<?xml version="1.0" encoding="UTF-8" ?>
<texte>
<page num="1"><![CDATA[
JuIN/JuILLEt 2013
Bimestriel - 4,90 €

N°3

L’information économique & stratégique, autrement
PANorAMA International A la Une

Comprendre, Entreprendre, Innover

ecoreseau.fr

Raison close
Comme ses voisins, la France se cherche sur la prostitution. Permissifs, règlementaristes, abolitionnistes... à chacun sa position, jamais la solution. p. 14

Baby boomers contre baby losers
ux générations privilégiées du baby boom succèdent des cohortes de plus en plus précaires. Les jeunes spoliés par les anciens ? Peut-être bien. La situation risque-t-elle de dégénérer ? Quelles réformes pour réconcilier les générations ? p. 16

A

L’Entretien
“Le seul espoir de la France, c’est l’Europe”
© Hamid Blad

CLuB ENtrEPrENdrE L’analyse

StrAtégIE & INNovAtIoN NuMérIQuE Décryptage

Savoir perdre pour “Le numérique modifie mieux gagner notre expérience de la
p. 24

Chantal Jouanno, Sénatrice de Paris et ancienne Ministre p. 6

Electron libre
“La start-up, comme la naissance d’un enfant”
Eric Lipmann, entrepreneur de 75 ans p. 28

A quand une culture de l’échec en France ? Non anecdotique, elle serait un pas de géant pour l’entrepreneuriat.

liberté”

Entretien avec Paul Mathias, philosophe

p. 44

Haute résolution

Créer aujourd’hui

Dématérialiser n’est pas joué
p. 50

PME, roseaux de l’économie
Les PME plient mais ne rompent pas. Pour combien de temps encore ?
p. 32

Numérique et papier, frères ennemis ? Bien au contraire.

Art dE vIvrE & PAtrIMoINE L’Art du temps

rH & ForMAtIoN Réseaux & Influences

Sex on the beach
“ Chéri, un câlin ? - Non. Il pleut et je me lève tôt. ”

p. 60

Girl power

Belgique/Luxembourg : 5.50 € Suisse : 8 CHF Canada : 8 $ CAD

Les réseaux féminins à l’attaque du plafond de verre et des réformes politiques. p. 56

 ]]></page>
<page num="2"><![CDATA[
eDitoRiAl
J’ai rêvé…
es indicateurs économiques sinistres, des PMe qui croulent sous l’impôt, des réformes à demi-mesure, une accoutumance à constater les problèmes sans jamais chercher à les résoudre… et si nous osions soutenir les entreprises, quelles qu’elles soient, plutôt que de tirer sur les pigeons qui cherchent à s’envoler ? une moralité politique contestable, une génération de baby losers, l’échec vécu comme une maladie incurable et honteuse… et si, simplement, nous nous attelions à l’évolution de notre mentalité ? un faux ami nommé « numérique » qui ne résout pas tous les problèmes, une maigre place laissée aux femmes, une vie personnelle rongée par les contraintes professionnelles… n’existerait-il pas in fine de syndrome franco-français ? Sans occulter les déconvenues du moment, nous souhaitons apporter des réponses constructives à toutes ces questions, et expliquer que les crises sont aussi, voire avant tout, des périodes d’opportunités permettant de nouveaux débouchés ; de même que notre perception de l’échec doit évoluer afin de profiter de toute expérience pour rebondir et se perfectionner. A nous de comprendre les enjeux actuels plutôt que de s’en effrayer, de concrétiser nos projets plutôt que d’y renoncer, de façonner l’avenir plutôt que de le considérer avec scepticisme. Après la pluie, le beau temps. C’est ce que nous espérons tous. Bienvenue dans le troisième numéro d’ecoRéseau.
Jean-Baptiste Leprince Directeur de la publication

n°3

eloge du déclassement

D

D

éposons les armes, l’affaire est entendue. les picadors de l’économie nous tiennent au bout de leur lance, et chacun de nos mouvements ne fait qu’élargir la plaie. la France est attaquée le lundi sur le front du chômage, le mardi sur celui de la croissance, le mercredi, c’est le moral des troupes qui fait défaut. et pas de weekend à l’horizon. Certes, Monsieur de Bergerac, « on n’abdique pas l’honneur d’être une cible ». Mais là, des banderilles, Marianne en a plein le dos. et l’union européenne avec elle, d’ailleurs. A l’exception de l’Allemagne qui, décidément, a la peau dure. eh bien soit. Adieu l’excellence, nous ne sommes plus premiers de la classe. Rangeons notre orgueil, nous risquerions des heures

de colle. Avons-nous même le droit de nous étonner ? Pas sûr. lorsqu’entre les cours, ceux de notre rang faisaient des heures supp’, nous descendions en recréation jouer aux 35 heures. Quand ils innovaient pour conquérir de nouveaux marchés, nous nous reposions sur les lauriers de nos fleurons industriels. Allez, entre nous, on l’a bien cherché. Pas de quoi pleurer devant notre bulletin de notes. Bien au contraire. D’abord, parce que tout ne bat pas de l’aile. le tourisme, par exemple. le 21 mai dernier, Paris était désignée destination préférée des utilisateurs du site tripAdvisor. en novembre 2012, une étude d’Harris interactive plaçait l’Hexagone en tête du peloton international, cette fois en matière de créativité culturelle

et artistique. ensuite, la place du chasseur n’est pas forcément la moins enviable. elle redonne goût au combat, aux battues sous la pluie, à la traque par grand vent. le chassé, lui – et nous en savons quelque chose -, est toujours tenté par la facilité. enfin, la médaille d’argent nous sied si bien. nous aimons Asterix, David et Poulidor. César, Goliath et Jacques Anquetil sont d’un mortel ennui. Mais pour rester dans la course aux places d’honneur, l’élève France doit garder confiance. et ne pas croire que dire adieu aux félicitations revient à un redoublement. une lecture à lui conseiller ? Le magicien d’Oz.
Olivier Faure

LE CHAT by Philippe Geluck

2

Juin/Juillet 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="3"><![CDATA[
n°3

PAnoRAMA
Rétrospective

Sommaire
Edito Rétrospective : le scandale en héritage 2 3

Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant. ls sont méchants les gouvernants, ils sont meilleurs les électeurs. » telle fut la version 2013 de la fameuse rengaine du Dîner de Cons. Dans le rôle de l’odieux M. Brochant, Jérôme Cahuzac. Dans celui de François Pignon, 65 millions de Français se sentant bernés par une classe politique pratiquant avec cynisme la méthode du « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Résultat, le lancement d’une vaste opération de moralisation de la vie politique, apportant des tombereaux d’eau pas très claire au moulin des partisans du « tous pourris ». Mais pour être pourri, encore faut-il avoir été vert. Puis mûr. en matière de morale, la classe politique l’a-t-elle déjà été ? Depuis Machiavel, on sait que pour entrer dans l’arène du pouvoir, il est préférable de laisser les bons sentiments au vestiaire. Pour autant, on perçoit vaguement, comme le goût de banane dans le Beaujolais nouveau, l’idée selon laquelle nos dirigeants étaient plus vertueux jadis. et grand-mère de confirmer en bout de table… « Les affaires de corruption ont toujours existé », tranche Christian Delporte, historien de la politique, professeur à l’université de Versailles. la fin du XiXe siècle est par exemple

le scandale en héritage
l’affaire Cahuzac a jeté le doute sur la moralité du personnel politique qui, reconnaissons-le, ne semble pas toujours très droit dans ses bottes. Faut-il s’en désoler ? Sans doute. Y voir une déliquescence des mœurs de la classe dirigeante ? non. Comme les erreurs d’arbitrage au football, les affaires ont toujours fait partie du jeu politique. Coup d’œil dans le rétroviseur.
financement du Parti Communiste par Moscou. Pas de quoi fouetter un chat. « Mais ce n’est pas parce que l’on n’a pas de thermomètre qu’il ne fait pas chaud, lâche Christian Delporte. Les gens n’étaient pas plus honnêtes, simplement, personne n’en parlait parce que de Gaulle avait tout verrouillé. La radio et la télévision appartenaient à l’Etat et la presse écrite hésitait à contrapoussent mieux sur un sol de crise. et puis, la politique change de visage après de Gaulle. « C’était encore une époque où on considérait la responsabilité politique comme une charge, alors qu’aujourd’hui, elle est devenue un métier. Les partis devenus des machines électorales s’apparentent aussi davantage à des entreprises qui ont d’abord besoin de beaucoup d’argent. Notamment pour leur communication qui, depuis les années 1970, a acquis une importance considérable. Dans ces conditions, on constate qu’à partir de Pompidou, les grandes affaires sont presque toutes liées au financement occulte des partis. Ce ne pouvait pas être le cas vingt ans plus tôt, où leur force de frappe reposait sur le militantisme. » Last but not least, l’élu des débuts de la Ve République est issu des rangs de la fonction publique. Pour une raison simple : l’assurance de retrouver un job en cas de revers électoral. Aujourd’hui, si les fonctionnaires restent largement représentés, on passe aussi de son fauteuil de PDG aux bancs de l’Assemblée, qui plient sous le poids des comptes en banques affichant parfois jusqu’à six zéros. eux qui, longtemps, n’eurent qu’à soutenir les séants de bons bourgeois de province.
Olivier Faure

PANoRAmA
L’Entretien : Chantal Jouanno Régions & Territoires : toulouse Hexagone : Contre-pouvoirs International : Raison close A la Une : Baby boomers contre baby losers

6-18
6 10 12 14 16

«I

marquée par le scandale de Panama, qui éclabousse plusieurs hommes politiques. l’affaire Stavisky, en 1934, met quant à elle en cause plusieurs élus de premier plan. Plus tard, les années 1970-80 sont secouées par une série d’affaires impliquant des députés ou des proches de la majorité de l’époque. en 1972, par exemple, le secrétaire d’etat Philippe Dechartre est mêlé à une histoire de favoritisme

CLUb ENTREPRENdRE
baromètre & Tendances Interview croisée : - tous les chemins mènent à Rome L’Analyse : l’échec en France En immersion : Couveuse Electron libre : Beethoven 2.0 Leçons de maux : Photowatt Prospective : l’or blanc Créer aujourd’hui : - PMe, roseaux de l’économie - transmissions en questions - Robin des boîtes - Conseils

21-40
21 22 24 26 28 30 31 32 36 38 32 à 40

“Dans les années 60, les affaires
sur l’île de Ré. un mois après sa condamnation, la pression devient trop forte et l’homme démissionne. Mais au milieu de ce marigot, subsiste un îlot de vertu : la seconde période gaullienne (1958-1969). le rayon « scandale politique » y a davantage des proportions de tiroir, voire de vide-poche. « Sous de Gaulle, en effet, on recense très peu d’affaires », confirme l’historien. il y a bien sûr le dossier Ben Barka, au début des années 60, qui aboutit à l’implication de l’etat dans un assassinat. et puis, d’autres éléments qui, avec le temps, font figure d’évidences, comme le

ne sortaient pas parce que De Gaulle avait tout verrouillé
rier le Général. Le mot « investigation » ne faisait pas partie du vocabulaire des journalistes. » Quant à la justice, elle était elle aussi tenue par le pouvoir. Par ailleurs, l’année 1958 marque un grand renouvellement du personnel politique de premier plan. A hommes neufs, consciences pures et casiers vierges. Malheureusement, « on est toujours plus tenté quand on dure, avance l’historien. Et ces gens-là ont fini par durer… » Autre explication : la conjoncture. la présidence de l’homme du 18-juin correspond à une période de prospérité. or, les affaires

”

STRATégIE & INNovATIoN NUméRIqUE
décryptage : Paul Mathias, philosophe Expertises Haute résolution : - la meilleure defense, c’est l’attaque - Dématérialiser n’est pas joué business story : Saint Gobain veille juridique

43-55
44 46 48 50 54 54

Rédaction
Courriel : redaction@lmedia.fr

Marketing, publicité & partenariats
Courriel : marketing@lmedia.fr

Direction de la rédaction Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric Marolleau

N°3

ecoreseau.fr
201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.fr Fondateur & Directeur de la publication : Jean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr) Administration & gestion

Président Comité éditorial Jean-Marc Rietsch Chroniqueurs & éditorialistes Eric Barbry, Gwenaëlle Bernier, Marc Drillech, Bernard Dubs, Michel Kahn, Francis Kuhn, Jean-Louis Pascon, Isabelle Renard, Jean-Laurent Santoni Dessinateur Philippe Geluck Ont collaboré à ce numéro Geoffroy Framery, Claire Friedel, Lisa Mélia, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Andrea Paracchini Secrétaire de rédaction Anne-Sophie Boulard

Directeur du développement – Associé : Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr) Chef de publicité : Elsa Azar, Eléonore Laouilleau Coordination & partenariats : Edouard Lemaire Diffusion, abonnements & vente au numéro LMedia / EcoRéseau 201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris
Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 29,40 €TTC - Abonnement 2 ans : 58,80 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse Distribution : Presstalis

RH & FoRmATIoN

56-59
56 56 58

Réseaux & Influence : - Girl Power - nominations, le People du business Carrières & Talents : image de l’université

Production & Editing
Courriel : production@lmedia.fr

Jean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)

Responsable : Frédéric Bergeron
Crédits photos : Thinkstock
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.

ART dE vIvRE & PATRImoINE
L’Air du temps : Sex on the beach L’Art du temps La Sélection culturelle

60-66
60 62 66

EcoRéseau est édité par RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 - Dépôt légal : à parution Numéro ISSN : 2265-7436

Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en France

www.ecoreseau.fr - Juin/Juillet 2013 3

 ]]></page>
<page num="4"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="5"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="6"><![CDATA[
PAnOrAMA
L’Entretien

n°3

« Le seul espoir de la France, c’est l’Europe »
Chantal Jouanno, sénatrice de Paris et ancienne ministre, porte un regard très critique sur la première année de présidence de François Hollande, ainsi que sur la situation de l’UMP. Selon elle, ce sont avant tout l’Europe et un pacte de confiance renouvelé avec les entreprises qui peuvent sortir la France de l’impasse.

© CHAMUSSY/SIPA

La première année de François Hollande au pouvoir vous satisfait-elle ? Je ne m’étendrai pas sur la question de l’incarnation du pouvoir, qui est un faux débat. François Hollande est parvenu à se faire élire par les Français, la place qu’il occupe ne doit donc rien au hasard. Sur sa politique, en revanche, il y a beaucoup à dire. Le vrai problème réside dans son inconstance, voire son inconsistance sur les questions économiques. Il

oscille en permanence entre deux positions, l’une très à gauche, l’autre qui est celle d’un démocrate social. Cela

L’erreur a été de développer une parole de dénigrement des acteurs privés. Le Président n’aurait jamais dû laisser

un tiers sur l’impôt. Or, c’est exactement l’inverse qui est fait. Et les premières à subir ce durcissement fiscal sont

“Le Président n’aurait jamais dû laisser passer le discours Montebourg ”
l’empêche de définir une ligne directrice claire. Sa stratégie pour sortir de la crise est-elle la bonne ? passer le discours Montebourg. Aujourd’hui, l’effort doit porter aux deux tiers sur la dépense publique, à les entreprises, alors que ce sont elles qui créent l’emploi ! Hors CAC 40, on s’aperçoit que les taux de

marge des sociétés françaises se révèlent nettement inférieurs à ceux de leurs voisines européennes. Il faut protéger les PME et arrêter de parier uniquement sur l’augmentation des impôts en ignorant la baisse de la dépense publique. Pour inscrire le redressement économique dans la durée, peut-être faudraitil même lancer un deuxième grand emprunt, afin de financer les infrastructures publiques de demain. Sur la question de l’énergie, par

exemple, ou sur celle des réseaux énergétiques et numériques, il y a un boulevard, et cela créerait de l’emploi. Ce manque de vision de long terme, comme la politique du « un fait diversune loi », apparaissent comme un héritage de la présidence Sarkozy… En effet, cela a pu être le cas lors du quinquennat précédent, notamment à partir de 2010. L’action du gouvernement a alors perdu en

Œ

6

JUIn/JUILLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="7"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="8"><![CDATA[
PAnOrAMA
L’Entretien

n°3

Bio express
On a souvent d’elle l’image d’une sportive en politique. Ce n’est qu’à moitié vrai. L’actuelle sénatrice de Paris a certes gagné 12 coupes de France et autant de championnats de karaté. Son dernier titre n’est d’ailleurs pas si vieux, puisqu’il remonte à 2010. Mais l’ancienne ministre des Sports et secrétaire d’Etat chargée de l’écologie au sein du gouvernement Fillon n’en a pas moins gravi les marches du cursus honorum menant vers les sommets de la politique : à son palmarès, un diplôme de Sciences-po, un autre de l’ENA. Engagée à l’UDI depuis octobre dernier, elle s’est notamment prononcée en faveur du mariage pour tous. En avril 2013, elle a lancé le think-tank « EcoloEthik », afin de promouvoir une écologie qui se veut progressiste.
O.F

notre calendrier est parfaitement défini pour l’année qui arrive. En mai ont eu lieu nos élections départementales internes, qui nous ont permis de définir les équipes de direction locales. Mais il a fallu rassembler les fichiers, mettre en place les organigrammes… tout cela ne se fait pas en quinze jours ! Grâce à ce travail, nous sommes capables d’investir des militants pour les

de société. Et de surcroît elle renforce le mariage, une institution qui solidifie le modèle familial. Mais ces engagements personnels s’inscrivent parfaitement dans la ligne que souhaite adopter l’UDI : progressiste sur les questions de société, européen, écologiste et très ouvert au secteur privé. En parallèle, vous avez fondé en avril dernier

élections à venir : en premier lieu les municipales dans les grandes villes de province, et les européennes, qui constituent nos deux objectifs électoraux majeurs. Quant à notre projet politique, il est en cours d’élaboration et devrait être finalisé en septembre.

“Les partis sont de moins en moins le lieu des idées ”

© Hamid Blad

lisibilité. C’est regrettable. toutefois, dans certains cas – les questions de sécurité notamment – cette façon de faire peut être justifiée. Mais jamais en matière économique, où il faut de la stabilité. Où en est la droite après le mélodrame Copé-Fillon ? L’UMP est aujourd’hui dans un état catastrophique. Au plan programmatique, c’est le flou le plus total. Et à part

sur les questions économiques, plus rien ne sépare une certaine frange du parti

C’est ce qui a motivé votre décision, le 21 octobre dernier, de rejoindre l’UDI, la

“L’UMP est aujourd’hui dans un état catastrophique ”
– les tenants de la « Droite forte », par exemple – du Front national. formation de Jean-Louis Borloo ? Depuis 2012, je me trouve en désaccord avec bon nom-

bre de positions prises par l’UMP. Quand l’UDI a vu le jour, je me suis dit que cela faisait du sens de rejoindre une autre alliance de droite. Une alliance qui tarde à se mettre en ordre de bataille et à exister de façon claire… Les gens aimeraient que les choses aillent plus vite. Mais pour créer un grand parti, il faut du temps. Aujourd’hui,

Vous avez voté en faveur du mariage pour tous, pour la dépénalisation du racolage passif, vous avez fait la preuve de votre engagement écologique… C’est le visage que veut donner l’UDI ? non, ce sont certaines positions que moi, Chantal Jouanno, je veux défendre au sein de ce parti. Selon moi, le texte sur le mariage pour tous n’aurait pas dû faire autant débat, pour deux raisons. D’abord, il ne constitue en rien une révolution de notre société. Ensuite, il s’agit à mon sens d’une réforme profondément de droite. Elle est très libérale puisqu’elle affirme que ça n’est pas à l’Etat de définir un modèle

Ecolo-Ethik, « un thinktank pour l’innovation écologique ». Pourquoi ? nous voulons porter une vision progressiste de l’écologie, bien différente de la seule écologie politique, très marquée à gauche. nous souhaitons aborder ce sujet sous l’angle des questions de société : la valeur du PIB, les modes de décision démocratique, ou encore notre modèle de consommation. Ce dernier point constitue actuellement notre principal cheval de bataille. On entend partout qu’il faut relancer la consommation pour relancer la croissance, nous nous inscrivons en faux contre ce dogme. Pour nous, la surconsommation ne représente pas une valeur. Autant de questions que vous pourriez aborder au sein de votre parti… Le développement des thinktank ne prouve-t-il pas la faillite intellectuelle des formations politiques ? Les partis sont assez faibles intellectuellement, c’est vrai. Ils sont de moins en moins

8

JUIn/JUILLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="9"><![CDATA[
n°3

PAnOrAMA
L’Entretien
prisant au passage souverainement l’opposition, alors que derrière, lui-même fraudait le système. Mais le plus On connaît votre amour pour le sport. Que peut-il apporter à la société ? Je vois la société comme la recherche d’un équilibre global. Le sport en fait partie, tant au niveau individuel que sociétal. Il peut aider à résoudre des problèmes sanitaires, ou d’éducation, et porte des valeurs importantes. Que pensez-vous des accusations de dopage qui frappent actuellement le rugby ? Malheureusement, tous les sont sports-spectacles confrontés à ce problème. Un constat qui ne doit pas empêcher, bien au contraire, de poursuivre la lutte. Celleci doit d’abord passer par l’éducation dans le sport amateur. Ensuite, il faut combattre les réseaux mafieux qui organisent le dopage, et continuer de perfectionner les moyens de contrôle, comme le passeport biologique des athlètes. Mais aujourd’hui, les efforts ne sont pas assez poussés car les fédérations refusent de reconnaître l’existence du dopage dans leur sport. Quant aux recommandations du ministère, elles ne sont pas très suivies… Ce qui pose la question du rôle et de l’influence de ce ministère… Qu’avez-vous retenu de votre passage à sa tête, de 2010 à 2011 ? Le ministère poursuit une double ambition, le sport de haut niveau et le sport pour tous. Mais il n’a pas les moyens financiers et humains d’assumer les deux. Plutôt qu’instruire des dossiers financiers et réglementer, il devrait être au cœur de la défense des valeurs du sport dans une vision politique globale : insertion par le sport, éducation par le sport, prévention sanitaire par le sport. L’une des clés serait de réunifier le « sport à l’école » et le ministère du Sport.

le lieu des idées. Mais à leur décharge, ils sont contraints par des impératifs électoraux auxquels échappent les think-

l’UDI, à envisager l’abolition des 35 heures

“Nous sommes plusieurs, à ”

tank. De plus, les intellectuels se montrent assez réticents à apporter leur concours à la réflexion des partis, de peur de se voir catalogués politiquement. Les cercles de réflexion ne connaissent pas ce problème et puis, n’oublions pas qu’un parti représente avant tout une base logistique qui permet de se faire élire. C’est d’ailleurs pour cela que l’UDI peine encore à attirer certaines figures du monde politique. tant qu’on n’assure pas l’intendance électorale, les poids lourds ne prennent pas le risque de nous rejoindre. Les affaires des derniers mois ont accru un peu plus le désamour des Français envers leurs dirigeants. Comment renouer le lien ? C’est très simple : il faut arrêter de mentir. C’est par là que passera le retour de la confiance. Or, qui peut avoir confiance en un Président qui affirme pouvoir inverser la courbe du chômage en quelques mois, quand tous les signaux sont au rouge ? Les Français ont besoin d’hommes d’Etat courageux, qui aient une vision claire et qui s’y tiennent. Par ailleurs, et même si le mot est détestable puisqu’il laisse à penser que tous les élus sont malhonnêtes, le mouvement de moralisation de la vie politique est une bonne chose. La réduction du cumul des mandats, la quête de transparence par exemple, vont dans le bon sens. Jérôme Cahuzac n’a-t-il pas été le parfait bouc émissaire d’une classe politique qui ne brille pas toujours par sa vertu ? Je n’ai pas ce sentiment. Je pense plutôt qu’il a payé son arrogance. Ce qui a choqué la classe politique, c’est qu’il est venu devant les parlementaires faire l’apologie des hausses d’impôts, mé-

important aujourd’hui est ailleurs : il faut savoir si le gouvernement était au courant de la situation de Jérôme Cahuzac. A quels motifs d’espoir se raccrocher, dans cette période bien sombre ? Le seul espoir de la France, c’est l’Europe. Si Bruxelles parvient à mettre fin à la concurrence entre pays européens, et à les faire travailler ensemble sur les ressources stratégiques (énergies, terres rares, lithium, tantium, cuivre, etc.), c’est gagné. De même, il importe que l’Europe s’inscrive dans un pacte de confiance à l’égard des entreprises, et non plus de défiance. Malheureusement, nous en sommes aujourd’hui très loin. Au plan national, nous pouvons aussi compter sur certains de nos points forts, comme notre système de formation. nous possédons les meilleures écoles d’ingénieurs du monde, et il importe de continuer de travailler sur l’économie de la connaissance. Sur les questions environnementales, aussi, la France se situe bien. nous émettons par exemple 20% de CO2 de moins par habitant que nos voisins européens. Les Français sont aussi attachés à l’idée de réussite par le travail. Et ils sont capables de travailler plus pour sortir de la crise. Cela veut-il dire une remise en cause des 35 heures ? nous sommes plusieurs, à l’UDI, à penser qu’il faut travailler davantage. Cela peut éventuellement passer par l’abolition des 35 heures, oui. Mais pas seulement : alors que notre pays décroche dans de nombreux classements sur l’éducation, nous nous interrogeons par exemple sur la pertinence du maintien des deux mois de vacances d’été.

Propos recueillis par Olivier Faure

Cadeaux d’affaires, Cadeaux de fidélisation, Incentives…

Philips Consumer Lifestyle
Contacts Direction commerciale : Pascal Evanno : pascal.evanno@philips.com Pour en savoir plus sur notre activité et vous aider à optimiser votre chiffre d’affaires, connectez-vous sur www.philips.fr/loyalty

www.ecoreseau.fr - JUIn/JUILLEt 2013 9

 ]]></page>
<page num="10"><![CDATA[
PANoRAMA
ostalgique, Nougaro cherchait sa pincée de tuiles rouges malgré les buildings grimpants et les avions ronflants. Et si la quiétude du Prieuré de la Daurade s’est vue menacée durant l’essor industriel d’aprèsguerre au profit des technologies de pointe dévoreuses d’espace, l’heure est de nouveau à l’harmonie entre le calme des vieilles enceintes et le développement économique de la ville. « L’Etat a apporté l’aéronautique, les pôles universitaires et de recherche et les organismes d’innovation, explique Pierre Cohen, maire PS de Toulouse et président de la communauté urbaine. Aujourd’hui, c’est aux collectivités de relever les défis économiques tout en les conciliant avec les enjeux sociaux et le développement durable. C’est dans cette optique que le centre cancérologique le plus important de France a vu le jour au Sud de l’agglomération ». Aussi la ville rose, métropole du savoir, avec le plus haut taux d’ingénieurs diplômés en rapport avec sa population, poursuit-elle le développement de nouvelles compétences : depuis 2007, le pôle de recherche et d’enseignement supérieur « Université de Toulouse » regroupe en son sein des établissements aussi prestigieux que l’institut national polytechnique de Toulouse, son institut des sciences appliqués ou son IEP (institut des études politiques). Reconnu pour son dynamisme, cet établissement public de coopération scientifique fait partie des campus sélectionnés en 2008 dans le cadre de l’opération nationale d’aménagement immobilier plan campus. Il s’est aussi distingué en devenant lauréat 2011-2012 de l’opération « initiative d’excellence » dans le cadre du programme des investissements d’avenir. Autre atout majeur de la ville, la plateforme régionale de transfert technologique du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Midi-Pyrénées, a récemment vu le jour. Marier le savoir à la croissance économique pour rayonner en Europe. Voilà le nouveau credo prêché sous les voûtes de la basilique Saint-Sernin.
Par Geoffroy Framery

n°3

Régions &

N

euls 50% des entreprises créées survivent au-delà de cinq ans en France. Elles sont 75% à dépasser ce cap quand elles intègrent une pépinière. La communauté urbaine favorise ainsi le développement de projets innovants tout en développant des capacités d'appui au processus d'internationalisation des entreprises hébergées. « Toulouse Métropole a soutenu la création d'entreprise par le triplement des surfaces d'accueil en pépinières d'entreprises depuis 2001 », précise le maire de Toulouse, Pierre Cohen. Aujourd'hui, 85 jeunes pousses d’entreprises grandissent en leur sein. L’agglomération met ainsi à disposition six pépinières et quatre hôtels, avec une capacité totale d'accueil qui dépasse la centaine d’entreprises.

PLaCE aux sTarT-uP

S

Too smart

Toul

l ne fait pas que bon vivre à Toulouse. Il fait également bon y étudier. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la ville se hisse, pour la seconde année consécutive, à la première place des métropoles de France présentant le plus d’aménités culturelles, environnementales et résidentielles (source l’étudiant.fr). Au-delà des tropismes de son cher Sud-ouest, la ville peut s’enorgueillir de délivrer des formations à haute valeur ajoutée. Ce faisant, Toulouse Business School et Sciences Po Toulouse lanceront à compter de la rentrée prochaine un double diplôme en management et sciences politiques. Une première en France ! A terme, ce cursus érigera de nouveaux profils regroupant des qualités opérationnelles en gestion et en management mais aussi de solides connaissances en géopolitique er en relations internationales. La ville rose a donc les pieds sur terre, mais surtout la tête dans les étoiles ! Notamment grâce à l’IPSA, école d’aéronautique quinquagénaire, préparant les futurs ingénieurs de l’air et de l’espace. L’école, non contente de son succès, a récemment créé un pôle insertion et promotion professionnelles pour resserrer davantage les liens entre les futurs diplômés et leur premier emploi. Et ainsi corréler au maximum la formation, la recherche et le marché du travail pour l’un des fleurons français de l’industrie de pointe.

ChoyEr La MaTIèrE grIsE

I

Adoptons tous l’entr pour booster la

Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, revient sur les leviers à actionner pour soutenir l’esprit d’entreprise.

TourIsME En CoL bLanC

R

econnue et admirée par ses pairs européens sur la scène de l’ovalie, Toulouse serait en passe d’acquérir ses lettres de noblesse en matière de tourisme international. Pourtant, pas de fonds qatari, ni de nouvelles infrastructures pour soutenir la réputation et les ambitions de la ville. Juste une nouvelle marque : « So*Toulouse ! », d’abord gérée par une Société d’économie mixte (SEM) puis rachetée récemment par la ville. « Il s’agissait de faire du tourisme d’affaires, et en particulier du tourisme de congrès, une composante à part entière de l’économie et de la recherche, explique JeanFrançois Renac, DG de So*Toulouse ! Convention. Nous avons donc identifié les filières et les secteurs porteurs pour cette activité. Désormais, nous souhaiterions faire de Toulouse une ville créatrice d’évènements d’envergure, une ville résidente et non plus seulement l’escale d’évènements tournants. » Aujourd’hui, une cinquantaine de congrès se tiennent dans la ville rose et amènent plus de 150 000 congressistes à venir battre le pavé des Minimes. La métropole a désormais intégré le top 80 des villes de congrès dans le monde. Succès retentissant, la marque se décline désormais à toutes les sauces et devient ainsi le symbole du rayonnement international de la ville, de son patrimoine culturel, touristique et économique.

Comment faire pour donner à la jeune génération l’envie d’entreprendre et favoriser le développement d’idées créatrices de valeur ? Pour développer le goût d’entreprendre, il est indispensable de faire connaître l’entreprise aux jeunes, par le biais de la scolarité, par exemple à l’occasion de stages ou d’informations sur ce qu’est une société. Il faut faire comprendre que l’entreprise est synonyme de liberté professionnelle, de choix de son destin. C’est aussi la chance de piloter pleinement un projet personnel. Une entreprise repose par ailleurs sur deux piliers : la création de valeur et la création d’emplois, ce qui signifie que l’on apporte de la richesse à la société dans laquelle on vit. En plus d’être une réponse à un désir personnel, un projet d’entreprise est donc aussi porteur de sens pour autrui. Faire entrer l’entreprise au sein des jeunes populations est essentiel, mais il faut aussi œuvrer pour faire entrer les jeunes dans l’entreprise. A ce titre, les expériences professionnelles jouent un rôle crucial tout au long du parcours scolaire et universitaire. Les mesures récentes de soutien aux entreprises, comme la création du CICE (Crédit Impôt Compétitivité Emploi), sont-elles à la hauteur des attentes des PME ? Les réformes adoptées démontrent que le gouvernement a pris conscience de la nécessité de se battre pour rendre nos entreprises plus compétitives. Le CICE est une approche intéressante, mais il mériterait plus d’ambition. Là où le gouvernement propose un crédit d’impôt de 4 % de la masse salariale pour les rémunérations versées au titre de 2013, puis 6 % pour les années suivantes, il serait plus intéressant de mettre en place un taux de 10 %, afin d’obtenir un véritable coup de pouce. Un pourcentage dégressif, en fonction de la taille des entreprises, permettrait aussi de soutenir davantage celles qui en ont le plus besoin, à savoir les petites structures. L’esprit de la réforme pose un autre problème. En plafonnant cet avantage aux salaires d’un montant maxi-

10

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="11"><![CDATA[
n°3

PANoRAMA
LE rETour du raIL

Territoires

Toulouse

E

louse
Communiqué mum de 2,5 fois le Smic, on explique que les hauts profils ne méritent pas cet effort. Les revenus les plus élevés, regroupant notamment les ingénieurs, c’est-à-dire l’innovation, sont laissés au bord du chemin. En somme, les idées proposées sont intéressantes, mais demanderaient davantage de moyens et d’autres modalités. De la même manière, bon nombre de mesures annoncées en conclusion des dernières Assises de l’entrepreneuriat vont dans le bon sens. Mais il subsiste des doutes légitimes au sujet des moyens qui seront concrètement déployés, la question des coûts n’étant pas clairement définie. Quel est l’objectif du récent rapport publié par la CCI de Toulouse sur les stratégies offensives de développement industriel ? Au-delà d’un simple état des lieux, ce rapport vise à proposer des pistes de progrès concrètes. Le postulat de départ est que les opportunités de demain se trouvent à l’intersection des savoir-faire d’aujourd’hui. Nous avons étudié toutes les filières synonymes de fort potentiel pour notre région : l’aéronautique, l’espace, l’agroalimentaire, ou encore la santé. Celles-ci ont été croisées avec des filières supports comme les technologies de l’information, les systèmes embarqués. Nous aboutissons à 10 domaines d’activité cibles (DAC) comme la mobilité durable et intelligente, l’e-santé appliquée au maintien à domicile des personnes âgées, les nutraceutiques et les aliments santé… Le but est d’appeler à soutenir ces DAC. Autour de celles-ci doivent graviter des éco-systèmes de recherche, afin de développer au mieux ces marchés prometteurs. La plupart d’entre eux impliquent directement les technologies et le numérique, et peuvent abriter une multitude de start-ups très attractives pour les jeunes actifs. Les événements organisés autour de l’entrepreneuriat jouent-ils également un rôle moteur pour développer le goût d’entreprendre ? oui. Le 26 septembre prochain se tient par exemple le Forum économique de Toulouse dont la mission est d’être un véritable laboratoire d’idées. Nous organisons notamment 3 tables rondes pleinement d’actualité : autour de l’esprit d’entreprendre, sur les méthodes pour passer efficacement de l’acte d’entreprendre à la création de valeur, et sur les stratégies offensives visant à améliorer la compétitivité. Les événements proposant des angles d’attaque concrets comme ceux-ci, au cœur des problématiques d’aujourd’hui, sont très importants. www.toulouse.cci.fr

ncore promise à un bel avenir aéronautique, Toulouse n’en délaisse pas pour autant le rail. En atteste l’un des projets phares en matière de transports : Toulouse-Euro-Sud-ouest. Au carrefour de l’arrière-pays toulousain, de la région, de la France et de l’Europe, le site de la gare Matabiau prévoit la création d'un véritable pôle multimodal qui permettrait d’accéder à la capitale en 3h15 contre 5h35 actuellement. Côté aménagements, le projet vise à améliorer le fonctionnement de l’ensemble des fonctions ferroviaires tout en facilitant les échanges entre les différents modes de transport (vélo, voiture, bus, tramway,…). Un nouveau « bâtiment voyageur », à proximité du quartier Marengo est prévu à cet effet. La ligne à grande vitesse (LGV) desservira à terme l’Espagne. Mise en service programmée pour 2020.

repreneuriat attitude compétitivité !
PôLE CanCEr unIQuE

S

i par « renaissance » on entend d’abord le patrimoine architectural de la ville rose, ce concept entre aussi en résonance avec la résilience des territoires. Sur les cendres d’AZF, s’érige ainsi ce qui est voué à devenir le premier centre de recherche de lutte contre le cancer en Europe. « L’ambition de l’Oncopole ? C’est la réconciliation de l’homme avec le territoire, qui s’exprime par le regroupement des acteurs de la recherche publique, privée et clinique sur une même plateforme », précise Benjamin Gandouet, directeur du site. Côté acteurs privés, le groupe pharmaceutique Pierre Fabre et les laboratoires Sanofi-Aventis constituent les principaux piliers venus soutenir le projet en s’établissant dans leur nouvelle demeure futuriste. Le CNRS, l’INSERM et l’Université de Toulouse se joignent aussi à l’effectif pour transformer l’essai clinique en de nouvelles thérapies cancérologiques. Projet ex nihilo, le centre de cancérologie s’installe sur plus de 220 hectares au sud de la métropole. A l’origine de ce nouvel espace de santé publique, un investissement de plus d’un milliard d’euros a permis la convergence des processus de recherche, de découverte et d’applications thérapeutiques personnalisées. « Une première en France et dans l’Union Européenne, comparable au fameux Massachusetts Institute of Technology (MIT) Outre-Atlantique », selon Benjamin Gandouet. L’oncopole fédère ainsi quelque 3400 personnes et prévoit une masse critique autour de 4500 emplois, notamment autour de nouveaux métiers conciliant cancérologie et service à la personne. « Captor », premier projet structurant du centre oncologique dédié à l’élaboration de nouvelles formes de traitements anticancéreux, concrétise déjà les espoirs prométhéens du site.

TournEsoL, La TouChE vErTE

S

cientifique et tournesol ? Si pour de nombreux amateurs du « neuvième art », ces deux termes évoquent une barbiche et un crâne dégarni, il en est tout autrement en MidiPyrénées. D’abord parce la région produit 45% des semences de ladite plante à l’échelle mondiale. Ensuite parce que la cité Mondine vient d’inaugurer son pôle de recherche agrogénomique entièrement dédié à cet oléagineux. Une première en Europe pour une fleur destinée à rayonner mondialement. outre la valorisation d’un vaste patrimoine de ressources génétiques, le site intègre des domaines aussi variés que la phytopathologie ou l'écophysiologie, avec le souci de mettre en lien la recherche et le tissu économique local. Ce dernier comportant des semenciers d’envergure européenne. objectifs ? Améliorer la compétitivité économique du tournesol et sa productivité pour anticiper les changements climatiques. Son exploitation demeure malgré tout modeste pour ce pan de l’activité économique régionale dominé par deux filières : le lait et la viande, l’agroalimentaire représentant la première industrie de MidiPyrénées en termes d’emploi, avec 25 000 salariés dans plus de 4 000 établissements

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 11

 ]]></page>
<page num="12"><![CDATA[
PANORAMA
Hexagone

n°3

Le pouvoir d’aller contre
Entre le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac et le soupçon de virement d’argent libyen en faveur de Claude Guéant, ce printemps aura été la saison des affaires… mais aussi celle des contre-pouvoirs. Illustration avec ces deux figures en combat. Par Aymeric Marolleau

Daniel Lebègue,
Président de Transparency International France

Anti-corruption

«L

’affaire Cahuzac nous inquiète car elle contribue à la perte de confiance des citoyens dans leurs institutions et ceux qui sont au premier plan de la scène politique. Les mesures de transparence prises vont dans le bon sens, mais nous serons vigilants pour nous assurer que ce qui est annoncé sera bien traduit dans la loi. » Ces mots sont de Daniel Lebègue, le président de la branche française de l’ONG Transparency International (TI), qui lutte contre la corruption des gouvernements. Cet énarque né à Lyon en 1943, pur produit de l’administration française, a mené une brillante carrière comme haut fonctionnaire. Peu disert sur sa vie privée, il préfère mettre en avant son pedigree : le spén avril 2009, le G20 réuni à Londres pouvait sabler le champagne :

cialiste des questions financières a servi 18 ans au ministère de l’Economie et des Finances, où il est entré en 1969. Il en gravit les échelons jusqu’à prendre en 1984 la tête de la Direction du Trésor. Il revêt trois ans plus tard le costume de banquier, en devenant le Directeur général de la Banque nationale de Paris, plus connue sous les initiales « BNP » depuis sa privatisation en 1993. En 1997, il revient à ses premières amours, la fonction publique, pour y occuper un poste des plus prestigieux, celui de Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations. « Ce fut un point d’orgue, car c’est un établissement qui allie de façon unique une mission d’intérêt général et un haut niveau d’expertise fi-

nancière. » En 2002, lorsqu’il quitte cette institution, Daniel Lebègue a 60 ans et tous les honneurs d’une carrière au service de l’Etat. Le bon moment pour s’acheter une canne à pêche ? Pas vraiment. Quinze années à exercer le métier de banquier lui ont notamment permis de faire une rencontre qui nourrira ses choix futurs : la corruption. « J’ai pu constater des dérives de la part de présidents et de directeurs généraux, en particulier anglo-saxons, que j’ai côtoyés. A cette époque, certaines banques, pourtant prestigieuses, ont favorisé le

blanchiment de l’argent de la drogue ou ont prêté la main à la fraude fiscale à grande échelle. » Au lieu d’une retraite au calme, ce sera donc une reconversion militante : « Je me suis consacré à l’engagement associatif sur trois axes qui pour moi forment un tout : bonne gouvernance, éthique, et responsabilité vis à vis de la société ». Ainsi, outre

“Nous dérangeons ”

des intérêts dans la politique et la finance
la branche française de TI, le septuagénaire préside l’Institut français des administrateurs (promotion des bonnes pratiques de gouvernance dans les entreprises), et l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises.

Même si sa démarche est plus dans le plaidoyer que la dénonciation, son engagement à la tête de TI France lui a valu quelques ennemis : « Il y a des résistances, des intérêts que l’on dérange dans le monde politique, financier, et dans le commerce international. » L’affaire des « biens mal acquis », où l’ONG anti-corruption est partie civile, n’est pas de tout repos. En octobre 2012, Teodorin Nguema Obiang, fils du Président de la Guinée-Equatoriale, a par exemple déposé plainte pour diffamation contre Daniel Lebègue, qui fut automatiquement mis en examen. « J’ai une réaction viscérale quand je sais que des dirigeants accumulent des fortunes pour eux et leur famille, alors que, dans leur pays, des enfants meurent de maladie et de faim dans les rues. On ne peut pas être un militant engagé dans la lutte contre la corruption s’il n’y a pas un refus profond de ses conséquences so-

© DR

© Finance Watch

ciales sur les populations les plus pauvres et les plus fragiles. »

E

Thierry Philipponnat,
Secrétaire général de Finance Watch

ch ce Wat © Finan

© DR

c’était fini, les grands de ce monde avaient enfin eu la peau des paradis fiscaux. Sauf que passés les discours, la liste des pays visés, établie par l’OCDE, s’est avérée bien courte et les mesures prises bien faibles au regard des enjeux. « L’affaire Cahuzac et le phénomène Offshore Leaks (fuites d’informations relatives aux paradis fiscaux, ndlr), qui sont survenus en même temps, ont au moins eu le mérite de provoquer enfin et pour la premières fois de vraies avancées », observe avec satisfaction Thierry Philipponnat, le Secrétaire général de Finance Watch. Ainsi, les banques françaises et européennes devront bientôt déclarer chaque pays où elles sont présentes, le nom de l’entité sous lequel elles

opèrent, le chiffre d’affaires et les profits réalisés, ainsi que les impôts payés. Si sur ce sujet le lobby bancaire cède du terrain, la tâche de Thierry Philipponnat est encore longue. L’ONG Finance Watch a en effet pour mission de « contrebalancer le lobbying de l’in-

La finance au service de la société
de l’activité produits dérivés chez Euronext Liffe et de membre du comité exécutif du groupe Euronext. Pendant cette période, l’homme a pu observer « une évolution considérable de ces métiers. Ces vingt années ont coïncidé avec la dérégulation, qui a abouti à une finance qui a certes un vrai intérêt conceptuel, mais qui a aussi développé des activités qui la servent elle-même beaucoup plus que ses clients. » En 2006, il quitte la finance pour le monde des ONG, en rejoignant Amnesty International. « J’avais de plus en plus envie de travailler sur des sujets d’intérêt général, et pas simplement le développement d’un business. » En 2010, 22 députés européens, lassés de ne voir dans leur bureau que les représentants du lobby bancaire, lancent un appel à la société civile pour qu’elle crée une ONG capable, par une contre-expertise, de « mettre fin à l’asymétrie entre la puissance de l’industrie financière et l’absence de lobbying des ONG dans le domaine de la finance, qui constitue un problème démocratique ». En juin 2011, Finance Watch est fondée et Thierry Philipponnat nommé à sa tête. Aujourd’hui, l’ONG s’intéresse de près au trading haute fréquence, technique par laquelle des systèmes informatiques achètent ou vendent des produits financiers en quelques millièmes de secondes. Il représente déjà 40% des échanges sur les Bourses européennes et 70% sur les Bourses américaines. « Mais tout l’argent gagné par le trading haute fréquence est de l’argent perdu par de vrais investisseurs », alerte le représentant de Finance Watch. Si sur les paradis fiscaux une bataille vient d’être gagnée, il n’en va pas toujours de même. La loi française de séparation des banques, par exemple, votée ce printemps, a clairement tourné à l’avantage du lobby bancaire : « Comparé aux attendus de la loi, son contenu effectif est quasi-inexistant. Les patrons de banques eux-mêmes reconnaissent que cela ne concernera que 0,5% à 0,75% de leur activité. »

“L’affaire Cahuzac
a enfin provoqué de vraies avancées
dustrie financière en produisant une expertise économique indépendante ». un monde qu’il connaît bien, pour y avoir travaillé entre 1985 et 2006, à Paris, Londres et New-York. Sur son CV figurent notamment un poste de responsable

”

12

JuIN/JuILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="13"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="14"><![CDATA[
PANORAMA
International

n°3

Raison close
Laxiste, permissif, règlementariste, abolitionniste... à chaque pays sa position, jamais la solution.

C

e 28 mars 2013 Esther Benbassa, sénatrice Europe Ecologie-Les Verts, a le sourire aux lèvres dans l’Hémicycle. Sa proposition visant à abroger le délit de racolage passif – innovation « brevetée Nicolas Sarkozy » – a été votée par la majorité de gauche. La photo d’anniversaire des dix ans de cette loi ne plaidait pas en sa faveur. Le proxénétisme n’a pas diminué et les prostituées, pénalisées, précarisées, doivent exercer dans des zones isolées, se coupant des associations qui pourraient leur venir en aide. Le texte n’était d’ailleurs plus vraiment appliqué par le Parquet et la police, qui traitaient les situations au cas par cas. Une grande loi devrait clarifier les zones d’ombre cet automne, alors que Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, plaide carrément pour une abolition de la prostitution. Les égéries de Toulouse-Lautrec ne manqueront pas de manifester, comme en 2011 lorsque Roselyne Bachelot, ministre de la Cohésion sociale, parlait de sanctionner leurs clients. Vous avez dit embrouillamini ?

Si Najat Vallaud-Belkacem s’est rendue en Suède en novembre 2012, c’est peut-être pour y chercher l’inspiration, le pays ayant opté pour la pénalisation du client dès 1998, suivi dix ans plus tard par la Norvège et l’Islande. Un moyen détourné de prohibition, soutenu par des mouvements féministes et religieux, mais jugé « liberticide » par les professionnelles. La panacée ? Pas de l’avis de Marie-Elisabeth Handman, anthropologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) qui a dirigé l’étude « La prostitution à Paris », et souligne que « les clients traqués deviennent plus violents ». De plus, une telle politique nie la libre circulation des personnes. D’accord, la Suède a éradiqué le phénomène sur son territoire, mais la mafia

Tour du monde

russe réalise de juteuses affaires de l’autre côté de la frontière, au Danemark. Certains pays, comme la France, restent dans l’ambiguïté. Ainsi, la prostitution n’est pas illégale en Irlande, mais le racolage, le proxénétisme et les maisons-closes sont interdits. Résultat, le racolage se fait surtout sur Internet et beaucoup de lupanars “secrets” ont vu le jour. En Italie, la prostitution n’est pas illégale, au contraire de la prostitution organisée ou du proxénétisme. En 2008 le gouvernement a approuvé une proposition de loi visant à interdire la prostitution dans les rues, mais la loi n’a jamais été votée... Outre-Manche, l’heure est à l’intransigeance en surface et au « laisserfaire » en coulisse. Le « Policing and Crime Act » voté en 2010 punit d’une amende de 1000 livres l’achat de tout acte sexuel à des personnes prostituées “sous la contrainte” ou “sous le contrôle d’un proxénète”. Les noms des hommes pris à s’adonner au sexe tarifé peuvent être publiés dans les journaux, et le racolage est pénalisé. Mais selon une récente enquête*, il existerait près de 1000 maisons closes à Londres, dont 85% se trouveraient dans des zones résidentielles. Viennent ensuite les plus permissifs. Les Pays-Bas ont totalement dépénalisé la prostitution en 2000 mais tentent de la juguler, notamment à Amsterdam. Les lupanars catalans, près de la frontière, comptent parmi les mastodontes d’Europe,

Autoentrepreneur ? regroupe les propriétaires, fait pression sur la police pour que les filles exerçant dans la rue soient aiguillées vers leurs établissements, l’installation d’une prostituée ou l’ouverture d’une maison close est carrément placée sous la responsabilité de l’autorité municipale ou tés : les femmes ne sont pas obligées d’être présentes régulièrement et peuvent choisir leurs clients ; elles louent des chambres et sont déchargées de toutes les questions administratives. Un quasi travail indépendant proche de celui du Canton de Genève, souvent cité en exemple, où les « Boules de Suif » et autres « Nanas » bénéficient d’un statut et d’une protection sociale, doivent se déclarer à la police, pouvant potentiellement se regrouper et travailler à plusieurs en un même lieu, comme des comptables, avocats ou toute profession libérale.

reconnu et protégé pour certains, une relation inégalitaire et attentatoire à la dignité humaine pour d’autres
prêts à accueillir les hordes de Français, car l’Espagne a laissé se développer une véritable industrie. Le puissant syndicat l’Anela, qui souvent accusés d’entretenir un endettement permanent par le loyer, les amendes et les services vendus à des prix prohibitifs. En Grèce,

“Un métier comme un autre devant être
portuaire, qui organise un suivi régulier par un médecin de la santé publique. Les « Eros Centers » allemands sont très règlemen-

”

mesures insTrucTives Albert Londres a prouvé dans ses reportages que la manière avec laquelle la société appréhendait les prisonniers du bagne de Cayenne ou les patients des asiles psychiatriques en disait long sur elle. Le mythique journaliste suivrait aujourd’hui les pas de celles qui arpentent les trottoirs, afin de placer le curseur de l’état d’esprit ambiant. La prostitution compte parmi ces vieilles lunes qui embrasent cycliquement le débat public, où s’affrontent deux camps : ceux qui considèrent qu’elle est pratiquée entre adultes consentants, donc qu’elle est un métier comme un autre devant être reconnu et protégé, et ceux qui perçoivent au contraire une relation inégalitaire – d’autant plus attentatoire à la dignité humaine qu’elle prospère par le biais de réseaux mafieux. Entre 20000 et 30000 prostituées proposeraient leurs services en France. Mais ces chiffres n’ont pas bougé depuis 1998. « Un grand nombre d’indépendantes ne sont certainement pas comptabilisées », remarquait récemment Françoise Gil, sociologue, présidente de l’association « Femmes de droits, droits des femmes ». De plus, nombre de parlementaires, qui affirment que 90% des prostituées appartiennent à des réseaux, confondent souvent proxénètes et passeurs. Les péripatéticiennes doivent souvent rembourser leurs passeurs et donc leur reverser une partie de leurs gains au début. A l’opposé, il semble difficile de prêter foi aux propos de Tiphaine Besnard, du Syndicat du travail sexuel (Strass) qui déclarait à la presse que « 90% des prostituées le sont par choix ». Le débat n’est pas près d’être tranché, en France comme ailleurs.
Matthieu Camozzi

(*) “Big Brothel, a survey of the off-street sex industry in London”, 2008.

14

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="15"><![CDATA[
4 531

5314

M. NRED DE
E

2 221
IRE EXP

E AQU LEM A TE

01/1

6 345
6
A FIN

0 789

Valable jusqu’à 3 ans

* avec l’application Flashcode, disponible sur Androïd et iPhone

en scannant ce QR code*

DÉCOUVREZ TOUT UN MONDE DE LIBERTÉ

EDENRED FRANCE, S.A.S. au capital de 464 966 992 € dont le siège social est situé 166-180, boulevard Gabriel Péri, 92240 Malakoff – 393 365 135 R.C.S. Nanterre – TVA Intra Communautaire : FR 13 393 365 135. Les marques mentionnées sur ce document sont enregistrées et propriété de EDENRED S.A. ou des sociétés de son groupe ou de ses partenaires. Cette carte est un produit de Monnaie Electronique émis par PrePay Technologies Ltd sous la licence MasterCard International Incorporated. PrePay Technologies Ltd est une société soumise au contrôle de la Financial Conduct Authority pour l’émission de Monnaie Electronique (FRN : 900010). MasterCard et la marque MasterCard sont des marques déposées de MasterCard International Incorporated.

Ticket Kadéos® Universel, le cadeau innovant pour toutes vos opérations de motivation et d’animation des ventes.

Une solution Motivation & Récompenses

Une carte cadeau prépayée MasterCard® chargeable et rechargeable

www.carte-cadeau-tku.fr
Acceptée en France et à l’étranger, dans plus de 32 millions de commerces

Innovation

 ]]></page>
<page num="16"><![CDATA[
PAnoRAMA
A la Une

n°3

Baby boomers contre Baby losers
Aux générations privilégiées du baby boom succèdent des cohortes de plus en plus précaires. Les jeunes spoliés par les anciens ? La thèse ne manque pas d’arguments. Heureusement, des initiatives laissent entrevoir une prise de conscience. La situation risque-t-elle de dégénérer ? Quelles réformes pour réconcilier les générations ?
e patrimoine de JeanMarc A., 63 ans, s’élève à 1,55 million d’euros. Celui de Laurent F., 66 ans, est de 6,07 millions d’euros. Et Michel S., 61 ans, 2,15 millions d’euros. Sylvia P., Cécile D. et najat V-B., respectivement 36, 38 et 35 ans, ne peuvent pas en dire autant : la première affiche un patrimoine de 300000 euros, la deuxième, 260000 euros, et la troisième, 107000 euros seulement. La fracture des générations se retrouve jusque dans les déclarations de patrimoine des ministres. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault illustre un mal bien français : ce pays favorise les vieux au détriment des jeunes. Et cela ne date pas d’hier : depuis les baby boomers, qui ont connu la conjoncture la plus favorable, chaque cohorte a vu ses conditions dégradées par rapport

L

aux précédentes. Un constat qui soulève trois questions : les anciens sont-ils coupables ? Le conflit des générations éclatera-t-il ? Comment rabibocher les jeunes actifs avec les retraités ?

La jeunesse est un

La jeunesse a rendu les armes

naufrage Comparativement aux générations qui leur ont succédé et à celles qui les ont précédés, les baby boomers, nés entre 1945 et 1955, semblent vernis. D’abord, ils ont connu un accès à l’emploi plus facile que les jeunes arrivés sur le marché du travail depuis 1980. Ensuite, pendant leur vie active, leurs salaires ont augmenté plus vite et ils ont accédé aux fonctions d’encadrement plus facilement que les générations qui les ont suivis. Jusqu’à la fin des années 1970, de hauts niveaux d’inflation leur ont permis d’ac-

quérir aisément un patrimoine immobilier fourni. Et même une fois la retraite venue, on ne peut pas dire que, dans leur ensemble, les baby boomers soient à plaindre. L’économiste Mickaël Mangot, auteur de « Générations déshéritées » (édition Eyrolles, 2012), note ainsi que « la France figure parmi les rares pays de l’OCDE où les retraités sont moins touchés par la pauvreté que le reste de la population. » Et Didier Migaud, le président de la Cour des Comptes, déclarait en septembre dernier : « Malgré la persistance de situations individuelles préoccupantes, il reste que contrairement à une idée reçue, les retraités sont dans une situation globale en moyenne plus favorable que celle des actifs, notamment des plus jeunes. » Pour ces derniers, en effet, la situation est bien différente.

La Silver economy

« Chic, ma société vieillit »
En France, les plus de 60 ans représentent 20% de la population. Dans une quinzaine d’années, avec l’arrivée des baby boomers dans le grand âge, les démographes estiment qu’ils compteront pour 30%. Avec la hausse de l’espérance de vie, la courbe n’est pas près de s’infléchir. Les économistes s’accordent à dire qu’une population qui vieillit, c’est moins d’actifs pour payer davantage de dépenses de santé et de retraite, moins d’innovation et moins d’investissement dans des secteurs risqués mais rentables. Une mauvaise nouvelle pour l’économie, donc. A moins que... Et si le vieillissement de la population favorisait aussi la croissance ? C’est le pari fait par Michèle Delaunay, ministre des Personnes âgées, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui ont donné le 24 avril dernier, à Bercy, le coup d’envoi de la « Silver economy ». Cette filière, dite aussi des « gérontechnologies », fait de l’innovation et du service destinés aux personnes âgées son fonds de commerce. « Les nouveaux retraités forment une masse de consommateurs importante, avec un bon niveau de vie et une espérance de vie en bonne santé relativement longue, observe Hélène Xuan, directrice scientifique de la Chaire « Transitions démographiques, transitions économiques » de la Fondation du risque. Nous sommes dans une période charnière où l’on peut faire en sorte que leurs dépenses génèrent une économie nouvelle. » Alléchant sur le papier, le pari est loin d’être gagné d’avance. Le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) observe qu’avec l’âge, les individus ont plutôt tendance à moins dépenser. Et ce pour trois raisons principales : ayant déjà accumulé beaucoup de biens au cours de leur vie, les anciens préfèrent puiser dans leurs réserves ; les évolutions physiques et cognitives rendent l’appréhension d’un produit plus difficile ; les vieux préfèrent réparer un objet auquel ils se sont attachés plutôt qu’en acheter un nouveau sans histoire. Pour relancer la consommation des séniors, le Credoc conseille aux entreprises de travailler sur le design universel, afin d’adapter les produits, et de lever le pied sur le jeunisme dans la publicité. Il observe aussi est plus prononcé, les choses sont plus avancées. En Corée du Sud, pourtant peu concernée par le problème, les en-

peuvent générer une nouvelle économie

“Les dépenses des anciens ”

que, alors que les plus de 70 ans ressentent le désir de transmettre leurs valeurs, peu de produits et services misent encore sur cette fibre. De façon générale, le centre de recherche s’inquiète de voir les PME françaises en retard dans l’appréhension des besoins des aînés. En Allemagne, où le vieillissement

trepreneurs sont invités à cibler les marchés européens grâce à un travail d’information mais aussi de contrainte, puisque la réglementation prévoit que les produits commercialisés doivent pouvoir être utilisés aisément par les personnes âgées. D’ailleurs, l’Etat a mis à disposition de ces entreprises un centre de

recherche où elles peuvent tester leur offre à l’épreuve de problèmes cognitifs, de déplacement, de vue... Pourtant, la France a des arguments à faire valoir sur le sujet. Elle possède deux champions internationaux très concernés par cette économie : le fabriquant de verres correcteurs Essilor, qui affichait 4,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2012, et Legrand, fabriquant de produits et systèmes pour installations électriques – 4,250 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Ainsi qu’une multitude de start-up dans la domotique, l’e-santé ou la robotique. L’économie française a enfin une bonne raison de se faire des cheveux blancs.
A.M.

16

JUIn/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="17"><![CDATA[
n°3

PAnoRAMA
A la Une
ment, ils sont coupables, juge Mickaël Mangot. Leur nombre les a avantagés pendant leur vie active, mais, malgré les alertes des démographes, ils n’ont pas anticipé que ce même nombre allait peser sur les actifs lorsqu’ils arriveraient à la retraite. Depuis les années 1970, ils ont laissé filer les déficits publics et ont réduit les dépenses d’investissement. Le fonds de réserve pour les retraites n’a pas été abondé. Et la dette implicite, c’est à dire l’engagement pour les futures retraites ou la maladie, explose. » Mais la mauvaise gestion n’est pas leur seul tort : « Il existe aussi une politique générationnelle en faveur des insiders, c’est à dire ceux qui ont un emploi et un logement dont ils sont propriétaires, et qui défavorise les outsiders – intérimaires, CDD, primo-accédants... » une interview donnée à Paris Match en 2007 et citée par Grégoire Tirot dans son ouvrage « France anti-jeune : comment la société française exploite sa jeunesse » (Max Milo Editions), le prospectiviste s’alarmait : « Un jour, nos enfants n’accepteront plus le poids des prélèvements. Ils se ils seront ruinés. » Le « grand soir » est-il proche? En 2008, en Grèce, la « Génération 600 euros » a fait grand bruit pour alerter l’opinion sur ses difficultés. L’année dernière, au Québec, le projet de hausse des frais d’inscription à l’université a mis les étudiants dans la rue pendant

n'accepteront plus le poids des prélèvements. Ils se révolteront
révolteront. Ils déclencheront une inflation massive pour annuler la dette publique qu’ils supportent. Ce jour-là, les Français qui ont un patrimoine, les plus âgés, verront leurs actifs dévalués. Pour eux, le réveil sera dur. Aujourd’hui, ce sont eux, les vieux, qui gagnent contre les jeunes. Ils n’en ont rien à faire de s’endetter puisque ce ne sont pas eux qui remboursent. Demain, des mois pour le « Printemps érable ». Mais en France, depuis 2005, annus horribilis qui a vu le rejet du traité européen, l’embrasement des banlieues et les manifestations étudiantes contre le Contrat première embauche (CPE), plus rien ou presque ne s’est passé. Les jeunes sont silencieux malgré la crise. A moins que ce ne soit justement à cause d’elle ? « Ils ressentent

“Un jour, nos enfants ”

Echec et mat, le bleu ! Malgré des niveaux d’étude supérieurs, leur entrée dans la vie active a tout du parcours du combattant. Douze mois après l’obtention de son diplôme, un jeune sur quatre n’a toujours pas trouvé d’emploi. Et lorsqu’ils ont cette chance, c’est souvent pour enchaîner stages, intérim et CDD. La fameuse « génération Y » a beau la jouer cool, elle est devenue une variable d’ajustement pour les entreprises. Dès 2002, le sociologue Louis Chauvel a identifié le problème dans « Le destin des générations : structures sociales et cohortes en France au XXe siècle » (PUF) : « En cas de ralentissement, on stoppe le recrutement, puis on licencie les derniers embauchés. Les jeunes se retrouvent avec des vides sur leur CV que n’ont La précarité n’a pas attendu la crise de 2008 pour s’imposer aux juniors. Dans la revue Regards croisés sur l’économie, Louis Chauvel démontrait que « les générations entrées dans la vie active depuis la fin des années 1970 forment une cohorte en creux d’un point de vue social, économique, patrimonial, voire sanitaire et politique. » Baby losers sur toute la ligne. Mais quel rapport entre la prospérité des uns et la précarité des autres ? Simple question de chance et de malchance ? nombre d’experts pensent avoir identifié les coupables : les aînés. Louis Chauvel n’hésite pas à évoquer une « spoliation des jeunes par les vieux ». Pourquoi une telle riches ? Voilà en effet une idée originale. Et les choses ne sont pas près de s’arranger. Au rythme où la population vieillit, dans 15 ans, 30% des Français auront plus de 60 ans, contre 20% aujourd’hui, si bien que la pression fiscale sur les jeunes actifs ne va cesser d’augmenter. Le président du très respecté Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, s’inquiète de cette injustice croissante. Le 23 avril dernier, à l’occasion du lancement de la Silver Economy par le ministère des Personnes âgées (voir encadré), il a été invité à développer ses idées devant un auditoire loin d’être acquis à sa cause. Il en a néanmoins profité pour rappeler que « les flux publics en matière de retraite, de santé, de sécurité sociale sont naturel-

Lutte des générations La lutte des générations succèdera-t-elle à la lutte des classes ? Pour Jacques Attali, cela ne fait aucun doute. Dans

Œ

a qui La faute ?

P

actifs forment une cohorte en creux d'un point de vue social, économique, patrimonial, voire sanitaire et politique

“Depuis la fin des années 1970, les jeunes ”

C E S I N R F

EcoRéseau, journal tourné vers l’avenir et résolument optimiste, décrypte les grands sujets d’actualités économiques, numériques et sociétales au service de l’entrepreneuriat, de l’emploi, de l’innovation et de l’environnement. En partenariat avec FedISA, EcoRéseau s’intéresse également à tous les sujets liés à la Dématique©, aﬁn d’analyser et de comprendre les enjeux en matière de nouvelles technologies, de développement numérique et de gouvernance de l’information notamment.

A P

jamais connus leurs aînés. » Mais leurs soucis ne se limitent pas à la sphère professionnelle, puisqu’ils éprouvent aussi les pires difficultés à se constituer un patrimoine. Les prix de l’immobilier ayant augmenté plus vite que les revenus, notamment pour cause de hausse des charges sociales pesant sur les salaires, « entre 1965 et la crise immobilière de 2008, on a assisté à une baisse de 30% du pouvoir d’achat immobilier des ménages », s’étrangle Mickaël Mangot.

sentence ? Parce que « le modèle social français, qui fait financer les dépenses sociales par les actifs en emploi et le budget de l’Etat essentiellement par la TVA, conduit aujourd’hui à un non-sens économique, à savoir une redistribution des classes d’âge relativement pauvres (par rapport à la moyenne nationale) vers les classes d’âge riches, précisément des jeunes actifs vers les retraités », dénonce Mickaël Mangot. Prendre aux pauvres pour donner aux

lement plus importants pour les plus de 60 ans, mais la différence entre les fonds publics que perçoivent les plus de 60 ans et les moins de 30 ans atteint un record en France ». Quelle est la part de responsabilité des baby boomers dans ce déséquilibre ? « Individuellement, ils n’ont rien à se reprocher : ils travaillent, épargnent, aident leurs enfants et leurs petits enfants, donnent de leur temps... Mais collectivement et institutionnelle-

BULLETIN D’ABONNEMENT
Je m’abonne à
❏ 1 an (6 numéros) : 24,90 € au lieu de 29,40 € ❏ 2 ans (12 numéros) : 45,00 € au lieu de 58,80 €

ER-03

à compléter et à retourner avec votre règlement par chèque à l’adresse suivante : à l’ordre de

❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieur
Société : Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Tél : E-mail :

LMedia Service Abonnement EcoRéseau 201/203, rue deVaugirard - 75015 Paris
O re valable jusqu’au 31 août 2013 en France Métropolitaine. Dom-Tom et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr). Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. Les informations ci-dessus sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. Si vous ne le souhaitez pas, cochez la case ci-contre. ❏ Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la recti cation des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des ns commerciales.

Ville :

Abonnez-vous en ligne sur www.ecoreseau.fr
www.ecoreseau.fr - JUIn/JUILLET 2013 17

 ]]></page>
<page num="18"><![CDATA[
PAnoRAMA
A la Une
une telle anxiété qu’ils sont léthargiques et se replient sur la sphère privée, déplore Mickaël Mangot. Obsédés par leur propre situation, ils envoient des dizaines de CV et de lettres de motivation plutôt que de se lancer dans des actions collectives. » Certains renoncent même à se battre contre un système qu’ils jugent impossible à réformer et préfèrent emporter leur enthousiasme vers des cieux plus cléments, avec Londres, les Etats-Unis ou les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) comme nouveaux Eldorado, avec leur lot de réussites et de désillusions. créant leur entreprise. Hélène Xuan, directrice scientifique de la Chaire « Transitions démographiques, transitions économiques » de la Fondation du risque, remarque que « par le temps que les séniors consacrent à garder leurs petitsenfants et leurs propres parents, par leurs actions associatives et bénévoles, et par leurs donations à leurs descendants, ils redonnent une partie de ce qu’ils reçoivent du système public ». Mais, outre ajouter à la dette publique une dette symbolique pour les bénéficiaires, les transferts de solidarité entre proches risquent d’aggraver la reproduction sociale. ferts des vieux vers les jeunes, il ose le mot « viager » : « En France, le patrimoine des ménages est de 250 000 à 300 000 risques », espère Hélène Xuan. Pour financer le vieillissement, pourquoi ne pas demander aux seniors de mettre la main qui couteraient 12 milliards d’euros par an à l’Etat. Alors, dans un souci de « justice sociale », la rue de Cambon

n°3

nombreux domaines, laissent entrevoir une prise de conscience et de premiers efforts

“Quelques mesures et initiatives, dans de ”
à la poche ? C’est ce qu’a proposé la Cour des Comptes en septembre 2012, dans un rapport sur le déficit de la Sécurité sociale, estimant que cinq milliards d’euros pourraient être économisés en s’attaquant aux

une croissance en déambuLateur notre société a de plus en plus de cheveux blancs, et cela ne fait pas que peser sur le budget de l’Etat et sur le revenu des actifs, car la croissance en pâtit aussi. En effet, pour JeanHervé Lorenzi, co-auteur de « Rajeunissement et vieillissement de la France: une politique économique pour la jeunesse », publié en mars (Descartes & Cie), « le vieillissement freine l’investissement et l’innovation, car une société vieillissante ressent davantage d’aversion au risque. Or, pour nous reconstruire et recréer de la valeur, nous avons besoin d’investissements vers des secteurs par nature risqués. Et cette société a tendance à moins innover, alors que le progrès technique est un moteur majeur de la croissance. » Les choses seraient-elles en train de bouger ? Quelques mesures et initiatives, dans de nombreux domaines, laissent entrevoir une prise de conscience et de premiers efforts. Le Contrat de génération, lancé en mars par le gouvernement, mise sur la solidarité intergénérationnelle : en créant des binômes, il vise à « encourager l’embauche des jeunes et garantir le maintien dans l’emploi des seniors, tout en assurant la transmission des compétences ». Un peu partout en France fleurissent aussi des « logements intergénérationnels », où des personnes âgées rompent leur isolement en hébergeant des étudiants en quête d’un toit. Les dernières réformes sur la fiscalité des donations encouragent les particuliers à transmettre leur patrimoine de plus en plus tôt à leurs descendants, afin de donner un coup de pouce à leurs projets de vie en achetant une maison ou en
18

euros en moyenne. Pour financer le vieillissement, nous proposons de liquéfier une partie de ce patrimoine, c’est à dire le transformer en revenus. » Ainsi, les retraités garderaient l’usage de leur maison, mais

PoLitique

économique générationneLLe Pour prévenir les effets du vieillissement sur la croissance, il faudra donc plus qu’une Taux de chômage 12 mois après la fin des crème ho25% aujourd’hui, contre 7% en 1970 méopaTaux de chômage des 18-24 ans :

études :

propose notamment de supprimer l’abattement de 10% de l’impôt sur le revenu dédié aux frais professionnels et d’aligner le taux de CSG des retraités les plus aisés, de 6,6% actuellement, sur celui de l’ensemble des salariés : 7,5%. L’immobilier est un cas d’école du conflit générationnel. Pour Mickaël Mangot, « réformer la politique du logement de manière à réduire la rente immobilière permettrait de faire baisser les prix, ce

23% aujourd’hui, contre 5% au milieu des années 1970

En 1970, les 35-39 ans bénéficiaient d’un revenu 6% supérieur à l’ensemble de la population. En 2005, leur revenu était 6% inférieur à l’ensemble de la population

Au milieu des années 2000, un ménage de 25 à 29 ans consacrait en moyenne 21% de ses ressources à son logement. Contre 11% dans les années 1970 La dette publique par habitant (27 000 euros aujourd’hui) représente 1 an de travail, contre 2 mois et demi en 1970

thique. Et pour réconcilier les jeunes avec leurs aînés, davantage que des étrennes de fin d’année. Heureusement, les propositions ne manquent pas. JeanHervé Lorenzi plaide pour la mise en place d’une politique économique générationnelle, avec une fiscalité qui encouragerait les anciens à placer leur argent dans des projets et des secteurs plus risqués, et un effort accru en faveur de l’enseignement et de la recherche pour booster l’innovation. Pour favoriser les trans-

En 2006, le niveau de vie moyen des retraités était de 23 970 euros, contre 23 060 euros chez les actifs. En 2004, le patrimoine des retraités était de 252 700 euros, contre 231 000 euros pour les actifs.

pourraient en transformer une partie en capital, pour le céder à leurs enfants ou compléter leurs propres revenus. « Bien sûr, il faut éviter que les séniors se fassent avoir. Mais industrialiser ce marché permettrait d’avoir plus de transparence et de garanties contre les

avantages des retraités. Selon Didier Migaud, son président, « l’existence de nombreux dispositifs fiscaux et sociaux en leur faveur (sur l’impôt sur le revenu, les impôts locaux, la CSG et la CRDS, ndlr) » explique en partie le meilleur niveau de vie des anciens. Des avantages

qui réduirait l’inégalité entre les générations ». L’économiste propose ainsi de freiner les aides au logement qui ne profitent qu’aux propriétaires, et de libérer les possibilités de construction. En outre, il considère que « la résidence principale constitue une niche fiscale considérable, car c’est le seul placement à ne pas être imposé. En taxant les loyers fictifs et les plus-values au moment de la vente, comme c’est déjà le cas dans certains

pays européens, on créerait une manne pour l’Etat et on combattrait la sous-occupation des logements. » Mais avant de trouver un toit, encore faut-il avoir un emploi. Pour réduire le chômage des jeunes, a-t-on vraiment tout tenté ? « Il faudrait un contrat de travail unique, un CDI light avec plus de flexibilité, pour en finir avec ce marché de l’emploi à deux vitesses. Et réduire les charges sociales qui pèsent sur le travail, contribuent au chômage de masse et freinent la compétitivité de l’industrie. En outre, un salaire minimum élevé est très néfaste pour les outsiders – jeunes, femmes, immigrés – car leur productivité est souvent moindre », explique Mickaël Mangot. En matière d’éducation aussi, l’Etat pourrait mieux faire. Si l’alternance et l’apprentissage restent insuffisamment développés en France, des dispositifs comme les Ecoles de la deuxième chance et les Etablissement d’insertion de la Défense (EPIDE), qui ont pour mission d’assurer l’insertion professionnelle de jeunes en difficulté scolaire, sans qualification ni emploi, sont un premier pas. Mais Hélène Xuan regrette « qu’aucun de ces dispositifs n’aient été généralisés, car jugés trop coûteux, alors qu’ils sont efficaces et rentables pour la société ». Si de nombreuses propositions sont donc sur la table, la volonté politique, sinon pour les mettre en œuvre du moins pour en débattre, existe-telle ? on serait tenté d’en douter, tant le déséquilibre dans la représentation politique est flagrant : la moyenne d’âge des maires tourne autour de 58 ans, celle des députés, 55 ans, et même 64 ans pour les sénateurs. Et puis, toucher aux avantages des baby boomers présente un incontestable risque politique. Vous avezdit gérontocratie ? Certes, mais difficile d’en vouloir aux politiques : les moins de 25 ans sont les moins assidus à l’isoloir, les moins souvent inscrits sur les listes électorales, et 19% d’entre eux ont séché la dernière élection présidentielle… Il serait temps de remettre la main sur cette « fichue-carte-d’électeur ».

Aymeric Marolleau

JUIn/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="19"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="20"><![CDATA[
12 e

A t 13 u Sal juin on d - C es E en t n re trepr de Con eneu grè rs sd eL yon

10 000 questions pour

créer votre

boîte ?
1 seul réseau pour y répondre 200 personnes pour vous accompagner
Lyon Ville de l’Entrepreneuriat rassemble dans le Grand Lyon 48 structures spécialistes de l’aide à la création, reprise, transmission d’entreprise. Vous avez un projet ? Pour le mener à bien, faites-vous bien accompagner, étape après étape.
. Crédits photo : Item Corporate.
Nelly Fourgous est aujourd’hui directrice associée de l’agence de communication INDIE

@Creer_a_Lyon

www.lyon-ville-entrepreneuriat.org

20

 ]]></page>
<page num="21"><![CDATA[
n°3

CLuB ENTREPRENDRE
Baromètre & Tendances
NOMINATIONS
} AG2R PRÉVOYANCE
Jean-Claude Fluhr est élu président d'AG2R Prévoyance (groupe AG2R La Mondiale), à ce poste depuis avril 2013, en remplacement de Madame Brigitte Millart. Jean-Claude Fluhr, 57 ans, est secrétaire fédéral à la Fédération CFDT Protection Sociale Travail Emploi. Il est par ailleurs administrateur de l'Association sommitale AG2R La Mondiale, d'AG2R Retraite Arrco, de SGAM AG2R La Mondiale, de Primamut et d'AG.Mut. Il est également administrateur de la Caisse de prévoyance des agents de la Sécurité sociale et assimilés (CAPSSA).

LE CARNET DES
en partenariat avec

n la perception de la "marque France" à l'international
Le 15 juin, une commission mandatée par les ministres Arnaud Montebourg (Redressement productif), Fleur Pellerin (Innovation numérique et PME), Nicole Bricq (Commerce extérieur) et Sylvia Pinel (Artisanat, commerce, tourisme), et dirigée par Philippe Lentschener, PDG du groupe de communication McCann, rendra ses conclusions sur la « marque France ». Quelles sont ses forces, ses faiblesses, qu’est-ce que le label bleu-blanc-rouge peut apporter aux entreprises qui le revendiquent, où se situent les axes de progrès ? En août 2012, le cabinet d’études Harris Interactive, en partenariat avec les groupes W&Cie, Ernst&Young, HAVAS DESIGN +, HEC Paris et Cap, a publié une enquête donnant un avant-goût de ce à quoi pourraient ressembler les résultats. Celle-ci a comparé les marques de plusieurs pays en interrogeant un panel de décideurs des Etats les plus développés. (voir ci-dessous) Résultats : si la France jouit d’une « image instantanée » plutôt bonne, elle brille davantage par sa vitalité culturelle perçue (1ère) que par ses performances économiques et son esprit d’entreprise (10e). Plus inquiétant, les sondés ne la placent qu’au 19e rang en matière d’ « image projetée », à savoir la perception de la capacité du pays à être compétitif à l’avenir, derrière des pays comme la Corée du Sud, la Pologne ou la Turquie.

} AXA GLOBAL DIRECT
Loic Kueny est nommé responsable de l'organisation stratégique au sein d'Axa Global Direct (groupe Axa), à ce poste depuis avril 2013. Loic Kueny, ENSTA ParisTech (2003), a réalisé le parcours suivant : n 2012-2013 : FMK Développement / Promoland, cofondateur. n 2008-2012 : Vertone, marketing manager. n 2006-2007 : Inexbee Consulting, consultant senior. n 2003-2006 : Beijaflore, consultant.

L’image «instantanée» des pays
Pour chacun des pays suivants, pouvez-vous dire si vous en avez une très bonne image, assez bonne, assez mauvaise ou très mauvaise ou si vous ne le connaissez pas assez pour vous en faire une image ?

Image projetée dans la mondialisation : des cartes rebattues
Quand vous pensez à la dynamique de la mondialisation, estimez-vous pour chacun de ces pays qu'elle va, dans les années qui viennent, plutôt lui profiter ou plutôt l'handicaper ?

} BASF
Olivier Ubrich est promu directeur général de BASF France (groupe BASF), à compter de mai 2013, en remplacement de Monsieur Nicolas Kerfant. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Olivier Homolle, président France. Olivier Ubrich, 42 ans, ingénieur chimiste de l'ENSSPICAM (1997), EPFL (2000), a réalisé le parcours suivant : n 2011-2013 : BASF Polyuréthanes France (groupe BASF), directeur général. n 2009-2011 : BASF (en Allemagne), a assuré diverses fonctions projets dans le marketing. n 2008-2009 : Ciba (à Bâle, Suisse), responsable du marketing stratégique, puis responsable du marketing & sales office. n Début de carrière au sein de Mettler-Toledo où il a occupé divers postes techniques, marketing et commerciaux au sein de l'unité AutoChem, en Suisse et aux Etats-Unis.

} CERCLE MONTESQUIEU
Denis Musson est élu président du Cercle Montesquieu, à ce poste depuis avril 2013, en remplacement de Monsieur Yannick Chalmé. Il est élu pour un mandat de trois ans. Denis Musson, 49 ans, LL.M de University of Pennsylvania (Etats-Unis), DESS de droit des affaires et fiscalité de l'université Paris-II Panthéon-Assas, est directeur juridique et secrétaire du conseil d'Imerys depuis 1999 et membre de son comité exécutif. Il a précédemment occupé les postes suivants : n 2010-2013 : Cercle Montesquieu, vice-président. n NC-1999 : Pechiney, a assuré des fonctions au sein de la direction des affaires juridiques du groupe, puis responsable du département Corporate.

Les différents traits d’image des pays
Enquête Harris Interactive réalisée en ligne du 27 juin au 30 juillet 2012 auprès d’un échantillon de 1000 leaders économiques et leaders d’opinion dans 15 pays (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Australie, Brésil, Chine, Etats-Unis, France, Inde, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie et Turquie) à partir de l’Access panel Harris Interactive et de ses panels partenaires. Méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : niveau de diplôme, niveau de revenus, secteur d’activité et pays de l’interviewé(e). L'étude n'est ici présentée que de façon partielle. Vous la retrouverez dans son ensemble sur le site www.harrisinteractive.fr

} EBSCO INFORMATION SERVICES
Luc Prudhon est nommé directeur général d'Ebsco Information Services (Ebsco France), à ce poste depuis avril 2013, en remplacement de Madame Anne Simoneau. Il est chargé de replacer Ebsco France dans une dynamique de croissance et de pérenniser l'activité de l'entreprise, notamment par la mise en place d'une stratégie rigoureuse, orientée service et qualité. Il a déjà dirigé Ebsco France de 2003 à 2009. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Robert Schoenvogel, vice-président et directeur général d'Ebsco Information Services en Europe. Luc Prudhon, 48 ans, a réalisé le parcours suivant : n 2009-2013 : Directeur d'un groupe du secteur industriel à taille humaine. n 2003-2009 : Ebsco France, directeur général. n Directeur financier et directeur général au sein de Dawson France et RoweCom.

} ERNST & YOUNG
Guillaume Cornu est Coopté associé en charge de l'activité Transaction Advisory Services (TAS) d' Ernst & Young, à compter du 1er juillet 2013, en remplacement de Monsieur Michel Gauthier. Il est ainsi en charge de l'activité TAS pour la France, le Maghreb et le Luxembourg. Il devient à ce titre membre du comité exécutif. Les équipes Transaction Advisory Services d'Ernst & Young sont présentes dans 89 pays et comptent 9.200 professionnels. En France, ce sont près de 350 collaborateurs et 28 associés qui proposent aux fonds d'investissements et entreprises de toute taille un service intégré et adapté à chaque problématique d'acquisition, de cession ou d'optimisation financière. Guillaume Cornu, 49 ans, expert-comptable, a réalisé le parcours suivant : n 2010-2013 : Ernst & Young, associé en charge du département Restructuring. n 2006-2010 : Deloitte, responsable du département Corporate Finance Advisory, responsable du lancement de l'activité BFR Leverage, dédiée à l'optimisation du BFR et au cash management. n 1999-2006 : Deloitte, responsable de la ligne Réorganisation Services. n 1997-2010 : Deloitte, associé. n 1991-1997 : Deloitte, en poste au sein du département Corporate Finance. n 1987-1991 : Deloitte, début de carrière au sein des équipes d'audit.

n clôture des assises de l’entrepreneuriat
Le 29 avril dernier était placé sous le signe de la réconciliation : celle de François Hollande avec les entrepreneurs, échaudés depuis que les « Pigeons » avaient protesté contre la réforme de la fiscalité sur les plus-values de cession. Pour clôturer les Assises de l’entrepreneuriat, entamées en janvier, le Président a donc reçu 300 patrons sous les ors de l’Elysée. L’occasion de leur présenter ses mesures pour « reconnaître la prise de risque des chefs d’entreprise » et promouvoir l’esprit d’entreprendre en France. Il est vrai qu’avec un taux de chômage dépassant les 11%, l’heure n’est plus aux querelles. Les groupes de travail des Assises ont remis 44 propositions au gouvernement, dont certaines sont déjà annoncées comme mesures, parmi lesquelles la fusion de tous les systèmes de fiscalisation des plus-values en un système unique par tranches et la simplification des régimes fiscaux existants ; la création d’un Plan d’épargne en actions (PEA) PME pour mettre l’épargne des français au service de l’entrepreneuriat ; la fin du fichage par la Banque de France des chefs d’entreprise dont la société a fait faillite. Pour ce dernier point, Fleur Pellerin, la ministre des PME parle d’un « droit à la deuxième chance », puisque les banquiers rechignaient souvent à prêter aux entrepreneurs fichés. Le gouvernement annonce aussi la création d’un « pass’ entrepreneur numérique », « qui améliorera l’accompagnement personnalisé de l’entrepreneur et comportera un mécanisme de signalement des complexités administratives vécues par les entreprises », et un fonds pour l’innovation sociale de la BPI pour faciliter le développement des entreprises à caractère social et solidaire en France. Pour ce qui est des autres propositions, Fleur Pellerin planche sur un « plan pour l’entrepreneuriat » jusqu’à fin juin. A suivre, donc…

Vous aVez chaNgé de FoNctioN ?

Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché

sur www.nomination.fr
Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !

www.ecoreseau.fr - JuIN/JuILLET 2013 21

 ]]></page>
<page num="22"><![CDATA[
CLUB ENTREPRENDRE

n°3

Interview

Tous les chemins
Alain Tonnard et Paul Morlet, deux entrepreneurs que tout oppose. Sauf leur
Comment êtes-vous devenus chefs d’entreprise ? Paul Morlet : Par le plus grand des hasards. Je n’avais pas de vocation d’entrepreneur. Je me suis lancé par défaut, tout simplement parce que je ne trouvais pas de travail. De plus, j’ai toujours eu un problème avec la hiérarchie, et ce dès l’école. J’étais un mauvais élève, peu adapté au système scolaire. Par exemple, je souhaitais toujours savoir dans quel but on me faisait faire ceci ou cela, sans jamais obtenir aucune réponse. Résultat, j’ai été envoyé en BEP d’électricien alors que je souhaitais poursuivre en seconde. Je l’ai très mal vécu. Puis, j’ai fait un Bac Pro en alternance à la SNCF. C’était l’encorrection auditive totalement par hasard, à la suite d’un job étudiant dans l’entreprise dans laquelle travaillait mon frère. Il s’agissait d’une société qui fabriquait des aides auditives. En observant ce marché, nous nous sommes aperçus que celui-ci était très mal structuré au niveau de la distribution. Les boutiques de distributeurs étaient quasiment invisibles, et en pharmacie ainsi que chez les opticiens, les prothèses auditives étaient reléguées sur les rayons des accessoires. Nous avons donc saisi la balle au bond, en suivant l’exemple des opticiens, qui étaient parvenus quelques années plus tôt à mettre leurs produits dans la rue, à la vue et à la portée de tous. De plus, nous savions
Alain Tonnard En 1977, à la sortie de son école de commerce, Alain Tonnard a créé Audika avec son frère Jean-Claude. Aujourd’hui, le leader français de l’appareillage auditif emploie 800 personnes réparties sur 450 points de vente, pour un CA de 107,8 M€ et un bénéfice de 6,9 M €

“ Je n’ai pas réalisé d’étude
de marché car je ne savais pas comment faire. Idem pour le buisness plan

” Paul Morlet

fer. Une fois diplômé, en 2010, je ne voyais aucune perspective d’avenir intéressante. Alain Tonnard : C’est tout l’inverse en ce qui me concerne. J’ai baigné depuis tout petit dans l’entrepreneuriat car mes parents et grands-parents étaient commerçants, et avaient monté leurs propres magasins. Depuis toujours, je souhaitais donc moi aussi créer mon entreprise. C’est dans ce but que je suis entré à l’université Paris IX Dauphine en 1971. Comment vous est venue l’idée de vos activités respectives ? PM : En regardant un tournoi de poker à la télévision. Je me suis aperçu qu’il y avait de la publicité partout, sauf sur les lunettes. A.T : A l’ origine, je souhaitais créer un hypermarché. Nous étions en 1977, c’était dans l’air du temps. Mais finalement, je me suis lancé dans la

que la taille et la technologie des appareils auditifs allaient évoluer considérablement, et dans des délais assez courts. Comment vous êtes-vous lancés ? A.T : Nous souhaitions organiser un réseau de distributeurs. Or, avec mon frère, nous n’avions que 20 ou 30 000 Francs à investir, et à l’époque, le capital développement n’existait quasiment pas. Dans un premier temps, nous sommes donc passés par la franchise. Petit à petit, nous avons développé notre réseau, notamment avec certains distributeurs que nous connaissions, et qui ont accepté de nous suivre. Dans les villes où nous ne trouvions pas de candidats, en revanche, nous avons développé nos propres magasins. Ceux-ci ont donc longtemps cohabité avec nos boutiques de franchisés, que nous avons rachetées progressivement, souvent lors du dé-

part en retraite de leur propriétaire. P.M : Tout a été très vite. J’ai décroché mon bac pro en juillet 2010 et déposé mes statuts en septembre. Je n’ai pas réalisé d’étude de marché car je ne savais pas comment faire. Idem pour le buisness plan. Avec mes 4400€ d’économies, j’ai acheté 5000 paires de lunettes en Chine. Et je suis parvenu à négocier des délais de paiement avec un imprimeur lyonnais. J’ai alors commencé à faire le tour des boîtes de nuits de la région lyonnaise, et ai envoyé des mails à des stars pour leur proposer mon produit. En local, le succès s’est révélé mitigé. C’étaient des commandes de 30-40 paires, que je vendais alors 5€. Et un jour, 3 ou 4 mois après le démarrage de mon activité, j’ai vu les BlackEyedPeas porter mes lunettes, avec le nom des membres inscrit sur les verres. Dans la foulée, c’est LadyGaga qui les portait à Paris. Mais commercialement, j’étais toujours très limite. Le plus dur a été de faire savoir que c’était moi qui produisait ces lunettes. J’ai alors fait appel à quelques connaissances pour me donner un coup de main : nous avons récupéré des photos, créé un site Internet, une page Face-

© Photo : DR

book, et j’ai commencé à avoir quelques articles dans la presse régionale. A partir de ce moment, ça a décollé.

Quels ont été les freins à votre lancement, puis à votre développement ? A.T : Les quatre premières

je souhaitais créer mon entreprise

“Depuis toujours,

” Alain Tonnard

Des commandes de 2000, 5000, 10 000 paires. Nous sommes alors en 2011, et la société réalise un chiffre d’affaires de 400 000€. Pour un bénéfice de 15%, soit 60 000€ environ.

années se sont révélées très difficiles, pour des raisons essentiellement financières. Et puis, à l’époque, l’informatique n’occupait pas la place qu’il occupe aujourd’hui, et tout prenait énormément de temps.

Ce fut un vrai frein à la mise en place de notre structure. P.M : Ils ont été nombreux… D’abord, les formalités liées à la création. Il faut remplir des formulaires incompréhensibles, travailler avec des organismes incompréhensibles… Pour dégoûter les gens de créer une entreprise, on ne s’y serait pas pris autrement ! Lorsqu’on se lance, on pâtit aussi d’un déficit de crédibilité énorme. Surtout moi qui n’avais pas de diplôme, pas d’argent, et un produit bizarre. Pour ouvrir le compte en banque de ma société, par exemple, j’ai été obligé de mentir sur ma situation. Après avoir essuyé une multitude de refus, je suis arrivé dans une

22

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="23"><![CDATA[
n°3

CLUB ENTREPRENDRE

croisée

s mènent à Rome
recette du succès : innover encore et toujours au service du consommateur.
Paul Morlet A 23 ans, l’autodidacte lyonnais Paul Morlet est à la tête d’une société de 15 personnes, qui a réalisé en 2012 un chiﬀre d’affaires de 1.1 millions d’euros. Derrière ce succès ? Des lunettes fantaisie aux verres personnalisables sur commande, qui séduisent les stars autant que les entreprises et les particuliers.

nions régionales, et nous prenons régulièrement la parole dans le cadre de notre communication interne. Notre discours est aussi bien relayé par les plus anciens, qui nous ont connu très jeunes. Pour être les plus réactifs possibles sur tout le territoire, et assurer cette proximité avec le terrain que j’évoquais tout à l’heure, nous avons aussi mis en place des niveaux de délégation importants. Nous avons divisé la France en huit zones, chacune gérée par un directeur régional autonome, avec 80 à 90 personnes sous sa coupe. P.M : Paradoxalement, j’exerce mon autorité « à l’ancienne ». Je suis assez franc avec mes salariés, comme avec mes fournisseurs d’ailleurs. Mais c’est normal : pour

jadis. Le recours au capital développement nous aurait par exemple permis de grandir plus vite. Et puis avec l’effet papy-boom à prévoir vers 2015, notre métier conserve un potentiel de marché immense. P.M : C’est difficile à dire car j’ai encore du mal à comprendre moi-même comment tout cela est arrivé. Ce qui est certain, c’est que je suis heureux et fier d’avoir créé de l’emploi. Je trouve ça très beau. En revanche, je regrette de n’avoir pas réussi, pour l’instant, à rapatrier la fabrication de mes montures en France. J’ai essayé à plusieurs reprises, mais à l’arrivée, les lunettes revenaient 15 à 20 fois plus cher, et les délais de livraison étaient multipliés par 2, alors que le

© Photo : Antoine Magnien

agence BNP, et j’ai raconté que je sortais d’une école de commerce, d’un stage aux Etats-Unis, et que mes parents étaient médecins, ce qui est totalement faux. On m’a alors proposé la tenue de compte gratuite, le découvert autorisé, la carte Gold… C’est consternant. Enfin, il y a la question des charges. Les petites boîtes sont tellement ponctionnées que, au pire, elles crèvent, au mieux, elles sont freinées dans leur développement. Sur quelles valeurs s’appuie le développement de vos entreprises ? P.M : A mes yeux, l’élément clé, c’est l’innovation au service du consommateur. Il faut

avoir un challenge, un défi en permanence. Récemment, nous avons par exemple créé le Lab, grâce auquel le client

va aussi proposer un système de fitting box, grâce auquel les clients pourront essayer leurs lunettes de façon vir-

banque de ma société, j’ai été obligé de mentir sur ma situation
peut créer sa paire de lunettes personnalisée en trois clics, et la recevoir le lendemain. Très prochainement, notre site

“Pour ouvrir le compte en
Paul Morlet
tuelle, grâce à leur webcam. A.T : Je suis entièrement d’accord. Chez Audika, nous avons toujours voulu être à la pointe

en matière d’innovation. Tant au plan technique, où nous avons été à la source des principales nouveautés sur le marché français, qu’en matière commerciale, où nous avons par exemple fait de la communication et du marketing avant tout le monde dans notre secteur. Cette nécessité d’innover sans cesse est d’autant plus importante pour nous aujourd’hui car, du fait de notre position de leaders, beaucoup de concurrents nous copient. L’autre élément important, c’est l’écoute du client. Cela passe par une proximité avec le terrain afin de pouvoir faire remonter les attentes des consommateurs, et adapter nos décisions. Mais cette idée rejoint la notion d’innovation : pour créer de la nouveauté, il faut savoir dans quelle direction aller. Au quotidien, quels sont les principes de gouvernance que vous appliquez ? A.T : Malgré notre développement, nous sommes parvenus à garder un état d’esprit assez familial. Nous sommes davantage une société basée sur la récompense de l’effort et du travail qu’une société financière. Au quotidien, mon frère et moi sommes d’ailleurs assez présents dans les réu-

nouveauté, il faut savoir dans quelle direction aller

“Pour créer de la
Alain Tonnard

”

être chef d’entreprise, il faut porter le leadership, donc il faut savoir être ferme. Surtout quand on est jeune et qu’on travaille avec des gens qui ont de la bouteille. Résultat, je pratique un management assez vertical avec les salariés qui n’ont pas intégré mon crédo, à savoir « tout pour le client ». Avec les autres, je laisse pas mal d’autonomie, mais dès qu’un problème survient, je suis derrière et je contrôle tout. Je crois aussi beaucoup à l’openspace car je souhaite que chacun connaisse l’ensemble des postes de la société, avec leurs contraintes et leurs règles. Si c’était à refaire, vous lanceriez-vous à nouveau ? A.T : Oui, je repartirais dans cette voie. Certes, aujourd’hui, la conjoncture n’est pas idéale, et il est très difficile de motiver l’acte d’achat. Tout comme il serait toujours aussi ardu de convaincre un banquier. Mais d’un autre côté, il existe en 2013 des outils d’aide au démarrage qui n’existaient pas

fournisseur ne se situait qu’à 150 km de chez moi… Comment envisagez-vous l’avenir ? PM : Je vais me tourner très fortement vers l’international. J’ai d’ailleurs créé LuluAmerica il y a 3 mois avec un ami. Et bien sûr, nous allons continuer à essayer de nous rapprocher le plus possible des besoins des consommateurs. Personnellement, je vais aussi poursuivre mes visites dans les écoles et les prisons, ainsi que mes conférences, pour aider les jeunes à créer leur entreprise. Je souhaite faire bouger les choses. Je n’ai pas envie de finir vieux, riche et con (sic) au bord d’une piscine. Je veux être respecté et respectable. A.T : L’objectif de l’entreprise a toujours été d’innover et d’être le numéro 1. Nous allons poursuivre dans cette voie : inventer de nouveaux produits, et garder notre leadership.
Propos recueillis par Olivier Faure

”

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 23

 ]]></page>
<page num="24"><![CDATA[
CLuB ENTREPRENDRE
L’Analyse

n°3

Savoir perdre pour mieux gagner
A quand une culture de l’échec en France ?
l y a un échec incontestable », reconnaît Manuel Valls devant la France au JT de TF1, à propos du fiasco de la fête organisée par le PSG au Trocadéro. Echec ? Le mot tabou est lancé, démontrant que le Ministre est acculé et ne peut noyer le poisson dans les synonymes. Car l’échec est une catastrophe en France, plus que n’importe où ailleurs. Il est imputable à l’individu et conduit à un jugement négatif sur la personne. « On ne fait pas confiance à quelqu’un qui a eu des échecs dans sa vie. Que ce soit dans l’éducation et encore plus dans l’entreprise, on entend plus souvent : “pourquoi as-tu échoué ?” plutôt que “qu’as tu as appris de cet échec ?” », constate Christian Rataux, animateur de la Fondation de la deuxième chance en Lorraine, créée à l’initiative de Vincent Bolloré. De plus cette notion est individuelle, contrairement à la réussite : “Nous avons gagné” mais “tu t’es planté”. « Car notre culture exige le recours à un bouc émissaire, l’échec n’étant pas assumé collectivement », assène Christian Rataux. A contrario, « le déboire est plutôt perçu dans les pays anglo-saxons comme une tentative qui n’a pas abouti, mais qui indéniablement rapproche la personne de son but », compare Marc Traverson, directeur associé d’Acteüs, cabinet de coaching et de conseil en management. Et ce qui pourrait passer pour une spécificité culturelle anecdotique se révèle un véritable fardeau.

«I

rie et fondateur de l’incubateur d’HEC. La jeune société américaine favorise le mécanisme d’essai-erreur, le rapport au risque est à l’opposé. « Quand

dix ans, on ne retiendra de lui que les derniers moments de la mort de sa société », indique Abdellah Mezziouane, Secrétaire général

client qui disparaît, d’un grand groupe qui vient sur la même niche, d’une dispute avec son associé », énumère Abdellah Mezziouane.

de la sortie de route prédomine. Les effets sont dévastateurs sur les femmes entrepreneurs par exemple, que suit Maïté Debeuret, cofon-

risque est enseignée. Daniel Cohen, entrepreneur en série autodidacte, fondateur de la société de coursiers ATV à Paris, dénonce la pusillanimité de ses propres enfants, « parce que le système éducatif leur a appris à fuir le risque ». Or rien de plus constructif qu’une déconvenue. « Je me souviens des débuts où, en ouvrant ma boutique, je m’attendais à une ruée de clients comme au premier jour des soldes. Cela n’a pas été le cas. Il a fallu apprendre, aller chercher les premiers clients. Le business est comme une relation amoureuse, on se renforce de ses déboires », assène Hapsatou Sy, fondatrice de la chaîne de salons de bien-être « Ethnicia » (renommée depuis « HapsatouSy »).

« big is beAutiful »

Au début il est allé très haut, et puis... en France il est grave d’échouer, il est là-bas grave de ne pas essayer », décrit Yseulys Costes, cofondatrice de la société de marketing interactif 1000mercis, qui a réalisé une partie de ses études outre-Atlantique. Cet anathème jeté sur celui qui rate atteint son paroxysme en matière d’échec entrepreneurial, de la CGPME Paris & Îlede-France. Le réseau s’éloigne mécaniquement, l’entrepreneur en situation d’échec devient le vilain petit canard et surtout l’institution le pénalise. Or le risque de se fourvoyer est conséquent. Celui qui démarre a une part de marché nulle et se place toujours dans la position du risque maxi-

générAteur de peur Stigmatisation à outrance et risque élevé dissuadent donc nombre de créateurs de passer à l’acte ou de récidiver. Dixhuit mois après la cessation d’activité de l’entreprise, 60% des ex-dirigeants ont retrouvé une activité. Tout le monde

opprobre

datrice de la Caravane des entrepreneurs, association itinérante de conseils à ceux qui se lancent, animatrice du site Entrepreneures.fr : « Elles restent trop prudentes de peur d’échouer. Le principe de précaution a fait du mal, car il les dissuade de gérer le risque ». Or une société ne peut être entrepreneuriale si

Accusé, levez vous ! Car de ce fait le revers n’est pas considéré comme partie constituante de l’apprentissage dans l’Hexagone. « Les gens qui l’ont vécu bénéficient d’une plus forte capacité de résilience. Pourtant les politiques ne parlent pas de leurs défaites, les insuccès ne sont pas enseignés dans les écoles », déplore Guilhem Bertholet, entrepreneur en sé24

en témoigne le champ sémantique utilisé : il a “fait faillite”, il a été “mis en liquidation”, avec publication au regard et au vu de tous, comme s’il était affublé du bonnet d’âne. « Même si l’entrepreneur a innové durant

“Ce tweet du 29 avril de Fleur Pellerin est un petit pas politique, mais un grand pas pour l’entrepreneuriat ”
mum. Si 50% des entreprises ne survivent pas au delà de cinq ans, 38% des dirigeants cessent leur activité pour des raisons économiques selon l’Agence pour la création d’entreprises (APCE). « Personne n’est à l’abri d’un gros ne passe pas par les fameux 3D de l’échec du créateur – « dépôt de bilan, dépression et divorce », que décline Agnès Bricard, Présidente d’honneur du Conseil supérieur de l’Ordre des experts comptables –, mais la peur

la crainte de rater y est plus forte que l’initiative et la volonté d’accomplir, tel est le message d’Anne BrunetMbappe, enseignant-chercheur à Advancia-Négocia dans son ouvrage (1). Dès le plus jeune âge l’aversion au

La réhabilitation de l’échec aurait aussi des effets positifs au niveau macro-économique. Car Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, affirme que les représentations scientifiques du monde enferment les pays dans des configurations économiques (2). En France pour des raisons historiques et culturelles c’est la conception de Lamarck qui prédomine, s’appuyant sur l’idée d’un développement continu des lignées, autrement dit des entreprises. Celles-ci se perfectionnent par filières, indépendamment les unes des autres, selon un plan et une conception verticale – grandes administrations, grandes entreprises, etc. – avec à la clé de belles réussites industrielles dans l’aéronautique, le nucléaire ou les télécommunications. Et l’éducation est orientée verticalement vers la formation d’élites pour jouer les rouages de cette mécanique, sortant de quelques grandes écoles à peine, comme le déplore Peter Gumbel, ancien grand reporter au Time Magazine et enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris dans un récent ouvrage (3). Autodidactes et défricheurs n’ont pas leur place, les individus doivent monter les échelons. Cette culture,

JuIN/JuILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="25"><![CDATA[
n°3

CLuB ENTREPRENDRE
L’Analyse
disposition des banques le Fiben notant les emprunteurs. « Quiconque déposait le bilan était fiché à vie, puisque les banques qui consultaient les fichiers gardaient les informations », précise Maïté Debeuret. La preuve que les pouvoirs publics ont pris y expliquent leurs difficultés, et leur propose des solutions. Reste aux structures existant déjà pour la création à intégrer des informations, des conseils et des aides à l’intention des ex-entrepreneurs qui doivent faire le deuil. « Petit à petit les gens intègrent que l’enseurs de tête. Encore loin toutefois des Etats-unis, où il est conseillé au créateur de présenter un ou deux échecs dans un dossier de demande de fonds, afin de rassurer les investisseurs. Et les secteurs traditionnels ? « Les grands groupes continuent de chercher des CV parfaits qui rentrent dans les cases. Les start up demandent des personnalités », distingue Didier Tranchier. Des disparités qui pourraient s’estomper à l’avenir.

“L’entrepreneuriat consiste
avant tout à transformer l’échec en pédagogie ou en opportunité

”

Matthieu Camozzi

Le Roi est mort… vive le Roi ! plus axée sur le développement que sur l’innovation, n’admet pas l’erreur, la variabilité qui nuirait à la norme et à ses fondements de verticalité, excelle à développer des filières mais pas à en créer. Au contraire la conception darwinienne, plutôt anglo-saxonne, favorise les initiatives individuelles et agit comme la sélection naturelle, étant entendu que dans ce processus d’essai-erreur, cette dernière n’est pas rédhibitoire. L’acceptation de l’échec, cruciale, favoriserait les initiatives, créerait les conditions idoines au développement des innovations, améliorerait la « biodiversité » des entreprises.

de solution « Pour lutter contre la stigmatisation de l’échec, l’indicateur 040 sera supprimé. 150000 entrepreneurs soulagés ». Ce tweet du 29 avril de Fleur Pellerin est un petit pas politique, mais un grand pas pour l’entrepreneuriat. La Banque de France mettait à

AMorce

conscience de l’enjeu et que les associations ne seront plus les seules à s’afférer dans ce domaine. La Fondation de la deuxième chance vient gratuitement en aide à des personnes en situation de précarité, qui ont un projet pour rebondir. Notamment d’anciens dirigeants, qu’elle accompagne financièrement, mais aussi par un parrainage qui peut être réalisé par un autre chef d’entreprise. Plus spécifique aux entrepreneurs, l’association Recréer propose des ateliers aux adhérents qui

trepreneuriat consiste avant tout à transformer l’échec en pédagogie ou en opportunité », observe Didier Tranchier, consultant chez Adelit Consulting et président d’ITAngels. Mieux, dans le secteur numérique, « les dirigeants recherchent des entrepreneurs qui se sont battus contre vents et marées, pas des gestionnaires. S’être cassé la figure peut être positif s’il n’y a pas que des échecs », remarque Franck Pasquet, directeur associé chez Arrowman Executive Search, cabinet de chas-

(1) « L’entrepreneur français : un trapéziste sans filet. Pour que l’entrepreneur échoue avec les honneurs », Anne Brunet Mbappe, collection Impertinence de la Documentation française, 2010. (2) « L’évolution, l’entreprise et le singe » de Pascal Picq dans « Repenser l’entreprise » sous la direction de l’association pour le management (APM), Le Cherche Midi, 2008. (3) « France’s Got Talent (Elite Academy- Enquête sur la France malade de ses Grandes Ecoles) », Denöel, 2013.

Oeil d’experts
Quelles mesures symboliques pourraient être prises par les pouvoirs publics pour changer la perception de l’échec en France ?
Par M.C

directeur associé chez Arrowman executive search, cabinet de chasseurs de tête : Les efforts doivent être axés en priorité sur l’école, où celui qui est en échec est orienté sur une filière dite « honteuse », ce qui n’est pas du tout le cas. Il n’est pas du tout communément admis que ceux qui se sont trompés peuvent être plus forts s’ils ont réagi par la suite. Or on s’aperçoit que les gens qui ont créé de belles boîtes ont souvent vécu les études de manière compliquée. Même ceux qui ont de grands diplômes ont généralement rencontré des problèmes parce qu’ils ont de fortes personnalités. Mais ils ont appris de leurs erreurs. Les pouvoirs publics doivent aussi s’employer à ce que les gens parlent de leurs échecs en des lieux de transmission du vécu au lieu de se cacher. Aux Etats-unis celui qui a vécu le chômage puis a retrouvé un job se dit « j’ai été bon ». En France il se dit « j’ai eu de la chance », car cette étape est honteuse. C’est cette mentalité qui doit être supprimée en rendant publics les cas d’échec.

frAnck pAsquet,

Agnès bricArd, présidente d’honneur du conseil supérieur de l’ordre des experts comptables, ex-présidente déléguée du centre de l’information sur la prévention (cip) :
Les milliards affectés à la création d’entreprise sont une bonne nouvelle pour encourager les gens à se lancer, mais ne perdons pas de vue les dirigeants qui ont connu l’échec et qui ne sont pas des voyous. Ils méritent au contraire toute notre attention car ils seront les meilleurs dans les situations périlleuses, souvent dotés d’une culture de la revanche. Des premières turbulences à la liquidation des efforts peuvent être déployés, dans l’anticipation, la détection et le traitement (fiscalité, étalements, mandats ad hoc, procédures, etc.). En 2011, Présidente du conseil supérieur de l’Ordre des experts comptables, j’ai proposé que les dirigeants suivent des formations d’une semaine pour ne pas refaire les mêmes erreurs, et prôné l’instauration d’une sorte de « contrôle technique » à trois ans. Enfin j’ai proposé le versement d’une cotisation à une « assurance santé de l’entreprise » - les turbulences surviennent en moyenne tous les 35 ans - pour que le dirigeant puisse se payer les accompagnateurs au jour J.

secrétaire général cgpMe paris & ile de france : Premièrement, la société doit intégrer le fait que l’entrepreneur doit se casser la figure et repartir. Celui-ci a généralement fondé quatre ou cinq sociétés, a fait faillite une fois, en a vendu deux et a réussi avec celle qu’il détient. Deuxièmement la culture absolue des grands corps doit être combattue. Nombreux sont les apprentis qui affirment qu’ « ils sont là parce qu’ils ont échoué ». Alors qu’ils apprennent un métier. L’Allemagne a fait sa force sur l’alternance, les grandes nations ont besoin de tous ces savoir-faire. Des dispositions simples peuvent faire évoluer cet état d’esprit dans l’éducation. Ces orientations professionnelles devraient être véhiculées comme des voies d’excellence et non d’échec, dès la troisième. Puis des actions à grande échelle peuvent être réalisées auprès des entrepreneurs qui ont échoué, comme la CGPME s’y attèle déjà. Des médiateurs qui ont connu ces situations tendues peuvent aider, parrainer. Nous devrions les retrouver sur les bancs des écoles, ainsi que dans les entreprises.

AbdellAh MezziouAne,

www.ecoreseau.fr - JuIN/JuILLET 2013 25

 ]]></page>
<page num="26"><![CDATA[
CLUB ENTREPRENDRE
En immersion

n°3

Couveuse
Visite guidée dans les locaux de l’incubateur ParisTech Entrepreneurs, qui accueille des embryons de start-up et les accompagne jusqu’à la naissance.
u fond d’une cour pavée du XIVe arrondissement de Paris, un petit bâtiment gris orné d’un drapeau tricolore et d’une plaque discrète. Pas un bruit. Une école maternelle en pleines vacances scolaires ? Dans le hall, l’impression s’envole. Au lieu d’œuvres gribouillées en peinture et gommettes, le mur de l’accueil arbore les logos bien léchés des pensionnaires : 35 entreprises en devenir, installées pour 18 mois au sein de l’incubateur ParisTech Entrepreneurs. Sur la table basse, L’Équipe, Le Monde et L’Usine nouvelle effacent définitivement l’image des petites et moyennes sections. Pourtant, le lieu abrite aussi des premiers pas, des tâtonnements et des découvertes. Pour le dictionnaire Larousse, l’incubation est “la période de la vie d’un jeune animal pendant laquelle il se développe dans un abri biologique (… ) et bénéficie d’une protection parentale nécessaire à sa survie”. Pas loin de ce que proposent Pascale Massot, la responsable, et son équipe : « L’incubateur, c’est la première phase, l’entreprise est à l’état de projet », expliquet-elle. En général, les porteurs de projet ont trouvé leur idée, ont constitué une équipe, se sont forgé une très bonne connaissance des marchés. Immergés tous ensemble dans un même lieu, épaulés au quotidien, ils avancent. Vers le succès en principe : en 2010, 80% des entreprises issues de l’incubateur, depuis les débuts, étaient encore en vie.
techNologies Fondé en 1999, l’incubateur a d’abord été conçu pour les diplômés de l’école Télécom ParisTech désireux de se lancer dans l’entreprenariat, comme une « alternative à l’emploi salarié pour les étudiants », explique Pascale Massot. Au fil du temps, la structure a évolué pour s’ouvrir. En 2012, à peine plus de la moitié (52%) des por-

A

teurs de projet étaient diplômés de Télécom, et les trois quarts des équipes comptaient au moins un diplômé de ParisTech, pôle d’enseignement supérieur et de recherche réunissant 12 grandes écoles françaises. « On aime la diversité », as-

ils ont de l’expérience à revendre et souhaitent voler de leurs propres ailes.
arrivaNts Dans le couloir du rez-dechaussée, un pan de mur est occupé par de petits casiers

Nouveaux

séparées par des cloisons amovibles accueillent les entités fraîchement sélectionnées. Guillaume Dupuy, l’un des deux associés, apprécie de bénéficier de locaux et d’un accompagnement, « mais il y a aussi l’aspect social tout bête, de voir des

« On a une adresse professionnelle, des référents », détaille-t-il d’une voix basse. Casque sur les oreilles, les jeunes entrepreneurs ne laissent échapper que des cliquetis de clavier. L’ambiance est studieuse. Guillaume Dupuy, de Fleex, regrette

« Une bonne quinzaine de thèmes différents sont abordés sur un semestre », par session de deux heures habituellement. L’idée n’est pas de renvoyer les participants sur les bancs de l’école. « On essaie de bannir au maximum les slides », déclare Christine Cromières, qui ajoute : « On compte beaucoup sur les relations des participants entre eux. »

Les incubateurs ne ressemblent pas tous à ça. sure Pascale Massot, qui ajoute : « Tous ont l’impression que c’est réservé aux élèves, alors que c’est le projet qui nous intéresse. » En revanche, le cœur d’activité est resté le même, celui des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). À travers les couloirs du bâtiment, le cliché de l’ingénieur en NTIC se révèle exact : parmi les 35 porteurs de projet, seulement deux femmes. Mais rares sont les profils de prodiges post-adolescents à la Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, ou à la Sean Parker, celui de Napster. Les pensionnaires ont en moyenne 35 ans et maîtrisent le domaine technologique dans lequel ils créent. Issus à 80% de grandes entreprises, en bois. Les boîtes aux lettres des entreprises. Dès l’aval du comité d’incubation, qui se réunit une fois par mois, les nouveaux venus y apgens ». Laurent Dénarié, d’Ownpage Technology, un système personnalisé de recommandation d’articles de presse en ligne, apprécie même en riant la fermeture si peu tardive des locaux, à seulement 23 heures. Pas étonnant que de l’autre côté du bâtiment, le baby-foot soit déserté. Au rez-de-chaussée, les pensionnaires ont à leur disposition des salles de réunion, pour discuter plus discrètement ou suivre des formations. Stéphane Cambon, le porteur de projet pour Ownpage Technology, est justement dans la plus grande salle, au sous-sol, pour en apprendre plus sur Google Analytics aux côtés d’une demi-douzaine d’autres entités. L’intervenant extérieur est présent ce jour-là de 9h à 18h. « Il n’y a pas une semaine sans atelier », affirme Christine Cromières, qui en a la charge, en tournant les pages de son grand agenda.

Nouvelles

jeune animal se développe dans un abri biologique et bénéficie d’une protection parentale
posent leur étiquette. Comme Fleex, un service d’apprentissage de l’anglais à partir de films et de séries. Ses deux créateurs ont posé leurs ordinateurs le 1er avril au premier étage, dans un open space tapissé de moquette bordeaux, où quatre stalles que les uns et les autres aient « des problématiques similaires ». Assis en face de lui, Karim Tekkal, qui assure le support technique au sein de la start-up, souligne « l’aspect image » de l’appartenance à l’incubateur ParisTech Entrepreneurs, très reconnu.

“Pendant l’incubation, un ”

Nouvelles relatioNs Au dernier étage du bâtiment, au bout d’un couloir, Focusmatic, qui fêtera en juillet sa première année d’incubation, dispose de son propre petit bureau, avec machine à café personnelle. Les trois associés développent des solutions d’analyse des données marketing issues des publications sur internet. Frédéric Mirebeau, de Vigicolis, un outil de suivi des envois de colis, est passé en voisin. Assis à côté d’Amirhossein Malekzadeh, l’un des fondateurs de Focusmatic, il échange sur des problématiques communes. Un partenariat de business pourrait même naître. « L’incubateur est un vrai lieu d’échange et de stimulation », estime Amirhossein Malekzadeh. Il ajoute : « Tout le monde a quasiment le même but. On se parle plus facilement de nos problèmes. C’est plus d’opportunités. » Surtout, l’appartenance à un incubateur permet de gagner du temps et de ne pas se fourvoyer tout seul, note Amirhossein. Lui et son associé Renaud Boutet se calent à nouveau devant leurs écrans. Ce n’est pas parce qu’ils partagent les murs de nombreux créateurs de startup ou que des petits déjeuners sont organisés qu’ils en oublient leur objectif. Le quotidien d’un incubé, assurentils, ressemble fort à celui de n’importe quel entrepreneur. Studieux, centré sur les tâches à accomplir, les yeux rivés sur l’ordinateur. Bien loin des gommettes et des farandoles.
Par Claire Friedel

26

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="27"><![CDATA[
LYON PARIS SHANGHAI

DEVENIR ENTREPRENEUR POUR LE MONDE
EML Executive Development, l’activité formation continue d’EMLYON Bu tinue LYON Business School

Rejoignez-nous !
Diplômes Diplômes

Certiﬁcats et Parcours Métiers Certiﬁcats Parcours Métiers

3à5

Programmes Programmes Courts (3 à 5 jours) jours)

Programmes Sur-Mesure

Programmes Sur-Mesure Intra-Entreprise Programmes Sur-Mesure & Intra-Entreprise r ra-Entr

Une offre complète pour des leaders et managers toujours plus performants

www.eml-executive.com www.eml-executive.com
EML Executive Development Executive Development
LYON LYON

executive@eml-executive.com executive@eml-executive.com

 ]]></page>
<page num="28"><![CDATA[
CLuB EnTrEPrEnDrE

n°3

Electro

Beethov
’est l’histoire d’un doux rêveur qui transforme son rêve en réalité, et peut-être en monnaie sonnante et trébuchante. Journaliste-meneur de jeu chez Europe 1 durant 17 ans, animateur d’une émission musicale chez TF1 durant trois ans, directeur de création chez Publicis, Eric Lipmann a enchaîné les aventures, durant lesquelles il n’a

Marcher sur les platebandes de Deezer, Spotify et un « start-uper »

C

une musique en donnant quelques vagues détails, et nous trouvions ce qu’ils cherchaient. » Storytelling ? Peutêtre, chez cet ancien publicitaire à qui l’on doit la création de la marque Dim, le diminutif du “Bas du dimanche”. Mais il est en tout cas l’auteur d’une invention des plus savoureuses. Ce mélomane a élaboré un classement très personnel permet-

de recherche. Sans le savoir tout le monde dispose d’une culture musicale considérable, car les mélodies s’imprègnent dans le cerveau et sont associées à des émotions. La musique est un langage qui s’exprime autrement que par les mots. »

Du passionné au chef D’orchestre Le start-uper en herbe, que le poids des années n’a jamais arrêté, suit alors l’apprentissage habituel et passionnant du défricheur. « J’ai toujours eu la conviction qu’il fallait être gratuit au démarrage. Musigratis a attiré 10 000 inscrits qui m’ont permis d’améliorer le produit grâce à leurs retours. Puis un jour

jamais cessé d’accumuler son trésor : une discothèque constituée de plus de 50 000 albums, patiemment constituée depuis 1957, comportant du classique, du jazz, et bientôt tous les styles de musique, avec des fiches pédagogiques agrémentées de biographies, descriptifs, citations et appréciations, soit 250 000 pages. A la fin des années 90 la découverte d’Internet ainsi que la rencontre avec Jacques Krischer, un informaticien musicologue qui est de 20 ans son cadet, vont marquer le début d’une nouvelle épopée. Contre toute attente le septuagénaire crée en 2011 une encyclopédie musicale en ligne : « Je ne suis pas visionnaire, mais j’ai agi de manière intuitive. Durant toutes ces années j’ai rêvé que l’interactivité existerait un jour et qu’il serait possible d’écouter n’importe quelle musique tout en obtenant de l’information. » « Lorsque je travaillais dans l’audiovisuel, je rêvais déjà d’une émission où les gens téléphonaient pour demander

Eric Lipmann et l'acteur Gérard Depardieu en 1986, lors de l'enregistrement de l’émission musicale de TF1 « pour ceux qui s’aiment » consacrée à Beethoven.

La quatrième vie

tant aux non-initiés de découvrir les chefs-d’œuvre. Ces derniers sont répertoriés selon des mots clés émotionnels, afin que la personne obtienne la musique qui corresponde à son humeur. « L’idée m’est venue par ma vie de publicitaire, lors d’une réunion avec Owen Jones chez L’Oréal. Je lui ai dit dans la conversation que certaines musiques transformées en odeur seraient insupportables, ce qui l’a intéressé au point de me payer pendant trois ans pour assimiler des musiques à de nouveaux produits de beauté, en collaboration avec les laboratoires

j’ai posé la question fatidique « Seriez-vous prêt à payer ? » », se souvient-il, obtenant 25% de retours. Et sur ces 2 500, 70% étaient d’accord. Fort de cette enquête

28

JuIn/JuILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="29"><![CDATA[
n°3
Partenaires Ofﬁciels

CLuB EnTrEPrEnDrE

on libre

12&13 JUIN
LYON
Centre de Congrès

ven 2.0
le mélomane devenu homme d’affaires a pu solliciter des investisseurs, d’abord un banquier qui a apporté 10 000 euros, puis des business angels à hauteur de 100 000 euros, qu’il voit au moins une fois puis le pricing, avant de convenir d’un abonnement annuel de 20 euros et de vite parvenir à l’équilibre. D’où lui vient cette énergie créatrice ? Peut-être de sa formation primaire et secondaire gner de l’argent de poche », se remémore ce mari d’une femme sculpteur qui possède trois galeries et prépare une exposition internationale.

2013

t iTunes, quoi de plus simple pour Eric Lipmann, » de… 75 ans ?
L’événement

N°1 des créateurs & dirigeants d’entreprises

suite De La

“La musique est un langage
par semaine pour bénéficier de leurs conseils. « J’ai fait les trois quarts des investissements par mon temps de travail et la mise à disposition de ma collection, évaluée à cinq millions d’euros. Si j’étais

qui s’exprime autrement que par les mots
américaine. La progression nazie a obligé sa famille juive à fuir durant la seconde Guerre mondiale, et ce natif de Besançon en 1938 s’est retrouvé dès le plus jeune âge aux Etats-unis où « le business

”

allé voir les financiers au début, avant d’accumuler, je n’aurais trouvé personne », précise le web-entrepreneur. Cet optimiste forcené a tâtonné sur le business model

coule de source. J’ai été marchand de bonbons, de journaux, et ai même joué le rôle de celui qui aide les enfants à traverser, avec mon badge et mon bâton blanc, pour ga-

partition « C’est une aventure qui ressemble à la vie, qui s’apparente à une naissance ; nous élevons notre bébé, nous voulons en faire un génie, nous empruntons », compare ironiquement ce père de cinq enfants, dont des jumeaux de 37 ans. Mais l’aboutissement du rêve n’empêche pas le réalisme. « N’oublions pas que le marché français ne représente que 6% du marché international », déclare ce parfait bilingue qui a toujours tout traduit en anglais. « Nous ne voulions pas attaquer le marché américain à cause de sa législation compliquée et des investissements colossaux qu’il exigeait. Après avoir rencontré des acteurs anglais peu coopératifs, nous avons trouvé un terrain d’entente avec des Allemands devenus nos partenaires, pour que nous proposions notre produit outre Rhin dès septembre. » La suite ? ubifrance a réalisé pour la start-up atypique une étude sur trois pays, la Chine, le Japon et la Corée. « Le retour a été formidable, par des gens prêts à nous rencontrer et à investir. En octobre nous débarquons sur le marché coréen. Les implantations informatiques y sont gigantesques et surtout ils sont en avance sur l’e-book », déclare celui qui ajoute des musiques techno à sa collection. Sur la péninsule, l’ebook représente 45% du marché du livre, contre 25% aux Etats-unis ou 3% en France. S’étant associé à une entreprise française spécialisée, le visionnaire compte bien réaliser les premiers e-books musicaux, avec opéras et encyclopédie musicale. Les charentaises et la télévision attendront...

Partenaires Associés

I N V I TAT I O N S
..............................

salondesentrepreneurs.com
Avec

Médias Ofﬁciels Médi Ofﬁ i l

Matthieu Camozzi

www.ecoreseau.fr - JuIn/JuILLET 2013 29

 ]]></page>
<page num="30"><![CDATA[
CLUB ENTREPRENDRE
Leçons de maux

n°3

Coup de chaud sur Photowatt
C’est l’histoire d’un pays, leader du nucléaire civil, amoureux de l’atome, qui a bien failli devenir le numéro un du photovoltaïque. Et le récit d’une entreprise qui fabriquait des panneaux solaires alors que les énergies renouvelables n’étaient encore qu’un sujet confidentiel, mais qui a été à deux doigts de disparaître. Heureusement, l’énergie solaire n’a pas dit son dernier mot, Photowatt non plus.
tionné ». En 2000, le gouvernement Jospin a bien introduit des tarifs de rachat pour soutenir l’émergence des nouvelles énergies... mais ils sont trois fois moins élevés qu’en Allemagne ! Il faudra attendre watt, avec une production de 60 mégawatt, fabrique à 2 euros/watt alors que la concurrence chinoise se contente de 1,3 euros. Les installateurs et développeurs de parcs remercient et achètent, y compris jadis 5e, se retrouve à la 72 e place du classement mondial des producteurs de modules, carnet de commande vide et 442 salaires à verser. ATS veut se débarrasser de ce fardeau et annonce le dépôt de bilan le 4 novembre 2011. Rideau !

rachat profitent plus aux producteurs chinois qu’à la filière française
2004 pour que le crédit d’impôt recherche soit instauré, et 2006 pour que les tarifs s’alignent sur ceux des pays voisins, permettant enfin à l’entreprise iséroise de développer son activité et doubler ses effectifs. Elle n’oublie pourtant pas la R&D et lance en 2007, en partenariat avec EDF Energies Nouvelles et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le projet PV Alliance pour développer des cellules solaires à haut rendement : l’avenir frappe à la porte. en France. Finalement, les tarifs de rachat profitent davantage aux producteurs chinois qu’à la filière française. Pire, malgré une visite du président Sarkozy en 2009 dans ses locaux, le leader français ne semble pas être au cœur des préoccupations de l’Etat. Dans un rapport parlementaire en octobre 2010, l’actuelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso dénonce le manque de réactivité de l’Etat : « Deux ans en ce qui concerne Photowatt, toujours en attente de renforcement de ses fonds propres et d’un financement d’une unité pilote de démonstration ». Vains mots. Le célèbre et contesté rapport de l’Inspecteur général des Finances Jean-Michel Charpin, qui pointe leurs insuffisances, ouvre la porte à la fin des aides au secteur. En novembre 2010, le gouvernement annonce un moratoire de trois mois sur toute nouvelle installation photovoltaïque, ce qui coûte à Photowatt trois gros clients, soit 40 mégawatts de commandes. Suivent une baisse du tarif de rachat et un durcissement global de la réglementation du secteur. Le propriétaire, ATS, n’apprécie guère. Dans la foulée, il annonce un plan social concernant les 670 salariés de l’entreprise et délocalise une partie de la production en Pologne et... en Chine ! Photowatt,

“Finalement, les tarifs de ”

Photowatt a eu son lot de nuages noirs n janvier dernier, la France introduisait des mesures pour favoriser les panneaux photovoltaïques made in Europe. Aujourd’hui, c’est l’Union Européenne qui voudrait intervenir en la matière, pour protéger les industriels du continent. Trop tard ? Une question à poser à ces pionniers qui, dès 1979, fondaient près de Caen celui qui deviendra rapidement le fleuron des énergies renouvelables de l’Hexagone.

E

1979-1996 : l’étincelle

goin-Jallieu, dans l’Isère, pour se rapprocher des industriels des semi-conducteurs et des prestigieux centres de recherche en énergie solaire de Lyon et Grenoble. Car Photowatt a faim d’innovation, tant dans le produit que dans le process. Dès 1984, à la pointe sur son domaine, l’entreprise développe son propre procédé de fusion pour fabriquer le silicium multi cristallin des cellules. Alors qu’elle n’est pourtant encore qu’une PME de 80 salariés dotée d’une capacité

l’entreprise iséroise passe entre des mains étrangères, celles du géant canadien de l’automation Automation Tooling Systems (ATS). A l’époque, Photowatt est toujours le seul acteur de la filière photovoltaïque française capable de maîtriser le processus depuis la barre de silicium jusqu’au panneau fini. Grâce aux investissements canadiens, sa capacité de production grimpe à 13 mégawatts en seulement trois ans. En 2002, Eric Laborde, Directeur général de

2008-2011 : le court-circuit

Mais c’était sans compter sur l’arrivée de la Chine sur le juteux marché du solaire. Dès 2007, le dragon asiatique fait le choix d’investir massivement

A l’origine de l’histoire de Photowatt, on trouve le souhait du géant Philips de se doter d’un centre de recherche dédié au développement de cellules photovoltaïques pour... les satellites de télécommunication. Car à l’époque, la France est sur le point d’achever son programme nucléaire civil et les énergies renouvelables ne font pas vraiment la une des journaux. Ce centre de recherche à vocation industrielle se trouve à seulement quelques kilomètres des réacteurs du Cotentin. Tout un symbole. En 1990, Photowatt déménage à Bour-

“Photowatt est toujours le seul acteur de la
filière photovoltaïque française capable de maîtriser l’ensemble du processus
l’époque, endosse le rôle de Monsieur Météo et annonce les nuages à venir, en affirmant au magazine Présence : « Le marché sur lequel nous sommes implantés se développera fortement dans les prochaines années, mais le marché français risque de rester marginal car il est peu subven-

”

de production de seulement trois mégawatts, soit l’équivalent d’une pale d’éolienne...
la montée en puissance Comme personne en France ne semble prêt à parier sur l’avenir du solaire, en 1997,

1997-2008 :

sur le photovoltaïque en poussant ses banques à ouvrir leurs guichets aux industriels, qui s’offrent ainsi des usines capables de produire un Gigawatt de panneaux par an. Les économies d’échelle sont colossales, ce qui permet à des acteurs comme SunTech de casser les prix. En 2010, Photo-

En cette période de crise, l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais le calendrier électoral joue en faveur du fabriquant français et le président-candidat Sarkozy pousse EDF à se manifester auprès du tribunal de commerce de Vienne (Isère). L’offre de l’énergéticien – titulaire de 40% des parts de PV Alliance aux côtés du CEA et de Photowatt – est retenue et sa filiale EDF Energies Nouvelles reprend le site avec un plan d’investissements de 3 millions d’euros sur un an et la sauvegarde de 345 emplois. C’était fin février 2012. Un an après, en janvier 2013, les nouveaux décrets sur les tarifs d’achat photovoltaïques tant attendus viennent enfin de paraître au journal officiel lorsque la nouvelle ministre de l’écologie, Delphine Batho, se rend à Bourgoin-Jallieu. « Moi ce qui m’intéresse, c’est cette annotation « Made in France » gravée sur cette cellule Photowatt. Dans le domaine du photovoltaïque, chaque euro investi doit désormais se traduire par du développement industriel et de la création d’emploi en France », affirmet-elle alors qu’Olivier Paquier, Président d’EDF ENR solaire, annonce la volonté de relocaliser en France toute la production. Aujourd’hui, les travaux sont en cours pour aménager une nouvelle ligne de production dans 12000 m² à Vaulx-Milieu. Les premiers modules Photowatt devraient en sortir à l’automne 2013. Le soleil brillera-t-il à nouveau sur le champion du photovoltaïque made in France ?
Andrea Paracchini

2012 : l’éclaircie

30

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="31"><![CDATA[
n°3

CLUB ENTREPRENDRE
Prospective

L’or blanc
Dans l’océan Arctique, le réchauffement climatique devrait provoquer à terme la fonte de la banquise l’été. Un drame pour les ours polaires, mais une aubaine pour les pays riverains. Et si le Groenland devenait un Etat pétrolier ? Prospective fiction.
n juin 2040, l’OPEP, l’Organisation des pays producteurs de pétrole, qui réunit notamment l’Arabie Saoudite, le Nigéria et le Venezuela, accueille un treizième membre inattendu : le Groenland. Le pays des glaces, niché à l’extrême nord de l’océan Atlantique, à la même table que les émirats du Golfe ? Une reconnaissance internationale méritée pour ce micro-État de 200 000 âmes, coincé entre le Canada à l’ouest et l’océan Arctique au nord, indépendant du Danemark depuis les années 2010 : alors que les pays du Golfe rationnent leurs dernières goutes d’or noir, son sous-sol recèle les deuxièmes réserves mondiales de pétrole et les troisièmes pour le gaz. Mais il sait que ces ressources ne seront pas éternelles, et prépare déjà l’avenir. À l’aide

E

les BRICS. Ces dernières années, le Groenland s’est aussi offert quelques clubs de basket et de football américains, a inauguré le Louvres-Nuuk, du nom de sa capitale, et érigé la plus haute tour du monde, qui, avec ses 853 mètres, dépasse la tour Burj Khalifa, à Dubaï. Dans les

kars. Nous voulons mettre notre prospérité au service de la paix et du développement. » Comment cette île, historiquement plutôt connue pour ses fjords et ses icebergs – l’un d’eux a coulé le Titanic – est-elle devenue en moins d’un demi-siècle un puissant

glace, le Groenland a conquis la richesse
pays occidentaux, en particulier ceux où Nuuk est très entreprenante, certains observateurs s’inquiètent de cette hyperactivité. En France, la leader du Parti populiste, Marion Maréchal-Le Pen, met en garde contre « les hordes Inuits qui déferleront

“En ôtant son manteau de
et influent État pétrolier ? Grâce à l’or blanc : la banquise. Ou plutôt, à sa disparition. Le réchauffement climatique, qui a fait le malheur des habitants des Seychelles, de Micronésie ou du Vanuatu, dont les îles ont été englouties par la montée des eaux, a

”

Station balnéaire de son fonds souverain doté de 600 milliards de dollars, « l’Ours arctique » investit dans les secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale : santé, gérontechnologies et silver economy en tête, boostés par le vieillissement de la population du globe, en particulier dans demain dans nos quartiers avec leurs pétrodollars ». Au dernier congrès des Nations Unies, Aleqa Hammond, la présidente du Groenland, a tenté de couper court aux fantasmes : « Ce n’est pas parce que notre île a été découverte par les Vikings que nous allons sortir les Drakfait le bonheur des Groenlandais. Le United States Geological Survey, qui avait évalué dès 2008 que l’Arctique recelait 22% des ressources énergétiques « non découvertes mais techniquement exploitables » avait vu juste, puisque l’été, la banquise se dérobe et permet au

Groenland d’exploiter hydrocarbures, gaz et autres métaux rares. Le pays profite aussi d’une situation géographique privilégiée, à mi-chemin entre les océans Pacifique et Atlantique. Six mois par an, l’absence de banquise ouvre la route maritime du Nord. Pour la première fois de l’humanité, les océans Pacifique et Atlantique se rejoignent. Des milliers de cargos délaissent le Cap Horn, Suez et Panama. Par le nord, Rotterdam n’est plus qu’à 8500 milles de Yokohama, contre 13 000 milles par la route sud. Grâce à sa nouvelle notoriété, le pays des icebergs accueille toujours plus de touristes en quête de sensations fortes dans cette région considérée comme la dernière frontière, mais dotée d’équipements ultra modernes. Groenland Airways déverse les foules venues admirer les aurores boréales et visiter au zoo quelques uns des derniers ours polaires. Les fêtards viennent profiter des nuits où le soleil ne se couche jamais. En ôtant son manteau de glace, le Groenland a conquis la richesse. Mais tout n’est pas si rose au pays des Inuits, car la prospérité a ses contreparties. L’exploitation à outrance des ressources du pôle Nord et le passage incessant des supertankers ne sont pas sans risques. En 2035, la catastrophe sur la plateforme de Gazprom en mer de Barents a marqué les esprits : 800 millions de litres de pétrole – à peine plus qu’à Deepwater Horizon, la plateforme de BP, en 2010 – se sont déversés avant que la brèche ne puisse être colmatée, au prix d’efforts considérables. Et après avoir fragilisé dramatiquement un écosystème déjà mis à rude épreuve par le changement du climat. La rançon du succès.
Aymeric Marolleau

Thierry Garcin, auteur de Géopolitique de l’Arctique, à paraître aux éditions Economica, fait le point sur les grands enjeux qui animeront le pôle Nord dans les prochaines décennies. Quelles opportunités le réchauffement climatique présente-t-il en arctique ? La fonte de la banquise estivale est inéluctable, et elle permettra la navigation sur deux nouvelles routes maritimes : celle du Nord-Ouest, le long du Canada, et celle du Nord-Est, le long de la Russie. Mais elles ne sont pas d’égales importances. La navigation sur la première sera très difficile, elle exigera des bateaux spéciaux à coque renforcée, des équipages formés, et des polices d’assurance très élevées. Le long passage du Nord-Est sera plus praticable, et permettra à la Russie de désenclaver la Sibérie. Les ressources naturelles, comme les hydrocarbures, le gaz, le pétrole et les minerais, sont nombreux, mais là encore les difficultés sont grandes. On imagine trop que l’Arctique pourrait devenir une sorte de nouveau Moyen-Orient pour les ressources naturelles. Le pétrole ne sera pas autant exploité qu’on l’imagine, car, depuis la marée noire de l’ExxonValdez en 1989, au large de l’Alaska, on sait que les conséquences de ces accidents à ces latitudes sont terribles. En 2012, par la voix de son président Christophe de Margerie, Total a renoncé à exploiter le pétrole à haute latitude, car une marée noire serait catastrophique pour son image. C’est le gaz, abondant en mer de Barents, qui sera la ressource la plus exploitée, car les difficultés sont bien moindres. comment la géopolitique va-t-elle évoluer dans cette région ? C’est un nouveau théâtre des relations internationales qui s’ouvre pour de longues décennies. Les Etats-Unis et la Russie joueront les premiers rôles, aux côtés des autres pays riverains, que sont le Canada, la Norvège, et le Danemark, qui devrait bientôt donner son indépendance au Groenland. L’Union européenne n’a pas de politique Arctique, alors qu’elle pourrait y jouer un rôle important pour faciliter les échanges, mais la Chine, qui possède un brise-glace et en construit un deuxième, s’y intéresse de près. Quels sont les principaux sujets de discorde ? Hormis quelques revendications territoriales, les pays riverains ne s’entendent pas sur la nature juridique des routes maritimes. Les EtatsUnis, avec Bruxelles, considèrent qu’elles devraient être sous le régime des détroits internationaux, donc ouvertes à tous, tandis que le Canada juge que les eaux qui forment la route du NordOuest, le long de ses cotes, devraient lui appartenir, de même que la Russie, au Nord-Est. Malgré ces conflits, je ne crois pas en une militarisation importante de la région, car les conditions y sont trop drastiques pour les hommes et les matériels. peut-on imaginer un traité international qui gouvernerait l’arctique, comme c’est le cas en antarctique ? Non, car aucun des pays riverains n’en veut. Ils jugent que les intérêts économiques et commerciaux qui s’y jouent sont trop importants pour eux. En 2008, par la déclaration d’Ilulissat (du nom d’une commune groenlandaise, ndlr), ils ont décidé d’y appliquer le droit de la mer, mais de régler leurs litiges ou différents et les modalités de coopération entre eux cinq, et pas du tout au sein de l’ONU.

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 31

 ]]></page>
<page num="32"><![CDATA[
CLub EnTREPREnDRE
Créer aujourd’hui

n°3

PME, roseaux de l’économie
Le gouvernement voudrait que les PME se regroupent et se développent ensemble. Encore faudrait-il qu’elles en aient les moyens.

«O

n considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre, ou une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char », disait Winston Churchill. Les patrons de PME, aujourd’hui, ont parfois l’impression d’avoir le monde entier contre eux. Les Français n’aiment pas les entrepreneurs, surtout ceux qui réussissent. Le gouvernement les étouffe à grand coup de

« Nous possédons une faculté invraisemblable d’innovation, affirme Maurice Farine, PDG de la Confiserie du Roy René et Président de Pays d’Aix Développement. Les entreprises françaises détiennent une véritable force de création de produits et d’emplois. » S’il est indéniable que les PME souffrent de la crise, elles n’en demeurent pas moins un vecteur de dynamisme indispensable à l’économie française. 99%

“Près d’un tiers des jeunes ”

de 18 ans envisagent de créer ou de reprendre une société
des sociétés appartiennent d’ailleurs à la catégorie des PME, qui regroupe 3,2 millions de structures. Selon les chiffres du ministère de l’Économie et des Finances, elles représentent 52% de l’emploi salarié, 49% de la valeur ajoutée, 43% de l’investissement. « Les PME sont globalement les seuls créateurs d’emplois dans notre pays, atteste Jean-François Roubaud, Président de la CGPME. Les grands groupes, eux, externalisent et licencient. » Malgré la crise, la masse

taxes et d’impôts. Les grands groupes les pressent pour assurer l’équilibre de leur propre trésorerie. Selon l’Agence pour la création d’entreprises (APCE), 50 085 nouvelles structures ont vu le jour en mars 2013, soit 8% de moins qu’en mars 2012. D’une manière générale, les chiffres de 2013 restent en deçà de ceux de l’année dernière. Et pourtant, l’esprit d’entreprise n’est pas mort. Toujours selon l’APCE, près d’un tiers des jeunes de 18 ans envisagent de créer ou de reprendre une société.

PME vue par l'Etat salariale dans les petites structures a ainsi bien mieux résisté. Moins de strates hiérarchiques, cela se traduit aussi par plus de flexibilité et une meilleure connaissance des hommes. Les patrons de PME qui côtoient quotidiennement ou presque leurs employés rechignent davantage à se séparer d’un collaborateur, d’autant plus qu’il pourrait être difficile de recruter quelqu’un lorsque l’activité décollera de nouveau. Autre avantage de (la) taille : PME rime avec réactivité. Contrairement aux grands groupes et à leur organisation pachydermique, l’information circule vite, les accords sont conclus rapidement, les décisions sont prises sans attendre, des semaines durant, l’aval de tel ou tel responsable. Mais si leur taille humaine constitue leur principal atout, il représente aussi leur talon d’Achille. Maurice Farine désespère ainsi de recruter un directeur export pour amener son activité sur la scène internationale. Les maths sont contre lui : le budget pour un directeur export, estimet-il, avoisine les 100 000 euros par an. Lui ne peut pas payer ses cadres dirigeants au-delà de 2 500 euros par mois. « Quand on est une petite PME, on connaît de véritables difficultés d’autonomie dans le recrutement,

Œ

Conseils

Pour un coussin social plus confortable
Être patron, c’est aimer le risque. Pour autant, lorsqu’il est question de protection sociale, les chefs d’entreprise veulent eux aussi des garanties et de la sécurité. Selon son statut, le dirigeant relève du régime des travailleurs indépendants ou du régime général des salariés. Si la protection de ces derniers se présente comme un bloc rassurant, l’indépendant dispose d’une marge de manœuvre plus grande et doit se livrer à des arbitrages entre risque et coût.

n Garantir ses indemnités de chômage. En matière d’assurance chômage, il existe un point commun à tous les dirigeants. Qu’ils relèvent du régime des indépendants ou du régime général, ils ne bénéficient pas du droit aux allocations versées par Pôle Emploi lorsqu’ils se retrouvent sans activité. La bonne nouvelle est qu’ils peuvent tout de même souscrire à un régime d’assurance chômage volontaire. Une indemnisation est alors accordée dans trois situations : en cas de révocation ou de non renouvellement du mandat du chef d’entreprise, en cas de dépôt de bilan de l’entreprise consécutif à un redressement, une liquidation, une cession judiciaire, une contrainte économique, ou encore lorsque le dirigeant est victime de décès ou d’accident. La durée de cotisation minimum avant l’obten-

tion d’une indemnisation est de 12 mois. Les prestations représentent généralement 55%, 70%, voire parfois 100% du revenu net fiscal professionnel (hors dividendes), et les versements s’étendent sur 12, 18, ou 24 mois selon l’option choisie. A noter qu’il existe un délai de carence de 30 jours entre le terme de l’activité professionnelle et le début des versements des indemnités. Plusieurs organismes proposent des contrats de ce type, comme la Garantie sociale des chefs et dirigeants d’entreprise (GSC), l’Association pour la protection des patrons indépendants (APPI), ou l’assureur multi-spécialiste April. n Retraite : mieux vaut anticiper. Pour la retraite également, même si le régime obligatoire en vigueur apporte des ga-

32

Juin/JuiLLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="33"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="34"><![CDATA[
CLub EnTREPREnDRE
Créer aujourd’hui
regrette-t-il. Nos problèmes rejoignent ceux des grandes entreprises, mais nous ne pouvons pas payer un spécialiste de chaque fonction quand on ne réalise que dix millions d’euros de chiffre d’affaires. » L’argent, comme toujours, est le nerf de la guerre. Aujourd’hui, les PME mènent deux batailles pour assurer leur survie : le financement et la relation avec les grands groupes. logement, la taxe d’apprentissage... » Globalement, l’institut Montaigne estime cette cagnotte à quelque trente tissement. nicolas Dufourcq, son Directeur, a présenté à la mi-mai son plan d’action. L’institution prévoit d’injecter du secteur des verres optiques. « L’État asphyxie le financement privé avec une fiscalité pesante et vient ensuite jouer au pompier avec la BPI, assène Alexia de Monterno. C’est pour le moins paradoxal... » Problème numéro deux : la relation entre grandes et petites entreprises, souvent liées par des contrats de sous-traitance. Symptôme du malaise, les délais de paiement augmentent sous l’effet de la crise et font peser une épée de Damoclès sur la tête des dominés qui caractérise l’économie française. Ainsi, les PME françaises devraient pouvoir bénéficier du Crédit d’impôt sur la compétitivité et l’emploi (CiCE), que la bPi s’est engagé à préfinancer. « Certaines grandes entreprises n’ont pas hésité à faire pression sur leurs fournisseurs, exigeant des rabais, déplore Alexia de Monterno. Ils tentent de capter le bénéfice du CICE. Cette relation très malsaine serait impensable en Allemagne. » De l’autre côté du Rhin, les grands groupes participent au développement écono-

n°3

constituent une variable d’ajustement
milliards d’euros annuels, sans compter la complexité qui en découle en termes de gestion, et qui paralyse les marges des PME. Autant d’argent qui ne permet pas aux

“En France, les PME
douze milliards d’euros dans les quatre années à venir, mais uniquement dans les sociétés prometteuses. Les Pétroplus et autres Florange seront priés de ne pas venir

”

Dominants-Dominés

EntrE martEau Et EnclumE Problème numéro un : la faiblesse de leurs fonds propres. La contrainte fiscale pèse de plus en plus lourd, estime ainsi Alexia de Monterno, Directrice adjointe de l’institut Montaigne : « Au départ de la création d’entreprises se trouvent des individus qui consentent à un risque financier. Or, les incitations à prendre ce risque ne cessent de diminuer. » Le capitalrisque, déterminant pour le financement des jeunes entreprises, a dégringolé cette année, perdant 49% de sa valeur depuis 2008 pour les capitaux investis. Suite aux accords bâle iii, le crédit aux entreprises est pour sa part devenu beaucoup plus sélectif et nettement plus cher. Les assurances, un acteur traditionnel du financement, consacrent quant à elles moins de 4% de leur bilan à des actions alors que la moyenne se situait autour de 20% il y a quelques années. « S’ajoute une fiscalité dont on parle peu, qui pèse sur les cycles productifs, poursuit Alexia de Monterno. Il existe un nombre considérable de taxes et d’impôts, tels que le versement transport, la participation à l’effort de construction, la contribution au fonds national d’aide au
Conseils

Gérant de PME, un patron nécessairement multitâche entreprises de financer leur propre croissance. Quelles solutions ? Le gouvernement a promis la bPi, la banque publique d’invesfrapper à la porte, le fonds ne cultivera que les champions français tel qu’Essilor, entré au CAC 40 en 2012 et l’un des leaders mondiaux PME. un tiers des entreprises subissent encore d’importants retards, selon l’Observatoire des délais de paiement, illustrant le rapport dominantsmique de leurs fournisseurs, considérés comme des partenaires appartenant à leur écosystème. En France, les PME constituent une variable

d’ajustement. « Notre ministre nous demande de chasser en meute, comme en Allemagne ou en Italie, souligne Maurice Farine. Mais nous ne possédons pas cette culture-là et pour l’instant, très peu d’initiatives se traduisent pas un succès. » non seulement les grandes entreprises ne servent pas de leviers de croissance et d’internationalisation auprès de leurs fournisseurs, mais les PME entre elles ne parviennent pas à mutualiser certains de leurs besoins pour recruter en commun, par exemple, un directeur de l’export qui représenterait plusieurs sociétés à l’international. « Nous essayons d’encourager ces groupements, vecteur de développement, car ils permettent d’attaquer des marchés plus importants, indique JeanFrançois Roubaud. Mais ce n’est pas encore dans l’état d’esprit de nos chefs d’entreprise. » La situation n’est toutefois pas désespérée. L’un des principaux vecteurs d’optimisme vient aujourd’hui de la médiatisation de tous ces enjeux. Le sujet est entré dans le débat public et les Français prennent conscience de l’importance des PME dans le tissu économique et salarial du territoire. Signal positif : François Hollande s’est ainsi engagé à ce qu’un chef d’entreprise qui fait faillite pour des motifs non frauduleux ne soit pas inscrit au fichier banque de France. « Nous n’avons pas une passion de l’entreprise comme dans d’autres pays, conclut Alexia de Monterno. Mais, aujourd’hui, les PME bénéficient d’une image plutôt positive. »
Lisa Melia

ranties essentielles, il est intéressant de se pencher sur les offres spécifiquement adressées aux dirigeants. L’ensemble des travailleurs indépendants et chefs d’entreprise non salariés perçoivent des pensions moins élevées que les salariés du secteur privé à niveau de revenus équivalents. Et l’écart se creuse particulièrement pour les hauts revenus. Réservé aux professionnels libéraux, dirigeants non salariés, commerçants ou artisans, le contrat Madelin a été créé afin de permettre aux travailleurs indépendants de se constituer un complément de retraite par capitalisation. Au moment de la cessation d’activité, il se transforme en rente viagère. Un contrat d’assurance vie intéressant, d’autant qu’il accorde des avantages fiscaux. Les cotisations sont déductibles du bénéfice im-

posable, dans la limite de 10% du plafond annuel moyen retenu pour les cotisations de Sécurité sociale, auxquels s’ajoutent 25% du bénéfice imposable compris entre une et huit fois ce même plafond. Et pour se constituer des garanties de retraite renforcées, il est possible de racheter les années de cotisation en partant de la plus ancienne année d’affiliation au régime des travailleurs non salariés. Le Plan d’épargne retraite collectif inter-entreprises (PERCOi) mérite également l’attention des dirigeants et professionnels libéraux. Il permet la constitution d’un pécule qui peut être versé sous forme de rente ou de capital lors du départ en retraite. Les versements de l’entreprise sont déductibles du bénéfice imposable dans les limites réglementaires et exonérés de

charges sociales salariales. Autre piste à étudier : le Plan d’épargne en actions (PEA) et sa sortie en rente défiscalisée, une facette souvent méconnue. A partir de sa huitième année, le capital accumulé peut être transformé en rente viagère non imposable qui ne supporte que les prélèvements sociaux sur une fraction des arrérages dépendant de l’âge du détenteur lors de la transformation (40% pour une transformation entre 60 et 69 ans, 30% à partir de 70 ans...). Enfin, le Plan d’épargne retraite populaire (PERP) et l’assurance-vie sont des options plus classiques.
Mathieu Neu

34

Juin/JuiLLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="35"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="36"><![CDATA[
CLUB ENTREPRENDRE
Créer aujourd’hui

n°3

Transmissions en question
Des milliers d’entreprises s’apprêtent à changer de main, pour le plus grand bonheur des candidats à la reprise. Mais sans stratégie préméditée plusieurs années à l’avance, le passage de flambeau peut déraper et mettre la société en péril.
n tiers des chefs d’entreprise a plus de 50 ans. Autant dire qu’ils seront potentiellement des centaines de milliers à céder leur société dans les 10 à 20 ans à venir. Selon Oséo, environ 700000 entreprises vont changer de main dans les 15 prochaines années. Le vieillissement démographique est à l’origine d’un enjeu économique crucial, pour les cédants et repreneurs, mais aussi pour les quelque 300000 emplois qui sont en jeu chaque année. Le délicat exercice de la transmission d’entreprise revêt donc une importance toujours plus grande, et demande plus que jamais d’avancer avec des pincettes. Une société française sur deux disparaît moins de cinq ans après sa création. Sur la même durée, les structures reprises affichent de meilleurs chiffres. Mais avec un taux de défaillance qui avoisine tout de même 20%, faut-il vraiment s’en féliciter ? « Il faut une véritable culture du domaine pour passer le relais sans encombre. La transmission est une équation complexe à résoudre », explique Bérangère Deschamps, maître de conférence à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Grenoble et chercheure au Centre d’études et de recherches appliquées à la gestion (CERAG) (1). « Dans

U

de nombreux cas, les démarches ne sont pas suffisamment réfléchies et anticipées, ce qui peut fragiliser considérablement l’entreprise », regrette Bérangère Deschamps. D’autant que le repreneur manque parfois de maturité et d’expérience pour diriger efficacement la structure, notamment dans le cas des sociétés familiales. L’âge moyen du repreneur est dans ce cas de 36 ans, contre 41 ans pour les autres entreprises. Les cédants affichent toutes sortes de profils. « Certains font trop confiance aux repreneurs, d’autres pas suffisamment. Il y a ceux qui dissimulent des informations, obsédés par la vente au prix fort. Il y a ceux qui souhaitent assister leur successeur à long terme, qui sont certains de vendre leur entreprise, avant de se rétracter… », énumère Bérangère Deschamps. La no-

entre les mains d’un nouveau venu, et plus encore de garder une objectivité pour mener un diagnostic réaliste et demander un prix raisonnable.

Couper le Cordon ombiliCal aveC soin Plus l’entreprise est petite, plus il est difficile pour le dirigeant d’être informé de manière pertinente sur les bons réflexes à avoir à l’aube d’une démarche de transmission. Chaque année, quelque 17000 PME employant de 5 à 100 salariés font l’objet d’une cession. En particulier dans ces cas de figure, le chef d’entreprise est souvent persuadé d’être le meilleur juge, et décide de se passer de conseils extérieurs. Pour Raoul Grandhomme, fondateur d’Access Crédit Pro, réseau de courtage en prêt professionnel principalement axé sur les reprises d’entreprises,

situations où les dirigeants se dispensent de l’avis de spécialistes, et constituent des dossiers peu convaincants qui n’aboutissent pas. Avec l’autorisation du repreneur, nous tentons dans certains cas de nous rapprocher du vendeur, en espérant lui expliquer les tenants et aboutissants de sa situation. » Les tensions imputables à la crise peuvent également être contournées. Puisque les banquiers sont avant tout intéressés par les montants disponibles en trésorerie en raison des garanties que ceux-ci représentent pour l’avenir, un dirigeant peut tout à fait envisager de laisser davantage de fonds et compenser son manque à gagner par une hausse du prix de cession. Ce dernier dépend directement de la valeur future de l’entreprise. « Continuer à investir, même à proximité de

valeur qu’elle formera un investissement à long terme pour le candidat à la reprise. La formation de personnels, des réinvestissements dans l’outil de production, sont des pistes à envisager. Pour que l’entreprise reste sur de bons rails, de plus en plus de cédants acceptent de parrainer leur repreneur. Oséo souligne qu’une société recourant à des soutiens extérieurs au cours du passage de flambeau présente deux fois moins de risques d’échec.

profiter des

“Trop souvent, les transmissions ne sont pas suffisamment réfléchies et anticipées ”
tion affective entre souvent en ligne de compte et rend les opérations complexes. Bon nombre de dirigeants consacrent une grande part de leur vie à leur société. Il est par nature difficile de la laisser « c’est une erreur. Avant de présenter un dossier à la banque, il est tout à fait possible de déterminer les points qui poseront problème lors des négociations. Nous faisons fréquemment face à des l’échéance, est donc une excellente attitude à adopter », affirme Bérangère Deschamps. N’oublions pas que le repreneur achète un potentiel de développement. La société aura d’autant plus de

spéCialistes Une aide extérieure objective apportée par une organisation ou un conseiller s’avère vitale pour prendre de la hauteur, notamment au cours de l’année qui suit la reprise, une phase charnière nécessitant un accompagnement poussé. Il est recommandé au cédant de s’entourer, au moins trois à 5-cinq ans avant l’échéance, d’une véritable équipe dédiée à la transmission, composée de gestionnaires patrimoniaux, d’auditeurs, de juristes. Il faut aussi penser aux réorganisations internes qui peuvent être lourdes. Le dirigeant est parfois seul à entretenir les relations avec les partenaires, à connaître les objectifs de manière détaillée, les stratégies déployées. Dans ces conditions, passer le relais sans altérer la

Surtout, ne pas laisser tomber le bâton

Conseils

Projet d’entreprise : à chacun son coup de pouce
Dans la nébuleuse des réseaux d’accompagnement, pas toujours évident de savoir qui est l’interlocuteur le plus approprié à son projet d’entreprise. Une petite sélection permet pourtant de trouver chaussure à son pied. n Des parrains de l’innovation. Pour un projet innovant et original, synonyme de croissance rapide et de besoins de fiJUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

nancements conséquents, le Réseau Entreprendre peut s’avérer précieux, à condition de faire partie de ses lauréats. Composé de chefs d’entreprise, il soutient les créateurs et repreneurs dans la mise sur pied de leur projet. Ces derniers ont un besoin moyen de 120000 euros et un potentiel de création d’emplois d’une quinzaine de postes en 4 à 5 ans. En plus d’un parrainage individuel intensif qui implique au moins une rencontre par mois avec le même accompagnateur chef d’entreprise pendant trois ans, les lauréats se retrouvent mensuellement par groupes de dix pour échanger. Lorsque l’un d’eux traverse une période difficile, un brainstorming peut être organisé entre lui, son parrain et trois ou quatre autres chefs d’entreprise confirmés. Un accompagnement similaire peut être trouvé au sein des pé-

pinières d’entreprises. Mais derrière cette appellation se cachent souvent des réalités différentes. Si certaines apportent de véritables services comme la mise en relation avec des réseaux ou l’aide à la recherche de financement, d’autres n’offrent que des locaux équipés à des tarifs préférentiels. Bon nombre de pépinières appartiennent au réseau Elan. Cédants et Repreneurs d’affaires (CRA) répond également aux besoins importants. Il accompagne les cessions et rachats de PME, à l’exception des fonds de commerce de proximité et de l’artisanat. Les membres ont généralement la quarantaine, au moins 100000 euros de fonds propres. Le CRA dispose d’un centre de formation à la reprise. Bon nombre de dirigeants s’intéressent aussi au réseau Retis, qui regroupe les technopoles, les incubateurs publics la-

36

 ]]></page>
<page num="37"><![CDATA[
n°3

CLUB ENTREPRENDRE
Créer aujourd’hui
du cédant est donc de méditer les conséquences juridiques, fiscales, économiques et sociales de son acte. » Pour la gestion de certains aspects, l’accompagnement se présente même comme une démarche absolument indispensable, assurant la sécurité du cédant et de l’entreprise. Si des dettes issues d’un ancien exercice apparaissent brusquement, le repreneur peut, même a posteriori, se retourner contre son prédécesseur. Les conseillers veillent particulièrement à la mise à jour des contrats commerciaux, à l’application scrupuleuse du Code du travail. A noter que de tels éléments de protection donnent également une valeur supplémentaire à l’entreprise aux yeux d’une banque. Certains événements comme les Journées de la Transmission d’Entreprise peuvent être l’occasion de s’informer, de se familiariser avec certains réseaux, de découvrir les bonnes pratiques à mettre en œuvre. Des ateliers pratiques, conférences plénières, ou encore des espaces d’exposition permettent de trouver des réponses à toutes sortes de questions. L’occasion aussi de se pencher sur les nouveautés en matière de réglementation fiscale et sociale qui facilitent de plus en plus les transmissions. « La France est un quasi paradis fiscal en terme de transmission d’entreprise », explique d’un ton provocateur Laurent Benoudiz, vice-président de l’Ordre des experts-comptables de la région Paris-Île-de-France. Dans ce domaine, tout est fait pour que la fiscalité ne soit plus un frein à la transmission. Les outils en place sont nombreux et généralement méconnus. Dans le cadre de transmission à titre gratuit, il existe par exemple des outils tels que le Pacte Dutreil, le maintien de déductions liées à l’âge, le paiement différé et fractionné du montant des droits de succession. Lorsqu’il s’agit d’une transmission à titre onéreux, le cédant peut par exemple être exonéré d’impôts sur les plus-values sous certaines conditions. Des mesures qui facilitent la cession mais aussi la vie de l’entreprise car les coûts de la transition sont au final toujours portés par cette dernière. Les « Pigeons » peuvent roucouler d’aise.
Mathieu Neu

confiance des collaborateurs et sans ralentir le fonctionnement de l’entreprise peut demander plusieurs années. « Le recours aux spécialistes extérieurs peine à entrer dans les mœurs. Au cours des 25 dernières années, on ne constate qu’une très faible évolution sur ce plan, reconnaît Bérangère Deschamps. La mission

paradis fiscal en terme de transmission d’entreprise

“La France est un quasi ”

(1) « Reprendre une entreprise », Bérangère Deschamps et Robert Paturel, Editions Dunod, 2009.

Conseils
bellisés par le ministère de la Recherche, mais également les Centres européens d’entreprises et d’innovation (CEEI), des incubateurs soutenus par des fonds européens. Bien sûr, Oséo fait aussi partie des interlocuteurs incontournables de soutien aux idées innovantes. n Soutiens démocratisés. Pour les porteurs de projets modestes montés en indépendant, en tant qu’auto-entrepreneur ou sous un autre statut, l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) se présente comme un acteur pertinent. Elle s’adresse à un public de personnes en situation précaire (chômeurs, bénéficiaires du RSA, etc.), souvent exclues des circuits bancaires classiques. En plus de son aide financière sous forme de microcrédit, l’association propose des permanences dans les locaux d’organisation partenaires. Les prêts octroyés sont compris entre 3000 et 6000 euros. Une caution est nécessaire pour la moitié du prêt, mais celle-ci peut être multiple. Le réseau des Boutiques de gestion, créé il y a une trentaine d’années, vise également à rendre l’entreprenariat accessible au plus grand nombre. Avec ses 430 implantations, cette association représente un autre interlocuteur de proximité précieux, en particulier pour les auto-entrepreneurs. Les réseaux consulaires, comme les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) ou les Chambres des métiers de l’artisanat (CMA), figurent parmi les lieux de passage incontournables pour les porteurs de projet dans le commerce, l’artisanat ou les services. Au travers de stages comme « 5 jours pour entreprendre », les CCI abordent des thématiques essentielles comme la gestion, le marketing, les techniques commerciales. Des séances dont le prix ne s’élève qu’à 150 euros grâce à une subvention de l’Etat. Les dirigeants qui en sont à l’étape de la finalisation de leur projet mais qui n’ont pas encore résolu toutes les questions relatives à la recherche de financements, ou au montage juridique par exemple, peuvent obtenir un rendez-vous individuel gratuit avec un conseiller.

Mathieu Neu

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 37

 ]]></page>
<page num="38"><![CDATA[
CLUB EnTREPREnDRE
Créer aujourd’hui

n°3

Robin des boîtes
Et pourquoi pas devenir multi-franchisé ? Jouer simultanément sur plusieurs tableaux, un exercice de haut vol réservé aux amateurs d’aventures.
a France est le leader européen de la franchise. Car le modèle plaît. Au cours des 10 dernières années, le nombre de réseaux d’enseigne dans l’Hexagone a tout simplement doublé. Il connaît une progression annuelle régulière de 8 à 11 % depuis 5 ans. En 2012, on dénombrait 1 568 réseaux représentant 65 059 points de vente, pour un chiffre d’affaires global de plus de 50 milliards d’euros. La présence de franchisés sur le territoire national augmente également, à hauteur de 5 à 10 % par an, tout comme le nombre d’ambitieux détenteurs de plusieurs boutiques. Selon une enquête CSA de 2012, 39 % des franchisés envisageraient d’investir dans un autre point de vente. Une intention majoritairement affirmée par les jeunes franchisés âgés de 18 à 34 ans et qui ont ouvert leur entreprise il y a un ou deux ans. Un franchisé sur cinq est aujourd’hui un multi-franchisé qui détient au moins deux unités de franchise. Ils n’étaient que 12 % dans ce cas en 2006. Ce taux atteint la barre des 40 % dans certains secteurs comme la restauration rapide. « Les plus motivés et audacieux trouvent là un excellent moyen d’augmenter en flèche leurs gains », indique Xavier Kergall, fondateur du Salon des Entrepreneurs. Mais même si le phénomène gagne du terrain, il reste mal connu. La majorité des travaux dans ce domaine

L

Une flèche et plusieurs cibles, pas facile se sont concentrés sur l’étude de ses effets potentiels plutôt que sur les raisons de son développement. La taille moyenne des franchises détenues par les multi-franchisés s’établit entre 3 et 4 unités, souligne une étude de 2011 publiée par le comité scientifique de la Fédération française de la franchise (FFF). Christian Lépicier, associé chez In Extenso et spécialiste de la franchise, explique qu’il est « aujourd’hui délicat de convaincre un banquier pour financer un projet individuel, notamment lorsque celui-ci est très ambitieux, ce qui justifie en partie le succès des projets dans les domaines de la restauration rapide, des voyages, de la coiffure et de l’esthétique, de l’hôtellerie, ou de l’équipeL’étude précise également que le taux de multi-franchisés au sein d’un réseau croît généralement avec la taille et la ma-

“39 % des franchisés envisageraient d’investir dans un autre point de vente ”
de franchise. » Mais l’ampleur du phénomène reste variable en fonction des secteurs. Il est le plus marqué ment automobile. D’autres secteurs, comme l’alimentaire, sont au contraire moins propices à ce type de développement. turité du réseau. Il est de 6 % pour un réseau jeune et peu développé, alors qu’il avoisine 35 % pour ceux qui existent

depuis plus de 30 ans. La FFF note par ailleurs que c’est avant tout la perspective d’une croissance rapide du réseau qui justifie cette orientation vers la multi-franchise. Cette politique stratégique commence à être prônée au sein de nombreux réseaux, à l’image de Speedy qui a récemment décidé de suivre ce mouvement. Alors que la marque réalisait jusquelà une dizaine d’ouvertures par an, sa volonté est d’accélérer le rythme pour passer à une vingtaine d’ouvertures annuelles. « Nous encourageons nos franchisés à ouvrir jusqu’3 boutiques chacun. Un tel modèle est un levier de croissance formidable, à condition de choisir les bons candidats », illustre Arnaud Bruillon, président de la marque Finsbury. Même politique chez Bureau Vallée, leader de la distribution de papeterie et de fournitures de bureau discount. En 2011, il a ouvert 35 points de vente. Pour 2012, les perspectives consistaient à donner naissance à 40 magasins. « Les franchisés ont confiance dans ce système. Ils ouvrent eux-mêmes de nombreux autres magasins », se réjouit Thierry Grimonprez, directeur du développement et de l’animation Réseau chez Bureau Vallée. Deux tiers de ces directeurs sont des multi-franchisés.

Changement

de Casquette En multi-franchise, on ne dispose plus du même œil sur la

Œ

Conseils

Affacturage : souplesse et sécurité financière
Quel dirigeant n’a jamais craint le mauvais payeur ? Avec l’affacturage, la question de la fiabilité du client quant au règlement de ses factures n’a plus lieu d’être. Le principe consiste à confier la gestion de ses créances à un tiers, une société d’affacturage – aussi appelée factor –, qui prend en charge la gestion de ces dernières, des relances aux recouvrements. « Nous offrons la garantie contre l’insolvabilité, et le financement sous 24 heures des créances confiées dans le cadre du contrat d’affactu-

rage », illustre Emmanuel Leprou Blanchard, responsable du département développement et animation des métiers du leasing et du factoring au sein du groupe Crédit Agricole. Attention toutefois : plus la créance est risquée, plus le taux d’intérêt prélevé par le factor est élevé.
n Un fonctionnement simple et souple. Lorsqu’on émet une facture, une fois les prestations réalisées, il suffit d’y insérer une mention de subrogation indiquant au client l’existence d’un tiers pour la gestion des créances de l’entreprise. Celles-ci sont ensuite transmises par Internet à la société d’affacturage. Le processus donne droit à un financement quasi-immédiat en faveur de l’entreprise émettrice de la facture. Ce versement rapide

est généralement de l’ordre de 90% TTC du montant confié au factor. Mais à qui s’adresse ce procédé avantageux ? Potentiellement, l’affacturage peut intéresser tous types d’entreprises, des petites structures aux grands comptes. Il peut être intéressant à tous les stades du cycle de vie d’une société, au moment de la création, de la cession, ou à l’occasion d’un fort développement, aussi bien en France qu’à l’international. Généralement, l’intérêt de recourir à un factor croît en fonction du nombre de factures qu’une société doit gérer. Le premier avantage de l’affacturage est bien sûr la mise à disposition de trésorerie avec une utilisation souple et déplafonnée. Il permet ainsi de répondre pleinement à la croissance de l’en-

38

JUIn/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="39"><![CDATA[
 ]]></page>
<page num="40"><![CDATA[
CLUB EnTREPREnDRE
Créer aujourd’hui

n°3

Franchise & Partenariat
par michel Kahn
Consultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)

L'efficacité du management participatif

L

e partenariat a pris forme au début des années 90 suite à la définition de la franchise par le Règlement d'Exemption de 1988 qui précise que le savoir-faire doit être secret, substantiel et identifié.

C'est l'une des formes du commerce organisé indépendant qui se place à mi-chemin entre la franchise et la concession, avec l'esprit managérial de la coopérative. Contrairement au contrat d’adhésion, le contrat de partenariat est un contrat d’intérêt commun. Avec le partenariat, on passe d’un management vertical et hiérarchique à un management horizontal et participatif. Ce mécanisme place les acteurs d'un réseau dans une philosophie de conquête et de partage. Le partenariat implique une véritable fertilisation croisée des partenaires. Il a pour effet d’augmenter l’implication du partenaire indépendant dans l’appli-

cation du concept ; ce dernier est reconnu et valorisé, c’est un véritable chef d’entreprise qui a intégré les règles du jeu dans son intérêt et celui du réseau. Ainsi, le partenariat fournit toute la logistique qui permet au partenaire indépendant de réussir. Il implique l’existence d’un code des usages et d’un conseil consultatif reliés au contrat de partenariat par un pontage juridique. Ces deux outils fondamentaux permettent de gouverner les relations entre partenaires. Les échanges d’expérience et de compétences permettent encore l’enrichissement permanent du concept en renforçant la proximité avec le consommateur local auquel est accordée une position centrale. L’espace de liberté accordé aux partenaires ne doit cependant pas avoir pour effet de dénaturer le concept tel qu’il est identifié par le consommateur. On constate que les plus belles réussites en réseau sont celles où les managements sont les plus efficients.

clientèle, sur l’équipe, sur l’organisation. L’exploitation des points de vente change. Le métier s’apparente plus à celui d’un manager. L’aspect social prend plus de place. Tisser des relations de confiance, instaurer une bonne collaboration et une proximité avec ses chefs de centre constitue un aspect primordial. La gestion de plusieurs unités amène le franchisé à se concen-

devient plus pertinent. Si certains secteurs sont plus propices à l’essor des multi-franchises, le profil des franchisés revêt bien sûr une importance capitale. La FFF explique que la franchise répond souvent à une reconversion professionnelle. « Un franchisé qui réussit peut avoir envie d’évoluer. Notre démarche est de l’accompagner dans son projet, de mener avec lui une ré-

“Le métier s’apparente plus à celui ”
trer de manière plus exclusive sur la gestion du personnel et des ressources. Sur le plan commercial aussi, le changement d’échelle implique des compétences spécifiques. Le fait d’évoluer entre plusieurs unités, de pouvoir comparer leur évolution, apporte une vision plus globale et enrichit la pratique quotidienne de l’activité. Le regard

d’un manager. L’aspect social prend plus de place
flexion sur ses choix de long terme. » Le passage de la mono-franchise, où l’activité est proche de celle des commerçants recherchant une proximité avec la clientèle, à la multi-franchise, qui est beaucoup plus focalisée sur la gestion, ne coule pas de source. « On attend des multi-franchisés des qualités commerciales, de management, de

gestion », résume Xavier Kergall. « Et par-dessus tout, une excellente capacité d’organisation », ajoute Arnaud Bruillon. « Il ne faut pas craindre de prendre l’avion un jour, puis le train le lendemain. » La fédération indique également que les échecs en multi-franchise viennent généralement d’un manque de délégation de certaines tâches. Pour Xavier Kergall, « c’est un point qui mérite une attention particulière. Le gérant doit adopter une approche adaptée, centrée sur la gestion. » Le franchiseur peut bien sûr être amené à craindre certaines conséquences relatives au phénomène de délégation d’activités. « C’est une configuration dans laquelle le multi-franchisé, devenu un véritable manager, n’a pas droit à l’erreur », poursuit Arnaud Bruillon. La gestion quotidienne d’une boutique peut par exemple être assurée par un salarié plutôt que par le franchisé. Mais dans la mesure où leurs motivations respectives sont susceptibles de différer radicalement, le risque d’une baisse de performance de l’unité en question suscite beaucoup de méfiance. La plupart des études menées sur les bonnes pratiques à retenir mentionnent la mise en place de profils d’entrepreneurs indépendants, où le franchisé tire des profits de sa motivation et de son implication. Mais l’étude de la fédération souligne que ces craintes ne sont pas forcément justifiées : avec la franchise multi-unités, on pourrait penser que la délégation de certaines tâches marque le retour de la problématique couplée du salariat et de la motivation. Dans les faits, ce n’est pas le cas. Bon nombre de résultats contredisent ces craintes. En tout cas, si le développement par le biais de la multi-franchise comporte des avantages pour le franchiseur en termes de rapidité de croissance et de développement du réseau, d’uniformité, de performance, ainsi que de couverture du territoire, ce type de stratégie comporte inévitablement une part de risques que seuls les plus joueurs apprécieront.
Mathieu Neu

Conseils
treprise et aux besoins de fonds à court terme. Le deuxième avantage est l’externalisation de la gestion du poste Client, synonyme de soulagement pour l’entreprise, car les relances et le recouvrement des factures impliquent parfois des lourdeurs administratives. En troisième lieu, la garantie octroyée dans le cadre des contrats d’affacturage contre l’insolvabilité des clients s’avère d’autant plus précieuse dans un contexte économiquement tendu. Plus de 25% des dépôts de bilan en France sont liés à un impayé de la part de clients. Un constat qui incite bon nombre de structures, parfois très petites, à se tourner vers un factor. En termes de coût pour l’entreprise, il existe une commission d’affacturage qui correspond généralement à un pourcentage du chiffre d’affaires confié au factor. Elle s’élève en moyenne à 0,70% du montant des créances. S’y s’ajoute une commission de financement, tout comme lors d’un découvert bancaire, qui correspond aux frais à payer sur les fonds avancés par la société d’affacturage. n L’affacturage en très bonne santé. Ce marché atypique a représenté dans l’Hexagone quelque 180 milliards d’euros de créances cédées en 2012. L’Association française des sociétés financières (ASF) indique qu’au premier trimestre 2013, les montants confiés à des factors affichaient une fois de plus une hausse : +2,7% par rapport au premier trimestre 2012. Parmi les principaux acteurs de l’affacturage, on peut citer BNP Paribas Factor, la Compagnie Générale d’Affacturage, ou encore Eurofactor. Les cinq premières organisations du secteur se partagent plus de 80% du marché. Si celui-ci connaît un tel essor, c’est en raison d’un contexte global favorable. L’affacturage représente une alternative alléchante pour le financement de la trésorerie à court terme. Un point d’autant plus intéressant que les banques se montrent toujours frileuses pour accorder des crédits. La démocratisation de l’affacturage est aussi liée à l’automatisation et à la dématérialisation croissante des transactions, rendant les opérations très simples. Par ailleurs, le coût de l’affacturage a été fortement réduit depuis dix ans.
Mathieu Neu

40

JUIn/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="41"><![CDATA[
Stratégies de maîtrise des dépenses bureautiques
■ ■ ■ ■ ■ ■ ■

(Copieurs - Fax - Imprimantes)
Audit - Cahier des charges - Mise en concurrence - Négociation

Le document le plus cher reste celui qui est imprimé, alors après être passés par la dématérialisation,

économisez !
$ * $ # * #$ " $ # $ # * # # %" %$ !% # *& % $ $ * # #$"% $ %"# %" %$ !% # $ %"# #$" %$ %"# " " #) $# #* #%" % $ $ * # #* "$ " $ " " $ "# # ( # "* #* # * $ %$ #

* % *"* % " " $ #$ # #$"% $%" #
"% % # # %" ''' &

# #

 ]]></page>
<page num="42"><![CDATA[
Spécialiste du traitement sécurisé la et la

...

 ]]></page>
<page num="43"><![CDATA[
Innovation Numérique
L’information économique & stratégique, autrement
Décryptage

&

Stratégie

JUIN/JUILLEt 2013
Bimestriel

N°3

Comprendre, Entreprendre, Innover

ecoreseau.fr

Entretien avec Paul Mathias, philosophe

L

’auteur de Qu’est-ce que l’Internet explique à quel point le numérique modifie certaines de nos façons de penser ainsi

que notre rapport à la liberté. Et insiste sur la nécessité de se forger une culture numérique.
p. 44

Expertises Dématique Normes
Facture électronique, quand l’UE s’en mêle Faut-il jeter toutes les normes aux orties ?

F

Des Fonds pour la Société Numérique (FSN), tonneau des danaïdes ?

EdItoRIAL

Haute résolution

Assurance risque

Le financement des risques de la dématérialisation

Droit du numérique

Le top départ de la « lettre recommandée électronique »

p. 46-47

Business story

Démat’ a très grande échelle

St-Gobain, un géant en perpétuel questionnement quant à l'archivage et à la gestion des données
p. 54

Veille juridique
Les conditions d’émission des factures électroniques se durcissent.
p. 54

leur Pellerin, Ministre déléguée auprès du ministre du Redressement productif, chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l'Innovation et de l'Economie numérique, et Louis Gallois, Commissaire général à l’Investissement, ont annoncé le 25 avril dernier un investissement de 150 millions d’euros consacré aux appels à projets « cœur de filière » du Fonds national pour la société numérique (FSN), du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA). Ce soutien vise à favoriser l’émergence et la croissance des « champions numériques » de demain, c’est-à-dire d’entreprises numériques porteuses de solutions innovantes et capables de saisir de nouvelles opportunités économiques. Le second objectif poursuivi est la structuration et le renforcement des écosystèmes industriels du numérique. Pour cela, il faut favoriser une coopération entre les acteurs, en particulier fournisseurs de technologies et utilisateurs. Les actions entreprises permettront de renforcer l’appropriation des technologies numériques par les acteurs des filières aval (automobile, énergie, aéronautique…). Même si ces objectifs sont louables, ne faudrait-il pas commencer par garder nos « champions », plutôt que de les laisser partir ? Sachant toutefois que si vous y parveniez, avec toutes les difficultés engendrées, vous deviendriez une proie pour les prédateurs étrangers, ravis de reprendre à bon compte une technologie souvent de pointe, prête à être commercialisée et génératrice de croissance. Nous ne pouvons qu’adhérer aux propos de Fleur Pellerin : « Certaines technologies « cœur de filière » sont des facteurs d’hypercroissance: il faut les maîtriser si nous ne voulons pas être de simples consommateurs de technologies et d’usages développés ailleurs; c’est la base d’une industrie du numérique ! ». Mais ne seraitce pas déjà trop tard ? Force est de constater que la majorité des offres cloud sont déjà étrangères, sans parler des réseaux sociaux qui sont gérés hors de nos frontières. Même si Louis Gallois confirme le rôle stratégique du numérique pour notre compétitivité, les objectifs en termes de développement économique ne pourront être atteints que dans la mesure où l’entreprenariat sera véritablement encouragé et que nos brillants cerveaux ne seront plus tentés de partir car les conditions proposées seront au moins aussi bonnes que celles qui leur sont proposées ailleurs. En l’absence de telles dispositions, il y a fort à parier que les fonds dépensés serviront à remplir le tonneau des danaïdes dans la mesure où nos champions, une fois révélés, continueront à s’en aller et que par ailleurs la fuite des cerveaux ne fait que s’accentuer !
Jean-Marc Rietsch

La meilleure défense, c’est l’attaque

Soigner son e-réputation ne suffit plus, il faut en faire un atout concurrentiel p. 48

Dématérialiser n’est pas joué
Numérique et papier, frères ennemis ? Qu’on ne s’y trompe pas, leur cohabitation se révèle, pour l’heure, aussi nécessaire que convaincante.
p. 50

 ]]></page>
<page num="44"><![CDATA[
STRATégIE & INNOVATION NUMéRIqUE
Décryptage

n°3

« Le numérique modifie notre expérience de la liberté »
Pour EcoRéseau, Paul Mathias explique à quel point le numérique modifie nos manières d’être, certaines façons de penser, ainsi que notre rapport à la liberté. Un état de fait dont il ne faut ni se réjouir, ni se désoler, pourvu que chacun parvienne à se forger une culture numérique, condition sine qua non d’une existence équilibrée dans cette ère nouvelle, mais faite pour durer.
en faire l’économie. Prenons un exemple : la sphère politique. En quoi le numérique la modifie-telle ? Bien entendu, les convictions idéologiques ou politiques des uns et des autres n’ont pas attendu l’internet ou les réseaux sociaux pour cristalliser. Mais pensons un instant à l’idée démocratique. Il paraît évident que le numérique a une incidence sur la manière dont nous concevons la démocratie. Il contribue en effet fortement à une lente mutation de la démocratie représentative et protocolaire vers une démocratie plus mobile, plus volatile, où les rencontres idéologiques peuvent se faire dans la temporalité du numérique. Traditionnellement, et pour simplifier un peu, la politique se déploie en une structure pyramidale en articulant gouvernants et gouvernés. Or, dès lors que nos interactions peuvent résulter d’un échange rapide d’informations entre un pôle de décision et un autre, on passe d’un schéma de gouverneLa sécurité, l’éducation, la structure des relations sociales… Autant de sujets à propos desquels chacun a des convictions, sur lesde multiples sources concurrentes d’information. Enfin, en matière de relations sociales, quand vous souhaitiez autrefois vous opposer à votre jourd’hui, les connexions sont à ce point continues que nous avons toujours la tête ailleurs : au travail via son smartphone, avec ses amis via sa boîte mail. Il s’agit d’une véritable mutation de nos manières d’être et non seulement d’entrer, mais bien de rester en relation les uns avec les autres. De façon très prosaïque, faut-il se réjouir ou regretter cet état de fait ? Il ne faut pas essayer de moraliser le phénomène du numérique et des réseaux. Ils ne sont ni un bien, ni un mal : ils sont la réalité. Prenons les choses sous un autre angle : cela nous rendil plus ou moins libres ? On ne peut se poser cette question que si l’on a une préconception de la liberté comme quelque chose qui nous est donné, puis conservé ou confisqué. Si l’on considère en revanche que la liberté n’est qu’une manière d’assumer le réel et le système des relations qui le régissent tel qu’il est, on n’a tout simplement plus à se poser la question ! Simplement, il faut avoir conscience que le numérique, en modifiant le réel et le nœud des relations qui le constituent, modifie notre expérience de la liberté. Nous n’étions pas libres au XVIIIe siècle avec l’imprimerie comme nous le sommes au XXIe à l’ère numérique. Et en 1950, on avait la liberté d’aller de Paris à Lyon en six heures, aujourd’hui, on a celle de faire venir le musée du Prado sur son écran en quelques dixièmes de secondes. J’ai aussi celle de me faire berner par les rumeurs qui circulent sur l’internet, ou

“ Le cœur de l’affaire, c’est
quelles le numérique n’a en revanche aucune influence. Bien au contraire ! Reprenons vos trois exemples. La manière très classique dont on se représente la sécurité, c’est la garantie de ne pas être atteint dans son corps. Avec le numérique, la sécurité englobe d’autres domaines que le corps propre, comme la protection des données personnelles, l’identité morale. Le domaine de définition de la sécurité s’étend et devient donc immatériel. L’éducation, à présent. Là aussi, le schéma traditionnel renvoie à une relation verticale du maître vers l’élève. Cela ne disparaît pas

Paul Mathias, philosophe, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie et auteur de l’ouvrage Des Libertés numériques (PUF, 2008) et de Qu’est-ce que l’Internet (Vrin, 2009).

de se forger une culture numérique
employeur, vous vous tourniez vers un syndicat, une association. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, vous trouvez bien d’autres lieux d’échange et de contestation. Qu’en est-il de la sphère privée ? Elle n’est pas épargnée. Comme d’autres champs sociaux traditionnellement clos, elle est devenue poreuse, ouverte à l’extérieur, mais accessible aussi depuis l’extérieur. La vie familiale n’est plus la même qu’il y a cinquante ans. Les échanges ne s’y cantonnent plus à la promenade du dimanche, avec les cousins, mais ils se font par mail, par téléphone, en vidéo, d’une ville, d’une région, d’un pays à l’autre. On est en outre branché en permanence sur un monde extérieur et extra-familial. Cette permanence des connexions numériques fait que la sphère privée se trouve largement ouverte à l’extérieur et, par conséquent, exposée à sa multiplicité et à ses contingences. Autrefois aussi, le travail, le passage au bistrot ou au marché connectaient les gens vers l’extérieur. Bien sûr, mais pas dans les mêmes proportions, ni selon la même temporalité. Au-

”

Peut-on parler de société numérique, voire, selon vos propres termes, d’« humanité numérique » ? Nous vivons bien dans une société numérique, dans la mesure où l’immense majorité de nos activités économiques et sociales passent par le numérique. L’organisation très concrète de nos vies – le métro, le bus, l’électricité, etc. – est adossée à des infrastructures numériques, de manière totalement transparente, c’est-à-dire, pour nous, invisibles. Parler d’humanité numérique peut sembler une formule rhétorique. Néanmoins, l’expression se justifie par l’inflexion prise par nos pratiques sociales ou intellectuelles. De manière désormais naturelle, nos représentations se sont saturées d’un imaginaire numérique et ne peuvent plus

“ Le numérique n’est pas un
simple outil, mais bien un élément de recomposition de l’action politique
ment à un schéma qu’on peut supposer être de gouvernance, plus horizontal et plus interactif. Le numérique n’est donc pas un simple outil, mais bien un élément de recomposition de l’action politique, de ses mécanismes et de ses normes. mais se modifie avec l’arrivée du numérique à l’école. Aujourd’hui, le discours de l’enseignant peut être mis en concurrence en temps réel avec ce que l’élève trouve sur l’internet, sur les réseaux sociaux. Le système éducatif se trouve ainsi ébranlé par

L’humanité numérique est en marche

”

d’y lire une information erronée… C’est pour cette raison que l’adaptation à l’époque numérique requiert du jugement et des connaissances. Le cœur de l’affaire, c’est de se forger une culture numérique, comme s’est forgée une robuste culture du livre, depuis près de cinq siècles. En premier lieu, il s’agirait

44

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="45"><![CDATA[
n°3

STRATégIE & INNOVATION NUMéRIqUE
Décryptage LE CARNET DES NOMINATIONS
en partenariat avec

d’assimiler l’omniprésence du virtuel, intimement lié au numérique. Pas du tout ! Le numérique n’a rien à voir avec le virtuel ! quand vous envoyez un mail, il y a vous et il y a une autre personne ailleurs, de l’autre côté de l’écran, si vous voulez. Vous tapez sur votre clavier, vous vous énervez peutêtre, vous vaquez et, surtout, vous échangez des idées. Les idées sont des phénomènes très réels ! Cet échange, s’il ne passe pas par le toucher ou par une rencontre physique, s’inscrit dans des vies

mis une cravate ? – de ce que nous allons commander – un demi ou un whisky ? – de la langue, de la manière de nous comporter… Ce sont autant de médiations dont nous avons l’habitude et dont

prenons guère, car elles sont nombreuses, complexes, incrustées dans nos conduites. Mais pour ce qui concerne plus précisément le numérique, l’essentiel est, comme nous le disions tout à l’heure,

“Il y a une sorte de délégation ”

du pouvoir à la machine. Mais est-ce regrettable ? Je ne le pense pas

jourd’hui, la très grande majorité de nos pratiques professionnelles et intellectuelles sont assistées par ordinateur, et c’est tant mieux. Certes, il y a une sorte de délégation du pouvoir à la machine. Mais est-ce regrettable ? Je ne le pense pas : nos voitures et nos avions sont plus sûrs depuis qu’ils sont assistés par l’informatique. Combien de temps cette ère numérique peut-elle durer ? Combien de temps l’ère de l’imprimerie va-t-elle encore

Gary Seror est promu country manager de Dascom France, à ce poste depuis mai 2013, en remplacement de Monsieur Dominique Daude-Lagrave. Il est ainsi chargé de développer et de renforcer les ventes dans les différents pays composant son territoire. Le bureau français de Dascom, outre la France, couvre l'Espagne, le Portugal, Madagascar, l'Afrique francophone, les pays du Maghreb, les DOM-TOM. Gary Seror, BTS action commerciale (1993), a réalisé le parcours suivant : n 2012-2013 : Dascom, responsable des ventes en France. n 2010-2011 : Checkpoint Software Technologies, channel manager. n 2007-2009 : Symantec, sales channel manager. Christian Hiller est promu senior vice president world wide sales de la division IIG (Intelligent Information Group) d'EMC (EMC Corporation), à ce poste depuis mai 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Jean-Michel Giordanengo, président-directeur général. Il est en charge de la définition et de la mise en place de la stratégie de la division IIG d'EMC afin de poursuivre sa croissance dans le monde. Christian Hiller, 55 ans, doctorat de droit international de l'université Paris-V Paris Descartes, a réalisé le parcours suivant : n 2012-2013 : EMC, senior vice-président en charge des comptes globaux internationaux. n 2011-2012 : EMC, senior vice-président en charge de la région EMEA Sud. n 2007-2011 : EMC France, président-directeur général. n 2005-2007 : Sun Microsystems France, président-directeur général. n 1999-2005 : Sun Microsystems (rachat de Forte Software), directeur de la division OEM pour la zone EMEA. n 1995-1999 : Forte Software, vice-président pour l'Europe continentale. n 1982-1995 : A commencé sa carrière chez IBM où il a occupé différents postes à responsabilité dans les ventes et le logiciel. Natacha Dequeant est promue responsable marketing EMEA au sein d'Industrial Scientific - Oldham, à ce poste depuis février 2013. Elle est sous la responsabilité directe de Madame Jane Rudof, directeur marketing. Natacha Dequeant a réalisé le parcours suivant : n 2010-2013 : Industrial Scientific - Oldham, responsable QSE. n 2005-2010 : Industrial Scientific - Oldham, successivement responsable de zone export, responsable customer service et shipping, et responsable customer service et service center. n 1990-2005 : Oldham, successivement assistant export, assistant marketing, et commercial sédentaire support filiales européennes. Virginie Ducrot est promue directeur général du site EnvoiMoinsCher.com de Boxtale, à ce poste depuis avril 2013. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Jean-Baptiste Renié, président fondateur. Virginie Ducrot, 41 ans, ESSEC (1994), a réalisé le parcours suivant : n 2009-2013 : Boxtale, directeur marketing et développement d'EnvoiMoinsCher.com. n 2007-2009 : AOL France, directeur contenus, produits et programmes. n 2005-2007 : AOL France, membre du comité de direction en charge du site Aol.fr. n 2000-2005 : AOL France, responsable e-commerce, puis directeur des opérations de la régie publicitaire (2001). n 1994-2000 : Début de carrière au sein de la filiale américaine de Meccano, puis comme responsable du marketing opérationnel pour le marché français. Christophe Parmentier est promu responsable régional PACA d'Avisto (groupe Advans), à ce poste depuis avril 2013. Il est ainsi en charge, notamment, du management du centre de Sophia-Antipolis. Christophe Parmentier, master de télécommunications de l'Institut supérieur d'électronique du Nord (2002), a réalisé le parcours suivant : n 2008-2013 : Avisto, responsable d'affaires pour le centre technique PACA. n 2005-2008 : Avisto, chef de projet informatique, puis responsable d'affaires. n 2002-2005 : Début de carrière principalement comme ingénieur logiciel HP OpenView TeMIP. Jean-Baptiste Paccoud est nommé responsable de l'offre Mobilité de Neoxia, à ce poste depuis avril 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Gilles Mergoil, président. Il est chargé de gérer un portefeuille de projets dans ce domaine auprès de grands comptes. Grâce à sa connaissance du marché de la mobilité et sa capacité à anticiper les usages de demain, il accompagne de nombreux clients prestigieux comme le groupe Veolia Transdev, le ministère de l'Education nationale ou encore Air Liquide sur ce marché en pleine croissance. Il est en mesure d'intervenir à la fois sur la définition d'une stratégie mobile, sur l'audit ergonomique d'une application ou sur le pilotage de projets mobiles complexes. Jean-Baptiste Paccoud, BA international business and administration de la Nottingham Business School, programme Grande Ecole de l'EM Lyon, a réalisé le parcours suivant : n 2011-2013 : LN Square, en charge de missions de conseil Mobile. n 2009-2011 : Axa France, consultant sur des sujets d'innovation web et mobile. n 2009-2009 : A commencé sa carrière au GIE Axa, chargé d'analyser le processus de déclaration des gains et économies réalisé par la communauté Achat du groupe.

} DASCOM FRANCE

} EMC COMPUTER SYSTEMS FRANCE

} INDUSTRIAL SCIENTIFIC - OLDHAM

} BOXTALE

} AVISTO

} NEOXIA

qui suivent leur fil et sur lesquelles il a une incontestable influence. Bien sûr, mais le niveau de médiation est très élevé, ce qui rend les choses moins « réelles ». Si demain nous allons prendre un pot ensemble, le niveau de médiation sera, lui aussi, très élevé. La médiation de la tenue – avez-vous ou non

nous ne nous apercevons plus qu’elles conditionnent totalement nos relations. Mais au moins, nous les comprenons, et avons prise sur elles. Contrairement à la médiation du mail ou du téléphone, dont le fonctionnement précis nous échappe complètement. Nous n’avons pas de prise sur elles et nous ne les com-

de prendre la mesure du phénomène et d’en acquérir la culture. Avec cette incertitude qu’en effet, plus personne n’est capable de maîtriser de A à Z l’ensemble du système numérique et les millions de lignes de code sur lesquelles il repose. Cette idée a quelque chose d’effrayant… Non, au contraire. Au-

durer ? Bien malin qui peut répondre, et pourtant, cela fait cinq siècles que nous avons le loisir d’y réfléchir ! Alors imaginez pour le numérique, qui s’est installé dans nos vies depuis moins de vingt ans seulement…!

Olivier Pasquier est nommé directeur commercial de Cytoo, à ce poste depuis mars 2013. Il est ainsi chargé de définir et réaliser la stratégie marketing et ventes de l'entreprise. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur François Chatelain, directeur général, et il est membre du directoire. Olivier Pasquier, 40 ans, mastère management médical de l'ESCP Europe (1999), DEA de biologie moléculaire, a réalisé le parcours suivant : n 2008-2013 : Qiagen, marketing manager puis senior marketing manager Europe (2010). n 2005-2008 : Biomérieux, molecular biology global product manager.

} CYTOO

Vous aVez chaNgé de

Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché

sur www.nomination.fr
Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !

Propos recueillis par Olivier Faure

FoNctioN ?

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 45

 ]]></page>
<page num="46"><![CDATA[
STRATéGIE & INNOVATION NUMéRIQUE
Expertises

n°3

Dématique
par Jean-Marc Rietsch, Président de FedISA

Facture électronique, quand l’UE s’en mêle
n 2001, l’Union européenne a enclenché une première étape en émettant une directive permettant d’organiser la dématérialisation des factures, en vue d’augmenter l’efficacité des entreprises. La démat’ était alors à prendre dans le sens de la dématérialisation de l’ensemble du processus (e-invoicing), et non sous l’angle beaucoup plus réducteur de la simple numérisation des factures entrantes. L’objectif, au-delà de supprimer le papier, était de permettre un gain de temps non négligeable au niveau du traitement des factures et de leur contrôle, tant du

E

côté de l’émetteur que du destinataire, chargé également des paiements. Cette directive a été adaptée ensuite par chacun des pays de l’union, selon leur propre interprétation. Problème, ceuxci ont plus souvent pensé à se protéger qu’à véritablement exploiter ces nouvelles possibilités. En parallèle, certains y ont vu une opportunité de marché et ont ainsi monté des plateformes de démat’ de factures avec plus ou moins de succès. En France, il en est resté deux choses. D’abord la complexité du dispositif, réservé de fait aux très gros volumes de fac-

tures. Ensuite, une poussée des offreurs de solutions en matière de dématérialisation de factures entrantes. Bref, rien d’autre qu’une bonne GED. Deuxième étape, quelques années plus tard et de façon très pragmatique, l’Union Européenne a lancé une étude afin d’analyser les impacts de cette nouvelle directive sur le tissu économique. En résumé, force fut de constater que les résultats n’étaient pas au rendezvous, en particulier sur le pourcentage de pénétration du nouveau dispositif. Troisième étape, en 2010. Afin de prendre en compte

les résultats de cette étude, l’UE a modifié sa directive sur la TVA, qui intègre désormais la facture électronique avec un assouplissement conséquent des conditions requises. S’agissant d’une directive, chaque pays l’a, à nouveau, adapté à son propre dispositif législatif. Ce fut le cas en France, malgré l’absence d’une instruction fiscale, alors que le dispositif était censé être opérationnel au 1er janvier 2013. Mais peut-on vraiment parler d’avancée ? En effet, au stade actuel, la transposition ressert fortement les contraintes pour

les entreprises, pose de nombreuses questions et laisse planer moult incertitudes. Entre autres : - elle remet en cause le maintien du double électronique des factures émises (pourtant largement pratiqué en France), même si elles sont transmises au format papier ; - elle impose une symétrie qui oblige à se préoccuper de la voie choisie par son émetteur, et de sa conformité ; - tout en imposant la voie de la piste d'audit fiable comme voie par défaut, elle ne donne aucune indication sur ce qui sera alors exigé ; - elle définit une voie 2 (si-

gnature électronique) pour laquelle il n'y a pas de système agréé français conforme qui permette une signature automatisée. De fait toutes les entreprises pratiquant actuellement la facture dématérialisée avec l’usage d’une signature dite serveur, se trouvent être incompatibles avec cette voie… Quand saurons-nous enfin utiliser efficacement les outils mis à notre disposition, plutôt que de passer un temps précieux à monter des dispositifs quasiment inapplicables ?

Normes
par Jean-Louis Pascon
Consultant chez Hénon Conseil

Faut-il jeter toutes les normes aux orties ?
e récent rapport dénommé « Mission de lutte contre l’inflation normative », co-rédigé par Alain Lambert et Jean-Claude Boulard, a généré de nombreux commentaires dans les médias. Un chiffre a beaucoup fait réagir : 400 000 normes en France. Bigre ! Un petit tour par la boutique de l’AFNOR permet de se rendre compte qu’il faut diviser ce chiffre par 10 pour avoir le nombre réel de normes homologuées dans l’Hexagone : 32 589 (le 14 mai 2013 à 15 heures pour être précis). Alors de quoi parle-t-on vraiment dans ce rapport ? En vérité, il traite surtout des lois, décrets, arrêtés, circulaires, règlements… produits par les parlements (européen et français), l’exécutif et les administrations françaises. Mais pour attirer le chaland, il a été fait un joyeux amalgame entre ce qui est véritablement de l’ordre

L

de la normalisation et ce qui est de l’ordre du législatif ou du réglementaire. Les commentateurs de ce rapport auraient dû avoir la puce à l’oreille : un document qui parle de normes et qui ne cite pas le décret n° 2009-697 du 16 juin 2009 relatif à la normalisation ou qui ne précise pas le rôle du CEN (Comité Européen de Normalisation) dans le cadre de la directive nouvelle approche (directive 98/34/CE), ou encore qui ignore l’existence de l’ISO (International Organization for Standardization), doit parler d’autre chose que de normes. Que dit ce rapport : que notre société est corsetée par une montagne de normes et de règlements et que la réduction de cette montagne à la taille d’une aimable petite colline serait plus que profitable à notre pays. A lire de près ce rapport, n’en soyons pas si sûr. Regardons quelques exemples de simpli-

fication proposés dans celuici. N’étant pas diététicien, on peut sauter le premier prix des normes désignées comme les plus « idiotes », pour aller directement au deuxième exemple. Les rapporteurs veulent supprimer le décret n° 2012-14 du 5 janvier 2012 relatif « à l’évaluation des moyens d’aération et à la mesure des polluants effectuées au titre de la surveillance de la qualité de l’air intérieur de certains établissements relevant du public », au motif que ce décret ne parle que de vérification d’ouverture de fenêtres et qu’il suffirait aux propriétaires de ces lieux de s’assurer par eux-mêmes de cela. Certes, l’article 2 précise les contrôles à effectuer dans le domaine des ouvertures des locaux, portes et fenêtres, mais les articles suivants de ce décret ont pour but de définir les moyens de contrôle des concentrations de polluants

(formaldéhyde, benzène....) dans des établissements relevant du public. Est-ce inutile de vérifier cela, quand on sait que des études médicales ont montré le caractère cancérigène de ces substances ? Le troisième prix de l’absurdité réglementaire, selon les auteurs de ce rapport, concerne la réglementation parasismique. Suite à une réévaluation des risques ces dernières années, de nombreuses zones de notre pays sont devenues des zones dites « sismiques faibles ». Le rapport, d’une façon péremptoire, propose « d’abroger les contraintes antisismiques là où la terre n’a jamais tremblé », en citant l’exemple de la ville du Mans qui n’aurait jamais connu de tremblements de terre. Les rapporteurs auraient dû visiter le site « sisfrance » réalisé par EDF, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières et l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire. Ils y auraient

notamment trouvé un article issu des travaux de la « société royale des arts du Mans » qui relate « des secousses qui furent assez fortes pour ouvrir portes et placards et pour écrouler des cheminées ». C’était le 25 janvier 1799. Alors vraiment inutile ce nouveau découpage de la France des tremblements de terre ? Un des passages de ce rapport est des plus étonnants. Il propose l’abrogation de l’arrêté du 15 mars 2000 relatif à l’exploitation des équipements sous pression. Cet arrêté est la partie technique nécessaire à la mise en œuvre de la directive européenne 97/23/CE du 29 mai 1997 « relative au rapprochement des législations des Etats membres concernant les équipements sous pression ». En conséquence, si l’on suivait les rapporteurs, nous devrions, tout à la fois, supprimer tous les contrôles sur les appareils à pression (notre environnement en est

rempli, des gentils au plus dangereux) et nous soustraire à la réglementation européenne. Ces trois exemples montrent que ce rapport est excessif dans son approche et que certains exemples, qui y sont présentés, affaiblissent le discours. En revanche l’idée fondatrice du rapport est certainement louable. Il existe vraisemblablement des lois, des arrêtés et des règlements qui sont trop complexes ou inutiles, mais de là à supprimer de façon abrupte ceux qui concourent à notre sécurité, il y a un pas qu’il ne faut pas franchir si vite. Alors inutile ce rapport ? Non, s’il conduit à débat. Non, s’il conduit à une harmonisation des procédures administratives et à la réduction de leurs délais de traitement. Non s’il permet de faire en sorte que notre pays se dote enfin d’une vraie politique en matière de normalisation.

46

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="47"><![CDATA[
n°3

STRATéGIE & INNOVATION NUMéRIQUE
Expertises

Assurance risque
par Jean-Laurent Santoni Président de Clever Courtage
Evénement
es 17 et 18 juin 2013 se déroulera le 5e congrès international de la Fédération ILM, Storage et Archiving – Fedisa, pour les intimes. En d’autres termes, le grand raout de l’archivage électronique, avec comme invité d’honneur Alain Juillet, président de l’Académie d’intelligence économique et du Club des directeurs de sécurité des entreprises (CDSE). Au programme, « essentiellement des retours d’expérience et de l’information concrète, pour inciter les entreprises et les administrations publiques à se tourner vers les solutions dématérialisées », explique Jean-Marc Rietsch, président de la fédération. Car contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’archivage électronique demeure une discipline dans l’enfance. « On décolle à peine, confirme Jean-Marc Rietsch. Les gens commencent seulement à se rendre compte qu’une archive numérique ne se gère pas comme une donnée papier. De même, ils s’aperçoivent qu’ils stockent des données depuis 10 ou 15 ans sans jamais les trier ou les supprimer. Résultat, les systèmes informatiques explosent. » Au pied du mur, il s’agirait donc de réagir. Et d’appréhender les archives non plus comme une contrainte avec laquelle composer, mais comme un trésor à valoriser. C’est le sens du titre donné à ce 5e congrès : « Du document à la gouvernance de l’information et à sa valorisation ». Derrière cette notion de gouvernance, trois idées essentielles. D’abord, ne pas perdre de vue que la fonction première du stockage est de retrouver l’information. Ensuite, la nécessité de pouvoir faire confiance à cette information numérique, ce qui implique une garantie d’intégrité et d’origine du document. Enfin, l’idée selon laquelle l’information stockée fait partie d’un tout, dont il faut être capable de tirer la substantifique moelle. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’archive n’est pas un élément situé en bout de chaîne, mais bien quelque chose de central dans la stratégie de l’entreprise. Et à ce titre, on doit y penser très en amont dès que l’on met en place un processus nouveau. » Malgré les avantages que présente le stockage électronique, la partie est loin d’être gagnée. En effet, le frein psychologique quant au recours au numérique demeure, et les doublons entre archivage numérique et papier restent bien souvent la norme. Par ailleurs, la conservation électronique de l’information est un processus très horizontal, qui implique les services informatique, juridique, organisationnel… Et chacun de se renvoyer la balle au moment de la mise en place de solutions numériques. Autant de barrières que les conférences du congrès tenteront de faire tomber. Pour, peutêtre, voir la France rattraper son retard en la matière, notamment sur les Etats-Unis. C’est en effet outre-Atlantique que sont stockées l’essentiel des données du cloud. « Le problème, s’inquiète Jean-Marc Rietsch, c’est que nous n’avons aucune garantie sur leur restitution, ou sur leur lieu de stockage. » Il serait temps que cela change.
Olivier Faure

L

Le financement des risques de la dématérialisation
es 17 et 18 juin prochain aura lieu le cinquième Congrès de la FEDISA. A cette occasion celleci présentera le résultat de ses travaux pour mutualiser et financer les risques de la dématérialisation, qu’il s’agisse des risques des projets de dématérialisation, des risques liés à la protection des données dématérialisées dans le temps, et des risques liés à la perte de valeur probante de ces données. Ces travaux ont été complexes à mener car ce transfert repose sur un certain nombre de règles qui s’imposent aux assureurs, avec degré important lorsque ces risques sont nouveaux et méconnus - cas des risques de la dématérialisation -, et que leur quantification est complexe. Plusieurs principes de fond conditionnent l’assurabilité des risques de la dématérialisation : • L’assurance d’un risque suppose que

L

sa survenance respecte un caractère aléa- l’assurance des risques de la dématériatoire lisation soient calqués sur l’évolution des modèles de sécurité. Avec l’arrivée • Un fait : tous les risques ne sont pas du SaaS, du cloud computing, des équiassurables (moralité, anti-sélection, guerre, pements mobiles, le SI s’est éclaté : les coût…). L’assurabilité d’un risque dépend informations et leur traitement sortent avant tout de la capacité des acteurs à de plus en plus du périmètre de l’entreidentifier les périls encourus pour les prise, les données se multiplient, devientranscrire en objets d’assurance dans un nent plus spécifiques (santé, paiement, cadre contractuel. données à caractère personnel…) et leur gestion se complexifie sous la multipli• Une conséquence : toute opération cation des standards et des règlementad’assurance a pour objet l’indemnisation tions. Dans ce contexte, les applications d’un préjudice. Toute opération d’assu- et leurs données vont se trouver exposées rance nécessite donc pour l’assurance à des environnements de plus en plus de pouvoir d’une part quantifier les ouverts et risqués. Le nouveau modèle conséquences financières des risques en- de sécurité est basé sur la conformité et courus et, en cas de survenance, d’établir l’identité et non plus sur les périmètres le juste préjudice subi en application du des réseaux, et surtout il centre la sécurité principe indemnitaire. sur les données mêmes. C’est donc sur le modèle de la protection des données • Une cause : Identifier le lien de causalité et sur son corollaire, l’atteinte à ces donentre le préjudice et le fait générateur. nées, que la FEDISA a fondé les réponses à l’assurabilité des risques de la dématéLes travaux de la FEDISA ont reposé rialisation. sur le principe que le management et

Droit du numérique
par Eric Barbry Avocat à la Cour - Pôle Droit du numérique Alain Bensoussan Avocats – Lexing®

Le top départ de la « lettre recommandée électronique »
ans le monde de la dématérialisation, la démat de la lettre recommandée (avec ou sans accusé de réception), consacrée par les dispositions de l’article 1369-8 du Code civil, est sans doute l’élément le plus révolutionnaire sur le plan juridique et le plus intéressant sur un plan économique. Elle peut être envoyée dès lors qu’elle se rattache à la conclusion ou à l’exécution d’un contrat. La question se pose encore pour son usage hors du contexte contractuel, mais rien ne semble s’y opposer sous réserve de l’accord des parties. Cela présente de nombreux avantages, pour l’aspect économique bien sûr, mais aussi en terme de preuve (date, contenu

D

forme électronique à un destinataire non professionnel, ce dernier doit avoir deElle peut être envoyée par courrier élec- mandé l’envoi par ce moyen ou en avoir tronique, à condition qu’elle soit ache- accepté l’usage au cours d’échanges anminée par un tiers selon un procédé, térieurs. c’est à dire une solution qui permette de satisfaire à 4 contraintes : permettre Il ne restait plus qu’à disposer d’offres d’identifier le tiers ; désigner l’expédi- de services suffisamment sérieuses pour teur ; garantir l’identité du destinataire ; convaincre les entreprises de passer à établir si elle a été remise ou non au l’acte. Elles sont aujourd’hui réelles et destinataire. parfaitement solides. Les entreprises peuvent donc enfin franchir le pas selon Le Code laisse le choix à l’expéditeur le plan d’actions suivant : d’abord, idenquant à la forme du contenu : imprimé tifier les lettre recommandées envoyées par le tiers sur papier ou être sous forme – possibilité pour l’entreprise de passer électronique. La lettre dite « full » élec- à la LRARe. Puis, choisir de l’opérateur tronique se présente aujourd’hui comme le plus approprié. Enfin, obtenir l’accord la solution idéale. Si l’expéditeur souhaite du destinataire en B to C et adopter une adresser le contenu de la lettre sous convention de preuve dans tous les cas.

de la lettre…).

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 47

 ]]></page>
<page num="48"><![CDATA[
StRAtéGIE & INNovAtIoN NuMéRIquE
Haute résolution

n°3

La meilleure défense, c’est l’attaque 
Après les opérations en ligne de traque de données susceptibles d’entacher l’image des entreprises, les années 2.0 voient se répandre des stratégies proactives visant à exploiter toujours mieux les réseaux sociaux. Il ne s’agit plus simplement de soigner son e-réputation, mais d’en faire un véritable atout concurrentiel.  
ars  2010.  Greenpeace  accuse Nestlé  de  mener des  actions  de  déforestation pour  exploiter  l’huile  de palme. Silence radio du côté de la marque Suisse. Ni anticipation, ni réponse. Les vidéos  virales  se  succèdent, tout comme les détournements de logo et appels au boycott. En  plus  de  son  mutisme,  la marque  ne  trouve  rien  de mieux à faire que de mépriser les internautes, en supprimant automatiquement leurs commentaires. La sanction n’attend pas : le cours de Bourse chute.  L’exemple  de  Nestlé n’est pas un cas isolé, et illustre bien les conséquences possibles  d’une  non  gestion de  son  e-réputation.  L’avènement des réseaux sociaux a  fait  passer  les  entreprises dans  une  nouvelle  ère  qui impose l’instauration de nouveaux  rapports  avec  le consommateur et une stratégie de communication intégrant pleinement  les  médias connectés. Depuis la démocratisation du Web  2.0,  chaque  année  est synonyme de nouveauté. 2009 fait figure de révolution, avec une prise de conscience soudaine  par  les  professionnels de la présence et de l’activité

M

tiques marquent une évolution majeure dans le secteur, estime Anne-Cécile Guillemot. Il ne s’agit plus simplement de faire remonter une quantité importante d’informations, mais bien de savoir analyser les données disponibles sur les réseaux sociaux pour les traduire en information à valeur ajoutée utile pour l’entreprise. Et sur ce point, seule l’expertise des analystes en veille digitale et la qualité des études délivrées priment. »

Parce que certaines traces ne s’eﬀacent jamais, avancez prudemment sur internet solutions de veille stratégique digitale. « En 2011, on note l’apparition des Community managers dans les organisations, ces professionnels chargés de développer des interactions avec les consommateurs en ligne. Les entreprises prennent alors conscience que l’internaute n’est pas avant tout une menace, mais un client potentiel. » Et depuis 2012, c’est au tour du Social treprises qui ne se soucient pas suffisamment de toutes ces activités en ligne, précise Anne-Cécile Guillemot. C’est un problème, car ne pas prendre en compte ces évolutions et enjeux peut être très dangereux. Bon nombre de PME d’une taille significative restent persuadées que leur visibilité en ligne n’est pas assez marquée pour avoir un intérêt à se pencher sur ces questions. Même les grandes entreprises n’ont pas toutes franchi le pas. » Au-delà de la seule protection par rapport aux informations néfastes  diffusées  et  potentiellement dommageables en matière d’image, la veille digitale  permet  aux  marques d’être très réactives pour adapter à tout moment leur offre selon les attentes des consommateurs. Internet en général et les médias sociaux en particulier ont considérablement réduit  le  temps  de  la  communication,  mais  aussi  le temps  de  vie  des  produits. La veille numérique constitue de  ce  fait  un  atout  concurrentiel  indéniable.  L’exploitation des données issues des médias  sociaux  permet  désormais  d’améliorer  la  compréhension  des  consommateurs, d’analyser leurs attentes et besoins exprimés librement, d’identifier de nouvelles opportunités  de  marché,  d’alimenter des stratégies d’inno-

Des outils spécifiques De qualité Dans ce contexte de changement, les études digitales foisonnent  et  suscitent  les convoitises  des  dirigeants d’entreprise. Elles sont dotées d’une logique et de méthodes radicalement différentes des études  traditionnelles.  Elles ne  se  basent  pas  sur  des échantillons prédéfinis de population, ni sur l’analyse de réponses apportées par un pa-

conversations et de consommateurs aux profils diversifiés, ayant comme point commun la  présence  et  l’activité  sur les médias sociaux. « La caractéristique principale des études digitales est l’absence de brief. Il est nécessaire que les analystes travaillent sans a priori sur le profil des consommateurs qui s’expriment, sur la façon dont ils sont censés consommer le produit ou la marque. Ces comportements doivent être découverts au fur et à mesure de l’analyse. L’absence de brief permet l’apport d’éclairages dont la marque n’avait absolument pas conscience », reprend Anne-Cécile Guillemot. Les personnes « écoutées » à travers les différents instruments de veille n’étant pas en  situation  d’étude,  elles s’expriment librement et apportent des informations souvent disponibles uniquement dans  ce  contexte.  «  Lors de l’analyse du contenu d’une vidéo, les éléments exprimés

“ Les réseaux sociaux imposent
des  consommateurs  sur  les réseaux sociaux. Les marques se  sont  alors  rendu  compte qu’elles  devaient  désormais composer  avec  ces  néoconsommateurs.  Dès  2010, le soin apporté à l’e-réputation se développe. « Les dirigeants ont commencé à veiller de manière continue, craignant le bad  buzz  susceptible de faire défaut à la réputation de leur entreprise », constate Anne-Cécile  Guillemot,  cofondatrice  de  Dynvibe,  une société  spécialisée  dans  les

de nouveaux rapports avec le consommateur
CRM (Customer relationship management)  d’entrer  dans les  mœurs.  Bon  nombre  de sociétés  comprennent  l’importance stratégique des données  clients  disponibles  sur les réseaux sociaux. De plus en  plus,  des  ponts  se  créent entre  les  outils  de  veille  et les outils CRM, afin d’améliorer  la  connaissance  du consommateur  et  renforcer la relation client. « Mais si elles se répandent, ces tendances échappent encore à un grand nombre d’en-

”

Quand tu tweetes, poke-moi pour que je like ! vation, d’entretenir plus étroitement  la  relation  avec  le client, et d’ouvrir de nouvelles perspectives  de  développement.  «  Ces nouvelles pranel  à  des  questions  portant sur des critères préalablement retenus. Les résultats sont obtenus  après  l’écoute  de  volumes  très  importants  de par la personne sont pris en compte, mais aussi ses gestes, le ton de sa voix, son regard. Au travers des études en ligne, la part du non-verbal occupe

48

JuIN/JuILLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="49"><![CDATA[
n°3

StRAtéGIE & INNovAtIoN NuMéRIquE
Haute résolution
terest ou Instagram, même si nous y allons progressivement »,  explique  David  Popourrait sans doute plus s’en passer. » Le  spécialiste  de  l’analyse pour  recueillir  et  étudier  en temps  réel  les  informations disponibles sur Internet. L’une consiste en un tableau de bord intuitif  et  puissant  destiné  à observer,  suivre  et  analyser la sphère sociale. L’autre est un outil de mesures de pages Facebook  qui  permet  de consulter  ses  performances et de les comparer avec celles des  concurrents.  «  Dans le cas d’une avant-première ou du lancement d’un trailer, il est essentiel pour nous d’analyser les retours en ligne que nous pouvons repérer, témoigne David Popineau. Ces informations nous donnent un avant-goût des critiques, et permettent d’orienter nos actions ou de les réajuster si nécessaire. A chaque temps fort, ces pratiques nous permettent également d’évaluer le volume mais aussi la teneur des conversations et, par la suite, de définir le plan d’actions le plus adapté aux constats faits préalablement. » Loin des exemples de Disney et des Galeries Lafayette, ces stratégies peuvent aussi profiter à de petits acteurs. « L’un de nos clients est une PME de moins de 20 salariés qui produit du lin, illustre AnneCécile Guillemot. L’entreprise utilise notre plateforme afin d’identifier les acteurs qui parlent de couture, de tissu. Ils organisent sur leur site Internet des opérations promotionnelles, des jeux concours, et tentent de contacter ces cibles qui s’expriment sur la sphère sociale. »

une place de premier ordre. Les non-dits, les évocations, le comportement apportent une valeur ajoutée d’extrême importance à l’analyse », poursuit-elle. Mais  concrètement,  faut-il prendre  cette  gestion  et  ce travail d’analyse à son propre compte  ou  est-il  préférable d’externaliser l’activité ? Le Club E-réputation, une association de professionnels de l’e-réputation fondée en 2011, rappelle que « veiller ne s’improvise pas, même si les systèmes d’alertes se démocratisent de plus en plus au sein des directions de la communication et du marketing. Une agence spécialisée opère différemment pour ses clients, et apporte des innovations et croisements intéressants à la marque qu’elle accompagne. » A l’inverse, une externalisation peut ne pas être souhaitable  en  raison  des coûts  engendrés.  un  travail complet de veille sur une durée  d’un  an  peut  varier  de 20000  à  80000  euros  selon les périmètres d’étude et les outils  utilisés,  sans  compter les suppléments relatifs à certaines prestations parfois annexes  comme  les  alertes  de veille,  les  cartographies  de communautés, ou encore les études d’impact ponctuelles. Les montants doivent cependant être mis en regard avec le coût d’un tel poste en interne (au moins 40000 euros annuels) et la qualité inhérente au travail réalisé par un prestataire  qui  se  consacre  uniquement à cette activité.

aux marques d’adapter leur offre aux attentes des consommateurs
pineau,  responsable  Marketing  Digital  de Walt  Disney France. Les Galeries Lafayette sont  également  très  actives avec, pour la France, 350000 fans  sur  Facebook,  et  une présence importante sur twitter.  «  Toutefois, en fonction de nos cibles et objectifs, nous sommes également sur Google +, Pinterest, ou Instagram. Globalement, nous utilisons tous les réseaux sociaux et développons des synergies »,  indique  Yaëlle teicher,  responsable  Social Media au sein du groupe. Facebook  permet  notamment aux Galeries Lafayette d’inspirer  et  de  susciter  l’envie des clients, ou encore de relayer les événements des 59 magasins. quant au fil twitter, il apporte aux internautes les derniers  bons  plans,  happy hours, ou réductions. Disney fait figure de marque pionnière en matière de veille digitale.  Elle  profite  depuis 2010  des  fameuses « écoutes » online. « Toutes les données issues du Web constituent une richesse remarquable pour savoir en temps réel ce que nos communautés pensent de nous, de nos produits, de nos actions. Grâce à un outil de monitoring et d’analyse performant, nous sommes capables de suivre, de manière agrégée, tout ce qui se dit sur la Toile », se réjouit David Popineau. Du côté des Galeries  Lafayette,  l’adoption d’une  stratégie  digitale  est plus récente. Elle date de novembre 2012, mais est d’ores et déjà considérée comme un tournant  déterminant.  Pour Yaëlle teicher, « on ne peut plus faire l’impasse sur les données disponibles sur les réseaux sociaux. Chaque service d’une entreprise est concerné et peut profiter d’enseignements précieux, obtenus à partir d’une fine analyse. Au sein des Galeries Lafayette, tout le monde a très vite reconnu en interne l’utilité et l’importance de la veille digitale. Aujourd’hui, on ne

“ La veille digitale permet
stratégique en ligne Dynvibe propose  deux  plateformes simples  et  complémentaires

”

Mathieu Neu

L’écoute  du  Web  peut  par ailleurs  être  une  véritable mine d’or pour les entreprises qui savent être attentives envers  leurs  consommateurs, analyser  les  données  et  les exploiter  efficacement  dans leur  stratégie  de  développement. Les plus grands noms du secteur privé adoptent des projets d’exploration digitale allant dans ce sens. La marque Disney  anime  quotidiennement près de 40 pages Facebook,  six  fils  twitter,  17 chaînes Youtube. Elle compte pas moins de 3,4 millions de fans  cumulés,  rien  que  sur les  pages  Facebook.  «  Tant que ce réseau leader profitera d’un taux de pénétration de 72% en France, nous y accorderons la majorité de notre temps et de nos ressources. Nous veillons à ne pas trop disperser nos efforts, sur Pin-

sources D’opportunité

www.ecoreseau.fr - JuIN/JuILLEt 2013 49

 ]]></page>
<page num="50"><![CDATA[
STRATégIE & INNOvATION NUMéRIQUE
Haute résolution

n°3

Dématérialiser n’est pas joué
Numérique et papier, frères ennemis ? Qu’on ne s’y trompe pas, leur cohabitation se révèle, pour l’heure, aussi nécessaire que convaincante.
aisir les enjeux de la coexistence du papier et du numérique dans les usages d’entreprise, ce serait appliquer les principes contradictoires du Yin et du Yang au back office, ou aborder la dialectique hégélienne dans la relation client. Sans pour autant parler ni chinois ni allemand, il s’agirait de dépasser un antagonisme de support pour ériger le document en grand gagnant, à travers la complémentarité des pratiques. Car si le « zéro papier » est scandé par ses défenseurs depuis l’âge de pierre de l’informatique – Taiichi Ono, ne faisait-il pas du tout numérique l’un des atouts du lean management dans les années 1950 ? – force est de constater que la gestion de ces deux flux docu-

S

mentaires relève souvent du casse-tête pour les directions d’entreprise. Le tout se réalisant souvent aux dépens du coût pour cette dernière. Dès lors, comment optimiser l’organisation des deux types de flux, qui font trop souvent doublon, et souffrent d’un manque d’efficacité dans le classement et la recherche d’informations ? Quels documents conserver et sous quel format ? Mais surtout quels choix technologiques par rapport aux objectifs ? Chiffre aberrant soulevé par une étude de l’AIIM (Association for Information and Image Management) : 77% des factures sont imprimées pour être ensuite scannées. La cohabitation entre les deux supports, pour bien des entreprises, n’a donc pas atteint son fonc-

tionnement optimal. Si l’articulation papier vers numérique se déploie, cette tendance ne signifie pas obligatoirement une baisse significative du recours au papier. Les experts en dématérialisation s’accordent alors à concevoir les différents flux comme un hub logistique pour rationnaliser les flux. Le prestataire serait le coordinateur de cette plateforme multimodale de l’information. Et son objectif consisterait bel et bien à améliorer le traitement hybride du document non pas de façon parallèle, mais bien de manière convergente, pour optimiser les process métiers et supprimer le traitement documentaire à faible valeur ajoutée. Bien évidemment, il existe pléthore de modes opératoires, mais

Demain, plus de papier ?

Entretien avec Marie Azevedo, fondatrice de RESOCOM, société spécialisée dans la fraude documentaire.

« L’expertise numérique contre la fraude identitaire »
Quelle est la place du papier dans votre domaine d’expertise ? Nous avons une position forte auprès de nos clients des secteurs bancaire et télécom. Nous leurs permettons en particulier d’être en conformité avec leurs obligations réglementaires internationales sur la connaissance client. Nous capitalisons via une plateforme de services sécurisée en mode SaaS (« Software as a Service », ndlr) nos « savoir-faire » d’expertises sur les supports d’identités internationales normées. Le risque lié à l’usurpation d’identité et aux escroqueries avec de fausses identités est drastiquement réduit par un contrôle « ex-ante » ou a posteriori de l’entrée en relation, et garantit ainsi la confiance et la conformité réglementaire dans toutes les procédures d’entrée en relation. Le contrôle d’un document d’identité comprend trois parties : le support luimême, papier ou autre matière (qualité, aspect, poids/épaisseur, trame, etc.), l’édition incluant la présentation (polices, fonds, guillochis, etc.) et les impressions (encres utilisées, procédés, micro impression, etc.), et enfin les informations (validité et cohérence). Le support née à partir du document. Quel est votre business model ? Nous fournissons à nos clients une analyse sur la conformité du document d’identité lors d’une entrée en relation. Nous améliorons la maîtrise du « poste client » depuis un portail Web comun recto verso) à nos clients en dehors de tout délai de transmission physique du document original. Cela dit, nous ne disposons jamais du support original du document. Nous traitons environ 2000000 de documents par an, un tel volume serait presque impossible à traiter manuellement. Notre activité est entièrement dématérialisée tout en étant à-même de proposer des contrôles à nos clients au plus près du document original. Nous nous adaptons à l’organisation et au work-flow des systèmes d’information de nos clients. Qu’est-ce que la numérisation et la dématérialisation ont modifié dans votre métier ? Pour nos clients, la numérisation et la dématérialisation permettent de choisir le moment où ils effectuent les contrôles. Le contrôle au moment de l’entrée en relation en front office est systématique et obligatoire. Il peut aussi avoir lieu a posteriori, en back office, à distance, en automatique, en fonction de leur organisation. Nos applications disponibles en mode SaaS le permettent. Jusqu’à maintenant le client guidé par nos applications effectue le contrôle visuel et nos applications vérifient les données et clefs de contrôle. Dans une configuration entièrement numérisée et dématérialisée nos applications effectuent toutes les opérations. Cette évolution vers la dématérialisation modifie la répartition entre les différents domaines informatiques : aux applications de gestion et de traitements de données, il faut adjoindre des applications de traitements des images et du signal couplées à des OCR (reconnaissance optique de caractère) spécifiques, avec une couche significative d’expertise intégrée au rythme de l’évolution des pratiques de la fraude documentaire. Est-on aussi bien armé contre la fraude identitaire malgré l’essor des TIC ? Les TIC accroissent les possibilités d’entrée en relation en dehors de présence physique. En cela la fraude peut être plus « facile » car anonyme et sans contact physique. Dans le même temps, les TIC permettent de mettre en œuvre des contrôles plus efficaces. Même en présence d’un document original, ce dernier peut-être contrefait ou falsifié. D’autant que les supports d’identité européens, par exemple, sont à ce point divers – sur 28 pays de l’Union Européenne, on observe plus de 40 modèles de cartes d’identité en circulation – que très peu de spécialistes sont à même de vérifier leur conformité et leur authenticité.
Propos recueillis par G.F

“ La fraude peut être plus
facile car anonyme et sans contact physique

”

reste donc un critère de conformité, mais l’expertise porte aussi sur les informations et l’édition. En effet l’accroissement des mises en relation et des vérifications à distance renforce l’importance des deux dernières parties, l’analyse n’est plus me-

prenant plusieurs niveaux de contrôle. Toutes les analyses sont intégrées dans un certificat (format PDF) attestant le risque ou la conformité du document d’identité. Ce modèle économique implique d’abord une réponse immédiate (quelques secondes sur

50

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="51"><![CDATA[
n°3

STRATégIE & INNOvATION NUMéRIQUE

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 51

 ]]></page>
<page num="52"><![CDATA[
STRATégIE & INNOvATION NUMéRIQUE
Haute résolution

n°3

Conservation patrimoniale : avantage papier ?
Des cendres de l’antique bibliothèque d’Alexandrie, sujettes encore aujourd’hui à de nombreux débats d’historiens, seuls deux faits font l’unanimité au sein de la communauté scientifique : certes ce bâtiment symbolise le rayonnement culturel du monde hellénique, mais aucune trace matérielle n’en a été identifiée. C’est sans doute pour éviter ce triste sort que la BnF numérise ses collections depuis le début des années 1990 pour compléter le fonds de sa petite sœur numérique gallica. Aussi, la numérisation patrimoniale incarnerait la solution pour exhumer d’abord, puis exploiter, et enfin mutualiser des sources l’essentiel revient d’abord à prendre en charge la conformité des documents du client engagé juridiquement, fiscalement et socialement, tout en prenant en considération l’espérance de vie du document. Prenons l’exemple d’une société d’intérim telle que Synergie, dotée d’un réseau de 250 agences, qui met en place chaque année plusieurs milliers de contrats de travail en électronique, papier, souvent trop difficiles d’accès, depuis le bureau de n’importe quel chercheur ou étudiant. Notons cependant qu’en 2010, le CNRS pointait les failles technologiques de cette méthodologie d’archivage en soulignant la fragilité des supports numériques. D’autant que le papier semble s’imposer en matière de conservation : le Codex vaticanus n’a t-il pas a soufflé plus de 1600 bougies et résisté aux révolutions technologiques au cours de ces deux derniers millénaires ? Quid de la durée de vie des archives numériques avec l’évolution permanente des logiciels ?
G.F.

Archivage, la fin du casse-tête ?

Sceau électronique et dématérialisation fiscale
Personne ne contestait les lettres de cachet émises par le roi sous l’Ancien Régime. En serait-il de même, si notre garde des sceaux prenait une décision en apposant une signature électronique ? Comment donner à l’immatériel la même valeur que le papier au regard de la loi ? Si dans les usages, l’électronique a suppléé sa version en cellulose lors des tâches à faible valeur ajoutée, qu’en est-il lorsque le document doit avoir une valeur légale ? Bien souvent, particuliers comme entreprises décident de conserver les originaux version papier, faute de connaissances en termes de législation. Pourtant, depuis 2000, un arsenal légal renforce la valeur probante de l’écrit et ce, quel que soit son support ou sa fonction. La signature électronique, d’abord, permet au destinataire d’un document d’en identifier l’émetteur. Mieux encore, cette dernière garantit que le contenu n’a subi aucune modification entre l’émetteur et le récepteur. Pour apposer ce sceau électronique, point d’anneau sigillaire malgré structuré EDI (Electronic Data Interchange) ou, en d’autres termes, via un échange de données, d’or-

l’écrit s’émancipe progressivement de son support

“ Depuis le début du siècle, ”

l’essor du tactile. Il suffit d’utiliser un certificat électronique délivré par une autorité de certification. « Il ne faut pas croire que cette pratique remplace l’instantanéité de la signature papier, modère Me Sédallian, avocat spécialisé en droit de l’informatique et de l’internet. L’électronique, dans ce cas de figure, n’est pas synonyme de simplification. Et le recours à ce type d’authentification nécessite généralement une contractualisation en amont qui, inéluctablement, passe par le papier ». Autre moyen également, l’écrit peut être dématérialisé via un document

dinateur à ordinateur, concernant des transactions en utilisant des réseaux et des formats normalisés. Dans les chiffres, pas moins de 47% des entreprises utilisent déjà des certificats électroniques dans leur relation client. Côté archives, la loi confère à certains écrits une valeur probante. Pour ce faire, l’archivage doit se conformer à la norme NF Z 42-013. Pour lever ces contraintes qui pèsent souvent trop lourd sur les épaules des directions informatiques, l’entreprise peut recourir à un tiers « archiveur », garant de l’intégrité des données à un niveau de conformité assez élevé

pour maintenir la validité reconnue du document. Enfin, la loi de modernisation de l’économie de 2008 précise qu’à compter du 1er janvier 2012, l’Etat et les collectivités sont en mesure d’accepter les factures émises par leurs fournisseurs sous forme dématérialisée. Depuis le début du siècle, l’écrit s’émancipe progressivement de son support. « Toutefois, appliquer à la lettre ce qui est prévu par la loi entraine une procédure très lourde, témoigne Me Seidallian. Dans la réalité, nous n’avons recours qu’à de l’écrit électronique dégradé. Car, en cas de litiges, le débat sur l’exploitation des pièces porte plus sur le fond que sur la forme. Nous ne faisons face que très rarement à des contestations visant le format électronique en tant que tel. D’autant qu’il existe très peu de jurisprudences à cet égard. »

ré-ingénierie documentaire est alors externalisé. Autre avantage de taille : la prise en charge des levées de doute. Encore une fois, c’est le prestataire qui demeure le garant de l’exploitation du document. En d’autres termes, ce ne sera plus à l’agence d’intérim de vérifier, par exemple, si le contrat de travail est paraphé ou signé. « Les révolutions informatiques ont toujours été motivées par la volonté

et le numérique revient à mettre en place un plan de classement, d’aiguillage et d’acheminement des flux

“ Concilier le papier ”

G.F.

en face-à-face dans l’agence ou via La Poste. La dématérialisation n’aura pas pour vocation de supprimer le contrat papier mais d’en proposer une meilleure utilisation en limitant un maximum les impressions, les mises sous pli et l’envoi. La méthode consistera d’abord à capturer le flux d’impression en agence sans pour autant modifier l’application métier. Car opter pour l’immatériel ne doit pas être synonyme de complication informatique. Le travail de

de faire baisser les effectifs sur les tâches à faible valeur ajoutée pour pouvoir réinvestir le capital humain ailleurs, explique Laurent Caredda, Président du directoire d’Almerys. C’est ainsi que l’informatique se substitua au calcul à la main et permit un traitement plus rapide des fiches de paie ou de la comptabilité. Mais subsistait-il encore un nombre de personnes conséquent pour saisir l’information ? La dématérialisation s’est alors développée et a permis

52

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="53"><![CDATA[
n°3

STRATégIE & INNOvATION NUMéRIQUE
Haute résolution
une nouvelle révolution dans le traitement documentaire, comparable à l’arrivée du tracteur dans les campagnes au début du XXe siècle. » En d’autres termes, concilier le papier et le numérique revient à mettre en place un unifier les flux ? Deux options, non exclusives, sont ainsi à retenir : mettre en place des systèmes à valeur probatoire qui rendent le document indépendant de son support ou faire de l’archivage le socle commun pour le déploiement de l’identité numérique, coordonne ainsi une trentaine d’acteurs publics et privés qui mutualisent leurs données sur un portail à entrée unique et personnalisée pour chaque particulier. Le coffre fort met ainsi en relation l’ensemble des documents produits : relevés bancaires ; fiches de paie, fiches de mutuelle, diplômes… » Si les solutions de dématérialisation se développent avec un marché en constante croissance, la mort annoncée du papier ne revêt donc, pour l’instant, qu’une dimension prophétique pour les fervents défenseurs de la numérisation. En atteste, le chiffre significatif de la dernière étude émanant d’Iron Mountain, entreprise spécialisée en gestion documentaire : seul 1% des entreprises a réussi à ce jour à mettre en place une solution « paperless ».

“ Seul 1% des entreprises a, ”
plan de classement, d’aiguillage et d’acheminement des flux. Ces derniers émanant soit de l’éditique batch, diffusant des documents prêts à être imprimés à partir de données générées en une fois (factures, relevés,…) soit de l’éditique transactionnelle (formulaire prérempli, bordereau de dépôt, contrat,…). Le point nodal entre les différents supports sera alors la réflexion menée autour de l’archivage. Autrement dit, comment le système de stockage peut-il

pour l’heure, mis en place une solution paperless
pour les projets de circulations documentaires numérisés ou en version papier. Par ailleurs, hors les murs de l’entreprise, de nouvelles initiatives de dématérialisation voient le jour et proposent aux particuliers un portail à entrée unique regroupant un nombre important de services. « L’avenir de l’immatériel se construit autour de l’identité numérique mise en relation avec des écosystèmes foisonnants, précise Laurent Caredda. L’Auvergne, région pilote

Vive le numérique...

Entretien avec Jérôme Mendiela, Alliances Manager chez Numen, opérateur en gestion documentaire.

« Le cercle vertueux du numérique »
Comment assurer une bonne transition entre le papier et le numérique ? Le monde idéal de la relation immatérielle ne peut pas exister de fait. Car, même à l’heure du 2.0, des habitudes tenaces héritées du papier dominent encore dans notre environnement social et professionnel. Cette réalité contractuelle, juridique et historique ne permet pas d’avoir une dématérialisation totale avec l’ensemble des contreparties. En d’autres termes, il est culturellement admis qu’à un écrit à valeur juridique, réglementaire, fiscale ou sociale correspond une version papier par exemple. Dans le traitement du document. Et lorsque le numérique cohabite avec le papier, les difficultés sont doubles car il s’agit de gérer deux flux, partageant parfois le même contenu, mais avec un système d’archivage et une espérance de vie spécifiques à chaque support. Le numérique est-il plus complexe à gérer que le papier ? Contrairement au papier, le numérique a engendré une hétérogénéité des formats et des modes de distribution. Echanges via EDI, messagerie ou portails d’échanges certifiés. Mode push ou pull… La distribution demeure plus complexe, le pasont d’abord bien plus conséquents lorsqu’il s’agit du papier. Autre bénéfice pour le numérique : la sécurisation des processus. Le work-flow implique généralement la validation et l’approbation du document. Le partage est donc davantage sécurisé. D’autant qu’il est désormais possible d’archiver numériquement un document à valeur probante. Côté papier, il faut aussi souligner que 3 à 7% des documents sont considérés comme non recouvrables. Tendance qui n’existe pas dans le support électronique. La dématérialisation estelle à la portée de tous ? Si l’idée ou le projet de dématérialisation sont pensables par tous, les moyens pour numériser des originaux et produire des copies conformes exigent souvent des compétences trop lourdes pour les SSII d’une entreprise. Toutefois pour tendre vers le « zéro papier », la dématérialisation doit se tourner vers des pratiques vertueuses et non cyniques. Cynisme qui s’illustre par le mail réalisant l’économie d’un timbre et d’une enveloppe. Quid du client pour récupérer le document ? Dans ce cas de figure l’économie réalisée n’est pas partagée avec la contrepartie.
Propos recueillis par G.F.

Geoffroy Framery

le « zéro papier », la dématérialisation doit tendre vers des pratiques vertueuses et non cyniques

“ Pour tendre vers ”

document, ensuite, qu’il s’agisse du tri, de la distribution ou du classement, tout a toujours été pensé autour du papier. La dématérialisation implique donc un « ré-engineering » de ces processus et de la formation en matière de traitement du

pier pouvant effectivement se résumer à un mode push avec un seul mode de réception. Quels sont alors les atouts de la dématérialisation ? Le coût du partage et du traitement documentaires

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 53

 ]]></page>
<page num="54"><![CDATA[
STRATéGIE & INNoVATIoN NUMéRIqUE
Business story

n°3

Démat’ à très grande échelle
Saint-Gobain évolue dans un secteur dit « traditionnel ». Pourtant son réseau tentaculaire l’oblige à remettre en question son modèle d’archivage et sa gestion de données en permanence.
n septembre dernier, une délégation des Archives Municipales de Shanghai, en Chine, s’est rendue à Blois. Non pas pour visiter le célèbre château royal, mais pour passer à la loupe un édifice bien plus récent : le centre d’archives du groupe Saint-Gobain. Le projet de construction d’un nouveau centre d’archives similaire dans la mégalopole chinoise est à l’origine de cette réunion de travail atypique durant laquelle ont notamment été évo-

E

aussi bien des associés, que des clients externes et internes. Le Centre d’Archives de Blois a vu le jour en 1970 à la suite de la fusion de Saint-Gobain et de Pont-à-Mousson. Il gère depuis 1980 l’ensemble des archives produites sur le territoire français. Ce centre agit sous le régime d’un groupement d’intérêt économique (GIE) et répond ainsi à une logique de services interne au groupe. Une configuration particulièrement atypique, à mi-chemin entre une gestion

an dans une douzaine de pays sont concernées

“ 5 millions de factures par ”

qués l’histoire et les raisons d’être du site de Blois, ainsi que son mode de fonctionnement. En plus de l’ensemble de l’offre de produits et services de Saint-Gobain, qui ont bien sûr été mis en avant à cette occasion, le groupe a présenté son modèle d’organisation, ses processus de dématérialisation, et les préalables nécessaires à la conduite de telles opérations. Le groupe français vend ses prestations de gestion d’archives à toutes les filiales du groupe. Les clients ciblés sont

internalisée des données anciennes et un modèle externalisé auprès d’un prestataire indépendant. Jacques Thibon, président de Archiveco, spécialiste de la conservation des archives, explique que « la tendance globale est clairement au recours aux sociétés spécialisés dans ce type de tâches. La gestion interne disparaît. Le besoin de protection, le développement des exigences légales et la multiplication des normes font en sorte que les structures spécialisées gagnent chaque année

Open space du futur en importance. » Un tiers des sociétés du CAC 40 fait aujourd’hui appel à la seule société Archiveco. Aux EtatsUnis, ce sont déjà plus de 70 % des entreprises qui externalisent cette activité… Le panel de prestations proposé par Saint-Gobain Archives aux filiales concerne autant la conservation et le tri que l’exploitation de leurs archives. Chaque société client dispose d’un espace spécifiquement dédié, autorisant les recherches historiques, la lec-

Veille juridique
par Isabelle Renard Avocat Associé du Cabinet Racine - Docteur Ingénieur
54
JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

Les conditions d’émission des factures électroniques se durcissent

L

’échange de factures sous forme électronique est en théorie source d’économies et d’efficacité : réduction des coûts de gestion et des coûts postaux, maîtrise des délais de paiement, suppression des erreurs de saisie. Cette modalité était pourtant restée d’une utilisation marginale car entre professionnels, il n’est pas question d’envoyer des factures en PDF atta-

chées à un mail : les factures d’origine doivent être signées électroniquement par leur émetteur, et la mise en œuvre technique du dispositif est relativement complexe. La transposition de la directive TVA 2010, qui vient de se concrétiser par deux décrets d’application des 24 et 25 avril (2013-346 et 2013-350) durcit encore les

conditions techniques d’émission des factures signées électroniquement, en imposant l’utilisation de dispositifs sécurisés qui n’existent pratiquement pas en France et ne sont pas compatibles avec ceux qui étaient déjà mis en place par les rares utilisateurs de cette modalité de facturation. Le décret est d’application immédiate et l’instruction fiscale supposée assouplir

certains points du dispositif n’est pas encore parue. Tant les entreprises utilisatrices de la facture électronique que les prestataires du secteur doivent donc rester très prudents dans l’attente de la parution de cette instruction, qui en tout état de cause imposera des modifications substantielles aux dispositifs existants.

 ]]></page>
<page num="55"><![CDATA[
n°3

STRATéGIE & INNoVATIoN NUMéRIqUE
Business story
peRmanente La posture originale de SaintGobain dans ce domaine trouve peut-être aussi des explications dans la culture de son milieu économique, moins enclin à s’approprier les tendances numériques et les choix de gestion innovants que d’au-

ture des communications, la consultation de documents, ou encore les éliminations de données. Les missions du Centre de Blois s’étendent également au conseil en expertise d’archivage, à l’aide à la consultation ou à la rédaction de documents, ainsi qu’à la réalisation d’exposi-

DématéRIalIsatIon

tions. Les chercheurs extérieurs peuvent également profiter d’un accès privilégié à des thèmes variés comme l’histoire économique et financière, les stratégies passées mises en place, la communication du groupe. Car l’histoire très ancienne de Saint-Gobain – le groupe est né en 1665 sous le nom de Manufacture royale des glaces – explique l’existence d’archives considérées comme de véritables trésors, et suscite régulièrement un grand intérêt au sein de la sphère de la recherche ou auprès d’autres acteurs. Une importante exposition a par exemple été organisée il y a quelques années au Musée d’orsay sur l’histoire de SaintGobain. L’occasion d’une opération de communication sans précédent pour les archives du groupe. Un joli coup promotionnel qui a même été récompensé par un grand prix d’un festival de communication.

tres secteurs. « Dans l’industrie, la conservation sous format papier est particulièrement importante », constate par exemple Jacques Thibon. Pour autant, une dématérialisation massive est en marche depuis quelques années, rendant le groupe méconnaissable. Les projets d’archivage ont connu un important tournant en 2006, avec la mise en place d’une initiative globale de dématérialisation des factures relatives aux fournisseurs au sein de Saint-Gobain Activité Vitrage. Seulement un an plus tard, l’annonce officielle d’un retour sur investissement déjà au rendez-vous donne le sourire à l’ensemble du groupe qui, dès lors, prend conscience de la nécessité de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Dans deux de ses divisions, Saint-Gobain Sekurit et Saint-Gobain Glass, 65 % des factures sont intégrées automatiquement dans l’ERP en place (SAP). quant au délai de traitement d’une

facture, il est d’environ deux jours, contre plusieurs semaines auparavant. Les coûts administratifs ont ainsi été considérablement réduits, principalement grâce aux économies de saisie manuelle. Les volumes de gestion sont gigantesques, puisque les deux divisions reçoivent 450 000 factures par an de 22 000 fournisseurs. Ces opérations ont été assurées par la solution de dématérialisation d’Itesoft, qui autorise le contrôle des factures dans SAP et intègre les documents quels que soient leur format d’arrivée, leur langue ou leur devise. Près de 10 % des factures arrivent par voie électronique et 90 % sous format papier. En 2010, nouvelle étape dans la modernisation de la gestion des données du groupe. SaintGobain décide de confier à b-process la mise en place d’un projet beaucoup plus global de dématérialisation de sa facturation des fournisseurs. L’entreprise attend une réduction des coûts de traitement des factures reçues de la part de ses fournisseurs et prestataires. Au-delà de la possibilité de traiter l’ensemble des factures reçues, Saint-Gobain souhaite pouvoir s’appuyer sur une solution technique unique, capable d’intégrer les différents outils de back-office utilisés par ses services comptables. Cette fois-ci, ce ne sont pas moins de 5 millions de factures par an, dans une douzaine de pays, qui se retrouvent concernées. La démarche de dématérialisation effrénée n’est pas prête de s’arrêter : l’organisation globale est à l’aube de nouveaux remaniements qui devraient une nouvelle fois changer le visage de Saint-Gobain d’ici quelques mois.
Mathieu Neu

BULLETIN D’ABONNEMENT
« L’information économique & stratégique, autrement »
Innov&a tratégie tion Nu mériqu e
L’inform ation économ ique & stratég ique, autrem ent

S

L
Fiscalité

Entreti Benoît en avec Thieuli n e présid ent
sur cette

Décrypta ge

Bimestr iel

AVRIL/M

AI

2013

Compren dre, En tre

e, Innove ecores r eau.fr

prendr

N°2

u mom l’accentent où François sur Holland visagée, il est opportula formation prof e met des form de se poser la n, outre la conc essionnelle, ques proposer ations aux beso tion de ertation enl’enviro de nouvelle ins du mar l’adéquation ché, La con rait repr nnement nums filières, en part voire de trib ésen ériq conversio ter une véri ue. Un sect iculier dans numériq ution de l’a eur n – nota table opp deurs d’em ssurance ue mm ortu qui pourpansion ploi - dans ent pour certa nité de reà l’écon ins dem et aux mul un dom omie Ainsi, pourquo tiples face aine en plein angramme i ne pas e exttes. Vers la dématici de formation lancer un vast dém Offrir la capables ens » (profess destiné en part e proconvocat atérialisatio sécurité des supp de traiter à la ionnels de la iculier aux « dém tout en ridique sus mét orts, des écha fois de la dém atique), propriéta ions et des pro n des notificat donnan à l’infor ions l’informier. S’agissan nges et surto atérialisation cès-verba ires t une val mation t d’un ut qui a pro ux des des mentaire,atique à laquelle e évolutiondes proceseur jupulsé Cim . Un double copétences la dématiqu s’ajoute un naturelle de traitem e ne néce vage éle particuli volet régl ail, spécia moins, ssite ères ent ectroniq lisée dan p. 42 afin de une véritable en informatiqupas de comue, vers ouvertu pouvoir e. Néans l’archi la matière, re d’esprit les som traiter du mets. sationnel à la fois tech côté pluridisc s’impose nique, iplinaire La dém . juridique p. 50 atiqu Vers un et orga de sieurs nive e nécessite nie déma élevé, sorteaux hiérarch une organisa tion ique. Le térialisa de CIO des fac couplé niveau à plu(chi tures ? tion tot cessite à un CKO (chi ef information le plus Révolut ale les aspeune présence ef knowledge officer) malen au cts offic tendu ion ou veau corr stratégiques comité de dire er), néespond ? du post ction responsa à celu e. Un deux de par (electron ble de la dém i d’un bon chef ième atéri de proj nimanager ic data manager alisation almerys ou EDM et, ) ), voire p. 51 , acte formation ou encore manager de D&IM IM (informa industrie ur de référen jets de dématiqu ), capable (document tion ce du l des don aspect & inde man e en maî nées num traitement plur domaine idisciplinaire. trisant parf ager des proériques aitement ... quotidie des dématici Pour le reste leur ment desn de la mise ens, véritable il s’agit du en Il existe projets de démœuvre et dus acteurs au fonction secteur, encore très peu atique. neDerrière malgré ché de le déve de formation l’e s plus en la dématique. loppement réce dans ce réelle de ffet de mode Aus plus ganisatio importants si les beso nt du mars réseau , quelle ins mener ns de disposer afin de perm sont-ils de x d’entr efficacit à entendeubien leurs proj des profils ettre aux oreprise é r… ets de dém adaptés pou ? r atique. p. 44 A bon

Assuran

IDéNum : Vers l’in ternet de confiance La dém até service rialisation de de l’effic la acité du comptabilité au contrôle Normes fiscal La certifi cation

Dématiq ue

du Conse il Natio instance nal du Numériq et sur les ue fait grands le point enjeux numériq Expertise ues de la s

A

Le méti « dém er de aticien »

EDITORI

AL

France : e-édu cation, protectio neutralité n des do du net nnées… , fiscal ité numé rique,

Donnée s

Business story à haut e valeu r ajou

p. 40

ce risqu

tée

e

Droit du nu

mérique

n Adopte collegu un e.com Haute rés olu tio

Veille jur idique

Jean-Mar c Riets ch

prend

sa sou rce au

cur de lAuverg ne !

Je m’abonne à

au lieu de 29,40 € ❏ 2 ans (12 numéros) : 45,00 € au lieu de 58,80 €
❏ 1 an (6 numéros) : 24,90 €
❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieur Société :

Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Ville : Tél : E-mail :
à compléter et à retourner avec votre règlement par chèque à l’adresse suivante : à l’ordre de

n Saint-Gobain regroupe une cinquantaine de filiales dans 64 pays. L’entreprise produit, transforme et distribue des matériaux, notamment pour les filières de la construction, du bâtiment et du conditionnement. Le groupe emploie quelque 194000 salariés, et réalise environ 43 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. n Le centre d’archives de SaintGobain recèle 80 kilomètres d’archives, 8000 clichés, 2000 films et vidéos. Près de 5000 dossiers sont traités par an. Il faut un délai de 30 minutes pour le traitement d’une question courante.

LMedia Service Abonnement EcoRéseau 201/203, rue deVaugirard - 75015 Paris
O re valable jusqu’au 31 août 2013 en France Métropolitaine. Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. DOM-TOM et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr). Les informations ci-dessus sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. Si vous ne le souhaitez pas, cochez la case ci-contre. ❏ Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la recti cation des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement d’EcoRéseau. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des ns commerciales.

Abonnez-vous en ligne sur

www.ecoreseau.fr
www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLET 2013 55

 ]]></page>
<page num="56"><![CDATA[
RH & FORMAtION
Réseaux & Influence

n°3

Girl power
Les réseaux féminins gagnent en importance depuis quelques années. Analyse d’un phénomène qui pourrait bien briser le plafond de verre.
es chiffres sont cruels : en moyenne, en France, l’écart de salaire entre les femmes et les hommes est de 27% ; selon le cabinet Gouvernance et Structure, seuls 23,7% des administrateurs des groupes du CAC 40 appartiennent au beau sexe ; elles ne représentent que 30% des créateurs d’entreprise, et 12% des patrons de société de plus de 50 salariés. On pourrait continuer comme ça longtemps. Pour rattraper leur retard et enfin jouer à armes égales avec leurs confrères masculins, cadres et dirigeantes sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers une solution qui monte : les réseaux féminins. « Le manque de réseaux des femmes est, avec la discrimination sur la parentalité et le manque de visibilité, l’une des principales raisons du plafond de verre », assure Emmanuelle Gagliardi, co-présidente de l’agence Connecting Women et co-auteur de Réseaux au féminin – Guide pratique pour booster sa carrière (Editions Eyrolles, 2013). Si le phénomène n’est pas

L

nouveau – il en existait dès la fin de la seconde Guerre mondiale – il a vraiment pris son essor depuis cinq ans et on en dénombre déjà 400 dans l’Hexagone. Le développement des réseaux sociaux professionnels leur a donné un sérieux coup d’accélérateur, puisque les hubs et autres groupes virtuels sont vite passés de l’écran à la réalité.

« Vers 35 ou 40 ans, bien des femmes sont confrontées à une problématique : comment accepter ce poste à responsabilité qu’on leur propose, avec son lot de déplacements, de voyages à l’étranger et d’horaires à rallonge, sans délaisser la gestion de leur structure familiale ?, explique Emmanuelle Gagliardi. Certaines décident de se mettre en retrait en optant, par exemple, pour un temps partiel, quand elles ne mettent pas simplement un terme à leur carrière. » C’est pour éviter d’en arriver là qu’un nombre croissant d’entre elles se tournent

SyNdrome Julie leSCaut

vers les réseaux, dans l’espoir d’y trouver des solutions, grâce à du coaching et du monitoring avec des anciennes par exemple. Ils leurs permettent de rencontrer des modèles qui ont su gérer ce tournant délicat. Et puis, Patricia Chapelotte, présidente de l’agence de communication et de lobbying Albera Conseil et fondatrice du réseau Génération femmes d’influence, prévient : « il ne suffit pas de bien faire son travail, il faut aussi le rendre visible, le faire valoir en dehors du bureau. Alors qu’entretenir son réseau fait partie de la journée de travail d’un homme, les femmes ne s’autorisent pas cette démarche. » La variété des réseaux féminins est telle que faire le tri n’est pas évident. Lequel, ou lesquels rejoindre ? Les associations d’anciennes, dans les écoles, ont un statut privilégié : « Ce sont les premiers à rejoindre, car le lien est immédiat et évident, juge Emmanuelle Gagliardi. Si HEC, l’ESSEC ou Polytechnique ont le leur depuis long-

A l’attaque du plafond de verre

« Nomination, le People du bus
Comment fonctionne la plateforme Nomination ? La société possède une base de données très qualifiée de décideurs de tous secteurs. Ces gens ne sont pas clients chez nous, ils se retrouvent naturellement dans nos fichiers. Nomination leur fournit ainsi de la visibilité, notamment via la presse, qui diffuse nos informations. Mais le plus important, c’est l’actualisation permanente de nos fichiers. Nous avons en effet plus d’une trentaine de salariés qui travaillent au quotidien sur l’évolution des carrières de chacun, les nominations récentes, les promotions des uns et des autres. Nous sommes le People du business ! A l’arrivée, nous avons une vision extrêmement précise du paysage des décideurs, et nous sommes en mesure de fournir de nombreux contacts. Dans le secteur du marketing, par exemple, nous possédons 97% d’adresses mail directes. Quel intérêt pour vos entreprises clientes ? Pour réussir une vente, il importe d’avoir une très bonne connaissance de ses interlocuteurs. Par exemple, lorsqu’un décideur est nommé à un nouveau poste, il se doit d’apporter du neuf. Il existe donc une fenêtre de tir pendant laquelle celui-ci est particulièrement réceptif. Ainsi, lorsqu’un nouveau directeur financier vient d’arriver, c’est le moment de lui proposer un auêtre au courant de sa nomination récente ! Par ailleurs, le processus de vente s’est beaucoup complexifié. Les décisions sont aujourd’hui prises par six ou sept dirigeants. Ce sont autant de personnes à convaincre. Aussi faut-il pour être entendu pouvoir mettre en place la bonne stratégie d’encerclement de sa cible, parler le langage le plus adéquat possible et transmettre le message le plus approprié à chacun. Nos fi-

A l’occasion de la mise en place de la nouvelle plateforme Nomination, Louis Ba de posséder une vision précise du paysage des décideu

“Mettre en place ”

Louis Barbeau, directeur général de Nomination.

la bonne stratégie d’encerclement de sa cible
dit des comptes de la société. Mais encore faut-il

56

JuIN/JuILLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="57"><![CDATA[
n°3

RH & FORMAtION
Réseaux & Influence
plus en plus d’entreprises de taille intermédiaire et de grosses PME s’y mettent », remarque Emmanuelle Gaont d’enfants, plus leur temps de travail décline. Pour les hommes, c’est tout le contraire : plus leur progéniture est grande, plus ils consacrent de temps aux affaires. Résultat : des carrières cycliques pour les premières, linéaires pour les seconds. Or, « dans les réseaux féminins, les femmes peuvent voir qu’elles ne sont pas seules, qu’un grand nombre de leurs semblables rencontrent les mêmes difficultés, et qu’elles sont nombreuses à les avoir surpassées. Au-delà du business, le réseau apporte de la solidarité. D’ailleurs, on y parle entraide et énergie plutôt que business et chiffre d’affaires », explique Emmanuelle Gagliardi. Au-delà de pousser leur propre carrière et de trouver de la solidarité, les femmes utilisent désormais ces réseaux pour faire progresser leur cause, dans leurs entreprises comme dans la sphère publique. « Il y a quelques années, les responsables des réseaux internes d’entreprise ont fait le constat que, même si la loi sur l’égalité professionnelle existe depuis plus de vingt ans, rien ou presque n’a changé. Elles ont alors pensé que, si elles ne faisaient rien, le statu quo pourrait demeurer encore longtemps. » Avec les services RH des leurs sociétés, elles ont alors fait sortir des chiffres sur l’état des lieux de la mixité dans leurs boîtes. Et ça marche : en avril dernier, 12 grands patrons étaient reçus par Najat Vallaud-Belkacem au ministère du droit des femmes pour signer une tribune contre le « plafond de verre ». En 2010, les réseaux féminins ont beaucoup pesé, par leur lobbying, sur la loi sur les quotas de femmes dans les conseils d’administration, qui prévoit qu’elles devront y représenter 40% des effectifs en 2017. Chiche ?
Aymeric Marolleau

temps, de plus en plus d’écoles et d’universités les imitent. Si votre école n’a pas de réseau d’anciennes,

féminin, avec d’importantes spécificités

“Il existe une carrière au ”
gliardi. Enfin, les réseaux transversaux réunissent des working girls d’entreprises et de secteurs différents. « Le résultat n’est pas instantané. C’est une démarche qui exige de travailler sur le long terme. Mais à l’arrivée, cela peut être déterminant pour trouver des partenaires, des fournisseurs, des clients ou même changer de secteur », analyse la co-présidente de Connecting Women. Mais pourquoi rejoindre des cercles séparés, plutôt que de se tourner vers les nombreux réseaux mixtes existants ? « Simplement parce que les femmes ont encore du mal à les intégrer, déplore Emmanuelle Gagliardi. Et puis, elles n’y trouvent pas toujours d’affinités et de bienveillance. Surtout, il existe une carrière au féminin, avec d’importantes spécificités. » Par exemple, les études montrent que plus les femmes

alors créez-le vous-même ! » Il existe aussi les réseaux par fonctions, pour les femmes ingénieures, les responsables des achats ou de la communication... Et les réseaux par secteur, dans l’automobile (Les Elles de l’auto), le web (Cyberelles), ou la finance (Financi’Elles). « Ils sont très intéressants au niveau technique, pour le job au quotidien, car ils se révèlent souvent très réactifs. Ils sont aussi utiles lors d’une recherche d’emploi, car les offres y circulent. » Quant aux réseaux d’entrepreneures, ils se multiplient, boostés par la croissance de l’entrepreneuriat féminin en France. Patricia Chapelotte a ainsi lancé Génération femmes d’influence « pour faire reconnaître l’entrepreneuriat féminin et donner envie aux femmes de se lancer ». Il existe aussi des réseaux internes aux entreprises : « quasiment toutes celles du CAC 40 ont le leur, mais de

Solidarité de Sexe

Un grand vin naît toujours d’un grand raisin…
«Eclat, pureté du fruit, complexité, soyeux, subtilité… Ces qualités ultimes révélées dans l’équilibre de nos derniers millésimes reﬂètent bien «l’esprit de Chevalier», le respect absolu de la terre et du fruit…»

iness »
chiers représentent aussi un gain de temps considérable pour les forces commerciales, qui peuvent se consacrer exclusivement à la vente, et non à la recherche du bon interlocuteur. Quels sont les avantages de votre nouvelle plateforme ? Nous avons opéré deux changements majeurs. D’abord, nous avons développé une fonctionnalité de mise sous surveillance. L’utilisateur peut axer sa veille sur un décideur, une entreprise, une fonction, ou diverses caractéristiques. Il peut par exemple suivre la fonction marketing dans l’agro-alimentaire. Ensuite, nous avons modifié notre interface, afin d’améliorer l’ergonomie de la plateforme et de la rendre un peu plus « 2.0 ».

arbeau rappelle l’importance urs.

GRAND CRU CLASSÉ DE GRAVES
B O R D E A U X F R A N C E

d o m a i n e d e ch e va l i e r. c o m

Propos recueillis par Olivier Faure

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.

www.ecoreseau.fr - JuIN/JuILLEt 2013 57

 ]]></page>
<page num="58"><![CDATA[
Rh & FORMAtION Education à 360°
par Marc Drillech
Directeur général de IONIS Education Group

n°3

Carrières & Talents

Le baromètre d’image des un
tous les bacheliers peuvent aujourd’hui s’inscrire dans la filière de leur choix à l’université. Pensez-vous que les universités devraient pouvoir sélectionner leurs étudiants ?

Loi LRU (autonomie des universités), accélération de la concurrence internat connaît de profondes mutations, que peuvent bien penser les Français de Communication et Educpros.fr ont créé, avec IPSOS, le Baromètre des uni

Petit éloge de la « bougeotte »

D

rame national… Nos jeunes quittent la France… C’est la fin du « vivre et travailler au pays » et du « pourquoi aller ailleurs puisque l’on a aussi bien chez nous »… Dès le Bac en poche ils partent, formant de véritables communautés à Londres ou à Barcelone, en quête de jobs d’été vers de nouvelles destinations, bravant nos lourdeurs en décidant de faire un tour du monde après l’obtention du Bac ou en menant une expérience humanitaire (même si l’itinéraire, par la suite, pour rentrer dans une prépa ou faire médecine, tiendra du « chemin de croix »). Mais, surtout, ce mouvement ne touche plus seulement l’élite de l’élite. Oui, l’exception nationale est terminée et la terre d’accueil devient un hall de départ d’aéroport pour des jeunes qui partent vivre de nouvelles expériences, saisir des opportunités, trouver des emplois que la France ne crée plus. Quoi de plus naturel et de plus sain ? Quoi de plus rationnel et de plus prometteur ? N’est-ce pas le signe d’une génération vivante et décidée à prendre son destin en main ? N’est-ce pas la plus belle réponse à apporter à des politiques discrédités et agrippés

à des principes idéologiques qui ne fonctionnent plus ? N’est-ce pas ce que tous les libéraux souhaitent, des individus qui prennent leur destinée en mains sans tout attendre de l’Etat ? N’est-ce pas le rêve de tous les socialistes, une jeunesse qui s’ouvre sur tous les mondes et qui traduit à sa manière la multiculturalité ? N’est-ce pas le rêve des pro-européens qui peinent à imposer l’évidence de cette priorité face aux démagogues de tous bords qui préfèrent stimuler la jalousie et le racisme (de race ou de classe), le chauvinisme et l’exclusion de toutes sortes ? Cette jeunesse a la « bougeotte » pour des motivations qui ne se limitent pas à la quête d’un emploi. C’est mal la connaître que de considérer sa manière de vivre la mondialisation comme un pisaller. Elle apprend vite. Elle vit dans l’instant. Elle ne se pose pas trop de questions. Elle a bien moins de frontières dans la réalité comme dans l’esprit que les générations précédentes. Et elle découvrira que d’autres sociétés offrent des solutions utiles chez nous, présentent des handicaps qui ne font que valoriser nos atouts, lesquels seront alors bien mieux défendus.

etes-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout d’accord avec l’affirmation suivante : il existe à l’université des formations capables de rivaliser avec les grandes écoles ?

etes-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout d’accord avec l’affirmation suivante : les universités françaises rivalisent avec les meilleures universités internationales ?

+ Quelques rendez-vous pour préparer la rentrée : 6-7 juillet 2013 : Salon de l’Etudiant « Où s’inscrire 2013 » de Paris 3 6 juillet 2013 : Salon de l’Etudiant « Où s’inscrire 2013 » de Lyon 3 Du 5 au 7 juillet 2013 se dérouleront Les Rencontres Economiques d’Aixen-Provence, à l’Université d’Aix Marseille. Organisées par le Cercle des économistes, cette 13e édition donne la parole aux étudiants entre 18 et 28 ans pour inventer 2020. Les étudiants peuvent participer à un concours en rédigeant un texte original, innovant, et force de proposition pour l’avenir.
3

+ Et des salons pour décrocher un job ou créer sa boîte : 3 5 juin : Caravane des entrepreneurs de Paris 3 6 juin : Salon Apec Paris 3 12 juin : Salon des 10000 emplois 3 12 et 13 juin : Salon des Entrepreneurs de Lyon 3 13 juin : Forum de recrutement des scientifiques d’Île-de-France 3 18 juin : Planète PME Paris 3 20 juin : Forum pour l’emploi des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur 3 20 juin : Paris du recrutement des jeunes diplômés

n Sélection à l’entrée des universités : les Français sont contre n Universités vs. Grandes ecoles : des formations jugées équivalentes n Les universités françaises à la hauteur des meilleures universités internationales ? Les Français indécis

SynthèSe

Source : Campus Communication, Educpros.fr, Ipsos. Pour accéder à l'étude complète, rend

58

JUIN/JUILLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="59"><![CDATA[
n°3

Rh & FORMAtION
Carrières & Talents

niversités françaises
etes-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout d’accord avec l’affirmation suivante : Les universités sont ouvertes sur le monde de l’entreprise ?

tionale… Alors que le monde de l’enseignement supérieur leurs universités ? Pour en avoir le cœur net, Campus iversités. Et au vu des résultats, il y a encore du travail…

etes-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout d’accord avec l’affirmation suivante : avec un diplôme d’université de grade master, je trouve facilement du travail après mes études ?

OGIE UNIVERSITÉ DE TECHNOLOGIE DE COMPIÈGNE

UTC
Master Sciences, Technologies, Santé

Candidatez avant le 31 mai 2013

Vous avez le
Diriez-vous que l’université facilite l’insertion professionnelle de ses étudiants ?

goût de l'avenir
suivez un master UTC
DÉVELOPPEMENT DE L'INNOVATION
Design et conception Stratégie pour l’innovation

SYSTÈMES COMPLEXES
Technologies de l'information et des systèmes Biomécanique et bioingénierie systèmes mécatroniques et mécanique avancée

TRANSFORMATIONS ET VALORISATION DES RESSOURCES NATURELLES
Biotechnologie Valorisation des ressources renouvelables Génie des produits formulés Traitement de l’eau Chimie Enseignement chimie

INGÉNIERIE DES SERVICES ET SYSTÈMES

n Des universités ouvertes sur le monde de l’entreprise : une majorité de Français pas d’accord ! n Le master : rempart contre le chômage ? 72% pas d’accord n Insertion professionnelle : l’université fait moins bien qu’il y a 5 ans
Retrouvez l’appli UTC

Qualité et performance dans les organisations Ingénierie des systèmes d’information Technologies et territoires de santé
6ème Grande École d'ingénieur* et université de renommée internationale, le Master de l'UTC vous prépare à devenir des experts de haut niveau et relever les déﬁs de la recherche et l'industrie. [ classement Usine Nouvelle, mars 2013]
*

Contact : 03 44 23 79 53 / 03 44 23 79 54 / master@utc.fr

webtv.utc.fr interactions.utc.fr

www.utc.fr

dez vous sur www.campuscommunication.fr/barometre.pdf

www.ecoreseau.fr - JUIN/JUILLEt 2013 59

 ]]></page>
<page num="60"><![CDATA[
ART DE VIVRE & PATRIMoINE
L’Air du temps

n°3

Sex on the beach
Malgré tout son génie, l’Homme reste parfois un animal tendrement basique. Il fait l’amour en vacances, quand le soleil brille et que tout va bien. Il reste chaste, en revanche, quand le stress et la fatigue se font ressentir.
nous apprenant que la peur du chômage constitue un fauteur de troubles bien plus ravageur. Et pour cause, « il alimente le stress, pire ennemi de la libido », conclut la psychologue-sexologue. Les enfants. Petits, ils réveillent leurs parents plusieurs fois par nuit. Résultat, des câlins improbables, et un état de fatigue qui laisse peu de place au sexe. Ados, ils sont une oreille attentive à laquelle nous craignons que parviennent des bruits indécents. « En effet, cela peut être source de blocage, confirme Caroline Le Roux. Pourtant, entendre ses parents faire l’amour est très structurant pour un enfant, pourvu qu’on en parle ensuite avec des mots appropriés. Pour les petits, on « s’amuse dans le lit », ou on « fait des chatouilles ». Cela les rassure sur l’amour qui unit leurs parents. » Rassurez-vous madame, ce n’est pas (que) de votre faute Internet. Plus question de fréquence, ici, mais de pratique. La banalisation de la pornographie en trois clics a considérablement fait évoluer la manière avec laquelle certains adultes appréhendent le sexe. « Certains patients me disent qu’ils souhaitent que leur compagne se comporte de la même manière que les actrices, s’inquiète la psychologue-sexologue. Ces demandes peuvent créer des tensions au sein des couples. » Chez les plus jeunes, Internet a aussi changé la donne. Si l’âge des premiers rapports n’a pas varié depuis près de vingt ans – 17 ans ½ environ – les adolescents n’hésitent plus à se filmer, seuls ou avec un partenaire, et à poster leurs vidéos sur la Toile. Les premiers ébats se conçoivent aussi de moins en moins sans une fellation, voire d’autres pratiques plus originales, quand les anciens se voulaient plus fleurs-bleues lors de la première nuit. Tout fout le camp.
Olivier Faure

omme il y a la saison des pêches ou des melons, il y aurait la saison du sexe. Pourtant, Monsieur ne serait pas plus sucré en août, ni Madame plus ferme en juillet. La preuve : beaucoup d’enfants naissent entre juin et septembre, ce qui implique une conception en automne ou en hiver. « Il faut y voir le fruit d’une volonté de la mère d’accoucher l’été, pour le bien-être du nourrisson, explique Caroline Le Roux, psychologue clinicienne et sexologue. Et puis, l’hiver, les gens sortent moins, et sont un peu plus enclins à rester sous la couette. » Néanmoins, tous les spécialistes s’accordent à le dire : les beaux jours sont plus propices aux parties de jambes en l’air. Soleil = sexe. L’équation serait toutefois trop simple. D’autres facteurs, plus sociologiques, entrent aussi en ligne de

C

compte. Tentative d’explication de la carte du Tendre. L’étymologie. Non, bien sûr, ce n’est pas l’origine du mot « désir » qui fait que ce soir, vous allez délaisser votre Ken Follett pour vous lover dans les bras de votre bienaimé(e). Mais celle-ci donne un éclairage intéressant sur le lien entre l’amour et la saison. « Le mot « désir » vient du latin « desidera », qui renvoie à la période de l’année où la constellation sidera, visible l’hiver, disparaît dans le ciel, explique Jean-Roger Dintrans, psychiatre et sexologue, chargé de cours à l’Université Paris V. Cela correspond à l’arrivée du printemps, la saison des amours. » Le temps. C’est l’un des principaux responsables des fluctuations de notre libido. Pour une raison très simple :

il joue à plein sur notre moral, lui-même fortement corrélé à notre sexualité. « On observe beaucoup de dépressions saisonnières en automne et en hiver, note Caroline Le Roux. Or, lorsque l’individu ne se sent pas bien, il se déprécie, et n’a pas forcément envie d’aller vers l’autre. » A l’inverse, le soleil a un effet particulièrement stimulant sur l’organisme. « La luminosité active d’une part le système sérotoninergique, qui nous fait nous sentir bien « dans notre tête », et d’autre part le système mélatoninergique, qui influe sur notre équilibre hormonal et notre désir », explique Jean-Roger Dintrans. Rien de bien révolutionnaire, puisque l’Homme ne fait ici que se mettre au diapason de tous les autres mammifères, chez qui les beaux jours correspondent à la reprise de l’activité érotique. Enfin, la température

influe sur les habitudes vestimentaires. Et l’été, tout naturellement, « les garçons ont les yeux qui brillent/Pour un jeu de dupes/Voir sous les jupes des filles… » CQFD. Le travail. Le 6 mars 2012, une étude menée par le cabinet Technologia et les mu-

interrogés confesse même des troubles sexuels (liés au désir, à l’accession au plaisir, à l’érection pour les hommes…). 72,6% des sondés affirment par ailleurs que la fatigue accumulée lors de la journée de travail les empêche de faire l’amour une fois à la maison. A contrario les périodes de vacances font

tuelles UMC nous apprenait de façon inquiétante le lien direct entre vie professionnelle et activité sexuelle. A la question «avez-vous l’impression que le stress au travail joue un rôle négatif sur votre vie sexuelle et amoureuse ?», la réponse est oui à 66,6%, avec un pic à 70% chez les cadres. Pire, près d’un quart (23,8%) des

“Le stress, pire ennemi de la libido ”

quant à elles figure de parenthèses torrides. « Le stress retombe, le moral est au beau fixe, nous cassons la routine, nous prenons davantage le temps, nous sommes moins fatigués le soir, énumère Caroline Le Roux. Autant d’éléments qui favorisent la sexualité. » Pour autant, le travail ne se révèle pas la cause de tous les maux intimes, l’étude

60

JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="61"><![CDATA[
Location d’un jet prive

Aviation commerciale

o La location d’un jet privé en ligne o Partout dans le monde, 24 h/24 o Les services à la carte JetBox

Voyages de groupes

‘

‘

o Le choix du sur-mesure o Valoriser vos opérations o Les coûts optimisés JetBox

Affretements speciaux
‘

o Une autre idée du service o Des solutions gagnantes o Les garanties JetBox

o Pour vos projets hors-normes o Des experts de la logistique o Les spécialités JetBox

GLOBAL AIR CARD® Pour les grands voyageurs, JetBox offre une solution simple et unique d’achat d’heures de vols sur des jets privés, avec un coût optimisé. Aujourd’hui et plus qu’auparavant, maîtrisez le coût de vos déplacements professionnels.

www.jetbox.fr
21, rue du Faubourg St-Antoine – 75011 Paris – Tél : +33-1 44 75 30 30 – Fax : +33-1 44 75 00 75 info@jetbox.fr

 ]]></page>
<page num="62"><![CDATA[
ARt DE ViVRE & PAtRiMoiNE
Diners Diners « Gastronomie et Grands Crus » astr r rus

n°3

L’Art du temps
Par Julie-Chloé Mougeolle

MODE

restaurant le Diane – Hôtel Fouquet’s Barrière
46 Place Georges Guillaumin, 75008 Paris

mer rcredi 3 j juillet 2013 2

Le Chef Jean-Yves Leuranguer, étoilé au Guide Michelin, Leuranguer, élaborera un manu exceptionnel en parfait accord avec les vins sélectionnés par le Wine & Business Club le Wine & Business Club

Champagne Gosset, Grand Rosé, Brut Domaine Roux Père & Fils 2010 , Les Chaumes, Chassagne Montrachet Château Pibarnon 2001 Bandol 2001, Château Mont Redon 2001 , Abeille-Fabre, Redon 2001, Châteauneuf-du-Pape Maison Destavel 1947 , Rivesaltes Ambré 1947 1947, Frapin VSOP, Cognac ,
participation : 265 €/HT.

SCABAL, costumes stars de cinéma Depuis 1938, Scabal produit et vend les plus nobles des tissus. En plein cœur de la campagne anglaise, son atelier de tissage allie savoir-faire ancestral et concentré de technologies. Les tissus se déclinent en d’infinis designs, dans des matières naturelles telles que le cachemire, le coton, la laine, la soie, le mohair, le lin, ou encore la très recherchée vigogne. Maisons de haute couture, industries du cinéma et du théâtre, personnalités médiatiques, peu sont ceux qui résistent au choix unique de plus de 5.000 étoffes. Et vous, saurez-vous y résister ? http://www.scabalstores.com INVENTIVE CITI, la veste qui vous fait voyager… C’est résolument un produit innovant. Une ligne de vestes très haut de gamme qui s’adapte aux déplacements en moto, scooter et qui respecte les codes esthétiques du luxe pour conserver style et élégance. Nicolas Bert, son fondateur, témoigne : « Vivant et travaillant dans une grande capitale, je ne cessais de jongler entre mes multiples obligations sociales et professionnelles. Je n’ai jamais trouvé la veste idéale qui m’offre élégance, confort et protection dans mes déplacements en deux roues. Ainsi nous avons conçu une première collection qui s’adapte parfaitement au dress code d’une vie active contemporaine. » Un Must have pour votre dressing ! http://www.inventive-citi.com

Réservation & renseignements
Capucine Marq est à votre disposition :

Tél. 01 42 89 12 31 - ou par mail : capucinemarq@diinersmillesimes.com p q capucinemarq@dinersmillesimes.com

www.dinersmillesimes.fr

Anahid Sïnsek, pour le plus beau jour de votre vie Chacune des robes présente un mariage parfait entre la simplicité pure et le luxe vrai. La féminité, l'élégance, et le raffinement sont mis en avant dans toutes leurs splendeurs, dans le but unique de sublimer la mariée. Perfectionnistes dans l'âme, Suzie et Natacha ont pensé chaque création dans le moindre détail. Réalisées avec des matières nobles, des broderies délicates et artistiques, elles rappellent l'univers glamour du mariage, avec cette signature de légèreté et d'originalité. http://www.anahidsinsekcouture.com/le-concept.html

HORLOGERIE
Bréguet et sa nouvelle Classique Chronométrie 7727 ! Le nom de Breguet évoque la créativité, l'innovation et des finitions exceptionnelles. Un design vintage avec un mouvement très technologique ! Comprenez Breguet a travers son histoire, ses collections et son actualité sur www.breguet.com et bien sur dans chacune de ses très belles boutiques. Montblanc se rapproche de la principauté de Monaco. Une montre d'une féminité absolue, telle était l'ambition de la collection Princesse Grace de Monaco. Cette édition est l'incarnation de l'engagement de Montblanc a dépasser la beauté fonctionnelle. Montblanc prouve encore une fois savoir allier apparence raffinée et mouvements automatiques. www.montblanc.com

62

JUiN/JUiLLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="63"><![CDATA[
n°3
BEAUTÉ
OPALE, une gamme de soins multivitaminée ! Cette gamme monégasque au luxe discret convainc que la plus belle des beautés est naturelle. opale, du Sanskrit « Uppala » signifie « pierre précieuse ». Symbole de pureté et de protection dans de nombreuses légendes et cultures, la pierre d’opale reflète la lumière de l’intérieur. A cette image, les produits opale réveillent la beauté de chaque femme et magnifient leur éclat naturel en se recentrant sur l’essentiel. Agrumes, bois de rose, géranium bourbon, framboise, grenade, rosier muscat sont les valeurs sûres pour ces sérums, soins, laits, gelées, brumes, nectars ou crèmes. A découvrir sans tarder ! www.opalemonaco.fr

ARt DE ViVRE & PAtRiMoiNE

VITAL DÔME, votre équilibre au quotidien Alexandra Gavsevitch & Eric Fauchon : « Notre challenge est de vous offrir ‘‘l’attitude bien-être’’ au quotidien ». Vital Dôme est une méthode innovante aux résultats spectaculaires et inégalés dans les domaines de la relaxation, l’anti-âge, l’amincissement, la détox…A consommer sans modération ! Centres de bien-être et détox 121, avenue Victor Hugo - 92100 Boulogne tél : +33 1 41 22 02 34 7, rue du Docteur Gérard Monod – 06400 Cannes tél : 04 93 30 02 82 www.vitaletvous.com

DÉCO

u-ArT, l’art contemporain sur mesure U-ARt se déplace jusqu’à vous pour installer les œuvres dans l’écrin de votre collection quelles que soient vos attentes. Commandes uniques, créations sur mesure, recherches d’artistes, tout sera orchestré selon vos directives. Cédric Calmels, fondateur de U-ARt, accompagné de son équipe, est à votre disposition afin d’exposer chez vous, une sélection d’œuvres en harmonie avec vos ambitions. http://u-art-contemporary.com/

au ez-vous

B sine Cla ...

Sols et murs hors-norme by Oscar Ono Entreprise héritière d’une passion créative et d’un profond amour pour « l’art de vivre », oscar ono Flooring joue un rôle déterminant dans le développement de sols et murs innovants et exclusifs depuis plus de 10 ans. L’innovation et la créativité façonnent l’histoire d’oscar ono. Celle-ci mêle tradition, avant-gardisme et un réel engagement pour l’art contemporain. Ces valeurs constituent les éléments déterminants du succès de ses produits rares et authentiques. « La qualité et l’étendue de gamme nous permettent d’être présents dans les plus beaux intérieurs : villas, appartements privés ou yachts ». Faîtes vous plaisir et à votre intérieur, oscar ono saura être de bon conseil ! http://www.oscarono.fr/fr

infos franchise : franchise@finsbury-shoes.com

www.finsbury-shoes.com

www.ecoreseau.fr - JUiN/JUiLLEt 2013 63

* Voir conditions en magasin.

81 rue Saint-Nicolas, 76000 Rouen 40 cours Georges Clémenceau, 33000 Bordeaux 97 rue d’Alésia, 75014 Paris CCal Les 4 temps, La Défense, en septembre 2013

Nouvelles boutiques :

 ]]></page>
<page num="64"><![CDATA[
ARt DE ViVRE & PAtRiMoiNE
L’Art du temps
EVASION
Le Château de Marçay, moment unique en Touraine Ce charmant hôtel du Val-de-Loire, patrimoine mondial de l’UNESCo, se situe en plein cœur de la touraine, pays de Châteaux et d’Histoire. Son restaurant, la table de Marçay, vous fera découvrir la richesse des spécialités du terroir. Vous serez charmé par le calme et la vue imprenable sur le domaine depuis les chambres. on aime sa table raffinée composée de produits du potager et sa cave souterraine où se dégustent les plus grands millésimes du Val-de-Loire. Et la piscine en extérieur chauffée qui est un must ! http://www.hotelspreference.com

n°3

Cap sur la Normandie à l’Auberge de la Source ! Près de la charmante ville d’Honfleur, cette maison de briques rouges et sa longère à colombages vous accueille pour un séjour authentique et reposant. Ses 15 chambres et suites vous proposent un moment de détente dans un magnifique jardin arboré, agrémenté de bassins où fraient truites et esturgeons. Son restaurant propose une cuisine de bistrot authentique et revisitée. Sa toute nouvelle cabine de soins, vient compléter le charme bucolique de cette auberge. Ce bel hôtel est un véritable havre de paix où vous profiterez pleinement de la nature environnante. http://www.auberge-de-la-source.fr/

renaissance de la Villa Maillot ce 13 mai ! L’hôtel, en travaux pendant 7 mois, réouvre ses portes. Le projet de rénovation et d’embellissement de La Villa Maillot a été confié à Patrick Ribes, décorateur parisien de renom, « Pour une nouvelle ambiance chic et cosy mêlant classicisme et modernité », souligne ce dernier. Au programme : la création d’un 9e étage, deux nouvelles suites qui offrent une vue sans pareil sur les toits de Paris, 40 chambres totalement repensées, une agréable salle de réunion « La verrière » à la lumière du jour nichée dans un écrin de verdure, un salon bar « le V » avec cheminée et coin bibliothèque, un nouvel espace Spa avec hammam, sauna, salon de repos et salle de massages et de nouveaux services. Adresse : 143, AVENUE DE MALAKoFF 75116 PARiS http://www.lavillamaillot.fr/hotel-de-luxe-et-spa/

VINS & SPIRITUEUX

La signature champagne Pannier L'Assemblage champenois traditionnel est le secret des liens qui font de Champagne PANNiER un Grand Classique... Ainsi, les trois cépages Chardonnay, Pinot Meunier, Pinot Noir, mûrissent pour PANNiER, dans tous les vignobles prestigieux de la Champagne. Elégance, droiture et équilibre, vous découvrirez ce style qui tend vers la perfection lors d’une visite des caves à Château thierry ! http://www.champagnepannier.com/

Sociando-Mallet, un cru infiniment bourgeois Le château Sociando-Mallet, est un domaine viticole dans le Haut-Médoc, en Gironde. Sociando-Mallet est un cru bourgeois qui a été rendu à la vie par Jean Gautreau, un gentilhomme de la table et du vin. Depuis 1969, moment où il a repris cette propriété, il n'a eu de cesse de le propulser au plus haut niveau. Beaucoup de générosité, une matière riche, un vin boisé et une capacité de vieillissement hors du commun caractérisent des millésimes dont les plus récents sont impérativement à mettre en cave. http://sociandomallet.com/site.php

64

JUiN/JUiLLEt 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="65"><![CDATA[
n°3

ARt DE ViVRE & PAtRiMoiNE
L’Art du temps
Nostalgie, quand tu nous tiens… Le restaurant « Les Fils à Maman » situé entre Les Folies Bergères et le Palace, raconte l'histoire de quatre gourmands, passionnés et nostalgiques qui ont voulu nous faire partager le bonheur des recettes simples d'autrefois. Nostalgie des recettes savoureuses que leur concoctaient leurs mamans, nostalgie d’une époque où la purée était faite avec de vraies patates, où le pain n’était jamais perdu et fondait sous la dent….La décoration est simple comme ces quatre amis : un cadre feutré et "fun", une déco très années 80, le tout pour que chacun s’y sente bien, un peu comme à la maison. Restaurant Les fils à maman - Cuisine Francaise traditionnelle - 7 Bis Rue Geoffroy Marie, 75009 Paris. http://www.lesfilsamaman.com/

GASTRONOMIE
La Maison Blanche, fine gastronome parisienne on ne présente plus cette Maison devenue institution, et pourtant quel plaisir de succomber à sa carte toujours des plus créative. Perchée sur le toit du théâtre des Champs Elysées au 15 avenue Montaigne, la Maison Blanche surplombe Paris, offrant une vue imprenable sur la tour Eiffel, les invalides et la Seine. Le chef Hervé Nepple, sous la houlette de Jacques et Laurent Pourcel y offrent une cuisine exquise, étonnante et prennent plaisir à nous amuser : "Nous faisons la cuisine que nous aimons, ou plus exactement celle que nous aimerions qu'on nous serve si nous étions assis à table, au restaurant." L'assiette est riche en couleurs. Parfums, textures et saveurs se rencontrent et s'entrechoquent...sans conteste, les 5 sens sont mis en éveil, « Nous aimons réunir la douceur et l'acidité, le moelleux et le croustillant, le croquant et l'onctueux, l'amer et le salé, le salé et le sucré." http://www.maison-blanche.fr Glamour cupcakes, so parisian ! inspiration années 50, faits maison par Chloé elle-même. La créativité rejoint le goût exquis et hors du commun. Vous aurez forcément envie de tous les goûter, pourquoi pas lors d’un brunch dominical ! Les recettes varient d’un jour à l’autre, avec les produits du marché et l’inspiration de la créatrice. Chaque cupcake est une mini œuvre d’art gustative et éphémère. Carpe diem et miam ! http://www.cakechloes.com

Cluster tailor made drinks Cluster, c’est la création de canettes personnalisées à l’image de votre marque. La philosophie de Cluster… « Pourquoi prendre toujours les consommateurs pour des vaches à lait ? Notre but est de réduire au maximum nos marges, de proposer un produit bon, correspondant aux attentes des consommateurs, et avoir des visuels séduisants et esthétiques.» Place à votre imagination et à la créativité des équipes Cluster pour un thé, un jus de fruit, un energy drink ou une eau relaxante à votre goût ! http://www.clusterdrinks.com

www.ecoreseau.fr - JUiN/JUiLLEt 2013 65

 ]]></page>
<page num="66"><![CDATA[
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
La Sélection culturelle THÉATRE / DANSE
n Festival d’Avignon Pour ceux qui y ont déjà goûté, le rendezvous est attendu. Pour les autres, il serait temps d’y penser. Que l’on aime le théâtre ou non, on se doit de découvrir le Festival d’Avignon. Au pire, vous siroterez des rosés en terrasse, bercé par le chant des cigales, en vous disant que non, décidément, le théâtre n’est pas pour vous. Au mieux, vous découvrirez des artistes et des spectacles inoubliables. Comme par exemple Dieudonné Niangouna et Stanislas Nordey, artistes associés de cette 67e édition. Dans la carrière Boulbon, le premier présentera Sheda, création qu’il « rumine » depuis onze ans, selon ses propres dires. Il sera question de vie et de mort, de violence et d’amour, de sagesse et de folie, sur fond de paysage lunaire. Le tout porté par la musique et le chant d’un chœur de quatorze comédiens et musiciens africains et européens, dont Dieudonné Niangouna lui-même. Stanislas Nordey, habitué de la Cité des Papes, présentera quant à lui dans la Cour d’honneur Sur les villages, de l’Autrichien Peter Handke, qu’il classe parmi les pièces plus essentielles du XXe siècle européen. Celle-ci donne à voir les retrouvailles d’une fratrie pour la répartition d’un héritage, prétexte à une réflexion profonde sur le retour sur le sol natal, la différence ville-campagne, la nécessité impérieuse de l’art. Festival d’Avignon, du 5 au 26 juillet 2013. n Après Le Petit chaperon rouge et Pinocchio, Joël Pommerat revisite l’histoire de Cendrillon. Du conte pour enfant il fait une réflexion sur l’enfance, ses doutes et la difficulté de se situer entre le cercle clos dans lequel l’enfant grandit, et le monde du dehors, aussi dangereux et instable que séduisant et tentateur. Cendrillon, de Joël Pommerat, du 23 mai au 29 juin au théâtre de l'Odéon n Une expérience visuelle unique autant qu’un moment d’émotion intense. Et pourtant : seuls deux paires de doigts dansent, dans un décor miniature, filmées par une caméra qui projette l’image sur grand écran. Un ballet brillant au service d’une histoire d’amour touchante de simplicité. Kiss & Cry, de Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael. A Montpellier du 4 au 7 juin dans le cadre du Printemps des comédiens, puis au Théâtre du Rond Point à Paris du 19 juin au 7 juillet n C’est le rendez-vous danse incontournable de l’été. D’autant que de nombreuses pointures seront à l’affiche de cette 33e édition du festival Montpellier Danse : Angelin Preljocaj, Maguy Marin ou encore le sublime Israël Galvan. Pour les curieux, laissez-vous tenter par les facéties du toujours original – et c’est un euphémisme François Chaignaud. Festival Montpellier Danse, du 22 juin au 6 juillet 2013.

n°3

EXPOS
n Marc Chagall (1887 – 1985) a connu deux guerres mondiales, une révolution et un exil. Une vie mouvementée à laquelle le musée du Luxembourg rend hommage par l’exposition Chagall entre guerre et paix, jusqu’au 21 juillet.

n Dynamo – Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art, 1913-2013, est une exposition qui se tient jusqu’au 22 juillet au Grand Palais. Sur 4000 mètres carrés, sous le dôme de la grande nef, les visiteurs peuvent déambuler entre les installations toutes en forme et couleurs de 150 artistes, parmi lesquels Marcel Duchamp, Anish Kapoor, Jean Tinguely ou Alexander Kalder.

MUSIQUE
n Le duo américain MGMT revient en juin avec un nouvel album. Les auteurs des succès commerciaux « Kids » et « Time to pretend » poursuivent dans la veine de leur deuxième album, « Congratulations », avec des musiques plus personnelles et surprenantes. « Nous n’essayons pas de faire de la musique que tout le monde peut comprendre à la première écoute » a récemment déclaré le duo à Rolling Stones. Le premier titre dévoilé, « Alien Days », est un bijou d’orfèvrerie musicale.

CINÉMA
n Le nouveau film de Sophia Coppola, The Bling Ring, présenté en ouverture de la sélection "Un Certain Regard" au Festival de Cannes 2013, sera en salles le 12 juin. Il s’inspire de l’histoire vraie d’un groupe d’adolescents obsédé par les célébrités. En suivant sur internet leurs déplacements, ils ont réussi à cambrioler les demeures de Paris Hilton, Lindsay Lohan, Megan Fox ou Orlando Bloom. Quand on aime…

FESTIVALS

LIBRAIRIE
n Les Gouttes de Dieu. Texte Tadashi Agi, dessins Shu Okimoto. Editions Glénat, 2008. Lecteurs de Chateaubriand, Proust et Verlaine, vous n’avez jamais ouvert un manga de votre vie. Et vous ne pensiez jamais le faire. Ce serait dommage, car vous manqueriez Les Gouttes de Dieu. Best-seller en Asie, la saga (25 tommes sortis en français à ce jour) nous emmène à travers le monde, en France essentiellement, à la recherche de douze grands vins mystérieux, ainsi qu’un treizième surpassant tous les autres, « les gouttes de dieu ». Objectif de cette quête du Graal ? Hériter de la cave d’un maître œnologue japonais décédé. Passionnant, divertissant, et très instructif sur le monde et les secrets du vin. n Aurais-je été résistant ou bourreau ? Pierre Bayard. Les éditions de minuit, 2013. Jean-Jacques Goldman avait abordé la question avec Né en 17 à Leidenstadt. Pierre Bayard, professeur de littérature française à Paris 8 et psychanalyste va un peu plus loin. Il imagine l’existence qui aurait été la sienne pendant la Seconde Guerre Mondiale, et examine les choix auxquels il aurait été confronté, les décisions qu’il aurait du prendre, et éventuellement les erreurs qu’il aurait pu commettre. Inédit.

n Côté festivals, cet été, il n’y a que l’embarras du choix. Pour ne citer qu’eux : Solidays (28-30 juin 2013 à Paris), Garorock, (28-30 juin 2013 à Marmande), les Vieilles charrues (19-21 juillet 2013 à Carhaix Plouguer), et les Francofolies de La Rochelle (12 – 16 juillet 2013).

PROCHAIN NUMÉRO LE 25 JUILLET 2013
66
JUIN/JUILLET 2013 - www.ecoreseau.fr

 ]]></page>
<page num="67"><![CDATA[
Léoville Barton

Château

Second Grand Cru Classé en 1855 Saint -Julien
www.leoville-barton.com

L ’ a b u s

d ’ a l c o o l

e s t

d a n g e r e u x

p o u r

l a

s a n t é .

A

c o n s o m m e r

a v e c

m o d é r a t i o n .

-

- Photos : J-P Bost - H. Lefebvre / TWIN .

 ]]></page>
<page num="68"><![CDATA[
Passion

Prolongez

l’émotion
du concert.

Tous les musiciens suivent la même partition, mais chacun apporte sa propre sensibilité. C’est ce mélange de passions qui nous donne ces sensations uniques, à chaque concert, et qui nous inspire quotidiennement chez Bose. Voici le Wave® Music System, la chaîne hi-fi compacte par Bose. Son incroyable réalisme sonore et sa fidélité musicale transforment chaque heure d’écoute en un événement unique. Revivez chaque jour l’émotion originelle.

Pour plus d’informations, Appelez gratuitement au 0800 775 779(1) en précisant la référence P1416W Visitez notre site Internet www.bose.fr/wave

Ou pour recevoir une documentation, envoyez P1416W par SMS au 33 000
(1) Appel gratuit depuis un poste fixe. Coût d’envoi d’un SMS. Edité par TXT4, Ltd © 2013 BOSE Corporation. Tous droits réservés. Wave® Music System est une marque déposée de BOSE Corporation. Bose SAS, 12 rue de Témara, 78100 St Germain-en-Laye. Société par Actions simplifiée au capital de 2 640 965 euros, RCS Versailles B311 068 266. Photos non contractuelles.

 ]]></page>

</texte>
