Malgré la crise, le patrimoine mondial de (certains) ménages en hausse en 2020 !

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Le patrimoine mondial des ménages a augmenté de 7,4 % en 2020, selon une étude du Crédit Suisse.

Cette crise ne ressemble décidément à aucune autre. Puisque ce sont les États – en raison de ce fichu Sars-Cov-2 – qui ont volontairement ralenti l’activité économique, voire stoppé pour certains secteurs, considérés comme moins essentiels. Alors forcément, les restrictions sanitaires et les confinements ont contraint la consommation des ménages. Qui en ont alors profité pour épargner. Mardi 22 juin, une étude publiée par le Crédit Suisse constate que le patrimoine mondial des ménages a, en 2020, augmenté ! Quelques chiffres.

Fin mars, la Banque de France chiffrait à 142 milliards d’euros le surcroît d’épargne des ménages français. Mais notre pays ne fait pas exception. Faute de consommer, les ménages ont épargné, voire investi. Dans l’immobilier ou en Bourse. Peu importe, leur patrimoine, en moyenne, demeure en hausse en 2020 (par rapport à 2019). Même si des disparités persistent entre les régions et selon les classes sociales.

Une hausse de plus de 28 000 milliards
de dollars
« La création de richesses en 2020 semble avoir été entièrement dissociée des difficultés économiques entraînées par la covid-19 », lance Anthony Shorrocks, économiste indépendant du Crédit Suisse et auteur du rapport. Et pour cause, l’étude souligne une hausse du patrimoine mondial des ménages en 2020 de 7,4 %. Soit un accroissement de plus de 28 000 milliards de dollars par rapport à 2019. Pour atteindre un montant global de 418 000 milliards de dollars. À l’échelle de l’individu, le patrimoine des ménages est en hausse de 6 %, soit presque 80 000 dollars supplémentaires l’an passé.

Nuance tout de même dans les chiffres, car la dépréciation du dollar a influencé les résultats de l’étude. Ainsi, hors effets de changes, le patrimoine mondial des ménages aurait plutôt augmenté de 4 % en 2020… Une hausse tout de même, en dépit du séisme sanitaire et économique ! Grâce à l’épargne accumulée, les ménages – du moins une partie d’entre eux – ont fait fructifier cet argent en Bourse. Car même si les marchés financiers ont plongé au début de la crise (au premier confinement), ils se sont ensuite remis sur pied. De quoi doper les envies de placements des ménages. Avec en France, d’autres profils d’investisseurs, plus jeunes notamment. En outre, la remontée des prix de l’immobilier, associée à une baisse des taux, a aussi donné un coup d’accélérateur au patrimoine mondial des ménages.

De fortes disparités
Dans le détail, tous les ménages n’ont pas vu leur patrimoine stimulé avec la même intensité. L’étude pointe d’abord des divergences en fonction des zones géographiques. Pendant qu’en Amérique du Nord le patrimoine mondial des ménages s’élevait l’an passé de 10 %, dans l’hémisphère sud du continent ce même patrimoine – non seulement ne grimpait pas – mais chutait… de 10 % ! En Europe, les ménages ont vu leur patrimoine s’accroître de 9,8 %.

Enfin, pour les ménages les moins fortunés : « La richesse a eu tendance à stagner ou, dans de nombreux cas, à régresser », observe Anthony Shorrocks. Les jeunes, et les femmes par exemple, ont davantage été affectés par la pandémie dans les pays avec de faibles mesures de soutien, note l’étude. À l’opposé, les ménages déjà très fortunés ont bénéficié, sur le plan mondial, d’un bond de 24 % de leur patrimoine. Le plus fort envol depuis 2003. En parallèle, le globe a enregistré 5,2 millions de millionnaires en plus. Des pauvres qui s’appauvrissent, des riches qui s’enrichissent, une crise pas si singulière à l’arrivée ?

GW

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