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Asie : la réussite, une dette remboursée

Sous l’influence du confucianisme et du taoïsme, l’Asie ne saurait que perpétuer une culture du rebond : l’entre-preneur voit bel et bien dans l’échec une source positive. Même si l’échec ultime, la faillite, se révèle parfois mortifère « Il faut savoir rester positif : l’avenir est toujours radieux. » Jack Ma est un optimiste. Et pourtant, l’échec est, d’une certaine façon, la constante de la première partie de sa vie étudiante, professionnelle et entrepreneuriale. À la fin des années 1980, alors qu’il envisage de s’orienter vers l’enseignement, Ma échoue à trois reprises aux concours d’admission à des instituts d’enseignement supérieur. Dans la foulée, et en dépit d’une licence d’anglais obtenue en 1988, il voit sa candidature à l’université américaine de Harvard rejetée dix fois. Au fil des années, il envoie de nombreuses candidatures, toutes repoussées. KFC lui préfère d’autres jeunes gens. « Ce n’est pas très positif d’être autant rejeté », dira-t-il plus tard, fort humblement. Mais loin de désespérer, Jack se recentre sur l’anglais, sa compétence première, qu’il commence par enseigner avant de devenir traducteur.

En 1995, à l’occasion d’un voyage professionnel, il découvre Internet. Il constate, lors d’une recherche autour du mot « bière », qu’aucun lien ne pointe sur… les bières chinoises. Étonnement proactif : le voilà qui crée un site Web, articulé comme un annuaire des entreprises et des produits chinois inspiré des Pages Jaunes. Mais ça ne « marche » pas. En poste au ministère du Commerce extérieur, il envisage d’œuvrer à la démocratisation d’Internet pour aider au développement des PME, avant de comprendre qu’il n’y parviendra pas en travaillant pour l’État ! Il réunit alors quelques amis chez lui, leur expose sa vision d’une plateforme d’e-commerce b to b destinée à mettre en relation les PME pour leur faciliter la vie. « Faites-moi confiance ! » Les amis suivent. C’est la naissance d’Alibaba.

Des salariés heureux et bons
Périlleuse. La société peine à démarrer. Jack Ma ne parvient pas à convaincre les banques de le suivre. Têtu dans ses démarches, il finit par décrocher de premiers financements. De quoi lancer une plateforme d’e-commerce grand public concurrente d’eBay – alors champion du monde et du marché chinois. En 2005, Alibaba a fait plier l’américain qui finit par se retirer du marché. Yahoo investit immédiatement un milliard de dollars dans la firme. L’ascension sera fulgurante : croissance externe, diversification… En fil rouge de ce développement, une attention toute particulière portée à la culture d’entreprise. Favoriser l’épanouissement et l’engagement de ses collaborateurs devient le souci de Jack Ma. L’homme n’a jamais caché son souhait de voir ses salariés « devenir réellement altruistes, heureux et bons, capables d’aider les autres ». Incroyable leitmotiv ! À l’heure de laisser les rênes de son groupe à ses successeurs, il insiste sur la notion de rêve : « La clé de mon succès, c’est d’avoir cru à mes rêves. Un jour, les rêves peuvent devenir réalité. »

80 % développent une vision positive de l’échec
S’agit-il du triomphe de la persévérance et de la ténacité prêtées aux Asiatiques ? « Le succès, dit le proverbe, c’est tomber sept fois et se relever huit. » À l’inverse de certaines cultures qui tiennent l’échec pour une faute, la Chine, culturellement marquée par le taoïsme, le bouddhisme et le confucianisme, encourage au contraire à se relever, à avancer, à contourner la difficulté et à prendre une autre direction – ce qui, pour l’entrepreneur, revient à faire le deuil de sa première affaire pour s’investir dans une nouvelle. Les Asiatiques, de même que les Moyen-Orientaux et les Américains dans une moindre mesure, voient davantage l’échec de manière positive que les Européens. D’après une étude publiée par Barclays en 2012, 80 % des Asiatiques développent une vision positive de l’échec. Et en cas d’humiliation publique ou de perte de face, là, l’entrepreneur peut baisser les bras. Le samouraï n’est jamais très loin.

À retrouver en intégralité dans le BestOf2020 d’ÉcoRéseau Business, toujours disponible en kiosque.
www.ecoreseau.fr/ecoreseau-en-kiosque/

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