Le G20 ambitionne un accès au vaccin équitable, réaliste ?

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Dans un certain nombre de pays, les campagnes de vaccination pourraient démarrer en décembre.

Face à la course effrénée au vaccin pour lutter contre la covid-19, le G20 préfère anticiper. Alors les vingt puissances économiques mondiales se sont réunies durant le week-end (21 et 22 novembre) lors d’un sommet virtuel organisé par l’Arabie Saoudite. En ressort une volonté commune de ce G20 de garantir un accès équitable au vaccin à tous les pays. Dans le même temps, l’Agence américaine des médicaments (FDA) se prépare à valider ou non la demande d’autorisation commerciale du vaccin de Pfizer et BioNTech.

Les chiffres font froid dans le dos : plus de 58,6 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués depuis le début de l’épidémie et la barre du 1,3 million de morts a été franchie dans le monde. Mais les perspectives d’un vaccin pour lutter contre ce fichu Sars-CoV-2 se précisent. Lundi, dans un communiqué, le laboratoire britannique AstraZeneca avec l’université d’Oxford ont développé un vaccin efficace à 70 % en moyenne. C’est moins que ce qu’avait annoncé la biotech Moderna (94 %) ou le tandem Pfizer-BioNTech (95 %). D’ailleurs, le laboratoire américain Pfizer a demandé vendredi 20 novembre l’autorisation commerciale de son vaccin à l’Agence américaine des médicaments (FDA). Qui devrait procéder à une réunion publique de son comité consultatif le 10 décembre, la réponse d’autorisation ou non interviendrait donc durant la première quinzaine de décembre !

Un accès équitable au vaccin
« Nous ne reculerons devant aucun effort pour assurer l’accès abordable et équitable de toutes et tous ». Voilà ce qu’il ressort du sommet virtuel du G20. Accès abordable pour les vaccins, les tests et les traitements. Autrement dit, les vaccins ne doivent pas profiter qu’aux pays riches, c’est pourquoi les vingt plus grandes puissances économiques mondiales ont soutenu les dispositifs déployés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La chancelière allemande Angela Merkel, elle, s’inquiète de la lenteur avec laquelle les discussions s’opèrent pour fournir l’accès au vaccin aux pays les plus pauvres.

En outre, malgré les centaines de millions d’euros déjà investis pour la recherche d’un vaccin contre la covid, ce ne sera pas suffisant pour assurer une distribution à l’échelle mondiale. Alors, les membres du G20 – via leurs dirigeants – ont lancé un appel pour aider à combler un manque de 4,5 milliards de dollars dans le fonds de l’OMS, destiné en partie à la distribution des vaccins contre la covid-19.

Et la dette des pays pauvres ?
Le sommet du G20 organisé par l’Arabie Saoudite a aussi permis de rappeler la suspension du service de la dette, soit une interruption du paiement des intérêts de la dette des pays les plus pauvres jusqu’en juin 2021. Jusqu’à la fin de l’année plaidaient les Nations Unies. Les ministres des finances du G20 se pencheront sur la question au printemps prochain. Pour l’heure, seuls 46 pays – sur les 73 éligibles – ont vu leur paiement des intérêts différé, pour un montant de 5,7 milliards de dollars. Clairement insuffisant pour l’ONG Oxfam : « Alors que la réaction du G20 avait été rapide en avril, à présent, il nie l’urgence. Pourtant, on parle de sauver des vies », a réagi le porte-parole d’Oxfam France, Louis-Nicolas Jandeaux.

Les campagnes de vaccination devraient ne plus tarder dans un certain nombre de pays. Le Royaume-Uni approuverait le vaccin développé par Pfizer et BioNTech et se lancerait dans sa campagne début décembre. Même scénario mais à la mi-décembre pour les États-Unis, l’Allemagne suivrait. De son côté, l’Espagne attendrait janvier… Et les pays pauvres ? GW.

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