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C’est une coopérative, mais le torchon brûle entre la Confédération et l’une de ses caisses majeures, Arkéa, résolument ancrée en terre bretonne. Ce qui n’empêche pas la caisse de publier son plan stratégique Transitions 2024.

Rien de surprenant à cette dissension : voilà plus de dix ans que rien ne va plus entre la Confédération nationale du Crédit Mutuel et l’une de ses caisses interfédérales majeures, Arkéa, ou Crédit Mutuel Arkéa, comme voudrait continuer à l’appeler la Confédération. Mais cette fois, c’est une « décision de caractère général » (DCG) brutale qui enjoint la seconde caisse fédérale, Arkéa, à rentrer dans le rang, sous la houlette de la Confédération.

Arkéa est l’une des six caisses fédérales qui composent Crédit Mutuel. Elle est implantée dans le Finistère et se compose elle-même des fédérations du CM de Bretagne et du Sud-Ouest, plus près d’une quarantaine de filiales spécialisées (dont Fortuneo, Monext, Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, Arkéa Investment Services, Suravenir…). Mais la bancassurance coopérative et mutualiste bretonne présidée par Jean-Pierre Denis et dirigée par Hélène Bernicot ne l’entend pas de cette oreille. « La démarche de la Confédération au travers de ce projet de DCG revient à contraindre notre liberté d’entreprendre, nous explique Cédric Malengreau, directeur du Secrétariat général et de la communication institutionnelle d’Arkéa. Nous demandons le retrait pur et simple de cette DCG, pour le moins inquiétante. » Il ne s’agit pas même d’une querelle entre dirigeants, insiste le directeur du secrétariat général, « mais la négation de notre modèle d’affaires, axé sur notre impact territorial de proximité avec nos clients particuliers et entreprises, les collectivités locales et territoriales, chambres consulaires, alors même que nos élus des caisses locales ont validé notre volonté de préserver notre modèle à 94,5 %. Nous voulons préserver notre autonomie et refusons tout contrôle a priori de nos produits et services, inimaginable dans un market timing efficace et contraire à nos principes de subsidiarité ». C’est la « relation singulière à ses clients » que veut à tout prix défendre Arkéa, alors que la caisse finistérienne a présenté le 28 janvier son plan stratégique, Transition 2024, qu’elle appliquera contre vents et marées bretons. OM

Le plan stratégique Arkéa, tel qu’il est exposé par la caisse

Transitions 2024, qui trace la feuille de route du groupe pour les quatre prochaines années, s’inscrit dans un monde fortement impacté par des enjeux environnementaux, sociétaux et économiques inédits. Un monde en pleine mutation, soumis à des évolutions rapides et majeures des besoins, attentes et modes de
consommation. Il est la mise en actions concrète des engagements pris au travers de la Raison d’être du groupe, exprimée en 2019 et adoptée en Assemblée générale en mai 2020.

Les 4 axes

1 Proposer à ses clients des offres et services innovants et à impact positif, des solutions en adéquation avec les évolutions environnementales, sociales et sociétales qui leur permettent d’engager leur transformation ou de participer aux transitions en cours.

2 Accompagner le développement responsable des territoires en renforçant sa contribution concrète par des solutions de financement et d’accompagnement durables.

3 Élever la qualité de la relation et la connaissance de ses clients au plus haut niveau afin de personnaliser l’expérience client et enrichir la proposition de valeur, en adéquation avec leurs attentes.

4 Poursuivre le développement de son modèle collaboratif qui consiste à tirer parti de partenariats stratégiques et/ou commerciaux, noués avec des acteurs innovants, des relations tissées en b to b, dans une logique d’optimisation industrielle et de service client à forte valeur ajoutée.

Le Crédit Mutuel Arkéa compte plus de 10 500 salariés, près de 2 800 administrateurs, 4,8 millions de sociétaires et clients dans la bancassurance et affiche un total de bilan de 165 milliards d’euros. Il se classe parmi les tout premiers établissements bancaires dont le siège reste en région.

Photo ©France3 Bretagne

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