Activité partielle : la crise transforme le profil des salarié·es concerné·es !

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En avril 2020, l’activité partielle concerne 8,4 millions de salarié·es, révèle la Dares.

Il constitue l’un des piliers du « quoi qu’il en coûte » prôné par le Président de la République Emmanuel Macron. À côté des prêts garantis (PGE), du Fonds de solidarité, le dispositif d’activité partielle rend possible l’indemnisation des salarié·es dont les entreprises doivent réduire, voire suspendre leur activité. De façon temporaire. En 2020, début de l’ère Sars-CoV-2, le recours à l’activité partielle a bondi pour s’étendre à l’ensemble des salarié·es du privé. Quelques chiffres.

Les entreprises ont d’autant plus bénéficié de l’activité partielle que les restrictions sanitaires se sont intensifiées. Au mois d’avril 2020 par exemple, pas moins de 8,4 millions de salarié·es ont perçu une indemnisation à hauteur de 84 % de leur salaire net, révèle une étude publiée mardi 20 avril par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Un chiffre qui plafonnait à 6,7 millions un mois auparavant. Après une baisse constatée en août (1,1 million), le deuxième confinement a de nouveau dopé le recours à l’activité partielle.

De l’industrie à une diversité de secteurs
On le sait, l’activité partielle coûte cher aux finances publiques. C’est d’ailleurs le dispositif qui s’affiche comme le plus onéreux en 2020 : 27 milliards d’euros dépensés ! Et pour cause, avec la crise, l’activité partielle a concerné davantage de secteurs, bien au-delà donc des filières industrielles. D’après la Dares, entre 2015 et 2019 en moyenne, les secteurs industriels recouvraient plus de la moitié (54 %) des effectifs en chômage partiel. Et alors qu’ils ne représentaient même pas 20 % de l’emploi salarié privé. La conjoncture fait partie de ces motifs qui poussent les entreprises à plébisciter le dispositif d’activité partielle. Mais aussi la venue d’événements exceptionnels comme les grèves, les inondations, la crise des gilets jaunes, etc.

Or en 2020, on assiste à une déformation de la structure sectorielle des salarié·es placé·es en activité partielle. En raison notamment des ravages de la crise au sein de l’hébergement-restauration. De là, le poids des services marchands double, 30 % en février 2020 contre 65 % le mois qui suit. D’abord en hausse avec l’arrêt brutal des chantiers, le secteur de la construction s’est rapidement défait du recours au chômage partiel lors du déconfinement en mai.

Plus de femmes et plus de jeunes
Souvent l’apanage des ouvrier·ères de l’industrie, le plus souvent des hommes, l’activité partielle a connu une féminisation en 2020. La part des femmes passe de 26 % en moyenne entre 2015 et 2019 à 45 % environ à la suite de la crise. Soit environ la proportion des  femmes dans l’emploi salarié privé. Les ouvrier·ères voient leur poids parmi les travailleur·ses au chômage partiel reculer lors du premier confinement. Les cadres, eux·elles aussi, se retrouvent concerné·es par l’activité partielle, au même titre que les autres catégories socio-professionnelles… et en dépit de leur plus grande possibilité à télétravailler !

Enfin, les jeunes aussi ont fait l’expérience du chômage partiel en 2020. Alors qu’elle était de 2 % en moyenne entre 2015 et 2019, la part des jeunes de moins de 25 ans a grimpé jusqu’à 11 % entre mars et octobre 2020, parmi l’ensemble des salarié·es au chômage partiel. Preuve encore une fois que la crise a balayé large. Pour rappel, entre 2015 et 2019, entre 25 000 et 50 000 salarié·es à peine se retrouvaient en moyenne an activité partielle chaque mois…

GW

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