Et si on décalait les soldes d’hiver ?

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Plusieurs fédérations de commerçant·es plaident pour repousser les soldes d’hiver au 27 janvier. Ou au 20.

Quand un dilemme en chasse un autre. Il y a eu l’esclandre du Black Friday. Qui pourrait laisser place au débat sur les soldes d’hiver. Soulagés d’avoir pu rouvrir leurs portes depuis le samedi 28 novembre, les commerces jugés « non essentiels » par le gouvernement, comme les secteurs du jouet ou de l’habillement, tentent le tout pour le tout pour sauver cette fin d’année. Une des propositions : décaler les soldes d’hiver pour continuer à vendre encore quelques semaines « au juste prix » !

Souvenez-vous, les soldes d’été avaient déjà été repoussés de trois semaines. À l’arrêt durant le confinement du printemps, les commerçant·es avaient ainsi pu reconstituer leur trésorerie et « casser les prix » un peu plus tardivement cet été qu’à l’accoutumée. Et pourquoi ne pas réitérer la chose cet hiver ? C’est en tout cas ce que proposent deux fédérations de commerçant·es indépendant·es, la Confédération des commerçants de France (CDF) et les Commerçants artisans des métropoles de France (CAMF), qui se sont toutes deux unies en vue de reporter les soldes d’hiver au mercredi 20 ou 27 janvier.

Écouler ses stocks au « juste prix »
Un décalage des soldes d’hiver à la fin du mois de janvier permettrait aux commerçant·es de vendre des stocks qu’ils·elles ont déjà commandés à leurs fournisseurs à leur juste valeur : « Les stocks de ces magasins sont au plus haut et payés depuis des semaines aux fournisseurs. Il est donc vital pour ces commerces de pouvoir vendre au juste prix, sans réduction de prix, pendant plusieurs semaines d’hiver afin de pouvoir reconstituer de la trésorerie et assumer les charges leur incombant », expliquent les deux fédérations. Pour rappel, les soldes d’hiver démarrent généralement dès la première moitié du mois de janvier en France. La CDF et la CAMF rappellent aussi l’efficacité du report décidé cet été, car « jugé bénéfique par l’ensemble des commerçant·es indépendant·es, à l’exception de certain·es commerçant·es situé·es dans la capitale ».

L’État va-t-il racheter les stocks non écoulés ?
Autre fédération, celle de l’habillement, la FNH, plaide aussi pour un décalage des soldes d’hiver le 27 janvier au lieu du 6 janvier. Essentiel pour les boutiques en vue de préserver leur trésorerie et conserver en parallèle les emplois. Et si à l’arrivée les stocks des commerçant·es, accumulés durant le deuxième confinement en venaient à ne pas être écoulés ?

L’État aurait alors son rôle à jouer. Puisqu’il songerait à racheter le surplus de stock des commerçant·es. Le tout au sortir du mois de janvier. Fidèle à son « quoi qu’il en coûte », ce serait une façon de renflouer les caisses pour les magasins en question. Seulement, sera-ce réaliste ? Une promesse aux allures de « leurre » pour Éric Mertz, président de la Fédération nationale de l’habillement : « Avec le Black Friday au mois de décembre et si les soldes commencent bien le 6 janvier, les commerçant·es auront bradé leurs marchandises d’ici à un mois, sans réaliser aucune marge. Au final, fin janvier, il n’y aura probablement plus rien à racheter, même si les commerçant·es n’auront créé aucune richesse », soulève-t-il. Si les soldes commencent bien le 6 janvier, donc. Leur décalage pourrait alors tout remettre en question et faire une pierre deux coups : que les commerçant·es ne bradent pas trop vite et s’en remettre à l’État si une partie des stocks venait à rester… GW.

 

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