« Avant, les dirigeant·es voulaient convaincre, désormais, ils·elles souhaitent dialoguer », Charlie Clarck, fondateur de Whistcom

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Charlie Clarck, fondateur de Whistcom, cabinet spécialisé en stratégie orale. Photo Sébastien d’Halloy.

On sait combien les échanges sont essentiels entre dirigeant·es et collaborateur·rices. À condition qu’ils soient de bonne qualité… oui, mais c’est quoi, bien communiquer ?

Qu’ils·elles soient invité·es sur un plateau télévisé, en visioconférence ou en face à face, les dirigeant·es d’entreprise se doivent de communiquer au mieux pour transmettre leur message. D’autant plus vital en période de crise quand les collaborateur·rices se retrouvent éparpillé·es aux quatre coins de l’hexagone – voire au-delà. Mais pour ces dirigeant·es – pourtant parvenu·es à atteindre de hautes responsabilités – communiquer n’a rien « d’inné », mais relève bien d’un apprentissage. À Whistcom, un cabinet spécialisé dans la stratégie orale, on accompagne les dirigeant·es pour parfaire leur logorrhée. Entretien avec Charlie Clarck, fondateur de Whistcom.

 À quoi reconnaît-on qu’un·e dirigeant·e renvoie aussi à un·e bon·ne communicant·e ?

D’abord, je pense qu’il faut rompre avec l’idée selon laquelle bien communiquer dépend de traits de caractère propres à chacun·e. Qui tend à faire croire que ou tel ou tel individu se retrouve à l’aise par nature. La communication orale fait au moins partie d’un apprentissage… et même d’une stratégie. Je suis convaincu – et c’est notre ligne de conduite chez Whistcom – qu’on peut faire de la communication une science dure, avec des règles à respecter et une méthode à suivre… comme les mathématiques ! De là, les dirigeant·es qui communiqueront le mieux auront compris l’importance du silence. Quand les dirigeant·es viennent nous voir, on leur apprend à se taire. Soit, pour un dirigeant·e, laisser le temps à ses équipes de comprendre le message, faire des pauses lors d’une intervention et ainsi éviter les débits de parole trop longs pour donner l’opportunité aux collaborateur·rices de rebondir ou de s’exprimer. Avant, les dirigeant·es voulaient convaincre, désormais, ils·elles souhaitent dialoguer.

Autre critère essentiel pour bien communiquer : l’empathie. Bien trop souvent, les dirigeant·es s’adressent à leurs collaborateur·rices en centrant leur discours sur eux·elles-mêmes. Quand on prend la parole, on a tendance à tout remettre à soi. Or, il faudrait pouvoir faire l’inverse, c’est-à-dire parler de ses équipes, ses collaborateur·rices, pour qu’ils·elles se sentent totalement inclus·es dans la stratégie.

La crise – et le travail à distance qui l’accompagne – rend-elle plus difficile la communication des dirigeant·es avec leurs équipes ?

En réalité, je pense vraiment qu’il y a une technique universelle pour parvenir à un message qui soit écouté, compris et retenu. Ensuite, seuls les formats varient. Effectivement, la crise a dopé la communication à distance via notamment les plates-formes de visioconférence. Mais ce n’est pas plus difficile. Grâce aux outils de caméra et micro, vous reproduisez les conditions dans lesquelles votre message aurait pu être délivré en « réel ». Donc, il y a ce fameux langage du corps, essentiel car je considère qu’il ne peut y avoir de son sans image, qui doit se poursuivre en visio. Regarder son public dans les yeux, comme ce doit être le cas en présentiel, se prolonge à distance – indispensable alors de bien maîtriser l’interaction avec sa caméra. Bref, continuer à engager son corps – en parallèle de la voix.

En outre, la crise et le recours massif au télétravail ont dressé le portrait de dirigeant·es plus que jamais présent·es et accessibles. Les dirigeant·es s’attachent à mettre en place des réunions, à répondre aux questions. Car plus vous êtes éloigné·e, plus vous devez faire preuve de vigilance et vous assurer que toute l’équipe aille dans la même direction. Ne pas oublier non plus la sincérité et la transparence, puisque, même en situation de crise, j’estime que les dirigeant·es doivent tout dire à leurs collaborateur·rices.

Une bonne communication avec ses équipes a-t-elle vraiment un effet significatif sur la performance d’une entreprise ?

Je crois que oui. Non seulement bien communiquer avec ses collaborateur·rices a de quoi améliorer la productivité au sein d’une entreprise, mais surtout favoriser le bien-être de l’ensemble de l’équipe. On a trop longtemps perçu la communication comme un « vernis », un petit plus pour une entreprise qui aurait un surplus de budget. Non, la stratégie orale incarne une des pièces majeures du puzzle. Remettre de la forme sur le fond. Car peu importe la qualité du message, la façon de le transmettre reste la phase visible de l’iceberg qu’un·e dirigeant·e ne doit – en aucun cas – négliger.

Propos recueillis par Geoffrey Wetzel

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