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Mais l’arrêt progressif des aides va provoquer un raz-de-marée pour des milliers de chef·fes d’entreprise.

L’association GSC (qui se donne pour mission d’informer et de sensibiliser les chef·fes d’entreprise des risques de leur situation et plus particulièrement la perte d’emploi) et Altares (qui collecte, structure, analyse et enrichit les données b to b afin de les rendre « intelligentes » et faciliter la prise de décision pour les directions générales et opérationnelles des entreprises) dévoilent la 5e édition de l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. En 2020, 33 189 femmes et hommes chef·fes d’entreprise ont perdu leur activité professionnelle, une diminution de 31,4 % par rapport à l’année 2019. Les mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la crise sanitaire ont protégé temporairement les dirigeants de la faillite. Les chef·fes d’entreprise expérimenté·es à la tête de PME sont les premier·ères impacté·es.

Anthony Streicher, Président de l’association GSC : « Ces chiffres ne sont malheureusement qu’un mirage qui doivent inciter à redoubler de prudence. Les dispositifs de l’État ont permis aux entreprises de maintenir la tête hors de l’eau, mais ne soyons pas naïfs, l’arrêt progressif des aides va provoquer un raz-de-marée pour des milliers de chef·fes d’entreprise. »

La crise touche les chef·fes d’entreprise expérimenté·es
En 2020, 33 189 chef·fes d’entreprise ont dû faire face à une liquidation judiciaire. En baisse de près de 31 % par rapport à 2019, le nombre de dirigeant·es à avoir perdu leur emploi est au plus bas depuis la création de l’Observatoire.

L’âge médian des dirigeant·es impacté·es est de 48 ans, soit 2 ans de plus qu’en 2019. Ces chef·fes d’entreprise « senior » et expérimenté·es auront davantage de difficultés à rebondir après le prononcé de la liquidation judiciaire de leur entreprise.

 

Près d’un tiers des entrepreneur·ses en situation de perte d’activité avaient plus de 50 ans avec 12 952 dirigeants concernés.

Les gérant·es des PME plus fortement impacté·es
Les entrepreneur·ses à la tête de structures de moins de 5 salarié·es connaissent le plus fort recul de perte d’emploi. Il s’agit généralement de jeunes entreprises qui ont fait preuve de plus de souplesse et d’une transformation rapide pour s’adapter au contexte. Cependant, 9 dirigeants sur 10 en situation de chômage en 2020 avaient une entreprise de moins de 5 salariés, soit 27 147 chef·fes d’entreprise.

Sur l’année 2020, ce sont les dirigeant·es de PME, souvent installé·es depuis plusieurs années dans leur secteur, qui ont connu la plus forte progression (+ 20,9 % en un an). Cette nécessaire agilité dans un contexte de crise n’est pas toujours aussi bien ancrée dans des structures d’envergure.

Les gérant·es d’entreprise avec un chiffre d’affaires supérieur à 2 millions d’euros ont moins bien résisté. 151 entrepreneur·ses concerné·es se trouvaient à la tête d’une société dont le chiffre d’affaires était supérieur à 10 millions d’euros, soit une augmentation de perte d’emploi des dirigeant·es de 42,5 % par rapport à l’année 2019.

Les gérant·es de SARL représentent plus de la moitié des pertes avec 15 864 dirigeant·es sans emploi (en baisse de 38,3 %). 10 436 autres chef·fes d’entreprise étaient à la tête d’une SAS.

L’ensemble des secteurs marqués par la baisse
Les entreprises de la construction (7 179) et du commerce (7 056) représentent près de la moitié des pertes d’emploi malgré une baisse respective de 36 % et 33 %. Les activités de commerce considérées pendant les confinements comme « non-essentielles » concentrent les plus faibles reculs : – 25,9 % pour le commerce de l’habillement contre -33,5 % pour les commerces alimentaires.

Les aides de l’État envers les secteurs à l’arrêt pendant la crise ont contenu temporairement la perte d’emploi des dirigeant·es. Dans le domaine de l’hébergement, restauration et débit de boissons, 4 377 femmes et hommes se sont retrouvé·es au chômage en 2020. Le secteur de la restauration concentre à lui seul plus des trois quarts des chef·fes d’entreprise impacté·es.

Les difficultés sont également présentes dans le domaine du service. 4 372 entrepreneur·ses ont perdu leur emploi dans les services aux entreprises. De fortes disparités sont constatées entre les activités du secteur. Les activités liées à l’emploi particulièrement en difficulté en 2019 connaissent le plus fort recul (- 45,5 %) tout comme l’activité de nettoyage de bâtiments (416 entrepreneur·ses impacté·es contre 624 en 2019).

Le secteur information et communication connaît la plus faible évolution : 935 entrepreneur·ses ont perdu leur emploi en 2020, contre 1 158 en 2019.

La Martinique, seul département français à connaître une augmentation des chef·fes d’entreprise en situation de « chômage »
L’ensemble du territoire enregistre une diminution du nombre d’entrepreneur·ses en situation de perte d’emploi. Les régions Île-de-France (23,9 %), Auvergne-Rhône-Alpes (10,8 %) et Paca (10,7 %) représentent à elles seules près de la moitié des pertes d’emploi en France. Dans trois régions, la baisse des pertes d’emploi des dirigeant·es est supérieure à 35 % : Grand Est (2 271, – 35,1 %), Auvergne-Rhône-Alpes (3362, – 36,6 %), Centre-Val de Loire (985, – 36,8 %).

L’Outre-mer fait face à un recul moins conséquent (- 6,2 %) en raison d’une augmentation significative de 61,4 % en Martinique.

Méthodologie
Les données sont issues de l’étude des entreprises en liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce ou de grande instance. Ne sont pas intégrées les procédures à l’amiable de dissolution ou de liquidation ni les révocations des mandataires sociaux.

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