Chômage partiel : les grandes surfaces se lâchent !

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Depuis la fermeture des rayons « non essentiels » dans les grandes surfaces, les enseignes ont recours massivement au chômage partiel.

Sans doute la conséquence directe de la fermeture par le gouvernement des rayons dits « non essentiels » dans les grandes surfaces. Des enseignes comme Carrefour, Auchan ou Casino ont eu recours – très massivement – au dispositif de chômage partiel. Assez étonnant puisque ces rayons non essentiels se révèlent loin d’être les principaux artisans du chiffre d’affaires des grandes surfaces. Recours abusif, donc ? Le gouvernement « vérifiera… »

Début novembre, plutôt que de rouvrir les petits commerces jugés « non essentiels », l’exécutif opte pour la fermeture des rayons « non essentiels » présents au sein des grandes surfaces… pour plus d’équité.  Résultat, les mastodontes de la grande distribution, Carrefour, Casino, Auchan, et dans une moindre mesure Leclerc, ont mis leurs salarié·es au chômage partiel. Une décision injuste pour Carole Desiano, la secrétaire fédérale FGTA-FO pour la grande distribution : « Les salarié·es se sentent floué·es. Au premier coup dur, on les renvoie chez eux·elles, alors qu’ils·elles ont répondu présent·es lors du premier confinement », regrette-t-elle. Pour les grandes surfaces, le recours au chômage partiel est justifié : un chiffre d’affaires moindre, les rayons « non essentiels » représenteraient environ 20 % du CA des enseignes en question et donc une fréquentation moins élevée dans les magasins.

Un recours abusif ?
Mais parmi les raisons plus officieuses, les grandes surfaces viseraient à faire pression sur le gouvernement pour pousser à la réouverture des rayons « non essentiels ». D’après les propos de Jean Castex jeudi 12 novembre, rien ne changera d’ici au potentiel déconfinement. Subsiste toutefois un espoir de réouverture le 27 novembre. Au total, près de 100 000 salarié·es auraient été mis·es en situation de chômage partiel. Chez Carrefour, une majorité du personnel serait concernée, une demande de chômage partiel « formulée pour le mois de novembre mais qui pourra être arrêtée dès ouverture du non alimentaire ». Un moyen de pression donc… Chez Auchan, on ne prévoit pas de compenser la baisse de salaire de 16 %. Pour Olivier Guivarch, le secrétaire général de la fédération des services CFDT : « Il y a dans cette décision [celle de recourir au chômage partiel] une part d’opportunisme financier ».

Du côté de l’exécutif, on « vérifiera que toutes les demandes de chômage partiel sont justifiées ». Mais la ministre du Travail, Élisabeth Borne, préfère relativiser : « Ce que je constate, c’est que la grande distribution a bien un certain nombre d’activités à l’arrêt, qu’elle a sans doute aussi une baisse de son activité en général […] Je le dis aussi aux organisations syndicales de la grande distribution : l’activité partielle, ça sert à éviter les licenciements, ça permet de protéger les emplois et les salarié·es. » Le chômage partiel reste un moindre mal pour éviter les licenciements.

Pas forcément les secteurs les plus touchés par la crise…
Plus globalement, dans son ultime conjoncture, l’Insee avançait un taux de chômage d’environ 9 % au troisième trimestre 2020. Soit une hausse de 1,9 point par rapport au deuxième trimestre. De son côté, la Dares, l’organisme statistique du ministère du Travail, a aussi précisé que les ruptures de contrats dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ont plus que doublé entre début mars et la troisième semaine d’octobre par rapport à l’an dernier. Bien entendu, le dispositif de chômage partiel tend à réduire le phénomène, l’État va même dans certains cas financer la totalité de ce que versent les employeurs à leurs salarié·es, notamment au sein des secteurs les plus durement frappés par la crise, le sport, la culture, le tourisme, la restauration ou l’événementiel. La grande distribution, elle, bien que freinée sur une partie de son activité, tourne encore au moins aux trois quarts de ses capacités … ce qui en fait sans doute une « privilégiée » de ce deuxième confinement ! GW.

 

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