportif. Un des clubs de Blois a atteint la deuxième division dans les années 70 et a atteint les quarts de finale de la Coupe de France contre l’OM. Sans un partenaire qui signe un gros chèque, il est ardu d’atteindre les niveaux

” Roland Romeyer

d’euros et nous retrouverons vite la CFA
FJ : Je l’espère, mais l’époque complique le bilan. Sur les valeurs je pense que nous avons réussi à maintenir une ligne de conduite. Les résultats sont plus

“Donnez-moi 1,5 millions

” François Jacob

d’antan. Donnez-moi 1,5 millions d’euros et nous retrouverons vite la CFA. Blois n’est pas un bassin industriel qui propose des emplois – Poulain étant

sique. Il nous arrive d’être mis en porte à faux par les excès pyrotechniques de nos supporters, d’autant plus que les Verts sont très médiatisés. Ce que je n’apprécie pas. Je ne deviendrai peut-être pas président aujourd’hui. Lorsque nous recevons Lyon, il faut réunir 700 à 800 CRS… FJ : Les relations doivent être entretenues en permanence. J’ai même un vice-président qui est chargé des relations avec les instances, afin de faire entendre notre voix aux réunions. Je m’occupe de 90% des relations avec les sponsors et un jeune commercial va prendre le relais. Des réunions avec les parents sont organisées par les entraîneurs. Les locaux sont la pierre

allé à Marseille) ou Gomis (ndlr : joueur de Lyon qui est encouragé à partir avant le contrat) montrent qu’on en est loin. FJ : Il existe deux footballs, celui qui est universel et donne des valeurs, et un autre moins reluisant où les contrats ne sont pas respectés. De même ceux qui ont fait grève à Knysna n’auraient jamais dû reporter le maillot de l’équipe de France. La Fédération est dans l’ensemble bien structurée. Les clubs amateurs devraient plus profiter de la manne, même si nous avons touché 200000 euros sur quatre ans pour la formation d’Aly Cissokho qui joue à Liverpool.
Propos recueillis par Matthieu Camozzi

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CLUB ENTREPRENDRE
L’Analyse

n°5

Des entreprises et des hommes
De plus en plus d’entrepreneurs français veulent montrer qu’on peut créer autrement et pour d’autres finalités. L’entrepreneuriat social, au service de causes de société (insertion, écologie, services à la personne,…) connaît un essor inédit en France depuis une dizaine d’années.

U

ne entreprise d’insertion de femmes immigrées par un commerce de restauration exotique, lancée par deux jeunes diplômées d’école de commerce (Pachas Mamas) ; une association qui recycle les déchets industriels en les revendant à bas prix aux secteurs culturel et artistique (La Ré-

toutes les entreprises dont la finalité sociale est supérieure ou égale à la finalité économique ». En clair, l’objectif d’une entreprise sociale n’est pas de maximiser le profit de ses actionnaires, mais de résoudre un problème social. Ici l’insertion de personnes en difficulté, là une pollution, ailleurs la malnutrition. Les

tions, coopératives, mutuelles – peuvent prétendre en être. Pour les seconds, rien n’empêche les entreprises à statut classique (SARL, EURL, SAS,...) d’y prétendre. D’autant plus, rétorquent-ils aux premiers, que tous les représentants de l’ESS n’ont pas une finalité sociale, à l’instar des clubs de foot ou des

“En temps de crise, leurs « services » ne sont
jamais autant prisés et leur « marché » jamais aussi dynamique

”

serve des arts) ; une SCOP qui commercialise des produits issus du commerce équitable (Ethiquable). Leur point commun ? Toutes ces initiatives sont des exemples de l’entrepreneuriat social. L’hétérogénéité des statuts, des missions et des hommes n’est pas la moindre des caractéristiques de cette « filière », si on peut l’appeler ainsi. Romain Slitine, co-auteur avec Amandine Barthélémy de Entrepreneuriat social : innover au service de l’intérêt général, la définit ainsi : « Ce sont

entreprises sociales se rencontrent dans le recyclage, l’insertion par l’activité économique, les services à la personne, la transition énergétique,… Si le concept existe partout, les enjeux sont bien sûr différents pour le social business des pays en développement et l’entrepreneuriat social des pays occidentaux, où un combat oppose les « anciens » et les « modernes » : pour les premiers, seuls ceux dont les statuts relèvent de l’Economie sociale et solidaire (ESS) – associations, fonda-

groupes coopératifs du secteur bancaire.

Le boom sociaL

Quoi qu’il en soit, tous les acteurs et observateurs du milieu s’accordent à dire que l’entrepreneuriat social a le vent en poupe en France depuis le début des années 2000. Selon le ministère de l’Economie Sociale et Solidaire, l’ESS compte « 2,4 millions de salariés, soit un emploi privé sur huit, dans 200000 structures : associations, coopératives, mutuelles, fonda-

Association de bienfaiteurs tions et entreprises sociales. Ces dix dernières années, le secteur a créé 23% d’emplois nouveaux contre 7% pour l’économie traditionnelle. » Le think tank Convergences 2015 s’est lui attaché à l’évolution du nombre de réseaux d’entrepreneurs sociaux dans le monde. Il en ressort que les premiers sont apparus dans les années 1980, et que le mouvement a passé la vitesse supérieure dans les années 2000, avec quatre à cinq nouveaux réseaux créés chaque année, pour parvenir au chiffre de 65 en juillet 2012. Faut-il se réjouir, ou au contraire déplorer la forme du secteur ? En temps de crise, les entrepreneurs sociaux ne chôment pas, bien au contraire : leurs « services » ne sont jamais autant prisés et leur « marché » jamais aussi dynamique. Qui sont les entrepreneurs sociaux, ces individus curieux, ces anomalies du capital, qui renoncent volontairement à l’appât du gain ? Pour Romain Slitine, « de plus en plus de personnes veulent créer une cohérence entre leurs convictions et leur activité professionnelle. L’entrepreneuriat social est une réponse crédible à ce besoin. » Thierry Sibieude, directeur de l’Institut de l’innovation et de l’entrepreneuriat social de l’ESSEC, renchérit : « A l’origine de leur initiative, il y a souvent un événement personnel, ils ont été touchés, eux ou un proche, par la cause qu’ils embrassent. Ils ont aussi une plus grande volonté de transparence que d’autres, avec le sentiment qu’ils doivent rendre compte de ce qu’ils font. Enfin, ils ont l’ambition de faire plus que ce dont les moyens dont ils disposent leur permettraient de faire initialement. » Un profil qui se retrouve chez des personnes issues de parcours très différents. Romain Slitine observe ainsi que « nombre de travailleurs sociaux passent de l’ESS à l’économie traditionnelle, s’emparant de l’économie comme moyen au service de leurs ambitions sociales. Mais il y a aussi beaucoup d’anciens

Exemples d’entreprises sociales

560 millions d’euros de chiffre d’affaires, 10000 salariés dans 300 établissements, un millions de bénéficiaires par an… Les chiffres du groupe SOS sont flatteurs. « Construit sur des activités de lutte contre les exclusions, (…) il répond aux besoins fondamentaux de la société à travers ses cinq grands cœurs de métier : la jeunesse, l’emploi, les solidarités, la santé, les seniors. » Il ne verse aucun dividende à des personnes physiques, ce qui lui permet de se concentrer sur la qualité du service rendu. En 1984, la première pierre du groupe est posée avec la création de SOS Drogue International, qui développe des dispositifs de lutte contre la toxicomanie. En 1985, Habitat et Soins la rejoint pour faire face à l’épidémie du Sida, et en 1994, Insertion et Alternatives, spécialisé dans l’insertion sociale et professionnelle. Ces trois associations fondatrices se sont rapprochées en 1995 pour optimiser leurs interventions. Au cours des années 2000, le groupe se diversifie en créant ou en reprenant des organisations : insertion par l’activité économique, petite enfance, conseil en développement durable, gestion d’hôpitaux, finance solidaire,…
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Créé en 1978, le groupe Vitamine T rassemble des structures d’insertion par l’activité économique. Par sa taille, il est le premier du secteur en France. Il emploie 2700 personnes, dont 1800 en parcours d’insertion, et réalise 50 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe du Nord s’est donné pour mission sociale le retour à l’emploi de femmes et d’hommes exclus du marché du travail : chômeurs de longue durée, bénéficiaires de minima sociaux, personnes sans ressources. En les mettant en situation concrète de travail, il les prépare au retour à l’emploi durable. Pour l’aider dans cette mission, il a noué des partenariats avec des entreprises privées qui recrutent les personnes à l’issue de leur parcours d’insertion. Le capital de Vitamine T n’est pas rémunéré, les bénéfices sont réinvestis dans le développement des filiales et de l’entreprise.

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CLUB ENTREPRENDRE
L’Analyse
promotion auprès des entrepreneurs qui viennent les consulter. » D’autre part, leur modèle économique, pour le moins atypique, a tendance à 2 ou 3% de rentabilité par an, soit juste de quoi assurer leur pérennité, elles ne rentrent pas dans les critères de bien des fonds. Néanmoins, des loi. Il faut dire qu’il a tout intérêt à le voir réussir, puisqu’il est source d’emplois non délocalisables et peut alléger le poids des problèmes sociaux qu’il doit gérer. Dès son élection, François Hollande a fait un pas vers les acteurs du secteur, en créant pour la première fois un ministère de l’Economie sociale et solidaire, porté par Benoît Hamon. Le projet de loi qu’il a présenté en juillet dernier a été plutôt bien accueilli par les intéressés. Il prévoit notamment d’amplifier le financement des structures de l’ESS, en clarifiant le champ de cette dernière pour permettre aux financeurs puoutre, la Banque publique d’investissement (BPI) doit débloquer 500 millions d’euros pour les entreprises du secteur. Encourager l’entrepreneuriat social, très bien, mais certaines voix mettent en garde : l’Etat ne risque-t-il pas de déserter le terrain couvert par ces entrepreneurs ? Pour Thierry Sibieude, « on ne peut pas dire que l’Etat se désengage, car depuis dix ans, les dépenses sociales sont en constante augmentation. Le problème, c’est que malgré ça, les besoins ne cessent de croître en quantité et en complexité et que les pouvoirs publics ne peuvent plus suiAinsi, dans certains domaines, la puissance publique (« l’impuissance publique » railleront les grincheux) pourrait laisser les citoyens, plus proches du terrain, plus mobiles, plus malins, trouver des solutions innovantes et mieux utiliser leur argent et du même coup celui de l’Etat. Mais comment s’assurer qu’ils feront correctement leur métier dans des domaines parfois aussi sensibles que la santé ou le logement ? Peut-on imaginer une forme de délégation de service public, c’est à dire un contrat passé entre un opérateur privé et l’Etat ? Pour l’instant, rien de tel n’est prévu, mais les acteurs de la filière, en particulier le Mouvement des entrepreneurs sociaux (MOUVES), planchent sur un label. Thierry Sibieude plaide pour la souplesse : « plutôt que d’encadrer, mieux vaut contrôler en prévoyant de sévères sanctions en cas d’abus. Sinon, on risque d’édifier une usine à gaz de plus ».
Aymeric Marolleau

cadres en entreprise en manque d’engagement. » Force est aussi de constater que l’entrepreneuriat social est un phénomène généra-

“Bien des obstacles freinent encore le
développement du social business dans l'Hexagone
faire fuir les investisseurs et à réduire leurs capacités de financement. « Pour la phase d’amorçage, les entrepreneurs sociaux ne rencontrent pas de grands problèmes, car les dispositifs ne manquent pas, observe Thierry Sibieude. Là où les choses se compliquent, c’est lorsqu’il faut passer la vitesse supérieure et se développer. » Pour la plupart des investisseurs, ces entreprises non lucratives – à ne pas confondre avec non rentables – ne présentent pas grand intérêt. Aucune étude n’a encore dressé l’état des finances de l’entrepreneuriat social, mais avec tionnel, puisque de nombreux jeunes s’y engagent. Depuis la première Chaire créée par l’ESSEC dès 2002, les formations dédiées se sont multipliées. HEC, l’ESCP, des IEP et des universités ont la leur. fonds d’investissement, spécialisés ou non, se penchent de plus en plus sur cet “OVNI” financier, comme le Comptoir de l’innovation, du groupe SOS, qui « finance, accompagne et promeut le développement des entreprises sociales en France et dans le monde ». Et puis, l’entrepreneuriat social peut bien sûr aussi compter sur les fonds d’investissement socialement responsables.

”

obstacLes financieRs Mais bien des obstacles freinent encore le développement du social business dans l’Hexagone. D’abord, Romain Slitine considère qu’il « reste trop méconnu. Trop d’acteurs institutionnels, comme les Chambres de commerce, l’ignorent et n’en font pas la

“L'Etat ne risque-t-il pas de
blics et privés de mieux en identifier les structures et orienter vers elles des outils de financement adaptés. En

déserter le terrain couvert par ces entrepreneurs ?
vre. » Repose en paix, l’Etatprovidence des Trente Glorieuses, bienvenue l’Etat-stratège des Trente Piteuses !

substitut à L’etat ?

”

Pour aider l’entrepreneuriat social dans son développement, l’Etat planche sur une

europe Réseaux® : Leader de la communication visuelle globale

Communiqué

Booster son chiffre d’affaires grâce au réseau
leur permettant de développer leur C.A. Les uns tirent profit des partenariats négociés dans le cadre de notre centrale de référencement. Ils bénéficient de notre assistance et de notre expertise en marketing, communication et en formation. Le réseau est également pour eux un lieu d’émulation, de partage d’expérience et de veille marché et technologique. Les autres bénéficient de la notoriété d’une marque leader sur son marché, de la force commerciale d’un réseau national, d’une forte visibilité notamment sur le web et les réseaux sociaux. Nous leur offrons une « vitrine » pour exposer leurs offres de services. comment assurez-vous la bonne fréquentation de vos sites web ? Depuis 12 ans que le réseau existe, nous avons acquis une expertise dans le web marketing. Grâce à cette activité, nous détenons « une base » d’informations nous permettant de développer le chiffre d’affaires du réseau. Les sites web agissent aujourd’hui comme des « aspirateurs à devis », ils permettent de « capter » la demande en matière de communication visuelle pour la redistribuer à nos adhérents. Europe Réseaux® est un réseau de professionnels très attachés à la relation client et à la qualité du service accordé. comment sont réparties les demandes de devis entre les différents adhérents ? Chaque adhérent bénéficie d’une exclusivité territoriale. La répartition des devis se fait donc sur la base du code postal renseigné par l’internaute. Nous fonctionnons, sur cet aspect, sur le même modèle que la franchise. en quoi votre offre diffère-t-elle de celle proposée par un site internet lambda ? L’une des conditions pour adhérer au réseau est la possibilité d’apporter une réponse physique, via la présence d’un commercial terrain. Nous vérifions que chaque adhérant possède les qualifications nécessaires et qu’il est légitime pour proposer son service. Notre label constitue une garantie de proximité, de qualité et de professionnalisme. Quels sont les avantages de la communication par l’objet ? De tous les média, elle offre le meilleur retour sur investissement. A travers la communication par l’objet, une entreprise va promouvoir sa société, rassurer et fidéliser ses clients, stimuler sa force commerciale. Savez-vous que 81% des personnes qui reçoivent

Europe réseaux® est à ce jour la seule plateforme d’échange permettant aux acteurs de la communication visuelle de se réunir autour d’intérêts communs. Objectif : mutualiser les avantages d’un réseau pour développer le chiffre d’affaires des adhérents et proposer un service de qualité aux annonceurs potentiels. François Nourrit, directeur d’Europe réseaux® et des marques Promocadeaux® et Centrale de Com® depuis mars 2013 répond à nos questions.
Quelle est la vocation d’europe réseaux® ? Europe réseaux® est le premier et seul réseau européen à réunir les principaux acteurs de la communication par l’image et par l’objet, autour d’intérêts communs. Notre métier consiste à mettre en relation les fournisseurs, les distributeurs et les annonceurs en proposant une palette de services et d’outils, permettant à chacun de trouver des réponses concrètes à ses problématiques : développement d’image ou développement d’entreprise. Quels avantages peut-on espérer en adhérant au réseau ? Distributeurs et fournisseurs y trouvent avant tout, un relais de croissance un objet promotionnel le conservent et l’utilisent ? Stylos, clés USB, bagagerie, tee-shirts, mugs, casquettes… sont les produits qui fonctionnent toujours bien. Quels sont vos projets de développement ? Nous aimerions trouver une quinzaine de nouveaux partenaires qui seraient autant d’acteurs complémentaires. Nous souhaitons multiplier les alliances et développer notre présence sur le terrain.

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En immersion

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Soulever des montagnes
Alors que la loi sur l’economie sociale et solidaire devrait bientôt redonner de la vigueur aux ScOP, ecoréseau est allé à la rencontre de deux chefs d’entreprise qui ont choisi ce statut pour se lancer sur le chemin de l’entrepreneuriat.
ébut septembre, les nuages s’épanchent par petites gouttes glacées, déplorant la fuite d’un été qui n’a rien d’indien. Nous prenons la route de l’entreprise où nous attendent deux entrepreneurs, des souvenirs de nos vacances plein la tête. Des étendues d’herbe grasse traversées par l’asphalte dans des soleils couchants, des lacs d’altitude où les montagnes trempent la tête, des bêtes à laine galopant en soulevant la poussière… Notre rendez-vous ne va pas nous aider à chasser nos dernières envies de langueur : mounterA est un magasin spécialisé dans la vente de produits pour la randonnée, le trekking, la marche nordique et le trail. rien qu’à cet énoncé, nous avons des

D

nages, les chaussures de marche, les sacs de couchage, les podomètres et autres lampes frontales attendent les clients qui les emmèneront faire le tour du monde. Autour de trois cafés chauds, les deux jeunes entrepreneurs se confient sur l’aventure « avec un grand A » qui les tient depuis deux ans et demi éloignés des chemins de randonnée. mounterA – mélange de mountain, l’anglais pour « montagne », et de terra, terre en latin –, ces deux garçons l’ont voulue à leur image : indépendante, créative et solidaire. tous deux ont fait leurs classes chez Décathlon, l’un des leaders mondiaux de la distribution d’équipements

réseau de franchise car nous préférions garder notre liberté. Dans la grande distribution, tout est cadenassé,

la morosité ambiante, mais leur étude de marché est aussi solide que leur expérience du secteur. Outre leur apport

des résultats prioritairement affectée à la pérennité des emplois et du projet d’entreprise ». Si elles ne sont encore

Indépendant

du concept aux produits, en passant par la charte graphique. Ici, nous gardons les mains libres, chaque décision nous appartient », explique Julien carsoule. en 2010, celui-ci rejoint la chambre de commerce du Loiret, où il observe de près l’association de commerçants. Il remarque un regain de forme des commerces de proximité. Alors que l’économie marque le pas et que

“Nous voulons que chacun se sente investi dans l’entreprise ”
personnel et un prêt bancaire, ils sollicitent deux organismes d’aide : Initiative Loiret, qui leur fournit un prêt d’honneur et le réseau centre Actif, qui se porte caution auprès des banques.

Se pose alors la question du statut à donner à leur entreprise : SArL, eUrL, SAS ? Il n’y a que l’embarras du choix. mais ce ne sera aucun

CoopératIf

L’entreprise selon MounterA fourmis dans les jambes. A Orléans, nous traversons la Loire pour rallier le quartier Saint marceau où, dans une zone commerciale, nous attendent Julien carsoule et Sébastien Foulon, tous les deux la trentaine, tous deux taillés pour les sports d’extérieurs. Le décor du magasin, chaleureux et convivial, leur ressemble. Sur les rayonsportifs. Une grosse machinerie – 50000 salariés dans 18 pays, 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2012 – qui leur a appris beaucoup – l’un et l’autre ont été, dans des magasins différents, en charge du rayon chasse, pêche, montagne et sports outdoor –, mais qui a aussi servi de repoussoir. « Nous ne voulions pas rejoindre un les châteaux de carte financiers s’écroulent, « les consommateurs étaient de plus en plus sensibles à l’échange, au rapport humain, et au soutien à l’activité locale ». Les deux ex-salariés se décident à franchir le rubicon de l’entrepreneuriat en mai 2011. Pas franchement la période idéale compte tenu de de ces statuts classiques. A l’occasion d’une réunion d’information, ils découvrent les ScOP, abréviation de « Sociétés cOopératives et Participatives ». Le réseau qui les fédère les définit ainsi : « Soumises à l’impératif de profitabilité comme toute entreprise, elles bénéficient d’une gouvernance démocratique et d’une répartition

que 2000 en France, le Gouvernement souhaite leur donner un coup de pouce, afin notamment de faciliter la reprise par leurs salariés des entreprises créées pendant les trente Glorieuses et dont nombre de patrons préparent leur canne à pêche pour une retraite bien méritée. Les deux jeunes entrepreneurs orléanais ont fait un choix encore rare : créer leur société directement sous ce statut, avant même d’avoir fait le moindre recrutement. « Cela correspondait bien à notre perception de l’entreprise. Nous voulons que chacun s’y sente investi, que chacun ait la même motivation en se levant », explique Sébastien Foulon. La qualité du conseil dispensé étant un de leurs principaux arguments face à la concurrence de la grande distribution, hors de question que les vendeurs qui viendront les épauler demain ne mettent pas la même énergie dans leur relation avec les clients du magasin. « Nous ne voulons pas de hiérarchie pyramidale, nous préférons que les salariés soient acteurs de leur entreprise », poursuit Julien carsoule. cela tombe bien, selon le statut ScOP, l’écart de salaire dans l’entreprise ne peut excéder un à cinq, les dividendes versés sont les mêmes pour tous les associés-coopérateurs, et lors des assemblées générales, lorsque se prennent les décisions importantes, une personne égale une voix, peu importe l’importance de l’apport en capital de chacune. Autre avantage non négligeable pour les co-entrepreneurs : les gérants sont aussi considérés comme salariés,

et à ce titre cotisent aux régimes de retraite, à la prévoyance et au chômage. en outre, les ScOP bénéficient de nombreuses exonérations de taxes, comme la contribution territoriale, et elles ne paient pas d’impôt sur les sociétés en dessous de 750000 euros de chiffre d’affaires. Pour mounterA, celui-ci n’excède pas encore 250000 à 350000 euros. Pour faire grimper ces chiffres, ils misent sur la communication, afin de faire connaître dans la région et au delà leur goût du conseil : « Nous pouvons équiper au mieux tous les sportifs, en nous adaptant à leur niveau, leur budget, les conditions de leur pratique ». Ils s’appuient sur les réseaux associatifs sportifs de la région. De septembre à novembre, la reprise des clubs soutient leurs affaires, en décembre ce sont les cadeaux pour les fêtes de fin d’année. Avant l’été, les randonneurs viennent s’équiper en vue de leurs virées estivales. toute l’année, ils reçoivent des aventuriers en préparation pour un tour du monde, un voyage au Pôle Nord, en Amérique du Sud ou en chine. ScOP ou pas, les deux gérants de mounterA restent des entrepreneurs comme les autres, confrontés aux mêmes « plaisirs » et aux mêmes tracas. « La liberté est bien là, mais dans la limite de critères économiques et juridiques dont nous ne pouvons pas faire abstraction », reconnaît Sébastien Foulon. La charge de travail n’est plus la même : « Nous avons beaucoup moins de temps pour tout, pour la vie de famille, la vie associative, le sport… ». en contrepartie de ces 70 heures de travail par semaine, ils peuvent « créer sans frustration ni délais, et apprendre à mieux se connaître soi-même ». bonne route !
Aymeric Marolleau

CréatIf

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cLUb eNtrePreNDre
Electron libre

Intuitive féminine
A 62 ans, Aude de thuin, organisatrice de salons professionnels et de forums, peut s’enorgueillir de belles réussites comme le Women’s Forum ou Osons la France. L’heure n’est pas pour autant aux bilans pour l’autodidacte de talent, loin de là…

L

a Présidente de thuin et Associés consulting, grande et élégante, est des plus souriantes. Par politesse, mais aussi parce qu’elle vient de signer une nouvelle édition de « L’Art du jardin » au Palais de tokyo en 2014, manifestation qui présente au public des jardins types, du mobilier de jardin et le meilleur de la production végétale, dont elle vient de racheter la marque pour la relancer. Une renaissance qui illustre les capacités entrepreneuriales hors normes qu’a su développer Aude Le roux, Provinciale aînée d’une famille de six filles, qui est arrivée dans la capitale sans argent et sans réseau. « Beaucoup me voient comme une aristo ou une bourgeoise, alors que j’ai simplement gardé le nom de mon premier mari », révèle l’ancienne étudiante en psychologie, obligée d’arrêter avant le diplôme pour travailler. tout à tour mannequin, standardiste, pompiste, créant un journal de petites annonces à 22 ans et se mariant la même année, elle divorce à 30 ans puis se rend sur Paris.

1993 pour acheter la compagnie Scheffer, organisatrice de deux événements : « L’Art du Jardin » créé en réaction à la crise économique de 1991 pour répondre à un besoin de retour à la nature et au cocooning, et « créations et Savoir Faire » positionné sur les loisirs créatifs. Là encore elle cède le tout en 2003, avec pragmatisme : « Le premier me faisait perdre de l’argent, le second était rentable. Je ne pouvais les séparer ». Des succès liés à des connaissances utiles ? « Il est vrai que mon carnet d’adresses s’est étoffé du fait de mon activité, mais je ne cultive pas de réseau. Ma vie privée me suffit amplement et je ne suis pas mondaine. »

par une volonté Un éditeur d’annuaires de publicité directe l’embauche. La visionnaire aura l’idée de lancer la « Semaine internationale du marketing direct » – douze ans de succès consacrés à ces nouveaux métiers qui lui forgeront un nom et un capital. « Je suis tombée par hasard dans l’organisation de salons professionnels, au gré des rencontres », explique celle que les banques ont soutenue alors qu’elle disposait de moins de 5000 francs sur son compte. L’autofinancement a fait le reste, ses entreprises se positionnant toujours avec précision sur les courants sociétaux émergents. Ainsi, après avoir reçu 22 propositions de rachat pour la semaine du marketing direct, la « serial entrepreneure » vend son affaire en

parCours forgé

Women’s forum for the eConomy and soCIety Son enthousiasme se porte plutôt sur le succès du Women’s Forum (WF), « la plus belle histoire de ma vie », avoue-t-elle sans ambages. cette manifestation qui se tient chaque année à Deauville réunit les femmes d’influence du monde entier (1400 délégués, 80 pays représentés) pour travailler à une meilleure représentativité. Soutenant city of Joy – la fondation d’eve ensler qui aide les femmes mutilées dans les combats interethniques en république Démocratique du congo –, ayant écrit un livre sur sa cause1, elle a toujours invité les femmes à s’affranchir des modèles anciens et démontré

ton. Je suis une féministe pragmatique, pas militante », une attitude qui a enfanté du WF. « Avec mon ancien directeur des programmes qui était ex-CEO de Davos, nous avons proposé un contenu pertinent et créé une base de données mondiale des femmes les plus influentes. » Un professionnalisme qui va hisser le forum en leader mondial dans son domaine. mais la crise des subprime occasionne en 2008 une baisse de 30% du cA. et la duplication du concept en chine tourne au vinaigre. Après la réception du Dalaï Lama par Nicolas Sarkozy, le Forum a été supprimé du jour au lendemain en 2009, alors que 1000 personnes étaient déjà inscrites. Des vicissitudes qui l’obligent en 2011 à céder le contrôle à Publicis, qui ne se fait pas prier pour acquérir 51% de la Pme de la rue royale. Sécurisée, Aude de thuin conserve 30% des parts, aux côtés des 15% de David de rothschild et Anne-claire taittinger qui l’accompagnent dans ses « coups ».

entrepreneure vIsIonnaIre maIs réalIste cette belle opération lui donne à nouveau les moyens de profiter de sa vista. « C’est en temps de crise que les opportunités sont maximales. Je m’intéresse aux grands mouvements sociologiques, aux changements de société. Je suis loin d’être unique, beaucoup de gens avaient les mêmes intuitions que moi

© Julio Piati

« Je m'intéresse aux grands mouvements sociologiques, aux changements de société. Beaucoup avaient l’intuition du besoin d’un forum pour les femmes » Dernier exemple, « Osons la France ». « J’ai passé sept ans à voyager avec le WF, constatant l’image déplorable de la France envoyée à l’étranger. Les signaux de portait de réagir, alors que nos enfants partent tenter leur chance hors des frontières. » créé en 2011 et édité par thuin et Associés consulting, ce forum contre le pessimisme ambiant, destiné à la société civile, met en lumière les initiatives et talents français dans tous les domaines : industrie, entreprise, science, recherche, arts… à Paris, Lyon et bientôt Lille. celle qui a reçu les insignes d’officier dans l’Ordre national du mérite profite de l’expérience acquise. « J’ai pendant longtemps été mauvaise en management, trop autoritaire, impatiente et exigeante. Peu encline à changer ma personnalité, j’ai donc modifié l’organisation, devenant Présidente et cédant l’opérationnel. » La suite ? elle seule le sait. « Avoir une personnalité forte, être assez cinglée pour croire en ses concepts et foncer ouvre les portes de la réussite. Avant tout une question de tempérament. » et elle n’en manque pas. « Femmes, si vous osiez : le monde s’en porterait mieux », par Aude de Thuin, ed. Robert Laffont, 2012.
1

cinglée pour croire en ses concepts et foncer ouvre les portes de la réussite
que la mixité était un facteur de progrès. « J’ai de l’admiration pour Simone Veil, Elisabeth Badinter, Hillary Clinconcernant le besoin d’un forum pour les femmes. » mais peu passent à la phase de concrétisation comme elle.

“Avoir une personnalité forte, être assez ”
dépression généralisée émis ne sont pas compris, alors que le pays est riche, agréable à vivre et dynamique. Il im-

Matthieu Camozzi

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CLUB ENTREPRENDRE
Leçons de maux

n°5

L’esprit de combat
Spanghero SA, ou l’épopée entrepreneuriale d’une famille de passionnés qui va successivement connaître la réussite, l’essor et la crise, jusqu’à voir son nom entaché par une obscure histoire de lasagnes au cheval. Point final ? Pas tout à fait.

U

ne famille blessée, insultée, dont le nom a été sali. Six frères taillés comme des armoires à glace bien décidés à laver leur honneur en reprenant leur bien. Ce pourrait être le pitch d’un film de Sergio Leone, façon « Western Spaghetti ». Mais dans l’histoire qui nous occupe, point de Far West mais le Sud-Ouest. Et au lieu de spaghettis, c’est au choix cassoulet local ou lasagnes au cheval.

et cassoulet L’histoire de Spanghero SA est indissociable de celle de la famille qui lui a donné son nom, célèbre dans la région pour avoir confié les six garçons de sa fratrie – Laurent, Walter, Jean-Marie, Claude, Gilbert et Guy – au club de rugby de Narbonne. Une présentation de leur pedigree sportif s’impose. Ces solides gaillards à la carrure impressionnante ont fait les beaux jours du rugby français dans les années 1960 et 1970, époque « cassoulet-bourrepif ». Walter, le troisième, était une force de la nature – 1m86 pour 100 kilos à 24 ans –, un deuxième ligne vif et dur au mal que les Springboks, dont on ne saurait remettre en doute la connaissance en matière de castagne, ont surnommé « l’homme de fer » à l’occasion d’une tournée en Afrique du Sud. En 1968, il a conquis le premier grand chelem de l’histoire du XV de France dans le Tournoi des 5 Nations. Claude, le quatrième, lui aussi

1970-2009 : rugby

de champion de France en 1979 avec le RC Narbonne, évidemment, dont il a porté le brassard de capitaine de 1972 à 1980. En prime, il compte 22 sélections avec le XV de France. L’autre passion de la famille, c’est l’entrepreneuriat. Walter ne s’est pas contenté d’être un leader sur le terrain, ce meneur d’hommes a aussi créé une dizaine de sociétés, de la location de véhicules à l’équipement sportif. Mais c’est Claude et l’aîné Laurent qui ont fondé Spanghero SA en 1970 à Castelnaudary, la capitale mondiale autoproclamée du cassoulet, située entre Toulouse et Narbonne. Une région qui s’y connaît en art culinaire. Ça fleure bon le magret de canard, le foie gras et le piment d’Espelette. L’entreprise de l’Aude se spécialise d’abord dans l’abattage. L’essai transformé, elle se diversifie dans les années 2000 dans la transformation des viandes et la production de plats cuisinés haut de gamme, dont, bien sûr, le cassoulet. En 2003, le groupe s’oriente vers le négoce spécialisé dans l’approvisionnement pour l’industrie alimentaire, avec la création de Guy Spanghero International (GSI). Mais avec la flambée du coût des matières premières, des céréales et de l’alimentation animale, conjuguée à la hausse du coût du travail, Spanghero rencontre des difficultés financières. Il n’est pas un cas isolé : alors que

occuper aujourd’hui la quatrième place, derrière les Etats-Unis, les Pays-Bas et l’Allemagne. Le pays de la

Directeur général jusqu’en février 2012, lorsqu’il rejoint la filiale d’un groupe agroalimentaire brésilien, Marfrig.

Chez les Spanghero, le linge sale se lave en famille gastronomie mériterait bien la cuillère de bois. Finalement, en avril 2009, la famille est contrainte de vendre sa société pour un euro symbolique à la coopérative basque Lur Berri. Cette dernière, qui possède désormais 90% du capital, y injecte La famille fondatrice a rejoint les vestiaires, les ennuis vont commencer.

2009-2012 : hors-jeu

indissociable de celle de la famille qui lui a donné son nom
deuxième ligne, n’a pas à rougir de son armoire à trophées, également bien fournie, avec, comme point culminant de sa carrière, un titre la France était le premier exportateur mondial dans le secteur agroalimentaire au début des années 2000, elle a dégringolée du podium pour

“L’histoire de Spanghero SA est
5,4 millions d’euros et change une première fois le nom, avec « A la table de Spanghero ». Jean-Marc Spanghero conserve son poste de

”

Dans l’agroalimentaire, la moindre faute peut être fatale. Quatre mois suffiront pour conduire l’entreprise au bord du gouffre, selon un enchaînement rapide. En janvier 2013, le « horsegate » éclate : des lasagnes de la marque Findus contenant de la viande de cheval ont été vendues pour du bœuf. Les autorités remontent la chaîne : début janvier, A la table de Spanghero a acheté 42 tonnes de viande de cheval d’origine roumaine à une société chypriote de trading dont le di-

hiver-printemps 2013 : horsegate

recteur néerlandais, Jan Fasen, a été condamné douze mois auparavant pour des faits similaires. Spanghero aurait ensuite vendu frauduleusement du minerai de viande de cheval pour du bœuf à l’usine Tavola, qui fournit Findus. En février, le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon accuse l’entreprise de « tromperie économique », avant que Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, suspende l’agrément sanitaire qui lui permettait de traiter de la viande. La famille accuse le coup en spectateur, et souffre de voir sa casaque salie par une affaire à laquelle elle est étrangère. Au micro de BFM, Walter peine à retenir ses larmes et se dit « atterré » par cette histoire. Les nouveaux responsables de Spanghero savaient-ils qu’ils vendaient de la viande de cheval plutôt que du bœuf, ou ont-ils été dupés par leurs fournisseurs ? Ont-ils fait un mauvais pari pour réduire leurs coûts afin de plaire à leurs clients distributeurs qui ne cessent de tirer les prix à la baisse ? Pour la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), difficile d’imaginer qu’ils aient pu ignorer la signification des codes douaniers qu’ils manipulent régulièrement, ni ne s’être aperçus de la différence de prix. Barthélémy Aguerre, le Président du Conseil d’administration, concède avoir peut-être commis des négligences, mais dit ne pas avoir eu connaissance du problème. De plus, d’autres filières sont touchées sans que l’entreprise de Castelnaudary ne soit concernée. Les soupçons s’orientent alors vers deux sociétés néerlandaises de trading, Draap et Meat Trading. Le 28 février, Spanghero dépose plainte auprès du procureur de la République de Paris pour tromperie et escroquerie. Dès le 18 février,

Stéphane Le Foll a fait volte face en rétablissant tous ses agréments sanitaires, à l’exception du négoce de viande. Le 22 mars, le directeur Jacques Poujol est remercié par les responsables de Lur Berri. Mais le mal est fait et le 19 avril, à cause des suspensions de commandes de ses clients, le couperet tombe : la société a perdu 50% de son chiffre d’affaires et doit être placée en liquidation judicaire, avec poursuite d’activité pour une période de trois mois afin de trouver un repreneur.

eté 2013 : nouveau départ Le chevalier blanc arrive début juillet sous les traits de Laurent Spanghero, avec deux partenaires. Ils s’engagent à sauvegarder 90 emplois pendant au moins deux ans. 43 ans après avoir créé la société, la famille revient dans le jeu et pour laver son patronyme et change le nom de son entreprise, en lui donnant celui de son pays : le Lauragais. Magie du marketing, exit Spanghero, bonjour La Lauragaise. Début août parviennent les premières bonnes nouvelles : trois grandes enseignes – Intermarché, Carrefour, Leclerc – ont passé commande pour une quinzaine de références. « Cela va nous permettre de démarrer une deuxième chaîne de production et de faire travailler 15 ou 18 salariés en plus. Nous sommes tous les jours un peu plus confiants », s’est réjoui Laurent Spanghero. Fin août, les résultats sont meilleurs que prévus et l’entreprise déclare que « l’activité Plats cuisinés a d’ores et déjà repris à hauteur de 50%, et devrait atteindre 70% dès le début du mois de septembre ». Une fois de plus, les Spanghero ont su profiter du money time pour retourner la situation d’un match qui paraissait perdu.
Aymeric Marolleau

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CLUB ENTREPRENDRE
Prospective

Neuromarketing
La rencontre entre le marketing et les neurosciences semble des plus prometteuses, mais soulève aussi nombre de fantasmes. Vraiment des fantasmes ?
ecoréseau n°240, 26 mars 2044 : vieilles habitudes
C’est à une époque lointaine, les années 2000, que les scientifiques ont commencé à mesurer les réactions de consommateurs cobayes, grâce aux techniques modernes neuroune de ces vieilles guimbardes à essence que nos parents et grands-parents conduisaient, a été choisie pour son éveil des zones de reconnaissance de visage de bébés dans le cerveau. C’est aussi à cette tificielles diffusées depuis tous les étals pour exciter les papilles. Ils rejettent les slogans sonores répétés en boucle dans la rue, refusent les « scanners tête » qui ont remplacé les grandes machines IRM afin Michel Badoc, professeur au département marketing d’HEC et auteur d’ouvrages sur le sujet1 : est-on  dans  l’exagération la plus totale ? Le neuromarketing évolue aux Etats-Unis, quand l’application d’IRM dans les études marketing est encore interdite dans l’Hexagone. Des travaux précis sont menés et les grandes sociétés françaises mènent les leurs à l’étranger, comme L’Oréal en marketing sensoriel. Des prestataires comme NeuroFocus exagèrent les résultats obtenus avec IRM et électroencéphalogrammes, mais leurs conclusions continuent d’êtres vendues cher aux sociétés. L’évolution est inéluctable, le sujet sera à la limbique de l’émotion ou le reptilien, car le monde actuel est celui de la rapidité et de la sensibilité. Deuxièmement le marketing sensoriel va se sophistiquer. Les marques vont de plus en plus s’adresser aux sens en évitant la conscience. Les chaînes de supermarchés commencent à divulguer des odeurs de marée et émettre des cris de mouettes. Ce n’est qu’un début. Quels  sont  les  garde-fous possibles ?  Quand il y a trop de messages, le cerveau limbique se fait déborder et le reptilien prend Les 15 millions d’habitants du Grand Paris ont encore été réveillés par la guerilla urbaine que se livrent les Anti-EC (Ergonomie cognitive) avec les forces de l’ordre. Mais qu’arrive-t-il à ces émeutiers de tous horizons, qui en appellent à l’arrêt de « la manipulation permanente » ? Une délégation sera reçue par le ministre de l’Ergonomie cognitive de notre XIe République, afin de comprendre leurs revendications. Certains ont saccagé des bornes de bien-être qui diffusent dans la rue musiques et odeurs empêchant la dépression, d’autre s’en sont pris à des cinémas d’émotions, où gaz et décharges électriques décuplent les sentiments ressentis ; d’au-

“Le parfum de vanille, qui est aussi celui du ”
époque que des artistes comme Matthieu Chedid, alors au début de sa carrière, ont fait diffuser dans leurs concerts des odeurs à base de fleur d’oranger concoctées par des spécialistes

lait maternel, est requis dans les agences bancaires parce qu’il allume la zone de confiance du cerveau
de voir rapidement quelles zones s’allument dans le cerveau, au nom d’un « droit à l’intimité ». Ils exigent que les caméras placées pour décortiquer les trajets, comportements et mouvements des yeux n’aient plus cet usage dans les magasins. Ils ne veulent plus de capteurs corporels qui enregistrent le cœur, la respiration, la transpiration. Est-ce à dire qu’ils souhaitent que les grands studios de cinéma cessent leur collaboration avec des laboratoires de gestion des émotions humaines, comme ils ont commencé à le faire il y a bien longtemps avec les films Titanic ou Avatar ? Qu’ils contestent la mesure scène par scène du niveau de lacrymalisation d’un public test pour rendre le film plus passionnant ? Des exigences inattendues, alors que tous ces dispositifs, symboles de la cinquième révolution industrielle que nous vivons actuellement, étaient jusqu’alors perçus comme des facteurs de progrès. Les forces de l’ordre sauront en tout cas contenir ces rebelles par leurs altérateurs de jugement, tirés des lointains travaux du Morality Lab de Liane Young au Boston College, qui s’était aperçu dès 2013 qu’il était possible d’influencer les notion de bien et mal en envoyant des décharges électriques dans une zone particulière du cerveau. L’ordre sera maintenu.
Matthieu Camozzi

médicales comme l’imagerie cérébrale, l’analyse de sécrétion d’hormones, les simulateurs d’environnement et de stress, définissant ce qui plaît à l’acheteur lorsque les zones du plaisir

“Le cerveau, face à une

trop grande quantité d'informations, devient instinctif, voire primaire. Ses réactions sont alors plus prévisibles
le relais, avec des décisions d’urgence, souvent mauvaises. La personne devient instinctive, voire primaire. Ses réactions sont plus prévisibles. Le principal est de laisser au cerveau le temps de réfléchir. Si le néocortex entre en action, le neuromarketing perd en puissance. Les lois permettant de se rétracter doivent être renforcées ; elles n’existent pas encore pour les soldes par exemple. Et il importe d’informer tout le monde, de démocratiser les connaissances que des multinationales acquièrent. Certaines consacrent parfois 3% de leur budget de lancement à des études cognitives.
(1) « Le neuromarketing en action » de Michel Badoc et Patrick Georges, Eyrolles, 2010

Cerveau d’une acheteuse à l’ouverture des soldes tres encore aux boutiques de la place Vendôme parce que les robots à l’entrée, qui créent des champs électriques particuliers, atténuent soi-disant la résistance de l’acheteur. Toutes ces innovations qui ont émaillé notre quotidien et qui influencent les réactions du cerveau ne sont désormais plus tolérées par une partie de la population. s’allument. Ils ont découvert que certaines odeurs, musiques et couleurs pouvaient influencer son comportement d’achat malgré lui. Depuis cette époque le parfum de vanille, qui est aussi celui du lait maternel, est requis dans les agences bancaires parce qu’il allume la zone de confiance du cerveau. La face avant de la Mini, afin que les gens aient envie de s’embrasser. Les nouvelles technologies ont ensuite ouvert le champ des possibles.

mode. Harvard, Stanford et les autres créeront certainement des départements. Les neurosciences ont déjà été utilisées en psychologie, sociologie et communication, pourquoi pas en marketing ? Dans l’écriture nous passons des relecteurs aux « scribdoctors » qui travaillent sur le cerveau pour rendre les livres intéressants, comme ceux de Ken Follett qui suivent des règles ergonomiques pour que le lecteur reste captivé. Quelles sont les avancées à venir ?  Premièrement les études sur le fonctionnement du cerveau du consommateur vont se multiplier. On va chercher à anticiper les réactions immédiates, dictées par le cerveau

”

ligne jaune franchie ? 

Les contestataires, dans la droite ligne de vieux mouvements comme les anti-pub, ne supportent plus les odeurs ar-

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Créer aujourd’hui

n°5

Péril Jeune ?
Assimilée à un parcours du combattant, la création d'entreprise peut souvent refroidir les jeunes. Pourtant, plus qu'une question de moyens, d'outils ou d'accompagnement, l'obstacle majeur serait d'abord culturel.

B

alavoine chantait le blues du businessman tandis que Renaud vilipendait le statut d’étudiant. Deux écoles musicales opposées certes, mais au service de la même idée : la remise en cause des modèles socioprofessionnels. Si, aujourd’hui, la génération Y chamboule les modèles d’organisation et renonce à faire carrière dans la même entreprise, cette même génération s’oriente de plus en plus vers la création. Le meilleur moyen, vraisemblablement, de se faire plaisir et de donner du sens à son activité professionnelle.

volonté La création n’est pas toujours motivée par le seul désir d’innovation ou d’indépendance. Dans bien des cas, elle est contrainte ou forcée par la conjoncture. Porter un projet jusqu’à pouvoir se rémunérer permet ainsi de retomber sur ses pieds tout en évitant de subir une situation professionnelle précaire. Dans les chiffres, c’est un mouvement de fond non négligeable : 75% des auto-entrepreneurs ont effectivement monté leur affaire pour en faire un complément de salaire. Par ailleurs, on assiste également à un changement de paradigme au regard des évolutions de carrière des jeunes. « Désormais, les jeunes réalisent que

SoumiSSion et

Se faire plaisir+ prendre des risques= l'esprit d'entreprendre les voies, autrefois royales, ne mènent plus à des métiers sécurisés et à une progression tions ne sont pas si satisfaisantes que cela. L’accès à la propriété est devenu plus difimmobilier. La création intervient donc comme un moyen de se créer du capital argue Xavier Kergall, DG des Echos et du Salon des entrepreneurs de Nantes.

“La chape judéo- chrétienne sur l'argent, la
de carrière dans la même société pendant 20-30 ans. D’autant que les rémunéraficile au regard de la progression des salaires et de la hausse des prix du marché

eduquer pour

réussite et sa culpabilité est progressivement en train de sauter
et un levier d’investissement plus rapide dans la constitution de son patrimoine »,

”

mieux créer Globalement, les acteurs de l’enseignement, tant dans le secondaire que dans le supérieur, multiplient depuis plusieurs années les initiatives pour ouvrir les étudiants à l’esprit d’entreprise. Phénomène d’autant plus flagrant dans les universités où l’on

assiste, ces dernières années, à la création de nombreux mastères de 3e cycle consacrés à la création et à la reprise. En dix ans les mentalités ont évolué. Et l’entrepreneuriat n’est plus un gros mot dans les universités. Les politiques ont compris que ce sont les petites entreprises qui sont créatrices de richesse. Dans ce sens, le statut d’autoentrepreneur, à l’œuvre depuis 2009, a permis de démocratiser la possibilité de créer. Néanmoins, « l’esprit d’initiative, composante essentielle du chef d’entreprise, n’est pas encore suffisamment rentré dans les mœurs en France, nuance Laurent Degroote, vice-président à la CCI Grand Lille. Le monde associatif et l’Education nationale n’intègrent pas assez ce savoirêtre dans les enseignements. » « Malgré tout, le climat demeure propice à la création, analyse Xavier Kergall. Sociologiquement et culturellement, on assiste à une véritable accélération en matière de création. La raison ? Une meilleure image du patronat, qui n’est pas fait que de parachutes dorés. On commence finalement à saisir que l’entrepreneur, de sa création à sa pérennisation, c’est celui qui est au fond de la mine à pousser les wagonnets. » La chape judéo-chrétienne sur l’argent, la réussite et sa culpabilité est progressivement en train de sauter.

Conseils
Cotisation à fonds perdus, manque de lisibilité sur les contrats… Les préjugés sur les complémentaires et contrats de prévoyance sont encore tenaces. Pourtant, certains régimes autorisent des dispositifs fiscaux avantageux tout en contribuant à la mise en sécurité tant de son patrimoine privé que de son entreprise. Chiffres INSEE pour l'année 2012, sur les 550000 créations d'entreprises enregistrées, 55% relevaient du

Qu'importe le statut tant qu'il y a la protection
statut d'auto-entrepreneur. Reste donc 250000 sociétés. Sur ce chiffre, 70% de créateurs ont décidé en 2012 de devenir gérant ou plus largement Travailleur non salarié (TNS) avec une moyenne d'âge de 38 ans. Les assimilés salariés, soit 30%, bénéficient donc d'une assurance classique au titre de la convention collective de leur profession. « Pour les 70% restants, le niveau des garanties peut être optimisé. Leur statut leur impose une affiliation au Régime social des indépendants (RSI), souligne Jean-François Ropelewski, directeur marketing d'AG2R La Mondiale. Par exemple, la consultation en ophtalmologie est remboursée à hauteur de 65% de 27 euros. Cela laisse un reste à charge conséquent. » Les garanties seront aussi fonction du statut : commerçant, artisan ou profession libérale. Les conditions de complémentaires ne seront donc pas les mêmes. D'autant que l'assurance n'est pas qu'affaire de statut ou de métier. Pas de règle générale d'ailleurs. « Suivant la situation familiale, professionnelle et patrimoniale de chacun, il est plus que conseillé d'étudier une offre globale de prévoyance en modulant les solutions en fonction de ses besoins personnels et professionnels. D'où un nécessaire audit de protection sociale pour une solution sur mesure », poursuit Jean-François Ropelewski. C'est donc au chef d'entreprise, selon sa composition familiale, d'adhérer à la mutuelle qui lui correspond. Un jeune créateur se verra proposer une complémentaire de base avec un ou deux renforts selon les spécificités de son activité. Mais rappelons que la moyenne d'âge des créateurs en 2012 est de 38 ans. Ce qui correspond souvent à une vie de famille avec un ou plusieurs enfants à charge. Quid du CA en l'absence du dirigeant ? Ou plus simplement comment faire face à une baisse du revenu ? La prévoyance, elle, maintient les revenus en cas d'incapacité, d'accident ou de maladie. En d'autres termes, l'ensemble de ces cotisations supplémentaires permettent donc une couverture supérieure sans comparaison possible avec les régimes obligatoires des artisans,

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Créer aujourd’hui
thousiasmer en vase clos. L’accompagnateur intervient en tant qu’aide à l’arbitrage et à la prise de décision. La tête dans le guidon, le porteur de projet manque généralement de discernement. D’autant que la solitude pèse lourd sur les épaules du créateur devant assumer toutes les fonctions support et chronophages pendant les premiers mois post-création. » Pour le reste, viabiliser son entreprise, c’est juste la tester et aller à la rencontre du marché. marchés émergents, domaine de niche ou milieu concurrentiel ? Peu importe. Les succès sont nombreux lorsqu’il s’agit de lancer un produit ou un service qui n’existe pas pour soi. Dans les services à la personne, cela s’est traduit par le développement de la coiffure à domicile, ou par l’enlèvement, le lavage et le repassage des chemises sur le lieu de travail par exemple. Dans un tout autre secteur, ce sont l’impatience et les aléas du café mal dosé qui l’ont emporté sur les cafetières classiques au profit des machines à expressos. structures telles que les Centres de formalités des entreprises (CFE), leur permettant de remplir un maximum de procédures administratives sur un même lieu. « La simplification des régimes a clairement facilité l’accès à la création, explique Dominique mentha, directrice en charge de la recherche, du dévelopcondaire ? Bientôt, les lois sur l’insaisissabilité protégeront l’ensemble des biens immobiliers du créateur. un gros risque en moins... mais en dépit de la simplification des statuts et des prochaines lois en faveur d’une comptabilité plus lisible, l’obstacle majeur reste psychologique. « L’inacceptable, guant les moyens et les outils nécessaires », s’indigne Laurent Degroote.

le meilleur accompagnateur pour un jeune, c'est un pair qui a partagé les mêmes difficultés
pement et de la professionnalisation à l’APCE. En comparaison des autres pays du G20, la France présente les délais et les formalités les moins contraignants. » Le législateur œuvre également de plus en plus vers une protection du patrimoine privé. Résidence principale ou se-

“Le meilleur tuteur, ”

c’est d’entendre : « Créer sa boite, ce n’est pas pour moi ! » Et de réaliser que les gens renoncent avant même d’avoir pensé à le faire et subissent la situation économique. Cela relève presque de la responsabilité républicaine et politique d’instiller cette culture tout en prodi-

Beware or Be aware ? Les modèles économiques évoluent plus rapidement aujourd’hui. Et au jeu de la concurrence, la rentabilité des entreprises dotées d’un business plan plus traditionnel s’en trouve déstructurée. Dans la même veine, les nouvelles technologies de l’information et de la communication amènent de nouvelles offres et autorisent la commercialisation de nouveaux produits. La transformation des modes de paiement avec le développement du NFC (Near Field Communication, soit le paiement sans contact) ou la dématérialisation à l’œuvre dans les fonctions support des entreprises sont également des problématiques à prendre en compte pour le créateur ou le repreneur. La concurrence oblige donc à un effort d’adaptation. « Car il n’y a plus d’offre commerciale qui tienne dix ans. En matière de mar-

Œ

Bétonner son statut et protéger son idée, une nécessité

prendre un

créateur par la main mais monter son entreprise revient parfois à sortir d’un labyrinthe sans fil d’Ariane. « Le meilleur conseil que je puisse donner, c’est celui de partager son idée. En parler et tester l’idée auprès de son entourage. Et surtout rompre la solitude du créateur en trouvant une ou plusieurs entreprises pour se faire accompagner dans son projet. Avant même de penser au

statut, aux réseaux, aux accompagnements ou même au modèle économique, il faut trouver des personnes à portée de territoire qui partagent la même envie. Le meilleur tuteur, le meilleur accompagnateur pour un jeune, c’est un pair qui a partagé les mêmes difficultés », explique Xavier Kergall. même son de cloche pour Laurent Degroote : « L’accompagnement demeure essentiel pour un porteur de projet. Il évite dans bien des cas de s’en-

mieux créer même s’il faut veiller au grain pour certaines professions, l’auto-entreprise demeure une véritable opportunité en France. un million de Français ont déjà eu recours à ce statut. Et des dizaines de milliers mettent le pied à l’étrier pour transformer cette première création en changeant de statut. D’autant que ce statut a déjà ramené pas loin de 2 milliards dans les caisses de l’Etat. La création est également simplifiée grâce au développement des prérogatives et des compétences de

Simplifier pour

Conseils
commerçants ou professions libérales. De même pour les retraites. « La retraite de base est souvent bien plus faible que le revenu en exercice. Un complément peut être envisagé. Celui-ci se concrétisera par le versement d'une rente viagère par exemple, décrit Jean-François Ropelewski. Mais l'adhésion à ce type de complémentaire ne s'envisage qu'à n+5 voire n+8 de la création, lorsque l'entreprise a pris sa vitesse de croisière. En revanche, assurances santé et prévoyance sont à envisager dès le lancement de l'activité. Il s'agit même d'un besoin vital pour la pérennité de l'entreprise. » Faut-il rappeler, enfin, que le législateur a facilité la souscription à l'ensemble de ces contrats par le biais de la loi Madelin ? Cette dernière permet au TNS de déduire de son revenu imposable les cotisations versées afin de se constituer une retraite complémentaire, de s’assurer au travers d’un contrat prévoyance, d'une complémentaire santé, ou d’une garantie chômage TNS. Petite mise en garde toutefois, ce dispositif n'est cependant pas avantageux pour tout le monde : par exemple, dans le cas du gérant non salarié, les cotisations Madelin sont à réintégrer au revenu de gérance, et viennent donc augmenter l’assiette de cotisations sociales.

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Créer aujourd’hui
keting aussi, il importe de veiller sur la valeur perçue du produit ou du service pour que celle-ci soit en adéquation avec sa valeur réelle. Le Salon des entrepreneurs de Nantes met ainsi en valeur l’émergence de nouveaux business plan et permet de se sensibiliser aux marchés porteurs», souligne Xavier Kergall. De fait, la création d’entreprise chez les jeunes revêt aussi un caractère plus ludique dans son approche. Serious Games chez les étudiants et lycéens. test de personnalité « à la cool » dans les salons pour déterminer si sa personnalité colle avec l’esprit d’un créateur. L’important est ici de savoir si les jeunes sont capables de le faire. Besoin d’éprouver son business plan ? Des crash tests sont également organisés dans les salons dévolus à la création : devant le porteur de projet, une batterie d’experts (juristes, experts-comptables, chefs d’entreprise,...) cherche les failles de sa création. Le but n’est bien évidemment pas de démoraliser les porteurs de projet en les assommant de reproches. mais simplement de trouver les faiblesses qui peuvent à terme mettre en péril l’activité. Ne reste plus que le passage à l’acte. Et un seul maître mot : de l’audace, encore de l’audace et toujours de l’audace !
Geoffroy Framery

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Rentabiliser sa créativité
« En France, nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées. » Ce slogan des années 70, toujours d’actualité au regard des entreprises qui prennent le parti du green business ou de nouveaux marchés de niche, omet cependant l’essentiel d’un point de vue légal : « L’idée est libre de parcours ». C’est effectivement sa matérialisation, sa déclinaison graphique ou ses applications commerciales qui devront être scellées à double tour. Dès lors, comment protéger son concept ? mais surtout quelles conséquences sur le développement d’une entreprise ? Brevet ou certificat d’utilité ? Quel que soit le choix du créateur, la protection choisie renforce la valeur de l’entreprise. Car elle formalise l’actif immatériel de la société qui peut alors être valorisé ou transmis. En matière de concurrence, un dépôt de brevet à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) permet en France un monopole d’exploitation pendant 20 ans. Sans le consentement du dépositaire du brevet, aucune exploitation, fabrication, ni même importation ne peuvent se réaliser. mieux encore ! Son existence dissuade et prévient bien souvent des procédures judiciaires. Le certificat d’utilité, lui, possède une espérance de vie plus courte : six ans. Breveter ou certifier ? L’arbitrage s’opère vraisemblablement au regard de la durée de vie de l’innovation. D’autant que la certification ne peut pas se transformer en brevet. La boîte à outils de protection de la propriété intellectuelle ne s’arrête pas là ! En fonction de la nature de l’idée à protéger et de ses caractéristiques, il conviendra de choisir dans quels grands domaines la classer. Le registre des brevets s’adresse à des créations d’ordre technique. Les droits d’auteur seront plus enclins à couvrir les œuvres de l’esprit à l’image des plans du dernier gratte-ciel de la Défense ou du dernier Klapisch en matière de scénario. Enfin, le dépôt d’une marque semble tout indiqué pour protéger un slogan, un logo ou même le design d’un produit. Notons que l’INPI n’est pas la seule autorité garante de la protection des idées. L’Office des marques et des modèles communautaires (Office de l’harmonisation du marché intérieur (marques, dessins et modèles), OHmI), l’organisation mondiale de la intellectuelle protection (OmPI) et l’office européen œuvrent également dans ce secteur. tout dépend donc du futur rayonnement de l’entreprise. mais au delà de la marque ou de la commercialisation de l’idée, encore faut-il savoir communiquer sur son produit. mont Blanc ? marque de luxe dans les instruments d’écriture ou marque d’une crème dessert...

Quel prix pour protéger ses créations ?
Dépôt du brevet ou du certificat d’utilité Rapport de recherche (cette redevance de rapport de recherche ne concerne que les dépôts de brevet, le rapport de recherche n’est pas établi pour les certificats d’utilité) 36 € Cette redevance doit être acquittée au moment du dépôt ou, au plus tard, dans un délai d’un mois à compter du dépôt. Elle comprend la première annuité. Cette redevance doit être acquittée au moment du dépôt ou, au plus tard, dans un délai d’un mois à compter du dépôt. Attention : depuis le 13 décembre 2008, le rapport de recherche ne peut plus être différé. Cette redevance devra être payée au moment de la délivrance, c’est-à-dire au minimum 24 mois à compter du dépôt. Par revendication, au-delà de la 10e.

500 €

Délivrance du brevet

86 €

Revendication supplémentaire
Source : INPI

40 €

Conseils

Se débarrasser de l'administratif grâce au portage
Les avantages du portage salarial ? « C'est d'abord de déléguer la gestion de son administration. Y recourir, c'est également avoir le statut de cadre devant assurer la prospection de ses clients et la négociation avec ces derniers du prix de la prestation à accomplir. En outre, le « porté » se trouve dans l'obligation de transmette un compte-rendu d'activité permettant d'alimenter le compte d'activité géré par la société de portage. Et pour le portage salarial des auto-entrepreneurs, c'est ne plus se soucier du fameux plafond de 34600

euros en matière du montant des encaissement pour les activités de service », décrit Josette Londé, présidente du Syndicat national des entreprises de portage salarial (SNEPS) et gérante d'Assurportage. Autrement dit, si l'auto-entrepreneur décide de faire appel à une société de portage, ce dernier peut dépasser le seuil sans pour autant perdre le bénéfice du statut. Plus généralement, le portage salarial engage le professionnel dans un statut de salarié. Juridiquement, ses clients traitent avec la société de portage. En d'autres termes, le portage salarial simple autorise de proposer son expertise sans créer une véritable entreprise. D'un point de vue légal, la loi de modernisation du marché du travail de 2008 définit le portage salarial comme « un ensemble de relations contractuelles organisées entre une

entreprise de portage, une personne portée et des entreprises clientes comportant pour la personne portée le régime du salariat et la rémunération de sa prestation chez le client par l'entreprise de portage. Il garantit les droits de la personne portée sur son apport de clientèle. » Autre avantage pour les portés, l'absence du principe de rétroactivité sur les charges pour la troisième année d'activité. D'où une gestion beaucoup plus aisée. D'autant que ce système se démocratise dans les secteurs d'activité manuelle où l'effort de gestion est souvent moins bien perçu », témoigne Josette Londé. En matière de double portage, soulignons que l'optimisation fiscale est également de mise. C'est 70% contre 63% du montant des encaissements dans la poche du porté dans notre société. »

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La valse endiablée des franchises
Entre les sandwicheries qui poussent comme des petits pains et les enseignes immobilières qui mettent la clé sous la porte, le destin des franchisés passe du rire aux larmes, parfois en un temps record.

C

hez Feu Vert, la crise donne des ailes. Pendant que certains baissent pavillon, les drapeaux des célèbres centres auto sont chaque année plus nombreux à flotter sur le réseau national. Mieux encore : le groupe profite de la morosité économique pour grossir ses rangs et lancer un nouveau

type de franchise : Feu Vert Services, des sites sans boutique centrés sur l’activité Entretien. Vingt-quatre de ces enseignes new look accueillent déjà les voitures. « Nous visons 60 ouvertures d’ici 2016, et la barre des 100 dès que possible », assure sans ciller Nicolas Pontet, responsable Développement

Jackpot en temps de crise
1569 franchiseurs en 2011, 1658 en 2012. 62041 franchisés en 2011, 65059 en 2012. Certes, l’évolution cache quelques naufrages. Mais les boutiques sous franchise crient globalement victoire. Depuis 2008 et le début des eaux troubles la croissance perdure pour beaucoup : « On enregistre entre 5 et 7% de franchisés en plus chaque année, et +3 à 4% pour le chiffre d’affaires d’ensemble des réseaux », se réjouit Chantal Zimmer de la Fédération française de la franchise. 2012 marque aussi le franchissement, pour la première fois, de la barre symbolique des 50 milliards d’euros de recettes.

Franchise. A croire que le groupe n’attend plus qu’un crash conjoncturel durable pour devenir une multinationale. Même dynamique pour la restauration rapide, qui nage à contre-courant avec beaucoup d’aisance. Alors que la restauration classique a connu une baisse de 2% de son chiffre d’affaires en 2012, elle a vu le sien progresser de 4,6%. En 2013, 40 ouvertures de magasins chez McDonald’s ont été dénombrées, et 100 chez Subway ! D’autres réseaux à succès n’ont jamais connu climat plus radieux que la grisaille économique ambiante, en raison de leur jeunesse, ce qui ne les empêche pas d’atteindre des sommets. Après un fort développement en 2012 et 2013, la chaîne de boutiques The Kase I am Unik, dédiée

aux accessoires pour appareils mobiles (housses, coques…), prévoit d’ouvrir plusieurs dizaines de magasins en 2014. Côté cigarettes électroniques, la marque Clopinette double le nombre de ses boutiques en 2013 pour atteindre 30 unités d’ici décembre prochain.
et décadence « Mais gare au feu de paille ! », prévient Michel Kahn, président de la Fédération des réseaux européens de partenariat et de franchise (IREF). Certaines success stories ne sont peut-être que des effets de mode. La manne des cigarettes électroniques pourrait vite s’évaporer. » De la gloire aux déboires, il n’y a parfois qu’un pas, comme le constatent les franchises du secteur Equipement de la maison : de -4 à -6% de chiffre d’affaires l’an passé, alors qu’elles profitaient d’une croissance annuelle constante de 5% auparavant. Dans le secteur de l’immobilier, deux réseaux de franchise ont fermé leur porte pour de bon en 2012, ainsi que 261 agences au total. Selon Chantal Zimmer, déléguée générale de la Fédération française de la franchise, qui accompagne notamment le développement de l’événement Top Franchise Méditerranée, « la crise fait évoluer les modes de consommation. On se tourne vers les solutions qui répondent à un besoin à moindre coût, comme les fast-foods. La diversification de ces derniers permet désormais de répondre à tous les désirs d’alimentation. » Le prix bas reste souvent la règle d’or. « Cela explique aussi la réussite des acteurs du dépôt-vente comme EasyCash », ajoute-t-elle. « Chez Feu Vert, nous avons fait le choix d’une politique tarifaire adaptée au contexte économique qui voit le pouvoir d’achat des consommateurs diminuer », explique Nicolas Pontet. Une recette apparemment efficace.

Grandeur

ne se limitent pas aux portefeuilles réduits à peau de chagrin : « Nous assistons à un phénomène de rupture, les consommateurs hiérarchisent plus leurs besoins, et pour cause. En 15 ans, le pouvoir d’achat a augmenté de 4%. Pendant ce temps, avec l’avènement des smartphones, des vacances à bas prix, ou la diversification des vêtements, l’offre globale déversée sur le marché s’est accrue de 700%. » Les acteurs

en difficulté sont ceux qui ne respectent pas un positionnement très précis. « Le prêt-à-porter souffre, mais Zara, Mango ou H&M connaissent le succès. Leur secret : un respect scrupuleux des couloirs wde prix, une offre large, souvent renouvelée, composée de petites séries correspondant à des familles de consommateurs variées », illustre Michel Kahn.
Mathieu Neu

Franchise & Partenariat
par Michel Kahn
Consultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)

Priorités
(GUIDE DU CREATEUR
D'ENTREPRISE)

fLuctuantes des consoMMateurs Mais pour Michel Kahn, les raisons sont plus profondes et

e partenariat se distingue par sa structure participative qui permet l’amélioration des relations avec le consommateur. Qui mieux qu’un partenaire implanté sur son territoire sait appréhender le comportement de ses clients ? La proximité : Les habitudes de consommation sont liées à l’environnement et à la culture. Elles diffèrent selon les régions, les localités et même les quartiers. Le consommateur type n’existe pas. Le partenariat permet d’épouser le relief des disparités et de répondre aux attentes... ainsi qu’aux exigences. L’enseigne : Le partenaire profite d’une image attractive car l’enseigne a pour effet de rassurer et de mettre en confiance. L’enseigne prend alors un visage, une personnalité, qui traduit l’identité du partenaire.

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Le partenariat et le consommateur
Le paysage commercial et le consommateur : Il suffit de regarder les centres-villes, les zones commerciales… Partout les mêmes enseignes. Pourtant le consommateur n’a pas oublié les codes du commerce traditionnel. Il se considère privé du charme de la découverte qu’il trouve auprès du commerçant indépendant. Le partenariat réconcilie ainsi le consommateur avec le paradoxe des forces et des faiblesses du commerce organisé. Il procède à un management de proximité et à un marketing de complicité permettant le rapprochement intime du partenaire et du consommateur. L’avenir est au client : Les entreprises qui réussissent sont celles qui savent devancer les attentes de leur marché. Il est capital pour un réseau d’être à même de décoder ce processus.

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Business guides

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Pédale douce
La crise incite les entreprises à brider le budget de leur flotte automobile. Afin de réduire les frais tout en faisant un geste pour la planète, de nouvelles solutions voient le jour : auto-partage, location longue durée, véhicules « verts »… Etat des lieux des nouvelles tendances du marché.

Les voitures hybrides passent la vitesse supérieure i la crise que connaît le monde automobile a longtemps épargné les véhicules d’entreprise, ce répit semble bel et bien terminé. Après un violent recul de 7,1% en 2012, le marché de la vente et de la location de véhicules aux entreprises devrait encore baisser de 4% cette année, prédit le Bureau d’information et de prévention économique (BIPE). Ces chiffres ne sont pas vraiment une surprise. La crise incite les entreprises à réduire les coûts tous azimuts et naturellement, ces dernières resserrent aussi les boulons du

S

côté de leur flotte automobile. « De la part des entreprises, nous n’observons pas forcément une baisse du volume de commandes, mais de leur montant, avec notamment une baisse du nombre d’options demandées », remarque Thierry Tanfin, Directeur du Groupe Audi Bauer. « Beaucoup de grandes entreprises ont la volonté de réduire leur parc », constate de son côté Philippe Brendel, Président de l’Observatoire du véhicule d’entreprise (OVE). La hausse inexorable du prix du carburant et le durcissement de la réglementation

en matière d’émissions polluantes incitent les entreprises à revoir la gestion de leur flotte. Rappelons que depuis 2006, la taxe sur les véhicules de société (TVS) est indexée

part l’empreinte écologique des véhicules, considère Bruno Ricci, responsable commercial grands comptes chez LeasePlan. D’autant qu’aujourd’hui, les deux sont

limiter l’usage des véhicules polluants afin de concilier économies et écologie. Question d’image, bien sûr, avec parfois une légère tendance au greenwashing, mais aussi

“Les entreprises resserrent aussi les boulons du côté de leur flotte automobile ”
sur les émissions de CO². « Les entreprises ont aujourd’hui deux préoccupations principales : d’une part la gestion des coûts, d’autre liés : certains de nos clients parlent même de « finance verte » ! » La mode est à l’éco-mobilité, cette solution qui consiste à vrai changement des mentalités. Avec le développement des nouveaux modes de communication, comme le chat ou la visioconférence, se dé-

placer ne paraît plus aussi nécessaire et systématique qu’autrefois. Au point que l’usage même de la voiture est remis en question. D’autant que la génération Y, qui tend à prendre le volant des entreprises, s’avère plus soucieuse de son impact carbone que de la sacro-sainte voiture de fonction. Désormais, les entreprises scrutent à la loupe les dépenses de chaque véhicule. « A l’achat, elles regardent d’abord le coût global de possession du véhicule, puis le grammage des émissions de CO² et enfin le prix cata-

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CLuB EnTREPREnDRE
Business guides
nalités éventuelles en cas de dépassement du kilométrage moyen à respecter… Au demeurant, la crise touche aussi ce marché. Dans son bulletin trimestriel, le Syndicat national des loueurs de voitures en longue durée (SnLVLD) constate que « les mises à la route LLD ralentissent au 1er trimestre, avec séduire le monde professionnel. En mettant à la disposition de ses salariés un parc de voitures en libre service, cette solution permet aux entreprises d’optimiser le taux d’occupation de leurs véhicules. « Avec l’autopartage, il est possible de faire des économies sur le hors-flotte, comme les taxis, souligne veloppent des offres en ce sens. Ainsi, Arval propose depuis 2010 une offre d’autopartage dédiée aux déplacements professionnels, mais aussi personnels, des salariés. En quelques clics, ces derniers peuvent réserver la location d’une voiture pour la période souhaitée sur un site Internet prévu à cet effet. Arvisant à diminuer le temps de transport des salariés. D’autres entreprises vont encore plus loin, en incitant leurs salariés à recourir au covoiturage. C’est ainsi que La Poste, qui voudrait à terme faire covoiturer ses 250000 agents, a lancé fin 2011 un premier projet test sur le site de Roissy, en banlieue parisienne. Bon à savoir : la mise en place d’un système de covoiturage dans le cadre d’un plan de déplacement d’entreprise peut être financée jusqu’à 50% par les pouvoirs publics, avec un plafond de 75000 euros. Reste que ces pratiques peinent encore à se répandre dans l’Hexagone. La France ne représente ainsi que 2% du marché européen de l’autopartage, loin derrière l’Allemagne (35%) ou le Royaume-uni (23%). « Le changement des mentalités n’est pas encore là », considère Philippe Brendel. Les collaborateurs ne semblent pas prêts à renoncer à leur véhicule personnel. Toutefois, cette pratique s’étend bon an, mal an : selon le baromètre 2012 de l’OVE, une entreprise sur cinq de plus de 100 collaborateurs a mis en place un service de ce type et 14% envisagent de le faire d’ici à 2015.

logue », constate Thierry Tanfin. Entre le carburant, qui représente entre un tiers et un quart du coût total d’utilisation, l’assurance et l’entretien, les postes de dépense sont nombreux. D’après les professionnels, chaque véhicule d’une flotte automobile coûterait en moyenne 4000 euros par an. un coût qui ne cesse de croître : selon le Conseil national des professions de l’automobile (CnPA), les coûts d’utilisation ont augmenté en moyenne de 4,6% par an sur les dix dernières années, soit une hausse deux fois plus forte que l’inflation sur la même période.

Louer pLutôt qu’acheter Autant d’arguments qui incitent les entreprises à reconsidérer la gestion de leur flotte. Désormais, elles raisonnent moins en termes de véhicule qu’en termes d’usage. Au demeurant, ce changement des mentalités n’est pas nouveau. Depuis quelques années, un nombre croissant d’entreprises décide de louer plutôt que d’acheter sa flotte. Embryonnaires dans les années 90, la Location longue durée (LLD) et la Location avec option d’achat (LOA) ont depuis explosé. Ces deux solutions représentent aujourd’hui plus de 50% des flux d’immatriculations dans les entreprises, selon les chiffres fournis par l’OVE. Dans le cadre de la LOA, un véhicule est mis à disposition par le concessionnaire en échange d’un loyer correspondant au financement et à l’entretien du véhicule. Au terme du contrat, la société a la possibilité d’acquérir le bien contre un montant défini à l’avance, ou bien de le restituer. Quand à la LDD, elle permet aux entreprises de déléguer à un prestataire spécialisé la gestion de leur flotte. Les principaux loueurs sur ce marché sont des filiales de constructeurs automobiles ou de sociétés bancaires, comme Arval (filiale de BnP Paribas) ou ALD Automotive (filiale de la Société Générale). Grâce à la fixation à l’avance du prix de location, ces deux solutions ont pour point commun de permettre de lisser les coûts sur la durée. mais attention aux frais de remise en état lors de la restitution du véhicule, ainsi qu’aux pé-

un recul de -13% en glissement annuel ». une situation qui incite les loueurs à enrichir leur offre de services pour se différencier. En plus du véhicule, les LDD prennent désormais en charge la mobilité des collaborateurs (voir encadré).

“La mode est à l’éco-mobilité, afin de concilier économies et écologie ”
Philippe Brendel. L’autopartage permet aussi de réduire la taille d’une flotte, quoique de façon assez minime. Il engendre toutefois des surcoûts, car il faut suivre régulièrement les véhicules et mettre en place des outils pour gérer le parc ». Séduites par cette solution, de grandes entreprises comme L’Oréal, Airbus ou la Société générale ont déjà sauté le pas. De leur côté, les loueurs de courte durée comme les LLD et les constructeurs entendent bien prendre des parts de ce marché en croissance et dé-

un autre système commence à susciter l’attention des entreprises : l’autopartage. Popularisé par les Autolib’ parisiennes de Bolloré, ce système jusqu’ici réservé aux particuliers est en train de

Le sens du partage

val fait rouler autour de 250 voitures en autopartage et compte doubler ce volume d’ici à la fin 2013. Outre l’autopartage, certaines entreprises développent des offres de transports en commun pour les trajets domicile-travail de leurs salariés. C’est par exemple le cas de microsoft France : fin 2010, la société a mis en place un service de deux minibus électrique destinés à relier les réseaux de transport en commun (RER et tramway) et le siège du groupe à Issy-lesmoulineaux. une initiative

VéhicuLes éLectriques : retard à L’aLLumage En matière d’éco-mobilité, une autre solution éveille l’intérêt des entreprises : le recours aux véhicules électriques et hybrides. Au demeurant, l’offre s’est largement étoffée. Fin 2013, pas moins d’une trentaine de modèles électriques et hybrides seront disponibles sur le marché. Qui plus est, les performances des voitures électriques en termes d’autonomie et de vitesse se sont grandement améliorées. En plus de permettre de substantielles économies de carburant, les modèles électriques et hybrides offrent d’autres avantages, comme celui d’être généreusement subventionnés par les pouvoirs publics. En 2012, le Gouvernement a décidé de monter à 7000 euros le superbonus des véhicules élec-

Œ

Les managers de mobilité
Apparus il y a quelques années dans les entreprises, les managers de mobilité tendent à se substituer aux simples gestionnaires de flotte. Comme son nom l’indique, le mobility manager est chargé de gérer l’ensemble des déplacements des collaborateurs. Qu’il s’agisse de réserver un billet de train, trouver un véhicule de remplacement en cas de panne ou bien gérer l’entretien de la voiture, le gestionnaire de mobilité est sur tous les fronts. C’est tout naturellement que les acteurs de la location longue durée sont venus investir massivement ce créneau. Les loueurs proposent aujourd’hui aux entreprises des solutions leur permettant d’externaliser quasi-intégralement la gestion opérationnelle de leur flotte. En plus de la prise en charge classique du véhicule (assurance, réparations, entretien,…), les loueurs se transforment en conseillers de mobilité. Afin d’accompagner les entreprises dans leur quête d’économies et d’écologie, tous ou presque proposent des audits permettant de définir la solution la plus adaptée à leurs besoin (nombre de véhicules requis, mode de gestion,…). mais les loueurs ne se contentent plus de prendre en charge la gestion des véhicules. Désormais, ils commencent aussi à s’intéresser au salarié qui tient le volant. Arval propose taines tâches. C’est ainsi que LeasePlan a récemment lancé une application smartphone et un portail web destinés à faciliter la vie du conducteur. « Grâce à cet outil, celui-ci va pouvoir chercher un garage pour mettre sa voiture en révision à l’aide d’un système de géolocalisation, mais aussi déclarer un sinistre en ligne, réserver un véhicule de remplacement… », détaille plication le conseille sur le meilleur mode de transport pour aller de tel à tel point, en se connectant par exemple aux stations Vélib’. » Au demeurant, ces outils présentés comme des aides à la mobilité du salarié permettent aussi de recueillir les données concernant l’utilisation des véhicules par les collaborateurs – et donc de traquer le moindre gaspillage de temps s’estiment ainsi fliqués. Gare, car les procès entre salariés et employeurs impliquant des système de géolocalisation installés à l’insu du salarié à des fins de surveillance, ou bien des données collectées et stockées illégalement par l’entreprise, se multiplient devant les tribunaux. Et la justice donne le plus souvent tort à l’employeur, car la législation sur la protection des données, très stricte, est bien souvent méconnue des entreprises. Par ailleurs, aux yeux de Philippe Brendel, les outils d’assistance à la mobilité restent encore sommaires. « Certes, il existe deux ou trois bricoles pour smartphone, mais ce n’est pas encore ça, estimet-il. La vraie gestion de la mobilité, c’est quand on prendra en charge les déplacements des collaborateurs de A à Z. » Reste à savoir dans quelle mesure les conducteurs accepteront d’être ainsi chaperonnés…
C.Q.

“Le mobility manager est chargé de gérer
ainsi des stages de prévention des risques routiers, ainsi que des stages d’éco-conduite. Objectif : réduire la consommation de carburant. D’autres loueurs vont plus loin dans la gestion de la mobilité des collaborateurs, en proposant des outils qui permettent d’automatiser cerBruno Ricci. De son côté, ALD Automotive expérimente un outil d’assistance à la mobilité personnelle, baptisé Aldo. « Aldo permet de planifier ses déplacements en se connectant instantanément à l’agenda du collaborateur, explique Guillaume maureau. L’ap-

l’ensemble des déplacements des collaborateurs
ou d’argent. Big brother is watching you. « Aldo permet de récupérer des données sur la consommation de carburant et sur les déplacements », confirme Guillaume maureau. Cet aspect des choses peut susciter des réticences de la part des collaborateurs, qui

”

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CLuB EnTREPREnDRE
Business guides
triques et conforté celui des véhicules hybrides. Ces véhicules bénéficient également de l’exonération de la taxe sur les véhicules de société. Si les véhicules diesel restent encore largement dominants au sein des flottes d’entreprise, du fait notamment de l’avantage fiscal sur le carburant, la réduction probable de cet avantage dans les prochains mois pourrait changer la donne. Par ailleurs, à l’instar de Paris, Grenoble ou Lyon, de plus en plus de collectivités mettent en place des réglementations qui restreignent la circulation des véhicules les plus polluants en centre-ville. L’étincelle dont la technologie a besoin ? Quoi qu’il en soit, ce sont autant d’arguments qui devraient inciter les entreprises à se brancher avec l’électrique. Quelques entreprises, comme Bouygues ou Airbus, ont déjà mis en place des pools de véhicules “zéro émission”. Reste que le nombre de véhicules électriques dans les flottes d’entreprise, tout comme chez les particuliers, demeure anecdotique. Certes, les immatriculations de voitures électriques ont crû de 138% en avril dernier dans l’Hexagone, selon l’Association pour la promotion des véhicules électriques et hybrides (Avere). mais ce taux représente seulement 940 véhicules, soit à peine 0,6% du marché total. « Les véhicules électriques et hybrides, nos

n°5

Sinon, il reste l’ancêtre du covoiturage clients nous en parlent, mais ne passent pas forcément à l’acte », constate Bruno Ricci. Reste que le secteur peut compter sur une grosse marge de progression : ensemble, véhicules hybrides et électriques devraient passer de 1,7% de la production automobile mondiale en 2011 à près de 5% en 2016, prédit le cabinet PwC. « La demande se développe de la part des entreprises, affirme de son côté Guillaume maureau, Directeur général adjoint commercial et marketing d’ALD Automotive. Nous avons actuellement sous contrat 3000 véhicules électriques. On a doublé en un sayer, d’autres les utilisent pour des besoins de déplacement inter-site, avec des kilométrages assez faibles », moyen, compris entre 6 et 8 heures, reste élevé. Si les capacités actuelles des voitures électriques leur interdisent lation en centre-ville. Reste que le prix d’achat d’une voiture électrique demeure nettement plus élevé que celui d’un véhicule thermique ; quant à son coût d’utilisation, il serait supérieur de 15% à 30%. Tout comme l’autopartage, les véhicules électriques doivent encore lever de sérieux freins avant de se frayer un chemin au sein des flottes d’entreprise.

an et on continue à progresser, mais doucement. » Quel est le profil des entreprises utilisatrices ? « Certaines prennent une ou deux voitures électriques pour es-

“L’autopartage est en train de séduire le monde professionnel ”
précise Guillaume maureau. Car les performances de ces véhicules, en termes d’autonomie et de durée de vie de la batterie, demeurent limitées. Le temps de recharge

les longs trajets, elles peuvent toutefois convenir pour les pools de véhicules mis à disposition des salariés, ou bien pour des utilitaires touchés par des restrictions de circu-

Catherine Quignon

Le développement des deux-roues comme véhicules de fonction
Si la voiture règne en maître dans les parcs automobiles des entreprises, scooters et motos commencent aussi à s’y faire une place. « On s’aperçoit que de plus en plus d’entreprises ont des flottes de deux-roues », affirme Guillaume maureau. De fait, alors que le marché du scooter pour les particuliers est en baisse régulière depuis plusieurs années, celui du B to B progresse. Outre le fait que le prix d’acquisition d’un deuxroues est en moyenne dix fois moins élevé que celui d’une automobile, les problèmes de circulation en centre-ville incitent beaucoup d’entreprises à s’intéresser à ce mode de transport. C’est ainsi que le légendaire Stade de France a conclu fin 2010 un contrat avec le loueur 2R Fleet Services, spécialisé sur ce créneau, afin d’équiper certains de ses collaborateurs en deux-roues dans le but de faciliter leurs déplacements en ville. Guillaume maureau. Le loueur annonce désormais avoir autour de 250 deuxroues sous contrat en LLD et enregistrer une croissance de 10% par an sur ce créneau. Reste qu’« il y a toujours une réticence de la part des dépannage à domicile, le deux-roues demeure donc marginal en entreprise. Au demeurant, le marché moto est environ dix fois plus petit que celui des automobiles. Comme pour la voiture, l’avenir est à l’électrique : selon très faible, mode de déplacement propre, facilité de stationnement… les avantages de la petite reine sont nombreux. Certaines entreprises ont déjà franchi le pas : c’est ainsi que depuis 2010, l’enseigne de bricolage Weldom propose, plutôt qu’une voiture, une bicyclette de fonction à ses collaborateurs. Bouygues Construction, la SnCF ou encore malakoff mederic ont aussi mis en place sur certains de leurs sites un parc de deuxroues à assistance électriques en libre-service. Sur ce marché, les prestataires sont encore peu nombreux : il y a notamment la société Green On, qui propose l’achat et la location longue durée de bicyclettes à destination des entreprises. La société s’est chargée d’installer des stations d’accueil pour le compte de la SnCF sur différentes gares parisiennes pour assurer les déplacements du personnel. Si les flottes de vélos électriques sont en croissance, elles restent encore modestes : la plupart comptent moins de dix engins. Le coup de pouce pourrait bien venir des pouvoirs publics : afin d’encourager le vélo en entreprise, le Gouvernement envisagerait de réduire les cotisations sociales de celles qui disposeraient d’une flotte de petites reines. Suffisant pour faire le tour de France ?
C.Q.

Cet intérêt pour le deux-roues a incité en 2012 le loueur ALD Automotive à s’associer avec Yamaha afin de proposer une offre à destination des cadres d’entreprise. « On leur propose de remplacer leur véhicule de fonction par un modèle plus petit, associé à un deux-roues », explique

“L’avenir est aussi… au bon vieux vélo !”
acteurs de la location professionnelle, car le deux-roues est quand même accidentogène », est d’avis Philippe Brendel. Par ailleurs, la conduite d’une moto nécessite d’avoir le permis A ou de suivre une formation spéciale. mis à part certains secteurs, comme la restauration ou le

une étude publiée par l’institut Pike Research, le nombre de deux-roues électriques devrait exploser d’ici 2017 au niveau mondial, passant de 17 millions en circulation aujourd’hui à 138 millions. mais l’avenir est aussi… au bon vieux vélo ! Coût d’investissement et d’entretien

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Innovation Numérique
L’information économique & stratégique, autrement
Décryptage

&

Stratégie

OCTOBRE/NOvEMBRE 2013
Bimestriel

N°5

Comprendre, Entreprendre, Innover

ecoreseau.fr

Smart Cities
L
Expertises Dématique Normes

es technologies s’apprêtent à transformer les villes, toujours plus enclines à faciliter la vie de leurs habitants. Comme dans

tout nouveau secteur à défricher, les pionniers partent dans toutes les directions. A leurs risques et périls.
p. 44

EDITORIAL
Le Congrès FedISA suscite un intérêt grandissant
Les deux jours d’échanges et de conférences proposés par la FedISA, les 17 et 18 juin derniers, à la communauté des professionnels de la Dématique, ont connu un succès à la hauteur des enjeux du secteur. Sept cent personnes, utilisateurs, fournisseurs de solutions, consultants, venus du secteur privé comme du public, ont assisté à une vingtaine d’ateliers, deux séances plénières et deux tables rondes. Pour ce cinquième congrès, les thématiques retenues (valeur du document, patrimoine informationnel, gouvernance) présentaient une continuité avec les précédentes éditions. Les nombreux témoignages d’entreprises (Saint-Gobain, Orange,…), ou d’administrations et d’institutions (Archives de France, Ordre des Avocats,…), ont démontré la progression de ces concepts pendant cette demi-décennie, et fourni à l’assistance de quoi nourrir son optimisme. Il est également intéressant de noter que des premiers thèmes de FedISA – l’ILM, le stockage et l’archivage –, le congrès est passé à la dématique, à la gouvernance de l’information et à la conservation des données numériques. Ce qui montre bien si nécessaire, cette évolution vécue au cours des dernières années. Toutefois il ressort également de l’ensemble des échanges la nécessité de classer son information avant de la conserver. En même temps, et sans céder au découragement, force est de constater que certaines difficultés, réglementaires en particulier, ne sont toujours pas résolues et que les projets n’avancent pas toujours aussi vite qu’espéré. Enfin si le Big data possède un côté positif de mise à disposition d’une information de plus en plus riche, il n’en possède pas moins une face plus sombre contre laquelle la législation montre ses limites. Il faut souhaiter qu’en cette rentrée, leur allant dynamisé par les dernières annonces du Gouvernement en matière de développement économique, les acteurs de la dématique vont poursuivre leur travail avec tout l’enthousiasme nécessaire pour faire bouger les organisations. Ils peuvent compter sur la FedISA pour fédérer les énergies et pour en insuffler encore plus à la communauté dans les prochaines semaines.
Jean-Marc Rietsch

Haute résolution

De l’identité numérique et du rôle des Etats Normes et BYOD

La dématérialisation, encore verte ou déjà trop mûre ?

Assurance risque

Risques et Cyberdéfense, le côté civil

Droit du numérique

La troisième vie de la signature électronique
p. 46-47

Business story

Archos
La terreur des Goliath de l’électronique et coqueluche des geeks a connu plusieurs vies. p. 54

La dématérialisation, grand artisan du développement durable ? Pas si simple.

p. 48

Usage de faux

Innovative Projects

Forum EIP
Informatique et entrepreneuriat peuvent s’apprendre différemment. La preuve…
p. 55

Pour dissuader les contrefacteurs, les marques déploient un arsenal à la James Bond. p. 52

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StRAtéGIE & INNOVAtION NuMéRIquE
Décryptage

n°5

Smart Cities
Les technologies s’apprêtent à changer les villes, toujours plus intelligentes et aptes à faciliter la vie de leurs habitants. Comme dans tout nouveau secteur à défricher, les pionniers partent dans toutes les directions. Pour le meilleur et pour le pire, la mutation devant assurément se préparer.

A

Lyon, quiconque voudra se rendre d’un point A vers un point B pourra bénéficier du service de mobilité Optimod’Lyon, le renseignant en temps réel sur les modes de transports idoines à emprunter, compte-tenu de l’heure et de l’itinéraire souhaité. A Nice, celui qui visera le cinéma des Variétés avec son smartphone ou sa tablette se confrontera à la « réalité augmentée », apercevant les horaires des séances en surimpression sur la façade. Cette œuvre commune de Cisco, Orange, IBM, chapeautée par la Mairie, pourrait bien être étendue à tous les quartiers et commerces, comme beaucoup d’autres innovations technologiques. La ville intelligente de demain n’est pas forcément celle où roule la Google Car sans conducteur, se guidant grâce à ses capteurs et à la 4G. Les villes hexagonales s’y mettent aussi, et pas seulement pour l’effet gadget ou pour des raisons électorales. Mais quel schéma directeur choisir quand les technologies éclosent dans tous les domaines ?

de déborder, évitant les mauvaises odeurs aux riverains et réduisant le trafic des camions à benne. Les lampadaires aussi seront intelligents, réglant leur intensité en fonction de la luminosité ambiante et non plus de l’heure. La nuit, ils ne s’allumeront que si une voiture circule ou un piéton marche dans la rue. Des communes comme Aubervilliers ou Cachan se dotent d’immeubles intelligents munis de pan-

chaque pièce ; le tout relié à la box du foyer, pour être commandé d’un smartphone

que les villes représentent 2% de la surface du globe, mais 65% de la population

pour produire l’électricité : mieux vaut donc connaître les meilleures plages horaires.

réglant leur intensité en fonction de la luminosité ambiante et non plus de l'heure
ou d’une tablette par l’habitant, avant même qu’il rentre à l’appartement. L’éventail mondiale et 80% des émissions de CO2, rendant essentielles les économies « L’information et même la prédiction sont donc cruciales », expliquait à une

“ Les lampadaires aussi seront intelligents, ”

pollution, plus d’inforMation Pour être « smart », les cités doivent satisfaire à deux critères : réduire leur empreinte carbone et mettre en place des réseaux internet à haut débit, permettant aux objets connectés de recevoir des ordres et d’émettre des données, afin d’améliorer le quotidien des habitants. A Nice, des capteurs enterrés dans le trottoir envoient toutes les dix secondes un signal à l’ordinateur central de la ville afin d’indiquer à l’automobiliste muni d’un smartphone où trouver la place de parking disponible la plus proche dans le quartier Notre-Dame, générant d’après les spécialistes 20% de trafic en moins. Des conteneurs à poubelles dotés de capteurs envoient des signaux à la voirie avant

Moins de

tres de recherche d’IBM, mise sur le Big Data. La capitale héraultaise rassemble toutes les données qui ont trait au transport, à la consommation d’eau et à l’énergie, pour les mettre à disposition de start up qui les exploitent pour proposer de nouveaux services aux habitants. Philippe Sajhau, vice-président d’IBM chargé des projets SmarterCities pour la France, sait que les algorithmes prédictifs vont devenir de plus en plus précieux, permettant d’exploiter intelligemment ces nouvelles données. « Notre vision est celle d’une plateforme où tout le monde met ses données en en restant propriétaire, afin que de nouveaux services émergent », déclare-t-on chez Big Blue, toujours plus intéressé par ces projets d’agglomérations depuis 2010. Cette année-là beaucoup de gens sont morts dans les favelas de Rio à cause de fortes pluies. Les projecteurs allant être braqués sur la ville en 2014 et 2016 (Coupe du Monde de football et Jeux Olympiques), le maire a lancé un appel d’offres pour diminuer ce risque. Grâce à l’historique des données météorologiques, IBM a pu mettre au point des modèles prédictifs déterminant 24 heures à l’avance si des quartiers de 2 km sur 2 km devaient être évacués. Son expertise est maintenant requise aussi dans la sécurité ou les transports.

Même dans une ville intelligente, les bornes peuvent être en panne neaux solaires pour l’eau chaude, de compteurs intelligents qui renseignent sur les meilleurs moments d’usage de l’électricité, de thermostats digitaux pour commander le chauffage dans d’innovations de rupture est donc très large. d’énergie. Les renouvelables sont produites par intermittence et l’électricité ne peut se stocker. A certains moments de la journée, c’est du gaz et du charbon plus que du nucléaire qui sont utilisés conférence sur la ville de demain Frédéric Storck, responsable du département gestion de l’énergie à la Compagnie nationale du Rhône (CNR). De ce fait Montpellier, qui accueille un des cen-

nécessité de

transforMation Pourquoi ce besoin irrépressible de changement ? Parce

des bienfaits potentiels colossaux Des bénéfices peuvent être tirés de ces avancées. A Nice, Christian Estrosi espère créer 25 000 nouveaux emplois et attirer des entreprises. A Lyon, Karine Dognin Sauze, viceprésidente du Grand Lyon, en charge de l’innovation et des nouvelles technologies, évoque une véritable stratégie économique : « Nous voulons accroître les services urbains tout en nous positionnant sur des secteurs d’avenir, en as-

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StRAtéGIE & INNOVAtION NuMéRIquE
Décryptage
recharge des voitures électriques seront fixés en fonction de la disponibilité de l’énergie fournie par les éoliennes », illustre Christine Lhoste chez IBM. La réflexion en amont est donc de mise. « En Asie, c’est le prisme de la prévention et du contrôle des catastrophes naturelles qui prédomine ; aux Etats-Unis, c’est celui de la sécurité. Nous devions trouver notre modèle, nous ne pouvions pas copier tel quel », explique Karine Dognin Sauze.

LE CARNET DES NOMINATIONS
en partenariat avec

} BNP PARIBAS ÉPARGNE ET RETRAITE ENTREPRISES (GROUPE BNP PARIBAS)
Cécile Besse-Advani Madame Cécile Besse-Advani est promue directeur stratégie et développement de BNP Paribas épargne et retraite entreprises, à ce poste depuis septembre 2013. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Jean-Marc de Courson, directeur général. Elle est ainsi en charge de la stratégie et du positionnement du métier, du développement et de la croissance externe, de la gouvernance et de la relation avec les partenaires, et du renforcement du solidaire. A ce titre, elle devient membre du comité exécutif. Cécile Besse-Advani , licence de chinois de l'université Paris Diderot-Paris 7 (1988), DESS économie du commerce international (1988) et maîtrise de droit des affaires (1986) de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne, a réalisé le parcours suivant : n 2010-2013 : BNP Paribas Investment Partners, directeur de la région Amérique latine. n 2008-2010 : BNP Paribas Investment Partners, responsable partenariats et business développement. n 1996-2008 : BNP Paribas, head of export finance Inde, puis Turquie, Caucase et Asie centrale. n 1994-1996 : BNP Paribas Chine, deputy chief representative.

} EUTELSAT COMMUNICATIONS (GROUPE EUTELSAT)
Jean-Hubert Lenotte Monsieur Jean-Hubert Lenotte est nommé directeur de la stratégie d'Eutelsat Communications (groupe Eutelsat), à ce poste depuis septembre 2013, en remplacement de Monsieur Yohann Leroy. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Michel de Rosen, directeur général. Jean-Hubert Lenotte , 45 ans, IEP Paris (1992), Polytechnique (1988), a réalisé le parcours suivant : n 2004-2013 : McKinsey, directeur associé, depuis 2009 au sein du pôle de compétences Télécommunications, Médias et Technologie monde. n 1997-2004 : McKinsey (à Paris), consultant. n 1994-1997 : Bouygues Telecom, chef de projet, puis responsable de la politique tarifaire (1995). n 1992-1994 : Bouygues, début de carrière comme conducteur de travaux.

stratégie à fixer

"Quand la ville devient smart, Fido aussi" surant une transition avec les secteurs historiques. La ville est un terrain d’expérimentation pour des projets d’envergure répondant à des problématiques d’énergie ou de transport, et nous servons d’interface ». Bel exemple dans le nouveau quartier de Confluence, Lyon Smart Community, financé par Nedo, qui est l’Ademe japoché à venir est colossal. Les entreprises qui évoluent dans l’électronique, les voitures, la domotique,... sont intéressées et veulent tester partout sur la planète leurs innovations en matière de bâtiments à énergie positive, de véhicules électriques en autopartage qui stockent de l’énergie qu’ils restituent en périodes de pic, de systèmes de suivi Tout le monde n’a pas Bac+5. Il faut vraiment partir des besoins et des habitudes de vie, et non imposer la technique ».

a chacun ses

besoins Les modèles explorés ne sont en vérité pas transposables. Chaque ville a des problématiques et des objectifs

“Acteurs privés et publics mettent en commun ”
nais. Ce projet inclut trois bâtiments à énergie positive, un parc de voitures électriques en autopartage qui se rechargent avec l’énergie des bâtiments, des tablettes en accès pour les habitants afin qu’ils changent leurs habitudes de consommation. « Si l’agence nippone a scellé avec le Grand Lyon ce partenariat, c’est aussi parce que ce marénergétiques dans les logements », explique Yveline Lecler, professeur à Sciences Po Lyon et chercheur à l’uMR Institut d’Asie Orientale. Mais Paul Boino, professeur à l’Institut d’urbanisme, de université Lyon II, prévient lors d’une conférence sur la ville de demain que « la modernisation à outrance peut aussi exclure.

leurs données sur une plateforme pour que des porteurs de projets de services les exploitent
qu’elle se doit de déterminer. Le transport pour Stockholm, le tourisme pour Dubaï, la conservation de l’eau pour Malte, la sécurité pour NewYork. « Les communes priorisent les projets. Nous participons à des consortiums européens sur les smartgrids, afin d’analyser les données des compteurs intelligents. Au Danemark, les prix de

iMpérativeMent en aMont La métropole d’un million d’habitants se devait de mettre au point un programme cohérent associant la population. Le Grand Lyon a compris qu’il ne pouvait pas faire la ville, mais « faire faire » la ville. Résultat, les politiques se sont attachés aux conditions de l’innovation, ouvrant la planification urbaine à des acteurs privés, des instituts de recherche, pour tester les énergies renouvelables, les nouvelles mobilités et les services au sens large, dans la construction de quartiers (Confluence) ou leur rénovation (Part-Dieu). une trentaine de projets ont émergé, dont beaucoup sont en phase opérationnelle et associent un consortium d’acteurs qui n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble. « Le LivingLab dans le quartier de la Part-Dieu symbolise le mieux notre approche. Acteurs privés et publics mettent en commun leurs données pour que des porteurs de projets de services les exploitent. Le dispositif devient une sorte d’incubateur, et les projets sont testés sur les usagers. Des Veolia, EDF, start up des telecoms, du bâtiment, des transports, associent leurs domaines d’expertise », révèle Karine Dognin Sauze. Reste au politique à expliquer les bienfaits que ces innovations peuvent apporter à la population au quotidien. L’offre n’induit pas toujours l’usage dans ces univers de rupture, et le meilleur des programmes échouera si les pouvoirs publics ne créent pas l’envie.

} SFR (GROUPE SFR)
Sebastien Lery Monsieur Sebastien Lery est nommé directeur Internet et ventes directes de SFR, à ce poste depuis juin 2013. Sebastien Lery , Reims Management School (1993), a réalisé le parcours suivant : n 2011-2012 : SFR, directeur des ventes et fidélisation Service client. n 2009-2011 : SFR, directeur marketing fidélisation et foyers. n 2007-2009 : SFR, responsable marketing clients abonnements. n 2005-2007 : SFR, responsable communication et trade marketing points de vente.

} EMAILVISION (FRANCISCO PARTNERS)
Gilles Soaleh Monsieur Gilles Soaleh est promu sales director France d'Emailvision (Francisco Partners), à ce poste depuis août 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Arnaud Acarie, vice-président France. Gilles Soaleh , 41 ans, maîtrise de sciences économiques de l'université de Bretagne occidentale (1995), a réalisé le parcours suivant : n 2010-2012 : Sage, directeur commercial banque division PME. n 2006-2009 : Sage, responsable commercial division PME. n 2003-2006 : Digital Pilote puis Sage Start Up, éditeur de BI. n 2001-2002 : Mediaplace, directeur de clientèle. n 1998-2000 : Fi System, chef de projet.

} DIRECTION GÉNÉRALE DE LA SÉCURITÉ EXTÉRIEURE (MINISTÈRE DE LA DÉFENSE)
Christophe Bigot Monsieur Christophe Bigot est promu directeur de la stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure, à compter de septembre 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Bernard Bajolet, directeur général. Il succède à Monsieur Rémi Maréchaux. Christophe Bigot , 47 ans, ENA (1992), Polytechnique (1985), IEP Paris, a réalisé le parcours suivant : n 2009-2013 : Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française en Israël. n 2007-2009 : Ministère des Affaires étrangères et européennes, conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen-Orient, Méditerranée, Asie, Amérique latine au cabinet de Bernard Kouchner. n 2004-2007 : Premier conseiller, adjoint de l'ambassadeur à Tel-Aviv en Israël. n 2001-2004 : Ministère des Affaires étrangères, sous-directeur d'Afrique australe et de l'Océan indien à la direction d'Afrique et de l'Océan Indien. n 1997-2001 : Premier secrétaire à la mission permanente de la France auprès de l'Organisation des Nations Unies à New York. n 1994-1997 : Premier secrétaire à Beyrouth.

} SECURITAS DIRECT (GROUPE SECURITAS)
Frédéric Serre Monsieur Frédéric Serre est nommé directeur des opérations de Securitas Direct, à ce poste depuis août 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Olivier Allender, directeur général France. Il est ainsi en charge de l'optimisation des moyens opérationnels (informatique, produits, logistique, projets), en cohérence avec les stratégies du groupe, pour accompagner les directions dans leur développement. Frédéric Serre , 44 ans, HEC executive MBA CPA (2006), Centrale Marseille (1993), a réalisé le parcours suivant : n 2009-2013 : Vehco France, directeur général. n 2003-2009 : Digital Keystone (aux Etats-Unis), directeur Europe. n 1997-2002 : OpenTV (aux Etats-Unis), directeur des opérations. n 1994-1997 : Thomson Broadcast, responsable de projets. n 1993-1994 : Thales, ingénieur.
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Matthieu Camozzi

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stRAtÉgiE & iNNovAtioN NumÉRiquE
Expertises

n°5

Dématique
par Jean-Marc Rietsch, Président de FedisA

Assurance risque
par Jean-Laurent Santoni Président de Clever Courtage

De l’identité numérique et du rôle des Etats

Risques et Cyberdéfense, le côté civil
la suite du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, remis fin avril, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a présenté le 2 août en Conseil des ministres le projet de loi relatif à la programmation militaire pour la période 2014 - 2019. il n’est pas question ici d’évoquer le volet militaire de la cyberdéfense, pour lequel il est prévu un “effort marqué dans le développement des capacités de cyberdéfense militaire”, avec un dispositif qui devra être “étroitement intégré” avec les forces armées et le renseignement. La perspective de lancer des actions “offensives” en amont ou pendant une opération militaire est actée. En revanche, il convient de se

L

e principal risque lié au cloud se situe au niveau de la protection de ces données, dans la mesure où il faut être averti – et surtout conscient – de l’utilisation qui pourrait en être faite par les opérateurs de service. L’on découvre ainsi par exemple qu’un amateur de musique de jazz le serait également de romans policiers, d’où les propositions commerciales qui en découlent ! il serait utopique de vouloir protéger et réglementer sur le sujet au niveau international, mais les États peuvent cependant garantir des espaces protégés à un niveau national. Le cloud est lié à un autre domaine absolument essentiel : celui de l’authentification au sens de l’identité numérique. En effet, l’usurpation d’identité est un fléau

aux conséquences dramatiques pour les victimes. si le vol de carte bancaire a déjà des conséquences dommageables, des risques beaucoup plus grands existent quand c’est toute l’identité de la personne qui est usurpée. La gestion de l’identité numérique constitue donc un problème technique et organisationnel aux implications juridiques énormes. Plusieurs approches existent au niveau technique et organisationnel. gageons que le projet iDéNum, relancé cette année, puisse tenir toutes ses promesses en attendant d’être complété par notre Carte nationale d’identité électronique (CNiE). Dans le monde numérique il n’est pas rare d’avoir plusieurs solutions à un même problème. La véritable difficulté est d’adapter la solution technique à ses besoins.

Cependant, le trop devient très vite l’ennemi du bien. Plus on élève le niveau de sécurité plus on augmente les contraintes, d’où un fort risque de non-respect ou de contournement. Pour un petit achat par exemple, une authentification par sms pourra suffire, mais cela ne sera pas le cas pour un achat de plusieurs dizaines de milliers d’Euros. L’État a un rôle important à jouer en matière d’identité numérique dans la mesure où il s’agit là d’un domaine régalien. Le besoin est urgent en matière d’identité. si les États ne font rien, ce seront les comptes type Facebook ou autre Linkedin qui pourraient devenir les identités numériques de demain… Et il sera sans doute trop tard pour revenir en arrière. Pourra-t-on alors encore parler de sécurité ?

A

pencher sur le volet civil, la protection des opérateurs d’importance vitale étant devenue l’un des axes du projet, pour lequel “il s’agit de renforcer la protection des systèmes d’information des opérateurs publics et privés identifiés comme d’importance vitale contre les cybermenaces”. Contrepartie du développement de la dématique, ce renforcement implique pour les systèmes d’information les plus critiques le respect de référentiels de sécurité à appliquer par les opérateurs ; la mise en place de dispositifs de défense adaptés ; l’obligation de déclarer les incidents ; la capacité pour l’État de vérifier par des audits le niveau de sécurité de ces systèmes et, en cas de crise grave, d’imposer les me-

sures nécessaires. Et comme c’est devenu une pratique courante pour renforcer l’application de mesures techniques, cela passe également par une adaptation du droit pour le rendre efficient dans ce nouveau contexte. Ainsi a été publié le décret d’application autorisant justement à procéder aux contrôles des opérateurs. Ces vérifications seront accompagnées par des “sanctions pénales [...] en cas de non-respect de ces obligations”. Enfin, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANssi) bénéficiera “d’outils juridiques indispensables” pour “défendre efficacement les systèmes d’information stratégiques”.

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n°5

stRAtÉgiE & iNNovAtioN NumÉRiquE
Expertises

D

Evénement « il n’y a pas de problèmes, juste des solutions »

Droit du numérique
par Eric Barbry Avocat à la Cour - Pôle Droit du numérique Alain bensoussan Avocats – Lexing®

u 1er au 3 octobre 2013, le CNit de La Défense, à Paris, accueillera une nouvelle édition des salons solutions. La promesse pour les visiteurs : trouver sur un seul lieu « toutes les applications pour la gestion de leur entreprise ». En effet, ce salon divisé en 6 pôles thématiques complémentaires rassemblera les professionnels des progiciels de gestion type ERP, du Customer Relationship management (CRm), de l’eachats, de la dématérialisation, de l’archivage en ligne, de la business intelligence et des solutions et applications en environnement « i ». Le paradis des Dsi. Ces secteurs sont très dynamiques, ont une croissance soutenue, et leurs technologies évoluent vite, si bien que leurs clients sont en constante demande d’information pour adapter leurs organisations. outre rencontrer 250 sociétés exposantes, les 7 000 visiteurs attendus pourront assister à de nombreuses conférences et ateliers. Cette année, les mots clés sont « crise », « big data », « cloud », « mobilité », « gouvernance documentaire »… Parmi les nouveautés de cette édition 2013, figurent des défis qui opposeront deux orateurs sur des problématiques sujettes à polémique et qui seront départagés par le public, des sessions « bonnes pratique » où des clients et fournisseurs témoigneront de leur expérience et les premiers « trophées Demat-infos.com », qui récompenseront les meilleurs projets de dématérialisation. L’édition 2012 avait été marquée par « l’émergence et la généralisation des offres Cloud (saas, Paas…). » Les offreurs de solutions eAchats avaient été sollicités « autour des problématiques cruciales que la conjoncture économique actuelle génère », et le pôle dématérialisation, il avait attiré « un visitorat en forte croissance ainsi qu’une audience nombreuse sur une large palette de sujets : conduite de projets, stratégie de dématérialisation, questions juridiques, etc. » quelles grandes tendances se dégageront en 2013 ? Réponse le 3 octobre.

La troisième vie de la signature électronique
a signature électronique a déjà eu deux vies, elle est en train d’en connaître une troisième. Née en 1989 à l’occasion d’une décision de la Cour de cassation (Arrêt Crédicas), sa première vie est d’ordre jurisprudentielle1. sans cadre règlementaire, elle n’est alors reconnue que par le juge qui la combine avec la « convention de preuve », c’est-à-dire la faculté qu’ont les parties contractantes de déterminer ensemble les preuves qu’elles voudront s’opposer. En 2000, elle se voit reconnaître un statut légal, consacré par une modification du Code civil et l’ajout d’un article 1316-4 alinéa 2 qui dispose : « Lorsqu’elle est électronique (i.e. la signature), elle consiste en l’usage d’un procédé fiable d’identification garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache. La fiabilité de ce procédé est présumée, jusqu’à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l’identité du signataire assurée

L

et l’intégrité de l’acte garantie, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.… ». malgré cette avancée, la signature électronique ne connaît pas le déve-

ment supportée par la tablette graphique. Dans certains secteurs d’activité ou pour certaines fonctions, la signature électronique est devenue la manière « normale » de signer un acte (avocat,

est parfois la manière « normale » de signer un acte

“La signature électronique ”
médecins, élus d’une collectivité, DAF,…). Face à ce phénomène, il est important que les entreprises publiques ou privées se repositionnent et s’interrogent sur leur propre « passage » à la signature électronique.
« informatique, télécoms et internet » Ed Francis Lefevre 5ed 2012, N° 581 et s.
1

loppement attendu, car jugée trop complexe tant sur un plan pratique que juridique. Elle connaît depuis quelques années un développement nouveau, qui s’explique notamment par le fait, d’une part, d’un déploiement quasi imposé aux entreprises (télé-déclaration, comptabilité numérique, marchés publics,...) et une technologie plus aisée, notam-

Normes
par Jean-Louis Pascon
Consultant chez Hénon Conseil

Normes et bYoD
ne récente étude de l’Aiim (Association for information and image management) contient des chiffres intéressants. Le bYoD, « bring Your own Device » ou « Apportez donc votre propre outil cela me coûtera moins cher que si je vous l’achète», est devenu une réalité aux usA. un employé « standard » travaille sur son smartphone ou sa tablette, 460 heures par an pour son employeur. sachant qu’en 2010, la durée moyenne annuelle de travail aux usA était de 1778 heures, c’est donc autour de 25% de son temps qu’il passe sur son propre matériel pour son employeur. une grande partie de ce temps

u

est utilisé pour répondre à des e-mails, consulter des sites d’information et celui de l’entreprise. mais selon l’étude, plus de 50% des cadres, agents de maîtrise, etc., utiliseront dans cinq ans leurs propres outils pour remplir des formulaires dans le cadre de leurs activités professionnelles. Leur tablette ou leur téléphone personnel sera alors leur outil de travail du quotidien, au même titre que la plume, le buvard et la manchette en lustrine l’étaient du temps de Courteline. De plus, ces systèmes mobiles permettent à deux personnes qui se rencontrent de partager des documents ou des informations, quasi en instantané. Ce qui signifie que les em-

ployés des entreprises vont utiliser ces moyens, mais aussi les clients, pour interagir avec les si de ces entreprises. Pour l’illustrer, l’étude imagine le scénario d’un accident de voiture occasionnant de la tôle froissée. Chaque conducteur disposant de son écran, de son stylet et de son clavier virtuel, le constat peut immédiatement commencer : les formulaires sont automatiquement pré-remplis (date, heure, lieu grâce au gPs, nom, prénom, date de naissance, coordonnées…) et les assureurs avertis de l’accident en temps réel. tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, s’il n’y avait la dure réalité de l’informatique. L’étude montre

les limites d’une telle approche où l’information est plus que largement partagée. Ainsi en 2013, les banques us vont dépenser 5,8 milliards pour lutter contre le blanchiment de l’argent sale. ouvrir leurs systèmes informatiques pour toutes sortes de transactions, via les équipements personnels, conduirait à une augmentation de ces coûts pour assurer cette lutte. il faudrait en effet ajouter de nouvelles couches techniques pour éviter des accès non autorisés à des données confidentielles ou, pire, à des manipulations. Et on sait que ces accès non autorisés existent déjà. En 2011, Citibank a laissé filtrer des informations confidentielles pour 360 000 clients.

En moyenne, 28% des entreprises us de plus de 5000 employés ont eu, durant les trois dernières années, soit à payer des amendes, soit à subir des campagnes de publicité négatives de la part d’associations de consommateurs ou de la presse suite à une mauvaise maîtrise de données. Dans 8% des cas, les conséquences de ces erreurs ont été très lourdes (faillite, rachat par un concurrent,…). L’usage de ces outils et des données collectées ou produites par ceux-ci, ainsi que leur maîtrise, sont donc des enjeux majeurs à venir. Et les normes ? Elles sont partout avec le boYD car comment imaginer que de tels systèmes puissent fonctionner

sans une forte normalisation, et ce dans tous les domaines : télécommunication, authentification, signature de documents, description des données, formulaires interactifs, alimentation de bases de données. Les normes techniques sont nécessaires mais ce sont surtout les normes liées au « Records management », c’est-à-dire à la maîtrise du document, qui sont fondamentales. 55% des entreprises interrogées estiment que le plus grand danger provient d’une mauvaise maîtrise de la gestion des documents et des données. Conclusion, comme sur les passages à niveau, une norme peut en cacher une autre.

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STRATéGIE & INNOvATION NUMéRIqUE
Haute résolution

n°5

La dématérialisation, encore verte ou déjà trop mûre ?
Alors que la dématérialisation des données et des moyens de communication au sein de l’entreprise semblait être une solution écologique (en plus d’être économique), il semblerait que tout ne soit pas si simple et que le papier, qu’on croyait oublié, tente un retour en force sur le front vert.
ans ce qui ressemble à un sous-sol un peu glauque, un ring mal éclairé entouré d’une foule agitée accueille un combat entre deux hommes bedonnants affublés de masques de catcheurs mexicains. L’un des combattants est tiré par les cheveux, comme l’allégorie que constitue ce faux combat entre Terrific Numeric et Papermail. « Selon la rumeur, Papermail était polluant et nuisible pour la planète, lance solennellement la voix off. […] On tente de nous culpabiliser sur l’utilisation du courrier papier. On nous fait croire qu’il est plus écolo de recevoir ses factures par courrier électronique plutôt que par enveloppe papier sous prétexte que le papier pollue, et qu’il encourage la destruction des forêts. Mais ce qu’on ne nous dit pas, c’est que l’industrie papetière est une filière propre. » Evidemment, Papermail finit par remporter le combat, et évidemment cette vidéo virale d’une minute et demie a été financée par les producteurs européens de papier.

D

vironnemental, car ça permet de faire des économies sur des produits peu écologiques, comme le papier et les consommables (notamment les cartouches d’encre). 4) Enfin, il peut utiliser ça comme un argument marketing, communiquer sur la dématérialisation auprès des autres acteurs du secteur. » Et pour la communication, Readsoft, multinationale suédoise de la dématérialisation, a décidé de fournir elle-même les chiffres au niveau macro : en 2009, elle affirmait que la dématérialisation de 270 millions de facture faisait économiser entre 6 000 et 7 000 tonnes de papier, soit l’équivalent de 2000 aller-retour Paris-New York. Inexistant il y a vingt ans, le marché de la dématérialisation en France était estimé à 5,4 milliards d’euros pour l’année 2012 (4 milliards pour la dématérialisation des flux entrants/circulants/sortants, un milliard pour la sécurisation des échanges et 400 millions pour l’archivage électronique) par une étude du cabinet Xerfi publiée le 11 février dernier, avec des prévisions de croissance de 10 à 15% par an jusqu’en 2017. Billets de train, factures de téléphone et même contrats, le papier disparaît petit à petit au profit de l’électronique. Outre l’image « green » et les économies bienvenues en temps de crise, la même étude ajoute que les entreprises ont pu être poussées sur le chemin de la démat’ par l’action des pouvoirs publics. Désireux de simplifier les démarches autant que de protéger la nature, ceux-ci ont largement encouragé le paiement en ligne des impôts ou des amendes, avec pour objectif affiché de transformer à terme la feuille et l’encre en vieux souvenirs. L’une des

La déforestation, premier allié de la démat' la forêt », décrypte Fabrice Flipo, Maître de conférences en philosophie à Telecom & Management SudParis et auteur de plusieurs ouvrages sur la crise écologique et l’impact environnemental des structures numériques. Usant de ces comparaisons imagées chères à sa Alors que l’agriculture, les constructions de routes et les exploitations minières ont aussi leur part de responsabilité, l’industrie papetière est particulièrement montrée du doigt. Sans doute parce que l’on associe plus facilement un arbre à une feuille A4 qu’à une raître le papier pour numériser les données de l’entreprise permettra de faire d’une pierre deux coups en diminuant les coûts tout en faisant un beau geste pour la nature. « Je sais que chaque fois qu’on signe un document, c’est quatre euros d’économies, estime Pierre la bannette, on aurait dû l’envoyer par la Poste, etc. De plus, l’archivage d’un document numérique permet une recherche beaucoup plus rapide. » Sans compter la bonne image obtenue par l’entreprise à peu de frais.

L’enjeu est simple : provoquer un retournement de situation et redorer le blason de la grande famille du papier. Au milieu des années 90, lorsque les grandes organisations écologistes mettent sur le devant de la scène la thématique du trou dans la couche d’ozone et des gaz à effet de serre, elles ciblent en effet une partie de leur action sur la lutte contre la déforestation. « C’est le cliché de l’Amazonie « poumon de la planète », les baleines en voie de disparition, qui vient aussi de la stratégie de com’ des associations, ou même des chaines d’information. On va plus volontiers s’apitoyer sur la baleine ou

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écologistes ciblent une partie de leur action sur la lutte contre la déforestation
rhétorique, Greenpeace continue aujourd’hui à clamer, dans le cadre de sa campagne « Zéro Déforestation », que la surface des forêts diminue d’un terrain de football toutes les deux secondes, et d’un quart de la France tous les ans. brique de lait de soja ou une gaine de cuivre. Coup de chance, cette problématique atteint son apogée au moment où l’informatique est en pleine expansion et où l’Internet s’apprête à se démocratiser. L’équation est simple : faire dispaWallut, directeur commercial et marketing de Chambersign, société spécialisée dans le certificat électronique. On économise du papier puisque sans le numérique, on aurait signé le document, on l’aurait édité en deux exemplaires, mis dans

“ Au milieu des années 90, les grandes organisations
Lorsqu’il rencontre un client, Pierre Wallut insiste sur quatre arguments, classés par ordre d’importance : « 1) L’économie financière. 2) La productivité, puisque les salariés ne perdent plus de temps avec l’administratif. 3) Le côté en-

”

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prêt-à-porter & sur-mesure

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140, rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris France Tel. 01 53 75 48 01 e-mail : paris@emanuelberg.com

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STRATéGIE & INNOvATION NUMéRIqUE
Haute résolution
quatre priorités du plan « France Numérique 2020 » est d’ailleurs d’« accroître et diversifier les usages et les fait que les TIC (PC, serveurs, systèmes de refroidissement, téléphones, réseaux locaux, imprimantes) sont responsafier que la dématérialisation avait bien les vertus écologiques qu’elle prétendait avoir. Un autre rapport de décembre 2008 montre que les technologies de l’information et de la communication représentent 13,5% de la consommation d’électricité en France, mais met également en avant le problème du recyclage des déchets électroniques. « Ceuxci contiennent des éléments dangereux, tel le plomb des soudures, les terres rares des composants, et peu d’éléments valorisables, sauf l’or des connecteurs, rapportent les chercheurs du CGEDD et du CGTI. Le déchet le pire est l’écran cathodique : la face interne de l’écran est tapissée de poudres électroluminescentes nécessitant un traitement spécifique. Le recyclage est par ailleurs remis en cause par la généralisation des écrans plats. Dans nombre de pays, la solution de retraitement consiste à exporter ces déchets vers des pays en voie de développement. » Pas la solution la plus éthique ni la plus viable, donc.

n°5

Gartner met en avant le fait que les TIC sont responsables à elles seules de 2% des émissions de CO2 dans le monde

“ Une étude du cabinet

”

services numériques dans les entreprises ». Dire que l’idée de dématérialisation est en plein boom serait donc un euphémisme.

PaPier / Numérique 1 1

En 2007, pourtant, un chiffre est venu remettre en cause la green credibility de cette tendance. Une étude du cabinet Gartner met alors en avant le

bles à elles seules de 2% des émissions de CO2 dans le monde, soit autant que… l’aviation. « Ce qui a fait beaucoup de bruit, c’est que ce n’était pas Greenpeace qui sortait ce chiffre, c’était Gartner, le Ernst and Young des TIC. Donc a priori pas une boîte écolo », contextualise Fabrice Flipo, qui s’étonne qu’aucune étude n’ait été menée plus tôt pour véri-

Les serveurs, des pollueurs de première catégorie D’autant plus qu’il existe un risque d’annihiler les effets positifs de la dématérialisation par un « effet rebond ». « Par exemple, on a pensé diminuer le nombre de trajets en avion grâce aux systèmes de visioconférence. Sauf que, les contacts devenant ainsi plus faciles, on va avoir tendance à les multiplier et à communiquer avec des gens avec lesquels on n’aurait peut-être jamais pensé parler, et que l’on va finir par vouloir ren-

GeD/archivage : Ne soyez plus l’otage de votre fournisseur
n L’antinomie de la conservation La conservation de l’information dans les entreprises est confrontée à la prise en compte d’un cycle de vie très long qui commence à la création de l’information et va jusqu’à son élimination en passant par des phases intermédiaires de recherche, consultation, etc. L’avènement de systèmes informatiques pour la conservation des archives numériques a insidieusement introduit un paradoxe, dans le sens où les technologies informatiques, dont les durées de vie sont éphémères, sont utilisées pour tenter de couvrir des cycles de conservation longs, alors qu’elles en sont précisément incapables. Sur le plan fonctionnel l’information doit être stable, fiable, disponible à travers le temps alors que sur un plan purement technique, ce calme de surface cache de multiples embuches : migrations, conversions, aléas technologiques lors des évolutions. Il est essentiel de disposer d’un outil logiciel apte à favoriser et automatiser ces évolutions technologiques tout en les masquant aux utilisateurs et aux processus métier. n L’opacité est une faute La conservation de la donnée sur des durées qui excèdent largement l’espérance de vie des technologies suppose une attention toute particulière sur des mécanismes de pérennisation de l’information. En fonction des cas, nous nous trouvons en présence soit d’utilisateurs qui ne possèdent pas le degré de connaissance technique nécessaire pour prendre conscience de cette problématique soit de maîtrises d’œuvre habituées aux ruptures technologiques et qui n’ont pas intégré le risque juridique. Il faut quand même noter comme facteur aggravant, que certains fournisseurs débordent d’imagination pour enfermer leurs clients dans des impasses dont eux seuls disposent des clés de sortie. Il s’agit d’impasses technologiques mûrement pilotées, visant à construire un redoutable barrage à la sortie. Au delà des technologies opaques à proscrire, dont il serait long de dresser un inventaire, focalisons nous sur les deux aspects fondamentaux de la pérennisation de l’information : le traitement de l’obsolescence puis la réversibilité. n L’obsolescence L’obsolescence peut être fonctionnelle ou technique, mais c’est la première des raisons qui conduit au remplacement d’un système. veiller en permanence à certaines obsolescences (contenants – ou supports -, formats, mécanismes cryptographiques) et traiter dynamiquement ces cas est un moyen de diminuer les coûts et d’augmenter la durée de vie du système. L’obsolescence technique est un problème de conception (absence de granularité des composants internes, absence de répartition des flux, middleware embarqué, etc). L’exposition à l’obsolescence fonctionnelle est impossible à évaluer a priori. De nombreux paramètres tels que le changement d’orientation stratégique, l’évolution d’usage, l’évolution des marchés, le rachat d’entreprise, la santé financière de l’entreprise, … sont autant de paramètres qui entreront en jeu. L’exposition à l’obsolescence technique peut, par contre, être évaluée par l’étendue et la richesse des fonctions proposées. Il est réaliste d’imaginer que toutes les techniques et technologies dont on dispose aujourd’hui auront disparu dans 10 ans. Le traitement de l’obsolescence technique est donc la capacité qu’a prise en compte le fournisseur dans son produit pour répondre à la substitution d’une technologie par une autre et à l’augmentation du trafic. n La réversibilité A défaut de savoir évoluer avec les besoins du client et de savoir traiter l’obsolescence, le remplacement du système existant devra être envisagé. La réversibilité est donc une phase de la vie du système qui a défaut d’être planifiable, est néanmoins inéluctable. A l’instant de la réversibilité, la collaboration du fournisseur initial est hautement improbable pour des causes diverses (disparition du fournisseur, rachat d’entreprise, abandon de gamme, perte de connaissance ou absence pertinente de volonté à coopérer notamment si les intérêts du fournisseur divergents). L’efficacité de clauses

Communiqué

Par Dominique Lhopital, Directeur Général

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contractuelles ou de promesses de bonnes intentions risque d’être vaine. La réversibilité est donc la fourniture, dès l’origine du projet, de moyens techniques aptes à extraire la totalité des informations détenues, ainsi que l’enrichissement éventuel intervenu depuis l’origine, dans un format neutre et compréhensible, sans avoir besoin de recourir à l’aide du fournisseur et sans que les performances obtenues à cette occasion puissent constituer un obstacle majeur. Dans la pratique, l’absence de réversibilité peut durer plusieurs années et coûter extrêmement cher aux entreprises. Il est courant de voir des entreprises enfermées dans des systèmes propriétaires (stockage objet, middleware embarqué, performances faibles, formats ou structures propriétaires, encapsulation, absence d’outils, …) dont il est impossible de se défaire sous peine de devoir dépenser une fortune et de se voir tributaire d’un prestataire qui seul possède le précieux sésame.

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n°5

STRATéGIE & INNOvATION NUMéRIqUE
Haute résolution
ne servait qu’à réduire les frais des entreprises au détriment de notre confort. Et faire ressentir : les propriétaires de data centers risquent de privilégier une augmentation Gaborit, qui siège aussi à la commission green de l’Association française des édimême si pour le moment une requête sur Google consomme autant qu’une ampoule alluIT autour des postes de travail pour optimiser la chaîne d’action, ébauche Marie Gaborit. Il existe maintenant des solutions qui peuvent centraliser le pilotage de toute l’informatique d’une entreprise, des logiciels qui vont eux-mêmes aider à optimiser le fonctionnement des TIC. Et puis il faut parfois savoir retourner au papier, recyclé si possible. » Pour qu’un beau jour, Papermail et Terrific Numeric avancent main dans la main.
Thomas Pitrel

contrer… en prenant donc l’avion », illustre Marie Gaborit, chef de projet en écoconception chez EveaConseil. Ces nouvelles façons d’envisager les choses ont amené certains professionnels du milieu à changer leur fusil d’épaule. « Non, je ne vends pas forcément la dématérialisation comme une solution écologique », assure Hervé Streiff, responsable qualité, sécurité et environnement chez Locarchives, société qui a commencé par l’archivage papier en 1977 avant de développer une activité d’archivage numérique. « Pour des archives qui sont très consultées, le transport est polluant, et il vaut mieux passer sur de la dématérialisation, détaille-t-il. Par contre, sur de la conservation très long terme, conserver une archive dans un entrepôt coûte beaucoup moins cher en émissions de carbone que des data centers où vos données vont être alimentées en temps réel par de l’électricité pendant 80 ans. Sur le long terme, un entrepôt papier est plus écologique puisqu’il ne consomme presque rien. » On en reviendrait donc au bon vieux papier ? La voix off de la vidéo « Terrific Numeric vs Papermail » avait encore des choses à nous dire : « Le papier est recyclable, le bois utilisé est certifié géré durablement et nos forêts s’étendent de 50000 hectares chaque année. Alors ce soir j’ai compris que toute cette campagne mensongère

qu’au centre de ce combat factice opposant le numérique au courrier papier, finalement, ne serait-ce pas nous les pigeons plumés ? » Il faut toujours que cette voix off exagère. D’abord, si les forêts européennes continuent effectivement à s’étendre, leur expansion ne fait pas le poids à l’échelle mondiale face, par exemple, aux 4,1 millions d’hectares perdus par an en Amérique du Sud entre 2000 et 2005. Ensuite, le papier et le numérique impliquent sans doute des usages trop différents pour pouvoir être comparés si aisément. « C’est un combat de lobbys, résume Marie Gaborit. D’un côté le papier a fait beaucoup d’écoconception et a pu communiquer dessus. De l’autre, c’est beaucoup plus compliqué pour le numérique car il y a énormément de facteurs en jeu : est-ce que les gens impriment ? Est-ce qu’ils lisent les factures sur l’écran ? Combien de temps les stockent-ils ? Combien de temps les consultent-ils ? Si vous avez plus d’une heure de travail sur un document, autant l’imprimer. »

“ La recherche de solutions pour diminuer l’impact des TIC (et donc de la dématérialisation) sur l’environnement est en cours ”
de la puissance tout en gardant une consommation d’énergie stable. « La dématérialisation peut être super quand elle est bien faite, continue à penser Marie teurs de logiciels et solutions internet (AFDEL). Par exemple si on fait tourner dix gros serveurs pour un service léger, ça ne sert à rien. Le cloud devrait normalement diminuer l’impact sur l’environnement,

mée pendant une heure. » Comme souvent, si des contraintes législatives ne sont pas imposées, chacun devra faire l’effort de son côté. « Les entreprises peuvent entamer une démarche Green

Pourtant le doute n’est pas la seule certitude dans cette affaire. Il existe un postulat maintenant à peu près installé, sauf cataclysme : les ordinateurs ne disparaîtront pas des bureaux pour laisser à nouveau la place au tout papier. C’est pourquoi la recherche de solutions pour diminuer l’impact des TIC (et donc de la dématérialisation) sur l’environnement est en cours. « Nous avons nos propres data centers et en ce moment il y a beaucoup d’innovations pour réduire leur consommation, témoigne Hervé Streiff, de Locarchives. Il s’agit notamment de remonter la température à laquelle ils doivent être maintenus, ou de réutiliser la chaleur. Même si je ne crois pas à des data centers qui ne consomment presque plus d’électricité. » Car encore une fois, l’effet rebond devrait se

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STRATéGIE & INNOVATION NUMéRIQUE
Haute résolution

n°5

Usages de faux
Le marché de la contrefaçon est en plein boom. Au point de faire fondre progressivement les chiffres d’affaires des grandes marques copiées. Conséquence : les industriels se tournent vers toutes sortes de dispositifs qui prouvent l’authenticité de leurs produits, nourrissant ainsi un véritable marché de la peur.
a première réaction d’un proche ou d’un collègue qui vous découvre, Rolex au poignet, est devenue si prévisible : « C’est une vraie ? ». Question vexante dans un cas, embarrassante dans l’autre. Dans tous les cas, elle en dit long sur la pandémie économique que représente désormais le marché de la contrefaçon. Entre 2000 et 2010, le nombre d’articles contrefaits saisis annuellement à l’entrée de l’Union européenne a presque doublé, jusqu’à s’établir autour de 120 millions d’unités. Le bilan 2012 de la lutte anticontrefaçon établi par Priceminister-Rakuten dresse un panorama très explicite de la situation : 70% des produits copiés proviennent d’Asie. Les produits high-tech sont les premiers concernés (47% de la contrefaçon), devant la mode et les cosmétiques (30%). Sony, Chanel et Guess sont les trois marques dont le nombre de faux connaît la plus forte progression. Le sud-est de la Chine, et en particulier les villes de Shenzen et Guangzhou, s’est fait expert en matière de production de copies en tout genre. L’Italie est l’un des points d’entrée principaux en Europe. L’OCDE estime que la contrefaçon a pour conséquence directe la suppression de 200 000 emplois dans le monde, dont 100 000 sur le Vieux Continent et 30 000 en France. Pour Herlé Carn, directeur de la business unit Protection des marques au sein de la société Arjowiggins Security, « les filières industrielles sont soumises à une généralisation des produits contrefaits, notamment depuis le début des années 2000, provoquant une hausse des précautions prises par les entreprises. Et cette tendance s’accélère depuis cinq à six ans. » Le secteur de l’horlogerie est frappé de plein fouet. Environ 40 millions de copies frauduleuses inondent chaque an-

L

Cherchez l’intrus née le marché. Mais les contrefacteurs ne se restreignent pas au potentiel d’un seul domaine d’activité. Le spécialiste du petit électroménager et des articles culinaires SEB explique que le manque à gagner du groupe atteint actuellement 3% de son chiffre d’affaires. La copie du fameux crocodile vert fait perdre à Lacoste quelques 230 millions d’euros par an, c’est-à-dire un peu plus de 6% de son CA. L’Union des fabricants (Unifab) indique que l’ensemble du trafic engendre des pertes allant de 1% à 10% du chiffre d’affaires des entreprises, selon qu’elles appartiennent à la filière des cosmétiques, du tabac, de la maroquinerie, du luxe, du textile ou de l’horlogerie. Une enquête de l’Ifop sur les Français et les dangers de la contrefaçon souligne que quatre personnes sur dix ont déjà acquis des objets contrefaits en pensant acheter des produits authentiques. la finance. Nos solutions sont incorporées dans des bouteilles, des textiles, des flacons de parfum, des roulements à bille, des pièces détachées… Toutes les filières sont intéressées. Les grandes marques se protègent car elles ont peur de la progression effréseurs aux consommateurs finaux, en passant les investisseurs, partenaires… Pour d’autres marqueurs, il est nécessaire d’être équipé d’outils particuliers, ceux-ci étant invisibles à l’œil nu. Un troisième type de dispositif est constitué par les marqueurs

Armes Anti-copie

Arjowiggins Security a 200 ans d’existence. Historiquement, la société est un four-

“La contrefaçon a pour conséquence directe
la suppression de 200 000 emplois dans le monde, dont 30 000 en France
née des contrefacteurs », remarque Herlé Carn. Dans l’arsenal disponible pour les entreprises, on distingue tout d’abord les marqueurs visibles, preuves d’authenticité qui s’adressent à tous les acteurs en contact avec le produit, des fournisnisseur de dispositifs variés insérés dans les billets de banque, afin d’empêcher leur reproduction. Mais depuis 15 ans, elle dégaine également son savoir-faire en direction du secteur privé. « Nos preuves d’authenticité ne concernent plus seulement experts qui ne peuvent être révélés que par des équipements disponibles en laboratoire. « Il s’agit pour les entreprises de trouver la solution adaptée à leur offre. Imaginez la réaction des responsables marketing des grandes marques de parfum

”

s’il fallait apposer des étiquettes sur les flacons », reprend Herlé Carn. A noter qu’il est tout à fait possible, voire préférable, de combiner les différents types de solutions pour un même produit. « Quand l’offre est composée de médicaments, ou de plaquettes de frein à destination du marché automobile, les précautions doivent bien sûr être d’autant plus grandes. La sécurité du produit est alors vitale », poursuit-il. Certaines initiatives innovantes restent critiquées, à l’image de la trouvaille de Rolex qui a conçu un système mêlant hologrammes et gravures au laser, sur le boîtier de ses montres, afin d’en prouver l’origine. Une solution physique rassurante pour certains clients, mais qui peut théoriquement être copiée. « Pour tromper les contrefacteurs, il est intéressant de marier des marqueurs de différentes natures. A un dispositif physique peut s’ajouter un procédé secret, invisible », illustre Herlé Carn. La société de cybersécurité Wisekey a mis au point pour le compte de Hublot une carte à puce dotée d’un code spécifique et d’un lecteur dédié. Grâce à une authentification sur le site Internet de la marque, le client ainsi que le commerçant revendeur peuvent obtenir la garantie que le produit n’est pas une contrefaçon. Une solution a priori efficace. Le Comité national anti-contrefaçon (CNAC) considère qu’il n’existe pas de marqueur anti-contrefaçon meilleur que les autres. Tout est une question d’adaptation au contexte de production et au type de marché. Les contraintes de matière ou de surface du produit et le coût acceptable sont des critères qui orientent les choix, tout comme l’acteur supposé se charger des contrôles d’authentification.

Mathieu Neu

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STRATéGIE & INNOVATION NUMéRIQUE
Business story

n°5

Le Poulidor de l’électronique
Pendant les années 2000, malgré toutes ses brillantes innovations, le concepteur d’électronique grand public français Archos a frôlé plusieurs fois la faillite. Les bons résultats du début 2013 semblent augurer des jours meilleurs.
’est l’histoire d’une société fondée par un ingénieur visionnaire aux prémices de l’informatique grand public. Dans les années 2000, elle a créé l’événement en lançant le premier baladeur numérique MP3 et la première tablette tactile. « Apple » songez-vous ? Perdu, bande d’ignares, c’est d’Archos dont il est question. Son fondateur, Henri Crohas, n’est pas un adepte du combo col-roulé noirjeans à la Steve Jobs et aucun film sur sa vie n’a – encore ? – été tourné. Comparé aux 156 milliards de dollars de chiffre d’affaires affiché par le géant américain en 2012, Archos paraît bien modeste, avec ses 171 millions d’euros en 2011. Pourtant, grâce à son image de précurseur et de lanceur de ten-

C

dances, il a vite trouvé sa place au panthéon des geeks. Une réputation qui ne l’a pas empêché de frôler la faillite à au moins deux reprises.

EtErnEl sEcond ?

Six petites lignes, pas une de plus. La page Wikipedia d’Henri Crohas est légère comme un

nom) en 1988. La suite de l’histoire a montré que la PME francilienne, qui a son siège dans la zone industrielle d’Igny, dans l’Essonne – moins glamour que la Silicon Valley, on vous l’accorde – mérite bien le titre de Poulidor de l’informatique grand public. Ces quinze dernières années, l’Archos de

iPod mini. Elle nous apprend que l’entrepreneur est né en 1951, qu’il est diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’Arts & Métiers, qu’il a quitté Total en 1986, puis a fondé Archos (l’anagramme de son

“ Archos a vite trouvé sa place au panthéon des geeks ”

Crohas, en bon baroudeur, n’a eu de cesse de partir en échappée pour finalement se faire reprendre en haut des cols par un leader dopé au marketing. Frustrant. Mais quel panache ! Après une première expérience

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avortée dans la fabrication d’automates pour publicités, la PME veut voir plus grand en pensant plus petit, dans le créneau du « think smaller ». Ainsi, entre 1997 et 2002, sa machine à brevets tourne à plein régime pour concevoir des périphériques miniatures qui donnent naissance à une gamme de produits multimédia destinés au grand public. En 1997, elle commercialise le premier lecteur CD-ROM sans alimentation secteur puis en 2000, le premier baladeur numérique MP3 : le Jukebox 6000. Les amateurs applaudissent et les ventes décollent… Jusqu’à ce qu’Apple inonde le marché avec son iPod, boosté par une campagne de communication extra-large. Dans sa lutte façon « David contre Goliath », Crohas commence par éviter les coups. Plutôt que d’affronter la pomme bodybuildée frontalement, il change de terrain, en lançant un nouveau marché en 2003, avec le premier baladeur vidéo, l’AV100… Avant d’être imité et une nouvelle fois supplanté par Apple un an plus tard. Qu’à cela ne tienne, toujours pas à court d’imagination, il fait un nouveau pas de côté en 2008 en lançant la première tablette tactile. La suite est facile à deviner : en 2009, Steve Jobs présente l’iPad, l’iPad séduit les foules, les ventes d’Archos flanchent. Mais cette fois, pas question de se défiler, le petit poucet fait front, bien décidé à rendre les coups. Si bien qu’en 2010, il se résout à abandonner l’étole de précurseur plutôt cher pour geeks avertis pour les guenilles du low-cost. L’embellie sera de courte durée, puisque fin 2011 de nouveaux colosses lui emboîtent le pas. Amazon, avec la Kindle Fire, et Google, avec la Nexus 7, lancent chacun leur tablette à moins de 199 dollars. Pour rester rentables malgré ces prix plancher, le premier mise sur la vente de contenus, le deuxième sur la publicité. Archos, lui, n’a pas d’autre flèche dans son carquois, et ne possède même pas les usines qui fabriquent ses créations. Résultat, en 2012, il perd 38,7

C’est dans la poche ! millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 154 millions, en baisse de 10% par rapport à 2011.
rEntabilité David n’a plus très fière allure et se résout à entamer un régime pour s’affuter, si bien qu’en novembre 2012, il annonce la suppression de 25% de ses effectifs. « Nous voulons préserver la compétitivité de l’entreprise », expliquait alors Loïc Poirier, le bras droit du fondateur. Les équipes les plus qualifiées sont épargnées, mais la logistique en Asie est fortement réduite, pour faire davantage appel à la sous-traitance. En France, le département R&D est réorganisé et la partie électronique délocalisée en Asie. Pour fuir la concurrence sur le marché des tablettes, Archos se diversifie une nouvelle fois, en lançant trois produits en moins d’un an. D’abord, en août 2012, c’est l’Archos GamePad, un croisement entre une tablette et une console de jeux-vidéo. Ensuite, en janvier 2013, l’Archos Connect TV, un boîtier qui permet de surfer sur internet depuis son téléviseur (vendu 129 euros), et parvient à rehausser la courbe de son cours de Bourse. Enfin, en avril, ce sont des smartphones sous Android, le système d’exploitation de Google, vendus entre

rEtour à la

79,99 euros et 249,99 euros. En mai 2013, une nouvelle page s’est tournée dans l’histoire de la société française : Henri Crohas, 62 ans, devient Président du conseil d’administration et cède la Direction générale à Loïc Poirier, qui en était le Directeur général adjoint. Début septembre, Archos a révélé être en train de plancher sur toute une gamme d’objets connectés. Dès le prochain CES, salon de l’électronique grand public qui se tiendra en janvier 2014 à Las Vegas, il sera en mesure de présenter des objets connectés autour de la maison, du sport, du bienêtre et, cerise sur le gâteau, une montre connectée. Tous ces innovations et changements de stratégie ont été bénéfiques au groupe, qui a vu ses déficits se réduire fortement au premier semestre 2013. Grâce aux lancements de smartphones et de nouvelles tablettes thématiques autour du jeu, de la télévision connectée et du monde éducatif, l’entreprise estime que son chiffre d’affaires va bondir dès le deuxième semestre. Gageons qu’en garnissant sa hotte de produits Archos, le Père Noël devrait faire des heureux dans l’Essonne pour ces fêtes de fin d’année.

Aymeric Marolleau

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n°5

STRATéGIE & INNOVATION NUMéRIQUE
Innovative Projects

Du « geek » au créateur
Focus sur l’école d’informatique Epitech, qui appartient au groupe Ionis Education détenant une vingtaine d’écoles en France, pour montrer que numérique et entrepreneuriat peuvent faire très bon ménage grâce à de nouvelles méthodes pédagogiques.

E

pitech est une école d’innovation et d’informatique sur cinq ans, reconnue pour transformer une passion en une expertise et bien souvent un projet concret. « A la sortie, 10% seront entrepreneurs, 16% si l’on compte les partenaires de développement de start up, les autres se-

cherches de financements et de partenariats. Les EIP finalisés en cinquième année sont présentés au public au cours d’un forum dédié où sont invités aussi bien les particuliers que les professionnels : chefs d’entreprise, business angels, journalistes… le prochain devant se tenir les 15 et 16 no-

Emmanuel Carli, DG d’Epitech :

« L’apprentissage de l’informatique moderne ne peut se faire de manière classique »
Quelle est l’originalité dans la pédagogie ? Depuis 1999, Epitech procède par projets auprès d’un public d’informaticiens désireux d’être opérationnels. Ce qui passe par 120 projets tout au long de leur cursus pour découvrir de nouvelles technologies, des enseignements dématérialisés. Des problématiques de l’industrie leur sont soumises, et ils doivent apprendre à aller chercher le bagage nécessaire à leur résolution. L’apprentissage de l’informatique moderne ne peut se faire de manière classique. Le périmètre croît en permanence, il n’est pas possible d’envisager des cours magistraux pour la théorie et des stages pour la pratique. Il importe de confronter les étudiants à la réalité du développement le plus tôt possible. Quels sont les dispositifs accompagnant entrepreneurs / chefs de projet en herbe ? Le savoir-être est développé par le temps passé en entreprise, à l’international dans une de nos 40 universités partenaires dans le monde (600 étudiants partent par an). Nous leur procurons un environnement, la capacité à constituer un réseau dans les labos, la pépinière, l’accélérateur, pour qu’ils se découvrent et choisissent leur voie. En matière de savoirfaire les cellules technologiques, présentes dans nos 12 emplacements en France, leur permettent en parallèle des cours de découvrir les bases de la 3D, de l’embarqué, de la sécurité informatique,… Les laboratoires de domaines comme celui du web, des infrastructures, des environnements virtuels, leur feront choisir leur métier. Le LivingLab est un lieu de rencontre entre les entreprises, les institutionnels et les étudiants pour réfléchir aux nouveaux usages, faire des prototypes et les tester.

ront informaticiens, chefs de vembre prochains. Ces « chefs projets, managers », décrit le d’œuvre de scolarité » s’insdirecteur, Emmanuel Carli. crivent dans cinq grandes théL’Epitech Innovative Project matiques : améliorer le bien(EIP) est un projet à part dans être des individus et des colle cursus de l’école. Dès la lectivités, mieux diffuser le troisième année, les étudiants progrès technologique, rendre se réunissent en groupes pour plus efficaces les outils au trouver le sujet qui les guidera profit des entreprises, ouvrir jusqu’à la fin de nouveaux de leurs horizons aux études à passions. A l’école, l’ineux d’en troduction faire une end’un produit, treprise s’ils d’un équipele désirent. ment ou Méthodes d’un procédé modernes nouveau. d’apprentisLes étudiants sage, accomsuivent tout pagnement un projet, deet infrastrucpuis la naistures de sance d’une L'innovation sous toutes ses formes... pointe ne feidée jusqu’à ront pas resa matérialigretter les sation, en passant par l’étude 41 000 euros dépensés pour du marché, le développement suivre les cours de cette école. du prototype, les premières Matthieu Camozzi étapes de production, re-

“ L’EIP peut devenir entreprise ”

Jean-Baptiste Roger, directeur de La Fonderie :

« La Fonderie, bras armé de la région IdF en matière de numérique »
Qu’est ce que la Fonderie ? C’est une agence publique numérique de la région Îlede-France, dotée d’un budget de 1,8 millions d’euros qui lui laisse donc une certaine marge d’indépendance. C’est le bras armé de la Région pour accompagner les secteurs impactés par le numérique et accompagner les pionniers de nouveaux domaines. Une sorte de « chaînon manquant » public qui cristallise les sujets : nous mettons en relation, aidons à trouver des financements, et agissons parfois nous-mêmes. ce qui débouche concrètement sur quels projets ? Il nous faut générer un foisonnement numérique dans la région, directement en concurrence avec la Californie, des régions coréennes ou chinoises. Nous réalisons donc une cartographie des start up franciliennes (3000 acteurs), favorisons la coconstruction et le collaboratif, investissons dans l’e-santé, l’imprimante 3D française, qui nous paraissent être des domaines stratégiques. Nous avons mis au point le premier Arduino made in France, ensemble opensource d’outils matériels et logiciels pour l’initiation à la programmation à l’école, sorte de mécano moderne à destination des élèves afin qu’ils développent des produits numériques. Enfin nous avons des contacts fréquents avec Epitech. Je figure d’ailleurs dans le jury des EIP, ce qui me permet d’observer les idées et tendances chez les créateurs.

Quoi de plus parlants que ces ex-EIP devenus des entreprises prospères qui embauchent ?
Alexandre Malsch et Jérémy Nicolas ont fondé melty.fr, un site d’information pour les jeunes qui, grâce à sa technologie et ses algorithmes, perçoit les centres d’intérêt des lecteurs. La galaxie Melty attire 15 millions de visiteurs uniques par mois et l’alliance avec Wat.tv permet d’atteindre les 27 millions non cumulés. Une vraie force de frappe pour cette PME de 69 salariés. « Je pensais à créer mon entreprise depuis mes 15 ans. J’ai tenté d’en créer une qui n’a pas fonctionné, peut-être à cause d’une certaine immaturité. Puis Epitech m’a permis de vivre ma passion, me donnant les armes nécessaires pour lancer Melty dès la deuxième année, m’apprenant à apprendre en technique et management », précise Alexandre Malsch. rencontré via l’Epitech. En 2012 ce sont 3,6 millions qui ont été levés. « L’incubateur n’existait pas encore. L’école a mis des locaux à notre disposition, nous a aidés à acheter du matériel. » d’échange en Corée. « J’avais un intérêt pour le jeu vidéo, mais le secteur est risqué, il me fallait une formation plus généraliste. Epitech, qui fonctionne par projets et labos, me convenait parfaitement. Dans celui dévolu au jeu j’ai pu parfaire ma technique et ma créativité. En fréquentant trois labos en plus des cours, j’ai atteint les 60-80 heures par semaine en deuxième année, mais cela valait la peine. En fin de troisième année mon projet de jeu vidéo abouti a été validé par le jury », se souvient celui qui a signé ses contrats grâce à des connaissances de l’école.

“ Ils m’ont appris à apprendre ”
Les deux amis de la promotion 2009, qui ont eu des horaires aménagés, ont levé 300 000 euros dès 2008 auprès de Bouygues Telecom Initiatives, Pierre Sulpice, fondateur et DG de Daydreamer Studio, est quant à lui passé par l’incubateur Creative Valley après avoir passé une année

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RH & FORMATIOn
Réseaux & Influence

n°5

Les Protocoles des sages des Clubs
Et si le monde était contrôlé par une élite qui se retrouverait en cénacles secrets pour décider de l’avenir de l’humanité ? Pour étayer leurs légendes urbaines, les « conspirationnistes » ont jeté leur dévolu sur deux réseaux selects : le Groupe Bilderberg et le Bohemian Club. Attention, fantasmes et accusations nauséabondes.
e matin du 29 mai 1954, le petit village néerlandais d’Oosterbeek, à 80 kilomètres au sud-est d’Amsterdam, connaît une agitation peu commune. De luxueuses berlines quittent l’asphalte de la route principale et s’engagent sous le manteau des arbres, sur l’étroit chemin qui mène à un long édifice blanc à l’architecture austère abrité des regards : l’hôtel Bilderberg. Les automobiles s’immobilisent et libèrent leurs prestigieux passagers. Ils sont 61 : 50 européens et 11 américains. Parmi les convives se trouvent le milliardaire David Rockefeller et le Prince Bernhard des Pays-Bas. L’importante assemblée n’a pas fait le déplacement pour le charme rural du Gelderland ni pour visiter le musée de la bataille d’Arnhem, mais pour assister à un cycle de conférences. Pendant trois jours, et dans le secret le plus complet, ils débattront de l’attitude à adopter envers le communisme et l’Union soviétique, les politiques économiques ou encore l’intégration européenne. Le 31 mai se clôt la première réunion de ce que l’on nommera désormais le « Groupe Bilderberg ». En pleine guerre froide, il doit sa naissance à deux diplomates polonais désireux de renforcer les liens entre l’Amérique et l’Europe. Alors que la Seconde Guerre mondiale est terminée depuis bientôt dix ans, les problèmes en commun sont nombreux : politiques monétaires, investissements internationaux, commerce, sécurité… Depuis, le groupe s’est réunit chaque année pour un cycle de conférence où jusqu’à 150 leaders politiques, diplomates, économistes, chefs d’entreprises ou journalistes, discutent des grandes tendances macro-économiques et des principaux défis que le monde doit affronter.

C

“Le club a été désigné par les « conspirationnistes » comme « le réseau des maîtres du monde » ”

Bref, pas de quoi crier au loup à première vue. Et pourtant, le club transatlantique a été désigné par les « conspirationnistes » comme « le réseau des maîtres du monde ». Pourquoi ce titre ? D’abord à cause de l’influence des personnalités qu’il a accueillies à un moment ou à un autre. En 2000, le château du Lac de Genval, en Belgique, a abrité Dominique StraussKahn, Beatrix des Pays-Bas, Georges Soros ou encore Henry Kissinger. En un peu plus d’un demi-siècle, de nombreux chefs d’Etat de tous bords politiques y ont garé leur cortège diplomatique, comme Helmut Schmidt, Angela Merkel, Herman Van Rompuy, José Luis

Les « maîtres du monde »

Rodriguez Zapatero, Bill Clinton, Georges Pompidou ou Tony Blair. Mais ce qui excite surtout les fantasmes, c’est la règle de secret absolu qui entoure ces réunions. Malgré l’importance des sujets traités et la renommée des orateurs, aucun discours ou prise de position ne doit fuiter. Pendant des années, l’existence même du groupe est demeurée secrète. Pour certains, sur l’air d’ « on ne nous dit pas tout », c’est la preuve qu’il s’agit ni plus ni moins d’un « gouvernement mondial » où des décisions cruciales se prennent loin de l’opinion et de toute démocratie. Bilderberg s’en défend, arguant sur son site internet que « grâce à la nature privée des conférences, les participants ne sont pas contraints par les conventions

de leur statut ou par des opinions pré-convenues. Ainsi, ils peuvent prendre le temps de l’écoute, de la réflexion et de l’analyse. » En clair, loin des micros et des caméras, les grands de ce monde peuvent enfin parler à cœur ouvert sans craindre de voir leurs propos déformés ou mal interprétés. Pour se défendre de toute visée « conspirationniste », le groupe précise qu’« aucun agenda n’est tenu, aucune résolution n’est présentée, aucun vote n’est effectué, et aucune décision politique n’est prise ». Mais le groupe serait-il en voie de banalisation ? Ce serait un sacré coup dur pour les théoriciens du complot. Pourtant, lors de son dernier rassemblement, du 6 au 9 juin dernier dans le comté du

Hertfordshire, au nord de Londres, il a pour la première fois installé une salle de presse pour entrouvrir la porte aux médias. François Fillon, Christine Lagarde, Mario Monti, Georges Osborne, le PDG d’EADS Tom Enders, ou encore l’ancien secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner ont débattu de sujets tels que « les défis de l’Afrique », « nationalisme et populisme », le Big Data, la Syrie, ou la « cyber-criminalité ».

druides et

satanisme Les Bilderberg ne sont les seuls à inspirer les théoriciens du complot. Le Bohemian Club, en particulier, en est l’une des cibles favorites. Difficile de démêler le vrai –

s’il en est – du faux parmi toutes les informations assénées à son propos sur le net. Il aurait été créé en 1872 à San Francisco, en Californie, est identifié comme néoconservateur et rassemble uniquement des hommes, presque tous américains. Avec son ticket d’entrée de 10 000 à 24 000 dollars selon les sources, et sa liste d’attente interminable, il est désigné comme l’un des clubs les plus fermés du monde. Chaque été, ses membres se réunissent au Bohemian Grove, une gigantesque propriété qui s’étend dans les collines drapées de forêts de séquoias au nord de San Francisco, à un jet de pierre de l’océan. Un décor parfait pour un roman de Jack London. Mais c’est plutôt un mauvais Dan Brown qui semble s’y écrire, avec rites païens et symboles mystérieux. En effet, en 2000, le théoricien du complot américain Alex Jones se serait infiltré à la cérémonie d’ouverture du séminaire pour y tourner une séquence pour son documentaire Dark secrets inside Bohemian Grove. A l’aide d’une caméra cachée, il aurait capté ce qui ressemble à une fête druidique impliquant un hibou géant, des effets pyrotechniques, une crémation, des cornemuses et de la musique classique, de faux squelettes et des cris stridents. Quand l’élite américaine Républicaine joue à se faire peur la nuit, les « conspirationnistes » hurlent au satanisme. Parmi les légendes urbaines les plus marquantes à son sujet, jamais étayées par la moindre preuve solide, on ne peut s’empêcher de mentionner celle-ci : le « Projet Manhattan », qui a conduit à l’invention de la bombe atomique, aurait vu le jour à l’édition 1942 du Club. Rien que ça. Et le 11 septembre, on en parle ?
Aymeric Marolleau

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Monter dans l’entreprise ? Monter son entreprise ? Être le meilleur banquier ? Rendre la banque meilleure ? Piloter sa carrière ? Piloter son entreprise ?
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rH & ForMATIoN
Observatoire

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Education à 360°
par marc Drillech
Directeur général de IoNIS Education Group

n le baromètre Deloitte 2013 sur le moral Des jeunes Diplômés souligne Des inégalités qui se creusent sensiblement :

-le passage par une grande école n’est plus forcément une garantie de trouver un emploi : en 2012 seuls 16% des titulaires de diplômes de grandes écoles étaient en recherche d’emploi, en 2013 cette proportion a presque doublée et concerne près d’un jeune sur trois (28%). -La majorité des jeunes interviewés considère qu’il faut se méfier des employeurs (58%). Les jeunes en recherche d’emploi expriment plus fortement leur amertume vis-à-vis des employeurs (63%) et sont plus prêts à partir à l’étranger, tandis que les jeunes en poste se montrent plus cléments (54%). -En poste ou pas, la majorité d'entre eux (78%) estime que l'entreprise est un lieu d'épanouissement personnel. C'est six points de moins que l'an dernier. Et c'est le groupe des jeunes en poste qui accuse le recul le plus fort (9 points). -En moyenne, les jeunes interrogés avaient envoyé 16 candidatures qui ont abouti à 2 entretiens. Au total, ils auront consacré au global plus de deux mois à leur recherche d’emploi. -Mais tous ne sont pas égaux face à la recherche d'emploi. Les femmes notamment, ont dû consacrer plus d’efforts que d’autres pour trouver leur emploi actuel. Elles ont envoyé 18 CV en moyenne contre 11 CV pour les hommes et ont de même mis davantage de temps (4 semaines de plus) à décrocher leur poste actuel que les hommes (11 semaines en moyenne contre 7 semaines).

Jeunes et intégration dans les entreprises : se poser la bonne question…
i l’on dispose d’un zeste d’objectivité, on constate que les jeunes qui sortent actuellement de l’enseignement supérieur en France sont bien mieux préparés que par le passé aux mondes de l’entreprise. C’est le cas d’une grande majorité des étudiants d’écoles de commerce et d’ingénieurs qui, par les cursus et les intervenants, le nombre et la longueur des stages, la proximité fréquente avec les entreprises quelles qu’elles soient, facilitent la familiarisation. Mais c’est également le « grand saut » de l’Université pour qui ces mondes étaient voilà quelques années largement étrangers (considérés comme hostiles et dévalorisés), et qui s’adapte à des acteurs économiques qui assurent la majorité des emplois. La situation est donc très nettement meilleure qu’elle ne l’était voilà deux décennies quand des jeunes « débarquaient » pour la première fois, à Bac +5, avec un anglais hésitant, dans des entreprises, forts d’une grave méconnaissance. La question cruciale ne concerne plus la préparation des diplômés, sujet qu’on ressasse pourtant à longueur de temps dans les médias. Elle touche à celle des entreprises pour accueillir, intégrer, réussir à faire réussir ces jeunes pleins d’enthou-

n Dans le palmarès 2013-2014 Des villes où il fait bon étuDier De letuDiant.fr (7ème éDition):
CLASSEMENT MÉTROPOLES
1 2 3 4 5 Lyon 7 8 9 10 11 Lille Strasbourg Paris Toulon Douai-Lens Grenoble Toulouse Nantes Aix-Marseille Bordeaux 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

CLASSEMENT GRANDES VILLES
Montpellier Rennes Clermont-Ferrand Rouen Nancy Tours Orléans St-Etienne Avignon Metz Valenciennes 10 11 7 1 2 3 4 5

CLASSEMENT VILLES MOYENNES
Dijon Angers Poitiers La Rochelle Brest Pau Besançon Caen Perpignan Nîmes Le Mans Source : © Letudiant.fr

S

siasme. Face à une génération si complexe l’inversion du questionnement est peutêtre révolutionnaire mais surtout prioritaire. En période de mutations profondes et permanentes, ce n’est pas le modèle existant qui va orienter le futur, ni les habitudes d’hier qui dessineront l’entreprise de demain. Celles-ci font face à des jeunes qui ont des aspirations, des ambitions, des pratiques et des habitudes qui ne fonctionnent pas (ou plus) avec les structures classiques. Ils ont un rapport au temps, à l’espace, à la vitesse, au droit, à la notion de groupe, à la carrière ou à la culture très différent de gens qui ont l’âge de leurs parents et qui les managent. Ils se plient aisément à l’autorité légitime mais ne comprennent pas les prérogatives des hiérarchies traditionnelles… Ce sont ces jeunes qui aideront les entreprises à se transformer et à s’adapter, non l’inverse. Les entreprises doivent comprendre les nouvelles relations de ces jeunes aux réseaux sociaux, au travail en équipe, au management par projet, à une habitude de la multifonction. Elles doivent sortir du modèle classique de l’emploi (unité de métier, unité de lieu de travail, unité de fonction,…). Qui a vraiment aujourd’hui un retard en matière d’intégration ?

Les 42 unités urbaines accueillant plus de 8.000 étudiants ont été classées selon plusieurs critères (études, culture, logement, sorties, rayonnement international, environnement, sports, transports, emploi) dans trois catégories : métropoles, grandes villes et villes moyennes : Les meilleures possibilités d'études se trouvent à Lyon, Paris et Bordeaux. Mais la prise en compte de tous les critères donne trois classements inattendus. Montpellier monte dans les classements grâce à ses vastes possibilités de sorties, de détentes et de culture, Dijon s'illustre par les activités physiques proposées.

n stage à l’armée : apprenDre à être chef

HEC, Sciences Po, ENA, EMLyoN Business School, université Panthéon-Assas, les élèves en MBA développement international à l'ESSEC Executive Education... Les grandes écoles sont de plus en plus nombreuses à proposer une formation chez les militaires, que ce soit pour une semaine, quelques mois ou même plus. La plupart à Saint-Cyr, d'autres dans la marine nationale ou encore auprès des super-gendarmes du GIGN. Mais pourquoi ces futurs managers et ingénieurs, habitués aux salles de classe douillettes et aux professeurs en complet-cravate, enfilent-ils rangers et uniformes ? Les 50 étudiants de Toulouse Business School qui passeront 24 heures au sein du premier régiment de parachutistes à Toulouse-Francazal viennent mûrir leurs prises de décisions en environnements complexes, incertains voire hostiles. Des élèves de l’école de commerce Idrac vont apprendre lors d’un stage militaire sur la base de Valbonne (Alpes¬ Maritimes) à commander en situation extrême de stress et de fatigue, mais aussi à évoluer en équipe, car des parcours du combattant ne peuvent être franchis que collectivement. Au sein du programme Paris Business School de l’ESG, les participants âgés de 25 à 35 ans font un stage commando pour comprendre que commander ne signifie pas simplement donner des ordres, mais aussi susciter la cohésion d'une équipe. Les étudiants ont de formidables capacités d'analyse mais ils ont souvent du mal à prendre une décision et à la mettre en œuvre. Ces stages doivent changer la donne. Le management serait la version civile du commandement. Si l’EMLyoN business school envoie 30 de ses étudiants (et 10 de l’Ecole centrale de Lyon) à l’Ecole de l’air d’Aix-en-Provence, c’est aussi parce que les milieux des affaires ont depuis longtemps adopté la rhétorique militaire - "guerre économique", "gagner un marché", "remporter un contrat", "plan d'action"… mais qu’ils doivent aussi adopter le code d’honneur qui l’accompagne. Quête de valeurs donc, qu’ont aussi recherchée de nombreuses sociétés en envoyant leurs cadres : Axa, Total, Bouygues, Groupama, Decathlon… En 2010, 120 proviseurs de lycée et membres de rectorat sont allés suivre un entraînement à Saint-Cyr, afin de découvrir une autre approche de l’autorité. La grande muette n’a jamais autant fait parler d’elle.

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Ecoréseau ne pouvait ignorer l’anniversaire de cette vénérable institution de Compiègne de statut hybride – entre grande Ecole et Université – totalisant 20 000 diplômés. « L’ambition des créateurs était une université de technologie – ce qui est rare en France -, axée sur l’innovation », relate son président Alain Storck. Cette sorte de « MIT à la Française » crée un écosystème local d’innovation et de créativité, s’illustre par des partenariats forts avec les milieux économiques (1 000 contrats en permanence avec les industriels comme SNCF, Dassault,…), un ancrage territorial important et une réelle ouverture internationale : « 20% des étudiants sont étrangers, plus de 80% des étudiants partent au moins un semestre à l’étranger », illustre Alain Storck. Les étudiants construisent leur parcours par UV à l’américaine et les sciences humaines sont vivement encouragées. L’UTC exporte sa forte identité, essaimant l’Université de Technologie de Belfort Montbéliard (UTBM) et de Troyes (UTT), et déployant son modèle de formation en créant l’université de technologie sino-européenne de Shanghaï (UTseuS) en 2005. résultat : 1 300 étudiants chinois formés en 7 ans avec un double diplôme et une double mobilité, et un laboratoire sino-européen, Complexcity, qui fait travailler ensemble des chercheurs français et chinois sur la ville durable. L’accent constant mis sur l’innovation influence les festivités de l’anniversaire. Un groupe picard qui invente ses instruments vient donner un concert, les premières promotions qui ont été pionnières en matière de junior entreprises en France sont invitées. Mais surtout le colloque qu’elle organise à la Sorbonne le 29 octobre, « comment innover l’innovation », témoigne du souci de donne un sens à ces ruptures. De grandes personnalités du monde de la physique comme Albert Fert, du numérique comme Chris Anderson ou Bernard Stiegler, professeur UTC et membre du conseil national du numérique, seront interrogées par des étudiants.

n 40 ans De l’utc

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n classement européen Des mba D'après les employeurs
RANK
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 ... 31 38 60 62 INSEAD London Business School IMD Business School IE Business School, IE University IESE Business School, University of Navarra Said Business School, University of Oxford SDA Bocconi School of Management HEC Paris MBA, HEC Paris ESADE Business School The St.Gallen MBA, University of St.Gallen Copenhagen Business School Cambridge Judge Business School, University of Cambridge EBS Business School Trinity MBA, Trinity College Dublin Mannheim Business School, Universität Mannheim WHU – Otto Beisheim Graduate School of Management Warwick Business School, The University of Warwick CEU Business School, Central European University Imperial College Business School, Imperial College London Business School, Warsaw University of Technology Rotterdam School of Management Cranfield School of Management, Cranfield University ESSEC Business School Corvinus School of Management, Corvinus University of Budapest Vlerick Business School ... EDHEC Business School EMLYON Business School AUDENCIA Nantes School of Management IAE Aix Graduate School of Management United Kingdom Hungary United Kingdom Poland Netherlands United Kingdom France Hungary Belgium ... France France France France Source : © QSTopMBA, étude 2013 Denmark United Kingdom Germany

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Les business schools européennes continuent d'être en pointe en matière d'innovation dans l'enseignement supérieur, attirant des talents qui à leur tour attirent des employeurs internationaux avides de MBA. Malgré la crise, les records d'embauche ont été battus, car les Ecoles européennes fournissent aussi des employeurs d'Asie, d'Amérique et du Moyen orient.

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RH & FoRMATIoN
Carrières & Talents

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« Fast and serious »
Fontaine de jouvence professionnelle, le MBA, quoique coûteux et hypersélectif, permet à ses récipiendaires de gagner plusieurs années sur leur évolution de carrière tout en leur conférant une dimension internationale.

M

otivées par une soif d’aventure et de découverte, les jeunes élites du continent européen parachevaient leurs humanités en effectuant le

à de hautes fonctions stratégiques. Etoffer son carnet d’adresses...Pourtant, ces programmes ne sont pas sans contraintes. Au delà du coût, il s’agit d’un véritable chan-

en matière de management, de finance, de RH... Formation de haut vol, le MBA, historiquement américain, s’est démocratisé et internationalisé. L’Europe comme

la formule retenue, les écoles redoublent de critères pour sélectionner les futurs candidats. Les places sont chères et le process de recrutement très exigent. En matière d’’ex-

sein d’une même promotion », témoigne Jeanine Picard, responsable des programmes MBAs à l’ESSEC. Même credo pour Rohna Jionhsen, responsable du programme

différentes pour une formation dispensée dans sa globalité dans la langue de Shakespeare. « Le type de profil à proscrire : celui qui manque d’adaptabilité à l’en-

Le MBA, un moyen de muscler ses compétences « grand tour » durant l’époque moderne. Périple initiatique mâtiné d’éducation et d’ouverture culturelle, ce voyage permettait à ses bénéficiaires de revenir dans leurs pénates armés de nouveaux savoirêtre, d’une vision enrichie du monde et d’un réseau sur lequel s’appuyer. S’il est aujourd’hui moins question de noblesse mais bien plus de mérite et de compétences, on ne saurait que trop bien relever les similarités entre les MBAs actuels et ces programmes éducatifs : Une volonté pour ses participants de s’internationaliser. Acquérir une version globale du management pour prétendre tier introspectif. Car l’évolution de carrière nécessite bien souvent une remise en cause tant de ses soft skills l’Asie ont désormais une palette de Business School proposant des programmes MBA de très grande qualité et ripérience professionnelle d’abord. Entre 5 à 7 ans à l’ESSEC ou une douzaine d’années en moyenne pour MBA à l’AUDENCIA : « Nous n’avons pas de limites formelles dans la recherche des profils. Au contraire, la vironnement international », prescrit Bernard Terrany, Directeur des relations internationales et du développement à l’IPAG Business School. Après le temps de la réflexion vient celui de la préparation et il ne faut en aucun cas sous-estimer l’enjeu de la sélection, ni le temps nécessaire pour bien l’anticiper. Le QS World MBA Tour a débuté sa tournée en 1995 et fait aujourd’hui étape dans 90 villes dans le monde. Il rassemble les directeurs d’admission des meilleures Business Schools françaises et internationales, alumni et experts pour aider les candidats à trouver leur programme

que de ses compétences opérationnelles et stratégiques.

“Seuls certains MBA en France permettent de tisser des liens étroits avec de grands dirigeants ”
valisant avec les plus grands diplômes américains. London Business School, INSEAD, HKUST ou encore NUS en sont les exemples », souligne Isabelle Pasmantier, directrice marketing et communication de QS France. Full time ou part time, MBAs globaux ou sectoriels... Quelle que soit la Toulouse Business School par exemple. Les responsables de programme recherchent avant tout des apprenants ayant acquis une certaines maturité professionnelle dans leur domaine d’expertise. « La richesse du programme résulte en partie du brassage de talents au

triées sur le volet « M.B.A. Trois lettres qui constituent le sésame du monde du Business. Difficile de trouver diplôme plus prestigieux que le MBA

Des personnalités

complémentarité des expériences permet aux participants d’évoluer plus rapidement vers de nouvelles compétences managériales. » Richesse qui s’exprime également par le multiculturalisme. Chez HEC, la cohorte se compose à 85 % d’étudiants étrangers de 50 nationalités

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idéal et réussir leur candidature. Les visiteurs pourront assister à de nombreux séminaires, dont un sur le GMAT et les stratégies d’admission, et pourront même profiter d’une session de coaching afin d’avoir en main toutes les clés pour une admission réussie aux MBA ! Toujours en matière de recrutement, les écoles seront également attentives aux diplômes et aux universités. La progression de carrière sera également l’un des facteurs déterminants à l’entrée. Test faisant l’unanimité auprès des grandes universités mondiales, le GMAT (Graduate management admission test) incarne aussi l’un des sésames d’entrée à ces formations prestigieuses. Notons des scores moyens exigés de 690 pour HEC, 703 pour l’INSEAD, et 709 pour Harvard pour des résultats s’échelonnant entre 200 et 400 pour 80% des candidats souhaitant entrer en MBA ces dernières années. Au passage de ces différents tamis, seuls 220 candidats feront leur rentrée sur le plateau de Saclay pour le global MBA de HEC sur plus de 2000 candidatures... Nunzio Quacquarelli, directeur général de QS, nous dit : ciennement professeur de Français au Japon, une élève diplômée de 2012 est désormais chef de produit chez L’Oréal, explique Philippe oster, directeur de la communication du développement et des admissions en MBA à HEC. Reconversions d’acquérir de nouvelles compétences. Le MBA autorise souvent deux grands choix dans sa carrière : Lui donner un second souffle avec un gain de responsabilités, ou découvrir de nouveaux métiers. « A l’entrée du MBA, il est nécessaire d’identifier les job hunters et les job explorers, poursuit Philippe oster. Pour les premiers, le programme est envisagé comme un accélérateur de carrière. Pour les seconds, le souhait de transformation est plus profond. C’est à ce moment que le coaching de carrière personnalisé va prendre tout son sens par le biais d’une meilleure connaissance de soi de l’apprenant. L’une des plus belles satisfactions pour le diplômé, c’est de réaliser que le changement n’est pas que professionnel mais aussi personnel. » D’autant qu’il n’est pas rare qu’à la sortie du MBA, le diplômé décide de créer son entreprise. Tous Des cols de carrière plus aisés à gravir ! les choix sont donc permis. Parmi les nombreux changements à l’œuvre, le principal chantier demeurera l’acquisition d’ une vision globale de l’entreprise. Centrées en particulier sur la gestion, ces formations élèvent leurs participants à un tout autre niveau de décision en leur permettant d’acquérir une vision transversale et stratégique des fonctions qui régissent une entreprise : comptabilité, finance, marketing, gestion des ressources humaines...Et Bernard Terrany, Directeur des relations internationales et du développement à l’IPAG Business School, d’ajouter en matière de débouchés : « Les diplômés du MBA Stratégie internationale et négociation s’orientent vers des postes de négociateur ou d’acheteur à un niveau hautement stratégique, voire même politique, au sein de multinationales. C’est ce type de programme qui vous amène à l’executive management de haut vol, et à peser sur des process de fusionacquisition par exemple. » Autrement dit, il n’est pas rare qu’un futur diplômé excelle dans son domaine d’expertise mais se confronte rapidement à ses limites en matière d’executive management. Pour pallier à ses la-

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« Voici plus de dix ans que nous organisons des événements en France. Les candidats français connaissent bien les avantages d’un MBA et les écoles de commerce viennent chaque année de tous les coins du monde afin de recruter des candidats talentueux rencontrés à Paris ». L’excellence donc, comme premier critère d’entrée. Car la typicité du profil n’existe pas dans ces formations. «An-

“L'excellence comme premier critère d'entrée ”

également réussies pour un militaire vers les métiers de la banque ou pour un sportif de haut niveau attiré par le marketing. Ces profils ne représentent qu’1/5 de nos effectifs mais illustrent avec brio la plus-value d’un MBA et la recherche de talents qu’importe leur parcours. »

Job explorers versus Job hunters Car il ne s’agit pas seulement

cunes et monter en compétences, les MBAs regorgent d’ateliers pour exercer ses capacités de commandement en situation réelle. Chez HEC, par exemple, grâce à un partenariat avec Saint-Cyr, il s’agira de se trouver à la tête d’un peloton de 10 personnes et de le diriger le temps d’un atelier physique ou théorique au centre d’entraînement de Penthièvre. A l’AUDENCIA, l’accent sera mis sur le management responsable en inculquant de nouvelles compétences managériales incluant les aspects sociaux et environnementaux. Définitivement dans l’air du temps.

Source : © Times Higher Education Supplement: Alma Mater Index, publié le 5 septembre 2013

Le «Times Higher Education Alma Mater Index» classe les universités et grandes écoles selon un critère original illustrant la force des réseaux et la qualité des enseignements dispensés. L'étude publié le 5 septembre 2013, décide donc de la qualité de ces institutions par rapport aux nombres de diplômes (MBAs inclus) obtenus par les chefs d'entreprises à la tête des 500 plus grosses entreprises mondiales en termes de revenus. A titre d'exemple, Harvard se hisse à la première place avec 31 diplômes décernés à 25 directeurs généraux ou CEOs (Chief Executive Officer). La colonne WUR correspond au World University Rankings soit le classement mondial des universités. Soulignons à ce titre, que les écoles françaises sont les plupart absentes du WUR mais obtiennent un score notoire dans cette nouvelle nomenclature. Les Mines ParisTech accrochent la 17e place bien loin devant son classement des universités mondiales (entre la 226e et la 250e place mondiale). HEC et Polytechnique, quant à elle, se situent dans le Top 5 mondial. Cocorico !

s’offrir un mercato De luxe Qui n’a jamais rêvé d’avoir plusieurs PDG du CAC en amis sur Facebook ou dans le répertoire de son smartphone ? Si le trait est foncièrement grossi, il n’empêche que seuls certains MBAs en France permettent de tisser des liens étroits avec de grands dirigeants. Car le réseautage est extrêmement puissant dans ce type de programme. D’abord parce que les grands noms du CAC sont friands de ces formations. « LVMH ou L’Oréal financent des chaires d’enseignement au sein du MBA

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RH & FoRMATIoN
Carrières & Talents
école ou université bien précise. « Selon nos participants, c’est l’accent mis sur l’entrepreneuriat, le projet de conseil mené tout au long du cursus, ainsi que la diversité interculturelle des participants et des professeurs qui permettent à ce programme unique de répondre à leurs attentes », nous assure la direction de l’EMLyoN. Même parti pris pour l’INSEAD ou encore la Toulouse Business School qui revoit presque entièrement sa copie pour la rentrée 2014-2015 : « Encore cette année, nous proposions plusieurs MBAs sectoriels. L’année prochaine, nous conserverons la formation dédiée à l’aérospatiale, mais nous rassemblerons les autres spécialités au sein d’un MBA plus généraliste à son départ. Le choix de la spécialisation s’opérera plus en aval de la formation », décrit Sophie Weissberg, directrice executive MBA de la Toulouse Business School. D’autres écoles font, quant à elles, le choix de la spécialisation. «Nous sommes pionniers dans la spécialisation des MBAs et nous souhaitons que nos formations soient en adéquation avec les marchés émergents du luxe et de l’hôtellerie », argumente Jeanine Picard. En termes de coût, les prix sont variables mais n’en demeurent pas moins conséquents. Comptez 29 000 euros pour le MBA de l’AUDENCIA, 35 900 euros pour l’EMLyoN, 45 000 euros pour le Global MBA de l’ESSEC et 48 000 euros pour celui de HEC. Pourtant certaines entreprises font le pari de financer un MBA soumis à une clause obligeant le salarié à rester plusieurs années dans l’entreprise. « Se lancer dans un MBA, c’est donc un investissement énorme, financier mais aussi personnel », rappelle Isabelle Pasmantier, organisatrice du Salon QS World MBA Tour qui se tiendra le 12 octobre prochain à Paris. Sacrifices financier et personnel certes, mais recruteurs comme diplômes évoquent des trajectoires de carrière fulgurantes avec leur corollaire : des prétentions salariales passant du simple au double dans la plupart des cas.

in International Luxury Brand Mangement de notre école pour développer certains enseignements en phase avec les exigences du marché », argue Jeanine Picard. Pour les grandes parisiennes, les connivences sont nombreuses avec les entreprises siégeant à la Défense, quartier d’affaires possédant la plus forte concentration en Europe de multinationales. Les semaines de l’international du MBA dispensées par la Toulouse Business School sont également l’occasion de rencontrer des dirigeants au sein de leurs locaux pour s’enquérir des problématiques liées à l’executive management. Etude publié en septembre 2013 étayant la renommée des écoles et de leur MBA, le « Times Higher Education Alma Mater Index » illustre la puissance de ces réseaux en classant les grandes universités et écoles selon le nombre de dirigeants des 500 plus grandes entreprises dans le monde issus de leurs bancs. HEC se hisse au cinquième rang juste derrière Polytechnique. L’INSEAD se classe au douzième rang. Car au-delà du challenge intellectuel et psychologique que constitue un MBA, sa principale force réside dans son réseau . on ne saurait

occulter la puissance et l’aura des associations des anciens diplômés utiles en matière de conseil et d’échange de best practices ou de cooptation. En outre, certains MBAs mettent en contacts les diplômants avec les PDG de manière très personnelle. Chez HEC, l’initiative TEC (The executive committee) intégrée au MBA organise la rencontre entre grands dirigeants et étudiants autour de thématiques telles que le travail sous pression, l’arbitrage lors d’un choix éthique ou la conciliation des vies privée et professionnelle. « L’appellation couvre des réalités différentes. Et en France, comme dans le reste du monde, il y a à boire et à manger derrière le MBA. La formation doit correspondre à un programme très sélectif de management généraliste destiné à une progression de carrière ou à une transformation professionnelle », complète Philippe oster. D’ailleurs, le label MBA demeure totalement libre d’utilisation. Le nom de l’école et sa réputation sont donc primordiaux lors de la décision. D’autant que certains recruteurs exigent même l’obtention du MBA dans une

choisir son mba

Geoffroy Framery

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ART DE VIVRE & PATRIMOInE
L’Air du temps

n°5

Mais qui est Vicomte A. ?
On les voit partout ces cravates, polos et chemises griffés d’un VA surmonté d’une couronne. Rien ne prédestinait pourtant Arthur de Soultrait à un tel succès.
a boutique Vicomte A. est inaugurée à Punta Cana, peu après celle de Saint-Domingue. La marque française de vêtements haut de gamme n’en finit pas de séduire et d’étonner, peut-être parce que, présente à la Polo Gold Cup de Gstaadt ou au Polo Club de Saint-Tropez, elle adopte les codes du luxe, tout en cultivant un style décalé. En té-

L

trop « mainstream » par rapport  à  nous,  qui  jouons  la carte de l’humour et de l’impertinence », évoque le jeune chef d’entreprise dont la bonne humeur nonchalante a tôt fait de mettre à l’aise ses interlocuteurs. La PME de 70 personnes réalisant un CA de 16 millions d’euros dans 44 pays n’oublie pas de grandir : 400 points de vente multimarques et 37 boutiques en

je l’ai écoulé pour 8 000 dollars.  Jeune,  Français,  aristo qui pratique le baisemain auprès d’américaines « desperate housewives » : j’ai plu à ces femmes qui attendent le prince charmant. » Une vocation est née. Des amis américains l’encouragent à se lancer, et dessinent sur une serviette de table le fameux logo. « De nature timide, je trouvais présomptueux de mettre en avant

course et qui a toujours baigné dans cet univers semble être né sous une bonne étoile. D’abord le lancement profite de l’effet mode du polo. « Notre présence aux Galeries Lafayette,  notre  réseau  de  revendeurs dans les lycées parisiens,  le  reportage  à  Zone Interdite. Tout s’est emballé », se souvient celui qui travaille en binôme avec son père, ce dernier ayant fait carrière dans

La clientèle s’est élargie, les adolescents du départ ont vieilli et ce sont les 25-40 ans maintenant qui en pincent pour le total look branché, coloré et assumé de la marque. « Nous cultivons  certaines  caractéristiques  :  nous  sommes  reconnaissables  par  nos  couleurs,  soignons  particulièrement les coupes et la qualité afin  que  les  gens  rachètent. Nous  sommes  moins  chers

“Parfois les étrangers ne comprennent pas notre humour, mais nous gardons les mêmes campagnes, afin de conserver notre ADN”, Arthur de Soultrait moigne la récente campagne de l’été 2013 et ses photos prises sur un bateau de pirates à Dubrovnik (cf. illustration). Arthur de Soultrait a creusé son trou entre les grandes marques mondiales de sportswear chic, faisant figure de Petit Poucet français depuis que Lacoste bat pavillon suisse. «  Nous  ne  sommes pas le Ralph Lauren français comme  certains  le  laissent entendre,  ils  sont  beaucoup propre, dont un tiers à l’étranger. Un succès que le jeune aristocrate n’aurait pas osé imaginer en 2005, au début de l’aventure. Alors étudiant de 21 ans à l’IPAG, il part aux Etats-Unis réaliser un stage en entreprise… qui dépose le bilan ! « Des amis espagnols m’ont alors confié un stock de cravates à vendre. En dix jours mon  nom.  Mais  mes  amis américains  m’ont  dit  que c’était  un  atout  :  tout  le monde peut devenir milliardaire  aux  Etats-Unis,  pas aristocrate. C’était vendeur. J’ai  ramené  la  serviette  en France... » le redressement d’entreprises s’occupant des finances. Les Jeux Olympiques ont été la cerise sur le gâteau. «  Nos boutiques  parisiennes  figuraient  en  bonne  place  dans les pages jaunes. La délégation Paris 2012 nous a contactés parmi d’autres entre Noël et le Nouvel An pour la confection de cravates. Nous avons très  vite  dessiné  un  modèle, qui  une  semaine  après  était validé par Bertrand Delanoë. » que les concurrents, travaillons notre  visibilité  par  nombre d’évènements et une présence dans la presse », résume l’entrepreneur, qui s’approvisionne au Pérou pour le coton, fait fabriquer les chemises en Egypte, les serviettes de bain au Portugal.

Parcours imProvisé

lante. « Nous sommes maintenant une marque parisienne établie. Des détaillants multimarques nous sommes passés  à  des  franchises,  et  aujourd’hui à des magasins en propre.  Nous  recherchons maintenant le contrôle de nos boutiques,  afin  d’avoir  la maîtrise  de  l’image,  de  la formation du personnel,… ». Car si la marque s’ouvre aux quatre vents – Etats-Unis, Mexique, Japon et bientôt Chine –, ce passionné d’équitation tient à ce qu’elle garde son caractère. «  Parfois  les étrangers  ne  comprennent pas notre humour, mais nous gardons  les  mêmes  campagnes, afin de conserver notre ADN », explique ce passionné de chasse qui a racheté la licence Gastinne Renette pour sortir des collections en rapport avec son domaine de prédilection. Comme ses produits Arthur de Soultrait oscille entre excentricité et sérieux, tantôt recrutant un ancien de Goldman Sachs pour diriger Vicomte A. Asia, tantôt jouant les figurants au Puy du Fou qu’il fournit en uniformes, jetant du vin sur la foule depuis le char de Bacchus ou incarnant un chrétien persécuté. Ce savant mélange séduit en France comme à l’étranger, et ce grand ami de Pippa Middleton – qui porte des vêtements VA et qu’il compte bien initier à l’art de la chasse – sait nouer des liens forts pouvant lui servir. «  Je  ne  crois  pas  au réseau.  Je  n’aime  pas  cette expression.  En  revanche  les week-ends  de  chasse  à  plusieurs  en  Sologne  sont  des moments  forts  qui  rapprochent.  » Le Ministre croate qu’il y a croisé lui ouvrira d’ailleurs les portes de Dubrovnik pour son shooting. Timide, détaché des honneurs, mais conscient de l’importance de faire les bonnes rencontres…

couPs de chance mais Professionnalisme Celui dont les grands-parents possèdent des chevaux de

vision mondiale mais caractère affirmé La suite promet d’être bril-

Matthieu Camozzi

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ArT DE VIVrE & PATrIMoINE
L’Art du temps
Par Julie-Chloé Mougeolle

n°5

MODE & ACCESSOIRES
ZEGNA, la Passion du Cachemire Les célèbres tricots italiens Zegna peuvent désormais être personnalisés, une évolution presque attendue d'un produit connu pour son prestige et son excellence. Le client par exemple choisit de rallonger ou de raccourcir les manches jusqu'à 6 centimètres, ce qui garantit un ajustement parfait par rapport à la taille standard. Ses initiales peuvent être brodées sur le bord inférieur du chandail. Chaque pièce est fabriquée à partir des meilleures fibres de cachemire, qui sont obtenues à partir de la toison de jeunes chèvres de montagne en Mongolie. Compter 21 jours pour la livraison, à la fois en Europe et dans 28 pays en dehors de l'Europe. www.zegna.com AUBERCY, chausseur de renom Depuis 1935, l’homme a trouvé chaussure à son pied ! Vous craquerez certainement sur la variante de Lawrence originale, sa célèbre bottine à bouton si belle avec ses raffinements de tige et ses boutonnières à la main. Aubercy s’adresse sans conteste à de véritables passionnés en recherche d’exception. www.aubercy.com CHRISTIAN LOUBOUTIN et sa semelle rouge Inspiré par le pop art, la semelle en cuir rouge est rapidement devenue le signe distinctif de sa marque. Louboutin a ouvert depuis une cinquantaine de boutiques en nom propre, en France, aux Etats-Unis et en Asie. Un atelier des « commandes spéciales » est fondé en 2006 et compte de nombreuses célébrités comme clientes fidèles, telles Victoria Beckham, Kylie Minogue, Dita von Teese. Louboutin propose aussi un large choix de ballerines et bottines, aussi des chaussures pour homme, mais il faut admettre que le talon 12 voire 16 cm plaît toujours autant ! www.christianlouboutin.com CARVEN, luxe inspiré et accessible Carven est une maison de Prêt-à-porter française, fondée en 1945 et ayant bénéficié de l’appellation de haute couture jusqu'en 1996. De nos jours, après une époque de rachats successifs, le styliste Guillaume Henry réveille la marque avec succès. Des années couture, on garde l’héritage. Celui qui rime avec une conception parfaite du vêtement et la justesse des matières. Aujourd’hui, la maison choisit d’offrir un prêt-à-porter inspiré et accessible. www.carven.fr

Le sac Beyond de LANVIN La collection Lanvin Automne/Hiver 2014 s'articule autour du sac Beyond, hommage aux lignes rondes et aux courbes géométriques Art Déco, mouvement si cher à la fondatrice de la marque centenaire. Archétype du sac moderne avec ses anses, ses deux compartiments et sa bandoulière amovible, le modèle Le Jour est à destination de la femme active. Le sac cocktail, intitulé Le Soir surprend lui avec un fermoir bijoux Art Deco. La collection se clôt sur La Nuit, une minaudière agrémentée d´un fermoir cabochon. www.lanvin.com

POINT PLUME – Le paradis de l’écriture C’est bien la quintessence de l’écriture avec des éditions limitées et des stylos d’exception. En hommage à la haute horlogerie Suisse, Caran d’Ache par exemple, la maison de haute écriture Point Plume a créé 1010, une sublime Edition limitée à 500 exemplaires en plaqué argent revêtu de rhodium. Le « 1010 » Chrono Sport rend hommage au chronographe et aux sportifs d’exception et existe en deux déclinaisons: stylo plume et stylo-roller. www.pointplume.com
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n°5
BEAUTÉ
ELECTRO SHOCK by NICKEL C’est la nouvelle arme concentrée anti-fatigue de la gamme Nickel. C'est l'accessoire indispensable de vos soirées, une véritable energy drink pour la peau, inspirée de la recette du Mojito. A utiliser avant de sortir, ou le lendemain au réveil, et tout au long de la journée dès les premiers signes visibles de fatigue. Fête après fête, la peau reste parfaite. www.nickel.fr Bougie-huile précieuse YONKA La bougie huile de massage sérénité Neroli délasse et apaise corps et esprit. Dès que sa flamme s’élève, l’espace s’approprie les élégants accents hespéridés, suaves et légers de ses huiles essentielles de Néroli, Petitgrain, et orange. Puis elle se métamorphose en un onguent précieux, tiède et doux. Prolongez l’application à l’infini ! www.yonka.com Cherry in the Air d’ESCADA Prolongez l’été avec des notes fruitées by Escada. C’est un mélange captivant de délicieux fruits rouges et de notes gourmandes auxquelles il est difficile de résister tant elles donnent envie de croquer la vie et transportent l’imagination vers des étés enjoués. Le parfum s’ouvre sur de savoureuses notes de cerise noire et de framboise juteuse, auxquelles s’ajoute un soupçon de mandarine pour apporter une touche énergisante de fraîcheur acidulée. En notes de cœur, nous retrouvons des pétales de gardénia, la noix de coco, la vanille et la guimauve. Enfin le bois de santal renforce la nature séduisante du parfum. Un Must en édition limitée ! www.escada-fragrances.com

ArT DE VIVrE & PATrIMoINE
HORLOGERIE /
JOAILLERIE
PERRELET vous présente sa nouvelle collection Turbine PErrELET est l’Inventeur de la montre automatique depuis 1777. Vous connaissez certainement la collection Turbine de Perrelet. Une gamme de montres uniques en leur genre, équipées d’un ingénieux dispositif rotatif permettant d’animer leur cadran à la manière d’une Turbine d’avion. Après des déclinaisons multiples et variées, la Perrelet Turbine se met cette année en mode chronographe. Votre poignet ne pourra plus s’en passer ! www.perrelet.com BLANCPAIN L-evolutionR : R pour racing La coque titane et le cadran carbone en font une montre ultra légère. A plus de 50 composants par gramme, Blancpain prouve qu’en marge des grandes classiques de sa gamme, la manufacture maîtrise parfaitement les nouveaux matériaux. Balancier en silicium et mouvement amagnetic, le moteur de cette Blancpain fait immanquablement penser aux trésors de technologie que renferment les V10 Lamborghini. www.blancpain.com ARIJE, Joaillerie et montres Installée depuis 1980 au cœur du triangle d’or parisien, la Maison Arije s’est imposée comme une référence de la haute horlogerie et joaillerie. Arije anticipe les tendances et met en scène une sélection aussi prestigieuse qu’audacieuse. En partenariat avec de grandes manufactures telles rolex, Chaumet, Cartier ou Boucheron, la Maison Arije présente des nouveautés en exclusivité et des séries limitées d’exception. La maison s’est agrandie en 2009 avec l’ouverture de points de vente à Paris, Cannes, Saint-Jean-Cap-Ferrat et Londres. www.arije.com VACHERON CONSTANTIN, Montre Tour de l’Ile Pour aller plus loin dans le luxe, la manufacture horlogère sise à Genève depuis 1755, propose avec ce modèle un service de personnalisation. L'acheteur peut choisir parmi trois métaux, trois ambiances de cadran semi-transparent et deux finitions de mouvement. Deux bracelets sont livrés avec la montre : l'un en cuir d'alligator et l'autre en caoutchouc vulcanisé. Le coffret contient aussi un passeport propre à la montre, une clé USB contenant entre autre le mode d'emploi... www.vacheron-constantin.com

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ArT DE VIVrE & PATrIMoINE
L’Art du temps
EVASION
HOSTELLERIE DU CHÂTEAU DE LA POMAREDE Entre Castelnaudary et Toulouse, Nathalie et Gérald Garcia vous proposent la noblesse épurée de leur Château médiéval élégamment restauré en hôtel 4 étoiles. Vous choisirez entre les chambres du Château, rénovées avec goût dans un style contemporain, et celles restaurées du presbytère, qui a conservé toute son authenticité. La cuisine gourmande de Gérald se veut inventive et devient presque design à l'heure du dessert. Dans l’Espace Zen, laissez-vous tenter par les soins haut de gamme et profitez de la piscine de nage bleu lagon surplombant la vallée. www.hostellerie-lapomarede.fr HOTEL DELOS Situé sur l’île de Bendor, l’Hôtel Delos vous reçoit au cœur d’un site paradisiaque entre ciel et mer. récemment rénovées, les chambres du Delos offrent des prestations et un décor insolite et charmant où les broderies italiennes du XIXe siècle se marient aux teintes de marbre. Le restaurant semi-gastronomique «Le Delos» vous séduira par sa cuisine axée sur les spécialités méditerranéennes. www.hotelspreference.com

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MONTVILLARGENNE Venez découvrir le plus grand Château Hôtel 4 étoiles en France, au cœur de la forêt de Chantilly ! Ses 120 chambres de grand confort sont toutes pensées et conçues suivant des thématiques propres à chacune : Égyptienne, Provençale etc. Le restaurant gastronomique vous invite à une cuisine de passion avec des mets subtils et originaux. Détendez-vous à l’espace bien-être, avec piscine intérieure chauffée, sauna, hammam, salle de fitness et cabines de modelage. www.chateaudemontvillargenne.com

WESTMINSTER TOUQUET Ce magnifique établissement 4 étoiles est situé au cœur du quartier le plus élégant du Touquet, à proximité du Palais des Congrès et de la plage entre mer, golfs et forêt. Découvrez le symbole de la tradition du Touquet chic, qui séduit par son luxe sage et son charme des années 30. Vous dégusterez une cuisine délicate et inventive dans l’ambiance romantique de son restaurant gastronomique étoilé “Le Pavillon”. Pour finir, profitez d’un moment de détente au Spa Nuxe. www.westminster.fr/hotel-spa-Touquet

IMMOBILIER
BELLES DEMEURES, Immobilier de luxe et villas de prestige L’immobilier haut de gamme dans toute sa splendeur, que vous pensiez à un achat, une vente ou une location. Château, villa, manoir, loft, appartement de prestige, chalet, hôtel particulier, vignoble, propriété de chasse… de nombreux biens d’exception à découvrir sans tarder, notamment en région parisienne et dans le sud-est ! www.bellesdemeures.com EMILE GARCIN PROPRIETES, une affaire de famille… L’aventure commence en 1963 à Saint-rémy-en-Provence et a fait des petits depuis, 26 agences en France avec des antennes à l’International. Dans la sélection des biens, Emile Garcin et son équipe mettent un point d’honneur sur la situation privilégiée, l’authenticité, la qualité architecturale, le charme et un prix accord avec le marché. Le groupe propose aussi locations à l’année et locations saisonnières. Le Prix Emile Garcin récompense chaque année la restauration d’une demeure. www.emilegarcin.fr

AUTOMOBILE
La FIAT 500 roule depuis 1936 ! La première génération de 1936 laisse place à la deuxième en 1957 pour enfin faire naître la troisième génération en 2007 dans un style néo-rétro. Le modèle 500S disponible en 14 couleurs de carrosserie, laisse deviner quelque chose de Spécial dans l’ensemble des finitions : jantes en alliage 15’’Sport, le volant et le pommeau de levier de vitesse Sport, la planche de bord satin chrome et les sièges en cuir. Sans oublier le rouge Séduction qui se retrouve dans une multitude de détails. www.nouvelle-fiat500.fr Légèreté et haute technologie chez Peugeot

VINS & SPIRITUEUX
Une année d’exception pour le Champagne Besserat de Bellefon ! Cette année, le Champagne Besserat de Bellefon fête ses 170 ans et à cette occasion nous propose la cuvée BdeB, savoureux mélange d’une mousse onctueuse et d'une fraîcheur caractéristique des caves de Besserat de Bellefon. Dégustez « La Sensation » Besserat de Bellefon avec modération mais avec beaucoup de plaisir ! www.besseratdebellefon.com

A bord de la Nouvelle Peugeot 308, le conducteur prend place au cœur d'un véritable cockpit à l'architecture innovante : le PEUGEoT i-Cockpit, évoquant efficience et légèreté. L’utilisation de matériaux allégés innovants et une direction assistée électrique conjuguent leurs vertus pour contribuer à limiter les émissions de Co2. La Nouvelle Peugeot 308 affiche une signature lumineuse hightech et raffinée : des projecteurs full LED de série dès le niveau Allure. roulez intelligent ! www.peugeot.fr

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L ’ a b u s

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c o n s o m m e r

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m o d é r a t i o n .

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- Photos : J-P Bost - H. Lefebvre / TWIN .

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Art dE vIvrE & PAtrIMOInE
Patrimoine

n°5

Protection rapprochée
On dit que les Français sont d’humeur changeante ? Mais pour ce qui est de leur patrimoine, leurs objectifs ne varient pas : générer du rendement et faire baisser ces maudits impôts. Si les objectifs demeurent, les conditions changent. En période de crise, quelles sont les bonnes recettes et les tendances ?

Ce n’est pas un temps à oublier son parapluie lors que la crise a décidé de s’installer, les Français souhaitent mettre leur patrimoine à l’abri des intempéries. Fini le temps des investissements risqués, des coups en Bourse et des valeurs exotiques : ils veulent des placements sûrs pour asseoir leurs finances. Mais ces derniers ne sont plus aussi rentables qu’ils l’étaient par le passé, d’où un certain désarroi. « Leur préoccupation majeure, c’est de faire face à une pression fiscale en hausse et à l’érosion des rendements des placements traditionnels », résume Jean-Marc Bourmault, directeur des partenariats du salon Patrimonia, qui se tient les 26 et 27 septembre au Centre des congrès de Lyon. « Il y a tout un travail de pédagogie

A

à faire pour leur expliquer qu’il n’y a pas de possibilité de rendement sans prise de risque. Même les placements sur l’obligataire ne sont pas dénués de risque, en cas de forte hausse des taux par

commandes ont tenté de trouver des solutions en augmentant la CSG et la CRDS, mais cela ne résout pas le problème ». Il est vrai qu’aujourd’hui, bon nombre de personnes ont intérêt à s’être

ment expliquer autrement l’essor de la prévoyance, qui vise à faire face au déficit chronique de l’assurance maladie. L’enjeu du XXIe siècle résidera sans doute dans cette prise en compte de la dépen-

“Les Français souhaitent mettre leur patrimoine à l’abri des intempéries ”
exemple. Nous ne sommes jamais à l’abri de rien », observe avec philosophie JeanMarc Bourmault. Selon lui, si les gens s’interrogent sur la rémunération de l’épargne, ils sont aussi préoccupés par la question des retraites : « Il n’y a pas eu de vraie réforme, mais plutôt une réformette. Les personnes aux constitué une retraite complémentaire s’ils veulent vivre convenablement dans le grand âge. « Le système par répartition n’est plus du tout adapté aux réalités démographiques, si bien que les individus doivent prendre conscience qu’ils vont devoir se protéger », affirme Jean-Marc Bourmault. Pas très rassurant, mais comdance, puisque l’on vit certes plus longtemps, mais de façon moins optimale que par le passé.

Prudence oblige

Au sein du salon Patrimonia, cette année comme les précédentes, les experts de la gestion des finances personnelles devraient beaucoup dis-

cuter de la crise et de son impact sur le pouvoir d’achat des Français. « Face à cette réalité, ils sont plutôt dans une approche de thésaurisation. Ils sont aussi plus craintifs et veulent aller vers des supports sécurisés », note Aurélien Guichard, président fondateur d’Agora Finance. Il observe que jusqu’à présent, l’assurance vie leur apportait des rendements assez satisfaisants, mais les taux ont fondu comme neige au soleil, passant de 9% dans les années 90 à un maigre 3% aujourd’hui. « D’où une frustration, car ils ont envie de placer leur argent, mais les taux sont bas. Ils avaient aussi coutume de placer leur pécule dans l’immobilier, mais là aussi, le nombre de ventes diminue puisque le prix du

foncier est élevé. Ils attendent de voir s’il va se stabiliser », analyse-t-il. Selon lui, des solutions sont à creuser du côté des fonds euros boostés : « Ils ont démarré il y a deux ans. Les garanties sont les mêmes que sur un fonds classique, mais la rentabilité peut aller jusqu’à environ 4,5% ». Ce n’est pas le Pérou, mais c’est déjà pas mal.

Fonds obligataires et PorteFeuilles équilibrés Enfin, les obligations d’entreprises fournissent à peu près le même type de rentabilité. « Pour les entreprises, l’intérêt réside dans le fait d’avoir, avec les obligations, beaucoup plus de flexibilité qu’avec des dettes bancaires. Pour les clients, c’est la rentabilité », explique Aurélien

Œ

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Dét enir Détenir un patrimoine n’es t pas donné à t out le monde. n’est tout le Ne le c onfiez pas à n’import e qui. le confiez n’importe

Gestion privée Gestion privée Gestion fortune Gestion de fortune
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Art dE vIvrE & PAtrIMOInE
Patrimoine
Guichard, le président d’Agora Finance. Alors qu’il y a cinq ans, les entreprises se finançaient à hauteur de 70% au travers de la dette bancaire, et à hauteur de 30% au travers de la dette obligataire, la tendance s’est inversée depuis cinq ans. devant la raréfaction du crédit bancaire et le manque de liquidités, les entreprises se tournent en effet de plus en plus vers les marchés financiers pour assouvir leur besoin de financement, en émettant des obligations. Encore faut-il offrir un rendement suffisamment attractif pour séduire les investisseurs. A ce jour, les entreprises européennes offrent entre 2% et 5% de rémunération supplémentaire par rapport au taux d’Etat français. Ces primes de risque reflètent une probabilité de défaut implicite elle-même plus élevée. toutes les sociétés de gestion proposent des produits de ce type. Citons par exemple le fond r2016, de la société rotschild, ou encore CPr croissance réactive P, CLn triade… toutefois, pour Patrice Muzard, directeur général de Muzard Finance, « en ce qui concerne les obligations, le contexte est plus compliqué aujourd’hui que pendant les années 2009 et 2010, pas si lointaines, car les taux d’intérêt sont désormais sur une pente ascendante. Je conseille donc à mes clients de rester sur des obligations à échéance afin d’éviter un éventuel krach obligataire, comme celui que l’on a connu en 1994 ». On n’est jamais à l’abri que l’histoire se répète. A ses yeux, il est également très important d’avoir une répartition de portefeuille diversifiée : « Il faut essayer, quel que soit le contexte de marché, de conserver toujours la répartition suivante : 25% d’actions, 40% d’obligations et 35% d’immobilier locatif. Cela permet de réduire la volatilité du patrimoine et par conséquent d’apporter de la sérénité à l’investisseur ». Au niveau des actions, il lui semble préférable de privilégier au moins 50% sur l’Europe, ce qui limite les risques inhérents aux problèmes de change : « la Chine et l’Inde sont à des niveaux de valorisation très attractifs, donc il me paraît intéressant d’en acheter, car ces marchés repartiront à la hausse ».
déFiscaliser Au delà du souhait de générer des rendements, les Français sont aussi désireux d’échapper à la pression fiscale. Cela peut se faire par le biais de placements immobiliers, lesquels trouvent plus que jamais leur place dans la galaxie des solutions d’investissement

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investir Pour

disponibles, surtout à l’heure où l’incertitude économique, fiscale et financière, prédomine. Patrice Muzard préconise d’investir, non pas dans des résidences de tourisme, trop soumises aux aléas de la météo (ce qui peut engendrer des baisses de loyer à l’échéance du bail commercial) mais dans des résidences séniors et médicalisées, du type Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAd). Mais sur ce type de choix, les avis divergent. Il existe également la loi Malraux, qui permet une réduction d’impôt de 30% du montant des travaux de restauration avec un plafond de 100 000 euros de travaux par an (soit une réduction d’impôt de 30 000 euros au maximum). Cet investissement permet d’acheter en centre-ville des appartements de qualité qui pourront être vendus dans de bonnes conditions, étant donné la qualité des emplacements. L’autre alternative intéressante, ce sont les Société civile de placement immobilier (SCPI) et les Fonds communs de placement en innovation (FCPI). Ce type de placement immobilier a en effet le vent en poupe, avec des rentabilités pouvant atteindre jusqu’à 7% des nets avant fiscalité. L’immobilier sous forme de statut juridique, notamment les Locations en

meublé non professionnel (LMnP) représentent aussi une piste intéressante à suivre dans une logique d’optimisation fiscale. Le PErP (Plan d’épargne retraite populaire) permet aussi de défiscaliser tout en bénéficiant d’une rentabilité viagère. « Dans le cas d’un investissement de 75 000 euros, la réduction d’impôts peut aller jusqu’à 30 750 euros », analyse Patrice Muzard. Enfin, le Girardin industriel est sans doute l’outil de défiscalisation le plus risqué mais le plus efficace. A utiliser avec précaution, donc. Les particuliers sont invités à investir dans des projets, situés le plus souvent dans les dOM-tOM, afin d’encourager le développement de ces territoires. La réduction d’impôts est immédiate et s’applique sur l’exercice en cours. Sans compter qu’elle est reproductible chaque année. Patrice Muzard recommande de n’y avoir recours qu’à condition de passer par une société dont le passé parle pour elle, afin d’éviter les risques de requalification. Ce qui est certain, c’est qu’il faut que les réductions d’impôts soient productives, autrement dit, il faut savoir les réinvestir. tout un art…

Ariane Warlin

Allo les CGP
après l’affaire Madoff, l’heure du boursicotage a sonné. les particuliers s’intéressent de plus en plus à la façon de faire prospérer leur patrimoine. Selon une idée reçue, il faudrait un certain niveau de patrimoine pour solliciter l’avis d’un conseiller spécialisé. En réalité, il n’est guère besoin d’être Crésus pour chercher à faire prospérer son argent. L’essor des Conseillers en gestion de patrimoine (CGP) le confirme. dans un rapport de proximité avec leurs clients, ils ne sont pas contraints pas des objectifs. Ceux qui hésitent à les consulter lisent avec vigilance des revues consacrées à ces sujets. Le Particulier, par exemple, tire à 400 000 exemplaires. Un hasard ? non : il répond à des préoccupations bien spécifiques. Le titre a d’ailleurs lancé il y a un an un nouvel outil, baptisé Patrimoinexperts. Le principe est simple : les milliers de lecteurs des sites du groupe Le Figaro peuvent contacter directement des professionnels pour obtenir des réponses à leurs questions et le cas échéant, affiner leurs besoins. Autant dire que les CGP, de leur côté, ont intérêt à être très réactifs ! « Je suis entré en contact avec des gens dans ma région, en l’occurrence en Midi Pyrénées-Aquitaine. Tous ont souhaité que je les accompagne bien au delà de leur question initiale. Ce concept est d’autant plus pertinent que nous commençons systématiquement notre démarche par un audit », explique Laurent dinse, qui a souscrit à cet outil. Si, de l’aveu de beaucoup de CGP, le plus dur est d’initier un premier contact, du côté des particuliers, la démarche consistant à appeler un conseiller n’est pas simple. Comme l’explique Erwan Ferraton, directeur général adjoint du Particulier, ce service est issu de remontées formulées par le lectorat du groupe Le Figaro : « Nos internautes souhaitaient une intermédiation pour entrer en contact avec des CGP. Nous avons donc imaginé ce produit et entendons, à terme, le décliner à d’autres univers professionnels ». des débats d’experts sont également organisés sur des thématiques patrimoniales. Ces contenus sont visibles auprès d’internautes ayant des affinités avec les questions patrimoniales. « L’investisseur contacté peut visualiser le profil et les informations sur la société du conseiller », souligne Sacha de Hond, responsable de la stratégie développement marketing et commercial de Patrimoinexperts. Grâce à ce type d’initiatives, les particuliers sont aujourd’hui moins complexés pour décrocher leur téléphone et solliciter un avis.
A.W.

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OCtOBrE/nOvEMBrE 2013 - www.ecoreseau.fr

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n Lille. gare Saint-Sauveur, Le coup du Fantôme Dans le cadre des 25 ans de la Galerie Perrotin et de l’exposition « Happy Birthday » au Tripostal de Lille, la Gare Saint-Sauveur – haut-lieu de l’art contemporain lillois – devient l’antre de plusieurs installations monumentales des artistes Sun Yuan & Peng Yu. « Le coup du Fantôme », la pièce sur l’éphémère et l’aléatoire, la patience et la frustration. Une œuvre qui investit les cinq sens pour exprimer la fugacité des idées, leur cheminement et leur manque d’aboutissement. Une composition définitivement portée sur l’absurde, thème qui rejaillit d’ailleurs sur l’ensemble des installations disposées dans les halles de l’ancienne gare. Ainsi, un balcon vieillissant aux allures romantiques régurgite au hasard des écrits. Tout y passe : dictionnaires, magazines de mode, romans, bandes dessinées... La bizarrerie entend ici dénoncer nos modes de consommation, l’ « infobésité » et leur indigestion. L’absence de sens, encore et toujours, parcourt « La cérémonie des objets en inox » applaudis par des spectateurs en smoking et tenue de soirée. Artistes des plus controversés en Chine, Sun Yuan et Peng Yu nous confrontent à une interprétation mécanique de la condition humaine. Un pont entre les civilisations asiatique et occidentale où se découvre une vision froide et déstabilisante du monde moderne. gare Saint-Sauveur, boulevard JeanBaptiste-Lebas, Lille, jusqu’au 3 novembre. du mercredi au dimanche, de 12 h à 19 h. ouvert le 1er novembre. entrée gratuite. la synthèse des arts » chère à cet artiste complet. » L’expo s’intitule « Le corbusier et n La rentrée des expositions réserve de jolies promesses aux amateurs d’art. Le musée de l’Orangerie consacre une exposition au couple mythique diego rivera/Frida Kahlo pour pointer leurs similitudes et différences. La Galerie du Grand Palais présentera des œuvres du peintre Félix Vallotton (1865-1925). Au Centre Pompidou, à partir du 30 octobre, se tiendra l’exposition « Le Surréalisme et l’objet » pour revenir d’une manière originale et neuve sur l’un des mouvements artistiques qui a le plus marqué le XXe siècle, explorant l’articulation de la conscience individuelle avec la société ou le refus de l’ethnocentrisme occidental. Le 18 octobre, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris ouvrira une exposition consacrée au peintre français d’origine russe Serge poliakoff (1900-1969), figure de l’art abstrait et proche de Kandinsky et Robert Delaunay. A partir du 16 octobre, la Cité de l’architecture et du patrimoine de Paris accueille une rétrospective intitulée « 1925, quand l’art déco séduit le monde », revenant sur l’Exposition internationale qui a marqué le début de la diffusion de ce style qui a imprégné les années 1920 à 1940, mêlant pourquoi ne pas faire un tour dans les lieux emblématiques de Marseille-Provence 2013 ?

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maîtresse, c’est au premier abord une œuvre qui parait figée. Juste un balai dormant au sommet d’une structure métallique et trônant au milieu d’une pièce obscure à l’atmosphère moite et pesante. Puis, un coup de canon retentit. Et un halo de fumée jaillit alors de l’obscurité, soutenu dans sa course par une rangée de ventilateurs. Parfois en forme de nuage, parfois en rond de cigare, l’exhalaison finit sa course, balayée par l’installation mécanique dans un brouillard de particules. Le calme revient dès lors jusqu’à la prochaine déflagration. Le couple d’artistes chinois nous livre un spectacle qui joue à la fois n Marseille-provence 2013 Les festivités se poursuivent dans la capitale européenne de la culture pour 2013. Le J1 consacre une exposition à un architecte qui a profondément marqué la ville, Le Corbusier (1887-1965). Après guerre, il y a en effet construit la Cité Radieuse, qui lui a permis d’appliquer ses idées pour une architecture respectueuse des habitants. Sa Cité est un « village vertical » de 360 appartements monté sur pilotis, avec des rues intérieures, des bureaux, des commerces et un toit-terrasse. « Le contenu de l’exposition sera pensé comme le point de convergence des différentes recherches plastiques menées par Le Corbusier de 1933 à 1965 (pour) illustrer

toutes les formes d’art, de l’architecture à la peinture en passant par le design et la sculpture. Les clichés en noir et blanc du photographe suédois iconoclaste anders petersen seront à l’honneur à la Bibliothèque nationale de France à partir du 13 novembre.

a été réalisé par l’architecte à la mode Rudy Riccioti, à qui l’on doit aussi le Stade JeanBouin à Paris. Les façades et le toit de ce gigantesque cube noir de 15 000 mètres carrés posé sur l’eau sont traversés de nervures qui le font palpiter et vivre au gré de la lumière. Juste à côté, la Villa Méditerranée, inaugurée en avril, est une structure blanche en forme de L inversé, la tête tournée vers le soleil et les pieds dans l’eau. Elle est l’œuvre de l’architecte milanais Stefano Boeri.

la question du brutalisme ». Puisqu’il est question de belle architecture,

Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MuceM), inauguré en juin,

CINÉMA
n La Vie d’adèle (chapitres 1&2) du génial Abdellatif Kechiche, avec Léa Sédoux et Adèle Exarchopulos a beaucoup fait parler, en bien (Palme d’or à Cannes, excusez du peu) comme en mal (fronde des équipes du tournage et des actrices). Le synopsis est sibyllin, mais en faut-il plus pour attirer les spectateurs vers ce film de trois heures que tout le monde attend ? « Une jeune fille découvrant sa sexualité se sent attirée par une autre femme ». n Dans un autre registre, Luc Besson adapte Malavita, le livre déjanté de Tonino Benacquista : une famille de mafieux repentis sous la protection du FBI tente de s’adapter à sa nouvelle vie. Sortie le 23 octobre.

Le rapport coup de poing…
Les 22 Fonds régionaux d'art contemporain (FRAC) ont fêté leurs 30 ans en mars dernier. Conçus pour diffuser la connaissance avec des expositions itinérantes, financés par l'Etat et les collectivités territoriales (principalement les Régions), ceux-ci se sont sédentarisés avec le temps, au point de confier la construction de bâtiments innovants à des architectes stars. Un gouffre financier à cause des frais de fonctionnement selon la Fondation de l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (l'IFRAP), think tank qui vient de sortir un rapport accablant de 16 pages. Sont aussi dénoncées l'opacité et l'inflation des acquisitions des FRAC (26000 œuvres, dont 55% réalisées par des artistes français) – alors qu'il existe déjà un Centre national des arts plastiques riche de 100000 œuvres, un Centre Pompidou avec ses variantes mobile et messine, et de multiples fondations privées – ainsi que l’inaliénabilité des œuvres. A quand la revente de ces créations ?

PROCHAIN NUMÉRO LE 28 NOVEMBRE 2013
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OCTOBRE/nOVEMBRE 2013 - www.ecoreseau.fr

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