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avriL/mai 2013
Bimestriel - 4,90 €

N°2

L’information économique & stratégique, autrement
Panorama A la Une

Comprendre, Entreprendre, Innover

ecoreseau.fr

Lost in transition L
L’Entretien

e débat national sur la transition énergétique, engagé fin janvier et qui débouchera sur un projet de loi cet automne, sou-

lève bien des questions : quelle place pour le nucléaire et l’énergie verte ? Quel en sera le prix ? Quel impact économique ? p. 16

CLuB EntrEPrEnDrE

StratégiE & innovation numériQuE Haute résolution

Interview croisée “Le Pape Drôles de dames peut nous réconcilier avec Hapsatou Sy et Yseulys Costes, deux chefs nous-mêmes” d’entreprise, deux parcours aux antipodes.
Stéphane Bern, journaliste et écrivain p. 4 p. 26

Adopte un collegue.com

Electron libre

International
“Le bonheur, but universel”
N.A. Al-Nasser, ancien Président de l’Assemblée Générale des Nations Unies p. 12

A toute vitesse
Le bac pour tout bagage, Julien Cohen gère une dizaine de PmE. rencontre impudique.
p. 31

Derrière l’effet de mode, quelle efficacité réelle des réseaux d’entreprise ?

L’Air du temps
“L’oenologue rH & Formation est avant tout un agriculteur” Réseaux & Influences
Caroline Frey, Oenologue p. 56

Cravate et tablier

Etre franc-maçon, ça aide dans le business ?

p. 52

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art DE vivrE & PatrimoinE L’Art du temps
avec le printemps, l’envie de se faire plaisir revient au galop. notre sélection.
p. 56

12, 13, 14 Juin 2013

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p. 44

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EDiTORiAl
Tout le bonheur du monde…
e temps passe si vite que nous publions déjà notre deuxième édition ; je profite de cette occasion qui m’est donnée - au nom de toute l’équipe du journal EcoRéseau -, pour vous remercier sincèrement. vous tous pour l’accueil que vous nous réservez depuis notre lancement ; vous tous qui nous donnez la force d’y croire, qui nous encouragez chaque jour et nous témoignez votre sympathie ; vous tous qui nous apportez des critiques constructives et enrichissantes ; vous tous qui comprenez qu’il est temps d’aller de l’avant. Finalement, vous tous qui nous inspirez et trouvez en notre cher EcoRéseau, des motifs d’espérance. Pour toutes ces raisons, nous sommes heureux et honorés de vous retrouver, déjà. Aussi continuons ensemble à faire de 2013 une année entreprenante et innovante car le changement, paraît-il, c’est maintenant. Ce vent d'optimisme que nous essayons de souffler, nous ne sommes pas les seuls à en faire notre credo. Ainsi, saluons l’initiative de l'Assemblée Générale des Nations Unies qui vient d'instaurer une journée mondiale du bonheur. Efforçons-nous d'y contribuer. Pour aujourd’hui, comme pour demain.
Jean-Baptiste Leprince Directeur de la publication

2

vent d’air chaud

l

O

n l’attendait autant que la fumée blanche. Enfin, le printemps est arrivé, en tapinois, les pas assourdis par l’épaisse neige de mars. Mais on a du mal à y croire tant cette saison ne semble pas de saison. Période de renouveau. Quel renouveau ? De bourgeonnement. Quel bourgeonnement ? le ciel est bas comme les coups que l’on se porte en politique, comme les indicateurs de la croissance économique. De-ci de-là, pourtant, on annonce quelques éclaircies. Sur le sudouest, c’est même un grand souffle d’air chaud qui vient d’arriver d’Extrême-Orient avec le paraphe par l’avionneur indonésien lionAir d’un contrat de 18,4 milliards d’euros avec Airbus. Dans les usines Renault aussi, un rayon

de soleil a percé au milieu des nuages noirs de l’industrie automobile, avec la signature d’un accord de compétitivité assurant le maintien en France des cinq sites de production de la marque au losange. Pas de quoi, bien sûr, provoquer de vent d’enthousiasme chez les prévisionnistes de l’OCDE qui prédisent une croissance atone dans l’Hexagone pour 2013, ainsi qu’une stabilisation du chômage cette même année. Mais quand il fait frais, savoir qu’il ne va pas faire froid est déjà une petite satisfaction. D’italie aussi nous parvient depuis le 13 mars 2013 une douce brise au parfum dont on ne se lasse pas : celui du renouveau et de l’espoir. Jorge Mario l’Argentin a succédé à Joseph l’Allemand. François le sympa a pris la

suite de Benoît l’austère. Sur le fond, bien sûr, les rave party avec distribution de préservatifs à l’entrée de la chapelle Sixtine ne sont pas pour tout de suite. Mais l’homme a des accents de sincérité qui semblent annoncer un grand pasteur spirituel, urbi et orbi. Enfin, comme chaque année, la France va dès le mois d’avril voir éclore de son sol des centaines de festivals, comme autant de preuves de sa vitalité culturelle. l’art, un roseau qui, dans la tempête, plie mais ne rompt pas. Et un roseau vivace qui au fil des ans apprend à s’accommoder du gel budgétaire pour mieux renaître. Qu’on ne s’y trompe pas, le printemps est arrivé.
Olivier Faure

LE CHAT by Philippe Geluck

EcoRéseau N°2 - AvRil/MAi 2013

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PANORAMA
Rétrospective

Sommaire
Edito Rétrospective : Nouveau Monde 2 3

Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.

Nouveau Monde
le débat sur le mariage gay a fait tanguer un navire qui en a vu d’autres : le couple. A bâbord, la vague des « pro » est parvenue à fêler la coque de l’hétérosexualité. A tribord, les « anti » ont annoncé le naufrage programmé d’une institution que l’on sabordait. Comme souvent, le « c’était mieux avant » rôdait. Pourtant, en la matière, pas sûr que le passé puisse faire figure d’âge d’or. Flashback il y a cinquante ans, en 1963.
Rappelons qu’en 2013, les histoires d’amour finissent mal dans un cas sur deux. Solide, le couple n’en est pas moins le lieu de toutes les inégalités. « La famille véhicule alors énormément de stéréotypes », analyse Agnès Walch. mille – constitue aussi, selon l’expression consacrée, la cellule de base de la société. Reproduction sociale, échange affectif, exercice de la sexualité, éducation des enfants et, dans une moindre mesure, lieu d’apprentissage de son futur métier : tout se joue entre la table de la cuisine et le buffet de la salle à manger. Autre temps, autres mœurs ? Pas tant que cela. « Les attentes au sujet de la famille sont toujours très importantes, affirme Agnès Walch. Simplement, il s’agit d’un corps social beaucoup plus malléable qu’autrefois puisqu’on peut vivre avec un père et une belle-mère, une demi-sœur, un demi-frère… Le couple, qui était jadis une donnée invariable, est aujourd’hui beaucoup plus aléatoire. Mais si le concept a évolué, sa place dans le corps social est restée la même. » Et pourrait bien le rester longtemps : « jusqu’à ce qu’un gouvernement supprime les avantages patrimoniaux attachés à la vie maritale », juge l’historienne.
*Où va le mariage ? Agnès Walch. Fayard, 2013.

PANorAmA

4-22

l’Entretien : Stéphane Bern 4 Régions & Territoires : Monaco 6 Hexagone : le calme et la tempête 8 international : RiP, la nationalisation ? 10 international : France-Chine 11 international : Nassir Abdulaziz Al-Nasser 12-15 A la Une : Transition énergétique 16-19 Finances : Régulation 20-22

6

3, année érotique ? Assurément, puisqu’avec 2,8 enfants par femme, elle marque un record de fécondité. Année historique, aussi, car c’est la dernière fois que les Françaises font autant de bébés. Dès 1964 – soit cinq ans avant que l’application de la loi Neuwirth autorise la contraception – la courbe s’infléchit très légèrement, amorçant une tendance lourde qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui, et marque un virage à 90 degrés dans l’histoire du couple.

Derrière un terme qui fleure la tapisserie jaunie, l’épouse en cuisine et le mari au cognac, se cache une courte parenthèse de l’histoire, « des années 1930 au milieu des années 60 », selon la spécialiste. le couple, s’il naît par amour, se développe à l’époque dans la perspective

CLub ENTrEPrENdrE

25-36

se consacre pleinement à la satisfaction de son mari
de fonder une famille. Résultat : près de trois bambins en moyenne par foyer ayant des enfants, contre deux aujourd’hui. Autre différence notable, l’âge du mariage. Un peu plus de 26 ans en 1963 contre 32 ans à l’heure des sites de rencontre. Un « Grand Amour » plus précoce dans les Sixties ? Une libido à satisfaire, plutôt. Car à l’époque, théoriquement du moins, pas de sexe hors mariage. le divorce, dans une société encore très marquée par la religion catholique, fait quant à lui presque figure de gros mot. En 1963, on recense 340 000 unions pour seulement 30 000 séparations, soit moins de 10%.

“En 1963, la femme
la « fée du logis » ne travaille pas, se consacre pleinement à l’éducation des enfants et à la satisfaction de son mari. C’est l’époque où les journaux féminins donnent leurs astuces pour « rendre votre intérieur moderne et confortable ». l’homme, lui, dépositaire de l’autorité, est l’incontestable chef du foyer. Pour travailler et ouvrir un compte en banque, son épouse a besoin de son accord… « Cependant, nuance l’historienne, dans la vie de tous les jours, les choses ne sont pas aussi rugueuses que ce que stipule la loi. » De façon très marquée, le ménage – et par extension la fa-

Baromètre & Tendances 25 interview croisée : Drôles de dames 26-27 l’Analyse : Futur inc. 28-29 En immersion : Toyota valenciennes 30 Electron libre : Julien Cohen 31 leçons de maux : Polaroid 32 Prospective : The Rust valley 33 Créer aujourd’hui : Ensemble, c’est tout 34-36

D’autant que la même année, en raison du nombre croissant d’orphelins dû à la guerre d’Algérie, les célibataires sont autorisés à adopter. Un coup sévère porté au dogme de la famille « traditionnelle ». Dans le même temps, l’âge moyen du mariage recule progressivement, et celui de l’entrée dans la vie sexuelle avance. Enfin, la décennie 1960 voit l’apparition de l’appareillage moderne, qui libère la ménagère. Pour Agnès Walch, historienne de la famille et auteur de Où va le mariage ?*, 1963 marque purement et simplement « la fin de l’ancien monde, celui de l’âge d’or du mariage bourgeois ».

”

STrATégiE & iNNovATioN NumériquE

38-51

Décryptage : Benoît Thieulin 40-41 Expertises 42-43 Haute résolution : Adopte un collegue.com 44-45 Haute résolution : SiRH 46-49 Business story : Cimail 50 veille juridique 51

rH & FormATioN

52-55

Réseaux & influence : être Franc-maçon 52 Recrutement : Powerpoint Battle 53 Carrières & Talents : Double diplôme 54-55

ArT dE vivrE & PATrimoiNE
l’Air du temps : Caroline Frey l’Art du temps la Sélection culturelle

56-62
56 58-61 62

Olivier Faure

Rédaction
Courriel : redaction@lmedia.fr

Marketing, publicité & partenariats
Courriel : marketing@lmedia.fr

Direction de la rédaction Marie Bernard, Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric Marolleau

N°2

ecoreseau.fr
201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.fr Directeur de la publication : Jean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr) Administration & gestion

Président Comité éditorial Jean-Marc Rietsch Chroniqueurs & éditorialistes Eric Barbry, Gwenaëlle Bernier, Marc Drillech, Bernard Dubs, Michel Kahn, Francis Kuhn, Jean-Louis Pascon, Isabelle Renard, Jean-Laurent Santoni Dessinateur Philippe Geluck Ont collaboré à ce numéro Abir Aïssa, Geoffroy Framery, Lisa Mélia, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Ariane Warlin Secrétaire de rédaction Anne-Sophie Boulard

Directeur du développement – Associé : Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr) Adjointe à la direction : Valérie Godalier Chef de publicité : Elsa Azar Diffusion, abonnements & vente au numéro LMedia / EcoRéseau 201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris
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Acteur majeur du crédit-bail et de l’affacturage en France et en Europe avec : 135 000 clients en France, 23,2 Mds€ d’encours ﬁnancés, une présence dans 11 pays.

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EcoRéseau est édité par RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° en cours - Dépôt légal : à parution Numéro ISSN : en cours

Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en France

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EcoRéseau N°2 - AvRil/MAi 2013

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PANORAMA
L’Entretien

4

« Le Pape François a trouvé le point d’équilibre »
Stéphane Bern, journaliste, écrivain, et fin connaisseur de la Papauté et de ses arcanes, nous donne son opinion sur l’investiture du nouveau Pape et la passion qu’elle a suscitée. Pour celui qui a présenté le 26 mars dernier sur France 2 un Secrets d’Histoire intitulé « Si les murs du Vatican pouvaient parler », le pape François réussit la synthèse entre la pompe essentielle au maintien de sa prééminence, et la simplicité nécessaire à son rôle de pasteur.
même devenu un sport national. Mais ils sont comme une clef de voûte dans une cathédrale : d’apparence, ils semblent décoratifs, mais si vous les retirez, c’est tout l’édifice qui s’effondre. Cette omniprésence de rites pluriséculaires n’induit-elle pas un risque de fossilisation ? Non. Si les gestes se perpétuent, on voit que l’Eglise, et les Papes, s’adaptent à leurs époques. La démission de Benoît XVI, par exemple, est une preuve de cette modernité. On peut d’ailleurs remarquer que sa décision est intervenue quelques jours après l’abdication de la reine Béatrix, ce qui montre que les monarchies, comme la papauté, vivent avec leur temps. Et puis, il y a encore 150 ans, le souverain Pontife était un chef spirituel autant que temporel. Depuis, cette dernière notion s’est très largement estompée. François s’inscrit parfaitement dans cette lignée : il ne veut pas être considéré comme un Roi, mais comme le Pape des pauvres. C’est très nouveau. C’est même révolutionnaire. Révolutionnaire, il l’est aussi dans son attitude et au travers de sa personnalité. Il parvient à trouver le point d’équilibre. Comme la reine d’Angleterre – qui est adulée par son peuple – il ne descend jamais de son piédestal. Une certaine révérence reste toujours de mise, et c’est très bien ainsi. Certes il prend des bains de foule, mais avec la mitre et le pallium. Grâce à cette synthèse, ce Pape proche des gens, originaire d’Amérique du Sud, qui souhaite « bon appétit » et « bonne soirée » aux fidèles, va peut-être parvenir à nous réconcilier avec nous-mêmes. Car qu’on soit croyant ou non, ce qu’on voit en François, au-delà de la fonction, c’est un homme de bien. Il sort aussi du côté « fais pas ci, fais pas ça » que pouvaient renvoyer certains de ses prédécesseurs. Vous pensez à Benoît XVI ? J’étais fasciné par l’intelligence de Benoît XVI, mais son message a peut-être été mal compris parce qu’il ne l’exprimait pas de la meilleure Que lui prêtent les dirigeants du monde entier à travers son statut de chef d’Etat. Ce rôle politique, qu’en reste-t-il ? D’abord, la reconnaissance des dirigeants aux quatre coins de la planète, issue des siècles durant lesquels le Saint-Siège tenait une place éminente dans la géopolitique européenne et mondiale. C’est ce qui explique la présence de très nombreux chefs d’Etat lors de son investiture, et de leur respect des règles protocolaires. Je me réjouis, d’ailleurs, que la France ait maintenu son ambassade au Vatican. Pourquoi ? Car le Saint-Siège a une très longue tradition de diplomatie, qui se perpétue encore aujourd’hui. L’Eglise, même si cela se fait discrètement, travaille par exemple à l’amélioration du sort des Catholiques partout dans le monde, et notamment dans des pays où ils représentent des minorités fragiles comme en Syrie, au Yémen ou en Ethiopie. Certaines résolutions concernant la situation des Chrétiens en Egypte sont par exemple passées par le Vatican. Même chose en ce qui concerne le dialogue israélo-palestinien. Au-delà de ce rôle officiel, dans quelle mesure la voix du Pape porte-t-elle ? Elle porte par sa stature de chef d’Etat, mais surtout par le magistère moral qu’il exerce. La religion catholique charrie avec elle 2000 ans d’histoire, et une prétention à l’universalité. Pour les Chrétiens comme les non Chrétiens, c’est une voix qui compte. La preuve, c’est que celle-ci est tantôt critiquée, tantôt saluée, mais ne passe jamais inaperçue.
Propos recueillis par Olivier Faure

« symbole » veut dire « ce qui rassemble »

“En grec, ”

des manières. Les paroles de François passent mieux, alors que sur le fond, il ne semble guère différent de son prédécesseur. Sur le préservatif ou l’avortement, en effet, la ligne semble vouloir rester la même. Le regrettez-vous ? Le Pape est dans son rôle. Il ne peut pas, sous prétexte de modernité, tout accepter. Comme on ne demande pas à un médecin, sous prétexte de modernité, d’inciter ses patients à boire et à fumer. Son rôle spirituel, justement, quel est-il ? Il est énorme. Pour les 1,2 milliards de Catholiques, le Pape est le successeur de Pierre. Autant de croyants qui, en théorie, croient aussi en son infaillibilité et en son intercession envers Dieu. Ça n’est quand même pas rien ! De façon plus générale, la règle qui prévaut est de dire qu’il n’a de rôle que celui qu’on lui prête. Que lui prête son époque. Que lui prêtent les fidèles.

L’élection du pape François a passionné la France entière. Comment l’expliquezvous ? Cette fascination est à chercher dans le maintien du rituel et des symboles attachés à la fonction du souverain Pontife. Lorsqu’on assiste à l’investiture d’un Pape, on a sous les yeux une cérémonie inscrite dans le présent, mais aussi ancrée dans l’épaisseur des siècles. Nous vivons ce que nos aïeux ont vécu et d’une certaine manière, il s’agit d’un trait d’union qui rassemble l’Humanité à tra-

vers les âges. De ce sentiment émergent des idées de permanence, d’immanence et de

Et où la notion de vivre ensemble se délite ? Absolument. En grec, « sym-

chacun voit en François un homme de bien
transcendance, tellement importantes à une époque matérialiste, où tout se vit en accéléré.

“Au-delà de la fonction, ”
bole » veut dire « ce qui rassemble ». Le pallium, l’anneau, les souliers, l’usage du latin sont autant d’éléments que beaucoup fustigent. C’est

EcoRéseau N°2 - AVRIL/MAI 2013

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Ça veut dire quoi réussir ?
Monter dans l’entreprise ? Monter son entreprise ? Être le meilleur banquier ? Rendre la banque meilleure ? Piloter sa carrière ? Piloter son entreprise ?
Si, comme nous, vous pensez qu’il n’y a pas qu’une seule réponse à cette question, bienvenue à l’ESSEC Executive Education.

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PAnORAMA
Régions & Territoires

6

Les 7 piliers du Rocher
Un président normal. Un pape normal. Et maintenant, une Principauté normale ? A en croire les acteurs locaux, oui, l’organisation de l’économie monégasque serait très semblable à celle des autres pays développés européens. Les Maserati garées devant le Casino de Monte-Carlo, les yachts amarrés dans le port ? Une vitrine déformante qui laisse à croire que le Rocher ne vit que du luxe. « Jusque dans les années 1950, notre économie était très fortement centrée vers le tourisme et les activités du Casino, concède Elisabeth Ritter-Moati, Directeur général investissement et promotion à la Chambre de développement économique (CDE). Mais depuis, et notamment grâce à l’extension de notre territoire sur la mer, les choses ont beaucoup changé. » Et aussi depuis que, dans les années 1950, le Prince Rainier a fait le choix de faire de sa principauté un territoire fiscalement attrayant pour les particuliers et les entreprises, si bien que 2000 sociétés s’y sont établies entre 1950 et 1962 selon Paul Keller, dans un article pour la Gazette de Lausanne en 1962. Preuve de cette évolution, les redevances de la Société des Bains de Mer (SBM), exploitant le casino, ne représentent aujourd’hui que 3 à 4% du budget total de la Cité-Etat. Et la principale source de revenu de la Principauté (50%) tient en trois lettres : TVA. Le reste étant réparti majoritairement entre les transactions juridiques (13%) et les bénéfices commerciaux (12%). Pour autant, Monaco possède des spécificités que l’on ne peut occulter. Une taille – deux kilomètres carrés – qui lui interdit les activités gourmandes en espace, au premier rang desquelles l’agriculture. Une population réduite – 36000 habitants – qui facilite la gouvernance. Et bien sûr, une fiscalité très avantageuse qui permet à la Principauté de partir avec de précieux mètres d’avance sur ses concurrents dans la course au développement. Forte de ces particularités, la Cité-Etat a construit un modèle à sa mesure, reposant sur sept piliers
Par Olivier Faure

ne des activités phares de Monaco, qui représente un quart du PIB local. « On fait du négoce sur tout ici : les matières premières, l’acier, l’alimentaire », se réjouit Elisabeth Ritter-Moati. La société Frimo, par exemple, est spécialisée dans les produits de la pêche, quand le groupe Giraudi se positionne comme un des leaders européens d’importation de viande. Pourquoi le négoce ? En partie parce que l’activité nécessite très peu d’espace. Et aussi parce que le cadre de vie monégasque – et sans aucun doute les avantages fiscaux – attirent les traders et professionnels du métier. Corollaire à cette activité, le développement du shipping, ou transport maritime. La Cité-Etat abrite d’important groupes de ce secteur florissant, au premier rang desquels V-Ships.

NégoCe

U

INdustrIe

S

ociétés de yachting (200 sur le Rocher !), cabinets de consultants, entreprises de services à la personne… Comme ailleurs, le secteur des services est très représenté à Monaco – mais son poids, de par sa diversité, n’a pas encore été quantifié par la CDE. Deux domaines s’en détachent. La santé, puisque la principauté possède un centre cardio-thoracique qui fait figure de leader mondial, et sa très réputée « clinique du sport » (IM2S) en plus de son hôpital public. Et la finance, qui, répartie entre banques et sociétés de gestion de patrimoine, pèse pour 16% du PIB local – la principauté n’est sortie de la liste grise de l’OCDE répertoriant les paradis fiscaux qu’en 2009, après avoir signé des accords de transparence fiscale avec 12 pays… dont Andorre, les Bahamas, SaintMarin et Saint Kitts, des confettis peu réputés pour leur transparence.

servICes et fINaNCe

monaco

urprenant, mais vrai. Si elle ne représente que 5% du PIB monégasque, l’industrie y est bien implantée et y fait même figure d’activité historique. Bien sûr, ici, point de métallurgie dévoreuse d’espace. Mais des secteurs à très forte valeur ajoutée. En premier lieu, la cosmétique, avec des sociétés comme Biotherm, Lancaster ou Akiléine, cette dernière regroupant dans un immeuble de six étages activités de recherche, fabrication de produits, vente et showroom. Ensuite, la pharmacologie, de plus en plus tournée vers la parapharmacie. Et enfin, la plasturgie, avec des fleurons comme Mecaplast et Silvatrim, qui fournissent des pièces pour la construction automobile.

tourIsme

S

L

e secteur vitrine de Monaco, qui pèse pour 15% du PIB de la Principauté, fait clairement la part belle au luxe. « 80% du parc de chambres d'hôtel de la Principauté est composé de catégorie 4 ou 5 étoiles » estime Guillaume Rose, directeur du tourisme et des congrès de Monaco. Le profil type du vacancier sur le Rocher ? « Les touristes viennent chez nous en couple ou de plus en plus en famille, et sont originaires de tous les horizons. Ce qui les attire est en général une certaine sensibilité à la culture, à l'histoire, aux événements sportifs, et bien sûr la recherche d’un art de vivre hors du commun chez nous », poursuit le même.

CommerCe de détaIl

C U

ur 50000 salariés à Monaco, 80% viennent de l’extérieur, dont une majorité de France. « D’Antibes côté français à San Remo côté italien, nous représentons le premier bassin d’emploi de la région », s’enthousiasme Elisabeth Ritter-Moati. En contrepartie de leur force de travail, la principauté prend en charge la retraite et la sécurité sociale des pendulaires, voire, lorsqu’ils sont scolarisés à Monaco, l’éducation de leurs enfants.

travaIlleurs peNdulaIres

S

ontrairement à ce que véhicule le cliché, on ne trouve pas que du caviar et des foulards Hermès sur le Rocher. Marchés, commerces de bouche traditionnels ou boutiques de vêtements moyenne gamme traditionnelles sont légion. Si malgré tout, vous cherchez du caviar et un foulard Hermès, direction le quartier de Monte-Carlo, spécialisé dans le luxe. Dans son ensemble, le commerce de détail représente 8% du PIB local.

n secteur important sur le Rocher, et particulièrement visible. « Ici, on construit, on détruit, on reconstruit, on restaure, on s’étend beaucoup », ironise Elisabeth Ritter-Moati. Résultat : la construction apporte 6% du PIB monégasque, et l’immobilier – tant privé que commercial ou de bureaux – y pèse pour 7%.

ImmobIlIer

EcoRéseau n°2 - AVRIL/MAI 2013

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PAnoRAMA
Hexagone

8

Le calme et la tempête
La France a été tenue en haleine tout l’hiver par ce débat clivant du mariage pour tous. L’occasion de revenir sur deux grandes figures des camps opposés aux caractères bien trempés, conscientes de batailler pour un choix de société. Par Matthieu Camozzi

Dominique Bertinotti,
Ministre Déléguée à la famille

Douce Iron Lady
ominique Bertinotti, qui a arraché de haute lutte la mairie du IVe arrondissement de Paris à la Droite et soutenu Ségolène Royal lors de la campagne de 2007, croyait être rompue au combat politique. Pourtant, c’est en acceptant son poste ministériel qu’elle est vraiment entrée dans l’arène, aux côtés de la garde des Sceaux Christiane Taubira, vouée aux gémonies par les détracteurs de la loi sur le mariage pour tous. « La fonction est enrichissante car de portée nationale. Je ne me sens pas éloignée de la base car mon sujet concerne le quotidien des gens. » Calme, concentrée, presque trop rationnelle. Mais

D

cette Parisienne de naissance ne dégage pas de la froideur, affectionnant parfois une mine ironique, un peu à la manière de François Mitterrand qu’elle a considéré comme son mentor. Ayant vécu son enfance en Seine-Saint-Denis, divorcée et mère d’un garçon de 30 ans, celle qui a touché de près les problématiques des foyers monoparentaux et des couples gays dans le Marais se définit volontiers comme la Ministre « des familles ». La Maître de conférences à Paris VII garde ses distances, mais aussi son cap dans la conversation. Une attitude qu’elle a suivie durant la période de consultation des mem-

bres religieux et milieux associatifs. « Il est décevant que les trois quarts du débat aient concerné des éléments que ne comportait pas la loi. Celle-ci n’enlève rien aux hétérosexuels, or la PMA (procréation médicalement assistée) ou le droit à l’enfant ont été principalement évoqués », recadre-t-elle. Il n’a pas été question de GPA (gestation pour autrui), « qui est encore interdite, comme le rappelle le Code civil. En ce qui concerne la PMA,

le gouvernement a fait appel à un comité d’éthique et attend son rendu ». Rigueur et précision, caractéristiques essentielles pour décourager les détracteurs en quête de la moindre faille, lui ont peut-être été inculquées par une mère directrice d’école primaire. Mais cette femme posée, réservée dans ses contacts avec les électeurs ou prudente dans ses tweets, peut aussi émettre des avis très affirmés, s’étonnant par exemple des remontées

“Deux conceptions ”

de l’égalité se sont heurtées dans cette histoire
cléricales à propos d’une décision concernant le mariage civil. Celle qui est devenue athée après une réflexion personnelle sait défendre

ses convictions : « Cette loi est une vraie avancée pour la société, car elle montre que l’orientation sexuelle n’est pas un critère discriminant. Hommes et femmes ne se ressemblent pas, et pourtant ils ont les mêmes droits. Il doit en être de même pour les hétéros et les homos. Deux conceptions de l’égalité se sont heurtées dans ce débat ». Férue des grandes destinées des personnages historiques, elle aime mettre les évènements en perspective, en attendant de soutenir de nouveaux projets de loi. La peur de fâcher trop de monde ? Pas vraiment. « La politique est précaire, c’est un engagement avant d’être un métier. Je n’ai pas décidé à 20 ans de m’y lancer comme j’ai choisi une carrière universitaire. » Dominique Bertinotti espère inculquer à son fils la valeur de l’authenticité, « car on ne peut mentir aux autres et à soi-même très long-

o : AFP © phot

erberg Eric Fef

© Souvant Guillaume/Sipa

temps ». Elle en montre en tout cas l’exemple.

R

eine de l’oxymore, papesse de la contradiction.

e/Sipa uillaum vant G © Sou

© photo : AFP Eric Feferberg

Telles pourraient être les appellations possibles de Frigide Barjot, 51 ans, hors normes, devenue figure des opposants à la loi sur le mariage pour tous en un tournemain, presque par hasard. « Comme la nature médiatique a horreur du vide, j’ai pris la place vacante », ironise la piétineuse du Champs de Mars. née à Boulogne Billancourt, élevée chez les Sœurs à Lyon, Virginie Merle de son vrai nom sait aussi, à la va-vite, entre deux tournages, argumenter pour sa cause sous tous les registres. Rationnelle : « Il fallait une étude d’impact, car cette décision représente un changement sociétal, on crée une nouvelle filiation, sociale, qui efface la biologique ». Politique : « La

population s’est levée, non pas contre les homosexuels mais contre un agissement antidémocratique ». Survoltée : « Il y avait la lutte des classes, il y a la lutte des sexes maintenant ». Celle qui a fait Sciences-Po avec Copé et Beigbeder, un temps fan

Feu follet prosélyte
chômage ». Jadis provocatrice dans un milieu réactionnaire, pratiquante avec parcimonie, Frigide Barjot a évolué suite à l’expérience de la maternité et la mort de sa mère. La dévote a oublié pour autant d’être triste et conformiste, devenant « papophile » à paillettes spécialisée en paradoxes. L’oiseau de nuit tient ainsi à la différence des sexes, à la norme hétéro. Cette enfant de divorcés honnit adultère, séparations et recompositions. « Cette loi repose sur un mensonge, une fiction. Nous changeons tout pour quelques dizaines de milliers de couples en France. » Entre un voyage à Lourdes ou à Rome, des pétitions à répétition, celle qui enseigne la catéchèse imagine les mouvements « Touche pas à mon pape », le « Benoîthon » ou « l’Appel à la vérité », comme autant de cloches sonnées pour rameuter les brebis égarées. Le surnom ne sied plus guère au personnage ? La « catho branchée », comme elle se prénomme dans son récent livre, y tient parce qu’il émane de son mari, du père de ses deux enfants. Basile de Koch, théologien intellectuel et décalé, frère de Karl Zéro. Mais la foi extrême n’empêche pas l’ancienne publicitaire du RPR de retrouver des réflexes de grande communicante, comme les formules léchées et mises en scène d’elle-même. « Nous ne vivons pas en démocratie, l’enchaînement qui se joue actuellement est une voie directe vers le totalitarisme. » Mal à l’aise d’être projetée sur le devant des cortèges ? Pas vraiment le genre. « Cette médiatisation a scindé les gens en deux, ceux qui me détestent et ceux qui me remercient de porter haut et fort une cause qui n’était pas entendue. » Têtue ? Certainement. « Des amendements vont être adoptés, l’histoire ne fait que commencer, le peuple est souverain. Les enfants, pères, mères, ont dit non. » Le Pape François a qualifié le mariage entre deux personnes de même sexe d’œuvre du Diable et d’attaque destructrice contre les intentions de Dieu. La meneuse rose fluo appréciera.

porte-parole des « anti »

Frigide Barjot,

“Il y avait la lutte
des classes, il y a la lutte des sexes maintenant

”

de Chirac, n’oublie pas non plus de décocher ses flèches : « Il est temps que le gouvernement concentre ses efforts sur la crise économique et le

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RIP, la nationalisation ?
A la faveur de la crise, le concept de nationalisation a fait son retour dans la boîte à outils des gouvernements de la planète, sous toutes les latitudes. On le croyait pourtant enterré depuis les années 1980 et 1990. Mais toutes les nationalisations se valent-elles ?
cation. En 1973, le putsch de l’armée chilienne contre le président Allende, suite notamment à son projet de faire main basse sur de nombreuses entreprises privées, marque un coup d’arrêt pour les velléités de mainmise étatique en Amérique Latine. En France, après l’élection de François Mitterrand en 1981, une foule de sociétés, aussi bien des banques, comme CIC ou Paribas, que des industries, comme Pechiney ou Saint-Gobain, sont bien passées sous le giron de l’Etat, pour la bagatelle de 39 milliards de Francs. Mais depuis, il n’a eu de cesse de s’en défaire pour renflouer ses caisses, par vagues successives : 1986, 1993 et 1997. De l’autre côté du Channel, toujours dans les années 1980, Margaret Thatcher a utilisé la privatisation comme outil privilégié pour réduire le rôle de la puissance publique. Le mouvement de désengagement de l’Etat dans les entreprises s’est accentué dans les années 1990 à la faveur de l’éclatement de l’URSS et de la construction du capitalisme à la chinoise. Autant d’exemples qui n’ont pas manqué de satisfaire les pourfendeurs de la nationalisation, avançant deux critiques majeures à son encontre : l’Etat est mauvais gestionnaire car il privilégie des intérêts politiques aux objectifs économiques ; la responsabilité est diluée, et personne ne se sent vraiment concerné par la réussite de l’entreprise. Résultat, la pratique ne subsiste plus que dans quelques secteurs clés ou lorsque le privé est impuissant à accomplir une mission de service public : énergie, transport, éducation, ou encore santé apparaissent souvent comme ses derniers bastions. Alors la nationalisation a-telle rejoint les oubliettes de la pensée économique ? On aurait pu le croire, mais c’était sans compter sur la crise, qui lui a donné un regain de vigueur, sous des formes variées. Premières victimes : les filiales des groupes esla fièvre est remontée, fin 2012, lorsque Arnaud Montebourg a menacé le site de Florange d’ArcelorMittal. La On aurait pu croire les pays anglo-saxons immunisés contre toute rechute. Il n’en n’est rien. En 2008, la GrandeBretagne, pays du thatchérisme, a partiellement nationalisé huit banques en perdition, dont HSBC, Barlcays ou Royal Bank of Scotland. En 2008 toujours, de l’autre côté de l’Atlantique, AIG – géant de l’assurance et des services financiers – a frôlé la catastrophe, mais Washington a volé à son secours, en montant sa participation jusqu’à 92% du capital. Celui qui était alors le leader mondial sur son segment a eu chaud. Le contribuable américain ne s’en porte pas plus mal, puisque lorsque les pouvoirs publics ont achevé leur sortie du capital, en décembre 2012, ils en ont retiré un bénéfice net de près de 23 milliards d’euros. Heureusement, dans ce cas, l’histoire s’est bien terminée. Pourtant, les Cassandre présageaient le pire, car aussi bien à Londres qu’à Washington, ces opérations de sauvetage ont donné lieu à des débats enflammés. « Pourquoi ne pas laisser les mécanismes de régulation naturels du marché suivre leur cour ? A quoi bon risquer l’argent du contribuable pour sauver le capitaliste défaillant ? » Pour bon nombre d’économiste, dont Eli Cohen, directeur de recherche au CNRS interrogé dans les colonnes du Monde, les sauvetages financiers qui ont suivi la crise des subprimes étaient justifiés, car « en cas de faillite de ces institutions, il y avait un vrai risque systémique pour l’ensemble de l’économie. » La situation est donc bien différente des nationalisations en Bolivie, au Japon ou les menaces proférées par Arnaud Montebourg à l’encontre du site de Florange d’ArcelorMittal. Sans l’accord de l’actionnaire et sans menace de crise systémique, l’opération ressemble fort à une expropriation.
Aymeric Marolleau

“On aurait pu croire les pays ”

anglo-saxons immunisés contre toute rechute. Il n’en n’est rien
nationalisation se lève aussi à l’Est, en particulier au Japon, où le gouvernement

pagnols présents en Amérique Latine, qui accumulent les déconvenues. En avril 2012,

En 2008, même les pays anglo-saxons ont eu recours à la nationalisation l en est des pratiques économiques comme des maladies. Tous les dix ou quinze ans, certaines, parmi les plus angoissantes, refont parler d’elles dans des zones plus ou moins reculées du globe, ravivant la panique des médias ou des marchés. La nationalisation, ou le fait pour un Etat de prendre un contrôle direct (plus de 50% des parts) dans une entreprise privée, semblait, si ce n’est éradiquée, du moins fortement enrayée. Depuis la Révolution industrielle, la notion s’est exprimée sous des souches bien différentes. Au début du XXe siècle, il y eut par exemple les confiscations de la Russie bolchévique, qui a contaminé la Chine, Cuba ou le Vietnam, eux aussi tentés par les « nationalisations

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communistes ». Après la Seconde Guerre mondiale, la France a expérimenté le concept de « nationalisationsanction », pour punir les industriels accusés d’avoir collaboré avec l’occupant, comme ce fut par exemple le cas pour la Régie Renault. Le Proche-Orient et l’Afrique furent des terrains propices aux « nationalisations natio-

“La nationalisation ”

Un vent de nationalisation souﬄe sur le Japon l’Argentine a fait sienne la société YPF, exploitant pétrolier filiale du groupe ibère Repsol. En mai, c’est Evo Morales, le président bolivien, qui s’est emparé de TDE, entreprise de transport d’électricité filiale du réseau électrique espagnol. Fin décembre, le même récidive en faisant main basse sur quatre entreprises détenues par le groupe Iberdrola, spécialisé dans la commercialisation et la distribution de gaz et d’électricité. En France aussi, conservateur de Shinzo Abe, élu en décembre, est prêt à tenter le tout pour le tout pour faire redémarrer une économie moribonde depuis le début des années 1990. Il projette notamment de s’emparer de quelques entreprises industrielles, afin de relancer un investissement au plancher malgré des taux d’intérêt proches de zéro. Et même si, pour cela, il faut s’endetter à auteur de 12 points de PIB et faire tourner la planche à billets.

semblait, si ce n’est éradiquée, du moins fortement enrayée
nalistes », en particulier pour le contrôle de l’or noir. Mais depuis les années 1970, l’antidote semblait trouvé et la pratique en net recul. Quelques exemples en vrac pour illustrer la quasi-éradi-

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Echanges franco-chinois, un filon sous exploité
Fondateur de l’association ECCU, M. Haixi Wang a pour ambition de promouvoir la coopération sinofrançaise dans le domaine agro-alimentaire, mais aussi en matière de protection de l'environnement. Il explique la façon dont évoluent les relations entre les deux pays et les enjeux liés au déplacement du président François Hollande dans l’Empire du Milieu au mois d’avril.
Comment évoluent les relations franco-chinoises ? Les collectivités territoriales françaises accordent de plus en plus d’importance à la relation franco-chinoise. Nous avons noué des liens avec cinq d’entre elles. Par ailleurs, le président François Hollande et le ministre des Finances et de l’Economie Pierre Moscovici ont tenu des discours encourageants sur l’avenir des relations entre les deux pays. Quant à Martine Aubry, elle est représentante spéciale pour la Chine du ministère des Affaires étrangères. Ces initiatives reflètent les nouvelles évolutions des relations franco-chinoises. Le président François Hollande sera en Chine au mois d’avril, qu’attendez vous de cette visite ? Nous attendons que le gouvernement français mette en place des politiques plus efficaces qui encouragent la coopération commerciale et technologique avec la Chine. Par exemple, la politique qui encourage les PME innovantes françaises à exporter et transférer leurs technologies civiles vers la Chine est intéressante. Au mois de janvier, lors de la rencontre avec Pierre Moscovici, le Premier Ministre chinois M. LI Keqiang a notamment exprimé son souhait que la France puisse continuer de créer les conditions nécessaires aux exportations de hautes technologies vers la Chine. Les deux pays ont établi des relations diplomatiques depuis longtemps, ils sont tous d’accord sur le fait que « nous sommes dans la meilleure période maintenant ». En 2011, le déficit commercial de la France par rapport à la Chine a diminué mais il a ré-augmenté en 2012. Si les deux pays ne pouvaient pas développer de coopération en matière de hautes technologies, il serait difficile de diminuer davantage le déficit commercial. En effet, la vague des investissements chinois dans les domaines viticoles français est presque passée et l’achat des vins et produits de luxe a tendustrielle de ses résultats est moins satisfaisante. La Chine dispose de conditions optimales pour la coopération financière contacté plus de 150 entreprises évoluant dans les hautes technologies en Europe. Nous découvrons avec regret que géchinois en mettant l’accent sur la coopération technologique dans les secteurs stratégiques. l’économie circulaire, de l’agroalimentaire et de l’antidumping. Elle a notamment organisé pendant quatre ans de suite le forum de l’économie circulaire avec la ville de Hangzhou et le China Energy Conservation and Environmental Protection Group (CECIC). Pendant sept ans de suite, elle a mis en place la foire internationale des produits alimentaires avec la ville de Zhongshan et l’Association Nationale de l’industrie alimentaire de la Chine. En 2011, l’ECCU a organisé un forum agricole et agroalimentaire franco-chinois à Pékin, avec la participation de 80 entreprises françaises et 200 entreprises chinoises. Les ministères de l’agriculture des deux pays ont accordé beaucoup d’attention et de soutien à ce forum. Au-delà de ces manifestations, nous fournissons des services aux entreprises (européennes, françaises ou chinoises) qui sont prêtes à travailler sur un projet de coopération économique, commerciale et technologique. Ainsi, en 20092010, en partenariat avec l’ADEPTA et l’IFIP, l’ECCU a initié, sur le principe de la « transmission technologique », un projet d’élevage porcin à Handan. C’est la première fois que les Chinois achètent des truies GGP françaises et bâtissent un projet génétique en partenariat avec des entreprises françaises. Près de 15 entreprises françaises de la filière porcine ont bénéficié de ce projet pour exporter vers la Chine. La deuxième phase du projet est en cours de réalisation. En 2012, nous avons démarré le premier projet franco-chinois d’élevage de vaches de race mixte française, avec l’objectif d’établir à Jiangxi un centre génétique bovin.

L’Allemagne, l’Angleterre et Israël sont des pays qui ont pris une longueur d’avance par rapport à la France, en ce qui concerne la coopération avec la Chine dans les secteurs stratégiques dance à se calmer. En même temps, la France n’a pas vraiment démarré ses échanges commerciaux dans ce domaine des hautes technologies avec la Chine. Sans doute parce que les entreprises françaises n’ont pas encore découvert l’immensité du marché chinois en la matière. Ce sera l’un des enjeux de ce déplacement. Quels sont les secteurs qui vous paraissent particulièrement stratégiques concernant les relations économiques et commerciales entre les deux pays ? La biopharmacie, les nanotechnologies ou encore la génétique animale sont des secteurs stratégiques. La France est très avancée dans la recherche scientifique sur ces sujets, mais l’application inen hautes technologies. Elle a déjà établi une dizaine de clusters nationaux ou provinciaux avec une valeur de production de plus de 120 milliards de yuans. L’Allemagne, l’Angleterre et Israël sont des pays qui ont pris une longueur d’avance par rapport à la néralement les entreprises françaises réagissent plus lentement que les entreprises allemandes, belges et suisses. Nous espérons que le gouvernement Hollande pourra coopérer avec des collectivités territoriales en misant sur le partage d’expériences. Il est important que L’association ECCU tente de promouvoir les échanges entre la France et la Chine. Par quels moyens y parvient-elle ? Le chemin est parsemé de difficultés. Depuis dix ans d’existence, l’ECCU a surmonté beaucoup de difficultés ini-

politiques français aient une posture plus ouverte pour renforcer les échanges commerciaux franco-chinois

“Il est important que les responsables ”

France, en ce qui concerne la coopération avec la Chine dans les secteurs stratégiques. L’année dernière, l’ECCU a

les responsables politiques français aient une posture plus ouverte pour renforcer les échanges commerciaux franco-

maginables. Elle a organisé, en partenariat avec une vingtaine de villes, des forums et expositions sur les thèmes de

Propos recueillis par Ariane Warlin

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Promouvoir le bonheur comme un but universel
Nassir Abdulaziz Al-Nasser, Président de l’Alliance pour les Civilisations des Nations-Unies (UNAOC), a œuvré pour la mise en place d’une journée mondiale du bonheur, dont la première a eu lieu le 20 mars 2013. Une initiative inédite que nous explique cet ancien président de l’Assemblée générale des Nations-Unies, entre deux considérations géopolitiques.

© Dan Sakamoto/UNAOC

Nassir Abdulaziz Al-Nasser, diplomate, a été ambassadeur de son pays, le Qatar, dans de nombreux Etats, comme la Jordanie, de 1993 à 1998. Il fut ensuite représentant permanent du Qatar auprès des Nations-Unies de 1998 à 2001. Le 13 septembre 2011, il est élu 66e président de l’Assemblée générale des Nations-Unies, poste qu’il occupera jusque septembre 2012. Depuis le 28 septembre de cette même année, il occupe le poste de HautReprésentant de l’Alliance des Civilisations.

Pensez-vous que l’action de l’Alliance pour les Civilisations peut aller jusqu’à la résolution de conflits ? Bien sûr. Une de mes priorités dans les cinq prochaines années est d’utiliser la médiation comme un outil de “soft power” pour diminuer les tensions et les conflits. J’en suis convaincu, l’UNAOC peut renforcer la coopération internationale et contribuer aux efforts généraux de l’ONU pour relever les défis qu’affronte aujourd’hui l’humanité, particulièrement quand ils portent sur des problématiques identitaires et culturelles. L’ « Alliance» est une

plateforme sur laquelle la communauté internationale peut construire une meilleure compréhension et communication pour endiguer le flot d’intolérance et d’incompréhension qui est parfois encouragé pour des buts politiques. Elle peut offrir une nouvelle perspective d’espérance et de paix pour la sécurité et le développement. Pour parvenir à une harmonie que vous appelez de vos vœux, la coopération sud-sud a un rôle important à jouer. Qu’en est-il aujourd’hui ? J’ai dirigé le comité sur la

Coopération Sud-Sud de 2007 à 2009. Les relations sudsud sont en train de prendre une importance significative

présence à l’école, et d’autres indicateurs du bien-être humain. Son émergence a conduit à un changement de

développement. Dans ce contexte, il est encourageant d’observer que beaucoup d’agences et d’organisations

“La famille joue selon moi un rôle central dans la notion de bien-être ”
dans le paysage du développement. Dans les dernières décennies, le potentiel et les perspectives du Sud se sont remarquablement améliorés. L’éveil se reflète dans l’augmentation de leurs ressources, de l’espérance de vie, de la paradigme dans l’équilibre géopolitique. En témoignent les emplois pléthoriques créés grâce à des flux croissants émanant du commerce entre les pays du Sud, de l’investissement, des remises de fonds et de l’assistance au des Nations Unies ajoutent la coopération Sud-Sud à leurs politiques et programmes. L’unité spéciale pour la coopération Sud-Sud a ainsi accompli d’immenses progrès pour coordonner et apporter de la cohérence au

Œ

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Alliance des Civilisations
L’Alliance des civilisations (UNAOC), établie en 2005, est une initiative des gouvernements espagnols et turcs, sous le patronage des Nations Unies. Celle-ci a pour mission d’améliorer la compréhension et les relations entres nations et peuples de cultures et de religions différentes, et de contribuer à freiner les forces qui alimentent la polarisation et les extrémismes. L’UNAOC compte aujourd’hui, avec le soutien de son “groupe d’amis”, une communauté de membres de plus de 100 pays et organisations internationales. L’Alliance appuie un large spectre d’initiatives qui ont pour objectif de construire des ponts entres diverses cultures et communautés, avec l’appui de gouvernements nationaux et locaux, d’organisations internationales et régionales, et de groupes de la société civile. soutien des Nations Unies. J’ai eu le privilège de témoigner personnellement du SSGATE (plateforme d’échange de financements et de technologies du Programme des Nations Unies pour le développement, ndlr) et j’ai participé à trois des expositions annuelles mondiales du développement Sud-Sud, que l’unité spéciale a organisées avec le soutien et la participation de plus de 20 entités. Toutefois, si la coopération Sud Sud les complète, elle ne remplace pas les efforts de développement Nord-Sud, qui doivent continuer de subvenir aux besoins basiques des individus et garantir l’assistance humanitaire. Parlez-nous de la journée mondiale du bonheur que vous promouvez. D’abord, qu’entendons-nous par « bonheur » ? Selon moi, c’est un équilibre entre la famille et le travail qui permet d’accompagner le développement social. La famille joue un rôle central dat de président de la 66ème session. La journée mondiale du bonheur est donc une initiative visant à promouvoir ce sentiment de plénitude comme un but universel pour tous. J’en profite ici pour rendre hommage au Bouthan, un petit royaume dans l’Himalaya, qui est le seul pays à maintenir depuis les années 70 un index national du bonheur (GNH). Celui-ci repose sur 9 critères : le bien-être psychologique, la santé, l’éducation, l’utilisation du temps, la diversité et la résilience culturelles, la bonne gouvernance, la vitalité de la communauté, la diversité et la résilience écologiques, les conditions de vie. Cela vous donne donc une idée de ce qu’une journée du bonheur pourrait-être. Pourtant, rien n’est plus subjectif que l’idée de bonheur. En effet. Des philosophes comme Platon, Aristote, Rousseau, Locke et beaucoup

© Dan Sakamoto/UNAOC

Guy Raymond Cohen, vice-président de l’Anacofi (Association nationale des conseils financiers) et président du comité organisateur du Forum international de la Cifa (Convention of independant financial advisors) En quoi le bonheur a-t-il, selon vous, sa place dans la théorie économique ? Le bonheur est un concept vague et mal compris du grand public. mais c'est aussi une idée neuve en économie. Dans les années 1980, le Prix Nobel d’économie Amartya Sen a donné une impulsion nouvelle à l'économie du bien-être, notamment en montrant, dans son ouvrage Ethique et économie, que "la séparation de l'économie et de l'éthique avait appauvri l'économie du bien-être, mais aussi affaibli les fondements d'une grande partie de l'économie descriptive et prévisionnelle". Poursuivant ses travaux, d'importants chercheurs, comme mohammed Yunus ou Ernst Fehr, ont par la suite mis en valeur l'importance de critères non rationnels et désintéressés dans les prises de décision économiques : les choix des individus ne sont pas uniquement guidés par le seul intérêt, mais également par des considérations éthiques, environnementales, sociétales ou sociales. De là, le roi du Bhoutan et matthieu Ricard ont eu l’idée de ne plus évaluer le PIB d'un pays mais le BIB (bonheur intérieur brut, quantifiable à partir d'une vingtaine paramètres). Depuis la crise financière, le monde de la finance semble bien éloigné de la notion de bonheur défendue par les économistes que vous avez cité. Sont-ils encore réconciliables ? La CIFA, grâce à son statut consultatif, milite aux Nations Unies pour moraliser les systèmes financiers. Pourquoi donc promouvoir l’idée de bonheur, notion que l’on trouve davantage dans les livres de philosophie morale que dans les manuels d’économie ? Parce que, nous le constatons tous les jours, la considération exclusive de la rentabilité financière contribue à l’instabilité des marchés et donc au maintien des risques systémiques contre lesquels nous luttons. Remettre la finance en accord avec l’éthique est à nos yeux un moyen de garantir des performances durables et stables : le respect de la morale garantit, même si cela peut sembler paradoxal, la santé et la profitabilité du système financier. Il nous a paru important de faire entendre aux acteurs financiers que l'obéissance aux seuls ratios économiques pouvait être contreproductive et induire une performance insuffisante. A nos yeux, la Journée internationale du Bonheur illustre d'abord que la morale et la considération du prochain et de la planète ne sont pas incompatibles – loin s'en faut – avec la rentabilité.

le moyen le plus efficace et le moins coûteux de résoudre les conflits

“La médiation est toujours ”

dans la notion de bien-être, mais aussi en ce qui concerne la paix et la cohésion sociale, l’amélioration de l’éducation et l’intégration sociale. Telle est ma vision, qui a aussi été celle de l’Assemblée Générale des Nations Unies quand elle a adopté la résolution le 28 juin 2012, par consensus, durant mon man-

d’autres ont démontré la difficulté à s’entendre sur ce que constitue le bonheur humain, puisque chacun d’entre eux a proposé des critères différents pour en juger. Par exemple, alors qu’Aristote considérait que la vertu était nécessaire au bonheur d’un individu, Platon distinguait trois parties dans l’âme hu-

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l’Islam, ou de « tsedeka » dans le judaïsme (qui signifie aussi « justice »). Des notions qui ressemblent à l’amour et la charité du christianisme. Ces concepts sont aussi vieux que l’humanité et ils constituent la base du bien-être, de la solidarité et du bonheur. Ces valeurs universelles donnent un but dans la vie, quel que soit le background culturel de la personne. Il importe de les rechercher avec passion... L’Assemblée générale des Nations Unies a un rôle consultatif pour les questions relatives au maintien de la paix. Comment peutelle agir en Syrie? J’ai consacré mon mandat à poser les bases d’une solution en Syrie en organisant des sessions et en adoptant des résolutions condamnant la violence et les atrocités comoutil de réduction des conflits et des tensions de ce type. Revenons à vous ; quels ont été les grands tournants de votre carrière ? Chaque changement a été un tournant dans ma carrière. Cependant je dirais que le zénith fut mon élection comme président de l’Assemblée Générale. Et maintenant je perçois la direction de l’ « Alliance des Civilisations » de l’Onu comme une responsabilité très lourde, particulièrement en ces temps de changements historiques et de ces défis économiques, sociaux et culturels sans précédent. Qu’est ce qui vous plait dans votre métier ? J’ai été privilégié et honoré de travailler dans l’arène diplomatique au service de mon pays et de l’humanité durant plus de 40 ans. Beaucoup de choses sont dignes d’être aimées dans ce métier, particulièrement quand on parvient à résoudre des problèmes explosifs par des moyens pacifiques de médiation. C’est pourquoi je promeus actuellement la loi sur la médiation comme un « soft power ». La médiation est toujours le moyen le plus efficace et le moins coûteux de résoudre les conflits, défis et problèmes qui surviennent partout dans le monde. mon plaisir est de savoir que notre travail, consistant à rassembler des individus aux points de vue opposés, peut résulter en des solutions qui bénéficient à une mère, une femme, un enfant, un homme ou toute personne sur la planète. Tous les aspects de mes efforts qui participent à la résolution des conflits et à l’amélioration des vies vont me donner de la joie et de la satisfaction. Et nous devons continuer à donner le meilleur avec tous les moyens et pouvoirs qui sont à notre disposition.
Propos recueillis et traduits de l’anglais par Matthieu Camozzi et Olivier Faure

maine : la raison, la volonté et le désir. Il était convaincu qu’ « un homme n’est heureux que lorsque ces trois parties sont en équilibre ». Récemment, nous avons adopté une approche plus pragmatique, basée sur les études. En 1999, avant d’adopter la déclaration du millénaire, les Nations Unies ont conduit un sondage public sur 57 000 adultes de 60 pays. A la question « qu’est-ce qui compte le plus dans la vie ? », les gens de tous les horizons ont insisté plus que tout sur la bonne santé et la vie de famille heureuse. Sans surprise, nous pouvons observer dans cette déclaration signée par 191 chefs d’Etats et de gouvernements, ainsi que dans le plan 2001 pour les 8 objectifs de développement du millénaire, une grande importance donnée à la santé

victimes de l’inaptitude de la communauté internationale à réagir

“Les Syriens sont les ”

et aux besoins basiques de la famille, comme l’eau, la nourriture, l’éducation primaire, la lutte contre la mortalité infantile, l’indépendance des femmes, l’éradication de l’extrême pauvreté. C’est ici, pour un milliard d’individus, que le bonheur commence, et c’est ici que nous devons apporter notre soutien collectif. En 2015, ces 8 objectifs de développement du millénaire (mDG) vont devenir des objectifs de développement durable (SDG). En 2013, le facteur prédominant mentionné dans les études par les jeunes gens comme étant partie intégrante de leur bonheur est encore… une relation positive avec leur famille. Le bonheur n’a pas changé depuis l’étude de 1999 ! Préservons-le ! Les grandes religions du monde ont toutes leur idée sur le sujet. Dans la philosophie bouddhiste l’attention est portée sur « karunâ » et « bikku » qui sont des formes de solidarité et de compassion, et se révèlent proches de « zakat », un pilier de

mises dans ce pays. Cependant, la division au sein du Conseil de Sécurité a rendu difficile l’adoption d’une résolution contraignante, ce qui a envoyé un mauvais signal au gouvernement en place. Cela va de mal en pis. Tout se détériore dans ce pays, la situation sécuritaire et humanitaire. Et au final, les Syriens sont les victimes de l’inaptitude de la communauté internationale à réagir. Au Myanmar aussi la situation est tendue. La violence interethnique qui sévit dans ce pays, ciblant des membres de la communauté musulmane Rohingya, est des plus déplorables. La discrimination entre les êtres humaines pour des raisons religieuses - et j’insiste - de toute religion ou croyance, constitue un affront à la dignité humaine et une violation des principes de la Charte Onusienne et de la Déclaration sur les libertés de religion. L’Alliance va s’efforcer d’être un pont pour la paix et la tolérance, un

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A la Une

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lost in transition
le débat national sur la transition énergétique, engagé fin janvier et qui débouchera sur un projet de loi cet automne, soulève bien des questions : quelle place pour le nucléaire et l’énergie verte ? Quel en sera le prix ? Quel impact économique ?

Avis de tempête sur les énergies renouvelables

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A la Une
accéléré du nucléaire et à l’impact sur le tourisme et le secteur agroalimentaire d’une image dégradée du pays. En plus de justifier les efforts demandés pour la sûreté des centrales, cette étude apporte un éclairage nouveau sur le débat national sur la transition énergétique engagé par la ministre de l’écologie, Delphine Batho, le 30 janvier 2013. Celui-ci, qui devrait déboucher sur un projet de loi à l’automne 2013, fait suite à la conférence environnementale de septembre 2012, où Jean-Marc Ayrault avait donné le coup d’envoi à cette fameuse transition énergétique : « Il faut rompre avec le tout nucléaire pour la production d’électricité, mais il faut rompre aussi avec le tout pétrole pour les transports, car ils sont antinomiques avec cette société de la sobriété que nous voulons promouvoir », avait-il alors déclaré. Mais à quel rythme et pour quels objectifs ? Déjà, des voix se font entendre pour appeler à la modération : « La façon dont on prend aujourd’hui la transition énergétique risque de pénaliser la croissance française », affirme ainsi Jacques Masurel, président de l’association Sauvons le Climat.
transition la transition énergétique présente bien des intérêts. D’abord, elle permettrait de réduire la dépendance du pays aux combustibles qu’il importe : « Sa facture énergétique est de 60 milliards d’euros, soit exactement le montant du déficit de notre balance commerciale », calcule Corentin Sivy, animateur de la commission Ecologie du think-tank Terra Nova. Ensuite, elle permettrait de créer des emplois, notamment dans les filières des énergies renouvelables comme l’éolien et le photovoltaïque, à condition de développer ces secteurs d’activité plutôt que d’importer les équipements, ou dans le bâtiment, par la rénovation des bâtiments anciens. Surtout, elle nous épargnerait les risques de l’atome et réduirait les émissions de gaz à effet de serre. Car cette transition n’implique pas seulement le développement des énergies renouvelables, mais aussi la diminution de la consommation d’énergie. le chantier est vaste et implique de nombreux pans de la so-

20 milliards d’euros, c’est 6% du PiB annuel de la France. C’est aussi, selon les calculs de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (iRSN) récemment publiés, ce que coûterait un accident nucléaire grave à la France. Pour une catastrophe de type Fukushima, comptez 430 milliards d’euros. l’essentiel du coût serait dû à un abandon

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ciété : bâtiment, transport, industrie… il est aussi économiquement sensible, car très coûteux, alors que la période est plutôt à la rigueur. il suffit de regarder de l’autre côté du Rhin pour se rendre compte que le passage d’un modèle énergétique à un autre n’est pas chose aisée. En 2011, l’Allemagne a lancé sa propre transition, sous le

pas farfelu compte tenu du potentiel de l’Hexagone, assure Joël vormus, responsable projets au Comité de liaison des énergies renouvelables (Cler). La richesse renouvelable du pays est unique en Europe, avec une grande réserve de forêts, les côtes les plus longues du continent et un ensoleillement important. » Dès 2008, l’Etat s’est

nucléaire pour la production d'électricité

“Il faut rompre avec le tout ”
donc doté d’une batterie de mesures pour tirer le meilleur profit de cet avantage : crédit d’impôt pour les moyens de production utilisant les énergies vertes, tarifs d’achat spécifiques pour chaque filière, simplification des démarches administratives pour les projets domestiques, aides spécifiques pour la Recherche… Mais passé le premier élan

Le prix de La

nom « d’Energiewende », avec des objectifs radicaux : abandon du nucléaire avant 2022 et réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80 à 95% avant 2050. Pour cela, gaz, pétrole et charbon céderaient leur place aux énergies renouvelables, qui compteront à terme pour 80% de l’électricité consommée, contre 23% aujourd’hui. Dans la pratique, les défis posés ne seront pas simples à relever. Pour relier le réseau aux parcs d’éoliennes offshore en mer du Nord et dans la Baltique, il faudra débourser 32 milliards d’euros pour construire 3500 km de lignes. le prix de l’électricité devrait encore augmenter, alors qu’elle coûte déjà deux fois plus cher qu’en France. le stockage de l’électricité solaire et éolienne devra progresser, car les jours sans soleil ni vent, il faudra recourir à de coûteuses centrales à gaz. En France, l’abandon du nucléaire n’est pas officiellement envisagé, et l’Etat n’a pas encore établi de scénario à long terme. Seul engagement : celui pris auprès de l’Union européenne de réduire les émissions de Co2 de 20%, d’améliorer l’efficacité énergétique de 20%, et de faire passer la part des énergies renouvelables dans son « mix » énergétique à 23%, contre à peine 13% aujourd’hui.
vertes à La peine Ce dernier engagement estil réaliste alors que celui d’atteindre 21% d’électricité consommée d’origine renouvelable en 2010 a déjà été manqué ? « L’objectif n’est

d’enthousiasme du Grenelle, les choix politiques n’ont pas brillé par leur stabilité. « Le stop and go a été regrettable pour la visibilité des petites entreprises », déplore Thierry Salomon, président de Negawatt, une association qui milite pour la transition énergétique. le secteur photovoltaïque a ainsi pâti des hésitations des pouvoirs publics : « Après avoir fixé des tarifs d’achat trop favorables, ce qui a créé une bulle, l’Etat les a brutalement modifiés pour éviter la surchauffe », rappelle Joël vormus. Résultat, en 2011, le secteur a perdu 62750 emplois, selon les calculs d’observ’ER. Du côté de l’éolien, le vent semblait être plus favorable. le pays dispose du deuxième potentiel en Europe derrière le Royaume-Uni et jusqu’en 2011, le taux d’installation augmentait régulièrement, dopé par des coûts en forte baisse, qui permettaient même à certains exploitants de se passer des tarifs d’achat pour vendre leur énergie sur le marché. Mais voilà qu’en août 2010, le gouvernement

a soumis l’éolien terrestre au pointilleux régime des installations classées pour l’environnement (iCPE). Résultat : des démarches plus longues et plus complexes pour les exploitants, devenus aussi plus vulnérables aux fréquents recours des antiéoliens. « En France, il faut plus de cinq ans pour faire aboutir un projet, contre deux à trois ans en Allemagne », déplore Joël vormus. Du coup, en 2011, observ’ER a calculé que le taux d’installation a diminué de moitié par rapport à 2010. Pour Jacques Masurel, de Sauvons le Climat, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle : « Le développement de l’éolien et du photovoltaïque renchérit considérablement le coût de l’électricité, avec un effet direct sur le pouvoir d’achat, et leur impact sur les créations d’emploi est discutable, car beaucoup de produits sont importés et ne bénéficient pas aux filières françaises ». Pour combattre le dioxyde de carbone (Co2), son association milite pour le maintien de la part du nu-

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PANoRAMA
A la Une
considérables », assure Thierry Salomon. la chasse au gaspillage est ouverte. illustration sur ces trois terrains concrets. le secteur du bâtiment, aussi bien résidentiel

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gements et des bureaux sobres en énergie. le mouvement est lancé, avec la mise en place de la réglementation thermique 2012 (RT 2012), conçue dès le Grenelle de

le logement ou les transport, les gisements d’économie sont considérables

“Dans l’industrie, ”

que tertiaire, fait figure de priorité, puisqu’il est responsable de 43% de la consommation d’énergie en France, et de 25% des émissions de Co 2 . Première mesure à prendre : construire des loEspèce en voie de disparition

l’environnement, et qui prévoit que toutes les constructions neuves devront remplir les exigences du label « Bâtiment basse consommation » (BBC). A partir de 2020, ces bâtiments devront même être

Vu ailleurs
cléaire dans la production électrique en parallèle à l’utilisation d’énergies renouvelables de type chaleur. D’ailleurs, cette dernière se porte un peu mieux que le solaire et l’éolien, en particulier grâce au Fonds chaleur, doté de 1,2 milliards d’euros, qui a pour objectif de développer biomasse, géothermie et solaire thermique. Mais il ne soutient que l’effort des bâtiments collectifs et des collectivités locales, pas celui des particuliers. or, le principal frein au développement du renouvelable en France reste l’atome : le parc de centrales amorties offre une électricité très bon marché à des particuliers qui ne voient souvent pas l’intérêt de s’équiper en chauffe-eau ther_ ise e e : e

lutôt que tion », d’utiliser le source d’incompréhensions terme « dématérialisade nombreuses vent incomplète confusions nos amis à du domaine. cause d’une voire anglo-saxons tion » plutôt vision A noter la pas forcément notion voient dans également souque la « de désintégration dematerializad’utiliser le le mot but recherché de dématérialiserdématique ! Nous ce qui n’est proposons matique correspondant ainsi va ainsi dans son de documents, concerner sens le à l’action dématérialisation dématérialisation plus large. La à la fois la déla numérisation en compte des des des La première aspects processus, sans échanges et la juridiques oublier compréhension la dématérialisation la prise et réglementaires. papier que l’on est en a en général classique électronique celle de la transformation de par mérisé, de numérisation. le biais d’une par un sera ainsi accessibleLe document, opérationdu grand nombre véritable une fois beaucoup d’utilisateurs. nuorigine plus électronique et de l’objectif Il s’agit facilement l’archivage de documents), ici de la de la concerne électronique à ne pas GED (Gestion gations des documents qui dans la confondre avec sur lesquelsmajorité veau de légales et/ou réglementaires pèsent des cas sécurité La dématique élevé. des nécessitant oblisation des s’intéresse un niéchanges, également encore les recommandés à les télé-procédures, avec par exemple la dématérialiélectroniques, les e-mails clarations en le télé-travail, Ce dernier d’impôts, particulier administratives ou de TVA). point introduit aspect de la dématique (dénaturellement pour lesquels le troisième d’exemple le papier qui concerne est tures, des nous citerons totalement les processus exclu. Ce derniercontrats, des la dématérialisation À titre bulletins volet de le plus des la dématique de turelle d’enjeux et correspond estsalaires, … facde celui qui s’ajoute la démarche en fait présente une dimensiond’informatisation, à l’évolution ainsi permettre, et adaptées à laquelle naen plus légale. La dématique des processus à l’électronique, procédures doit nement tout numériques d’envisagerdéjà connues de nouveaux qui vont cité tant profiter de l’électronique, permettre ment queau niveau de de l’image la réduction gagnant en de pleiblique que des temps efficala réductionprivée au de toute organisation de traiteregard de certains Enfin la de tant coûts. ses clients, sans punombre dématique génère oublier nécessairement bouche de données/documents naturellement ces mêmes numériquesun grand lui de leur données, sur la notion et déde conservation sécurité posant un et surtout nouveau problème, de de leur pérennité. ceJean-Marc Rietsch

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EcoRéseau, journal tourné vers l’avenir et résolument optimiste, décrypte les grands sujets d’actualités économiques, numériques et sociétales au service de l’entrepreneuriat, de l’emploi, de l’innovation et de l’environnement. En partenariat avec FedISA, EcoRéseau s’intéresse également à tous les sujets liés à la Dématique©, aﬁn d’analyser et de comprendre les enjeux en matière de nouvelles technologies, de développement numérique et de gouvernance de l’information notamment.

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modynamiques ou solaires pour produire une énergie somme toute plus onéreuse. En outre, les EnR, comme on les surnomme, se heurtent à la tradition centralisatrice du pays de Colbert alors qu’elles sont, par définition, décentralisées. « L’Etat a davantage opté pour les appels d’offres qui favorisent les grands groupes, comme pour les centrales biomasse ou l’éolien offshore, que pour les tarifs d’achat, qui permettraient à des entreprises plus modestes et aux particuliers de s’emparer du sujet », pointe Joël vormus. Quel bilan peut-on tirer aujourd’hui ? Bien qu’en quantité la France produise beaucoup d’énergie estampillée renouvelable, elle fait figure de mauvaise élève européenne, puisqu’elle se place 16e sur 27 pour la part de ces énergies dans la consommation brute d’électricité en 2011, avec 12,8%, et 12e pour la part de l’énergie produite à partir de sources renouvelables dans la consommation brute d’énergie finale, avec 13,2%. « Le retard sera difficile à rattraper en sept ans », redoute déjà Thierry Salomon.
dépendanCe l’autre condition d’une transition énergétique réussie réside dans la réduction de la consommation et des émissions de gaz à effet de serre. « Dans l’industrie, le logement ou les transport, les gisements d’économie sont

Chine : L’Empire contre-attaque
Premier émetteur de Co2 au monde, je compte 13 des 20 villes les plus polluées sur la planète, le charbon remplit 70% de mes besoins énergétiques, les trois quarts de mes ressources en eau sont jugées impropres à la consommation, je suis, je suis… la Chine bien sûr ! S’il y a bien un terrain où l’on n’attend pas l’Empire du Milieu, c’est celui du développement durable. Et pourtant, force est de constater qu’il n’a pas à rougir de ses efforts dans ce domaine. la pollution en Chine, c’est d’abord le résultat d’une hypocrisie : « Il y a une grande ambiguïté autour du CO2. Entre 1995 et aujourd’hui, la France a vu ses émissions de gaz à effet de serre se stabiliser, voire baisser légèrement. En réalité, elle les a simplement délocalisées en même temps que son industrie, raille Thierry Salomon, Président de l’association Negawatt. Ces émissions ont même sans doute augmenté, compte tenu du fait que les produits peuvent être fabriqués avec une énergie issue du charbon dans certains pays émergents, comme la Chine ». En clair, si cette dernière pollue, c’est aussi parce que le reste du monde le veut bien. Conscient des dangers du charbon, dont l’exploitation cause des milliers de morts chaque année, et soucieux de la grogne qui monte dans sa population, le Parti communiste chinois a pris dès 2007, lors de son Xviie congrès, le virage des énergies vertes. objectif pour 2020 : 15% de la consommation à base d’énergie propre. Son pari est bien parti pour réussir, puisque la Chine est déjà le premier producteur mondial de panneaux photovoltaïques et les éoliennes poussent aussi vite que des épis de maïs dans un champ oGM en juillet. Quant à l’économie circulaire, qui consiste à réinjecter les déchets dans la production, cela fait belle lurette qu’elle fait partie du paysage. Dans son livre « L’économie circulaire : l’urgence écologique ? », Jean-Claude lévy explique ainsi que le Parti l’a élevée au titre de « stratégie nationale » dès 2002. Ainsi, dans la ville de Guizang, où deux milliards de dollars ont financé 255 projets inspirés de cette pratique, on n’a plus recensé de pluie acide depuis 2003, malgré l’importance de l’extraction minière dans la région. Depuis les années 1970, l’Etat s’est aussi doté d’un arsenal législatif environnemental de premier ordre. Pour rétablir la justice, Thierry Salomon plaide pour que « l’on calcule les émissions de CO2 sur la consommation des produits plutôt que sur leur production ». Rangez votre smartphone et cachez l’étiquette de votre chemise, fichu pollueur !

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A la Une
son monde, grâce à sa simplicité, le moteur électrique, lui, a des retards à l’allumage. la faute à un coût élevé à l’achat mais surtout à un nombre de bornes de recharges encore insuffisant pour pallier une autonomie faiblarde. Début mars, le PDg de Renault, Carlos Ghosn, lançait d’ailleurs un SoS à l’occasion d’une interview aux Echos : « La voiture électrique a besoin des infrastructures de recharge ». Mais à long terme, c’est le modèle même de la voiture individuelle qui doit être dépassé. les véhicules devront être en libre-service, mutualisés, et spécialisés selon leurs usages pour en optimiser la consommation. Grâce à une meilleure organisation urbaine, les temps de trajet seront optimisés. voire même réduits au strict minimum grâce au développement du télétravail et des « télécentres » à proximité des lieux de vie. le transport de marchandise aussi devra faire sa mue, en optimisant la logistique, en réduisant les emballages, et en rapprochant les lieux de production des lieux de consommation. sions de Co2. Mais « l’énergie n’est pas encore assez chère pour que toutes les innovations aujourd’hui envisageables soient rentables à court terme pour les industriels », regrette Michel Dancette, Directeur innovation et RSE du groupe Fives. Des initiatives originales émergent et dessinent les contours de « l’écologie industrielle ». C’est le cas par exemple de tion afin de mieux les valoriser. Ainsi, depuis 2001, l’association Ecopal, à Dunkerque, rassemble 200 entreprises autour d’une idée simple : « Le système industriel est pensé tel un écosystème naturel – avec ses flux entrants et sortants de matière, d’énergie et d’information – dont le fonctionnement peut évoluer vers un mode durable et efficace où rien ne se perd grâce à une étroite coopération des entreprises (échanges d’informations, transferts énergétiques et hydriques, réutilisation de déchets industriels dans le cycle de production, mutualisation des services...) », comme l’explique son site internet. Selon l’Ademe, « ces démarches ont un impact positif sur le chiffre d’affaires, ainsi que sur la marge des entreprises », en réduisant leurs coûts par exemple. la réduction des coûts, voilà un stimulant efficace pour s’engager dans une démarche de développement durable. Un problème que ne connaissent pas les ménages français, habitués qu’ils sont à l’électricité bon marché. Résultat : hors chauffage, ils consomment 25% d’électricité de plus que les ménages allemands. Pour forcer les habitudes et financer la transition énergétique, le gouvernement réfléchit à la mise en place d’une fiscalité écologique. Un comité pour traiter la question a été formé en décembre autour de l’économiste Christian de Perthuis. Sa tâche s’annonce délicate, car les projets de taxes vertes ont toujours peiné à s’imposer en France, comme l’a démontré l’échec de la « contribution carbone », censurée en 2009 par le Conseil Constitutionnel. les Sages avaient estimé que la loi créait trop d’exemptions – ce qui est « contraire à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique » – ainsi qu’une inégalité face à l’impôt. la lutte contre le carbone, en France, n’est pas un long fleuve tranquille.

à énergie positive, c’est à dire qu’ils produiront plus d’énergie qu’ils n’en consommeront. Parmi les mesures que le gouvernement devait présenter le 20 mars pour soutenir le BTP, les associations environnementales avaient bon espoir de voir figurer l’objectif de rénover 500000 logements par an à partir de 2017, contre 100000 aujourd’hui. Un projet coûteux – entre cinq et dix milliards d’euros par an – mais qui présenterait l’intérêt de réduire la facture de chauffage des ménages, qui lui consacrent 900 euros en moyenne chaque année. les transports sont la première source de gaz à effet de serre en France. Pour les rendre plus propres, l’ennemi numéro 1 est connu : haro sur la voiture ! Bien qu’elle soit aujourd’hui indispensable pour bien des déplacements, aucune chance de réduire les émissions de Co2 si la situation ne change pas. Elle devra se racheter une conduite grâce aux moteurs électrique et hybride. Si ce dernier semble bien parti pour convaincre

eCoLogie

industrieLLe Si l’industrie a fait des progrès ces dernières décennies, « le gisement est encore important, juge Corentin Sivy, de Terra Nova. On pourrait encore gagner l’équivalent de la production d’un ou deux réacteurs nucléaires ».

“Le potentiel de la France
ici, les avancées sont beaucoup plus diffuses, avec une amélioration continue des procédés de fabrication. Un marché autour de cette problématique est d’ailleurs en train d’émerger, puisque des PME, comme CertiNergy, proposent aux industriels de les aider à maîtriser leur consommation et leurs émis-

en matière d’énergies renouvelables est unique en Europe
l’éco-conception, qui consiste à prendre en compte tous les aspects environnementaux d’un produit à chaque étape de son cycle de vie, depuis les matières premières jusqu’à la fin de vie, en passant par la logistique et l’usage. ou l’économie circulaire, qui consiste à intégrer les déchets dans le processus de produc-

”

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Finances

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L’impossible réforme ?
Faut-il ou pas plus de régulation sur les marchés financiers ? Nombreux sont les experts qui ont critiqué le trop plein de réglementations qui dissuadent les investisseurs et n’empêchent pas les crises. Entre la volonté d’instaurer plus d’éthique dans cet univers et la nécessité d’un gendarme financier, les opinions divergent…
ment, ainsi que contre la corruption et l’escroquerie. Créée en 1990 suite au Sommet de l’Arche, elle a d’abord pris la forme d’une cellule de coordination au sein de la direction générale des douanes. Puis en 2006, c’est devenu un service à compétence nationale avec une direction propre. Tracfin fonctionne par échange d’informations avec les administrations de l’État, notamment avec l’office central de répression de la grande délinquance financière, l’autorité de contrôle prudential (ACP) et l’AMF. « Certes, Tracfin collabore avec ses homologues européens pour identifier des actes répréhensibles. Certes, le groupe Egmont rassemble régulièrement tous les FIU de la planète pour tenter une mobilisation commune. Il n’en demeure pas moins que c’est le même principe que celui des place offshore qui se met en place, autrement dit les contrevenants trouvent toujours un moyen de fuir vers des endroits qui ne répondent pas à la justice de leur pays », note Gilles Duteil. Autrement dit, cela ne sert à rien de mettre une contrainte dans un pays si elle n’existe pas ailleurs. En résumé, le système financier n’est réformable que dès lors qu’un accord est envisageable entre les différents Etats. Selon lui, en l’état actuel des choses, les organismes de contrôle ont du sens : « un meilleur encadrement est absolument nécessaire pour tirer les leçons de l’affaire des subprimes et mieux réglementer le marché des dérivés. Néanmoins, quand une banque est défaillante, seuls les pays peuvent intervenir ». Beaucoup de pays ont récemment lancé des stress tests, qui permettent d’évaluer la capacité des banques à résister à un choc financier extrême. Des initiatives perti-

ux Etats-Unis, un organisme fédéral est chargé de réglementer et de contrôler les marchés financiers. Il s’agit de la Securities and Exchange Commission (SEC), une sorte de gendarme de la Bourse, dont les fonctions sont assez proches de notre Autorité des Marchés financiers, la fameuse AMF. Le principe est le suivant : tout investisseur, institutionnel ou privé, doit avoir accès à un minimum d’informations avant d’acheter et pendant toute la durée de détention des actions. Pour autant, à en croire Gilles Duteil, président du CEFTI et spécialiste des questions de blanchiment d’argent, cette

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structure ne permet pas de résoudre les problèmes : « Les Etats Unis, malgré la SEC, ne font pas mieux qu’ailleurs. Malgré ses pouvoirs d’investigation, elle n’a pas vu l’affaire Madoff venir, pas plus qu’elle n’a anticipé la dernière crise financière ». Car c’est bien là le problème. Les autorités de contrôle n’ont pas la possibilité d’assainir le système. Quant aux réformes, elles se suivent et se ressemblent, mais sans nécessairement changer la donne. Ainsi, celles qui ont été menées aux Etats-Unis n’ont pas toutes été probantes. Wall Street n’a pas vraiment changé de visage depuis la

crise financière. Le bilan de la Loi « Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act » de 2010 suite à la crise des subprimes est en effet difficile à évaluer

banques. Le trading pour comptes propres a par ailleurs été interdit. Le rapport Liikanen, quant à lui, a vocation à isoler les activités bancaires à risques et à protéger les

une contrainte dans un pays si elle n’existe pas ailleurs

“Il ne sert à rien de mettre ”

pour le moment. D’autres mesures ont été mises en place, comme l’amendement Merkley-Levin (règleVolcker) visant à limiter les investissements spéculatifs des

dépôts des particuliers. Une batterie d’actions plutôt impressionnante, mais reste à voir quels en seront les impacts réels.

Gilles Duteil observe que le problème, ce ne sont pas tant ces mesures nombreuses et variées, que l’absence d’harmonisation des dispositifs. Certes, il est très difficile de mettre au diapason tous les Etats de la planète, mais une synchronisation entre les Financial information unit (FIU) de tous les pays permettrait de venir à bout de quelques problèmes, en particulier ceux concernant le blanchiment d’argent sale et la corruption. En France, Tracfin (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits FINanciers clandestins) est une structure de ce type, dont l’objectif est de lutter contre le blanchi-

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EcoRéseau N°2 - AVRIL/MAI 2013

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Finances
nentes dans une logique d’anticipation. Précisément, pour Dan Mitchell, économiste américain, l’expression « too big to fail », qui est entrée dans notre vocabulaire quotidien, ne devrait pas avoir lieu d’être. Cette expression implique que des institutions financières larges, complexes et très connectées peuvent compter sur un soutien indéfectible de l’Etat. or selon lui, « les banques insolvables devraient subir une liquidation systématique et les avoirs devraient être mis aux enchères ». C’est ce que l’on appelle aux EtatsUnis l’approche FDIC, laquelle a été mise en œuvre lorsque Savings & Loans, par exemple, a fait faillite dans les années 80-90. Pour ce spécialiste des réformes fiscales, « on ne peut sauver le système qu’en forçant les gens à être prudents, particulièrement ceux qui se comportent mal sur les marchés financiers ». Il estime que pour cela, il faut que leur argent soit en jeu : « s’ils perdent leurs propres ressources, ils réfléchiront davantage ». Une façon de voir les choses pour le moins abrupte, mais qui va néanmoins dans le sens d’une plus grande responsabilisation des acteurs concernés. Pour œuvrer en faveur d’une meilleure moralisation du monde de la finance, au début du mois de mars, la réforme dite de séparation et régulation des activités bancaires a été votée en première lecture à l’Assemblée nationale. Lors de son discours du Bourget, en janvier 2012, François Hollande, alors candidat, évoquait déjà cette nécessaire réforme du système bancaire. Et prônait la nécessité d’avoir d’un côté les activités de crédit considérées comme utiles à l’économie et de l’autre, les activités spécifiques des banques d’investissement liées aux fluctuations du marché et aux risques financiers. Dans un article du journal Le Monde publié le 6 mars dernier, Sylvie Thoron, professeur de sciences économiques à l’Université ParisEst Créteil, et chercheuse au Laboratoire de recherche sur la gouvernance (Largotec) écrivait : « le gouvernement français désigne certaines activités comme immorales pour les interdire par la réglementation. Ont été ainsi mis sur la touche le trading à haute fréquence, sans lien avec l’économie réelle, et une partie des transactions sur le marché des produits dérivés de matières premières agricoles, activités que l’ONG Oxfam regroupait

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Changer le cap avant l'iceberg sous le terme de spéculation de la faim ». Elle fait partie de ceux qui pensent que cela n’a pas de sens de résoudre les problèmes de la finance par une réglementation dont le but est d’éliminer les activités moralement inacceptables. Et de poursuivre dans le même article : « Il est aisé pour les banques de montrer que la spéculation n’est pas si nuisible, qu’elle est utile à l’économie, car partie intégrante de notre système financier. En revanche, la spéculation devient immorale lorsque le risque est pris de façon inconsidérée, lorsque celui qui parie ne se sent pas responsable des conséquences de sa décision ». Elle estime que c’est une erreur de poursuivre le spéculateur comme un criminel, et que les activités dites spéculatives ont besoin de plus qu’une règlementation punitive : « Elles ont besoin d’une éthique de la responsabilité. fonctionnements du système monétaire sont nombreux. Tandis que certains en bénéficient, nombreux sont ceux qui en pâtissent. Compte tenu des turbulences des dernières années, une SEC à l’européenne seraitelle la solution pour réformer le système financier ? Elle a

« Les investisseurs sont parfois traités comme des bandits de grand chemin »
Pour Jean-Pierre Diserens, secrétaire général de la CIFA, la Convention of Indépendant Financial Advisors, des réglementations trop nombreuses ne sont pas la solution pour assainir l’économie. Comment peut-on protéger davantage l’investisseur ? La FECIF est en train de travailler sur l’éthique des autorités fiscales et la façon dont elles doivent traiter leurs assujettis. on constate en effet que les investisseurs sont parfois traités comme des bandits de grand chemin, de façon tout à fait anormale. Alors que l’Union européenne promeut une approche de régulation à outrance et considère que l’investisseur est un imbécile qui ne comprend rien, l’approche anglo-saxonne, ou onusienne, mise au contraire sur la liberté d’investir et considère que l’être humain a le droit de gérer ses fonds comme il l’entend. Liberté de l’individu d’un côté, contrainte permanente de l’autre. Certaines réglementations ont pourtant du sens ? Il y a de bonnes mais aussi de très mauvaises réglemenune baisse des dépenses des Etats. Est ce que le système financier peut être sauvé ? C’est la question que nous posons dans le cadre de la CIFA cette année et nous reuses. Pour s’en sortir, il faudrait recréer un environnement stable et durable. Au contraire de cela, les dettes se surajoutent les unes aux autres. En imprimant de l’argent sans fin, nous courons le risque de l’inflation. Les sociétés transnationales sont assises sur des milliards de cash. Rien qu’en Suisse, elles détiennent 250 milliards de Francs. Pourquoi n’investissent-elles pas ? Car elles n’ont pas de visibilité. Il faudrait assainir la situation pour que le privé soit tenté d’investir à nouveau. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il est de notre rôle en tant qu’oNG de dire ce genre de choses, sans mâcher nos mots !

poursuivre le spéculateur comme un criminel ; les activités spéculatives ont besoin de plus qu'une simple réglementation punitive

“C’est une erreur de

”

“Les sociétés transnationales
n’investissent pas leurs milliards de cash car elles n’ont pas de visibilité
tations. Et beaucoup ne servent à rien. La solution, ce n’est pas une plus grande réglementation, mais plutôt

”

sommes plutôt pessimistes. Nous devons résoudre le problème de structures systémiques qui sont dange-

Bon nombre de travaux en sciences sociales, en économie en particulier, montrent que la nature éthique du comportement des individus dépend de l’environnement, du contexte dans lequel ils ont à agir ». Ses réflexions sont assez proches de celles menées dans le cadre de la CIFA, la convention of indépendant Financial advisors, qui se tient à Monaco, du 24 au 26 avril prochain. Dans le cadre de ce forum, il s’agira notamment de savoir comment sauver le système financier mondial. En effet, les dys-

en tout cas pu être envisagée par certains. Le fait d’avoir un gendarme boursier européen, comme les Américains ont le leur, permettrait de mettre de l’ordre, mais il faudrait que cette régulation soit très harmonisée, de façon à pouvoir traquer au mieux les malversations des entreprises et des banques. Le chantier s’annonce bien lourd…

Ariane Warlin

EcoRéseau N°2 - AVRIL/MAI 2013

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12, 13, 14 Juin 2013
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CLUb ENTREPRENDRE
Baromètre & Tendances
NOMINATIONS

LE CARNET DES
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n 2012, un cru contrasté pour La création d’entreprise 550000 entreprises ont été créées en 2012, soit autant qu’en 2011. Mais, hors auto-entreprise, les créations sont en baisse de 6%. Si les secteurs de l’information et la communication (+7%), l’enseignement, la santé et l’action sociale se portent bien (+6%), les activités immobilières (-11%), financières et d’assurance (-7%) font grise mine. 95% des nouvelles sociétés n’ont aucun salarié. La démarche se féminise lentement mais sûrement, avec 38% de créatrices, contre 34% en 2002.
Source : Insee, bilan de l’année 2012.

n des français veuLent entreprendre en 2013 Ils sont même 51% parmi les 18-24 ans. 50% des cadres et 40% des diplômés de Grandes écoles se disent prêts à créer une entreprise dans le futur.
Source : institut Think pour l’Agence pour la création d’entreprise (APCE) et CERFRANCE.

30%

} BOURSE DIRECT

n Les vaLeurs de La cuLture souhaitées pour Les entreprises françaises

n Les vaLeurs de La cuLture actueLLe
pour Les entreprises françaises

Virginie De Vichet est promue directeur général délégué de Bourse Direct (groupe Viel & Cie), à ce poste depuis février 2013, en remplacement de Monsieur Yves Naccache. Elle est sous la responsabilité directe de Madame Catherine Nini, président-directeur général. Virginie de Vichet, 53 ans, maîtrise de sciences politiques et d'économétrie de l'université Paris-II Panthéon-Assas, a réalisé le parcours suivant : n Depuis 2004 : Viel & Cie, directeur de la communication. n 2010-2013 : Bourse Direct, directeur commercial. n 2004-2010 : Bourse Direct, directeur marketing. n 2000-2004 : Direct Finance, directeur marketing et communication, membre du comité de direction. n Début de carrière au sein du groupe CCF, devenu HSBC, notamment directeur marketing et communication du site webroker, filiale de courtage en ligne du CCF.

} SNCF

Olivier Reinsbach est promu directeur de la communication de la branche SNCF Voyages, à compter d'avril 2013, en remplacement de Madame Isabelle Bascou-Maréchal. Olivier Reinsbach occupait précédemment le poste de directeur de la communication externe au sein de SNCF.

} GRAS SAVOYE

Dans le Top 5 caractérisant aux yeux des Français leur entreprise, parmi trois valeurs positives - le travail en équipe, le professionnalisme et l'obtention de résultats - s'intercalent deux valeurs négatives - le poids de la hiérarchie et la réduction des coûts. Valeurs communes Valeurs négatives Autres

Avec 5 valeurs communes entre la culture actuelle et la culture souhaitée, les entreprises françaises disposent d’un socle de progrès particulièrement solide
Source : Kea & Partners, avec OpinionWay & le Barrett Values Center

Gilles Bénéplanc est nommé directeur général délégué pour la France de Gras Savoye, à compter de mars 2013. Il est chargé de piloter notamment Gras Savoye Régions, Gras Savoye Corporate, qui regroupe les activités Grands comptes IARDT, Assurances de personnes et Affinitaires, ainsi que les relations avec le marché. Gilles Bénéplanc, 54 ans, Mines Paris, membre agrégé de l'Institut des actuaires français, docteur en sciences économiques de l'université de Toulouse, a réalisé le parcours suivant : n 2012-2013 : Mercer, président monde de l'activité Retraite. n 2009-2012 : Mercer, responsable de la zone EMEA. n 2006-2013 : Mercer France, président-directeur général. n 2003-2006 : Mercer France, directeur général.

saLariés des entreprises françaises par taiLLe d’entreprise

n Le top 10 des vaLeurs percues par Les

n Les aides à La création épingLées par La cour des comptes

} OLYMPUS FRANCE

Trois milliards d’euros par an : c’est ce que représentent les aides à la création d’entreprise en France. Mais la rue Cambon, qui a remis un rapport mi-février, juge que les dispositifs qui se sont accumulés au fil du temps forment un « millefeuille illisible » qu’il serait grand temps de simplifier. Prêts, garanties, exonérations d’impôt et de charges sociales, subventions à réclamer auprès de l’Etat, d’Oséo, de Pôle Emploi… Un fatras tel que seule la moitié des entreprises créées chaque année en bénéficie. La Cour plaide pour une réduction du nombre de dispositifs et un fléchage plus favorable aux entreprises à « potentiel de croissance » et moins aux chômeurs.

Marc-Olivier Grandsir est nommé directeur commercial et marketing Bio-industrie d'Olympus France, à ce poste depuis février 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Philippe Rouhier, directeur Bio-industrie. Il est ainsi en charge de la France, la Belgique et le Luxembourg. Marc-Olivier Grandsir, ESC Reims (1994), a réalisé le parcours suivant : n 2009-2013 : TR2S (joint-venture entre Sagemcom et Cordon Electronics). n 2003-2009 : Sagemcom, successivement directeur régional des ventes directes, directeur commercial Europe (2006) et directeur commercial EMEA solution IP (2009).

} FRESHFIELDS BRUCKHAUS DERINGER PARIS

Les saLariés des entreprises françaises par taiLLe d’entreprise

n Le top 10 des vaLeurs souhaitées par

Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le poids de la hiérarchie et la réduction des coûts - des éléments négatifs - apparaissent dans les trois premières valeurs perçues. L'écoute apparaît quant à elle en bonne place dans les valeurs souhaitées au sein des groupes comptant de 50 à 5000 salariés.
Source : Kea & Partners, avec OpinionWay & le Barrett Values Center

dynamiser La création Depuis le 14 janvier 2013, les Assises de l’entrepreneuriat réunissent entrepreneurs, organisations syndicales et organisations patronales autour du gouvernement pour « réfléchir à de nouvelles mesures en faveur de l’entrepreneuriat en France ». Objectif : « doubler le nombre de créations d’entreprises de croissance en France d’ici à cinq ans. Fleur Pellerin, la ministre déléguée aux PME, réfléchit à plusieurs pistes. Parmi celles-ci : faciliter le développement du crowdfunding, ou le financement participatif sur Internet, en faisant sauter les verrous réglementaires qui le freinent dans l’Hexagone. Une façon de contourner les banques, qui rechignent à aider les créateurs. La Ministre veut aussi donner le « droit à l’échec » aux entrepreneurs victimes de l’économie, en les distinguant des mauvais gestionnaires. « Il y a un vrai problème pour les chefs d’entreprise qui ont déposé le bilan et qui veulent redémarrer une activité. La France se classe dans les pays où on met le plus de temps à se remettre d’un échec » a-t-elle déclaré aux Echos début février. Toutes les propositions des Assises seront dévoilées début avril.

n des assises de L’entrepreneuriat pour

Erwan Le Douce-Bercot est nommé associé en droit immobilier au sein de Freshfields Bruckhaus Deringer LLP, à ce poste depuis mars 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Elie Kleiman, managing partner. Il représente des clients français et étrangers sur tous les aspects du droit immobilier et, en particulier, les acquisitions d'actifs comme de portefeuilles d'actifs, la promotion immobilière comme les baux commerciaux. Erwan Le Douce-Bercot, 42 ans, membre du Barreau de Paris depuis 1997, DEA de droit des obligations civiles et commerciales de l'université Paris-V Paris Descartes (1997), IEP Paris (1995), était depuis 2006 associé au sein du département Immobilier du cabinet Gide Loyrette Nouel.

} SFR

Olivier Henrard est nommé secrétaire général de SFR, à ce poste depuis mars 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Stéphane Roussel, président-directeur général. Il est notamment en charge des activités réglementaires et juridiques du groupe et des affaires publiques. Il devient membre du comité exécutif. Olivier Henrard, 46 ans, ENA (2003), faculté de droit et IEP d'Aix-en-Provence, a réalisé le parcours suivant : n 2010-2012 : Cabinet du président de la République, Nicolas Sarkozy, conseiller pour la culture et la communication. Il a ainsi piloté la négociation et l'élaboration de plusieurs projets de loi relatifs à la propriété intellectuelle et plus généralement aux politiques publiques dans le domaine de la culture et la communication. n 2009-2009 : Ministère de la Culture et de la Communication, directeur adjoint du cabinet du ministre, Frédéric Mitterrand. n 2007-2009 : Ministère de la Culture et de la Communication, conseiller pour les industries culturelles, la propriété intellectuelle et le mécénat auprès du ministre, Christine Albanel. n 2003-2007 : Conseil d'Etat, fonctions juridictionnelles et de conseil juridique auprès du gouvernement. A rédigé, pour le compte du gouvernement, plusieurs rapports relatifs à la propriété intellectuelle dans la société de l'information. n 1993-1999 : Ville de Paris, responsable de différents services publics dans le domaine de la culture.

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EcoRéseau N°2 - AvRIL/MAI 2013

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CLUb ENTrEPrENDrE

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Interview

Drôles
Pourquoi avoir créé une entreprise ? HS : Quand j’étais enfant je voulais être avocate ou cadredirigeante, mais je n’avais pas envisagé la création d’entreprise. A douze ans, je faisais d’ailleurs les courses des personnes âgées du voisinage, en affirmant que je « faisais du business ». Par la suite j’ai compris que j’avais ce besoin d’adrénaline, cette envie d’avoir mal au ventre, de ressentir des émotions comme seul l’entrepreneuriat peut en procurer. YC : C’est un pur fruit du hasard et d’une rencontre. En DEA à Dauphine j’ai rencontré Thibaut Munier, plutôt tourné vers le marketing relationnel. J’ai soutenu une thèse sur le ans – n’est par définition jamais terminée. Je voudrais cependant la voir aller plus vite et plus loin, à l’international par exemple. L’ouverture d’une filiale à New-York a été une belle avancée, mais l’envol prend encore trop de temps. Je suis heureuse de participer à cette histoire. J’ai lancé ce projet avec une certaine naïveté, sans me rendre compte qu’il s’agissait d’un choix de vie. Je ne regrette rien. Etre une femme vous a-t-il aidée ou freinée dans votre création ? HS : Je maudis les statistiques, à qui l’on fait dire ce que l’on veut. Je vais vous étonner, mais selon moi, tout le monde est
Les chemins de traverse n’eﬀraient pas Hapsatou Sy, 32 ans, fondatrice en 2005 de la chaîne « Ethnicia » (renommée depuis « HapsatouSy »). Ses espaces de beauté et de cosmétique sur-mesure comptent déjà 200 salariés et réalisent 6,7 millions d’euros de chiﬀre d’aﬀaires. Originaire de Chaville, dans les Hautsde-Seine, où elle a grandi avec ses sept frères et sœurs, la franco-sénégalo-mauritanienne a validé un Bac Pro Secrétariat puis un BTS de Commerce international en alternance avant de créer son entreprise, et plus tard de devenir une personnalité cathodique, puisqu’elle co-présente l’émission « Le Grand 8 » sur la chaîne D8.

Hapsatou Sy et Yseulys Costes, deux femmes entrepreneurs aux styles de management et aux philosophies de vie dif

l’entrepreneur est de pouvoir choisir ses collaborateurs

“Le bonheur de
Yseulys Costes

”

suis pas naïve, les statistiques prouvent qu’il existe des verrous, mais ils ne me sont pas apparus. Le diplôme est-il essentiel à ce genre d’aventure ? HS : Il n’est pas un sésame indispensable. Ceux qui n’ont pas le profil Grandes Ecoles ont leur chance, j’en suis la preuve. Quand je vois des immigrés qui parlent à peine français et qui se font accompagner par la Chambre de commerce dans leurs démarches de création, je me dis que tout le monde peut y parvenir. Car la meilleure des écoles reste la pratique : je me suis soudain retrouvée aux prises avec des problématiques de fiscalité, de marketing, de communication et de finance. J’ai évidemment fait de grosses bourdes, mais j’ai aussi été aidée. Il existe une immense solidarité entre entrepreneurs, qui se donnent des coups de pouce, pas forcément financiers d’ailleurs. YC : Il n’est en tout cas pas un handicap, comme on me le demande souvent ! (rires) Les formations académiques ne sont pas inintéressantes en ce sens où elles apprennent à se poser des questions, et non à apporter des réponses toutes faites. Il n’existe pas de parcours idoine, mais je suis convaincue que si

marketing interactif pour devenir enseignant chercheur. Mais le mélange de nos travaux de recherche permettait d’obtenir des réponses à de nombreuses questions et ouvrait la voie à une création d’entreprise, étape de vie dont je ne rêvais pas quand j’étais petite. Le sujet me passionnait et tout s’est enchaîné. Etes-vous satisfaite de l’image véhiculée par l’entreprise ? HS : Assurément non, car je suis d’une nature très perfectionniste. Nous devons encore beaucoup progresser, par exemple dans l’identité visuelle des boutiques. Je l’ai déterminée au cours d’une nuit blanche, où j’ai eu une illumination sur la manière d’évoquer visuellement des coiffures ou des moyens de maigrir. J’ai trouvé l’astuce pour réduire les coûts et montrer à l’œil de la visiteuse mon univers. Mais cette présentation reste le résultat d’une inspiration soudaine qui doit encore être travaillée. YC : Elle est avant tout une très belle aventure, qui – même si nous venons de fêter ses 13

égal face à la création d’entreprise. Nous avons tous la possibilité d’enfoncer les portes lorsqu’elles se ferment. Les femmes parlent toujours d’égalité des sexes, il importe de l’assumer jusqu’au bout et de partir du principe que nous sommes tous sur un pied d’égalité. Etre une femme, jeune, black, n’est pas un handicap. Mon côté casse-cou, « viril » même, m’a permis d’aller serrer des mains lors de cocktails, ce qui est à la portée de tout le monde. La joie de vivre et le culot m’ont aidée. Et je me suis aperçue qu’une telle attitude était appréciée, que les gens ne sont pas si inaccessibles. YC : Je vais vous décevoir mais cela n’a jamais été un quelconque atout ou obstacle dans la création. Je ne perçois pas de différence avec mon associé. Certes, nous sommes différents à bien des égards, je suis plus tournée vers les objectifs et les résultats à atteindre, lui sur la réalisation et le chemin qui y mènent, mais nous sommes perçus de la même manière, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise. Je ne

© Photo : Canal+

Hapsoutou Sy, l’autodidacte je n’avais pas fait de recherche, je n’aurais rien tenté en matière d’entrepreneuriat. Qu’est-ce qui vous semble le plus important dans votre management ? HS : Je fonctionne uniquement sur une politique au mérite. Mes collaborateurs, dont j’essaie d’être proche, peuvent se tromper dix fois, je serai derrière eux s’ils ont la bonne attitude pour apprendre des échecs. Je laisse en revanche les autres de côté. J’ai appris que le management était du coaching au quotidien. Je ne voulais pas déléguer au départ, puis j’ai vite compris qu’il fallait que je recrute meilleur que moi pour libérer du temps. Un pas les deux sens, entre le responsable et l’équipe. Mais la dimension déterminante à mes yeux est la confiance, qui permet le respect des décisions et des avis. Dès que la méfiance s’installe, nous perdons en efficacité. Ensuite le plaisir ne doit surtout pas être négligé. Il importe de confier aux gens ce qu’ils aiment le plus, car ils seront plus efficaces. Enfin, savoir déléguer est vital à la croissance de l’entreprise. Je suis consciente d’être peu familière de la modélisation mathématique ou du graphisme. Comment communiquezvous vers l’extérieur? HS : Dieu m’a donné la tchatche. J’éprouve ce besoin de parler aux gens quotidien-

femme, jeune, black, n’est pas un handicap

“Etre une
Hapsatou Sy

”

très difficile à franchir, tant l’entreprise du créateur peut se comparer à son bébé. YC : Il faut des exigences dans

Ecoréseau N°2 - AvrIL/MAI 2013

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CLUb ENTrEPrENDrE

croisée

de dames
Yseulys Costes, 41 ans, n’a pas de temps à perdre. Elle n'avait que 28 ans lorsqu'elle a fondé, avec son associé ibaut Munier, la société de marketing interactif 1000mercis, qui compte aujourd’hui 180 salariés et réalise 36 millions d’euros de chiﬀre d’aﬀaires. Son DEA Marketing et stratégie de Paris IX Dauphine et son séjour aux Etats-Unis à l'époque des prémices d'Internet, à la Robert O. Anderson School of Management (Albuquerque) et à la Harvard Business School (Boston) lui ont été utiles. Cette mère de trois enfants enseigne aussi à HEC, Essec, Paris IX Dauphine, et publie des ouvrages sur le marketing relationnel.

fférentes, prouvent que la création d’entreprise n’est pas une science exacte. Les chemins qui y mènent sont infinis.
de responsabilités, recruter pour étoffer les équipes. N’oublions pas que l’entreprise est avant tout une somme d’aventures individuelles. Et le bonheur de l’entrepreneur est de pouvoir choisir ses collaborateurs. Avez-vous peur de l’échec ? HS : Il ne m’empêche pas de vivre. Le fait d’en avoir conscience est positif lors du lancement de nouveaux projets. J’aimerais d’ailleurs parler aux futurs créateurs de ces déconvenues constructives. Je me souviens des débuts où, en ouvrant ma boutique, je m’attendais à une ruée de clients comme au premier jour des soldes. Cela n’a pas été le cas. Il a fallu apprendre, aller chercher les premiers clients. Le business est comme une relation amoureuse, on se renforce de ses déboires. YC : Il faut être lucide et garder à l’esprit que le revers est possible, mais aussi apprendre à vivre avec cette épée de Damoclès au dessus de notre tête. jeunes sont presque condamnés à rêver de devenir fonctionnaires. Le modèle anglo-saxon est plus accommodant, mais le rêve français existe aussi, il est simplement étouffé par un état d’esprit né dans la crise et la peur de la précarité. YC : Les chiffres attestent d’un problème, il existe moins de PME ou d’ETI que dans les autres pays comparables. Je crois que l’image de l’entrepreneur n’est pas encore assez bonne dans l’Hexagone, et ce dès le plus jeune âge. Quels sont les ingrédients inattendus dans votre succès ? HS : Tout d’abord une figure tutélaire, mon père, parce qu’il est entrepreneur de sa vie. Il a quitté la brousse sénégalaise, le soleil et les proches pour un pays froid et inconnu dans le seul but d’acquérir une maison et d’offrir l’école à ses enfants. C’est mon héros et je sais ce que je lui dois. Et puis des rencontres. Je me souviens par

académiques comme récemment dans « Marketing research review ». Et pour la comm’ interne ? HS : Dans ce domaine, je joue au maximum la transparence. En outre, pour motiver les troupes, nous mettons régulièrement en place des challenges internes, ce qui intensifie les relations. Par exemple, récemment, le plus performant en qualité client selon une enquête déterminée a gagné un iPad. J’aime aussi donner de manière spontanée des augmentations, en convoquant la personne dans mon bureau. YC : Je sais maintenir la porte ouverte, car nous avons mis en place des « Office hours » sur le mode des universités américaines, où les élèves peuvent venir voir les professeurs sans rendez-vous. Nous maintenons également un climat de jeu avec les MMCups : des équipes s’affrontent sur des épreuves physiques et intellectuelles – je ne suis pas chef d’équipe – et les gagnants obtiennent certains privilèges. Le courant passe bien – le turnover n’est d’ailleurs que de 5% – car nous évoluons dans le numérique et parlons le même langage. Le secret reste la croissance, car elle donne de la liberté aux gens, qui peuvent prendre plus

changer le monde, quand la chroniqueuse télévisuelle l’observe
Hapsatou Sy
Je n’ai pas eu de doute sur le métier qui me passionne et dont j’ai une bonne vision ; j’ai en revanche plus d’interrogations quant à l’exécution. Le fait d’avoir passé du temps aux Etats-Unis m’apporte un véritable confort. Quand en France il est grave d’échouer, il est là-bas grave de ne pas essayer. Qu’est-ce que vous changeriez dans la création d’entreprise en France ? HS : L’entrepreneur est seul au monde et notre société n’a pas conscience qu’il représente la solution. Songez au nombre de personnes qui rêvent de franchir le pas, et à celles qui au final se lancent, et vous réaliserez à quel point la chasse aux sorcières qui a lieu en ce moment est dommageable. Les

“Seule l’entrepreneur peut ”

© Photo : Dr

Yseulys Costes, la filière de l’excellence nement. Mais je sais aussi être solitaire et associable. Je crois que se recroqueviller parfois pour réfléchir à son concept est d’ailleurs une caractéristique commune à de nombreux entrepreneurs. Avec « Le Grand 8 » sur D8, je suis en train de découvrir l’audiovisuel, qui me permet de parfaire mon réseau, de Jean-Luc Mélenchon à Edouard Leclerc. Il est intéressant de rencontrer ces personnes, également de travailler aux côtés d’Audrey Pulvar ou de roselyne bachelot dont le vécu, respectivement journalistique et politique, est phénoménal. La télé a accéléré ma notoriété, l’audience de mon blog a augmenté, le business en a aussi profité. Mais je sais que si je dois choisir entre les deux j’opterai pour la vie d’entrepreneur, la seule capable de de communication personnalisé, privilégiant plutôt le sérieux et les chiffres puisque nous

grave d’échouer, aux Etats-Unis, il est grave de ne pas essayer

“Quand en France il est
Yseulys Costes

”

changer le monde, alors que la chroniqueuse télévisuelle l’observe. YC : Je n’adopte pas un style

sommes cotés. Notre spécificité est aussi de nous faire connaître par nos « white papers », des publications dans des revues

exemple de Simone, cliente régulière de ma première boutique sur l’île Saint-Louis. Cette retraitée ex-commerçante m’a donné de multiples conseils qui me guident encore, comme le fait qu’il ne faut pas confondre servitude et service. YC : D’abord l’équilibre entre vies privée et professionnelle, qui fait l’objet d’une recherche constante. Car je suis mariée et mère de trois enfants. L’aventure n’est pas linéaire, de bonnes et de mauvaises périodes s’enchaînent. Il importe de toujours ajuster. Ensuite des coups de pouce du destin, comme cette fois où j’ai rencontré lors d’un colloque Marc Simoncini (fondateur de Meetic, ndlr), qui est devenu un business angel de premier plan pour nous.
Matthieu Camozzi

Ecoréseau N°2 - AvrIL/MAI 2013

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A quoi ressemblera l’entreprise dans 10, 15 ou 20 ans ? Tour d’horizon des évolutions à prévoir dans le management, l’innovation, la production et la distribution.
e numérique bouleverse les modes de travail ; le développement durable s’invite dans les stratégies d’entreprise ; entre vieillissement, chômage de masse et montée des indépendants, les évolutions so-

L

triser des coûts, des délais, des process, de respecter les règles et les normes, et dans le même temps, de savoir faire face au fortuit et à l’imprévu. » Un management schizophrène qui « produit l’effet inverse de celui escompté :

explose côté salariés. La solution ? Poursuivre le mouvement amorcé vers la « firme flexible », marqué notamment par un recentrage sur l’humain. Facile à dire, moins à mettre en place. Plusieurs pistes sont d’ores et déjà avan-

remontée d’information, dans de vrais costumes de décisionnaires et d’arbitres. « Et rendre aux services ressources humaines la dimension stratégique qui leur revient, au lieu de les cantonner dans des tâches purement tech-

reusement, là encore, les sociétés françaises se heurtent à leurs contradictions. « Elles veulent contrôler au maximum leurs salariés, et en même temps, souhaiteraient qu’ils développent une pensée « out of the box ». C’est impossible.

virtuelles. « Elles permettent de faire travailler ensemble des gens partout dans le monde très rapidement, et peuvent se dissoudre une fois la mission accomplie, explique François Dupuy. Et surtout, elles passent au-dessus des hiérarchies et des territoires. » Encore un mode de fonctionnement exceptionnel qui, s’il devenait la règle, devrait favoriser l’émergence d’idées neuves en entreprise.

magasins hi-tech

Demain, tous zen au bureau ?

ciales et culturelles s’accélèrent ; les frontières s’estompent toujours plus dans un monde multipolaire. Prise au milieu de tendances qu’elle peine à maîtriser, l’entreprise cherche son chemin. Voici quelques unes des pistes qui se présentent à elle. En voiture Marty.
repenser « Actuellement, nous sommes dans l’injonction paradoxale, analyse Florence Osty, co-directrice de l’Executive Master Sociologie de l’entreprise et stratégie de changement à Sciences-Po Paris. Demander aux salariés e maî-

des employés qui s’inquiètent plus de leur manière d’agir que du résultat final », regrette François Dupuy, sociologue des organisations et directeur

cées. « Prôner une politique de reconnaissance non-monétaire au travail », plaide Anne Verron, sociologue 2.0, consultante RH et partisane

Un management à

ouvrir l’usine, encore trop isolée, à toutes ses parties-prenantes
académique du Centre européen d’éducation permanente (Cedep). Autre conséquence : une souffrance au travail qui

“L’autre défi consiste à ”

niques et juridiques », exhorte Florence Osty. Enfin, pour nombre de spécialistes, cette ré-implication des salariés ne pourra passer que par l’émergence de valeurs et de sens, connues et partagées par tous au sein de l’entreprise. Des mots ? Peut-être, mais qui semblent faire gravement défaut à l’heure où beaucoup ne savent plus « pourquoi ils se lèvent le matin ».

du concept d’économie positive. Remettre en scène les fonctions de management, souvent réduites à un rôle de

priorité à l’innovation La guerre économique n’a jamais aussi bien porté son nom. Et dans celle-ci, l’arme de destruction massive se nomme l’innovation. Malheu-

Il est urgent de libérer les employés », affirme François Dupuy. Mais un nouveau paradigme managérial, ici, ne suffit pas. C’est surtout l’inscription dans le temps de la stratégie d’entreprise qu’il faut revoir. Car qui dit innovation, dit pari sur l’avenir. Or, aujourd’hui, crise oblige, ce sont les logiques court-termistes et financières qui priment. « On peut donc mettre en place des tactiques, mais pas de stratégie, analyse Florence Osty. Il importe de redonner la place au moyenlong terme. » Pour passer au dessus de ces freins, les nouvelles technologies ouvrent une brèche : les communautés

Dans le monde de la distribution aussi, un Big Bang se prépare. En 2010, le cabinet de conseil en innovation PFSK publiait une étude où il recensait les évolutions prévisibles dans la décennie à venir. Sous l’effet d’Internet, des réseaux sociaux et des terminaux mobiles, l’expérience client en magasin n’aura plus rien à voir avec ce qu’elle est aujourd’hui. Nos smartphones seront nos cartes de crédit et de fidélité. La réalité augmentée rendra l’expérience d’achat plus complète et intuitive. La géolocalisation simplifiera les après-midi shopping. Les tablettes envahiront les magasins pour multiplier les services aux clients. Les magasins seront conçus comme des extensions des marques, avec un décorum et des animations soignées, et plus comme de simples lieux de vente. Les distributeurs prendront davantage en compte les communautés et les réseaux sociaux afin de faire de leurs clients des ambassadeurs auprès de leurs amis et favoriseront les achats groupés.

Une prodUction plUs collaborative Au rythme où va la désindustrialisation – moins 1000 usines entre 2009 et 2012, selon le cabinet d’études Trendeo – restera-t-il encore des unités de production en France en 2025 ? « Oui, à condition de changer radicalement notre manière de faire », prévient Daniel Brissaud. A la tête du projet Futurprod, chargé d’identifier les pistes de re-

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CLUB ENTREPRENDRE
L’Analyse
ments et de la gestion des déchets ne pourra faire l’économie d’un partenariat avec les collectivités locales ; ONG et réseaux sociaux veilleront aux questions éthiques. » Bienvenue dans la digital factory : avec l’essor de la robotique industrielle et des objets connectés, les usines seront toujours plus automatisées. L’Homme n’en disparaîtra pas pour autant, « mais sera davantage dans un rôle de prévision et de maintenance », prédit Daniel Brissaud. Bref, l’usine sera écolo, robotisée et ouverte, ou ne sera pas.
législatiF Mais l’entreprise du futur ainsi décrite ne se fera pas toute seule. Les Assises de l’entrepreneuriat, lancées par le gouvernement en janvier 2013 pour booster la création d’entreprise, planchent d’ailleurs sur le sujet : « Nous réfléchissons aux conditions à remplir pour que ces entreprises puis-

cherche pour la conception et la production du futur, le chercheur pointe deux problématiques clés. D’abord, compte tenu de la raréfaction des ressources, il faudra en trouver de nouvelles. Mais pas forcément au bout du monde : « Utilisons ce que nous avons en abondance : les objets en fin de vie euxmêmes ». Plus facile à dire qu’à faire, puisqu’il faudra d’abord apprendre à les déconstruire, puis à les transformer, ce qui implique un changement complet des machines et des écosystèmes. L’autre défi consiste à ouvrir l’usine, encore trop isolée, à toutes ses parties-prenantes : consommateurs, collectivités locales, ONG… L’intérêt ? « Dans une optique de service personnalisé, ou « d’industrie servicielle », les consommateurs participeront à la conception de leurs produits ; une meilleure organisation des transports, de l’urbanisme, des approvisionne-

sent se développer dans les meilleures conditions », explique Christian Nibourel, en charge du groupe de travail au sein des Assises, et président d’Accenture France. « Grâce

“Il est urgent
de libérer les employés

”

préparer le terrain

Mon manager a reçu des consignes pour être plus cool. Mais là, il en fait trop.

aux nouvelles technologies et à une meilleure formation partout dans le monde, les entreprises pourront s’installer où elles le souhaiteront. C’est pourquoi les lieux d’implantation devront être accueillants, en adaptant infrastructures, droit du travail ou encore fiscalité à leurs besoins. » En clair, si les Etats ne veulent pas voir leurs emplois et leurs recettes fiscales filer vers des « paradis sociaux », ils devront se parer de leurs plus beaux

atours. Par exemple, puisque l’on prédit que les entreprises travailleront en réseau, le droit du travail devra permettre aux salariés de se partager entre plusieurs employeurs différents. Pour stimuler l’innovation demain, Christian Nibourel plaide pour la mettre au programme des formations le plus tôt possible, « en mixant cours économiques, techniques, artistiques, pour former des diplômés créatifs ». Pour se préparer à un monde sans frontières, les petits Français – outre maîtriser l’anglais – devront savoir s’adapter à différentes cultures pour manager dans un contexte international. « Demain, les marchés seront si ouverts que votre consommateur pourra se trouver au bout du monde. Alors vous aurez intérêt à comprendre ses attentes », avertit Christian Nibourel. Aux risques de rester à jamais dans le passé.
Olivier Faure et Aymeric Marolleau

Cas d’entreprises
Si l’entreprise du XXIe siècle existe encore souvent en pointillé, dans certaines sociétés, le futur s’écrit d’ores et déjà au présent. Zoom sur trois groupes qui innovent, chacun dans leur domaine. Par O.F et A.M
accentUre : manager en réseaU
A quoi ressemblera le management dans quinze ans ? Chez Accenture, on en a déjà une petite idée. Sur le travail collaboratif, l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle ou la diversité, cette entreprise de conseil en management et en organisation préfigure ce que pourrait être l’entreprise de demain : ses consultants travaillent régulièrement et pour des durées prolongées – de 6 mois à 2 ans – chez leurs clients. Une organisation en réseau qui n’est pas sans soulever quelques questions : comment maintenir une culture d’entreprise et une motivation intactes ? Comment travailler harmonieusement avec des partenaires issus de cultures différentes : informatique, ingénierie ou encore finance ? Si les nouvelles technologies ont grandement facilité l’activité d’Accenture, elles sont aussi à l’origine de ces problèmes. Christian Nibourel, Président de l’antenne française, résume sa parade en une maxime : « Plus le degré de virtualisation est élevé, plus on doit élever le degré de socialisation ». Pour cela, la société invente de nouvelles façons de communiquer : une radio d’entreprise diffuse des émissions aux formats courts, facilement consultables en podcast ; au Siège parisien, un « Happen-Space » de 250 places assises accueille des manifestations professionnelles et festives. A la place des mornes machines à café disséminées dans le bâtiment, un unique espace détente de 400 mètres carrés réunit tous les collaborateurs, qui peuvent ainsi partager caféine et potins au même endroit. Pour faciliter l’équilibre vie privée-vie professionnelle, un service de conciergerie est proposé et le télétravail encouragé. Enfin, l’architecture s’est adaptée à la diversité des modes de travail et propose une dizaine d’espaces différents, de la salle de réunion pour téléconférence à l’îlot réservé aux conversations à deux.

Fives : digital Factory
Le groupe de génie industriel Fives livre des usines clé en main autour du globe pour des secteurs aussi divers que l’aluminium, l’acier, l’automobile, la logistique ou l’énergie. En 2012, il a lancé l’Observatoire des usines du futur. Pour y voir quoi ? Visite guidée avec Michel Dancette, Directeur innovation et RSE. « Alors que les usines sont conçues pour durer trente ans, les cycles de production seront toujours plus courts. La nature des produits et les volumes demandés varieront brutalement, tout comme les ressources disponibles et leur prix. Du coup, les usines devront être de plus en plus flexibles. Nous saurons les piloter très finement, même à distance, pour gérer les variations, optimiser leur diagnostic et leur fonctionnement. » Les unités de production de sucre de canne illustrent déjà cette souplesse : que les cours du sucre et de l’électricité soient alternativement élevés ou faibles, elles produisent l’un ou l’autre à partir de la même matière première, grâce à la cogénération, ou production simultanée de deux énergies différentes dans le même processus. Dans Les Temps modernes, en 1936, Charlie Chaplin avait maille à partir avec les machines. Au XXIe siècle, c’est à l’ordinateur qu’il devrait faire face. Automatisation, robots, objets connectés, communication entre machines annoncent la digital factory. Une chance pour la compétitivité des usines, mais l’Homme dans tout ça ? « Son rôle ne sera plus de produire, mais de contrôler, superviser, anticiper la demande, préparer les campagnes », explique Michel Dancette.

alcatel-lUcent : le pari de l’intrapreUneUriat
Depuis juin 2008, Alcatel-Lucent va encore plus loin dans l’innovation, via le projet « Défi Entreprendre ». La logique : faire appel à l’ensemble de ses salariés pour permettre l’émergence d’idées nouvelles, aptes à enrichir le portefeuille produits du groupe dans les deux ou trois ans à venir. Le processus comprend plusieurs étapes. D’abord une phase d’appel à propositions de trois mois, durant laquelle n’importe quel employé peut concourir ou enrichir une idée. Puis une sélection des embryons de projets les plus pertinents. Chaque porteur est alors invité à constituer autour de lui une équipe pluridisplinaire de quatre collègues, et à avancer sur son idée. Un nouveau round de sélection identifie ensuite sept équipes, qui bénéficieront d’une formation à raison de huit jours répartis sur trois mois et d’un coaching personnalisé. Objectif : « apprendre à bâtir un business plan », explique Olivier Leclerc, Directeur de l’innovation et de l’intrapreuneuriat chez Alcatel-Lucent. Après trois mois, plan de financement sous le bras, chaque équipe défend son beefsteak pendant quinze minutes devant l’« innovation board » – composé des représentants des différentes business unit – et d’investisseurs externes. Libre, enfin, à chaque projet jugé viable, de se développer concrètement au sein de l’entreprise. « Pour l’heure, trois idées ont donné naissance à des nouvelles lignes de produits, dont deux qui rapportent aujourd’hui plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires par an », se réjouit Olivier Leclerc. Au delà de l’impact sur les capacités d’innovation au sein du groupe, cette initiative intrapreneuriale constitue un formidable outil de reconnaissance pour les salariés, ainsi qu’un moyen efficace de détection des talents dans l’entreprise.

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En immersion

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Toyota Valenciennes, gothique flamboyant
Un ordinateur, un bureau, une cravate. Pour une grande majorité de Français, l’outil de travail est aujourd’hui réduit au strict minimum. Au point d’oublier qu’il existe encore des temples du travail « manuel » au gigantisme presque irréel. Reportage dans l’une de ces cathédrales industrielles, sur le site de Toyota Valenciennes.

S

ur le parvis du bâtiment deToyota Motor Manufacturing France(TMMF), planté au milieu des champs d’On-

conjoncture, comme tout le monde, explique avec modestie et un délicieux accent belge, Alain van Vyve, vicePrésident Administration du

le monde. » L’autre secret pour maintenir la production en France tient dans la maîtrise des dépenses à tous les étages. « Quand

hexagonaux. Les coûts énergétiques du bâtiment ont été drastiquement réduits : moins 27% de facture de gaz et d’électricité depuis l’inaugu-

Yaris en gestation naing, à une poignée de kilomètres de Valenciennes, point de dévots attendant on ne sait quelle grâce, ou de miséreux on ne sait quelle aumône. Mais des voitures à perte de vue. Pas les Yaris qui sortent des chaînes de montage nichées derrière les hauts murs de l’usine, mais celles des employés. Ils sont 3619, dont 3071 en CDI. Un cadeau du ciel pour la région, d’autant qu’à l’ouverture du site à l’automne 1998, la curie japonaise annonçait l’embauche de 2000 salariés « seulement ». Bref, quand certains boivent le calice jusqu’à la lie, Toyota Valenciennes semble touché par la grâce. Les raisons du miracle tiennent en deux chapitres. « A partir de 2008, nous avons commencé à souffrir de la site. Les deux années qui ont suivi, nous avons en plus été confrontés à la crise des rappels – plusieurs centaines de milliers de véhicules devant être rapatriés à cause de problèmes techniques, ndlr –, notre président étant même sommé d’aller s’expliquer devant le Congrès américain. Le 8 mars 2011, c’est le tsunami au Japon qui arrête plusieurs de nos chaînes de production. La même année, les terribles inondations en Thaïlande pénalisent lourdement le Groupe, très présent là-bas. » Une malédiction ? Une épreuve plutôt : « Ces cinq coups très rudes en peu de temps ont ébranlé la société, mais lui ont surtout permis de se remettre en cause, de se recentrer sur ses valeurs. Et à l’arrivée, de rebondir bien avant tout j’entends certains patrons avancer l’argument du coût salarial pour justifier des délocalisations, je rigole doucement, poursuit, un sourire niché dans la barbe, le frontalier. Dans l’industrie automobile, ce poste ne représente qu’entre 8 et 14% des dépenses de l’entreprise. Et on ne peut pas dire que les salariés soient trop payés ! Il y a bien d’autres coûts à optimiser. » C’est ce qu’on s’efforce de faire à Valenciennes. Pour économiser le prix du transport – et même si la production des pièces peut s’avérer plus onéreuse au départ – la marque fait appel à des fournisseurs locaux, ce qui lui permet de revendiquer le label « Made in France » pour sa Yaris, au grand dam de ses concurrents

© Photo : Samuel Dhote

ration des lieux. Moins 67% en ce qui concerne l’eau. Mais c’est surtout l’organisation de l’usine qui fait la différence. Alain van Vyve : « Elle est 30% plus compacte

tares, l’édifice ne le paraît pas. A l’intérieur, c’est une cathédrale de béton et d’acier, qui semble abriter une vie de roman d’anticipation, où l’homme travaille main dans la main avec la machine, dégageant une impression de puissance à la fois captivante et inquiétante. En début de chaîne, un ballet de transpalettes achemine des plaques de métal vers le saint des saints : la gigantesque presse au mouvement continu, enfermée dans une pièce vitrée, comme on se protège des extraterrestres dont on craint la force dans les films de science-fiction. Et pour cause : la machine transfère 4600 tonnes de pression pour donner au métal la forme souhaitée. L’homme, ensuite, reprend la main. Au sortir de la gueule de la machine, un petit groupe d’opérateurs réalise les contrôles qualité qui sont un des credo du système Toyota. Sous leurs pieds, on peut distinguer la crypte par des ouvertures. Là, on s’occupe des tombées d’acier, et surtout, on trouve les « fondations » du redoutable outil. « Et notamment un système anti-vibration, explique François-Régis Cuminal, Directeur de la division Relations extérieures. Sinon, on devrait faire face aux plaintes de tous les villages alentours ! » En descendant la nef s’ouvre

en cause, se recentrer sur ses valeurs, et à l’arrivée rebondir bien avant tout le monde
que les autres, ce qui permet de réaliser d’importantes économies de fonctionnement, et surtout, nous oblige à travailler avec quasiment pas de stock, donc sans capital dormant. » Compact, à première vue, avec une étendue de 17 hec-

“Toyota a su se remettre
l’atelier carrosserie. Comme une armée de statues articulées, des centaines de robots s’affairent à souder entre elles les 300 pièces de métal nécessaires à la fabrication d’une Yaris. Au milieu du vacarme et des bouquets d’étincelles, là encore, des opérateurs s’oc-

”

cupent de certains points de soudure. « Il s’agit d’un choix original de la firme de garder de l’humain sur ces postes, pour des questions de flexibilité », note François-Régis Cuminal. Au-dessus de ce petit monde, en guise de triforium, des rails semblent en suspension. Ils acheminent en direct les pièces assemblées jusqu’à l’atelier de peinture. Là, derrière un jubé de verre permettant d’éviter les poussières parasites, les voitures prennent vie. Ternes et brunes à l’arrivée, elles ressortent rouges, bleues, gris métallisé de leurs fonds baptismaux, puis sont « cuites » à 180° pour fixer leur teint. Là encore, des ouvriers en combinaison de cosmonautes s’assurent du niveau de qualité via des vérifications oculaires et manuelles. Car, c’est bien connu, le Diable se cache dans les détails. Non loin de là, une chapelle fermée porte un étrange écriteau : Kaizen. En français « amélioration continue », ce terme désigne un état d’esprit de perpétuelle insatisfaction et de recherche permanente d’une qualité supérieure. Dans ce petit atelier, une équipe est chargée de concrétiser les propositions transmises par les salariés pour perfectionner toujours davantage la production. Le « Kaizen », avec le « Genchi Genbutsu » – littéralement, « aller et observer sur le terrain », en l’occurrence sur les chaînes de montage – constitue l’un des deux piliers de fonctionnement de la marque, et de tous ses sites de fabrication. Et visiblement, cela marche plutôt bien, puisqu’au sortir de la dernière étape, l’assemblage, la procession des véhicules achevés semble un flot continu. Au rythme hallucinant de 60 voitures par secondes, qui toutes ont déjà un client attitré. Amen.

Olivier Faure

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CLUB ENTREPRENDRE
Electron libre

A Toute Vitesse
Le bachot pour tout bagage, une dizaine de PME au compteur et un caractère hors normes. Il fallait rencontrer Julien Cohen. Vite.

T

ic, Tac… Il court, il court Julien Cohen, en lutte avec le temps tel le Lapin Blanc dans Alice au Pays des Merveilles. Mais qui donc lui a donné une telle soif de réussite ? Sa mère rescapée de la Shoah ? Son père débarqué de Tunisie avec une simple valise en carton ? L’usine d’écussons thermocollants paternelle, employant 600 salariés, semble en tout cas la preuve d’une hérédité entrepreneuriale. C’est pourtant vers le jeu que l’ado de 17 ans se tourne. Et pour cause, il excelle au Backgammon. « En deux ans j’ai gagné un million d’euros, fréquentant les lieux de flambe habituels comme Saint Tropez, Ibiza ou Courchevel », se souvient-t-il, amusé. Mais son père lui rappelle vite qu’il ne construit rien, que « s’il s’arrête, tout s’arrête ». Cet admirateur des Etats-Unis vire donc sa cuti pour fonder sa première entreprise de T-shirts à encre photochromique, dont les motifs apparaissent seulement sous les spots des discothèques, avant que son absence de six mois pour cause d’armée ne le mène au dépôt de bilan. Trop tard, le virus de la création ne le lâchera plus.

minutes de télécommunication en profitant de la dérèglementation, mais ayant subi deux dépôt de bilan à cause de difficultés de gestion. Il débute alors en occupant 30 mètres carrés dans mes locaux, s’occupant de la partie commerciale et me laissant faire le reste ». Directline, puis plus tard Western Telecom est né. « En 24 mois nous nous introduisons en Bourse (ndlr : Nouveau marché en 1998), passant de 500 000 francs à 400 millions de francs de CA, avec un immeuble avenue Kleber et 170 salariés ». Retraite dorée en vue ? Que nenni. Julien Cohen quitte tout six mois après l’introduction, pourvu de 60 millions en poche, pour s’occuper de restructurations de start-up. Il devient ensuite associé à la création d’un site d’enchères

perd tout en trois mois, divorce, accumule une dette d’un million d’euros envers le Trésor public.

ADn D’entrePreneur

Reste ATV qui « végète ». Julien Cohen rencontre les salariés en 2002 pour leur annoncer

à gagner du temps, ce qui est beaucoup plus important si l’on a un cerveau bien fait. » Quelques principes immuables le guident ainsi dans son parcours managerial. Julien Cohen donne deux fois sa confiance à un salarié, pas plus. De même applique-t-il la méritocratie à l’extrême, puisqu’ATV ne

parisiens. La suite ? « Nous sommes loups plutôt que proies, disposant de fonds propres, et pouvant passer à l’action en 2013. » En attendant, le joueur impénitent reprend onze boutiques de prêt à porter de 60 salariés au total, que gère son épouse, et qui représenteront une belle plus-value

actions comme ses paroles. Point de circonlocutions. Ainsi au Sénat, lors des Victoires des autodidactes en 2006, pour lesquelles il a été récompensé à l’échelle de l’Ile-de-France, n’hésite-t-il pas à répondre à l’aréopage d’énarques et de polytechniciens qui lui demandent sa recette, que « le plus

“Il vaut mieux perdre une, deux, trois fois puis gagner
qu’il doit vendre, ou alors que tout le monde doit se réveiller. « En 2004 la société intègre le marché libre. Nous rachetons onze boîtes, notre CA bondit de un à dix millions d’euros compte que des autodidactes. Mais l’heure peut aussi être au pragmatisme : « Lorsque je dirigeais une start-up, un journal avait titré à notre sujet « la funky business attitude », à la revente. De même son attention se porte sur les pièces de collection et sur l’Inde, où il s’évade régulièrement avec son ami Jacques Dworczak, connu pour avoir ramené des

le jackpot à la quatrième, plutôt que d’épargner misérablement 200 euros chaque mois
étonnant est que tous ces diplômés lui posent la question et n’aient pas le courage de faire de même ». C’est cette même pusillanimité qu’il dénonce chez ses propres enfants âgés d’une vingtaine d’années, « parce que le système éducatif qu’il faut revoir leur a appris à fuir le risque. Il vaut mieux perdre une, deux, trois fois puis gagner le jackpot à la quatrième, plutôt que d’épargner misérablement 200 euros chaque mois. » Le regard porté sur l’échec doit aussi évoluer dans l’Hexagone. « J’ai vécu mon premier dépôt de bilan à 18 ans, j’ai dû attendre trois ans avant d’être effacé du fichier de la Banque de France (ndlr : la ministre Fleur Pellerin parle de modifier cette pratique). Nous sommes encore à mille lieues de la mentalité américaine », dénonce-t-il, également critique à l’égard du sacro-saint Droit du travail : « A force de payer et de voir que les salariés confondent bien souvent le tribunal avec la Française des Jeux, je me suis fait élire conseiller prud’homal, côté employeur. » Sans ambages on vous dit. Avec toutefois une certaine dose de calcul. « Je pourrais toute la journée jouer aux échecs, qui apprennent à être humble, à faire le dos rond ou à porter le coup de grâce quand il le faut… si j’avais du temps ». Tic, Tac...

”

Plusieurs vies en une « Seuls les abrutis croient être faits pour un métier, assène-til. Il importe d’utiliser les erreurs, les réussites, les acquis accumulés dans les autres secteurs. » Un précepte que cet autodidacte applique scrupuleusement, se tournant vers la publicité en fondant l’agence EMPP qui assure la régie de magazines tels « Jour de France » ou « Marie Claire ». « Nous achetions à 10 et revendions à 50 », se souvient le jeune patron pour qui la loi Sapin limitant les marges des régies en 1992 sonne le glas de cet âge d’or. C’est à cette époque que le serial entrepreneur crée en interne avec son frère la structure de coursiers ATV, qui atteint 30 salariés en 5 ans. Mais le touche-à-tout vogue déjà vers d’autres horizons. « En 1996 un ami vient me parler d’un « Géo Trouvetou » souhaitant vendre des

On ne vous cache rien en ligne, type eBay, qui fait long feu. S’ensuit une période de grandeur et décadence où le trublion des affaires passe deux fois à l’émission Capital. Joueur dans l’âme, celui qui est devenu le premier client du courtier Consors France et les 30 salariés deviennent 230 », raconte l’homme impatient de 47 ans, pour qui chaque minute vaut de l’or : « je délègue beaucoup, même si cela signifie être volé, perdre des clients, voir les autres agir moins bien. Cela revient aussi car il fallait s’adapter au public « adulescent ». » ; au contraire le régime est quasi militaire chez ATV, composé de micro-tâches très réglées. Une ligne de conduite qui semble porter ses fruits, la société surpassant ses 700 concurrents pièces détachées du bateau France pour les revendre aux enchères.

Forte tête DevAnt l’éternel Le père de six enfants affectionne le style direct, dans ses

Matthieu Camozzi

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Leçons de maux

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La poule aux oeufs d’or
Dans les années 1970 et 1980, Polaroid doit son incroyable succès à une innovation majeure. A la fin des années 1990, c’est une autre innovation qui causera sa perte, faute de n’avoir pas su l’anticiper. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait.
1948-1980 :  l’irrésistible
surtout, il a déjà tout prévu. Le digital ? Aucun souci, les ingénieurs maison planchent sur l’imagerie numérique depuis le milieu des années 1960, faisant honneur à la réputation de précurseur de leur employeur. A la même époque, ils déposent quelques uns des tout premiers brevets d’obturateurs électroniques. De vrais champions. Dès 1981, un groupe de travail œuvre à inventer un système d’impression à partir d’une image digitale ; en 1989, 42% du budget R&D est consacré à l’imagerie numérique. Si bien qu’à la fin des années 1990, Polaroid figure parmi les tout premiers vendeurs d’appareils photo numérique. Après 60 ans d’existence et une telle expertise dans les nouvelles technologies, on se demande bien comment le créateur de l’appareil photo instantané pourrait connaître autre chose que le succès. Et pourtant, c’est la faillite qui l’attend au tournant des années « Pola » alors qu’Achille luimême avait oublié de protéger son talon ? Finalement, en 2001, la société est contrainte de se déclarer en faillite. Alors qu’est-ce qui a cloché ? Comment une société qui avait anticipé le virage du numérique a-t-elle pu perdre le fil du progrès ? Une partie de la réponse réside peut-être dans la lettre envoyée par le PDG I. MacAllister Booth à ses actionnaires en 1985. Voici ce qu’il leur explique : « Alors que les images électroniques prennent de l’importance, il demeure un besoin humain naturel pour les archives visuelles permanentes. (…) L’insatiable appétit universel pour la communication visuelle et les informations portables demeurera intact, reflétant un besoin constant pour des supports imprimés de grande qualité, disponibles instantanément. » Et puis la culture de l’entreprise et la vision de son créateur s’opposent au tout numérique. mérique. Au milieu de la décennie, la société passe aux mains d’un fond de pension américain, et ses actifs sont progressivement éclatés en différentes directions. Aujourd’hui, la société commercialise des appareils photo numériques, des tablettes, des applications mobiles ou encore des imprimantes. En janvier 2013, elle a même annoncé la sortie imminente d’un appareil fonctionnant sous Android, le système d’exploitation de Google. L’actif le plus précieux de Polaroid ? Son nom, gage de qualité et d’innovation, qu’elle prête contre rémunération au Summit Global Group en 2009 et à Asda en 2012, qui s’en servent pour écouler des produits dérivés.
ascension Le 95, pour 95 dollars, son prix, embarque un laboratoire photo miniature. La consigne pour l’utilisateur est aussi simple que « tire la chevillette et la bobinette cherra ». Dit autrement, il suffit de tirer la languette pour répartir un liquide entre le positif et le négatif. Sortez la feuille, épluchez, c’est prêt. La fille d’Edwin Land est ravie, l’Amérique conquise : le premier modèle s’écoule à 1 million d’exemplaires. Edward Land ne se repose pas pour autant sur ses lauriers, retourne au labo, et multiplie les innovations pendant quelques décennies encore. 1963 marque l’arrivée d’une version couleur dans la famille « Pola ». En 1972, avec le SX-70, la firme propose une version encore plus simplifiée de son blockbuster : finies languette et séance d’épluchage, la photo sort d’ellemême et se développe à la lumière. Il a aussi le mérite de tenir dans la poche. Le Polaroid 1000, sa version grand-public et internationale, fait un tabac et devient l’appareil le plus vendu dans le monde, pendant 4 ans, à partir de 1977. Outre offrir ses appareils à quelques artistes de renom, d’Ansel Adams à Andy Warhol, Polaroid a une brillante idée pour conquérir le marché : vendre le Pola 1000 à perte et se rémunérer sur les films. Une idée qui finira par causer sa perte. la chute Mais comment Polaroid pourrait-il seulement vaciller sur son piédestal ? A la fin des années 1960 et au début des années 1970, le bilan est plus que flatteur : il détient le monopole sur le marché de la photo instantanée, 20% du marché des films, et 15% de celui des appareils photos aux Etats-Unis. Il a compté jusqu’à 21 000 salariés. Bref, Polaroid est « too big to fail ». Mais

2001 : le Phénix

Le succès fut instantané, la chute aussi pple a Steve Jobs, Polaroid a Edwin Land. Autre époque, même profil : un scientifique, inventeur, qui est aussi un industriel malin, capable de faire d’une innovation un produit plébiscité par les consommateurs.
la genèse C’est pendant ses études à Harvard que ce brillant chercheur américain, né en 1909 dans le Connecticut, découvre les lumières de Broadway. Ce n’est pas qu’il joue les vedettes sous les projecteurs, mais l’éclat agressif des enseignes et des projecteurs lui donne à réfléchir : et si la polarisation pouvait réduire les dangers pour la santé des individus d’une trop forte exposition à la lumière? Dès lors, il oriente ses recherches vers l’optique, crée les premiers filtres polarisants, et fonde Polaroid dans les années 1930. Parmi les produits

A

1926-1947 : 

proposés par la jeune firme : lunettes de soleil, lunettes 3D pour le cinéma ou encore vitres teintées. La fée électricité a fait reculer l’obscurité au profit de la lumière ? Edwin Land entend bien en juguler les excès. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il met ses talents au service de l’Oncle Sam, développant des viseurs de chars et la première bombe guidée par laser. C’est après la guerre que Land a pour la première fois l’idée de l’invention qui le rendra célèbre. Une idée qu’il doit en partie à sa fille de 3 ans, qui l’interpelle à l’occasion d’une promenade, lui demandant pourquoi elle ne peut pas voir tout de suite les clichés qu’ils ont pris d’elle. En bon père de famille qui ne peut rien refuser à la prunelle de ses yeux, Land s’exécute et conçoit l’appareil photo à développement instantané, dont les premiers exemplaires seront vendus en 1948.

l’usine néerlandaise ont relancé la production de films instantanés

“D’anciens salariés de ”

1981-2001 : 

2000. Alors que l’appareil photo numérique envahit le marché, Polaroid perd ses clients professionnels les plus importants : les agents immobiliers, qui s’en servaient pour leur promotion, les experts en assurance, et le juteux marché de la photo d’identité pour les permis de conduire. Surtout, le produit phare de Polaroid, ce sont ses films instantanés, sur lesquels il réalise une marge exorbitante de 65%, ce qui l’a conduit à brader ses appareils pour mieux les écouler. Or, les ventes des films s’écroulent : pourquoi imprimer à prix d’or ce qu’on peut contempler sur des écrans toujours plus nets ? Comment blâmer

Ces chimistes attachés au papier voient d’un mauvais œil le développement du digital, issu des sciences physiques. Pour eux, il n’est qu’un complément au support physique, mais certainement pas le cœur de la photographie. En 2008, Gary DiCamillo, PDG de 1995 à 2001, analyse ces erreurs à l’occasion d’une conférence à Yale : « Nous avions parié que la photographie resterait sous la forme de supports et de copies matérielles que l’on pourrait toucher, regarder, saisir (…). Ce fut notre plus grande erreur. » En 2001, Polaroid se restructure et fait sa révolution, avec un virage plus résolu vers le nu-

En août 2008, Polaroid a tourné une page importante de son histoire, en abandonnant la fabrication des pellicules à développement instantané et en fermant ses usines aux EtatsUnis, au Mexique et en Europe. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait, puisque 11 salariés de l’usine d’Enschede, aux PaysBas, ont bien retenu la célèbre formule d’Edwin Land : « Ne vous lancez pas dans un projet à moins qu’il soit manifestement important et quasi impossible ». Suivant les conseils de l’inventeur du Pola, ils relancent la production des fameuses pellicules, en adoptant un nom de circonstance : The Impossible Project. Depuis 2009, la production a repris. « Impossible » s’était fixé pour objectif de vendre 3 millions de cartouches de pellicules en 2010 et 10 millions au maximum les années suivantes. La cible n’est bien sûr plus le grand public, mais une niche de passionnés et nostalgiques de l’argentique qui se tournent vers les appareils rétro comme les Diana, Lomo et autres Holga. Le papier n’a pas dit son dernier mot, Polaroid non plus.
Aymeric Marolleau

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CLUB EntREPREnDRE
Prospective

La Vallée de la Rouille
Dans son livre Physics of the Future, Michio Kaku, scientifique et prospectiviste américain, annonce que la loi de Moore, qui veut que la puissance des ordinateurs double tous les 18 mois, buttera sur sa frontière physique : l’atome. Avec pour conséquence la crise de la Silicon Valley. EcoRéseau a envoyé un envoyé spécial en 2030 pour rendre compte de la situation.
ans les agences pour l’emploi de San José, auto-proclamée capitale de la Vallée du silicium, les files d’attentes s’allongent. tous les métiers de l’informatique semblent s’être donné rendez-vous : développeurs, programmeurs, ingénieurs, architectes réseaux, suent à grosses gouttes en ce mois de septembre 2030 anormalement chaud. Sur leurs CV, les noms de compagnies aussi prestigieuses que désuètes : Apple, Google, Facebook, eBay… Les plus vieux se rappellent avec nostalgie la décennie 2000, lorsque San José était une cité florissante d’un million d’âmes, classée au premier rang des plus grandes économies de la connaissance au monde par le World Knowledge Competitiveness Index, et que le niveau de vie y était parmi les plus élevés des Etats-Unis.

D

ber sur la tête ? Les utilisateurs de Facebook sont excédés par les grèves à répétition des employés de Palo Alto, qui bloquent leur messagerie sans préavis, tandis que dans les entreprises du web les pointeuses ont remplacé les babyfoots. Les satires sociales des studios Pixar, que n’aurait pas renié Ken Loach, raflent les Palmes d’Or à Cannes et les Ours d’Or à Berlin. Le leader du syndicat des ingénieurs en informatique fait la tournée des médias pour dénoncer « ces patrons voyous qui ont profité des aides du gouvernement aux fabricants de semi-conducteurs et aux sociétés informatiques sans tenir leurs engagements de maintien de l’emploi. Il manie l’ironie : la vallée du silicium est devenue la vallée de la rouille ». Le Gouverneur républicain de Californie, Bruce Willis, n’a pas de mots assez

les médias dans les locaux désolés de Santa Clara pour tenter d’expliquer les déboires du secteur. Derrière son bureau figure le portrait de Gordon Earle Moore, qui cofonda l’entreprise en 1968. Celui que l’on surnomma le « patriarche de la Silicon Valley »

bre de transistors dans un semi-conducteur. Depuis, les ordinateurs ont cessé de progresser tandis que les résultats des 6 000 entreprises de la région, eux, n’ont eu de cesse que de plonger. Plutôt que de s’apitoyer sur leur sort, les communes de

champs de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes provoque des rivalités et ravive les raisins de la colère. Quelques anciens magnats du numérique ont acquis des pieds de vigne dans les monts Santa Cruz et produisent des cuvées estampillées Silicon

Packard ont fondé HP dans les années 1930. L’Université de Stanford a bien tenté de trouver une solution au problème de la loi de Moore, mais ses chercheurs se sont cassé les dents sur leurs projets d’ordinateurs

Vue aérienne de la Silicon Valley avait tout compris avant tout le monde lorsqu’il formula en 1965 sa célèbre loi de Moore, qui fit le succès, puis causa la perte, de la Vallée : « Le nombre de transistors dans un micro-processeur double tous les 6 mois. » Ce premier présage s’est révélé exact : tous les 18 mois, pendant une cinquantaine d’années, la puissance des ordinateurs a doublé, provoquant un renouvellement effréné des équipements et une amélioration continue des services aux utilisateurs. Mais en 2015, les semi-conducteurs ont atteint la taille de l’atome. Or, Gordon Moore l’avait aussi prédit : à ce momentlà, il deviendrait impossible d’augmenter encore le nomScotts Valley et Gilroy ont préféré tourner la page en renouant avec ce qu’elles savaient faire de mieux avant la folie informatique : l’arValley. Le passé glorieux de la région a donné des idées au secteur touristique : les tour-opérateurs proposent une tournée atomiques ou quantiques. Les nanotechnologies n’ont pas encore tenu leurs promesses. Heureusement, pour trouver des relais de croissance, l’Université a développé dès les années 2000 des programmes de recherche dans les biotechnologies et les énergies renouvelables. Quelque part dans un des ses labos, le moteur à hydrogène s’apprête peut-être à passer de la théorie à la réalité. D’ores et déjà, la santé des entreprises spécialisées dans l’énergie solaire, comme Sun Power et SolarCity, annonce peut-être le retour du beau temps dans la Vallée.
Aymeric Marolleau

Circuits électriques Aujourd’hui, la ville n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut. La tension est montée d’un cran le mois dernier, lorsque des ingénieurs d’Apple à Cupertino ont séquestré leur directeur après l’annonce d’un vaste plan social. Quelques mois plus tôt, des casseurs ont tenté de pénétrer la salle des serveurs de Google à Mountain View, provoquant l’émoi des utilisateurs autour du monde : le cloud finira-t-il par leur tomdurs contre l’entreprise d’origine française StMicroelectronics. Il y a 5 ans, celle-ci avait en effet racheté la société nvidia avec l’engagement de ne pas licencier. Mais devant son projet de fermer le site de Sunnyvale, le Gouverneur n’hésite pas à brandir la menace de la nationalisation. Le dirigeant d’Intel, autrefois premier fabricant de semiconducteurs au monde, reçoit

Cupertino ont séquestré leur directeur après l’annonce d’un vaste plan social
boriculture fruitière. Les pommes ne figurent plus seulement sur les logos des produits Apple. Pêchers, pruniers, cerisiers recouvrent à nouveau le comté de Santa Clara. Mais l’extension des des friches industrielles avec découverte des anciens locaux de Yahoo! et Electronic Arts. Le clou de la visite est situé au 367 Addison Avenue à Palo Alto : il s’agit du garage où William Hewlett et David

“Des ingénieurs d’Apple à ”

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Supply Chain
Ensemble, c’est tout
Mutualiser le transport et les entrepôts était encore inconcevable il y a quelques années. Mais à l’initiative de quelques audacieux – grands groupes, PME et même TPE récemment créées – les habitudes évoluent timidement. L’idée de côtoyer des concurrents d’un peu trop près, dans des conditions de gestion parfois difficiles, fait fuir nombre de dirigeants malgré la stratégie gagnante que représente la mise en commun des moyens.
Même les concurrents directs décident de se serrer la main pour faire des économies. Bridgestone et Continental partagent ainsi un entrepôt de 42 000 mètres carrés à Mer, dans le Loir-et-Cher, pour fournir en pneumatiques les clients de la région. Leur prestataire commun, Deret Logisgistique est à l’étude depuis trois décennies, mais ce n’est que depuis quelques années que des projets concrets se mettent en place », constate Claude Samson, président de l’AFILOG, association pour le développement de la logistique en Europe. Pour Dominique Ory, directeur France cemment en mutualisant ses transports de marchandises. A cause de la hausse du prix des carburants et des péages autoroutiers, les coûts logistiques représentent aujourd’hui entre 5 et 15% du chiffre d’affaires des entreprises. La Commission logistique de la Fédération des entreprises et en-

“La Commission logistique de la Fédération ”

des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF) estime que la mutualisation des flux allège les factures d’environ 10%
Supply chain et Transports chez le prestataire FM Logistic, « cette tendance devrait s’étendre progressivement aux PME. Lorsqu’on regroupe jusqu’à sept industriels pour mutualiser un entrepôt, comme dans notre cas, il y a des répercussions très intéressantes en terme de rentabilité ». Le vendeur de pâtés en conserve Hénaff, une PME bretonne de quelques 200 salariés, est également entré dans la danse rétrepreneurs de France (FEEF) estime que la mutualisation des flux allège les factures d’environ 10%. La limitation du foncier en milieu urbain est en outre un facteur qui encourage au développement des entrepôts partagés. Pour les donneurs d’ordres qui achètent ou louent un bâtiment en commun, les économies d’échelle ne sont pas négligeables. A noter que le bénéfice concerne autant l’image

Où est Charlie ?

C

olgate, Henkel, Reckitt-Benckiser ont ouvert la voie. Ils livrent aujourd’hui leurs clients avec les mêmes camions. Une mutualisation censée rapporter gros, car voyager avec des

taux de remplissage n’excédant pas 75 à 80% n’était plus acceptable. Les trois industriels espèrent réduire de 20% le nombre de véhicules pour l’acheminement des marchandises, ainsi que le kilométrage

parcouru. Le prétexte de la nécessité de prendre soin de l’environnement, toujours plus remis sur le tapis au fil des années, tombe à pic et donne l’occasion d’optimiser son activité en la matière.

tique, réceptionne informatiquement les commandes, calcule les besoins de transport à mettre en œuvre, puis les marchandises sont acheminées dans les points de vente. « Le besoin de flexibilité se fait de plus en plus sentir. Plus on avance, plus ces solutions vont se répandre », assure Lény Hénon, président de Real Mobile Estate, spécialiste de la location immobilier d’entreprise. « La mutualisation lo-

Conseils

Créer radin Création d’entreprise
Idée radine, idée maligne. Il n’y a pas que les consommateurs qui profitent d’astuces pour acheter à petit prix. Les entrepreneurs peuvent aussi bénéficier de nombreuses solutions pour créer une société ou financer un projet sans débourser des sommes folles, et sans forcément faire l’impasse sur la qualité. Tour d’horizon des bons réflexes qui laissent la trésorerie au repos. n Monter son dossier Faire appel à une société de conseil spécialisée peut coûter les yeux de la tête, tandis que s’orienter vers la Chambre de commerce locale est la première bonne idée à avoir pour connaître l’intégralité

des avantages et aides auxquels a droit un jeune entrepreneur. Grâce aux outils en ligne, aux journées à thème et ateliers organisés, toutes les informations relatives aux demandes de soutien à rédiger, ainsi que les démarches à prévoir, sont connues en détail. Des études au cas par cas, réalisées sans frais par des experts, sont également possibles. Reprendre une entreprise en situation de faillite fait figure d’opportunité pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale à moindre coût. Une entreprise en difficulté peut être reprise lorsqu’elle est mise en redressement judiciaire. Cette décision publique est prise par le Tribunal de commerce et consultable au Greffe. Le candidat repreneur dispose d’un délai court, de quinze jours à un mois, pour présenter son offre. Encore faut-il être en mesure de redresser la situation. Des informations précieuses à ce sujet sont disponibles sur www.aspaj.fr ou www.infogreffe.fr.

Côté recrutement, les profils juniors s’avèrent bien sûr moins coûteux pour une structure qui démarre. Ils permettent de mieux répondre à l’urgence d’une embauche, étant plus rapidement disponibles. Le temps passé à éplucher les CV et à multiplier les entretiens sera considérablement réduit. Et puisque le coût est moindre, les précautions à prendre en amont ont droit à plus de souplesse. n Financer son projet Pour régler avec le sourire la question du nerf de la guerre, plusieurs options séduisantes sont à privilégier. L’Etat propose un Prêt à la création d’entreprise (PCE), par le biais d’Oséo. Son montant est garanti jusqu’à 70%. Il est obtenu soit directement auprès de la banque, soit avec l’appui d’un réseau d’accompagnement (liste des réseaux agréés disponibles sur oseo.fr). Compris entre 2000 et 7000

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services sans forcément partager des espaces communs dans un entrepôt ou des semiremorques ; peut-être un premier pas en attendant que les réticences s’amenuisent. « Certaines de nos plateformes mutualisent la surveillance des bâtiments, la sécurité incendie, le nettoyage, la gestion

redorée et responsable des sociétés participantes que leur trésorerie. Un site commun d’entreposage permet de réduire l’emprunte carbone de la supply chain. Qui rassemble plusieurs entrepôts en un lieu s’offre la possibilité de diminuer les rotations des camions. En logistique comme ailleurs, la solution du partage ne va pas de soi et nécessite de lever un certain nombre d’interrogations. « Il existe des secteurs où la mutualisation devient assez fréquente comme la parapharmacie ou la cosmétique. Mais dans bien des domaines, les projets ont encore du mal à se concrétiser », reconnaît Claude Samson. La distribution est en effet devenue un levier concurrentiel fort pour les entreprises, d’où les réelles difficultés à passer le cap. « Le principe de confier à un tiers son activité suscite des craintes. Les dirigeants ont parfois l’impression de perdre un avantage concurrentiel, de s’aligner sur la vitesse et le mode de fonctionnement des autres acteurs. Ces peurs s’inscrivent dans un contexte où chacun croit que son service est unique, ce qui est souvent loin d’être vrai », poursuit-il. Différents niveaux de mutualisation peuvent être distingués. « Nous mettons en commun des services à l’échelle d’un parc et de plusieurs bâtiments. La prise en charge peut comprendre l’entretien, la desserte d’eau, l’installation de la fibre optique. Notre degré d’intervention s’adapte aux souhaits de mutualisation du client », explique Léo Barlatier, co-gérant de Barjane, investisseur et développeur immobilier. Une solution intermédiaire, mutualisant des

La peur de L’autre

pouvant devenir couacs Mais gérer en un même lieu des flux de nature et d’origine différentes signifie aussi concilier des paramètres complexes que les entreprises ne mesurent pas toujours. En Auvergne, des producteurs de viande,

petits hics

cette démarche », explique Léo Barlatier. Par ailleurs, même si la peur de la concurrence ne doit pas scléroser les dirigeants ou responsables logistiques, des précautions s’imposent. Qu’il s’agisse de partager un entrepôt avec un fournisseur, une entreprise œuvrant dans un secteur complémen-

clients adaptés, voire complémentaires. Par exemple une société confrontée à un pic d’activité en début de soirée ou dans la nuit, et une autre en journée. « L’optimisation des espaces d’entreposage dépend aussi beaucoup de la saisonnalité. Lorsque celle-ci est différente entre deux sec-

des déchets », indique Christophe Ripert, directeur immobilier chez le loueur de plateformes logistiques Sogaris. « Les charges d’un entrepôt comme l’entretien ou le gardiennage représentent dix à quinze euros par mètre carré, d’où l’intérêt de partager ces activités », précise Léo Barlatier.

fromage et autres produits alimentaires se sont regroupés sur un même site pour mutualiser les livraisons vers la région parisienne. Mais ils n’avaient pas anticipé la nécessité de disposer de trois niveaux de température différents au cours du transport par camion. « Tous les secteurs ne sont pas familiarisés avec

taire, ou un concurrent direct, la question de la confidentialité et du respect des procédures se pose. Dans l’agriculture ou la viticulture, les réticences à communiquer sur les volumes d’activité sont compréhensibles. Les projets de mutualisation sont alors à prendre avec des pincettes. Le défi consiste à trouver des

teurs, comme entre le domaine des meubles et celui des jouets, l’organisation de la mutualisation est simplifiée », indique Léo Barlatier. La compatibilité entre les produits et les flux constitue le maître mot d’un partage d’entrepôt réussi. « Certains secteurs comme la grande distribution et l’agroalimentaire sont propices aux

solutions de mutualisation. Les livraisons d’eau et de sodas ne sont pas les mêmes en toute saison, et ont des intérêts communs au même moment en matière de logistique », poursuit-il. Pour Claude Samson, « l’échelle régionale est plus propice à la mise en place de solutions de mutualisation car les industriels locaux, même s’ils sont concurrents, ont souvent le sentiment d’œuvrer en défendant un dynamisme local, une image de terroir propre à leur région. » Une démarche de solidarité dans l’adversité, en quelque sorte. Des pistes de recherche sont à l’étude au sein des constructeurs immobiliers et prestataires du domaine, toujours dans un but d’optimisation. « Nous envisageons plusieurs solutions pour l’avenir. Plutôt que de louer un espace 24 heures sur 24 à un opérateur qui ne l’utilise que dix à douze heures par jour, une idée serait de louer la cellule à un autre acteur pendant la plage horaire où le premier n’est pas présent. Les prix de location pourraient donc être baissés pour chaque acteur », confie Christophe Ripert. Une plus grande souplesse au niveau des tarifs changerait aussi la donne. « Les douze heures les plus demandées peuvent par exemple être moins chères que les douze heures les moins demandées, ce qui permet d’orienter la mutualisation, et de créer des opportunités intéressantes pour les clients ». Mais attention à l’optimisation très poussée des espaces. « Elle peut générer des conflits de fonctionnement comme des avaries, accidents, pertes ou échanges de colis », conclut-il.
Mathieu Neu

Conseils
euros, il finance la trésorerie de départ, des investissements immatériels comme la publicité, les frais commerciaux, les aléas du démarrage. Mais il doit être accompagné d’un autre prêt bancaire égal ou supérieur à 2 ans, d’un montant au moins égal à deux fois le montant du PCE. Aucune garantie ou caution personnelle n’est nécessaire. Les prêts d’honneur soulagent également les caisses. Ils s’adressent à tous les repreneurs ou créateurs pour répondre aux besoins durables. Un prêt d’honneur est un crédit à moyen terme, de deux à cinq ans, sans exigence de garantie. Les montants oscillent entre 2000 et 30000 euros. Le taux de remboursement en vigueur est de 0%. Les réseaux Initiative France, Réseau Entreprendre, ou encore France Active, figurent parmi les interlocuteurs à contacter. Certains organismes proposent des prêts d’honneur à un taux supérieur à zéro, mais celui-ci sera toujours inférieur aux conditions du marché bancaire. Pour les allergiques aux crédits classiques, il y a le crowdfunding, véritable phénomène en vogue. Le but est de faire appel à une foule de petits investisseurs qui soutiennent des projets, souvent via Internet, en misant quelques centaines d’euros ou davantage. Le cabinet de conseil Deloitte estime qu’à l’échelle mondiale les sites de crowdfunding devraient lever 2,2 milliards d’euros en 2013, soit le double de 2011. Les business angels et capital-investisseurs sont d’autres solutions possibles de financement. Et pourquoi ne pas miser sur les concours, comme Cré’ACC, de l’Agence pour la création d’entreprise (APCE), Envie d’Agir, réservé aux jeunes, ou encore Tremplin entreprises, organisé par le Sénat et réservé aux société dites innovantes ? Côté fondations susceptibles de délivrer des subventions, les plus connues sont celles de Schneider Electric, Auchan et la Macif. n Lancer l’activité Où s’implanter ? Pourquoi pas dans une des 44 zones franches urbaines du territoire national ? Elles offrent des exonérations de l’impôt sur les bénéfices pendant cinq ans, ainsi que des impôts locaux sur une période encore plus longue. Une aide à l’embauche des salariés est également possible dans ces cas, ainsi que d’autres allégements de cotisations sociales. Qui dit installation immobilière dit assurance, un autre poste de coûts souvent douloureux. Heureusement, il y a la solution de la micro-assurance, dont la plus connue est sans doute la fondation « Entrepreneurs de la cité. » Elle propose aux créateurs une couverture comprenant les garanties essentielles dans plusieurs domaines comme la prévoyance, la santé et l’assurance multirisque professionnel. Pour moins de 25 euros par mois, la micro-assurance couvre la responsabilité civile d’exploitation, les locaux, le matériel

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Franchise & Partenariat
par michel Kahn
Consultant expert en franchise et partenariat, Président de l’IREF - Fédération des Réseaux Européens de Partenariat et de Franchise, Auteur de « Franchise et Partenariat » (Dunod. Paris, 2009)

L’immobilier d’entreprise
Avoir une entreprise ne signifie pas forcément se doter de mètres carrés à prix d’or. En matière d’immobilier comme pour le reste, dénicher les bons plans adaptés à sa situation peut faire fondre les dépenses.
trouver Le bon LocaL et La bonne formuLe La mutualisation de locaux dans des pépinières d’entreprises ou pôles de compétitivité est une option qui permet de faire baisser ses charges immobilières. Même en dehors des parcs d’entreprises, avec le contexte de crise, des sociétés n’hésitent pas à mettre en location à des conditions préférentielles une partie de leurs locaux. « Suite à la contraction de notre activité et à l’essor de la dématérialisation qui a modifié les enjeux de notre secteur, une partie importante de notre superficie est devenue inutile. Nous avons ainsi mis ces espaces en location. Plusieurs petites entreprises à la recherche de locaux de 30 à 50 mètres carrés ont trouvé leur bonheur chez nous », explique Jérôme Deschamps, associé fondateur de Casaque, un concepteur de cadeaux promotionnels. L’avantage réside aussi dans le partage d’expérience, car les entreprises qui se retrouvent ainsi regroupées évoluent souvent dans des secteurs voisins. La location au sein des centres d’affaires peut aussi être intéressante. Leurs responsables estiment généralement que les tarifs correspondent à celui du marché immobilier. Un niveau de prix obtenu grâce à une mutualisation des coûts, les secrétariats, centres d’impression, salons et salles de réunion étant disponibles pour l’ensemble des occupants. Il faut débourser un peu plus de 1000 euros par mois par poste de travail pour ce type d’option. Les tarifs varient selon plusieurs critères comme

Les 7 principes qui font du contrat de partenariat, l'une des formes les plus efficaces du commerce organisé indépendant, une relation "gagnant-gagnant"
Respecter l'autre et ses propres engagements est un enjeu majeur pour réussir. Le respect des conventions, des procédures, nourrit le système partenarial d'une solidité naturelle. 2 - La transparence La transparence est nécessaire pour optimiser la communication. De la qualité de la transparence dépend le climat de confiance. 3 - La Loyauté Le système partenarial ne saurait garantir une relation sincère, sans loyauté. Le comportement loyal doit aboutir à éviter la retransmission d'une information dénaturée. 4 - L'exceLLence La concurrence verticale (les réseaux) a pris le pas sur la concurrence horizontale (de proximité). La compétitivité entre chaînes est rude. C'est pourquoi le partenariat fait de l'excellence un principe favorisant le management de la performance et du zéro défaut.

1 - Le respect

Le partenariat développe un marketing de proximité. Le partenaire indépendant est proche du consommateur local. Il doit répondre à ses attentes et comportements d'achats. Le concept, sans se dénaturer, devient "caméléon". L'enseigne participe à rompre la monotonie du paysage commercial aujourd'hui décrié par les consommateurs las de retrouver partout la même offre. 6 - La performance Parmi les avantages qu'offre le commerce organisé indépendant, il en est un – et non des moindres – qui est celui de ne pas être seul. La synergie du réseau est un puissant stimulateur. 7 - La fertiLisation croisée C'est le principe le plus identifiant du partenariat. Echanger ses expériences pour optimiser ses actions. Le concept est un élément en mouvement se capitalisant d'autant plus rapidement que la fertilisation croisée est riche et soutenue.

5 - La proximité

Pour la déco, c'est vous qui voyez la localisation géographique, la taille du bureau, la durée de location. Les prix comprennent souvent toutes les dépenses, des taxes aux contrats d’assurance, en passant par la maintenance, la surveillance… On estime qu’à partir de quatre à cinq postes de travail, les bureaux traditionnels peuvent redevenir rentables. Mais certains spécialistes estiment que le recours à cette option immobilière peut générer des problèmes de réputation. neuf ou d’occasion, a littéralement explosé. Une solution économique si l’on accepte de ne pas être regardant sur la qualité du matériel. Les ventes aux enchères publiques peuvent être une autre piste avantageuse à étudier. Enfin, l’usage de locaux mutualisés est un moyen d’accéder à du mobilier et des équipements à bas prix, voire gratuitement. En prime, les locataires bénéficient d’appareils et de matériels mis en commun, comme un distributeur de boissons, et même d’infrastructures associées, comme une salle de sport.
Mathieu Neu

aménager à petits prix

Avec les réductions de coûts tous azimuts, le nombre de sites Internet de vente de mobilier d’entreprise,

Conseils
et les marchandises en cas d’incident. Ensuite, il existe de nombreux dispositifs de soutien à l’activité, comme l’Aide aux demandeurs d’emploi créant ou reprenant une entreprise (Accre), qui consiste en une exonération de charges sociales pendant un an. Autres exonérations intéressantes : celles apportées par le statut JEI (Jeune entreprise innovante), pour les sociétés de moins de huit ans. Lorsque les dépenses de recherche et développement atteignent au moins 15% de leurs charges, les sociétés ne payent plus d’impôt sur les bénéfices et d’IFA, plus d’impôt sur les plus-values de cession de titres pour les associés. D’autres aides fiscales relatives à l’innovation peuvent être de véritables jackpot. Le Crédit impôt recherche (CIR) représente 30% des dépenses de R&D, et le Crédit impôt innovation (CII), nouvellement créé en 2013, atteint 20% des montants investis en innovation. Pour tester sa nouvelle activité à court terme, le statut d’auto-entrepreneur est également intéressant, car il apporte son lot d’allègement de charges sociales, fiscales, et administratives. n Les limites de la radinerie Pour ce qui est du financement, entre les prêts d’honneur, les concours locaux, les PCE, les solutions peu coûteuses peuvent vite s’accumuler. Pour autant, à l’exception des dons, il va falloir rembourser. La facture peut vite s’alourdir, c’est pourquoi un apport personnel reste souhaitable. La vigilance est aussi nécessaire en terme de micro-assurance. Des montants peuvent rester à payer en cas de dommages, et les formules peu chères « multirisque professionnel » ont des plafonds de remboursement assez bas. Côté statut, même si elle est intéressante, l’auto-entreprise n’est pas la panacée, puisque les chiffres d’affaires annuels maximum autorisés sont de 32 600 euros pour une activité de prestation de services, et de 81 500 euros pour les activités d’achat/revente. Recourir aux profils juniors a également ses limites. S’ils peuvent être intéressants financièrement, ils le sont beaucoup moins en terme d’expérience. Si les connaissances théoriques sont au rendez-vous, le savoir-faire pratique est forcément limité. Si la recrue a déjà une expérience, le contexte de création d’entreprise ne sera sans doute pas celui avec lequel il sera le plus familiarisé. Enfin, si reprendre une entreprise dans la difficulté peut être peu coûteux, des investissements lourds peuvent être nécessaires pour relancer l’affaire. Le repreneur doit être en mesure d’impulser rapidement une nouvelle dynamique, dans un contexte souvent tendu. Il doit au préalable mûrir son projet et ses motivations. Pour que radin ne rime pas avec crétin.
Mathieu Neu

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Innovation Numérique
L’information économique & stratégique, autrement
Décryptage

&

Stratégie

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Bimestriel

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Comprendre, Entreprendre, Innover

ecoreseau.fr

Entretien avec Benoît Thieulin

L

e président du Conseil National du Numérique fait le point sur cette instance et sur les grands enjeux numériques de la

France : e-éducation, neutralité du net, fiscalité numérique, protection des données…
p. 40

Expertises Dématique Fiscalité Normes
IDéNum : Vers l’internet de confiance

EDItOrIAL
Le métier de « dématicien »
u moment où François Hollande met l’accent sur la formation professionnelle, il est opportun, outre la concertation envisagée, de se poser la question de l’adéquation des formations aux besoins du marché, voire de proposer de nouvelles filières, en particulier dans l’environnement numérique. Un secteur qui pourrait représenter une véritable opportunité de reconversion – notamment pour certains demandeurs d’emploi - dans un domaine en pleine expansion et aux multiples facettes. Ainsi, pourquoi ne pas lancer un vaste programme de formation destiné en particulier aux « dématiciens » (professionnels de la dématique), capables de traiter à la fois de la dématérialisation des supports, des échanges et surtout des processus métier. S’agissant d’une évolution naturelle de l’informatique à laquelle s’ajoute un volet réglementaire, la dématique ne nécessite pas de compétences particulières en informatique. Néanmoins, une véritable ouverture d’esprit s’impose afin de pouvoir traiter du côté pluridisciplinaire de la matière, à la fois technique, juridique et organisationnel. La dématique nécessite une organisation à plusieurs niveaux hiérarchique. Le niveau le plus élevé, sorte de CIO (chief information officer) couplé à un CKO (chief knowledge officer), nécessite une présence au comité de direction de par les aspects stratégiques du poste. Un deuxième niveau correspond à celui d’un bon chef de projet, responsable de la dématérialisation ou EDM (electronic data manager), voire IM (information manager) ou encore de D&IM (document & information manager), capable de manager des projets de dématique en maîtrisant parfaitement leur aspect pluridisciplinaire. Pour le reste il s’agit du domaine des dématiciens, véritables acteurs au quotidien de la mise en œuvre et du fonctionnement des projets de dématique. Il existe encore très peu de formations dans ce secteur, malgré le développement récent du marché de la dématique. Aussi les besoins sont-ils de plus en plus importants afin de permettre aux organisations de disposer des profils adaptés pour mener à bien leurs projets de dématique. A bon entendeur…
Jean-Marc Rietsch

Business story Données à haute valeur ajoutée

La dématérialisation de la comptabilité au service de l’efficacité du contrôle fiscal La certification

A

Assurance risque

La contribution de l’assurance à l’économie numérique

Droit du numérique

Offrir la sécurité tout en donnant une valeur juridique à l’information. Un double traitement qui a propulsé Cimail, spécialisée dans l’archivage électronique, vers les sommets. p. 50

Vers la dématérialisation des notifications des convocations et des procès-verbaux des copropriétaires p. 42

Veille juridique
Vers une dématérialisation totale des factures ? Révolution ou malentendu ?
almerys, acteur de référence du traitement industriel des données numériques...

Adopte un collegue.com

Haute résolution

p. 51

prend sa source au cœur de l’Auvergne !

Derrière l’effet de mode, quelle efficacité p. 44 réelle des réseaux d’entreprise ?

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STrATégIE & INNOVATION NuMérIquE
Décryptage

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« La France n’accuse pas de retard numérique »
Benoît Thieulin, président du Conseil National du Numérique, fait le point sur cette instance et sur les grands enjeux numériques de la France : e-éducation, neutralité du net, fiscalité numérique, protection des données…
rateurs, des grandes entreprises, mais aussi des startup, des universitaires, des personnalités de la société civile, à défaut d’être parfaitement représentative, cette diversité de points de vue enrichit nos travaux. Sur nos trois types de saisines (réponse à une question précise du gouvernement, consultation, prospective) nous essayons de rendre des avis qui ne soient pas trop binaires. Fleur Pellerin vous a demandé d’être le « poil à gratter » du gouvernement. Comment allez-vous vous y prendre ? Dans un pays comme la France, il y a des phénomènes de technostructure importants et des lobbies qui savent très bien défendre leurs intérêts. Si le gouvernement a la tentation de leur céder, nous devrons être une vigie. Nous ne nous opposerons pas systématiquement à lui, mais nous ne manquerons pas de le faire. Nous ne devons jamais oublier que nous sommes là pour montrer quelle est la vision de trente professionnels qui travaillent sur Internet, quels ques soient les enjeux, les parties-prenantes, les pouvoirs en présence. On reproche souvent à la France d’être en retard en matière de numérique, tant Quelle est la raison d’être du Conseil national du numérique ? Nombreux, parmi ceux qui travaillent dans le secteur de l’Internet, ont été déçus par la manière dont les débats sur le sujet ont été conduits en France, par exemple à l’occasion de la loi DADVSI (relative aux droits d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information, ndlr) ou d’Hadopi. L’approche était sommaire et a dérivé en « net-bashing », c’est à dire en stigmatisation du microcosme numérique. Le premier CNN a été créé au lendemain du débat Hadopi, pour panser les plaies et éviter une nouvelle cacophonie. L’idée est donc de disposer d’un organe consultatif qui regroupe des professionnels de l’Internet, et puisse émettre des avis pour éclairer le gouvernement dans ses décisions sur ce sujet. Mais ces questions sont complexes et protéiformes. Les geeks que nous sommes doivent s’interroger sur la difficulté que nous avons parfois à être compris par la société. Nous devons faire preuve de plus de pédagogie. Le CNN que vous présidez est très différent, par sa composition, de celui qui a travaillé de 2010 à 2012. Passage de 18 à 30 membres, parité dans le genre et les générations… Pourquoi ces changements ? Le CNN précédent avait un défaut : il était trop « big business » et télécommunications. Or, Internet est le fruit d’une alchimie particulière entre des acteurs très

“ Il faut une TVA du XXIe ”
différents que la nouvelle composition a le mérite de refléter. En intégrant des opé-

siècle qui repose fortement sur les données
du point de vue de sa contribution à la croissance que de son poids en termes

Ecoréseau N°2 - AVrIL/MAI 2013

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STrATégIE & INNOVATION NuMérIquE
Décryptage LE CARNET DES NOMINATIONS
en partenariat avec

d’emplois. Qu’en pensezvous ? Bien sûr, certains phénomènes plaident en ce sens, comme les retards en matière de digitalisation des grandes entreprises et des PME, d’administration digitale, la difficulté de certaines entreprises de l’ancienne économie à s’adapter au numérique et du législateur à adapter la réglementation. Mais sur les fondamentaux de ce qu’est le digital, je ne partage pas du tout cette impression : nous avons une connexion de qualité, compétitive et innovante. La France a inventé la box, est un leader mondial de la télévision sur IP, dispose d’un cluster numérique dynamique avec Cap Digital et de belles start-up. Donc pour ce qui est de l’infrastructure de base, il n’y a pas de retard. Quelle est l’influence du digital sur l’économie et la société ? Il ne fait aucun doute qu’il contribue à la croissance, comme le montrent de nombreux rapports. En digitalisant la vieille économie, il sort de son pré carré. Dans le cloud, les PME ont aujourd’hui accès pour un prix modique à des outils informatiques qui coûtaient des dizaines de millions d’euros il y a quinze ans, ce qui est une chance pour leur compétitivité et leur marge. Pour ce qui est du solde en termes d’emplois, je ne saurais dire

forces entre les grandes institutions et leurs publics : entreprises et employés, services et clients, étudiants et professeurs, patients et médecins, citoyens et Etats… un seul exemple : alors qu’hier les clients étaient atomisés, sans grands moyens de défense, ils peuvent aujourd’hui aisément se liguer sur les réseaux sociaux pour faire entendre leur mécontentement. Comment former les plus jeunes à la société numérique ? D’abord en revisitant la manière d’enseigner. Le numérique peut aider à transformer fondamentalement la pédagogie. La salle de classe est toujours celle de Jules Ferry et de la révolution industrielle, celle où le savoir est diligenté par une personne à plusieurs de façon très cadrée, celle qui devait former des militaires, des chefs d’entreprise, des ingénieurs, des contremaîtres, des ouvriers. De nombreuses tâches dévolues aux enseignants ont une faible valeur ajoutée. Des « serious games » pourraient remplacer les professeurs dans la transmission de certains savoirs, pour leur permettre de se concentrer sur des moments de haute valeur ajoutée, pour faire plus de personnalisation, d’accompagnement, d’explication. Ensuite, il s’agit de revoir l’objet de la formation lui-

qui se cache derrière les usages numériques et à leurs conséquences politiques, sociales, économiques, culturelles. Est-ce aussi une façon de réduire la fracture numérique ? En effet, les outils numériques, réseaux sociaux ou smartphones par exemple, sont à la fois intuitifs et très complexes. Ils sont livrés sans mode d’emploi, donc l’apprentissage se fait beaucoup de manière collabora-

calité du numérique. Quelles seront les préconisations du CNN ? Les impôts tels qu’ils ont été pensés l’étaient dans le cadre de la révolution industrielle, quand l’économie était physique, territorialisée dans un Etat. Aujourd’hui, elle est dématérialisée et volatile. On se demande alors comment refiscaliser des acteurs qui le sont très peu, notamment les grandes entreprises. Le débat n’est pas que français, il monte aussi aux Etats-unis et au

Jean-Paul Mazoyer est promu directeur informatique et industriel groupe de Crédit agricole, à compter de mars 2013, en remplacement de Monsieur Alain Deschênes. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Michel Mathieu, directeur général délégué. Jean-Paul Mazoyer, 47 ans, EM Lyon (1987), a réalisé le parcours suivant : n 2010-2013 : Amundi, directeur général délégué, en charge des fonctions Support et Développement. n 2008-2010 : Crédit agricole Asset Management (CAAM), directeur du développement. n 2004-2007 : Calyon, directeur adjoint du réseau international, en charge de la coordination et de l'animation de l'ensemble des fonctions supports. n 2002-2004 : Crédit agricole Ile-de-France, directeur des crédits et des risques. n 1998-2002 : Crédit agricole Ile-de-France, directeur marketing et communication. n 1996-1998 : Caisse nationale de Crédit agricole, responsable du service Distribution de la direction marketing des particuliers. n 1989-1996 : Accenture, a assuré des missions de conseil auprès de banques, notamment le Crédit agricole. n 1988-1989 : Début de carrière au Crédit lyonnais Suisse. Christophe Le Roux est nommé directeur de la stratégie Go-to-market au sein d'Orange Business Services (groupe France Télécom - Orange), à ce poste depuis février 2013. Christophe Le Roux a réalisé le parcours suivant : n 2010-2012 : Monaco Telecom, responsable marketing entreprises. n 2005-2010 : Orange Business Services, successivement chef de projets, chef de produits, directeur de l'innovation et responsable de ligne produits. Alain Georgy est nommé directeur commercial et opérations du groupe 3S Informatique, à ce poste depuis février 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Richard Ovadia, président-directeur général. Alain Georgy, ECAM (1983), Institut saint-Boniface Parnasse (Ixelles, 1977), a réalisé le parcours suivant : n Depuis 2011 : Smartforyou, gérant. n 2012-2013 : MFTEL, directeur associé. n 1998-2011 : Alti, directeur associé en charge de l'international. n 1997-1998 : SAP Belux, sales & marketing director. n 1991-1997 : Oracle Belux, sales director, business unit manager, account manager. n 1989-1991 : Capgemini, account manager. n 1986-1989 : Capgemini SESA, consultant, principal system engineer, analyst, system engineer. n 1985-1986 : Philipes & MBLE, system engineer. Audrey Le Carour est promue directeur de la communication externe et interne de CGI France (groupe CGI), à ce poste depuis février 2013. Elle est sous la responsabilité directe de Madame Jessica Scale, directeur général France. Elle est ainsi en charge du déploiement de la marque CGI en France, forte et reconnue sur ses territoires d'origine au Canada et aux Etats-Unis. Elle prend la tête d'une équipe d'une dizaine de collaborateurs, qui intègre les pôles Presse, Digital, Evénementiel et Communication interne. Elle reporte directement à Monsieur Sébastien Barangé, directeur des communications corporatives et affaires publiques, et Monsieur Lorne Gorber, vice-président principal, communication et relations investisseurs, situés au siège de CGI au Canada. Elle travaille également étroitement avec la direction générale France, Luxembourg, Maroc dirigée par Monsieur Jean-Marc Lazzari. Audrey Le Carour, 40 ans, a réalisé le parcours suivant : n 2006-2013 : Logica (devenu CGI en 2012), directeur de la communication interne. n 1999-2006 : Unilog (racheté par Logica en 2006), chargé de communication. n 1998-1999 : Elior, chargé de communication interne au service des ressources humaines. n 1997-1998 : Agence de l'eau Rhône Méditerranée et Corse, chargé de communication et relations presse. n 1996-1997 : A commencé sa carrière comme chargé de communication interne au sein d'April Assurances. Christophe Moret est nommé vice-président security & business continuity d'Atos Global Managed Services, à compter de mars 2013. Il est ainsi en charge de la sécurité, conformité et continuité pour le business d'infogérance d'Atos. Christophe Moret, 51 ans, Supelec (1985), Polytechnique (1980), a réalisé le parcours suivant : n 2001-2013 : HP Enterprise Security Services, directeur EMEA de la sécurité informatique. n 1996-2001 : Hewlett-Packard, architecte sécurité. n 1993-1996 : Chorus Systems, architecte senior. n 1990-1993 : Gipsi, architecte logiciel. n 1985-1990 : Bull, chef de produits. Olivier Brot est nommé directeur des comptes globaux de Citrix France, à ce poste depuis février 2013. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Patrick Rohrbasser, directeur des opérations France. Il est ainsi en charge d'une équipe dédiée aux grands groupes français et aux grandes administrations. Il a pour mission de poursuivre le développement de Citrix auprès des ces clients. Olivier Brot, 49 ans, Insead (1988), a réalisé le parcours suivant : n NC-2013 : Oracle, directeur commercial, en charge de la division Systems France. n 2008-NC : Sun Microsystems France, directeur commercial. n 2006-2008 : Sun Microsystems France, directeur de la division Serveurs. n 2003-2006 : Sun Microsystems France, directeur commercial Entreprise et mid-market France. n 2001-2003 : Sun Microsystems France, directeur commercial des secteurs Transport, Energie, Distribution et Services. n 1997-2001 : Sun Microsystems France, account manager du secteur Energie. n 1992-1997 : Sun Microsystems France, ingénieur commercial Services. n Début de carrière en tant qu'ingénieur commercial chez Asystel, puis Top Info.

} CRÉDIT AGRICOLE

} ORANGE BUSINESS SERVICES

est d’abord une révolution de « l’empowerment »

“ La révolution numérique ”
royaume-uni. On va travailler sur la question d’accords multilatéraux qui pourraient se mettre en place rapidement, et sur l’idée de la construction d’une TVA du XXIe siècle, qui reposerait fortement sur les données, avec, comme pour la taxe carbone, une incitation aux bonnes pratiques. Le gouvernement vous a demandé de rendre un avis sur l’opportunité de légiférer sur la neutralité du net (égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet). Quelles sont vos positions ? Nous pensons qu’il faut légiférer sur ce sujet afin d’en poser le principe. Il est à l’origine de la créativité d’Internet, un réseau égalitaire dans son accès pour chaque acteur, quelle que soit sa taille. Ensuite, la manière dont ce principe s’appliquera évoluera avec le temps, selon les décisions des juges, du législateur, des pouvoirs publics. Nous pensons aussi que cette neutralité ne doit pas se limiter aux réseaux d’accès, mais qu’elle concerne également les services d’accès à d’autres services, comme les grands moteurs de recherche. De part leur position dominante sur le marché, ils doivent être neutres dans l’information qu’ils vous donnent.
Propos recueillis par Aymeric Marolleau

} 3S INFORMATIQUE

tive, c’est-à-dire essentiellement grâce à l’entourage. La fracture n’est plus liée aux équipements, mais aux usages. L’environnement culturel, le niveau social et d’éducation sont déterminants. Si on ne veut pas vivre une vraie régression en termes d’égalité devant les outils et leur utilisation, il faut mener une vraie réflexion dans la manière dont on enseigne aux élèves, dès l’école, à faire attention à leur présence sur les réseaux sociaux ou à ce qu’est une information vraie, par exemple. Les Etats-Unis viennent de voter une loi leur donnant toute latitude pour interroger les données présentes sur leur sol. De façon générale, quelle protection pour les données des utilisateurs ? Aujourd’hui, dans la majorité des cas, les utilisateurs n’ont pas conscience que la contrepartie des outils qu’ils utilisent (moteurs de recherche, réseaux sociaux…), est une transaction quasi non révélée. Puisque les données seront des centres de profit importants de l’ère numérique, alors la façon dont elles seront gérées doit être plus transparente, avec des contreparties équitables. Au-delà des acteurs numériques, ce sujet concernera des banques, des assurances, des entreprises de services… Le rapport Colin et Collin préconise une nouvelle fis-

} CGI FRANCE

“Nous devons être une ”

} ATOS

vigie pour empêcher le gouvernement de céder aux technostructures et aux lobbies
même, en enseignant dès le plus jeune âge la culture numérique, son mode de pensée structuré par l’informatique et le code, les pratiques du coopératif, de la transparence, de l’organisation en réseau, des hiérarchies aplaties… Nous devons en donner les clés au plus grand nombre, dans un monde mouvant et complexe. Il ne faut pas croire que les « digital natives » ont une compréhension innée de tout cela, il faut les aider à réfléchir à ce

} CITRIX FRANCE

s’il sera positif ou négatif, mais je ne suis pas très optimiste sur ce sujet, tant le numérique entraîne des gains de productivité colossaux dans les secteurs où il est à l’œuvre. Nous vivons une période de transition dont il est difficile de dire quel type de société émergera. Mais la révolution numérique est d’abord une révolution de « l’empowerment » (autonomisation et responsabilisation, ndlr), avec un rééquilibrage des

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sTRaTégiE & iNNOVaTiON NUMéRiQUE
Expertises

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Dématique
par Jean-Marc Rietsch, Président de Fedisa

iDéNum : Vers l’internet de confiance

a

l’occasion du Forum international sur la cybersécurité (FiC 2013) qui s’est tenu en janvier, Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique, a annoncé le lancement effectif du projet iDéNum sur l’identité sécurisée, un projet qui s’inscrit dans l’objectif d’un « internet de confiance ». « Enfin ! » est-on tenté de dire, car c’est l’aboutissement d’un long processus, puisque ce projet a été initié par Eric Besson, puis poursuivi par Nathalie Kosciusko-Morizet en 2010 lorsqu’elle était ministre de l’économie numérique. Pour être exact, il faisait même suite au lancement avorté de

la carte nationale d’identité électronique, la CNiE, au premier semestre 2009. Tout était pourtant prêt, y compris la présence d’une deuxième puce sur la carte, capable de

iDéNum en est donc le remplaçant. Ce projet consiste, de la même façon, à fournir une solution d’authentification nationale, voire européenne, adoptée par un

possible l'internet de confiance en renforçant la protection des données personnelles
recevoir un certificat électronique destiné à être authentifié vis à vis de services commerciaux et administratifs sur internet. réseau de partenaires et basée sur un certificat électronique. Fleur Pellerin est optimiste : “IDéNum va enfin rendre possible l’internet de

“ IDéNum va enfin rendre ”

confiance en renforçant la protection des données personnelles”. Elle s’inquiète de voir de grands acteurs de l’internet gérer les données personnelles de nos concitoyens de manière unilatérale, dans des conditions de transparence limitée et en dehors de nos frontières.

doute à l’origine du retour d’iDéNum. Dernier round d’un chassé-croisé bien inefficace ?

d’utiliser une signature électronique pour remplacer l’ancienne procédure manuscrite. Pour cela, il était nécessaire

“ IDéNum s’inscrit dans l’objectif d’un « internet de confiance » ”
Quoiqu’il en soit, pour avoir dès aujourd’hui une idée des applications concrètes de cette technologie, il suffit de regarder du côté de sFR. Dans le cadre de la dématérialisation de la souscription d’abonnement des clients dans les agences de l’opérateur, il fallait leur permettre de leur donner une identité numérique sous la forme d’un certificat électronique. C’est la solution pour laquelle sFR a opté. Désormais, celui-ci est stocké dans la carte siM sécurisée du téléphone mobile, afin de permettre une authentification beaucoup plus large, en particulier sur les sites internet.

Rappelons que le projet de Nathalie Kosciusko-Morizet avait été mis en sommeil à cause du projet de la carte nationale d’identité électronique (CNiE) relancé en 2011 et voté au Parlement début 2012. La censure du Conseil Constitutionnel au sujet de la deuxième puce est sans

Fiscalité
par Gwenaëlle Bernier
avocat associé - Ernst & Young

La dématérialisation de la comptabilité au service de l’efficacité du contrôle fiscal

L

a majorité des déclarations fiscales s’appuient sur la comptabilité de l’entreprise : celle-ci étant désormais tenue au moyen de logiciels ou progiciels, la fiscalité repose donc largement sur le système d’information de l’entreprise. L’administration fiscale en a tiré les conséquences depuis plusieurs années, en se dotant de moyens lui permettant de réaliser des contrôles informatisés de certaines données des entreprises, dans le cadre de demandes de traitements spécifiques à certaines problématiques fiscales ou à certains impôts. Le plus souvent, ces procédures de demandes de traitements sont diligentées avec l’aide de brigades spé-

cialisées en informatique. Mais l’administration fiscale devait aller plus loin, afin de renforcer l’efficacité de ses contrôles, en accédant aux données comptables électroniques de l’entreprise, même dans le cadre d’un contrôle fiscal « classique » et hors de toute intervention des BVCi. C’est chose faite grâce à l’adoption de la Loi de finances rectificative pour 2012, dont l’article 14 impose désormais aux entreprises de fournir leur comptabilité sous format informatique (dématérialisé). Cette obligation – qui s’imposera à toutes les entreprisessera applicable à compter des vérifications de comptabilités qui démarreront le 1er janvier

2014, ce qui laisse donc entrevoir que cette nouvelle disposition est susceptible de s’appliquer aux exercices non prescrits au 1/1/2014, c'est-à-dire les exercices 2011, 2012 et 2013.

montant maximum de 1 500 € ou 5‰ du chiffre d’affaires déclaré ou rehaussé, si ce dernier montant est supérieur. Comment opèrera l’administration en pratique ? Le fichier

“ L’administration fiscale ”

s'est dotée de moyens lui permettant de réaliser des contrôles informatisés
des écritures comptables qui devra lui être remis par l’administration, sous un format électronique, sera intégré dans le logiciel développé en interne

par l’administration fiscale. Ce logiciel réalise une analyse intelligente des données transmises, et notamment un rapprochement direct avec la liasse fiscale, facilitant le travail du vérificateur. L’administration a également développé au sein de altoweb et LeCode, des tests standards pour s’assurer que la comptabilité est tenue de façon régulière, selon les normes françaises. Quel est le périmètre des données à remettre à l’administration ? En l’absence du décret d’application, il est difficile de savoir si le fichier des écritures comptables se limitera aux seules informations comptables actuellement demandées ou mettra en œuvre les re-

commandations de l’OCDE fichier saFT (date de saisie, nom du user, numéro de TVa intracommunautaire…) comme au Portugal, au Luxembourg, … Les sociétés et les éditeurs de logiciel disposent de moins d’un an pour être prêts à mettre en œuvre techniquement cette nouvelle obligation et notamment, pour auditer et valider que les processus en place au regard des informations demandées ne soulèvent pas des questions de nature à remettre en cause la comptabilité. Une instruction administrative commentant le nouveau dispositif est attendue pour fin avril 2013.

La sanction en cas de noncommunication de la comptabilité sous forme électronique, entraîne une amende d’un

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sTRaTégiE & iNNOVaTiON NUMéRiQUE
Expertises

Normes
par Jean-Louis Pascon
Consultant chez Hénon Conseil

assurance risque
par Jean-Laurent Santoni Président Clever Courtage La contribution de l’assurance à l’économie numérique
ul ne conteste l’importance de l’assurance lors de la révolution industrielle, par ce mouvement de socialisation du risque qui a permis de protéger le plus grand nombre contre la perte de travail, les accidents, la pauvreté, la vieillesse. Mais on ne peut aujourd’hui que une constater contribution quasi absente du monde de l’assurance au financement des risques de l’économie numérique. Tout au plus observe-t-on une présence accrue des assureurs, souvent d’origine anglo-saxonne, autour des cybers risques, comme si le financement des risques de l’économie numérique ne passait que par l’assurance de ses aspects les plus négatifs constitués

La certification
our répondre aux besoins grandissants des entreprises et des administrations, les systèmes d’information se complexifient et traitent de plus en plus de données de façon plus rapide. Du coup, leur conception, leur développement et leur exploitation sont de plus en plus délicats. afin d’aider les équipes qui mettent en œuvre ces systèmes, des outils et méthodes ont été développés. C’est le cas d’UML (Unified Modeling Language), langage de modélisation graphique des processus, d’iTiL (information Technology infrastructure Library), ensemble de bonnes pratiques pour le pilotage d’un système d’information, ou CMMi (Capability Maturity Model and integration). Mais rapidement se pose le problème de savoir si ces méthodes et ces normes sont bien utilisées. Comment être sûr que tel produit est conforme à telle norme ou

N

par la cyber criminalité. La FEDisa a entamé des travaux dans son domaine et autour de ses différents acteurs pour mutualiser les risques de la dématérialisation, qu’il s’agisse des risques des projets de dématérialisation,

P

“ On ne peut aujourd’hui que déplorer
des risques liés à la protection des données dématérialisées dans le temps, et les risques liés à la perte de valeur probante de ces données. Mais ces efforts ne peuvent être l’apanage d’une seule Fédération professionnelle, aussi représentative

une contribution quasi inexistante du monde de l’assurance au financement des risques de l’économie numérique

qu’elle soit. il appartient à l’Etat de contribuer à la prévention du risque numérique, mais également à son indemnisation Cela passe par deux voies concomitantes agissant en coresponsabilité : favoriser la protection en cas de réalisation du risque numérique par l’institution de règles claires d’indemnisation des lésés au moyen d’obligations d’assurances de responsabilité civile professionnelle à la charge des prestataires et des opérateurs, tout en encourageant chacun dans la souscription d’assurance individuelle visant à couvrir ses données immatérielles comme chacun le ferait pour ses biens matériels.

”

Droit du numérique
par Eric Barbry avocat - Directeur du Pôle « Droit du numérique » alain Bensoussan avocats – Lexing Vers la dématérialisation des notifications des convocations et des procès-verbaux des copropriétaires

n’a pour but que d’instaurer la confiance

“ Toute cette mécanique ”

comment savoir si tel service est bien piloté suivant telle méthodologie ? C’est là qu’intervient le processus de certification. L’article L115-28 du code de la consommation indique ce que doit être l’organisme qui procède à la certification. En France, l’instance nationale d’accréditation est le COFRaC (Comité Français d’accréditation). Cet organisme, afin d’assurer son indépendance, son impartialité, sa transparence et sa compétence, doit être conforme à la norme isO 17001. De plus, le COFRaC est en contact avec des homologues de pays étrangers dans le cadre d’organisations comme European Cooperation for accreditation, afin d’harmoniser les pratiques d’accréditation au plan européen et mondial. Tout cette mécanique normée, réglementée et contrôlée n’a pour but que d’instaurer la confiance et de s’assurer du réel respect d’une norme X par un logiciel de conservation de données numériques ou de la conformité à un référentiel Y des prestations d’une société d’archivage. Du fait de sa simplicité, vu de l’utilisateur, il suffit juste de vérifier que le produit ou le service est certifié par un certificateur accrédité. il est évident que la demande en certification ne pourra être que croissante dans le domaine des technologies de l’information.

L

a prochaine pierre à l’édifice en construction du droit de la dématérialisation pourrait bien être la reconnaissance du droit de notifier les convocations et les procès-verbaux des copropriétaires par voie électronique. Le texte, dans sa version actuelle, prévoit que cette notification peut être réalisée par lettre recommandée ou télécopie. Un projet de décret et d’arrêté prévoit de permettre que ces notifications soient réalisées par voie électronique. Mais ce projet pose deux questions. au plan général, on peut se demander si l’adoption d’un tel décret est la bonne solution ou même nécessaire. Dès lors que la lettre RaR électronique peut se substi-

tuer à la lettre recommandée classique, on se demande pourquoi prévoir un texte spécifique. il semblerait qu’une des raisons soit que pour l’heure l’usage de la lettre

prévoit que les notifications des convocations des copropriétaires soient réalisées par voie électronique
recommandée soit limité à la sphère dite d’exécution des contrats. si tel est le cas, il eut été plus sage d’étendre les possibilités d’utiliser la lettre recommandée dans toutes les circonstances où la loi l’exige. Quant au texte lui-même, on peut s’interroger sur les options retenues et notamment deux d’entre elles : le dispositif, car

“ Un projet de décret et d’arrêté ”

au lieu de reconnaître le droit d’utiliser la lettre recommandée électronique, il impose la mise en œuvre d’une solution relativement complexe de mail ou notification sécurisée; l’acception du destinataire qui, curieusement pour un objectif de développement de l’électronique, doit être obtenu par voie « papier » revêtu d’une mention… manuscrite. Le secteur de la dématérialisation peut être un secteur à forte croissance économique, ce qui est rare en cette époque. il serait préférable d’opter pour des textes plus simple qui, tout en imposant des niveaux de qualité et de fiabilité, n’imposent pas pour autant des solutions techniques trop complexes et trop coûteuses.

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STRATéGIE & InnOVATIOn nuMéRIquE
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Adopteuncollegue.com
Derrière l’effet de mode, quelle efficacité réelle des réseaux d’entreprise ?
rsatz de la machine à café et activité chronophage pour les uns. Formidable levier de productivité et de créativité pour les autres. Les Réseaux sociaux d’entreprise (RSE) ne convainquent pas toujours. Si la technique séduit à tel point que l’ensemble des sociétés du CAC40 déploient

E

S0’xperts, dans son étude sur le ROI caché des RSE. En d’autres termes, le RSE devient un formidable medium pour optimiser la connaissance mais surtout sa manière de circuler. Il s’agit dans ce cas de figure de faire sauter les verrous organisationnels. « Vous élaborez votre plan marketing ? Le RSE vous

l’interaction et garde trace de tous les éléments qui l’ont constitué. Les documents clés sont postés, facilement retrouvables, et mis à jour chaque fois que nécessaire », décrit Sophie Callies. « Tout en faisant fi du temps et de l’espace, les RSE dessinent un environnement collectif où les rapports devien-

Link chez Bayer Shering Pharma, Bluekiwi chez Athos incarnent autant de logiciels qui ont permis de trouver des solutions innovantes pour plusieurs communautés de projet. En termes de fonctionnalité, le RSE va plus loin qu’un intranet ou un sharepoint classiques et ne peut pas être assimilé à un fac-simile de Fa-

Réunion de travail à 14h leur propre interface, cette dernière amène à de profonds changements dans l’entreprises tant en termes d’images personnelle et professionnelle qu’au niveau managérial et communicationnel. « Les réseaux sociaux d’entreprise reposent sur les technologies du Web 2.0 (blogs, wikis, RSS, etc.) et consistent à mettre à la disposition des équipes, internes ou externes, un espace collaboratif reposant sur l’interaction sociale entre les individus chaque fois que nécessaire », explique Sophie Callies, fondatrice du cabinet permet de réunir toutes les parties prenantes (responsables du marketing, interlocuteur DAF, interlocuteur commercial etc.) au sein d’un groupe de travail dédié et de conduire le projet dans cet espace collaboratif privé : présentation du calendrier, diffusion des templates, collecte d’informations, publication des documents intermédiaires pour révision, discussions sur les points à éclaircir, consultation des experts… Le processus est accompagné de bout en bout par l’application qui favorise nent davantage horizontaux. La démarche s’inscrit bien souvent dans la volonté de gagner en productivité et en valeur grâce à une collaboration plus agissante », explique Alexis Mons, directeur stratégie chez Emakina. Audelà de la seule logique de projet, et face à l’inflation de l’information, chaque collaborateur peut également demander l’avis d’un collègue sur une problématique, préparer une réunion grâce à une fonction Doodle, partager de la veille ou piloter un projet. EPOP ou KISS chez l’Oréal, cebook pour les usages professionnels. En atteste l’une des dernières moutures de chez Athos, BlueKiwi Zen

tion permettant de faire remonter en temps réel toutes les nouvelles contributions dans lesquelles l’utilisateur est cité ou impliqué. Pour aller encore plus loin, ce même moteur va jusqu’à suggérer les communautés de projet, de travail ou d’intérêt. Les raisons d’agir sont sensiblement différentes selon les objectifs de l’entreprise. Certains projets RSE ne voient le jour que dans l’optique d’un groupe de travail. A l’image de la communauté des petites mains de la marque Vuitton, les retours d’expérience, réalisés dans une logique de compagnonnage et de mutualisation des gestes techniques, montrent que les réseaux dits d’entraide permettent une réponse plus rapide. De même pour les flottes commerciales éparpillées dans leur zone de prospection, ce type de plateforme permet un flux hiérarchisé et incessant des bonnes pratiques avec le client. Il s’agit donc d’une communauté de métiers. D’autres entreprises font le choix de faire coexister plusieurs RSE. Cas pratique avec EDF qui fédère ses collaborateurs avec la marque « Vivre EDF » pour cultiver l’esprit corporate tout en développant des communautés géographiques, de métier, d’intérêts et de projet. Les anciens intranets d’EDF sont donc voués à s’éteindre par l’avènement d’une nouvelle plateforme 2.0, basée sur le portail collaboratif Liferay. Résultat : déjà 80000 inscrits et bientôt le double grâce à la synchronisation des différents annuaires. D’autres enfin, tel France Télécom, ont mis en

communautés dépasse ainsi le cadre professionnel

“ La création de ”

qui innove par l’amélioration de la visibilité des flux d’activité et des notifications, et un moteur de recommanda-

place une solution s’inscrivant davantage dans une optique de gestion des ressources humaines souhaitant mettre l’ac-

cent sur la personnalité de ses collaborateurs. L’avatar 2.0 n’est pas seulement professionnel. Les nouvelles communautés sont aussi bien culturelles, caritatives que sportives. Accessible sur mobile et tablettes, un chat permet même le partage de vidéos. La création de communautés dépasse ainsi le cadre professionnel et amène les collaborateurs à se rencontrer autrement. « En France, il n’est pas rare qu’on enferme le sujet dans des outils. C’est une tare de penser uniquement dans une logique de logiciels innovants. En d’autres termes, acheter un réseau social, clé en main, ne va rien amener s’il n’y a pas de but concret », met en garde Arnaud Rayrole, DG de Lecko. En résumé le RSE répond toujours à un projet amont qui définit de nouveaux objectifs de performance et nécessite un pilotage fort des fonctions support (Dircom, RRH, DSI) pour les projets d’envergure. La capitalisation des connaissances informelles et leur hiérarchisation au sein des différentes communautés autoriseraient le collaborateur à délaisser progressivement sa boîte mail. On imagine aisément le gain de temps disponible à ne plus trier l’information. La logique de conversation est, elle aussi, inversée. Plus besoin de retour de la part du destinataire. L’émetteur du message, sur une plateforme collaborative s’adresse à une communauté. Son message sera classé en fonction de son importance et de son contenu. Les autres membres y accéderont à leur bon vouloir. Toutefois, les RSE ne sonnent pas toujours le glas des intranets ou des autres outils de mutualisation déjà existants. Au contraire, certaines fonctionnalités des réseaux sociaux professionnels permettent d’intégrer les mails dans un flux d’activité du RSE et les documents du pack Office. A l’image de la dernière version de BlueKiwi qui permet d’accéder à tout document texte, tableur ou présentation directement de-

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STRATéGIE & InnOVATIOn nuMéRIquE
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forme au sein de l’armée fut très vite adoptée : étiquette hiérarchique oblige, le RSE ne laisse pas trop de place à l’improvisation lors des échanges. Les codes demeurent quelle que soit la forme. Aussi, moins de 16% des entreprises françaises avaient recours aux réseaux sociaux d’entreprise en juin 2011 selon un baromètre de Voirin Consultants, cabinet expert en e-transformation ! Loin derrière les Facebook ou Tweeter dans les usages quotidiens, les réseaux sociaux dédiés à l’entreprise présentent toutefois des avantages incontestables : optimisation des anciennes pratiques de mutualisation des informations, implication plus réactive des parties prenantes sur un projet, levée des barrières géographiques induisant un gain de temps patent. Séduisante en de nombreux points, la technique implique toutefois un changement de paradigme managérial. De fait, le RSE exige une réflexion sur les changements dans la façon de communiquer sur le plan personnel et d’importer certaines informations sur le lieu de travail. Par conséquent, le recours aux RSE place le collaborateur au cœur du processus selon ses compétences. Désormais vous n’êtes donc plus seul. Vous êtes confiant, possédez une faculté d’anticipation nouvelle et osez même échanger avec des personnes dont vous ne pensiez pas susciter l’intérêt. Vous participez à de nouvelles activités. Votre personnal brand est valorisée. Vous avez changé. Vous êtes un avatar 2.0, membre d’une multiplicité de communautés formant le réseau social de votre entreprise.
Geoffroy Framery

Efficacité perçue du RSE
Sur 2700 interviews réalisées en 2012 avec des cadres ayant recours à des RSE, l’étude démontre que 63% des cadres français sont enthousiastes quant à l’utilisation des plateformes collaboratives. De même, ce sont les entreprises à plus haut taux de croissance qui utilisent le plus les outils 2.0. Dans les pratiques, l’utilisation recouvre cinq grands avantages : trouver de l’information et de l’expertise ; améliorer la coopération et le partage ; élargir son réseau professionnel ; réduire les emails ; accroître la rapidité de décision. Il s’agirait potentiellement d’un gain de deux heures sur l’ensemble des tâches courantes. Enfin, contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les collaborateurs issus de la génération Y qui seraient le plus friands des RSE mais bel et bien les senior managers. L’enquête démontre que la plupart d’entre eux promeuvent l’outil et sont fermement convaincus du gain de productivité.
Source Millward Brown

Image d'archive ? puis son interface BlueKiwi, mais aussi lancer et suivre des conversations effectuées autour des documents. « L’efficacité du dispositif nécessite une imbrication forte entre intranet et RSE sous peine d’avoir un Etat dans l’Etat, une fracture entre les plus agiles et les traditionnels », nuance Isabelle Reyre, Directrice associée et fondatrice du cabinet Arctus. A l’image d’une famille, où les potaches tendent la main aux aînés pour leur expliquer comment surfer sur internet, les RSE lisation des rapports et une validation de l’information. Cette logique de communication des entreprises, souvent difficile à dépasser, évolue avec les réseaux sociaux d’entreprise. Désormais, les cadres dirigeants publient également leurs commentaires directement dans le flux d’activités et interagissent avec tous les employés en même temps. Cela explique pourquoi certains dirigeants et managers craignent de perdre une part de leur pouvoir avec l’utilisation des médias sociaux, craintes de fuite et de confidentialité des contenus, libre choix au manager et à la Direction de restreindre les communautés ou leur contenu pour d’abord familiariser leurs utilisateurs sans pour autant reproduire la logique topdown. EDF, pour son réseau sociale corporate, a d’abord déployé le RSE sur une zone recensant 200 collaborateurs. Depuis octobre 2012, ce sont désormais 80000 salariés qui utilisent le « Vivre EDF ». Enfin, la mise en place de ces réseaux d’un nouveau genre peut également avoir des conséquences paradoxales. L’émergence de profils plus fouillés et plus personnels, d’un avatar 2.0, n’est pas obligatoirement synonyme d’une implication plus active. Certes, l’annuaire enrichi, fondement du RSE, permet aux collaborateurs de se présenter aux autres de manière plus personnelle : description des compétences et expertises, explication des missions au sein de l’entreprise, participation aux projets. Mais contre toute attente, le réseau social peut donc porter atteinte à la créativité, le collaborateur redoutant le regard de ses pairs et de sa hiérarchie. Dès lors, quelles pratiques adopter sur une plateforme sociale avec la hiérarchie ? quid des formules de politesse en fin de mail ? Et malgré le bien-fondé d’une critique à l’égard d’un supérieur, cette dernière sera publique. Autant de motifs qui peuvent refroidir les échanges. Le RSE peut être donc synonyme d’une auto-censure. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la mise en place d’une plate-

parfois un tutorat inversé où les jeunes encadrent leurs aînés

“ Les RSE nécessitent ”

nécessitent parfois un tutorat inversé où les jeunes recrues expliqueront l’art et la manière d’animer un profil et d’adhérer aux communautés. Là est d’ailleurs tout l’enjeu des RSE : soutenus par la Direction, ceux qui ne jurent que par le Web 2.0 devront démontrer aux réfractaires l’utilité professionnelle de l’outil en dépassant les clichés du gadget ludique ou du simple effet de mode. « De la création à son fonctionnement optimal, la communauté mise en place par le biais du RSE ne peut pas fonctionner si elle n’est pas associée à une nouvelle forme de management », précise en outre Alexis Mons. De fait, la nécessaire hiérarchie en entreprise induit une vertica-

tandis que les salariés redoutent une perte de temps. Les transformations des modes de communication peuvent ainsi déstabiliser. Incombe alors au community manager, garant du bon fonctionnement de la communauté, de rassurer l’ensemble des adhérents en explicitant les bonnes pratiques pour éviter les conflits internes et les pratiques sociales chronophages. A l’image du mail à ses débuts, subsiste la crainte de perdre la maîtrise de l’information. D’autant que cette dernière est perpétuellement en mouvement. Le réseau social d’entreprise se définit comme un espace informel comparativement à un intranet ou à un espace de mutualisation classique. Face à ces

Iconoclaste ou surprenante, d’un dynamisme insoupçonné quand il faut lancer un projet ou une entreprise, telle est la génération numérique et son école, Epitech. Depuis 15 ans, par une pédagogie qui assume sa différence, par une conﬁance dans nos étudiants et dans leurs projets audacieux, nous apportons aux entreprises ce nouveau vent de passion indispensable. La génération numérique transforme chaque jour le monde. Son école a un nom, Epitech, l’école de l’innovation informatique.

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Établissement d’enseignement supérieur privé

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L’automatisation en col blanc ?
Les systèmes d’information des ressources humaines (SIRH), aliénation des DRH, ou libération de la fonction ?

L

’ « humain » sera-til bientôt piloté par la machine ? Après les chaînes de production dictant leur cadence aux ouvriers dans les usines, les oreillettes imposant aux livreurs leur planning et leur parcours, l’automatisation, ou plus précisément l’informatisation, fait désormais frémir jusque dans les bureaux du Siège : au sein du département des Ressources humaines. Depuis les années 1990, les Systèmes d’information des ressources humaines, ou SIRH pour les intimes, regroupant toutes les données nécessaires à la gestion des ressources humaines d’une entreprise, ont en effet connu un essor considérable. « Du simple tableur pour les plus

petites organisations aux outils RH complexes et intégrés dans les très grandes structures, les responsables des ressources humaines ne peuvent plus se permettre de les bouder », annonce Bernard Just, auteur de « Pas de DRH sans SIRH » (éditions Liaisons) et directeur de l’Observatoire du SIRH. Ainsi, ERP et autres systèmes d’information RH ont de plus en plus de poids dans les entreprises. Apparue dans les années 1970 avec les prémices de l’informatique d’entreprise, la première génération de ces systèmes se cantonnait à des tâches simples : la paye et la gestion administrative. Les équipes RH, munies de leurs crayons et de leurs feuilles de papier, gé-

raient elles-mêmes tous les autres aspects de leur fonction. Un salarié voulait-il poser des congés pour profiter d’un repos bien mérité ? Il devait d’abord prendre sur sa pause café pour visiter le bureau des Ressources humaines, y remplir sa feuille de congés et la faire signer par le responsable RH. Mais voilà que « grâce aux développements récents de certains SIRH, les collaborateurs peuvent euxmêmes entrer leurs demandes de congés directement dans la base informatique de l’entreprise, illustre Bernard Just. Les DRH peuvent également s’épargner la fastidieuse tâche de remplir et tenir à jour les annuaires d’entreprises, et laisser aux salariés le soin de

ERP ou Saas ? Faites vos jeux s’en occuper en mettant en place un réseau social d’entreprise. » La nouvelle vague des SIRH ne s’arrête pas là, elle touche tous les domaines de la fonction : recrutement, mobilité, de nombreux acteurs. « Lorsque la direction nous a informés de son choix d’un nouveau système d’information RH, qui automatisait beaucoup de sujets qui dépendaient avant de notre dé« 2001, l’Odyssée de l’espace ». Certains de mes collaborateurs avaient même peur d’être licenciés. » Parfois, ce n’est pas l’automatisation elle-même qui effraie les DRH, mais ses implications politiques : « Avec certains ERP trop complexes, les RH ont eu l’impression que ce qui était censé être leur outil à eux les rendait trop dépendants des départements techniques, que le Directeur des Systèmes d’information (DSI) prenait alors l’ascendant sur le DRH », explique Jean-Stéphane Arcis, Président-Directeur général de l’éditeur de logiciels TalentSoft. Mais ces craintes sont-elles justifiées ? Les DRH vont-ils devoir ranger leurs costumes au placard ?

le cosmonaute Bowman face à HAL 9000

“ Je me suis senti comme ”

formation, gestion des talents… « Tout passe aujourd’hui par eux », n’hésite pas à affirmer l’expert. Il n’en fallait pas plus pour que ce vieux fantasme de la domination de l’Homme par la technique refasse surface, et pour que la panique quant à la disparition de leurs prérogatives se fasse sentir chez

partement, j’avoue avoir d’abord freiné des quatre fers. Cela n’a vraiment pas été facile à accepter, témoigne Eric, DRH au sein d’une grande entreprise de maroquinerie. Un moment, j’ai eu la désagréable impression d’être le cosmonaute Bowman face au super ordinateur HAL 9000 dans

Des atouts plein la manche « Pas du tout ! Les systèmes d’information ne délestent

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STRATégIE & InnOvATIOn nUMéRIqUE
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« Par exemple, l’un des enjeux les plus importants aujourd’hui est la rétention des talents. Avoir un processus de mobilité performant, qui permet de voir en un clin d’œil toutes les informations réunies à propos des compétences d’un col-

les DRH que des tâches les plus fastidieuses » assure Bernard Just. Du temps en plus pour améliorer leur swing ? Pas vraiment : « Ils peuvent ainsi se concentrer sur les missions à forte valeur ajoutée », comme la formation, la gestion des ta-

Confiance faible et coffre-fort
La mise en place d’un projet SIRH n’est pas un long fleuve tranquille. Une fois les résistances psychologiques des équipes RH dépassées, un second obstacle se dresse sur la route de la dématérialisation : les craintes liées à la confidentialité et à la sécurité des données. Interrogés lors de l’étude sur la dématérialisation menée par l’observatoire SIRH, 50% des DRH, opérationnels et professionnels SIRH pensent que c’est l’un des freins majeurs. Cette crainte est d’autant plus grande lorsqu’il s’agit de documents légaux ou à valeur probante. L’étude montre que les retards en la matière concernent surtout des documents tels que les contrats et certificats de travail, les avenants, les soldes de tout compte… Pour certains de ces documents probants, la tendance est parfois même à la « rematérialisation » : 46% des entreprises interrogées vont in fine rematérialiser les contrats de travail, et 36% vont le faire pour les avenants et attestations de travail. Mais les SIRH ne sont pas sans ressources. Pour rassurer les salariés, une curité des données, obtenir l’accord des salariés et leur permettre d’y avoir accès pour une durée illimitée, même après leur éventuel départ de l’entreprise, raconte Eric, DRH d’une entreprise de maroquinerie française. Nous envisageons de mettre à leur disposition un coffre fort électronique pour dépasser ces difficultés. Cela rassure certains de nos collaborateurs mais on est encore loin du compte. » Comme lui, 79% des entreprises interrogées par l’Observatoire du SIRH estiment qu’un coffre-fort électronique serait utile, voire très utile, pour encourager la dématérialisation. Mais les freins psychologiques ne s’arrêtent pas aux frontières de l’entreprise. En ce qui concerne les bulletins de salaires par exemple, la loi n’a rendu légale leur version numérique qu’en 2009. Et elle n’est pas encore entrée dans les mœurs : le fait que les administrations ne soient pas tenues de les accepter légitime et entretient une certaine méfiance de la part des différents acteurs.
A.A.

“Les S.I. délestent les DRH ”
lents ou la mobilité. De fait, les logiciels SIRH n’ont pas encore réponse à tout et ne feront par exemple jamais passer les entretiens annuels d’évaluation ou les entretiens d’embauche. Mais un système d’information performant reste un assistant précieux, au-delà des économies d’échelle, de la réduction du papier et des délais que permet la dématérialisation :

des tâches les plus fastidieuses
laborateur, de ses souhaits d’évolution et toutes les informations jugées utiles, peut beaucoup aider dans ce sens », explique Bernard Just. L’étude sur la dématérialisation menée par son observatoire montre d’ailleurs que le frein majeur à la dématérialisation est purement psychologique : la résistance au changement est évoqué par 60% des per-

des solutions consiste à mettre à leur disposition des coffres forts numériques, des systèmes d’archivage en ligne hautement sécurisés. « Nous sommes en plein processus de dématérialisation de nos bulletins de paie, mais cela implique pas mal de contraintes juridiques : nous devons garantir la sé-

« Ce forum témoigne de la capacité de la CIFA à être aux avant-gardes du débat sur les politiques économiques et financières au niveau mondial. Votre attention portée aux moyens de promouvoir un développement durable et équilibré rencontre notre préoccupation concernant la gouvernance globale. » S.E. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER Président de la 66e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. « Le développement durable demande un environnement qui soit respectueux des Droits de l’Homme et c’est pourquoi le Conseil des Droits de l’Homme est particulièrement attentifs aux travaux de la CIFA. » S.E. LAURA DUPUY LASSERE Présidente du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. «L ’éthique et la gouvernance des marchés et des services financiers est d’une importance cruciale pour promouvoir un développement économique sain et équilibré à l’échelle de la planète. C’est dire combien les préoccupations de la CIFA et celles des Nations Unies se rejoignent. » CARLOS LOPES Sous-Secrétaire général des Nations Unies, Directeur général, UNITAR.

Œ
1er think tank spécialisé dans la moralisation des pratiques financières tiendra son La

CIFA

à Monaco du 24 au 26 avril 2013
Nassir Abdulaziz AL-NASSER Président de L’Alliance pour les Civilisations des Nations Unies Nestor OSORIO Président du Conseil économique et social des Nations Unies Jean PING Président de l’Union africaine avec la participation exceptionnelle de

11e Forum international

En tant que think tank spécialisé dans la réflexion éthique et la réforme du système financier, la CIFA a pour mission de remettre la finance au service des épargnants, tout en protégeant les droits fondamentaux du citoyen sur les marchés. Fédérant plus de 750.000 personnes à travers le monde, la CIFA a obtenu son statut consultatif spécial auprès des Nations Unies. Chaque année, elle organise un forum, auquel participent les meilleurs experts internationaux, et dont l’enjeu est de réfléchir aux moyens de conformer les pratiques des financiers aux exigences du Social Business et du développement durable, équitable et responsable.

www.cifango.org
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Plus d’informations sur :

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STRATégIE & InnOvATIOn nUMéRIqUE
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Ma boîte a engagé un nouveau DRH

sonnes interrogées. Eric est soulagé : « Les peurs que nous avions étaient, en fait, totalement infondées, et nous l’avons compris après quelques mois d’utilisation. Débarrassés de la paperasse, nous avons trouvé le temps pour mettre en place tous les projets que nous ne ces-

collaboratifs mais le projet nous avait mal été présenté, et nous n’avions pas l’impression que l’équipe technique prenait en compte nos besoins. Notre projet n’a avancé qu’après une réunion avec le coordinateur de projet durant laquelle nous avons tout mis à plat pour

concentrer sur les missions à forte valeur ajoutée

“ Les DRH peuvent se ”
avancer sur de bonnes bases. » Les professionnels des SIRH semblent enfin le comprendre : 60% de ceux interrogés par l’observatoire SIRH pensent que la communication et la formation sont les ingrédients qui permettraient de réduire les freins que rencontrent leurs projets de dématérialisation.

sions de remettre à plus tard ». Une meilleure communication en amont et entre les équipes permet souvent de dissiper les sujets de discorde. « Nous avons passé quatre ans à faire un pas en avant et un pas en arrière pour la mise en place de notre ERP. De notre coté, nous n’avons pas été très

D’ailleurs, les tensions entre les équipes RH et SIRH ne sont plus aussi fortes que lors des premiers pas de ces derniers. L’étude 2012/2013 des fonctions et des rémunérations des professionnels du SIRH, menée par Michael Page et CSC pour l’observatoire du SIRH, montre en effet que les collaborateurs SIRH sont de mieux en mieux intégrés au sein des entreprises. notamment parce que leur équipe est de plus en plus souvent rattachée au département RH, plutôt qu’au département informatique. Et même lorsque ce n’est pas le cas, les équipes techniques et fonctionnelles apprennent à travailler main dans la main. quant aux problèmes politiques entre département des SI et département RH, ils ont également tendance à s’atténuer. Dans l’étude précédemment citée, un chef de projet intégration SIRH au sein d’un éditeur de logiciels dédiés explique :

« Dans le passé, les équipes étaient principalement composées de collaborateurs de la DSI, la DRH était quant à elle peu représentée. Il

était complexe de travailler en bonne intelligence car les besoins SI et les besoins RH étaient difficilement compatibles si bien que répondre

à l’un pouvait contrarier l’autre. Aujourd’hui, on retrouve des équipes mixtes SI et RH. La DSI se libère peu à peu de l’entière res-

Geek, mais pas que
Comment intégrer la fonction SIRH, et quels gains espérer ? Pour ce qui est du diplôme, les écoles d’ingénieurs et de commerce semblent être les voies royales, d’après l’étude sur les fonctions et la rémunération des professionnels des SIRH menée par Michael Page et CSC pour l’Observatoire du SIRH. Coordinateurs, consultants, chefs de projet ou directeurs des SIRH semblent généralement tous être passés par leurs bancs ou ceux d’une formation universitaire équivalente. Mais c’est bien connu, le diplôme ne suffit pas : côté expérience, une solide maîtrise de la conduite de projet est souvent requise. Idéalement complexe et à l’échelle internationale pour les coordinateurs de projets SIRH. Tout connaître de l’informatique ne suffit pas : les meilleurs profils sont les geeks qui ont en plus une maîtrise des sujets RH. quelle rémunération pour ces informaticiens des ressources humaines ? Tout dépend bien évidemment des structures. D’après l’étude déjà citée, comptez en moyenne 66000 euros pour les responsables SIRH de structures allant de 45 à 10000 personnes, et 88000 pour les directeurs SIRH dans des sociétés de plus de 10000 personnes. Le tout sur une échelle très disparate, allant de 40000 à 160000 euros. Un coordinateur SIRH peut quant à lui espérer au minimum 35000 euros pour trois à cinq ans d’expérience, et jusqu’à 85000 euros pour dix ans et plus. L’échelle des rémunérations est à peu près la même pour un consultant ou chef d’intégration SIRH (35000 euros jusqu’à trois ans d’expérience, et un maximum de 80000 à partir de sept ans).
A.A.

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qu’il y a match nul. Chaque entreprise doit déterminer son besoin, évaluer ses moyens, fixer ses objectifs, et choisir sa solution en fonction », arbitre Bernard Just. La combinaison entre les ERP traditionnels et les SaaS semble néanmoins devoir s’avérer être un sujet important dans les prochaines années : de nombreux ERP proposent également des modules complémentaires en mode SaaS, et de nombreux rapprochements ont été faits entre des éditeurs de SaaS et de grands éditeurs d’ERP traditionnels. Un mariage de raison qui arrange bien leurs clients. dre » nos projets de formation par exemple, car les collaborateurs ont déjà partagé leurs bonnes impresbilité : « Un collaborateur qui a 30 minutes de métro ou une heure de train pour se rendre au travail doit lement voulu lui offrir une expérience utilisateur proche de son mobile : notre module de formation en ligne se présente un peu comme un smartphone, avec des applications qu’il peut bouger, télécharger, supprimer. » Avec de nouveaux développements informatiques et Web qui apparaissent tous les jours, créant des demandes de plus en plus variées de la part des DRH, les SIRH ont de beaux jours devant eux : « Une chose est sure, la fonction SIRH est en plein essor, et son responsable va de plus en plus devenir l’homme clé de la direction des Ressources humaines. Ce n’est plus un simple informaticien, il touche à tous les domaines de l’entreprise et son travail va devenir indispensable à tous les collaborateurs », n’hésite pas à affirmer Bernard Just. L’Homme n’a qu’à bien se tenir, la machine n’est jamais très loin.
Abir Aïssa

ponsabilité des projets au profit de la DRH qui y prend une part plus importante. »

Il y a une quinzaine d’années, des offres en mode SaaS (Software as a Service), que les éditeurs ont présenté comme LA solution aux problèmes encore posés par les ERP traditionnels, ont commencé à fleurir. Les ERP « classiques » ou On Premise (avec licence) nécessitent une implémentation sur le serveur du client, « alors qu’avec les solutions SaaS, celui-ci peut s’abonner simplement, et profiter des services que nous offrons à travers une interface intuitive sur internet, explique JeanStéphane Arcis, de TalentSoft. C’est l’une des raisons qui expliquent le succès du SaaS à destination des Ressources humaines. Les interfaces sont faciles à utiliser, la DRH peut entièrement prendre la main sur le projet, ce qui réduit la dépendance vis à vis de la DSI. En plus, les applications SIRH, contrairement à d’autres, sont destinées à tous les salariés. Il est plus pratique pour les entreprises, surtout les plus grandes, d’avoir un outil qui ne nécessite aucune formation. » Ce n’est plus l’homme contre la machine, mais les machines qui s’affrontent entre elles. « Certains SaaS vous diront qu’ils sont plus avantageux que les ERP traditionnels, qui eux vous diront qu’ils sont meilleurs que les SaaS, atténue Bernard Just. Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients». Un ERP on Premise est généralement plus long à mettre en place : « 12 à 18 mois en moyenne, contre 3 à 6 mois maximum pour une solution en mode SaaS », chiffre l’expert, mais c’est vrai qu’il faut parfois ajouter à cela le délai pour connecter les modules en SaaS et les autres applications qu’utilise l’entreprise. Car si l’ERP est une solution entièrement intégrée qui réunit tous les modules dans le même outil, les SaaS offrent souvent des modules spécifiques qu’il faut combiner avec des modules et applications issues d’autres éditeurs ». Le SaaS est également moins coûteux, mais les ERP traditionnels sont généralement plus personnalisables. « On peut dire

le match saas versus erp

“ Le responsable SIRH va
sions sur le réseau, ce qui donnent envie à d’autres d’y participer », explique Eric. Le second enjeu est la mo-

devenir l’homme clé de la fonction RH
pouvoir les mettre à profit en accédant à son module de e-learning, annonce Jonas Desdevise. Nous avons éga-

”

les sirh ont De l’avenir On premise ou On Demand, les SIRH n’ont pas fini de se rendre indispensables pour les RH. « Nous les accompagnons sur les nouveaux enjeux qui se présentent à eux. Nous avons dû très rapidement prendre en compte le phénomène des réseaux sociaux et leur importance croissante dans le recrutement, et nous avons offert à nos clients une interface avec plus de 400 réseaux sociaux à travers le monde. Cela leur permet de poster leurs annonces sur différents supports et de profiter des informations qui y apparaissent », illustre Jonas Desdevise, directeur général de Lumesse France, éditeur de solutions SIRH. L’effet viral des réseaux sociaux a également contaminé l’intérieur des entreprises : elles ne se contentent plus de se servir de Facebook, LinkedIn et autres réseaux externes pour recruter, mais installent des réseaux sociaux d’entreprise afin d’accroître le sentiment d’appartenance de leurs collaborateurs. « C’est un enjeu important si l’on veut réduire le turn over, notamment pour les sociétés de conseil dont les collaborateurs passent 90 à 100% de leur temps chez leur client. Ces réseaux internes leur permettent d’avoir en permanence un lien avec leur entreprise », ajoute Jonas Desdevise. Ils peuvent également faciliter la vie des DRH : « Une fois que nous avons vu les premiers effets de notre nouveau logiciel de SIRH, nous avons également mis en place un réseau social d’entreprise. Depuis, nous avons moins d’efforts à faire pour « ven-

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Business story

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plètes, ou du coffre-fort d’Exchange, qui archive les emails en incluant des services de sélection et d’identification de messages pouvant être critiques », décrit le président. La garantie d’indépendance à l’égard des constructeurs, éditeurs, distributeurs, ainsi que la cohérence ment constant, en autofinancement, directement dans l’équipe de R&D, pour faire évoluer l’offre », estime Eric Dorne. Cimail pense bien sûr à l’avenir qui se déroulera également au-delà des frontières de l’Hexagone. Les clients sont

synonyme de stockage au troisième sous-sol. Les documents concernés restent consultés, même s’ils sont déjà archivés
entre les différents progiciels, notamment sur le plan ergonomique, forment d’autres atouts appréciés par la clientèle. Sur le segment des PME, Cimail propose sa propre équipe d’intégration des solutions. Lorsque les clients sont des grands comptes ou des entreprises de taille intermédiaire, le travail se fait systématiquement avec des partenaires comme Atos ou Cap Gemini. Par son canal de formation, l’entreprise permet aux équipes partenaires de prendre en main techniquement et fonctionnellement le produit. Ces formations s’adressent également à certains clients directs, notamment à l’attention des directions des systèmes d’information qui souhaitent s’approprier l’outil. en grande majorité Français, même si certaines ventes ont déjà pu se faire par opportunité ou par rebond dans des pays étrangers comme la Belgique ou le Maroc. Des clients néerlandais ont déployé la solution dans de nombreux pays européens, jusqu’en Russie. « Des extensions rendues possibles grâce à l’aspect multilingue du produit », se félicite le président. Dans le business plan, un élargissement de l’offre en Europe est prévu à partir de fin 2014, début 2015, au travers de partenaires étrangers. La société veille à innover en permanence. « Nous ferons connaître un certain nombre de nouveautés au marché à partir de septembre 2013. A l’avenir, nous développerons nos activités dans le sens d’une proximité extrêmement forte entre l’environnement de l’utilisateur et ces outils, confie-t-il. L’archivage n’est pas synonyme de stockage au troisième sous-sol. Les documents concernés restent consultés, même s’ils sont déjà archivés. » Une démarche qui conduit Cimail à œuvrer en faveur d’un usage optimal véritablement intégré dans le contexte quotidien de l’utilisateur.
Mathieu Neu

“ L’archivage n’est pas

”

0% en 2010, 35% en 2011. Non, il ne s’agit pas du taux de croissance d’une jeune start-up auteur d’un procédé révolutionnaire, mais de celui d’une société vieille de 22 ans. Cimail Solutions est un éditeur de solutions d’archivage électronique (SAE) sécurisé et à valeur probante. Un secteur qui se porte très bien, comme d’autres activités liées à la dématérialisation. « Pour autant, les progressions de ce type dans notre milieu restent rares », se réjouit Eric Dorne, Président fondateur de l’entreprise. Le succès de son organisation s’explique par une histoire de choix, de virages habilement négociés à des moments charnières. L’offre consiste à gérer l’intégralité du cycle de vie d’un document, quel qu’il soit, de la capture de l’information à l’archivage définitif, à l’aide d’un logiciel adapté. Elle comprend aussi bien l’édition que l’intégration de l’outil. Les clients appartiennent à tous les secteurs et sont aussi bien des multinationales de renom que des PME. Près de 70% du chiffre d’affaires est réalisé avec des grands

6

comptes. La sphère publique a également été séduite par les solutions Cimail. L’entreprise s’est notamment chargée de la dématérialisation et de l’archivage des données de quelque 380000 agents du ministère de la Défense. La gestion proposée répond aux problématiques financières, à celles relatives aux ressources humaines, ou encore aux activités de Recherche et Développement.

bulletins de paye… », énumère Eric Dorne. Un socle fonctionnel large qui, par définition, s’adresse à un vaste panel d’organisations. On distingue sur le marché les acteurs classiques de la Gestion électronique documentaire (GED), qui manipulent des documents du quotidien, et ceux dont la mission est l’archivage d’éléments à valeur probante, c’est-à-dire des données susceptibles de

013 en France et ISO 146411 au niveau international.

l’intégralité du cycle de vie d’un document, de la capture de l’information à l’archivage définitif
Le but est de conserver à moyen et long terme, de manière sécurisée, les documents définitifs, de référence, ayant une valeur juridique. « En somme, il peut s’agir de devis, bons de commande, factures, bons de livraison, de retour, de contrats de salariés, de

“ L’outil consiste à gérer ”

servir de preuve en cas de contentieux devant n’importe quelle juridiction. Cimail est plutôt positionnée sur cette deuxième activité, plus sensible et exigeante en matière de standards à respecter, comme en témoignent les normes absconses NF Z42-

2001, l’odyssée du succès La société a vécu une première décennie, à partir de 1991, en tant qu’éditeur d’une solution de gestion. « Nous proposions alors un ERP destiné aux promoteurs immobiliers. La gestion documentaire et l’archivage n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour », explique Eric Dorne. Puis arrive 2001, une année de rupture. Cimail fait alors le choix de s’orienter parallèlement vers la gestion documentaire. « Au fil du temps, nous avons ensuite remarqué l’intérêt d’évoluer de la GED de référence vers l’archivage à valeur probante », poursuit-il. L’entreprise se targue aujourd’hui d’être la seule à proposer un archivage à valeur probante par le biais d’un coffre-fort électronique en technologie Microsoft. « Nous avons mis en place des packages particuliers très demandés, à l’image du coffre-fort de SharePoint, qui permet la sécurisation de documents et bibliothèques com-

des secrets pour durer Les bénéfices de la société ont été réinvestis à hauteur de 80% dans l’étude et la recherche de solutions innovantes au cours des trois dernières années. « Nous avons toujours une démarche très active en matière de recherche. Notre ADN est avant tout constitué par le goût pour la construction, l’innovation. L’un des secrets de notre essor est l’investisse-

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StRAtéGIE & INNOvAtION NUMéRIqUE
Veille juridique

par Isabelle renard Avocat Associé du Cabinet Racine Docteur Ingénieur

BULLETIN D’ABONNEMENT
« L’information économique & stratégique, autrement »

Vers une dématérialisation totale des factures ? Révolution ou malentendu ?

& Innova tratégie tion Nu mériqu e
L’inform ation éc onomiq ue stratég ique, autrem ent

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Compren dre, En tre

prendre, Inn

over

p. 38

D

epuis quelques années, c’est l’Arlésienne. La facture dématérialisée n’en finit plus de faire parler d’elle et de se faire attendre. Lueur d’espoir le 12 mars dernier, dans une tribune parue dans les Echos, quand Pierre

2010/45/EU, dont la transposition effectuée par la dernière loi de Finances est applicable dès cette année en France, permettait de mettre en œuvre des modalités souples et pragmatiques d’échange de factures dématérialisées. Mais le hic,

à se faire une toute petite place au soleil depuis ses quelques années d’existence. Cela est extrêmement regrettable, car il existe des moyens sécurisés et conformes à la directive pour mettre en œuvre des modalités de facturation électronique qui puissent être adoptés par toutes les entreprises, grandes comme petites. Et il est faux de prétendre que la dématérialisation augmentera les fraudes. C’est même tout le contraire. Il est bien plus compliqué de falsifier une trace électronique correctement sécurisée que de faire de fausses factures papier. Pour que la révolution que M. Moscovici appelle de ses vœux ne soit pas une chimère, il est indispensable d’écouter les experts, ceux qui sont sur le terrain et qui

p. 42 p. 40

p. 46
Innovations & Stratégies Numériques
Comprendre, Entreprendre & Innover
p. 8 p. 38 p. 18

Jean-Marc an-M Rietsch

p. 38 p. 54

p. 56

p. 50
Jean-Ma rc Riet sch

p. 51

www.ec

oresea u.fr

“ Ne faut-il pas réfléchir à

Je m’abonne à

une petite révolution qui serait d’engager notre pays vers une dématérialisation totale des factures

au lieu de 29,40 € ❏ 2 ans (12 numéros) : 45,00 € au lieu de 58,80 €
❏ 1 an (6 numéros) : 24,90 €
❏ Madame ❏ Mademoiselle ❏ Monsieur Société :

” Pierre Moscovici

Moscovici, Ministre de l’Economie et des Finances, répondait à ceux qui l’interpellaient sur la longueur anormale des délais de paiement en France. Après avoir proposé quelques leviers d’actions immédiats M. Moscovici concluait : « Ne faut-il pas réfléchir à une petite révolution qui serait d’engager notre pays vers une dématérialisation totale des factures » ? Bonne idée tant les retards de paiement induisent des dysfonctionnements majeurs au plan macro économique et peuvent coûter la vie aux fournisseurs les plus fragiles : il est donc urgent d’agir. Ah si cela pouvait être vrai ! M. Moscovici est-il informé que nous l’avions là, à portée de main, cette petite révolution. Celle-ci nous venait tout bêtement de l’Europe, puisque la directive

c’est que ses services, qui sont actuellement en train de produire les textes d’ap-

Nom : Prénom : Adresse : Code postal : Ville : Tél : E-mail :
à compléter et à retourner avec votre règlement par chèque à l’ordre de à l’adresse suivante :

que la dématérialisation augmentera les fraudes. C’est même tout le contraire

“ Il est faux de prétendre ”

LMedia - Service Abonnement EcoRéseau 201-203, rue deVaugirard 75015 Paris

plication de cette nouvelle législation, tirent exactement en sens inverse. Persuadés que la facture électronique est la porte ouverte à la fraude, ils élaborent une réglementation qui va finir d’achever la facture signée électroniquement, qui avait déjà bien du mal (dans une modalité pourtant bien moins contraignante que celle envisagée maintenant),

connaissent bien les chausse-trappes du sujet. Car il ne faut pas avoir fait une grande école pour comprendre que si, depuis les années qu’elle existe, la facture électronique n’a eu aucun succès, ce n’est pas en renforçant de façon drastique ses conditions de mise en œuvre qu’on ira vers la « dématérialisation totale des factures »….

O re valable jusqu’au 30 juin 2013 en France Métropolitaine. Dom-Tom et étranger : nous consulter à abonnement@lmedia. fr. Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. Les informations ci-dessus sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau. Si vous ne le souhaitez pas, cochez la case ci-contre. ❏ Conformément à la loi Informatique & Libertés du 6 janvier 1978, le droit d’accès et la recti cation des données concernant les abonnés peut s’exercer auprès du service abonnement d’EcoRéseau. Sauf opposition expresse, les données peuvent être communiqués à des organismes extérieures, notamment à des ns commerciales.

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Rh & FORMAtIOn
Réseaux & Influence

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Cravate et tablier
Après le Wine & Business Club, EcoRéseau poursuit son étude des réseaux. Ce mois-ci : être Franc-maçon, est-ce que ça aide pour faire du business ?
rement mise en avant. Après leur initiation, les nouveaux Maçons doivent respecter un parfait silence pendant les « tenues » tout au long de leur première année. « Cela développe l’attention, l’écoute de soi et des autres », explique Philippe Benhamou. Passée la première année, la prise de parole reste sacrée, puisqu’on ne peut la prendre qu’une fois par tenue, à condition que le chef de séance vous y autorise. Et interdiction de couper un Frère en plein exposé ! « Cela oblige à élaborer son propos. On ne demande à s’exprimer que si on a déjà réfléchi à ce qu’on allait dire, remarque Julien Rittener. De plus, comme l’ordre du jour est chronométré et que chacun doit trouver sa place au cours de la soirée, cela oblige à passer les fioritures pour aller tout de suite à l’essentiel. » Les Frères peuvent aussi développer leur aisance à l’oral à l’occasion des « planches », ces travaux sur des sujets symboliques ou de société qu’ils doivent présenter à l’occasion des tenues. « Un de mes frères, retraité, qui tenait un magasin de costumes pour hommes, lisait et écrivait peu, a présenté une excellente planche sur Kant », se souvient ainsi Philippe Benhamou.

Armé pour la vie professionnelle ’il est un réseau qui éveille les fantasmes, c’est bien la Franc-maçonnerie. Etre initié favoriset-il le business ? Cela constitue-t-il un atout dans une carrière ? On serait tenté de le croire, tant les liens entre les Loges et le monde des affaires sont étroits. On estime que les patrons, petits et grands, représentent de un quart à un tiers des initiés. Même si rares sont ceux qui le revendiquent, un connaisseur évalue à plus d’une dizaine le nombre de dirigeants du CAC 40 à porter le tablier sur la cravate. Car la Maçonnerie représente un réseau haut de gamme, où l’on rencontre davantage de cadres supérieurs ou de professions libérales que de professionnels du bâtiment la truelle à la main.

S

Franc-maçonnerie illustrée pour les nuls (Editions First), « bien que certains deviennent Franc-maçon pour se constituer un réseau, ils sont vite déçus, car c’est un engagement qui exige du temps et du travail. » De fait, les membres se réunissent environ deux fois par mois, parfois plus souvent, au sein d’une loge, généralement constituée d’une

et de la fréquence des rencontres, ce ne serait pas un investissement rentable pour faire du business. Pour cela, il existe des endroits bien plus adaptés. » Gare aux indélicats qui parlent affaires dans leur temple : « c’est rare, malvenu et mal vu. On n’y vient pas pour discuter des questions de la vie de tous les jours, c’est une parenthèse », assure

“On y rencontre plus souvent
des cadres supérieurs ou des professions libérales que de vrais maçons de profession

”

« Fraternelles »

Malgré tout, pour Philippe Benhamou, co-auteur de La

quarantaine de frères. Pour Julien Rittener, co-gérant de la société de conseil en management et organisation Five Conseil, et Vénérable de sa loge, « compte tenu de l’ambiance, du décorum, des rituels

Philippe Benhamou. Exception à cette règle : les « Fraternelles », des associations inter-obédientielles qui regroupent des Frères de la même profession. Il en existerait dans la police, l’armée,

le bâtiment, la communication ou même les métiers du web, preuve que la confrérie des « Fils de la Lumière » sait vivre avec son temps. Dans les années 1980, certaines ont connu des dérives affairistes, où l’on discutait davantage appels d’offres et marchés que spiritualité. Mais « les obédiences tentent de mettre de l’ordre dans tout ça, par des chartes et des labels qualité », assure Philippe Benhamou. Si leur but premier n’est pas le réseautage, le devoir d’assistance au sein d’une même loge et les affinités propres à tout contexte associatif favorisent tout de même les services. Philippe Benhamou évoque aussi des associations d’entraide inter-obédientielles, où des professionnels des ressources humaines aident bénévolement les Frères qui traversent par exemple une période de chômage à trouver des contacts, rédiger leur CV ou préparer un entretien d’embauche. Cette entraide va-t-

elle jusqu’à privilégier le travail avec un Maçon ? « Bien sûr, on a davantage confiance en quelqu’un que l’on connaît, concède Julien Rittener. Mais parfois, un client « frère » aura tendance à allonger ses délais de paiement sous ce prétexte, donc ce n’est pas toujours une bonne chose », ajoute le cogérant de Five Conseil.
et synthèse Au-delà de l’intérêt – relatif – pour se constituer un réseau, la Franc-maçonnerie peut apporter des compétences et des techniques qui peuvent s’avérer utiles dans la vie professionnelle des initiés. De façon classique, comme toute association, elle favorise l’apprentissage de la prise de décisions, l’animation de débats et d’assemblées générales. Mais elle y ajoute des aspects qui lui sont propres. L’écoute est ainsi particuliè-

ecoute, parole

indélicats qui parlent affaires dans leur temple
La loge est aussi une école de la tempérance et du compromis. A la fin de la tenue, si deux idées contradictoires s’opposent, on recherchera la synthèse plutôt que de trancher entre l’une et l’autre, ou à faire émerger une troisième idée.

“Gare aux ”

Aymeric Marolleau

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Rh & FORMAtIOn
Recrutement

Des « battles » pour décrocher un job
En association avec Microsoft, l’IPAG Business School propose une PowerPoint Battle, un jeu-concours visant à favoriser le recrutement des étudiants des écoles et universités.
ou d’universités de séduire des recruteurs par le biais de la créativité. Les candidats peuvent s’inscrire jusqu’au 15 avril. Au cours des 10 jours suivants, les entreprises partenaires sélectionneront les profils les mieux adaptés à leurs besoins. Puis le 1er mai, la liste des heureux élus retenus pour participer aux fameuses « battles » sera dévoilée. A coups de réalisations PowerPoint portant sur des problématiques proposées par les entreprises, ces derniers tenteront alors de se départager. Une occasion de faire preuve d’audace, de dynamisme, et de pertinence. La bataille aura lieu le 23 mai dans les locaux de Microsoft à Issy-les-Moulineaux, où chaque entreprise partenaire animera son atelier et son jury. Les lauréats de chaque « battle » auront le privilège d’accéder à la grande finale, et travailleront le jour même sur un sujet proposé par Microsoft qui décernera la palme du meilleur utilisateur de PowerPoint. Les gagnants ne seront pas les seuls bénéficiaires de l’événement le jour J. Quelque 300 participants de Master I et II, provenant d’une trentaine d’écoles et universités, pourront accéder aux stands de recrutement des entreprises sponsors, et à des dizaines d’offres d’emplois et de stages. Les étudiants auront l’opportunité de développer un réseau, de valoriser leur CV par une approche ludique, de profiter des conseils prodigués par des professionnels avisés. Des tables rondes et conférences seront également organisées à cette occasion. Chaque école profitera aussi de l’événement pour promouvoir ses formations et mieux se faire connaître auprès de l’ensemble des participants. Pour Microsoft, il s’agit aussi de faire les yeux doux à une population connue pour être une grande utilisatrice des solutions logicielles du géant américain. A un moment stratégique, puisqu’il vient tout juste de lancer une nouvelle version de son fameux pack Office. Il s’agit de la première collaboration du genre avec l’IPAG. Pour autant, Microsoft n’en est pas à son premier coup d’essai dans ce type d’exercice. Le Championnat de France Office, la participation à des salons, ou Imagine Cup, un concours qui invite des étudiants à développer des logiciels, sont quelques uns des événements destinés à promouvoir la marque. « L’image d’un logiciel comme Powerpoint est trop figée, trop terne. Des millions de personnes l’utilisent de la même manière, sans originalité. Microsoft veut démontrer à cette occasion que les capacités du logiciel sont étonnantes, et dépassent largement les fonctions connues de tous », souligne Guillaume Bigot, directeur général de l’IPAG. A chacun son intérêt.
Mathieu Neu

Franck Halmaert, chef de produit Office chez Microsoft,
explique la participation du géant américain à cet événement.

ne opération de recrutement, un coup de projecteur sur des entreprises et une promotion en or pour une nouvelle offre logicielle. La PowerPoint Bat-

U

« 95% des étudiants utilisent PowerPoint »
Quel est l’intérêt pour Microsoft de participer à ce partenariat avec l’IpaG ? Les étudiants représentent l’audience la plus utilisatrice de la suite logicielle Office. 95% d’entre eux y ont recours. Il nous paraît donc important de participer à des événements qui s’adressent directement à ces clients fidèles. Au sein du produit Office, PowerPoint est un logiciel très utilisé. La mise en place d’un événement atypique comme la PowerPoint Battle est donc pour nous une conséquence naturelle de ce contexte. notre actualité relative au produit Office explique bien sûr également cette collaboration. en  quoi  vos  nouveautés sont-elles  intéressantes  ? Dans l’enseignement supérieur, on utilise souvent PowerPoint dans le cadre de projets en équipe. nous commercialisons depuis janvier 2013 « Office 365 Université », une nouvelle gamme qui, en plus des logiciels classiques du produit, comprend un volet collaboratif. Il donne accès à un stockage en ligne d’une capacité de 27 Go permettant de partager des présentations et de travailler à plusieurs sur un même support. Il inclut gratuitement une heure de communication Skype par mois. L’ensemble constitue donc une solution idéale pour le travail en équipe à distance. l’idée  de  parier  sur  des événements  ludiques  et originaux est-elle efficace pour gagner des parts de marché ? C’est effectivement une démarche intéressante. La suite Office compte 27 millions d’utilisateurs réguliers en France. Plusieurs millions d’entre eux sont des clients professionnels. Il ne faut pas oublier qu’un étudiant est un futur salarié. Il retrouvera ces solutions logicielles en entreprise. Des outils comme PowerPoint forment donc un trait d’union entre le milieu étudiant et la vie professionnelle. Savoir utiliser Office est le point commun de très nombreux métiers. D’autres partenariats comme celuici pourraient voir le jour à l’avenir, d’autant que nous sommes déjà très présents aux côtés des étudiants avec notre programme Campus qui offre des privilèges et avantages exclusifs tout au long de l’année.

tle, une des originalités du business digital de ce printemps 2013, fait figure d’événement « trois en un ». Ce concours réunit tout d’abord l’IPAG Business School, spé-

cialisée dans les métiers de la communication et du commerce, et le géant Microsoft. tous deux proposent à des centaines d’étudiants d’écoles de commerce, d’ingénieurs,

Guillaume Bigot, directeur général de l’IPAG, revient sur les raisons premières qui ont donné naissance
à la PowerPoint Battle.

« Un forum original pour l’emploi »
De quelles motivations est née cette initiative ? La PowerPoint Battle trouve ses origines dans un constat de départ plutôt négatif, à savoir l’utilisation intempestive des présentations PowerPoint. En tant qu’enseignant et directeur, je la déplore, comme de nombreux collègues. Cet outil pollue l’écoute des étudiants pendant les cours. Mais il faut bien reconnaître qu’il continue à être très utilisé, aussi bien par les professeurs que par les élèves, en dépit des critiques. Et il n’est bien sûr pas question de l’interdire. L’idée de trouver des solutions pour rendre PowerPoint plus intéressant que nuisible a alors germé dans les esprits. Ce logiciel a des possibilités importantes. On ne connaît généralement que 20 % de ses capacités. La PowerPoint Battle est un moyen de répondre au défaut de formation existant de ce logiciel. Par ce jeu-concours, nous incitons les étudiants à l’explorer, à apprendre à s’en servir de manière réellement constructive. Il faut que l’image vienne appuyer un discours lors d’une présentation. Le travail doit être harmonieux et complémentaire par rapport à un texte oral. Les présentations PowerPoint classiques sont trop souvent comparables au visionnage de la télévision. L’auditoire est passif, les sollicitations neuronales faibles. Le but est de sortir de cette approche trop peu exigeante. cet  apprentissage  servira également  aux  étudiants plus tard, dans la vie professionnelle… tout à fait. Les entreprises utilisent abondamment cet outil. Dans 99% des cas, les présentations sont mal faites. Les employeurs apprécieront les travaux véritablement efficaces dans ce domaine. Audelà de cet aspect, les entreprises participant à la PowerPoint Battle ont l’occasion de déceler des potentiels prometteurs. Il s’agit autant d’une cession de recrutement, d’un forum original pour l’emploi, que d’un jeu-concours. ces  rencontres  entre  étudiants et entreprises sontelles  plus  importantes  en temps de crise ? Elles le sont toujours. C’est l’occasion pour les élèves de montrer leur art oratoire, leur capacité à convaincre, à synthétiser, à être imaginatif. Dans les périodes économiquement difficiles, il est bien sûr encore plus essentiel de conserver des liens étroits avec les salariés de demain.

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RH & FoRMAtioN
Carrières & Talents

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(Diplômes)
roit et finance. Psychologie et management. Entre Paris, Shanghai et Mexico. Aujourd’hui, tous les établissements d’enseignement supérieur en France proposent des doubles diplômes, dont

2

Doubles cursus, en France ou à l’étranger : un nouvel Eldorado sur le marché du travail ?

D

La typologie des doubles diplômes se décline à l’envi, le projet personnel et professionnel de l’étudiant constitue la seule limite. Psychologie et théâtre ? « Pourquoi pas, riposte Nathalie Atlan-Landaburu, responsa-

comprend un peu comme une double nationalité

“Le double diplôme se ”

certains, même, à l’autre bout du monde. Le nombre de ces formations ne cesse d’augmenter depuis une vingtaine d’années. Étudiants comme recruteurs ont vite saisi toutes les potentialités des bi-cursus.

ble du domaine RH chez CSP Formations. J’ai rencontré des jeunes dans une telle formation, qui ont ensuite travaillé dans le domaine de la création artistique et de l’encadrement culturel. » Certains doubles Coup double diplômes jouent sur la complémentarité de deux matières, comme le droit et les sciences politiques, d’autres restent sur une même thématique, mais abordent des angles différents et enfin quelques-uns semblent a priori totalement séparés, mais offrent un réel intérêt dès lors qu’ils s’inscrivent dans le projet de l’étudiant. ses dimensions. » Le double diplôme se comprend un peu comme une double nationalité : les deux passeports permettent d’accéder à deux mondes différents et de profiter des richesses des chacune des spécialités. Ce qui, sur le marché du travail, vaut de l’or. Comment pourrait-il en être autrement ? Les détenteurs d’un bi-cursus peuvent se targuer de posséder une impressionnante capacité de travail et une importante puissance de concentration : double diplôme veut aussi dire double investissement personnel. Arriver au terme de sa formation relève parfois du parcours du combattant et ceux qui en sortent victorieux y gagnent une image de guerrier, ou presque. S’ajoutent à cette qualité l’ouverture d’esprit et la détermination. Les places en bi-cursus sont chères et les systèmes de sélections garantissent la motivation des candidats. Enfin, ils démontrent la capacité intellectuelle à comprendre et à adopter deux univers de travail dissemblables. L’étudiant qui cumule ingénierie et commerce conjugue la technicité scientifique de l’un avec la fibre managériale de l’autre. Gagnant-gagnant, aussi bien pour le candidat que pour l’entreprise qui s’offrira son expertise. La complexité du monde du travail a atteint un tel degré que ce qui, hier, ouvrait les portes du marché de l’emploi, ne suffit plus aujourd’hui. Les recruteurs, de plus en plus exigeants, recherchent ce petit plus, l’élément qui, dans le CV, permet de sortir du lot. Les organisations devenant de plus en plus matricielles et transversales, la demande pour les profils qui embrassent deux, voire trois spécialités ne se dément pas. « Pourtant, beaucoup de recruteurs n’ont pas encore pris conscience de la richesse de ces candidats, regrette Nathalie Atlan-Landaburu. Les doubles diplômes ont réellement décollé depuis environ cinq ans. Quand euxmêmes faisaient leurs études, les DRH n’avaient pas accès à de telles formations. »

Stéphane DIAGANA sera présent au Printemps des entrepreneurs du MEDEF Lyon-Rhône ! Premier champion du monde d’athlétisme masculin français en 1997, il anime aujourd’hui des conférences sur la performance durable dans les entreprises.
© Arts et métiers magazine Olivier Vercherand

GaGnant-GaGnant

INSCRIVEZ-VOUS !

L’Ecole supérieure des sciences commerciales (ESSCA), installée à Angers, propose ainsi à ses étudiants de compléter leur Master par une autre spécialité, en coopération avec plusieurs universités tournées vers les sciences humaines. « Par exemple, nos étudiants peuvent suivre une formation en psychologie, précieuse pour ceux qui se préparent aux métiers des ressources humaines et du recrutement, défend Benjamin Morisse, Directeur général adjoint de l’ESSCA. Ces doubles diplômes permettent de développer des esprits bien faits, car ils font le tour complet d’une problématique sectorielle, étudiée dans toutes

Savoir-être

Les bi-cursus ne se limitent pas à la France. Les parcours

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RH & FoRMAtioN
Carrières & Talents

Education à 360°
par Marc Drillech
Directeur général de ioNiS Education Group

La Francophonie… vous voulez rire ?
n France, pays-symbole de la francophonie, ce sujet est source de plaisanteries, de silences, d’un remarquable immobilisme. A gauche, par étroitesse idéologique et snobisme mal placé, l’expression est symbole de conservatisme. A droite, par crainte de ringardise, on se distancie d’un domaine qui « sent » la réaction et l’élitisme. tout le monde est prêt à ne rien faire et les résultats sont probants : baisse des investissements et des aides, fermetures des centres culturels, désinvestissement de l’Alliance Française... tout serait parfait si, par cohérence, nous faisions de l’anglais, langue universelle, une priorité, et si nos jeunes devenaient suffisamment bilingues pour suivre leurs cours en anglais lors de leurs études supérieures, concurrençant ainsi hollandais, allemands, scandinaves ? … Levée de boucliers devant la menace de l’anglais… cris d’horreur des politiques attristés par le recul de l’orthographe et de la grammaire… étonnement de spécialistes qui constatent que les étudiants d’Europe de l’Est ou d’Amérique internationaux ont aujourd’hui le vent en poupe. L’institut des stratégies et des techniques de communication (iStC) de Lille a ainsi mis en place un partenariat avec l’université San Pablo de Madrid, permettant à quelques étudiants sélec-

E

Latine, privilégient moins l’idée de faire leurs études en France… Ce manque d’engagement et de vision font perdurer une contradiction dangereuse. Nous subissons l’abandon d’un combat moderne, créatif, dynamique autour de la francophonie au nom d’une idéologie préhistorique qui voit dans la valorisation de sa langue et de sa culture un signe grave de nationalisme (mais dans celle des autres une preuve d’ouverture…). Pourtant, la francophonie, sa valorisation et son activisme, forment de solides investissements pour notre économie, nos entreprises, notre enseignement supérieur, notre culture, nos exportations et finalement pour la valorisation de la fameuse « marque France ». D’autre part nous payons les relents d’un nationalisme mal placé face à la mondialisation, quand la maîtrise parfaite de la langue internationale des échanges, l’anglais, est incontournable. on se plaint de l’incapacité des politiques à s’unir au nom des intérêts supérieurs du pays…Là, hélas, c’est chose faite.

munication, mais nous n’avons pas les mêmes spécialités. Par exemple, ils possèdent un équipement très sophistiqué dans le domaine de la radio et de la télévision, tandis que nous mettons davantage l’accent sur le marketing, la gestion ou encore la comptabilité. » Les parcours binationaux se multiplient. Après des partenariats en Allemagne, au Mexique, ou encore en Hongrie, l’ESSCA a signé en octobre 2012 une convention avec l’université de Fudan à Shanghai, qui a accueilli les premiers éléments français dès la rentrée 2013. Là aussi, les deux programmes se recoupent plus qu’ils ne se complètent. Les étudiants qui partent à l’étranger cherchent moins à accumuler les savoir-faire qu’à développer un savoir-être aux saveurs internationales. Le niveau des contenus reste assuré par des accréditations telles que l’Association to Advance Collegiate Schools of Business (AACSB) ou l’European Foundation for Management Development (EFMD, reconnues internationalement. Mais ce que les candidats recherchent au départ tient plus du dépaysement et de l’acculturation. Les contextes des affaires chinois, britannique ou mexicain diffèrent sérieusement de celui des Français, tout comme les systèmes pédagogiques. Gare aux mauvaises surprises : par exemple, alors que l’essentiel de l’enseignement, en France, est délivré en présentiel, pendant les cours, les Anglo-saxons valorisent plutôt le travail préparatoire en amont. De nombreux étudiants français tombent de haut lorsqu’ils prennent conscience de la masse de besogne qui les attend.

s’y sont pas trompés. Selon l’« Enquête mobilité 2011 » de la Conférence des grandes écoles, le nombre de formations à l’international augmente chaque année. En 2009-2010, près de 19000 étudiants de Grandes écoles ont effectué un séjour à

treprise avec une ouverture sur l’étranger trouvera des qualités à un candidat détenteur d’un double diplôme international. Ainsi, alors que les relations franco-allemandes restent particulièrement valorisées, de moins en moins d’Allemands par-

“Un double-diplôme démontre
la capacité intellectuelle à adopter deux univers de travail dissemblables
lent français et de moins en moins de Français maîtrisent l’allemand. Les étudiants qui peuvent attester d’un diplôme allemand en plus de leur diplôme français acquièrent un avantage non négligeable. « Il y a quelques années, le Siège français de la filiale de Mercedes recrutait, raconte Benjamin Morisse. Nous avions alors présenté l’étranger, dont plus d’un tiers dans le cadre d’une formation diplômante. La moitié reste en Europe et 35% se dirigent vers l’Amérique du Nord. La part de l’Amérique du Sud et de l’Asie-Pacifique, encore modeste, présente la plus forte croissance, signe de l’attraction de ces régions. Sur le marché du travail, les gains sont réels. toute en-

”

quelques candidats. Il était entendu que l’anglais constituait la langue de travail. Mais la pratique de l’allemand a fait la différence, car elle permettait de discuter dans leur langue maternelle avec les cadres de la maison mère. » L’international apporte une richesse sans équivalent à laquelle les recruteurs s’avèrent particulièrement attentifs. or, les études restent le moment idéal pour ajouter des cordes à son arc et s’envoler pour le bout du monde. Dans un univers professionnel sans cesse plus complexe, les profils d’aventuriers capables de s’arracher à leurs habitudes répondent mieux que les autres aux les exigences d’adaptation et de polyvalence auxquelles est confrontée la nouvelle génération.

Lisa Mélia

UNIVERSITÉ DE TECHNOLOGIE DE COMPIÈGNE TECHNOLOGIE

UTC
Abécédaire de l’innovation

ppli Retrouv Retrouvez l’a

UTC

tionnés de passer une année entière en Espagne et d’obtenir le diplôme de l’établissement, en plus de celui de l’iStC. « Cela nous permet d’élargir l’offre pédagogique, apprécie Guy Maertens, Secrétaire général. Nous restons dans le domaine de la com-

recherche aventurier Pourtant, sans conteste, le jeu en vaut la chandelle. « En tant que recruteurs, nous savons que ces profils bénéficient d’une ouverture sur le monde et ont réussi à s’adapter à un autre environnement, indique Nathalie Atlan-Landaburu. À compétences équivalentes, un candidat qui a réalisé une partie de son cursus à l’étranger sera favorisé. » Les établissements d’enseignement supérieur ne

Actionneur électrique I Biorafﬁnerie I Capteurs en réseau I Modélisation 3D I ERM I Foie bio-artiﬁciel I GPRS I Hypertextuel I Immatériel I Jeu de lipides I Knowledge management I Lancer de rayons I xtuel Méthanisation I Nanobiotechnologies I Open innovation I Polymère à empreinte moléculair I Qualité anobiot e moléculaire I Réalité virtuelle I Suppléanc cognitive I Toxicologie prédictive I Unmanned Aerial Vehicles I Véhicule uppléance V intelligent I Web-démocratie I Xénobiotique I Y: anticorps catalytiques I Zzzzz... onomat eb-démocr onomatopée vibratoire

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L’oenologue est avant tout un agriculteur
Caroline Frey, œnologue à la tête du prestigieux Château La Lagune, troisième cru classé de Bordeaux, et du domaine Paul Jaboulet Aîné dans le Rhône, livre un regard frais et inattendu sur son métier.
études. J’ai par exemple passé mon Bac par correspondance avec d’autres sportifs de haut niveau. Comment se forme-t-on à l’œnologie ? J’ai d’abord dû passer deux ans en fac de Sciences à Reims pour obtenir un DEUG, condition sine qua de récolte qui nous semble la plus propice. L’œnologue-alchimiste dans sa cave voûtée tiendrait donc du mythe… Pas exactement puisqu’après les vendanges, nous rentrons effectivement en cave. Mais là, l’œnologue doit se faire très discret. Notre objectif est encore sur pied, nous avons déjà une idée de la direction que l’on veut prendre. Que boit-on le soir, au dîner, quand on passe sa vie dans le vin ? Pas grand-chose ! A la maison, j’essaie de faire une petite pause. Mais quand j’ouvre une bouteille, il ne s’agit pas forcément d’un grand cru ! Au contraire, j’essaie de goûter un maximum de vins. Et notamment des vins de petits producteurs. Cela me permet de bien positionner nos vins, comme Mademoiselle L par exemple (vin créé en 2008 par Caroline Frey et son équipe, ndlr). Comme « vin de tous les jours », quels sont vos coups de cœur du moment ? L’appellation Saint-Joseph, dans laquelle on trouve de très bonnes choses à prix raisonnables. Ou le cépage viognier, que l’on redécouvre actuellement, et que l’on retrouve dans des vins de pays des Portes de la Méditerranée, ou des vins d’Ardèche. Et puis, j’ai mon grand cru fétiche : le Léoville Las Cases, une des premières grandes bouteilles qui m’ait été donné de goûter, et que je déguste toujours avec beaucoup d’émotion. La France est-elle toujours le pays du vin ? Incontestablement. Déjà, nous possédons le terroir, qui, contrairement à ce que l’on entend parfois, joue un rôle primordial. Ensuite, la France est plantée de vignes centenaires, qui se sont adaptées à leur environnement et ont façonné les sols. Enfin, nous avons le savoir-faire, encore bien supérieur à celui que l’on peut exporter. La meilleure preuve de notre leadership en matière viticole, c’est qu’on essaie de copier les vins français, pas les vins australiens ou californiens.
Propos recueillis par Olivier Faure

faire le moins de mal possible au raisin
non à l’inscription au Diplôme national d’Œnologie de Bordeaux. C’est là que j’ai fait la connaissance de Denis Dubourdieu. Ayant été major de ma promotion la première année, j’ai eu la chance de pouvoir réaliser mon stage de deuxième année chez lui. J’ai même réalisé un second millésime une fois sorti de l’école. C’est l’année suivante, en 2004, que je suis arrivée au Château La Lagune. A quoi ressemble, au quotidien, le travail d’un œnologue ? Lorsqu’on imagine la conception d’un vin, on pense avant tout aux vendanges. Mais c’est oublier tout le travail qui est réalisé en amont ! Obtenir de beaux raisins engage le travail de l’année en cours, mais aussi des précédentes. Le boulot de l’œnologue, c’est de soigner la vigne et les sols au quotidien. Nous sommes avant tout des agriculteurs ! Et des agriculteurs en perpétuelle recherche : on observe les soins qui ont fonctionné sur nos parcelles, on les modifie pour tenter d’obtenir le meilleur résultat possible. Vient ensuite le choix de la date des vendanges. On goûte les raisins, on analyse l’évolution de leurs composantes – acidité, sucre, tanins, poids, couleur… – et en fonction de ces éléments ainsi que de la météo, on définit une période est de faire le moins de mal possible au raisin, afin qu’il passe du statut de jus à celui de vin sans le moindre maquillage. Le but, c’est qu’on retrouve dans le breuvage l’esprit, la finesse et la pureté du terroir. Pour cela nous devons gérer la fermentation, la cuvaison, l’extraction en recherchant toujours le point d’équilibre qui permettra de conserver la richesse des grains. Car ce sont eux qui doivent être sublimes pour faire un grand vin. Pas je ne sais quelle méthode de vinification propre à un œnologue. Dans ce cas, où se situe votre savoir-faire ? Justement dans notre capacité à respecter au maximum la matière première et à se rapprocher de ce point d’équilibre. Car extraire comme une brute ne présente rien de difficile. Le faire avec délicatesse se révèle beaucoup plus ardu. Pour autant, il ne faut pas croire que nous sommes des magiciens capables de produire un vin d’exception avec des raisins médiocres. Même en réalisant de subtils assemblages ? Bien sûr. Il ne s’agit que de la dernière phase de notre travail. Un moment important, puisque c’est là que chacun met sa patte et un peu de soi dans la bouteille. Mais beaucoup de choses sont déjà jouées. Même quand le raisin

“L’objectif de l’œnologue : ”

Devenir œnologue, une vocation ? Non, ce n’est pas du tout ce que je voulais faire lorsque j’étais enfant. Pour autant, j’ai grandi en Champagne, où mon père possédait quelques parcelles. J’ai donc été bercée par le rythme de la vigne, des vendanges et des millésimes. Et puis, le Champagne est un vin dans lequel on trempe facilement les lèvres, même très jeune. Ma passion s’est donc constituée petit à petit. Mais c’en est une bien plus importante qui a marqué toute ma jeu-

nesse : l’équitation. Longtemps, mon amour pour le vin est resté en sommeil. Quand s’est-il réveillé ? Quand j’ai eu une vingtaine d’années. Je me suis demandé ce que je voulais faire de ma vie : du cheval, ou autre chose. J’avais grandi, mon intérêt pour le vin s’était accru, j’avais acquis davantage de maturité. J’ai beaucoup parlé avec mes proches, et j’ai décidé de

m’engager dans cette voie. Ce fut un vrai cataclysme

de coeur, l’appellation Saint-Joseph

“Mon coup ”

car jusqu’ici, j’avais consacré ma vie à l’équitation. J’avais même arrêté très tôt mes

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Avant-propos :
Oubliées les rigueurs de l'hiver, les moon-boots et le nez qui coule. Avec les beaux jours annoncés, l'envie de se faire plaisir revient au grand galop. Beauté, voyages, mode, gastronomie... quelques pistes pour célébrer le retour du printemps.
Par Julie-Chloé Mougeolle

BEAUTÉ
Oh my Cream ! Découverte de marques cultes, et toutefois si confidentielles ! 25 marques plébiscitées par les pros. Concept store, bar à ongles, soins en cabine. www.ohmycream.com

Cure détox à l’hôtel Saint James & Albany Au Spa After the Rain de l’hôtel Saint James and Albany, il est encore temps de se faire du bien. Superbe piscine intérieure, hammam, fitness, plus d’innombrables massages exotiques et délicieux à souhait : mirage du désert blanc, traversée d’Atacama, thé au Sahara, une détente inouïe à offrir ou à s’offrir… www.aftertherain.ch Espace Bikram La pratique du Bikram Yoga est accessible à tous, débutants comme élèves confirmés de Bikram ou d'autres écoles de Yoga. Elle ne nécessite aucun pré-requis, entraînement ou condition physique particulière. Autorisant une souplesse plus naturelle du corps, la chaleur permet d'effectuer un travail en profondeur sans se blesser. La transpiration due à l’effort contribue au nettoyage de la peau et à l'élimination des toxines. Après quelques séances, vous aurez commencé à sculpter votre silhouette, retrouvé un teint frais et une peau douce. www.lespacebikramparis.com YESforLOV Vivez de délicieux moments en optant pour la Cosmétique du plaisir. Pour attiser à jamais la flamme de votre moitié, YESforLOV a conçu une large gamme de parfums, huiles, gels, poudres…dont un coffret brûlant, unique, irremplaçable. Allumez la bougie puis attendez le temps qu’il faut avant de vous offrir l’un à l’autre le plus glamour, le plus affolant et le plus inoubliable des massages grâce à cette bougie parfumée YESforLOV et à son huile onctueuse. Et au fil de vos jeux, vous découvrirez les messages cachés sur vos cartes LOVE INVISIBLE. Avis à celles et à ceux qui aiment jouer avec le feu ! www.yesforlov.com

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MODE
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Chalvet, des parures sur-mesure ! Pièces uniques et originales, bijoux ou objets précieux, les créations de Cécile Chalvet affichent un style minimaliste et poétique. Cécile crée des pièces sur mesure pour une clientèle privée, développe ses collections et collabore avec de grandes maisons. Chalvet-Paris est une petite structure flexible, adaptée aux besoins des clients professionnels et des particuliers. www.chalvet-paris.com

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Crockett & Jones, le must de la chaussure raffinée La maison Crockett & Jones a été fondée en 1879, à Northampton, le berceau de la chaussure anglaise pour homme. La spécificité du montage Goodyear de ces chaussures, qui allie style, confort et longévité, remonte aux techniques du XIXe siècle. Elle requiert une main d’œuvre très qualifiée pour mener à bien plus de deux cent opérations manuelles nécessitant environ huit semaines de travail. Une valeur sûre pour vos longues journées de travail ! www.crockettandjones.com

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VOYAGES &
HÔTELLERIE

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Destination Hong Kong avec le Metropark Hotel Wanchai Ce nouveau bijou d’Hôtels & Préférence est situé au cœur de Hong Kong. Séjournez dans l’une de ses 173 chambres design ou suites, idéales pour les voyages d’affaires. « She », l’étage des femmes présente une décoration unique dans chaque chambre, un lieu pour se détendre et s’éloigner du stress quotidien. Découvrez la variété de cuisine asiatique et internationale au restaurant « Le Chef » : de 4 à 9 plats magnifiquement présentés, à choisir sur tablette tactile. www.metroparkhotelwanchai.com

Evasion spa dans les arbres ! Envolez-vous pour une aventure atypique en Normandie... Là-haut, au sommet d'un majestueux séquoia, l'hôtel de la Licorne et son Spa Nuxe offrent un cocon de sérénité. Dans cette cabane perchée, découvrez une carte de soins qui répondra à tous vos caprices ! Seul ou à deux profitez d'un instant bien-être la tête dans les nuages. www.hotel-licorne.com

Nouveau chic napoléonien au Mac Mahon Paris Au pied de l'Arc de triomphe, dans le plus prestigieux des quartiers parisiens, l'Hôtel Champs Elysées macmahon, 4 étoiles, vous ouvre les portes d'un empire contemporain. Derrière sa belle façade haussmannienne, ce boutique-hôtel à l'emplacement unique abrite un univers graphique, entre design contemporain et décoration de style Empire, en vogue au 19ème siècle. Le Noham Café est le bar/restaurant de l'hôtel. Son superbe espace doté d'une terrasse propose petits-déjeuners, snacks sucrés et salés, ainsi qu'un bar à cocktails. www.hotel-champs-elysees-mac-mahon.com

AUTOMOBILE
Hybrid Drive by LEXUS Inspirée par le concept LF-CC salué par tous, et reprenant plusieurs éléments stylistiques découverts sur la supercar LFA, la nouvelle IS adopte l’audacieuse calandre trapézoïdale désormais caractéristique du design Lexus. De profil, l’habitacle apparaît concentré vers l’arrière du véhicule tandis que la ligne qui s’élève du bas de la carrosserie pour se prolonger jusqu’aux feux arrière accentue l’élégance et le dynamisme. http://www.lexus.fr/

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Bulles Jacquart C’est une jeune et dynamique marque, avide de progression comme de perfection, qui vient de lancer sa nouvelle plateforme de communication sur le thème de l’Elégance contemporaine avec une nouvelle ligne d’habillage. Son style de vins est très caractéristique : droit, aérien et fin comportant une structure légère mettant en valeur les caractéristiques du cépage dominant: le chardonnay, une qualité de vins exceptionnelle ! trois cuvées phares dont le Brut mosaïque et l’Extra Brut. www.champagne-jacquart.com/fr

GASTRONOMIE
Le Maroc à votre porte Cette citadelle dans Paris abrite un univers magique dédié à la détente et à la fête…entrez par les grandes portes en bois sculpté. L’ambiance feutrée est une vraie invitation au voyage avec ses danseuses orientales, ses musiques envoutantes et ses mets préparés dans la plus pure tradition marocaine. www.casbah.fr La Bocca della Verita Nichée au cœur des petites rues de Saint Germain des Près, La Bocca della Verità cultive une atmosphère festive et délicate. En cuisine, les recettes sont simples et inventives, elles s’attachent surtout au respect des produits et à la fantaisie de leurs interprétations. La décoration privilégie les matières brutes, le charme et la poésie des vieilles pierres, la chaleur du bois, la fraîcheur des plantes et des citronniers. Découvrez parmi d’autres le Petit château d'aubergines, ricotta et pignons, éclats de pistache ; les tagliatelles aux calamars, fleurs de courgette, menthe, olives et tomates confites ou encore le tiramisu Gianduja. www.boccadellaverita.fr Les Commis aux fourneaux ? Les Commis vous proposent de choisir parmi 4 entrées, 4 plats et 4 desserts. Les recettes, élaborées par des chefs issus de la restauration étoilée évoluent régulièrement, au gré des saisons. Votre kit prêt, vous pouvez soit passer le prendre en boutique, soit vous le faire livrer. Il ne vous reste plus que la meilleure partie : savourer le plaisir de cuisiner. Laissez-vous guider par nos conseils et jouez les chefs dans votre propre cuisine ! www.lescommis.com Page 1

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ART DE VIVRE & PATRIMOINE
La Sélection culturelle THÉATRE
n Comment obtenir des informations sur autrui ? Comment orienter voire contrôler l’opinion publique ? Non, ces questions ne sont pas l’introduction à un cours de propagande, mais quelques uns des thèmes abordés par le spectacle de magie mentale Qui vive, conçu par Thierry Collet et mis en scène par Eric Didry. Trois interprètes pénètrent les pensées des spectateurs, les dévoilent et s’interrogent sur leurs techniques de magicien. Stupéfiant. Le 9 avril à Aubusson, du 11 au 13 avril à Senart puis du 23 au 27 avril à La Villette. n Vous avez aimé le roman ? Vous adorerez la pièce. Bruno Abraham-Kremer reprend son interprétation, seul en scène, de l’œuvre culte de Romain Gary La Promesse de l’aube au Théâtre des Mathurins, du 21 mars au 28 avril. Vêtu d’une veste d’aviateur, dans une mise en scène très sobre signée de lui-même et de Corine Juresco, le comédien donne vie à la relation mère-fils la plus drôle et touchante de la littérature française. Sans toucher au texte de Gary. Un pur bonheur. n Une heure de tranquillité, comédie de Florian Zeller avec Fabrice Lucchini. Au Théâtre Antoine jusqu’au 5 mai. Mise en scène Ladislas Chollas. n Le Prix Martin, pièce d’Eugène Labiche. Par Peter Stein, du 22 mars au 5 mai à l’Odéon, avec Jacques Weber. Eugène Boudin est une des grandes figures artistiques de la seconde moitié du XIXe siècle, mais il est surtout un peintre singulier qui pose les fondements de la future révolution impressionniste. Né à Honfleur, mort à Deauville (1824-1898), il est surtout connu pour ses représentations des élégantes de l’époque sur les plages normandes. Selon lui, « les romantiques ont fait leur temps, il faut en revenir aux simples beautés de la nature ». En renonçant aux préceptes de la génération romantique, il va rayonner sur de nombreux artistes, comme Monet ou Baudelaire. C’est cette rencontre éphémère entre un décor, naturel ou urbain, et la lumière unique d’une certaine heure ou d’une certaine saison qui est au cœur de la démarche de Boudin. C’est d’ailleurs précisément cet héritage esthétique que revendique Claude Monet. Le peintre, observateur incisif des métamorphoses du ciel, avec les premières séries, initiera l’approche picturale des variations lumineuses, aussi caractérisées par leur beauté translucide. Ce qui

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EXPO
n Exposition Eugène Boudin Musée Jacquemart-André Du 22 Mars au 22 Juillet 2013 lui vaudra le surnom de « roi des ciels » par Corot. Cette exposition présente plus d’une soixantaine d’œuvres d’Eugène Boudin, dont 34 qui sont présentées pour la première fois en France, et propose un parcours thématique et géographique, retraçant les voyages de l’artiste. Pourquoi y aller ? Pour comprendre comment Eugène Boudin a été l’un des précurseurs des impressionistes et découvrir toute la poésie qui se dégage de ses œuvres de plein air. Musée Jacquemart-André Ouvert tous les jours de 10h à18h. Nocturne tous les lundis et samedi jusqu’à 20h30. Plein tarif : 11 € / Tarif réduit : 9,50 € Accès : 158, boulevard Haussmann – 75008 Paris n Du 5 mars au 9 juin 2013, l’exposition L’ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst se tient au Musée d’Orsay. L’occasion de parcourir trois siècles d’art sombre, gothique et surréaliste. n Du 02 avril au 09 juin, le musée d’Aquitaine de Bordeaux expose les photos prises par Luc Chéry à Jérusalem et en Palestine entre 2000 et 2004. Griffures. Jérusalem, Jaffa, Gaza. ne présente cependant aucune image d’affrontements. Sont ici montrés natures mortes, tableaux urbains, visages et attitudes, dans un esprit plus évocateur que descriptif.

FESTIVALS
n Fin mai le cinéma fera la fête à Cannes. Pendant ce temps, à Paris, du 24 au 26 mai, The 24 music video Project réunira des chanteurs et des réalisateurs pour un challenge ambitieux : imaginer, tourner et monter un clip vidéo en seulement 48 heures. L’association entre une équipe de réals et un groupe de musiciens se fait par tirage au sort. Et comme si ce n’était pas déjà assez difficile, ils ont un défi : insérer dans leur œuvre un objet ou un symbole imposé. n Et pourquoi pas se fendre d’une bonne vieille valeur sûre ? Du 23 au 28 avril 2013 se tiendra le Printemps de Bourge. L’occasion d’aller dans le Cher pour voir sur scène une flopée d’artistes éclectiques : M, C2C, Mika, Benjamin Biolay, Patti Smith, Disiz…

MUSIQUE
n Le groupe de rap marseillais IAM sortira son sixième album, Arts Martiens (chez Def Jam), le 22 avril. Un album très attendu puisque le précédent, Saison 5, date de 2007. n Love Songs (Barclay / Universal Music), le nouvel album de Vanessa Paradis, écrit avec Benjamin Biolay, sortira le 13 mai 2013.

CINÉMA/SÉRIES
n Le cinéma aime la littérature. Mais la littérature aimet-elle le cinéma ? Réponse avec deux films qui sortiront prochainement. D’abord l’adaptation du roman de Boris Vian L’écume des jours par Michel Gondry, le 24 avril 2013, avec un casting de stars : Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh et Omar Sy. Puis, le 15 mai 2013, Gatsby le Magnifique, mis à l’écran par Baz Luhrmann, avec Leonardo DiCaprio dans le rôle de Gatsby. n Alors que l’on commence à parler de la troisième saison, il est grand temps de vous mettre à Homeland. Pas d’inquiétude : Vu le niveau d’addiction que procure la série, vous aurez rattrapé votre retard en quinze jours, une semaine si vous n’avez pas besoin de beaucoup de sommeil. Homeland nous plonge dans les arcanes d’une CIA sur les dents tant la menace terroriste sur le sol américain se fait pressente. L’un des membres de l’agence, la jolie Carie Mathison, porte de vifs soupçons sur le sergent Nicholas Brody, marine retenu en captivité pendant huit ans par des terroristes afghans, et rentré au pays. Selon elle, celui qui est devenu un héros national est passé dans l’autre camp. Selon sa hiérarchie, il est hors de tout soupçon. De cette situation naît un suspense haletant. Si vous vous surprenez à avoir les mains moites sur votre canapé, pas d’inquiétude, c’est normal.

LIBRAIRIE
La saga des Mystères de l’histoire par Stéphane Bern

PROCHAIN NUMÉRO LE 30 MAI 2013
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d a n g e r e u x

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