Le verbatim… de Christian Jacob

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Christian Jacob, le président de ce qu’il reste du parti Les Républicains, signe une tribune dans les colonnes du journal Le Monde dans laquelle il appelle de ses vœux une réponse au défi climatique qui passera par la technologie et l’innovation, plutôt que des mesures qui pourraient nuire à la croissance. 

À quelques mois du couperet des élections présidentielles de 2022, indécises s’il en est, le capitaine du bateau des Républicains hausse la voix. Et s’empare des thèmes et enjeux qui participeront à dicter les grandes lignes de la campagne qui se profile. En l’occurrence, la question de la lutte contre le réchauffement climatique et de la protection de l’environnement. La réponse de M. Jacob : miser sur la technologie plutôt que sur la « décroissance ».

Le défi climatique est dans tous les esprits, c’est l’enjeu du siècle. Et ce n’est pas le dernier rapport (alarmant) du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) qui contredira l’affirmation. Les accords de Paris sont loin, très loin, et leurs effets décevants. L’urgence exige des mesures fortes et un renouveau de nos modes de production. Une réinvention qui laisse craindre à Christian Jacob un impact négatif sur la croissance et l’industrie en général. Protéger l’environnement oui, mais pas au détriment du marché et de son expansion donc.

Selon le n° 1 des Républicains, l’enjeu de l’indépendance énergétique de notre pays est fondamental. Tout miser sur l’électrique est dangereux, comme l’est, toujours selon lui, la décision de mettre un terme à l’ère du nucléaire. « On ne pourra relever le défi climatique sans l’apport de la recherche et de l’innovation », écrit pourtant l’élu, qui regrette notamment le manque d’installations de production de biocarburants. Il apparaît indéniable que le défi climatique ne saurait être appréhendé sans l’intégration des nouvelles technologies et innovations tant en termes d’énergie que de mobilité et de production. M. Jacob n’invente rien. En revanche, il pose l’atteinte à la croissance économique ou au marché comme une limite à ne pas franchir.

Peut-on véritablement réussir la transition écologique et climatique globale sans mesures de ruptures clivantes et sans remise en question de la dynamique de croissance ? Chacun sera juge. ABA

Christian Jacob, président des Républicains

« On ne pourra pas relever le défi climatique sans l’apport de la recherche et de l’innovation »

Tribune. Le dernier rapport du Giec confirme que les ambitieux objectifs de réduction des gaz à effet de serre brandis comme des victoires en 2015 se révèlent inatteignables et sans effet. Auparavant, les experts du Giec évoquaient un réchauffement climatique de l’ordre de 2,5 à 5,8 °C d’ici à la fin du siècle. Aujourd’hui, ils envisagent une hausse médiane de 3 °C. Même l’arrêt quasi total de la production mondiale, dû au Covid-19, n’a pas infléchi cette courbe. Quels que soient les efforts imposés aux populations, ils ont bien peu d’effet sur les émissions mondiales.

On oublie souvent cette évidence : la réduction des émissions des gaz à effet de serre n’est ni une affaire franco-française ni uniquement européenne. Si elle l’était, les prévisions seraient plus optimistes. L’Union européenne ne produit que 10 % des émissions mondiales (dont moins de 1 % pour la France), les États-Unis 15 % et la Chine 30 %. Au lieu d’imposer des mesures clivantes, mieux vaudrait valoriser nos résultats, se montrer pragmatiques et diversifier notre approche à l’échelle de la planète.
Nous sommes l’un des pays dont le mix énergétique est le plus décarboné, avec seulement 51 % d’énergie fossile, contre une moyenne de 85 % dans le monde et de 76 % en Europe. L’électricité française est décarbonée à 89 % grâce au nucléaire (71 %), qui, de plus, garantit notre indépendance énergétique. Nous devons encore réduire drastiquement la part du carbone dans les transports, l’habitat et l’industrie, mais sans grever la croissance.

Nourrir l’humanité
Alors que la population mondiale augmentera de 1,5 milliard d’habitants d’ici à 2030, la décroissance aggraverait davantage la situation des habitants réduits à la famine et à l’exode par le dérèglement climatique. Au contraire, l’agriculture devra produire davantage pour nourrir la planète. Ce qui est notre premier devoir. Les enjeux environnementaux et sociétaux demeurent, mais ils ne peuvent prévaloir sur ces enjeux stratégiques de sécurité alimentaire.
Il est primordial de maintenir notre indépendance énergétique. Tout miser sur l’électrique – comme l’a fait ce gouvernement, encore plus que le précédent – est dangereux, car nous deviendrons dépendants de la Chine, qui dispose de certains composants indispensables dans ce domaine.
Plus de 20 % de notre énergie renouvelable est d’origine agricole. La culture de matières premières destinées à produire des biocarburants permet, en parallèle, la production de protéines végétales pour l’alimentation animale, réduisant de fait notre dépendance à l’étranger. La production de biogaz pourrait être un levier pour toute la filière transport et agricole. Malheureusement, pour l’heure, il n’existe que 900 installations de production de biogaz dans l’Hexagone, contre plus de 9 500 en Allemagne.

Retrouvez la tribune ici

 

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