Entreprises et responsabilité sociétale, ça va ensemble

Temps de lecture constaté 3’45

Parmi les grands défis présents et futurs de la transformation des entreprises vers un fonctionnement plus responsable et durable, la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) tient un premier rôle. Plus que jamais dans l’air du temps, elle devient quasi indispensable et incontournable. Rémi Demersseman, président et fondateur de la fondation Oïkos, créatrice de la Cité de la RSE et du média Impact & RSE, participe au quotidien à la promotion de l’entreprise responsable. À l’occasion du lancement du 1er classement des métropoles les plus RSE de France (à retrouver ici), il en décrypte les enjeux.

Rémi Demersseman, président-fondateur de la Fondation Oïkos.

Quel sont vos engagements sur le terrain de la RSE ?
La fondation Oïkos a été créé en 2015 avec une vocation statutaire : faire la promotion et encourager le développement de l’entreprise responsable. Lors de mon expérience entrepreneuriale précédente, j’avais mis en place la gouvernance partagée de mon entreprise et observé que ça faisait du bien à toutes et tous et que nous étions 5 % plus rentables. La fondation m’a semblé le bon moyen pour faciliter la tâche aux entreprises qui souhaitaient passer le pas vers un fonctionnement plus responsable. Nous avons ainsi créé la Cité de la RSE à Toulouse, sur le même modèle que la Cité des sciences par exemple, pour créer un lieu où les entreprises vont venir à la découverte de toutes les activités autour de la RSE. Nous avons ensuite ouvert des antennes à Paris et Lille, puis la crise sanitaire nous a contraints à la fermeture. Nous avons réagi en digitalisant notre activité et en lançant le média Impact & RSE, qui fait la promotion de l’entreprise responsable au quotidien. Nos contenus sont consultables librement par les entreprises sur notre médiathèque en ligne.

En quoi la RSE bénéficie-t-elle aux entreprises ?
Non seulement elle leur fait du bien, mais elle devient en plus indispensable. Du bien en termes de bien-être des salarié·es et des dirigeant·es, qui deviennent des acteur·rices à impact positif, ainsi que d’un point de vue économique. Une étude de la Banque de France de 2015 menée avec Audencia montre que les entreprises les plus RSE sont 13 % plus rentables.
Il se trouve que depuis un an, on constate que la crise sanitaire a provoqué une certaine prise de conscience et de nombreux passages à l’acte. De plus en plus d’entreprises embauchent ou nomment un·e responsable RSE. Il y avait déjà bien sûr de nombreuses entreprises déjà actives en termes de RSE, mais nous observons de plus en plus d’engagements. Quand nous avons lancé le média, nous avons constaté que nous touchions beaucoup plus de monde que ce que nous pensions. À Toulouse, 600 personnes par jour passaient dans nos locaux, sur nos premiers contenus en ligne, nous touchions 100 000 personnes.

Il s’agit donc de fournir aux entreprises ce qu’elles ont besoin de savoir en termes de RSE ?
Nous avons pris le parti de ne pas lancer un énième label RSE, mais plutôt de décrypter tous les outils déjà existants. Notre plate-forme offre à n’importe quelle entreprise intéressée de se préparer à 75 outils, normes, labels ou référentiels RSE. Nous considérons que les entreprises ont besoin d’un repère, de clarifications dans leur démarche. Nous ne faisons pas du lobbying, mais bien de l’information et du décryptage. C’est pourquoi nous avons créé wikimpact.org, site sur lequel les entreprises et acteur·rices de la RSE peuvent venir découvrir des outils et proposer des modifications. L’objectif est de faire en sorte que les expert·es de la RSE s’emparent de cette plate-forme, pour que toutes les personnes intéressées y trouvent leur compte gratuitement, et en payant un abonnement pour ceux·celles qui auront besoin d’être accompagné·es.

Quelle est l’idée derrière la création de ce classement des métropoles les plus RSE de France ?
Depuis novembre 2020, nous constatons que beaucoup d’entreprises de plus de 200 salarié·es s’engagent de plus en plus dans la RSE. Nous y avons vu l’opportunité de faire effet boule de neige, en donnant envie aux entres entreprises de s’engager. D’autant plus que nous avons observé des disparités selon les territoires, en termes d’engagement pour la RSE. Il s’agit donc également d’inciter les métropoles et les échelons politiques à engager des démarches et à mettre à disposition des dispositifs pour les entreprises, car la RSE est bénéfique pour tout l’écosystème et pour la santé des entreprises. Nous avons donc décidé de dresser un bilan de la RSE au sein des entreprises de plus de 200 salarié·es partout en France et avons contacté toutes les métropoles, régions et CCI pour entrer en dialogue et leur proposer de les aider à impulser des initiatives pour développer la RSE sur leur territoire. Le but est de comparer le taux de pénétration de la RSE dans les entreprises de plus de 200 salarié·es, à l’échelle des métropoles.

Quels sont les grands enseignements à tirer de ce premier classement ?
Nous avons déjà d’excellents retours, même si certains territoires n’ont pas répondu. Il apparaît que certaines métropoles sont déjà très organisées en matière de RSE et en avance. Surtout, on constate que la taille de la métropole n’est pas un facteur facilitant ou empêchant la pénétration de la RSE, il y a une vraie variation et il n’y a pas de linéarité. Une petite métropole peut très bien concentrer un fort taux de RSE. Tout dépend surtout de la mise en place d’une sensibilisation des entreprises par les pouvoirs publics et par elles-mêmes, en relais. Les métropoles qui décrochent un taux de pénétration de la RSE parfois cinq fois supérieur à d’autres sont celles qui ont engagé depuis longtemps des dialogues structurés avec les entreprises en prenant le soin de faire émerger des acteurs associatifs qui mènent un travail semblable à celui de la Cité de la RSE. C’est cette antériorité-là qui paie, et nous incitons toutes les métropoles à le faire. Toute notre vocation est d’améliorer et de promouvoir le développement de l’entreprise responsable dans les territoires.

Propos recueillis par Adam Belghiti Alaoui

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.