Protocole sanitaire en entreprise : tout ce qu’il faut retenir !

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Une nouvelle version du protocole sanitaire en entreprise est disponible sur le site du ministère du Travail.

Les entreprises situées dans les seize départements concernés par le reconfinement doivent mettre en œuvre des « plans d’action » pour, à la fois poursuivre leur activité, mais surtout favoriser le recours au télétravail. Voilà l’un des enseignements que l’on retient d’une nouvelle version du protocole sanitaire, présentée aux partenaires sociaux et mise en ligne sur le site du ministère du Travail mardi 23 mars. Télétravail – plus que jamais – recommandé, réduction du covoiturage, précisions sur les déjeuners en entreprise… Retour sur toutes les règles à respecter – et il y en a un certain nombre – au bureau à l’ère covid.

Si l’ampleur des contaminations dans le milieu professionnel fait débat, le chef de l’État Emmanuel Macron, lui, a tenu à le rappeler : les contaminations au travail représenteraient 15 % des cas identifiés de covid-19, estime une étude de l’Institut Pasteur réalisée au mois de mars. D’où la nécessité de té-lé-tra-vai-ller ! On ne cesse de le marteler au gouvernement, travaillez à distance dès lors que c’est possible. Pour les salarié·es à 100 % en télétravail, « un retour en présentiel est possible un jour par semaine au maximum lorsqu’ils·elles en expriment le besoin, avec l’accord de leur employeur », peut-on lire dans le document. Le Premier ministre s’en était agacé en conférence de presse, « beaucoup d’entreprises en sont à encore moins aujourd’hui », regrettaitil jeudi 18 mars. Enfin, pour les salarié·es qui ne peuvent absolument pas exercer leur activité à distance, les entreprises restent tenues de lisser les horaires de départ et d’arrivée des travailleur·ses et limiter l’affluence aux heures de pointe.

Exit la convivialité, déjeuner seul
Le protocole sanitaire s’attaque clairement à tous ces  « moments de convivialité » entre collègues. Les pauses-café, entre autres, restent donc « suspendues ». Sur les restaurants en entreprise, le guide de bonne conduite pour freiner les contaminations a été retouché puisqu’il prévoit de « déjeuner seul en laissant une place vide en face de soi et en respectant strictement la règle de distanciation » de deux mètres entre chaque personne. Sauf si – les petites exceptions que l’on chérit tant – « une paroi fixe ou amovible assure une séparation physique » entre les convives. Globalement, se trouve en vigueur une jauge maximale d’une personne pour 8 m2.

Encore mieux – selon le protocole sanitaire : maximiser les paniers repas et manger seul à son bureau : « Ce que nous rappelons là, ce sont des règles de bon sens, de manière que, lorsqu’on enlève son masque, on soit à distance les uns des autres […] Il faut tout faire pour manger seul. Ce n’est pas agréable […] Mais c’est comme ça qu’on se protège et qu’on protège les autres », insiste Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail, chargé des retraites et de la santé au travail.

Les autres mesures à respecter
Il n’y a sans doute qu’en temps de pandémie et de « guerre » sanitaire qu’un gouvernement pourrait ne pas encourager le covoiturage. Le nouveau protocole rappelle les règles pour l’employeur sur les trajets partagés : « Limiter autant que possible les situations de covoiturage », écrit noir sur blanc. Toujours dans cette perspective de lutte contre la propagation du virus. Le port du masque en entreprise s’impose dès lors qu’un·e salarié·e se retrouve en situation d’accueillir du public. Seul·e dans son bureau, le port du masque n’est donc bien entendu pas obligatoire. En extérieur, les travailleur·ses devront porter leur masque en cas de regroupement ou d’incapacité à respecter une distance de deux mètres entre les personnes. Mais le protocole sanitaire ne s’arrête pas là, il précise aussi comment ventiler une pièce au sein de l’entreprise ! « Il ne faut pas utiliser de ventilateur si le flux d’air est dirigé vers la personne […] Les systèmes de climatisation, dont la maintenance régulière doit être assurée, doivent éviter de générer des flux d’air vers les personnes et de recycler l’air », lit-on dans le protocole. Sans oublier qu’avant la remise en marche des systèmes, il faudra procéder à un nettoyage « à l’aide de produits détergents pour une remise en propreté ».

Un protocole si complet – donc contraignant – s’expose forcément à la critique. C’était sans compter sur la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) : « La créativité administrative n’a décidément plus de limite », ironise l’organisation patronale qui reste plus que perplexe sur l’efficacité du protocole, « nul doute qu’une paperasse de plus à remplir constituera un barrage efficace contre l’épidémie. » Pour Gérard Mardiné (CFE-CGC), ces plans d’actions qui insistent encore et toujours sur le télétravail risquent de déboucher sur « un détournement d’énergie » et « un excès de formalisme ». Beaucoup de perte de temps pour les entreprises… Bref, pour l’heure, c’est ce protocole sanitaire qui prévaut en entreprise. Jusqu’à la prochaine version. GW

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