Discrimination : pas d’écart de traitement à l’embauche entre femmes et hommes, estime la Dares

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La Dares a mené une campagne de testing pour mesurer une éventuelle discrimination à l’embauche.

On le sait, les femmes se confrontent encore aujourd’hui à un écart de rémunération salariale par rapport à leurs homologues masculins. Ainsi qu’à des trajectoires professionnelles moins ascendantes. Et la crise covid n’a rien arrangé. Ces singularités de traitement proviennent-elles – plus en amont – d’une discrimination à l’embauche ? La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a mené une campagne de testing à grande échelle. Et a envoyé des CV fictifs en réponse à des milliers d’offres dans onze métiers distincts. Des CV aux parcours et compétences identiques. Seule particularité : certains appartiennent à des hommes, d’autres à des femmes !

En 2020, le taux d’activité des femmes s’élève à 82,5 %. Contre presque 92 % pour les hommes. Elles occupent aussi beaucoup plus souvent des emplois à temps partiel – et notamment subi. Puisque l’an passé, c’est le cas d’environ 27 % des femmes en emploi. Bien plus que les hommes (8,4 %). On le comprend, les femmes ne bénéficient pas du même « destin » sur le marché du travail. Faut-il y voir une discrimination dès l’embauche ? A priori non, estime la Dares dans son étude du 25 mai.

Même traitement en moyenne entre femmes et hommes
Les employeurs ne feraient pas de discrimination liée au genre de l’individu. Du moins à la réception des CV. À en croire les résultats de la Dares : « Parmi  les  4  800  candidatures  envoyées  (2  400  femmes  et  2  400 hommes), un tiers a reçu une réponse manifestant un intérêt  de  la  part  du  recruteur  et  ce  taux  de  rappel  ne  diffère pas selon qu’il s’agit d’une candidate ou d’un candidat ». Idem pour les taux de refus ou non-réponse, pas de traitement spécifique accordé aux femmes ou aux hommes !

Au global, cette campagne de testing montre par ailleurs que le taux de rappel des candidat·es s’affiche bien plus faible pour les métiers qualifiés avec encadrement. Comme contrôleur·se de gestion ou directeur·rice restaurant. Plutôt – et sans surprise – que les professions dites « en tension » comme développeur·se. Dont le taux de rappel moyen approche les 60 %.

Les femmes favorisées pour les métiers qualifiés
Sans doute le principal enseignement de cette étude de la direction du ministère du Travail. « Si les femmes ne sont pas discriminées en moyenne, elles apparaissent donc favorisées lorsqu’elles sont qualifiées et candidatent  à  des  métiers  avec  fonction  d’encadrement », lit-on dans les analyses fournies par la Dares. Mais attention, l’inverse se produit aussi. Les femmes se heurtent à une discrimination dès lors qu’elles sont moins qualifiées et qu’elles postulent à des métiers peu qualifiés.

Enfin, l’ajout de caractéristiques personnelles comme la situation maritale,  le nombre d’enfants ou les périodes d’inactivité semblent avoir très peu d’effet sur un meilleur – ou moins bon – accueil des CV (femmes ou hommes) de la part des recruteurs. En revanche, pas pour l’âge. « Pour les plus jeunes, l’indication d’une période  d’inactivité  ou  de  présence  d’enfants  réduit  systématiquement  les  chances  d’être  contacté  par  un  recruteur », souligne la Dares. En résumé, les femmes, en moyenne, ne subissent pas une inégalité de traitement. Elles reçoivent le même accueil des employeurs lorsqu’elles envoient des CV similaires à ceux des hommes. Sur cette campagne de testing, la Dares a toutefois proposé le même nombre de CV fictifs femmes et hommes aux recruteurs. La réalité ne ferait-elle donc pas plus de place à l’autocensure ?

GW

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