Piqué dans le best of d’ÉcoRéseau Business…

Temps de lecture constaté 2’

Une année d’infos : le best of d’ÉcoRéseau Business vous livre 365 jours de l’année 2020. En mai-juin 2020…

Asie : la réussite, une dette remboursée

Sous l’influence du confucianisme et du taoïsme, l’Asie ne saurait que perpétuer une culture du rebond : l’entre-preneur voit bel et bien dans l’échec une source positive. Même si l’échec ultime, la faillite, se révèle parfois mortifère « Il faut savoir rester positif : l’avenir est toujours radieux. » Jack Ma est un optimiste. Et pourtant, l’échec est, d’une certaine façon, la constante de la première partie de sa vie étudiante, professionnelle et entrepreneuriale. À la fin des années 1980, alors qu’il envisage de s’orienter vers l’enseignement, Ma échoue à trois reprises aux concours d’admission à des instituts d’enseignement supérieur. Dans la foulée, et en dépit d’une licence d’anglais obtenue en 1988, il voit sa candidature à l’université américaine de Harvard rejetée dix fois. Au fil des années, il envoie de nombreuses candidatures, toutes repoussées. KFC lui préfère d’autres jeunes gens. « Ce n’est pas très positif d’être autant rejeté », dira-t-il plus tard, fort humblement. Mais loin de désespérer, Jack se recentre sur l’anglais, sa compétence première, qu’il commence par enseigner avant de devenir traducteur.

En 1995, à l’occasion d’un voyage professionnel, il découvre Internet. Il constate, lors d’une recherche autour du mot « bière », qu’aucun lien ne pointe sur… les bières chinoises. Étonnement proactif : le voilà qui crée un site Web, articulé comme un annuaire des entreprises et des produits chinois inspiré des Pages Jaunes. Mais ça ne « marche » pas. En poste au ministère du Commerce extérieur, il envisage d’œuvrer à la démocratisation d’Internet pour aider au développement des PME, avant de comprendre qu’il n’y parviendra pas en travaillant pour l’État ! Il réunit alors quelques amis chez lui, leur expose sa vision d’une plateforme d’e-commerce b to b destinée à mettre en relation les PME pour leur faciliter la vie. « Faites-moi confiance ! » Les amis suivent. C’est la naissance d’Alibaba.

Des salariés heureux et bons
Périlleuse. La société peine à démarrer. Jack Ma ne parvient pas à convaincre les banques de le suivre. Têtu dans ses démarches, il finit par décrocher de premiers financements. De quoi lancer une plateforme d’e-commerce grand public concurrente d’eBay – alors champion du monde et du marché chinois. En 2005, Alibaba a fait plier l’américain qui finit par se retirer du marché. Yahoo investit immédiatement un milliard de dollars dans la firme. L’ascension sera fulgurante : croissance externe, diversification… En fil rouge de ce développement, une attention toute particulière portée à la culture d’entreprise. Favoriser l’épanouissement et l’engagement de ses collaborateurs devient le souci de Jack Ma. L’homme n’a jamais caché son souhait de voir ses salariés « devenir réellement altruistes, heureux et bons, capables d’aider les autres ». Incroyable leitmotiv ! À l’heure de laisser les rênes de son groupe à ses successeurs, il insiste sur la notion de rêve : « La clé de mon succès, c’est d’avoir cru à mes rêves. Un jour, les rêves peuvent devenir réalité. »

80 % développent une vision positive de l’échec
S’agit-il du triomphe de la persévérance et de la ténacité prêtées aux Asiatiques ? « Le succès, dit le proverbe, c’est tomber sept fois et se relever huit. » À l’inverse de certaines cultures qui tiennent l’échec pour une faute, la Chine, culturellement marquée par le taoïsme, le bouddhisme et le confucianisme, encourage au contraire à se relever, à avancer, à contourner la difficulté et à prendre une autre direction – ce qui, pour l’entrepreneur, revient à faire le deuil de sa première affaire pour s’investir dans une nouvelle. Les Asiatiques, de même que les Moyen-Orientaux et les Américains dans une moindre mesure, voient davantage l’échec de manière positive que les Européens. D’après une étude publiée par Barclays en 2012, 80 % des Asiatiques développent une vision positive de l’échec. Et en cas d’humiliation publique ou de perte de face, là, l’entrepreneur peut baisser les bras. Le samouraï n’est jamais très loin.

À retrouver en intégralité dans le BestOf2020 d’ÉcoRéseau Business, toujours disponible en kiosque.
www.ecoreseau.fr/ecoreseau-en-kiosque/

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.