Le secteur du tourisme dans l’attente d’une reprise…

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Le tourisme domestique – en France – s’attend à retrouver son niveau d’avant crise en 2023.

Le coup de punch des réservations de dernière minute – environ 800 000 début février – constaté par la SNCF ne changera guère la donne. Pour le secteur du tourisme, la reprise se fait attendre. Voilà un an (le 11 mars) que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait l’état de « pandémie ». Un peu près le même laps de temps que le secteur du tourisme fait le dos rond. Dans l’attente d’une reprise… qui devrait pointer le bout de son nez en France vers 2023, a estimé une étude du cabinet McKinsey. Deux ans pour que l’hexagone retrouve un niveau de tourisme d’avant crise. Mais de quel tourisme parle-t-on ?

Souvenez-vous, l’été dernier, seul·es 53 % des citoyen·es français·es avaient pu profiter de vacances, précisait un rapport publié par ADN Tourisme… Mais, motif de satisfaction, la quasi-totalité (94 %) des vacancier·ères français·es s’étaient aéré·es l’esprit en France ! Consolation court-termiste, car l’on sait bien que la première destination touristique au monde a besoin des étranger·ères pour conserver son statut. Tout dépendra des sauts d’humeur d’une crise sanitaire qui met en sourdine les principaux atouts français du tourisme : lieux culturels et restaurants. D’ailleurs, une étude du cabinet McKinsey estime la reprise du tourisme domestique en France en 2023.

Les professionnels savent que le tourisme va repartir
« Il y a une appétence, un besoin, presque une envie vitale pour ceux qui partaient les années précédentes de repartir. Il y a une grande frustration et plus la frustration monte et plus les départs seront importants […] Quand ça va repartir, ça va repartir fort », lance Didier Arino, directeur général de la société de conseil Protourisme. Pour l’heure, les entreprises du secteur du tourisme survivent notamment grâce aux aides mises en place par l’État. À coups de prêts garantis (PGE), dispositif d’activité partielle ou fonds de solidarité. Mais surtout, et plus récemment, le gouvernement a promis le renforcement de la prise en charge des frais fixes des entreprises des secteurs les plus affectés par la crise… dont le tourisme fait évidemment partie. À hauteur de 70 % pour les entreprises de plus de 50 salarié·es et de 90 % pour un effectif inférieur. Le dispositif devrait être opérationnel le 31 mars.

Pour 2021, à l’instar de l’été dernier, les voyageur·es domestiques devraient représenter l’essentiel du tourisme en France : « Le tourisme en France devrait être constitué de 68 % de voyageur·ses domestiques en 2021 (contre 58 % en 2019) et 88 % de touristes loisirs (contre 81 % en 2019) », détaille Aurélia Bettati, directrice associée chez McKinsey.

Un nouveau tourisme ?
On sait combien la crise a bouleversé nos habitudes. Si notre façon de travailler a été chamboulée – avec un télétravail qui devrait perdurer post-covid – nos voyages, eux aussi, pourraient se transformer. Les courts séjours dans les villes laisseraient de plus en plus de place aux coupures bucoliques, avec le besoin de se ressourcer. Le littoral ne perdra pas non plus sa cote, lui qui avait été très apprécié durant l’été où les Français·es avaient boudé « les grands espaces urbains pour découvrir la campagne, la montagne ou le littoral », confiait en octobre pour ÉcoRéseau Business Christophe Marchais, directeur général adjoint chez ADN Tourisme. La montagne, quand celle-ci ne se retrouve pas orpheline de ses remontées mécaniques. Bref, un tourisme à la recherche de liberté. Sans forcément aller très loin, la tendance de proximité voire d’hyperproximité observée durant l’été, soit voyager au sein d’un département limitrophe par exemple, ne devrait pas s’éteindre si vite.

Le secrétaire d’État chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, prévoit de réunir dans les prochains jours les professionnels du tourisme en vue d’évoquer les conditions de reprise, sans préciser de date de réouverture mais réitère son désaccord sur le sujet du passeport vaccinal, c’est-à-dire l’obligation de se faire vacciner pour – par exemple – voyager à l’étranger. Au profit du pass sanitaire, qui s’en tient aux résultats de tests anti-covid. Encore un peu de patience pour le secteur du tourisme, et de l’espoir, puisque le côté positif dans cette crise, les Français·es ont accumulé beaucoup – mais alors beaucoup – d’épargne depuis de longs mois, on s’attend à un surcroît d’épargne de 200 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année 2021. Il pourrait bien doper notre tourisme domestique… GW

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