Équipements électroniques : des inégalités subsistent !

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En 2019, 83 % des foyers situés en France métropolitaine demeurent équipés d’un ordinateur, révèle l’Insee.

Déjà bien lancée, la crise sanitaire qui dure depuis près d’un an a accéléré la numérisation du monde. La place du numérique dans nos vies augmente d’année en année. Environ 95 % des ménages français disposeraient d’un téléphone portable, révèle une étude de l’Insee publiée mardi 23 février. Mais encore aujourd’hui, tous·tes les citoyen·nes ne sont pas encore accoutumé·es aux rouages du numérique, d’ailleurs, près de 17 % d’entre eux·elles se révèlent dépourvu·es d’un ordinateur au sein du foyer. Une question d’âge ? de revenus ?

En 2019, 83 % des foyers situés en France métropolitaine sont équipés d’un ordinateur : fixe, portable, tablette ou netbook. Soit un point de plus qu’un an auparavant. Si ce taux d’équipement en ordinateur a doublé en quinze ans, son augmentation se fait de plus en plus lente ces dernières années. En parallèle, toujours en 2019, l’étude de l’Insee montre que 95 % des Français·es ont au moins une télévision, une part stable depuis les années 1990, on a même assisté à un pic entre 2009 et 2010 (98 %). Le téléphone portable, lui aussi, se trouve présent auprès de 95 % des ménages français.

Un lien entre niveau de vie et équipements électroniques, le critère d’âge s’estompe peu à peu…
Dire que le numérique reste l’apanage des plus jeunes d’entre nous s’avère de moins en moins vrai. Bien entendu – et encore aujourd’hui – les jeunes ont plus souvent un ordinateur que les autres : en 2019, 94 % des ménages dont la personne de référence est âgée de 16 à 29 ans possèdent un ordinateur, contre 82 % des 60-74 ans et 47 % des 75 ans ou plus. Mais si l’on raisonne en termes d’évolution, on constate un réel rattrapage, car ce taux de 47 % – cité juste avant – s’est élevé de… 15 points en à peine 5 ans ! À côté de ça, « 84 % des 60-74 ans et 50 % des 75 ans ou plus ont un accès à Internet en 2019, contre respectivement 68 % et 27 % cinq ans auparavant », peut-on lire dans l’étude menée par l’institut de la statistique. Sur le lien entre âge et téléphone portable, pas compliqué pour les 16-29 ans : chacun·e possède un téléphone portable (99,9 %) ! Pour les plus âgé·es, détenir un téléphone portable est aussi de plus en plus courant, 80 % en 2019 pour les ménages dont la personne de référence est âgée de 75 ans ou plus.

Et le niveau de vie dans l’affaire ? Seul le téléphone portable semble vraiment résister et apparaître hermétique par rapport au niveau de vie des ménages. Pour le reste, on observe un lien entre les revenus et la possession – ou non – des équipements électroniques. La proportion de ménages équipés semblerait croître avec le niveau de vie : « En 2017, d’après la dernière enquête Budget de famille, parmi les 10 % des ménages les plus modestes (niveau de vie inférieur au premier décile), seuls 56 % sont équipés d’un ordinateur portable, contre 78 % parmi les 10 % des ménages les plus aisés (niveau de vie supérieur au dernier décile) », précise l’Insee. Encore plus clivant sur les tablettes tactiles pour lesquelles le taux d’équipement varie du simple… au double entre les plus modestes et les plus aisé·es. Idem pour l’accès à Internet puisque les ménages aux revenus les plus faibles y ont moins souvent accès, 75 % en 2019… alors que les ménages qui appartiennent au décile le plus aisé en termes de revenus ont accès à Internet beaucoup plus facilement (96 %).

Des conséquences réelles
Avez-vous déjà entendu parler de l’illectronisme ? Il s’agit de la difficulté, voire de l’incapacité d’une personne à utiliser les appareils numériques et les outils informatiques. Le terme a d’ailleurs fait son entrée dans le Larousse en 2020. Une violence symbolique d’autant plus forte pour les marginaux·les qu’une proportion de plus en plus considérable de personnes sont parvenues à entamer leur virage numérique. Moins vous êtes nombreux·ses à ne pas avoir ou ne pas savoir, plus vous êtes stigmatisé·es.

Le phénomène a – lui aussi – pris de l’ampleur avec la crise sanitaire et les confinements successifs, période d’essor de la dématérialisation des démarches administratives. En pleine crise, dès lors qu’il faut renouveler ses droits (allocations logement, RSA etc.), les personnes victimes d’illectronisme se sont retrouvées dans l’impasse : « Beaucoup de gens renoncent purement et simplement à leurs droits. Il y en a qui laissent tomber en se disant que ça les dépasse, que la démarche est trop compliquée », explique un médiateur numérique, Frédéric Poulat, dans les colonnes de La Nouvelle République. D’où l’urgence de réagir et de prendre le problème à bras-le-corps. Pour rappel, l’an passé, plusieurs sénateurs avaient soumis une quarantaine de propositions en faveur de l’inclusion numérique sous le slogan : « l’illectronisme ne disparaîtra pas d’un coup de tablette magique ! » GW

 

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