Marché du travail : l’inquiétude monte chez les cadres…

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En 2020, le nombre d’offres d’emploi a chuté de 29 % sur le site de l’Apec.

Ils·elles jouissent souvent des meilleures conditions de travail : stabilité, protection de l’emploi, rémunérations plus attractives. Et pourtant, à l’ère covid-19, les cadres, eux·elles aussi, se retrouvent dans la tourmente. Et s’inquiètent pour leur emploi. C’est ce que révèle une étude publiée par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) mercredi 3 février. Pour l’exercice 2021, les intentions d’embauche se feraient rares pour les cadres. Malgré tout, quelques secteurs devraient sortir leur épingle du jeu. Quelques chiffres.

Faudrait-il pour autant revenir sur la théorie de la segmentation selon laquelle il existe deux types de marchés du travail ? Le marché primaire aux conditions d’emploi privilégiées, là où on retrouve en grande partie les cadres, et le marché secondaire, bien plus précaire et qui fait souvent les frais  – plus rapidement – de chaque crise. Mais cette année, les cadres s’inquiètent, le directeur de l’Apec Gilles Gateau aussi : « Si nous n’avons pas plus d’embauches et si nous avons plus de départs, il y a un risque que les effectifs baissent dans le privé », a-t-il précisé. Ce qui serait le premier recul du marché de l’emploi des cadres depuis… 1993. On n’en est pas – encore – là.

Limiter la casse
« Ni rebond ni plongeon : c’est plutôt une bonne nouvelle dans le contexte actuel », estime Gilles Gateau. À en croire le baromètre mené par l’Apec, environ 11 % des entreprises prévoiraient d’embaucher au moins un·e cadre lors du premier trimestre 2021. C’est environ ce qui avait été mesuré lors du quatrième trimestre 2020, les intentions d’embauche seraient relativement stables. En 2020, la crise a balayé les espoirs de record du nombre de recrutements de cadres : l’Apec s’attendait – il y a un an – à plus de 300 000 recrutements. La crise sanitaire et économique a revu les chiffres à la baisse, une révision de – 40 % a été évoquée mi-octobre.

Grâce aux aides mises en place par l’État, les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) n’ont pas explosé. Mais ils se font de plus en plus nombreux semaine après semaine : plus de 84 000 postes seraient menacés dans le cadre de 800 PSE initiés depuis le mois de mars. Soit trois fois plus que l’année d’avant sur la même période. Bien entendu, tous ces emplois menacés ne concernent pas uniquement les cadres – ils seraient même les plus épargné·es – mais de là à y échapper totalement, Gilles Gateau non plus n’y croit pas. Face au risque de licenciement, un·e cadre sur quatre s’en inquiétait en décembre, c’était un·e sur cinq en septembre. Le doute s’affiche croissant. Et pour les jeunes cadres, l’angoisse s’envole (sondage Kantar) : un·e jeune cadre sur deux a peur de se faire licencier… Enfin, six cadres sur dix jugent « risqué » de changer d’entreprise.

Les secteurs qui prévoient d’embaucher
En 2020, le nombre d’offres d’emploi a chuté de 29 % sur le site de l’Apec par rapport à l’année précédente. Malgré tout, quelques secteurs s’en sortent un peu mieux et prévoient de recruter un peu plus en 2021. Ce sont même quatre sous-secteurs qui concentreraient les deux tiers des intentions de recrutements au premier trimestre 2021 : l’informatique (20 %), le commercial (17 %), les études et R&D (16 %), ainsi que la production industrielle, les travaux et chantiers (14 %).

À l’inverse, la communication et création fait grise mine puisque seulement 2 % des entreprises songeraient à embaucher des cadres en ce début d’année 2021. Il reste à attendre les prévisions annuelles de l’Apec qui arriveront autour du mois d’avril… GW

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