Le verbatim…d’un collectif de sénateur·rices et député·es socialistes

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Dans une tribune au journal Le Monde, un collectif rassemblant des sénateur·rices et député·es socialistes appelle le gouvernement à repenser un projet de réforme de l’assurance-chômage qui aggrave les inégalités existantes.

Il y a peu, le Conseil d’Etat suspendait les nouvelles règles de calcul des indemnités de chômage qui devaient entrer en vigueur le 1er juillet. Une décision qui, couplée aux reports de la réforme décidés par le gouvernement lui-même, fait dire aux élu·es socialistes signataires de la tribune que l’exécutif s’arc-boute sur un texte manifestement inadapté socialement. « La fin du « quoi qu’il en coûte » suppose manifestement qu’il en coûte prioritairement aux plus précaires d’entre nous », insiste le texte. Le but de la tribune est clair : mettre en garde contre les « dégâts considérables » que pourrait causer la réforme de l’assurance-chômage telle qu’elle est programmée jusqu’à présent. La tribune s’appuie sur les projections réalisées par l’Unédic, qui confirment l’injustice de la réforme, qui aggrave notamment les disparités territoriales et pénalisera les plus fragiles. Les élu·es socialistes déplorent, entre autres, le mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) qui sert de base au calcul de l’indemnité versé par Pôle emploi. En décidant de pénaliser celles et ceux qui alternent régulièrement entre chômage et emploi, le gouvernement ouvre la porte à d’importants écarts et reculs d’indemnités. La réforme de l’assurance-chômage n’est pas sortie de l’auberge. ABA

« La réforme de l’assurance-chômage va ajouter de la précarité à la précarité »

La réforme de l’assurance-chômage, repoussée à plusieurs reprises par le gouvernement lui-même car elle aggravait les conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire et retoquée à nouveau par le Conseil d’Etat le 22 juin après une première censure à l’automne 2020, n’a pas pu entrer en vigueur le 1er juillet comme prévu initialement par le gouvernement.

Pourtant, le gouvernement s’arc-boute sur son texte malgré l’évidence de son incongruité sociale et de sa faiblesse juridique et n’envisage rien de plus qu’un report à l’automne. La crise est-elle finie ? Non, loin de là. Mais la fin du « quoi qu’il en coûte » suppose manifestement qu’il en coûte prioritairement aux plus précaires d’entre nous. Car cette réforme va faire des dégâts considérables. « Une tuerie », avait synthétisé Laurent Berger au moment de la première version de cette réforme, avant la crise sanitaire.

Rappelons que, d’après les projections de l’Unédic, près de 1,15 million de nouveaux demandeurs d’emploi (sur 2,8 millions estimés) vont subir un retard dans leur indemnisation ou une baisse de celle-ci lors des douze premiers mois d’existence de cette réforme. A partir de l’étude d’impact réalisée par l’Unédic, le Parti socialiste a entrepris de quantifier l’impact territorial de la réforme, en projetant les résultats de l’Unédic dans chacun des départements de métropole et d’outre-mer.

Injustice de cette réforme

Le résultat confirme l’injustice de la réforme, qui aggrave les disparités territoriales et frappera plus durement les départements déjà touchés par un environnement économique et social dégradé ou les territoires enclavés dans lesquels le frein à la mobilité est aussi souvent un frein à l’emploi. C’est donc la principale caractéristique de cette réforme que de creuser les inégalités existantes, que de frapper les plus fragiles, que d’ajouter de la précarité à la précarité.

Car, en réformant le mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR), qui sert de base au calcul de l’indemnité versé par Pôle emploi aux demandeurs d’emploi, le gouvernement a fait le choix de pénaliser les « permittents » , autrement dit ceux qui connaissent des trajectoires heurtées qui alternent régulièrement périodes d’emploi et de chômage. Ainsi, pour une durée de travail égale, un demandeur d’emploi qui a connu des interruptions dans son parcours perdra jusqu’à 41 % de son indemnité !

Cela concerne principalement les jeunes, dont l’accès à un emploi stable est rendu plus difficile encore par la crise. Ce sont ainsi 345 000 nouveaux demandeurs d’emplois de moins de 25 ans qui subiront les conséquences de cette réforme, rien que pour la première année !

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