Les jeunes tirent la sonnette d’alarme…

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En comparaison avec l’ensemble des ménages, la crise a affecté deux fois plus le revenu des jeunes âgés entre 20 et 25 ans.

Le fléau covid-19 frappe tout le monde. Certain·es un peu plus que d’autres. Dans une étude publiée mercredi 27 janvier par le Conseil d’analyse économique (CAE), les jeunes âgés entre 20 et 25 ans ont vu leur revenu chuter depuis l’été. Alors que les revenus des ménages ont – en grande partie – bien résisté à la crise. Dans une période marquée par la détresse psychologique des étudiant·es, rongé·es par l’isolement social et/ou la précarité, les jeunes qui ont un emploi ont, eux aussi, pâti de la crise. Alors oui, « c’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », dixit Emmanuel Macron, l’enjeu serait aussi de dépasser cette fatalité.

En moyenne, les revenus des Français·es font le dos rond. Et il faut s’en féliciter. À en croire les chiffres publiés par le CAE, depuis l’été dernier, les revenus des ménages auraient baissé de 0 à 5 %. Au regard de la claque sanitaire et économique reçue, le pire a sans doute été évité. Grâce à – ou à cause de, c’est selon – l’arsenal de mesures de soutien déployé par l’État, à coups de PGE, d’activité partielle ou de fonds de solidarité. Les Français·es ont donc peu perdu en termes de revenus, ils·elles ont même épargné. Beaucoup, et au détriment de la consommation. Les jeunes, eux, ont vu leur revenu davantage fondre entre l’été et la fin 2020.

Une chute du revenu comprise entre 5 et 10 %
Qu’ils soient étudiants ou en emploi, les jeunes ont vu leur revenu – depuis l’été – se replier entre 5 et 10 % par rapport à la même période un an auparavant. Un constat malheureux mais logique : « Les jeunes sont la première variable d’ajustement pour les entreprises en cas de choc économique et subissent donc d’abord les effets de la crise. Ils sont plus susceptibles d’avoir un contrat de travail précaire, à durée déterminée ou en intérim », avance l’économiste Étienne Fize.

Et à côté de celles et ceux qui ont vu leur revenu diminuer avec la crise, s’ajoutent les jeunes diplômé·es en recherche d’emploi. Car le marché du premier emploi se retrouve complètement chamboulé. D’après un sondage Épisto, fin 2020, un peu moins d’un jeune sur deux n’avait toujours pas trouvé de travail six mois après avoir décroché son diplôme bac +5, contre un sur quatre avant la crise. Le taux d’embauche en CDI plafonne à 50 %, il atteignait 69 % il y a encore quelques mois.

Un prêt à 10 000 euros, bonne idée ?
Une jeunesse sacrifiée ou presque. Difficile de voir des centaines de jeunes faire la queue pour récolter des produits alimentaires ou d’hygiène comme c’est souvent le cas chaque soir de distribution alimentaire. Orchestrée notamment par la Maison des initiatives étudiantes. D’autres solutions pour éviter d’en arriver là ont été mises sur la table comme celle d’un prêt à 10 000 euros pour les 18-25 ans.

La proposition émane du délégué général de La République en Marche (LREM), Stanislas Guerini. Et elle semblerait plaire au ministre de l’Économie et des Finances, Bruno le Maire : « Je trouve que c’est une idée intéressante et que toutes les idées qui permettront de dire aux jeunes étudiant·es, qui aujourd’hui sont dans une situation extrêmement difficile, que nous leur apportons des solutions, que nous leur apportons des propositions, mérite d’être étudiée », expliquait-t-il mercredi 27 janvier. En détails, il s’agirait d’un prêt à taux zéro d’un montant maximal de 10 000 euros et remboursable sur du très long terme et « uniquement si l’on atteint un certain niveau de revenu, que je propose de fixer à 1 800 euros bruts par mois », a précisé Stanislas Guerini dans un entretien pour le journal Le Monde. Un revenu universel pour les jeunes ne serait-il pas plus efficace et surtout moins source d’anxiété ? GW

 

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