Stations de ski : vers une « saison blanche »…

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Les remontées mécaniques resteront fermées pendant tout le mois de février.

Encore un coup de froid pour le secteur des sports d’hiver. Même si les stations de ski restent accessibles – et devraient le rester pendant les vacances de février – les remontées mécaniques, elles, seront toujours fermées en février. C’est ce qu’a annoncé Matignon lundi 1er février. Pire, aucune date de réouverture n’a pu être communiquée, incertitude totale. Malgré tout, le gouvernement a annoncé que les aides pour soutenir le secteur ne s’arrêteraient pas. Suffisant ?

« L’évolution de la situation sanitaire ne nous permet pas à ce stade de rouvrir les remontées mécaniques », dixit le Premier ministre Jean Castex. Pas de réouverture des remontées mécaniques en février, aucune certitude d’ailleurs sur une réouverture début mars. Et comme à son habitude, le gouvernement précise que la mesure se retrouve presque partout ailleurs, « pas de tendance à la réouverture générale » dans la plupart des pays européens. En dépit d’une fermeture prolongée des remontées mécaniques, les Français·es peuvent toujours se rendre dans les stations. Ils·elles devraient pouvoir le faire aussi pendant les vacances de février qui débutent samedi 6… à moins que le territoire national ne subisse de nouvelles restrictions. Incertitude, quand tu nous tiens ! Parmi les activités toujours possibles : la luge, le ski de fond, les raquettes, les traîneaux tirés par des chevaux… ou des chiens.

Des aides pour soutenir le secteur
Conscient que le secteur des sports d’hiver pâtit de plein fouet, le gouvernement entend bien ne pas laisser tomber la filière. Le fameux « quoi qu’il en coûte » du Président de la République. « Les canons à subventions seront au rendez-vous », illustrait le secrétaire d’État en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, curieux canons à neige en quelque sorte. Peu importe les qualificatifs, le Premier ministre a évoqué lundi 1er février un plan à hauteur de 4 milliards d’euros – qui inclut les prêts garantis par l’État (PGE) – pour contrôler l’hémorragie de la filière montagne, condamnée à  « une saison blanche ». Le gouvernement entend prendre en charge environ 70 % des frais fixes de toutes les entreprises. Avec un plafond estimé à 3 millions d’euros pour chaque entreprise, il pourra être revu à la hausse, 10 millions ?

En outre, le dispositif de chômage partiel « zéro charges » à destination des entreprises serait en vigueur jusqu’à la fin de la saison. Au total, si le plan a été chiffré à 4 milliards d’euros, il pourrait augmenter : « Le “4 milliards” est un premier chiffrage, le compteur va continuer à tourner », a assuré Jean-Baptiste Lemoyne. Un plan qui pourrait alors atteindre 5, 6 ou 7 milliards d’euros…

Des pertes considérables
Il y a aussi les entreprises qui sont touchées indirectement par les fermetures des remontées mécaniques : les commerces de matériel de ski, les activités annexes comme l’ingénierie ou la fabrication des remonte-pentes. Elles pourront bénéficier du Fonds de solidarité et seront éligibles aux aides liées au plan Tourisme qui arrivera au printemps. « Personne n’est laissé sur le bord de la route », promet le gouvernement.

Difficile de savoir si l’arsenal de mesures de soutien déployées sera suffisant, tant le mois de février représente beaucoup pour les stations de ski : « Environ un tiers du chiffre d’affaires de l’année », estime le maire de Val d’Allos, Michel Lantelme. Une saison 2020-2021 inexistante ou presque. Certaines stations s’attendent déjà à perdre… 100 % de  leur chiffre d’affaires : « soit environ 66 millions d’euros », explique par exemple Jérôme Grellet, directeur général de la Setam, qui exploite les remontées mécaniques de Val Thorens. Et il s’agit d’une station parmi d’autres. Pour rappel, sur les quinze jours des fêtes de Noël et de Nouvel An, les pertes financières pour l’ensemble des acteurs de la montagne étaient estimées à « 1 milliard 600 millions d’euros », chiffrait début janvier Alexandre Maulin, président des Domaines skiables de France. Alors si vraiment saison blanche il y a, des pertes de plusieurs milliards d’euros sont attendues pour l’ensemble du secteur… GW

Une étude de Particulier à Particulier Vacances chiffre à -58,4 % la chute des réservations par rapport à l’année dernière.

« La fermeture des remontées mécaniques et les tergiversations du gouvernement auront eu raison des vacances de février : la montagne dégringole de 66,9 % tandis que la mer et la campagne baissent de 26 % », déplore l’un des sites leaders des locations saisonnières.

Le (mauvais) état des lieux selon papvacances.fr

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