Salarié·es de « deuxième ligne » : moins bien payé·es pour un travail plus pénible !

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Mais qui sont ces salarié·es de “deuxième ligne” ? s’interroge une étude de la Dares.

Ils·elles sont boulanger·ères, caissier·ères ou agent·es d’entretien. Moins visibles que les soignant·es, au premier plan depuis plus d’un an et l’apparition de cette fichue pandémie. Mais tout de même fortement exposé·es au risque de contamination. Ces salarié·es de « deuxième ligne » n’ont pas télétravaillé. Il fallait assurer une vie minimale à la nation. Le 18 mai, une étude du ministère du Travail révèle le profil de ces invisibles étrangement devenu·es essentiel·les à l’ère Sars-CoV-2. Moins bien payé·es, travail plus pénible, peu de perspective de carrière… Quelques chiffres.

Près de 4,6 millions de salarié·es ont garanti les tâches nécessaires au fonctionnement de l’économie pendant la crise sanitaire et les confinements successifs. Lesquel·les représentent 17 professions – retenues par la Dares pour mener son enquête. Mais « qui sont ces salarié·es ? », s’interrogent Thomas Amossé, Christine Erhel, Mikael Béatriz, Malik Koubi et Amélie Mauroux, à l’origine de l’étude.

Des salaires plus faibles
Voilà le premier constat d’un décalage entre l’utilité sociale procurée par les salarié·es de « deuxième ligne » et leur valorisation. Qui devrait, entre autres, passer par une reconnaissance salariale. Problème, à en croire les chiffres publiés par la Dares, leurs rémunérations se retrouvent 30 % inférieures à celles dont bénéficient en moyenne l’ensemble des salarié·es du secteur privé. En raison notamment des bas salaires : presqu’une rémunération sur cinq (parmi les salarié·es de « deuxième ligne ») se situe en dessous de 1 246 euros net par mois ! Un taux qui grimpe même à 43 % pour les seul·es aides à domicile. À noter aussi une concentration d’un emploi féminin au sein des métiers de « deuxième ligne » les moins bien rémunérés.

Sur le type de contrat de travail, ces travailleur·ses précaires s’affichent plus souvent en CDD (contrat à durée déterminée) que l’ensemble des salarié·es du privé. Avec des taux respectifs de 10,5 % et 7,5 %. Plus d’intérim aussi. Et notamment au sein des ouvrier·ères non qualifié·es de la manutention : une profession qui concentre 36 % d’intérimaires ! Ce même taux qui plafonne à 3 % parmi l’ensemble des salarié·es…

Contraintes physiques et horaires atypiques
Des professions – au global – exposées à davantage de risques. Sur les données 2019, les salarié·es de « deuxième ligne » déclarent deux fois plus souvent avoir eu un ou plusieurs accidents au cours de leur travail lors des douze derniers mois (20 % contre 11 % pour l’ensemble du privé). L’étude pointe aussi le niveau élevé du risque infectieux, encore plus présent en période covid. Un constat d’autant plus vrai pour les aides à domicile et aides ménagères ou les agent·es d’entretien. Or, les conditions de travail difficiles empêchent ces salarié·es d’envisager de longues carrières : à peine un sur deux s’estime capable de poursuivre son emploi jusqu’à la retraite.

Sur les horaires atypiques, 19 % travaillent plus de 10 dimanches par an  – 14 % pour l’ensemble des salarié·es. Même son de cloche pour le travail de nuit : 8 % ont travaillé au moins 50 nuits par an contre 5 % en moyenne pour le privé. Cependant, hormis les conducteur·rices, ces 4,6 millions de salarié·es travaillent plus souvent à temps partiel – voire à temps partiel très court – en comparaison à ce que l’on observe globalement dans le privé. Bref, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Voilà une drôle de façon de remercier ces salarié·es qui œuvrent au quotidien pour le bien commun.

GW

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