Le verbatim… d’Hippolyte d’Albis

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Hippolyte d’Albis est professeur à l’École d’économie de Paris et directeur de recherche au CNRS.

« Parents-enfants-écrans, une cohabitation en creux et bosses », titrions-nous l’an passé dans les colonnes de notre bimensuel Parenthèse. Les enfants – de plus en plus jeunes – passent beaucoup de temps scotchés sur leur écran. Une étude (Common Sense Media) de 2019 auprès d’enfants américains montrait que 53 % des bambins outre-Atlantique disposaient d’un smartphone à 11 ans.

Les petit·es Français·es ne font pas exception. Les écrans, s’ils rompent les barrières de la distance et permettent de garder un contact avec un parent ou un proche, se substituent – en cas d’utilisation abusive – à d’autres activités pourtant essentielles. Comme la pratique d’activités sportives et extrascolaires. Encore faut-il des moyens – pour les communes notamment – pour en proposer. GW

Hippolyte d’Albis

« Même si le temps d’écran est de 40 % plus élevé chez les enfants des foyers modestes que chez ceux des foyers aisés, il n’en reste pas moins que ces durées sont supérieures aux recommandations sanitaires pour presque tous : 77 % des 11-14 ans et 86 % des 15-17 ans y consacrent plus de 2 heures par jour. À l’inverse, le temps dédié aux activités physiques devient ridiculement faible. 45 % des 11-14 ans et 64 % des 15-17 ans y consacrent moins de 30 minutes par jour. Alors qu’à ces âges, la recommandation est d’une heure.

Cette évolution est préoccupante sur le plan sanitaire, elle laisse présager a minima un accroissement de la prévalence des maladies associées au surpoids.

Elle l’est aussi sur le plan social. Car elle révèle que les adultes ont abandonné une partie importante du temps extrascolaire des adolescent·es aux réseaux sociaux et à Internet.

Pourtant, les activités sportives, culturelles et sociales, par le plaisir qu’elles procurent, sont des alternatives efficaces aux écrans. Elles contribuent aussi au développement des adolescent·es. Et permettent notamment un accroissement des compétences non cognitives.

L’offre d’activités extrascolaires est présente en France. Mais elle doit être développée et subventionnée pour rester accessible à toutes les bourses. Le problème est qu’une part importante du financement public de ces activités relève des collectivités locales. Équipements sportifs et culturels, associations, personnels non enseignants des collèges et lycées, etc. Tout ceci dépend des subsides locaux, durement touchés par la crise sanitaire.

En 2020, les communes de plus de 100 000 habitant·es ont vu fondre leurs recettes de fonctionnement de 3,7 % tandis que les départements ont fait face à une hausse de leurs dépenses d’intervention de 4 % (principalement au titre de l’action sociale) sans augmentation concomitante de leurs recettes. Ces difficultés financières, très médiatisées lorsqu’il s’agit de Paris ou Marseille, sont malheureusement le lot commun de nombreuses collectivités locales. »

Retrouvez l’intégralité de la tribune parue dans Les Échos ici

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