Plan Easy, la SNCF en quête de changement !

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La SNCF à la recherche de la bonne formule pour se relancer.

Dans un monde où les Français·es se retrouvent assigné·es à résidence, les entreprises de la mobilité peinent à sortir la tête de l’eau. Et la SNCF ne fait pas exception. Après un exercice 2020 plus que délicat, le groupe ferroviaire entend bien attirer à nouveau ses voyageur·ses, et dès l’été. Avec l’envie de rendre les TGV plus populaires et donc accessibles. Le tout passe nécessairement par une refonte de la grille tarifaire de la SNCF, l’un des leitmotivs du plan Easy. Tous les détails.

Alors que l’on s’attendait à un trou de quatre milliards d’euros en 2020, ce ne seront finalement « que » trois. Maigre consolation tout de même pour la SNCF qui a été touchée de plein fouet par la pandémie après… une crise sociale subie un peu plus tôt. Même si le PDG Jean-Pierre Farandou joue les optimistes : la SNCF « a tenu,  elle a résisté à une crise sans précédent, d’abord sociale, jusqu’à mi-février, puis sanitaire » […] « Je rappelle qu’au premier semestre 2020, le groupe a affiché une perte de 2,5 milliards d’euros. Cela veut dire qu’au second, la SNCF a perdu seulement 500 millions supplémentaires », relativisait-il dans les colonnes du Monde. Il n’empêche que sur l’ensemble de l’année 2020, le transport des voyageur·ses (TGV, TER, Transiliens…) est en recul de 42 %. Le groupe ferroviaire doit réagir et a donc lancé son plan Easy. Sa mission ? revoir les tarifs pratiqués ! Pas une mince affaire…

Des petits prix jusqu’au départ des trains ?
La clientèle business, qui s’adonne en masse au télétravail, ne devrait pas retrouver les rails avant l’automne 2021. Pour Jean-Pierre Farandou, il faut attirer de nouveaux·lles usager·ères et rendre le TGV « pour tous, le TGV populaire » ! Une manière aussi de s’attaquer à l’énigme du taux de remplissage des trains à la SNCF, puisqu’il n’est pas rare de voir des TGV rouler à vide – ou presque. Avec parfois des taux d’occupation inférieurs à 50 %… Ces trains qui circulent créent en réalité de la dette. Alors pour la SNCF, il va falloir prendre à bras le corps l’épineux problème des tarifs ! « Il faudra avancer à petits pas », anticipe un consultant, familier de Resarail, le logiciel maison. L’un des objectifs sera de proposer des petits prix jusqu’au bout, soit le plus tardivement possible avant le départ. Et revoir – en partie – le modèle de yield management, autrement dit des prix qui évoluent en fonction du temps et des places disponibles selon un principe simple : plus on réserve tôt, plus les offres sont intéressantes. Un modèle dépassé ? La SNCF devra alors davantage diluer dans le temps les tarifs plus élevés.

Autre volet sur lequel plancher : la simplification ! « Les gens pensent que le train est cher, car ils sont perdus dans nos offres », concède Alain Krakovitch, directeur de Voyages SNCF. Les voyageur·ses doivent mieux s’y retrouver face à une offre abondante. Sur la flexibilité, la compagnie publique compte – là aussi – revoir sa copie. Mais pas forcément au bénéfice des consommateur·rices. Au regard de la pandémie, la SNCF avait adapté son offre et fait en sorte que les conditions de remboursement soient très avantageuses, même jusqu’au départ du train. Les conditions d’annulation de dernière minute devraient se durcir. Car en pleine crise, Farandou et son équipe ont constaté une tendance à la multiplication d’achats de plusieurs billets à la fois pour, parfois, des annulations très tardives permises par les conditions accomodantes de remboursement mises en place par la SNCF. Or, les annulations tardives compliquent encore plus le défi de remplissage des trains… De là, depuis janvier, la compagnie a quelque peu revu sa copie : l’annulation reste possible mais à J-3 (72 heures à l’avance) du départ et en payant 15 euros par billet. Enfin, cette modification tarifaire ne concernerait pas uniquement les TGV, mais aussi les TER. « On devrait aussi pouvoir avoir un Easy TER… avec des prix plus adaptés », a précisé le PDG Jean-Pierre Farandou.

Gare à la concurrence
Relancer la machine pour garder la mainmise sur son marché. La pandémie a certes freiné l’arrivée des concurrents, mais la SNCF doit clairement s’y préparer. Dans ce sens, les TGV italiens (Thello-Trenitalia) partiraient de la gare de Lyon à Paris dès le début du mois de septembre. Des tests ont déjà été menés ces dernières semaines : le Transalpin opérerait trois allers-retours par jour vers le Rhône. De son côté, la Renfe – l’opérateur espagnol – ne devrait pas envoyer de TGV en France avant 2022. Avec dans un premier temps des lignes jusqu’à Lyon et Marseille, pas encore dans la capitale française. Á l’avenir, le géant français du rail sera de plus en plus titillé, d’où la nécessité de finaliser son plan Easy sans trop de retard… Un comble pour la SNCF ? GW

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