Les besoins humanitaires dans le monde explosent…

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L’ONU lance un appel humanitaire… de 35 milliards de dollars pour 2021. Un record.

Une première depuis les années 1990. L’extrême pauvreté a augmenté dans le monde. Et l’espérance de vie a chuté. Sans surprise, la pandémie Sars-CoV-2 demeure le facteur explicatif majeur. Résultat, les Nations unies ont lancé un appel humanitaire record ce mardi 1er décembre en vue de tout faire pour soutenir les 235 millions de personnes dans le monde qui auront besoin d’aide humanitaire. L’ONU soutiendra en priorité les pays les plus vulnérables.

Mardi 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le Sida. Les objectifs de lutte n’ont – globalement – pas été atteints en 2020 regrette l’ONU. Covid ou pas, même si bien entendu, la pandémie a créé des revers supplémentaires. Pour rappel, le défi 2020 se résumait ainsi : 90 % des personnes qui vivent avec le VIH doivent connaître leur statut, que 90 % de ces dernières soient sous traitement, et que parmi celles-ci, 90 % aient une charge virale indétectable ». En 2019, 1,7 million de personnes ont été nouvellement affectées et s’ajoutent au triste bilan de 38 millions d’individus qui vivent avec le VIH dans le monde. Il faudra alors intensifier le combat d’ici à 2025. En parallèle, l’ONU fait face à un besoin humanitaire record : pas moins de 235 millions de femmes et d’hommes auront besoin d’aide humanitaire en 2021.

Un appel humanitaire de 35 milliards de dollars
Pour faire face aux vulnérabilités, un appel humanitaire record a été lancé par l’ONU ce mardi 1er décembre, d’un montant estimé à 35 milliards de dollars pour 2021, soit environ 29 milliards d’euros. Sur un an, le nombre de personnes dans le monde qui doivent recourir à l’aide humanitaire pour survivre a augmenté de 40 %. Une hausse « presque entièrement due à la covid-19 », qui a fait au moins 1,46 million de morts en près d’un an, a précisé Mark Lowcok, responsable des Affaires humanitaires. Pire, « le tableau que nous présentons est le plus sombre que nous ayons jamais exposé en matière de besoins humanitaires à venir », a-t-il surenchéri.

Un sentiment de double fardeau ou d’inégalités cumulatives. Car ce sont bien les plus modestes qui pâtissent de cette détresse mondiale et de façon disproportionnée : « Celles et ceux qui vivaient déjà sur le fil du rasoir ont été durement et disproportionnellement touché·es par l’augmentation des prix de la nourriture, la chute des revenus, l’interruption des programmes de vaccination et la fermeture des écoles », observe l’ONU. D’où la nécessité de cibler au mieux les personnes qui se retrouvent le plus dans le besoin.

Des pays extrêmement vulnérables
Les fonds sollicités par les Nations unies pourront déjà servir à épauler 160 millions d’individus (sur les 235 millions), et donc en priorité ceux qui souffrent le plus de la faim, des conflits, des déplacements, des conséquences du réchauffement climatique et de la pandémie. L’ONU a rappelé le risque de multiplication de famines à l’avenir. D’ici à la fin 2020, près de 270 millions de personnes pourraient connaître une situation d’insécurité alimentaire aiguë, soit 82 % de plus qu’avant la pandémie covid-19. Des régions se présentent au bord de la famine comme le Yémen, le Burkina Faso, le Soudan du Sud ou le nord-est du Nigeria.

Sur les 35 milliards de dollars demandés par les Nations unies, 6 milliards serviraient à soutenir les Syrien·nes à la fois dans leur pays et ailleurs, 3,5 milliards de dollars concerneraient l’aide de 20 millions de personnes au  Yémen. Motif d’espoir, « le système humanitaire a de nouveau fait ses preuves en 2020, en fournissant nourriture, médicaments, abris, éducation et autres produits essentiels à des dizaines de millions de personnes », s’est félicité le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Les donateur·rices internationaux·les auraient cette année fourni un financement record de plus de 17 milliards pour la réponse humanitaire collective, sur les 29 milliards demandés en décembre dernier… Et ce monde ne rechignerait pas à un nouvel élan de philanthropie. GW.

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