Malgré l’espoir d’un vaccin, la BCE joue les rabat-joie !

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Pour Christine Lagarde, la reprise économique restera instable en dépit d’un vaccin. Les États doivent poursuivre leurs dépenses encore et encore…

Christine Lagarde joue la prudence. Lundi 9 novembre, les laboratoires Pfizer et BioNtech annoncent des tests prometteurs d’un vaccin efficace à… 90 %. La Banque centrale européenne, elle, préfère se mettre à contre-courant de l’euphorie générale et recommande aux États de maintenir leurs efforts. Si la voie vers une issue sanitaire semble ouverte, celle de la guérison économique prendra plus de temps. De son côté, la BCE a promis de muscler son soutien à l’économie européenne.

Confiner le moins possible et dépenser plus pour soutenir l’économie. Le message livré par la Banque centrale européenne paraissait clair fin octobre : « Nous devons essayer de vaincre le virus sans fermer totalement l’économie parce que les conséquence en matière d’activité économique sont très, très graves », lançait le vice-président de l’institution européenne, Luis de Guindos. La France, elle, a préféré se reconfiner jusqu’au 1er décembre au minimum. Mais promet d’amortir le choc. Et se veut d’autant plus optimiste que le tandem Pfizer-BioNtech vient d’annoncer des tests de vaccins très encourageants, efficaces à 90 %. Gare à ne pas se réjouir trop vite, prévient la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

Vers une reprise instable
Vaccin ne rimera pas d’emblée avec disparition de la crise économique. La reprise prendra du temps et pourrait être instable. C’est en tout cas l’hypothèse de la BCE : « Bien que les dernières nouvelles à propos du vaccin soient encourageantes, la reprise pourrait ne pas être linéaire, mais plutôt instable, sur un mode marche-arrêt », a prévenu Lagarde en ouverture d’un forum annuel des banques centrales. Le doute réside en la capacité à ce que le vaccin se déploie rapidement. Il s’écoulera du temps entre la découverte d’un vaccin efficace à 100 % et une vaccination de masse à l’échelle européenne et aussi mondiale.

Un constat partagé par Klaas Knot, membre du conseil des gouverneurs de la BCE : « Avoir un vaccin est absolument une bonne nouvelle, mais la matérialisation de l’impact économique de cette bonne nouvelle risque de prendre un certain temps et ne se fera pas du jour au lendemain. La vaccination de masse prendra beaucoup de temps, ce qui signifie que les perspectives économiques pour 2021 resteront longtemps incertaines », a-t-il expliqué.

La BCE promet son soutien
Les décideur·ses politiques devront faire la passerelle entre la découverte du vaccin et la reprise naturelle de la vie économique. En attendant, la mise sous morphine de l’activité doit se poursuivre. Pour rappel, le FMI plaidait lui aussi fin octobre pour le « quoi qu’il en coûte » d’Emmanuel Macron. La Banque centrale européenne entend bien elle aussi jouer sa partition : en juin, une rallonge de 600 milliards d’euros avait été ajoutée au programme d’urgence de 750 milliards d’euros d’achats de dettes, décidé au mois de mars.

Pour le mois de décembre, la BCE prévoit d’augmenter à nouveau son appui aux États via les achats d’obligations, « si toutes les options sont sur la table, le PEPP (programme d’achats d’urgence face à la pandémie) et les TLTRO (opérations de refinancement à plus long terme ciblées) ont prouvé leur efficacité dans le contexte actuel et peuvent être ajustés de manière dynamique pour réagir à l’évolution de la pandémie […] Ils resteront donc probablement les principaux instruments d’ajustement de notre politique monétaire », a expliqué celle qui est devenue la première femme à présider l’institution basée à Francfort. L’addition finale risque d’être salée. GW.

 

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