Le verbatim de… Laurent Giovachini, Florence Lustman et Nicolas Théry

« Le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur représente un vecteur essentiel de cohésion sociale ».

Les dernières années laissent entrevoir un développement accru de l’apprentissage dans le cadre des parcours en universités et grandes écoles. L’alternative s’impose peu à peu dans le paysage et comme un tremplin de choix pour entamer sa vie professionnelle. Dans une tribune pour Le Monde, Laurent Giovachini, président de la fédération Syntec, Florence Lustman, présidente de la fédération française de l’assurance et Nicolas Théry, président de la fédération bancaire française, saluent ce développement. Et y voient un vecteur de lutte contre les inégalités.

« L’apprentissage constitue aujourd’hui le tremplin le plus efficace vers la vie active », écrivent les auteur·es de la tribune. Chacun d’eux et elles se félicitent de l’intégration de l’apprentissage dans de plus en plus de cursus universitaires et de grandes écoles. Et pour cause, entre acquisition de « soft skills », valorisation et intégration des réalités de l’entreprise et du monde du travail, l’apprentissage ne manque pas d’arguments. Le marché du travail en général et les entreprises en particulier ne s’y trompent pas : l’apprentissage connaît une croissance annuelle à deux chiffres, et plus encore (40 % entre 2019 et 2020). Mieux, l’accélération du recours à l’apprentissage sonne, pour nos auteur·es, comme un levier de démocratisation de l’accès à l’emploi et un outil pour briser « le plafond de verre des classes et territoires moins favorisés ». Visiblement, tout le monde est gagnant. Et surtout, le gain financier est très apprécié par les entreprises. Les jeunes apprenti·es constituent une manne de collaborateur·rices peu coûteux·ses et rapidement compétent·es (gare aux abus !). De l’autre côté du contrat d’apprentissage, les jeunes favorisent la réussite à leurs examens finaux et se constituent une première expérience professionnelle facilement valorisable pour leur projet professionnel. Banco ! ABA

Tribune. Avec près de 500 000 contrats signés dans le secteur privé en 2020, soit une hausse de 40 % par rapport à 2019, l’apprentissage connaît un décollage sans précédent en France et s’impose durablement dans le paysage de la formation. Il s’agit d’une réussite de politique publique majeure, issue de la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 et fortement portée par les efforts communs des entreprises et des établissements d’enseignement.

Plus encore, l’accélération de l’apprentissage dans les formations de l’enseignement supérieur favorise leur démocratisation pour briser le plafond de verre des classes et territoires moins favorisés. Les métiers de l’assurance, de la banque, du conseil, de l’ingénierie et du numérique – qui représentent environ 1,7 million de salariés en France et 60 000 jeunes en alternance – ont ainsi triplé en dix ans le nombre d’alternants des formations de niveau bac + 4/5.

L’apprentissage constitue aujourd’hui le tremplin le plus efficace vers la vie active. En valorisant une pédagogie qui intègre les réalités de l’entreprise et met en avant les compétences humaines et relationnelles, l’apprentissage favorise l’acquisition des « soft skills » [autonomie, créativité, capacité à travailler en équipe, etc.] indispensables pour évoluer et progresser professionnellement.

Pour consolider une dynamique naissante
De plus, l’intégration de l’apprentissage dans les cursus universitaires et grandes écoles a provoqué une véritable révolution culturelle et contribué à renforcer son image auprès des chef·fes d’entreprise, des enseignant·es mais aussi des étudiant·es eux·elles-mêmes. Mais surtout, le développement de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur représente un vecteur essentiel de cohésion sociale et de promotion de l’égalité des chances, en permettant aux étudiant·es issu·es de tous les milieux, de financer des études de plus en plus longues et coûteuses.

La Conférence des grandes écoles indique ainsi qu’il y a deux fois plus d’élèves de parent « ouvrier » dans les cursus par apprentissage que dans les autres voies. Nous avons là une responsabilité collective à permettre à ces jeunes d’accéder à ces formations de haut niveau. Plus d’égalité des chances, plus de réussite aux examens, moins de risque de décrochage et de réelles garanties d’obtenir un emploi stable dès la fin de sa formation, les bénéfices de l’apprentissage dans le supérieur sont là et tout l’enjeu aujourd’hui est d’accélérer dans cette voie pour en faire une filière d’excellence pour tous.

Retrouvez l’intégralité de la tribune ici

NB : l’écriture inclusive est de notre fait.

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