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Ces réallocations intersectorielles supposent un besoin d’accompagnement pour ces travailleur·ses en transition ou reconversion.

Depuis le mois de mars 2020, synonyme du premier confinement pour lutter contre la pandémie covid, le marché du travail français se retrouve complètement chamboulé. Ainsi, notre façon de travailler a radicalement changé pour faire une place pérenne au télétravail. Certains secteurs, à l’agonie, ont poussé les travailleur·ses à se reconvertir vers d’autres domaines d’activité, dopés par la crise. Une étude du Trésor, publiée le 24 juin, revient sur les réallocations intersectorielles des emplois provoquées par la crise. Pour faciliter au mieux ces mouvements, un accompagnement sera nécessaire. Une façon aussi d’éviter le chômage post-crise.

Une grande majorité des travailleur·ses retrouveront un emploi dans leur secteur d’origine après la crise. L’étude du Trésor le précise d’entrée. Ce qui ne veut pas dire tout le monde. On assistera à des réallocations intersectorielles. Soit des salarié·es qui se lanceront dans d’autres secteurs. En 2020, « 296 000 emplois salariés ont été détruits en France (1,2 % des emplois) », chiffre l’étude. Mais la fameuse destruction créatrice n’est jamais loin. Contrairement à l’hébergement-restauration, les arts et le spectacle ou le commerce, la santé, l’hébergement médico-social ou l’enseignement ont créé des emplois l’an passé.

Faire le pont entre secteurs destructeurs et créateurs d’emplois
Même après crise, l’étude du Trésor l’anticipe : « Il est ​probable que l’activité de certains secteurs restera en deçà de son niveau d’avant-crise ». En raison du télétravail notamment. Ou du repli des voyages d’affaires. De là, on s’attend à des réallocations, au bénéfice – en partie – des secteurs créateurs d’emplois. « Si un secteur reste en deçà de son niveau d’avant crise,  il est souhaitable qu’une partie des personnes qui y travaillaient trouvent un emploi dans d’autres secteurs pour éviter le chômage », défend Mélanie Coueffé, l’économiste qui a rédigé l’étude.

Facile à dire sur le papier. Car en pratique, encore faut-il que les salarié·es qui se retirent de tel ou tel secteur disposent des compétences requises pour rejoindre un autre domaine d’activité. L’enjeu tend donc à analyser  les compétences stimulées dans l’ensemble des secteurs pour faire ressortir des points communs. Dans ce sens, l’étude du Trésor relève des similitudes : « Le management d’équipe, la gestion des commandes, l’utilisation des technologies de l’information, très présentes dans les secteurs détruisant de l’emploi, le sont aussi parmi les secteurs créateurs ». À l’inverse, d’autres compétences demeurent bien moins transversales. Comme la vente ou la relation client.

Formation indispensable
D’abord une mission d’information. Trop peu connu des actif·ives, le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) informe justement les salarié·es en quête d’une évolution professionnelle ou d’une reconversion. Quelques heures (entre deux et huit) pour faire un point sur sa situation professionnelle et ses compétences. En 2020, à peine 100 000 salarié·es ont pu en bénéficier. Insuffisant – et surtout au regard de l’objectif initial qui prévoyait au moins le double.

D’autres dispositifs existent pour aider les travailleur·ses à financer une formation dans le cadre d’un changement professionnel : le « projet de transition professionnelle » – appelé aussi CPF de transition professionnelle – le dispositif « Transitions collectives » ou la reconversion et la promotion par alternance (Pro-A), lancée avec la Loi Avenir Professionnel de 2018. Le marché de l’emploi ne sera plus tout à fait le même qu’on ne l’a connu début 2020. Des réallocations intersectorielles vont s’opérer. Avec en tête un scénario à éviter : celui d’un chômage de masse couplé à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs…

GW

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