Vite compris le 15 janvier

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La Cnil met en garde le ministère de l’Intérieur à propos de l’utilisation de drones La Commission nationale de l’information et des libertés avait été saisie sur la question par la commission des lois, elle a rendu son avis. L’institution a adressé un rappel à l’ordre au ministère de l’Intérieur de Gérald Darmanin pour l’utilisation de drones équipés de caméras. En clair, la Cnil interdit au ministère de la place Beauvau de recourir à cette pratique tant qu’elle ne sera pas encadrée par un texte de loi. Ni plus ni moins. Dans son avis, la Commission reproche l’utilisation de drones pour veiller au bon respect des mesures de confinement mais précise que l’interdiction concerne toute utilisation « quelles que soient les finalités poursuivies ». En mai 2020, la Conseil d’État suspendait déjà l’usage des drones pour faire respecter les mesures sanitaires à Paris. Mais le ministère de l’Intérieur et son gouvernement entendent bien contourner ces interdictions, grâce notamment à l’article 22 de la loi de Sécurité globale, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale avant son examen au Sénat, qui prévoit l’utilisation de drones lors de manifestations « lorsque les circonstances font craindre des troubles grave à l’ordre public ». Contre l’avis de la CNIL et du Conseil d’État donc… La Cnil promet des sanctions pécuniaires en cas de persistance de l’utilisation.

PSA souffre avant sa fusion avec Fiat-Chrysler Pour sa dernière année en « solo », le groupe Peugeot Société Anonyme, qui va fusionner dans quelques jours avec le groupe Fiat-Chrysler pour créer Stellantis, affiche un bilan très marqué par la crise. Avec un total de 2,5 millions de véhicules vendus en 2020, le groupe PSA a vu ses ventes refluer de 27,8 %, pendant que le marché mondial de l’automobile perdait 15 % d’activité. Si Peugeot a été plus touché que certains de ses concurrents, c’est avant tout en raison de son exposition quasi totale au marché européen, qui a représenté 85 % de ses ventes en 2020, et de sa disparition du marché chinois qui, lui, a mieux résisté à la pandémie. Après une année extraordinairement compliquée qui laisse des stigmates profonds, la fusion semble arriver à point nommé pour PSA.

Rachat de Carrefour par Couche-Tard : Bruno Le Maire dit non… pour l’instant C’est dans les tuyaux depuis plusieurs semaines et le projet pourrait bien provoquer un bouleversement sans égal dans le marché de la grande distribution. Le rachat de Carrefour, l’un des leaders mondiaux du secteur et inventeur de l’hypermarché, est sur la table. C’est le groupe canadien Couche-Tard, le champion québécois de la supérette, qui convoite la marque française. Et Carrefour et ses actionnaires ne sont pas insensibles à ses arguments. Le mercredi 13 janvier, Couche-Tard a précisé avoir adressé à Carrefour « une lettre d’intention non engageante en vue d’un rapprochement amical sur la base d’un prix de 20 euros par action ». L’enseigne serait ainsi valorisée à plus de 16 milliards d’euros et la Bourse a suivi : le cours de l’action Carrefour s’est envolé de 13,4 % et 4,6 % du capital a été échangé. Pour autant, si les administrateurs du groupe ont chargé Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, d’ouvrir des discussions avec le prétendant canadien, l’État demeure sceptique. Interrogé sur France 5, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a affiché son opposition : « A priori, je ne suis pas favorable à cette opération. » Il a souligné que Carrefour est « le premier employeur privé de France ». Selon le ministre, « ce qui est en jeu, c’est la souveraineté alimentaire des Français·es ». Carrefour détient 19,5 % du marché français des biens de consommation, derrière Leclerc (22 %).
La position de Bercy refroidira peut-être les ardeurs des protagonistes du rachat, mais les échanges devraient se poursuivre. Et plusieurs questions restent en suspens : quelle autonomie pour Carrefour au sein de son futur groupe ? Quel prix de rachat final ? Quelles conséquences pour les salarié·es ? Du reste, il n’est pas exclu que le gouvernement et Bercy revoient leurs positions. Carrefour, le prochain fleuron français à passer sous pavillon étranger ?

L’Association française des entreprises pousse pour la taxe carbone aux frontières L’objectif de neutralité climatique que l’Europe s’est fixé pour 2050 dans le cadre du « Green Deal », embête les grands groupes. Et ils le font savoir. Un rapport d’expert·es commandé par l’Association française des entreprises (Afep) et publié jeudi 14 janvier, avance que l’objectif de neutralité carbone risque d’entraîner une hausse de 23 % des fuites de carbone, en provoquant des délocalisations industrielles hors de l’Union européenne. Toujours selon le rapport, cet état de fait bénéficierait en premier lieu à la Russie, à la Chine et à l’Inde. Pour éviter cet effet boule de neige peu souhaitable, Bruxelles a engagé des préparatifs pour instaurer un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), souhaité et soutenu par les grands groupes. Concrètement, le MACF prendrait la forme d’une taxe qui limiterait les délocalisations et permettrait de réduire effectivement les émissions de CO2 de l’Union. Mais pour qu’il ait l’influence souhaitée, le MACF devrait également être accompagné de mesures de soutien pour protéger les entreprises de l’UE et de nouveaux accords commerciaux internationaux. Dans le meilleur des scénarios, le mécanisme pourrait même faire évoluer positivement la croissance de l’UE de 0,33 %, tout en faisant reculer les émissions de CO2 de 8 700 mégatonnes d’ici à 2050. Gare à l’idéalisme…

La Russie va ouvrir le vaccin à toute sa population • Le président Vladimir Poutine a ordonné le lancement d’une « vaccination de masse de toute la population à partir de la semaine prochaine ». Elle ne deviendra pas obligatoire, mais ne sera plus réservée à certaines catégories comme les soignants et les personnes âgées de plus de 60 ans. La Russie affirme avoir déjà injecté 1,5 million de doses de son propre vaccin, Spoutnik V.

Livre : 1 000 mots pour rester connecté, comment décoder le vocabulaire du digital et de l’entreprise moderne • Si le jargon tech vous laisse un peu désarmé, si ATAWADAC, BYOD, MOOC, SPOC ne vous parlent pas outre mesure, si vos jeunes recrues commencent à vous lancer des onomatopées que vous faites semblant de comprendre, il est peut-être temps de vous plonger dans « les principaux termes, signes, acronymes, néologismes et anglicismes à connaître pour comprendre les usages et les enjeux de ce changement profond qui impacte notre civilisation ». Éditions Gereso.

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