Black Friday : les fédérations de commerçants plaident pour son interdiction…

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En 2019, les Français·es avaient dépensé près de 5,9 milliards d’euros durant la période du Black Friday, dont 1 milliard dans les achats en ligne.

C’est ce qu’on appelle un mauvais timing. Mais alors vraiment très mauvais ! Comme chaque année, le mois de novembre rime avec Black Friday, prévu pour cette édition 2020 le vendredi 27 novembre. Souci, lors de l’allocution du Président de la République qui s’est déroulée fin octobre, Emmanuel Macron a annoncé un deuxième confinement jusqu’au 1er décembre. De là, les magasins physiques qui vendent des produits « non essentiels » ont dû fermer leurs portes… et ne peuvent pour le moment se préparer au Black Friday. C’est pourquoi dans une tribune publiée chez nos confrères du Journal du Dimanche, les présidents des Commerçants de France (CDF), du Conseil national des centres Commerciaux (CNCC), de la Fédération française des associations de commerçants (FFAC) et de la Fédération nationale des centres-villes (FNCV) ont adressé leur souhait de voir le « Vendredi noir »… interdit.

En 2019, les Français·es avaient dépensé près de 5,9 milliards d’euros durant la période du Black Friday, dont 1 milliard dans les achats en ligne. L’occasion pour les commerçant·es d’accomplir une bonne partie de leur chiffre d’affaires annuel durant cette période, qui marque le début des achats de Noël. Or, confinement oblige, certains magasins pourraient ne pas y participer. Les fédérations de commerçants s’insurgent contre ce qu’elles appellent une concurrence déloyale qui ne ferait « qu’accroître la scandaleuse inégalité de traitement préexistante entre les commerçant·es physiques et les marchands du Web […] Les grandes plates-formes mondiales de vente en ligne redoublent désormais de propagande pour attirer les client·es, nos client·es », peut-on lire dans la tribune. Comprenez Amazon et Alibaba dans le viseur. Entre autres.

Interdire le Black Friday, possible ?
La colère des commerçant·es ne faiblit pas : « En période de guerre sanitaire, il faut savoir établir une convention de Genève de la concurrence. Celle-ci n’existe plus. Seul le monopole des pure players subsiste. Qui, contrairement à ce dont se gaussent certain·es, n’ont aucunement remisé ni même réduit leurs campagnes de publicité outrancières appelant nos concitoyen·nes à dépenser chez eux tout de suite – avant que les magasins de France puissent rouvrir – leurs salaires ou autres indemnités de travail partiel », dénoncent les fédérations. Dont l’objectif vise à annuler le Black Friday cette année et de pouvoir rouvrir les magasins physiques le plus tôt possible, notamment dès le 12 novembre.

Les pouvoirs publics ont-ils un rôle à jouer là-dedans ? Peuvent-ils interdire un événement comme le « Vendredi noir » ? Pour le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, absolument pas ! L’État aurait la mainmise sur les soldes et non sur le Black Friday qui découle d’opérations privées et dont la campagne de rabais ne demeure pas illégale : «  Je n’ai pas la possibilité de l’interdire. Il faut parier sur la responsabilité des commerçant·es et des distributeurs […] J’invite les commerçant·es et les distributeurs à discuter entre eux·elles pour savoir quelle solution ils·elles veulent apporter sur le Black Friday. Le décaler, l’étaler c’est à eux·elles de le décider », a expliqué le ministre.

Amazon France souhaite un Black Friday
À la liste des fédérations de commerçants s’ajoutent nombre de député·es contre la pratique commerciale de cette fin du mois de novembre. Delphine Batho, Cédric Villani (LREM), ou encore Mathieu Orphelin (EDS) critiquent les dégâts écologiques qui découlent « d’une vaste opération à la gloire du consumérisme ». D’ailleurs, selon eux·elles, le Black Friday devrait déjà être interdit, si l’on s’appuie sur l’article 12 de la loi du 10 février 2020 sur la lutte contre le gaspillage alimentaire.

De son côté, Amazon, notamment via son directeur général de la branche française Frédéric Duval, a fait part de sa volonté à ce que le rituel du Black Friday perdure : « J’ai très envie qu’il y ait un Black Friday sur Amazon à la fin du mois de novembre. C’est un moment où les Français·es font des économies. C’est un moment où les Français·es préparent Noël et je ne vois pas pourquoi on priverait les Français·es de cette fête de promotion. Je ne vois pas pourquoi on priverait les entrepreneur·ses français·es et les fournisseurs français de cette manne qui est celle du Black Friday », s’est-il défendu. Une vraie passe d’armes entre les commerçant·es physiques et les géants du Web. Mais une chose est sûre, cette pandémie aura conforté la nécessité pour les petits commerces de « se numériser »… eux aussi. GW.

 

 

 

 

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