« Il n’y aura jamais plus grande valeur dans une entreprise que le capital humain », Grégory Arvis, fondateur d’Arvis coaching

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La vie professionnelle et les responsabilités des managers sont semées d’embuches. Une trop grande pression et un surmenage peuvent mener au burn-out et inévitablement nuire à la productivité. Pour aider les dirigeant·es et les entreprises à éviter les mauvaises surprises et à prévenir le mal-être professionnel, des structures d’accompagnement et de coaching d’entreprise s’installent dans le paysage. Après avoir fait l’expérience d’un trop plein de pression professionnelle, Grégory Arvis a créé sa structure d’accompagnement et aide aujourd’hui les manager·ses à prendre en main leur bien-être et leur performance.

Comment votre parcours personnel vous a-t-il mené à créer une structure d’accompagnement et de coaching ?
Avant de créer ma structure j’ai suivi tout un parcours. Après mon école de commerce, j’ai été patron d’un hôtel aux Seychelles, puis patron chez Decathlon et j’allais passer à l’échelon supérieur chez Decathlon. Mais je me suis cramé et j’ai fait une septicémie. Je n’ai pas su écouter les signaux que mon corps m’envoyait et j’ai mis sous le tapis mon environnement personnel compliqué. Je m’investissais énormément dans le travail en ignorant les alertes de mon corps. Résultat, cette septicémie et j’ai failli mourir. Ce fut le déclencheur. Je devais partir pour diriger Decathlon Mexique, mais j’ai compris que j’avais envie de me stabiliser. J’ai donc démissionné et me suis interrogé sur la suite. J’avais suivi des formations au coaching d’entreprise, j’ai poursuivi dans cette voie et j’ai créé ma structure il y a cinq ans.

Le coaching que vous prodiguez vise à prévenir le burn-out et les mal-être au travail ?
Je n’aime pas le terme de « coaching », il est très galvaudé. Je suis spécialisé en stratégie managériale et accompagnement d’entreprise. J’accompagne principalement des dirigeant·es, des comités de direction et des manager·ses au sens large. Mon job, c’est de les aider à prendre du recul sur eux-mêmes, pour les aider à performer avec sens. Il s’agit d’être performant et d’avoir assez de recul pour se situer et s’interroger sur son bien-être. J’accompagne souvent des systèmes qui sont en situation de surmenage ou de surproduction notamment.
Le burn-out est devenu un mot fourretout devenu très présent dans les entreprises. Ma septicémie par exemple était une forme de burn-out. Lors d’un burn-out, le corps est en pression et reçoit plus d’informations que ce qu’il peut digérer. Effectivement, j’accompagne les manager·ses pour identifier les signaux qu’ils·elles peuvent recevoir et mettre en place des actions simples pour se responsabiliser dans leur bien-être et leur performance.

Que proposez-vous à vos client·es ?
Nous proposons trois niveaux de produits en plus d’un niveau sur-mesure où l’on se rend sur place, on fait un audit et puis on propose des solutions en fonction des problèmes identifiés. Ensuite, il y a une base commune entièrement numérisée autour d’un programme d’e-learning en plusieurs étapes. Le niveau au-dessus consiste en ce programme numérisé avec en plus un coach dédié. Enfin, il y a un produit immersif où le·la dirigeant·es suit l’e-learning ainsi qu’un enseignement de trois jours dans nos locaux. Dans le cadre de notre programme d’e-learning en ligne nous avons créé un rendez-vous numérique quotidien tous les mercredi avec nos client·es. La grande valeur de ces rencontres hebdomadaires, c’est le mélange des personnes et entreprises que nous accompagnons, des dirigeant·es, des indépendant·es et des manager·ses de grandes entreprises, qui échangent à cette occasion et partagent leurs expériences

À l’heure de la crise sanitaire, du télétravail et des nouveaux usages numériques, êtes-vous plus sollicité ?
Aujourd’hui, notre vie est faite de trois cercles. Il y a le cercle travail, qui prend beaucoup de temps, et puis le cercle qui réunit tout le reste, la vie de famille, la vie de couple… Entre ces deux cercles très oppressés, il y a le cercle personnel, le moi. Dans le contexte de la crise sanitaire, les gens subissent une forte pression, entre leurs responsabilités professionnelles et leurs responsabilités familiales et personnelles. Effectivement, la frontière entre le travail et la vie personnelle est ténue, mais elle n’a jamais vraiment été là. En revanche, ce jeu de cercles et de pression entre eux a toujours été là, et on peut se retrouver écrasé entre ces deux rôles du quotidien. Le télétravail a effectivement fait perdre des repères et un certain rythme.

Est-ce que vous conseilleriez donc aux entreprises de ne pas trop miser sur le télétravail ?
Non, je pense qu’un mouvement sociétal est en marche. Comme avec n’importe quel courant, on peut aller contre ou on peut apprendre à fonctionner avec et à surfer la vague. Depuis cinq ans, je pratique le télétravail et je n’ai jamais eu une qualité de vie professionnelle et personnelle comme celle que je vis actuellement. En revanche, il y a des cadres à mettre en place, un environnement de travail à créer et des routines à conserver de manière plus sérieuse. Ce ne sont pas des grandes adaptations à mener, mais plus une somme de petites choses à mettre en place. Il faut se responsabiliser pour tout mettre en place. Le premier enseignement que j’aime partager, c’est qu’on a la pleine responsabilité de sa vie, et le plein pouvoir de prendre sa vie en main. Il n’y aura jamais plus grande valeur dans une entreprise que le capital humain.

Propos recueillis par Adam Belghiti Alaoui

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