GameStop, la série continue…

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Fin janvier, des investisseur·ses individuel·les s’attaquent aux hedge funds et bousculent la hiérarchie.

Ces Américain·es – il faut le reconnaitre – ont ce don pour nous tenir en haleine. GameStop – une entreprise spécialisée dans la distribution de jeux vidéo –, après un rebondissement de taille en janvier, connaît encore quelques péripéties. Sans doute pas plus mal pour une entreprise qui comptait ses jours en début d’année. Après la revanche des investisseur·ses particulier·ères sur les professionnels de la finance (hedge funds), le cours continue de grimper, grimper… grimper ! En parallèle, le directeur financier de l’entreprise, Jim Bell, a annoncé sa démission. Éclairage indispensable.

David contre Goliath. Souvenez-vous en janvier, quand le monde de la finance – et notamment les hedge funds (fonds spéculatifs) – perdaient plusieurs milliards de dollars à la suite d’une coordination entre boursicoteur·ses particulier·ères. Pour rappel, l’entreprise GameStop, maison mère de la chaîne française Micromania, n’étant pas au mieux avec des résultats financiers médiocres et des perspectives de croissance moroses, de nombreux fonds spéculatifs ont alors procédé à une opération de short selling, soit de la vente à découvert. Un mécanisme qui consiste à vendre un titre qu’on ne détient pas mais dont on suppose qu’il va baisser… pour réaliser une plus-value ! Autant vous dire que les vendeurs à découvert ont rarement bonne réputation. C’est ce qui s’est passé avec GameStop. Mais en face, une horde d’investisseur·ses particulier·ères, organisé·es et coordonné·es via la plate-forme Reddit, ont décidé d’acheter en masse des titres GameStop, ce qui, mécaniquement, fait remonter le cours de l’action… contraire à ce qu’avaient prévu les hedge funds.

Le cours de l’action continue de s’envoler
« Les membres du forum WallStreetBets ont fait mettre un genou à terre à des élites de Wall Street, c’est assez drôle, mais tout va rentrer dans l’ordre […] À terme, la force du marché est plus grande que toute tentative de manipulation », estimait début février Ramon de Oliveira, président du conseil de surveillance d’Equitable et AllianceBernstein, cité par Le Monde. On a tout de suite pensé que c’était le cas quand, mardi 2 février, le cours de l’action était en recul de 60 %. Le caractère temporaire de la révolte se précisait…

Mais c’était sans compter sur une nouvelle manœuvre des boursicoteur·ses, qui sont reparti·es à l’assaut de l’action GameStop. Laquelle s’est alors envolée de 200 % en quelques jours durant la semaine du 22 février. La valorisation du distributeur a bondi de plus de 6 milliards de dollars ! Comment expliquer cette nouvelle envolée ? D’abord, les vendeurs à découvert n’auraient pas totalement délaissé GameStop, ils s’en remettraient aux ETF (fonds indiciels cotés), qui détiennent le titre de l’entreprise de distribution. D’où – c’est une hypothèse – la volonté des investisseur·ses de remettre le couvert.

Démission du directeur financier
En revanche, ces manœuvres successives ont convaincu Andrew Left, le fondateur de Citron Research qui, lui, avait immédiatement renoncé à la vente à découvert après la première envolée du titre GameStop : « La leçon des derniers mois, c’est que les gens aiment bien les jeux vidéo et adorent parier », a-t-il déclaré. L’entreprise aurait de nouveau un coup à jouer.

Enfin, et c’est sans doute l’une des explications de la seconde envolée – plus récente – du titre : la démission de Jim Bell, directeur financier du groupe, qui quittera ses fonctions le 26 mars. Une décision qui n’émane pas d’ « un désaccord avec l’entreprise sur tout sujet ayant trait aux activités, aux règlements ou aux pratiques de l’entreprise », a assuré GameStop dans un document transmis au gendarme boursier américain. L’actionnaire activiste Ryan Cohen, entré au capital et au conseil d’administration de la société, l’aurait aidé à partir… Peu importe, cette démission pourrait signifier, selon Joseph Feldman, analyste du Telsey Advisory Group, que l’entreprise a décidé « d’accélérer son passage au numérique ». Synonyme d’une meilleure pérennité… d’autant plus à l’ère covid. GW

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