En 2020, les dividendes ont baissé… surtout en Europe !

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Une baisse de 12,2 % en 2020. Moins que prévu.

Cécile Duflot (directrice générale d’Oxfam France), Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT) ou encore Jean-François Julliard (directeur général de Greenpeace France), avaient adressé – en compagnie de six autres signataires – une lettre au ministre de l’Économie et des Finances, l’an passé, pour prendre une ordonnance et « empêcher toutes les grandes entreprises de verser dividendes, rachats d’action et bonus aux PDG en 2020, a fortiori pour les entreprises qui bénéficient de fonds publics ». Le débat autour des dividendes – déjà fort présent en temps de paix économique – a été ravivé par la crise covid. Faut-il verser, réduire ou même suspendre les dividendes aux actionnaires ? En 2020, les dividendes mondiaux ont baissé. Mais moins que prévu.

On attendait une dégringolade, on aura une simple baisse. Les dividendes mondiaux ont diminué de 12,2 % en 2020 pour atteindre 1 255 milliards de dollars. C’est ce que révèle une étude publiée lundi 22 février par le gestionnaire d’actifs Janus Henderson. Moins fort que prévu, notamment parce que le quatrième trimestre a sans doute été salvateur. Pour rappel, mi-2020, on anticipait – et c’était à l’époque le scénario le plus optimiste – une chute des dividendes mondiaux d’au moins… 15 % ! Au pire, un recul de 35 %. Rien de tout ça : les deux tiers des entreprises dans le monde ont réussi à augmenter ou maintenir leurs dividendes.

Forte baisse en Europe
« L’impact de la pandémie sur les dividendes a suivi la tendance d’une récession classique et son incidence a été, à l’échelle internationale, moins sévère que suite à la crise financière mondiale » de 2008, peut-on lire dans le rapport de Janus Henderson. Là où la chute des dividendes versés a été la plus forte : l’Europe. Puisque près de la moitié des réductions dans le monde a concerné cette région. Une baisse – entre autres – très marquée en France et en Espagne.

Un phénomène notamment expliqué par la pression des régulateurs européens, qui ont voulu inciter les grandes entreprises à réduire leurs dividendes. Après avril et juillet, l’Autorité de contrôle prudentiel et résolution (ACPR) a rappelé en février sa position : « L’ACPR demande aux institutions soumises à son contrôle de faire preuve d’une prudence particulière en matière de distributions jusqu’au 30 septembre 2021, date à laquelle les recommandations européennes […] devraient normalement prendre fin », a précisé le gendarme des assurances. Des propos qui font écho à d’autres institutions européennes comme le Comité européen du risque systémique (ESRB), l’Autorité bancaire européenne (EBA) ou même la Banque centrale européenne (BCE) : « Elles ont souligné que le contexte sanitaire et macroéconomique restait porteur d’incertitudes fortes et, par conséquent, invité les institutions financières à rester particulièrement prudentes et adopter […] des politiques de distributions modérées et compatibles avec leur trajectoire de fonds propres à moyen terme, de façon à continuer de préserver leur capacité à soutenir pleinement l’économie réelle durant la crise », souligne l’ACPR.

Situation inverse en Amérique du Nord
Les dividendes outre-Atlantique ont bien meilleure mine, puisqu’ils auraient augmenté de 2,6 % en 2020, soit un nouveau record. Environ 546 milliards de dollars, soit quasiment la moitié du total mondial l’an passé. En parallèle, le géant américain Microsoft, une pièce du puzzle GAFAM, est devenu en 2020 le plus important payeur de dividendes au monde. Les dividendes n’ont pas vraiment non plus pâti de la crise en Chine, à Hong-Kong ou en Suisse.

Parmi les secteurs les plus touchés par les réductions de dividendes : les banques (en valeur, un tiers des réductions à l’échelle internationale) et les producteurs de pétrole. À l’inverse, les sociétés liées à la distribution alimentaire ou pharmaceutiques ont bien « résisté ». Pour 2021, Janus Henderson prévoit une reprise des dividendes « à partir du mois d’avril » et il anticipe une hausse à hauteur de 5 %… dans son scénario le plus optimiste. Mais optimiste pour qui ? GW

 

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