Revenu fiscal par habitant·e : le gouffre entre l’Île-de-France et la province se réduit…

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Avec une dynamique positive en Haute-Savoie. Inquiétude pour la Seine-Saint-Denis.

Jeudi 19 novembre, l’Insee a publié une étude qui passe au crible le niveau de revenu fiscal par habitant·e en fonction des départements français. Ainsi que son évolution entre 1984 et 2018. Résultat, même si des disparités demeurent à l’échelle nationale, ainsi qu’à celle des régions, l’écart en termes de revenu fiscal par habitant·e entre l’Île-de-France et la province tend à se réduire. Grâce notamment au punch de certaines zones en province… et à cause de conditions économiques qui se fragilisent dans quelques départements franciliens. Points clés.

D’après l’Insee, en 2018, le revenu fiscal par habitant·e, qui correspond au revenu avant toute redistribution, se trouve supérieur à la moyenne nationale au sein de 18 départements dont notamment : toute l’Ile-de-France (sauf la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise), les départements proches des grandes agglomérations comme Lyon, Toulouse ou Bordeaux ou encore certains départements limitrophes de la Suisse, comme la Haute-Savoie, la Savoie, l’Ain et le Haut-Rhin. À l’opposé de l’échelle, six départements enregistrent un niveau de revenu fiscal inférieur de 20 %  à la moyenne nationale : le Pas-de-Calais, l’Aisne, les Ardennes, la Creuse, l’Aude et la Seine-Saint-Denis.

Phénomène de rattrapage entre l’Île-de-France et la province
Sans se réduire au constat actuel, regardons l’évolution du revenu fiscal par habitant·e entre 1984 et 2018. Des disparités ont été observées par l’institut de statistiques. La palme du département qui décroche la plus forte progression en comparaison à la moyenne nationale revient à la Haute-Savoie. Département dans lequel le revenu fiscal par habitant·e a augmenté de 36 points par rapport à la moyenne nationale. Deux autres espaces ont été répertoriés dans lesquels le revenu fiscal par habitant·e croît plus vite que celui de la moyenne nationale, le « Grand Ouest » avec la Bretagne et le Pays de la Loire et la zone qui s’étale du sud du Massif Central au littoral atlantique. Pour l’Insee, ces trois moteurs de la croissance des revenus s’expliquent par respectivement « l’essor du travail frontalier près de la frontière suisse, le fort dynamisme économique de l’ouest de la France et les arrivées de retraité·es dans le sud.

Trois sources de croissance de revenus qui permettent à la province de rattraper l’Île-de-France : « Entre 1984 et 2000, le revenu fiscal par habitant·e de l’Île-de-France était supérieur d’environ 50 % à celui de la province. L’écart se réduit à 33 % en 2013 mais remonte à 37 % en 2018 », chiffre l’Insee. Globalement, l’écart se réduit mais subsiste.

La particularité de la Seine-Saint-Denis
En outre, entre 1984 et 2018, certains départements ont à l’inverse connu une trajectoire de leur revenu fiscal par habitant·e bien en deçà de ce qu’a pu connaître la moyenne nationale. Sur la période, le revenu rapporté à la moyenne nationale a diminué de 21 points pour les départements du Val-d’Oise et de l’Essonne. Pire, près de – 30 points pour la Seine-Saint-Denis.

L’Insee tente d’expliquer la situation particulière observée dans le département du 93 : « Depuis les années 1980, les situations de pauvreté se sont amplifiées dans ce département. Le taux de chômage, qui était proche de la moyenne nationale en 1984, y est désormais supérieur de trois points. Les nouveaux emplois créés en Seine-Saint-Denis ces dernières années sont souvent occupés par des personnes qui ne résident pas dans le département », avance l’institut français. En effet, le nombre d’emplois dans le département aurait augmenté de 8,2 % entre 2007 et 2017 alors que le nombre d’actif·ves occupé·es qui résident dans la zone n’a progressé que de… 4,6 % sur la même période. Faites vos calculs. Motif de satisfaction, avec le revenu disponible, soit après intégration des prestations sociales non imposables et impôts directs, les disparités entre les départements s’affaiblissent. GW.

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