Treize sites industriels placés sous « vigilance renforcée », quels exploitants derrière ?

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Une liste noire de ces sites industriels qui intervient deux ans après l’accident de Lubrizol.

L’État a décidé de pointer du doigt. Mardi 6 juillet, le ministère de la Transition écologique a fait le choix de placer en « vigilance renforcée » treize sites industriels. Lesquels ont fait preuve d’incidents réguliers ou de non-conformités. Le gouvernement, fidèle à la maxime mieux vaut prévenir que guérir ne veut pas revivre l’accident survenu sur le site rouennais de Lubrizol en septembre 2019.

C’était il y a deux ans. En septembre 2019, un incendie se déclare dans une usine de produits chimiques de la société Lubrizol. S’en suit un immense nuage de fumée noire. Long de 22 kilomètres. En février 2020, Lubrizol est mis en examen pour « exploitation non conforme d’une installation classée ayant porté une atteinte grave à la santé, la sécurité ou dégradé substantiellement la faune, la flore, la qualité de l’air, du sol, ou de l’eau », et « déversement de substances nuisibles dans les eaux ». La société a déposé une requête en nullité. Puisqu’elle a estimé que l’enquête faisait preuve d’irrégularités. Mais en vain.

Pena, Tereos, le SIAAP, Yara, Esso, Lactalis…
« La sécurité des sites industriels à risques est globalement satisfaisante sur l’ensemble du territoire, mais plusieurs sites font encore l’objet d’incidents réguliers ou de non-conformités récurrentes », conclue le ministère après inspections. Treize sites posent question. Ils se retrouvent d’ailleurs en « vigilance renforcée », un dispositif mis en place au 1er juillet. Surtout, ils ont été nommés à la manière du name ans shame. Comme on le pratique pour stigmatiser les mauvais payeurs.

Treize sites pour six exploitants qui devront rendre des comptes. Parmi eux : le gestionnaire de déchets Pena, le sucrier Tereos, le Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne (SIAAP). Ou encore Esso, Lactalis et le fabricant d’engrais Yara. Dans le détail, le SIAAP est pointé du doigt pour sa station d’épuration d’Achères dans les Yvelines. Théâtre d’un incendie en 2019. Le site nécessite encore aujourd’hui des mesures de sécurité incendie et du personnel. Autre exemple, Pena doit lutter contre une problématique de rejets atmosphériques, envols de poussière et de métaux, sur les sites de Mérignac et Saint-Jean d’Illac, en Gironde.

Une réaction attendue
De là, les six exploitants ont dû présenter un plan de mise en conformité. Au sein duquel ils s’engagent à proposer et agir sur des mesures « concrètes et vérifiables ». Et cela d’ici au 31 décembre 2022. Surtout, ils ont tout intérêt à le faire le plus rapidement possible. S’ils veulent sortir de la liste « vigilance renforcée ». D’autant plus que les mauvais élèves sont répertoriés et visibles de toutes et tous sur le site du ministère – la liste sera révisée tous les trois ans.

L’objectif derrière : assurer la transparence avec les riverain·es ! Lesquel·les ont notamment souffert de l’incident Lubrizol : « Il y a une altération de la santé mentale un an après » l’incendie, constate Franck Golliot, directeur adjoint de Santé publique France. En outre 62 % des interrogé·es – proches de la zone impactée – ont ressenti un trouble ou problème de santé qu’ils·elles attribuent à l’incendie. Comme des maux de tête, malaises ou vertiges (37 %), une toux, un encombrement bronchitique ou une crise d’asthme (15 %). Entre autres. Ce name and shame version sites industriels portera-t-il ses fruits ?

GW

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