Vendredi les encornets disent encore et le temps est à la réflexion.

Vendredi les encornets disent encore et le temps est à la réflexion. Et je m’interroge sur cette France divisée, incapable de se comprendre. La désunion est le fruit de politiques ni cohérentes ni courageuses. Elle provient surtout de mondes qui ne se connaissent plus, qui ne se fréquentent pas, une impression d’absence de futur commun. Les gilets jaunes n’incarnent pas la revendication habituelle du « recevoir plus et payer moins ». La dureté du mouvement est un écho aux sentiments de dédain et d’ignorance de la nouvelle classe dominante. La province et Paris se rejoignent car Paris sans petits commerçants et artisans, sans vieux ni familles nombreuses, c’est la victoire d’une modernité sourde aux difficultés d’un peuple dont on se contente d’affirmer son poujadisme. C’est une élite mobilisée pour la GPA mais qui se fout des dizaines de suicides d’agriculteurs, fière de la venue d’Uber mais qui en oublie les tragiques conséquences sociales. Rien ne vaut le vrai capitalisme, celui qui affirme et s’affirme, qu’une élite cynique qui se désintéresse de ses voisins mais qui blablate sur l’environnement, les différences et les identités. Un fossé détruit la France entre une tradition larguée et une modernité qui vit ailleurs et autrement.

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